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Électronique Numérique en CPGE TSI

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4.

1 Compétences du chapitre 79

P4

Physique - Chimie - CPGE TSI - Établissement Saint Joseph - LaSalle


Électronique numérique

4.1 Compétences du chapitre

Notions et contenus Capacités exigibles


Échantillonnage.
Analyse spectral numérique. • Mettre en évidence le phénomène repliement de spectre dû
Condition de Shannon. à l’échantillonnage lors de l’utilisation d’un oscilloscope
numérique ou d’une carte d’acquisition.
• Choisir les paramètres (durée, nombre d’échantillons, fré-
quence d’échantillonnage) d’une d’acquisition numérique
afin de respecter la condition de Shannon.

Filtrage numérique.
• Réaliser un filtrage numérique passe-bas d’une acquisi-
tion.

Détecteurs. Intensité lumineuse.


Facteur de contraste. • Exploiter la propriété qu’un capteur optique quadratique
fournisse un signal proportionnel à l’énergie lumineuse re-
çue pendant son temps d’intégration.
• Citer l’ordre de grandeur du temps d’intégration de
quelques capteurs optiques.

Saint Joseph - LaSalle CPGE TSI


80 É LECTRONIQUE NUMÉRIQUE

Ce chapitre fait suite et rappelle quelques notions vues en première année en Sciences Industrielles dans le
chapitre Traitement de l’information. Vous pourrez vous y reporter avec intérêt.

4.2 Analogique et numérique

4.2.1 Quelques définitions


ellaSaL - hpesoJ tniaS tnemessilbatÉ - - IST EGPC - eimihC - euqisyhP

— Signal —

Exemples : tension électrique (en V ), température (en ◦ C), niveau sonore (en dB), pH (sans unité), . . .

— Signal analogique —

U (V)

t(s)
0

Analogique est ici le contraire de logique, l’art de manipuler des 0 et des 1.

— Signal numé rique —

Un signal numérique est une suite de 0 et de 1 logiques :

U (V)

0 1 0 0 0 1 0 1 0 1 1 0 0 1

0 t(s)

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4.2 Analogique et numérique 81

— Enregistrement numé rique —

L’enregistrement numérique consiste à convertir le signal électrique en une suite de nombres dont chacun
représente l’amplitude instantanée du signal originel à un instant significatif donné, puis à enregistrer ces
nombres après un codage qui permet de détecter, à la lecture, un défaut éventuel.

Physique - Chimie - CPGE TSI - Établissement Saint Joseph - LaSalle


4.2.2 Avantages de l’enregistrement numérique

• L’enregistrement numérique est beaucoup plus tolérant que son équivalent analogique au niveau du
support d’enregistrement.
• Il permet de rendre indépendant le signal de la distance : lorsqu’un signal analogique est transporté
sur un canal de transmission, il subit de nombreuses modifications, comme l’atténuation ou l’ajout de
bruit, qui affectent la qualité de cette transmission. À l’arrivée, après amplification, le signal originel
est mêlé à du bruit, ce qui dans certains cas, rend difficile la compréhension du message.
Les signaux numériques ne prenant que deux valeurs, "0" ou "1", le bruit occasionné par les canaux
de transmission peut être enlevé de manière simple et efficace. Le signal arrivant est une réplique
exacte du message d’origine, d’où une qualité sans équivalent.
• L’enregistrement numérique permet également de pouvoir facilement multiplexer sur un même canal
de transmission plusieurs signaux de voix, qui sont agrégés sur un même lien physique.
• Il permet de bénéficier des développements et progrès informatiques.
• Il est moins coûteux.

4.2.3 La chaîne de transformation

x (t) x (n Te ) xn yn y (n Te )
ECH CAN µP CN A FR

Horloge Fe

• x (t) représente l’entrée,


• Le premier bloc ECH représente l’échantillonnage, c’est-à-dire le choix de dates auxquelles prélever
au signal analogique des valeurs discrètes. Te est la période d’échantillonnage du signal.
• Le deuxième bloc CAN représente un convertisseur analogique-numérique qui permet d’associer
un nombre binaire à une valeur du signal analogique. Ce sont ces nombres qui seront traités par la
machine.
• µP représente le traitement numérique qui peut, par exemple, être un filtrage ou une analyse spectrale.
• Les valeurs binaires yn obtenues sont à reconvertir en valeurs discrètes associées à des temps n Te
par l’intermédiaire d’un convertisseur numérique-analogique CN A.
• Il reste alors à réaliser l’opération inverse de l’échantillonnage, ce que réalise le filtre de restitution
F R.

Les opérations précédentes sont cadencées par une horloge de fréquence Fe , où Fe correspond à la fré-
quence d’échantillonnage.

Saint Joseph - LaSalle CPGE TSI


82 É LECTRONIQUE NUMÉRIQUE

4.3 Stroboscopie

4.3.1 Principe

Faisons tourner un disque autour de son axe principal. Sur ce


disque est tracé un repère constitué d’un trait suivant un de ses b
b
b

rayons. b b
ellaSaL - hpesoJ tniaS tnemessilbatÉ - - IST EGPC - eimihC - euqisyhP

Afin de noter précisément sa position, on considère un autre b b

disque, plus grand, fixe, sur lequel sont dessinés 12 points,


comme sur une horloge.
b b

b b
Lorsque le petit disque est immobile, on est dans la situation b

suivante :

Un stroboscope est un appareil qui émet des flashs lumineux à une fréquence réglable. On supposera pour
la suite que les durées mises en jeu sont grandes devant la persistance rétinienne, de façon à ce que l’obser-
vateur n’ait pas un sentiment de continuité. Ainsi, le mouvement paraîtra saccadé.
b

Notons fD la fréquence de rotation du disque et fS la fréquence


b b

b b
d’émission du stroboscope.
Considérons la rotation du petit disque dans le sens horaire et une b b

fréquence du stroboscope très supérieure à celle de la rotation du b b

disque. b
b
b

En notant TD la période de rotation et TS l’intervalle de temps entre 2 flashs successifs, on verra alors :

b b b b
b b b b b b b b

b b b b b b b b

b b b b b b b b

b b b b b b b b

b b b b b b b b
b b b b

(a) t = 0 (b) t = TS (c) t = 2 TS (d) t = 3 TS


b
b b

b b

b b

b b

b b
b

(e) t = 4 TS

F IGURE 4.1 – Observation du disque avec le stroboscope pour fS = 12 fD

4.3.2 Influence de la fréquence du stroboscope

Si la fréquence d’émission du stroboscope est égale à la fréquence de rotation du disque (ou plus généra-
lement si la fréquence de rotation du disque est un multiple p de celle du stroboscope), alors le disque a
le temps d’effectuer un tour (ou plusieurs) dans l’intervalle de temps entre 2 flashs successifs et celui-ci
restera immobile. Ainsi, on observera dans ce cas :

Saint Joseph - LaSalle CPGE TSI


4.3 Stroboscopie 83

b b b b
b b b b b b b b

b b b b b b b b

b b b b b b b b

b b b b b b b b

b b b b b b b b
b b b b

(a) t = 0 (b) t = TS (c) t = 2 TS (d) t = 3 TS

Physique - Chimie - CPGE TSI - Établissement Saint Joseph - LaSalle


b
b b

b b

b b

b b

b b
b

(e) t = 4 TS

1
F IGURE 4.2 – Observation du disque avec le stroboscope pour fS = fD , p ∈ N
p

De la même façon, si la fréquence du stroboscope est égale à 2 fois celle de rotation du disque, ce dernier
aura le temps d’effectuer un demi-tour entre 2 flashs successifs :

b b b b
b b b b b b b b

b b b b b b b b

b b b b b b b b

b b b b b b b b

b b b b b b b b
b b b b

(a) t = 0 (b) t = TS (c) t = 2 TS (d) t = 3 TS


b
b b

b b

b b

b b

b b
b

(e) t = 4 TS

F IGURE 4.3 – Observation du disque avec le stroboscope pour fS = 2 fD

11 11
Si on prend fD = fS , on a alors TS = TD : entre 2 flashs successifs, le disque n’a pas tout-à-fait le
12 12
temps d’effectuer un tour. On est alors dans la configuration suivante :

b b b b
b b b b b b b b

b b b b b b b b

b b b b b b b b

b b b b b b b b

b b b b b b b b
b b b b

(a) t = 0 (b) t = TS (c) t = 2 TS (d) t = 3 TS

Saint Joseph - LaSalle CPGE TSI


84 É LECTRONIQUE NUMÉRIQUE

b
b b

b b

b b

b b

b b
b

(e) t = 4 TS

12
F IGURE 4.4 – Observation du disque avec le stroboscope pour fS = fD
11
ellaSaL - hpesoJ tniaS tnemessilbatÉ - - IST EGPC - eimihC - euqisyhP

On voit dans cet exemple que les images observées ne correspondent plus du tout au sens de rotation réelle
du disque.
C’est ce que l’on peut voir pour les roues de voiture dans des films ou dans la rue à la lumière de l’éclairage
public.

4.4 Échantillonnage

—É hantillonnage —

L’échantillonnage d’un signal analogique sa (t) consiste à multiplier le signal sa (t) par une fonction
peigne de Dirac constituée d’impulsions très courtes se répétant périodiquement. Cette répétition est
caractérisée par la fréquence d’échantillonnage notée Fe .

4.4.1 Mise en œuvre

Comme dans le cas précédent, on échantillonne donc un signal analogique sa (t) en relevant sa valeur à
intervalles de temps réguliers. La durée entre 2 intervalles successifs est appelé période de l’échantillonnage
et est notée Te . On récupère alors des valeurs du signal sa (t) à chaque instant défini par tn = n Te , avec
n ∈ Z.
On a alors :
sn (t) = sa (tn ) = sa (n Te )

4.4.2 Intérêt.

L’intérêt principal est de supprimer le bruit.


Celui-ci a pour origine l’agitation thermique des électrons libres (transmetteurs du signal) dans les circuits
électriques et surtout les perturbations dues aux ondes électromagnétiques dans lesquelles nous baignons.
Alors, à partir du signal analogique suivant :

U (V)

t (s)
0

Saint Joseph - LaSalle CPGE TSI


4.4 Échantillonnage 85

On peut obtenir :
U (V)

Physique - Chimie - CPGE TSI - Établissement Saint Joseph - LaSalle


t (s)
0

Si le signal est trop faible, on peut même ne plus rien reconnaître du tout :
U (V)

t (s)
0

Il est donc impossible de transmettre un tel signal !


En numérique, le signal étant composé de 0 et de 1, le bruit de fond a une influence plus limitée :

U (V) U (V)

donne

0 t (s) 0 t (s)

Malgré le bruit, on reconnaît quand même les 0 et les 1 . . .

4.4.3 Fréquence d’échantillonnage

1
La fréquence d’échantillonnage Fe = correspond au nombre d’échantillons prélevés par unité de temps.
Te
On peut ainsi faire le parallèle avec la fréquence du stroboscope.
On cherche bien sûr à diminuer autant que possible cette fréquence d’échantillonnage, tout en ne perdant
pas de vue que les échantillons, mis bout à bout, doivent restituer le signal le plus fidèlement possible.
Ainsi, on ne pourra pas descendre en-deçà d’une certaine limite :
U (V)

t (s)
0
Te

Saint Joseph - LaSalle CPGE TSI


86 É LECTRONIQUE NUMÉRIQUE

Ici, la courbe rouge ne représente pas du tout le signal original. Il faut augmenter la fréquence d’échan-
tillonnage fe et donc diminuer la période Te :

U (V)
ellaSaL - hpesoJ tniaS tnemessilbatÉ - - IST EGPC - eimihC - euqisyhP

t (s)
0
Te

ou mieux :

U (V)

t (s)
0

Plus la fréquence d’échantillonnage sera grande, plus la mesure sera précise et plus le signal pourra être res-
titué fidèlement. Mais cela demande un espace mémoire conséquent en raison du grand nombre de données
à traiter.

4.4.4 Spectre du signal échantillonné

[Link] Signal monochromatique

— Signal mono hromatique —

Considérons un signal sinusoïdal sa (t) de fréquence f = 300 Hz, donc de période T = 3,33 ms, échan-
tillonné à l’aide d’un signal impulsionnel de fréquence Fe = 2,00 kHz.

Saint Joseph - LaSalle CPGE TSI


4.4 Échantillonnage 87

U (V)

t (s)
0

Physique - Chimie - CPGE TSI - Établissement Saint Joseph - LaSalle


Pour réaliser de façon pratique un échantillonnage, on multiplie le signal analogique par ce que l’on appelle
un train d’impulsion de Dirac :

h (t)

t
0 Te 2 Te 3 Te 4 Te

Le spectre du signal se (t) théorique est formé de raies :

Amplitude

Fréquence
f Fe 2 Fe 3 Fe 4 Fe

Dans la pratique, d’autres petites raies apparaissent : elles sont produites par les imperfections de la numé-
risation, on les appelle des artefacts :

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88 É LECTRONIQUE NUMÉRIQUE

Amplitude
ellaSaL - hpesoJ tniaS tnemessilbatÉ - - IST EGPC - eimihC - euqisyhP

Fréquence
f Fe 2 Fe 3 Fe 4 Fe

[Link] Signal polychromatique

— Signal poly hromatique —

Voici un exemple de signal ainsi que son spectre :

sa (t) Amplitude

A 8A
π2
1
Décroissance en
n2
t
T

8A
32 π 2 Fréquence
-A
f 3f 5f 7f
(a) Signal triangulaire (b) Spectre correspondant

F IGURE 4.5 – Signal polychromatique

En effet, la décomposition en série de Fourierr de ce signal triangulaire (pair) s’exprime de la façon sui-
vante :

8A 1 1 8 A X cos[(2n + 1) ω t]
sa (t) = [cos(ω t) + cos(3 ω t) + cos(5 ω t) + . . . ] = ]
π2 32 52 π 2 n=0 [(2n + 1) π]2

spectre de sa (t)

Schématiquement, on peut représenter le spectre d’un signal de la façon suivante :

f
0 fmax

Ainsi, le spectre du signal échantillonné se présentera sous la forme suivante :

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4.4 Échantillonnage 89

Amplitude

Fréquence
−2 Fe −Fe 0 fmax Fe 2 Fe

Physique - Chimie - CPGE TSI - Établissement Saint Joseph - LaSalle


Un simple filtre passe-bas permet alors de retrouver le signal sa (t).

4.4.5 Repliement de spectre

Si la fréquence d’échantillonnage est insuffisante, on observe alors la configuration suivante :

Amplitude

Fréquence
−2 Fe −Fe 0 Fe 2 Fe

On constate ici que les intervalles spectraux ne sont plus disjoints. Dans ce cas, il ne sera plus possible
d’analyser le signal échantillonné et de retrouver le signal sa (t).
On parle alors de repliement de spectre (ou "aliasing") : certaines raies spectrales répliquées autour de la
fréquence Fe empiètent sur l’intervalle de fréquence [0, fmax ] occupé normalement par le spectre du signal
sa (t) d’origine :

Amplitude
fmax

Fe
2 Fréquence
Fe − fmax Fe Fe + fmax

4.4.6 Condition de Shannon

Avec l’exemple précédent, on voit que pour éviter le recouvrement des spectres, il faut que fmax soit
Fe
inférieure à .
2

La condition pour que les intervalles spectraux soient disjoints est appelée condition de Nyquist-
Shannon :

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90 É LECTRONIQUE NUMÉRIQUE

— Exemples —

• Les signaux téléphoniques ont leur spectre limité à environ 3,4 kHz et sont échantillonnées à
8,0 kHz.
• Les signaux musicaux possèdent une fréquence maximale à 20 kHz. Leur fréquence d’échantillon-
nage minimale d’échantillonnage est Fe ≃ 44 kHz.

4.4.7 Retour sur la stroboscopie


ellaSaL - hpesoJ tniaS tnemessilbatÉ - - IST EGPC - eimihC - euqisyhP

Considérons un signal de fréquence f échantillonné à l’aide d’une fréquence d’échantillonnage Fe telle


que :
3
f= Fe
4

La raie repliée possède une fréquence f ′ telle que :


4 1 1
f ′ = Fe − f = f − f = f = Fe
3 3 4

4
Pour le stroboscope, cela revient à utiliser une fréquence du stroboscope fS = fD ou en terme de durée,
3
3 3
cela signifie que TS = TD : le disque a le temps d’effectuer de tour entre 2 flashs successifs.
4 4
Illustrons cette situation à l’aide d’un schéma :

b b b b b
b b b b b b b b b b

b b b b b b b b b b

b b b b b b b b b b

b b b b b b b b b b

b b b b b b b b b b
b b b b b

(a) t = 0 (b) t = TS (c) t = 2 TS (d) t = 3 TS (e) t = 4 TS

4
F IGURE 4.6 – Observation du disque avec le stroboscope pour fS = fD
3
Amplitude
f′ f

Il faut donc 4 flashs pour que le mouvement apparent effectue


un tour, ce qui correspond à une vitesse de rotation du disque,
1
exprimée en nombre de tours par seconde, égale à FS : il s’agit
4
1
de la fréquence de la raie repliée f ′ = Fe :
4
Fréquence

Fe 3 Fe Fe
4 4

4.4.8 Conclusion

On voit que l’échantillonnage, comme toute opération non linéaire que constitue ici la multiplication du
signal d’origine par le peigne de Dirac, enrichit le spectre. En effet, des fréquences nouvelles apparaissent
dans le spectre se . Cette apparition n’est évidement pas souhaitée et il faudra les éliminer.

Saint Joseph - LaSalle CPGE TSI


4.5 Quantification 91

4.5 Quantification

— Quantifi ation —

La quantification va attribuer à chaque échantillon une valeur numérique selon un principe de propor-
tionnalité. Ainsi, tout convertisseur analogique-numérique (CAN) a besoin d’une valeur de référence (en
général la masse) et d’une valeur seuil qui sera choisie en fonction de la précision voulue.

Physique - Chimie - CPGE TSI - Établissement Saint Joseph - LaSalle


Par exemple, si on a un convertisseur 16 bits, qu’on utilise la masse comme référence et 5 V comme valeur
5
du seuil, on aura une précision de ≃ 76 µV , ce qui signifie qu’une variation d’une unité numérique-
65536
ment parlant équivaudra à une variation analogique de 76 µV . Le nombre de valeurs possibles avec 16 bits
vaut donc 65536 = 216 .

Deux facteurs vont jouer sur la qualité du signal :

• La fréquence d’échantillonnage. En effet, plus elle sera élevée plus le signal numérisé sera fidèle au
signal analogique initial. Une fréquence trop élevée demandera cependant un espace mémoire très
important.
• Le nombre de bits sur lequel on code les valeurs qui va nous donner le nombre de valeurs que peut
prendre un échantillon et la précision en fonction de la valeur seuil.

Il faut découper le signal en amplitude et attribuer un


nombre entier aux différentes valeurs de la tension.
Comme l’ordinateur "travaille" en binaire, on divise tension (V) Décimal Binaire
la tension par une puissance de 2. 0 0 00
Dans les exemples suivants, on prendra toujours la
1,25 1 01
même fréquence d’échantillonnage.
La tension varie entre 0 V et 5 V et la valeur numé- 2,5 2 10
rique attribuée est immédiatement supérieure à la va- 3,75 3 11
leur réelle.
Codé sur 2 bits, on obtient les correspondances :

U (V)

5
3.75 3
2.5 2
1.25 1
0 0 t(s)
3 2 0 1 0 2 3 3 1 1 0 2 2 3 1
11 10 00 01 00 10 11 11 01 01 00 10 10 11 01

On appelle pas, la différence de tension entre deux valeurs successives.

Il dépend du nombre n de bits utilisés pour le codage ainsi que de la valeur de la tension maximale Umax :

Umax
p=
2n

Le signal rouge est la restitution en tension du signal numérique. Il n’est pas ici très ressemblant au signal
analogique . . .

Il faut donc effectuer un découpage plus fin.

Sur 3 bits, on obtient :

Saint Joseph - LaSalle CPGE TSI


92 É LECTRONIQUE NUMÉRIQUE

U (V)

5
4.375 7
3.75 6
3.125 5
2.5 4
ellaSaL - hpesoJ tniaS tnemessilbatÉ - - IST EGPC - eimihC - euqisyhP

1.875 3
1.25 2
0.625 1
0 0 t(s)
7 5 1 2 1 4 6 6 1 2 0 4 5 7 2
111 101 001 010 001 100 110 110 001 010 000 100 101 111 010

Sur 4 bits, on a :

U (V)

5
4.6875 15
4.375 14
4.0625 13
3.75 12
3.4375 11
3.125 10
2.8125 9
2.5 8
2.1875 7
1.875 6
1.5625 5
1.25 4
0.9375 3
0.625 2
0.3125 1
0 0 t(s)
15 10 3 4 2 9 12 13 3 5 1 8 10 15 4
1111 1010 0011 0100 0010 1001 1100 1101 0011 0101 0001 1000 1010 1111 0100

Même si le signal rouge s’approche un peu de signal réel, la ressemblance n’est tout de même pas frappante :
il faut augmenter la fréquence d’échantillonnage et diminuer le pas.

U (V)

5
4.6875 15
4.375 14
4.0625 13
3.75 12
3.4375 11
3.125 10
2.8125 9
2.5 8
2.1875 7
1.875 6
1.5625 5
1.25 4
0.9375 3
0.625 2
0.3125 1
0 0 t(s)

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4.6 Filtrage 93

Finalement, le signal pourrait ressembler à :

U (V)

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t(s)

Les ordinateurs actuels codent les informations sur 64 voire 128 bits, c’est à dire une suite de 64 ou 128
zéros ou uns par échantillon et à des fréquences avoisinant le GHz.
Cela laisse imaginer le nombre d’informations à stocker !

4.6 Filtrage

Une fois le signal échantillonné, il faut se débarrasser des composantes inutiles. En effet les spectres créés
autour des différents multiples de la fréquence d’échantillonnage sont gênants. Pour les éliminer, on uti-
Fe
lise en général un filtre passe-bas analogique dont la fréquence de coupure fc est inférieure à , qui va
2
supprimer les harmoniques supérieurs à cette fréquence.

Saint Joseph - LaSalle CPGE TSI

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