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Magistère Aissa Boulkaibet

Ce document traite de la question du risque industriel et du développement durable en Algérie, en prenant comme cas d'étude la wilaya de Skikda et sa zone pétrochimique. Il présente le contexte du développement industriel en Algérie et ses conséquences sur l'urbanisation. Il analyse ensuite les risques industriels dans la zone de Skikda et la cimenterie de Hadjar Assoud, et évalue l'intégration insuffisante du risque dans l'aménagement du territoire.

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Magistère Aissa Boulkaibet

Ce document traite de la question du risque industriel et du développement durable en Algérie, en prenant comme cas d'étude la wilaya de Skikda et sa zone pétrochimique. Il présente le contexte du développement industriel en Algérie et ses conséquences sur l'urbanisation. Il analyse ensuite les risques industriels dans la zone de Skikda et la cimenterie de Hadjar Assoud, et évalue l'intégration insuffisante du risque dans l'aménagement du territoire.

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REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE

Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique

Université Mentouri De Constantine


Faculté Des Sciences de la Terre, de la Géographie
Et de L’Aménagement du Territoire
Département d’Aménagement du Territoire

N° d’Ordre :
Série :

LA QUESTION DU RISQUE INDUSTRIEL ET LE


DEVELOPPEMENT DURABLE EN ALGÉRIE
CAS DE LA WILAYA DE SKIKDA (LA ZONE PÉTROCHIMIQUE ET
LA CIMENTERIE DE HADJAR ASSOUD)

Mémoire présenté par : BOULKAIBET Aissa


Pour l’Obtention du Diplôme de Magistère en Aménagement du territoire
Spécialité Aménagement des milieux urbains
Sous la direction de : BENMISSI Ahcene

Jury :
Président : LAROUK Mhd el hadi Professeur à l’université Montouri de Constantine
Examinateur : BOUKERZAZA Hosni Professeur à l’université Montouri de Constantine
Examinateur : LAKHAL.A Professeur à l’université Montouri de Constantine
Rapporteur : BENMISSI Ahcene Professeur à l’université Montouri de Constantine

- 2011 -
1
Remerciements

Je tiens à remercier monsieur BENMISSI AHCENE, professeur de géographie à l’université de


Constantine pour ces conseils et ces orientations qui m’ont beaucoup aidé à réaliser se travail.

J’exprime toute ma gratitude à mes parents et à ma femme pour leur soutien et leur encouragement
durant cette année d’études.
Je dédiés mon travail aussi à mes enfants Abdeldjalil et louaî

En fin, je remercie toutes les personnes qui m’ont aidé à réaliser mon travail.

2
SOMMAIRE

INTRODUCTION ET PROBLEMATIQUE………………………………………… .P 05
Méthodologie de recherche ……………………………………………………………… p 11

PARTIE 1 : LE RISQUE INDUSTRIEL ET LE DEVLOPPEMENT DURABLE


DEFINITION ET HISTORIQUE. ……………………………………….p 16

CHAPITRE 1 : Le risque et ses différents concepts…………………………………….p 17

CHAPITRE II: Historique des catastrophes industrielles ……………………………..p 23

1- Dans le monde …………………………………………………………………………..p 23


2- En Algérie ……………………………………………………………………………….P 25

PARTIE II : INDUSTRIALISATION - URBANISATION D-ANS LA VILLE


ALGERIENNE - CADRE JURIDIQUE UNE INTEGRATION
INSUFFISANTE DU RISQUE ……………………….p 30

CHAPITRE 1 : Le modèle de développement économique en Algérie et ses


Conséquences ……………………………………………………………..p 31

1- Un développement économique fondé sur une planification centralisée ……………….p 31


2- Les conséquences d'un modèle économique centralisé …………………………………p 34

CHAPITRE II : Processus d'urbanisation et modalités législatives …………………..p 37

1 - Le processus historique de la formation des villes algériennes ………………………...p 37


2- Le processus d'urbanisation : quel dispositif juridique le sous-tend? …………………...p 42
3 - Evaluation d'ensemble: une intégration insuffisante du risque dans les plans
d'aménagement et d'urbanisme ………………………………..p 47

CHAPITRE III : Le cadre juridique et institutionnel qui gère les risques industriels
et la protection de l'environnement ………………………………….p 51

1- Le cadre législatif et réglementaire ……………………………………………………...p 51


2- Accord international …………………………………………………………………….P 52
3- Evolution de la réglementation qui gère les installations classées ……………………...p 52
4- Les dispositifs de prévention : leur portée et quelle implication ? ……………………..P 53
5- Le cadre institutionnel………………………………………………………………….. p 56

ÉTAT DES HYPOTHÉS …………………………………………………………………p 57

1- Intégration insuffisante du risque industriel à tous les niveaux………………………… p 57


2- Une population qui n'est pas à l'abri du risque et est particulièrement vulnérable ……...p 58

3
PARTIE III : LA QUESTION DE LA PROXIMITE HABITAT 1INDUSTRIE
CAS DELA WILAYA DE SKIKDA…………………………… p 59

CHAPITRE 1: LE CAS DE LA VILLE DE SKIKDA ET SA ZONE


PÉTROCHIMIQUE. ………………………………..p 60

Présentation de la zone d'étude …………………………………………………………….P 61


1- Présentation de la ville de Skikda ……………………………………………………….p 61
2-Paramètre géologiques …………………………………………………………………...p 67
3-Le choix d'implanter le pôle pétrochimique à Skikda …………………………………...p 67
4- Les aspects de sécurité et de sûreté dans les complexes ………………………………...p 72
5- Le développement urbain de la ville et son rapprochement avec le pôle………………..P73
6- Résultats de l'investigation………………………………………………………………P 84
7- Résultats des modélisations ……………………………………………………………..p 89
8- L'explosion de la chaudière de GNLKI………………………………………………….p 93
Conclusion …………………………………………………………………………………p 97

CHAPITRE II : LE CAS DE L'AGGLOMERATION DE BEKOUCHE Lakhdar


ET LA CIMENTERIE DE AHDJAR Assoud………………... p 99

1- Objectif de l'étude ……………………………………………………………………...p 100


2-Au plan réglementaire …………………………………………………………………..p 102
3-Description de l'environnement………………………………………………………... p 103
4-Identification des risques avec les sous-systèmes de l'installation…………………….. p 110
5- Enquête de perception ………………………………………………………………….P114
6-Identification des barrières de prévention et de protection…………………………….. P 119
Conclusion ………………………………………………………………………………..p 125

CONCLUSION GENERALE …………………………………………………………...p126

Bibliographie…………………………………………………………………………...............
Annexes ………………………………………………………………………………………..
Liste des tableaux………………………………………………………………………………
Liste des cartes…………………………………………………………………………………
Liste des figures et schémas……………………………………………………………………

4
INTRODUCTION ET PROBLEMATIQUE

L’intérêt porté aux risques et aux catastrophes technologiques ne cesse de s’accroître,


notamment depuis la seconde moitié du XXe siècle.

«
Quinze ans à peine après son énonciation, le Risque Technologique
Majeur (RTM) est ainsi devenu un problème social de premier ordre. Les
catastrophes de Mexico et Bhôpal en 1984 et de Tchernobyl en 1987 ont
fortement contribué à cette montée en puissance du thème du risque
technologique majeur ; responsables politiques, administratifs, groupes
industriels, travailleurs, médias, population, sont de plus en plus sensibles
au problème du risque technologique majeur, aux questions de sécurité et
à l’environnement en général » [E.P-Zimmermann, 1998, p 71].

La nature et le sens du risque technologique se sont considérablement transformés durant les


siècles, ces transformations sont la conséquence des évolutions du système productif. Durant la
révolution industrielle, les risques et leurs impacts étaient limités et localisés dans l’espace. Ils
touchaient certaines classes de population comme les catastrophes minières et les accidents liés au
moyen de transport (chemins de fers et navigation maritime).

A partir de la deuxième partie du XXe siècle, le progrès technologique et la concentration


urbaine ont eu pour conséquence un changement des échelles spatio-temporelles du risque. Le
Secrétaire Général des Nations - Unies n’a pas manqué de souligner, lors d’une cérémonie, en juillet
1999 que
«
les risques sont encore accrus par le fait que les villes du monde en développement
sont atteintes de gigantisme et que les systèmes de communication, de transport et de
distribution d’énergie forment des réseaux de plus en plus denses et complexes. Nous
devons passer de la réaction à la prévention ».

Cette observation met en évidence le rôle de l’homme dans l’aggravation des impacts de ces
catastrophes et permet de tirer les enseignements suivants :

5
- le risque résultant des activités industrielles peut atteindre des niveaux catastrophiques,
proportionnellement à l’accroissement de la concentration de populations et d’activités
économiques (industrielles) avoisinantes ;
- la notion de risque et son évaluation ont connu une évolution. En effet, jusqu’à une date relati
vement récente, le risque était surtout perçu en terme de vies humaines, au détriment des
dommages environnementaux.
Dans une telle situation, la place de l’industrie dans notre société se pose, ainsi que les notions
de proximité et d’éloignement entre industrie et habitat qui sont au cœur de la problématique. D’après
«
[J. DONZE (1996)] le risque résulte d’une vulnérabilité accrue par l’urbanisation face aux
différents dangers ….. « La ville ne ferait d’ailleurs qu’aggraver les effets d’accidents d’origine
»

exogène. Le risque serait alors une production sociale, et une résultante de la dynamique urbaine ».
Effectivement par rapport aux visées (priorités) de chaque société on obtient une organisation spatiale
propre.
Le RTM contemporain prenait d’autres échelles spatio-temporelles. À ce propos, [U.BECK (2001, p
«
13)] note que : le pouvoir du danger abolit toutes les zones de protection et toutes les
différenciations de l’âge moderne ». Cette dynamique du risque et son pouvoir destructeur est
marquée à l’heure actuelle par les accidents nucléaires. Donc, la complexité du risque et la difficulté
d’entreprendre une mesure exacte dépendent des éléments ci-dessous qui peuvent donner à la
catastrophe une plus grande intensité :
- la population et sa densité dans les zones urbaines,
- la proximité habitat / industrie qui amplifie le risque car les installations industrielles se
trouvent de plus en plus à l’intérieur ou dans le voisinage immédiat des villes,
- les systèmes de communication, de transport et de distribution d’énergie,
- la complexité du système productif, et la multiplication des substances dangereuses

C’est ainsi qu’aujourd’hui, les géographes commencent à mettre en évidence la relation entre
risque et espace pour comprendre la complexité spatiale dans laquelle s’inscrit les RTM. L’objectif
consiste dés lors à cadrer les limites de danger ainsi qu’à tracer les périmètres de sécurité. La
réalisation d’une carte de risque mettant en relation les divers acteurs impliqués dans la gestion du
RTM est le document de synthèse qui doit signaler l’aboutissement de cette démarche.

6
Plusieurs chercheurs ont évoqué les politiques de prévention des risques et la gestion des crises.
Citons ici les différents travaux de P.lagadec (1981), U.Beck (2001) suite à l’accident de Toulouse1,
dans l’objectif de trouver des solutions, un débat national a eu lieu en France en 2001, où
d’importants aspects ont été soulevés :
- La culture du risque,
- Réduire le risque à la source pour une meilleure gestion de la sécurité,
- La maîtrise de l’urbanisation autour des sites à risque,
- L’acceptabilité du risque par les citoyens.

Cette mobilisation autour des RTM dans les pays développés, nous amène à poser la question
du risque industriel dans les pays en voie de développement et la politique de prévention contre les
dangers engendrés. Cette étude a pour but d’approfondir nos connaissances sur les risques industriels
à travers l’étude du cas de l’Algérie.
Lorsque l’on sait que la concentration des activités industrielles et l’urbanisation dense se
situent sur la frange côtière la plus vulnérable (présence notamment de risque naturel), on comprend
davantage pourquoi l’Algérie réunit toutes les caractéristiques d’un pays à risque. Le processus de
développement s’est effectué dans des conditions n’ayant pas pris en compte les impacts sur
l’homme et l’environnement. Quarante six ans après l’indépendance, l’espace fortement aménagé a
subi de nombreuses atteintes et transformations. Il est nécessaire de comprendre le processus général
de la production de l’espace algérien, voire l’organisation du territoire et la répartition spatiale dans
laquelle s’inscrivent les risques industriels majeurs. Dans ce contexte, il apparaît opportun de voir la
relation entre le processus de développement économique, la politique d’aménagement du territoire et
la gestion du risque. Quelle est l’impact de la concentration des pôles d’activités économiques sur le
processus d’urbanisation des villes algériennes ?

Parler du risque en Algérie, c’est évoquer inévitablement les écarts entre le discours et la
pratique ainsi que l’incompatibilité des schémas d’implantation des zones industrielles et les schémas
d’aménagement du territoire.
Le modèle de développement économique en Algérie institué sur la transformation des
richesses souterraines est fondé sur la théorie socialiste de l’industrie. C’était une véritable marche
vers le progrès à laquelle l’Algérie a consacré la quasi totalité de ses efforts visant l’exploitation des
richesses minières et des hydrocarbures qui représentent la principale ressource naturelle du pays :

1
Explosion de l’usine AZF à Toulouse (France)-2001
7
«
les exportations de pétrole et de gaz assurent à elles seules 95% des ressources en devise de
l’Algérie. Découvert en 1950, le pétrole algérien représente 0,9% des réserves mondiales, 70% du
gaz est exporté sous forme liquéfiée à partir des pôles pétrochimiques d’Arzew et de Skikda »2
L’industrialisation en l’Algérie a eu pour conséquence la concentration des activités à risque
près des grandes villes littorales, ce qui présente une menace grave pour les populations.
Actuellement, on assiste à une extension urbaine incontrôlée autour d’importantes zones industrielles,
telle que : Alger, Skikda, Arzew, Bejaia, Annaba, Hassi - Messaoud.
Ces zones ont connu plusieurs accidents spectaculaires (à titre d’exemple une quinzaine d’explosions
à Arzew en 2003, le premier pôle pétrochimique en Algérie), mis à part les conséquences fâcheuses
sur la santé publique à cause de la poussière dégagée par les cheminées de plusieurs cimenteries ;
comme celle de Hamma Bouzainne à Constantine.
Le 19 janvier 2004, une défaillance technique dans une chaudière du complexe GNL3 de
Skikda a provoqué la plus grande catastrophe industrielle que l’Algérie n’ait jamais connue.
Le bilan de la catastrophe est lourd : 27 morts et 74 blessés parmi les travailleurs. La déflagration fût
ressentie à plus de 4 km du complexe (journal El Watan, 2004, voir annexe). Au lendemain de cette
catastrophe, un projet de loi relatif à la prévention des risques majeurs et à la gestion des catastrophes
a été déposé au bureau de l’assemblée populaire nationale. Après cette déflagration, d’autres
accidents se sont produits en 2005 et 2006.

En Algérie, la question du risque est très limitée dans son traitement, les chercheurs algériens
ont toujours eu du mal à développer leurs analyses et leurs réflexions sur cette problématique vu la
difficulté d’accès aux données nécessaires.
Les thèmes les plus développés étaient relatif à l’explosion démographique et l’extension urbaine
(consommation spontanée de l’espace, ruralisation des villes), à la crise de logement et la
prolifération des bidonvilles. Ces thèmes ont été abordés tantôt à travers des critères économiques,
tantôt à travers des critères sociaux. Tous les thèmes traités ont eu pour principal objectif de décrire
les phénomènes sociaux accompagnant l’industrialisation et les changements structurels de la société
d’origine rurale.

L’état de fait de la situation a poussé notre curiosité envers ce sujet et qui prévoie la mise en
relief de plusieurs questions qui tournent au tour des risques industriels en Algérie.
2
Selon les données avancées par SONATRACH (Société Algérienne de Recherche, d’Exploitation, de Transport
par Canalisation, de Transformation et de Commercialisation des Hydrocarbures et de leur dérivés)
3
GNL : gaz naturel liquéfié
8
Les questions de fond qui se posent sont : comment peut-on faire une liaison entre les différents
acteurs de la gestion du risque Etat, Industrie, Population ? Comment peut-on rendre la confiance
entre ces différents acteurs ? Quelle est la méthode pour implanter une culture de risque où chaque
acteur assumera sa responsabilité ? Peut-on réduire le risque avec cette politique de laisser - faire? A
quel prix ? Dans quels délais ? Et avec quelles conséquences ? Quels accidents faut-il encore
considérer ? Et comment en gérer les conséquences ? Comment adapter la réglementation qui gère les
installations classées avec la situation actuelle ? Comment peut-on intégrer les périmètres de
sécurités dans les plans d’aménagement du territoire ? Quel est le niveau d’influence des institutions
de l’environnement sur les projets économiques de l’Etat ? Comment les collectivités locales
peuvent-elles reprendre l’autorité de gérer le foncier urbain ?
De nombreuses questions se posent auxquelles nous essayerons de répondre au cours de notre travail,
qui prendra comme exemple la ville de Skikda et son pôle pétrochimique et la cimenterie de
HADJAR SOUD (wilaya4 de Skikda nord-est algérien).

La première analyse de la question du risque, dans notre zone d’étude, a été effectuée à
travers les multiples contacts que nous avons eu avec les services administratifs concernés (inspection
de l’environnement de Skikda, l’entreprise de gestion de la zone industrielle, service technique de la
commune de Skikda, la cimenterie de HADJAR SOUD et la collectivité locale de BEKOUCHE
Lakhdar). Cette visite nous a permis de constituer une première base de données pour analyser
l’extension de la ville de Skikda, ainsi que les agglomérations proches de la cimenterie de HDJAR
SOUD qui se sont mêlées au tissu industriel. Voire les différentes interventions de la société sur son
espace (prolifération de l’habitat spontané et individuel).
«
L’objectif sera donc de définir et cartographier l’espace-risque ». L’utilité de cette carte se
résume essentiellement dans la négociation entre les différents acteurs du risque (population,
collectivités locales et les industriels)
Cette récente thématique de recherche n’est pas investie en Algérie.

Ce travail s’articule sur trois Chapitres :


- Le premier sera consacré à la définition du risque industriel, dans ses différentes acceptions.
Ainsi nous dresserons un historique des catastrophes industrielles, tant au niveau mondial
que national, tout en rappelant les différents modes de gestion des risques dans les pays
développés.

4
Division administrative équivalant au rang de département
9
- Le deuxième traitera du processus de développement industriel et urbain dans la ville
algérienne ainsi que le dispositif juridique et institutionnel qui gère les risques industriels.
- Le troisième abordera l’étude du risque dans la wilaya de Skikda, à travers le traitement de
la question de proximité ville - zone industrielle et l'impact d'implantation de la cimenterie
de HDJAR SOUD dans une zone d'origine rurale.

10
MÉTHODOLOGIE DE RECHERCHE

Il nous est apparu indispensable de mettre en évidence trois éléments nécessaires pour notre

méthodologie de travail :

- l’impact de la concentration des pôles d’activités économiques sur le processus d’urbanisation

des villes algériennes,

- la répartition spatiale dans laquelle s’inscrivent les risques majeurs,

- la politique de prévention.

L’évaluation du niveau de prise en compte du risque industriel s’effectue selon des dispositifs
spécifiques qui s’inscrivent dans le schéma suivant : Risque = aléa x vulnérabilités.
Cette évaluation des aléas et des vulnérabilités du risque dans notre zone d’étude s’effectue à l’aide
de certains outils.

Les outils de recherche qui seront mis en œuvre, ont été choisis par rapport aux informations
recueillies lors de mon enquête sur terrain, en visitant : le pôle pétrochimique , les services de
l’inspection de l’environnement de la wilaya de Skikda, l’office national des statistiques de la wilaya
de Skikda, la direction des mines et de l’industrie, le cadastre, la direction de planification et
d’aménagement du territoire (DPAT), le centre de recherche de construction urbanistique (URBAN),
et la Direction de l’Urbanisme de la Construction et de l’Habitat (DUCH), la direction de l'urbanisme
de la commune de BAKOUCHE LAKHRDARE et le direction de la cimenterie de HDJAR ASOUD.
Parallèlement aux informations recueillies, plusieurs entretiens ont été effectués avec les responsables
de ces services comme : la direction l’EGZIK de Skikda. Au niveau de l’inspection de
l’environnement de Skikda, on a constaté une insuffisance d’informations relative aux questions du
risque industriel dans la zone d’étude. Les données mentionnées relèvent un manque de fiabilité vu
l’incompatibilité des rapports avec la réalité sur le terrain ce qui donne une certaine importance au
travail du terrain.

Pour ce travail de recherche, une combinaison de plusieurs outils est à prévoir :


11
1-Les outils de recherche
1-1 Les travaux scientifiques

Pour mieux cerner la problématique du risque et mesurer les aléas et les vulnérabilités d’un
accident potentiel dans le pôle pétrochimique et la cimenterie de HADJAR Soud, il est indispensable
de consulter plusieurs genres de travaux scientifiques à savoir : rapports, thèses et ouvrages. Cela a
pour but de mesurer leur degré d’importance à d’autres échelles, la méthodologie et les approches de
leurs traitements (l’évaluation du risque à partir de l’approche déterministe – basé sur les
conséquences d’un accident – comme en France où l’approche probabiliste – basée sur l’évaluation
quantitative des probabilités et conséquences – adoptée aux Pays-Bas) et la possibilité de leur
application dans notre cas d’étude.
Il est à noter que les études faites sur la problématique du risque sont très rares en Algérie, à
l’opposé des pays développés, où foisonnent des travaux scientifiques sur les risques industriels.
Les divers travaux techniques dans le domaine de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme,
nous aiderons à restituer notre problématique dans un cadre spatial et institutionnel. Ils constitueront
les documents de base pour déterminer les zones urbanisées et les périmètres à risque. Les différents
documents législatifs dans la gestion de l’urbanisme et de la planification économique, l’organisation
spatiale et la protection de l’environnement en général (le journal officiel, les notices ministérielles,
et communales), serviront à préciser la responsabilité des acteurs dans la gestion du risque. En plus,
ces documents nous permettront de constater l’écart entre le discours et la pratique.

Pour comprendre l’extension géographique d’effet des accidents et la probabilité d’occurrence


de ces accidents, quantifier ces effets sur les populations riveraines de la ville de Skikda et les
agglomérations avoisinante la cimenterie, on propose une approche quantitative du risque, dans le but
de constituer une base de donnée capable de réaliser des cartes de synthèses. Cette approche peut être
appréciée à travers les statistiques : un outil considéré comme explicatif de la production de la
situation actuelle.

12
1-2 Les données statistiques

Leur rôle est de fournir des références quantitatives utiles à la compréhension de la naissance
et du développement d’un phénomène. Pour la problématique du risque industriel, les statistiques
peuvent identifier, quantifier et analyser les sources de dangers, ainsi que les vulnérabilités en cause.
A travers la quantification de la production de chaque complexe et de chaque substance
dangereuse, on peut faire des estimations théoriques sur l’extension d’un accident. Le développement
de la population et sa répartition dans l’espace à travers les différents taux statistiques, comme les
recensements de population (RGPH5 1967, 1977, 1987, 1997, 2006), la population active et le
développement de la structure de l’emploi (agriculture, industrie, tertiaire), nous aide à comprendre
les mutations socio-spatiales suite à l’industrialisation de la ville et les agglomérations auteur de la
cimenterie qui était d’origine rurale. Ainsi, les bilans des migrations externes et son rapport avec
l’implantation industrielle, voir même le taux d’urbanisme, et la densité urbaine dans l’espace par
îlot et par type d’habitat nous aidera à comprendre l’histoire de la formation de l’habitat individuel et
des bidonvilles, le problème de la proximité habitat/industrie, et les conséquences d’un accident sur la
population riveraine du pôle et la cimenterie.
A partir du taux de chômage, le déficit en logement et son rôle dans la prolifération de
l’habitat spontané et l’utilisation abusive du foncier urbain, on peut comprendre les problèmes
sociaux générés par l’attraction de l’industrie.

Ces deux outils de recherche (les travaux scientifiques et les statistiques) seront renforcés par
le travail sur le terrain, afin de nous donner une approche réelle de la question du risque industriel.

1-3 L’approche du terrain

Le travail sur le terrain est une phase très importante et primordiale, c’est un outil de
recherche qui met le chercheur en contact direct avec le terrain. Pour un géographe, l’enquête sur le
terrain est l’outil de base et de fiabilité de tous les résultats finaux. Cet outil de travail permet de
comparer les hypothèses avec la réalité.
Dans le cadre de notre thématique de recherche, le risque varie notamment en fonction de la
gestion spatiale faite par la société. L’enquête sur le terrain nous permettra d’avoir une idée sur la
perception et la signification du risque industriel chez la population (travailleurs, citoyens),

5
Recensement Générale de la Population et de l’Habitat
13
particulièrement celle qui avoisine le pôle et la cimenterie, et les motifs de leurs installations à côté de
l'industrie. Ces informations seront recueillies à l’aide d’un questionnaire (annexe).
L’enquête sur le terrain permettra par ailleurs de comprendre le rôle des collectivités locales
dans la gestion de l’espace bâti et le contrôle de l’activité industrielle. C’est le seul moyen de cerner
les comportements réels des différents acteurs du risque.
En 2004, pour mon DEA, des entretiens préliminaires ont été effectuées avec les différents
responsables, certaines administrations locales concernées et quelques agents du service
d’intervention. Dans le cadre du prochain travail, en l’occurrence le magistère, l’accent sera mis sur
les résultats des entretiens avec la population et les travailleurs dans les différents complexes, ainsi
que la cimenterie.
La phase finale de notre étude, est basée sur l’outil cartographique qui nous aidera à
comprendre la complexité spatiale du risque à travers l’utilisation de la carte comme moyen d’analyse
et de décision.

1-4 L’outil cartographique

Afin de comprendre la complexité des relations entre risque et espace et les comportements
sociaux sur le territoire (implantation industrielle, l’habitat individuel…), la cartographie joue un
double rôle. D’une part, elle permet de matérialiser les risques ; rendre perceptible la virtualité en lui
donnant forme et contour, situer les différentes interventions de chaque acteur du risque. D’autre part,
elle est considérée comme un outil d’information privilégié dans le processus de négociation sociale à
propos des risques majeurs.
Avec la cartographie, on aborde la question du risque industriel dans toutes ses dimensions ;
technique, spatio-temporelle, sociopolitique et même juridique. C’est un outil de communication
entre les acteurs pour résoudre les problèmes géographiques du risque.
Le manque des cartes qui présentent la situation de la proximité habitat/industrie, nous a
poussé à faire un travail de reconstitution personnelle sur la base des cartes d’IGN et des cartes de
synthèse recueillie de différentes sources (mémoire de fin d’étude, service technique de la ville de
Skikda et la commune de BEKOUCHE Lehkder, la cartothèque de l’institue de science de la terre de
Constantine).
On va prendre comme documents de base aussi, les études de danger de la plate forme, ainsi
que la de la cimenterie et les plans d’organisations et d’interventions de secours (POI, PPI) qui
constitueront des documents cartographiques déterminant les périmètres de sécurité. Les plans
14
d’urbanisme : le PDAU et les POS des agglomérations voisinant notre zone d'étude et les cartes de
l’IGN de Skikda et de la région de AZZABA d’une échelle de 1 /25000.
La carte d’IGN de 1/25000 permet d’avoir une vue globale des risques sur un format facile à
manipuler et montre clairement la situation de la proximité de l’habitat /industrie.

15
LE RISQUE INDUSTRIEL ET LE DEVLOPPEMENT
DURABLE
DEFINITION ET HISTORIQUE

PREMIERE PARTIE

16
CHAPITRE I
LE RISQUE ET SES DIFFERENTS CONCEPTS

Pour bien cerner la problématique du risque, il apparaît indispensable de procéder à la


définition de cette notion dans le but d’appréhender les phénomènes catastrophiques, expliquer leur
formation, comprendre leurs déclenchements et prévoir leurs conséquences.

Le risque majeur caractérisé par une faible fréquence et une énorme gravité, regroupe d’une
façon générale les Risques industriels et les risques de transport, avec les risques naturels. Les
Risques Technologiques d’origine anthropique, regroupent les risques industriels, nucléaire,
biologique, les ruptures de barrages et le transport d’une matière dangereuse.
Dans l’étude des risques et des catastrophes, la première distinction oppose ce qui est
potentiel, et ce qui est réel. Le risque possède une dimension probabiliste, mais la catastrophe devient
une certitude, l’écart entre ces deux notions représente un décalage d’ordre temporel et spatial. La
catastrophe est « Accident violent qui met en cause sur une étendue, la sécurité et l’organisation de
l’économie et du peuplement » (dictionnaire de la géographie, 1970, p 69).
Le « risque industriel » est considéré comme la probabilité qu’un événement accidentel se
produise sur un site industriel et entraîne des conséquences immédiates graves pour le personnel, la
population avoisinante, les biens et l’environnement. Donc, le risque c’est le produit d’un aléa et
d’une vulnérabilité, ou la confrontation d’un aléa avec des enjeux. L’aléa est un concept qui désigne
la probabilité d’occurrence d’un phénomène, et son intensité, ainsi que la durée considérée.
L’enjeu : est l’ensemble des personnes et des biens susceptible d’êtres affectés par un phénomène
naturel ou technologique.
La notion de vulnérabilité s’est progressivement enrichie. La vulnérabilité classique, au sens
plus large, exprime le niveau de dommage prévisible d’un phénomène sur les enjeux. Mais depuis
une dizaine d’années, la vulnérabilité est aussi « celle qui considère la vulnérabilité des sociétés à
travers leur capacité de réponses à des crises potentielles » (A.DAUPHINE, 2001, p19). La
complexité de la vulnérabilité et ces différentes formes constituent un élément de réflexion de
plusieurs chercheurs anglo-saxons qui distinguent entre deux vulnérabilités : individuelle et sociale.
La première consiste en la probabilité qu’une personne vivant dans un lieu non protégé, proche de
l’activité industrielle, soit une victime potentielle d’un accident lié à cette activité. La deuxième
représente la probabilité qu’un groupe de personnes soit touché par un accident majeur lié à l’activité
17
industrielle considérée. Au plan géographique, la vulnérabilité individuelle se définie en fonction de
la localisation de la personne par rapport au site dangereux. Il sera donc aisé de tracer des lignes de
vulnérabilité autour d’une entreprise. La vulnérabilité sociale ne dépend pas du même paramètre ;
c’est à dire de la distance par rapport au site dangereux, mais elle se définie en fonction de la densité
de la population et de sa répartition spatiale.
En règle générale, la vulnérabilité est fonction du statut socio-économique des populations
frappées par une catastrophe. Tous les accidents industriels montrent que les dommages varient
suivant les catégories de classe de société, car les personnes aisées sont moins frappées que les
pauvres. C’est ce qui explique en partie l’écart considérable entre les pertes humaines comptabilisées
dans les pays développés et celles qui sont en voie de développement. La majorité des catastrophes
d’ordre technologique correspondent à des localisations d’usines à risque, à des équipements urbains,
ce qui explique la tendance de la vulnérabilité à cause de l’urbanisation incontrôlée autour des sites
dangereux.

Une des conséquences du développement technologique et du processus de la modernisation,


est la production d’une société de risque. D’après U.BECK (2001, p21)

«
au XIX siècle, la modernisation a détruit la société agraire prisonnière
du système féodal ; pour esquisser la structure de la société industrielle ;
aujourd’hui, la modernisation efface les contours de la société
industrielle, et on voit apparaître, dans la continuité de la modernité, une
configuration sociale tout autre ».

La société est en état d’impuissance face aux risques majeurs. Le danger devient une réalité et
on vit avec le risque engendré par la société elle même. Une catastrophe comme Tchernobyl a généré
des bouleversements d’ordres sociaux, psychologiques et familiaux des personnes concernées. Ce
qui porte un préjudice à l’unité sociale.
Le risque dans l’angle sociologique, c’est l’effet de la modernité, et les décisions individuelles
sur la société, comme le confirme C.GILBERT (2003) le risque est : « la confrontation entre société
civile et État ».
Ces effets ont provoqué une très grande mobilisation contre les risques technologiques
majeurs surtout les trois dernières décennies. Ils sont à l’origine de la création de certains concepts
et principes qui guident aujourd’hui les politiques qui gèrent les risques industriels.
18
Le principe de précaution (vorgeprinzip) : prend naissance en Allemagne au cours des
années 70.
«
Par précaution, on désigne l’ensemble des mesures destinées soit à empêcher
des menaces précises à l’environnement, soit, dans un objectif de précaution,
à réduire et limiter les risques pour l’environnement, soit, en prévention de
l’état future de l’environnement, à protéger et à améliorer les conditions de
vie naturelles, ces différents objectifs étant liés » (J.DUBOIS-MAURY, 2002,
p33).

Lors du sommet de la réunion de l’ONU, à Rio en juin 1992, le principe de précaution est
devenu mondial à côté de ceux de participation, de coopération et de responsabilité. Il a renforcé le
principe du développement durable. C’est ainsi que la précaution est intégrée dans toute une série
de convention portant sur la gestion du risque majeur. Par contre sa mise en œuvre à trouver des
difficultés. On constate que la précaution soulève des incertitudes, sur la nature et les effets d’un
danger et les risques qu’il entraîne. Ce doute qui entoure la précaution met les décideurs devant une
situation difficile pour la prise de décision.

Vers les années 80, le principe du risque zéro est soulevé par X. GUILHOU, et P.
LAGADEC (2002). Ils avancent la possibilité de maîtriser les risques dans des champs variés.
A partir des années 90, il ne s’agit plus d’éliminer le risque, mais plus modestement de le gérer. Lors
d’un débat national sur les risques industriels, en France (2001), P.ESSIG confirme qu’on ne peut pas
éliminer le risque industriel, car notre société a un besoin vital des produits qui sont concernés par le
risque, mais par contre le risque zéro n’existe pas : tant qu’on n’est pas arrivé à contrôler tous les
facteurs du risque, on ne peut pas l’éliminer.

Tous les spécialistes insistent sur le fait qu’on est en face d’un problème culturel, où la
culture du risque doit être implantée dans la société.
«
P.PERETTI-WATEL (2001, p19) affirme que les sociétés contemporaines sont marquées par la
prolifération des risques…Il est ainsi plus précis d’évoquer une ‘culture du risque’ [GIDDENS,
1991], plutôt qu’une civilisation [LAGADEC, 1981], ou une société [BECK, 1992] du risque qui
seraient d’abord déterminées par les caractéristiques inédites des risques technologiques majeurs ».

19
Parler du risque, c’est en générale à l’aspect « sécurité » que l’on pense immédiatement. La vie
de personnes peut être en jeu. Cependant l’aspect « production » est aussi important car il peut
entraîner des pertes économiques.
Evoquer la culture du risque ou la culture de sécurité, nous oblige à regarder les problèmes
en face dans leur réalité complexe, leur dangerosité mais aussi dans leurs aspects bénéfiques, y
compris leurs dimensions scientifiques, économiques, administratives, sociologiques et sociales.
Entre dans une culture de sécurité c’est utiliser le doute dans l’analyse des problèmes en introduisant
l’aléa et par conséquent en ajoutant une approche « probabiliste » à l’approche « déterministe » dans
toutes nos études de danger. L’émergence d’une culture de sécurité oblige une démocratisation du
risque, donner la parole à tous les acteurs en commençant par les citoyens d’abord. Il faut laisser le
choix à la société d’accepter ou non de vivre avec le danger.
Dans le climat des trois dernières décennies du XX siècle, les dommages des dernières
catastrophes étaient caractérisés par de nombreux scandales médiatiques. Ces derniers ont révélé la
volonté de trouver les responsables. Ils ont engendré une nouvelle manière de partager les
responsabilités des politiques et des industries pour promouvoir une gestion de risque plus
transparente et plus démocratique. Cette transparence et la démocratie du savoir sur les risques
probables regroupent les acteurs suivants : l’industrie, l’Etat, le citoyen et l’expert.
La culture du risque attire l’attention de plusieurs spécialistes. Ils ont proposé des solutions pour
minimiser le danger.

Dans ce contexte, les pays développés ont appliqué la politique de prévention, qui s’articule
autour de quatre grands axes (schéma N° 01).

 Réduire le risque à la source :


1- L’analyse des produits manipulés dans les sites à risques et la façon dont ils sont stockés.
2- Les études de danger : réalisées sous la responsabilité de l’industriel, la plupart du temps
avec l’aide d’un bureau d’étude extérieur, cette étude identifie précisément les risques
internes et externes à l ‘établissement, les mesures à même de les réduire, et recensent les
moyens de secours disponibles en cas de sinistre. Cette étude renouvelable dans chaque
changement de l’activité, est contrôlée par l’Etat.
3- Cadres réglementaires strictes qui gèrent l’industrie à risque, par l’obligation de réaliser
une étude d’impact et de danger, d’établir des taux d’activité et seuil de stockage de
certains produits. Le suivi et les contrôles des entreprises sont effectués par l’État.
20
 Plans d’intervention :
POI (plan d’opération interne) : plan établi par un industriel pour organiser la lutte
contre les sinistres, pouvant survenir à l’intérieur de son établissement.
PPI (plan particulier d’intervention) : établi par le préfet, ce plan a pour but
l’organisation des secours en cas de répercutions graves d’un accident en dehors d’un
site industriel touché.

 l’urbanisation et ses rapports avec l’industrie :


Les plans d’urbanisme et son niveau de prise en compte des périmètres de protection
(l’ensemble des zones qui peuvent être touchées par les conséquences d’un accident), qui
sont distingués à partir de l’étude de danger :

1- Zones de protection (espace de concertation) : autour des établissements où l’urbanisation sera


réglementée, cette zone dite aussi zone de sécurité, comprend les zones de protection
rapprochées ZPR (interdiction de construire de nouveau dans cette zone), et les zones de
protection éloignées ZPE (limitation de la densité pour les nouvelles constructions). À
partir de la délimitation de ces zones, les plans d’urbanisme seront effectivement modifiés
avec les nouvelles données du risque.

2-Le rôle de l’administration pour maîtriser l’urbanisation autour des sites à risque.

 L’information préventive de la population :


Former la population avoisinante au risque probable, et à ses effets avec l’élaboration des
exercices d’évacuation et des visites dans les établissements dangereux.

21
Schéma N° 01: Les axes de la politique de prévention

Source : www.cypres.org/html/risques.html

Malheureusement, cette politique de prévention est difficilement applicable dans les deux cas :
- Sur les sites existants, souvent d’implantation ancienne, où l’extension urbaine a rattrapée
le tissu industriel.
- Dans le cas où les usines ont été implantées relativement proches d’urbanisations
importantes.
Mais elle reste une solution envisageable pour lutter contre les risques technologiques majeurs et
vient après l’ampleur considérable des catastrophes industrielles.

22
CHAPITRE II
HISTORIQUE DES CATASTROPHES INDUSTRIELLES

Les catastrophes industrielles ont connu ces dernières années une ampleur considérable suite
au développement de l’urbanisation et à la concentration des personnes et des infrastructures
économiques.

1-Dans le monde

La multiplication des catastrophes industrielles et technologiques, dont l’ampleur s’est


considérablement accrue, ravage des territoires entiers et provoque des milliers de morts. À cela
s’ajoutent de lourdes pertes financières.
Dans le monde, l’importance de ces catastrophes a notamment été marquée par plusieurs accidents
cités dans le tableau N° 01 présente les principaux accidents technologiques dans le monde entre
1960 et 2004. On remarque que la quasi totalité des accidents industriels se situent au stade de la
production, du transport, du stockage, l’utilisation de substances et produits dangereux. Spécialement
dans le domaine de l’hydrocarbure liquide ou gazeux et leurs dérivés chimiques. Ses catastrophes
s’inscrivent généralement dans un triple registre associant souvent explosion, incendie, pollution.
Techniquement, on distingue les phénomènes et les risques afférents suivants :

- L’explosion d’un nuage de gaz inflammable à la suite d’une fuite accidentelle, comme
l’accident de Flixborough 1974.
- L’éclatement d’un réservoir, suite à une boule de feu avec libération d’un gaz qui, s’il est
inflammable, forme une boule de feu avec un intense rayonnement thermique. Comme
l’accident de Feyzin (1966) et de Mexico (1984).
- L’incendie de stocks de produits solides, en l’occurrence de nitrate d’ammonium avec
risque d’explosion. Ce type de risque a frappé en 1947 Texas City et Toulouse en 2001.
- L’émission et la diffusion de produit toxiques font suite soit à un incendie, soit à une fuite
accidentelle. En effet, de ce type d’accidents, pollution des eaux, mais sans pertes

23
humaines. C’est le cas de l’accident de Bâle en 1992 (perturbant jusqu’aux Pays – Bas les
équilibres écologiques du fleuve).
Tableau N° 01 : Les accidents industriels dans le monde
Date lieu nature conséquence
1947 Texas City (États –Unis) Feu - explosion Plusieurs centaines
1966 Feyzin Fuite–explosion 18 morts, 84 blessées, des dommages enregistrés
(raffinerie) dans un rayon de 16 km
1968 Rotterdam Explosion (raffinerie) 2 morts, plus de 3000 blessées entre les travailleurs
et les citoyens, des dommages enregistrés dans un
rayon de 5 km.
1970 Blair (Nebraska) Fuite du gaz toxique Nuage toxique sur 365 ha, pas de victime (usine en
(usine chimique) zone rurale)
1972 Mazingarde (Pas-de-Calais) Explosion Des dégâts aux habitations jusqu’à 2 km
(usine chimique)
1974 Flixborough (Royaume– Fuite – explosion 28 morts, 89 blessés, 3000 personnes évacuées, des
Uni) (usine chimique) dommages enregistrés dans un rayon de 13 km
1976 Seveso (Italie) Fuite de gaz 1800ha contaminés, 736 personnes évacuées,
(usine chimique) grandes incertitudes sur les conséquences du poison
et l’étendue des risques
1978 Los Alfaque Explosion (transport 216 morts, 200 blessés (accident prés d’un camping)
du gaz liquéfié)
1978 Bretagne Echouage de l’Amoco 220 000t de pétrole brut répandu dans la mer, 250
Cadiz transport km de côtes polluées
(pétrole brut
1979 Three Mile Island Défaillance d’un Incertitude technique, confusion des responsables
réacteur politiques, 200 000 personnes évacuées
(Centre nucléaire)
1979 Mississauga Déraillement d’un 220 000 personnes évacuées, missiles à 700 m
train de marchandises,
fuite explosion du gaz.
1984 Mexico (Mexique) Explosion – feu Plus de 500 morts, 1200 disparus, 7000 blessés, 200
(Dépôt de GPL) 000 personnes évacuées, projection de missiles à
1200 m
1984 Bhopal (Inde) Fuite du gaz toxique Plus de 2500 morts, plus de 10 000 blessés, 200 000
(Usine chimique) personnes évacuées

1987 Tchernobyl (URSS) Explosion d’un 135000 personnes évacuées, 2800km² de terrain
réacteur Nuage condamnés, estimation de 40 000 décès pouvant se
radioactif sur toute déclarer dans les prochaines décennies
l’Europe
Centrale nucléaire
1992 Bâle (Suisse) Feu dans un entrepôt Pollution grave du Rhin
(Usine chimique)
2000 Pays – Bas « Enschede » Explosion d’un dépôt 22 morts, 3 disparus et plus de 1000 blessés.
de feux d’artifices Des dommages graves enregistrés dans un rayon de
750 m. Des estimations des dégâts de plus de 500
millions d’Euro
2001 Toulouse (France) Explosion dans un 30 morts parmi les travailleurs, 1170 hospitalisés, 90
entrepôt d’une matière blessés graves des habitants avoisinants, plusieurs
dangereuse kilomètres des dommages considérables
2004 Skikda (Algérie) Explosion (raffinerie 27 morts 74 blesses parmi les travailleurs. Des
du gaz) dommages enregistrés dans un rayon de 4 km
2004 Belgique Explosion d’un gazoduc 20 morts et des dégâts matériels considérables
2005 Chine Explosion usine Des morts et des dégâts matériels
Chimique kharbine

24
2006 Algérie Explosion dans un site 5 ouvriers portés disparus
pétrolier à Gassi Atouil
2008 Algérie Des explosions dans la
zone pétrochimique
d'Erzieu

Source : PROPECK ZIMMERMANN.A, 1998. DUBOIS-MAURY.J, 2002. Inspection de l'environnement Skikda 2009

Malgré les progrès enregistrés, des appréhensions subsistent et révèlent une ampleur très
contrastée selon le degré de prise de conscience de chaque pays et la politique de prévention et de
gestion des risques mise en œuvre.
Cette prise de conscience est marquée par des efforts importants faits dans le cadre de la
gestion des risques technologiques majeurs dans les pays développés, par l’élaboration des
réglementations strictes (SEVESO6). Ils ont également intégré la prise en compte du risque
technologique dans le développement de l’industrialisation, ainsi que dans les zones à forte
concentration de population (principalement celles des grandes agglomérations urbaines).

Donc, où en est-on en Algérie ?

2- En Algérie :

L’Algérie a connu de nombreux événements exceptionnels résultant des accidents industriels


qui ont causé des pertes d’ordre humains et matériel. L’absence d’informations sur les dommages
occasionnés par ces événements ainsi que la difficulté d’effectuer des mesures fiables, nous contraint
à n ‘effectuer qu’un bilan basé sur les estimations du service de protection civile / Ministère de
l’intérieur et des collectivités locale.
Jusqu’à la catastrophe de Skikda, aucune grande catastrophe industrielle n’avait été observée.
Mais il est incontestable que les risques potentiels sont clairement identifiés par la concentration de
l’industrie dans la Nord algérien (carte N° 01), et pour un grand nombre de cas particuliers, dont
notamment :

6
La directive européenne 82/501/CEE du 24 juin 1982, nommée SEVESO, et son changement à SEVESO II du 9
décembre 1996 a considéré comme " SEVESO " une installation classée pour la protection de l'environnement qui utilise
des produits dangereux en quantité définie par une nomenclature. Ces établissements peuvent générer des risques
d'incendie, d'explosion et de nuage toxique, à l'intérieur voire à l'extérieur du périmètre de l'usine. www.drire.gouv.fr
25
 Les Quatre zones pétrochimiques (Arzew, Skikda, Alger, Bejaia),
 Les complexes des pesticides et ses aires de stockage, comme le complexe d’Annaba, considéré
comme une bombe implantée dans un tissu urbain.
 Les grands champs pétroliers, les anciens puits de pétrole, les surfaces de stockage des huiles
extrêmement dangereuses non conformes aux normes.
 Les lignes de haute tension traversant le tissu urbain.

26
27
Le tableau N° 02 fournit un aperçu de ce voisinage habitat/industrie, et donne une image claire sur
l’état de la question du risque industriel à travers le territoire algérien.

Tableau N° 02: Habitations jouxtant les zones d’activités industrielles

Wilaya Nombre de construction


Chlef 03
Laghouat 67
O. E.Bouaghi 23
Batna 71
Biskra 60
Bouira 06
Tébessa 548
Tlemcen 400
Tiaret 10
Alger 575
Djelfa 349
Jijel 13
Sètif Plusieurs cités
Saida 04 cités
Skikda 2679
Annaba Quelques fermes et domaines agricoles
Constantine 623, une caserne et une cité universitaire
Médéa 87
Mostaganem 348
M’sila 50
Ouargla Plusieurs hab.
Tissemsilt 05
Souk Ahras 03
Tipaza 640
Mila 34
Ain Defla 326
Relizane 91 habitations situées sur servitudes de c. de .fer et
726 situées sous lignes électriques
Source : Protection Civile/ Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Locales, 1998.

Il y a lieu ici, de mettre particulièrement l’accent sur une forme d’urbanisation qui s’est
traduite essentiellement par des constructions sur des gazoducs. Cette situation qui a déjà entraîné
des accidents importants, recèle des risques potentiels à de multiples impacts.
Citons, à titre indicatif :
- Skikda : le bilan de l’explosion du gazoduc survenu le 3 mars 1998 a occasionné 7 décès, 44
blessés, 10 maisons détruites et 50 maisons endommagées.

28
- Constantine : la cité Boussouf où résident plusieurs milliers de personnes est érigée sur un
gazoduc pour lequel des incidents ont été enregistrés en février 2003.
Le tableau N° 03, qui est loin d’être complet, donne une idée sur la gravité du problème au niveau
national.
Tableau N° 03 : Habitations construites sur des gazoducs

Wilaya Nombre de constructions


Chlef 55
Laghouat 269
O.E. Bouaghi 61
Batna 516
Béjaia 778
Biskra 25
Bouira 371
Tébessa 480
Tlemcen 02
Tiaret 36
Alger 466
Djelfa 58
Jijel 19
Sètif 264
Saida 3 cités
Skikda 18
Annaba Un lotissement, marché, université, stade, cimetière,
CEM ,04 groupes d’habitat, coopérative, bidonville,
585 habit et 02 quartiers
Constantine 316 + un marché hebdomadaire
Médéa 330
Ouargla 442
Oran 171
Boumerdés 163
Souk Ahras 787
Tipaza 69
Mila 184
Ain Defla 353
Relizane 285
Source : Protection Civile/ Ministère de l’intérieur et des Collectivités Locales, 1998.

Par ailleurs, suite à des actes de sabotage sur l’oléoduc Béjaia- Sidi R’zine, en 1995 et 1998,
d’importantes quantités d’hydrocarbures se sont déversées dans le barrage de Keddara (l’un des plus
important desservant la capitale Alger).

Cette situation, nous oblige à poser la question des contextes dans lesquels évoluent les
politiques de développement économique en Algérie, voire l’historique de l’implantation des zones
industrielles, et ses impacts sur la ville algérienne ?

29
INDUSTRIALISATION - URBANISATION DANS LA
VILLE ALGERIENNE - CADRE JURIDIQUE
UNE INTEGRATION INSUFFISANTE DU RISQUE

DEUXIEME PARTIE
30
CHAPITRE I
LE MODÈLE DE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE EN ALGÉRIE
ET SES CONSÉQUENCES

Pour bien poser le problème du risque industriel en Algérie, il est important de s’intéresser à
la politique d’installation des pôles industriels, à leur répartition dans l’espace algérien et à l’histoire
de l’industrialisation. De plus, il convient de placer la problématique de la gestion du risque majeur à
travers ce modèle de développement.

1- Un développement économique fondé sur une planification centralisée

Au cours des années qui ont suivi l’indépendance en 1962, l’Algérie a opté pour un modèle de
développement économique reposant sur une planification centralisée. Ainsi un vaste programme de
développement industriel fut lancé, favorisé par la récupération des richesses en hydrocarbure.

« La stratégie algérienne de développement vise à assurer la


transformation des richesses nationales, et (à) accroître
leurs utilisations à l’intérieur de l’économie du pays, afin de supprimer
progressivement l’extraversion du pays. L’objectif à long terme que
prétend poursuivre cette stratégie est la constitution d’un appareil
productif « complet » capable de concourir à la satisfaction des divers
besoins de consommation et au plein emploi des ressources locales, en
particulier de la force de travail » (J.SCHETZLER, 1981, p82)

Ce modèle de développement concerne essentiellement les industries en particulier chimiques,


ainsi que la sidérurgie et les matériaux de constructions.
Enfin, ces industries sont groupées au sein des pôles de développement, qui sont de gros complexes,
le plus souvent installés sur le littoral, principalement dans les grandes villes (Arzew, Skikda,
Annaba, Alger et leurs environs) et dans les villes intérieures (Constantine, Sidi- bel- abbés, etc.)
(Voir la carte N° 02).

31
32
«
L’espace littoral abrite 91 % des industries sidérurgiques, mécaniques, métallurgiques et
électroniques(ISMME), 90 % des industries des matériaux de construction, 85 % des industries
chimiques, 65 % des industries du cuir, et 56 % des industries textiles. » CNES7 (1998).

Le poids de la production industrielle est très important surtout entre 1963 et 1978. Il
représentait un peu plus du tiers de la production intérieure brut. Ce développement est le résultat de
la croissance de la production des hydrocarbures entre ces deux dates, mais les autres filières du
secteur industriel n’ont pas été particulièrement à la traîne.
Les choix réalisés par l’Algérie dans ce modèle de développement visent principalement deux
objectifs :
- Premièrement : répondre aux besoins de la population (éducation, santé, etc.).
- Deuxièmement : mettre en place une économie capable d’élargir de façon autonome ses
capacités de production et de résoudre le problème de l’emploi.
Après 1980, dans la période du plan quadriennal8, les décideurs constatent que le bilan de
l’industrialisation est loin d’être satisfaisant. La croissance industrielle reste modeste et le modèle de
développement ne tient pas ses promesses. L’application des plans de développement n’a, en effet,
jamais tenu compte des échéances prévues (concernant le plan quadriennal : sa période d’application
était estimée à quatre ans mais en réalité elle a été prolongée jusqu’au début des années 90).

Les réformes économiques des années 90 et l’ouverture vers l’économie de marché


constituent un vaste processus de transformation en profondeur de l’économie algérienne. Il a été
progressivement mis en place en définissant ainsi de nouveaux cadres juridiques, de mesures de
stabilisation macro-économiques et des plans de restructuration sectoriels, en particulier industriels.
Ces opérations visaient clairement l’intégration de l’économie algérienne dans l’économie de marché.

L’industrialisation est responsable d’un nombre important de problèmes d’ordre à la fois


environnemental, écologique et sociologique ; toutes les populations des villes du Nord algérien
vivent avec le risque d’un accident induit par ces installations industrielles. Bien que ces

7
CNES : Conseil National Economique et Social
8
La période de onze années (1967-1977) correspondait à la réalisation de trois plans de développement :
Le plan triennal (1967/1969), le plan quadriennal 1970/1977qui est planifié sur deux périodes. Après l’échec relatif du
dernier plan, aucun plan ne fut lancé entre 1978/1980. Entre 1980/1984 l’État à présenté le plan quinquennal.

33
établissements aient réussi à remplir partiellement leur rôle premier qui était de trouver des solutions
aux problèmes sociaux de la population, ils sont considérés, aujourd’hui, comme source de risque
pour l’homme et son environnement.

2- Les conséquences d’un modèle économique centralisé

Aujourd’hui, l’implantation industrielle et sa concentration au nord du pays rendent


particulièrement aigus tous les problèmes sociaux et environnementaux.

2-1- Une croissance démographique intense

La population a été multipliée par trois en 35 ans. Elle est passée de 12 millions d’habitants en
1966 à 30 millions en 1997. Cette rapide croissance démographique, conjuguée aux effets des
politiques et mesures initiatives mises en place, a exercé une pression très forte sur les ressources
naturelles, les écosystèmes et les services, d'autant que la population est très inégalement répartie sur
le territoire.
Les deux tiers de la population sont en effet concentrés dans la région Nord du pays qui ne représente
que 4 % de l’ensemble du territoire algérien. (Carte N° 03).
La poussée démographique a provoqué une crise de l’habitat ; « le déficit en logements est estimé à
1,2 millions, et au cours des douze années à venir, la montée démographique nécessite la
construction de 3 millions de logements nouveaux » (M.COTE, 1996).

2-2- Une urbanisation accélérée

Conjuguée à une politique de développement qui a privilégié l’industrie en périphérie des


grands centres urbains, l’absence totale de développement rural a favorisé l’exode vers les villes.
Cette explosion démographique a engendré un phénomène d’urbanisation sans précédent: « En 1954
la population urbaine ne représente que 25%, en 1966 elle atteint 34%, puis s’est élevée à 42% en
1977, en 1984 elle doit être sensiblement égale à 50% » (D.Sari 1993, p241).
Ces trois dernières décennies ont ainsi été fortement marquées par le processus de développement
industriel, une urbanisation incontrôlée et marginale, des habitats inadaptés aux données réelles du
danger et une utilisation abusive et spéculative des réserves foncières communales.

34
35
2-3- Un modèle qui ne prend pas en compte la dimension du risque

Le processus de développement s’effectue dans des conditions qui ne prennent pas en


considération la question du risque :

- La logique économique des opérateurs industriels favorise les sites faciles à aménager,
proches des réservoirs de main d’œuvre et des facilités nécessaires au fonctionnement des
projets (eau, électricité, matières premières),
- Vu la priorité donnée à l’industrie en l'absence systématique d'études d'impacts et de
dangers, de vastes étendues de terres agricoles de première qualité sont ainsi consommées,
et l’exploitation de ressource en eau n’a jamais fait l’objet de planification intégrée à long
terme,
- Concernant le choix des procédés technologiques, une part importante des unités
industrielles n’a pas été dotée des plans de secours adaptés à la situation de l’urbanisation
existant autour de ces installations, ni des périmètres de sécurité.

On constate ainsi que le principe de précaution et de développement durable est loin d’être
pris en compte. L’industrialisation brutale a engendré des effets déstructurant, et partout l’espace a
été forcé.

D’après ces éléments, nous pouvons émettre l’hypothèse que la probabilité d’une catastrophe
dans les sites industriels algériens, principalement dans le domaine de la pétrochimie, semble réelle.
Donc le problème de la présence des industries à risque dans la ville, les rapports industrie/ville
peuvent alors devenir conflictuels.
La question de la maîtrise de l’urbanisation, autour des sites à risque, est au cœur de la problématique
de minimisation du danger. Dans ce contexte, nous analyserons l’état de la ville algérienne, la gestion
de son espace, la création des plans d’aménagements du territoire ainsi que la gestion de
l’urbanisation par ces institutions.

36
CHAPITRE II
PROCESSUS D’URBANISATION ET MODALITES LEGISLATIVES

La ville ? Un terme devenu tellement familier qu’il peut faire croire à une relative simplicité
du thème alors qu’il est immensément complexe.
Les villes portuaires, industrielles, administratives, et économiques, traduisent-elles des
modes de croissance ? Établissent-elles des typologies fonctionnelles ou renvoient-elles à des formes
urbaines et à des structures spatiales caractéristiques d’une forme de culture donnée ?

En effet, de nombreuses questions se posent car la ville est en soi une entité économique et
socio- culturelle. Elle est le lieu d'un système de valeurs et de rapports sociaux spécifiques et peut être
considérée comme la projection de la société sur l'espace. Elle constitue un groupement de
populations et d'activités économiques, concentré sur un espace restreint, pouvant être assimilée à une
entreprise complexe produisant de la richesse. Elle s’inscrit, en outre, dans un réseau urbain
hiérarchisé où s’entretiennent des relations économiques, culturelles et sociales.
Si la ville est effectivement à la base du développement économique et social et de la création
de richesse, ses mutations ont été trop rapides pour pouvoir être contrôlées. Elle se trouve aujourd'hui
confrontée à une série de problèmes. Surtout quand il s’agit d’évoquer la croissance urbaine, et ses
conséquences. Le croisement entre zone d’habitat et zone industrielle, implique la notion du risque.

Comprendre les mécanismes de développement de la ville algérienne demande le recours aux


différents facteurs d’analyses d’ordre politique, économique et socioculturel. Car elle relève d’un
exemple typique et très complexe.
Après 42 ans d’indépendance, l’organisation spatiale des villes algériennes reste toujours
problématique. Leurs processus de développement poussent à s’interroger sur l’impact du
développement économique de la société algérienne sur les transformations organisationnelles
des espaces urbains.

1 – Le processus historique de la formation des villes algériennes

A l’échelle du Maghreb, l’Algérie est le pays qui a subi et qui continue à subir les plus fortes
conséquences de différentes mutations spatiales.
37
1-1 L’époque pré-indépendance
Jusqu’à la fin du 19ème siècle, la ville traditionnelle algérienne (la « Médina» pour le Nord et
les « ksours » pour le Sud) a subi peu de changements, sinon un agrandissement progressif qui a été
apporté avec quelques modifications de détails sur certains monuments officiels, sans altération du
cadre original.
La colonisation a introduit dés la fin du 19éme siècle des modes de vie différents et des
méthodes marquées par la révolution industrielle en Europe. Cette urbanisation était surtout adaptée à
l’économie coloniale en atteignant un taux d’urbanisation de près de 14% en 1886. La distribution
spatiale de ces établissements humains dessine un réseau dense, essentiellement au niveau de la partie
nord du pays: la Mitidja, les plaines oranaises et la partie Nord des hautes plaines constantinoises.
A partir des années 1930, l’appauvrissement généralisé provoqué par la crise agricole et la
montée démographique a amorcé un exode important vers les villes : à Alger et à Constantine
notamment, l’apparition des premiers bidonvilles remonte à cette date.
L’évolution de la population urbaine durant l’époque coloniale figure dans le tableau N° 04 :

Tableau N° 04 : L’évolution de la population dans l’époque coloniale


Population Population Population %Population
Année
urbaine rurale Totale urbaine
1886 523 431 3 228 606 3 752 037 13,9
1926 1 100 143 4 344 218 5 444 361 20,2
1936 1 431 513 5 078 125 6 509 638 22,0
1954 2 157 938 6 456 766 8 614 704 25,0
Source : CNAS rapport sur la ville algérienne, 1998.
Donc, la concentration de la population au Nord est un héritage colonial, et la densité de
l’urbanisation dans la ville algérienne a commencé à partir de cette époque.

1-2- La dynamique urbaine dans la période post - indépendance


A l’indépendance, le départ massif des Européens a attiré vers les villes une très forte densité
de population, engendrant ainsi un accroissement remarquable du taux d’urbanisation (prés de 32 %
en 1966). Les programmes de développement engagés essentiellement dans les zones urbaines ont
donné un second souffle à l’exode rural. Cette tendance n’a pu être infléchie malgré la politique de
création des villages agricoles, censée atténuer ces mouvements migratoires par la fixation de la
38
population dans ces centres. Cette croissance urbaine s’explique non seulement par l’exode, mais
aussi par l’accroissement naturel qui est de l’ordre de 3 % par an.
Le tableau N° 05 et la figure N° 01 qui suivent illustrent, d’une part, l’évolution de la
population urbaine entre 1966 et 1997 et d’autre part le taux de l’urbanisation. Ceci explique
clairement l’effet de l’industrialisation sur la croissance urbaine de la ville algérienne.
Tableau N° 05 : L’évolution de la population après l’indépendance
Population Population Population %Population
ANNEE
urbaine rurale Totale urbaine
1966 3 778 482 8 243 518 12 022 000 31,4
1977 6 686 785 10 261 215 16 948 000 40,0
1987 11 444 249 11 594 693 23 038 942 49.6
1991 13 112 000 12 829 000 25 939 000 50,5
1997 15 800 000 14 481 000 30 281 000 52,2
2008 34 080 030
Sources : rapport sur la ville algérienne, 1998 et RGPH 2008.

Figure N° 01

Evolution de la Population urbaine et rurale

18000000

n
o 16000000
ti
a
l 14000000
u
p
o 12000000
P
a
l
e
d 10000000
e
r 8000000
b
m
e 6000000
N
4000000

2000000

0
1965 1970 1975 1980 1985 1990 1995 200 0

Année

Population Urbaine Popul ation Rural e

Sources : rapport sur la ville algérienne, 1998.

39
Les premières vagues migratoires se sont faites vers les centres anciens puis se sont
progressivement déplacées vers les marges des villes, formant des périphéries urbaines faites de
bidonvilles, d’habitat auto-construit et des cités de recasement, formant ainsi une ceinture tout autour
des zones industrielles. Schéma N° 02 et 03

Le résultat a été que les agglomérations urbaines, de par leurs nombreux dysfonctionnements,
offrent un cadre bâti dans un espace urbain en plein désordre, que ni les instruments juridiques
réglementaires et techniques, ni les mesures d’aménagements n’ont pu contenir.

Les dernières années, de nouveaux modes d’urbanisation caractérisent quasiment toutes les
villes algériennes, il s’agit des programmes planifiés des ZHUN9, adoptés pour trois principaux
avantages : modernité, caractère socialiste (habitat collectif) et rapidité de mise en œuvre. Ils ont été
jusqu'à présent la forme dominante de l’Etat en milieu urbain, avec un objectif économique et social,
sans prendre en considération les problèmes environnementaux, et les risques majeurs. De ce fait on
observe, dans toutes les villes la situation du rapprochement entre habitat / industrie

9
Zone d’Habitat Urbaine Nouvelle
40
41
La ville algérienne qui représente en quelque sorte la projection des contrastes et des conflits de
la société d’aujourd’hui, met en relief les logiques et les stratégies qui se sont succédé dans ses
diverses transformations, dans ses fonctions économiques, dans sa morphologie spatiale, dans son
profil sociologique et dans son mode de fonctionnement.
De cette urbanisation non maîtrisée émergent une image dépréciée de l’urbanité et une
appropriation spontanée de l’espace qui s’est faite en dehors de tout contrôle et de toute intervention
administrative en temps opportun.

2- Le processus d’urbanisation : quel dispositif juridique le sous-tend ?

Le processus d’urbanisation en Algérie comporte quatre niveaux d’intervention :


- Le niveau national : Les grandes orientations en matière d’occupation de l’espace national sont
traduites par le schéma national d’aménagement du territoire (SNAT).
- Le niveau régional : Il s’agit d’espaces géographiques homogènes pouvant couvrir une ou plusieurs
wilayas. A cette échelle, les prescriptions d’occupation de l’espace sont définies par le schéma
régional d’aménagement du territoire (SRAT).
- Le niveau local : Il s’agit de l’espace communal. Les prescriptions relatives au mode d’organisation
de l’occupation de l’espace sont traduites par les PDAU 10et POS11
- Le niveau de la parcelle: Il ne s’agit plus, à ce stade, d'orientations ou de prescriptions mais d’actes
qui autorisent effectivement la réalisation physique proprement dite. Ces actes regroupent
notamment le certificat d’urbanisme, le permis de construire et le certificat de conformité.

A travers une présentation des outils d’urbanisme et la façon de gestion du foncier urbain, on
va comprendre la production de la proximité habitat/industrie et évaluer le niveau de la préoccupation
de la question du risque industriel dans les plans d’urbanisme.

2-1- L’urbanisme

Traditionnellement, l’instrumentation de l’urbanisme est scindée en deux grandes


catégories : l’urbanisme directeur ou de programmation et l’urbanisme opérationnel.

10
PDAU : plan directeur d’aménagement et d’urbanisme
11
POS : plan d’occupation du sol

42
 l’instrumentation de l’urbanisme directeur se traduit dans sa finalité par l’énoncé de
prescriptions réglementaires destinées à:

- Orienter les formes d’urbanisations privilégiées


- Programmer, selon un échéancier, les étapes d’urbanisation d’un site ainsi que les
infrastructures nécessaires pour rendre le site apte à une occupation;
- Définir les sites ou zones non constructibles pour différentes raisons
économiques, notamment agricoles ou culturelles

 En revanche, l’urbanisme opérationnel se traduit par des actes autorisant le passage effectif à
la réalisation, c’est-à-dire à la construction.

2-1-1:L’urbanisme directeur

Deux grandes périodes caractérisent cette instrumentation : l’approche administrée et


l’approche libérale.

a - L’approche administrée

La période concernée est antérieure à 1990, elle a été caractérisée par une centralisation et
une socialisation de la vie économique et sociale qui a eu un forte influence sur les approches
urbanistiques.
Concernant le Plan d’Urbanisme Directeur (PUD) et le Périmètre d’Urbanisation Provisoire
(PUP), ils ont été introduits à la faveur de la promulgation de l’ordonnance sur les réserves foncières
communales en 1974. Ces périmètres d’urbanisation visaient la délimitation des terrains nus, non
bâtis à intégrer aux réserves foncières communales.
Ces plans, ainsi que les modalités de leur application non faisable, ne correspondaient pas aux réalités
algériennes.

b - L’approche libérale

A partir de 1990, on enregistre l’amorce d’un processus d’ouverture marqué par d’importants
bouleversements législatifs quant à l’approche de l’urbanisation. La réforme engagée en 1990 en

43
matière d’aménagement et d’urbanisme introduit de nouveaux instruments, en l’occurrence le PDAU
et le POS qui méritent respectivement quelques précisions.

 Le Plan Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme

Chaque commune doit être couverte par un PDAU dont le projet est établi à l’initiative et sous la
responsabilité du Président de l’APC12. C’est un instrument de planification spatiale et de gestion
urbaine. Il fixe les orientations fondamentales de l’aménagement du territoire de la, ou des communes
concernées, en tenant compte des schémas d’aménagement et des plans de développement. Il définit
les termes de référence des POS.
A ce titre, il détermine la destination générale des sols sur l’ensemble du territoire d’une
commune ou d’un ensemble de communes et plus précisément l’extension des établissements
humains, la localisation des grands équipements et infrastructures.
En outre, il divise le territoire de la commune en quatre grands secteurs :
- Les secteurs urbanisés ;
- Les secteurs à urbaniser ;
- Les secteurs d’urbanisation future ;
- Les secteurs non urbanisables.

Enfin, le PDAU prévoit des dispositions particulières applicables à certaines parties du territoire
communal, à savoir : le littoral, les territoires à caractère naturel ou culturel marqué, les terres
agricoles à potentialités élevées.
Il ne limite pas les zones industrielles, et il ne cadre pas les périmètres de sécurité, il parle d’une
façon générale sur l’environnement et il ne prend pas en compte les risques majeurs dans la
planification spatiale.

 Le Plan d’Occupation des Sols

Chaque commune doit être également couverte par un POS dont le projet est établi à l’initiative et
sous la responsabilité du Président de l’APC.

12
Assemblée Populaire Communale
44
Dans le respect des dispositions du PDAU, le POS prescrit de façon détaillée les droits d’usage
des sols et des zones constructibles. A ce titre, il fixe les secteurs concernés, la forme urbaine,
l’organisation, les droits de construction et d’utilisation des sols.

2-1-2 L’urbanisme opérationnel :

A- Le permis de construire : contenu et objectifs

Toute construction ou transformation de construction est subordonnée à la possession d’un


permis de construire. Celui-ci a essentiellement pour finalité de mettre en cohérence la construction
projetée avec les prescriptions des PDAU et POS ainsi qu’avec les règlements techniques de la
construction en vue d’assurer la plus grande sécurité des biens et des personnes (demandeurs du
permis de construire et tierces personnes, c’est-à-dire l’ensemble des riverains permanents ou
occasionnels).
L’instruction d’un permis de construire doit tenir compte du respect des dispositions
législatives et réglementaires en vigueur en matière de sécurité, d’hygiène, de construction et
d’esthétique ainsi qu’en matière de protection de l’environnement et de préservation de l’économie
agricole.

A cet effet, sont consultés :


- Les services de l’état chargés de l’urbanisme ;
- Les services de la Protection Civile pour la construction d’immeubles à usage industriel ou
commercial et d’une manière générale, pour toute construction appelée à recevoir du public
ainsi que pour la construction d’immeubles d’habitation importants susceptibles de poser des
sujétions spéciales, notamment en ce qui concerne l’incendie.
La délivrance du permis de construire est effectuée, selon l’importance des projets, par :
- Le PAPC13 pour toutes les constructions situées dans un secteur couvert par un POS ;
- Le wali pour toutes les constructions et installations réalisées pour le compte de l’Etat, de la
wilaya et de leurs établissements publics ;
- Le Ministre chargé de l’Urbanisme, après avis du Ministre concerné, pour tous les projets
d’intérêt national ou régional (ex : les zones industrielles de pétrochimie).

13
Président de l’Assemblée Populaire Communale
45
b - Le certificat de conformité

Le processus d’urbanisation est censé s’achever par la délivrance du certificat de conformité.


L’objectif d’un tel document est de confirmer que les travaux ont été effectivement réalisés
conformément à ceux prévus dans le permis de construire délivré.
Il s’agit là d’une étape extrêmement importante puisque le certificat de conformité vaut permis
d’habiter ou autorisation d’admission du public et du personnel. Si la construction est destinée à des
fonctions socio-éducatives, aux services, à l’industrie ou au commerce, et bien évidemment, sous
réserves des dispositions législatives et réglementaires en matière d’exploitation d’établissements
dangereux, incommodes ou insalubres.

Ce document est donc censé jouer un rôle déterminant en matière de sécurité des biens et des
personnes ainsi qu’en matière d’assurances.
La conformité des travaux est vérifiée par une commission qui comprend des représentants de l’APC
et du service de l’état chargé de l’urbanisme ainsi que des autres services concernés, notamment la
Protection Civile. Cette commission fait connaître à l’intéressé ses conclusions et, le cas échéant, lui
fait obligation de procéder à la mise en conformité.

2-1-3 Des régimes fonciers

Le processus d’urbanisation ne peut se concevoir sans son support qui est le foncier car il ne
peut y avoir d’urbanisation sans assiette foncière. La maîtrise de cette assiette doit être ainsi le
support de la maîtrise de l’urbanisation.
En Algérie, le foncier n’a pas été un simple support à l’urbanisation ; il a été le catalyseur
d’un processus urbanistique effréné devenant, au fil du temps, un but et non un moyen et donnant
naissance à des comportements peu consciencieux concernant des risques potentiels.
La loi de réserve foncière communale de 1974, qui établissait une sorte de municipalisation
des sols était destinée à éviter la spéculation foncière, ainsi les communes consommèrent de vastes
superficies, ce qui entraîna un étalement de la ville en tous sens.
Les nouvelles réformes des années 1990, correspondant à la promulgation de la nouvelle
législation foncière, ainsi des autres lois d’accompagnement ( loi relative au foncier, au domaine
national et à la restitution des terres nationalisées dans le cadre de la révolution agraire à leurs
propriétaires initiaux ) ont entraîné une facilitation de l’appropriation foncière et l’accessibilité au sol
46
urbain notamment au recul de l’État dans ce domaine, favorisant ainsi la création des cités d’habitat
individuel. Ces derniers se sont généralement regroupés dans les marges des villes et à proximité des
zones industrielles. Donc, la gestion du foncier a induit une «urbanisation sauvage » (M.COTE, 1988)
et a été porteuse de dangers pour les populations et les biens.
Une situation qui nous pousse à nous interroger sur la perception du risque dans la société
algérienne.

3- Évaluation d’ensemble : une intégration insuffisante du risque dans les plans d’aménagement et
d’urbanismes

L’existence d’un arsenal juridique suffisamment étoffé, ainsi qu’il a été exposé ci-dessus, et
en dépit de compétences humaines avérées, la récurrence des impacts d’aléas d’origine diverse au
cours de plus de trois décennies d’urbanisation, soulèvent bien des interrogations.
Comment ne pas s’interroger en effet sur la qualité et la pertinence de l’instrumentation
juridique, sur la question du risque et sur l’existence de faiseurs de procédures agissant dans un cadre
illégal et en toute impunité ?

C’est à travers cette grille qu’une autre lecture du processus d’urbanisation s’impose, pour
tenter d’évaluer si le risque est réellement pris en charge.

Le processus d’urbanisation : quelle pertinence ?

Les instruments législatifs et réglementaires, mis au point pour une gestion de l’aménagement
du territoire et de l’urbanisme, qui se voulait initialement rationnelle et cohérente, ont véhiculé une
série de lacunes et n’ont pu empêcher institutions, organismes et particuliers d’être à l’origine de
situations porteuses de graves dangers. Le législateur a tenté chaque fois d’adapter le support
juridique aux réalités nouvelles pour mettre un terme aux dysfonctionnements constatés et
sanctionner les transgressions enregistrées.
Mais le constat est là : les fréquents changements ou amendements apportés à la législation ont révélé
le caractère éphémère de certaines dispositions, notamment dans le domaine de l’habitat et du foncier.

47
3-1 La période socialiste

C’est entre 1974 et 1990 que se sont effectués les trois quarts de l’urbanisation post
indépendance et que pratiquement l’ensemble du tissu industriel s’est développé. Par contre, en
matière d’aménagement du territoire, les outils mis en place n’ont, à aucun moment, eu de portée
significative.

En vérité, le SNAT et les SRAT n’ont jamais été officiellement approuvés et de ce fait, n’ont
pu devenir des outils opposables à l’administration ou aux tiers, de même qu’ils n’ont pu constituer
des outils légaux d’appui à la décision. Ils sont demeurés limités à de simples instruments de
référence pour quelques initiés.
L’absence de référence à des outils d’aménagement du territoire soulève une autre lacune
lourde de conséquences liées au manque d’ancrage des instruments d’urbanisme. C’est à ce niveau
qu’il faut situer une des raisons fondamentales de la sur-occupation et de la sur-urbanisation du Nord
du pays, fortement concerné par les effets de l’industrialisation.
En matière d’instrumentation d’urbanisme, un certain nombre d’observations peuvent être dégagées :
- L’instrumentation PUD-PUP n’est pas codifiée. En effet, de 1974 jusqu’à 1990, l’urbanisation
s’est effectuée en s’appuyant sur une instrumentation non opposable à l’administration et aux
tiers, du fait qu’elle n’était validée que par circulaire sectorielle.
- Le PUP n’est pas à proprement parler une étude d’urbanisme effectuée par un bureau d’études
spécialisé. Il a été établi, dans la plupart des cas, par une commission technique locale qui
définit sur plan, par trait rouge, le périmètre d’urbanisation d’une agglomération, sur la base des
normes de superficie par habitant, et trace les zones industrielles, sans prendre en compte une
étude spécialisée qui définit les risques majeurs (l’étude de danger).

En 1985, plusieurs centaines de milliers de constructions illicites étaient recensées à proximité


des zones industrielles ou sur des gazoducs. Cette situation s’est développée sans respect des règles
en matière de localisation et de construction (partie I, chapitre II).
En outre, l’affectation d’un certain nombre de lots de terrains à bâtir par an et par commune ne
permettait pas une préparation technique suffisante pour remplir cette obligation. Cette pratique a
notamment induit des lotissements localisés dans des zones dangereuses sans aucune viabilité. Des
extensions urbaines démesurées se sont développées durant cette période et ont rejoint des sites
industriels dangereux.
48
Parallèlement à la politique de l’équilibre régional et la nécessité de résoudre le problème de
l’emploi, le développement industriel a impliqué d’importants besoins en foncier qui ont été localisés
sous le sceau de l’urgence au détriment des règles élémentaires de sécurité.
Il convient de rappeler que durant cette période, plus de soixante quinze zones industrielles ont été
créées. Vu leur caractère urgent, un organisme spécialisé a pris en charge leur localisation, à savoir la
Caisse Algérienne d’aménagement du Territoire (CADAT) (voire la carte N° 01).
Mais l’ampleur de la situation n’a pas toujours permis à cet organisme de prendre en considération
l’ensemble des paramètres de dangerosité des sites et unités industrielles déterminés par une étude
d’impact et étude de danger. Donc l’absence totale d’une culture de sécurité, nous oblige à nous
interroger sur la question de la maîtrise de l’urbanisation, lorsqu’on sait qu’à partir de 1985 on
assiste à l’implantation d’une multitude de zones d’activités sans la moindre étude de faisabilité et
sans le moindre détail sur les unités programmées.

3-2- La période libérale

Cette période, postérieure à 1990, est caractérisée par l’avènement dans l’économie nationale
de principes de libéralisme destinés à mettre fin à une gestion fortement administrée. Ce passage à
une nouvelle forme d’organisation et de fonctionnement du pays, s’est effectué sans changement
notable dans les comportements et les mentalités, et retentit encore de façon préjudiciable sur
l’environnement urbanistique.
Le contexte institutionnel et le problème de sécurité particulier qui a caractérisé les premières
années de la décennie 1990 n’ont pas favorisé une concertation à même d’appréhender les aspects
fondamentaux liés au processus d’urbanisation.
Dès lors, les instruments élaborés, loin de constituer des outils de référence, ne furent pas
respectés, notamment à travers une consommation trop rapide du foncier urbain. Cette situation peut
trouver son explication, soit dans l’absence d’autorité de certains responsables locaux, soit dans
l’impossibilité de mettre en œuvre l’éventail du dispositif de sanctions ou encore dans les lacunes du
dispositif réglementaire.
En tout état de cause, si certaines actions ont pu se développer dans le temps sans suivi ni
contrôle, c’est que l’appareil d’Etat n’a pas joué pleinement son rôle. Ce recul de l’Etat ne pouvait
que favoriser une urbanisation irrationnelle, émanant de citoyens peu soucieux du respect de la

49
légalité, partisans du fait accompli et créant ainsi un environnement où la transgression de la loi par
le plus grand nombre devient la norme référentielle.
Ainsi donc se trouve posé le triple problème d’un processus inachevé de la réglementation, de la
coordination intersectorielle, et des moyens de mise en œuvre humains et financiers.

S’agissant de la réglementation, elle présente souvent l’inconvénient de ne pas terminer le


cycle des procédures. En effet :
- Très souvent les lois renvoient à des textes réglementaires dont bon nombre ne sont pas
promulgués, contrariant ainsi leur bonne application ;
- L’imprécision de certaines lois et de certains règlements devient une marge de manœuvre
relativement importante pour tous ceux dont la propension naturelle est de contourner la
norme juridique ;

Concernant les moyens humains et financiers, les prescriptions édictées pèchent souvent par
l’absence de procédures de mise en œuvre.
Dans cette optique, le PAPC est investi par le code communal en matière d’urbanisation et
d’habitat d’un grand nombre de prérogatives. Or, une constatation devenue récurrente souligne que
la majorité des APC ne disposent pas de moyens humains, administratifs et techniques aptes à faire
face à ces diverses missions.

Après avoir pu donner une idée sur la façon de gérer l’espace urbain et de déterminer le rôle
de l’Etat, il est intéressant de présenter les lois qui gèrent les installations classées et de définir les
institutions de protection de l’environnement en Algérie.

50
CHAPITRE III
LE CADRE JURIDIQUE ET INSTITUTIONNEL QUI GERE LES RISQUES INDUSTRIELS
ET LA PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT EN ALGÉRIE

1- Le cadre législatif et réglementaire

D’après le rapport sur l’état de l’environnement de 1997, on compte environ 300 textes
juridiques relatifs à l’environnement. La loi n° 83-03 du 05 février 1983, relative à la protection de
l’environnement, représente la loi générale couvrant les principaux aspects de la protection de
l’environnement. Ayant pour objectif principal de guider les actions de l’Etat dans le domaine de la
prévention de la pollution et de la protection de l’environnement, cette loi fait obligation :

• De protéger la nature, préserver les espèces animales et végétales ainsi que les milieux récepteurs :
Atmosphère, eaux continentales et marines, sol.
• De prévenir et lutter contre toutes les formes de pollutions et nuisances générées par les installations
classées et les substances chimiques (articles de 74 à 88, voir l’annexe).
• De rendre obligatoire l’évaluation des incidences des projets sur les différents équilibres
écologiques par le biais d’études d’impact sur l’environnement.
Le cadre légal s'appuie également sur la loi N°03-10, promulguée le 19 juillet 2003 (loi relative à la
protection de l'environnement dans le cadre du développement durable.
Cette loi est renforcée par la loi N° 04-20 promulguée le 25 décembre 2004 (loi relative à la
prévention des risques majeurs et à la gestion des catastrophes dans le cadre du développement
durable). C'est le Ministère de l'Aménagement du Territoire et de l'Environnement (MATE) qui est
responsable de cette loi.
Le cadre législative et réglementaire est renforcé par d’autres lois et décrets, relatif à la protection de
l’environnement et la gestion des installations classées, concernant l’aménagement du territoire et le
développement durable.

51
2-Accord international
L'Algérie est état membre depuis le 12 février 1991 de l'accord intergouvernemental EURO-OPA
Risque majeurs. Cet accord est une plate-forme de coopération dans le domaine des risques majeurs
entre les pays d'Europe Centrale et Orientale, les pays du Sud de la Méditerranée et les autres pays
d'Europe de l'Ouest. Son domaine de compétence es lié aux catastrophes naturelles et technologiques
majeurs- la connaissance, la prévention, la gestion des crises, l'analyse post-crise et la réhabilitation.

3- Evolution de la réglementation qui gère les installations classées

La création d’un ministère de l’environnement en 2000, et la préoccupation envers


l’environnement industriel et sa protection sont récentes.
On peut citer qu’en 1976 un texte relatif aux établissements dangereux et incommodes et à la
protection des risques d’incendie, comme une première réglementation contrôlant les installations
sources de nuisance, a vu le jour. Ensuite, la loi 83-03 (1983) de la protection de l’environnement, qui
contrôle les formes des pollutions générées par les installations classées par ces articles (74-88), a été
admise. Cette loi a soumis les installations classées à une autorisation ou à une déclaration suivant la
gravité de danger que peut présenter leur exploitation. L’article 75 fixe les trois catégories
d’installation soumises à l’autorisation, selon la catégorie, du ministère, du wali (préfet), ou maire
(PAPC). En plus, cette loi oblige à faire une étude d’impact exposant les dangers que peut présenter
l’installation en cas d’accident, et justifiant les mesures propres à en réduire la probabilité et les
effets, avec une présentation d’un plan de voisinage.
La loi manque d’un décret d’application jusqu’à l’année 1998 avec le lancement du décret 98-339 qui
définit la réglementation applicable aux installations classées et fixant leur nomenclature (annexe).

Pour compléter et adapter le cadre juridique à de meilleures pratiques, une actualisation et une
mise à jour sont adoptées pour être au diapason des nouvelles mutations et des exigences du secteur à
l’échelle nationale et internationale. Le cadre juridique est enrichi en matière de gestion des risques
industriels par l’instruction ministérielle « R1 » du 22 Septembre 2003 relative à la maîtrise et la
gestion des risques industriels impliquant des substances dangereuses (voir l’annexe). Cette
instruction est restée lettre morte, jusqu’à la catastrophe de Skikda en janvier 2004, où on note le
dépôt d’un projet de loi N° 04-20 relatif à la prévention des risques majeurs et à la gestion des
catastrophes et qui est promulguée le 25 décembre 2004 (voir annexe journal EL Watan, 2004).

52
En matière de réglementation qui gère les installations classées, un certain nombre
d’observations peuvent être dégagées :
- L’arrivée de la loi 83-03 et son décret exécutif sur les installations classées, au moment où le
grand nombre des zones industrielles sont effectuées et le tiers de l’urbanisation a été réalisé,
ont été jugés tardifs pour la réglementation des installations.
- Les autorisations d’exploitation sont délivrées sur la base de l’intérêt économique du projet,
sans la prise en compte de leur degré de dangerosité ; on compte 370 installations classées
dans le territoire algérien (voire tableau N° 06 des installations classées en Algérie, annexe).
- Les périmètres d’affichage de l’installation dans le plan de situation ne sont pas des zones de
sécurités, mais des zones destinées à la localisation des installations.
- Dans la pratique, le degré d’effectivité du décret reste faible, notamment du fait du déploiement
insuffisant des institutions d’environnements et des moyens dérisoires qui lui sont attribués.
- Peu d’études d’impacts sont faites, et l’autorité centrale en matière d’environnement n’a pas
l’occasion d’examiner les résultats des évaluations ni le pouvoir d’intervenir aux niveaux de la
planification et de la réalisation des installations dangereuses.
- Toutefois, en ce qui concerne les risques technologiques majeurs, des ambiguïtés sont à
signaler particulièrement au niveau des lois et des décrets qui définissent le risque industriel
et précisent les responsabilités.
- L'inexistence d'une base de données statistiques d'information de type géologique d'une
localité, hydrogéologique et d'une cartographie récente bien qu’elles soient nécessaires et
exigées par les lois et les décrets pour la réalisation d'une étude au sujet de l'impact et des
dangers encourus par une entreprise

4- La politique de prévention : leur portée et quelles implications ?

Il convient de signaler l’existence en 1976 de textes spécifiques relatifs aux établissements


dangereux et incommodes, à la protection des risques d’incendies, à l’institution de périmètres de
protection des installations et infrastructures, mais il a fallu attendre les décrets du 25 août 1985 pour
instaurer un dispositif complet de prévention et de prise en charge des risques et catastrophes et de
préconisation des conditions et modalités d’organisation et de mise en œuvre des interventions et
secours.
Si les dispositions relatives à l’organisation des secours ont été mises en œuvre, celles
relatives à la prévention n’ont pas été suivies d’effet.
53
Chaque Ministère avait été chargé de mettre en œuvre un plan de prévention des risques d’origine
technologique en rapport avec l’action ou l’activité du secteur. De même que chaque entreprise,
établissement, unité ou organisme était tenu de mettre en place un plan de prévention des risques
conforme à ses activités et aux normes du dispositif arrêté par le Ministère de tutelle.
A cet égard, les informations recueillies démontrent clairement que ces dispositifs de
prévention n’ont jamais été mis en place. La commission centrale de prévention et de protection
civile prévue à cette fin, n’a apparemment pas fonctionné. Un certain nombre d’études d’impacts ont
été élaborées mais souvent établies par des bureaux d’études agissant pour le compte des entreprises,
ôtant ainsi toute crédibilité à leurs contenus.
Certains périmètres de protection d’unités ont été définis mais leur sauvegarde a été rarement
effectuée en raison d’un « grignotage» par une urbanisation la plupart du temps illicite. Cette
situation met en lumière la difficulté d’application stricte des lois et règlements.

4-1 Le plan ORSEC (Organisation du Secours)

Le décret 85-231 du 25 août 1985 susvisé a été effectivement mis en œuvre à plusieurs reprises
et a souvent joué un rôle déterminant dans la réduction des dégâts : Vies humaines sauvées,
infrastructures préservées, patrimoines sauvegardés. Dans ce cadre, les services de la Protection
Civile sollicités même pour des actions ne relevant pas de leurs compétences, ont toujours accompli
consciencieusement leurs missions dans des conditions parfois difficiles. Toutefois ce plan, en raison
des transformations économiques et structurelles du pays, est devenu caduc et nécessite d’importants
aménagements.
En effet, il s’appuyait sur la mobilisation des moyens des différents acteurs, collectivités
locales, industries.
Il est à signaler qu’une redéfinition de l’organisation des secours est engagée et intègre les
nouvelles données du paysage institutionnel et économique du pays.
L’organisation des secours se trouve, par ailleurs, contrariée par d’autres contraintes, notamment :

- La non célérité des interventions ou même leur impossibilité lors de la survenue de


catastrophes, occasionnant des dégâts supplémentaires importants,

54
- Le non disponibilité de documents techniques de base tels que le plan des villes et des
quartiers qui sont à proximité des zones à risques majeurs, avec toponymie précise : nom de la
rue, numérotation, plans de construction des bâtiments,
- Les difficultés d’accès pour les véhicules de secours, dues principalement à des constructions
anarchiques qui font obstacle aux voies publiques.

4-2 Les assurances

La préoccupation essentielle liée au traitement de la question des assurances ne réside pas


dans l’examen des conditions financières relatives à la couverture de l’impact du risque industriel,
mais beaucoup plus dans la question consistant à voir les sociétés d’assurances devenir des
gestionnaires de la vulnérabilité et à considérer l’assurance comme une véritable technique de
prévention du risque.
En effet, jusqu’au 1995, année de la promulgation de la nouvelle loi sur les assurances, la
couverture des risques industriels a été conçue sous forme d’extension de la garantie dans le cadre de
l‘assurance-incendie. Cette combinaison avec d’autres types d’assurances présentait comme
inconvénient de ne pas domicilier les surprimes (les accidents industriels) dans un fonds ou régime
des assurances contre les catastrophes, ce qui aurait pu aboutir à une spécialisation en la matière et
donc à une possibilité de disposer de données sur les sites à risques. Dans ce cas particulier, le rôle
dynamique des assurances dans la prévention des risques est plus affirmé.
Ainsi donc, il apparaît globalement qu’en matière de risques majeurs il n’existe pas encore
de démarche cohérente, que les conditions de couverture et les critères de tarification de ces risques
diffèrent d’un contrat à un autre.
Dernièrement, et après les inondations d’ALGER et l’accident de SKIKDA, et les coûts de
l’indemnisation, des nouvelles mesures sur l’assurance contre les risques et les désastres entreront en
vigueur à partir du mois d’août (2004) (12/07/2004 www.elkhabar.com)
Cette assurance sera obligatoire à chaque citoyen (pour l’empêcher de s’installer autour des zones à
risque) et pour les industriels (afin prendre des mesures contre le danger). Cette étape a pour objectif
de développer la culture de sécurité et de responsabiliser chaque acteur.

55
5 - Le cadre institutionnel :

Les opérateurs institutionnels impliqués actuellement dans le système algérien sont essentiellement :
5-1- Le Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement (MATE)

MATE a été créé en août 2000, suite à plusieurs restructurations et changements opérés au
niveau de certains départements chargés de la gestion et de la protection de l’environnement. Du
point de vue préventif, ce ministère a pour missions :

• D’apprécier les études d’impact réalisées par d’autres opérateurs et de procéder, le cas échéant, à la
réalisation d’études d’impact liées aux incidences directes et indirectes sur l’homme et
l’environnement.
• De définir les règles visant à préserver les milieux récepteurs des pollutions et nuisances de toute
nature et de suivre la mise en œuvre et le contrôle technique des installations classées ;
• D’établir et de tenir à jour, les nomenclatures relatives aux installations classées et aux substances
dangereuses pour l’homme et son environnement ;

5 -2 L’Inspection de l’Environnement de Wilaya (IEW)

A été créée par le décret 96-60 du 27 janvier et elle représente l’organe principal de l’État en
matière de contrôle de l’application des lois et règlements relatifs à la protection de l’environnement
et la gestion du risque.
L’IAW est chargée de concevoir et de mettre en œuvre, en liaison avec les autres organes de l’État,
de la Wilaya et de la commune, un programme de protection de l’environnement, et de définir les
risques potentiels sur l’ensemble du territoire de la Wilaya,

Il s’agit d’une nouvelle réorganisation qui répondrait aux nouvelles exigences et marquerait
une redynamisation du secteur de l’environnement qui a souffert durant de longues années d’une
instabilité institutionnelle chronique due aux différents changements de tutelles pendant les dernières
années. Cette situation difficile n’était pas de nature à favoriser la consolidation de l’assise
environnementale, ni la mise en place de tous les instruments de base nécessaires à une gestion des
risques technologiques majeurs.

56
ÉTAT DES HYPOTHÉSES

L’intérêt de ce chapitre se résume dans la formulation de nos hypothèses. Deux principales


hypothèses sont à avancer :
- Une intégration insuffisante du risque à tous les niveaux ;
- Une population qui n’est pas à l’abri des accidents industriels et est particulièrement vulnérable.

1- Intégration insuffisante du risque industriel à tous les niveaux :

A la lumière du développement industriel et du mouvement d’urbanisation tel qu’il était


engagé et avancé, on constate une intégration insuffisante du risque dans les différents programmes
de développement entrepris en Algérie depuis 196 2 (date de l’indépendance).
L’Etat algérien a donné un intérêt primordial au développement industriel, une étape qui s’est
propagée par la mise en place de plusieurs pôles industriels qui s’identifient aux principales villes du
pays (Alger, Oran, Constantine, Annaba. etc.).

L’industrialisation constitue un nombre important de problèmes d’ordre environnemental,


écologique et sociologique. Elle a engendré une urbanisation accélérée vu la croissance
démographique constatée dans toutes les villes. L’effet répercuté par cette politique, réside dans la
proximité habitat/ industrie. Lorsqu’on analyse l’état d’une situation, elle nous permet de domicilier
des facteurs qui la favorisent en deux champs :
- Le champ juridique : l’évaluation de la législation en matière d’urbanisation et de
planification économique et de la gestion des installations classées montre l’insuffisance de la
prise en compte de la dimension du risque.
- Le champ opérationnel : celui du terrain, affiche une absence de l’Etat, ce qui traduit une
désorganisation et une anarchisation de l’espace bâti et de l’absence des périmètres des
servitudes entre habitat / industrie.
Cette situation critique avec une politique de laisser-faire peut mener à atteindre le seuil
d’irréversibilité. L’absence de mise en œuvre d’une politique de prévention, nous met face à de
nombreux problèmes aigus, porteurs de graves dangers.
Donc, comment rattraper toutes les incohérences urbanistiques du passé ? Comment désamorcer des
bombes implantées ou des catastrophes programmées dans le tissu urbain des villes algériennes ?
Ces questions constituent le cœur de la problématique du risque industriel en Algérie.
57
2- Une population qui n’est pas à l’abri du risque et est particulièrement vulnérable:

Parler du risque c’est inévitablement mettre en avant la situation sécuritaire des citoyens qu’ils
soient travailleurs ou habitants à proximité de la zone du danger.
Les différents acteurs (collectivité locale, Industriels et le Citoyen) ne perçoivent pas le risque
de la même manière, ne font pas référence aux mêmes objectifs et leurs implantations spatiales
changent selon leurs préoccupations respectives. L’absence de contact et d’information entre ces
acteurs est à l’origine de l’insuffisance du développement d’une culture du risque dans la société
algérienne. Une société, où des problèmes sont liés au travail et au logement favorisent la réalisation
de tas de projets au sceau de l’urgence (75 zones industrielles réalisées sans aucune étude valorisant
le danger).
Ainsi, l’incohérence entre l’ensemble des acteurs relève de la question de la perte de
confiance qui est traduite par certains comportements individuels peu consciencieux. Des
comportements dus essentiellement à une perception très minime du risque de la part de la
population, dans la mesure où ces implantations sont pratiquement à proximité des zones de danger,
cela consiste un moyen pour les citoyens de sensibiliser les acteurs des collectivités locales vis-à-vis
de leurs problèmes de logement.
Qu’elles sont donc les effets de l’industrialisation sur les comportements de la société algérienne ?
Quelles sont les conséquences de ces pratiques sociales dans un milieu à risque ?
En tout état de cause, si certaines actions ont pu se développer dans le temps sans suivi ni contrôle,
cela est dû à l’appareil d’Etat qui ne joue pas pleinement son rôle.

Le recul de l’Etat ne pouvait que favoriser l’urbanisation irrationnelle. Celle-ci résulte d’un
citoyen peu soucieux du respect de la légalité, créant ainsi un environnement où la transgression de la
loi par le plus grand nombre va devenir la norme référentielle.
On s’interroge dans ce cas sur la qualité et la pertinence des collectivités locales et industrielles, sur
la question du risque et sur l’existence de faiseurs de procédures qui agissent dans un cadre illégal
en toute impunité ?
La deuxième hypothèse pose par conséquent la question de la culture de prévention ou la
culture de sécurité dans la société algérienne, qui implique une grande réflexion sur la responsabilité
individuelle pour limiter les catastrophes industrielles.

58
LA QUESTION DE LA PROXIMITE
HABITAT / INDUSTRIE
CAS DE LA WILAYA DE SKIKDA

TROISIÈME CHAPITRE

59
LE CAS DE LA VILLE DE SKIKDA ET
SA ZONE PÉTROCHIMIQUE

PREMIERE PARTIE

60
PRÉSENTATION DE LA ZONE D’ÉTUDE

Ce chapitre a comme premier objectif la présentation de notre zone d’étude : localisation


géographique et historique de la ville, la population urbaine, sa densité et son évolution, l’occupation
de sol et la gestion du foncier urbain, ainsi que la présentation de la zone industrielle et de la nature
du risque potentiel. Il aide à comprendre l’impact de la présence de l’industrie à risque dans la ville
et l’effet de cette présence sur l’espace et la société.

Le lundi 19 janvier 2004 à 18h40, une très forte déflagration s’est produite au niveau de la
chaudière de l’unité 40 du complexe de la liquéfaction du gaz naturel (GNLKI). Les services
hospitaliers ont enregistré 27 morts, et 74 blessés parmi les travailleurs. L’ampleur de la déflagration
et le souffle provoqué par celle-ci a été ressentie à plus de 4 km du complexe, endommageant la ville
même où les vitres de plusieurs appartements ont volé en éclats.
Le complexe GNLK1, l’un des 4 unités de la plate forme pétrochimique de Skikda, était pourtant une
installation soumise à une autorisation ministérielle (installation classée).
Analyser la catastrophe, cela veut dire se pencher sur 32 ans d’histoire de la ville de Skikda, où le
pôle pétrochimique s’est développé en même temps que la ville. C’est la question générale des
rapports entre l’industrie et la ville qui est crûment posée, celle aussi de la régulation bancale des
processus d’urbanisation dans les zones à risque. Par ailleurs, la catastrophe de Skikda est une leçon
de géographie sociale, une illustration de la cohabitation entre industrie pétrochimique et une partie
de la ville (habitat spontané).

1- Présentation de la ville de Skikda

La ville de Skikda est située à l’Est – algérien, à 510 km d’Alger et à 89 km de Constantine et à


104 km de la ville de Annaba (Carte N° 04).
Administrativement la commune de Skikda est limitée par:
- La commune d’Ain.Zouit à l’Ouest
- La commune de Flifla à l’Est
- La commune de H.Krouma au Sud
- La commune d’EL.Hadaïk au Sud-Ouest

61
62
Le problème urbain de la ville de Skikda vient de la topographie difficile de son site, elle est
construite entre deux collines dont l’altitude est d’environ 160 mètres : le Béni- melek à l’Ouest et
Bou-Abbâz à l’Est, séparés par un ravin qu’occupait une rivière (Carte N° 05). Le réseau
hydrographique du site est caractérisé par deux rivières, Oued Safsaf, et Oued Zeramna qui coupe la
ville coloniale et les nouvelles constructions au Sud. Les deux rivières se regroupent à côté de la zone
industrielle à l’Est de la ville.

63
64
Climatologie
Le climat de la ville elle nous permis de comprendre la direction des gazes dégager par les différents
complexe de la zone pétrochimique, ainsi elle nous permis d'identifier les différents zones urbaine
qui peuvent toucher par l'aide du vend et la température.
La ville, de par sa position géographique, bénéficie d’un climat méditerranéen très favorable
caractérisé par un hiver doux et humide et un été chaud et sec.
En marque une température moyenne minimale de 11° au mois de janvier et une température
moyenne maximale de 24.05° au mois d'Août. (Figure N°02)
Tableau N° 06 : Moyenne de Température
Mois S O N D J F M A M J J A
T° minimale 18.1 15 14 9 7.9 8 8.7 10.4 13.2 16.7 19.3 19.8
T° maximale 27 24 19.6 17.4 16 16.4 17.6 19.1 21.3 25.2 28.3 28.3
T° moyenne 22.5 19.5 16.8 13.2 11.9 12.2 13.1 14.7 17.2 20.9 24.05 24.05
Source: PDAU Skikda 2006

Figure N°02

Moyenne de Température

30

25

20 T° minimale

15 T° maximale

10 T° moyenne

0
S O N D J F M A M J J A
Mois

Les précipitations moyennes enregistrées annuellement varient entre 800 et 1200 mm de pluies.

65
Le mois de Décembre est le plus arrosé avec 112.4 mm alors que le mois de Juillet reçoit la plus
petite quantité de pluies avec 3 mm (Figure N°03)
Tableau N°07 : Moyenne de Précipitation
Mois S O N D J F M A M J J A
Précipitation 37.0 90.2 95.8 112.4 100.6 103.4 103.4 78 48.5 16.1 3.0 4.3
(mm)
Source: PDAU Skikda 2006
Figure N°03

Moyenne de Précipitation

120

100
Précipitation (mm)

80

60 Précipitation (mm)

40

20

0
S O N D J F M A M J J A
Mois

Tableau N° 08 : l'intensité et la vitesse des vents (observation faite sur la période 1995-2005)
Direction des Classe de vitesse du vent (m/s) % par
vents 1-5 6-10 11-15 + 16 direction
Nord 14.5 4.8 0.3 0 19.6
Nord-Est 3.5 0.5 0 0 4.0
Est 0.8 0.2 0 0 1
Sud-Est 1.2 0.1 0 0 1.3
Sud 27.1 4.7 0 0 31.8
Sud-Ouest 5.2 1 0 0 6.2
Ouest 3.1 0.8 0 0 3.9
Nord-Ouest 4.3 1.7 0.2 0 6.3
Vent calme - - - - 26

66
Variable - - - - 0
Totale 59.8 % 13.7 % 0.6 % 0 100 %
Source: Etude de danger (projet de Topping Condensat dans la zone industrielle de Skikda décembre 2006)
Figure N° 04 : la rose des vents de la ville de Skikda

La région de Skikda est caractérisée par deux types de vents, des vents frais relativement forts des
secteurs Nord et Nord- Ouest qui sont souvent à l’origine des perturbations importantes. Des vents
dominants de direction Sud avec une intensité relativement faible (Figure N°04)
L’humidité de la région est très élevée. Elle atteint une moyenne de 72%.
2- Paramètre géologiques

Du point vu géologique, la région fait partie de la vallée du Saf Saf où, on distingue des
terriens sédimentaires et métamorphiques. Elle fait partie de l’étage bioclimatique subhumide.
Caractérisée par la dominance de schistes, micaschistes et conglomérâtes d'une couche d'altération
superficielle argileuse en particulier au sud dans les vallées de Zeramna et Saf Saf .

Cette ville ancienne et de création romaine - sous le nom de Rusicade - peut être considérée comme
une véritable création coloniale.
En 1968, elle est choisie pour accueillir la deuxième zone pétrochimique en Algérie (après Arzew).

3- Le choix d’implanter le pôle pétrochimique à Skikda

Le modèle économique de l’Algérie correspond très logiquement aux modèles spatiaux des
pôles de croissance.
Il a pour but :

67
- De faire l’équilibre régional (Arzew et Mostaganem en Ouest, Alger et Bejaia au centre,
Skikda et Annaba à l’Est) voire carte N° 02.
- D’être une façade maritime facilitant l’exportation
- De résoudre le problème de l’emploi (préoccupations sociales)
- De renforcer des villes moyennes comme Skikda, et minimiser l’attraction des grandes villes
(Constantine, Annaba).

3-1- La mise en place de la zone industrielle.

Le choix de Skikda pour accueillir la zone industrielle de l’Est Algérien a été concrétisé par
l’ordonnance n° 70-13 du 22 janvier 1970. Depuis, la zone industrielle, d’une superficie de 1200
hectares, a connu un essor important par l’implantation d’un pôle hydrocarbures intégré.
Ce pôle couvre un large champ d’activités touchant au :
- Transport des hydrocarbures liquides et gazeux.
- Liquéfaction et traitement des gaz.
- Transformation des hydrocarbures.
- Raffinage du pétrole brut.
- Distribution du produit pétrolier.
- Exportation des hydrocarbures.
- Maintenance industrielle : formation et perfectionnement des ressources humaines.

La zone est située de 2,5 Km à l’Est du chef lieu de wilaya de Skikda, sur le territoire de la
commune de Flifla et une partie de Hamadi Krouma. Elle est présentée comme étant un des plus
grands centres mondiaux de gaz naturel et de pétrole, elle présente deux caractéristiques majeures,
c’est un instrument de valorisation des ressources non renouvelables, et une importante ressource de
devises pour le pays. C’est un véritable champ d’hydrocarbures et de technologies d’avant garde dans
le domaine de traitements des hydrocarbures (Carte N° 06).

Actuellement on peut estimer que la zone a été réalisée à 50%, le pôle actuellement regroupe
les unités et complexes ci-après :
- Le complexe de liquéfaction du gaz naturel GNL1K,
- L’unité de transformation des hydrocarbures (CP1K, et PEHD)
- Le complexe de raffinerie RA1K,
68
- Région transport Est RTE,
- Les deux ports pétroliers,
- La centrale thermique CTE,
- Unité de production de gaz industrielle ENGI.
- Unité d’hélium
Le pôle est prêt pour accueillir :
- un programme industriel visant la valorisation des produits hydrocarbures,
- les développements et extensions
Projets ayant ont été lancés :
- centrale thermique électrique (600MW), la première ligne elle a démarré fin 2005.
- Raffinerie de condensat
- Extension de la raffinerie
- Oléifines
- Aromatiques
- Chargement en mer (brut et condensât)
- Lignes de transport GPL Skikida- Elkhroub
- Unité de dessalement d’eau de mer
- Unité hydrogène et récupération CO2 (ENGI)
(Voir une fiche technique détailler pour touts les complexes dans l'annexe)

Nous ne disposons d’aucune information sur les projets d’extension de la raffinerie de pétrole et
qui n’ont pas été soumis à la réglementation en vigueur.
La zone est alimentée par deux gazoducs (ligne d’alimentation du gaz) GK1et GK2, et un oléoduc
(ligne d’alimentation de pétrole), carte N° 02.

Au plans réglementaire et selon le décret exécutif 06-161 du 17 mai 2006, déclarant la zone
industrielle de Skikda zone à risque majeurs, la zone industrielle de Skikda, y compris le domaine
portuaire des hydrocarbures y attenant, est déclarant zone à risque majeurs. Ce décret stipule, entre
autres, qu'un plan interne d'intervention dans la zone industrielle de Skikda est élaboré par l'entreprise
de la gestion de la zone industrielle de Skikda EGZIK et approuvé par les autorités compétentes (voir
le décret annexe …).
En effet, avant la promulgation de la première loi relative à la protection de l’environnement (1983),
les projets industriels étaient réalisés sans études d’impacte sur l’environnement, les opérateurs
69
économiques privilégiaient les sites faciles à aménager, proches de réservoirs de main d’œuvre, à
proximité des voies de communication et disposant de toutes les commodités.

Dans le choix des procédés de fabrication, les critères de protection de l’environnement n’étaient pas
essentiels à cet effet, des unités polluantes n’ont pas été dotées de systèmes antipollution et pour
celles qui l’ont été leurs équipements de traitement ne fonctionnent pas selon les normes actuelles,
donc, leur rendement épuratoire est toujours en deçà des normes de protection de l’environnement.

Les effluents liquides chargés le plus souvent en polluants chimiques très dangereux (hydrocarbures
et métaux lourds toxiques) constituent un facteur important de pollution pour les milieux naturels et
sont responsables de graves pollutions des eaux superficielles (eaux de baignade, cours d’eau) et
souterraines (nappe de Saf Saf).

Par ailleurs, les grandes quantités de déchets toxiques stockés à l’air libre au niveau des unités
industrielles (boues de mercure, boues de pétrole..) exposent la nappe phréatique de Saf Saf à une
pollution permanente.

Ces unités de production posent également le problème de la pollution atmosphérique, c’est ainsi que
les agglomérations de Skikda, Ben Mhidi et Hamadi Krouma sont les plus exposées aux différents
rejets non permanents.

Vu l’absence d’une politique de protection de l’environnement au niveau de chaque complexe nous


vivons une situation inacceptable en matière de gestion des risques.

70
71
4- les aspects de sécurité et de sûreté dans les complexes

a- la sécurité

Nous évoquons ici la gestion de sécurité dans la zone d’étude en notant que, d’après la visite
que j’ai effectuée auprès des services concernés, ainsi que les multiples discussions avec les
responsables de tous les complexes, j’ai remarqué que chaque unité avait un service spécial de
sécurité avec des moyens très limités, par rapport au danger auquel ils s ‘exposent. J’ai constaté aussi
la vulnérabilité des installations et leur vieillissement, ce qui à pour conséquence des fuites dans les
bacs de stockage.

L’EGZIK a mis en œuvre une politique de sécurité pour faire face aux grands risques
industriels et naturels. Il a créé une unité responsable de sécurité, la U/PST : Unité, Protection et
Sécurité Industrielle, qui a pour mission :
- Assistance aux unités en cas de risques majeurs,
- Gestion des interventions,
- Gestion de PAM (Plan d’Assistance Mutuelle),
- Gestion des infrastructures et sécurité commune,
- Prévention et protection de l’environnement,
- Formation de sécurité.

L’unité emploie 120 personnes, et dispose de moyens de secours et de soutien, en plus d’une
infrastructure adaptée de formation (écoles et centres de formation).
Elle dispose aussi d’un système de communication pour une meilleure gestion de la sécurité,
tel radio (fixe, mobile et portable) et un réseau télécom interne
Annuellement l’unité de sécurité réalise en collaboration avec les unités de la plate forme et de la
protection civile environ :
- 40 exercices de simulation sur les unités de production.

72
- 120 exercices au niveau de l’école de feu. Toutefois la véritable force de l’unité, réside
dans ses hommes, qui ont capitalisé une riche expérience acquise sur le terrain lors de ses
multiples interventions, on peut citer ici :
«
- l’opération sauvetage de marins d’un bateau étranger échoué sur le port pétrolier en
1988.
- Éclatement du gazoduc Skikda au PK 552 (RTE),
- Intervention sur conteneur de peroxyde CP1K,
- Intervention sur feu d’hydrogène RA1K,
- Intervention sur turbo compresseur CTE,
- Éclatement bac RA1K,
- Fuite de brute pipe RTE,
- Participation aux plans ORSEC de la wilaya. » (EGZIK, 1998, p12)
b- la sûreté
La zone industrielle de Skikda s’étend sur 1200 hectares et est délimitée par une clôture d’un
périmètre de 16 km avec un mouvement de plus de 10 000 personnes et plus de 500 véhicules par
jour. C’est dans cette perspective que l’entreprise à développé une politique de surveillance et un
règlement d’identification d’accès et de circulation qui répond aux exigences sécuritaires de l’heure.
Pour maîtriser les risques d’incidents ou d’accidents pouvant perturber l’ordre et la quiétude
des opérateurs, les services de sûreté et protection dont les effectifs dépassent 200 personnes sont
dotés de moyens matériels techniques et de base en adéquation avec leur mission de protection et de
surveillance.

5- Le développement urbain de la ville et son rapprochement avec le pôle pétrochimique


Le pôle par son ampleur, son coût, sa technologie, et ses implications sur l’espace et la société
de la ville de Skikda et le rapport conflictuel entre activité de production et l’espace urbanisé, nous a
poussés à voir les mutations socio-spatiales de l’implantation d’un pôle pétrochimique sur notre zone
d’étude et le risque du rapprochement entre habitat et industrie à Skikda.
La zone industrielle a un retombé économique national indiscutable, mais sur certains aspects
locaux, elle a des conséquences plutôt négatives :
- Explosion démographique,
- Anarchisation de l’espace bâti, et consommation abusive du foncier urbain,
- Prolifération des bidonvilles et de l’habitat individuel aux bords de la zone industrielle,
73
- Naissance de couches sociales défavorisées et augmentation du taux de chômage.

5-1 Le développement démographique de la ville de Skikda


Dés les premières années de l’occupation française (1838), la ville de Skikda - sous le nom de
Philippeville - devait connaître un développement rapide ; elle comptait 10.000 habitants en 1870 et
devait rester pendant longtemps la ville la plus européenne d’Algérie.
Trois facteurs essentiels allaient assurer le développement démographique de la ville :
- La construction de la route et de la voie ferrée Constantine – Skikda (1870),
- La construction du port (à partir de 1870),
- La colonisation agricole et le peuplement du Safsaf.
Par la suite, la ville a connu un développement de ses activités touristiques et de son port qui fut
choisi pour l’exploitation du pétrole brut. En 1966, Skikda compte 61.375 habitants ; elle vit de
l’activité touristique et agricole, qui est à l’origine de son premier essor.
Avec le développement de l’industrie à partir des années 70, Skikda connaît un essor urbain
rapide et sa population croît très fortement (tableau N° 09). Elle est devenue un pôle attractif dont
l’aire d’influence déborde au delà de ses limites départementales en matière de migration.

Tableau N° 09: La croissance démographique de Skikda


années Populations de la ville Taux de croissance%
1840 3411 -
1954 48773 -
1960 71739 -
1966 61375 -2.56
1977 91395 3.68
1987 118949 2.76
1998 144208 1.76
2002 153485 1.57
2004 181488 2.07
2006 181478 1.96
2008 184980 1.93
Source : Organisation Nationale de statistique (ONS).

74
Figure N° 05 : croissance démographique de la ville de Skikda

Dans le recensement de 1977, les migrants constituent 39% de la population de la ville (tableau N°
10), c’est la conséquence de l’installation industrielle dans cette période.
Tableau N° 10: La période d’installation des migrants dans la commune de Skikda
Période Total %
1977-68 12809 35,9
1968-66 8971 24,9
Avant 1962 12576 34,9
Non déterminé 1637 4,3
Total 35993 100
Source: H.BOUKERZAZA, 1991.
Les mutations socio-économiques et spatiales de l’implantation de la zone industrielle sur la ville
sont très marquées :
- Dans la période coloniale, Skikda était une région touristique et agricole, mais actuellement,
c’est un pôle industriel. Le tableau N° 18 montre le développement de la structure de l’emploi
dans l’industrie et le tertiaire par rapport à l’emploi agricole qui a connu une régression à
partir de 1970, ce qui donne une image claire des changements profonds dans la société de la
ville après l’implantation d’un pôle pétrochimique.

75
- En 1966, elle était une ville moyenne, en 2008 elle devient une grande ville par sa population
qui dépasse 180 000 habitants et sa superficie.

Tableau N° 11: La structure de l’emploi dans la ville de Skikda

Années 1966 1987 1999

Structure Nombre % Nombre % Nombre %


de l’emploi
Agriculture 23240 65,7 987 3,86 1644 3,4

Industrie 340 1 8950 35,1 11268 23,34

Tertiaire 13779 33,3 15565 61,04 35389 73,02

Totale 35369 100 25501 100 48301 100

Source ; DPAT (direction de planification et d’aménagement du territoire), 2001

Figure N° 06

Structure de l'Emploi en 1966 Structure de l'Emploi en 1987

Agriculture Agriculture
Indu strie Industrie
Tertiaire Tertiaire

5-2 L’évolution de l’urbanisation et les modalités de consommation du foncier urbain.

La ville romaine Rusicade était bâtie sur les deux versants du Béni-Melek et une voie la reliait
à l’Ouest, au port de Stora. A leur arrivée, les Français décident de construire la ville sur les versants
qui se font face de Béni-Melek et de Bou-Abbaz. Cette décision comporte à l’origine un impératif de
défense bien qu’une autorité militaire avait déjà prévu dans les années 1840 l’extension inévitable
vers la plaine. La ville se développe dans un premier temps sur les hauteurs mais à cause de l’obstacle
représenté par les terrains en pente, les deux collines se révèlent inadaptées à la croissance urbaine.

76
Celle–ci se déverse alors dans la plaine, en direction de vallée de l’Oued Zeramna au sud de la ville
où les vergers cèdent le pas aux premières constructions (dans les années 1950), voir carte N° 07.
Avec le développement industriel, le phénomène du rapprochement de l’habitat vers la zone
industrielle à commencé, la consommation des terres agricoles s’amplifie.
L’extension de la ville de Skikda dans une première partie, s’est effectuée sur les terrains
accidentés qui entourent le Béni-Melek et Bou-Abbaz. Il est à noter que la réalisation de la nouvelle
ville (à l’Est de la zone industrielle et loin de Skikda de 20km) est de nature à limiter la
consommation de l’assiette foncière, mais la crise urbaine et le déficit en logement (un déficit qui a
augmenté très rapidement : 3000 logements en 1970, 10 000 en 1978, 15 000 en 1982)14, sont à
l’origine de la progression anarchique de la ville par la prolifération des quartiers qui affectent les
terrains plats situés à proximité de la zone industrielle. (cf. infra le tableau N° 12 qui montre le
développement de l’habitation par rapport au nombre d’habitants).

14
Mémoire fin d'étude : Décentralisation et aménagement du territoire en Algérie (la wilaya de Skikda),
H.BOUKERZAZA, 1991
77
78
De plus, la route qui lie Constantine et Annaba (un héritage colonial) et qui passe tout au long du
pôle, a permis la naissance des agglomérations urbaines (la commune de Hamadi-Krouma, en 1975)
qui sont situées juste à côté du siège de la zone dont le nombre d’habitants, selon les estimations de
1990, est environ de 800015.
Tableau N° 12: Le développement de l’habitation à Skikda
Années Nombre d’habitants Nombre d’habitation
1977 91395 13814
1987 121495 19108
1995 141761 22831
1998 144208 25679
1999 146749 26413
Source : URBAN (centre de recherche et de construction urbanistique), 2001

Le tableau N° 13 montre la consommation du foncier urbain. Dans une période de vingt ans (1975-
1997) l’espace urbain s’est étalé sur plusieurs hectares. En 1962 la superficie de la ville était 162,3 h,
elle a atteint 1697,8 hectares en 1998, avec une densité de 84,9 habitants/hectare (cette densité change
d’une cité à une autre) carte N° 08.
Tableau N° 13: La consommation du foncier urbain de la ville de Skikda
années Superficie / h Nombre d’habitants
1962 162,30 55727
62-75 230,00 84543
75-85 687,596 112860
85-92 1085,52 135633
92-98 1697,80 144208
Source : HASSINI.N., BRAGUDI.S, 2001.

D’après le contact déjà fait avec le service technique de la ville de Skikda, l’absence d’une
planification de l’urbanisation autour de la zone est confirmée. L’histoire de la crise de logement
constitue un prétexte sous lequel le préfet a attribué des permis de construction de type habitat
individuel16 dont la majorité est situés à côté de la zone industrielle (le versant Est de Bou Abbâse, la
majorité du centre d’agglomération de H.Krouma, et la partie Est de la zone). La distance entre les
complexes et les l’habitation les plus proches est estimée de 383m.

15
Selon le PDAU de Skikda, 1991
16
Habitat individuel : habitat régulier, des villas

79
80
Le type d’habitat spontané17 (bidonvilles) a commencé dès le début de l’implantation industrielle
(tableau N° 14) avec l’arrivée massive des immigrants qui cherchent du travail. Et le tableau N° 15
présente la prolifération et l’envahissement de ce type d’habitat (les versants de Bou Abbâse et le Sud
de la ville).

Tableau N° 14: L’évolution de l’habitat spontané


Années Nombre d’habitations L’habitat spontané %
1987 19108 3489 18,25
1995 22831 2594 11,36
1998 25679 3126 12,17
1999 26413 3126 11,83
Source : Source : HASSINI.N., BRAGUDI.S, 2001.

Tableau N° 15: Les zones d’habitation spontanée et le nombre de constructions


Zone Bou boulkarwa Lac des Zone Houcine Route des Total
ABBÄSE oiseaux industrielle lousate industries
Nombre 565 1383 366 297 255 260 3126
Source : bureaux de police de l’urbanisme, 2008

Tableau N° 16: Etat du parc de logement


Etat de logement Nombre %
Bon 5979 23.49
Moyen 13043 51.24
Mauvais 6433 25.27
Total 25455 100
Source: PDAU Skikda 2006

L’absence d’une politique de gestion de l’espace, de la part des collectivités locales, est
constatée par la favorisation de la construction de l’habitat individuel. En effet, le tableau N° 17
présente la superficie consommée selon chaque type d’habitat.

Tableau N° 17: Occupation du sol par l’habitation


L’utilisation Superficie -h %
Habitation collective 232,50 35,89
Habitation individuelle 305,60 47,18
Habitation spontanée 109,65 16,93
Totale 647,75 100
Source : Source : HASSINI.N., BRAGUDI.S, 2001.

17
Habitat spontané : habitat irrégulier, sans autorisation de construction (bidonville)
81
Figure N°07

l'occupation du sol par l'habitation


Ville de Skikda
Habitation collectif

Habitation
individuelle
Habitation spontané

L’implantation du pôle pétrochimique s’est fait à côté de la ville, à une époque où la notion du
risque industriel n’existe pas et la coexistence des lotissements et des cités à proximité de la zone sont
considérées comme positive. D’après l’analyse de l’évolution de la ville, on constate que la partie sud
de la ville, et toute l’agglomération du Hamadi-Krouma et Hamadi-Hamrouche avec les poches
urbaines de la commune de Flifla et l'Arbi Ben Mhedi sont exposées à un grand risque (carte N° 09).
Les estimations qui sont faites par les spécialistes de l’environnement prévoient la destruction
de l’environnement sur un rayon de plusieurs km, en cas de l’explosion des bacs de GNLK1. En
effet, d’après les témoignages sur l’explosion de la chaudière de GNL, les dégâts étaient signalés sur
un rayon de 4 Km.
Quel sera l’effet de l’explosion d’un bac de stockage par exemple ?
Cette étude n'a pas pour but d’établir une étude de dangers de chacune des unités respectives, mais
d’identifier l’événement majeur pouvant survenir dans le pôle. La finalité de ce travail est de fournir
un guide d’évaluation du risque sur la zone industrielle, afin de gérer l’impact d’un événement majeur
sur la population voisine.

La présente étude n'est donc pas une étude de danger, mais une identification et une
cartographie des risques présents au niveau de la zone industrielle. Les résultats des modélisations
sont calculés en se basant sur une situation maximaliste (les hypothèses prises le sont en considérant
une configuration ayant pour résultat les effets maximaux).
Les évaluations de risques sur la zone industrielle ont mis en avant les risques suivants :
82
Le risque d’incendie

Le risque d’explosion

Le risque d’intoxication

83
6- Résultats de l’investigation
Mon travail s’attache, donc, à comprendre la cohabitation des habitants avec la zone industrielle de
Skikda, ainsi que leur tolérance face aux risques industriels.
En effet, dans la mesure où cette zone n'assure pas vraiment, aujourd’hui, la fonction sociale de la
ville qui lui était auparavant attribué, elle contribue à une certaine dépréciation du territoire ; on est
en droit de se demander comment et pourquoi des individus continuent à y habiter et s'y installent et
qui les autorise à le faire ?
L’enquête, effectué sur terrain, a accentué la notion de “risque” qui était pertinente pour l'analyse,
mais reste délicate à aborder pour les habitants et pour les industriels, voire pour les autorités locales.
Je note que lors de mon enquête, j’ai eu des difficultés avec les responsables de la zone et les
autorités locales concernant les donnes et les statistiques qui sont faites sur la zone industrielle.
J’ai réalisé une investigation en s’approchant de la population avoisinant le pôle pétrochimique (la
ville de Skikda, l’agglomération de Hammâdi krouma et L’aarbi ben Mhedi).
Les questions portaient sur le motif et l’année d’installation à côté de la zone, ainsi que
l’autorisation de construction et les autorités qui en sont responsables, l’information et les
connaissances sur les risques industriels, le signal d’alerte et les consignes en cas d’urgence.
Le résultat de cette investigation a montré que les risques d’accidents industriels est la première
source d’inquiétude des personnes interrogées (après la pollution de l’air).
La morphologie de la ville de Skikda et sa zone pétrochimique ont fait que l’urbanisation s’est
progressivement développé sur les terrains agricoles inexploités ; transformant ainsi le paysage,
développant des réseaux de transports et regroupant sa main d'œuvre en bassin d'emploi.
La zone industrielle est donc impulsée des flux migratoires créant ainsi certains locaux environnant.
Ce mouvement obligea à construire en toute hâte des logements pour favoriser un accueil, pensé alors
comme transitoire.
Les migrants, nombreux et peu qualifiés, ont constitué une large part de la main d'œuvre industrielle.
La métamorphose du bassin industriel (voir les figures N° 08 et 09, 10 de la profession et l’année de
l’installation dans) en un bassin de peuplement et les interventions concernant l'offre de logement
privatif opèrent ainsi comme une sélection des populations.
L'emploi et le prix du foncier sont les principaux facteurs donnés qui expliqueraient l'emménagement;
il s’avère, en effet, que l'installation familiale recouvre souvent plusieurs générations.
Le sentiment du danger et la crainte des accidents au quotidien est fort (52.8 % des personnes
interrogés pense vivre dans une zone a risque, 47.3 % les ignorent, voir la figure N°12).
84
Ce constat nous pousse à tirer un trait sur les déductions suivantes :
Les personnes ne connaissent pas le signal d’alerte et la conduite à tenir, comme «se mettre à l’abri»
Le niveau d’information de la population sur le risque représenté par la zone est faible, les personnes
interrogées ne connaissent pas les organismes qui en sont chargés (voir la figure N°13).
Nombreux sont les gens qui restent attachés au territoire malgré le danger qui les guette, ils ne
veulent pas changer leur lieux de résidence (voir la figure N°15. Voir toute les résultats de
l’investigation concernant la ville de Skikda et Hammâdi Krouma, ainsi que l’Arbi Ben Mhedi a
l’annexe
Les figures qui suivent sont les résultats de mon investigation dans l’agglomération de hammâdi
krouma :
Figure N° 08

Figure N° 09

85
Figure N°10

Figure N° 11

86
Figure N° 12

Figure N°13
87
Figure N° 14

Figure N° 15

88
7- Les scénarios d’accident probables et leur distance d’effets pour chaque unité :
Tableau N° 18: Les configurations accidentelles quantifiées dans l’étude de dangers sont les
suivantes :

Unité Configuration accidentelle Scénarios et distances d'effets

Ruine d'un réservoir d'éthylène de 12 000 D1 Effets létaux = 155 m


tonnes, feu de cuvette
D2 Effets irréversibles = 203 m

Ruine d'un réservoir d'éthylène de 12 000 D1 Effets létaux = 360 m


CP1K tonnes, évaporation et explosion
D2 Effets irréversibles = 650 m

BLEVE de la sphère de VCM D1 Effets létaux = 968 m

D2 Effets irréversibles = 1 115 m

89
Ruine d'un réservoir de HCl, nuage toxique Les distances d’effets n’ont pas pu être
quantifiées du fait d’un manque d’information sur
ce stockage

Ruine d'un réservoir de GNL de 70 000 m3, D1 Effets létaux = 248 m


feu de cuvette
D2 Effets irréversibles = 320 m
GL1K
Ruine d'un réservoir de GNL de 70 000 m3 ; D1 Effets létaux = 1020 m
évaporation et explosion
D2 Effets irréversibles = 1540 m

Boil Over d’un réservoir de pétrole brut de D1 Effets létaux = 980 m


60 000 m3
D2 Effets irréversibles = 1376 m
RA1K
BLEVE d’une sphère de butane de 1200 m3 D1 Effets létaux = 948 m

D2 Effets irréversibles = 1093 m

Ruine d’une bouteille d’ammoniac de 9 m3 Les distances d’effets n’ont pas pu être
ENGI quantifiées du fait d’un manque d’information sur
ce stockage

PEHD Aucune Sans objet

RTE Boil Over d’un réservoir de pétrole brut de D1 Effets létaux = 930 m
51200 m3
D2 Effets irréversibles = 1305 m

Rupture franche de la canalisation de gaz de D1 Effets létaux = 210 m


40’’ sous 43 bars absolus
D2 Effets irréversibles = 390 m

CTE Aucune Sans objet


Source: inspection de l'environnement Skikda 2008

Synthèse par unité


Les résultats du tableau N° 18 ils sont présentés sur la carte N° 09

Unité CP1K
Les évènements redoutés au sein de l’unité CP1K sont :
- La destruction du réservoir d’éthylène conduirait à l’épandage du contenu dans la cuvette de
rétention puis l’inflammation de l’éthylène dans la cuvette (feu de cuvette) ou bien, en cas
d’évaporation de l’éthylène, l’explosion du nuage. Dans le premier cas, les effets redoutés
sont ceux associés à un incendie, c’est-à-dire la propagation d’un flux thermique et dans le
deuxième cas, aux effets du flux thermique s’ajoutent les effets de l’explosion, c’est-à-dire
90
des effets de surpression. Ce deuxième scénario est le plus pénalisant : il impacterait le
complexe GL1K, entraînant des effets domino car le réservoir de Gaz Naturel Liquéfié serait
touché et l’ensemble du complexe CP1K.
- La rupture du réservoir de VCM conduirait à la création d’une onde de souffle due à
l’expansion du produit, à la projection de missiles (fragments du réservoir de stockage) et à la
formation d’une boule de feu (le VCM est un gaz inflammable). Le flux thermique provoqué
par cette boule de feu conduirait à des brûlures mortelles pour les hommes présents au niveau
du complexe CP1K, du complexe PEHD et en partie pour les hommes du complexe GL1K.
Des effets irréversibles seraient également à redouter dans la zone entre PEHD et la FIR, une
partie des appontements et une zone non identifiée au sud des complexes GL1K, CP1K et
PEHD,
- La rupture d’un réservoir d’Acide Chlorhydrique conduirait à l'épandage instantané du liquide
dans la cuvette de rétention. Il y aurait alors évaporation du liquide et dispersion
atmosphérique du nuage de gaz formé. Or l’acide chlorhydrique gazeux est toxique pour
l’homme. Du fait d’un manque d’information sur le stockage d’acide chlorhydrique, il n’a pas
été possible d’établir les distances d’effets létaux et irréversibles.

Unité GL1K
L’évènement majeur redouté au sein de l’unité GL1K est la destruction du réservoir de gaz naturel
qui conduirait à l’épandage du contenu dans la cuvette de rétention puis l’inflammation du gaz
naturel dans la cuvette (feu de cuvette) ou bien, en cas d’évaporation du gaz naturel, à l’explosion du
nuage. Dans le premier cas, les effets redoutés sont ceux associés à un incendie, c’est-à-dire la
propagation d’un flux thermique et dans le deuxième cas, aux effets du flux thermique s’ajoutent les
effets de l’explosion, c’est-à-dire des effets de surpression. Ce deuxième scénario est le plus
pénalisant et également le plus probable des deux. Les personnes présentes au niveau des complexes
GNL, CP1K, des appontements GNL et des appontements propaniers seraient touchées de manière
mortelle. D’autre part, on peut redouter des effets dominos au niveau de CP1K et au niveau des
éventuels méthaniers et propaniers présents dans le nouveau port. Des effets irréversibles sont
également à redouter pour les personnes présentes au niveau de la SONELGAZ, de la partie, nord de
l’aérodrome, du complexe PEHD, de l’ensemble des appontements, d’une zone à l’ouest, hors zone
industrielle.

91
Unité RA1K

Les évènements redoutés au sein de l’unité RA1K sont :

- le débordement d’un réservoir de pétrole brut par mise en ébullition du pétrole : le pétrole
serait alors projeté en grande partie sous forme de gouttelettes qui alimenteraient une boule de
feu. Les effets redoutés sont donc ceux liés au flux thermique déclenché par la boule de feu :
ils seraient mortels pour la majorité de la raffinerie et une partie hors zone industrielle, dont
Mechtet Msouna, Mechtet Oued Mohkene. Les effets irréversibles toucheraient quasiment
toute la raffinerie et une zone de plus d’1 km de large à l’est de la zone industrielle. D’autre
part, des effets dominos sont à craindre au niveau de la raffinerie.
- La rupture du réservoir de butane qui conduirait à la création d’une onde de souffle due à
l’expansion du produit, à la projection de missiles (fragments du réservoir de stockage) et à la
formation d’une boule de feu (le butane est un gaz inflammable). La zone impactée par les
effets de cet accident est incluse dans la zone des effets irréversibles de l’évènement redouté
décrit ci-dessus.

Unité ENGI
Il n’y a pas d’évènement majeur redouté, lié directement au processus de l’unité ENGI car il s’agit de
production de gaz de l’air. Cependant, une étude de dangers détaillée doit être menée car ces produits
présentent des risques importants pour le personnel travaillant dans l’unité. L’étude de dangers devra
analyser les risques d’asphyxie dus au CO2 et à l’azote, les risques d’inflammation due à l’oxygène
en cas de suroxygénation.
Il y aurait cependant un évènement majeur à envisager, lié à la production de froid sur l’unité. En
effet, le groupe froid contient de l’ammoniac qui est un gaz inflammable et toxique. Du fait d’un
manque d’information sur les modalités de stockage de l’ammoniac, il n’a pas été possible d’établir le
scénario accidentel.

Unité PEHD
Du fait de la nature des risques que présente le processus de PEHD, il n’y a pas lieu d’envisager de
scénario d’accident majeur. Cependant, une étude de dangers détaillée doit être menée car des
accidents présentant des risques importants pour le personnel travaillant dans l’unité pourraient
survenir. L’étude de dangers devra notamment analyser les risques d’explosion des silos de poudre.

92
Unité RTE

Les évènements majeurs à redouter au sein de l’unité RTE sont :

- le débordement d’un réservoir de pétrole brut par mise en ébullition du pétrole : le pétrole
serait alors projeté en grande partie sous forme de gouttelettes qui alimenteraient une boule de
feu. Les effets redoutés sont donc ceux liés au flux thermique déclenché par la boule de feu :
ils seraient mortels pour l’ensemble de la zone RTE, l’unité ENGI, la partie Est de
l’aérodrome, Hammoudi Hamrouch, une portion de la N44. Des effets irréversibles seraient à
craindre au niveau de la population présente à Sidi El Mokhfi, d’un stade, d’une partie de la
zone dépôt traversée par la D36. D’autre part, des effets dominos sont à craindre au niveau du
complexe RTE.
- la rupture d’une canalisation de gaz produisant un nuage de gaz susceptible d’exploser : les
effets de surpression seraient alors à redouter sur une zone d’un rayon de 210 mètres autour
du point de rupture en ce qui concerne les effets mortels, sur une zone d’un rayon de 390 m
autour du point de rupture en ce qui concerne les effets irréversibles. Il na pas été possible
d’identifier l’ensemble de la zone impactée car cette canalisation de gaz parcourt l’ensemble
de la zone industrielle.

Unité CTE
Du fait de la nature des risques que présente la centrale thermique électrique, il n’y a pas lieu
d’envisager la survenue d’un accident dont les effets sortiraient de l’enceinte de la centrale ;
cependant il est important de mener une étude de dangers détaillée mettant en évidence, notamment,
les causes d’incendie et d’explosion.
6- L’explosion de la chaudière de GNLK1

L’explosion dans le complexe de raffinerie de GNLK1du pôle pétrochimique montre le faible


pris en compte de la notion du risque industriel. L’urbanisation progressive des abords de la zone,
l’extension de la ville et ces dernières constructions qui sont à proximité de la plate forme expliquent
les inquiétudes d’une grande catastrophe plus que celle du 19 janvier 2004.
Nos milieux urbains ne sont pas prêts à affronter de tels événements, cela se manifeste à travers
l’expérience de Skikda dont l’organisation des secours par les pouvoirs publics, est à mesurer.

6-1- L’explosion
93
L’explosion de la chaudière du GNLK1 provoque une onde sonore (bong extrêmement
puissant entendu dans toutes les wilayas limitrophes) et un effet de souffle dévastateur. Trois unités
centrales de ce complexe sur une totalité de six ont été dévastées par le feu. L’explosion a également
ravagé les ateliers de la maintenance, les magasins, le bloc administratif et celui de la sécurité. Elle a
endommagé plus de 200 véhicules se trouvant sur la plate forme.
Par ailleurs, le centrale thermique située à moins de 500m du lieu de l’explosion a subi
beaucoup de dégâts. Plusieurs pipes ont été totalement déracinées, l’entreprise de marbre a été
également touchée ainsi que plusieurs dégâts enregistrés sur les habitations à proximité la zone
industrielle (des dommages enregistrés dans un rayon de 4km).
Les équipes de secours de la zone ont tout de suite isolé les autres installations en coupant le
gaz et en arrêtant la raffinerie de brut, et la centrale électrique, pour éviter une propagation de
l’accident. Les heures qui ont suivi l’explosion ont souligné la fragilité de nos milieux urbains.
Selon des témoignages, les premiers secours sont effectués par les travailleurs du complexe.
Aucune alerte n’a retenti, aucune mesure d’évacuation n’a été effectuée au niveau des secteurs
urbains touchés par la déflagration. Le plan d’assistance mutuelle entre les unités de la plate forme
prévue a montré son insuffisance. Le déclenchement du plan ORSEC a montré son retard de mise en
œuvre (treize wilaya du pays ont tenu à dépêcher plusieurs délégation de secouristes et
d’équipements : 47 ambulances, 37 camions d’étaiement et plus de 590 agents d’intervention).
Les pertes humaines de la déflagration sont de 27 morts et 74 blessées. Les dégâts matériels
sont considérables, d’après les premières estimations, la destruction des trois unités de GNL constitue
une perte de 500 millions de dollars (pour la rénovation), et entre 300-400 million de dollars de
déficits de la recette totale du complexe, ainsi 200 véhicules endommagés. Au niveau de la centrale
thermique des dommages de 40 milliards de centimes (4 millions de dollars), aux niveaux des
dommages sur l’habitation. Il est difficile de faire un bilan, mais d’après des témoignages les dégâts
sont recensés sur un rayon de 4km.

6-2- La gestion de la crise

Dans l’immédiat, la priorité des pouvoirs publics est donnée à l’organisation des secours.
Leurs coordinations (pompiers, SAMU, clinique) ont montré des insuffisances au niveau des moyens
matériels (le centre hospitalier de Skikda manque de services spécialisés dans certain cas, comme les
brûlures) ce qui oblige de transférer les blessées à Annaba et Constantine.

94
L’EGZIK a donné l’ordre de stopper toutes les activités dans le pôle, le préfet a déclenché le
plan ORSEC. Alors qu'il y a un sentiment d’abandon totale des collectivités locales de la population
sinistré, aucune opération d’évacuation n’a été enregistrée ; heureusement, l’accident ne s’est pas
propagée aux bacs de GNL, que ce serait – il passer dans ce cas là ?
Les pouvoirs publics entament dans les jours qui suivent un travail de soutien, par la création d’une
cellule de soutien psychologique aux travailleurs du GNL et leurs familles. Cet abandon des
collectivités locales a provoqué un mouvement de colère des habitants qui sont à proximité de la zone
(à cause des dommages sur les maisons) et qui ont organisé une manifestation le 21 janvier 2004.

6-3- Après la crise

L’Etat et l’ensemble des acteurs publics ont été stigmatisés par la politique de laisser-faire et
leur impuissance à régler la croissance urbaine dans une zone à risque. La catastrophe a montré
l’incapacité des services de l’Etat à contrôler toute la sécurité des installations classées. Il est à noter
que les services les plus constatés (l’inspection de l’environnement et la protection civile) ont mené
depuis l’explosion une grande compagne de soutien au niveau des établissements scolaires. Un débat
a été organisé à Alger (en mars 2004) sur les risques industriels et sur la politique de prévention. Le
20 janvier 2004, l’assemblée populaire nationale a enregistré le dépôt d’une loi relative à la
prévention des risques majeurs et à la gestion des catastrophes. Des nouvelles mesures sur
l’assurance contre les risques et les désastres entreront en vigueur à partir du mois d’août 2004, pour
développer la culture de sécurité et pour définir la responsabilité de chaque acteur.
La question de l’urbanisation et la présence de l’industrie dans la ville n’ont pas été analysées
en profondeur par les différents acteurs. Les effets de la catastrophe prévisible à moyen terme sur
l’espace urbain sont pour l’instant difficiles à apprécier. Le poids de l’industrie pétrochimique sur
l’économie de la ville est primordial, l’hypothèse plausible d’un changement de site de la plate forme
est impossible. Il reste à faire une étude détaillée d’identification et d’analyse du danger, dans le but
d’évaluer les conséquences d’une catastrophe, notamment au regard des populations riveraines, faire
un zonage des effets des accidents potentiels et une analyse des vulnérabilités de ces zones, pour
cartographier le risque. C’est sur cette base que peut se faire l’intégration du risque dans les plans
d’urbanismes.

95
LES EVENEMENTS MAJEURS REDOUTES ET LEURS DISTANCES D’EFFETS DANS CHAQUE UNITE N

Effets létaux :Feu et flux


thermique

Effets irréversibles :Feu et


flux thermique

Effets létaux : onde de


souffle due à l’explosion

Effets irréversibles : onde


de souffle due à l’explosion

Limite de la zone

96
industriel

0 1 km

Région de Skikda, Algérie.


Image satellite Quickbrid,
20 février 2003.
Résultat d’Etude Inspection de
l’Environnement 2010
Réalisation:BOULKAIBET AISSA

96
Conclusion
Il apparaît nécessaire de réaliser une étude de dangers détaillée pour chaque unité car dans notre
étude, seuls les évènements majeurs ont été envisagés et modélisés. D’autres accidents que ceux
quantifiés dans cette étude peuvent donc avoir des effets graves (morts, blessés, pollutions, dégâts
matériels) au sein de chaque unité, et dépassant éventuellement les limites de l’unité.
D’autre part, étant donné que chaque scénario d’accident envisagé a des répercussions sur les unités
voisines (voir les distances d’effets du tableau N° 18), il est indispensable de déterminer les effets
dominos, c’est-à-dire les effets entraînés par l’enchaînement de plusieurs scénarios d’accidents
majeurs.
Les plans d’intervention existants : Plan d’Intervention Interne (PII), Plan d’Assistance Mutuelle
(PAM) doivent être complétés et mis à jour en fonction des scénario d’accident envisagés dans cette
étude et en fonction des études de danger qui seront réalisées au niveau de chaque unité afin d’alerter
et de protéger les populations risquant d’être impactées.
Le tableau N° 18 montre que pour certains scénarios, les populations sont soumises aux effets directs
de ces évènements. Ils peuvent également être soumis aux effets indirects de ces évènements comme
dans le cas d’un souffle émis par une explosion qui provoquerait des bris de vitre ou la toxicité des
fumées d’incendie.
Il est donc important d’établir un plan d’occupation des sols de la commune, afin de maîtriser
l’urbanisation autour de la zone industrielle
Selon la loi N° 04-20, l'état assure aux citoyens un accès égal et permanent à toute information
relative aux risques majeurs. Ce droit d'accès à l'information couvre:
- la connaissance des aléas et des vulnérabilités de son lieu de résidence et d'activité;
- l'information sur les dispositifs de prévention des risques majeurs applicables à son lieu de
résidence ou d'activité;
- l'information sur les dispositifs de prise en charge des accidents majeurs
La plate forme est caractérisée par la présence des usines à risque majeur. Pour cette raison, les
activités de communication au public de la zone pétrochimique devront s'intégrer dans un contexte
plus global de communication qui regrouperait des représentants des industries, de l'EGZIK, de la
FIR, de la Wilaya, et la sécurité civile, de l'environnement et de la santé, les représentant des
citoyens.
Les objectifs principaux de la compagne de communication sont:
- sensibiliser et informer la communauté quant à leur état de préparation face à d'éventuels
accidents majeurs dans la zone
97
- faire connaître la gestion des risques d'accidents industriels majeurs (à savoir la prévention, la
préparation, l'intervention et le rétablissement) dans la population résidant en périphérique de
la plate forme.
- Informer et éduquer la communauté concernée sur les comportements adéquats et sécuritaires
à adopter face à une alerte sirène par exemple, dans l'éventualité spécifique d'un accident
majeur (fuite de matière toxique, incendie ou explosion).
Ces informations pourraient être présentées sous forme de brochures qui devraient être mise à jour en
fonction des modifications qui sont apportées à la zone industrielle.

98
LE CAS DE L’AGGLOMERATION DE BEKOUCHE Lakhdar ET LA
CIMENTERIE D’AHDJAR ASSOUDE

DEUXIEME PARTIE
99
1- OBJECTIF DE L'ETUDE
La présente étude concerne la cimenterie de HADJAR Soud située dans la wilaya de SKIKDA, elle
va permettre:
- d'identifier les dangers générés par les installations et les activités de la cimenterie.
- D'évaluer les risques et les dommages potentiels aux installations et à l'environnement, le cas
échéant aux populations, qui pourraient résulter d'un dysfonctionnement ou d'une situation
accidentelle c'est-à-dire d'un événement sont souhaité.
- La mise en place des mesures de prévention contre le danger probable.
1- 1 Emplacement de l'usine
La cimenterie de HDJAR SOUD est implantée dans la commune de BEKKOUCHE Lakhdar
Daïra de AZZABA à l'extrême Est de la wilaya de SKIKDA, sur la halte de HDJAR Soud, longeant
la ligne du chemin de fer qui relie Annaba à Constantine.
Située à 50 Km à l'Ouest d'ANNABA ET 500 Km à l'Est de d'Alger. La cimenterie située en
bordure de la route nationale n°44 et la voie ferrée reliant Constantine à Annaba permettant un
accès facile à l'usine. Elle s'étend sur superficie de 29 hectares.
1-2 Historique et Effectifs
La cimenterie HDJAR Soud fût la première cimenterie de l'Algérie indépendante, elle est
entrée en production en 1973, par la mise en exploitation de la première ligne au courant de
l'année 1973 (1350t clinker/jour) et en 1975 de la deuxième ligne (1800t/j).
L’effectif total (siège et unité de production) de la filiale HDJAR Soud s’élevé à 300
travailleurs.
1-3 Activités de l'entreprise
Les activités de la cimenterie comportent deux types d'activités, les activités de production qui
entrent dans le processus de production et les activités qui sont périphériques ou figurent
essentiellement les utilités.
a. Le processus de production
Il s'articule sur plusieurs étapes:
1-3-1 Première étape:
Elle consiste à assurer l'approvisionnement de l'usine en matière première, cette matière est constituée
de: Calcaire, Argile, Sable, Minerai de fer
Ces matières premières proviennent de différents lieux de production situés à distances diverses.

100
1-3-2 Deuxième étape:
Elle consiste en la production selon le procédé de fabrication dénommé: " voie sèche"
La production de ciment portland commence par un mélange soigneusement dosé de matières
premières tirées des ressources les plus abondantes du monde. La formule la plus courante combine
calcaire, argile et sable. Ces matières sont traitées dans un four rotatif, dit aussi four de calcination,
dont la température peut atteindre 1500°C.
Cette chaleur intense déclenche une série de réactions chimiques qui convertissent les matières
premières en fusion partielle en petits nodules qui forment ce qu'on appelle le clinker. Après
l'addition de gypse et d'autres matières essentielles, le mélange est moulu en une poudre grisez
extrêmement fine, connue sous le nom de ciment portland.
1-3-3 LES UTILIES :
Les utilités comportent les équipements suivants:
1- les pompiers
 02 pompes immergées de débit 2640 L/h
 09 pompes industrielles débit 30 M3/h
 02 pompes eau potable 3M3/h
2- Installations Gaz et Electricité
 02 Gaz poste de détente de 4.7 bar avec une puissance de 150000 Thermie par heures
 Electricité deux lignes, deux lignes de transformation de 60 KV à 5.5 KV
 Puissance souscrite 25 MW.
3- Les compresseurs
Il existe une Salle des compresseurs pour tous les ateliers de production
 Trois compresseurs ATLAS GA 200 pour la haute pression
 Quatre compresseurs CREPELLE pour la basse pression

Ce cas étude s'inscrire dans l'optique de l'évaluation du risque probable sur l'homme et
l'environnement engendrés par la cimenterie de HDJAR Asoud.

101
2- AU PLAN REGLEMENTAIRE

On a déjà évoqué la réglementation qui gère la protection de l'environnement comme la loi 03-10
du 19 juillet 2003, ainsi que le décret n° 06-198 du 31 mai 2006 définissant la réglementation
applicable aux établissements classés pour la protection de l'environnement.
Dispositions préliminaires:
Les activités industrielles sont classées en plusieurs catégories définies par la nomenclature selon
la nature des activités. La cimenterie de HDJAR Soud est considérée comme un établissement
classé de première catégorie du fait de la nature des installations qui la compose et des activités
développées ainsi que les effets sur l'environnement et à ce titre elle est soumise à une
autorisation ministérielle.

Dispositions particulières:
Le décret précise que " les établissement classés en exploitation n'ayant pas fait l'objet
d'autorisation d'exploitation ou dont l'autorisation d'exploitation ne correspond pas aux catégories
fixées par l'article 3 ci-dessus, ainsi qu'aux rubriques de la nomenclature des installations classées
par la réglementation en vigueur, sont tenus de réaliser un audit environnemental.
- décret exécutif n° 06-138 du 15 avril 2006 Règlement l'émission dans l'atmosphère de
gaz, fumées, vapeurs, particules liquides ou solides, ainsi que les conditions dans
lesquelles leur contrôle.
Elle fixe les valeurs limites des rejets atmosphériques. Cependant, elles disposent pour les
anciennes installations qu'un délai de cinq ans est accordé. Toutefois, en attendant la mise à
niveau des installations industrielles anciennes dans un délai de cinq ans, les limites des rejets
atmosphériques prennent en charge l'ancienneté des installations industrielles en déterminant une
tolérance pour les rejets atmosphériques émanant de ces installations.
En outre et en raison des particularités propres aux technologies utilisées, des tolérances
particulières aux valeurs limites sont également accordées selon les catégories industrielles
concernées.
- décret 05-240 du 28 Juin les modalités de désignation d'un délégué à l'environnement
Ce décret prévoit la désignation par la direction de l'établissement industrielle la désignation d'un
délégué chargé des problèmes de l'environnement.
- décret 2000-73 décrets réglementant les polluants atmosphériques

102
Ce décret réglemente les émissions dans l'atmosphère de substances détruisant la couche d'ozone,
notamment les produits contenant ces substances.

3- DISCRIPTION DE L'ENVIRONNEMENT

3-1 Situation général:


3-1 Climatologie :
L'établissement d'un bilan complet sur le climat est nécessaire pour comprendre le déplacement d'un
panache de poussière et de particule fine suite à un rupture au niveau des électrofiltres de l'usine.
Le climat est de type méditerranéen, il se caractérise par un été chaud et sec et hiver frais et
pluvieux. Cette région compte parmi les plus pluvieuses d'Algérie.
L'étude est basée essentiellement sur les données de la station de BEKOUCHE Lakhdar (la
précipitation), Azzaba (température) et Skikda (vent, humidité).
Tableau N°19:Coordonnées géographiques des stations pluviométriques utilisées dans la zone d'étude
Station Altitude m X Y Période d'observat

Bekouche Lakhdar - 898.9 386.2 1969-2006

Azzaba 93 892.35 391.35 1985-2004


Skikda 1.3 874.35 406.40 1978-2007
Source: ANRH Constantine.
3-1-1 Précipitation
La quantité des précipitations mensuelles tombée au niveau de la station Bekouche Lakhdara été
présenté dans le tableau ci-dessous et la figure N° 16.
Tableau N°20 : Précipitations moyennes mensuelles aux deux stations durant les périodes (1968/1969-
2005-2006)
Mois / S O N D J F M A M J J O Total
Station
Bekouche- 26.9 45.1 68.6 95.4 84.7 70.9 64.7 49.7 23.5 9.9 1.1 5.1 545.6
Lakhdar
mm
Source : ANRH Constantine.
Les moyennes de précipitations mensuelles montrent bien que le mois de décembre est le plus
pluvieux (95.4mm), par contre le mois de juillet demeure le mois le plus sec (1.1mm).
103
Figure N° 16

3-1-2 température:
La connaissance des températures et de leurs amplitudes est indispensable, car elle un rôle pour le
dessèchement des particules fines qui compose le panache.
Nous avons utilisé les données de la station d’Azzaba depuis 1985 jusqu'à 2004, à cause de l'absence
des données pour la station de Bakouche lekhder.
Tableau N° 21 : température moyenne mensuelle à la station d’Azzaba (1984/1985-2003/2004)
MOIS S O N D J F M A M J J O
T° 23.9 20.8 17.1 14.3 13.1 13.1 14.4 17.5 18.6 20.4 24 25.1
Source: ANRH Constantine
Figure N°17

D'après le tableau on peut distinguer deux principales périodes constituant un écart thermique.

104
Une période chaude, elle s'étale du mois de mai jusqu'au mois d'octobre. Une période froide, elle
s'étale sur les six autres mois de l’année.
Pour mieux distinguer ces deux périodes, nous avons établie les diagrammes Ombro-Thermiques à
partir de la combinaison entre les températures moyennes mensuelles et les précipitations moyennes
mensuelles.
3-1-3 les vents:
A cause de l'absence des stations météorologiques au niveau de la région d'étude, j'ai choisie les
données (vent, humidité) de la station de Skikda pour une période d'observation 30 ans (1978-2007)
Le vent est l'un des éléments les plus caractéristiques du climat, et le facteur le plus déterminant de la
direction de panache et de la poussière dégagé par la cimenterie.

Tableau N° 22 : Les moyennes mensuelles de la vitesse des vents en M/S (1987-2006)


J F M A M J J A S O N D 10ANS
Vit/Moy 3.2 2.7 2.9 2.7 2.7 2.8 2.8 2.7 2.7 2.7 3.1 3.4 2.8
mensuelle
Direction S/SO S/SO S/NO S/NO N/NO/S N/NO N N N/S/SO S S/SO S/SO N/S/SO

Source: ANRH Constantine.


Les vents les plus fréquents sont de direction dominante Sud/Sud-Ouest durant toute l'année, à
l'exception de la période estival (juin, juillet, août). Les vents sont généralement calmes et soufflent
avec une intensité moyenne annuelle, enregistrée de 2.8M/S.

Figure N° 18

105
3-2 Hydrographie
Le réseau hydrographique de la wilaya de Skikda est représenté par de nombreux ruisseaux et
torrent de montagnes dont les plus importants sont Flifla et Oued Sebaoune.
Dans la région d’Azzaba deux cours d'eau, Oued Hammam et Oued Emchekel rejoignent en aval de
leur confluence Oued Kébir. Ces cours d'eau, ainsi que Oued Kébir sont alimentés par les pluies qui
tombent sur leur bassin versant.
3-2-1 Hydrogéologie

- Nappes aquifères:
Dans les schistes anciens, des niveaux aquifères sont fournis par les quartzites; la stratification étant
confuse, il n'existe aucune règle pour la circulation des eaux.
Les calcaires liasiques et éocènes présentent les phénomènes d'érosion du Karst; fisurés, ils
contiennent de grosses réserves d'eau qui donnent naissance à quelques sources assez importantes
(Ain Saiafa, Ain Ksob).
Les assises marno-calcaires de l'éocène moyen renferment les niveaux gréseux des nappes aquifères
abondantes qui alimentent de belles sources sur le revers Nord.
Le principal niveau aquifère de la région d’Azzaba est situé dans les alluvions anciennes ou récentes;
il permet la culture de la vigne, des oranges et des citronniers.

- Sources :
De nombreuses sources se forment à la base des grés numidien supérieur, sur le numidien inférieur,
malheureusement leurs débits sont faibles, peu contents; beaucoup tarissent en été et quelques unes
sont saumâtres (Ain Mellah).
Sur le versant septentrional du chaînon Nord, jaillit une source thermale à l'Oued Hamimine. Une
autre source thermale sort au pied du versant Nord Est du Djebel Safia.

3-2-2 Géologie
La wilaya de Skikda représente une faible partie de la branche maghrébine (maghrébides)
Ou du domaine Tellien-Atlasique de ceinture plissée méditerranéenne alpine. Les massifs cristallins
et leurs bordures méso-cénozoiques représentent l'essentiel de la géologie de cette région.
Le territoire de la wilaya de Skikda s'étalent depuis le précambrien (socle ancien) jusqu'au
quaternaire.

106
3-2 Description de l'environnement actif
Par définition, on entend par l'environnement actif, le champ de danger dont les fluctuations
produisent des ruptures de stabilité du système. Ce sont les conditions naturelles et météorologiques
de la zone d'étude.
3-2-1 Environnement naturel actif:
La zone d'étude est soumise principalement à deux phénomènes naturels dont les effets en cas de
survenance peuvent avoir des effets significatifs.
- zone sismique: Le règlement parasismique Algérien, élaboré en 1999 version 2003 après le séisme de
Boumerdes survenu le 21 mai 2003, classe la wilaya de Skikda dans la zone 2 (zone d'intensité moyenne
La zone d'étude se trouve située dans une zone d'activité sismique considérée comme moyennement
sismique. Celle-ci pourrait être le siège d'événements sismiques importants ou moyens. Egalement,
elle pourrait être affectée des événements pouvant se produire soit dans le Nord Constantinois, soit
dans le Sud Constantinois réputés sismiques. Si ces événements se produiraient, ils affecteront
probablement la cimenterie et alors causer des dommages ou le tissu urbain le plus ancien et plus
vulnérable.
- zone inondable: Du fait de sa configuration naturelle, le site industriel de la cimenterie présente un
caractère d'inondabilité relativement important. Durant les saisons hivernales, la zone d'étude est
réputée être une zone de pluviométrie importante. Les événements pluvieux exceptionnels marquants
ont provoqué des inondations dont les effets ont affecté les populations et les activités humaines assez
dommageables.
En cas d'événement pluvieux exceptionnel la cimenterie pourra être affectée et sont fonctionnement
sera très perturbé.
3-2-2 Environnement de proximité
Population :
Tableau N° 23 : Evolution de la population et des densités moyennes dans les communes les plus proches
de la cimenterie
Commune population Superficies Km2
RGPH
1966 1977 1987

Ain Charchar 5373 7900 10593 109.49


Bekkouche lakhdar 6406 9800 11909 153.32
Ben Azzouze 10800 14900 19949 239.87
Source : PDAU Skikda
107
Tableau N° 24 : Evolution de la population par dispersion dans les trois communes
Commune Population Population
RGPH 1977 RGPH 1987
ACL AS ZE ACL AS ZE
Ain Charchar 2942 - 4958 4900 1698 3995
Bekkouche 1243 859 7698 3709 4163 4037
lakhdar
Ben Azzouze 945 1812 12143 1740 5046 13163
Source : PDAU Skikda 1990.
Tableau N° 25: Estimation de la population des agglomérations les plus proches de la cimenterie
Agglomération Population
Mekkassa 3311
Ahdjar Asoud 519
Bekkouche lakhdar 7868
Ouad Lekhal 825
Source : la commune de Bekkouche lakhdar 2009.
Depuis prés d’un quart de siècle, la population de la région a plus que doublé
On distingue deux périodes particulières :
- 1966-1974 : accroissement modéré.
- 1974-1990 : fort accroissement.
Cette dernière est surtout basée sur l’importance des programmes d’investissements mis en place
dans la région et notamment la cimenterie de Hdjar Soud.
Ce développement économique a été le catalyseur des fortes mutations socio-spatiales dont les
retombées ont été ressenties dans les agglomérations les plus proches de la cimenterie comme
l’agglomération de Mekassa et Ouad Lekhal, ainsi que Ben Azoz (voir la carte N° 10).

108
109
4- IDENTIFICATION DES RISQUES AVEC LES SOUS-SYSTEME DE L'INSTALATION

4-1 Sous-système de l'installation:


Nous pouvons décomposer l'installation en huit (08) sous systèmes. Ces sous systèmes sont identifiés
comme suit:
Sur la base de la modélisation de l'installation et de la description de l'environnement actif, et pour
pouvoir identifier les risques de proximité, l'installation sera décomposée en sous systèmes.
Les sous systèmes de l'installation sont composés principalement:
SS1 (sous système) Zone de Stockage "Matière Première"
SS2 Zone de Stockage-Expédition "Ciment"
SS3 Four rotatif
SS4 Salle des compresseurs
SS5 Electrofiltre-Cheminée
SS6 Chauffage-Précalcination
SS7 Alimentation Gaz-Poste de détente
SS8 Environnement naturel susceptible de générer des flux de danger liés aux manifestations de
phénomènes naturels connus.

4-2 Identification des systèmes source de danger:


On identifie pour chaque sous-système les systèmes sources de flux de danger.
Grille systèmes sources de flux de dangers:
La grille des systèmes sources de danger est constituée par les systèmes sources de danger s'origine
mécanique, électrique, chimique, les systèmes de danger d'incendie, l'homme source de danger et les
systèmes sources de danger liés à l'environnement actif.
- Le système source de danger d'origine chimique: le complexe utilise des produits chimiques au
niveau du service photos, laboratoire pour les besoins de l'impression et autres. En effet une mauvaise
manipulation peut provoquer des blessures ou un mauvais dosage.
- Le système source de danger d'incendie-explosion est également présent, En effet, la chaudière est
alimentée en gaz naturel qui est un gaz inflammable. De même, le système source de danger d'origine
électrique.

110
4-3 Identification des flux de danger et des interactions de proximité des
systèmes source de danger
Chaque source de danger peut générer par l'intermédiaire d'un événement initiateur, un événement
source de flux de danger, un flux qui correspond à l'événement non souhaité final et en conséquence,
des effets sur l'environnement proche.
On identifie pour chaque sous système les événements initiateurs, événement source de flux; le flux
de danger et effet sur l'environnement. On obtient alors pour chaque sous système, la représentation
suivante:
EVENEMENTS INITIATEURS INTERNE

EVENEMENTS INITIATEURS SOUS SYSTEME EFFET SUR L'ENVIRONNEMENT


EXTERNES

- Sous système four rotatif:


Surchauffe
Corrosion
Mauvaise disposition
Court circuit
Choc Incendie
Flux thermique Blessure- Asphyxie
SS 3 FOUR ROTATIF
Energie électrostatique Dégagement de gaz toxiques
Séisme Flux thermique
Maladresse

- Sous système Electro-filtre Cheminée :


Mauvaise manipulation
Rupture d'électricité
Rupture mécanique
Disfonctionnement Asphyxie
Choc
SS 5
Action dégradée ELECTROFILTRE Dégagement massif
CHEMINEE
Séisme de poussières et de particules
111
- Sous système Alimentation Gaz-Poste de détente

Surchauffe
Mauvais branchement

Onde de choc SS 7 Incendie


ALIMENTATION
Rupture de canalisation POSTE DE DETENTE Dommage grave à l'équipement
Renversement de bobines Blessure grave aux travailleurs
Action dégradée Onde de choc
Flux thermique

- Sous système catastrophes naturelles :

Flots des eaux Onde de choc


Ondes de choc SS 8 CATASTROPHE Dommages importants
NATURELLES
Action dégradée Flux thermique
Action déviée Pollution des eaux
Flux thermique Incendie
Perte en vies humaines

Nous avons représenté chaque sous système sous forme de boite noire, dont les entrées sont les
événements initiateurs et les sortie sont les événements principaux ou évènements souhaités.
La modélisation de chaque sous système monte que la plupart du temps les sorties de chaque sous
système sont communes (flux thermique; onde de choc; émission de gaz toxique, émanation massive
de poussières, incendie….)

4-4 les scénarios retenus


Nous avons dégagé quatre scénarios d'accident majorant dont les flux apparaissent suffisamment
importants.
Les scénarios probables susceptibles de produire un évènement non souhaité ou un accident peuvent
concerner l'une des installations en cause mais n'affectant de manière très peu dommageables les
112
autres installations. Cette hypothèse résulte d'une bonne conception des infrastructures et des
bâtiments et les distances séparant les bâtiments par rapport aux sources de danger et aux risques
identifiés.
Ainsi, les scénarios probables pouvant résulter des activités peuvent être présentés comme suit:
4-1- Scénario A: Emanations massives d'un panache de poussières et de particules fines suite à une
rupture au niveau des électro-filtres de l'usine.
4-2- Scénario B: Incendie au niveau du four rotatif
4-3- Scénario C: Explosion au niveau du poste de détente gaz suivi d'un incendie
4-4- Scénario D: Survenance d'une catastrophe naturelle telle que l'inondation importante liée à de
fortes chutes de pluies.

4-5 Evaluation des Risques :

L'évaluation des risques va concerner les scénarios retenus. Il s'agit principalement des quatre
scénarios pour lesquels une estimation va être faite.
Scénario A: Emanations massives d'un panache de poussières et de particules fines suite à une
rupture au niveau des électro-filtres de l'usine.
Ces émanations peuvent résulter d'un dysfonctionnement qui va provoquer l'arrêt de l'électro-filtre
qui ne pourra pas jouer sa fonction. Il en résultera un grand dégagement de poussières de particules
de ciment. Les effets seront fortement ressentis (voir la carte N° 11)
Scénario B: Incendie au niveau du four rotatif. A ce niveau, les températures sont très élevées. Un
dysfonctionnement pourra provoquer un incendie dont la propagation peut affecter les autres
installations de proximité.
Scénario C: Explosion au niveau du poste de détente gaz suivi d'un incendie. L'alimentation en gaz
du four se fait essentiellement à travers une canalisation d'amenée de gaz à l'usine. Pour faire baisser
la pression initiale, le gaz arrive au niveau du poste de détente. Par négligence ou une insuffisance
dans l'entretien du poste ou de la canalisation, il pourrait provoquer une forte émanation de gaz
méthane qui provoquera selon les conditions une forte explosion suivi d'un incendie.
Scénario D: Survenance d'une catastrophe naturelle telle que l'inondation importante liée à de fortes
chutes de pluies.
Etant donné la configuration du terrain et la pluviosité observée dans la région, le risque inondation
suite à de fortes chutes de pluies, peut être potentiellement important et provoquer l'inondation du

113
site. Ceci pourrait causer le ralentissement ou l'arrêt des activités mais même des dommages
importants aux installations électriques notamment.
5- Enquête de perception

J’ai réalise une investigation directe avec la population des agglomérations qui sont proches de la
cimenterie (Ahdjar Asoud, Ouad Lakhal, Mekassa, Bene Azouz). La même méthode que j’ai suivie
dans l’investigation concernant la zone industrielle de Skikda. Donc ,les questions portaient sur le
motif et l’année d’installation à côté de la cimenterie, ainsi que l’autorisation de construction et les
autorités qui en sont responsables, l’information et les connaissances sur la nature du risques
présenté par la cimenterie, le signal d’alerte et les consignes en cas d’urgence.
Les résultats de cette investigation a montré que la source d’inquiétude des personnes interrogées
c’est le problème de la pollution de l’air (92% pensent que la cimenterie présente un grand risque
pour la population et pour les terres agricoles qui l’entourent ; voir la figure N° 21). La production
agricole a diminuée depuis l’installation de la cimenterie, pourtant la région d’Azzaba renferme les
meilleures terres agricole dans la région de l’est algérien (voir la figure de la profession N° 19).
Les gens questionnés ne cachent pas leur inquiétude surtout pour les enfants ; ils disent qu’un grand
nombre (56% de personne interrogés confirment être atteints de maladies pulmonaires à cause de la
poussière, ainsi que par les odeurs, voir la figure N°24) de leurs enfants devient malade.
La population n’est pas informée sur le risque et ignore le signal d’alerte et les conduites à tenir en
cas d’arrêt des filtres de la cimenterie (92% ne savent pas comment est diffusée l’alerte ; voir la
figure N°22). Les collectivités locales n’ont pas joué leur rôle dans la gestion de l’urbanisation
autour de la cimenterie ; la preuve, les constructions dans l’agglomération de Oued l’Akhal, ainsi que
les constructions à coté de la même cimenterie où on peut compter une dizaine de maison. Les
collectivités locales ont, apparemment, contribué à l’aggravation de la situation avec l’attribution
d’une autorisation de construction (60% des personnes interrogés affirment l’obtention d’une
autorisation de construction, voir la figure N°20).
La dernière statistique parle de 3311 habitants dans l’agglomération la plus touchée de Mekassa et
Hdjar Soud de 519 habitants. 56% des personnes interrogées ils souhaitent changer le lieu de
résidence suite à la détérioration du cadre de vie engendré par la cimenterie, voir la figure N°25.
Voir toutes les résultats de l’investigation a l’annexe. Les figures qui suivent sont les résultats de mon
contacte avec la population de Mekassa.

114
Figure N° 19

Figure N° 20

115
Figure N° 21

Figure N° 22

116
Figure N° 23

Figure N° 24

117
Figure N° 25

118
6- IDENTIFICATION DES BARRIERES DE PREVENTION ET DE PROTECTION
L'identification des barrières de prévention et de protection concerne principalement les sous
systèmes considérées comme prioritaires en matière de sécurité des personnes et des biens. Ces
barrières constituent les mesures les plus adaptées en termes d'efficacité, elles présentent un caractère
de complémentarité et sont le résultat d'une approche intégrée.
Ainsi, nous distinguons dans ce qui suit et selon la spécifié du sous système, les mesures ou barrières
qu'il s'agit de préparer, de concevoir et de mettre œuvre pour assurer un niveau de sécurité élevé.
La cimenterie a mise en place son plan d'action pour réduire les risques et les nuisances générés. Cela
par l'élaboration d'un Plans d'Intervention Interne PII.

6-1 Cadre juridique:


- loi N° 04-20 du 25 décembre 2004 relative à la prévention des risques majeurs et à la gestion
des catastrophes dans le cadre du développement durable.
- Décret N° 85-231 du 25.08.1985 relatif aux interventions de secours en cas de catastrophe.
- Décret N° 85-232 du 25.08.1985 relatif à la prévention des risques de catastrophes.
- Décret N° 98-339 du 14.11.1998 régissant les installations classées.
Afin de demeurer conforme aux dispositions de la réglementation régissant les interventions en cas
d'accident ou de catastrophe actuellement en vigueur, il y a lieu de tenir compte des dispositions
pertinentes relatives à l'organisation et aux conditions et aux modalités de mise en œuvre des
interventions et des secours en cas de catastrophe tel que stipulé le décret 85-231 et le décret n° 85-
232 (voir annexe)

6-2 Les principaux accidents et incidents survenus au niveau de la cimenterie:


Les accidents et incidents les pus fréquents enregistrés sont
- incident d'origine électrique
- incendies gras (huile, graisse,….)
- incendies secs (sacherie……)
- inondations des tunnels qui sont équipés de pompes fixes.
6-3 Les mesures d'organisation de secours:
Les mesures d'organisation de secours prise au niveau de la société SCHS sont ceux prévus par la
réglementation suscitée. Ainsi les mesures d'organisation sont présentées comme suit:
- Mesures d'organisation institutionnelle:
119
Un plan d'intervention de l'unité incendie-explosion est préparé et soumis à l'autorité locale
compétente pour contrôle et approbation. Ce plan est conservé au niveau du directeur de l'unité et
du service de sécurité de l'unité.
- Mesures d'organisation opérationnelle:
L'organisation opérationnelle est dirigée à partir de deux niveaux:
Poste de commandement fixe placé sous l'autorité du directeur de l'unité dénommé P.C.F
Poste de commandement opérationnel dénommé PCO placé sous l'autorité du responsable
sécurité de l'unité

SCHEMA DE L'ORGANISATION

DIRECTEUR
SCHS

Chef de département
sécurité

Chef de service

Chef de site
Chef de section

ASS

Chef de groupe Chef de groupe Chef de groupe Chef de groupe

02 agents 02 agents 02 agents 02 agents

120
Missions:
- Assurer la coordination des moyens internes (équipes exploitation, autodéfense et secours,
commandement-logistique), des liaisons entre les secours en action, le contrôle des accès, les
moyens externes.
- Assurer le commandement unique. Diffuser des informations aux administrations concernées
au siège social de l'exploitant.
L'organisation opérationnelle se présente sous forme de modules spécialisés et placé sous l'autorité
hiérarchique du directeur de l'Unité.
Ces modules d'intervention sont déployés par le directeur en cas d'accident susceptible de mettre en
péril les personnels ou les installations mais également en cas de menaces imminente ou latente.
La réglementation a prescrit cinq modules obligatoires à mobiliser en cas d'événement accidentel.
Chacun des modules possède une fonction spécifique et également investi de missions.
S'agit:

Module Secours et Sauvetage :


- Module Soins Médicaux et Evacuation
- Module Matériel et Equipement divers
- Module Liaison et Information
- Module Transport
A ce titre, le dispositif de barrières structurelles, organisationnelles et techniques en place permet de
réduire de manière significative l'ensemble des risques liés au fonctionnement normal. Les dispositifs
en place permettent de juguler les phénomènes liés à des situations caractérisées par une normalité à
des situations de sub-normalité en relation avec de légers dysfonctionnements possédant une faible
réaction.
5-3-1 Barrières de prévention et de protection pour le sous système " four rotatif" :
 Equiper les locaux produits chimiques et laboratoire des détecteurs de gaz
 Afficher des consignes de démarrage et de fonctionnement
 Sensibilisation et formation des personnels chargés de l'entretien et de la maintenance des
organes du four.
 Mettre en place un dispositif d'extinction automatique

5-3-2 Barrières de prévention et de protection pour le scénario " émanations massives des électro-
filtres de l'usine" :
121
Afin de prévenir ce genre d'événements non souhaités; il convient de prendre les mesures spécifiques:
 Mise en place d'un programme de prévention de la pollution
 Mettre en place un système de maintenance et d'entretien des équipements de filtration
 Remplacement de 4 filtres à manche par un seul
 Assurer l'entretien régulier des filtres existant

5-3-3 barrière de prévention et de protection pour le scénario "Explosion au niveau du poste de


détente gaz suivi d'un incendie :
Etant considéré comme probable événement potentiel non souhaité, l'explosion de la chaudière relève
de dysfonctionnements prévisibles et souvent liés aux non respects des divers aspects techniques tels
que l'insuffisance de qualification des organes, des procédures de mise en marche, l'insuffisance de
qualification des intervenants ets…
Aussi, il nous semble utile de rappeler qu'une bonne prévention des dysfonctionnements probables
relève de la planification et de la mise en œuvre d'action de formation du personnel de maintenance et
utilisateur, affectée à la surveillance et au contrôle.
Le présent tableau récapitule les mesures utiles et nécessaires pouvant être l'objet de barrières
efficaces;
Tableau N° 26: les préventions contre les risques probable
phase EX : exploitation: l'entretien
Conception Dispositif de coupure: Détecteur de gaz
Formation du personnel Sensibilisation aux risques liés aux gaz
Habilitation Intervention réservée au personnel autorisé
Dossier d'autorisation APG
Comportement humain Pour les entreprises extérieures
Affichage des consignes relatives aux risques
Observés
Consignes Consignes d'arrêt et de mise en marche
Procédures Vérification surveillance et des paramètres de la
mise en marche
Intervention maintenance et entretien ou
remplacement d'organe
Réglementation applicable Réglementation relative APG - Décret 90-246

122
régissant les APG
Contrôle et vérification techniques Définir les types de contrôle à effectuer, il s'agit
principalement de se référer à la réglementation
des APG

5-3-4 Barrières de prévention et de protection pour le scénario "catastrophes naturelles" :


Les événements naturels potentiellement susceptibles de se produire dans la zone et pouvant affecter
SCHC devront être pris en considération avec les services locaux chargées de prévenir de tels
événements. Il s'agit principalement des services de la protection civile, de l'environnement et de
l'industrie et des mines.

123
124
Conclusion
Pour appréhender la problématique des dangers et des risques générés par les activités de fabrication
des ciments, il convient de réhabiliter les bonnes pratiques environnementales et de sécurité au sein
de l'entreprise en menant des actions de sensibilisation, d'information et formation des personnels
effectués aux différents postes de travail et la population.
Il y a lieu également de mettre en place des mesures générales de sécurité afin de développer une
culture de sécurité à travers des actions de sensibilisation.
Parmi les mesures générales, nous préconisons:
Mesures générales:
 Rationalisation de la consommation d'eau: La réparation des fuites d'eau et du groupe de
secours du réseau sont en cours.
 Postes électriques: Opération de réparation des portails de tous les postes électriques
réduction des émissions gazeuses:
 Rénovation du système de refroidissement des gaz entrant dans le four (une Expertise a été
engagée et en cours par STETPA FEMA)
 Assurer le fonctionnement régulier des équipements gazeux et liquides.
 Voir les modifications au niveau des plans d’aménagement et interdire des nouvelles
constructions à coté de la cimenterie.
 Informer la population sur le danger engendré par la cimenterie et proposer des exercices de
secourisme dans les écoles.
 Minimiser le rejet des gaz et les poussières par l’entretien des filtres placés récemment par la
cimenterie et qui ont coûtés des milliards de dinars

125
CONCLUSION GENERALE

Les accidents dans l’industrie à risque sont rares mais spectaculaires. Ils pourraient avoir des
conséquences extrêmement graves, dans la plupart des cas, sans aucun signe précurseur ni aucune
alerte préventive qui attirent l’attention. Les taux d’accidents du travail, d’incidents ou d’accidents
techniques sont faibles, tout est réuni pour l’éclosion du « délit d’habitude » chez les uns comme chez
les autres. Les progrès de la science et de la technologie, qui sont insuffisamment intégrés par la
société, laissent se développer une certaine « culture de l’indifférence ».
L’Algérie est concernée par les risques industriels. En effet la concentration de sa population
se situe sur la frange côtière la plus vulnérable et la plus industrialisée. On comprend davantage
pourquoi elle réunit toutes les caractéristiques d'un pays à risque.
Notre travail est inscrit dans une problématique d'aggravation des risques potentiels, induits
par la présence de l’industrie dans la ville et la forme d'urbanisation qui a pris pendant des décennies
beaucoup de libertés par rapport à une législation et une réglementation conçues initialement pour
l'encadrer judicieusement. Ces industries sont regroupées au sein des pôles de développement, qui
sont de gros complexes inclus dans les grandes villes. Cette présence engendre une menace grave
pour les zones habitées, surtout si l'on tient compte des extensions urbaines incontrôlées autour
d’importantes zones industrielles surtout dans le domaine pétrochimique. Toutes les populations des
villes du Nord algérien vivent avec le risque d’un accident lié à ces installations industrielles.
Ainsi nous constatons que le processus de développement s’effectue dans des conditions qui
ne prennent pas en considération la question du risque :
- Vu la priorité donnée à l’industrie en l'absence systématique d'étude d'impact et de danger.
- Vu l’importance des unités industrielles qui n’ont pas été dotées de plans de secours
adaptés à la situation de l’urbanisation qui est autour de ces installations, et l’absence de
périmètre de sécurité.
- Vu l’absence de la mise en œuvre des principes de précaution.

En effet, ce modèle de développement a engendré une concentration des deux tiers de la


population dans la région Nord du pays qui ne représente que 4 % de l’ensemble du territoire
algérien, ainsi qu’un désordre urbanistique et une mauvaise utilisation du foncier urbain.

126
Cette situation trouve au moins en partie son explication dans l’absence de cohérence entre les
différents acteurs de la gestion du risque et le manque de la prise en compte des questions le
concernant dans les plans d’aménagement du territoire, aussi une bureaucratie qui au fil des ans, a
modulé des comportements incitant les citoyens pressés de résoudre leurs problèmes, à se prendre en
charge en organisant et en développant un marché informel du foncier et du logement.

En tout état de causes, si certaines actions ont pu se développer dans le temps sans suivi ni
contrôle, c’est que l’appareil d’Etat n’a pas joué pleinement son rôle. On cite ici des exemples qui
traduisent le laisser faire sur des sites où se situent des constructions au dessus des gazoducs ou prés
des usines. Cela interpelle à plus d’un titre et signale que des zones entières seront tôt ou tard
l’épicentre de graves dangers.

L’examen de la gestion de l’espace urbain a permis de situer et de domicilier les facteurs


favorisant ces situations dans deux champs :
Dans le champ juridique, l’accent peut être mis sur :

 Une législation imprécise, incomplète ou comportant des dispositions dérogatoires.


 L’inapplication des textes juridiques tel que cela a été exposé précédemment, mais aussi en
raison :
- D’une insuffisance des moyens humains, matériels et financiers.
- Du comportement laxiste de certains acteurs qui privilégient avant tout leurs intérêts
personnels.
- D’une confusion ou d’une dilution des responsabilités.

Dans le champ de la programmation des actions de prévention et de leur mise en œuvre, il convient
de souligner, entre autres :
 Une mauvaise coordination intersectorielle.
 Une absence de politique nationale de prévention des risques industriels impliquant la société
civile, l’école et l’entreprise par la sensibilisation et l’information susceptibles de mettre fin
au phénomène d’accoutumance inhérent à la force de l’habitude et au fatalisme.
 Une quasi-inexistence de la participation de la communauté scientifique à travers la recherche
fondamentale et opérationnelle pouvant trouver son explication dans la marginalisation ou le
manque de soutien.
127
 L’incivisme d’une partie de la société civile qui n’hésite pas à mettre en danger une autre
partie importante de la population.
 Une insuffisance des recours aux relais d’information tels que les assurances pour la
prévention du risque.

En matière de réglementation des installations classées, un certain nombre d’observations peuvent


être dégagées :
- L’arrivée des lois et les décrets exécutifs sur les installations classées, a été jugée tardive, car
un grand nombre de zones industrielles avaient été déjà implantées et le tissus urbain
nettement densifié.
- Les autorisations d’exploitation sont délivrées sur la base de l’intérêt économique du projet,
sans la prise en compte de leur degré de dangerosité.
- L’absence de périmètres de sécurité entre le tissu urbain et les industries.
- Dans la pratique, le degré d’effectivité du décret reste faible, notamment du fait du
déploiement insuffisant d’institutions environnementales et des carences de moyens dont elles
soufrent.
- Les études d’impacts sont souvent établies par des bureaux d’études agissant pour le compte
des entreprises et ôtant ainsi toute crédibilité à leurs contenus. De plus l’autorité centrale en
matière d’environnement n’a pas le pouvoir d’intervenir aux niveaux de la planification et de
la réalisation de ces études.
- Des ambiguïtés sont à signaler particulièrement au niveau des lois et les décrets qui
définissent le risque industriel et précisent les responsabilités.

Ces problèmes transparaissent dans l’analyse de l’accident de Skikda, qui peut être considéré
comme un réveil brutal mettant en relief beaucoup d’insuffisances, de carences, de lacunes ou
d’incohérences, en particulier dans notre réglementation et son implication.

Ce sont là des observations qui commandent une prise en charge globale du problème de
l’intégration du risque dans le processus d’urbanisation et la gestion des installations classées qui
peuvent être le début d’une dynamique à impulser nécessairement.
A l’évidence, si l’on veut tirer des enseignements utiles de la période écoulée et éviter les
dérives due à l’implantation industrielle, à l'aménagement du territoire et au mouvement

128
d'urbanisation, l’Etat doit reprendre son rôle de concepteur, d'arbitre et de gardien vigilant des
équilibres fondamentaux de la Nation.
L’enjeu est de créer en Algérie une vraie culture de sécurité. C’est un enjeu considérable qui
touche chacun de nous et qui agit sur nos institutions, notre système d’enseignement, sur les
entreprises comme sur les administrations, sur les médias comme sur le milieu associatif. Entrer dans
une culture de sécurité entraînera des changements de comportements, d’attitudes et exigera courage
et ténacité. Parallèlement, il faudra favoriser les actions suivantes :

- La première action visera la recherche fondamentale et la mise en place d’une filière


cindynique (science de dangers et des risques) dans les parcours d’enseignements supérieurs.
- Un second axe concernera les études de danger à réaliser suivant des référentiels rigoureux,
justifiés scientifiquement et qu’il faudra établir en prenant en compte des probabilités
d’accidents les plus graves (scénario d’accident), ceux ci réalisées sous la responsabilité de
l’industriels et avec l’aide d’un bureau d’étude extérieur, contrôlé par l’Etat.
- Le troisième axe concernera la maîtrise de l’urbanisation autour des sites à risque, par la prise
en compte des périmètres de dangerosité dans les différents plans d’urbanisme.

129
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H-NAMOUCHI : la gestion du patrimoine du foncier, cas de la wilaya de Skikda, Université de
CAEN basse Normandie, 2004.mémoire de DEA.
KHARAF.Z, GRIME.S, LAKSIR.R : les sources de pollution et leur impact sur l’environnement
dans la wilaya de Skikda, mémoire de fin d’études, université de Constantine, 2000, 240p
DUPARC.A : ira-t-on vers une gestion intercommunale des risques ? Etude du site industriel de Port-
Jérôme, mémoire de fin d’études, université de CAEN, UFR de géographie, GEOSYSCOM,
2000, 183p
LEMERAY.A : la prise en compte des risques industriels dans l’aménagement du territoire de la
région métropolitaine de Barcelone, Mémoire de fin d’études, Université de Caen, U.M.R de
géographie, GEOSYSCOM en 2003, 179p
RAIDI S : Cartographie de la pollution due aux hydrocarbures dans la plate forme industrielle de
Skikda, mémoire de magistère université de Constantine, 2001
ST-GERAND.T : S.I.G structure conceptuelles pour l’analyse spatiale (itinéraire, positionnement et
horizons de recherche), présentes en vue de l’habilitation à diriger des recherches, université
de Rouen en 2002.
PROPECK-ZIMMERMANN.E : risque technologique majeur : conditions de production et rôle des
outils cartographiques d’identification et de gestion, thèse de 3 éme cycle, université de
Strasbourg 1, 1994

Autre documentation
- ONS : office national de statistique, bilans des RGPH (1967, 1977, 1987, 1997, 2007)
- Réglementation algérienne concernant l’environnement et la pollution, Inspection de
l’environnement de Constantine, édition 2010, CD Rome

133
- Plans d’Aménagement de la wilaya de SKIKDA, rapport de commencement, N°1, Agence
National d’Aménagement du Territoire (ANAT), 1991, 376p

SITE CONSULTES
- www.sonatrach.dz
- www.drire.gouv.fr
- www.lemonde.fr
- www.cnes.dz
- www.prevention.org
- www.aria.environnement.gouv.fr
- www.pro-environnement.gouv.fr
- www.cypres.org/html/risques.html
- www.atricklagadec.net
- www.citet.nat.tn

134
ANNEXE

135
QUESTIONNAIRE

Votre profession :

Agriculture : Industrie : Service Public :

D’autre (chômeur, Retraite, Commerçant, Artisanats, Activité libre) :

Votre zone d’habitation

Le motif d’installer à côté la zone (la Cimenterie) :

Héritage

Pour le Travail

D’autre

L’année d’installation

Avant l’installation de la zone (la Cimenterie)

Après l’installation de la zone (la Cimenterie)

Est-ce que vous avez une autorisation de construction : □ Oui

□ Non

L’autorité qui a attribué l’autorisation

La Commune :

Qu’est ce que vous pensez du risque présenté par la zone industrielle (la Cimenterie) ?

Un grand risque :

Je ne sais pas :

Comment est diffuser la l’alerte ?

Alarme :

Je ne sais pas :

136
Comment sont protégées les installations de la zone ?

Je ne sais pas :

Clôture :

Agent de sécurité :

Alarme d’incendie :

Dans quelle zone d’impact d’un accident majeur pourrait-il être ressenti ?

Dans la zone :

A 10Km de la zone :

A 20Km de la zone :

A 40Km de la zone :

Je ne sais pas :

Comment vous réagirez en cas d’accident au niveau la zone (la Cimenterie) et qui peut toucher

votre habitation ?

Je panic :

Appel les secoures en cas de blessures, où Quitter la zone :

Est ce que vous connaissez des organismes qui peuvent vous informez sur les risques présenté

par la zone (la Cimenterie) ?

□ Oui :

□ Non :

Si Oui citez lequel

Protection civile :

Gendarmerie :

Autorité local :

Inspection de l’environnement :
137
Audio visuel (TV, Radio) :

Êtes-vous touchez par des effets liés à l’activité industrielle ?

□ Oui :

□ Non :

Si Oui citez lequel

Les effets en cas d’explosion (brise de vitres, fissures dans les mures) :

Des Odeurs :

Les maladies Respiratoires

Allergie

Bruit des installations industrielles

La peur (problème psychologique)

Voulez vous changez votre lieux de résidence ?

□ Oui :

□ Non :

138
Résultats de l’investigation de la ville de Skikda

150 personnes interrogées

Votre profession ? Nb % obs.


Agriculture 0 0,0%
Industrie 38 25,3%
Service Public 40 26,7%
D'autre (Commerçant, Artisanats, Activité libre) 20 13,3%
Chômeur 32 21,3%
Retraiter 20 13,3%
Total 150 100,0%

Le motif d’installer à côté la zone ? Nb % obs.


Héritage 38 25,3%
Pour le Travail 112 74,7%
Total 150 100,0%

L’année d’installation ? Nb % obs.


Avant de l'installation de la zone 84 56,0%
Après de l'installation de la zone 66 44,0%
Total 150 100,0%

Est que vous avez une autorisation de construction ? si oui lequel ?


Somme des pourcentages différente de 100 du fait des réponses multiples et des suppressions.
Nb % obs.
oui 86 56,0%
non 64 42,7%
La Commune 86 48,0%
Total

Qu’est ce que vous pensez du risque présenté par la zone industrielle ? Nb % obs.
Un grand risque 54 36,0%
Je ne sais pas 96 62,7%
Total 150

Comment est diffuser la l’alerte ? Nb % obs.


Sirène 40 25,3%
Je ne sais pas 110 73,3%
Total 150

139
Comment sont protégées les installations de la zone ?
Somme des pourcentages différente de 100 du fait des réponses multiples et des suppressions.
Nb % obs.
Je ne sais pas 64 42,7%
Clôture 78 52,0%
Agent de sécurité 52 34,7%
Alarme d'incendie 30 20,0%
Total 150

Dans quelle zone d’impact d’un accident majeur pourrait-il être ressenti ? Nb % obs.
Dans la zone 36 24,0%
A 10Km de la zone 44 29,3%
A 20Km de la zone 12 8,0%
A 40Km de la zone 56 37,3%
Je ne sais pas 34 22,7%
Total 150

Comment vous réagirez en cas d'accident ? Nb % obs.


Je panic 74 49,3%
Appel les secoures en cas de blessures, où Quitter la zone 76 49,3%
Total 150

Est ce que vous connaissez des organismes qui peuvent vous informez sur la nature du risque présenté par la
zone ? si oui lequel
Somme des pourcentages différente de 100 du fait des réponses multiples et des suppressions.
Nb % obs.
oui 84 56,0%
non 64 42,7%
Inspection de l'Environnement 82 54,7%
Protection Civile 32 21,3%
Autorité locale 6 4,0%
Gendarmerie 0 0,0%
Audio Visuel (Radio-Télé) 0 0,0%
Total

140
Êtes-vous touchez par des effets liés à l’activité industrielle ? si oui citez lequel ?
Somme des pourcentages différente de 100 du fait des réponses multiples et des suppressions.
Nb % obs.
oui 72 48,0%
non 74 49,3%
Les effets en cas d'explosion (brise de vitres, fissures dans les mures) 22 14,7%
Des Odeurs 32 21,3%
Les maladies Respiratoires 70 46,7%
Allergie 50 33,3%
Bruit des installations industrielles 12 8,0%
La peur (problème psychologique) 44 29,3%
Total

Voulez vous changez votre lieux de résidence ? Nb % cit.


oui 50 33,8%
non 100 66,2%
Total 150 100,0%

141
Résultats de l’investigation à Hâmmadi krouma

72 observations

Votre profession ? Nb % obs.


Agriculture 2 2,8%
Industrie 16 22,2%
Service Public 12 16,7%
D'autre ( Commerçant, Artisanats, Activité libre) 28 38,9%
Chômeur 6 8,3%
Retraiter 8 11,1%
Total 72 100,0%

Le motif d’installer à côté la zone ? Nb % obs.


Héritage 28 38,9%
Pour le Travail 44 61,1%
Total 72 100,0%

L’année d’installation ? Nb % obs.


Avant de l'installation de la zone 32 44,4%
Après de l'installation de la zone 40 55,6%
Total 72 100,0%

Est-ce que vous avez une autorisation de construction ? si oui lequel ?


Somme des pourcentages différente de 100 du fait des réponses multiples et des suppressions.

Nb % obs.
oui 50 69,4%
non 22 30,6%
La Commune 50 69,4%
Total

Qu’est ce que vous pensez du risque présenté par la zone industrielle ? Nb % obs.
Un grand risque 38 52,8%
Je ne sais pas 34 47,2%
Total 72 100,0%

Comment est diffuser la l’alerte ? Nb % obs.


Sirène 52 72,2%
Je ne sais pas 20 27,8%
Total 72 100,0%

142
Comment sont protégées les installations de la zone ?
Somme des pourcentages différente de 100 du fait des réponses multiples et des suppressions.

Nb % obs.
Je ne sais pas 24 33,3%
Clôture 30 41,7%
Agent de sécurité 48 66,7%
Alarme d'incendie 42 58,3%
Total

Dans quelle zone d’impact d’un accident majeur pourrait-il être ressenti ? Nb % obs.
Dans la zone 38 52,8%
A 10Km de la zone 18 25,0%
A 20Km de la zone 4 5,6%
A 40Km de la zone 6 8,3%
Je ne sais pas 6 8,3%
Total 72 100,0%

Comment vous réagirez en cas d'accident ? Nb % obs.


Je panic 32 22,2%
Appel les secoures en cas de blessures, où Quitter la zone 56 77,8%
Total 72 100,0%

Est-ce que vous connaissez des organismes qui peuvent vous informez sur la nature du risque présenté par la
zone ? si oui lequel
Somme des pourcentages différente de 100 du fait des réponses multiples et des suppressions.

Nb % obs.
oui 22 30,6%
non 50 69,4%
Inspection de l'Environnement 20 27,8%
Protection Civile 14 19,4%
Autorité locale 12 16,7%
Gendarmerie 2 2,8%
Audio Visuel (Radio-Télé) 6 8,3%
Total

Êtes-vous touchez par des effets liés à l’activité industrielle ? si oui citez lequel ?
Somme des pourcentages différente de 100 du fait des réponses multiples et des suppressions.

Nb % obs.
oui 62 86,1%
non 8 11,1%
Les effets en cas d'explosion (brise de vitres, fissures dans les mures) 54 75,0%
Des Odeurs 58 80,6%
Les maladies Respiratoires 34 47,2%

143
Allergie 16 22,2%
Bruit des installations industrielles 60 83,3%
La peur (problème psychologique) 54 75,0%
Total

Voulez vous changez votre lieux de résidence ? Nb % cit.


oui 24 33,3%
non 48 66,7%
Total 72 100,0%

144
Résultats de l’investigation de l’Arbi Ben Mhedi

85 observations

Votre profession ? Nb % obs.


Agriculture 4 4,9%
Industrie 20 24,4%
Service Public 26 31,7%
D'autre (Commerçant, Artisanats, Activité libre) 10 12,2%
Chômeur 16 19,5%
Retraiter 6 7,3%
Total 82 100,0%

Le motif d’installer à côté la zone ? Nb % obs.


Héritage 16 19,5%
Pour le Travail 66 80,5%
Total 82 100,0%

L’année d’installation ? Nb % obs.


Avant de l'installation de la zone 26 31,7%
Après de l'installation de la zone 56 68,3%
Total 82 100,0%

Est-ce que vous avez une autorisation de construction ? si oui lequel ?


Somme des pourcentages différente de 100 du fait des réponses multiples et des suppressions.

Nb % obs.
oui 50 61,0%
non 32 39,0%
La Commune 50 61,0%
Total

Qu’est ce que vous pensez du risque présenté par la zone industrielle ? Nb % obs.
Un grand risque 76 92,7%
Je ne sais pas 6 7,3%
Total 82 100,0%

Comment est diffuser la l’alerte ?


Somme des pourcentages différente de 100 du fait des réponses multiples et des suppressions.

Nb % obs.
Sirène 50 61,0%

145
Je ne sais pas 34 41,5%
Total 82

Comment sont protégées les installations de la zone ?


Somme des pourcentages différente de 100 du fait des réponses multiples et des suppressions.

Nb % obs.
Je ne sais pas 10 12,2%
Clôture 70 85,4%
Agent de sécurité 66 80,5%
Alarme d'incendie 38 46,3%
Total

Dans quelle zone d’impact d’un accident majeur pourrait-il être ressenti ? Nb % obs.
Dans la zone 26 31,7%
A 10Km de la zone 20 24,4%
A 20Km de la zone 8 9,8%
A 40Km de la zone 26 31,7%
Je ne sais pas 2 2,4%
Total 82 100,0%

Comment vous réagirez en cas d'accident ? Nb % obs.


Je panic 14 17,1%
Appel les secoures en cas de blessures, où Quitter la zone 68 82,9%
Total 82 100,0%

Est-ce que vous connaissez des organismes qui peuvent vous informez sur la nature du risque présenté par la
zone ? si oui lequel
Somme des pourcentages différente de 100 du fait des réponses multiples et des suppressions.

Nb % obs.
oui 48 58,5%
non 34 41,5%
Inspection de l'Environnement 46 56,1%
Protection Civile 32 39,0%
Autorité locale 24 29,3%
Gendarmerie 6 7,3%
Audio Visuel (Radio-Télé) 0 0,0%
Total

Êtes-vous touchez par des effets liés à l’activité industrielle ? si oui citez lequel ?
Somme des pourcentages différente de 100 du fait des réponses multiples et des suppressions.

Nb % obs.
oui 42 51,2%
non 40 48,8%
146
Les effets en cas d'explosion (brise de vitres, fissures dans les mures) 32 39,0%
Des Odeurs 28 34,1%
Les maladies Respiratoires 36 43,9%
Allergie 18 22,0%
Bruit des installations industrielles 24 29,3%
La peur (problème psychologique) 20 24,4%
Total

Voulez vous changez votre lieux de résidence ? Nb % cit.


oui 20 24,4%
non 62 75,6%
Total 82 100,0%

147
Résultats de l’investigation à MEKASSA

50 observations

Votre profession ? Nb % obs.


Agriculture 14 28,0%
Industrie 8 16,0%
Service Public 14 28,0%
D'autre (Commerçant, Artisanats, Activité libre) 8 16,0%
Chômeur 6 12,0%
Retraiter 0 0,0%
Total 50 100,0%

Le motif d’installer à côté la cimenterie? Nb % obs.


Héritage 24 48,0%
Pour le Travail 26 52,0%
Total 50 100,0%

L’année d’installation ? Nb % obs.


Avant de l'installation de la cimenterie 24 48,0%
Après de l'installation de la cimenterie 26 52,0%
Total 50 100,0%

Est-ce que vous avez une autorisation de construction ? si oui lequel ?


Somme des pourcentages différente de 100 du fait des réponses multiples et des suppressions.

Nb % obs.
oui 30 60,0%
non 20 40,0%
La Commune 30 60,0%
Total 50

Qu’est ce que vous pensez du risque présenté par la Cimenterie ? Nb % obs.


Un grand risque 46 92,0%
Je ne sais pas 4 8,0%
Total 50 100,0%

Comment est diffuser la l’alerte ? Nb % obs.


filtre 4 8,0%
Je ne sais pas 46 92,0%
148
Total 50 100,0%

Comment sont protégées les installations de la Cimenterie ?


Somme des pourcentages différente de 100 du fait des réponses multiples et des suppressions.

Nb % obs.
Je ne sais pas 40 80,0%
Clôture 8 16,0%
Agent de sécurité 10 20,0%
Alarme 6 12,0%
Total

Dans quelle zone d’impact d’un accident majeur pourrait-il être ressenti ? Nb % obs.
Dans la zone (0-5Km) 16 32,0%
A 10Km de la zone 18 36,0%
A 20Km de la zone 10 20,0%
Je ne sais pas 6 12,0%
Total 50 100,0%

Comment vous réagirez en cas d'accident ? Nb % obs.


Je panic 14 28,0%
Appel les secoures, où Quitter la zone 36 72,0%
Total 50 100,0%

Est-ce que vous connaissez des organismes qui peuvent vous informez sur la nature du risque présenté par la
Cimenterie ? si oui lequel
Somme des pourcentages différente de 100 du fait des réponses multiples et des suppressions.

Nb % obs.
oui 4 8,0%
non 46 92,0%
Inspection de l'Environnement 4 8,0%
Protection Civile 4 8,0%
Autorité locale 4 8,0%
Gendarmerie 2 4,0%
Audio Visuel (Radio-Télé) 0 0,0%
Total

Êtes-vous touchez par des effets liés à l’activité industrielle ? si oui citez lequel ?
Somme des pourcentages différente de 100 du fait des réponses multiples et des suppressions.

Nb % obs.
oui 28 56,0%
non 22 44,0%
Des Odeurs 2 4,0%
Les maladies Respiratoires 28 56,0%

149
Allergie 24 48,0%
Bruit des installations industrielles 14 28,0%
La peur (problème psychologique) 0 0,0%
Total

Voulez vous changez votre lieux de résidence ? Nb % cit.


oui 28 56,0%
non 22 44,0%
Total 50 100,0%

150
Résultats de l’investigation à Oued Lakhal

30 observations

Votre profession ? Nb % obs.


Agriculture 10 33,0%
Industrie 8 26,0%
Service Public 3 10,0%
D'autre ( Commerçant, Artisanats, Activité libre) 3 10,0%
Chômeur 4 13,0%
Retraiter 2 6,0%
Total 30 100,0%

Le motif d’installer à côté la cimenterie? Nb % obs.


Héritage 20 66,0%
Pour le Travail 10 34,0%
Total 30 100,0%

L’année d’installation ? Nb % obs.


Avant de l'installation de la cimenterie 21 70,0%
Après de l'installation de la cimenterie 9 30,0%
Total 30 100,0%

Est-ce que vous avez une autorisation de construction ? si oui lequel ?


Somme des pourcentages différente de 100 du fait des réponses multiples et des suppressions.

Nb % obs.
oui 19 63,0%
non 11 37,0%
La Commune 19 63,0%
Total

Qu’est ce que vous pensez du risque présenté par la Cimenterie ? Nb % obs.


Un grand risque 25 83,0%
Je ne sais pas 5 17,0%
Total 30 100,0%

Comment est diffuser la l’alerte ? Nb % obs.


filtre 3 10,0%
Je ne sais pas 27 90,0%

151
Total 30 100,0%

Comment sont protégées les installations de la Cimenterie ?


Somme des pourcentages différente de 100 du fait des réponses multiples et des suppressions.

Nb % obs.
Je ne sais pas 14 46,0%
Clôture 7 23,0%
Agent de sécurité 5 16,0%
Alarme 4 13,0%
Total 30 100%

Dans quelle zone d’impact d’un accident majeur pourrait-il être ressenti ? Nb % obs.
Dans la zone (0-5Km) 16 53,0%
A 10Km de la zone 0
A 20Km de la zone 04 13,0%
Je ne sais pas 11 36,0%
Total 30 100,0%

Comment vous réagirez en cas d'accident ? Nb % obs.


Je panic 13 43,0%
Appel les secoures, où Quitter la zone 17 57,0%
Total 30 100,0%

Est-ce que vous connaissez des organismes qui peuvent vous informez sur la nature du risque présenté par la
Cimenterie ? si oui lequel
Somme des pourcentages différente de 100 du fait des réponses multiples et des suppressions.

Nb % obs.
oui 4 13,0%
non 26 87,0%
Inspection de l'Environnement 0
Protection Civile 3
Autorité locale 1
Gendarmerie 0
Audio Visuel (Radio-Télé) 0
Total

Êtes-vous touchez par des effets liés à l’activité industrielle ? si oui citez
Somme des pourcentages différente de 100 du fait des réponses multiples et des suppressions.

Nb % obs.
oui 7
non 23
Des Odeurs 21
Les maladies Respiratoires 8

152
Allergie 22
Bruit des installations industrielles 0
La peur (problème psychologique) 17
Total

Voulez vous changez votre lieux de résidence ? Nb % cit.


oui 4 13,0%
non 26 87,0%
Total 30 100,0%

153
Résultats de l’investigation à Boumaayza

45 observations

Votre profession ? Nb % obs.


Agriculture 10 22,0%
Industrie 8 17,0%
Service Public 8 17,0%
D'autre (Commerçant, Artisanats, Activité libre) 10 22,0%
Chômeur 5 12,0%
Retraiter 4 9,0%
Total 45 100,0%

Le motif d’installer à côté la cimenterie? Nb % obs.


Héritage 18 40,0%
Pour le Travail 27 60,0%
Total 45 100,0%

L’année d’installation ? Nb % obs.


Avant de l'installation de la cimenterie 16 35,5%
Après de l'installation de la cimenterie 29 64,5%
Total 45 100,0%

Est-ce que vous avez une autorisation de construction ? si oui lequel ?


Somme des pourcentages différente de 100 du fait des réponses multiples et des suppressions.

Nb % obs.
oui 28 62,0%
non 17 38,0%
La Commune 28
Total 45

Qu’est ce que vous pensez du risque présenté par la Cimenterie ? Nb % obs.


Un grand risque 39 86,5%
Je ne sais pas 6 13,5%
Total 45 100,0%

Comment est diffuser la l’alerte ? Nb % obs.


filtre 13 29,0%
Je ne sais pas 32 71,0%
Total 45 100,0%
154
Comment sont protégées les installations de la Cimenterie ?
Somme des pourcentages différente de 100 du fait des réponses multiples et des suppressions.

Nb % obs.
Je ne sais pas 18
Clôture 8
Agent de sécurité 16
Alarme 8
Total

Dans quelle zone d’impact d’un accident majeur pourrait-il être ressenti ? Nb % obs.
Dans la zone (0-5Km) 20 44,5%
A 10Km de la zone 16 35.5
A 20Km de la zone 04 9,0%
Je ne sais pas 10 22,0%
Total 45 100,0%

Comment vous réagirez en cas d'accident ? Nb % obs.


Je panic 26 58,0%
Appel les secoures, où Quitter la zone 19 42,0%
Total 45 100,0%

Est-ce que vous connaissez des organismes qui peuvent vous informez sur la nature du risque présenté par la
Cimenterie ? si oui lequel
Somme des pourcentages différente de 100 du fait des réponses multiples et des suppressions.

Nb % obs.
oui 10 22,0%
non 35 78,0%
Inspection de l'Environnement 2
Protection Civile 6
Autorité locale
Gendarmerie 2
Audio Visuel (Radio-Télé) 0
Total

Êtes-vous touchez par des effets liés à l’activité industrielle ? si oui citez lequel ?
Somme des pourcentages différente de 100 du fait des réponses multiples et des suppressions.

Nb % obs.
oui 28
non 17
Des Odeurs 10
Les maladies Respiratoires 30
Allergie 12
Bruit des installations industrielles 8

155
La peur (problème psychologique) 14
Total

Voulez vous changez votre lieux de résidence ? Nb % cit.


oui 35 78,0%
non 10 12,0%
Total 45 100,0%

156
REGLEMENTATION ALGERIENNE DE LA PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT, EDITION
2008

- Loi n° 90-1-29 du 1 er décembre 1990 relative à l’aménagement et l’urbanisme.


- Loi n°01-19 du 12 décembre 2001 relative à la gestion, au contrôle et à l’élimination des
déchets.
- Loi n°01-20 du 12 décembre 2001 relative à l’aménagement et au développement durable du
territoire.
- Loi n° 01-10 du 3 juillet 2001 portant loi minière.
- Loi n°02-08 du 08 mai 2002, relative aux conditions de création des villes nouvelles et de leur
aménagement.
- Loi n° 03-10 du 19 juillet 2003 relative à la protection de l'environnement dans le cadre du
développement durable.
- Loi n° 04-20, promulgue le 25 décembre 2004 (loi relative à la prévention des risques majeurs
et à la gestion des catastrophes dans le cadre du développement durable).
- Décret n°87-91 du 21 avril 1987 relative à l’étude d’impact d’aménagement du territoire
- Décret n°88-228 du 5 novembre 1988 définissant les conditions, procédures et modalités
d’immersion de déchets susceptibles de polluer la mer, effectuées par les navires et aéronefs.
- Décret exécutif n° 90-78 du 27 février 1990 relatif aux études d’impact sur l’environnement.
- Décret exécutif n° 90-79 du 27 février 1990, portant réglementation du transport des matières
dangereuses.
- Décret présidentiel n° 90-198 du 30 juin 1990 portant réglementation des substances
explosives.
- Décret exécutif n° 91-177 du 28 mai 1991 fixant les procédures d’élaboration et
d’approbation du plan directeur d’aménagement et d’urbanisme et le contenu des documents y
afférents.
- Décret exécutif n° 93-160 du 10 juillet 1993 réglementant les rejets d’effluents liquides
industriels.
- Décret exécutif n°93-161 du 10 juillet 1993 réglementant le déversement des huiles et
lubrifiants dans le milieu naturel.
- Décret exécutif n° 93-165 du 10 juillet 1993 réglementant les émissions atmosphériques de
fumées, gaz, poussières, odeurs et particules solides, des installations fixes.

157
- Décret exécutif n° 94-465 du 25 décembre 1994, portant création du Haut Conseil de
l’Environnement et du Développement Durable et fixant ses attributions, son organisation et
son fonctionnement.
- Décret exécutif n° n096-481 du 28 décembre 1996 précisant l’organisation et le
fonctionnement du Haut Conseil de l’Environnement et du Développement Durable.
- Décret exécutif n° 98-339 du 03 novembre 1998, définissant la réglementation applicable aux
installations classées et fixant leur nomenclature.
- Décret exécutif n° 99- 253, portant composition, organisation et fonctionnement de la
commission de surveillance et de contrôle des installations classées.
- Décret 2000-73 réglementant les polluants atmosphériques qui détruisant la couche d'ozone.
- Décret exécutif n° 02-115 du 3 avril 2002, portant création de l’observatoire national de
l’environnement et du développement durable.
- Décret 05-240 du 28 juin fixant les modalités de désignation d'un délégué à l'environnement
au sein de l'établissement.
- Décret exécutif n° 06-138 du 15 avril 2006 réglementant l'émission dans l'atmosphère de gaz,
fumées, vapeurs, particules liquides ou solides.
- Décret n° 06-198 du 31 mai 2006 définissant la réglementation applicable aux établissements
classés pour la protection de l'environnement.

158
Les installations classées en Algérie
wilaya Installation Classée (Autorisation Ministre) Installation Classée (Autorisation wali)
Rayon d’affichage entre 4 -5km Rayon d’affichage entre 1-2km
ADRAR 1 18
CHLEF 30 190
LAGHOUAT 5 23
OUM EL BOUAGHI 3 133
BATNA 10 281
BEJAIA 3 301
BISKRA 0 90
BECHAR 0 7
BLIDA 5 141
BOUIRA 9 260
TAMANRASSET 2 11
TEBESSA 3 68
TLEMCEN 9 116
TIARET 2 40
TIZI OUZOU 1 40
ALGER 8 252
DJELFA 0 250
JIJEL 0 28
SETIF 35 123
SAIDA 1 16
SKIKDA 11 106
SIDI BEL ABBES 4 88
ANNABA 2 251
GUELMA 0 61
CONSTANTINE 5 64
MEDEA 16 106
MOSTAGANEM 6 93
M’SILA 0 160
MASCARA 3 45
OUARGLA 84 292
ORAN 21 150
EL BAYADH 0 15
ILIZI 52 26
BORDJ BOU 1 169
ARRERIDJ
BOUMERDES 2 46
EL TARF 17 30
TINDOUF 0 15
TISSEMSILT 1 12
EL OUED 0 63
KHENCHELA 0 58
SOUK AHRAS 1 35
TIPAZA 0 50
MILA 0 72
AIN DEFLA 6 62
NAAMA 0 8
AIN TEMOUCHENT 0 32
GHARDAIA 9 14
RELIZANE 2 24
TOTAL NATIONAL 370 4535

Source : Inspection de l’Environnement de SKIKDA 2008

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LISTE DES CARTES

Carte N° 01 : les agglomérations urbaines et l’implantation industrielle en Algérie p27


Carte N° 02 : la répartition régionale de l’industrie en Algérie…………………….p32
Carte N° 03 : densité de population et urbanisation dans le nord algérien…………p35
Carte N° 04 : localisation de la commune de Skikda et sa zone pétrochimique….. p62
Carte N° 05 : la topographie de la ville de Skikda………………………………… p64
Carte N° 06 : plans de la zone industrielle de Skikda ……………………………...p71
Carte N° 07 : l’extension de la ville de Skikda……………………………………. p78
Carte N° 08 : densité de la population de la ville de Skikda……………………… p80
Carte N° 09 : les événements majeurs redoute et leur distance d’effets dans la zone
d’étude………………………………………………………………p96
Carte N° 10 : la proximité de la cimenterie de HDJAR Asoud avec les agglomérations les plus
proches …………………………………………………….p 109
Carte N° 11 : l’effet du vent et sont rôle dans la dispersion de la poussière de la cimenterie dans notre
zone d’étude……………………………….. p 124

175
Liste des tableaux
TableauN° 01 : Les accidents industriels dans le monde………………………………… ..P 24
Tableau N° 02: Habitations jouxtant les zones d'activités industrielles …………………...P 28
Tableau N° 03 : Habitations construites sur des gazoducs…………………………………P 29
Tableau N° 04 : L'évolution de la population dans l'époque coloniale ……………………P 38
Tableau N° 05 : L'évolution de la population après l'indépendance ………………………P 39
Tableau N° 06 : Moyenne de Température…………………………………………………P 65
Tableau N°07 : Moyenne de Précipitation …………………………………………………P 66
Tableau N° 08 : l'intensité et la vitesse des vents (observation faite sur la période 1995-
2005)............................................................................................................P 66
Tableau N° 09: La croissance démographique de Skikda………………………………… P 74
Tableau N° 10: La période d'installation des migrants dans la commune de Skikda ……...P 75
TableauN° 11: La structure de l'emploi dans la ville de Skikda …………………………...P 76
Tableau N° 12: Le développement de l'habitation à Skikda………………………………..P 79
Tableau N° 13: La consommation du foncier urbain de la ville de Skikda………………...P 79
Tableau N° 14: L'évolution de l'habitat spontané…………………………………………..P 81
Tableau N° 15: Les zones d'habitation spontanée et le nombre de constructions………….P 81
Tableau N° 16: Etat du parc de logement…………………………………………………. P 81
Tableau N° 17: Occupation du sol par l'habitation ………………………………………...P 81
Tableau N° 18: Les configurations accidentelles quantifiées dans l'étude de dangers……..P 89
Tableau N°19:coordonnées géographiques des stations pluviométriques utilisées dans la zone
d'étude …………………………………………………………………….Pl 03
Tableau N°20 : précipitations moyennes mensuelles aux deux stations durant les périodes
(1968/1969-2005-2006) ……………………………………………………PI03
Tableau N° 21 : température moyenne mensuelle à la station d'Azzaba (1984/1985-2003/2004)…
……………………………………………………………..PI04
Tableau N° 22: les moyennes mensuelles de la vitesse des vents en MIS (1987-2006) …..PI05
Tableau N° 23 : Evolution de la population et des densités moyennes dans les communes les
plus proches de la cimenterie …………………………………………....PI07
Tableau N° 24 : Evolution de la population par dispersion dans les trois communes…….PI 08
Tableau N° 25: Estimation de la population des agglomérations les plus proches de la
cimenterie…………………………………………………………………PI08

176
Tableau N° 26: les préventions contre les risques probables ……………………………...PI22

Liste des Figures et Schéma

Schéma N° 01: Les axes de la politique de prévention…………………………………….p 22


Figure N° 01: Évolution de la population urbaine et rurale……………………………… ..p39
Schéma N° 02: le modèle de la ville intérieur Algérienne……………………………… …p41
Schéma N° 03 : le modèle de la ville portuaire Algérienne……………………………… ...p41
Figure N° 02: moyenne de température …………………………………………………….p65
Figure N° 03: moyenne de précipitation…………………………………………………… p66
Figure N° 04: la rose du vent de la ville de Skikda……………………………………….... p67
Figure N° 05: croissance démographique de la ville de Skikda…………………………… p75
Figure N° 06: structure de l'emploi de la ville de Skikda (1966-1987) …………………….p76
Figure N° 07: l'occupation du sol par l'habitation Ville de Skikda …………………………p82
Figure N° 08 : Votre profession …………………………………………………………….p85
Figure N° 09: Le motif d'installer à côté la zone …………………………………………...p85
Figure N° 1'0: L'année d'installation ……………………………………………………….p86
Figure N° Il: Est-ce que vous avez une autorisation de construction ………………………p86
Figure N° 12: Qu’est ce que vous pensez du risque présenté par la zone industrielle ……..p87
Figure N° 13: Est ce que vous connaissez des organismes qui peuvent vous informez sur la
nature du risque présenté par la zone ……………………………………….p87
Figure N° 14 :Êtes-vous touchez par des effets liés à l'activité industrielle ………………..p88
Figure N° 15 : Voulez vous changez votre lieux de résidence …………………………….p88
Figure N° 16: précipitations moyennes mensuelles de la station Bekouche-Lakhder …….p104
Figure N° 17: température moyennes à la station 'd'Azzaba ………………………………p104
Figure N° 18: la rose du vent de la région d’AZZABA …………………………………...p105
Figure N° 19 : Votre profession …………………………………………………………...p115
Figure N° 20: Est ce que vous avez une autorisation de construction …………………….p115
Figure N° 21 : Qu’est ce que vous pensez du risque présenté par la Cimenterie …………p116
Figure N° 22: Comment vous réagirez en cas d'accident …………………………………p116
Figure N° 23 : Est ce que vous connaissez des organismes qui peuvent vous informez sur la
nature du risque présenté par la Cimenterie ……………………………….p117
Figure N° 24 : Êtes-vous touchez par des effets liés à l'activité industrielle ……………...p117
177
Figure N° 25 : Voulez vous changez votre lieux de résidence …………………………...p118
TABLE DE MATIERE

INTRODUCTION ET PROBLEMATIQUE………………………………………… .P 05
Méthodologie de recherche ……………………………………………………………… p 11

PARTIE 1 : LE RISQUE INDUSTRIEL ET LE DEVLOPPEMENT DURABLE


DEFINITION ET HISTORIQUE. ……………………………………….p 16

CHAPITRE 1 : Le risque et ses différents concepts…………………………………….p 17

CHAPITRE II: Historique des catastrophes industrielles ……………………………..p 23

1- Dans le monde …………………………………………………………………………..p 23


2- En Algérie ……………………………………………………………………………….P 25

PARTIE II : INDUSTRIALISATION - URBANISATION D-ANS LA VILLE


ALGERIENNE - CADRE JURIDIQUE UNE INTEGRATION
INSUFFISANTE DU RISQUE ……………………….p 30

CHAPITRE 1 : Le modèle de développement économique en Algérie et ses


Conséquences ……………………………………………………………..p 31

1- Un développement économique fondé sur une planification centralisée ……………….p 31


2- Les conséquences d'un modèle économique centralisé …………………………………p 34
2-1 : Une croissance démographique intense……………………………………………… p 34
2-2: Urbanisation accélérée ………………………………………………………………...p 34
2-3 : Un modèle qui ne prend pas en compte la dimension du risque ……………………..p 36

CHAPITRE II : Processus d'urbanisation et modalités législatives …………………..p 37

1 - Le processus historique de la formation des villes algériennes ………………………...p 37


1-1 L'époque pré - indépendance …………………………………………………………..p 38
1-2 La dynamique urbaine post – indépendance……………………………………………P 38
2- Le processus d'urbanisation : quel dispositif juridique le sous-tend? …………………...p 42
2-2 L'urbanisme …………………………………………………………………………….p 42
2-2-1 : L'urbanisme directeur ………………………………………………………………p 43
a - L'approche administrée………………………………………………………………… P 43
b - L'approche libérale…………………………………………………………………….. p 43
2-2-2 : L'urbanisme opérationnel…………………………………………………………..p 45
a- Le permis de construire …………………………………………………………………p 45
b - Le certificat de conformité ……………………………………………………………..p 46
2-2-3 Des régimes fonciers ………………………………………………………………...p 46
3 - Evaluation d'ensemble: une intégration insuffisante du risque dans les plans
d'aménagement et d'urbanisme ………………………………..p 47
3-1 La période socialiste…………………………………………………………………………… p 48
3-2 La période libérale ……………………………………………………………………………..p 49
178
CHAPITRE III : Le cadre juridique et institutionnel qui gère les risques industriels
et la protection de l'environnement ………………………………….p 51

1- Le cadre législatif et réglementaire ……………………………………………………...p 51


2- Accord international …………………………………………………………………….P 52
3- Evolution de la réglementation qui gère les installations classées ……………………...p 52
4- Les dispositifs de prévention : leur portée et quelle implication ? ……………………..P 53
4-1-Le plan ORSEC………………………………………………………………………………… p 54
4-2-Les assurances …………………………………………………………………………p 55
5- Le cadre institutionnel………………………………………………………………….. p 56
5-1 Le Ministère de l'Aménagement du Territoire et de l'Environnement (MATE) ………p 56
5-2 L'Inspection de l'Environnement de Wilaya (IEW) ……………………………………p 56

ÉTAT DES HYPOTHÉS …………………………………………………………………p 57


1- Intégration insuffisante du risque industriel à tous les niveaux………………………… p 57
2- Une population qui n'est pas à l'abri du risque et est particulièrement vulnérable ……...p 58

PARTIE III : LA QUESTION DE LA PROXIMITE HABITAT 1INDUSTRIE


CAS DELA WILAYA DE SKIKDA…………………………… p 59

CHAPITRE 1: LE CAS DE LA VILLE DE SKIKDA ET SA ZONE


PÉTROCHIMIQUE. ………………………………..p 60

Présentation de la zone d'étude …………………………………………………………….P 61


1- Présentation de la ville de Skikda ……………………………………………………….p 61
2-Paramètre géologiques …………………………………………………………………...p 67
3-Le choix d'implanter le pôle pétrochimique à Skikda …………………………………...p 67
3-1- La mise en place de la zone industrielle ………………………………………………P 68
4- Les aspects de sécurité et de sûreté dans les complexes ………………………………...p 72
4-1 La sécurité ……………………………………………………………………………...p 72
4-2 La sûreté : ……………………………………………………………………………...P 73
5- Le développement urbain de la ville et son rapprochement avec le pôle………………..P73
5-1 Le développement démographique de la ville de Skikda ……………………………...p 74
5-2 L'évolution de l'urbanisation et les modalités de consommation du foncier urbain ……p76
6- Résultats de l'investigation………………………………………………………………P 84
7- Résultats des modélisations ……………………………………………………………..p 89
8- L'explosion de la chaudière de GNLKI………………………………………………….p 93
8-1- L'explosion…………………………………………………………………………… p 93
8-2- La gestion de la crise ………………………………………………………………….p 94
8-3- Après la crise ………………………………………………………………………….p 94
Conclusion …………………………………………………………………………………p 97

CHAPITRE II : LE CAS DE L'AGGLOMERATION DE BEKOUCHE Lakhdar


ET LA CIMENTERIE DE AHDJAR Assoud………………... p 99

1- Objectif de l'étude ……………………………………………………………………...p 100


1- 1 Emplacement de l'usine……………………………………………………………... p 100
179
1- 2 Historique et Effectifs……………………………………………………………….. p 100
1- 3 Activités de l'entreprise ………………………………………………………………p 100
2-Au plan réglementaire …………………………………………………………………..p 102
3-Description de l'environnement………………………………………………………... p 103
3-1 Situation général……………………………………………………………………... p 103
3-1-1 Climatologie ………………………………………………………………………..p 103
3-1-2 Hydrographie ……………………………………………………………………….p 106
3-2 Description de l'environnement actif …………………………………………………p 107
3-2-1 Environnement naturel actif……………………………………………………….. p 107
3-2-2 Environnement de proximité ……………………………………………………….p 107
4-Identification des risques avec les sous-systèmes de l'installation…………………….. p 110
4-1 Sous-système de l'installation .... ……………………………………………………..p 110
4-2 Identification des systèmes source de danger………………………………………... p 110
4-3 Identification des flux de danger et des interactions de proximité des systèmes
source de danger ……………………………………………………………………..P 111
4-4 les scénarios retenus ………………………………………………………………….p 112
4-5 Evaluation des Risques ……………………………………………………………….p 113
5- Enquête de perception ………………………………………………………………….P114
6-Identification des barrières de prévention et de protection…………………………….. P 119
6-1 Cadre juridique ……………………………………………………………………….p 119
6-2 Les principaux accidents et incidents survenus au niveau de la cimenterie ………….p119
6-3 Les mesures d'organisation de secours ...……………………………………………...P119
Conclusion ………………………………………………………………………………..p 125

CONCLUSION GENERALE …………………………………………………………...p126

Bibliographie…………………………………………………………………………...............
Annexes ………………………………………………………………………………………..
Liste des tableaux………………………………………………………………………………
Liste des cartes…………………………………………………………………………………
Liste des figures et schémas……………………………………………………………………

180
Summary of memory MAGISTERIUM Constantine University Faculty of
Earth Sciences, Geography and Planning
THE QUESTION OF INDUSTRIAL RISK AND SUSTAINABLE
DEVELOPMENT lN ALGERIA
IF THE Skikda (pETROCHEMICAL ZONE AND CEMENT HADJAR
ESSOUD

Today the town as a place of concentration of activities is directly affected by a


potential increase in risks anthropogenic or natural, but also their spatial location.

The mobilization ofthese risks in developed countries has resulted in


several studies that have discussed the policy of prevention, crisis management
and safety culture. This mobilization would lead us to the question of risk and
their management in developing countries
Algeria to meet all the characteristics of a country at risk when we know that
the concentration of industrial activities and urbanization are dense on the
coastline most vulnerable (inc1uding the presence of natural hazard, earthquake
and flood zone ).

Our job is entered in a worsening problem of potential risks, induced


by the presence of industry in the city and form of urbanization that has taken
decades many liberties with legislation and regulations designed initially to
frame it appropriately. The problems addressed in this work, the conflicting
relationships between production activities and the urbanized area. The issue of
social need of the industry in the city is at the heart of the issue of risk. The
situation in nearby housing and industry and social effects of the proliferation
threats are a disaster. The risk, pollution and more generally the question of the
environment alter the relationship between city and industry. The relationship
between space and society and the relationship between risk and space are
c1early related to each other.

The aim of our research is the mapping of hazard areas and the
definition of "risk space" in a map. This interest is to manage the CUITentrisk
situation while anticipating the future by studying the case of the city of Skikda
(North-eastern Algeria) and its area petrochemical and cement HDJAR

181
‫ﻣﻠﺨﺺ ﻣﺬ ﻛﺮة اﻟﻤﺎﺟﺴﺘﯿﺮ‬
‫ﺟﺎﻣﻌﺔ ﻗﺴﻨﻄﯿﻨﺔ ﻛﻠﯿﺔ ﻋﻠﻮم اﻷرض‬
‫و اﻟﺠﻐﺮاﻓﯿﺎ و ﺗﮭﯿﺌﺔ اﻹﻗﻠﯿﻢ‬

‫اﻟﻤﺨﺎﻃﺮ اﻟﺼﻨﺎﻋﯿﺔ و اﻟﺘﻨﻤﯿﺔ اﻟﻤﺴﺘﺪاﻣﺔ ﻓﻲ اﻟﺠﺰاﺋﺮ‬


‫اﻟﻤﺨﺎﻃﺮ اﻟﺼﻨﺎﻋﯿﺔ ﻓﻲ وﻻﯾﺔ ﺳﻜﯿﻜﺪة‬
‫اﻟﻤﻨﻄﻘﺔ اﻟﺼﻨﺎﻋﯿﺔ ﻟﺴﻜﯿﻜﺪة و ﻣﺼﻨﻊ اﻹﺳﻤﻨﺖ ﺣﺠﺎر اﻟﺴﻮد‬
‫ﺗﻌﺘﺒﺮ اﻟﻤﺪﯾﻨﺔ ﻣﻜﺎن ﻟﺘﺮﻛﺰاﻟﺴﻜﺎن و اﻟﻨﺸﺎﻃﺎت ﻓﮭﻲ إذن ﻣﻌﻨﯿﺔ ﻣﺒﺎﺷﺮة ﺑﺘﺰاﯾﺪ اﻟﻸﺧﻄﺎر اﻟﺼﻨﺎﻋﯿﺔ و اﻟﻄﺒﯿﻌﯿﺔ‪.‬‬
‫اﻹھﺘﻤﺎم اﻟﻤﺘﺰاﯾﺪ ﺑﮭﺬه اﻟﻸﺧﻄﺎر ﻓﻲ اﻟﺒﻠﺪان اﻟﻤﺘﻘﺪﻣﺔ ﺗﺮﺟﻢ ﺑﻌﺪة أﺑﺤﺎث ھﺪه اﻟﻸﺑﺤﺎث أﺑﺮزت ﻋﺪة ﻣﺼﻄﻠﺤﺎت ﻣﻨﮭﺎ‬
‫ﺳﯿﺎﺳﺔ اﻟﻮﻗﺎﯾﺔ‪ ,‬ﺗﺴﯿﯿﺮ اﻟﻸزﻣﺎت و ﺛﻘﺎﻓﺔ اﻟﻸﻣﻦ ﻣﻦ اﻟﻸﺧﻄﺎر اﻟﺼﻨﺎﻋﯿﺔ‪.‬‬
‫ھﺬا اﻹھﺘﻤﺎم أدى ﺑﻨﺎ إﻟﻰ ﻃﺮح ﻣﺸﻜﻠﺔ اﻟﻸﺧﻄﺎر اﻟﺼﻨﺎﻋﯿﺔ ﻓﻲ اﻟﺒﻠﺪان اﻟﺘﻲ ھﻲ ﻓﻲ ﻃﺮﯾﻖ اﻟﻨﻤﻮ و ﻛﯿﻔﯿﺎت ﻣﻌﺎﻟﺠﺘﮭﺎ‬
‫ﻟﻠﻤﺸﻜﻠﺔ و ﻣﻨﮭﺎ اﻟﺠﺰاﺋﺮ‪ .‬ﻓﻌﻨﺪﻣﺎ ﻧﻌﻠﻢ أن ﻧﺴﺒﺔ ﻛﺒﯿﺮة ﻣﻦ اﻟﺴﻜﺎن و اﻟﻨﺸﺎﻃﺎت اﻹﻗﺘﺼﺎدﯾﺔ ﻣﻌﻈﻤﮭﺎ ﻓﻲ اﻟﺸﻤﺎل ﻧﻔﮭﻢ أن‬
‫ﺑﻼدﻧﺎ ﻣﻌﻨﯿﺔ ﻣﺒﺎﺷﺮة ﺑﻤﺸﻜﻠﺔ اﻟﺨﻄﺮ اﻟﺼﻨﺎﻋﯿﺔ ﺑﺪون أن ﻧﻨﺴﻰ اﻷﺧﻄﺎر اﻟﻄﺒﯿﻌﯿﺔ ﻛﺎﻟﻔﯿﻀﺎﻧﺎت و اﻟﺰﻻزل‪.‬‬
‫ھﺬا اﻟﻌﻤﻞ ﯾﺪﺧﻞ ﻓﻲ إﻃﺎر ﻓﮭﻢ ﻣﺸﻜﻠﺔ اﻟﻸﺧﻄﺎر اﻟﻜﺒﺮى و اﻟﺘﻲ ﻣﻨﮭﺎ ﺗﻮاﺟﺪ اﻟﻤﻨﺎﻃﻖ اﻟﺼﻨﺎﻋﯿﺔ ﺑﻤﺤﺎدات أو ﻓﻲ‬
‫داﺧﻞ اﻟﻤﺪن‪.‬‬
‫ﻧﺘﺴﺎﺋﻞ ھﻨﺎ ﻋﻦ ﻣﺨﻄﻄﺎت اﻟﺘﮭﯿﺌﺔ و دورھﺎ ﻗﻲ ﺗﺴﯿﯿﺮ اﻟﻤﺠﺎل؟‬
‫اﻟﮭﺪف ﻣﻦ‬ ‫ﻋﻦ دور اﻟﺠﻤﺎﻋﺎت اﻟﻤﺤﻠﯿﺔ ﻓﻲ ﺗﻨﻈﯿﻢ اﻟﻤﺠﺎل و ﺗﺴﯿﯿﺮ اﻟﻌﻘﺎر اﻟﺤﻀﺮي؟‬
‫ھﺪا اﻟﻌﻤﻞ ھﻮ إﻧﺸﺎء ﺧﺮﯾﻄﺔ اﻷﺧﻄﺮ اﻟﺼﻨﺎﻋﯿﺔ ﻟﺘﺤﺪﯾﺪ و ﺗﻌﺮﯾﻒ –ﻣﺠﺎل اﻷﺧﻄﺎر اﻟﻜﺒﺮى‪ -‬و ھﺪا ﺑﺄﺧﺪ ﻣﺪﯾﻨﺔ‬
‫ﺳﻜﯿﻜﺪة و ﻣﻨﻄﻘﺘﮭﺎ اﻟﺼﻨﺎﻋﯿﺔ و أﯾﻈﺎ ﻣﺼﻨﻊ اﻹﺳﻤﻨﺖ و اﻟﺘﺠﻤﻌﺎت اﻟﻌﻤﺮاﻧﯿﺔ اﻟﻤﺤﺎدﯾﺔ ﻟﮫ ﻛﻤﺜﺎل ﻟﺪراﺳﺔ ھﺬا‬
‫اﻟﻤﻮﺿﻮع‪.‬‬

‫‪182‬‬
Résume d'une mémoire de MAGISTERE Université de Constantine
Faculté des Sciences de la terre, de la géographie et de l’aménagement du
territoire

LA QUESTION DU RISQUE INDUSTRIEL ET LE DEVELOPPEMENT


DURABLE EN ALGÉRIE
CAS DE LA WILAYA DE SKIKDA (LA ZONE PÉTROCHIMIQUE ET
LA CIMENTERIE DE HADJAR ASSOUD)

Aujourd’hui, la ville en tant que lieu de concentration des activités est


directement concernée par une augmentation potentielle des risques anthropiques ou
naturels, mais aussi de leur localisation spatiale.
La mobilisation autour de ces risques dans les pays développés est traduite par
plusieurs recherches, qui ont évoqué la politique de prévention, la gestion des crises
et la culture de sécurité. Cette mobilisation nous amènerait à poser la question du
risque et leur gestion dans les pays en voie de développement
L’Algérie réunit toutes les caractéristiques d'un pays à risque, lorsque
l'on sait que la concentration des activités industrielles et l’urbanisation dense se
situent sur la frange côtière la plus vulnérable (présence notamment de risque naturel,
zone inondable et sismique).
Notre travail est inscrit dans une problématique d'aggravation des risques
potentiels, induits par la présence de l’industrie dans la ville et la forme
d'urbanisation qui a pris pendant des décennies beaucoup de libertés par rapport à une
législation et une réglementation conçues initialement pour l'encadrer judicieusement.
Les problèmes traités dans ce travail, les rapports conflictuels entre activités de
production et l’espace urbanisé. La question de la nécessité sociale de l’industrie dans
la ville est au cœur de la problématique du risque. La situation de la proximité
habitat/industrie et les effets sociaux de la prolifération sont les menaces d’une
catastrophe. Le risque, la pollution et plus généralement la question de
l’environnement modifient la relation ville et industrie. La relation entre l’espace et
la société et les rapports entre risque et espace sont incontestablement liés les uns
aux autres.

L’objectif de notre travail de recherche est la cartographie des zones de


danger et la définition de « l’espace du risque » dans une carte. Cet intérêt a pour but
de gérer l’actuelle situation du risque tout en anticipant sur l’avenir à travers l’étude du
cas de la ville de SKIKDA (Nord-est Algérien) et de sa zone pétrochimique et la
cimenterie de HDJAR SOUD.

183

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