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Compacité

Ce document présente des définitions et théorèmes sur la compacité dans les espaces métriques. Il montre qu'une partie fermée bornée d'un espace métrique est compacte, et qu'une fonction continue sur un espace compact est bornée et atteint ses bornes.

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Emmanuel Roche-Pitard
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Compacité

Ce document présente des définitions et théorèmes sur la compacité dans les espaces métriques. Il montre qu'une partie fermée bornée d'un espace métrique est compacte, et qu'une fonction continue sur un espace compact est bornée et atteint ses bornes.

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Proposition 3.6. Soit (X, d) un espace métrique compact et A une partie fermée de X.

Alors (A, d) est un


espace métrique compact.
Preuve:
Soit (an ) une suite d’éléments de A. Comme X est compact et (an ) est aussi une suite d’éléments de
X, il existe une sous-suite (ank ) qui converge vers x ∈ X ; comme A est fermé, x ∈ A, ce qui montre
Chapitre 3 que (an ) a une sous-suite convergente dans A : (A, d) est compact.
La compacité est importante pour nous en particulier parce que les fonctions continues sur les espaces
compacts ont des propriétés très fortes.

Compacité Théorème 3.7. Soit (X, d) un espace métrique compact, et f : X → R une fonction continue. Alors f est
bornée et atteint ses bornes.
Preuve:
Montrons que f atteint sa borne supérieure M = sup({f (x) : x ∈ X}) (l’argument pour la borne
Définition 3.1. Soit (X, d) un espace métrique. On dit que (X, d) est compact s’il a la propriété suivante : inférieure est symétrique, ou découle du résultat pour la borne supérieure appliqué à −f ). Par
pour toute suite (xn ) d’éléments de X, il existe une sous-suite (xnk ) qui converge dans X. définition d’une borne supérieure, il existe une suite (xn ) d’éléments de X telle que f (xn ) converge
vers M . Comme (X, d) est compact, (xn ) admet une sous-suite convergente (xnk ) ; appelons x sa
Un exemple fondamental d’espace compact est donné par un intervalle fermé borné (un segment) de R ou, limite. Alors f (xnk ) converge à la fois vers M (c’est une sous-suite d’une suite qui converge vers M )
plus généralement n’importe quelle partie fermée bornée de R. On verra plus loin, Théorème 3.9 et Corollaire et vers f (x) (par continuité de f ). Par conséquent, f (x) = M .
3.13, qu’en fait les compacts de Rn sont exactement ses parties fermées bornées.
La proposition suivante est une conséquence facile de ce théorème.
Théorème 3.2. Toute partie fermée bornée de R, en particulier tout segment, est compacte.
Proposition 3.8. Tout espace métrique compact (X, d) est borné, c’est-à-dire qu’il existe M tel que pour tout
Preuve: x, x0 ∈ X on ait d(x, x0 ) ≤ M .
Considérons une suite (xn ) d’éléments d’une partie F fermée bornée de R. Par le lemme 1.22, il Preuve:
existe une suite extraite (xnk ) qui est monotone. Comme cette sous-suite est bornée et monotone,
La fonction d : X × X → R est continue lorsqu’on munit X de la distance produit D ; en effet, elle
elle converge. Sa limite est dans F car F est fermé.
est lipschitzienne :
Proposition 3.3. Soit (X, d), (Y, D) deux espaces métriques compacts. Alors X × Y , muni de la distance
|d(x1 , x2 ) − d(x01 , x02 )| = |d(x1 , x2 ) − d(x1 , x02 ) + d(x1 , x02 ) − d(x01 , x2 )|
produit, est encore un espace métrique compact.
≤ |d(x1 , x2 ) − d(x1 , x02 )| + |d(x1 , x02 ) − d(x01 , x2 )|
Preuve: ≤ d(x2 , x02 ) + d(x1 , x01 )
Soit (xn , yn ) une suite d’éléments de X × Y . Par compacité de (X, d), on peut extraire une sous- ≤ 2D((x1 , x2 ), (x01 , x02 )).
suite (xϕ1 (k) ) qui converge vers x ∈ X. Et par compacité de (Y, D), on peut extraire de (yϕ1 (k) ) i
une nouvelle sous-suite yϕ1 (ϕ2 (l)) ii qui converge vers y ∈ Y . Comme (X ×X, D) est compact, la proposition précédente nous permet de conclure que d est bornée,
Notons ψ = ϕ1 ◦ ϕ2 . Alors la suite (xψ(l) , yψ(l) ) est telle que xψ(l) converge vers x et yψ(l) converge ce qui revient à dire que (X, d) est un espace métrique borné.
vers y, autrement dit, cette suite est une suite extraite de (xn , yn ) qui converge vers (x, y). Théorème 3.9. Dans Rn muni de la distance d∞ induite par k · k∞ , les compacts sont les fermés bornés.
Q
Corollaire 3.4. Pour tout n ∈ N, et tout a1 , . . . , an , b1 , . . . , bn , l’ensemble [ai , bi ] est un compact de Rn muni Preuve:
de la distance induite par k · k∞ .
Si A ⊆ Rn est tel que (A, d) soit compact, alors on sait que (A, d) doit être fermé dans Rn , et borné
Preuve: d’après la proposition précédente.
Réciproquement, si A est fermé borné dans Rn , alors il existe M tel que A soit contenu dans
Chacun des espaces [ai , bi ] est compact, et par récurrence on montre facilement à partir de la pro-
[−M, M ]n ; on a vu que cet ensemble est compact, et A y est fermé, donc (A, d) est compact.
position précédente qu’un produit fini d’espaces métriques compacts est compact.
Théorème 3.10. Soit (X, d) un espace métrique compact, (Y, D) un espace métrique, et f : X → Y une fonction
Théorème 3.5. Soit (X, d) un espace métrique, et A un sous-ensemble compact de X (c’est-à-dire que (A, d) continue. Alors f (X) est un sous-ensemble compact de Y .
est un espace métrique compact). Alors A est fermé dans X.
Notons que, une fois qu’on sait que les sous-ensembles compacts de R sont les fermés bornés, ce résultat
Preuve: généralise le théorème 3.7.
Soit (xn ) une suite d’éléments de A qui converge vers x ∈ X ; on doit prouver que x ∈ A. Comme A Preuve:
est compact, il existe une sous-suite (xnk ) qui converge vers a ∈ A ; et (xnk ) converge toujours vers Soit (yn ) une suite d’éléments de f (X). Pour tout n on peut choisir xn tel que f (xn ) = yn , et
x. Par unicité de la limite, x = a ∈ A. ensuite on peut extraire une sous-suite convergente (xnk ) de la suite (xn ). Par continuité de f , la
Réciproquement, on a le résultat suivant. suite ynk = f (xnk ) converge vers y = f (x).

i. Pourquoi n’extrait-on pas de (yn ) ? Théorème 3.11 (Théorème de Heine). Soit (X, d) un espace métrique compact, (Y, D) un espace métrique, et
ii. Pourquoi ϕ1 (ϕ2 (l)) et pas ϕ2 (ϕ1 (k)) ? f : X → Y une fonction continue. Alors f est uniformément continue.

11 12
Preuve: Preuve:
On va montrer la contraposée : si f n’est pas uniformément continue, alors f n’est pas continue. On doit montrer que la fonction g = f −1 est continue. Soit F un fermé de X ; il nous suffit de
Supposons donc que f ne soit pas uniformément continue, c’est-à-dire qu’il est faux que montrer que g −1 (F ) est fermé dans Y . Pour cela, notons que

∀ε > 0 ∃δ > 0 ∀x, x0 ∈ X d(x, x0 ) < δ ⇒ D(f (x), f (x0 )) < ε . g −1 (F ) = {y ∈ Y : g(y) ∈ F } = {y ∈ Y : f −1 (y) ∈ F } = f (F ) .

Autrement dit, notre hypothèse est que D’après le théorème 3.10, f (F ) est compact ; comme les compacts sont fermés, on en déduit bien
0 0 0
que g −1 (F ) = f (F ) est fermé, ce qu’il fallait démontrer.
∃ε > 0 ∀δ > 0 ∃x, x ∈ X d(x, x ) < δ et D(f (x), f (x )) ≥ ε .

Fixons ε > 0 comme ci-dessus. Pour tout n ∈ N∗ , on sait qu’il existe xn , x0n tels que d(xn , x0n ) <
n et D(f (xn ), f (xn )) ≥ ε.
1 0

Comme l’espace produit X × X est compact, on peut extraire une sous-suite convergente (xnk , x0nk )
de la suite (xn , x0n ) ; la suite xnk converge vers x ∈ X, et la suite x0nk converge vers x0 ∈ X.
Puisque nk → +∞ et d(xnk , x0nk ) ≤ n1k , on doit avoir x = x0 . Mais on a aussi D(f (xnk ), f (x0nk )) ≥ ε
pour tout k : il est impossible que les deux suites f (xnk ) et f (x0nk ) convergent vers f (x), par
conséquent f n’est pas continue en x.

Théorème 3.12. Toutes les normes sur Rn sont équivalentes.

Preuve:
Soit N une norme sur Rn . On va montrer que N est équivalente à k · k∞ ; alors toutes les normes
sont équivalentes à k · k∞ , donc elles sont toutes équivalentes.
Notons e1 , . . . , en la base canonique de Rn , et M = max({N (ei ) : 1 ≤ i ≤ n}). Alors on a, pour
x = (x1 , . . . , xn ) :

N (x) = N (x1 e1 + . . . + xn en )
≤ |x1 |N (e1 ) + . . . + |xn |N (en )
≤ M (|x1 | + . . . + |xn |)
≤ [Link]∞ .

Cela nous donne une des deux inégalités nécessaires pour montrer que N est équivalente à k · k∞ ;
cette inégalité implique aussi que N : (Rn , d∞ ) → R est lipschitzienne et donc continue :

∀x, x0 ∈ Rn |N (x) − N (x0 )| ≤ N (x − x0 ) ≤ M nkx − x0 k∞ .

On a vu que les fermés bornés de (Rn , d∞ ) sont compacts ; par conséquent, l’ensemble

S = {x ∈ [−1, 1]n : ∃kxk = ±1}

(la sphère unité pour k · k∞ ) est compact, et comme N y est continue, elle y atteint son minimum
m ; notons que, comme 0 6∈ S, m > 0. Soit maintenant x ∈ Rn un vecteur non nul ; le vecteur kxkx ∞
appartient à S, et on a donc N ( kxkx ∞ ) ≥ m.
Autrement dit, pour tout x ∈ Rn on a mkxk∞ ≤ N (x) (cette inégalité est bien sûr aussi vraie pour
x = 0), et on a fini de prouver que N et k · k∞ sont équivalentes.

Corollaire 3.13. Pour n’importe quelle distance induite par une norme sur Rn , les compacts de Rn sont les
fermés bornés.

Exercice 3.14. Soit (X, d) un espace métrique, et (xn ) une suite d’éléments de X qui converge vers x ∈ X.
Montrer que l’ensemble {xn : n ∈ N} ∪ {x} est compact.

Définition 3.15. Soit (X, d), (Y, D) deux espaces métriques. Une fonction f : X → Y est un homéomorphisme
si f est une bijection telle que les fonctions f et f −1 soient continues.

Proposition 3.16. Soit (X, d), (Y, D) deux espaces métriques compacts, et f : X → Y une bijection continue.
Alors f −1 est nécessairement continue, autrement dit, f est un homéomorphisme.

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