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SYNTHÈSES - TUYAUX - QUESTIONS D’EXAMENS
ET BIEN PLUS ENCORE
Introduction au
Droit Pénal et à la
Criminologie
Bac 1 premier quadrimestre année 2019-2020
Aboubacar Ismaël S190099
Cours dispensé par Adrien Masset
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
INTRODUCTION AU DROIT PENAL ET A LA CRIMINOLOGIE 16
TITRE 1. INTRODUCTION GÉNÉRALE 16
CHAP.1 LE PHENOMENE CRIMINEL 16
1) Le phénomène criminel 16
1. Sa permanence et son importance 16
2. L’interpellation que comporte le phénomène criminel 16
3. L’analyse scientifique du phénomène criminel 16
2) Le crime 17
1. Définition 17
2. La variabilité des critères du crime 17
I. Le critère législatif 17
II. Le critère judiciaire 17
[Link] critère populaire 17
IV. La théorie des messieurs MERLE et VITU 18
a) L’intolérabilité du crime 18
b) Le trouble social 18
c) Le seuil Criminel 18
3) Le criminel et comment on le devient 18
1. Définition 18
2. L’apport des sciences humaines 18
3. Les facteurs prédisposants : La criminogenèse 18
I. Les facteurs anthropologiques et biologiques 19
II. Les facteurs socioculturels 19
[Link] facteurs psychiques 19
4) La réaction sociale 19
CHAP.2 APERÇU HISTORIQUE DES IDEES ET DE LA REALITE PENALE 20
1) Le Droit Pénal 20
1. L’histoire de la répression et ses idées sous-jacentes 20
1er période : La justice vengeance 20
2ème période : La justice expiatoire et exemplaire 20
3ème période : La justice utilitaire 20
2. Les courants de pensée de la justice utilitaire 21
I. L’école classique 21
II. L’école positive 21
III.L’école néo-classique 21
IV. L’école de défense sociale 21
V. L’école d’Utrecht 21
1
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
Le corset de l’égalité les articles 12 et 14 de la constitution belge de 1831 21
2) La procédure pénale 22
1. Le système accusatoire 22
2. Le système inquisitoire 22
3. Le système mixte 22
3) La situation présente 24
1. Les constatations de fait 24
I. Une inflation des lois pénales 24
II. Une inflation de la criminalité 24
III.L’échec de la répression 24
IV. L’échec des sanctions 24
2. L’état des idées 24
I. La tendance répressive 24
II. La tendance abolitioniste 24
[Link] tendance humaniste 25
3. La problématique d’une réforme 25
I. La réforme du droit pénal général 25
II. La réforme du droit pénal spécial 25
[Link] réforme de la procédure pénale 25
TITRE 2. LA LOI PENALE 26
CHAP.1 LA DEFINITION DU DROIT PENAL, SON BUT ET SON OBJET 26
1) La définition du Droit Pénal 26
2) Le but du Droit Pénal 26
3) Objet ou le contenu du Droit Pénal 27
CHAP. 2 LES SOURCES DU DROIT PENAL 27
1) Le principe de la légalité du Droit Pénal 27
2) Les différentes sources et leur hiérarchie en Droit Pénal 27
1. Les différentes sources formelles et leur hiérarchie 27
I. Les traités internationaux, pour ce qui concerne les dispositions directement
applicable 27
II. La constitution belge 28
[Link] loi fédérale, les décrets des communautés et des régions 29
IV. Les principes généraux du Droit 29
V. Les règlements généraux et locaux 30
2. Le rôle de deux sources informelles : La jurisprudence et le doctrine 30
I. La jurisprudence 30
II. La doctrine 30
CHAP. 3 LA LOI PENALE PROPREMENT DITE 30
2
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
1) (Les antécédents historiques) 30
2) Le code pénal, les lois complémentaires, les lois spéciales et les 100 à 100ter
du code pénal 30
1. Le code pénal 30
2. Les lois complémentaires 31
3. Les lois spéciales 31
4. Les articles 100 à 100ter du code pénal 31
3) Les caractères généraux de la loi pénale 33
1. Le Droit Pénal est un Droit écrit : principe de la légalité du Droit Pénal 33
2. La loi pénale est de stricte interprétation 33
3. La loi pénale est d’ordre public 33
4. Les lois pénales sont générales 34
5. La loi pénale est exceptionnelle 34
CHAP. 4 L’INTERPRETATION DE LA LOI PENALE 34
1) Principe 34
2) Que signifie « interpréter » ? 34
3) Qui interprète la loi pénale 34
1. L’interprétation authentique : interprétation par le législateur 34
2. L’interprétation doctrinale : interprétation par la doctrine 35
3. L’interprétation judiciaire : Interprétation par les tribunaux 35
4) Comment le juge peut-il interpréter ? 36
1. Le principe de l’interprétation strict ou restrictive du Droit Pénal 36
I. L’interprétation littérale ou grammaticale ou textuelle 36
II. L’interprétation téléologique 36
III.L’interprétation évolutive 37
2. Prohibition, en principe, de l’interprétation analogique 37
5) « Le doute profite à l’accusé » 38
CHAP. 5 L’AUTONOMIE DU DROIT PENAL 38
1) La position du problème 39
2) La position de la doctrine 39
3) La position de la jurisprudence 39
CHAP. 6 LE DOMAINE DE LA LOI PENALE 40
1) Le domaine de la loi pénale dans le temps 40
1. La position du problème-Exemple 40
2. Les règles énoncées par l’article 2 du C.P. 40
er
I. Le principe de la non-rétroactivité de la loi pénale plus sévère (art.2, al.1 ) 40
a) Principe et fondement 40
b) Exemples 40
3
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
c) Force obligatoire 40
d) Exceptions 41
II. Le principe de rétroactivité de la loi pénale plus douce (art.2, al. 2) 42
a) Principe et fondement 42
b) Exemples 42
c) La force obligatoire 42
d) Exceptions 42
e) La détermination de la loi pénale plus douce ou moins sévère 43
2) Le domaine de la loi pénale dans l’espace Art. 3 et 4 du C.P. 43
1. Le principe de territorialité 43
2. La définition du territoire 44
3) Le domaine de la loi pénale quant aux personnes 44
TITRE 3 L’INFRACTION 45
CHAP.1 DEFINITION ET DIVISION TRIPARTITE DES INFRACTIONS 45
1) Définition 45
2) La division tripartite des infractions 45
1. Principes : Art. 1 C.P. 45
2. Intérêt de cette classification 46
I. Du point de vue de la compétence 46
II. Du point de vue répressif 46
[Link] point de vue de la procédure pénale 46
3. La détermination judiciaire définitive de la nature des infractions 46
CHAP.2 ELEMENTS CONSTITUTIFS DE L’INFRACTION 47
1)Principe 47
2)L’auteur 47
[Link] : Seule une personne physique peut être l’auteur d’une infraction 47
[Link] loi du 4 Mai 1999 instaurant la responsabilité pénale des personnes morale
48
I. Exemple 48
II. Les solutions adoptées avant la loi du 4 Mai 1999 48
[Link] régime de la responsabilité pénale des personnes selon la loi du 4 Mai
1999 48
a) Introduction : 48
b) Quelles sont les personnes morales concernées ? 49
c) Le cumul ou non des responsabilités pénales : 49
3. La loi du 11 Juillet 2018 modifiant la responsabilité pénale des personnes
morales 50
I. Le nouveau texte de loi- application de la loi dans le temps 50
4
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
II. La genèse de la réforme de l’article 5 du C.P. 51
III. Le régime de la responsabilité pénale des personnes morale depuis la loi du 11
Juillet 2018 51
3) La victime 51
1. Le principe 51
2. Conséquence 51
4) L’élément matériel 51
5) L’élément moral 52
1. Introduction 52
I. Notion générale 52
II. Elément moral et imputabilité morale 52
[Link]ément moral et mobiles 52
2. L’élément moral dans différentes catégories d’infractions 52
I. Les infractions intentionnelles : Le Dol 52
II. Les infractions non intentionnelles : La Faute 53
III. Comment déterminer l’élément moral requis pour chaque infraction
53
IV. Le problème des infractions règlementaires 53
CHAP.3 L’INCRIMINATION 54
1) Les différentes catégories d’infractions au point de vue de l’incrimination, de
la poursuite et du jugement 54
1. L’infraction instantané et l’infraction continue 54
2. L’infraction simple et l’infraction collective 55
3. L’infraction d’habitude 55
4. L’infraction de Droit Commun et l’infraction politique 55
I. L’infraction politique en droit interne 55
a) Les infractions politiques par nature ou infraction politique pures 55
b) Les infractions politiques mixtes 55
II. L’infraction en droit extraditionnel 56
5. L’infraction de presse 56
2) La tentative art. 51 à 53 du C.P. 56
1. Position du problème et exemples 56
I. Les exemples 56
II. Les théories en présence 56
a) La théorie subjective 56
b) La théorie objective 56
[Link] tentative punissable 57
I. La solution adoptée par le droit belge : art. 51 du C.P. 57
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Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
II. Les éléments constitutifs de l’infraction tentée 57
a) La résolution ou volonté de commettre l’infraction 57
b) Les actes extérieurs qui forment un commencement d’exécution 57
c) L’absence de désistement volontaire 57
III.L’infraction manquée 57
IV. Le repentir actif 57
V. La tentative de complicité 57
3. La tentative impossible 57
I. La tentative absolument impossible 57
II. La tentative relativement impossible 58
4. La répression de la tentative 58
I. La tentative de crime Art. 52 58
II. La tentative de délit Art. 53 58
[Link] tentative de contravention (ne figure pas dans le code pénal) 58
IV. La tentative érigée en infraction propre 58
CHAP. 4 LE CONCOURS D’INFRACTION 59
1) Définition 59
2) Distinction entre le concours matériel ou réel, le concours idéal d’infractions
et l’infraction collective 59
3) La solution de ces concours : Art. 58 à 65 du C.P. 59
TITRE 4 LE DELINQUENT 60
(CHAP. 1 PRINCIPE GENERAUX) 60
CHAP. 2 LA PARTICIPATION CRIMINELLE 60
1) Notions générales 60
1. Exemples 60
2. La base légale : art. 66 et 67 du C.P. 60
3. Les éléments constitutifs 60
I. Elément moral : dol général 60
II. Elément matériel : acte positif de participation, prévu par la loi, antérieur ou
concomitant à l’infraction principale 61
a) Acte positif 61
b) Acte de participation prévu par la loi 61
c) Acte antérieur ou concomitant à l’infraction principale 61
[Link] à une infraction qui est un crime ou un délit 62
2) Les actes de participation prévu par la loi 62
1. Corréité (aide indispensable) : Art. 66 C.P. 62
2. Actes de coopération directe 62
I. Actes qui constituent une aide indispensable ou nécessaire 62
6
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
II. Actes de provocation 63
3. La complicité : art. 67 C.P. 63
I. Fait de donner des instructions (renseignement) 63
II. Fait de fournir les moyens matériels 63
[Link] d’apporter une aide ou une assistance pour l’exécution ou la préparation
63
IV. Le recel habituel de malfaiteurs 63
3) La répression de la participation criminelle 63
1. Les auteurs art. 66 C.P. 63
2. Les coauteurs art. 66 C.P. 63
3. Les complices art. 69 C.P. 64
4. La participation érigée en infraction propre 64
4) (Influence des circonstances aggravantes sur la peine appliquée au
participant) 65
CHAP. 3 LA RECIDIVE 65
1) Définition 65
2) Conséquences art. 54 à 57 et 565 C.P. 65
1. Aggravation de peine 65
2. Libération conditionnelle 65
TITRE 5 LES PEINES 65
CHAP.1 FONDEMENT 65
CHAP.2 LA NOTION DE PEINE 66
1) (Notion) 66
2) La détermination judiciaire de la peine 66
1. Principe de la légalité de la peine 66
2. L’influence des circonstances atténuantes art. 79 à 85 C.P. 66
CHAP. 3 LA CLASSIFICATION DES PEINES 67
1) La peine capitale 67
2) Les peines privatives de liberté – L’emprisonnement 67
1. Addendum : La mise à la disposition du gouvernement des récidivistes, des
délinquants d’habitude et des auteurs de certains délits sexuels 68
2. Addendum : Le bannissement ou l’expulsion des étrangers 68
3) La peine de surveillance électronique 69
4) La peine de travail 69
1. La peine de travail : Loi du 17 avril 2002 70
2. Champs d’application 70
3. Mise en œuvre 70
4. Détermination du contenu de la peine de travail 71
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5. Inexécution de la peine de travail 71
6. Peine de travail et casier Judiciaire 71
7. Peine de travail et application de la loi dans le temps 72
5) La peine de probation autonome 72
6) Les peines patrimoniales 73
1. L’amende 73
2. La confiscation spéciale art. 42 à 43quater 73
7) Les peines privatives de certains droits 75
1. La destitution art. 19 75
2. L’interdiction de certains droits arts. 31 à 34 75
8) La peine de publication ou de diffusion de la décision 76
9) La peine de réprimande 76
CHAP. 4 LES MODALITÉ DE LA PEINE 76
1) La suspension du prononcé de la condamnation 76
1. Conditions 76
2. Juridictions compétentes pour accorder la suspension du prononcé de la
condamnation 77
3. Modalité 77
4. Effets de la suspension du prononcé 77
5. Révocation de la suspension du prononcé 77
2) Le sursis à l’exécution des peines 78
1. Conditions 78
2. Juridictions compétentes pour prononcer le sursis 79
3. Modalités 79
4. Effets du sursis 79
5. La révocation du sursis 79
3) La probation 80
1. Conditions et Modalités 80
2. La formation comme condition probatoire 80
I. Notion 80
II. Conditions 80
[Link]és 81
3. Procédure 81
CHAP. 5 L’EXECUTION DE LA PEINE 81
1) Principe de l’exécution des différents types de peines 81
2) L’exécution des peines d’amende et des peines de confiscation 81
3) L’exécution des peines de travail et des peines de probation 82
4) L’exécution de la peine de privation de liberté 82
8
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5) La non-exécution des courtes peines d’emprisonnement 82
6) La libération conditionnelle 83
1. Les tribunaux de l’application des peines, point central de la libération
conditionnelle 84
I. Organisation 84
II. Compétence 84
2. Conditions d’octroi de la libération conditionnelle 85
I. Condition de durée 85
II. Le plan de réinsertion sociale 85
III.L’absence de contre-indications 85
3. Procédure d’octroi de la libération conditionnelle 86
4. Effets de la décision d’octroi de la libération conditionnelle 87
5. Suspension et révocation de la libération conditionnelle 87
6. Dispositions diverses 87
7. Les victimes dans le processus de libération conditionnelle 87
7) La libération provisoire 88
CHAP. 6 LES OBSTACLES A L’EXECUTION DE LA PEINE 89
1) Le décès du condamné 89
2) La prescription de la peine art. 91 à99 C.P. 89
3) La Grâce Royale 89
CHAP. 7 L’EXTINCTION DES EFFETS DE LA PEINE 90
1) L’effacement automatique des condamnations art. 619 à 620 C.I.C 90
1. Champ d’application 90
2. Effets 90
3. Modalités 90
2) La réhabilitation art. 621 à 634 C.I.C 90
1. Notion 90
2. Conditions 91
3. Procédure 91
3) L’amnistie 91
4) Révision art. 443 à 447bis C.I.C 91
5) La réouverture de la procédure en matière pénale art. 442bis à 442octies
C.I.C 91
TITRE 6 LES MESURES DE SURETE 93
CHAP.1 DEFINITION 93
CHAP. 2 LE REGIME RESERVE AUX MINEURS DELINQUANTS 93
1) Du régime général de la Loi du 8 Avril 1965 au décret de la communauté
Française du 18 Janvier 2018 93
9
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
1. La majorité pénale- Le dessaisissement 93
2. Les aspects social et préventif au-delà de l’aspect infractionnelle 95
3. Les réformes- les principes actuels de protection de la jeunesse 95
2) Le régime de protection de la jeunesse après les modifications apportées par
les Loi des 15 Mais, 13 Juin et 27 Décembre 2006 jusqu’au décret du 18 janvier
2018 95
1. Organisation judiciaire 95
2. Médiation et concertation restauratrice 96
3. Mesure à l’égard du mineur 96
I. Critère à observer 96
II. Inventaire des mesures 96
4. Mesures provisoires 96
5. Mesures à l’égard des parents 96
6. Dessaisissement 96
CHAP. 3 LE REGIME RESERVE AUX DELINQUANTS RELEVANT DE LA LOI DE DEFENSES
SOCIALE 96
1) Le régime général de la Loi sociale : De la Loi du 1er Juillet 1964 au Loi des 5
mai 2014 et 4 Mai 2016 96
2) Les particularités procédurales 97
1. La mise en observation préalable 97
2. La décision d’internement 97
3) L’hypothèse des mineurs délinquants anormaux (Loi du 29 juin 1990) 97
INTRODUCTION AU DROIT PENAL ET A LA CRIMINOLOGIE 2EME
PARTIE : CRIMINOLOGIE 98
TITRE 1 PARTIM CRIMINOLOGIE : INTRODUCTION GENERALE 99
CHAP. 1 INTRODUCTION 99
CHAP. 2 DEFINITION DE LA CRIMINOLOGIE 99
1) Origine 99
2) Définition 99
3) Distinctions 99
1. Criminologie générale et criminologie clinique 99
2. Criminologie de passage à l’acte et la criminologie de la réaction sociale 99
CHAP. 3 DEFINITION DU CRIME ET DE LA DEVIANCE 100
1) Le crime 100
1. Définition légale 100
2. Le crime est relatif 100
10
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
2) La déviance 100
(TITRE 2 EVOLUTION DE LA CRIMINOLOGIE) 100
TITRE 3 COMMENT MESURER LE CRIME ? 100
CHAP. 1 INTRODUCTION 100
CHAP. 2 LES STATISTIQUE OFFICIELLES 101
1) Les statistiques 101
2) Limites 101
CHAP. 3 LE CHIFFRE NOIR 101
1) Définition 101
2) Raison de son existence 102
CHAP. 4 LES QUESTIONNAIRES DE DELINQUANCE AUTO-REVELEE 102
1) Définition 102
2) Résultats 102
3) Limites 102
CHAP. 5 LES ENQUETE DE VICTIMISATION 103
1) Définition 103
2) Résultats 103
3) Limites 103
TITRE 4 COMMENT EXPLIQUE LE CRIME ? 104
CHAP. 1 QUELQUES GRANDES THEORIE CRIMINOLOGIQUES 104
1) La théorie du choix rationnel 104
2) La théorie des activités routinières 104
3) La technique de neutralisation 105
4) La théorie des associations différentielles 105
5) La théorie de la labélisation 107
CHAP. 2 LES FACTEURS DU CRIME 108
1) La personnalité du délinquent 108
2) La situation pré-criminelle 108
CHAP. 3 LE PROCESSUS DU PASSAGE A L’ACTE 108
CHAP. 4 ALCOOL ET DROGUES EN RELATION AVEC LE PASSAGE A L’ACTE 109
1. L’alcoolisme et la criminalité sous l’angle de l’idéologie dominante 109
I. Position du problème 109
II. L’idéologie dominante traditionnelle et la criminalité 109
III. Anarchisme idéologique actuel et criminalité
109
IV. Alcoolisme et criminalité 110
2. Alcool et criminalité selon le docteur Henne 110
3. Pour une certaine approche statique selon le professeur Constant 110
11
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
4. Les attitudes possibles de contrôle social de l’alcoolisation 111
5. Alcool et criminalité : Approche de la loi Belge 111
I. L’arrêté-loi du 14 novembre 1939 relatif à la répression de l’ivresse 111
II. La législation sur la circulation routière 111
CHAP. 5 LA DELINQUANCE EXPLIQUE PAR UNE APPROCHE ECONOMIQUE 111
TITRE 5 LA PRÉVENTION ET LA RÉPRESSION DU CRIME 113
(CHAP. 1 LES FONCTIONS DU DROIT PÉNAL ET DE LA PEINE) 113
1) (Fonction de rétribution) 113
2) (Fonction de dissuasion ou d’intimidation) 113
3) (Fonction réhabilitative) 113
4) (Fonction de neutralisation) 113
5) (Fonction restauratrice ou restaurative) 113
(CHAP. 2 LA PREVENTION DU CRIME) 113
1) (Définition) 113
2) (Quels type de prévention ?) 113
1. (Introduction) 113
2. (La prévention pénale) 113
3. (La prévention policière) 113
4. (La prévention sociale) 113
5. (La prévention situationnelle) 113
(CHAP. 3 LA REALITE DE LA RECIDIVE ET LES MANIERES DE LA PREVENIR ET LA
SANCTIONNER) 113
1) (Définition) 113
2) (Ampleur) 113
3) (Répression et prévention) 113
CHAP. 4 PREVENTION ET REPRESSION DE LA CRIMINALITE EN MATIERE DE TERRORISME113
1) Définition 113
2) Ampleur 114
3) Prévention 114
4) Répression 114
1. L’infraction terroriste 114
2. Le groupe terroriste 115
I. Le participant 116
II. Les fournitures de moyen en vue de commettre une infraction terroriste 116
III. La direction d’un groupe terroriste
116
IV. La diffusion d’un message d’incitation 116
V. Le recrutement 116
12
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
VI. L’instructeur ou le formateur : l’enseignant 116
VII. L’élève 116
VIII. Le voyageur
116
IX. La participation comme acte préparatoire 116
3. Sanctions 116
4. Méthode d’enquête 116
5) Les diverses approches criminologiques du terrorisme 116
1. Approche sociologique 116
2. Approche psychologique 116
3. Approche criminologique 117
4. Approche économique 117
CHAP. 5 LE POLYGRAPHE COMME TECHNIQUE D’ENQUETE POUR ASSURER LA REPRESSION DU
CRIME 117
1) Le polygraphe : procédé de police, technique moderne ? 117
2) Le détecteur de mensonge face à d’autre techniques incertaines 118
3) Examen du procédé en tant que tel 118
4) La pertinence du procédé au regard des exigences de la procédure pénale 118
CHAP. 6 LA SURVEILLANCE ELECTRONIQUE COMME MESURE D’EXECUTION DES PEINES PUIS
COMME MESURE D’EXECUTION DU MANDAT D’ARRET ET ENFIN COMME PEINE AUTONOME
119
1) Définition 119
2) Les conditions d’accès à la surveillance électronique comme mesure
d’exécution des peines 119
1. Conditions de temps 119
2. Exclusion de certains condamnés 120
I. L’accord du condamné 120
II. Contre-indication 120
3) La procédure d’accès à la surveillance électronique 120
1. La décision 120
2. L’installation du matériel technologique 121
3. Le suivi de la mesure 121
4. La situation en cas d’infraction du système 122
5. La fin de la surveillance électronique 122
4) La surveillance électronique comme mesure d’exécution du mandat d’arrêt 122
5) La surveillance électronique comme peine autonome 122
6) La critique du système 123
1. L’aspect économique de la mesure 123
13
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
2. L’absence de désocialisation ou l’accélération de la resocialisation 123
CHAP. 7 LA REPRESSION DU CRIME PAR LE JUGE DES AFFAIRES EN COUR D’ASSISES : ETAT
DE LA QUESTION ET REFLEXION CRITIQUES 124
1) La cour d’assises 124
2) Le déroulement d’un procès d’assises 124
3) Les arguments pros 125
1. La participation citoyenne 125
2. Symbolisme du droit pénal et vertus pédagogique 125
3. L’oralité des débats 125
4. La continuité des débats 125
4) Les arguments contra 125
1. Les critiques relatives au jury 126
2. L’art. 336 du code d’instruction criminelle 126
3. L’absence de droit d’appel 126
4. Le cout, la lourdeur, la lenteur, l’archaïsme 126
TITRE 6 UN INTERET GRANDISSANT POUR LA VICTIME : LA VICTIMOLOGIE 126
CHAP.1 INTRODUCTION 126
1) Les pionniers 126
2) Le mouvement féministe 126
3) Les enquêtes de victimisation 126
4) Plus récemment 127
CHAP. 2 VICTIMES ET VICTIMISATION 127
1) Définition 127
2) Profils des victimes 127
1. L’âge 127
2. Le sexe 127
3. L’état civil 127
4. Les activités à l’extérieur du domicile 127
3) Victimisation multiple 127
4) Impacte de la victimisation 128
5) Victimisation secondaire 128
6) Classification victimes-crimes 128
1. Classification victimologique des crimes 128
2. La classification des victimes elles-mêmes 128
CHAP. 3 NOUVEAUX DROIT RECONNUS AUX VICTIMES 129
1) L’émergence du droit des victimes durant l’information et l’instruction
pénales 129
1. Droit d’être traité de façon correcte et consciencieuse 129
14
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
2. La police : première assistance aux victimes 129
3. Les services d’accueil des victimes 129
4. Les services d’aide aux victimes 129
5. Droit des victimes lors des auditions 130
6. Droit des victimes de demander la consultation du dossier d’enquête 130
7. Déclaration de personne lésée 130
8. Médiation 131
2) L’émergence du droit des victimes au stade du jugement pénal 131
3) L’émergence du droit des victimes au niveau du droit de l’exécution des
peines 132
4) L’émergence du droit des victimes par une indemnisation facilitée 132
CHAP. 4 LA JUSTICE REPARATRICE 133
1) Définition 133
2) Principales modalités de la justice réparatrice 133
1. La médiation entre victime et infracteur 134
2. La conférence du groupe familial 134
3. Les cercles de guérison et les cercles de sentence 135
15
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
Introduction au droit pénal
et à la criminologie
Titre 1. Introduction Générale
Chap.1 Le phénomène Criminel
1) Le phénomène criminel
1. Sa permanence et son importance
Le phénomène criminel est permanant, il est appelé à perdurer dans le
temps dans la mesure où il s’agit d’une activité humaine. Donc tant qu’il y
aura des homme le crime continuera.
Le phénomène est en hausse depuis les années 50, nous faisons face à
des chiffres astronomiques de dossier. Celle-ci avoisine actuellement les
2.500.000. Ce nombre de dossier traduit uniquement les infractions qui
sont connue des forces de l’ordre qui ont fait l’objet soit :
D’une dénonciation
Soit d’une plainte
Soit de constatation de la part des autorités de police (enquête)
Il faut aussi tenir compte de l’ensemble des infraction commises mais
qui ne sont ni constaté ni répertorié. C’est ce qu’on appelle LE CHIFFRE
NOIR. (Il s’agit des incivilités comme cracher en rue, jeter un papier
par terre ou encore des infractions de roulage dans les zones sans radar
et bien d’autres encore)
2. L’interpellation que comporte le phénomène criminel
Le phénomène criminel interpelle dans la mesure ou il est souvent
intolérable et donne un sentiment d’insécurité.
3. L’analyse scientifique du phénomène criminel
L’analyse scientifique du phénomène criminel est toute récente.
La criminologie aborde un triple objet d’étude :
16
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
L’étude du délinquent :
L’étude du crime
L’étude de la réaction sociale : A savoir comment la société réagit
lorsqu’elle est bousculée, bafouée dans ses valeurs, lorsqu’un
individue mets en péril par ses agissements en tout ce que la
société croit
2) Le crime
1. Définition
Le crime est une notion générique qui désigne une infraction pénale ;
retenons, à ce stade, que l’infraction pénale est l’acte qui est sanctionné
par une peine.
2. La variabilité des critères du crime
I. Le critère législatif
Ce critère autorise à retenir comme crime que ce qui est prévu par la
loi. Pas de crime sans loi donc tout ce qui n’est pas interdit et pas
conséquent autorisé. Mais il faut savoir que les crimes sont variables
dans le temps et dans l’espace donc la loi aussi à tout intérêt à
changer dans le temps et dans l’espace. Ainsi, la répression de la
sorcellerie, de la prostitution et de l’avortement a varié dans le temps
et dans l’espace.
II. Le critère judiciaire
Les tribunaux ont pour rôle d’appliquer la loi tel quel, toutefois il y a
dans certain cas ou les juges se voient attribuer un rôle
d’interprétation car le code est vieux et certain fait ou résomption
qui étaient des crimes autrefois ne sont plus considéré comme telle
aujourd’hui. Par exemple l’article 370 C.P. qui parlais d’enlèvement de
petite fille est sujet a interprétation car les petits garçons aussi se
font enlever.
III. Le critère populaire
Le crime est aussi défini par référence au critère populaire lorsque
c’est la conscience collective qui qualifie de crime tel ou tel fait. Le
caractère populaire est parfois sévère que le critère législatif comme
dans les copies illégales de cassette de musique pour n’importe que
qui ce n’est pas un crime bien grave voir même pas un crime du tout
alors qu’aux yeux de la loi c’est gravement puni. Mais inversement
parfois le critère législatif est plus doux que le critère populaire
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Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
avant l’art. 442bis le harcèlement sexuel qui était sévèrement
réprimé par le critère populaire ne l’était pas du tout par le critère
législatif.
IV. La théorie des messieurs MERLE et VITU
Ces deux auteurs français ont tenté une synthèse de la définition du
crime sous 3 aspects :
a) L’intolérabilité du crime
Ce critère est prix en compte lorsque le crime rencontre chacun des
critères législatifs, populaire et judiciaire.
Ex : L’enlèvement d’un enfant contre une rançon les 3 critères sont
réuni.
b) Le trouble social
Le crime n’existe que s’il porte atteinte à une valeur de la société et
que sa perpétration génère un trouble social.
c) Le seuil Criminel
Il va de soi que tout crime ne doit pas se voir sanctionné par une peine
de prison, il faut que cette peine soit l’ultime recours.
3) Le criminel et comment on le devient
1. Définition
Le criminel est celui qui commet des crimes ou des infractions pénales.
2. L’apport des sciences humaines
Avant la naissance de la criminologie, on considérait que le criminel était
un pêcheur responsable qui volontairement et librement avait chois si
de faire le mal plutôt que le bien. Après le développement de la
criminologie la question était de savoir si le criminel était un malade, un
monstre, un être influencé et influençable ou tout simplement un homme.
Toutes ces théories sont valables aucune n’est plus valable que l’autre.
La question est de savoir à quelle moment une personne devient
délinquante.
3. Les facteurs prédisposants : La criminogenèse
La criminogenèse tente d’isoler le facteur qui précipite une personne
dans la délinquance. Voici donc plusieurs facteurs différents :
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Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
I. Les facteurs anthropologiques et biologiques
LOMBROSO psychiatre italien, avance l’hypothèse du criminel-né : le
crime n’est pas un produit de la liberté mais un acte de bestialité
caractéristique de l’Homme primitif. Cette hypothèse pousse
beaucoup de scientifique à analyser les squelettes, la morphologie, la
forme et le poids du crane des criminels. Dans cette optique le
criminel est un dégénéré, un attardé, une tare de l’évolution. Ils
faisaient des expériences sur des cadavre … C’est une théorie plutôt
fumeuse en somme.
Il y a quelque dizaine d’année on parlait de chromosome surnuméraire
qui étaient présent chez certains criminels. La vérité nous parait qu’il
y a parfois des prédispositions criminelles qui tienne de l’hérédité.
II. Les facteurs socioculturels
D’autre savent pensaient quant à eux que c’était le milieu socioculturel
dans lequel vit une personne qui fait d’elle un criminel, le cadre
familial, le milieu économique dans laquelle la personne vie aussi.
Cette nuance entre les deux premiers facteurs constitue un débat en
criminologie qui tente de savoir si le fait de devenir criminel est Inné
ou acquis
III. Les facteurs psychiques
Selon un certain psychiatre belge il faut se pencher sur la pensée, la
personnalité du délinquant pour comprendre. Cette théorie souligne
l’importance des freins qui éviterons chez telle personne de passer à
l’acte. Le même professeur précisera que « nous sommes tous des
délinquants virtuels ».
4) La réaction sociale
Face à une même situation criminelle, la réaction sociale privilégiera tantôt
la punition, tantôt la réparation du dommage, tantôt les soins à apporter aux
malade-délinquants, tantôt la remise en cause de la dynamique de groupe.
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Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
Chap.2 Aperçu historique des idées et de la réalité
pénale
1) Le Droit Pénal
1. L’histoire de la répression et ses idées sous-jacentes
La répression pénale répond à 3 impératifs que l’on retrouve à divers
degrés dans l’histoire
1er période : La justice vengeance
Il s’agit de rendre le mal pour le mal et de venger la victime ou la société
qui est atteinte dans ses valeurs.
Cette époque de justice vengeance a connu 3 phases différentes :
La vengeance privée : Elle est organisée par les victimes eux même
La vengeance publique : Afin de canaliser la vengeance l’état
instaure des règles telle que la loi du talion « œil pour œil, dent
pour dent » elle introduit un élément légal mais aussi un élément
de proportionnalité à la réaction de vengeance par rapport à
l’infraction causée.
La vengeance divine : Dans ce cas-là, la vengeance est vécue
comme une mesure visant à apaiser la colère des dieux.
2ème période : La justice expiatoire et exemplaire
Ici la vengeance des victimes et la prise de mesure tendant à éviter de
nouveaux crimes exprime une idée de prévention de la sorte la punition
fait expier la faute au coupable neutralisant celui-ci en vertu d’exemple.
Ce système aboutira à des punition atroce (peine de mort, épreuves du
feu, de la roue, de la potence, fouet) toute sorte d’atrocité et sur la
place publique qui plus est. Des punitions qui laissait une marque
indélébile sur le coupable d’un crime.
Ces châtiments étaient servis par les tribunaux royaux et les tribunaux
ecclésiastiques.
3ème période : La justice utilitaire
Plusieurs auteurs se sont indigné face à la cruauté des peines infligé
aux criminelles. Des auteurs comme Voltaire, Diderot, Rousseau,
Montesquieu et autre encore. Ils ont pensé à une justice utilitaire et
ont donné naissance à l’école classique.
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Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
2. Les courants de pensée de la justice utilitaire
I. L’école classique
C’est une école de droit pénal libéral qui se lève contre l’arbitraire
des juges. Selon eux, les incriminations et les sanctions doivent être
définie en ce sens qu’il ne peut y avoir d’infraction ni de peine sans loi.
Un principe qui est sera d’ailleurs repris dans la constitution belge de
1831 ces art. 12. Leur but est d’essentiellement diminuer la récidive.
Il faut laisser le libre arbitre à chacun donc faire en sorte qu’il sache
ce qu’il risque en commettant un crime.
II. L’école positive
Cette école réagit contre l’école classique en disant que l’homme est
déterminé même en sachant ce qu’il risque il ira jusqu’au bout.
III. L’école néo-classique
Cette école est une synthèse des deux premières retenant que
l’homme est à la fois partiellement libre et partiellement déterminé.
Pour cette école les but de la peine sont les suivants :
Prévention générale + intimidation pour éviter aux autres de délinquer
Prévention spéciale où il s’agit de protéger la société en mettant le
délinquant hors d’état de nuire
Rééducation et réinsertion sociale grâce à des activité pendant le
séjour en prison.
IV. L’école de défense sociale
Selon eux, la défense de la société passe par la défense du délinquent.
V. L’école d’Utrecht
L’idée ici est de faire en sorte que le délinquent répare son crime et
faire en sorte qu’il soit conscient de sa responsabilité et accepte sa
sanction.
Le corset de l’égalité les articles 12 et 14 de la constitution belge de 1831
Art. 12 :
« La liberté individuelle est garantie.
Nul ne peut être poursuivi que dans les cas prévus par la loi, et dans la forme qu'elle
prescrit.
Hors le cas de flagrant délit, nul ne peut être arrêté qu'en vertu de l'ordonnance
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Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
motivée du juge qui doit être signifiée au plus tard dans les 48 heures de la privation de
liberté et ne peut emporter qu’une mise en détention préventive »
Art. 14 :
« Nulle peine ne peut être établie ni appliquée qu’en vertu de la loi. »
2) La procédure pénale
La procédure pénale parait répondre à trois systèmes différents dans
lesquels la différence réside surtout dans des perspectives de recherche
de preuve :
1. Le système accusatoire
Système de procédure pénal le plus ancien. Il se caractérise par une
procédure pénale qui est publique (sur la place publique, c’est-à-dire en
présence des citoyens, à vue de tous), orale et contradictoire (la
procédure est contradictoire lorsqu’elle se fait en présence de l’accusé
donc il a l’opportunité de réfuté ce qui lui est reproché, il à l’opportunité
de se défendre).
Dans ce système le juge joue un rôle passif, il s’agit d’un combat entre
l’accusé et l’accusateur.
2. Le système inquisitoire
Ce système est tout à fait opposé à celui qui le précède. La procédure
était écrite, secrète et non contradictoire. C’est un système propre aux
régimes autoritaire.
Le juge recherche activement la vérité en s’appuyant sur des preuves
libres comme des preuve légales. Dans les deux cas l’aveu reste la
meilleure des preuves donc ils n’hésitaient pas à recourir à la torture.
3. Le système mixte
Ce système comme son nom laisse entendre c’est une synthèse des deux
derniers systèmes. En Belgique, la phase d’information et d’instruction
répondent au régime inquisitoire (Donc secrète), la phase de jugement
répond quant à elle principalement au système accusatoire (Donc
publique). Le jugement est aussi oral et écrit en même temps. Le
jugement est aussi contradictoire car l’accusé à l’opportunité de réfuté
l’or du procès ce qui lui est reproché d’ailleurs c’est lui qui a le dernier
mot lors d’un procès avant que le juge ne statue.
Infractions connues des autorités par :
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Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
Plainte de la victime
Dénonciation
Travail policier
Le dossier rentre dans le Service de police :
Police judiciaire fédérale
Ou Zone de police locale
La phase d’enquête est confiée :
Soit au Procureur du Roi (et ses substituts) qui dirigent une
information
Soit à un Juge d’instruction qui dirige une instruction
A l’issue de l’information, le Procureur du Roi peut :
Soit classer sans suite
Soit proposer une transaction pénale
Soit proposer une médiation pénale
Soit citer devant le tribunal de police ou le tribunal correctionnel
A l’issue de l’instruction, le dossier est soumis à la Chambre du conseil
(et, en cas d’appel, à la Chambre des mises en accusation) qui ordonne :
Soit le renvoi devant le tribunal correctionnel, en cas de charges
suffisantes de culpabilité
Soit le non-lieu
Soit l’internement
Soit l’accomplissement de devoirs d’instruction complémentaires
La phase de jugement est confiée :
Soit au Tribunal de police
Soit au Tribunal correctionnel
Soit à la Cour d’assises
Soit au Tribunal de la jeunesse (pour les mineurs)
Il appartient à ces tribunaux répressifs (ou pénaux) de dire si la
personne poursuivie est coupable et, en ce cas, de prononcer une peine
(une mesure de protection de la jeunesse pour les mineurs)
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Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
3) La situation présente
1. Les constatations de fait
I. Une inflation des lois pénales
En 1867 lors de la création du code pénal il n’y avait que 60 textes de
loi après 1992 il y en avait 800 et ce nombre augmente de plus en
plus.
II. Une inflation de la criminalité
Tout comme les lois pénales, les infractions sont sans cesse en
progression surtout en ce qui concerne la petite criminalité ou les
délinquances dite urbaine.
III. L’échec de la répression
C’est un constat qui tient en plusieurs facteurs :
- L’importance du chiffre noir
- Le faible taux d’élucidation
- Le nombre important de classement sans suite
IV. L’échec des sanctions
En ce qui concerne les sanctions, la justice fait face à un échec (2)
également, la prison est présentée comme un échec, dès lors, le
système a prévu des peines alternatives (transaction pénale,
médiation pénale, sursis probatoire, travaux d’intérêt général, peine
de travail…)
2. L’état des idées
I. La tendance répressive
Une partie de l’opinion publique demande de nouvelles législations
pénales sécurisantes et sécuritaires (ex. : peines incompressibles en
France, conditions sévères dans l’octroi des libérations
conditionnelles en Belgique ou procédure de comparution immédiate,
adoption du Patriot Act aux Etats-Unis). Engendre une réduction des
libertés individuelles.
II. La tendance abolitioniste
Hulsman plaidait pour l’abolition de tout le système pénal car il
constatait que :
Le système pénal appréhende toujours les personnes défavorisées ;
24
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
Il est injuste en fonction de l’importance du chiffre noir et du
taux d’élucidation ;
La prison est un échec et cause des ravages (dommages) chez
l’individu ;
Il impose une souffrance inutile aux délinquants ;
Un sentiment d’insatisfaction règne chez les victimes.
Les tenants à cette tendance plaident pour un remplacement du
système pénal par la promotion de mesures pécuniaires, de
programmes d’aide et d’un règlement des conflits à l’intervention des
conciliateurs.
Les hostiles (qui se comporte en ennemie) à cette tendance
reprochent l’impossible traitement de certaines infractions graves et
surtout de faire l’impasse sur les garanties de procédure pénale dont
doit rester titulaire toute personne poursuivie.
III. La tendance humaniste
Elle est intermédiaire entre la tendance répressive et la tendance
abolitionniste. En fait, la difficulté du législateur actuel tient à
l’absence de consensus dans la population, à l’absence de valeurs
certaines face à l’émergence de valeurs floues et à la nécessaire
distinction entre les infractions de criminalité grave et de criminalité
ordinaire.
3. La problématique d’une réforme
I. La réforme du droit pénal général
L’avant-projet de réforme du code pénal a connu un échec en 1986
alors que la France a effectué cette réforme qui est en vigueur depuis
le 1er mars 1994.
II. La réforme du droit pénal spécial
La Belgique n’a jamais entrepris une réforme d’ensemble du droit
pénal spécial, à savoir du droit pénal des infractions elles-mêmes ;
c’est au contraire par une succession de lois nouvelles que le droit
pénal spécial a été réformé en Belgique par bribes et morceaux.
III. La réforme de la procédure pénale
Le plan de la Pentecôte de 1990 avait prévu une réforme qui devait
être préparée par une commission de réforme pour le droit de la
procédure pénale (commission Franchimont). Les travaux ont abouti
25
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
à la loi du 12 mars 1998 relative à l’amélioration de la procédure
pénale au stade de l’information et de l’instruction. La commission
avait par ailleurs prolongé ses travaux par la rédaction d’un avant-
projet de code de procédure pénale, couvrant presque l’ensemble de
la matière. En date du 15 Septembre 2002, la commission
Franchimont a remis au Ministre de la justice le fruit de ses travaux
pour une réforme complète de la procédure pénale belge, ces textes
sont à présent rassemblés en un avant-projet de Code de procédure
pénale fort de 509 articles déposé au Parlement. Ce texte, amendé,
a été adopté le 1er décembre 2005 au Sénat. Le projet de loi
concernant le code de procédure pénale est à présent en discussion
en commission de la Justice de la Chambre.
Titre 2. La loi Pénale
Chap.1 La définition du Droit Pénal, son but et son
objet
1) La définition du Droit Pénal
C’est l’ensemble des lois et règlements édictés par le pouvoir souverain en
vue de définir les faits punissables (infractions) et de déterminer les
sanctions applicables (peines ou mesures de sûretés) aux auteurs des
infractions (définition du Baron Constant).
C’est l’ensemble des lois qui déterminent les délits et les peines (J.J. Haus).
Le droit criminel est l’ensemble des règles en vertu desquelles la société
fait subir aux individus un certain mal, à titre de sanction d’un
commandement légal (ordre ou interdiction) auquel ils ont contrevenu (G.
Schuind).
C’est l’ensemble des mesures efficaces et humaines édictées par la loi à
l’égard des personnes poursuivies devant les tribunaux en raison de certains
comportements fautifs qui leur sont imputables et que la loi détermine en
raison d’impératifs sociaux, dans les buts d’intimidation, de défense sociale
et de récupération (R. Legros).
2) Le but du Droit Pénal
Voici ces 2 objectifs : la défense de la société et de l’individu contre l’Etat.
26
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
Il assure la défense de la société dans la mesure où il permet d’affirmer les
valeurs sociales qui, si elles sont violées, entraînent la sanction la plus
contraignante. « Le droit pénal est fait pour les malfaiteurs, la procédure
pénale pour les honnêtes gens ».
3) Objet ou le contenu du Droit Pénal
Le droit général, le droit pénal spécial et la procédure pénale forment le
contenu du droit pénal (= droit criminel). On peut aussi ajouter la pénologie,
dont la science pénitentiaire. Le droit pénal peut aussi être appréhendé par
la criminologie, la psychologie, la biologie, …
Chap. 2 Les sources du Droit Pénal
1) Le principe de la légalité du Droit Pénal
Il est inscrit dans les articles 12 et 14 de la Constitution : « nul ne peut être
poursuivi que dans les cas prévus par la loi et dans la forme qu’elle prescrit
» et « nulle peine ne peut être établie ni appliquée qu’en vertu de la loi ».
Ces articles expriment en fait l’adage « pas d’infraction, pas de peine sans
loi » ou « nullum crimen, nulla poena sine lege ».
Art. 12 et 14 Constitution
Légalité des infractions
« Nullum crimen sine lege » : précision + clarté + prévisibilité
Légalité des peines
« Nullum poena sine lege »
Légalité de la procédure pénale
Les poursuites doivent se faire dans les formes prévues par la loi
Exemple : Art. 442bis C.P. = l’harcèlement
Art. 492bis C.P. = L’abus de bien sociaux
2) Les différentes sources et leur hiérarchie en Droit Pénal
1. Les différentes sources formelles et leur hiérarchie
I. Les traités internationaux, pour ce qui concerne les dispositions
directement applicable
Seules sont concernées les dispositions pénales ayant effet direct,
c'est-à-dire qui sont directement applicables en Belgique. Elles sont
rares en droit pénal, mais fréquentes en procédure pénale. Ces
dispositions n’ayant donc pas effet direct ne peuvent pas être
considérées comme une source en droit pénal belge.
27
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
L’incidence de la coutume internationale comme source de droit pénal
a été invoquée pour justifier la compétence des tribunaux belges à
poursuivre pénalement des crimes contre l’humanité attribués à des
responsables politiques étrangers ou pour justifier l’immunité pénale
profitant à ces personnes.
En droit pénal c’est rare :
Ex. : Article 2 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union
européenne (2007 – loi belge 19.06.08) :
« Nul ne peut être condamné à la peine de mort, ni exécuté »
En procédure pénale c’est fréquent :
Ex. : Article 6.3.e. de la Convention européenne de sauvegarde des
droits de l’homme et des libertés fondamentales (1950 – loi belge
13.05.55) :
« Toute personne accusée a droit à se faire assister gratuitement
d’un interprète, s’il ne comprend pas ou ne parle pas la langue
employée à l’audience »
Ex. : Article 14.7 du Pacte international relatif aux droits civils et
politiques (1966 – loi belge 15.05.81) :
« Nul ne peut être poursuivi ou puni en raison d’une infraction pour
laquelle il a déjà été acquitté ou condamné par un jugement définitif
conformément à la loi et à la procédure pénale de chaque pays »
Ex. : Article 31.1 de la convention relative aux droits de l’enfant
(1989- loi belge du 25.11.91)
« Les Etats parties reconnaissent à l’enfant le droit au repos et aux
loisirs, de se livrer au jeu et à des activités récréatives propres à son
âge, et de participer librement à la vie culturelle et artistique. » :
disposition qui n’a pas d’effet direct
II. La constitution belge
La Constitution belge date du 7 Février 1831, elle notamment été
modifiée par la révision du 17 Février 1994. On peut dire qu’elle
constitue une source du droit pénal (ex : arts. 10, 11, 12, 14, 15, 24,
29, 149…).
28
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
III. La loi fédérale, les décrets des communautés et des régions
La loi fédérale est applicable sur tout le territoire belge (ex : le code
pénal, le CIC, les lois complémentaires (probation, sursis, …), les lois
pénales spéciales (stupéfiants, armes…)). Ces lois sont toutes publiées
au moniteur belge, les plus importantes font l’objet d’une compilation
dans des codes.
Il existe une juridiction, la Cour constitutionnelle a été instituée pour
assurer le respect des arts. 10, 11 et 24 et pour trancher les
questions constitutionnelles du partage des compétences entre les
différents Etat, Communautés et Régions. Sa compétence fut
étendue aux articles du Titre II et des arts. 170, 172, 191 de la
Constitution.
La Cour constitutionnelle peut être saisie tantôt par le mécanisme des
questions préjudicielles posées par une juridiction, tantôt pas un
recours en annulation à introduire dans un délai de six mois après la
publication de la norme attaquée et ouvert aux personnes qui ont un
intérêt à cette action. La réforme de l’Etat a accordé un certain
pouvoir aux Communautés et aux Régions qui les exercent par des
décrets, ces décrets ont forces de loi sur leurs territoires
respectifs. Lorsqu’il s’agit pour ces décrets de prévoir une peine ou
une pénalisation non prévue dans le code Pénal, l’avis conforme du
Conseil des ministres sur l’avant-projet de décret est alors requis.
Les Communautés et Régions ont un pouvoir pénal très large.
Les Communautés sont compétentes pour l’aide à la jeunesse, les
matières sportives, l’aide aux personnes âgées et d’enseignement. Les
Régions sont compétentes pour les matières de chasse, l’urbanisme,
…
IV. Les principes généraux du Droit
Le juge n’a pas à les établir mais bien à les révéler ; ils doivent être
conformes à la loi et aux sources supérieures
Exemples :
- Respect des droits de la défense
- Présomption d’innocence
- Personnalité de la peine
- « Fraus omnia corrumpit »
- Principe de proportionnalité de la procédure pénale, et (?) des
peines
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Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
V. Les règlements généraux et locaux
Les règlements généraux : arrêtés royaux, arrêtés ministériels,
arrêtés des gouvernements de communauté ou de région, qui sont pris
en exécution d’une loi ou d’un décret pour le compléter ou le préciser
spécialement dans les matières techniques (Ex. : sécurité en matière
du travail).
Les règlements locaux : provinciaux ou communaux, ils sont adoptés
pour des raisons de maintien d’ordre ou de tranquillité publique (Ex. :
un arrêté communal peut interdire à un dancing d’ouvrir ses portes
au-delà de 2 heures du matin).
Les arrêtés doivent être conformes aux lois bien entendu, on vérifie
cela de 2 manières :
Par le contrôle de légalité assuré par les tribunaux (mécanisme
de l’exception d’illégalité)
Par un recours en annulation devant le Conseil d’Etat
2. Le rôle de deux sources informelles : La jurisprudence et le
doctrine
I. La jurisprudence
C’est l’ensemble des décisions rendues par les tribunaux, ici en
matière pénale. Ce n’est pas une source formelle car le tribunal n’est
pas obligé de la suivre.
II. La doctrine
C’est le commentaire des normes pénales par des auteurs plus ou
moins reconnus (cela peut donc influencer les décisions judiciaires).
Chap. 3 La loi Pénale proprement dite
1) (Les antécédents historiques)
2) Le code pénal, les lois complémentaires, les lois spéciales
et les 100 à 100ter du code pénal
1. Le code pénal
Divisé en 2 livres :
Le Livre I (articles 1 à 100bis) comporte les principes généraux, c’est
le droit pénal général (ex : précisions portant sur les peines,
30
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
tentative, récidive, extinction des peines…). Ces articles s’appliquent
donc à toutes les infractions pénales.
Le Livre II (articles 101 à 566) traite des infractions et de leur
répression en particulier, c’est le droit pénal spécial. C’est donc la
liste de toutes les infractions, l’infraction est définie et comporte
une peine.
2. Les lois complémentaires
Elles sont postérieures au Code pénal et viennent parfaire celui-ci sur
les principes généraux du droit pénal (elles s’ajoutent donc au Livre I du
Code pénal) (Ex. : la loi du 9 Avril 1930 sur la défense sociale à l’égard
des anormaux, des délinquants et des auteurs de certains délits sexuels).
3. Les lois spéciales
Elles viennent compléter le catalogue des infractions, elles
correspondent donc au Livre II du Code pénal (droit pénal spécial) (Ex. :
Loi sur la pêche fluviale, loi sur les stupéfiants, sur les armes, sur le
racisme, …).
4. Les articles 100 à 100ter du code pénal
Exemple en matière de confiscation de l’arme du crime
Les articles 42 et 43 du Code pénal (livre I) prévoient la
confiscation de l’arme : « La confiscation spéciale s'applique
aux choses (…) qui ont servi ou qui ont été destinées à
commettre l’infraction quand la propriété en appartient au
condamné »
Donc le gsm du harceleur qui a été utilisé pour harceler une
victime sera confisqué ; l’article 442bis du Code pénal (livre
II) sanctionne le harcèlement :
« Quiconque aura harcelé une personne alors qu'il savait ou
aurait dû savoir qu'il affecterait gravement par ce
comportement la tranquillité de la personne visée, sera puni
d'une peine d'emprisonnement de quinze jours à deux ans et
d'une amende de cinquante euros à trois cents euros, ou de
l'une de ces peines seulement (…) »
Ces deux articles sont en effet dans la même loi, à savoir le
Code pénal
Exemple d’une personne qui envoie, à 10 personnes différentes,
le même sms « Mort aux enfants albinos – la chasse est
ouverte – rejoignez-moi pour agir »
31
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
C’est une infraction prévue dans une loi spéciale: l’article
22.4° de la loi du 10.05.07 tendant à lutter contre certaines
formes de discrimination prévoit en effet :
« Est puni d’un emprisonnement d’un mois à un an et d’une
amende de 50 à 1000 euros, ou de l’une de ces peines
seulement, quiconque, dans les conditions de publicité de
l’article 444 du Code pénal, incite à la haine ou à la violence
à l’égard d’un groupe, d’une communauté ou de leurs
membres, en raison de l’un des critères protégés » (dont le
critère de caractéristique physique ou génétique)
La question : le juge confisquera-t-il le gsm, alors que
l’infraction est dans une loi spéciale et que l’article 42 qui
prévoit la confiscation est dans une autre loi, dans le livre I
du Code pénal
Article 100 du Code pénal :
« A défaut de dispositions contraires dans les lois et
règlements particuliers,
les dispositions du premier livre du présent code seront
appliquées aux infractions prévues par ces lois et règlements,
à l'exception du chapitre VII, et de l'article 85 »
[NB :
- Le chapitre VII désigne la participation des articles
66 à 69 du Code pénal (situation des coauteurs et des
complices),
- L’article 85 du Code pénal désigne les circonstances
atténuantes]
Retour à la loi luttant contre la discrimination :
L’article 22.4° de la loi spéciale définit l’infraction et prévoit
les peines d’emprisonnement et d’amende.
Il faut aller voir dans cette loi spéciale s’il y a des
dispositions contraires (au livre Ier du CP) 2 hypothèses :
I. La loi spéciale ne prévoit rien : l’article 100 CP permet
alors de confisquer le GSM par application de l’article
42 CP
II. La loi spéciale prévoit quelque chose : en effet, l’article
26 de la loi luttant contre la discrimination prévoit :
32
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
« Toutes les dispositions du livre premier du Code pénal, sans exceptions
du chapitre VII etde l’article 85, sont applicables aux infractions visées
à la présente loi »
Donc la confiscation s’appliquera au GSM appartenant à l’auteur du sms
3) Les caractères généraux de la loi pénale
1. Le Droit Pénal est un Droit écrit : principe de la légalité du
Droit Pénal
Le fondement de ce principe, c’est le souci d’assurer la sécurité juridique
permettant aux citoyens de connaître, avant d’agir, ce qui est ou non
interdit et la peine applicable. Ensuite, intervient le principe de la
légalité de la procédure pénale où « la forme protège le fond » (imposer
aux acteurs judiciaires de respecter les formes imposées par la loi
pénale).
2. La loi pénale est de stricte interprétation
Cf. chapitre suivant donc un peu de patience
3. La loi pénale est d’ordre public
Les lois civiles sont soumises à la volonté des parties (supplétive de
volonté), mais il existe des lois civiles qui, tout comme les lois pénales,
sont impératives, voire d’ordre public (on ne peut y déroger). Cela
implique comme conséquences :
Article 6 du Code civil : « On ne peut déroger, par des conventions
particulières, aux lois qui intéressent l’ordre public et les bonnes
mœurs » DONC ces contrats sont nuls
Que les conventions intervenues entre particuliers et portant
atteinte à la loi pénale sont nulles (Ex. : Si un tueur à gage assigne
quelqu’un pour le non-respect d’un contrat, à savoir le crime d’une
femme pour 3000 euros, il n’arrivera rien, le contrat est nul car il
contrevient au code pénal).
Qu’il est interdit de s’exonérer de sa responsabilité pénale (Ex. :
Souscrire une assurance qui couvrirait le paiement d’une amende
pénale).
Qu’il est interdit de s’engager valablement à commettre une
infraction
33
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
Qu’il est interdit de s’engager valablement à être victime d’une
infraction (Ex. : L’euthanasie auparavant).
4. Les lois pénales sont générales
Elles s’appliquent donc à tout le monde. Il y a des catégories de
personnes qui sont créées par la loi pénale, mais chaque personne
figurant dans une même catégorie subira le même traitement pénal que
toute autre personne dans la même catégorie.
5. La loi pénale est exceptionnelle
Elle porte atteinte et limite aux droits constitutionnels, donc la loi pénale
ne peut être conçue que comme mesure ultime. Le principe
d’interprétation restrictive des lois pénales tiré de ce principe est celui-
ci : tout ce qui n’est pas légalement interdit est autorisé et n’est pas
punissable.
Chap. 4 L’interprétation de la loi pénale
1) Principe
Le droit pénal est un droit légal et écrit. Le rôle du juge est notamment
d’appliquer les termes généraux et abstrait de la loi à un cas concret (Ex. :
Dans l’article 271, qu’entend-on au juste par ‘armes’ ?)
2) Que signifie « interpréter » ?
« Interpréter » signifie comprendre le sens des termes utilisés dans le
texte, général et abstrait, de la loi pénale, afin de les appliquer à un cas
concret.
Exemple : Répression de l’évasion Art. 332., Art. 335.
Exemple : Le hacking Art. 550 bis.
3) Qui interprète la loi pénale
1. L’interprétation authentique : interprétation par le législateur
C’est l’auteur de la loi qui indique comment la comprendre et qui en donne
ainsi le sens. Elle peut intervenir au moment même de l’adoption de la loi
ou même ultérieurement. (Ex : Il est fait référence à la définition du
mot « nuit » mentionnée dans l’article 478 du CP dans le cadre de
l’infraction de vol avec violences : le sens commun est ici écarté puisque
34
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
« le vol commis pendant la nuit est le vol commis plus d’une heure avant
le lever et plus d’une heure après le coucher du soleil »).
Le voyeurisme, attentat à la pudeur et Viol Art. 371/1.
Code pénal social ; Art. 16 et 141
2. L’interprétation doctrinale : interprétation par la doctrine
Elle résulte des commentaires d’une loi par des auteurs, sur un point
précis ou sur l’ensemble de la matière. Elle peut être une note sous un
arrêt rendu, une étude de jurisprudence commentée, ou une étude d
l’évolution de la loi. En droit, la force de cette interprétation est nulle,
mais, en fait, elle dépend de l’autorité accordée à l’auteur.
Ex. : La notion d’« informatique » dans la criminalité informatique
(par exemple dans l’article 210bis C.P. qui punit le faux en écriture
informatique)
O. Leroux, « La criminalité informatique », in H.D. Bosly et C. de
Valkeneer, Les infractions – vol. 1, Les infractions contre les biens, éd.
ème
Larcier, 2 éd., 2016, p. 452 :
Cet auteur décrit le système informatique comme « tout dispositif
isolé ou ensemble de dispositifs interconnectés ou apparentés, qui
assure ou dont un ou plusieurs éléments assurent, en exécution d’un
programme, un traitement automatisé de données ou d’autres fonctions
» et les données informatiques comme « toute représentation de faits,
d’informations ou de concepts sous une forme qui se prête à un certain
traitement informatique, y compris un programme de nature à faire en
sorte qu’un système informatique exécute une fonction »
Il en conclut que « constituent donc des systèmes informatiques les
ordinateurs, les réseaux informatiques, les smartphones et tablettes,
les cartes à puces, les appareils digitaux d’enregistrement, les
récepteurs GPS, les terminaux mobiles de paiement... »
3. L’interprétation judiciaire : Interprétation par les tribunaux
Exemple : La notion de non-assistance à une personne en danger Art.
422 bis
Cass. 7 novembre 2012 P.12.0905.F., Pas. p. 2162, ; Cass. 27 janvier
2015, P.14.1293.N., Pas. p.216
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Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
« Le délit de non-assistance à personne en danger prévu à l'art. 422bis
C.pén. suppose, outre la connaissance du péril grave et actuel auquel la
victime est exposée, le refus intentionnel de lui apporter l'aide apte à
conjurer ce danger dans la mesure du possible ; au titre de cette
infraction, la loi punit l'inertie consciente et volontaire, le refus
égoïste de porter secours, et non l'inefficacité, la maladresse ou
l'inadéquation de l'aide procurée sur la base d'une erreur
d'appréciation ou de diagnostic.»
Lorsque le tribunal interprète la loi pénale, il ne le fait que pour un seul
cas donné, il ne peut garder une de des interprétations et la ressortir
pour toutes les affaires. L’ensemble des décisions des tribunaux
constitue la jurisprudence, elle permet de dégager des constantes dans
l’interprétation d’une même notion, dans des hypothèses plus ou moins
similaires.
4) Comment le juge peut-il interpréter ?
1. Le principe de l’interprétation strict ou restrictive du Droit
Pénal
Les lois pénales doivent être interprétées restrictivement et pas de
manière analogique (Ex. : On ne peut pas appliquer la loi pénale à un fait
qui ne serait pas visé par le Code pénal analogue à un autre fait visé par
le Code pénal.) Il faut donc partir des termes de la loi, et ne garder ni
plus ni moins que ce qu’elle a voulu dire.
I. L’interprétation littérale ou grammaticale ou textuelle
Elle reste rivée au texte. Il y a donc souvent référence au sens usuel
des termes, au sens courant des mots. Cette méthode est parfois peu
satisfaisante, car la loi n’est pas toujours complète, parfaite, ni bien
rédigée.
Art. 397 et Art.442bis
II. L’interprétation téléologique
Cette méthode consiste à rechercher la volonté du législateur, ses
buts poursuivis. Cette volonté peut être connue par la consultation
des travaux préparatoires, par la recherche historique et
sociopolitique.
Art. 417bis, Art.380
36
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
Cass. 4 février 2009 P.08.1776.F., J.T. p. 181 avec note ; R.D.P. p. 726;
Larcier Cass. N° 375 avec obs. : « En incriminant la torture, l'art. 417bis, 1°, C.pén.
ne subordonne pas le caractère punissable des faits à leur multiplicité ni à leur prolongation
dans le temps. Il ressort en effet des travaux préparatoires que la loi sanctionne de manière
autonome des faits de violence caractérisés par la gravité de l'acte en tant qu'il traduit un
mépris tout particulier de l'individu et par l'intensité des souffrances intentionnellement
infligées à la victime. En l’espèce, l'arrêt énonce que le demandeur a délibérément et avec
préméditation projeté au visage de la victime le contenu d'un verre d'acide sulfurique à très
haute concentration, qu'il a ainsi provoqué notamment des brûlures extrêmement sévères à
la face, dans la région cervicale latérale droite et au membre supérieur droit, une perte
d'audition de l'oreille droite, une diminution sévère de la vision droite, des déformations
importantes du visage entraînant tant une incapacité permanente de travail qu'une mutilation
grave et un préjudice esthétique considérable, ainsi que des souffrances morales très
importantes. Il relève également que le demandeur avait testé le produit sur lui-même et
qu'il n'en ignorait pas les effets redoutables. »
Cass. 3 janvier 1962, Pas. p. 514. Cass. 8 avril 1981, Pas. p. 870 : « Le terme «
prostitution» doit s'entendre dans son sens usuel: il n'implique pas nécessairement
l'existence de relations sexuelles et s'applique à la débauche d'une personne qui,
moyennant rémunération, se livre à des attouchements impudiques avec quiconque. »
Cass. 4 sept 1984, Pas. 1985, p. 1. : « Cet article ne s'applique pas à la femme qui
tient une maison dans laquelle elle est seule à se livrer à la débauche ou à la prostitution. »
III. L’interprétation évolutive
Elle permet au tribunal de condamner pour des faits que le législateur
était dans l’impossibilité de pressentir à l’époque de l’entrée en
vigueur de la loi (Ex. : L’article 487 du CP ne fait pas référence aux
cartes magnétiques de banque, mais en appliquant l’interprétation
évolutive, on condamne quelqu’un qui vole une carte et retire les
billets de banque).
Art. 383
Cass. 11 septembre 1990, Pas. 1991, p. 36. : « Cette disposition est
applicable aux figures ou images contraires aux bonnes mœurs
véhiculées par vidéocassettes. »
2. Prohibition, en principe, de l’interprétation analogique
Art. 8.3 et 8.4 du code de la route
Elle consiste à étendre à des cas ‘semblables’ (non prévus par la loi), la
solution donnée par la loi à certaines questions. Cette interprétation
permet de combler certaines lacunes, mais est contraire à la sécurité
37
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
juridique. Pour éviter une interprétation judiciaire analogique, le
législateur intervient parfois en édictant une loi adaptée aux faits non
prévus par la loi ancienne.
Par exception au principe de l’interdiction de l’interprétation analogique,
voici certaines dérogations qui furent acceptées :
L’interprétation analogique des dispositions absolutoires, c'est-à-
dire qui enlèvent ou diminuent la responsabilité pénale est
traditionnellement acceptée (car elle est bénéfique au prévenu).
L’interprétation analogique est acceptée aussi dans la matière de
procédure pénale.
Cass., 11 février 1987, Rev. dr. pén., 1987, p. 823, note Ch. HENNAU-
HUBLET, et Journ. Trib., 1987, p. 744, note F. KÉFER : « Commet un homicide
involontaire au sens des articles 418 et 419 du Code pénal le médecin ou la sage-femme qui,
par défaut de prévoyance ou de précaution, cause pendant l’accouchement la mort d’un
enfant en train de naître bien que celui-ci n’ait pas encore vécu de la vie extra-utérine, si
cette mort est survenue par leur faute ou leur négligence »
Dispositions absolutoires : Ex. : art. 462 du Code pénal (« pas de vol
entre époux »)
5) « Le doute profite à l’accusé »
C’est en fait le principe de la présomption d’innocence. Bien entendu, cela ne
couvre pas l’idée que le doute sur l’application de la loi pénale profite à
l’accusé. On ne veut pas dire que le tribunal doit donner un sens à la loi pénale
et pourrait se retrancher derrière le sens douteux de celle-ci pour, de ce
seul fait, acquitter un prévenu.
Chap. 5 L’autonomie du Droit Pénal
Droit et morale
Ex.: squatter un immeuble Art. 439
Le rôle du droit pénal :
- Autonome (défense de valeurs propres)
- ou
- Sanctionnateur d’autres branches du droit
Pas de solution certaine DONC solutions doctrinales ou jurisprudentielles
Exemples:
38
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
1) Affaire du gynécologue D.
2) Le délit de non-représentation d’enfant – art. 432 du Code pénal
Cass. 14 octobre 2003 P.03.0591.N., Pas. p. 1604 : « Il n'appartient pas au juge qui doit
statuer sur l'existence d'une infraction prévue à l'art. 432 C.pén. de statuer sur l'intérêt des enfants ou
des parents, mais bien sur la question de savoir si le prévenu respecte le droit de visite tel qu'il est prévu
dans l'intérêt des enfants par une décision judiciaire.»
1) La position du problème
Parfois le droit pénal et la morale ne font pas bon ménage, la morale est
tantôt plus sévère, tantôt moins sévère que la loi pénale (Ex. : La loi pénale
et la loi morale traite différemment des problèmes comme l’avortement,
l’euthanasie…).
Le droit pénal traduit tantôt une autonomie réelle, tantôt réduite par
rapport au droit administratif, au droit civil, social, commercial (Ex. : Si il
est vrai que le droit pénal sanctionne les exploitants de prostitués, il est
aussi vrai que l’Etat fédéral et les communes prélèvent des impôts sur les
revenus professionnels des prostituées)
2) La position de la doctrine
Pour les uns, le droit pénal bénéficie d’une autonomie réduite en ce que le
droit pénal est sanctionnateur des autres branches du droit au secours
desquelles il vient par la menace d’une sanction pénale (Ex. : Les obligations
alimentaires prévues par de nombreuses dispositions du Code civil et
protégée par l’incrimination d’abandon de famille visée par l’article 391bis
du C.P).
Pour les autres, le droit pénal traduit au contraire une autonomie réelle et
garantit dès lors le respect des valeurs propres à la matière pénale (Ex. :
Loi du 13 Juin 1986 sur le prélèvement et la transplantation d’organes).
3) La position de la jurisprudence
Interpréter de manière autonome ou en reprenant les définitions d’autres
branches du droit peut aboutir à des solutions très différentes (Ex. :
Interprétation du mot « personne » en droit civil et en droit pénal).
39
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
Chap. 6 Le domaine de la loi pénale
1) Le domaine de la loi pénale dans le temps
1. La position du problème-Exemple
La loi pénale connaît une évolution qui répond précisément à l’évolution
des valeurs sociales, ce qui signifie que les articles peuvent connaître
des modifications en fonction de la société.
2. Les règles énoncées par l’article 2 du C.P.
Le conflit de lois dans le temps ne surgit que dans l’hypothèse où se pose
la question de savoir quelle loi, l’ancienne ou la nouvelle, le tribunal va
appliquer.
I. Le principe de la non-rétroactivité de la loi pénale plus sévère (art.2,
al.1er)
a) Principe et fondement
Ce principe est considéré comme étant un cadeau envers le délinquant.
Il stipule ceci : « nulle infraction ne peut être punie de peines qui
n’étaient pas portées par la loi avant que l’infraction fût commise ».
Ce principe garantit la sécurité juridique selon laquelle toute
personne, avant d’agir, doit savoir si l’acte qu’elle va poser constitue
une infraction et quelle peine elle risque d’encourir. Ce principe de la
non-rétroactivité concerne les lois de fond (qui érigent les faits en
infractions) et les lois de peines (qui édictent une peine).
b) Exemples
- 05.02.98 : X harcèle une victime pendant 1 mois
- 30.10.98 : vote de la loi qui incrimine le harcèlement (art. 442bis
C.P.)
- 17.12.98 : publication au Moniteur belge de ladite loi
- 27.12.98 : entrée en vigueur de la nouvelle loi (principe : 10 jours
après la publication)
- 15.03.99 : X comparaît devant le tribunal correctionnel
- 15.04.99: le tribunal acquitte ou condamne X du chef de
harcèlement ?
c) Force obligatoire
Ce principe de non-rétroactivité de la loi pénale plus sévère n’est pas
inscrit dans la constitution belge mais bien dans l’art. 7 §1er de la
convention européenne des droits de l’homme, dans l’art. 15, §1er du
40
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
Pacte international relatif aux droit civils et politiques qui ont un
effet direct et qui ont ainsi primauté sur les lois belge, de dans l’art.
40.2.a. de la Convention relative au droit de l’enfants.
d) Exceptions
Ce principe comporte néanmoins certaines exceptions et sont dès lors
applicables immédiatement dès leur entrée en vigueur :
Les lois contenant des mesures de sûreté (Ex. : Loi de défense
sociale de 1964, loi relative à la protection de la jeunesse du 8
Avril 1965).
Ex :
___________▌_________________▌___________
____▌_________ Dispute avec
Entrée en vigueur Le tribunal statue Menace
d’armes Loi qui confisque
Les armes
(06/10/1990) (01/10/1991)
(21/04/1992)
Dans pareil cas, même si la loi est entrée en vigueur après que
menace fut faites avec une arme, il est évident que celle-ci sera
confisquée à son propriétaire car la loi nouvelle loi contient une
mesure de sûreté
Les lois de forme (lois de compétence, lois de procédure)
Ex. : Dans l’affaire Hamers, les jurés participant aux procès
subissaient des menaces de la bande Hamers et se désistaient.
La loi à ce moment (1991) ne prévoyait que 2 réservistes, hélas
ceux-ci s’épuisaient également, et on entrait dans une spirale.
Une nouvelle loi fit son apparition (15/07/1993) et il fut prévu
qu’il fallait désormais plus de réservistes, ceux-ci avaient
moins de chance de s’épuiser dés lors. Cette loi fut appliquée
durant le procès même si celle-ci fit son apparition par après.
Les lois interprétatives (effet rétroactif : stipulent ce que la
loi a toujours voulu dire)
41
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
II. Le principe de rétroactivité de la loi pénale plus douce (art.2, al. 2)
a) Principe et fondement
Ce principe stipule ceci : « si la peine établie au temps du jugement
diffère de celle qui était portée au temps de l’infraction, la peine la
moins forte sera appliquée ». L’idée de ce principe est que la loi
nouvelle est toujours meilleure, plus appropriée, et qu’elle doit dès
lors être préférée. Ce principe est vrai si la loi nouvelle est plus douce
mais est tenu en échec si la loi nouvelle est plus sévère. (Ex. : Un
individu commet des actes sexuels sur un mineur le 01/02/1985, une
nouvelle loi fait son apparition le 01/06/1985 et l’individu est jugé le
15/06/1985. La loi la plus douce sera appliquée à l’individu).
b) Exemples
- Code pénal de 1867 : l’article 372bis du Code pénal interdit les
relations homosexuelles en-dessous de 18 ans
- Janvier à octobre 1984 : deux personnes homosexuelles, l’une de
22 ans, l’autre de 17 ans, entretiennent des relations
homosexuelles ; une plainte est déposée en justice
- 18.06.85 : vote, publication et entrée en vigueur de la loi qui
supprime l’article 372bis du Code pénal, en uniformisant l’âge de
la majorité sexuelle, hétéro- comme homosexuelle, à 16 ans
- 20.09.85 : le tribunal correctionnel juge la plainte qui avait été
déposée
- 20.10.85 : le tribunal acquitte ou condamne le partenaire qui avait
22 ans ?
c) La force obligatoire
d) Exceptions
Ce principe comporte des exceptions dans ces cas-ci :
Les réglementations temporaires : règlements qui ont une
durée limitée dans le temps
Ex : Un règlement prévoit des muselières obligatoires pour les
chiens durant une période déterminée
____________▌______________▌_____________▌________
________▌_____ Règlement infraction
fin du règlement jugement (01/03/1997)
(01/05/1997) (01/06/1997) (15/09/1997)
Il est évident que le tribunal condamnera le fautif
42
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
Les lois de circonstance : Le sont les législations prises pour
les nécessités du moment et pendant une certaine période,
essentiellement en matière économique et fiscale.
L’objectif de la loi : La cause d’excuse absolutoire instituée par
la loi du 4 mai 1999 instaurant la responsabilité pénale des
personnes morales ne s’applique qu’aux infractions commises
après l’entrée en vigueur de la loi.
L’objectif de la loi et l’exécution de la peine : Recours à la loi
pour paralyser l’effet rétroactif d’une loi pénale légalement
plus douce mais, qui dans a réalité concrète et du point de vue
de son exécution, voulue et perçue comme plus sévère.
e) La détermination de la loi pénale plus douce ou moins sévère
Voici comment procéder :
Faire une comparaison des textes rédigés de manière abstraite
et générale (pas en fonction de la peine infligée)
Si la loi supprime une infraction, elle est plus douce
Si la loi conserve une infraction mais impose des conditions (ex
: obligation de porte une plainte), elle est plus douce
Si la loi conserve l’infraction mais ajoute une cause de
justification ou d’excuse (ex : excuse de parenté dans le recel
de malfaiteurs) elle est plus douce
La peine d’emprisonnement est plus sévère qu’une peine
d’amende
Une peine criminelle est plus sévère qu’une peine
correctionnelle qui est plus sévère qu’une peine de police
En cas de modifications unique de la peine d’emprisonnement,
on comparera les maximas des peines, puis les minima à défaut
de changement dans les maximas
2) Le domaine de la loi pénale dans l’espace Art. 3 et 4 du
C.P.
1. Le principe de territorialité
L’article 3 du CP permet de punir selon la loi belge, les infractions aux
lois pénales belges commises sur le territoire belge, aussi bien par un
belge que par un étranger. L’article 4 du CP permet de punir en Belgique
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Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
si la loi le permet, les infractions aux lois pénales belges commises hors
du territoire belge par des Belges ou par des étrangers.
La jurisprudence considère que l’infraction est réputée commise sur le
territoire belge dès lors qu’un élément constitutif de cette infraction,
élément matériel et non purement intentionnel, a été posé sur le
territoire belge. Cette jurisprudence adopte la théorie de l’ubiquité
objective.
2. La définition du territoire
Quatre précisions :
Le territoire terrestre : les frontières de la Belgique et le réseau
fluvial, les ports, les fleuves et les côtes.
Le territoire maritime : l’espace couvrant la mer territoriale qui
s’étend jusqu’à 22 224 km au-delà des côtes.
Le territoire aérien : l’espace atmosphérique qui surplombe les
territoires terrestres et maritimes
Le territoire fictif : avions et bateaux qui arborent le pavillon
belge ou qui sont immatriculés en Belgique.
3) Le domaine de la loi pénale quant aux personnes
La loi pénale est applicable aux Belges aussi bien qu’aux étrangers pour les
infractions commises sur le territoire belge.
Par exception, certaines personnes bénéficient d’une immunité (interdiction
de poursuites et jugements) :
Le Roi (immunité totale) (art 88 Constitution) ;
Les chefs d’Etat ou de gouvernement étranger, les agents
diplomatiques, consulaires et les fonctionnaires des organismes
internationaux ;
Les parlementaires fédéraux, communautaires et régionaux
(immunité temporaire et partielle).
44
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
Titre 3 L’infraction
Chap.1 Définition et division tripartite des infractions
1) Définition
L’« infraction » est la violation d’une règle de droit sanctionnée par une
peine ou tout comportement humain prohibé par une loi et auquel est
attachée une sanction pénale.
L’« incrimination » est le fait pour le législateur de rendre un comportement
criminel, donc de l’appréhender en termes généraux et abstraits.
La « peine » est un mal infligé par la justice répressive, en vertu de la loi, à
titre de punition, ou de sanction, d’un acte que la loi défend. Certaines
sanctions ne sont pas pénales mais peuvent venir frapper un comportement
infractionnel :
Les sanctions disciplinaires (Ex. : Radiation d’un avocat du barreau)
Art. 404 et 405 C.J.
Les mesures de sûretés (Ex. : Internement, mesures de garde…) Loi
du 8 avril 1965 relative à la protection de la jeunesse, à la prise en
charge des mineurs ayant commis un fait qualifié infraction et à la
réparation du dommage causé par ce fait : Article 37
L’internent : Loi du 5 mai 2014 art. 2 et 9
Les mesures préventives et urgentes (Ex. : Retrait immédiat du
permis de conduire) Lois coordonnées du 16 mars 1968 sur la
circulation routière Article 55
Les sanctions civiles (Ex. : Dommages et intérêts) articles 1382 et
1383 du Code civil
Les sanctions administratives (Ex. : Amendes administratives) art.
444 C.I.R. (Code des impôts sur les revenus), art. 445 C.I.R. et Article
449 C.I.R.
2) La division tripartite des infractions
1. Principes : Art. 1 C.P.
La peine de police correspond à un emprisonnement de 1 à 7 jours et à
une amende de 1 à 25 euros, et à une peine de travail de 20 à 45 heures.
La peine correctionnelle correspond à un emprisonnement de 8 jours à 5
ans, à une amende égale ou supérieur à 26 euros et à une peine de travail
de 46 à 300 heures.
45
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
La peine criminelle correspond à un emprisonnement de 5 à 30 ans ou la
perpétuité (pour toujours).
La peine criminelle d’amende est supérieure ou égale à 26 euros. Le
principe de la division tripartie répond à une question de compétence des
tribunaux à connaître de l’infraction.
Ex. : Art. 38 de la loi football
2. Intérêt de cette classification
I. Du point de vue de la compétence
En principe, le crime relève de la cour d’assises, le délit du tribunal
correctionnel et la contravention du tribunal de police.
Il existe cependant une exception à ce principe, la «
correctionnalisation du crime » par les juridictions d’instruction ou
par le ministère public (circonstances atténuantes (rendant moins
grave)). Le crime devient alors un délit (les crimes dont la peine de
réclusion encourue dépasse 20 ans ne peuvent pas être
correctionnalisés).
Certains délits, par l’effet de l’art 138 du CJ (roulage), relèvent
expressément et directement de la compétence du tribunal de police.
II. Du point de vue répressif
Les différentes catégories d’infractions répondent à un régime
répressif différent (répression de la tentative, participation,
récidive, …)
III. Du point de vue de la procédure pénale
Les différentes catégories d’infractions répondent à un régime de
procédure pénale différente (prescription de l’action publique (1 an
pour l’infraction, 10 ans pour le délit, 20 ans pour le crime), détention
préventive, infractions commises à l’étranger, …)
3. La détermination judiciaire définitive de la nature des
infractions
La lecture du texte de la loi pénale permet de se convaincre de la nature
(crime, délit ou contravention) de l’incrimination, mais cette
classification est provisoire, c’est la peine concrète décidée de manière
définitive par le tribunal qui attribue aux faits leur qualification
définitive.
46
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
Donc, en conclusion, la peine applicable détermine la qualification
provisoire de l’infraction alors que c’est la peine appliquée par le tribunal
qui détermine la qualification définitive.
Ex. : Art. 375 (Viol) :
Réclusion de 5 à 10 ans = crime
Jugé coupable de viol et condamné à une peine de 3 ans = délit
Chap.2 Eléments constitutifs de l’infraction
1) Principe
L’infraction législative est celle que l’on trouve dans les codes (ex : art. 393
CP), elle requiert :
Un élément légal (texte de loi)
Un élément matériel (le comportement interdit. Ex : l’homicide)
Un élément moral (l’élément subjectif. Ex : intention de donner la
mort)
L’infraction judiciaire (infraction législative appliquée) est celle que l’on
reproche à une personne d’avoir commise, elle requiert :
Un auteur de l’infraction (ex : un avocat)
Une victime de l’infraction (ex : la famille-client qui devait recevoir
5.000 euros)
Un élément matériel (ex : un avocat qui garde les fonds qu’il devait
verser à son client)
Un élément moral (ex : l’avocat garde les fonds de manière
frauduleuse)
Ex. : Art. 419 (homicide involontaire) et Art. 449 du C.I.R. (Fraude fiscale)
2) L’auteur
1. Principe : Seule une personne physique peut être l’auteur d’une
infraction
Ce principe exclut donc la responsabilité pénale des personnes décédées,
des animaux et des groupements (jusqu’à la loi du 4 Mai 1999).
Les groupements peuvent ou non bénéficier de la personnalité juridique
et constituer dés lors des personnes morales de droit public ou de droit
privé.
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Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
2. La loi du 4 Mai 1999 instaurant la responsabilité pénale des
personnes morale
I. Exemple
Un groupement peut commettre une infraction (Ex. : Fraude fiscale
commise par une société). Il est évident que c’est la société qui
commet l’infraction ici, mais se pose la question de savoir qui subira
la peine.
II. Les solutions adoptées avant la loi du 4 Mai 1999
a) L’imputabilité légale : La personne morale pouvait délinquer
mais elle ne subissait pas la peine, dans les hypothèses où la loi
elle-même désignait d’emblée la personne physique qui subirait
la sanction (Ex. : art. 90 du code des sociétés : les personnes
dirigeants la société doivent créer des statuts, si ça ne se fait
pas, ce sont les administrateurs ou les gérants qui subiront la
peine).
b) L’imputabilité conventionnelle : La loi imposait parfois aux
personnes morales de désigner elles-mêmes, par avance, la
personne physique ainsi pénalement responsable.
c) L’imputabilité judiciaire : La société peut être l’auteur de
l’infraction mais il lui est impossible de subir la peine C’était au
ministère public de désigner provisoirement la personne
physique qui serait poursuivie et au tribunal de désigner
définitivement. Il fallait donc identifier la personne qui avait
agi au nom de la société. On tentait ici de découvrir qui serait
véritablement tenu pour responsable, avec, pour y parvenir, une
étude approfondie du dossier.
III. Le régime de la responsabilité pénale des personnes selon la loi du 4
Mai 1999
a) Introduction :
Cette loi rend responsable pénalement la personne morale, elle
entra en vigueur le 2 Juillet 1999. Le droit des sanctions
applicables aux personnes morales délinquantes a été établi de
manière spécifique : amende, confiscation spéciale, dissolution,
interdiction d’exercer une activité relevant de l’objet social,
fermeture, publication ou diffusion de la décision.
L’emprisonnement et la peine de travail sont exclus.
48
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
b) Quelles sont les personnes morales concernées ?
Groupements qui se voient reconnaître la responsabilité juridique
:
Les sociétés commerciales : groupements de personnes qui
gagnent de l’argent
Les sociétés anonymes : dont on ignore l’actionnaire
Les SPRL : friterie, café…
Les ASBL
Par assimilation, la loi du 4 mai 1999 s’applique également à des
groupements qui ne sont pas dotés de la personnalité juridique
civile mais bien d’une responsabilité pénale :
Les associations momentanées ;
Les sociétés commerciales en formation ;
Les sociétés civiles sans forme commerciale.
Il y a évidemment des exceptions, ainsi le Code pénal écarte de
son champ d’application certaines personnes morales de droit
public dont les organes ont été élus démocratiquement : Etat
fédéral, les régions, les communautés, les provinces, les
communes, les CPAS (Ex.: Si un fonctionnaire commet une
infraction au sein de la société, comme par exemple consulter le
registre national à des fins qui s’écartent de ses missions, ce n’est
pas la loi du 4 Mai 1999 qui s’appliquera, mais plutôt l’ancien
régime).
c) Le cumul ou non des responsabilités pénales :
La personne morale est tenue responsable lorsque l’infraction est
intrinsèquement liée à la réalisation de l’objet, ou à la défense des
intérêts de la personne morale, ou lorsque les faits concrets
démontrent que l’infraction a été commise pour le compte de la
personne morale (Ex. : Un banquier réalise une escroquerie aux
préjudices de ses clients. Même si c’est le directeur qui a
influencé l’employé, l’infraction profite à la banque, celle-ci subira
la sanction pénale).
Il est bien sûr possible que l’infraction commise au sein de la
société n’ait aucun rapport avec ladite société (elle ne sera pas
condamnée dans pareil cas).
49
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
Si l’infraction est une infraction intentionnelle ou volontaire, tant
la personne morale que la personne physique peuvent être
condamnées conjointement (le cumul est possible).
Si l’infraction est une infraction non intentionnelle ou involontaire,
seule sera condamnée la personne, morale ou physique, qui a
commis la faute la plus grave (Ex. : A Cockerill, une explosion tua
plusieurs ouvriers, l’explosion était bien entendu involontaire =>
excuse absolutoire. La personne la plus responsable sera
condamnée ici).
Voir Slide 18 à 27 de la 4ème cours de droit pénale
3. La loi du 11 Juillet 2018 modifiant la responsabilité pénale des
personnes morales
I. Le nouveau texte de loi- application de la loi dans le temps
Article 5 nouveau du Code pénal :
« Toute personne morale est pénalement responsable des infractions
qui sont intrinsèquement liées à la réalisation de son objet ou à la
défense de ses intérêts, ou de celles dont les faits concrets
démontrent qu'elles ont été commises pour son compte.
Sont assimilées à des personnes morales :
1°les sociétés momentanées et les sociétés internes ;
2° les sociétés visées à l'article 2, § 4, alinéa 2, du Code des sociétés,
ainsi que les sociétés commerciales en formation ;
3° les sociétés civiles qui n'ont pas pris la forme d'une société
commerciale.
La responsabilité pénale des personnes morales n'exclut pas celle
des personnes physiques auteurs des mêmes faits ou y ayant
participé »
Article 7bis nouveau du Code pénal
L’article 7bis du Code pénal est modifié pour faire un sort particulier à la
responsabilité pénale de certaines personnes morales de droit public quant
au régime des peines qui leur sont applicables :
« En ce qui concerne l'Etat fédéral, les Régions, les Communautés, les
provinces, les zones de secours, les préozones, l'Agglomération bruxelloise,
les communes, les zones pluri communales, les organes territoriaux
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Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
intercommunaux, la Commission communautaire française, la Commission
communautaire flamande, la Commission communautaire commune et les
centres publics d'aide sociale seule la simple déclaration de culpabilité peut
être prononcée, à l'exclusion de toute autre peine. »
Les 4 temps du raisonnement
- Imputation matérielle de l’infraction à la personne morale : OK
- Imputation morale de l’infraction à la personne morale : OK
- Constatation d’un état d’esprit coupable dans le chef de la
personne morale : OK
- Qui, de la PM ou de la PP, poursuivre et, en cas de culpabilité,
condamner ? : OK
donc nouveau raisonnement
donc abandon des règles du cumul facultatif et du cumul interdit
car
- poursuites contre la PM et la PP
- condamnation des personnes (PM, PP) qui ont commis
l’infraction : toute personne qui a commis l’infraction est
sanctionnée
II. La genèse de la réforme de l’article 5 du C.P.
III. Le régime de la responsabilité pénale des personnes morale depuis la
loi du 11 Juillet 2018
3) La victime
1. Le principe
La victime est une personne physique ou une personne morale
2. Conséquence
Parfois la victime doit être une personne en particulier ; elle est alors un
élément constitutif de l’infraction. Ex. : Art. 236 C.P.
Parfois la qualité de la victime constitue une circonstance aggravante
d’une infraction de base. Ex. : Art. 247 et 249
4) L’élément matériel
Le fait matériel peut être de 3 ordres :
Un acte positif : tuer quelqu’un, incendier un immeuble ; Art. 534bis
Un acte négatif (une abstention) : ne pas porter secours à quelqu’un,
refuser de payer des pensions alimentaires, refuser de fournir des
renseignements ; Art. 422bis
51
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
Une abstention pour obtenir un résultat positif (infraction de
commission par omission) : tuer quelqu’un en ne lui donnant pas les
médicaments dont il a besoin avec comme intention de donner la mort.
Art. 393
5) L’élément moral
1. Introduction
I. Notion générale
C’est un élément subjectif, c’est l’état d’esprit coupable
II. Elément moral et imputabilité morale
C’est la capacité pour un individu de comprendre et de vouloir, son
aptitude à délinquer. Une personne ne peut être condamnée
pénalement que si elle a pu comprendre et vouloir ce qu’elle a fait (les
animaux ne peuvent avoir d’imputabilité morale, et il est donc
impossible de les condamner).
Les causes de non-imputabilité sont :
La minorité pénale (aucune peine prévue, que des mesures de
sureté)
La démence (différent troubles mentaux)
La contrainte morale ou force irrésistible
Les causes de non-imputabilité peuvent être évoquées pour toutes les
infractions, quant à l’imputabilité morale, elle est donc exigée pour
toute infraction.
III. Elément moral et mobiles
Ils sont de 2 sortes, soit honorable (ex : euthanasie), soit vil
(cupidité). Les mobiles honorables sont de nature à constituer des
circonstances atténuantes. Les mobiles vils sont de natures à
constituer des circonstances aggravantes.
2. L’élément moral dans différentes catégories d’infractions
I. Les infractions intentionnelles : Le Dol
L’auteur ne peut être condamné ici, que s’il a eu l’intention ou la
volonté (= le dol) soit de faire ce que la loi défend, soit de ne pas faire
ce que la loi impose en connaissance de cause. Il faut donc dans les
infractions intentionnelles, que l’auteur ait l’intention de violer la loi
pénale.
52
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
Le dol (général ; spécial)
Ex. : art. 398 C.P. (coups et blessures volontaires : dol général : conscience
et volonté)
Ex. : art. 393 C.P. (meurtre : dol spécial : conscience et volonté particulière)
II. Les infractions non intentionnelles : La Faute
L’auteur n’a pas eu l’intention de violer la loi pénale mais il a violé celle-
ci par défaut de précaution, de prudence, de vigilance, et c’est donc
par faute qu’il a agi.
Ex : infractions d’homicides involontaires Art. 419 ou coups et
blessures involontaires.
Les causes de non-imputabilité s’appliquent aussi aux infractions non
intentionnelles
III. Comment déterminer l’élément moral requis pour chaque infraction
Elle se fait au départ du texte légal :
Sera employé l’adverbe : volontairement, sciemment si il s’agit
d’une infraction intentionnelle.
Si le texte stipule défaut de prévoyance ou de précaution,
l’infraction sera à ranger dans les infractions non
intentionnelles.
Si l’infraction législative ne précise rien et qu’elle constitue un délit,
le dol général est exigé.
IV. Le problème des infractions règlementaires
Ex. : Code pénal social (loi du 06.06.2010) Art. 165 et Art. 101 :
Ce sont des délits qui, pour ainsi dire, existent par le seul fait qu’ils
ont été commis. La commission de l’acte matériel est censée contenir
en elle-même l’élément moral, de sorte que la preuve de l’acte
matériel conduit à une présomption de culpabilité. On ne requiert
donc ni le dol, ni la faute (ex : Un sigle indispensable manquant sur un
jouet).
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Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
Chap.3 L’incrimination
1) Les différentes catégories d’infractions au point de vue
de l’incrimination, de la poursuite et du jugement
1. L’infraction instantané et l’infraction continue
L’infraction instantanée consiste dans l’accomplissement ou l’omission
d’un acte à un moment donné. L’infraction n’est dite consommée que
lorsque tous ses éléments constitutifs sont réunis (ex : pour le
meurtrier, il faut mort d’homme, préméditation et le fait de tuer
quelqu’un. Ce sera au jour du décès de la personne que l’infraction sera
consommée car tous ses éléments constitutifs auront été réunis).
L’infraction continue sanctionne une activité illicite, un état délictueux
(et non pas un fait) qui se prolonge dans le temps : l’infraction perdure
aussi longtemps que l’agent persévère dans l’état incriminé et elle ne sera
consommée que le dernier jour du jour de l’infraction (ex : une personne
qui exploite un dépôt de véhicules usagés et qui maintient cette situation
durant un certain temps).
Art. 218, 428, 505, du C.P.
Intérêt de faire une telle classification :
En ce qui concerne l’application des lois dans le temps
Ex :
-▌----------------------------------▌---------------▌-----------------▌----------------
------▌---------------▌ Faits commis Ancienne loi
Nouvelle loi Jugement 1993 1994
1995 1996
Durée de l’infraction
Ici, le problème de la loi dans le temps ne se pose même pas car l’infraction est
réputée n’exister que le dernier jour du jour de celle-ci. Il n’y aura pas de
rétroactivité de l’ancienne loi plus douce donc.
En ce qui concerne l’application des lois dans l’espace
En ce qui concerne le point de départ de la prescription de l’action
publique
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Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
2. L’infraction simple et l’infraction collective
L’infraction simple est composée d’une seule infraction L’infraction
collective est composée de plusieurs infractions, de même nature ou de
nature différente, réunies entre-elles par une unité d’intention
poursuivie par un même auteur (ex : une personne qui, chaque jour vole
un livre dans une bibliothèque pour se constituer une bibliothèque
personnelle intéressante).
L’unité d’intention disparaît lorsque les différents faits ne relèvent plus
d’une période infractionnelle unique (le délai de prescription de l’action
publique ou un jugement efface cette période infractionnelle).
Art. 65 C.P.
3. L’infraction d’habitude
Lorsque l’infraction est constituée par la répétition de plusieurs actes
semblables dont chacun, restant isolé ne suffirait pas pour retenir
l’infraction (Ex: Un rebouteux1 qui guérit une personne ne sera pas
condamné, mais il le sera si il guérit 500 personnes).
4. L’infraction de Droit Commun et l’infraction politique
I. L’infraction politique en droit interne
a) Les infractions politiques par nature ou infraction politique pures
Ce sont les infractions qui, par leur nature, leur objet et leur effet
portent exclusivement atteinte à l’ordre politique (Ex. : Petits
partis extrémistes qui, pour remporter des voies, signent ou
votent au nom d’autres personnes).
b) Les infractions politiques mixtes
Ce sont les infractions de droit commun qui deviennent politiques
parce que l’auteur a agi avec l’intention de porter atteinte à l’ordre
politique et que les faits commis, dans les circonstances où ils le
1
Puis, peu à peu, la médecine s'est éloignée à la fois des croyances spirituelles et du charlatanisme.
Dans le monde occidental, les guérisseurs, héritiers de pratiques ancestrales des sociétés
traditionnelles, peuvent être magnétiseur, radiesthésiste, rebouteux, exorciste…C’est un
guérisseur quoi.
55
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
sont allés, étaient de nature à porter atteinte aux institutions
politiques (elles sont extrêmement rares).
II. L’infraction en droit extraditionnel
Lorsque le but poursuivi par l’auteur était politique. Le droit de
l’extradition interdit l’extradition pour les infractions politiques (Ex.
: Une personne commet des délits en Italie, puis s’installe en Belgique.
La Belgique refusera de livrer l’homme à l’Italie. Pourquoi ? Car dans
l’ancien temps, les révolutionnaires si ils avaient été extradés
auraient connu un sort peu honorable).
Il y a des exceptions, celles-ci autorisent les extraditions en cas
d’attentats contre le Roi ou les détournements d’avions.
5. L’infraction de presse
C’est une infraction de droit commun commise par la voie de la presse
(injures, calomnie, appel à la discrimination raciale…) (Ex. : Un article de
presse qui prétendrait que Le Pen se serait rendu coupable durant la
guerre d’Algérie d’exaction mais qui ne pourrait pas le prouver). Art. 150
de la constitution
2) La tentative art. 51 à 53 du C.P.
1. Position du problème et exemples
I. Les exemples
Une personne a tenté de tuer une personne avec un fusil mais a
manqué sa cible. Les éléments constitutifs du meurtre ne sont pas
réunis bien entendu vu que la personne visée n’est pas morte donc
c’est une tentative de meurtre.
II. Les théories en présence
a) La théorie subjective
Ecole positive, l’auteur est dangereux dés qu’il concrétise une
idée criminelle. Tentative et infraction consommée sont puni
de la même manière.
b) La théorie objective
Ecole néoclassique, La réaction pénale ne doit appréhender que le
résultat. Dans ce cas la tentative est punie moins sévèrement
voire pas du tout.
56
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
2. La tentative punissable
I. La solution adoptée par le droit belge : art. 51 du C.P.
Aller voir l’article !!!
II. Les éléments constitutifs de l’infraction tentée
a) La résolution ou volonté de commettre l’infraction
L’infraction n’est tentée que si l’auteur a recherché un résultat
déterminé. Les infractions non intentionnelles ne font pas l’objet
d’une tentative punissable (Ex : On ne peut porter plainte pour
tentative d’homicide involontaire).
b) Les actes extérieurs qui forment un commencement d’exécution
Seuls les actes univoques peuvent être interprétés comme
tentative. Une simple idée même précise ne peut être considérée
comme tentative (ex : si une personne achète un fusil, on ne peut
l’arrêter pour tentative de meurtre, acheter un fusil peut servir
à aller chasser tout simplement).
c) L’absence de désistement volontaire
L’auteur qui se désiste volontairement et renonce (abandon de
projet par remords mais abandon parce que les forces de police
se trouvent à proximité). (Ex. : Quelqu’un qui décide qu’il n’ira pas
commettre un massacre)
III. L’infraction manquée
Lorsque des actes qui forment un commencement d’exécution ont été
accomplis et lorsque ces actes n’ont manqué leurs effets que par la
survenance de circonstances indépendantes de la volonté de l’auteur.
IV. Le repentir actif
C’est la réparation par l’auteur du tort qu’il a causé à la victime (Ex. :
Le voleur qui rapporte l’argent qu’il a volé à sa victime). Les
circonstances atténuantes interviendront certainement.
V. La tentative de complicité
Ce n’est jamais punissable.
3. La tentative impossible
I. La tentative absolument impossible
Lorsqu’il y a défaut absolu d’objet (Ex. : Tenter de tuer un
cadavre)
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Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
Lorsque les moyens employés sont inopérants (Ex. : Tenter de
tuer quelqu’un avec du sucre)
Lorsqu’il y a délit putatif (quand l’auteur croit erronément (par
erreur) commettre une infraction)
II. La tentative relativement impossible
Lorsque les moyens mis en œuvre étaient adéquats mais qu’ils
l’ont été de manière maladroite ou insuffisante (Ex. : Dose de
poison insuffisante)
Lorsque la chose ou la victime visée ne se trouve pas à l’endroit
prévu (Ex. : Un pickpocket qui plonge la main dans la poche vide
de sa victime mais que lui croyait pleine).
4. La répression de la tentative
I. La tentative de crime Art. 52
Elle est toujours punissable mais la peine sera inférieure à celle du
crime envisagé. Il faut se reporter aux arts. 80 et 81 du Code Pénal
pour le barème des peines. Voir aussi l’art. 393
II. La tentative de délit Art. 53
La tentative de délit n’est punissable que si la loi le prévoit. Il faut
donc se reporter à l’article de loi qui prévoit le délit envisagé à ce
moment-là (forcément du second livre du Code Pénal), voir si la
tentative est réprimée dans pareil cas, et voir quelle peine est prévue
si tentative il y a. Voir aussi les articles 461, 463, et 466 concernant
le vol. Aussi art. 398
III. La tentative de contravention (ne figure pas dans le code pénal)
Elle n’est jamais punissable (Ex. : La tentative de tapage (bruit)
nocturne (peine de contravention) n’est pas punissable). Ce n’est pas
une tentative punissable car cette tentative n’existe pas.
IV. La tentative érigée en infraction propre
Les délits formels, à l’inverse des délits de résultat, n’exigent pas la
constatation d’une atteinte effective à la valeur protégée : la mise en
danger de la valeur protégée suffit à constituer l’infraction :
Le code pénal incrimine des attentats dès qu’il y a
commencement d’exécution (lorsque cela est contre le Roi)
58
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
Le code pénal incrimine la résolution criminelle suivie d’actes
préparatoires malfaiteurs (complots contre le Roi,
vagabondage qualifié, donc porteurs d’armes)
Le code pénal incrimine même le complot non suivi d’actes
préparatoires, le complot existant dès que la résolution d’agir
a été arrêtée entre plusieurs personnes.
C’est donc en quelque sorte un catalogue d’infractions spécifiques.
Art. 101, 105, 374, 377quater, 433bis/1
Chap. 4 Le concours d’infraction
1) Définition
Lorsque plusieurs faits sont commis par une même personne ou lorsqu’un
même fait commis par une même personne constitue plusieurs infractions.
2) Distinction entre le concours matériel ou réel, le
concours idéal d’infractions et l’infraction collective
L’infraction collective a déjà été définie et explicitée.
Le concours matériel ou réel se présente lorsqu’un individu se rend coupable
de 2 ou plusieurs infractions et qu’il n’a subi aucune condamnation coulée en
force de chose jugée pour l’une d’elles au moment où les autres infractions
ont été accomplies, donc tous les faits doivent avoir été commis avant la
condamnation pour l’un d’eux. Ici, contrairement à l’infraction collective, on
ne demandera pas qu’il existe un lien entre les différentes infractions.
Le concours idéal d’infractions se rencontre lorsqu’un même fait est
appréhendé en même temps par plusieurs infractions, c'est-à-dire lorsqu’un
même fait constitue plusieurs infractions (ex : quelqu’un qui vise une
personne et qui tire va commettre en réalité 2 infractions : 1) il tue autrui
2) il possède une arme et l’utilise dans un espace interdit).
3) La solution de ces concours : Art. 58 à 65 du C.P.
L’infraction collective et le concours idéal d’infractions sont réglés par
l’article 65 du CP, modifié par la loi du 11 juillet 1994, tandis que les concours
matériels ou réels d’infractions sont appréhendés par les articles 58 à 64
du CP.
59
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
Titre 4 Le délinquent
(Chap. 1 Principe généraux)
Chap. 2 La participation criminelle
1) Notions générales
1. Exemples
Une personne bien intentionnée prête sa voiture à un ami qui dit vouloir
aller rendre visite à un parent séjournant à l’hôpital. L’ami en question se
rend à Maastricht et y achète des stupéfiants, il est arrêté en revenant
en Belgique. La personne qui prête la voiture ne peut être tenue
responsable si elle ne connaissait pas la nature de mes intentions.
2. La base légale : art. 66 et 67 du C.P.
L’article 66 vise la corréité (il sanctionne les coauteurs) qui apporte une
aide indispensable à l’infraction.
L’article 67 vise la complicité (il sanctionne les complices) qui apporte
une aide utile à l’infraction.
3. Les éléments constitutifs
La participation est punissable dans 3 conditions :
La connaissance de fait de l’acte commis ou à commettre.
La volonté d’agir en vue de réaliser l’infraction.
Un acte positif de participation prévu par la loi (articles 66 et 67)
I. Elément moral : dol général
Cela nécessite que le participant :
Ait connaissance qu’une infraction principale déterminée va être
commise
Ait l’intention de s’associer à l’infraction principale, de la provoquer,
de la favoriser
Exige de ’auteur une coopération consciente et volontaire à une
infraction déterminée.
Ex. : Dans l’art. 393, l’élément moral est exigé, c’est le meurtre
L’élément moral s’identifie à un dol général.
60
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
Nul ne peut être participant à une infraction involontaire (Ex. : La
personne qui prête une voiture à un ami qui heurte ensuite
involontairement un piéton ne peut être tenu responsable ou
complice).
L’exigence d’un concours de volontés ne signifie pas que le participant
doit avoir la même intention que l’auteur. Le participant peut être
sanctionné pour avoir prêté une aide à une infraction réglementaire
et à des délits contraventionnels.
II. Elément matériel : acte positif de participation, prévu par la loi,
antérieur ou concomitant à l’infraction principale
a) Acte positif
Une abstention d’agir (ne pas agir en somme) ne peut pas être
retenue comme élément matériel de participation (Ex. : Une
personne qui n’aide pas une autre qui se noie n’est pas responsable
pénalement car il n’y a aucune participation).
Par exception, une abstention peut être érigée en élément
matériel de participation lorsque :
L’intéressé avait l’obligation légale ou contractuelle
d’intervenir (Ex. : Le gardien de musée qui laisse
volontairement filer 2 voleurs de tableaux est considéré
comme complice).
L’abstention de l’intéressé a constitué un adjuvant, une
motivation complémentaire pour l’auteur de l’infraction
principale, ou un encouragement positif à la perpétration de
l’infraction principale (Ex. : Quelqu’un qui n’agit pas mais
assiste à l’infraction en l’approuvant commet un acte
positif).
Parfois, l’abstention est érigée en infraction principale dans le
cadre de l’abstention de porter secours à une personne exposée à
un péril grave (art. 422bis C.P)
b) Acte de participation prévu par la loi
Voir art. 66 et 67
c) Acte antérieur ou concomitant à l’infraction principale
Cela exclut donc les actes postérieurs à l’infraction, sauf le fait
pour une personne de tirer profit de l’infraction sans l’avoir
favorisée (ex : le recel). L’apologie d’une infraction n’est pas
61
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
punissable. Par exception, l’apologie du génocide commis par le
régime Allemand en 1940-1945 est sanctionnée.
Par exception, il est admis qu’est constitutif de participation :
- En matière de vol, l’aide apportée au voleur pour lui permettre
de mettre le butin à l’abri ;
- En toutes matières, lorsque l’acte postérieur a été convenu
avant l’infraction principale dans le but d’assurer l’impunité de
l’auteur.
III. Participation à une infraction qui est un crime ou un délit
Elle n’est punissable que si elle est reliée à une infraction principale
qui ne peut être qu’un crime ou un délit, ou un délit contraventionnalisé
(pas les contraventions).
Enfin, la participation à une tentative de crime ou un délit est
punissable alors que la tentative de participation à une infraction ne
l’est pas (Ex. : Une personne qui fournit à des malfaiteurs, des
masques pour commettre un casse et que ceux-ci échouent, la
personne fournisseur sera sanctionné également), alors que la
tentative de participation à une infraction ne l’est pas (Ex.: Une
personne qui tente de fournir des masques à des malfaiteurs pour
commettre un casse et qui finalement, ne peut leurs fournir ne sera
pas sanctionné).
2) Les actes de participation prévu par la loi
1. Corréité (aide indispensable) : Art. 66 C.P.
2. Actes de coopération directe
Ce sont des actes d’intervention directe mais qui ne sont pas les actes
prévus par la définition de l’infraction (Ex. : Un coauteur qui découpe au
chalumeau le coffre-fort d’une banque pour permettre à l’auteur
principal du vol de le vider).
I. Actes qui constituent une aide indispensable ou nécessaire
Sans cette aide, l’infraction n’aurait pu être commise (généralement,
c’est le juge qui détermine si l’aide était utile ou indispensable).
62
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
II. Actes de provocation
Consiste à faire naître chez autrui, une résolution criminelle ou la
renforcer (Ex. : Une personne qui engage un tueur à gages est un
coauteur, car c’est par sa faute que le tueur pourrait sévir).
La provocation doit être directe (un lien de causalité est exigé
entre provocation et infraction) (ex : l’auteur d’un film comique
qui pousse quelqu’un au suicide ne peut raisonnablement être
tenu responsable de ce suicide).
La provocation doit être suivie d’effets (sauf pour les crimes
et certains délits).
La provocation doit être privée (= instigation : elle s’exprime
par des dons, menaces…) ou publique (= collective : quand elle
est dirigée vers un groupe indéterminé de personnes).
3. La complicité : art. 67 C.P.
Elle consiste dans le :
I. Fait de donner des instructions (renseignement)
II. Fait de fournir les moyens matériels
III. Fait d’apporter une aide ou une assistance pour l’exécution ou la
préparation
IV. Le recel habituel de malfaiteurs
3) La répression de la participation criminelle
1. Les auteurs art. 66 C.P.
L’auteur encourt la peine précisée par la loi ; il s’agit en réalité d’une
fourchette légale prévue par le texte pénal qui prévoit un minimum et un
maximum.
L’auteur de l’infraction n’échappera à la condamnation que s’il bénéficie :
De cause de justification objectives (légitime défense, état de
nécessité, …) ou subjectives (non-imputabilité : minorité,
démence, etc.)
De causes d’excuses absolutoires (excuse de dénonciation, de
parenté…)
2. Les coauteurs art. 66 C.P.
Le coauteur encourt la même peine que l’auteur principal risque, sans
tenir compte de la peine réellement appliquée à celui-ci (Ex. : Si l’auteur
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Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
risque de 3 à 30 ans de prison et est condamné à 17 ans de réclusion, le
coauteur risque aussi de 3 à 30 ans mais pourrait se voir appliqué une
peine de 10 ans de réclusion par exemple).
3. Les complices art. 69 C.P.
Le complice d’un crime aura une peine immédiatement inférieure à celle
qui serait applicable à l’auteur de l’infraction, les réductions de peine
figurent dans les articles 80 et 81 CP.
Le complice d’un délit se verra infligé une peine qui n’excèdera pas les
2/3 de la peine applicable à l’auteur principal sans tenir compte de la
peine réellement appliquée à celui-ci (Ex. : Si une infraction prévoit une
peine de 1 à 3 ans de prison, le complice aura de 1 à 2 ans de prison).
Le complice de la contravention n’est pas punissable
Tableau récap.
Art. 398 (le délit en question)
Art. 66 Auteur 8 jours à 6 mois (Ex. : Le juge lui donne 5
mois)
Art. 66 Coauteur 8jours à 6 mois (Ex. : Le juge lui donne 3
mois)
Art. 69 Complice 8 jours à 4 mois (Ex. : Le juge lui donne 2
mois)
4. La participation érigée en infraction propre
- L’article 433 CP érige en infraction propre le comportement de
toute personne qui aura attiré ou utilisé un mineur en vue de
commettre, d’une des manières prévues par l’art. 66, un crime ou
un délit.
- L’article 550 § 6 CP prévoit en matière de hacking, que celui qui
ordonne la commission de cette infraction ou qui y incite soit puni
plus sévèrement que l’auteur même de l’infraction et ce même si
l’incitation n’a pas été suivie d’effets.
- Le législateur a érigé en infraction autonome la participation à ou
le fait de faire partie de groupement ou association : association
de malfaiteurs (324 CP), organisation criminelle (324ter CP),
groupement terroriste (140 et 141 CP).
64
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
4) (Influence des circonstances aggravantes sur la peine
appliquée au participant)
Chap. 3 La récidive
1) Définition
C’est la rechute d’un délinquant dans l’infraction mais elle n’entraîne des
conséquences que si le jugement des nouveaux faits intervient après la
condamnation pour les faits antérieurs. (54 CP)
Vol Jugement
Vol (1995)
Ceci n’est pas un cas de récidive !!
Vol Jugement Vol (1998)
(1997)
Ceci est bel est bien un cas de récidive !!
2) Conséquences art. 54 à 57 et 565 C.P.
1. Aggravation de peine
La fourchette de peines applicable pour la dernière infraction est
majorée en fonction de l’existence d’infractions précédentes déjà
définitivement sanctionnées.
2. Libération conditionnelle
En cas de récidive, le condamné pourra espérer se voir attribuer une
libération conditionnelle après 2/3 de sa peine purgée mais s’il n’a pas
récidivé il peut espérer une libération conditionnelle après avoir purgé
au moins 1/3 de sa peine.
Titre 5 Les peines
Chap.1 Fondement
Déjà développée dans l’introduction du cours
65
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
Chap.2 La notion de peine
1) (Notion)
2) La détermination judiciaire de la peine
1. Principe de la légalité de la peine
Art. 14 de la constitution déjà vu
Ex. : Art. 406 et 408
2. L’influence des circonstances atténuantes art. 79 à 85 C.P.
La peine se présente sous forme d’une fourchette légale en ce sens qu’il
est prévu un minimum et un maximum. Le rôle du juge sera, en partie
d’individualiser la peine qui se situe dans cette fourchette légale. Les
circonstances atténuantes ont pour effet de permettre le prononcé
d’une peine inférieure à cette fourchette légale.
Les circonstances atténuantes se découvrent :
Devant la juridiction de fond : celle-ci va démontrer l’existence de
circonstances atténuantes et dès lors abaisser la peine
En phase préalable, au moment soit :
- De l’information : Le procureur du Roi procède à un
classement sans suite, ou alors renvoie le dossier devant un
tribunal (le tribunal correctionnel connaîtra des crimes
correctionnalisés qui nécessitent des circonstances
atténuantes proposées par le parquet).
- De l’instruction : Il y a intervention du juge d’instruction qui
fera procéder à une fouille dans la vie privée du suspect. La
chambre du conseil décidera s’il y a renvoi devant une
juridiction de fond ou s’il y a non-lieu et pourra imposer des
circonstances atténuantes. Des circonstances atténuantes
n’interviennent qu’une seule fois dans une même affaire, «
circonstances atténuantes sur circonstances atténuantes
ne valent ».
66
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
Chap. 3 La classification des peines
1) La peine capitale
La loi du 1à juillet 199- art. 14 bis de la constitution à aboli la peine de mort
pour les personnes physique et l’a remplacé par la réclusion à perpétuité.
La loi du 4 Mai 1999 pour la responsabilité pénale des personnes morale : La
dissolution art. 7bis et 35
2) Les peines privatives de liberté – L’emprisonnement
Art. 8, 9, 25, 28, Loi du 12.01.2005, Loi du 17.05.2006, art. 41bis, 34bis,
34ter, 34quater, 34quinquies, 21, 26, 23
De différentes sortes, elles sont classées comme suit :
Pour les peines criminelles : réclusion à perpétuité, ou réclusion de 20 à 30
ans, de 15 à 20 ans, de 10 à 15 ans, ou de 5 à 10 ans (art 8 et 9 CP) ;
67
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
Pour les peines correctionnelles : emprisonnement de 8 jours à 5 ans (portée
à 10 ans si c’est un crime correctionnalisé qui entraîne une peine supérieure
à 10 ans) (art 25 CP) ;
Pour les peines de police : emprisonnement de 1 à 7 jours (art 28 CP).
Le régime pénitentiaire est le même, quelle que soit la peine prononcée.
Une loi du 12 Janvier 2005 prévoit d’ailleurs un statut juridique pour le
détenu (droit à la santé, droit aux visites…) ainsi qu’un régime disciplinaire
pour le détenu. Cette loi n’est pas encore entrée en vigueur car certains
arrêtés royaux d’exécution nécessaire à cette loi n’ont pas encore vu le jour.
En ce qui concerne les personnes morales, cette peine n’existe pas, elle est
remplacée par une amende d’un montant majoré et calculé selon un
mécanisme de conversion (art. 41bis CP).
1. Addendum : La mise à la disposition du gouvernement des
récidivistes, des délinquants d’habitude et des auteurs de
certains délits sexuels
Les articles 22 à 26bis de la loi du 1er juillet 1964 prévoient pour un
terme de 5 à 20 ans, la mise à la disposition du gouvernement de ces
catégories de condamnés. Le ministre de la justice a la charge de cette
mesure, lui seul peut décider de laisser en libertés les détenus ou
d’ordonner leur internement (qui consiste en une privation de liberté).
C’est une peine et non une mesure de sûreté. Dans les faits, cette peine
ne s’effectuera pas en prison.
La loi du 26 avril 2007 remplace la mise à disposition du gouvernement
par la mise à disposition du TAP ; elle modifie le CP pour y insérer cette
peine et abroge les articles 22 à 26bis de la loi du 1er juillet 1964. Cette
nouvelle loi n’est appelée à entrer en vigueur qu’à une date à déterminer
par le Roi, et, au plus tard, le 1er juillet 2009.
2. Addendum : Le bannissement ou l’expulsion des étrangers
Les articles 20 à 26 de la loi du 15 décembre 1980 met en place cette
mesure administrative organisée procéduralement qui permet de
renvoyer d’où ils viennent, certains étrangers condamnés, dans certaines
conditions, et pour une période de 10 ans.
Le renvoi ou l’expulsion ne peut intervenir que lorsque l’étranger est jugé
par le ministre, avoir gravement porté atteinte à l’ordre public ou à la
68
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
1. La peine de travail : Loi du 17 avril 2002
L’objectif est que celle-ci remplace l’emprisonnement en tant que peine
principale. La peine de travail ne peut jamais être prononcée
cumulativement à une peine d’emprisonnement.
La peine de travail est effectuée gratuitement par le condamné pendant
ses temps libres auprès des services publics de l’Etat, communes, auprès
d’a.s.b.l., etc.
Elle se mesure en heures de prestations, de 20 heures minimum à 300
heures maximum, doit être exécutée dans les 12 mois qui suivent la
décision (ce délai peut être prolongé par la commission de probation).
2. Champs d’application
Elle peut être prononcée pour les faits de nature à entraîner une peine
de police ou correctionnelle, ou avec un crime correctionnalisé.
Exceptions :
- Prise d’otage (art.347bis)
- Viol et attentat à la pudeur qualifié (arts.375 à 377)
- Corruption de la jeunesse, prostitution et outrage public aux
mœurs sur mineurs (arts.379 à 386ter)
- Homicides volontaires (arts.393 à 397)
- Meurtre commis pour faciliter le vol (art.475)
Elles ne concernent pas les personnes morales bien entendu. Elles
peuvent être prononcée avec ou sans sursis, total ou partiel, même
probatoire.
3. Mise en œuvre
De manière à permettre au juge d’apprécier la possibilité effective d’une
peine de travail, les maisons de justice établissent pour leur
arrondissement un rapport mensuel sur les places disponibles pour
réaliser des peines de travail.
Lorsqu’une peine de travail est envisagée, le juge informe le prévenu de
la portée d’une telle peine. Le tribunal peut tenir compte des intérêts de
la victime, et peut se faire éclairer par un rapport d’information succinct
et/ou une enquête sociale. S’il refuse de prononcer une peine de travail
sollicitée par le prévenu ou requise par le ministère public, le juge doit
motiver sa décision.
70
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
Il n’y a pas de fourchettes spécifiques à chaque infraction, ce qui signifie
que :
- Pour les peines de police2 : peine de travail toujours entre 20 et
45 heures
- Pour les peines correctionnelles3 : peine de travail toujours entre
46 et 300 heures
4. Détermination du contenu de la peine de travail
Le juge ne peut déterminer les modalités de la peine mais peut donner
des indications quant à son contenu concret. Le rôle des modalités
incombe à l’assistant des maisons de justice4 du lieu de résidence du
condamné.
Ex. de contenu concret de peine de travail :
- Amélioration de l’environnement
- Travaux d’entretien et d’embellissement
- Réparation de dégâts divers
5. Inexécution de la peine de travail
C’est la commission de probation qui examine la situation, tandis que la
mise éventuelle à exécution de la peine d’emprisonnement ou d’amende
subsidiaire revient au ministère public. Donc amande ou prison en cas
d’inexécution.
6. Peine de travail et casier Judiciaire
Les peines de travail sont inscrites au casier judiciaire mais les
administrations publiques n’y ont pas accès (art 590 Code Infractions
Criminelle). Toute personne justifiant de son identité peut obtenir un
extrait de son casier judiciaire comportant relever des informations
2
Les contraventions sont sanctionnées par une peine de police
3
Les infractions qui peuvent être sanctionnées par une autorité judiciaire sont limitativement
énumérées par la loi. ... Il existe trois types d'infractions : Les crimes sanctionnés par une peine
criminelle. Les délits sanctionnés par une peine correctionnelle.
4
C'est encore la Maison de justice qui accueille et soutient les victimes d'infractions lors de la
procédure judiciaire. Elle peut leur donner certaines informations sur leur dossier
71
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
enregistrées qui la concernent, à l’exception des décisions condamnant à
une peine de travail en vue de lui permettre de produire un certificat de
bonne conduite, vie et mœurs (art 595 CIC).
7. Peine de travail et application de la loi dans le temps
L’art.2 du code pénal exclut l’application rétroactive de la peine la plus
sévère et impose l’application rétroactive de la peine la plus douce. La
peine de travail est moins sévère que l’emprisonnement et elle est plus
sévère que l’amende.
5) La peine de probation autonome
Art. 37octies, novies, decies, undecies,
72
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
6) Les peines patrimoniales
1. L’amende
Art. 36, 41bis, 278, 432, 559, Art. 163, 195 al. 2, 449 C.I.C
Elle peut être une peine principale (Ex. : Dans les matières économiques
et sociales) ou accompagner une peine d’emprisonnement, elle est alors
une peine accessoire.
L’amende répond à un maximum et un minimum fixé (le juge doit dès lors
individualiser la peine, comprise dans une fourchette légale).
Chaque peine prévoit des décimes additionnels. Le coefficient actuel est
un multiplicateur de 8 qui s’applique aux infractions commises après le
1er janvier 2017 pour les infractions avant cette date-là en remontant
jusqu’au 1er janvier 2012 il faudra multiplier par 6 et encore avant
cette date-là par 5.5.
Les peines applicables aux personnes physiques (art 38 CP)
Les peines applicables aux personnes morales (art. 41 bis)
2. La confiscation spéciale art. 42 à 43quater
La confiscation n’est jamais une peine principale et ne peut être qu’une
peine accessoire. La confiscation en tant que peine est prononcée par un
juge de fond, mais la saisie pénale est prononcée par un juge
73
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
d’instruction, le procureur du Roi ou un agent ou officier de police
judiciaire. Elle ne peut jamais être prononcée en cas de contravention.
Voici sur quoi porte la confiscation spéciale :
Les choses qui forment l’objet de l’infraction quand la propriété
appartient au condamné, cela s’appelle le « corps du délit » (Ex. :
Une arme à feu, des stupéfiants vendus…)
Les choses qui ont servis ou qui ont été destinées à commettre
l’infraction quand la propriété appartient aux condamnées, donc
les choses qui ont servies à commettre une infraction involontaire
ne seront pas confisqués (Ex. : Une personne qui roule trop vite et
qui renverse un piéton ne peut se voir confisquer sa voiture).
Les choses produites par l’infraction, même si la chose
n’appartient pas au condamné (Ex. : Les recettes provenant de
l’exploitation illicite d’un jeu de hasard).
Les avantages tirés directement de l’infraction, les biens et valeur
qui leurs ont été substitués et les revenus de ces avantages
investis (Ex : Un marchand de sommeil qui loue des maisons
insalubres à des personnes vulnérables peut se voir confisquer les
maisons, mais aussi les loyers perçus par l’activité illicite). Les
biens de substitution pourront aussi être confisqués (si l’argent
n’existe plus en tant que tel) (Ex. : Les loyers en nouveaux
bâtiments ou voitures), c’est ce qu’on appelle la « confiscation par
équivalent » (cette confiscation est facultative et n’intervient que
sur réquisitions écrites du ministère public).
Les avantages patrimoniaux, les biens et valeurs qui leur ont été
substitués et les revenus de ces avantages investis qui sont
trouvés dans le patrimoine d’une personne ou en sa possession, ou
leur équivalent et qui proviennent ou sont supposées provenir
d’infraction qui sont identiques à celle qui a entraîné la
condamnation et du chef desquelles il n’est même pas requis que
l’intéressé ait été reconnu coupable. Cette confiscation n’est
permise que lorsque les infractions sont d’une véritable gravité ou
pour les infractions commises dans le cadre d’organisations
criminelles.
La confiscation peut intervenir même quand les choses sont situées à
l’étranger, et s’applique également aux personnes morales. La chose
confisquée peut être restituée à la personne se constituant partie civile,
74
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
chose-lui appartenant bien entendu. On ne peut confisquée que ce qui
appartient au compétant, si la chose d’appartient pas au délinquent elle
ne peut être confisquée
7) Les peines privatives de certains droits
1. La destitution art. 19
C’est une peine accessoire, elle consiste en la privation des titres, grade,
fonction, emploi et office public. La destitution est obligatoire en ce
sens qu’elle doit être prononcée par tous les arrêts condamnant à une
peine criminelle. Seules les cours d’assises et les juridictions militaires
peuvent prononcer la peine de destitution (uniquement aux personnes
physiques).
2. L’interdiction de certains droits arts. 31 à 34
C’est l’interdiction d’exercer pour l’avenir certains droits énumérés dans
l’art. 31 (Ex. : Droit de remplir des fonctions ou emplois publics, droit
d’éligibilité, droit de déposer en justice). En matière correctionnelle,
l’interdiction des droits dans l’art.31 n’est prononcée que dans les cas
prévus par la loi pour un terme de 5 à 10 ans.
L’arrêté royal du 24 Octobre 1934 peut aussi interdire à une personne
condamnée d’exercer, pour une durée de 10 ans, l’exercice de fonctions
de responsabilité et de gestion dans des sociétés commerciales, ou même
l’activité de commerçant à titre individuel.
L’interdiction de certains droits peut être une peine particulièrement
appropriée pour sanctionner les personnes morales pénalement
responsable (art 7bis, 36 et 37 CP).
L’interdiction peut aussi être parfois une peine accessoire prononcée par
le juge en vertu de la loi dans des cas particuliers (Ex. : art.382bis en
matière d’infractions de mœurs envers de mineurs prévoit une
interdiction du droit de participer à des activités d’enseignement à
l’égard des mineurs).
L’interdiction de certains droits ne doit pas être confondue avec
l’interdiction civile (l’incapacité pour le condamné d’administrer encore
ses biens et d’en disposer, prévue par les arts. 21 à 24 et 89 à 90 du
code pénal).
75
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
8) La peine de publication ou de diffusion de la décision
Elle est principale ou accessoire et s’exécute aux frais du condamné (vise la
personne morale) et ne peut être prononcée que dans les cas déterminés par
la loi (art 7bis et 37bis CP). Elle se distingue de la peine accessoire de
publication de la décision de condamnation d’une personne physique (art. 18
du code pénal) pour les condamnations criminelles les plus graves.
9) La peine de réprimande
er
Art. L4145-25, § 1 du Code de la démocratie locale et de la
décentralisation
Chap. 4 Les modalité de la peine
1) La suspension du prononcé de la condamnation
Loi du 29 juin 1964
Elle vise à favoriser l’amendement de l’intéressé. Ici, la condamnation n’est
pas prononcée mais est tenue en suspens pendant un certain temps (épée de
Damoclès).
Si le condamné n’a pas commis de nouveaux faits durant la période d’essai,
l’action publique est éteinte définitivement et la condamnation dont le
prononcé a été suspendu ne sera jamais effectivement prononcée, sinon,
une condamnation viendra remplacer ce suspendu du prononcé.
1. Conditions
Elle requiert l’accord de l’inculpé (l’accuse), & n’intervient que si la
prévention déclarée est établie
Ne vaut que pour les personnes qui n’ont pas encouru de
condamnation à une peine criminelle ou à un emprisonnement
correctionnel principal de plus de 6 mois (cette condamnation doit
être intervenue avant la commission des nouveaux faits reprochés
à l’individu)
Le fait ne doit pas être de nature à entraîner une peine
correctionnelle de plus de 5 ans (la peine réellement administrée
à l’individu et non la peine abstraite)
Il faut justifier la suspension du prononcé de la condamnation En
ce qui concerne la fabrication de stupéfiants, si elle est pour un
usage personnel, la suspension du prononcé fonctionne (loi du 3 mai
2003 bénéficie des dispositions de la loi du 29 juin 1964).
76
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
2. Juridictions compétentes pour accorder la suspension du
prononcé de la condamnation
Toutes les juridictions sont compétentes, sauf la cour d’assises. Les
débats sur la suspension peuvent se dérouler à huis clos par requête du
ministère public ou du prévenu, mais s’il y a rejet, cela se poursuivra en
audience publique.
Les juridictions d’instruction peuvent prononcer la suspension du
prononcé également. Les audiences de l’instruction se dérouleront à huis
clos, mais pas le prononcé de la suspension qui est en audience publique.
Afin d’éclairer le tribunal sur l’opportunité d’un recours à une suspension
du prononcé de la condamnation, l’art 2 de la loi autorise qu’il soit
procédé, par un assistant de probation, à un rapport d’information
succinct ou une enquête sociale préalable sur le comportement et le
milieu de l’inculpé.
3. Modalité
La suspension du prononcé est en quelque sorte une épée de Damoclès
au-dessus de la tête du condamné. Le délai d’épreuve est de 1 an au moins
à 5 ans au plus, à compter de la décision (art 3 al 3 de la loi de 1964).
4. Effets de la suspension du prononcé
Elle permet à l’éventuelle victime d’être indemnisée. (Compenser à
quelqu'un le dommage qu'il a subi)
La décision doit condamner l’intéressé aux frais et aux éventuelles
restitutions ; la confiscation spéciale s’applique également.
La suspension et la déclaration de culpabilité sont inscrites au
casier judiciaire central mais ne sont pas mentionnées sur les
certificats de bonne vie et mœurs.
La suspension ne sert pas de base à la récidive, vu que la
condamnation n’est pas prononcée.
S’il n’y a pas révocation de la suspension, l’action publique s’éteint
définitivement.
5. Révocation de la suspension du prononcé
Elle intervient s’il y a une nouvelle condamnation durant le délai
d’épreuve. Il faut cependant que cette nouvelle infraction ait entraîné
une condamnation à une peine criminelle ou à un emprisonnement principal
d’au moins 1 mois, avec ou sans sursis. En cas de révocation de la
77
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
suspension du prononcé, la peine d’emprisonnement à prononcer pour ces
faits ne pourra pas dépasse 5 ans (par le ministère public devant le
tribunal correctionnel de la résidence de l’intéressé).
2) Le sursis à l’exécution des peines
Il ne s’agit plus de suspendre le prononcé d’une condamnation, mais bien de
prononcer une condamnation dont seule l’exécution sera, en tout ou en
partie, suspendue pendant un délai d’épreuve. Le sursis vaut pour les peines
tant principales qu’accessoires et peut donc affecter les peines
d’emprisonnement, de travail, les peines patrimoniales et celles portant sur
l’interdiction de certains droits. Il ne vaut pas pour les mesures de sûretés
ou les mesures de nature civile bien entendu.
1. Conditions
L’accord du condamné n’est pas nécessaire
Le candidat au sursis ne peut avoir été condamné à une peine
criminelle ou à un emprisonnement principal de plus de 12 mois avec
ou sans sursis (1 an➔365 jours, n’est pas égal à 12 mois➔360
jours). La première condamnation doit être intervenue de manière
définitive avant la commission des nouveaux faits pour lesquels le
sursis est sollicité (2 sursis n’existent jamais en même temps).
Exception : une personne subissant une nouvelle condamnation
après un sursis, mais pour laquelle les faits dataient d’avant la
prononciation du sursis peut recevoir un second sursis. (Ex : Guy
Coëme fut condamné pour corruption dans : L’affaire INUSOP et
L’affaire AGUSTA :
▌_______________▌______________▌_____________▌____________▌
____________▌ Infraction infraction infraction infraction
jugement jugement (03/1981) (07/1988) (06/1989)
(12/1989) (04/1996) (12/1998)
Dans ce cas-ci, le condamné pourra cumuler 2 sursis bien entendu).
Les condamnations prononcées ne peuvent excéder 5 ans (Ex. :
Une peine de 8 ans avec sursis est illégale)
Le sursis doit être motivé
78
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
2. Juridictions compétentes pour prononcer le sursis
Toutes les juridictions sont compétentes, y compris la cour d’assises (la
cour d’assises par l’effet d’une correctionnalisation d’un crime (art.80),
de façon à ce que la peine ne dépasse pas 5 ans). Contrairement à la
mesure de suspension du prononcé, les juridictions d’instruction n’ont pas
cette compétence.
3. Modalités
Le délai d’épreuve accompagnant le sursis ne peut être inférieur à 1 an
et supérieur à 5 ans à compter de la décision qui l’octroie ; lorsque ce
sursis porte sur des peines d’amendes ou des peines d’emprisonnement
ne dépassant pas 6 mois, ce temps d’épreuve ne peut pas dépasser 3 ans.
4. Effets du sursis
Les condamnations avec sursis sont inscrites au casier judiciaire
Le sursis emporte suspension de la prescription de la peine.
La suspension de la condamnation est tenue en suspend durant le
délai d’épreuve.
S’il n’y a pas révocation de la suspension, la condamnation pourra
néanmoins servir de base à la récidive et sera prise en
considération pour l’octroi d’un nouveau sursis éventuel.
5. La révocation du sursis
La révocation du sursis simple intervient de manière automatique ou
facultative. La révocation du sursis simple intervient automatiquement
si le condamné à commis une nouvelle infraction pour laquelle il est
condamné, durant ou après le délai d’épreuve, à peine criminelle ou à un
emprisonnement de plus de 6 mois sans sursis (on regardera l’infraction
concrète et pas l’infraction abstraite).
Le sursis tombe, de manière facultative, à l’issue d’un débat judiciaire,
si le condamné à commis durant le délai d’épreuve, une infraction qui lui
a entraîné une peine d’emprisonnement principale d’1 mois au moins et de
6 mois au plus sans sursis.
La révocation d’un sursis probatoire est toujours facultative et
n’intervient que si l’individu ne respecte pas l’une des conditions
imposées.
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Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
3) La probation
1. Conditions et Modalités
En ce qui concerne le sursis probatoire, un délai de probation est prévu,
mais une ou plusieurs conditions à respecter sont imposées, cela incitera
le condamné à adopter des comportements ou prendre des mesures
particulières propres à éviter la rechute dans la délinquance.
Le juge détermine le type de mesures probatoires qu’il ordonne et, à
cette fin et moyennant la demande ou le consentement du prévenu, il
peut demander une enquête sociale. Les mesures probatoires
nécessitent l’accord du prévenu. Dans les matières des infractions de
mœurs envers les mineurs, il faut un avis motivé rendu par un service
spécialisé en matière de délinquants sexuels.
Ces mesures peuvent être l’interdiction de fréquenter certains lieux,
l’obligation de pratiquer un sport, l’interdiction de réparer les dommages
causés, l’interdiction de sortir du pays sans avertir les autorités,
l’obligation de se soumettre à une cure de désintoxication, d’accepter les
visites de l’assistant de probation, etc.
2. La formation comme condition probatoire
I. Notion
La formation contribue au développement personnel de l’intéressé en
dehors de ses activités scolaires ou professionnelles. Il s’agit d’une
peine alternative, remplaçant certaines peines d’emprisonnement.
II. Conditions
La formation peut être ordonnée par le juge lorsqu’il accorde
la suspension probatoire du prononcé ou le sursis pour
l’intégralité d’une peine d’emprisonnement.
Ne peut être prononcée qu’en présence du prévenu et nécessite
sa volonté.
Peut être ordonnée sans rapport d’information succinct ou
enquête sociale préalable.
Ne peut être prononcée que si le détenu habite non loin du
centre de formation pour pouvoir mettre à exécution la peine
dans des circonstances correctes.
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Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
III. Modalités
Ne peuvent être suivies qu’auprès des services publics de
l’Etat, communes, d’a.s.b.l., etc.
La formation doit être exécutée dans les 12 mois à débuter du
prononcé de la condamnation.
La durée de la formation est comprise entre 20 et 240 heures.
A titre d’exemple, notons : les cours d’alphabétisation, des sessions
pour la gestion de l’agressivité, des formations professionnelles
3. Procédure
L’enquête sociale préalable à la décision judiciaire ou rapport
d’information succinct.
L’accord du prévenu sur la mesure envisagée.
Le tribunal accorde la suspension du prononcé ou une peine de
travail assortie d’un sursis total moyennant des conditions
probatoires.
Le greffe de la juridiction qui a prononcé la mesure transmet
ensuite le dossier à la commission de probation de
l’arrondissement.
L’assistant de justice est appelé à surveiller le respect effectif
des conditions de probation et en informe, au moins tous les 6
mois, la commission de probation.
L’étape suivante sera le suivi effectif de la formation par la
commission de probation. Ce suivi porte sur les conditions de
réalisation.
Chap. 5 L’exécution de la peine
1) Principe de l’exécution des différents types de peines
L’exécution des peines relève de la compétence du pouvoir exécutif, en
l’espèce du ministère public art. 139 C.J.
2) L’exécution des peines d’amende et des peines de
confiscation
Le recouvrement des peines d’amende est assuré, à l’initiative du parquet,
par l’Administration fiscale de l’enregistrement et des domaines. Cette
administration peut avoir recours à des saisies en cas de non-paiement
volontaire.
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Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
En cas d’impossibilité par contre, il existe l’emprisonnement subsidiaire pour
les personnes physiques (cet emprisonnement est cependant assez
exceptionnel).
3) L’exécution des peines de travail et des peines de
probation
L’art 37quiquies § 2 du CP précise que le greffier transmet copie du
jugement au président de la commission de probation et au service des
maisons de justice. Un assistant de justice est désigné par la maison de
justice compétente et est chargé de convoquer le condamné et de mettre
en route la procédure de détermination concrète de la peine de travail
Ici, le ministère public n’intervient donc pas en ce qui concerne la décision
de mise en exécution de la peine de travail.
4) L’exécution de la peine de privation de liberté
Elle relève du ministère public (parquet près la juridiction qui a rendu la
décision de condamnation en dernier ressort). Si le condamné est déjà
détenu pour avoir été placé sous mandat d’arrêt, la peine s’opère dans la
continuité, il en est de même si le détenu est condamné pour d’autres faits
durant sa période de détention.
Si le condamné n’était pas détenu au moment de la prononciation du
jugement, un ‘billet d’écrou’ lui sera décerné (invitation à se présenter à la
prison à un moment précis) ; si il ne coopère pas, celui-ci sera signalé au
bulletin central de signalement (BCS) et au système informatique Schengen
(SIS).
A noter aussi que la mesure de bannissement venant frapper un étranger
intervient après un temps de détention en Belgique.
5) La non-exécution des courtes peines d’emprisonnement
(Circulaire du ministère public du 04 Novembre 1993)
Elle s’applique à toute peine d’emprisonnement principale correctionnelle de
4 mois au plus, ainsi que toute peine supérieure assortie d’un sursis partiel
limitant la peine à exécuter à 4 mois au moins ou réduite à 4 mois par voie
de grâce.
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Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
Le parquet laisse donc en fait prescrire la peine, ou la commue par voie de
grâce après un délai suffisant, en une amende ou propose d’octroyer un
sursis ou la remise pure et simple de la peine.
Exceptions : il n’y aura pas de non-exécution dans les cas suivants :
Abandon de famille et non-représentation d’enfant ;
Homicide par imprudence lié à un accident de roulage
Les infractions en matière de circulation routière portant sur le
permis de conduire, touchant au délit de fuite, à l’imprégnation
alcoolique, à l’ivresse au volant, à la déchéance du droit de conduire ;
Matière de droit pénal de l’environnement
Travail frauduleux
Matière de stupéfiants
En raison de l’intérêt de la sauvegarde de l’ordre public (mesure
d’intervention ayant obtenue l’accord du parquet général)
Cette circulaire a perdu de son impact depuis la circulaire du 17 janvier
2005 sur la libération provisoire immédiate et automatique pour les
condamnés à un emprisonnement de moins de 6 mois. Enfin, si le condamné
purge déjà une autre peine d’emprisonnement au moment du jugement, il ne
bénéficiera pas de la circulaire ministérielle du 4 Novembre 1993.
6) La libération conditionnelle
(Loi du 5 Mars 1998 modifié par lois du 17 mai 2006)
La libération conditionnelle est désormais régie par deux lois du 17 mai 2006
sur les TAP et sur le statut externe du détenu. A l’heure actuelle, la
libération conditionnelle répond à un régime légal différent selon
l’importance de la peine :
Peine d’emprisonnement effective < 3 ans : le condamné relève du juge
d’application des peines, institution pas encore en vigueur, et son sort
est dès lors régler pas une autre institution qui est la libération
provisoire (cf. infra).
Peine d’emprisonnement effective > 3 ans : le condamné relève du
TAP, institution en vigueur depuis le 1er février 2007.
Le principe de la libération conditionnelle ne cesse de poser des problèmes.
Certains pensent qu’il s’agit d’une négation de la décision rendue par le juge.
D’autres pensent au contraire qu’une peine d’emprisonnement sert à
l’amendement des coupables et dès lors la libération conditionnelle serait
83
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
perçue comme une modalité d’exécution de la peine d’emprisonnement. Le
taux d’échec des libérations conditionnelles est peu élevé.
1. Les tribunaux de l’application des peines, point central de la
libération conditionnelle
La loi du 17 mai 2006 instaurant des tribunaux d’application des peines
fait enfin place à une judiciarisation de l’exécution de certaines peines,
en particulier des peines d’emprisonnement.
I. Organisation
Les TAP prennent la forme d’une ou de plusieurs chambres des TPI
établis au siège de chacune des cours d’appel. Ces chambres peuvent
siéger dans tous les tribunaux du ressort de la cour d’appel ainsi que
dans tous les établissements pénitentiaires. Le TAP est composé :
1 magistrat professionnel ayant suivi une formation spécialisée
(juge d’application des peines) qui le préside ;
1 assesseur spécialisé en matière pénitentiaire ;
1 assesseur spécialisé en réinsertion sociale ;
1 substitut spécialisé en application des peines qui exerce les
fonctions du ministère public.
II. Compétence
La compétence territoriale est définie par l’art 635 CJ : le TAP est
compétent pour les condamnés détenus dans les établissements
pénitentiaires du ressort de la cour d’appel où il est établi, et cela
jusqu’au moment où la libération devient définitive. Le TAP peut à
titre exceptionnel transférer la compétence à un autre TAP.
C’est le tribunal du domicile ou de la résidence d’un condamné non
détenu qui est compétent pour connaître des demandes de celui-ci. Le
juge d’application des peines est compétent pour les affaires
relatives à une ou plusieurs peines privatives de liberté dont la partie
à exécuter s’élève à 3 ans au moins. La détention limitée, la
surveillance électronique, la libération conditionnelle et la mise en
liberté provisoire en vue de l’éloignement du territoire ou de la remise
sont de la compétence du TAP pour les condamnés purgeant une peine
supérieure à 3 ans.
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Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
La permission de sortie, le congé pénitentiaire et l’interruption de
l’exécution de la peine restent de la compétence du ministre de la
justice (art 4 et suivants de la loi du 17 mai 2006).
2. Conditions d’octroi de la libération conditionnelle
I. Condition de durée
Le condamné doit avoir purgé 1/3 de sa peine d’emprisonnement, seuil
porté à 2/3 s’il s’agit d’une récidive. Si l’intéressé a été condamné à
la réclusion à perpétuité, la libération conditionnelle ne pourra
intervenir avant un terme de 10 années de privation de liberté, voire
14 en situation de récidive.
II. Le plan de réinsertion sociale
Le dossier du condamné doit contenir un plan de réinsertion sociale
indiquant les perspectives de réinsertion du condamné. Ce plan doit
inciter le condamné à présenter ou à participer à l’élaboration d’un
programme de reclassement duquel apparaissent sa volonté et son
effort de réinsertion dans la société. Pour la réduction du plan, il est
assisté par le service psychosocial de l’administration pénitentiaire
en collaboration avec des services extérieurs.
Ce plan doit contenir :
Les démarches entreprises lors de la détention en vue du
reclassement du détenu ;
Son adresse et le lieu d’accueil ; - Ses moyens de subsistance ;
Les activités prévues ;
Le suivi médical et/ou l’accompagnement psychosocial envisagé
;
Son attitude ou son engagement vis-à-vis de ses victimes ;
…
III. L’absence de contre-indications
Ces contre-indications, présentées de manière cumulative, portent
sur :
L’absence de perspective de réinsertion sociale du condamné ;
Le risque de perpétration de nouvelles infractions graves ;
Le risque que le condamné importune les victimes ;
…
85
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
3. Procédure d’octroi de la libération conditionnelle
Le condamné qui est dans les conditions de temps bénéficie d’un
droit de comparaître devant le TAP qui doit être saisi par le
directeur de l’établissement, sans initiative du condamné.
Le directeur constitue un dossier et rend un avis au plus tôt 4 mois
et au plus tard 2 mois avant que le condamné soit admissible à la
libération conditionnelle. En vue de cet avis, le condamné peut
demander à être entendu par la conférence du personnel dont les
observations écrites sont jointes au dossier constitué par le
directeur.
L’avis du d’un service spécialisé doit être joint au dossier lorsqu’il
s’agit d’un condamné pour faits de mœurs.
Dans le mois de la réception de l’avis du directeur, le ministère
public rend lui aussi un avis motivé qu’il transmet au TAP et qu’il
communique au directeur et au condamné.
Le dossier est à la disposition du condamné et de son conseil
pendant 4 jours avant l’audience et le condamné peut obtenir une
copie.
L’examen de l’affaire a lieu à la première audience utile du TAP
après réception de l’avis du ministère public (au plus tard dans les
2 mois), le condamné, le directeur et la victime étant informés par
pli judiciaire des lieux, jour et heure de l’audience.
Le TAP entend le condamné et son conseil, le ministère public et
le directeur. La victime est entendue sur les conditions
particulières imposées dans son intérêt. Le TAP peut décider
d’entendre d’autres personnes.
L’audience a lieu à huis clos sauf demande du condamné lorsque la
libération conditionnelle lui a été refusée à trois reprises.
La décision doit intervenir dans les 14 jours de la mise en délibéré
et seule la majorité est requise au sein des 3 magistrats.
Le jugement d’octroi est notifié au condamné et porté à la
connaissance du ministère public et du directeur. Il est également
communiqué à la police locale de la commune où le condamné
s’établira.
En cas de refus, le tribunal indique dans son jugement la date à
laquelle le condamné pourra introduire une nouvelle demande. Ce
délai ne peut dépasser 6 mois pour les peines inférieures à 5 ans.
86
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
4. Effets de la décision d’octroi de la libération conditionnelle
Il s’agit d’une remise en liberté sous l’obligation de respecter les
conditions imposées par la décision de libération. Le respect de ces
conditions est exigé pendant un délai d’épreuve égal à la durée de la peine
privative de liberté que le condamné devait encore subir sans pouvoir
être inférieur à 2 ans, voir 5 ou 10 dans les hypothèses visées à l’art 71
de la loi du 17 mai 2006.
Le contrôle du respect de ces conditions est assuré par le ministère
public et un assistant de justice. Ce dernier fait un rapport au TAP sur
le condamné, dans le mois qui suit la libération, et, ensuite, à chaque
occasion utile ou sur demande du tribunal mais au moins tous les 6 mois.
Les services de polices sont également liés à cette surveillance par l’art
20 de la loi du 5 août 1992.
5. Suspension et révocation de la libération conditionnelle
En cas de non-respect des conditions de la libération conditionnelle, la
mesure peut être révoquée ou suspendue par le TAP à la demande du
ministère public. Le condamné est immédiatement réincarcéré (une
procédure d’arrestation provisoire est évidemment prévue pour les
hypothèses d’urgences). La décision de révocation, de suspension ou de
révision a lieu à l’issue d’un débat contradictoire, le condamné ayant pris
connaissance du dossier.
6. Dispositions diverses
Art. 62 et S
Le TAP peut, à la demande du condamné et selon un débat contradictoire,
remplacé une peine privative de liberté par une peine de travail art. 87
et s.
Selon les articles 81 et suivants, et au terme d’une procédure
contradictoire, le TAP peut recalculer le degré de la peine prononcée par
la juridiction de fond. Art. 58 à 64.
Les décisions du juge de l’application des peines sont susceptibles de
pourvoi en cassation dans un délai de 24H art. 96 et S.
7. Les victimes dans le processus de libération conditionnelle
Sont qualifiées de victimes :
La partie civile dont l’action a été déclarée recevable et fondé ;
87
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
La personne qui était mineure, mineure prolongée ou interdite au
moment des faits et pour laquelle le représentant légal ne s’est
pas constitué partie civile ;
La personne physique qui n’a pas pu se constituer partie civile par
suite d’une impossibilité matérielle ou de vulnérabilité.
La notion de victime est donc largement élargie par rapport à la notion
classique de partie civile. Seule la première catégorie de victime est
automatiquement avertie des audiences du TAP. Les deux autres
catégories doivent adresser une demande écrite au TAP pour être
informées de la tenue des séances. Les victimes n’interviennent pas dans
le débat sur le principe de l’octroi ou non d’une libération conditionnelle
mais uniquement sur les conditions à imposer.
7) La libération provisoire
Il s’agit plus d’une interruption de l’exécution de la peine qu’une modalité
d’exécution de la peine d’emprisonnement. Elle est très importante car elle
règlemente le sort des condamnés qui purgent une peine d’emprisonnement
inférieure à 3 ans.
Le sort de ces condamnés relève principalement du juge d’application des
peines mais cette institution n’est pas encore en vigueur. L’Etat actuel de la
matière est donc toujours régi par une circulaire ministérielle du ministre
de la justice n°1771-EP du 17 janvier 2005.
Cette libération provisoire est décidée par le directeur de la prison. Cette
décision revient au service des cas individuels du SPF Justice pour les
détenus qui sont condamnés à un total de peines de plus d’1 an
d’emprisonnement pour des faits de mœurs commis sur des mineurs.
La décision de libération provisoire est immédiatement prise par
le directeur dès l’entrée en prison du condamné dont et il en
ressort que les peines inférieures à 6 mois ne sont plus purgées.
La décision est prise par le directeur suite au seul écoulement du
temps de détention pour les condamnés à une peine inférieure à 1
an. Le condamné doit avoir purgé 15 jours, 1 mois, 2 mois ou 3 mois
de détention selon que les peines ne dépassent pas respectivement
4, 7, 8 mois et 1 an.
Les seules contre-indications, sauf en cas de mœurs sur mineurs (cf. supra),
portent sur l’impossibilité pour le condamné de subvenir à ses besoins
88
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
matériels en termes d’hébergement et de moyens de subsistance, sur le
risque pour l’intégrité physique d’un tiers.
La révocation de la libération provisoire peut intervenir suite à un crime ou
à un délit commis après la libération et pour lequel une condamnation
définitive intervient. La procédure de libération provisoire ne s’applique pas
aux condamnés qui n’ont pas le droit de séjour en Belgique et à ceux qui font
l’objet d’une demande d’extradition.
Chap. 6 les obstacles à l’exécution de la peine
1) Le décès du condamné
Les peines prononcées par les jugements s’éteignent par la mort du
condamné. Ces peines pénales ne se transmettent pas aux héritiers.
La perte de la personnalité juridique de la personne morale condamnée
n’éteint pas la peine. La loi a voulu éviter que des personnes morales pour
échapper aux poursuites ou aux conséquences d’une condamnation, entrent
en liquidation volontaire (loi du 4 mai 1999).
2) La prescription de la peine art. 91 à99 C.P.
Elle existe car l’ordre public serait plus troublé, après un certain délai, par
la mise à exécution de la peine que par son absence et par le fait que ce
même délai fait vivre à l’intéressé une longue période de crainte.
La prescription de l’action publique est le temps dont disposent les
autorités pour obtenir un jugement définitif sur des faits
infractionnels reprochés à une personne.
La prescription de la peine, par contre, fait obstacle à son exécution
par le condamné, tout en laissant subsister la condamnation et tous
les effets qui en découlent (ex. : certaines interdictions).
3) La Grâce Royale
Art. 110 à 111 de la constitution et art 87 à 90 C.P.
Le recours en grâce suppose une condamnation coulée en force de chose
jugée. Dans le cas suivant, le pouvoir exécutif empêche la réalisation de la
peine. La grâce peut être individuelle ou collective (remise de peine à tous
les condamnés). La grâce royale n’a pas d’effet sur la condamnation, celle-ci
reste inscrite au casier judiciaire. Souvent, une grâce royale commute une
peine en une autre plus douce.
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Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
Chap. 7 L’extinction des effets de la peine
1) L’effacement automatique des condamnations art. 619 à
620 C.I.C
1. Champ d’application
Cela vise les peines de peu de gravité
Sont effacées automatiquement après 3 années les seules
condamnations à des peines de police, sauf si elles comportent une
déchéance ou une interdiction qui a été prononcée lors du jugement et
dont les effets dépassent une durée de 3 ans (loi du 08 août 1997 parut
au MB en 2001).
L’effacement opéré avant l’entrée en vigueur de la nouvelle loi reste
acquis au condamné. Il faut aussi savoir que tout ce qui concerne la
circulation passe devant le tribunal de police, même si ces types
d’infractions entraînent des peines correctionnelles.
2. Effets
L’effacement des condamnations entraîne la cessation pour l’avenir, des
effets de la condamnation (cela n’est plus inscrit au casier judiciaire et
cela ne sert plus de base à la récidive)
3. Modalités
L’effacement des condamnations joue de manière automatique.
La seule condition est l’écoulement d’un certain délai, à savoir un
délai de 3 ans depuis la date de la décision définitive qui condamne
l’individu.
Le comportement du bénéficiaire n’entre pas en ligne de compte,
ni les nouvelles condamnations durant la période de 3 ans.
2) La réhabilitation art. 621 à 634 C.I.C
1. Notion
Le condamné à une peine qui n’est pas susceptible d’être effacée
automatiquement peut être réhabilité, s’il n’a pas bénéficié d’une
réhabilitation depuis 10 ans au moins. Elle fait cesser pour l’avenir, tous
les effets de la condamnation (incapacité, récidive, sursis, casier
judiciaire…).
90
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
Ici, le sursis n’est plus possible, car l’individu a été condamné à une peine
de sursis excédant 12 mois, d’où l’importance de l’effacement du casier
judiciaire pour qu’il puisse à nouveau en bénéficier un jour.
2. Conditions
Le condamné doit avoir exécuté sa peine ;
Le condamné doit s’être acquitté des réparations civiles et des
frais de justice ;
Le condamné doit s’être acquitté d’un temps d’épreuve fixé par la
loi
Durant le délai d’épreuve, le condamné doit avoir eu une résidence
en Belgique ou à l’étranger et avoir été de bonne conduite ;
Le condamné ne doit pas avoir déjà bénéficié d’une réhabilitation
depuis 10 ans.
3. Procédure
La demande de réhabilitation est adressée sous forme de requête au
procureur du Roi qui se fera délivrer toutes les pièces attestant que les
conditions légales sont réunies. La procédure est présentée devant la
chambre des mises en accusation. En cas de rejet, une nouvelle requête
pourra être déposée après un délai de 2 ans minimum.
3) L’amnistie
C’est un acte du pouvoir législatif qui décide l’effacement des
condamnations prononcées, ce qui prive la condamnation de tout effet pour
l’avenir (sauf les dommages et intérêts).
Ex. : Les collaborateurs durant la guerre tentent toujours d’obtenir
l’amnistie.
4) Révision art. 443 à 447bis C.I.C
C’est une procédure judiciaire destinée à réparer les erreurs judiciaires qui
ont été commise au détriment du condamné.
5) La réouverture de la procédure en matière pénale art.
442bis à 442octies C.I.C
La loi du 1er avril 2007 modifiant le CIC insère ces articles afin de donner
effet, en droit interne, aux décisions de la Cour européenne des droits de
l’homme qui condamnent la Belgique. Cette procédure ne peut concerner que
91
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
l’action publique et n’est offerte qu’au condamné, à ses proches ou ses
héritiers, et au procureur général près la Cour de cassation.
La requête en réouverture de la procédure doit être déposée devant la Cour
de cassation dans les 6 mois de l’arrêt de la Cour de Strasbourg qui, en
matière définitive, a constaté une violation des droits du condamné.
92
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
Titre 6 Les mesures de sûreté
Chap.1 Définition
Ce sont des mesures qui ont pour finalité de protéger la société, et pas de punir.
La mesure de sûreté est reconnue indispensable dans certaines hypothèses :
Lorsque les personnes qui ont commis des infractions n’ont pas atteint l’âge
de raison (minorité pénale), ce qui est une cause de non-imputabilité
Lorsque des personnes ont commis des infractions car leurs facultés
mentales sont altérées, ce qui est une cause de non-imputabilité de
démence.
Lorsqu’il importe d’avertir les tiers du danger que représentent certaines
personnes (Ex. : Publication au M.B. d’une condamnation dans le cadre d’une
faillite frauduleuse).
Lorsque certaines personnes sont objectivement dangereuses (Ex. :
Déchéance du droit de conduire).
Lorsqu’il s’agit de mettre hors commerce et hors d’état de nuire, des objets
réputés dangereux (Ex. : Stupéfiants, armes prohibées, jeux de hasard
interdits…).
Chap. 2 Le régime réservé aux mineurs délinquants
1) Du régime général de la Loi du 8 Avril 1965 au décret de
la communauté Française du 18 Janvier 2018
Le principe c’est que le tribunal de la jeunesse est compétent pour juger les
mineurs ayant commis un fait qualifié infraction (art. 36 4° de la même loi).
Cette loi a été modifiée par la loi du 13 juin 2006.
Art. 1 du drécret, Art. 56 du décret,
1. La majorité pénale- Le dessaisissement
Art. 125, 97, 98, du décret
La majorité civile à ne pas confondre avec la majorité pénale rend
l’intéressé capable de tous les actes de la vie civile (ex : s’engager
valablement dans un contrat).
L’âge de la majorité pénale est de 18 ans ; avant cet âge, il y a
présomption générale d’irresponsabilité (le mineur est présumé
irresponsable de ses actes). Un mineur poursuivi ne pourra pas être
condamné à la réclusion à perpétuité selon l’art 12 CP.
93
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
Il existe cependant quelques exceptions à cette présomption :
Loi du 8 Avril 1965, art. 36bis : les juridictions de droit commun
sont compétentes pour juger les infractions de roulage
reprochées à des personnes ayant entre 16 et 18 ans au moment
des faits (cela pour permettre un retrait du droit de conduire et
mettre fin à un sentiment d’impunité).
Loi du 8 avril 1965, art 57bis (modifié par la loi du 15 mai 2006
parue en octobre 2007 qui abroge l’art 38) : désormais, en matière
de dessaisissement, il n’est plus question que d’une application
édulcorée du régime juridique des majeurs avec la particularité
procédurale de faire juger ces mineurs dessaisis par une
juridiction nouvelle.
Le tribunal de la jeunesse ne peut se dessaisir que si certaines
conditions sont remplies (cf. art 57bis loi du 8 avril 1965).
En conséquence du dessaisissement prise par les juridictions de la
jeunesse, le dossier est renvoyé au ministère public afin d’engager
des poursuites devant :
Une chambre spécifique au sein du tribunal de la jeunesse qui
applique le droit pénal commun et la procédure pénale
commune, si la personne concernée est soupçonnée d’avoir
commis un délit ou un crime correctionnalisable.
La juridiction compétente en vertu du droit commun, si la
personne concernée est soupçonnée d’avoir commis un crime
non correctionnalisable.
A dater de la citation en dessaisissement, l’intéressé placé
provisoirement dans un I.P.P.J. en régime éducatif fermé peut
être transféré à la section éducation d’un centre fédéral fermé.
Lorsqu’un mineur est privé de sa liberté ou remis en liberté contre
promesse de comparaître, le fonctionnaire de police responsable
de sa privation de liberté doit au plus vite donner ou faire donner
aux personnes responsables une information orale ou écrite de
l’arrestation (père, mère, tuteur, etc.).
En cas de condamnation à une peine d’emprisonnement, si
l’intéressé est âgé de plus de 18 ans au moment de son
incarcération, et que l’établissement manque de place dans l’aile
punitive, il pourra être placé dans un établissement pénitentiaire
ordinaire.
94
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
2. Les aspects social et préventif au-delà de l’aspect
infractionnelle
Art 101, 103, 108 à 110 du décret
La communauté Française a adopté le 4 Mars 1991, le décret relatif à
l’aide à la jeunesse. Il s’applique aux jeunes en difficulté, ainsi qu’aux
personnes qui rencontrent de sérieux problèmes dans l’exécution de
leurs obligations parentales, de même qu’à tout enfant dont la santé ou
la sécurité est en danger ou dont les conditions d’éducation sont
compromises par son comportement, celui de sa famille ou de ses
familiers.
Lorsque l’aide est acceptée, le processus relèvera du Service d’aide à la
jeunesse, dirigé par le Conseiller de l’aide à la jeunesse. S’il faut imposer
cette aide, le processus relèvera alors du Service de protection
judiciaire et spécialement du Directeur de l’aide à la jeunesse.
3. Les réformes- les principes actuels de protection de la
jeunesse
Art. 45bis du décret, Art. 71 C.P.
Le Titre préliminaire de la loi du 8 avril 1965, modifiée par la loi du 13
juin 2006, affirme les principes actuels de l’administration de la justice
des mineurs.
2) Le régime de protection de la jeunesse après les
modifications apportées par les Loi des 15 Mais, 13 Juin
et 27 Décembre 2006 jusqu’au décret du 18 janvier 2018
1. Organisation judiciaire
Les magistrats de la jeunesse doivent suivre une formation spécifique.
Deux d’entre eux composent la chambre spécifique au tribunal de la
jeunesse appelée à statuer sur les dessaisissements, le troisième étant
un juge correctionnel (art 76, 78 et 101 CJ).
Deux magistrats de liaison en matière de jeunesse sont créés par l’art
144septies CJ au sein du parquet. Ces magistrats sont chargés
d’optimaliser la mise en œuvre de la décision de placement et de
coordonner les orientations éventuelles de personnes condamnées se
trouvant dans un centre fédéral fermé vars un établissement
pénitentiaire pour adulte.
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Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
2. Médiation et concertation restauratrice
La médiation fait son entrée officielle dans la loi sous la forme de l’art
37bis qui permet au juge ou au tribunal de faire une offre restauratrice
de médiation et de concertation en groupe à condition que :
Il existe des indices sérieux de la culpabilité ;
L’auteur présumé des faits ne nie pas être concerné par ceux-ci ;
Une victime ait été identifiée.
Si la médiation ou la concertation restauratrice en groupe mène à un
accord, celui-ci est joint au dossier judiciaire. En cas de concertation,
une déclaration d’intention de la personne présumée coupable est
également jointe au dossier. Tout accord doit être homologué par le
tribunal qui ne peut le refuser que s’il est contraire à l’ordre public. Le
service de médiation et de médiation ou de concertation restauratrice
en groupe établit un rapport succinct sur l’exécution de l’accord qu’il
adresse au juge ou au tribunal.
3. Mesure à l’égard du mineur
Art. 37 et 60
I. Critère à observer
II. Inventaire des mesures
4. Mesures provisoires
Art. 52
5. Mesures à l’égard des parents
Art. 29 et 85
6. Dessaisissement
Art. 57
Chap. 3 Le régime réservé aux délinquants relevant de
la loi de défenses sociale
1) Le régime général de la Loi sociale : De la Loi du 1er Juillet
1964 au Loi des 5 mai 2014 et 4 Mai 2016
L’article 71 CP précise qu’il n’y a pas d’infraction lorsque l’accusé ou le
prévenu était en état de démence au moment du fait. La loi de 1964 rétrécit
le champ d’application de l’art 71 CP puisque cette loi ne vaut que pour les
96
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
contraventions commises pas un individu qui ne constitue pas un danger
social.
Il demeure que cet individu, ainsi acquitté, peut constituer un danger social
dont il convient de protéger la société. Cette loi vise aussi les anormaux, les
délinquants d’habitude et les auteurs de certains délits sexuels.
L’internement de l’intéressé se fera dans un centre de défense sociale, cet
internement n’est pas prononcé pour une durée déterminée puisque la
mesure dépendra de l’évolution de l’état de santé mentale de l’intéressé.
2) Les particularités procédurales
1. La mise en observation préalable
La mise en observation préalable de l’intéressé aura lieu pendant une
période de maximum 6 mois, laquelle vaut détention préventive, et
exécutée à l’annexe psychiatrique de la prison.
2. La décision d’internement
Une commission de défense sociale va désigner un établissement de
défense sociale dans lequel s’exécutera l’internement de l’intéressé ;
cette commission de défense sociale est composée d’un magistrat, d’un
avocat et d’un médecin. Une demande de libération peut être présentée
tous les 6 mois par l’intéressé, mais celui-ci peut faire l’objet d’une
libération par la commission compétente si son état de santé est jugé
meilleur.
3) L’hypothèse des mineurs délinquants anormaux (Loi du 29
juin 1990)
La loi du 29 Juin 1990 donne compétence au juge de paix et, en cas
d’urgence, mais pour une période provisoire, au procureur du Roi, pour placer
un mineur dans un milieu de soins psychiatriques lorsque l’état mental de ce
mineur le met gravement en péril quant à sa santé et sa sécurité ou qu’il
constitue une menace grave pour la vie ou intégrité d’autrui.
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Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
ème
98
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
Titre 1 Partim Criminologie : Introduction
générale
Chap. 1 Introduction
Ce chapitre nous décrit comment le cours sera construit
Chap. 2 Définition de la criminologie
1) Origine
2) Définition
C'est la science du crime, du phénomène criminel. Elle intègre plusieurs
disciplines. Il existe de nombreuses définitions de la criminologie Selon
l'Ecole américaine (sutherland), la criminologie est « La science qui étudie
l’infraction en tant que phénomène social » et se compose de la sociologie,
du droit pénal, de l’étiologie criminelle et de la pénologie.
3) Distinctions
1. Criminologie générale et criminologie clinique
Criminologie générale : Champs d'étude abstrait, s'intéresse de manière
générale, au phénomène dans son ensemble. Elle permet de sortir des
théories, mécanismes généraux que l'on va transposer sur des cas
concrets, il y a donc complémentarité ; concerne les résultats des
sciences criminologiques spécialisées.
Criminologie clinique : S'intéresse aux cas individuels, cas particuliers,
étude au cas par cas.
2. Criminologie de passage à l’acte et la criminologie de la
réaction sociale
Criminologie de passage à l'acte : Etudie les différences existantes
entre ceux qui enfreignent une norme et ceux qui ne le font pas. Il y a
une différence entre les délinquants et les non délinquants. On se
demande ce qui fait que certaines personnes ne passent pas à l'acte, ont
des freins alors que d'autres passent à l'acte et n'ont pas les freins que
les individus ont.
Criminologie de la réaction sociale : Etude du contrôle social en lui-
même (sanction pénale, peine alternatives, bracelet électronique, ...)
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Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
comme élément participant à la création de la déviance qu’il est censé
gérer.
Chap. 3 Définition du crime et de la déviance
1) Le crime
1. Définition légale
Le crime est ce qui est défini comme tel par la loi ; il s’agit donc de l’acte
qui est sanctionné par une peine.
2. Le crime est relatif
Il n'y a pas d'actes qui soient par nature criminel. Il faut toujours se
situer dans le contexte. Ce sont les valeurs sociales, les cultures qui
définissent ce que sont les crimes. On peut dire que le crime est ce qui
offense les valeurs ou la conscience collective (définition sociologique).
Un crime suppose toujours une déviance !
2) La déviance
La déviance est la transgression d'une norme sociale.
Elle comprend :
Un comportement non conforme au respect des normes acceptées par une
majorité de personnes au sein d'une société ou communauté ;
Une forte désapprobation d'un tel comportement.
→ La déviance peut être criminelle ou non. (Ex. : Parler fort pdt un cours,
ça perturbe les normes sociales mais pas les normes législatives.)
(Titre 2 Evolution de la criminologie)
Titre 3 Comment mesurer le crime ?
Chap. 1 Introduction
La mesure de la criminalité se fait traditionnellement grâce à des statistiques
criminelles. Mais aujourd'hui de nouvelles techniques ont vu le jour telles que les
questionnaires de délinquance auto révélée et les enquêtes de victimisation.
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Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
Chap. 2 Les statistique officielles
1) Les statistiques
Il existe différents types de statistiques :
Policière
Judiciaire
Des établissements pénitentiaires
2) Limites
Mais il faut faire attention car les statistiques reflètent un contexte socio-
économique particulier, ils ne prennent pas en compte le fait que certaines
victimes ne portent pas plainte, que l'activité des agents de la réaction
sociale (police, système judiciaire, ...), que la façon de travailler de
l'organisme statistique qui rassemble les informations dans une banque de
données est différentes. Ces chiffres peuvent être affectés par des
changements dans la législation.
→Les statistiques supposent de connaitre les paramètres que l’on prend en
compte car ils ne sont pas toujours pareils
Chap. 3 Le chiffre noir
1) Définition
Le chiffre noir est la différence entre la criminalité réelle et la criminalité
détectée. Il s’agit donc de l’ensemble des faits dont les autorités n’ont pas
connaissance.
La criminalité réelle correspond à l’ensemble des faits criminels
réellement commis.
La criminalité détectée ou apparente correspond à la criminalité
portée à la connaissance des autorités publiques.
La criminalité poursuivie ou légale correspond à l’ensemble des faits,
connus par les autorités publiques, qui ont donné lieu à des poursuites
répressives.
La criminalité réprimée correspond à l’ensemble des faits, connus par
les autorités, ayant donné lieu à des poursuites, qui ont donné lieu à
des sanctions.
→Le chiffre gris correspond à la différence entre la criminalité détectée
et la criminalité poursuivie.
101
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
2) Raison de son existence
L’existence du chiffre noir peut avoir plusieurs raisons :
Il dépend de l’efficacité de la détection
Il dépend de la plainte déposée par la victime (celle-ci peut ne pas
porter plainte par honte, peur, etc.)
Il se peut que la victime n’ait pas conscience des faits
Motifs techniques (comme les classements sans suite), la politique
criminelle,...
Ainsi, les statistiques policières reflètent la criminalité détectée, les
statistiques judiciaires correspondent à la criminalité poursuivie, tandis que
les statistiques des établissements pénitentiaires donnent une partie des
chiffres de la criminalité réprimée.
Chap. 4 Les questionnaires de délinquance auto-révélée
1) Définition
Les questionnaires de délinquance auto révélée consistent à interroger un
échantillon de personnes et d’« obtenir des personnes interrogées qu’elles
révèlent, sous le sceau du secret, des infractions commises par elles à l’insu
de la police ». Cette technique a vu le jour dans les années 1940, a été
développée dans les années 50 et 60, et est devenue une méthode
criminologique établie dans les années 80. On demande à des personnes si
elles ont déjà commis des infractions.
2) Résultats
Les études réalisées ont montré qu’il existe une réelle différence entre la
criminalité réelle et la criminalité détectée, ce que ne peuvent ignorer les
théories criminologiques. Elles montrent également que la plupart des gens
ont déjà commis au moins une infraction au cours de leur vie, même si celle-
ci peut être de très faible gravité.
3) Limites
La personne interrogée peut exagérer ses comportements pour
impressionner l’enquêteur ou, à l’inverse, passer certains faits sous silence
(par honte ou peur de la transmission d’informations à la police), la personne
peut avoir oublié certaines infractions commises, etc.
102
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
Chap. 5 Les enquête de victimisation
1) Définition
Il s’agit, ici, de sondages menés auprès des citoyens au sujet de leurs
expériences en tant que victimes de délinquance ; demander à des personnes
si elles ont été victimes d'infractions.
Cette méthode a vu le jour dans les années 1960 aux Etats-Unis. Les
pionniers ont montré que le chiffre noir excédait largement les estimations
établies jusque-là et qu’il existait une relation entre la peur ressentie et
l’attitude envers la police. En effet, au plus les personnes sont anxieuses, au
moins elles font confiance à la police. Par conséquent, il y aura une moins
grande déclaration des faits.
Aujourd’hui, de nombreux pays réalisent des enquêtes de victimisation de
manière régulière.
2) Résultats
Grâce à ces enquêtes, il est possible d’avoir une idée du taux de
reportabilité des faits délictueux. Il s’agit de la propension des victimes à
porter à la connaissance des autorités les faits qu’elles ont subis. Ainsi, il y
a des comportements à reportabilité faible (comme les crimes sans victime),
à reportabilité moyenne (comme les violences sexuelles, constituant des
faits graves, mais présentant de grandes difficultés à être déclarés pour la
victime) et à reportabilité forte (comme les vols de voiture – pour les
assurances – et les homicides).
Ces études donnent également des informations sur les victimes, ce que ne
permettent pas les statistiques officielles.
Les enquêtes de victimisation permettent en outre d’étudier le profil des
victimes pour les différents types d’infractions. Cela permet
éventuellement d’établir des profils de risque.
3) Limites
Cette méthode présente également des limites. Citons en quelques-unes :
certains types de comportement rendent les enquêtes impossibles (comme
les homicides) ; certaines tranches de la population sont difficiles à
atteindre ; il faut disposer d’un échantillon de grande taille, car la
victimisation est un phénomène rare; la victime peut avoir oublié certains
événements, etc.
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Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
Titre 4 Comment explique le crime ?
Chap. 1 Quelques grandes théorie criminologiques
1) La théorie du choix rationnel
En raison, l'individu choisi de passer à l'acte. Cette théorie est basée sur
l'idée de l'utilité attendue, supposant que les individus soient des acteurs
qui agissent sur base d'une maximisation des profits et une minimisation des
coûts. Si le résultat attendu est positif, les individus passeront à l'acte
tandis que si le résultat est négatif, ils ne passeront pas à l'acte.
La motivation criminelle repose sur un calcul coûts/bénéfices
2) La théorie des activités routinières
La théorie des activités routinières de COHEN et FELSON s’inscrit dans
une vision classique contemporaine. En effet, cette théorie voit les
délinquants comme des acteurs rationnels qui opèrent un calcul.
En 1979, COHEN et FELSON ont cherché à expliquer l’augmentation du
phénomène criminel durant la période d’après-guerre.
Selon eux, durant cette période, des changements sociaux et culturels ont
eu lieu et ont produit des opportunités criminelles qui n’existaient pas
auparavant. En d’autres mots, un changement dans les activités routinières
a créé de nouvelles opportunités criminelles.
Les activités routinières sont des activités quotidiennes réalisées par l’être
humain, qui satisfont des besoins basiques (le travail, les loisirs, etc.).
Selon cette théorie, un acte délinquant a lieu lorsque trois éléments sont
réunis :
Un délinquant motivé
Une cible appropriée ; celle-ci doit avoir une attractivité importante
en termes de valeur ou de désirabilité sociale. Elle doit également
être facile à emporter et facile d’accès.
Une absence de gardien ; cela peut être une personne physique, mais
également tout autre moyen qui peut prévenir la survenance de
l’infraction.
Si un seul de ces éléments fait défaut, il n’y aura pas de passage à l’acte.
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Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
Les activités routinières contribuent à faire converger ou non ces trois
éléments dans le temps et dans l’espace. Les changements ayant eu lieu ont
réalisé la rencontre des trois éléments nécessaires au passage à l’acte.
Le changement majeur a lieu sur le marché du travail. En effet, les
personnes, y compris les femmes, travaillent plus. Leur pouvoir d’achat
augmente ; par conséquent ces personnes achètent plus de biens (il y a de
plus en plus de cibles). Parallèlement, les individus sont moins chez eux, il y
a donc moins de gardiens.
Face à cela, de nouveaux gardiens sont créés (comme l’installation d’une
alarme), mais le délinquant motivé s’adapte également.
Cependant, il ne faut pas oublier que le délinquant motivé n’a qu’une
connaissance partielle de la présence ou de l’absence de gardien. Sa
rationalité est limitée
3) La technique de neutralisation
Selon cette théorie, pour que les individus mettent en œuvre leur décision
de violer la loi, ils ont besoin de se convaincre eux-mêmes que ce qu’ils font
n’est pas réellement déviant ou mal. Une personne qui a commis une
infraction va se justifier pour neutraliser son sentiment de culpabilité.
Les 5 techniques de neutralisation :
Déni de responsabilité ("ce n'est pas de ma faute")
Déni de dommage ("Ils sont de toute façon assuré")
Déni de victime ("personne n'a été blessé")
La condamnation des condamneurs ("tout le monde le fait")
L'appel à des loyautés supérieures ("j'obéissais à un ordre", "je
devais protéger ma famille")
Ces techniques permettent donc de neutraliser et suspendre
temporairement l’adhésion à des valeurs sociales, ce qui autorise le passage
à l’acte
4) La théorie des associations différentielles
Selon SUTHERLAND, tout comportement criminel est appris et non pas
inné. Il insiste sur la notion d’organisation sociale différentielle. Ainsi, des
groupes ayant des valeurs différentes de celles de la société dominante ne
sont pas forcément en désorganisation, mais organisés différemment.
Sa théorie se décline en neuf points :
105
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
Le comportement criminel est appris : le crime n’est donc pas le
produit de l’hérédité ou encore la conséquence de traits biologiques.
Le comportement criminel est appris par l’interaction avec les autres
et au travers d’un processus de communication : cette communication
peut être verbale ou gestuelle.
La part principale de l’apprentissage du comportement criminel
intervient dans des groupes personnels proches, intimes : les
individus apprennent plus de ceux qui leur sont émotionnellement
proches.
L’apprentissage du comportement criminel comprend les techniques
de commission du crime, ainsi que les orientations spécifiques des
motivations, des rationalisations et des attitudes : apprentissage de
comment commettre et de comment justifier l’acte.
L’orientation des motivations est apprise d’un positionnement
favorable ou défavorable aux prescrits légaux : la définition de la loi
est apprise soit comme méritant l’obéissance, soit comme méritant
une violation.
Une personne devient délinquante en raison d’un excès de définitions
favorables à la violation de la loi par rapport à des définitions
défavorables à la violation de la loi : les personnes vont enfreindre la
loi si elles développent plus d’attitudes d’anti-conformité que de
conformité. Les définitions sont données au sein d’un groupe ; ce sont
elles qui sont primordiales et non les personnes composant le groupe.
Les associations différentielles peuvent varier en fréquence, durée,
priorité et intensité : les associations n’affectent pas les vues de tous
de façon équivalente. Ainsi, les policiers sont très souvent en contact
avec les délinquants, mais ne le deviennent généralement pas eux-
mêmes. La fréquence correspond au nombre de fois qu’une personne
passe son temps dans un groupe de proches. La durée est la longueur
de chacun de ces moments passés avec le groupe. La priorité
correspond à la précocité de l’établissement des relations. Enfin,
l’intensité signifie l’importance qu’une personne donne à une
association donnée.
Le processus d’apprentissage du comportement criminel par
l’association avec des patterns criminels et anticriminels implique les
mêmes mécanismes que ceux intervenant dans tous les types
d’apprentissage : ce sont des mécanismes identiques qui mènent au
crime ou à l’attitude respectueuse.
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Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
Bien que le comportement criminel soit une expression des valeurs et
des besoins généraux, il n’est pas expliqué par ces besoins et valeurs,
car le comportement non-criminel est aussi l’expression de ces mêmes
valeurs et besoins : les motivations ne sont pas suffisantes pour
expliquer le crime. Ainsi, le désir d’argent motive certaines personnes
à travailler dur, d’autres à transgresser la loi.
Selon la théorie des associations différentielles, les individus apprennent
donc le comportement déviant et délinquant de la même manière qu’ils
apprennent tous les autres comportements sociaux.
5) La théorie de la labélisation
La déviance résulte des jugements sociaux relatifs aux normes du groupe
qui sont appliqués à certaines formes de comportements. Le comportement
déviant est le comportement d’une personne étiquetée déviante.
Les personnes peuvent alors devenir déviantes à travers un processus appelé
la « prophétie auto-réalisatrice ». Ce processus comprend les étapes
suivantes :
La stigmatisation de l’étiquette déviante transforme les individus en
« outsiders ». Ils sont inévitablement exclus des groupes et de la
participation à des relations plus conventionnelles.
Leurs relations avec la famille et leurs amis peuvent se tendre et
peuvent être rompues. De plus, ils peuvent être forcés à exercer des
activités illégitimes, car les employeurs respectables préfèrent ne
pas les engager.
Tout cela les conduit à une plus grande probabilité d’être obligés à
s’associer avec d’autres « outsiders ».
L’étiquette déviante augmente les chances que les autres deviennent
suspicieux et gardent un œil sur leurs comportements. Tôt ou tard, il
est probable qu’ils trouvent un élément confirmant leur suspicion.
Ce processus influence profondément les « outsiders » en ce qui
concerne l’image qu’ils ont d’eux-mêmes ; ils finissent par accepter et
s’identifier à la vision que les autres ont d’eux. Cette image de soi
déviante assure la probabilité qu’ils poursuivront des activités
déviantes.
Cela conduit donc la personne à commettre une déviance secondaire (par
opposition au premier acte commis, la déviance primaire).
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Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
Chap. 2 Les facteurs du crime
La recherche des facteurs du crime se nomme l’étiologie criminelle. Elle se situe
soit dans la personnalité du délinquant, soit dans la situation pré-criminelle, soit
dans la conjonction de ces deux éléments.
1) La personnalité du délinquent
Depuis Lombroso, les recherches sur la biologie criminelle n’ont jamais été
complètement abandonnées. À côté de ces explications biologiques, on
trouve des descriptions psychopathologiques, mais également
psychologiques et psycho-sociales.
Des recherches sont également réalisées sur la formation de la personnalité
du délinquant : l’influence des dispositions héréditaires, l’influence de
dispositions personnelles, l’influence du milieu, etc.
L’acte criminel constitue toujours la réponse d’un certain type de
personnalité à une situation déterminée. Par conséquent, l’étiologie du crime
implique aussi l’existence d’une situation précriminelle.
2) La situation pré-criminelle
La situation pré-criminelle est « l’ensemble des circonstances extérieures
à la personnalité du délinquant qui précèdent l’acte délictueux puis
entourent sa perpétration, telles qu’elles sont perçues et vécues par le
sujet. »
Parmi les situations pré criminelles, on peut citer les facteurs économiques
individuels (misère, chômage prolongé, etc.), des troubles de la vie
amoureuse et des tentations sexuelles, l’existence d’une victime toute
désignée (comme une maison isolée et inhabitée), une influence de l’alcool.
N’oublions pas que la manière dont l’individu perçoit la situation est tout
aussi importante que la situation elle-même.
Chap. 3 Le processus du passage à l’acte
L’acte criminel est l’aboutissement d’un processus d’interactions qui se développent dans
le temps à travers une série d’étapes.
« Chacun des pas accomplis dans le déroulement du processus n’est pas entièrement
déterminé par l’état de choses existant au point de départ.
Un nouveau choix est toujours possible tant que l’acte délictueux n’est pas consommé ;
108
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
ce choix dépendra de la personnalité de l’individu et de la situation dans laquelle il se
trouve au moment précis où il choisit. » (Thèse anti-déterministe de Cohen)
En outre, le passage à l’acte exige au préalable une libération des contraintes qui
inhibent les êtres doués d’un minimum de sens moral.
Chap. 4 Alcool et drogues en relation avec le passage à
l’acte
1. L’alcoolisme et la criminalité sous l’angle de l’idéologie dominante
I. Position du problème
Chaque société possède son idéologie, c'est-à-dire un système de valeurs
et de principes d'actions plus ou moins inconscient qui inspire les
individus qui composent cette société dans leurs attitudes et leurs
comportements. GASSIN se demande si l’anarchisme idéologique actuel
n’a pas eu pour effet d’aggraver le processus d’accroissement de la
criminalité.
II. L’idéologie dominante traditionnelle et la criminalité
L’idéologie dominante étant la mise en avant du prestige est de l’argent,
les sociétés actuels n’ont pas autoriser tous les moyens pour atteindre
ces objectifs. La société illustre 5 modes d’adaptation individuelle :
A. Le conformisme : accepter tout simplement
B. L’innovation : accepter les objectifs mais refuser le rejet des
moyens, ils sont tous bons pour atteindre les objectifs
C. Le ritualisme : refus des objectifs mais acceptation des moyens
(pauvres, médiocres, …)
D. L’évasion : refus des objectifs et des moyens, l’individu débouche
sur une attitude marginale (clochard, alcoolique, drogué, …)
E. La rébellion : le rejet des objectifs et des moyens légitimes se
fait de manière violente (révolutionnaire, terroriste, …)
Ce sont des déviances => (la délinquance d'innovation, celle d'évasion et
celle de rébellion.).
III. Anarchisme idéologique actuel et criminalité
L’anarchisme idéologique est suscité par toute une série de droit
revendiqué (avortement, mariage pour tous, …). Il s’agit d’une rupture
compète avec les interdits du droit, un anarchisme socio-moral qui n’est
pas sans liens avec l’accroissement de la criminalité.
109
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
IV. Alcoolisme et criminalité
Ces explications permettent de comprendre pourquoi certains individus
se tournent vers l’alcoolisme. Ce sont des gens qui réagissent à l’idéologie
dominante par des conduites d’évasion. L’alcool est un facteur lourd de
criminalité, ainsi entre 50% et 75% des homicides et coups et blessures
volontaires sont accompli par des personnes alcoolisées. Les mauvais
traitements des enfants par des parents alcoolique est aussi un
phénomène fort. L’alcool influe donc sur une criminalité spécifique. D’un
point de vue général c’est plus compliqué, on peut observer quand
s’agissant de récidivistes, la moitié d’entre eux est alcoolique ?
2. Alcool et criminalité selon le docteur Henne
3 concepts qui gravitent autour de l’alcool :
A. L’alcoolisation : phénomène social, consommation de boissons
alcoolique quelques soient les circonstances, les motifs et les façons
de boire.
B. L’alcoolisme : maladie, l’individu est dépendant de l’alcool.
C. L’état alcoolique : nuisance médico-sociale, l’individu devient
dangereux pour lui ou la société après la consommation de boissons
alcooliques.
Seule la troisième catégorie permet d'illustrer qu'une des manifestations
de l'état dangereux alcoolique est la délinquance sous l'effet de l’alcool.
Pour les deux premières catégories, il peut y avoir délinquance ou ne pas y
avoir délinquance.
3. Pour une certaine approche statique selon le professeur Constant
Possibilité de synthétiser un certain nombre d’approche :
Semainier des infractions : une étude statistique avait montré que le
taux de criminalité agressive et sexuelles augmente le dimanche et le
lundi (jour ou les ouvriers chôment et fréquentent les cafés).
Etude de l’endroit : les cafés sont des lieux d’élection pour la
perpétration des infractions de violence.
Comparaison entre les étudiants et la population générale : la
criminalité étudiante serait prédominante dans les injures verbales,
violence et rébellions contre les agents de l’autorités. La population
générale serait plus présente dans les infractions contre les biens. Il
faut cependant actualiser ces recherches après une dizaine d’année.
110
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
Alcool vente libre/réduite ou interdite : sur une courte période on
peut lier l’importance de la consommation à l’importance des délits.
4. Les attitudes possibles de contrôle social de l’alcoolisation
LEMERT a distingué 4 attitudes :
Le coût social peut être réduit par un système de loi prohibant la
fabrication, la distribution, …
Réduction de par un système d’endoctrinement et d’information
concernant les méfaits de l’alcool
Réglementation des genres, prix, méthodes de distribution, âge,
sexe, …
Organisation de substitut équivalent (organisation de loisirs, …)
5. Alcool et criminalité : Approche de la loi Belge
I. L’arrêté-loi du 14 novembre 1939 relatif à la répression de l’ivresse
Art. 1 à 18 de l’arrêté-loi,
II. La législation sur la circulation routière
Art. 34 à 38 de l’arrêté royal du 16 mars 1968 portant coordination des
lois relatives à la police de la circulation routière
Chap. 5 La délinquance expliqué par une approche
économique
Le marché de la criminalité repose sur la théorie de la loi de l'offre et de la
demande
Fonction dissuasive du droit pénal et fonction palliative aux insuffisances du
droit civil
L’auteur potentiel n'agira que si les avantages (U) sont supérieurs à la
probabilité (P) de découverte multipliée par la somme des conséquences
défavorables (D) soit : U P x D
Le modèle de dissuasion économique : influencer les paramètres P et D
NB : Beccaria : triangle de la dissuasion générale : promptitude, certitude et
sévérité (proportionnée)
Question de l'élasticité de l'offre de criminalité en réaction avec le coût de
celle-ci: augmenter les "coûts" du crime pour dissuader qu'il s'en commette
MAIS dans la mesure où cette offre aux potentialités de criminalité est
susceptible d'être influencée par cette augmentation : voir photo suivante
111
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
Limites de cette approche
112
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
Titre 5 La prévention et la répression du crime
(Chap. 1 Les fonctions du Droit pénal et de la peine)
1) (Fonction de rétribution)
2) (Fonction de dissuasion ou d’intimidation)
3) (Fonction réhabilitative)
4) (Fonction de neutralisation)
5) (Fonction restauratrice ou restaurative)
(Chap. 2 La prévention du crime)
1) (Définition)
2) (Quels type de prévention ?)
1. (Introduction)
2. (La prévention pénale)
3. (La prévention policière)
4. (La prévention sociale)
5. (La prévention situationnelle)
(Chap. 3 La réalité de la récidive et les manières de la
prévenir et la sanctionner)
1) (Définition)
2) (Ampleur)
3) (Répression et prévention)
Chap. 4 Prévention et répression de la criminalité en
matière de terrorisme
1) Définition
C’est un phénomène assez ancien même s’il défraye la chronique ces
dernières années. Plusieurs se sont essayé a donné une définition du
terrorisme. CUSSON, désigne les actions violentes et spectaculaire mené
contre des non combattants par des individus qui se proposent de frapper
de stupeur le public et de déstabiliser le pouvoir établi. Le scénario de ces
113
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
opérations est conçu pour produire le maximum d’impact sur l’opinion et le
gouvernement. L’acte terroriste est une infraction pénale.
2) Ampleur
Si on ramène le terrorisme à la vie quotidienne, les américains disent qu’il y
a plus de chance de mourir d’un étouffement que dans un attentat
terroriste. On a plus tendance à « mettre en lumière » les incidents
terroristes.
3) Prévention
Art. 137, 139, 140 à 141ter, C.P. art. 90ter [Link]. : écoutes téléphoniques,
art. 28bis [Link]. : enquête proactive, art. 47octies [Link]. : infiltration, art.
89ter [Link]. : contrôle visuel discret, art.86bis [Link]. : témoin anonyme
Le conseil de l’Europe produit des normes et conventions dans le domaine
civile, commercial mais aussi dans le domaine pénal. Dans ce dernier il
produit des conventions préventives sur le problème terroriste, chaque Etat
doit prendre des mesures appropriées en vue de prévenir des actes
terroristes.
A plus long terme, il s’agit de traiter les facteurs de risques
environnementaux qui prédisposent les communautés à la violence (pauvreté,
chômage, …).
4) Répression
La Belgique a vécu très longtemps sans lois sur les infractions de terroriste
(19 décembre 2003). Auparavant on les poursuivait avec les infractions du
CP (assassinat, détournement d’avion, …). On a exigé que chaque pays se
dotent d’une loi spéciale terrorisme. C’est pur donner plus de pouvoir
d’investigation aux forces de polices et judiciaire. On renforce la procédure
pénale et on permet aux autorités d’avoir plus de moyens pour lutter contre
ce phénomène (écoute téléphonique, test ADN forcés, …).
La loi du 19 décembre crée 3 catégories d’infractions :
Les infractions terroristes
Les infractions relatives au groupe terroriste
Le financement individuel à la commission d’une infraction
terroriste déterminée.
1. L’infraction terroriste
Art. 137 §2 et 3.
114
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
Parmi les infractions terroristes, certaines concernent des
comportements qui n’étaient pas incriminé avant en droit belge et d’autre
sont des infractions au droit commun.
2. Le groupe terroriste
Il faut réunir plusieurs éléments :
Au moins 3 personnes
Association structurée
Action concertée
Intention de commettre des infractions terroristes
Il faut aussi distinguer la simple participation (art.140 §1) et la direction
(art. 140 §2). La loi du 3 août 2016 complète le CP de l’art.140bis qui puni
de l’incitation publique, de la diffusion de message d’incitation à la
commission d’infraction visé à l’art.137. Le recrutement (art.140ter) et
la formation (art. 140quater) sont également incriminés. La loi du 20
juillet 2015 puni toute personne qui entre ou quitte le territoire belge
en vue de commettre une infraction terroriste (art.140sexies).
Art.141ter, vise les associations, syndicats, qui pourrait être
considérées comme des associations terroristes (diffusion de message,
action de revendication d’idéologie, …), « Aucune disposition du présent
titre ne peut être interprétée comme visant à réduire ou entraver des
droits ou libertés fondamentales […] ».
115
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
I. Le participant
II. Les fournitures de moyen en vue de commettre une infraction
terroriste
III. La direction d’un groupe terroriste
IV. La diffusion d’un message d’incitation
V. Le recrutement
VI. L’instructeur ou le formateur : l’enseignant
VII. L’élève
VIII. Le voyageur
IX. La participation comme acte préparatoire
3. Sanctions
Les sanctions pour les comportements visés à l’art.137 §2 sont une
aggravation de peine tandis que pour les nouvelles infraction (art.137 §3)
des peines spécifiques sont établies.
4. Méthode d’enquête
Le fait d’avoir ajouté les art.137, 140 et 141 à la liste des infractions
visé à l’art. 90ter §2 CIC, permet le recours à d’autres mesures souvent
attentatoires au respect de la vie privée (écoute téléphonique,
infiltration, accès au domicile, …). Les poursuites sont organisées par le
parquet fédéral. Les perquisitions de nuit (21h/5h) sont désormais
autorisées. Les conditions de mise sous mandat de personne suspectées
d’infractions terroristes ont été assouplies par l’art.6 loi 3 août 2016.
5) Les diverses approches criminologiques du terrorisme
1. Approche sociologique
DURKHEIM « le crime est un facteur de progrès social », le criminel ne
respecte pas les valeurs de la société, en ne respectant pas les valeurs,
il est possible que ces valeurs viennent à changer. Des mouvements
indépendantistes sont nés sur un lit de terrorisme est qui petit à petit
ont été reconnu. Plus que l’éventuelle question de légitimité du but
poursuivi, ce sera l’utilisation des moyens qui sera critiquée.
2. Approche psychologique
S’intéresse à la motivation du terroriste. L’analyse des victimes est
aussi passée par là. Lors des prises d’otage et des détournements
d’avions, l’approche psychologique de victimes a été assurée ; Syndrome
de Stockholm, les victimes, à partir d’un certain moment, porte
116
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
sympathie au preneur d’otage. Pour eux les responsables sont les
autorités qui ne veulent pas céder.
3. Approche criminologique
Le criminologue s’exerce à cataloguer les différents types de
terrorismes selon les moyens et le but poursuivis.
On pourrait distinguer le terrorisme écologique, le terrorisme nucléaire,
le terrorisme épidémiologique, le terrorisme politique, le terrorisme
idéologique, ... le criminologue est interpellé par la signification de la
sanction pénale : il y a une fonction de neutralisation, de mise à l'écart
du délinquant pendant l'exécution de la peine, mais la question de la
réinsertion et de la réhabilitation du condamné pose évidemment
problème.
4. Approche économique
Ce phénomène terroriste booste l’économie de la sécurité. Mais il cause
aussi un repli économique des loisirs. L’indemnisation des victimes d’actes
de terrorisme a aussi été améliorée par les possibilités étendues
offertes par le Fonds d’aide aux victimes d’actes intentionnels de
violence et par la loi du 18 juillet 2017 relative à la création du statut de
solidarité nationale, à l’octroi d’une pension de dédommagement et au
remboursement des soins médicaux à la suite d’actes de terrorisme.
Chap. 5 Le polygraphe comme technique d’enquête pour
assurer la répression du crime
1) Le polygraphe : procédé de police, technique moderne ?
Les premières techniques étaient les empreintes digitales, qui sont
prolongée par les dispositions de prélèvement sanguin pour l’analyse ADN.
Cette technique ne permet pas de trancher sur la culpabilité du suspect
mais d’un lien entre un individu et une pièce à conviction. D’autres avancés
technologique on fait progresser les techniques d’enquêtes (repérage et
écoute téléphonique, profiling, l’audition vidéo …). L’utilisation du polygraphe
est considérée comme légitime par un AR du 24 août 2007 portant l’octroi
d’une allocation de polygraphiste à certains membres du personnel de la
police.
117
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
2) Le détecteur de mensonge face à d’autre techniques
incertaines
La narcoanalyse a toujours été rejeté. Il offense 2 droits de la défense
reconnu par le Pacte International relatif aux droit civils et politiques et la
CEDH qui assurent le droit de ne pas s’auto-accuser. Il s’agit là de
l’utilisation du sérum de vérité
L’hypnose pose le même type de problème. Il est cependant utilisé pour
interroger un témoin, de par le temps le point de vue à l’égard de l’hypnose
s’est assoupli et les débat restent passionnés.
3) Examen du procédé en tant que tel
C’est un instrument de mesure des réactions physiologique d’une personne.
Il enregistre une série de fonctions corporelle qui changent durant
l’interrogatoire (rythme cardiaque, pression artérielle, rythme respiratoire,
sudation, tension, mouvements). Dès lors les suspects présentant des
troubles cardiaque ou auditif, des troubles émotionnel ou psychologique
important sont à exclure du procédé.
La séance entre le polygraphiste et l’individu est filmée et devient une pièce
à conviction. L’’individu a toujours le droit de refuser de participer, de
demander un avocat, … Le polygraphiste procède d’abord à un test pour
établir la norme du sujet. Le test en lui-même dure une vingtaine de minutes
et les questions sont formulées de manière que l’individu ne sache répondre
que par oui ou par non.
Les partisans disent que les résultats sont fiables dans 95% des cas, selon
d’autre il serait de 57% de fiabilité pour les innocents et de 75% pour les
coupables.
4) La pertinence du procédé au regard des exigences de la
procédure pénale
En droit belge, c’est à la partie poursuivante de prouver la culpabilité de la
partie poursuivie qui bénéficie d’une présomption d’innocence. Elle engendre
dans les deux chef le droit au silence mais la pression sociale, le refus de
passer le test ou le souhait de l’arrêter risque d’être mal interprété par une
personne raisonnable.
118
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
Chap. 6 La surveillance électronique comme mesure
d’exécution des peines puis comme mesure d’exécution
du mandat d’arrêt et enfin comme peine autonome
1) Définition
Depuis le 1er janvier 2014, le juge d’instruction peut décider si le mandat
d’arrêt qu’il délivre doit être exécuté non dans une prison mais par une
détention sous surveillance électronique : elle implique la présence
permanente de l’intéressé à une adresse déterminée, sauf s’il a des
déplacements autorisés. Cette surveillance électronique peut être décidée
par le juge d’instruction.
La loi du 7 février 2014 instaurant la surveillance électronique comme peine
autonome constitue, depuis l’entrée en vigueur le 1er mai 2016, l’ultime
développement de cette matière : le tribunal ne peut infliger cette peine
autonome que pour les infractions punissables d’un emprisonnement de un
mois à un an.
2) Les conditions d’accès à la surveillance électronique
comme mesure d’exécution des peines
Plusieurs conditions sont posées pour qu'une personne puisse jouir de la
surveillance électronique. (Bracelet électronique à la cheville,
reconnaissance vocale, géolocalisation GPS, …)
1. Conditions de temps
La mesure de surveillance électronique est un mode d'exécution de la
peine d'emprisonnement et s’adresse aux condamnés.
Il y a une distinction entre deux types de condamnés :
Ceux condamnés à une peine privative de liberté dont la partie à
exécuter est inférieure ou égale à trois ans ;
Ceux condamnés à une peine privative de liberté dont la partie à
exécuter est supérieure à trois ans.
Les procédures diffèrent en fonction de cette distinction. Pour le
premier type de condamnés, la personne peut prétendre
immédiatement à la mesure de surveillance électronique. Pour le
deuxième type, la personne doit se trouver à six mois de la date
d’admissibilité à la libération conditionnelle.
119
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
2. Exclusion de certains condamnés
Certains détenus sont exclus (Les personnes faisant l'objet d'une
demande d'extradition et les condamnés de nationalité étrangère qui ne
possède pas de titre de séjour valable).
Avant, les condamnés pour abus sexuels sur mineurs étaient aussi
inscrits sur cette liste d’exclusion.
I. L’accord du condamné
La mesure de surveillance électronique nécessite l’accord du
condamné et si la mesure ne s’exécute pas au domicile du condamné,
l’accord d’un cohabitant majeur domicilié à cette adresse ou d’un
responsable de l’institution où le condamné résiderait.
II. Contre-indication
Avant, la mesure de surveillance électronique ne pouvait être
accordée lorsqu’il existait des contre-indications. Elles portaient sur
:
L’absence de perspectives de réinsertion sociale du condamné
;
Le risque de perpétration de nouvelles infractions graves ;
Le risque que le condamné importune les victimes ;
L’attitude du condamné à l’égard des victimes des infractions
qui ont donné lieu à sa condamnation
Pour les condamnés à une peine qui n’excède pas 3 ans
d’emprisonnement, ce régime ne reçoit exception que pour les
condamnés à une peine d’emprisonnement de plus de 1 an jusqu’à 3 ans
du chef d’abus sexuels sur des mineurs.
3) La procédure d’accès à la surveillance électronique
1. La décision
Le recours à cette mesure d’exécution d’une peine privative de liberté
est possible qu’avec l’accord du condamné.
Ce n’est que pour les condamnés à une peine d’emprisonnement de plus
de 1 an jusqu’à 3 ans pour abus sexuels sur des mineurs qu’une enquête
sociale doit être réalisée avant le placement sous surveillance d’une
personne.
120
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
Pour les autres condamnés à une peine de moins de 3 ans
d’emprisonnement, il est demandé au directeur de la prison de s’assurer
des informations utiles à l’organisation pratique de la mesure (adresse
et n° de téléphone ou de GSM) ce n’est qu’en raison de circonstances
exceptionnelles qu’une enquête sociale peut être demandée.
La décision est prise par l’autorité responsable : il s’agit du directeur de
l’établissement pénitentiaire (pour les condamnés pour abus sexuels sur
mineurs dont question ci-avant, la décision est prise par la direction
gestion de la détention relevant du SPF Justice) pour les personnes
condamnées à des peines privatives de liberté inférieures ou égales à
trois ans, il s’agit du tribunal de l’application des peines pour les
personnes condamnées à des peines supérieures à trois ans.
Durant le temps de ces formalités, le condamné n’est pas incarcéré mais
est placé en interruption de peine ; il est averti de la décision et de la
date d’installation du matériel qui intervient en principe dans les 6
semaines.
2. L’installation du matériel technologique
Le bracelet, placé à la cheville du condamné, émet un signal capté par un
récepteur installé à son domicile.
Ce récepteur est relié à un ordinateur central via le réseau de
téléphonie. Le boîtier capte les ondes émises par le bracelet lorsque
celui-ci se trouve dans un réseau de 50 mètres et transmet les
informations au Centre de surveillance électronique.
En cas d’incident, le Centre téléphone au condamné qui doit donc disposer
d’une ligne téléphonique (fixe ou mobile) au domicile.
Le contrat signé avec le condamné impose à l'intéressé d'être présent
dans l'immeuble selon un horaire strict.
La surveillance électronique permet uniquement de contrôler la
localisation et la présence de l'intéressé dans un lieu donné, mais pas de
savoir ce qu'il y fait exactement.
3. Le suivi de la mesure
Le suivi de la mesure est partagé entre un assistant de justice et le
Centre de surveillance électronique et des adaptations de régime horaire
par exemple sont évidemment possibles.
121
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
4. La situation en cas d’infraction du système
En cas de non-respect de la procédure, le boîtier électronique transmet
un signal d'alarme au Centre de surveillance électronique, ce qui peut
entraîner les réactions suivantes sous l’intervention d’un assistant de
justice :
Un rappel des obligations ;
Un recalcul des heures de temps libre ;
Une prolongation de la mesure de plusieurs jours ;
Une révocation (par exemple, lorsque de nouvelles infractions sont
commises, lorsque le condamné ne peut pas justifier une longue
absence, lorsque le bracelet a été arraché ou lorsque le boîtier a
été endommagé).
5. La fin de la surveillance électronique
Le retrait du matériel a lieu à la date de la libération provisoire.
4) La surveillance électronique comme mesure d’exécution
du mandat d’arrêt
Depuis cette date du 1er janvier 2014, la détention sous surveillance
électronique ne peut intervenir que si la détention préventive est décidée
par le juge d’instruction ou maintenue par les juridictions d’instruction
(chambre du conseil et chambre des mises en accusation) : il s’agit d’un mode
d’exécution de la détention préventive, sous surveillance électronique et non
plus dans une prison ; elle implique la présence permanente de l’intéressé à
une adresse déterminée, exception faite des déplacements autorisés.
Le recours à l’exécution du mandat d’arrêt sous surveillance électronique
peut être accompagné d’interdictions particulières faites à l’inculpé de
recevoir la visite ou de correspondre ou de communiquer téléphoniquement
ou électroniquement avec des personnes ou des institutions citées
individuellement dans le mandat d’arrêt.
Divers motifs autorisent le juge d’instruction à retirer la surveillance
électronique pour la remplacer par une incarcération en prison.
5) La surveillance électronique comme peine autonome
La loi du 7 février 2014, en vigueur depuis le 1er mai 2016, a introduit la
surveillance électronique comme peine principale.
122
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
L’article 7 du Code pénal énonce la peine de surveillance électronique et la
classe entre la peine d’emprisonnement et la peine de travail dans l’échelle
des peines.
Le régime de la peine de surveillance électronique est inspiré du régime de
la peine de travail : accord de l’intéressé, exclusion de cette peine pour
certaines infractions, peine de substitution à prévoir en cas de non-
exécution, pas de mention dans les extraits de casier judiciaire.
Le condamné peut demander la suspension de la peine au ministère public
après avoir purgé un tiers de la peine (article 37quater).
L’article 37ter du Code pénal
Le juge soumet le condamné à des conditions particulières individualisées
dans l'intérêt des victimes. Ces conditions portent sur l'interdiction de
fréquenter certains lieux ou de contacter la victime et/ou sur
l'indemnisation de la victime
6) La critique du système
1. L’aspect économique de la mesure
Un des avantages de la surveillance électronique est la réduction des
coûts pour le budget de l'administration pénitentiaire, un détenu en
cellule coûte plus de 100 euros par jour tandis qu’une personne sous
surveillance électronique près de 30 euros.
Ça permettra également de réduire la population carcérale, cette
surveillance électronique est présentée comme une sanction alternative.
Il est dit que « le plus grand nombre parmi les rares personnes qui en
bénéficient sont en réalité ceux qui n’auraient sinon pas fait l’objet d’une
mise à exécution de leurs peines (courtes peines, emprisonnement
subsidiaire, …), les détenus en situation de séjour irrégulier n’en
bénéficient pas, alors qu’ils constituent un nombre de plus en plus élevé
de condamnés ».
2. L’absence de désocialisation ou l’accélération de la
resocialisation
Le but de la mesure est de diminuer les dommages liés à la détention afin
d'éviter la désocialisation du détenu ou afin d'accélérer sa
resocialisation. Faire une formation ou travailler ne sera possible que si
son employeur est averti de son passé criminel.
123
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
L'intéressé vit dans une situation psychologique. La famille a un rôle de
surveillant, qui lui rappelle ses obligations ce qui est générateur de
nouvelles tensions en sein de cette famille.
La surveillance électronique traduit un déficit essentiel dans le travail
social délaissé au profit d'une surveillance technologique.
Le souci de protection des victimes et le souci d'éviter la récidive ne
sont pas plus satisfaits par le recours au mécanisme de la surveillance
électronique que par le recours au mécanisme de la libération
conditionnelle tout court.
Chap. 7 La répression du crime par le juge des affaires
en cour d’assises : état de la question et réflexion
critiques
1) La cour d’assises
Le but de la mesure est de diminuer les dommages liés à la détention afin
d'éviter la désocialisation du détenu ou afin d'accélérer sa resocialisation.
Faire une formation ou travailler ne sera possible que si son employeur est
averti de son passé criminel.
L'intéressé vit dans une situation psychologique. La famille a un rôle de
surveillant, qui lui rappelle ses obligations ce qui est générateur de nouvelles
tensions en sein de cette famille.
La surveillance électronique traduit un déficit essentiel dans le travail social
délaissé au profit d'une surveillance technologique.
Le souci de protection des victimes et le souci d'éviter la récidive ne sont
pas plus satisfaits par le recours au mécanisme de la surveillance
électronique que par le recours au mécanisme de la libération conditionnelle
tout court
2) Le déroulement d’un procès d’assises
Après une audience préliminaire et une audience de constitution du jury, le
procureur général lit l’acte d’accusation. La procédure est pleinement orale,
les enquêteurs, le juge d’instruction, les témoins, les experts sont entendus.
La plaidoirie de la partie civile intervient en premier lieu, ensuite viennent
le ministère public et la défense. Les répliques sur la culpabilité se
124
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
succèdent dans le même ordre. Depuis 2016, les jurés délibèrent en
présence des juges :
COUPABLE NON COUPABLE DECISION FINALE
12 0 Coupable
0 12 Acquitté
6 6 Acquitté (doute profite
à l’accusé)
7 5 +3 juges supplémentaire
5 7 Acquitté
Les 3 juges supplémentaire (juges votent), doivent se rallier à la majorité
pour que l’accusé soit reconnu coupable.
3) Les arguments pros
La participation citoyenne.
La cour d’assises reste à juridiction qui reflète le mieux et le plus
fidèlement l’état de la conscience sociale. Elle permet d’éduquer et de
former le citoyen à la fonction de juger.
L’oralité est une garantie importante, ce n’est que par les débats
contradictoire oraux qu’on peut établir la culpabilité ou non de l’accusé.
Une fois entamés, les débats se doivent d’être poursuivis sans interaction
avec l’extérieur, exception faite du repos des différentes personnes.
1. La participation citoyenne
2. Symbolisme du droit pénal et vertus pédagogique
3. L’oralité des débats
4. La continuité des débats
4) Les arguments contra
Pour certains le jury est critiquable :
Peu représentatif de la société.
Influencé par son milieu social et professionnel.
Pas formé pour faire face à la complexité des affaires.
Il tranche sur ce qu’il entend et non sur base d’un dossier.
Le verdict a un caractère aléatoire.
Les juges peuvent décider d’envoyer l’affaire à la session suivante,
devant un nouveau jury, s’ils estiment que le présent s’est trompé au
125
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
fond (art. 336 CIC). Cette décision n’est possible que lorsque l’accusé
est déclaré coupable.
L’appel est impossible.
La procédure est coûteuse et lente.
1. Les critiques relatives au jury
2. L’art. 336 du code d’instruction criminelle
3. L’absence de droit d’appel
4. Le cout, la lourdeur, la lenteur, l’archaïsme
Titre 6 Un intérêt grandissant pour la victime :
La victimologie
Chap.1 Introduction
Elle est née comme une discipline de la criminologie dans les années 50. Cette
arrivée tardive est due au fait qu’auparavant on se concentrait plus sur le criminel
que sur la victime. La discipline appréhende les phénomènes de victimisation, les
causes, les conséquences, la prévention et la réparation.
1) Les pionniers
Ces études concernent principalement le rôle de la victime dans la
réalisation du crime. L’approche es donc éthologique, elle essaie ‘expliquer
les causes de la délinquance. H. VON HENTIG est considéré comme le
fondateur de la criminologie mais le terme est introduit en 1947 par B.
MENDELSOHN
2) Le mouvement féministe
Le mouvement féministe dans les années 70 s’opposer à la victimologie
théorique et orienter la discipline vers une victimologie appliquée. La
victimologie, discipline académique, se transforme en mouvement en faveur
des victimes.
3) Les enquêtes de victimisation
Toujours dans les années 70, la victimologie développe beaucoup plus
d’études. Des méthodes sont appliquées afin d’atteindre les victimes qui ne
portent pas plainte.
126
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
4) Plus récemment
Dans les années 80 la victimologie devient une discipline académique
consolidée. Des services d’aide sont créés grâce à des subsides de l’Etat
(avec des pressions multiples). La victime obtient aussi une position plus
forte dans le procès pénal.
Chap. 2 Victimes et victimisation
1) Définition
Toute personne qui subit un dommage dont l’existence est reconnue par
autrui et dont elle n’est pas toujours consciente.
2) Profils des victimes
Le risque de devenir victime n’est pas le même pour tous
1. L’âge
Les 15-25 ans sont les plus susceptibles d’être victimisés. Le taux de
victimisation est plus faible pour les personnes de plus de 65 ans,
cependant elles subissent certaines formes de délit, comme les vols de
sacs, plus souvent.
2. Le sexe
Le risque d’être victimisé varie peu en fonction du sexe, les femmes
subissent d’autres types de crimes que les hommes. (Spécialement les
agressions sexuelles)
3. L’état civil
Les personnes célibataires sont plus susceptibles d’être des victimes,
viennent ensuite les divorcées, les personnes mariées. Les veufs
représentent le risque le plus bas.
4. Les activités à l’extérieur du domicile
Les activités à l’extérieur du domicile incluent le travail, la fréquentation
des bars et les visites à des amis. Plus les activités extérieures sont
nombreuses, plus le risque d’être une victime est élevé.
3) Victimisation multiple
Le nombre de victimes n’est pas égal au nombre de crime commis, certaines
victimes subissent plusieurs fois des infractions (les mêmes ou
différentes). Là où la victimisation multiple revient le plus souvent est en
matière de cambriolage. On parle de victimisation multiple « quand la même
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Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
personne ou la même résidence subissent deux ou plusieurs délits successifs
au cours d’une période donnée »
3 hypothèses tentent de l’expliquer :
Prédisposition du ménage, indépendamment de la victimisation
(maison isolée, pas d’alarme, …).
Les mêmes délinquants retourneraient sur les lieux afin de récupérer
des biens oublier la 1ère fois ou pour voler les objets remplacés par
les assurances.
Les délinquants informeraient d’autres infracteurs au sujet des
objets qui sont encore présents dans la maison.
4) Impacte de la victimisation
Les conséquences d’un acte criminel peuvent être physiques, matérielles,
financières, sociales, psychologiques et juridiques. La victimisation multiple
amplifie l’impact du crime ; les effets se cumulent.
5) Victimisation secondaire
En plus des faits qu’elle subis, la victime peut devenir victime une seconde
fois lorsqu’elle ne se sent pas reconnue dans son environnement social ou par
les différents services et institutions.
Dans le cas des contacts que la victime entretient avec le monde judiciaire,
où les choses ne lui sont pas toujours expliquées, les délais sont longs, le
système est axé sur l’auteur, …
6) Classification victimes-crimes
1. Classification victimologique des crimes
La victime a toujours une position différente par rapport au crime
envisagé :
Crime contre une victime réelle
Crime contre une victime fictive (ordre public, santé, moral, …)
Crime contre une victime potentielle (conduite en état d’ivresse,
…)
Crime sans victime, actes immoraux qui ne causent aucun dommage
discernable aux tiers (prostitution, exhibitionnisme, …)
2. La classification des victimes elles-mêmes
Victime indifférenciée, victimisation du fruit du hasard
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Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
Victime latente, victime qui révèlent une disposition permanente et
inconsciente d’être une victime (masochiste, …)
Victime spécifique, rapport particulier entre la victime et l’auteur
(prostituée/mac)
Le criminel victime, l’auteur de l’infraction en est également victime
(collision de la route, …)
Chap. 3 Nouveaux droit reconnus aux victimes
1) L’émergence du droit des victimes durant l’information
et l’instruction pénales
1. Droit d’être traité de façon correcte et consciencieuse
Droit d’être traitée de façon correctes et consciencieuse (art.3bis titre
préliminaire C. Procédure pénale, introduit par la loi du 12 mars 1998)
Bien plus, dans la matière des enlèvements internationaux d’enfants ou
de traite des êtres humains et autres crimes graves, les autorités
étatiques ont une obligation positive d’enquêter.
2. La police : première assistance aux victimes
« Les services de police mettent les personnes qui demandent du secours
ou de l'assistance en contact avec des services spécialisés. Ils portent
assistance aux victimes d'infractions, notamment en leur procurant
l'information nécessaire. » (Art.46 loi 5 août 1992)
L’article 123 de la loi du7 décembre 1998 organise un service de police
intégré, structuré à plusieurs niveaux. Elle prévoit que les fonctionnaires
de police contribuent à la protection des citoyens et à l’assistance que
ces derniers sont en droit d’attendre.
3. Les services d’accueil des victimes
Ce service veille à ce que les victimes reçoivent l’assistance nécessaire
dans leurs contacts avec le parquet et le tribunal en leur fournissant des
informations au sujet de la procédure judiciaire et de l’état
d’avancement du dossier. Ce service est parfois organisé au sein des
parquets eux-mêmes.
4. Les services d’aide aux victimes
Les services d’aide aux victimes sont indépendants de la police et de la
justice et apportent une aide sociale et psychologique. Ils se voient
attribuer le droit de représenter ces victimes et d’en faire valoir les
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Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
droits (en matière de lutte contre le racisme, de traite des êtres
humains, lutte contre le racisme,…)
5. Droit des victimes lors des auditions
L’art.47bis CIC prévoit un certain nombre de droits au bénéfice de la
personne interrogée, au nombre desquelles figure la victime entendue
Exception au secret de l’information en prévoyant, sauf exceptions, le
droit pour la personne entendue d’obtenir copie de son audition. La
personne entendue en qualité de victime peut être assistée par un avocat
de son choix. (Art.28quinquies §2 CIC) La personne qui se prétend
victime ne prête pas serment lorsqu’elle est entendue, dans le cadre
d’une information ou d’une instruction, par un fonctionnaire de police ou
par un substitut du procureur du Roi, mais bien lorsqu’elle est entendue
en qualité de témoin par un juge d’instruction en personne.
La victime a le droit de s’exprimer dans sa langue et d’être assisté par
un interprète (art.47bis CIC et art.31 loi sur l’emploi des langues en
matières judiciaires)
Règles pour les mineurs, le mineur peut se faire accompagner par une
personne majeure de son choix lors de toute audition.
Le rôle de l’adulte qui accompagne l’enfant lors de son audition se limite
à mettre celui-ci n confiance ; il n’intervient d’aucune autre manière au
cours de l’audition. (art.91bis, 92 à 101 et art.28quinquies CIC)
6. Droit des victimes de demander la consultation du dossier
d’enquête
(Art.61ter et quinquies CIC) ces articles permettent aux victimes
constituées parties civiles en mains d’un juge d’instruction de demander
l’accès au dossier d’instruction et l’exécution de devoirs d’instruction
complémentaires. En cas de refus du juge d’instruction d’accéder à ces
demandes de la partie civile, celle-ci bénéficiait d’un droit d’appel devant
la chambre des mises en accusation.
La victime qui se constitue partie civile peut être entendue sur simple
demande (art.63 CIC) et peut aussi saisir la chambre des mises en
accusation (art.136 CIC)
7. Déclaration de personne lésée
L'article 5bis du Code de procédure pénale permet à une personne qui se
prétend lésée par une infraction de se déclarer telle, indépendamment
130
Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
d’une constitution de partie civile. Cela lui donne un véritable statut et
elle sera informée des grandes étapes de la procédure (classement sans
suite, mise à l’instruction, citation, ..., mais non pas le détail des actes
d’enquête), alors que le dépôt d’une simple plainte auprès d’un service de
police ne permet pas, à la victime d’être tenue au courant des
développements du dossier. La loi du 27 décembre 2012 lui permet aussi
de demander au ministère public le droit de consulter et de prendre
photocopie d’un dossier d’enquête pénale à l’information ou à
l’instruction.
Pour acquérir le statut de personne lésée, la victime d’une infraction
déclare avoir subi un dommage découlant de telle infraction ; elle fait sa
déclaration, elle-même ou par les soins de son avocat, au secrétariat du
parquet, ou au secrétariat de la police, ou auprès du fonctionnaire de
police qui établit le procès-verbal ; elle peut aussi être faite par envoi
recommandé au secrétariat du parquet ; la déclaration est jointe au
dossier de l’information ou de l’instruction.
La victime qui s’est déclarée personne lésée au droit de demander un
accès au dossier d’enquête mais de manière moins fixée sur le plan
procédural que la victime constituée partie civile.
8. Médiation
Art. 216 C.I.C
2) L’émergence du droit des victimes au stade du jugement
pénal
Allongement du délai de prescription de l’action publique (art.26 titre
préliminaire C. Procédure pénale)
La réserve d’office (art.4 titre préliminaire C. Procédure pénale)
Droit à l’assistance judiciaire en cas d’insuffisance des revenus pour
faire valoir ses droits en justice dans les conditions des articles.
(Art.664 et s. CJ)
Possibilité pour la partie civile déboutée d’être dispensée de
l’obligation du paiement des frais de justice.
La présence de la victime au procès peut déséquilibrer le procès (le prévenu
doit affronter l’accusation et la partie civile) mais elle permet au juge
d’approcher le dossier avec plus d’humanité.
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Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
3) L’émergence du droit des victimes au niveau du droit de
l’exécution des peines
Le rôle des victimes n’est plus seulement de faire exécuter les
condamnations civiles. La législation sur la libération conditionnelle a été
modifié d’abord par la loi du 5 mars 1998 et du 18 mars 1998 et ensuite par
la loi du 17 mai 2006. La victime peut être entendue par las conditions
particulières imposées dans son intérêt par l’art.35§1er alinéa 1 et 2 de la
même loi. La réhabilitation d’un condamné n’aura lieu que si celui-ci a
indemnisé la victime (art.623 CIC). Toute personne ayant un intérêt direct
peut formuler une demande de médiation à tout moment dans la procédure
(art.553 à 555 CIC). La loi du 29 juin 1964 permet d’imposer des conditions
probatoires. Loi du 15 décembre 201 portant sur diverses dispositions :
Le concept de la victime est étendu (art.2 6° loi 17 mai 2006)
Information plus large et rapide des victimes à propos des
décisions les concernant
Un temps et une espace plus important sont accordés à la victime
aux audiences du tribunal et du juge d’application des peines
Disponibilité d’un interprète
Le juge et le TAPP doivent tenir compte des efforts réellement
fait du condamné envers la victime
Lieu d’audience pour les condamnés non-détenu peut se faire au
tribunal et non à la prison
En matière d’internement les art.3.9°, 4 et 135§7 loi 5 mai 2014 modifié par
la loi du 4 mai 2016 assure le droit des victimes.
4) L’émergence du droit des victimes par une indemnisation
facilitée
Art.1382 et 1383 [Link] sont les principes de base de la responsabilité civile
extra-contractuelle. Cependant, le droit belge à tenter de faciliter
l’indemnisation des victimes :
1. Art.28 à 41 loi 1er août 1985, vient en aide aux victimes dont
l’auteur et inconnu ou insolvable avec la création un Fonds spécial
pour l’aide aux victimes d’actes intentionnels de violence.
2. Art.19, 3ter loi hypothécaire 16 décembre 1851 modifié par la loi
du 21 février 2014 accorde un privilège général sur les meubles du
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Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
condamné. L’art.27 accorde un privilège sur les biens immeubles
du condamné.
3. Art.29bis loi 21 novembre 1989 organise une indemnisation
automatique des usager faibles de la route par les assureurs qui
couvrent la responsabilité du propriétaire, du conducteur ou du
détenteur des véhicules impliqué.
4. Loi 31 mars 2010 rend obligatoire la souscription d’une assurance
professionnelle. Un même mécanisme a été instauré pour les
victimes de l’amiante et celle d’une catastrophe technologique de
grande ampleur.
5. Les assurances privées, en matière d’assurance vol, incendie et de
protection juridique souvent couplée à une assurance
responsabilité civile familiale. Il est régulièrement question de
rendre cette assurance de protection juridique obligatoire et de
la financer par des cotisations de sécurité sociale.
Chap. 4 La justice réparatrice
1) Définition
La justice réparatrice est une nouvelle façon d’aborder les conflits. Il
existe beaucoup de définitions qui insistent sur le processus et sur le
résultat.
Pour le conseil économique et social de l’ONU « tout processus dans lequel
la victime et le délinquant et, lorsqu’il y a lieu, toute autre personne ou tout
autre membre de la communauté subissant les conséquences d’une infraction
participent ensemble activement à la résolution des problèmes découlant de
cette infraction, généralement avec l’aide d’un facilitateur ».
La justice réparatrice, ou justice restaurative a 3 objectifs :
La punition en vue de la resocialisation du condamné
La réparation globale de la victime,
Le rétablissement de la paix sociale.
2) Principales modalités de la justice réparatrice
Les différentes modalités possibles de justice restaurative reposent toutes
sur la participation volontaire et active de toutes les parties au conflit.
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Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
Ces modalités ont pour vocation de se situer tout au long de la procédure
pénale. Elles peuvent se dérouler séparément de la procédure, en parallèle,
intégrées à la procédure ou encore comme forme de diversion.
1. La médiation entre victime et infracteur
Il existe deux types de médiation :
La médiation pénale, (art. 216ter du C.I.C.), permet l’extinction
des poursuites si l'auteur qui accepte ce procédé satisfait à une
série d'obligations (comme l'exécution d'un travail d'intérêt
général ou le suivi d'une formation ou d'une thérapie). Cependant,
c’est également conditionné par l'indemnisation préalable de la
victime ou la reconnaissance écrite par l’auteur de sa
responsabilité civile ; la victime est associée à l'élaboration de la
médiation pénale.
La médiation réparatrice, (loi du 22 juin 2005), loi qui introduit
des dispositions relatives à la médiation. (Art. 553 à 555 du Code
d’instruction criminelle).
La médiation réparatrice permet à la victime et à l’infracteur de se
rencontrer. La rencontre est encadrée par un médiateur ou facilitateur
professionnel, il est neutre et indépendant (ce qui n’est pas le cas en
médiation pénale). Il n’a pas de pouvoir décisionnel mais il aide à faciliter
l’échange. L’infracteur est confronté aux conséquences humaines,
sociales et/ou matérielles de son acte. Le dialogue permet de trouver un
accord au sujet des réparations.
Le dialogue prime sur le résultat. Un dialogue indirect est réalisable ;
victime et auteur passent par l’intermédiaire du médiateur, sans se
rencontrer. Dans ce cas, l’objectif est l’obtention d’un accord, moins sur
le processus en lui-même.
2. La conférence du groupe familial
Elle a les mêmes objectifs que la médiation, la conférence du groupe
familial réunit un plus grand nombre de participants ; Au-delà de la
victime, l’auteur, le médiateur ou facilitateur, s’y trouvent toutes les
personnes ou institutions ayant intérêt au règlement du conflit (amis,
famille, représentants d’institutions judiciaires, …).
La présence de ces nombreux participants permet d’envisager le soutien
que l’environnement familial et social pourra apporter à la victime, mais
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Aboubacar I. Bac 1 Droit Pénal Masset A. 2019-2020
surtout à l’infracteur (de manière à l’aider à modifier son comportement
et à réparer les torts qu’il a causés).
3. Les cercles de guérison et les cercles de sentence
Il s’agit du processus restauratif le plus inclusif. Toutes les personnes
qui peuvent être concernées sont réunies : victime, auteur, familles et
leurs alliés, membres de la communauté, fonctionnaires de justice.
Les cercles de guérison visent principalement la guérison des parties
concernées, alors que les cercles de sentence s’intéressent surtout à la
reconnaissance par chacun de ses torts.
Des autres modalités existent encore : des rencontres entre groupes de
victimes et groupes d’infracteurs (n’étant pas leurs propres victimes et
infracteurs) ; des processus par lettres ou vidéos ; de la médiation locale
; de la justice réparatrice axée sur le milieu carcéral, de la concertation
restauratrice en groupe pour mineurs, …
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