Électronique Numérique en CPGE TSI
Électronique Numérique en CPGE TSI
1 Compétences du chapitre 79
P4
Filtrage numérique.
• Réaliser un filtrage numérique passe-bas d’une acquisi-
tion.
Ce chapitre fait suite et rappelle quelques notions vues en première année en Sciences Industrielles dans le
chapitre Traitement de l’information. Vous pourrez vous y reporter avec intérêt.
— Signal —
Exemples : tension électrique (en V ), température (en ◦ C), niveau sonore (en dB), pH (sans unité), . . .
— Signal analogique —
U (V)
t(s)
0
U (V)
0 1 0 0 0 1 0 1 0 1 1 0 0 1
0 t(s)
L’enregistrement numérique consiste à convertir le signal électrique en une suite de nombres dont chacun
représente l’amplitude instantanée du signal originel à un instant significatif donné, puis à enregistrer ces
nombres après un codage qui permet de détecter, à la lecture, un défaut éventuel.
• L’enregistrement numérique est beaucoup plus tolérant que son équivalent analogique au niveau du
support d’enregistrement.
• Il permet de rendre indépendant le signal de la distance : lorsqu’un signal analogique est transporté
sur un canal de transmission, il subit de nombreuses modifications, comme l’atténuation ou l’ajout de
bruit, qui affectent la qualité de cette transmission. À l’arrivée, après amplification, le signal originel
est mêlé à du bruit, ce qui dans certains cas, rend difficile la compréhension du message.
Les signaux numériques ne prenant que deux valeurs, "0" ou "1", le bruit occasionné par les canaux
de transmission peut être enlevé de manière simple et efficace. Le signal arrivant est une réplique
exacte du message d’origine, d’où une qualité sans équivalent.
• L’enregistrement numérique permet également de pouvoir facilement multiplexer sur un même canal
de transmission plusieurs signaux de voix, qui sont agrégés sur un même lien physique.
• Il permet de bénéficier des développements et progrès informatiques.
• Il est moins coûteux.
x (t) x (n Te ) xn yn y (n Te )
ECH CAN µP CN A FR
Horloge Fe
Les opérations précédentes sont cadencées par une horloge de fréquence Fe , où Fe correspond à la fré-
quence d’échantillonnage.
4.3 Stroboscopie
4.3.1 Principe
rayons. b b
ellaSaL - hpesoJ tniaS tnemessilbatÉ - - IST EGPC - eimihC - euqisyhP
b b
Lorsque le petit disque est immobile, on est dans la situation b
suivante :
Un stroboscope est un appareil qui émet des flashs lumineux à une fréquence réglable. On supposera pour
la suite que les durées mises en jeu sont grandes devant la persistance rétinienne, de façon à ce que l’obser-
vateur n’ait pas un sentiment de continuité. Ainsi, le mouvement paraîtra saccadé.
b
b b
d’émission du stroboscope.
Considérons la rotation du petit disque dans le sens horaire et une b b
disque. b
b
b
En notant TD la période de rotation et TS l’intervalle de temps entre 2 flashs successifs, on verra alors :
b b b b
b b b b b b b b
b b b b b b b b
b b b b b b b b
b b b b b b b b
b b b b b b b b
b b b b
b b
b b
b b
b b
b
(e) t = 4 TS
Si la fréquence d’émission du stroboscope est égale à la fréquence de rotation du disque (ou plus généra-
lement si la fréquence de rotation du disque est un multiple p de celle du stroboscope), alors le disque a
le temps d’effectuer un tour (ou plusieurs) dans l’intervalle de temps entre 2 flashs successifs et celui-ci
restera immobile. Ainsi, on observera dans ce cas :
b b b b
b b b b b b b b
b b b b b b b b
b b b b b b b b
b b b b b b b b
b b b b b b b b
b b b b
b b
b b
b b
b b
b
(e) t = 4 TS
1
F IGURE 4.2 – Observation du disque avec le stroboscope pour fS = fD , p ∈ N
p
De la même façon, si la fréquence du stroboscope est égale à 2 fois celle de rotation du disque, ce dernier
aura le temps d’effectuer un demi-tour entre 2 flashs successifs :
b b b b
b b b b b b b b
b b b b b b b b
b b b b b b b b
b b b b b b b b
b b b b b b b b
b b b b
b b
b b
b b
b b
b
(e) t = 4 TS
11 11
Si on prend fD = fS , on a alors TS = TD : entre 2 flashs successifs, le disque n’a pas tout-à-fait le
12 12
temps d’effectuer un tour. On est alors dans la configuration suivante :
b b b b
b b b b b b b b
b b b b b b b b
b b b b b b b b
b b b b b b b b
b b b b b b b b
b b b b
b
b b
b b
b b
b b
b b
b
(e) t = 4 TS
12
F IGURE 4.4 – Observation du disque avec le stroboscope pour fS = fD
11
ellaSaL - hpesoJ tniaS tnemessilbatÉ - - IST EGPC - eimihC - euqisyhP
On voit dans cet exemple que les images observées ne correspondent plus du tout au sens de rotation réelle
du disque.
C’est ce que l’on peut voir pour les roues de voiture dans des films ou dans la rue à la lumière de l’éclairage
public.
4.4 Échantillonnage
—É hantillonnage —
L’échantillonnage d’un signal analogique sa (t) consiste à multiplier le signal sa (t) par une fonction
peigne de Dirac constituée d’impulsions très courtes se répétant périodiquement. Cette répétition est
caractérisée par la fréquence d’échantillonnage notée Fe .
Comme dans le cas précédent, on échantillonne donc un signal analogique sa (t) en relevant sa valeur à
intervalles de temps réguliers. La durée entre 2 intervalles successifs est appelé période de l’échantillonnage
et est notée Te . On récupère alors des valeurs du signal sa (t) à chaque instant défini par tn = n Te , avec
n ∈ Z.
On a alors :
sn (t) = sa (tn ) = sa (n Te )
4.4.2 Intérêt.
U (V)
t (s)
0
On peut obtenir :
U (V)
Si le signal est trop faible, on peut même ne plus rien reconnaître du tout :
U (V)
t (s)
0
U (V) U (V)
donne
0 t (s) 0 t (s)
1
La fréquence d’échantillonnage Fe = correspond au nombre d’échantillons prélevés par unité de temps.
Te
On peut ainsi faire le parallèle avec la fréquence du stroboscope.
On cherche bien sûr à diminuer autant que possible cette fréquence d’échantillonnage, tout en ne perdant
pas de vue que les échantillons, mis bout à bout, doivent restituer le signal le plus fidèlement possible.
Ainsi, on ne pourra pas descendre en-deçà d’une certaine limite :
U (V)
t (s)
0
Te
Ici, la courbe rouge ne représente pas du tout le signal original. Il faut augmenter la fréquence d’échan-
tillonnage fe et donc diminuer la période Te :
U (V)
ellaSaL - hpesoJ tniaS tnemessilbatÉ - - IST EGPC - eimihC - euqisyhP
t (s)
0
Te
ou mieux :
U (V)
t (s)
0
Plus la fréquence d’échantillonnage sera grande, plus la mesure sera précise et plus le signal pourra être res-
titué fidèlement. Mais cela demande un espace mémoire conséquent en raison du grand nombre de données
à traiter.
Considérons un signal sinusoïdal sa (t) de fréquence f = 300 Hz, donc de période T = 3,33 ms, échan-
tillonné à l’aide d’un signal impulsionnel de fréquence Fe = 2,00 kHz.
U (V)
t (s)
0
h (t)
t
0 Te 2 Te 3 Te 4 Te
Amplitude
Fréquence
f Fe 2 Fe 3 Fe 4 Fe
Dans la pratique, d’autres petites raies apparaissent : elles sont produites par les imperfections de la numé-
risation, on les appelle des artefacts :
Amplitude
ellaSaL - hpesoJ tniaS tnemessilbatÉ - - IST EGPC - eimihC - euqisyhP
Fréquence
f Fe 2 Fe 3 Fe 4 Fe
sa (t) Amplitude
A 8A
π2
1
Décroissance en
n2
t
T
8A
32 π 2 Fréquence
-A
f 3f 5f 7f
(a) Signal triangulaire (b) Spectre correspondant
En effet, la décomposition en série de Fourierr de ce signal triangulaire (pair) s’exprime de la façon sui-
vante :
∞
8A 1 1 8 A X cos[(2n + 1) ω t]
sa (t) = [cos(ω t) + cos(3 ω t) + cos(5 ω t) + . . . ] = ]
π2 32 52 π 2 n=0 [(2n + 1) π]2
spectre de sa (t)
f
0 fmax
Amplitude
Fréquence
−2 Fe −Fe 0 fmax Fe 2 Fe
Amplitude
Fréquence
−2 Fe −Fe 0 Fe 2 Fe
On constate ici que les intervalles spectraux ne sont plus disjoints. Dans ce cas, il ne sera plus possible
d’analyser le signal échantillonné et de retrouver le signal sa (t).
On parle alors de repliement de spectre (ou "aliasing") : certaines raies spectrales répliquées autour de la
fréquence Fe empiètent sur l’intervalle de fréquence [0, fmax ] occupé normalement par le spectre du signal
sa (t) d’origine :
Amplitude
fmax
Fe
2 Fréquence
Fe − fmax Fe Fe + fmax
Avec l’exemple précédent, on voit que pour éviter le recouvrement des spectres, il faut que fmax soit
Fe
inférieure à .
2
La condition pour que les intervalles spectraux soient disjoints est appelée condition de Nyquist-
Shannon :
— Exemples —
• Les signaux téléphoniques ont leur spectre limité à environ 3,4 kHz et sont échantillonnées à
8,0 kHz.
• Les signaux musicaux possèdent une fréquence maximale à 20 kHz. Leur fréquence d’échantillon-
nage minimale d’échantillonnage est Fe ≃ 44 kHz.
4
Pour le stroboscope, cela revient à utiliser une fréquence du stroboscope fS = fD ou en terme de durée,
3
3 3
cela signifie que TS = TD : le disque a le temps d’effectuer de tour entre 2 flashs successifs.
4 4
Illustrons cette situation à l’aide d’un schéma :
b b b b b
b b b b b b b b b b
b b b b b b b b b b
b b b b b b b b b b
b b b b b b b b b b
b b b b b b b b b b
b b b b b
4
F IGURE 4.6 – Observation du disque avec le stroboscope pour fS = fD
3
Amplitude
f′ f
Fe 3 Fe Fe
4 4
4.4.8 Conclusion
On voit que l’échantillonnage, comme toute opération non linéaire que constitue ici la multiplication du
signal d’origine par le peigne de Dirac, enrichit le spectre. En effet, des fréquences nouvelles apparaissent
dans le spectre se . Cette apparition n’est évidement pas souhaitée et il faudra les éliminer.
4.5 Quantification
— Quantifi ation —
La quantification va attribuer à chaque échantillon une valeur numérique selon un principe de propor-
tionnalité. Ainsi, tout convertisseur analogique-numérique (CAN) a besoin d’une valeur de référence (en
général la masse) et d’une valeur seuil qui sera choisie en fonction de la précision voulue.
• La fréquence d’échantillonnage. En effet, plus elle sera élevée plus le signal numérisé sera fidèle au
signal analogique initial. Une fréquence trop élevée demandera cependant un espace mémoire très
important.
• Le nombre de bits sur lequel on code les valeurs qui va nous donner le nombre de valeurs que peut
prendre un échantillon et la précision en fonction de la valeur seuil.
U (V)
5
3.75 3
2.5 2
1.25 1
0 0 t(s)
3 2 0 1 0 2 3 3 1 1 0 2 2 3 1
11 10 00 01 00 10 11 11 01 01 00 10 10 11 01
Il dépend du nombre n de bits utilisés pour le codage ainsi que de la valeur de la tension maximale Umax :
Umax
p=
2n
Le signal rouge est la restitution en tension du signal numérique. Il n’est pas ici très ressemblant au signal
analogique . . .
U (V)
5
4.375 7
3.75 6
3.125 5
2.5 4
ellaSaL - hpesoJ tniaS tnemessilbatÉ - - IST EGPC - eimihC - euqisyhP
1.875 3
1.25 2
0.625 1
0 0 t(s)
7 5 1 2 1 4 6 6 1 2 0 4 5 7 2
111 101 001 010 001 100 110 110 001 010 000 100 101 111 010
Sur 4 bits, on a :
U (V)
5
4.6875 15
4.375 14
4.0625 13
3.75 12
3.4375 11
3.125 10
2.8125 9
2.5 8
2.1875 7
1.875 6
1.5625 5
1.25 4
0.9375 3
0.625 2
0.3125 1
0 0 t(s)
15 10 3 4 2 9 12 13 3 5 1 8 10 15 4
1111 1010 0011 0100 0010 1001 1100 1101 0011 0101 0001 1000 1010 1111 0100
Même si le signal rouge s’approche un peu de signal réel, la ressemblance n’est tout de même pas frappante :
il faut augmenter la fréquence d’échantillonnage et diminuer le pas.
U (V)
5
4.6875 15
4.375 14
4.0625 13
3.75 12
3.4375 11
3.125 10
2.8125 9
2.5 8
2.1875 7
1.875 6
1.5625 5
1.25 4
0.9375 3
0.625 2
0.3125 1
0 0 t(s)
U (V)
Les ordinateurs actuels codent les informations sur 64 voire 128 bits, c’est à dire une suite de 64 ou 128
zéros ou uns par échantillon et à des fréquences avoisinant le GHz.
Cela laisse imaginer le nombre d’informations à stocker !
4.6 Filtrage
Une fois le signal échantillonné, il faut se débarrasser des composantes inutiles. En effet les spectres créés
autour des différents multiples de la fréquence d’échantillonnage sont gênants. Pour les éliminer, on uti-
Fe
lise en général un filtre passe-bas analogique dont la fréquence de coupure fc est inférieure à , qui va
2
supprimer les harmoniques supérieurs à cette fréquence.