100% ont trouvé ce document utile (1 vote)
1K vues417 pages

Monopole de l'État et Procédure Pénale

Ce document introduit les principes fondamentaux de la procédure pénale, notamment le monopole de l'État dans la répression, les organes chargés de la répression et leurs pouvoirs, ainsi que l'importance de la procédure pénale au niveau de la société et de l'individu.

Transféré par

jacktsimba56
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
100% ont trouvé ce document utile (1 vote)
1K vues417 pages

Monopole de l'État et Procédure Pénale

Ce document introduit les principes fondamentaux de la procédure pénale, notamment le monopole de l'État dans la répression, les organes chargés de la répression et leurs pouvoirs, ainsi que l'importance de la procédure pénale au niveau de la société et de l'individu.

Transféré par

jacktsimba56
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Page 1 sur 417

INTRODUCTION GENERALE

I. LA REACTION SOCIALE FACE A L’INFRACTION

1. L’infraction et la peine

Une infraction vient de se commettre. L’ordre social e


été troublé par ce mauvais exemple un tout prix retablir
l’quilibre social.

Mais qui doit prendre l’initiative de La répression ?


Est-ce éventuellement la victime de L’infraction ?
Est-ce toute personne qui s’est trouvée juste La au
moment de la commission de l’infraction ? NON
La réaction de la société n’est pas instinctive arbitraire
et aveugle. Ce serait créer l’anarchie. Le principe est donc que e
délinquant ne subit la peine que lorsqu’il a été condamné après
avoir été jugé par juridiction instituées à cet effet.
2. Le monopole de I’Etat dans l’oeuvre de la répression.

Dans une société organisée, l’Etat assume la


responsabiLité de l’ordre oublic et du bien commun. Aussi en
face d’une infraction qui vient de se commettre et l’on ne peut
concevoir que la vengeance privée puisse se satisfaire, c’est
donc l’Etat qui doit punir les fautes penales commises par les
membres de la communauté, soit à l’intérieur du territoire
national, soit en dehors de ce [Link] La sauvegarde de la
paix sociale l’exige. Et, pour y parvenir, l’Etat se dote de
certains organes.

Procédure pénale
Page 2 sur 417

3. Les organes chargés de la répression.

Pour punir un délinquant, il faut l’avoir d’abord


interrogé, avoir enquêté sur les circonstances objectives et
subjectives de la commission de l’infraction ; autant des devoirs
que la force d’une seule personne ne peut remplir. Ainsi, cri
vertu du principe de la présomption d’innocence, un examen
judiciaire est indispensable avant de responsabiliser la personne
poursuivie.

Aussi, l’Etat a-t-il créé trois organes distincts mais qui


concourent à une méme fin.

 la police Judiciaire
 Le parquet
 les cours et tribunaux

L’Etat a confié a ces organes des pouvoirs redoutables


mais il a en même temps veillé a ce que, dans l’exercice de leurs
fonctions ces organes ne puissent outrepasser eurs pouvoirs
voire en abuser. C’est ainsi que des garanties soJioes protègent
les usticiables (droit ce se défendre, double degre des
juridictions, présomption d’innocence.)

4. La réparation civile

La victme d’une infracton ne peut se faire Justice à


elle-même. Dans le passé, il a existé la composition suivant
laquelle l’auteur de l’infraction pour échapper à la vengeance
de la victime de l’infraction, payait une indemnité souvent
supérieure au préjudice subi, lorsque satisfaction était donnée à

Procédure pénale
Page 3 sur 417

la victime, le coupable échappait à toute punition. Aujourd’hui,


pareille conception de la justice n’est plus de mise car l’Etat se
charge de punir le coupable mais il garantit également à la
victime le droit d’être rétablie dans l’état et les droits qui étaient
siens avant la commission de l’infraction. Mais diverses
peuvent être les modalités de réparation :

 Il peut y avoir restauration directe (restitution).


 mais le plus souvent le tort causé étant
irréversible, la victime ne peut obtenir que des
dommages et intérêts compensatoires.

Un problème cependant demeure dans la mentalité


africaine ; la conception occidentale de la réparation du
préjudice causé proclame que si la punition doit être
proportionnée à la culpabilité, la réparation doit étre
l’équivalent du prejudice. L’on ne s’occupe nullement de la
situation sociale du délinquant.

C’est ainsi que l’on peut condamner un pauvre père à


réparer un préjudice estimé à des millions de franc congolais.

Non seulement ceci est injuste car ,a son tour e


délinquant devient une victime de la victime originaire, mais en
sus le pouvoir juridictionnel court le risque d’être discrédite car
est certain que malgré la condamnation à ces dommages-
intérêts s’élevant à des millions de franc congolais, le
délinquant ne pourra jamais payer une pareille somme alors
faut- il que la juridiction prononce une telle condamnation

Procédure pénale
Page 4 sur 417

sachant bien qu’elle restera sans exécution possible ? N’est-ce


pas se faire perdre à la justice son crédit ?

La mentalité africaine répugne à condamner une


personne o des dommages-interêts qu elle ne sera jamais en
mesure de payer. Il y a là un sentiment profond de ustice
sociale qui veut qu en condamnant un délinquant aux
dommages-interêts i’nr enne compte des ressources ce dernier.

II. L’OBJET DU DROIT DE PROCEDURE PENALE

1. La fonction de la procédure pénale.

La procédure pénale est l’ensemble des règles sur


l’organisation et le déroulement du jugement. On y inclut aussi
la réglementation des activites préjuridictionnelies du parquet
et de police judiciaire dans leur mission de recherche et
d’instruction des infractions.

2. Le domaine d’application de la procédure pénale

La procédure pénale s’étend :

 aux règles de recherche, de l’instruction des


infractions, de la poursuite et jugement des prevenus
 aux règles régissant l’exercice de l’action civile
devant les juridictions répressives et allocation d’office des
dommages-intérêts ;
 aux règles régissant l’execution des decisions des
juridictions pénales

Procédure pénale
Page 5 sur 417

3. La nature juridique de la procédure

La procédure penale est une banchre du droit public


parce qu’elle organise des pouvoirs d’un organe d’Etat, le
fonctionnement d’un service public.

III. L’IMPORTANCE DE LA PROCEDURE PENALE

L’importance de la procédure pénale est à rechercher


à un quadruple niveau :

1. au niveau de la société,

2 au niveau de l’individu,

3 au niveau de la nature même des droits qui sont en jeu et


enfin,

4. au niveau de la relation entre l’indvidu et la societé.

1. Au niveau de la société (Théorie du LEVIETAN).

Il devrait exister une repression rare et certaine des


infractions. Toutes les règles regissant la recherche, la
constatation des infractions l’établissement des preuves et le
jugement des délinquants visent à assurer, sinon toujours la
rapidité, du moins la certitude de la repression car la paix
sociale et la tranquillité publique sont à ce prix.

Nous devons cependant relever que dans la pratique


judiciaire, le procès pénal congolais connaît une lenteur qui
frise le scandale, cette lenteur s’explique de plusieurs manières
manières : l’effectif des officiers de police judiciare et de
magistrat du parquets est trop réduit en égard à l’accroissement
Procédure pénale
Page 6 sur 417

du taux de la criminalité ;les moyens matériels mis en


disposition tant des OPJ que des magistrats instructeurs sont
dérisoires certaines habitudes malheureuses ont éte prises par
les magistrats et qui rendent encore plus lourd le
fonctionnement de l’appareil judicaire. Nous songeons
specialement à l’habitude qui consiste de placer
automatiquement en etat ce de détention tout inculpé alors que
telle n’est pas la prescription legale.

La conséquence de cette lenteur est une perte de


confiance en l’éfficacité de la justice. L’homme congolais a une
mentalité photosynthétique, il est I’ homme d’émotivité donc
d’immédiateté dans I’action. L’effet intimidant de la peine ne
peut efficacement influer sur sa sa mentate que si le
comportement délictueux est sanctionné de manière quasi-
instantanée.

Or dans notre pays entre le moment où un


délinquant est arreté et celui où intervient la sanction il s’ecoule
un laps de temps tellement long que la peine intervient dans
l’ignorance ou l’indifference totale de l’opinion publique. Il est
évident que, considérée sous cet angle la peine perd sa raison
d’être sociale aux yeux de l’homme congolais.

C’est pour parer à cette lenteur que le législateur, par


ordonnance-loi numéro 78/001 du 24 fevrier 1978 a mis sur pied
une procédure rapide pour le jugement des infractions
intentionnelles flagrantes. Mais il convient de relever que ce
n’est là qu’un petit pas qui a été fait dans le sens de
l’accélération de la procédure. Le probleme demeure pose
Procédure pénale
Page 7 sur 417

lorsqu’il s’agit des infractions non flagrantes pour le jugement


desquelles nous retombons dans les habitudes de la lenteur.

2. Au niveau de l’individu

Les règles de procedure pénale tout en visant à


assurer la répression du coupable doivent en même temps
veiller à ce que les droits de la défense soient sauvegardés.

Très souvent, lorsqu il s’agit d’infractions qui


provoquent une grande émotion populaire, I’opinion se montre
impatiente jusqu’au point de vouloir bousculer la procédure,
notamment sur le plan ou respect des droits de la défense.
L’homme de la rue ne comprend pas pour quelle raison l’on
doit confier par exemple la défense de délinquants à des
avocats. Cette opinion populaire se transforme parfois en rage
lorsque les bandits condamnés au premier degré interjettent
appel ou forment un pourvoi en cassation deux de recours qui
suspendent I’exécuton d’un jugement. Les dirigeants au niveau
politique doivent se garder de céder à la pression populaire.
Quelque grave que soit une infraction commise rien ne peut
permettre de priver son auteur de droit de la défense et des
voies de recours.

En face des infractions qui causent un grand émoi


populaire la solution pour donner la satisfaction à l’impatience
populaire est d’appliquer la procédure accelerée pour le juge, à
la condition que l’infraction soit intentionnelle et flagrante.

Procédure pénale
Page 8 sur 417

3. Au niveau de la nature même des droits qui sont en jeu.

C’est au cours du procès penal qu’apparaissent dans


toute leur ampleur les droits fondamentaux de l’homme. Le
delinquant risque ce qu’il a de plus sacré au monde : sa vie, sa
librté, son honneur, son patrimoine. Alors que devant le juge
statuant en matiere de droit privé, on lui demande simplement
de dire le droit applicable en ayant simplement connaissance
tectinque des causes. Au juge pénal, en sus de connaissances
techniques, l’on lui demande un sens profond de l’humain et
du social car la décision que prend le juge penal n’est pas une
solution à une difficulté juridique il prononce de mesures
d’assistance de surveillance, d’amendement ou d’élimination.

4. Au niveau de la relation entre les individus et la société.

La Procedure Penale est le thermomètre de la


temperature démocratique d’un Etat et est I’expression vivante
de li libertés reconnues par l’Etat aux individus c’est pourquoi
dit-on, là où l’Etat brime (opprime) l’individu, on constate que
le déroulement du procès pénale est rapide et secret on
constate également que des pouvoirs excessifs sont accordés
aux magistrats enfin, sous l’ancien régime, l’ on avait constaté
que la fonction de la procédure pénale était esentiellement
placée sous la dépendance du gouvernement de l’exécutif)
(Mais e iec t’avenemenit de la constitution du 18 février
2006,des avancées significatives sont à observer quant à ce
jours).

Procédure pénale
Page 9 sur 417

En bref tout est orienté vers une répression


exemplaire et prompte. En révanche, dans un Etat respectueux
de l’individu et de ses droits, les pouvoirs des magistrats sont à
un contrôle, la procédure est publique, orale et l’indépendance
du juge se trouve assurée.

V. LE RESPECT ET LA SAUVEGARDE DES DROITS DE


L’HOMME EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE CONGO

Pour examiner la notion de respect et la sauvegarde


de droits de l’homme en R.D Congo, on peut se rapporter en
quatre (4) périodes, notamment :

1. époque coloniale (1865-196Di

2. la 1ère république (1960-1965)

3. la 2eme république (1965-1997)

4. la transition (1997 à 2006)

5. De 2006 à nos jours.

1. La situation durant l’époque coloniale

En 1885, l’E. I. C propriéte du Roi de Belge n’avait pas


de constitution et les règles régissant la conduite des habitants
étrangers et autochtones du territoire congolais étaient
déterminées par le Roi souverain.

Lorsque ce dernier (Roi) céda ce ce territoire (Congo)


à la Belqique le dota d’une constitution appelée « Loi sur le
gouvernement du Congo ou à la charte coloniale ».

Procédure pénale
Page 10 sur 417

Cependant cette loi prise le « 18/10/1908 » consacre à


I’ alinea 1er de son article 4 une discrimination du statut du
personnel entre les différents habitants de la colonie composés
des Belges, des congolais immatriculés, d’étrangers et
indigènes.

En effet aux termes de cet article les belges, les


congolais immatuculés dans la colonie et les étrangers jouissent
de tous les droits civils reconnus par la legislaton du Congo
Belge leur statut personnel est régi par leurs lois nationales tant
qu elles ne sont pas contraires a l’ordre public.

Sur le plan judiciaire, cette discriminition est marquée


par l’existence des juridictions de nature différente ; en effet la
majorité des puissances coloniales de l’époque sinon toutes
lorsqu’il s’agissait pour elles d’organiser la justice de leurs
colonies respectives, avaient opté pour le dualisme des
institutions judiciaires, ce choix était matérialisé par une dualité
des instances judiciaires et de la procédure y applicable.

Ces puissances étaient confrontées aux problèmes que


posait la présence sur les territoires coloniaux de deux classes
des juridictions. L’une de civilisation autochtone, l’autre de
civivilisation occidentale. La première vivait sous l’empire des
pratiques et usages locaux mal connus ; l’autre était soumise
aux droits importés de la métropole. Ainsi à cette époque la
race des justiciables était un élément de determinant de la
compétence matérielle de la juridiction repressive et de la
procédure pénale y applicable.

Procédure pénale
Page 11 sur 417

us uranties relatives a la sauvegarde et air ruspe I J


rails de I humirie r o ,--,ar r-r u i r-meut consacrées par le décret
du 11/07/1923 portant le 1’ cocie de procedure penaie du Congo
lequel tut modifié et complété plusieurs fois notamment en
1926, en 1927, 1930 1936, 1938 1940 1942 il a donc fallu attendre
1955 période marquée par la protection penale internationale ce
dots de l homn’e pour qu’un texte nouveau soit établi, en effet
le 06 août 1P%9 fut pr’s le décret Onrtot c’de de procedrre
penale lequel reste d’application jusqu a ce jour.

2. Situation de droits de l’homme pendant la 1ère République

Lors de la 1ère République, le code de procédure


pénale a été soutenu au regard de la sauvegarde et du respect
de droits de l’homme par la loi fondamentale de 1960 et la
constitution du 1er août 1964 mais en raison des troubles
politiques qui caractérisaient histoire de la Repubiique
Democratique du Congo. Les droits et libertés du citoyen
étaient peu protégés et donc moins sauvegardés. Quoiqu’il en
soit, l’histoire semble indiquer que c’est aussi au nom de droits
de l’homme qu’advient la 2eme République le 24/11/1965

3. Situation de droits de l’homme pendant la 2ème République

Signalons d’emblée que la beauté des textes


juridiques relatifs à la sauvegarde de droit de l’homme
contraste avec leur inapplicabilité et cela paraît comme signe
caractéristique de la 2ème République.

Toutefois cette situation peut être examinée à un


triple point de vue :
Procédure pénale
Page 12 sur 417

• politique
• législative
• judiciaire

A) Au point de vue politique

• Le 04/02/1980, dans son discours prononcé devant


le conseil legislatit reuni en session extraordinaire, le Président
de la Republioue avait annoncé la création du Centre national
de Documentation (CND) en remplacement du Service de
Sûrete Nationale.

Il avait aussi estimé à époque que non seulement la


dénomination de ce service, mais les pratiques de ces agents
n’étaient pas de nature à securiser la population.

Le 31/10/1986 a été signée ordonnance n°86/268


portant création du Ministere des Droits et Libertés du Citoyen
dont l’objet consistait à, recueillir et à examiner les recours et
plaintes du citoyen injustement et irrégulièrement lésé dans ses
droits ou atteint dans ses libertés nar l’administration publique,
soit par décision de justice, soit par toute autre voie de fait
lorsque toutes les voies de recours légalement autorisées auront
été épuisées soit inefficientes et que l’injustice denoncée s’avère
flagrante.

Par l’ordonnance n°90/151 du 0808/1990 à été créé le


service national d’ntelligence et de protection (SNIP) en
remplacement d’anciens services de sécurité.

Procédure pénale
Page 13 sur 417

Le SNIP était chargé de rechercher, centralser, traiter


et analyser tous les renseignements relatifs à la sécurité
intérieure ou extérieure de l’Etat Zaïrois ainsi qu’à la sûreté des
personnes.

De manière plus concrète, ces attributions étaient


reparties en 8 missions suivantes :

1. La recherche, l’interprétation et la division des


renseignements politique, coonominue socia’ culturel et autres
intéressant la sùreté de l’Étal et des personnes.

2. La recherche et la constatation des infractions


contre la sûreté de l’Etat et des personnes la surveillance des
personnes suspectes d’exercer.

3. La protection de l’environnement politique


garantissant l’expression normale de l’bedecuHqe

4 L’identification dactyloscopique des zaïrois et le


mouvement migratoire des nationaux.

5. La police des étrangers.

6. L’exécution sur le sol Zaïrois des lois et reglements


concernant l’immigration et les émigrations.

7. L’application en liaison avec les ministères du


gouvernement de la législation et de la réglementation
concernant les conditions de Sélour des étrangers au Zaïre.

8. La recherche des malfaiteurs signale par


organisation internationale de la poice (INTERPOL).

Procédure pénale
Page 14 sur 417

En conclusion, l’on peut penser que sur le plan


politique quelques frémissements des mesures ont été pris dans
le sens de sauvegarde de liberté publique. Cependant tout le
monde le sait que la pratique est allée en contre sens de ce vœu
pieux.

B) Du point de vue législatif

On peut indiquer sur ce point un certain nombre des


textes des lois et règlements relatifs à la promotion des droits de
l’homme.

a. Titre 1 de l’ACT
b. L’ordonnance n°78/001 du 24/02/1978 relative à
la repression des infractions intentionnelles flagrantes, laquelle
tout en se souciant de la rapidite de la repression poursuit
comme objectif d’éviter la lenteur du fonctionnement de la
détention préventive trop prolongé.
c. L’ordonnance lo nr78/289 du 03’07/1978 relative
à l’exercice des attributions d’OPJ et des APJ près dés
juridictions ordinaVes
d. La création de la commission permenente de la
reforme en 1976

e. existence a la CSJ de la chambre de legislation

C) Du point de vue judiciaire et de I’ administration


judiciaire

Notons que les Cours et Tribunaux de la Republique


Démocratique du Hongo ont plusieurs fois condamné

Procédure pénale
Page 15 sur 417

lourdement le coupable d’abus de pouvoir notamment en cas d


infraction des tortures et des sévices. Mais il faut reconnaître
que cela n’a pas été de façon systematique et c’est cela qui a
donne l’impression sous la 2ème Repuhlioue que le hauts cadres
avaient benéficié de l’impunité.

On peut aussi signaler que la cour d’appel de


Kinshasa avait courageusement et exceptionnellement
condamné la Republique du Zaïre a payer a Monsieur Amisi
LINDOMBE des dommages intérêts de 16000 Zaïres en 1974
pour avoir été retenu toujours toujours en détention préventive
( 3 ans).

En conclusion générale, sur le problème capital de la


sauvegarde et du respect des droits de l’homme en Republique
Démocratique sous la 2ème Repubbque il nous est permis
d’affirmer qu’au plan des textes le nécessaire a été fait pour
mettre en place des mecanismes appropriés qui etaient censés
assurer cette sauvegarde et son respect malheureusement ainsi
que nous l’avons affirmé precédemment tout le monde sait que
dans la réalité du vécu judiciaire,politique, administratives et
social. Ces beaux textes n’ont été respectés car nombreuses ont
été les violations des droits de homme.

Il importe de deceler le pourquoi de ce non


application pour en tirer des enseignements pour la
3èmeRepublique.

Procédure pénale
Page 16 sur 417

4. La sauvegarde et le respect des droits de l’homme pendant


allant du 24/04/1990.

Nous devons retenir que la pénode transitoire au


Congo Ainsi soulignons que cette transition a connu trois
périodes dont

• du 24/04/1990 au 17,05/1997

• du 17 05/1997 au 04/04/2003

• du 04/04/2003 à 2006

1. Du 24/04/1990 au 17/05/1997

Pendant cette periode notre pays avait comme


constitution, l’ACT de la CNS, qui ; dans son titre, se rapporte
aux droits fondamentaux de l’individu.

2. Du 17/05/1997 au 04/04/2003

Ici, c’est le décret -loi constitutionnel n° 003/97 qui a


régi le Congo ; et il est ndiqué que les droits universellement
réconnus a I’homme sont garantis, d’autre part l’article 14 du
texte précité indique que sont abrogées toutes les dispositions
légales et reglementabres contraires a ce decret-loi
constitutionnel. De ce fait, nous pouvons nous permettre de
penser à juste titre que dans l’esprit dc législateur, toutes les
dispositions antérieures non contraires au décret-loi
constitutonnel précité sont valables, il en est ainsi du titre Il de
I A.C T à ce qu’il se rapporte aux droits fondamentaux de
l’individu.

Procédure pénale
Page 17 sur 417

3. Du 04/04/2003 à 2006.

Pendant cette période, il sied de rappeler que c’est le


dialogue inter congolais qui a accouché d’une constitution de
cette phrase transitoire à la [Link] ; et, celle-ci (la
constitutio) date du 04/04/2003

Ainsi, le titre III de ladite constitution est intitulé


« des libertés publiques, des droits et des devoirs
fondamentaux du citoyen ». Par là, il ya lieu d’affirmer que
cette période reconnaît et respecter les droits de l’homme.

4. La constitution du 18 fevrier 2006.

Comme nous l’avons dit précédemment, la constitution du


18 fevrier 2006, consacre des avancées significatives sur
l’indépendance de la justice (socle et fondement de la sauvegarde et du
respect des droits de l’homme).

C’est pourquoi il serait ndiue de considerer que la


3ème République naissante est favorable au respect et à la
sauvegarde des droits de l’honme. Il reste enfin que cette
volonté soit concrétisée dans les faits.

Au fait, le titre II de ladite constitution s’intitule : Des


droits humains, des libertés fondamentales et des devoirs du
citoyen et de l’Etat.

Une autre illustration de cette affirmation tient à la


place réservée aux droits de la femme. En effet Longtemps
marginalisée la femme Congolaise se voit restituer dans tous
ses droits civils et politiques tant cette constitution consacre

Procédure pénale
Page 18 sur 417

exressement la parité homme -femme au sein de futures


institutions aussi bien nationales, provincices que locales (art
14).

La meme constitution laisse à l’article précité le soin


aux pouvoirs publics de veiller à l’éliminer de toute forme de
discrimination à l’égard de la femme et de prendre des mesures
pour lutter contre toute forme de violences faite à la femme
dans la vie publique et dans la vie privée affirmant ce faisant
que la troisième République qu’elle va régir entend restaurer à
la femme (Congolaise) toute sa dignité.

V. LA SPECIALITE DE LA PROCEDURE PENALE

Pour mieux situer la place et ressortir les articularités


de la procédure pénale dans le domaine dU droit, il est indiqué
de la comparer avec les autres branches du droit.

1. Distinction entre droit pénal et procédure pénale

L’on admet généralement que le droit pénal,


discipline ayant pour objet la qualification infractionnelle d’un
acte du comportement en l’assortissant d une peine releve du
fond.

La Procedure Pénale en revanche qui a pour objet


l’étude des regles relatives à la recherche, à l’instruction et au
jugement des infractions, relève de la forme. Ce caractère de la
procedure pénale se trouve souligné par l’expressior selon
laquelle la procédure pénale est le moyen obligé d’expression
du droit penal ; c’est donc la voie d’ expression et réalisation

Procédure pénale
Page 19 sur 417

du droit pénal en ce sens que pour se manifester et se réaliser le


droit penal doit nécessairement compter sur la procédure
pénale. La distinction entre le fond et le forme entraîne de
graves conséquences juridiques quand à l’interprétation des
lois, et quant à leur application dans l’espace et dans le temps.

2° Distinction entre droit administratif et procédure penale.

Pour certains auteurs, le droit de procedure pénale


n’est qu’une subdivision du droit admnistratif, cependant s’ il
est vrai que le droit de procédure pénale n’est qu’une branche
du droit public parce qu’elle réglemente le fonctionnement de
l’apparel judiciaire qui est un service public et s’il est aussi vrai
que l’activité du parquet et celles des juridictions répressives
pousuivent la réalisation du bien commun, l’on ne peut
cependant perdre de vue que le magistrat du parquet dispose
pouvoir propre qui le distingue des fonctionnaires administratif
et que les juges repressifs de l’indépendance réconnue à la
fonction juridictionnelle. Par ailleurs, pendant que les
fonctionnaires sont régis par le principe de l’exécution du
prealable, les magistrats sont regis par le principe de la légalité
des infractions et des peines.

En effet, l’on estime que le prévenu qui a deja été jugé


par un premier jugernent, a acquis un droit de demeurer
justiciable du même ordre juridictionnel jusqu’à la fin du
procès. La doctrine étend sur le jugement interlocutoire le
régime applicable au jugement sur le fond en cas de la loi
nouvelle de compétence, lorsque donc que la loi nouvelle de

Procédure pénale
Page 20 sur 417

procédure annule une voie de recours alors qu’il y’a déja eu un


jugement sur le fond par rapport à l’ancienne loi.

2. De même l’on admet en cas de loi de procédure


nouvelle sur les voies de recours que lorsqu’une loi supprime
une voie de recours, le condamné conserve le droit de se
pourvoir malgré la nouvelle loi parce qu’il a déjà eu un
jugement sur le fond par rapport à l’ancienne loi.
3. Règles procédurales considérées comme règles
des fonds, application de la distinction des lois nouvelles plus
douces ou plus sévères (rétroactivité in mitius).

Exemples :

a. Lois reglementant la prescription pénale ;l’on


peut appliquer aux infractions non encore jugées définitivement
la loi nouvelle qui allonge la durée de la prescription considérée
comme plus sévère que la précédente.
b. Lois modifiant les conditions d’exercice de
l’action publique ; selon que les lois améliorent ou rendent plus
difficile la situation du prévenu.

Il faut retenir les 2 adages :

• « Ubi lex non distinguit, non distinguere debemus »

« Là la où la loi ne distingue pas, nous ne devons pas


distinguer »

• « Ubi lex voluit dixit, ubi lex noluit, tacuit »

« La où la loi veut, elle le dit, là où la loi ne veut pas


quelque chose, elle se tait. »
Procédure pénale
Page 21 sur 417

Ces deux principes concernent l’interprétation de


règles de droit pénal de fond or la procedure pénale concerne le
droit de forme.

Quand il s’agit d’Interpreter les regles ie o dures pers


s “. s iut ‘c r’terpretatiou a”’ulogique (aller au dela du texte
prevu, imaginer I dec or. legislateuri donc interpréter
souplement les regles procédurales.

Interpretation analogique : lorsque un texte, une loi


prescrit une règle, pour interpreter, l’on peut aller en déhors de
la loi pour mieux expliquer cette règle mais nonobstant cela la
PP ne rejette pas l’interprétation stricte.

Les règles de procédure pénale sont d’application


immédiate.

Les exceptions dans les règles de procédure pénale :

• les voies de recours,

• la compétence de juridiction

• retroactivité IN MITIUS

Exemple

La loi nouvelle subordonne les poursuites a la plainte


de la victime, elle est plus favorable à la personne poursuivie.
Puis qu’elle dresse un obstacle nouveau à I’exercice de la
repression. Signalons que les principes de l’application
immédiate des lois de procédure est une créaction doctrinale et
jurisprudentielle, il s’agit d’un principe générale de droit.

Procédure pénale
Page 22 sur 417

3. L’APPLICATION DANS L’ESPACE

Le droit judiciaire organise l’exercice d’un pouvoir de


souveraineté ne peut s’appliquer hors des limites territoriales
de l’Etat mais deux pays peuvent passer des conventions de
coopérations de leur service judiciaires.

Le droit congolais organise la procéure de


l’extradition.

Au cas où un congolais commet une infraction à


l’étranger, les dispositions suivantes sont appliquées.

« Toute personne qui, hors du territoire congolais


s’est rendue coupable d’une infraction pour laquelle la loi
congolaise prévoit une peine d’emprisonnement de plus de
deux mois, peut être poursuivie et jugée au Congo, sauf
application des dispositions légales sur l’extradition ».

La poursuite ne peut être intentée qu’à la requête du


ministère public. Quand l’infraction est commise contre un
particulier et que la peine maximum prévue par la loi
congolaise est de cinq ans de servitudes pénales au moins, cette
requête doit être précédée d’une plainte de la partie offensée ou
d’une dénonciation officielle à l’autorité du pays où l’infraction
a été commise. Exception faite des infractions relatives au surété
de l’Etat et à la fois publique (contrefaçons, falsification,
usurpation des fonctions publiques), aucune poursuite n’a lieu
que si l’inculpé est trouvé au Congo, sauf l’exception ci-dessus
citée (article 3 du livre I, code pénal congolais). L’on considère
que le prévenu sera trouvé au Congo au sens de l’article 3 du

Procédure pénale
Page 23 sur 417

code pénal, lorsau’il sera, pour le fait commis hors frontière,


mis sous la main de la justice c'est-à-dire arrêté ou losque sa
présence sera constatée par par un acte judiciaire tel un procès-
verbal d’interrogatoire portant sur cette infraction.

4. APPLICATION AUX PERSONNES

Les cas de privilège de juridiction sont étudiés dans le


cours de l’organisation et de compétence judiciaires. A quel
moment ce privilège de juridiction des détermine-t-il ? Est-ce au
moment de la commission de l’infraction du fait infranctionnel
ou au moment du dépôt de la peine ?

Devant la juridiction militaire, il est de principe que


l’on doit se placer au moment de la commission de l’infraction
pour juger de la qualité du prévenu déterminant la compétence
du tribunal.

Mais quid en matière de privilège des civils ? Il


semble que la solution la meilleure soit la suivante privilége
s’appliqe aussi bien en considération de la qualité du justifiable
au moment de la commission de l’infraction qu’au moment de
sa comparution en juste, puis qu’il s’agit d’un d’un moyen
destiné à l’empêcher d’user de sa situation sociale pour faire
pression sur les juges.

Toutefois la législation congolaise s’est forgée une


solution : on se place pour déterminer juridiction compétente
soit au moment de la commission de l’Infraction, soit au du

Procédure pénale
Page 24 sur 417

depôt de plainte, cette dernière hypothèse amene à se poser la


question de savoir ce qui peut encore justifier le privilège de
juridiction.

Nous aurons la confirmation de ccc plus oi’i lors de la


procedure des poursuites à l’égarde des députés et des
ministres.

VII. LES TYPES DE PROCEDURE PENALE

L’on peut distinguer trois grands types des


procédures pénales et cela en fonction de l’évolution historique.

A/ L’histoire judiciaire française a d’abord connu la


procédure de type inquisitorial (du latin « per-inquisitio =
enquête).

Les traits principaux de ce type de procédure sont


suivants :

• c’est le ministre qui assume la mission de mettre la


justice en mouvement, les juges ont le droit de se saisir eux-
mêmes,

• le droit de juger est l’apanage exclusif des juges


professionnels specialisés et permanents ; les citoyens ne
participent donc pas au jugement des delinquants

1. le juge joue le rôle actif dans la recherche des


preuves

2. la procedure est de caractere ecrit, secret et non


contradictoire

Procédure pénale
Page 25 sur 417

3. le juge perd le droit d’apprecier librement la valeur


de chaque preuve, car il est lié par les preuves légales ;

4. ta todure est admise pour arracher l’aveu


considérer comme la preuve majeure.

B/ A la révolution françise, ce type de procédure


inquisitorial fut aboli et remplacé par le type accusatoire.

Ce système se caractérise par les éléments suivants :

1. egalite entre l’accusation et la défense

2. il faut un accusateur pour saisr la justice. cet


accusateur peut être public ou privé.

3. le rôle des juges est passif : les juges ne


cherchent pas eux-même les preuves fournies devant eux par
les parties.
4. les débats devant le tribunal ont un caractère
oral, public et contradictoire.

Ce système assure à l’accusé des garanties certaines


mais cependnt il pêche par certains inconvénients ; les gens
n’aiment pas assurer le rôle périlleux d’accusateur : les
coupables riches et puissants peuvent acheter le silence des
témoins ou les intimider.

C/ Un troisième système est appliqué. C’est le type de


procédure mixte en ce sens que le déroulement du procès revêt
le caractère inquisitoire et secret durant l’instruction
préparatore ; et à l’audience, le procès devient oral, public et
accusatoire, c’est ce type de procédure que connaît le droit
Procédure pénale
Page 26 sur 417

congolais, toutefois, il faut noter que la procédure pénale


congolais n’admet pas les preuves légales ni la tortue.

VIII. LES SOURCES DE LA PROCEDURE PENALE

Diverses sont les sources de la procédure pénale. Par


ordre d’importance, nous mentionnons :

1. La constitution du 18/02/2006
• La garantie du droit de la défense (article 19
al.3)
• La prononcé de tout jugement en audience
publique (article 20 al.1)
• La présomption d’innocence dont bénéficie toute
personne accusée d’une infraction, jusqu’à ce que sa culpabilité
ait été établie par un jugement définitif (article 17 in fine)
• L’obligation d’informer toute personne arrêtée
des motifs de son arrestation et de toute accusation portée
contre elle, et ce, dans une langue qu’elle comprend (article 18,
al.1)
• Le droit d’être entendu en présence d’un avocat
ou d’un défenseur judiciaire de son choix, et ce, à tous les
niveaux de la procédure pénale, y compris l’enquête policière,
et l’instruction préjuridictionnelle (article 19 in fine). Etc.

2. Les traités internationaux

Les traités et accords internationaux régulièrement


ratifiés ont une autorité supérieure a celle des lois, à condition

Procédure pénale
Page 27 sur 417

qu’ ils soient égalernent appliqués par I’autre partie ainsi par
exemple, les traites conclus en matières d’extradition et
d’exécution des commissions rogatoires, d’arbitrage et
d’exécution des jugements et actes, peuvent avoir une incidence
sur l’administration de la justice, l’article 215 de la constitution
du 18 février 2006.

3. Le code de procédure pénale (décret du 06 août 1959).

C’est ce code qui est toujours d’application. Il faut


cependant souligner que des nombreuses adaptations sont
nécessaires en vue de son harmonisation avec les mutations de
notre système de justice, qui appellent dans certains cas, la
refonte de ses dispositions.

4. Les textes légaux du temps colonial

Dans la mesure où ils n’ont pas été abrogés par des


textes exprès soit de manières implicites en cas
d’incompatibilité avec les dispositions constitutionnelles.

5. Le second d’organisation et de la compétence judiciaire


du 31 mars 1982
6. Les ordonnances-lois, les décrets-loi et les lois
7. Les principes généraux du droit (cfr Décret du 12/11/1886)

Un très grand nombre des règles applicables en


procédure pénale sont conténues dans des principes généraux
du droit, de ce qui permet de dire que le droit de procédure
pénale est quelque peu de nature coutumière. Faut-il légiférer

Procédure pénale
Page 28 sur 417

sur ces principes en vue de les couler sous forme des textes
légaux ? Le débat reste ouvert.

8. La coutume et ses usages locaux.

La coutume est expressement par les articles 17 et 19


du code de procédure pénale qui permettent qu magistrat
instructeur et au tribunal respectivement d’imposer aux
témoins la forme de serment dont l’emploi, d’après les
coutumes locales, paraît plus propres à garantir la sincérité des
dispositions. Par ailleurs en matière d’allocation d’office des
dommages intérêts, toute juridiction peut se fonder notamment
sur la coutume ou les usages locaux (article 108 du code de
organisation et de la compétence judiciaires) Devant les
juridictions coutumières , la procédure applicable est certes
fixée par la loi, cependant les règles procédurales coutumières
s’appliquent également dans la mesure oû elles ne sont pas
contraire à l’ordre public.

9. La jurisprudence.

Elle est définie comme un ensemble de décisions


suffisamment concordantes rendues par les juridictions sur une
question de droit. Elle peut être source de droit judiciaire à la
condition qu’elle soit constatée, l’on considère en effet qu’une
solution jurisprudentieI unanime s’impose avec la même force
que la loi car en ce sens elle fait partie du droit et l’on ne peut
s’en écarter sans mettre en cause la securite juridique qui est un
facteur du maintient de l’ordre et la paix sociale. La cour
suprême de justice en cas de cassation avec renvoi s’impose aux

Procédure pénale
Page 29 sur 417

cours et tribunaux inferieur qui sont tenus de se conformer sur


le point de droit jugé par la cour suprême : à la longue cette
jurisprudence constitue une force morale pour toutes les
jundictions et non seulement pour les juridictions de renvoi
concernées par les arrêts de cassation avec renvoi.

10. La doctrine.

Elle joue un role considérable dans le propres et I


évoluton du dort par ses analyses, ses recherches et ses
critiques, elle stimule le legislateur à ameliorer des textes
incomplets ou obscurs et elle informe le juge sur l’evolution de
la jurisprudence. Mais les opinions doctrinales ne sont
incorporées dans le droit positif qu’au moment où un usage
constant les aura fait admettre universellement et que la
jurisprudence les aura consacrées ou encore lorsque le
legislateur les aura coulées sous forme de la loi.

11. l’équité

L’ordonnance de l’Adminstraton Génerale du Congo


du 14 mai 1886 permet également aux cours et tribunaux, en cas
de silence de la loi, de recourir à l’équité, c'est-à-dire au sens
persoonel de la justice et de l’ordre social. L’on peut définir
l’équité comme etant les sens humain de l a pondératron et de
a conscience sociale du juge.

Souvent, les principes généraux du droit sont


contenus dans les adages.

Exemples de quelques principes generaux du droit

Procédure pénale
Page 30 sur 417

• Le penal tient le civil en état


• In dubo pro reo
• Reus fl excipiendo fit actor
• Actor incumbit probatio

Procédure pénale
Page 31 sur 417

PREMIERE PARTIE

L’INSTRUCTION PREJURICTIONNELLE

L’instruction pré juridictionneIle se sépare en deux phases :

La recherche de l’infraction et la poursuite.

Procédure pénale
Page 32 sur 417

CHAPITRE I : LA RECHERCHE DE L’INFRACTlON

Dans la recherche de l’infraction on distingue une


période d’enquète » sommaire ou préliminaire de la période de
l’ « Instruction préparatoire » la période préparatoire de
l’enquête préliminaire est confiée à la police judiciaire ; c’est le
parquet qui « Instruit) c'est-à-dire rassemble les eléments de
preuve qui constituent le dossier sur la base duquel il articulera
ses requisitions tendant a la condamnation du coupable par le
tribunal.

Section 1. ORGANES CHARGES DE LA RECHERCHE DE


L’INFRACTION

Section 1. De la POLICE JUDICIAIRE

Introduction

Le 3 juillet 1978 fut promulguée l’ordonnance n78/289


relative à l’exercice des attributions d’officier et agents de police
près les juridictions de drot commUn

La plus grande mérite de cette ordonnance est celui


de permettre au Ministère Public d’avoir un droit réel et
permanent de contrôle sur a police judicaire dansl’exercice de
ses fonctions judiciaires notamment par la procédure de
l’habitation (et de son retrait), le serment et le signalement.

CATEGORIES D’AGENTS DE POLICE JUDICIAIRE

En droit congolais l’on distingue plusieurs catégories


d’OPJ

Procédure pénale
Page 33 sur 417

1. Il y a d’abord les agents de la police judiciaire


des agents des parquets appelés inspecteurs de la polmice
judiciaire (IPJ) ; leur compétence s’étend à toutes les infractions
et sur tout le territoire de la République. Sous réserves de la
promulgation d’une loi d’organisation.

2. les agents de la police nationale (PNC) qui


appartiennent à la catégorie d’emploi de commendement et de
collaboration ont la qualité d’OPJ à compétence générale. Les
missions ordinaires assignées à la PNC sont les suivant :

a) prévenir les infractions.

b) rechercher les infractions et en saisir les auteurs de


manière et dans les formes prevues par la loi.

C) veiller particulièrement au respect des lois et


règlements de la police

d) rechercher et saisir les personnes surprises en


flagrant délit ou pousuivies par la clameur publique.

e) rechercher les personnes dont l’Arrestation a ete


légalement ordonnee et les mettre à la disposition de l’autorité
competente.

f) rechercher et saisir les objets dont la saisie est


prescrite.

g) se renseigner auprès des autorités et auprès de


toutes personnes digne de foi sur les infractions qui auraient été
commises sur le fait de nature à troubler l’ordre public, sur le
lieu de retraite des individus signalés ou poursuivis par la
Procédure pénale
Page 34 sur 417

clameur publique, de même que sur tous les faits de nature à


porter atteinte à l’ordre public et la sûreté de l’Etat. En principe
ce sont ces OPJ de le PNC qui sont les auxiliaires attitrés et
permanents des officiers du ministère public.

3. La PNC assume la double mission de police administrative


et police judiciaire ou lui est dévolue. Elle accomplit une
mission de police administrative lorsqu’elle cherche à prévenir
les infractions, il s’agit en cas d’emmpêcher que l’ordre public
ne soit troublé et de le rétablir au besoin aussi rapidement que
possible ; par sa présence, par ses injonctions et au besoin, par
son action elle doit faire respecter les lois, les reglements et la
liberté des personnes. La PNC intervient judiciairement quand
l’ordre public a été effectivement troublé et que des infractions
ont été commises. Il sera alors nécessaire de rechercher les
auteurs des infractions.

4. Sous réserve de la promulgation d’un texte de loi portant


organisation et fonctionnement des FORCES ARMEES
CONGOLAISE (FAC) LES COMMANDEMENTS DES
FAC et de la PREVOTE MILITAIRE ont la qualité d’OPJ
a compétence générale ou restreinte selon le cas. Il faut
aussi y ajouter les agents assermentés des différents
services des Forces Armées Congolaises pour l’exercice de
missions particulières qui leur sont dévolues par les lois et
règlements.
5. Les OPJ de l’agence nationale de renseignement (ANR) a
partir du grade de chef du bureau. Ils sont OPJ à

Procédure pénale
Page 35 sur 417

compétence restreinte pour les matières spécifiques


interessant la sûrété de l’Etat.
6. Les fonctionnaires et agents de l’Etat auxquels sont
attribuées par la loi certaines fonctions de police judiciaire.
L’ordonnance du 03 juin 1924 sur les OPJ énumère les
diverses catégories des fonctionnaires nantis du pouvoir
d’OPJ Mension spéciale doit être faite des fonctionnaires
de la territoriale qui sont de la qualité d’OPJ.
7. Les OPJ nommes a cet effet par le Ministre de la justice. Le
Ministre peut proceder soit par une commission générale
visant une catégorie d’agents de services publics soit par
une nomination personnelle, l’acte de nomination
détermine la compétence matérielle et territoriale.

B) HABILITATION ET SERMENT

Un OPJ ne peut exercer généralement les attributions


attachées à sa qualité d’OPJ ni se prévaloir de cette qualité
qu’après avoir été personnellement habilité par le procureur de
la République du ressort du tribunal de Grande Instance et
prête entre ses mains le serment suivant « je jure fidelité au
président de la République, obéissance à la constitution et aux
lois de la République Démocratique du Congo de remplir
fidelement les fonctions qui me sont confiées et d’en rendre
loyalement compte à l’officier du Ministre Public »

L’habilitation ainsi que la prestation de serment


donnent lieu à l’octroi à l’OPJ d’un numero identification et

Procédure pénale
Page 36 sur 417

d’une carte d’officier de policier judiciaire (art 8). Le procureur


de la République accordée ou refuse par décision motivée
l’habilitation à exercer les attributions attachées à la qualité
d’OPJ.

Lorsque l’OPJ se revête par son comportement ou ses


connaissances inaptes à exercer ses attributions, le procureur de
la République peut suspendre cette habitation pour une durée
maximum de 6 mois ou la parer à titre définitif (art.13) lorsqu’il
envisage de suspendre ou de retirer l’habitation, le procureur
de la République dresse préalablement à l’OPJ concerné une
demande écrite réclamant ses explications sur les faits qui lui
sont reprochés ; si les circonstances l’exigent, il peut ordonner
une enquête (art.14).

L’OPJ peut, dans le délai de 8 jours à partir de la


notification de la décision du procureur de la République,
exercer, par requête motivée un recours ceontre ce décision
auprès d’une commission présidée par le procureur Général
près la cours d’Appel du ressort et comprennant deux
magistrats de son office. Au dossier de l’affire est joint, s’il y a
lieu, le dossier personnel de l’OPJ, la commission statue par
décision motivée, l’OPJ est entendue personnellement ou par
l’interlédiaire d’un conseil (art 15).

L’OPJ dont l’habilitation a été suspendue ou retirée


est tenu de remettre sa carte d’OPJ dès la notification de la
décision du procureur de République à l’expiration du délai de
suspension ; la carte lui est restituée de plein droit et il reprend
le plein exercice de ses attributions, en cas de refus ou retrait
Procédure pénale
Page 37 sur 417

de l’habilitation, l’OPJ ne peut être rehabilité à nouveau que sur


décision du Procureur Général de la République, lorsque le
refus ou le retrait d’habilitation est dû à un manque de
connaissance, la réhabilitation ne peut avoir lieu que si l’OPJ a
suivi les cours de perfectionnement est satisfait aux examens
organisés dans un centre agrée par le ministre de la justice (art
16).

L’OPJ dont l’objet d’une mesure de refus, de


suspension ou de retrait d’habilitation ne peut exercer d’autres
attributions judiciaires que celles reconnues aux agents de la
police judiciaire, il est passible d’une peine d’emprisonnement
de deux ans et six mois et une amende n’excédant pas 100 z ou
de l’une de cxes peines seulement, s’il exerce des attributions
d’OPJ (art 8).

C/DOSSIER INDIVIDUEL ET SIGNALEMENT

Le procureur de la République tient un dossier


individuel de chaque OPJ chaque année établit sur chaque OPJ
de son ressort un signalement sur son comportement, sa
mesure de rédiger les procès-verbaux et rapports le zèle avec
lequel il remplit ses devoirs, sa probité, son habilité
professionnnelle.

Procédure pénale
Page 38 sur 417

D/ACTION DISCIPLINAIRE

Avec la promulgation du code d’organisation et de la


compétence judiciaires du 29 mars 1978, le probleme de l’action
disciplinaire du ministère public à l’endroit des officiers de
police judiciaire avait été resolu de la manière suivante (art 4 du
code d’organisation et de compétences judiciaires de 1978). Les
OPJ au régime disciplinaire propre aux OPJ des parquets. Le
procureur général de la République ou son délégué disposait
du pouvoir disciplinaire à l’égard de tous les OPJ pour des faits
commis dans l’exercice de leurs fonctions d’OPJ.

Ces dispositions avaient ainsi comblé une grande


lacune qui avait caractérisé les anciens codes judiciaires, dans
lesquels ne disposait d’aucun pouvoir disciplinaire à l’égard
des OPJ autres que les agents de police judiciaire des parquets.
Mais hélas ces dispositions si bien inspirées ont été purement
annulées ou oubliées dans le code de l’organisation et de la
compétence judiciaires du 31 mars 1982. Nous pensons qu’il ne
s’agit pas là d’un reirement de la pensée du législateur.

Fort heureusement, la conférence Nationale


Souvéraine a commble cette lacune en prenant un acte qui
instaure le pouvoir disciplinaire du Ministère Public à l’égrd de
tous les OPJ civils et militaires, un autre acte fait obligation aux
officiers du Ministre Public, civils et militaires de contrôler les
OPJ et d’engager contyre eux des poursuites disciplinaires
disciplinaires et pénales en cas de violation de libertés et de
droits fondamentaux de l’homme.

Procédure pénale
Page 39 sur 417

§1. Des agents de police judiciaire

Sont Agents de police judiciaires les personnes


auxquelles cette qualité a été reconnue par la loi ou les
reglements (art 25), ils ont pour mission de seconder les
officiers du ministère public et les exécutent les mandats de ces
autorités, ils peuvent être chargés par ces autorités a une
mission de surveillance ou d’une opération de recherche
d’arrestation ou de saisie hormis celle qui implique une
perquisition (art 24). Les agents de police judiciaire sont placés
sous la direction des OPJ sous les ordres desquels ils exercent
leur fonctions et la surveillance du ministère publique, ils
rendent compte verbalement ou par écrit sous forme de rapport
des opérations qu’ils effectuent ainsi que des constatations
qu’ils font, leurs déclarations sont reçues sur PV dans les
formes ordinaires d’auditions des dénonciateurs ou des
témoins (art.25). Les agents de police judiciaire n’ont pas qualité
pour décider seuls des mesures de saisie ou d’arrestation,
toutefois, en cas d’infraction flagrante ou reputée telle, ils
peuvent se saisir de la personne suspecte à charge de la
conduire immédiatement devant l’officier du Ministère Public
ou l’OPJ le plus proche, ils peuvent dans les mesures
circonstances et sous les mêmes conditions procéder à la saisie
des objets sur lesquels pourrait porter la confiscation prévue
par la loi et de tous autres qui pourraient servir à conviction ou
à décharge (art.26).

Procédure pénale
Page 40 sur 417

§.2. Du comportement des OPJ et APJ (art.27, 28, 29, et 30 de


l’ordonnance précitée)

S/Section 2. LE MINISTERE PUBLIC

Introduction

Les Magistrats du Ministere public s’appellent aussi


Magistrat débout parce qu’ils se lèvent à l’audience pour leurs
réquisitions, ceci par opposition aux juges ou Magistrats Assis
parce qu’ils restent dans cette position durant les audiences.
L’expression « magistrat du parquet » vient de ce que, dans
l’ancien régime français, les Procureurs et vocats du Roi ne
siégeaient pas sur estrade à côté des juges, mais sur le parquet
de la salle d’audience comme les justiciables et les representants
de ceux-ci. Cette expression est restée bien qu’actuellement les
Magistrats du ministère Public se trouvent placés sur l’estrade
sur le même plan que les juges.

I. La mission du Ministère Public dans la recherche des


infractions

En matière répressive, le Ministère public recherche


les infractions aux actes législatifs et réglementations qui sont
commises sur le territoire de la République (art.7 du code
d’organisation et de la compétence judiciaire). Mais c’est rare
du Ministère Public constatent eux-même les infractions,
généralement ce sont les OPJ qui leur transmettent les procès-
verbaux de constat et d’autres infractions.
Procédure pénale
Page 41 sur 417

§.1. L’ACTION PUBLIQUE

1. Notion

L’action publique est celle qui a pour but la


repression de l’infraction considérée comme aynt porté atteinte
à l’ordre social et qui a pour objet l’application d’une mesure de
sûreté au délinquant. Ainsi exercer l’action publique, c’est saisir
les tribunaux répressifs et soutenir devant eux l’accusation en
vue de faire punir les coupables. Il y a cependant lieu de noter
que quand le Ministère public ouvre un dossier d’instruction
préparatoire (RMP), il exerce déjà l’action publique. Mais la
saisie du Tribunal constitue le temps fort, le moment culminant
de l’exercice de l’action publique.

Cependant dans le système ayant prévalue jusqu’au


18 février 2006, il est requis qu’avant de déclancher des
poursuites judiciaires contre certaines catégories de personnes
ou pour réprimer certaines catégories d’infractions, il en soit
référé au ministre de la justice qui peut ainsi demander que
pour des raisons sociales ou politiques et même économiques,
l’action publique ne puuisse pas s’exercer. Ainsi la pratique
judiciaire congolaise a instauré par le biais de l’avis d’ouverture
d’information en sigle AOI, le droit de veto dans le chef du
ministre de la justice.

Procédure pénale
Page 42 sur 417

2. La plénitude de l’exercice de l’action publique

L’exercice de l’action publique dans toute sa


plénitude et devant toutes les juridictions de son ressort
appartient au Procureur Général près la Cour d’appel qui
s’exerce, sous l’autorité du Ministre de la justice les fonctions
du Ministère Public près toutes les jurictions établies dans le
ressort de la Cour d’appel (art.13 du code de l’organisation et
de commpétnces judiciaires du 31 mars 1982).

Ainsi, les fonctions du Ministère Public, y compris


l’action publique du Procureur Général de la République
s’exercent uniquement près la Cour Suprême de Justice (art.12
alinéas 7). Le procureur General de la République peut
également sur injonction du Ministre de la Justice, requerir et
soutenir l’action publique devant les Cours et tribunaux à tous
les niveaux (art.12 alinéas 4).

Enfin, le Procureur Général de la République dispose


d’un droit de surveillance et d’inspection sur les parquets
généraux près les Cours d’Appel et la Cour de sûreté de l’Etat
(art.12 alinéas 5).

Il faut dire que toutes ces dispositions appellent une


refonte particulière, conformement à la nouvelle philosohie de
notre justice telle que consacrée dans la constitution du 18
février 2006.

D’abord, partant de la dissolution de la cour suprême


de justice en suite, en considerant que, conformément à la loi

Procédure pénale
Page 43 sur 417

sur le statut des magistrats, le ministre de la justice se trouve


dépouillé de tous les pouvoirs régaliens qu’il possédait au
profit du conseil supérieur de la magistrature, etc…

3. L’autorité du Ministre de la justice sur les Magistrats des


Parquets

L’article 10 du code de l’organisation et de


compétence judiciaire dispose que les OMP sont placés sous
l’autorité du Ministre de la justice. La doctrine classique analyse
cette autorité en un droit d’injonction, qui s’exerce sous trois
formes :

 Un droit d’ordonner des poursuites


 Un droit d’impulsion
 Un droit de regard

La doctrine classique n’a jamais voulu reconnaitre au


ministre de la justice un droit de veto consistant à empêcher
l’exercice de l’action publique. L’on estime en effet que l’ordre
de poursuivre ne préjuge rien, car l’exercice de l’action peut
aboutir à l’acquitement, la justice aura éclaircir la situation. En
révanche, les conséquences de l’interdiction des poursuites sont
autrement plus graves car en ce cas l’autorité qui interdit se
substitue à la fonction juridictionnelle et aboutit le coupable
sans qu’aucune garantie ne soit donnée à la vindicte publique.

Cependant dans la pratique judiciaire, il est de


coutume qu’avant de déclencher des poursuites judiciaires

Procédure pénale
Page 44 sur 417

contre certaines catégories des personnes ou pour reprimer


certaines catégories d’infractions, il en soit référé au Ministre de
la justice qui peut ainsi demander que pour des raisons sociales
ou politiques et même économiques l’action publique ne puisse
pas s’exercer.

Ainsi, la pratique judiciaire Congolaise a instauré par


les bais de l’avis d’ouverture d’information, le droit de veto
dans le chef du ministre de la justice.

A ce jour, conformément aux dispositions pertinentes


de la constitution (article 151) et de la loi sur le statut des
magistrats, en attendant des textes relatifs à l’organisation et au
fonctionnement de la justice, l’on peut dire que l’autorité du
ministre de la justice sur le parquet n’est plus limitée qu’au seul
pouvoir d’injonction sur l’action publique.

La pratique d’avis d’ouverture d’instruction est supprimée.

4. Les limitations à l’exercice de l’action publique

En principe le Ministere public à le droit, le devoir


d’exercer des poursuites, chaque fois qu’une infraction est
portée à sa connaissance. Néanmoins dans certains cas le
pouvoir du Ministère publique se trouve soit paralysé soit
limité et ce jour diverses raisons notamment en raison de la
qualité de l’inculpé.

• De la qualité de l’inculpé (cas des inculpés hommes


politiques, membres du gouvernement, chef coutumier,

Procédure pénale
Page 45 sur 417

chef religieux et quelques fonctionnaires de


commandement ainsi qu’en cas des agents diplomatiques
et consulaires).
• Poursuites subordonnée à la plainte de la partie lesée
(article 468 du code de la famille dispose que « la
poursuite pour l’adultère ne pourra avoir lieu que sur la
plainte de l’époux qui se prétendra offensé », ici, il faut
retenir que la raison d’être de cette exigence reside dans la
considération selon laquelle l’unité et la stabilité de la
famuille risquent d’être compromises par l’intervention du
ministère public qu’ainsi la victime de l’infraction
d’adultère doit être considérée ici comme le meilleur juge
des suites à donner à l’infraction. L’époux plqignant peut
demander en tout état de cause l’abandon de la procédure
par retrait de la plainte à condition de consentir à
reprendre la vie commune.
• L’exposé des motifs du décret du 3/08/1955 complétant le
code pénal par la repression de l’infraction de grivelerie
déclare que cette infraction de trouble que très légèrement
l’ordre social, c’est ainsi que le paiement de prix ou le
désitrement de la perte plaignante éteint l’action publique.
• Les infractions commises à l’étranger sont poursuivis sur
enquête du MP, mais lorsqu’elles lésent les particuliers et
que la loi congolaise prévoit à cet effet une peine
d’emprisonnement d’au moins de 5 ans, la requête du
ministère public doit être précédée d’une plainte de la
partie ofensée ou d’une dénonciation officielle de l’autorité
du pays oû l’infraction a été commise.

Procédure pénale
Page 46 sur 417

• Les infractions au droit d’auteur régi par le décret du 21


juin 1948 et l’ordonnance (loi n° 86/0033 du 5 avril 1986
portant création de ndroit voisin. Elles sont poursuivies
par la plainte préalable de la partie lésée.
• La concurrence déloyale (ordonnance législative n°41/63
du 24 février 1930).
• Poursuite en matière fiscale :( c’est le directeur général de
la DGI qui doit initier l’action publique)
• En matière douanière…

5. L’extinction de l’action publique

1. Notion : L’extinction de l’action publique


constitue un obstacle permanant qui empêche définitivement
de saisir les juridictions compétentes.

Diverses et multiples sont les causes d’extinction de l’action


publique.

2. Causes de l’extination de l’action publique

a) Le décès du délinquant

En cas de décès du délinquant, l’action publique est éteinte ;

Si l’action publique n’avait pas encore été mise en mouvement,


elle pourra plus l’être
Procédure pénale
Page 47 sur 417

Si le procès pénal est déjà engagé, la juridiction saisie devra


rayer l’affaire du rôle sans pouvoir prononcer sur l’action ni sur
les frais, qui devraient demeurer à charge de l’Etat.

Si dans l’ignorance du décès, le Ministère public avait


mis l’action publique en mouvement, et qu’un jugement ait été
prononcé celui-ci est nul et le tribunal qui a l’a rendu peut
rapporter sa décision sa décision même si entre temps celle-ci
avit acquis l’autorité de la chose jugée.

L’on doit également envisager l’hypothèse ou le décès


se produit quand l’affire est déjà Assez avancée. Il se peut
qu’un jugement ait été rendu au moment oû le prévenu, il y a
lieu de distinguer.

Si le déinquant meurt avant l’expération des délais de


recours, cet événement anéntit la procédure faite le jugement
prononcé et les condamnations, même aux frais ne peuvent être
exécutés.

Si une voie de recours avait été exercée avant le


décès, la juridiction compétente pour statuer sur ce recours se
border à radier l’affire de son rôle.

Si le jugement a acquis l’autorité de la chose jugée,


mais n’a pas encore été executé, il ne peut être ramené à
l’exécution, bien qu’il conserve sa valeur pleine et entière
([Link] et A. Vitu ; [Link].).

Le droit pénal repose sur le principe de la


personnalisation des peines ainsi la peine ne peut frapper que

Procédure pénale
Page 48 sur 417

celui-la même qui a commis l’infraction. ce sont des principes


qui font obstacle à ce que l’on poursuive et condamne
pénalement les héritiers du délinquant.

Mais le décès du délinquant n’éteint pas l’action


publique vis-à-vis des coauteurs et ds complices qui peuvent
toujours être poyursuivis.

Nous verrons plus loin les conséquences du décès du


prévenu quant à l’action civile.

b) L’amnistie

C’est par une loi qu’est décretée 1’amnistie.


Lorsqu’elle intervient après qu’une condamnation definitive a
été prononcée, l’amniste est une cause d extinction des peines.
Si elle se produit avant que le le jugement soit passé en force de
chose jugée, l’amnistie éteint l’action publique. L’effet principal
de l’amnistie est de faire perdre au fait amnistié son caractère
délictueux ; notons cependant que l’amnistie peut-être
personnelle c’est-à-dire accordée à certaines catégories de
délinquants (ex : anciens combattants, etc,) ; en ce cas elle ne
produit son effet “extinctif qu’à l’égard des coupables identifiés.

L’amnistie peut aussi être subordonnée à


l’accomplissement d’une condition, exemple payement
préalable de l’amende par le délinquant Nous verrons plus loin
les effets de l’amnistie sur action civile.

Procédure pénale
Page 49 sur 417

c) L’abrogatiopn de la loi pénale

L’abrogation de la loi pénale enlève à l’acte son


caractère délictueux et fait disparaitre l’élément légal de
l’infraction ; les poursuites deviennent impossibles si elles
n’avaient pas encore débutée ou s’arrêtent si l’action publique
avait déjà été mise en mouvement.

Nous verrons plus loin les effets de l’abrogation de la


loi pénale sur l’action civile. L’essentiel à rétenir d’ores et déjà,
ici comme pour l’amnistie et le décès du délinquant est que les
droits de la victime de l’infraction demeurent intacts, puisque le
fait garde son caractère dommageable.

d) Transanction

En principe, il est impossible que l’action publique


s’éteigne par une transaction intervenue entre le coupable et les
représentants de la société, en effet, l’on admet en doctrine, de
manière unanime, que le Ministre public est sans droit pour
disposer valablement de l’action publique ; il peut s’engager à
ne pas mettre l’action publique en mouvement ni rénoncer a en
poursuivre l’exercice une loi qu’il l’a mise en mouvement, il ne
peut non plus renoncer à attaquer les décisions judiciaires
rendues. Mais ce principe connaît des exceptions :

11 Je rappelle d’abord le pouvoir de transiger


reconnu par la loi, à la Banque du Congo pour les infractions à
la législation de change, de même que le pouvoir du transiger

Procédure pénale
Page 50 sur 417

reconnu au service des douanes pour les infractions commises


en matière douanière, le service des contributions dispose aussi
des pouvoirs de transiger.

La transaction pénale est admise en ces matières où


l’amende revêt un caractère indemnitaire. Toutefois considérée
sous l’angle de la moralité, la transaction pénale consolide les
critiques souvent formulées à l’ endroit de l’Etat qui accepte
que de nombreux trafiquants sollicitent et obtiennent des
transactions même onéreuses pour échaqper aux poursuites,
l’opinion publique a parfois l’impression qu’il suffit d’être assez
riche pour éviter le répression pénale.

Le droit Congolais connaît un autre cas de transaction


pénale, qui est prévu par l’art 9 du code de procédure pénale,
l’amende transactionnelle que nous aurons l’occasion d’étudier
en détail plus loin.

e) Nouvelles techniques de désengorgement

Depénatisation

Déjudiciarisation

f) Retrait de plainte

En principe, la plainte simple n’a pas pour effet de


mettre en mouvement une action publique ; c’est ainsi que son
retrait sans influence sur le sort ultérieur de cette action.

Procédure pénale
Page 51 sur 417

Mais en France l’art 6 alinéa 3 code de procédure


pénale comme un cas de l’action publique « le retrait de la
plainte, lorsque celle-ci est une condition de la poursuite ».

Qu’en est-il en Droit congolais

Je rappelle qu’en Droit congolais, nous connaissons


sept cas oû l’exercice de l’action publique est subordonné à une
plainte préalable de la victime de l’infraction.

 Adultère
 Grivelerre
 Infraction aux droits d’auteur
 Outrage envers les corps constitués les membres et les
dépositaires de l’autorité ou de la force publique.
 La concurrence déloyale
 La contrefaçon en matière de propriété industrielle.

Le législateur congolais a pris position en ce qui


concerne l’adultère en disposant que le retrait de la plainte de
l’époux offensé éteint l’action publique ; il a également pris
position en matière de grivelerie disposant que le retrait de la
plainte par la victime éteint l’action publique.

Pour les autres cas, le législateur garde silence notre


position personnelle est la suivante : retrait de la plainte pou ces
cas ne peut éteindre l’action publique et ce pour deux raisons.

Le silence du legislateur congolais est éloquent là où


il a voulu que le retrait de la plainte éteigne l’action publique, il

Procédure pénale
Page 52 sur 417

l’a dit expréssement. Dans une matière où la loi a expressément


subordonné l’exercice de l’action publique à une plainte
préalable de la victime de l’infraction, on ne peut tolérer
qu’une fois déposée, le Ministère public puisse encore voir son
action être à tout moment mise en echec par le retrait de la
plainte , retrait qui peut souvent du reste être l’objet de
tractions malhonnêtes ; Rien n’oblige la victime de l’infraction à
déposer une plainte dès qu’elle se decide a le faire et que l’acton
publique a eté mise en mouvement, plus rien ne peut justifier sa
mise en échec par le retrait de la plainte.

g) La prescription de l’action publique

1. Notion

La prescription est un droit accordé par la loi à


l’auteur d’une infraction de ne pas être poursuivi depuis la
perpétration du fait après l’écoulement d’un certain laps de
temps déterminé par la loi.

2. Fondement de la prescription

La prescription est expression de la qjande loi de


Poubli l’opinion publique ne reclame plus la répression d’une
infraction dont le temps o effacé les conséquences mater elles et
morales jusqu au souvenir dans la mémoire des individus.

On fait aussi appel à l’idée de négliqence de la partie


poursuivante à mettre l’action publique en mouvement ainsi la
société perdrait son droit de punir parce qu’elle ne l’aurait pas

Procédure pénale
Page 53 sur 417

exerce en temps utile Cette justification est dangereuse car


comment un délinquant va –t-il prouver effectivement la date à
laquelle le Ministère public a connu l’infraction.

L’on dit que l’angoisse et le remords dans lesquels a


vécu le délinquant équivalent châtiment et que ce serait trop
punir deux fois. Cette dernière justification ne convient pas car
il existe des délinquants endurcis n’éprouvent ni angoisse ni
remords quelconques après la commission d’une infraction.

L’on invoque enfin l’idée de déperissement des


preuves, au fur et à mesure que le temps s’écoule depuis que
l’infraction a été commise, les preuves disparaissent ou du
moins perdent beaucoup de leur valeur. Plusieurs années après
la commission de l’infraction il serait difficile d’en découvrir
des traces et indices ou de les chercher du moins, ces derniers
qu’on pourra trouver auront peut-être été oubliés ou ne seront
que vagues et imprécis.

En exerçant l’action publique dans ces conditions,


l’on court le risque d’une erreur judiciaire l’éviter dans l’intérêt
même de la justice et de la société suggère que le mieux serait
de renoncer à l’exercice de l’action publique. Sur le plan de la
doctrine classique, le fondement de la prescription de l’action
publique est critiquable en effet, l’on se refuse à admettre que le
temps est à même d’amender le délinquant ou de neutraliser
son comportement dangereux.

Procédure pénale
Page 54 sur 417

L’on estime aussi que l’impunité qu’entraîne la


prescription de i’action pubiique constitue un encouragement à
persévérer dans la délinquance.

Considérée sous l’angle de la dimension culturelle, la


prescription de l’action publique constitue aussi un
encouragement à persévérer dans la délinquance

Je rappelle ici l’opposition fondamentale qui sépare la


conception juridique occidentale caractérisée par la sécurité
juridique et la conception juridique traditionnelle de l’Afrique
caractérisée par la moralisation du droit.

En occident, l’on se préoccupe d’abord de ne pas


laisser indéfiniment en état de litispendance des causes de
conflit d’où l’existence des délais de recours, et l’idée de
prescription et de l’autorité de la chose jugée.

La conception juridique traditionnelle de l’Afrique se


préoccupe d’assurer au droit un rôle de moralisation qui
poursuit un idéal de justice dont la réalisation ne peut dépendre
d’un délai (recours ou prescription) pour remplir sa mission.
Tant que subsiste une injustice, un dommage, rien ne peut
s’opposer à ce que la justice, intervienne pour corriger cette
injustice et réparer ce dommage.

Procédure pénale
Page 55 sur 417

3. Délais de prescription de l’action publique

La durée de la prescription est déterminée par le


maximum de la peine comminée par la loi pour chaque
infraction.

En droit congolais, il existe trois délais de


prescription de l’action publique, selon es trois catégories
d’infraction reparties de la manière suivante.

22 pour les infractions pour lesquelles le maximum


de la peine prévue ne dépasse pas 1 an ou qui ne sont punies
que d’une peine d’amende, le délai de prescription est d’un an

23 pour les infractions pour lesquelles le maximum


de la peine prévue ne dépasse pas 5 ans ou, qui ne sont punies
que d’une peine d’amende, le délai de prescription est de trois
ans;

24 pour les infractions pour lesquelles le maximum


de la peine dépasse cinq ans d’emprisonnement ou qui sont
punies de la peine de mort, le délai de prescription est de dix
ans.

NB : le point de départ du délai de prescription

La loicongolaise fait courir la prescription du jour où


l’infraction a été commise et non du jour où elle est constatée
ou connue légalement, quand une infraction est consommée,
l’explication de ce principe ne soulève pas des difficultés
quand l’infraction est instantanée. Mais qu’en est-il lorsque les
infractions sont connexes, d’habitude ou continues?

Procédure pénale
Page 56 sur 417

Sans entrer dans tous les délais que vous aurez à


approfondir dans ce cours de droit pénal. retenons qu’en ce qui
concerne l’infraction instantanée, le point de départ est fixé au
jour de l’acte délictueux, en ce qui concerne les infractions dites
continues, successives (ex. recel des choses) , le point de départ
est fixé au jour où prend fin l’état délictueux, en ce qui concerne
les infractions d’habitude, le point de départ est fixé au jour du
dernier manifestant l’état d’habitude.

4) L’interruption et la suspension de la prescription de


l’action publique

A) L’interruption

a) Notion

La prescription est interrompue par des actes


d’instruction ou de poursuites faites dans les délais d’un, trois
ou dix ans, à compter du jour où l’infraction a été commise. Le
jour où l’infraction a été commise est compris dans le délai de
prescription (art. 26 du code pénal)

b) Effet de l’interruption

L’interruption de la prescription a pour effet d’en


arrêter le cours et de rendre inutile le laps de temps qui s’est
écoulé de sorte que toute prescription doit recommencer.
Toutefois, la durée de l’action publique ne peut être
indéfiniment prolongée par des actes d’instruction ou de
Procédure pénale
Page 57 sur 417

poursuite successivement renouvelées. Si dans un second délai


d’un, trois ou dix ans, n’intervient pas un jugement définitif,
c’est-à- dire non susceptible d’un recours, l’action publique sera
automatiquement et irrévocablement éteinte parce que les
interruptions de a prescription ne peuvent jamais avoir pour
effet de prolonger l’action publique au-delà du terme primitif.

C) Quels actes doivent être considérés comme acte


d’instruction ou de poursuite

Les actes d’instruction sont ceux qui ont pour objet de


recueillir les preuves de l’existence des infractions et de la
culpabilité de l’auteur.

Les actes de poursuite sont ceux par lesquels


s’exercent l’action publique et même l’action civile résultant
d’une infraction et qui ont pour objet soit de traduire le prévenu
en jugement soit de s’assurer de sa personne. Ces actes doivent
émaner de magistrats ou d’officiers de police judiciaire, agissant
dans les limites de leurs compétences territoriales et matérielles,
ils doivent en outre être valables.

Exemple d’actes interruptifs de la prescription

Un interrogatoire d’Officier du Ministère public ou d’OPJ ;

Les ordonnances statuant sur la confirmation de la détention


préventive

Les mandats d’amener et d’arrêt

Procédure pénale
Page 58 sur 417

Les citations à prévenu

Les visites domiciliaires

Audition d’un témoin

Instruction faite à l’audience

La citation directe

Une commission rogatoire sur un ensemble des faits délictueux

Les jugements de condamnation non encore passés en force de


chose jugée

Ne constituent pas des actes d’interruption ;

Une lettre d’un OPJ adressée au magistrat instructeur et


contenant certains renseignements sur l’inculpé ou les témoins

Un rapport administratif

La notification de l’appel au Ministère public

La plainte de la partie lésée parce qu’elle n’engendre par elle-


même aucun effet légal.

N.B. À notre sens, c’est à tort qu’une certaine jurisprudence


considère la déclaration d’appel d’un prévenu comme non
interruptive de prescription car elle opère la saisie de la
juridiction d’appel.

Procédure pénale
Page 59 sur 417

B) La suspension de la prescription de l’action publique

La législation Congolaise ne contient aucune


disposition sur la suspension de la prescription. La suspension
de la prescription de l’action publique est d’application en tant
que principe général de droit. Il s’agit d’un obstacle de droit ou
de fait qui empêche les parties poursuivantes d’agir

A la différence de l’interruption, la suspension ne fait


qu’arrêter pour un temps e cours de la prescription si bien que
le temps déjà écoulé avant sa survenance entre en ligne de
compte pour le calcul du délai de prescription, il existe des
obstacles de droit et de fait:

Sont obstacle de droit :

 Existence d’une question préjudicielle


 Le pourvoi en cassation (matière pénale)
 L’existence de l’immunité parlementaire dont on attend la
levée
 La non réalisation des conditions nécessaires à “exercice
des poursuites, ex l’absence d’une plainte de fait.

Sont considérés comme obstacles de fait :

 L’invasion de territoire par des armées ennemies


 L’inondation
 L’inaction du magistrat instructeur
 La démence du prévenu après la commission de
l’infraction

Procédure pénale
Page 60 sur 417

La suspension de la prescription a pour effet de


prolonger tout le délai de la prescription; elle diffère de
l’interruption en ce sens que l’interruption fait commencer en
entier le délai de la prescription, alors que la suspension en
arrête simplement le cours, l’empêche momentanément d’agir
mais laisse au prévenu tout le bénéfice de la prescription qui a
déjà couru antérieurement.

6. L’Imprescriptibilité de l’action publique

1, Au plan international, la résolution des Nations Unies du 13


fév. 1946 déclare imprescriptibles les crimes contre l’humanité,
que sont ‘assassinat, l’extermination, la réduction en esclavage,
la déportation et tout autre acte inhumain commis contre toute
population civile avant ou pendant la guerre ou bien les
persécutions pour des mépris politiques, raciaux ou religieux.

2. Une forme particulière de crime contre l’humanité est le


génocide, qui est la destruction totale d’un groupe ethnique,
religieux ou politique; cette destruction pouvant s’opérer soit
par la liquïdation physique, soit par l’étouffement lent du
groupe dont on limite ou empêche les naissances notamment
par des mesures systématiques de stérilisation soit enfin par
l’élimination progressive des caractéristiques ethniques et
culturelles (destruction de la langue, de la culture et de la
religion d’un groupe).

3. La poursuite des délinquants pour tous les faits non encore


prescrits ne pose aucun problème; Les faits infractionnels qui

Procédure pénale
Page 61 sur 417

peuvent être considérés comme des crimes contre l’humanité


sont imprescriptibles, mais il se fait que le droit pénal congolais
ordinaire n’a pas encore prévu ce genre d’infraction.

En vue sans doute de compléter les balbutiements du


code pénal militaire congolais de 2002 sur ce point le projet de
loi d’application du traité de Rome portant statut de la Cour
Pénale f nternationale, adopté en conseil des ministres le
9/09/2005 pourra, au cas où notre parlement devant lequel il est
pendant l’adoptait, introduire dans l’arsenal pénal congolais,
plus précisément dans le code pénal congolais ordinaire, les
crimes de guerre, contre l’humanité et le génocide.

Seul le code judiciaire militaire jusqu’à ce jour prévoit


encore en effet, l’imprescriptibilité de l’action publique dans les
cas suivants:

 La désertion à bande armée


 La désertion à l’ennemi ou en présence de l’ennemi
 Le fait pour un déserteur ou un insoumis de s’être réfugié
ou d’être reste a l’étranger pour se soustraire
 à ses obligations militaires
 Les crimes de guerre et crimes contre l’humanité (art. 204
code judiciaire militaire)

7. Les immunités en matière d’exercice de l’action publique

Le principe d’égalité des délinquants pose comme


règle essentielle, que tout délinquant, quelle que soit sa

Procédure pénale
Page 62 sur 417

nationalité, quel que soit son rang social, est soumis à action
publique née de l’infraction qu’il a commise.

Mais ce principe souffre des exceptions importantes


fondées sur les immunités d’ordre politique, Judiciaire ou
familiales.

7.1. Les immunités politiques

Les immunités politiques sont indispensables pour


assurer le maintien et le fonctionnement des institutions les
plus importantes de l’Etat. En droit Congolais, ces immunités
concernent le Chef de lEtatirnunites partielles) et les
parlementaire

Les réfugies politiques reconnus comme tels par un


pays jouissent aussi de l’immunité politique et ce en application
de la convention de Genève du 28juillet 1951

Au plan strictement scientifique. On ne peut pas


parler de l’immunité politique des membres du [Link]
qui jouissent plutot de I inviolabilite dans ce sens que leur
poursuite penaie coit taire I objet d une decision de I assemblee
nationale qui en quelque sorte doit autoriser cette poursuite

Il convient d’orès et déjà de signaler qu’avec la


probable adoption souhaitée du projet de loi d’application du
statut de Rome instituant la Cour Pénale Internationale; projet
qui pose à son article 27 le prinçipe du “défaut de pertinence de
la qualité officielle”, la notion d’immunités sera sujette à âpres

Procédure pénale
Page 63 sur 417

débats et fait pointer à l’horizon un cas faisant appel au respect


strict du monisme du système de notre droit qui réserve la
prééminence - l’article 215 de la constitution de la transition le
rappelle très pertinemment d’ailleurs - aux textes
internationaux dont le traité de Rome en est un.

7.2. Les immunités fami!iales

La force des liens de famille est assez puissante et


légitime dans certains cas. En France, le législateur prévoit
l’existence d’immunités particulières.

Il en est ainsi clans les cas suivants :

a) les parents et alliés jusqu’au 4eme rang sont à l’abri


de poursuites pénales lorsqu’ils ont sciemment recelé de leurs
proches qu’ils savaient étre l’auteur d’un crime ou qu’ils
savaient rechercher pour ce fait par la justice, ou l’ont soustrait
ou ont tenté de le soustraire aux recherches ou l’ont aidé à se
cacher ou à prendre la fuite

b) les parents et alliés bénéficient également de


l’immunité lorsque, connaissant la preuve de’ l’innocence d’une
personne incarcérée ou condamnée, pour crime ou délit, ils se
sont abstenus d’en apporter immédiatement le témoignage aux
autorités;

c) les vols, les escroqueries et les abus de confiance


commis entre époux, entre ascendants et descendants ou entre

Procédure pénale
Page 64 sur 417

alliés aux mêmes degrés ne peuvent donner lieu à des


poursuites pénales, mais seulement à des sanctions civiles.

Le droit Congolais prévoit deux cas d’immunité


familiale, mais la seconde pose problème:

L’art 64 du code pénal punit de six mois à 2 ans


d’emprisonnement, ceux qui auront recelé ou fait receler les
personnes qu’ils savaient être poursuivies ou condamnées du
Chef d’infraction que la loi punit de mort ou 5 ans
d’emprisonnement. Sont exemptés de cette disposition, les
ascendants ou descendants, époux ou épouse même divorcés
frères ou soeurs des détenus évadés ou leurs alliés aux degrés.
Cette formulation légale appelle les observations suivantes:

2 au plan de la terminologie, la loi aurait dû dire


“sont exemptés de cette disposition” pour bien souligner qu’il
s’agit d’une exception légale que les personnes poursuivies
peuvent soulever devant le tribunal.

3 le droit Congolais contrairement au droit français, a


sensiblement réduit les cas d’application des immunites
familiales en limitant au seul cas de recel des detenus evades en
excluant ainsi le cas des nculpés en fufte qui n’ont jamais été
détenus.

Un cas douteux d’immunité familiale est celui qui est


prévu par l’art. 217 du code pénal qui punit comme receleur en
matière d’infraction d’atteinte à la sûreté intérieure ou
extérieure le l’Etat Celui qui recèlera sciemment les objets ou
instruments ayant servi â coimettre infraction ou es objets

Procédure pénale
Page 65 sur 417

matériels ou documents obtenus par l’infraction, se trouvera


également poursuivi comme receleur, celui qui détruira,
soustraira, recèlera, dissimulera ou altérera sciemment un
document, public ou privé de nature à faciliter la recherche de
l’infraction, la découverte des preuves ou le châtiment des
auteurs.

7.3. Les immunités judiciaires

Il existe deux catêgorles d’immunités judiciaires.

L’immunité des paroles devant le tribunal qui est


rendu nécessaire par la liberté de la défense et manifestation de
la vérité:

L’immunité d’écrits devant les tribunaux, qui est le


corollaire du principe de la publicité des débats devant les
tribunaux et l’expression de la liberté de l’information.

Ces deux immunités empêchent l’exercice de l’action


publique en diffamation, injure ou outrage,

2. LA NATURE JURIDIQUE DU MINISTERE PUBLIC

La nature juridique du Ministère public fait l’objet


d’opinions suivantes

A) La doctrine classique

Traditionnellement il a toujours été affirmé que les O


M. P. sont des agents du pouvoir exécutif auprès des tribunaux.
En droit Congolais, pareille affirmation trouve son appui sur
Procédure pénale
Page 66 sur 417

l’art. 6 du code l’O.C.J. qui dispose « Le Ministère public


surveille lexécution des actes législatifs, des actes
réglementaires et des jugements » Il poursuit d’office cette
exécution dans les dispositions qui intéressent l’ordre public.
Ainsi donc, agents d’exécution donc fonctionnaires, les OMP
doivent recevoir des ordres du gouvernement, mais la même
doctrine classique prend la précaution d’ajouter que les OM.P
sont aussi magistrats puisqu’ils concourent à l’audience, à
l’interprétation et à l’application de la loi et en cette dernière
qualité, ils ont la liberté de parole.
En effet, argue-t-on, les O.M.P, sont principalement
fonctionnaires et subsidiairement magistrats; fonctionnaires
dans l’ensemble de leurs attributions, ils deviennent magistrats
à l’audience dans la mesure où ils gardent le droit de faire
connaître leur opinion.

B) La doctrine de Madame RASSAT LAURE

Dans sa thèse de doctorat « le Ministère public entre


son passer et son avenir », Mme Rassat s’élève contre la
conception classique qui considère les magistrats du parquet
comme des simples agents de rexécutif; en effet soutient-elle, si
dans l’ancien droit les O.M.P étaient les agents du pouvoir
royal auprès des tribunaux agissant au nom du Roi et sur sa
délégation, c’est parce que le Roi était souverain, or depuis la
révolution française la souveraineté appartient à la nation les
officiers du Ministère Public sont donc et ne peuvent donc être
que les représentants de la nation et c’est par le fait d’une erreur
Procédure pénale
Page 67 sur 417

évidente que la doctrine soutient encore unanimement qu’ils


sont les agents du pouvoir exécutif auprès des Tribunaux.

La conséquence en est que Représentant de la Société


auprès des tribunaux, e Ministère public se fait auprès de ceux-
ci l’interprète de la volonté de celle-ci Or dans un régime
représentatif, la volonté nationale se manifeste par le vote de la
loi et par le choix du gouvernement: e Ministère public doit
donc veiller à la fois au respect de la loi et à l’intérèt du
gouvernement.

Il n’est pas vrai qu’en ce qui concerne la mise en


mouvement de l’action publique, les O.M.P ne sont que des
fonctionnaires chargés d’exécuter les volontés du
gouvernement, sans que la considération de la loi ait à
intervenir; en effet, le M.P. est lié par le principe de là légalité
des infractions et des peines ce qui peut le poursuivre si aucune
loi pénale n’a été violée ;

La conséquence de ce principe est que la distinction


traditionnelle entre I’O.M.P, fonctionnaire dans son parquet et
le magistrat à l’audience où il devient l’homme de la loi est à
condamner car, la considération de la ci a grande importance et
même PlUS Dogme du procès pénal que pendant son
déroulement.

Enfin pour conclure, Mme Rassat affirme que dans


l’exécution des ordres du gouvernement. Les O.M.P doivent
distinguer entre l’intérêt de la loi et l’intérêt du gouvernement.
Le M.P. est seul compétent pour apprécier la légalité des

Procédure pénale
Page 68 sur 417

poursuites, il n’en est pas de même de l’opportunité des


poursuites au plan politique, social, économique, laquelle relève
de la politique gouvernementale,

Ainsi, peut-on admettre logiquement que le


gouvernement peut, par la voie de circulaires du Ministre de la
justice, porter à la connaissance du M P. toutes les
considérations d’utilité générale nécessaire, ceci réalise, du
reste, l’exact équilibre des pouvoirs qui doivent être séparés
mais non isolés.

C) Notre appréciation du problème

C.1. Il est incontestable que l’O.M.P. se doit


d’exécuter les textes légaux et réglementaires. Nous marquons
des réserves quant au pouvoir qu’aurait le Ministère Public de
refuser cette exécution arguant soit du caractère non
démocratique du pouvoir établi soit du caractère antisocial des
décisions à exécuter car. En ce cas, il s’agit d’une appréciation
Individuelle donc susceptible d’étre partisane

C.2. En ce qui concerne les ordres venant du Ministre


de la justice, la base d’exécution de ces ordres doit être le
principe de la légalité des infractions et les peines.

C. 3. Nous nous refusons pour notre part à considérer


le Magistrat du parquet comme ayant une nature hybride qui
consisterait à être à la fois “fonctionnaire” et “magistrat”. Le

Procédure pénale
Page 69 sur 417

Magistrat du parquet reste magistrat aussi bien durant


l’instruction préjudictionnelle qu’à l’audience.

§.3. LES PRINCIPES GOUVERNANT DE L’ACTION DU


MINISTERE PUBLIC

Deux principes fondamentaux se trouvent à la base


de l’organisation interne du M.P. et expliquent les modalités de
son action

1. Le Principe de l’unité du M.P.

Le Ministère public est en toute matière pénale et à


tout moment l’organe de la loi chargé de l’interpréter. Ce qui
impose l’unité du M.P. puisque le fondement de l’action est
identique. Il n’y a qu’une action du parquet à laquelle son chef
imprime une direction unique. C’est l’origine du principe de la
plénitude d’exercice de l’action publique, qui appartient au
Procureur Général près la Cour d’Appel.

La conséquence de ce principe est la subordination


hiérarchique : tous les membres du M.P d’un ressort d’une cour
d’appel dépendant d’un supérieur commun le Procureur
Général Près la Cour d’Appel qui exerce sur eux l’autorité.

L’obéissance hiérarchique se traduit par (l’obligation


pour les procureurs de la République de tenir le Procureur
Général informé des affaires importantes de leurs ressorts. Ce
même principe fait que tous les représentants du M.P. doivent
obéir aux ordres reçus de leurs supérieurs sous peine des

Procédure pénale
Page 70 sur 417

sanctions disciplinaires Limittions au principe de la


subordination hiérarchique

Le pouvoir propre des chefs de parquet. En vertu de


ce pouvoir, ils peuvent poursuivre sans ordre ou même contre
l’ordre de leurs supérieurs. Les poursuites engagées sans
l’ordre ou même contre ordre de leurs supérieurs sont réguliers
et valables; lechef hiérarchique dont les ordres ont été bafoués
naura donc qu’à ouvrir l’action disciplinaire, il ne pourra
empêcher l’action judiciaire.

Dans la pratique (l’expression “pouvoir propre” revêt


un autre sens. proche du précédent: elle signifie qu’un chef du
parquet peut prendre à tout moment et dans toute affaire des
décisions ou accomplir des actes, sans avoir à s’en référer
constamment à ses supérieurs. Ce serait ralentir gravement le
cours de la justice que d’imposer par exemple au procureur de
la République de solliciter à tout instant les ordres du parquet
Général.

Lçi seconde limitation est tirée de l’adage: la plume


est serve mais la parole est libre cet adage doit être analysé pour
essayer d’en dégager sa réelle portée. Pris au sens littéral,
l’adage veut exprimer un proverbe populaire, les écrits restent,
les paroles s’envolent. les juges saisis par l’action du M.P
doivent répondre au réquisitoire écrit, déposé par I’OMP car
c’est dans ce réquisitoire que normalement doit se trouver
l’opinion du Ministre de la Justice dans l’hypothèse où l’action
publique a été déclenchée sur son injonction. Le réquisitoire

Procédure pénale
Page 71 sur 417

oral du ministère public a seulement une influence de fait sur le


juge qui n’est pas tenu d’y répondre.

L’interprétation littérale se heurte cependant à une


objection ; les réquisitions orales du M P ne sont pas une simple
plaidoirie comme celle des particuliers, elles sont actées par le
greffier et normalement les juges doivent y répondre Q

Ainsi pris en son sens littéral, l’adage est dépourvu


de toute justification. Seul le sens rationnel permet de donner à
l’adage sa véritable portée: le pouvoir exécutif peut imposer au
par,s actes, mais il ne peut lui imposer une opinion, il peut
prescrire une poursuite, un- appel, un pourvoi mais ne peut pas
enchaîner cette opinion.

Ainsi donc, le pouvoir exécutif peut contraindre le


ministère public à accomplir un acte quelconque comme il
l’entend mais il ne peut pas l’empêcher ensuite d’exprimer son
opinion en toute sincérité. Cette conception produit deux
conséquences:

a) L’ OFFICIER du M.P après avoir pris des


réquisitions écrites conformes aux ordres reçus de ses chefs,
peut y ajouter, toujours par écrit, sa propre opinion.

b) Les supérieurs hiérarchiques de l’officier du M.P.


peuvent lui donner l’ordre de requérir oralement dans tel ou tel
sens, mais ils ne peuvent lui empêcher d’exprimer sa propre
opinion.

Procédure pénale
Page 72 sur 417

2. Principe de la liberté du Ministère Public

Bien que subordonnés hiérarchiquement, les Officiers


du M.P. sont cependant libres dans ce sens que seul l’intérêt
supérieur de l’ordre public peut guider leur action répressive.
Cette liberté se traduit par deux principes

2.1. Principe de l’indépendance des Officiers du M. P.

Les O.M.P sont d’abord indépendants des juges.


Ceux-ci ne peuvent pas se permettre de blêmer (es magistrats
du parquet dans leurs décisions ou dans leurs paroles ils ne
peuvent pas non plus donner des injonctions de poursuite aux
magistrats du parquet.

C’est ainsi que par Arrêt du 02 juillet 1969 (M.P


C/Kinés. Yav. Mukuta, Kibwe et Bindscedier), la Cour suprême
de Justice a réaffirmé ce principe en cassant l’arrêt de la C.A. de
Kinshasa notamment au motif que cet arrêt a demandé au
parquet de compléter l’enquête dans cette cause.

a) En effet, le M.P, est seul juge de l’exercice de


l’action publique Il lui appartient d’apprécier opportunité des
poursuites et de mettre lui-même en mouvement action
estimant ainsi qu’à son avis, le dossier reste complet (art. 53
C.P.P) Si le tribunal saisi constate des lacunes il appartient à la
juridiction saisie de compléter elle -même l’instruction (art. 74
PP). Toutefois il y a heu de noter une exception à la répression
des infractions intentionnelles, affaires cessantes, aux devoirs
d’instruction pénale. Les magistrats de parquet sont aussi
indépendants des justiciables; ils ne sont pas en principe liés

Procédure pénale
Page 73 sur 417

par le retrait de la plainte ou les transactions intervenues au


bénéfice des délinquants. Le Magistrat du parquet est-il
indépendant à l’égard du Ministre de la justice?

b) La réponse à cette question devra se conformer à la


nouvelle législature sur la justice en R.D.C, conformément à la
constitution du 18 février 2006 et à la loi sur le statut des
magistrats

En définitive, le magistrat du parquet jouit à l’égard


du Ministre de la justice de l’indépendance. Mais J s’agit d’une
indépendance parsemée de quelques exceptions liées aux
pouvoirs d’injonction du ministre de la justice.

Le Magistrat du parquet va en toute vraisemblance


s’affranchir davantage de cette subordination vis-à-vis du
rninitre de la justice avec l’instauration prochaine du conseil
supérieur de la magistrature, organe dont il relèvera désormais
disciplinairement. C’est la conclusion logique à tirer de la
consécration de l’article 152 de la constitution de la transition

La décharge du Magistrat instructeur

Une notion importante a été introduite dans notre


code de l’O.C.J. par l’art. 81 qui dispose que l’inculpé qui estime
que l’O.M.P appelé à instruire son affaire, se trouve dans une
des hypothèses légales de récusation s’agissant d’un juge,
adresse au chef hiérarchique une requête tendant à voir ce
magistrat être déchargé de l’instruction de la cause. li est

Procédure pénale
Page 74 sur 417

répondu à cette requête par une ordonnance motivée, non


susceptible de recours, qui doit être rendue dans les meilleurs
délais, le magistrat mis en cause entendu”. Du point de vue
terminologie, l’on peut à juste titre, nous semble-t-il, parler du
refus du magistrat instructeur

La récursivité du Ministère Publique à l’audience

Conformément aux prescrits de l’article 81 code d’oc


j, l’on peut affirmer sans ambages que le ministère public est
récusable lorsqu’il se retrouve dans les conditions similaires à
celles de la récusation du juge. La seule différence réside au
niveau de la procédure à suivre pour le besoin de la cause.
Aussi, l’article 81 précité parle-t-il de la décharge du ministère
public au lieu de la récusation.

2.2. Principe de l’irresponsabilité de l’OMP

Le principe de l’irresponsabilité du M;P, se limite au


fait que l’Officier du Ministère Public ne peut être condamné
aux frais ou à des Dl. si le prévenu est acquitté ou si l’inculpé
bénéficie dune décision de classement sans suite pour absence
d’éléments constitutifs de l’infraction. Cependant sa
responsabilité peut être engagée dans les cas suivants

Une procédure particulière dénommée la prise à


partie : qui permet quand même d’assigner I’O.M.P qui a

Procédure pénale
Page 75 sur 417

commis le déni de justice ou un dol dans l’exercice de ses


fonctions

Par ailleurs, il reste entendu que si, dans l’exercice de


l’action publique, l’O.M;P commet une infraction à l’endroit
d’un inculpé, ou d’un prévenu, les poursuites judiciaires seront
ouvertes à sa charge, donnant ainsi à la partie lésée la
possibilité de se constituer partie civile. Dans la souci de mieux
assurer la sauvegarde de la liberté des citoyens, la CNS a décidé
d’indemniser les inculpés et les prévenus pour détention
abusive; elle e aussi décidé des poursuites judiciaires et
disciplinaires contre les magistrats et les OPJ responsables de
cette détention abusive.

8. Rôle et situation du Ministère Public dans le procès


pénal

a) Le M.P. agit au nom de la société à laquelle


l’infraction est porté atteindre, il n’est jamais un juge.

Dans le procès pénal il est toujours partie principale


même si la juridiction s été saisie par citation directe.

En matière répressive, c’est le M.P, qui poursuit et


réclame au juge ‘application d’une peine. D’où son appellation
de partie publique au procès pénal.

b) Mais si la différence du demandeur en matière


civile, le M. P, n’a pas e droit de transiger à la suite de l’action
publique, à l’instar du demandeur civil qui peut disposer et

Procédure pénale
Page 76 sur 417

cette action. Nous avons vu plus haut que le pouvoir de


transiger qui lui est reconnu est bien limité (amende
transactionnelle)

c) Le M P ne peut pas davantage, lorsque l’action


publique a été mise en mouvement, se désister et dessaisir la
juridiction répressive. S’il estime que les poursuites ont été
engagées à tort, et qu’il abandonne l’accusation, le tribunal
répressif ne reste pas moins saisi et 1 doit statuer.

d) Une fois le jugement rendu, le M,P. n’a pas le droit


d’acquiescer, c’est-à-dire de renoncer expressément ou
tacitement à l’exercice de voies de recours.

e) Le M. P. dispose, en sa qualité de demandeur, des


droits particuliers. Ainsi au niveau de l’instruction préparatoire,
il siège en chambre de conseil et peut relever appel de toute
ordonnance rendue par cet organe.

Au cours de l’audience, il donne ses conclusions, il a


te droit de produire tous les documents et de donner toutes les
explications qui lui paraissent utiles quitte à ce que les autres
parties aient le droit à l discussion. $qualité de demandeur
privilégié se manifeste par le fait qu’il peut poser directement
lui- même des questions aux témoins au lieu de demander au
président de le faire. Par le réquisitoire, qui contient exposé des
faits, il apporte les preuves et l’application de la loi, En sa
qualité de demandeur, la M. P. peut attaquer par des voies de
recours, la décision intervenue.

Procédure pénale
Page 77 sur 417

3. Les nouvelles dispositions particulières comme


organes de recherche des infractions.

En droit Congolais, aucun particulier na le droit de


dénoncer les infractions aux autorités judiciaires sauf en
matière d’atteinte à la sûreté de lEtat.

f. En certains cas, la délation faite par les complices


constitue une cause d’excuse. L’administration paie parfois une
prime aux dénonciateurs. C’est un système à abolr car des
mobiles très bas peuvent être à la base de ces dénonciations. Le
pouvoir de porter plainte est dordre public, une cenventior
portant renonciation à porter plainte est nulle. Mais porter
plainte calomnieusement est un fait infractionnel qui peut
donner lieu à l’ouverture d’une action acquilienne. L’art. 6 du
code procédure pénale reconnaît à toute personne en cas
d’infraction flagrante ou réputée telle, punissable d’au moins,
trois (3) ans demprisonnement, de se saisir de l’auteur d’une
telle infraction et de le conduire auprès de autorité judiciaire la
plus proche. Il ne s’agit donc pas d’une obligation légale.

4. Les nouvelles dispositions légales en matière des


poursuites des infractions à la réglementation de change.

C’est l’ordonnance loi n°87/043 du 15/09/1987 qui


modifie et complète l’ordonnance loi n°67/272 du 23/06/1 967
portant réglementation de change.

59 .le constat de ces infractions (art. 1er de


l’ordonnance loi précitée)

Procédure pénale
Page 78 sur 417

60 .les poursuites (art. 3 de la même ordonnance loi)

61. transaction (art. 3 de la même ordonnance loi)

62 .les mesures conservatoires (art. 4 de la’ même


ordonnance loi)

Section 2. LES MESURES RESTRICTIVES DE LIBERTE


PENDANT L’INSTRUCTION PREPARATOIRE.

Introduction

Il faut souligner avec force qu’il y a aucune obligation


légale de mettre un inculpé en détention.

L’article 28 art 1 du CPP dispose La detention


preventive est une mesure exceptionnelle a I alinea 3 de
lïdiïsition de rencherir en proclamant que le placement sous
mandat d arret provisoire est une faculté.

La détention préventive repose sur un certain nombre


de justifications dont la principale est de prévenir qiJ [es
inculpés ne se soustraient à la justice par la fuite: elle peut aussi
empêcher d’égarer la justie en effaçant les traces de I infraction
ou en influençant des temoins en certains cas la detention peut
influencer psychologiquement les inculpés et les amener à
avouer: Elle peut aussi mettre fin à un comportement
infractionnel continu ou meme empecher d exposer I inculpe a
la vindicte populaire

Procédure pénale
Page 79 sur 417

§.1. Les garanties constitutionnelles et légales en matière


d’arrestation et de détention.

L’article 17, al.1 de la constitution du 18 février 2006


stipule : La liberté individuelle est garntie, elle est la règle, la
détention est l’exception.

La même disposition, in fine consacre que : Toute


personne accusée d’une infraction est présumée innocente
jusqu’à ce que sa culpabilité ait était établie par un jugement
définitif.

L’Arrestation peut être opérée par un particulier (Art.


6 CPP, voir Matière de la flagrance), par un agent de force de
l’ordre par un OPJ (Art.4, CPP; à cet effet, un P.V, de saisie du
prévenu doit être dressé. Les articles 73 - 74 de l’ordonnance n°
78/239 du 23 juillet 1978 sont venus instituer la garde à vue) ou
par I’OMP (Art. 27. CPP). Celui-ci peut placer sous Mandat
d’Arrêt Provisoire au strict respect de l’article 27 du CPP.
CeMAP est valable seulement pour cinq jours; ce délai peut être
augmenté du temps strictement nécessaire. Soit pour effectuer
un voyage, soit pour achever le devoir de l’instruction
préparatoire. Au delà du terme légal, l’OMP doit formuler une
requête au juge pour être autorisé par ordonnance à maintenir
la personne placée sous mandat d’arrêt provisoire en détention.
Pour permettre eu juge d’exercer son contrôle, l’OMP doit lui
communiquer le dossier judiciaire contenant les éléments
justificatifs que les conditions de détention sont réunies, Il se
déroule une audience en chambre du conseil, c’est-à-dire hors
la présence du public. Seuls y sont admis les juges, I’OMP, le
Procédure pénale
Page 80 sur 417

greffier, l’inculpé et, si celui-ci le désire, son avocat ou son


défenseur judiciaire (Art. 30, CPP).

Au courant de cette audience en chambre du conseil


l’attention du juge doit porter essentiellement sur la condition
relative aux charges suffisantes. L’ordonnance du juge est
rendue au plus tard le lendemain du jour de a comparution et le
juge la fait porter à la connaissance de l’inculpé par écrit au plus
tôt. Cette ordonnance doit être motivée et n’est valable que
pour 15 jours, y compris les jours où elle est rendue. Le juge
matériellement compétent pour autoriser la détention
préventive est le Président du TGI; toutefois elle peut. être
autorisée par le Président du Tri paix si e fait paraît constituer
une infraction punissable de cinq ans d’emprisonnement au
maximum (Art 29, cpp).

La chambre du Conseil du tribunal de paix est


normalement le seul organe juridictionnel compétent pour
statuer sur la détention préventive, même à l’égard des
bénéficiaires du privilège de Juridiction. Toutefois, tous les
justiciables de la CSJ comparaissent devant elle qui statue sur
leur détention préventive, laquelle est remplacée par
l’assignation à résidence surveillée (Art 104, Ord. loi n°82/017
du 31 mars 1932 relative à procédure devant la CSJ).

Le MP peut à l’expiration du délai de 15 jours


demander et obtenir la prorogation de la detenue preventive
Elle est accordee pour une duree d un mois renouvelable de
mois en mois àussi lonue I mteret public I exige la personne
mise en detèntion preventive peut beneficier de la mise en
Procédure pénale
Page 81 sur 417

liberte provisoire qui peut lui etre accordee soit par les juges en
chambre du Conseil meme au degre d’appel, soit par le
magistrat instructeur, soit par la juridiction du premier ou du
deuxième degré siégeant comme juridiction de fond. L’autorité
qui accorde la liberté provisoire peut assortir sa décision de la
condition dpaiement d’un cautionnement. Toute ordonnance
statuant sur la détention préventive est appelable. Peuvent ainsi
attaquer cette ordonnance par voie d’appel, le MP en cas du
refus de la détention préventive et “inculpé en cas de
l’autorisation ou de la prorogation de la détention préventive.

L’organe compétent pour connaître de cet appel est


soit le juge du TOI pour les ordonnances rendues par te
TRIPAIX, soit la cour d’appel pour les ordonnances rendues par
le TGI (Art. 38 CPP).

e) de4 heures et court pour le MP le Jour où


‘ordonnance est rendue, pour l’inculpé, le jour où rordonnance
lui est notifiée. Il faudrait noter enfin, que depuis 1982, les
ordonnance rend én nIUêiè de détention péuvent être attaquées
devant la CSJ par un pourvoi en cassation.

Il est à retenir qu’il y e possibilité à ce que l’inculpé


libéré soit réincarcéré, et ce, pour plusieurs raisons :

Manquement à l’une des conditions prévues pour


l’octroi de la liberté provisoire;

Lorsque le MP invoque des circonstances nouvelles


graves, et qui contraignent de réincarcérer l’inculpé.

Procédure pénale
Page 82 sur 417

Lorsqu’une ancienne infraction est nouvellement


découverte et retenue à charge d’un inculpé libéré.

§2. Dispositions réglementaires qui assurent les droits des


personnes détenues.

I. Différence entre Prison et Maison d’Arrêt

1) jEuns sont destinees à recevoir es personnes


suivantes (article 9 de ‘ordonnance n 344 du 17/09/1 965 sur le
régime pénitentiaire)
Les individus qui sont condamnés définitivement par
décision judiciaire passée en force de chose jugée;
Les individus qui sont mis à la disposition du
gouvernement
Les personnes soumises à la contrainte par corps.
2) Les Maisons dArrêt sont destinées à recevoir des
personnes suivantes (art.10 de l’ordonnance précitée)
Les mêmes personnes que peuvent recevoir les
prisons mais à l’égard desquelles les décisions judiciaires ne
sont pas encore définitives
Les détenus préventifs;
Les personnes faisant l’objet d’un mandat d’amener
et celles faisant l’objet d’un P.V. de saisie de prévenu établi par
un OPJ en attendant leur présentation devant l’autorité
judiciaire compétente.
2. Du registre d’écrou et de Registre d’hébergement

Procédure pénale
Page 83 sur 417

1) Il est tenu un registre d’écrou qui doit indiquer


notamment (art.31 de lord Précitée)
a) les noms et post-nom de chaque détenu
b) sa profession
c) la date de son entrée
d) la désignation et date de l’acte en vertu duquel a
lieu l’incarcération
e) la durée de la peine
f) la date de la sortie
NB Ce registre a un grand rôle pour le contrôle de la
régularité de la détention au sein des établissements
pénitentiaires car, l’écrou est donc l’acte authentique constatant
officiellement
72 l’entrée et la sortie d’un prisonnier dans une
prison,
73 et, l’établissement à tout instant de la position
pénitentiaire exacte de ce détenu.
2) 1 est tenu un registre d’hébergement pour les
détenus autres que les détenus préventifs et les détenus dont les
décisions judiciaires ne sont pas encore passées en force de
chose jugée. Ce registre doit mentionner notamment (art.37 de
lord. Précitée)
74 l’identité complète de l’intéressé
75 la désignation et la date de l’acte qui montre sa
détention ou sa garde à la maison d’arrêt.
76 La date de sortie ou d’incarcération.
3. Les différentes autorités chargées du contrôle des
prisons et maisons d’arrêt

Procédure pénale
Page 84 sur 417

1. le service d’inspection de l’établissement


pénitentiaire (art.24 de l’ord. Précitée)
2. le gouverneur de province ou son délégué (art.25
de lord. Précitée)
3. le chef de circonscription administrative territoriale
dans laquelle siège un tribunal de paix (art.26 de l’ord. Précitée)
4. un médecin désigné par le ministre de la santé pour
la capitale (CPRK), et en région c’est le médecin désigné par le
gouverneur de région (art.27 de lord. Précitée)
5. un OMP (art.28 ord. Précitée)
6. le médecin et le magistrat reçoivent les doléances
des détenus (art.29 ord. Précitée).

4. Relation entre des détenus et leurs conseils


En principe, es détenus peuvent recevoir des visites
aux jours et heures fixés par le règlement d’ordre intérieur,
moyennant une autorisation spéciale du gardien, sauf décision
contraire du magistrat instructeur: les visites aux détenus
peuvent être autorisées, le gardien ou un surveillant doit
assister à ces visites.
Mais l’autorisation du gardien n’est pas requise pour
les visites du conseil de détenu, le conseil communique
librement avec son client pour autant qu’il ait été régulièrement
choisi ou désigné et qu’il agisse dans l’exercice de ses fonctions
(art.74 de l’ord. Précitée).

Procédure pénale
Page 85 sur 417

Section 3. LA CLOTURE DE L’INSTRUCTION


PREPARATOIRE.
Le MP apprécie si le dossier est suffisamment instruit.
Et lorsqu’il s’avère qu’il en est effectivement ainsi, il décidera
de saisir le tribunal compétent dans l’éventualité où l’infraction
se cristalliserait, Aussi lorsque l’instruction a débuté par un avis
d’ouverture d’instruction, elle s’achèvera par une note de fin
d’instruction. Le Magistrat instructeur peut proposer: la saisie
de la juridiction compétente, le classement sans suite, le
paiement d’une amende transactionneile, Le chef hiérarchique
peut choisir l’une des solutions qui lui sont proposées mais
peut aussi renvoyer pour complément d’information.

Section 4 L’ECONOMIE GENERALE DE LA TECHNIQUE


DE LINSTRUCTION JURIDICTIONNELLE.

§.1. Le déroulement de l’instruction pré juridictionnelle


1.1. GENERALITES
Lorsqu’une infraction est portée à la connaissance de
la Police judiciaire, celle-ci doit procéder à l’établissement d’un
PV de constat ou déposition. L’O.P.J procède aux devoirs
d’enquête
1 entendre le plaignant ou le dénonciateur
2 interroger les auteurs présumés de l’infraction et
entendre les témoins

Procédure pénale
Page 86 sur 417

3 procéder aux constats, aux saisies, aux perquisitions


et à l’arrestation des auteurs présumés de l’infraction, s’il y a
lieu,
S’il ne peut accomplir tous ces devoirs, parce qu’il est
trop tard ou parce que les devoirs dépassent sa compétence, il
envoie immédiatement les P;V; et éventuellement les objets
saisis et le présumé délinquant sous escorte à l’OMP dont il
relève: L’OMP pour éventuellement l’instruction soit
personnellement, soit par le canal d’un O;P,J, pour compléter
certains devoirs omis ou pour accomplir des devoirs qui
nécessitent un mandat du Ministère public.
L’O.M.P. doit interroger l’inculpé et par l’[Link], peut
le placer sous Mandat d’Arrêt provisoire ou le mettre en liberté.
Lorsque l’O.M.P estime avoir terminé l’instruction préparatoire,
il adresse au président du Tribunal compétent une requête aux
fins de fixation de la date d’audience. Dans certains cas
cependant à fa fin de son instruction l’O.M.P doit adresser à son
supérieur hiérarchique une note de fin d’instruction ayant pour
but d’informer l’autorité supérieur avant de saisir le tribunal
compétent Il est à noter que tout acte d’instruction ou d’enquête
préliminaire doit faire I’ objet d’un écrit, un P.V. mandant,
réquisition, ordonnance...

1.2. Contrôle des activités judiciaires du M.P.


Nous devons également relever que tous les pouvoirs
d’instruction préparatoire se trouvent concentres entre les
mains du M.P. cependant, l’O.M.P se trouve soumis à un
double contrôle.

Procédure pénale
Page 87 sur 417

a) Un contrôle hiérarchique g Nous venons de voir en


effet que l’O;M.P doit en certains cas adresser un avis
d’ouverture d’instruction et une note de fin d’instruction à son
supérieur hiérarchique, d autre, part tout au long de
l’instruction pré juridictionnelle, à l’application du principe de
subordination hié[Link] reste sous le contrôle du
procureur général près la Cour d’Appel dont il doit exécuter les
directives relatives à l’exercice de l’action publique.

b) Un contrôle juridictionnel: Nous verrons que toute


la matière de la détention préventive se trouve sous le contrôle
juridictionnel du Président du Tribunal de Grande instance en
ce sens que les décisions de ‘OMP privant un inculpé de sa
liberté doivent chaque fois être soumises au contrôle d’un
organe juridictionnel. La loi prévoit également dans certains cas
que l’OMP obtienne, avant d’effectuer un acte judiciaire,
l’autorisation par voie d’ordonnance du président du tribunal
de Grande Instance.

1.3. Le caractère secret et inquisitorial de l’instruction


préparatoire
L’instruction pré juridictionnelle est secrète, c’est -à-
dire que le magistrat instructeur et l’OPJ ne révèlent à l’inculpé
que ce qu’il croit utile pour le progrès de l’instruction. Toutefois
le procureur de la République peut, lorsque l’intérêt d’une
enquête l’exige ou que la mesure est impérieusement réclamée
par l’opinion publique, autoriser par une décision motivée la

Procédure pénale
Page 88 sur 417

communication à la presse de tels éléments d’enquête qu’il


précise. C’est l’OMP ou l’OPJ qui décide des mesures d’enquête
l’insu de l’inculpé c’est le caractère inquisitorial de l’instruction
préjulridictionnelle.

§.[Link] et inconvénients de ce système


Au titre d’avantage, il faut noter que l’exécution des
devoirs d’instruction par le MP et les OPJ permet la célérité
dans la mise en état d’être jugé, des dossiers répressifs. Le fait
que la structure hiérarchique du parquet permet à l’inculpé et à
sa victime, de s’adresser au chef hiérarchique du magistrat
instructeur qui, sur injonction, demande d’accomplir tel devoir
qu’il aurait refusé à la demande des intéressés.
Mais les inconvénients sont aussi importants il faut
d’abord noter que l’absence d’une véritable juridiction
d’instruction fait que c’est l’accusateur, le parquet, future partie
au procès, qui prépare le dossier. Toutefois, cet inconvénient est
atténué par la désintéressement du MP surtout par les contrôles
hiérarchiques et juridictionnels des actes judiciaires de I’OMP et
les garanties légales accordées aux inculpés. Par ailleurs,
l’absence des juridictions d’instruction empêche la partie lésée
de se constituer partie civile pendant l’instruction pré
juridictionnelle cependant rien ne peut empêcher la victime
d’une infraction de solliciter le magistrat instructeur pour
procéder à certains actes d’instruction tendant à consigner par
écrit certains éléments qui serviraient au calcul du montant des
dommages et intérêts.

Procédure pénale
Page 89 sur 417

§.3. La nature des pouvoirs dont sont nantis l’OMP et I’OPJ


durant l’instruction préjuridictionnaelle
En plus de pouvoir d’investigation qui appartient à
tout particulier, les OMP et OPJ disposent de pouvoirs
exorbitants reconnus par la loi. C’est ainsi que certains de leurs
actes peuvent avoir une force probante légale qui s’impose à la
conviction des juges. En certains cas, la loi les autorise à agir à
l’encontre des droits constitutionnels garantis aux particuliers
et dont la violation est sanctionnée par le Code Pénal.
La loi autorise ainsi les arrestations, les visites
domiciliaires, les saisies de correspondances et même les
explorations corporelles.
Les OPJ et OMP ne peuvent user de ces pouvoirs
exorbitants que dans les strictes limites de leur compétence et
dans le respect de formes légales.

§.4. La séparation des pouvoirs entre les OMP et OPJ dans la


recherche des infractions
1. Les pouvoirs communs aux O.M.P et [Link]:
1. PV de constat
Un fait infractionnel est directement porté à la
connaissance de I’OMP ou de I’OPJ, celui -ci doit dresser du PV
de constant. Mention devant figurer dans le PV:
1. le temps (date et heure), le lieu
2. description des circonstances, des preuves et
indices à la charge de l’inculpé;
3. signatures du verbalisateur et sa qualité

Procédure pénale
Page 90 sur 417

4. Ainsi si c’est un OPJ qui verbalise, la signature doit


être précédée de la formule du serment je jure que présent P.V
est sincère”.
Le serment n’est pas requis lorsque c’est le OMP qui
verbalise car Magistrat est au service permanent de la justice, il
ne doit pas se distinguer par un serment spécial dans
l’accomplissement de ses activités judiciaires, il en est
autrement du fonctionnaire qui, subsidiairement agit comme
agent de la justice.
2. Le PV d’interrogatoire, d’audition ou actant une
plainte ou une dénonciation
Nous ne partageons pas ‘opinion qui adopte
l’appellation de PV de comparution, car ce P V ne porte pas sur
la comparution mais soit sur l’audition du témoin, l’officier
verbalisateur peut également acter soit une plainte, soit une
dénonciation. Les mentions que doivent contenir ces genres de
procès- verbaux sont:
5. L’identité du comparant la prestation de serment
sauf pour l’inculpé les dires qui relatent l’infraction et les
circonstances qui l’entourent les questions et réponses
éventuelles. Ses déclarations peuvent être actées en n’importe
quelle langue. L’usage est cependant de les acter en français si
les déclarations et les interrogatoires sont faits en une langue
autre que celle dans laquelle est dressé de PV; Le verbalisateur
doit ‘acter, il devra en ce cas, dire qu’il possède de cette langue
une connaissance suffisante pour lui permettre de traduire
directement en français, autrement L’officier verbalisateur doit
noter qu’il a fait appel à un interprète, dont il doit indiquer

Procédure pénale
Page 91 sur 417

l’identité et à qui il doit faire prêter serment, sauf s’il s’agit d’un
interprète assermenté
6. Avant d’inviter le comparant à signer le P.V, le
verbalisateur doit donner connaissance au comparant de tout ce
qui a été acté, si besoin est, il doit traduire ou faire traduire, il
acte les mises au point et les déclarations complémentaires.
Ensuite de quoi, le verbalisateur invite le comparant à signer le
P.V, il acte éventuellement le refus ou l’impossibilité de signer.
Il est à signaler que lorsqu’au cours de l’interrogatoire ou de
l’audition le verbalisant constate que la chose d’important qu’il
y quelque chose d’important qu’il voudrait acter, la pratique est
d’utiliser l’expression suivante “Note de l’OMP” puis vient la
constatation à faire. C’est ici que doit normalement être constaté
tout fait in fractionnel dont le verbalisant peut être l’objet de la
part du comparant outrage à la magistrature, offre corruption
etc. La plainte que le verbalisant déposera fera à ce passage du
procès-verbal.
Il peut arriver que le magistrat instructeur puisse
recevoir une information faisant état de la commission d’une
infraction dont l’auteur est inconnu. En ce cas il devra ouvrir
une plainte contre x c’est- à-dire contre inconnu, jusqu’à ce que
l’identité de cet inconnu soit découverte. Il faut cependant dire
qu’il est rare que ce genre de poursuite aboutisse; il se termine
souvent par le classement sans suite. Nous devons signaler un
cas, à première vue insolite mais non impossible. Il peut arriver
qu’une personne qui vient de commettre ne infraction se
présente d’elle -même devant l’OPJ ou devant l’OMP. Le devoir
de ce dernier est dans ce cas de recevoir la déposition du

Procédure pénale
Page 92 sur 417

comparant, un P V. actant l’aveu d’une infraction doit être


dressé. Nous songeons au cas qui se produit dans les villes,
celui de l’homicide involontaire par accident de voiture; Il y a
aussi le cas de meurtre passionnel lorsque e conjoint qui tue son
époux se constitue prisonnier en avouant son forfait. Dans ce
cas, le seul de voir l’officier verbalisateur est, après a voir acté
les dires du comparant, de procéder ou de faire procéder à la
vérification de la réalité des faits avoués.

Le droit au silence
L’inculpé Jouit du droit au silence. Il s’agit d’un
principe général de droit. Ainsi les tribunaux répressifs ne
peuvent en principe retenir le manque ou le refus d’explication
d’un prévenu lorsque l’accusation est suffisamment étayée pour
entraîner, à elle seule, une conviction de culpabilité.
Mais le droit au silence devient illusoire par le seul
fait que psychologiquement, le refus l’explication de inculpé ou
du prévenu acquiert valeur d’aveu, de non contestation de
marges retenus ou tout le moins de volonté de cacher une vérité
que l’on ose révéler Procureur:
Le droit d’être entendu en présence de quelqu’un
L’article 19 de la constitution du 18 février 2006
consacre, dans son quatrième alinéa que toute personne a le
droit de se défendre elle-même ou de se faire assister d’un
défenseur de son choix et ce, à tous les niveaux de la procédure
pénale, y compris l’enquête policière et l’instruction pré
juridictionnelle.

Procédure pénale
Page 93 sur 417

3. PROCES VERBAL DE SAISIE


3.1. Principe de base
Les P.V. du Ministère Public ou l’Officier de Police
Judiciaire peuvent soustraire à la garde de leur possesseur, tout
objet et tout document susceptible ou de nature à éclairer la
justice en tant qu’élément à conviction ou à décharge (art 3 du
COPP, art.14 CP). Cette saisie pet étre opérée sur les objets où
qu’ils se trouvent : cette dernière expression signifie que l’OMP
et l’OMJ qui se trouvent sur la piste d’objets à saisir ne peuvent
pas être arrêtes par les limites de leur ressort territorial, C’est le
droit de suite.

3.2. Les modalités de l’opération de saisie


Les objets saisis sont présentés à leurs détenteurs ou
propriétaires aux fins de les reconnaître et de les identifier. Ils
sont paraphés par ces derniers ou marqués d’un signe distinctif
indélébile. !!s sont soigneusement décrits dans un P.V. signé par
l’OPJ et propriétaire (art 48 de FOrd. 78/289 du 3 juillet 1978). lI
existe dans un registre d’objets saisis (R.O.S.) qui mentionne le
genre d’objets, la date de la saisie et le numéro de l’objet saisi. Il
est délivré au détenteur des objets saisis un exemplaire ou une
copie certifiée conforme du PV de saisie, le PV constate la
remise de cet exemplaire (art. 53 de L’ord précitée). Tous les
objets ou documents saisis sont immédiatement inventoriés et
placés sous scellés.

Procédure pénale
Page 94 sur 417

Le but du placement des scellés est double


a) authentifier des pièces à conviction et des indices
afin de certifier l’identité entre indice relevé ou prélevé qui se
trouve matériellement sous scellé;
b) protéger contre toute modification totale ou
partielle, accidente!le ou volontaire.
L’on distingue trois catégories de scellés
9 scellés ouverts : qui s’appliquent aux objets à
volume réduit que l’on peut placer dans une enveloppe une
boîte, un bocal ou un sac;
10 scellés découverts qui s’appliquent aux objets qui
ne peuvent être clos en raison de leur volume, de leur poids ou
de leur configuration motocyclette.
11 scellés couverts : qui s’appliquent aux objets que
l’on peut consulter ou fouiller ‘ ex. document, livre, etc.
Les objets sous scellés ne peuvent être ouverts qu’en
présence)) du détenteur ou s’il ne peut ou ne veut y assister, les
deux témoins choisis en dehors des personnes se trouvant sous
l’autorité I’OPJ. Le PV, d’ouverture de scellés constate au
préalable qu’ils sont intacts (art. 55 de l’Ordonnance précitêe).
Lorsque les objets saisis ne peuvent être emportés, ro en
constitue un gardien pris parmi les personnes résidant dans le
domicile ou près du local où ils se trouvent ii peut aussi lorsque
les circonstances le permettent, placer le local sous SCli (art. 56).
Le procès-verbal de constitution de gardien d’objets
saisis contient une description détaillée des objets placés sous sa
garde. Il est signé par l’OPJ et le gardien auquel il est laissé du
P.V (art.57). Lorsque la saisie porte sur un fonds de commerce

Procédure pénale
Page 95 sur 417

ou une entreprise industrielle ou artisanale, l’OPJ en informe le


procureur de la république qui pourra désigner un
administrateur provisoire chargé d’en poursuivre l’activité et
d’en recueillir les fruit dont la destination se fera conformément
aux ordres de ce magistrat. Le Procureur de la république
détermine s’il y a lieu, en se conformant aux usages de la
profession, la rémunération à laquelle aura droit
l’administrateur provisoire. Cette rémunération sera prise sur
les bénéfices de l’entreprise, un Bilan sera dressé au début et à
la fin des fonctions de l’administration provisoire (art. 59).
La saisie des objets périssables ou dont la
conservation est dispendieuse ou dangereuse pour la santé ou
la sécurité. Les possibilités se présentent: soit vendre ce genre
d’objet, soit les détruire, procéder à la vente, ou la destruction,
il est prudent de procéder à une description minutieuse des
objets éventuellement en recourant à un expert. La vente est
requise par l’Officier saisissant, elle est faite par l’agent des
ventes de la zone ou de la ville L’on ne peut vendre que des
objets susceptibles d’être confisqués la destruction ne peut être
ordonnée que par I’OMP elle est faite par le gardien des objets
saisis qui est généralement l’OPJ qui a effectué la saisie li est
dressé un PV de toutes ces opérations.

2. Les pouvoirs de I’OMP susceptibles de délégation aux O.P.J


Ce genre de pouvoir ne peut être exercé par l’OPJ que
dans deux hypothèses
- soit en cas de flagrant délit
- soit en cas de délégation expresse et écrite de l’OMP.

Procédure pénale
Page 96 sur 417

Quels sont ces pouvoirs ?


1. Pouvoir enquête : L’OMP a besoin, pour assurer
une instruction approfondie d’une cause, des renseignements
divers. Ainsi doit-il interroger l’inculpé et entendre un témoin.
Mais pour ce faire, il faut que l’inculpé et le témoin
comparaissent
A) Pour contraindre l’inculpé à comparaître Le
magistrat instructeur dispose de deux modalités de force
(également différente
1 Le magistrat instructeur peut délivrer un mandant
de comparution : ce mandat est simple message (gendarme ou
garde civile) contre accusé de réception.
2 Le magistrat instructeur peut délivrer un mandat
d’amener lorsque l’inculpé refuse le mandat de comparution.
Le mandat d’amener est signifié et exécuté sur le champ par un
OPJ assisté si nécessaire par des agents de la force publique.
Emis par l’OMP, ce mandat est valable pour trois mois, émis
par un OPJ en cas de flagrance. il a une validité de deux moiS.
Le mandat d’amener peut être directement délivré sans avoir
préalablement délivré un mandat de comparution lorsque les
conditions suivantes sont réunies
3 auteur présumé de l’infraction n’est pas présent ou
lorsqu’il existe contre lui des charges graves
4 l’infraction doit être punissable d’au moins 2 mois
d’emprisonnement (art 15 alinéa 13).
a) Dans la pratique judiciaire, pour assurer pleine
efficacité à ce mandat, il est de coutume d’en transmettre copie
à tous es postes de police judiciaire intéressés par le cas,

Procédure pénale
Page 97 sur 417

notamment aux OPJ des aérodromes, aux OPJ de la Zone de


résidence et aux OPJ de la BSRS (Brigade spéciale de recherche
criminelle), de même qu’aux agents du bureau Central de
signalement (B.C.S.)
b) La personne qui fait l’objet d’un mandat de
comparution ou d’un mandat d’amener, doit être interrogée au
plus tard le lendemain de son arrivée dans le lieu où se trouve
‘OMP qui a décerné le mandat (art. 15 et 16)
c) Dans la pratique judiciaire on procède à
l’arrestation de l’inculpé mais lorsqu’on ne sait où il se trouve,
on fait diffuser par les services de la police judiciaire de la
région et par les services de renseignement (BSRS BCS) un avis
de recherche sur lequel il est mentionné en gros caractère
imprimé “normal”, “urgent”, “extrême urgent”, selon la gravité
du cas.
d) jusque è la convocation n’est pas encore érigée en
acte de procédure pénale au niveau du magistral instructeur
qui peut utiliser, en tant que pratique judiciaire, certaines
modalités polies
e) De comparution de l’inculpé ainsi lorsque le
magistrat instructeur instruit un dossier intéressant une
personne respectable, surtout si les charges sont faibles, il la fait
comparaître devant lui par une simple convocation écrite ou
verbale ou même téléphonique; il s’agit en ce cas d’une
convocation administrative; de même lorsque le magistrat du
parquet a affaire avec une personnalité du monde politique,
administratif ou religieux, il lui est recommandé d’user la
convocation

Procédure pénale
Page 98 sur 417

f) par lettre missive. Dans tous ces cas dans lesquels le


magistrat au parquet recourt a une modalité courtoise de
comparution de l’inculpé, il doit chaque fois établir un P.V.
dans lequel il faut traiter de recours cette modalité de
comparution.
f) Depuis le 3 juillet 1978, (Ord. 78/289), la
convocation est devenue un acte de procédure pénale au niveau
de la police judiciaire En effet, les articles 41 et 42 de cette
Ordonnance prévoient que les OPJ peuvent convoquer pour les
entendre toutes les personnes susceptibles de leur fournir des
renseignements sur l’infraction commise ainsi que ses auteurs,
de même ils peuvent convoquer le suspect afin de recueillir ses
explications sur les faits qui lui paraissent imputables.
g) Pour faire comparaître un inculpé, le magistrat
instructeur recourt au mandat comparution par lequel il
demande au directeur de la prison de mettre à. sa disposition
tel Inculpé, tel jour et à telle heure pour le besoin de
l’instruction préparatoire.
B) Pour contraindre le témoin à comparaître, la forme
légale est la citation à témoin faute pour lui d’y répondre, s’il
peut faire l’objet d’un mandat d’amener, l’OPJ ne doit jamais
lancer un mandat d’amener contre un témoin. Sauf en cas de
flagrance et que le témoin est défaillant.
Dans la pratique cependant, l’OMP ou OPJ invite le
témoin à comparaître sur convocation administrative La
pratique judiciaire instauree va jusqu a considerer qu un refus
de repondre a trois chô6ations peut Justifier la délivrance d’un
mandat d’amener.

Procédure pénale
Page 99 sur 417

Prestation de serment du témoin

L’OMP a le droit d’exiger du témoin la prestation de


serment. La formule du serment est le suivante “je jure de dire
vérité, toute la vérité, rien que la vérité”. Lorsque le serment
conforme à la formule légale est prêté, l’O.M P. se contente d’en
faire état mais il ne pourra le faire que si le témoin prête
serment suivant une formule coutumière. L’O.M.P ne peut
cependant entendre comme témoin les mineurs ou des
personnes suivant àvec l’inculpé des liens tels qu’il ne peut
normalement pas espérer que le serment sera respecté, en ce
cas, les personnes sont entendues à tïtre de simple
renseignement
Il s’agit pour notre droit, dans son état actuel, d’un
principe général de droit. Les témoins doivent répondre aux
questions qui leur sont posées. Que se passe-t-il si le témoin se
réfugie dans le secret professionnel?

La dispense du témoignage

L’art du CPP dispose en son second alinéa que sont


dispensées de témoigner les personnes qui sont dépositaires par
état ou par confession des secrets qu’on leur confie. Cet article
appelle quelques commentaires
Il est évident que l’OMP peut très bien disposer du
droit d’apprécier si oui ou non tel témoin est dépositaire, par
état ou par profession, des secrets qu’on lui confie. Il échoit par
ailleurs d’insister sur le fait que le témoin est dispensé

Procédure pénale
Page 100 sur 417

uniquement de témoigner donc le prêter serment: il reste tenu


de répondre à la citation, donc à l’obligation de comparaître. En
contrepartie des obligations qui pèsent sur lui, le témoin
bénéficie des droits à des indemnités de comparution, de frais
de voyage et de séjour et ce à charge du trésor. Com bien des
fois un témoin doit-il prêter serment? Le mandat de
comparution signifié à un témoin, L’a appelé non pas à une
audience mais à un procès, de sorte que le serment qu’il prête
tout au début est valable pour l’ensemble du procès à longue
durée; pour maintenir fraîches dans sa mémoire les obligations
liées au serment, le témoin doit-il renouveler le serment prêté?
Aucun texte ne s’y oppose.
Le magistrat instructeur n’a pas l’obligation légale de
communiquer à l’inculpé toutes les déclarations du témoin, il
ne peut lui communiquer que ce qui est essentiel à la bonne
marche de l’instruction. Le magistrat instructeur peut
confronter l’inculpe avec le témoin et les témoins entre eux.

a) La délégation judiciaire
En matière d’enquête l’[Link], peut demander à un
OPJ de procéder à des devoirs d’enquête, I’OMP le fait au
moyen d’une réquisition d’information, il s’agit donc d’une
dérogation au principe selon lequel le pouvoir judiciaire est
incommunicable, mais elle se justifier par le fait que i’OMP
débordé par de multiple dossiers, se décharge souvent d’une
partie de sa besogne sur des OPJ. Cet usage légal sans doute
témoigne cependant du glissement progressif des pouvoirs de
l’OMP entre les mains de ses ‘auxiliaires Officiers de Police

Procédure pénale
Page 101 sur 417

Judiciaire Ceci peut mettre en danger les libertés individuelles


car ce serait permettre aux OPJ de prendre en main d’une façon
générale la conduite d’une instruction préparatoire. C’est une
sorte de démission du Ministère public. La délégation judiciaire
e deux formes elle est dite “limitée” I’OMP prescrit des devoirs
précis. Elle peut être générale suivant Les actes à accomplir en
ce cas elle invite l’OPJ à accomplir les actes nécessaires par
l’enquête relative à une infraction déterminée, ex;
1 entendre tout témoin susceptible d’éclairer la justice
en telle affaire
2 exécuter tout autre devoir utile à l’instruction
préparatoire.
En France, cette espèce de délégation générale a fait
l’objet des critiques parce qu’elle rend I’OPJ maître de
l’enquête, mais la cour de cassation a déclaré que la délégation
peut être générale quant aux infractions visées. L’OPJ reçoit
pouvoir pour enquêter sur une série indéterminée pour laquelle
une instruction a été ouverte. Cette espèce de délégation
générale a été déclarée i[légale par la cour de cassation française
au motif qu’il s’agit de véritables “blancs seings” pour toutes
les infractions passées ou à venir mettant en danger les libertés
individuelles O. Des actes accomplis en exécution d’une pareille
délégation sont nuls. La surdélégation en cas de réquisition
d’information n’est pas concevable, mais l’organisation interne
de la police judiciaire peut faire que l’OPJ puisse demander à
son inférieur également OPJ d’accomplir les devoirs réclamés
par l’OMP.

Procédure pénale
Page 102 sur 417

2. Les visites domiciliaires et les perquisitions


Pour besoin de l’instruction: le magistrat instructeur
et L’OPJ délégué à cette fin peuvent pénêtrercontre le gré du
maître de maison, dans les habitations pour y faire des
constations sur l’état des lieux, pour y rechercher et saisir des
objets et documents. Cette violation de domicile est permise par
la constitution Q Pour être correcte, pareille violation doit être
faite dans les formules légales. Ces formules légales sont a) Les
visites domiciliaires ne peuvent commencer avant 5 heures du
matin ni après 21 heures, Les visites commencées avant dans le
respect de la période légale peuvent cependant se poursuivre la
nuit sans restriction, car la raison d’ètre de la restriction de
celles-ci est souci de ne pas troubler l’intimité des habitants.
Le magistrat instructeur peut cependant opérer des
visites domiciliaires et des perquisitions en dehors de la période
légale, mais il lui faut adresser une requête au Président du
Tribunal de Grande instance qu doit autoriser ce genre de visite
au moyen d’une ordonnance motivée, il est admis aussi que
lorsque le maître de maison est d’accord, la perquisition
nocturne peut avoir lieu sans l’autorisation du Président mais la
condition est que le consentement du chef de l’habitation soit
express et écrit et constaté sur le P.V de perquisition qui est
signé par celui qui a donné le consentement
b) Ces perquisitions se font en présence de l’auteur
présumé de l’infraction et de la personne maître de céans à
moins qu’ils ne soient pas présents ou qu’ils refusent d’y
assister. Si le chef de l’habitation refuse la visite domiciliaire ou

Procédure pénale
Page 103 sur 417

la perquisition, l’O.P.J. s’en réfère à l’O,M,P. qui peut l’y


contraindre par la force s’il y a lieu assister à toutes les
opérations, s’il ne peut ou veut y assister, l’OPJ requiert deux
témoins choisis parmi les personnes autres que celles qui sont
sous ses ordres les témoins ainsi requis assistent à toute
l’opération et signent avec lui le PV de perquisition (art. 51 et 52
de lord du 3 juillet
1978).
c) Toute visite domiciliaire doit faire l’objet d’un P V.
précisant:
Que c’est le Magistrat tel qui opère ou le Magistrat
qui e donné Mandat pour ce faire;
I l’heure et e jour de la visite;
2 la présence ou l’absence du maître de céans et de
l’inculpé,
3 les constatations utiles qui ont été faites et les saisies
qui ont été éventuellement pratiquées.
II existe évidemment une différence entre la visite
domiciliaire et la perquisition domiciliaire. Celle ci suppose
quon est deja entre dans la maison et elle vise la recherche
minutieuse (du latin perqe!ere) et de tous es elements de
preuves utilisables La visite domiciliaire designe I entree dans
un domicile privé aux fins de constat ou de perquisition. il
existe que les OPJ ont le droit de se présenter à toute heure du
jour et de la nuit dans les lieux où tout le monde est admis
indistinctement, Il ne s’agit pas en ce cas de droit de
perquisition mais d’un droit de s’introduire en ce lieux pour
vérifier si aucune infraction n’y est commise, c’est le cas par

Procédure pénale
Page 104 sur 417

exemple de boîtes de nuit. La perquisition des locaux d’une


mission diplomatique est absolue; elle concerne aussi les
documents des missions diplomatiques. L’inviolabilité des
locaux ne concerne que la partie que le poste consulaire utilise
exclusivement pour son travail.
Perquisition dans les cabinets des médecines et des
avocats
Les OPJ ne peuvent perquisitionner dans les cabinets
des médecins ou des avocats ainsi que de toute personne
dépositaire par état ou par profession des secrets qu’on lui
confie, qu’en présence du Président de l’Ordre des médecins,
du bâtonnier ou de toute personne représentant les intérêts de
la profession. S’ils ne peuvent ou ne veulent y assister. L’OPJ
s’en réfère à l’OMP (art; 60 de l’Ordonnance du 3juillet 1978).

3. La fouille ou perquisition corporelle


Elle consiste à rechercher si l’inculpé ne porte pas sur
lui des objets ou documents constituant soit l’objet de
l’infra;tion, soit des preuves des faits infractionnels. Légalement
elle n’est prévue qu’en matière de douane ainsi qu’en droit
minier (Article 14 du décret du 19janvier 1949 relatif au régime
douanier tel que modifié par décret du 21 mai 1960 et par
d’autres modifications législatives d’après l’indépendance
notamment l’Ordonnance “loi n “68/007 du 6 janvier 1968). Elle
consiste en un contrôle superficiel des vêtements portés sur le
corps ainsi que la visite corporelle. Cependant la fouille
corporelle peut se pratiquer en procédure pénale par

Procédure pénale
Page 105 sur 417

application du principe de la plénitude des pouvoirs


d’instruction appartenant au Ministère Public.
Ce principe- veut dire quen principe tout magistrat
du parquet dispose de pleins pouvoir instruction préparatoire
qui lui permettent d’agir et de poser tous les actes rentrant dans
ce cadre de rins&uction préparatoire sauf s’il s’agit des cas
relevant de la compétence exclusive du Procureur Généra1 Près
la Cour d’Appel. Il doit être fait rapport de toute perquisition
domiciliaire et de toute fouille corporelle, le rapport est dressé
immédiatement, il est daté et contient la désignation précise de
ta personne dont le domicile a ete visité ou qui a été soumise à
la fouille corporelle, le non et la qualité de la personne qui a
proceçie a ces opérations et l’heure de perquisitions,
Ce rapport est adressé au procureur de la république.
Le décret précise les personnes qui disposent de ce droit de
visite, il s’agit notamment des commissaires sous régionaux et
des commissaires de Zones, des OPJ à compétence générale et
des fonctionnaires agréés par le gouverneur de province.
Ainsi qu’on le voit la fouille corporelle comme la
perquisition en matière minière ne sont pas des pouvoirs
propres du M.P. que celui ci délègue aux O.P.J., ce sont des
pouvoirs communs aux OMP et aux O.P.J. , sauf en matière
minière l’O.P.J; n’a aucun droit de procéder à la fouille sans
délégation du M.P. La pratique judiciaire relève que souvent ce
sont les agents sous l’ordre d’un O P J qui opèrent Le fait prime
sur le droit en raison du nombre réduit des O.P.J

4. La saisie de la correspondance

Procédure pénale
Page 106 sur 417

Le secret des lettres “est garanti par la constitution, sa


violation est sanctionnée par le code pénal. Toutefois dans des
cas bien limités la loi admet que les autorités publiques puissent
vicier ce secret L article 24 du CPP prévoit en effet la saisie des
programme lettres et ohets de toute nature confiés au service de
poste et qui apparaissent indispensables à la manifestation de la
vérité. La procédure suivante doit être respectée L’O.M.P est
seul habilité à ordonner pareille saisie sauf flagrant délit,
auquel l’OPJ peut procéder également à moins de recevoir
délégation du Ministère Public, L’O.M.P. adresse au chef du
bureau postal 01 télégraphique une réquisition. Le Chef de
bureau doit remettre les télégrammes, lettres et colis visés dans
la réquisition. L’O.M.P. doit ouvrir le courrier en présence des
destinataires s’ils répondent à la convocation du magistrat
instructeur, à défaut il constate son absence au procès- verbal
d’ouverture. Le courrier et les objets examinés sont ou bien
saisis ou bien remis ou expédiés au destinataire avec mention
de leur ouverture
L’O M.P peut déléguer ce pouvoir à un O.P.J. c’est la
logique même qui l’exige car le lieu où se trouve situé le bureau
postal du destinataire n’est pas nécessairement le siège du
parquet, la rédaction sans équivoque de l’art. 24 du CPP tait
obstacle à ce que I’OMP puisse procéder à l’enregistrement
téléphonique des conversations. Mais il est possible
d’intercepter des bandes enregistrées.

5. La requisition à expert
Quand l’OMP peut-il requérir un expert?

Procédure pénale
Page 107 sur 417

Lorsque l’instruction préjudictionnelle doit s’appuyer


sur es connaissances techniques que IOMP ria pas. Ainsi par
exemple en cas de viol lorsqu’il faut médicalement établir les
faits ou en cas d’assassinat ou de meurtre au moyen d’une arme
à feu, lorsqu’il faut obtenir la preuve que l’arme saisie est bien
celle qui a servi à commettre l’infraction. L’art. 48 du CPP parie
de l’interprète, traducteur, expert ou médecin. Cependant, on
peut les désigner tous par le terme générique d’Expert. Avant
d’accomplir sa mission, ‘expert doit prêter serment.
Pour les interprètes et les traducteurs la formule est la
suivante je jure de remplir fidèlement la misiori qui m’est
confiée.
Pour les autres experts, la formule est je jure
d’accomplir les actes de mon ministère et de faire rapport en
honneur et conscience.
Les premiers Présidents des cours d’Appel, les
Présidents des tribunaux de GI et de paix peuvent, après
enquêtes et preuves et avis conforme du MP, revêtir certaines
personnes de la qualité d’interprète ou de traducteur pour
remplir ces fonctions de manière permanente auprès des
juridictions ou des parquets, Mais elles doivent préalablement à
l’exercice de ces fonctions, prêter serment entre les mains des
magistrats qui en prêtant serment de remplir fidèlement e
devoir de leur charge; ce serment,ils devront chaque fois le
prêter quand il sont appelés à remplir les fonctions pour
lesquelles il s sont assermentés. Ils constituent ainsi un corps. Il
n’existe pas d’autres experts, ce qui est regrettable. La
prestation de serment est au bas de la copie de la réquisition qui

Procédure pénale
Page 108 sur 417

lui est remise à titre d’accuser de réception mais il peut prêter


serment aussi entre les mains du MP qui le désigne PV de
prestation est dressé, si l’expert peut aussi prêter serment en
tête de son rapport. L’essentiel est que le serment soit prêt
avant d’accomplir sa mission. Si l’expert refuse d’accomplir la
mission qui lui est dévolu ou s’il réfuse de prêter serment, il
peut être condamné par l’OMP à une peine maximale d’un
mois d’emprisonnement ou à une peine d’amande.
Deux problèmes forts intéressants à signaler sur le
plan de la recherche.
1 Le premier est celui du caractère contradictoire que
devrait revêtir toute expertise.
2° Le second problème est celui du secret
professionnel de l’expert, celui-ci ne peut pas être considéré
comme le mandataire du magistrat, obligé de lui relever tout ce
qu’il a découvert ou appris au cours de ses opérations.
6. Autopsie et exhumation des cadavres
L’autopsie peut être scientifique ou médico-légale. La
première est pratiquée dans les formations médicales pour des
besoins scientifiques ou thérapeutiques (ordonnance n°78/179
du 26 avril 1978); la deuxième repose sur des bases â la fois
légales’ et réglementaires (art, 48 du CPP, art 137 du Code de la
famille, Ord. N°11/170 du 24 mai 1950, Ord n°78/ du 26 avril
1978).
L’autorité compétente pour autoriser une autopsie
médico-légale est soit un Magistrat instructeur qui peut
requérir un médecin aux fins d’autopsie au niveau de
l’instruction préparatoire soit le juge au niveau du tribunal, soit

Procédure pénale
Page 109 sur 417

enfin l’OPJ sur délégation expresse du MP ou d’office en cas de


flagrant délit.
L’on estime aussi qu’un médecin en dehors de tout
intérêt scientifique ou thérapeutique peut demander au parquet
une autopsie d’un défunt, son malade, lorsqu’il est victime des
critiques injustes résultant du décès de ce patient à condition
que ce médecin ne se soit pas grossièrement trompé et n’ait pas
provoqué une autopsie dont il pouvait ou devrait apprécier
l’utilité.
Le but poursuivi par l’autopsie médico-légale est
double
1 Déterminer la cause médicale de la mort, c’est à dire
découvrir la lésion pathologique légale ou traumatique qui se
trouve à l’origine du décès
2 Apporter des précisions au magistrat sur l’origine
naturelle, accidentelle, ou criminelle du décès.
Le médecin requis à cet effet, est obligé d’obtempérer
à la réquisition et de prêter serment avant de procéder à
l’autopsie (Art. 48, CPP) sous peine d’une condamnation d’un
mois d’emprisonnement et/ou de peine d’amende (art. 52 CPP).
L’exhumation des cadavres par contre ne peut être autorisée
que par l’autorité administrative (Gouverneur de Province, Art.
16 de lOrd du 14/2/1914). L’autorité judiciaire ne peut le faire
qu’en cas de l’autopsie.
3. pouvoirs du MP non susceptibles de délégation
Ces pouvoirs sont au nombre de cinq, il s ne peuvent
en aucun cas et sous quelques prétexte que ce soit être exercés
par l’OPJ, li s’agit de

Procédure pénale
Page 110 sur 417

3 la direction de la police judiciaire


4 la réquisition de la Force publique
5 la condamnation du témoin récalcitrant
6 la réquisition aux fins d’explorations corporelles
7 le pouvoir d’allocation d’indemnité aux témoins et
experts (Art. 21, CPP)

4. la commission rogatoire

Elle consiste pour I’QMP qui désire voir accomplir


certain devoirs en dehors de son ressort à s’adresser à un
collègue pour le faire. Cette commission rogatoire ne peut se
réaliser qu’entre deux magistrats de même rang. Les relations
sont horizontales. Elle ne doit pas être confondue à la
réquisition d’information dans laquelle il y a délégation de
pouvoir. Ici. l’OMP s’adresse à un O.P.J. et lui demande
d’accomplir un certain nombre de devoirs en matière judiciaire.
Les relations sont donc ici verticales. Il est à noter que la
commission rogatoire peut émaner aussi de l’étranger. Dans ce
cas trois principes doivent être respectés
1 le respect de la voie diplomatique parce que toute
commission rogatoire émanant de l’étranger doit passer par le
Ministre des Affaires étrangères
2 le Ministre de la Justice doit autoriser son exécution
Le respect de la règle “locus régit actum

Procédure pénale
Page 111 sur 417

5. L’infraction flagrante

a) la notion de la flagrance
C’est l’art. 7 du CPP qui fixe la notion de l’infraction
flagrante
b) l’infraction flagrante est celle qui se commet
actuellement ou qui vient de se commettre. La jurisprudence
reste divisée quant à l’interprétation qu’il faut donner à
l’expression “qui vient rie se commettre”: c’est la fragrance
proprement dite.
c) l’infraction est réputée flagrante lorsqu’une
personne est poursuivie par la clameur publique ou lorsqu’elle
se trouve porteuse d’effets, d’armes, d’instruments ou papiers
faisant présumer qu’elle est auteur ou complice pourvu que ce
soit dans un temps voisin de l’infraction. C’est la fragrance par
présomption ()
Est assimilée à une infraction flagrante réputée telle,
toute infraction commise même après un certain temps; dans
une habitation dont le chef requiert de l’OPJ de venir la
constater (art. 83 al.3 de lOrd. N° 78/289 du 3juillet1978 relative
à l’exercice des attributions d’OPJ et APJ). C’est la flagrance par
assimilation . L’expression “temps voisins” peut donner lieu à
des divergences dans son interprétation de toute façon cette
expression vise un temps plus long que celui de l’infraction qui
vient de se commettre, notion en laquelle on sent plus de
fraîcheur du point de vue de la temporalité Il est recommandé
Procédure pénale
Page 112 sur 417

aux OPJ de ne pas interpréter largement ces diverses


expressions au point de rendre la notion de flagrance trop
élastique, les juges, au contraire, doivent resterer réceptifs dans
l’accueil de cette notion, ils ne doivent évidemment pas en
abuser.
b) L’importance de la notion d’infraction flagrante ou
réputée telle.
En cas d’infraction flagrante ou réputée telle, la loi
étend les pouvoirs des OPJ. Disons qu’habituellement il a la
plénitude des pouvoirs d’instruction préparatoire, la flagrance
de ‘infraction n’ajoute pas grand chose à ses pouvoirs, la seule
exception est qu’en cas de flagrance, il peut se passer de la
permission du président du tribunal de grande instance pour
faire la réquisition à médecin aux fins d’exploration corporelle.
En cas d’infraction flagrante ou réputée telle, les
pouvoirs de l’OPJ se trouvent accrus en raison du fait qu’il y a
intérêt à ce qu’il constate plus tôt les éléments de l’infraction. En
cas de flagrance et que l’infraction est punissable de plus de six
mois d’emprisonnement, l’OPJ doit se rendre sur les lieux et en
ce cas il dispose des pouvoirs suivants
Tous les pouvoirs de I’OMP susceptibles de
délégation
Le droit de garder à vue toute personne trouvée sur
les lieux de l’infraction jusqu’à la clôture de l’enquête. La garde
vue ainsi entendue est donc le droit de l’OPJ de défendre à
toute personne ds’éloigner des lieux qu’il détermine jusqu’à la
clôture du P.V.

Procédure pénale
Page 113 sur 417

La loi prévoit même que l’OPJ peut être contraint


d’utiliser la force en procédant à arrestation de tout résistant
qui opposerait quelque résistance à la garde à vue (art 5 du
CPP). Cette espèce de garde à vue nest pas à confondre avec
celle prévue par art. 73 al.2 de officier du 3 juillet 1978, relative
aux attributions des OPJ. L’OPJ à compétence générale possède
les pouvoirs déterminés à l’art. 5 du CPP lorsque le chef dune
habitation le requiert de constater infraction commise à
intérieur de cette habitation (art.8 du code de procédure
pénale).

6. La transmission des P.V


En principe les P.V. établis par l’OPJ sont transmis
directement à l’autorité judiciaire dont il relève.

Procédure pénale
Page 114 sur 417

CHAPITRE II: POURSUITE

Introduction : Théories légaliste et opportuniste des


poursuites

S/CHAPITRE I : DROIT D’APPRECIATION DU MINISTERE


PUBLIC

Section 1. Le classement sans suite.

§1. Introduction (lire A. GLESENER):

Le classement sans suite et l’opportunité de poursuite


in revue de croit pénal et de criminologie, janvier 1973, pp.353 à
362).
1) Le MP est avisé des infractions qui sont commises
soit par des plaintes déposées par les victimes de ces
infractions, soit par des dénonciation faites par des tiers, des
particuliers ou par des autorités publiques qui sont dans
l’obligation d’en avertir les autorités judiciaires, soit enfin de
l’une ou de l’autre façon, les OMP vérifient si les faits portés à
leur connaissance constituent des infractions à la loi pénale.
A supposer que vérification faite, ils arrivent à la
conclusion qu’il y a eu bel et bien commission des infractions, la
question qui se pose est celle de savoir s’ils sont
Procédure pénale
Page 115 sur 417

obligatoirement tenus d’engager des poursuites ou peuvent-ils


décider de ne pas poursuivre?
2) lI y a de par le monde 2 théories en matières d
exercice
Il y a la théorie de la LEGALITE des poursuites selon
cette théorie
Tout délinquant, quel qu’il soit ou quelle que soit
l’infraction grave ou mineur, qu’il a commise, doit
obligatoirement être en jugement, car il y a de la parfaite égalité
de tous devant la loi
La loi quelque soit sa rigueur, quelles puissent être les
conséquences humaines, sociale et économique de sa stricte
application, doit être respectée en l’importe quelle circonstance.
li est à souligner que cette théorie se révèle être trop
rigide en exigeant que toute infraction soit punie et que tout
coupable soit châtié
Il y a la théorie de l’opportunité des poursuites, selon
laquelle des poursuites pénales pourraient causer un malaise
plus grand et produire un préjudice plus considérable que le
dommage résultant de l’infraction.

§.2. Base légale de la théorie de l’opportunité des poursuites.


Le Congo a opté pour ce système. L’on peut se poser
la question de savoir quelle est la base legs du classement sans
suite. Nous avons l’article 44 du code de la procédure pénale
qui dispose que lorsque le Ministère public décide qu’H n’y a
pas lieu de poursuivre, il doit donner en même temps
mainlevée de mise en détention préventive, Mais cette base est

Procédure pénale
Page 116 sur 417

trop laconique, la base égale attendue doit preciser les motifs de


classement. Les conséquences de cette décision et la forme par
laquelle s exprime cette décision qui doit être normalement une
ordonnance du magistrat instructeur C’est cette lacune que la
Conférer Nationale Souveraine a comblée en prenant un acte
qui a décidé de donner au classement sans suite une de base
légale élaborée.

§.3. Motifs du classement sans suite


Divers motifs peuvent donner lieu au classement sans
suite.
a. L’inopportunité des poursuites. C’est le cas
généralement lorsque l’abstention est dictée par des
considérations d’ordre politique, ou social, la répression serait
plus punissable qu’utile è l’ordre public.
Ce motif peut prêter à critique dans la mesure ou il
peut servir de motif de classement sur base des intérêts
politiques partisans. La considération d’ordre politique qui peut
justifier le classeans suite fait appel à l’intérêt supérieur de
l’Etat C’est la politique prise en son sens ethnologique et
philosophique qui consiste à se préoccuper de la bonne gestion
de la “cité”, de la société,
Il peut arriver des cas en effet où l’exercice des
poursuites judiciaires peut être à l’origine de graves troubles
sociaux auxquels cas l’intérêt supérieur du pays requiert que
ces poursuites n’aient pas lieu afin de sauvegarder la paix
sociale. Nous devons cependant noter qu’avec la décision de la
C.N.S qui a officiellement dénié au Ministre de la justice le

Procédure pénale
Page 117 sur 417

droit, de veto, se pose la question de savoir si désormais le


parquet va apprécier l’opportunité politique des poursuites qui
relevait jusque là de la compétence du Ministre. Ce serait mêler
le pouvoir judiciaire dans la politique.
b. L’absence d’un des éléments constitutifs de
l’infraction;
c. L’équité peut aussi dicter un classement sans suite
lorsque l’infraction est trop minime,
d. En certains cas, le retrait de la plante peut amener
le parquet à classer sans sute;
e. L’impossibilité de retrouver auteur de l’infraction;
f. Le décès de l’inculpé.
Le classement sans suite est une mesure
administrative et non juridictionnelle en ce sens que le parquet
peut toujours revenir sur le classement et mettre l’action
publique en mouvement par exemple, lorsque des éléments
nouveaux aggravent le caractére du fait notamment le cas du
classement fondé sur le caractère bénin des faits.
§,4. Abus en matière de classements sans suite et leur
limitation.
1) il est évident qu’à côté des avantages qui justifient
le classement sans suite, le pouvoir d’appréciation peut être
source d’abus, il doit être affirmé que l’O.M.P. ne peut jamais
s’abstenir de poursuivre suivant des inclinations personnelles,
tribales ou partisanes.
2) L’organisation hiérarchique du parquet permet au
chef de contrôler les actes de subordonnés. Le règlement
intérieur des cours, tribunaux et parquets dispose à l’article 139

Procédure pénale
Page 118 sur 417

que e procureur général de la République le Procureur de la


république peut revenir sur chaque décision de classement. Le
procureur de la République veille à ce que ses substituts lui
communiquent régulièrement les dossiers classés, li vise ces
dossiers.
3) Le pouvoir d’appréciation du Ministère public est
aussi limité par d’autres considérations.
Notamment: a) le pouvoir de citation directe de la
Victime;
b) les imitations à l’exercice de l’action publique, tels
que nous les avons déjà étudiées. §.5. Appréciation du système
de classement.
1. Nous pouvons nous permettre d’apprécier ce
système du pouvoir d’appréciation surtout pour stigmatiser
abus de ce système. Cest devenu le moyen utilisé pour sauver
des amis, des membres de famille ou des personnes jouissant
des appuis politiques ou financiers; c’est une source de revenu
pour beaucoup de magistrats instructeurs qui n’ont pas de
conscience professionnelle. Sans doute e contrôle hiérarchique
devrait corriger ces abus, mais il faut noter aussi que
l’inconscience de certains magistrats va jusqu’à falsifier la vérité
dès la phase de l’instruction préparatoire en dressant des P.V.
dans un sens orienté vers le classement sans compter que
parfois le magistrat refuse tout simplement de transmettre
certains dossiers au contrôle hiérarchique et il faudra alors
toute la vigilance de la hiérarchie pour découvrir lors des
instructions ces dossiers classés de manière irrégulière.

Procédure pénale
Page 119 sur 417

2. Mais il y a un autre inconvénient majeur qu’il faut


souligner. Le système de classement sans suite crée
incontestablement une insécurité juridique, car il laisse l’inculpé
dans l’ignorance de fissue de rinstruction préparatoire (absence
d’acte constatant le classement (ordonne) et quand même
inculpé est informé officiellement, cela ne met pas à l’abri d’une
reprise de l’action au gré du parquet.
Certes, article 159 du règlement intérieur des
parquets demande au Magistrat instructeur d’informer le
plaignant de ce classement mais dans la pratique rien n’est fait.

Section 2. L’AMENDE TRANSACTIONNELLE (ART.9, CPP)


L’amende transactionnelle est une sanction pénale
qui intervient avant qu’un jugement déflnitif sur le tond ne soit
prononcé. Elle peut être prononcée soit par l’OPJ, soit par le
MP, laquelle estime en lieu et place dune juridiction. L’épithète
“transactionnelle “ne signifie pas que l’OPJ ou le MP transige
sur le montant mais plutôt sur le principe. Le paiement de
l’amende transactionnelle n’implique pas aveu de culpabilité
d’autant plus que l’auteur présumé de l’infraction peut se
rétracter et revenir sur le paiement qu’il a effectué; seulement
lorsqu’il à satisfait à toutes les invitations qui lui sont faites par
I’OPJ l’action publique s’éteint à moins que le MP n’en décide
autrement. La base légale de l’amende transactionnelle est
l’article 9 du C.P.P

Procédure pénale
Page 120 sur 417

Section 3. OBSERVATIONS CRITIQUES SUR


L’AMELIORATION DU SUJET DE CLASSEMENT SANS
SUITE ET DE L’AMENDE TRANSACTIONNELLE

§.1. Classement sans suite


1. Nous pouvons nous permettre d’apprécier ce
système du pouvoir d’appreciation, surtout pour stigmatiser
l’abus de ce système; c’est devenu le moyen utilisé pour sauver
des amis de membre de famille ou des personnes jouissant des
appuis politiques ou financières ; c’est une source de revenus
pour beaucoup de magistrats instructeurs qui n’ont pas de
conscience professionnelle. Sans doute le contrôle hiérarchique
devait corriger ces abus, mais il faut noter aussi que
l’inconscience de certains magistrats va jusqu’à falsifier la vérité
dès la phase de l’instruction préparatoire en dressant des P.V.
dans un sens orientés vers le classement, sans compter que
parfois le magistrat refuse tout simplement de transmettre
certains dossiers au contrôle hiérarchique et il faudra alors
toute la vigilance de la hiérarchie pour découvrir lors des
instruction ces dossiers classés de manière irrégulière.

4. Mais il y a un autre inconvénient majeur qu’il faut


souligner. Le système de classement sans suite crée
incontestablement une insécurité juridique, car il laisse l’inculpé
dans l’ignorance de l’issue de l’instruction préparatoire et
quand même l’inculpé est informé officiellement, cela ne met
pas è l’abri d’une reprise de l’action au gré du parquet.

Procédure pénale
Page 121 sur 417

Certes, l’article 158 du Règlement Intérieur des


parquets demande au Magistrat Instructeur d’informer le
plaignant de ce classement mais dans la pratique rien n’est fait,

§2. L’Amende Transactionnelle S’il faut formuler une critique


de cette institution, nous dirons qu’elles souffrent de quatre
faiblesses

1. Il y a d’abord à déplorer la formulation du texte du


point de vue de la logique rigoureuse « Lorsqu’il a été satisfait,
par des invitations faites par I’OPJ, l’action publique s’éteint, à
moins que I’OMP ne décide de la poursuite ». L’effet
apparemment automatique de l’extinction de l’action publique
au cas où toutes les invitations ont été satisfaites est anéanti par
la restriction apportée « à moins nue... » D’autant que le texte
reste muet sur le fait de savoir quand et comment I’OMP va-t- il
manifester son approbation.

2. la victime de l’infraction à qui de Dl. ont été alloués


court le risque d’être privée de la possibilité de pouvoir saisir le
tribunal par citation directe au cas où des D.l lui paraissent non
satisfactoires en effet, étant donné que la loi ne précise pas
quand et comment I’OMP va manifester son approbation de
l’action entreprise par l’OPJ, la victime peut voir sa citation
directe être déclarée irrecevable parce que l’OMP aura déjà
approuvé les invitations faites à l’inculpé. Par ailleurs, la voie
civile risque aussi de lui être fermée en lui apposant l’exception
« ELECTA UNA VIA », mais ceci pourrait se discuter,

Procédure pénale
Page 122 sur 417

3. Il y a aussi l’insécurité juridique dans laquelle


l’institution place l’inculpé qui, après paiement se trouve
toujours à la merci du parquet qui peut à tout moment décider
de poursuivre.

4. Enfin, le principe même de l’amende


transactionnelle amène un OPJ, donc un non juriste, à se
substituer à une juridiction sur le plan même de l’appréciation
de la gravité de l’infraction et de la fixation des Dl. comment un
OPJ peut < il > sans formation juridique complète, se compter
comme un tribunal, notamment pour appliquer les règles de la
responsabilité civile pour fixer les Dl.

CHAPITRE II: LA POURSUITE PROPREMENT DITE

Section 1: LE DEPOT DU DOSSIER REPRESSIF

§.l. Requête aux fins de fixation de date d’audience

Lorsque le Ministère public o clôturé l’instruction


préparatoire, et qu’il décide de poursuivre, il transmet le
dossier au Président du Tribunal compétent. Ce dossier est
transmis avec les éventuels objets saisis. Ce dossier est transmis
par ce que l’on appelle “requête aux fins de fixation de date
d’audience qui contient les éléments suivants

1 L’identité du Magistrat instructeur

2 Le président du tribunal compétent

3 LeN”duRMP

Procédure pénale
Page 123 sur 417

4 L’identité complète de l’inculpé

5 Le libellé de la prévention avec référence aux


articles du code pénal qui ont violés.

§.2. Conséquences du dépôt du dossier

Le dépôt du dossier après une série deffets sur e plan


juridique:

1. L’action publique est irrévocablement engagée en


ce sens que le Ministère public ne peut plus retirer le dossier ni
pour le compléter, ni pour le classer sans suite ou pour le
classer par le paiement de amende transactionnelle.

2. La phase inquisitoriale et secrète de la procédure


est terminée: le Ministère public ne dispose plus des pouvoirs
exorbitants du magistrat instructeur, les parties privées
(prévenu, partie civile et partie civilement responsable) peuvent
prendre connaissance de toutes les pièces que le Ministère
entend verser aux débats.

3. la saisine du tribunal c’est-à-dire que le seul dépôt


du dossier permet au tribunal d’exercer certains pouvoirs (art.
67 du C.P.P.)

a. Le tribunal a compétence pour recevoir la requête


de l’inculpé à main-levée de détention ou pour lui accorder le
bénéfice de la mise en liberté provisoire. En effet, comme le
Ministère public est dessaisi du dossier, il n’a plus l’obligation
de présenter l’inculpé en chambre du conseil pour la
prolongation de la détention préventive.

Procédure pénale
Page 124 sur 417

b. le tribunal peut à la requête des parties ou d’office,


lorsque la partie lésée est un citoyen congolais ou un habitant
d’un pays voisin ou des contrées voisines, prendre certaines
mesures d’instruction qui requièrent célérité. L’art. 67 du CPP
porte en effet que lorsque le tribunal est saisi, le juge pectavant
le jour de l’audience et sur la réquisition de une des part:es ou
même d’office, estime, si la partie lésée est un citoyen congolais
ou habitant des contrées voisines, estimer les dommages et
intérêts, dresser les P.V. faire ou ordonner tous les actes
requérrant célérité.

Signalons tout d’abord que la formulation de cet


article peut donne lieu à diverses interprttions ; les termes
légaux semblent viser que le moment ou le tribunal est saisi
donc au moment où la citation à prévenu est signifié. Mais la
doctrine constante semble plutôt considérer la présaisine, c’est -
à-dire le moment situé entre le dépôt du dossier et la
signification de la citation. Par ailleurs, l’on pourrapt se
permettre, avec raison, de considérer que logiquement les
mesures d’instruction prévues par ‘art. 67 précité sont de la
compétence du résident et non du tribunal. La formulation
grammaticale de rart.67 permet cette interprétation: lorsque te
tribunal est saisi. Le juge peut avant le jour de ‘audence” ce qui
laisse entendre que le législateur distingue bien tribunal’ et
‘juge”

D’autre part, les mesures préalables que visent


l’art.67 ne peuvent juridiquement être que des mesures
d’instruction avant l’audience et, à cet titre, elles révèlent de la

Procédure pénale
Page 125 sur 417

compétence du président du tribunal qui agira par voie


d’ordonnance..

S’agissant essentiellement des mesures d’instruction,


avant l’audience, le recours a un jugement pour les consacrer
est difficile à concevoir judiciairement. Car ne pouvant dire te
droit quand au fond, le tribunal ne pourrait en ce cas que
rendre un Jugement avant dire droit, jugement qui, dans le
respect du principe du contradictoire, ne peut être rendu que
contradictoirement et publiquement: Or ce paraît exclu puisque
la citation qui a saisi le tribunal a déjà fixé la date de
comparution à l’audience à noter aussi que l’art.67; dit que ces
mesures sont prises à la requête de l’une des parties, voire
même d’office. Ce qui paraît exclure une procédure
contradictoire et surtout ‘Idée d’une audience d’instruction
dont ne voit aucune modalité de fixation dans le respect de
délais et des formalités légales. Ainsi donc la pensée du
législateur semble bien être celle de permettre au juge siégeant
seul, en chambre du conseil, de prendre ces mesures
d’instruction, qui le seront donc par voie d’ordonnance.

L’art. 67 tel que rédigé, n’est pas limitatif : il donne au


président un pouvoir d’instruction pré juridictionnelle limité
s’étendant aux faits et circonstances de l’infraction et à
l’imputabllité à condition qu’il y ait urgence et requête des
parties. Cet article vise également le Ministère public qui peut
avoir intérêt à faire réquisition en vue de faire exécuter un
devoir qu’il aurait omis d’accomplir avant le dépôt du dossier
ou dont l’utilité lui est apparue seulement à cette phase de la

Procédure pénale
Page 126 sur 417

procédure. Selon les informations en notre possession, cet


article n’a pas encore fait l’objet d’application pratique.

Section 2: LES MODALITES DE SAISINE DU TRIBUNAL

Le terme légal utilisé dans le code de procedure


pénale est la “saisine” (voir Chap.V; Sect 1), cependant, la
pratique judiciaire utilise le terme “saisine” que consacrent la
doctrine et la jurisprudence Il existe six modalités pour saisir
valablement un tribunal répressif. Une des modalités, la
“somation”, a été supprimée par décision de la Conférence
Nationale Souveraine.

§1. Citation à prévenu

La citation à prévenu est la voie ordinaire pour saisir


une juridiction répressive. Elle consiste â une notification faite
en forme authentique au prévenu de l’ouverture des poursuites.
Elle est faite par le Ministère public, le greffier ou le

Contenu de la citation

La citation doit nécessairement définir les faits avec


l’indication de lieu et date de leur commission.

L’usage prévoit aussi de qualifier ces faits et de citer


les textes légaux. La citation doit également indiquer l’identité
du prévenu, c’est-à-dire les noms, profession; demeure, état
civil; la citation doit encore mentionner le tribunal saisi, le lieu,

Procédure pénale
Page 127 sur 417

le jour et l’heure de l’audience à laquelle la cause a été fixée afin


de permettre aux parties d’y défendre leur droit ou d’y soutenir
leurs prétentions.

La citation doit être signifiée en forme d’exploit par


un officier ministériel huissier greffier ou OMP) qui doit
mentionner son nom et sa Qualité ainsi que la date à laquelle il
a effectué la signification.

§2. Citation directe de la partie civile.

La victime d’une infraction peut directement saisir le


tribunal répressif d’une demande de réparation du préjudice
subi par le fait de l’nfraction Enfin de permettre aux parties d’y
défendre leur droit ou d’y soutenir leurs prétentions. La citation
doit être signifiée en forme d’exploit par un officier ministériel
(huissier, greffier ou OMP) qui doit mentionner son nom et sa
qualité ainsi que la date à laquelle il a effectué la signification.

Mais la citation directe ne sera recevable que si les


faits infractionnels sont établis La citation directe devra donc
mentionner ces faits avec indication du lieu et de la date de leur
commission. Elle doit également mentionner le préjudice
invoqueS avec évaluation provisoire de sa hauteur. Enfin elle
doit indiquer e lien de causalité entre le fait infractionnel et le
préjudice vanté. A défaut de l’un de ces éléments, l’action civile
sera irrecevable et n’aura pas déclenché des poursuites.

La partie civile doit citer en principe toutes les


personnes qu’elle met en cause, c’est-à-dire le prévenu et la
partie civilement responsable. Le Ministère public n’est jamais

Procédure pénale
Page 128 sur 417

cité, car il est toujours présent à l’audience, du reste, il est


toujours informé par le greffier des citations directes qui sont
faites. Notons que la citation n’est pas recevable devant la cour
suprême. Signalons ainsi que lOrd loi n° 73-006 du 14 février
1973 interdit le recours à la voie de citation drrecte à l’endroit
des bénéficiaires de privilège des juridictions qui ne pourraient
faire l’objet de poursuites qu’à la seule citation d’un officier du
Ministère public (art. 54 al.2 du CPP).

§.3. Comparution volontaire

L’on peut difficilement se représenter le cas d’un


délinquant qui, spontanément, se présenterait devant le
tribunal pour réclamer le juste chàtiment de son infraction. En
réalité la comparution volontaire est souvent réalisée pour
couvrir les irrégularités de forme d’exploit (mention incomplète
de la citation, non respect des délais); elle est aussi utilisée pour
justifier une extension de la saisine du tribunal; en effet, il est
généralement de l’intérêt du prévenu qui a répondu à la
datation que l’affaire soit vidée sans délai plutôt que de retarder
la solution du litige en exigeant les garanties d’une procédure
de citation régulière.

La validité de la comparution volontaire est


subordonnée aux conditions suivantes (art.55 du CPP).

1 Les faits ne doivent être punissables d’une peine de


prison dépassant cinq ans:

Procédure pénale
Page 129 sur 417

2 si ces faits sont punissables de plus de cinq ans de


prison, la comparution volontaire n’est valable que si le
prévenu, averti par le juge qu’il peut réclamer la formalité de
citation, ne déclare expressément y renoncer.

L’accomplissement de cette formalité doit être acte à


la feuille d’audience. La même formalité est exigée lorsque le
prévenu est détenu ou lorsqu’il est appelé à répondre des faits
qui ne figurent pas dans la citation. Notons que la comparution
volontaire devant les juridictions coutumières est une modalité
normale de saisine, en effet, il est courant de voir l’accusateur et
l’accusé se presenter spontanément ensemble devant les
tribunaux coutumiers.

§.4. Sommation (art. 66 du C.P. P.)

La citation peut être remplacée par une simple


sommation verbale faite à une personne par l’OMP ou par le
greffier de la juridiction qui devra connaître de la cause. La
sommation fait connaître le lieu et le moment de la
comparution devant le tribunal. La sommation à prévenu lui
fait de plus en plus connaître la nature, la date, et le lieu des
faits dont il est appelé à répondre. Peuvent être sommés

1 la partie lésée:

2 les témoins:

3 le prévenu:

Procédure pénale
Page 130 sur 417

4 la partie civilement responsable.

La validité de la sommation est subordonnée à une


caution; les faits soumis à la juridiction doivent être punissables
d’une peine de prison ne dépassant pas cinq ans ou dune
simple amende. Il doit etre dressé un P.V. de la sommation par
celui qui l’effectue. Nous ne partageons pas l’opinion qui
soutient que la sommation peut permettre par exemple au juge
de police d’interroger sur le champ un prévenu sans lui
accorder un certain délai. Une telle pratique va certainement à
l’encontre tant de la lettre que de l‘esprit de l’art. 66 du CPP, en
effet, le législateur a expressément prévu que le prévenu
sommé est nformé du lieu et du moment de comparution Ce
qui est tout à fait normal puisqu’il doit disposer d’un certain
délai pour préparer sa défense. A notre sens, ce délai ne peut
pas étre autre que lui qui est prévu en cas de citation, c’est-à-
dire la huitaine franche. Pour soutenir ce point de vue, nous
avançons deux arguments:

a) Argument de texte

L’Art. 66, siège de !a matière; ne contient aucun délai


ce qui logiquement laisse entendre qu’il faut appliquer, en
matière de sommation, le même délai que celui que la loi
prévoit pour la citation, étant donné que la sommation
remplace la citation. Si le législateur avait voulu qu’il y ait. en
matière de sommation un délai différent de celui de- la citation,
il aurait dit expressément.

Procédure pénale
Page 131 sur 417

b) Arguments fondés sur l’Art, 68 du CPP

Cet article prévoit que le prévenu cité ou sommé à


comparaître peut être placé sous mandat de dépôt mais sans
que la durée de cette détention puisse excéder cinq jours. Cette
disposition vient confirmer qu’en matière de citation ou de
sommation, le délai de huitaine s’impose pour la comparution
du prévenu.

§.5. Saisine d’office.

En droit congolais, il existe deux possibilités pour une


juridiction de se saisir d’office:

1) Il y a d’abord le cas du Tribunal de Police ou du


Tribunal de Paix

1 Le juge de Police remplit les fonctions de Ministère


public auprès de sa juridiction. Le plus souvent, le juge de
Police connaît Ses affaires qui ont été constatées par un P.V.
d’OPJ qui lui est soumis directement ou par son propre PV; en
ce cas, il est saisis par les modalités; citation, comparution
volontaire.

2 Le juge de paix, dans l’hypothèse où le Ministère


public n’est pas représenté auprès du tribunal de paix par un
OPJ à compétence générale (et c’est presque toujours le cas),
remplît les fonctions du Ministère public auprès de sa propre
juridiction

2) Il y a ensuite le cas de délit d’audience:


Procédure pénale
Page 132 sur 417

2.1. On appelle délit d’audience toute infraction


commise dans la salle et pendant la durée de l’audience.

2.2. Au plan de la terminologie, il nous faut observer


qu’en droit congolais, l’expression “délit d’audence’ est
impropre pour deux raisons; d’abord le Droit pénal ignore la
répartition des infractions en trois catégories: contravention,
délit, crime qui entraîne les conséquences au point de vue de fa
compétence matérielle des juridictions appelées à les juger;
ensuite en droit congolais, c’est toute infraction qui peut être
sanctionnée séance tenante.

2.3. L’Ord loi n° 70/012 du 10 mars 1970 qui l’organïse


prévoit du point de vue de la procédure qu’en ce cas,
l’infraction peut être juqée séance tenante. cst donc une
question dappcc:aton et non pas d’opportunité de juger mais de
l’appréciation juridique consistant pour e tribunal à examiner si
l’infraction ainsi commise rentre ou pas dans le cadre de sa
compétence matérielle si le tribunal décide de juger séance
tenante cette infraction. Le Président fait dresser un PV par le
greffier, il interroge le prévenu et entend les témoins le cas
échéant, après avoir entendu l’Officier du Ministère public; le
tribunal prononce sans désemL les peines prévues par la loi.

L’expression “sans désemparer” veut dire que te


tribunal doit, le jour même statuer pour permettre une remise
d’audience. Mais nous sommes d’avis que cette expression ne
S’oppose pas à ce que e tribunal puisse surseoir
momentanément l’audience pour délibérer et rendre le
jugement sur ce délit d’audience le même Jour.
Procédure pénale
Page 133 sur 417

2.4. L’Art.2 de lOrd loi précité dispose “en moins qu’il


ne bénéficie d’un privilège de juridictions reconnu par la
constitution, l’auteur de l’infraction pourra être condamné par e
tribunal devant lequel le fart aura été commis, à condition que
la peine à appliquer sort de la compétence de cette juridiction
quand elle siège en matière répressive. De cette formulation
légale découlent Ses conséquences suivantes:

a) La procédure de délit d’audience s’applique


également à l’endroit des bénéfciaires du privilège de
juridiction, lorsque ce privilège est garanti par une simple loi;

b) Dans la pratique, la procédure de délit d’audience


risque d’être de rare application. En effet.

3 Si le délit d’audience est commis devant la C.S.J. par


un bénéficïaire du privilège de juridiction de cette cour, ce délit
d’audience ne pourra pas souvent être jugé par la CSJ étant
donné que l’art.2 de lOrd-loi sous examen écarte de son champ
d’application le” bénéficiaires du privilège de juridictions
garanti par la constitution, parce que la majorité des justiciables
de la cour suprême de justice tiennent leur privilège de A
juridiction des dispositions constitutionnelles. Dans I’Etat
actuel de l’évolution de nos institutions politiques, les seuls
justiciables de !a CSJ dont le privilège de juridiction n’est pas
garanti par la constitution sont le magistrats de la cour de
compte qui peuvent donc en ce cas de délit d’audience être
jugés par la cour suprême; la sente objection juridique qui
pourra être soulevée est lOrd-loi sous examen semble dans

Procédure pénale
Page 134 sur 417

sformulation., réserver la procédure du délit d’audience au juge


naturel désigne sous l’angle de la compétence matérielle.

C’est cette considération qui va rendre impossible de


la procédure de délit d’audience commis devant la cour
Suprême par une personne qui n’est pas justiciable de la cour
suprême; celle-ci ne pourra pas statuer parce qu’elle n’a pas
compétence en la matière; sa compétence en matière pénale, en
statuant en premier et dernier ressort étant purement
personnelle.

4 Si le délit d’audience commis devant la cour


d’appel, l’on doit faire une distinction:

5 s’il est commis par un bénéficiaire du privilège de


cette cour l’on pourrait soutenir que cette procédure peut
s’appliquer, mais l’on va se heurter à la formulation légale de
‘art 2 de lOrd-loi sous examen qui subordonne l’application de
cette procédure à la condition de la compétence matérielle, or
nous savons que ta cour d’appel n’a pas encore matière
répressive au premier degré de compétence matérielle mais une
compétence personnelle.

6 Si le délit d’audience est commis par un non


bénéficiaire du privilège de la cour d’appel, cette procédure ne
pourra pas s’appliquer parce que ta cour ‘statuant au premier
degré n’a pas une compétence matérielle au plan général.

7 Si le défît d’audience est commis devant un tribunal


de grande instance ou devant un tribunal de paix, la procédure
ne pourra s’appliquer que si l’infraction est de la compétence

Procédure pénale
Page 135 sur 417

matérielle de ce tribunal. C’est dire que le tribunal de grande


instance ne pourra, pas appliquer la procédure du délit
d’audience à l’égard de ceux qui bénéficient de son pouvoir de
juridiction.

2.5. Le délit d’audience est concevable même si le


tribunal siège en matière commerciale, sociale ou coutumière.

2.6. LOrd loi prévoit la possibilité d’appel sauf si la


condamnation décide de juger séance tenante cette infraction.
Le Président fait dresser un PV par le greffier, il interroge le
prévenu et entend les témoins le cas échéant, après avoir
entendu l’Officier du Ministère public; le tribunal prononce
sans désemL les peines prévues par la loi

L’expression “sans désemparer” veut dire que te


tribunal doit, le jour même statuer pour permettre une remise
d’audience. Mais nous sommes d’avis que cette expression ne
S’oppose pas à ce que e tribunal puisse surseoir
momentanément l’audience pour délibérer et rendre le
jugement sur ce délit d’audience le même Jour.

2.4. L’Art.2 de lOrd loi précité dispose “en moins qu’il


ne bénéficie d’un privilège de juridictions reconnu par la
constitution, l’auteur de l’infraction pourra être condamné par e
tribunal devant lequel le fart aura été commis, à condition que
la peine à appliquer sort de la compétence de cette juridiction
quand elle siège en matière répressive. De cette formulation
légale découlent Ses conséquences suivantes:

Procédure pénale
Page 136 sur 417

a) La procédure de délit d’audience s’applique


également à l’endroit des bénéfciaires du privilège de
juridiction, lorsque ce privilège est garanti par une simple loi;

b) Dans la pratique, la procédure de délit d’audience


risque d’être de rare application. En effet.

3 Si le délit d’audience est commis devant la C.S.J. par


un bénéficïaire du privilège de juridiction de cette cour, ce délit
d’audience ne pourra pas souvent être jugé par la CSJ étant
donné que l’art.2 de lOrd-loi sous examen écarte de son champ
d’application le” bénéficiaires du privilège de juridictions
garanti par la constitution, parce que la majorité des justiciables
de la cour suprême de justice tiennent leur privilège de la
juridiction des dispositions constitutionnelles. Dans I’Etat
actuel de l’évolution de nos institutions politiques, les seuls
justiciables de la CSJ dont le privilège de juridiction n’est pas
garanti par la constitution sont le magistrats de la cour de
compte qui peuvent donc en ce cas de délit d’audience être
jugés par la cour suprême; la sente objection juridique qui
pourra être soulevée est lOrd-loi sous examen semble dans
sformulation., réserver la procédure du délit d’audience au juge
naturel désigne sous l’angle de la compétence matérielle.

C’est cette considération qui va rendre impossible de


la procédure de délit d’audience commis devant la cour
Suprême par une personne qui n’est pas justiciable de la cour
suprême; celle-ci ne pourra pas statuer parce qu’elle n’a pas
compétence en la matière; sa compétence en matière pénale, en

Procédure pénale
Page 137 sur 417

statuant en premier et dernier ressort étant purement


personnelle.

4 Si le délit d’audience commis devant la cour


d’appel, l’on doit faire une distinction:

5 s’il est commis par un bénéficiaire du privilège de


cette cour l’on pourrait soutenir que cette procédure peut
s’appliquer, mais l’on va se heurter à la formulation légale de
‘art 2 de lOrd-loi sous examen qui subordonne l’application de
cette procédure à la condition de la compétence matérielle, or
nous savons que ta cour d’appel n’a pas encore matière
répressive au premier degré de compétence matérielle mais une
compétence personnelle.

6 Si le délit d’audience est commis par un non


bénéficiaire du privilège de la cour d’appel, cette procédure ne
pourra pas s’appliquer parce que ta cour ‘statuant au premier
degré n’a pas une compétence matérielle au plan général.

7 Si le défît d’audience est commis devant un tribunal


de grande instance ou devant un tribunal de paix, la procédure
ne pourra s’appliquer que si l’infraction est de la compétence
matérielle de ce tribunal. C’est dire que le tribunal de grande
instance ne pourra, pas appliquer la procédure du délit
d’audience à l’égard de ceux qui bénéficient de son pouvoir de
juridiction.

2.5. Le délit d’audience est concevable même si le


tribunal siège en matière commerciale, sociale ou coutumière.

Procédure pénale
Page 138 sur 417

2.6. LOrd loi prévoit la possibilité d’appel sauf si la


condamnation

Pour le prévenu et la partie civilement responsable, ce


délai est de huit jours. C’est-à-dire que nile jour de la
signification (die a qua), ni le jour de la comparution (die ad
quem) ne sont comptés.

Ce délai est augmenté du délai de distance calculé en


raison d’un jour par cent kilomètres. Les fractions
supplémentaires n’entrent pas en ligne de compte, le délai de
distance est forfaitairement fixé à trois mois si la personne cité
se trouve à l’étranger ou si son domicile est inconnue. Une vive
controverse divise les doctrines et même la jurisprudence quant
au point de savoir quel est le moyen de communication qui doit
servir de base pour évaluer la distance.

Il a été soutenu que c’est la distance à vol d’oiseau qui


doit être prise en considération la droite géographique. Nous
partageons quant à nous l’opinion suivant laquelle le délai de
distance ne doit pas se calculer de manière abstraite, sur la
droite la plus directe entre la distance du cité et e lieu du
tribunal, il faut à notre avis tenir compte des ressources du cité
en rapport avec les divers moyens de transport utilisables dans
la région, dans cette optique la distance varie selon l’état des
ressources de la personne citée.

La partie lésée et le témoin peuvent dans tous les cas,


être cités à comparaître e même jour sauf respect du délai de
distance (art. 64 du C.C.P.). Dans les cas qui requièrent célérité,

Procédure pénale
Page 139 sur 417

te juge, par décision motivée dont connaissance sera donnée


avec la citation au prévenu et le cas échéant à la partie
civilement responsable, peut abroger le délai de 8 jours lorsque
la peine combinée ne dépasse pas cinq ans de prison ou ne
constitue qu’une amende.

C’est la partie poursuivante qui, par requête, sollicite


cette abréviation de délai en s’adressant au président de la
juridiction saisie, qui y répondra par voie d’ordonnance. î est à
noter que la loi n’autorise l’abréviation que du seul délai
ordinaire, à l’exclusion du délai de distance. Ce qui est
regrettable car dans un pays comme le notre aux dimensions
quasi-continentales, le délai de distance peut facilement
dépasser le délai ordinaire qui. Seul peut être abrégé. Dès lors U
est permis de se demander si en cas d’abréviation de délai, la
personne citée n’est pas sans défense, une remise pour
permettre au prévenu d’organiser sa défense doit être accordée
chaque fois que le bien-fondé de la demande est justifié.

Section 3. La compétence répressive des juridictions


congolaises.

La matière de la compétence des juridictions


répressives congolaises avait fait l’objet d’une abondante étude
dans le cours de l’Organisation et Compétences judiciaires Qu’il
s’agisse de compétence ratione materiae, ratione loci, ou ratione
personae il serait intéressant pour l’étudiant de lire son cours de
l’OCJ. Cette section sera plutôt consacrée aux exceptions à la

Procédure pénale
Page 140 sur 417

règle normale des compétences qualifiées de prorogation de


compétence.

Nous verrons tour à tour, les cas de pluralité des


prévenues du concours d’infractions de la célérité dans
l’administration de la justice, du renvoi pour cause de sûre :(
oblique ou de suspicion légitime, et les cas de disqualification
des faits et les cas de conflit de compétence.

§.1. Pluralité des prévenus.

Lorsque plusieurs personnes sont poursuivies


conjointement comme co-auteurs ou comptées d’un, (fraction
ou d’infractions connexes, le Tribunal compétent
territorialement pour juger l’une d’elle est compétente pour
juger toutes les autres. La disjonction de poursuite au cours des
débats laisse subsister la prorogation de compétence (Art. 104,
COCJ)

Lorsque plusieurs personnes justiciables de


juridiction de nature ou de rang différents son poursuivies en
raison de leur participation à une même infraction ou des
infractions connexes, elles sont figées l’une et l’autre par la
juridiction ordinaire compétente du rang le plus élevé ( Art 100:
COCJ) L’on doit cependant noter qu’il y a des cas où tes
prévenus civils qui commettent des infractions en participation
criminelle avec I les prévenus militaires ou commettent avec
eux des infractions connexes comparaissent néanmoins devant
une juridiction militaire pour y être jugés ensemble avec les

Procédure pénale
Page 141 sur 417

prévenus militaires, c’est le cas notamment lorsque des civils


provoquent, engagent ou assistent un ou plusieurs militaires à
commettre une infraction à la loi ou au règlement militaire:
C’est aussi le cas lorsque des civils commettent des infractions
dirigées contre armée, son matériel ou ses établissements ou au
sein de l’armée (Art. 127, CJM) combiné avec l’article 100
COCJ); c’est également le cas lorsque un civil est auteur ou
complice des infractions imputables à des justiciables étrangers
à l’armée (Art. 109. CJM); le civil peut également être jugé par
un tribunal militaire lorsqu’il commet une infraction d’audience
à l’audience d’un tribunal militaire ou même lorsqu’il est
poursuivi pour avoir commis une infraction à l’époque où il
était militaire.

§2. Concours d’infractions.

Lorsqu’une personne est poursuivie simultanément


du chef de plusieurs infractions qui sont de la compétence des
juridictions de nature ou de rang différents, la juridiction
ordinaire du rang le plus élevé compétent en raison de l’une
des infractions l’est aussi pour connaître de toutes les autres.
(Art. 99, coq).

§3. Les besoins de célérité dans l’Administration de la justice

Lorsqu’un inculpé a été amené au parquet où se


trouve le siège ordinaire d*un tribunal pour le besoin
d’instruction préparatoire relative à des faits paraissant par leur
nature ou en raison de leur connexité de la compétence

Procédure pénale
Page 142 sur 417

matérielle et territoriale de ce tribunal, tout tribunal d’un rang


inférieur ayant le même siège ordinaire pour connaître des faits
s’il est compétent en raison de la matière (art 106 C ocJ)

§.4. Le renvoi pour cause de sûreté publique ou de


suspicion légitime (Art. 83, COCJ)

Il y a renvoi pour cause de sûreté publique, lorsque le


climat social ou politique du lieu où siège le tribunal naturel est
détérioré au point qu’il ne soit plus possible de rendre la justice
dans toute sérénité.

Il y a renvoi pour cause de suspicion légitime, lorsque


par suite de te récusation des juges ou encore lorsque
l’ensemble des magistrats composants le siège se trouvent être
légitimement suspecté (Rumeurs publiques) le siège ne peut
plus être constitué. La récusation peut être due au fait que l’on
craint que le tribunal n’ait pas l’indépendance ou i’impartialité
requise pour rendre un jugement équitable.

§.5 La prorogation pour disqualification des faits. (Art 103,


COCJ)

Si un tribunal est saisi des faits suivant une


qualification qui (es fait rentrer dans sa compétence mais qu’il
apparaisse en cours d’instruction, que ces faits eussent dû être
qualifiés autrement et qu’ils rentrent dans le cadre de la
compétence d’un tribunal inférieur, le tribunal saisi doit
néanmoins statuer sur l’action publique et éventuellement sur

Procédure pénale
Page 143 sur 417

l’action civile et les dommages intérêts à allouer d’office sur


pied de I’ Art 108 du cocj.()

§.6. Les conflits des compétences

Ces conflits sont de trois ordres: la litispendance, le


règlement des juges ou conflit de Juridiction et le conflit
d’attribution.

La Litispendance existe lorsque deux ou plusieurs


juridictions compétentes se trouvent saisies d’un même fait
concernant les mêmes parties. L’Article 142 du cocj présente de
manière hiérarchisée les solutïons en cas de Litispendance. Il y a
règlement des juges lorsque deux ou plusieurs juridictions
judiciaires statuant en dernier ressort se déclare compétentes
pour connaître d’une même demande mise entre les mêmes
parties.

L’Article 69 de lOrd- loi n82-O17 du 31 mars 1982


relative à la procédure devant la CSJ règle les conflits de
juridiction ou les règlements des juges commettent des
infractions dirigées contre armée, son matériel ou ses
établissements ou au sein de larmée (Art. 127, CJM) combiné
avec l’article 100 COCJ); c’est également le cas lorsque un civil
est auteur ou complice des infractions imputables à des
justiciables étrangers à l’armée (Art. 109. CJM); le civil peut
également être jugé par un tribunal militaire lorsqu’il commet
une infraction d’audience l’audience d’un tribunal militaire ou

Procédure pénale
Page 144 sur 417

même lorsqu’il est poursuivi pour avoir commis une infraction


à l’époque où il était militaire.

Section 4: les poursuites contre les justiciables de la cour


supreme de justice.

A. Situation durant la 2ème République

§. 1. Les dispositions communes applicables à tous.

1) L’initiative et la direction de action publique


appartiennent exclusivement au Président de la République (ai-
t, 98, 101 et 114 du CP devant la cour suprême de justice).

2) Le Président de la République autorise par voie


d’ordonnance, l’ouverture des poursuites judiciaires.
Linstruction préparatoire est mené par le Procureur général de
la République (art. 99, 105 et 114 du Code de procédure devant
la CSJ).

3) A issue de l’instruction préparatoire, le dossier est


transmis pour décision au Président de la République qui peut
ordonner le classement sans suite du dossier. Le Président de la
République décide, par voie d’ordonnance, la mise en
accusation devant la CSJ pour fixation d’audience (art.99, 105, et
114 du Code de procédure devant la CSJ).

4) Le procureur général de la République cite le


prévenu devant la CSJ en même temps que les personnes
poursuivies conjointement en raison d’infraction connexe (art.
100, 105 et 114 du Code de Procédure devant la CSJ)
Procédure pénale
Page 145 sur 417

5) Les règles ordinaires de la procédure pénale sont


applicables à l’instruction préparatoire, toutefois la CSJ est seule
compétente pour autoriser la mise en détention préventive,
dont elle déterminée les modalités dans chaque cas, la détention
préventive est remplacée par l’assignation à résidence
surveillée (art.100, 104 et 114 du Code de Procédure devant la
CSJ).

6) La constitution de partie civile n’est pas recevable


devant la CSJ, la cour ne peut non plus statuer sur les Di et
réparation qui peuvent être dus en vertu de la loi, de la
coutume, des usages locaux. L’action civile ne peut être
poursuivie qu’après l’arrêt définitif de la cour et devant des
juridictions ordinaires (art.100, 107 et 114 du Code de
Procédure devant la CSJ)

7) L’instruction à l’audience et l’exécution de l’arrêt


sont soumises aux règles ordinaires de la procédure pénale (art.
100,107 et 114 du Code de Procédure devant la CSJ)

8) La décision de libération conditionnelle pourra être


prise que par le président de la République suivant les
modalités du droit commun (art 100, 108 et 114 du Code de
Procédure devant la CSJ).

§[Link] particulières

1. Constat des infractions ou plaintes à charge des


hommes politiques autres que les membres du gouvernement

Procédure pénale
Page 146 sur 417

(Président des Assemblées régionales et gouverneurs des


régions) L’OMP ou ‘OPJ saisi transmet son P.V. au PGR après
en avoir avisé ses chefs hiérarchiques de L’ordre judiciaire.

Le PGR ordonne immédiatement toutes les mesures


commandées par les circonstances de la cause

Il en saisit le Président de la République (art.99)

2. Constat des infracons ou plaintes are des


membresouvernement

L’OMP ou I’OPJ qui reçoit une plainte, une


dénonciation qui constate ‘existence d’une infraction à charge
d’une personne qui, au moment de la plainte, est même du
gouvernement qui, au moment où le fait a été commis était
membre du gouvernement, transmet son P V directement au P
G R et s’abstient de tout autre devoir (art 102 du Code de
Procédure devant la CSJ)

3. Poursuite contre le PGR

Si le PGR est lui-même en cause, le ministre de la


justice fera njonction au 1 avocat général près la cour suprême
de justice (art.114 du Code de Procédure devant la CSJ).

Poursuites contre les députés

1. Constat des infractions ou plaintes à charge des députés.

L’OMP ou l’OPJ qui reçoit une plainte ou une


dénonciation ou constate l’existence d’une infraction à la charge
Procédure pénale
Page 147 sur 417

d’une personne, qui, au moment de la plainte ou du constat, est


député, transmet son P V directement au PGR et avise son chef
direct ou hiérarchique de l’ordre judiciaire.

2. La levée de l’inviolabilité parlementaire

Si le PGR estime que la nature des faits et la gravité


des indices relevés justifient l’exercice de l’action publique, il
dresse au président de l’assemblée nationale un réquisitoire aux
fins de poursuivre (art 10 du Code de Procédure devant la CSJ)

Un député ne peut durant la session parlementaire


être poursuivi ou arrêté en matière répressive, sans
l’autorisation de l’assemblée nationale.

La détention d’un député ou les poursuites contre ce


membre sont suspendues si l’assemblée nationale requiert, mais
cette suspension ne peut dépasser la durée de la session en
cours ‘art.97 de la constitution). En dehors des sessions aucun
député ne peut être poursuivi ou arrêté sans rautorisation du
bureau de l’assemblée nationale. Le bureau en informe
l’assemblée nationale à la prochaine session.

3. La décision de libération conditionnelle d’un


député est prise par le ministre de la justice.

4. Les autres dispositions de procédure concernant la


citation, la détention préventive, la mise en accusation,
l’instruction en audience, l’action civile et l’exécution de l’arrêt
sont les même que celles qui régissent les poursuites contre les
autres justiciables de la CSJ.

Procédure pénale
Page 148 sur 417

B. L’état de la question durant la transition

La combinaison de l’art.102 de l’ACT et de l’art.98


actualisé du code de I’OCJ donne la liste suivante:

• Le Président de la République
• Les membres du parlement
• Les membres du gouvernement
• Les magistrats de la CSJ et du parquet G.R
• Les gouverneurs des provinces
• Les présidents des conseils provinciaux
• Les membres de la cour des comptes
• Les compagnons de la révolution

C. L’état de la question dans la constitution du 18février2006

L’on peut affirmer que les immunités et privilèges du


président de la république et du premier ministre se trouvent
consacrer dans la constitution actuelle dans notre pays.

L’article 163 spécifie que c’est la cour


constitutionnelle qui sera le juge pénal de ces deux hautes
personnalités de l’Etat.

L’on peut aussi affirmer que les membres du


gouvernement et les parlementaires jouissent de l’inviolabilité
Car en effet, la procédure de la levée d’immunités est encore
consacrée dans notre droit.

Procédure pénale
Page 149 sur 417

Section 5: la saisine civile des tribunaux repressifs

§1. Le titulaire de l’action civile

Une personne morale ou physique victime d’une


infraction peut porter action civile devant une juridiction
répressive en vue d’obtenir réparation du préjudice subi.

L’incapable et les personnes morales peuvent agir par


la personne physique qui e qualité pour ester en justice en leur
nom les ayants droits de la victime ont le droit d’exercer l’action
civile devant la juridiction répressive.

Au Congo, le MP n’a pas la mission d’agir dans


l’intérêt du patrimoine des personnes publiques, chaque
personne physique agit par ses organes propres.

L’on peut discuter cde fait de savoir si ‘art.8 du COCJ


est d’application dans un procès pénal en ce qui a trait à la
défense des intérêts civils de la partie lésée.

L’art.8 précité utilise l’expression en matière de droit


privé. A notre avis cette expression ne doit pas être entendue au
sens étroit de procès de droit privé, ce qui permet de concevoir
l’application des alinéas 3 et 4 à une personne physique lésée
qui pourra ainsi bénéficier de l’assistance gratuite par un
conseil.

Procédure pénale
Page 150 sur 417

§.2. Les juridictions compétentes

Toutes les juridictions peuvent recevoir l’action civile


pour la réparation du dommage causé par une infraction, même
devant une juridiction militaire, l’action pour la réparation
civile du dommage causé par une infraction peut être
poursuivie par la partie lésée ou se constituant partie civile en
même temps et devant les mêmes juges que l’action publique. Il
en est de même des demandes des Dl. formées par e prévenu
contre les co-prévenus.

Mais l’action civile est irrecevable devant la CSJ


lorsqu’elle siège comme juridiction de fond statuant en premier
et dernier ressort. Les actions coutumières peuvent recevoir
l’action civile si telle est la coutume de leur ressort.

Elles ne peuvent jamais recevoir l’action civile d’un


étranger.

§3. L’objet de l’action civile

La partie lésée par une infraction formulera une


prétention â la réparation adéquate du préjudice causé par
l’infraction. Aussi, devant être établis les faits in fractionnels,
puisque c’est une condition d’existence de son action, mais il ne
lui appartient pas de demander une peine

En quoi peut consister une réparation 2 Généralement


« elle consiste en allocution des Dl. », mais la partie civile peut
postuler d’autres réparations

89 restitutions, destruction d’ouvrage,

Procédure pénale
Page 151 sur 417

90 publications des jugements, etc....

Le code de la famille a introduit dans l’arsenal du


droit civil des sanctions typiquement africaines puisées dans les
coutumes congolaises, tels des Dl, en nature (offre d’une poule,
d’une chèvre, etc...) et des rites expiratoires pour réparer une
faute (code de la famille, art 461 et 462).

Le préjudice matériel s’évalue suivant la perte causée


au patrimoine de la victime. Le préjudice moral, la
compensation des souffrances physiques ou psychiques d’un
dommage esthétique, d’un deuil etc.,. Sont délicats à apprécier,
les sommes que la partie civile peut réclamer ne peuvent jamais
en ce cas compenser le préjudice subi, elles ont plutôt le
caractère d’une consolation.

Qu’en est-il de la réparation du droit indirect ?

La jurisprudence congolaise à jugé à plusieurs


reprises que la réparation des dommages ne pouvait en
matières pénales s’étendre en dehors des conséquences directes
de l’infraction O

Mais la tendance actuelle, surtout en droit belge, est


d’admettre la réparation du dommage indirect, mais encore
faut-il qu’il y ait entre le fait culpeux et le dommage, un lien
revêtait un caractère de nécessité.

§4. L’étendue de la saisine civile.

La partie civile peut postuler réparation de tout


préjudice résultant des faits font le tribunal est saisi, et ce

Procédure pénale
Page 152 sur 417

jusqu’à a clôture des débats, au delà de sa demande initiale,


pourvu que ces prétention portent sur ta réparation du
préjudice même si la partie civile a saisi le tribunal par citation
directe, elle peut toujours entendre ses prétentions découlant
des faits infractionnels dont le tribunal est saisi, insistons sur (e
fait que le montant des dommages et intérêts réclamé par la
partie civile n’a aucune incidence sur la compétence matérielle
du tribunal pénal en effet, la valeur des dommages et intérêts
que peut allouer une juridiction pénale, n’a rien à avoir avec la
compétence matérielle de ce tribunal lorsqu’il siège en matière
civile, C’est ainsi qu’un tribunal de paix statuant au pénal peut
allouer des dommages et intérêts se chiffrant à des milliards,
lorsque ce même tribunal statuant au civil voit sa compétence
matérielle limitée à allouer des dommages et intérêts ne
pouvant pas dépasser 5 mille francs congolais.

§[Link] en compte de la situation sociale du prévenu en


matière de condamnation aux dommages et intérêts

Au sujet de la réparation du préjudice subi par la


victime de l’infraction, nous devons noter la position
intéressante adoptée par la procédure pénale française:

1) Le jugement en déclarant l’action civile fondée, lise


le montant des dommages et intérêts en fonction du préjudice
subi, si la relation de cause à effet est établie. La partie civile
peut obtenir en outre les sommes exposées par elle, te juge
détermine le montant de ces sommes (par ex. les honoraires des

Procédure pénale
Page 153 sur 417

avocats) qu’il condamnera le prévenu à rembourser à la partie


civile s’il apparaît inéquitable de les laisser à charge de celle-ci.
La juridiction doit tenir également compte de la situation
économique du condamné et peut pour cette raison rejeter la
demande de la partie civile sur ce point.

2) Pour faire face à l’insolvabilité du prévenu


condamné, la loi française du 06 juillet 1990 a mis sur pied le
système suivant:

a) En cas d’atteinte à l’intégrité corporelle (autres que


celles provenant des accidents de circulation) ayant entraîné
une incapacité totale de travail personne au moins égaie
àAmois ou en cas d’attentat aux moeurs, il y a indemnisation de
la victime par le trésor public qui lui paie Sa réparation
intégrale du préjudice subi. Ce drot est souvent sans limite
maximale, il bénéficie aux étrangers d’un Etat membre de la
C.E.E. ou aux étrangers se trouvant en séjour régulier en France
au jour des faites ou au jour de la demande, sous réserve des
traités et accords internationaux.

b) En cas d’atteinte à l’intégrité corporelle


n’entraînant pas une incapacité de travail personnel égale à un
mois ou en cas d’un vol d’une escroquerie ou d’un abus de
confiance, la victime ne peut bénéficier d’une indemnisation de
la part du trésor public que si elle ne peut obtenir à un titre
quelconque une réparation effective et suffisante et qu’elle se
trouve de ce fait dans une situation matérielle grave, en outre,
ses ressources doivent être au plafond prévu en matière d’aide
juridique. Notons enfin que la loi du 08 juillet 1983 punit des
Procédure pénale
Page 154 sur 417

peines correctionnelles le fait d’organiser son insolvabilité au


préjudice des victimes ou, du trésor public (j

§.6. Les conditions d’exercice de l’action civile (voir R


Merle et A Vitu op. cit. 4ème Ed. n° 68 à 79)

Ici nous n’examinerons pas les conditions qui


s’expriment sous forme de formalités indispensables que la
victime doit accomplir et sous forme de délais à respecter pour
agir. Il s’agit plutôt des conditions relatives au droit pour la
victime d’être présente au procès pénal.

1. La nécessité d’avoir la capacité d’agir en justice.

L’action civile est une action ordinaire en dommages


& intérêts. En procédure pénale s’imposent donc tes solutions
admises par le droit civil. Rappelons à ce propos que le code
Congolais de la famille considère comme mineur donc
incapable de s’engager juridiquement, l’individu de l’un ou de
l’autre sexe qu n’a pas encore l’âge de 18 ans accomplis
(art.219),

L’enfant mineur reste incapable, les majeurs faibles


d’esprit, prodigues, affaiblis par l’âge ou infirmes sont places
sous curatelle. Ils ne peuvent agir que par l’intermédiaire d’un
curateur (art.215 et suivant). La capacité de la femme marie
connaît certaines limitations. Ainsi la femme mariée doit
obtenir l’autorisation de son mari pour tous les actes juridiques

Procédure pénale
Page 155 sur 417

dans lesquelles elle s’oblige à une prestation qu’elle doit


effectuer en personne (art 215 et 448 du code de la famille)

2. L’exigence d’un dommage pénal

L’action civile ne peut être portée devant le tribunal


pénal que l’accessoire de l’action publique; en d’autres termes,
une Juridiction répressive ne peut accueillir l’action civile s’il n
y a pas eu commission d’une infraction punissable et publique
est elle-même irrecevable; c’est pourquoi il est exigé un
dommage pénal qui est caractérise par trois éléments:

2.1. L’infraction doit être effectivement punissable

L’action civile doit avoir pour origine une infraction


et le dommage que lui sert de fondement doit découlé des faits,
objet de poursuite. Si le juge pénal constate que les agissements
poursuivis échappent à toute pression. il doit acquitter la
personne poursuivie et déclarer irrecevable la demande en
réparation même si ces agissements peuvent justifier au civil
l’octroi des dommages et intérêts. Notons à ce sujet que le droit
Congolais ne déroge pas â l’instar du droit français, au principe
qui vient d’être expose. En droit français, le législateur a prévu
des hypothèses dérogatoires; C’est ainsi qu’il prévoit que la
cour d’assises, qui acquitte ou absout un accusé, à la
responsabilité d’accordé à la victime régulièrement constituée
des dommages et intérêts mais en ce cas la cour doit constater la
faute de l’accuse et établir que cette faute résulte des faits qui
sont l’objet de l’accusation.

Procédure pénale
Page 156 sur 417

Cette solution se justifie dans l’hypothèse ou le jury


d’assises donne réponse négative à une question unique de
culpabilité; cette réponse laisse incertain le motif réel de
l’acquittement : est-ce l’absence de fait matériel la non
participation, le défaut d’intention criminelle ? Bref, la cour
d’assises peut accueillir l’action de la victime à condition de ne
pas contredire le verdict rendu s il suffit d’affirmer que l’accusé
à commis une faute.

La loi française prévoit une autre hypothèse


dérogatoire en cas de relaxe prononcée par le tribunal
correctionnel ou de police dans une poursuite du chef
d’homicide ou de blessure par imprudence. En cas el pour
éviter un second procès devant la juridiction civile alors qu’il a
en main tous les éléments permettant d’apprécier le prélude, le
juge pénal demeure compétent même s’il prononce la relaxe,
pour accorder, en application des règles du droit civil,
réparation de tous dommages résultants des faits qui ont fondé
la poursuite. Cette hypothèse dérogatoire est cautionnée au seul
domaine des homicides et blessures volontaires, à l’exclusion
de tous autres délits ou contraventions.

2.2. Le dommage doit être un préjudice direct.

C’est-à-dire un dommage uni par un lien de cause à


effet à l’infraction Nous avons déjà eu à traiter plus haut de la
possibilité de réparer un prêjudce ndirect

Procédure pénale
Page 157 sur 417

2.3. Ildoit s’agir dune atteinte portée à un intérêt pénalement


protégé

Le préjudice allégué ne peut être pris en


considération que s’il a été causé à un intérêt pénalement
protégé. Il n’y aura donc pas réparation si l’infraction de par sa
faute, est exclusive de tout dommage individuel car sa
commission ne peut être qu’un préjudice social. Mais c’est ici
que le bât blesse; quand une disposition pénale a-t-elle pour
objet exclusif de protéger l’intérêt social? Car l’on peut
logiquement et légalement soutenir qu’à titre ou à un autre,
toutes les lois contenant des incriminations pénales ont pour
but la protection de l’intérêt général.

Bref, il est préférable qu’au lieu d’adopter un critére


général vague que celui d’incrimination d’intérêt L’on puisse
examiner, dans chaque cas d»espèce, si la partie civile peut se
prévaloir d’un indispensable préjudice direct et personnel

3. L’exigence d’un dommage actuel et certain (l’on dit


aussi né et actuel),

Le préjudice invoqué doit exister au moment de la


mise en mouvement de l’action. Un préjudice incertain ou
éventuel ne peut pas permettre d’agir en Justice Mais on peut
invoquer future, un dommage mais dont la réalisation à venir
est d’ores et déjà certaine.

4. La nécessité d’un préjudice personnel.

Procédure pénale
Page 158 sur 417

L’action peut être exercée par tous ceux qui


personnellement souffrent du dommage directement causé par
l’infraction.

4.1. La victime et ses héritiers

L’action civile appartient à la victime de l’infraction.


Qu’en est-il des ascendants, des descendants et du conjoint
d’une victime demeurée infirme ou gravement atteinte à la
suite d’une infraction de coup et blessures? Sont-ils recevables à
se constituer en invoquant le préjudice moral qu’eux-mêmes
subissent ? La doctrine est affirmative en revanche la
jurisprudence française est hostile et déclare que .a douleur
d’affection n’est pas subie personnellement par ces victimes,

Cette solution jurisprudentielle est critiquable car


l’épouse d’un homme jeune, devenu grabataire à e suite d’un
accident de la circulation doit pouvoir invoquer devant une
juridiction pénale le grave dommage réel, qu’elle subit dans sa
vie familiale et conjugale.

En cas de décès de la victime directe de l’infraction,


quels sont les droits de ses héritiers? L’on peut envisager trois
situations;

Si l’infraction a été commise avant la mort de la


victime, l’action civile que possédait la victime se transmet à ses
héritiers. Si la victime avait elle-même agit en justice avant son
décès, ses héritiers peuvent continuer l’instance ouverte par
elle. Si la victime n’a pas intenté son action avant de mourir, la
jurisprudence française (chambre criminelle de la cour de

Procédure pénale
Page 159 sur 417

cassation) avait d’abord estimé que ses héritiers pouvaient se


pourvoir en justice du chef de dommage maténel souffert par la
victime mais pas du chef du préjudice moral ressenti par elle,
par la suite cette jurisprudence a décidé que les héritiers
reçoivent dans la succession du de cujus, sans aucune
distinction, le droit à la réparation du préjudice moral aussi
bien que du dommage matériel.
b) Si l’infraction a causé la mort immédiate de la victime
(exemple meurtre, homicide involontaire), en ce cas, les
héritiers ne recueille pas d’action civile du chef de la victime.
Les ayants cause du défunt ne peuvent exercer que i’action née
en leur propre personne.

C) Si l’infraction s’est produite après la mort de la


victime (cas d’infraction d’attaque à fa mémoire du défunt:
injure, diffamation), la loi sur la presse en France, ne permet
l’action en Justice des héritiers, épouse ou légataires universels
que dans le cas où le coupable à travers la personne du de
cujus, avait l’intention de nuire à ses ayants cause vivants, qui
doivent être alors personnellement éclaboussés par les
allégations ou les imputations dirigées contre le défunt

4.2. Les tiers intervenants

En procédure civile, l’on connaît l’institution de


l’intervention qui a pour résultat de mêler à un procès déjà
engagé un tiers qui était pas partie pour qu’il défende ses
propres droits ou ceux d’une partie en cause L’intervention est

Procédure pénale
Page 160 sur 417

volontaire quand te tiers prend l’initiative de sa démarche; elle


est forcée quand il est appelé par l’une des personnes figurant
déjà au litige. Courante en procédure civile, l’intervention est
rare en procédure parce qu’en dehors de la victime. Elle-même
agissant contre le prévenu ou de la personne civilement
responsable appelée aux côtés de ce dernier, des tiers puissent
intervenir au procès pénal même en invoquant un intérêt
certain, à moins d’être expressément autorisés par un texte.

C’est ainsi que le créancier de la victime ne peut pas


se constituer partie civile au nom de son débiteur, victime d’une
infraction qui néglige de fare valoir ses droits, parce que
l’action civile doit être réservée à ceux qui ont personnellement
souffert de l’infraction, car le créancier agissant au nom de son
débiteur n’invoque pas un préjudice personnel. C’est cette
même considération qui ne peut permettre au cessionnaire de
l’action en réparation d’agir devant une juridiction pénale parce
que l’aspect revendicatif que revêt l’action civile portée devant
les juridictions répressives interdit qu’elle soit exercée par
d’autres que ceux qui ont subi en leur personne te dommage né
de l’infraction.

En France, le code des assurances prévoit que les


assureurs amenés à garantir le dommage, c’est-à-dire les
assureurs du prévenu, de la personne civilement responsable et
de ta partie civile peuvent [Link] dans le
procès pénal et y être appelés en cause; pour faciliter cette
intervention volontaire ou forcée, Fauteur d’infraction et la
victime doivent indiquer dès l’enquête de police le nom et

Procédure pénale
Page 161 sur 417

l’adresse de leurs assureurs respectifs, ainsi que le numéro de


police d’assurance.

§.7. Sort de l’action civile selon le sort réservé à l’action


publique

L’action civile connaît une issue variable selon le sort


réservé à l’action publique. Ainsi:

1. Si le tribunal répressif est incompétent


matériellement il y aura irrecevabilité de l’action civile.

2. Si le prévenu est acquitté. Sa juridiction répressive


se déclare incompétent pour connaître de l’action civile.

3. Si la loi pénale est abrogée, l’action publique


devient sans objet toutefois l’on continue à soutenir qi: l’action
civile doit recevoir une suite car (e préjudice a été causé au
moment de la commission de l’infraction, c’est-à-dire bien
avant que l’abrogation intervienne.

4. Si l’action publique est déclarée fondée, donc si le


prévenu est condamné, l’action civile peut être fondée ou non
selon que la partie civile aura ou non prouvé notamment le lien
de causalité entre le fait dommageable et le préjudice subi.

5. En cas de prescription de l’action publique


intervenue en cours d’instance, il y aura un jugement qui va
constater la prescription de l’action publique, mais la juridiction
répressive reste compétente pour statuer sur l’action civile
valablement intentée avant que la prescription ne soit acquise.

Procédure pénale
Page 162 sur 417

6. En cas de décès du prévenu, survenu avant la


constitution de la partie civile, celle-ci sera déclarée irrecevable
de son action au pénal; car il y a prescription de l’action
publique. Elle pourra toujours introduite une demande en
justice devant les juges civils contre les héritiers du prévenu. Le
décès du prévenu pendant l’instance ne dessaisi pas la
juridiction de l’action civile portée devant elle, seule sera
constatée, la prescription de l’action publique.

7. En cas d’amnistie, il faut retenir que si l’amnistie


intervient avant le procès, le juge répressif constatera que les
faits sont établis mais acquittera le prévenu, il est alors
incompétent pour statuer l’action civile. Si l’amnistie intervient
au moment ou le procès est pendant, le tribunal est obligé
d’examiner la prétention de la partie civile car la loi en
décrétant l’amnistie n’a pu effacer que le caractère infractionnel
du fait, elle n’a pas anéanti le fait en lui-même

§.8. Le désistement de l’action civile

L’action civile intéresse essentiellement des droits


privés dont le titulaire a entière disposition:

C’est-à-dire que le titulaire peut renoncer à toute


prétention aux dommages et intérêts. Mais pour être régulier, le
désistement doit recevoir l’approbation du prévenu qui
pourrait avoir intérêt à le refuser en vue d’introduire une
demande reconventionnelle pour action téméraire et vexatoire.

Procédure pénale
Page 163 sur 417

§9. L’application de l’action civile des adages

Electa una via non datur recursus ad alteram” et” LE CRIMINEL


TIENT LE CIVIL EN ETAT”.

1. ELECTA UNA VIA

A. En droit congolais, cet adage interdit deux choses:

a) Si une partie a épuisé une action, elle ne dispose


plus de l’autre action La décision intervenue ayant autorité de
la chose jugée. Autre chose est le cas où la victime ayant
introduit une action, se désiste ou si sa demande est déclarée
irrecevable sans que le tribunal n’ait vidé le fond.

b) Le titulaire du droit ne peut mener de front et pour


le même objet, l’action civile devant une juridiction répressive
et l’action en justice devant une juridiction civile.

A notre sens, lorsqu’une partie lésée par une


infraction ne se manifeste pas autrement pour exprimer
clairement sa volonté d’assurer elle même la défense de ses
intérêts civils, il y a lieu de- considérer que41e a opérer une
action implicite puisqu’alors la Juridiction saisie de l’action
publique devra statuer d’office sur les dommages intérêts et
autres réparations. L’adage “electa una via “ doit lui être
opposé au cas où, non contente de la décision de la Juridiction
répressive quant au sort réservé à la réparation civile, elle se
raviserait à saisir la juridiction civile compétente

Procédure pénale
Page 164 sur 417

Signalons que cet adage s’applique en droit congolais


en tant que principe générai.

B. En Droit français, l’adage, à la suite


d’interprétation jurisprudentielle, est compris dans un sens
unilatéral.

Si la victime a choisi en premier lieu la voie


répressive, elle peut se désister et reprendre Sa voie civile,
réputée moins sévère pour son adversaire:

1 L’on estime qu’il vaut mieux pour le délinquant être


assigné au civil que prévenu sur le terrain pénal où il risque,
outre une détention provisoire, des pénalités peut-être sévères.

2 Si donc la victime a choisi la voie civile, il faut


refuser définitivement son choix et ne pas l’autoriser, en se
désistant, à ester le délinquant devant un tribunal répressif
Mais on admet que l’interdiction de passer de la vote civile à la
voie pénale doit être écartée tant que le débat civil n’a pas été lié
au fond par un échange des conclusions. La jurisprudence
reconnaît à l’irrecevabilité du choix un caractère d’ordre privé,
le prévenu peut valable renoncer au bénéfice de la régie, s’il
veut au contraire s’en prévaloir, il doit le faire en proposant une
exception in limine litis.

2. Le criminel tient le civil en état.

2.1. Cet adage interdit à la juridiction civile de


poursuivre l’examen de l’action civile dés que l’action publique
est mise en mouvement, et si l’action publique a déjà été mise

Procédure pénale
Page 165 sur 417

en mouvement, e même adage impose d’attendre, pour saisir la


juridiction civile, qu’un jugement définitif sur l’action publique
soit rendu. Ce qui est jugé au pénal doit être regardé comme la
vérité; ainsi on évite une contradiction possible entre les
décisions rendues par les deux juridictions.

2.2. Les conditions d’application de l’adage.

A. L’action publique doit avoir été effectivement mise


en mouvement devant la juridiction répressive compétente soit
par citation à prévenu, soit par citation directe soit encore par la
conduite immédiate de délinquant devant Ta barre du tribunal
en cas d’une infraction intentionnelle flagrante. Rappelons
cependant qu’en procédure pénale congolaise, dès l’instant où
le Ministère public inscrit une cause dans le registre du
ministère public ( R.M.P.) , il décide d’exercer l’action publique
L’on peut des Sors se poser la question de savoir si dès cet
instant l’adage H le criminel tient le civil en état “ s’applique
tant ii est vrai que la saisine effective du tribunal compétent par
le Ministère public marque le temps fort ou le moment
culminant de l’exercice de l’action publique et non son début.

B. Le sursis e statuer ne peut être ordonné que si


l’action publique et l’action civile sont relatives aux mêmes
faits. Rigoureusement parlant, l’action civile dont le jugement
est suspendu c’est l’action en réparation du dommage né de
l’infraction pénale. Mais la jurisprudence, approuvée par la

Procédure pénale
Page 166 sur 417

majorité de la doctrine, estime qu’il faut appliquer l’adage “le


Criminel tient le civil en état” aussi aux actions” à fins civiles”.

On appelle « action à fins civiles » laquelle doit être


distinguée de l’action civile, une action née d’une infraction
mais dont l’objet direct ne vise pas à réparer Se préjudice né
d’infractions, mais plutôt à tirer certaines conséquences civiles
d’une situation que cette infraction a manifestee ou à ramener e
une exécution un droit que l’infraction a pu troubler.
Constituent les infractions à fins civiles notamment:

1 l’action en divorce fondée sur l’adultère;

2 l’action en révocation d’une donation ou d’un legs


pour ingratitude lorsque le bénéficiaire a atteinte à \c vie du
disposant:

3 l’action visant à faire déclarer indigne de succéder


celui qui e donné ou tenté de donner la mort au de cujus

4 l’action en remboursement d’un chèque émis sans


provision...

La jurisprudence est a4llé plus loin en estimant que e


sursis a statuer s’impose chaque fois que l’appréciation d’un
acte servant de fondement à la demande civile dépend du
résultat d’une poursuite pénale ou encore dès que la décision à
intervenir sur l’action publique est susceptible d’influer sur
celle de la juridiction civile.

C. La troisième condition est discutée: l’exigence de


l’identité des parties entre les deux instances, li paraît

Procédure pénale
Page 167 sur 417

préférable de ne pas exiger cette identité; car la contradiction


des décisions est craindre par exempfe si au civil on poursuit la
personne civilement responsable de l’infraction ou si le
demandeur civil est un tiers.

2.3. En droit congolais, cet adage n’est consacré par


aucun texte légal, mais i s’applique en tant que principe général
de droit.

§. 10. Les procédés pour introduire l’action civile

Il y a deux procédés

1. La citation directe

Nous avons déjà étudié ce procédé lors de l’étude des


modalités de saisine du tribunal répressif. Nous savons qu’avec
la citation directe, “l’on force la main du Ministère public qui
devient partie poursuivante.” Retenons que l’objet de la citation
directe est la réparation du préjudice subit par le fait de
l’infraction; les causes de la demande sont l’existence des faits
infractionnels, e préjudice subi et la relation de cause à effet
entre ces faits et le préjudice. La partie citante doit consigner
des frais à peine de voir la citation suspendue. Si par erreur, la
citation directe a été faite sans consignation, le tribunal doit se
dessaisir.

La citation directe n’est donc recevable que si la


juridiction répressive est saisie de l’action publique qui
détermine sa compétence principale. La partie citante, par voie

Procédure pénale
Page 168 sur 417

de citation directe doit définir les faits sur lesquels elle se fonde,
affirmer et prouver l’existence du préjudice, en faire une
évaluation même provisoire et indiquer le lien de causalité La
citation directe sera irrecevable si l’action publique est éteinte
au moment de la citation ou si les faits ne rentrent pas dans la
compétence du tribunal saisi du Ministère Public ou dune autre
victime de l’infraction. Dans ce cas, la citation directe est
recevable et donné lieu soit à la jonction; alors c’est la
constitution de la partie civile par voie incidente, soit au renvoi.
La citation directe produit un certain nombre d’effets: dès le
dépôt de la citation directe, le greffier avertit la partie civile de
‘audience afin d’éviter une procédure de remise, le M.P est
avisé par e greffier.

Si l’affaire n’a connu aucune instruction


préjuridictionnelle, elle devra être instruite à l’audience si elle a
fait l’objet d’une instruction clôturée, le M.P reste maître de
décider quelles pièces il dôpoe au tribunal et à quel moment il
effectue ce dépôt. Si l’affaire est en instruction
préjuridictionnelle, le M.P. peut faire reporter l’action de la
partie privée jusqu’à la clôture de l’instruction. Tant que dure
l’instruction, le dépôt d’une citation directe reste sans effet sur
les pouvoirs du M.P. quant à l’instruction et quant à la
détention de l’inculpé.

Notons que la partie citante peut, en cours d’instance,


majorer ou modifier sa demande, car la saisine de la juridiction
répressive est définie par les faits repris à la citation et non la
qualification pénale ni par la demande de réparation.

Procédure pénale
Page 169 sur 417

L’avantage du procédé de la citation directe est la


possibilité de faire échec aux manoeuvres dilatoires éventuelles
du M.P-, voire à ses négligences ou à une décision
intempestives de classer l’affaire sans suite ou par le paiement
de l’amende transactionnelle. Mais la citation directe a
l’inconvénient de faire peser le fardeau de la preuve sur les
épaules de la partie citante. Surtout lorsque l’affaire n’a fait
l’objet d’aucune instruction par le parquet et le danger est
grand de voir le tribunal rendre un jugement d’acquittement
faute d’éléments de preuve, avec le risque de voir le prévenu
introduire une demande reconventionnelle fondée sur le
caractère téméraire et vexatoire de la citation directe. Rappelons
que l’art. 54 él.2 du CPP interdit de saisir une juridiction par la
citation directe lorsqu’il s’agit de poursuivre une personne qui
bénéficie d’un privilège de juridiction.

2. La constitution de la partie civile en cours d’audience.

Lorsque le M.P. prend l’initiative de exercice de


l’action publique, la victime de l’infraction peut, dès le dépôt du
dossier, se joindre à cette action pour soutenir ses prétentions à
la réparation du préjudice que l’infraction lui a causé. Cette
intervention peut se faire hors des audiences par une
déclaration au greffe, ou à l’audience de la cause par voie de
simples conclusions verbales ou écrites. Le greffier prend acte
de la déclaration ou du dépôt des conclusions en exigeant la
consignation d’une provision pour les frais. La constitution de
la partie civile suppose nécessairement une prétention à obtenir
Procédure pénale
Page 170 sur 417

réparation d’un préjudice causé par l’infraction; mais cette


démarche ne lie cependant pas la partie qui, pouvant se
constituer jusqu’à la clôture des débats, peut par voie de
conséquence, réduire, majorer, ou même modifier totalement sa
demande.

§.11.L’allocation d’office des dommages intérêts à la victime


de l’infraction.

L’art. 108 du COCJ, porte ce qui suit sans préjudice


du droit des parties de se réserver et d’assurer “ elles-mêmes la
défense de leurs intérêts et de choisir la voie de leur choix, les
tribunaux répressifs saisis de l’action publique prononcent
d’office les dommages intérêts et réparations qui peuvent être
dus en vertu de la loi et de la coutume ou des usages locaux.”

Ainsi cette formulation qui vient du code judiciaire


de 1978 vient bouleverser l’ancienne conception du code
judiciaire de 1998 qui réservait les dommages intérêts d’office
uniquement aux indigènes et aux circonscriptions coutumières.
Pour notre part, nous marquons nos réserves en face de cette
institution qui profite, même aux personnes fortunées alors
qu’elle devrait concerner uniquement soit les personnes
financièrement faibles soit les personnes inadaptées à agir en
justice. Ii est à noter aussi que la nouvelle conception des
dommages intérêts alloués d’office paraît viser les personnes
morales Soulignons que l’allocation d’office des dommages -
intérêts n’est pas possible devant la cour suprême siégeant au
premier et dernier ressort. En revanche, elle est possible si la
cour suprême siège en tant que juridiction d’appel sur le fond.
Procédure pénale
Page 171 sur 417

L’on peut sérieusement discuter du tien-fondé de la


position du législateur qui refuse à la cour suprême de justice
statuant en premier et dernier ressort la compétence de statuer
sur ‘action civile. L’absence des travaux préparatoires et des
commentaires afférents à cette disposition légale n’est pas de
nature à éclairer les débats sur ce point.

Selon les auteurs qui avaient eu à rédiger pour la


première fois en 1968 le code de procédure devant la CSJ
(information recueillie oralement), leur souci avait été de
préserver les droits de la partie lésée en lui permettant, en
agissant au civil, de bénéficier du principe du double degré de
juridiction. Cette justification est cependant discutable-, en effet,
l’on voit mal le législateur se préoccuper de façon particulière
des intérêts purement civils de la partie lésée, tout en acceptant
de sacrifier des intérêts autrement plus fondamentaux du
prévenu qui risque ce qu’il a de plus précieux, notamment sa
vie, sa liberté... En toute logique, le législateur aurait dû
concevoir pour le prévenu qui comparait devant la cour
suprême siégeant en premier et dernier ressort, le bénéfice du
double degré de juridiction en prévoyant par exemple que
l’appel soit porté devant les sections réunies, c’est-à-dire devant
une composition de 7 magistrats. Dans ces conditions, la cour
suprême devrait pouvoir statuer également sur l’action civile.

Enfin, terminons sur ce point en insista’t sur le fait


que, la compétence des tribunaux répressifs pour prononcer les
dommages intérêts d’office est très étendue en ce sens que les

Procédure pénale
Page 172 sur 417

tribunaux peuvent condamner d’office aux dommages intérêts


et à toute réparation civile telle que:

1 publication du jugement aux frais du condamné:

2 destructions d’ouvrages, etc....

Ceci marque une nette différence par rapport à


l’ancienne conception du Code judiciaire de 1959 reprise par le
code judiciaire de 1968, laquelle limitait la condamnation
d’office aux dommages intérêts et restitutions. La partie lésée
qui voudrait elle-même assurer la défense de ses intérêts civils
doit en aviser e juge avant la clôture des débats, autrement, le
juge appliquera automatiquement l’art.108. Au ca où le juge du
premier degré acquitte le prévenu ou déclare dans son
jugement ne pas avoir découvert par exemple le lien de
causalité entre le préjudice et le fait, la partie lésée ne dispose
pas du droit d’appel, lequel nest prévu qu’en faveur du
bénéficiaire des dommages intérêts estimés non satisfactoires
(art.96 du CPP). Cette situation qui n’est guère conforme à la
logique est cependant la seule à devoir être appliquée en
attendait que le législateur modifie le texte. Mais la partie lésée
qui ne peut pas bénéficier des effets de l’article 96 du CPP n’est
pas dépourvue pour autant de tout secours, en cas d’appel du
M.P. et si la juridiction d’appel infirme le premier jugement l’art
108 du COCJ sera d’application.

§.12. L’action civile du prévenu

1. Le prévenu peut former devant le tribunal qui juge


des demandes des dommages intérêts contre un co-prévenu

Procédure pénale
Page 173 sur 417

(art. 107 aI.2 du COCJ.). Les hypothèses visées sont les


suivantes:

a) le fait infractionnel poursuivi devant le tribunal a


causé à un co-auteur ou complice, un préjudice qui ne résulte
pas de la corréité ou de la complicité (cas rare);

b) Un co-prévenu a été mis en cause sur fausse


dénonciation du coupable (cas plus fréquent.

2. L’action en dommages intérêts pour action


téméraire et vexatoire de la partie civile.

En application des articles 107 et 139 du COCJ, le


prévenu peut introduire devant le tribunal qui le juge, une
demande fondée sur le caractère téméraire et vexatoire de
l’action de la partie lésée.

L’on peut se demander si cet article en matière


répressive, ne devrait pas se limiter à la citation directe car en ce
cas, c’est l’action de la victime de l’infraction qui oblige le MP à
exercer l’action publique. L’action civile du prévenu contre la
partie civile ne devrait par, à notre sens, être fondée lorsqu’il y
a eu constitution de la partie civile.

Il doit être entendu que pour faire aboutir l’action


reconventionnelle, e prévenu ne doit pas attendre que le
tribunal prononce d’abord son jugement, car en ce cas, il sera
dessaisit ; le prévenu qui entend prouver qu’il a été cité en
justice par la partie lésée, de manière téméraire et vexatoire, car,
en effet, c’est dans le jugement même prononçant sont

Procédure pénale
Page 174 sur 417

acquittement que doit être prise la décision lui alleuant des


dommages-intérêts.

Procédure pénale
Page 175 sur 417

DEUXIEME PARTIE: L’INSTRUCTION A L’AUDIENCE

Introduction

Il est à signaler que ce qui caractérise l’instruction à


l’audience est la phase accusatoire donc elle est orale, publique
et contradictoire.

Ainsi, dans l’audience, il y a : le prévenu et le


ministère public comme parties en procédure pénale,
l’accusateur est le ministère public et l’accusé, c’est le prévenu.

Le fait que les parties répondent aux questions du


juge, c’est ainsi que cette instruction à l’audience est
caractérisée par la phase accusatoire,

NOTION ET LIMITATIONS

1. En quoi consiste-t-elle?

a) Il s’agit pour le tribunal compétent et


régulièrement saisi de connaître les faits et les circonstances qui
appellent l’application de la loi. Pour ce faire, le Tribunal doit se
livrer à une recherche active afin de découvrir tous les éléments
matériels et moraux que la loi considère comme éléments
constitutifs d’une infraction, Ceci accompli, le tribunal devra
déterminer la gravité de ces éléments.

b) L’art 74 du CPP indique un ordre de procéder pour


instruire l’audience. Cet ordre n’est cependant pas prescrit à
Procédure pénale
Page 176 sur 417

peine de nullité (rapport du conseil colonial, 1915), L’essentiel


est que e tribunal parvienne a acquérir une connaissance exacte
et suffisante des faits et qu’il soit informé de toutes les
circonstances objectives et subjectives de la commission de
l’infraction.

c) L’ordre légal du déroulement de l’instruction à


l’audience est corrigé par la pratique judiciaire de la manière
suivante:

1. les P.V de constat ne sont pas lus par le greffier,


l’instruction débute par l’interrogation du prévenu.

2. ensuite sont entendus les témoins.

3. c’est après l’interrogation du prévenu et l’audition


des témoins que le tribunal peut constater des lacunes
éventuelles de l’instruction préparatoire. C’est alors qu’il va
rendre un jugement avant dire droit, c’est-à-dire, un jugement
qui ordonne une mesure d’instruction complémentaire.

4. les résultats de cette instruction complémentaire


seront soumis à la vérification contradictoire en ce sens que le
tribunal va de nouveau interroger le prévenu et entendre les
témoins sur base de ces résultats.

5. c’est après cela que la parole sera donnée à la partie


civile pour qu’elle développe ses conclusions Tout à l’heure
nous aurons, à critiquer la place de la partie civile à ce stade de
la procédure.

6. le MP prend ses réquisitions

Procédure pénale
Page 177 sur 417

7. la parole est ensuite accordée au prévenu et à la


partie civilement responsable s’il y en a, pour la présentation de
leur défense.

8. un tour de parole est accordé aux différentes


parties pour voir si elles ont à répliquer. Ce tour de parole est
accordé dans le respect de l’ordre ci-dessus décrit.

9. c’est après tout cela que les débats sont déclarés


clos.

Nous déplorons pour notre part que la partie civile


puisse intervenir avant le M P. et ce tant au niveau de
‘instruction qu’à celui des débats. Ceci nous paraît illogique:
l’action de la partie civile doit se greffer sur celle du M,P. car
c’est dans la mesure où il y a jugement de condamnation du
prévenu que la partie civile va pouvoir espérer faire aboutir ses
prétentions à la réparation du préjudice né de l’infraction.
Malheureusement, l’ordre théorique légal de l’instruction tout
comme la pratique judiciaire suivie jusqu’ici intervenir la partie
civile avant le MP.

2. Limitations à la liberté de l’instruction

La liberté de l’instruction est cependant limitée de


deux manières:

1. (e tribunal ne peut pas utiliser n’importe quel


moyen pour provoquer la révélation de la vérité jamais il ne
peut recevoir des preuves ou des présomptions qui ont été

Procédure pénale
Page 178 sur 417

obtenues par des voies illicites, C’est dire que l’instruction ne


peut pas conduire à commettre des actes illégaux. C’est tout e
problème de loyauté dans la recherche des preuves. A ce sujet,
voici comment se présente la problématique de cette question:

A) En Droit français

Cette pratique est à examiner à trois niveaux :

a) au niveau du juge pénal: Il lui est interdit


d’ordonner l’emploi des preuves prohibées par l’éthique, telles
les ordalies et la torture.

b) au niveau du juge d’instruction : l’on considère


comme une nécessité impérieuse, que la recherche des preuves
soit conduite selon des procédés corrects en harmonie avec les
valeurs morales admises par la civilisation. L’interrogation doit
être loyale. Une réforme judiciaire intervenue dans le coure de
procédure pénale permet au juge d’instruction en matière
criminelle et en matière correctionnelle, si la peine encourue est
égale ou supérieure à deux ans d’emprisonnement, et que les
nécessité de l’information l’exigent de prescrire l’interception,
l’enregistrement et la transcription des correspondances émises
par vote des télécommunications (art. 100. du CPP, loi n” 91-646
du 10juillet1991). Par cette réforme, le législateur français a
officellernent permis e recours aux écoute téléphon:que mais
dans les conditions précises fixées par la loi.

c) Au niveau de la police judiciaire: La règle de la


loyauté de l’interrogatoire s’applique mais d’une façon plus
nuancée, car la ruse est pour es OPJ une arme fréquemment

Procédure pénale
Page 179 sur 417

employée pour découvrir des preuves; mais la brutalité sous


toutes ses formes (passage à tabac, tortures, interrogatoires à
très longue durée) doit être strictement évitée, car elle
déshonore ceux qui l’emploient et manifeste un mépris profond
de la dignité humaine;

B) En Droit congolais

a) Monsieur [Link] soutient que jamais un


tribunal ne peut recevoir des preuves ou des présomptions qui
ont été obtenues par des voies illicites tels que les aveux et les
dénonciations obtenus sous l’effet de la torture et les
procédures déloyaux tels l’enregistrement des propos
confidentiels par microphones dissimulés, les tables d’écoute
téléphoniques, les pressions morales, car il s’agit là des
manoeuvres indignes de la Justice et de la police,

b) Un acte de la CNS porte interdiction du recours


aux écoutes téléphoniques et aux tables d’écoute • sauf lorsque
cela est imposé par les nécessités de enquête judiciaire et sous
réserve du respect des conditions imposées par la loi.

c) Notre position, sur la question est la suivante:

En aucun cas es magistrats ne peuvent utiliser des


moyens déloyaux

Lon doit cependant se montrer plus tolérant vis-à-vis


de ta police judiciaire qui doit de plus en plus faire face aux
délinquants qui nhésitent pas à utiliser de? Moyens
sophistiqués sur le plan scientifique pour réussir leurs méfaits.

Procédure pénale
Page 180 sur 417

Cest pourquoi elle peut être autorisée à recourir à certains


moyens à la limite de la loyauté

Ainsi, à notre sens, l’on pourrait distinguer en


matière de loyauté dans la recherche de la vérité trois sortes de
morale:

1 La morale judiciaire qui impose aux Magistrats de


ne jamais recourir à des moyens déloyaux pour asseoir leur
intime conviction;

2 la morale judiciaire qui doit guider les Magistrats


instructeurs, lesquels peuvent dans les conditions fixées par la
loi recourir aux tables d’écoute;

3 la morale judiciaire de la police judiciaire qu peut se


trouver acculée à recourir à la ruse pour déjouer les
manoeuvres d’un délinquant qui se sert des moyens
sophistiqués pour échapper à la répression.

2. Les droits de la défense doivent être respectés selon


les principes ci-après:

a) l’instruction doit se limiter aux faits de la


prévention.

Le prévenu a été cité à comparaître pour répondre


des faits contenus dans la citation: il a en conséquence préparé
ses moyens de défense, l’Interpeller sur des faits autres que
ceux contenus dans la citation c’est surprendre sa défense et de
toute manière le tribunal n’en sera pas saisi. Mais les respects
de ce principe ne doit pas faire perdre de vue le fait que le

Procédure pénale
Page 181 sur 417

tribunal bien que saisi de faits, doit être amené à examiner


toutes les circonstances objectives de leur commission. En outre,
le tribunal, au travers des faits, va juger un homme, c’est dire
qu’il devra tenir compte des circonstances subjectives qui
permettront d’individualiser les peines. Ces circonstances
peuvent être de divers ordres:antécédents, milieu social,
situation économique, psychisme, etc.

b) l’instruction doit avoir un caractère accusatoire,


contradictoire, oral, et public

b. le caractère accusatoire s’oppose au caractère


inquisitorial et secret de l’instruction pré juridictionnelle. Au
stade de l’instruction à l’audience, le tribunal ne peut tirer des
preuves que des seuls faits libellés à la citation, tous les
éléments qui sont imputés au prévenu doivent lui être
communiqués aux fins de contradiction et de réfutation
éventuelle par la preuve contraire.

b.2. le caractère contradictoire exige qu’aucune


preuve, aucune présomption ne peut être retenue comme motif
de la condamnation si le prévenu n’a pas eu l’occasion de la
contredire à l’audience.

Le respect de ce caractère exige notamment que tous


les éléments rassemblés par l’instruction préparatoire du
Parquet et que le tribunal croit devoir retenir soient portés à la
connaissance du prévenu qui peut ébranler leur force probante.
Mais 1 ne s’agit pas de croire quen matière pénale, ‘on puisse
soulever l’exception de communication des pièces qui est une

Procédure pénale
Page 182 sur 417

procédure propre à l’instance civile Au pénal, il suffit que la


pièce soit soumise à contradiction même séance tenante et à la
rigueur moyennant une remise en prosécution de la cause. Le
tribunal a évidemment la liberté de soumettre: à nouvelle
preuve des éléments retenus à charge du prévenu par le
parquet, mais qui ne paraissent pas convainquant. Ainsi le
tribunal peut réentendre à l’audience les principaux témoins.
Au cas où le prévenu ne comparaît ni personne pour lui.
L’instruction à l’audience se fait par défaut, c’est par la carence
du prévenu lui même que la contradiction peut avoir lieu.

b.3. Le caractère oral est imposé par l’art 74 du CPP.


En stricte logique, l’oralité suppose; que l’on n’utilise pas les
éléments fournis par l’instruction préparatoire

1 que l’instruction à l’audience ne soit pas actée ou, à


tout le moins, 2 que les juges ne prennent pas connaissance du
plumitif.

Mais il s’agit ici d’une interprétation rigoriste qui nest


d’application que devant les cours d’assises dans le système
étranger. L’oralité telle airelle est réglementée en droit congolais
porte sur les’ éléments suivants:

Lecture des procès-verbaux de constat, lesquels


présentent une force probante particulière. Mais dans la
pratique, le tribunal se borne a résumer l’essentiel du contenu
de ces procès-verbaux et de demander au prévenu s’il en a eu
connaissance;

Procédure pénale
Page 183 sur 417

L’oralité des témoignages : les témoins comparais


sent en personne et répondent aux questions qui leur sont
posées sans se servi des documents, l’interrogatoire du prévenu
se déroule de Vive voix: le Président peut cependant rappeler
au prevenu ses déclarations faites au stade de l’instruction
préparatoire aux fais de confirmation, infirmation ou précision:

La confrontation des témoins et du prévenu ou des


témoins entre eux se fait de façon orale nécessairement:

Des confrontations permettent d’éliminer des


contradictions, de faire préciser les témoignages, les parties sont
autorisées à faire poser des questions aux témoins des parties
adverses Le système dit du cross examination” (interrogatoire
croisé) que prévoit le droit anglo-saxon prévoit que
l’interrogatoire des témoins est mené par des avocats.

Dans la pratique congolaise, la “cross examination”


des témoins est utilisé lorsque, avec l’assentiment du Président,
l’Avocat engage avec le témoin? Et les experts un dialogue
parfois serré et redoutable.

3 La présentation des pièces à conviction, des


rapports d’experts donne lieu à interpellation du prévenu et
éventuellement des témoins.

4 Les conclusions de la partie civile doivent être


communiquées, leur dispositif est lu si elles sont rédigées.

Procédure pénale
Page 184 sur 417

5 La procédure probatoire arrêtée par jugement avant


dire droit peut intervenir à n’importe quelle phase de
l’instruction.

6 Les données nouvelles fournies par ces procédures


doivent être portées à la connaissance du prévenu. Toutes les
parties à la cause ont le droit de formuler à ce sujet leurs
observations ou conclusions.

7 Les réquisitions du M.P. sont orales; mais dans les


affaires complexes, le MP les rédige et remet une copie au
tribunal à l’audience.

8 la défense est orale : L’avocat peut rédiger à


l’intention des juges pour leur délibération une note de
plaidoirie rappelant les moyens de défense développés
oralement à l’audience. En principe, h note de plaidoirie ne
peut contenir rien de nouveau par rapporta ce qui a été dit à
l’audience. Toute fois, si elle contient un moyen fondé non
développé à l’audience, le tribunal doit réouvrir les débats afin
de permettre aux autres parties d’y répondre. L’oralité poursuit
un certain nombre de buts: Cette force le juge à connaître la
personnalité du prévenu car ils ont à juger un être humain et
non une abstraction; L’oralité garantit le droit de la défense,
tout ce qui est reproché au prévenu doit eue lu ou dit à
l’audience pour qu’il réplique; enfin, l’oralité assure en même
temps la publicité.

Procédure pénale
Page 185 sur 417

Il est à noter que l’oralité ne s’oppose pas à voir le


greffier acter les dires des parties, ceci pour un double
avantage:

9 permettre aux juges de s’y référer au moment du


délibéré;

10 permettre à la juridiction d’appel de constater les


motifs sur lesquels les juges du premier degre ont fondé leur
conviction.

8.4. Le caractère public de l’instruction à l’audience


est une garantie du droit de la défense car il permet un contrôle
populaire sur le déroulement du procès, ce qui met aussi les
juges à l’abri des suspicions.

Depuis l’indépendance, les différentes constitutions


que le pays a connues, ont toujours garanti la publicité
d’audience des cours et tribunaux. Le projet de constitution de
ta troisième république n’a pas dérogé à cette règle. Mais
curieusement, l’acte portant dispositions constitutionnelles
relatives à la période de transition ne garantit que la seule
publicité du prononce du jugement (art.14 al.3.).

Nous estimons qu’il ne s’agît pas là d’un revirement


doctrinal mais plutôt d’une distraction des rédacteurs de cet
acte. La publicité des audieEs peut être supprimée, soit par le
prononcé du huis clos, lorsque l’acçès de la salle d’audience au
public est susceptible de troubler l’ordre public ou de heurter
les bonnes moeurs, soit par mesures administrative du
Président de l’audience qui peut interdire l’accès à la salle

Procédure pénale
Page 186 sur 417

d’audience aux mineurs, en vertu de ses pouvoirs de police


d’audience. La problématique de la publication des débats
judiciaires à la radio et à la télévision se présente au Congo de
la manière suivante:

Le code de procédure pénale ordinaire ne contenait


aucune disposition relative à l’utilisation de certaines
techniques audio-visuelles devant les juridictions, mais l’art.
219 du CJM interdit, sous peine de sanction pénale prononcée
sur le champ, l’emploi de tout appareil d’enregistrement ou de
diffusion sonore, de caméra, de télévision ou de cinéma,
d’appareil photographique, sauf autorisation expresse du
Président sur réquisition du MP.

CHAPITRE : I. LA COMPARUTION ET LA
REPRESENTATION DES PARTIES

Section 1. APPEL DU ROLE.

Lorsqu’un tribunal doit siéger le Président doit


prendre une ordonnance de fixation d’audience et au jour de la
première audience il vérifiera le dossier en état d’être examiné.

Le juge fait appeler selon l’ordre du rôle, toutes les


affaires inscrites au rôle d’audience, en indiquant

Celles qu’il porte d’emblée à une audience de remise,


Celles pou lesquelles la saisine n’est pas régulière, Et celles pour

Procédure pénale
Page 187 sur 417

lesquelles le tribunal va d’office prononcer l’irrecevabilité pour


incompétence.

Mais le juge peut aussi appeler les affaires une à une


sans appel au rôle d’audience c’est lorsque le juge appelle les
affaires inscrites dans le dossier du greffe à cet effet, il (le Juge)
se met à la disposition des avocats et défenseurs judiciaires
selon l’ordre de préséance de faire appeler les affaires.

Section 2. LA COMPARUTION DU PREVENU

Le Tribunal vérifie si le prévenu a ‘été régulièrement


cité à comparaître et s’il est présent l’audience va se dérouler
contradictoirement A contrario elle se déroulera par défaut
parce que le prévenu n’a pas répondu à la citation c’est-à-dire le
juge interpelle le prévenu, il vérifie d’abord son identité, à
l’appel du prévenu, celui-ci répond, mais son mandataire peut
aussi répondre.

Si le prévenu n’est pas valablement représenté, le


tribunal doit poursuivre l’affaire par défaut. Le tribunal peut
ordonner la comparution personnelle du prévenu, malgré sa
représentation par un mandataire, s’il ne comparaît pas en ce
cas, la procédure est poursuivie par défaut. Mais le tribunal
peut constater aussi que le prévenu n’est pas régulièrement cité,
dans ce cas, il donne une remise de la cause à une audience
ultérieure. En ce cas la remise est réputée contradictoire et le
tribunal demeure saisi à l’audience de renvoi.

Procédure pénale
Page 188 sur 417

Précisons qu’une remise contradictoire équivaut à


une citation régulièrement signifiée.

Section 3. L’ASSISTANCE ET LA REPRESENTATION DU


PREVENU.

La constitution du 18 février dispose en son article 19


alinéa 4 que “toute personne a le droit de se défendre seule ou
de se faire assister par un avocat ou un défenseur judiciaire de
son choix”. Cet article constitutionnel pose des problèmes au
regard de l’article 71 du code de Procédure Pénale:

g) l’alinéa 2 de l’article 71 du CPP dispose que “dans


les poursuites relatives à des infractions au maximum de 2 ans
de prison ; le prévenu peut comparaître par un avocat porteur
d’une procuration spéciale ou par un fondé de pouvoir spécial
agréé par le juge”.

A ceci l’on peut objecter que l’article constitutionnel


précité ne prévoit pas que « I assistance », elle ne parle pas de la
« REPRESENTATION » or, l’article 71 alinéas 2 du CPP parle
de la « REPRESENTATION ».

Alors, la question qui se pose est celle de savoir si l’on


peut inférer que la représentation en matière pénale est
inconstitutionnelle ?

A cette question, la réponse est négative ; car le


silence de la constitution ne peut équivaloir une interdiction.

Procédure pénale
Page 189 sur 417

La représentation en justice en matière pénale ayant


été réglée par la loi instituant le code de Procédure Pénale est
donc conforme à lé constitution en son article 19 AL 4, en tout
cas, pareille disposition ne viole aucunement cet acte.

h) la seconde objection parait plus sérieuse. L’on peut


se poser la question de savoir si l’Ordonnance loi n°79/028 du
28/09/1979 portant Organisation du Barreau et corps des
défenseurs judiciaires n’est pas inconstitutionnelle en son
article 6, instituant le monopole des Avocats et de la
représentation en justice. En effet, la COflStitUUOfl, dispose
clairement que” chacun a le droit de se défendre lui-même ou
de se faire assister par un défenseur de son choix.

Logiquement une simple loi na peut restreindre ce


choix, mais l’on peut aussi considérer que la constitution a
donné à la loi le pouvoir de réglementer l’organisation
judiciaire, la compétence et la procédure devant les cours et
tribunaux, que par conséquent, la loi de procédure tout en
préservant le principe de la liberté de choix doit jouer et est en
vue d’assurer une meilleure administration de la justice

j) l’article 73 alinéa 2 du CPP dispose que “ sauf si le


prévenu s’y oppose, le juge peut lui désigner un défenseur qu’il
choisit parmi les personnes notables de la localité où il siège...

j) le problème de l’assistance judiciaire aux indigents


se pose en Procédure Pénale Congolaise, de la manière
suivante:

Procédure pénale
Page 190 sur 417

Problème de terminologie d’abord : lorsqu’un inculpé


ou un prévenu n’a pas de ressources financières suffisantes
pour payer les honoraires d’un conseil, (Avocat ou défenseur
judiciaire) il peut bénéficier de l’assistance d’un avocat commis
d’office, on appel cette procédure “Pro Deo” (Pour l’amour de
Dieu), Malheureusement certains auteurs utilisent l’expression
“Assistance judiciaire” pour viser le bénéfice accordé aux
personnes qui, en raison de l’insuffisance de leurs ressources, se
trouvent dans l’impossibilité d’exercer leur droit en justice, ce
bénéfice consistant à recevoir les moyens d’obtenir justice sans
bourse délié O.

L’évolution de l’Assistance judiciaire gratuite :


Assistancejudiciaire gratuite du barreau a connu en procédure
pénale l’évolution suivante

1) l’article 3 de l’O.L. n° 68/247 du 10/07/1 968 relative


au Statut du barreau disposait que “le Président du tribunal de
i°° instance peut requérir les Avocats et les stagiaires pour
assister gratuitement les indigents”.

2) Le Statut du barreau de 1968 fut complété par la loi


n°76/026 du 23.12/1976 qui disposait notamment que “les Chefs
des juridictions doivent requérir d’office ou à la requête du
M.P., les Avocats et les stagiaires ainsi que les défenseurs
judiciaires pour assister gratuitement dès l’instruction
préparatoire les indigents faisant l’objet de l’action publique”.

3) Le Statut actuel du barreau promulgué par l’O.L.


n°79/028 du 28/09/1979 ne prévoit le bénéfice gratuit d’un

Procédure pénale
Page 191 sur 417

Avocat qu’au plan des consultations gratuites en faveur des


indigents car l’art. 43 du Statut du barreau donne au conseil de
‘Ordre des Avocats le pouvoir et le devoir d’organiser un
bureau de consultation gratuite.

4) Aujourd’hui une pratique prétorienne a comblé la


lacune en faisant ressusciter la loi de 1976 qui obligeait les
présidents des juridictions de désigner d’office ou à la requête
du M.P., les avocats ou les stagiaires pour assister gratuitement
les ndigents poursuivis pénalement, cependant cette pratique
prétorienne a restreint le champ d’application de la loi de 1976
qu’en faveur des prévenus indigents en excluant les inculpés
indigents.

Section 4. Comparution et représentation de la partie civile et


du civilement responsable

La partie civile qui poursuit les intérêts privés a


toujours la possibilté de se faire représenter pourvu que son
avocat soit porteur des pièce de la procédure; c’est-à-dire par
un Avocat qui exhibe devant le tribunal la copie de la citation
notifiées.

La représentation du civilement responsable est


toujours possible, mais e tribunal peut ordonner sa
comparution personnelle.

Procédure pénale
Page 192 sur 417

Section 5. L’APPEL NOMINAL ET ISOLEMENT DES


TEMOINS.

Les témoins qui sont appelés en justice n’assistent pas


à tout e, débat dans la salle d’audience. En effet après leur
comparution devant la barre, après leur vérification physique,
ils doivent être isolés. Le témoin, régulièrement cité, qui ne
comparaît pas peut être condamné d’office.

CHAPITRE II LES INCIDENTS DE LA PROCEDURE.

Section 1. DEFINITION ET DIFFERENTES CATEGORIES


DES INCIDENTS

Les incidents sont tout événement qui vient troubler


le déroulement normal d’un procès.

Section 2. LA LISTE DES INCIDENTS.

Il y a trois espèces d’incidents ou exceptions:

1 Exceptions déclinatoires

2 Exceptions dilatoires

3 Exceptions péremptoires

Procédure pénale
Page 193 sur 417

Les premières exceptions signifient la contestation de


la saisine: il s’agit des incidents qui ne permettent pas la
recevabilité de l’action publique. Dans ce cas le tribunal va être
dessaisi soit provisoirement, soit définitivement ; les deuxièmes
exceptions signifient l’empêchement momentané du tribunal de
suivre la procédure, mais dés que cette situation juridique aura
cessé l’instance peut donc être reprise. Les troisièmes
exceptions sont celles qui écartent ou mettent fin définitivement
à l’action publique Notons qu’il y a des incidents qui précèdent
des exceptions. li s’agit de l’absence de saisine et de la
récusation et du déport (Art. 71, coc)).

Section 3. REGIME PROCEDURAL DES INCIDENTS.

D’une manière générale les incidents doivent être


soulevés in limine litis c’est-à-dire avant tout examen au fond,
surtout dans le cas de obscuri ibelli.

Devant une exception Soulevée par une partie, e


tribunal peut adopter deux attitudes: soit joindre l’incident au
fond, soit rendre un jugement sur incident, Le Choix de l’une
ou l’autre attitude dépend du cas d’espèce.

Procédure pénale
Page 194 sur 417

CHAPITRE III : L’ADMINISTRATION DE LA PREUVE

Section 1: L’ADMINISTRATION DE LA PREUVE

§.1. La charge de la preuve

1 Le problème de la charge de la preuve en matière


pénale ne se pose pas de la mème manière qu’en matière civile.
Le principe “Actori incubit probation” est d’application en tant
que principe général de droit, car aucun texte légal ne le
proclame. Mais ce principe connaît certains tempéraments
résultants de la singularité de la matière pénale.

a) Ce principe se trouve d’abord tempéré par le


principe constitutionnel de la présomption d’innocence de tout
prévenu sans que sa culpabilité n’a pas été établie par un
jugement définitif.

b) Ce principe est encore tempéré par la mission du


MP qui ne peut être comparé à celle du demandeur civil
poursuivant uniquement la satisfaction de ses intérêts privés,
en effet, représentant de la société, le M.P. n’a pas pour mission
de poursuites à tout prix car là ou après le déclenchement de
l’action publique: il s’avère que les poursuites ne sont pas
fondée, Le M.P. devra requérir l’acquittement. Et outre, il n’y a
pas égalité absolue entre le MP, partie poursuivante et le
prévenu poursuivi car certains P.V établis par le MP ont une
force probante particulière, liant les juges.

c) Un autre tempérament de ce principe résulte de


deux situations propres aux juges répressifs:

Procédure pénale
Page 195 sur 417

1 le rôle actif des juges dans la recherche des preuves,


rôle qui fait que la tâche de la partie poursuïvante se trouve fort
allégée:

2 l’intime conviction des juges allège


considérablement la tâche de la partie poursuivante le prévenu
ne va pas se trouver dans l’attitude passive du défendeur civil,
il va chercher â ébranler les preuves fournies par le MP et ce
faisant se découvre.

2°Le principe “Reus in excipiendo fit actor “ pose des


problèmes dans son application. Ce principe voudrait dire que
le prévenu doit prouver l’exception ou le moyen de défense
qu’il oppose à l’action du MP.

a) L’application aisée en matière civile, ce principe est


controversé en matière pénale: la doctrine est divisée : certains
auteurs estiment que celui qui invoque un fait justificatif doit en
faire la preuve, d’autres prétendent que c’est au MP de prouver
qu’il n’existe pas de telles causes de justification, la
jurisprudence semble admettre en France qu’en ce qui concerne
les causes de non imputabilité, la preuve soit è charge du
prévenu considérant qU’il exi3te une présomption générale
d’équilibre mental et de libre détermination. Concernant la
preuve de l’élément légal, la jurisprudence française estime que
la charge repose sur e M.P. qui doit prouver que cet élément n’a
pas disparu par la présomption ou par amnistie; enfin,
concernant les faits Justificatifs, la jurisprudence paraît en
imposer la preuve au prévenu.

Procédure pénale
Page 196 sur 417

b) Mr RUBBENS dit qu’il faut admettre qu’en certains


cas le prévenu a la charge de la preuve d’un fait ou d’une
circonstance par l’allégation duquel il prétend renverser une
présomption ou écarter la qualification ou le caractère
infractionnel des faits établis, mais l’auteur fait remarquer
auparavant que les exceptions ne se présument pas et qu’il
appartient au prévenu de les invoquer sinon de les prouver.

La charge de la preuve incombe sans équivoque au


prévenu dans deux cas. Lorsqu’il conteste la teneur de certains
P.V. au que Is la loi ou la jurisprudence attachent une force
probante particulière lorsqu’il invoque la faute de la victime de
l’infraction qui a pour conséquence juridique, essentiellement e
partage de la responsabilité civile.

d) prenant position face à cette controverse, nous


estimons qu’en ce qui concerne la preuve de rélément légal, il
appartient au MP d’en assumer la preuve. Cela fait partie de sa
mission en tant que partie poursuivante. En toute logque 1
revrent au prévenu de démontrer l’exsfence d’une cause de non
imputabilité qui a de véhiculer sa volonté et son libre arbitre
compte tenu de ce que par principe chaque être humain,
accessible à une peine, est présumé sain d’esprit. Notre position
vis-â-vis des causes de justification est plus nuancée.

Certes, l’expression elle-même devrait logiquement


imposer que c’est le prévenu qui est presume avoir commis
l’infraction (tout en étant présumé innocent jusqu’à ce qu’il soit
reconnu coupable par un jugement définitif) qui a intérêt à
démontrer que son acte peut se justifier légalement neanmoins
Procédure pénale
Page 197 sur 417

compte tenu de l’état généralisé d’ignorance de droit chez la


plupart sinon chez tous les citoyens, Ignorance aggravée par le
caractère inauthentique du droit il nous paraît plus équitable de
souterur que le prevenu doit se contenter d’invoquer les
exceptions (causes de justification), d’où le verbe “exciper”
quitte au MP de prouver qu’il n’existe pas de telle causes de
justification.

§.2. Les différents moyens de preuve utilisés en Procédure


Pénale congolaise

1. les procès-verbaux établis par les OPJ et portant sur


divers objets

Les procès verbaux sont des moyens de preuves qui


ont une autorité particulière du fait qu’ils emanent d’un officier
de justice, sa valeur probante est laissée à l’appréciation du juge
(art. 75 du CPP.). Mais dans certains cas, la loi attache à un
procès-verbal une valeur probante particulière: c’est ainsi qu’il
va des PV qui font foi jusqu’à preuve du contraire. C’est le cas
des PV des fonctionnaires et agents spécialement chargés de
surveiller des infractions de falsification des denrées
alimentaires, Ces P.V font foi jusqu’à inscription en faux.

C’est le cas de certains PV reflétant les opérations ou


les constatations faites par l’officier ou l’agent de douanes
verbalisateur (art. 91 décret du 29 janvier 1949 portant régime
douanier). La jurisprudence admet qu’il faut accorder plus de
crédit aux PV de constat qu’aux PV d’enquête : il s’agit d’une

Procédure pénale
Page 198 sur 417

appréciation tirée de l’art. 74 du CPP qui, réglementant l’oralité,


dispose que le greffier doit donner lecture des PV de constat.

2. L’interpellation du prévenu

a) le juge doit interpeller le prévenu après lui avoir


rappelé tes termes de la prévention pour lui demander s’il
reconnaît les faits mis en sa charge.

b) le droit congolais ignore la procédure anglo-


saxonne de plaider coupable, procédure qui entraîne une
modification du régime de l’administration de la preuve. La
procédure qui consiste à plaider coupable en droit anglo-saxon
porte on anglais diverses appellations. On l’appelle: Pleading
for considération, c’est-â-dire “ plaider coupable”; on rappelle
aussi, plea-bargaining, littéralement “ aveu négocié”.

Le plea-bargaining est essentiellement une forme de


transaction entre les autorités judiciaires et un délinquant. Son
effet est la révision de la sentence en retour de l’aveu de
culpabilité. L’aménagement de la sentence et l’aveu de
culpabilité sont les produits de négociation entre un délinquant
et les autorités judiciaires aux termes desquels l’accusé espère
obtenir une réduction de la sentence pénale, alors que le MP
essaie d’obtenir de l’accusé un aveu de culpabilité pour une
infraction aussi grave que possible. Les autorités judiciaires, en
retour de l’aveu de culpabilité, disposent de deux options ayant
trait à la révision de l’inculpation d’un côté et à la
recommandation des considérations spéciales au tribunal de
l’autre.

Procédure pénale
Page 199 sur 417

La révision de l’inculpation peut prendre plusieurs


formes:

1 La première implique un changement de


l’inculpation d’une catégorie d’infraction à une seconde de
moindre importance, par exemple un délinquant accusé d’un
crime peut être inculpé d’un délit pourvu qu’il admette avoir
commis celui-ci.

2 La deuxième forme de la révision de l’inculpation a


trait à un changement de degrés à l’intérieur d’une même
catégorié d’infraction. Dans ce cas, l’accusé plaide coupable
d’avoir commis un crime, un délit ou une contravention de
moindre importance que l’infraction dont il a êté accusé à
l’origine.

3 La troisième forme de révision de l’inculpation est


fréquente lorsqu’il s’agit de délits complexes ou continus. Dans
ce cas les autorités judiciaires peuvent décider d’inculper un
délinquant d’une infraction seulement, alors que l’infraction est
caractérisée par une pluralité d’actes matériels, Certaines
formes de négociations ne nécessitent pas de révision de
l’inculpation. Dans ce cas l’accusé plaide coupable en retour
d’une promesse de considération spéciale par es autorités
judiciaires: celle-ci peut prendre la forme soif d’une
recommandation par le procureur à la cour, soit d’un
engagement de la part du juge. A titre d’exemple de
considération spéciale, l’on peut citer la clemence de la cour,
l’imposition d’un sursis ou du minimum de la sentence pénale

Procédure pénale
Page 200 sur 417

ou l’exécution d’une peine privative de liberté dans un


établissement spécial.

Le plea-bargaing produit des effets de fond et de


forme. Sur le plan du fond, il y a l’assurance de la
condamnation pénale en dépit de l’absence du jugement. Ceci
est important dans le système judiciaire américain caractérisé
par les garanties constitutionnelles qui s’appliquent aux débats
qui sont destinés à renforcé les droits des accusés.
L’aménagement de la sentence pénale estime autre conséquence
quant au fond. La révision de la sentence est plus ou moins
considérée selon que l’option retenue par les autorités
judiciaires est la révision de l’inculpation ou une
recommandation à la cour.

Quant à la forme, l’une des conséquences majeures


d’une telle procédure est la possibilité d’éliminer certaines
phases du P.V. Les plus importantes sont celles de l’instruction
lorsque l’administration de la culpabilité a lieu après
l’appréhension de l’accusé et la phase du jugement.

Dans notre droit, l’aveu du prévenu ne dispense pas


le juge de toute autre investigation, mais il est évident qu’un
aveu avéré sincère et non équivoque donne à l’instruction une
orientation différente. Le prévenu interpellé a le droit de
contredire les déclarations des témoins. Lorsque le prévenu est
représenté et que sa comparution personnelle n’a pas été
ordonnée, son conseil ne peut être entendu pour reconnaître les
faits au nom de son client, mais le conseil peut contredire les
témoins. Pour sa défense, le prévenu peut invoquer un alibi; il
Procédure pénale
Page 201 sur 417

s’agit d’un moyen de défense tiré du fait que la personne


soupçonnée d’une infraction se trouvait dans un autre lieu que
celui ou elle a commise.

3. L’Aveu

Généralement l’aveu formulé à l’audience par le


prévenu est considéré comme la preuve parfaite» mais il faut
s’en méfier car il peut y avoir des aveux de jactance, de
désespoir ou de complaisance ou des aveux qui sont les faits
des naïades mentaux, sans compter qu’il y a des aveux
extorqués par les procédés odieux (tortures physiques ou
morales). Pour avoir égard à un aveu, il faut qu’il s oit
corroboré par d’autres éléments. C’est ce qu’on appelle un aveu
de circonstance. La condamnation du coupable peut même
reposer sur des présomptions graves, constantes et
concordantes. L’aveu est indivisible s’il porte sur la preuve
d’un rapport de droit privé préalable ou préjudiciel au caractère
infractionnel des faits. L’avoeu est indivisible s’il porte sur les
faits infractionnels ou sur des faits qui ont préparé l’infraction.

4. Le Témoignage.

Nous savons qu’au début de l’audience: le tribunal


procède à l’appel des témoins afin de les isoler. Le président
rappelle les témoins un à un; généralement sont d’abord
entendus les témoins à charge, ensuite les témoins à décharge

Procédure pénale
Page 202 sur 417

cités par le prévenu. Le Président fait acter l’identité de chaque


témoin, il est d’usage qu’il lui demande ses éventuelles
relations avec le prévenu: parenté, alliance, lien de
subordination ou d’autorité, ceci en vue de guider le tribunal
pour juger du “reproche des témoins” qui éventuellement peut
être soulevé et aussi en vue de permettre au tribunal
d’apprécier la valeur du témoignage. Le Président lui fait prêter
serment débout, mais droite levée horizontalement Ensuite
commence l’audition des témoins: les questions jugées
pertinentes et admissibles que posent la partie qui les a cités et
les autres parties, le Président lui-même et ses assesseurs
peuvent ensuite poser d’office des questions qu’ils estiment
utiles à la manifestation de la vérité.

Le MP ou la partie civile font poser des questions aux


témoins à charge, le prévenu fait entendre les témoins à
décharge; mais ces deux parties (poursuivante et poursuivie)
peuvent faire poser des questions aux témoins cités par
l’adversaire, notamment dans e but de souligner les
contradictions ou d’ébranler la force de certains témoignages.
Mais c’est le président qui, ayant la direction de l’audience et de
débats, décide quelles questions peuvent être posées. Le
tribunal peut d’office faire citer les témoins qu’il juge à même
de mieux l’éclairer.

Le greffier acte les questions et dépositions. La


confrontation des témoins peut s’avérer bénéfique pour la
découverte de la vérité. Avant sa constitution, la partie civile
peut être entendue comme témoin; une fois constituée, elle

Procédure pénale
Page 203 sur 417

devient partie et, à ce titre, ne peut plus témoigner, il nous reste


à examiner cinq points ayant trait au témoignage.

4.1. Le secret professionnel

Le secret professionnel constitue pour le témoin un


motif légitime de déposer mais non de comparaître et de prêter
serment (art. 16 du CPP.), C’est au tribunal d’apprécier si un
témoin est tenu ou non par le secret professionnel. En Droit
congolais, la révélation du secret professionnel par un témoin
ne constitue pas une infraction (art.73 du CPP et art 143. de la
loi du juillet 1963).

En France deux conceptions se combattent:

La première soutient que le témoin ne peut pas


déposer, même du consentement de celui qui lui a confié le
secret, la déposition en ce cas est nulle,

La seconde conception prétend pouvoir opérer la


distinction entre les catégories des témoins. Les uns sont tenus
par un secret absolu (profession médicale, prêtres, avocats,),
cités en justice, ils doivent refuser de déposer.

Cependant si le consentement de l’intéressé leur est


donné, ils restent libres en conscience soit de se taire, soit de
déposer. Les autres doivent toujours déposer malgré le secret
professionnel qui n’est que relatif (notaires, banquiers,
fonctionnaires en général)... (A.VÏTU, procédure pénale, p.2
CD)

Procédure pénale
Page 204 sur 417

4.2. La condamnation du témoin récalcitrant

Le tribunal a le droit de condamner un témoin qui


refuse de comparaître, de prêter serment ou de déposer. La
peine prévue est d’un mois de prison et d’une amende Le
témoin récalcitrant est également condamné aux frais de justice
A défaut de ce payement des frais, il est passible de la
contrainte par corps d’une durée maximum de 14 jours.

Le tribunal peut contraindre le témoin à comparaître,


par la délivrance d’un mandat d’amener, il peut également le
cirer encore a comparaître âpres la condamnation si le témoin
comparaît soit sur une nouvelle invitation (citation sur mandat
d’amené. il peut être décharge (citation sur mandant d’amener,
il peut être décharge des condamnations s’il présente des
excuses légitimes)

4.3. Le reproche du témoin

Notre CPP prévoit le reproche des témoins (art.74), la


loi se borne à dire que les reproches sont proposés et jugés.

C’est dire donc que le tribunal reste libre d’entendre


tout témoin tant qu’aucune partie ne s’y oppose; il apprécie
librement ce témoignage compte tenu de la qualité du témoin et
de ses relations avec les parties. Si un reproche est proposé, le
tribunal vide cet incident par un jugement. Suivant le reproche
soulevé, la partie qui a cité le témoin renonce à le faire entendre,
l’incident est clôturé par un simple donné acté.

Procédure pénale
Page 205 sur 417

La loi ne détermine pas les causes de reproche des


témoins, c’est le tribunal qui les apprécie compte tenu de la
nature des faits, de la personnalité du témoin et des
circonstances les plus diverses.

Généralement, il y a incompatibilité entre la qualité


du témoin et celle des parties au procès.

4.4. La déposition sans prestation de serment

En certains cas le tribunal se contente de recevoir des


dépositions à titre de simple renseignement sans exiger la
prestation de serment. C’est le cas d’un témoin reproché qui
peut malgré tout, être entendu; il en est de même de la
déposition des enfants, des faibles d’esprit, des co-prévenus et
des personnes intéressées, mais l’obligation de dire la vérité
demeure. Il y a des sanctions pénales prévues en cas de
mensonge. La déposition, sans prestation de serment n’est
légalement pas prévue, elle s’applique en tant que principe
général de droit.

4.5. La taxe des témoins ou l’allocation des indemnités aux


témoins.

Nous avons qu’au niveau de l’instruction


préparatoire, c’est FOMP qui alloue aux témoins l’indemnité
qui doit les dédommager da préjudice matériel subi en
répondant à l’invitation de la justice. Lart. 21 duCPP est la base
légale de ce pouvoir du M.P. Nous devons malheureusement

Procédure pénale
Page 206 sur 417

noter qu’au niveau du tribunal, aucune disposition légale selon


nous ne reconnaît ce pouvoir à la juridiction saisie.

La pratique judiciaire invoque l’art. 51 du CPP, en


alignant d’office les témoins au rang d’experts dont le tribunal
fixe les indemnités à leur allouer. Lorsque le tribunal arrive à la
fin de l’audition de chaque témoin, la pratique judiciaire veut
que le président de l’audience lui pose la question de savoir s’il
veut être taxé; dans l’affirmative, il est invité à fournir au
greffier les éléments objectifs d’appréciation du préjudice subi.
Ça n’est pas dans le corps du jugement qu’est décidée
l’allocation dune indemnité au témoin. Cest par ordonnance du
président de la juridiction,

Nous devons signaler qu’en France, le législateur a


consacré une situation nouvelle, celle du témoin assisté toute
personne nommément visée par une plainte assortie d’une
constitution de partie civile, peut, sur sa demande, lorsqu’elle
est entendue comme témoin, Bénéficier des droits à la présence
d’un avocat qui aura accès au dossier (lois du 30 décembre 1987
et du 24 août 1993, portant modification du CPP Q.

5. La commission rogatoire

Par jugement motivé, une juridiction peut commettre


un de ses membres ou un juge appartenant è une autre
juridiction en vue d tenir des enquêtes, notamment l’audition
d’un témoin.

Procédure pénale
Page 207 sur 417

A retenir qu’un tribunal ne peut commettre un juge


appartenant à une juridiction du rang supérieur à la sienne.

Les juridictions congolaises peuvent commettre des


juges étrangers, elles ne peuvent exécuter des commissions
rogatoires émanant des juges étrangers qu’avec l’autorisation
du Ministre de la Justice.

6. Mesures d’instruction complémentaire

Lorsqu’une juridiction estime que le dossier qui lui a


été soumis par le MP comporte des lacunes, et qu’il y a lieu de
compléter l’instruction, elle décide par jugement avant dire
droit de toute mesure complémentaire: expertise, descente sur
les lieux, production des pièces à conviction etc.

La seule chose à retenir est que jamais une juridiction


ne peut ordonner au MP de compléter l’instruction dans tel ou
tel autre sens ; cette pratique fort ancrée dans la jurisprudence a
été condamnée par la cour suprême de justice à l’occasion de
l’affaire Gécamines (voir bulletins des Arrêts de la CSJ., vol. n,
1970, fascicule 1, p.18). L’interdiction de ce principe repose sur
un principe de droit, à savoir l’indépendance des Magistrats du
parquet vis-à-vis des juges.

Notons cependant que l’art 6 de lOrd loi du 24 février


1978 relative à la répression des infractions intentionnelles
flagrantes donne compétence à la juridiction saisie de

Procédure pénale
Page 208 sur 417

commettre le MP pour procéder aux devoirs d’instruction


qu’elle précise.

Examinons de plus près certaines mesures


d’instruction complémentaires qu’une juridiction peut être
amenée à prendre.

6.1. L’expertise.

Le tribunal peut d’office ou à la demande des parties


désigné un expert, ce dernier est soumis aux mêmes devoirs
que lorsqu’il est commis durant l’instruction préparatoire. En
principe, le prévenu ne peut pas exiger d’assister aux
opérations de l’expertise ordonnées parle tribunal à la demande
de la partie civile car la contradiction est assurée à suffisance
par la production au dossier du rapport des experts.
Cependant, s’il n y a pas d’inconvénients majeurs, il faut laisser
le prévenu suivre toutes les opérations de l’instruction
complémentaire et notamment les expertises ordonnees par le
tribunal

6.2. La visite des lieux

Le tribunal peut décider de se rendre sur les lieux


pour y faire des constats directs sur certaines traces des faits ou
encore en vue de procéder à une reconstitution (matérielle ou
en imagination) des faits dans le souci de tenter de recréer le
cadre concret où ces faits se sons déroulés.

Procédure pénale
Page 209 sur 417

Ce sort des règles de la procédure civile. En l’absence


des textes de procédure pénale, qui organisent ce mode
d’instruction.

1 Le tribunal peut décider de se transporter sur le lieu


de l’infraction;

2 le tribunal doit ordonner cette mesure par voie de


jugement fixait le jour et l’heure de la visite

3 les parties peuvent assister aux opérations de la


visite;

4 le tribunal peut commettre un juge du siège qui a


rendu le jugement ordonnant la visite pour accomplir e devoir
prescrit;

5 les juges durant la visite, peuvent se faire


accompagner par des experts notamment désignés dans le
jugement;

G le greffier du siège dresse le PV que signeront le ou


les juges, le greffier et éventuellement les experts.

7 le serment des experts éventuels peut avoir lieu


avant la signature du P.V. donc après les opérations.

7. La procédure de pièces à conviction

Nous avons vu que pendant l’instruction


préparatoire, certains objets peuvent être saisis à titre de pièces
à conviction.

Procédure pénale
Page 210 sur 417

8 Le MP et la partie civile peuvent produire des


pièces à conviction et ce durant l’instruction à l’audience;

9 le tribunal peut ordonner la production de certains


objets qui n’avaient pas été saisis au niveau de l’instruction
préparatoire.

8. Les moyens techniques et scientifiques

Parmi les moyens techniques, scientifiques que l’on


peut utilisé comme moyens de preuve en justice il y a lieu de
citer

1 les relevés dactyloscopiques pour aider è identifier


l’auteur d’une manipulation;

2 la photographie

3 la radiographie;

4 les enregistrements au magnétophone.

5 les discours publics ou d’interrogatoires judiciaires.

Il est aussi à noter que le juge ne doit pas laisser


éblouir par ces moyens techniques au point d’accepter
hêtivement les conclusions qui en découlent le juge doit
pouvoir les soumettre à la critique pour en apprécier
l’efficience. Au sujet du problème de l’administration de la
preuve en justice, des limites doivent être fixées à l’utilisation
des moyens de preuve.

Procédure pénale
Page 211 sur 417

Rappelons que jamais le tribunal ne pourra recevoir


et encore moins provoquer des preuves et des présomptions qui
ont été obtenues par des voies illicites telles que:

6 les enregistrements des propos confidentiels par des


microphones dissimulés;

7 tables d’écoute téléphoniques;

8 les pratiques des “moutons” dans les cachots et


maisons d’Arrêts;

9 les provocateurs;

10 les pressions morales;

11 les pratiques d’otages.

Le problème de emploi des techniques scientifiques


de la révélation de la vérité reste discute l’on peut affirmer que
le rejet a priori de ces moyens techniques ne peut se justifier, car
le dosage d’alcool dans le sang, la détermination du groupe
sanguin, l’enregistrement d’un discours public,... sont des
procédés valables des preuves objectives à condition den faire
un usage loyal. L’emploi des methodes de narco-analyse
(penthotal ou sérum de vérité) ou du polygraphe comme
détecteur de mensonge tant pour le témoin que pour le
prévenu, est admis par certains et rejeté par d’autres.

A cet égard, MERLE et VITU estiment que les voix


sont à peu près unanimes à condamner l’emploi des procédés
scientifiques pour obtenir l’aveu (hypnotisme, narco-analyse),
ils soutiennent que ce moyen de preuve répugne à la
Procédure pénale
Page 212 sur 417

conscience, car il traite l’être humain en “anima! de laboratoire”


et ressuscite l’ancienne torture. Ces auteurs précisent que ces
moyens sont dangereux car les aveux obtenus tendant è un
déballage dans lequel sont mêlés les souvenirs conscients et les
pulsions refoulées dans l’inconscient, de sorte que ces aveux ne
sont pas nécessairement conformes à la vérité; ils ajoutent
cependant que certains juristes n’écartent pas a priori l’usage de
ces procédés qu’ils subordonnent toutefois è des conditions
strictes, notamment à la présence d’un médecin, du juge
instructeur et du défenseur du prévenu.

Merle et Vitu poursuivent leur développement en


précisant que la jurisprudence française s’est montrée hostile à
l’emploi de la narco-analyse comme procédé d’instruction et ne
l’a admis qu’à des fins d’expertise psychiatrique. Enfin, ils
précisent que la même méfiance s’attache à l’utilisation du
détecteur de mensonge ou polygraphe très utilise aux Etats-
Unis.

9. La Communication des pièces judiciaire.

L’on peut recourir à des dossiers judiciaires ou des


pièces judiciaires pour faire la preuve en procédure pénale.
S’agissant des pièces de procédure pénale ou disciplinaire, le
greffier ne les délivre en copie que sur autorisation du
procureur général près la cour d’appel ou du procureur général
de la République selon les cas (art.21. COCJ). Il se pose un
problème de communication des pièces ou documents de

Procédure pénale
Page 213 sur 417

procédure civile pour lesquels il faut recourir à la procédure de


compulsoire, non prévue par un texte légal mais que la
jurisprudence applique de manière prétorienne ai tait que
principe général de droit. La procédure du compulsoire permet
de se faire délivrèr par un notaire ou par un autre officier public
une expédition ou une copie d’un acte auquel on n’avait pas été
partie mais dont on a intérêt à avoir communication pour une
instance.

Toujours applicable en procédure congolaise, la


procédure du compulsoire a été abrogée en France par le
nouveau CPC du 5 décembre 1975, entrée en vigueur le I
janvier 1976. Dans ce nouveau code il est prévu que le Juge, à la
requête de l’une des parties, peut demander, sous peine
d’astreinte, la production de tous documents détenus par des
tiers, s’il n’existe pas d’empêchement légitime. Ainsi la
procédure du compulsoire est devenue inutile.

Il peut arriver qu’une partie détienne des pièces dont


l’autre a besoin à titre de preuve. En ce cas, en France, une
demande sous forme de requête peut être adressée au juge. Si
celui-ci estime la demande fondée, il ordonne la délivrance ou
la production de l’acte ou de la pièce, en original, en copie ou
en extrait; il peut assortir son injonction d’une astreinte.

Au Congo, en ce cas, la procédure est appelée l’action


“ ad exhibendum

Procédure pénale
Page 214 sur 417

10. L’intime conviction du juge

Dans le système de l’intime conviction, le juge


apprécie librement les preuves. Toutefois, la liberté
d’appréciation ne doit pas s’entendre comme un arbitrage
complet chez le juge dans l’examen des preuves. C’est pourquoi
trois limites viennent guider le juge dans sa libre appréciation
des preuves produites devant lui:

a) aucune contradiction ne peut exister dans les


motifs des décisions de condamnation ou acquittement,

b) la loi attache à certains P.V. la force probante


particulière. Retient à cet égard que dans le droit congolais on
peut distinguer I1 les [Link] valeur de simples
renseignements ils constituent le droit commun, leur valeur
probante est laissée à appréciation du tribunal (art. 75 du CPP)

2 les P.V. faisant foi jusqu’à preuve du contraire:


seules les preuves contraires écrites ou testimoniales apportées
par le prévenu ou puisées par le tribunal dans les mesures
d’instruction par lui ordonnées permettent de les écarter.
Exemple les P V. des fonctionnaires et agents chargés
spécialement de surveiller es infractions de falsification des
denrées alimentaires;

3 les P.V. faisant foi jusqu’à inscription en faux, tels


les PV, en matières douanières (art.91, décret du 29.01.1949).

Procédure pénale
Page 215 sur 417

C) le juge statuait en matière pénal rappelé à statuer


incidemment sur une question civile, doit le faire à laide des
moyens de preuves de droit civil et ce compte tenu de la valeur
probante que le code civil attache à ces moyens de preuve.

CHAPITRE IV: LES DEBATS

Dans le droit de procédure congolais, le débat se


déroule selon l’ordre ci-après exposé:

1. les conclusions de la partie civile

Une fois que le tribunal estime que l’instruction à


l’audience est terminée, la parole est accordée à la partie civile
qui aura

À demander au tribunal de dire les laits établis;

À prouver les préjudices subis et leur importance:

À prouver que ce préjudice est la conséquence des


infractionnels faisant l’objet de l’instance:

À demander une justice réparatrice du préjudice subi.

Nous avons déjà étude les diverses réparations


auxquelles le tribunal peut condamner le prévenu. Rappelons à
ce sujet que dans la mentalité congolaise, traditionnellement.
L’on ne fait pas une ligne de démarcation entre la demande de
réparation et la réquisition tendant à condamner à une peine,

Procédure pénale
Page 216 sur 417

aussi ne peut- on s’étonner de voir e congolais victime d’une


infraction réclamée au Magistrat instructeur ou à l’OPJ
l’arrestation de l’inculpé.

Notons également que certains auteurs voient dans la


condamnation à une réparation devait un tribunal répressif une
nature répressive.

2. les requisitions du ministere public

En principe, dans les réquisitions, le M.P. doit veiller


à établir les faits infractionnels et en réclamer la répression dans
le cadre des sanctions prévues, e M.P. devait cependant
chercher à rencontrer les exceptions lorsqu’elles ont été
soulevées. N’oublions pas cependant que la tâche de MP ne
consiste pas à réclamer la répression à tout prix. Lorsqu’il a
acquis la conviction depuis la saisine du tribunal, notamment
par un complément d’information que le prévenu qu’il a traduit
en justice est innocent il se doit de requérir son acquittement.

Au Congo, l’on doit cependant regretter une double


pratique judiciaire du M.P. o l’audience qui consiste au moment
de prendre des réquisitions du Ministère public, à se contenter
de demander l’application de la loi, ceci ne permet pas aux
jeunes magistrats d’être édifiés sur la manière dont doit se
pratiquer l’art de prendre des réquisitions. Il arrive même
d’entre un officier du M.P. au moment de requérir se référer à la
sagesse du tribunal; ce qui est une grave entorse en matière
pénale. A la décharge du MP, reconnaissons que les OMP

Procédure pénale
Page 217 sur 417

arrivent à ne plus soigner leur réquisitions en ce sens que les


juges, lors du délibéré, ne se soucient pas au cas où les faits
infractionnels sont établis, à tenir compte ai taux de la peine
requise par le MP; or dès qu’une infraction revêt une gravité,
les juges ont intérêt à prêter l’oreille aux réquisitions du parquet
organe qui est bien au pouls social. Autre pratique à dénoncer,
celle qui consiste pour I’QMP à venir lire purement et
simplement son réquisitoire rédigé sous forme d’attendu. Il
s’agit là d’une pratique malheureuse car ce faisant le parquet ne
paraît pas comme il se doit à sa mission d’accusateur public. Le
parquet doit jouer le rôle d’avocat de la société et à cet égard,
ses réquisitions doivent prendre la forme d’une véritable
plaidoirie pour la sauvegarde d’ordre public qui a été brouillée
par un comportement délictueux.

3. la defense du prevenu

La défense du prévenu varie de forme et de portée


selon que le prévenu se reconnaît coupable ou pas.

Dans l’affirmative, la défense va concentrer ses efforts


sur l’cbtenton des circonstances atténuantes et pour ce faire, elle
décrira sous un meilleur jour la personnalité du prévenu

Passé irréprochable

Bon citoyen

Bon pére de famille

Vie difficile et agitée durant l’enfance etc.


Procédure pénale
Page 218 sur 417

Dans la négative, la défense va chercher à réfuter les


différentes positions soutenues par le MP et éventuellement par
les témoins à charge; elle va contester la valeur probante des
éléments de présomption, elle va faire ressortir la contrariété
des témoignages ou leurs caractère ambigu elle va relever à
partir des faits retenus lors de l’instruction tant préparatoire
que juridictionnelle , des éléments de preuvequi viennent
contredire soit affaiblir l’accusation; elle peut aussi contester
l’applicabilité du texte légal invoqué aux faits pour lesquels il
est poursuivi.

Le prévenu aura aussi à se défendre contre la partie


civile au cas où il y a eu constitution de partie civile ou citation
directe. Dans ce cas, la défense du prévenu peut porter sur
divers éléments

Contester l’existence de l’infraction

Contester soit l’existence soit l’importance du


préjudice allégué;

Contester le lieu de cause à effet entre les faits


reprochés et le préjudice allégué:

Invoquer la faute de)a victime ou d’un tiers aux fins


d’établir le partage de responsabilité.

4. la partie civilement responsable

L’infraction soumise par le prévenu est susceptible


d’entraîner ta responsabilité civile de la personne avec laquelle
Procédure pénale
Page 219 sur 417

le prévenu entretient des relations Ici vont jouer toutes les


règles de h responsabilité civile spécialement la présomption de
la faute d’autrui. Plusieurs situations peuvent se présenter

La partie civilement responsable peut être le père ou


la mère du prévenu, l’artisan, le maître ou le commettant du
prévenu

La défense de la partie civilement responsable peut


revêtir plusieurs aspects Elle peut contester l’existence ou la
hauteur du préjudice.

Elle peut contester le lien de causalité entre le


préjudice vanté et les faits dont le tribunal répressif est saisi

Elle peut invoquer la faute de la victime ou d’un tiers


et le partage de la responsabilité;

Elle peut contester le lien juridique entre elle-même et


le prévenu: ici, la contestation peut porter sur le principe même
de l’existence du lien juridique, soit sur l’établissement de la
présomption des fautes en démontrant qu’il n’y pas eu faute de
sa part.

5. la cloture des debats.

Le code prévoit l’ordre de la prise de parole, tel qu’il


vient d’être décrit ci-haut, mais il est évident que le président
peut toujours accorder la parole aux fins de répliquer à toutes
les parties qui auraient un légitime intérêt de e faire.

Procédure pénale
Page 220 sur 417

Avant la clôture des débats, le président doit donner


la parole en dernier au prévenu personnellement, cela se fait
selon l’interpellation formulée comme suit :“ avez-vous encore
quelque chose à ajouter pour votre défense?”

Souvent le prévenu en profite pour mieux crier son


innocence s’il a plaidé non coupable soit pour implorer la
clémence des juges lorsqu’il a reconnu avoir commis
l’infraction, Le Président peut alors prononcer la clôture des
débats.

La conséquence de cette clôture est qu’à partir de ce


moment plus aucune communication nouvelle ne peut être faite
aux juges. L’on admet cependant que les avocats peuvent par la
suite, déposer les notes de plaidoiries à condition qu’elles ne
contiennent aucun élément qui ait été traité oralement et
contradictoirement. Certains auteurs appellent cette note de
plaidoirie “la note de délibéré” pour souligner qu’elle vise à
synthétiser, à l’intention des juges siégeant en délibéré les
principaux arguments développés à l’audience

L’on admet aussi que lorsque la note en délibéré


soulève des moyens nouveaux ou des arguments au point que
la physionomie même du procès pourrait s’en trouver altérée,
les juges puissent décider la réouverture des débats, dans le but
d’inviter les parties à conclue sur ces nouveaux moyens ou erg
u mente.

Dans la pratique, la clôture des débats connaît deux


modalités:

Procédure pénale
Page 221 sur 417

a) le président, après avoir prononcé ta clôture des


débats, déclare que la cause est prise en délibéré. C’est la
modalité la plus couramment utilisée. Dans ce cas, le tribunal,
en application de l’art.80 du CPP doit rendre un jugement dans
la huitaine.

Mais dans la pratique, ce délai n’est guère recédé


parce qu’au bas de l’art.80. Un membre signale qu’il s’agit d’un
voeu utile mais pas toujours réalisable et sans sanctions. Nous
estimons que la pratique judiciaire courante n’a pas raison de
violer un texte légal express en se basant uniquement sur
l’opinion d’un membre du conseil de législation. Les juges
semblent tellement conscients de cette violation qu’ils en
arrivent à détonner le texte même de l’art.80 en disant : “
l’Affaire est prise en délibéré, le jugement sera prononcé
ultérieurement ou à une date ultérieure.

La conséquence grave d’une pareille violation est que


le prévenu n’est souvent pas présent le jour du prononcé. On
n’oublie pas que le délai pour interjeter appel est de 10 jours et
que ce délai court à partir du jour du prononcé du jugement
contradictoire.

b) le tribunal peut aussi, une fois l’instruction


terminée, renvoyer la cause en prosécution à une audience
ultérieure, en ce sens le tribunal ne prononce la clôture des
débats qu’au moment où il va prononcer son jugement.

Cette seconde modalité a application rare, présente


un certain nombre d’avantages

Procédure pénale
Page 222 sur 417

Elle permet éventuellement au tribunal de soumettre


aux débats ultérieurs, un nouveau moyen soulevé par une
partie.

Le tribunal peut procéder à un complément


d’information

Le jugement doit être prononcé dans la huitaine de la


clôture des débats.

Mais cette pratique comporte certains inconvénients:

L’audience de l’envoi, les parties peuvent être tentées


de trop prolonger les débats et même de formuler des
demandes d’instruction complémentaires qui peuvent s’avérer
purement dilatoires. Le tribunal restant contradictoirement saisi
à l’audience en prosécution si une partie n’y comparaît pas Tout
acte quelconque d’instruction qui s’y donnera lieu à un
jugement par défaut: G.

La réouverture des debats.

Le tnbunal peut ordonner la réouverture des débats


après avoir prononce la clôture. Dans !a pratique courante cela
se fait par une simple déclaration actée à la feuille d’audience.
Nous sommes cependant davis quune décision de cette
importance doit faire objet dun acte juridictionnel; ce qui va
faire ressortir la motivation de la réouverture On peut
envisager trois hypothèses qui peuvent justifier la réouverture
des débats:

Procédure pénale
Page 223 sur 417

a) il peut arriver quau cours de délibéré, les iuges se


rendent compte qu’ils ne sont pas éclairés à suffisance des faits
ou de droit;

b) les parties (MP ou parties Privées) peuvent obtenir,


après la clôture des débats, des renseignements ou des moyens
de preuve nouveaux qui sont susceptibles d’influencer sur e
cours de délibérer. En ce cas, la partie intéressée adresse une
requête au président de l’audience pour demander la
réouverture des débats ; notes (partie privée) ou réquisitions
(MP) soulevant des arguments ou moyens nouveaux si le
tribunal estime qu’il s’agit là des moyens ou arguments
susceptibles de modifier le cours du délibéré, il peut ordonner
la réouverture des débats afin de permettre aux diverses parties
de conclure sur ces arguments ou moyen ; faut regretter qu’un
acte aussi important de procédure ne fasse pas l’objet d’une
disposition légale car la réouverture des débats est appliquée à
titre de principe général de Droit.

c) après la clôture des débats, les parties peuvent


déposer des notes (partie privée ) ou réquisitions (MP),
soulevant des arguments ou moyens nouveaux si le tribunal
estime qu’il s’agit là des moyens ou arguments susceptibles de
modifier le cours du délibéré ; il peut ordonner la réouverture
des débats afin de permettre aux diverses parties de conclure
sur ces arguments ou moyens, Il faut regretter qu’un acte aussi
important de procédure ne fasse pas l’objet d’une disposition
légale car la réouverture des débats est appliquée à titre de

Procédure pénale
Page 224 sur 417

principe général de droit. Il faut que la réouverture de débats


fasse l’objet d’une loi.

CHAPITRE V. RESPONSABILITE DE L’ETAT NEE DU


MAUVAIS FONCTIONNEMENT DE LA JUSTICE
REPRESSIVE

(Lire : R. MERLE et A. VITU, Op. Cit. 4ème édition, n°760 -


616).

Introduction

Les décisions des juridictions pénales peuvent laisser


à désirer Certes les voies de recours existent, qui ont pour rôle
de corriger les erreurs ou le mal-jugé, mais il peut saverer
nécessaire d’aller plus loin dans certains cas, en réclamant la
sanction de la faute de l’organe qui a causé un dommage ou
une même commis une infraction dans l’exercice de la fonction
répressive ; lEtat lui même peut être tenu responsable du
mauvais fonctionnement de la justice répressive.

Quelles sont les fautes qui peuvent appeler les sanctions.

A titre d’exemple l’on peut citer:

- la prolongation irrégulière d’une détention préventive


l’erreur qui aboutit à la condamnation d’un innocent

L’arrestation illégale effectuée par un OPJ

L’omission d’une formalité prévue par la loi, etc...

Procédure pénale
Page 225 sur 417

Section I : l’etat de question en droit français

§.1. La responsabilité personnelle des agents

Cette responsabilité peut être disciplinaire, pénale et


civile

I. RESPONSABILITE DISCIPLINAIRE

A. Responsabilité disciplinaire des « MAGISTRATS »

a) Les magistrats du siège, couverts par inamovibilité


garantie par la constitution relèvent disciplinairement du
conseil supérieur de la magistrature

Le cas du juge d’instruction mérite d’être épinglé au


par avant, il relevait, comme magistrat du siège du conseil
supérieur de la magistrature, et comme OPJ, U était soumis è
une double surveillance

• celle du procureur général près la C.A et

• celle de la chambre d’accusation, aujourd’hui ayant


perdu la qualité d’OPJ, mais en conservant les pouvoirs qui y
sont attachés, le juge d’instruction ne dépend plus que du seul
conseil supérieur de la magistrature. *

b) Les magistrats du parquet relèvent, au plan


disciplinaire, du ministre de la justice qui cependant prend
l’avis, avant toute sanction d’une commission consultative.

A. Responsabilité disciplinaire des «OPJ »

Procédure pénale
Page 226 sur 417

En ce qui concerne les OPJ, il faut distinguer:

• Les OPJ et agents de la police judiciaire (APJ) placés


sous la surveillance du procureur général prè la C,A relevant en
outre du contrôle disciplinaire de la chambre d’accusation, qui
peut être saisie par le procureur général ou par son propre
président.

• Les APJ adjoint, les gardes champêtres, les gardes


particuliers assermentés et les agents spéciaux adjoints placés
pour l’exercice de leurs fonctions sous la surveillance du
procureur général pres la C.A mais relevant, au plan
disciplinaire de leur administration respective.

II. responsabilite penale

La loi du 4janvier 1993 a abrogé les règles


particulières qui assuraient aux magistrats et a certains
fonctionnaires un certain privilège de juridiction en matière de
poursuite et d’instruction. Désormais c’est le droit commun qui
s’applique Q.

III. responsabilite civile

1° Auparavant il e existé une quasi-irresponsabilité


des magistrats

• aux magistrats du parquet, cette responsabilité


assurait une grande liberté d’action dans l’exercice de la

Procédure pénale
Page 227 sur 417

répression et évitait une timidité qui pourrait être nuisible aux


intérêts de e société,

• Pour les juges, cette responsabilité tendait à


renforcer l’indépendance qui leur était nécessaire et elle
garantissait qu’ils ne pourraient pas être, à tout moment
recherchés par les justiciables qui pourraient prétendre avoir
subi un dommage du fait de l’activité juridictionnelle. Dans ce
cas, l’irresponsabilité civile garantissait une meilleure
administration de la justice sereine, impartiale et ferme.

2° La responsabilité civile du magistrat a été instituée


par la loi du 11juillet 1972 et celle du 18 janvier 1979. Elle est
engagée en cas de faute personnelle se rattachant au service
public de la justice, il s’agit de faute personnelle : peut être
commise directement un relief et être rattaché à l’activité d’un
magistrat déterminé.

L’Etat garantit les victimes des dommages causés par


es fautes personnelles des magistrats lorsqu’elles se rattachent
au service public de la justice en d’autres termes la victime doit
assigner l’Etat elle-même, et non le magistrat fautif. La loi du
11juillet1972 a supprimé la procédure de prise â partie L’Etat
peut exercer contre le magistrat une action récursoire, qui est
portée devant l’une des chambres civiles de la cour de
cassation.

Ainsi, l’Etat laisse hors de son intervention des fautes


personnelles du magistrat qui n’ont aucun lien avec le service.

Exemples :
Procédure pénale
Page 228 sur 417

a) Les fautes totalement étrangères à la fonction elles


pèsent exclusivement sur le magistrat,

b) Les fautes qui, bien que commises dans l’exercice


de la fonction, apparaissent cependant détachables du service
en raison de leur caractère intentionnel ou particulièrement
grave parce que relevant l’homme dans ses passions et ses
faiblesses Ce serait le cas par exemple du juge d’instruction qui,
au mépris du secret de l’instruction, tient des conférences de
presse en faisant voir son parti pris ou sa malveillance à l’égard
de l’inculpé.

§2. La responsabilité de l’état

Introduction

A. Longtemps en France a prévalu, à titre de principe


général de droit « l’irresponsabilité de l’Etat du fait de l’exercice
du pouvoir judiciaire ». Ce principe général de droit était
justifié par les considérations suivantes

a) Les décisions judiciaires sont entamées lors de leur


élaboration, d’assez de garantie pour être conformes à la vérité.

b) L’autorité de la chose jugée, qui empêche de


reprendre le procès, doit interdire I’Etat de rechercher l’Etat
comme responsable du fait de la fonction juridictionnelle.

c) Faute de dispositions légales, il est impossible de


poursuivre l’Etat en indemnisation.

Procédure pénale
Page 229 sur 417

B. Suite à l’influence des solutions admises par la


jurisprudence administrative qui reconnaît la responsabilité de
l’administration du fait des services publics, le principe de
l’irresponsabilité de l’Etat du fait de l’exercice du pouvoir
judiciaire aboutira à des injustices choquantes.

Par ailleurs, la responsabilité de l’Etat du fait du


mauvais fonctionnement des services publics, est un principe
général du droit, toutefois aucune responsabilité de l’Etat ne
peut être retenue contre l’Etat quand le dommage naît d’une
décision revêtue de l’autorité de la chose jugée.

1. Le principe nouveau de la responsabilité de l’Etat


affirmé par la loi du 5juillet 1972.

L’Etat est tenu de réparer le dommage causé par le


fonctionnement défectueux du service de la justice. Cette
responsabilité n’est engagée que par une faute lourde ou par un
déni de justice. L’Etat garantit les victimes des dommages
causés par les fautes personnelles des magistrats, sauf son
recours contre ces derniers.

2. Les applications pratiques

• La responsabilité de l’Etat du fait de l’activité


générale des magistrats.

L’Etat garantit les victimes des dommages nés des


fautes commises personnellement par les magistrats

Procédure pénale
Page 230 sur 417

La victime ne peut pas poursuivre le magistrat lui-


même devant la juridiction judiciaire Ocompétente, elle n’a
d’action que contre l’Etat qui peut se retourner contre le
magistrat fautif et réclamer, par une action récursoire portée
devant l’une des chambres civiles de la cour de cassation le
remboursement des sommes qui ont été versées à la victime du
dommage.

Il faut cependant préciser que l’on doit se trouver en


présence d’une faute personnelle du magistrat lui- même, liée
au service public.

• La réparation des erreurs judiciaires

La procédure de révision dune décision de


condamnation anéantit celle-ci, il apparaît logique que le
condamné puisse voir réparer l’erreur judiciaire dont il e été
victime.

Cette réparation est à la fois morale et pécuniaire, la


réparation morale résulte de l’affichage des décisions de
révision dans la localité déterminée par la loi, de son insertion n
extenso au journal officiel, de son insertion par extrait dans des
journaux au choix de la juridiction qui a prononcé la décision.

La réparation pécuniaire consiste en des dommages-


intérêts, alloués sur sa demande, à la victime de l’erreur ou é
ses ayants causé.

Procédure pénale
Page 231 sur 417

L’Etat peut se retourner contre ceux par la faute


desquels l’erreur a été commise (exemple contre le faux témoin
ou le dénonciateur).

• L’indemnisation en cas de détention provisoire


abusive

Pour le développement de ce passage du cours, nous


renvoyons dans ce syllabus aux pages précédentes consacrées à
l’examen de cette question qui a déjà fait ‘objet d’exposé à
l’occasion de l’étude de la détention préventive. (Lire La
détention préventive).

• L’indemnisation des dommages corporels résultat


d’une infraction

La loi du 3 janvier 1977 modifiée par les lois de 2


février 1981, du juillet 1983, et du 30 décembre 1985, garantit
Vindemnisation de certaines victimes des dommages corporels
résultat d’une infraction. La loi du 9 juillet 1986 relative à la
lutte contre e terrorisme assure à son article 9 l’indemnisation
des victimes de tels actes,

Le fondement de ce genre d’indemnisation est que


l’Etat doit garantir les citoyens contre les risques que la vie
moderne fait naître, or la délinquance est l’un des ces risques et
si les auteurs des crimes ou des délits dirigée contre l’intégrité
physique ne peuvent être découverts ou sont insolvables, ii
revient ou appartient à la collectivité publique de venir en aide
aux victimes de ces infractions.
Procédure pénale
Page 232 sur 417

Les conditions suivantes doivent être réunies

a) Ne sont concernés faits infractionnels

Les actes volontaires ou involontaires qui ont causé


un dommage corporel sous forme de mort, incapacité
permanente ou incapacité totale de travail personnel de plus
d’un mois, le fait constitutif de viol, ou d’attentat à la pudeur,
de vol, de l’escroquerie

b) Le préjudice doit consister pour la victime, en un


trouble grave dans les conditions de vie résultant d’une perte
ou d’une diminution de revenue, d’un accroissement de charge,
d’inaptitude à exercer une profession ou d’une atteinte à
l’intégrité physique ou mentale.

c) La victime ne doit pas avoir obtenu à titre


quelconque une indemnisation effective et suffisance de ses
préjudice.

d) Si le fait dénoncé a été commis en France, la


victime doit être de nationalité française, pour les étrangers, la
victime doit posséder la carte de résidence ou appartenir à un
Etat qui a conclu avec la France un accord de réciprocité dans ce
domaine.

Par ailleurs, e droit à l’indemnité peut être écarté ou


son montant peut être réduit par une sorte d’indignité qui
écarte la victime soit que son comportement à facilité
l’infraction (victime provocante) soit que des liens particuliers
l’unissent ou coupable.

Procédure pénale
Page 233 sur 417

3. La régime général de la responsabilité de l’Etat

La responsabilité de l’Etat peut être mise en jeu à


l’occasion de n’importe acte de la justice pénale, accompli par
un magistrat soit par l’un des collaborateurs professionnels ou
non, des services répressifs

Exemple Fautes lourdes commises par la police


judiciaire dans l’accomplissement des enquêtes de flagrance ou
des enquêtes préliminaires.

Ces actes de la police judiciaires peuvent provoquer


des dommages, soit à des collaborateur occasionnels du service
de la justice, soit à des tiers que le hasard a mêlé à leur corps
défendant, à l’activité des autorités de police judiciaire et qui
n’y ont joué qu’un rôle répressif, soit enfin à ceux qui sont
l’objet des actes de la police judiciaire.

Une limite s’impose cependant : il faut exclure du


champ de la responsabilité de l’Etat du fait du fonctionnement
de la justice répressive, les décisions juridictionnelles revêtues
de l’autorité de la chose jugée ainsi que les actes qui en sont les
préliminaires indispensables.

Mais la responsabilité de l’Etat va demeurer engagée


pour les actes juridictionnels qui ont perdu l’autorité de la
chose jugée dont ils étaient initialement révêtues parce qu’ils
ont été réformés ou annulés.

Procédure pénale
Page 234 sur 417

Section II: L’etat De La Question En Droit Congolais

§.1. Responsabilité personnelle des agents cette


responsabilité peut être disciplinaire, pénale et civile

La Responsabilite Disciplinaire

A. Responsabilité disciplinaire des « Magistrats »

Au Congo, c’est le conseil supérieur de la


magistrature qui est chargé de la discipline de tous les
magistrats, ceux du siège comme ceux du parquet.

B. Responsabilité disciplinaire des «OPJ »

Plus haut dans ce cours, nous avons eu à déplorer le


fait que le code de l’OCJ du 31 mars 1982 n’ait pas repris le
système disciplinaire mis sur pied par e COCJ du 29 mars 1978,
système qui avait permis au M.P d’exercer l’action disciplinaire
à l’égard des tous les OPJ, militaires, pour les faits commis dans
l’exercice de leur fonction d’OPJ.

II. Responsabilite Penale

1. L’OPJ ou I’OMP qui reçoit une plainte ou une


dénonciation ou qui constate une infraction à charge d’un
magistrat, d’un cadre de commandement de l’administration
judiciaire, d’un commissaire sous- régional, d’un bourgmestre
ou chef de collectivité, ne peut sauf en cas d’infraction flagrante
procéder à l’arrestation de la personne poursuivie qu’après en
avoir préalablement informé l’autorité hiérarchique dont
dépend l’inculpé.

Procédure pénale
Page 235 sur 417

2. La décision de poursuite contre les personnes ci-


dessus énumérées est réservée au procureur général près la
cour d’appel.

3. Il est interdit de citer directement devant la C.A ou


la CSJ un magistrat qui a commis une infraction.

4. Les magistrats de la CSJ et du parquet général de la


république bénéficient du privilège de la cour suprême de
justice. Le magistrat de rang inférieur bénéficie du privilège de
juridiction de la C.A.

III. Responsabilite Civile

1. Les magistrats qui ont commis une faute civile dans


l’exercice de fonctions pourront être assignés en justice selon le
droit commun.

2. si le magistrat a commis un déni de justice, en un


dol, il pourra être traduit devant la CSJ pour « la procédure de
la prise à partie » qui pourra aboutir à la condamnation aux Dl
dont (‘Etat sera civilement responsable (art.66 du code de la
procédure devant la CSJ)

§.2. Responsabilité de l’état en matière de


fonctionnement de justice répressive.

1. En cas de révision, l’arrêt de la CSJ d’où résulte


l’innocence d’un condamné peut, sur sa demande, lui allouer
des D.l en raison du préjudice que lui a causé sa condamnation
(art 74 de la procédure devant la CSJ). Les Dl sont à charge de
Procédure pénale
Page 236 sur 417

l’Etat sauf son recours contre la partie civile. les dénonciateurs


ou faux témoins par la faute desquels la condamnation e été
prononcée 2 L Etat est civilement responsable des D I auxquels
un magistrat est condamné à la suite dune procédure de prise à
partie. Mais ici cette responsabilité de L’Etat n’est pas prévue
uniquement en cas de poursuite pénale.

3. Indemnisation pour détention abusive

II faut néanmoins qu’une loi détermine aussi bien les


conditions que la procédure à respecter pour aboutir à cette
indemnisation.

L’Etat est responsable par le principe de


responsabilité pour fait d’autrui.

Procédure pénale
Page 237 sur 417

TROISIEME PARTIE : LE JUGEMENT, LES FRAIS DE


JUSTICE ET LA NULLITE DES ACTES DE PROCEDURE

Une fois que les débats ont été clôturés et que la cause
a été prise en délibéré à moins dune décision de réouverture
des débats, les juges ayant composé le siège se retirent pour
délibérer en vue d’aboutir à une décision commune, c’est-à-dire
à un jugement ou à un arrêt.

Procédure pénale
Page 238 sur 417

CHAPITRE I. LE JUGEMENT

Section 1: La Deliberation

§1. Notion

En règle générale, délbérer c’est confronter les


opinions pour aboutir à une commune décision qui devra être
formulée dans la collégialité; même quand un juge a composé e
siège à lui seul (c’est le cas du juge de police, ou du juge de
paix) ‘on dit aussi qu’il délibère en ce sens qu’il confronte es
positions des parties au procès pour arriver à éclairer sa religion
en vue d’aboutir à la décision conséquente

§.2. Objet du délibère

La définition du terme “ délibère’” pourrait faire


croire que les juges se réunissent pour aborder immédiatement
le sujet principal, à savoir préventions mises à charge du
prévenu sont-elles établies ou pas, quelle conclusion en tirer sur
le plan du droit. A la vérité, le chemin pour aboutir à la décision
conséquente est long sur le parcours, les juges doivent aborder
une série de problèmes au sujet desquels une solution doit être
prise. Nous allons passer en revue les différents problèmes de
“parcours” que les juges rencontrent avant de se prononcer sur
la décision principale.

Procédure pénale
Page 239 sur 417

1. Examen des exceptions et autres incidents

Lors du délibéré, les juges doivent commencer par


examiner la saisine et la compétence du tribunal de même que
la recevabilité de l’action, ils le font d’office ou pour répondre a
une exception ou à un incident en ce sens soulevé pendant
l’instruction à l’audience; en ce cas, il s’agit d’un incident qui a
été joint au fond. La juridiction doit motiver sa décision quant à
la saisine, à la compétence et à la recevabilité:

a) chaque fois qu’elle doit répondre à un incident


soulevé en ce sens

b) chaque fois que sa décision est négative mais que


l’incident est soulevé d’office par elle- même.

Lorsqu’elle est régulièrement saisie, qu’elle est


compétente et que ‘action est recevable une juridiction ne doit
pas motiver sa décision sur ce point.

2. Les questions « préalables et préjudicielles »

L’on admet généralement que le juge pénal a la


plénitude de compétence pour statuer sur toutes les questions
extra-pénales soulevées dans le procès dont il est saisie; c’est ce
qui exprime l’adage “le juge de l’action est le juge de
l’exception” et de la compétence judiciaire, n’est cependant
dapplication constante qu’en matière civile.

La compétence donnée aux juges du pénal de


connaître les exceptions même de nature civile, ne lui permet
Procédure pénale
Page 240 sur 417

cependant pas d’appliquer aux problèmes extra-pénaux qui se


posent à lui les règles de ; preuve de la procédure pénale, il doit
faire usage des règles de preuve de droit civil.

Lorsque le juge pénal est compétent pour trancher


une exception extra pénale celle-ci est appelée question
préalable en ce sens que la juridiction saisie des poursuites peut
vider cette question par ce qu’elle en a la compétence. Mais 1
arrive que le juge pénal n’ait pas compétence pour trancher une
question qui se poseà lui, en ce cas, on parle d’une question
préjudicielle en ce que le juge pénal valablement saisi de
l’action publique est obligé de surseoir à statuer jusqu’ à ce que
le juge statuant au civil ou sur le plan du droit administratif, ait
tranché le point de droit soulevé dans e procès pénal (j. a) Les
questions préjudicielles de nature civile

6. Question relative à l’existence ou l’absence d’un


droit de propriété immobilière ou d’un droit réel immobilier.

Exemple: un individu poursuivi pour chasse sur un


terrain d’autrui ou abattage d’un arbre appartenant à autrui
pour alléguer que le terrain ou l’arbre lui appartient,
l’appréciation de ce moyen de défense échappe au tribunal
répressif tenu de surseoir à statuer sur la poursuite.

7. Les questions préjudicielles de nature civile les plus


nombreuses ont trait aux problèmes d’Etat de personnes. Ainsi
la nationalité Un individu poursuivi pour infraction à un arrêté
d’expulsion peut prétendre qu’il est national et ne peut donc
être expulsé ; le juge répressif doit surseoir jusqu’au jugement

Procédure pénale
Page 241 sur 417

civil sur la question de nationalité, qui en République


Démocratique du Congo, relève de la compétence du tribunal
de grande instance.

b) Question préjudicielle de nature administrative.

Exemple:

Une juridiction pénale saisie d’un fait de désertion na


pas compétence pour apprécier l’exception de nullité de
l’engagement militaire soulevé par ce prévenu, en effet, lors de
l’examen des questions administratives posées au cours d’un
procès pénal, la plénitude de compétence du juge répressif cède
la place au principe de la séparation du pouvoir: la solution
relève seulement des autorités administratives. En droit
français, trois règles fixent le fonctionnement des questions
préjudicielles

1. L’exception préjudicielle

Est un moyen de défense qu’il appartient au


délinquant d’invoquer avant toute défense, au fond ce n’est
qu’en matière de nationalité que ce juge peut soulever d’office
cette exception.

2. La prétention émise doit être au moins


vraisemblable c’est-à-dire, s’appuyer sur des faits ou des titres
donnant une apparence sérieuse à. la prétention du prévenu et
de nature à enlever aux faits poursuivis leur caractère
délictueux.

Procédure pénale
Page 242 sur 417

3. Le prévenu doit saisir le tribunal dans un délai fixe,


passé ce délai, il doit rendre compte de ses diligences au juge
répressif.

S’il a négligé de saisir la juridiction compétente, le


juge répressif passe outre et statue au fond, il ne faut pas que la
mauvaise volonté du prévenu paralyse la justice pénale.

9. La vérité légale sur les faits.

Les juges ont entendu le prévenu à l’audience ainsi


que les témoins a charge ou à décharge, peut être ont-ils
ordonné des mesures d’instructions complémentaires, il se peut
que d’autres éléments à conviction ou, à décharge figurent au
dossier, les juges ont entendu les réquisitions du M.P. et la
plaidoirie de ce qu’il faut retenir comme faits certains.

La vérité è laquelle les juges sont parvenus n’est pas


une vérité philosophique, c’est une vérité judiciaire, c’est-à-dire
une vérité découverte sur base d’un raisonnement logique
ayant puisé ses éléments dans les différents moyens de preuve,
dans les éléments du dossier qui a été soumis au juge, l’on
comprend dès lors qu’une part de subjectivité peut très bien se
glisser dans cette construction de la vérité judiciaire.

10. La qualification des faits

Toute juridiction pénale a le droit et le pouvoir


d’examiner la qualification du fait qui lui est soumis et au
Procédure pénale
Page 243 sur 417

besoin de ma modifier lorsque celle-ci paraît inexacte, de cette


manière la juridiction saisie le fait dont elle est saisie entre bien
dans sa compétence. Mais en aucun cas, elle ne connaît des faits
étrangers à la prévention reprise dans la citation sauf si le
prévenu a accepté d’en répondre sur comparution volontaire
conformément à la loi. Cette interdiction nest que la
conséquence logique du principe selon lequel une juridiction
répressive ne peut pas modifier en même temps les faits de la
prévention. Monsieur RUBBENS (l’instruction criminelle et la
procédure pénale n’108) proposa une terminologie que nous
partageons mais que la doctrine classique paraît ignorer, il
distingue d’un côté la requalification et de l’autre la
disqualification il y a requalification, si la qualification nouvelle
est plus 9rave en ce cas, le respect des droits de la défense exige
, selon lui, que les délais necessaires soient accordés au prévenu
pour répondre de cette qualification nouvelle, il y a
disqualification, si la qualification nouvelle est moins grave que
la qualification ancienne, en ce cas, â son avis, les juges ont
moins de scrupule pour avertir les prévenus Cependant, il
ajoute tout de suite qu’il ne faut pas égarer la défense.

A notre avis, qu’il y ait requalification, ou


disqualification, les droits de la défense exigent que les
prévenus ne sont pas pris au dépourvu car même en cas de
disqualification, il peut avoir nécessité de modifier son système
de défense ne serait ce que parce que les éléments constructifs
de la nouvelle infraction mise à la charge du prévenu sont

Procédure pénale
Page 244 sur 417

différents et exigent donc une réputation e règle qui demande


une étude préalable.

11. La culpababilité du prévenu

Les faits une fois établis, il reste à savoir, s’ils sont


imputables ô leur auteur, il s’agit d’abord de l’imputation
matérielle: les faits constatés ont-ils été effectivement commis
par Fauteur, il s’agira ensuite de l’imputation morale: l’auteur
des faits est-il moralement responsable. Il ne peut être puni: des
mesures de défense sociale seront prises à son endroit, il y a
responsabilité atténuée, il peut y avoir lieu à application de
circonstances atténuantes.

12. La juste peine

Après avoir établi les faits, les avoir qualifiés puis


imputes à leurs auteurs, le tribunal examinera ensuite, la peine
adéquate à une juste répression. Le droit pénal congolais
connaît deux sortes de peines

1 les peines principales,

2 les peines accessoires,

3 La peine de mort,

4 L’emprisonnement,

5 L’amande

1. Les peines accessoires sont.

Procédure pénale
Page 245 sur 417

L’emprisonnement subsidiaire, l’obligation de


l’éloigner de certains lieux ou d’une certaine région; la
confiscation spéciale, la mise à la disposition de la surveillance
du Gouvernement l’interdiction du droit de vote et du droit
d’éligibilité, l’interdiction d’accès aux fonctions publiques et
étatiques, la privation du droit de condamnation ou à la
libération conditionnelle et à réhabilitation, l’expulsion
définitive du territoire de la République pour les étrangers.

2. La peine de mort

La législation congolaise prévoit la peine de mort


dans un grand nombre d’infractions. L’on pourrait se poser la
question de savoir quel est le but recherché dans l’infraction de
cette peine?

En ce qui concerne le condamné à mort, il y a eu aveu


d’échec de la société dans sa mise en déduction et de
redressement des clinquants ; la doctrine est partagée quant à
l’effet intimidant de ta peine de mort sur les autres membres de
la société. Nous pouvons toutes fois affirmer que la peine de
mort exerce un certain effet intimidant sur la mentalité africaine
en effet, le sens communautaire de ta vie en Nrique et le fait
que l’acte tout acte important à une forte répression
sociologique, font que la peine qui frappe une membre de la
communauté exerce un effet certain de terreur, mais il y a lieu
de noter aussi que la communauté restreinte dont le condamné
à mort faisait partie, en conserve des sentiments continus
d’hostilité viscérale envers les dépositaires de autorité.

Procédure pénale
Page 246 sur 417

Le Ministère public lorsque la peine de mort est


prononcée au degré d’appel, entame toujours la procedure de
demande de grâce auprès de la République.

3. La peine de travaux forcés

De un à vinqt ans. Punissant les infractions de détournement


des deniers public et privés. Cette peine remplace en matière de
détournement la peine de mort et la peine de prison jugée
inopportune, inefficace et dépourvues de tout effet bénéfique
(exposé des motifs de la loi n° 73/017 du 5 Janvier 1973, journal
officiel. éd., provisoire du 15 fevrier 1973, n° 3, p. 29) e
légrslateur veut que la peine des travaux forcés soit ferme tant
au moment du prononcé du jugement que dans son exécution,
c’est-à- dire dépourvue de toute mesure de clémence : sursis,
libération conditionnelle, la loi précise que le l’exécution de la
peine de travaux forcés ne peut être assimilée ni confondue
avec la peine de servitude pénale, cependant, toute détention
subie avant la condamnation définitive soit imputée pour la
totalité, sur la durée de la peine de travaux forcés prononcée.

Enfin, l’exposé des motifs de la toi du 5 janvier 1973


laisse clairement que la peine des travaux forcer comporte le la
privation de la liberte et qu’en outre le condamne est astreint à
un ou plusieurs travaux réglementaires autres que les travaux
généralement confiés aux pensionnaires des établissements
pénitentiaires.

Procédure pénale
Page 247 sur 417

4. La peine de prison et la peine d’amende

Dans notre pays, l’on peut sérieusement se poser la


question de savoir si la peine de prison vaut la peine maintenue
en effet il s’agit d’une peine liée au passé colonial, un peine que
nos ancétres ignoraient de sorte qu’elle ne revêt aucun caractère
entamant le citoyen qui a fait la prison, il n’est pas l’objet de
mépris social il trouve même facilement du travail sans que l’on
s’inquiète de son passé judiciaire, bref avoir fait la prison ne
constitue pas aux yeux des congolais une question honteuse
puisse qu l’on va jusqu’à fêter un frère qui sort de la prison. Il
faut que les pénalistes et les criminologues réfléchissent sur
cette donnée en scrutant nos coutumes traditionnelles, peut-être
trouvera t-on une peine plus intimidante, plus en harmonie
avec notre mentalité et notre environnement.

L’expression servitude pénale devrait être bannie


depuis l’indépendance du language législatif congolais. Il est
symptomatique de relever que trente ans après l’accession du
pays à l’indépendance, le législateur congolais ne soit pas
soucié d’extirper de son langage juridique une expression qui, à
l’époque coloniale avait toute sa signification connotant bel et
bien l’idée d’esclavage en effet, à l’époque coloniale, les
européens ne faisaient pas la prison. C’est cela qui a amené les
congolais à considérer à juste titre, que la peine de prison était
une peine réservée uniquement aux indigènes de la colonie du
Congo Belge aussi ne peut-on s’étonner que cette peine n’ait
jamais été intériorisée et acculturée par les Congolais. Le même
constat peut être fait aujourd’hui.

Procédure pénale
Page 248 sur 417

Il nous faut retracer l’histoire du système de la


majoration des amendes pour voir comment, depuis du temps
colonial, le législateur a essayé de garder â la peine d’amende
sa vertu répressive en dépit de la dépression monétaire.

Par e décret du 3 août 1925, les amendes pénales


avaient été m2jorées de la manière suivante : les autorités
chargées d’appliquer la loi pénale devaient commencer par
fixer la montant des amandes ‘conformément aux dispositions
qui les établissent et devaient indiquer leur montant, ensuite en
application au décret, ces autorités quadrupler c-: montant et
indiquer le produit de ta multiplication.

Par le décret du 17 janvier 1927, la majoration avait


été portée à 92 décimes c’est-à-dire que le montant devait être
multiplié par dix. C’est la naissance des décimes additonneln

L’ordonnance législative du 11 décembre 1959 art. 1


avait décidé que le système du décime additionnel n’était pas
applicable aux amendes payées par les personnes dont le
revenu mensuel moyen étaitlnférieur 5.000 F0 Le décret du 13
mars 1965 a porté la majoration des amendes à 100 décimes ce
qui en pratique revenait à multiplier le montant des amendes
par 70 Rien ne fut fait au sujet des personnes à revenus faibles.
L’ordonnance-loi n°70/080 du 30 novembre 1980 a ramené cette
majoration à 90 décimes mais en précisant que cette majoration
n’était pas applicable aux amendes encourues par les personnes
dont les revenus mensuels étaient inférieurs à 50 zaïres.

Procédure pénale
Page 249 sur 417

Cette ordonnance-loi a en outre disposé que partout


dans les anciens textes, le terme franc devrait être remplacé par
celui de makuta. L’ordonnance-loi n°79/007 du 6 juillet 1979 est
venu supprimer le système des décimes additionnels en
précisant que dans toutes les dispositions légales ou
réglementaires prévoyant des amendes pénales exprimées en
franc, le mot majorait les amendes pénales à la suite de la
dépréciation du Zaïre Monnaie. Cette loi minima et les maxima
des amendes pénales sont multipliés par dix par ce nouveau
système. Cette loi a voulu restituer à cette peine d’amende,
même en multipliant par 100 le taux figurant dans le textes à
caractère répressif l’on peut donc se demander si le système
idéal ne serait pas, pour e législateur d’arrêter comme principe
la majoration par cent du taux de “amende de pénale chaque
fois qu’il y a dévaluation officielle.

Les critiques, contre le système du paiement de


l’amende sont les suivantes. L’amender est perçue par le trésor
public; donc l’Etat tire avantage et bénéfice de la délinquance
de ses sujets. ce qui est choquant.

La valeur punitive de l’amende en tant que force


intimidante n’est pas absolue, elles n’intimident le condamné ni
la multitude des petits délinquants insolvables. L’amende porte
atteinte aux principes de l’égalité et de la personnalité des
peines, l’égalité des citoyens est rompue car l’amende est légère
aux riches et lourde aux pauvres ; il y a violation de la
personnalité des peines puisque en frappant le délinquant dans
son patrimoine, on frappe aussi toute sa famille qui vit de ce

Procédure pénale
Page 250 sur 417

patrimoine. Des solutions ont été adoptées dans certains pays


pour atténuer ces critiques, C’est ainsi qu’en Allemagne et en
Italie, le produit des amendes est affecté à la constitution d’un
fond de garantie des victimes d’infractions, de cette façon
l’amende peut emplir à coup sûr une fonction sociale, à défaut
de remplir une fonction répressive. Certains pays nordiques,
comme la Suède, ont institué les systèmes des amendes, le juge
condamne le délinquant à des amendes dont le montant est
proportionnel à ses revenus quotidiens et à ses charges.

Enfin, l’on peut se poser Ta question de savoir ce qui


garde le législateur, dans l’élaboration d’une disposition à
caractère pénal, dans la fixation des taxes, minimum et
maximum, est-ce de façon arbitraire? Une certaine logique peut
consister à dire par exemple que le législateur tient compte du
salaire journalier minimum de base et du salaire journalier
maximum, de sorte que lorsque le tribunal estime; qu’en lieu et
place de la peine de prison, il faut prononcer une peine
d’amende, le montant de cette dernière puisse être fixé en
tenant compte de la peine d’amende de prison à laquelle le
délinquant échappe , en d’autre terme le taux de la peine
d’amende devrait correspondre au montant dont e délinquant
serait la servitude pénale subsidiaire qui devra désormais
s’appeler l’emprisonnement subsidiaire. Elle est de 6 mois
maximum.

Le juge doit assortir chaque condamnation à la peine


d’amende sous peine d’emprisonnement subsidiaire en cas de
non-payement dans les délais légaux et ceux impartis par

Procédure pénale
Page 251 sur 417

jugement; cette peine devrait se substituer ainsi à la peine


d’amende. En outre logique, les juges devraient veiller à fixer la
peine d’emprisonnement subsidiaire en proportion du montant
de l’amende.

5. La confiscation spéciale

La confiscation des objets appartenant au prévenu et


ayant eu à commettre l’infraction, est une peine accessoire
nécessaire. Le Juge n’a aucun pouvoir d’appréciation. Dès lors
que l’infraction est établie et que les objets appartiennent au
prévenu et ont servi à commettre infraction, ils doivent être
confisqués, s’il s’agit d’une infraction intentionnelle ou si le
législateur a expressément ordonné la confiscation o

Le caractère personnel de la confiscation spéciale


n’empêche pas que cette peine soit exécutée contre les héritiers.
L’Etat dispose d’un droit réel de propriété sur la chose en
quelques mains qu’elle puisse se trouver: l’Etat peut don à la
mort du délinquant qui a été condamné définitivement,
réclamer la chose confisquée entre les mains des héritiers (esika
makambo ezo bima: le code pénal congolais annote,
lubumbashi. 1977, n 132).

Procédure pénale
Page 252 sur 417

6. La confiscation générale

L’Ordonnance-loi n 86/029 du 5janvier 1986 est venu


abroger l’ordonnance-loi n° 71/081 du 2 septembre 97, relative à
la confiscation générale des biens des personnes condamnées
pour trafic des substances précieuses. L’ordonnance-loi n
86!D29 du 5 avril 1983 a aussi abrogé la peine de confiscation
générale des biens en matière de détournement des deniers
publics, peine qui avait été instituée par la loi n° 73/017 du
5janvier 1973.

L’obligation de s’éloigner de certains milieux ou


d’habiter en un milieu déterminé, c’est la relégation, ou le
bannissement ou l’interdiction de séjour, il s’agit d’une mesure
de défense sociale instituée en tant que peine accessoire
facultative, compte tenu du trouble psychique profond pouvant
résulter du déracinement et de m’éloignement d’un délinquant
de son milieu clanique les juges devront rappliquer avec
prudence et humanité. L’on peut du reste se poser se poser la
question de savoir si pareille peine peut encore être maintenue
dans notre arsenal juridique compte tenu du travail de vent de
démocratie qui souffle dans notre pays, vent qui a abouti à la
suppression de l’arrestation administrative et de la relégation
administrative. Le sauvetage et le respect de la liberté
individuelle ont imposé, dans le cadre de la démocratie, la
suppression de l’arrestation et de la relégation administrative,
qui se pratiquaient dans sans garantir le bannissement ou
l’interdiction de séjour, en tant que peines accessoires à une
peine principale prononcée par les cours et tribunaux, sont à

Procédure pénale
Page 253 sur 417

notre sens, conformes à la constitution, La relégation, le


bannissement et l’interdiction de séjour sont soumises aux
conditions suivantes:

1. il faut de temps de dix ans jusqu’au procès en cours:

2 il faut que dans le laps de temps, l’inculpé ait connu


au moins deux infractions qui ont entraîné chacune une peine
de prison d’au moins dix mois. Ces peines accessoires visent à
combattre la récidive ou la réitération d’infraction après une
condamnation, La théorie classique considère en effet que la
récidive est un indice de culpabilité plus grande, la preuve de
mépris de l’avertissement antérieurement reçu c’est pourquoi, il
faut aggraver la peine pour l’infraction nouvelle et au besoin,
mettre le délinquant hors d’état de nuire: or, les recherches en
criminologie démontrent au contraire que la récidive n’est pas
l’indice de culpabilité plus grande mais plutôt la preuve de
l’inadaptation du traitement précédemment appliqué. Face à
une récidive au lieu de rappliquer la peine, révélée souvent
inopérante, il y a lieu plutôt de modifier le traitement tout en
recherchant les causes de cet état.

7. La mise à la disposition du gouvernement

Conditions inopinées pour l’application de cette


peine:

3 il faut un laps de temps de dix ans jusqu’au procès


en cours

Procédure pénale
Page 254 sur 417

4 il faut que dans ce laps de temps, l’inculpé ait connu


au moins trois infractions qui ont entraîné chacune une peine
de prison d’au moins six mois

5 il faut que l’inculpé présente en outre une tendance


.persistante à la délinquance.

Il s’agit en réalité d’une mesure de défense sociale qui


s’applique à récidives anormales. Certains parlent de la
délinquance d’habitude. Pour savoir si les conditions de la mise
à la disposition du gouvernement sont réunies, il faut que les
dossiers antérieurs soient joints au dossier de la poursuite afin
de savoir si les infractions commises par l’intéressé révèlent une
tendance persistante à la délinquance Mais bien souvent les
dossiers judiciaires ne contiennent que les preuves de
l’infraction et ne permettent pas donc de connaître le
délinquant, c’est pourquoi, il faut faire procéder à une enquête
sociale et ordonner un examen médical du délinquant.

13. Restauration de I’ordre légal

L’ordre légal est la plupart du temps, restauré par


l’application des peines, mais il arrive que l’ordre légal
demande à être restauré par la cessation d’une situation de fait
contraire à la loi, dans, ce cas,, les juges doivent, dans leur
jugement prendre les mesures directes qui vont cesser cette
situation n fractionnelle parmi les mesures que les juges
peuvent être amenés à prendre, fon peut ranger notamment la

Procédure pénale
Page 255 sur 417

fermeture d’un établissement, la destruction d’ouvrage ou de


clôture ou de produits nocïfs, etc.

14. La restauration des atteintes portées aux droits privés

L’atteinte portée aux droits privés est réparée par


allocation des dommages intérêts compensatoires du préjudice
subi par la victime, elle peut être réparée par d’autres
rèparations appropriées, ainsi Sa publication du jugement peut
être sollicitée à titre de réparation de l’infraction de calomnie: la
destruction. D’écrits injurieux ou d’objets contrefaits peut aussi
constituer une espèce de réparation. il peut arriver qu’une
juridiction ne dispose des éléments susceptibles de permettre
une évaluation objective do ‘a hauteur du préjudice et donc le
calcul du montant des dommages intérêts en ce cas, la
juridiction va statuer, “ex aequo et Bono”, c’est-à-dire en équité,
la loi prévoit également que la restitution des objets sur lequel a
porté l’infraction est ordonnée d’office lorsqu’ils ont été
retrouvée en nature et leur propriété n’en est pus contesté (art.
115 du code de l’organisation et de la compétence judiciaire),
rappelons qu’aux termes de l’article 108 du code de
l’organisation et de compétence judiciaires, toute juridiction à
l’exception de la cour suprême de justice, statuant au fond en
premier et dernlr ressert, doit statuer d’office sur les dommages
intéréts, et réparations qui peuvent être dus en Ç,’ertude la loi
ou de la coutume ou des usages locaux à moins que la partie
lésée ait manifesté sa volonté d’assumer elle-même la défense
de ses intérêts.
Procédure pénale
Page 256 sur 417

15. La destination des objets saisis.

Le sort des objets saisis doit être au délibéré. La


plupart du temps, les objets saisis sont confisqués ou restitués.
Mais il peu arriver que les objets aient été saisis durant
l’instruction préparatoire à titre de pièce à conviction, il peut
arriver que des objets aient été saisi en les estimant susceptibles
de confiscation laquelle n’intervient cependant pas : dans ces
deux cas, la juridiction qu’il prononce, la main levée de la saisie
et la remise de ces objets entre les mains de celui qui apparaît
en être e légitime possesseur, mais su le tribunal omet de
statuer sur le sort des objets saisis, le président de la jurïdiction
peut statuer par voie d’ordonnance.

16. La destination du cautionnement

Le cautionnement versé par l’inculpé réincarcère peut


être soit remboursé soit pris en avant la saisine de la juridiction,
le sort du cautionnement est réglé par ordonnance du ministère
public, le tribunal statue sur la destination du cautionnement
que dans le seul cas où le revenu se présente à l’audience en
état de liberté provisoire, si e prévenu est acquitte, le tribunal
ordonne le remboursement du cautionnement est pris en recette
en tout ou en partie à titre de sanction, lorsque le condamne
s’est soustrait sans motif légitime à l’un ou l’autre acte de
procédure, au cas où le tribunal a omis de statuer sur le sort du
cautionnement, le président du tribunal pourra le faire par voie
d’ordonnance.

Procédure pénale
Page 257 sur 417

17. L’imputation des faits

C’est durant le délibéré qu’est également réglée la


condamnation aux frais le calcul des frais est l’affaire du
greffier, les juges se borneront à dire en quelle proportion
chaque partie devra les supporter ou éventuellement les laisser
à la charqe du trésor

18. La contrainte par corps.

L’exécution des condamnations aux restitutions, aux


dommages intérêts et aux frais peut être poursuivie par la voie
de la contrainte par corps (art 16 du code pênal). C’est dire donc
que la contrainte par corps est facultative. La doctrine classique
et la jurisprudence constante écarte l’application de la
contrainte par corps à la partie civilement responsable: l’on
estime, en effet, que la contrainte par corps, est une mesure
d’exécution de la condamnation pénale i). Soutenir la
condamnation de la partie civilement responsable aux frais
reviendrait à l’antique idée de soumettre à la peine de prison la
personne qui a une dette à payer, une dette parce que de nature
civile ne peut être exécutée que un moyen propre au droit civil.
L’on soumet à la contrainte par corps, l’individu condamné
pénalement parce que la condamnation aux dommages intérêts
et aux frais est une conséquence directe de sa condamnation
pour infraction. C’est dire donc que la contrainte par corps
revêt l’allure d’une pene.

Précisons tout de même que la formulation de l’article


16 du code pénal est faite de manière tellement générale que la

Procédure pénale
Page 258 sur 417

cours suprême de la république démocratique du Conqo a


décidé que selon le prescrit légal, rien n’interdit la
condamnation de la partie civilement responsable a la
contrainte par corps La contrainte par corps est un simple mode
de recouvrement et non une peine subsidiaire analogue à celle
que le juge doit prononcer en cas de non paiement de l’amende
il en résulte que le condamné qui a subi la contrainte par corps
n’est pas par ce fait libéré du payement des frais ou des
dommages intérêts un système de recouvrement n’ayant pas.
Réussi, le greffier conserve e droit d en employer d’autres par
exempte de procéder à. une saisie-arrêt sur le salaire tant que la
dette n’est pas prescrite.

Un autre problème que l’on peut se poser est celui de


savoir si une [Link], au cas od il y a eu constitution de partie
civile ne peut prononcer la condamnation à la contrainte par
corps, qu’à la demande de cette partie. C’est dans ce cas que la
jurisprudence a toujours décidé, il semble cependant qu’il y a à
cet égard, une Interprétation critique de l’article 16. Alinéa 1 qui
dispose que la partie civile qui désire faire exécuter la
contrainte par corps prononce à son profit adresse sa demande
au ministère public. Ainsi, toute juridiction a toujours la libellé
de prononcer d’offïce la condamnation à la contrainte par corps.
Mais en ce qui concerne l’exécution de la condamnation, au cas
où il y a partie civile constituée. Celle-ci doit en adresser la
demande au ministère public alors, exigera avant d’exécuter, la
consignation de la somme d’argent nécessaire a la détention du
débiteur.

Procédure pénale
Page 259 sur 417

Enfin, terminons en signalant que la durée de la


contrainte par corps est déterminée par le jugement, elle peut
cependant excéder six mos La loi dispose également que le
condamné qui justifie de son insolvabilité est mise en liberté
après avoir subi 7 jours de contrainte.

§.3. La procédure du délibéré

Les articles 62 et 63 du code de l’organisation et la


compétence judciaires fixent les règles de la procédure du
délibéré

1 Les délibérés sont secrets.

2 le juge le moins ancien de rang le moins ses donne


son avis le premier, le président donne avis le dernier,

3 les décisions sont prises à la majorité des voix


toutes, en matière répressive, s’il se forme pius de deux opinion
dans le délibéré le juge qui émet l’opinion la moins favorable au
prévenu est tenu de rallier à l’une deux autres opinions

Mais dans la pratique, un des membres du siège


prépare un projet de jugement qui servira de point de base pour
la délibération. Les juges discutent de ce projet pour tenter
d’aboutir à une solution commune, le recours à la solution
légale n’a lieu que si réellement il y a partage entraînant un
conflit d’opinions.

Procédure pénale
Page 260 sur 417

Section 2: La rédaction et le prononcé du jugement

1) L’article 87 du code de procédure pénale dispose


notamment que les jugements sont signés. Ce qui implique un
écrit il faut insister sur cette exigence car le conseil supérieur de
la Magistrature sanctionne sévèrement la négligence des juges
qui se contentent de rédiger e dispositif de jugement pour le
prononcer, réservant à plus tard la rédaction de la motivation
Cest évident qu’un tel jugement n’a que l’apparence d’un
jugement. il est susceptible d annulation par voie d’appel ou de
cassation.

2) L’article 20 de la constitution du 18 février 2006


dispose que Les audiences des cours et tribunaux sont publics,
à moins que cette publicité ne soit jugée dangereuse pour udre
polc et les bonnes moeurs.

3) insistons sur la nécessité de voir le jugement être


prononcé par les juges qui ont instruit la cause à ‘audience, ce,
aussi bien dans ‘intérêt des parties que dans celui de la bonne
administration de la justice La cour suprême a eu à censurer et
censure encore un grand nombre d’arrêts et jugements qui ne
sont pas conformes à ce pnncipe Lorsqu’il y a modification de
siège due par exemple à l’absence d’un juge, à l’empêchement
ou au décès d’un juge qui a jusque là composé un siège, il y a
nécessité absolue de procéder à la réouverture des débats et ce,
aussi bien pour la bonne administration de la justice que dans
l’intérêt des parties, En effet, ii y a de la garantie même de la
vérité judiciaire et de l’intérêt des justiciables que d’exiger
uniquement des juges ayant connaissances d’un problème de le
Procédure pénale
Page 261 sur 417

trancher la bonne justice est celle qui est rendue par des juges
ayant statué véritablement en connaissance de cause, ce qui
suppose qu’il ont pris part à tous les débats se rapportant è la
cause ou tout au moins en ont reçu un compte-rendu valable.
Les conditions valables suivant doivent être réunies pour
rendre régulière la modification du siège

I Il doit y avoir réouverture des débats;

2 La citation à comparaïtre qui sera sIgnifiée aux


parties doit mentionner expressément que la juridiction va
procéder ê la réouverture des débats.

3 Le président de l’audience doit exécuter un résumé


des débats antérieurs qui doit être acté à la feuille d’audience

4 le résumé des débats antérieurs doit se faire en


présence des parties dûment appelées, de cette façon les parties
auront l’occasion d’intervenir pour éventuellement compléter
ou rectifier le résumé des débats antérieurs fait par le président
de l’audience

Les statistiques des arrêts de la cour suprême de


justice montrent que la composition irrégulière de siège est le
moyen le plus fréquent qui donne lieu même d’office à la
cassation. C’est dire donc que la cour suprême de justice s’est
montrée inexorable en cette matière (cour suprême de justice

67, 1972, RP 49 MWAJI c/MP et TUMBA, CSJ 22. 6


1972 RP A 17 ANANGAMA c/M P CSJ 26 7 1972 RP 5 TULUKA
c/BOEKUA et consorts;

Procédure pénale
Page 262 sur 417

Lire aussi l’ouvrage de Maître NYIMI MAYIDIKA


NGIMBI essaie critique jurisprudence, analyse des arrêts de la
cour suprême de justice 1969 - 1972 p. 88 à 90).

Nous devons cependant de relever que l’expression


réouverture des débats retenue par la cour suprême de justice
peut, dans certains cas, s’avérer correcte, en effet, au cas ou la
modification du siège intervient alors ,qu’on est encore à
l’instruction à l’audience, on ne peut ps parler de réouverture
des débats mais plutôt de la réouverture de l’instruction
consistant en un résumé à l’intention du nouveau juge entrant
au siège, des éléments essentiel de instruction antérieure. Et
même dans l’hypothèse où la modification du siège intervient,
alors qu’on est encore au débat lesquels n’est pas encore
clôturés, on ne peut valablement se justifier que lorsque la
cause a été prise en délibéré et que donc les débats ont été
déclaré clos.

4) L’article 80 au code a- procédure porte que les


jugements sont prononcés au plus tard dans les huit jours qui
suivent la clôture des débats. Mais la prctique s’écarte de ce
principe. En raison du nombre élevé des dossiers pris en
délibéré le même.

Lors de la discussion de cet article au conseil colonel,


un membre avait signalé que ta disposition relative au délai du
prononcé du jugement est utile; mais pas toujours réalisable et
sans sanction (voir rapport du conseil de législation reproduit
au bas de l’article 80) ; certains juristes invoquent cette
intervention rigoureux. C’est là nous semble-t-il une
Procédure pénale
Page 263 sur 417

interprétation erronée car l’opinion d’un même membre du


conseil de législation ne peut servir de référence dans
l’interprétation de la volonté du législateur. L’article 87 du code
de procédure pénale impose les mentions que tout jugement
doit contenir la pratique.

5) L’article 87 du code de procédure pénale impose


les mentions que tout jugement doit contenir la pratique
judiciaire y a ajoute d’autres mentions Les mentions constituent
le contenu d’un jugement sont les suivantes.

5.1. Indication de la juridiction, des juges et du


greffier

L’indication de la juridiction permet de se rendre


compte de sa compétence, les noms des juges et du greffier
doivent être mentionnés afin de permettre la vérification de la
composition du siège:

Article 87 précité est troublant sur un point, il dispose


en effet que les jugements sont signés par le president ou le juge
ainsi que e greffier; su était présent lorsque e jugement a été
prononcé. Cette formulation appelle deux observations:

Dans la pratique judiciaire, le jugement est signé par


tous les juges ayant composé le siège et par le greffier: cette
pratique authentique mieux l’acte juridictionnel et fournit la
preuve directe de la composition régulière du siège; dautre
part, cest avec surprise que l’on peut lire dans l’article 87, que le
greffier signe le jugement s’il était présent lorsque le jugement a

Procédure pénale
Page 264 sur 417

été prononcé; peut-on concevoir D’un jugement en absence


d’un greffier?

Non, dans l’article 58 du code de l’organisation de la


compétence Judiciaire prévoit que le juge peut signer seul un
acte ou un jugement auquel un greffier a concouru à condition
que le juge constate l’impossibilité pour le greffier de signer
mais il s’agit de l’impossibilité de signer et non celle d’assister
au prononcé, lequel ayant lieu en audience publique ne peut se
concevoir sans la présence du greffier.

5.2. Les réquisitions du Ministère public

Le Ministère public doit être présent â tout audience a


peine de nullité de celui-ci. Le jugement doit, d’une manière ou
d’autre, indiquer que le Ministère public a pris ses réquisitions.

5.3. Identité des parties privées

Le prévenu, la partie civilement responsable doivent


être identifiées de manière non équivoque, ce pour permettre
l’exécution du Jugement de condamnation et l’exercice des
voies de recours sans compter que cette identité reste nécessaire
pour ‘établissement de l’autorité de la chose La loi n’impose pas
les éléments de l’identité. La cour suprême du Congo l’a affirmé
en présence que dans un jugement, la loi ne fixe pas l’endroit
où cette identité doit figurer (affaire DJOK et NZOLANTIMA
c/M.P, arrêt inédit). L’usage est cependant de compter parmi les
éléments d’identité les noms des père et mère et éventuellement

Procédure pénale
Page 265 sur 417

le nom du conjoint, l’indication de la profession, la région


d’origine, ainsi que te territoire et la localité et enfin le lieu de
résidence.

5.4. Les faits de la prévention, la qualification,


l’indication du texte légal violé l’en-tète du jugement reprend
les faits de la prévention faisant référence, la modalité par
laquelle la juridiction a été saisie. La qualification se fait par
l’indication du texte légal violé, il n’est pas ex:gé de reproduire
textuellement les articles du code pénal qui ont été violés.
L’indication des textes de procédure pénale bien qu’utile n’est
pas exigée à peine de nullité.

5.5. Les conclusion des parties privées

Les prétentions de la partie civile doivent être dans le


jugement. De cette manière, il est permis de fixer la saisine
civile du tribunal répressif, les conclusions développées par le
prévenu et la partie civilement responsable doivent également
être mentionnées, car le jugement, dans sa motivation, doit
rencontrer les moyens qui y sont présentées. En cas de
plaidoirie, le jugement doit se contenter de mentionner que la
défense a eu la parole.

5.6. La motivation

L’exigence de la motivation est une obligation


constitutionnelle (art. 24 alinéa 1 de fa constitution du

Procédure pénale
Page 266 sur 417

04/04/2003) que l’article 87 du code de procédure pénale n’a fait


que reprendre la cour suprême se montre rigoureuse dans le
contrôle de la motivation allant jusqu’à censurer le vice de
raisonnement (affaire ZOLA contre NGWETE et e MP). La
motivation porte aussi bien sur e fait que sur le droit.

L’article 21 de la constitution de 18 février 2006


reprend ‘exigence de motivation de tout jugement.

Donc il y 2 sortes de motivation, qui sont la


motivation en Fait et en Droit.

5. Motivation En Fait:

La juridiction doit justifier si elle considère les faits


comme établis ou non elle indique le cas échéant les
circonstances aggravantes. Dans la discussion des faits, la
juridiction fera appel aux données de l’instruction préparatoire
ainsi qu’aux éléments d’information recueillis au cours de
l’instruction à l’audience il peut arriver que la juridiction se
trouvant en face des faits confus, ait recours à un raisonnement
logique ou se base sur des présomptions constantes, graves et
concordantes. Le jugement doit indiquer les circonstances
atténuantes qu’il entend invoquer soit pour justifier sa
compétence soit pour descendre en dessous du minimum légal
de la peine comminée par la loi.

Procédure pénale
Page 267 sur 417

6. Motivation En Droit

Le jugement doit justifier si les faits tels que libellés


dans la prévention rentrent dans l’hypothèse légale ? En d’autre
termes, il doit démonter que les éléments constitutifs de
l’infraction se trouvent réunis, le jugement se doit également de
rencontrer les prétentions de droit qui lui sont soumises par
réquisitions, conclusions ou exceptions.

7. Le dispositif

Dans le dispositif est indiqué la décisiDn conséquente


que prend la juridiction saisie face aux différentes prétentions
soumises à son attention.

Le dispositif porte sur:

a) Eventuellement la réponse à une question


préliminaire et préalable. Ici la juridiction répond soit par un
jugement sur incident soit dans le corps même du jugement au
fond.

b) L’action publique

Le jugement doit se prononcer sur les faits, les


déclarer établis ou non. Si les faits sont établis, dire sous quel
texte légal ils tombent et préciser les circonstances aggravantes
éventuelles. S’il a des circonstances atténuantes à retenir, le
jugement les ndique. Le jugement se prononce sur les peines
principales et accessoires ou sur l’acquittement. En cas de
condamnation à une peine d’amende, le jugement doit

Procédure pénale
Page 268 sur 417

prononcer une peine d’emprisonnement subsidiaire qui sera


due en cas de non-paiement

c) Action civile

Le tribunal doit se déclarer incompétent s’il déclare


les faits non établis. S’il déclare les faits établis, il prononce les
dommages-intérêts ou autre réparation en établissant le lien de
causalité entre le préjudice subi et l’infraction déclarée établie.
Le jugement peut accorder termes et délais pour le payement
des dommages-intérêts.

d) Les dommages-intérêts d’office

Ils seront alloués d’office dès lors qu’existe une


victime de l’infraction déclarée établie à moins que la victime
elle-même ne soit venue pour sa défense.

Art. 108 COCJ: D.l

e) Restitution

Le trbunal prononce d’office la resttuton des objets


sur lesquels a porté l’nfracton lorsque ces objets ont été trouvés
en nature et que la propriété n’en est pas contestée.

f) Le jugement peut condamner aux dommages-


intérêts la partie civilement responsable au cas où le lien
juridique qui lie au condamné l’oblige à assumer ‘exécution des
condamnations pecuniaires prononcées à charge de ce dernier.

g) Le jugement doit imputer le montant total de l’état


des frais aux parties, ou les mettre à charge du Trésor, il doit

Procédure pénale
Page 269 sur 417

également statuer sur les frais et dépens exposés par la partie


civile. Pour assurer le paiement des frais, il est de règle que le
juge prévoit la contrainte par corps

6. Au plan de la terminologie, il s’impose de clarifier


les notions suivantes

6.1. Qualité d’un jugement

C’est à partir du jugement que rédige le greffier qu’il


y a les indications suivantes 6 Les noms des parties

7 Les rétroactes au point de vue procédural

8 Modalité de saisine de la juridiction

9 Remises obtenues

10 Diverses audiences tenues

11 La procédure devant les premiers juges (s’agissant


d’un jugement de second degré)

12 Les conclusions des parties.

6.2. La Minute

C’est l’original d’un jugement revêtu de signatures


des juges qui ont rendu la décision et de celle du greffier qui a
siégé à l’audience du prononcé de la décision. Elle est conservée
au greffe.

6.3. L’expédition d’un jugement est la copie certifiée


conforme de ce jugement.

Procédure pénale
Page 270 sur 417

6.4. La grosse d’un jugement: est l’expédition revêtue


de la formule exécutoire.

6.5. L’extrait du jugement : la loi en parle en matière


pénale s’agissant de la signification du jugement par défaut qui
est par extrait. (art.88). (Périolit la loi précise le contenu de
l’extrait du jugement qui doit comprendre

13 La date du jugement

14 L’indication du tribunal qui a rendu le jugement

15 Les noms, professions et demeures des parties

16 Les motifs et le dispositif

17 Les noms des juges et du greffier qui ont siégé


dans l’affaire.

L’essentiel à retenir est donc, qu’en matière de


signification de jugement par défaut, la loi n’exige pas de
signifier la copie du jugement, même certifiée conforme.

7. Le style des jugements

Durant notre mandat à la tête de la cour suprême de


justice, nous avons réalisé le style de rédaction des jugements et
arrêts par l’abandon de la formule d’attendu et la suppression
des expressions archai’ques (genre, « il échet », « quod non »,
etc.). La conséquence fut que les décisions judiciaires étaient
accessibles à la compréhension de la plupart de ceux qui

Procédure pénale
Page 271 sur 417

peuvent lire et comprendre le français ta justice devenait ainsi


plus humaine.

Ce nouveau style fut d’abord imposé à la cour


suprême de justice, ensuite il s’étendit progressivement au
niveau des juridlctions intérieures. Il faut regretter que cette
évolution du langage judiciaire ait été abandonnée quelques
temps après notre départ de la cour suprême de justice.

CHAPITRE : II. LES FRAIS ET DROITS PROPORTIONNELS

Section 1. Les frais et dépens

§.1.Généralités

Le fonctionnement de la justice appelle e concours


d’un nombre des services police judiciaire, parquet, juridiction
le coût de ce fonctionnement est une charge pour ‘Etat. qui
n’incombe pas aux justiciables. Mais, en justice, un justiciable
peut être amené à devoir consigner des frais en vue de
l’accomplissement de certains actes : de même lorsqu’une
personne privée a succombé dans une instance judiciaire elle est
condamnée a payer une certaine somme appelée « frais » cette
somme est fixée par la loi.

2. Mais le juge peut condamner une partie qui n’est


pas succombant, à payer les frais frustratoires, il s’agit des frais
exposés à la demande de cette partie pour l’accomplissement
des actes qui se sont avérés par la suite d’une inutilité
Procédure pénale
Page 272 sur 417

manifeste. C’est une sanction contre la partie qui a abusé de son


pouvoir de procéder.

3. Les frais des sommes fixées par la loi dans un tarif


qui reprend le coût de chaque acte, Par opposition à ces frais
tarifés, il y a les dépens qui sont des frais exposés soit par ‘Etat
(en débat) soit par les parties pour rayer les déplacements, les
taxes des témoins ou d’experts.

§.2. Principe de la charge des frais et dépens,


applications particulières

Seiles les parties privées qui ont succombé dans un


procès peuvent être condamnées au frais ministère public n’est
jamais condamné aux frais les frais qu’il a engagés sont laissés à
la charge du trésor en cas d’acquittement du prévenu.

2. Frais mis à la charge du prévenu, es frais sont mis à


la charge du prévenu condamné à toute peine répressive. S’il y
a plusieurs condamnés, la juridiction apprécie souverainement
la quotite des frais imputables à chacun d’eux, sans pouvoir
prononcer une condamnation solidaire. Si e prévenu est
acquitté, une peut être condamné aux frais, sauf s’il a provoqué
des frais frustratoires. En cas d’acquittement prononcé sur
opposition à un jugement de condamnation, le prévenu est
déchargé des frais de l’instance par défaut; mais les frais causés
par l’opposition sont à sa charge si e défaut lui est imputable
(art.95 du CCP). En cas de condamnation sur appel, le principe
selon lequel les frais sont mis à la charge du prévenu condamné
connaît deux catégories (art.106 du CCP)

Procédure pénale
Page 273 sur 417

7 Si la juridiction d’appel réduit la peine, sur appel du


prévenu, elle ne peut mettre la totalité des frais à la charge du
condamné elle peut l’en décharger totalement.

8 Si par appel du seul ministère public, la


condamnation est confirmée (et e fortiori si elle est réduite) le
prévenu ne peut pas être condamné aux frais d’appel. Si la
décision d’appel décharge le prévenu de toutes ou de l’une des
préventions retenues par le premier juge, elle le décharge en
même temps de tout ou partie des frais du premier degré L’art
126 du CCP énumère e tarif des frais dus pour chaque acte de
procédure, ‘art.127 prévoit un tarif réduit qui est appliqué si e
juge estime que la situation économique du condamné ne lui
permet de payer les frais prévus à l’art.126, Enfin, l’art.127 in
fine dispose que dans tous les cas, e jugement ne condamne un
prévenu à payer au trésor les frais tarifés par la loi que jusqu’à
concurrence du montant de 100 Fc en premier ressort et de 80
Fc au degré d’appel.

3. Frais à charge du trésor, en cas d’acquittement total


ou partiel, les frais sont laissés en tout ou pour partie à charge
du trésor. Le prévenu qui e exposé des ses deniers propres, des
frais utiles à la cause peut en principe, en être remboursé s’il est
acquitté, mais les honoraires d’avocats ne peuvent entrer en
compte des dépens d’une instance judiciaire.

4. Frais mis à charge de la partie civile

À) Si la partie civile e usé de la citation directe, elle a


pris toute la responsabilité de l’action ; en cas d’échec de cette

Procédure pénale
Page 274 sur 417

action, elle supporte la totalité des frais (art.82. al. 2 CPP). Si la


partie civile citante se désiste dans les 24 heures de la citation
elle ne sera pas tenue des frais postérieurs au désistement. En
appel, la partie civile citante supporte les frais d’appel quel que
soit le sort de l’action publique, que si elle e formé appel
principal ou incident ; auquel la juridiction d’appel fait droit en
majorant les dommages intérêts alloués au premier degré, ainsi
donc si le premier juge e pleinement fait droit aux demandes de
la partie civile, celle-ci doit assister passivement au recours
d’appel avec risque de supporter les frais.

B) Si la partie civile s’est constituée et que le prévenu


n’est pas condamné, elle sera condamnée à la moitié des frais. Si
la partie civile intervenante s’est désistée dans les 24 heures de
sa constitution. Elle ne sera pas tenue frais postérieure au
ciésïstement.

5. Frais mis â charge de la partie civilement


responsable

La partie civilement responsable ne peut subir de


condamnation directe et personnelle en matière des frais, sauf
s’il s’agit des frais frustratoires exposés à sa requête. La partie
civilement responsable est tenue « in solidum » des frais mis à
charge d’un prévenu avec lequel elle a des liens juridiques
entraînant la responsabilité civile. C’est dire donc qu’en ce
domaine, en l’absence d’un texte légal l’instituant, la solidarité
au paiement des frais ne peut être prononcée par une
juridiction.

Procédure pénale
Page 275 sur 417

§.3. Principe de la débitions des frais

Avant d’accomplir tout acte de procédure à la


demande d’une partie privée, le greffier doit demander la
consignation des sommes qu’il estime nécessaires pour couvrir
les frais nécessaires pour l’accomplissement de cet acte. Le
défaut de consignation de provision requise constitue une fin
de non- procéder, pour tout acte postulé par une fin de non-
recevoir pour les déclarations d’opposition et d’appel, des
parties civiles et civilement responsable, la loi prévoit
cependant une exception en faveur du prévenu qui peut faire
opposition et appel sans consignation. Lorsque la partie à qui la
loi exige la consignation est indigente, elle peut obtenir
dispense de consignation des frais; l’indigence est constatée par
un juge ou le président de la juridiction devant laquelle l’action
est ou doit être intentée ce magistrat détermine les limites dans
lesquelles les frais sont avancés par le trésor (art. 123 CPP). La
loi prévoit aussi qu’en cas d’indigence constatée par le juge ou
le président de la juridiction qui a rendu le jugement, la grosse,
l’expédition, en extrait ou une copie peut être délivrée en débet,
mention de la délivrance en débet est faite au pied du
document délivré (art. 135 CPP). L’état des frais établis par le
greffe et visé par le juge constitue un titre exécutoire (art. 125
CPP). Le greffier peut retenir les frais mis à la charge du
condamné sur la consignation de la partie civile citante. Sauf à
lui délivrer le titre exécutoire, lui permettant recouvrement de
ces frais à la charge du condamné (art. 124 CPP). Les frais mis à
la charge du condamné ne pourront toutefois être imputés sur

Procédure pénale
Page 276 sur 417

consignation de la partie civile jointe dans la mesure où ils ont


été engagés à sa requête (art. 124. al. 2 CPP).

Section 2. Les droits proportionnels

§1. Notion et nature du droit proportionnel

Il est dû un droit proportionnel de 15% sur toute


somme ou valeur mobilière allouée à titre de dommages
intérêts par un jugement passé en force de chose jugée (art.129
CPP). Le droit proportionnel constitue un impôt dû sur la
circulation juridique des biens mobiliers par l’effet d’une
décision de justice. Lorsqu’un jugement répressif a alloué des
sommes ou des mobiliers à titre des Dl, la créance fiscale naît
par le seul fait du prononcé (droit sur minute) Le droit
proportionnel n’est jamais compté sur restitution, ni sur un
autre mode de répartition qui ne soit pas attributif d’une valeur
immobilière. Si le montant des valeurs adjugées n’est pas
déterminé par le jugement, il est fixé par le greffier, la, partie
tenue d’acquitter ou de supporter le droit proportionnel peut
assigner le greffier en justice aux fins d’entendre réviser
l’évaluation faite par lui. L’action n’est recevable qu’après la
liquidation du droit, elle est introduite, instruite et jugée
comme en matière civile (art. 130. CPP). Lorsque le jugement
sur lequel le droit proportionnel a été perçu selon le cas, est
rendu, la restitution ne peut avoir lieu que lorsque la nouvelle
décision a acquis force de chose jugée (art.134. CPP).

Procédure pénale
Page 277 sur 417

§2. Le redevable du droit proportionnel

Ce droit est dû par la personne condamnée aux DI., il


est payé entre les mains du greffier, dans le mois qui suit la date
où condamnation civile est passée en force de chose jugée, par
la personne condamnée ou par la personne au profit de qui la
condamnation a été prononcée, sauf le droit pour elle d’en
poursuivre le recouvrement contre la personne qui doit le
supporter ([Link])

§.3. Le titre exécutoire de la créance du droit proportionnel

Les poursuites en recouvrement du droit


proportionnel sont exercées en vertu d’un exécutoire délivré
par le juge ou par le président de la juridiction qui a rendu le
jugement donnant lieu a la perception du droit après un
commandement resté infructueux de payer dans les 3 jours.
Sans préjudice aux saisies conservatoires à opérer dès le jour de
l’exigibilité du droit avec l’autorisation du juge (art 133 CPP).

CHAPITRE III : LES EFFETS DES JUGEMENTS REPRESSIFS

L’effet d’un jugement répressif dépend de la nature


du jugement. L’on distingue en droit congolais plusieurs
catégories des jugements répressifs

1.11 y a d’abord le jugement avant de dire droit qui


peut être soit purement préparatoire soit interlocutoire.

Procédure pénale
Page 278 sur 417

-. Il s’agit d’un jugement qui ordonne une mesure


d’instruction, plus tard sera étudié le régime propre de ce
jugement en ce qui concerne l’appel.

Le jugement définitif quant au fond peut être soit un


jugement de condamnaton soit un jugement d’acquittement.

2. Le jugement de condamnation

C’est celui par lequel l’action publique est déclarée


mse en mouvement parce que l’infraction est établie. Par ce
jugement, le tribunal est dessaisi la peine de condamnation ne
sera cependant exécutée que si le jugement est devenu
irrévocable par l’écoulement des délais de recours sans exercice
de ces recours.

Il peut arriver que l’action publique soit en état d’être


jugée alors que e tribunal n’est pas renseigné à suffisance sur les
éléments importants de l’action civile, tels par exemple, la
gravité du préjudice, l’identité et le titre de la victime ou les
ayants droits, la solution de l’action publique ne peut être tenue
en échec par les intérêts privés. C’est la raison pour laquelle le
tribunal peut disjoindre l’action publique et la vider, renvoyant
en prosécution à une audience ultérieure le litige civil. Lorsque
la partie lésée estime que le préjudice subi à la suite de
l’infraction est susceptible d’aggravation, elle a intérêt à
réclamer des dommages intérêts provisionnels laissant ainsi
porte ouverte à une nouvelle saisine civile du même tribunal.

Procédure pénale
Page 279 sur 417

3. Jugement d’acquittement

Quelle que soit la motivation invoquée pour justifier


l’acquittement (faits non établis, faits non infractionnels,
existence d’une cause de justification ou de non imputabilité,...)
te jugement d’acquittement doit toujours aboutir au renvoi
mettant définitivement fin à l’action publique en cas
d’acquittement, te prévenu qui est en détention, doit être remis
en liberté dès e prononcé du jugement, nonobstant l’appel du
Ministère publique sauf s’il doit être détenu pour d’autres
causes (art.83 du code de procédure pénale) A ce propos, la
cour suprême, siégeant en tant que juridiction de fond statuant
en appel d’un arrêt d’une cour d’appel, a corrigé
l’interprétation erronée qui est souvent faite de l’article 103 du
code de procédure penale; cet article est libellé comme suit: « le
prévenu qui était en état de détention au moment du Jugement
» ou « dont l’arrestation immédiate a été ordonnée par le
jugement, demeure à cet état nonobstant l’appel.

Certains O.M.P tirent argument de cet article pour


maintenir en état de détention préventive, un prévenu dont
l’acquittement est prononcé. C’est assurément là un grave
erreur, car l’article 103 précité doit être compris comme visant
l’hypothèse d’un jugement de condamnation le sort du prévenu
en détention préventive en cas de jugement d’acquittement
ayant été réglé par des dispositions de l’article 83 du CCP.

4. Examinons à présent le problème de l’autorité de la


chose jugée au pénal sur le civil.

Procédure pénale
Page 280 sur 417

1.1. En droit congolais, la décision rendue au pénal a


autorité sur le civil, ce principe est une création doctrinale et
jurisprudentielle du droit français le droit congolais l’a repris.

1.2. Trois arguments sont avancés pour justifier ce


principe O.

18 le principe s’impose d’abord en raison de la


primauté des juridictions répressives. Les juridictions
répressives assurent un rôle spécial, fondé, essentiellement sur
l’ordre public, en effet, elles mettent en cause la vie, la liberté,
l’honneur, les biens des personnes jugées, leurs décisions
doivent avoir une autorité plus grande que les décisions civiles
statuant sur des intérêts particuliers.

19 Un autre argument est tiré du système de preuve


propre à la procédure pénale : le juge répressif possède des
moyens d’investigations ignorés du juge civil la décision pénale
se basera sur des éléments que le juge a découverts alors que le
juge civil ne statue que sur les preuves rapportées par les
parties l’on ajoute aussi que le MP, partie principale au procès
pénal, est le représentant de la société, dont chaque membre de
celle-ci dont notamment la partie lésée les constatations faites
par le juge pénal lient donc la partie lésée et le juge civil qu’elle
saisit.

20 Le dernier argument est tiré du principe déjà


étudié selon lequel « le pénal tient le civil en état ». Si le juge
civil, saisi avant ou en même temps que le juge pénal doit

Procédure pénale
Page 281 sur 417

surseoir. C’est par ce qu’il doit tenir compte de la décision


rendue par le juge pénal.

1.3. Le principe d’autorité de la chose jugée au pénal


sur le civil a un caractère absolu en ce sens qu’il s’impose non
seulement pour l’action civile proprement dite, mais pour les
actions « à fins civiles » nées de l’infraction par exemple, pour
l’action en divorce née de la condamnation pour adultère, ce
caractère absolu signifie aussi que l’autorité de la chose jugée
au pénal s’étend è toutes les personnes qui figurent au procès
pénal notamment à la victime elle-même ainsi qu’aux
personnes civilement responsables.

1.4. Enfin l’on admet ainsi que ce principe a un


caractère d’ordre public en cas de nouvelles poursuites, la fin
de non-recevoir tirée de la chose jugée doit être soulevée
d’office par le juge ou le parquet.

1.5. Nous noterons pour l’information que l’autorité


de la chose jugée au civil lie seulement les parties et leurs
ayants causes et ne vaut que pour les seules actions sur
lesquelles a statué le juge civil, sauf dans le cas où le juge civil
se prononce sur une question préjudicielle, qui doit établir un
des éléments constitutifs de l’infraction.

1.6. Mais l’autorité de la chose jugée au pénal n’est


pas attachée au contenu entier de la décision pénale les
dispositions qui y sont renfermées n’ont pas toutes la même
valeur aussi la jurisprudence admet-elle que l’autorité de la
chose jugée au pénal

Procédure pénale
Page 282 sur 417

a) n’est attachée à ce qui a été certainement décidé :


une constatation pénale ne s’impose au magistrat que si elle est
exprimée d’une manière dubitative

b) découle seulement de ce qui a été nécessairement


décidé parle juge pénal. C’est-à-dire les motifs sont « le soutien
indispensable » de sa décision, il faut donc exclure du champ
d’application de l’autorité de la chose jugée, les constatations
superflues, les affirmations surabondantes. Ainsi s’imposent au
juge civil

21. Les dispositions des décisions pénales qui


affirment l’existence ou la non-existence des faits matériels
constitutifs de l’infraction, la participation ou la non-
participation du prévenu à leur réalisation

22. Les dispositions qui décident que tels faits


constituent une infraction ou déterminent la qualification et
précisent ou écartent les excuses ou les circonstances
aggravantes qui figurent sur cette qualification.

5. Les jugements définitifs sur incident qui se produit


en cours d’instance

23. jugement d’irrecevabilité de l’action publique

24. jugement d’incompétence

25. jugement déclarant la saisine irrégulière

26. jugement de renvoi pour litispendance ou


connexité.

Procédure pénale
Page 283 sur 417

27. jugement de péremption de l’action publique.

Si l’action publique a été introduite régulièrement


avant que la prescription en soit atteinte et que le délai double
du temps de prescription a été atteint en cours de l’instance, le
tribunal doit se déclarer même d’office dessaisi de l’action
publique, la juridiction répressive reste cependant saisie de
‘action civile qui avait été introduite avant la date de
péremption.

6. Le casier judiciaire

6.1. L’annonce de l’organisation d’un service de casier


judiciaire remonte de l’année 1934. Mais c’est seulement par
ordonnance n°12/356 du 06 novembre 1957 que compétence fut
donnée au procureur général près la cour d’appel de
Léopoldville ou à son délégué pour délivrer les extraits du
casier judiciaire.

6.2. L’utilité du casier judiciaire résulte des


considérations suivantes

La condamnation qui frappe un individu ne reste pas


enfouie dans les archives de la juridiction qui l’a prononcée, il
est indispensable qu’elle soit portée â la connaissance du
magistrat devant lequel ce délinquant sera ultérieurement
traduit pour de nouvelles infractions pour que fonctionnent les
règles de la récidive.

C’est pourquoi la condamnation est inscrite au casier


judiciaire de l’intéressé.

Procédure pénale
Page 284 sur 417

Ainsi le casier judiciaire apparaît comme source des


renseignements très complète sur la moralité des individus,
permettant de faire la preuve de la récidive et est utile aussi
pour l’exercice des droits politiques et civiques.

6.3. Les greffes doivent ajouter sur les fiches


judiciaires les grâces ou réductions des peines, les arrêtés de
libération, conditionnelle ou de révocation de cette libérahon
conditionnelle, les réhabilitations.

6.4. Un extrait de casier judiciaire peut être demandé


par le titulaire de ce casier. Il est le seul à avoir le droit d’en
obtenir délivrance.

L’intéressé doit, dans sa demande, fournir les


éléments de son identité au complet

6.5. La force probante du casier judiciaire n’est pas


absolue par ce que des erreurs de recopiage sont possibles et
aussi par ce qu’il y a possibilité d’usurpation de l’identité des
tiers au nom de qui les condamnations sont prononcées.

CHAPITRE IV: LA NULLITE DES ACTES DE PROCEDURE

La sanction ordinaire de la violation des formes est la


nullité de l’acte vicié. Mais, la nullité n’est jamais automatique
ou des plein droit. Au Congo, trois règles président à
l’annulation des actes de procédure. O

Procédure pénale
Page 285 sur 417

Section 1. LA REGLE « PAS DE NULLITE SANS GRlEF»

Sa base légale est l’article 28 du code de procédure


civile qui dispose «qu’aucune irrégularité d’exploit ou d’acte de
procédure n’entrai’ne leur nullité que si elle nuit aux intérêts de
la partie adverse ». En application du principe déjà étudié plus
haut, selon lequel la procédure civile sert de droit commun à la
procédure pénale. Cette règle trouve cependant une double
limitation : elle ne s’applique pas au cas où la nullité est d’ordre
public, ensuite la partie préjudiciée peut couvrir la nullité en
reconnaissant explicitement ou implicitement l’acte vicié.

Section 2. La Nullite En Raison De Formalites Substantielles.

Doivent être considérées comme substantielles les


formalités par lesquelles la nature et le caractère de l’acte sont
déterminés en d’autres termes, sont substantielles les formalités
sans lesquelles l’acte ne répond pas aux fins en vue desquelles il
a été institué. Par exemple un procès-verbal non signé ne
contient pas la preuve qu’il a été dressé par un officier de police
judiciaire qualifié et compétent de même une citation qui
n’impose pas à un huissier de parler n’établit pas si la personne
citée a été touchée par l’exploit Q. Les formalités substantielles
peuvent être expressément indiquées dans des tèxtes légaux ;
elles peuvent aussi avoir été qualifiées par la doctrine etia
jurisprudence.

Procédure pénale
Page 286 sur 417

Section 3. Les Nullites Textuelles Ou Radicales.

Il s’agit des formalités prescrites par la loi à peine de


nullité. Ces nullités enlèvent au juge le pouvoir du libre arbître
dans l’application souveraine et discrétionnaire dont il est nanti
en matière de nullité.

Elles permettent le prononcé d’office des nullités. Il y


a cependant lieu de noter que, laissées à elles-mêmes, elles
peuvent freiner la marche de la procédure sans que l’une ou
l’autre des parties prétende être lésée par ces vices de forme.

En conclusion nous devons relever que c’est une


erreur de soutenir l’opinion selon laquelle, la procédure
congolaise n’est pas formalisée en réalité, cette opinion,
largement répandue dans la doctrine et jurisprudence de l’ère
coloniale se fonde sur le contraste entre le formalisme rigoureux
qui était à l’époque en vigueur en Belgique et la simplification
et la souplesse relatives qui avaient été introduites dans la
législation et tolérées dans la pratique au Congo O.

Dans une perspective de forme de la procédure


judiciaire, l’on doit se soucier de tenir compte, ainsi que nous
avons déjà eu à développer plus haut, des récltés
sococulturelles et de I conception Juridique traditionnelle qui
refusent de sacrifier le fond à la forme.

Procédure pénale
Page 287 sur 417

QUATRIEME PARTIE: LES VOIES DE RECOURS

Introduction

Notion et classification

1. La justice des hommes reste sujette à erreur, voire à


injustice, malgré les garanties que la loi a prévues dans le
déroulement du procès, pour assurer une bonne administration
de la justice cest pour permettre d’éliminer ces erreurs ou ces
injustices que la loi a instituées des voies de recours.

2. Ces voies de recours visent à examiner des procès


déjà jugés en vue de leur modification, totale ou partielle ou de
l’annulation des décisions attaquées. Bien sûr les voies de
recours constituent pour les parties lésées un moyen procédural
indispensable pour la garantie de leurs droit contre les
décisions comportant des erreurs ou des injustices; cependant,
l’exercice des voies de recours peut nuire à la nécessaire
rapidité de la justice et paralyser la répression, aussi, est-il
indiqué de soumettre l’exercice des voies de recours à des
conditions spécifiques

3, l’on peut classer les voies de recours selon divers


critères

1.1. L’on peut distinguer les voies de recours


ordinaires et les voies de recours extraordinaires

28 Les voies de recours ordinaires, que sont l’appel,


l’opposition et la révision devant les juridictions coutumières,

Procédure pénale
Page 288 sur 417

permettent de faire juger à nouveau le fond du procès, elles


sont admises normalement sans limitation des cas d’ouverture.

29 Les voies de recours extraordinaires que sont les


pourvois en cassation et les pourvois en révision ne sont
ouvertes que dans les cas déterminés par la loi et tendent à faire
juger la décision attaquée, en vue de son annulation s’il y a lieu
on ne peut y recourir qu’après avoir épuisée les voies de
recours ordinaires.

1.2. L’on distingue aussi les voies de rétraction


(opposition) et les voies de réformation

Les voies de rétractation permettent à une juridiction


mieux informée de revenir sur une décision prise
antérieurement par la même juridiction, La procédure pénale
congolaise ignore la tierce opposition et la requête civile. Les
voies de réformation défèrent le procès à une juridiction
hiérarchiquement supérieure qui procède à un nouvel examen.

1.3. L’on peut encore distinguer, en droit congolais,


les voies d’annulation.

Il s’agit des voies de recours qui permettent de mettre


à néant un jugement, soit purement et simplement (cassation
par voie de retranchement), soit avec renvoi devant la même
juridiction mais autrement composée ou devant une juridiction
de même rang et de même ordre.

Procédure pénale
Page 289 sur 417

L’annulation des jugements coutumiers et le pourvoi


en cassation devant la cour suprême constituent des voies
d’annulation.

CHAPITRE I : L’OPPOSITION

Introduction

LA PROCEDURE PAR DEFAUT

§.1. Notion du défaut et de la contumace

- La voie de recours à l’opposition suppose au


préalable quun jugement par défaut a été prononce, que la
partie qui a été préjudiciée par le jugement et qui à fait défaut
lors de l’audience, attaque ce jugement par la voie de
l’opposition. C’est la raison pour laquelle il va falloir, avant
d’étudier cette voie de recours, traiter la procédure par défaut.

Faire défaut, en droit congolais signifie ne pas


comparaître en justice alors qu’on e été cité et que la loi permet
la représentation. En procédure pénale congolaise, on ne
distingue pas le défaut « faute de comparaître » et de défaut «
faute de se défendre » et appelé aussi « faute de conclure » où le
délinquant présent à la barre refuse de faire valoir ses
argumenté Q ; en effet, adoptant la solution du droit français, le
droit congolais affirme que faire défaut en matière pénale n’est

Procédure pénale
Page 290 sur 417

jamais un droit, un individu cité doit obéir à la loi, car nul ne


peut ralentir la justice en la contraignant, faute d’avoir tous les
éléments de conviction en mains ; à rendre les décisions
imparfaites (le seul droit est celui de faire opposition lorsque le
défaut s’explique par une cause indépendante de la volonté du
prévenu, ignorance de la situation, force majeure, maladie) Q.

Précisons que le droit congolais ne connaît que la


procédure par défaut, lorsque le prévenu, bien que cité n’a pas
comparu ou n’a pas été représenté au cas où la représentation
est possible légalement et cela quelle que soit l’infraction qui lui
est reprochée et quelle que soit la juridiction devant laquelle il
comparaît.

1. En droit français, la procédure par défaut n’existe


qu’au niveau du tribunal de police ou du tribunal correctionnel
(compétence de la cour d’assise), l’accusé qui ne se présente pas
à l’audience, ou qui, s’étant présenté ou ayant été arrêté,
s’évade avant le verdict, est en état de contumace, il est dit «
Contumax »

1.1. La procédure par contumace.

a) La mise hors-la loi de l’accusé absent:

Il y a la publicité au domicile de l’accusé s’il est


connu, de l’acte de l’accusation et de l’arrêt de renvoi aux
assises. Si dans les dix jours qui suivent l’accusé ne se présente
pas, le Président des assises rend une ordonnance de

Procédure pénale
Page 291 sur 417

contumace contenant ordre à l’accusé de comparaître dans un


nouveau délai de dix jours à peine d’être déclaré rebelle à la loi.

Passé ce délai de dix jours sans comparution, l’accusé


se trouve en état de contumace, c’est-à-dire de rébellion
entraînant contre lui séquestre de ses biens confiés à
l’administration des domaines, suspension des droits de citoyen
interdiction d’exercer en justice une action.

b) Le jugement de la contumace

L’audience en cour d’assise se déroule de manière


publique, mais la cour statue sans l’assistance du jury, la
décision est rendue après lecture des pièces écrites de la
procédure sans l’audition d’aucun témoin, la procédure n’est
pas contradictoire : aucun avocat ne peut défendre le contumax.

En cas de condamnation, celle-ci est affectée d’une


condition résolutoire, la représentation de l’absent.

D’où les conséquences suivantes : la peine principale


ne peut être exécutée contre le contumax, car s’il se représente
ou est arrêté la condamnation de plein droit est anéantie : on
remplace cette exécution matérielle par une exécution par
effigie quï consiste en affichage et la publication à la presse.

Mais les condamnations pécuniaires (amendes,


confiscation), es peines privatives de droits et les
condamnations aux dommages intérêts, s’exécutent
normalement, sur les biens du contumax, le séquestre est

Procédure pénale
Page 292 sur 417

confirmé si l’arrêt a prononcé une peine afflictive, sauf à aider


la proche famille du contumax, si elle est dans le besoin.

1 .2. La purge de la contumace

La purge de la contumace est une voie de recours


particulière, elle résulte du simple fait matériel de la
représentation volontaire ou de l’arrestation du condamné par
contumace avant l’expiration du délai de prescription de la
peine, l’arrêt de condamnation est anéanti de plein droit dès
l’arrestation pour la comparution volontaire du contumax sans
qu’il y ait eu de sa part l’exercice dune véritable voie de
recours, et l’affaire revient pour y être jugée contradictoirement,
selon la procédure ordinaire à la cour d’assise, avec l’assistance
du jury.

La plupart des auteurs rapprochent la purge de la


contumace de l’opposition, à la vèritê, il y a entre les deux des
différences remarquables. En effet, lI faut d’abord dire qu’en
matière de contumace le contumax n’effectue aucune formalité,
c’est son arrestation ou sa comparution volontaire qui donnent
lieu à l’application de la procédure de la purge de la contumace,
ensuite la purge de la contumace est possible jusqu’à
l’expiration de la peine, ce qui n’est pas le cas pour l’exercice de
l’opposition. Enfin, l’anéantissement de la décision par
contumace à la suite du retour ou de l’arrestation du condamné
n’est pas aussi complexe qu’on le prétend, en effet, en principe,
la purge de la contumace efface la première condamnation tant

Procédure pénale
Page 293 sur 417

du point de vue pénal que civil, mais il subsiste quelques effets


de la première décision et notamment les mesures de
liquidation des biens confisqués peuvent se poursuivre.

§.2. Le fondement du défaut

L’institution du défaut trouve son fondement dans le


souci de permettre aux parties qui n’auraient pas été touchées
par la citation ou qui auraient été empêchées de se rendre à
l’audience à laquelle elles étaient citées de présenter leur
défense mais dans une procédure d’opposition. La preuve de ce
que faire défaut n’est pas un droit, résulte de ce que la loi
dispose que « les frais et les dépenses causés par l’opposition, y
compris le prix de l’expédition et de la signification du
jugement par défaut, seront à charge de l’opposant lorsque le
défaut lui est imputable (art.95. al. 3. du CPP) », même si
l’opposition se révèle fondée. Ainsi donc, le défaut non justifié
constitue bien une faute. Mais le défaut n’est cependant pas
sanctionné par une restriction au droit de la défense mais
seulement par une imputation des frais O

Sur e plan de réflexion critique, signalons que le


défaut est une notion inexistante dans notre conception
traditionnelle, en raison de notre sens du dialogue, c’est cela qui
explique que devant les juridictions coutumières, il n’existe pas
de jugements par défaut, l’adversaire qui refuse de comparaître
fait l’objet d’un mandat d’amener.

Procédure pénale
Page 294 sur 417

§. 3. Les parties qui peuvent faire défaut 1, Le défaut du


prévenu

Nous savons que le prévenu fait défaut lorsqu’il ne


comparaît alors qu’il est cité, peu importe le motif qui a causé le
défaut, ignorance ou empêchement. Lorsque le prévenu fait
défaut, après avoir comparu, la juridiction appréciera s’il y a
lieu de prononcer un jugement par défaut ou un jugement
contradictoire suivant qu’elle estime que le prévenu a fait valoir
ou non ses moyens de défense (C R A, 1959, p424).

Qu’arrive-t-il si le prévenu ne comparaît pas ni


personne pour lui (au cas où la représentation est également
possible) le président de l’audience doit, faire que la procédure
se déroule par défaut, si le prévenu comparaît à une audience
ultérieure, il y a, selon le cas, rabat du défaut ce point de vue
n’est cependant pas partagé par Rubbens Q. Rubbens estime en
effet que ce n’est qu’à la clôture de débat que le tribunal sera à
même d’apprécier si le prévenu a comparu et si le jugement est
contradictoire.

Le tout dépend du sens dans lequel on entend «


rabattre le défaut » si l’on prend cette expression en son sens
strict, de la procédure civile consistant à permettre de revenir
sur une décision prononcée par défaut lorsque la partie
défaillante comparaît à l’audience qui n’est pas encore terminée
par ce que la juridiction poursuit les autres causes inscrites au
rôle dans ce cas évidemment, le rabat du defaut pourrait être
contesté, mais dans l’hypothèse envisagée, la juridiction a déjà
fait constater le défaut et l’audience se déroule par défaut,
Procédure pénale
Page 295 sur 417

lorsque comparaît le prévenu par quel terme juridique le


prévenu va- t-il désigner le changement de procédure, est —ce
que le défaut devient contradictoire, n’est-ce pas un rabat du
défaut ?

Par ailleurs, la procédure par défaut, une fois


entamée obéit à sa logique propre si e procès se poursuit en
plusieurs audiences, celles-ci vont se dérouler par défaut, les
remises effectuées étant des remises non contradictoires pour le
prévenu défaillant il ne paraît donc pas exact de soutenir que la
logique de la procédure par défaut oblige la juridiction à
instruire et débattre de b cause à la seule audience è laquelle le
prévenu a été cité.

Rubbens allègue aussi que si le devoir d’instruction


exige un renvoi en prosécution, à une audience ultérieure, le
prévenu doit être avisé de cette procédure par un exploit
d’avenir faute de quoi, la procédure est irrégulière, le droit de la
défense n’étant pas respecté . Il se réfère à une jurisprudence de
1950, nous avons donné notre opinion plus haut, ajoutons que
cette construction jurisprudentielle qui se réfère è la notion
d’exploit d’avenir, n’est fondée sur aucun texte légal, l’exploit
d’avenir est même ignoré en procédure pénale congolaise.

Procédure pénale
Page 296 sur 417

2. Le défaut de la partie civilement responsable

La partie civilement responsable fait défaut dans la


même proportion que le prévenu.

3. Le défaut de la partie civile

La partie qui prétend avoir été lésée par une


infraction peut être partie citante, elle peut aussi se constituer
soit au greffe soit à l’audience si elle ne se présente pas à
l’audience, le jugement sera par défaut à son égard, mais la
juridiction devra répondre à ses prétentions de droit.

4. Le M.P ne fait jamais défaut

Car selon les prescrits, de l’art.9 du code de


l’organisation et de la compétence judiciaires, le MP assiste à
toutes les audiences des cours et tribunaux, son absence rend
impossible la tenue d’une audience judiciaire sauf devant le
tribunal de police et devant le tribunal de paix

§.4. La Procédure par défaut

Le greffier prend acte de l’absence du prévenu ou de


la partie civilement responsable et la procédure suit son cours.
La procédure par défaut se déroule dans le même ordre que
celui applicable à la procédure contradictoire sauf évidemment
les phases où la partie défaillante devrait intervenir.

Procédure pénale
Page 297 sur 417

La défaillance d’une partie ne fait pas obstacle à ce


que la juridiction tienne compte des éléments dont cette partie a
fait apport au cours de l’instruction préparatoire, la juridiction
appréciera la valeur probante à y attacher. Le fardeau de la
preuve est à la charge du M.P comme dans la procédure
contradictoire : la juridiction doit soulever toutes les exceptions
et fins de non-recevoir ui sont d’ordre public.

§.5. Le jugement par défaut

Il échoit de noter que le juge d’appel n’est pas lié par


la qualification « contradictoire » ou par « défaut » donnée à un
jugement par son premier juge (R.J.C.B. 1943, p217, R.J.C.1947,
p144)

Notons encore que le prononcé du jugement en


l’absence des parties ne lui enlève pas son caractère
contradictoire. Le jugement par défaut est un jugement parfait
en la forme et à tous les effets juridiques d’un acte
juridictionnel, il est revêtu de l’autorité de la chose jugée dès
son prononcé. Le jugement par défaut n’est exécutoire qu’après
écoulement du délai dix jours à dater de la signification, ce
délai est prorogé par le délai de distance. L’exécution est
suspendue par l’exercice de l’action en appel ou en opposition
et ce jusqu’à ce que cette voie de recours soit épuisée.

Procédure pénale
Page 298 sur 417

§.6. La signification des jugements répressifs rendus par


défaut

Les jugements rendus par défaut ne deviennent


exécutoires que 10 jours après signification à la partie
condamnée. Ils ne sont passés en force de chose jugée, quant à
l’action publique que lorsqu’il est prouvé que les parties
condamnées à des sanctions pénales ont eue connaissance de la
signification. La signification à personne contient la preuve
légale de ce que le condamné a eu connaissance de la
signification: en dehors de la signification à personne, la
connaissance se prouve par toute voie de droit. Les jugements
de condamnations pénales sont signifiés à la diligence du M.P
ou du greffier, selon qu’il s’agit d’une condamnation corporelle
ou pécuniaire.

La partie civile se charge de la signification du


jugement de condamnation par défaut, aux dommages-intérêts
si l’action civile a été disjointe: le prévenu se charge de la
signification à la partie civile du jugement par défaut dans
lequel il a obtenu des dommages-intérêts pour action téméraire
et vexatoire enfin, un jugement d’acquittement rendu par
défaut ne doit pas être signifié.

L’action en opposition

La partie défaillante à laquelle un jugement par


défaut fait grief, dispose de la voie de recours appelée «
opposition ».
Procédure pénale
Page 299 sur 417

Section 1. Le délai pour faire opposition

La partie défaillante dispose d’un délai de 10 jours


pour faire opposition ; et ce délai est augmenté du délai de
distance. Le délai cours jusqu’au soir du 100me jour suivant la
date de la signification, l€ délai de distance est calculé depuis e
lieu où la signification a été faite jusqu’au greffe du siège
ordinaire du tribunal.

La date de l’opposition est celle de déclaration en


réponse faite à l’huissier qui signifie le jugement ou celle de la
déclaration au greffe ou celle de la réception de la lettre au
greffe. S’il n’est pas prouvé que le prévenu a eu connaissance de
la signification du jugement qui le condamne, son action en
opposition subsiste tant qu’elle est utile, c’est à dire tant que la
peine n’est pas prescrite.

Section 2. LA FORME DE L’OPPOSITION

L’opposition se fait par une déclaration de la partie


défaillante à laquelle le jugement par défaut fait grief, cette
déclaration qui peut être faite en réponse au bas de l’exploit de
signification ou au greffe du tribunal qui a rendu le jugement
critiqué, est soit verbale soit écrite, elle est actée par le huissier
ou le greffier selon le cas, si elle est écrite, elle est faite par
missive adressée au greffier qui doit délivrer un accusé de
réception.

Procédure pénale
Page 300 sur 417

La déclaration d’opposition doit seulement contenir


la désignation de la partie qui fait opposition et de la décision
attaquée: l’opposition ne doit pas être motivée.

La déclaration peut être faite par un mandataire


spécial. Ici se repose toute la question déjà débattue du
monopole de la représentation et de la plaidoirie reconnue aux
avocats et aux défenseurs judiciaires depuis ‘ordonnance-loi
n°79/0/ du 28 septembre 1979 portant organisation du barreau,
du corps des défenseurs judiciaires et des mandataires de l’Etat,
c’est dire donc que par mandataire spécial qui peut faire la
déclaration d’opposition, il faut entendre soit un avocat, soit un
défenseur judiciaire. L’opposition de la partie civile et de la
partie civilement responsable n’est recevable que lorsqu’il y a
consignation des frais ou dispense de consignation des frais, le
prévenu ne doit pas consigner les frais.

Section 3. Les effets de l’opposition et la procedure.

Si l’opposition formée par le prévenu est reçue le


jugement par défaut est considéré comme non avenue (art. 95
CPP) la déclaration d’opposition du prévenu a pour effet de
faire perdre au jugement par défaut l’autorité de la chose jugée,
avant même l’éventuelle rétraction, aucune partie ne peut plus
en poursuivre l’exécution ni la réformation.

La déclaration d’opposition de la partie civile ou de


partie civilement responsable, n’empêche pas l’exécution de la

Procédure pénale
Page 301 sur 417

peine dès que le jugement par défaut est devenu exécutoire à


l’égard du prévenu.

L’opposition ressaisit le tribunal, dessaisi jusque là


par le jugement par défaut.

Nous ne partageons pas le point de vue de RUBBENS


selon lequel en cas d’opposition, le tribunal peut être autrement
composé.

Il justifie sa position par la considération selon


laquelle en cas d’opposition, le procès devra être revu avant, le
changement de siège ne sera pas une cause de nullité.

Nous sommes d’avis qu’en cas d’opposition, la cause


doit revenir devant le même siège qui a prononcé le jugement
par défaut, car l’on est bien en présence d’une voie de
rétractation, ensuite, il y e lieu de noter et nous y reviendrons
tout à l’heure que ce jugement par défaut ne tombe pas dans le
néant en cas d’opposition, il subsiste dans certains des ses
éléments.

Le Président de la juridiction a fait une nouvelle


fixation de l’audience, le greffier fait des citations à
comparaître.

En cas d’opposition du prévenu, il faut donner à


toutes les phases de la procédure le caractère contradictoire qui
leur a fait défaut.

Sur le point de savoir que devient l’instruction tenue


par défaut, il semble y avoir quelques divergences, une certaine

Procédure pénale
Page 302 sur 417

jurisprudence estime que les débats non- contradictoires sont


dépourvus de toute force probante (Borna, 17janvier 1911, Jur.
Congo 1 1912. p.7; Elisabethville, 22 novembre 1913, Jur, col,
1924, p98); Rubbens quant à lui, est d’avis que ces débats valent
au moins ce que vaut l’instruction préparatoire et doivent être
soumis aux critiques et condamnations de l’opposant Q.

Il nous est difficile de suivre le point de vue soutenu


par Rubbens, car l’on voit mal comment, à l’audience que tient
la juridiction à la suite de l’opposition, l’on puisse se contenter
de soumettre à critique et à contradiction de l’opposant, les
débats tenus à son absence; en effet, nous estimons que s’il y a
eu des témoins, ceux-ci doivent être à nouveau réentendus en
présence de l’opposant de manière à lui permettre
éventuellement de contredire le témoignage, l’on ne peut
imaginer que la juridiction émette des réserves à faire réciter le
témoin et se contente de porter à la connaissance de l’opposant
les déclaration des témoins, de même il ne peut être admis que
la juridiction se contente par exemple de se référer au fait
qu’une pièce à conviction e été présentée par le MP sans que le
MP se contente de se référer à ses réquisitions prises lors des
audiences par défaut, quitte à ce que Ta juridiction les porte à la
connaissance de l’opposant, car le MP peut être amené à devoir
modifier les réquisitions à la suite de l’instruction préparatoire.
De sorte qu’à notre avis la jurisprudence précitée nous paraît
avoir soutenu un point de vue juste parce que fondé sur la
logique même de la mutation que subit une procédure par
défaut à la suite de l’exercice de la voie de l’opposition.

Procédure pénale
Page 303 sur 417

Mais le juge saisi à nouveau, par l’exercice de


l’opposition, ne peut totalement ignorer le jugement par défaut,
c’est ainsi par exemple qu’il ne peut aggraver les peines
prononcées (Elisabethville, 25 novembre 1969, R.J.A.C 1963,
p.111), cité par A. Rubbens: Op. cit, p249, n°243, réf.35). L’on est
également d’avis, que la motivation du jugement sur
l’opposition peut renvoyer aux motifs du jugement entrepris. Il
faut aussi noter qu’en cas d’irrecevabilité de l’opposition ou de
débouter, le jugement rendu par défaut subsiste en tous ses
effets, il en est de même au cas où le prévenu opposant ne
comparaît pas car en ce cas d’opposition est déclarée non
avenue.

En cas d’opposition de la partie civile, ne sont en


cause que les prétentions aux dommagesinterêts a devoir aux
particuliers, une telle opposition ne peut paralyser l’exécution
des peines ni l’exercice eventuel de l’appel du prévenu ou du
MP. La condamnation du prévenu étant acquise, la juridiction
se bornera à examiner la gravité de la cause du préjudice de la
victime.

L’opposition de la partie civile à un jugement


d’acquittement est irrecevable, la juridiction liee par sa decision
n’est pas compétente pour connaître de l’action civile.

En cas d’opposition de la partie civilement


responsable, les décisions pénales ne peuvent être modifiées, la
partie civilement responsable ne peut agir qu’en contestation de
la créance et de son obligation de la garantir.

Procédure pénale
Page 304 sur 417

Section 4. Le jugement sur opposition, le desistement de


l’opposition, peremption de l’action publique.

Le jugement sur opposition est toujours


contradictoire à l’égard de l’opposant car «opposition sur
opposition ne vaut». Si l’opposant ne comparaït pas,
l’opposition est dite non avenue, elle ne peut être renouvelée
môme si le délai cour-t encore, Si i’opposant fait défaut après
avoir comparu, la juridiction va estimer si lors de la
comparution elle a été mieux informée même partiellement,
dans l’affirmative, elle rendra un jugement de rétractation.

Le prévenu qui a formé opposition peut se désister, il


peut rétracter son désistement aussi longtemps que celui-ci
n’aura pas été décrété. Lorsque la partie défaillante opte pour le
recours en appel, il y a rénonciation à l’opposition si après le
jugement par défaut, l’action publique est prescrite avant
l’écoulement des délais d’opposition, celle-ci sera déclarée
recevable. La juridiction saisie de l’opposition constatera que le
jugement est effacé en ses effets de condamnation par
opposition, mais ne peut statuer à nouveau, la péremption de
l’action publique étant survenue depuis la première
condamnation.

Procédure pénale
Page 305 sur 417

CHAPITRE II: L’APPEL

L’appel est une voie de droit par laquelle une partie à


laquelle une décision judiciaire fait grief, s’en réfère à une
juridiction d’un degré supérieur à celle qui a rendu le jugement
attaqué «dans le but de voir reformé ce jugement à son
avantage».

Section 1. Les jugements susceptibles d’appel

En principe, tout jugement pénal rendu au premier


degré par une juridiction judiciaire se prononçant sur le fond,
peut être frappé d’appel. De même peuvent être frappés par
voie de l’appel, le jugement par lequel une juridiction écarte
l’action publique sans avoir examiné le fond, parce qu’il y a une
exception ou une fin de non recevoir. Mais la loi interdit
d’entreprendre par voie d’appel le jugement du tribunal, de
paix par lequel ce dernier se déclare incompétent en raison du
taux de la peine à appliquer. Cette interdiction l’est par le souci
de ne pas retarder la solution du litige. Il faut aussi faire
observer que l’infirmation d’un jugement déclinatoire de
compétence aboutit à un renvoi au premier juge, ce qui
provoquerait des difficultés dans la composition du siège.

L’on peut aussi entreprendre par la voie d’appel les


jugements rendus par défaut.

Ainsi donc, contre un jugement par défaut, deux


voies de recours sont ouvertes, l’appel et l’opposition le choix
d’une voie ferme l’autre. li est suivi à la poursuite de la
procédure en appel engagée par le MP, la partie civilement

Procédure pénale
Page 306 sur 417

responsable ou la partie civile contre un jugement de


condamnation prononcé par défaut â l’égard du prévenu tant
que le prévenu se trouve dans les délais utiles pour faire
opposition (art.94, CPP).

Les jugements rendus sur opposition sont toujours


susceptibles d’être entrepris par la voie Il est à rappeler que le
juge saisi par l’opposition du prévenu ne peut aggraver sa
situation en conséquence, en cas d’appel du MP, contre le
jugement sur opposition, la juridiction d’appel ne peut pas
aggraver la situation du prévenu par rapport à celle que lui a
faite le jugement par défaut qui n’a pas été frappé d’appel.

Nous noterons que l’appel est interdit contre les


jugements préparatoires, réservant l’appel aux seuls jugements
interlocutoires, c’est-à-dire préjugeant le fond qui est une
question d’appréciation donnant parfois lieu à des abus.

En France, le problème a connu une évolution qu’il


est intéressant de noter.

Avant 1935, les jugements sur incidents appelés dans


le langage judiciaire français de la procédure penale «
Jugements avant dire droit » étaient susceptibles d’appel s’ils
étaient interlocutoires, par ce que préjugeant le fond par la
solution donnée à l’incident; l’appel n’était pas possible contre
les jugements preparatoires. Mais la distinction de
l’interlocutoire d’avec le préparatoire était délicate et souvent il
arrivait que l’on interjette appel sous prétexte que ce jugement
préjugeait le fond. Pour limiter les abus, le législateur français

Procédure pénale
Page 307 sur 417

décide en 1935 que l’appel n’est recevable contre jugements


avant de dire droit qu’après le jugement sur le fond et en même
temps que l’appel formé contre ce jugement.

Mais l’appelant qui prétendait que la décision était


définitive, était admis à se pourvoi dans les 24 heures et sur
simple requête devant le tribunal pour obtenir de lui une
jonction faite au greffier de recevoir l’appel.

Mais ce système ne mit pas fin aux abus. C’est


pourquoi dans le code de procédure pénale de 1959, le
législateur français abandonne l’expression « décision avant
dire droit », au jugement sur le fond, il oppose des jugements
distincts du jugement sur le fond appelés aussi jugements
séparés l’appel est possible immédiatement sur l’affaire contre
le jugement séparé, l’appel doit être formé immédiatement sur
le fond de l’affaire mais la loi a prévu une exception l’appel
contre un jugement qui met fin à la procédure (un jugement
accueillant une exception telle la prescription, la chose jugée,
l’incompétence, l’amnistie, l’irrecevabilité d’une action...) ou
quand il apparaît qu’une décision s’impose sans délai de l’ordre
public ou d’une bonne administration de la justice. Le contrôle
sur ce dernier point est exercé par le président de la chambre
des appels correctionnels qui, saisi par requête de l’appelant, va
estimer par voie d’ordonnance, si oui ou non, la décision
entreprise doit être l’objet d’un examen immédiat.

Nous noterons avec beaucoup d’intérêts que dans la


conception judiciaire française, les jugements avant droit sont
ceux par lesquels le juge pénal se prononce sur un incident. Sur
Procédure pénale
Page 308 sur 417

ce point, le droit judiciaire congolais ne partage pas le même


point de vue.

En effet, selon l’esprit de l’art.73 du CPC, un


jugement avant de dire droit est celui qui ordonne une mesure
d’instruction complémentaire, cet avant de dire est qualifié de
préparatoire, s’il ne préjuge pas le fond. La définition légale en
droit congolais, du jugement avant de dire droit qui est donnée
par l’article 73 du CPC, s’applique également à la procédure
pénale en vertu du rôle de droit commun de la procédure civile
pour combler les lacunes constatées en procédure pénale.
L’appel contre les jugements des juridictions coutumières n’est
possible que si le jugement est rendu au premier degré par le
tribunal de zone rurale (territoire) ou de ville. Mais la loi a
organisé une voie de réformation particulière, la Révision,
procédure ordinaire pour faire réformer un jugement rendu par
une juridiction coutumière.

Nous noterons que les jugements rendus par les


juridictions militaires sont depuis 1980 susceptibles d’appel
(Ord-loi n80I0157 du 5 septembre 1980).

Section 2: les parties appelantes

§.1. L’appel du prévenu

Le prévenu a intérêt à interjeter l’appel de tout


jugement prononçant à sa charge une condamnation
quelconque.

Procédure pénale
Page 309 sur 417

Le prévenu peut ainsi interjeter appel soit parce qu’il


conteste être coupable, soit que se reconnaissant coupable, il
estime trop sévère la peine prononcée ou trop élevé le montant
des dommages-intérêts fixés. Le prévenu peut faire un appel
limité à un seul chef de condamnation. Si le prévenu n’a pas
limité son appel, il est présumé général et entreprendra toute la
condamnation contenue dans le dispositif du jugement.

§.2. L’appel de la partie civile

L’art. 96 du CPP reconnaît la faculté d’interjeter appel


notamment à la partie civile et aux personnes auxquelles des Di
ont été alloués d’office quant à leurs intérêts civils seulement.
Qu’en estil de la personne pour laquelle la juridiction a omis de
statuer au premier degré?

Une certaine interprétation de l’art, 108 du code de


l’organisation et de la compétence judiciaire pourrait aider à
corriger l’art.96, en effet, l’on pourrait soutenir que la partie
lésée qui n’a pas voulu assurer ellemême la défense de ses
intérêts civils, a recherché à bénéficier des effets bénéfiques de
l’allocation d’office, qui est obligatoire c’est pour elle une
option, donc elle devient partie implicite au procès dès le
premier degré avec comme conséquence, qu’elle peut former
appel même si rien ne lui a été alloué d’office à titre de Dl,
Certains juristes estiment pareille interprétation trop extensive,
surtout qu’elle vient cornger un texte de la loi rédigé de
manière claire non et équivoque.

Procédure pénale
Page 310 sur 417

La seule solution réside dans une révision du texte de


l’art96 de la manière suivante « la faculté d’interjeter appel
appartient 3% à la partie civile et aux personne auxquelles des
D.l ont été ou auraient dû être alloués quant à leurs intérêts
civils seulement »

En principe l’appel de la partie civile ne remet jamais


en cause l’action publique, même si le tribunal du premier
degré a été mis en mouvement par une citation directe. Toute
fois, lorsque la citation directe a été déclarée irrecevable au
premier degré et que la juridiction d’appel infirme cette
décision sur appel de la seule partie civile, la juridiction d’appel
se trouve saisie de l’action publique et l’évocation de la cause,
par suite de l’infirmation d’un jugement qui n’avait statué que
sur la recevabilité de la partïe civile laisse intact le droit de
réquisition du MP, la faculté d’appeler, reconnue à la partie
civile seulement quant a ses intérêts civils, vise uniquement la
circonstance où le premier juge aurait statué sur le fond (Théo
Collignon et Jules Closen, « La citation directe de la partie lésée
devant les tribunaux de répression », Bruelles, 1942, p.247.).

L’acquittement du prévenu devant le premier juge,


n’empêche pas la parti citante ou intervenante de poursuivre
ses prétentions civiles du degré d’appel, l’action publique est
éteinte, mais sur le seul appel de la partie civile la juridiction
d’appel doit examiner s’il y avait infraction, mais elle ne peut
plus sanctionner cette infraction dont elle devra seulement
constater existence; elle peut seulement accorder à la partie
civile les indemnités auxquelles elle peut prétendre.

Procédure pénale
Page 311 sur 417

La partie civile condamnée à payer des Dl. pour


action téméraire vexatoire peut interjeter appel du jugement qui
la condamne.

§.3. L’appel de la partie civilement responsable.

La partie responsable peut interjeter appel de tout


jugement qui la cendamne; son appel peut être basé sur divers
motifs; contester l’existence ou la hauteur du préjudice mis a se
chare contester le lien juridique entre elle et la personne
condamnée ‘,elre ,JP eu mise à sa charge, contester l’existence
même de l’infraction.

Qu’en est-il lorsque sur appel de la seule partie


civilement responsable, la juridiction d’appel décide
l’estimation des Dl.?

Appliquant les principes de la procédure civile selon


lesquels le recours du garant profite au garanti l’on admet
qu’en ce cas, même sans appel du préVeflu la condamnation de
ce dernier peut être revue pourvu que la partie civile reçoive
notification de la date d’audience.

Une controverse demeure sur le fait de savo\t si la


partie civilement responsable peut interjeter appel et entendre
dire que l’infraction n’est pas établie. Mr Rubbens dt que la
doctrine est divisée mais qu’elle accepte l’appel de la partie
civilement responsable

Procédure pénale
Page 312 sur 417

Le point de discorde porte sur le fait de savoir si le


prévenu qui n’aurait pas interlete appel pourrait ou non
profiter de l’appel de la partie civilement responsable.

Notre position sur cette question repose sur la pure


logique, si la partie civilement responsable grâce à son recours
en appel extraordinaire qui sera étudié plus loin, mais très
souvent il suffira, comme le préconise Mr Rubbens (Op. Cit TIIl,
n°257) que le MP suivie l’appel de la partie civilement
responsable mais la cour Suprême de la justice a déjà eu à
condamner cette pratique.

§.4. L’appel du ministère Public

L’appel du MP trouve sa justification dans le souci


d’obtenir la meHleur justice possible, l’appel du MP a toujours
sur l’action publique un effet absolu permettant à la juridiction
d’appel de maintenir, d’adoucir ou d’aggraver les peines
prononcées ou de se déclarer incompétente. C’est pourquoi
l’appel du ministère public est toujours dit général, car il est
réputé fait à toute fin et portant sur l’ensemble des décisions
pénales du jugement appelé.

Le MP peut exercer un appel a minima, c’est-à-dire,


un appel visant à obtenir des juges d’appel une peine plus
sévère que celle d’abord prononcée, mais même dans ce cas,
son appel reste général O.

D’autre part, on connaît dans la pratique le pouvoir


du MP de suivre l’appel ceci signifie que même si le MP n’a pas
pris l’initiative de l’appel, mais devant l’appel d’une partie, s’il

Procédure pénale
Page 313 sur 417

estime opportun de soumettre le litige dans son ensemble à la


connaissance de la juridiction d’appel O. Nous noterons qu’en
cas d’appel du MP, la juridiction d’appel est saisie d’office des
intérêts civils des victimes et ce en application de l’article 108
du code de l’organisation et de la compétence judiciaires.

La cour Suprême de Justice dans son arrêté du 21


août 1974 (R.P. 213 MP, Batafe) a pris position pour condamner
une pratique judiciaire constante qui consiste pour le MP de
déclarer, parfois sur la couverture du dossier judiciaire, qu’il
suit l’appel du prévenu sans se plier aux exigences de la
procédure prévue par l’art.108 du CPP, rien au dossier ne
permet de soutenir que le MP a interjeté selon l’une des trois
modalités légales (Lire Bulletin des Arrêts de la CSJ année 1974,
Kinshasa, éditions de la CSJ 1975, p268 à 271).

Section 3. Les categories d’appel

L’on distingue l’appel principal et l’appel incident.

§.1. L’appel Principal

L’appel principal est celui qui est formé par une


partie qui prend l’initiative d’exercer le recours, il peut porter
sur l’action publique ou sur l’action civile.

L’appel principal peut se faire sous trois formes:

Procédure pénale
Page 314 sur 417

a) Par une déclaration verbale au greffe de la


juridiction qui a rendu le jugement ou de la juridiction qui doit
connaître de l’appel. Le greffier dresse acte daté de la
déclaration. C’est la forme ordinaire, normale de l’appel
principal.

b) Par la missive adressée au greffe de la juridiction


qui a jugé ou de la juridiction qui doit connaître de l’appel. Le
greffier doit porter sur la lettre, la date de la déclaration. C’est la
forme ordinaire, normale de l’appel principal.

c) Par une déclaration en réponse faite au bas de


l’original de l’acte de signification lorsque le jugement est
signifié verbalement à la personne dans le délai d’appel.

Un même jugement: peut faire l’objet de plusieurs


appels principaux portant soit sur les dispositions civiles, soit
sur toutes les deux à la fois. Ces appels seront examinés au
cours d’une même instance d’appel.

La déclaration d’appel (écrite ou verbale) doit fournir


les indications suivantes

L’identité de l’appelant

La désignation du jugement attaqué

L’identité de différentes parties en cause de manière à


permettre au greffier de leur notifier l’appel [Link]
claire et nette de l’intention d’interjeter l’appel.

Les motifs de l’appel ne doivent pas être indiqués. Si


l’appelant ne limite pas son appel à l’un ou l’autre dispositif,
Procédure pénale
Page 315 sur 417

son appel est présumé former contre tout dispositif qui lui fait
grief.

Devant la juridiction d’appel, c’est ‘acte d’appel qui


détermine la saisine de la juridiction et non pas le libellé de
l’exploit de notification de l’appel.

Enfin, précisons que l’avocat ou le défenseur


judiciaire peut interjeter appel, pourvu qu’il soit porteur d’une
procuration spéciale laquelle est soit déposée au greffe en cas
de déclaration verbale soit annexée à la missive d’appel.

§.2. L’appel incident.

L’appel incident est l’appel interjeté par voie de


conclusion par une partie intimée en l’instance d’appel. L’art 98
du CPP a limité, en droit congolais, l’appel incident aux intérêts
civils en cause.

Les conclusions de l’appel incident peuvent être


prises à l’audience d’appel par un écrit déposé, après lecture
sur le banc du tribunal ou verbalement per la partie appelante
ou par son mandataire, le greffier prenant acte des conclusions
prises.

§.3. La consignation des frais d’appel

L’art. 122 du CPP porte obligation pour la partie


civile et la partie civilement responsable de consigner les frais
d’appel, la consignation ne doit pas être préalable à la
déclaration d’appel mais elle devra être faite endéans les délais
d’appel le greffier qui reçoit une déclaration faite au bas de

Procédure pénale
Page 316 sur 417

l’exploit de signification ou par missive, sans lesquels la


consignation doit être faite.

SectIon 4. Les delais d’appel.

L’on distingue trois sortes de délais en matière


d’appel; il y a le délai ordinaire, le délai de distance et le délai
prorogé en faveur du MP.

§1. Le délai ordinaire

Le délai pour interpréter un appel contre un jugement


contradictoire est de 10 jours à dater du jour du prononcé, pour
le calcul de ce délai, les jours fériés ne sont pas déduits, car ce
délai est un temps de réflexion sur l’opportunité d’agir en appel
et l’on estime que la réflexion n’est pas interrompue pendant les
jours fériés. La date de l’appel est celle de la réception de la
déclaration par le greffier ou l’huissier et non celle de
l’expédition de la missive.

Si le jugement répressif est rendu par défaut, le délai


reste de dix jours, mais il prend cours à la date de toute
signification régulière, Il faut cependant observer que ce délai
paraît dans un pays comme le nôtre où les gens ignorent le
droit et où il se pose pas mal des problèmes de distance et de
déplacement.

§.2. Le dèlai de distance

Le délai ordinaire est prolongé d’un délai de distance


en faveur des appelants privés.
Procédure pénale
Page 317 sur 417

Le délai de distance est d’un jour par cent kilomètres


de distance avec un maximum de quarante jours. La distance à
prendre en considération est celle qui sépare du greffe où est
faite de déclaration d’appel, la résidence de l’appelant (cas du
jugement contradictoire) ou le lieu de la signification (cas du
jugement par défaut).

§.3. Le délai prorogé en faveur du MP

Le MP près la juridiction qui a prononcé le jugement


dispose de dix jours à dater du prononcé du jugement pour
interjeter appel; il n’y a pas de délai de distance pour lui.

En revanche, Le MP près la juridiction d’appel


dispose d’un délai de trois jours à dater du prononce du
jugement (art.99. al. Du CPP). Ce délai se calcule de date à date
et non par période de trente jours.

L’appel extraordinaire du MP permet à la hiérarchie


du parquet d’exercer la mission de controle; cet appel ne peut
être interjeté que pour remettre en cause l’action publique; il ne
peut donc être interjeté à des fins purement civiles Q.

Section 5. L’effet du delai d’appel et de l’appel

§.1. L’effet suspensif du délai d’appel.

Le délai ordinaire d’appel augmente du délai de


distance suspend l’exécution du jugement répressif tant dans
ses dispositions civiles que pénales. Le délai d appel
extraordinaire accordé au MP ne suspend pas l’exécution ni des
dispositions civiles ni des dispositions pénales.

Procédure pénale
Page 318 sur 417

Mais il existe des dérogations à cet effet suspensif,


l’art.83 du CPP dispose que le prévenu qui, au moment du
jugement, est en état de détention préventive avec ou sans
liberté et qui est acquitté ou condamné à une simple amende est
immédiatement mis en liberté;, nonobstant appel une autre
dérogation provient du fait que le sursis à l’exécution
n’empêche pas de maintenir en détention, un condamné au
moment du jugement, enfin, dernière dérogation, l’effet
suspensif du délai d’appel n’empêche pas de maintenir en
détention un condamné dont l’arrestation immédiate a été
ordonnée lors du jugement (art.85. du CPP).

§.2. L’effet suspensif de l’appel.

Si la déclaration ne porte que sur les condamnations


civiles, les peines sont exécutées. Ainsi donc, l’appel de la partie
civile ne peut pas paralyser l’exécution des peines, même si son
appel tend à faire dire pour droit que l’infraction n’est pas
établie, le condamné ne peut en profiter s’il n’interjette appel ou
si le MP n’a pas suivi l’appel.

L’appel d’un jugement interlocutoire est suspensif de


la procédure devant le tribunal rendu ayant rendu le jugement.

En droit français, l’appel joue l’effet suspensif en ce


qui concerne l’action civile, le tribunal ou la cour peuvent
ordonner l’exécution provisoire de leur décision nonobstant
toute voie de recours. C’est notamment le cas lorsque la
juridiction ayant reconnu la culpabilité du prévenu nomme un

Procédure pénale
Page 319 sur 417

expert pour déterminer l’importance du préjudice, mais


ordonne le versement d’une provision ; mais il y a possibilité
d’arrêter cette exécution provisoire en saisissant le premier
président de la cour d’appel par la procédure du référé: il en est
ainsi lorsque cette exécution provisoire, risque d’entraîner des
conséquences manifestement excessives Q.

§.3. L’effet dévolutif de l’appel.

L’effet dévolutif résulte du fait que le juge d’appel ne


peut connaître que du point de droit et de fait présentés au
premier juge et ce, dans les limites tracées par l’acte d’appel.

C’est cet effet qui exprime l’adage « Tantum devolut


quantum appelatum ».

L’effet dévolutif interdit d’élargir la prévention en


retenant des faits nouveaux car cela aboutirait à priver le
prévenu d’un degré de juridiction. C’est l’interdiction des
demandes nouvelles en appel.

L’interdiction de modifier la prévention, n’interdit


cependant pas au juge d’appel de changer la qualification du
fait poursuivi et ne l’empêche pas d’examiner les moyens
nouveaux proposés par les parties à l’appui de leurs
prétentions; la possibilité de faire valoir les arguments
nouveaux est la conséquence nécessaire du nouveau débat qui
s’ouvre devant le juge d’appel (R. MERLE et A. VITU: Op. cit.
n°710),

Procédure pénale
Page 320 sur 417

L’effet dévolutif connaît une limitation qui se traduit


par la règle de l’interdiction de « la reformatio in pejus » ; cette
règle interdit au juge d’appel de réformer la décision qui lui est
déférée dans un sens contraire aux intérêts de cet appelant,
lorsque ce dernier est une partie privée et est seul en appel.
C’est ainsi que si le prévenu est seul appelant, le juge d’appel
ne peut prononcer contre lui une peine plus grave ou modifier
dans un sens plus sévère la qualification d’appel retenu.

Le juge ne peut normalement allouer des D.l plus


importants que ceux alloués en première instance, sauf s’il y a
appel incident portant sur les intérêts civils, car en ce cas, la
partie civile peut postuler par simple conclusion une majoration
de la réparation. De même, la partie civile ne peut voir sur son
seul appel, diminuées ou supprimées les indemnités accordées
ni la personne civilement responsable sur son appel, voir sa
responsabilité aggravée.

L’interdiction de la « reformatio in pejus » s’applique


en droit congolais en tant que principe général de droit.

Seçtion 6. L’évocation

L’évocation est l’obligation faite à une juridiction


d’appel de statuer sur le fond chaque fois que le jugement est
annulé pour violation ou omission repérée des formes
prescrites par la loi.

En droit congolais, le siège de la matière est l’article


107 du CPP qui dispose « La juridiction d’appel qui réforme la
décision entreprise pour un motif autre que la saisine

Procédure pénale
Page 321 sur 417

irrégulière ou incompétence du premIer juge connaît du fond


de l’affaire ». Il paraît exister en droit l’hypothèse d’une
juridiction d’appel qui annule un jugement statuant sur
incident O.

Le législateur congolais a de l’évolution une


conception largement ouverte, venant ainsi contredire la
conception étroite que la doctrine et la jurisprudence s’en font.
En effet, la formulation de l’art.107 précité fait voir que
l’évocation est applicable à l’égard des jugements statuant au
fond et annulés par ce que la juridiction d’appel connaît des
irrégularités de forme dans la procédure suivie ([Link].
composition irrégulière de siège) ; mais l’évocation est surtout
appliquée quand une juridiction d’appel annule un jugement
statuant sur un incident.

On peut user de l’évocation quand le vice invoqué


contre le jugement de premier degré se réfère non à la forme
mais au fond de la décision (R. MERLE et A. VITU: Op. cit.
n126D).

L’évocation est obligatoire en procédure pénale; cette


obligation résulte de la formulation même de l’art.107 du CPP.
Au cas où la juridiction d’appel réforme la décision pour saisine
irrégulière ou pour incompétence du premier juge, il appartient
à la partie suivante ayant eu à d’introduire la cause en premier
degré en forme régulière et devant la juridiction compétente : il
ne peut donc être question pour la juridiction d’appel de
renvoyer la cause devant le premier juge.

Procédure pénale
Page 322 sur 417

Deux problèmes restent posés en matière d’évocation.


L’évocation en cas d’annulation d’un jugement statuant sur un
incident soustrayant la cause au double degré de juridiction
violant ainsi un principe constitutionnel : l’on justifie cette
violation en disant que si la cause a donné lieu à un jugement
interlocutoire, la juridiction de premier degré a au moins connu
un débat sur le fond, le double degré justifie qu’il soit statué
d’emblée au degré d’appel pour vider l’affaire Q La partie civile
peut être surprise par l’effet de l’évocation, car il se peut qu’elle
ne soit pas constituée avant l’interlocutoire, et si un appel est
interjeté contre l’interlocutoire et qu’il y ait évocation,se voyant
privée de son action, en ce cas la juridiction d’appel, en
application de l’art.108 du code de l’organisation et de la
compétence judiciaire, statuera d’office sur les Dl.

Section 7. Citation et notification d’appel.

Introduction

Dès que l’appel est interjeté, greffier près la


juridiction qui e rendu le jugement doit constituer le dossier qui
doit être acheminé à la juridiction d’appel ce greffier est averti
de l’appel par son collègue si la declaration d appel a eté fafte
auprès du greffe de la juridiction d’appel. Le greffier doit
toujours avertir le MP de l’appel interjeté afin d’éviter une

Procédure pénale
Page 323 sur 417

exécution intempestive du jugement dont l’exécution se trouve


suspendue.

Avant que la cause ne vienne à l’audience, le


président à la juridiction d’appel dispose du pouvoir
d’organiser la mise en liberté provisoire en cas d’incarcération
d’un détenu en liberté (Art.105 du CPP).

Le président de la juridiction d’appel fixe le dossier


en laissant au greffier le temps nécessaire pour notifier l’appel.

§.1. La citation en appeL

Il doit être noté qu’en appel, c’est l’acte d’appel et non


la citation qui saisit la juridiction d’appel. La citation n’est
nécessaire pour le prévenu et la partie civilement responsable
devant la juridiction d’appel que lorsqu’il y a possibilité d’une
aggravation de la situation du condamné à peine de mort. L’on
devra également recourir à la formalité de la citation si la
juridiction procède à de nouvelles mesures d’instruction et que
le prévenu n’est pas présent. La citation à comparaître doit
contenir, outre les éléments d’une citation à prévenu une
référence au jugement entrepris et à l’acte d’appel.

La comparution volontaire ne peut couvrir l’absence


de citation, car le texte de l’article 35 du CPP est de stricte
interprétation et ne s’applique qu’à la juridiction du premier
degré.

Nous ne partageons pas l’opinion de Mr Rubbens qui


estime que le président peut à lui seul, après examen sommaire

Procédure pénale
Page 324 sur 417

du dossier, Apprécier s’il y a lieu de citer ou d’ordonner la


comparution personnelle (A. Rubbens; Op. cit; n°272) ; L’art.104
dans sa formulation dit clairement que c’est la juridiction (donc
tout le siège) qui doit estimer qu’il y a lieu de citer le prévenu.
C’est dire donc, à notre avis, que c’est en pleine audience que le
siège doit pouvoir arriver à cette estimation; en ce cas, la
juridiction d’appel devra surseoir à statuer pour permettre de
faire citer le prévenu mais, on peut aussi concevoir qu’avant
l’audience, les juges composant le siège et qui sont censés avoir
étudié le dossier, peuvent estimer qu’il y a lieu de citer e
prévenu, alors que celui-ci n’a pas encore eu ‘occasion de
s’expliquer devant eux en appel.

D’autre part au cas où la juridiction d’appel estime


devoir ordonner la comparution personnelle du prévenu, nous
ne pensons pas, ainsi que l’affirme Mr Rubbens (Op. cit. [Link].
n°272) que c’est par voie d’ordonnance’ que la juridiction
procède; il doit s’agir d’un jugement ou d’arrêt, l’ordonnance
n’étant que le moyen légal d’expression d’un juge et non d’une
juridiction.

Si e prévenu cité ne comparaît pas, la juridiction


d’appel statuera par défaut avec possibilité de faire opposition
à cette décision suivant la même procédure applicable à
l’opposition formée contre un jugement par défaut rendu au
premier degré.

§.2. La notification d’appel.

Procédure pénale
Page 325 sur 417

Normalement, la simple notification de l’appel et de


la date d’audience’ suffit pour lier l’instance contradictoire en
appel, sauf les cas dans lesquels la loi exige la formalité de la
citation. Compte tenu de cette particularité de la notification,
l’on soutient que la comparution volontaire peut parfaitement
couvrir l’irrégularité, voire l’absence de notification, de la date
d’audience en appel Q

En cas d’omission de la formalité de notification, la


juridiction d’appel surseoit de statuer sur l’appel jusqu’à ce que
la date d’audience ait été notifiée. En cas de notification, la
décision de la juridiction d’appel est réputée contradictoire,
c’est-à-dire non susceptible d’opposition.

§.3 Le transfert du prévenu détenu au siège de la juridiction


d’appe

Lorsque le prévenu est détenu, sa comparution


devant la juridiction d’appel ne peut se faire sur sa demande ou
sur décision de la juridiction d’appel. Le MP prend soin
d’ordonner le transfert d’office, présumant des voeux de la
défense ou de la juridiction d’appel.

Lorsque le prévenu est en liberté provisoire, et qu’il


doive être transféré au siège de la juridiction, il perd le bénéfice
de la liberté provisoire pendant le transfert. Il doit être remis en
liberté provisoire à son arrivée au lieu de la session d’appel,

Procédure pénale
Page 326 sur 417

c’est le président de la juridiction d’appel qui détermine les


conditions de sa remise en liberté.

Section 8. L’audience d’appel.

L’audience s’ouvre par l’appel du rôle et la


vérification de la comparution de la représentation ou de
l’assistance. Ensuite, la pratique pré\/oit la lecture d’un rapport
par un des magistrats du siège, ce rapport rend compte de tout
le déroulement de la procédure ainsi que des éléments qui ont
déterminé la conviction des premiers juges.

L’art.74 du CPP qui fixe la manière dont doit se


dérouler l’instruction à l’audience, reste d’application.

La juridiction d’appel peut user de tous les moyens


d’instruction pour former sa conviction cependant, le recours à
la commission rogatoire doit être exceptionnel et justifié par les
contingences, car en matière pénale, la conviction intime des
juges doit se former dans la conscience de chacun des juges, à
l’audition directe, chaque fois que la chose est possible.

Section 9. La deliberation.

Les juges doivent d’abord examiner même d’office, la


recevabilité d’appel. Si l’appel est recevable, il faut porter
l’examen sur l’ampleur de l’appel et ce soit en tenant compte de
la déclaration d’appel, soit en se basant sur les conclusions pour
les amendes civiles.

Procédure pénale
Page 327 sur 417

C’est en ce moment que va s’expliquer la notion de


l’évocation si le juge d’appel doit annuler pour vices de forme,
la décision du premier juge. En appel, l’objet et la procédure du
délibéré sont les mêmes qu ‘au premier degré. Mais le juge
d’appel se doit de rencontrer aussi bien les réquisitions et
conclusions du débat d’appel que les motifs du premier juge.

Section 10. La decision d’appel.

Le prononce dans la huitaine de la prise en délibéré


reste théoriquement d’application au niveau d’appel.

La décision d’appel se caractérise essentiellement par


la structure de son dispositif absorbant la forme la décision doit
dire si l’appel est ou non régulier en la forme et s’il est ou non
recevable: en cas d’irrégularité ou d’irrecevabilité, la décision
doit en indiquer les motifs.

Se prononçant sur le fond, la décision peut dire de


l’appel non fondé et confirmer ainsi le jugement entrepris. En
confirmant, le juge d’appel peut le faire en donnant des motifs
autres que ceux retenus par le premier juge, ii peut aussi le faire
en renvoyant aux motifs du premier juge ; ou encore il peut
confirmer en se référant à ses propres motifs ainsi qu’à ceux du
premier juge.

Le juge d’appel peut aussi infirmer mettre à néant la


décision du premier juge et ce en tout ou en partie, en ce cas il
doit statuer à nouveau l’expression à utiliser en ce cas varient,
exemple

Procédure pénale
Page 328 sur 417

a) infirme ou reforme la décision du premier juge en


ce que ... et amendant quant à ce...

b. met à néant la décision du premier juge et statuant


à nouveau...

c. ou annule la décision du premier juge et évoquant...


L’essentiel à retenir est que pour • chaque élément nouveau du
dispositif qu’il substitue ou supplée au dispositif entrepris, le
juge d’appel doit donner des motifs, rencontrant les réquisitions
et conclusions des parties ainsi que les motifs du jugement
réformé.

Section 11. Appel des jugements rendus par les juridictions


coutumieres.

Le tribunal de commune rurale connaît à l’exclusion


de tout autre des affaires dans lesquelles

1, un militaire en activité de service, un agent de


l’administration, de l’ordre judiciaire, un juge, une autorité
coutumière, est prévenu ou défenseur.

2. un juge, une autorité coutumière, est demandeur.

Un recours en appel a été prévu devant le T.G.l.


L’action en appel appartient au prévenu, au civilement ou
coutumièrement responsable à la partie lésée quant à ses
intérêts civils seulement au MP (appel général).

Procédure pénale
Page 329 sur 417

Le délai, pour toutes les parties est de trois mois, à


dater du prononcé. L’appel doit être fait par la déclaration faite
soit au greffe du tribunal qui a rendu le jugement attaqué, soit
au greffe du T.G.I qui doit connaître de l’appel.

L’appel doit être notifié aux parties privées ou


publiques et au greffier du tribunal de commune rurale qui
alors transmettra le dossier.

Le délai d’appel et l’instance en appel ne sont pas


suspensifs de l’exécution du jugement, mais le T.G.I saisi de
l’appel, peut ordonner les défenses à exécuter et ce, pour un
délai de trois mois.

Les parties présentent verbalement ou par écrit leurs


observations et moyens de défense au tribunal qui ne peut
statuer qu’un mois après que les notifications d’appel auront
être faites.

La saisine du juge d’appel est définie par la


déclaration d’appel. La procédure par défaut et l’opposition ne
sont pas d’application.

Enfin, si le premier juge a été régulièrement saisi et


était compétent, et si le jugement est annulé. lI y a évocation : la
juridiction d’appel doit connaître de l’affaire.

CHAPITRE III. LA REVISION.

Procédure pénale
Page 330 sur 417

En droit congolais, la révision revêt une double


acceptation selon que l’on se place sur le plan coutumier ou sur
le plan du droit pénal écrit.

Section 1. La revision des jugements coutumiers.

La révision des jugements coutumiers vise la


procédure par laquelle un tribunal de territoire, réforme la
décision d’un tribunal coutumier de son ressort. La même
compétence appartient au tribunal principal de collectivité à
l’égard des décisions des tribunaux secondaires de son ressort.

La révision peut avoir lieu d’office en ce qu’au cas où


un administrateur de territoire signale au tribunal une fausse
application de la coutume. Cette juridiction est saisie d’office au
degré de révision. La révision peut aussi être demandée par une
partie au procès. La caractéristique de la révision par
comparaison à l’appel, consiste en ce que le tribunal qui est saisi
n’est pas limité par les termes du recours, ni même par les
limites de la saisine du premier juge: les juges statuant en
révision disposent donc du pouvoir de réexaminer l’ensemble
du litige.

Le tribunal de révision statue sur le fond, il ne peut


donc annuler en renvoyant au tribunal du premier degré
autrement composé. Le pouvoir de révision ne peut s’exercer
que si, le jour où la révision est dçmandée ou décidée d’office, il
ne s’est pas écoulé plus de trois mois depuis la date du
jugement à réviser. La révision ne peut être effectuée que si les

Procédure pénale
Page 331 sur 417

parties ont été entendues contradictoirement ou appelèes en


temps utile par le tribunal de révision.

Section 2. La revision devant la cour supreme de justice en cas


d’erreur judiciaire.

(Lire Procédure devant la cour suprême, art.70 à 75)

L’existence du double degré des juridictions et le


pourvoi en cassation sont normalement de nature è corriger les
erreurs de droit de juridiction répressive les erreurs de fait
peuvent se produire dans les décisions revêtues de l’autorité de
la chose jugée.

Le pourvoi en révision est donc la seule voie de


recours susceptible de corriger ces genres d’erreurs.

§.1. Conditions du pourvoi en rôvision

Il doit s’agir des décisions de condamnation passées


en force des choses jugées, ceci exclut les décisions
d’acquittement ainsi que les décisions qui n’ont pas encore
l’autorité de la chose jugée par ce que susceptibles d’appel,
d’opposition ou d’un pourvoi en cassation.

Le droit congolais exige aussi que la révision ne


puisse être demandée que pour une infraction punissable d’une
de peine de prison supérieure deux mois.

§.2. Les cas d’ouverture à révision

1) Contrariété des jugements ce cas suppose que deux


individus ont été condamnés par la même infraction, par deux

Procédure pénale
Page 332 sur 417

décisions différentes, inconciliables entre elle la contradiction


entre ces deux condamnations est la preuve que l’un de deux
condamnés et innocent.

2) Condamnation de l’un des témoins pour faux


témoignage contre le prévenu, Le premier ainsi condamné ne
pourra être entendu lors de nouveaux débats.

3) Après une condamnation pour homicide, il existe


des indices suffisants propres à faire croire à l’existence de la
prétendue victime de l’homicide.

4) Après une condamnation, un fait vient à se révéler


ou clos pièces inconnues lors des débats sont présentées et que
ce fait ou ces pièces sont de nature à établir l’innocence du
condamné.

§.3. La procédure de la révision

1. Le droit de demander la révision à la Cour


Suprême de Justice appartient dans les deux premiers cas
d’ouverture à révision : au Ministre de la Justice : au condamné
ou en cas d’incapacité, à son représentant après la mort ou
l’absence déclaré du condamné, à son conjoint, à ses
descendants, à ses ascendants à ses ayants droit coutumiers et à
ses légataires universels.

2. Dans les cas d’ouverture à révision prévus aux


points 3 et 4, seul le Ministre de la Justice peut demander la
révision soit d’office soit sur requête des personnes visées ci-

Procédure pénale
Page 333 sur 417

avant et après avoir pris l’avis dune commission composée de


deux conseillers de la Cour Suprême de Justice de deux
conseillers à la Cour d’Appel de Kinshasa et de trois Avocats
ayant pratiqué le barreau pendant au moins 10 ans. Les deux
conseillers à la Cour Suprême de la Justice faisant partie de la
commission ne pourront siéger lors de l’audience en révision.

3. La Cour Suprême de Justice est saisie par le


Procureur Général de la République en vertu de l’injonction du
Ministre de la Justice ou par la requête des parties dans les cas 1
et 2 d’ouverture à révision.

4. L’on distingue deux phases dans la procédure de


révision 1.1. Le rescindent:

Il consiste en un examen par la Cour Suprême de la


recevabilité et du bien-fondé du pourvoi en révision si le
pourvoi est recevable, la Cour Suprême contrôle le bien-fondé
de la décision contestée, c’est-à-dire sa vérité apparente à la
lumière des éléments de fait visés au recours. A cette fin, elle
peut procéder directement ou par commission rogatoire à
toutes, enquêtes sur les faits confrontation, reconnaissance et
devoirs è propos de la manifestation de la vérité. A l’issue de
ses investigations la Cour Suprême décide du sort du recours.
S’il ne lui paraît pas fondé, elle rend un arrêt de rejet. Sinon, elle
rend un arrêt d’annulation.

Procédure pénale
Page 334 sur 417

1.2. Le rescisoire

Si la cour estime que la demande est fondée elle


annule la condamnation prononcée elle apprécie dans ce cas s’il
est possible de renvoyer à de nouveaux débats contradictoires.

Dans l’affirmative, elle renvoie le prévenu devant une


autre juridiction de même ordre et de même degré que celle
dont émane l’arrêt ou le jugement annulé ou devant la même
juridiction autrement composée.

La nouvelle juridiction constate qu’il y a impossibilité


de procéder à de nouveau débats notamment en raison du
décès, de l’absence, de la démence ou du défaut d’un ou de
plusieurs condamnés, d’irresponsabilité pénale, de prescription
de l’action publique ou de la peine, elle statue au fond.

S’il en a eu au procès, les parties civiles doivent être


entendues. Lorsqu’elle statue au fond la Cour n’annule que les
condamnations qui ont été injustement prononcées. Elle
décharge, s’il y a lieu la mémoire des morts.

§.4. Les effets de la révision

Si l’arrêt ou le jugement de condamnation n’a pas été


exécuté, l’exécution de la décision peut être suspendue par la
Cour Suprême dès l’instant où celle-ci après saisie du pourvoi
en révision. L’arrêt d’où résulte l’innocence d’un condamné
peut, sur sa demande, lui allouer des dommages intérêts en
raison du préjudice que lui a causé sa condamnation. Si la
victime de l’erreur judiciaire est décédée, le droit de demander

Procédure pénale
Page 335 sur 417

des dommages intérêts appartient à son conjoint, à ses


descendants ainsi qu’à ses ascendants et ses ayants droit
coutumiers. ce droit n’appartient aux autres personnes
qu’autant qu’elles justifient d’un préjudice matériel résultant
pour elles de la condamnation.

La demande en dommages intérêts est recevable en


tout état de cause de la procédure en révision. Les dommages
intérêts sont à charge de I’Etat. Le recours contre la partie civile,
les dénonciations ou les faux témoins par la faute desquels la
condamnation a été prononcée. Les frais de l’instance en
révision sont avancés par le trésor à partir du dépôt de la
demande de la Cour Suprême de Justice. Le demandeur en
révision qui succombe à son innocence est condamné à tous les
frais.

Si l’arrêt ou le jugement définitif, après renvoi


prononce une condamnation, il met à charge du condamné les
frais de cette seule instance.

L’arrêt de la Cour Suprême, l’arrêt ou le jugement


intervenu après révision d’où a résulté (‘innocence d’un
condamné seront à la diligence du greffier affecté dans la
localité.

1. où a été prononcée la condamnation

2. où siège la juridiction de révision

3. où l’action publique a été ouverte

4. du domicile des demandeurs en révision

Procédure pénale
Page 336 sur 417

5. de son dernier domicile lorsque la victime est


décédée.

CHAPITRE IV: L’ANNULATION DES JUGEMENTS


COUTUMIERS

Sections I. Tribunal competent et saisine

L’article 35 des décrets coordonnées des juridictions


coutumières dispose que les jugements rendus par les
tribunaux coutumiers sont, à la requête du Ministère public,
susceptibles d’annulation par le tribunal de grande instance.

Le législateur a donc voulu réserver au seul Ministère


public le droit de saisir le tribunal de grande instance d’une
requête en annulation. Les parties peuvent bien entendu
signaler au Ministère public, des irrégularités contenues dans
des jugements coutumiers, mais le Ministère public garde un
droit d’appréciation.

Cette exclusivité de la compétence de saisine dans le


Chef du Ministère public est la conséquence logique du droit
reconnu au Ministère public de surveiller la composition et
l’action des juridictions coutumières (art. 10 des décrets
coordonnées des juridictions indigènes)

Section II : les delais du pourvoi en annulation

Le tribunal ne procède pas à l’instruction quant au


fait. Car ou bien le dossier se trouve en état et alors en cas

Procédure pénale
Page 337 sur 417

d’annulation le tribunal va évoquer ou bien le dossier n’est pas


en état, alors en cas d’annulation, il y aura lieu à renvoi.

Une fois que le tribunal est saisi, il doit vérifier


d’office toutes les causes d’annulation celles-ci étant toujours
d’ordre public : c’est à ce stade que les parties privées ont le
droit de prendre part aux débats et d’invoquer des moyens
autres que ceux que le Ministère public a invoqués dans sa
requête.

Le délai pour introduire la requête en annulation est


de quatre mois à dater du prononcé du jugement. Ce délai est
prorogé lorsque le jugement porte sur un fait érigé en infraction
de droit écrit en ce cas la requête peut être introduite tant que
l’action publique n’est pas éteinte par la mort du prévenu ou
par la prescription. Ce qui signifie que si l’action est éteinte
pour une autre cause (amnistie, chose jugée. etc...) l’annulation
demeure possible.

Lorsque l’annulation est motivée par l’application de


sanctions autres que celles autorisées, elle peut être demandée
tant que les peines prononcées n’auront pas été entièrement
subies.

Lorsque l’annulation est motivée par l’application


d’une coutume abrogée par la loi ou contraire à l’ordre public,
elle peut être demandée tant qu’il y a utilité à le faire.

Section III : la forme de la requete

Procédure pénale
Page 338 sur 417

La requête en annulation n’est soumise à aucune


forme imposée ; Normalement, elle se fait par un écrit déposé
au greffe du T.G.I.

Les mentions suivantes sont logiquement attendues:

Le nom et la qualité du magistrat requérant

L’indication du jugement querellé en précisant : le


nom du tribunal qui l’a rendu, la date duprononcé, les noms
des parties, le numéro du rôle l’indication du tribunal que l’on
entend saisir l’invocation des moyens qui justifient la requête
en annulation la signature du magistrat requérant la requête
peut contenir une demande de surseoir à l’exécution.

Section IV: les cas d’ouverture à l’annulation

1. Composition irrégulière de siège

2. incompétence en raison de la matière

3. violations des formes substantielles prescrites par


la coutume ou par la loi

A titre d’exemple, l’on peut citer:

La violation du droit de la défense, L’absence de


motivation ou la contradiction dans la motivation l’absence
d’indication de la coutume sur laquelle le jugement s’est basé
pour statuer,

4. Prononcé des sanctions autres que celles autorisées


par la loi.

Procédure pénale
Page 339 sur 417

5. la coutume dont il a été fait application est


contraire à la législation ou à l’ordre public

Section V: la procedure en annulation

La requête doit être noilfiée aux parnes, aux parties


lésées, aux parties civilement responsables et au greffier du
tribunal qui a rendu le jugement.

La fixation de la date d’audience doit être signifiée


aux parties.

Dès avant l’audience, le tribunal de grande instance


est qualifié pour ordonner la suspension de l’exécution de tout
ou partie du dispositif pendant une durée qui ne peut dépasser
trois (3) mois.

Le tribunal ne procède pas à l’instruction quant au


fait, car ou bien le dossier se trouve en état et alors en cas
d’annulation, le tribunal va évoquer; ou bien le dossier n’est pas
en état alors, en cas d’annulation, il y aura lieu à renvoi.

Une fois que le tribunal est saisi, il doit vérifier


d’office toutes les causes d’annulation, celles- ci étant toujours
d’ordre public; c’est à ce stade que les parties privées ont le
droit de prendre part aux débats et invoquer des moyens autres
que ceux que le MP a invoqués dans sa requête.

Section VI: le pouvoir juridictionnel du tribunal d’annulation

Hors le cas d’irrecevabilité de la requête pour


irrégularité de procédure le tribunal peut prendre d’autres
décisions; il peut annuler par voie de retranchement, c’est-à-
Procédure pénale
Page 340 sur 417

dire qu’après avoir annulé le jugement, le tribunal ne renvoie


pas et ne statue pas non plus quant au fond c’est le cas
notamment lorsque l’action publique est prescrite. Le tribunal
après avoir annulé renvoie l’affaire devant le même tribunal
mais autrement composé ou devant un autre tribunal qui, après
cette annulation, évoque et statue sur le fond.

Section VII : la nature du jugement d’annulation

Certains juristes ont soutenu que l’annulation des


jugements coutumiers constitue une véritable Cassation. C’est
là une erreur et ce pour quatre raisons:

1. l’article 35 de l’arrêté Royal coordonnant les décrets


relatifs (à la juridiction coutumière précise bien que tout
jugement coutumier donc même rendu au premier degré) peut
être l’objet d’une requête en annulation. Ce qui est le contraire
de la procédure de Cassation, qui suppose toujours que le
jugement ou l’arrêt attaqué est rendu en dernier ressort.

2. Lorsque l’on examine les cas d’ouverture du


pourvoi en Cassation l’on constate qu’ils sont plus nombreux et
mieux étoffés que les cas d’ouverture de la requête en
annulation.

3. Le tribunal de grande instance a l’obligation


d’annuler et de statuer sur le fond par un seul et même
jugement, si la matière est en état de recevoir une décision
définitive. En Cassation évocation est inconcevable.

Procédure pénale
Page 341 sur 417

4. Du reste, un jugement d’annulation peut être


entrepris au moyen dun pourvoi en cassation, dans la mesure
où ce jugement a eu à censurer un jugement coutumier en
premier ressort

CHAPITRE V: LA CASSATION

Introduction

1. La Cour Suprême de Justice a été créée par


l’ordonnance-loi n°68/246 du 10juillet 1966, la procédure a
suivre devant la Cour Suprême est fixée aujourd’hui par
l’ordonnance-loi n°82/017 du 31 mars 1982.

2. C’est la section judiciaire de la Cour de Justice qui


est compétent pour connaître des pourvois en Cassation pour
violation de la loi ou de la coutumer forme contre les arrêts et
jugements rendus en derniers ressort par les Cours et tribunaux
(art. 155 du Code de l’organisation et la compétence judiciaires).

3. Mais ce sont les sections réunies de la Cour


Suprême qui sont compétentes pour connaître

Du pourvoi introduit par la deuxième fois après


Cassation et concernant la même cause et les mêmes parties
(art. 100 du Code de l’organisation et la compétence judiciaires).

La constitution du 18 février 2006 substitue ce rôle à


la cour de cassation

Procédure pénale
Page 342 sur 417

Section 1: les fonctions de la cassation

L’on peut résumer en cinq points les fonctions de la


Cassation

1. Faire respecter les textes de la loi

Grâce à ses arrêts, la Cour Suprême de Justice joue le


rôle de régulatrice de l’interprétation et de l’application de la
loi. Les injonctions des arrêts de renvoi réalisent encore mieux
cette fonction.

2. Unifier la jurisprudence

Cette fonction n’est que le corollaire logique de la


première fonction. Avant la création de la Cour Suprême, il
n’existait pas d’autorité judiciaire nationale à même d’rnposer
une orientation jurisprudentielle unique.

3. Assurer la discipline des juges

Les juges sont sensibles aux critiques dont leurs


décisions sont l’objet. Ils en tirent des leçons utiles pour leur
formation juridique.

4. Intérêts des parties

La Cassation permet de redresser des erreurs de droit


qui ont causé préjudice aux intérêts des parties.

5. Fonction politique

Procédure pénale
Page 343 sur 417

L’unité de la jurisprudence crée un sentiment de


confiance dans le Chef de tous les habitants du pays et
contribue à cimenter l’unité nationale.

Section 2: les decisions susceptibles du pourvoi en cassation

Il doit s’agir des décisions rendues en dernier ressort


par les Cours et Tribunaux Ainsi doivent être épuisées les voies
de recours ordinaires, toutefois, sont aussi susceptibles de
pouvoir en Cassation des décisions rendues premier en dernier
ressort, tel est le cas par exemple des arrêts de la Cour de Sûreté
de lEtat, qui n’étaient pas susceptibles d’appel.

Le recours en Cassation contre les jugements avant


dire droit n’est ouvert qu’après le jugement définitif (art du
Code de Procédure devant la Cour Suprême de Jushce), les
ordonnances rendues en dernier ressort en matière de détention
préventive sont considérées comme décisions judiciaires
susceptibles de pourvoi en Cassation (cfr. arrêt de principe de la
Cour Suprême. Voir plus haut dans cet enseignement).

Section 3 : les cas d’ouverture de pourvoi en cassation

La violation de la loi ou de la coutume comprend


notamment

1. Incompétence : Elle suppose qu’une juridiction a


statué sur une affaire relevant de la compétence d’une autre
juridiction. C’est l’incompétence ratione materiae ou ratione
personae.

Procédure pénale
Page 344 sur 417

2. L’excès de pouvoir il a lieu lorsque le juge même


compétent pour statuer s’est arrogé des pouvoirs que la loi lui
dénie. Par exemple le fait de statuer sur des faits qui ne lui
étaient pas déferés. Constitue également un excès de pouvoir le
fait pour une juridiction d’omettre, de statuer sur une demande
qui lui a été régulièrement soumise.

3. La fausse application ou l’interprétation en matière


coutumière la fausse application ou la fausse interprétation
pose le grave problème de la connaissance de la coutume par
les magistrats de la Cour Suprême de Justice. li faut déplorer la
non application jusqu’à ce jour de l’article 85 du Code de
l’organisation et de la compétence judiciaires qui prévoit
qu’auprès de chaque juridiction le Ministre de la Justice peut
désigner un ou plusieurs notables ou spécialiste du droit
coutumier qui peuvent être consultés chaque fois qu’il y o
application d’une coutume.

4. La non-conformité aux lois ou à l’ordre public de la


coutume dont il a été fait application la notion d’ordre public
est très fluide quant à sa réelle portée, il ne peut évidement
s’agir de la notion telle que dégagée et comprise à l’époque
coloniale : l’ordre impératif constitutionnel relatif aux droits
fondamentaux et devoirs des Citoyens mais il doit également
s’étendre aux impératifs d’ordre politique, économique et social
contenus dans l’ensemble de l’ordonnancement juridique de
notre pays

5. La violation des formes substantielles ou prescrites


à peine de nullité le Cour de Cassation Française a tenté de
Procédure pénale
Page 345 sur 417

proposer une définition de la notion de formes substantielles “


le caractère substantiel est attaché dans un acte de procédure à
ce qui tient à sa raison d’être et lui est indispensable pour
remplir son objet “ O

Le législateur Français a défini cette notion en


déclarant que par “ formule substantielle, on

entend celle qui donne à l’acte sa nature, ses


caractères, qui en constituent sa raison d’être.

Section 4: les moyens de cassation

Le moyen de Cassation est l’application concrète d’un


cas d’ouverture à la décision attaquée, c’est l’argumentation par
laquelle e demandeur démontre que la violation de la loi qu’il
invoque comme cas d’ouverture a bel et bien été commise. Le
demandeur dans son pourvoi doit invoquer le cas d’ouverture
qui doit entraîner Cassation de la décision qu’il attaque et il doit
rédiger le moyen correspondant. Aucun moyen autre que ceux
repris dans la requête ne peut être reçu, toutefois la Cour peut
d’office soulever tout moyen dordre public.

L’examen des moyens de Cassation est limité par


deux principes

1. Le demandeur ne peut pas présenter des moyens


de pur fait ou des moyens mélangés de droit et de fait. Cela se
comprend du tait que la Cour Suprême, tant sa mission de
Cassation, ne peut examiner le fond du procès et ne peut
examiner que des moyens de droit pur.

Procédure pénale
Page 346 sur 417

2. Le demandeur ne peut pas présenter des moyens


nouveaux c’est-à-dire fondés sur des éléments que les juges du
fond n’ont pas examinés et qui ne ressortent pas de leur
décision. Toutefois, la Cour Suprême admet des moyens
nouveaux touchant à l’ordre public:

Exemple moyen tiré de l’incompétence ou de la


prescription de l’action publique.

Section 5. Les categories de pourvoi en cassation

II existe trois catégories de pourvois en Cassation

§1. Le pourvoi en cassation dans l’intérêt des parties.

Il est ouvert à toute partie qui a été mêlée au procès


comme aux membres du Ministère public, prévenu, personne
civilement responsable ou partie civile mais cela ne suff:t pas. li
faut encore que la décision attaquée fasse grief au demandeur,
c’est-à-dire qu’il y ait un intérêt à le faire casser

§2. Le pourvoi en Cassation sur injonction du Ministre de la


Justice

C’est le Procureur Général de la République qui


introduit le pourvoi sur injonction du Ministre de la Justice. Ce
pourvoi peut être introduit même si le délai d’introduction du
pourvoi en Cassation est déjà expiré, le greffier notifie les
réquisitions du Procureur Général de la République à toutes les
parties qui peuvent se faire représenter à l’instance et y prendre
des décisions. L’arrêt rendu sur pourvo formé sur injonction du

Procédure pénale
Page 347 sur 417

Ministre de la Justice est opposable aux parties, c’est ainsi que


s’il y a Cassation, l’on distingue deux situations

10. si la décision attaquée était un acquittement, la


Cassation reste purement théorique

20, si au contraire il s’agit d’une condamnation, la


Cassation a lieu dans l’intérêt de la loi et du condamné. En ce
cas, il y aura renvoi devant la juridiction de fond mais la
juridiction du renvoi saisie seulement dans l’intérêt du
condamné ne peut aggraver la situation de ce dernier par une
condamnation plus sévère O

§.3. Le pourvoi en Cassation dans l’intérêt de la loi.

L’on suppose qu’une décision n’a pas été attaquée par


le pourvoi en Cassation dans l’intérêt des parties dans les délais
légaux mais elle contient une violation de la loi. Le Procureur
Général de la République peut de sa propre initiative et sans
être tenu par un délai quelconque, introduire un pourvoi en
Cassation. En principe, la décision de la Cour ne peut ni
profiter, ni nuire aux parties (art. 30 du Code de procédure
devant la Cour Suprême) sous réserve cependant qu’en matière
pénale ce pourvoi profite au condamné quant aux seules
condamnations pénales (art. 50 du Code de procédure devant la
Cour Suprême). La doctrine classique enseigne qu’en cas de
Cassation prononcée sur pourvoi dans l’intérêt de la toila
décision annulée n’en continuera pas moins à recevoir
exécution, le sort des parties ne sera nullement modifié. C’est
une Cassation purement théorique propre que prononcé sans

Procédure pénale
Page 348 sur 417

renvoi la cour suprême de justice qui n’a pas d’autre but que de
donner satisfaction aux principes du droit O.

Mais la législation Congolaise sest démarquée de


cette doctrine classique de moins en matière pénale étant donné
que le pourvoi dans l’intérêt de la loi profite au condamné
quant aux seules condamnations pénales.

Section 6. La procedure de cassation

Nous allons d’abord indiquer le schéma pratique de


procédure de Cassation, ensuite nous épinglerons les idées
maîtresses de cette procédure.

§.1. Schéma pratique de la procédure de Cassation

La procédure débute par e dépôt de la requête en


Cassation. Le greffier de la Cour Suprême réclame le dossier
judiciaire au greffe de la juridiction qui a rendu la décision, A
partir de la signification de la requête aux différentes parties
ainsi qu’au Ministère public les parties disposent d’un délai de
30 jours pour déposer un mémoire

Un délai de 20 jours est imposé par la loi pour cet


échange au terme duquel la cause est réputée en état d’être
jugée et le dossier est transmis au Parquet Général de la
République pour les réquisitions du Ministère public.
Précisions que la loi détermine le contenu du dossier. LIe
greffier de la Cour Suprême réclame le dossier judiciaire et
l’expédition de la décision entreprise auprès du greffier de la
juridiction qui a rendu jugement ou l’arrêt. Le dossier, après

Procédure pénale
Page 349 sur 417

étude au Parquet Général de la République, est envoyé à la


Cour Suprême de Justice ou le Premier Président désigne par
voie dordonnance, un rapporteur pour l’étude du dossier. Le
rapport porte sur un résumé des faits , la présentation de l’état
de la procédure et le libellé des moyens invoqués à l’appui de la
requête de pourvoi en Cassation, le rapporteur est aussi chargé
de rédiger une note juridique dans laquelle il exprime son point
de vue juridique, il rédige un ou plusieurs projets d’arrêts,
reflétant son opinion juridique, l’ensemble de cette étude fait
l’objet par l’assemblée plénière des magistrats de la Cour
Suprême qui arrête en définitive la solution juridique adéquate.
L’assemblée adopte le projet d’arrêt et le Premier Président fixe
alors la date d’audience et compose le siège. A l’audience les
parties ont la parole uniquement pour faire des observations
orales. Le Ministère public prend des réquisitions, la Cour
prend ensuite la cause en délibéré.

En principe, le prononcé e lieu le même jour, les


projets d’arrêt ayant déjà été adoptés en assemblée plénière.

§2. Le rôle de rassemblée plénière de la Cour Suprême de


Justice dans l’élaboration de la jurisprudence

(POUR MEMOIRE)

1. L’article 103 alinéa 3 de la constitution révisée le


5juillet1990 disposait: « en cas de renvoi après cassation, les
cours et tribunaux inférieurs sont tenus de se conformer à
l’arrêt de la cour suprême de justice sur le point de droit jugé

Procédure pénale
Page 350 sur 417

par cette dernière. L’article 102 de I’ACT e repris textuellement


la même disposition.

2. il convient de préciser, de prime abord, que cette


disposition constitutionnelle n’a pas entendu reconnaître à la
disposition de la CSJ une valeur de règlement général pour
toutes les juridictions. (Lire le mémoire explicatif de la
constitution du 24juin 1967 cité au bas de l’article 61, in
uppIérnent aux codes congolais, fascicule I pIC. ce commentaire
garde aujourd’hui toute sa valeur).

Seule se trouve concernée la juridiction à laquelle la


cause a été renvoyée, après cassation, dans le souci de fixer de
manière non équivoque la juridiction de renvoi sur le point de
droit jugé par la CSJ, le dispositif d’un arrêt de cassation avec
renvoi, contient une injonction exprimée sous la forme de « dit
pour droit »

3. nous nous devons d’insister sur le fait que c’est dès


la première cassation qui intervient dans une cause que cette
injonction est donnée à la juridiction d’envoi. Cette technique
est également utilisée par la C.S Italienne, laquelle n’y recourt
cependant que s’il y a cassation du chef de violation ou de
fausse application de la règle du droit.

En France s’applique une procédure différente

La juridiction de renvoi est totalement indépendante


vis-àvis de la Cour de Cassation pour les questions de droit.
Elle peut statuer comme les 1 juges dont la décision è été cassée
en résistant à la thèse de la chambre criminelle, s’il est fondé sur

Procédure pénale
Page 351 sur 417

les mêmes moyens que le 1er et s’il émane des mêmes parties
agissant en la même qualité.

Deux solutions sont possibles

43 l’assemblée plénière peut d’abord suivre la


juridiction de renvoi et donc désavouer la chambre criminelle
elle rejette alors le pourvoi et la décision devient exécutoire.

44 L’assemblée plénière peut aussi se refuser à suivre


la juridiction de renvoi et estimer qu’il faut s’en tenir à l’arrêt de
la chambre criminelle elle rend alors un arrêt de cassation. Ici
l’on doit distinguer

45 ou bien elle ordonne le renvoi devant une autre


juridiction qui sera tenue de se conformer ê la décision de
l’assemblée plénière mais seulement si les motifs de celle-ci
reprennent ceux de la chambre criminelle.

46 Ou bien, elle casse sans renvoi, Notons aussi que


depuis la loi du 3 janvier 1979, l’assemblée plénière peut aussi
statuer sur le premier pourvoi et sa décision s’impose alors à la
juridiction de renvoi : ce procédé qui consiste à faire de
l’économie d’un second pourvoi est appliqué lorsque l’affaire
pose une question de principe.

En Begigue, existe un système similaire à celui qui est


applicable en France , en effet, aux terme des articles i119 et
1120 du code judiciaire, lorsque après une Cassation la
deuxième décision est attaquée par les mêmes moyens que ceux
du premier pourvoi, la cause est portée devant es chambres

Procédure pénale
Page 352 sur 417

réunies de la Cour de Cassation, si la deuxième décision est


cassée pour les mêmes motifs que ceux de la première
Cassation, e juge du fond à qui l’affaire est renvoyée, se
conforme à la décision de la Cour de Cassation sur le point de
droit jugé par cette Cour.

Ainsi quon le voit, le système Congolais de la


Cassation a fait l’économie d’un second pourvoi en disposant
que le point de droit jugé par la Cour Suprême dès la première
Cassation, s’impose à ta juridiction de renvoi.

4 Des auteurs 5t’’ent C’C C syStème de renvoi


successif est favorable a une meilleure faits de manifester
utilement leur résistance à une solution qui, sur e terrain du
droit, souffre aes discussions ou critiques, en attirant l’attention
de la Cour de Cassation, siégeant en assemblée plénière sur le
problème redébattu, il contribue à assurer une interprétation
plus approfondie et plus solide relativement aux questions
juridiques difficiles ou importantes Q. Il convient cependant de
reconnaître que le système d’injonction adressée à la juridiction
de renvoi fait obligation par l’autorité morale des arrêts de la
Cour Suprême à toutes les autres juridictions inférieures.

C’est la raison pour laquelle très tôt a été instaurée au


sein de la Cour Suprême d’abord comme pratique prétorienne,
durant 10 ans, ensuite comme institution légale de la Cour
Suprême de Justice créée par l’ordonnance n° 79/022 du 3 août
1979 l’assemblée plénière de la Cour Suprême de Justice qui
assure une garantie indéniable de la qualité et de l’objectivité
des arrêts de la Cour Suprême de Justice.
Procédure pénale
Page 353 sur 417

L’assemblée plénière de la Cour Suprême de Justice


est prévue par l’article 10 de la procédure devant la Cour
Suprême de Justice dispose : “ Dès que les productions des
parties sont faites ou que les délais pour produire sont écoulés
ou dans le cas ou la loi le prévoit, le réquisitoire ou le rapport
du Procureur Général de la République déposé, le Premier
Président dela Cour désigne un juge chargé le luge CiflS:
designé de procéder à l’étude préliminaire et à qui le greffier
transmet iC dossier rédige un rapport sur les faits de la cause
sur la procédure de Cassation et sur les moyens invoqués Il
propose la solution qui lui paraît devoir être réservée à la cause.
Il transmet ensuite le dossier au Premier Président de la Cour
Suprême de Justice qui le soumet pour avis à l’assemblée
plénière des magistrats de la Cour. Lorsque l’avis de
l’assemblée plénière a été donné le Premier Président de la
Cour Suprême de Justice fixe la date à laquelle la cause sera
appelée à l’audience

5. Sur le plan pratique, voici comment fonctionne


l’assemblée plénière de la Cour Suprême de Justice

Le rapport qui e terminé l’étude d’un dossier,


distribue cette étude, laquelle comprend un rapport sur les
éléments de fait et de la procédure, le libellé des moyens de la
partie demanderesse de meme qu’une note juridique dans
laquelle le rapporteur propose la solution juridique qu’il estime
devoir être donnée à la cause dont la Cour Suprême est sa:sre.
Une liste de tous les dossiers dont l’étude est terminée au

Procédure pénale
Page 354 sur 417

niveau des rapporteurs est établie, elle constitue l’ordre de la


réunion de l’assemblée plenière, qui tient plusieurs séances.

A chaque réunion, la parole est donnée aux


rapporteurs dont les dossiers figurent à l’ordre du jour afin
qu’ils exposent leur étude, laquelle fait « l’objet des
observations critiques de la part de tous les magistrats de la
cour suprême. Si l’étude n’a aucune observation, l’assemblée
plénière l’adopte et le rapporteur est invité à apprêter un projet
d’arrêt conforme à l’étude adoptée. Ce projet d’arrêt fera l’objet
d’adoption par la plénière à une réunion, à moins que le
rapporteur n’ait déjà apprêté un projet d’arrêt auquel cas ce
dernier fait aussitôt l’objet d’examen.

Dès que le projet d’arrêt est adopté, le Premier


Président fixe une date d’audience pour le prononcé d’arrêt.
Lorsque l’étude du rapporteur a fait l’objet d’observations
critiques pertinentes, le rapporteur est invité soit à reprendre
son étude au cas où l’étude a été jugé non satisfaisante soit à
corriger son étude séance tenante en tenant compte des
observations de tous les magistrats

Il peut arriver que l’assemblée plénière soit partagée


sur un problème de droit. En ce cas, deux situations peuvent se
présenter soit le Premier Président de la Cour Suprême ou celui
qui préside (assemblée plénière laisse se poursuivre les débats
sur la question sur plusieurs séances, soit l’assemblée plénière
constitue en son sein une commission spécale d’étude, chargée
d’effectuer des recherches juridiques approfondies sur la
question controversée, la commission spéciale reçoit un délai
Procédure pénale
Page 355 sur 417

raisonnable pour présenter ses conclusions. Lesquelles une fois


distribuées font l’objet des débats par l’assemblée plénière. Une
fois qu’une solution a été dégagée, le rapporteur est invité à
apprêter un projet d’arrêt conséquent qui fera également l’objet
des débats.

Ainsi, en principe, l’arrêt que prononce une chambre


de la Cour Suprême, en matière de Cassation, est le résultat du
travail intellectuel de toute l’assemblée plénière de la Cour
Suprême, mais il peut arriver, et il est déjà arrivé que la
chambre constituée en vue de prononcer un arrêt se trouve
devant un aspect juridique nouveau, qui a échappé a l’attention
de l’assemblée plénière, en ce cas la pratique instaurée au sein
de la Cour Suprême impose à la chambre de remettre le
prononce” de l’arrêt afin que le nouvel aspect juridique
découvert par elle soit porté à la connaissance de l’assemblée
plénière qui, en définitive devra se prononcer munie des avis
autorisés de l’assemblée plénière et au besoin d’un nouveau
projet d’arrêt. La chambre prononcera un arrêt qui sera toujours
conforme à l’opinion de l’assemblée plénière.

Chaque réunion de l’assemblée plénière fait (‘objet


d’un P.V. tenu à tour des rôles par les magistrats. La lecture des
procès-verbaux de l’assemblée plénière permet de mieux saisir
le processus d’élaboration des solutions juridiques contenues
dans les arrêts que prononce la CSJ.

6. Il nous faut maintenant rencontrer au niveau des


principes juridiques, certaines critiques qui sont émises au sujet
de l’A.P. Certains juristes estiment que le fonctionnement de
Procédure pénale
Page 356 sur 417

l’A.P dénature le rôle d’une chambre de cassation qui devient


une simple chambre d’enregistrement et de prononciation des
décisions arrêtées par l’A.P ; ce qui, en filigrane, porterait
atteisnte à l’indépendance des juges.

Nous ne partagerons pas ce point de vue il convient


d’abord de noter qu’à l’audience de Cassation, la mission
juridictionnelle de la chambre qui siège .demeure entière en ce
qui concerne le règlement des incidents de procédure,
notamment au cas où une partie fait une observation orale.
Précisons aussi que la chambre garde, en délibéré, la liberté
d’améliorer la forme du projet d’arrêt discuté et adopté en
plénière. Au demeurant, à s’en tenir aux termes de la loi,
l’assemblée plénière n’émet qu’un avis. Ce qui sous-entend que
la chambre appelée à se prononcer définitivement sur la cause
garde entière l’indépendance même si par principe et référence
vis-à-vis de l’assemblée plénière la décision de principe arrêtée
par celle-ci ne peut être modifiée. Le souci d’assurer l’unité de
la jurisprudence de la Cour Suprême, surtout en matière de
Cassation avec renvoi justifie pleinement l’existence et le
fonctionnement de l’assemblée plénière, car il ne faut pas
perdre de vue que la procédure de Cassation est
essentiellement écrite. Il est question de discuter du droit pur,
l’on comprend dés lors que compte tenu du système particulier
du renvoi dans notre droit, l’on se doit d’être préoccupé
d’assurer à toute décision de Cassation, un cachet scientifique et
objectif en tant que fruit de discussion scientifique de
l’assemblée des magistrats qui composent cette haute

Procédure pénale
Page 357 sur 417

juridiction et non fruit de réflexion des membres qui ont


composé la chambre qui a siégé pour prononcer l’arrêt.

L’on soutient aussi que le fonctionnement de


l’assemblée plénière entraîne un retard considérable dans
l’examen des pourvois en Cassation. La lenteur des dossiers de
Cassation est certes une réalité, mais elle n’est pas forcément
imputable aux magistrats ni à l’existence de l’assemblée
plénière.

Le problème est plus complexe et fait intervenir des


facteurs les plus divers allant des goulots d’étranglement que
constituent certaines dispositions légales de la procédure en
Cassation jusqu’au problème de moyens de transport dont les
huissiers sont démunis pour assurer à Kinshasa, la notification
des actes de procédure, sans compter les caprices du courrier
postal pour l’acheminement à Kinshasa des dossiers judiciaires
émanant des juridictions de l’intérieur. Du reste les débats en
assemblée plénière sont souvent brefs lorsqu’il s’agit des cas
dans lesquels la cour a déjà une jurisprudence constante qu’il
suffit alors d’appliquer, ce n’est que lorsque le cas est nouveau
ou surtout lorsqu’il s’agit d’un arrêt de principe que, forcément,
l’assemblée plénière conndt des débats parfois prolongés.

Précisons que l’assemblée publique n’est pas


l’instance suprême lorsqu’il s’agit d’un arrêt de principe, car il
faut en ce cas, recourir à l’assemblée mixte qui est la réunion à
huis clos, de tous les magistrats de la Cour Suprême de Justice
et du Parquet Général de la République. L’assemblée mixte
peut aussi être convoquée lorsqu’il y a lieu, de procéder à un
Procédure pénale
Page 358 sur 417

revirement de jurisprudence et dans les cas où une décision n’a


pas apporté la paix judiciaire (art. 20 de l’arrêté d’organisation
judiciaire n° 299/7e du 20 août 1979).

L’assemblée plénière constitue pour tous les


magistrats de la Cour Suprême une école permanente
d’humilité scientifique. Certes, les débats au sein de l’assemblée
plénière sont parfois passionnés, mais il s’agit de la passion
prise en son sens noble et jamais au sens de parti pris, mais
toujours ces débats sont empreints de tolérance et d’humilité
scientifique, les partisans les plus acharnés d’une thèse donnée
finissent après de longs débats, par reconnaître le bien-fondé de
la position proposée. Lorsque les magistrats mis en minorité
estiment que leur point de vue demeure juridiquement
défendable, Ils sont Invités tout en s’inclinant devant l’opinion
majoritaire, à rédiger, à l’intention des autres collègues, une
note d’étude approfondie dans laquelle ils développent leur
point de vue Cette note est distribuée et fait l’objet d’examen au
cours d’une réunion de l’assemblée plénière. Il peut arriver que
cette nouvelle étude parvienne à convaincre les autres
magistrats et en ce cas, en toute honnêteté scientifique et
morale, la majorité se rallie à ce point de vue et modifie sa
position initiale. Il s’agit ici de l’illustration de la beauté
scientifique et de haut niveau de liberté des débats qui se
déroulent lors des réunions de l’assemblée plénière.

§3. Les idées maîtresses de la procédure de cassation

Procédure pénale
Page 359 sur 417

1. lI est fait obligation à toute partie privée


demanderesse en cassation de recourir au service d’un avocat
au barreau près la Cour Suprême de Justice qui doit être muni
d’une procuration spéciale.

2. Toute partie non domiciliée dans la Ville de


Kinshasa doit faire élection de domicile en cette ville dans la
requête introductive d’nstance ou dans le premier mémoire
déposé au greffe, et ce, à peine d’irrecevabilité.

3. En plus de la requête, la partie demanderesse peut


user d’une autre modalité pour saisir la Cour Suprême, à savoir
la déclaration verbale ou écrite faite au greffe de la juridiction
qui a rendu la décision entreprise. La partie condamnée qui est
ou était en détention préventive peut faire la déclaration devant
le Directeur de l’établissement pénitentiaire où il est incarcéré,
le Directeur dresse le procès-verbal de la déclaration et la remet
sans délai au greffier de la juridiction qui rendu le jugement.

La déclaration ainsi faite doit être confirmée par une


requête dans un délai de trois mois, requête que doit déposer
un avocat.

4. Le pourvoi en cassation n’est ouvert contre une


décision judiciaire rendue par défaut que le jour où l’opposition
n’est plus recevable.

.5. Le délai pour introduire un pourvoi en cassation


est de quarante (40) jours, ce à dater du prononcé contradictoire
de la décision..

Procédure pénale
Page 360 sur 417

6. Le délai et l’exercice du pourvoi sont suspensifs de


la décision à l’égard de toutes les parties, le condamné qui se
trouvait en détention préventivé ou dont arrestation immédiate
a été prononcée par la juridiction d’appel sera toutefois
maintenu en cet état jusqu’à ce que la décision subie ait couvert
la peine de prison prononcée par la décision entreprise. Le
Ministère public près la juridiction d’Appel, peut, par
ordonnance motivée ordonner l’incarcération du condamné
pendant le délai et l’exercice du pourvoi, mais il faut qu’il
invoque des circonstances graves et exceptionnelles ou de
charges suffisantes laissant croire que le condamné peut tenter
de se soustraire par la fuite à l’exécution de la peine. Le
condamné peut, introduire devant la Cour Suprême une
requête de mise en liberté avec ou sans cautionnement. Si te
condamné n’est pas présent ou s’il n’y est pas représenté par un
avocat porteur de procuration spéciale, la Cour pourra statuer
sur pièces, la Cour devra statuer toutes affaires cessantes dans
les 24 heures à partir de l’audience à laquelle le Ministère public
aura fait ses réquisitions.

7. Si un pourvoi introduit pour tout autre motif que


l’incompétence est rejeté, le demandeur ne pourra plus se
pourvoir en cassation dans la même cause sous quelque
prétexte et pour quelque motif que ce soit.

Le législateur e voulu que la partie demanderesse de


cassation relève une fois les différents motifs susceptibles
d’entraîner la cassation, il n’a pas voulu créer un système de
navette permettant à la partie demanderesse déboutée sur des

Procédure pénale
Page 361 sur 417

moyens nvoqués pour la première fois d’introduire sur base


d’autres moyens, un pourvoi en cassation contre la même
décision.

8. Si après cassation il reste quelque litige à juger, la


cour section judiciaire, renvoie la cause pour connaître du fond
de l’affaire è la même juridiction autrement composée ou à une
autre juridiction de même rang et de même ordre qu’elle
désigne. Toutefois dans le cas où la décision entreprise est
cassée pour incompétence, la cause est renvoyée à la juridiction
compétente qu’elle désigne. La juridiction de renvoi ne peut
décliner sa compétence et elle est tenue de se conformer à la
décision de la Cour sur le point de droit jugé par elle. C’est ce
principe qui a amené la Cour Suprême à rédiger le dispositif de
ses arrêts de Cassation sous forme d’injonction, contenue dans
la clause” Dit pour droit”.

9. La section judiciaire renvoie la cause après


cassation, s’il reste quelque chose à juger aux sections réunies
de la Cour dans e cas suivant:

Après cassation en matière d’infractions flagrantes


intentionnelles, l’on doit se rendre compte du caractère
incongru de cette situation où l’on voit la section judiciaire
donner injonction aux sections réunies. Il y a là une espèce
d’inélégance et d’illogisme juridique qu’il faudra corriger par
une réforme qui devra rendre compétente, pour connaître des
pourvois en cassation dirigés contre les décisions judiciaires qui
ont statué en dernier ressort en matière d’infractions
intentionnelles flagrantes, les sections réunies, lesquelles après
Procédure pénale
Page 362 sur 417

cassation, s’il reste quelque chose à juger, renvoient la cause à la


section judiciaire qui y statue au fond.

10. Les sections réunies de la Cour Suprême de Justice


sont compétentes en matière de cassation:

a) Pour connaître des pourvois introduits pour la


deuxième fois après cassation et concernant la même cause et
les mêmes parties

b) Pour connaître des pourvois en cassation formés


sur injonction du Ministre de Justice. En cas de Cassation, le
renvoi s’effectue devant la section judiciaire qui statue au fond,

11, Le Ministère public assiste au délibéré, sauf s’il est


partie poursuivante ou s’il s’est lui-même pourvu en Cassation,
il n’a pas voie délibératif, Ceci mérite explication

Le Ministère Public devant la Cour Suprême de


Justice est le Procureur générale de la République.

En principe, ce n’est pas lui qui est partie


poursuivante devant les junciictions de fond qui ont eu à
statuer au premier degré et au degré d’appel. Dans ces
conditions, le procureur général près la Cour Suprême de
Justice peut assister au délibéré, sauf s’il s’est lui même pourvu
en Cassation. Nous savons que le Procureur Général de la
République peut recevoir du Ministre de la Justice une
injonction pour exécuter l’action publique devant toutes les
juridictions inférieures. En ce cas, il ne peut pas prendre part au
délibéré de la Cour Suprême lorsque les décisions rendues dans

Procédure pénale
Page 363 sur 417

les causes où il a été partie §4. Technique de désencombrement


de la Cour Suprême de Justice (POUR MEMOIRE)

Le processus de pourvoi en cassation est très long, au


minimum un pourvoi peut prendre deux à trois ans avant de
connaître son sort définitif. Or il y a des cas évidents et patents
d’irrecevabilité ou d’incompétence qui devraient être vite
tranchés au lieu d’attendre ce long processus, trois mécanismes
qui tendent à désencombrer le rôle de la Cour Suprême.

1. Le classement sans suite de la cause. L’introduction


dun pourvoi en cassation donne lieu â la consignation d’une
somme d’argent, une dispense est possible pour les indigents.
Le greffier doit réclamer un complément de provision lorsqu’il
estime que les sommes consignées sont insuffisantes pour
couvrir les frais qui seront exposés en cas de contestation sur le
montant réclamé par le greffier, le Premier Président décide.

Le défaut de consignation à l’expiration du délai de


pourvoi entraîne le classement définitif de la cause par
ordonnance du Premier Président sauf décision contraire de sa
part (art. 31 al. 3 du Code de Procédure devant la Cour
Suprême).

2. La radiation de la cause. Le défaut de consignation


complémentaire après un délai de quinze jours entraîne la
radiation de la cause par Arrêt de la Cour Suprême de Justice,
sauf décision contraire du Premier Président (art. 31 al. 4).

3. Le filtrage Dès que la requête en cassation est


déposée, le greffier transmet le dossier de la cause au Premier

Procédure pénale
Page 364 sur 417

Président de la Cour Suprême de Justice, celui-ci procède avec


un Président et éventuellement avec le Procureur Général de la
République à l’examen préliminaire de la requête Si le pourvoi
est manifestement irrecevable ou si la cause ne relève pas de la
compétence de la Cour Suprême de Justice, le Premier Président
fixe la date à laquelle l’affaire sera appelée. Notification de cette
date est faite au demandeur et au Procureur Général de la
République (art. 7 du Code de Procédure devant la Cour
Suprême).

§5. L audience de cassation

Les débats se déroulent de la façon suivante

45 à l’appel de la cause, un rapporteur résume les


faits et les moyens et expose l’état de la procédure;

46 les parties ou leurs avocats peuvent présenter des


observations orales, il ne peut être produit à l’audience d’autres
moyens que ceux développés dans la requête ou les mémoires;

47 le Ministère public donne son avis;

48 le Président de l’audience prononce la clôture des


débats et la cause est prise en délibéré.

Le greffier du siège dresse le P.V de l’audience. Dans


la pratique judiciaire jusqu’ici suivie, le prononcé a lieu
quelques instants après.

Procédure pénale
Page 365 sur 417

§6. Les effets du pourvoi en cassation.

Le pourvoi en cassation produit un effet suspensif et


un effet dévolutif

1. Effet suspensif

Le délai et l’exercice du pourvoi sont suspensifs de la


décision à l’égard de toutes les parties. 2. Effet dévolutif

Dans les imites du pourvoi, la Cour est saisie des


problèmes de droit soulevés par la décision attaquée.

Limitation de l’effet devolutif

Malgré le caractère général d’un pourvoi;

A. - l’effet dévolutif est imité par la qualité du


demandeur, le recours du Ministère public ne peut saisir la
Cour que de l’action publique

- le recours de la partie civile ou de la partie


civilement responsable est limité à l’action civile, seul le
pourvoi du condamné concerne à la fois l’action publique et
l’action civile.

L’effet dévolutif est également limité par l’application


du principe de l’interdiction de la réformatio in pejus “. La
Cour ne peut modifier la décision attaquée que dans un sens
favorable au demandeur.

B. En cas de pourvoi partiel, il se trouve


automatiquement limité aux points sur lesquels le demandeur a
fait porter son recours.
Procédure pénale
Page 366 sur 417

§7. La théorie de la peine justifiée

1. Le principe de la peine justifiée

La Cour de cassation rejette le recours formé contre


une condamnation contenant une erreur juridique, si du moins
la peine prononcée est justifiée “. C’est-à-dire identique à celle
qu’on aurait dû prononcer sans cette erreur, la Cour en ce cas se
borne à redresser l’erreur commise, sans casser la décision
attaquée.

2. Domaine dapplication

L’erreur dans une citation du texte applicable, elle


englobe aussi l’erreur sur le nombre des infractions commises.
Y entre aussi l’erreur sur la qualification à l’exclusion des
erreurs de qualification qui ont pour effet de déplacer les
limites maximales et minimales des peines applicables.

3. Les critiques formulées contre la théorie de la Justifiée

A. La théorie se base sur le défaut d’intérêt du


demandeur, aucune erreur ne donnerait lieu à cassation quand
le demandeur n’invoque qu’un préjudice incertain. Cet
argument ne tient débout parce qu’il y a intérêt ne serait ce que
moral pour un condamné à n’être puni que pour un délit et non
deux ou sous une qualification moins humiliante que celle
retenue par erreur. En rejetant un tel pourvoi, la Cour prive le
délinquant du droit d’obtenir devant de nouveaux juges une
application plus exacte de la peine à p ronon ce r.

Procédure pénale
Page 367 sur 417

B. Le rejet du pourvoi confère l’autorité de la chose


jugée à la condamnation attaquée avec comme conséquence la
subsistance des infractions sous leur qualification erronée,
infractions qui entraînent les conséquences que la loi attache à
leur constatation sans compter que ceci pourrait compter pour
une éventuelle récidive sous la fausse qualification.

§S. L’étendue de la cassation.

La cassation peut être partielle ou totale. Elle est


partielle lorsqu’elle intervient sur la demande d’une partie dont
la qualité ou l’intérêt limite l’effet dévolutif du pourvoi.

Exemples : Le pourvoi ne porte que sur les dispositions de la


décision attaquée Une seule partie privee ou un seul prevenu s
est pourvu la décision ne sera annuiee qu a régard de celui qui
a agi.

La cassation est totale lorsque la qualité, intérêt ou la


volonté du demandeur ne limitent en rien l’effet du pourvoi.

§9. Les conséquences du pourvoi

Si après cassation, il reste quelques itiges à juger, la


Cour, section judiciaire, renvoi la cause pour connaître du fond
de l’affaire, à la même juridiction autrement composée ou a une
autre juridiction de même ordre quelle désigne, mais s’il y a
cassation pour incompétence, la cause est renvoyée a la
juridiction compétente que la Cour désigne.

Procédure pénale
Page 368 sur 417

§10. Les pouvoirs de la juridiction de renvoi

1 La juridiction de renvoi ne peut décliner sa


compétence et est tenue de se conformer à la décision de la
Cour Suprême sur e point de droit jugé par elle

2. La juridiction de renvoi possède les mêmes


pouvoirs de fait que la juridiction dont la décision a été
censurée. En ce qui concerne l’application du droit, cette
juridiction doit s’en tenir au point de droit dégagé par la Cour
Suprême de Justice, pour le reste, elle peut maintenir ou
modifier la qualification, acquitter ou condamner, accorder ou
refuser le bénéfice de prescription, etc.

3. La juridiction de renvoi est tenue de respecter le


principe de l’interdiction de la reformatio in pejus “ sauf si la
décision cassée avait été rendue en premier et dernier ressort,
en ce cas, elle peut aggraver la situation du condamné même
s’il s’était seul pourvu en cassation.

Si la décision cassée a été rendue sur appel, il faut


distinguer deux situations

49 si l’appel a été formé par le prévenu et e Ministère


public

50 si la juridiction de renvoi recouvre toute la liberté,


elle peut aggraver les pénalités prononcées en premier ressort.

Section 7. Appréciation de la procédure de cassation

Procédure pénale
Page 369 sur 417

1. La procédure qui est appliquée est trop technique


et inadaptée à notre situation, une réforme s’impose en deux
directives

a) la simplification de procédure, notamment en


permettant aux parties de saisir elles-mêmes la Cour de
Cassation, sans nécessairement faire appel à un avocat de
cassation.

b) la multiplication des cas de renvoi après Cassation


devant la Cour de Cassation elle-même pour connaître du fond,
de manière à lui faire jouer le rôle de 3è degré de juridiction et
ce, dans le souci de rencontrer la tradition ancestrale qui
considère le tribunal du Chef comme le dernier recours qui doit
corriger le mal jugé constaté au niveau des juridictions
inférieures.

2. En dépit de la réforme intervenue pour


décongestionner la Cour de Cassation notamment avec la
technique de filtrage et du classement, les dossiers de cassation
connaissent une grande lenteur pour deux raisons

C) La transmission tardive au niveau de la Cour rie


Cassation, des dossiers judiciaires répressifs émanant des
juridictions inférieures, retard explique notamment par des
raisons du long circuit postal et par la crise des fournitures de
bureau que connaissent toutes les juridictions d) L’absence du
délai imposé au Ministère public pour rédiger ses réquisitions
en matière pénale ou ses conclusions en matière civile. L’on a

Procédure pénale
Page 370 sur 417

connu des dossiers qui ont fait 7 ans au Parquet Général de la


République.

3. L’Assemblée plénière de la Cour Suprême de


Justice constitue un gage pour le cachet scientifique des arrêts
de cassation qui sont une oeuvre coflective de tous les
magistrats. Mais il s’impose que le Premier Président de la Cour
Suprême de Justice sache lui imprimer une allure pour éviter
l’enlisement des débats, une seule technique simple pour éviter
l’enlisement consiste à ne faire discuter que les dossiers qui
posent de nouveaux problèmes juridiques jamais rencontrés,
pour le reste, il y a lieu de se référer à la jurisprudence
constante,

4. L’on observe que ta Cour Suprême a jusqu’ici


statué dans ta plupart des dossiers au plan de la procédure, le
fond même du droit n’est pas abordé. C’est la preuve qu’au
niveau inférieur le droit judiciaire est mal maîtrisé par les juges
et qu’au niveau de la cassation les avocats n’ont pas encore
maîtrisé la procédure applicable.

5. L’on doit déplorer l’absence d’évaluation du


comportement des juridictions de renvoi face aux injonctions de
la Cour de Cassation, obéissent-elles toujours à ces injonctions
ou rencontre-t-on de cas de résistance?

6. Enfin nous devons déplorer le fait que le retard


considérable de la parution du bulletin des arrêts de la Cour
Suprême est préjudiciable à un double titre:

Procédure pénale
Page 371 sur 417

e) La Cour Suprême elle même ne maîtrisant pas sa


propre jurisprudence va se caractériser par un flottement ou
pire par un ballottage de celle-ci

f) La jurisprudence de la Cour Suprême qui doit


servir de ligne de conduite judiciaire demeure inconnue des
juridictions autres que celles de renvoi.

CINQUIEME PARTIE : L’EXECUTION DES JUGEMENTS


REPRESSIFS

CHAPITRE 1. LES DELAIS D’EXECUTION

1. LES OBSTACLES LEGAUX A L’EXECUTION DU


JUGEMENT REPRESSIF

1°. Les délais d’appel et d’opposition (art. 92 et 102


CPP) constituent des obstacles légaux à lexécution d’un
jugement répressif de condamnation et ce tant en ce qui
concerne l’exécution de la peine de prison qu’en ce qui
concerne la peine d’amende.

2°. Le CPP prévoit également (art. 110 et 117 du CPP)


un délai de huitaine à dater du jour où la condamnation est
devenue irrévocable pour l’exécution de la peine de prison et
d’amende sur décision du juge ou du président de la juridiction
qui o rendu le lugement. Ce délai pourra être prolongé (art 110)

Procédure pénale
Page 372 sur 417

3. Ces divers délais qui empêchent d’exécuter un


jugement répressif avant leur écoulement s’appliquent aux
condamnations pénales et civiles.

2. EXCEPTIONS AUX OBSTACLES LEGAUX DEXECUTION

a. Arrestation immédiate ordonnée par le tribunal.

1°. L’arrestation immédiate peut être ordonnée soit


d’office, soit sur requête du M.P formée par voie de réquisition
avant clôture des débats

2°. Cette arrestation immédiate ne peut être ordonnée


que s’il y a lieu de craindre que le condamné ne tente de se
soustraire à l’exécution de la peine, mais la loi exige que la
peine prononcée soit au moins de trois mois d’emprisonnement
cependant, il est prévu que si l’arrestation immédiate peut

Être ordonnée quelle que soit ia durée de la peine


prononcée, des circonstances graves et exceptionnelles qui
doivent être indiquées dans le jugement et justifier (art. 85 du
CPP).

3°. Le jugement ordonnant l’arrestation immédiate


doit être motivé.

4°. Le tribunal en ordonnant l’arrestation immédiate


du condamné peut néanmoins ordonner sur sa demande que le
condamné soit mis en liberté provisoire dans les mêmes

Procédure pénale
Page 373 sur 417

conditions que celles prévues en cas de liberté provisoire


accordée au niveau de l’instruction préparatoire

L’OMP peut faire incarcérer le condamné qui manque


aux charges qui lui sont imposées. Si le condamné conteste être
en défaut. Il adresse dans les 24 heures de son incarcération un
recours auprès du tribunal qui a prononcé la condamnation, la
décision du tribunal sur e recours n’est pas susceptible d’appel
(art. 85 CPP).

b. Arrestation anticipée ordonnée par l’OMP

1. L’OMP peut à tout moment après e prononcé du


jugement, faire arrêter le condamné même si 145

Arrestation immédiate pas été ordonnée par e


tribunal (art 111 CPP)

2. L’ord du MP ordonnant cette arrestation doit être


motivée par les circonstances graves et exceptionnelles qui
peuvent être:

51 soit intérêt de la sécurité publique

52 soit les présomptions sérieuses faisant craindre


que le condamné cherche à se soustraire â l’execution du
jugement (art. 111 CPP), le condamné peut dresser un recours
contre son incarcération auprès du juge ou de la juridiction qui
a rendu le jugement, la décision du tribunal sur ce recours n’est
pas susceptible d’appel (art. 111 CPP).

Procédure pénale
Page 374 sur 417

3. Cette arrestation anticipée est une arrestation


immédiate.

c. Le greffier qui 2 des raisons de craindre que le


condamné aux amendes et frais ne parvienne à se soustraire
aux condamnations a aussi le pouvoir d’exiger un paiement
immédiat. Il le fera par lettre recommandée à la poste sous pli
fermé à découvert L’on peut cependant relever que cette
procédure peut s’avérer peu efficace dans la mesure où le délai
de huitaine risque d’être couvert par toutes les opérations de
confection de pli, et l’acheminement de ce plï, c’est pourquoi e
greffier recourt à une procédure plus efficace, qui consiste à
l’avertissement fait par le greffier et qui est acté à la feuille
d’audience (art. 113 CPP)A. Rubens, op. Cit. T3, n°316.

d. Les jugements des tribunaux coutumiers sont


exécutoires dès le four du prononcé (art. 37 de l’A.R.
coordonnant les décrets relatifs aux droits coutumiers).

Procédure pénale
Page 375 sur 417

CHAPITRE II L’EXECUTION DE LA PEINE CAPITALE

1. L’exécution capitale se fait par la pendaison pour


les civils et par les armes pour es militaires (art. 1 de l’Arrêté du
9 avril 1898).

2. Elle se fait sur réquisition du M.P.

3. Il est de tradition de surseoir à l’exécution de la


peine capitale jusqu’à ce qu’il ait été statuée sur un éventuel
recours en grâce, la peine de mort ne sera pas exécuté avant e
rejet du recours O.

4. L’exécution capitale a lieu dans la localité


déterminée par l’OMP, mais à l’endroit choisi par l’autorité
administrative du lieu d’exécution (art. 2, de lOrd. du 24 janvier
1948. L’exécution n’a pas lieu publiquement sauf au cas où il ne
serait décidé autrement par le Gouverneur de la Province (art 2
de lOrd. du 24janvier 1948).

5. L’exécution de la peine capitale n’a pas lieu


publiquement sauf le cas où il serait décidé autrement par le
Gouverneur de la Province (art. 2 de lord. précitée), toutefois,
l’autorité administrative invite à y assister les autorités
coutumières du lieu de l’exécution et, s’il échet, celle du lieu où
l’infraction e été commise (art. 2. de lord précité).

6. Il est interdit d’exécuter la peine de mort contre une


femme, il n’y sera procédé qu’après sa délivrance (art. 3 de
l’arrêté du 9 avril 1898).

Procédure pénale
Page 376 sur 417

7. Il va de soi que I’OMP doit être présent sur e lieu


de l’exécution puisque l’acte dispose en son article

9 al. 4 que la loi présente les formes dans lesquelles


une personne peut être mise à mort, l’OMP adresse une
réquisition à l’exécution après lecture du dispositif de
condamnation et après vérification du caractère exécutoire de la
sentence et de la régularité de la procédure Q. L’usage veut que
l’CMP puisse revêtir la robe et soit ceint de l’écharpe aux
couleurs nationales Q. L’OMP doit dresser le P.V de supplice.

8. Un Ministre du culte assiste à l’exécution capitale


(art. 4 de l’arrêté du 9 avril 1898).

9. L’usage veut qu’un médecin puisse constater le


décès

10. Il est interdit de procéder, au moyen d’appareils


photographiques à la prise de vue d’une exécution capitale (art.
1 de lOrd. n 86) cons relative aux prises de vues des exécutions
capitales (b a. 1936, p. 329).

CHAPITRE III. L’EXECUTIION DE LA PEINE DE PRISON

1. Le MP poursuit l’exécution de la peine de prison

2. Le MP adresse une réquisition à fin


d’emprisonnement au gardien de la prison pour justifier la
détention du condamné qui se trouve déjà en détention
préventive ou qui a fait objet dune arrestation immédiate. Mais
il peut aussi se faire que le condamné se soit présenté
Procédure pénale
Page 377 sur 417

volontairement a la prison pour y subir sa peine. Nous noterons


qu’il arrive souvent que le MP e de faire parvenir à la prison la
réquisition à fin d’empnsonnernent avec comme grave
conséquence que le prévenu peut demeurer en prison alors
qu’il a été acquitté ou que le condamné reste en prison au delà
de la durée de la condamnation prononcée car la réquisition à
fin d’emprisonnement est le document judiciaire officiel par
lequel le MP ordonne à la direction de la prison l’exécution du
contenu de jugement.

3. Au cas où le condamné ne sera pas présent dans le


délai légal ou s’il y a nécessité de procéder à son arrestation
anticipée, le MP peut ordonner la prise de corps, exécutée par la
Police Judiciaire, le condamné est alors remis au gardien de la
prison (art 112 CPP).

CHAPITRE IV: L’EXECUTION DES PEINES D’AMENDE ET


DE LA PRISON SUBSIDIAIRE.

1, L’amende doit être payée dans la huitaine qui suit


la condamnation entre es mins du nffr (art.109 CPP).

2. Nous rappelons que le greffier peut exiger le


payement immédiat. S’il y o des raisons de craindre que le
condamné aux amendes ne tente de se soustraire à cette
condamnation.

3. Le condamné peut s’adresser au Président de la


juridiction qui l’a condamné, pour obtenir des délais, soit pour

Procédure pénale
Page 378 sur 417

obtenir prorogation de l’échéance abrégée que le greffier lui a


notifiée (art. , al,3. du CPP)

4. Dès l’écoulement du délai norma!, le greffier peut


procéder à l’exécution sur les biens du condamné par une
mesure de saisi-exécution en vertu du jugement répressif
constituant titre exécutoire, il ne doit pas faire de
commandement préalable (art. 119 du CPP) le prononcé ou la
signification (cas du jugement par défaut) valent sommation de
payer dans le délai fixé.

5. S’il apparaît que l’exécution sur les biens ne peut


aboutir ou que les frais risquent d’être plus élevés que le
produit de vente, le greffier demande au MP, l’exécution de la
peine de prison subsidiaire.

CHAPITRE V: L’EXECUTION DES PEINES ACCESSOIRES

A. Cas de confiscation

1. La confiscation porte généralement sur les objets


saisis en ce cas, ces objets qui se trouvent au greffe deviennent
propriété de l’Etat (le greffier les reçoit directement)

2. Si les objets confisqués ne sont pas saisis, le


condamné est tenu de les remettre.

3. Dés que le jugement est exécutoire, le greffier peut


procéder à l’exécution directe en chargeant.

Procédure pénale
Page 379 sur 417

SIXIEME PARTIE: L’EFFACEMENT DE LA


CONUIIMNATION

CHAPITRE 1. L’AMNISTIE

Cest une mesure législative par laquelle un fait


qualifié d’infraction par la loi pénale est disqualifié de son
caractère infractionnel. La loi d’amnistie peut avoir une portée
politique, elle peut étre promulguée par une clémence tenant
lieu de grâce collective, il s’agit d’une loi occasionnelle qui
répond à des circonstances exceptionnelles.

Les effets de l’amnistie, s’agissant des jugements sont


d’annuler en tous ses effets les jugements qui ont sanctionné
déjà les faits. La partie civile peut normalement poursuivre les
condamnations civiles prononcées.

CHAPITRE II: LA GRACE

1. Le Président de la République a seul le droit de


grâce et ce, en application de la constitution qui dispose que le
Président de la République peut remettre, commuer, réduire les
peines (article 87 constitution du 18 février 2006) C’est la raison
d’ailleurs qui justifie e titre reconnu au Président de la
République comme étant le magistrat suprême.

2. La grâce ne peut porter que sur des peines, elle


n’annule pas le jugement et ne peut entamer les condamnations
civiles.

Procédure pénale
Page 380 sur 417

3. La grâce est individuelle, en ce sens qu’elle est


sollicitée par une requête adressée au Président de la
République par le canal de la hiérarchie du Parquet qui y joint
ses avis et considerations. A noter que le recours en grâce n’est
pas suspensif d’exécution. Sauf en cas de condamnation â la
peine de mort, la peine ne sera pas exécutée avant le rejet du
recours.

La grâce peut être collective, en faveur de tous les


condamnés ou d’une catégorie d’entre eux. La grâce collective
est accordée à l’occasion de grands événements de la Nation,
par exemple Anniversaire significatif.

4. Cest par ordonnance du Président de la République


qu’est accordée ou rejetée la grâce.

5. Les recours en grâce, s’agissant des décisions avant


le prononcé de la peine capitale ont tendance à trop traîner au
niveau de la Présidence de la République, maintenant ainsi les
personnes condamnées dans une angoisse permanente

6. L’on doit relever que l’abus dans l’octroi de la grâce


soit collective soit individuelle produit deux conséquences
malheureuses

a) il rend inefficace la procédure de la libération


conditionnelle dont les conditions de bénéfice sont plus
contraignantes

b) il tend à minimiser aux yeux de l’opinion publique,


la puissance du pouvoir conditionnel des cours et tribunaux.

Procédure pénale
Page 381 sur 417

CHAPITRE III: LA LIBERATION CONDITIONNELLE

(Lire Esika Makambo Ezo Birna: op. cit. n° 254 à 260)

Section 1. NOTION

La libération conditionnelle est une mise en liberté


anticipée, accordée par le Ministre de la Justice au condamné,
sous condition de bonne conduite pendant un certain temps
après sa condamnation. Si pendant ce temps la conduite du
libéré est satisfaisante, il est dispensé définitivement de la
fraction de sa peine qui lui restait à subir, dans le cas contraire,
il est réintégré dans la prison pour subir cette fraction.

Section 2. FONDEMENT

L’institution procède de l’idée selon laquelle, le


condamné peut s’améliore rapidement que le juge ne lavait
supposé et qu’il est inopportun de prolonger la détention alors
qu’il est réadapté en effet, la libération conditionnelle, en même
temps qu’elle évite l’endurcissement criminel du condamné
tend à inciter ce dernier à bien se conduire en prison dans
l’espoir d’y demeurer moins longtemps et a l’encourager
ensuite par la menace de réincarnation qu’elle contient, à bien
se conduire à l’extérieur pendant la période d’épreuve.

La libération conditionnelle du droit Congolais peut


être comparée à la probation du système Belge et du système
Français de sursis avec mise à l’épreuve.

Procédure pénale
Page 382 sur 417

Section 3. CONDITIONS

L’octroi de la libération conditionnelle est soumis à


trois conditions de fond

1. Le condamné doit avoir passé un certain temps en


prison, le condamné doit donc avoir payé une importante partie
de la dette envers la société. La loi oblige que le condamné ait
accompli le quart de la peine, pourvu que l’incarcération subie
dépasse trois mois. Pour les condamnés à perpétuité, il est exigé
que l’incarcération déjà subie par eux dépasse cinq ans (5 ans).

2. Le condamné doit avoir prouvé son repentir par


une bonne conduite et présenter des gages sérieux de
réparation sociale, qui tient compte des antécédents des causes
de a condamnation encourue, des dispositions morales et des
moyens d’existence dont le condamné disposera é la sortie de la
prison.

3. Le condamné doit accepter les conditions qui lui


sont imposées, tant il est vrai que le consentement de la
personne à placer à l’épreuve est un des éléments du succès, car
il crée d’emblée un climat favorable, une atmosphère de
confiance.

Section 4. AUTORITE COMPETENTE

La libération conditionnelle est accordée par le


Ministre de la Justice, après avis du parquet et du Directeur de
l’établissement pénitentiaire. En ce qui concerne les condamnés

Procédure pénale
Page 383 sur 417

par les juridictions des forces armées, c’est le Ministre de la


Défense Nationale qui a compétence pour accorder la libération
conditionnelle. Seul le Président de la République a compétence
pour prendre la décision de libération conditionnelle en ce qui
concerne les justiciables de la Cour Suprême de Justice
condamnée par cette haute juridiction (art 108, 113 et 114 de la
Procédure devant la Cour Suprême de Justice)

Section5. COMMISSION DE LIBERATION


CONDITIONNELLE

Il existe au sein de chaque pnson, une commission


composée du Directeur de la prison, du Surveillant en Chef, du
Médecin (ou Infirmier). Elle se réunit chaque mois pour
examiner les titres de libération conditionnelle des détenus qui
remplissent les conditions de fond, les propositions favorables
sont revêtues des avis des autorités suivantes:

1 le Directeur de la Prison

2 le Parquet

3 le Gouverneur de la Province ou de son Délégué

4 le Chef de la Division Provinciale de la Justice.

Ces propositions sont soumises au Ministre de la


Justice par le canal du Directeur des Services Pénitentiaires Le
Ministre peut encore prendre l’initiative de mettre un muenient
la procédure en enjoignant à la commission de formuler des
avis
Procédure pénale
Page 384 sur 417

Section 6. DUREE DE LA MISE A L’EPREUVE

La durée de la mise à l’épreuve est égale au double


du terme de l’incarcération que le condamné avait encore à
subir au moment où la décision le libérant a été prise.

Section 7. LES EFFETS DE LA LIBERATION


CONDITIONNELLE

§1. Situation du libéré pendant le délai d’épreuve

A. En principe l’Arrêté Ministériel octroyant la


libération conditionnelle énoncé les conditions spéciales que le
libéré aura à observer, C’est dire que le libéré est censé être
placé sous surveillance pénitentiaire. Ainsi, il peut être interdit
de paraître dans telle ou telle localité, une résidence fixe pourra
même lui être assignée

B. La mise en liberté peut toujours être révoquée pour


infraction aux conditions énoncées dans l’Arrêté de libération.

§2. Situation du libéré à l’expiration du délai d’épreuve

Si la révocation n’est pas intervenue avant


l’expiration du délai d’épreuve, la peine est réputée exécutée
intégralement et la libération devient définitive mais la
condamnation persiste avec toutes ses autres conséquences.

Procédure pénale
Page 385 sur 417

Section 8. OBSERVATION

1. La commission de libération souvent ne siège pas

2. Souvent le dossier du détenu ne contient pas les


éléments relatifs aux antécédents et aux causes de
condamnations encourues, les informations complémentaires à
prendre dans la ou les provinces où résidait antérieurement le
condamné ne sont pas faciles à recueillir.

3. Souvent le condamné se trouve dans l’impossibilité


de contredire e rapport dressé à sa charge par les autorités
pénitentiaires.

4. Tous les cas des condamnés candidats à la


libération conditionnelle ne sont pas examines, cette faveur est
réservée surtout aux condamnés mieux nantis ou ayant des
relations amicales avec le personnel pénitentiaire.

5. La libération conditionnelle parce que rare,


n’intéresse plus la plupart des condamnés qui comptent plus
sur des mesures collectïves de grâce très fréquentes.

6. La cascade d’échelons d’avis crée la lenteur dans


octroi de la libération conditionnelle.

7. Faute de surveillance, la menace de réincarcération


que contient la libération conditionnelle est purement illusoire
ce qui rend douteux son effet moralisateur.

Procédure pénale
Page 386 sur 417

CHAPITRE IV: LA REHABILITATION

Section 1. CONDITIONS IMPOSEES A UN CONDAMNE


POUR POUVOIR BENEFICIER DE LA REHABILITATION

1. Les peines doivent être purgées ou graciées ou


n’avoir pas donné lieu à exécution soit par la faveur du sursis
soit par celle de la libération conditionnelle. C’est dire que la
prescription barre la voie à la réhabilitation.

2. Le condamné doit être libéré des condamnations


civiles, restitution dommages intérêts, frais par exemple avoir
exécuté le jugement ou avoir bénéficié d’une remise de la dette
par le créancier ou encore un tiers a pris en charge les frais. En
ce qui concerne le commerçant condamné pour banque route, il
doit être libéré du passif de la faillite, mais la Cour peut passer
ou fixer le gros à rembourser avant d’accorder la réhabilitation.

3. Un délai de cinq ans doit s’être écoulé depuis la


libération (fin de peine, permis de libération ou grâce).

4. Le condamné doit avoir passé un temps d’épreuve


de cinq années de bonne conduite ou liberté.

5. Le condamné, ne doit pas avoir déjà bénéficié


d’une mesure de réhabilitation. Il doit être noté que la
réhabilitation concerne toute personne condamnée du chef
d’une infraction commise en R.D.C, mais la peine peut avoir été
subie à l’étranger en tout ou en partie.

Procédure pénale
Page 387 sur 417

Section 2. JURIDICTION COMPETENTE

C’est la Cour d’Appel dans le ressort de laquelle la


condamnation a été prononcée qui est compétente pour
accorder la réhabilitation. Au moment ou avaient été
promulgués les différents décrets relatifs à la réhabilitation, la
Cour Suprême de Justice n’était pas encore créée. Il se pose
aujourd’hui le problème de la juridiction compétente pour
accorder la réhabilitation aux bénéficiaires du privilège de
juridiction de la Cour Suprême de Justice lorsqu’ils ont été
condamnés par cette haute juridiction.

Nous savons que l’interprétation extensive est


autorisée en procédure pénale et que cette interprétation doit
toujours se faire dans le sens favorable à l’inculpé, au prévenu
ou au condamné, ainsi nous estimons que l’absence de texte
légal ad hoc réglementant l’octroi de la réhabilitation aux
personnes condamnées par la Cour Suprême de Justice ne peut
les priver du bénéfice de cette institution. Mais d’autre part,
l’on sait que la prorogaton de compétence dot être légale et non
conventionnelle, néanmoins, dans le souci de ne pas défavoriser
les condamnés de la Cour Suprême de Justice, nous sommes
d’avis que c’est la Cour d’Appel de Kinshasa qui doit être
reconnue compétente pour accorder la réhabilitation aux
justiciables en attendant que la loi comble cette lacune.

Procédure pénale
Page 388 sur 417

Section 3. PROCEDURE

1. lI faut une requête adressée par le condamné au


Procureur Général près la Cour d’Appel

2. il faut déposer devant la Cour d’Appel un dossier


qui doit comprendre

2 un extrait de cassier judiciaire

3 une attestation des autorités locales des lieux ou le


condamné e résidé, attestant quelle été sa conduite, quels furent
ses moyens d’exercice ces attestations doivent mentionner
expressément qu’elles ont été délivrées en vue d’une demande
de réhabilitation

4 une copie de jugement de condamnation (à fournir


par le Procureur Général)

5 une copie de la fiche pénitentiaire (s’il o lieu), à


fournir par le Procureur Général

3. Dans les 6 mois du dépôt du dossier, le Procureur


Général saisit la Cour en formulant de réquisitions, la Cour fixe
une date d’audience â laquelle le Procureur Général cite le
condamné, qui peut se faire représenter sauf si la Cour décide
autrement.

En cas de défaut, la requête est rejetée, sauf si


l’impétrant a une excuse valable pour ne pas comparaître et
pour ne pas se fre représcntor La Cour peut ordonner des

Procédure pénale
Page 389 sur 417

enqètes, désigner des témoins et fixer un jour pour leurs


auditions, il s’agit d’informations qui ne requièrent pas la
déposition du témoin. La Cour renvoie l’affaire à une date
ultérieure et charge le Procureur Général de compléter le
dossier, la nous retrouvons une autre exception au principe
légal suivant lequel c’est la juridiction saisie du dossier qui doit
mener une instruction complémentaire.

4. C’est par Arrêt que la Cour se prononce, que ce soit


pour agréer ou pour rejeter la requête. En cas de rejet, la
demande ne peut être réintroduite avant un délai de deux ans é
dater de l’Arrêt de rejet.

5. Les frais sont computés comme en matière pénale


et mis à charge de l’Etat lorsque la réhabilitation est accordée.
En cas de rejet, la Cour peut mettre les frais en tout ou en partie
en charge du condamné.

Section 4. LES EFFETS DE LA REHABILITATION

La réhabilitation fait cesser pour l’avenir dans la


personne du condamné, tous les effets de e condamnation sans
préjudice des droits acquis aux tiers. Les effets juridiques sont
donc la radiation de l’inscription au casier judiciaire et
l’exclusion de la récidive.

Mais les effets sont surtout d’ordre moral et


psychologique.

Procédure pénale
Page 390 sur 417

CHAPITRE V. LE RELEVEMENT

1. Il s’agit d’une institution judiciaire française


justifiée par e fait que les personnes frappées d’interdiction ou
d’incapacité professionnelle résultant d’une condamnation à
une peine principale n’avaient pas d’autres ressources que de
solliciter du président de la République, une mesure de grâce,
étant donné qu’en Fronce, Amnistie et la réhabilitation n’ont
pas de prise sur les déchéances interdictions et incapacités.

2. Le relèvement permet donc de mettre fin, suivant


certaines conditions â toutes les interdictions ou incapacités
résultant d’une condamnation à une peine principale.

3 En R D C, o réhah!!taton suffit pour efecer à l’avenir


tous les effets de la condamnation sauf en cas de condamnation
pour détournement des deniers publics. Car en ce cas, la loi
interdit l’octroi de réhabilitation.

Procédure pénale
Page 391 sur 417

SEPTIEME PARTIE : LES PROCEDUBES SPECIALES

CHAPITRE I. LA PROCEDURE ACCELEREE POUR LE


JUGEMENT DES INFRACTIONS INTENTIONNELLES
FLAGRANTES

(Ord. Loi n° 78/001 du 24 fév. 1978)

INTRODUCTION

La lenteur de la justice au Congo a souvent fait l’objet


des critiques. Le peuple congolais est déçu de constater
qu’entrent le moment où l’infraction est commise et celui où
intervient la sanction, il s’écoule un laps de temps long, à telle
enseigne que le jugement qui prononce la condamnation pénale
se passe dans l’indifférence totale des citoyens.

Pareille situation est de nature à faire échec à toute


peine prononcée en justice, à savoir son caractère intimidant. Il
s’impose donc de sanctionner dans le meilleur délai les
infractions flagrantes, de manière à rétablir chez les citoyens la
confiance en la justice ainsi que la crainte du châtiment.

L’O.L. sous examen, voudrait réaliser et atteindre cet


objectif.

Pour ce faire, les dispositions suivantes ont été prises

1) Déférer immédiatement l’auteur d’une infraction


intentionnelle flagrante devant le tribunal, l’instruction se
Procédure pénale
Page 392 sur 417

déroule à l’audience même, le jugement est rendu sur simple


dispositif immédiatement après la clôture des débats, (pas
d’instruction préparatoire)

2) Toute personne ne peut appréhender l’auteur


présumé d’une telle infraction avec toute fois l’obligation de la
mettre aussitôt à la disposition des autorités judiciaires, ceci
implique donc la vigilance et la collaboration de tous et de
chacun.

3) Cette CL. S’applique aussi devant la CSJ, la C.A et


le TGI lors des poursuites dirigées contre les personnes
jouissant du privilège de ces juridictions.

4) Reconnaïtre à tout jugement ayant statué sur une


infraction intentionnelle flagrante ou réputée telle, le caractère
de décision réputée contradictoire. Cette disposition, empêche
pour que le bénéficiaire que la procédure rapide en cas de
flagrance soit anéantie par une procédure d’opposition qui peut
parfois être purement dilatoire.

N.B : Absence d’instruction préparatoire.

5) Le jugement ne peut rapidement être rendu que si


les éléments susceptibles d’établir la matérialité des faits et la
culpabilité de prévenu sont suffisamment nombreux et établis.
C’est pourquoi cette O.L dispose que les témoins de l’infraction
soient conduits devant le tribunal. C’est une espèce de garde à
vue prolongée telle que organisée lors des enquêtes judiciaires
de police.

Procédure pénale
Page 393 sur 417

De même, le tribunal peut décider de mettre le


prévenu en détention préventive au cas où l’affaire n’est pas en
état de recevoir un jugement et qu’une instruction prolongée
paraît nécessaire. En ce cas le tribunal pourra commettre l’OMP
pour y procéder.

6) En vue de faciliter la réunion de tout ce qui peut


permettre l’instruction rapide de la cause, ‘CL permet aux juges
et OMP ainsi qu’aux OPJ de procéder à des perquisitions et à
des visites domiciliaires à tout moment et a ‘toute heure du jour
ou de nuit.

7) Des dispositions spécifiques ont été prises, qui


garantissent es droits des personnes poursuivies pour
infractions flagrantes ou réputées telles

A ‘audience d’instruction, le droit de se constituer un


conseil est réaffirmé allant jusqu’à permettre au tribunal d’en
désigner un d’office,

La juridiction saisie de l’appel ainsi que la CSJ


appliquent cependant la procédure de droit commun, mais elles
examineront les nfractions intentionnelles flagrantes ou
réputees telles toutes affaires cessantes.

En cas de cassation, la CS renverra la cause s’il y a


lieu devant la juridiction auLemen composée.

La constitution des parties civiles se déroulera


conformément au droit commun

Procédure pénale
Page 394 sur 417

La loi s’est aussi soucié de rendre facile, et


raisonnab’e application de cette nouvelle procédure

Imposer cette procédure pour toute infraction


flagrante aboutirait en fait à obliger les juges à ne connaître
principalement sinon exclusivement que des infractions
flagrantes.

L’effectif des magistrats et des OPJ ne peut pas pour


le moment permettre de généraliser cette procédure, aussi est-il
opportun de ne l’imposer que pour des infractions
intentionnelles flagrantes.

Section I : ABSENCE D’INSTRUClION PREPARATOIRE ET


SAISINE SPECIALE DU TRIBUNAL

Toute personne arrêtée à la suite d’une infraction


intentionnelle flagrante ou réputée telle, est aussitôt déférée au
parquet et traduite sur le champ à l’audience du tribunal. S’il
n’est point tenu d’audience, le tribunal siégera spécialement le
jour même ou au plus tard le lendemain.

Section II : DISPOSITIONS DEROGATOIRES AUX REGLES


HABITUELLES DE LA PROCEDURE PENALE

1) En cas de flagrance (infraction intentionnelle


flagrante ou réputée telle) toute personne peut, en l’absence de
l’autorité judiciaire chargée de poursuivre et de tout OPJ, saisir

Procédure pénale
Page 395 sur 417

l’auteur présumé et le conduire immédiatement devant les


autorités judiciaires les plus proches (art. 3 de ‘O L)

Cette disposition vient ainsi déroger aux conditions


fixées par l’art.6 du CPP en ce qui concerne l’arrestation opérée
par un particulier.

2) II n’est pas requis d’autorisation (spéciale)


préalable de poursuivre en cas d’infraction intentionnelle
flagrante (art. 4 CPP). Qui sont concernés par cette dérogation 2
Sans aucun doute. il y e des OPJ du SNIP, lorsqu’il s’agit des
infractions commises dans l’exercice de leurs fonctions.

Qu’en est-il des justiciables de la CSJ. Ici une


distinction s’impose.

Cette dérogation ne peut pas concerner le président


de la république, les membres du gouvernement et les
conseillers de la république puisque de poursuite à leur
encontre est réglementée par l’acte c constitutionnel de la
transition (procédure de mise en accusation par le HCR-PT
devant la CSJ).

Sur ce point précis, la constitution de la 3eme


République opère une distinction entre le président de la
République et le 1 Ministre qui relèveront de la cour
constitutionnelle tandis que les autres bénéficiaires des
privilèges de juridiction de la cour suprême de justice seront
désormais justiciables de la cour de cassation L’art 166 de ladite
constitution précise que les poursuites et la mise en accusation
du président et du premier Ministre sont autorisées par la

Procédure pénale
Page 396 sur 417

majorité des 2 tiers des membres du parlement composant le


congrès tandis que s’agissant des membres du gouvernement,
leur mise en accusation et leur poursuite sont autorisées au
terme du même article par la majorité des 2 tiers des membres
composant l’assemblée nationale. Ce texte est muet sur la mise
en accusation d’autres beneficiaires de privilège de juridiction
de la cour suprême de justice

Autre chose est les justiciables de la CSJ et du parquet


général de la république, gouverneurs des provinces, présidents
des conseillers provinciaux dont certes le privilège de
juridiction de la CSJ est garanti par I’ACT mais dont
l’autorisation des poursuites n’est pas garantie par cet acte.

Nous sommes d’avis qu’en ce qui les concerne, en cas


d’infraction intentionnelle flagrante, Ils peuvent être poursuivis
sans autorisation préalable de poursuite par le président de la
république, bien ue cette autorisation soit prévue pour la
procédure de poursuite devant la CSJ, cette procédure étant
fixée par la loi, peut donc subir des dérogations prévues par
une autre loi, ce qui est le cas ici.

3) Les témoins de l’infraction sont tenus de suivre le


prévenu à l’audience et d’y déposer sous peine de sanction
prévue, aux articles 6 et 78 du CPP.

L’OPJ ou l’OMP ainsi que le juge pourra au besoin les


y contraindre (art,5), La dérogation porte sur la modalité légale
de faire comparaître un témoin et de contraindre un témoin
récalcitrant.

Procédure pénale
Page 397 sur 417

4) Si l’affaire n’est pas en état de recevoir jugement, le


tribunal en ordonne le renvoi à l’une de ses plus proches
audiences pour les plus amples informations et commet s’il
échet, I’OMP pour procéder toutes affaires cessantes, aux
devoirs d’instruction qu’il précise, le prévenu est, s’il y a lieu,
placé en détention préventive.

Dans un arrêt de principe (affaire GECAMINES), la


CSJ a eu à affirmer qu’une juridiction n’a pas à ordonner au M-
P de compléter l’instruction car celle-ci relève, à l’audience de
sa compétence propre, sans compter qu’une pareille injonction
viole le principe de l’indépendance du M-P à l’égard des juges.

La disposition prévue à I’art.6 de l’ordonnance loi


sous examen, constitue une dérogation au principe dégagé par
la CS.

5) Les perquisitions et visites domiciliaires peuvent,


en matière d’infractions intentionnelles flagrantes ou réputées
telles, d’effectuer en tout ou à toute heure du jour et de la nuit
(art.7).

Nous savons que la procédure pénale ordinaire


interdit des perquisitions et d’opérer des visites domiciliaires
avant cinq (5) heures du matin et au-delà de vingt et une heures
(21h00’).

6) Si l’auteur de l’infraction déféré devant le tribunal


a dût s’enfuir, la décision rendue contre lui est toujours réputée
contradictoire c’est-à-dire non susceptible d’apposition, mais,
elle peUt faire l’objet d’appel (art.1O) Par cette disposition, le

Procédure pénale
Page 398 sur 417

législateur a voulu éviter les péripéties dilatoires des jugements


par défaut.

Section III : JURIDICTION COMPETENTE

La procédure accélérée des jugements en cas


d’infraction intentionnelle flagrante s’applique à l’encontre de
tout justiciable

Elle s’applique même à l’égard des bénéficiaires des


privilèges de juridiction, y compris de la CSJ dont l’autorisation
de poursuite n’est pas garantie par la constitution).

En d’autres termes, toutes les juridictions, depuis e


tribunal de paix jusqu’a a CSJ peuvent appliquer la procédure
accélérée de jugement des infractions intentionnelles flagrantes.

Section IV : INSTRUCTION SOMMAIRE A L’AUDIENCE et


PRONONCE DU JUGEMENT SUR SIMPLE DISPOSITIF

Les droits de la défense sont sauvegardés par la


possibilité de se défendre soi-même ou par biais d’un défenseur
de son choix.

La constitution de la partie civile se fait


conformément à la procédure normale, Le jugement est rendu
sur dispositif mmédiatement après la clôture des débats, il est
rédigé dans les 48 heures (art.9).

Procédure pénale
Page 399 sur 417

Par le biais du délai imposé poor rédgei le jugement,


‘on s est gardE du reproche scion lequel le jugement nest pas
motivé.

li faut bien saisir cette nuance, Le but visé par


exigence constitutionnelle de motivation est de permettre à la
juridiction supérieure de contrôler la décision rendue, or au
moment où la juridiction d’appel aura à examiner ce recours,
elle aura devant elle un jugement déjà motivé.

Ainsi se trouve respecté sinon la lettre mais du moins


l’esprit de l’article 14 de l’ACT qui a été reproduit sous l’article
21 al I dans la constitution de la 3eme république.

NB : Il y a 2 grandes parties dans un jugement:

94 Motif

En fait

En droit

95 Dispositif

Décision

Conséquence

Il y a une existence entre la lettre et l’esprit de la loi.

Le délai pour aller en :

96 appel est de 10 jours

Procédure pénale
Page 400 sur 417

97 cassation est de 40 jours

98 opposition est de 30 jours

Section V: LES VOIES DE RECOURS

L’appel est ouvert contre tout jugement ayant statué


sur une infraction intentionnelle flagrante, toutefois la
juridiction saisie de l’appel examine la cause toutes affaires
cessantes.

Le pourvoi en cassation est introduit conformément à


la procédure ordinaire, mais en ce cas de cassation la cour
ordonne le renvoi s’il y a lieu, devant ses sections réunies.

L’on doit remarquer l’inélégance juridique de cette


dispositif: voilà que la section judiciaire dicte une directive
juridique, è toutes les sections réunies de la cour suprême de
justice

C’est l’inverse qui était attendue.

CHAPITRE II : LES MESURES DE DEFENSE SOCIALE A


L’EGARD DE L’ENFANCE DELINQUANTE

Introduction

Le décret du 6 Décembre 1950 réglemente le


problème de l’enfance délinquante. Il déclare toute

Procédure pénale
Page 401 sur 417

responsabilité pénale dans le chef des mineurs, le texte parle


cependant d’infractions commises par les mineurs. Mais il faut
entendre par là, les faits qui dans le chef des adultes, seraient
qualifiés d’infractions. Est mineur au sens du décret précité
enfant âgé moins de 16 ans accomplis au moment du fait (art. 1
de lOrd, loi n” 78/016 du 4 juiHet 1978)

Compte tenu de la ratification par la RDC du statut


de Rome portant CPI qui fixe la majorité à 18 ans, le plafond de
la majorité en RDC pourra être ramené à 18 ans dés que le
projet de loi d’application du statut de Rome déjà sera adopté
par e parlement et promulgué.

Le Décret du 6 décembre 1950 écarte l’application des


peines prévues par la législation penale, aux mineurs agés de
moins de 16 ans, les peines sont remplacées par des mesures de
garde d’éducation et de préservation prononcées par e juge de
paix.

Le juge de paix siégeant avec le concours d’un officier


du MP, magistrat de carrière est seul compétent pour prendre
au premfer degré OS mesures de garde, d’éducatinn et de
préservation à l’égard des mineurs délinquants (art, 2 du Décret
du 6 déc. 1950 tel que modifié par lOrd Loi n” 82/020 du 31 déc.
1982 portant Code de l’organisation et la compétence
judiciaires).

A l’heure actuelle, le décret du 6 déc. 1950 se trouve


dépassé par les données terminologiques et par l’avancée de la
criminologie moderne, on ne parle plus d’enfance délinquante,

Procédure pénale
Page 402 sur 417

mais plutôt de déviance juvénile, li est temps que la R.D.C


mette sur pied à l’instar des pays développés une législation
portant organisation de la protection de la jeunesse, qui
comprendra une protection sociale proprement dite qui sera
assurée par les comités de protection de la jeunesse et une
protection judiciaire, assurée par le tribunal de la jeunesse. Mais
en plus de cette législation sur la protection de la jeunesse, ii
faudra prévoir la création d’un office national de la protection
de la jeunesse qui sera chargé

6 de reprendre toutes les activités actuellement


exercées par la Direction de l’enfance délinquante basée au sein
du Ministère de la Justice,

7 de veiller à la protection de la jeunesse, notamment


par la promotion et l’application du système adéquat de garde
et de rééducation, de préparer et d’exécuter le plan
gouvernemental relatif aux problèmes de la jeunesse inadaptée
et désoeuvrée.

Section 1. Les faits infractionnels commis par des


mineurs et les mesures à prendre par le juge

§1. Mineurs mendiants ou vagabonds ou se livrant


habituellement à la mendicité ou au vagabondage mesures
prévues (art. 2 du Décret du 6 déc. 1950).

1.1. Réprimander les mineurs et les rendre à leurs


parents ou personnes qui assument la garde en leur enjoignant
de mieux les surveiller à l’avenir.

Procédure pénale
Page 403 sur 417

1.2. Confier les mineurs jusqu’à leur 21ème année


(aujourd’hui 18ème année âge de la majorité civile) à une
personne, à une société ou une institution de charité ou
d’enseignement public ou privé.

1.3. Mettre les mineurs jusqu’à leur 21eme année


(aujourd’hui 18ème année) à la disposition du gouvernement.

La mise à la disposition du gouvernement est prévue


dans le Code Pénal comme une peine accessoire applicable aux
adultes. En quoi consiste-elle?

Il s’agit non pas de répression proprement dite, mais


d’une mesure de sécurité sociale. L’exécution en est confiée à
l’autorité administrative qui devra se limiter aux mesures
nécessaires pour assurer la sécurité publique, l’amendement ou
le reclassement, le plus souvent, le condamné pourra être laissé
en liberté sous certaines mesures de surveillance et de contrôle
qu paraîtrc’ent nécessare.s, il ne sera interné que s’il y a lieu
(voir rapport du conseil de législation relatif au décret du 3 août
1950 portant mise à la disposition du gouvernement)

§.2. Inconduite ou indiscipline des mineurs, donnant


de graves sujets de mécontentement aux parents, aux tuteurs ou
autres personnes qui en ont la garde Mesures prévues (art. 3 du
décret précité) celles prévues au point 1.2 et 1.3 applicables aux
mineurs mendiants ou vagabonds. Mais il faut que le juge soit
saisi par une requête des parents, des tuteurs ou d’autres
personnes qui ont la garde de mineurs.

Procédure pénale
Page 404 sur 417

§.3. Débauche, pratique du jeu pour chercher les


ressources, trafics ou occupations exposant es mineurs à la
prostitution. à la criminalité, mesures prévues (art, 4 du décret
précité) Celles prévues pour les mineurs mendiants ou
délinquants

§.4. Commission d’une infraction (quelle que soit la


qualification pénale) application par le juge dune mesure
suivant et selon les circonstances (art. 6 du décret précité).

1.1 Réprimander enfant et le rendre aux personnes


qui en ont la garde avec injonction de mieux le surveiller à
l’avenir.

1.2. Confier l’enfant jusqu’à sa 18ème année à une


personne, à une institution ou à une société ou d’enseignement
public ou privé

1.3. Mettre l’enfant jusqu’à la 18eme année à la


disposition du gouvernement.

§.5. Commission d’une infraction punissable de plus


de 5 ans de S.P.P. mais pas de la peine capitale ou à perpetuité
(art. 7 du Décret précité). Le juge s’il décide de mettre l’enfant à
la disposition du gouvernement pourra prolonger celle-ci au
delà de la 18ème année de l’enfant pour un terme qui ne pourra
pas dépasser sa 25ème année (art. 7 du Décret précité).

§.6. Commission d’une infraction punissable de la


peine de mort ou de la prison a perpétuité. Le juge, s’il décide
de mettre l’enfant à la disposition du gouvernement pourra

Procédure pénale
Page 405 sur 417

prolonger celle-ci au delà de la 18ème année de l’enfant pour un


terme de 25 ans au maximum (art. 8 du décret précité),

§.7. Commission d’une infraction punissable de 2


mois de prison et perversité morale trop caractérisée de l’enfant
qui ne permet pas de le placer dans un Egée. Le juge ordonnera
qu’il soit mis à la disposition du Gouvernement pour être
interné dans l’établissement de rééducation de l’Etat pour 2 ans
au moins et dix ans au plus (art, 1er du décret précité).

Le juge prononcera la mise à la disposition du


gouvernement pour être interné dans un établissement de
rééducation de l’Etat pour deux ans au moins et dix ans au
plus. Mais le juge pourra prolonger la mise à la disposition du
gouvernement au delà de la 18ème année de l’enfant (art 10 du
Décret précité).

Il est à noter que jusqu’à ce jour, il n’a été créé aucun


établissement de rééducation des Etat. mais six établissements
de la garde et d’éducation de l‘Etat existent dont trois depuis
l’époque coloniale.

8 Egée de Madimba Bas Congo (créé en 1954)

9 Egée de Kanda-Kanda (créé en 1955)

10 Egée de Kasap Katanga (créé en 1959)

11 Egée de Ndolo Kinshasa (crée en 1965)

12 Egée de Mbenseke-Futi Kinshasa (créé en 1966)

13 Egée de Kipute Bandundu (créé en 1967)

Procédure pénale
Page 406 sur 417

Nous noterons toutefois que ‘Egée de Ndoo ne


fonctionne plus

Section 2. DE LA LIBERTE SURVEILLEE

Notion

1. Le mineur délinquant qui n’a pas été mis à la


disposition du gouvernement ou dont la mesure d’internement
a été levée, peut être, sur décision du juge des enfants, sous le
régime de la liberté surveillée et ce, jusqu’à sa majorité (art 13)

2. Les personnes chargées d’assurer cette surveillance,


portent le nom de “ délégué à protection de l’enfance “. Elles
sont choisies par le juge, de préférence parmi les missionnaires
ou les institutions de charité, d’enseignement ou d’assistance
publique ou privée. Elles exercent cette surveillance sous la
direction et le contrôle de l’officier du Ministère public (idem).

3 Les tâches dévolues aux délégués à a protection de


l’enfance sont les suivantes (art. 14) 4 . Rester en contact avec les
mineurs et visiter, selon les circonstances, les parents, les
personnes, les sociétés ou les institutions qui ont la garde des
mineurs.

5 Observer le milieu, la tendance, ta conduite du


mineur.

6 Faire rapport au juge chaque fois que de besoin et


au moins une fois par trimestre sur la situation morale et

Procédure pénale
Page 407 sur 417

maternelle du mineur, copie du rapport est remise au Ministère


public.

7 Proposer, avec le MP, toutes les autres mesures


estimées avantageuses pour le mineur.

8 Donner pérIodiquement aux parents des


informations sur la situation de leurs enfants.

Section 3. DE LA PROCEDURE

1. L’instruction préparatoire est remplacée par une “


enquête “ qui est menée par le juge des enfants, assisté d’un
officier du MP, magistrat de carrière. L’enquête porte sur
l’identité et l’âge de l’enfant, sur son état physique et mental
ainsi que sur les conditions sociales et morales dans lesquelles il
vit, il soumet l’enfant à une visite médicale. Le juge peut
convoquer à tout moment le mineur, les personnes qui en ont la
garde et les délégués à la protection de l’enfance (art. 15).

2. Pendant l’enquête, le juge prend à l’égard du


mineur les mesures de garde nécessaire suivantes

9 soit le laisser chez ses père et mère ou chez une


autre personne ou chez les particuliers qui en ont la garde

10 soit le soustraire à son milieu et le confier


provisoirement à un particulier, à une société ou a une
institution de charité ou d’enseignement public ou privé (art.
16).

Procédure pénale
Page 408 sur 417

3. Le mineur peut être gardé préventivement dans


une prison, à condition que cette garde préventive ne dépasse
pas 2 mois, cette mesure est prise, si le juge ne peut appliquer
au mineur les mesures énumérées au point 2 de ce chapitre et ce
soit parce que le mineur est vicieux, soit parce que nul
particulier ou nulle institution n’est à mesure de l’accueillir. Le
mineur gardé préventivement dans une prison est soumis à un
régime pénitentiaire spécial (art. 17). lI faut néanmoins déplorer
le fait que bien souvent les mineurs gardés préventivement
dans une prison restent plus longtemps que 2 mois et aucun
régime spécial ne leur est appliqué.

4. Les diverses mesures prises à l’égard du mineur


peuvent être rapportées ou modifiées en tout temps par le juge,
soit spontanément, soit à la demande du MP, du mineur, des
parents, tuteurs ou personnes qui en ont la garde soit sur
rapport des délégués à la protection de l’enfance (art. 18). Ces
mesures font en tout cas, l’objet d’une révision tous les trois ans
lorsque leurs effets n’ont pas cessé dans l’intervalle (idem).

5. Les décisions prises par le juge sont susceptibles


d’Appel devant le TGI, siégeant au premier degré en matière
pénale (art. 19). Cette disposition visait à l’époque (1950) à
renvoyer l’appel devant un tribunal à juge unique. La
préoccupation était de ne pas faire comparaître le mineur
devant trois juges, afin de ne pas le traumatiser. Aujourd’hui, le
code d’organisation et de compétence judiciaire imposé la
collégialité en toute matière pénale à l’exception du tribunal de

Procédure pénale
Page 409 sur 417

paix (art. 24, 32, 40 et 48 du Code d’organisation et de


compétence judiciaires).

La modification intervenue au niveau de


l’organisation judiciaire aurait dû tenir compte de cette
préoccupation psychologique. Ainsi dans l’état de
l’organisation judiciaire, le mineur comparaît en appel devant
trois juges,

14 l’appel est soumis aux formes et délais ordinaires


et peut être exercé par le MP. Les parents, les tuteurs ou
personnes qui ont la garde du mineur peuvent aussi interjeter
appel chaque fois que les décisions du juge ont effet d’enlever le
mineur à ses parents tuteurs ou personnes qui ont la garde de
l’enfant (art. 19)

Le tribunal saisi de l’appel peut prendre les mesures


provisoires prévues par l’article 16.

A. Les pièces judiciaires servant dappui à la demande


dextradition

1. Acte de procédure criminelle émanant du juge


compétent, décrétant formellement et opérant de plein droit ie
renvoi de ‘accuser devant la juridiction répressive: Ces
documents doivent être délivré en original ou en expédition
authentique (art. 3 du Décret précité)

2. Mandat d’arrêt ou tout autre acte ayant la même


force, délivré par l’autorité étrangère compétente pourvu que

Procédure pénale
Page 410 sur 417

ces actes renferment l’indication précise du fait pour lequel ils


sont délivrés (art. 3. idem).

B. Exequatur par arrêt de la Cour d’Appel, des pièces


judiciaires

Le jugement, mandat ou autre acte équivalent produit


à l’appui de la demande d’extradition sera rendu exécutoire par
le juge d’Appel, celui-ci désigne le magistrat, officier ou agent
des forces armées, chargé de le mettre en exécution, ainsi que le
lieu ou l’étranger sera détenu jusqu’à ce qu’il soit statué sur la
demande d’extradition (art. 4).

L’expression “juge d’Appel dans e contexte du décret


du 12 avril 1889, vise le Cour d’Appel aujourd’hui. C’est toute
Cour d’Appel qui, peut être saisie, tout dépend du lieu de
résidence de l’étranger faisant l’objet de la demande
d’extradition. Dans une réforme judiciaire future, il faut donner
à la Cour Suprême la compétence en matière d’extradition.

L’étranger auquel notification sera donnée de l’acte


sur lequel la demande est basée, pourra formuler, à l’audience
d’exécuter, un mémoire de défense et se faire assister d’un
conseil dans la rédaction de ce mémoire (article 6).

C. Arrestation Provisoire

En cas d’urgence, l’étranger pourra être arrêté


provisoirement sur avis, transmis par télégramme, poste ou par
tout autre moyen, de l’existence d’un mandat d’arrêt ou d’un

Procédure pénale
Page 411 sur 417

jugement de condamnation et ayant émané de l’autorité


judiciaire du lieu ou l’infraction a été commise (art. 5).

D. Exequatur des commissions rogatoires étrangères

Les commissions rogatoires émanant de l’autorité


compétente étrangère et tendant à faire entendre des témoins
ou opérer soit une visite domiciliaire soit du corps du délit ou
des pièces à conviction devront être adressées au Ministre des
Affaires Etrangères. Elles seront exécutées (entendez rendues
exécutoires) à la diligence du juge d’appel (Cour d’Appel) qui
désignera le magistrat ou l’agent chargé d’y procéder,

E. Transmission des objets saisis

12 Le juge d’Appel décidera s’il y a lieu ou non de


transmettre, en tout ou en partie, les papiers et autres objets
saisis, au gouvernement requérant

13. Il donnera la restitution des papiers ou autres


objets qui ne se rattachent pas directement au fait imputé au
prévenu et statuera, le cas échéant, sur la réclamation des
défendeurs ou autres ayant droits (art. 8).

14 Phase diplomatique

17. Cet arrêt sera transmis au Ministère des affaires


étrangères en dépit de l’Arrêt de la Cour d’Appel accordant
l’extradition, l’autorité diplomatique peut, pour des raisons

Procédure pénale
Page 412 sur 417

diplomatiques, ne pas pouvoir donner suite à l’Arrêt et ainsi


refuser, au plan diplomatique, d’exécuter ‘Arrêt de la Cour
d’Appel.

Procédure pénale
Page 413 sur 417

TABLES DES MATIERES

INTRODUCTION GENERALE ........................................................................................................ 1

PREMIERE PARTIE .......................................................................................................................... 31


CHAPITRE I : LA RECHERCHE DE L’INFRACTlON............................................................... 32
Section 1. De la POLICE JUDICIAIRE .......................................................................................... 32

Introduction ........................................................................................................................................ 32
CATEGORIES D’AGENTS DE POLICE JUDICIAIRE .............................................................. 32
B) HABILITATION ET SERMENT................................................................................................ 35
C/DOSSIER INDIVIDUEL ET SIGNALEMENT ........................................................................ 37
D/ACTION DISCIPLINAIRE ......................................................................................................... 38
S/Section 2. LE MINISTERE PUBLIC ............................................................................................ 40
Introduction ........................................................................................................................................ 40
Qu’en est-il en Droit congolais ....................................................................................................... 51
NB : le point de départ du délai de prescription ......................................................................... 55
Exemple d’actes interruptifs de la prescription ........................................................................... 57
B) La suspension de la prescription de l’action publique ......................................................... 59
A) La doctrine classique ................................................................................................................... 65
B) La doctrine de Madame RASSAT LAURE............................................................................... 66
C) Notre appréciation du problème ............................................................................................... 68
La décharge du Magistrat instructeur ............................................................................................ 73
La récursivité du Ministère Publique à l’audience ..................................................................... 74
Introduction ........................................................................................................................................ 78
Section 3. LA CLOTURE DE L’INSTRUCTION PREPARATOIRE. ....................................... 85
Le droit au silence.............................................................................................................................. 92
Le but du placement des scellés est double.................................................................................. 94
CHAPITRE II: POURSUITE .......................................................................................................... 114

Introduction : Théories légaliste et opportuniste des poursuites .......................................... 114


Section 2. L’AMENDE TRANSACTIONNELLE (ART.9, CPP) .............................................. 119

CHAPITRE II: LA POURSUITE PROPREMENT DITE........................................................... 122

Procédure pénale
Page 414 sur 417

Section 1: LE DEPOT DU DOSSIER REPRESSIF ..................................................................... 122

Section 2: LES MODALITES DE SAISINE DU TRIBUNAL .................................................. 126


Contenu de la citation ..................................................................................................................... 126

Section 3. La compétence répressive des juridictions congolaises. ....................................... 139


A. Situation durant la 2ème République .................................................................................... 144

Poursuites contre les députés ........................................................................................................ 146


Section 5: la saisine civile des tribunaux repressifs .................................................................. 149
Qu’en est-il de la réparation du droit indirect ? ........................................................................ 151

DEUXIEME PARTIE: L’INSTRUCTION A L’AUDIENCE ..................................................... 175


Introduction ...................................................................................................................................... 175
NOTION ET LIMITATIONS ........................................................................................................ 175

Section 1. APPEL DU ROLE. ......................................................................................................... 186


Section 2. LA COMPARUTION DU PREVENU ....................................................................... 187

Section 5. L’APPEL NOMINAL ET ISOLEMENT DES TEMOINS....................................... 192


CHAPITRE II LES INCIDENTS DE LA PROCEDURE. .......................................................... 192

Section 2. LA LISTE DES INCIDENTS. ...................................................................................... 192


Section 3. REGIME PROCEDURAL DES INCIDENTS........................................................... 193
CHAPITRE III : L’ADMINISTRATION DE LA PREUVE ...................................................... 194
Section 1: L’ADMINISTRATION DE LA PREUVE.................................................................. 194

CHAPITRE IV: LES DEBATS ....................................................................................................... 215


La réouverture des debats. ............................................................................................................. 222

CHAPITRE V. RESPONSABILITE DE L’ETAT NEE DU MAUVAIS


FONCTIONNEMENT DE LA JUSTICE REPRESSIVE ........................................................... 224

Introduction ...................................................................................................................................... 224


Section I : l’etat de question en droit français ............................................................................ 225
Introduction ...................................................................................................................................... 228
Section II: L’etat De La Question En Droit Congolais.............................................................. 234
La Responsabilite Disciplinaire ................................................................................................... 234
A. Responsabilité disciplinaire des « Magistrats » ................................................................... 234
TROISIEME PARTIE : LE JUGEMENT, LES FRAIS DE JUSTICE ET LA NULLITE DES
ACTES DE PROCEDURE .............................................................................................................. 237
CHAPITRE I. LE JUGEMENT....................................................................................................... 238

Procédure pénale
Page 415 sur 417

Section 1: La Deliberation .............................................................................................................. 238

1 Les délibérés sont secrets. ........................................................................................................... 259


Section 2: La rédaction et le prononcé du jugement ................................................................. 260

CHAPITRE : II. LES FRAIS ET DROITS PROPORTIONNELS ............................................ 271


Section 1. Les frais et dépens......................................................................................................... 271

Section 2. Les droits proportionnels ............................................................................................ 276


CHAPITRE III : LES EFFETS DES JUGEMENTS REPRESSIFS ............................................ 277
CHAPITRE IV: LA NULLITE DES ACTES DE PROCEDURE ............................................... 284

Section 1. LA REGLE « PAS DE NULLITE SANS GRlEF» ..................................................... 285


Section 2. La Nullite En Raison De Formalites Substantielles. .............................................. 285
Section 3. Les Nullites Textuelles Ou Radicales. ...................................................................... 286

QUATRIEME PARTIE: LES VOIES DE RECOURS ................................................................. 287


Introduction ...................................................................................................................................... 287

Notion et classification ................................................................................................................... 287


CHAPITRE I : L’OPPOSITION .................................................................................................... 289

Section 1. Le délai pour faire opposition .................................................................................... 299


Section 2. LA FORME DE L’OPPOSITION................................................................................ 299
Section 3. Les effets de l’opposition et la procedure. ............................................................... 300
CHAPITRE II: L’APPEL ................................................................................................................. 305

Section 1. Les jugements susceptibles d’appel .......................................................................... 305


Section 2: les parties appelantes ................................................................................................... 308
Section 3. Les categories d’appel .................................................................................................. 313
SectIon 4. Les delais d’appel. ........................................................................................................ 316
Section 5. L’effet du delai d’appel et de l’appel ........................................................................ 317
Seçtion 6. L’évocation ..................................................................................................................... 320
Section 7. Citation et notification d’appel. ................................................................................. 322
Introduction ...................................................................................................................................... 322
Section 8. L’audience d’appel. ....................................................................................................... 326
Section 9. La deliberation............................................................................................................... 326
Section 10. La decision d’appel. .................................................................................................... 327
CHAPITRE III. LA REVISION. .................................................................................................... 329
Section 1. La revision des jugements coutumiers...................................................................... 330

Procédure pénale
Page 416 sur 417

CHAPITRE IV: L’ANNULATION DES JUGEMENTS COUTUMIERS............................... 336

Sections I. Tribunal competent et saisine ................................................................................... 336


Section II : les delais du pourvoi en annulation ........................................................................ 336

Section III : la forme de la requete ............................................................................................... 337


Section IV: les cas d’ouverture à l’annulation............................................................................ 338

Section V: la procedure en annulation ........................................................................................ 339


Section VI: le pouvoir juridictionnel du tribunal d’annulation............................................. 339
Section VII : la nature du jugement d’annulation..................................................................... 340

CHAPITRE V: LA CASSATION .................................................................................................. 341


Introduction ...................................................................................................................................... 341
Section 1: les fonctions de la cassation ........................................................................................ 342

Section 2: les decisions susceptibles du pourvoi en cassation................................................ 343


Section 3 : les cas d’ouverture de pourvoi en cassation ............................................................ 343

Section 4: les moyens de cassation ............................................................................................... 345


Section 5. Les categories de pourvoi en cassation ..................................................................... 346

II existe trois catégories de pourvois en Cassation ...................................................................... 346


Section 6. La procedure de cassation............................................................................................ 348
Limitation de l’effet devolutif....................................................................................................... 365
CHAPITRE 1. LES DELAIS D’EXECUTION ............................................................................. 371

CHAPITRE II L’EXECUTION DE LA PEINE CAPITALE ....................................................... 375


CHAPITRE III. L’EXECUTIION DE LA PEINE DE PRISON................................................. 376
CHAPITRE V: L’EXECUTION DES PEINES ACCESSOIRES ............................................... 378
A. Cas de confiscation ...................................................................................................................... 378
SIXIEME PARTIE: L’EFFACEMENT DE LA CONUIIMNATION ....................................... 379
CHAPITRE 1. L’AMNISTIE .......................................................................................................... 379
CHAPITRE II: LA GRACE ............................................................................................................ 379
CHAPITRE III: LA LIBERATION CONDITIONNELLE ........................................................ 381
Section 1. NOTION ......................................................................................................................... 381
Section 2. FONDEMENT ............................................................................................................... 381
Section 3. CONDITIONS ............................................................................................................... 382
Section 4. AUTORITE COMPETENTE ....................................................................................... 382
Section 7. LES EFFETS DE LA LIBERATION CONDITIONNELLE .................................... 384

Procédure pénale
Page 417 sur 417

Section 8. OBSERVATION............................................................................................................ 385

CHAPITRE IV: LA REHABILITATION ..................................................................................... 386

Section 1. CONDITIONS IMPOSEES A UN CONDAMNE POUR POUVOIR


BENEFICIER DE LA REHABILITATION .................................................................................. 386

Section 2. JURIDICTION COMPETENTE ................................................................................. 387


Section 3. PROCEDURE ................................................................................................................. 388

Section 4. LES EFFETS DE LA REHABILITATION ................................................................. 389


CHAPITRE V. LE RELEVEMENT ................................................................................................ 390
SEPTIEME PARTIE : LES PROCEDUBES SPECIALES .......................................................... 391

INTRODUCTION ........................................................................................................................... 391


Section III : JURIDICTION COMPETENTE.............................................................................. 398

Section V: LES VOIES DE RECOURS......................................................................................... 400


Introduction ...................................................................................................................................... 400

Section 2. DE LA LIBERTE SURVEILLEE .................................................................................. 406


Notion ................................................................................................................................................ 406

Section 3. DE LA PROCEDURE.................................................................................................... 407


TABLES DES MATIERES.............................................................................................................. 413

Procédure pénale

Vous aimerez peut-être aussi