Compatibilité Électromagnétique - Introduction
Compatibilité Électromagnétique - Introduction
Introduction
par Francis CHAUVET
Professeur d’Université
Institut Universitaire de Technologie de Toulouse et Laboratoire d’Automatique
et d’Analyse des Systèmes (LAAS) du CNRS
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L’équation :
+∞
x ( t ) = C0 + ∑ 2 C n cos ( n ω 0 t + ϕ n )
n=1
τ sin ( n π τ / T ) sin ( n π τ r / T )
2 C n = 2A ------
- ------------------------------------- -------------------------------------
T n πτ / T n π τr / T
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5.2 Couplage par champ à quelle distance celle-ci est située, et quelles sont les longueurs
d’onde des radiations qu’elle émet. Précisons que la distinction entre
zone de champ proche et zone de champ lointain ne présente pas
5.2.1 Couplage en champ proche la même spécificité lorsqu’on a affaire à des rayonnements électro-
magnétiques d’antennes intentionnelles ; avec celles-ci, comme il
Ainsi qu’on l’apprend en électromagnétisme, les caractéristiques
s’agit de transmettre de l’énergie EM, le récepteur est supposé être
du champ électromagnétique rayonné par une source de radiations
dans la zone de champ lointain de l’émetteur.
varient en fonction de la distance qui sépare la source de radiations
du lieu où le champ est observé. Près de la source, le champ
électromagnétique rayonné dépend essentiellement des caractéris-
tiques de la source : les termes les plus grands des composantes 5.3 Couplage par boucle de masse
électriques et magnétiques du champ EM varient en 1/r 3 et 1/r 2.
Cette région est appelée la zone de rayonnement en champ proche
À proprement parler, les couplages par boucle de masse ne
ou zone d’induction. Dans cette région, les champs e et h peuvent
constituent pas une catégorie de couplage fondamentalement
être considérés séparément. Suivant la composante du champ EM
différente des précédentes. La particularité d’une boucle de masse
qui entraîne les effets les plus grands, on parle de couplage par induc-
est d’apparaître dans des situations tout à fait ordinaires. Comme
tion électrique ou de couplage par induction magnétique. Un
le montre les figures 11, une boucle de masse apparaît lorsque deux
couplage par champ électrique traduit l’existence de lignes de flux
systèmes interconnectés par une ligne de transmission sont chacun
d’induction électrique qui partent de la source de perturbation pour
mis à la masse. Cette mise à la masse peut être directe (figure 11a ),
aboutir sur le récepteur victime ; un tel couplage se modélise par
ou bien s’effectuer par capacité parasite (figure 11b ).
une capacité dite parasite. Un couplage par champ d’induction
magnétique correspond à un récepteur qui est traversé par des lignes
de flux d’induction magnétique générées par une source de
perturbation ; un tel couplage se représente par une inductance
mutuelle. Le terme diaphonie (crosstalk dans la terminologie
anglo-saxonne) est aussi couramment utilisé pour désigner les
couplages dans cette zone.
Pour des sources rayonnantes de très petites dimensions par
rapport à la longueur d’onde λ0 de la radiation émise, la zone de
champ proche s’étend, à partir de la source, jusqu’à une distance
d’environ λ 0 /2π. Pour des structures rayonnantes telles que celles
que l’on rencontre dans les problèmes de CEM, une valeur plus
réaliste pour la limite de cette zone consiste à choisir la plus grande
valeur des deux distances suivantes : 3 λ 0 et 2D 2 / λ 0 , D représentant
la plus grande dimension géométrique de la source rayonnante ;
3 λ 0 est généralement utilisé pour des antennes filaires et 2D 2 / λ 0
pour des antennes à surfaces rayonnantes.
5.2.3 Remarques
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Lors d’un couplage par boucle de masse, il apparaît une définir de stratégie pour résoudre le problème auquel on est
différence de potentiel entre les références de potentiel des deux confronté. On peut dire que, dès qu’un problème d’IEM est identifié,
systèmes. Cette différence de potentiel entre les deux références il peut être considéré comme pratiquement résolu.
peut avoir deux origines :
— la circulation dans le plan de masse d’un courant i G , externe
aux deux systèmes ➀ ; 6.2 Problèmes de non-idéalité
— la présence d’un champ d’induction magnétique externe
( t ) = B 0 exp ( j ω t ) traversant la boucle de masse ➁ . Dans le
des composants et de non-localisation
premier cas, la circulation du courant i G à travers la résistance RG
des champs
de la masse crée une différence de potentiel V G = R G I G ; dans le En compatibilité électromagnétique, on ne peut se permettre
deuxième cas, le champ d’induction magnétique b ( t ) entraîne, d’ignorer la résistance des conducteurs électriques, pas plus qu’on
d’après la loi de Faraday (e = – d ϕ /dt ), l’apparition d’une tension vG ne peut considérer que les champs électriques ou magnétiques sont
exclusivement confinés dans les condensateurs ou les inductances.
dont la valeur complexe temporelle est :
Il s’ensuit notamment que toutes les liaisons électriques sont non
G ( t ) = j ω B 0 A cos θ exp ( j ω t ) seulement résistives mais aussi inductives et capacitives, et qu’un
plan de masse, en raison des courants qui y circulent, ne peut être
θ représentant l’angle d’incidence du champ sur la boucle, A l’aire théoriquement une équipotentielle. Il s’ensuit encore que les
de celle-ci et ϕ le flux d’induction magnétique la traversant. condensateurs, ne serait-ce qu’en raison de leurs connexions,
Ainsi que le montre la figure 11a, les couplages par boucle de possèdent une inductance ; que les résistances et les inductances
masse font apparaître des signaux parasites de mode commun. Au ont une capacité, ce qui entraîne chez ces dernières, l’existence d’une
niveau interconnexion d’équipements, des boucles de masse de fréquence de résonance propre. Dans le même ordre d’idée, on peut
grande surface peuvent apparaître lorsque les équipements sont encore ajouter que le moindre bout de fil et la moindre boucle se
éloignés et qu’ils sont alimentés en énergie par le réseau secteur. comportent comme des antennes non conventionnelles ; il s’ensuit
En effet les règles de sécurité électriques imposant que les masses que leurs effets sont difficiles à calculer, car les hypothèses effec-
métalliques de ces équipements soient réunies à la terre, des tuées dans le cadre de la théorie des antennes classiques ne leur
boucles de masse de très grande surface peuvent apparaître ; des sont pas en général applicables. Tout cela crée, chez le non-spécia-
phénomènes basse fréquence, notamment à 50 Hz, peuvent s’y liste, une énorme difficulté à appréhender les problèmes qui se
développer. Ainsi que nous le verrons dans le paragraphe 9, les posent en compatibilité électromagnétique.
couplages par boucle de masse sont difficiles à maîtriser en basse
fréquence.
6. Difficultés de résolution
des problèmes d’IEM
Ainsi que le montre la figure 12, les techniques permettant de
résoudre les problèmes d’interférences magnétiques sont parfaite-
ment connues, et toujours les mêmes, quel que soit le niveau de
complexité du système électrique et / ou électronique considéré.
Chacun sait, en effet, que, pour lutter contre les couplages par
impédance commune, il faut effectuer des routages de connexion
(de masse ou autre) convenables, qu’il faut étudier soigneusement
le trajet de retour des courants si l’on veut mettre en place des
découplages efficaces et qu’il faut utiliser des filtres (sur le secteur
en particulier) pour remédier aux couplages par conduction. On sait
aussi que, pour combattre les effets des couplages par champ, à
quelque catégorie qu’ils appartiennent, il faut utiliser des blindages Figure 12 – Diagramme de synthèse des perturbations
et/ou éloigner le récepteur victime de la source de bruit. électromagnétiques
Cependant, bien que les méthodes de prévention ou de réduc-
tion des perturbations électromagnétiques soient parfaitement
connues, les problèmes d’interférences électromagnétiques n’en
restent pas moins difficiles à résoudre, et cela à cause d’un certain
nombre de difficultés.
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Chaque fois que la sortie d’une porte logique change d’état, par
exemple la porte 1, afin de charger les capacités vues par sa sortie,
une impulsion de courant de courte durée ∆i1 est tirée de la source
d’alimentation. Ce phénomène d’impulsion de courant est encore
plus marqué dans les circuits logiques qui possèdent un étage de
sortie du type « totem pole » car, outre l’impulsion de courant
précédente, durant la transition, pendant un court instant, les deux
transistors du totem pole sont simultanément passants, ce qui tend
à faire un court-circuit sur la source d’alimentation.
Pour préciser les ordres de grandeur, prenons l’exemple d’une
connexion d’alimentation caractérisée par une inductance propre de
200 nH (l’inductance propre d’une connexion classique est estimée à
environ 8 nH/cm), et par une résistance R de 80 mΩ ; considérons une
impulsion de courant ∆i1 de 8 mA et de durée ∆t de 4 ns – valeurs tout
à fait classiques. À la borne d’alimentation de la porte logique, il
Figure 17 – Méthodes de mise à la masse apparaît une variation ∆v1 de sa tension d’alimentation v1 égale à :
∆i 1
∆v 1 = – R∆i 1 – L ----------
∆t
analogiques sensibles (électroniques de petits signaux, récepteurs
de lignes), les masses bruyantes (électronique numérique, relais, ∆i 1
moteurs), les masses mécaniques (châssis, blindages), etc. Avec des avec R∆i 1 = 640 µV et L ---------- = 400 mV.
ensembles de cartes de circuits imprimés, il est parfois nécessaire ∆t
de maintenir la séparation des différentes catégories de masse, non On remarque l’effet important de l’inductance propre. Si, en plus,
seulement jusqu’à leur connecteur, mais aussi jusqu’à leur source plusieurs portes sont branchées sur le même fil d’alimentation et
d’alimentation, où toutes les différentes catégories de masse sont commutent en même temps, les amplitudes vont s’ajouter, et le risque
finalement reliées. de voir apparaître des erreurs logiques grandit.
Afin d’éviter l’apparition de ces transitoires sur les fils
9.1.3 Influences des inductances propres : d’alimentation, on place, le plus près possible des bornes de
capacités de découplage connexion d’alimentation du circuit qui commute, des capacités dites
de découplage. Ces capacités de découplage constituent des
réservoirs de charges électriques chargés de suppléer la source
Généralement, dans un couplage par impédance commune, d’alimentation durant le transitoire, puisque l’inductance propre de
lorsque le conducteur impliqué doit véhiculer des courants la connexion d’alimentation empêche celle-ci de tenir son rôle. La
impulsionnels à fronts rapides, comme ceux que l’on rencontre en perte de charge électrique de la capacité de découplage durant la
électronique numérique ou dans les phénomènes de décharges commutation (∆i1 · ∆t ) entraîne aux bornes du circuit qui commute
électrostatiques, les effets liés à l’inductance propre de ce une variation ∆v1 de sa tension d’alimentation égale à :
conducteur sont souvent prépondérants par rapport à ceux crées par
sa résistance. Pour analyser ces effets, au lieu de considérer un ∆i 1 ⋅ ∆t
couplage par impédance commune se manifestant dans les ∆v 1 = ---------------------
-
C
connexions de masse, prenons (figure 18) le cas d’un couplage par
impédance commune apparaissant dans les connexions La valeur de la capacité de découplage se calcule en fonction de
d’alimentation d’un circuit numérique. la variation ∆v1 que l’on tolère (5 % en général). La figure 18b
représente une telle capacité de découplage.
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L’efficacité des capacités de découplage est liée à l’étude du trajet appartiennent à la catégorie des capacités dites mutuelles. La
des courants durant les transitoires. Leur efficacité est d’autant plus figure 20 schématise la signification physique d’une capacité para-
grande que les surfaces des boucles de courant qu’elles définissent site et son modèle équivalent.
avec l’élément qui commute sont plus petites. Il existe dans le
commerce des capacités de découplage spécialement conçues pour
réduire au minimum la surface de cette boucle : les capacités
MICRO/Q de Rogers (cf. Pour en savoir plus [Doc. E 3 750]) ; ces
capacités se placent entre le circuit intégré et la carte de circuit
imprimé et s’enfichent dans les mêmes trous que les bornes de
masse et d’alimentation du circuit intégré. En outre, en plaçant des
perles de ferrites sur les fils d’alimentation, grâce à l’inductance pro-
pre qu’elles apportent, un filtrage supplémentaire des transitoires
résiduels peut être obtenu. Les perles de ferrites offrent, par ailleurs,
un autre avantage : elles ont la propriété d’introduire dans la
connexion où elles sont placées, uniquement en haute fréquence,
une résistance série qui accroît l’effet de filtrage, sans provoquer de
chute de tension en continu car en basse fréquence cette résistance
n’existe pas. En annexe (§ 10), nous avons donné les expressions
de l’inductance propre et de la capacité par unité de longueur de
quelques lignes de transmission classiques.
9.2.1 Généralités
Les capacités parasites sont la cause des couplages capacitifs ou
par induction électrique. Une capacité parasite entre deux matériaux
traduit l’existence de lignes de flux électriques qui partent d’un de
ces matériaux pour aboutir sur l’autre ; les capacités parasites
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VN j ω R 2 C 12
------------ = --------------------------------------------------------
V S1 1 + j ω R 2 ( C 12 + C 2G )
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ce qui, en repassant dans le domaine temporel, conduit à : Figure 23 – Réponse temporelle d’un couplage capacitif à une source
de perturbation variant linéairement durant ses transitions
t – tr
E t
v N ( t ) = ----R 2 C 12 1 – exp – ----
tr τ U ( t ) – 1 – exp – -----------
τ U (t – t r)
ϕ = Li, L désignant l’inductance propre. L’inductance propre possède
où τ représente la constante de temps égale à R2 (C12 + C2G ) et une signification qui est rattachée à la totalité de la boucle dans
U (t ) la fonction échelon unitaire [U (t ) = 0 pour t < 0 et 1 ailleurs]. laquelle circule le courant et, si l’on associe une inductance linéique
à un fil, il ne faut pas oublier que sa valeur dépend des caractéris-
La tension de bruit v N (t ) est proportionnelle : tiques géométriques de la totalité de la boucle. Nous avons indiqué
— à E /t r qui représente la dérivée temporelle du signal pertur- en annexe (§ 10) les expressions des inductances linéiques de
bateur durant sa transition ; quelques lignes de transmissions ordinaires.
— à C12 la capacité entre fils ; Lorsque des lignes de flux d’un champ magnétique extérieur,
— à la résistance de charge équivalente R 2 du circuit victime. variable dans le temps, traversent une maille d’un circuit
La tension de bruit v N (t ) croît comme [1 – exp (– t / τ )] jusqu’à t = t r électrique, une tension est induite dans cette maille. D’après la loi
où elle atteint sa valeur maximale définie par : de Faraday, cette source de tension induite v N (t ) est égale à :
E vN (t ) = – d ϕ /dt
V max = ------R 2 C 12 [ 1 – exp ( – t r / τ ) ]
tr d ϕ / dt représentant la vitesse de variation du flux d’induction
magnétique ϕ (t ) qui traverse une surface ouverte quelconque
Elle décroît ensuite exponentiellement avec la même constante s’appuyant sur le contour de la maille, le signe « moins » indiquant
de temps τ. que la polarité de la source de tension induite est telle que le courant
électrique qu’elle engendre produit des effets magnétiques qui
s’opposent à ceux qui lui ont donné naissance (loi de Lenz). Le flux
9.3 Couplage par induction magnétique d’induction ϕ est défini par l’intégrale de surface :
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La tension N ( t ) qui est induite dans cette boucle est : Inversement, pour représenter l’action du circuit ➁ sur le circuit ➀,
un coefficient M21 peut être défini et une tension v N1 (t ) peut être
d
N ( t ) = --------
dt A
b ⋅ n ds
introduite dans le circuit ➀ pour représenter l’effet du courant i 2 dans
ce circuit ; on montre (théorème de réciprocité) que : M12 = M21 = M.
Il s’ensuit que :
d
= – -------- [ B 0 exp ( j ω t ) cos ( θ )A ]
dt v N2 v N1
M = ------------------- = --------------------
= j ω B 0 A cos ( θ ) exp ( j ω t ) di 1 / dt di 2 / dt
θ étant l’angle formé par les vecteurs b et n . L’inductance mutuelle M est fonction de la géométrie des boucles
où circulent les courants et de la perméabilité du milieu qui les
Cette expression de la tension induite N ( t ) montre que l’ampli- environne. M est positif ou négatif suivant que les flux qui résultent
tude d’un couplage magnétique peut être réduite de trois manières de l’inductance propre et de l’inductance mutuelle sont de même
différentes : sens ou de sens contraire. En analyse de circuits électriques, pour
— en diminuant l’aire de la boucle victime A, ce qui peut être préciser le signe de M, on représente un point à côté de l’une des
réalisé en rapprochant l’un de l’autre les fils d’aller et de retour de extrémités de chaque inductance ; si les courants qui circulent dans
la ligne, ou mieux en les torsadant ; les deux boucles pénètrent dans les inductances par l’extrémité qui
— en agissant sur le terme cos θ, c’est-à-dire en orientant est repérée par le point, le coefficient M est considéré positif, il est
convenablement le plan de la boucle par rapport à la direction de négatif dans le cas contraire.
la densité de flux magnétique b (t ) ;
— en diminuant la valeur de B0 , c’est-à-dire en éloignant l’une 9.3.2 Couplage magnétique entre deux lignes simples
de l’autre la boucle victime et la source de bruit qui génère B0 ou
en plaçant un blindage magnétique entre elles.
La figure 26a représente le couplage magnétique entre deux
Les couplages magnétiques peuvent aussi s’analyser en utilisant lignes simples. En régime sinusoïdal permanent, conformément aux
la notion d’inductance mutuelle. Lorsqu’un courant électrique i 1 notations de la figure 26b, le comportement du système peut être
traverse un circuit, il engendre un flux d’induction ϕ1 ; si ϕ12 représenté par la paire d’équations suivante :
représente la fraction de ce flux qui est embrassée par un
deuxième circuit, par définition l’inductance mutuelle M12 est égale V S1 = ( R S1 + R 1 ) I 1 + jL 1 ω I 1 + jM ω I 2
à:
ϕ 12 0 = ( R S2 + R 2 ) I 2 + jL 2 ω I 2 + jM ω I 1
M 12 = ----------
i1
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où R2 = RS2 + R 2 .
Les variations du module de cette fonction de transfert en fonc-
tion de la pulsation sont représentées sur la figure 26c.
Notons que l’expression de la fonction de transfert du couplage
magnétique entre deux lignes simples est de la même forme que
le couplage capacitif entre ces lignes. Cependant, à la différence du
couplage capacitif, où les perturbations en tension qui apparaissent
aux bornes des impédances terminales RS2 et R 2 sont de même
polarité, dans le couplage magnétique, comme on peut s’en rendre
compte en considérant la figure 25, les perturbations en tension aux
bornes de ces impédances sont de polarité opposée. Cette particu-
larité peut être utilisée pour distinguer un couplage capacitif d’un
couplage magnétique.
Dans l’analyse que nous venons de présenter, nous avons ignoré
le couplage capacitif ; or le couplage capacitif existe puisque la ligne
perturbatrice est au potentiel V S1 . On peut obtenir en basse
fréquence le couplage global, en superposant les effets des
couplages capacitifs et magnétiques considérés isolément ;
C. Paul [2] a étudié les conditions de validité d’une telle approche.
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∂ V S(z ) i
----------------------- + Z I ( z ) = E z ( h, z )
∂z
∂ I (z )
------------------ + Y V S ( z ) = 0
∂z
Figure 29 – Illumination d’une ligne de transmission
E i est le champ électrique incident, c’est-à-dire celui qui existe- par une onde EM plane
rait en l’absence de la ligne, mais qui prend en compte les
réflexions provoquées par le plan de masse, le champ électrique
total étant composé du champ électrique incident E i et du champ
électrique diffracté E S par la ligne. Les conditions aux limites qui
sont associées à cette paire d’équations sont :
h
i
V S(0) = – Z 1 I (0) + E x ( x, 0 ) d x
0
h
i
V S() = Z 2 I () + E x ( x, ) d x
0
et E x ( x, ) .
Ainsi, l’étude du couplage entre une onde électromagnétique
plane et une ligne de transmission plane se ramène à l’étude de trois
cas d’incidence fondamentaux qui sont les cas où :
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2π ε 0 ε r 2h π ε0 εr D
C ( F / m ) = ------------------- pour --------- >> 1 C ( F / m ) = ---------------------- pour ------ >> 1
4h d
2D d
ln ------- ln ----------
d d
µ0 µr µ0 µr
4h 2D
L ( H / m ) = -------------- ln ------- L ( H / m ) = -------------- ln ----------
2π d π d
2h 2
π ε 0 ε r ln 1 + --------- D 4h
C 12 ( F / m ) = ----------------------------------------------------------
- pour --------- >> 1
4h 2 d
ln -------
d
µ0 µr 2h
2
M ( H / m ) = -------------- ln 1 + ---------
4π D
1
ε 0 = ------------- 10 –9 F / m = 8,8 pF / m
36 π
µ 0 = 4π10 –7 H / m
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P
O
U
Compatibilité électromagnétique R
Introduction E
N
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électromagnétique, principes et applications).
686 p., Marcel Dekker (1991).
MARDIGUIAN (M.). – Interference control in [8]
(1978).
SMITH (A.A.). – Coupling of external electro-
Bimensuel, USA, depuis 1982 (au moins).
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U
computers and microprocessor-based equip-
ment (Contrôle des interférences dans les
calculateurs et les équipements à base de
m a g n e t i c fi e l d s t o t r a n s m i s s i o n l i n e s
(Couplage des champs électromagnétiques
externes aux lignes de transmission).
numéros spéciaux sur la CEM : no 10, nov. 1991 et
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n 11, déc. 1991. S
2e édition, 142 p., ICT/DWCI-Holland (1987). Actes de symposium
microprocesseurs). ICT/DWCI-Holland (1984).
Proceedings of the 19xx IEEE International Sym-
posium on Electromagnetic Compatibilité. Annuel,
depuis 1979 (au moins).
9 - 1993
Doc. E 3 750
Norme IEC
E Norme européenne
Aucune
N prEN 50081-2
EN 55011
Norme générique : équipement en zone industrielle
Appareils industriels, scientifiques et médicaux à fréquence radioélectrique
Aucune
CISPR 11
EN 55013 Récepteurs de radiodiffusion et des appareils associés CISPR 13
Émission EN 55014 Appareils électrodomestiques, outils portatifs et appareils similaires CISPR 14
S EN 55015
EN 55022
Lampes à fluorescence et luminaires
Appareils de traitement de l’information
CISPR 15
CISPR 22
A EN 60555 Perturbations produites dans les réseaux d’alimentation par les appareils électrodomestiques
et analogues
CEI 555
V prEN 50082-1
prEN 50082-2
Norme générique : équipements en zone résidentielle, commerciale et industrie légère
Norme générique : équipement en zone industrielle
Aucune
Aucune
O Immunité
EN 55020
prEN 55101-2
Récepteurs de radiodiffusion et des appareils associés
Appareils de traitement de l’information : décharges électrostatiques (DES)
CISPR 20
Aucune
I prEN 55101-3
prEN 55101-4
Appareils de traitement de l’information : champ radioélectrique rayonné
Appareils de traitement de l’information : transitoires électriques rapides en salves
Aucune
Aucune
R (1)
HD 481 (2)
prEN : désignation provisoire.
Processus industriels, mesure et équipement de commande CEI 801
P
L Constructeurs. Fournisseurs
Rogers Corporation. Circuit Components Division.