Biologie et psychologie de l'adolescence
Biologie et psychologie de l'adolescence
Partie théorique :
La puberté provient du latin « pubescere » qui signifie « poil ». L’apparition des poils est la
dernière grande transformation biologique de l’enfance = période de transition entre
enfance et â ge adulte. L’enfant ne se transformera plus physiquement. Avant la puberté,
l’enfant est dans une phase de latence (9-10 ans), il a une sorte d’équilibre et d’apaisement
dans sa relation avec ses parents. C’est une période très calme : tranquillité scolaire,
familiale. Ses conflits sont sublimés, ses parents sont idéalisés. Au niveau scolaire, il
apprend les tâ ches essentielles, de base et son jeu est équilibré avec respect d’autrui et
connaissance des règles.
Après l’enfance, se réveille un mécanisme hormonal : La fonction hypothalamo-
hypophysaire qui avait était mise en latence redémarre. Il s’agit de deux zones du cerveau
qui se stimulent pour secréter des hormones spécifiques dans le corps. Cette fonction a
déjà été utilisée dans la vie intra-utérine : Elle a contribué au fait que l’enfant ait pu avoir
un sexe masculin ou féminin (Différentiation des sexes). Elle s’est arrêtée dans les mois qui
ont suivi la naissance. Elle se met de nouveau en place dans la différentiation sexuelle de la
période pubertaire. La fonction pubertaire est donc biphasique : période périnatale et
période pubertaire. Ces deux phases sont séparées par l’enfance.
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Développement normal et pathologique de l’adolescent
Chez le garçon, 12 ans et demi et chez la fille, 10 ans et demi en sachant que certaines filles
peuvent avoir une puberté précoce (règles à 8 ans) et d’autres une puberté retardée (règles
à 15 ans). On trouve aussi une puberté retardée : avoir les règles a 13 ans.
A 14 ans si la fille n’a pas ses règles on s’inquiète, à 16 ans chez le garçon.
Dans les classes (6ème-4ème), les filles on remarque que les filles ont commencé à grandir
mais les garçons non. Au niveau chronologique, la puberté est la même chez le garçon et la
fille. Elle se divise en 5 stades qui ont lieu en 2-3 ans.
Le début de la puberté peut varier d’un individu à un autre, a cause de facteur familiale,
intérieur (ex : trisomie), génétique, extérieur (ex :climatique, faire beaucoup de sport…) :
Le début de la puberté se passe dans les zones intimes, au niveau des caractères sexuels
primaires : Peau qui entoure les testicules ou le pubis, lèvres qui commencent à se
pigmenter. Mais les personnes extérieures observent la puberté lorsqu’elle affecte les
caractères sexuels secondaires : Voix, seins, musculature, forme globale…
Le poids :
Subit une grande transformation à la puberté d’autant plus que l’appétit est exacerbé
(augmentation) par les hormones et influencé par les parents. La poussée pondérale
succède d’un an la croissance staturale et participe à la force adulte (Musculature-graisse).
Le poids ne monte pas en même temps avec la taille.
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Développement normal et pathologique de l’adolescent
Chez l’adolescente :
La forme globale change : La taille s’affine et les hanches et les jambes s’élargissent avant
le torse.
Les facteurs génétiques reviennent et on remarque par exemple l’émergence de la myopie
et de l’hypermétropie.
On observe le retour des cheveux de l’enfance que ce soit au niveau des boucles ou au
niveau de la couleur. Les poils apparaissent au niveau du pubis et augmentent durant les
règles à cause des hormones.
On observe aussi l’acné : Les boutons infectés qui ont une tête blanche. La peau devient
plus épaisse et plus poreuse. Il y a deux glandes : Les sébacées qui secrètent le sébum
responsable de la brillance de la peau et les sudoripares qui secrètent la sueur.
La poitrine se développe car les ovaires secrètent des œstrogènes. Le mamelon se
pigmente (+ foncé) et la glande mammaire devient plus grande.
La fin de la puberté est marquée par l’installation de règles régulières et ovulatoires.
Chez l’adolescent :
Mutation de la voix qui existe aussi chez la fille mais qui est plus visible chez le garçon.
Dans certains cas cliniques, l’adolescent peut devenir timide et éviter la communication
surtout à voix haute.
La stature évolue : Les épaules s’élargissent et les muscles se transforment.
La peau devient plus épaisse, plus dure, plus grasse et plus rouge et la pilosité faciale
augmente. Les glandes sébacées et sudoripares secrètent plus de sébum et de sueur et
l’odeur est trois fois plus forte.
Le volume des testicules augmente et le scrotum (peau autour des testicules) se
transforme. Il devient plus plissé et plus foncé.
Les poils apparaissent sur les aisselles, le bas-ventre, les bras, les jambes et sur une partie
du visage (Moustache-barbe) et deviennent plus frisés.
L’avènement de la première éjaculation nocturne qui est souvent accompagnée d’un rêve
érotique très culpabilisant marque la fin de la puberté. Elle aussi appelée « pollution
nocturne ». C’est concerner comme un moment initiatique dans le sens ou on accède un
statut différent, le moment ou des interdictions vont intervenir (dans certaines religions).
Dans les 2 religions, c’est considérer comme une souillure (la femme) ce n’est pas propre.
On trouve plein de tabous liées aux règles.
Les règles + éjaculation nocturne sont une source de fierté, valorisation. On le remarque
dans le discours, biologiquement ça réconforte les parents que l’enfant est normal
La qualité de la peu change, elle devient plus épaisse.
Synthèse :
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Développement normal et pathologique de l’adolescent
Les glandes ou les gonades ont une fonction sécrétoire. Elles secrètent les hormones et les
cellules sexuelles : Les ovaires secrètent les ovules et les testicules les spermatozoïdes.
Les hormones sont des substances chimiques qui vont dans le sang et qui sont récupérées
par des organes cibles.
La formation des spermatozoïdes et des ovules se fait très progressivement.
Les ovules (ovocytes avant les règles) et les spermatozoïdes sont stockés dans le corps
humain depuis la naissance, ils sont en devenir.
Sous l’influence de l’horloge interne, la testostérone et l’œstrogène seront secrétés.
Un ovule est normalement secrété par mois sauf dans le cas des jumeaux :
Chaque éjaculation produit une quantité énorme de spermatozoïdes en sachant que les
spermatozoïdes et le liquide séminal forment le sperme.
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Développement normal et pathologique de l’adolescent
1) Problème d’adaptation :
2) Le corps transformé :
Le corps social est confronté au regard d’autrui. Il peut être montré et mis en valeur tout
comme il peut être dévalorisé et enlaidit au cas où l’adolescent ne veut pas être regardé. A
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Développement normal et pathologique de l’adolescent
cet â ge-là , on copie le style des autres et on suit la mode et les « trends » (bande de
copains).
Le corps est le véhicule de la relation à autrui et l’habillement devient donc un outil de
communication. Le corps est ainsi la représentation symbolique de soi, le support d’un
discours social qui permet de se différencier des vieux et des enfants. Il permet de se
rapprocher du groupe à travers par exemple les tattoos, les cheveux, les foulards…
Affiliation.
Le corps est aussi le mode d’expression des difficultés de l’adolescent dans la mesure où il
peut à travers lui signifier des choses au thérapeute en clinique. Il faut observer ses signes
posturaux (tourner le dos aux parents, rentrer cinq pas en arrière des parents…), son
intonation, ses mimiques, son regard… Il faut poser son hypothèse sans faire des intrusions
concernant ces signes corporels.
A travers le corps se font les interactions avec les objets externes (personne réel dans notre
vie) et internes (imagos parentaux ), entre les personnes réels et
fantasmatiques/imaginaire : le point de rencontre entre le dedans et le dehors La
représentation interne du parent peut être différente du parent réel. L’adolescent utilise
donc son corps pour s’adresser à ses parents et à la représentation qu’il a d’eux. Le
psychologue travaille surtout l'image interne pour transformer les interactions par la suite
bien que parfois il faut changer le réel s’il est vraiment mal vécu.
Le corps est à la fois familier et étranger. Il est familier car il y a un sentiment d’identité
(Dolto : Mêmeté d’être) et étranger car il appartient aux parents d’un point de vue légal : Il
faut prendre l’autorisation des parents pour refaire son nez, prendre l’avion… De plus,
l’adolescent ressemble à quelqu’un auquel il n’aurait pas nécessairement voulu ressembler.
Il va utiliser son corps comme discours social pour se différencier des ‘vieux’ parents et des
enfants.
Les troubles qui apparaissent au niveau du corps sont souvent à intégrer dans une lecture
complexe et globale : Analyser les rapports conscients et inconscients, l’environnement
social et familial, les points de fixation (zones érogènes : orales, anales…) et la
génitalisation. Certaine manifestations (ex :anorexie) sont aussi une manière d’éviter de
parler de la sexualité. La génitalisation est la dernière phase du développement : Les
pulsions partielles comme le plaisir oral de s’embrasser s’harmonisent autour du génital
qui doit être prioritaire.
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Développement normal et pathologique de l’adolescent
Les adolescents ont un vécu particulier, ils perdent la carapace qu’ils connaissent : la peau
et le corps se transforment (Schéma corporel/Image inconsciente).
Les modalités défensives sont appauvries par le chambardement dû aux transformations
pubertaires : L’adolescent ne peut plus compter sur sa mère, pleurer… Il se sent vide à
l’intérieur et ne sait plus ce qu’il est (Non proportionné, démarche et équilibre
problématiques, croissance discontinue…) Il compte sur ce qu’il montre de lui-même pour
masquer ses difficultés intérieures Hyper investissement du paraître pour cacher les
fragilités de l’être.
Il existe une dimension narcissique au complexe du homard : L’adolescent se questionne
et est stimulé par un besoin de plaire. Il passe des heures devant la glace à se scruter et à
contempler ses traits. Il est à la quête d’un style, d’un look qui mettre en valeur sa
personnalité. La mode s’incruste ainsi là où il y a un besoin réel de la part de l’adolescent.
Dolto considère que l'adolescence est une nouvelle naissance et que l'adolescent vit un
dénuement psychique qui justifie l'image du homard. Le homard est un crustacé qui une
fois ayant perdu sa carapace, se cache sous un rocher. La souffrance rencontrée à
l'adolescence va se perpétuer jusqu’à l’â ge adulte car l'adolescent est très sensible face aux
paroles des gens même si elles sont anodines (un vécu à fleur de peau).
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Développement normal et pathologique de l’adolescent
a) La sexualité :
Chez les psychanalystes, la sexualité couvre la vie, mais on fera une focalisation sur le sens
commun de la sexualité. La naissance de l’amour est très spécifique à l'adolescence : elle fait
l’adolescent souffrir ou déborder de bonheur. C’est donc un sentiment qui transforme et
réorganise tous les processus affectifs (relation à la mère/à la sœur).
Les manifestations émotives émergent d'un coup (perdre son assurance, sentir son cœur
frétiller…). Avant que ce ne soit de l’amour, ceci commence par un désir de donner et de
recevoir (porter le sac de quelqu’un). On choisit la personne dont on veut être proche et le
désir de donner et de recevoir aboutit progressivement à des désirs plus prégnants. On
retrouve le moment de contact (poke sur facebook, demander le numéro de téléphone…)
avant l'envie de flirter. Il y a des rituels et des normes respectées (nombres de jours qu’il faut
faire passer avant d’embrasser quelqu’un).
L'autre dimension de la sexualité change aussi dans l'amitié : les adolescents peuvent
conserver des amis qu’ils ont rencontrés une seule fois ; l’amitié à l’adolescence résiste à la
séparation contrairement à l’enfance. Elle est sélective (musique, football) et peut même aller
au point de s’approprier autrui.
Il y a de grands questionnements sur les liens entre l'amour et l'amitié (est ce qu'on peut être
ami et amoureux ?). L'amitié peut être passionnée ou due à une poussée irrésistible de
sympathie. L’amitié adolescente contrairement à l’amitié adulte, est désintéressée. Le choix de
l'ami adolescent est fortuit mais donne à l’adolescent l'impression de retrouver un double de
lui-même, un miroir ou un moi idéal. Il va parler de son ami comme si c'est quelque chose qui
le narcissise à lui.
L'amitié participe à la construction de l'identité de l'adolescent (modèle identificatoire et
expériences maturatives).
Le concept d'instinct ne peut pas être utilisé pour la sexualité humaine. Il s'agit d'un concept
très animal (l'accouplement de l'animal), or chez l'humain la sexualité émerge mais n'est pas
instinctive. Preuve en est qu’il y a des adultes qui répriment leur sexualité très longtemps. Si
elle était instinctive, l'adolescent aurait eu des rapports très tô t.
L'accès à la sexualité adolescente est zigzagant. Elle est inhibée par exemple lors du brevet et
ressurgit après. C'est un travail psychique tâ tonnant. Certains adolescents vont sentir les
pulsions sans en connaitre le but car ils ne sont pas éduqués sexuellement. Ils peuvent
ressentir de l'embarras ou de l’antipathie auprès du sexe opposé. Avant la seconde, la
sexualité donne des mouvements incongrus. L'adolescent manifeste une stupeur à l’égard de
cette force qui le manipule face à un objectif qu'il ne perçoit pas.
On remarque aussi des changements au niveau de la sensualité de l’adolescent. La texture et
les parfums acquièrent une nouvelle sensibilité et des techniques particulières (Comment
mettre son parfum pour attirer). Quant au regard, il y a une nouvelle appréciation des
couleurs, de la mode et de la beauté des formes, soit une nouvelle harmonie. Par ailleurs,
l'ouïe est transformée à travers la musique. Elle a une valeur d’apaisement et de relaxation.
Certaines musiques peuvent même bercer les adolescents. Tous les sens changent. Ces
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Développement normal et pathologique de l’adolescent
Trois essais sur la vie sexuelle : Freud distingue trois phases de la masturbation ou de
« l’onanisme » :
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Développement normal et pathologique de l’adolescent
b) L’intelligence :
A partir de 11 ans, le raisonnement devient de plus en plus abstrait. L’adolescent n’a plus
besoin d’expériences concrètes. Il peut imaginer les possibilités, critiquer des possibilités
abstraites, planifier, contrô ler et résoudre des contradictions, mener des discussions
théorico-théoriquesRaisonnement hypothético-déductif, 8 ans : Si X alors Y.
Adolescence : Remettre en question toute sa logique et son hypothèse de base + créer et
déduire des solutions. Capacité d’analyser ce qui fait qu’une chose arrive avec une pensée
causale combinatoire. Pensée causale= Linéaire (ab) ou combinatoire (a, a’, bc).
Ces développements de l’intelligence permettent l’accès à des capacités de négociation
utilisant plusieurs arguments congruents pour des réalisations de désirs. La capacité
combinatoire s’associe à la permutabilité des éléments et à la capacité de reprendre tout le
raisonnement à zéro.
Les caractéristiques de l’intelligence formelle apparaissent dans les différents jeux par
lesquels les adolescents sont intéressés. La pensée formelle se caractérise par la conception
de possibilités abstraites, inexistantes et potentiellement réalistes si on s’en tient au seul
argument logique. De plus, on retrouve la capacité de détacher les données de la réalité et
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Développement normal et pathologique de l’adolescent
Galland :
Indépendance
économique Etre parent
relative
Post-
Enfant Adolescent Jeune Pré-adulte Adulte
adolescent
Métier
fixe/Couple
stable
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Développement normal et pathologique de l’adolescent
a) Dolto :
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Développement normal et pathologique de l’adolescent
c) Freud :
Psychologie des foules et analyse du moi
Freud cite « Le Bon » pour dire que le groupe a une « â me collective » qui peut expliquer le
fait que certains adolescents pris seuls peuvent avoir d’autres caractéristiques que pris en
groupe. Le groupe va masquer les particularités propres de l’individu et va provoquer des
phénomènes de construction d’un être nouveau. Le groupe donne à l’individu de nouvelles
propriétés pour 3 raisons :
1. Sentiment de puissance provenant du nombre qui fait perdre le sentiment
individuel de responsabilité et qui engendre un effet d’anonymat : disparition de la
conscience morale, refoulement moins fort, pulsions manifestées plus fréquemment
2. Notion de suggestibilité en sachant qu’il y a des personnes plus suggestibles que
d’autres et que cette notion est en rapport avec le charisme du meneur
(Identification au meneur : concept plus inconscient et plus psychanalytique).
3. Contagion morale qui fait que l’individu sacrifie ses intérêts personnels pour ceux
de la foule.
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Développement normal et pathologique de l’adolescent
Introduction :
2) Le paradoxe de l’indentification :
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Développement normal et pathologique de l’adolescent
Surmoi : A la fin du concept d’œdipe. Quand l’enfant renonce à son désir et retire
son investissement de son parent adulé. Pour ne pas perdre ses parents, il s’identifie
à leurs principes (Valeurs/Interdits) : ce qu’ils disent et ce qu’ils montrent
(Voix/Attitude/Intonation). Le surmoi est lié aux parents et aux grands-parents.
Idéal du moi : Référence qui hérite du narcissisme primaire et vers laquelle tend
l’individu. L’enfant qui accepte l’interdit de ses parents et qui a peur de perdre leur
amour, se construit une image idéale provenant du modèle des parents. L’idéal du
moi se construit donc par les identifications aux parents, à leur substitut et aux
idéaux collectifs.
Moi idéal : Référence née de la confrontation à la réalité. L’enfant ne pouvant plus
bénéficier de la toute-puissance infantile déplace son amour vers une image
libidinale non tangible qui inclut l’idéalisation des parents. C’est un idéal narcissique
tout-puissant auquel l’individu aspire. Il renvoie au concept psychanalytique de
« nostalgie du retour ».
Ces trois instances sont inconscientes. Elles peuvent se révéler dans le transfert en thérapie
analytique. L’analyse du transfert sert à retrouver le propriétaire de ces identifications
inconscientes. L’identification inconsciente permet à l’enfant de conserver ses objets
d’amour dans son théâ tre interne psychique. C’est un compromise à la séparation.
Il y a une déception nécessaire pour accéder à l’autonomie : il faut s’affranchir des parents
imaginaires qui dominaient par leur savoir et leur autorité pour accomplir des actes et des
projets d’adulte, pour pouvoir penser et travailler à sa façon.
Pour rompre ses liens psychiques avec les parents, l’adolescent questionne ses premières
identifications et les remanie en plus de son surmoi et son idéal du moi. Il tisse seul avec les
éléments du passé une nouvelle toile personnelle. C’est l’effet d’après-coup et de remise en
histoire. Il reconstruit les éléments anciens pour leur donner un sens nouveau. Il acquiert
un nouveau point de vue et une certaine distance par rapport aux versions anciennes des
parents. Il transforme donc les images parentales et remet en question la personnalité des
parents.
Le pubertaire subit des changements quantitatifs (Libido) et qualitatifs (Surmoi, idéal du
moi, repères internes : images parentales…). Le surmoi sera resollicité par la potentialité
orgasmique c’est-à -dire la possibilité d’éprouver un plaisir nouveau qui va mobiliser le
système de refoulement. Il va refreiner la tendance de la psyché à se décharger. Il
promouvoit la symbolisation (langage, pensée, représentation) au lieu de l’acte. Roussillon :
Il permet aux jeunes d’apprivoiser les motions pulsionnelles et les manifestations
corporelles étranges qu’ils ne contrô lent pas. C’est le « travail de l’adolescence ».
La potentialité orgasmique transforme l’économie affective et exige une gestion et des
solutions nouvelles.
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Développement normal et pathologique de l’adolescent
Les idéalisations par rapport aux parents ne sont pas refoulées d’un seul coup, elles sont
déplacées vers des figures substitutives dans le monde cultuel qui permettent à
l’adolescent de se sentir soutenu. Ces figures sont plus ou moins accessibles et prises dans
la société et investies par l’adolescent comme des références dont il puise ses manières. Il
se met dans leur peau comme il s’identifiait auparavant aux héros dans son enfance pour
garder son identité vacillante. Ainsi l’adolescent se construit-il une personnalité à travers
les différents modèles cô toyés.
Les identifications substitutives assurent un sentiment de sécurité qui se substitue aux
parents intérieurs. Dans ses identifications, l’adolescent investit autrui sur un nouveau
mode : Pas une relation verticale parents-enfant mais une relation horizontale adolescent-
figure substitutive. Ce qui permet de surmonter le sentiment de solitude, d’isolement et
d’incompréhension encore plus si on partage ce modèle avec d’autres personnes. (Parents
de nos amis, bande de chanteurs…).
Il y a une distance nécessaire entre les parents et les modèles identificatoires. Les parents
doivent accepter et maintenir cette distance.
L’entrée dans la bande peut aussi servir d’appuie identificatoire pour échapper à l’autorité
parentale. Le choix de la bande est aussi un élément d’indépendance, le groupe étant un
substitutif qui remplace le monde familial. La distance entre le milieu substitutif et le milieu
familial ne doit pas être rompue.
Relation d’autorité nouvelle qui ne sont pas verticale mais horizontal (intelligente et
intelligible). Il peut être vécu en continuité avec la famille mais avec certaine différence, le
risque c’est quand le groupe est en opposition avec la famille, et ça fait partie des choses
que les parents doivent observe, c’est important et il faut la conserver. Il faut veiller à ne
pas rendre le clivage dans la réalité de l’ado pour ne pas garder sa fonction identificatoire
différentielle des parents.
Il va avoir une forme d’autorité qui va dépasser l’autorité parentale.
Plus la séparation psychique est difficile plus le modèle sera différent parce que l’ado ne
supporte pas d’avoir le même objet d’investissement.
Introduction :
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Développement normal et pathologique de l’adolescent
Selon la loi, on doit voir les parents si la personne est mineure, même au sein d’une
institution. Il faut donc obtenir l’autorisation des parents. De plus, il faut tenir compte de
l’environnement de l’enfant pour le soutenir psycho socialement.
1) Travail de séparation :
a) Des parents :
La séparation réelle est le fait de quitter le milieu familial (ne plus faire ses activités dans ce
milieu, désinvestir la vie communautaire, rechercher des modalités d’expression). C’est une
manière de se différencier des aînés et de se sentir indépendant (Manger seul par exemple
quand la séparation est discrète).
La séparation réelle est la possibilité d’investir un objet d’amour à l’extérieur du groupe
familial. L’adolescent prend des initiatives et devient capable d’invention et de se mobiliser
vers l’extérieur et non pas vers les parents.
Le choix du métier, les recherches, les projets et les voyages scolaires sont des
manifestations de la séparation réelle.
L’adolescent fait ainsi le deuil de la dépendance qui sera accompagné d’un sentiment de
culpabilité. Il réaménage son mode de relation à ses parents afin de se sentir plus autonome.
Peter Bloss a montré que le processus d'individualisation continue à l'adolescence à travers la
rupture des liens de dépendance. L'adolescent est face à un travail psychique de
désengagement qui se situe à divers degrés :
1. Le refuge maternel : L'adolescent veut se libérer de celle qui rassure, qui
soigne, qui protège et qui sécurise.
2. La fonction pare-excitatrice : Se débrouiller seul pour gérer ses angoisses.
3. Les fonctions de contenance et de protection : Object presenting.
4. Les auxiliaires du moi : Les parents qui canalisent et calment l'angoisse en la
liant à des mots et à des affects. Reprendr a ces comptes l’auxiliere des parents
il doit rechercher ces propres ressources pour se calmer, vc
Ce ne sont plus les parents qui établissent la paix chez l’adolescent mais c’est lui-même qui
reprend à son compte la fonction pare-excitatrice qui va lui permettre de gérer l'angoisse et
de calmer les tensions. Il va se confronter à ses propres limites et puiser à l'intérieur de lui-
même des mécanismes de défense et des processus pour pouvoir secondariser les affects et
résoudre les conflits psychiques. Ceci se fait progressivement avec des moments où
l'adolescent se sent incapable.
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Développement normal et pathologique de l’adolescent
Il ne s'agit pas d'effacer ou d'oublier son enfance bien que certains adultes ont recours au
clivage, mais il s'agit d'apprendre à vivre avec, à cohabiter avec l'enfant qui existe dans
l'adulte.
Piera Aulanier : « Reconstruire son passé » Concept de ré-historisation car à l'adolescence
on met en histoire son passé, on élabore de nouveau des souvenirs en suspens, et ceci nous
accompagne toute notre vie (Exemple : Dans mon enfance, je me souviens que ma mère a
aimé mon frère plus que moi, à l'adolescence je remets cela en question). Cette reconstruction
provoque des possibilités de transformation dans les relations et une possibilité de remise en
chantier Tisser une toile nouvelle avec les éléments du passé. L’adolescent libère donc ses
potentialités et débroussaille pour voir plus clairement les choses.
Pour pouvoir revenir à son enfance avec plaisir, il faut d’abord en être sorti. Cette sortie
permet à l’adolescent d’acquérir une autonomie et de jouir de ses potentialités. Toutefois ce
travail de remaniement entraîne des pertes.
Dans la perte, il y a disparition de l'objet dans l'espace et dans le temps que ce soit une
maison, un doudou, un copain, et c'est un phénomène qui est subi indépendamment de la
volonté du sujet. L’objet disparait donc de la réalité matérielle et il n'est réactualisé que dans
le travail de remémoration (souvenirs, photos...). Dans le cas de la perte, le dialogue avec le
moi et la représentation interne de l'objet sont possibles.
Dans la séparation, l'objet ne disparait pas mais ce sont les liens qui disparaissent entre l'objet
et le sujet. La séparation est choisie par l'un des protagonistes et souvent imposée sur l'autre.
Le processus de la séparation est actif contrairement à celui de la perte, mais tous deux sont
asymétriques (un qui subit et un qui veut). Le plus difficile à tolérer dans la séparation c'est
que malgré que les liens n'existent plus, l'objet persiste⟶ Différence entre le deuil lié à la
séparation et le deuil lié à la perte.
L’adolescent passe ainsi par un deuil des liens aux parents et doit les désinvestir sans qu’ils ne
disparaissent de la vie réelle et psychique. La séparation est dictée par les exigences de
chacun et internée. Elle trouve aussi en miroir un deuil de la représentation interne de l'objet.
L'adolescent se dégage non pas de la personne concrète de ses parents mais de scènes et
d'images intériorisées, d'activités et de projets élaborés avec eux.
Le deuil peut être tellement insupportable qu’on désinvestira le monde et qu’on continuera de
croire que l’objet est toujours présent. Le moi perd ses repères : C’est le deuil mélancolique.
Une deuxième possibilité est celle de déplacer l’amour vers un second objet (Changement
d’objet : Perdre un enfant et investir les autres enfants). La troisième option est de réinvestir
la personne fantasmatiquement (Idéaliser la personne pendant les condoléances). On
retrouve aussi une dimension pathologique au deuil : Le délire.
Quant à l’adolescent, il va avoir des parents psychiques (Changement d'objet) et un travail de
remise en question sur les images parentales.
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Développement normal et pathologique de l’adolescent
3) Le conflit :
a)Ambivalence :
Malgré son désir d'autonomie et d'indépendance, l'adolescent reste effrayé ce qui le rend
ambivalent ; il a peur de ce que lui réserve l’avenir et nostalgique vis-à -vis de ce qu’il quitte. Il
est fragilisé et vite débordé dans la mentalisation des choses. Cette ambivalence engendre un
conflit psychique, celui d’avoir deux désirs contradictoires.
L'adolescent est tiraillé dans son conflit psychique : Il est attiré vers le bas et l’envie de rester
petit alors qu'il demande qu'on le traite comme un grand. Il a besoin d'un grand courage et
d’une grande énergie pour sortir de sa relation avec ses parents surtout que c'est un travail
qu'il doit faire seul. Il doit gérer seul ces moments dialectiques qui balancent entre deux
statuts : Etre enfant et être adulte.
De plus, il veut dépasser ses parents qu'il considère parfaits mais il souhaite aussi s'identifier
à eux. La peur est une réponse appropriée à cette nouveauté, à condition que ce ne soit pas
une peur angoissante. Elle va permettre à l'adolescent de chercher de nouvelles stratégies,
d'élaborer de nouvelles réalités.
L'adolescent est donc en conflit entre son désir de vouloir se séparer de ses parents et sa
culpabilité de les quitter. La culpabilité peut être accentuée par le chantage affectif des
parents. C'est un conflit qui va entraîner de l'agressivité, de la colère et des formes indirectes
de souffrance comme les problèmes scolaires et les instabilités affectives. A cô té de ce conflit
psychique, il y aura un conflit réel, interindividuel.
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Développement normal et pathologique de l’adolescent
c) Le rapport à l’autorité :
Le travail avec toute forme d’autorité est aussi compliqué vu que l’adolescent la revendique et
la refuse à la foisAmbivalence. Il conteste les limites et les provoque en même temps. Il se
frotte aux limites pour voir la réaction de l’autorité. L’autorité est haïe car elle instaure une
relation verticale, de puissance, de l’adulte fort et elle est aimée car elle assure la sécurité.
L’adolescent est déstabilisé par le concept d’influence car il est émotionnellement fragilisé.
Même quand on essaye de le raisonner, il se sent influencé et manipulé.
L’autorité des parents repose sur la légitimité. C’est le caractère indéniable de l’autorité que
les adolescents contestent. En reconnaissant la légitimité de l’autorité, on accepte un système
de valeurs, de traditions, d’attitudes et de normes qui préexiste à l’adolescent, qui le gouverne
et auquel il n’est pas sû r de vouloir appartenir.
L’autorité sert de référent auquel les adolescents se frottent et duquel ils veulent se
départager. A partir du moment où l’adolescent peut négocier avec la figure d’autorité malgré
son appréhension, il intériorise les mécanismes sous-jacents à cette autorité et il peut se
mouvoir à l’intérieur des règles émises tout en restant relativement libre.
Une fois qu’on négocie avec l’autorité, il est plus facile d’intérioriser ses fonctions :
S’occuper de sa vie sociale et de l’effet des fréquentations sur soi. Surveiller sa
moralité, sa réputation et son image.
S’occuper de sa santé : Intérêt pour la diététique.
S’occuper de sa sécurité : Ne pas conduire sans permis, ne pas monter avec celui
qui a bu de l’alcool.
Connaître ses limites, son pouvoir et ses devoirs. N.B : Le psychologue doit
connaître les lois de son pays.
Les adolescents ont peur de l’autoritarisme. Accepter l’autorité passe par l’expérience d’une
autorité intelligente et intelligible, respectueuse des modèles de l’adolescent. Quand l’adulte
écoute les adolescents de façon authentique et qu’il intègre leur parole dans les projets qu’il a
pour eux, il gagne leur confianceFermeté tolérante et tolérable, rigueur.
BERNATEAU I (1990) Adolescent et séparation, Paris, PUF, p.38 : L’accomplissement de la
séparation est nécessaire et quand il n’est pas possible, celle-ci se lit comme un arrachement.
« La séparation présuppose une unité préexistante et la possibilité de quitter cette unité sans
se trouver amputé d’une partie de soi-même ».
L’enfance est une expérience de perte temporaire de l’objet. Winnicott : L’expérience la plus
structurante pour l’individualisation est la capacité d’être seul en présence de sa mère. On se
sépare grâ ce à l’internalisation de la mère. De même, l’adolescent se sépare de ses objets
internes pour aller vers de nouveaux objets externes.
Chapitre 7 : Les agirs et les passages à l’acte Troubles du comportement,
violence, retrait et tentatives de suicide à l’adolescence.
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Développement normal et pathologique de l’adolescent
L’élaboration psychique (Freud) est le travail fait par l’appareil psychique et destiné à
maîtriser l’excitation du psychisme dont l’accumulation risque d’être pathogène. Ce travail
consiste à intégrer les excitations et à établir des connexions associatives entre elles.
L’absence d’une élaboration psychique peut entraîner la dérivation directe de l’attention en
symptô mes, la somatisation et le passage à l’acte. Dans la théorie somatique, on parle de
mentalisation (Marty) et non pas d’élaboration.
Le moi à travers des processus de pensée domine l’accès à la mobilité, il est responsable de la
tendance à la décharge. En psychanalyse, le moi n’est pas le seul acteur mais un négociateur,
un compromis entre le ça (agir tout de suite) et le surmoi (différer). Chaque acte est négocié
avec le ça. Le moi fractionne la poussée libidinale qui tend à la décharge, gagnant ainsi une
portion de maîtrise sur la réalité. L’agir est donc un résultat, une fonction liée au moi et
produite à la demande du ça et non pas une volonté.
Le concept de « tendance antisociale » a été utilisé pour les enfants de 8 à 10 ans (fugue,
vol…). C’est la tendance à faire des choses socialement inacceptables.
Le caractère se construit par le phénomène d’intégration, c’est donc la manifestation du
succès de l’intégration. L’absence d’intégration provoque une psychose. Les troubles du
caractère sont une distorsion de la structure du moi, bien que l’adaptation soit maintenue.
Les personnes à tendance antisociale sont celles sont des personnes totales dont le self est
constitué (jusqu’à un certain degré) Signe de santé mentale. Cette tendance naît d’une
privation affective et s’adresse à l’environnement (Société, famille, école…). Cette délinquance
représente la revendication de l’enfant qui recherche un état de choses antérieur, pendant
lequel il n’était pas privé.
L’individu à tendance antisociale poursuit sa vie avec deux fardeaux : 1) La privation affective
et 2) l’espoir qu’il tente de raviver qu’un jour les choses seront comme avant. Chez l’enfant à
tendance antisociale, l’acte est un appel à l’aide, un signe que l’espoir est encore là et qui a
pour but de forcer l’environnement à le soigner.
Le passage à l’acte a pour alternative le désespoirDépression relative et dissociation qui
masquent l’état chaotique et menaçant. L’expérience montre que chez les adolescents
antisociaux, la tendance réapparaît compulsivement dès qu’il y a un investissement d’une
nouvelle relation objectale. L’acte délinquant est donc un appel à l’aide et à la symbolisation
(secondarisation d’un processus qui a l’air primaire).
On assiste à des conduites qui masquent les symptô mes névrotiques comme les conduites
suicidaires, l’anorexie, les conduites d’auto-sabotage (…), et qui développent un équivalent
d’acte. Ce sont les conduites de retrait.
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Développement normal et pathologique de l’adolescent
Ce sont des adolescents qui sont dans le désinvestissement, dans le négativisme avec une
dimension de passivité. Les relations objectales sont désinvestiesLassitude, scolarisation et
productions intellectuelles entravées, inhibition du travail fantasmatique…
DiagnosticSymptô mes des adolescents : Se retirer des insertions sociales, refus scolaire
jusqu’à l’enfermement à domicile, rester dans sa chambre avec la même musique…
Il y a un évènement qui déclenche cette rupture du mode de vie. L’adolescent abandonne son
activité favorite, celle qui lui fournissait des satisfactions narcissiques. En parallèle,
l’agressivité par rapport aux parents grandit et la communication se limite.
Ces agirs peuvent avoir un caractère dramatique : L’adolescent devient un tyran et tout ceci
est masqué par l’intellectualisation des parents qui ont tendance à rester compréhensifs un
peu trop longtemps pour éviter de changer les choses et voir surgir un conflit.
Pour éviter les reproches ultérieurs de la part de l’adolescent car ils n’ont pas pu formuler
leurs reproches à leurs propres parents, les parents restent compréhensifs dans le cadre
d’une pseudo-satisfaction mutuelle. Vu que le conflit est intolérable, les parents dénient la
gravité de la situation et ne posent pas de limites pour conserver une image idéale d’eux-
mêmes.
Pour conserver son économie psychique, l’adolescent évite l’environnement au lieu de se
confronter à un vécu de perte et d’aménager la séparation avec les parents. La dimension de
décharge prime sur celle de mise en scène fantasmatique. Le moteur économique de
l’adolescent est la nécessité de constamment contrô ler son espace psychique pour qu’il n’y ait
pas d’intrusion.
Cet adolescent a un fonctionnement mental spécifique : Il a de grandes capacités
intellectuelles, une grande curiosité, une bonne culture mais aussi un manque de fluidité, des
associations pas très maîtrisées et des possibilités restreintes d’utiliser la projection (Jeu
psychique).
Dans cette situation, le préconscient n’assure pas sa fonction de parexcitation; les angoisses
ne sont pas liées et ne sont pas abordables. Ces adolescents ont besoin d’une bonne distance
avec le thérapeute et du sentiment de contrô ler la situation. On recommande des thérapies en
groupe dans ce cas. De plus, une personne auxiliaire peut être le déplacement de la figure
maternelle et protéger le sujet de se confronter à l’objet en question.
Certains ont recours à un objet addictif qui colmate la difficulté et qui efface les
représentations inconscientes. Cet objet rend la souffrance coupée du moi et il est en dehors
de toute critiqueObjet thérapeutique.
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Développement normal et pathologique de l’adolescent
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Développement normal et pathologique de l’adolescent
Lorsque le suicide échoue, une partie de soi sauve l’autre. Le suicide peut venir avec ou sans
appel à l’aide (lettre/téléphone…). L’individu sent qu’il est dans une impasse et qu’il n’a pas
de solution de rechange. La tentative de suicide courcircuite la pensée et ramène l’individu à
un fonctionnement primaire, à un retournement de l’agir contre soi avec des clivages (vouloir
se tuer mais ne pas vouloir mourir).
L’adolescent perd temporairement son lien avec la réalité Epreuve de réalité fragilisée. Les
mécanismes de défense les plus archaïques sont activés (Projection, agressivité,
retournement contre soi…). Il y a aussi une perte de la représentation objective d’une réalité
de mort possible.
Pendant l’acte, on assiste à la dépersonnalisation (pas la volonté de soi qui agit). Après l’acte,
l’adolescent parle comme s’il aurait pu se contrô lerRationalisation et banalisation. Mais la
volonté ne peut pas éviter une tentative de suicide.
b) Le rapport au corps :
Le corps sexuellement mature est une source d’angoisse non maîtrisable ce qui fait que le
suicide est une tentative de détruire le corps sexué pour préserver le corps idéal, prégénital
(paradoxe). C’est une manière de se réapproprier son corps quitte à le détruire. Le corps est
ainsi identifié à un agresseur fantasmatique qui doit être réduit au silence. Tout le mouvement
d’organisation vers une identité sexuelle différenciée, stable, se tait.
La génitalisation mobilise l’inceste ainsi que le parricide/matricide. La notion de mort est
proche et il y a une confusion entre érotisme et destruction.
Cliniquement, l’évaluation doit intervenir dans les moments qui suivent le réveil car l’angoisse
est apaisée et les capacités d’élaboration sont récupérées.
La tentative de suicide intervient au somment d’un grand désarroi. Les suicidants sont
détendus après cette T.S. C’est un moment fructueux d’élaboration avant que se remettent en
place les mécanismes de défense et les interactions avec les parents.
L’adolescent est incapable d’élaboration. Il est immobilisé dans un point de vue dynamique
dans sa relation avec l’objet d’amour. Il n’arrive pas à se dégager de ses parents
émotionnellement. C’est un moment compliqué de panique devant une progression
différenciante ou une régression indifférenciante.
Le moi ne peut pas contenir son ambivalence. Il essaye de contrô ler lui-même les choses
(Objet et corps). Avant la T.S. l’adolescent a un sentiment de soumission passive et un
sentiment d’être de mauvaise qualité (troubles de l’image narcissique). Il sent qu’il n’a pas la
possibilité de régler le conflit de manière active. La T.S lui donne surtout une position active.
Le passage à l’acte annule la tension corporelle et psychique douloureuse et procure un
soulagement.
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Développement normal et pathologique de l’adolescent
La T.S. répond à une haine inconsciente du corps pubère qui peut invalider la
masculinisation/féminisation de l’adolescent. La mort répond ainsi à un fantasme
d’autopunition bien méritée.
Le suicidant a la conviction que l’avenir ne lui réserve aucun espoir de plaisir. Il a
inconsciemment renoncé à l’espoir. La prise de conscience de la capacité de mettre en acte les
idées suicidaires constitue une force, une arme secrète à laquelle on peut recourir pour
mettre fin à la souffrance et augmente le seuil de tolérance.
Du point de vue relationnel, les capacités relationnelles du suicidant sont souvent altérées par
la crainte d’être rejeté, abandonné. Il est dans une défense par retournement, par projection
et situe les choses à l’extérieur au lieu de les vivre lui-même. En se suicidant, il fait vivre le
sentiment douloureux de séparation à l’autre.
Les adolescents à risque de récidive sont ceux qui n’ont pas de culpabilité consciente à l’égard
des autres et ceux qui ont détruit tout le monde et toutes les bonnes parties d’eux-mêmes
(Axe relationnel et narcissique). L’adolescent sent qu’il lui est impossible de recourir à
quelqu’un et même s’il a recours à une aide, il la vit comme une consécration de sa défaillance.
Historisation de la T.S : Moments et évènements qui représentent sur le plan de la réalité
interne la confirmation de l’échec des efforts pour se libérer de la dépendance. Il n’y a pas
d’implication causale mais des faits redondants par rapport au vécu intérieur. Il y a donc des
facteurs externes cumulés à une dynamique interne.
Dans un premier temps de thérapie, on authentifie la souffrance psychique de l’adolescent et
on l’aide à se la réapproprier pour ensuite pouvoir commencer un projet thérapeutique.
Les troubles des conduites alimentaires sont très fréquents. Ils peuvent provoquer des
perturbations pondérales ou passer inaperçus. Dans certaines situations, ils peuvent même ne
pas être considérés comme des symptô mes.
Causes :
Changement hormonal.
Dimension régressive orale : S’auto-apaiser en mangeant.
Qualité personnalisée de la nourriture : Delivery pour se sentir autonome.
Peter Bloss : Faim d’objet pour satisfaire sa quête identitaire, caractère
métaphoriqueNouvel objet d’amour.
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Développement normal et pathologique de l’adolescent
car on voit de la nourriture. L’hyperphagie est dangereuse quand elle est associée à la
solitude et à l’inaction.
3. Régime : Habituel pour les adolescents avec pour but d’avoir ou de garder la ligne. Il y
a une pression sociale à faire un régime. Il s’agit du maintien, de l’augmentation ou de
la diminution de certains aliments en sachant qu’il peut être hypercalorique ou
hypocalorique. Parfois, on exclut des éléments pour leur valeur symbolique
(Viande/Jeun). On retrouve aussi le dégoû t électif de certains aliments qui peut être dû
à l’esthétique du plat ou à un conflit névrotique (détester ce que les parents aiment le
plus).
N.B : Il faut s’inquiéter lorsque l’adolescent pense que certains aliments ont des
conséquences délirantes et irrationnelles sur lui (ne manger de la nourriture verte) et
lorsqu’il éprouve une agressivité face à ce que les parents mangent.
Anorexie :
On retrouve deux termes « anorexie ». Le terme «anorexie » présent sur les médicaments
désigne une perte d’appétit, tandis que la maladie « anorexie » renvoie à une anorexie
mentale. Il s’agit des effets des représentations mentales et des conflits psychiques sur
l’appétit.
Dans les années 80, l’anorexie est devenue un syndrome spécifique. Elle est rigide et on y a
cherché des sources médicales et génétiques. Elle a une gravité évolutive et on en meurt
autant qu’on meurt des accidents de voiture. Elle commence entre 14 et 17 ans avec
prévalence des femmes (97%).
La triade symptomatique est la suivante : Anorexie, amaigrissement et aménorrhée. Une
personne anorexique ne va pas chez le médecin car elle maigrit Caractère impressionnant
du déni. C’est une conduite de restriction alimentaire justifiée par un régime. Elle comporte 3
phases :
1. Phase du début : Régime.
2. Phase d’état : Anorexique.
3. Phase de résolution.
L’anorexique a recours à des stratégies (manger sans avaler en prenant les fibres, manger et
vomir) et a la hantise de grossier même si elle est très mince.
L’aménorrhée est l’arrêt des règles. Elle peut être primaire ou secondaire et elle est due à la
dénutrition et à l’importance de l’exercice physique. On parle d’aménorrhée quand il y a
interruption de 3 mois de règles.
L’effort fait pour rester actif parasite les activités de penséeDésaffectation du corps de
l’adolescent. On retrouve un surinvestissement de l’intellectuel et sur le plan relationnel, la
maigreur appelle les parents à culpabiliser. Ils essayent de nourrir l’adolescente mais elle
refuseLien de dépendance coupable. L’agressivité diminue dans la relation mère-
adolescente et les tentatives de séduction et de connivence (sans sexualisation) dominent la
relation père-adolescente.
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Développement normal et pathologique de l’adolescent
Rapport au corps réel : Corps objet d’une haine, d’une dépréciation, perception paranoïde du
corps, mécanismes dysmorphologiques, peur des transformations morphologiquesCorps
menaçant. Le corps souhaité par contre, est objet d’une idéalisation mégalomaniaque.
Hypothèses :
Théorie du faux-self :
Avoir une soumission comportementale aux désirs des autres. Enfant modèleIndice de
fragilité par rapport à ce qui va se passer à l’adolescence. L’adolescente devient
tyrannique et fait souffrir son environnement en le soumettant à ses propres désirs à
cause de ses problèmes d’alimentation. L’anorexie serait donc une rébellion passive, une
opposition indirecte, une contestation du statut-quo. C’est d’ailleurs une des causes pour
lesquelles on sépare l’adolescente de ses parents.
Hypothèse-Traumatisme :
Traumatismes pour l’enfant qui ne sont pas de vrais traumatismes pour nous en tant que
psychologues. Ces traumatismes dénoncent le mythe familial dans lequel la famille vie et
qui est une absence de conflit. Ex : Traumatisme quand le chat meurt (ChatMère
interne). Approche familiale : Lecture systémique, famille sans histoire. Quand les familles
décrivent leur dynamique familiale, ils décrivent surtout le comportemental et très peu de
psychique. La famille se considère parfaite et refuse l’intrusion, pour cela on voit les
parents avec un autre groupe de parentsDéni.
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Développement normal et pathologique de l’adolescent
Boulimie :
Conduite alimentaire pathologique caractérisée par une hyperphagie solitaire à la suite d’une
faim impérieuse qui ne peut être calmée malgré la consommation ou l’ingestion massive
d’éléments.
Phases :
Phase 1 : Adolescente prend la nourriture en solitaire dans la honte d’une manière plus
ou moins impulsive sans plaisir avec un sentiment de perte de contrô le et de démesure
(quand une crise boulimique est liée à d’autres éléments, elle devient pathologique). Le
comportement paroxystique est précédé d’un malaise, d’une tension et la crise
boulimique consiste à consommer plusieurs éléments calorifiques (Beurre/Sucre)
qu’elle n’a pas l’habitude de consommer.
Il s’agit d’une perte de contrô le de l’appétit qui rentre dans le cadre des addictions chez
certains auteurs, le fait de manger considéré comme une décharge dépressive, une
manière d’éviter de penser. La fin de la crise est souvent liée à un élément extérieur
(Intrusion d’un tiers/Il n’y a plus quelquechose à manger) alors que la fille sentait un
soulagement quand elle mangeait.
Phase 2 : Moment de dysphorie, de panique, de honte, d’humiliation, de remords. La
boulimique sent qu’elle a quelquechose de pathologique. Elle a conscience des
douleurs abdominales, des nausées, du malaise, de l’étouffement… Dans les cas les plus
fréquents de la boulimie (Boulimie compulsive normo-pondérale), l’adolescente tente
d’oublier ou d’annuler cette crise (Vomir, médicaments : diurétiques et laxatifs,
torpeur, sommeil, diète).
Critères de différenciation entre personne boulimique et personne qui a une crise boulimique:
Bernard Brusset : « Chez la boulimique il y a une quête d’une jouissance impossible, d’une
souffrance, d’une maladie… D’abord acceptée sinon choisie et voulue, cette conduite répétée
devient source d’angoisse et cause d’aliénation : Le sujet se sent contraint à des actes qui le
dessaisissent de lui-même. »Perversion des pulsions d’autoconservation, acte de jouissance,
pathologie de l’excès, de la dépendance.
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Développement normal et pathologique de l’adolescent
Signes cliniques :
Gonflement de la mâ choire, veines qui éclatent au niveau des yeux, le corps est le seul
problème, troubles du comportement alimentaire, concentrent toute leur énergie sur le
physique sans laisser de place au fonctionnement psychique. Mais si on leur permet de parler
de leur registre émotionnel, de leurs attentes, de leur manque d’affection, on remarque qu’ils
sont confrontés à une image qu’ils n’atteignent jamais. Leur personnalité est rapprochée aux
personnalités borderlineDSM IV : Impulsivité marquée, instabilité des relations
interpersonnelles, de l’image de soi et des affects.
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Développement normal et pathologique de l’adolescent
La dépression est un terme descriptif utilisé en psychopathologie (Voir DSMV cours de Hana
Azar). Les éléments de la dépression adulte prennent d’autres formes chez l’adolescent dans
la mesure où celui-ci n’a pas le masque dépressif. L’adolescent ne se plaint pas mais sa
dépression se dit par des troubles somatiques et de l’hypersomnie. Mais il est en « déni » face
à la dépression et ses parents ont du mal à l’imaginer dépressif. On retrouve des moments où
tout se passe très bien, ce qui rend le diagnostic difficile.
Les signes psychologiques apparaissent chez l’adolescent par éléments invoqués ou par
sollicitation :
Humeur dépressive, tristesse et désintérêt sont décelables par la provocation ou par
l’implicite de ce qui est dit. Certains adolescents expriment leur attitude par la
négation ou bien en s’intéressant à une activité passive.
Ces signes peuvent avoir comme conséquence un retrait social et une inhibition
affective avec des colères et des impulsivités quand on se rapproche de lui.
On retrouve aussi les éléments physiques : Fatigue, perte d’énergie, manque d’appétit,
troubles du sommeil.
Au niveau du self-esteem on retrouve l’auto-dévalorisation, l’auto-flagellation ou un
sentiment d’indignité par rapport aux parents, aux relations, aux résultats scolaires…
Les pensées de mort varient de « A quoi ça sert de vivre »questionnement existentiel
normal chez l’adolescent jusqu’à « Je veux finir de ma vie » avec passage à l’acte.
Angoisse et anxiété qui peuvent ne pas être présentes.
Concepts spécifiques :
Dépression masquée :
On est dans l’idée de donner des antidépresseurs pour n’importe quel passage à l’acte. C’est
un concept bateau car il empêche d’être spécifique dans la thérapie et car il met tous les
adolescents dans le cadre de la dépression masquée : Dépressivité normale,
adolescenteDépression majeure.
L’affectivité dépressive est normale chez l’adolescent parce que les processus
d’adolescence et les éléments psychodynamiques mobilisés entraînent des émotions
parfois négatives. Cette dépressivité nécessaire à l’adolescence peut être accompagnée
mais elle peut aussi être juste observée, monitorée.
L’élaboration de la position dépressive est un élément important de l’adolescence et
certaines manifestations comportementales de l’adolescent peuvent n’être qu’une lutte
intérieure contre la dépressivité. L’accompagnement de l’adolescent devrait lui permettre
l’élaboration de cette dépressivité et non pas sa disparition.
L’humeur dépressive est à l’adolescence un état intermittent qui n’est pas la tristesse du
déprimé. C’est un moment de repos pour mieux repartir et pour enclencher un mécanisme
de dégagement, de séparation. C’est le signe qu’une transformation intérieure est en train
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Développement normal et pathologique de l’adolescent
de s’accomplir. Elle dure 3 ou 4 jours et remobilise les énergies bloquées et peut être le
tremplin nécessaire vers un mouvement progrédient. Il faut faire attention quand elle
touche au self-esteem. Tant que les possibilités dynamiques et l’investissement de plaisir
persistent, le pronostic reste positif.
Ennuie et morosité :
Sont souvent confondus chez l’adolescent. L’ennuie est une forme de monotonie,
d’inhibition des affects, de la motricité et de l’intellectuel. L’ennuie peut être un mécanisme
de défense en thérapie mais il peut être aussi productif car il permet la créativité. Il révèle
la mise à distance des objets internes, c’est une sorte d’écran aux conflits internes et aux
fantasmes angoissants. A cô té de l’ennuie, on retrouve la morosité. C’est le refus d’investir
le monde des objets P. Male « Psychothérapie de l’adolescent » : « Monde vide, rien
d’intéressant ». L’adolescent morose conserve son énergie, il n’est pas déprimé. Dans la
psychose, on retrouve l’incapacité d’investir le monde des objets. Quand les patients
parlent de théories, il faut faire des recherches sur ces théories.
Chapitre 10 : L’addiction
Introduction :
Dans l’addiction il y a le sentiment d’être enchaîné à l’objet alors que dans la toxicomanie il
y a un jugement porté sur la personne « prendre l’objet par manie, envie de se faire mal ».
On peut être « addict » à quelquechose qui n’est pas toxique. L’objet addictif est un objet
idéalisé investi de qualités bénéfiques et une promesse de plaisir et d’espoir (rendre les
difficultés supportables). Il donne sens à la vie, atténue le sentiment d’angoisse et de mort
interne, décharge la tension psychique, permet d’échapper à la douleur mentale et à un
éprouvé affectif. C’est une tentative de se soigner ayant une logique infantileSolution
psychosomatique à un conflit psychique.
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Développement normal et pathologique de l’adolescent
Joyce Mc Dougall- Eros 1001 visages, Néo besoins et solutions addictives: L’objet peut être
l’alcool, la cigarette mais aussi la nourriture, les médicaments et les narcoleptiques.
Les addictions servent à défendre les aspects névrotiques et à fuir devant les angoisses
psychotiques inconscientes (angoisse de liquéfaction, de morcellement, d’anéantissement,
du vide, d’éclater dans tous les sens).
L’objet d’addiction ne peut pas combler le manque des objets internes et par conséquent la
compulsivité dépend de l’étendue des vides à colmater et des états psychiques à combattre.
L’enfant en détresse caché dans l’adulte addictif est persuadé qu’il ne souffrira plus jamais
de ce sentiment d’abandon parce qu’il croit avoir un pouvoir sur son objet addictif. Il a
l’impression d’exercer un contrô le omnipotent sur l’objet d’addiction, de substitution.
L’addiction n’est pas seulement un comportement ou un objet mais un rapport qu’établit le
patient avec ce comportement ou avec cet objet. Les personnalités addictives tentent de
relever trois défis et de régler les comptes avec le passé :
1. Défi de la mère interne : La personne addictive dit à cet objet que c’est elle qui le
contrô le.
2. Défi du père interne : Que l’individu veut désavouer, c’est aussi un défi contre
l’autorité. Il y a une attitude provocatrice.
3. Défi contre la mort : Rejoint la position de contrô le et de toute-puissance. Lié au
sentiment de mort interne qu’on veut faire taire. Dans le discours des addictifs :
« Qu’est-ce que ça peut me faire ? ».
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Développement normal et pathologique de l’adolescent
Ces éléments doivent avoir duré plus qu’un mois et doivent s’être répétés pendant une
période plus longue.
Différentes addictions :
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Développement normal et pathologique de l’adolescent
5. Addiction aux achats : Acte d’acheter est une source de plaisir et non pas l’objet
acheté. Personnes qui font des achats compulsifs.
6. Addiction aux tentatives de suicide : Certains adolescents découvrent dans la
tentative de suicide une dynamique familiale transformée (Attention croissante,
sentiment d’être entouré, soins…) et un état de conscience changé (Apaisement,
moins de frustration). Les suicidants décrivent un état de bien-être, de soulagement
après la T.S, ce qui fait qu’ils vont épisodiquement y recourir pour retrouver cet état.
7. Addiction aux conduites à risque : Recherche continue des situations à risque.
Plaisir de contrô ler son destin, sa vie et sa mort.
8. Addiction à autrui : Un être humain peut servir d’objet d’addiction. Autrui devient
un objet de besoin narcissique, une manière d’alléger les angoisses intolérables avec
une demande intarissable d’attention et d’affection liée à une relation de
dépendance infantile pathologique. Ces personnes addictives sont tellement
anxieuses quand elles sont seules, qu’elles deviennent insomniaques. Recherche de
bruits extérieurs, d’évènements… Empêchent les autres personnes d’être seules ou
de dormir.
9. Sexualité addictive ou compulsive : Non seulement l’autre est un objet, mais il est
aussi un objet de besoin ≠ objet de désir. La relation anaclitique, addictive marque
une défaillance dans le processus d’auto-apaisement. La relation sexuelle n’est plus
constituée sur le mode de recherche du désir ou de communion avec autrui mais elle
a pour rô le d’empêcher la désagrégation de l’image narcissique. L’acte sexuel est
destiné à protéger l’image de soi ou bien d’une rage infantile ou bien des objets
internes de destruction (vécu de castration pour le garçon, image châ trée de soi
pour la fille)Mort libidinale. Les partenaires jouent souvent à leur insu le rô le de
colmater une identité sexuelle fragilisée. Il y a une double visée narcissique ≠
relationnelle : On veut réparer son image et maintenir l’illusion d’un contrô le
omnipotent. Mc Dougall : « Quand le désir sexuel suscite la terreur, le manque d’objets
internes sécurisants laisse un espace vide pour ainsi dire qui peut favoriser la création
d’une solution sexuelle addictive pour pallier toute expérience douloureuse ».
Plusieurs enjeux :
1. La 6ème engendre un désordre. Exemple : Plus de prof principal.
2. Le brevet crée des angoisses chez les enfants et chez leurs parents.
3. Orientation professionnelle : Conflit interpersonnel entre parents et ado.
S’ajoute à cela qu’à l’adolescence il y a de nouveaux intérêts qui risquent de complexifier
l’attitude de l’élève face aux études : Flirter, séduire… De plus, on retrouve la sexualisation
des liens et la recherche d’un rapport horizontal avec l’autorité.
L’investissement du scolaire peut être problématique et la motivation pour aller à l’école
ambivalente avec une différence au niveau des écoles. L’adolescent est capable de se
comparer à ses amis et son image de lui-même est touchée par les résultats scolaires.
Certaines écoles donnent des modalités d’expression aux élèves par d’autres voies que les
résultats scolaires.
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Développement normal et pathologique de l’adolescent
Il faut investiguer la place de la scolarité dans l’idéal des parents c-à -d combien eux-mêmes
ont investi la scolarité car un ado qui fait sa crise va s’attaquer aux valeurs des parents
pour s’autonomiser. Certains ados détruisent donc leur profil scolaire. Il faut questionner
l’historique scolaire de l’ado et ses modalités de travail. Certains ados n’arrivent pas à
étudier seuls ce qui engendre une dépendance cognitive qui fait naître une dépendance
affective.
Il faut vérifier la place de l’autonomie dans le travail scolaire de l’adolescent. Plus l’enfant a
appris tô t à être autonome, moins il fera de crise au niveau du scolaire.
Il faut connaître les exigences d’excellence à l’école. Si l’école se trompe, quelqu’un doit
oser le dire pour améliorer le self-esteem de l’adolescent.
Au niveau des modèles, ce n’est pas « cool » d’étudier. Certains adolescents échouent sur le
plan scolaire pour mieux s’intégrer et pour être perçu comme « bien » par les « moins
biens ». Le délégué de classe dans les petites classes est celui qui a le plus de popularité
tandis que dans les grandes classes le délégué est celui qui fait preuve de responsabilité.
Cette transformation dans les valeurs des élèves est très importante à observer. Le délégué
est un indicateur des valeurs des enfants-adolescents.
Le poids de la revendication d’indépendance, de la révolte est important car il y a des
adolescents qui l’expriment à l’école.
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Développement normal et pathologique de l’adolescent
Partie technique :
Prise de contact :
L’adolescent prend rarement rendez-vous lui-même. S’il le fait c’est déjà un indicateur de
séparation ou de négligence. Il vient souvent accompagné. Une institution ne peut pas
prendre rendez-vous pour l’adolescent sans l’autorisation des parents. Le coup de
téléphone est important car on nous dit certaines choses (pourquoi on vient) et car il
contribue à l’établissement de la relation.
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Développement normal et pathologique de l’adolescent
Diagnostic :
La relation au thérapeute et son maintien d’une part car l’adolescent le place dans
une place de « supposé savoir » et d’autre part car l’adolescent prend lui-même une
position de « dévaloriser tout savoir » (exemple : toxicomane) ou de « détenteur de
tout savoir » Adolescent inaccessible. L’adolescent doit être accompagné pour
faire le deuil de l’idée de trouver des adultes qui peuvent le comprendre.
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Développement normal et pathologique de l’adolescent
Le thérapeute doit accepter d’être rejeté. C’est un travail de fin de thérapie, c’est une
conduite structurante, d’éloignement. Chez les adolescents elle est plus accrue.
Le risque d’être comme un maître car il faut laisser des suppositions et des
questions pour ne pas rigidifier le fonctionnement du patient et pour l’ouvrir vers
de nouvelles modalités. Le but d’une thérapie est d’aider le patient à sentir des
choses intérieures et extérieures, de terminer un développement affectif et de jouir
de sa vie.
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