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PIEGES ET
DIFEICULTES
DE LA LANGUE
FRANÇAISE
J*
Jean
^
G I E O D E T
Les référents
»
DICTIONNAIRE
BORDAS
DES
PIEGES ET
DIFFICULTES
DE U LANGUE
FRANÇAISE
Jean GIRODET
Les référents
Rordas
(C) Bordas, Paris 1981
pour la 1" édition sous le titre
« Dictionnaire du Bon Français »
Notre parti normatif explique et justifie notre tendance quelque peu «puriste » : nous
nous adressons à ceux qui sont soucieux, avant tout, de la pureté de leur langage.
Cependant nous évitons toujours l’attitude, si fréquente chez les «puristes », qui consiste
à condamner un tour ou un emploi fautif sans proposer un substitut correct. Cette
manière exclusivement «répressive» de présenter la norme ne fait qu’accroître
l’embarras du lecteur, qui se voit interdire une expression, sans savoir pour autant
quelle autre il doit employer à sa place. La mise en garde reste ainsi lettre morte,
puisque, faute de mieux, on en est réduit à revenir à une construction incorrecte ou
à une impropriété. Notre dictionnaire, lui, quand il condamne ou met en garde, propose
toujours une solution de remplacement.
Le choix d’un point de vue normatif justifie aussi l’absence de références littéraires.
Nous avons préféré créer des exemples, conformes à l’usage correct, plutôt que de nous
appuyer sur des citations d’auteurs. Il fut une époque où les œuvres des grands écrivains
fondaient le bon usage. De nos jours, il n’est plus de prosateurs dont la langue fasse
autorité. Aux écrivains les plus illustres de notre temps nous avons préféré, comme
guides, les meilleurs grammairiens contemporains. Nous avons fait la synthèse de leurs
recommandations, en laissant de côté celles qui se rffèrent à un usage suranné.
Cet ouvrage est destiné aux lycéens, aux étudiants, à tous les enseignants, aux
rédacteurs, aux journalistes, aux écrivains, aux professionnels de l’édition et de
l’imprimerie, aux secrétaires, aux cadres, en un mot à tous ceux qui sont appelés à
rédiger, à écrire ou à parler en public ou qui, par profession, doivent résoudre tous
les jours des problèmes de langage. Il s’adresse surtout à ceux qui sont profondément
attachés à la qualité de l’expression et qui se placent à nos côtés dans le combat pour
la pureté du français.
Mars 1986 J. G.
LISTE DES ABRÉVIATIONS
EMPLOYÉES DANS LE DICTIONNAIRE
tu nom
L’abréviation conjug. suivi d’un numéro renvoie à l’un des tableaux placés à la fin du volume. Par
exemple, abattre, conjug. 98 signifie que le verbe abattre se conjugue selon le modèle n” 98 des tableaux
de conjugaison.
Le signe T est placé devant une remarque importante ou signale une faute que l’on commet
fréquemment.
Le signe * placé devant un mot ou une expression indique que le mot est un barbarisme (par exemple,
*mairerie pour mairie) ou que l’expression est incorrecte.
VOYELLES CONSONNES
[à] ange, sans, vent, paon * ■ [H] rue, cour, arrondi, rhume
VI Emploi de à, de en (ou de dans) devant lait, qu’il soit plein ou non : Le pot à lait est
un nom de pays (Au Japon. En Suisse. En vide. Il faut laver le pot à lait.
Uruguay) >dans (II, 5).
2 La préposition de indique que le récipient
VII Emploi de à ou de en devant un nom de est nécessairement plein : Im servante apporta
moyen de transport. un pot de lait (= un pot plein de lait, que ce
pot soit ou non destiné spécialement à contenir
1 On emploiera à dans les cas où l’on du lait).
enfourche un animal ou un véhicule : Monter
à cheval. Il vint au château à cheval J’irai à 3 La préposition de indique aussi parfois que
bicyclette. Il a fait le trajet à moto. Dans la le nom du récipient désigne, par métonymie,
langue soignée, on évitera en bicyclette, en vélo, la quantité contenue : Il but un pot de lait (=
en moto. De même, on préférera à skis à en la quantité de lait contenue dans un pot).
skis.
XI Au soir, au matin.
2 En revanche, quand le moyen de transport
contient la personne transportée, on emploie 1 Après un nom désignant un jour de la
obligatoirement en : Voyager en voiture, en auto, semaine (lundi, mardi, etc.), il vaut mieux
en autocar, en avion, en bateau. — On dit éviter ces expressions. On dira : Il est venu lundi
cependant Voyager par le train (plutôt que en matin, il repartira vendredi soir (plutôt que
train). lundi au matin, vendredi au soir).
d’objets de série, de valeur considérée comme 2 bqjoue Joue humaine flasque et pendante :
faible : Un timbre à deux francs (ou de deux Un vieillard chauve au visage mou, aux bajoues
francs). Un crayon à trois francs (ou de trois prononcées
francs).
2 Dans les autres cas, l’emploi de à implique abaque Toujours masculin : Un abaque romain.
une nuance un peu p^orative {Il porte des
costumes de confection à quatre cents francs) abasourdir v. t. La prononciation avec [z] est
ou ironique {Il se paye des repas fim à trois cents préférable : [abazurdir]. De même : abasour¬
francs). Dans le style neutre, il vaut mieux dissant [abazurdisâ], abasourdissement
employer de. [abazurdismô].
3 L’emploi de à est normal dans une tournure abat, abats Deux dérivés de abattre.
distributive (Une chambre à cinquante francs
1 abat n. m. (rare) Chute : Un grand abat de
par jour. Des repas à quarante francs par tête),
pluie, de grêle, d’eau.
sauf après les mots prix, loyer, montant, etc.
(Un prix de six cents francs par personne. Un 2 abats n. m. pl. Foie, cœur, rognons, tripes,
loyer de mille deux cents francs par mois). etc. d’un animal de boucherie (bœuf, veau,
mouton, porc) : Le médecin m’a interdit les
4 Être à au sens de « coûter » (Ce livre est
abats. Toujours au pluriel.
à cent francs). Ce tour est toléré, mais peu
conseillé. On préférera : Ce livre coûte cent abats, abattis Deux dérivés masculin pluriel de
francs ou Le prix de ce livre est de cent francs abattre.
XIV La préposition à en concurrence avec par. 1 Les abats Foie, cœur, rognons, tripes, etc.
1 Je l’ai entendu dire à mon père ou par mon d’un animal de boucherie (bœuf, veau, mouton,
père. Les deux tours sont synonymes et porc) : Les abats sont déconseillés à certains
également corrects. Cependant par mon père malades
a l’avantage d’éviter toute confusion. 2 Les abattis Les pattes, les ailerons, la tête,
2 Mangé aux mites, aux vers. Mangé par le cou, le foie, les rognons, le gésier d’une
les insectes > manger. volaille, quand ces morceaux sont préparés ou
servis à part : Des abattis de poulet, de dinde.
XV A ce que. On évitera cette locution dans la
construction des verbes aimer, s’attendre, abat-jour n. m. inv. — Pl. : des abat-jour.
consentir, demander, qui se construisent avec
que : J'aime qu’on m’obéisse. Il s’attend qu’on abat-son n. m. inv. — Pl. : des abat-son
vienne le chercher. Je consens qu’on prenne cer¬
taines libertés Nous demandons qu ’on remette la abat-vent n. m. inv. — Pl. : des abat-vent.
décision à demain. — On évitera de manière à ce
que, de façon à ce que. On préférera de manière abat-voix n. m. inv. — Pl. : des abat-voix.
que, de façon que : j’ai tout préparé, de manière
qu’on puisse commencer le plus vite possible. abattage n. m. De nos jours, avec deux t, comme
tous Tes dérivés de abattre : abattant, abattée,
XVI Constructions et locutions diverses.
abattement, abatteur, abattis, abattoir,
1 Partir à, partir pour > partir. abattures.
2 A chaque fois que, chaque fois que >
abattis Deux emplois à distinguer.
fois (6).
1 Un abattis Un tas de choses abattues ; L’en¬
3 D’ici à lundi, d’ici lundi > ici (II, I).
nemi avait barré la route par un abattis d’arbres.
abaisse n. f. Morceau de pâte aplatie : L’abaisse 2 Les abattis Les pattes, ailerons, etc. d’une
d’une tarte. — Ne pas écrire comme abbesse, volaille : Des abattis de poulet, de dinde. A
supérieure d’un monastère. distinguer de abats > abat.
abaisse-langue n. m. inv. — PI. : des abaisse- abattre Conjug. 98 (comme battre). J’abats, tu
langue. abats, il abat, nous abattons vous abattez, ils
abattent. — J’abattais — J’abattis — J’abat¬
abajoue, bajoue Deux noms paronymes féminins trai —Abats, abattons abattez. — Que j’abatte.
à distinguer. — Que j’abattisse. — Abattant — Abattu, ue.
1 abajoue Repli à l’intérieur des joues de abbé n. m. Le féminin est abbesse. Deux b. De
certains animaux : Certains singes mettent des même ; abbatial, ale, aux adj. (masculin pluriel
aliments en réserve dans leurs abajoues en -aux), abbaye [abei] n. f
ABDOMEN
10
abdomen n. m. Prononciation : [abdomen]. —- abord (d’) loc. adv. T En deux mots, avec une
PL : des abdomens [-men]. — Dérivé : abdomi¬ apostrophe (d’abord), à la différence de
nal, ale, aux adj. (masculin pluriel en -aux). davantage.
abeille Pour nid(s) d’abeille(s), usage mal fixé. La aborder Deux constructions.
graphie nids-d’abeilles (-s à nid et à abeille-, trait 1 Construction transitive directe possible avec
d’union) semble la meilleure. — La langue tous les sens ; Le navire aborda un rivage désert.
commerciale fait, en général, l’ellipse de en après Le pétrolier a abordé un chalutier, qui a coulé
le mot serviette : Des serviettes nids-d’abeilles. aussitôt. Le corsaire aborda un navire anglais.
Le régiment aborda à la baïonnette la première
aberrant, aberration Un seul b et deux r. ligne ennemie. Comment aborder ce problème ?
Un passant m ’a abordé pour me demander son
abhorrer v. t. Avec h et deux r, comme horreur. chemin. La route aborde les premiers contreforts
de la montagne.
abîme Toujours masculin dans la langue ac¬
tuelle : Un abîme profond. — Accent cir¬ 2 La construction transitive indirecte ne s’em¬
ploie, concurremment avec la construction
conflexe sur le i.
directe, qu’au sens propre de « toucher
terre » : Le navire aborda à un rivage désert.
abîmer v. t. Accent circonflexe sur le i (vient
de abîme). — Dans le sens ancien, encore
conservé dans la langue littéraire, signifie aborigène adj. ou n. Equivalent de autochtone,
« engloutir » : La tempête abîma le navire. indigène. T Ne pas dire *arborigène. Aucun
Plus fréquent à la forme pronominale : Le rapport avec le radical arbor- « arbre ».
navire s’abîma dans les flots. — De nos jours,
s’emploie couramment dans la langue familière aboucher v. t. Est suivi de à ou surtout de avec :
au sens de gâter, endommager, détériorer, J’ai abouché mon ami avec un marchand de
dégrader : Cet enfant est soigneux, il n 'abîme biens pour la vente de sa propriété. Il s’était
pas ses affaires. Cet emploi est déconseillé dans abouché avec un intermédiaire d’honnêteté
la langue écrite surveillée. douteuse. T Le verbe aboucher a généralement
une valeur péjorative.
abject, ecte adj. Prononciation : [absektja)].
aboutir v. i. Construit normalement avec la
abjuration, adjuration Deux noms féminins préposition à : Ce chemin aboutit à une maison
paronymes. forestière. Construction avec dans non incor¬
recte, mais très rare : La galerie aboutit dans
1 abjuration Renonciation solennelle à une une immense salle souterraine.
religion : L’abjuration d’Henri IV.
aboyer [abwaje] Conjugaison et construction.
2 adjuration Prière, demande pressante : Sur
les adjurations de ses proches, il accepta de 1 Conjug. 21. Change y en i devant un e muet :
revenir dans sa famille. Il aboie, il aboiera.
3 Même distinction pour abjurer et adjurer : 2 Rarement suivi de à (sauf dans l’expression
Henri IV abjura le protestantisme. Ses amis figée aboyer à la luné). De nos jours, suivi de
adjurèrent le jeune homme de revenir dans sa après ou, mieux, de contre : Ce chien hargneux
famille. aboie contre tous les passants.
3 On peut dire : Cette plante est abritée d’un 2 Absoudre un accusé, c’est déclarer qu’on ne
paillasson contre le froid. D est mieux de dire : peut le condamner, soit parce que le délit ou
Cette plante est abritée contre le froid par un le crime n’est pas prévu par la loi, soit parce
paillasson. que le délit ou le crime est couvert par la
prescription ou par l’amnistie, soit parce que
abroger v. t. Conjug. 16. Prend un e après le l’accusé peut invoquer une excuse absolutoire
g devant n ou o ; ü abrogeait, nous abrogeons. (fait précis, énonce par la loi, qui permet au
— On abroge une loi, un décret, une disposition tribunal de ne pas condamner l’accusé).
officielle : La présente loi abroge toutes les
dispositions antérieures. — On abolit un usage, 3 Acquitter un accusé, c’est s’abstenir de le
une institution, une pratique : Le gouvernement condamner, soit parce qu’on le considère
français abolit l'esclavage aux colonies en 1848. comme innocent (ne serait-ce qu’au bénéfice du
doute), soit parce qu’on estime que, malgré sa
abrupt adj. ou a. m. Prononciation : [abnypt]. culpabilité, il a droit à une grande indulgence.
Bien faire sonner le p et le t. De même : abrupte
[abRypt(3)], abruptement [abRyptamô]. abstentionnisme, abstentionniste Deux tL
absolution, absoute Deux noms féminins de la abstrus, abstrait, abscons Bien distinguer ces
famille de absoudre. trois adjectifs.
1 absolution Pardon que le prêtre accorde au 1 abscons, onse (vieilli et littéraire) Caché,
pénitent qui vient de se confesser : Le prêtre secret, mystérieux: Les mystères abscons de
donna l’absolution au pénitent. l’univers. — (péjoratif) Une théorie absconse.
Un style abscons.
1 absoute Cérémonie qui se déroule autour du
catafalque, à la fin de l’office des morts : Le 2 abstrait, aite Trop éloigné de la réalité
prêtre s’approcha du cercueil et donna l’absoute. vivante, trop schématisé, trop simplifié : Une
conception trop abstraite de la psychologie. —
absorption n. f. T Avec b, puis p, à la différence (par extension, légèrement familier) Trop
de absorber. compUqué, trop subtil : Cet exposé est bien
abstrait
absoudre Conjugaison et sens. 3 abstrus, use (vieilli et littéraire) Très difficile
1 Conjug. J’absous, tu absous, il absout, nous à comprendre parce que trop savant : Les
absolvons, vous absolvez, ils absolvent. — J’ab¬ spéculations abstruses des philosophes. — (péjo¬
solvais..., nous absolvions... — J’absoudrai.. — ratif) Très difficile à comprendre et raison du
J’absoudrais... — Absous, absolvons, absolvez manque de clarté dans l’expression ; Un style
— Que j’absolve..., que nous absolvions...^ — abstrus. Une formule abstruse.
Absolvant — Absous, absoute. T Inusité au
passé simple de l’indicatif et à l’imparfait du abyssal, ale, aux adj. Qui appartient a ux abysses.
subjonctif. — Le participe passé est absous, — Masculin pluriel en -aux: Les poissons
absoute. abyssaux.
ABYSSE 12
abysse Fosse sous-marine très profonde. T Tou¬ accelerando adv. ou n. m. Mot italien signifiant
jours masculin : Un abysse profond de « en accélérant » et utilisé comme indication
6 000 mètres de mouvement en musique. — Pas d’accent sur
les e — Toujours invariable : Des accelerando.
abyssi^ ine ou abyssinien, ienne Synonymes — Prononciation : [akseleaâdo]. Peut se
vieillis de éthiopien : Un village abyssinien. Les prononcer aussi [at/eleRando], quand le mot
Abyssiniens. est employé adverbialement, comme indication
musicale.
acabit [akabi] Le t final ne se prononce pas.
— Toujours péjoratif : Deux garnements du accélérer Conjug. 11. Change le deuxième é en
même acabit. è devant une syllabe muette, sauf au futur et
au conditionnel : j’accélère, j’accélérerai
acacia Ne pas écrire *accacia. — Toujours
masculin : Un acacia décoratif. accentuer v. t. En dehors du sens propre, deux
sens à bien distinguer.
académie n. f. Une minuscule, quand le mot est
nom commun : Sous l'Ancien Régime, les 1 Par une métaphore, issue du langage des arts,
signifie « rendre plus net, plus apparent » : La
académies de province étaient très florissantes.
— Une majuscule s’il s’agit d’un nom propre lumière du crépuscule accentue les contours des
(telle académie déterminée) : L’Académie fran¬ objets Sous cette lumière, le modelé du visage
çaise. L'Académie des sciences — Absolument s’accentue par un effet de clair-obscur.
et avec une majuscule, désigne l’Académie 2 Par extension du sens précédent, signifie
française : Cet écrivain voudrait être de l’Acadé¬ « rendre plus fort, plus grand, plus intense » :
mie. S’il s’agit de l’une des quatre autres L’évolution économique accentue les inégalités
académies qui, avec l’Académie française, entre pays riches et pays pauvres Le déficit de
constituent l’Institut de France, on dit l’Insti¬ la balance des paiements s’est encore accentué
tut : Ce mathématicien est membre de l’Institut. — Dans la langue surveillée, il vaut mieux ne
pas abuser de ce sens 2. Préférer accroître,
acadien, accadien ou akkadien, arcadien > augmenter, renforcer.
arcadien.
acceptation, acception Deux noms féminins
acajou n. m. — PI. : des acajous — Comme paronymes.
adjectif de couleur, toujours invariable : Des
chaussures acajou. 1 acceptation Action d’accepter : Acceptation
des marchandises par le destinataire.
a cappella [akapella] Deux p, deux L Pas
2 acception Deux emplois distincts.
d’accent sur le a. — Des chants a cappella. —
(adverbialement) Chanter a cappella. a/ Sens d’un mot : Le verbe monter a de
nombreuses acceptions
acariâtre adj. Un seul c. Un accent circonflexe
sur le dernier a. — De même; acariâtrement, b/ (expression) Sans acception de personne,
acariâtreté. sans manifester de préférence pour telle ou telle
personne : Un juge doit juger sans acception de
personne. Éviter la faute qui consiste à dire sans
accabler v. t. Deux c. — De même ; accablant,
exception de personne.
accablement.
ranger le long d’un autre navire: Le canot accouplement n. m. Se construit avec à ou avec
accosta la frégate. — c) Au figuré, s’approcher avec ou avec et : L’accouplement d’un objectif
de quelqu’un pour lui parler : Ce personnage grossissant à un système de prisme. L ’accouple-
m’avait accosté assez brusquement et dévidait ment du faux bourdon avec la reine de la ruche.
ses griefs, interminablement. L’accouplement d’un mot littéraire et d’un
terme trivial
II Accoster, aborder.
1 Au sens propre, aborder n’implique pas la accoupler v. t. Deux c. De même : (une) accouple
présence d’un quai, d’un débarcadère, comme (lien pour attacher les chiens ensemble), accou¬
le fait généralement accoster : un navire aborde plement — Se construit avec à ou avec avec
à un rivage inconnu, il accoste à un quai. ou avec et : Accoupler une turbine à un
alternateur. L’âne peut s’accoupler avec la
2 Au sens propre, aborder un navire, c’est jument Accoupler un nom abstrait et un adjectif
entrer en collision avec lui ou se ranger contre concret
lui pour le prendre d’assaut : Le corsaire aborda
le vaisseau anglais. — Accoster un navire, c’est accourir v. i. Deux c. — Conjug. 32. Se conjugue
se ranger contre lui doucement et pacifique¬ comme courir: J’accours tu accours U accourt,
ment ^ar exemple pour un transbordement). nous accourons vous accourez, ils accourent —
3 Au figtiré, à la différence de aborder, le J’accourais — J’accourus — J’accourrai —
verbe accoster implique souvent une nuance de J’accourrais — Accours accourons, accourez.
familiarité, de sans-gêne, de brusquerie : on — ôwe j’accoure. — Que j’accourusse. —
aborde respectueusement un supérieur pour lui Accourant — Accouru, ue. — Aux temps
présenter une demande, un homme mal élevé composés, auxiliaire avoir pour insister sur
accoste un inconnu dans la rue sans même l’action, le mouvement (Nous l’avons entendue
soulever son chapeau. crier, nous avons accouru aussitôt) ou auxiliaire
être pour insister sur l’état, sur le résultat de
accoter Deux c. De même ; accotement, accotoir. l’action (Tous les enfants étaient accourus au
chevet de leur vieux père).
accoucher Orthographe, conjugaison, construc¬
tion et emploi. accoutrer v. t. Deux c. — De même :
accoutrement
I Deux c. De même : accouchement,
accoucheur. accoutumée (à P) Plusieurs expressions signi¬
II Peut se conjumer avec l’auxiliaire être pour fiant « comme d’habitude » : comme de cou¬
exprimer l’état (Elle est accouchée depuis huit tume (usuel) ; à l’accoutumée (fréquent, mais
jours) ou avec l’auxiliaire avoir pour exprimer plus littéraire) ; comme accoutumé (rare). Il est
l’action (Elle a accouché sans difficulté): conseillé d’éviter comme à l’accoutumée et
surtout comme d’accoutumée.
III Trois constructions.
1 Construction intransitive ; La jeune femme accoutumer v. t. Constructions et sens.
a accouché, a mis un enfant au monde. 1 Accoutumer quelqu’un à (suivi d’un nom ou
2 Construction transitive indirecte avec de : d’un infinitif). Habituer à (se conjugue avec
La jeune femme a accouché d’un garçon, a mis l’auxiliaire avoir) : Il avait accoutumé ses
un garçon au monde. enfants au travail et à la discipline. J’ai
accoutumé mon fils à ranger ses affaires
3 Construction transitive directe : Le méde¬
cin a accouché la jeune femme, l’a aidée à 2 Etre accoutumé à (suivi d’un nom ou d’un
mettre un enfant au monde, au cours de infinitif). Etre habitué à : Il est accoutumé aux
l’accouchement. travaux pénibles. Elle était accoutumée à vivre
de peu.
IV Le verbe accoucher ne s’emploie qu’à propos
d’une femme. S’il s’agit d’un animal, on dit 3 S’accoutumer à (suivi d’un nom ou d’un
mettre bas : La chienne a mis bas. La truie vient infinitif). S’habituer à : Nous nous accoutumons
de mettre bas six porcelets peu à peu à notre nouvelle vie. Elles s’étaient
accoutumées à vivre au grand air.
accouder v. t. Deux c. De même : accoudement, 4 Avoir accoutumé de (suivi de l’infinitif). Avoir
accoudoir. — Se construit normalement avec l’habitude de (tour littéraire) : Le comte avait
à ou sur : Il s’accouda au balcoru II s’accouda accoutumé de recevoir son intendant chaque
sur la barre d’appui. — Peut s’employer semaine.
transitivement à la voie active, dans la kngue
littéraire : Elle accouda nonchalamment son accréditer v. t. Deux c. — De même : accrédi¬
bras à la balustrade. teur, accréditif.
15 ACCROC
accroître Conjug. 100. Se conjugue comme 2 prévenu Celui qui est déféré devant un
croître, mais ne prend d’accent circonflexe sur tribunal correctionnel pour une infraction
le / qu’à la troisième personne du singulier de moins grave que le crime {délit) ou devant un
l’indicatif présent, à toutes les personnes de tribunal de simple police pour une infraction
l’indicatif futur et du conditionnel et à l’infini¬ légère.
tif : J’accrois, tu accrois, il accroît, nous
3 inculpé Terme générique désignant celui qui
accroissons, vous accroissez, ils accroissent. —
fait l’objet d’une inculpation pour un délit (et
J’accroissais... — J’accrus... il accrut, nous
il devient alors un prévenu) ou pour un crime
accrûmes, vous accrûtes... — J’accroîtrai, tu
(et il devient alors un accuse).
accroîtras, il accroîtra, nous accroîtrons, vous
accroîtrez, ils accroîtront. — J’accroîtrais, tu
accroîtrais, il accroîtrait, nous accroîtrions, vous accuser v. t. Deux c. — De même : accusateur,
accroîtriez, ils accroîtraient. — Accrois, accrois¬ accusation, accusatoire, accusé.
sons, accroissez. — Que j’accroisse... — Que
J’accrusse... qu’il accrût, que nous accrussions... acérer Conjug. 11. Change é en è devant une
— Accroissant. T Le participe passé accru syllabe muette, sauf au futur et au condition¬
{accrue, accrus, accrues) ne prend jamais nel : j’acère, j’acérerai. — Dérivé : acéré.
d’accent sur le u. — Aux temps composés,
l’auxiliaire avoir est de rigueur dans l’emploi acétique adj. Acide, fermentation acétique. — Ne
transitif direct : Ce commerçant avait considéra¬ pas écrire comme ascétique « digne d’un
blement accru sa fortune. — L’emploi intransi¬ ascète ».
tif (obligatoirement avec l’auxiliaire être) est
rare de nos jours : Sa fortune est considérable¬ acétylène Toujours masculin : L ’acétylène est
ment accrue. On emploie plutôt la forme dangereux.
pronominale : Sa fortune s’est accrue.
achalandé, ée adj. Magasin bien achalandé
accroupir (s’) v. pron. Deux c. — De même : signifie « magasin dont la clientèle est nom¬
accroupissement. breuse » et non « magasin où il y a beaucoup
de marchandises variées ». 11 ne faut donc pas
employer achalandé comme synonyme de
accueil [akœj] n. m. T Deux c et -ue-. De même ; approvisionné, garni, pourvu. — De même
accueillant, accueillir. achalandage veut dire « clientèle », dans la
langue du droit. — Achalander un magasin,
accueillir v. t. Conjug. 34. J’accueille, tu c’est y attirer les clients, et non le pourvoir de
accueilles, il accueille, nous accueillons, vous marchandises.
accueillez, ils accueillent. — J’accueillais...,
nous accueillions, vous accueilliez... — J’ac¬ ache n. f Plante. — Ne pas écrire comme la
cueillis... — J’accueillerai... — J’accueillerais... hache, outil.
— Accueille, accueillons, accueillez. — Que
j’accueille..., que nous accueillions, que vous acheter v. t. Conjug. 15. — Change c en è devant
accueilliez... — Que j’accueillisse... — Accueil¬ une syllabe muette, à tous les temps et à tous
lant. — Accueilli, ie. les modes : j’achète, tu achètes, j’achèterai,
j’achèterais, en face de nous ache'ons, vous
acculer v. t. Deux c. achetez.
ACHÈVEMENT 16
acmé, acné Deux noms féminins à distinguer. acquiescer v. t. ind. S’écrit avec <q- et -sc-. —
De même acquiescement
1 acmé (médecine) Moment le plus aigu d’une
maladie. — (par extension, sens le plus fréquent)
acquis, acquit Deux homophones à bien
Période la plus brillante, apogée : Le siècle de distinguer.
Pérklès est l’acmé de la civilisation grecque.
1 acquis (de acquérir) Bien mal acquis ne profite
2 acné Maladie de peau ; L’acné juvénile.
jamais. Il a un solide acquis en mathématiques.
acolyte n. m. ou f. Un seul c, un y, p^ de h 2 acquit (de acquitter) Action d’acquitter,
après le t. — De même : acolytaU — Peut quittance ; Ecrivez « bon pour acquit » et signez
s’employer au féminin pour désigner une — Par acquit de conscience : pour être quitte
femme : Elle arriva, avec sa triste acolyte. avec sa conscience.
acompte n. m. En un seul mot, sans trait d’union. acquit-à-caution n. m. Document qui jiermet
— Désigne la somme versée immédiatement et de faire circuler librement une marchandise. —
qui sera à déduire du total de la somme due, PI. ; des acquits-à<aution.
au moment du règlement définitif : Voici un
acompte sur le montant de la facture. — Ne acqiûtter v. t. S’écrit avec cq et deux t — De
pas écrire comme la locution en deux mots à même ; acquittable, acquittement
compte « à valoir sur la totalité du compte » :
Reçu 250 F, à compte sur le montant de 750 F acquitter, absoudre > absoudre.
de la commande.
âcre, âpre, aigre Trois mots qui se ressemblent
aconit Plante. — Toujours masculin; L'aconit par la forme et par le sens.
est vénéneux. — Prononciation ; [akonit], avec 1 âcre Cet adjectif évoque l’idée d’une chose
-t prononcé.
piquMte et surtout irritante, corrosive; Une
fumée âcre.^ L'odeur âcre de l’ammoniac, de la
à-côté n. m. — PI. ; des à-côtés. — Désigne un corne brûlée. Le goût âcre d’un produit chimi¬
déteil, un^fmt ou un aspect accessoire (Ce n’est que. — Au figuré, signifie « très désagréable,
qu 'un à-côté de la question, passons à l’essentiel) trœ pénible, très a^essif, très m&hant » ;
ou un avantage, un profit supplémentaire L'âcre remords brûlait son cœur. Le dégoût âcre
(familier dans^ œ sens) ; Ces pourboires font de l’existence. Des reproches âcres (très
partie des à-côtés du métier. — Ne pas écrire littéraire).
17
ÂCRE
2 âpre Cet adjectif évoque l’idée de ce qui est activer v. t. Admis dans la langue technique et
rude, rugueux, dépouille, sans rien de doux ni usuelle : Un apport d’air active la combustion.
de riMt : Un âpre pays de montagne. Il La marche active la circulation. Il faut activer
s’applique à ce qui est rude au goût, à ce qui les travaux Activer le déroulement des opéra¬
manque de moelleux {Un vin âpre), à ce qui tions. — La langue courante admet aussi le
a une saveur amère ou astringente {Des fruits pronominal s’activer, au sens de « se hâter, se
sauvages très âpres. Le goût âpre des prunelles. presser dans l’accomplissement d’une be¬
Des baies sauvages âpres au palais). — Par
sogne » •. Les cuisiniers s’activent dans la cuisine
extension, qualifie une voix, un son qui manque du restaurant. — Dans la langue httéraire de
de moelleux, qui a trop de rudesse : Un accent ton très soutenu, il vaut mieux, selon les cas,
âpre. Les sons âpres et rauques d’une langue employer, au heu de activer, l’un des verbes
exotique. — Au figuré, « rude, dur, d’une suivauits : hâter, accélérer, pousser, presser,
violence sourde » : Un caractère âpre. Un stimuler, accroître, augmenter, renforcer, mul¬
homme âpre et froid. — Spécialement, tiplier, et, au heu de s’activer, se hâter, se
« acharné » : Un combat âpre. D’âpres luttes. presser, s’empresser, s’agiter, s’occuper active¬
Un paysan âpre au gain. ment, se démener, faire diligence.
3 ai^e Au sens propre, insiste surtout sur
l’acidité propre aux fruits qui ne sont pas encore acuponcture, acupuncture n. f Les deux
mûrs {Des raisins aigres) ou qui ont par nature orthographes sont admises. La prononciation
un goût acide {Des cerises aigres). — Qualifie est toujours [akypôktyR]. — De même, on
aussi une boisson qui prend un goût un peu écrit indifféremment acuponcteur ou acupunc¬
acide et désagréable parce qu’elle s’est altérée : teur [akypSktoea].
Du lait aigre. Du vin aigre. De la bière aigre.
— Par extension : Un goût aigre de. vin tourné. a^gio adv. ou n. m. Terme de musique d’origine
— Au figuré, peut qualifier ce qui manque de itahenne. — Prononciation: [adadjjo] ou
douceur, de moelleux : Les sons aigres d’un [adasjo]. La véritable prononciation itahenne
fifre. Des cotonnades bon marché aux couleurs est [adad3o]. La prononciation [adadxjo] tend
aigres. — Par extension, qualifie ce qui est à l’emporter de nos jours. Elle est plus fréquente
desagréable par le contenu ou par la forme {Des quand il s’agit de l’indication d’un mouvement
reproches aigres. Des paroles aigres) ou ce qui musical portée sur une partition. — PI. : des
dénoté l’agressivité {Une voix aigre. Un sourire adagios [-dsjo] ou [-sjo].
aigre. Un ton aigre). — S’applique aussi à un
agent atmosphérique qui est dur, mordant, addenda [adêda] n. m. Pluriel latin qui signifie
pmble: L’aigre bise. Un vent aigre. Un froid « choses à ajouter ». S’emploie en français
aigre. même au sinplier : Il y a un oubli, il faudra
rédiger un addenda. — Le singuher un adden¬
dum est très rare.
âcre, âcrement, âcreté Accent circonflexe sur
le a.
addition n. f Orthographe et sens.
acrimonie Pas d’accent circonflexe sur le a, bien 1 Deux d, comme dans les mots de la même
que le mot soit de la famille de âcre. — De famille : additif, additionnel, jidditionner,
même : acrimonieux, acrimonieusement. additionneuse.
2 On dit la note quand il s’agit d’un séjour à
acropole Est toujours féminin ; Une acropole l’hôtel, l’addition quand il s’agit d’un repas au
haute et étroite. — Employé sans complément restaurant {Garçon t l’addition, s’il vous plaît), la
de nom et avec une majuscule, l’Acropole, facture quand U s’agit d’une livraison de mar¬
désime l’Acropole d’Athènes : Le Parthénon chandises ou de la r^sation de travaux {L ’élec-
est le monument le plus célèbre de l’Acropole. tricien et le plombier m’ont envoyé la facture).
généralement suivi d’un nom de personne : Les adjuger v. t. Conjug. 16. Prend un e après le
adeptes du bergsonisme. Les disciples de g devant a ou o : il adjugea, nous adjugeons.
Bergsoru
adjuration, adjurer > abjuration, abjurer.
adéquat, ate adj. Prononciation ; [adekwa, at].
Dérivé : adéquation [adekwasjS]. admettre v. t. Conjugaison et constructions.
adhérent, adhérant Ne pas écrire adhérent, I Conjug. 99. J’admets, tu admets, il admet,
adjectif ou nom {Une boue grasse et adhérente. nous admettons, vous admettez, ils admettent.
Les membres adhérents et les membres bien¬ — J’admettais. — J’admis. — J’admettrai —
faiteurs d’une association. Les adhérents d’un J’admettrais. — Admets, admettons, admettez
club sportif), comme adhérant, participe pré¬ — ôue j’admette. — Que j’admisse. — Admet¬
sent (C’est en adhérant à une association de tant. — Admis, ise.
défense que les usagers peuvent faire entendre
leur voix). n Constructions.
adjudant Reste masculin, même quand on parle admirateur, admiratif Le premier de ces mots
d’une personne du sexe féminin : Cette direc- s’emploie normalement comme nom {La ve-
trice d’école, c’est un adjudant t dette distribuait des autographes à ses admira¬
teurs) et le second comme adjectif {Il levait vers
adjudant-chef n. m. — PI. : des adjudants-chefs elle des regards admiratifs).
19
ADOLESCENCE
affairer (sO, affairé, affairement Ces mots afférent, ente adj. (terme didactique) Avec deux
f. De même : afférence.
sont admis dans la langue courante. Dans le
style soutenu, il vaut mieux employer respecti¬
vement : s’agiter, s’empresser, se presser, s’oc¬ affermer v. t. Deux f. De même : affermage. ▼
cuper activement, faire diligence; agité, em- Peut avoir deux sens, comme le verbe louer.
pressé, pressé, actif, diligent, prompt, rapide; 1 Donner en location une exploitation rurale
activité, agitation, diligence, empressement — {Ce propriétaire a affermé ses domaines à des
Observer que s’affairer, affairé, affairement ont fermiers du pays) ou concéder le droit d’exploi¬
souvent une valeur péjorative et contiennent ter un service pubUc {L’État afferme à des
une idée d’agitation brouillonne et peu efficace. compagnies fermières le droit d’exploiter les
sources d’eau minérale).
affairisme, affairiste Ces mots sont toujours
2 Prendre en location une exploitation rurale :
péjoratifs. Ne pas les employer quand U s’agit
Ce fermier veut affermer ce domaine de cent
d’affaires commerciales ou financières hon¬
hectares.
nêtes : L’affairisme et la corruption étaient les
tares de ce régime politique. Ce député affairiste
était le complice d’un escroc. affété, ée ad. {vieux ou très littéraire) Affecté,
précieux, un peu mièvre : Un style affété. —
Le substantif correspondant est afféterie (avec
affaisser (s’) Deux f. — De même : affaissé,
un accent aigu), prononcé [afetni] ou [afetni] :
affaissement
On a souvent reproché à Marivaux une certaine
afféterie de langage.
affaler v. t. ou v. pron. Deux f. — De même :
affalé, affolement afBche n. f Deux f. — De même : affichage,
afficher, affichette, afficheur, affichiste.
affamer v. t. Deux f. — De même : affamé,
affameur. afflcheur, afflchiste Deux dérivés de affiche.
1 affiler Aiguiser : Affiler un couteau. ou se révéler être (tel ou tel) » : Louis XIVs’af¬
firma roi absolu dès la mort de Mazarin. Signifie
2 effiler Amincir (en allant vers l’extrémité) : aussi « s’imposer comme » : Cet homme politi¬
Effiler un bâton avec un couteau. On effile les que tend à s’affirmer comme le chef de la majo¬
cheveux au rasoir pour les empêcher de friser. rité. — (absolument) Manifester avec vigueur sa
— Défaire une étoffe en tirant les fils : L’enfant personnalité, sa volonté, son talent, son carac¬
s’amusait à effiler un chiffon. tère : Cet homme est encore trop jeune pour
3 affilier Inscrire à une organisation : Affilier un s’affirmer. — Se manifester avec force, se confir¬
salarié à la Sécurité sociale. T Double le i à la mer : Le talent de ce jeune écrivain s ’affirme dans
première et à la deuxième personne du pluriel son dernier roman. Ses progrès s ’affirment dejour
de l’indicatif imparfait et du subjonctif présent : en jour. — Ces emplois figurés ont été condamnés
(que) nous affiliions, {que) vous affiliiez. par certains grammairiens. Ils semblent cepen¬
dant bien entrés dans l’usage. Tout au plus peut-
on les déconseiller dans la langue soutenue.
affîn, lue adj. Deux f. — Terme de mathémati¬
ques : Espace affin. Fonction affine. — Ne pas
écrire comme afin (de) locution prépositive. affixe n. m. ou î. Deux f. — De même : affixé.
2 confluent Endroit où deux cours d’eau s’unis¬ affûter v. t. Deux f. Un accent circonflexe sur
sent : Alfortville est situé au confluent de la le M. — De même : affûtage, affûteur.
Seine et de la Marne.
afghan, ane adj. ou n. Attention à la majuscule :
affluer v. i. Deux f. — De même : affluence, La population afghane. Les Afghans.
affluent
afin Un seul f. — Ne s’emploie que dans la
afflux [afly] n. m. Deux f. — Le x final se ne locution prépositive afin de, suivie de l’infinitif
prononce pas. {Je vous écris afin de vous tenir au courant) et
dans la locution conjonctive afin que, suivie du
affoler v. t. T Avec deux/et un seul L De même : subjonctif {Je vous écris afin que vous soyez au
affolant, affolé, affolement courant). T Afin de, afin que ne sont pas
exactement synonymes de pour, pour que. En
affouiller v. t Deux f — De même : affouil- effet afin {de, que) appartient à la langue
lement littéraire ou du moins soutenue, pour (que)
appartient à tous les registres de langue.
affranchir v. t. Deux f — De même : affranchi, D’autre part, si pour (que) peut toujours
affranchissable, affranchissement, affranchis- s’employer à la place de afin (de, que), l’inverse
seur. n’est pas vrai : afin (de, que) implique l’idée
d’un but expressément conçu comme tel dans
affres Toujours féminin et toujours au pluriel ; l’esprit de celui qui accomplit l’action. On
Les affres dernières. évitera donc afin (de, que) quand il n’y a pas
de but formeÛement visé mais seulement im
affrètement n. m. Avec un accent grave, à la résultat ou quand le sujet de l’action n’est pas
différence de affréter. une personne ou un être vivant assimilé à une
personne. On doit donc dire: Il faut cent
affréter Deux f. — Conjug. 11. Remplace é par hectares pour faire un kilomètre carré (et non
è devant une syllabe muette, sauf à l’indicatif afin de faire...). Certains mollusques sont
futur et au conditionnel présent : j’affrète, tu pourvus d’une coquille d’aspect semblable à
affrètes, mais nous affrétons, j’affréterai, celui du fond sur lequel ils vivent pour échapper
j’affréterais. à leurs ennemis (et non afin d’echapper...).
affréter, frétèr Deux verbes transitifs de la a fortiori [af ORsjoRi] loc. adv. A plus forte raison.
famiUe de fret — En deux mots et sans accent grave sur le a.
1 affréter Prendre un avion ou un navire en
location pour un transport : Cet importateur a afro*asiatique adj. ou n. Les peuples afro-
affrété un cargo à un armateur pour transporter asiatiques. Les Afro-Asiatiques.
du blé
aga > agha.
2 fréter Fournir un navire en location :
L’armateur a frété ses cargos à une société agacemen^ agacerie Deux dérivés de agacer à
métallurgique. bien distinguer.
3 De même, celui qui prend un navire en 1 agacement n. m. Irritation, impatience que
location est l’affréteur, le propriétaire du navire cause une personne ou une chose importune :
est le fréteur. L’agacement me gagne quand j’entends ces
questions ridicules.
affreux adj. Deux f. — De même : affreusement
2 agacerie n. f. Actes, paroles, manège de
affriander v. t. Deux f. coquetterie d’une personne qui cherche à attirer
l’attention d’une autre, à la séduire (s’emploie
affrioler v. t. Deux f surtout au pluriel) : Ce garçon restait insensible
aux agaceries des deux jeunes filles.
affront n. m. Deux f.
agacer v. t. Le c prend une cédille devant a ou
affronter v. t. Deux f. — De même : O : il agaça, nous agaçons.
affrontement
agape n. f. Au singulier, repas du soir que les
affubler v. t. Deux f. — De même : affablement premiers chrétiens prenaient en commun. —
Au pluriel, repas, banquet entre amis (générale¬
affût n. m. Deux f. Un accent circonflexe sur ment un peu familier) : De joyeuses agapes ont
le U. réuni les anciens du lycée.
AGATE 24
agate n. f. Pierre fine colorée. ▼ Sans h, à la agent voyer [a3âvwaje] Pas de trait d’union.
difTérence du prénom féminin Agathe. — De nos jours, l’agent voyer est appelé, dans
la lanmie administrative, ingénieur du service
agave Nom d’une plante. — Employé parfois au vicinal — PI. : des agents voyers.
féminin par certains auteurs. Le masculin est
cependant préférable : Un agave bleu. aggiomamento n. m. Mot itahen. Inusité au
pluriel. — Prononciation : [adjoanamento].
âge n. m. Ne pas écrire l’age de la charrue (pièce
de bois ou de fer) comme l’âge d’une personne. agglomérer v. t. Conjug. 11. Remplace é par è
devant une syllabe muette, sauf à l’indicatif
âge Genre et expressions. futur et au conditionnel présent : j’agglomère,
I De nos jours, toujours masculin. Eviter de tu agglomères, mais j’agglomérerai, j’agglomére¬
dire la belle âge (= le bel âge, la jeunesse), rais. T Avec deux g. — De même : agglomé¬
expression régionale. rant, agglomérat, agglomération, aggloméré.
n Notre âge, nos âges. Singulier quand les agglutiner v. t. ▼ Deux g. — De même:
personnes ont sensiblement le même âge : Nous agglutinant, agglutination, agglutinine,
ne sommes plus jeunes et, à notre âge, on pense agglutinogène.
surtout à la retraite. En revanche, pluriel quand
les per^nnes n’appartiennent pas à la même aggraver v. t. ▼ Deux g. — De même:
génération ; Mon voisin est un Jeune homme aggravant, aggravation.
sympathique, mais nos âges sont trop différents
pour qu’une amitié profonde s’établisse. aglm ou aga [aga] n. m. Désignait divers
m Deux séries d’expressions. dignitaires dans certains pays musulmans. —
PI. des aghas [-ga] ou des agas [-ga].
1 L’âge d’or, l’âge d’argent, l’âge d’airain,
l’âge de fer : périodes mytâques par lesquelles agio n. m. — PI. : des agios [a3jo]. — Pas de
serait passée successivement l’humanité, par¬
t à la fin, malgré les dérivés agiotage, agioter.
tant d’un âge d’iimocence et de bonheur, pour
traverser ensuite des époques de plus en plus
a giorno Eclairer a giorno brillamment, comme
dures et sombres. — (figuré) L’âge d’or, période
en plein jour : Pour cette fête de nuit, le parc
de splendeur, de prospérité: Le siecle de
était éclairé a giorno. — Pas d’accent sur le a.
Périclèsfut l’âge d’or de la civilisation grecque.
— Prononciation : [ad33Kno] ou [ad3j3Rno].
2 L’âge de la pierre taillée, de la pierre polie,
l’âge du bronze, l’âge du fer: chacune des agir Emplois et sens.
grandes «loques de la civilisation préhistorique
1 En a^, au sens de « se conduire », est à
ou protohistorique, caractérisée par l’emploi
déconseiller. Dire : Il a agi avec désinvolture à
d’une matière particuhère pour la confection
des outils et des ustensiles. notre égard (et non il en a agi avec désinvol¬
ture...).
rv Moyen Age > Moyen Age.
2 n s’agit de Verbe impersonnel. Se conjugue
agencer v. t. Conjug. 17. Le c prend une cédille pec l’auxiliaire être. Participe passé toujours
devant a ou o ; il agença, nous agençons. invariable : Il s’est agi d’une affaire grave.
3 S’agissant de Etant donné qu’il s’agit de. Tour
agenda [ajêda] n. m. Mot latin francisé. PI. : Uttéraire, mais très correct : S’agissant d'histoire
des agendas. scientifique et non de littérature, on ne peut
prendre en considération de tels documents.
agenouiller (s^ v. pron. Attention au i après
ill à la prermère et à la deuxième personne du agissement n. m. Prevue toujours au pluriel et
pluriel de l’indicatif imparfait et du subjonctif presque toujours péjoratif : La police vient de
présent : (que) nous nous agenouillions, (que) mettre fin aux a^ements de ces escrocs.
vous vous agenouilliez
agnat n. m. (droit romain) Celui qui est uni à
agent Pas de forme féminine en français moderne. d’autres personnes par des liens de parenté
La forme agente, péjorative, est très vieillie. De paternelle (s’oppose à cognât). — Prononcia¬
nos joure, on emploie très bien le mascuhn agent tion : [agna]. De même : agnation [agnasjSI.
quand il s’agit d’une femme : L’espionne Mata Pas de n mouillé.
Hari était un agent de l’Allemagne. — Eviter de
dire une agente pour désigner une auxiliaire agnèlement n. m. Mise bas de l’agneau par la
féminine de la police en uniforme. Dire une brebis. — Accent grave sur le premier e. —
femme agent ou une contractuelle. Synonyme : agnelage.
25
AGNELER
agneler v. i. La brebis agnelle, met bas son et remplace é par è devant un e muet, sauf à
agneau. — Conjugaison sujette à des hésita¬ l’indicatif futur et au conditionnel présent :
tions : la brebis agnelle (ou agnèle), agnellera j’agrège, tu agrèges, mais j’agrégeraL j’agrége¬
(ou agnèlera), agnellerait (ou agnelerait). Les rais.^ Un seul g. — De même : agrégat,
formes en elle semblent devoir être prâerées agrégatif, agrégation, agrégé.
aux formes en èle.
agrément n. m. Un seul g. — De même :
agnelle n. f. Agneau femelle. — Finale en -elle. agrémenter.
agonie, agoniser Deux verbes paronymes ; agresseur n. m. Ce mot n’a pas de féminin : C’est
cette nation qui est l’agresseur.
1 agonir Ne s’emploie qu’à l’infinitif, aux temps
composés (j’ai agonL j'avais agoni...) et au
agriculteur n. m. A la différence de cultivateur,
sing^er de l’indicatif présent (j’agonis, tu ago¬
cultivatrice, ce mot n’a pas de féminin. Au
nis, il agonit). — Signifie « insulter, injurier » :
féminin, dire une femme agriculteur ou plutôt
Il s'est fait agonir de la belle manière t On
une cultivatrice, une exploitante agricole.
rencontre surtout agonir au sens de « acca¬
bler » dans des expressions comme agonir
agrififer v. t. V Un seul g, deux f.
quelqu’un d’injures, de reproches, de sottises...
2 agoniser Veut dire « être à l’agonie, lutter agripper v. t. ▼ Un seul g deux p.
contre la mort » ; Le vieillard agonisait sur un
lit d’hôpital. T Ne pas dire * agoniser quelqu 'un agronome La langue administrative distingue
d’injures, faute populaire fréquente. l’ingénieur agronome, ingénieur diplômé de
l’Institut national agronomique (cadre supé¬
agora n. f. Mot grec francisé. — PI. : des agoras rieur) et l’ingénieur agricole, mgémeur diplômé
[-na]. Sans complément de nom et avec une d’une école nationale d’agriculture {(ingnon,
majuscule, l’Agora, désigne l’agora d’Athènes : Rennes, Montpelher), cadre technique.
La Tholos s’élevait à l’angle sud-ouest de l’Agora.
agrumes Toujours employé au pluriel. Toujours
agrafe n. f V Aucun rapport avec le suffixe masculin.
■graphe (du grec graphein « écrire »). Ne
jamais éciire avec ph. — Un seul g un seul aguerrir v. t. Deux r (vient de guerre). — De
/ De même : agrafage, agrafer, agrafeuse. même : aguerri, aguerrissement
agréger v. t. Conjug. 16 et 11 Prend un e après ah! ha! Ces deux exclamations sont toujours
le g devant a et o (il agrégea, nous agrégeons) suivies d’un point d’exclamation. Dans l’usage
AHURIR 26
4 Quand, écrit avec une majuscule, il désigne Pluriel : des ails [aj], dans la langue des
une constellation ; L'Aigle brillante scintillait botanistes, ou bien des aulx [o]. Cependant ce
dans le ciel. pluriel aulx tend à devenir désuet et l’on évite
d’employer le mot au pluriel. Tourner autre¬
aiglefin n. m. Autre graphie de églefin, nom d’un ment et dire, par exemple : des plants d’ail, des
poisson. S’écrit aussi aigrefin, égrefin > aigre¬ gousses d’ail, des têtes d’ail.
fin, églefin.
ailleurs adv. L’emploi de la locution par ailleurs,
aiglon n. m. Petit de l’aigle. Au féminin ; au sens figuré de « d’ailleurs, d’un autre côté,
aiglonne, avec deux n. — Au figuré, avec une sous un autre aspect, d’autre part, en outre, par
majuscule, l’Aiglon: le roi de Rome, fils de un autre moyen, pour un autre motif, etc. »
l’Aigle, c’est-à-dire de Napoléon I". est déconseillé dans la langue soignée. On dira,
par exemple : Le climat de la Bretagne est doux
aigre, âcre, âpre > âcre. et tonique à la fois; d’autre part, les paysages
de cette province sont pleins de charme plutôt
aigre-doux Adjectif composé. Les deux éléments que par ailleurs, les paysages...).
s’accordent : Un fruit aigre-doux, des fruits
aigres-doux ; une cerise aigre-douce, des cerises ailloli > aïoli.
aigres-douces.
aimer Problèmes de construction.
aigrefin Deux noms masculins homonymes.
I Avec l’infinitif, trois constructions possibles.
1 aigrefin Escroc : Les gens honnêtes mais naïfs
sont souvent victimes des aigrefins. 1 Construction directe. J’aime flâner (tour
le plus courant).
2 aigrefin Autre forme de aiglefin, égrefin,
églefin, nom d’un poisson > é^efin. 2 Aimer à... J’aime à flâner (tour un peu plus
recherché). — Eviter d’employer à devant un
aigu adj. Au féminin : aiguë W Le tréma se place verbe commençant par a- : au lieu de J’aime
sur le e non sur le u. à aspirer l’air pur à pleins poumons, dire plutôt
J’aime aspirer...
aiguade n. f {marine ancienne) Lieu du littoral 3 Aimer de... J’aime de flâner (tour archaïque
où un navire pouvait se ravitailler en eau douce. et très recherché).
— Prononciation : [egad], avec g dur.
II Aimer que... Toujours suivi du subjonctif :
aigue-marine n. f. Emeraude bleu-vert. — J’aime qu’on soit franc avec moi T Aimer à
Prononciation : [egmasin].— PI. : des aigues- ce que est déconseillé. Ne pas dire : J’aime à
marines. ce qu’on soit franc...
III Aimer mieux... Quatre cas à considérer.
aiguière n. f Type de vase ancien. — Prononcia¬
tion : [egjea], avec g dur. 1 Peut être suivi de l’infinitif, sans pr^osition
et sans terme de comparaison exprimé : J’aime
aiguille [egqij] n. f. Tous les mots de la famiUe mieux lire.
de aiguille se prononcent avec [-çqij-] : aiguil¬
lage [egqijas], aiguillât [egqija], aig«i7/ée
2 Peut être suivi de que -\- de + l’infinitif :
J’aime mieux me reposer que d’aller en excur¬
[egqije], aiguiller [egqijeJ, aiguillette
sion. — En principe, dans la langue littéraire,
[egqijet], aiguillon [egqijâ], etc.
ce tour exprime un choix, une décision, et non
une simple préférence de pût : En cette
aiguiller v. t. Attention au / après -ill- à la
circonstance, te sénat romain aima mieux laisser
première et à la deuxième personne du pluriel
les prisonniers aux mains de l’ennemi que de
de l’indicatif imparfait et du subjonctif pr&ent :
les racheter en abaissant l’honneur de Rome.
{que) nous aiguillions, (que) vous aiguilliez.
3 Dans la lanpe parlée, est généralement
aiguiser v. t. Deux prononciations, l’une avec suivi de l’infinitif sans de : J’aime mieux lire
[-gi-] c’est-à-dire [egize], l’autre avec [-gqi-] qu’aller en excursion. Ce tour est presque de
c’est-à-dire [egqize]. Cette dernière est nette¬ rigueur dans la langue écrite soignée pour
ment préférable. De même, pour les dérives, exprimer une préférence de goût permanpte
préférer la prononciation avec [-gqi-] : aigui¬ ou durable ; C’est un trait de mon caractère :
sage [egqiza3], aiguisement [egqizmS], aigui¬ faime mieux écouter que parler, j’aime mieux
seur, euse [agqizœR,0z], aiguisoir [egqizwaR]. regarder qu’agir.
ail Plante et condiment. — Toujours masculin : 4 Aimer mieux que... suivi du subjonctif. On
L’ail est savoureux. — Prononciation : [aj]. ne peut avoir deux que à la suite (par exemple :
AINE « \ 28
J’aime mieux qu’il démente clairement une peut donner à air son sens plein de « aspect,
bonne fois *que que les choses traînent). Il faut apparence, mine, expression du visage » et
donc tourner la phrase autrement ; J’aime considérer que l’adjectif est ^ithète de air et
mieux qu’il démente clairement une bonne fois doit s’accorder avec ce mot : Cette fillette a l’air
que de voir les choses traîner ou bien J’aime malicieux (— elle a l’expression malicieuse),
mieux au’il démente clairement une bonne fois (üet accord, quoique correct, est rare.
que si les choses traînaient.
2 Le sujet de avoir est un nom de chose, et
IV Au passif et au participe passé. Deux air n’est pas suivi d’une détermination. L’adjec¬
constructions possibles. tif s’accorde obUgatoirement avec le sujet : Ces
1 (Etre) aimé par... Il est aimé par tout le voitures ont l’air neuves (= semblent neuves).
monde (tour usuel dans la langue courante). On ne peut considérer qu’une chose a une
« mine », une « expression », à la manière
2 (Etre) aimé de... Il était aimé de tous (tour d’une personne.
préférable dans la langue écrite soignée).
3 Le nom air est suivi d’une détermination
aine, haine Ne pas écrire l’aine, partie du corps, (compilent de nom, relative, participiale,
comme la haine, sentiment violent d’hostilité. apposition). L’adjectif s’accorde toujours avec
air: Elles ont l’air malicieux des filles de Paris
aîné, ée adj. ou n. Accent circonflexe sur le L (= l’expression mahcieuse particulière aux
De même ; aînesse. filles de Paris). Ces maisons ont l’air discret et
cossu qui convient aux vieilles demeures bour¬
ainsi Eviter les pléonasmes ainsi par exemple, geoises. Ses amis avaient l’air triste convenant
ainsi par conséquent et même ainsi donc. à de telles circonstances. Ces bâtisses avaient
L’adverbe ainsi employé seul suffit. l’air rébarbatif propre aux pensionnats, aux
prisons et aux casernes. U faut ol^rver
ainsi que Pour l’accord du verbe et de l’attribut d’aillem que, s’il s’agit d’une chose, on ffit plus
avec le sujet, deux cas peuvent se présenter. volontiers avoir l’aspect, avoir l’apparence.
1 Ainsi que introduit une comparaison (qui est 4 Avoir un air. L’adjectif s’accorde toujours
placée entre virgules). Le verbe et l’attribut se avec air précédé de l’article indéfini : Ces
mettent alors au singuher : Cette fillette, ainsi fillettes ont un air bien doux. Au printemps, la
que sa cousine, est gentille. campagne a un air joyeux. On peut dire aussi,
au pluriel : Ces fillettes ont des airs bien doux.
2 Ainsi que équivaut à la coqjonction de
coordination et (ce qui se marque par l’absence n Avoir mauvais air, avoir une mauvaise
de virgules), ht verbe et l’attribut se mettent présentation, une apparence peu brillante : Ce
alors au pluriel : Cette fillette ainsi que sa pauvre diable avait trop mauvais air pour être
cousine sont gentilles. admis en si bonne compagnie. — Bien distin¬
guer de avoir un air mauvais, avoir une
aïoli [ajoli] n. m. Cle mot est d’origine provençale expression méchante, dure ; Attention / Je viens
et non itaUenne. Donc, au pluriel : des aïolis de voir la nouvelle surveillante, elle a un air
[-li], avec^ un — L’orthographe aïoli, mauvais t
conforme à la graphie provençale (graphie
rn Avoir un air hiux, avoir une expression
mistralienne) doit être préférée à ailloli.
hypocrite, fourbe, sournoise : Cette femme est
antipathique, elle a un air faux. — Bien
1. air n. m. Gaz qui entoure la Terre, atmos¬
distinguer de avoir un faux air de, avoir
phère. T Est toujours masculin. Dire : L’air est
frais (et non l’air est fiaîche).
l’apparence de, ressembler un peu à : Cette villa,
juchée sur la colline et flanquée d’une tourelle,
a un faux air de manoir ancien.
2. air n. m. Apparence, aspect. — Employé Hatui
plusieurs expressions qui donnent heu à cer¬
taines difficultés. 3. air n. m. Mélodie, musique : La fanfare joue
un air entraînant
I .^voj'r l’air suivi d’un adjectif.
1 ^ sujet de avoir est un nom de personne, airain n. m. Synonyme vieilli et littéraire de
et air n’est pas suivi d’me détermination bronze.
(complément de nom, relative, participiale ou
apposition). L’adjectif s’accorde alors générale¬ aire Plusieurs homophones (indépendamment de
ment avec le sujet du verbe avoir: Ces fillettes airl, air 2, air 3).
ont l’air malicieuses. Dans ce cas, l’adjectif est 1 aire n. f. Surface plane et dure sur laquelle
attribut du sujet et avoir l’air équivaut à un on battait le grain au fléau : Depuis l’introduc¬
verbe tel que paraître, sembler. (Cependant on tion des batteuses, l’aire a disparu des exploita-
29 AIRELLE
tions agricoles françaises. — Surface ; L’aire du 2 jonc Plante herbacée des lieux humides,
rectangle est égale au produit de la longueur utilisée en sparterie et en vannerie.
par la largeur. — Surface, territoire où a lieu
un phénomène ou bien qui sert à un certain ajour, à jour, à jours Ne pas écrire les ajours
usage : L’aire d’extension d’une espèce biologi¬ d’une broderie comme mon travail est à jour
que. Aire d’atterrissage d’un terrain d’aviation. (en deux mots, jour au singulier) ni comme des
Les aires du vent (divisions du cadran de la draps à jours (en deux mots, jour au pluriel).
boussole). — Nid d’un rapace : L’aire de l’aigle
est constituée par un amas de branchages. ajout n. m. Pas d’accent circonflexe. Un -t final.
2 ère n. f. Date qui sert de point de départ pour
coimter les années : En Pan 43 de notre ère. ajouter v. t. Trois constructions.
— Epoque : L’ère de la paix romaine L’ère de 1 Avec deux œmpiéments, l’un direct, l’autre
l’électronique Les ères géologiques. introduit par à : Il faut ajouter de l’eau à cette
3 erre n. f. (mariné) Mouvement d’un navire sauce. Si l’on ajoute douze à trente, on obtient
qui va sur sa lancée : Le navire court sur son quarante-deux Ne pas dire *ajouter douze et
erre (continue d’avancer sur son élan). Briser, trente ni *douze avec trente^ additionner.
casser l’erre d’un navire (arrêter un navire qui 2 Avec un seul complément (direct) : Il faut
court sur son erre). Le navire prend de l’erre ajouter de l’eau. J’ajouterai cette remarque. —
(prend de la vitesse après s’être arrêté). Avec que suivi de l’indicatif ou du condition¬
4 haire n. f. (h aspir^ Chemise de crin que nel : J’ajouterai qu’il y a une autre raison de
portaient les religieux et les dévots par esprit choisir cette solution. J’ajoute qu ’on pourrait très
de mortification. bien reporter la séance à un autre jottr.
albumine n. f. Dans la langue coiumite, on dit aléa n. m. — PI. : des aléas [-ea]. — S’emploie
avoir de l'albumine (sous-entendu : dans (parfois au singuher mais surtout au pluriel)
rurine). L’expression scientifique correspon¬ pour désigner les hasards, les risques, les
dante est avoir (ou présenter) de l'albuminurie, chances bonnes ou surtout mauvaises : Cette
mais avoir de l'albumine n’est pas incorrect. affaire comporte beaucoup d'aléas. ▼ Ne pas
employer aléa comme synonyme de désagré¬
alcade n. m. En Espagne, magistrat municipal. T ment, difficulté.
Attention au paronyme akazar, forteresse (en
Espagne). alêne n. f. Outil de cordonnier : Une alêne aiguë
— Attention à l’accent circonflexe. Ne pas
alcali Toujours masculin : L'alcali volatil écrire comme l'haleine « le souBle ».
rons » : Les alentours du village sont très aliéner Conjug. 11. Remplace é par è devant un
verdoyants. Il visita les alentours de la petite e muet, sauf à l’indicatif futur et au conditionnel
ville. présent : j’aliène, mais j’aliénerai
alezan, ane adj. ou n. Qualifie un cheval de alizé n. m. ou adj. m. Les alizés ou les vents alizés.
couleur fauve tirant sur le roux. — L’adjectif — Avec un z.
employé seul s’accorde : Des chevaux alezans.
Des juments alezanes. Invariable quand U est allaiter v. t. Deux /. — De même : allaitement.
composé : Des chevaux alezan clair. Des juments
alezan doré. — Un alezan, une alezane : allantoïde n. f. L’une des annexes de l’embryon
un cheval alezan, une jument alezane. — On et du foetus. — Deux /.
écrit : La couleur alezan.
allécher v. t. Remplace é par è devant un e muet,
alèze > alaise. sauf à l’indicatif futur et au conditionnel
présent : j’allèche, mais j’allécherai — Deux
alfa, alpha Deux noms mascuüns homophones. /. De même : alléchant, allèchement.
alidade Instrument de visée. — Toujours fémi¬ allegro, allégro, allegretto, allégretto Ces mots
nin : Une alidade précise. s’écrivent sans accent et sont invariables
ALLÉGUER 32
quand ils sont employés comme adverbes. — 2 Aller pour. Normalement, le verbe aller
Ils s’écrivent avec un accent aigu et prerment est directement suivi de l’infinitif de but : Il alla
le -s du pluriel français quand ils sont employés fermer la fenêtre. L’emploi de aller pour est
comme noms : Des allégros de Mozart. Des déconseillé, sauf si l’on veut indiquer que le
allégrettos [-to], T L’orthographe italienne sans mouvement est interrompu : Il alla pour
accent et l’invariabilité sont de rigueur quand regarder par la fenêtre, mais il revint sur ses
allegro, allegretto substantivés sont suivis d’un pas.
adverbe italien : Des allegro assai.
3 Aller exprimant le futur. On emploie aller
suivi de l’infinitif comme semi-auxihaire pour
alléguer Conjug. 11. Remplace é par è devant
exprimer le futur proche ; Je vais m'occuper de
un e muet, sauf à l’indicatif futur et au
cette question (= je m’en occuperai sans tarder,
conditionnel présent : j’allègue, mais j’allégue¬
immédiatement). Il va pleuvoir (= il pleuvra
rai, j’alléguerais. — Attention au u qui subsiste
bientôt). Cet emploi est limité au présent et à
même devant a ou o : nous alléguons, il allégua.
l’imparfait de l’indicatif de aller. Ne pas dire :
— Deux /. De même : allégation.
*Il n’est pas vrai qu’il aille partir (mais qu’il
soit sur le point de partir).
alléluia n. m. Prononciation et orthographe.
4 Aller, être. Aller est parfois remplacé par
1 Prononciation. On p)eut ou non faire sonner être aux temps composés : Hier, j’ai été au
le double /. — On prononce plutôt [al(l)eluja] cinéma (= je suis allé au cinéma). Cette
que [al(l)elyja] ou que [al(l)elqija]. substitution, fréquente dans la langue parlée,
2 Orthographe. Pas de majuscule : L ’alléluia est déconseillée dans la langue écrite.
faisait retentir les voûtes de l’église. — Un 5 Avoir loin à aller. Tour déconseillé. Ecrire ;
accent aigu. — PI. : des alléluias. Nous n ’avons pas si long chemin à faire (plutôt
que nous n’avons pas si loin à aller).
allemand Attention à la majuscule : La popula¬
tion allemande. Les Allemands. Un Allemand. 6 Aller sur suivi de l’indication de l’âge.
Une Allemande. — L’allemand, la langue Familier : Il va sur ses trente ans (= il approche
allemande. — L’allemande: danse ancienne; de l’âge de trente ans).
sauce blanche.
7 Aller, venir. Ne pas confondre aller, se
déplacer en s’éloignant du heu où se trouve la
1. aller Verbe de conjugaison irréguhère qui entre
personne qui parle ou du heu où elle se place
dans de nombreuses locutions.
en esprit, avec venir, qui indique le mouvement
I Conjugaison. inverse : Beaucoup de Français vont en Espagne
pendant les vacances. Beaucoup d’Anglais vien¬
1 Conjug. 9. Je vais, tu vas, il va, nous allons, nent en France pour visiter Paris.
vous allez, ils vont. — J’allais. — J’allai —
J’irai — J’irais. — Va, allons, allez — Que 8 Aller devant un participe présent. Invaria¬
j’aille, que tu ailles, qu’il aille, que nous allions, ble. Exprime une action progressive : La fièvre
que vous alliez, qu’ils aillent — Que j’allasse. va croissant (et non va *croissante). Aller en
— Allant — Allé, ée. suivi du participe présent (Sa santé va en
s’altérant) est un tour correct aussi et plus
2 La deuxième personne du singulier de usuel.
l’impératif est va. Cependant on ajoute un -s
euphonique dans l’expression vas-y, sauf s’il y III S’en aller.
a un infinitif qui suit : Va y voir (mieux que
vas y voir, qui est populaire). 1 Conjugaison. L’usage ancien et littéraire
est de conjuguer : je m’en suis allé, tu t’en es
3 On écrit va-t’en (où t est la forme élidée du allé, il s’en est allé, elle s’en est allée, nous nous
pronom te), car il s’agit de l’impératif du verbe eri sommes allés... Cependant la forme plus
s’en aller. En revanche, on dit (va en chercher récenteye me suis en allé, tu t'es en allé, il s’est
(^ns-r), car il ne s’agit pas du verbe s’en aller (à en allé, elle s’est en allée... est admise dans la
l’indicatif, on dirait : tu vas en chercher). — Ne langue parlée et dans la langue écrite de ton
pas confondre une forme comme va-t’en avec où simple.
va-t-il ? (où le -t- est le t euphonique).
2 Je m’en fus, tu t’en fus... L’usage du passé
4 On conjugue jr> vais, tu y vas..., mais, au simple (ou de l’imparfait du subjonctiQ du
futur et au conditionnel, y’/>ai j’irais, tu iras, verbe être à la place de s’en aller est très vieilli
tu irais... (pour éviter l’hiatus *j’y irai..). et ^ constitue une affectation d’archaïsme ; Je
m'en fus le trouver et je lui parlai Sur ces mots,
II Emplois, locutions, sens. mon oncle s’en fut (= s’en alla).
1 Aller à la poste, chez le coiffeur^ à (III, 1). 3 L’impératif de s’en aller. On écrit : va-t’en,
— Aller à bicyclette, en voiture t> à (VII, 1 et 2). allons-nous en, allez-vous en.
33 ALLER
(intransitivement) Devenir plus long : Au prin¬ l’Antiquité (prend une majuscule quand il s’agit
temps, les jours allongent. T Cet emploi du titre d’un ouvrage) : L’Almageste de Ptolé-
intransitif est déconseillé dans la langue surveil¬ mée. — Attention au paronyme Trismégiste,
lée. Dire plutôt : Les jours s’allongent. surnom d’Hermès {Hermès Trismégiste), consi¬
déré comme le dieu inspirateur des üvres
2 rallonger Transformer pour rendre plus d’alchimie.
long La couturière va rallonger ma jupe. T
L’emploi intransitif de rallonger est familier.
almanach [almana] n. m. On ne fait pas
Ne pas dire Les jours rallongent, mais Les jours
entendre le -ch final, sauf dans le cas d’une
s’allongent.
liaison, où il se prononce comme k : Un
almanach ancien [almanakâsjê].
allopathie n. f. Médecine usuelle (par opposition
à homéopathie). — Deux / et -th-. De même :
aloès Accent grave sur le e. Toujours mascuhn :
allopathe (médecin), allopathique.
Un aloès épais. — Prononciation : [abes].
allotir
V. t. Diviser en lots (une propriété). —
aloi n. m. (expressions) De bon aloL De mauvais
Deux l, un seul t. De même ; allotissement.
aloi. — Jamais de e à la fin.
allouer v. t. Deux /.
alors Prononciation et emplois.
allume-cigares n. m. Invariable: des allume- 1 On ne fait jamais entendre le s final.
cigares. Prononcer ; [abs].
allume-feu n. m. Invariable : des allume-feu. 2 Ne pas employer jusqu’alors pour dire jusqu’à
maintenant, jusqu ’à présent. Dire : Jusqu ’à pré¬
sent, je n ’ai pas été malade (et non jusqu ’alors).
allume-gaz n. m. Invariable : des allume-gaz. Réserver jusqu ’alors au cas où l’on se place dans
le passé : Jusqu ’alors, Louis XIII n ’avait pas eu
allumer Orthographe et emploi. la possibilité d’exprimer sa volonté.
1 Deux / et un seul m. De même : allumette 3 Dans la langue parlée, alors peut signifier c’est
(deux t), allumettier (deux t), allumeur, allu- pourquoi, en conséquence de quoi : Il avait faim,
meuse. alors il a volé du pain. Ne pas abuser de cet
2 Les expressions allumer la lumière, allumer emploi.
l’électricité sont admises dans la langue parlée.
Il est conseillé cependant d’écrire plutôt donner alose [aloz] Poisson. — Toujours féminin : Une
de la lumière ou allumer la lampe (il est évident grosse alose.
qu’on n’allume pas la lumière ou l’électricité).
alouette n. f. Un seul /. Deux t.
allumette-bougie n. f. — PI. : des allumettes-
bougies. alourdir v. t. Un seul L De même : alourdi,
alourdissement.
allure Deux /. — Manière de se conduire, de se
tenir : Ce simple bourgeois avait des allures de aloyau n. m. Pièce de bœuf. — Prononciation :
grand seigneur.^ — Quand on parle d’une chose, [alwajo]. — PI. : des aloyaux.
employer plutôt aspect, apparence ; Ta maison
de campagne a un aspect coquet. alpaga Lama à la fourrure laineuse. — {par
extension) Tissu. — Masculin, malgré la finale
alluré, ée adj. Qui a beaucoup d’allure, d’élé¬ en a : De l’alpaga soyeux. — PI. : des alpagas
gance (vocabulaire de la mode) : Une robe très [-ga]- — Il existe une autre forme, alpaca,
allurée. A éviter en dehors du langage de la moins usitée, mais correcte.
mode.
alpha [alfa] n. m. inv. Première lettre de
alluvion Toujours féminin. Généralement au l’alphabet grec. — T Ne pas écrire comme alfa,
pluriel {Des alluvions fécondes), sauf parfois herbe d’Algérie, papier.
dans la langue figurée littéraire et sauf dans la
langue du droit : L’alluvion profite au proprié¬ alphabet n. m. Avec ph. De même : alphabéti¬
taire riverain. — Deux /. De même : alluvial, que, alphabétiquement, alphabétisation, alpha¬
ale, aux, alluvionnaire (deux n) alluvionne- bétiser, alphabétisme, alphanumérique.
ment (deux n) alluvionner (deux n).
alsacien, ienne Attention à la majuscule : La
almageste n. m. Livre qui contient une synthèse population alsacienne. Les Alsaciens. — L’alsa¬
des coiinaissances astronomiques acquises dans cien : le dialecte alsacien.
35 ALTÉRER
altiste, alto Deux mots à bien distinguer. 2 Nom féminin. Désigne une plante aux fleurs
pourpres (Un bouquet d’amarantes délicates) o\x
1 altiste n. m. ou n. f. Musicien, musicienne un produit colorant qui sert à temdre la laine
qui joue de l’alto (instrument de musique). ou a colorer les denrées alimentaires : L’ama¬
rante est dangereuse pour la santé et devrait être
2 alto n. m. (PI. : des altos [-to]) Plusieurs sens. interdite.
a/ Instrument de la famille du violon. — 3 Nom masculin. Désigne une couleur pourpre :
Instrument à vent de la famille des saxhorns. Une soie d’un amarante profond et vif.
b/ (vieilli) La plus grave des voix de femme. 4 Adjectif de couleur. Toujours invariable : Des
— Synonyme moderne : contralto. soieries amarante.
c/ (par extension, vieilli) Cantatrice qui
possède cette voix : Cette cantatrice fut un amarre n. f. Deux r. De même; amarrage,
merveilleux alto. — Synonyme moderne : amarrer.
contralto. — Dans ce sens, on rencontre parfois
le féminin une alto, mais cet emploi est a amateur Pas de forme spéciale pour le féminin.
déconseiller. On dira donc (sans article) : Elle est amateur
de westerns. En revanche, on ne peut dire C’est
altocumulus n. m. inv. En un seul mot. PI. : *une amateur de westerns. Tourner autrement :
C’est une femme qui aime les westerns ou C’est
des altocumulus [-lys].
une femme amateur de westerns.
altostratus n. m. inv. En un seul mot. PI. :
amazone n. f. Bien prononcer avec o fermé :
des altostratus [-tys].
[amazon].
alvéole Quelques dictionnaires modernes présen¬
tent le mot comme féminin. Cependant, dans ambages n. f. pl. Ne s’emploie plus que dans
la langue surveillée, le masculin doit etre l’expression sans ambages, sans détour : Je lui
ai dit sans ambages que j’étais mécontent.
préféré : Un alvéole profond.
ambassadeur Le féminin ambassadrice désigne
amadou n. m. Pas de consonne à la fin. — PI.
l’épouse d’un ambassadeur. Pour parler d’une
(très rare) : des amadous. — Le champignon
AMBIANCE • \ 36
femme qui a le titre d’ambassadeur et en exerce flme n. f. Attention à l’accent circonflexe sur
les fonctions, on emploiera plutôt la forme le a.
masculine : Mme X. a été nommée ambassadeur
de France à Copenhague. — La forme ambassa¬ amen [amen] ou [amen] inteij. ou n. m. inv.
drice, en revanche, s’emploie normalement — PI. : Des amen.
pour le sens figuré : Ces charmants mannequins
sont les ambassadrices de la mode française à aménager Conjugaison et sens.
l'étranger.
I Conjug. 16. Prend im e après le g devant a
ambiance n. f. Ce mot appartient surtout à la et O : il aménagea, nous aménageons.
lai^e technique (psychologie, ciném^ radio¬ n aménager, emménager.
diffusion) ou au langage parlé familier. Les
mots atmosphère, climat en sont les équivalents 1 amén^er (transitiQ Arranger, disposer de
lus relevé. — L’expression II y a de l’am- telle ou telle manière : Le décorateur a très
iance, il y a beaucoup de gaieté et d’animation, habilement aménagé cette salle de séjour.
est du registre famiher. Dans la lanme écrite
2 emménager (intransitif) S’installer dans un
soutenue, on tournera autrement : Lambiance
est joyeuse on II y a de la joie ou il y a de
logement en y transportant ses meubles ; Dans
huit jours, j’emmenage dans mon nouvel
l’animation ou La joie règne. L’animation
appartement
règne.
ambiant, ante adj. Veut dire « qui circule amende n. f. Peine pécuniaire ; Le contrevenant
autour, qui entoure ». Eviter par conséquent sera puni d’une amende de cinquante francs.
le pléonasme le milieu ambiant (le milieu, c’est — Ne pas écrire comme amande, finit de
ce qui existe autour). Le nom seul (le milieu) l’amandier ; Croquer des amandes. — Dérivés :
est suffisant. On dira donc : Le milieu n’était amendable, amendement, amender.
pas favorable à l’épanouissement de cet enfant
— En revanche, on peut très bien dire : amène adj. Aimable : Un sourire amène. — Un
L’humidité ambiante, la tristesse ambiante. e ouvert, un accent grave, à la différence de
aménité.
ambi^ adj. V Le féminin ambiguë [ôbigy]
s’écrit avec un tréma sur le e, non sur le u. amener v. t. Conjug. 12. Change e en é devant
un e muet, même à l’indicatif futur et au
ambiguïté Prononciation : [âbigqite]. V Tréma conditionnel ; j’amène, j’amènerai ▼ L’emploi
sur le i, non sur le u. de la forme pronominale s’amener au sens de
« amver, venir » appartient à la langue très
ambigument adv. T Pas d’accent circonflexe sur familière. Dans la langue surveillée, on dira ;
le u ni d’e muet après lui. Voilà notre ami qui arrive (et non qui s’amène).
ambitionner v. t. Deux n. Dans le style très sou¬ amener, apporter Ces deux verbes ne sont pas
tenu, il vaut mieux employer les ^uivalents : interchangeables.
avoir pour ambition, aspirera, briguer, convoiter,
désirer, Mursuivre, prétendre à, souhaiter, viser I An sens propre.
à, selon les cas.—Se construit avec un nom sans 1 Amener, c’est faire venir une ou plusieurs
préposition ou bien avec de suivi de l’infinitif : Il personnes avec soi : A notre prochaine réunion,
ambitionne un poste de conseiller technique. Il amenez donc vos amis. — (par extension)
ambitionne de devenir conseiller technique. Transporter (des personnes): Voici l’autocar
qui nous a amenés. — Faire venir, conduire ce
ambivalence, ambivalent, ente S’écrit avec qui peut se déplacer sans être porté : On amène
-en- et non -an-.
la grue roulante près du cargo à décharger. Un
canal amène l’eau au moulin.
ambon n. m. Autrefois, chacune des deux tribunes
placées à l’entrée du chœur d’une église. 2 Apporter, c’est porter en venant, transpor¬
ter sur soi, avec soi : A notre prochaine réunion
ambre Toujours masculin : De l’ambre gris. chez Jacques, j’apporterai ces disques. ▼ Dans
ce sens, l’emploi de amener est familier et
ambroisie n. f. Dans la mythologie grecque, déconseillé.
nourriture solide des dieux de l’Olympe. A
distinguer du nectar, boisson des dieux. n An sens figuré.
1 Le sujet de l’action est une personne. On
ambulacre Toujours masculin : Les ambulacres emploie alors apporter -. Mon ami m’a apporté
de l’oursin sont creux. une aide précieuse.
37 AMENER
2 Le siiget de l’action est une chose. L’usage améthyste Attention à la place du groupe th et
général est le suivant : a) si on insiste sur du t et à l’y.
l’idée de cause et s’il n’y a pas de complé¬
ment d’attribution, on emploie amener (Cet
1 Nom féminin. Pierre de couleur violette ; Une
incident de frontière avait amené la guerre) ; grosse améthyste ornait l’anneau de l’évêque.
b) si on insiste sur l’idée d’avantage ou 2 Nom masculin. Couleur violette : Des soieries
d’inconvénient et s’il y a un complément d’un améthyste profond et délicat
d’attribution, on emploie apporter : J’espère
que cette année apportera bien des joies à notre
3 Adjectif invariable. De couleur violette : Des
soieries améthyste.
ami
ami Se construit normalement avec de : Jacques,
amener, emmener Ces deux verbes font réfé¬
qui est l’ami de mon cousin... — Le tour avec
rence à deux mouvements inverses.
la préposition avec est familier et déconseillé
1 Amener suppose que l’on considère le (Jacques qui est ami avec mon frère..).
mouvement en tant qu’il aboutit à l’endroit
considéré : Docteur, je vous amène mon fils, il amiable adj. ou n. m. Qui se fait sans interven¬
est très fatigué depuis quelque temps Un aque¬ tion d’un tribunal ou d’une autorité : Partage
duc amène l’eau à la ville. amiable. Vente amiable. On dit aussi : Partage
à l’amiable. Vente à l’amiable. Régler une
2 Emmener suppose que l’on considère le affaire à l’amiable. T II existe un paronyme,
mouvement en tant qu’il éloigne de l’endroit aimable : Un sourire aimable.
considéré, du lieu où l’on se place en esprit :
Il est huit heures je dois emmener mes enfants amiante Toujours masculin ; De l’amiante très
à l’école (le verbe emmener fait référence blanc.
au point de départ, qui est « chez moi »).
Voici la canalisation qui emmène les eaux amibe Animal unicellulaire. — Toujours fémi¬
usées nin : Une grosse amibe.
commandement {Une sentinelle montait la au sens propre. S’emploie de nos jours surtout
garde devant la porte d’honneur de l’amirauté). au figuré : Une vie trop facile amollit le
caractère. Peut s’employer absolument ; Une vie
ammoniac Orthographe et sens. trop facile amollit.
I Deux m. De même ; ammoniacal, ale, aux, 2 ramollir S’emploie comme verbe transitif {La
ammoniaque, ammonisation, ammonium, am- chaleur ramollit le beurre), pronominal {Le
moniurie. beurre s’est ramolli) ou intransitif {Par cette
chaleur, le beurre ramollit). S’emploie couram¬
II Ammoniac, ammoniaque. Deux homophones
à bien distinguer. ment dans la langue quotidienne. Dans la langue
surveillée ou didactique, on évite ramollir jugé
1 ammoniac n. m. Gaz de formule NH3. — trop « commun » ou péjoratif. On préfère tour¬
(adjectivement) Le gaz ammoniac. ner autrement : Une température élevée fait per¬
2 ammoniaque n. f. Solution aqueuse de gaz dre de sa dureté au fer, fait fondre la cire, la rend
ammoniac. L’ammoniaque est appelée aussi pâteuse, rend le métal plus malléable. La pluie
alcali volatil Elle sert à divers usages indus¬ rend la terre plus molle. On pétrit le mastic pour
triels et domestiques. — (adjectivement) Une l’assouplir, pour le rendre plus plastique.
solution ammoniaque.
amonceler v. t. Conjug. 13. Double le / devant
amnistie, amnésie, armistice Trois noms un e muet : j’amoncelle, j’amoncellerai.
paronymes.
amoncellement n. m. Deux L Pas d’accent.
1 amnistie Mesure par laquelle l’État efface les
condamnations déjà infligées ou renonce à amont S’oppose à aval : Un cours d’eau coule
exercer des poursuites contre les auteurs de d’amont en aval Melun est en amont de Paris
certains crimes ou délits : Le Parlement a voté (situé sur le même fleuve, mais plus près de
l’amnistie pour tous les condamnés politiques. la source).
— Toujours féminin : Une amnistie tardive.
2 amnésie Maladie qui consiste en la perte de amoral, immoral Deux adjectifs à bien
la mémoire, en l’oubh des souvenirs : L’amnésie distinguer.
peut résulter d’un traumatisme cérébral ou
1 amoral, ale, aux Qui ne s’intéresse pas à la
d’une maladie infectieuse ou de la sénilité. —
morale, qui est étranger à la morale : La science
Toujours féminin : Une amnésie passagère.
n’est ni morale, ni immorale, elle est amorale.
3 amistice Accord par lequel deux armées — Qui agit sans se soucier du bien et du mal ;
décident d’arrêter les combats : L’armistice du Il vit dans l’instant, ne connaît que son instinct
11 novembre 1918 mit fin à la Grande Guerre. T et il est spontanément et naïvement amoral
Toujours masculin : Un armistice avantageux.
2 immoral, ale, aux Qui est contraire à la
morale ou aux bonnes moeurs : La spéculation
amnistier conjug. 20. Double le i à la première
sur les denrées de première nécessité est une
et à la deuxième personne du pluriel de
activité immorale. Ce roman est-il immoral ? —
l’indicatif imparfait et du subjonctif présent :
(que) nous amnistiions, (que) vous amnistiiez. Qui a^t contrairement à la morale : Un être
dépravé, débauché, immoral
amodier conjug. 20. Double le / à la première et à
la deuxième personne du pluriel à l’indicatif im¬ amorcer Conjug. 17. Le c prend une cédille
parfait et au subjonctif présent : (que) nous amo¬ devant n ou 0 ; il amorça, nous amorçons.
diions, (que) vous amodiiez. T Ce verbe signifie
« donner une terre à ferme » ou « concéder une amorphe adj. Avec ph.
mine a exploiter » ; L’État amodie les conces¬
sions minières. Eviter l’emploi très incorrect de ce amour Attention au genre.
verbe au sens de « modifier, aménager ». De 1 Au sens de « passion amoureuse, aventure
même, amodiation veut dire « action d’affermer amoureuse », masculin au singulier : Le souve¬
■une terre, de concéder une mine à exploiter », nir de cet amour merveilleux. L’usage de la
jamais « modification, aménagement ». langue soutenue est de mettre le mot au féminin
quand il est au pluriel ; Le souvenir de ces belles
amollir, ramollir Deux/. De même .amollissant, amours. — L’emploi du féminin au singulier
amollissement. — Deux verbes à bien distmguer. est rare, archaïque et poétique: Une amour
1 amollir S’emploie comme verbe transitif {Le délicieuse.
feu amollit la cire) ou pronominal {Sous l’effet de 2 Au sens de « enfant peint ou sculpté
la chaleur, la cire s’amollit), jamais comme in- symbolisant l’amour », est toujours masculin :
transitif. — Tend à vieillir et a devenir littéraire Des amours ailés ornent le plafond.
39 AMOURACHER
amouracher (s*) v. pron. De nos jours, familier système à variations périodiques. On évitera
et péjoratif : Q^el nigaud I il s’est amouraché d’employer amplitude au sens de « caractère
de cette aventurière I de ce qui est grand, intense, étendu ».
an, année Le mot an tend à devenir moins usuel des caractères empruntés à une époque anté¬
que année. Il s’emploie encore dans les cas rieure ou posténeure : Beaucoup de films
suivants. historiques présentent des anachronismes fâ¬
I Dans les expressions figées : Le jour de l’an. cheux ou cocasses dans les costumes ou la
Le nouvel an. Le premier de l’an. Un service description des mœurs — La règle qui voudrait
{funèbre) du bout de l’an ou un bout de l’an. distinguer l’anachronisme (l^uel consiste à
Bon an mal an. placer un fait à une date plus ancienne que sa
date réelle) et le parachronisme (lequel consiste
n Pour indiquer la date. à placer le fait à une date trop tardive) est
1 Obligatoirement dans le calendrier républi¬ sans fondement dans l’usaçe, car parachro¬
cain : La loi du 4 floréal an IV. nisme est pratiquement inusité. Anachronisme
s’emploie donc pour désigner toute erreur de
2 Dans le calendrier grégorien, avec certains date.
tours archmques ou emphatiques ; En l’an de
grâce 1456. En l’an du Christ 1629. En l’an
anacoluthe Brusque changement dans la
1275 de Notre-Seigneur.
construction d’une phrase. Exemple : Etpleurés
3 Parfois dans l’indication d’une date, du vieillard, il grava sur leur marbre Ce que
surtout quand on précise de quelle ère il s’agit je viens de raconter (La Fontaine). Le participe
(En l’an 124 de Inégire, concurremment avec pleurés n’est pas en apposition a il et « reste
En Vannée 124 de l’hégire) ou quand l’année en l’air ». — Le mot anacoluthe s’écrit avec
est très proche du début de l’ère {En l’an 4. En th et est féminin : Une anacoluthe audacieuse.
l’an 8 avant J.-C.). En revanche : En Vannée — Bien distinguer Yanacoluthe et la syllepse >
156. En Vannée 192 avant J.-C. syUepse.
ni Avec un numéral cardinal.
anagramme Toujours féminin ; Une anagramme
1 Pour indiquer un moment dans le temps ingénieuse.
ou pour exprimer la durée : Cela se passait il
y a cinquante ans Ce régime politique ne dura
anal, annal, annales > annal.
que six ans L’emploi de annee est en revanche
obhgatoire quand il y a un quaMcatif : Six
longues années Trois années heureuses analogique, analogue Attention à la
construction.
2 Pour indiquer l’âge : Mon frère a quinze
ans Cette maison a deux cents ans Dans cet 1 Analogique se construit avec de : Le tour
emploi, an ne peut être remplacé par année. fautif » pallier à un inconvénient» est analogi¬
En revanche, le mot année est obligatoire avec que de «remédier à un inconvénient» (= est
un numéral ordinal : Il entre dans sa quinzième ISSU, par analogie, de...).
année.
2 Analogue se construit avec à : Voici un
rV Dans la langue littéraire ou poétique, an appareil analogue à celui que je possède, mais
peut être employé au pluriel {les ans) pour dire plus moderne.
« le grand âge, une longue durée » : Et les ans
ont blanchi la tête de l’aïeuL an^orae, identique, homologue Trois adjec¬
tifs a bien distinguer.
anabaptisme [anabatismla)] n. m. Secte protes¬
tante. — Même famille que baptême. p ne 1 analogue En partie ou à peu près semblable :
se prononce pas. — De même ; anabaptiste Ces deux appareils, produits par deux sociétés
[anabatist(3)J. differentes, sont analogues par leur principe et
par leurs caractéristiques
anachorète n. m. Religieux qui vit solitaire dans
2 identique Exactement semblable : Voici deux
un lieu désert. — Synonyme savant de ermite.
voitures du même type, de la même marque;
Ne pas confondre avec cénobite, moine qui vit
elles sont identiques mais la première, mieux
en communauté. S’écrit avec ch mais se
conduite, a consommé moins d’essence.
prononce [anakoaet], avec [k]. De même:
anachorétisme [anakoaetismls)]. 3 homologue Qualifie une chose ou une
personne qui correspond (par sa fonction, sa
anachronique adi. Le groupe ch se prononce nature, etc.) à une chose ou à une personne
[k] : [anakaonik]. De meme anacnronique- placée dans un autre ensemble, une autre série.
ment [anakaonikmô], anachronisme Peut s’employa substantivement : Le secrétaire
[anakaonismfa)]. d’Etat, aux Etats-Unis est l’homologue du
ministre des Affaires étrangères en France.
anachromsme n. m. L’anachronisme consiste
à donner, volontairemoit ou non, à une époque analphabète > illettré.
41 ANALYSE
2 anarchiste [anaa/istfa)] adj. ou n. Qui est 3 Dans les expressions l’Ancien Testament,
partisan de l’anarchisme : Un journaliste anar¬ l’Ancien Monde (Europe, Asie, Afriqr.e), f/An¬
chiste. — (substantivement) Le président Car¬ cien des Jours (expression biblique qui désigne
not fut assassiné par un anarchiste italien. — Dieu).
Qui appartient à l’anarchisme, qui est le fait
des anarchistes : La conception anarchiste des ancillaire adj. (péjoratif) Qui concerne les
rapports de l’individu et de la société. Un servantes. — S’emploie surtout dans l’expres-
ANCRE ♦ > 42
andaloi^ ouse adj. ou n. Pas de -s au masculin anémier Conjug. 20. Double le / à la première
singulier. Attention à la majuscule : Le costume et à la deuxième personne du pluriel de
andalou. Des villages andalous. La douceur l’indicatif imparfait et du subjonctu présent :
andalouse. Les montagnes andalouses. Un (que) nous anémiions, (que) vous anémiiez.
Andalou. Les Andalous, dit-on, sont noncha¬
lants. Une belle Andalouse. — Un andalou : un anémone Plante, fleur. — Toujours féminin : Des
cheval de race andalouse. — L’andalou-, la anémones blanches, violettes.
langue espagnole telle qu’elle est parlée en
Andalousie. ânerie n. f Accent circonflexe sur le a.
épousé une Anglaise (mais, adjectivement, le chats angoras. Des chattes angoras. — De la
peuple anglais). — N. m. L’anglais, la langue laine angora. — N. m. De l’angora, étoffe ou
anglaise : Il parle l’anglais et l’espagnol. — tricot de laine angora : Un pull-over en angora
N. f. L’anglaise : ancienne danse. — N. f. blanc.
L’anglaise : écriture calligraphique. — N. f. pl.
Des anglaises : boucles de cheveux en spirales. anguUle n. f Prononciation : [ôgij]. De même
— (expressions) Pommes (de terre) à l’anglaise. anguiller [ôgije] n. m. (canal au fond de la
Filer a l’anglaise. cale d’xm navire), anguillère [âgijen] n. f
(pêcherie à anguilles, anguillidés [âgijide] n.
anglican, ane adj. ou n. Jamais de majuscule : m. pl. (famille de poissons). — En revanche
L’Église anglicane. Le culte anglican. Un anguillule se prononce [âgijyl] ou aussi parfois
anglican. Une anglicane. [ûgilyl].
anglo-arabe adj. ou n. Toujours en deux mots, angulaire, anguleux Deux adjectifs de la famille
avec un trait d’union. Jamais de majuscule. — du latin angulus « angle ».
Pl. : des chevaux anglo-arabes ; des juments 1 angulaire Qui concerne un angle. S’emploie
anglo-arabes-, ces chevaux sont des anglo- surtout dans des expressions techniques : Dis¬
arabes. tance angulaire (de deux points). Diamètre
angulaire (de la Lune, du Soleil). Vitesse
anglomane, ai^lomanie En un seul mot, sans angulaire. — Pierre angulaire, grosse pierre de
trait d’union. taiUe placée à l’angle d’un édifice ; assise, base,
élément capital : Le respect des règles est la
anglo-normand, ande adj. ou n. Attention aux pierre angulaire de ta doctrine littéraire
majuscules : Les Anglo-Normands et les Saxons. classique.
L’aristocratie anglo-normande. — L’anglo-nor-
2 anguleux, euse Qui a des angles très marqués,
mand : langue. — La grammaire, la phonétime
qui n’a pas un contour moelleux : Un visage
anglo-normande. — Un anglo-normand : che¬
anguleux. Une tête au profil anguleux
val. — Les îles Anglo-Normandes ou l’archipel
Anglo-Normand. — Le climat anglo-normand. angusticlave n. m. Bande de pourpre étroite qui
ornait la tunique des chevaliers romains. —
anglophile, anglophilie, anglophobe, anglq- (par extension) Cette tunique elle-même.
phoW, anglophone En im seul mot, sans trait
d’union. anhydre adj. (chimie) Qui ne contient pas d’eau.
— Attention au /i et à l’y. De même:
anglo-saxon, onne Attention aux majuscules : anhydride, anhydrie, anhydrite.
La population anglo-saxonne. Les Anglo-
Saxons. — L’anglo-saxon: langue parlée en anhydride Toujours masculin: L’anhydride
Angleterre par les Angles, les Saxons et les sulfureux.
Jutes, jusqu’au XI® siècle. Synonyme : vieil
anglais (terme à préférer). anicroche Toujours féminin : Une anicroche
insignifiante. — On écrit, avec le mot au
angoisse, anxiété D’une manière générale, le singulier, sans anicroche.
mot anxiété désigne un état moins grave, moins
aigu, plus vague, plus diffus, mais plus durable ânier n. m. Accent circonflexe sur le a.
que l’angoisse. On parlera, par exemple, d’un
état permanent d’anxiété, ponctué par des aniline Matière colorante. — Toujours féminin :
crises aiguës d’angoisse. — D’autre part, L’aniline est dangereuse et très toxique.
angoisse tot référence à une sensation précisé
de resserrement, localisée au niveau de la gorge animadversion n. f. (très littéraire) Hostilité,
ou de l’estomac. — Noter que angoisse est le réprobation : Osera-t-il s’exposer à l’animadver¬
seul terme employé en philosophie : L ’angoisse sion des honnêtes gens ?
métaphysique. L’angoisse existentielle...
animalcule Toujours masculin : Un animalcule
angolais, aise adj. ou n. De l’Angola, pays inoffensif.
d’Afrique. — Attention à la majuscule : La
population angolaise. Les Angolais. anis n. m. Plante ; substance aromatique : Des
bonbons à l’anis. — Prononciation : [ani], le
angora Variable en nombre, mais non en genre. -s final restant muet. — Dérivé : anisette.
S’emploie comme adjectif ou comme nom : Une
chèvre angora. Des chèvres angoras. Ce chat est ankylosé n. f Un k et un y. De même : ankylosé,
un angora. Cette chatte est une angora. Des ankyloser.
ANNAL 44
annal, anal, annales Trois homonymes. variable en nombre et en genre : Les documents
ci-annexés La copie ci-annexée. Les attestations
1 annal, ale adj. (droit) Qui ne dure qu’un an :
ci-annexées Veuillez trouver ci-annexées les
Location annale. — Deux tu Le masculin
listes complémentaires
pluriel annaux est pratiquement inusité.
2 anal, ale, aux adj. Qui concerne l’anus, qui annexer v. t. Deux n. Jamais d’accent sur e :
est situé à l’anus : La région anale. J’annexe, tu annexes..
3 annales Toujours féminin et toujours pluriel :
Des annales glorieuses. — Au sens strict,
annihiler v. t. Deux n, un h (vient du latin nihil
histoire (d’un pays, d’un rèçie) écrite année par « rien »). De même : annihilation. — Pour la
année. — (par extension) Histoire : Les annales différence de sens avec anéantir > anéantir.
judiciaires sont riches en affaires criminelles de
ce genre. anniversaire Peut s’employer comme adjectif
(La date anniversaire) ou comme nom mas¬
annaliste n. m. Historien qui écrit des annales. culin : Demain, c'est mon anniversaire. V On
— Ne pas écrire comme analyste, technicien, écrira plutôt célébrer, fêter un anniversaire (et
spécialiste qui procède à une analyse. non commémorer un anniversaire).
annalité, annualité, annuité Trois noms fémi¬ annonce n. f. Deux tl De même : annonceur,
nins paronymes, de la famille de année. annonciateur, annonciation, annoncier,
1 annalité (droit) Caractère de ce qui dure un annoncer Conjug. 17. Le c prend une cédille
an : L’annalité d'une location devant a ou o : il annonça, nous annonçons
2 annualité Caractère de ce qui est annuel : Le
principe de l'annualité de l'impôt Ô’impôt doit annonceur, annoncier, annonciateur Trois
être voté chaque année). dérivés de annoncer.
3 annuité Somme versée chaque année (en 1 annonceur n. m. Personne ou société qui fait
remboursement d’un emprunt). publier une annonce publicitaire dans un
journal : Contrat de publicité entre un journal
annamite adj. ou n. De l’Annam, ancien pays et un annonceur. — Désigne aussi celui qui
(partie centrale du Viêt-nam actuel). On ne dit rédige les annonces publicitaires. — Désigne
plus l’annamite, mais le vietnamien, pour en outre la ^iété commerciale qui fait passer
désigner la langue parlée au Viêt-nam. V II de la publicité à la radio ou à la télévision : Ce
existe un paronyme, amanite n. f. (champignon poste périphérique a la faveur des annonceurs,
dangereux). car ses auditeurs sont très nombreux. — Le mot,
enfin, s’applique à celui qui est chargé d’annon¬
anneau n. m. Deux n. cer les invités au fiir et à mesure qu’ils arrivent
à une réception.
année > an.
2 annoncier n. m. Typographe spécialisé dans
la composition des annonces dans un journal ;
annelé, ée adj. Deux n. un seul l. employé chargé du service des annonces dans
un journal : L’annoncier de l’imprimerie d’un
anneler v. t. Deux n, un seul L — Conjug. 13. grand quotidien. Il travaille comme annoncier
Double le / devant un e muet: j'annelle, dans les bureaux du journal
J’annelleraL
3 annonciateur, trice n. ou adj. Employé
annexe adj. ou n. f. — Deux n. De même ; comme nom, sipiifie « celui, celle qui annnnre,
annexé, annexer, annexion, annexionnisme, prédit un événement, une époque nouvelle »
annexionniste. (emploi littéraire) : Voltaire et Rousseau furent
les annonciateurs d’une ère nouvelle. — S’em¬
annexé L’expression ci-annexé est invariable ploie surtout comme adjectif: Les signes
dans les deux cas suivants : annonciateurs de la reprise économique.
1 Au début d’une phrase: Ci-annexé les aimonc^tlon n. f. Prend une majuscule quand
attestations demandées
il s’agit de l’annonce de la naissance de Jésus,
2 A l’intérieur d’une phrase quand le nom suit annonce faite par l’ange Gabriel à la Vierge
ci-annexé sans être précédé de l’article ou d’un Marie (Saint Luc raconte la scène de l’Annon¬
déterminant (possessif, numéral, etc.) : Veuillez ciation) ou quand il s’agit de la fête catholique
trouver ci-annexé copie de l’attestation. qui commémore cette annonce (Le 25 mars,
jour de l’Annonciation) ou d’une œuvre d’art
▼ Daiis tous les autres cas, ci-annexé est
qui représente la scène de l’annonce faite à la
45 ANNONE
annualité n. f. — Deux n. — Pour le sens, > ânon n. m. Petit de l’âne. — Accent circonflexe
sur a.
annalité.
3 anomalie n. f. Substantif unique qui corres¬ 2 apocryphe Qualifie un livre religieux non
pond à la fois à anomal (L’anomalie de la canonique, c’est-à-dire qui n’est pas reconnu
ANOPHÈLE 46
par l’Église comme inspiré par Dieu : Les 2. antécédent n. m. Finale en -ent
Évangiles apocryphes (ou, n. m., les apocryphes)
ont fourni de nombreux thèmes aux artistes du antéchrist n. m. Dans le sens reUgieux, ime
Moyen Age (par exemple le bœuf et l’âne des majuscule : La croyance en la venue de l’Anté¬
scènes de nativité). — Qualifie un texte ou une christ à la fin du monde. — Dans le sens figuré
œuvre qui n’est pas de l’auteur auquel la et famiher, une minuscule : Oh l ce gamin, quel
tradition l’attribue : Ce poème attribué à Sha¬ antéchrist! — Prononciation: [âteksistfs)].
kespeare est sans doute apocryphe. — (par — PI. : des antéchrists
extension) Faux, douteux, sans fondement
historique : Une anecdote, une tradition antédiluvien, ienne adj. T Ne pas dire
apocryphe. * antidiluvien.
mots, dont certains peuvent être constitués nombre, mais aussi le genre. La variabilité
librement, au gré de celui qui écrit et en s’étend aux noms qui sont des adjectifs subs-
fonction des circonstances. Nous ne pouvons, tantivés : Les anticolonialistes. Les anticommu¬
bien entendu, donner la liste des centaines de nistes. Des anticonceptionnels.
mots qui commencent par anti- et dont la
plupart se comprennent d’eux-mêmes. 2 Quand le composé en anti- est un terme
de science exprimant généralement une idée de
I Valeur du suffixe. symétrie, le second élément prend la marque
du pluriel : Des anticathodes. Des anticyclones.
1 Marque l’hostUité ou l’opposition à une Des antidéplacements. Des antiméridiens. Des
personnalité (généralement politique) ou à une antineutrons.
doctrine, à un régime, à une politique : Anti¬
bonapartiste. Antimarxiste. Antifascisme. 3 Quand le second élément est un nom
Anticolonialisme. terminé au singulier par -s, -x ou -z, le mot est
évidemment invariable : Un anticorps, des anti¬
2 Marque l’hostilité à une catégorie sociale, corps. Un antivirus, des antivirus.
à une forme d’activité : Le racisme anti-jeunes.
II est très anti-jazz. 4 Quand le second élément est un nom qui
est déjà au pluriel dans le composé au singulier,
3 Fait référence à un moyen de lutter contre ce compose est évidemment invariable : La loi
une maladie, de remédier à un inconvénient : anticasseurs (= contre les casseurs), des me¬
Vaccin antigrippe. Loi antidumping. Un produit sures anticasseurs. Le racisme anti-jeunes {= di¬
antirouille. Un antidétonant. rigé contre les jeunes). Une crème antirides (=
4 Marque une idée de symétrie (dans le contre les rides), des crèmes antirides. L’usage
vocabulaire des sciences) : Antidéplacement. est flottant pour certains mots : Un antimite
Antimatière. Antineutrino. ou un antimites. Une loi antitrust ou une loi
antitrusts.
5 Exprime une idée fortement négative : Une
méthode antipédagogique (= contraire aux 5 Quand le second élément est un nom
règles de la bonne pédagogie). Une conception désignant ce contre quoi on lutte (inconvénient,
antiscientifique, antihistorique. etc.), l’usage est flottant. Il est conseillé de
laisser le composé invariable quand il est
6 S’applique à des notions esthétiques impli¬ adjectif et de mettre la marque du pluriel quand
quant l’idée d’une opposition radicale aux il est employé comme nom : Des phares
conceptions traditionnelles: L’antiroman. antibrouillard, des antibrouillards. Les factions
L’anticinéma. Les Antimémoires de Malraux. antiparti, les antipartis. Des peintures anti¬
rouille, des antirouilles. Des dispositifs anti-
II La question du trait d’union. Pas de règle fading, des antifadings. Des alliages antifriction,
absolue. On peut cependant énoncer les prin-^ des antifrictions. Des produits antigel, des
cipes suivants. antigels. Cependant on écrit généralement : Une
arme antiengin, des armes antiengins. Un
1 Les composés de anti- s’écrivent le plus missile antimissile, des missiles antimissiles.
souvent en un mot, sans trait d’union :
Antialcoolique. Antiaérien. Anticlérical Anti¬
antiaérien, ienne adj. Variable en genre et en
fongique. Antiparasite...
nombre : Des batteries antiaériennes.
2 Font exception et s’écrivent avec un trait
d’union les mots des catégories suivantes, a) Les antialcoolique [âtialkolik] adj. Variable : Des
composés dont le radical commence par un i : ligues antialcooliques. — Dérivé : antialcoo¬
Anti-infectieux. Anti-impérialiste (mais antihis¬ lisme [ôtialkalismla)].
taminique en un seul mot, parce qu’un h sépare
les deux /). — b) Les composés à trois élérnents : antiasthmatique [ôtiasmatik] adj. Variable :
Anti-sous-marin. — c) Les composés qui sont Des médicaments antiasthmatiques.
des créations de circonstance : La campagne
anti-tabac. Le racisme anti-femmes. — d) Les
noms géographiques : Anti-Liban. Anti-Atlas. antiatomique adj. Variable : Des abris
antiatomiques.
Anti-Taurus.
III Le pluriel des mots en anti-. Pas de règle antibrouillard adj. inv. ou n. m. Invariable
absolue. On peut cependant énoncer les prin¬ comme adjectif : Des phares antibrouillard.
cipes suivants. Variable comme nom : Des antibrouillards.
1 Quand le second élément est un adjectif,
il est variable : Des décisions anticonstitution¬ anticasseurs adj. En un seul mot sans trait
nelles. Des actes antinationaux. On observera d’union. Toujours un i à la fin : Loi
que la variabilité concerne non seulement le anticasseurs.
ANTICATHODE 48
anti-jeunes adj. En deux mots, avec trait antiphonaire [âtifonea] Toujours masculin ;
d’union. Le second élément, yeunes, toujours au Un antiphonaire ancien et précieux.
pluriel : Le racisme anti-jeunes.
antiphrase n. f. Avec -ph-, comme phrase.
antillais, aise Attention à la majuscule : Les
diverses populations antillaises. Les Antillais. antipode Toujours masculin : Il rêvait aux
merveilleux et lointains antipodes.
antUogarithme n. m. — PI. : Des antiloga¬
rithmes. antiproton n. m. — PI. : des antiprotons.
antilogique adj. S’emploie parfois pour dire antipjrrine n. f. Attention à la place de Yy.
« contraire à la logique, c’est-à-dire au bon
sens ». Cet emploi est à éviter. Dire plutôt antiquaille n. f. Très péjoratif : Il a encombré
illogique, irrationnel, peu rationnel: Cette son appartement avec toutes ces antiquailles.
manière de raisonner est illogique. Sa conduite
est illogique. Un classement peu rationnel antique S’emploie comme adjectif ou comme
nom.
antiméridien n. m. — PI. ; des antiméridiens.
I Comme adjectif. Peut se placer après ou avant
antimissile adj. ou n. m. Variable comme le nom.
adjectif et comme nom : Des engins antimissiles 1 Après le nom, au sens de «propre à
ou (n. m.) des antimissiles. l’Antiquité, qui remonte à l’Antiquité (période
historique) » : La civilisation antique. La Mai¬
antimite adj. ou n. m. Variable comme adjectif son carrée de Nîmes est un monument antique.
et comme nom : Des produits antimites ou (n.
m.) des antimites. — On rencontre parfois au 2 Avant le nom, au sens de « très ancien, très
singulier la forme un produit antimites vieux ». Comporte une nuance laudative et
(= contre les mites). emphatique ou au contraire ironique et péjora¬
tive : Le duc se souvenait de l’antique gloire de sa
antineutron n. m. — PI. : Des antineutrons. famille. Un antique édifice du XIX‘siècle, tout
délabré, occupe te fond de la cour.
antinomie, antinomique Un seul m. II Comme nom. Peut être masculin ou féminin.
antipape n. m. — PL : Des antipapes. 1 Masculin, pour désigner l’art, le style ou
l’idéal de l’Antiquité gréco-romaine -.L’antique,
antiparallèle adj. ou n. f. Variable comme froid et pompeux, fut à la mode sous le
adjectif et comme nom : Des droites anti¬ Directoire et f’Empire.
parallèles ou (n. f.) des antiparallèles. 2 Féminin, pour désigner un objet d’art, ime
œuvre d’art de l’Antiquité gréco-romaine : Une
antiparasite adj. ou n. m. Variable comme collection de très belles antiques.
adjectif et comme nom : Des dispositifs anti¬
parasites. Des poudres antiparasites. Des 3 Féminin, pour désigner une variété de
antiparasites.
caractères d’imprimerie: Pour imprimer ce
titre, on a choisi une antique majestueuse.
antiparti adj. ou n. m. Invariable comme
adjectif: Les factions antipartl Les activités antiquité n. f. Sans majuscule, sauf dans le sens
antiparti — Variable comme nom : Les de « période historique qui va de la fin de la
antipartis ont été exclus. préhistoire à 500 après J.-C. » : Homère et
Virgile sont les deux plus grands poètes de
antiparticule n. f. — PI. : Des antiparticules. l’Antiquité.
antipathie, antipathique Attention au groupe antiradar adj. Toujours invariable : Des disposi¬
tifs antiradar.
th.
antipersonnel adj. inv. Toujours invariable : antireflet adj. Toujours invariable : Des produits
Mines antipersonnel et mines antichar. antireflet.
ANTIRÉGLEMENTAIRE 50
antiréglementaire adj. S’écrit avec un accent tion, par exemple la mousse (plante) et le
aigu, mais se prononce avec un e ouvert : mousse (jeune matelot).
[âtiReglamâtcR]. 3 Des mots paronymes ou des paronymes, des
mots qui se ressemblent beaucoup, sans avoir
antireligieux, euse adj. Variable en nombre et la même orthographe ni la même prononcia¬
en genre: Des campagnes de presse anti¬ tion, par exemple mocassin (chaussure) et
religieuses.
marcassin (jeune sangUer).
antirides adj. inv. ou n. m. inv. Toujours un -s, 4 Des mots synonymes ou des synonymes, qui
même au singulier : Une crème antirides. Un ont sensiblement le même sens, par exemple
antirides efficace. fainéant et paresseux.
antirouilles adj. inv. ou n. m. Invariable comme antre Caverne. — Ne pas écrire comme la
adjectif, variable comme nom : Des peintures préposition entre ni comme entre (forme du
antirouille. Des produits antirouille ou (n. m.) verbe entrer). — Toujours masculin : Un antre
des antirouilles. profond et ténébreux.
antiseptique adj. ou n. m. Qui détruit les anus [anys] n. m. inv. Orifice du rectum. — PI. :
microbes. — A distinguer de aseptique, stérilisé, des anus [-ys].
sans microbes : Un pansement aseptique, À Le
verbe * antiseptiser n’existe pas. Dire : anxiété > angoisse.
désinfecter.
aoriste n. m. Temps de la conjugaison grecque.
antisocial, asocial > asocial. — Prononciation: [aonistla)] ou, plus fré¬
quemment [oRistCo)]. — En revanche, pour le
anti-sous-marin, ine adj. En trois mots, avec dérivé aonstique, les deux prononciations
des traits d’union. — Variable en genre et en [aoRistik] et [onistikt] sont employées à égaJité.
nombre : Un engin anti-sous-marin. La lutte
anti-sous-marine. Des destroyers anti-sous-ma¬ aorte Artère. — Toujoius féminin : L'aorte a été
rins. Des armes anti-sous-marines. atteinte. — Prononciation : [aoRt]. De même :
aortique [aoRtik], aortite [aoRtitj.
antistrophe n.f. Avec ph, comme strophe.
août n. m. Orthographe et prononciation.
antithèse n. f. Avec th, comme thèse.
1 Accent circonflexe sur le u. Tous les dérivés
prennent aussi l’accent circonflexe.
antitrust ou antitrusts [ôtitRcest] adj. Usage
mal fixé pour l’orthographe. L’usage admet la 2 Pour août, la seule prononciation correcte
forme avec -s au singulier comme au pluriel est [u]. On évitera les prononciations [aut],
et la forme sans -s au pluriel comme au [au], [ut].
singuher ; Une loi antitrusts, des loi antitrusts. 3 Pour les dérivés, on admet la prononciation
Une loi antitrust, des lois antitrust La forme
en [u] à côté de [au], sauf dans le cas de
antitrust (sans -s même au pluriel) semble
aoûtien, ienne, qui se prononce toujours [ausjé,
devoir être préférée.
jen] : aoûtat [auta] ou plus rarement [uta],
aoûté, ée [aute, e] ou plus rarement [ute, e,
antivirus [ûtivinys] n. m. — PI. : des antivirus.
aoûtement [autmâ], ou plus rarement [utmô],
s’aoûter [aute] ou plus rarement [ute].
antivol adj. inv. ou n. m. Invariable comme
adjectif: Des dispositifs antivol. — Variable apache n. ou adj. Avec un A majuscule : Les
comme nom : Des antivols. Apaches, Indiens d’Amérique du Nord. —
Avec un a minuscule : Un chef apache. Une
antonomase Figure de rhétorique. — Toujours tribu apache. — Avec un a minuscule : Un
féminin : Une antonomase audacieuse. apache, un voyou.
antonyme, homonyme, paronyme, synonyme apanage Toujours masculin : La grâce est l’apa-
Quatre termes à bien chstinguer. nache merveilleux de la jeunesse. ▼ Eviter de
1 Des mots antonymes ou des antonymes, qui dire un apanage exclusif (pléonasme).
ont des sens opposés, par exemple beau et tend,
monter et descendre. aparté Propos tenus par un personnage et que
son interlocuteur est supposé ne pas entendre.
2 Des mots homonymes ou des homonymes, — Toujours masculin : Un aparté amusant.—
qui ont même orthographe et même prononcia¬ PI. : des apartés.
51 APARTHEID
apartheid Ségrégation raciale. — Toujours précis, peu exact). Ce commis voyageur aimait
masculin: L'apartheid sera-t-il toujours aussi bien les â-peu-près (= calembour qui repose
rigoureux ? — Prononciation : [apaated]. sur une similitude partielle de sons). Le nom
à-peu-près est toujours invariable.
apathie n. f. Avec tk De même : apathique,
apathiquement aphone [afon] adj. Avec ph. De même ; aphonie
[afoni].
aperception n. f. (terme de psychologie) T Un
seul p. aphorisme [afoRismfa)] n. m. Avec ph.
à plat, à-plat, aplat Trois orthographes, trois 2 apologétique n. f. Partie de la théologie qui
sens. vise à défendre la religion et ses dogmes et à
1 à plat (en deux mots, sans trait d’union, avec démontrer leur vérité : Tertullien est l’un des
grands noms de l’apologétique chrétienne.
accent) Locution adverbiale signifiant « sur la
partie plate, sur la partie la plus large » : Posez 3 apologue n. m. Fable, récit qui vise à illustrer
ce livre à plat sur la table, ne le mettez pas une vérité morale. Un apologue ingénieux
debout. — (par extension) Ma batterie dac- d’Esope.
cumulateurs est à plat Mes pneus sont à plat.
Je suis à plat, fatigué, déprimé. 2. apologie, panégyrique Deux noms qui ne sont
2 à-plat (en un mot, avec trait d’union, avec pas vraiment synonymes.
accent) Nom masculin qui désigne une chute 1 apologie n. f. Discours ou écrit par lequel on
par laquelle on tombe à plat ventre (pl. : des défend une personne ou on justifie une action
à-plats) ou la quahté d’une feuille de papier bien de manière élogieuse.
plate : Ce papier a de l’à-plat
2 panégyrique n. m. Discours ou écrit officiel
3 aplat (en un seul mot, sans trait d’union et dans lequel on fait l’éloge d’un personnage :
saM accent) Nom masculin qui désigne une Pline le Jeune écrivit le «Panégyrique de
teinte plate : Ce peintre applique la couleur par Trajan ». — {par extension) Eloge enthousiaste
larges aplats. d’une personne parfois employé ironique¬
ment) : Dans ses reunions électorales, ce candi¬
aplatir Pour le sens > aplanir. — Un seul p. dat a fait son propre panégyrique.
De même : aplati, aplatissement, aplatisseur,
aplatissoir.
apophtegme [apsftegmCs)] Formule senten¬
cieuse. — Toujours mascufin : Un apophtegme
aplomb, à plomb Deux orthographes. prétentieux.
1 On écrit en deux mots un fil à plomb et les
expressions, vieillies, le soleil tombe à plomb, apoplexie n. f Dérivé : apoplectique. Eviter le
donne à plomb, chauffe à plomb (darde ses barbarisme * apoplexique.
rayons presque verticalement).
apostasier v. i. Conju|. 20. Double le i à la
2 Dans les autres cas, aplomb (en un seul mot,
sans trait d’union et sans accent) : Ce meuble preimère et à la deuxirae personne du pluriel
est d’aplomb. J’ai été malade, mais bientôt je
de l’indicatif imparfait et du subjonctif pré^nt :
(que) nous apostasiions, (que) vous apostasiiez.
serai d’aplomb. Un garçon déluré, plein
d’aplomb. — S’emploie normalement sans complément
d’objet {Ce chrétien ne craignait pas d’aposta-
apnée n. f. (terme de physiologie) Finale en -ée. sier), à la différence de abjurer, qui admet un
tel complément : Il abjura le camolicisme.
apocalypse n. f. Attention à l’y. De même;
a^alyptique. — Une minuscule quand il s’agit apostat, ate adj. ou n. Finale en -at, -ate.
d’un nom commun désignant un uvre mystique
de l’antiquité juive ou des premiers temps du a posteriori [aposteajoRi] loc. adj. ou adv. —
christianisme : Les apocalypses juives. Une ma¬ S’oppose à a priori. — Toujours invariable : Des
juscule quand il s’agit du titre de l’un de ces conclusions a posteriori. — Locution latine. Pas
livres : L ’Apocalypse de Baruck L ’Apocalypse de d’accent sur le a ni sur le e. — Dans un texte
saint Jean ou, absolument, L’Apocalypse. Une en romain, s’écrit souvent en italique : « Ana¬
minuscule au sens firaré : La bombe atomique lysons la démarche du raisonnement a
menace l humanité d’une apocalypse terrifiante. posteriori ».
apothème (terme de géométrie) Toujours mas¬ IV Apparaître sidvi d’un attribut. L’attribut
culin : Un apothème long de 5 cm. — Avec th. peut etre introduit directement {La reconduc¬
tion du contrat apparaît la solution la meilleure)
apothéose n. f. Avec th. ou par comme (La reconduction du contrat
apparaît comme la solution la meilleure).
apothicaire n. m. Avec th.
V D apparaît, 0 parait Deux tours à bien
distinguer.
apôtre n. m. Accent circonflexe sur o. Se
prononce avec o fermé : [apotaCa)]. 1 n apparaît que. D est visible, il est
manifeste, il est évident que... : Après cette étude
apparaître Orthographe, conjugaison, sens et de marché, il apparaît qu’il y a un débouché
emploi. pour ce nouveau produit. Se construit avec
l’incücatif ou le conditionnel quand il apparaît
I Orthographe. Deux p. Un accent circonflexe est à la forme aflirmative {Il apparaît qu’il y
sur le / devant t aurait des débouchés pour ce pmduit), avec le
n Coigugaison. subjonctif (ou plus rarement avec l’indicatif)
quand il apparaît est à la forme interrogative
1 Aux temps simples. Conjug. 94. J’apparais, ou négative : Apparaît-il qu’il y ait vraiment des
tu apparais, il apparaît, nous apparaissons, vous débouchés? Il n’apparait pas qu’il y ait des
apparaissez, ils apparaissent. —J’apparaissais..., débouchés
il apparaissait, nous apparaissions... — J’ap¬
parus..., il apparut, nous apparûmes, vous 2 n paraît que. H semble, il est possible, selon
apparûtes.. — J’apparaîtrai, tu apparaîtras, il ce qu’on dit, que... : Il paraît que le gouverne¬
apparaîtra, nous apparaîtrons, vous apparaîtrez, ment va prendre des mesures (= on dit que...).
ils apparaîtront. — J’apparaîtrais, tu apparaî¬
trais, il apparaîtrait, nous apparaîtrions, vous apparat n. m. Deux p.
apparaîtriez, ils apparaîtraient. — Apparais,
apparaissons, apparaissez — Que j’apparaisse..., appareil n. m. Deux p. — PL : des appareils. —
qu’il apparaisse, que nous apparaissions... — Dérivé : appareillage.
Que japparusse..., qu’il apparût, que nous
apparussions... — Apparaissant. — Apparu, ue. appareiller Deux p. — Attention au i après
-ill- à la première et à la deuxième personne
2 Aux temps composés. Auxiliaire être {Les du pluriel de l’indicatif imparfait et du subjonc¬
difficultés qui sont apparues; accord avec le tif présent : (que) nous appareillions, (que) vous
sujet) ou, plus rarement, auxiliaire avoir : Les appareilliez — Dérivés : appareillage (d’un
difficultés qui ont apparu (participe invariable). navire), appareillemenL
En principe, être insiste sur l’état, le résultat,
avoir sur l’action. On évite en tout cas la forme
apparemment Deu^ et deux m. — Dérivé de
a apparu, à cause de l’hiatus. — A la forme
apparent, donc suflue adverbial en -emment
impersonnelle, se conjugue avec être (participe
invariable) : Il est apparu de nouvelles étoiles
dans le ciel de la danse.
3—ui Enapparaît
tête de proposition, signifie « selon ce
comme vraisemblable » : Il est
éjà onze heures; apparemment, il a oublié le
III Apparaître, paraître, à une forme rendez-vous Dans cet emploi, le tour apparem¬
personnelle. ment que est lourd et doxmseillé.
apparier v. t. Deux p. — Conjugaison et Ces deux sens sont d’ailleurs vieillis, sauf quand
construction. on parle des appas d’une femme avec une
nuance d’ironie ou de plaisanterie. — Au sens
1 Conjug. 20. Double le / à la première et à
de « ce qui attire », peut s’employer au
la deuxieme personne du pluriel de l’indicatif
singuher {L’appât du gain ). Au sens de
imparfait et du subjonctif présent : (que) nous
« charmes d’une femme », ne peut jamais
appariions, (que) vous appariiez
s’employer au singulier.
2 Se construit avec à ou avec avec ou avec et :
J'ai acheté ce fauteuil pour l’apparier à celui appâter v. t. Deux p. Accent circonflexe sur le
(ou avec celui) que je possède dejk Apparier un deuxième a.
taureau limousin et une vache charolaise.
appauvrir v. t. Deux p. De même : appauvrisse¬
appariteur n. pi. Deux p. ment.
[ê]. — Attention aux deux p. — Ne pas écrire apponter v. i. L’avion apponte, se pose sur le pont
un appentis (qui prend un -s) « abil, local » d’un porte-avions. — Deux p, un seul t De
comme un apprenti, une apprentie « celui, celle même ; appontage, apponteur.
qui apprend un métier ».
apporter Deux p. De même : apport, apporteur.
appert II appert > apparoir. — Pour le sens, on distin^era les mots
suivants.
appesantir Deux p. De même : appesantisse¬
ment. I Apporter, amener > amener.
II Apporter, emporter.
appétit Deux p. De même : appétissant.
1 apporter Insiste sur le point d’aboutisse¬
applaudir Deux p. De même : applaudissement. ment, sur le rapprochement : Quand j’irai vous
— Sens et constructions. voir, j’apporterai cet album pour vous le montrer.
Le paysan apporta du grain au moulin.
1 Sens propre. Sans préposition : Le public
applaudit le chanteur. 2 emporter Insiste sur le point de départ, sur
l’éloignement : Mon ami a emporté mon livre
2 Sens figuré. Avec la préposition à : J’ap¬ pour le lire à loisir. Le paysan quitta le moulin
plaudis à la hardiesse de votre entreprise. Ce en emportant deux sacs de farine.
tour ne peut s’employer que si le complément
d’objet est un nom de chose. apprécier Conjuç. 20, Double le / à la première
3 ▼ Applaudir des deux mains est un pléonasme et à la deuxieme personne du pluriel de
familier à éviter dans la langue soutenue. l’indicatif imparfait et du subjonctu présent :
(que) nous appréciions, (que) vous appréciiez —
4 S’applaudir de v. pron. Se féliciter, se réjouir Deux p. De même : appréciable, appréciateur,
de : Elles se sont applaudies de votre beau succès appréciatif, appréciation.
(accord du participe avec le sujet).
appréhender Deux p, un h. De même : appré¬
applicable, applicage, application Deux p. hension. — Au sens de « craindre », trois
Un c. constructions.
applique Deux p. — Toujours féminin : Une 1 Avec un nom : J’appréhende cette rencontre.
applique très décorative. 2 Avec de suivi de l’infinitif : J’appréhende de
le rencontrer. J’appréhende de le voir partir.
appliquer Deux p. — Attention aux mots de
cette famille, qui s’écrivent les uns avec c 3 Avec que suivi de subjonctif, le ne explétif
(applicable, applicage, application), les autres étant généralement employé : J’appréhende
avec qu : applique (n. f.), appliqué, appliquer, f qu’il ne parte (plus fréquent que J’appréhende
A toutes les personnes, appliquer s’écnt avec qu’il parte).
qu, même devant a ou o : il appliqua, nous
appliquons. apprendre Deux p. — Conjug. 82. J’apprends,
tu apprends, il apprend, nous apprenons, vous
appogiature ou appoggiature n. f (terme de apprenez, ils apprennent. — J’apprenais. —
musique) Les deux graphies (avec un seul g ou J’appris. — J’apprendrai — J’apprendrais, —
deux g) sont admises. Toujours deux /i. — Apprends, apprenons, apprenez — Que j’ap¬
Prononciation : [apo^jatyn] ou [apDd3jatyR]. prenne. — gue j’apprisse. — Apprenant. —
— PI. : des appog(g)iatures [-tya]. Appris, ise.
approche n. f. Deux p. — Emplois et sens. 1 Une personne s’approche, vient plus près
(avec l’idée d’un rapprochement intentionnel) :
1 Correct au pluriel ou au singulier dans des Dès qu’il m’aperçut, il s’approcha et me serra
expressions telles que à l’approche de l’été ou aux la main. -— (avec un complément introduit par
approches de l’été. Le pluriel est plus littéraire. de) Je m'approchai de mon ami pour lui parler.
Je me suis approché de la fenêtre pour regarder
2 Au sens de « manière d’aborder un problème, le spectacle de la rue.
d’étudier une question », le mot approche est
maintenant admis dans la langue didactique et 2 Tel moment s’approche, va devenir présent :
courante : Une nouvelle approche de la littéra¬ Dêjà^ l’hiver s’approchait (dans ce sens, on dit
ture classique. — Dans la langue très soutenue, plutôt l’hiver approchait).
on peut employer plutôt l’un des mots suivants :
abord, examen, étude, analyse. Cependant 3 T Eviter le pléonasme s’approcher près de.
approche comporte une nuance propre et Dire ; Il s’approcha de moi (et non près de moi).
intéressante : l’approche est la manière souvent Dire : Il s’approcha le plus possible de la fenêtre
tâtonnante d’aborder un problème complexe, ou II vint le plus près possible de la fenêtre (et
tel qu’il faut d^uvrir et définir une nouvelle non // s’approcha le plus près possible...). Dire :
méthode en même temps qu’on étudie l’objet. Il vint plus près de moi (et non II s’approcha
plus près...).
approcher Deux p.^ De même : approchant,
approche, approché. — Constructions et sens. approfondir v. t. Deux p. De même : approfondi,
approfondissement.
I A la forme active.
1 (sans complément) Une personne approche, approprier v. t. Deux p. De même : appropria¬
vient plus près (sans idee d’un rapprochement tion, approprié. ▼ A la forme pronominale,
intentionnel) : Il marchait sur le même trottoir au sens de « s’attribuer, faire sien, s’emparer
que moi; quand il approcha, je le reconnus et (de maniéré indue) », se construit directement,
je le saluai. sans de -. Il ne ^faut jamais s’approprier le
bien d’autrui. Eviter s’approprier du bien
2 (sans complément) Une chose approche,
d autrui, tour fautif du a Tinfluence de s*eftipa~
vient plus près, arrive : Le train approche, on rer de.
57 APPROUVÉ
approuvé Deux p. — Employé sans auxiliaire âpre, âcre, aigre > âcre.
devant le nom, est considéré comme préposition
et reste invariable : Approuvé les deux décisions
suivantes. — Lu et approuvé ■. formule qui après Donne lieu à de nombreux emplois abusifs.
prêche la signature, dans certains actes,
1 Après employé à la place de diverses
certains documents : Ecrivez << Lu et approuvé »
prépositions (à, contre, sur) dans la langue
et signez. Cette formule est toujours invariable.
parlée relâchée. Cet emploi est à éviter dans
la langue surveillée. Dire : Il a laissé la clef
approvisionner v. t. Deux p et deux n. De sur la porte ou à la porte (et non après la
même : approvisionnement, approvisionneur. porte). Grimpe à la corde (et non après la
corde). Tu vas monter à l’échelle ou sur l’échelle
approximatif, ive adj. Deux p. De même : (et non après l’échelle). Le chat grimpe aux
approximation, approximati vement. rideaux ou le long des rideaux (et non après
les rideaux). Il est furieux contre elle (et non
appui-bras, appui-livres, appui-main, ap¬ après elle). Elle crie contre ses voisins (et non
pui-nuque, appui-tête Ces noms masculins après ses voisins).
peuvent aussi s’écrire appuie-bras, appuie-
livres, appuie-main, appuie-nuque, appuie-tête. 2 Après employé inutilement avec certains
— La formation du pluriel donne lieu à des verbes transitifs, dans la langue parlée relâ¬
difficultés. chée. Cet emploi est à éviter dans la langue
surveülée. Dire : Il n 'attend pas cet argent pour
1 Avec l’orthographe appui-, le premier élé¬ vivre (et non II n’attend pas après cet argent).
ment prend la marque du pluriel : des appuis- Je cherche le chef de service (et non Je cherche
bras, des appuis-livres, des appuis-main, des après le chef de service). Il demande la concierge
appuis-nuque, des appuis-téte. (et non II demande après la concierge).
2 Avec l’orthographe appuie-, Le premier 3 Après employé avec un verbe intransitif pour
élément ne prend pas la marque du pluriel : des former une locution verbale équivalant à un
appuie-bras, des appuie-livres, des appuie-main, verbe transitif. Cette construction appartient
des appuie-nuque, des appuie-tête. à la langue parlée relâchée. A éviter dans la
langue surveillée. Dire : Il poursuivait le voleur
3 Dans appui(e)-bras, bien entendu, le second (et non II courait après le voleur). Il recherche
élément ne varie pas, puisqu’il s’écrit avec un -s les compliments (et non II court après les
même au singulier (un bras). — On écrit toujours compliments). Elle harcèle (ou elle réprimande)
un appui(e)-livres, avec un -s à livre, même sans cesse ses enfants (et non Elle est toujours
au singulier : un appuie-livres — En revanche, après ses enfants).
le second élément de appui(e)-main (baguette
sur laquelle le peintre appuie la main qui tient 4 Après employé sans complément après un
le pinceau), de appui(e)-tête (support sur lequel verbe. Eviter tout particulièrement les
on appuie la tête) ne doit jamais prendre la constructions du genre : Il me cherche après
marque du pluriel. Les graphies des *appuis- (pour II me cherché). Il me court après (pour
mains, des * appuis-têtes sont donc à éviter. Il me poursuit). Il me crie après (pour II crie
contre moi). Il me demande après (pour II me
appuyer Conjugaison et construction. demande ou II demande à me voir). Ces tours
sont nettement incorrects.
1 Conjug. 24. Change y en / devant un e muet ;
j’appuie, j'appuierai. V Prend un i après y à la 5 Etre après Trois emplois, différents par le
première et à la deuxième personne du pluriel sens, à éviter dans la langue surveillée, a) La
de l’indicatif imparfait et du subjonctif présent : clef est après la porte, est sur la porte, ou à la
(que) nous appuyions, (que) vous appuyiez. — porte (c’est-à-dire insérée dans la serrure). Mon
D’autre part, pour les formes qui comportent pardessus est après le portemanteau, est au
un y, bien prononcer avec [qi], par exemple : portemanteau, ou sur le portemanteau, ou
j’appuyais [sapqije], appuyons, [apqij5]. Eviter accroché au portemanteau. — b) Elle est
la prononciation relâchée du genre [sapyje], toujours après ses enfants, elle les réprimande
[apyjS]. sans cesse, les harcèle. — c) La lettre au
percepteur, je suis justement après, je m’en
2 Se construit avec à, contre, sur selon le sens : occupe, je suis en train de l’écrire.
La ville s’appuie à l’un des versants de la vallée.
L’aile gauche du régiment s’appuyait au ha¬ 6 Après suivi de l’infinitif. Ne se construit
meau. Il appuya sa bicyclette contre le mur. Il qu’avec l’infinitif passé : Après avoir visité la
appuie son hypothèse sur des arguments solides. ville, nous reprîmes la route. — La construction
avec l’infinitif présent n’existe que dans quel¬
âpre adj. Accent circonflexe sur le a. De même : ques locutions figées : après boire, après déjeu¬
âprement. ner, après dîner, après manger, après souper.
APRÈS-DEMAIN 58
7 Après que. Se construit normalement avec 2 Doit être considéré comme invariable: des
l’indicatif : Après qu’il fut parti (et non après après-midi Eviter le pluriel des après-midis.
qu’il fût parti), je me remis au travail. ▼
3 Ne pas écrire Je viendrai après midi
L’emploi du subjonctif avec après que est fautif. (préposition suivie d’un nom, donc pas de trait
Il est dû à l’influence de avant que (qui exige
d’union) comme Je viendrai cet après-midi
régulièrement le subjonctif) et aussi à la
(nom composé écrit avec un trait d’union). En
confusion pour l’oreille entre la forme de la
revanche, on écrit toujours Je viendrai après-
troisième personne du singulier de l’indicatif
demain (adverbe composé) > après-demain.
passé antérieur {après qu ’il eut parlé, après qu ’il
fut parti) et la forme de la troisième personne
après-ski n. m. Chaussure fourrée que l’on met
du singulier du subjonctif plus-que-parfait
{avant qu’il n’eût dit ces mots, avant qu’il ne
après avoir fait du ski. — Malgré certains
fût parti). C’est pourquoi, quand on veut
auteurs, l’invariabilité doit être préférée : des
après-ski La forme des après-skis est à dé¬
exprimer le passé dans le futur ou insister sur
l’idée de condition, on peut employer le conseiller, car il s’agit du ski (sport) et non des
skis (planches qu’on fixe aux chaussures pour
conditionnel, mais non le subjonctif (malgré
l’opinion de quelques grammairiens) : Il af¬ skier).
firma qu’il nous apporterait son aide, mais
seulement après que nous aurions donné des âpreté n. f. Accent circonflexe sur a.
garanties.
a priori loc. adv. ou adj. En deux mots, sans
8 Après employé comme adverbe. Dans la trait d’union. Pas d’accent grave. — Invaria¬
langue parlée, s’emploie au sens de « ensuite, ble : Des déductions a priori — Souvent écrit
plus tard » {J’ai écrit la lettre; après. Je l’ai en italique dans un texte en romain, en romain
portée à la poste) ou au sens de « derrière » dans un texte en itahque. — T Les dérivés
{Dans le cortège, les conseillers municipaux s’écrivent en un seul mot : apriorisme, aprio-
marchaient en tête, les anciens combattants riste, apriorité.
après). Ces emplois sont déconseillés dans la
langue écrite. à propos, à-propos Deux orthographes.
9 Et puis après. Tour pléonastique. S’emploie 1 à propos (en deux mots, sans trait d’union ;
dans la langue parlée, notamment sur un ton accent grave sur le a). Locution adverbiale :
interrogatif au sens de « quelle importance cela Voilà une intervention qui arrive à propos t —
a-t-il ? » : Oui, je lui ai dit que je n 'étais pas A propos de, locution prépositive : A propos de
content, et puis après ? A éviter dans la langue cette ajfaire, j’ai une remarque à ajouter.
écrite.
2 à-propos (en un seul mot, avec trait d’union ;
10 Après employé comme adjectif. Dans la accent ^ve sur le a). Nom masculin invaria¬
langue parlée, s’emploie au sens de « sui¬ ble : L’à-propos, qualité rare chez les gens trop
vant » : Il est revenu le jour après. Je suis allé méthodiques. — Un à-propos, petite pièce de
le voir la semaine après. A éviter dans la langue théâtre ou petit poème de circonstance : Vol¬
surveillée. De même, éviter les tours le jour taire a écrit des à-propos fort spirituels.
d’après, la se/naine d’après. Dire : le jour
suivant, la semaine suivante. apte adj. Avœ à suivi d’un nom ou d’un infinitif :
Il est apte à cet emploi II est apte à commander.
après-demain Adverbe composé. Toujours avec A la différence de aptitude, ne peut jamais se
un trait d’uidon : Jè viendrai après-demain construire avec pour > aptitude.
(alors qu’on écrit : Je viendrai après midi >
après-midi). aptéryx [apteaiks] n. m. Oiseau de Nouvelle-
Zélande. On l’appelle aussi kiwi — Avec un y.
après-guerre Période qui suit une guerre. — PI. :
des après-guerres. — L’usage hésite sur le genre. aptitude n. f Se construit avec à ou poursuivi d’un
Le masculin semble actuellement le plus fré¬ nom {L’aptitude au commandement. L’aptitude
quent : Un après-guerre inquiet et tumultueux. pour les sciences exactes) où avec à suivi de
l’infinitif : L’aptitude à commander > apte.
après-midi Genre, pluriel, orthographe.
apurer, épurer Le verbe apurer ne s’emploie
1 A longtemps été féminin. De nos jours, le qu’en comptabilité : Apurer un compte. Le
masculin est le genre usuel: Un lumineux substantif correspondant est apurement :
après-midi d’automne. Cependant une lumi¬ L’apurement d’un compte. — Dans tous les
neuse après-midi ne serait pas incorrect. Il autres sens, on emploie épurer : Épurer les eaux
semble même que le féminin soit plus fréquent usées. Le nouveau régime a épure l’administra¬
dans k langue poétique ou très httéraire. tion. Vaugelas voulut épurer la langue française.
59 AQUA-
aquilon n. m. Vent. — Pas de majuscule. — arbitre n. m. Sans trait d’union : libre arbitre.
Prononciation : [akil5].
arborer v. t. Pas de r double comme dans
aquitain, aine adj. Avec B majuscule et a abhorrer.
minuscule : Le Bassin aquitain. — Prononcia¬
tion ; [akitl, en]. arborescence n. f Attention au groupe -sc- dans
la finale -scence. De même : arborescent, ente.
ara n. m. Perroquet. — PI. : des aras [-Ra].
arboretum [anboRetom] n. m. Jardin botanique
arabesque Ornement sinueux. — Toujours fémi¬ planté d’arbres. — PI. ; des arboretums [-tom].
nin : Une arabesque élégante.
arboricole adj. Un -e à la fin, même au masculin.
arabique, arabe Le premier de ces mots, arabique,
s’emploie seulement dans quelques expressions arboriculteur n. m. Celui qui pratique l'arbori¬
(dans lesquelles l’emploi de arabe n’est pas possi¬ culture (culture des arbres fruitiers). V Ne pas
ARBORICULTURE * \
60
dire *herboriculteur, ce mot n’existe pas. Il La distinction admise par le plus grand nombre
existe un mot herboriste, qui désigne celui qui de botanistes est la suivante.
vend des plantes médicinales > herboriste.
1 arbre Végétal de grande taille qui
arboriculture, horticulture, sylviculture comprend un tronc (ou fût) se ramifiant à une
Trois noms féminins à bien distinguer. assez grande hauteur par rapport au sol.
1 arboriculture Culture en pépinière des arbres, 2 arbrisseau Arbre de petite taille qui se
des arbustes et des arbrisseaux. — Culture ramifie à une certaine distance du sol.
méthodique des arbres fruitiers. — Dérivés : 3 arbuste Végétal qui présente des tiges
arboriculteur, arboricole. T Ne pas dire *herbo- Hgneuses ramifiées dès la base, sans tronc.
riculture, ce mot n’existe pas. > herboristerie
(commerce des plantes médicinales). 4 sous-arbrisseau Plante dont la base est
ligneuse et dont les rameaux sont herbacés.
2 horticulture Culture méthodicme et intensive
des plantes potagères et des fleurs par des n Dans le langage courant
professionnels (à la différence du jardinage, 1 Pas de distinction entre arbuste et arbris¬
culture des jardins par des amateurs). seau. Tout au plus peut-on dire que arbuste,
3 sylviculture Technique de l’entretien et de terme plus Uttéraire, évoque plutôt un végétal
l’exploitation des bois et des forêts (pour l’obten¬ buissonnant et touffu, arbrisseau un végétal
tion de bois de chauffage et de bois d’œuvre). CTêle. — Le mot arbre a le même sens que dans
la langue des botanistes. — Le langage courant
arborisation, herborisation Deux noms fémi¬ ignore le mot sous-arbrisseau.
nins à bien distinguer. 2 ▼ Ni arbuste, ni arbrisseau ne désignent en
1 arborisation Dessin naturel qui ressemble à principe, un arbre jeune : un jeune chêne qui
un arbre par ses ramifications : Les arborisa¬ mesure un mètre de hauteur est un jeune arbre,
tions du gel sur la vitre. un petit arbre, mais non un arbuste ; en revanche,
un groseilHer ayant atteint son plein développe¬
2 herborisation Activité de celui qui recueille ment est toujours un arbuste, non un petit arbre.
des plantes sauvages dans la campagne (pour
constituer un herbier, pour utiliser les pro¬ arc [ask] _n. m. Quand le mot arc est suivi d’un
priétés médicinales des végétaux). mot qui commence par une consonne, la
prononciation relâchée a tendance à introduire
arbouse Fruit de l’arbousier. — Toujours fémi¬ un [a] après le c pour éviter un groupe de plus
nin : Des arbouses aigrelettes. de deux consonnes. Cette prononciation est à
éviter. Prononcer arc de cercle [askdascRklfa)]
arbre n. m. Prononciation et emploi de la et non [ankadaseRklfa)], arc splendide
préposition. [aRksplôdid] et non [aRkasplâdidj > arc-
I Bien prononcer [anbRla)]. Éviter la pronon¬ boutant, arc de triomphe, arc-doubleau.
ciation relâchée ♦[anb].
arcade, arcature Deux termes d’architecture,
n Emploi de la préposition. féminins, de la famille de arc, arche.
1 Sur un arbre. Posé sur ou suspendu à une 1 arcade Ensemble constitué par une ouverture
branche d’arbre : Les pigeons allèrent se percher encadrée par des colonnes ou des piliers et
sur un arbre. On gaule les noix qui sont sur couverte par un arc : Une arcade en plein
l’arbre. Les oiseaux mangent les fmits qui sont cintre donne accès au palais. — {généralement
encore sur les cerisiers.
au pluriel) Galerie bordée par une succession
2 Dans un arbre. A l’intérieur de la masicp des d’arcs : Les arcades de la rue de Rivoli, à Paris.
branchages et du feuillage : Le gamin grimpa au 2 wcature {souvent au pluriel) Succession de
tronc et se dissimula dans l’arbre. Dans le ^tites arcades ornementales, souvent aveugles :
marronnier de notre Jardin, il y a un nid.
Eglise romane italienne à la façade ornée
3 A l’arbre. On écrira monter à l’arbre. On d’arcatures aveugles.
évitera monter après l’arbre.
arcadien, acadien, akkadien Trois mots
arbre, arbrisseau, arbuste, sous-arbrisseau paronymes.
Ces végétaux ont en commun de posséder des
K rties hgneuses (c’est-à-dire constituées de
is), à la différence des herbes.
1 arcadien, ienne adj. ou n. De l’Arcadie, région
de la Grèce : Les cités arcadiennes. LesArcadiens.
N. m. L’arcadien : dialecte grec antique.
I Dans la langue scientifique. L’usage est assez 2 acadien, ienne adj. ou n. De l’Acadie, région du
flottant et les spécialistes ne sont pas d’accord.
Canada '.La population acadienne. Les Acadiens.
61 ARCANE
archimandrite [aa/imadait] n. m. Abbé d’un ardennais, aise [aadene, ez] Des Ardennes, de
couvent grec. — Dérivé : archimandritat l’Ardenne : La population ardennaise. Les
[aajimôdaita]. Ardennais. — N. m. Un ardennais : un cheval.
archipel [aajipel] Groupe d’îles. — Toujours ardoise n. f. Comme adjectif de couleur, toujours
masculin : Un archipel lointain. — Avec un A invariable : De gros nuages ardoise. — On écrit
majuscule ; l’Archipel, la mer Égée, dans la indifféremment un toit d’ardoises ou un toit
langue poétique (Les eaux bleues de l’Archipel). d’ardoise, mais toujours, avec ardoise au singu-
her, une carrière d’ardoise.
archiprêtre [aa/ipaetala)] n. m. En un seul
mot, sans trait d’union. ardu, ue adj. Jamais d’accent sur u.
des nombres et des grandeurs), arithmomancie armorial, ale, aux adj. ou n. m. Le masculin
n. f. (divination par les nombres), arithmomètre pluriel (adj. ou n. m.) est en principe armo¬
n. m. (machine à calculer simple). riaux. Cette forme n’est pas incorrecte, mais
elle est très rare. Il vaut mieux éviter d’em¬
arlequin n. m. Finale en -in. — Dérivé : ployer le mot au masculin pluriel.
arùquinade.
armorica^ aine adj. ou n. Avec M majuscule
arlésien, ienne adj. ou n. De la ville d’Arles. et a minuscule : le Massif armoricain. T
— Attention à la majuscule : La population L’expression homard à l'armoricaine est la
arlésienne. Les Artésiens. déformation de homard à l’américaine. Cette
dernière forme est préférable.
armada n. f. Avec une majuscule, quand il s’agit
de la Grande Armada (ou l’invincible Ar¬ aromate Toujours masculin : Un aromate pré¬
mada), grande flotte espagnole (1588). — Avec cieux. ▼ & prononce avec un o ouvert
une minuscule {une armada), quand il s’agit, [aRomat] et s’écrit sans accent circonflexe sur
par métaphore, d’une grande flotte quel¬ le O, à la différence de arôme. De même:
conque : A l’aube du 6juin 1944, l’armada des aromatique [aaornatik], aromatisation
Allies arriva en vue des côtes de Normandie. [aaomatizasjS], aromatiser [anomatize].
armagnac On écrit avec une majuscule l’Arma¬ arôme Toujours masculin : Un arôme fin et
gnac (province française), les Armagnacs (fac¬ pénétrant — Se prononce avec un o fermé
tion historique, opposée aux Bourguignons). [aRom], à la différence de aromate, aroma¬
Avec une minuscule : de l’armagnac (eau-de- tique, aromatisation, aromatiser. L’orthographe
vie ; au pluriel des armagnacs), le parti arma¬ arôme tend à remplacer arôme. T II existe
gnac (par opposition au parti bourguignon). un paronyme arum [aRom], qui désigne une
fleur.
armé, armet Bien distinguer par l’orthographe
et la prononciation l’armé [anme], l’une des
arpège Toujours masculin : Un arpège descen-
positions du percuteur d’une arme à feu (avec
aant ascendant
un e fermé), et l’armet [anme], casque ancien
(avec un e ouvert).
arpéger v. t. Jouer en arpège : Arpéger un accord.
armée n. f. Orthographe de certaines — Conjug. 11 et 16. Clmge e en è devant un
expressions. e muet, sauf à l’indicatif futur et au condition¬
nel présent : j’arpège, mais j’arpégerai, j’arpége¬
1 On écrit un corps d’armée (= une grande rais. Prend un e ^rès le g devant a ou o : il
unité qui constitue une partie d’une armée) et arpégea, nous arpégeons
un groupe d’armées (= très grande unité qui
comprend plusieurs armées). — Au pluriel : arpent [aupâ] n. m. Ancienne mesure agraire.
Des corps d’armée. Des groupes d’armé. — Dérivés : arpentage, arpenter, arpenteur.
2 On écrit un général d’armée, des généraux
d’apnée (car chaque général commande une arpète n. f. Finale en -ète.
unité appelée armée) et un commandant
d’armées (général mis à la tête d’un groupe de -arque Suffixe (du grec arkein « comman¬
plusieurs armées). der ») : monarque, oligarque, hiérarque.
3 En général, on écrit, en chiffres romains, la
III‘armée, la armée, mais, en chiffres arquebuse [aakabyz] Toujours féminin : Une
arabes, le 12‘corps d’armée, le 13^ corps d'ar¬ arquebuse italienne. — Dérivfe : arquebusade,
mée (elhptiquement le I2‘corps, le 13‘corps). arquebusier.
arrache-pied (d*) loc. adv. inv. Avec un eifort 2 arrêté Décision administrative prise par un
continu ; Ils travaillent d’arrache-j)ied. ministre, im préfet ou un maire : Arrêté
ministériel, préfectoral, municipal
arrache-racine ou arrache-racines n. m. —
PL : des arrache-racines. 3 décret Texte promulgué par le président de
la République ou par le Premier ministre:
Décret promulgué après avis du Conseil d’État
arrache-tuyau n. m. — PL : des arraché-tuyaux.
arrière-grands-parents n. m. pi. Avec deux arrivage, arrivée Deux dérivés de arriver qui
traits d’union. ne sont pas interchangeables dans tous les cas.
1 arrivage Ne s’emploie qu’à propos des navires
arrière-grand-tante n. f. — PL : des arrière- ou des véhicules ou des marchandises.
grand-tantes
a/ L'arrivage d'un navire, d'une voiture. Rare
arrière-nudn n. f. — PL : des arrière-mains de nos jours dans ce sens et remplacé par arrivée.
b/ Désigne l’arrivée des marchandises : Le
arrière-neveu n. m. — PL : des arrière-neveux chef magasinier surveille l'arrivage des mar¬
chandises Peut être remplacé par arrivée.
arrière-nièce n. f. — PL : des arrière-nièces
c/ Désigne la quantité de marchandises qui
arrière-pays n. m. Invariable : des arrière-pays arrivent ou, par extension, ces marchandises
elles-mêmes : Des arrivages massifs de fruits aux
arrière-pensée n. f. — PL : des arrière-pensées halles de Rungis ont fait baisser les cours
L'arrivage de poisson était en partie avarié. Dans
arrière-petit-fils n. m. — PL : des arrière-petits- ce sens, arrivée est impossible.
fils 2 arrivée Est le seul terme qui puisse s’employer
quand il s’agit de personnes: L'arrivee des
arrière-petite-fille n. f. — PL : des arrière- voyageurs dans une gare. Peut remplacer
petites-filles arrivage au sens 1, a et I, b (L'arrivée du
paquebot, du train. Vous surveillerez l'arrivée
arrière-petite-nièce n. f. — PL : des arrière- des colis), mais non au sens I, c
petites-nièces
arrivant, ante n. m. ou f. Sans trait d’union:
arrière-petit-neveu n. m. — PL : des arrière- Ün nouvel arrivant. Une nouvelle arrivante. De
petits-neveux nouveaux arrivants. De nouvelles arrivantes
arroser v. t. Deux r. De même : arrosable, 2 artificieux, euse Rusé, retors, fourbe : Par des
arrosage, arroseur, arroseuse, arrosoir. paroles artificieuses, il réussit à tromper cet
homme simple et bon.
arsenal n. m. — PI. : des arsenaux 3 Même distinction pour les adverbes artificiel¬
lement et artificieusement
arséniate > arsenic.
artillerie n. f Bien prononcer [aRtijsi], avec [j].
arsenic n. m. Toujours masculin : L'arsenic gris. De même : artilleur [aatijoeR].
L'arsenic est dangereux — Prononciation:
[ansanik]. La prononciation [aasani] est rare artimon n. m. (marine) Mât d'artimon. — Pas
et vieillie. V S’écrit sans accent, comme les de -t à la fin.
dérivés arsenical, ale, aux [assanikal, al, o]
et arsenicisme [ansanisismta)]. Tous les autres artisan Question du féminin.
dérivés s’écrivent avec un accent aigu sur le e
et se prononcent avec [se] et non [sa] .• 1 La forme une artisane est rare au sens propre.
arséniate [ansenjat], arsénié [ansenje], arsé¬ On dit plutôt une femme artisan.
ARTISTEMENT
• \
68
2 La forme artisane se rencontre parfois au ascétique [asetik] adj. Propre aux ascètes : Les
figuré {La démesure fut Vartisane de sa ruine, moines mènent une vie ascétique. — Attention
vieilli et littéraire) ou comme adjectif au sens au groupe -sc- et à l’homophone acétique
de « propre à un artisan » {La mentalité « propre au vinaigre » : La fermentation acéti¬
artisane). n est mieux cependant de dire : la que. L’acide acétique.
mentalité des artisans ou d’un artisan ou de
l’artisan. asepsie [asepsi] n. f. Pas de s double. De même :
aseptique, aseptisation, aseptiser. T Ne pas
3 ▼ Éviter absolument le barbarisme une écrire *aseptie.
*artisante, pour dire une femme artisan.
aseptique adj. A distinguer de antiseptique >
arüstement, artistiquement Deux adverbes antiseptique.
qui ne sont pas tout à fait synonymes.
1 artistement Avec art, avec un sens et un souci asexué, ée [aseksqe, e] adj. Pas de s double.
certains de la beauté, de l’harmonie: Un
bouquet artistement composé. asiate adj. ou n. Équivalent péjoratif de asiati¬
que : Les populations asiates. Les Asiates.
2 artistiquement De manière à donner à un
objet l’aspect d’un objet d’art, d’une œuvre asiatique adj. ou n. Les peuples asiatiques. Les
d’art (souvent avec une idée de recherche Asiatiques.
rétentieuse, de mauvais goût) : Le traditionnel
uffet Henri II, artistiquement sculpté asile Toujours masculin : Un asile discret —
Dérivé : asilaire.
arum n. m. Plante. — Prononciation : [anom].
— PI. ; des arums [-nom]. ▼ Il existe un asocial, antisocial Deux composés négatifs de
paronyme arôme, parfum. social qui ne sont pas synonymes.
aryen, arien > arien. 1 asocial, ale, aux Qui est contraire aux règles
qui permettent la vie en société : Le vol est
arythmie n. f. Avec y et th. un acte asocial Une conduite asociale. —
S’appUque à une personne mal adaptée à la
ascendance n. f. Attention au groupe -sc- et aux vie en société et dont le comportement est
groupes -en- et -an-. De même ascendant, ante plus ou moins agressif à l’egard de ses
adj. ou n. semblables : Un individu asocial — Peut
s’employer substantivement : Les criminels sont
ascenseur n. m. Attention au groupe -sc- et à des asociaux.
la graphie -en-. 2 antisocial, ale, aux Qui tend à dissoudre
l’ordre social, la société : Les théories anti¬
ascension n. f. Attention au groupe -sc- et à la sociales des anarchistes — Qui tend à différer
graphie -en-. De même : ascensionnel, elle, ou à annuler l’amélioration du sort des classes
ascensionner, ascensionniste. — Une majuscule sociales les plus défavorisées : Le blocage des
au sens religieux: L’Ascension du Christ La salaires est une mesure antisociale.
fête de l’Ascension. ▼ A distinguer de l’Assomp¬
tion (de la Vierge). aspect Bien prononcer [aspej. Le c et le f ne
se prononcent jamais de nos jours. Certains
ascensionner v. t. ou v. i. Au sens transitif auteurs recommandaient de prononcer le c en
de « grimper sur, gravir, escalader, faire Uaison devant une voyelle : Un aspect anormal
l’ascension de » {ascensionner une colline), doit [aspekanonmal]. Cet usage est vieUh et peu
être évité. — Toléré dans l’emploi intransitif concilié. En revanche, au pluriel, on peut faire
au sens de « faire une ascension » ; Au cours la liaison avec le -s: des aspects anormaux
de mes vacances, j’ai ascensionné dans les [aspezanonmo].
Pyrénées. — Attention au groupe -sc- et aux
deux n. asperge Toujours féminin : Ces asperges sont très
bonnes
ascensionniste n. m. ou f. Synonyme vieUH de
alpiniste. asperger v. t. Conjug. 16. Prend un e après le
g devant o ou o : il aspergea, nous aspergeons
ascèse [asez] n. f
asphalte [asfaltfa)]. Toujours masculin : De
ascète [aset] n. m. ou n. f. Attention au groupe l’asphalte luisant — Attention au groupe -ph-.
-SC-. — Accent grave et e ouvert, à la différence De même : asphaltage, asphalter, asphalteur,
de ascétique [asetik], ascétisme [asetismfa)]. asphaltier, asphaltite.
69 ASPHODÈLE
asphodèle [asfodel] Plante. — Toujours mas¬ assaille, nous assaillons, vous assaillez, ils
culin : Un asphodèle blanc. — Attention au assaillent. — Indicatif imparfait : f assaillais, tu
groupe -ph-. assaillais, il assaillait, nous assaillions, vous
aduliez, ils assaillaient. — Indicatif passé
asphyxier Conjug. 20. Double le / à la première simple : f assaillis, tu assaillis, il assaillit, nous
et à la deuxième personne du pluriel de assaillîmes, vous assaillîtes, ils assaillirent. —
l’indicatif imparfait et du subjonctif présent : Indicatif futur: f assaillirai, tu assailliras, il
(que) nous asphyxiions, (que) vous asphyxiiez. assaillira, nous assaillirons, vous assaillirez, ils
— Avec -ph- et y. De même : asphyxiant, assailliront. — Conditionnel: f assaillirais, tu
asphyxie, asphyxié. assaillirais, il assaillirait, nous assaillirions, vous
assailliriez, ils assailliraient. — Impératif :
aspic Quel que soit le sens, prononciation : assaille, assaillons, assaillez. — Subjonctif pré¬
[aspik]. Toujours masculin : L’aspic est sent: que f assaille, que tu assailles, au’il
dangereux. assaille, que nous assaillions, que vous assailliez,
qu’ils assaillent. — Subjonctif imparfait: que
aspirer Construction et sens. y assaillisse, que tu assaillisses, qu’il assaillît, que
nous assaillissions, que vous assaillissiez, qu’ils
I Construction. Au sens propre, construction
assaillissent. — Participe présent : assaillant. —
transitive : Il aspirait l’air pur de la mer. —
Participe passé : assailli, ie.
Au sens de « désirer vivement, chercher à
obtenir », construction transitive indirecte (as¬ assainir v. t. Un seul n. De même assainissement,
pirer à suivi d’un nom ou d’un infinitif) : Il
assainisseur.
aspire aux honneurs. Ils aspire à devenir le chef
de son parti assaisonner v. t. Deux n. De même :
II aspirer, inspirer, inhaler. Trois verbes à assaisonnement.
distinguer.
assassin Celui qui a commis un meurtre avec
1 aspirer Faire entrer l’air, la fumée, etc. dans préméditation ou avec guet-apens. L’emploi au
ses poumons, généralement par un acte volon¬ féminin fait difficulté.
taire ou conscient (s’emploie avec un complé¬
ment) : Dès que Je fus sorti f aspirai à pleins 1 Comme substantif. Le mot n’a pas de féminin.
poumons l’air frais de la nuit. Il aspirait Malgré l’impropriété, c’est en fait le mot meur¬
lentement la fumée de sa cigarette. trière qui sert de féminin à assassin : La meur¬
trière a été condamnée à vingt ans de réclusion.
1 inspirer Faire entrer l’air dans ses pou¬
mons, généralement par un acte volontaire ou 2 Comme adjectif. Le mot a une forme
avec effort (s’emploie sans complément) : « At¬ féminine, assassine, qui s’emploie au propre et
tention, cria le professeur de gymnastique. Une, au figuré : Une arme assassine. Une épigramme
deux t Inspirez, soufflez ! Inspirez, soufflez / » assassine. Cet emploi est httéraire.
3 inhaler Respirer, faire entrer dans ses assassinat, homicide, meurtre, crime Ces
poumons, volontairement ou non, une subs¬ quatre noms masculins ne sont pas synonymes.
tance médicamenteuse ou chimique à l’état
1 homicide Terme de la langue du droit et de
gazeux (s’enmloie avec un complément) : On
inhale des médicaments en aérosol dans certains
la langue savante. Désigne l’acte de celui qui
a tué un être humain, volontairement ou non.
cas de rhume ou de grippe. Les ouvriers de
— Le droit français distingue deux cas.
l’industrie chimique sont exposés à inhaler des
substances toxiques. a/ L’homicide involontaire Par exemple, cas
d’un automobiliste qui provoque par sa faute
aspirine n. f. En France, n’est pas un nom propre un accident mortel.
déposé, donc pas de majuscule ; Un comprimé b/ L’homicide volontaire Crime qui
d’aspirine. comprend les catégories suivantes : meurtre,
assassinat, parricide (meurtre d’un ascendant
assai adv. (musique) Mot italien qui signifie légitime), iidanticide (meurtre d’un enfant dont
« très » et qui s’emploie joint à un autre terme la naissance n’est pas encore déclarée ou
de musique : Presto assai, très rapide. — notoire).
Prononciation : [asaj].
2 meurtre Dans la langue du droit, acte de celui
assaillant, ante adj. ou n. m. Les troupes qui tue un être humain volontairement, mais
assaillantes. Les assaillants furent repousses. sans préméditation ni guet-apens. — Dans le
langage courant, acte de celui qui tue un être
assaillir [asajiR] v. t. Conjugaison difficile. — humain volontairement, avec ou sans
Indicatif présent : f assaille, tu assailles, il préméditation.
ASSAVOIR 70
3 assassinat Dans la langue du droit, acte de 2 La désinence est un e muet ou commence par
celui qui tue un être humain volontairement, un e muet. On met un accent grave sur le e
avec préméditation ou avec guet-apens. — du radical, qui se prononce ouvert [e] : j’assène
Dans le langage courant, s’emploie aussi (im¬ [asen] ; tu assènes [asen] ; il assène [asen] ; ils
proprement) pour désigner un homicide non assènent [asen] ; j’assènerai [asenne] ; j’assène¬
prémédité, quand on veut insister sur son rais [asenne] ; tu assènerais [asenne] ; que
caractère odieux. j’assène [asen] ; que tu assènes [asen].
assise n. f. Toujours au pluriel dans les assises à...), former une association, une société, une
au sens de « session » : Le congrès du parti équipe, un groupe avec... : Ce financier s’est
tiendra ses assises le 12 mai prochain. De même, associé avec un ingénieur pour exploiter cette
pluriel dans la cour d’assisses ou les assises (avec invention. Ce linguiste s’est associé à un
une minuscule); L’assassin sera jugé par les mathématicien pour ses recherches sur les
assises de l’Oise. caractères statistiques du vocabulaire. — S’asso¬
cier à..., prendre part à l’action, aux sentiments
assistant, ante Emploi et féminin. de... : Je m ’associe à tous mes collègues pour
vous féliciter vivement.
1 Quand assistant désigne une personne qui
assiste à une séance, à une réunion, il ne peut 5 Une personne s’associe à une chose. Je
s’employer qu’au pluriel. Dire: L’un des m’associe bien volontiers à votre projet.
assistants se leva (et non *un assistant se leva).
6 Une chose s’associe à une chose. L’emploi
2 La forme féminine assistante s’emploie quand de avec est plus rare : Chez cet homme d’Etat,
on parle d’une femme (Une assistante médicale. l’idéalisme s’associe à un sens aigu de la
Elle est assistante à la Sorbonne), sauf dans manœuvre politique. On emploie aussi et : Chez
l’expression maître assistant, qui n’a pas de lui, le goût du rêve et le goût de l’action
fémmin : Elle est maître a.ssistant à la Sorbonne. s’associent étrangement
mots ( Voilà une astuce qui n 'estpas de bon goût) atermoiement n. m. Attention au e muet
ou encore idée ingénieuse {Cette petite astuce intérieur.
va nous permettre de résoudre le problème). Ces
divers sens sont familiers. A éviter dans la atermoyer v. i. Conjug. 21. Change y en i devant
langue soutenue. un e muet : j’atermoie, tu atermoies, j’atermoie¬
rai, j’atermoierais, mais nous atermoyons, vous
astucieux, euse adj. Avec un c. De même atermoyez, j’atermoyais. T Attention au / après
astucieusement. y à la première et à la deuxième personne du
pluriel de l’indicatif imparfait ou du subjonctif
asymétrie n. f. Orthographe et sens. présent : (que) nous atermoyions, (que) vous
atermoyiez
1 Avec un seul -s-. — De même asymétrique,
asymétriquement. athée n. ou adj. Avec -ée, même au masculin :
2 Asymétrie, dissymétrie. Ces deux noms sont Un athée. — Attention au groupe -th-. Dérivés :
à peu près synonymes. Si l’on veut établir une athéisme, athéiste.
différence, on peut considérer que l’asymétrie
fait référence à une absence en quelque sorte athéiste adj. ou n. Synonyme vieüh de athée.
normale ou naturelle de symétrie : La coquille
de l’escargot est asymétrique. Les versants de athénée En Belgique, étabUssement d’enseigne¬
cette vallée sont asymétriques. L'asymétrie de la ment. T Malgré la finale en -ée, toujours
toiture caractérise les maisons rurales de cette masculin : Un athénée nouveau.
province. — Dissymétrie fait davantage penser
à une absence accidentelle ou fâcheuse de athénien, ienne D’Athènes. — Attention au
symétrie ; Ce garçon est contrefait, il a les groupe -th- et à la majuscule : La population
épaules dissymétriques. La dissymétrie de la athénienne. Les Athéniens.
toiture de ce vieux clocher est due à un tassement
de la charpente. — Noter que dissymétrie tend athlète Attention au groupe -th-. — Ne s’emploie
à éliminer asymétrie, car, à l’audition, ce guère au féminin, même quand on veut parler
dernier mot donne lieu à des équivoques : d’une femme. C’est le mot sportive qui sert de
l’asymétrie se prononce comme la symétrie. féminin à athlète. — S’écrit avec un accent
grave et se prononce avec un e ouvert [atkt],
asymptote adj. ou n. f (terme de mathémati¬ à la différence des dérivés athlétique [atletik],
ques) Un seul s, malgré la prononciation athlétisme [atletismfa)].
[asÉptDt]. De même : asymptotique
[asêptDtik].
atlante adj. ou n. m. Majuscule dans les Atlantes,
peuple qui habitait l’Atlantide (continent fabu¬
asynchrone adj. Un seul s, malgré la prononcia¬ leux). Minuscule dans les autres cas : Le peuple
tion [asêkRon]. atlante. Balcon supporté par deux atlantes
(statues).
asyndète Figure de rhétorique ou type de
construction syntaxique. — Toujours féminin : atlantique S’écrit sans majuscule (La côte
Une asyndète audacieuse. — Avec un seul s, atlantique, l’alliance atlantique), sauf dans la
malgré la prononciation [asédct]. dénomination géographique l’océan Atlantique
{o minuscule, A majuscule). Pour désigner cet
asystolie n. f. (terme de médecine) Un seul s, océan, on dit aussi l’Atlantique (avec A
malgré la prononciation [asistoli]. majuscule) ou, par opposition à la Méditerra¬
née, l’Océan (avec O majuscule) : Préférez-vous
atavisme n. m. Deux sens bien distincts. les plages de la Méditerranée ou celles de
l’Océan ?
1 {sens strict et biologique) Réapparition chez
un sujet d’un caractère héréditaire qui était
atlas n. m. Prononciation : [atlas].
apparu chez un ascendant plus ou moins
lointain et qui était demeuré latent pendant une
ou plusieurs générations intermédiaires. atmosphère Toujours féminin : Une atmosphère
lourde, pesante, étouffante. — S’écrit avec t et
2 {sens usuel) Synonyme de hérédité, en tant que ph. De même : atmosphérique. — Ne pas écrire
l’hérédité transmet les instincts : Son atavisme *athmosphère.
prédisposait ce fils de marin à la vie aventureuse.
Ce sens, quoique non scientifique, est admis. atoll n. m. Ile de forme annulaire. — Prononcia¬
tion : [atol]. — PL ; des atolls [-toi].
atellane [atelan] Farce latine. — Toujours
féminin ; Une atellane grossière. — Un seul t, atome n. m. Pas d’accent circonflexe sur le o,
deux i. mais se prononce avec un o fermé : [atom]. En
75
ATONAL
attenant, ante adj. Se construit normalement est négative ou interrogative (Je ne m ’attendais
avec à ; Sa maison est attenante à la mienne. pas qu’il vînt si tôt. Vous attendez-vous qu’il
vienne tout de suite ?) T Cette construction avec
attendant La locution conjonctive en attendant que, parfaitement correcte mais un peu compas¬
que est toujours suivie du subjonctif : En sée, est remplacée usuellement par s’attendre
attendant qu ’il vienne, mettons-nous au travail à ce que, suivi du subjonctif : Je m ’attends à
ce qu’il vienne. Ce dernier tour est moins
conseillé, surtout dans la langue surveillée.
attendre Deux t. — Conjugaison, accord du
participe et constructions. 8 S’attendre à voir, suivi de l’infinitif. Je
m ’attends à le voir arriver bientôt. Je m ’attends
I Conjug. 81. J’attends, tu attends, il attend, à voir l’entreprise échouer. Ce tour, parfaite¬
nous attendons, vous attendez, ils attendent. — ment correct, permet d’éviter les constructions
J’attendais..., nous attendions... — J’attendis... plus lourdes avec que ou à ce que.
il attendit, nous attendîmes... — J’attendrai, tu
attendras... — J’attendrais, tu attendrais... —
attendrir v. t. — Deux t De même : attendris¬
Attends, attendons, attendez. — Que j’attende...,
sant, attendrissement, attendrisseur.
que nous attendions... — Que j’attendisse...,
qu’il attendît, que nous attendissions... —
Attendant. — Attendu, ue. T On dit normale¬ attendu Deux t. — Accord et emploi.
ment je m ’y attends, nous nous y attendons, je 1 Comme adjectif, s’accorde normalement avec
m’y attendais... En revanche, à l’impératif, on le nom ; J’ai reçu les documents attendus.
dit attends-toi à cela, attendons-nous à cela,
attendez-vous à cela. On évite les tours, 2 Attendu placé immédiatement devant le nom
théoriquement corrects mais inusuels,, au sens de « en raison de, étant donné » est
t’y, attendons-nous y, attendez-vous y. Éviter en considéré comme une préposition et reste
tout cas le barbarisme *attends-toi-z-y. invariable : Attendu les services qu’il a rendus,
nous ne pouvons le renvoyer.
II Accord du participe à la forme pronominale.
Accord avec le sujet : Elles se sont attendues 3 Attendu que, locution conjonctive, est tou¬
sans se rencontrer, pendant une demi-heure, jours suivi de l’indicatif ; Attendu que la
dans le hall de la gare (sens réciproque). Elles question n’est pas du ressort du comité, elle ne
se sont attendues à notre succès. Elles s’étaient figurera pas à l’ordre du jour.
attendues à nous voir réussir (tour s’attendre à).
4 Comme nom masculin, prend la marque du
III Constructions. pluriel : Les attendus d’un jugement.
auburn [oboean] adj. (anglicisme) D’un brun 2 Dans une subordonnée, après une princi¬
tirant sur le roux. — Toujours invariable : Une pale négative ; Je ne crois pas qu ’il y ait aucun
chevelure auburn. Des cheveux auburn. empêchement (= quelque empêchement).
3 Après im verbe, un nom ou un adjectif qui
aucun, aucwe S’emploie comme pronom ou implique une idée de négation : Le directeur
comme adjectif indéfini, avec ou sans un autre défend qu’aucune personne étrangère au service
adverbe à valeur négative. (= que quelque personne que ce soit) pénètre
I Employé comme pronom. dans l’entrepôt.
\ Aucuns (avec -s). Expression archaïque 4 Après non que : J’accepte, non que
signifiant « quelques personnes » : Phèdre était j’éprouve aucun enthousiasme (= un enthou¬
si succinct qu’aucuns l’en ont blâmé (La siasme quelconque, le moindre enthousiasme),
Fontaine). mais il faut en finir.
2 D’aucuns (avec -s-). Employé encore par¬ 5 Après trop... pour (suivi de l’infinitif),
fois dans la langue httéraire ou recherchée au trop... pour que (suivi du subjonc^, avant de
sens de « quelques personnes » : D’aucuns (suivi de l’ii^itif), avant que (suivi du subjonc¬
pensent que cette histoire a été imaginée par les tif), bien loin de (suivi de l’infinitif), bien loin
poètes. que (suivi du pbjonctif): Je m’estime trop
engagé pour faire aucune concession (= une
3 Aucun, pronom suivi de de et d’un nom. concession, queUe qu’elle soit). Avant qu’aucun
Employé dans l’usage courant pour exprimer obstacle (= un obstacle, quel qu’il soit)
la négation. S’emploie avec ne : Aucun de mes apparaisse, profitons de la chance qui nous est
amis ne m’a écrit (= pas un seul de mes amis). offerte. Bien loin qu ’il éprouvât aucune crainte
4 Aucun, employé couramment sans de ni (= une crainte quelconque, la moindre
ni dans une tournure elliptique. Voyez-vous un crainte), il croyait le succès assuré.
empêchement à ce projet ? — Aucun.
IV ^UCUR et les adverbes négatifs autres que ne.
79 AUCUNEMENT
1 On ne peut jamais employer aucun avec audit On écrit généralement audit (en un seul
pas ou point dans la même proposition. Dire : mot), à ladite (en deux mots), auxdits (en un
Je n'ai reçu aucune visite (et non Je n'ai * pas mot), auxdites (en un seul mot) > dit
reçu aucune visite).
2 On peut en revanche employer aucun avec auditionner Deux n. Attention aux deux sens
jamais, avec plus ou avec ni dans la même possibles.
proposition : Je n'ai jamais vu aucun édifice de 1 Intransitif Le chanteur auditionne devant le
ce genre. Je n 'aiplus dès lors reçu aucune visite. directeur du music-hall, chante, pour se faire
Je ne connais pas Venise, ni d'ailleurs aucune engager éventuellement.
autre ville d'Italie.
2 Transitif Le directeur du music-hall audi¬
3 Quand il y a coordination, on emploie ni tionne le jeune chanteur, l’écoute, pour l’enga¬
et non pas et. Dire : Aucun discours ni aucune ger éventuellement.
pression ne put le faire changer d'avis (et non
3 T Ne pas employer auditionner au sens de
*et aucune pression). L’emploi de mais devant
« chanter devant le pubhc ». Un artiste audi¬
aucun est en revanche tolère : Il y avait quelques
tionne devant une personne qui a qualité pour
personnalités en service commandé, mais aucun
juger son talent et pour l’engager.
sympathisant.
auditoire n. m. Finale en -oire.
aucunement adv. En aucune manière. — Les
règles d’emploi sont identiques à celles de
auditorium [oditOEjom] n. m. — PL : des
aucun.
auditoriums [-Rjom].
audacieux, euse adj. ou n. Avec un c. De même ; auge Toujours féminin : Une auge pleine.
audacieusement.
augmentation II est conseillé de dire : L'aug¬
au-deçà adv. Attention à la cédille et à l’accent mentation du prix de la viande. L'augmentation
grave sur a. Un trait d’union (à la différence du prix de la vie. Eviter les formules raccour¬
de en deçà). De même : au-deçà de loc. prép. cies : L'augmentation de la viande. L'augmen¬
tation de la vie. C’est le prix qui augmente, non
au-dedans adv. Trait d’union (à la différence de la viande ni la vie.
en dedans). De même ; au-dedans de loc. prép.
augmenter D est conseillé d’écrire : Le boucher
au-dehors adv. Trait d’union (à la différence de a augmenté le prix de la viande. Le prix de la
en dehors). De même : au-dehors de loc. prép. viande augmente (et non Le boucher a aug¬
menté la viande., La viande augmente) >
au>delà adv. Attention à l’accent grave sur a. augmentation. T Éviter le barbarisme *raug-
— Trait d’union (à la différence de en delà). menter: Le prix de la vie raugmente tous les
De même : au-delà de loc. prép., l'au-delà n. mois. Le prix de la viande a encore raugmenté.
m. inv. (PI. : des au-delà). Dire ; Le prix de la vie augmente tous les mois.
Le prix de la viande a encore augmenté.
au-dessous adv. Trait d’union (à la différence
de en dessous. De même ; au-dessous de loc. augure n. m. Avec -au-. Toujours masculin : Un
prép. augure romain. Un oiseau de bon augure, de
mauvais augure.
au-dessus adv. Trait d’union (à la différence de
en dessus). De même ; au-dessus de loc. prép. augurer Plusieurs constructions et plusieurs
sens.
au-devant adv. Trait d’union. De même ; au-
1 (vieux) Les devins augurèrent la victoire,
devant de loc. prép. l’annoncèrent, la prédirent (en interprétant le
vol des oiseaux, etc.).
audible adj. Qu’on peut entendre, comprendre ^
Une voix à peine audible. — Dérivé : audibilité 2 (de nos jours) Les premiers résultats laissent
n. f. augurer le succès, le laissent prévoir (par une
déduction rationnelle).
audience n. f. Finale en -ence. Dérivé : 3 (de nos jours) Augurer que (suivi de l’indica¬
audiencier. tif), prévoir que : attitude actuelle laisse
augurer qu'il rejettera notre demande.
audio-visuel, elle adj. ou n. m. En deux mots,
avec trait d’union : Les techniques audio¬ 4 (de nos jours) 5/en, mal augurer d’une chose,
visuelles. en tirer un présage favorable, défavorable
AUJOURD’HUI 80
(J'augure bien des premiers résultats) ou prévoir vous dire un mot (et non *auparavant de partir).
quelque issue favorable, défavorable au sujet de — En revanche, éviter avant dans les emplois
cette chose (J’augure mal de la suite de notre adverbiaux. Dire: Je ne viendrai qu’à six
aventure. Voilà une nouvelle qui me fait bien heures, car auparavant j’assiste à une réunion
augurer de l'avenir = qui me fait prévoir que (et non car avant j’assiste ...).
l’avenir sera favorable).
auprès de loc. prép. Sens et emplois.
aujourd’hui adv. Prononciation et emplois.
I Auprès de et près de.
1 Bien prononcer [o3URdqi] et non
1 Auprès de ne s’emploie de nos jours
*[o3DRdqi].
qu’avec un nom ou un pronom désignant une
2 Au jour d’aujourd’hui Pléonasme de la personne : J’ai passé mon dimanche auprès de
langue populaire, employé parfois, par plaisan¬ mon frère malade. — Près de s’emploie aussi
terie, comme renforcement de aujourd’hui A à propos des choses : Je vous attendrai près de
éviter dans la langue soignée et dans un la fontaine du jardin public.
contexte sérieux.
2 Auprès de indique une proximité plus
3 Jusqu’aujourd’hui. Forme préconisée par les grande : Il passe ses jours de congé auprès de
grammairiens, à la place de Jusqu 'à aujourd’hui son oncle (= chez son oncle). Il habite près de
pour éviter le pléonasme, car la préposition à la maison de son oncle. — Auprès de suppose
est déjà contenue dans aujourd’hui (= à /e jour aussi une idée de permanence ou de durée assez
d’hui). Cependant Jusqu’à aujourd’hui est toléré longue : Elle a passé toute sa vie auprès de sa
dans l’usage général et jusqu’aujourd’hui est mère. Le chef de cabinet était près au ministre
légèrement archaïque et précieux. au moment de la remise des décorations.
4 D’aujourd’hui. S’emploie très correctement 3 Auprès de a souvent une valeur abstraite
pour dire « pendant la durée de la journée où et équivaut alors à « dans l’entourage de, dans
nous sommes » : Je ne l’ai pas vu d’aujourd’hui les services de » : Ce professeur est détaché
auprès de l’ambassadeur comme traducteur-
5 D’aujourd’hui en huit. Tour conseillé, préfé¬
rable à aujourd’hui en huit : Je vous livrerai le interprète. Dans ce sens, près de est impossible.
travail d’aujourd’hui en huit (= dans huit 4 Auprès de signifie aussi « en s’adressant
jours). à, dans l’esprit de » : Je vous prie d’être mon
interprète auprès de nos amis. Il trouva un
aulnaie > aunaie. accueil favorable auprès de ce public passionné
de poésie. Dans ce sens, l’emploi de près de est
aulne > aune. très rare.
aurifère adj. Finale en -ère. aussi rapide que la tienne (et non aussi rapide
*comme la tienne). Je cours aussi vite que toi
aurochs n. m. inv. Animal. — Quatre prononcia¬ (et non aussi vite *comme toi).
tions : [oRoks] ou [oRoks] ou [oRok] ou
6 Moi aussi et moi non plus. Le tour moi
[oRok]. La meilleure est [oRok],
aussi {toi aussi, etc.) ne peut s’employer
qu’après une proposition affirmative Tu t’en
auroral, ale, aux adj. (littéraire) De l’aurore : vas? Nous aussi — Après une proposition
La lumière aurorale. — Le masculin pluriel négative, l’emjîloi de non plus est obligatoire ;
auroraux est correct, mais U est peu usité, car Il n’a jamais été malade cet hiver, moi non plus.
il est peu harmonieux.
7 Aussi bien que unissant deux sujets. Si le
aurore n. f. Comme adjectif de couleur, invaria¬ second sujet est entre virgules, le verbe se met
ble : Des soieries aurore. au singulier. On insiste sur le premier sujet, et
aussi bien que garde sa valeur comparative : La
ausculter v. t. Avec au-. De même auscultation. Bretagne, aussi bien que la Normandie, est un
pays d’élevage. — S’il n’y a pas de virgules, le
auspices n. m. Ne s’emploie qu’au pluriel. — verbe se met au pluriel. Les deux sujets sont
Désigne les présages que les Romains tiraient sur le même plan, et aussi bien que a la valeur
du vol des oiseaux. — Prononciation : [ospis] d’un simple coordonnant : La Bretagne aussi
ou, mieux, fospis]. T Attention au paronyme bien que la Normandie sont des pays d’élevage.
hospice, asile de vieillards. II Aussi adverbe de phrase marquant un lien
logique.
aussi Adverbe exprimant la comparaison ou le
1 En tête de phrase ou de proposition,
lien logique.
signifie « c’est pourquoi » : On voit circuler
I Aussi adverbe de comparaison. trop de voitures, aussi déplore-t-on de nombreux
accidents. L’inversion du sujet n’est pas obliga¬
1 Aussi et autant. Dans une comparaison
toire, mais elle est fréquente dans la langue
d’égalité, aussi s’emploie avec les adjectifs et surveillée. Comparer avec la phrase suivante,
les adverbes : Il est aussi habile que moi II
dans laquelle aussi n’est pas en tête de
travaille aussi habilement que moi — Autant
proposition et a un sens différent : On voit
s’emploie avec les noms et les verbes : Il a circuler beaucoup de voitures, on déplore aussi
autant d’habileté que moi II travaille autant beaucoup d’accidents (= on ne voit pas
que moi Éviter par conséquent de dire : Il est seulement... on déplore en outre...).
^autant habile que moi ou II a *aussi d’habileté
que moi 2 Aussi bien en tête de phrase ou de
proposition ou après puisque introduit une
2 Avec avoir faim, avoir peur, avoir soif, explication ou une justification supplémentaire
avoir sommeil, avoir envie, etc. L’emploi de et équivaut à « d’ailleurs, tout compte fait » :
aussi est déconseillé. Il vaut mieux, dans la L’affaire est réglée, donc je n’entreprendrai pas
langue soignée, employer autant: J’ai froid ce voyage; aussi bien, je suis trop fatigué pour
autant que vous (plutôt que j’ai aussi froid que me déplacer en ce moment. — Aussi bien est
vous). rarement suivi de l’inversion du sujet.
3 Aussi et si. Dans une comparmson d’éga¬
lité à la forme négative ou interrogative, on peut aussière > haussière.
remplacer aussi par si : Il n’est pas si fort ou
aussi fort qu’on le dit. Pourquoi crie-t-il si fort ? aussitôt Plusieurs emplois et plusieurs
— L’emploi de si est même bien plus fréquent constructions.
lorsque le second terme de la comparaison n’est 1 Aussitôt, adverbe. Ne peut jouer le rôle d’une
pas exprimé : Pas si vite, s’il vous plaît Est-il préposition devant un nom. On ne peut donc
si riche ? — Au sens de « tellement », l’emploi écrue : Aussitôt la sonnerie, les élèves sortent.
de si est obligatoire : Il est si riche l II va si vite / Dans ce cas, on écrira: Aussitôt après la
(dans ces cas, aussi serait impossible). sonnerie, les élèves sortent. En revanche, l’em¬
4 Dans une proposition concessive-compara¬ ploi de la locution conjonctive aussitôt quf
tive (au subjonctiO- D est conseillé d’employer (suivie de l’indicatif) est correct : Aussitôt que
si plutôt que aussi: Si habile qu’il soit (ou si la sonnerie retentit, les élèves sortent
habile soit-il), il ne peut réussir. Eviter aussi 2 Aussitôt suivi d’un participe. Tour usuel et
habile qu’il soit ou aussi habile soit-il. correct : Aussitôt rentré, je me mis au travail.
5 Dans l’expression d’un comparatif d’é^- — Aussitôt s’emploie aussi devant un nom suivi
lité. Obligatoirement, aussi est en corrélation d’un participe : Aussitôt le travail terminé, je
avec que (et non avec comme) : Ma moto est vous téléphonerai — Aussitôt que devant un
AUSTER 82
participe est parfaitement correct (tour légère¬ t-il donc tant que cela ? (ou autant que cela T).
ment archaïque et nettement littéraire) : Aussi¬ Vous avez beaucoup de disques, je n'en n’ai pas
tôt que connue, la nouvelle enflamma les esprits. tant (ou je n’en n’ai pas autant). — Au sens
Il se mit à la tâche aussitôt qu 'arrivé (= aussitôt de « tellement », avec un verbe ou un nom,
qu’il fut arrivé). tant remplace obhgatoirement autant : Vous me
haïssez donc tant t II a donc tant de haine wur
3 Deux constructions à bien distinguer. Je
n'étais pas aussitôt entré que j'ai entendu un cri nous / (dans ce cas, autant est impossibl^.
(= aussitôt que je fus entré, j’entendis un cri). 3 Introduisant un comparatif d’égalité. L’ad¬
— Je ne suis pas entré aussitôt que J'ai entendu verbe autant est en corrélation avec que (et non
un cri (= je ne suis pas entré immédiatement avec comme) : Vous travaillez autant que moi
après avoir entendu un cri). (et non autant *comme moi). Il a autant de
4 Ne pas écrire aussitôt (en un mot) comme mérite que nous (et non autant de mérite
aussi tôt (en deux mots) : Il m'a appelé, je suis *comme nous).
entré aussitôt (= immwliatement). Je me lève 4 Autant..., autant.. Tour httéraire destiné à
aussi tôt que toi (= à une heure aussi matinale), mettre deux éléments en parallèle en produisant
mais je ne me couche pas aussi tard. un effet de symétrie : Autant les montagnes
5 Aussitôt et sitôt > sitôt sauvages rebutent le regard, autant les plaines
riantes plaisent à l’œil du voyageur (= les
auster [ostea] n. m. Vent du sud. — Avec une plaines plaisent à l’œil autant que les mon¬
mnuscule ; L'impétueux auster. — Ne pas tagnes rebutent le regard).
écrire comme austère, ascétique. 5 Être autant de... Tour assez littéraire qui
établit une équivalence, une identité entre les
austère adj. Se prononce avec un e ouvert êtres ou les choses appartenant à deux groupes :
[ostER] et s’écrit avec un accent grave, comme Ces villages juchés sur des pitons étaient autant
austèrement [ostcRmâ], à la différence de de petites forteresses (= chaque village était
austérité [ostenite]. comparable ou semblable à une petite
forteresse).
austérité n. f Attention à l’anglicisme politique
financière d'austérité, employé à tort pour 6 D’autant plus que..., d’autant moins que...,
désirer une politique de restriction ou une d’autant mieux que... Indique la mesure, la
politique de rigueur financière. proportion. Emploi parfaitement correct : Il a
d’autant moins de chances de l’emporter que ses
aust^ ale, als adj. Prononciation : [ostRal], concurrents sont plus nombreux.
préférable à [ostRal]. — Le masculm pluriel 7 D’autant plus que..., d’autant que... Indique
australs est préférable à austraux, mais les deux la cause. Ces deux expressions sont l’une et
formes sont rares et il vaut mieux ne pas l’autre correctes : J’assisterai à la réunion,
employer cet adjectif au masculin pluriel. d’autant plus que j’ai une question importante
à poser (ou d’autant que j’ai...). Dans ce sens,
australien, ienne adj. ou n. De l’Australie. — d’autant plus que semble d’un registre plus
Attention à la majuscule : La population soutenu que d’autant que. D’autre part, ces
australienne. Les Australiens. locutions peuvent s’employer après une propo¬
sition négative : Je n 'assisterai pas a cette
austrasien, ienne adj. ou n. De l’Austrasie, réunion, d’autant (plus) que j’ai un travail
ancien royaume franc. — Attention à la Urgent à finir.
majuscule : Les guerriers austrasiens. Les
Austrasiens. 8 D’autant mieux. Ne peut s’employer qu’avec
un verbe ou un participe : Il travaille Sautant
autan n. m. Vent. — Avec une minuscule. — mieux qu’il se passionne plus pour ce qu’il fait
Ne pas écrire comme autant, adverbe. La leçon sera d’autant mieux retenue qu’elle
aura été accompagnée d’exemples plus vivants.
autant adv. Exprime l’égalité, l’équivalence. — Ne jamais employer d’autant mieux avec
un adjectif ou un adverbe, mais d’autant plus :
1 Autant et aussi > aussi.
Il est d’autant plus travailleur... (et non
2 Autant et tant. Dans une comparaison * d’autant mieux travailleur...). Il court d’autant
d’éçahté à la forme affirmative, on emploie plus vite... (et non *d’autant mieux vite).
obligatoirement autant avec un verbe ou un
9 Pour autant que. V Cette expression est
nom : Il travaille autant que moi (et non *tant
déconseillée. Il vaut mieux dire autant que ou
que moi). Il a autant de mérite que nous (et non
dans la mesure où : Je promets de vous aider,
*tant de mérite que nous). — A la forme néga¬
autant que cela dépend de moi (et non pour
tive, tant peut remplacer autant -. Travaille-
autant que cela dépend de moi). — Pour autant
83 AUTARCIE
que et autant que sont normalement suivis de considérée comme peu élégante). Dire plutôt
l’indicatif, sauf dans la formule figée autant que ma voiture.
je sache.
10 Pour autant. S’emploie, très correctement, 2. auto- Deux préfixes, que l’orthographe ne
dans une phrase négative au sens de « pour¬ permet pas de distinguer (voir tableau page
tant, cependant » : Il est assez peu instruit, il suivante).
n’est pas pour autant illettré ou stupide. 1 auto- (du grec autos « soi-même »), dans des
11 Autant vaut. Tour, très correct, qui n’est mots comme auto-allumage, autobiographie.
pas exclamatif et qui est l’équivalent pur et
2 auto- (de auto{mobilé\), dans des mots
simple de « il vaut autant » : Autant mut céder
comme auto-école, automitrailleuse.
tout de suite ou II vaut autant céder tout de
suite. 3 V Les mots commençant par auto- ne
s’écrivent avec un trait d’union que si le second
12 Autant suivi de l’infinitif. Au sens de « il
élément commence par une voyelle (auto¬
vaut autant, autant vaut », est déconseillé dans
allumage, auto-école) et dans auto-stop, auto¬
la langue soutenue : Puisqu 'il faut travailler,
stoppeur, ainsi que dans autos-couchettes. Seul
autant choisir un métier agréable. Il est plus
le second élément porte la marque du pluriel :
correct d’écrire : autant vaut choisir... ou il vaut
des auto-écoles, des auto-stoppeurs, à l’exception
mieux choisir...
de l’adjectif invariable autos-couchettes (Un
train autos-couchettes).
autarcie n. f. La forme autarchie est sortie de
l’usage.
autochtone [otDkton] adj. ou n. Attention à la
place du h. Ne pas écrire *autocthone.
auteur n. m. Pas de forme pour le féminin. On
dira donc : Colette est mon auteur préféré. Elle
est l’auteur de nombreux romans. Une femme autoclave adj. ou n. Comme nom, toujours
auteur peut être élue à l’Académie française. masculin : Un autoclave tout neuf.
tomnaux/aux tonneaux. Dire : Les vents de autres cartons = deux cartons supplémen¬
l’automne, plutôt que les vents automnaux. taires).
automne Dans la langue moderne, toujours 2 Quand autre signifie « différent », il se place
masculin : Un automne lumineux. quelquefois après le nom (ce tour permet
d’insister sur la différence de nature) : Vous
l’avez connu gai, entreprenant, sûr de lui,
automobile Peut être nom ou adjectif. Il est maintenant c’est un homme tout autre. Le tour
déconseillé d’employer l’adjectif au sens de un tout autre homme est le tour le plus usuel,
« qui concerne l’automobile ». Dans la langue mais le moins insistant.
surveillée, on écrira ; L'industrie de l’auto¬
mobile (plutôt que l’industrie automobile). Une 3 Ne pas dire : *Des autres occasions se
course d’automobiles (plutôt que une course présenteront, mais D’autres occasions se présen¬
automobile). teront. De même, on dit : Bien d’autres occa¬
sions se présenteront (et non *Bien des autres
autopsier v. t. Examiner par une autopsie : Auto¬ occasions...).
psier un cadavre. — Conjug. 20. Double le i à la
première et à la seconde personne du pluriel de 4 Tout autre > tout.
l’indicatif imparfait et du subjonctif présent :
5 L’un et l’autre > un.
(que) nous autopsiions, (que) vous autopsiiez.
6 Un autre, d’autres, quelques autres, plusieurs
autoradio Récepteur de radio monté sur le autres, etc. Quand ces locutions ne sont pas
tableau de bord d’une automobile. T Toujours sujets, elles sont en général employées en
masculin, bien que radio soit du féminin : Un corrélation avec en : Ce médecin m'avait déçu,
autoradio tout neuf. j’en consultai un autre. Le tour Je consultai un
autre est néanmoins possible. — L’emploi de
autorail [otoRaj] ou [otORaj] T Toujours mas¬ en est obligatoire quand U s’agit de choses et
culin : Un autorail luxueux. non de personnes : Cette lampe fonctionne mal,
je vais en acheter une autre. Ces biscuits sont
autoroute Toujours féminin, comme route : Une délicieux, j’en prendrais bien d’autres.
autoroute très longue. I Quand autre ou autre chose est précédé d’une
préposition et suivi de que, on peut omettre la
autos-couchettes adj. inv. Train autos-cou¬ répétition de la préposition après que: Je
chettes. En deux mots, avec un trait d’union. devrais travailler avec un autre que lui (ou avec
Un -s à autos- et à couchettes, même au un autre qu 'avec lui). Il pense à autre chose que
singulier. son travail (ou, mieux, qu’à son travail).
auto-stop, auto-stoppeur Bien que le second 8 Quand autre... que est employé dans une
élément commence par une consonne, excep¬ proposition principale affirmative en corréla¬
tionnellement ces deux mots s’écrivent avec un tion avec une deuxième proposition, le verbe
trait d’union : Un auto-stoppeur, des auto¬ de cette dernière proposition est, dans la langue
stoppeurs; une auto-stoppeuse, des auto-stop¬ soignée, le plus souvent précédé de ne :
peuses. — Auto-stop s’abrège couramment en L’aventure a eu une autre fin que nous ne
stop: Faire du stop. l’avions pensé. A la forme négative ou interroga¬
tive, ce ne est souvent omis : L’aventure n’a pas
eu une autre fin que nous l’avions pensé.
autostrade n. f De nos jours, s’emploie seule¬
ment quand on parle d’une autoroute italienne. 9 Dans une phrase négative avec d’autre... que,
l’emploi de pas est facultatif: Il n’a d’autre
1. autour adv. > alentour. espoir qu’une intervention de ses amis haut
placés (ou II n’a pas d’autre espoir que...).
2. autour n. m. Oiseau.
10 Autre chose, au singulier et sans détermi¬
nant. Est une locution à valeur d’indéfini de
autre adj. ou pron. indéfini. Sens et
genre « neutre », donc accord au masculin :
constructions. II y a autre chose de plus intéressant (et non
1 Autre peut indiquer une différence portant intéressante). C’est autre chose que j’avais fait
sur l’identité (Est-ce chez le même fournisseur (et non faite).
que vous avez trouvé ce produit ? — Non, c’est
chez un autre), une diference portant sur la 11 Autre chose, accompagné d’un déterminant
nature (Après un mois de vacances, je suis un (article, démonstratif, interrogatif, etc.). Le
autre homme = un homme different de ce que mot chose redevient un nom autonome, ce qui
j’étaisX une quantité supplémentaire (Pour entraîne l’accord obligatoire de l’adjectif ou du
emballer mes archives, if me faudrait deux participe : Les autres choses merveilleuses que
AUTREFOIS « \
86
j'ai vues. Cette autre chose que vous avez 16 Comme dit l’autre. Employé pour « faire
entreprise. 0Me//e autre chose plus intéressante passer » une expression, appartient au langage
avez-vous à me proposer ? très famiher. A éviter dans la langue soutenue ;
Tout ça, comme dit l’autre, c’est de la moutarde
12 Nous autres, vous autres. Employées abso¬
après le dîner /
lument, au sens de « nous, vous », ces formes
appartiennent à la langue familière, sauf s’il y
autrefois, naguère Ces deux adverbes ne sont
a une apposition à nous autres, vous autres,
pas synonymes.
comme dans ces phrases : Vous autres, gens des
villes, vous croyez que... Nous autres, intellec¬ 1 autrefois Dms le passé, à une époque qui
tuels, nous pensons que... Éviter en revanche, peut être considérée comme éloigné : Autre¬
dans la langue soutenue, des tours comme : fois, il fallait des semaines pour traverser
Vous autres, vous allez vous promener, tandis l’Atlantique à bord des grands voiliers. —
que nous autres, nous restons à la maison. Dire : Synonyme littéraire : jadis.
Vous, vous allez vous promener, tandis que nous,
nous restons à la maison. — Eux autres est 2 naguère (= il n’y a guère) Il y a peu de
déconseillé dans tous les cas, dans le style temps : Naguère, ce quartier était très pittores¬
surveillé. que, mais, depuis deux ans, les immeubles neufs
ont remplace les vieilles maisons.
13 Rien autre, personne autre. Expressions
quelque peu littéraires et recherchées qui autrement adv. Sens et constructions.
équivalent à rien d’autre, personne d’autre : J’ai
1 Dans une propmition négative. Autrement
dit que j’acceptais, et rien autre (ou rien d’autre,
équivaut à « spécialement, particulièrement,
beaucoup plus usuel). Personne autre ne vous
tellement » : Mon ami n’était pas autrement
a appelé (ou personne d’autre..., beaucoup plus
usuel). satisfait de cette perspective (= n’était pas parti-
ci^èrement satisfait, n’était pas tellement satis¬
14 Entre autres. Ne peut s’employer, en fait). Ce tour est quelque peu vieilli et littéraire.
principe, que pour faire référence à un nom ou 2 Dans une proposition affirmative. Autrement
a un pronom exprimé tout de suite avant ou
équivaut à « beaucoup plus, nettement plus » :
tout de suite apres autres : Je connais bien les
Musset est un poète charmant, mais Vigny a'
villes du Languedoc, entre autres Toulouse,
autrement de profondeur. Les paysages des
Carcassonne, Narbonne, Montpellier. Les coni¬ Alpes sont autrement grandioses que ceux du
fères, le pin et le sapin entre autres, fournissent
Jura. T II est déconseillé de dire, dans ce sens,
des bois blancs employés pour les travaux de
autrement plus grandiose, ce qui constitue un
menuiserie courante. — En revanche, on ne pléonasme.
peut dire : Il m’a annoncé, entre autres, que sa
cousine était malade. Entre autres ici reste « en 3 Autrement que. Si la première proposition
l’air » et ne se rapporte à aucun nom ou est affirmative, la langue soignée emploie, dans
pronom exprimé. Il faut dire : Il m’a annoncé, la seconde, un ne explétif : Les événements se
entre autres choses, que... sont déroulés autrement que nous ne l’avions
prévu. — ▼ Si la première proposition est
15 Et autres. Employée absolument, cette négative ou interrogative, ce ne est souvent
ex;)ression appartient au style familier : Il faut omis ; Les événements ne se sont pas déroulés
debarrasser la maison des rats, des souris, des autrement que nous l’avions prévu.
cancrelats et autres. Vivement les vacances, que
nous puissions oublier les Corneille, les Racine, autrichien, ienne Attention à la majuscule : La
les Montesquieu et autres IA éviter dans le style population autrichienne. Les Autrichiens.
surveillé. — Employé devant un substantif, et
autres conserve une valeur désobligeante ou autrui pron. indéfini inv. Règles d’emploi.
ironique. Lai^ns donc là Platon, Aristote, Kant
et autres philosophes poussiéreux ! ▼ Éviter de 1 Autrui est l’ancien cas régime de autre. Le
faire suivre et autres d’un terme qui n’englobe cas régime était, ot ancien français, le cas
pas les êtres ou les objets mentionné. Ainsi, indiquant la fonction de complément. Il est
éviter de dire ; Les rats, les crapauds et autres donc peu correct d’utiliser autrui en fonction
insectes répugnants. La catégorie des insectes de sujet. On peut dire : Il faut accorder notre
ne comprend pas les rats ni les crapauds. En commisération à autrui, mais non Autrui à droit
revanche, on peut dire ; Les rats, les crapauds a notre pitié. Dire : Les autres ont droit...
et autres animaux répugnants ou Les punaises,
2 Autrui est toujours au singulier. Éviter par
les puces, les cancrelats et autres insectes
conséquent de dire : On reproche à autrui leurs
répugnants ou Les rats, les crapauds, ainsi que
gestes d’ingratitude. Dire : On reproche à autrui
les punaises, les cancrelats et autres insectes
répugnants. ses gestes d’ingratitude ou On reproche aux
autres leurs gestes d’ingratitude.
87 AUVENT
auvent, contrevent Deux noms masculins rela¬ avaler v. t. Avaler une gorgée, une bouchée. V
tifs à la construction. Ne pas dire *avaler une traite, mais avaliser.
1 auvent Petit toit fixe, en saillie au-dessus
à-valoir n. m. Invariable : des à-valoir. — Ne
d’une porte, d’une fenêtre ou d’un espalier. V
pas écrire le nom un à-valoir (qui prend un
Ne pas écrire *auvant.
trait d’union) comme la locution à valoir (qui
2 contrevent Volet extérieur mobile qui protège s’écrit sans trait d’union) : J’ai versé un à-valoir
une fenêtre. de cent francs sur le prix de la commande. Voici
cent francs, à valoir sur le prix de la commande.
auvergnat, ate Attention à la majuscule ; Les
paysans auvergnats. Les Auvergnats — n. m. avance n. f Expressions et emplois.
L’auvergnat: dialecte d’Auvergne.
1 Trois expressions synonymes : par avance;
d’avance (la plus usitée) ; à l’avance (critiquée
auxerrois, oise adj. ou n. Deux emplois, deux
autrefois par certains grammairiens). Elles
prononciations.
signifient « à un moment antérieur par rapport
1 De la ville d’Auxerre, chef-lieu du départe¬ au moment considéré ».
ment de l’Yoïme. V Dans ce sens, le x se
2 En avance comporte une nuance supplémen¬
prononce [s] : [oseswa, waz]. De même,
taire et suppose que l’action a eu lieu avant le
Auxerre se prononce [osen].
moment voulu ou prévu : Je suis arrivé en
2 Saint-Germain-VAuxerrois : église de Paris. avance à mon rendez-vous et j’ai dû attendre
Dans cette dénomination, Auxerrois se pro¬ un quart d’heure.
nonce [oksERwa].
3 On évitera les pléonasmes préparer à
l’avance, prévoir à l’avance, prévenir à l’avance,
auxiliaire adj. ou n. Orthographe, prononciation
prédire à l’avance, retenir à l’avance, etc. Dans
et sens. ces verbes, l’idée d’avance est déjà contenue.
I Un seul /. — Bien prononcer [Dksiljen] et Par exemple, prévoir, c’est « savoir à
non *[DksijER]. De même: auxiliairement l’avance ». Si l’on veut préciser la durée qui
[DksiljERmâ], auxiliateur [DksiljatoeR]. sépare deux actions, on tournera autrement. On
écrira par exemple: L’opération fut préparée
n Auxiliaire, assistant, adjoint. Trois mots à trois jours auparavant. On avait prédit l’evéne-
distinguer. ment dix ans plus tôt. On nous a prévenus depuis
1 auxiliaire. Personne qui en aide une autre longtemps.
dans son travail. S’applique souvent à une
personne qui en aide temporairement une autre, avancer. Conjug. 17. Le c prend une cédille
généralement dans un emploi modeste, à un devant a ou o . Il avança, nous avançons.
poste d’exécution.
avanie n. f. Affront. — Avec un seul n. —
2 assistant, ante. Personne attachée à une
Attention au paronyme avarie, dommage : Les
autre plus qualifiée pour la seconder, de manière
avaries d’un navire.
permanente, dans son travail : Une assistante
médicale. L’assistante du dentiste. L’assistant
avant Emplois et constructions.
d’un professeur de faculté. L’assistant peut (x-
cuper une place assez élevée dans la Werarchie. 1 T On écrira : Le jour d’avant, la semaine
II accomplit un travail bien déterminé. d’avant ou, mieux, le jour précédent, la semaine
précédente (et non le jour avant, la semaine
3 adjoint, ointe. Celui, celle qui assiste et
remplace éventuellement une autre personne, avant).
laquelle en général rempht des fonctions 2 Avant substantif. Prend la marque du plu¬
élevées. I.e mot insiste sur la position hiérarchi¬ riel : Les avants d’une équipe de rugby.
que : L’adjoint du directeur financier. — Pour
3 Avant adjectif. Est invariable : Les roues
la construction de adjoint avec de ou avec a
avant d’une voiture.
> adjoint.
4 Avant, devant. Avant s’oppose à après et
aval n. m. Garantie de paiement, caution, devant à derrière.
approbation : Donner son aval. — PI. : des avals.
— Dérivés : avalisation n. f. (L ’avali^tion a/ avant. Fait référence à une succession
d’une traite. L’avalisation d’une décision); dans le temps (La mairie date de 1882, elle a
avaliser (Avaliser une traite. Avaliser une donc été construite avant la poste. Les marron¬
décision). T Attention au paronyme avaler. niers ont leurs feuilles avant les platanes)^ ou à
une succession dans l’espace assimilée à une
succession dans le temps par l’idée explicite ou
avalanche n. f Avec -an-.
AVANTAGE 88
implicite d’un parcours : Dans la Grand-Rue, La langue^ parlée n’emploie pas ce ne explétif,
quand on vient de la mairie, la pharmacie est lequel, même dans la langue écrite soutenue,
avant la poste. n’est jamais obligatoire. Cependant ne est très
fréquent quand le verbe de la principale
b/ deyant Fait référence à une position dans
l’espace, conçue de manière statique et non selon exprime un ordre, une obhgation, une nécessité,
un souhait, une crainte : Il faut que nous
un parcours ; Quand vous regardez la ville du
rentrions avant que l’orage n’éclate.
haut de la colline, le bâtiment que vous voyez
devant l’église, c’est la mairie. Le marronnier qui
est devant le platane a été planté il y a dix ans. avantage L’adverbe davantage s’écrit en un seul
mot. Ne pas écrire * d’avantage > davantage.
5 On évitera l’emploi adverbial de avant. Au
lieu de Mon ami est venu me voir hier, mais avantager v. t. Conjug. 16. Prend un e après le
j’étais allé lui rendre visite avant, on écrira g devant a ou o .• il avantagea, nous avantageons.
plutôt : ... J’étais allé lui rendre visite aupara¬
vant ou d’abord. De même : Il est venu une avant-bec n. m. — PI. : des avant-becs.
heure auparavant, trois mois auparavant (plutôt
que une heure avant, trois mois avant). avant-bras n. m. Invariable: des avant-bras.
6 En revanche, l’emploi adverbial est correct avant centre n. m. (terme de football) L’usage est
quand avant est suivi d’un complément de
flottpt en ce <^ui concerne l’orthographe et le
temps ou de lieu et qu’il est modifié par un
pluriel. On préférera la graphie sans trait d’union
adverbe de manière ou d’intensité (tour litté¬
avant centre à avant-centre On préférera le
raire) : Nous étions déjà fort avant dans l’hiver
pluriel des avants centres à des avant-centres.
(= à un moment déjà éloigné du début de
l’hiver). Il pénétra très avant dans la forêt (=
avant-corps n. m. Invariable : des avant-corps.
très profondément).
7 D’autre part, l’emploi adverbial est toléré, avant-cour n. f. — PI. : des avant-cours.
à la rigueur dans quelques cas.
avant-coureur n. m. ou adj. S’emploie surtout
a/ Dans les tours eUiptiques ; Il est arrivé comme adjectif : Les signes avant-coureurs. —
après le début de la séance, moi avant Ce mot n’a pas de féminin. Certains auteurs
b/ Quand avant est modifié par un adverbe ont employé avant-courrière comme féminin de
de manière ou d’intensité : Il arriva bien avant avant<oureur, les deux mots avant-coureur et
Néa^oins, dans le style très surveillé, on dira avant-courrier étant pratiquement synonymes
plutôt : Il arriva longtemps auparavant ou au figuré. Avant-courrier est seulement d’un
longtemps avant la séance, longtemps avant cette registre plus littéraire. — PI. : des avant-
date, etc. coureurs.
8 On écrit sans trait d’union ; en avant loc. adv. avant-courrier, ière n. ou adj. Synonyme de
(Il fit un pas en avant En avant l cria le avant-coureur (dans un registre plus littéraire
capitaine à ses hommes), en avant de loc. prép. et plus poétique) : L’aurore, avant-courrière du
(En avant du château s’étendait un grand oarc Jour > avant-coureur. — Rarement employé
aux arbres centenaires). — En revanche, on comme adjectif. — PI. : des avant-courriers, des
écrit, avec un trait d’union, un en-avant n. m. avant-courrières.
inv. (terme de rugby).
avant-dernier, ière adj. ou n. — PL: des
9 Avant que de suivi de l’infinitif. Équivalent
un peu précieux et archaïque de avant de: avant-derniers, des avant-dernières.
Avant que d’aborder ce point (= avant d’abor¬
der...), je voudrais vous dire cecL avant-garde n. f. — PI. : des avant-gardes.
1. avenant, ante adj. Aimable. — Finale en averse, à verse Deux orthographes, deux sens.
•ant, -ante.
1 Une averse n. f. (en un seul mot) Pluie subite,
violente et de faible durée : Nous sortons, entre
2. avenant n. m. Additif à un contrat. — Finale
deux averses.
en -ant
2 A verse loc. adv. (en deux mots, sans trait
avènement n. m. Un accent grave, à la différence d’union avec accent grave sur à) Abondam¬
de événement — Signifie « accession au ment : Ne sors pas, il pleut à verse l
trône » et, par extension, « commencement » :
L’avènement des Capétiens. L’avènement de la aversion n. f Le complément indiquant la
grande industrie au XIX‘ siècle personne ou la chose qui est l’objet de l’aversion
est le plus souvent introduit par pour: Il
avenir, à venir, à-venir Des mots à bien éprouvait une vive aversion pour les hypocrites,
distinguer par l’orthographe. pour l’hypocrisie. Moins fréquemment, mais
sans incorrection, on emploie contre, à l’égard
1 L’avenir n. m. (en un mot, sans trait d’union)
de (L’aversion à l’égard des hypocrites, contre
Le temps futur : Dans un proche avenir.
l’hypocrisie) ou de (L’aversion de lhypocrisie).
2 A venir loc. adj. (en deux mots, sans trait — Eviter les tours tels que l’aversion des
d’union). Qui doit se produire, exister plus hyfrites, car ils sont équivoques (= aversion
tard : Les événements à venir. à l’égard des hypocrites ou éprouvée par les
hypocrites).
3 Un avenir (en un mot, sans trait d’union) ou
un à-venir (en deux mots, avec trait d’union) avertir v. t. Plusieurs constructions.
n. m. Sommation adressée par un avoué de la
partie adverse. — PI. ; des avenirs ou des 1 Avertir de, suivi d’un nom. Annoncer : Il m’a
à-venir. averti de son départ prochain.
2 Avertir de, suivi de l’infinitif. Donner l’ordre,
avent [avâ] n. m. (liturgie) Le temps qui précède la consime, le conseil impératif de... (tour un
Noël. — Avec un a minuscule. Ne pas écrire
MU vieilli et littéraire) : Le gouverneur avertit
comme la préposition avant
les habitants de la ville de tenir prêt tout ce qu ’il
fallait pour ravitailler l’armée du roL
aventure n. f. Avec -en-. De même : aventuré,
aventureux, aventurier. 3 Avertir que, suivi de l’indicatif ou du
conditionnel. Annoncer : Il m ’avait averti qu ’il
avenue n. f. On dit : Les voitures passent dans préparait son départ II m’a averti qu’il partirait
l’avenue (ou sur l’avenue). En revanche, dire : lundi prochain. T Le tour avertir de ce que est
Il habite avenue Kléber (et non dans l’avenue déconseillé.
Kléber ni sur l’avenue Kléber, car on n’habite 4 Avertir que, suivi du subjonctif. Donner
pas dans une avenue ni sur la chaussée d’une l’ordre, la consigne, le conseil impératif de faire
avenue).
telle action (s’emploie surtout suivi de avoir à) :
Le roi fit avertir le courtisan disgracié qu’il eût
avérer (s*) v. pron. Conjug. 11. Change é en è à se retirer sur ses terres (tour \aeiÛi et
devant un e muet, sauf au futur et au littéraire).
conditionnel : il s’avère, mais il s’avérerait ▼
Pour des raisons étymologiques (avérer vient aveu n. m. — PI. : des aveux. — On écrit, avec
du latin verus « vrai »), il est recommandé aveu au singulier, un homme sans aveu.
d’éviter des tours comme Cette nouvelle s’avère
exacte (pléonasme) ou Cette nouvelle s’avère aveugle-né n. m. ou n. f. ou adj. Un aveugle-né.
fausse (contradiction). Dire plutôt Cette nou¬ Une aveugle-née. Des aveugles-nés. Des aveu¬
velle se révèle exacte, se révèle fausse. En gles-nées (fém. plur.). — Des enfants aveugles-
revanche, on peut dire, sans attribut: Son nés. Des fillettes aveugles-nées.
soupçon s’est avéré (= est apparu fondé). Son
habileté s’avéra dans la négociation (— se
aveuglette Seulement dans l’expression à
manifesta). On peut dire aussi, avec un attribut l’aveuglette.
(autre que exact, vrai, faux, erroné, etc.) : Le
remède s’avéra in^ficace (= apparut comme, aveulir v. t. Sans accent circonflexe.
se révéla être mefficace). — Avec la tournure
impersonnelle il s’avère que, on peut dire, à la aviculture n. v. Élevage des oiseaux, notamment
rigueur : Il s’avéra que l’addition était fausse des oiseaux de basse-cour. — Dérivés ; avicole,
(= • il apparut que...). — D’une manière
aviculteur. — Attention aux paronymes api¬
generale, ne pas user à tout propos du verbe
culture (élevage des abeilles), apicole,
s’avérer Dire plutôt apparaître, se révéler, être. apiculture.
91 AVILIR
avion On écrit avec un trait d’union les composés 1 S’aviser de, suivi d’un nom. S’apercevoir
dont le deuxième élément est un nom : Un de, constater, remarquer : Elle ne s’était pas
avion-citerne, des avions-citernes. Un avion- avisée de l’absence de son ami.
cargo, des avions-cargos. Un avion-taxi, des 2 S’aviser de, suivi d’un nom. Imaginer,
avions-taxis. — En revanche, pas de trait inventer : Elle s’était avisée d’un stratagème très
d’union si le deuxième élément est un adjectif : ingénieux.
Un avion ravitailleur, des avions ravitailleurs.
3 S’aviser de, suivi d’un infinitif. Avoir l’idée
avionneur n. m. Constructeur d’avions. — inattendue, étrange de (faire telle action), se
Deux n. permettre de : Elle s’est bien avisée de me poser
cette question saugrenue t Ne t’avise pas de sortir
aviron n. m. Synonyme technique de rame. — Ne sans mon autorisation l Et qu’il ne s’avise pas
pas dire environ pour aviron : En quelques coups de recommencer l
■ d'aviron, le canotier parvint au milieu de la rivière
4 S’aviser que, suivi de l’indicatif. S’aperce¬
et il la descendit sur deux cents mètres environ.
voir, constater, remarquer que : Je m ’avisai
brusquement que mon camarade avait disparu.
avis n. m. Prononciation et constructions. ▼ Le tour s’aviser de ce que est déconseillé.
I Bien prononcer [avi]. Le -s- final est muet.
aviso n. m. Petit navire de guerre. — PI. : des
II Plusieurs constructions. avisos [-Z0].
ayez, ayons ? Ces formes du verbe avoir azyme adj. Pain azyme, sans levain. — Un z et
(première et deuxième personne du pluriel de un y.
B
1. baba n. m. Gâteau. — PI. : des babas. ciation ; [bebisitoBR]. — PI. ; des baby-sitters
[-tœR]. — Dérivé : baby-sitting [bebisitiq] n.
2. baba a(^. Ébahi, étonné. — Invariable ; Elles m. Angücisme désignant la surveiUance des
sont restées baba. enfants par un(e) baby-sitter.
babil n. m. La prononciation [babil] tend de nos 1. bac n. m. Bateau qui sert à traverser une
jours à remplacer la prononciation vieillie rivière.
[babi].
2. bac n. m. Récipient.
babiller v. i. Bien prononcer [babije], avœ [j]
et non avec [1]. De même : babillage [babijas] 3. bac n. m. Forme abrégée de baccalauréat.
n. m., babillard, arde [babijas, aad] adj.
baccara, baccarat [bakana]. Deux noms mas¬
babiroossa n. m. Animal. — PI. : des babiroussas culins homophones.
[-sa]. 1 baccara Jeu de hasard, qui se joue avec des
cartes : Il a perdu cinq mille francs au baccara.
bâbord n. m. Côté gauche du navire {tribord,
2 baccarat Cristal fabriqué à Baccarat (Meur-
côté droit). — Se prononce [baboa], mais
the-et-MoseUe). Un beau vase en baccarat
s’écrit avec un accent circonflexe sur le a.
bacchanal, bacchanales, bacchanale Trois
baby n. m. Angücisme vieilh. Remplacé de nos mots qui se prononcent [bakanal].
jours par bébé.
1 Un bacchanal n. m. sing. Désordre, vacarme,
baby-boom. n. m. Angücisme qui désigne une tumulte : Les hommes, attablés au cabaret,
augmentation brusque et massive de la nataUté : faisaient un bacchanal terrible (mot très vieiUi ;
Le baby-boom de 1946-1947. — Prononciation : inusité au pluriel).
[bebibum]. — PI. : des baby-booms [-bum]. 2 Les bacchanales n. f. pl. (sans majuscule) A
Rome, dmis l’Antiquité, fête célébrée en l’hon¬
baby-foot n. m. Angücisme qui désigne le neur de Bacchus : Les bacchanales donnèrent
footbaU de table. Prononciation ; [babifut]. — lieu à de tels excès que le Sénat dut les interdire.
PI. : des baby-foot, mieux que des baby-foots
[fut]. — Équivalént français -.football de table. 3 Une bacchanale n. f. sing. Fête désordonnée,
tumultueuse, ücencieuse : Le mardi gras, autre¬
babylonien) ienne adj. ou n. Attention à la fois, ah ! quelle bacchanale / (mot üttéraire).
majuscule : La population babylonienne. Les
Babyloniens. — Le babylonien : langue. bacchante n. f Prononciation : [bakût].
me la baillez bonne ou vous me la baillez belle, baisser ü est déconseillé d’écrire ; La viande
vous voulez m’en faire accroire. T Le participe baisse. La vie baisse. Écrire plutôt : Le prix de
passé est toujours invariable : Il me l’a baillé la viande baisse. Le coût de la vie baisse. Ce
belle. n’est pas la viande qui baisse ou qui monte, mais
son prix.
2 bâiller [baje] v. i. Ouvrir largement la bou¬
che : Je bâille de sommeil — ^ar extension)
Mon col bâille. — Dérivés : bâillement, bâilleur.
bakchich [bakjij^ n. m. (familier) Pourboire,
pot-de-vin. — PI. : des bakchichs [-JiJl.
3 bayer [baje] v. i. (vieux ou littéraire)
S’ouvrir : Son manteau bayait au vent. — Bakélite n. f Matière plastique. — Nom déposé,
Rester bouche bée : Il bayait devant les vitrines donc, en principe, avec une majuscule.
luxueuses. — Usité encore de nos jours dans
l’expression figée bayer aux corneilles. Ne pas bal n. m. — PI. : des bals.
écrire *bâiller aux corneilles.
▼ Pour les trois verbes ci-dessus, ne pas oublier balade, ballade Deux noms féminins
le i à la première et à la deuxième personne paronymes.
du pluriel de l’indicatif imparfait et du subjonc¬ 1 balade (familier) Promenade : Il fait beau,
tif présent : (que) nous baillions, (que) vous allons faire une balade t
bailliez; (que) nous bâillions, (que) vous bâil¬
liez; (que) nous bayions, (que) vous bayiez, 2 ballade Poème à forme fixe ; Une ballade de
Villon.
bailleur, bâilleur Deux noms paronymes.
balader v. t. ou v. pron. (familier) Promener :
1 bailleur [bajocR], féminin bailleresse Il fait beau, on va se balader? — Un seul /
[bajResj Personne qui cède par un bail la (vient de balade « promenade »). De même :
jouissance d’une chose (par opposition au baladeur, euse.
concessionnaire, au locataire, au preneur) :
Droits et obligations réciproques du bailleur et baladin, paladin Deux noms masculins
du locataire Gangue jundique). paronymes.
2 bâilleur [bajoeRl, féminin bâilleuse [baj^z] 1 baladin Comédien ambulant, bouffon.
Personne qui bâille souvent ; Un bon bâilleur
en fait bâiller dix (proverbe). 2 paladin Chevalier; homme chevaleresque;
défenseur idéaliste.
bailli [baji] n. m. Autrefois, officier royal.
balafo ou balafon n. m. Instrument de musique.
bailliaçe [baja3] n. m. Autrefois, circonscription — PI. : des balafos [-fo] ou des balafons.
soumise à l’administration d’un bailli. ▼ Atten¬
tion au groupe -illi-. balafre n. f. T Un seul l, un seul / De même ;
balafré, balafrer.
baillive [bajiv] n. f. Autrefois, femme d’un bailh.
balai, balais Ne pas écrire un balai, instrument
bâillon n. m. Accent circonflexe sur le a. qui sert à balayer, comme un rubis balais
Prononciation : [baj5]. — Dérivés : bâillonne¬ [baie], variété de rubis de couleur rose ou
ment [bajônmâ] n. m., bâillonner [bajone] v. t. violacée.
a/ Jeune arbre qu’on s’est abstenu de cou¬ 2. balourd n. m. Déséquilibre d’une pièce
per, dans un taillis, afin de le laisser croître en rotative. — Finale en -ourd.
arbre de futaie.
b/ Long poteau mince qui sert à faire des balsa Mot d’origine espagnole.
échafaudages. 1 I^ balsa Arbre d’Amérique centrale ; bois
2 soliveau Deux sens. qu’il fournit. — Dans ce sens, le mot est
francisé. Prononciation : [balza]. PI. : des
a/ Petite solive, petite poutre. balsas [-za]. Toujours masculin : Le balsa très
b/ (figuré, par allusion à la fable de La léger, sert à fabriquer des maquettes
Fontaine Les Grenouilles qui demandent un roi) 2 Une bi^a Radeau de jonc utilisé au Pérou
Homme sans autorité, sans pouvoir, sans et au Chih. — Sous cette forme féminine, le
caractère : Ce président, quel soliveau ! mot n’est pas francisé et se prononce [balsa].
PI. : des balsas [-sas].
ballade, balade > balade.
balsamier n. m. Arbre. Synonyme : baumier. —
ballast n. m. — PI. : des ballasts [balast]. Se prononce avec [z] et non avec [s] :
[balzamje]. Il en va de même pour les mots
1. balle n. f. Enveloppe du grain. — Deux /. de la même famille : balsamine [balzamin] n.
97 BALTE
f. (plante), balsamique [balzamik] adj. (qui a ments banals. Les événements banals de la vie
une odeur de baume). quotidienne.
baltique adj. ou n. Attention à la majuscule : Le bancal, ale, als adj. ▼ Masculin pluriel : bancals
climat baltique. Les brumes baltiques. Les (Des meubles bancals).
langues baltiques. La mer Baltique ou la
Baltique. banco n. m. Terme de jeu. — PL : des bancos
[-ko].
baluchon > balluchon.
bande n. f. Avec -an-. De même : bandage,
balustrade Deux noms de la même famille. bandagiste, bandeau, bandelette, bander.
1 Une balustrade Garde-fou (dont les supports banderille n. f Prononciation : [bâd(3)Rij].
sont, en principe, des balustres).
2 Un balustre Chacun des petits piliers qui banderillero n. m. Torero qui plante des
constituent les supports d’une balustrade. T Est banderilles. — Mot espagnol : pas d’accent sur
masculin : Un balustre massif. les e. — Prononciation : [badeRijcRo] ou
[bandeRijeRoJ. — PI. : des banderilleros
balzan, balzane Deux mots de la même famille. [bôdeRijeRo] ou [bandeRijcRos].
3 banc (avec -c) n. m. Siège allongé ; support, bank-note n. m. (anglicisme vieilli) Billet de
etc. — Nombreuses expressions : banc d’œuvre; banque anglais. — Prononciation française :
char à bancs (avec -s a banc) ; banc d’essai (pas [bâknot]. — PL : des bank-notes [-not].
de -s à essai) ; (exploiter) un banc de pierre (dans
une carrière) ; (s’échouer sur) un banc de sable, banqueter v. i. Conjug. 14. Double le t devant
de roches (avec -s à roches). un e muet ; je banquette, je banquetterai.
banal, ale, aux ou als adj. Deux formes pour bantou, oue [bâtu, u] adj. ou n. Attention à la
le masculin pluriel. majuscule : Un village bantou. Des chefs ban-
tous. Une femme bantoue. Des tribus bantoues.
1 banaux Au sens historique de « qui appar¬ — (substantivement) Un Bantou. Une Bantoue.
tient au seigneur » : Des fours banaux. Des Les Bantous. — Le bantou : langue africaine.
moulins banaux.
bouteille de banyuls. Boire du banyuls). — Avec barbacane, sarbacane Deux noms féminins
un B majuscule : du vin de Banyuls. paronymes.
1 barbacane Au Moyen Age, ouvrage fortifié
baobab [baobab] n. m. Arbre d’Afrique.
placé en avant de l’enceinte.
baptême n. m. Le p est muet : [batem]. De 2 sarbacane Arme faite d’un tube dans lequel
même dans les dérivés : baptiser [batize], on souffle pour lancer un projectile.
baptismal, ale, aux [batismal, al, o], baptis¬
taire [batistCR], baptiste [batist(a)], baptistère barbare adj. ou n. Le mot employé subs¬
[batistER], tantivement prend en général une majuscule
quand il désigne les peuples étrangers à la
baptistaire, baptistère Deux mots qui se civilisation grecque ou latine ; L ’Empire romain
prononcent [batistea] et qui sont de la famille succomba sous les coups des Barbares.
de baptême.
1 baptistaire adj. ou n. m. Un extrait baptistaire barbaresque adj. ou n. Attention à la majus¬
ou un baptistaire: un extrait de baptême. cule : Les États barbaresques. Les Barbares-
ques.
2 baptistère n. m. Edifice ou partie de l’église
où l’on procède au baptême : Le baptistère de Barbarie n. f. Ancien nom de l’Afrique du Nord.
la cathédrale de Florence. S’emploie encore (avec une majuscule) dans
trois expressions : canard de Barbarie (nom
1. bar n. m. Poisson. usuel du canard musqué domestique), figue de
Barbarie (fruit de l’opuntia, ou oponce, plante
2. bar n. m. Débit de boissons. grasse aux fruits comestibles), orgue de Barba¬
rie (instrument de musique mécanique ; défor¬
3. bar n. m. Unité de pression. mation de Barberi, inventeur italien de cet
instrument).
baraque n. f. T Un seul r. De même : baraqué,
baraquement, baraquer. barbarisme n. m. Faute grave qui consiste à
employer un mot qui n’existe pas dans la
baraque, cabane Deux noms féminins qui ne langue, soit en commettant une erreur de
sont pas vraiment synonymes. conjugaison ou de déclinaison, soit en défor¬
mant grossièrement un mot ou une expression.
1 baraque Construction, sommaire ou pro¬ Exemples de barbarismes : il *envoira (pour il
visoire ou démontable, en planches. Désigne enverra), la *mairerie (pour la mairie). ▼ N’est
en général un abri rudimentaire, quoique jamais synonyme de barbarie. Ne pas dire, par
pouvant être édifié dans un pays considéré exemple : La guerre plongea le monde en plein
comme évolué ou même dans une ville : *barbarisme. Le *barbarisme scandaleux de la
Baraques d’un bidonville. Baraques d’un répression.
camp de prisonniers. Baraque construite
sur un chantier. Baraques foraines. — (fi¬ barbecue n. m. Anglicisme qui désigne un
guré, péjoratif) Maison médiocre, mal grilloir à viande. — Prononciation : [baabakju]
construite, inconfortable, mal tenue, en mauvais ou [banbaky] — PI. ; des barbecues [-kju],
état.
[-ky]. — Equivalent français ; grilloir.
2 cabane Construction très simple, qui peut
être faite des matériaux les plus variés (ron¬ barbet n. m. Chien ; poisson. — Finale en -et.
dins, planches, terre, pisé, pierres, branchages,
etc.), édifiée dans un pays « primitif » ou à barboter v. i. ▼ Un seul t. De même : barbotage,
la campagne : Cabane en rondins construite barbotement, barboteur, barboteuse, barbotine
dans la forêt. Cabane de bûcheron. Cabane de (pâte céramique fluide).
berger.
barbotin n. m. (technique) Roue dentée. — Un
baraterie n. f. (droit maritime) Fraude. — Un seul t.
seul t.
barbouse ou barbouze n. f. (familier) Agent
baratin n.^ m. (populaire) Boniment. — Un seul secret ou membre d’une poUce parallèle. — La
t. De même : baratiner, baratineur. graphie barbouze semble la plus fréquente. —
Toujours féminin : Cet ancien policier serait,
baratte n. f. Instrument ou machine qui sert à dit-on, une barbouze.
faire le beurre. — Deux t. De même : barattage,
baratte,ment, baratter, baratteuse.
barcaroUe n. f Chanson vénitienne. — Deux /.
99 BARDE
1. barde n. m. Poète, chez les anciens Celtes ; 2 Avec un -s à barre : le jeu de barres. On écrit
Un barde gaulois. avoir barres (ou barre) sur quelqu’un.
2. barde n. f. Couche de lard : Une barde épaisse. barreau, barrot Deux noms masculins homo¬
phones dérivés de barre.
bardeau, bardot Deux noms masculins
1 barreau Mot du langage courant ou juridi¬
homophones.
que ; Un barreau de chaise. Avocat inscrit au
1 bardeau Plaque de bois jouant le rôle d’une barreau de Paris.
tuüe : Clocher couvert de bardeaux. 2 barrot (marine) Poutre transversale qui
2 bardot Hybride du cheval et de l’ânesse. soutient le pont d’un navire. — Synonyme : bau.
1 Sans trait d’union : barre à mine (des barres 4 Dans les emplois adjectifs d’une expression
à mine). géographique, en principe, bas s’écrit avec un
BAS-BLEU 100
b minuscule et n’est pas joint au mot suivant 5 Au bas de, en bas de. Deux locutions
par un trait d’union : Un paysan bas normand. prépositives pratiquement équivalentes de
Les paysages bas alpins. Des fermes bas bre¬ nos jours (en bas de est plus usuel, au bas
tonnes (bas invariable, l’autre adjectif accordé de plus littéraire). Ces deux locutions expriment
en nombre et en genre). Cependant il est la situation et non le mouvement : Au bas
conseillé de ne pas employer acyectivement les de l’escalier, un valet de pied attendait les
formes composées formées avec bas. Il vaut visiteurs. En bas de l’escalier, un panneau
mieux dire, par exemple : La syntaxe du bas indique au visiteur l’emplacement des divers
breton (plutôt que la syntaxe bas bretonne). Un services. — Éviter de dire : Je sautai au bas
paysan de basse Normandie (plutôt que un du lit ou en bas du lit Dire plutôt : Je sau¬
paysan bas normand). Des paysannes du bas tai à bas du lit En effet, ici, il y a mouve¬
Limousin (plutôt que des paysannes bas ment.
Limousines).
6 ▼ Éviter le pléonasme descendre en bas (de),
5 Dans les emplois substantifs au féminin, au bas de. Dire : Il descendit de l’arbre (et non
en principe, bas s’écrit avec un b minuscule et en bas de l’arbre). Il descendit de la colline (et
n’est pas joint au mot suivant par un trait non en bas de la colline). Je vais descendre et
d’union. Il reste en principe invariable: Une non je vais descendre en bas). Au lieu de dire
bas Normande (plutôt que une Basse-Nor¬ Je descends en bas, on peut aussi préciser : Je
mande). Cependant il est conseillé de ne pas descends au rez-de-chaussée. Je descends à la
employer au féminin les formes composées cave, etc.
formées avec bas. Il vaut mieux dire, par
exemple ; Une femme originaire de la basse 7 Ici-bas, là-bas. Toujours avec un trait
Normandie (plutôt que une bas Normande). Les d’union.
femmes du bas Limousin (plutôt que les bas
Limousines). 4. bas- Préfixe. — Trait d’union et pluriel.
II Dans les dénominations historiques (bas = 1 Sauf dans certaines dénominations géogra¬
tardif). Pas de majuscule ni de trait d’union : phiques ou historiques (> bas 1), les mots
Le bas Moyen Age. Le bas latin. La basse composés avec bas-/basse- s’écrivent toujours
latinité. Une œuvre de basse époque. — Excep¬ avec im trait d’union : un bas-relief, une
tion : Le Bas-Empire (période la plus tardive basse-cour, etc.
de l’Empire romain).
2 Sauf dans certaines dénominations géogra¬
2. bas adv. Employé adverbialement, est toujours phiques (> bas 1) et dans basse-courier (des
invariable : Les hirondelles volent bas. Porter basse-couriers, des basse-courières), les deux
bas la tête. éléments prennent toujours la marque du
pluriel : des basses-cours, etc.
3. bas Employé dans des locutions.
bas-bleu (péjoratif) Femme pédante. — Toujours
1 A bas (suivi d’un nom). Cri d’hostilité : A masculin : Cette femme est un insupportable
bas les vendus l — A distinguer de bas, ordre bas-bleu. — PI. : des bas-bleus. T II existe une
d’avoir a abaisser ou à déposer quelque chose : autre expression, très différente par le sens,
Bas les pattes t Bas les armes t cordon-bleu, cuisinière habile.
2 Mettre bas. Donner naissance à des petits : La
chienne a mis bas six chiots. La vache va mettre bas-côté n. m. — PI. : des bas-côtés.
bus. A distinguer de mettre à bas, renverser :
La Révolution mit à bas la monarchie. base-bail n. m. Inusité au pluriel. Prononcia¬
tion : [bezbol].
3 A bas de. Locution prépositive qui tend à
vieillir et à devenir littéraire. — Ne s’emploie
guere qu’avec quelques verbes de mouvement baser, se baser, basé Deux sens distincts.
(sauter, se précipiter, être précipité, se jeter, être 1 Au sens usuel. Mieux vaut employer fonder,
jeté, tomber, etc.) : Il fut précipité à bas de sa se fonder, fondé : Sur quels arguments fonde-t-il
monture. Je sautai aussitôt à bas de l’estrade. son hypothèse? Des affirmations solidement
Ne pas dire, par exemple: Les touristes se fondées. Voici sur quoi je me fonde pour appuyer
groupent *à bas de la tour (mais au bas de la mes affirmations.
tour ou en bas de la tour).
2 Au sens militaire. Baser, basé sont parfaite¬
4 An bas. Très rare aujourd’hui comme lo¬ ment corrects : Pendant la Seconde Guerre
cution adverbiale. On emploie normalement en mondiale, les Américains basèrent leurs bom¬
bas : La. ville se serre sur la colline escarpée, en
bardiers en Grande-Bretagne. Des forces mili¬
bas coule la rivière que franchit un seul pont. taires basées à l’étranger.
101 BAS-FOND
bas-fond n. m. — PI. : des bas-fonds. — Plusieurs — (au féminin) Une Basque ou, plus couram¬
sens. ment, une Basquaise, une femme basque.
1 Terrain bas, dépression : Un bas-fond 2 Au féminin, quand on parle d’une personne,
marécageux. la forme basquaise est plus fréquente dans
l’emploi substantif, la forme basque dans
2 (au pluriel) Les bas-fonds de la société, les l’emploi adjectif On peut cependant dire, par
bas-fonds: couche de la société avilie par la exemple, une servante basquaise, une jeune fille
misère ou le vice. basquaise. — L’emploi de l’adjectif basquaise
est en principe réservé aux cas où il s’agit d’une
3 Partie peu profonde de la mer ou d’une personne : ne pas dire la population basquaise,
rivière : Dans cet estuaire, des bas-fonds rendent la mentalité basquaise, mais la population
la navigation très dangereuse. — En ce sens, basque, la mentalité basque. — On admet
bas-fond est à peu près synonyme de haut-fond. cependant basquaise qualifiant une chose dans
Parfois cependant, bas-fond est employé des expressions figées : la sauce basquaise ou
comme antonyme de haut-fond et signifie alors la sauce à la basquaise (sauce à base de tomate,
« partie très profonde et donc favorable à la de poivrons et de jambon cru), thon à la
navigation, dans la mer ou une rivière ». Ce basquaise, poulet à la basquaise ou elliptique¬
sens, plus rare, est plus logique et plus conforme ment poulet basquaise (pl. des poulets bas¬
à l’étymologie. — D’autres auteurs distinguent quaise). — N. f pl. Des basquaises, des
le bas-fond, partie peu profonde de la mer qui espadrilles.
n’est jamais découverte, même à marée basse,
et le haut-fond, qui émerge à marée basse. 3 On écrit avec un b minuscule : Un tambour
de basque. Un béret basque. — Expressions
basileus n. m. (histoire) L’empereur de Byzance. géographiques : Le Pays basque (région de
— Avec un b minuscule. — Prononciation : France ; P majuscule, b minuscule). Les pro¬
[basilos]. — Pluriel (grec) : les basileis vinces basques (les sept provinces peuplées par
[basilejs]. les Basques, en France et en Espagne ; p
minuscule, b minuscule). Les Provinces basques
(région administrative de l’Espagne ; P majus¬
basilic n. m. Reptile ; plante. — Attention à cule, b minuscule).
l’homophone la basilique, édifice, église.
4 ▼ On dit parler français comme un Basque
basilique n. f. Au sens religieux, désigne une espagnol: parler très mal le français. Déformé
église dotée par le pape d’une dignité parti¬ en parler français comme une vache espagnole,
culière : La basilique Notre-Dame, à Arcachon. forme populaire de l’expression, à éviter.
T Le mot basilique n’est nullement synonyme
de « grande égUse ». Ce n’est pas une question basquine n. f (autrefois) Jupe, corsage. —
de dimensions. Attention au nom féminin paronyme une
basque, partie d’habit : Les basques d’un habit.
basin [bazê] n. m. Étoffe.
bas-relief n. m. — Pl. : des bas-reliefs.
bas-jointé, ée adj. Quaüfie un cheval dont le
paturon est très incliné : Un cheval bas-jointé. basse-cour n. f — Pl. ; des basses-cours.
Des chevaux bas-jointés. Une jument bas-jointée.
Des juments bas-jointées. basse-courier, ière n. m. ou f — Pl. : des
basse-couriers, des basse-courières (jamais de -s
basket-ball n. m. Prononciation : [basketbol]. à basse). T Un seul r. Vient de basse-cour.
— S’abrège usuellement en basket [basket]. — Aucun rapport avec courrier.
Des baskets: chaussures. — Normalement du
masculin : J’ai une paire de baskets tout neufs. basse-fosse n. f — Pl. : des basses-fosses.
1. basque n. f. Partie de vêtement qui part de basse-taille n. f Voix de basse des choeurs. —
la taille en s’évasant et couvre les hanches : Les Chanteur qui a cette voix : Ce chanteur est une
basques d’une jaquette. — Il existe un paronyme basse-taille. — Pl. : des basses-tailles.
basquine, jupe, corsage.
bastingage n. m. Avec -ga- et non -gua-.
2. basque adj. ou n. Emploi de la majuscule,
forme du féminin, expressions. bas-ventre n. m. — Pl. : des bas-ventres.
1 On prendra garde à la majuscule : Le peuple
basque. Les Basques (ou les Eskuariens). — Le bât [ba] n. m. Un accent circonflexe. De même :
basque (ou l’eskuara) : la langue des Basques. bâté, bâter.
BATAILLON 102
6 ^ mot vaisseau est vieux ou poétique, ou 1 Conjug. 98. Je bats, tu bats, il bat, nous
bien U désigne, dans un contexte historique, un battons, vous battez, ils battent. — Je battais.
type particulier d’ancien navire à voiles : Un — Je battis. — Je battrai — Je battrais. —
vaisseau à trois ponts du 1" rang. Bats, battons, battez — Que je batte. — Que
Je battisse. — Battant. — Battu, tue.
bateau-citerne n. m. — PI.: des bateaux- 2 Battre son plein. Vient de l’expression la mer
citernes
bat son plein (son, adjectif possessif ; plein.
103 BAU
baume n. m. Avec -au-. Ne pas écrire *beaume. beau ou bel, belle adj. Forme et expressions.
I Beau, bel. Deux formes pour le masculin
baumé Attention à la majuscule. singulier.
1 Un baumé (avec un b minuscule) Aréomètre 1 Après le substantif ou en fonction d’attri¬
inventé par Antoine Baumé. — PI. : des but, la seule forme employée est beau: Un
baumes. homme beau. Ce garçon est beau.
2 Un degré Baumé (avec un B majuscule) 2 Placé immédiatement devant le substantif,
Chacune des divisions de cet ^pareil. — l’adjectif prend la forme bel si le substantif
Toujours invariable : De l’acide suljurique à 66° commence par une voyelle ou un h muet (Un
Baumé. bel été. Un bel hiver), mais garde la forme beau
si le substantif commence par une consonne ou
baux Pluriel de bail et de bau. un h aspiré (Un beau printemps. Un beau héros).
3 Devant et joignant deux adjectifs, on
bayer > bailler.
emploie bel si les adjectifs précèdent un nom
qui commence par une voyelle ou h muet (Un
bazar n. m. T Jamais de -d à la fin, malgré le
bel et brillant officier), beau si le nom
dérivé, très familier et péjoratif, bazarder.
commence par une consonne ou un A aspiré
(Un beau et brillant capitaine. Un beau et
bazooka [bazuka] n. m. Arme antichar. — PI. : glorieux héros) ou si les adjectifs suivent le nom
des bazookas. (Un officier beau et brillant).
beagle n. m. Chien. — Prononciation : [bigUa)]. 4 On emploie toujours bel dans les locutions
PI. : des beagles [bigUa)]. figées bel et bien, bel et bon.
II La baUler belle, l’échapper belle > bailler,
béant, béante Participe présent adjectivé de béer. échapper.
Sigi^e « grand ouvert » : Une porte béante.
Un gouffre béant. La bouche béante. —^guré) beaucoup [boku] adv. de quantité ou d’intensité.
Qualifie quelqu’un qui reste bouche bée, sous
l’effet de la surprise, de l’admiration, de la I Beaucoup de, devant un nom.
stupeur : Il restait béant devant ce spectacle > 1 Beaucoup de, suivi d’un nom au singulier.
bée. T Ne pas dire II restait *béaj devant ce Le verbe est toujours au singulier : Beaucoup
spectacle (confusion avec béat > béat). de monde est descendu dans la rue pour voir
passer le cortège.
béarnais, aise adj. ou n. Attention a la
majuscule : La population béarnaise. Les Béar¬ 2 Beaucoup de, suivi d’un nom au pluriei.
nais. — N. m. Le béarnais: dialecte gascon. Le verbe est normalement au pluriel : Beaucoup
• \
BEAU-FILS 104
de gens pensent comme vous. Beaucoup de habile que vous. Cela explique que beaucoup
serpents sont venimeux. Cependant le sin^lier puisse s’employer devant un comparatif (par¬
est possible, si l’on veut insister sur la quantité fois en concurrence avec de beaucoup) : 7/ est
globale. Comparer : Beaucoup de métaphores beaucoup plus rapide (ou de beaucoup plus
accumulées produit un effet de surcharge (= rapide). Vous allez beaucoup plus vite, beaucoup
une grande masse de métaphores...) et Beau¬ moins vite. — Ne jamais employer beaucoup
coup de métaphores sont empruntées au langage devant un adverbe autre que mieux, plus, trop,
de la marine (= nombreuses sont les méta¬ moins. Ne pas dire par exemple : Il court
phores qui sont empruntées...). beaucoup vite (mais très vite ou bien vite ou fort
vite).
3 Beaucoup de, suivi d’un nom féminin.
L’attribut ou le participe est normalement au ni Beaucoup et de beaucoup.
féminin : Beaucoup de joie vous sera donnée.
1 Devant un comparatif. On peut employer
L’accord au masculin (vous sera donné), nette¬
indifféremment beaucoup ou de beaucoup ; Elle
ment plus rare, insiste sur l’idée de grande
est beaucoup plus compétente que moi (usuel)
quantité. Il n’est pas incorrect.
ou Elle est de beaucoup plus compétente que
4 Beaucoup, employé sans complément moi (tour plus rare).
au sens de «beaucoup de gens, beaucoup 2 Derrière nn comparatif. La forme de
de personnes ». L’accord se fait toujours beaucoup est obligatoire : Elle est plus compé¬
au masculin pluriel : Les affaires vont mal, tente de beaucoup.
beaucoup sont inquiets. Quand beaucoup
(sans complément) renvoie à un nom pluriel 3 Devant ou derrière un adjectif ou un
précédemment exprimé, il entrée l’accord adverbe au superlatif. La forme de beaucoup
au pluriel du verbe. En outre, l’attribut (ou est obligatoire : Elle est de beaucoup la plus
le participe) se met au masculin ou au fémi¬ compétente. Elle est la plus compétente de
nin selon le genre du nom déjà exprimé. beaucoup. C’est lui qui avance de beaucoup le
Les jeunes filles furent convoquées par la plus rapidement. C’est lui qui avance le plus
directrice; beaucoup étaient inquiètes. Les rapidement, de beaucoup.
petites filles partirent; beaucoup s'étaient
ennuyées. 4 n s’en faut de beaucoup. C’est le tour le plus
usuel ; Nous n 'avons pas la somme nécessaire, il
5 Beaucoup de, beaucoup des. Normalement s’en faut de beaucoup. Il s’en faut beaucoup est
c’est beaucoup de qu’on emploie : Beaucoup vieilli et rare. Ce tour, selon certains grammai¬
d’enfants sont timides. Beaucoup des ne peut riens, insisterait sur la qualité plus que sur la
s’employer que si le nom est déterminé par une quantité : Molière n 'est pas si finement spirituel
relative, un participe ou un complément; que Marivaux, il s’en faut beaucoup.
Beaucoup des enfants qui ont été amenés ici
voient la mer pour la première fois. Beaucoup beau-fils n. m. — PI. : des beaux-fils.
des enfants vaccinés ont été malades. Beaucoup
des enfants de la classe de 6‘ A sont grippés. beau-frère n. m. — PI. : des beaux-frères.
Ce tour insiste sur l’idée partitive.
beaujolais n. m. Avec un B majuscule : Le
II Beaucoup, devant un adjectif ou un adverbe.
Beaujolais, région de France. Du vin du
1 Devant un adjectif. L’adverbe beaucoup ne Beaujolais. — Avec un b minuscule : Boire du
peut être employé que devant les adjectifs beaujolais. Une bouteille de beaujolais.
comparatifs meilleur et moindre: Ce film est
beaucoup meilleur (ou de beaucoup meilleur). beau-père n. m. — PI. ; des beaux-pères.
La dépense sera beaucoup moindre (ou de
beaucoup moindre). Ne jamais employer beau¬ bec Dans les composés commençant par bec-de-,
coup devant un autre adjectif. Ne pas dire par seul le premier élément prend la marque du
exemple : Mon oncle est beaucoup gentil (mais pluriel : des becs-de-cane, des becs-de-corbeau,
très gentil ou bien gentil ou fort gentil). En des becs-de-corbin, des becs-de-lièvre. — En
revanche, beaucoup peu s’employer devant un revanche, dans les composés dont le second
comparatif formé avec plus ou moins (voir élément est un adjectif, les deux éléments
ci-dessous, II, 2 et III). s’accordent : des becs-croisés, des becs-fins.
2 Devant un adverbe. L’averbe beaucoup ne bécarre n. m. (terme de musique). — Deux r.
peut être employé que devant les adverbes
mieux, plus, trop, moins : Louis travaille beau¬
bec-d’âne [bekdan] ou bédane [bedan] n. m.
coup mieux que moi. Vous êtes beaucoup plus
Ciseau, burin. — PI. : des becs-d’âne ou des
soigneux que votre collègue. Les délais sont
bédanes. — La forme bédane est la plus
beaucoup trop longs. Elle est beaucoup moins fréquente.
105
BEC-DE-CORBEAU
becqueter v. t. Avec -cq-. — Conjug. 14. Double beignet [bejie] n. m. On dit usuellement, dans
le t devant un e muet ; il becquette, il la langue ordinaire : Des beignets aux pommes,
becquettera. aux abricots. Le tour Des beignets de pommes,
d’abricots est recommandé dans la langue très
bédane > bec-d’âne. surveillée. Quand il ne s’agit pas de fruits, on
emploie obligatoirement au ou à la : Beignets
bée [be] adj. f S’emploie dans l’expression au chocolat, à la crème de marron. On dit
(toujours au singulier) bouche bée, bouche cependant toujours ; Beignets de langoustines.
CTande ouverte. — Être, rester, demeurer
bouche bée, dans une attitude immobile et béjaune n. m. De nos jours, on dit montrer son
passive d’étonnement : Ils restaient bouche bée béjaune à quelqu’un (et non son bec-jaune,
devant ce spectacle, ne sachant trop que penser forme vieilü^. De même : un béjaune, un jeune
> béant, béat. homme naïf (et non un bec-jaune, forme
vieilhe).
beefsteak > bifteck.
bel > beau.
béer v. i. (littéraire) Être grand ouvert ; La porte
béait sur la nuit. — (figuré) Regarder avec un bêler v. i. Le mouton bêle, pousse son cri. —
air étonné : Pourquoi reste-t-il là à béer comme Garde toujours l’accent circonflexe : il bêlait,
un sot l II béait de surprise. — Garde é (avec il bêla, bêlant. De même : bêlement.
accent aigu) à toutes les formes (il bée, nous
béons, il béait, il béera, nous béerions...) > bée. belgicisme, belgisme n. m. Mot, expression ou
construction propre aux Belges (de langue
beffroi n. m. Deux f. Pas de -t ni de -e à la fin. française). — De nos jours, la forme belgicisme
à éliminé belgisme.
bégaiement [begemâ] n. m. Attention au e
muet intérieur. bélier n. m. Mâle de la brebis. ▼ Accent aigu
sur le premier é. Aucun rapport étymologique
bégayer v. i. ou v. t. Conjug. 23. Change avec bêler.
facultativement y en i devant un e muet : il
bégaye ou (plus usuel) il bégaie, il bégayera ou bélière n. f Anneau de suspension.
(plus usuel) il bégaiera. — Attention au i après
Vy à la première et à la deuxième personne du bélître [belitRfs)] n. m. (très vieilli) Homme de
pluriel de l’indicatif imparfait et du subjonctif peu; imbécile; importun. — Orthographe
résent : (que) nous bégayions, (que) vous moderne : accent aigu sur é (la graphie belître
égayiez. — Pour la prononciation > balayer. est vieillie) et accent circonflexe sur le ù
— Dérivé : bégayeur.
belle La bailler belle > bailler. — L’échapper
bègue adj. ou n. Avec un accent grave. belle > échapper.
bémieter v. i. Conjug. 15. La chèvre béguète belle-dame n. f Plante ; papillon. — PI. ; des
^usse son cri), béguètera. belles-dames.
BELLE-DE-JOUR 106
belle-de-jour n. f. Plante. — PI. : des belles-de- cierge bénit. Un chapelet bénit. Du pain bénit.
jour. Une médaille bénite. De Veau bénite.
2 Comme participe passé, dans im temps
belle de nuit, belle-de-nuit Deux expressions simple ou composé de la forme passive, quand
à bien distinguer par la graphie. le sujet est un nom désignant un objet auquel
1 Une belle de nuit (sans trait d’union) Désigne un prêtre dorme la bénédiction rituelle. Le
famiüèrement une fille publique qui exerce son complément d’agent est introduit par par: La
métier la nuit. — PL ; des belles de nuit. chapelle sera bénite par l’évêque. Cette médaille
a été bénite par le Saint-Père lui-même. T On
2 La belle-de-nuit (avec deux traits d’union) écrit : Le mariage a été béni par l’abbé Durand
Nom d’une plante. — PL : des belles-de-nuit. (et non bénit), car le mariage n’est pas un objet.
belle-fille n. f. — PL : des belles-filles. n Béni, bénie. S’emploie dans les cas suivants.
1 Comme participe passé, dans un temps
belle-mère n. f. — PL : des belles-mères. composé de la forme active, quand le complé¬
ment est un nom désirant un objet auquel un
belle-sœur n. f. — PL : des belles-sœurs. prêtre dorme la bénédiction rituelle : Voici les
chapelets que le Saint-Père a bénis La médaille
bénédicité [bénédicité] n. m. Mot entièrement que le prêtre a bénie.
francisé : accent aigu sur chaque é. — Pas de
majuscule. — PL : des bénédicités. 2 Au passif ou à l’actif, quand la bénédiction
rituelle porte sur des persormes ou sirr rme
benêt adj. masc. ou n. m. Pas de féminin. T chose qiti n’est pas rm objet. Le complément
Prononcer [bone], avec [a], et non *[bene], d’agent est introduit par par : Les jeunes mariés
•[bene]. ont été bénis par l’abbé Durand. Le mariage
sera béni par le chanoine Martin. L’évêque a
bénévole adj. ou n. On peut employer ce mot béni les fidèles
pour qualifier une persoime : Les secouristes 3 Au passif ou à l’actif, quand il ne s’agit
bénévoles. Un collaborateur bénévole. L’emploi pas d’une bénédiction rituelle dormée par un
substantif aussi est correct : Les bénévoles de prêtre. Le complément d’agent est alors intro¬
la Croix-Rouge. — En revanche, dans la langue duit par de: Cette famille est bénie de Dieu.
trœ surveillée, on emploiera plutôt gratuit ou O Terre bénie des dieux l Le père a béni ses
désintéressé pour qualifier une chose : Un enfants avant de mourir.
secours désintéressé. Une collaboration gratuite.
benjamin, ine n. m. ou f. Prononciation :
1. bengali [bêgali] adj. ou n. Du Bengale. — [bê3amê, in],
Prend la marque du pluriel (Les villages
bengalis. Les Bengalis), mais non celle du benjoin n. m. Prononciation : [bê3wê].
féminin : Une jeune fille bengali Une Bengali
Les femmes bengalis. Les coutumes bengalis. — benoît, oîte adj. Accent circonflexe sur le L
N. m. Le bengali: langue parlée au Bengale.
— En raison de l’inconunodité de bengali (qui benzène n. m. Prononciation : [bêzen], avec
n’a pas de forme pour le féminin), on préfère [bê-]. De même : benzine [bêzin], benzoate
employer la forme bengalais, aise: Une femme [bêzoat], benzoïque [bêzoik], benzol [bêzal],
bengalaise. Les Bengalaises. Les coutumes ben¬ benzolisme [bêzolismfa)], benzyle [bêzil].
galaises Un village bengalais Les Bengalais —
Bien prononcer [bêgali], avec [é] et non [5] ;
bercail [beakaj] n. m. Inusité au pluriel.
de meme : bengalais, aise [bégaie, ezj.
béret n. m. Un seul r. Accent aigu sur le
2. bcng^ n. m. Oiseau. — Prononciation : premier é.
[bêgali] — PL : des bengalis [-li],
bergamote n. f. Fruit du bergamotier. ▼
bénin a(h. Le féminin est bénigne. ▼ Éviter la Un seul t
forme fautive *bénine.
bernard-l’ermite ou bernard-l’hermite n. m.
bénir v. t. Deux formes pour le participe passé :
L’orthographe bernard-l’ermite est préférable
bénit, ite et béni, ie.
à bernard-l’hermite. — Invariable : des
I Bénit, bénite. S’emploie dans les cas suivants : bernard-l’ermite.
francisée. En italien : bersagliere [beRsaXene] ; bétail, bestiaux Des formes à bien distinguer.
pluriel bersaglieri [beRsaXcRi]. On peut, en
traçais, prononcer bersaglier soit [beRsaglie], 1 Le bétail n. m. Ensemble des animaux de
soit [beRsalje], prononciation plus proche de pâture élevés dans les exploitations agricoles.
ritalien. PI. : des bersagliers [-glie] ou [-Ije]. Ce mot est un collectif et n’est jamais employé
On évitera le pluriel italien des bersaglieri, au pluriel. On distingue le gros bétail (bœufs,
inutile puisque bersaglier est une forme de chevaux, ânes, mulets) et le petit bétail (mou¬
singulier francisée. tons, chèvres, porcs).
2 Les bestiaux n. m. pl. Ensemble des animaux
béryl [beail] n. m. Pierre précieuse. — de pâture élevés dans une exploitation agricole :
Avec un y. Faire paître les bestiaux dans les prairies. Tend
à se spécialiser dans le sens de « ctos bétail ».
besicles n. f. pl. Ne s’emploie plus que par Le mot bestiaux tend d’ailleurs a disparaître
plaisanterie, comme synonyme de lunettes : J'ai dans le style « sérieux » et on emploie de plus
oublié mes besicles ! — Prononciation : en plus à sa place le mot bétail, sauf dans
fbazikKa)] ou [bezikUa)]. Jamais d’accent sur l’expression figee wagon à bestiaux. ▼ Le terme
le e. Toujours employé au pluriel. bestiaux n’a pas de singulier. Les emplois le
bestiau (= le bétail), un bestiau (= une pièce
bésigue [bezig] n. m. Jeu de cartes. — Ne pas de gros bétail) appartiennent au langage
déformer en *besigue. paysan.
3 bestiaux. Masculin pluriel de l’adjectif bes¬
besoin n. m. Prononciation : [bazwl]. Éviter la tial : Des instincts bestiaux.
prononciation relâchée [bzwê]. — Plusieurs
constructions. bête n. f. ou adj. Accent circonflexe sur le e.
1 Avoir besoin de (suivi d’un nom ou d’un
bétonnière n. f. Machine dans laquelle est
infinitif). J’ai besoin d’un manteau neuf. J’ai
malaxé le béton. La forme bétonneuse, quoique
besoin de prendre l’air. — A voir besoin que (suivi
très r^andue, est considérée comme impropre.
du subjonctif) : J’ai besoin que vous m’aidiez.
En effet cette machine ne sert pas à bétonner
2 n est besoin. Tour impersonnel vieilh, (c’est-à-dire à couvrir de béton ou à construire
littéraire et figé dans quelques emplois. S’il en en béton). Elle est en quelque sorte le récipient
est besoin (= s’il le faut). Est-il besoin de dans lequel on Répare le béton, d’où la forme
(= faut-il...) : Est-il besoin de préciser ce point ? en -ière. Le suffixe -ière est le suffixe servant
Il n’est pas besoin de..., que... (= il n’est pas à former des noms de récipients : chaudière,
nécessaire de..., que...) ; Il n’est pas besoin de sorbetière, etc.
prendre tant de peine pour des choses si peu
importantes. Il n’est pas besoin que vous bette n. f. Plante comestible. — Deux t De
m'avertissiez. même: betterave, betteravier.
3 On évitera avoir besoin avec un sujet ne beurre n. m. Deux r. De même ; beurré, beurrée,
désignant pas un être vivant. On peut dire : Ce beurrer, beurrerie, beurrier.
chien a besoin d’espace pour s’ébattre. Les
plantes ont besoin de soleil En revanche, ne pas bey [bej n. m. (autrefois) Titre de certains
dire : Cette chemise a besoin d’être lavée. Dire dignitaires ou souverains musulmans. — Pl. :
plutôt : Il est nécessaire de laver cette chemise des beys. — S’écrit avec une minuscule. —
ou II sera bon de laver cette chemise. Comme titre, s’emploie après le nom : Lamine
bey fut destitué en 1957. T Bien distinguer le
bestial, ale, aux adj. Masculin pluriel en -aux : bey, souverain de la Tunisie (avant 1957), et
Des instincts bestiaux. le dey, chef de la régence ottomane d’Alger
(avant 1830).
1. bêta n. m. Lettre grecque. — Invariable : Des
bêta minuscules, — (physique) Des rayons bêta. bi- Préfixe qui veut dire « deux fois ». Les
composés s’écrivent sans trait d’union : biacide.
2. bêta adj. ou n. Prend la marque du pluriel : bicamérisme, bicarbonate, bicéphale, bichlorure,
Quels grands bêtas, ces garçons ! Il prend des biennal, bifocal, bilame, bilateral, bilingue, etc.
airs bêtas. — Ne prend pas la marque du
féminin : Une fille bêta. Pour éviter les dif¬ bibelot, bimbeloterie Le bibelot est un petit
ficultés du féminin (des filles bêta ou des objet décoratif : Placer des bibelots sur une
filles bêtas), on emploie souvent le féminin étagère. — La fabrication et le commerce des
bêtasse : Quelles grandes bêtasses / Des filles bibelots, des petits ustensiles, des colifichets, des
bêtasses. « articles de Paris », etc. ne s’appelle pas
BIBLE 108
*bibeloterie, mais bimbeloterie. — D’autre part, rable, d’un bon milieu (Ce sont des gens bien),
on distingue bibeloleur, collectionneur de bibe¬ sympathique, franc, loyal, estimable (Je vous
lots, et bimbelotier, celui qui confectionne ou le recommande, c’est un garçon bien), beau,
vend des articles de bimbeloterie. séduisant (Elle est bien, cette fille), efficace,
capable (Il me faut un collaborateur très bien
bible n. f. Une majuscule quand Bible désigne pour ce travail), de bonne qualité, réussi (Cette
le livre sacré des chrétiens, en tant qu’ouvragé voiture est bien. Ce film est plutôt bien). C’est
de l’esprit (et non en tant qu’exemplaire) : La le contexte qui permet de déterminer le sens.
Bible raconte comment Noé réussit à échapper Cet emploi est à éviter dans la langue écrite
au Déluge. — Une minuscule dans tous les soignée. — Bien adjectif est toujours invariable :
autres cas : On a vendu aux enchères une bible Ces filles sont bien. Je connais des gens bien.
ancienne richement reliée (il s’agit d’un exem¬
plaire). Cette grammaire latine est la bible des 2 Etre bien. Peut donner lieu à des équivo¬
latinistes {= livre de référence). Du papier bible. ques. Si bien est adverbe, l’expression signifie
« se trouver bien, être dans une situation
agréable, convenable » : Nous serons bien ici
bicentenaire n. m. Dans la langue écrite soignée, pour pique-niquer. — Si bien est adjectif,
on préférera deuxième centenaire.
l’expression signifie « être estimable, loyal,
capable, etc. » (voir ci-dessus III, 1). — Hors
bicyclette n. f ▼ Attention à la place respective de tout contexte, une phrase comme Ce garçon
du / et de Vy : se décompose en bi« deux fois » n ’est pas bien est équivoque. Elle peut signifier
et cycle. — Dans la langue surveillée, on « ce garçon ne se trouve pas à son aise » ou
préférera aller à bicyclette à aller en bicyclette « ce garçon n’est pas estimable ».
> à (VII, 1).
IV Bien (de) exprimant la quantité (au sens
bien adv. Forme, sens, emplois, expressions. de « beaucoup de »).
I Le comparatif est mieux: Votre texte est 1 Dans ce sens, bien est toujours suivi de
mieux écrit que le mien. On emploie aussi de la ou de du ou de des : Il a bien de la chance
mieux comme comparatif dans l’emploi adjectif (= beaucoup de chance). Je vous souhaite bien
de l’usage familier (voir ci-dessous III, 1) : Je du plaisir (= beaucoup de plaisir). Il a eu bien
connais sa sœur, elle est mieux que luL des aventures (= beaucoup d’aventures).
péniblement, il avait tenu à me rendre visite), biennal, bisannuel Deux mots à distinguer.
avec un participe passé (Bien qu’estimé de tous,
il se croyait persécuté), avec un nom (Bien que 1 biennal, ale, aux [bjenal, al, o] adj. ou n. f
professeur de faculté, il est dépourvu de tout a/ Qui dure deux ans, qui est exercé pendant
pédantisme), avec un adjectif (Bien que très deux ans : Charge, fonction, magistrature
doux d’habitude, il se mit en colère), avec une biennale.
locution adjective (Bien que sur le point de
partir, je veux m’occuper de cette affaire). Ces b/ Qui a lieu tous les deux ans : Exposition
emplois elliptiques sont à éviter dans la langue biennale. Festival biennal
surveillée. c/ Qui s’effectue selon un cycle de deux ans :
L’assolement biennal
3 Bien que j’en aie, bien que tu en aies, bien
qu’il en ait... Expression d’une correction d/ Une biennale Manifestation artistique qui
douteuse qui équivaut à « contre mon gré, a heu tous les deux ans : La biennale de Venise.
contre ton pré, contre son gré... Il vaut mieux
2 bisannuel, elle adj.
dire maigre que j’en aie > malgré.
a/ (Jui a lieu tous les deux ans : Cérémonie,
VI Expressions.
fête bisannuelle. Le curage bisannuel d’un
1 Mais bien. Formule qui équivaut à un mais étang.
renforcé et qui s’emploie après une proposition b/ Plante bisannuelle, dont le cycle vital
négative : Il ne s’agit pas de cas isolés, mais bien dure deux ans.
d’une véritable épidémie (= mais, au contraire,
d’une véritable...). ▼ On évitera d’employer bisannuel au sens de
« qui a heu deux fois par an ». On dira plutôt
2 Bien entendu, bien sûr. Dans la langue semestriel « qui a heu tous les six mois (soit
parlée ou familière, ces expressions s’emploient deux fois par an) ».
en tête de phrase avec que explétif : Bien
entendu que je vous aiderai I Bien sûr que nous bien-pensant, ante adj. ou n. En deux mots avec
sommes satisfaits. Dans le style surveillé, on un trait d’union. — Le deuxième élément prend
peut les employer, mais sans ^ue : Bien entendu, la marque du pluriel et du féminin : Des
je vous aiderai / Bien sur, nous sommes bien-pensants. Une bien-pensante. Des bien-
satisfaits. pensantes.
3 II s’en faut bien (que). Il s’en faut de
bienséant, ante adj. En un seul mot, sans trait
beaucoup (que) : Il s’en faut bien que nous ayons
d’union. — Dérivé : bienséance.
atteint notre but Nous n’avons pas atteint notre
but, il s’en faut bien. Ce tour est assez archaïque
bientôt adv. Orthographe et expression familière.
et recherché.
1 Bien distinguer par l’orthographe bientôt,
4 Bien vouloir, vouloir bien > vouloir.
dans peu de temps (Mon frère m’a écrit il
viendra bientôt), et bien tôt, très tôt, un peu trop
bien-aimé, ée adj. ou n. En deux mots, avec un tôt (s’oppose à bien tard): Il est à peine six
trait d’union. — Le deuxième élément prend la heures, vous êtes venu bien tôt t
marque du pluriel et du féminin : Des bien-aimés.
Une bien-aimée. Des nièces bien-aimées. 2 A très bientôt. Formule de la langue
familière : Au revoir, cher ami et à très bientôt
bien-dire n. m. inv. Art de parler ou d’écrire À éviter dans le style surveillé.
avec élégance. — En deux mots, avec un trait
d’union. bienveillant, ante adj. En un seul mot, sans trait
d’union. — Dérivés : bienveillance, bienveil¬
bien-être n. m. inv. En deux mots, avec un trait lamment (finale en -amment).
d’union.
bienvenir Ne s’emploie que dans l’expression se
bienfaisante, bienfaisant, bienfait, bienfai¬ faire bienvenir, être accueilli favorablement,
avec bienveihance ; Il se fit bienvenir dans la
teur Attention à la prononciation :
bonne société de la ville. Il sut se faire bienvenir
1 Avec [-fo-] : bienfaisance [bjêfazâs], bien¬ du gouverneur. Vieilh et très recherché. — En
faisant, ante [bjêfozâ, fit]. un seul mot sans trait d’union.
2 Avec : [-fe-] : bienfait [bjéfe], bienfaiteur,
bienvenu, ne, bien venu, ue Des graphies à bien
trice [bjÊfetœR, tsis]. distinguer.
bienheureux, euse adj. ou n. En un seul mot, 1 bienvenu, ue adj. ou n. (en un seul mot, sans
sans trait d’union. trait d’union) Qui arrive à point, que l’on reçoit
BIENVENUE 110
avec plaisir : Soyea sûr que vous serez toujours bifurqua à droite et prit le chemin du village.
bienvenu chez nous. Vos conseils seront certaine¬ — (par extension) Je pris le petit sentier à travers
ment bienvenus. — (substantivement) Vous êtes champs et, au bout de trois cents mètres je
la bienvenue. Soyez le bienvenu parmi nous. bifurquai pour aller vers la rivière. Admis dans
L'argent que j'ai reçu a été le bienvenu. la langue cursive, cet emploi est à éviter dans
le style très surveillé. On emploiera plutôt
2 bien venu, ue adj. (en deux mots, sans trait
tourner.
d’union) Qui est né ou qui s’est produit dans
de bonnes conditions (= robuste, bien fait, ou 3 (sens figuré usuel et moderne) S’orienter dans
opportun, ingénieux) : Un enfant de la cam¬ une autre direction : La conversation a bifurqué
pagne, vif et bien venu. Un bel arbre, droit et brusquement. Dans le style très surveillé, on
bien venu. Une idée bien venue. Une phrase bien emploiera plutôt dévier, changer (de sujet, de
venue (heureuse, bien faite, élégante, habile). direction).
Une expression bien venue.
4 (sens figuré usuel et moderne) Choisir l’une
3 bien venu, ue (en deux mots, sans trait des deux orientations possibles : A la fin de la
d’union) Se rencontre dans un temps composé classe de seconde, les elèves pourront bifurquer
du verbe venir. Dans ce cas, bien est adverbe vers les études littéraires ou vers les sciences.
de phrase et équivaut à « réellement, effective¬ Dans le style très surveillé, on emploiera plutôt
ment » : Enfin, elle est bien venue hier soir, je se diriger, s’orienter.
l’ai vue l (= il est bien vrai qu’elle est venue,
elle est venue effectivement). 5 (emploi pronominal; au sens propre) La
route se bifurque, se divise en deux branches.
bienvenue n. f Heureuse arrivée, bon accueil : Cet emploi est rare et peu recommandé. On
Allons lui souhaiter la bienvenue. — En un mot, écrira plutôt la route bifurque.
sans trait d’union.
bihebdomadaire adj. En un seul mot, sans trait
1. bière n. f Boisson. — Un seul r. d’union. — Signifie « qui a lieu, qui paraît deux
fois par semaine » ; Emission bihebdomadaire.
2. bière n. f. Cercueil. Un seul r. T Ne pas employer au sens de « qui a lieu
toutes les deux semaines ».
biffer v. t. Rayer, barrer. — Deux f
bihoreau [bioso] n. m. Oiseau. — Attention au
h intérieur.
bifocal, ale, aux adj. (optique) Qui a deux
foyers : Verres bifocaux.
bijou n. m. — PI. ; des bijoux, avec un x
bifteck [biftek] n. m. — PI. : des biftecks [-tek].
— Forme francisée de l’anglais beefsteak bilan n. m. Le mot implique l’idée d’une
[bifstek], « tranche de bœuf ». PI. : des comparaison entre le gain et la perte. Ne pas
beefsteaks [-stek] — La forme bifteck est l’employer au sens de résultat, chiffre des pertes,
préférable a beefsteak. — Le mot s’abrège s’il n’y a pas une telle comparaison. On évitera
usuellement en steak [stek], forme parfaite¬ donc les phrases abusives telles que ; Le bilan
ment acceptable. Cette forme abrégée est même de la catastrophe aérienne est de quarante morts.
préférable quand il s’agit de viande autre que
la viande de bœuf : Un steak de cheval. En effet biliaire, bilieux, bileux, bileur Mots de la
steak veut dire « tranche » et beef « bœuf », famille de bile.
donc, littéralement, un bifteck (beefsteak) de 1 biliaire adj. (médecine, physiologie et langage
cheval voudrait dire « une tranche de bœuf de courant) Qui concerne la bile ; Vésicule biliaire.
cheval ». — Au sens figuré de « nourriture, Sécrétion biliaire.
vie », on emploie toujours bifteck, jamais
steak : Il faut bien gagner son bifteck (familier). 2 bilieux, euse adj. (anciennement) Tempéra¬
ment bilieux (selon la classification d’Hippo¬
bifurquer Toujours avec -qu-, même devant a crate). -— (de nos jours) Mélancolique, pessi¬
ou O : il bifurqua, nous bifurquons miste, irascible : Un vieillard bilieux. Un
caractère bilieux.
1 (sens propre un peu vieilli) La route bifurque,
se divise en deux branches. 3 T Les mots bileux, bileur sont des formations
populaires, tirées de l’expression très familière
2 (sens propre usuel et moderne) Le véhicule se faire de la bile, être soucieux, préoccupé. A
bifurque, abandonne la voie principale pour
é^ter dans la langue soutenue. Hutôt que II
prendre une voie secondaire, ou abandonne la
n’est pas bileur (bileux), on écrira : Il est
voie en ligne droite en tournant pour prendre
insouciant ou il n’est pas anxieux, ou il n’est
une autre voie : Arrivée au croisement, la voiture pas soucieux.
111
BILL
bill [bil] n. m. En Angleterre, projet de loi : loi. biparti, ie ou bipartite adj. Les deux formes
— PI. : des bills [bil]. sont admises. La forme bipartite semble la plus
fréquente.
billet, ticket Deux noms masculins nullement
synonymes. Le billet est un document qui 1. bis, bise adj. Le masculin se prononce [bi].
affecte en général la forme d’une petite feuule — S’acc^orde normalement (Un emballage bis.
de papier mince, le ticket est un très petit Une toile bise. Des toiles bises), sauf en
rectangle de carton ou de papier fort. En fait, composition : Des toiles bis foncé (sans trait
c’est l’usage qui règle la répartition. On dit d’umon, car foncé n’est pas un adjectif de
billet pour le théâtre et pour le cinéma (dans couleur). Des toiles bis-brun (avec trait d’union,
ce dernier cas, il s’agit pourtant toujours d’un car brun est un adjectif de couleur).
ticket), billet défaveur (pour le théâtre), billet
d’avion, de bateau (il s’agit d’une feuUle ou 2. bis adv. Indique la répétition ; Les spectateurs
d’une petite liasse), billet de chemin de fer (il criaient << bis l ». Il habite 107 bis avenue de la
s’agit souvent cependant d’un ticket de carton Victoire. — Se prononce [bis].
dur), ticket de métro et ticket de quai (ce sont
véritablement des tickets).
bisaïeul, eule n. Arrière-grand-père, arrière-
grand-mère. — PI. : des bisaïeuls, des bisaïeules
billion, billon Deux noms masculins différents
> aïeul.
par l’orthographe, la prononciation et le sens.
1 billion [bilj5] (avec un i après -//-). bisannuel > biennal.
a/ (sens ancien) Un millier de millions. De
nos jours, dans ce sens, on dit milliard. T On biscaïen, ïenne, ou biscayen, yenne [biskajê,
rencontre encore billion au sens de « milliard » jen] adj. ou n. Deux orthographes pour le même
dans des textes traduits de l’anglais des mot. Sans qu’il y ait de réglé absolue, on peut
États-Unis, où le mot billion a ce sens. Cet admettre l’usage suivant.
anglicisme est à éviter absolument. 1 biscayen, yenne ou, plus rarement, biscaïen,
b/ (sens moderne) Un million de milhons, ïenne adj. ou n. De la Biscaye. La population
c’est-à-dire un milher de milliards. biscayenne. Les Biscayens. — n. m. Le biscayen :
dialecte basque.
2 billon [bij5] (sans i après -//-).
2 biscaïen n. m. Autrefois, balle de fonte
a/ (technique) Pièce de bois équarrie.
contenue dans une boîte à mitraille : Il eut la
b/ (viticulture) Sarment de vigne très court. jambe brisée par un biscaïen.
c/ (agriculture) Exhaussement de terre entre
bise, brise > brise.
deux sillons.
d/ La monnaie de billon ou le billon: bisexué, ée [biseksqe, e], bissexué, ée; bi¬
monnaie métallique qui sert à faire l’appoint. sexuel, elle [biseksqel, el], bissexuel, elle
adj. Les deux orthographes, avec -s- simple ou
bimbeloterie, bimbelotier > bibelot. avec -SS-, sont correctes. La prononciation est
toujours avec [s] et non avec [z] ; [bisek-].
bimensuel, bimestriel Deux mots à bien
distinguer. bismuth [bismyt] n. m. Avec -th-. De même :
1 bimensuel, elle adj. Qui a lieu ou qui paraît bismuthé, bismuthine.
deux fois par mois.
bissextile [bisekstil] adj. f. Eviter la prononcia¬
2 bimestriel, elle adj. Qui a lieu ou qui paraît
tion relâchée *[bisektil].
tous les deux mois.
bissexué, bissexuel > bisexué.
binocle n. m. Type ancien de lunettes. —
S’emploie normalement au singuher (à la
différence de lunettes) : Il mit son binocle et lut bistre adj. Adjectif de couleur invariable : De
le texte. longues traînées bistre. — Comme nom, prend
la marque du pluriel : Des gris et des bistres très
binôme n. m. Accent circonflexe sur le ô. nuancés.
bio- Préfixe (du grec bios « vie »). Les composés bistro, bistrot n. m. Les deux orthographes sont
s’écrivent en un seul mot, sans trait d’union : admises. Bistrot est plus fréquent que bistro. —
biobibliographie, biochimie, biodégradable, bio¬ Le féminin bistrote, femme du patron d’un café,
thérapie, etc. est très familier.
BISULFATE 112
bisulfate Jbisylfat] n. m., bisulfite [bisylfit] (avec l’idée de propreté) : Le linge était blanc
n. m., bisulfure [bisylfys] n. m. Termes de comme neige. Seule formule employée au firaré
chimie. — Un seul -s-. Prononciation avec [s] (;= absolument innocent) : Dam cette affaire
et non avec [z] : [bisyl-]. d’escroquerie, s’il n’est pas le vrai coupable, il
n’est pas pour autant blanc comme neige.
bitter [biten] n. m. Liqueur. — PI. ; des bitters
2 Blanc comme le Qa)... S’emploie suivi d’un
[-t£R].
nom de substance : Un cou blanc comme
l’ivoire, comme le lait. — Blanc comme un
bitumeux, bitumineux Deux adjectifs de la
(une)... s’emploie suivi d’un nom d’animal ou
famille de bitume.
de plante : Blanc comme une colombe. Blanc
1 bitumeux, euse adj. Qui a la teinte brune et comme un lis.
sombre du bitume : Les teintes bitumeuses d’un
m Emploi de la majuscule. Le mot s’écrit en
vieux tableau enfumé. — Qui est fait avec du
bitume : Un revêtement bitumeux assure général avec une majuscule dans les emplois
l’étanchéité. substantifs suivants.
2 bitumineux, euse adj. Qui contient naturelle¬ 1 Quand il désigne les personnes de race
ment du bitume : Roche, terre bitumineuse. blanche : Les Blancs du sud des États-Unis. Cet
Africain a épousé une Blanche. — Minuscule
bizarre adj. Avec un z et deux r. dans l’emploi adjectif: La race blanche. La
population blanche.
bizut ou bizuth [bizy] n. m. Elève de première 2 Quand il désigne les royahstes de l’époque
année. — L’orthographe bizuth est la plus de la Révolution française (surtout les combat¬
fréquente, mais on ecnt plutôt bizute (féminin) tants de la Vendée) : Les Blancs et les Bleus se
et toujours bizutage, bizuter. livrèrent de terribles combats en Vendée. —
Minuscule dans l’emploi adjectif : Un chef blanc.
black-bottom [blakhotom] n. m. (anglicisme).
Danse. — PI. : des black-bottoms [-tom]. 3 Quand il désire les adversaires de la
révolution bolchevique en Russie, dans la
blackbouler v. t. Attention au groupe -ck-. De période 1917-1922 : Les Blancs furent vaincus
même ; blackboulage n. m. par l’armée rouge. — Minuscule dans l’emploi
adjectif: L’armée blanche.
black-out [blakawt] n. m. (anglicisme). Inusité
au pluriel. blanc-bec n. m. — PI. : des blancs-becs.
blandices n. f. pl. (vieilli, très littéraire) Flatte¬ précisé par un complément introduit par de:
ries ; séductions : Les trompeuses blandices des Des jupes bleu de roi. Des soieries bleu de Prusse.
sens. — Finale en -ices. — Dans tous les exemples ci-dessus, pas de trait
d’union, car les compléments ne sont pas des
blaser, se blaser, blasé, ée Le complément est adjectifs de couleur. En revanche, on écrit avec
introduit par de ou par sur : Il est blasé des trait d’union (et en maintenant l’invariabihté) :
plaisirs mondains. Il s'est blasé sur les avantages Des vareuses bleu-vert. Des robes bleu-noir (car
de la célébrité. vert et noir sont des adjectifs de couleur).
blessé II est très correct de dire : blesser blizzard n. m. Vent d’hiver (au Canada, aux
grièvement, légèrement quelqu'un; être blessé États-Unis). — Deux z, un -d à la fin.
grièvement, légèrement; des blessures graves,
légères. — En revanche, il est peu co^ect blocage n. m. Avec -c-, non avec -qu-.
d’écrire : des blessés graves, des blessés légers
(ce sont les blessures qui sont graves ou légères, bloc-cuisine n. m. — Pl. : des blocs-cuisines.
non les blessés). On écrira plutôt : des personnes
grièvement, légèrement blessées ou des blessés bloc-eau n. m. — Pl. : des blocs-eau (pas de -x
gravement, légèrement atteints. à eau).
blet, blette adj. Trop mûr : Une poire blette. blockhaus [bbkos] n. m. inv. — Pl. : des
blockhaus [-kos]. Attention au -ck- et au -h-.
bleu, bleue adj. ou n. Accord et emploi de la
majuscule. bloc-moteur n. m. — Pl. : des blocs-moteurs.
I Accord.
bloc-notes n. m. — Pl. : des blocs-notes.
1 Comme adjectif, employé seul, s’accorde
en nombre et en genre ; Un veston bleu. Des blouson n. m. Sans trait d’union ; un blouson
vestons bleus (avec -s et non -x). Une robe bleue. noir, un vêtement (Il portait un blouson noir
Des robes bleues. et un jean). — Sans trait d’union non plus : un
2 Comme adjectif, employé avec un autre blouson noir, un jeune voyou (Les blousons
adjectif ou suivi d’un nom qui indique une noirs du quartier ont commis des actes de
nuance de bleu, reste toujours invariable ; Des vandalisme).
robes bleu clair. Des tentures bleu sombre. Des
bannières bleu ciel Des autobus bleu et rouge. blue-jean n. m. Pour désigner un pantalon, on
De même, bleu reste invariable quand il est emploie indifféremment le pluriel ou le singu-
♦ \
BLUES 114
lier : Elle était vêtue d’un gros chandail et de 2 Un bohème, une bohème (avec b minuscule
blue-jeans ou d’un gros chandail et d’un blue- et accent grave sur e) Tsigane, bohémien. Ce
jean Dans l’usage le plus récent, le singulier tend sens est vieux.
à l’emporter. — D’autre part, le mot s’emploie
de plus en plus sous sa forme abrégée jean ou 3 Un bohème, une bohème (avec b minuscule
jeans : Elle portait un jean effrange. Elle était et accent grave sur e) Personne qui mène une
vêtue d ’une vareuse bleue et de jeans très collants. vie insouciante et désordonnée.
— Prononciation : un blue-jean [bludjin] ; des 4 La bohème (avec b minuscule et accent grave
blue-jeans [blud3ins] ou [blud^in] ; un jean sur e) Vie insouciante et désordonnée. — Milieu
[d3in] ; des jeans [d3ins] ou [d3in]. formé par les gens qui mènent cette vie : La
bohème artistique de Montparnasse.
blues n. m. Mélodie ou chanson de jazz à rythme
lent. — Prononciation : [bluz]. — Toujours un Bohémien Attention à la majuscule.
-s, au singulier comme au pluriel : La chanteuse
noire chantait un blues. 1 bohémien, ienne n. ou adj. (vieux) Du pays
appelé Bohême : La population bohémienne. Les
bluff n. m. Anglicisme à éviter dans le style très Bohémiens. Synonyme actuel : tchèque.
soutenu. Bien prononcer [blœÇ et non *[bl5rf]. 2 bohémien, ienne n. m. ou f. (toujours avec
Attention aux deux/ — PI. : des bluffs [blœf]. une minuscule) Tsigane, romanichel : Une
— Dérivés : bluffer [blœfe] v. i. ou v. t., roulotte de bohémiens. Sens usuel et moderne.
bluffeur, euse [blcefoes, az ] n. ou adj.
boire v. t. Conjug. 76. Je bois, tu bois, il boit,
bobèche n. f. Partie de chandelier. — Un accent
nous buvons, vous buvez, ils boivent — Je
grave et non circonflexe.
buvais. — Je btis. — Je boirai — Je boirais.
— Bois, buvons, buvez — je boive. — Que
bobsleigh n. m. (anglicisme) Le mot s’abrège
je busse. — Buvant — Bu, ue. — Se conjugue
usuellement en bob : Faire du bob. Piste de bob. avec l’auxiliaire avoir: J’ai bu. W Le tour il est
— Prononciation: [bobsleg] ou [bobsle], bu (ü fôt ivre) est populaire et incorrect. Dire
plutôt que [bobslej]. — PL : des bobsleighs plutôt il a bu ou il a trop bu.
[-sleg] ou [-sk].
boisseau n. m. Ancienne mesure de capacité
bock n. m. Attention au groupe -ck-. — PI. : des
bocks. (12,51). — Dérivés : boisselage n. m. (action
de mesurer le blé avec un boisseau), boisselée
boer n. ou adj. Les Boers [bus] (avec une
n. f. (contenu d’un boisseau), boisselier n. m.
majuscule), les colons d’origine néerlandaise (fabricant de Imisseaux, de seaux), boissellerie
installés en Afrique australe: La guerre des n. f. (fabrication et commerce des boisseaux,
des seaux).
Boers (1899-1902). — Au singulier : Un Boer.
Une Boer. — Sans majuscule, s’emploie adjecti¬
vement (prend la marque du pluriel, mais non boîte n. f. Accent et expressions.
celle du féminin): Une femme bœr. Les I Un accent circonflexe sur le i De même :
communautés boers. Les chefs boers. boîtier (à la différence de boiter et de ses
dérivés).
bœuf n. m. Prononciation : un bœuf [bœf], des
bœufs^a]. On prononce généralement bœuf n Expressions.
gras [bogna] (prononciation ancienne qui a 1 A.vec un -s au complément : botte à idées,
s^écu dans une expression figée). La pronon¬ boîte à onglets, boîte à ordures, boîte à lettres
ciation nerf de bœuf [nesdobo] est vieüÛe. On ou boîte aux lettres, boîte de vitesses.
dit maintenant [nendsbœf].
2 -s au complément : boîte à malice,
boggie n. m. Châssis accouplant deux essieux boîte à mitraill^ boîte à ouvrage, boîte de
sous un wagon, une loco^motive. — Prononcia- résistance (électrique).
• [^^3*1 j prononciation [bogi] est moins
usuelle. Autre orthographe, également cor¬ boiter v. i. Marcher de manière inégulière. —
recte : bogie [bo3i] ou, plus rare, [bogi]. Pas d’accent circonflexe sur le t De même :
boitement, boiterie, boiteux, boitillant, boitille¬
bogue n. f. Enveloppe de châtaigne ment, boitiller.
Bohême, bohème Quatre mots à bien distinguer. boiterie n. f. Action de boiter. — Se disait
1 La Bohême (avec B majuscule et accent
autrefois seulement à propos d’un animal
circonflexe sur e) Pays d’Europe centrale. (chevd s^out). Pour les personnes, on disait
claudication. De nos jours, boiterie se dit en
115 BOLCHEVIK
parlant des personnes, concurremment avec 5 Quand plus devant bon n’est pas l’adverbe
claudication, terme plus savant. de comparaison, mais le corrélatif de ne dans
la locution négative ne... plus : Il ne sera plus
bolchevik adj. ou n. Forme et emploi. bon à rien.
1 La forme bolchevik prend la marque du II Emploi adverbiai. Bon est toujours invaria¬
pluriel, mais non celle du féminin : Les bolche¬ ble : Ces roses sentent bon.
viks. La révolution bolchevik. Les idées bolche¬
viks. Si la forme bolchevik s’emploie encore III Expressions.
comme nom, dans l’emploi adjectif on préfère 1 Bon Dieu. On écrit avec B majuscule le
la forme francisée bolchevique : La propagande Bon Dieu (Il faut remercier le Bon Dieu) et avec
bolchevique. b minuscule le juron bon Dieu!: Mais enfin,
bon Dieu l où veut-il en venir ?
2 V Tous les mots de cette famille s’écrivent
sans accent aigu sur le e et se prononcent avec 2 Bon enfant, bon prince. Ces expressions
[Ja] et non avec [Je] ; bolchevik, bolchevique sont invariables en nombre et en genre. Ces
[bol/avik], bolchevisation [bolJavizasjS] bol- filles sont bon enfant. Elles ont été bon prince.
che viser [boljavize], bolchevisme
[bDlj'avism(a)], bolcheviste [boljavistla)]. — 3 Bon premier. Bien que bon soit adverbe,
D’autre part, la graphie bolchevick, avec -ck, cette expression est variable en nombre et en
est vieülie et déconseillée. genre : Ces deux jeunes filles sont arrivées
bonnes premières.
3 Ces mots ne peuvent plus de nos jours s’em¬
ployer que dans un contexte historique ou bien 4 La bailler bonne > bailler.
avec une valeur péjorative, dans une intention
5 Bonne vie et mœurs. Expression figée. Bien
polémique. On dit plutôt, actuellement, selon le
que l’adjectif bonne porte aussi sur mœurs pour
cas, communiste, communisme, communiser ou
le sens, il ne prend pas la marque du pluriel :
soviétique, soviétiser, soviétisation.
Un certificat de bonne vie et mœurs.
boléro n. m. Mot espagnol francisé. — PI. : des 6 Devant un nom de nombre. S’accorde en
boléros [-Roj. — Eviter la graphie boléro, sans nombre et en genre : Trente bons kilomètres
accent. (= trente kilomètres au moins).
7 II est bon. Se construit avec de et l’infinitif
bombyx n. m. inv. Avec un y. (Il est bon de prévoir une marge de sécurité)
ou avec que et le subjonctif : Il est bon que nous
bon, bonne adj. ou adv. Comparatif, emploi établissions une liste de contrôle. ▼ Eviter le
adverbial et expressions. tour relâché c’est bon que (au heu de il est bon
que). On écrira II est bon que l’affaire se soit
I Comparatif. Le comparatif normal est meil¬ terminée ainsi (et non C’est bon que l’affaire
leur et non *plus bon : Ce gâteau est meilleur se soit terminée ainsi).
que l’autre. De même, U est recommandé de
dire : Il me l’a donné de meilleure grâce (et non 8 II fait bon. Se construit normalement avec
de plus bonne grâce). Il est de meilleure foi que l’infinitif sans de : Il fait bon se promener au
son associé (et non de plus bonne foi). Je suis bord de l’eau au mois de juillet. Le tour il fait
venu de meilleure heure (et non de plus bonne bon de (analogique de il est bon de) est
heure). Elle est de meilleure humeur (et non déconseillé.
de plus bonne humeur). Cet article est meilleur
marché (et non plus bon marché). Cependant 9 De bonne heure. On écrira : Il est venu de
plus bon est correct dans les cas suivants. très bonne heure, de trop bonne heure, de bien
bonne heure (et non il est venu trop de bonne
1 Dans l’expression figée plus ou moins bon. heure, bien de bonne heure). — Il est venu de
meilleure heure (voir ci-dessus, I).
2 Dans une comparaison entre bon et un
autre adjectif : Il est plus bon que courageux. 10 Bon marché, à bon marché, meilleur
marché > marché.
3 Quand bon a le sens de « crédule, indul¬
gent » : Il est bien bon de croire à ces sornettes, 11 A quoi bon. Expression figée. Bon est
et plus bon encore de les admettre comme toujours invariable, meme suivi d’un nom au
excuses t pluriel ou d’un nom féminin : A quoi bon ces
tracasseries ?
4 Dans quelques expressions figées (bon
enfant, bon prince, bon vivant) : II^ est plus bon 12 Tout de bon. Signifie « réellement, vrai¬
enfant que son adjoint. Son oncle était plus bon ment » : Il s’est fâché tout de bon. Cette expres¬
vivant que lui. Il est plus bon prince que je ne sion est vieillie. Les variantes pour de bon, pour
le croyais. tout de bon appartiennent au registre familier.
» \
BONACE 116
bordelaise. Les Bordelais. Un Bordelais. Une trait d’union, un pied-bot « une personne qui
Bordelaise. — Le Bordelais: la région de a un tel pied » (Le pauvre pied-bot essayait
Bordeaux. — N. f. Une bordelaise: bouteille désespérément de suivre l’allure du cortège. Sa
ou futaille. sœur est pied-bot). — PI. ; des pieds-bots.
boréal, ale adj. Le masculin pluriel est boréaux. 1. botte n. f Chaussure. —Deux t. De même :
Il est très rare. On évitera de l’employer. botté, ée, botter, bottier, bottillon [botijo],
bottine.
borée n. m. (littéraire ou poétique ; vieilli) Le vent
du nord (un b minuscule, sauf quand il y a 2. botte n. f Faisceau : Une botte de paille. Une
manifestement personnification). — Toujours botte de poireaux. — Deux t De même :
masculin, malgré la finale en -ée. — Toujours bottelage, botteler, botteleur, euse.
sans article : Alors, borée souffla.
3. botte n. f Coup d’épée : Il porta une botte
borgne adj. On dit : Un homme borgne. Un mortelle à son adversaire. — Deux t
borgne. Le féminin est une femme borgne ou
(rare) une borgne. La forme féminine une botteler v. t. Mettre en botte : Botteler du foin.
borgnesse est pqorative et vieillie. — Conjug. 13 : je bottelle, je bottelleraL
borne n. f. On écrit, généralement, avec -s : Une Bottin n. m. Annuaire. — Deux t. Nom déposé,
avidité sans bornes. Son avarice ne connaît pas donc avec une majuscule ; Consultez le Bottin.
de bornes, n’a pas de bornes. — Prend la marque du pluriel : des Bottins.
borne frontière n. f Pas de trait d’union. — bouche, gueule Ces deux noms ne sont pas
PI. : des bornes frontières. interchangeables.
borne témoin n. f. Pas de trait d’union. — PI. : 1 On emploie bouche quand il s’agit de
des bornes témoins. l’homme (sauf dans le langage grossier), ou
bien du cheval, de l’âne, du mulet, du bœuf,
du mouton, du porc, du chameau, et, d’une
bosco n. m. (marine, familier) Maître d’équipage.
manière générale, de tous les animaux de trait,
— PI. : des boscos [-ko].
de bât, de selle ou de pâture. On emploie aussi
bouche pour les animaux aquatiques ou marins
bosse n. f Avec un trait d’union, une ronde-bosse,
(grenouille, poisson de rivière ou de mer), sauf
mais, sans trait d’union, une sculpture en ronde
quand on veut insister sur l’aspect carnassier
bosse. ou monstrueux de l’animal : La bouche d’une
carpe, d’un hareng, mais la gueule d’un
bosseler v. t. Conjug. 13: je bosselle; je brochet, d’un requin. Observer qu’en zoologie
bossellerai. on emploie bouche presque dans tous les
cas ; La structure de ta bouche du requin, du
bosseler, bossuer Au sens de « déformer par tigre.
un choc », l’emploi de bosseler est parfaitement
correct : Le choc a bosselé la plaque de tôle 2 On emploie gueule quand il s’agit d’un
(correct, car il s’agit d’un objet déformable par animal carnivore (chien, chat, serpent, cro¬
un choc). — En revanche on n’écrira pas ; Des codile, requin, épaulard, dauphin, etc.), sur¬
collines bosselaient le paysage (car il ne s’agit tout bien entendu quand il s’agit d’un fauve
pas d’un objet déformé par un choc). Dans ce (lion, tiCTe, hyène, etc.). — Eviter de dire
cas, employer bossuer : Des collines bossuaient... la gueule d’un cheval (tout à fait contraire
aux usages des cavahers). — Le mot gueule
boston n. m. Jeu de cartes ; danse. — Mot ne désigne la bouche de l’homme ^ue dans
francisé. Prononciation ; [bostS]. PI. : des bos- le langage très grossier. Est tolère cepen¬
tons [-t5] ^ Dérivé, avec deux n : bostonner. dant dans quelques expressions figées fami¬
lières : Combat de gueule (dispute). Etre fort
bot, bote [bo, bot] adj. Difforme en raison d’une en gueule. Avoir une grande gueule (avoir
malformation des muscles : Avoir un pied bot. l’habitude de parler fort, abondamment et
Le féminin bote est très rare : Main bote, hanche énergiquement). Donner un coup de gueule
bote (un seul -/-). T On écrit, sans trait d’union, (réprimande énergique). Être p»»rté sur la
un pied bot, « un pied difforme » (Il marche gueule (sur les plaisirs de la table). Une fine
péniblement, car il a un pied bot), et, avec un gueule (un fin gourmet).
BOUCHE-À-BOUCHE 118
est toujours [bojaR], jamais ♦[hwajas], — La brahmane n. m. Dans l’Inde, membre de la caste
graphie la plus conforme à l’étymologie sacerdotale. — Prononciation : [bRoman], se¬
russe serait ooïar, mais la plus usuelle est lon les dictionnaires. En fait, la prononciation
boyard. [bRaman], avec [a], est beaucoup plus usuelle et
ne peut être considérée comme incorrecte. —
boy n. m. (anglicisme) Autrefois, dans les Attention au h après le premier a. — Les
colonies, domestique indigène. — Prononcia¬ variantes bhrame et brame (pour brahmane)
tion : [boj]. — PI. : des boys [boj]. — Féminin : sont vieillies. — Mots de la même famille :
boyesse [bajes]. Brahma [bRama] (nom d’un dieu hindou),
brahman [bRaman] n. m. (principe créateur,
boyau [bwajo] n. m. Finale en -au. — PI. : des dans la religion hindouiste), brahmanique [bna-
boyaux. manik] adj. (qui appartient au brahmanisme :
Les rites brahmaniques), brahmanisme [bnama-
boycotter v. t. (anglicisme) Prononciation ; nism(a)] n. m. (religion de l’Inde), brahmaniste
[bpjkDte]. — Attention à Vy et aux deux t. De [bRamanist(a)] adj. ou n. (qui a le brahmanisme
même boycott [bojkot], boycottage [bDjk3ta3], pour religion), brahme ou brame [bRom] ou
boycotteur, euse [oDjkDtœR, oz]. — Lœ deux [bRam] n. m. (synonymes anciens de brah¬
formes (la forme anglaise boycott et la forme mane), brahmine [bRamin] ou [bRamin] n. m.
plus francisée boycottage) sont également ad¬ (forme ancienne de brahmane) ou n. f (épousé
mises et sont synonymes (= action de boycot¬ d’un brahmane).
ter). La forme boycott tend à devenir plus
fréquente. brai [bRe] n. m. Résidu de la distillation de la
houille.
boy-scout n. m. Prononciation et emploi.
braie [bne] n. f. S’emploie surtout au pluriel :
1 Prononciation : [bojskut]. La prononciation Cette statue antique représente un Gaulois vêtu
[boiskut] est un peu vieillie, mais correcte. — de braies (= pantalon gaulois).
PI. : des boy-scouts.
2 Au sens propre, le mot est vieilli. On dit brailler v. i. ou v. t. Attention au i après le
maintenant scout. Le terme boy-scout ne s’em¬ groupe -ill- à la première et à la deuxième
ploie plus que dans des comparaisons (Il est personne du pluriel de l’indicatif imparfait et
du subjonctif présent : (que) nous braillions,
naïf comme un boy-scout) ou au figuré, pour
(que) vous brailliez.
désigner un homme à la fois zélé, désireux de
bien faire et naïf (connotation péjorative).
braiment n. m. Cri de l’âne. — Pas de e
intérieur.
brabançon, onne adj. ou n. Du Brabant,
province belge. — Attention à la majuscule :
brainstorming n. m. (anglicisme) Méthode de
La population brabançonne. Les Brabançons. — travail en groupe. — Prononciation :
Avec B majuscule : La Brabançonne, hymne [bRenstoRmiq]. — PI. ; des brainstormings
national belge. [-mil]]. T En un seul mot, sans trait d’union.
brabant Charrue. — Avec un b minuscule. — brain-trust n. m. (anglicisme) Etat-major tech¬
Masculin : Un brabant tout neuf. nique d’un dirigeant. — Prononciation :
[bRcntRoest]. — PI. : des brain-trusts [-tRcest].
bracelet-montre n. m. — PI. : des bracelets- T En deux mots, avec un trait d’union.
montres.
braire v. i. Conjug. 53. Verbe très défectif. Ne
brachial, ale, aux adj. (anatomie) Du bras. — s’emploie qu’à l’infinitif et aux formes sui¬
Prononciation ; [bnakjal, al, o], avec [k]. vantes. Indicatif présent : il brait, ils braient.
Indicatif imparfait : il brayait, ils brayaient.
brachy- Préfixe (du grec brakhus « court »). Indicatif futur : il braira, ils brairont. Condi¬
Prononciation : [bnaki-], par exemple bra¬ tionnel présent : il brairait, ils brairaient.
chycéphale [bRakisefal], brachycéphalie Indicatif passé composé : il a brait, ils ont brait.
[bRakisefali]. Participe présent : brayant. ▼ Les formes en
bray- se prononcent avec [baej-] et non [baaj-] :
braconner v. i. — Deux n. De même ; bra¬ il brayait, ils brayaient [bReje], brayant [bRCja].
connage, braconnier. T Le mot braconneur
(pour braconnier) est à éviter. 1. brame n. m. Forme ancienne de brahmane.