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Biologie et psychologie de l'adolescence

L'adolescence est une période de transition biologique et psychologique entre l'enfance et l'âge adulte marquée par des changements physiques liés à la puberté et l'émergence de la sexualité. Le document décrit les principales transformations physiques et hormonales qui surviennent durant l'adolescence aussi bien chez les filles que chez les garçons.

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Biologie et psychologie de l'adolescence

L'adolescence est une période de transition biologique et psychologique entre l'enfance et l'âge adulte marquée par des changements physiques liés à la puberté et l'émergence de la sexualité. Le document décrit les principales transformations physiques et hormonales qui surviennent durant l'adolescence aussi bien chez les filles que chez les garçons.

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Développement normal et pathologique de l’adolescent

Développement normal et pathologique de l’adolescent:

Partie théorique :

Chapitre 1 : Biologie de la puberté


Les auteurs ne sont pas d’accord concernant l’universalité de l’adolescence,
Des historiens pensés qu’a une certaine période on passait pas par l’adolescence.
Ils se disent que l’adolescence est une fiction.
C’est un phénomène actuel, commence à se dissoudre dans la jeunesse. On trouve des ados
de 30 ans et même de 9 ans.
C’est un moment pu on change de comportement, on change d’environnement. De plus,
l’adolescence n’est pas un phénomène homogène : on ne vit pas son adolescence de la
même façon.

a) La puberté : données quantitatives et descriptives

La puberté provient du latin « pubescere » qui signifie « poil ». L’apparition des poils est la
dernière grande transformation biologique de l’enfance = période de transition entre
enfance et â ge adulte. L’enfant ne se transformera plus physiquement. Avant la puberté,
l’enfant est dans une phase de latence (9-10 ans), il a une sorte d’équilibre et d’apaisement
dans sa relation avec ses parents. C’est une période très calme : tranquillité scolaire,
familiale. Ses conflits sont sublimés, ses parents sont idéalisés. Au niveau scolaire, il
apprend les tâ ches essentielles, de base et son jeu est équilibré avec respect d’autrui et
connaissance des règles.
Après l’enfance, se réveille un mécanisme hormonal : La fonction hypothalamo-
hypophysaire qui avait était mise en latence redémarre. Il s’agit de deux zones du cerveau
qui se stimulent pour secréter des hormones spécifiques dans le corps. Cette fonction a
déjà été utilisée dans la vie intra-utérine : Elle a contribué au fait que l’enfant ait pu avoir
un sexe masculin ou féminin (Différentiation des sexes). Elle s’est arrêtée dans les mois qui
ont suivi la naissance. Elle se met de nouveau en place dans la différentiation sexuelle de la
période pubertaire. La fonction pubertaire est donc biphasique : période périnatale et
période pubertaire. Ces deux phases sont séparées par l’enfance.

Les données quantitatives :

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Développement normal et pathologique de l’adolescent

 L’â ge du début de la puberté :

Chez le garçon, 12 ans et demi et chez la fille, 10 ans et demi en sachant que certaines filles
peuvent avoir une puberté précoce (règles à 8 ans) et d’autres une puberté retardée (règles
à 15 ans). On trouve aussi une puberté retardée : avoir les règles a 13 ans.
A 14 ans si la fille n’a pas ses règles on s’inquiète, à 16 ans chez le garçon.

Dans les classes (6ème-4ème), les filles on remarque que les filles ont commencé à grandir
mais les garçons non. Au niveau chronologique, la puberté est la même chez le garçon et la
fille. Elle se divise en 5 stades qui ont lieu en 2-3 ans.
Le début de la puberté peut varier d’un individu à un autre, a cause de facteur familiale,
intérieur (ex : trisomie), génétique, extérieur (ex :climatique, faire beaucoup de sport…) :

Facteurs intérieurs Facteurs extérieurs


Génétiques : Règles comme la mère, la Nutritionnels : Mal nutritionPuberté
tante… retardée
Pathologiques : Règles qui tardent… Climatiques : Régions chaudes ou froides
Géographiques : Altitude
Sportifs : Grands sportifs (6-8 heures par
jour) Puberté retardée

Le début de la puberté se passe dans les zones intimes, au niveau des caractères sexuels
primaires : Peau qui entoure les testicules ou le pubis, lèvres qui commencent à se
pigmenter. Mais les personnes extérieures observent la puberté lorsqu’elle affecte les
caractères sexuels secondaires : Voix, seins, musculature, forme globale…

 La taille : L’enfant prend 4 cm par an.

Fin de la Croissance Pic de Croissance


phase pré- pubertaire croissance résiduelle
pubertaire (2-3 ans) (après
puberté)
Garçon 153 +22 (+ ou – 6) 14 ans 1-2 cm
Fille 142 +20 (+ ou – 6) 12 ans 1-2 cm

 Le poids :
Subit une grande transformation à la puberté d’autant plus que l’appétit est exacerbé
(augmentation) par les hormones et influencé par les parents. La poussée pondérale
succède d’un an la croissance staturale et participe à la force adulte (Musculature-graisse).
Le poids ne monte pas en même temps avec la taille.

Les données descriptives :

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Développement normal et pathologique de l’adolescent

Chez l’adolescente :

La forme globale change : La taille s’affine et les hanches et les jambes s’élargissent avant
le torse.
Les facteurs génétiques reviennent et on remarque par exemple l’émergence de la myopie
et de l’hypermétropie.
On observe le retour des cheveux de l’enfance que ce soit au niveau des boucles ou au
niveau de la couleur. Les poils apparaissent au niveau du pubis et augmentent durant les
règles à cause des hormones.
On observe aussi l’acné : Les boutons infectés qui ont une tête blanche. La peau devient
plus épaisse et plus poreuse. Il y a deux glandes : Les sébacées qui secrètent le sébum
responsable de la brillance de la peau et les sudoripares qui secrètent la sueur.
La poitrine se développe car les ovaires secrètent des œstrogènes. Le mamelon se
pigmente (+ foncé) et la glande mammaire devient plus grande.
La fin de la puberté est marquée par l’installation de règles régulières et ovulatoires.

Chez l’adolescent :

Mutation de la voix qui existe aussi chez la fille mais qui est plus visible chez le garçon.
Dans certains cas cliniques, l’adolescent peut devenir timide et éviter la communication
surtout à voix haute.
La stature évolue : Les épaules s’élargissent et les muscles se transforment.
La peau devient plus épaisse, plus dure, plus grasse et plus rouge et la pilosité faciale
augmente. Les glandes sébacées et sudoripares secrètent plus de sébum et de sueur et
l’odeur est trois fois plus forte.
Le volume des testicules augmente et le scrotum (peau autour des testicules) se
transforme. Il devient plus plissé et plus foncé.
Les poils apparaissent sur les aisselles, le bas-ventre, les bras, les jambes et sur une partie
du visage (Moustache-barbe) et deviennent plus frisés.
L’avènement de la première éjaculation nocturne qui est souvent accompagnée d’un rêve
érotique très culpabilisant marque la fin de la puberté. Elle aussi appelée « pollution
nocturne ». C’est concerner comme un moment initiatique dans le sens ou on accède un
statut différent, le moment ou des interdictions vont intervenir (dans certaines religions).
Dans les 2 religions, c’est considérer comme une souillure (la femme) ce n’est pas propre.
On trouve plein de tabous liées aux règles.
Les règles + éjaculation nocturne sont une source de fierté, valorisation. On le remarque
dans le discours, biologiquement ça réconforte les parents que l’enfant est normal
La qualité de la peu change, elle devient plus épaisse.

Synthèse :

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Développement normal et pathologique de l’adolescent

 La toute-puissance infantile disparaît et l’adolescent ne contrô le plus rien.


 Les règles et l’éjaculation sont source de valorisation, d’accès à un statut supérieur,
et à la génitalité symboliquement et réellement dans la mesure où l’acte sexuel
devient possible. Dans la représentation sociale, il s’agit de preuves satisfaisantes de
la maturité sexuelle qui engendrent d’autres pratiques comme changer la bouteille
de gaz chez le garçon et ne pas sortir seule chez la fille. On parle surtout de fécondité
même si les ovules et le sperme ne sont pas encore mis en place.
 Paradoxalement, ces deux moments forts sont considérés comme une souillure et
sont accompagnés de superstitions.

b) Biologie des organes sexuels et des mécanismes hormonaux :

Les glandes ou les gonades ont une fonction sécrétoire. Elles secrètent les hormones et les
cellules sexuelles : Les ovaires secrètent les ovules et les testicules les spermatozoïdes.
Les hormones sont des substances chimiques qui vont dans le sang et qui sont récupérées
par des organes cibles.
La formation des spermatozoïdes et des ovules se fait très progressivement.
Les ovules (ovocytes avant les règles) et les spermatozoïdes sont stockés dans le corps
humain depuis la naissance, ils sont en devenir.
Sous l’influence de l’horloge interne, la testostérone et l’œstrogène seront secrétés.
Un ovule est normalement secrété par mois sauf dans le cas des jumeaux :

Monozygotes Hétérozygotes Stimulation de l’ovaire

Le cycle menstruel commence et se termine par les règles :

Pas fixe 14 jours


R R

Cadence: x bar= 28-31

Chaque éjaculation produit une quantité énorme de spermatozoïdes en sachant que les
spermatozoïdes et le liquide séminal forment le sperme.

Chapitre 2 : Aspects psychologiques- Vivre avec son corps

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Développement normal et pathologique de l’adolescent

1) Problème d’adaptation :

L’adolescent a un problème de perception : il ne perçoit pas la durée de la phase (qu’il va


ressembler à une homme) mais pense qu’il est et qu’il restera comme ça. Le contrô le de soi
diminue à cause des changements et de l’augmentation quantitative de la pression
pulsionnelle ; la sexualité s’impose (parce que à ça ne correspond pas à l’image de soi qu’il
avait en tête : grand, beau, fort…) On est dans une phase d’insatisfaction par rapport à
l’image. Certain vont cacher leur adolescence en portant des t-shirt plus large, changeant la
couleur de leurs cheveux.
L’adolescent peut se vivre comme déformé et sa perception de lui-même est très éloignée
de son idéal esthétique. Il vit dans une insatisfaction perpétuelle tant qu’il n’a pas
apprivoisé ce corps mouvant. Il craint surtout les jugements et les moqueries.
Intégrer la nouvelle image du corps est une condition sine qua none pour être bien dans sa
peau et rendre facile le rapport à autrui surtout qu’il y a une interdépendance entre le bien-
être psychique et social.
Il y a des adolescents qui sont fiers de certaines parties de leur corps qu’ils vont montrer et
d’autres au contraire qui s’efforcent de se cacher dans des habits trop amples. Les
dress-codes scolaires servent à cadrer ces mouvements de délégation du corps.
L’adolescent a un sentiment de solitude, d’incompréhension, de non-sens et même de
traumatisme face à la situation. Il se sent incapable de communiquer : il a du mal à parler
de ce qu’il vit. Il ne perçoit pas que c’est une ébauche et que son corps se transforme
progressivement. Winnicott : Le seul remède pour l’adolescent est le temps qui passe.

2) Le corps transformé :

Le corps est un instrument de mesure tout au long de la vie : On perçoit le monde en


fonction de son schéma corporel. Les notions spatiales ont un autre étalonnage et
l’adolescent ne se sent plus à l’aise dans son corps. Il rencontre une grande possibilité
d’accidents : Rentrer à deux dans une porte étroite ou se cogner la tête en sortant de la
voiture. La mauvaise perception que l’adolescent a de son corps l’empêche de suivre les
modifications de son schéma corporel. L’image neuropsychologique de lui : se représente
comme il se voit dans son cerveau (ex : petit, il est grand).

L’image inconsciente du corps Dolto : Ce concept appartient au registre symbolique.


L’image inconsciente dépend des investissements objectaux (exemple : investissement des
seins à travers l’oralité Bébé se perçoit comme une bouche) et des pulsions partielles qui
dominent. La pulsion dominante à l’adolescence est la pulsion génitale. Elle reste
inconsciente et elle est liée au rapport que l’adolescent a avec autrui Dépendante du
regard d’autrui.

Le corps social est confronté au regard d’autrui. Il peut être montré et mis en valeur tout
comme il peut être dévalorisé et enlaidit au cas où l’adolescent ne veut pas être regardé. A

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Développement normal et pathologique de l’adolescent

cet â ge-là , on copie le style des autres et on suit la mode et les « trends » (bande de
copains).
Le corps est le véhicule de la relation à autrui et l’habillement devient donc un outil de
communication. Le corps est ainsi la représentation symbolique de soi, le support d’un
discours social qui permet de se différencier des vieux et des enfants. Il permet de se
rapprocher du groupe à travers par exemple les tattoos, les cheveux, les foulards…
Affiliation.

Le corps est aussi le mode d’expression des difficultés de l’adolescent dans la mesure où il
peut à travers lui signifier des choses au thérapeute en clinique. Il faut observer ses signes
posturaux (tourner le dos aux parents, rentrer cinq pas en arrière des parents…), son
intonation, ses mimiques, son regard… Il faut poser son hypothèse sans faire des intrusions
concernant ces signes corporels.

A travers le corps se font les interactions avec les objets externes (personne réel dans notre
vie) et internes (imagos parentaux ), entre les personnes réels et
fantasmatiques/imaginaire : le point de rencontre entre le dedans et le dehors La
représentation interne du parent peut être différente du parent réel. L’adolescent utilise
donc son corps pour s’adresser à ses parents et à la représentation qu’il a d’eux. Le
psychologue travaille surtout l'image interne pour transformer les interactions par la suite
bien que parfois il faut changer le réel s’il est vraiment mal vécu.

Le corps est à la fois familier et étranger. Il est familier car il y a un sentiment d’identité
(Dolto : Mêmeté d’être) et étranger car il appartient aux parents d’un point de vue légal : Il
faut prendre l’autorisation des parents pour refaire son nez, prendre l’avion… De plus,
l’adolescent ressemble à quelqu’un auquel il n’aurait pas nécessairement voulu ressembler.
Il va utiliser son corps comme discours social pour se différencier des ‘vieux’ parents et des
enfants.

Les troubles qui apparaissent au niveau du corps sont souvent à intégrer dans une lecture
complexe et globale : Analyser les rapports conscients et inconscients, l’environnement
social et familial, les points de fixation (zones érogènes : orales, anales…) et la
génitalisation. Certaine manifestations (ex :anorexie) sont aussi une manière d’éviter de
parler de la sexualité. La génitalisation est la dernière phase du développement : Les
pulsions partielles comme le plaisir oral de s’embrasser s’harmonisent autour du génital
qui doit être prioritaire.

3) Le complexe du homard (Dolto) :

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Développement normal et pathologique de l’adolescent

Les adolescents ont un vécu particulier, ils perdent la carapace qu’ils connaissent : la peau
et le corps se transforment (Schéma corporel/Image inconsciente).
Les modalités défensives sont appauvries par le chambardement dû aux transformations
pubertaires : L’adolescent ne peut plus compter sur sa mère, pleurer… Il se sent vide à
l’intérieur et ne sait plus ce qu’il est (Non proportionné, démarche et équilibre
problématiques, croissance discontinue…) Il compte sur ce qu’il montre de lui-même pour
masquer ses difficultés intérieures Hyper investissement du paraître pour cacher les
fragilités de l’être.
Il existe une dimension narcissique au complexe du homard : L’adolescent se questionne
et est stimulé par un besoin de plaire. Il passe des heures devant la glace à se scruter et à
contempler ses traits. Il est à la quête d’un style, d’un look qui mettre en valeur sa
personnalité. La mode s’incruste ainsi là où il y a un besoin réel de la part de l’adolescent.
Dolto considère que l'adolescence est une nouvelle naissance et que l'adolescent vit un
dénuement psychique qui justifie l'image du homard. Le homard est un crustacé qui une
fois ayant perdu sa carapace, se cache sous un rocher. La souffrance rencontrée à
l'adolescence va se perpétuer jusqu’à l’â ge adulte car l'adolescent est très sensible face aux
paroles des gens même si elles sont anodines (un vécu à fleur de peau).

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Développement normal et pathologique de l’adolescent

Chapitre 3 : Les grandes transformations

a) La sexualité :

1) Quelques concepts : l'amour, l'amitié, la sensualité, le flirt…

Chez les psychanalystes, la sexualité couvre la vie, mais on fera une focalisation sur le sens
commun de la sexualité. La naissance de l’amour est très spécifique à l'adolescence : elle fait
l’adolescent souffrir ou déborder de bonheur. C’est donc un sentiment qui transforme et
réorganise tous les processus affectifs (relation à la mère/à la sœur).
Les manifestations émotives émergent d'un coup (perdre son assurance, sentir son cœur
frétiller…). Avant que ce ne soit de l’amour, ceci commence par un désir de donner et de
recevoir (porter le sac de quelqu’un). On choisit la personne dont on veut être proche et le
désir de donner et de recevoir aboutit progressivement à des désirs plus prégnants. On
retrouve le moment de contact (poke sur facebook, demander le numéro de téléphone…)
avant l'envie de flirter. Il y a des rituels et des normes respectées (nombres de jours qu’il faut
faire passer avant d’embrasser quelqu’un).
L'autre dimension de la sexualité change aussi dans l'amitié : les adolescents peuvent
conserver des amis qu’ils ont rencontrés une seule fois ; l’amitié à l’adolescence résiste à la
séparation contrairement à l’enfance. Elle est sélective (musique, football) et peut même aller
au point de s’approprier autrui.
Il y a de grands questionnements sur les liens entre l'amour et l'amitié (est ce qu'on peut être
ami et amoureux ?). L'amitié peut être passionnée ou due à une poussée irrésistible de
sympathie. L’amitié adolescente contrairement à l’amitié adulte, est désintéressée. Le choix de
l'ami adolescent est fortuit mais donne à l’adolescent l'impression de retrouver un double de
lui-même, un miroir ou un moi idéal. Il va parler de son ami comme si c'est quelque chose qui
le narcissise à lui.
L'amitié participe à la construction de l'identité de l'adolescent (modèle identificatoire et
expériences maturatives).
Le concept d'instinct ne peut pas être utilisé pour la sexualité humaine. Il s'agit d'un concept
très animal (l'accouplement de l'animal), or chez l'humain la sexualité émerge mais n'est pas
instinctive. Preuve en est qu’il y a des adultes qui répriment leur sexualité très longtemps. Si
elle était instinctive, l'adolescent aurait eu des rapports très tô t.
L'accès à la sexualité adolescente est zigzagant. Elle est inhibée par exemple lors du brevet et
ressurgit après. C'est un travail psychique tâ tonnant. Certains adolescents vont sentir les
pulsions sans en connaitre le but car ils ne sont pas éduqués sexuellement. Ils peuvent
ressentir de l'embarras ou de l’antipathie auprès du sexe opposé. Avant la seconde, la
sexualité donne des mouvements incongrus. L'adolescent manifeste une stupeur à l’égard de
cette force qui le manipule face à un objectif qu'il ne perçoit pas.
On remarque aussi des changements au niveau de la sensualité de l’adolescent. La texture et
les parfums acquièrent une nouvelle sensibilité et des techniques particulières (Comment
mettre son parfum pour attirer). Quant au regard, il y a une nouvelle appréciation des
couleurs, de la mode et de la beauté des formes, soit une nouvelle harmonie. Par ailleurs,
l'ouïe est transformée à travers la musique. Elle a une valeur d’apaisement et de relaxation.
Certaines musiques peuvent même bercer les adolescents. Tous les sens changent. Ces

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Développement normal et pathologique de l’adolescent

changements ne sont pas physiologiques : le son ne change pas mais il y a un investissement


affectif de la part de l'adolescent.
S'ajoute à ces formes de sensualité un amour extraordinaire de la solitude (réclusion dans la
nature/séjour d’hérmite), auquel le psychologue doit être alerte en clinique. Un adolescent
qui investit cela affectivement n’est pas dans le registre de la dépression. Par contre, s’il
désinvesti ce qu’il l’entoure et qu’il reste seul dans sa chambre, il sombre dans la dépression.
L'envie de flirter s'ajoute à ces transformations. Flirter (1980) = proximité physique avec un
partenaire qui peut aller du simple fait de se tenir la main jusqu’au déshabillement et la
pénétration. Le flirt poussé est une pénétration, pouvant ne pas être génitale. Le flirt n'a pas la
même signification pour l'adolescent et l'adolescente. Il y a très souvent des malentendus
entre fille et garçon en ce qui concerne le flirt et des ambivalences concernant ce qui amène
au flirt. Chez les garcons la transformation va provoquer une curiosité dans le corps, le désir
sexuel tel qu’il voudrait se manifester ne peut pas être assurer. Il n’a pas l’â ge de rencontrer,
de dépasser le tabous…
Pour le garçon, le flirt est un compromis dans la mesure où il a envie d'un acte sexuel total
surtout dans les milieux où il a besoin de prouver sa virilité en s’appropriant une femme.
Par contre chez la fille, le flirt est une concession : La sexualité n'a pas la même intensité chez
elle, mais elle est poussée par un grand besoin de plaire et de séduire et par la recherche
d’une fusion des â mes. Elle cherche de la réassurance sur sa capacité de plaire pour accéder à
son monde de rêves. Accepter de flirter lui donne donc accès à ce monde. Le plaisir sexuel
diffère entre garçons et filles et en tant que thérapeute, il faut être conscient de ces
différences.
Le flirt chez la fille est une sorte de concession (elle veut tout)

2) La masturbation et les attitudes psychopédagogiques :

La masturbation est un acte qui consiste à se donner plaisir à soi-même et à l’adolescence


ça va être en caressant les organes génitaux et les zones érogènes. C’est une manifestation
auto-érotique qui fait qu’on se tourne vers son propre corps pour en faire un objet de
plaisir. La pulsion sexuelle excite une zone érogène qui revendique une sorte de
satisfaction. Cette pulsion trouve sa source dans le corps. C’est une source somatique
représentée psychiquement par l’excitation. La pulsion est donc un concept limite
(physique/psychique/moteur). Elle englobe 4 paramètres : Source, objet, poussée et but.
La pulsion sexuelle commence par être éparpillée dans les zones érogènes puis s’unifie
sous le primat du génital. L’organisation de la vie sexuelle se fait par l’intégration des
pulsions partielles au service de la reproduction. Les zones érogènes seront conservées
même si elles ne sont pas prioritaires. Elles seront des plaisirs préliminaires : Plaisir
orals’embrasser, plaisir analse retenir et donner, plaisir phalliquezones sexuelles.
Ces plaisirs préliminaires sont accompagnés par un plaisir scopique : Vêtements/Jeux de
lumières…

Trois essais sur la vie sexuelle : Freud distingue trois phases de la masturbation ou de
« l’onanisme » :

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Développement normal et pathologique de l’adolescent

1. Suçotement + pulsion d’agrippement.


2. 4 ans et plus : Phase de floraison sexuelle en rapport avec des pathologies
liées aux troubles intestinaux (fleurs = muqueuses anales). Cette phase se
termine par l’accès à la pudeur et au dégoû t. Ces satisfactions infantiles
disparaissent à travers le refoulementAmnésie infantile mais restent
présentes dans l’inconscient (Rêves d’adulte/Sublimation).
3. Puberté et plus : Phase masturbatoire active (se toucher les zones sexuelles
et regarder).
C’est une étape normale chez l’adolescent qui peut être invalidée par les tabous et la
morale. Elle peut être détournée : mettre de la crème au lieu de se toucher.
C’est un passage narcissique obligé avant d’entamer une relation effective avec autrui. On
retrouve une pédagogie culpabilisante (tabou du plaisir) qui s’ajoute à des fantasmes
inconscients culpabilisants, surtout s’ils sont œdipiens.
La masturbation en soi n’est pas nuisible mais le recours à la masturbation comme
modalité d’apaisement et de sécurité l’est. C’est un indicateur de problèmes sous-jacents :
Habitude de refuge en soi pour combler les difficultés psychoaffectives ; Manque d’estime
de soi, manque de tendresse et angoisseMasturbation obsessive. Il faut rester attentif
quant à l’influence de la masturbation sur la construction identitaire.
L’attitude psychopédagogique ne dépend pas entièrement de soi (expérience,
connaissance, vécu) mais aussi de l’institution et de l’équipe (cadre, populations, moments
seuls ou pas, expliquer la masturbation ou pas) et de la relation entretenue avec les
adolescents (psychologue directeur ou psychologue ami des parents).
Les informations reçues par rapport à la sexualité ne sont pas nécessairement vécues
comme une libération. Pour cela, il ne faut pas être intrusif. L’excès de sollicitude pouvant
être dérangeant il faut trouver des mots avec suffisamment de distance par rapport aux
adolescents.

b) L’intelligence :

A partir de 11 ans, le raisonnement devient de plus en plus abstrait. L’adolescent n’a plus
besoin d’expériences concrètes. Il peut imaginer les possibilités, critiquer des possibilités
abstraites, planifier, contrô ler et résoudre des contradictions, mener des discussions
théorico-théoriquesRaisonnement hypothético-déductif, 8 ans : Si X alors Y.
Adolescence : Remettre en question toute sa logique et son hypothèse de base + créer et
déduire des solutions. Capacité d’analyser ce qui fait qu’une chose arrive avec une pensée
causale combinatoire. Pensée causale= Linéaire (ab) ou combinatoire (a, a’, bc).
Ces développements de l’intelligence permettent l’accès à des capacités de négociation
utilisant plusieurs arguments congruents pour des réalisations de désirs. La capacité
combinatoire s’associe à la permutabilité des éléments et à la capacité de reprendre tout le
raisonnement à zéro.
Les caractéristiques de l’intelligence formelle apparaissent dans les différents jeux par
lesquels les adolescents sont intéressés. La pensée formelle se caractérise par la conception
de possibilités abstraites, inexistantes et potentiellement réalistes si on s’en tient au seul
argument logique. De plus, on retrouve la capacité de détacher les données de la réalité et

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Développement normal et pathologique de l’adolescent

d’aboutir à des conclusions logiques réalistes ou irréalistes. A cause de la pensée formelle,


l’adolescent est très idéaliste dans sa conception du monde.
A l’adolescence, les contenus de l’intelligence se transforment en plus de sa forme : Intérêt
pour les sujets politiques, économiques, écologiques, sociologiques, civiques et pour la vie
sexuelle (Drague/Séduction).

Chapitre 4 : Aspects sociologiques

1) L’adolescence sociale : « notion de jeunesse »

Les adolescents sont le moteur de la société. L’adolescence est le champ privilégié de


changement dans la mesure où la pensée formelle permet d’envisager des projets d’avenir
et de les concrétiser et d’organiser des activités sociales.
L’adolescence se caractérise par un sentiment de toute-puissance, d’immortalité et par un
souffle très long par rapport aux activités sociales. Cette énergie permet de requestionner
les pratiques sociales.
L’adolescence est un phénomène qui touche la société et pour certains, l’adolescence
sociale s’éternise. Par ailleurs, les sociologues et les publicitaires s’intéressent aux
adolescents pour le marketing et la vente de produits.

Galland :

Indépendance
économique Etre parent
relative

Post-
Enfant Adolescent Jeune Pré-adulte Adulte
adolescent

Métier
fixe/Couple
stable

- L’adolescent en groupe : L’adolescence est un double passage : quitter sa famille


pour en fonder une autre et un double départ : quitter l’école pour se projeter dans le
monde du travail.
Elle se caractérise par la création de la bande qui suit des modalités de socialisation
privilégiées. Elle permet ainsi à l’adolescent d’élargir le réseau social et de le catégoriser en
faisant des échelons. La constitution d’un groupe à l’adolescence signe la sortie de l’enfant
hors de sa famille. C’est un indicateur de séparation psychique potentielle.

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Développement normal et pathologique de l’adolescent

Les individus du groupe vont avoir une même culture.


Le groupe se distingue par :
 L’attitude vestimentaire.
 Le look.
 Les signes distinctifs d’affiliation : Coiffure, marque des espadrilles…
 Les objets d’intérêt.
 La communication verbale : Changement de langue  Si on est bilingue on s’oriente
vers la seconde langue et en intralangagier on change de mots.
 La communication para-verbale : Manière de marcher, de s’habiller…
 Les pratiques communes : Bikers, écologistes…
 L’acquisition de nouvelles lois, valeurs, rites et habitudes. Ex : Attaquer la religion
des parents.
 Les activités : tous aiment jouer ce jeu, parler de ce sujet…

On assiste souvent à l’adolescence à une homogénéisation entre filles et garçons. On


s’habille le plus souvent « unisexe » (Jeans, parfum…). Mais parfois, on se distingue aussi :
les garçons se boutonnent d’une autre manière que les filles. En clinique, on se questionne
sur son identité sexuelle (homosexuel, hétérosexuel, métrosexuel, transsexuel…)

2) Trois auteurs : Dolto, Deutsch et Freud

a) Dolto :

L’adolescent retrouve dans le groupe un alter-ego, un miroir, un sentiment de fusion


et de sécurité en rapport avec celui qu’il a éprouvé à l’égard des parents. C’est un
lieu d’identification, on veut ressembler à son ami. Le groupe répond donc au besoin
d’affection et de complicité et à la nécessité de rechercher en dehors de la famille
des éléments de celle-ci.
L’empathie et l’introspection sont des attitudes accrues durant cette période.
L’adolescent est plus aisé et moins effrayé de l’altérité.
Le groupe répond aux besoins d’affections de l’individu qui va trouver en son centre
qui va trouver la complicité entre eux qu’il ne va plus chercher dans la famille et va
essayer de trouver la sécurité en dehors de la famille.
On a l’impressions d’un point de vue extérieur sont homogènes parce qu’ils ont une
grande solidarité entre eux. Pas toujours vraies, chacun a son propre caractère,
façons pensée.

b) Deutsch : (parle des hippies)

12
Développement normal et pathologique de l’adolescent

Le groupe a un même but et une même motivation. Dépend de l’individu qui le


compose.
Le groupe permet la sublimation (en constituant le groupe) de la pulsion sexuelle
vers une fin socialement valorisée. Il permet de protester contre les générations
précédentes et de rechercher une identité en négation de son groupe social en
paraissant homogènes.
Protestation contre les générations. Le groupe est constituer en négociation de
quelque chose, ils veulent être diffèrent pour constituer leurs propres identités.
Révolution sans cause, contre que les adultes doivent être leur modèle.
C’est une transition sans conséquences réel.
Il constitue également un refuge en permettant de contenir ses émotions et de
dissimuler l’angoisse portée par différents groupes. L’individu va sentir une certaine
reprise sur lui-même.

c) Freud :
Psychologie des foules et analyse du moi
Freud cite « Le Bon » pour dire que le groupe a une « â me collective » qui peut expliquer le
fait que certains adolescents pris seuls peuvent avoir d’autres caractéristiques que pris en
groupe. Le groupe va masquer les particularités propres de l’individu et va provoquer des
phénomènes de construction d’un être nouveau. Le groupe donne à l’individu de nouvelles
propriétés pour 3 raisons :
1. Sentiment de puissance provenant du nombre qui fait perdre le sentiment
individuel de responsabilité et qui engendre un effet d’anonymat : disparition de la
conscience morale, refoulement moins fort, pulsions manifestées plus fréquemment
2. Notion de suggestibilité en sachant qu’il y a des personnes plus suggestibles que
d’autres et que cette notion est en rapport avec le charisme du meneur
(Identification au meneur : concept plus inconscient et plus psychanalytique).
3. Contagion morale qui fait que l’individu sacrifie ses intérêts personnels pour ceux
de la foule.

Caractère de l’individu dans la foule :


 Evanouissement de la personnalité consciente.
 Prédominance de la personnalité inconsciente (Sens descriptif).
 Orientation par voix de suggestion et de contagion des idées dans un même sens.
 Tendance à transformer immédiatement en actes les idées suggérées.
 Inhibition collective de l’activité intellectuelle.
 Exaltation de la vie affective car la vie intellectuelle s’est interrompue.

Chapitre 5 : Aspects psychanalytiques ; identité et identifications

13
Développement normal et pathologique de l’adolescent

Introduction :

La construction de l’identité se fait progressivement par des vécus de séparation et de


reconstitution dans l’interaction par rapport aux objets extérieurs et intérieurs. Les phases
de la construction relèvent du registre de la psychologie développementale plus que de
celui de la psychanalyse.
Le « soi » est un concept psychanalytique qui a une dimension existentielle vu qu’on perçoit
sa propre existence. Ce concept englobe une réflexion philosophique sur l’existence. Le
« moi » et la « mêmeté d’être » (sentiment de se sentir égal à soi-même) sont également des
concepts psychanalytiques.
L’identité psychique est confrontée à l’exigence de réajustement car la représentation de
soi est phénoménologiquement et continuellement différente.
A l’adolescence, les transformations somatopsychiques remettent en question le rapport au
monde et à soi, ce qui fait naître un problème d’adaptation.

1) Identité psychique et identifications :

L’identification est un processus psychologique souvent inconscient participant à la


formation de la personnalité. Le sujet assimile une propriété de l’autre pour des raisons
qu’il méconnait.
Le moi se forge et se structure par une série d’identifications, de séparations et
d’individuations.
On retrouve :
 L’identification primaire (mère-bébé) qui est une constitution narcissique primaire.
 L’identification structurante dans l’œdipe menant à sa résolution.
 L’identification en rapport avec l’adolescence : le moi se construit sur la base de sa
propre expérience et tend à perdre sa dépendance à l’égard des objets externes
réels  Identification indépendante.
 L’identification régressive de l’hystérique.

2) Le paradoxe de l’indentification :

L’identification selon P. Jeammet, passe par un double mouvement paradoxal. L’adolescent


a besoin de se rapprocher pour mieux s’éloigner et donc accepter d’avoir les traits de son
père-sa mère qui est initialement une idée insupportable, pour pouvoir devenir plus
autonome. Le désir de se rapprocher et les révoltes sont concomitants.
Il est difficile d’aménager une distance avec les parents quand on est pris dans
l’identification paradoxale. Celle-ci est assez visible dans la redistribution du territoire
familial (Exemple : Qui nettoie la chambre).
Cette redistribution est un effet direct d’une resexualisation du lient parents-enfants et de
la remobilisation du complexe d’œdipe et de la menace potentiellement incestueuse.
L’adolescent recherche un espace de privauté, d’intimité dans lequel les parents n’ont plus
de prise physique ou psychique.

14
Développement normal et pathologique de l’adolescent

3) Identifications et instances idéales : Surmoi, idéal du moi et moi idéal

Surmoi : A la fin du concept d’œdipe. Quand l’enfant renonce à son désir et retire
son investissement de son parent adulé. Pour ne pas perdre ses parents, il s’identifie
à leurs principes (Valeurs/Interdits) : ce qu’ils disent et ce qu’ils montrent
(Voix/Attitude/Intonation). Le surmoi est lié aux parents et aux grands-parents.
Idéal du moi : Référence qui hérite du narcissisme primaire et vers laquelle tend
l’individu. L’enfant qui accepte l’interdit de ses parents et qui a peur de perdre leur
amour, se construit une image idéale provenant du modèle des parents. L’idéal du
moi se construit donc par les identifications aux parents, à leur substitut et aux
idéaux collectifs.
Moi idéal : Référence née de la confrontation à la réalité. L’enfant ne pouvant plus
bénéficier de la toute-puissance infantile déplace son amour vers une image
libidinale non tangible qui inclut l’idéalisation des parents. C’est un idéal narcissique
tout-puissant auquel l’individu aspire. Il renvoie au concept psychanalytique de
« nostalgie du retour ».

Ces trois instances sont inconscientes. Elles peuvent se révéler dans le transfert en thérapie
analytique. L’analyse du transfert sert à retrouver le propriétaire de ces identifications
inconscientes. L’identification inconsciente permet à l’enfant de conserver ses objets
d’amour dans son théâ tre interne psychique. C’est un compromise à la séparation.

4) Devenir des identifications à l’adolescence :

Il y a une déception nécessaire pour accéder à l’autonomie : il faut s’affranchir des parents
imaginaires qui dominaient par leur savoir et leur autorité pour accomplir des actes et des
projets d’adulte, pour pouvoir penser et travailler à sa façon.
Pour rompre ses liens psychiques avec les parents, l’adolescent questionne ses premières
identifications et les remanie en plus de son surmoi et son idéal du moi. Il tisse seul avec les
éléments du passé une nouvelle toile personnelle. C’est l’effet d’après-coup et de remise en
histoire. Il reconstruit les éléments anciens pour leur donner un sens nouveau. Il acquiert
un nouveau point de vue et une certaine distance par rapport aux versions anciennes des
parents. Il transforme donc les images parentales et remet en question la personnalité des
parents.
Le pubertaire subit des changements quantitatifs (Libido) et qualitatifs (Surmoi, idéal du
moi, repères internes : images parentales…). Le surmoi sera resollicité par la potentialité
orgasmique c’est-à -dire la possibilité d’éprouver un plaisir nouveau qui va mobiliser le
système de refoulement. Il va refreiner la tendance de la psyché à se décharger. Il
promouvoit la symbolisation (langage, pensée, représentation) au lieu de l’acte. Roussillon :
Il permet aux jeunes d’apprivoiser les motions pulsionnelles et les manifestations
corporelles étranges qu’ils ne contrô lent pas. C’est le « travail de l’adolescence ».
La potentialité orgasmique transforme l’économie affective et exige une gestion et des
solutions nouvelles.

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Développement normal et pathologique de l’adolescent

5) Les identifications substitutives :

Les idéalisations par rapport aux parents ne sont pas refoulées d’un seul coup, elles sont
déplacées vers des figures substitutives dans le monde cultuel qui permettent à
l’adolescent de se sentir soutenu. Ces figures sont plus ou moins accessibles et prises dans
la société et investies par l’adolescent comme des références dont il puise ses manières. Il
se met dans leur peau comme il s’identifiait auparavant aux héros dans son enfance pour
garder son identité vacillante. Ainsi l’adolescent se construit-il une personnalité à travers
les différents modèles cô toyés.
Les identifications substitutives assurent un sentiment de sécurité qui se substitue aux
parents intérieurs. Dans ses identifications, l’adolescent investit autrui sur un nouveau
mode : Pas une relation verticale parents-enfant mais une relation horizontale adolescent-
figure substitutive. Ce qui permet de surmonter le sentiment de solitude, d’isolement et
d’incompréhension encore plus si on partage ce modèle avec d’autres personnes. (Parents
de nos amis, bande de chanteurs…).
Il y a une distance nécessaire entre les parents et les modèles identificatoires. Les parents
doivent accepter et maintenir cette distance.
L’entrée dans la bande peut aussi servir d’appuie identificatoire pour échapper à l’autorité
parentale. Le choix de la bande est aussi un élément d’indépendance, le groupe étant un
substitutif qui remplace le monde familial. La distance entre le milieu substitutif et le milieu
familial ne doit pas être rompue.
Relation d’autorité nouvelle qui ne sont pas verticale mais horizontal (intelligente et
intelligible). Il peut être vécu en continuité avec la famille mais avec certaine différence, le
risque c’est quand le groupe est en opposition avec la famille, et ça fait partie des choses
que les parents doivent observe, c’est important et il faut la conserver. Il faut veiller à ne
pas rendre le clivage dans la réalité de l’ado pour ne pas garder sa fonction identificatoire
différentielle des parents.
Il va avoir une forme d’autorité qui va dépasser l’autorité parentale.
Plus la séparation psychique est difficile plus le modèle sera différent parce que l’ado ne
supporte pas d’avoir le même objet d’investissement.

Chapitre 6 : Aspects interactifs, l’adolescent dans sa famille :

Introduction :

L’approche/thérapie systématique s’intéresse à l’individu dans sa famille et considère la


cellule familiale comme un ensemble d’éléments régis par des lois : très utilise avec les
ados. On questionne le fonctionnement de la famille. La famille contient des mécanismes de
maintien et constitue un système en équilibre. Le désir de l’individu de s’éloigner de ce
système va introduire des changements au niveau de celui-ci. On ne peut travailler avec les
ados sans prendre en compte le contexte environnementale ou mois la psychodynamique
de la famille et de son environnement.

16
Développement normal et pathologique de l’adolescent

Selon la loi, on doit voir les parents si la personne est mineure, même au sein d’une
institution. Il faut donc obtenir l’autorisation des parents. De plus, il faut tenir compte de
l’environnement de l’enfant pour le soutenir psycho socialement.

1) Travail de séparation :

a) Des parents :

La séparation réelle est le fait de quitter le milieu familial (ne plus faire ses activités dans ce
milieu, désinvestir la vie communautaire, rechercher des modalités d’expression). C’est une
manière de se différencier des aînés et de se sentir indépendant (Manger seul par exemple
quand la séparation est discrète).
La séparation réelle est la possibilité d’investir un objet d’amour à l’extérieur du groupe
familial. L’adolescent prend des initiatives et devient capable d’invention et de se mobiliser
vers l’extérieur et non pas vers les parents.
Le choix du métier, les recherches, les projets et les voyages scolaires sont des
manifestations de la séparation réelle.
L’adolescent fait ainsi le deuil de la dépendance qui sera accompagné d’un sentiment de
culpabilité. Il réaménage son mode de relation à ses parents afin de se sentir plus autonome.
Peter Bloss a montré que le processus d'individualisation continue à l'adolescence à travers la
rupture des liens de dépendance. L'adolescent est face à un travail psychique de
désengagement qui se situe à divers degrés :
1. Le refuge maternel : L'adolescent veut se libérer de celle qui rassure, qui
soigne, qui protège et qui sécurise.
2. La fonction pare-excitatrice : Se débrouiller seul pour gérer ses angoisses.
3. Les fonctions de contenance et de protection : Object presenting.
4. Les auxiliaires du moi : Les parents qui canalisent et calment l'angoisse en la
liant à des mots et à des affects. Reprendr a ces comptes l’auxiliere des parents
il doit rechercher ces propres ressources pour se calmer, vc
Ce ne sont plus les parents qui établissent la paix chez l’adolescent mais c’est lui-même qui
reprend à son compte la fonction pare-excitatrice qui va lui permettre de gérer l'angoisse et
de calmer les tensions. Il va se confronter à ses propres limites et puiser à l'intérieur de lui-
même des mécanismes de défense et des processus pour pouvoir secondariser les affects et
résoudre les conflits psychiques. Ceci se fait progressivement avec des moments où
l'adolescent se sent incapable.

b) De l’enfant qu’on a été :

Il y a une sexualisation menaçante du lien et un risque de débordement libidinal chez


l'adolescent. Même la pensée se sexualise et chaque adolescent trouve à l'intérieur de lui des
modalités relationnelles et des modalités de pensée qui doivent être remaniées. L'adolescent
est donc face à un remaniement profond.

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Développement normal et pathologique de l’adolescent

Il ne s'agit pas d'effacer ou d'oublier son enfance bien que certains adultes ont recours au
clivage, mais il s'agit d'apprendre à vivre avec, à cohabiter avec l'enfant qui existe dans
l'adulte.
Piera Aulanier : « Reconstruire son passé » Concept de ré-historisation car à l'adolescence
on met en histoire son passé, on élabore de nouveau des souvenirs en suspens, et ceci nous
accompagne toute notre vie (Exemple : Dans mon enfance, je me souviens que ma mère a
aimé mon frère plus que moi, à l'adolescence je remets cela en question). Cette reconstruction
provoque des possibilités de transformation dans les relations et une possibilité de remise en
chantier Tisser une toile nouvelle avec les éléments du passé. L’adolescent libère donc ses
potentialités et débroussaille pour voir plus clairement les choses.
Pour pouvoir revenir à son enfance avec plaisir, il faut d’abord en être sorti. Cette sortie
permet à l’adolescent d’acquérir une autonomie et de jouir de ses potentialités. Toutefois ce
travail de remaniement entraîne des pertes.

2) Deuil, perte et séparation :

Dans la perte, il y a disparition de l'objet dans l'espace et dans le temps que ce soit une
maison, un doudou, un copain, et c'est un phénomène qui est subi indépendamment de la
volonté du sujet. L’objet disparait donc de la réalité matérielle et il n'est réactualisé que dans
le travail de remémoration (souvenirs, photos...). Dans le cas de la perte, le dialogue avec le
moi et la représentation interne de l'objet sont possibles.
Dans la séparation, l'objet ne disparait pas mais ce sont les liens qui disparaissent entre l'objet
et le sujet. La séparation est choisie par l'un des protagonistes et souvent imposée sur l'autre.
Le processus de la séparation est actif contrairement à celui de la perte, mais tous deux sont
asymétriques (un qui subit et un qui veut). Le plus difficile à tolérer dans la séparation c'est
que malgré que les liens n'existent plus, l'objet persiste⟶ Différence entre le deuil lié à la
séparation et le deuil lié à la perte.
L’adolescent passe ainsi par un deuil des liens aux parents et doit les désinvestir sans qu’ils ne
disparaissent de la vie réelle et psychique. La séparation est dictée par les exigences de
chacun et internée. Elle trouve aussi en miroir un deuil de la représentation interne de l'objet.
L'adolescent se dégage non pas de la personne concrète de ses parents mais de scènes et
d'images intériorisées, d'activités et de projets élaborés avec eux.
Le deuil peut être tellement insupportable qu’on désinvestira le monde et qu’on continuera de
croire que l’objet est toujours présent. Le moi perd ses repères : C’est le deuil mélancolique.
Une deuxième possibilité est celle de déplacer l’amour vers un second objet (Changement
d’objet : Perdre un enfant et investir les autres enfants). La troisième option est de réinvestir
la personne fantasmatiquement (Idéaliser la personne pendant les condoléances). On
retrouve aussi une dimension pathologique au deuil : Le délire.
Quant à l’adolescent, il va avoir des parents psychiques (Changement d'objet) et un travail de
remise en question sur les images parentales.

18
Développement normal et pathologique de l’adolescent

3) Le conflit :
a)Ambivalence :

Malgré son désir d'autonomie et d'indépendance, l'adolescent reste effrayé ce qui le rend
ambivalent ; il a peur de ce que lui réserve l’avenir et nostalgique vis-à -vis de ce qu’il quitte. Il
est fragilisé et vite débordé dans la mentalisation des choses. Cette ambivalence engendre un
conflit psychique, celui d’avoir deux désirs contradictoires.

L'adolescent est tiraillé dans son conflit psychique : Il est attiré vers le bas et l’envie de rester
petit alors qu'il demande qu'on le traite comme un grand. Il a besoin d'un grand courage et
d’une grande énergie pour sortir de sa relation avec ses parents surtout que c'est un travail
qu'il doit faire seul. Il doit gérer seul ces moments dialectiques qui balancent entre deux
statuts : Etre enfant et être adulte.

De plus, il veut dépasser ses parents qu'il considère parfaits mais il souhaite aussi s'identifier
à eux. La peur est une réponse appropriée à cette nouveauté, à condition que ce ne soit pas
une peur angoissante. Elle va permettre à l'adolescent de chercher de nouvelles stratégies,
d'élaborer de nouvelles réalités.

L'adolescent est donc en conflit entre son désir de vouloir se séparer de ses parents et sa
culpabilité de les quitter. La culpabilité peut être accentuée par le chantage affectif des
parents. C'est un conflit qui va entraîner de l'agressivité, de la colère et des formes indirectes
de souffrance comme les problèmes scolaires et les instabilités affectives. A cô té de ce conflit
psychique, il y aura un conflit réel, interindividuel.

b) Conflit réel avec les parents :

Le conflit avec les parents est la manifestation comportementale de la réorganisation


intrapsychique. L'adolescent vit un conflit psychique et va se confronter à son milieu, et si ce
milieu n'arrive pas à gérer ce conflit psychique, il déborde.
La difficulté la plus typique est la crise parentale : Les parents ont de la difficulté à accepter
l'autonomie de leur adolescent.
La crise interne se manifeste par une crise d'opposition aux parents ou aux valeurs des
parents surtout si les parents considèrent l’adolescent comme un enfant. L’adolescent va les
provoquer en choisissant les valeurs inverses.
La crise peut aussi se lire à un niveau parallèle : Certains adolescents font leur crise à l'école
car ils ne peuvent pas l'exprimer à la maison à cause de parents trop négligents ou trop
rigides.
Tout ce qui est vécu comme une menace contre l'indépendance est dangereux. L'agressivité va
donc être un mécanisme de protection : L’adolescent protège son identité vacillante et son
incertitude intérieure en conservant ses parents à distance.
Tout ce qui est vécu à ce moment-là est vécu comme une menace. Pour éviter de prendre
conscience de son conflit intérieur, l’adolescent va le projeter vers l’extérieur. Exemple :

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Développement normal et pathologique de l’adolescent

Critiquer le système scolaire. Il attaque avant d’être fragilisé. Le premier travail du


psychologue est de l’aider à reconnaître sa souffrance.
Le travail éducatif et pédagogique est difficile car l’adulte ne sait pas quelle distance aménager
avec l’adolescent. Il y a des moments d’intimité et de rapprochement et des moments de
rupture et d’éloignement.

c) Le rapport à l’autorité :

Le travail avec toute forme d’autorité est aussi compliqué vu que l’adolescent la revendique et
la refuse à la foisAmbivalence. Il conteste les limites et les provoque en même temps. Il se
frotte aux limites pour voir la réaction de l’autorité. L’autorité est haïe car elle instaure une
relation verticale, de puissance, de l’adulte fort et elle est aimée car elle assure la sécurité.
L’adolescent est déstabilisé par le concept d’influence car il est émotionnellement fragilisé.
Même quand on essaye de le raisonner, il se sent influencé et manipulé.
L’autorité des parents repose sur la légitimité. C’est le caractère indéniable de l’autorité que
les adolescents contestent. En reconnaissant la légitimité de l’autorité, on accepte un système
de valeurs, de traditions, d’attitudes et de normes qui préexiste à l’adolescent, qui le gouverne
et auquel il n’est pas sû r de vouloir appartenir.
L’autorité sert de référent auquel les adolescents se frottent et duquel ils veulent se
départager. A partir du moment où l’adolescent peut négocier avec la figure d’autorité malgré
son appréhension, il intériorise les mécanismes sous-jacents à cette autorité et il peut se
mouvoir à l’intérieur des règles émises tout en restant relativement libre.
Une fois qu’on négocie avec l’autorité, il est plus facile d’intérioriser ses fonctions :
 S’occuper de sa vie sociale et de l’effet des fréquentations sur soi. Surveiller sa
moralité, sa réputation et son image.
 S’occuper de sa santé : Intérêt pour la diététique.
 S’occuper de sa sécurité : Ne pas conduire sans permis, ne pas monter avec celui
qui a bu de l’alcool.
 Connaître ses limites, son pouvoir et ses devoirs. N.B : Le psychologue doit
connaître les lois de son pays.
Les adolescents ont peur de l’autoritarisme. Accepter l’autorité passe par l’expérience d’une
autorité intelligente et intelligible, respectueuse des modèles de l’adolescent. Quand l’adulte
écoute les adolescents de façon authentique et qu’il intègre leur parole dans les projets qu’il a
pour eux, il gagne leur confianceFermeté tolérante et tolérable, rigueur.
BERNATEAU I (1990) Adolescent et séparation, Paris, PUF, p.38 : L’accomplissement de la
séparation est nécessaire et quand il n’est pas possible, celle-ci se lit comme un arrachement.
« La séparation présuppose une unité préexistante et la possibilité de quitter cette unité sans
se trouver amputé d’une partie de soi-même ».
L’enfance est une expérience de perte temporaire de l’objet. Winnicott : L’expérience la plus
structurante pour l’individualisation est la capacité d’être seul en présence de sa mère. On se
sépare grâ ce à l’internalisation de la mère. De même, l’adolescent se sépare de ses objets
internes pour aller vers de nouveaux objets externes.
Chapitre 7 : Les agirs et les passages à l’acte Troubles du comportement,
violence, retrait et tentatives de suicide à l’adolescence.

20
Développement normal et pathologique de l’adolescent

L’élaboration psychique (Freud) est le travail fait par l’appareil psychique et destiné à
maîtriser l’excitation du psychisme dont l’accumulation risque d’être pathogène. Ce travail
consiste à intégrer les excitations et à établir des connexions associatives entre elles.
L’absence d’une élaboration psychique peut entraîner la dérivation directe de l’attention en
symptô mes, la somatisation et le passage à l’acte. Dans la théorie somatique, on parle de
mentalisation (Marty) et non pas d’élaboration.

1) Clinique de l’acte : L’élaboration psychique- La tendance antisociale de


Winnicott.

Le moi à travers des processus de pensée domine l’accès à la mobilité, il est responsable de la
tendance à la décharge. En psychanalyse, le moi n’est pas le seul acteur mais un négociateur,
un compromis entre le ça (agir tout de suite) et le surmoi (différer). Chaque acte est négocié
avec le ça. Le moi fractionne la poussée libidinale qui tend à la décharge, gagnant ainsi une
portion de maîtrise sur la réalité. L’agir est donc un résultat, une fonction liée au moi et
produite à la demande du ça et non pas une volonté.
Le concept de « tendance antisociale » a été utilisé pour les enfants de 8 à 10 ans (fugue,
vol…). C’est la tendance à faire des choses socialement inacceptables.
Le caractère se construit par le phénomène d’intégration, c’est donc la manifestation du
succès de l’intégration. L’absence d’intégration provoque une psychose. Les troubles du
caractère sont une distorsion de la structure du moi, bien que l’adaptation soit maintenue.
Les personnes à tendance antisociale sont celles sont des personnes totales dont le self est
constitué (jusqu’à un certain degré) Signe de santé mentale. Cette tendance naît d’une
privation affective et s’adresse à l’environnement (Société, famille, école…). Cette délinquance
représente la revendication de l’enfant qui recherche un état de choses antérieur, pendant
lequel il n’était pas privé.
L’individu à tendance antisociale poursuit sa vie avec deux fardeaux : 1) La privation affective
et 2) l’espoir qu’il tente de raviver qu’un jour les choses seront comme avant. Chez l’enfant à
tendance antisociale, l’acte est un appel à l’aide, un signe que l’espoir est encore là et qui a
pour but de forcer l’environnement à le soigner.
Le passage à l’acte a pour alternative le désespoirDépression relative et dissociation qui
masquent l’état chaotique et menaçant. L’expérience montre que chez les adolescents
antisociaux, la tendance réapparaît compulsivement dès qu’il y a un investissement d’une
nouvelle relation objectale. L’acte délinquant est donc un appel à l’aide et à la symbolisation
(secondarisation d’un processus qui a l’air primaire).

2) Un équivalent d’acte : Les conduites de retrait

On assiste à des conduites qui masquent les symptô mes névrotiques comme les conduites
suicidaires, l’anorexie, les conduites d’auto-sabotage (…), et qui développent un équivalent
d’acte. Ce sont les conduites de retrait.

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Développement normal et pathologique de l’adolescent

Ce sont des adolescents qui sont dans le désinvestissement, dans le négativisme avec une
dimension de passivité. Les relations objectales sont désinvestiesLassitude, scolarisation et
productions intellectuelles entravées, inhibition du travail fantasmatique…
DiagnosticSymptô mes des adolescents : Se retirer des insertions sociales, refus scolaire
jusqu’à l’enfermement à domicile, rester dans sa chambre avec la même musique…
Il y a un évènement qui déclenche cette rupture du mode de vie. L’adolescent abandonne son
activité favorite, celle qui lui fournissait des satisfactions narcissiques. En parallèle,
l’agressivité par rapport aux parents grandit et la communication se limite.
Ces agirs peuvent avoir un caractère dramatique : L’adolescent devient un tyran et tout ceci
est masqué par l’intellectualisation des parents qui ont tendance à rester compréhensifs un
peu trop longtemps pour éviter de changer les choses et voir surgir un conflit.
Pour éviter les reproches ultérieurs de la part de l’adolescent car ils n’ont pas pu formuler
leurs reproches à leurs propres parents, les parents restent compréhensifs dans le cadre
d’une pseudo-satisfaction mutuelle. Vu que le conflit est intolérable, les parents dénient la
gravité de la situation et ne posent pas de limites pour conserver une image idéale d’eux-
mêmes.
Pour conserver son économie psychique, l’adolescent évite l’environnement au lieu de se
confronter à un vécu de perte et d’aménager la séparation avec les parents. La dimension de
décharge prime sur celle de mise en scène fantasmatique. Le moteur économique de
l’adolescent est la nécessité de constamment contrô ler son espace psychique pour qu’il n’y ait
pas d’intrusion.
Cet adolescent a un fonctionnement mental spécifique : Il a de grandes capacités
intellectuelles, une grande curiosité, une bonne culture mais aussi un manque de fluidité, des
associations pas très maîtrisées et des possibilités restreintes d’utiliser la projection (Jeu
psychique).
Dans cette situation, le préconscient n’assure pas sa fonction de parexcitation; les angoisses
ne sont pas liées et ne sont pas abordables. Ces adolescents ont besoin d’une bonne distance
avec le thérapeute et du sentiment de contrô ler la situation. On recommande des thérapies en
groupe dans ce cas. De plus, une personne auxiliaire peut être le déplacement de la figure
maternelle et protéger le sujet de se confronter à l’objet en question.
Certains ont recours à un objet addictif qui colmate la difficulté et qui efface les
représentations inconscientes. Cet objet rend la souffrance coupée du moi et il est en dehors
de toute critiqueObjet thérapeutique.

3) Recours à la douleur et automutilation :

La remise en question des indentifications à l’adolescence engendre des fragilités du


sentiment d’identité. Certains adolescents s’accrochent au réel pour éviter l’espace psychique
déstabilisé. Certains actes de violence permettent au moi de se ressaisir et le protègent du
risque de débordement en déchargeant les tensions et en mettant à distance l’objet qui
tourmente.
L’identité c’est les limites, la différence par rapport à l’objet et les identifications. La violence
est l’expression d’un débordement dans une situation conflictuelle. Pour comprendre cette
violence, il faut chercher ce qu’elle a de libidinal. Le passage à l’acte est une décharge mais elle
évite au sujet de prendre conscience de sa souffrance.

22
Développement normal et pathologique de l’adolescent

Guillaumin 1985 : Parle de « Conduites traumato tropiques de réalisation de soi par


convocation de la violence du réel par renfort de la constitution du moi et de ses frontières
internes et externes ». Ces conduites révèlent un échec structural de la constitution des
frontières du moi et une défaillance narcissique. Dans ces agirs, la douleur est structurante
(Lacérations, entailles corporelles, scarifications…).
La douleur peut être contenante à condition de ne pas dépasser un certain seuil. Elle recentre
le sujet à l’intérieur de ses frontières et permet un ressaisissement du moi. La douleur comble
la solitude élaborative extrême et le manque de sens. Ces conduites peuvent se faire partout.
Les blessures infligées à soi-même ont un langage énigmatique. Elles mettent le corps à
l’épreuve et l’adolescent cherche à aménager une voie supportable dans un vécu
insupportable. Il y a deux thèses par rapport à ces actes:
 Auto-destructivité relevant des pulsions de mort.
 Acte ayant une fonction positive s’il est bien accompagné, au service de la vie
et de l’affirmation identitaire.
Il faut faire attention aux indicateurs de risque de passage à l’acte. Il ne faut pas passer outre
la valeur communicative de ces agirs. Les adolescents scarificateurs sont souvent prisonniers
dans des traumatismes précoces qui construisent des mécanismes psychiques inopérants
pour supporter l’attaque de la puberté.
Masud Khan : « Le traumatisme cumulatif »Devenir traumatisé à cause de petits
traumatismes. Le moi s’est modifié depuis l’enfance avec l’usage du système défensif (Ex :
Clivage) et s’est fixé sur des modes de fonctionnement et des processus psychiques limités.
En blessant son corps, l’individu crée un statut-quo et reprend le contrô le. Il aura besoin de
longues thérapies pour pouvoir reconstruire son moi différemment.
Maryse Vaillant : Parle de comportements délictueux à fonction ordalique L’adolescent
provoque la loi. Ces comportements sont adressés à l’environnement familial et peuvent être
déplacés vers la société. Certains actes, en tant qu’appel, ne peuvent plus s’adresser à
personnes dans la mesure où l’adolescent adopte des processus de répétition et d’exagération
(mise en danger avec une idée d’invoquer le hasard en jouant avec la mort). L’appétence
traumatologique risque de s’avérer répétitive et compulsive. Ces actes ont un caractère
autodestructeur mais certains ont aussi des bénéfices secondaires dont les adolescents
n’arrivent pas à se départager.
Ces formes extrêmes de l’agir sont des conduites Jeammet : d’auto sabotage qui reflètent
surtout le maintien d’une situation de dépendance de la figure maternelle non résolue. L’agir
est une tentative pour rendre l’entourage et l’objet de souffrance manipulables. Selon
Jeammet, l’évolution du trouble se fait en trois temps :
1. Puberté : On s’engage dans un trouble. Ex : Boulimie/Lacération…
2. Le trouble peut rester silencieux et si le rô le de l’environnement est bon, il peut
perdre ses justificatifs.
3. 18 ans : Séparation de l’école qui ravive la séparation des parents. Le trouble se
manifeste de manière plus grave.
On hospitalise quand l’adolescent n’a plus d’énergie pour trouver des aménagements.

23
Développement normal et pathologique de l’adolescent

4) Les tentatives de suicide :

Lorsque le suicide échoue, une partie de soi sauve l’autre. Le suicide peut venir avec ou sans
appel à l’aide (lettre/téléphone…). L’individu sent qu’il est dans une impasse et qu’il n’a pas
de solution de rechange. La tentative de suicide courcircuite la pensée et ramène l’individu à
un fonctionnement primaire, à un retournement de l’agir contre soi avec des clivages (vouloir
se tuer mais ne pas vouloir mourir).

a) Moment psychotique transitoire (Laufer) :

L’adolescent perd temporairement son lien avec la réalité Epreuve de réalité fragilisée. Les
mécanismes de défense les plus archaïques sont activés (Projection, agressivité,
retournement contre soi…). Il y a aussi une perte de la représentation objective d’une réalité
de mort possible.
Pendant l’acte, on assiste à la dépersonnalisation (pas la volonté de soi qui agit). Après l’acte,
l’adolescent parle comme s’il aurait pu se contrô lerRationalisation et banalisation. Mais la
volonté ne peut pas éviter une tentative de suicide.

b) Le rapport au corps :

Le corps sexuellement mature est une source d’angoisse non maîtrisable ce qui fait que le
suicide est une tentative de détruire le corps sexué pour préserver le corps idéal, prégénital
(paradoxe). C’est une manière de se réapproprier son corps quitte à le détruire. Le corps est
ainsi identifié à un agresseur fantasmatique qui doit être réduit au silence. Tout le mouvement
d’organisation vers une identité sexuelle différenciée, stable, se tait.
La génitalisation mobilise l’inceste ainsi que le parricide/matricide. La notion de mort est
proche et il y a une confusion entre érotisme et destruction.
Cliniquement, l’évaluation doit intervenir dans les moments qui suivent le réveil car l’angoisse
est apaisée et les capacités d’élaboration sont récupérées.
La tentative de suicide intervient au somment d’un grand désarroi. Les suicidants sont
détendus après cette T.S. C’est un moment fructueux d’élaboration avant que se remettent en
place les mécanismes de défense et les interactions avec les parents.

c) Aspect dynamique et relationnel :

L’adolescent est incapable d’élaboration. Il est immobilisé dans un point de vue dynamique
dans sa relation avec l’objet d’amour. Il n’arrive pas à se dégager de ses parents
émotionnellement. C’est un moment compliqué de panique devant une progression
différenciante ou une régression indifférenciante.
Le moi ne peut pas contenir son ambivalence. Il essaye de contrô ler lui-même les choses
(Objet et corps). Avant la T.S. l’adolescent a un sentiment de soumission passive et un
sentiment d’être de mauvaise qualité (troubles de l’image narcissique). Il sent qu’il n’a pas la
possibilité de régler le conflit de manière active. La T.S lui donne surtout une position active.
Le passage à l’acte annule la tension corporelle et psychique douloureuse et procure un
soulagement.

24
Développement normal et pathologique de l’adolescent

La T.S. répond à une haine inconsciente du corps pubère qui peut invalider la
masculinisation/féminisation de l’adolescent. La mort répond ainsi à un fantasme
d’autopunition bien méritée.
Le suicidant a la conviction que l’avenir ne lui réserve aucun espoir de plaisir. Il a
inconsciemment renoncé à l’espoir. La prise de conscience de la capacité de mettre en acte les
idées suicidaires constitue une force, une arme secrète à laquelle on peut recourir pour
mettre fin à la souffrance et augmente le seuil de tolérance.
Du point de vue relationnel, les capacités relationnelles du suicidant sont souvent altérées par
la crainte d’être rejeté, abandonné. Il est dans une défense par retournement, par projection
et situe les choses à l’extérieur au lieu de les vivre lui-même. En se suicidant, il fait vivre le
sentiment douloureux de séparation à l’autre.
Les adolescents à risque de récidive sont ceux qui n’ont pas de culpabilité consciente à l’égard
des autres et ceux qui ont détruit tout le monde et toutes les bonnes parties d’eux-mêmes
(Axe relationnel et narcissique). L’adolescent sent qu’il lui est impossible de recourir à
quelqu’un et même s’il a recours à une aide, il la vit comme une consécration de sa défaillance.
Historisation de la T.S : Moments et évènements qui représentent sur le plan de la réalité
interne la confirmation de l’échec des efforts pour se libérer de la dépendance. Il n’y a pas
d’implication causale mais des faits redondants par rapport au vécu intérieur. Il y a donc des
facteurs externes cumulés à une dynamique interne.
Dans un premier temps de thérapie, on authentifie la souffrance psychique de l’adolescent et
on l’aide à se la réapproprier pour ensuite pouvoir commencer un projet thérapeutique.

Chapitre 8 : Anorexie-Boulimie : Travailler avec le psychiatre et le


nutritionniste

Les troubles des conduites alimentaires sont très fréquents. Ils peuvent provoquer des
perturbations pondérales ou passer inaperçus. Dans certaines situations, ils peuvent même ne
pas être considérés comme des symptô mes.

Causes :
 Changement hormonal.
 Dimension régressive orale : S’auto-apaiser en mangeant.
 Qualité personnalisée de la nourriture : Delivery pour se sentir autonome.
 Peter Bloss : Faim d’objet pour satisfaire sa quête identitaire, caractère
métaphoriqueNouvel objet d’amour.

On retrouve beaucoup de comportements instables, de changements et de manœuvres dans la


nourriture des adolescents (arrêter le glutène, manger bio…) et des perturbations qualitatives
ou quantitatives :
1. Binge-eating : Sensation impérieuse de faim, manger beaucoup et très vite d’un seul
coup. Certaines filles associent le binge-eating à la période prémenstruelle. C’est un
besoin d’incorporation suivi d’une tentative de contrô le.
2. Hyperphagie : Habitude familiale. Le petit-déjeuner est réduit et on retrouve au moins
4 repas importants en plus d’autres moments de nourriture. On n’éprouve pas de
satiété et la nourriture a une dimension visuelle (regard) dans la mesure où on mange

25
Développement normal et pathologique de l’adolescent

car on voit de la nourriture. L’hyperphagie est dangereuse quand elle est associée à la
solitude et à l’inaction.
3. Régime : Habituel pour les adolescents avec pour but d’avoir ou de garder la ligne. Il y
a une pression sociale à faire un régime. Il s’agit du maintien, de l’augmentation ou de
la diminution de certains aliments en sachant qu’il peut être hypercalorique ou
hypocalorique. Parfois, on exclut des éléments pour leur valeur symbolique
(Viande/Jeun). On retrouve aussi le dégoû t électif de certains aliments qui peut être dû
à l’esthétique du plat ou à un conflit névrotique (détester ce que les parents aiment le
plus).

N.B : Il faut s’inquiéter lorsque l’adolescent pense que certains aliments ont des
conséquences délirantes et irrationnelles sur lui (ne manger de la nourriture verte) et
lorsqu’il éprouve une agressivité face à ce que les parents mangent.

4. Manger et vomir, prendre des médicaments coupe-appétit, des laxatifs…

Anorexie :

On retrouve deux termes « anorexie ». Le terme «anorexie » présent sur les médicaments
désigne une perte d’appétit, tandis que la maladie « anorexie » renvoie à une anorexie
mentale. Il s’agit des effets des représentations mentales et des conflits psychiques sur
l’appétit.
Dans les années 80, l’anorexie est devenue un syndrome spécifique. Elle est rigide et on y a
cherché des sources médicales et génétiques. Elle a une gravité évolutive et on en meurt
autant qu’on meurt des accidents de voiture. Elle commence entre 14 et 17 ans avec
prévalence des femmes (97%).
La triade symptomatique est la suivante : Anorexie, amaigrissement et aménorrhée. Une
personne anorexique ne va pas chez le médecin car elle maigrit Caractère impressionnant
du déni. C’est une conduite de restriction alimentaire justifiée par un régime. Elle comporte 3
phases :
1. Phase du début : Régime.
2. Phase d’état : Anorexique.
3. Phase de résolution.
L’anorexique a recours à des stratégies (manger sans avaler en prenant les fibres, manger et
vomir) et a la hantise de grossier même si elle est très mince.
L’aménorrhée est l’arrêt des règles. Elle peut être primaire ou secondaire et elle est due à la
dénutrition et à l’importance de l’exercice physique. On parle d’aménorrhée quand il y a
interruption de 3 mois de règles.
L’effort fait pour rester actif parasite les activités de penséeDésaffectation du corps de
l’adolescent. On retrouve un surinvestissement de l’intellectuel et sur le plan relationnel, la
maigreur appelle les parents à culpabiliser. Ils essayent de nourrir l’adolescente mais elle
refuseLien de dépendance coupable. L’agressivité diminue dans la relation mère-
adolescente et les tentatives de séduction et de connivence (sans sexualisation) dominent la
relation père-adolescente.

26
Développement normal et pathologique de l’adolescent

Rapport au corps réel : Corps objet d’une haine, d’une dépréciation, perception paranoïde du
corps, mécanismes dysmorphologiques, peur des transformations morphologiquesCorps
menaçant. Le corps souhaité par contre, est objet d’une idéalisation mégalomaniaque.

Hypothèses :

Hypothèse ontogénétique (en rapport avec le développement) :


1. Annie BIREAUX : « Est anorexique l’enfant qui n’a pas été investie comme une
future femme ». Selon elle, l’anorexie est une pathologie liée aux objets internes.
C’est une difficulté de se séparer de sa mère interne pour avoir accès à son identité
sexuelle. Le corps de la jeune fille, contenant la mère interne, devient persécuteur.
L’anorexie serait donc une manière d’affamer cet objet interne.
2. L’alimentation est la première forme de relation mère-bébé Par l’alimentation le
bébé construit son rapport à son corps et le contrô le qu’il peut avoir sur son corps.
L’enfant anorexique n’a pas distingué ses sensations corporelles de sa
mèrePathologie de l’autonomisation. Ce sont donc des petites filles qui ont été
tout au long de leur pré-puberté, des modèles pour leurs parents, qui n’ont pas
accomplis l’autonomie à l’adolescence (identification/individuation) à cause d’un
problème lors de la première individuation (sortie de la fusion avec la mère à 8
mois : Angoisse de l’étranger). Face à l’incapacité à déchiffrer les nouveaux signes
du corps, l’adolescente essaye d’avoir recours aux réponses inadaptées de sa petite
enfance, dans lesquelles il y avait déjà des confusions. Elle contrô le la faim comme
pour contrô ler le désir sexuel naissant. Les conflits psychiques sont déplacés à la
fonction alimentaire et l’inhibition que la jeune fille ressent par rapport à la
sexualité naissante, entraîne des conduites anorexiques.

Théorie du faux-self :
Avoir une soumission comportementale aux désirs des autres. Enfant modèleIndice de
fragilité par rapport à ce qui va se passer à l’adolescence. L’adolescente devient
tyrannique et fait souffrir son environnement en le soumettant à ses propres désirs à
cause de ses problèmes d’alimentation. L’anorexie serait donc une rébellion passive, une
opposition indirecte, une contestation du statut-quo. C’est d’ailleurs une des causes pour
lesquelles on sépare l’adolescente de ses parents.

Hypothèse-Traumatisme :
Traumatismes pour l’enfant qui ne sont pas de vrais traumatismes pour nous en tant que
psychologues. Ces traumatismes dénoncent le mythe familial dans lequel la famille vie et
qui est une absence de conflit. Ex : Traumatisme quand le chat meurt (ChatMère
interne). Approche familiale : Lecture systémique, famille sans histoire. Quand les familles
décrivent leur dynamique familiale, ils décrivent surtout le comportemental et très peu de
psychique. La famille se considère parfaite et refuse l’intrusion, pour cela on voit les
parents avec un autre groupe de parentsDéni.

27
Développement normal et pathologique de l’adolescent

Boulimie :

Conduite alimentaire pathologique caractérisée par une hyperphagie solitaire à la suite d’une
faim impérieuse qui ne peut être calmée malgré la consommation ou l’ingestion massive
d’éléments.

Phases :

 Phase 1 : Adolescente prend la nourriture en solitaire dans la honte d’une manière plus
ou moins impulsive sans plaisir avec un sentiment de perte de contrô le et de démesure
(quand une crise boulimique est liée à d’autres éléments, elle devient pathologique). Le
comportement paroxystique est précédé d’un malaise, d’une tension et la crise
boulimique consiste à consommer plusieurs éléments calorifiques (Beurre/Sucre)
qu’elle n’a pas l’habitude de consommer.
Il s’agit d’une perte de contrô le de l’appétit qui rentre dans le cadre des addictions chez
certains auteurs, le fait de manger considéré comme une décharge dépressive, une
manière d’éviter de penser. La fin de la crise est souvent liée à un élément extérieur
(Intrusion d’un tiers/Il n’y a plus quelquechose à manger) alors que la fille sentait un
soulagement quand elle mangeait.
 Phase 2 : Moment de dysphorie, de panique, de honte, d’humiliation, de remords. La
boulimique sent qu’elle a quelquechose de pathologique. Elle a conscience des
douleurs abdominales, des nausées, du malaise, de l’étouffement… Dans les cas les plus
fréquents de la boulimie (Boulimie compulsive normo-pondérale), l’adolescente tente
d’oublier ou d’annuler cette crise (Vomir, médicaments : diurétiques et laxatifs,
torpeur, sommeil, diète).

Critères de différenciation entre personne boulimique et personne qui a une crise boulimique:

1. Survenue récurrente de la crise avec des intensités et des fréquences progressives ou


variables et en relation avec des choses scolaires, émotionnelles…
2. Crises rapides en moins de deux heures (40008000 calories).
3. Sentiment de perte de contrô le durant les crises.
4. Comportement compensatoire inapproprié et récurrent.
5. Crise doit avoir lieu au moins deux fois par semaine pendant 3 mois.
6. Estime de soi influencée par le poids : Même quand le poids est normal, il y a une
autodépréciation.
7. Yeux rouges et poches sous les yeux si on vomit trop.
8. Trouble ne survient pas pendant les périodes d’anorexie.

Bernard Brusset : « Chez la boulimique il y a une quête d’une jouissance impossible, d’une
souffrance, d’une maladie… D’abord acceptée sinon choisie et voulue, cette conduite répétée
devient source d’angoisse et cause d’aliénation : Le sujet se sent contraint à des actes qui le
dessaisissent de lui-même. »Perversion des pulsions d’autoconservation, acte de jouissance,
pathologie de l’excès, de la dépendance.

28
Développement normal et pathologique de l’adolescent

Un autre auteur a lié la boulimie à l’obsession, à l’idée de se retenir, addiction boulimique,


comportement envahissant, aliénant, autodestructeur, pression tout au long de la journée et
sentiment de craquer.

Signes cliniques :

Gonflement de la mâ choire, veines qui éclatent au niveau des yeux, le corps est le seul
problème, troubles du comportement alimentaire, concentrent toute leur énergie sur le
physique sans laisser de place au fonctionnement psychique. Mais si on leur permet de parler
de leur registre émotionnel, de leurs attentes, de leur manque d’affection, on remarque qu’ils
sont confrontés à une image qu’ils n’atteignent jamais. Leur personnalité est rapprochée aux
personnalités borderlineDSM IV : Impulsivité marquée, instabilité des relations
interpersonnelles, de l’image de soi et des affects.

Approche liée à la perception :

Distorsion majeure de la perception et souffrance continue :


1. Pensée distordue par rapport à l’alimentation et à l’image de soi.
2. Culpabilité rapidement éprouvée. C’est un élément prégnant.
3. Besoin de contrô ler son alimentation alors qu’il faut contrô ler sa fragilité face aux
émotions.
4. Entretenir une sensation de contrô le qui s’associe aux mensonges par rapport aux
comportements boulimiques.
5. Dépression : Humeur balance, motivation diminue, volet désespoir et volet anxiété se
juxtaposent, panique, claustrophobie, solitude.
6. Corps : Céphalées dues à la culpabilité et à la dépression ou à la déshydratation,
variation de la tension artérielle surtout si on vomit trop ou si on utilise des laxatifs. Au
niveau de l’image de soi on retrouve la détérioration des dents, des calcifications, des
os… On se sent vieux, laid, fragile…
7. Estime de soi : Plein de distorsions Image de soi médiocre, personnes idéalistes loin
de leur objectif, besoin d’affection comblé par la nourriture.

Point de vue psychanalytique :

La boulimique évite la sexualité génitale en érotisant ses conduites alimentaires. Elle


vit un conflit pulsionnel masqué par un double mouvement : Mouvement de
déplacement sur l’oralité qui est conflictualisée (dégoû t, inhibition, refoulement) et
mouvement de réactivation d’un érotisme anal (surinvestissement de la maîtrise,
relation de manipulation des objets, pensée obsédante, vérification et rituels).
La boulimique se rapproche de la structure préœdipienne, elle paraît réaliser un
fantasme de nourrisson : ne pas vouloir lâ cher le sein. C’est comme si elle n’a pas les
ressources narcissiques qui permettent d’introjecter le sein, la mèrePas de
symbolisation, échec des processus d’intériorisation dans les premières relations
mère-bébé.
La boulimique ne se sent plus exister à l’adolescence, comme si elle avait raté une
étape de croissance affective qui apporte l’autonomie et la confiance en soi. Pour éviter

29
Développement normal et pathologique de l’adolescent

le débordement dû au vécu de vide et qui risque de provoquer un trauma psychique,


elle se tourne vers la nourriture.

Chapitre 9 : La dépression à l’adolescence

La dépression est un terme descriptif utilisé en psychopathologie (Voir DSMV cours de Hana
Azar). Les éléments de la dépression adulte prennent d’autres formes chez l’adolescent dans
la mesure où celui-ci n’a pas le masque dépressif. L’adolescent ne se plaint pas mais sa
dépression se dit par des troubles somatiques et de l’hypersomnie. Mais il est en « déni » face
à la dépression et ses parents ont du mal à l’imaginer dépressif. On retrouve des moments où
tout se passe très bien, ce qui rend le diagnostic difficile.

Les signes psychologiques apparaissent chez l’adolescent par éléments invoqués ou par
sollicitation :
 Humeur dépressive, tristesse et désintérêt sont décelables par la provocation ou par
l’implicite de ce qui est dit. Certains adolescents expriment leur attitude par la
négation ou bien en s’intéressant à une activité passive.
 Ces signes peuvent avoir comme conséquence un retrait social et une inhibition
affective avec des colères et des impulsivités quand on se rapproche de lui.
 On retrouve aussi les éléments physiques : Fatigue, perte d’énergie, manque d’appétit,
troubles du sommeil.
 Au niveau du self-esteem on retrouve l’auto-dévalorisation, l’auto-flagellation ou un
sentiment d’indignité par rapport aux parents, aux relations, aux résultats scolaires…
 Les pensées de mort varient de « A quoi ça sert de vivre »questionnement existentiel
normal chez l’adolescent jusqu’à « Je veux finir de ma vie » avec passage à l’acte.
 Angoisse et anxiété qui peuvent ne pas être présentes.

Concepts spécifiques :

Dépression masquée :
On est dans l’idée de donner des antidépresseurs pour n’importe quel passage à l’acte. C’est
un concept bateau car il empêche d’être spécifique dans la thérapie et car il met tous les
adolescents dans le cadre de la dépression masquée : Dépressivité normale,
adolescenteDépression majeure.
L’affectivité dépressive est normale chez l’adolescent parce que les processus
d’adolescence et les éléments psychodynamiques mobilisés entraînent des émotions
parfois négatives. Cette dépressivité nécessaire à l’adolescence peut être accompagnée
mais elle peut aussi être juste observée, monitorée.
L’élaboration de la position dépressive est un élément important de l’adolescence et
certaines manifestations comportementales de l’adolescent peuvent n’être qu’une lutte
intérieure contre la dépressivité. L’accompagnement de l’adolescent devrait lui permettre
l’élaboration de cette dépressivité et non pas sa disparition.
L’humeur dépressive est à l’adolescence un état intermittent qui n’est pas la tristesse du
déprimé. C’est un moment de repos pour mieux repartir et pour enclencher un mécanisme
de dégagement, de séparation. C’est le signe qu’une transformation intérieure est en train

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Développement normal et pathologique de l’adolescent

de s’accomplir. Elle dure 3 ou 4 jours et remobilise les énergies bloquées et peut être le
tremplin nécessaire vers un mouvement progrédient. Il faut faire attention quand elle
touche au self-esteem. Tant que les possibilités dynamiques et l’investissement de plaisir
persistent, le pronostic reste positif.

Ennuie et morosité :
Sont souvent confondus chez l’adolescent. L’ennuie est une forme de monotonie,
d’inhibition des affects, de la motricité et de l’intellectuel. L’ennuie peut être un mécanisme
de défense en thérapie mais il peut être aussi productif car il permet la créativité. Il révèle
la mise à distance des objets internes, c’est une sorte d’écran aux conflits internes et aux
fantasmes angoissants. A cô té de l’ennuie, on retrouve la morosité. C’est le refus d’investir
le monde des objets P. Male « Psychothérapie de l’adolescent » : « Monde vide, rien
d’intéressant ». L’adolescent morose conserve son énergie, il n’est pas déprimé. Dans la
psychose, on retrouve l’incapacité d’investir le monde des objets. Quand les patients
parlent de théories, il faut faire des recherches sur ces théories.

Le syndrome de menace dépressive ou crise anxio-dépressive, Braconnier.


Quand l’anxiété masque la dépressionPeur d’être triste, appréhension de l’avenir,
palpitations, sueurs, sentiment de catastrophe face à un fléchissement scolaire, anticipation
de l’échec et crainte de ne pas réussir, autocritique massive et incapacité de rationnaliser.
Ces crises peuvent s’associer à la boulimie.

Dans la dépression il y a des variantes :

1. Dépression d’infériorité : La problématique narcissique par rapport aux exigences


idéales est la plus prégnante. Estime de soi touché.
2. Dépression d’abandon : Chez les adolescents qui ont beaucoup d’acting (acting de
séparation traumatique).
3. Dépression mélancolique : Retrouvée dans la bipolarité, la plus grave par rapport à
la perte d’objet. Au lieu d’élaborer la perte, on incorpore l’objet et on continue à le
faire vivre.

Chapitre 10 : L’addiction

Introduction :

Dans l’addiction il y a le sentiment d’être enchaîné à l’objet alors que dans la toxicomanie il
y a un jugement porté sur la personne « prendre l’objet par manie, envie de se faire mal ».
On peut être « addict » à quelquechose qui n’est pas toxique. L’objet addictif est un objet
idéalisé investi de qualités bénéfiques et une promesse de plaisir et d’espoir (rendre les
difficultés supportables). Il donne sens à la vie, atténue le sentiment d’angoisse et de mort
interne, décharge la tension psychique, permet d’échapper à la douleur mentale et à un
éprouvé affectif. C’est une tentative de se soigner ayant une logique infantileSolution
psychosomatique à un conflit psychique.

31
Développement normal et pathologique de l’adolescent

Joyce Mc Dougall- Eros 1001 visages, Néo besoins et solutions addictives: L’objet peut être
l’alcool, la cigarette mais aussi la nourriture, les médicaments et les narcoleptiques.

La genèse d’après Mc Dougall :

On a recours à l’addiction parce que les représentations parentales soignantes internes


manquent. Le sujet est incapable de s’auto-assurer par identification des fonctions
paternelles et maternelles dans les moments de tension (Cf. Fonction pare-excitatrice).
La notion de solution addictive peut avoir été créée depuis longtemps, même chez l’enfant.
L’enfant n’acquiert pas la capacité d’être seul, mais il s’attache à sa mère de façon addictive
sans développer son « self » autonome. Il se conforme aux attentes de sa mère, à ses désirs
et à ses projectionsRelation addictive avec la mère.
Lorsque le bébé colmate des manques dans le monde interne de la mère, se développe une
relation de gratification réciproque. On est dans une nouvelle forme de fusion : La fusion de
satisfaction.
Les phénomènes transitionnels (Winnicott) sont affectés dans la mesure où l’enfant a peur
d’avoir recours à ses propres ressources psychiques pour gérer ses douleurs et ses
excitations affectives.
L’importance du père ou du tiers (pression sociale normative) : La meilleure garantie
réside dans des parents qui s’aiment et qui se désirent. Ceci empêche l’enfant de devenir le
prolongement narcissique de la mère. Lorsque les représentations parentales manquent,
l’enfant cherche dans le monde externe un substitut à l’objet transitionnel ou au tiers
parental. Les objets addictifs ont cette fonction, ils résolvent momentanément la tension
affective, atténuent l’expérience débordante (pulsionnelle, sexuelle), évitent les sentiments
défendus et dangereux mais aussi la culpabilité et la tristesse. Ils dispensent aussi la colère.

A quoi servent les addictions ?

Les addictions servent à défendre les aspects névrotiques et à fuir devant les angoisses
psychotiques inconscientes (angoisse de liquéfaction, de morcellement, d’anéantissement,
du vide, d’éclater dans tous les sens).
L’objet d’addiction ne peut pas combler le manque des objets internes et par conséquent la
compulsivité dépend de l’étendue des vides à colmater et des états psychiques à combattre.
L’enfant en détresse caché dans l’adulte addictif est persuadé qu’il ne souffrira plus jamais
de ce sentiment d’abandon parce qu’il croit avoir un pouvoir sur son objet addictif. Il a
l’impression d’exercer un contrô le omnipotent sur l’objet d’addiction, de substitution.
L’addiction n’est pas seulement un comportement ou un objet mais un rapport qu’établit le
patient avec ce comportement ou avec cet objet. Les personnalités addictives tentent de
relever trois défis et de régler les comptes avec le passé :
1. Défi de la mère interne : La personne addictive dit à cet objet que c’est elle qui le
contrô le.
2. Défi du père interne : Que l’individu veut désavouer, c’est aussi un défi contre
l’autorité. Il y a une attitude provocatrice.
3. Défi contre la mort : Rejoint la position de contrô le et de toute-puissance. Lié au
sentiment de mort interne qu’on veut faire taire. Dans le discours des addictifs :
« Qu’est-ce que ça peut me faire ? ».

32
Développement normal et pathologique de l’adolescent

Lorsque le patient commence à comprendre son intolérance à la tension affective et qu’il


commence à faire une nuance entre l’angoisse et la dépression en thérapie, il construira
progressivement des défenses psychiques plutô t qu’addictives qui lui permettront de
contenir des blessures narcissiques passées ou dues aux relations amoureuses et sexuelles.

Concept d’addiction selon Goodman :

 Impossibilité de résister aux impulsions, à réaliser le comportement.


 Sensation croissante de tension précédant immédiatement le début du
comportement.
 Plaisir, soulagement et sensation de perte de contrô le pendant la durée.

Mais aussi 5/9 des critères suivants :

 Préoccupation fréquente au sujet de ce comportement.


 Intensité et durée des épisodes plus importante que souhaitée initialement.
 Tentative répétée pour réduire, contrô ler ou abandonner le comportement.
 Temps important à préparer les épisodes, à les entreprendre ou à s’en remettre.
 Survenue fréquente des épisodes quand le sujet doit accomplir des obligations.
 Activité sociale, professionnelle ou récréative sacrifiée du fait du comportement.
 Perpétuation du comportement bien que le sujet sache que ça lui cause un problème
relationnel, social, financier, physique…
 Tolérance marquée, besoin d’augmenter l’intensité ou la fréquence pour obtenir
l’effet désiré ou diminution de l’effet procuré.
 Agitation ou irritabilité en cas d’impossibilité à s’adonner au comportement.

Ces éléments doivent avoir duré plus qu’un mois et doivent s’être répétés pendant une
période plus longue.

Différentes addictions :

1. Addiction aux substances psychoactives : Différencier l’addiction de la prise


transitoire. Il y a des prises de drogue sociales, sans addiction ni assiduité. Beaucoup
d’adolescents essayent les drogues mais pas tous les adolescents deviennent
« addict » et peu de parents se rappellent qu’ils ont un jour essayé des drogues.
2. Addiction au tabac et à l’alcool : Il n’y a pas un alcoolisme mais des alcoolismes. Il
faut distinguer 1) Les conduites paroxystiquesComa éthylique dû à une très
grande consommation d’alcool et accompagné d’un risque de mort en sachant qu’on
peut continuer à boire même après avoir perdu tout contact avec la réalité et
2) L’alcoolisation chronique, plus au moins fréquente.
3. Jeu pathologique : Deux formes de jeu 1) Aller au casino et jouer avec de l’argent et
2) Jouer aux jeux vidéo. Le fait d’arrêter le jeu crée des sentiments de grande
frustration et des crises de manque (agitation, irritabilité).
4. Boulimie : On retrouve les caractéristiques de Goodman dans la majorité des cas de
boulimie (Crises récurrentes, Incapacité d’arrêter)

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Développement normal et pathologique de l’adolescent

5. Addiction aux achats : Acte d’acheter est une source de plaisir et non pas l’objet
acheté. Personnes qui font des achats compulsifs.
6. Addiction aux tentatives de suicide : Certains adolescents découvrent dans la
tentative de suicide une dynamique familiale transformée (Attention croissante,
sentiment d’être entouré, soins…) et un état de conscience changé (Apaisement,
moins de frustration). Les suicidants décrivent un état de bien-être, de soulagement
après la T.S, ce qui fait qu’ils vont épisodiquement y recourir pour retrouver cet état.
7. Addiction aux conduites à risque : Recherche continue des situations à risque.
Plaisir de contrô ler son destin, sa vie et sa mort.
8. Addiction à autrui : Un être humain peut servir d’objet d’addiction. Autrui devient
un objet de besoin narcissique, une manière d’alléger les angoisses intolérables avec
une demande intarissable d’attention et d’affection liée à une relation de
dépendance infantile pathologique. Ces personnes addictives sont tellement
anxieuses quand elles sont seules, qu’elles deviennent insomniaques. Recherche de
bruits extérieurs, d’évènements… Empêchent les autres personnes d’être seules ou
de dormir.
9. Sexualité addictive ou compulsive : Non seulement l’autre est un objet, mais il est
aussi un objet de besoin ≠ objet de désir. La relation anaclitique, addictive marque
une défaillance dans le processus d’auto-apaisement. La relation sexuelle n’est plus
constituée sur le mode de recherche du désir ou de communion avec autrui mais elle
a pour rô le d’empêcher la désagrégation de l’image narcissique. L’acte sexuel est
destiné à protéger l’image de soi ou bien d’une rage infantile ou bien des objets
internes de destruction (vécu de castration pour le garçon, image châ trée de soi
pour la fille)Mort libidinale. Les partenaires jouent souvent à leur insu le rô le de
colmater une identité sexuelle fragilisée. Il y a une double visée narcissique ≠
relationnelle : On veut réparer son image et maintenir l’illusion d’un contrô le
omnipotent. Mc Dougall : « Quand le désir sexuel suscite la terreur, le manque d’objets
internes sécurisants laisse un espace vide pour ainsi dire qui peut favoriser la création
d’une solution sexuelle addictive pour pallier toute expérience douloureuse ».

Chapitre 11 : Le refus scolaire

Plusieurs enjeux :
1. La 6ème engendre un désordre. Exemple : Plus de prof principal.
2. Le brevet crée des angoisses chez les enfants et chez leurs parents.
3. Orientation professionnelle : Conflit interpersonnel entre parents et ado.
S’ajoute à cela qu’à l’adolescence il y a de nouveaux intérêts qui risquent de complexifier
l’attitude de l’élève face aux études : Flirter, séduire… De plus, on retrouve la sexualisation
des liens et la recherche d’un rapport horizontal avec l’autorité.
L’investissement du scolaire peut être problématique et la motivation pour aller à l’école
ambivalente avec une différence au niveau des écoles. L’adolescent est capable de se
comparer à ses amis et son image de lui-même est touchée par les résultats scolaires.
Certaines écoles donnent des modalités d’expression aux élèves par d’autres voies que les
résultats scolaires.

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Développement normal et pathologique de l’adolescent

Il faut investiguer la place de la scolarité dans l’idéal des parents c-à -d combien eux-mêmes
ont investi la scolarité car un ado qui fait sa crise va s’attaquer aux valeurs des parents
pour s’autonomiser. Certains ados détruisent donc leur profil scolaire. Il faut questionner
l’historique scolaire de l’ado et ses modalités de travail. Certains ados n’arrivent pas à
étudier seuls ce qui engendre une dépendance cognitive qui fait naître une dépendance
affective.
Il faut vérifier la place de l’autonomie dans le travail scolaire de l’adolescent. Plus l’enfant a
appris tô t à être autonome, moins il fera de crise au niveau du scolaire.
Il faut connaître les exigences d’excellence à l’école. Si l’école se trompe, quelqu’un doit
oser le dire pour améliorer le self-esteem de l’adolescent.
Au niveau des modèles, ce n’est pas « cool » d’étudier. Certains adolescents échouent sur le
plan scolaire pour mieux s’intégrer et pour être perçu comme « bien » par les « moins
biens ». Le délégué de classe dans les petites classes est celui qui a le plus de popularité
tandis que dans les grandes classes le délégué est celui qui fait preuve de responsabilité.
Cette transformation dans les valeurs des élèves est très importante à observer. Le délégué
est un indicateur des valeurs des enfants-adolescents.
Le poids de la revendication d’indépendance, de la révolte est important car il y a des
adolescents qui l’expriment à l’école.

3 formes de difficultés à l’adolescence :

1. Difficultés de l’enfance qui se perpétuent à l’adolescence : Disharmonie Parties de


l’intelligence développées plus que d’autres (langage plus que motricité), troubles
instrumentaux… Il faut faire un bilan intellectuel pour connaître les points forts et
les points faibles et orienter la personne vers un cursus adapté. Normalement, le
bilan intellectuel se fait après 11 ans car la pensée formelle doit être bien
développée. On peut aussi évaluer les compétences psychomotrices (s’organiser,
planifier, pensée divergente, recherche de solutions) et faire un bilan
orthophonique.
2. Difficultés scolaires transitoires : Echec, fléchissement ou problème ponctuel. Il faut
faire des thérapies de self-esteem ou des thérapies affectives. Il y a des adolescents
qui vont d’un coup surinvestir le scolaire. C’est un signe qu’ils ont tout laissé tomber
pour étudier. Ceci est souvent lié à la sexualisation.
3. Difficultés scolaires durables: Echecs qui émergent à l’adolescence et qui peuvent
continuer et se compliquer. Parfois, le processus même de l’adolescence est arrêté
Tentatives de suicide, dépression, automutilation, phobies liées aux examens….

En entretien clinique il faut connaître : Classe, pédagogie scolaire, système scolaire,


continuité du système scolaire, quantité de travail donnée à la maison, élève passif ou actif,
moment de l’éclosion des difficultés, difficultés relationnelles ou pas.

Texte fait partie intégrante du cours.

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Développement normal et pathologique de l’adolescent

Partie technique :

Les entretiens d’évaluation :

Prise de contact :

L’adolescent prend rarement rendez-vous lui-même. S’il le fait c’est déjà un indicateur de
séparation ou de négligence. Il vient souvent accompagné. Une institution ne peut pas
prendre rendez-vous pour l’adolescent sans l’autorisation des parents. Le coup de
téléphone est important car on nous dit certaines choses (pourquoi on vient) et car il
contribue à l’établissement de la relation.

But du premier entretien :

 Regrouper des données pour essayer de comprendre ce qui se passe.


 Commencer à traiter dès le premier entretien.
 Entrer en contact et avoir une relation de confiance d’une part avec les parents et
d’autre part avec l’adolescent. Il faut faire en sorte que parents et adolescent aient
envie de revenir.
 Examiner la demande. Exemple : Prouver que le divorce perturbe l’enfant, bilan
demandé par l’école….
 Examiner le fonctionnement du patient c-à -d s’il peut être pris en thérapie ou pas.
Exemple : Toxicomane qui risque de se droguer à cause des séances. Il faut aussi
examiner ses ressources et ses capacités à fonctionner psychiquement, à se remettre
en question, à reconnaître ses émotions et à gérer les frustrations pour construire la
modalité de soin la plus adaptée à son fonctionnement.
 Ecouter la dynamique familiale à partir du verbal et du méta-verbal.

Ces entretiens d’évaluation se font sur 2 à 3 fois si l’adolescent est réticent. Il y a un


moment avec les parents plus ou moins long. A la fin de l’entretien d’évaluation, on fixe le
cadre et le nombre de séances nécessaires ainsi que les bilans qu’il faut faire. Les tests
doivent être utilisés pour le bien du patient, ils peuvent faciliter la relation. Il faut veiller à
ne les faire qu’après avoir établi une relation de confiance. L’adolescent ne doit pas vivre le
thérapeute comme un examinateur. On l’utilise pour l’intérêt du patient et non pas pour
sa curiosité personnelle. On respecte les mécanismes de défense du patient et sa
structure (obsessionnel, hystérique…). On tente de relancer des problématiques anciennes
pour voir leur influence sur le vécu actuel. Les relances ne sont pas tout le temps de
question, elles peuvent être des hypothèses qui permettent au patient de dire « oui » ou
« non ». Les questions doivent être neutres. Les tests projectifs permettent la prise de
conscience des modalités défensives du patient ainsi que de sa structure quand on est face
à un diagnostic différentiel. Les premiers entretiens permettent aussi d’avoir un tracé
d’anamnèse et de l’histoire du symptô me.

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Développement normal et pathologique de l’adolescent

Diagnostic :

 Faire un diagnostic à l’adolescence est une entreprise malaisée car elle va à


l’encontre d’une conception mouvante de l’adolescence. Il est préférable de faire des
hypothèses de fonctionnement et de travail qui permettent d’établir des stratégies
thérapeutiques. Les personnes à qui on lance le diagnostic risquent de faire des
recherches et de compliquer la relation avec l’adolescent. De plus, l’adolescent
risque de s’identifier au diagnostic pour faire plaisir au thérapeute.
 L’adolescence est un processus temporel et les choses peuvent changer d’une séance
à une autre. Certains adolescents changent de symptô mes (passage à l’acte
délinquant puis séducteur). Il faut faire une investigation et relier tout ceci au
fonctionnement familial.
 Il faut connaître les différentes techniques afin de les proposer (art-thérapie,
psychodrame, ergothérapie, psychothérapie) et faire le relais vers une formation
ultérieure.

Les entretiens d’évaluation en soi peuvent être thérapeutiques.

Difficultés liées à la clinique des adolescents :

 La communication et la capacité d’élaboration.


 La notion de durée et de temporalité.
 L’idée de maintenir une relation et de construire un projet.
 Il faut être rigoureux sans être rigide.
 Avec les adolescents la technique est fluctuante. Le thérapeute est en mouvance
continue.
 Le caractère d’urgence des symptô mes. On prend parfois des positions
thérapeutiques sans être réconfortés.
 Les modalités défensives multiples coexistent et se succèdent.

Difficultés du cô té des parents :

 Le thérapeute se trouve en situation inconfortable lorsque ce qui préoccupe les


parents n’est pas ce qui le préoccupe à lui. L’adolescent peut être là car il est en
échec massif mais il peut aussi révéler d’autres problèmes.
 La difficulté de conserver le secret des entretiens et l’établissement d’un cadre avec
un secret professionnel.

Difficultés dans la relation :

 La relation au thérapeute et son maintien d’une part car l’adolescent le place dans
une place de « supposé savoir » et d’autre part car l’adolescent prend lui-même une
position de « dévaloriser tout savoir » (exemple : toxicomane) ou de « détenteur de
tout savoir » Adolescent inaccessible. L’adolescent doit être accompagné pour
faire le deuil de l’idée de trouver des adultes qui peuvent le comprendre.

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Développement normal et pathologique de l’adolescent

 Le thérapeute doit accepter d’être rejeté. C’est un travail de fin de thérapie, c’est une
conduite structurante, d’éloignement. Chez les adolescents elle est plus accrue.
 Le risque d’être comme un maître car il faut laisser des suppositions et des
questions pour ne pas rigidifier le fonctionnement du patient et pour l’ouvrir vers
de nouvelles modalités. Le but d’une thérapie est d’aider le patient à sentir des
choses intérieures et extérieures, de terminer un développement affectif et de jouir
de sa vie.

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