Magistère Aissa Boulkaibet
Magistère Aissa Boulkaibet
N° d’Ordre :
Série :
Jury :
Président : LAROUK Mhd el hadi Professeur à l’université Montouri de Constantine
Examinateur : BOUKERZAZA Hosni Professeur à l’université Montouri de Constantine
Examinateur : LAKHAL.A Professeur à l’université Montouri de Constantine
Rapporteur : BENMISSI Ahcene Professeur à l’université Montouri de Constantine
- 2011 -
1
Remerciements
J’exprime toute ma gratitude à mes parents et à ma femme pour leur soutien et leur encouragement
durant cette année d’études.
Je dédiés mon travail aussi à mes enfants Abdeldjalil et louaî
En fin, je remercie toutes les personnes qui m’ont aidé à réaliser mon travail.
2
SOMMAIRE
INTRODUCTION ET PROBLEMATIQUE………………………………………… .P 05
Méthodologie de recherche ……………………………………………………………… p 11
CHAPITRE III : Le cadre juridique et institutionnel qui gère les risques industriels
et la protection de l'environnement ………………………………….p 51
3
PARTIE III : LA QUESTION DE LA PROXIMITE HABITAT 1INDUSTRIE
CAS DELA WILAYA DE SKIKDA…………………………… p 59
Bibliographie…………………………………………………………………………...............
Annexes ………………………………………………………………………………………..
Liste des tableaux………………………………………………………………………………
Liste des cartes…………………………………………………………………………………
Liste des figures et schémas……………………………………………………………………
4
INTRODUCTION ET PROBLEMATIQUE
«
Quinze ans à peine après son énonciation, le Risque Technologique
Majeur (RTM) est ainsi devenu un problème social de premier ordre. Les
catastrophes de Mexico et Bhôpal en 1984 et de Tchernobyl en 1987 ont
fortement contribué à cette montée en puissance du thème du risque
technologique majeur ; responsables politiques, administratifs, groupes
industriels, travailleurs, médias, population, sont de plus en plus sensibles
au problème du risque technologique majeur, aux questions de sécurité et
à l’environnement en général » [E.P-Zimmermann, 1998, p 71].
Cette observation met en évidence le rôle de l’homme dans l’aggravation des impacts de ces
catastrophes et permet de tirer les enseignements suivants :
5
- le risque résultant des activités industrielles peut atteindre des niveaux catastrophiques,
proportionnellement à l’accroissement de la concentration de populations et d’activités
économiques (industrielles) avoisinantes ;
- la notion de risque et son évaluation ont connu une évolution. En effet, jusqu’à une date relati
vement récente, le risque était surtout perçu en terme de vies humaines, au détriment des
dommages environnementaux.
Dans une telle situation, la place de l’industrie dans notre société se pose, ainsi que les notions
de proximité et d’éloignement entre industrie et habitat qui sont au cœur de la problématique. D’après
«
[J. DONZE (1996)] le risque résulte d’une vulnérabilité accrue par l’urbanisation face aux
différents dangers ….. « La ville ne ferait d’ailleurs qu’aggraver les effets d’accidents d’origine
»
exogène. Le risque serait alors une production sociale, et une résultante de la dynamique urbaine ».
Effectivement par rapport aux visées (priorités) de chaque société on obtient une organisation spatiale
propre.
Le RTM contemporain prenait d’autres échelles spatio-temporelles. À ce propos, [U.BECK (2001, p
«
13)] note que : le pouvoir du danger abolit toutes les zones de protection et toutes les
différenciations de l’âge moderne ». Cette dynamique du risque et son pouvoir destructeur est
marquée à l’heure actuelle par les accidents nucléaires. Donc, la complexité du risque et la difficulté
d’entreprendre une mesure exacte dépendent des éléments ci-dessous qui peuvent donner à la
catastrophe une plus grande intensité :
- la population et sa densité dans les zones urbaines,
- la proximité habitat / industrie qui amplifie le risque car les installations industrielles se
trouvent de plus en plus à l’intérieur ou dans le voisinage immédiat des villes,
- les systèmes de communication, de transport et de distribution d’énergie,
- la complexité du système productif, et la multiplication des substances dangereuses
C’est ainsi qu’aujourd’hui, les géographes commencent à mettre en évidence la relation entre
risque et espace pour comprendre la complexité spatiale dans laquelle s’inscrit les RTM. L’objectif
consiste dés lors à cadrer les limites de danger ainsi qu’à tracer les périmètres de sécurité. La
réalisation d’une carte de risque mettant en relation les divers acteurs impliqués dans la gestion du
RTM est le document de synthèse qui doit signaler l’aboutissement de cette démarche.
6
Plusieurs chercheurs ont évoqué les politiques de prévention des risques et la gestion des crises.
Citons ici les différents travaux de P.lagadec (1981), U.Beck (2001) suite à l’accident de Toulouse1,
dans l’objectif de trouver des solutions, un débat national a eu lieu en France en 2001, où
d’importants aspects ont été soulevés :
- La culture du risque,
- Réduire le risque à la source pour une meilleure gestion de la sécurité,
- La maîtrise de l’urbanisation autour des sites à risque,
- L’acceptabilité du risque par les citoyens.
Cette mobilisation autour des RTM dans les pays développés, nous amène à poser la question
du risque industriel dans les pays en voie de développement et la politique de prévention contre les
dangers engendrés. Cette étude a pour but d’approfondir nos connaissances sur les risques industriels
à travers l’étude du cas de l’Algérie.
Lorsque l’on sait que la concentration des activités industrielles et l’urbanisation dense se
situent sur la frange côtière la plus vulnérable (présence notamment de risque naturel), on comprend
davantage pourquoi l’Algérie réunit toutes les caractéristiques d’un pays à risque. Le processus de
développement s’est effectué dans des conditions n’ayant pas pris en compte les impacts sur
l’homme et l’environnement. Quarante six ans après l’indépendance, l’espace fortement aménagé a
subi de nombreuses atteintes et transformations. Il est nécessaire de comprendre le processus général
de la production de l’espace algérien, voire l’organisation du territoire et la répartition spatiale dans
laquelle s’inscrivent les risques industriels majeurs. Dans ce contexte, il apparaît opportun de voir la
relation entre le processus de développement économique, la politique d’aménagement du territoire et
la gestion du risque. Quelle est l’impact de la concentration des pôles d’activités économiques sur le
processus d’urbanisation des villes algériennes ?
Parler du risque en Algérie, c’est évoquer inévitablement les écarts entre le discours et la
pratique ainsi que l’incompatibilité des schémas d’implantation des zones industrielles et les schémas
d’aménagement du territoire.
Le modèle de développement économique en Algérie institué sur la transformation des
richesses souterraines est fondé sur la théorie socialiste de l’industrie. C’était une véritable marche
vers le progrès à laquelle l’Algérie a consacré la quasi totalité de ses efforts visant l’exploitation des
richesses minières et des hydrocarbures qui représentent la principale ressource naturelle du pays :
1
Explosion de l’usine AZF à Toulouse (France)-2001
7
«
les exportations de pétrole et de gaz assurent à elles seules 95% des ressources en devise de
l’Algérie. Découvert en 1950, le pétrole algérien représente 0,9% des réserves mondiales, 70% du
gaz est exporté sous forme liquéfiée à partir des pôles pétrochimiques d’Arzew et de Skikda »2
L’industrialisation en l’Algérie a eu pour conséquence la concentration des activités à risque
près des grandes villes littorales, ce qui présente une menace grave pour les populations.
Actuellement, on assiste à une extension urbaine incontrôlée autour d’importantes zones industrielles,
telle que : Alger, Skikda, Arzew, Bejaia, Annaba, Hassi - Messaoud.
Ces zones ont connu plusieurs accidents spectaculaires (à titre d’exemple une quinzaine d’explosions
à Arzew en 2003, le premier pôle pétrochimique en Algérie), mis à part les conséquences fâcheuses
sur la santé publique à cause de la poussière dégagée par les cheminées de plusieurs cimenteries ;
comme celle de Hamma Bouzainne à Constantine.
Le 19 janvier 2004, une défaillance technique dans une chaudière du complexe GNL3 de
Skikda a provoqué la plus grande catastrophe industrielle que l’Algérie n’ait jamais connue.
Le bilan de la catastrophe est lourd : 27 morts et 74 blessés parmi les travailleurs. La déflagration fût
ressentie à plus de 4 km du complexe (journal El Watan, 2004, voir annexe). Au lendemain de cette
catastrophe, un projet de loi relatif à la prévention des risques majeurs et à la gestion des catastrophes
a été déposé au bureau de l’assemblée populaire nationale. Après cette déflagration, d’autres
accidents se sont produits en 2005 et 2006.
En Algérie, la question du risque est très limitée dans son traitement, les chercheurs algériens
ont toujours eu du mal à développer leurs analyses et leurs réflexions sur cette problématique vu la
difficulté d’accès aux données nécessaires.
Les thèmes les plus développés étaient relatif à l’explosion démographique et l’extension urbaine
(consommation spontanée de l’espace, ruralisation des villes), à la crise de logement et la
prolifération des bidonvilles. Ces thèmes ont été abordés tantôt à travers des critères économiques,
tantôt à travers des critères sociaux. Tous les thèmes traités ont eu pour principal objectif de décrire
les phénomènes sociaux accompagnant l’industrialisation et les changements structurels de la société
d’origine rurale.
L’état de fait de la situation a poussé notre curiosité envers ce sujet et qui prévoie la mise en
relief de plusieurs questions qui tournent au tour des risques industriels en Algérie.
2
Selon les données avancées par SONATRACH (Société Algérienne de Recherche, d’Exploitation, de Transport
par Canalisation, de Transformation et de Commercialisation des Hydrocarbures et de leur dérivés)
3
GNL : gaz naturel liquéfié
8
Les questions de fond qui se posent sont : comment peut-on faire une liaison entre les différents
acteurs de la gestion du risque Etat, Industrie, Population ? Comment peut-on rendre la confiance
entre ces différents acteurs ? Quelle est la méthode pour implanter une culture de risque où chaque
acteur assumera sa responsabilité ? Peut-on réduire le risque avec cette politique de laisser - faire? A
quel prix ? Dans quels délais ? Et avec quelles conséquences ? Quels accidents faut-il encore
considérer ? Et comment en gérer les conséquences ? Comment adapter la réglementation qui gère les
installations classées avec la situation actuelle ? Comment peut-on intégrer les périmètres de
sécurités dans les plans d’aménagement du territoire ? Quel est le niveau d’influence des institutions
de l’environnement sur les projets économiques de l’Etat ? Comment les collectivités locales
peuvent-elles reprendre l’autorité de gérer le foncier urbain ?
De nombreuses questions se posent auxquelles nous essayerons de répondre au cours de notre travail,
qui prendra comme exemple la ville de Skikda et son pôle pétrochimique et la cimenterie de
HADJAR SOUD (wilaya4 de Skikda nord-est algérien).
La première analyse de la question du risque, dans notre zone d’étude, a été effectuée à
travers les multiples contacts que nous avons eu avec les services administratifs concernés (inspection
de l’environnement de Skikda, l’entreprise de gestion de la zone industrielle, service technique de la
commune de Skikda, la cimenterie de HADJAR SOUD et la collectivité locale de BEKOUCHE
Lakhdar). Cette visite nous a permis de constituer une première base de données pour analyser
l’extension de la ville de Skikda, ainsi que les agglomérations proches de la cimenterie de HDJAR
SOUD qui se sont mêlées au tissu industriel. Voire les différentes interventions de la société sur son
espace (prolifération de l’habitat spontané et individuel).
«
L’objectif sera donc de définir et cartographier l’espace-risque ». L’utilité de cette carte se
résume essentiellement dans la négociation entre les différents acteurs du risque (population,
collectivités locales et les industriels)
Cette récente thématique de recherche n’est pas investie en Algérie.
4
Division administrative équivalant au rang de département
9
- Le deuxième traitera du processus de développement industriel et urbain dans la ville
algérienne ainsi que le dispositif juridique et institutionnel qui gère les risques industriels.
- Le troisième abordera l’étude du risque dans la wilaya de Skikda, à travers le traitement de
la question de proximité ville - zone industrielle et l'impact d'implantation de la cimenterie
de HDJAR SOUD dans une zone d'origine rurale.
10
MÉTHODOLOGIE DE RECHERCHE
Il nous est apparu indispensable de mettre en évidence trois éléments nécessaires pour notre
méthodologie de travail :
- la politique de prévention.
L’évaluation du niveau de prise en compte du risque industriel s’effectue selon des dispositifs
spécifiques qui s’inscrivent dans le schéma suivant : Risque = aléa x vulnérabilités.
Cette évaluation des aléas et des vulnérabilités du risque dans notre zone d’étude s’effectue à l’aide
de certains outils.
Les outils de recherche qui seront mis en œuvre, ont été choisis par rapport aux informations
recueillies lors de mon enquête sur terrain, en visitant : le pôle pétrochimique , les services de
l’inspection de l’environnement de la wilaya de Skikda, l’office national des statistiques de la wilaya
de Skikda, la direction des mines et de l’industrie, le cadastre, la direction de planification et
d’aménagement du territoire (DPAT), le centre de recherche de construction urbanistique (URBAN),
et la Direction de l’Urbanisme de la Construction et de l’Habitat (DUCH), la direction de l'urbanisme
de la commune de BAKOUCHE LAKHRDARE et le direction de la cimenterie de HDJAR ASOUD.
Parallèlement aux informations recueillies, plusieurs entretiens ont été effectués avec les responsables
de ces services comme : la direction l’EGZIK de Skikda. Au niveau de l’inspection de
l’environnement de Skikda, on a constaté une insuffisance d’informations relative aux questions du
risque industriel dans la zone d’étude. Les données mentionnées relèvent un manque de fiabilité vu
l’incompatibilité des rapports avec la réalité sur le terrain ce qui donne une certaine importance au
travail du terrain.
Pour mieux cerner la problématique du risque et mesurer les aléas et les vulnérabilités d’un
accident potentiel dans le pôle pétrochimique et la cimenterie de HADJAR Soud, il est indispensable
de consulter plusieurs genres de travaux scientifiques à savoir : rapports, thèses et ouvrages. Cela a
pour but de mesurer leur degré d’importance à d’autres échelles, la méthodologie et les approches de
leurs traitements (l’évaluation du risque à partir de l’approche déterministe – basé sur les
conséquences d’un accident – comme en France où l’approche probabiliste – basée sur l’évaluation
quantitative des probabilités et conséquences – adoptée aux Pays-Bas) et la possibilité de leur
application dans notre cas d’étude.
Il est à noter que les études faites sur la problématique du risque sont très rares en Algérie, à
l’opposé des pays développés, où foisonnent des travaux scientifiques sur les risques industriels.
Les divers travaux techniques dans le domaine de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme,
nous aiderons à restituer notre problématique dans un cadre spatial et institutionnel. Ils constitueront
les documents de base pour déterminer les zones urbanisées et les périmètres à risque. Les différents
documents législatifs dans la gestion de l’urbanisme et de la planification économique, l’organisation
spatiale et la protection de l’environnement en général (le journal officiel, les notices ministérielles,
et communales), serviront à préciser la responsabilité des acteurs dans la gestion du risque. En plus,
ces documents nous permettront de constater l’écart entre le discours et la pratique.
12
1-2 Les données statistiques
Leur rôle est de fournir des références quantitatives utiles à la compréhension de la naissance
et du développement d’un phénomène. Pour la problématique du risque industriel, les statistiques
peuvent identifier, quantifier et analyser les sources de dangers, ainsi que les vulnérabilités en cause.
A travers la quantification de la production de chaque complexe et de chaque substance
dangereuse, on peut faire des estimations théoriques sur l’extension d’un accident. Le développement
de la population et sa répartition dans l’espace à travers les différents taux statistiques, comme les
recensements de population (RGPH5 1967, 1977, 1987, 1997, 2006), la population active et le
développement de la structure de l’emploi (agriculture, industrie, tertiaire), nous aide à comprendre
les mutations socio-spatiales suite à l’industrialisation de la ville et les agglomérations auteur de la
cimenterie qui était d’origine rurale. Ainsi, les bilans des migrations externes et son rapport avec
l’implantation industrielle, voir même le taux d’urbanisme, et la densité urbaine dans l’espace par
îlot et par type d’habitat nous aidera à comprendre l’histoire de la formation de l’habitat individuel et
des bidonvilles, le problème de la proximité habitat/industrie, et les conséquences d’un accident sur la
population riveraine du pôle et la cimenterie.
A partir du taux de chômage, le déficit en logement et son rôle dans la prolifération de
l’habitat spontané et l’utilisation abusive du foncier urbain, on peut comprendre les problèmes
sociaux générés par l’attraction de l’industrie.
Ces deux outils de recherche (les travaux scientifiques et les statistiques) seront renforcés par
le travail sur le terrain, afin de nous donner une approche réelle de la question du risque industriel.
Le travail sur le terrain est une phase très importante et primordiale, c’est un outil de
recherche qui met le chercheur en contact direct avec le terrain. Pour un géographe, l’enquête sur le
terrain est l’outil de base et de fiabilité de tous les résultats finaux. Cet outil de travail permet de
comparer les hypothèses avec la réalité.
Dans le cadre de notre thématique de recherche, le risque varie notamment en fonction de la
gestion spatiale faite par la société. L’enquête sur le terrain nous permettra d’avoir une idée sur la
perception et la signification du risque industriel chez la population (travailleurs, citoyens),
5
Recensement Générale de la Population et de l’Habitat
13
particulièrement celle qui avoisine le pôle et la cimenterie, et les motifs de leurs installations à côté de
l'industrie. Ces informations seront recueillies à l’aide d’un questionnaire (annexe).
L’enquête sur le terrain permettra par ailleurs de comprendre le rôle des collectivités locales
dans la gestion de l’espace bâti et le contrôle de l’activité industrielle. C’est le seul moyen de cerner
les comportements réels des différents acteurs du risque.
En 2004, pour mon DEA, des entretiens préliminaires ont été effectuées avec les différents
responsables, certaines administrations locales concernées et quelques agents du service
d’intervention. Dans le cadre du prochain travail, en l’occurrence le magistère, l’accent sera mis sur
les résultats des entretiens avec la population et les travailleurs dans les différents complexes, ainsi
que la cimenterie.
La phase finale de notre étude, est basée sur l’outil cartographique qui nous aidera à
comprendre la complexité spatiale du risque à travers l’utilisation de la carte comme moyen d’analyse
et de décision.
Afin de comprendre la complexité des relations entre risque et espace et les comportements
sociaux sur le territoire (implantation industrielle, l’habitat individuel…), la cartographie joue un
double rôle. D’une part, elle permet de matérialiser les risques ; rendre perceptible la virtualité en lui
donnant forme et contour, situer les différentes interventions de chaque acteur du risque. D’autre part,
elle est considérée comme un outil d’information privilégié dans le processus de négociation sociale à
propos des risques majeurs.
Avec la cartographie, on aborde la question du risque industriel dans toutes ses dimensions ;
technique, spatio-temporelle, sociopolitique et même juridique. C’est un outil de communication
entre les acteurs pour résoudre les problèmes géographiques du risque.
Le manque des cartes qui présentent la situation de la proximité habitat/industrie, nous a
poussé à faire un travail de reconstitution personnelle sur la base des cartes d’IGN et des cartes de
synthèse recueillie de différentes sources (mémoire de fin d’étude, service technique de la ville de
Skikda et la commune de BEKOUCHE Lehkder, la cartothèque de l’institue de science de la terre de
Constantine).
On va prendre comme documents de base aussi, les études de danger de la plate forme, ainsi
que la de la cimenterie et les plans d’organisations et d’interventions de secours (POI, PPI) qui
constitueront des documents cartographiques déterminant les périmètres de sécurité. Les plans
14
d’urbanisme : le PDAU et les POS des agglomérations voisinant notre zone d'étude et les cartes de
l’IGN de Skikda et de la région de AZZABA d’une échelle de 1 /25000.
La carte d’IGN de 1/25000 permet d’avoir une vue globale des risques sur un format facile à
manipuler et montre clairement la situation de la proximité de l’habitat /industrie.
15
LE RISQUE INDUSTRIEL ET LE DEVLOPPEMENT
DURABLE
DEFINITION ET HISTORIQUE
PREMIERE PARTIE
16
CHAPITRE I
LE RISQUE ET SES DIFFERENTS CONCEPTS
Le risque majeur caractérisé par une faible fréquence et une énorme gravité, regroupe d’une
façon générale les Risques industriels et les risques de transport, avec les risques naturels. Les
Risques Technologiques d’origine anthropique, regroupent les risques industriels, nucléaire,
biologique, les ruptures de barrages et le transport d’une matière dangereuse.
Dans l’étude des risques et des catastrophes, la première distinction oppose ce qui est
potentiel, et ce qui est réel. Le risque possède une dimension probabiliste, mais la catastrophe devient
une certitude, l’écart entre ces deux notions représente un décalage d’ordre temporel et spatial. La
catastrophe est « Accident violent qui met en cause sur une étendue, la sécurité et l’organisation de
l’économie et du peuplement » (dictionnaire de la géographie, 1970, p 69).
Le « risque industriel » est considéré comme la probabilité qu’un événement accidentel se
produise sur un site industriel et entraîne des conséquences immédiates graves pour le personnel, la
population avoisinante, les biens et l’environnement. Donc, le risque c’est le produit d’un aléa et
d’une vulnérabilité, ou la confrontation d’un aléa avec des enjeux. L’aléa est un concept qui désigne
la probabilité d’occurrence d’un phénomène, et son intensité, ainsi que la durée considérée.
L’enjeu : est l’ensemble des personnes et des biens susceptible d’êtres affectés par un phénomène
naturel ou technologique.
La notion de vulnérabilité s’est progressivement enrichie. La vulnérabilité classique, au sens
plus large, exprime le niveau de dommage prévisible d’un phénomène sur les enjeux. Mais depuis
une dizaine d’années, la vulnérabilité est aussi « celle qui considère la vulnérabilité des sociétés à
travers leur capacité de réponses à des crises potentielles » (A.DAUPHINE, 2001, p19). La
complexité de la vulnérabilité et ces différentes formes constituent un élément de réflexion de
plusieurs chercheurs anglo-saxons qui distinguent entre deux vulnérabilités : individuelle et sociale.
La première consiste en la probabilité qu’une personne vivant dans un lieu non protégé, proche de
l’activité industrielle, soit une victime potentielle d’un accident lié à cette activité. La deuxième
représente la probabilité qu’un groupe de personnes soit touché par un accident majeur lié à l’activité
17
industrielle considérée. Au plan géographique, la vulnérabilité individuelle se définie en fonction de
la localisation de la personne par rapport au site dangereux. Il sera donc aisé de tracer des lignes de
vulnérabilité autour d’une entreprise. La vulnérabilité sociale ne dépend pas du même paramètre ;
c’est à dire de la distance par rapport au site dangereux, mais elle se définie en fonction de la densité
de la population et de sa répartition spatiale.
En règle générale, la vulnérabilité est fonction du statut socio-économique des populations
frappées par une catastrophe. Tous les accidents industriels montrent que les dommages varient
suivant les catégories de classe de société, car les personnes aisées sont moins frappées que les
pauvres. C’est ce qui explique en partie l’écart considérable entre les pertes humaines comptabilisées
dans les pays développés et celles qui sont en voie de développement. La majorité des catastrophes
d’ordre technologique correspondent à des localisations d’usines à risque, à des équipements urbains,
ce qui explique la tendance de la vulnérabilité à cause de l’urbanisation incontrôlée autour des sites
dangereux.
«
au XIX siècle, la modernisation a détruit la société agraire prisonnière
du système féodal ; pour esquisser la structure de la société industrielle ;
aujourd’hui, la modernisation efface les contours de la société
industrielle, et on voit apparaître, dans la continuité de la modernité, une
configuration sociale tout autre ».
La société est en état d’impuissance face aux risques majeurs. Le danger devient une réalité et
on vit avec le risque engendré par la société elle même. Une catastrophe comme Tchernobyl a généré
des bouleversements d’ordres sociaux, psychologiques et familiaux des personnes concernées. Ce
qui porte un préjudice à l’unité sociale.
Le risque dans l’angle sociologique, c’est l’effet de la modernité, et les décisions individuelles
sur la société, comme le confirme C.GILBERT (2003) le risque est : « la confrontation entre société
civile et État ».
Ces effets ont provoqué une très grande mobilisation contre les risques technologiques
majeurs surtout les trois dernières décennies. Ils sont à l’origine de la création de certains concepts
et principes qui guident aujourd’hui les politiques qui gèrent les risques industriels.
18
Le principe de précaution (vorgeprinzip) : prend naissance en Allemagne au cours des
années 70.
«
Par précaution, on désigne l’ensemble des mesures destinées soit à empêcher
des menaces précises à l’environnement, soit, dans un objectif de précaution,
à réduire et limiter les risques pour l’environnement, soit, en prévention de
l’état future de l’environnement, à protéger et à améliorer les conditions de
vie naturelles, ces différents objectifs étant liés » (J.DUBOIS-MAURY, 2002,
p33).
Lors du sommet de la réunion de l’ONU, à Rio en juin 1992, le principe de précaution est
devenu mondial à côté de ceux de participation, de coopération et de responsabilité. Il a renforcé le
principe du développement durable. C’est ainsi que la précaution est intégrée dans toute une série
de convention portant sur la gestion du risque majeur. Par contre sa mise en œuvre à trouver des
difficultés. On constate que la précaution soulève des incertitudes, sur la nature et les effets d’un
danger et les risques qu’il entraîne. Ce doute qui entoure la précaution met les décideurs devant une
situation difficile pour la prise de décision.
Vers les années 80, le principe du risque zéro est soulevé par X. GUILHOU, et P.
LAGADEC (2002). Ils avancent la possibilité de maîtriser les risques dans des champs variés.
A partir des années 90, il ne s’agit plus d’éliminer le risque, mais plus modestement de le gérer. Lors
d’un débat national sur les risques industriels, en France (2001), P.ESSIG confirme qu’on ne peut pas
éliminer le risque industriel, car notre société a un besoin vital des produits qui sont concernés par le
risque, mais par contre le risque zéro n’existe pas : tant qu’on n’est pas arrivé à contrôler tous les
facteurs du risque, on ne peut pas l’éliminer.
Tous les spécialistes insistent sur le fait qu’on est en face d’un problème culturel, où la
culture du risque doit être implantée dans la société.
«
P.PERETTI-WATEL (2001, p19) affirme que les sociétés contemporaines sont marquées par la
prolifération des risques…Il est ainsi plus précis d’évoquer une ‘culture du risque’ [GIDDENS,
1991], plutôt qu’une civilisation [LAGADEC, 1981], ou une société [BECK, 1992] du risque qui
seraient d’abord déterminées par les caractéristiques inédites des risques technologiques majeurs ».
19
Parler du risque, c’est en générale à l’aspect « sécurité » que l’on pense immédiatement. La vie
de personnes peut être en jeu. Cependant l’aspect « production » est aussi important car il peut
entraîner des pertes économiques.
Evoquer la culture du risque ou la culture de sécurité, nous oblige à regarder les problèmes
en face dans leur réalité complexe, leur dangerosité mais aussi dans leurs aspects bénéfiques, y
compris leurs dimensions scientifiques, économiques, administratives, sociologiques et sociales.
Entre dans une culture de sécurité c’est utiliser le doute dans l’analyse des problèmes en introduisant
l’aléa et par conséquent en ajoutant une approche « probabiliste » à l’approche « déterministe » dans
toutes nos études de danger. L’émergence d’une culture de sécurité oblige une démocratisation du
risque, donner la parole à tous les acteurs en commençant par les citoyens d’abord. Il faut laisser le
choix à la société d’accepter ou non de vivre avec le danger.
Dans le climat des trois dernières décennies du XX siècle, les dommages des dernières
catastrophes étaient caractérisés par de nombreux scandales médiatiques. Ces derniers ont révélé la
volonté de trouver les responsables. Ils ont engendré une nouvelle manière de partager les
responsabilités des politiques et des industries pour promouvoir une gestion de risque plus
transparente et plus démocratique. Cette transparence et la démocratie du savoir sur les risques
probables regroupent les acteurs suivants : l’industrie, l’Etat, le citoyen et l’expert.
La culture du risque attire l’attention de plusieurs spécialistes. Ils ont proposé des solutions pour
minimiser le danger.
Dans ce contexte, les pays développés ont appliqué la politique de prévention, qui s’articule
autour de quatre grands axes (schéma N° 01).
2-Le rôle de l’administration pour maîtriser l’urbanisation autour des sites à risque.
21
Schéma N° 01: Les axes de la politique de prévention
Source : www.cypres.org/html/risques.html
Malheureusement, cette politique de prévention est difficilement applicable dans les deux cas :
- Sur les sites existants, souvent d’implantation ancienne, où l’extension urbaine a rattrapée
le tissu industriel.
- Dans le cas où les usines ont été implantées relativement proches d’urbanisations
importantes.
Mais elle reste une solution envisageable pour lutter contre les risques technologiques majeurs et
vient après l’ampleur considérable des catastrophes industrielles.
22
CHAPITRE II
HISTORIQUE DES CATASTROPHES INDUSTRIELLES
Les catastrophes industrielles ont connu ces dernières années une ampleur considérable suite
au développement de l’urbanisation et à la concentration des personnes et des infrastructures
économiques.
1-Dans le monde
- L’explosion d’un nuage de gaz inflammable à la suite d’une fuite accidentelle, comme
l’accident de Flixborough 1974.
- L’éclatement d’un réservoir, suite à une boule de feu avec libération d’un gaz qui, s’il est
inflammable, forme une boule de feu avec un intense rayonnement thermique. Comme
l’accident de Feyzin (1966) et de Mexico (1984).
- L’incendie de stocks de produits solides, en l’occurrence de nitrate d’ammonium avec
risque d’explosion. Ce type de risque a frappé en 1947 Texas City et Toulouse en 2001.
- L’émission et la diffusion de produit toxiques font suite soit à un incendie, soit à une fuite
accidentelle. En effet, de ce type d’accidents, pollution des eaux, mais sans pertes
23
humaines. C’est le cas de l’accident de Bâle en 1992 (perturbant jusqu’aux Pays – Bas les
équilibres écologiques du fleuve).
Tableau N° 01 : Les accidents industriels dans le monde
Date lieu nature conséquence
1947 Texas City (États –Unis) Feu - explosion Plusieurs centaines
1966 Feyzin Fuite–explosion 18 morts, 84 blessées, des dommages enregistrés
(raffinerie) dans un rayon de 16 km
1968 Rotterdam Explosion (raffinerie) 2 morts, plus de 3000 blessées entre les travailleurs
et les citoyens, des dommages enregistrés dans un
rayon de 5 km.
1970 Blair (Nebraska) Fuite du gaz toxique Nuage toxique sur 365 ha, pas de victime (usine en
(usine chimique) zone rurale)
1972 Mazingarde (Pas-de-Calais) Explosion Des dégâts aux habitations jusqu’à 2 km
(usine chimique)
1974 Flixborough (Royaume– Fuite – explosion 28 morts, 89 blessés, 3000 personnes évacuées, des
Uni) (usine chimique) dommages enregistrés dans un rayon de 13 km
1976 Seveso (Italie) Fuite de gaz 1800ha contaminés, 736 personnes évacuées,
(usine chimique) grandes incertitudes sur les conséquences du poison
et l’étendue des risques
1978 Los Alfaque Explosion (transport 216 morts, 200 blessés (accident prés d’un camping)
du gaz liquéfié)
1978 Bretagne Echouage de l’Amoco 220 000t de pétrole brut répandu dans la mer, 250
Cadiz transport km de côtes polluées
(pétrole brut
1979 Three Mile Island Défaillance d’un Incertitude technique, confusion des responsables
réacteur politiques, 200 000 personnes évacuées
(Centre nucléaire)
1979 Mississauga Déraillement d’un 220 000 personnes évacuées, missiles à 700 m
train de marchandises,
fuite explosion du gaz.
1984 Mexico (Mexique) Explosion – feu Plus de 500 morts, 1200 disparus, 7000 blessés, 200
(Dépôt de GPL) 000 personnes évacuées, projection de missiles à
1200 m
1984 Bhopal (Inde) Fuite du gaz toxique Plus de 2500 morts, plus de 10 000 blessés, 200 000
(Usine chimique) personnes évacuées
1987 Tchernobyl (URSS) Explosion d’un 135000 personnes évacuées, 2800km² de terrain
réacteur Nuage condamnés, estimation de 40 000 décès pouvant se
radioactif sur toute déclarer dans les prochaines décennies
l’Europe
Centrale nucléaire
1992 Bâle (Suisse) Feu dans un entrepôt Pollution grave du Rhin
(Usine chimique)
2000 Pays – Bas « Enschede » Explosion d’un dépôt 22 morts, 3 disparus et plus de 1000 blessés.
de feux d’artifices Des dommages graves enregistrés dans un rayon de
750 m. Des estimations des dégâts de plus de 500
millions d’Euro
2001 Toulouse (France) Explosion dans un 30 morts parmi les travailleurs, 1170 hospitalisés, 90
entrepôt d’une matière blessés graves des habitants avoisinants, plusieurs
dangereuse kilomètres des dommages considérables
2004 Skikda (Algérie) Explosion (raffinerie 27 morts 74 blesses parmi les travailleurs. Des
du gaz) dommages enregistrés dans un rayon de 4 km
2004 Belgique Explosion d’un gazoduc 20 morts et des dégâts matériels considérables
2005 Chine Explosion usine Des morts et des dégâts matériels
Chimique kharbine
24
2006 Algérie Explosion dans un site 5 ouvriers portés disparus
pétrolier à Gassi Atouil
2008 Algérie Des explosions dans la
zone pétrochimique
d'Erzieu
Source : PROPECK ZIMMERMANN.A, 1998. DUBOIS-MAURY.J, 2002. Inspection de l'environnement Skikda 2009
Malgré les progrès enregistrés, des appréhensions subsistent et révèlent une ampleur très
contrastée selon le degré de prise de conscience de chaque pays et la politique de prévention et de
gestion des risques mise en œuvre.
Cette prise de conscience est marquée par des efforts importants faits dans le cadre de la
gestion des risques technologiques majeurs dans les pays développés, par l’élaboration des
réglementations strictes (SEVESO6). Ils ont également intégré la prise en compte du risque
technologique dans le développement de l’industrialisation, ainsi que dans les zones à forte
concentration de population (principalement celles des grandes agglomérations urbaines).
2- En Algérie :
6
La directive européenne 82/501/CEE du 24 juin 1982, nommée SEVESO, et son changement à SEVESO II du 9
décembre 1996 a considéré comme " SEVESO " une installation classée pour la protection de l'environnement qui utilise
des produits dangereux en quantité définie par une nomenclature. Ces établissements peuvent générer des risques
d'incendie, d'explosion et de nuage toxique, à l'intérieur voire à l'extérieur du périmètre de l'usine. www.drire.gouv.fr
25
Les Quatre zones pétrochimiques (Arzew, Skikda, Alger, Bejaia),
Les complexes des pesticides et ses aires de stockage, comme le complexe d’Annaba, considéré
comme une bombe implantée dans un tissu urbain.
Les grands champs pétroliers, les anciens puits de pétrole, les surfaces de stockage des huiles
extrêmement dangereuses non conformes aux normes.
Les lignes de haute tension traversant le tissu urbain.
26
27
Le tableau N° 02 fournit un aperçu de ce voisinage habitat/industrie, et donne une image claire sur
l’état de la question du risque industriel à travers le territoire algérien.
Il y a lieu ici, de mettre particulièrement l’accent sur une forme d’urbanisation qui s’est
traduite essentiellement par des constructions sur des gazoducs. Cette situation qui a déjà entraîné
des accidents importants, recèle des risques potentiels à de multiples impacts.
Citons, à titre indicatif :
- Skikda : le bilan de l’explosion du gazoduc survenu le 3 mars 1998 a occasionné 7 décès, 44
blessés, 10 maisons détruites et 50 maisons endommagées.
28
- Constantine : la cité Boussouf où résident plusieurs milliers de personnes est érigée sur un
gazoduc pour lequel des incidents ont été enregistrés en février 2003.
Le tableau N° 03, qui est loin d’être complet, donne une idée sur la gravité du problème au niveau
national.
Tableau N° 03 : Habitations construites sur des gazoducs
Par ailleurs, suite à des actes de sabotage sur l’oléoduc Béjaia- Sidi R’zine, en 1995 et 1998,
d’importantes quantités d’hydrocarbures se sont déversées dans le barrage de Keddara (l’un des plus
important desservant la capitale Alger).
Cette situation, nous oblige à poser la question des contextes dans lesquels évoluent les
politiques de développement économique en Algérie, voire l’historique de l’implantation des zones
industrielles, et ses impacts sur la ville algérienne ?
29
INDUSTRIALISATION - URBANISATION DANS LA
VILLE ALGERIENNE - CADRE JURIDIQUE
UNE INTEGRATION INSUFFISANTE DU RISQUE
DEUXIEME PARTIE
30
CHAPITRE I
LE MODÈLE DE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE EN ALGÉRIE
ET SES CONSÉQUENCES
Pour bien poser le problème du risque industriel en Algérie, il est important de s’intéresser à
la politique d’installation des pôles industriels, à leur répartition dans l’espace algérien et à l’histoire
de l’industrialisation. De plus, il convient de placer la problématique de la gestion du risque majeur à
travers ce modèle de développement.
Au cours des années qui ont suivi l’indépendance en 1962, l’Algérie a opté pour un modèle de
développement économique reposant sur une planification centralisée. Ainsi un vaste programme de
développement industriel fut lancé, favorisé par la récupération des richesses en hydrocarbure.
31
32
«
L’espace littoral abrite 91 % des industries sidérurgiques, mécaniques, métallurgiques et
électroniques(ISMME), 90 % des industries des matériaux de construction, 85 % des industries
chimiques, 65 % des industries du cuir, et 56 % des industries textiles. » CNES7 (1998).
Le poids de la production industrielle est très important surtout entre 1963 et 1978. Il
représentait un peu plus du tiers de la production intérieure brut. Ce développement est le résultat de
la croissance de la production des hydrocarbures entre ces deux dates, mais les autres filières du
secteur industriel n’ont pas été particulièrement à la traîne.
Les choix réalisés par l’Algérie dans ce modèle de développement visent principalement deux
objectifs :
- Premièrement : répondre aux besoins de la population (éducation, santé, etc.).
- Deuxièmement : mettre en place une économie capable d’élargir de façon autonome ses
capacités de production et de résoudre le problème de l’emploi.
Après 1980, dans la période du plan quadriennal8, les décideurs constatent que le bilan de
l’industrialisation est loin d’être satisfaisant. La croissance industrielle reste modeste et le modèle de
développement ne tient pas ses promesses. L’application des plans de développement n’a, en effet,
jamais tenu compte des échéances prévues (concernant le plan quadriennal : sa période d’application
était estimée à quatre ans mais en réalité elle a été prolongée jusqu’au début des années 90).
7
CNES : Conseil National Economique et Social
8
La période de onze années (1967-1977) correspondait à la réalisation de trois plans de développement :
Le plan triennal (1967/1969), le plan quadriennal 1970/1977qui est planifié sur deux périodes. Après l’échec relatif du
dernier plan, aucun plan ne fut lancé entre 1978/1980. Entre 1980/1984 l’État à présenté le plan quinquennal.
33
établissements aient réussi à remplir partiellement leur rôle premier qui était de trouver des solutions
aux problèmes sociaux de la population, ils sont considérés, aujourd’hui, comme source de risque
pour l’homme et son environnement.
La population a été multipliée par trois en 35 ans. Elle est passée de 12 millions d’habitants en
1966 à 30 millions en 1997. Cette rapide croissance démographique, conjuguée aux effets des
politiques et mesures initiatives mises en place, a exercé une pression très forte sur les ressources
naturelles, les écosystèmes et les services, d'autant que la population est très inégalement répartie sur
le territoire.
Les deux tiers de la population sont en effet concentrés dans la région Nord du pays qui ne représente
que 4 % de l’ensemble du territoire algérien. (Carte N° 03).
La poussée démographique a provoqué une crise de l’habitat ; « le déficit en logements est estimé à
1,2 millions, et au cours des douze années à venir, la montée démographique nécessite la
construction de 3 millions de logements nouveaux » (M.COTE, 1996).
34
35
2-3- Un modèle qui ne prend pas en compte la dimension du risque
- La logique économique des opérateurs industriels favorise les sites faciles à aménager,
proches des réservoirs de main d’œuvre et des facilités nécessaires au fonctionnement des
projets (eau, électricité, matières premières),
- Vu la priorité donnée à l’industrie en l'absence systématique d'études d'impacts et de
dangers, de vastes étendues de terres agricoles de première qualité sont ainsi consommées,
et l’exploitation de ressource en eau n’a jamais fait l’objet de planification intégrée à long
terme,
- Concernant le choix des procédés technologiques, une part importante des unités
industrielles n’a pas été dotée des plans de secours adaptés à la situation de l’urbanisation
existant autour de ces installations, ni des périmètres de sécurité.
On constate ainsi que le principe de précaution et de développement durable est loin d’être
pris en compte. L’industrialisation brutale a engendré des effets déstructurant, et partout l’espace a
été forcé.
D’après ces éléments, nous pouvons émettre l’hypothèse que la probabilité d’une catastrophe
dans les sites industriels algériens, principalement dans le domaine de la pétrochimie, semble réelle.
Donc le problème de la présence des industries à risque dans la ville, les rapports industrie/ville
peuvent alors devenir conflictuels.
La question de la maîtrise de l’urbanisation, autour des sites à risque, est au cœur de la problématique
de minimisation du danger. Dans ce contexte, nous analyserons l’état de la ville algérienne, la gestion
de son espace, la création des plans d’aménagements du territoire ainsi que la gestion de
l’urbanisation par ces institutions.
36
CHAPITRE II
PROCESSUS D’URBANISATION ET MODALITES LEGISLATIVES
La ville ? Un terme devenu tellement familier qu’il peut faire croire à une relative simplicité
du thème alors qu’il est immensément complexe.
Les villes portuaires, industrielles, administratives, et économiques, traduisent-elles des
modes de croissance ? Établissent-elles des typologies fonctionnelles ou renvoient-elles à des formes
urbaines et à des structures spatiales caractéristiques d’une forme de culture donnée ?
En effet, de nombreuses questions se posent car la ville est en soi une entité économique et
socio- culturelle. Elle est le lieu d'un système de valeurs et de rapports sociaux spécifiques et peut être
considérée comme la projection de la société sur l'espace. Elle constitue un groupement de
populations et d'activités économiques, concentré sur un espace restreint, pouvant être assimilée à une
entreprise complexe produisant de la richesse. Elle s’inscrit, en outre, dans un réseau urbain
hiérarchisé où s’entretiennent des relations économiques, culturelles et sociales.
Si la ville est effectivement à la base du développement économique et social et de la création
de richesse, ses mutations ont été trop rapides pour pouvoir être contrôlées. Elle se trouve aujourd'hui
confrontée à une série de problèmes. Surtout quand il s’agit d’évoquer la croissance urbaine, et ses
conséquences. Le croisement entre zone d’habitat et zone industrielle, implique la notion du risque.
A l’échelle du Maghreb, l’Algérie est le pays qui a subi et qui continue à subir les plus fortes
conséquences de différentes mutations spatiales.
37
1-1 L’époque pré-indépendance
Jusqu’à la fin du 19ème siècle, la ville traditionnelle algérienne (la « Médina» pour le Nord et
les « ksours » pour le Sud) a subi peu de changements, sinon un agrandissement progressif qui a été
apporté avec quelques modifications de détails sur certains monuments officiels, sans altération du
cadre original.
La colonisation a introduit dés la fin du 19éme siècle des modes de vie différents et des
méthodes marquées par la révolution industrielle en Europe. Cette urbanisation était surtout adaptée à
l’économie coloniale en atteignant un taux d’urbanisation de près de 14% en 1886. La distribution
spatiale de ces établissements humains dessine un réseau dense, essentiellement au niveau de la partie
nord du pays: la Mitidja, les plaines oranaises et la partie Nord des hautes plaines constantinoises.
A partir des années 1930, l’appauvrissement généralisé provoqué par la crise agricole et la
montée démographique a amorcé un exode important vers les villes : à Alger et à Constantine
notamment, l’apparition des premiers bidonvilles remonte à cette date.
L’évolution de la population urbaine durant l’époque coloniale figure dans le tableau N° 04 :
Figure N° 01
18000000
n
o 16000000
ti
a
l 14000000
u
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o 12000000
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N
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2000000
0
1965 1970 1975 1980 1985 1990 1995 200 0
Année
39
Les premières vagues migratoires se sont faites vers les centres anciens puis se sont
progressivement déplacées vers les marges des villes, formant des périphéries urbaines faites de
bidonvilles, d’habitat auto-construit et des cités de recasement, formant ainsi une ceinture tout autour
des zones industrielles. Schéma N° 02 et 03
Le résultat a été que les agglomérations urbaines, de par leurs nombreux dysfonctionnements,
offrent un cadre bâti dans un espace urbain en plein désordre, que ni les instruments juridiques
réglementaires et techniques, ni les mesures d’aménagements n’ont pu contenir.
Les dernières années, de nouveaux modes d’urbanisation caractérisent quasiment toutes les
villes algériennes, il s’agit des programmes planifiés des ZHUN9, adoptés pour trois principaux
avantages : modernité, caractère socialiste (habitat collectif) et rapidité de mise en œuvre. Ils ont été
jusqu'à présent la forme dominante de l’Etat en milieu urbain, avec un objectif économique et social,
sans prendre en considération les problèmes environnementaux, et les risques majeurs. De ce fait on
observe, dans toutes les villes la situation du rapprochement entre habitat / industrie
9
Zone d’Habitat Urbaine Nouvelle
40
41
La ville algérienne qui représente en quelque sorte la projection des contrastes et des conflits de
la société d’aujourd’hui, met en relief les logiques et les stratégies qui se sont succédé dans ses
diverses transformations, dans ses fonctions économiques, dans sa morphologie spatiale, dans son
profil sociologique et dans son mode de fonctionnement.
De cette urbanisation non maîtrisée émergent une image dépréciée de l’urbanité et une
appropriation spontanée de l’espace qui s’est faite en dehors de tout contrôle et de toute intervention
administrative en temps opportun.
A travers une présentation des outils d’urbanisme et la façon de gestion du foncier urbain, on
va comprendre la production de la proximité habitat/industrie et évaluer le niveau de la préoccupation
de la question du risque industriel dans les plans d’urbanisme.
2-1- L’urbanisme
10
PDAU : plan directeur d’aménagement et d’urbanisme
11
POS : plan d’occupation du sol
42
l’instrumentation de l’urbanisme directeur se traduit dans sa finalité par l’énoncé de
prescriptions réglementaires destinées à:
En revanche, l’urbanisme opérationnel se traduit par des actes autorisant le passage effectif à
la réalisation, c’est-à-dire à la construction.
2-1-1:L’urbanisme directeur
a - L’approche administrée
La période concernée est antérieure à 1990, elle a été caractérisée par une centralisation et
une socialisation de la vie économique et sociale qui a eu un forte influence sur les approches
urbanistiques.
Concernant le Plan d’Urbanisme Directeur (PUD) et le Périmètre d’Urbanisation Provisoire
(PUP), ils ont été introduits à la faveur de la promulgation de l’ordonnance sur les réserves foncières
communales en 1974. Ces périmètres d’urbanisation visaient la délimitation des terrains nus, non
bâtis à intégrer aux réserves foncières communales.
Ces plans, ainsi que les modalités de leur application non faisable, ne correspondaient pas aux réalités
algériennes.
b - L’approche libérale
A partir de 1990, on enregistre l’amorce d’un processus d’ouverture marqué par d’importants
bouleversements législatifs quant à l’approche de l’urbanisation. La réforme engagée en 1990 en
43
matière d’aménagement et d’urbanisme introduit de nouveaux instruments, en l’occurrence le PDAU
et le POS qui méritent respectivement quelques précisions.
Chaque commune doit être couverte par un PDAU dont le projet est établi à l’initiative et sous la
responsabilité du Président de l’APC12. C’est un instrument de planification spatiale et de gestion
urbaine. Il fixe les orientations fondamentales de l’aménagement du territoire de la, ou des communes
concernées, en tenant compte des schémas d’aménagement et des plans de développement. Il définit
les termes de référence des POS.
A ce titre, il détermine la destination générale des sols sur l’ensemble du territoire d’une
commune ou d’un ensemble de communes et plus précisément l’extension des établissements
humains, la localisation des grands équipements et infrastructures.
En outre, il divise le territoire de la commune en quatre grands secteurs :
- Les secteurs urbanisés ;
- Les secteurs à urbaniser ;
- Les secteurs d’urbanisation future ;
- Les secteurs non urbanisables.
Enfin, le PDAU prévoit des dispositions particulières applicables à certaines parties du territoire
communal, à savoir : le littoral, les territoires à caractère naturel ou culturel marqué, les terres
agricoles à potentialités élevées.
Il ne limite pas les zones industrielles, et il ne cadre pas les périmètres de sécurité, il parle d’une
façon générale sur l’environnement et il ne prend pas en compte les risques majeurs dans la
planification spatiale.
Chaque commune doit être également couverte par un POS dont le projet est établi à l’initiative et
sous la responsabilité du Président de l’APC.
12
Assemblée Populaire Communale
44
Dans le respect des dispositions du PDAU, le POS prescrit de façon détaillée les droits d’usage
des sols et des zones constructibles. A ce titre, il fixe les secteurs concernés, la forme urbaine,
l’organisation, les droits de construction et d’utilisation des sols.
13
Président de l’Assemblée Populaire Communale
45
b - Le certificat de conformité
Ce document est donc censé jouer un rôle déterminant en matière de sécurité des biens et des
personnes ainsi qu’en matière d’assurances.
La conformité des travaux est vérifiée par une commission qui comprend des représentants de l’APC
et du service de l’état chargé de l’urbanisme ainsi que des autres services concernés, notamment la
Protection Civile. Cette commission fait connaître à l’intéressé ses conclusions et, le cas échéant, lui
fait obligation de procéder à la mise en conformité.
Le processus d’urbanisation ne peut se concevoir sans son support qui est le foncier car il ne
peut y avoir d’urbanisation sans assiette foncière. La maîtrise de cette assiette doit être ainsi le
support de la maîtrise de l’urbanisation.
En Algérie, le foncier n’a pas été un simple support à l’urbanisation ; il a été le catalyseur
d’un processus urbanistique effréné devenant, au fil du temps, un but et non un moyen et donnant
naissance à des comportements peu consciencieux concernant des risques potentiels.
La loi de réserve foncière communale de 1974, qui établissait une sorte de municipalisation
des sols était destinée à éviter la spéculation foncière, ainsi les communes consommèrent de vastes
superficies, ce qui entraîna un étalement de la ville en tous sens.
Les nouvelles réformes des années 1990, correspondant à la promulgation de la nouvelle
législation foncière, ainsi des autres lois d’accompagnement ( loi relative au foncier, au domaine
national et à la restitution des terres nationalisées dans le cadre de la révolution agraire à leurs
propriétaires initiaux ) ont entraîné une facilitation de l’appropriation foncière et l’accessibilité au sol
46
urbain notamment au recul de l’État dans ce domaine, favorisant ainsi la création des cités d’habitat
individuel. Ces derniers se sont généralement regroupés dans les marges des villes et à proximité des
zones industrielles. Donc, la gestion du foncier a induit une «urbanisation sauvage » (M.COTE, 1988)
et a été porteuse de dangers pour les populations et les biens.
Une situation qui nous pousse à nous interroger sur la perception du risque dans la société
algérienne.
3- Évaluation d’ensemble : une intégration insuffisante du risque dans les plans d’aménagement et
d’urbanismes
L’existence d’un arsenal juridique suffisamment étoffé, ainsi qu’il a été exposé ci-dessus, et
en dépit de compétences humaines avérées, la récurrence des impacts d’aléas d’origine diverse au
cours de plus de trois décennies d’urbanisation, soulèvent bien des interrogations.
Comment ne pas s’interroger en effet sur la qualité et la pertinence de l’instrumentation
juridique, sur la question du risque et sur l’existence de faiseurs de procédures agissant dans un cadre
illégal et en toute impunité ?
C’est à travers cette grille qu’une autre lecture du processus d’urbanisation s’impose, pour
tenter d’évaluer si le risque est réellement pris en charge.
Les instruments législatifs et réglementaires, mis au point pour une gestion de l’aménagement
du territoire et de l’urbanisme, qui se voulait initialement rationnelle et cohérente, ont véhiculé une
série de lacunes et n’ont pu empêcher institutions, organismes et particuliers d’être à l’origine de
situations porteuses de graves dangers. Le législateur a tenté chaque fois d’adapter le support
juridique aux réalités nouvelles pour mettre un terme aux dysfonctionnements constatés et
sanctionner les transgressions enregistrées.
Mais le constat est là : les fréquents changements ou amendements apportés à la législation ont révélé
le caractère éphémère de certaines dispositions, notamment dans le domaine de l’habitat et du foncier.
47
3-1 La période socialiste
C’est entre 1974 et 1990 que se sont effectués les trois quarts de l’urbanisation post
indépendance et que pratiquement l’ensemble du tissu industriel s’est développé. Par contre, en
matière d’aménagement du territoire, les outils mis en place n’ont, à aucun moment, eu de portée
significative.
En vérité, le SNAT et les SRAT n’ont jamais été officiellement approuvés et de ce fait, n’ont
pu devenir des outils opposables à l’administration ou aux tiers, de même qu’ils n’ont pu constituer
des outils légaux d’appui à la décision. Ils sont demeurés limités à de simples instruments de
référence pour quelques initiés.
L’absence de référence à des outils d’aménagement du territoire soulève une autre lacune
lourde de conséquences liées au manque d’ancrage des instruments d’urbanisme. C’est à ce niveau
qu’il faut situer une des raisons fondamentales de la sur-occupation et de la sur-urbanisation du Nord
du pays, fortement concerné par les effets de l’industrialisation.
En matière d’instrumentation d’urbanisme, un certain nombre d’observations peuvent être dégagées :
- L’instrumentation PUD-PUP n’est pas codifiée. En effet, de 1974 jusqu’à 1990, l’urbanisation
s’est effectuée en s’appuyant sur une instrumentation non opposable à l’administration et aux
tiers, du fait qu’elle n’était validée que par circulaire sectorielle.
- Le PUP n’est pas à proprement parler une étude d’urbanisme effectuée par un bureau d’études
spécialisé. Il a été établi, dans la plupart des cas, par une commission technique locale qui
définit sur plan, par trait rouge, le périmètre d’urbanisation d’une agglomération, sur la base des
normes de superficie par habitant, et trace les zones industrielles, sans prendre en compte une
étude spécialisée qui définit les risques majeurs (l’étude de danger).
Cette période, postérieure à 1990, est caractérisée par l’avènement dans l’économie nationale
de principes de libéralisme destinés à mettre fin à une gestion fortement administrée. Ce passage à
une nouvelle forme d’organisation et de fonctionnement du pays, s’est effectué sans changement
notable dans les comportements et les mentalités, et retentit encore de façon préjudiciable sur
l’environnement urbanistique.
Le contexte institutionnel et le problème de sécurité particulier qui a caractérisé les premières
années de la décennie 1990 n’ont pas favorisé une concertation à même d’appréhender les aspects
fondamentaux liés au processus d’urbanisation.
Dès lors, les instruments élaborés, loin de constituer des outils de référence, ne furent pas
respectés, notamment à travers une consommation trop rapide du foncier urbain. Cette situation peut
trouver son explication, soit dans l’absence d’autorité de certains responsables locaux, soit dans
l’impossibilité de mettre en œuvre l’éventail du dispositif de sanctions ou encore dans les lacunes du
dispositif réglementaire.
En tout état de cause, si certaines actions ont pu se développer dans le temps sans suivi ni
contrôle, c’est que l’appareil d’Etat n’a pas joué pleinement son rôle. Ce recul de l’Etat ne pouvait
que favoriser une urbanisation irrationnelle, émanant de citoyens peu soucieux du respect de la
49
légalité, partisans du fait accompli et créant ainsi un environnement où la transgression de la loi par
le plus grand nombre devient la norme référentielle.
Ainsi donc se trouve posé le triple problème d’un processus inachevé de la réglementation, de la
coordination intersectorielle, et des moyens de mise en œuvre humains et financiers.
Concernant les moyens humains et financiers, les prescriptions édictées pèchent souvent par
l’absence de procédures de mise en œuvre.
Dans cette optique, le PAPC est investi par le code communal en matière d’urbanisation et
d’habitat d’un grand nombre de prérogatives. Or, une constatation devenue récurrente souligne que
la majorité des APC ne disposent pas de moyens humains, administratifs et techniques aptes à faire
face à ces diverses missions.
Après avoir pu donner une idée sur la façon de gérer l’espace urbain et de déterminer le rôle
de l’Etat, il est intéressant de présenter les lois qui gèrent les installations classées et de définir les
institutions de protection de l’environnement en Algérie.
50
CHAPITRE III
LE CADRE JURIDIQUE ET INSTITUTIONNEL QUI GERE LES RISQUES INDUSTRIELS
ET LA PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT EN ALGÉRIE
D’après le rapport sur l’état de l’environnement de 1997, on compte environ 300 textes
juridiques relatifs à l’environnement. La loi n° 83-03 du 05 février 1983, relative à la protection de
l’environnement, représente la loi générale couvrant les principaux aspects de la protection de
l’environnement. Ayant pour objectif principal de guider les actions de l’Etat dans le domaine de la
prévention de la pollution et de la protection de l’environnement, cette loi fait obligation :
• De protéger la nature, préserver les espèces animales et végétales ainsi que les milieux récepteurs :
Atmosphère, eaux continentales et marines, sol.
• De prévenir et lutter contre toutes les formes de pollutions et nuisances générées par les installations
classées et les substances chimiques (articles de 74 à 88, voir l’annexe).
• De rendre obligatoire l’évaluation des incidences des projets sur les différents équilibres
écologiques par le biais d’études d’impact sur l’environnement.
Le cadre légal s'appuie également sur la loi N°03-10, promulguée le 19 juillet 2003 (loi relative à la
protection de l'environnement dans le cadre du développement durable.
Cette loi est renforcée par la loi N° 04-20 promulguée le 25 décembre 2004 (loi relative à la
prévention des risques majeurs et à la gestion des catastrophes dans le cadre du développement
durable). C'est le Ministère de l'Aménagement du Territoire et de l'Environnement (MATE) qui est
responsable de cette loi.
Le cadre législative et réglementaire est renforcé par d’autres lois et décrets, relatif à la protection de
l’environnement et la gestion des installations classées, concernant l’aménagement du territoire et le
développement durable.
51
2-Accord international
L'Algérie est état membre depuis le 12 février 1991 de l'accord intergouvernemental EURO-OPA
Risque majeurs. Cet accord est une plate-forme de coopération dans le domaine des risques majeurs
entre les pays d'Europe Centrale et Orientale, les pays du Sud de la Méditerranée et les autres pays
d'Europe de l'Ouest. Son domaine de compétence es lié aux catastrophes naturelles et technologiques
majeurs- la connaissance, la prévention, la gestion des crises, l'analyse post-crise et la réhabilitation.
Pour compléter et adapter le cadre juridique à de meilleures pratiques, une actualisation et une
mise à jour sont adoptées pour être au diapason des nouvelles mutations et des exigences du secteur à
l’échelle nationale et internationale. Le cadre juridique est enrichi en matière de gestion des risques
industriels par l’instruction ministérielle « R1 » du 22 Septembre 2003 relative à la maîtrise et la
gestion des risques industriels impliquant des substances dangereuses (voir l’annexe). Cette
instruction est restée lettre morte, jusqu’à la catastrophe de Skikda en janvier 2004, où on note le
dépôt d’un projet de loi N° 04-20 relatif à la prévention des risques majeurs et à la gestion des
catastrophes et qui est promulguée le 25 décembre 2004 (voir annexe journal EL Watan, 2004).
52
En matière de réglementation qui gère les installations classées, un certain nombre
d’observations peuvent être dégagées :
- L’arrivée de la loi 83-03 et son décret exécutif sur les installations classées, au moment où le
grand nombre des zones industrielles sont effectuées et le tiers de l’urbanisation a été réalisé,
ont été jugés tardifs pour la réglementation des installations.
- Les autorisations d’exploitation sont délivrées sur la base de l’intérêt économique du projet,
sans la prise en compte de leur degré de dangerosité ; on compte 370 installations classées
dans le territoire algérien (voire tableau N° 06 des installations classées en Algérie, annexe).
- Les périmètres d’affichage de l’installation dans le plan de situation ne sont pas des zones de
sécurités, mais des zones destinées à la localisation des installations.
- Dans la pratique, le degré d’effectivité du décret reste faible, notamment du fait du déploiement
insuffisant des institutions d’environnements et des moyens dérisoires qui lui sont attribués.
- Peu d’études d’impacts sont faites, et l’autorité centrale en matière d’environnement n’a pas
l’occasion d’examiner les résultats des évaluations ni le pouvoir d’intervenir aux niveaux de la
planification et de la réalisation des installations dangereuses.
- Toutefois, en ce qui concerne les risques technologiques majeurs, des ambiguïtés sont à
signaler particulièrement au niveau des lois et des décrets qui définissent le risque industriel
et précisent les responsabilités.
- L'inexistence d'une base de données statistiques d'information de type géologique d'une
localité, hydrogéologique et d'une cartographie récente bien qu’elles soient nécessaires et
exigées par les lois et les décrets pour la réalisation d'une étude au sujet de l'impact et des
dangers encourus par une entreprise
Le décret 85-231 du 25 août 1985 susvisé a été effectivement mis en œuvre à plusieurs reprises
et a souvent joué un rôle déterminant dans la réduction des dégâts : Vies humaines sauvées,
infrastructures préservées, patrimoines sauvegardés. Dans ce cadre, les services de la Protection
Civile sollicités même pour des actions ne relevant pas de leurs compétences, ont toujours accompli
consciencieusement leurs missions dans des conditions parfois difficiles. Toutefois ce plan, en raison
des transformations économiques et structurelles du pays, est devenu caduc et nécessite d’importants
aménagements.
En effet, il s’appuyait sur la mobilisation des moyens des différents acteurs, collectivités
locales, industries.
Il est à signaler qu’une redéfinition de l’organisation des secours est engagée et intègre les
nouvelles données du paysage institutionnel et économique du pays.
L’organisation des secours se trouve, par ailleurs, contrariée par d’autres contraintes, notamment :
54
- Le non disponibilité de documents techniques de base tels que le plan des villes et des
quartiers qui sont à proximité des zones à risques majeurs, avec toponymie précise : nom de la
rue, numérotation, plans de construction des bâtiments,
- Les difficultés d’accès pour les véhicules de secours, dues principalement à des constructions
anarchiques qui font obstacle aux voies publiques.
55
5 - Le cadre institutionnel :
Les opérateurs institutionnels impliqués actuellement dans le système algérien sont essentiellement :
5-1- Le Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement (MATE)
MATE a été créé en août 2000, suite à plusieurs restructurations et changements opérés au
niveau de certains départements chargés de la gestion et de la protection de l’environnement. Du
point de vue préventif, ce ministère a pour missions :
• D’apprécier les études d’impact réalisées par d’autres opérateurs et de procéder, le cas échéant, à la
réalisation d’études d’impact liées aux incidences directes et indirectes sur l’homme et
l’environnement.
• De définir les règles visant à préserver les milieux récepteurs des pollutions et nuisances de toute
nature et de suivre la mise en œuvre et le contrôle technique des installations classées ;
• D’établir et de tenir à jour, les nomenclatures relatives aux installations classées et aux substances
dangereuses pour l’homme et son environnement ;
A été créée par le décret 96-60 du 27 janvier et elle représente l’organe principal de l’État en
matière de contrôle de l’application des lois et règlements relatifs à la protection de l’environnement
et la gestion du risque.
L’IAW est chargée de concevoir et de mettre en œuvre, en liaison avec les autres organes de l’État,
de la Wilaya et de la commune, un programme de protection de l’environnement, et de définir les
risques potentiels sur l’ensemble du territoire de la Wilaya,
Il s’agit d’une nouvelle réorganisation qui répondrait aux nouvelles exigences et marquerait
une redynamisation du secteur de l’environnement qui a souffert durant de longues années d’une
instabilité institutionnelle chronique due aux différents changements de tutelles pendant les dernières
années. Cette situation difficile n’était pas de nature à favoriser la consolidation de l’assise
environnementale, ni la mise en place de tous les instruments de base nécessaires à une gestion des
risques technologiques majeurs.
56
ÉTAT DES HYPOTHÉSES
Parler du risque c’est inévitablement mettre en avant la situation sécuritaire des citoyens qu’ils
soient travailleurs ou habitants à proximité de la zone du danger.
Les différents acteurs (collectivité locale, Industriels et le Citoyen) ne perçoivent pas le risque
de la même manière, ne font pas référence aux mêmes objectifs et leurs implantations spatiales
changent selon leurs préoccupations respectives. L’absence de contact et d’information entre ces
acteurs est à l’origine de l’insuffisance du développement d’une culture du risque dans la société
algérienne. Une société, où des problèmes sont liés au travail et au logement favorisent la réalisation
de tas de projets au sceau de l’urgence (75 zones industrielles réalisées sans aucune étude valorisant
le danger).
Ainsi, l’incohérence entre l’ensemble des acteurs relève de la question de la perte de
confiance qui est traduite par certains comportements individuels peu consciencieux. Des
comportements dus essentiellement à une perception très minime du risque de la part de la
population, dans la mesure où ces implantations sont pratiquement à proximité des zones de danger,
cela consiste un moyen pour les citoyens de sensibiliser les acteurs des collectivités locales vis-à-vis
de leurs problèmes de logement.
Qu’elles sont donc les effets de l’industrialisation sur les comportements de la société algérienne ?
Quelles sont les conséquences de ces pratiques sociales dans un milieu à risque ?
En tout état de cause, si certaines actions ont pu se développer dans le temps sans suivi ni contrôle,
cela est dû à l’appareil d’Etat qui ne joue pas pleinement son rôle.
Le recul de l’Etat ne pouvait que favoriser l’urbanisation irrationnelle. Celle-ci résulte d’un
citoyen peu soucieux du respect de la légalité, créant ainsi un environnement où la transgression de la
loi par le plus grand nombre va devenir la norme référentielle.
On s’interroge dans ce cas sur la qualité et la pertinence des collectivités locales et industrielles, sur
la question du risque et sur l’existence de faiseurs de procédures qui agissent dans un cadre illégal
en toute impunité ?
La deuxième hypothèse pose par conséquent la question de la culture de prévention ou la
culture de sécurité dans la société algérienne, qui implique une grande réflexion sur la responsabilité
individuelle pour limiter les catastrophes industrielles.
58
LA QUESTION DE LA PROXIMITE
HABITAT / INDUSTRIE
CAS DE LA WILAYA DE SKIKDA
TROISIÈME CHAPITRE
59
LE CAS DE LA VILLE DE SKIKDA ET
SA ZONE PÉTROCHIMIQUE
PREMIERE PARTIE
60
PRÉSENTATION DE LA ZONE D’ÉTUDE
Le lundi 19 janvier 2004 à 18h40, une très forte déflagration s’est produite au niveau de la
chaudière de l’unité 40 du complexe de la liquéfaction du gaz naturel (GNLKI). Les services
hospitaliers ont enregistré 27 morts, et 74 blessés parmi les travailleurs. L’ampleur de la déflagration
et le souffle provoqué par celle-ci a été ressentie à plus de 4 km du complexe, endommageant la ville
même où les vitres de plusieurs appartements ont volé en éclats.
Le complexe GNLK1, l’un des 4 unités de la plate forme pétrochimique de Skikda, était pourtant une
installation soumise à une autorisation ministérielle (installation classée).
Analyser la catastrophe, cela veut dire se pencher sur 32 ans d’histoire de la ville de Skikda, où le
pôle pétrochimique s’est développé en même temps que la ville. C’est la question générale des
rapports entre l’industrie et la ville qui est crûment posée, celle aussi de la régulation bancale des
processus d’urbanisation dans les zones à risque. Par ailleurs, la catastrophe de Skikda est une leçon
de géographie sociale, une illustration de la cohabitation entre industrie pétrochimique et une partie
de la ville (habitat spontané).
61
62
Le problème urbain de la ville de Skikda vient de la topographie difficile de son site, elle est
construite entre deux collines dont l’altitude est d’environ 160 mètres : le Béni- melek à l’Ouest et
Bou-Abbâz à l’Est, séparés par un ravin qu’occupait une rivière (Carte N° 05). Le réseau
hydrographique du site est caractérisé par deux rivières, Oued Safsaf, et Oued Zeramna qui coupe la
ville coloniale et les nouvelles constructions au Sud. Les deux rivières se regroupent à côté de la zone
industrielle à l’Est de la ville.
63
64
Climatologie
Le climat de la ville elle nous permis de comprendre la direction des gazes dégager par les différents
complexe de la zone pétrochimique, ainsi elle nous permis d'identifier les différents zones urbaine
qui peuvent toucher par l'aide du vend et la température.
La ville, de par sa position géographique, bénéficie d’un climat méditerranéen très favorable
caractérisé par un hiver doux et humide et un été chaud et sec.
En marque une température moyenne minimale de 11° au mois de janvier et une température
moyenne maximale de 24.05° au mois d'Août. (Figure N°02)
Tableau N° 06 : Moyenne de Température
Mois S O N D J F M A M J J A
T° minimale 18.1 15 14 9 7.9 8 8.7 10.4 13.2 16.7 19.3 19.8
T° maximale 27 24 19.6 17.4 16 16.4 17.6 19.1 21.3 25.2 28.3 28.3
T° moyenne 22.5 19.5 16.8 13.2 11.9 12.2 13.1 14.7 17.2 20.9 24.05 24.05
Source: PDAU Skikda 2006
Figure N°02
Moyenne de Température
30
25
20 T° minimale
T°
15 T° maximale
10 T° moyenne
0
S O N D J F M A M J J A
Mois
Les précipitations moyennes enregistrées annuellement varient entre 800 et 1200 mm de pluies.
65
Le mois de Décembre est le plus arrosé avec 112.4 mm alors que le mois de Juillet reçoit la plus
petite quantité de pluies avec 3 mm (Figure N°03)
Tableau N°07 : Moyenne de Précipitation
Mois S O N D J F M A M J J A
Précipitation 37.0 90.2 95.8 112.4 100.6 103.4 103.4 78 48.5 16.1 3.0 4.3
(mm)
Source: PDAU Skikda 2006
Figure N°03
Moyenne de Précipitation
120
100
Précipitation (mm)
80
60 Précipitation (mm)
40
20
0
S O N D J F M A M J J A
Mois
Tableau N° 08 : l'intensité et la vitesse des vents (observation faite sur la période 1995-2005)
Direction des Classe de vitesse du vent (m/s) % par
vents 1-5 6-10 11-15 + 16 direction
Nord 14.5 4.8 0.3 0 19.6
Nord-Est 3.5 0.5 0 0 4.0
Est 0.8 0.2 0 0 1
Sud-Est 1.2 0.1 0 0 1.3
Sud 27.1 4.7 0 0 31.8
Sud-Ouest 5.2 1 0 0 6.2
Ouest 3.1 0.8 0 0 3.9
Nord-Ouest 4.3 1.7 0.2 0 6.3
Vent calme - - - - 26
66
Variable - - - - 0
Totale 59.8 % 13.7 % 0.6 % 0 100 %
Source: Etude de danger (projet de Topping Condensat dans la zone industrielle de Skikda décembre 2006)
Figure N° 04 : la rose des vents de la ville de Skikda
La région de Skikda est caractérisée par deux types de vents, des vents frais relativement forts des
secteurs Nord et Nord- Ouest qui sont souvent à l’origine des perturbations importantes. Des vents
dominants de direction Sud avec une intensité relativement faible (Figure N°04)
L’humidité de la région est très élevée. Elle atteint une moyenne de 72%.
2- Paramètre géologiques
Du point vu géologique, la région fait partie de la vallée du Saf Saf où, on distingue des
terriens sédimentaires et métamorphiques. Elle fait partie de l’étage bioclimatique subhumide.
Caractérisée par la dominance de schistes, micaschistes et conglomérâtes d'une couche d'altération
superficielle argileuse en particulier au sud dans les vallées de Zeramna et Saf Saf .
Cette ville ancienne et de création romaine - sous le nom de Rusicade - peut être considérée comme
une véritable création coloniale.
En 1968, elle est choisie pour accueillir la deuxième zone pétrochimique en Algérie (après Arzew).
Le modèle économique de l’Algérie correspond très logiquement aux modèles spatiaux des
pôles de croissance.
Il a pour but :
67
- De faire l’équilibre régional (Arzew et Mostaganem en Ouest, Alger et Bejaia au centre,
Skikda et Annaba à l’Est) voire carte N° 02.
- D’être une façade maritime facilitant l’exportation
- De résoudre le problème de l’emploi (préoccupations sociales)
- De renforcer des villes moyennes comme Skikda, et minimiser l’attraction des grandes villes
(Constantine, Annaba).
Le choix de Skikda pour accueillir la zone industrielle de l’Est Algérien a été concrétisé par
l’ordonnance n° 70-13 du 22 janvier 1970. Depuis, la zone industrielle, d’une superficie de 1200
hectares, a connu un essor important par l’implantation d’un pôle hydrocarbures intégré.
Ce pôle couvre un large champ d’activités touchant au :
- Transport des hydrocarbures liquides et gazeux.
- Liquéfaction et traitement des gaz.
- Transformation des hydrocarbures.
- Raffinage du pétrole brut.
- Distribution du produit pétrolier.
- Exportation des hydrocarbures.
- Maintenance industrielle : formation et perfectionnement des ressources humaines.
La zone est située de 2,5 Km à l’Est du chef lieu de wilaya de Skikda, sur le territoire de la
commune de Flifla et une partie de Hamadi Krouma. Elle est présentée comme étant un des plus
grands centres mondiaux de gaz naturel et de pétrole, elle présente deux caractéristiques majeures,
c’est un instrument de valorisation des ressources non renouvelables, et une importante ressource de
devises pour le pays. C’est un véritable champ d’hydrocarbures et de technologies d’avant garde dans
le domaine de traitements des hydrocarbures (Carte N° 06).
Actuellement on peut estimer que la zone a été réalisée à 50%, le pôle actuellement regroupe
les unités et complexes ci-après :
- Le complexe de liquéfaction du gaz naturel GNL1K,
- L’unité de transformation des hydrocarbures (CP1K, et PEHD)
- Le complexe de raffinerie RA1K,
68
- Région transport Est RTE,
- Les deux ports pétroliers,
- La centrale thermique CTE,
- Unité de production de gaz industrielle ENGI.
- Unité d’hélium
Le pôle est prêt pour accueillir :
- un programme industriel visant la valorisation des produits hydrocarbures,
- les développements et extensions
Projets ayant ont été lancés :
- centrale thermique électrique (600MW), la première ligne elle a démarré fin 2005.
- Raffinerie de condensat
- Extension de la raffinerie
- Oléifines
- Aromatiques
- Chargement en mer (brut et condensât)
- Lignes de transport GPL Skikida- Elkhroub
- Unité de dessalement d’eau de mer
- Unité hydrogène et récupération CO2 (ENGI)
(Voir une fiche technique détailler pour touts les complexes dans l'annexe)
Nous ne disposons d’aucune information sur les projets d’extension de la raffinerie de pétrole et
qui n’ont pas été soumis à la réglementation en vigueur.
La zone est alimentée par deux gazoducs (ligne d’alimentation du gaz) GK1et GK2, et un oléoduc
(ligne d’alimentation de pétrole), carte N° 02.
Au plans réglementaire et selon le décret exécutif 06-161 du 17 mai 2006, déclarant la zone
industrielle de Skikda zone à risque majeurs, la zone industrielle de Skikda, y compris le domaine
portuaire des hydrocarbures y attenant, est déclarant zone à risque majeurs. Ce décret stipule, entre
autres, qu'un plan interne d'intervention dans la zone industrielle de Skikda est élaboré par l'entreprise
de la gestion de la zone industrielle de Skikda EGZIK et approuvé par les autorités compétentes (voir
le décret annexe …).
En effet, avant la promulgation de la première loi relative à la protection de l’environnement (1983),
les projets industriels étaient réalisés sans études d’impacte sur l’environnement, les opérateurs
69
économiques privilégiaient les sites faciles à aménager, proches de réservoirs de main d’œuvre, à
proximité des voies de communication et disposant de toutes les commodités.
Dans le choix des procédés de fabrication, les critères de protection de l’environnement n’étaient pas
essentiels à cet effet, des unités polluantes n’ont pas été dotées de systèmes antipollution et pour
celles qui l’ont été leurs équipements de traitement ne fonctionnent pas selon les normes actuelles,
donc, leur rendement épuratoire est toujours en deçà des normes de protection de l’environnement.
Les effluents liquides chargés le plus souvent en polluants chimiques très dangereux (hydrocarbures
et métaux lourds toxiques) constituent un facteur important de pollution pour les milieux naturels et
sont responsables de graves pollutions des eaux superficielles (eaux de baignade, cours d’eau) et
souterraines (nappe de Saf Saf).
Par ailleurs, les grandes quantités de déchets toxiques stockés à l’air libre au niveau des unités
industrielles (boues de mercure, boues de pétrole..) exposent la nappe phréatique de Saf Saf à une
pollution permanente.
Ces unités de production posent également le problème de la pollution atmosphérique, c’est ainsi que
les agglomérations de Skikda, Ben Mhidi et Hamadi Krouma sont les plus exposées aux différents
rejets non permanents.
70
71
4- les aspects de sécurité et de sûreté dans les complexes
a- la sécurité
Nous évoquons ici la gestion de sécurité dans la zone d’étude en notant que, d’après la visite
que j’ai effectuée auprès des services concernés, ainsi que les multiples discussions avec les
responsables de tous les complexes, j’ai remarqué que chaque unité avait un service spécial de
sécurité avec des moyens très limités, par rapport au danger auquel ils s ‘exposent. J’ai constaté aussi
la vulnérabilité des installations et leur vieillissement, ce qui à pour conséquence des fuites dans les
bacs de stockage.
L’EGZIK a mis en œuvre une politique de sécurité pour faire face aux grands risques
industriels et naturels. Il a créé une unité responsable de sécurité, la U/PST : Unité, Protection et
Sécurité Industrielle, qui a pour mission :
- Assistance aux unités en cas de risques majeurs,
- Gestion des interventions,
- Gestion de PAM (Plan d’Assistance Mutuelle),
- Gestion des infrastructures et sécurité commune,
- Prévention et protection de l’environnement,
- Formation de sécurité.
L’unité emploie 120 personnes, et dispose de moyens de secours et de soutien, en plus d’une
infrastructure adaptée de formation (écoles et centres de formation).
Elle dispose aussi d’un système de communication pour une meilleure gestion de la sécurité,
tel radio (fixe, mobile et portable) et un réseau télécom interne
Annuellement l’unité de sécurité réalise en collaboration avec les unités de la plate forme et de la
protection civile environ :
- 40 exercices de simulation sur les unités de production.
72
- 120 exercices au niveau de l’école de feu. Toutefois la véritable force de l’unité, réside
dans ses hommes, qui ont capitalisé une riche expérience acquise sur le terrain lors de ses
multiples interventions, on peut citer ici :
«
- l’opération sauvetage de marins d’un bateau étranger échoué sur le port pétrolier en
1988.
- Éclatement du gazoduc Skikda au PK 552 (RTE),
- Intervention sur conteneur de peroxyde CP1K,
- Intervention sur feu d’hydrogène RA1K,
- Intervention sur turbo compresseur CTE,
- Éclatement bac RA1K,
- Fuite de brute pipe RTE,
- Participation aux plans ORSEC de la wilaya. » (EGZIK, 1998, p12)
b- la sûreté
La zone industrielle de Skikda s’étend sur 1200 hectares et est délimitée par une clôture d’un
périmètre de 16 km avec un mouvement de plus de 10 000 personnes et plus de 500 véhicules par
jour. C’est dans cette perspective que l’entreprise à développé une politique de surveillance et un
règlement d’identification d’accès et de circulation qui répond aux exigences sécuritaires de l’heure.
Pour maîtriser les risques d’incidents ou d’accidents pouvant perturber l’ordre et la quiétude
des opérateurs, les services de sûreté et protection dont les effectifs dépassent 200 personnes sont
dotés de moyens matériels techniques et de base en adéquation avec leur mission de protection et de
surveillance.
74
Figure N° 05 : croissance démographique de la ville de Skikda
Dans le recensement de 1977, les migrants constituent 39% de la population de la ville (tableau N°
10), c’est la conséquence de l’installation industrielle dans cette période.
Tableau N° 10: La période d’installation des migrants dans la commune de Skikda
Période Total %
1977-68 12809 35,9
1968-66 8971 24,9
Avant 1962 12576 34,9
Non déterminé 1637 4,3
Total 35993 100
Source: H.BOUKERZAZA, 1991.
Les mutations socio-économiques et spatiales de l’implantation de la zone industrielle sur la ville
sont très marquées :
- Dans la période coloniale, Skikda était une région touristique et agricole, mais actuellement,
c’est un pôle industriel. Le tableau N° 18 montre le développement de la structure de l’emploi
dans l’industrie et le tertiaire par rapport à l’emploi agricole qui a connu une régression à
partir de 1970, ce qui donne une image claire des changements profonds dans la société de la
ville après l’implantation d’un pôle pétrochimique.
75
- En 1966, elle était une ville moyenne, en 2008 elle devient une grande ville par sa population
qui dépasse 180 000 habitants et sa superficie.
Figure N° 06
Agriculture Agriculture
Indu strie Industrie
Tertiaire Tertiaire
La ville romaine Rusicade était bâtie sur les deux versants du Béni-Melek et une voie la reliait
à l’Ouest, au port de Stora. A leur arrivée, les Français décident de construire la ville sur les versants
qui se font face de Béni-Melek et de Bou-Abbaz. Cette décision comporte à l’origine un impératif de
défense bien qu’une autorité militaire avait déjà prévu dans les années 1840 l’extension inévitable
vers la plaine. La ville se développe dans un premier temps sur les hauteurs mais à cause de l’obstacle
représenté par les terrains en pente, les deux collines se révèlent inadaptées à la croissance urbaine.
76
Celle–ci se déverse alors dans la plaine, en direction de vallée de l’Oued Zeramna au sud de la ville
où les vergers cèdent le pas aux premières constructions (dans les années 1950), voir carte N° 07.
Avec le développement industriel, le phénomène du rapprochement de l’habitat vers la zone
industrielle à commencé, la consommation des terres agricoles s’amplifie.
L’extension de la ville de Skikda dans une première partie, s’est effectuée sur les terrains
accidentés qui entourent le Béni-Melek et Bou-Abbaz. Il est à noter que la réalisation de la nouvelle
ville (à l’Est de la zone industrielle et loin de Skikda de 20km) est de nature à limiter la
consommation de l’assiette foncière, mais la crise urbaine et le déficit en logement (un déficit qui a
augmenté très rapidement : 3000 logements en 1970, 10 000 en 1978, 15 000 en 1982)14, sont à
l’origine de la progression anarchique de la ville par la prolifération des quartiers qui affectent les
terrains plats situés à proximité de la zone industrielle. (cf. infra le tableau N° 12 qui montre le
développement de l’habitation par rapport au nombre d’habitants).
14
Mémoire fin d'étude : Décentralisation et aménagement du territoire en Algérie (la wilaya de Skikda),
H.BOUKERZAZA, 1991
77
78
De plus, la route qui lie Constantine et Annaba (un héritage colonial) et qui passe tout au long du
pôle, a permis la naissance des agglomérations urbaines (la commune de Hamadi-Krouma, en 1975)
qui sont situées juste à côté du siège de la zone dont le nombre d’habitants, selon les estimations de
1990, est environ de 800015.
Tableau N° 12: Le développement de l’habitation à Skikda
Années Nombre d’habitants Nombre d’habitation
1977 91395 13814
1987 121495 19108
1995 141761 22831
1998 144208 25679
1999 146749 26413
Source : URBAN (centre de recherche et de construction urbanistique), 2001
Le tableau N° 13 montre la consommation du foncier urbain. Dans une période de vingt ans (1975-
1997) l’espace urbain s’est étalé sur plusieurs hectares. En 1962 la superficie de la ville était 162,3 h,
elle a atteint 1697,8 hectares en 1998, avec une densité de 84,9 habitants/hectare (cette densité change
d’une cité à une autre) carte N° 08.
Tableau N° 13: La consommation du foncier urbain de la ville de Skikda
années Superficie / h Nombre d’habitants
1962 162,30 55727
62-75 230,00 84543
75-85 687,596 112860
85-92 1085,52 135633
92-98 1697,80 144208
Source : HASSINI.N., BRAGUDI.S, 2001.
D’après le contact déjà fait avec le service technique de la ville de Skikda, l’absence d’une
planification de l’urbanisation autour de la zone est confirmée. L’histoire de la crise de logement
constitue un prétexte sous lequel le préfet a attribué des permis de construction de type habitat
individuel16 dont la majorité est situés à côté de la zone industrielle (le versant Est de Bou Abbâse, la
majorité du centre d’agglomération de H.Krouma, et la partie Est de la zone). La distance entre les
complexes et les l’habitation les plus proches est estimée de 383m.
15
Selon le PDAU de Skikda, 1991
16
Habitat individuel : habitat régulier, des villas
79
80
Le type d’habitat spontané17 (bidonvilles) a commencé dès le début de l’implantation industrielle
(tableau N° 14) avec l’arrivée massive des immigrants qui cherchent du travail. Et le tableau N° 15
présente la prolifération et l’envahissement de ce type d’habitat (les versants de Bou Abbâse et le Sud
de la ville).
L’absence d’une politique de gestion de l’espace, de la part des collectivités locales, est
constatée par la favorisation de la construction de l’habitat individuel. En effet, le tableau N° 17
présente la superficie consommée selon chaque type d’habitat.
17
Habitat spontané : habitat irrégulier, sans autorisation de construction (bidonville)
81
Figure N°07
Habitation
individuelle
Habitation spontané
L’implantation du pôle pétrochimique s’est fait à côté de la ville, à une époque où la notion du
risque industriel n’existe pas et la coexistence des lotissements et des cités à proximité de la zone sont
considérées comme positive. D’après l’analyse de l’évolution de la ville, on constate que la partie sud
de la ville, et toute l’agglomération du Hamadi-Krouma et Hamadi-Hamrouche avec les poches
urbaines de la commune de Flifla et l'Arbi Ben Mhedi sont exposées à un grand risque (carte N° 09).
Les estimations qui sont faites par les spécialistes de l’environnement prévoient la destruction
de l’environnement sur un rayon de plusieurs km, en cas de l’explosion des bacs de GNLK1. En
effet, d’après les témoignages sur l’explosion de la chaudière de GNL, les dégâts étaient signalés sur
un rayon de 4 Km.
Quel sera l’effet de l’explosion d’un bac de stockage par exemple ?
Cette étude n'a pas pour but d’établir une étude de dangers de chacune des unités respectives, mais
d’identifier l’événement majeur pouvant survenir dans le pôle. La finalité de ce travail est de fournir
un guide d’évaluation du risque sur la zone industrielle, afin de gérer l’impact d’un événement majeur
sur la population voisine.
La présente étude n'est donc pas une étude de danger, mais une identification et une
cartographie des risques présents au niveau de la zone industrielle. Les résultats des modélisations
sont calculés en se basant sur une situation maximaliste (les hypothèses prises le sont en considérant
une configuration ayant pour résultat les effets maximaux).
Les évaluations de risques sur la zone industrielle ont mis en avant les risques suivants :
82
Le risque d’incendie
Le risque d’explosion
Le risque d’intoxication
83
6- Résultats de l’investigation
Mon travail s’attache, donc, à comprendre la cohabitation des habitants avec la zone industrielle de
Skikda, ainsi que leur tolérance face aux risques industriels.
En effet, dans la mesure où cette zone n'assure pas vraiment, aujourd’hui, la fonction sociale de la
ville qui lui était auparavant attribué, elle contribue à une certaine dépréciation du territoire ; on est
en droit de se demander comment et pourquoi des individus continuent à y habiter et s'y installent et
qui les autorise à le faire ?
L’enquête, effectué sur terrain, a accentué la notion de “risque” qui était pertinente pour l'analyse,
mais reste délicate à aborder pour les habitants et pour les industriels, voire pour les autorités locales.
Je note que lors de mon enquête, j’ai eu des difficultés avec les responsables de la zone et les
autorités locales concernant les donnes et les statistiques qui sont faites sur la zone industrielle.
J’ai réalisé une investigation en s’approchant de la population avoisinant le pôle pétrochimique (la
ville de Skikda, l’agglomération de Hammâdi krouma et L’aarbi ben Mhedi).
Les questions portaient sur le motif et l’année d’installation à côté de la zone, ainsi que
l’autorisation de construction et les autorités qui en sont responsables, l’information et les
connaissances sur les risques industriels, le signal d’alerte et les consignes en cas d’urgence.
Le résultat de cette investigation a montré que les risques d’accidents industriels est la première
source d’inquiétude des personnes interrogées (après la pollution de l’air).
La morphologie de la ville de Skikda et sa zone pétrochimique ont fait que l’urbanisation s’est
progressivement développé sur les terrains agricoles inexploités ; transformant ainsi le paysage,
développant des réseaux de transports et regroupant sa main d'œuvre en bassin d'emploi.
La zone industrielle est donc impulsée des flux migratoires créant ainsi certains locaux environnant.
Ce mouvement obligea à construire en toute hâte des logements pour favoriser un accueil, pensé alors
comme transitoire.
Les migrants, nombreux et peu qualifiés, ont constitué une large part de la main d'œuvre industrielle.
La métamorphose du bassin industriel (voir les figures N° 08 et 09, 10 de la profession et l’année de
l’installation dans) en un bassin de peuplement et les interventions concernant l'offre de logement
privatif opèrent ainsi comme une sélection des populations.
L'emploi et le prix du foncier sont les principaux facteurs donnés qui expliqueraient l'emménagement;
il s’avère, en effet, que l'installation familiale recouvre souvent plusieurs générations.
Le sentiment du danger et la crainte des accidents au quotidien est fort (52.8 % des personnes
interrogés pense vivre dans une zone a risque, 47.3 % les ignorent, voir la figure N°12).
84
Ce constat nous pousse à tirer un trait sur les déductions suivantes :
Les personnes ne connaissent pas le signal d’alerte et la conduite à tenir, comme «se mettre à l’abri»
Le niveau d’information de la population sur le risque représenté par la zone est faible, les personnes
interrogées ne connaissent pas les organismes qui en sont chargés (voir la figure N°13).
Nombreux sont les gens qui restent attachés au territoire malgré le danger qui les guette, ils ne
veulent pas changer leur lieux de résidence (voir la figure N°15. Voir toute les résultats de
l’investigation concernant la ville de Skikda et Hammâdi Krouma, ainsi que l’Arbi Ben Mhedi a
l’annexe
Les figures qui suivent sont les résultats de mon investigation dans l’agglomération de hammâdi
krouma :
Figure N° 08
Figure N° 09
85
Figure N°10
Figure N° 11
86
Figure N° 12
Figure N°13
87
Figure N° 14
Figure N° 15
88
7- Les scénarios d’accident probables et leur distance d’effets pour chaque unité :
Tableau N° 18: Les configurations accidentelles quantifiées dans l’étude de dangers sont les
suivantes :
89
Ruine d'un réservoir de HCl, nuage toxique Les distances d’effets n’ont pas pu être
quantifiées du fait d’un manque d’information sur
ce stockage
Ruine d’une bouteille d’ammoniac de 9 m3 Les distances d’effets n’ont pas pu être
ENGI quantifiées du fait d’un manque d’information sur
ce stockage
RTE Boil Over d’un réservoir de pétrole brut de D1 Effets létaux = 930 m
51200 m3
D2 Effets irréversibles = 1305 m
Unité CP1K
Les évènements redoutés au sein de l’unité CP1K sont :
- La destruction du réservoir d’éthylène conduirait à l’épandage du contenu dans la cuvette de
rétention puis l’inflammation de l’éthylène dans la cuvette (feu de cuvette) ou bien, en cas
d’évaporation de l’éthylène, l’explosion du nuage. Dans le premier cas, les effets redoutés
sont ceux associés à un incendie, c’est-à-dire la propagation d’un flux thermique et dans le
deuxième cas, aux effets du flux thermique s’ajoutent les effets de l’explosion, c’est-à-dire
90
des effets de surpression. Ce deuxième scénario est le plus pénalisant : il impacterait le
complexe GL1K, entraînant des effets domino car le réservoir de Gaz Naturel Liquéfié serait
touché et l’ensemble du complexe CP1K.
- La rupture du réservoir de VCM conduirait à la création d’une onde de souffle due à
l’expansion du produit, à la projection de missiles (fragments du réservoir de stockage) et à la
formation d’une boule de feu (le VCM est un gaz inflammable). Le flux thermique provoqué
par cette boule de feu conduirait à des brûlures mortelles pour les hommes présents au niveau
du complexe CP1K, du complexe PEHD et en partie pour les hommes du complexe GL1K.
Des effets irréversibles seraient également à redouter dans la zone entre PEHD et la FIR, une
partie des appontements et une zone non identifiée au sud des complexes GL1K, CP1K et
PEHD,
- La rupture d’un réservoir d’Acide Chlorhydrique conduirait à l'épandage instantané du liquide
dans la cuvette de rétention. Il y aurait alors évaporation du liquide et dispersion
atmosphérique du nuage de gaz formé. Or l’acide chlorhydrique gazeux est toxique pour
l’homme. Du fait d’un manque d’information sur le stockage d’acide chlorhydrique, il n’a pas
été possible d’établir les distances d’effets létaux et irréversibles.
Unité GL1K
L’évènement majeur redouté au sein de l’unité GL1K est la destruction du réservoir de gaz naturel
qui conduirait à l’épandage du contenu dans la cuvette de rétention puis l’inflammation du gaz
naturel dans la cuvette (feu de cuvette) ou bien, en cas d’évaporation du gaz naturel, à l’explosion du
nuage. Dans le premier cas, les effets redoutés sont ceux associés à un incendie, c’est-à-dire la
propagation d’un flux thermique et dans le deuxième cas, aux effets du flux thermique s’ajoutent les
effets de l’explosion, c’est-à-dire des effets de surpression. Ce deuxième scénario est le plus
pénalisant et également le plus probable des deux. Les personnes présentes au niveau des complexes
GNL, CP1K, des appontements GNL et des appontements propaniers seraient touchées de manière
mortelle. D’autre part, on peut redouter des effets dominos au niveau de CP1K et au niveau des
éventuels méthaniers et propaniers présents dans le nouveau port. Des effets irréversibles sont
également à redouter pour les personnes présentes au niveau de la SONELGAZ, de la partie, nord de
l’aérodrome, du complexe PEHD, de l’ensemble des appontements, d’une zone à l’ouest, hors zone
industrielle.
91
Unité RA1K
- le débordement d’un réservoir de pétrole brut par mise en ébullition du pétrole : le pétrole
serait alors projeté en grande partie sous forme de gouttelettes qui alimenteraient une boule de
feu. Les effets redoutés sont donc ceux liés au flux thermique déclenché par la boule de feu :
ils seraient mortels pour la majorité de la raffinerie et une partie hors zone industrielle, dont
Mechtet Msouna, Mechtet Oued Mohkene. Les effets irréversibles toucheraient quasiment
toute la raffinerie et une zone de plus d’1 km de large à l’est de la zone industrielle. D’autre
part, des effets dominos sont à craindre au niveau de la raffinerie.
- La rupture du réservoir de butane qui conduirait à la création d’une onde de souffle due à
l’expansion du produit, à la projection de missiles (fragments du réservoir de stockage) et à la
formation d’une boule de feu (le butane est un gaz inflammable). La zone impactée par les
effets de cet accident est incluse dans la zone des effets irréversibles de l’évènement redouté
décrit ci-dessus.
Unité ENGI
Il n’y a pas d’évènement majeur redouté, lié directement au processus de l’unité ENGI car il s’agit de
production de gaz de l’air. Cependant, une étude de dangers détaillée doit être menée car ces produits
présentent des risques importants pour le personnel travaillant dans l’unité. L’étude de dangers devra
analyser les risques d’asphyxie dus au CO2 et à l’azote, les risques d’inflammation due à l’oxygène
en cas de suroxygénation.
Il y aurait cependant un évènement majeur à envisager, lié à la production de froid sur l’unité. En
effet, le groupe froid contient de l’ammoniac qui est un gaz inflammable et toxique. Du fait d’un
manque d’information sur les modalités de stockage de l’ammoniac, il n’a pas été possible d’établir le
scénario accidentel.
Unité PEHD
Du fait de la nature des risques que présente le processus de PEHD, il n’y a pas lieu d’envisager de
scénario d’accident majeur. Cependant, une étude de dangers détaillée doit être menée car des
accidents présentant des risques importants pour le personnel travaillant dans l’unité pourraient
survenir. L’étude de dangers devra notamment analyser les risques d’explosion des silos de poudre.
92
Unité RTE
- le débordement d’un réservoir de pétrole brut par mise en ébullition du pétrole : le pétrole
serait alors projeté en grande partie sous forme de gouttelettes qui alimenteraient une boule de
feu. Les effets redoutés sont donc ceux liés au flux thermique déclenché par la boule de feu :
ils seraient mortels pour l’ensemble de la zone RTE, l’unité ENGI, la partie Est de
l’aérodrome, Hammoudi Hamrouch, une portion de la N44. Des effets irréversibles seraient à
craindre au niveau de la population présente à Sidi El Mokhfi, d’un stade, d’une partie de la
zone dépôt traversée par la D36. D’autre part, des effets dominos sont à craindre au niveau du
complexe RTE.
- la rupture d’une canalisation de gaz produisant un nuage de gaz susceptible d’exploser : les
effets de surpression seraient alors à redouter sur une zone d’un rayon de 210 mètres autour
du point de rupture en ce qui concerne les effets mortels, sur une zone d’un rayon de 390 m
autour du point de rupture en ce qui concerne les effets irréversibles. Il na pas été possible
d’identifier l’ensemble de la zone impactée car cette canalisation de gaz parcourt l’ensemble
de la zone industrielle.
Unité CTE
Du fait de la nature des risques que présente la centrale thermique électrique, il n’y a pas lieu
d’envisager la survenue d’un accident dont les effets sortiraient de l’enceinte de la centrale ;
cependant il est important de mener une étude de dangers détaillée mettant en évidence, notamment,
les causes d’incendie et d’explosion.
6- L’explosion de la chaudière de GNLK1
6-1- L’explosion
93
L’explosion de la chaudière du GNLK1 provoque une onde sonore (bong extrêmement
puissant entendu dans toutes les wilayas limitrophes) et un effet de souffle dévastateur. Trois unités
centrales de ce complexe sur une totalité de six ont été dévastées par le feu. L’explosion a également
ravagé les ateliers de la maintenance, les magasins, le bloc administratif et celui de la sécurité. Elle a
endommagé plus de 200 véhicules se trouvant sur la plate forme.
Par ailleurs, le centrale thermique située à moins de 500m du lieu de l’explosion a subi
beaucoup de dégâts. Plusieurs pipes ont été totalement déracinées, l’entreprise de marbre a été
également touchée ainsi que plusieurs dégâts enregistrés sur les habitations à proximité la zone
industrielle (des dommages enregistrés dans un rayon de 4km).
Les équipes de secours de la zone ont tout de suite isolé les autres installations en coupant le
gaz et en arrêtant la raffinerie de brut, et la centrale électrique, pour éviter une propagation de
l’accident. Les heures qui ont suivi l’explosion ont souligné la fragilité de nos milieux urbains.
Selon des témoignages, les premiers secours sont effectués par les travailleurs du complexe.
Aucune alerte n’a retenti, aucune mesure d’évacuation n’a été effectuée au niveau des secteurs
urbains touchés par la déflagration. Le plan d’assistance mutuelle entre les unités de la plate forme
prévue a montré son insuffisance. Le déclenchement du plan ORSEC a montré son retard de mise en
œuvre (treize wilaya du pays ont tenu à dépêcher plusieurs délégation de secouristes et
d’équipements : 47 ambulances, 37 camions d’étaiement et plus de 590 agents d’intervention).
Les pertes humaines de la déflagration sont de 27 morts et 74 blessées. Les dégâts matériels
sont considérables, d’après les premières estimations, la destruction des trois unités de GNL constitue
une perte de 500 millions de dollars (pour la rénovation), et entre 300-400 million de dollars de
déficits de la recette totale du complexe, ainsi 200 véhicules endommagés. Au niveau de la centrale
thermique des dommages de 40 milliards de centimes (4 millions de dollars), aux niveaux des
dommages sur l’habitation. Il est difficile de faire un bilan, mais d’après des témoignages les dégâts
sont recensés sur un rayon de 4km.
Dans l’immédiat, la priorité des pouvoirs publics est donnée à l’organisation des secours.
Leurs coordinations (pompiers, SAMU, clinique) ont montré des insuffisances au niveau des moyens
matériels (le centre hospitalier de Skikda manque de services spécialisés dans certain cas, comme les
brûlures) ce qui oblige de transférer les blessées à Annaba et Constantine.
94
L’EGZIK a donné l’ordre de stopper toutes les activités dans le pôle, le préfet a déclenché le
plan ORSEC. Alors qu'il y a un sentiment d’abandon totale des collectivités locales de la population
sinistré, aucune opération d’évacuation n’a été enregistrée ; heureusement, l’accident ne s’est pas
propagée aux bacs de GNL, que ce serait – il passer dans ce cas là ?
Les pouvoirs publics entament dans les jours qui suivent un travail de soutien, par la création d’une
cellule de soutien psychologique aux travailleurs du GNL et leurs familles. Cet abandon des
collectivités locales a provoqué un mouvement de colère des habitants qui sont à proximité de la zone
(à cause des dommages sur les maisons) et qui ont organisé une manifestation le 21 janvier 2004.
L’Etat et l’ensemble des acteurs publics ont été stigmatisés par la politique de laisser-faire et
leur impuissance à régler la croissance urbaine dans une zone à risque. La catastrophe a montré
l’incapacité des services de l’Etat à contrôler toute la sécurité des installations classées. Il est à noter
que les services les plus constatés (l’inspection de l’environnement et la protection civile) ont mené
depuis l’explosion une grande compagne de soutien au niveau des établissements scolaires. Un débat
a été organisé à Alger (en mars 2004) sur les risques industriels et sur la politique de prévention. Le
20 janvier 2004, l’assemblée populaire nationale a enregistré le dépôt d’une loi relative à la
prévention des risques majeurs et à la gestion des catastrophes. Des nouvelles mesures sur
l’assurance contre les risques et les désastres entreront en vigueur à partir du mois d’août 2004, pour
développer la culture de sécurité et pour définir la responsabilité de chaque acteur.
La question de l’urbanisation et la présence de l’industrie dans la ville n’ont pas été analysées
en profondeur par les différents acteurs. Les effets de la catastrophe prévisible à moyen terme sur
l’espace urbain sont pour l’instant difficiles à apprécier. Le poids de l’industrie pétrochimique sur
l’économie de la ville est primordial, l’hypothèse plausible d’un changement de site de la plate forme
est impossible. Il reste à faire une étude détaillée d’identification et d’analyse du danger, dans le but
d’évaluer les conséquences d’une catastrophe, notamment au regard des populations riveraines, faire
un zonage des effets des accidents potentiels et une analyse des vulnérabilités de ces zones, pour
cartographier le risque. C’est sur cette base que peut se faire l’intégration du risque dans les plans
d’urbanismes.
95
LES EVENEMENTS MAJEURS REDOUTES ET LEURS DISTANCES D’EFFETS DANS CHAQUE UNITE N
Limite de la zone
96
industriel
0 1 km
96
Conclusion
Il apparaît nécessaire de réaliser une étude de dangers détaillée pour chaque unité car dans notre
étude, seuls les évènements majeurs ont été envisagés et modélisés. D’autres accidents que ceux
quantifiés dans cette étude peuvent donc avoir des effets graves (morts, blessés, pollutions, dégâts
matériels) au sein de chaque unité, et dépassant éventuellement les limites de l’unité.
D’autre part, étant donné que chaque scénario d’accident envisagé a des répercussions sur les unités
voisines (voir les distances d’effets du tableau N° 18), il est indispensable de déterminer les effets
dominos, c’est-à-dire les effets entraînés par l’enchaînement de plusieurs scénarios d’accidents
majeurs.
Les plans d’intervention existants : Plan d’Intervention Interne (PII), Plan d’Assistance Mutuelle
(PAM) doivent être complétés et mis à jour en fonction des scénario d’accident envisagés dans cette
étude et en fonction des études de danger qui seront réalisées au niveau de chaque unité afin d’alerter
et de protéger les populations risquant d’être impactées.
Le tableau N° 18 montre que pour certains scénarios, les populations sont soumises aux effets directs
de ces évènements. Ils peuvent également être soumis aux effets indirects de ces évènements comme
dans le cas d’un souffle émis par une explosion qui provoquerait des bris de vitre ou la toxicité des
fumées d’incendie.
Il est donc important d’établir un plan d’occupation des sols de la commune, afin de maîtriser
l’urbanisation autour de la zone industrielle
Selon la loi N° 04-20, l'état assure aux citoyens un accès égal et permanent à toute information
relative aux risques majeurs. Ce droit d'accès à l'information couvre:
- la connaissance des aléas et des vulnérabilités de son lieu de résidence et d'activité;
- l'information sur les dispositifs de prévention des risques majeurs applicables à son lieu de
résidence ou d'activité;
- l'information sur les dispositifs de prise en charge des accidents majeurs
La plate forme est caractérisée par la présence des usines à risque majeur. Pour cette raison, les
activités de communication au public de la zone pétrochimique devront s'intégrer dans un contexte
plus global de communication qui regrouperait des représentants des industries, de l'EGZIK, de la
FIR, de la Wilaya, et la sécurité civile, de l'environnement et de la santé, les représentant des
citoyens.
Les objectifs principaux de la compagne de communication sont:
- sensibiliser et informer la communauté quant à leur état de préparation face à d'éventuels
accidents majeurs dans la zone
97
- faire connaître la gestion des risques d'accidents industriels majeurs (à savoir la prévention, la
préparation, l'intervention et le rétablissement) dans la population résidant en périphérique de
la plate forme.
- Informer et éduquer la communauté concernée sur les comportements adéquats et sécuritaires
à adopter face à une alerte sirène par exemple, dans l'éventualité spécifique d'un accident
majeur (fuite de matière toxique, incendie ou explosion).
Ces informations pourraient être présentées sous forme de brochures qui devraient être mise à jour en
fonction des modifications qui sont apportées à la zone industrielle.
98
LE CAS DE L’AGGLOMERATION DE BEKOUCHE Lakhdar ET LA
CIMENTERIE D’AHDJAR ASSOUDE
DEUXIEME PARTIE
99
1- OBJECTIF DE L'ETUDE
La présente étude concerne la cimenterie de HADJAR Soud située dans la wilaya de SKIKDA, elle
va permettre:
- d'identifier les dangers générés par les installations et les activités de la cimenterie.
- D'évaluer les risques et les dommages potentiels aux installations et à l'environnement, le cas
échéant aux populations, qui pourraient résulter d'un dysfonctionnement ou d'une situation
accidentelle c'est-à-dire d'un événement sont souhaité.
- La mise en place des mesures de prévention contre le danger probable.
1- 1 Emplacement de l'usine
La cimenterie de HDJAR SOUD est implantée dans la commune de BEKKOUCHE Lakhdar
Daïra de AZZABA à l'extrême Est de la wilaya de SKIKDA, sur la halte de HDJAR Soud, longeant
la ligne du chemin de fer qui relie Annaba à Constantine.
Située à 50 Km à l'Ouest d'ANNABA ET 500 Km à l'Est de d'Alger. La cimenterie située en
bordure de la route nationale n°44 et la voie ferrée reliant Constantine à Annaba permettant un
accès facile à l'usine. Elle s'étend sur superficie de 29 hectares.
1-2 Historique et Effectifs
La cimenterie HDJAR Soud fût la première cimenterie de l'Algérie indépendante, elle est
entrée en production en 1973, par la mise en exploitation de la première ligne au courant de
l'année 1973 (1350t clinker/jour) et en 1975 de la deuxième ligne (1800t/j).
L’effectif total (siège et unité de production) de la filiale HDJAR Soud s’élevé à 300
travailleurs.
1-3 Activités de l'entreprise
Les activités de la cimenterie comportent deux types d'activités, les activités de production qui
entrent dans le processus de production et les activités qui sont périphériques ou figurent
essentiellement les utilités.
a. Le processus de production
Il s'articule sur plusieurs étapes:
1-3-1 Première étape:
Elle consiste à assurer l'approvisionnement de l'usine en matière première, cette matière est constituée
de: Calcaire, Argile, Sable, Minerai de fer
Ces matières premières proviennent de différents lieux de production situés à distances diverses.
100
1-3-2 Deuxième étape:
Elle consiste en la production selon le procédé de fabrication dénommé: " voie sèche"
La production de ciment portland commence par un mélange soigneusement dosé de matières
premières tirées des ressources les plus abondantes du monde. La formule la plus courante combine
calcaire, argile et sable. Ces matières sont traitées dans un four rotatif, dit aussi four de calcination,
dont la température peut atteindre 1500°C.
Cette chaleur intense déclenche une série de réactions chimiques qui convertissent les matières
premières en fusion partielle en petits nodules qui forment ce qu'on appelle le clinker. Après
l'addition de gypse et d'autres matières essentielles, le mélange est moulu en une poudre grisez
extrêmement fine, connue sous le nom de ciment portland.
1-3-3 LES UTILIES :
Les utilités comportent les équipements suivants:
1- les pompiers
02 pompes immergées de débit 2640 L/h
09 pompes industrielles débit 30 M3/h
02 pompes eau potable 3M3/h
2- Installations Gaz et Electricité
02 Gaz poste de détente de 4.7 bar avec une puissance de 150000 Thermie par heures
Electricité deux lignes, deux lignes de transformation de 60 KV à 5.5 KV
Puissance souscrite 25 MW.
3- Les compresseurs
Il existe une Salle des compresseurs pour tous les ateliers de production
Trois compresseurs ATLAS GA 200 pour la haute pression
Quatre compresseurs CREPELLE pour la basse pression
Ce cas étude s'inscrire dans l'optique de l'évaluation du risque probable sur l'homme et
l'environnement engendrés par la cimenterie de HDJAR Asoud.
101
2- AU PLAN REGLEMENTAIRE
On a déjà évoqué la réglementation qui gère la protection de l'environnement comme la loi 03-10
du 19 juillet 2003, ainsi que le décret n° 06-198 du 31 mai 2006 définissant la réglementation
applicable aux établissements classés pour la protection de l'environnement.
Dispositions préliminaires:
Les activités industrielles sont classées en plusieurs catégories définies par la nomenclature selon
la nature des activités. La cimenterie de HDJAR Soud est considérée comme un établissement
classé de première catégorie du fait de la nature des installations qui la compose et des activités
développées ainsi que les effets sur l'environnement et à ce titre elle est soumise à une
autorisation ministérielle.
Dispositions particulières:
Le décret précise que " les établissement classés en exploitation n'ayant pas fait l'objet
d'autorisation d'exploitation ou dont l'autorisation d'exploitation ne correspond pas aux catégories
fixées par l'article 3 ci-dessus, ainsi qu'aux rubriques de la nomenclature des installations classées
par la réglementation en vigueur, sont tenus de réaliser un audit environnemental.
- décret exécutif n° 06-138 du 15 avril 2006 Règlement l'émission dans l'atmosphère de
gaz, fumées, vapeurs, particules liquides ou solides, ainsi que les conditions dans
lesquelles leur contrôle.
Elle fixe les valeurs limites des rejets atmosphériques. Cependant, elles disposent pour les
anciennes installations qu'un délai de cinq ans est accordé. Toutefois, en attendant la mise à
niveau des installations industrielles anciennes dans un délai de cinq ans, les limites des rejets
atmosphériques prennent en charge l'ancienneté des installations industrielles en déterminant une
tolérance pour les rejets atmosphériques émanant de ces installations.
En outre et en raison des particularités propres aux technologies utilisées, des tolérances
particulières aux valeurs limites sont également accordées selon les catégories industrielles
concernées.
- décret 05-240 du 28 Juin les modalités de désignation d'un délégué à l'environnement
Ce décret prévoit la désignation par la direction de l'établissement industrielle la désignation d'un
délégué chargé des problèmes de l'environnement.
- décret 2000-73 décrets réglementant les polluants atmosphériques
102
Ce décret réglemente les émissions dans l'atmosphère de substances détruisant la couche d'ozone,
notamment les produits contenant ces substances.
3- DISCRIPTION DE L'ENVIRONNEMENT
3-1-2 température:
La connaissance des températures et de leurs amplitudes est indispensable, car elle un rôle pour le
dessèchement des particules fines qui compose le panache.
Nous avons utilisé les données de la station d’Azzaba depuis 1985 jusqu'à 2004, à cause de l'absence
des données pour la station de Bakouche lekhder.
Tableau N° 21 : température moyenne mensuelle à la station d’Azzaba (1984/1985-2003/2004)
MOIS S O N D J F M A M J J O
T° 23.9 20.8 17.1 14.3 13.1 13.1 14.4 17.5 18.6 20.4 24 25.1
Source: ANRH Constantine
Figure N°17
D'après le tableau on peut distinguer deux principales périodes constituant un écart thermique.
104
Une période chaude, elle s'étale du mois de mai jusqu'au mois d'octobre. Une période froide, elle
s'étale sur les six autres mois de l’année.
Pour mieux distinguer ces deux périodes, nous avons établie les diagrammes Ombro-Thermiques à
partir de la combinaison entre les températures moyennes mensuelles et les précipitations moyennes
mensuelles.
3-1-3 les vents:
A cause de l'absence des stations météorologiques au niveau de la région d'étude, j'ai choisie les
données (vent, humidité) de la station de Skikda pour une période d'observation 30 ans (1978-2007)
Le vent est l'un des éléments les plus caractéristiques du climat, et le facteur le plus déterminant de la
direction de panache et de la poussière dégagé par la cimenterie.
Figure N° 18
105
3-2 Hydrographie
Le réseau hydrographique de la wilaya de Skikda est représenté par de nombreux ruisseaux et
torrent de montagnes dont les plus importants sont Flifla et Oued Sebaoune.
Dans la région d’Azzaba deux cours d'eau, Oued Hammam et Oued Emchekel rejoignent en aval de
leur confluence Oued Kébir. Ces cours d'eau, ainsi que Oued Kébir sont alimentés par les pluies qui
tombent sur leur bassin versant.
3-2-1 Hydrogéologie
- Nappes aquifères:
Dans les schistes anciens, des niveaux aquifères sont fournis par les quartzites; la stratification étant
confuse, il n'existe aucune règle pour la circulation des eaux.
Les calcaires liasiques et éocènes présentent les phénomènes d'érosion du Karst; fisurés, ils
contiennent de grosses réserves d'eau qui donnent naissance à quelques sources assez importantes
(Ain Saiafa, Ain Ksob).
Les assises marno-calcaires de l'éocène moyen renferment les niveaux gréseux des nappes aquifères
abondantes qui alimentent de belles sources sur le revers Nord.
Le principal niveau aquifère de la région d’Azzaba est situé dans les alluvions anciennes ou récentes;
il permet la culture de la vigne, des oranges et des citronniers.
- Sources :
De nombreuses sources se forment à la base des grés numidien supérieur, sur le numidien inférieur,
malheureusement leurs débits sont faibles, peu contents; beaucoup tarissent en été et quelques unes
sont saumâtres (Ain Mellah).
Sur le versant septentrional du chaînon Nord, jaillit une source thermale à l'Oued Hamimine. Une
autre source thermale sort au pied du versant Nord Est du Djebel Safia.
3-2-2 Géologie
La wilaya de Skikda représente une faible partie de la branche maghrébine (maghrébides)
Ou du domaine Tellien-Atlasique de ceinture plissée méditerranéenne alpine. Les massifs cristallins
et leurs bordures méso-cénozoiques représentent l'essentiel de la géologie de cette région.
Le territoire de la wilaya de Skikda s'étalent depuis le précambrien (socle ancien) jusqu'au
quaternaire.
106
3-2 Description de l'environnement actif
Par définition, on entend par l'environnement actif, le champ de danger dont les fluctuations
produisent des ruptures de stabilité du système. Ce sont les conditions naturelles et météorologiques
de la zone d'étude.
3-2-1 Environnement naturel actif:
La zone d'étude est soumise principalement à deux phénomènes naturels dont les effets en cas de
survenance peuvent avoir des effets significatifs.
- zone sismique: Le règlement parasismique Algérien, élaboré en 1999 version 2003 après le séisme de
Boumerdes survenu le 21 mai 2003, classe la wilaya de Skikda dans la zone 2 (zone d'intensité moyenne
La zone d'étude se trouve située dans une zone d'activité sismique considérée comme moyennement
sismique. Celle-ci pourrait être le siège d'événements sismiques importants ou moyens. Egalement,
elle pourrait être affectée des événements pouvant se produire soit dans le Nord Constantinois, soit
dans le Sud Constantinois réputés sismiques. Si ces événements se produiraient, ils affecteront
probablement la cimenterie et alors causer des dommages ou le tissu urbain le plus ancien et plus
vulnérable.
- zone inondable: Du fait de sa configuration naturelle, le site industriel de la cimenterie présente un
caractère d'inondabilité relativement important. Durant les saisons hivernales, la zone d'étude est
réputée être une zone de pluviométrie importante. Les événements pluvieux exceptionnels marquants
ont provoqué des inondations dont les effets ont affecté les populations et les activités humaines assez
dommageables.
En cas d'événement pluvieux exceptionnel la cimenterie pourra être affectée et sont fonctionnement
sera très perturbé.
3-2-2 Environnement de proximité
Population :
Tableau N° 23 : Evolution de la population et des densités moyennes dans les communes les plus proches
de la cimenterie
Commune population Superficies Km2
RGPH
1966 1977 1987
108
109
4- IDENTIFICATION DES RISQUES AVEC LES SOUS-SYSTEME DE L'INSTALATION
110
4-3 Identification des flux de danger et des interactions de proximité des
systèmes source de danger
Chaque source de danger peut générer par l'intermédiaire d'un événement initiateur, un événement
source de flux de danger, un flux qui correspond à l'événement non souhaité final et en conséquence,
des effets sur l'environnement proche.
On identifie pour chaque sous système les événements initiateurs, événement source de flux; le flux
de danger et effet sur l'environnement. On obtient alors pour chaque sous système, la représentation
suivante:
EVENEMENTS INITIATEURS INTERNE
Surchauffe
Mauvais branchement
Nous avons représenté chaque sous système sous forme de boite noire, dont les entrées sont les
événements initiateurs et les sortie sont les événements principaux ou évènements souhaités.
La modélisation de chaque sous système monte que la plupart du temps les sorties de chaque sous
système sont communes (flux thermique; onde de choc; émission de gaz toxique, émanation massive
de poussières, incendie….)
L'évaluation des risques va concerner les scénarios retenus. Il s'agit principalement des quatre
scénarios pour lesquels une estimation va être faite.
Scénario A: Emanations massives d'un panache de poussières et de particules fines suite à une
rupture au niveau des électro-filtres de l'usine.
Ces émanations peuvent résulter d'un dysfonctionnement qui va provoquer l'arrêt de l'électro-filtre
qui ne pourra pas jouer sa fonction. Il en résultera un grand dégagement de poussières de particules
de ciment. Les effets seront fortement ressentis (voir la carte N° 11)
Scénario B: Incendie au niveau du four rotatif. A ce niveau, les températures sont très élevées. Un
dysfonctionnement pourra provoquer un incendie dont la propagation peut affecter les autres
installations de proximité.
Scénario C: Explosion au niveau du poste de détente gaz suivi d'un incendie. L'alimentation en gaz
du four se fait essentiellement à travers une canalisation d'amenée de gaz à l'usine. Pour faire baisser
la pression initiale, le gaz arrive au niveau du poste de détente. Par négligence ou une insuffisance
dans l'entretien du poste ou de la canalisation, il pourrait provoquer une forte émanation de gaz
méthane qui provoquera selon les conditions une forte explosion suivi d'un incendie.
Scénario D: Survenance d'une catastrophe naturelle telle que l'inondation importante liée à de fortes
chutes de pluies.
Etant donné la configuration du terrain et la pluviosité observée dans la région, le risque inondation
suite à de fortes chutes de pluies, peut être potentiellement important et provoquer l'inondation du
113
site. Ceci pourrait causer le ralentissement ou l'arrêt des activités mais même des dommages
importants aux installations électriques notamment.
5- Enquête de perception
J’ai réalise une investigation directe avec la population des agglomérations qui sont proches de la
cimenterie (Ahdjar Asoud, Ouad Lakhal, Mekassa, Bene Azouz). La même méthode que j’ai suivie
dans l’investigation concernant la zone industrielle de Skikda. Donc ,les questions portaient sur le
motif et l’année d’installation à côté de la cimenterie, ainsi que l’autorisation de construction et les
autorités qui en sont responsables, l’information et les connaissances sur la nature du risques
présenté par la cimenterie, le signal d’alerte et les consignes en cas d’urgence.
Les résultats de cette investigation a montré que la source d’inquiétude des personnes interrogées
c’est le problème de la pollution de l’air (92% pensent que la cimenterie présente un grand risque
pour la population et pour les terres agricoles qui l’entourent ; voir la figure N° 21). La production
agricole a diminuée depuis l’installation de la cimenterie, pourtant la région d’Azzaba renferme les
meilleures terres agricole dans la région de l’est algérien (voir la figure de la profession N° 19).
Les gens questionnés ne cachent pas leur inquiétude surtout pour les enfants ; ils disent qu’un grand
nombre (56% de personne interrogés confirment être atteints de maladies pulmonaires à cause de la
poussière, ainsi que par les odeurs, voir la figure N°24) de leurs enfants devient malade.
La population n’est pas informée sur le risque et ignore le signal d’alerte et les conduites à tenir en
cas d’arrêt des filtres de la cimenterie (92% ne savent pas comment est diffusée l’alerte ; voir la
figure N°22). Les collectivités locales n’ont pas joué leur rôle dans la gestion de l’urbanisation
autour de la cimenterie ; la preuve, les constructions dans l’agglomération de Oued l’Akhal, ainsi que
les constructions à coté de la même cimenterie où on peut compter une dizaine de maison. Les
collectivités locales ont, apparemment, contribué à l’aggravation de la situation avec l’attribution
d’une autorisation de construction (60% des personnes interrogés affirment l’obtention d’une
autorisation de construction, voir la figure N°20).
La dernière statistique parle de 3311 habitants dans l’agglomération la plus touchée de Mekassa et
Hdjar Soud de 519 habitants. 56% des personnes interrogées ils souhaitent changer le lieu de
résidence suite à la détérioration du cadre de vie engendré par la cimenterie, voir la figure N°25.
Voir toutes les résultats de l’investigation a l’annexe. Les figures qui suivent sont les résultats de mon
contacte avec la population de Mekassa.
114
Figure N° 19
Figure N° 20
115
Figure N° 21
Figure N° 22
116
Figure N° 23
Figure N° 24
117
Figure N° 25
118
6- IDENTIFICATION DES BARRIERES DE PREVENTION ET DE PROTECTION
L'identification des barrières de prévention et de protection concerne principalement les sous
systèmes considérées comme prioritaires en matière de sécurité des personnes et des biens. Ces
barrières constituent les mesures les plus adaptées en termes d'efficacité, elles présentent un caractère
de complémentarité et sont le résultat d'une approche intégrée.
Ainsi, nous distinguons dans ce qui suit et selon la spécifié du sous système, les mesures ou barrières
qu'il s'agit de préparer, de concevoir et de mettre œuvre pour assurer un niveau de sécurité élevé.
La cimenterie a mise en place son plan d'action pour réduire les risques et les nuisances générés. Cela
par l'élaboration d'un Plans d'Intervention Interne PII.
SCHEMA DE L'ORGANISATION
DIRECTEUR
SCHS
Chef de département
sécurité
Chef de service
Chef de site
Chef de section
ASS
120
Missions:
- Assurer la coordination des moyens internes (équipes exploitation, autodéfense et secours,
commandement-logistique), des liaisons entre les secours en action, le contrôle des accès, les
moyens externes.
- Assurer le commandement unique. Diffuser des informations aux administrations concernées
au siège social de l'exploitant.
L'organisation opérationnelle se présente sous forme de modules spécialisés et placé sous l'autorité
hiérarchique du directeur de l'Unité.
Ces modules d'intervention sont déployés par le directeur en cas d'accident susceptible de mettre en
péril les personnels ou les installations mais également en cas de menaces imminente ou latente.
La réglementation a prescrit cinq modules obligatoires à mobiliser en cas d'événement accidentel.
Chacun des modules possède une fonction spécifique et également investi de missions.
S'agit:
5-3-2 Barrières de prévention et de protection pour le scénario " émanations massives des électro-
filtres de l'usine" :
121
Afin de prévenir ce genre d'événements non souhaités; il convient de prendre les mesures spécifiques:
Mise en place d'un programme de prévention de la pollution
Mettre en place un système de maintenance et d'entretien des équipements de filtration
Remplacement de 4 filtres à manche par un seul
Assurer l'entretien régulier des filtres existant
122
régissant les APG
Contrôle et vérification techniques Définir les types de contrôle à effectuer, il s'agit
principalement de se référer à la réglementation
des APG
123
124
Conclusion
Pour appréhender la problématique des dangers et des risques générés par les activités de fabrication
des ciments, il convient de réhabiliter les bonnes pratiques environnementales et de sécurité au sein
de l'entreprise en menant des actions de sensibilisation, d'information et formation des personnels
effectués aux différents postes de travail et la population.
Il y a lieu également de mettre en place des mesures générales de sécurité afin de développer une
culture de sécurité à travers des actions de sensibilisation.
Parmi les mesures générales, nous préconisons:
Mesures générales:
Rationalisation de la consommation d'eau: La réparation des fuites d'eau et du groupe de
secours du réseau sont en cours.
Postes électriques: Opération de réparation des portails de tous les postes électriques
réduction des émissions gazeuses:
Rénovation du système de refroidissement des gaz entrant dans le four (une Expertise a été
engagée et en cours par STETPA FEMA)
Assurer le fonctionnement régulier des équipements gazeux et liquides.
Voir les modifications au niveau des plans d’aménagement et interdire des nouvelles
constructions à coté de la cimenterie.
Informer la population sur le danger engendré par la cimenterie et proposer des exercices de
secourisme dans les écoles.
Minimiser le rejet des gaz et les poussières par l’entretien des filtres placés récemment par la
cimenterie et qui ont coûtés des milliards de dinars
125
CONCLUSION GENERALE
Les accidents dans l’industrie à risque sont rares mais spectaculaires. Ils pourraient avoir des
conséquences extrêmement graves, dans la plupart des cas, sans aucun signe précurseur ni aucune
alerte préventive qui attirent l’attention. Les taux d’accidents du travail, d’incidents ou d’accidents
techniques sont faibles, tout est réuni pour l’éclosion du « délit d’habitude » chez les uns comme chez
les autres. Les progrès de la science et de la technologie, qui sont insuffisamment intégrés par la
société, laissent se développer une certaine « culture de l’indifférence ».
L’Algérie est concernée par les risques industriels. En effet la concentration de sa population
se situe sur la frange côtière la plus vulnérable et la plus industrialisée. On comprend davantage
pourquoi elle réunit toutes les caractéristiques d'un pays à risque.
Notre travail est inscrit dans une problématique d'aggravation des risques potentiels, induits
par la présence de l’industrie dans la ville et la forme d'urbanisation qui a pris pendant des décennies
beaucoup de libertés par rapport à une législation et une réglementation conçues initialement pour
l'encadrer judicieusement. Ces industries sont regroupées au sein des pôles de développement, qui
sont de gros complexes inclus dans les grandes villes. Cette présence engendre une menace grave
pour les zones habitées, surtout si l'on tient compte des extensions urbaines incontrôlées autour
d’importantes zones industrielles surtout dans le domaine pétrochimique. Toutes les populations des
villes du Nord algérien vivent avec le risque d’un accident lié à ces installations industrielles.
Ainsi nous constatons que le processus de développement s’effectue dans des conditions qui
ne prennent pas en considération la question du risque :
- Vu la priorité donnée à l’industrie en l'absence systématique d'étude d'impact et de danger.
- Vu l’importance des unités industrielles qui n’ont pas été dotées de plans de secours
adaptés à la situation de l’urbanisation qui est autour de ces installations, et l’absence de
périmètre de sécurité.
- Vu l’absence de la mise en œuvre des principes de précaution.
126
Cette situation trouve au moins en partie son explication dans l’absence de cohérence entre les
différents acteurs de la gestion du risque et le manque de la prise en compte des questions le
concernant dans les plans d’aménagement du territoire, aussi une bureaucratie qui au fil des ans, a
modulé des comportements incitant les citoyens pressés de résoudre leurs problèmes, à se prendre en
charge en organisant et en développant un marché informel du foncier et du logement.
En tout état de causes, si certaines actions ont pu se développer dans le temps sans suivi ni
contrôle, c’est que l’appareil d’Etat n’a pas joué pleinement son rôle. On cite ici des exemples qui
traduisent le laisser faire sur des sites où se situent des constructions au dessus des gazoducs ou prés
des usines. Cela interpelle à plus d’un titre et signale que des zones entières seront tôt ou tard
l’épicentre de graves dangers.
Dans le champ de la programmation des actions de prévention et de leur mise en œuvre, il convient
de souligner, entre autres :
Une mauvaise coordination intersectorielle.
Une absence de politique nationale de prévention des risques industriels impliquant la société
civile, l’école et l’entreprise par la sensibilisation et l’information susceptibles de mettre fin
au phénomène d’accoutumance inhérent à la force de l’habitude et au fatalisme.
Une quasi-inexistence de la participation de la communauté scientifique à travers la recherche
fondamentale et opérationnelle pouvant trouver son explication dans la marginalisation ou le
manque de soutien.
127
L’incivisme d’une partie de la société civile qui n’hésite pas à mettre en danger une autre
partie importante de la population.
Une insuffisance des recours aux relais d’information tels que les assurances pour la
prévention du risque.
Ces problèmes transparaissent dans l’analyse de l’accident de Skikda, qui peut être considéré
comme un réveil brutal mettant en relief beaucoup d’insuffisances, de carences, de lacunes ou
d’incohérences, en particulier dans notre réglementation et son implication.
Ce sont là des observations qui commandent une prise en charge globale du problème de
l’intégration du risque dans le processus d’urbanisation et la gestion des installations classées qui
peuvent être le début d’une dynamique à impulser nécessairement.
A l’évidence, si l’on veut tirer des enseignements utiles de la période écoulée et éviter les
dérives due à l’implantation industrielle, à l'aménagement du territoire et au mouvement
128
d'urbanisation, l’Etat doit reprendre son rôle de concepteur, d'arbitre et de gardien vigilant des
équilibres fondamentaux de la Nation.
L’enjeu est de créer en Algérie une vraie culture de sécurité. C’est un enjeu considérable qui
touche chacun de nous et qui agit sur nos institutions, notre système d’enseignement, sur les
entreprises comme sur les administrations, sur les médias comme sur le milieu associatif. Entrer dans
une culture de sécurité entraînera des changements de comportements, d’attitudes et exigera courage
et ténacité. Parallèlement, il faudra favoriser les actions suivantes :
129
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EGZIK : journées d’étude sur la protection de l’environnement et la sécurité industrielle organisée
Par EGZIK, inspection de l’environnement de Constantine en 2003, 41p
SNC. LAYALIN : Etude de Danger, Projet de Toping Condensat dans la zone industrielle de Skikda,
lot N° 02(extension de la raffinerie), Décembre 2006.
WORLEY/ PARSONS/ KOMEX, bureau d’étude UNITED KINGDOM, Etude des impactes
environnementaux : projet Nouveau Train de GNL Skikda, rapport final, Août 2006(mise à
jour en Avril 2008), 215pp.
TRAVAUX UNIVERSITAIRES
BOULKAIBET Aissa : le risque industriel en Algérie, cas de la ville de Skikda et sa zone
pétrochimique, mémoire de D.E.A, université de Caen, U.M.R de géographie, GEOSYSCOM
en 2004, 145p
BENDJELIDA.A : Implantation et emplois industriels dans le triangle Skikda-Constantine-Annaba,
Thèse de 3éme cycle, Paris 1976
HASSINI.N, BRAGUDI.S : la ville de Skikda : le problème de l’extension urbain et le
développement future de la ville, mémoire de fin d’étude, université de Constantine, 2001,
121p
H-NAMOUCHI : la gestion du patrimoine du foncier, cas de la wilaya de Skikda, Université de
CAEN basse Normandie, 2004.mémoire de DEA.
KHARAF.Z, GRIME.S, LAKSIR.R : les sources de pollution et leur impact sur l’environnement
dans la wilaya de Skikda, mémoire de fin d’études, université de Constantine, 2000, 240p
DUPARC.A : ira-t-on vers une gestion intercommunale des risques ? Etude du site industriel de Port-
Jérôme, mémoire de fin d’études, université de CAEN, UFR de géographie, GEOSYSCOM,
2000, 183p
LEMERAY.A : la prise en compte des risques industriels dans l’aménagement du territoire de la
région métropolitaine de Barcelone, Mémoire de fin d’études, Université de Caen, U.M.R de
géographie, GEOSYSCOM en 2003, 179p
RAIDI S : Cartographie de la pollution due aux hydrocarbures dans la plate forme industrielle de
Skikda, mémoire de magistère université de Constantine, 2001
ST-GERAND.T : S.I.G structure conceptuelles pour l’analyse spatiale (itinéraire, positionnement et
horizons de recherche), présentes en vue de l’habilitation à diriger des recherches, université
de Rouen en 2002.
PROPECK-ZIMMERMANN.E : risque technologique majeur : conditions de production et rôle des
outils cartographiques d’identification et de gestion, thèse de 3 éme cycle, université de
Strasbourg 1, 1994
Autre documentation
- ONS : office national de statistique, bilans des RGPH (1967, 1977, 1987, 1997, 2007)
- Réglementation algérienne concernant l’environnement et la pollution, Inspection de
l’environnement de Constantine, édition 2010, CD Rome
133
- Plans d’Aménagement de la wilaya de SKIKDA, rapport de commencement, N°1, Agence
National d’Aménagement du Territoire (ANAT), 1991, 376p
SITE CONSULTES
- www.sonatrach.dz
- www.drire.gouv.fr
- www.lemonde.fr
- www.cnes.dz
- www.prevention.org
- www.aria.environnement.gouv.fr
- www.pro-environnement.gouv.fr
- www.cypres.org/html/risques.html
- www.atricklagadec.net
- www.citet.nat.tn
134
ANNEXE
135
QUESTIONNAIRE
Votre profession :
Héritage
Pour le Travail
D’autre
L’année d’installation
□ Non
La Commune :
Qu’est ce que vous pensez du risque présenté par la zone industrielle (la Cimenterie) ?
Un grand risque :
Je ne sais pas :
Alarme :
Je ne sais pas :
136
Comment sont protégées les installations de la zone ?
Je ne sais pas :
Clôture :
Agent de sécurité :
Alarme d’incendie :
Dans quelle zone d’impact d’un accident majeur pourrait-il être ressenti ?
Dans la zone :
A 10Km de la zone :
A 20Km de la zone :
A 40Km de la zone :
Je ne sais pas :
Comment vous réagirez en cas d’accident au niveau la zone (la Cimenterie) et qui peut toucher
votre habitation ?
Je panic :
Est ce que vous connaissez des organismes qui peuvent vous informez sur les risques présenté
□ Oui :
□ Non :
Protection civile :
Gendarmerie :
Autorité local :
Inspection de l’environnement :
137
Audio visuel (TV, Radio) :
□ Oui :
□ Non :
Les effets en cas d’explosion (brise de vitres, fissures dans les mures) :
Des Odeurs :
Allergie
□ Oui :
□ Non :
138
Résultats de l’investigation de la ville de Skikda
Qu’est ce que vous pensez du risque présenté par la zone industrielle ? Nb % obs.
Un grand risque 54 36,0%
Je ne sais pas 96 62,7%
Total 150
139
Comment sont protégées les installations de la zone ?
Somme des pourcentages différente de 100 du fait des réponses multiples et des suppressions.
Nb % obs.
Je ne sais pas 64 42,7%
Clôture 78 52,0%
Agent de sécurité 52 34,7%
Alarme d'incendie 30 20,0%
Total 150
Dans quelle zone d’impact d’un accident majeur pourrait-il être ressenti ? Nb % obs.
Dans la zone 36 24,0%
A 10Km de la zone 44 29,3%
A 20Km de la zone 12 8,0%
A 40Km de la zone 56 37,3%
Je ne sais pas 34 22,7%
Total 150
Est ce que vous connaissez des organismes qui peuvent vous informez sur la nature du risque présenté par la
zone ? si oui lequel
Somme des pourcentages différente de 100 du fait des réponses multiples et des suppressions.
Nb % obs.
oui 84 56,0%
non 64 42,7%
Inspection de l'Environnement 82 54,7%
Protection Civile 32 21,3%
Autorité locale 6 4,0%
Gendarmerie 0 0,0%
Audio Visuel (Radio-Télé) 0 0,0%
Total
140
Êtes-vous touchez par des effets liés à l’activité industrielle ? si oui citez lequel ?
Somme des pourcentages différente de 100 du fait des réponses multiples et des suppressions.
Nb % obs.
oui 72 48,0%
non 74 49,3%
Les effets en cas d'explosion (brise de vitres, fissures dans les mures) 22 14,7%
Des Odeurs 32 21,3%
Les maladies Respiratoires 70 46,7%
Allergie 50 33,3%
Bruit des installations industrielles 12 8,0%
La peur (problème psychologique) 44 29,3%
Total
141
Résultats de l’investigation à Hâmmadi krouma
72 observations
Nb % obs.
oui 50 69,4%
non 22 30,6%
La Commune 50 69,4%
Total
Qu’est ce que vous pensez du risque présenté par la zone industrielle ? Nb % obs.
Un grand risque 38 52,8%
Je ne sais pas 34 47,2%
Total 72 100,0%
142
Comment sont protégées les installations de la zone ?
Somme des pourcentages différente de 100 du fait des réponses multiples et des suppressions.
Nb % obs.
Je ne sais pas 24 33,3%
Clôture 30 41,7%
Agent de sécurité 48 66,7%
Alarme d'incendie 42 58,3%
Total
Dans quelle zone d’impact d’un accident majeur pourrait-il être ressenti ? Nb % obs.
Dans la zone 38 52,8%
A 10Km de la zone 18 25,0%
A 20Km de la zone 4 5,6%
A 40Km de la zone 6 8,3%
Je ne sais pas 6 8,3%
Total 72 100,0%
Est-ce que vous connaissez des organismes qui peuvent vous informez sur la nature du risque présenté par la
zone ? si oui lequel
Somme des pourcentages différente de 100 du fait des réponses multiples et des suppressions.
Nb % obs.
oui 22 30,6%
non 50 69,4%
Inspection de l'Environnement 20 27,8%
Protection Civile 14 19,4%
Autorité locale 12 16,7%
Gendarmerie 2 2,8%
Audio Visuel (Radio-Télé) 6 8,3%
Total
Êtes-vous touchez par des effets liés à l’activité industrielle ? si oui citez lequel ?
Somme des pourcentages différente de 100 du fait des réponses multiples et des suppressions.
Nb % obs.
oui 62 86,1%
non 8 11,1%
Les effets en cas d'explosion (brise de vitres, fissures dans les mures) 54 75,0%
Des Odeurs 58 80,6%
Les maladies Respiratoires 34 47,2%
143
Allergie 16 22,2%
Bruit des installations industrielles 60 83,3%
La peur (problème psychologique) 54 75,0%
Total
144
Résultats de l’investigation de l’Arbi Ben Mhedi
85 observations
Nb % obs.
oui 50 61,0%
non 32 39,0%
La Commune 50 61,0%
Total
Qu’est ce que vous pensez du risque présenté par la zone industrielle ? Nb % obs.
Un grand risque 76 92,7%
Je ne sais pas 6 7,3%
Total 82 100,0%
Nb % obs.
Sirène 50 61,0%
145
Je ne sais pas 34 41,5%
Total 82
Nb % obs.
Je ne sais pas 10 12,2%
Clôture 70 85,4%
Agent de sécurité 66 80,5%
Alarme d'incendie 38 46,3%
Total
Dans quelle zone d’impact d’un accident majeur pourrait-il être ressenti ? Nb % obs.
Dans la zone 26 31,7%
A 10Km de la zone 20 24,4%
A 20Km de la zone 8 9,8%
A 40Km de la zone 26 31,7%
Je ne sais pas 2 2,4%
Total 82 100,0%
Est-ce que vous connaissez des organismes qui peuvent vous informez sur la nature du risque présenté par la
zone ? si oui lequel
Somme des pourcentages différente de 100 du fait des réponses multiples et des suppressions.
Nb % obs.
oui 48 58,5%
non 34 41,5%
Inspection de l'Environnement 46 56,1%
Protection Civile 32 39,0%
Autorité locale 24 29,3%
Gendarmerie 6 7,3%
Audio Visuel (Radio-Télé) 0 0,0%
Total
Êtes-vous touchez par des effets liés à l’activité industrielle ? si oui citez lequel ?
Somme des pourcentages différente de 100 du fait des réponses multiples et des suppressions.
Nb % obs.
oui 42 51,2%
non 40 48,8%
146
Les effets en cas d'explosion (brise de vitres, fissures dans les mures) 32 39,0%
Des Odeurs 28 34,1%
Les maladies Respiratoires 36 43,9%
Allergie 18 22,0%
Bruit des installations industrielles 24 29,3%
La peur (problème psychologique) 20 24,4%
Total
147
Résultats de l’investigation à MEKASSA
50 observations
Nb % obs.
oui 30 60,0%
non 20 40,0%
La Commune 30 60,0%
Total 50
Nb % obs.
Je ne sais pas 40 80,0%
Clôture 8 16,0%
Agent de sécurité 10 20,0%
Alarme 6 12,0%
Total
Dans quelle zone d’impact d’un accident majeur pourrait-il être ressenti ? Nb % obs.
Dans la zone (0-5Km) 16 32,0%
A 10Km de la zone 18 36,0%
A 20Km de la zone 10 20,0%
Je ne sais pas 6 12,0%
Total 50 100,0%
Est-ce que vous connaissez des organismes qui peuvent vous informez sur la nature du risque présenté par la
Cimenterie ? si oui lequel
Somme des pourcentages différente de 100 du fait des réponses multiples et des suppressions.
Nb % obs.
oui 4 8,0%
non 46 92,0%
Inspection de l'Environnement 4 8,0%
Protection Civile 4 8,0%
Autorité locale 4 8,0%
Gendarmerie 2 4,0%
Audio Visuel (Radio-Télé) 0 0,0%
Total
Êtes-vous touchez par des effets liés à l’activité industrielle ? si oui citez lequel ?
Somme des pourcentages différente de 100 du fait des réponses multiples et des suppressions.
Nb % obs.
oui 28 56,0%
non 22 44,0%
Des Odeurs 2 4,0%
Les maladies Respiratoires 28 56,0%
149
Allergie 24 48,0%
Bruit des installations industrielles 14 28,0%
La peur (problème psychologique) 0 0,0%
Total
150
Résultats de l’investigation à Oued Lakhal
30 observations
Nb % obs.
oui 19 63,0%
non 11 37,0%
La Commune 19 63,0%
Total
151
Total 30 100,0%
Nb % obs.
Je ne sais pas 14 46,0%
Clôture 7 23,0%
Agent de sécurité 5 16,0%
Alarme 4 13,0%
Total 30 100%
Dans quelle zone d’impact d’un accident majeur pourrait-il être ressenti ? Nb % obs.
Dans la zone (0-5Km) 16 53,0%
A 10Km de la zone 0
A 20Km de la zone 04 13,0%
Je ne sais pas 11 36,0%
Total 30 100,0%
Est-ce que vous connaissez des organismes qui peuvent vous informez sur la nature du risque présenté par la
Cimenterie ? si oui lequel
Somme des pourcentages différente de 100 du fait des réponses multiples et des suppressions.
Nb % obs.
oui 4 13,0%
non 26 87,0%
Inspection de l'Environnement 0
Protection Civile 3
Autorité locale 1
Gendarmerie 0
Audio Visuel (Radio-Télé) 0
Total
Êtes-vous touchez par des effets liés à l’activité industrielle ? si oui citez
Somme des pourcentages différente de 100 du fait des réponses multiples et des suppressions.
Nb % obs.
oui 7
non 23
Des Odeurs 21
Les maladies Respiratoires 8
152
Allergie 22
Bruit des installations industrielles 0
La peur (problème psychologique) 17
Total
153
Résultats de l’investigation à Boumaayza
45 observations
Nb % obs.
oui 28 62,0%
non 17 38,0%
La Commune 28
Total 45
Nb % obs.
Je ne sais pas 18
Clôture 8
Agent de sécurité 16
Alarme 8
Total
Dans quelle zone d’impact d’un accident majeur pourrait-il être ressenti ? Nb % obs.
Dans la zone (0-5Km) 20 44,5%
A 10Km de la zone 16 35.5
A 20Km de la zone 04 9,0%
Je ne sais pas 10 22,0%
Total 45 100,0%
Est-ce que vous connaissez des organismes qui peuvent vous informez sur la nature du risque présenté par la
Cimenterie ? si oui lequel
Somme des pourcentages différente de 100 du fait des réponses multiples et des suppressions.
Nb % obs.
oui 10 22,0%
non 35 78,0%
Inspection de l'Environnement 2
Protection Civile 6
Autorité locale
Gendarmerie 2
Audio Visuel (Radio-Télé) 0
Total
Êtes-vous touchez par des effets liés à l’activité industrielle ? si oui citez lequel ?
Somme des pourcentages différente de 100 du fait des réponses multiples et des suppressions.
Nb % obs.
oui 28
non 17
Des Odeurs 10
Les maladies Respiratoires 30
Allergie 12
Bruit des installations industrielles 8
155
La peur (problème psychologique) 14
Total
156
REGLEMENTATION ALGERIENNE DE LA PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT, EDITION
2008
157
- Décret exécutif n° 94-465 du 25 décembre 1994, portant création du Haut Conseil de
l’Environnement et du Développement Durable et fixant ses attributions, son organisation et
son fonctionnement.
- Décret exécutif n° n096-481 du 28 décembre 1996 précisant l’organisation et le
fonctionnement du Haut Conseil de l’Environnement et du Développement Durable.
- Décret exécutif n° 98-339 du 03 novembre 1998, définissant la réglementation applicable aux
installations classées et fixant leur nomenclature.
- Décret exécutif n° 99- 253, portant composition, organisation et fonctionnement de la
commission de surveillance et de contrôle des installations classées.
- Décret 2000-73 réglementant les polluants atmosphériques qui détruisant la couche d'ozone.
- Décret exécutif n° 02-115 du 3 avril 2002, portant création de l’observatoire national de
l’environnement et du développement durable.
- Décret 05-240 du 28 juin fixant les modalités de désignation d'un délégué à l'environnement
au sein de l'établissement.
- Décret exécutif n° 06-138 du 15 avril 2006 réglementant l'émission dans l'atmosphère de gaz,
fumées, vapeurs, particules liquides ou solides.
- Décret n° 06-198 du 31 mai 2006 définissant la réglementation applicable aux établissements
classés pour la protection de l'environnement.
158
Les installations classées en Algérie
wilaya Installation Classée (Autorisation Ministre) Installation Classée (Autorisation wali)
Rayon d’affichage entre 4 -5km Rayon d’affichage entre 1-2km
ADRAR 1 18
CHLEF 30 190
LAGHOUAT 5 23
OUM EL BOUAGHI 3 133
BATNA 10 281
BEJAIA 3 301
BISKRA 0 90
BECHAR 0 7
BLIDA 5 141
BOUIRA 9 260
TAMANRASSET 2 11
TEBESSA 3 68
TLEMCEN 9 116
TIARET 2 40
TIZI OUZOU 1 40
ALGER 8 252
DJELFA 0 250
JIJEL 0 28
SETIF 35 123
SAIDA 1 16
SKIKDA 11 106
SIDI BEL ABBES 4 88
ANNABA 2 251
GUELMA 0 61
CONSTANTINE 5 64
MEDEA 16 106
MOSTAGANEM 6 93
M’SILA 0 160
MASCARA 3 45
OUARGLA 84 292
ORAN 21 150
EL BAYADH 0 15
ILIZI 52 26
BORDJ BOU 1 169
ARRERIDJ
BOUMERDES 2 46
EL TARF 17 30
TINDOUF 0 15
TISSEMSILT 1 12
EL OUED 0 63
KHENCHELA 0 58
SOUK AHRAS 1 35
TIPAZA 0 50
MILA 0 72
AIN DEFLA 6 62
NAAMA 0 8
AIN TEMOUCHENT 0 32
GHARDAIA 9 14
RELIZANE 2 24
TOTAL NATIONAL 370 4535
159
160
161
162
163
164
165
166
167
168
169
170
171
172
173
174
LISTE DES CARTES
175
Liste des tableaux
TableauN° 01 : Les accidents industriels dans le monde………………………………… ..P 24
Tableau N° 02: Habitations jouxtant les zones d'activités industrielles …………………...P 28
Tableau N° 03 : Habitations construites sur des gazoducs…………………………………P 29
Tableau N° 04 : L'évolution de la population dans l'époque coloniale ……………………P 38
Tableau N° 05 : L'évolution de la population après l'indépendance ………………………P 39
Tableau N° 06 : Moyenne de Température…………………………………………………P 65
Tableau N°07 : Moyenne de Précipitation …………………………………………………P 66
Tableau N° 08 : l'intensité et la vitesse des vents (observation faite sur la période 1995-
2005)............................................................................................................P 66
Tableau N° 09: La croissance démographique de Skikda………………………………… P 74
Tableau N° 10: La période d'installation des migrants dans la commune de Skikda ……...P 75
TableauN° 11: La structure de l'emploi dans la ville de Skikda …………………………...P 76
Tableau N° 12: Le développement de l'habitation à Skikda………………………………..P 79
Tableau N° 13: La consommation du foncier urbain de la ville de Skikda………………...P 79
Tableau N° 14: L'évolution de l'habitat spontané…………………………………………..P 81
Tableau N° 15: Les zones d'habitation spontanée et le nombre de constructions………….P 81
Tableau N° 16: Etat du parc de logement…………………………………………………. P 81
Tableau N° 17: Occupation du sol par l'habitation ………………………………………...P 81
Tableau N° 18: Les configurations accidentelles quantifiées dans l'étude de dangers……..P 89
Tableau N°19:coordonnées géographiques des stations pluviométriques utilisées dans la zone
d'étude …………………………………………………………………….Pl 03
Tableau N°20 : précipitations moyennes mensuelles aux deux stations durant les périodes
(1968/1969-2005-2006) ……………………………………………………PI03
Tableau N° 21 : température moyenne mensuelle à la station d'Azzaba (1984/1985-2003/2004)…
……………………………………………………………..PI04
Tableau N° 22: les moyennes mensuelles de la vitesse des vents en MIS (1987-2006) …..PI05
Tableau N° 23 : Evolution de la population et des densités moyennes dans les communes les
plus proches de la cimenterie …………………………………………....PI07
Tableau N° 24 : Evolution de la population par dispersion dans les trois communes…….PI 08
Tableau N° 25: Estimation de la population des agglomérations les plus proches de la
cimenterie…………………………………………………………………PI08
176
Tableau N° 26: les préventions contre les risques probables ……………………………...PI22
INTRODUCTION ET PROBLEMATIQUE………………………………………… .P 05
Méthodologie de recherche ……………………………………………………………… p 11
Bibliographie…………………………………………………………………………...............
Annexes ………………………………………………………………………………………..
Liste des tableaux………………………………………………………………………………
Liste des cartes…………………………………………………………………………………
Liste des figures et schémas……………………………………………………………………
180
Summary of memory MAGISTERIUM Constantine University Faculty of
Earth Sciences, Geography and Planning
THE QUESTION OF INDUSTRIAL RISK AND SUSTAINABLE
DEVELOPMENT lN ALGERIA
IF THE Skikda (pETROCHEMICAL ZONE AND CEMENT HADJAR
ESSOUD
The aim of our research is the mapping of hazard areas and the
definition of "risk space" in a map. This interest is to manage the CUITentrisk
situation while anticipating the future by studying the case of the city of Skikda
(North-eastern Algeria) and its area petrochemical and cement HDJAR
181
ﻣﻠﺨﺺ ﻣﺬ ﻛﺮة اﻟﻤﺎﺟﺴﺘﯿﺮ
ﺟﺎﻣﻌﺔ ﻗﺴﻨﻄﯿﻨﺔ ﻛﻠﯿﺔ ﻋﻠﻮم اﻷرض
و اﻟﺠﻐﺮاﻓﯿﺎ و ﺗﮭﯿﺌﺔ اﻹﻗﻠﯿﻢ
182
Résume d'une mémoire de MAGISTERE Université de Constantine
Faculté des Sciences de la terre, de la géographie et de l’aménagement du
territoire
183