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MPSI 3 - Fermat Le 03.10.

17
2017-2018

Devoir à la maison n◦ 2
CORRECTION
————————————————————–
Problème
Dans ce problème, on cherche à retrouver un résultat obtenu par Gauss (1777-1855) lorsqu’il avait 17
ans :  il est possible de couper un disque en 17 parts égales uniquement avec une règle et un compas .
Pour l’ensemble du problème, on note
 
2kπ
ξk = exp i
17

Une autre notation apparaı̂tra par la suite en fin de première partie.


0. Soient h, k ∈ Z,
       
2hπ 2kπ 2hπ 2kπ 2(h + k)π
ξh × ξk = exp i × exp i = exp i +i = exp i
17 17 17 17 17

Donc
∀ h, k ∈ Z, ξh × ξk = ξh+k

A. Une racine primitive 17e


1. Pour faire le tableau des r17 (3s ), on procède de la façon suivante :
— Soit s ∈ N et supposons que l’on connaisse r17 (3s ).
Par exemple pour s = 4, on a r17 (3s ) = 13)
— On a alors r17 (3s+1 ) = r17 (3 × r17 (3s )).
Par exemple r17 (35 ) = r17 (3 × r17 (34 )) = r17 (3 × 13) = r17 (39) = 5
On ne calcule donc jamais exactement la valeur de 3s !
Cela donne

s 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16
r17 (3s ) 1 3 9 10 13 5 15 11 16 14 8 7 4 12 2 6 1

On définit
f: [[0, 15]] −→ [[1, 16]]
s 7−→ r17 (3s )
2. Le tableau que l’on a donné est suffisant pour répondre à la question, on peut voir que :

∀ k ∈ [[1, 16]], ∃ !s ∈ [[0, 15]] tel que k = f (s)

Remarques !
Dans un cadre plus général, où un nombre a (ici a = 3) a toutes ses puissances successives différentes
modulo b (donc les puissances de 0 à b − 1 - sinon, il y aurait strictement plus de b restes différents), on
dit que ξa est une racine primitive bede l’unité

Par la suite, on notera


∀ s ∈ [[0, 15]], ξ[s] = ξf (s) où f (s) ∈ [[1, 16]]

B. Factorisation de z 17 − 1
On considère maintenant les nombres σi,j définie par :
X
∀ i ∈ N, ∀ j ∈ [[0, i − 1]], σi,j = ξ[s]
s≡j[i]

Seuls les nombres σ2,j , σ4,j et σ8,j nous seront vraiment utiles.
1. Ecriture polynomiale
(a) C’est une factorisation classique (cours) :

16
X
∀ z ∈ C, z 17 − 1 = (z − 1) × (z 16 + z 15 + · · · + z + 1) donc R(z) = zk
k=0

On cherche à factoriser R
(b) Les racines de z 17 − 1 sont les racines dix-septième de l’unité.
Comme 1 n’est pas à considérer (vu que c’est la racine de z − 1), il s’agit donc des 16 racines
dix-septième de l’unité, un excepté.

Les racines (complexes) de R forme l’ensemble {ξk , k ∈ [[1, 16]]}

16
Y
(c) D’après la question précédente, le développement de (z − ξk ) donne donc R(z)
k=1
(aucune des racines n’est double puisque R contient exactement 16 racines).
Donc pour tout z ∈ C,
16
Y 16
X 16
Y
z 16 + z 15 + · · · + z + 1 = (z − ξk ) = z 16 − ( ξk )z 15 + · · · + (−1)16 ( ξk )
k=1 k=1 k=1

On peut identifier (écriture unique d’un polynôme sur C) :

15
X 16
X
ξ[s] = ξk = −1
s=0 k=1

(d) Et avec la même identification :

15
Y 16
Y
ξ[s] = ξk = 1
s=0 k=1

2. Etude de σ2,j
(a) Tous les entiers s sont congrus à 0 ou 1 modulo 2 donc

X X 16
X
σ2,0 + σ2,1 = ξ[s] + ξ[s] = ξk = −1
s≡0[2] s≡1[2] k=1

(b) A partir du tableau écrit précédemment :

σ2,0 = ξ[0] + ξ[2] + ξ[4] + ξ[6] + ξ[8] + ξ[10] + ξ[12] + ξ[14] = ξ1 + ξ9 + ξ13 + ξ15 + ξ16 + ξ8 + ξ4 + ξ2

σ2,1 = ξ[1] + ξ[3] + ξ[5] + ξ[7] + ξ[9] + ξ[11] + ξ[13] + ξ[15] = ξ3 + ξ10 + ξ5 + ξ11 + ξ14 + ξ7 + ξ12 + ξ6
σ2,0 × σ2,1 = (ξ1 + ξ9 + ξ13 + ξ15 + ξ16 + ξ8 + ξ4 + ξ2 ) × (ξ3 + ξ10 + ξ5 + ξ11 + ξ14 + ξ7 + ξ12 + ξ6 )
= (ξ4 + ξ11 + ξ6 + ξ12 + ξ15 + ξ8 + ξ13 + ξ7 ) + (ξ12 + ξ2 + ξ14 + ξ3 + ξ6 + ξ16 + ξ4 + ξ15 )
+(ξ16 + ξ6 + ξ1 + ξ7 + ξ10 + ξ3 + ξ8 + ξ2 ) + (ξ1 + ξ8 + ξ3 + ξ9 + ξ12 + ξ5 + ξ10 + ξ4 )
+(ξ2 + ξ9 + ξ4 + ξ10 + ξ13 + ξ6 + ξ11 + ξ5 ) + (ξ11 + ξ1 + ξ13 + ξ2 + ξ5 + ξ15 + ξ3 + ξ14 )
+(ξ7 + ξ14 + ξ9 + ξ15 + ξ1 + ξ11 + ξ16 + ξ10 ) + (ξ5 + ξ12 + ξ7 + ξ13 + ξ16 + ξ9 + ξ14 + ξ8 )
16
X
= 4 ξk = −4
k=1

Remarques !
Evidemment, les calculs  marchent  bien car on a fait un bon regroupement des racines.
Pourquoi est-ce ainsi qu’il fallait procéder ? C’est la bonne question, la réponse est au coeur de l’idée
de Gauss même si elle a mis quelques temps à se formaliser. Cette réponse est : car ainsi on a une
structure naturelle de groupe ! Nous reverrons cela en fin de semestre
σ2,0 × σ2,1 = −4

(c) Ainsi :
(x − σ2,0 )(x − σ2,1 ) = x2 − (σ2,0 + σ2,1 )x + σ2,0 σ1,0 = x2 + x − 4

σ2,0 et σ2,1 sont les racines du polynômes à coefficients entiers : z 2 + z − 4

On obtient les racines, en exploitant le discriminant ∆ = 1 + 16 = 17.


Une représentation rapide des racines 17ede l’unité montre que les nombres ξ1 , ξ2 , ξ4 , ξ13 ,
ξ15 , ξ16 ont partie réelles positives, supérieure en valeurs absolue à la somme de celle de
ξ9 + ξ8 .
Donc la partie réelle de σ2,0 est positive, alors que celle de σ2,1 est négative.
√ √
−1 + 17 −1 − 17
σ2,0 = et σ2,1 =
2 2
3. Etude de σ4,j
(a) σ4,0 = ξ[0] + ξ[4] + ξ[8] + ξ[12] = ξ1 + ξ13 + ξ16 + ξ4 .
Et σ4,2 = ξ[2] + ξ[6] + ξ[10] + ξ[14] = ξ9 + ξ15 + ξ8 + ξ2
On a donc σ4,0 + σ4,2 = σ2,0 .
alors que

σ4,0 × σ4,2 = (ξ1 + ξ13 + ξ16 + ξ4 ) × (ξ9 + ξ15 + ξ8 + ξ2 )


= ξ10 + ξ16 + ξ9 + ξ3 + ξ5 + ξ11 + ξ4 + ξ15
+ξ8 + ξ14 + ξ7 + ξ1 + ξ13 + ξ2 + ξ12 + ξ6
X16
= ξk = −1
k=1

Donc
σ4,0 et σ4,1 sont les deux racines du polynôme z 2 − σ2,0 z − 1

(b) Les racines de ce polynômes sont égales à


q
σ2,0 ± σ2,02 +4
1 √ √ 1 √ √
 q   q 
= 2
17 − 1 ± (−1 + 17) + 16 = 17 − 1 ± 34 − 2 17
2 4 4

Puis, comme ξ1 + ξ16 = ξ1 + ξ1 = 2 cos 2π 4π


17 ) > 2 cos 17 = ξ2 + ξ15
8π 16π
et ξ4 + ξ13 = ξ4 + ξ4 = 2 cos 17 ) > 0 > 2 cos 17 = ξ8 + ξ9
on en déduit que σ4,0 > σ4,1 et donc

√ √ √ √
 q   q 
1 1
σ4,0 = 17 − 1 + 34 − 2 17 , σ4,2 = 17 − 1 − 34 − 2 17
4 4

(c) De même :
— σ4,1 + σ4,3 = σ2,1
X16
— σ4,1 × σ4,3 = ξk = −1
k=1
— σ4,1 et σ4,3 sont les deux racines de z 2 − σ2,1 − 1
1 √ p √ 
— Or ces racines sont égales à − 17 − 1 ± 34 + 2 17
4
— σ4,3 < σ4,1
Bilan

√ √ √ √
 q   q 
1 1
σ4,1 = − 17 − 1 + 34 + 2 17 , σ4,3 = − 17 − 1 − 34 + 2 17
4 4

4. Etude de σ8,j
(a) Un simple calcul :


σ8,0 = ξ[0] + ξ[8] = ξ1 + ξ16 = ξ1 + ξi = 2 cos
17
(b) Comme précédemment : σ8,0 + σ8,4 = σ4,0 et

σ8,0 × σ8,4 = (ξ1 + ξ16 ) × (ξ13 + ξ4 ) = ξ14 + ξ5 + ξ12 + ξ3 = σ4,1

Donc
σ8,0 et σ8,4 sont les deux racines de z 2 − σ4,0 + σ4,1

(c) Comme σ8,0 = 2 cos 2π 8π


17 > 2 cos 17 = σ8,4 , on en déduit que
q
σ4,0 + 2 − 4σ
σ4,0 4,1
σ8,0 =
2
1 √ √
 p q√ p √ √ p √

= 2
17 − 1 + 34 − 2 17 + ( 17 − 1 + 34 − 2 17) + 16( 17 + 1 − 34 + 2 17)
8
1 √ p √
= 17 − 1 + 34 − 2 17
8q
√ √ √ p √ √ p √ 
+ (17 + 1 − 2 17 + 34 − 2 17 + 2( 17 − 1) 34 − 2 17 + 16( 17 + 1 − 34 + 2 17)
1 √ √ √ √ √ √ 
p q p p
= 17 − 1 + 34 − 2 17 + 68 + 12 17 + 2( 17 − 1) 34 − 2 17 − 16 34 + 2 17
8
Notons que
√ √ q√ √ √ √
q q
2( 17 − 1) 34 − 2 17 = 2 ( 17 − 1)2 (34 − 2 17) = 2 (17 + 1 − 2 17)(34 − 2 17)

√ √ √ √
q q q
= 2 2(9 − 17)2(17 − 17) = 4 17 × 9 + 17 − (17 + 9) 17 = 4 170 − 26 17
Donc,

1 √ √ √ √ √ 
p q p p
σ8,0 = 17 − 1 + 34 − 2 17 + 2 17 + 3 17 + 170 − 26 17 − 4 34 + 2 17
8
Reste à démontrer que
√ √ √
q q q
170 − 26 17 − 4 34 + 2 17 = − 170 + 38 17

Cette égalité est équivalente à (on peut élever au carré : tout est positif)
√ √ √
q q q
( 170 − 26 17 + 170 + 38 17)2 = (4 34 + 2 17)2
√ √ q √ √ √
⇐⇒ 170 − 26 17 + 170 + 38 17 + 2 (170 − 26 17)(170 + 38 17) = 16(34 + 2 17)
√ q √ √ √
⇐⇒ 340 + 12 17 + 2 (170 − 26 17)(170 + 38 17) = 340 + 6 × 34 + 32 17
√ √
q
⇐⇒ 712 × 17 + 170 × 12 17 = 6 × 17 + 10 17
√ √ √
⇐⇒ 712 × 17 + 170 × 12 17 = (6 × 17 − 5 17)2 = 612 × 17 + 100 × 17 + 12 × 170 17
⇐⇒ VRAI

En divisant par 2 pour obtenir cos 17 :
r
√ √ √ √
 q  q
2π 1 1 1
cos = σ8,0 = 17 − 1 + 34 − 2 17 + 17 + 3 17 − 170 + 38 17
17 2 16 8

C. Un peu de géométrie
1. Avec la règle, on trace une droite passant par le centre du cercle.
On obtient un rayon de longueur 1 (sur la figure : [OB]), on reconduit 4 fois cette longueur
grâce au compas (sur la figure on trouve C). On a ainsi une longueur de côté 4.
Avec le compas, on trace la médiatrice de [AB], elle coupe le cercle en D.
On a un triangle rectangle OCD, de côté 4 et 1.

Son hypoténuse vaut 17
2. Ici, on utilise une autre méthode qu’on aurait pu également exploiter précédemment. Si l’on
trace un cercle de diamètre de longueur a + b (AC = a et CB = b),√alors le segment [CD]
perpendiculaire à [AB], coupant le cercle en D a une longueur égale à ab.
En effet, on peut supposer en toute généralité que b > a.
Ce cercle a pour rayon OD = 12 AB = a+b 2 .
La distance OC = OA − AC = 2 − a = b−a
a+b
2 .
Le théorème de Pythagore pour le triangle OCD rectangle en C donne
s 2  2
p a+b b−a √
2
CD = OD − OC = 2 − = ab
2 2

On applique cette méthode, en notant que


√ √ q√ √
q
34 − 2 17 = 2 17 × ( 17 − 1)

On utilise donc la méthode précédente pour obtenir 17. q Ensuite, la démarche est expliquée :
√ √ √ √ p √
KL = 1, KM = 17 et KN = 17 − 1 et donc LR = 17( 17 − 1) = 17 − 17.

Puis, on trace le triangle KV W rectangle isocèle en V , avec KV = 1, donc KW = 2.
√ q √ √ p √
Enfin avec le théorème de Thallès : W Z = 2 17 × ( 17 − 1) = 34 − 2 17

3. Voici une représentation complète des 64 étapes de la méthode de Gauss (elle n’est pas opti-
male. . .).
Pour mieux la comprendre, il faut se rendre sur le site : https ://fr.wikipedia.org/wiki/Heptadécagone
Remarques !
Dans Introduction to geometry, Coxeter (Londres 1907- Toronto 2003) présente la construction de Richmond du
polygone régulier à 17 côtés.
On joint P0 au point J situé sur OB au quart de la distance à partir de O. Sur le diamètre passant par P0 , on
\ = 1 OJP
construit les points E et F tels que OJE \0 et F[ JE = π4 .
4
Le cercle de diamètre F P0 rencontre OB en K et le cercle de centre E et de rayon EK rencontre OP0 en N3 (situé
entre O et P0 ) et en N5 . Les perpendiculaires à OP0 en ces deux points coupent le cercle en P3 et en P5 . Alors
2
l’arc P3 P5 (de même que P1 P3 ) vaut 17 de la circonférence.

La démonstration de la justesse de cette construction utilise à plusieurs reprises le fait que les racines du polynôme
1
x2 + x−1=0
tan(2α)
1
valent tan α et − tan α

Remarques !
On démontre que les nombres N constructibles à la règle et au compas (i.e. dont les angles 2π
N
sont constructibles
à la règle et au compas), si les nombres produit de puissance de 2 et de nombres premiers de Fermat (théorème
de Gauss-Wantzel).
p
C’est nombres premiers de Fermat sont des nombres premiers de la forme Fp = 22 + 1.
On sait que F1 = 5, F2 = 17, F3 = 257, F4 = 65 537 sont bien des nombres premiers.
A l’inverse de ce que pensait Fermat, ce n’est pas le cas de F5 = 4 294 967 297, dont Euler démontra que 641
était un diviseur. . .

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