Inter Arts 1211
Inter Arts 1211
GUIDE DU
Un Peuple – Un But – Une Foi
FACILITATEUR
Formation des parents sur la communication avec les enfants, adolescent(e)s
et jeunes en matière de Santé Sexuelle et Reproductive (SSR)
SECTION 2 Caractéristiques spécifiques des adolescent(e)s du point de vue physiologique, psychologique et social.......................... 4
1) Caractéristiques physiologiques........................................................................................................................................... 4
a. Le cycle menstruel chez la fille……………………………………….................................................................................. 4
b. Connaissance des appareils génitaux masculin et féminin….......................................................................................... 6
2) Caractéristiques psychologiques…………………...............................................................................................................13
3) Caractéristiques sociologiques……………………………………………………………………..............................................14
CHAPITRE 2 Renforcement des connaissances des parents sur les problèmes de Santé Sexuelle et Reproductive (SSR) des enfants,
adolescent(e)s et jeunes.....................................................................................................................................................16
SECTION 2 Besoins des enfants, adolescent(e)s et jeunes en matière de santé sexuelle et reproductive (SSR)………………………24
SECTION 4 Comment aider les enfants, adolescent(e)s et jeunes à adopter des comportements responsables en matière
de sexualité..........................................................................................................................................................................26
1) Le processus d’adoption de nouveaux comportements………………………………………..………………….................26
2) Aperçu des facteurs qui influencent le comportement sexuel des adolescent(e)s………………………………………....27
CHAPITRE 3 Renforcement des capacités de communication et d’éducation sexuelle des parents avec les enfants,
adolescent(e)s et jeunes......................................................................................................................................................29
SECTION 1 Généralités sur l’Information, l’Éducation et la Communication (IEC) et la Communication pour le Changement
de Comportement (CCC)......................................................................................................................................................................29
1) Concept de l’IEC et de la CCC………………………………………..………………………………………………………….29
2) Éléments de base du processus de communication………………………………………..…………………......................29
3) Principes de base qui régissent la communication humaine …………………………………………………………………29
4) Types et formes de communication ……………………………………………………………………………………………..30
a. Les types de communication ………………………………………………………………………………………………....30
b. Les formes de communication ………………………………………………………………………………………………..30
5) Qualités d’un bon message ……………………………………………………………………………………………………...30
6) Obstacles à la communication de façon générale……………………………………………………………………………..30
BIBLIOGRAPHIE……………………………………………………………………………..………………………...............50
SECTION 1
ÉTAPES DU DÉVELOPPEMENT DE L’ENFANT
Le développement de l’enfant commence dès sa vie intra-utérine. Sur le
plan psychologique, il est prouvé qu’il apprend à distinguer la voix de sa
mère et les sonorités caractéristiques de sa langue. Dès la naissance, son
développement physique s’accompagne d’évolutions dans de nombreux
domaines. Au niveau pulsionnel, il apprend progressivement à adapter ses
Pendant l’acte sexuel, des millions de
besoins et ses envies aux contraintes extérieures. Le désir pour le pa-
spermatozoïdes sont libérés dans le
rent de l’autre sexe, sous le nom de complexe d’Œdipe, se déroule avant
vagin de la femme. Ils doivent remonter
l’âge de cinq ans. Ce désir est censuré et refoulé, ce qui permet à l’enfant
dans l’utérus à travers la glaire cervicale
d’intégrer les normes sociales et les interdits.
pour aller à la rencontre de l’ovule qui
se trouve dans la trompe. La rencontre
1. DE LA CONCEPTION À LA NAISSANCE
du spermatozoïde et de l’ovule a lieu
a. De la conception à 2 mois de vie intra-utérine dans le tiers externe de la trompe. Un
La conception du bébé commence par la rencontre seul spermatozoïde va réussir à pénétrer
du spermatozoïde et de l’ovule. Chaque jour, des dans l’ovule pour former un œuf. Seule
millions de spermatozoïdes sont fabriqués dans les la tête entrera ; le flagelle se détache, l’œuf va se diviser peu à peu en plu-
testicules des garçons à partir de l’âge de la puberté sieurs cellules pour former un embryon, qui continue à se transformer pour
jusqu’à la mort. La taille d’un spermatozoïde est donner un être humain. L’œuf fécondé a déjà un sexe génésique XX pour la
d’environ 0,06mm. Le spermatozoïde est constitué fille et XY pour le garçon. L’embryon est asexué, pas de sexe anatomique
d’une tête et d’un flagelle (une sorte de petite queue (pas de vagin et pas de pénis).
qui lui permet de se déplacer en effectuant des bat-
La fécondation : après la fusion de
tements afin d’arriver jusqu’à l’ovule après un rapport sexuel). Sa vitesse
l’ovule et du spermatozoïde, l’ovule fé-
de déplacement normal est de 1 à 2 mm par minute. L’ovule est fabriqué
condé entame sa migration vers l’utérus
dans les ovaires de la femme, sa taille est d’environ 0,15 mm de diamètre.
où plusieurs divisions cellulaires se
Il est beaucoup plus grand que le spermatozoïde. Les ovules sont « pon-
succèdent. L’accumulation de liquide
dus » de la puberté (12/13 ans) à la ménopause (50/55 ans). L’ovaire libère
au sein de l’œuf repousse les cellules
un ovule par mois dans la trompe, c’est l’ovulation.
à la périphérie. On assiste à la forma-
tion d’un amas creux qui s’accroche à la
muqueuse utérine.
1
CHAPITRE 1
La nidation : il s’agit de la fixation de l’œuf au niveau de la paroi utérine. Si Les échanges entre le futur bébé (le fœtus) et sa mère commencent grâce
la nidation n’a pas lieu, l’ovule fécondé meurt et les règles se déclenchent. à la formation du placenta dans la paroi de l’utérus. Le placenta est un or-
Le spermatozoïde de l’homme porte les chromosomes XY, le chromosome gane qui se crée uniquement lors de la grossesse et qui permet d’apporter
Y détermine le sexe masculin (garçon), le chromosome X, détermine le au bébé les éléments nutritifs et l’oxygène, indispensables à sa croissance.
sexe féminin (fille). Le placenta absorbe les déchets. Attention, certaines substances (alcool,
médicaments,…) et parfois même des microbes (la rubéole par exemple)
La présence du chromosome Y transforme l’embryon XY en garçon par
peuvent franchir le placenta et causer des problèmes au foetus.
l’apparition du pénis. L’absence de Y chez l’embryon XX le fait évoluer
vers le sexe féminin. La grossesse normale dure 40 semaines (à partir du premier jour des
dernières règles de la mère) ou 9 mois. Pendant ce temps, le corps de la
b. De 2 mois à 9 mois de vie intra-utérine femme subit différentes transformations afin d’accueillir le bébé et de se
La fécondation a lieu dans la trompe. Pendant 5 à 7 jours, l’œuf poursuit préparer à sa naissance : les seins se développent, le rythme cardiaque
son chemin dans la trompe jusqu’à l’utérus (l’œuf est poussé par de pe- augmente pour mieux oxygéner le bébé…
tits cils situés dans la trompe). Une semaine après la fécondation, l’œuf
se fixe dans l’utérus de la mère : c’est ce que l’on appelle la nidation. 2. DE LA NAISSANCE AU DÉBUT DE L’ADOLESCENCE
a. De la naissance à 3 ans
• La reconnaissance du sexe anatomique par l’entourage et la famille
confère à l’enfant son sexe civique déclaré ou non à l’état civil.
• La société impose au bébé les attributs et les valeurs de son sexe.
Par exemple, le garçon joue avec un objet qui l’identifie (lance pierre,
ballon…) et la fille reçoit comme cadeau une poupée, des ustensiles
de cuisine.
• L’enfant intériorise ses attributs et prend progressivement conscience
de son sexe. Il acquiert un sexe psychologique.
• À 3 ans, il s’identifie parfaitement au sexe du parent qui lui ressemble.
Il acquiert une identité sexuelle : « Je suis un garçon » ou « Je suis
L’embryon devient un fœtus par la mise en place des organes vitaux. Le une fille. »
fœtus acquiert le sexe anatomique (pénis ou vagin), visible lors des exa-
b. De l’âge de 3 ans à 7 ans
mens d’échographie et à la naissance.
Au cours de cette période, beaucoup d’enfants développent le mythe de
Le foetus est relié au placenta par le cordon ombilical qui arrive au milieu devoir prendre la place du parent du même sexe que lui. La fille est la
de son ventre, à travers lequel il reçoit les éléments nutritifs nécessaires « chérie de papa » et le garçon le « chéri de maman. » C’est le stade du
pour son développement. Le foetus se développe dans un sac à l’intérieur complexe d’Œdipe.
de l’utérus que l’on appelle : la poche amniotique. Il s’agit d’une sorte de
Le complexe d’Œdipe est défini comme le désir inconscient d’entretenir des
bulle à parois très fines, remplie de liquide (le liquide amniotique) dans
relations intimes avec le parent du sexe opposé.
lequel baigne le foetus. Ce liquide le protège des chocs.
2 Source : [Link]
CHAPITRE 1
c. De l’âge de 7 ans à 10 ans monde. Le terme de « jeunes » recouvre les âges de 15 à 24 ans. Ces
La raison s’établit et on note la « résolution du complexe d’Œdipe ». définitions sont acceptées et validées par l’Organisation Mondiale de la
L’enfant prend conscience qu’il ne pourra jamais prendre la place Santé (OMS).
du parent.
L’adolescence est marquée par :
• la croissance physique rapide avec apparition des caractères sexuels
3. DE L’ADOLESCENCE À L’ADULTE JEUNE secondaires ;
• l’esprit d’indépendance et sentiment d’autosuffisance ;
a. De 10 ans à 15 ans • opposition aux parents et aux règles établies dans la société.
C’est le début de l’adolescence marqué par l’ouverture aux personnes de
Puberté : ensemble des transformations physiques et psychiques se
sexe opposé dans la société.
produisant lors de la période de l’adolescence, et consistant en une matura-
Adolescence : étape de la croissance située entre la puberté et l’âge tion de l’appareil génital et de la fonction de reproduction, ainsi qu’en une
adulte (10 à 19 ans). Elle débute en général vers 14 ans chez les garçons poussée de croissance.
et 12 ans chez les filles. La transition vers l’âge adulte varie selon les
La puberté chez la fille : le début de la puberté se fait en moyenne à
cultures, mais
11 ans chez la fille, mais peut se produire entre 8 ans et demi et 14 ans.
elle est souvent
Hormis les signes biologiques et radiologiques, le premier signe visible est
définie par le
le développement des seins. Puis apparaissent, dans l’ordre, la pilosité pu-
moment où les
bienne à disposition triangulaire, la pilosité axillaire et le développement des
adolescent(e)
organes génitaux externes. Les premières règles (menstruation) se produi-
s commencent
sent en moyenne à 13 ans. Au cours des deux premières années, le cycle
à vivre indépen-
est souvent irrégulier. Vers 15 ans se manifestent les autres caractères
damment de
sexuels secondaires (non génitaux), complétant l’apparition de la pilosité et
leurs parents.
des seins : développement du tissu adipeux sous-cutané, élargissement du
Adolescent(e)s : bassin par rapport aux épaules….
filles ou garçons La puberté chez le garçon : chez le garçon, la puberté commence entre
âgés de 10 à 9 et 15 ans, en moyenne à 12 ans. Le premier signe est l’augmentation du
19 ans. Ils/elles volume des testicules. On observe ensuite un développement de la pilosité
représentent pubienne à disposition losangique, puis l’augmentation de la taille du pénis.
en ce moment Les premières éjaculations ont lieu à partir d’environ 14 ans et se manifes-
environ un tent au début sous la forme de « pollutions nocturnes » involontaires, durant
cinquième de la le sommeil. Les spermatozoïdes ne sont réellement produits qu’un à deux
population du ans après, le sperme étant pas ou peu fécondant au début. Les caractères
sexuels secondaires, outre la pilosité pubienne, commencent à se mani-
3
CHAPITRE 1
4
CHAPITRE 1
NB : Le cycle menstruel s’accompagne aussi de changements au niveau de La durée d’un cycle est généralement d’un mois. Pendant les premières
la température du corps et des comportements (irritation à l’approche des années de menstruations, les cycles de la plupart des filles sont très ir-
règles, bonne humeur en période ovulatoire). réguliers. Parfois, elles passent plusieurs mois sans les avoir et c’est
normal. Après quelques années, le cycle menstruel devient plus régulier.
Certaines filles ont des règles douloureuses (dysménorrhée). Cela n’a
Cependant la durée du cycle chez certaines femmes est variable (exemple :
aucun rapport avec le fait qu’elle ait ou non déjà eu des rapports sexuels.
la femme peut avoir un cycle de 24 jours et le mois suivant un cycle de 30
Dans tous les cas, il est conseillé d’aller en consultation.
ou 32 jours). Même lorsque le cycle est régulier, la durée varie selon les
Variation du cycle menstruel : la durée de la période entre l’ovulation et les femmes et les filles. Pour certaines, le cycle est seulement de 21 jours (ou
règles suivantes est relativement constante chez une femme. En revanche, même moins). Pour d’autres, il va jusqu’à 35 jours. Le cycle moyen est de
la période qui sépare les menstruations de l’ovulation peut varier, notam- 28 jours.
ment sous l’effet du stress, des voyages, des émotions fortes, des maladies,
Au cours des premières années, l’adolescente peut avoir des cycles
de l’état nutritionnel …
irréguliers et anovulatoires (sans ovules). Cette période doit faire l’objet
d’une plus grande vigilance.
Période
Règles moins Période féconde Période moins
féconde féconde
Ovulation
5
CHAPITRE 1
Glande de Cooper :
Kupèri ka glandi
6
CHAPITRE 1
7
CHAPITRE 1
8
CHAPITRE 1
i. Appareil génital féminin promise. De plus, dans le cas d’une «simple» blessure des grandes lèvres
par l’exciseuse, la fonction de protection sera réduite.
• Les organes externes de l’appareil génital féminin : définition,
fonctions et l’endommagement par la pratique des mutilations Les petites lèvres
génitales féminines (MGF) (vue externe)
Définition : ce sont deux petits plis de tissus fins qui sont situés entre les
La vulve grandes lèvres et généralement cachés par elles. Elles vont de l’orifice
vaginal, qu’elles entourent et protègent, jusqu’au clitoris, où elles se réunis-
Définition : la vulve correspond à l’ensemble des organes génitaux sent de chaque côté de cet organe. Les petites lèvres sont sans poils.
externes de la femme. Elle se compose donc des formations situées sous
le pubis, soient les deux grandes lèvres, les deux petites lèvres, le clitoris, Fonction : elles protègent l’orifice vaginal et le méat urinaire. Elles dirigent
l’orifice urinaire et l’entrée du vagin. aussi le jet de l’urine.
Fonction : la vulve est un organe érectile qui participe à la copulation. Dégât fait par une MGF : dans le cas d’une excision (type II), les petites
lèvres sont partiellement ou totalement coupées ce qui mène à une non
Dégât fait par une MGF : en coupant différentes parties de la vulve (selon protection de l’orifice vaginal et peut par la suite, faciliter les infections
le type), l’exciseuse détruit certaines parties à son niveau. Elle peut par du tractus génital. Par ailleurs, dans le cas d’une «simple» blessure des
exemple couper ou blesser gravement les grandes ou petites lèvres ou le petites lèvres, la fonction de protection sera réduite. Les petites lèvres
méat urinaire, ce qui peut endommager les fonctions de ces organes de peuvent aussi s’accoler, suite à leur coupure partielle, et par la suite cou-
la vulve. vrir l’orifice urinaire. Dans ce cas, la femme aura des problèmes lors de la
miction, donc lors de l’écoulement de l’urine (ce qui peut mener aussi à des
Les grandes lèvres infections).
Définition : ce sont deux larges replis, constitués par la peau et des tis-
sus graisseux qui se trouvent sur les côtés du vagin. La partie externe est Le clitoris
recouverte de poils chez les filles qui ont passé la puberté. Définition : c’est l’organe érectile de la femme et l’équivalent féminin du
Fonction : au repos, les grandes lèvres se rejoignent et recouvrent, pour pénis de l’homme. Le clitoris est une partie sous la forme d’un bourgeon
les protéger, les autres organes sexuels : le clitoris, l’orifice urinaire et vagi- située sur la partie supérieure de la vulve, là où les petites lèvres se rejoi-
nal et les petites lèvres. Au niveau du tiers postérieur des grandes lèvres gnent. Il est fait d’un ensemble de tissus érectiles et très sensibles.
se situent les glandes de Bartholin. Ces deux glandes (droite et gauche) Fonction : le clitoris est le seul organe qui a pour unique fonction de pro-
produisent les sécrétions filantes, incolores et lubrifiantes qui facilitent la curer du plaisir. Le clitoris a donc une fonction érotique. C’est de loin la
pénétration du pénis lors des rapports sexuels. zone la plus sensible du sexe féminin et il est le point focal de la stimulation
Dégât fait par une MGF : dans le cas d’une infibulation (type III) où une sexuelle. L’excitation de beaucoup de femmes se fait par le clitoris.
partie des grandes lèvres est coupée et où la plaie est ensuite suturée, il Tout comme le pénis, l’excitation sexuelle fait gonfler et grossir le clitoris
est évident que la fonction naturelle de protection de cet organe est com- (érection).
9
CHAPITRE 1
Dégât fait par une MGF : en endommageant ou en supprimant cet organe au vagin lors des rapports sexuels ainsi que la voie pour la sortie des
par des types différents de MGF, la sensibilité de la femme est diminuée menstrues et de l’enfant lors de l’accouchement.
ou peut être même supprimée totalement. La femme est privée de son
point focal de stimulation et de la fonction érotique de cet organe. Par Le périnée
conséquent, sa capacité d’atteindre un orgasme est souvent indisposée, Définition : le périnée est la partie située entre l’ouverture du vagin et
comme aussi la fonction afférente : l’érectilité du clitoris. Selon les cas, il y l’anus constitué de peau, de muscles ainsi que de tissus souples et élas-
a donc des répercussions importantes sur la vie sexuelle, non seulement tiques. C’est une zone qui n’appartient pas à la vulve, mais pourvue de
de la femme mais aussi du couple. nombreuses terminaisons nerveuses, qui la rend sensible au toucher.
L’orifice urinaire ou le méat urinaire Fonction : le rôle du périnée de la femme est ambitieux puisqu’il doit
maintenir les organes pelvi-abdominaux (le périnée sert de support pour
Définition : l’orifice urinaire est une toute petite ouverture qui se trouve les organes pelviens et la terminaison du tube digestif qu’est l’anus). Il
au dessus de l’ouverture du vagin et qui est contrôlé par un muscle. Ce permet en même temps de réaliser quatre fonctions essentielles à la vie:
muscle se détend, s’étend, s’élargit et l’urine accumulée plus haut dans la la miction (l’écoulement de l’urine), l’activité sexuelle, la parturition (ac-
vessie sort en jet. Ce muscle est très fin. couchement, naissance) et la défécation (émettre les selles).
Fonction : le méat urinaire sert de point de passage et de sortie des urines.
Le Mont de Vénus ou le pubis
Dégât fait par une MGF : dans le cas où par inadvertance ou inhabilité, le
méat et son muscle sont blessés, la fille souffrira par la suite d’une incon- Définition : le Mont de Vénus est constitué de tissus adipeux (tissus forts
tinence, c’est-à-dire elle ne peut plus contrôler ses urines. Cet état peut bien solides élastiques graisseux qui amortissent les mouvements de va
amener à une exclusion sociale. Dans le cas d’un accolement des petites et vient lors du rapport sexuel) et épais. Il se situe au bas de l’abdomen,
lèvres (une possible conséquence du type II) et d’une infibulation (type recouvre l’os du pubis et est recouvert de poils.
III), l’orifice urinaire est même complètement masqué ce qui résulte en de Fonction : les poils du pubis protègent le vagin contre la saleté car
grandes difficultés à uriner. La sortie des urines doit être forcée goutte par ils servent de couverture, mais la principale fonction de cette zone est
goutte, petit à petit. Il est plutôt difficile de bien vider la vessie et l’urine d’amoindrir les contacts sexuels en évitant qu’ils deviennent douloureux
peut aussi rester sous la cicatrice. Tout cela peut causer des infections par la collision des os (os de pubis).
des voies urinaires.
L’hymen
L’orifice vaginal ou l’ouverture du vagin
Définition : l’hymen est une mince membrane qui recouvre partielle-
Définition : l’orifice vaginal est l’ouverture ou l’entrée qui donne accès au ment l’entrée du vagin chez la plupart des filles et femmes vierges et se
vagin. Cette ouverture est élastique, s’étend pendant les rapports sexuels, compose d’un tissu fibreux et élastique. Sa forme et son étendue varient
et surtout à la naissance du bébé. selon les femmes. C’est un reste du développement fœtal. Il se déchire
Fonction : l’orifice vaginal est la voie empruntée par le pénis pour accéder normalement avec le premier rapport sexuel. Mais, il est à noter que cer-
10
CHAPITRE 1
taines filles naissent sans hymen! fœtus. Ce bouchon de muqueuse se libère lorsque le col de l’utérus se
Fonction : la fonction biologique de l’hymen humain est encore incertaine. dilate lors du travail ou peu de temps avant.
Les scientifiques présument que l’hymen protège le vagin contre les infec-
tions chez les petites filles. L’utérus
• L’appareil génital féminin : définition, fonctions et Définition : c’est un muscle creux qui se trouve dans le bas-ventre.
l’endommagement par la pratique des MGF (vue interne) Fonction : l’utérus est l’organe destiné à contenir l’œuf fécondé, ses mem-
branes et le placenta, à assurer son évolution pendant neuf mois (embryon
Le vagin puis fœtus) et à l’expulser lorsqu’il est arrivé au terme de son évolution.
Définition : le vagin lie la partie génitale externe à l’utérus, et s’étend donc C’est aussi sa paroi intérieure qui se dégrade pour sortir sous la forme de
de la vulve (l’orifice vaginal) au col utérin où il se termine. Cet organe règles si aucune fécondation n’a eu lieu.
interne de la femme est une cavité cylindrique musculaire, élastique
et souple. Les trompes (les trompes de Fallope)
Fonction : le vagin est l’organe de copulation (l’organe d’accouplement, Définition : les deux trompes sont deux conduits qui s’étendent entre
l’organe de l’acte sexuel « couple ») chez la femme, c’est-à-dire c’est une l’utérus et les ovaires et s’abouchent sur l’utérus des deux côtés de sa
cavité qui reçoit le pénis de l’homme lors des rapports sexuels. Le vagin partie supérieure.
est aussi un organe fortement érogène. Il a entre autres propriétés de se Fonction : elles ont pour principale fonction de capter l’ovule expulsé par
lubrifier lors du rapport sexuel par un phénomène involontaire né du désir. l’ovaire et de permettre sa fécondation par le spermatozoïde. C’est par
En plus de sa fonction sexuelle, c’est par le vagin que traverse le bébé au conséquent le lieu de la fécondation. En cas de fécondation, l’ovule sera
moment de l’accouchement. L’écoulement des règles se passe également transporté ensuite vers l’utérus où l’embryon sera formé.
par cet organe.
Les ovaires
Le col de l’utérus ou le col utérin
Définition : les ovaires sont des glandes féminines situées dans le
Définition : le col de l’utérus (cervix) est la portion du bas utérus, où petit bassin.
celui-ci se joint au sommet du vagin. Le col utérin marque alors le début
Fonction : les ovaires chez la femme ont une fonction double à savoir
de l’utérus.
la production des ovules et la sécrétion hormonale de deux hormones
Fonction : le col de l’utérus sert de lieu de passage des spermato- sexuelles indispensables (œstrogène et progestérone).
zoïdes, des règles et a un rôle très important par la glaire qu’il sécrète et
qui protège l’utérus contre les infections. Il sert aussi de lieu de passage Le col de l’utérus, l’utérus, les trompes, les ovaires
de l’enfant pendant l’accouchement. Au cours de la grossesse, le col de
Dégât fait par une MGF : les infections de l’appareil génital externe de la
l’utérus est bloqué par un bouchon de muqueuse antibactérienne qui aide
femme à cause des MGF ou même des infections multiples qui peuvent
à prévenir les infections et empêche également l’expulsion précoce du
11
CHAPITRE 1
devenir chroniques1, peuvent migrer vers le col. Une telle infection du col Le méat urétral
est jugée grave, parce qu’elle entraîne le plus souvent des infections du
Il s’agit de l’extrémité de l’urètre, au niveau du gland, d’où sort l’urine et le
tractus génital supérieur, à savoir de l’utérus, des trompes et des ovaires
sperme.
ou même de l’ensemble du bas-ventre, car la fonction de protection du col
par la glaire est compromise. Les conséquences des infections du tractus
Le gland
génital supérieur sont nettement plus graves que les infections du trac-
tus génital inférieur. Une infection due à une MGF remontée au col peut Il s’agit de l’extrémité renflée de la verge. La couronne du gland est le
même monter jusqu’aux trompes et aux ovaires. Une infection plus longue relief, en forme de couronne, situé à la base du gland. Le gland
des trompes par exemple, peut entraîner la stérilité par une obstruction contient de nombreuses terminaisons nerveuses, ce qui en fait une zone
dangereuse de ces organes. très sensible au touché. Le gland est traversé par l’urètre qui s’ouvre au
niveau du méat urinaire.
ii. Appareil génital masculin : les organes de l’appareil génital
masculin : définition, fonctions et fonctionnement Le pénis ou verge
La verge est constituée de deux corps caverneux, organes érectiles qui
Les testicules se remplissent de sang lors de l’érection, et d’un corps spongieux qui est
Il s’agit des organes qui ont une fonction exocrine (la production des sper- traversé par l’urètre, qui se termine par le gland, et qui intervient peu lors
matozoïdes) et une fonction endocrine (la sécrétion d’hormones appelées de l’érection proprement dite. Au repos, la dimension moyenne de la verge
la testostérone). (ou pénis) est de 8 à 10 cm, et, en érection, de 14 à 15 cm. La verge ne
contient ni muscle, ni os, contrairement à une ancienne croyance populaire.
Le scrotum
L’urètre
Le scrotum ou bourse est la peau, revêtue de longs poils, qui entoure les
testicules. Cette peau contient un muscle, appelé le dartos, qui se con- Il s’agit du conduit urinaire entre la vessie et le méat urinaire. L’urètre
tracte avec le froid, ou lors de l’excitation sexuelle, faisant ainsi remonter passe par la prostate où, à ce niveau, s’abouche le canal éjaculateur.
les testicules vers le haut. L’urètre, lors de l’orgasme, se contracte et propulse l’éjaculat (sperme)
vers l’extérieur. L’urètre, près du méat urinaire, contient des glandes qui
L’épididyme donneront la « rosée du désir », liquide translucide qui est secrété lors
de l’excitation, et qui favorise la lubrification lors de la pénétration. Lors
Il s’agit d’un petit conduit accolé à chaque testicule, qui est le lieu de séjour
de l’éjaculation, un sphincter situé près de la vessie ferme l’urètre pour
et de maturation des spermatozoïdes.
empêcher la sortie de l’urine.
La prostate
1
En médecine, un état persistant et accablant est appelé chronique. Une maladie est chronique si elle
persiste dans le temps, en général plus de trois mois. Il s’agit d’une glande qui entoure la partie initiale de l’urètre. Elle mesure
environ 30 mm de diamètre et sa forme est arrondie. Elle sécrète un
12
CHAPITRE 1
liquide laiteux et visqueux qui se mélange au sperme lors de l’éjaculation. • établissement du niveau intellectuel définitif (la pensée formelle est le
L’odeur du sperme vient des secrétions de la prostate. Le liquide prosta- raisonnement hypothético-déductif qui permet la conceptualisation)
tique favorise aussi la mobilité des spermatozoïdes. Après ablation de la mais manque d’expérience ;
prostate, le volume de l’éjaculat est très diminué. • conflit entre passé et avenir : tout est en train de se faire ;
• âge des oppositions et des contradictions : s’affranchir de la famille,
Les canaux différents être libre, opposition aux parents et aux adultes.
Ils sont au nombre de deux, un pour chaque testicule, et conduisent les Au cours de la période de l’adolescence, les capacités mentales se déve-
spermatozoïdes de l’extrémité de l’épididyme au point de jonction des loppent de même que la capacité d’être critique et de penser indépendam-
vésicules séminales avec le canal éjaculateur. ment. Avec ces changements, les adolescent(e)s commencent à dévelop-
per leur propre identité.
Le pubis
Ils/elles commencent à se considérer comme des individus indépendants,
Il s’agit de l’os que l’on sent bien au dessus de la racine de la verge. veulent réfléchir par eux-mêmes à leurs problèmes et prendre leurs propres
C’est à partir du pubis que doit se faire la mensuration de la verge. décisions. Souvent, il arrivera pour la première fois qu’ils perçoivent les
choses d’une autre manière que leurs parents.
Les vésicules séminales
Les adolescent(e)s mettent peut-être en question les croyances et raison-
Ce sont deux réservoirs dans lesquels s’accumule le sperme avant nements de leurs parents et feront eux-mêmes l’expérience de la vie au
l’éjaculation. Elles secrètent un liquide visqueux, jaunâtre, qui donne au lieu de se contenter simplement de ce qu’en disent les autres. Ils/elles
sperme son aspect caractéristique. voudront également tenter des nouvelles choses et parfois prendre
des risques.
Le prépuce
Tous ces changements mentaux sont des signes palpitants qui montrent
Il s’agit de la peau qui recouvre, en partie, le gland, et dont l’extrémité est qu’ils/elles deviennent des adultes. Mais ceci ne signifie pas qu’ils/elles
ouverte pour permettre le décalottage du gland. Si l’extrémité du prépuce soient déjà des adultes.
est trop fermée, le gland ne peut pas être découvert chez l’adulte, c’est ce
Bien que leurs capacités mentales augmentent beaucoup, il y a tou-
que l’on appelle un phimosis.
jours beaucoup de choses qu’ils/elles ignorent. En fait, on ne finit jamais
d’apprendre, c’est pourquoi il est important de savoir où et à qui demander
2. CARACTÉRISTIQUES PSYCHOLOGIQUES1
les informations dont on a besoin. Parfois, il est utile de s’appuyer sur
Alors que les changements physiques sont visibles au cours de la l’expérience et les connaissances d’une personne plus âgée.
puberté chez l’adolescent(e), son esprit (cerveau) change aussi mais d’une
manière plus discrète. Cela se manifeste à travers les étapes suivantes :
1
Université d’Angers, Stade du développement psycho affectif de l’enfant.
13
CHAPITRE 1
3. CARACTÉRISTIQUES SOCIOLOGIQUES
L’adolescence est une période critique au cours de laquelle les
schémas de comportement et de relations, qui continueront tout
au long de la vie d’adulte, sont établis :
• relation inter individuelle en petit groupe et évolution vers
l’insertion sociale (recherche d’un ami, d’idoles ou d’un petit
groupe), évolution vers un projet de vie ;
• assimilation de l’échelle de valeur et des idéologies de la société,
insertion progressive dans le monde adulte ;
• sorte de répugnance à l’égard de la vie des aînés (sexuelle
par exemple) ;
• existence de problématiques de dépendance et
d’autonomisation (psychique) avec parfois des difficultés à se
séparer, et pour l’adolescent(e) la quête d’une autonomie, toujours
plus grande, tout en évitant le risque (voir le danger) de se
retrouver seul(e).
14
CHAPITRE 2
Renforcement des connaissances des parents sur les problèmes de Santé Sexuelle et Reproductive (SSR)
des enfants, adolescent(e)s et jeunes
CHAPITRE 2
Au Mali, en zone rurale, une fille sur quatre est mariée à l’âge de 15 ans,
SECTION 1 et une sur cinq a accouché à l’âge de 16 ans. Pour la plupart des jeunes
- mariés ou célibataires - les relations sexuelles commencent pendant
PROBLÈMES AUXQUELS LES ADOLESCENT(E)S l’adolescence.
SONT CONFRONTÉ(E)S EN MATIÈRE DE SSR Les causes des rapports sexuels précoces hors mariages sont
La sexualité, en elle-même, n’est pas un problème à l’adolescence, mais multiples. Nous pouvons noter entre autres :
elle peut en provoquer durant cette période de la vie. Certains aspects de • l’absence de communication entre parents, enfants, adolescent(e)s
l’éveil sexuel à l’adolescence incombent aux parents et aux éducateurs et jeunes ;
qui doivent prendre en charge un certain nombre d’aspects fondamentaux • la crise d’adolescence ;
comme : l’information sur la sexualité, les relations sexuelles à risque et la • le relâchement des mœurs ;
contraception. • le commerce ambulant pratiqué par les jeunes filles ;
• les messages confus envoyés par les Nouvelles Technologies de
1. RAPPORTS SEXUELS PRÉCOCES l’Information et de la Communication (NTIC) ;
Définition du rapport sexuel précoce : toute relation sexuelle survenue • le viol et la violence sexuelle ;
avant l’âge de la maturité (18 ans pour la fille et 21 ans chez le garçon). • la pédophilie ;
• le tourisme sexuel ;
• le manque d’encadrement ;
• la pauvreté ;
• le manque de loisirs.
Rapport OMS, Helping parents in developing countries improve adolescents health, 2007
16
CHAPITRE 2
17
CHAPITRE 2
b. Les conséquences des grossesses non désirées d. Quelques stratégies pour éviter les grossesses précoces et/ou
non désirées
Les conséquences sont entre autres :
• les avortements provoqués clandestins et ses conséquences Les stratégies sont entre autres :
(hémorragies, infections, décès) ; • l’instauration de la communication entre parents et enfants ;
• l’abandon et la maltraitance des enfants ; • l’éducation sexuelle dans les écoles et entre les pairs ;
• le bannissement ou le renvoi de la fille ; • la promotion des centres d’écoute pour les jeunes ;
• les infanticides ; • l’accessibilité des contraceptifs et autres services de santé de la
• la déperdition scolaire ; reproduction pour les jeunes ;
• la prostitution ; • la promotion de l’éducation et de la scolarisation des filles.
• la tentative de suicide, voire le suicide.
c. Les conséquences des grossesses précoces1 3. AVORTEMENTS PROVOQUÉS CLANDESTINS
La grossesse précoce est une grossesse, désirée ou non désirée, qui L’avortement provoqué a été et demeure un problème de santé publique
survient avant que l’organisme de la jeune fille ne soit entièrement déve- considérable dans le monde entier. Selon un récent rapport de l’OMS2 :
loppé et à même de bien supporter les exigences de la grossesse et de 210 millions de conceptions ont lieu chaque année, dont 40% non plani-
l’accouchement. On considère que les grossesses survenues avant l’âge fiées. Quarante-deux millions de grossesses sont interrompues chaque
de 18 ans peuvent être dangereuses pour la santé et le bien-être de la année et presque la moitié de ces avortements sont pratiqués dans de
mère et de l’enfant. mauvaises conditions, avec environ 47 000 décès par an.
Lorsqu’une jeune fille de moins de 18 ans est enceinte, elle a plus de Plusieurs raisons expliquent ces taux élevés d’avortements provoqués,
risque de mourir pendant l’accouchement que les jeunes femmes qui sont entre autres : le célibat, la non maîtrise de la contraception, la mauvaise
plus âgées. Elle court aussi un risque plus fort d’être handicapée, parce information sur la sexualité, l’adultère, les problèmes financiers et religieux.
que son pelvis n’est souvent pas assez mûr pour que le bébé passe lors de En effet, l’avortement provoqué expose à des complications dramatiques
l’accouchement. Les adolescentes qui ne bénéficient pas de soins par souvent incurables, voire mortelles, et représente 13% des causes de
un personnel de santé risquent de développer une fistule obstétricale (qui mortalité maternelle.
entraîne une incontinence chronique chez la femme). Enfin, les mères de Au Mali, selon une étude3 dont l’objectif était d’étudier les facteurs associés
moins de 18 ans sont plus susceptibles d’avoir des bébés prématurés ou aux avortements provoqués chez les femmes en âge de procréer dans le
ayant un poids de naissance faible. service de gynécologie-obstétrique de l’hôpital Gabriel Touré de Bamako du
C’est pourquoi, si une jeune fille tombe enceinte, que cela soit ou non 1er septembre 2003 au 30 juin 2004 sur un échantillon de 180 cas et 360
prévu, il est essentiel qu’elle aille au centre de soins rencontrer un agent de témoins, il ressort que :
santé qualifié pour bénéficier des soins prénataux dont elle a besoin. • les avortements provoqués représentent 5,04% des consultations gyné-
Il est aussi très important qu’elle aille accoucher dans une formation sani- cologiques dans le service et 19,80% de l’ensemble des avortements ;
taire (centre de santé ou hôpital) où elle bénéficiera des soins nécessaires 2
Unsafe abortion, global and regional estimates of the incidence of unsafe abortion and associated
avant, pendant et après l’accouchement. mortality in 2008, OMS, 2011.
18 1
FCI, extrait de Choix responsables, jeunesse en bonne santé, 2008
3
Mali Médical, 2008 Tome XXIII N°2, [Link]
Accueil : [Link]
CHAPITRE 2
19
CHAPITRE 2
Les IST sont causées par différents organismes et microbes (bactéries, • plaies sur le gland ;
virus, protozoaires, champignons). • gonflement du scrotum.
Le(s) syndrome(s) peu(ven)t être :
ii. Chez la femme les symptômes sont :
• génital ;
• oral (bouche) ; • saignements irréguliers (règles anormales) ;
• anal ; • douleurs dans le bas ventre et le pelvis ;
• pharyngique (gorge) ; • pertes vaginales anormales (blanche, jaune, verte, mousseuse,
• systémique (à travers tout le corps). purulente, malodorante) ;
• enflure et/ou démangeaisons du vagin ;
Certaines IST peuvent être guéries mais d’autres non. Les IST que l’on • rapports sexuels douloureux ou difficiles.
peut guérir sont traitées avec des antibiotiques et des antifongiques et le
traitement doit se faire avec le ou les partenaires sexuels. Il est possible iii. Chez le bébé (né de mère infectée) les symptômes sont :
de soigner certaines infections opportunistes en cas de SIDA (qui fait partie
• conjonctivite purulente (ophtalmie gonococcique du nouveau-né qui
des IST) mais ces traitements ne permettent pas de guérir la personne
peut entrainer des cicatrices sur l’œil et une cécité si elle n’est pas
malade du SIDA.
traitée à temps) ;
• dermatose ;
b. Symptômes et signes des IST
• infections de la gorge et de la bouche.
Certaines IST n’ont pas de signes apparents (VIH, hépatites…). Les gens
peuvent être infectés par plus d’une IST. c. Les modes de transmission des IST
Les symptômes généraux sont entre autres : Les IST se transmettent par :
• la difficulté d’uriner et l’envie fréquente d’uriner ; • les rapports sexuels non protégés ;
• les ganglions lymphatiques enflés et douloureux dans l’aine ; • les objets de contact souillés (habits intimes, les matériels de toilette,
• les ampoules et plaies ouvertes (ulcères) sur les parties génitales, seringues…) ;
douloureuses et/ou non douloureuses ; • la transmission des parents aux enfants au cours de la grossesse,
• les nodules sous la peau ; de l’accouchement et de l’allaitement.
• le bourgeonnement et la végétation sur les parties génitales ;
• les éruptions sans démangeaisons sur les membres ; d. Comportements à risques
• la sensation de démangeaisons ou de picotement dans les
Quelques exemples de comportements à risques :
parties génitales ;
• les plaies dans la bouche. • partenaires sexuels multiples ;
• rapport sexuel précoce ;
i. Chez l’homme les symptômes sont : • rapport sexuel non protégé ;
• écoulement du pénis (liquide vert, jaune, purulent) ; • consommation des produits psycho actifs (alcool ou drogues).
• éruptions cutanées ;
20
CHAPITRE 2
e. Les moyens de prévention des IST • Les IST non ou mal soignées favorisent la
Les moyens de prévention peuvent être contamination par le VIH.
résumés comme suit :
g. Les conséquences des IST
• l’abstinence de rapports sexuels ;
• l’adoption de comportements respon- Les conséquences des IST sont multiples. On peut retenir entre autres :
sables en matière de SSR des • l’infertilité chez la femme et chez l’homme ;
enfants, adolescent(e)s et jeunes • la frigidité (absence de plaisir lors des rapports sexuels) ;
à travers une information saine sur • les douleurs au cours des rapports sexuels (dyspareunie) ;
la sexualité ; • les avortements spontanés à répétition ;
• le dépistage précoce et la prise en • la mort in utero (décès du fœtus dans l’utérus) ;
charge des cas qui se présentent ; • le risque d’accouchements prématurés ;
• le fait de retarder le premier rapport • la cécité du nouveau-né ;
sexuel (les enfants, adolescent(e)s et • les cancers ;
jeunes sont préparés à vivre pleine- • la dislocation familiale ;
ment leur sexualité) ; • la marginalisation ;
Source : Manuel de formation des pairs- • l’utilisation des préservatifs masculin • le rejet social, la perte d’emploi, la baisse de productivité et de revenus ;
éducateurs, AMREF/AIDSRECH
et féminin ; • l’augmentation des dépenses de santé ;
• la fidélité entre deux partenaires sains ; • le décès.
• le fait de personnaliser certains objets et matériels dans la famille
(rasoirs…). 5. LE VIRUS DE L’IMMUNODEFICIENCE HUMAINE (VIH)
ET LE SYNDRÔME IMMUNODEFICIENCE ACQUISE (SIDA)
La communication sur les moyens de prévention doit prendre en a. Informations sur le VIH et le SIDA dans le monde, en Afrique
compte les réalités et les besoins des adolescent(e)s. et au Mali
À l’échelle mondiale, on estime1 à 33,3 millions [entre 31,4 millions et 35,3
f. Traitement des IST
millions] le nombre de personnes vivant avec le VIH à la fin de l’année
• Les IST doivent être diagnostiquées et traitées aussi rapidement 2009. Le nombre annuel de nouvelles infections par le VIH a baissé de
que possible pour éviter la contagion d’autres personnes. 3,0 millions [entre 2,6 millions et 3,5 millions] en 2001 à 2,6 millions [en-
• Les partenaires sexuels doivent être mis au courant et traiter tre 2,3 millions et 2,8 millions] en 2009. L’Afrique subsaharienne reste la
ensemble. région la plus durement touchée par le VIH, et représente 68% du total
• Le traitement doit être obtenu dans un centre de santé et les des personnes vivant avec le VIH et 72% des décès dus au SIDA en 2009.
médicaments achetés en pharmacie pris selon les consignes L’épidémie mondiale se stabilise, mais à un niveau inacceptable. Le taux
données. de nouvelles infections par le VIH a chuté dans plusieurs pays, même si
sur le plan mondial ces tendances favorables sont, en partie du moins,
1
Source : ONUSIDA – rapport mondial 2010. 21
CHAPITRE 2
contrebalancées par un accroissement des nouvelles infections dans agressions. C’est comme si vous neutralisiez toute l’armée et les forces de
d’autres pays. défense et de sécurité d’un pays, qui reste sans défense.
Au Mali Le Syndrome Immunodéficitaire Acquis (SIDA) est une maladie causée
Le taux de prévalence national est de par le virus. Chez une personne atteinte, ce virus se trouve dans le sang,
1.3% (Source : EDSM IV 2006). le sperme, le lait maternel et les sécretions vaginales. C’est une maladie
Prévalence hommes : 1.0% présentement incurable et mortelle. Il n’existe pas de vaccin à l’heure
Prévalence femmes : 1.5% actuelle. L’unique moyen de prévention et de protection est d’éviter les
rapports sexuels non protégés et l’usage de certains objets coupants et
Évolution de la séroprévalence chez les
intimes dont on ne connait pas l’origine.
groupes à risque1 :
• Professionnelles du sexe : 35,3% Certaines personnes, apparemment bien portantes, portent dans leurs
• Vendeuses ambulantes : 5,9% organismes le virus du SIDA (c’est la séropositivité) et peuvent contaminer
• Routiers : 2,5% d’autres personnes au cours des rapports sexuels non protegés ou par le
• Coxeurs : 2,2% contact de leur sang (si leur sang entre en contact avec une blessure de la
• Aides familiales : 2,2% personne saine). Seule une analyse de sang (dépistage VIH) peut déter-
• HSH : 17% (étude réalisée en 2006 miner si une personne est séropositive ou non.
à Bamako par la CSLS/MS, Population c. Les modes de transmission du VIH
Council et ARCAD/SIDA)
Selon l’Enquête Démographique et de Santé du Mali (EDSM-IV) de 2006,
au Mali la prévalence moyenne du VIH chez les jeunes de 15 à 24 ans est
de 0,7 %, soit 0,9 % chez les filles et 0,5 % chez les garçons. Chez les
filles comme chez les garçons, la prévalence du VIH augmente rapidement
avec l’âge mais se situe à un niveau beaucoup plus élevé chez les filles
que chez les garçons : 1,3 % des filles et 0,8 % des garçons de 20 à 24
ans sont infectés, contre, respectivement 0,6 % et 0,2 % à l’âge de 15
à 19 ans.
De même, selon l’EDSM-IV, la ville de Bamako est la plus touchée par le
VIH avec une prévalence de 1,2 % chez les filles et 1,4 % chez les garçons.
22 1
ISBS, Mali 2006
CHAPITRE 2
Comme les autres IST, le VIH se transmet par : • le fait de retarder le premier rapport sexuel (les enfants, adolescent(e)s
• les rapports sexuels non protégés ; et jeunes sont préparés à vivre pleinement leur sexualité) ;
• les objets de contact souillés (les matériels de toilette comme • l’utilisation correcte des préservatifs masculin et féminin ;
des lames, seringues…) ; • le fait d’éviter les comportements sexuels à risque.
• de la mère à l’enfant, pendant la grossesse, au cours de
l’accouchement ou pendant l’allaitement. ii. Prévention de la transmission par voie sanguine
On peut prévenir la transmission par voie sanguine par :
Étant donné que le principal mode de transmission du VIH est la voie • le fait de personnaliser certains objets et matériels dans la famille
sexuelle, certains comportements augmentent le risque de transmission, (rasoirs…) ;
à savoir : • le port de barrières de protection (gants…) ;
• le changement fréquent de partenaires sexuels ; • la désinfection des objets et matériels souillés (utilisation d’eau de javel).
• le fait d’avoir des rapports sexuels occasionnels non protégés ;
• le fait de continuer à avoir des rapports sexuels non protégés alors iii. Prévention de la transmission mère-enfant (PTME)
qu’on présente des symptômes d’IST. On peut éviter la transmission mère-enfant par :
• le fait d’encourager le couple pour que la femme fasse des visites de
d. Ce qui ne transmet pas le VIH
consultation prénatales ;
Il peut être retenu entre autres : • le dépistage de la femme enceinte ;
• le fait de serrer la main d’une personne atteinte du SIDA ou d’un(e) • la motivation des parents pour le dépistage volontaire ;
séropositif (ve) ; • la prise de médicaments antirétroviraux durant la grossesse, tel que
• le fait de partager certains habits et les toilettes ; conseillé par un agent de santé ;
• le fait de manger ensemble ; • l’assistance médicale au moment de l’accouchement ;
• le fait de partager le même lieu de travail ou de couchette ; • le fait de prendre des précautions pour le mode d’allaitement
• les piqûres de moustique. (artificiel ou maternel selon le choix des parents).
e. Les modes de prévention du VIH f. Prise en charge des personnes infectées par le VIH et le SIDA
i. Prévention de la transmission sexuelle Il n’existe pas de traitement curatif disponible pour le VIH ou le SIDA.
On peut prévenir la transmission sexuelle par : Seules les infections opportunistes sont soignées. Il existe un traitement
approprié du VIH et du SIDA qui peut bloquer l’évolution de la maladie et
• la fidélité réciproque entre deux partenaires non infectés par le VIH ;
prolonger la vie de la personne (traitements antirétroviraux ou ARV). C’est
• l’abstinence des rapports sexuels ;
pourquoi, une fois que le test de dépistage est effectué et que les résul-
• l’adoption de comportements responsables en matière de SSR des
tats sont confirmés, il est vivement conseillé à la personne séropositive de
enfants, adolescent(e)s et jeunes à travers une information saine
sur la sexualité ;
23
CHAPITRE 2
• d’affection et de tendresse ; Les parents doivent aussi faire voir l’autre côté de la médaille du roman-
• d’affirmation de soi ; tisme amoureux dépeint par les médias, c’est-à-dire la réalité : les IST, les
• de prestations sanitaires. grossesses précoces, l’avortement… Il ne s’agit pas de faire peur aux
Les enfants, adolescent(e)s et jeunes avec la procréation, mais de leur inculquer une façon de penser
jeunes ont besoin d’être informés pour qu’ils puissent juger à bon escient les enjeux de leur conduite. Une
et éduqués sur : conduite responsable dans les relations sexuelles va bien au-delà des
rêves romantiques.
• la sexualité responsable (défini-
tion, fonctionnement des organes Le parent doit se mettre à la place de l’adolescent(e) et comprendre qu’à
génitaux…) ; l’époque de l’éveil sexuel de son enfant, il doit faire preuve de sensibilité,
• les comportements sexuels à mais également signifier clairement les exigences de la sexualité et ses
risque et leurs conséquences ; conséquences.
• les facteurs qui influencent les
valeurs en matière de sexualité.
Les enfants, adolescent(e)s et jeunes
SECTION 3
ont besoin d’aide et de conseils pour
un choix éclairé et une bonne utilisa-
DROITS DES ADOLESCENT(E)S EN MATIÈRE
tion des méthodes de contraception. DE SSR
Les parents doivent savoir que l’enfant n’est pas un adulte en miniature. Les faits indiquent que le déni d’information et de services aux jeunes ne
Il a des caractéristiques qui lui sont propres, à savoir : fait qu’accroître, le cas échéant, la probabilité d’une initiation sexuelle non
protégée. Les jeunes doivent disposer non seulement d’une information
• l’enfant est un être actif ;
élémentaire au sujet de leur corps, de la prévention du VIH, du SIDA et
• l’enfant est gai quand il est bien portant ;
de la grossesse, mais aussi de programmes qui abordent les questions
• l’enfant est un être sociable ;
d’égalité entre les sexes, d’autonomisation, de droits et de responsabilités,
• l’enfant est à la fois égocentrique et altruiste ;
ainsi que de négociation et de décision en matière de sexualité et de repro-
• l’enfant est éducable ;
duction. Une véritable participation des enfants, adolescent(e)s et jeunes à
• l’enfant est spontané ;
la conception et à l’élaboration des programmes, des lois et des politiques
• l’enfant est confiant ;
qui affectent leur vie sexuelle et reproductive serait nécessaire. En matière
• l’enfant a sa personnalité propre.
de SSR des enfants, adolescent(e)s et jeunes, nous retenons entre autres
En plus de donner aux enfants, adolescent(e)s et jeunes, des informations les droits suivants :
techniques, il faut les renseigner sur la dynamique de l’affirmation de soi • le droit à la vie ;
dans les rapports amoureux. La relation entre parents et adolescent(e)s • le droit à la liberté et à la sécurité de la personne ;
donne des occasions privilégiées de démystifier les images romantiques • le droit à l’égalité des sexes ;
sur la sexualité véhiculées par les vidéoclips, les pairs et l’entourage. • le droit aux services de santé et de la reproduction ;
25
CHAPITRE 2
1
Source : Les capacités évolutives de l’enfant, UNICEF centre de recherche par Gerison Lansdown réf.
UNICEF – 2005 – ISBN : 88-89-129-17-4.
26
CHAPITRE 2
27
CHAPITRE 3
Renforcement des capacités de communication et d’éducation sexuelle des parents avec les enfants,
adolescent(e)s et jeunes
CHAPITRE 3
Dans le processus de communication, nous distinguons cinq éléments 1. La communication est inévitable : ce principe est lié à l’idée qu’il y a
fondamentaux : toujours communication quand nous sommes en présence d’une
personne, que cela soit intentionnel ou non de notre part.
2. La communication est prévisible : lorsque nous connaissons les
principes d’organisation que nous utilisons et que les autres utilisent.
3. La communication est un processus sans début ni fin précis (exemple
de la poule et de l’œuf) dans lequel nous ponctuons nos interactions
avec les autres.
4. La gestion efficace des interactions : nous devons être attentifs à la fois
aux messages ayant trait au contenu et à ceux ayant trait à la relation.
5. La communication se fait d’égal à égal (entre pairs) ou entre personnes
inégales (entre personnes qui dépendent l’une de l’autre). À ce niveau,
les termes d’asymétrie et de complémentarité sont utilisés pour décrire
les relations en miroir, celles entre personnes de statut égal ou celles
de dépendance.
29
CHAPITRE 3
6. Les significations se partagent, elles sont générées au sein des per- En plus de ces qualités, dans une logique de Communication pour le Change-
sonnes et par les personnes qui communiquent. ment de Comportement (CCC), un bon message doit pouvoir répondre aux
questions suivantes :
4. TYPES ET FORMES DE COMMUNICATION • Qui (la source du message) ?
On peut imaginer la communication selon le lieu où elle se situe : 1/ par • Quoi (l’action demandée par le message) ?
rapport à un dialogue intérieur, interpersonnel ou dans une émission de • Pourquoi (le bénéfice de l’action) ?
radio ou de télévision, 2/ selon le nombre de personnes engagées dans la • Quand (la période de l’action) ?
communication à un moment donné (seulement avec soi ou un autre, un
petit groupe, ou un très grand groupe). En outre, un bon message en CCC doit être « AIDA », comme Aida la bonne
mère dans la famille qui s’occupe des problèmes de ses enfants en matière
a. Les types de communication de SSR.
• A : attrayant, le bon message doit être attrayant pour l’action et
i. La Communication Interpersonnelle (CIP) : entretien face à face avec
pas ennuyeux.
une ou plusieurs personnes (exemple counseling, causeries).
• I : intérêt, le message doit susciter de l’intérêt pour que le groupe cible
ii. La communication de groupe : un grand public est concerné avec passe à l’action.
utilisation des médias de masse, réunions, assemblées générales. • D : désir, il doit créer le désir d’agir.
iii. La communication de masse : elle s’étend à un grand public sur • A : action, le message doit inviter à l’action dès qu’on l’entend.
une très large échelle par l’intermédiaire des média de masse (radio, télé,
satellite, téléphone, lettres, films…). 6. OBSTACLES À LA COMMUNICATION DE FAÇON GÉNÉRALE
En matière de CCC, les obstacles suivants peuvent entre autres constituer
b. Les formes de communication
un frein à la bonne communication :
Les formes de communication sont entre autres : • le caractère inadapté du canal de communication ;
• La communication verbale (parole) ; • le moment non approprié ;
• La communication non-verbale (gestes, mimiques, expressions • l’âge ;
du visage…). • le sexe ;
• les mots et les terminologies non adaptés et/ou non appropriés ;
5. QUALITÉS D’UN BON MESSAGE • le lieu ;
Les qualités essentielles d’un bon message sont : • le ton ;
• la précision ; • l’incompréhension de la source (code, réalités socioculturelles de
• la concision ; l’émetteur différentes de celles du receveur) ;
• le fait d’être court ; • les rumeurs ;
• le fait d’être compréhensible ; • le temps ;
• le fait d’être adapté. • la période ;
• l’irrespect ;
• la différence de culture et de religion.
30
CHAPITRE 3
31
CHAPITRE 3
Cependant, certains comportements des parents, comme il ressort dans Le parent gendarme tient surtout ce genre de propos sans laisser beau-
le Rapport Africain pour le bien-être de l’enfant (2008) qui met l’accent sur coup de place pour autre chose. Il ne s’agit pas de dénigrer l’autorité des
les pratiques traditionnelles d’éducation caractérisées par la soumission, parents, ni l’importance de superviser le jeune, ni non plus l’utilité des limi-
la subordination, les châtiments corporels et parfois des formes de tes claires, mais de dire qu’il ne faut pas uniquement songer à la discipline.
violence, constituent des obstacles à la communication et au dialogue
En général, il est constaté que « plus on tente de contrôler l’enfant,
avec les enfants.
l’adolescent(e) et le jeune, plus on crée chez eux le comportement inverse.
D’après les résultats de la recherche participative menée par FCI en 2009 Au-delà d’un certain seuil, plus les commandements se multiplient et moins
auprès des parents et des adolescent(e)s sur la thématique de la com- le jeune obéit. »
munication en SSR, il est ressorti que : « la communication entre adultes
et adolescent(e)s sur la sexualité est représentée par des conseils et des
mises en gardes. Les adultes profitent de circonstances extérieures, telle Pour corriger cette attitude, il est conseillé aux parents d’augmenter
qu’une émission de télévision, pour aborder de manière indirecte le sujet. le nombre des échanges non dirigés vers le contrôle pour établir un
La communication entre parents et enfants s’avère bien difficile et limitée équilibre acceptable sans renoncer à la responsabilité de contrôle
pour des raisons essentiellement d’ordre culturel. Le sujet de la sexualité parental. Voici quelques conseils pratiques :
est tabou et la honte s’empare tant des parents que des enfants quand ils • évitez de faire des demandes (directives, ordres etc.) qui ne sont
veulent échanger à ce propos. Les parents ont également le sentiment pas nécessaires ;
de ne pas disposer des informations précises et de manquer de méthode • au lieu de donner un ordre, posez une question ;
appropriée pour aborder ce thème. Des obstacles importants subsistent et • multipliez les occasions d’avoir des échanges distrayants.
entravent l’amélioration de cette communication. »
ii. Le parent moralisateur est celui qui a une prédilection pour les
Les obstacles à la communication entre parents et enfants, adolescent(e)s
sermons adressés aux enfants, adolescent(e)s et jeunes. Il fait toujours la
et jeunes sont nombreux et peuvent être imputables à la fois aux parents et
morale. Ses interventions commencent par « tu sais ma fille dans la
aux enfants, adolescent(e)s et jeunes. Nous examinerons entre autres :
vie… » et elles durent longtemps, longtemps que le jeune perd l’attention
et elles ont souvent l’effet contraire chez l’auditeur.
a. Du côté des parents
i. Le parent gendarme, c’est le parent qui : Le parent moralisateur pense qu’il est parfait : « Regarde comme je suis
• donne des commandements « fais ceci, fais cela …» parfait, moi, je sais ce qu’il faut faire » ; « Je fais valoir ma cause et je
• rappelle incessamment à l’ordre « combien de fois dois-je te rappeler m’efforce autant que possible de te ranger de mon côté » ; « Ce que
qu’il est interdit de… » les vieux voient assis, les jeunes ne le voient pas debout » (proverbe
• profère des menaces « si tu ne fais pas ceci ou cela, tu sais que ça va malien) ; « Quoi que tu en penses, je fais mon devoir de parent et si ça
te coûter cher… », ou « attends-toi à devoir…. » ne te t’intéresse pas, ça m’est égal pourvu que je sois satisfait de ce que
• est l’empêcheur à tourner en rond « ne fais pas ceci, ne fais pas cela», je te dis, le tout puissant est mon témoin, il saura que j’ai fait mon devoir ».
« ferme ceci, ferme cela », « enlève-moi ceci, enlève moi ça …»
35
CHAPITRE 3
36
CHAPITRE 3
iii. L’adolescent(e) qui n’écoute pas est celui/celle qui prétend avoir
compris tout ce qu’on lui dit, mais qui, en fait n’en a pas saisi l’essentiel.
Son attitude est souvent volontaire et peut résulter de plusieurs fac-
teurs qui sont souvent présents dans l’apprentissage. Que faire si un(e)
adolescent(e) n’écoute pas ? Pas de solution magique, il ne faut pas
abandonner son objectif, qui est de mieux communiquer avec son enfant.
Autres astuces, la mère peut se faire accompagner au marché par sa fille, Pour que s’améliore la communication avec un enfant, adolescent(e) ou
le père peut faire un footing avec son garçon, etc. Ceci demande de la jeune, on doit être plus efficace dans la façon de formuler les messages et
persévérance de la part du parent, car la réussite n’est pas pour demain. les construire avec la participation de l’enfant.
Une façon d’aider votre enfant à assimiler un message consiste à lui poser
ii. L’adolescent(e) hypersensible est celui ou celle dont les réactions
des questions l’amenant au débat. Même un jeune qui n’écoute pas les
sont démesurées avec le parent. Ceci nuit considérablement à la com-
autres, est attentif à son propre discours. Il peut procéder ainsi :
munication entre parents, enfants, adolescent(e)s, jeunes, car il n’y a pas
d’interaction positive. Au tout début d’une conversation, l’hypersensible • « Dis-moi, comment trouves-tu la situation scolaire 2010 ? »
peut dire à son parent : • « Avec tes camarades, comment comptez-vous préparer vos examens ? »
• « Est-ce que ça gênerait si je participe à vos cours d’exercices, j’ai
• « Qu’est-ce que tu me veux encore ? »
encore un peu de notions dans ma vieille tête ? »
• « Tu ne vas pas encore venir me faire la morale avec tes propos… »
• « Pourquoi faut-il que ça soit toujours moi ? Je ne suis pas le seul
de tes enfants ! » Cette approche aide le parent à voir les choses dans la perspective du
• « Je ne peux pas avoir la paix dans cette maison…, je ne suis jeune eu égard à son projet. Si cette approche marche, le jeune aura
plus un bébé… » le sentiment que son parent veut vraiment l’aider à réussir. Mais faites
attention aux questions qui n’ont pas de lien avec les préoccupations
du jeune, ou celles effleurant la sensibilité du jeune.
37
CHAPITRE 3
Les parents doivent créer ces occasions pour être toujours plus proches
des enfants et transmettre des informations sur la SSR qu’ils pourront
insérer dans les histoires et/ou contes. C’est à ce stade que les informa-
tions ayant trait au respect du sexe opposé, le respect des ainés, avoir
des attitudes correctes dans la rue et en famille, doivent être enseignées
aux enfants.
38
CHAPITRE 3
Il est à noter que les parents doivent être ouverts aux enfants, ils doivent SECTION 3
comprendre qu’à ce stade de l’adolescence, c’est à eux de s’armer de
patience, de multiplier des occasions pour avoir les enfants dans leur COMMENT RÉSOUDRE LES CONFLITS ENTRE
objectif et de communiquer constamment avec eux. Ils doivent créer des PARENTS ET ADOLESCENT(E)S
situations pour ça, comme par exemple, faire des courses, des petits
Les mots conflits et problèmes sont interchangeables dans ce contexte.
travaux, du sport, des visites, etc. Au cours de ces occasions, le parent
Ici, le mot conflit, désigne surtout les différends opposant parents et
doit lancer les idées et débattre des questions de SSR.
adolescent(e)s plutôt que les problèmes courants qui concernent toute la
famille. Il s’agit de conflits entre parents et adolescent(e)s, de la façon de
c. Pour aborder la SSR avec les adolescent(e)s de 10 à 19 ans les résoudre, en ayant bien à l’esprit les caractéristiques de cette relation.
À cet âge-là, on assiste à l’apparition des caractères sexuels secondaires Dans ce contexte, nous traiterons les notions de résolution de conflits en
(seins, poils du pubis en triangle inversé, grand bassin et survenue des deux étapes, à savoir : les préalables nécessaires à la résolution des con-
règles ou menstrues chez la fille ; barbe, voix grave, poils du pubis en flits et les cinq règles pour réussir la communication en cas de conflits.
triangle normal, buste élargi, testicules et pénis développés chez le gar-
1. LES PRÉALABLES NÉCESSAIRES À LA RÉSOLUTION
çon ; rêves érotiques et intérêt pour les personnes du sexe opposé pour
DES CONFLITS
les deux). Les adolescent(e)s ont l’esprit d’indépendance et le sentiment
d’autosuffisance. Ils/elles s’opposent aux parents et aux règles établies Pour avoir la chance de résoudre un conflit parents-adolescent(e)s, nous
dans la société. Les astuces sont identiques aux cas précédents. avons besoin de trois éléments, qui sont : la connaissance du problème,
l’identification des buts et les moyens à mettre en œuvre pour atteindre
d. Pour aborder la SSR avec les jeunes de 19 à 25 ans les buts.
À ce stade, les jeunes commencent à s’assumer, ils respectent les règles
a. Connaissance du problème
établies dans la société. Les parents peuvent initier des activités com-
Le parent en question doit se poser un certain nombre de questions : Quel
munes avec leurs jeunes. Ils peuvent leur confier certaines actions
est son problème ? Quel est mon problème ? Quel est notre problème ?
d’éducation de leurs petits frères et sœurs. Comme précédemment, les
Ces trois questions ont trait à la même situation.
parents doivent multiplier les opportunités de dialogue et d’échange. Ils
peuvent faire des petits jeux éducatifs à la maison et échanger sur des i. 1er questionnement: quel est son problème ?
thèmes de SSR. Les parents doivent amener des revues, des livres, des La première question, la plus courante quand un problème survient entre
films et leur demander de les exploiter avec leurs frères et sœurs. deux personnes (parent-enfant), reflète la tendance spontanée qui amène
à croire que c’est l’autre personne qui a un problème :
• « Qu’est-ce que tu as toujours à être en colère pour rien ? »
• « Pourquoi n’acceptes-tu jamais ce que je te propose ? »
• « J’en ai assez de ton attitude de gros bébé, il faut que tu changes ! »
• « Puis-je savoir quel est ton problème ce matin, je pense que tu as
bien dormi ? »
39
CHAPITRE 3
Il s’agit pour le parent d’un reflexe d’autodéfense, d’autoprotection. Il que les personnes impliquées dans le conflit peuvent aller au-delà de leur
a tendance d’abord à prendre parti pour lui/elle-même. C’est un signe égocentrisme et avoir une vision plus globale. « Quel est notre
d’égocentrisme. Ce premier réflexe pour rechercher la nature du problème problème ? » Cette question montre que les intéressés ont pris con-
n’est pas mal en soi, car il protège l’idée qu’on se fait de soi-même et aide science de leurs positions respectives et de ce qui les sépare et qu’ils
à situer les positions. devront éradiquer cet écart pour aboutir à un consensus et pour résoudre
le problème.
À l’inverse, de son côté, l’adolescent(e), qui a pris tous les blâmes, se dit :
• « Qu’est-ce que j’ai fait encore ? » b. L’identification des buts
• « Qu’est-ce que j’ai à être toujours en colère pour rien ? » • « Qu’est-ce que je veux exactement ? »
• « C’est vrai, pourquoi est-ce que je refuse tout ce qu’il propose ? » • « Qu’est-ce qu’il ou elle veut exactement ? »
• « Il faut que je change… » • « Qu’est-ce que nous voulons exactement ? »
• « Quel est mon problème ? »
La résolution d’un conflit passe autant par la connaissance du problème
Cette personne entretient une image négative d’elle-même, elle présume que par la connaissance des buts en présence. La connaissance du
qu’elle a tort, qu’elle doit changer, elle se remet en question avant de problème (le mien, le tien, le nôtre) est aussi voisine de la connaissance
remettre l’autre en question. Cette attitude plus courante chez les individus des buts. Autrement dit, connaître les buts correspond à ce que l’on se
ayant peu d’estime d’eux-mêmes, n’est pas mauvaise en soi. Elle laisse propose de faire, tandis que connaître le problème concerne la position
présager qu’ils protégeront moins bien leurs propres intérêts au cours d’un dans laquelle on se trouve.
processus de résolution de conflits.
Le parent qui ne sait pas ce qu’il veut exactement ne pourra clarifier sa
ii. 2ème questionnement : quel est mon problème ? position et en plus, son adolescent(e) pourra mal interpréter son comporte-
Marque la sortie de l’égocentrisme spontané initial et le début d’une vé- ment, ce qui nuirait à leur communication future (référence aux exercices
ritable prise de conscience pour comprendre ce qui se passe, avec une précédents).
certaine objectivité :
c. Les moyens pour atteindre les buts
• « Il n’y a pas que moi qui suis impliqué dans cette situation. »
Maintenant que le problème est bien cerné, les buts sont clairement
• « Mon point de vue n’est pas le seul, il y en a un autre ou d’autres… »
énoncés, jusqu’où êtes-vous prêts à aller pour les atteindre ? Pour faire
Si on est incapable d’aller au-delà de son égocentrisme initial, on restera à respecter une convention ? Ou à défaut de convention, simplement rester
une compréhension superficielle du problème et on n’ira pas très loin dans sur votre position ? Êtes-vous prêts à mettre votre vie en jeu pour respec-
la résolution du conflit. ter la solution que vous souhaitez voir adopter ? Un parent déclare :
iii. 3ème questionnement : quel est notre problème? • « Si tu n’aides pas ta sœur à faire ses devoirs immédiatement, tu n’auras
À ce niveau, on recherche la nature exacte du problème. La question pas le droit de regarder la télé durant toute la semaine ! » Est-il vrai-
suppose qu’on ait bien réfléchi sur son propre point de vue (question 1), ment prêt à infliger cette punition ? Sous le coup de l’impulsion ou d’un
puisqu’on a estimé que ce dernier n’était pas le seul possible (question 2) désir intense de se faire obéir, certains parents ont l’ultimatum facile.
et enfin que l’on ait pu évaluer sa propre position (question 3). Cela prouve Or, proférer une menace de punition et ne pas l’appliquer ensuite ne fait
que miner la crédibilité de ce parent.
40
CHAPITRE 3
• Un autre parent, qui en a marre de voir ces deux filles se chamailler, 2. CINQ RÈGLES POUR
lance : « Ça suffit, ras-le-bol ! La prochaine fois que je vous prends à RÉUSSIR LA COMMUNICA-
vous batailler, ce sera un week-end sans sortie, peu importe qui aura TION EN CAS DE CONFLITS
commencé ! » Est-il vraiment disposé à mettre à exécution sa menace ? Pour que la communication entre
Autrement dit est-il crédible ? parents, enfants, adolescent(e)s et
L’adolescent(e) comprend vite qu’une fois la colère passée, ce parent jeunes réussisse dans une situation
n’aura pas l’énergie pour exécuter le contrôle serré qu’exige la punition. de conflit, il faut être particulièrement
Si la punition est en rapport avec la faute et si le parent est crédible, attentif. Ici, il ne s’agit pas de donner
son application aura un effet réel sur le comportement du jeune. Si au des recettes miracles, mais plutôt de
contraire, l’adolescent(e) est menacé(e) d’être puni(e) à l’excès, il/elle source: FCI
suggérer cinq règles qui devraient
comprendra facilement l’injustice de la situation, l’arbitraire de la punition permettre d’augmenter les chances
et aura d’autant plus envie de s’y opposer. de trouver des solutions aux malentendus dans un contexte de communi-
cation. S’il n’y a pas de communication, le problème ne sera pas résolu.
Dans un autre contexte, où le parent et l’adolescent(e) s’entendent sur les
conventions, l’énergie que l’on mettra de part et d’autre pour que se main- Une enquête1 menée par des spécialistes a montré que, presque la moitié
tienne cet engagement mutuel a encore plus d’importance. des conflits entre parents et adolescent(e)s finissent parce que l’une des
parties cessait de se confronter à l’autre, que presque 40% se terminaient
Propos d’une adolescente : simplement parce que l’une des parties disait (ordonnait) à l’autre quoi faire
• « D’accord, je sors jusqu’à minuit ce soir et demain, j’étudie mes maths et enfin, que 15% des conflits se concluaient par une solution négociée.
pendant trois heures pour mon examen de lundi. » L’adolescente qui
résume en ces quelques mots l’entente intervenue entre elle et sa Cela ne veut pas dire que la seule issue possible à tous les conflits
mère, est-elle prête à dire de quelle heure à quelle heure elle étudiera entre parents et adolescent(e)s soit la solution négociée. Il est tout à
le lendemain ? Sa mère est-elle prête à superviser son temps fait indiqué qu’un parent tranche un litige en donnant l’ordre à son
d’étude ? Si ce n’est pas le cas, l’entente risque vraiment de se adolescent(e) de se conduire de telle ou telle manière, tout comme,
dissoudre et les conventions établies entre elles perdront du poids. c’est le cas lorsqu’il s’agit d’éloigner du feu un enfant de trois ans qui
s’en approche dangereusement. Dans ces situations, l’heure n’est
pas aux discussions, mais à l’intervention efficace.
On ne peut résoudre un conflit avec son adolescent(e) si on ne lui ex-
plique pas davantage avec précision comment et pourquoi il/elle sera Si le parent et l’adolescent(e) cessent de communiquer, c’est qu’il est plus
puni(e) s’il/elle dérobe aux règles établies. facile de laisser tomber que d’arriver à un accord, c’est l’impasse. Ce
genre de situation s’accumule et n’aide pas à un règlement du conflit. Il va
arriver un moment, où il faudra s’asseoir face à face et voir le différend à
l’origine du conflit pour solutionner. Ce qui va nécessiter obligatoirement
que les parties établissent la communication.
1
Maccoby, E.E. et Martin, J.A., Socialization in the Context of the Family : Parent-Child
Interaction, New York, 1983. 41
CHAPITRE 3
Il est à retenir que sans communication pas de négociation, sans négocia- En situation de conflit, l’erreur classique consiste à confondre
tion pas de solution mutuellement consentie. Pour arriver à cette fin, il y a « la personne et la faute ». Ce comportement n’est pas souhaitable.
lieu d’observer cinq règles :
• Au lieu de dire « Tu es un imbécile », mieux vaut dire « Ce comporte-
a. Se respecter mutuellement ment n’est pas acceptable ».
Il est impossible de communiquer avec quelqu’un si on ne fait pas un mini- • Au lieu de dire « Tu es vraiment très maladroit(e) », dites plutôt « Pour-
mum d’efforts pour l’écouter ; or le rejet hostile est incompatible à ce genre rais-tu réparer ton erreur s’il te plait ? »
d’ouverture : • Au lieu de dire « Tu ne fais jamais rien de bon », dites « Tu pourrais
• « Tu n’es qu’une petite sotte, incapable de faire autre chose que des réussir mieux… »
bêtises… Tu es vraiment nulle ! » Retenez que si on veut changer les choses, on a besoin de la par-
• « Je ne peux plus te supporter, j’ai vraiment hâte que tu partes d’ici ticipation active de la personne et ce n’est pas en la rejetant et en
pour de bon ! » l’humiliant qu’on la disposera à mieux agir.
• « Tu parles d’un garçon, tu n’arrives même pas à te trouver un emploi
et tu te permets de gueuler sans arrêt contre moi. C’est minable… » S’il n’y a pas de respect mutuel dans la communication entre parents et
• « C’est l’enfer dans ta maison, je te déteste et j’ai vraiment envie de adolescent(e)s, on risque d’entendre le commentaire suivant : « Je ne
foutre le camp d’ici pour ne plus te voir… » veux rien savoir de lui (d’elle) puisqu’il (elle) me méprise. »
Un manque de respect envers l’autre peut susciter chez l’adolescent(e) Retenez que « la politesse, l’aptitude à différencier une conduite
le sentiment d’être rejeté(e), sentiment qui l’incitera à se fermer, c’est une répréhensible de la personne elle-même et le désir de protéger ce que
réaction humaine normale, c’est presque un reflexe chez les humains et l’autre fait pour progresser sont les éléments fondamentaux du respect
un mécanisme d’autodéfense inné. Ce reflexe d’autodéfense vous met sur mutuel ».
la défensive, vous pousse à riposter sur le même ton. Une attitude arro-
gante est un manque de respect envers son interlocuteur, cela est le b. Contrôler ses émotions
moyen le plus sûr de gâcher un échange avec lui. Exercice :
Dans des situations de conflits entre parents et adolescent(e)s, le désir • « Mes amis doivent venir ici ce soir, vers 8 heures… »
de se venger, de blesser l’autre est souvent très fort du côté des pa- • « Moussa, quand vas-tu comprendre que je ne veux pas de tes amis ici
rents, qui agissent souvent, ce qui compromet un dialogue possible avec tant que ta sœur est malade ! »
l’adolescent(e). Or, comme le parent est le modèle, il doit orienter la • « C’est ça, moi je n’ai plus le droit de vivre ici, cette maison ressemble
communication. S’il insulte son enfant, il donne un ton hostile à la de plus en plus à un salon funéraire… »
communication et en même temps, il ne peut plus réclamer le respect • « Je t’interdis de me parler sur ce ton ! Tes insolences vont te coûter
qui lui est dû. Même si l’adolescent(e) n’est pas l’égal du parent, ce cher, mon petit vieux ; je ne veux pas voir un seul de tes petits morveux
dernier aura plus de difficulté à exiger de son enfant ce qu’il ne donne pas d’amis ici jusqu’à ce que tu sois plus poli ! »
à lui-même. • « Eh bien, justement, ça tombe bien, on cherchait un prétexte pour
éviter cette maison de malheur ! »
• « Quoi ? Qu’est-ce que tu dis ? »
42
CHAPITRE 3
43
CHAPITRE 3
notre discussion peut apporter quelque chose pour ton projet, sans comp- • « J’étais sûr que tu savais qu’il y aurait de l’alcool à cette soirée » ;
ter que tu ne te feras pas reprocher d’avoir agi sans autorisation. » • « Il n’a jamais été question que ton ami vienne avec nous ».
d. Transmettre des messages clairs
Les parents le plus souvent donnent des messages non clairs aux Qu’est-ce qu’un message clair ? Comment s’assurer qu’un message a
adolescent(e)s et vice versa. Par exemple : été compris ?
• « Ne rentre pas trop tard » ; Un message clair dans le contexte de communication parent-enfant,
• « Ne dépense pas trop » ; est un message que tous les interlocuteurs comprennent parce qu’ils
• « Sois prudent » ; peuvent le répéter eux-mêmes sans le modifier.
• « Habille-toi comme il le faut » ; S’assurer qu’un message a été compris, c’est demander à l’autre de le
• « Ne bois pas trop » ; reformuler lui-même et de le répéter explicitement.
• « Ne fais pas d’excès de vitesse » ;
• « Fais attention à toi » ; Dans un processus de résolution de conflits, cela vaut la peine de
• « Je vais rentrer de bonne heure » ; s’assurer que toutes les parties ont bien compris la convention. Cela
• « Nous ne serons pas trop nombreux » ; demande un peu de discipline de part et d’autre, si on veut réellement
• « Il n’y aura pas de boissons alcoolisées à cette soirée » ; éviter les malentendus.
• « Je pense que ses parents vont être là » ;
e. Bien réfléchir avant de décider
• « Je vais être sage » ;
• « Ca ne devrait pas être très long ». Devant n’importe quelle situation, il faut bien réfléchir avant de décider
par exemple :
Il est fréquent de constater que les parents et les adolescent(e)s se trans-
mettent des messages imprécis. À cela s’ajoute la tendance naturelle de • « Ta proposition est intéressante, mais je dois réfléchir avant de prendre
voir les choses selon sa propre vision, ce qui accroît considérablement la une décision. »
marge d’erreur. Que faut-il comprendre par « Ne rentre pas trop tard » ou • « J’aimerais bien y aller aussi, mais je dois en parler avec les miens
« Je ne rentrerai pas trop tard » ? Sans mauvaise volonté, le parent et le pour voir si cela convient… je t’en reparlerai plus tard… »
jeune peuvent facilement se tromper de quelques heures en interprétant • « Je ne suis pas certain(e) de pouvoir me le payer ; il faut que j’y
ce message ambigu. Il faut que le message transmis soit clair et com- réfléchisse à tête reposée, la nuit porte conseil… »
préhensible de tous.
En général, quand il s’agit de prendre une décision où l’argent entre en
Il est facile de comprendre que si les panneaux routiers indiquaient jeu (faire face à certaines dépenses), les parents voient très bien qu’ils
« Ne roulez pas trop vite » sans préciser de limite de vitesse, les gens doivent réfléchir avant d’agir, pour ne pas faire un faux pas.
rouleraient à des vitesses variables.
Mais, quand il s’agit de prendre une décision concernant les
Les malentendus sont fréquemment à l’origine des conflits : adolescent(e)s, on ignore souvent le fait qu’il est important de s’accorder
• « Je pensais que tu étais d’accord » ; un temps de réflexion qui serait très bénéfique. Les parents qui doivent
• « Mais tu ne m’as jamais dit de rentrer à 11h au plus tard » ; être des modèles et savoir mener une discussion pour résoudre un
45
CHAPITRE 3
ment, sans gêne inutile mais au contraire, avec naturel et une affectueuse
conflit avec leur adolescent(e), doivent éviter de céder à leurs impulsions sincérité, comme des vrais amis, plutôt que de se contenter des banalités
et de lancer des affirmations catégoriques sans avoir pris tout le temps utilitaires des « vieux » couples.
nécessaire pour réfléchir aux conséquences de leurs gestes. Parce que • Vous mettre à sa place lors de vos désaccords : cette technique vous
les parents dirigent la communication, ils ne peuvent pas exiger de leur permet à tous les deux de mieux vous comprendre, et de saisir le pourquoi
adolescent(e) d’être plus réfléchi(e) qu’ils ne le sont eux-mêmes. de ses réactions, de ses attitudes, de ses frustrations ou de ses erreurs.
Ce cinquième principe « bien réfléchir avant d’agir », exige le respect • Rassurer votre partenaire : lui montrer et lui dire souvent combien vous
d’une règle essentielle : ne pas discuter de n’importe quoi n’importe l’appréciez et combien sa personne et votre vie de couple sont importantes
quand. Ce n’est pas au moment de se coucher le soir qu’il faut discuter pour vous. Tranquilliser son époux ou son épouse sur ce point est vital, si
de quoi sera fait le dîner. Ce n’est pas après avoir constaté que votre vous aspirez à une relation harmonieuse et durable.
adolescente est enceinte, qu’il faut lui enseigner la sexualité. • Réaliser qu’un homme et une femme ne parlent pas tout à fait le
même langage : une même phrase peut être perçue et ressentie différem-
Il faut être conscient que ce n’est pas la mise en œuvre de ces principes
ment par chacun d’eux. Ce fait indiscutable montre la nécessité d’être
qui peut faire disparaître les conflits parent-enfant du jour au lendemain.
toujours très explicite.
C’est petit à petit qu’un climat de confiance mutuelle s’installera et on
• Pour éviter les malentendus, sources de disputes, et améliorer votre
devra y veiller jalousement, car il demeurera fragile. Lorsque des conflits
communication, un bon moyen est de ne laisser aucune place aux non-dits
surviennent, il faut préserver la communication à tout prix.
ou aux sous-entendus.
• Oser dire ce qu’on a sur le cœur, avec naturel et sans retenue injustifiée,
est une marque de franchise, toujours positive pour améliorer la
3. QUELQUES CONSEILS POUR MIEUX COMMUNIQUER communication.
EN COUPLE • S’intéresser davantage à sa vie, à ses préoccupations comme à ses
a. Améliorer la communication au sein du couple joies fournit à chacun une foule de sujets de conversation pour alimenter et
Pour améliorer l’entente au sein du couple, vous avez besoin d’améliorer améliorer la communication.
la communication entre vous. Plusieurs moyens existent pour y parvenir,
entre autres1 : b. Dix mots pour une vie de couple harmonieuse2
9. Intimité
Tout être humain a besoin d’intimité. Il n’est pas question que d’intimité
physique, mais aussi d’intimité sentimentale et émotionnelle. Avoir des
moments solitaires, cultiver son jardin secret permet de garder une part
de mystère et de liberté. Laissez votre femme se perdre dans ses pensées
et réflexions sans constamment lui demander « À quoi tu penses ? » Par
ailleurs, les partenaires ne doivent pas être toujours collés l’un à l’autre
pour avoir envie de se retrouver. À force de se voir tout le temps, on
risque de ne plus se regarder. L’idéal, c’est que chacun puisse avoir
son espace réservé.
10. Autonomie
Vivre ensemble ne signifie pas assimiler sa personne à son parte-
naire. Et encore moins se fondre en lui. Vous ne devez pas confondre
amour et dépendance. Il est capital de laisser une marge d’autonomie à
l’autre pour qu’il conserve son identité propre dans le couple et qu’il n’ait
pas le sentiment d’étouffer. Sortez avec vos copines pendant qu’il regarde
un match de foot avec ses amis. Mais les femmes doivent être vigilantes
car rester unis en ayant deux vies séparées est extrêmement difficile. Il
faut trouver un juste milieu entre la fusion et l’indépendance.
48
BIBLIOGRAPHIE
BIBLIOGRAPHIE
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clés de l’adolescence, Santé mentale au Québec, n°12, 1988.
50
LISTE DES
PERSONNES
RESSOURCES
LISTE DES PERSONNES RESSOURCES
1. Soumana Thienta, Consultant pour le développement du curriculum 24. Ibrahima Diakite, AMPPF
2. Severine Origny, Chargée de programmes, FCI Siège NY 25. Dr Tessougué Fatoumata Cisse, OMS Mali
3. Kané Fatimata, Directrice nationale, FCI Mali 26. Dr Lamine B Traore, UNFPA Mali
4. Boubacar Bocoum, Chargé de programmes, FCI Mali
Liste des participants à l’atelier national de validation du curriculum
5. Adama Sanogo, Superviseur, FCI Mali
Bamako du 28 au 29 juillet 2010
6. Amadou Baby Diallo, Administrateur comptable, FCI Mali
27. Dr Diarra Mamadou, ASDAP
7. Wane Aminata Maiga, Animatrice, FCI Mali
28. Ballo Yacouba, CNR-ENF
8. Magali Girod, Chargée de programmes, FCI Siège NY
29. Pasteur Ongoiba Salomon, Église Protestante
9. Martha Murdock, Vice-Présidente des programmes régionaux,
30. Diakite Irenée, DNFP
FCI Siège NY
31. Diallo Aliou, RMAP
10. Virginia Taddoni, Responsable des publications, FCI Siège NY
32. Saganogo Noumoussa, FOSC
Les Membres du Comité National de Suivi 33. Berthe Fatoumata Napo, DNPF
11. Diarra Nionkhonté Diallo, CNIECS 34. Pr Coulibaly Godefroy, Comité d’Éthique Santé
12. Kone Marie Célestine Cathérine Dakouo, DNPF 35. N. Dembele Urbain, Eglise Catholique
13. Traore Fatoumata Mary, DNDS 36. Soumano Aboubacar, AEJT
14. Fodé Camara, RENAJEM 37. Abdouramane Ag Mohamed Aly, Parlement National des Enfants
15. Kone Aïssata Dicko, DNJ 38. Keita Namory, AVES
16. Dembele Oumou Kante, CAFO 39. Kone Elisé, World Vision Mali
17. Fousseini Doumbia, RIPOD 40. Togora Assitan Coulibaly, AMPPF
18. Hamadoun Sow, GP/SP 41. Diakite Bintou, FENACOF
19. Dr Coulibaly Marguerite Dembele, DSR/DNS 42. Cisse Hindou Maiga, Plan Mali
20. Aminata Kane, DNEB 43. Keita Boubacar, AVES
21. Sankaria Maiga, Projet Jeunes 44. Diallo Hamady, Projet Jeunes
22. Ayouba Gouanle, DNPEF 45. Camara Fodé, RENAJEM
23. Dr Sylla Habibatou Diallo, ASDAP
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LISTE DES PERSONNES RESSOURCES
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