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Le vieux Cordelier Camille Demouline 2

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34 LE VIEUX CORDELIER. travaux de tous mes collégues montagnards, pour I’af= fermissement de la République , ai compos¢ , presque & moi seul (qu’ils me passent l’expression), leur comité de lecteurs et de penseurs, me sera-t-il permis, au bout @un an, de leur présenter le rapport de ce comité, de leur offrir les legons de histoire , le seul maitre, quoi qu’on en dise, de l'art de gouverner , et de leur douner les conseils que leur donneraient Tacite et Machiavel , les plus grands politiques qui aient jamais existé. | N°. II. Décadi 20 frimaire, Van II de 1a République, une et indivisible. On: me reprochait sans cesse mon silence , et peu sen fallait qu’on ne m’en fit un crime. Mais si c'est mon opi- nion , et non des flagorneries qu’on me demande , & quoi eat-il servi de parler, pour dire Aun si grand nombre de personnes. Vous étes des insensés ou des contre-révo- lutionnaires , de me faire ainsi deux ennemis irréconci- liables, Y'amour-propre piqué , et la perfidie dévoilée , et de les déchainer contre moi en pure perte , et sans profit pour la République ; car lesinsensés ne m’a Graient pas cru, et je n’aurais pas changé les traitres ? La vérité a son point de maturité, et elle était encore trop verte. Cependant je suis honteux d’étre si long-temps poltron. Le silence de la circonspection peut commander,aux aue tres citoyens , ses devoirs le défendent 4 un représen- tant, Soldat rangé en bataille, avec mes collégMeg , au- Le VIEUX CORDELIER. i 35 totir de la tribune, pour dire, sans crainte, ce que jé crois de plus utile au Beuple francais, me. taire serait déserter. Aussi bien ce‘que j'ai fait, ce que j’ai écrit, depuis cing aris, pour la révelution ; mon amour inné pour le gouvernement républicain, seule constitution qui cénvienne 4 quiconque n'est pas indigne du noni d@homme; deux fréres; les seuls que j’avais, tués en com= battant pour la liberté , l'un au siége de Maéstricht , et Yautré dans la Vendée, et ce dernier coupé en. mor- teaux, par la haine que les royalistes et les prétres por- tent 4 mon nom ; tant de titres 4 la confiance ‘des patrio= tes; écartent de moi tout soupgon; et quand je vais, visiter les plaies de Etat, je ne crains point que l'on confonde avec le stylet de |’assassin la sonde du chi- rurgien. ; Dés le premier mois de tiotre session , il y a plus d’un an, j’avais bien reconnu quel serait désormais le plus grand danger , disons mieux, le seul danger de la Ré- publique, et je m’exprimais dans un discours distribué ala Convention, contre son décret du 27 octobre, rendu sur la motibn de Gensonné , qui excluait les membres de toutes les fonctions publiques pendant six ans, piége gros- sier des Girondins. Il ne reste plus 4 nos ennemis d’autre ressourcé que celle dont usa le sénat de Rome ; quand ; * voyant le peu desuccés de toutes ses batteries contre les Gracques, il s’avisa, dit Saint-Réal, de cet expédient pour perdreles patriotes : ce fut d’engager un Tribund enchérir sur toutcé que proposerait Gracchus; etd mesure que ce= lui-ci ferait quelque motion populaire, de tacher.d'en faire une bien plus populaire encore, et de tuer ainsi les princi- pes et le patriotismne par les principes et Je patriotisme poussésjusqu’al’extravagance. Lejacobin Gracchus prope-+ 36 LE VIRUX CORDELIER. sait-il le repeuplementet le partage de deux ou trois vil-. les conquises, le ci-devant feuillant Drusus proposait d’en partager douze. Gracchus mettait-il le pain 4 16 sous, Drasus mettait 4 8 le maximum. Ce qui lui réussit si bien, que, dans peu, le forum trouvant que Gracchusn’é- tait plus 4 la hautenr , et que c’était Drusus qui allait au pas , se refroidirent pour leur véritable défenseur qui , une fois dépopularisé , fut assommé d’un coup de chaise par Paristocrate Scipion Nasica., dans la’ premiére in- - surrection morale. © Pétais tellement convaincu que ce n’est que de ce cété qu’on pourrait entamer les patriotes et la république, qu’un jour me trouvant au comité de défense générale , au thilieu de tous les docteurs Brissotins et Girondins, au moment de la plus grande déflagration de leur colére ¢ontre Marat, et feignant de croire 4 leur amour pour ta liberté : « Vous direz tout ce qu’il vous plaira , inter- rompis-je ; Marat, contre qui'vous demandez an décret d’accusation , est peut-étre le seul homme qui puisse sau- ver la République, d'un cété dont personne ne se doute , et qui est cependant la seule bréche praticable pour la contre-révolution. » A ce mot de bréche praticable pour la contre-révolution , vous eussiez-vu Guadet, Brissot , Gensonné , qui d’ailleurs affectaient beaucoup de mépris pour mes opinions politiques > mMontrer, en croisant les bras tous a la fois, qu’'ils renongaient a la parole qu ‘auparavant fla s’étaient disputée , pour appren- dre quel était ce cété faible de la place ot Marat était notré' seul ‘retranchement, et me dire avec empresse- ment de m’expliquer. Il était une heure ou deux. Le co- mit¢# de défense générale était’ garni, en ce. moment, @ua assez grand nombie de députés;, et je ne doute pas LE VIEUX CORDELIER. 3y qu'il ne se‘trduve de mes collégues qui se rappellent trés-bien cette conversation. « Iln’y a qu’ rire de vos efforts , leur dis-je, contre la montagne , tant que vous nous attaquerez par le ma- rais et le cété droit. On ne peut nous prendre que par les hanteurs, et en s'emparant du sommet comme d’une redoute ; c’est a dire en captant les suffrages d'une mul- titade imprudente, inconstante , par des motions plus populaires encore que celles des vieux cordeliers; ep suscitant des patriotes plus chauds que nous , et de plus grands prophétes que Marat. Pitt commence a:s’en douter , et je le soupgonne de nous avoir envoyé a Ja barre ces deux députations qui vinrent derniérement avec des pétitions, telles que nous-mémes, de la cime de ja montagne , paraissions tous des modérés , eu compa- raison. Ces pétitions, l'une, je crois , des boulangers , et Vautre de je ne me souviens pas quelle section , avaient Wabord été extrémementapplaudies des tribunes. Heureu- sement nous avons Marat qui, par sa vie souterraine et ses travaux infatigables , est regardé comme lemaximum du patriotisme , et a cette possession d'état si bien éta- blie, qu'il sembleva toujours au peuple, qu’au dela de ce que propose Marat, il ne peut y avoir que délire et extravagances , et qu’au dela de ses motions il faut écrire comme les géographes de Vantiquité , 4 extrémité de leurs cartes : La, il n’y a plus de cités, plus d’! habitations; il n’y aque des déserts et des sauvages, des glaces ou des volcans. Aussi, dans ces deux occasions, Marat, qui ne manque point de-génie en politique, et. qui a yu @abord ot tendaient ces pétitions , s’est-il empressé de les combattre ; et il n’a eu besoin que de quelques mots, et presque d'un signe de téte , pour faire retirer aux tri- 58 LE VISUX GORDELIER. bunes leurs applaudissemens. Voila, concluais-je, le ser: vice immense que lui seul, peut-étre, est en mesure de rendre 4 la République. Il empéchcra toujours que la contre-révolution ne se fasse en bonnets rouges, et c'est Ja seule maniére possible de la faire. » Aussi, depuis la mort de ce patriote éclairé et 4 grand caractére , que j'osais appeler, il a trois ans, le divin Marat, c'est la seule marche que tiennent les ennemis dela République; et j’en atteste soixante de mes collé- gues! Combien de fois j'ai gémi , dans leur sein , des fu- nestes succés de cette marche ! Combien de fois , depuis wois mois, je les ai entretenus , en particulier, de mes frayeurs qu’ils traitaient de ridicules, quoique depuis Ja révolution sept & huit volumes déposent en ma fa- veur que si je n’ai pas toujours bien connu les person- nes , j'ai toujours bien jugé les événemens ! Enfin, Ro- bespierre , dans un premier discours dont la Conven- tion a décrété l'envoi a toute l'Europe , a soulevé le voile. Hi convenait 4 son conrage et A sa popularité d’y glisser adroitement , comme i! a fait, le grand mot , le mot sa- lutaire , que Pitt a changé de batteries; qu'il a entrepris de faire , par 'exageération , ce quil n'avait pu faire par le modérantisme , et quily avait des hommes , patrioti- quement contre-révolutionnaires , qui travaillaient a for- mer, comme Rolland, Vesprit public et & pousser l’opi- nion en sens contraire , mais 4 un autre extréme , égale- ment fatal ala liberté. Depuis, dans deux discours non moins éloquens , aux Jacobins, il s'est prononcé , avec plus de véhémence encore, contre les intrigans qui, par des louanges perfides et exclusives, se flattaient de le détacher de tous ses vieux compagnons d'armes, et du pataillon sacré des Cordeliers, avec lequcl il avait tant de LE ‘VIEUX CORDELIER. 39 fois battu l’armée royale. A la honte des prétres y ila dé- fendu le Dieu qu’ils abandonnaient lachement. En -ren- dant justice 4 ceux qui, comme le curé Meslier, abju- raient leur métier par philosophie, il a mis a leur place ces hypocrites de religion qui, s’étant fails prétres pour faire bonne chére, ne rougissaient pas de publier eux-mémes leur ignominie , en s'accusant d’avoir été si long-temps de vils charlatans, et venaient nous dire 4 da barre : : Citoyens, j’ai menti soixante ans pour mon ventre. Quand on a trompé si long-temps les hommes , on abjure. Fort bien. Mais on cache sa honte; on ne vient pas s’en parer , et on demande pardon a Dieu et 4 la Na- tion. Tl amis a leur place ces hypocrites de patriotisme, qui, aristocrates dans l’assembhée constituante , et évé- ques conuus par leur fanatisme , tout 4 coup éclairés par Ja raison, montaient les premiers a J’assaut de l'église Saint-Roch , et par des farces indécentes ct indignes de la majesté de la Convention, s’efforgaient de heurter tous les préjugés, et de nous présenter 4 l’Europe, comme un peuple d’athées, qui, sans constitution, comme sans principes, abandonnés 4 V'impulsion du patriote du jour, et du jacobin 4 la mode, proscrivaient et persécutaicnt tous les cultes, dans le méme temps quils eA juraient la liberté. A la téte de ces hommes , qui, plus patriotes que Robespicrre, plus philosophes que Voltaire, se moquaient de cette maxime si vraie , Si Dicu n’existait pas , il faudrait Vinventer, on distinguait Anacharsis Cloots , l’orateur du genre hu- 40 LE VIEUX CORDELIER. main. Cloots est Prussien; il est cousin germain de ce Proly , tant dénoncé, Ila travaillé la Gazette Univer- selle ot il a fait la guerre aux patriotes, je crois, dans le temps du Champ-de-Mars. C’est Guadet et Vergniaud qui ont été ses parrains , et Pont fait naturaliser citoyen frangais, par décret de l’assemblée législative. Par recon- naissance , il a vold, dans les journaux , la régence au vertueux Rolland. Aprés ce vote fameux, comment peut-il prendre ‘tous Jes jours effrontément place a la cime de la montagne? Le patriote Cloots, dans la grande question de la guerre, a offert 12 mille francs & la barre , en don patriotique, pour les frais de l’ouver- ture de la campagne, afin de faire prévaloir opinion de Brissot qui, comme Cloots, voulait faire-la guerre au genre humain, et le municipaliser. Quoiqu’il ait des [Link] pére pour tous les hommes , Cloots semble en avoir moins pour les négres; car, dans le temps, il combattait: pour Barnave contre Brissot , dans l’affaire des colonies ; ce qui montre unc flexibilité de principes, et une prédilection pour les blancs , peu digne de.]’am- bassadeur du genre humain. En revanchc, on ne peut donner trop d’éloges & son zéle infatigable a précher la République une et indivisible des quatre parties du mon- de, a sa fervour de missionnaire jacobin , 4 vouloir guillotiner les tyrans de la Chine et du Monomotapa. Il n’a jamais manqué de dater ses lettres , depuis cing ans, de Paris , chef-lieu du globe ; ct ce n'est pas sa faute , si les rois dc Danemarck , de Suéde gardent Ja neutralité, et ne s'indignent pas que Paris se disc orgueilleusement Ja métropole de Stockholm et de Copenhague. Eh bien, c'est ce bon montagnard qui , l'autre jour , aprés souper, dans un accés de dévotion la raison, et de ce qu'il ap- -LE VIEUX CORDELIER. 4u pelle son éé pour la maison du seigneur genre humain., courat , 4 onze heures du soir , évéiller , dans son pre- mier somme , l’évéque Gobel, pour lui offrir ce qu’il appelait une couronne civique, et l’engager a se dépré- triser solennellement le lendemain a Ja barre de la Con- vention. Ce qui fut fait, et voila comme notre Prussien Cloots (1) donnait ala France ce signal de subversion et Yexemple de courir sus 4 tous les sacristains. Certes je ne suis pas un cagot, et le champion des prétres. Tous ont gagné leurs grands revenus, en ap- portant aux hommes un mal qui comprend tous les autres, celui d'une seryjtude générale, en préchant cette maxime de Saint-Paul , obdissez aux tyrans; en répondant comme |’évéque O’ Neal 4 Jacques I*., qui lui demandait s'il pouvait puiser dans la bourse de ses sujets, « A Dieu ne plaise que vous ne le puissiez ; vous étes le souffle de nos narines » ; ou comme Je Tellier 4 Louis XIV : Vous étes trop bon roi; tous les biens dé _ vos sujets sont les vétres. On a terminé le chapitre des prétres et de tous les cultes qui se ressemblent , et sont tous également ridicules, quand on a dit que les Tar- tares mangent les excrémens du grand Lama, comme des friandises sanctifides. Il n’y a si vile téte d’ognon qui n’ait été révérée a Végal de Jupiter. Dans le Mogol , il y a encore une vache qui regoit plus de génuflexions que le boeuf Apis qui a sa créche garnie de diamans , (1) Le Prussien Cloots! On voit dans plusieurs numéros des Re- volutions de France et de Brabant que Camille a été quelque temps dupe de ce charlatan qu’en ce moment il perce des traits du ridicule. Mais Vauteur du Vieux Cordelier vient de nous dire qu'il n’a pas toujours bien conau les personnes. ( Note des éditeurs.) 42 LE VIEUX CORDELIER. et son étable voutée des plus belles pierrerics de l'Orient, ce qui doit rendre Voltaire et Rousseau moins fiers de leurs honneurs du Panthéon; et Marc Polo nous fait voir Jes habitans du pays de Cardandan adorant chacun Je plus vieux de la famille, etse donnant, par ce moyen, la commodité d’avoir un Dieu dans la maison et sous la main. Du moins ccux-ci' ont nos principes d’égalité , ot chacun est Dieu a son tour (1). Aussi ce qui m'inquidte , c’est de ne pas m’apercevoir -assez des progrés de la raison humaine parmi nous. Ce qui m’inquicte, c’est que nos médecins, politiques eux-mémes, ne comptent pas assez sur lagaison des Frangais , pour croire qu'elle puisse étre dégagée de tout culte. Il faut 4 Vesprit humain malade , pour le bercer, le lit, plein de songes , de la superstition ; et a voir. les processions , les fates qu’on institue , les autels et les saints sépulcres qui se lévent, il me semble qu’on ne fait que changer de lit le malade , seulement on lui retire Yoreiller de !’es- pérance d’une autre vie. Comment le savant Cloots a-t-il pu ignorer qu'il faut que la raison ctla philosophie soieat devenuesplus communes encore, plus populaires qu’elles ne le sont dans les départemens, pour que les malheureux, le vieillard , les femmes puissent renoncer 4 leurs vieux autels, et 4 lespérance qui les y attache ? Comment (1) Ici se trouve , en vingt lignes, un passage que notre profond respect pour Ja religion nous a fait un devoir de supprimer. Au mi- lieu des mis¢rables sarcasmes que Desmoulinsa lances contreles prétres, ilest ais de voir que ’apostasie de Gobel l'indignait. Peut-étre méme ne s’abandonne-t-il ainsi contre eux 4son humeur impie et satirique, que pour-se faire pardonner la sévérité des reproches qu'il adresse soit a Cloots, soit 4 Chaumettc. (Note des nouv. édit.) 1 LE VIEUX CORDELIER. 43 peut-il ignorer que la politique a besoin de ce ressort ; que Trajan n’eut tant de peines 4 subjuguer les Daces, que parce que, disent les historiens , 4 l'intrépidité des barbares ils joignaient une persuasion plus intime de Yexistence du palais d’Odin , ot ils recevraient, a table, le prix de leur valeur, Comment peut-il ignorer que la liberté elle-méme ne saurait se passer de cette idée d’un Dieu rémunérateur , et qu’aux Thermopyles , le célébre Léonidas exhortoit ses trois cents Spartiates, en leur pro- mettant le brouet noir, la salade et le fromage chez Plu- ‘ton, apud inferos cenaturi! Comment peut-il ignorer que la terreur de Yarmée victorieuse de Gabinius ne fut pas assez forte pour contenir le peuple d’Alexandrie, qui faillit exterminer ses Iégions, 4 la vue d’un chat tué par un soldat romain! Et dans Je fameux souléve- ment des paysans de Suéde contre Gustave Ericson , toute leur pétition se réduisait 4 ce’ point :« Qu’on nous rende nos cloches (1)». Ces exemples prouvent avec quelle circonspection on doit toucher au culte. Pour moi, je Vai dit, le jour méme ot je vis Gobel venir a la barre avec sa double croix , qu'on portait en triomphe devant Je philosophe Anaxagoras , si-ce n’était pas un crime de jése-montagne de soupgonner un président des Jaco- bins et un procureur de la Commune, tels que Cloots et Chaumette , je serais tenté de croire, qu’a la nouvelle de Barrére du at septembre , la Vendée n'existe plus, (1) Qu’on nous rende nos cloches. Un autre Camille , le vertucux Camille Jordan plaida aussi la cause de la religion ; peu s’en fallut qw'il ne portit sa téte sur Péchafaud. I ne fut que proscrit. Il est carieux de rapprocher les hommes et les cpoques. (Vote des nou. editeurs. ) 44 LE VIKUX CORDELIER. le 101 de Prusse s'est écrié doulonreusement, « Tous nos efforts échoueront donc contre la République, puis- que le noyau de la Vendée est détruit » , et que l’adroit Lucchesini, pour le consoler, lui aura dit : « Héros in- vincible, j’imagine une ressource ; laissez-moi faire. Je paierai quelques prétres pour se dire charlatans; j’en- flammerai le patriotisme des autres, pour faire une pa- reille déclaration. Il y a , 4 Paris , deux fameux patrio- tes qui seront trés-propres , par leurs talens , leur exa- .gération , et leur systéme religieux bien connu, a nous seconder, et 4 recevoir nos impressions. I] n’est question que de faire agir nos amis, en France , auprés des deux grands philosophes, Anacharsis et Anaxagoras, de mettre en mouvement leur bile , et d’éblouir leur civisme par la riche conquéte des sacristies. » Jespére que Chae- mette ne se plaindra pas de ce numéro, et le marquis de Lucchesini ne peut parler de lui en termes plus hono- rables. « Anacharsis et Anaxagoras croiront pousser a la roue de la raison , tandis que ce sera a celle de la con- tre-réyolution ; et bientét, au lieu de laisser mourir en France , de vieillesse et d’inanition , le Papisme , préta rendre le dernier soupir, sans procurer 4 nos ennemis aucun avantage , puisque le trésor des sacristies ne pou- vait échapper 4 Cambon, par la persécution et V'intolé- France contre ceux qui voudraient messer et étre messés , je vous réponds de faire passer force recrues constitu- tionnelles & Lescure et 4 la Roche-Jacquelin. »

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