Désordres sur les voiries
Mis à jour le 8 avr. 2019
Sommaire
› Introduction
› Le constat
› Le diagnostic
› Les causes
› Bonnes pratiques et conseils de prévention
› Ce qu’il faut retenir
Introduction
Le réseau des routes en France s’étend sur environ 1 000 000 km. Les 2/3 sont des routes
communales de faible trafic (TC1 ou TC2). Les autoroutes ne représentent environ que 1
% de l’ensemble de ce réseau.
Le marché des travaux routiers est donc un marché principalement d’entretien de routes
à faible trafic.
Les dégradations de routes les plus couramment observées se classent en deux grandes
familles. Elles apparaissent au sein de la structure de la chaussée ou trouvent leur origine
dans la couche de surface.
Le constat
Le revêtement routier est sensible à plusieurs agents agressifs.
Il se dégrade par :
la circulation des véhicules ;
les UV qui vieillissent le bitume ;
Les variations thermiques saisonnières ;
impact mécanique du trafic ;
inadaptation des matériaux constitutifs du corps de chaussée de par leur nature
ou leur épaisseur.
Un revêtement altéré laisse entrer l'eau, modifie l'uni longitudinal, impacte la
macrotexture de la couche de roulement.
Les dégradations de routes les plus couramment observées se classent en deux grandes
familles :
les dégradations structurelles : apparaissent au sein de la structure de la chaussée
ou de son support ; elles mettent en danger directement le patrimoine routier ;
les dégradations superficielles : ont leur origine dans la couche de surface de la
chaussée et affectent d'abord ses qualités superficielles (sécurité et confort
notamment).
Le diagnostic
Mécanismes des modes de dégradations
Les dégradations sont les signes visibles du vieillissement de la chaussée. Interpréter ces
signes renseigne sur les causes de cette dégradation. Le « Catalogue des dégradations de
surface des chaussées » facilite la lecture de ces dégradations et aide à leur interprétation.
Il fait partie d’une méthode élaborée par le laboratoire central des ponts et chaussées
(LCPC) pour établir un diagnostic sur l’état d’une chaussée.
La typologie des dégradations est la suivante :
Les déformations :
ornières (déformation permanentes sous le passage des roues) ;
affaissements (en rive ou flashes hors rive) ;
gonfles (boursouflures ponctuelles du revêtement) ;
bourrelets (renflement perpendiculaire à l’axe de la chaussée) ;
décalages de joint (dénivellation des lèvres d’une fissure) ;
flambement (mise en compression d’un joint) ;
tôles ondulées.
Les fissures :
transversales ;
longitudinales ;
les faïençages ;
cassures d’angles.
Les arrachements :
nids de poules ;
écaillages ;
…
Les mouvements de matériaux :
ressuage ;
remonté de fines.
Exemples de dégradations de la chaussée :
Nid de poule Nid de poule en formation
Faïençage Affaissement de la tranchée
Les causes
L’ensemble du trafic participe à l’usure de surface de la chaussée. Le passage répété des
millions de fois par les véhicules et plus particulièrement par les poids lourds polissent
les agrégats de surfaces (diminution de l’adhérence de la chaussée) et arrachent des
micro particules de la chaussée. De plus, par temps de pluie, l’eau peut se glisser dans les
interstices entre agrégats et bitume et agir sous la pression des pneus (l’eau étant
incompressible) comme un coin pour déchausser les agrégats.
Les UV contribuent à changer les caractéristiques du bitume. Le bitume devient plus dur
sous l’effet des UV. Etant plus dur, le bitume devient plus cassant, favorisant l’apparition
de fissures.
Les variations thermiques saisonnières provoquent alternativement dilatation et retrait.
Les variations diurnes et nocturnes ont la même action. Cela impactent la viabilité de la
chaussée et à la longue contribuent aux déformations de chaussées.
Le trafic des poids lourds engendre une sollicitation de la structure par fatigue. L’impact
mécanique du passage des poids lourds est primordial par rapport aux véhicules dit
légers (13 tonnes maximum par essieu pour les poids lourds, une remorque de poids
lourds pouvant comporter 3 essieux et le tracteur autant, contre 2 essieux de 1 tonne
environ chacun pour un véhicule léger).
Lorsque la nature des matériaux constitutifs du corps de chaussée est inadaptée et ou
lorsque ces matériaux sont mis en œuvre dans des épaisseurs insuffisantes, l’ensemble
des agressions que subit une route va causer des dégradations dans des délais beaucoup
plus courts.
Durée de vie d’une chaussée
La méthode de dimensionnement française précise que :
la durée de vie est une notion difficilement définissable et peu opératoire ;
c’est un risque de calcul de X % sur une période de N années, pris pour le
dimensionnement de la chaussée.
Techniques d’entretien
Le gestionnaire des chaussées, lorsqu’il se trouve confronté au problème de la
programmation des travaux de renforcement, fait appel à des indicateurs liés au
comportement structurel.
Plusieurs types d’indicateurs peuvent être utilisés :
les indicateurs techniques (ex : IQRN, Image qualité du réseau routier national) ;
les indicateurs en fonction du temps ;
les indicateurs économiques liés aux coûts des interventions.
Bonnes pratiques et conseils de prévention
Comment réduire les risques ?
Que l’on soit en construction neuve ou en réhabilitation de chaussées, il est impératif de
faire un état des lieux de l’existant.
Cet existant peut être :
le support d’une chaussée neuve. Il est alors évalué selon les critères du
catalogue des structures (SETRA – LCPC) « Détermination de la classe de plateforme »
(page 6 de la notice d’utilisation, et page 11 des annexes) ;
une chaussée ancienne : il est alors évalué selon les critères du Catalogue des
dégradations de surface des chaussées (LCPC).
Définir la technique et les matériaux adaptés
Pour redonner à la chaussée ses qualités d’origine :
soit le support est sain, les dégradations sont superficielles et ne concernent pas
lastructure. Les travaux consisteront alors à redonner un état de surface
satisfaisant pourl’adhérence des véhicules et restaurer l’étanchéité de la surface ;
soit le support ne l’est pas, et il doit être conforté avant le rétablissement de l’état
de surface.
Soigner le support
Pour qu’une structure de chaussée fonctionne correctement, les couches doivent être
collées entre elles. La première doit être posée sur un support sain, nivelé et propre.
Respecter les conditions de mise en œuvre
Le respect des conditions de mise en œuvre des matériaux est primordial pour la
durabilité des ouvrages.
Par exemple :
une bonne condition de températures minimales des enrobés pour assurer un
compactag efficace ;
les conditions météorologiques (pluie, vent).
Faire de l’entretien préventif
Le diagramme ci-dessous montre clairement que, plus le temps passe entre deux
entretiens, plus l’effort financier doit être important pour ramener l’état de service d’une
chaussée à son état initial.
Source : La route, un patrimoine, Dole, 28 novembre 2011
Ce qu’il faut retenir
réaliser un état des lieux de l’existant ;
définir la technique et les matériaux adaptés ;
soigner le support ;
respecter les conditions de mise en œuvre ;
effectuer de l’entretien préventif.