Crises de la fin de la République romaine
Crises de la fin de la République romaine
Objectifs de l’unité
Sept siècles se sont écoulés depuis la fondation légendaire de Rome par Romulus.
Que devons-nous retenir de l’incroyable épopée de la Ville aux sept collines ? Tout
d’abord, une prodigieuse expansion géographique ! De quelques centaines de mètres
carrés, Rome explose en quelques siècles et occupe le monde méditerranéen dans son
ensemble.
Ses premiers ennemis furent ses tout proches voisins dans la péninsule italienne,
vaincus les uns après les autres. Désormais puissance militaire affirmée, Rome va se
heurter à une autre puissance coloniale très présente dans le monde méditerranéen
occidental : Carthage ! Rome vaincra Carthage une première fois et affirmera aussi
sa force maritime. Mais Carthage se relèvera et affrontera Rome lors de deux autres
guerres ! Carthage ne sera plus qu’un souvenir, après sa troisième défaite contre Rome
en 146 av. J.-C.
Dès lors, Rome ne rencontrera plus d’adversaire de taille et étendra son pouvoir sur l’ensemble du bassin
méditerranéen, et au-delà. C’est à ce moment-là, au 1er siècle av. J.-C., que Rome connaîtra des troubles à
l’intérieur même de son territoire, des troubles politiques et civils. C’est ce que nous te proposons d’étudier dans
cette unité.
SÉANCE 1
Je révise 33
SÉANCE 1
J’entre dans l’unité
Cette courte séance numérique te permettra de te remettre en mémoire des notions importantes que tu as apprises
en quatrième. Ainsi pourras-tu commencer cette première unité dans de bonnes conditions !
SÉANCE 2
La montée au pouvoir de Sylla – Réviser les deux premières déclinaisons
Dans cette séance, tu vas découvrir un cruel personnage qui a été à l’origine d’une des premières crises de la
République romaine, des années 82 à 79 av. J.-C. : Sylla. Tu vas également y revoir les première et deuxième
déclinaisons.
Objectifs
JE DÉCOUVRE
A. Qui est Sylla ?
Sylla (Lucius Cornelius Sulla ou Sylla), né en 138 av. J.-C. d’une famille patricienne mais
ruinée, se fit remarquer à Rome en tant que général. Son intervention dans la guerre
contre Jugurtha amena la victoire romaine et ses talents militaires l’illustrèrent dans la
guerre sociale au détriment de son rival plébéien, Marius, qui appartenait au parti des
populares. Ces succès lui permirent d’accéder au consulat en 88 av. J.-C.
—Pseudo « Sylla ».
Copie d’époque romaine.
Glyptothèque de Munich.
Lis le récit de cet épisode en latin, accompagné de sa traduction, sans chercher à en traduire tous les mots. Cepen-
dant, si tu le souhaites, tu peux te reporter au lexique en fin de livret.
Unité 01 – Piste 01
Ad quem interficiendum missus cum gladio On envoya pour le tuer un esclave public armé d’une
servus publicus, ut agnovit Marium, magno eiulatu épée. Dès qu’il reconnut Marius, exprimant par un grand
expromens indignationem casus tanti viri, abiecto gémissement son indignation envers le sort d’un tel
gladio, profugit e carcere. homme et jetant son épée, il s’enfuit de la prison.
Tum cives, miserentes paulo ante principis viri, Alors les citoyens, plaignant celui qui, peu auparavant,
instructum eum viatico vesteque, in navem était le premier citoyen de Rome, le mirent dans un
imposuerunt. At ille assecutus circa Aenariam filium, bateau après l’avoir muni d’un peu d’argent pour le
cursum in Africam direxit, inopemque vitam in tugurio voyage et d’un vêtement. Et celui-ci rejoignit son fils près
ruinarum Carthaginiensium toleravit. Tum Marius d’Aenaria, dirigea sa course vers l’Afrique et y mena une
aspiciens Carthaginem, illa intuens Marium, alter vie misérable dans une cabane des ruines de Carthage2 ;
alteri poterant esse solatio. et ainsi Marius considérant Carthage et Carthage
— D’après Vellius Paterculus, regardant Marius, ils pouvaient se consoler entre eux.
Histoire romaine, 2, XIX.
Vocabulaire : Notes :
Arundinetum, -i, n. : lieu planté de roseaux 1. Le nom latin rostrum, -i, n. signifie à la fois le bec d’un oiseau et la
Carcer, -eris, n. : la prison proue d’un navire qui en avait la forme. Sur le forum romain, en signe
Limus, -i, m. : la vase de grandeur et de puissance, une estrade réservée aux orateurs était
Omen, -inis, n. : le présage, le signe, la prédiction surmontée de colonnes sur lesquelles étaient exposés les rostres des
Princeps, -ipis, m. : le premier, premier citoyen navires vaincus.
Solatium, -ii, n. : le soulagement, la consolation 2. Carthage a été détruite par les Romains à l’issue de la troisième
Tugurium, -ii, n. : la cabane, la hutte guerre punique, en 146 av. J.-C.
Viaticum,- i, n. : les provisions, l’argent de voyage
1. Retrouve l’ordre des différents événements relatés dans le texte de Vellius Paterculus. Pour cela, place dans le
tableau les lettres correspondant aux différents événements racontés dans chaque paragraphe.
Paragraphes 1 2 3 4 5
Événements
2. Retrouve les groupes de mots latins qui donnent des renseignements sur Marius.
JE M’EXERCE
Exercice 1
1. Quelle déclinaison suivent les noms qui sont soulignés dans le texte latin ?
2. À quelle forme as-tu reconnu cette déclinaison ?
3. À quel genre appartiennent la majorité des noms de cette déclinaison ?
4. Selon ce modèle, décline (au singulier et au pluriel) le nom incola, -ae, m. : l’habitant.
5. À quels cas sont les formes suivantes dans le texte ? Pourquoi ?
a. Africam
b. ruinarum
JE RETIENS
La première déclinaison
Les noms de la première déclinaison sont en presque totalité du genre féminin.
Leur génitif est en – ae.
La déclinaison complète se trouve dans l’Annexe 1.
1. Quelle déclinaison suivent les noms qui sont surlignés dans le texte latin ?
2. À quelle forme as-tu reconnu cette déclinaison ?
3. À quels genres appartiennent la majorité des noms de cette déclinaison ?
4. Selon ce modèle, décline (au singulier et au pluriel) les noms oculus, -i, m. : l’œil et bellum, -i, n. : la guerre.
5. Dans la dernière phrase : « Tum Marius aspiciens Carthaginem, illa intuens Marium, alter alteri poterant esse
solatio. », à quels cas le nom Marius se trouve-t‑il successivement ? Pourquoi ?
JE RETIENS
La deuxième déclinaison
Les noms de la deuxième déclinaison sont soit du genre masculin (nominatif en – us ou en – er), soit du genre
neutre (nominatif en – um).
Leur génitif est en – i.
La déclinaison complète se trouve dans l’Annexe 1.
J’APPROFONDIS
Lis le texte suivant, extrait de L’Agonie de la République, de Jean-Noël Robert, avant de répondre aux questions.
Dans ce texte, tu découvriras à quel degré de cruauté s’est livré Sylla pour asseoir son hégémonie politique. Délation,
décapitation sont les maîtres-mots de cet homme qui installera un climat de terreur pour mieux gouverner selon ses
propres désirs.
— Jean-Noël Robert, L’Agonie d’une République : La violence à Rome au temps de César, © Les Belles Lettres, 2019
1. Qui est concerné par les proscriptions de Sylla ?
2. Qu’a fait Sylla pour que l’ensemble du peuple y participe ?
3. Relève trois éléments qui font des proscriptions des actes de très grande cruauté.
4. Qu’a décrété Sylla pour que les individus proscrits soient bannis au-delà de leur mort ?
Sylla se fait rapidement nommer dictateur à vie, ce qui est un défi immense car l’état de dictateur n’est, dans l’anti-
quité romaine, que temporaire. En effet, un dictateur est habituellement nommé pour concentrer dans ses mains
tous les pouvoirs, afin de ne pas perdre de temps en prises de décisions collégiales. Une fois le danger passé, le dic-
tateur renonce à ses pouvoirs et retrouve ses fonctions antérieures. Mais pour la première fois, un homme politique,
Sylla, obtient à vie l’ensemble des pouvoirs. Il va ainsi émettre des lois iniques en faveur de l’aristocratie romaine
et sénatoriale et au détriment du peuple. Sylla serait mort d’une série de vomissements après un accès de colère
contre un magistrat, qui devait au trésor public une très forte somme d’argent. Nous te laissons réfléchir à la desti-
née de cet homme d’une rare cruauté…
Si Sylla et cette époque de l’histoire romaine t’intéressent, nous te conseillons un site Internet très complet
où tu pourras même voir une reconstitution en couleurs du visage de Sylla :
https://www.luciuscorneliussylla.fr/index.htm
JE RETIENS
Sylla
Complète le texte à l’aide des mots suivants : consulat, dictateur, général, Jugurtha, Marius, patricienne, pros-
criptions.
Né en 138 av. J.-C. d’une famille…………. et désargentée, Sylla était à la fois un…………. et un homme politique.
En 88 av. J.-C., il accéda au…………. grâce à de nombreux succès à l’intérieur (guerre civile contre son rival plé-
béien………….) comme à l’extérieur (guerre contre………….).
Il mit en place des…………. qui visaient à faire mettre à mort ses opposants. Il devint…………. à vie en 82 av. J.-C.
et prit des mesures en faveur de l’aristocratie et au détriment du peuple. Il mourut comme simple citoyen en 78
av. J.-C.
Tu peux vérifier que tu connais ton vocabulaire grâce aux QCM numériques que tu trouveras sur ton espace
inscrit.
SÉANCE 3
La révolte de Spartacus – Réviser les temps primitifs et les quatre conjugaisons
Spartacus ! Son souvenir a traversé les siècles pour venir jusqu’à nous ! Peut-être as-tu même vu des films ou des
séries adaptés de sa vie. Spartacus, c’est le chef d’une révolte de gladiateurs qui fit trembler Rome à la fin de la
République, pendant deux ans (73-71 av. J.-C.), et qui mit en échec l’armée romaine. Pour commencer, il faut que tu
comprennes la façon dont les Romains considéraient les esclaves dans l’antiquité. En effet, quelle que soit la popu-
larité dont ils bénéficiaient parfois, quelle que soit la richesse qu’ils pouvaient accumuler, les gladiateurs n’étaient
ni plus ni moins que des esclaves en armes, des hommes privés de leur liberté. Nous te proposons d’étudier cette
guerre particulière, déclenchée par ce qui deviendra une armée d’esclaves. Dans cette séance, tu réviseras, en
outre, la conjugaison (les temps primitifs et les quatre conjugaisons).
Objectifs
JE DÉCOUVRE
Voici un dialogue fictif entre un élève et un professeur au sujet de l’esclavage. Lis-le et essaie de le comprendre à
l’aide du vocabulaire suivant.
Unité 01 – Piste 02
— Magister, quaeso, quid est servus in Roma antiqua ? Potesne hoc mihi explicare ?
— Certe, possum. De servitudine apud auctores antiquos multum discimus.
— Te audio, magister.
— Optime ! Audi bene : Romani, in Roma antiqua, servos pro rebus habebant.
— Quid ? Tibi credere non possum. Servi homines sunt, mea quidem sententia. Numquam enim rem loqui et cogi-
tare vidi.
— Sic sentio, discipule. Sed Romani aliter sentiebant. Audi bene, e Floro1, auctore antiquo, hoc discimus : servi
« quasi secundum hominum genus sunt ».
— « Quasi secundum hominum genus », quid hoc sibi vult ?
— Quomodo hoc tibi explicare possum ? Memento servos in libertatem proclamare potuisse. Ante hanc libertatem,
servi nihil nisi res sunt. Nancta libertate, Romani servos non pro rebus sed pro hominibus habebant. Dura lex, sed
lex.
— Haec non est lex dura sed injusta lex, sic sentimus.
Note :
1. Floro est un nom propre, à traduire par Florus.
Vocabulaire :
Aliter : autrement. In libertatem proclamare : revendiquer sa liberté.
Auctor, oris, m. : l’auteur. Loquor, loqueris, loqui, locutus sum, locutum : parler.
Cogito, -as, -are, -avi, -atum : penser. Nancta libertate (ablatif absolu) : une fois la liberté obtenue.
Disco, -is, -ere, didici : apprendre. Quid hoc sibi vult ? : qu’est-ce que cela veut dire ?
Habere aliquem pro + ablatif : considérer quelqu’un comme. Res, rei, f. : la chose.
Genus, eris, n. : le genre. Servitudo, -inis, f. : l’esclavage.
1. Analyse chacun des verbes suivants, issus du texte que tu viens de lire, en complétant le tableau suivant.
Aide-toi du lexique et de l’annexe 2 si nécessaire.
2. Nous te proposons maintenant une traduction partielle du texte que tu viens de lire. Complète-la en tradui-
sant les mots manquants.
Professeur, s’il te plaît, qu’est-ce qu’un…………… dans l’antiquité romaine ? Peux-tu m’……………… ceci ?
- Bien sûr, je le peux. Nous……………… beaucoup au sujet de l’esclavage auprès des auteurs anciens.
- Je t’………………………, professeur.
- Très bien ! Écoute bien : les Romains, dans la Rome antique, considéraient les esclaves
comme……………………………
- Quoi ? Je ne peux te croire. Les esclaves sont des hommes, à mon avis. En effet, je n’…… jamais……… une
chose parler et penser.
- C’est mon avis aussi (je pense ainsi), mon élève. Mais les Romains…………………. autrement. Écoute bien, nous
apprenons ceci de Florus, un auteur ancien : les…………………… « sont presque un second genre d’hommes ».
- « Presque un second genre d’hommes », qu’est-ce que cela veut dire ?
- Comment puis-je te l’expliquer ? Souviens-toi que les esclaves pouvaient revendiquer leur propre liber-
té. ……………………………………………… , les esclaves ne sont rien que des choses. Une fois cette liberté obte-
nue, les Romains considéraient les esclaves non comme des choses mais comme des êtres humains.
…………………………………………………………………………….
- Ce n’est pas une loi dure mais une loi…………………… , tel est notre avis (nous pensons ainsi).
JE RETIENS
La conjugaison latine
Complète, grâce à tes connaissances antérieures, ce « Je retiens ». Vérifie ensuite dans le corrigé si tu as
fait un sans-faute !
Relie chacune des trois premières formes verbales que l’on trouve dans le dictionnaire à ce à quoi elle correspond.
JE DÉCOUVRE
On ne peut rester de marbre devant Spartacus et sa révolte. Comment celle-ci a-t‑elle été perçue à travers les
siècles ? Nous te proposons d’étudier deux documents afin de mieux comprendre comment le même événement
historique peut être envisagé de façons très différentes selon les époques (antiquité et époque contemporaine).
1. Lis ce passage de Florus, extrait de son Abrégé de l’Histoire romaine qui évoque la révolte de Spartacus.
1 Spartacus, Crixus, Œnomaus, après avoir brisé les portes de l’école de Lentulus, s’enfuirent de Capoue avec
trente hommes au plus de leur espèce. Ils appelèrent les esclaves sous leurs drapeaux et réunirent tout de
suite plus de dix mille hommes. Non contents de s’être évadés, ils aspiraient maintenant à la vengeance. Tels
des bêtes sauvages, ils s’installèrent d’abord sur le Vésuve. Assiégés là par Clodius Glaber, ils se glissèrent
5 le long des gorges caverneuses de la montagne à l’aide de liens de sarments et descendirent jusqu’au
pied ; puis s’élançant par une issue invisible, ils s’emparèrent tout à coup du camp de notre général qui ne
s’attendait pas à une pareille attaque. Ce fut ensuite le tour du camp de Varénus, puis de celui de Thoranius.
Ils parcoururent toute la Campanie, et non contents de piller les fermes et les villages, ils commirent
d’effroyables massacres à Nole et à Nucérie, à Thurium et à Métaponte.
10 Leurs troupes grossissaient chaque jour, et ils formaient déjà une véritable armée. Avec de l’osier et des
peaux de bêtes, ils se fabriquèrent de grossiers boucliers ; et le fer de leurs chaînes, refondu, leur servit à
forger des épées et des traits. Pour qu’il ne leur manquât rien de ce qui convenait à une armée régulière,
ils se saisirent aussi des troupeaux de chevaux qu’ils rencontrèrent, se constituèrent une cavalerie, et ils
offrirent à leur chef les insignes et les faisceaux pris à nos préteurs. Spartacus ne les refusa point, Spartacus,
15 un ancien Thrace tributaire devenu soldat, de soldat déserteur, ensuite brigand, puis, en considération de
sa force, gladiateur. Il célébra les funérailles de ses officiers morts en combattant avec la pompe réservée
aux généraux, et il força des prisonniers à combattre, les armes à la main, autour de leur bûcher. Cet ancien
gladiateur espérait effacer ainsi l’infamie de tout son passé en donnant à son tour des jeux de gladiateurs.
Puis il osa attaquer des armées consulaires ; il écrasa celle de Lentulus dans l’Apennin, et près de Modène il
20 détruisit le camp de Caïus Crassus. Enorgueilli par ces victoires, il songea à marcher sur Rome, et cette seule
pensée suffit à nous couvrir de honte.
Enfin, toutes les forces de l’empire se dressèrent contre un vil gladiateur, et Licinius Crassus vengea
l’honneur romain. Repoussés et mis en fuite, les ennemis, – je rougis de leur donner ce nom – se réfugièrent
à l’extrémité de l’Italie. Enfermés dans les environs de la pointe du Bruttium, ils se disposaient à fuir en Sicile.
25 N’ayant pas de navires, ils construisirent des radeaux avec des poutres et attachèrent ensemble des tonneaux
avec de l’osier ; mais l’extrême violence du courant fit échouer leur tentative. Enfin, ils se jetèrent sur les
Romains et moururent en braves. Comme il convenait aux soldats d’un gladiateur, ils ne demandèrent pas de
quartier. Spartacus lui-même combattit vaillamment et mourut au premier rang, comme un vrai général.
—
Florus, Abrégé de l’Histoire romaine, IIe siècle ap. J.-C.,
traduction de Pierre HAINSSELIN et Henri WATELET, Éditions Garnier,1932.
B. Spartacus au cinéma
L’histoire de Spartacus nous a été transmise par différents auteurs latins, qui ne font
pas toujours la part belle à cet esclave rebelle. C’est au XIXe siècle que l’on redécou-
vrira sa révolte et il deviendra pour beaucoup la figure emblématique du combat pour
la liberté.
En 1960, son histoire sera scénarisée par Stanley Kubrick et le rôle de Spartacus sera
incarné par Kirk Douglas.
Tu viens d’analyser deux documents, l’un mettant en avant les qualités de Spartacus, l’autre dénigrant sa révolte. Voici
quelques informations pour mieux saisir quelle a été la réalité de cet épisode qui s’inscrit dans l’histoire de l’esclavage
dans la Rome antique.
La vie des citoyens dans la Rome antique n’aurait jamais été ce qu’elle a été sans l’esclavage : ce fut une force de
travail gratuite qui contribua activement à l’économie. Au fur et à mesure que Rome occupait des territoires conquis
militairement, elle mettait au fer de nombreux vaincus. La vie d’un esclave dépendait grandement du lieu où il
servait. Les conditions les meilleures pour un esclave se trouvaient dans l’emploi dans les maisons, où, pour difficile
qu’elle était, cette vie domestique n’était pas la pire. Les conditions les plus rudes se trouvaient dans les mines ou
bien dans les grandes exploitations agricoles, les latifundia. On peut s’étonner que les révoltes d’esclaves n’aient pas
été plus nombreuses. Cependant, si la condition d’un esclave était très difficile, il pouvait obtenir sa liberté au bout
de longues années de servitude, pour lui et surtout pour les siens.
Rome a connu trois révoltes importantes d’esclaves qui ont eu lieu durant la République : elles sont connues sous
le nom de première, deuxième et troisième guerre servile. La révolte menée par Spartacus correspond à cette
troisième guerre servile, qui eut lieu entre 73 et 71 av. J.-C. Spartacus était un esclave, d’origine thrace, qui fut
acheté par un laniste, un certain Lentulus Batiatus, qui œuvrait dans une école de gladiateurs. Un gladiateur, certes,
pouvait accumuler une certaine richesse et jouir d’une certaine célébrité. Cependant, il pouvait risquer sa vie. On
connaît peu d’éléments sur la vie de Spartacus. Le fait qu’il soit fort au combat, qu’il sache monter et se battre à
cheval et qu’il puisse avoir assez de qualités pour diriger une petite armée d’esclaves laisse à penser qu’il devait
posséder des origines aristocratiques. Que retenir de Spartacus et de ses exploits militaires ? Quelques chiffres
peut-être : puisque, d’un petit groupe de 70-80 gladiateurs, au début de sa fuite, il parvint à contrôler quelque
120 000 esclaves et à tenir tête à l’armée romaine pendant deux ans avant de mourir les armes à la main.
JE RETIENS
Spartacus
Complète, grâce à ce que tu viens de découvrir dans cette séance, ce « Je retiens ». Voici les noms et chiffres
à placer : 120 000 ; 71 av. J.-C. ; 73 av.J.-C. ; armée romaine ; armes ; école de gladiateurs ; esclave ; gladiateurs ;
guerre servile ; chose.
SÉANCE 4
La conjuration de Catilina – Réviser le présent de l’indicatif
63 avant J.-C. : Catilina, un homme ambitieux, échoue à prendre le pouvoir par les voies légales. Il décide alors de
prendre le pouvoir par la force. Il complote avec ses partisans en vue de tuer Cicéron, alors consul, et d’autres
sénateurs en fonction. Cicéron est informé des desseins de Catilina. Brillant orateur, Cicéron réduira à néant à
la seule force de ses discours cette conjuration visant la République. Ces discours, très célèbres, s’appellent
Les Catilinaires.
Tu en étudieras, dans cette séance, un extrait resté fameux à travers les siècles : le début de la première Catilinaire.
JE DÉCOUVRE
A. Analyser un tableau
Observe le tableau suivant, intitulé Cicéron dénonce Catilina, peint par Cesare Maccari, peintre italien de la fin du
XIXe siècle, avant de répondre aux questions.
1. Le titre de cette œuvre est Cicéron dénonce Catilina. D’après toi, quel personnage représente Cicéron dans ce
tableau ? Quel personnage représente Catilina ?
2. Observe les postures de Cicéron et de Catilina. Que traduisent-elles chez les deux hommes ?
3. Par quel autre procédé le peintre rend-il compte de la position inconfortable de Catilina ?
4. Que peut-on apprendre de l’issue du discours de Cicéron à partir de ce tableau ?
1. Lis le discours latin suivant, célèbre entre tous, écrit et prononcé par Cicéron. Écoute ensuite
l’enregistrement oral proposé.
Unité 01 – Piste 03
Quousque tandem abutere, Catilina, patientia nostra ? Quamdiu etiam furor iste tuus nos eludet ? Quem
ad finem sese effrenata jactabit audacia ? Nihilne te nocturnum praesidium Palati, nihil urbis vigiliae, nihil
timor populi, nihil concursus bonorum omnium, nihil hic munitissimus habendi senatus locus, nihil horum
ora voltusque moverunt ? Patere tua consilia non sentis, constrictam jam horum omnium scientia teneri
conjurationem tuam non uides ? Quid proxima, quid superiore nocte egeris, ubi fueris, quos convocaveris, quid
consilii ceperis, quem nostrum ignorare arbitraris ?
O tempora, o mores ! Senatus haec intellegit, consul videt ; hic tamen vivit. Vivit ? immo vero etiam in senatum
venit, fit publici consilii particeps, notat et designat oculis ad caedem unum quemque nostrum. Nos autem
fortes viri satis facere rei publicae videmur, si istius furorem ac tela vitemus. Ad mortem te, Catilina, duci jussu
consulis jam pridem oportebat, in te conferri pestem, quam tu in nos machinaris.
3. Avant de traduire…
a. Relève, dans le premier paragraphe, les deux verbes à l’indicatif présent, à la fois en français et en latin.
b. Conjugue, maintenant ces verbes à toutes les personnes de l’indicatif présent.
c. Relève, dans le deuxième paragraphe du texte latin, les huit verbes à l’indicatif présent. Analyse leur personne
et leur nombre, et tente de repérer leurs sujets respectifs.
Le discours argumentatif s’ancre dans le présent de l’orateur et de ceux qui l’écoutent, et c’est d’ailleurs le
présent de l’indicatif que l’on trouve abondamment dans ce type d’écrit.
Vocabulaire :
Mos, moris, m. : coutume, mœurs. Fortis, -is, -e : courageux.
Haec : neutre substantivé, ces complots-là. Videmur : (ici) nous nous imaginons, nous pensons.
Intellego, is, ere, -legi, -lectum : comprendre, savoir. Furor, -oris, m. : folie, fureur.
Tamen : cependant. Telum, -i, n. : lance, flèche, poignard.
Immo : bien plus, voire. Jussu consulis : par ordre du consul.
Vero : mais. Jam pridem : depuis longtemps.
Etiam : aussi, encore. Oportebat : il fallait.
Fit particeps : « il participe », il devient participant de. Duci : infinitif présent passif de duco : conduire.
Caedis, -is, f. : meurtre, mort. Pestis, -is, f. : maladie, ruine, destruction.
Quisque, quaeque, quidque : chacun, chaque chose. Conferri : infinitif présent passif de confero : reporter.
Satis : assez. Machinaris : tu prépares, tu ourdis.
Senatus haec intellegit, consul videt ; • • il note et envoie à la mort chacun d’entre nous.
immo vero etiam in senatum venit, • • Quant à nous, hommes courageux, il nous semble faire
assez pour la République,
fit publici consilii particeps, • • Ô temps, ô mœurs !
notat et designat oculis ad caedem • • Il fallait depuis longtemps que toi, Catilina, par ordre du
unum quemque nostrum. consul, tu sois conduit au-devant de la mort
Nos autem fortes viri satis facere rei • • Mais bien plus encore, il vient au sénat,
publicae videmur,
si istius furorem ac tela vitemus. • • et que cette ruine, que tu prépares contre nous, soit repor-
tée sur toi.
Ad mortem te, Catilina, duci jussu • • Le sénat connaît ces actes, le consul les voit ;
consulis jam pridem oportebat,
in te conferri pestem, quam tu in nos • • il participe aux décisions publiques,
machinaris.
Maintenant que tu connais la traduction complète de ce texte, nous te proposons de le lire à voix haute. Cet exercice
de lecture te permettra à la fois de t’entraîner à lire le latin mais aussi à mettre en voix un début de discours célèbre
à travers les siècles.
1. La langue latine possède des accents dits d’intensité, c’est‑à-dire que sur certaines syllabes la voix est plus
forte.
Réécoute l’enregistrement de l’extrait suivant et surligne ces accents.
Unité 01 – Piste 03
Quousque tandem abutere, Catilina, patientia nostra ? Quamdiu etiam furor iste tuus nos eludet ? Quem
ad finem sese effrenata jactabit audacia ? Nihilne te nocturnum praesidium Palati, nihil urbis vigiliae, nihil
timor populi, nihil concursus bonorum omnium, nihil hic munitissimus habendi senatus locus, nihil horum
ora voltusque moverunt ? Patere tua consilia non sentis, constrictam jam horum omnium scientia teneri
conjurationem tuam non uides ? Quid proxima, quid superiore nocte egeris, ubi fueris, quos convocaveris, quid
consilii ceperis, quem nostrum ignorare arbitraris ?
2. Vérifie que tu as bien accentué en regardant le corrigé puis entraîne-toi, maintenant, à lire ce début de dis-
cours en respectant bien ces accents.
Enregistre-toi et écoute l’enregistrement afin de vérifier que ta prononciation respecte l’accentuation latine.
N’hésite pas à faire profiter ton entourage de tes prouesses d’élocution !
JE M’EXERCE
Exercice 1
Dans la liste ci-dessous, entoure les verbes conjugués au présent de l’indicatif (aide-toi, à cette fin, du lexique à la
fin de ton cours si nécessaire).
Exercice 2
J’APPRENDS DU VOCABULAIRE
Voici les mots de vocabulaire à retenir ou à revoir au terme de cette séance.
Noms Verbes
Eludo, -is, -ere, elusi, elusum : se jouer de (+ acc.)
Audacia, -ae, f. : audace.
Jacto, -as, -are, -avi, -atum : jeter.
Conjuratio, -onis, f : conjuration.
Sentio, -is, -ire, sensi, sensum : sentir.
Furor, -oris, f. : fureur, folie.
Teneo, -es, -ere, tenui, tentum : tenir.
Mos, moris, m. : coutume.
Vito, -as, -are, -avi, -atum : éviter.
Patientia, -ae, f. : patience.
Senatus, -us, m. : sénat. Adverbes
Telum, -i, n. : javelot, poignard.
Etiam : aussi, encore.
Tempus, -oris, n. : temps.
Quamdiu : pendant combien de temps.
Timor, -oris, m. : crainte.
Quousque : jusqu’où.
Vigilia, -ae, f. : ronde, sentinelle.
Satis : assez.
Tu peux vérifier que tu connais ton vocabulaire grâce aux QCM numériques que tu trouveras sur ton espace
inscrit.
Tu l’as compris maintenant, des Romains ambitieux tentent tour à tour de s’accaparer le pouvoir à Rome. Sylla avait
réussi le tour de force de se faire nommer dictateur à vie, Catilina avait, lui, suffisamment d’alliés pour tenter ce qui
ressemble à un coup d’État, au sein même de Rome.
Un danger d’un nouveau genre surviendra en ces temps troublés de la République romaine. Trois hommes
puissants vont s’allier en secret, se soutenir mutuellement pour prendre le pouvoir sur Rome, de 60 à 53 av. J.-C.
Ce triumvirat (de tres, trois et vir, homme) verra le jour entre les personnages les plus influents de l’époque :
l’invincible Pompée, le richissime Crassus et un tout jeune homme : Jules César !
Objectifs
JE DÉCOUVRE
A. La méditerranée entre de bonnes mains ?
JE FAIS LE POINT
Pourquoi un triumvirat secret ?
C’est donc un accord secret, tu l’auras compris qui est scellé entre Pompée, Crassus et César, une amicitia dans
laquelle les trois hommes se proposent une aide mutuelle pour rester au pouvoir. Pourquoi un accord secret ?
Tout d’abord, parce que les lois romaines ne permettent pas ce type d’alliance entre des hommes ambitieux,
ensuite et surtout parce que nous sommes en 60 av. J.-C., trois ans seulement après la conjuration de Catilina
qui reste encore fraîche dans la mémoire de tous.
Les trois hommes se soutiendront financièrement, politiquement, militairement. Mais viendra un moment
fatidique où l’alliance des trois hommes cessera d’exister. Deux événements majeurs viendront précipiter la fin
de cette alliance en 53 av. J.-C. : la mort de Crassus au cours d’un combat et la mort de la fille de César, épouse
de Pompée.
La fragilité de cette alliance est expliquée de façon très concise par l’abbé Lhomond au XVIIIe siècle.
Lis l’extrait suivant en latin et tâche de le traduire en t’aidant du vocabulaire ci-dessous et du lexique en fin de
livret ainsi que de l’annexe 4.
Postea oritur inter Pompeium et Caesarem gravis dissensio ; quod hic superiorem, ille vero parem ferre non poterat,
et inde bellum civile exardescit.
— D’après l’Abbé Lhomond, De viris illustribus urbis Romae, LIX, 1775.
Vocabulaire :
Postea : ensuite. Hic… ille… : hic renvoie au dernier personnage dont on vient de parler,
Orior, oriris, oriri, ortus sum : naître (oritur : 3e personne du singulier ille au personnage dont on a parlé en premier.
du présent de l’indicatif). Par, par, par : égal.
Gravis, -is, -e : lourd, grave. Fero, fers, ferre, tuli, latum : porter, supporter.
Dissensio : mésentente, opposition. Possum, potes, posse, potui : pouvoir.
Quod : (ici) du fait que. Inde : de là.
Exardesco, -is, -ere, exarsit, exarsum : s’enflammer, éclate
JE M’EXERCE
Un exemple de vertu
Pour bien comprendre à quel point ces actes personnels de prise de pouvoir s’opposent à l’idéal républicain romain,
nous te proposons de lire un texte en latin relatant l’attitude du très célèbre Cincinnatus face au pouvoir. Par la
même occasion, tu réviseras l’indicatif imparfait actif.
Lis le texte et complète en conjuguant les verbes donnés plus bas à l’imparfait de l’indicatif.
Respublica in periculo……………………………………………
La République était en danger.
J’APPROFONDIS
Rien n’est aussi éphémère qu’une alliance fondée sur des ambitions personnelles. Cette alliance, le premier triu-
mvirat aura tout de même duré sept longues années de -60 à -53 av. J.-C. L’abbé Lhomond nous narre maintenant
la fin de cette aventure.
César rentra en Italie à la tête d’une armée ennemie. Pompée, étant sorti de Rome, et ensuite de l’Italie même, où il
fut suivi des consuls et de tout le Sénat. César l’y poursuivit et le défit en bataille rangée, près de Pharsale. Pompée
vaincu se réfugia près de Ptolémée, roi d’Alexandrie, dont le Sénat l’avait nommé tuteur ; mais ce roi le fit assassi-
ner. Pompée reçut un coup de poignard sur le côté, sous les yeux de sa femme et de ses enfants ; sa tête fut cou-
pée et son corps fut jeté dans le Nil. La tête de Pompée fut ensuite couverte d’un voile et portée à César qui, en la
voyant, versa des larmes et la fit brûler après l’avoir fait embaumer précieusement.
SÉANCE 6
L’exil de Cicéron – Réviser le futur de l’indicatif actif
Tu as déjà rencontré Cicéron (106 – 43 av. J.-C.) dans cette unité. En effet, dans la
séance 4 consacrée à la conjuration de Catilina, tu as étudié un passage resté très
célèbre de lui. Cicéron est en effet considéré comme étant, avec César, l’écrivain qui
parla et écrivit dans la langue latine la plus pure, la plus « classique ». Mais sais-tu
qui était vraiment cet orateur, homme d’état, avocat et philosophe dont la célébrité
née dès l’antiquité est encore vivace de nos jours ?
Il vécut et écrivit au moment même où la République était chancelante et
confrontée à des crises majeures : les proscriptions de Sylla, la conjuration de
Catilina et la montée au pouvoir de César. Ses succès ne plurent pas à tout le
—
Statue de Cicéron, marbre,
mémorial de Cicéron, Rome
monde, ce qui lui valut d’être exilé en 58 av. J.-C.
Objectifs
A. Ciceronis epistula
Lis ce texte abrégé de Cicéron ainsi que sa traduction avant de répondre aux questions qui suivent.
Unité 01 – Piste 04
En avril 58 av. J.-C., Cicéron, exilé, arrive à Brindes, dans le sud de l’Italie. Il y demeurera deux semaines chez un hôte
appelé M. Lenius Flaccus qui n’hésite pas à l’accueillir bien que risquant d’être lourdement sanctionné pour avoir hébergé
un homme banni.
Texte latin Traduction
Tullius S. D. Terentiae et Tulliolae et Ciceroni suis. Tullius donne le salut à ses chers Térentia, Tullia et Cicéron.
Nos Brundisi apud M. Laenium Flaccum dies Nous sommes restés 13 jours à Brindes, chez M. Lénius
XIII fuimus, virum optimum. O me perditum, o Flaccus, un excellent homme. Ah ! perdu, abattu que je
afflictum ! Quid nunc rogem te ut venias, mulierem suis ! Pourquoi te demander maintenant de me rejoindre, toi
aegram et corpore et animo confectam ? ma femme malade, accablée dans ton corps et ton esprit ?
Viximus, floruimus. Sed si hoc fuit liberis nostris Nous avons vécu, nous avons eu une situation florissante.
gratius me vivere, cetera feramus. Mea Terentia, Mais s’il a mieux valu pour nos enfants que je vive,
fidissima atque optima uxor, et mea carissima supportons tous les maux. Ma Térentia, très fidèle et très
filiola et spes reliqua nostra, Cicero, valete. bonne épouse, et toi ma petite fille chérie, et toi, Cicéron, le
seul espoir qui nous reste, portez-vous bien.
— D’après Cicéron, Ad Familiares. XIV, 4
Vocabulaire :
Aeger, -gra, -grum : malade Mulier, -eris, f. : femme
Afflictus, -a, -um : abattu Rogo, -as, -are, -avi, -atum : demander (rogare ut + subj. demander
Confectus, -a, -um : accablé que)
Filiola, -ae, f. (diminutif de filia) : la petite fille Uxor, -oris, f. : femme, épouse
Floreo, -es, -ere, -ui, : fleurir, avoir une situation florissante Vivo, -is, -ere, vixi, victum : vivre
1. Quel est le genre de ce texte : un article d’encyclopédie, un récit historique, un récit autobiographie ou une
lettre ?
2. Quels sont les indices, en latin et en français qui permettent de définir le genre de ce texte ? Complète le
tableau qui suit.
En latin En français
L’en-tête
Les pronoms personnels
Locuteur
Destinataires
La formule finale
3. Qui est qui ? Précise qui sont ces personnes du texte par rapport à Cicéron :
a. Terentia c. Cicéron junior
b. Tullia d. M. Lénius Flaccus
4. Quelles sont les similitudes et les différences entre une lettre latine et une lettre contemporaine écrite en
français ?
B. Le futur de l’indicatif
Le corps de la lettre a été retrouvé. Le voici. Lis-le avec sa traduction. Demande-toi quel(s) sentiment(s) exprime
Cicéron, avant de répondre aux questions qui suivent.
Unité 01 – Piste 05
Ne sollicitus sis. Etiamsi deeris nobis, tempus tamen Ne sois pas inquiet. Même si tu nous manqueras,
nostrum ita………… : in silva…………, in Forum…………, in nous occuperons notre temps ainsi : nous nous
thermis…………, in amphitheatris spectacula………… et promènerons dans la forêt, nous irons sur le Forum,
pulchras picturas apud amicos nostros………… . Quae nous nagerons dans les thermes, nous verrons des
quoque………… nobis necessa………… . spectacles dans l’amphithéâtre et nous contemplerons
de belles peintures chez nos amis. Nous achèterons
également ce dont nous aurons besoin.*
Terentia Tulliaque novos libros tuos………… . Cicero Terentia et Tullia liront tes derniers livres. Cicéron
autem Junior pila………… . Junior, quant à lui, jouera à la balle.
Deinde celeriter………… ! De te tota familia saepe………… Et puis, tu reviendras vite ! Toute la famille pensera
. souvent à toi.
J’APPRENDS DU VOCABULAIRE
Voici les mots de vocabulaire à retenir ou à revoir au terme de cette séance.
Noms Verbes
Pater, -tris, m. : le père Ago, -is, -ere, egi, actum : agir, faire (tempus agere : passer son
Silva, -ae, f. : la forêt temps)
Salus, -utis, f. : le salut, la santé Cogito, -as, -are, -avi, -atum : penser
Desum, dees, deesse, defui – manquer à (+ datif)
Mots invariables Emo, -is, -ere, emi, emptum : acheter
Lego, -is, -ere, legi, lectum : lire
Autem : cependant, aussi Ludo, -is, -ere, lusi, lusum : jouer
Deinde : enfin Redeo, -is, -ire, redi(v)i, reditum : revenir
Quoque : aussi, également Scio, -is, -ire, sci(v)i, scitum : savoir
Sed : mais Video, -es, -ere, vidi, visum : voir
Semper : toujours Adjectifs possessifs
Vero : mais (se place en deuxième position)
Nunc : maintenant Meus, -a, um : mon, ma mes
Apud + accusatif : chez Suus, -a, um : son, sa, ses, leur(s)
Noster, -tra, -trum : notre, nos
Tu peux vérifier que tu connais ton vocabulaire grâce aux QCM numériques que tu trouveras sur ton espace
inscrit.
Tu as déjà rencontré César (101 – 44 av. J.-C.) dans cette unité, au moment où, après avoir été
successivement questeur, édile puis préteur en 63 av. J.-C., il forma avec Crassus et Pompée
le premier triumvirat en 60, Mais son ambition était telle que partager le pouvoir ne lui
convenait guère. Aussi mit-il en place une série d’actions pour se faire remarquer et aimer du
peuple. Entre autres, il organisa des jeux et, surtout, il se lança dans une vaste campagne de
conquêtes. C’est dans ce cadre qu’il entreprit de mener la « guerre des Gaules ».
Comme Cicéron, César était également un grand écrivain. Son style est considéré, avec celui
de Cicéron, comme étant le plus pur, le plus classique. Il écrivit de nombreux ouvrages, dont
certains en grec. Deux seulement nous sont restés : La Guerre des Gaules et La Guerre Civile.
La Guerre des Gaules – dont le titre complet est « Commentarii de Bello Gallico » – est écrit à la
troisième personne. En effet, chaque soir, César, de retour sous sa tente, dictait à son secrétaire
les événements de la journée, procédant comme s’il était extérieur aux scènes qu’il relatait, ce
—
Buste de César,
bronze, Ier s. av. J.-C.
qui lui permit, bien évidemment, de ne mettre en valeur que ce qui lui était favorable…
Objectifs
JE DÉCOUVRE
• Étape 1 : Lis plusieurs fois le texte latin en essayant d’en comprendre le sens, grâce à tes connaissances
grammaticales, aux notes et au vocabulaire.
Unité 01 – Piste 06
César et son armée s’apprêtent, fin 57 av. J.-C., à livrer bataille contre les Atrébates, peuple celte de la Gaule Belgique.
Caesar omnia uno tempore agere debebat : vexillum1 proponere, signum tubis dare, ab opere milites omnes
revocare, aciem instruere, milites cohortari2 et signum dare.
Tam multarum rerum magnam partem temporis brevitas et incursus hostium impediebant.
— D’après César, De bello Gallico, II, 20
Vocabulaire
Omnis, -is, -e : tout (Omnia, orum, n. pl. : Tuba, -ae, f. : la trompette Res-, -ei, f. : la chose
toutes choses, tout ; Do, -as, -are : donner Magnus, -a, -um : grand
Omnes, -ium, m. pl. : tous) Opus, -eris, n. : le travail Pars, partis, f. : la partie
Tempus, -oris, n. : le temps Miles, -itis, m. : le soldat Brevitas, -atis, f. : la brièveté
Uno tempore : en même temps Revoco, -as, -are : rappeler Incursus, -us, m. : le choc, l’attaque
Ago, -is, -ere : faire, agir Acies, -ei, f. : l’armée en ligne de bataille Hostis, -is, m. : l’ennemi
Debeo, -es, -ere : devoir Instruo, -is, -ere : ranger Impedio, -is, -ire : empêcher, rendre impos-
Vexillum, -i, n. : l’étendard Cohortor, -aris, -ari : haranguer sible
Propono, -is, -ere : hisser, arborer Hic, haec, hoc : ce, cet, cette
Signum, -i, n. : le signe, le signal (Tam) multi, -ae, -a : (si) nombreux (-ses)
Tam multarum rerum magnam partem temporis De tant de choses à faire, la brièveté du temps et l’attaque
brevitas et hostium incursus impediebant. des ennemis en rendaient une grande partie impossible.
— D’après César, De Bello Gallico, II, 20 — D’après César, La Guerre des Gaules, II, 20
Notes
1.L’étendard servait, une fois planté, à donner le signal du combat.
2.Haranguer : s’adresser avec solennité à un groupe de personnes, sou-
vent dans le but de les motiver à faire quelque chose.
Tu peux maintenant t’auto-évaluer. Complète le tableau en indiquant si tu as réussi à traduire les groupes de
mots indiqués.
Oui Non
Première phrase
Caesar omnia agere debebat
uno tempore
vexillum proponere
signum tubis dare
ab opere milites omnes revocare
aciem instruere
milites cohortari
signum dare
Seconde phrase
brevitas et hostium incursus impediebant.
tam multarum rerum magnam partem
JE FAIS LE POINT
Si tu n’as pas réussi à traduire un ou plusieurs groupe(s) de mots, surtout, rassure-toi. Tu trouveras la suite de
ton cours d’autres exercices visant à t’entraîner.
Pour l’instant, note dans une partie facilement accessible de ton cahier quelles actions tu aurais pu faire qui
t’auraient amené(e) à traduire davantage de groupes de mots. Il peut s’agir d’une analyse plus fine des cas
pour les noms, adjectifs et pronoms et des mode, temps et personne pour les verbes. Ce peut être aussi une
meilleure découpe des différents groupes de mots à traduire ou une recherche plus approfondie du sens des
mots (qui figurent tous dans le vocabulaire).
Tu pourras ainsi te servir de ce « memorandum » en complément de l’annexe 4 quand tu auras d’autres textes
à traduire !
1. Combien de verbes conjugués chacune des 2 phrases du texte d’après César contient-elle ?
2. S’agit-il donc de phrases simples ou de phrases complexes ?
JE RETIENS
Phrase simple – phrase complexe
En français comme en latin, une phrase peut être simple ou complexe.
1. Une phrase simple, quelle que soit sa longueur, ne contient qu’un seul verbe conjugué, souvent placé à la
fin.
Ex. : Legionis VIII et X milites, in sinistra parte aciei constiti, pilis emissis cursu ac lassitudine exanimatos
vulneribusque confectos Atrebates compulerunt. (D’après César, De Bello Gallico, II, 23)
2. Une phrase complexe contient plus d’un verbe conjugué et donc plus d’une proposition. Ces propositions
peuvent être :
a. coordonnées : reliées par une conjonction de coordination (nam : car ; et / ac/ atque / -que : et ; sed :
mais ; aut : ou ; neque / nec : et ne… pas)
Ex. : Milites Atrebates compulerunt magnamque partem eorum interfecerunt. Les soldats repoussèrent les
Atrébates et en tuèrent une grande partie.
b. subordonnées : reliées par un subordonnant (conjonction de subordination comme, par exemple, ut +
indicatif : quand ; ut + subjonctif : pour que, si bien que ; cum + subjonctif : comme ou pronom relatif :
qui, quae, quod)
Ex. :
- Milites Atrebates compulerunt ut magnam eorum partem interfecerunt. Les soldats repoussèrent les
Atrébates si bien qu’ils en tuèrent une grande partie.
- Milites Atrebates compulerunt quorum magnam partem interfecerunt. Les soldats repoussèrent les
Atrébates dont ils tuèrent une grande partie.
c. juxtaposées : reliées par une ponctuation (virgule ou point-virgule)
Ex. : Milites Atrebates compulerunt ; magnam partem eorum interfecerunt. Les soldats repoussèrent les
Atrébates ; ils en tuèrent une grande partie
Au début du IIe siècle ap. J.-C., soit presque un siècle et demi après César, Suétone, haut fonctionnaire romain, écri-
vit un ensemble de biographies du célèbre imperator et des 11 empereurs – dont une des titulatures était Caesar –
qui suivirent, d’Auguste à Domitien. Dans cette œuvre, La Vie des XII Césars, Suétone aime à raconter des anecdotes
et à colporter des rumeurs. En voici une :
Lis le texte latin plusieurs fois et essaie d’en comprendre le sens. Pars du sens général pour l’affiner au fur et à
mesure de tes lectures. Sers-toi du vocabulaire et des notes. Puis, vérifie avec la traduction proposée avant de
répondre aux questions.
Unité 01 – Piste 07
1. Suétone relate cette rumeur au début du IIe s. ap. J.-C. alors que César mourut en 44 av. J.-C. Que penses-tu de
sa fiabilité ?
2. a. De combien de phrases ce texte est-il composé ?
b. Cette (ces) phrase(s) est (sont) elle(s) simple(s) ou complexe(s) ?
c. Comment les propositions y sont-elles reliées : par coordination, subordination ou juxtaposition ?
JE RETIENS
Jules César
Caius Julius Caesar est un personnage complexe, extrêmement populaire en son temps et encore très célèbre
de nos jours. Il est peut-être même le Romain le plus connu. Aussi serait-il impossible de résumer sa vie et son
action politique en quelques mots.
Retiens cependant que César n’a jamais été empereur. Il fut en revanche imperator, c’est‑à-dire « général en
chef ». Plus tard, à l’époque impériale, ce terme signifia « Empereur ». De là vient la confusion.
Né en 100 av. J.-C., il fit rapidement, dès la mort de Sylla (dont il épousa la fille !), en 78 av. J.-C., preuve d’une
grande ambition et s’appuya sur le peuple pour commencer son cursus honorum. Élu questeur en 68, puis édile
et préteur, il obtint le consulat en 59, après avoir conclu un pacte secret avec Pompée et Crassus : le premier
triumvirat.
Pendant dix ans, il assit son autorité auprès du peuple en conquérant la Gaule dont il s’était fait nommer
proconsul. Vercingétorix ayant rendu ses armes à la bataille d’Alésia en 52 av. J.-C., il rentra à Rome. C’est le
célèbre épisode où il franchit le Rubicon (49 av. J.-C.).
Commença alors une guerre civile entre ses partisans et ceux de Pompée qui se réfugia en Égypte où il fut
assassiné (48 av. J.-C.). César se lia à ce moment-là avec la reine Cléopâtre qu’il aida à monter sur le trône
d’Égypte et avec qui il eut un fils, Césarion.
Rentré triomphal à Rome, il se fit nommer dictateur pour dix ans, ce qui était inconcevable sous la République.
Craignant qu’il ne veuille devenir roi, certains citoyens fomentèrent un complot contre lui qui aboutit à son
assassinat en 44 av. J.-C.
S’ensuivit une seconde guerre civile. En 27 av. J.-C., Octave, neveu de César, prit le nom d’Auguste (« favorisé
des dieux »). L’Empire romain était né… Tu en sauras plus dans les prochaines unités !
SÉANCE 8
Je révise
Te voilà presque arrivé(e) au terme de cette unité ! Rends-toi sur ton espace inscrit pour effectuer en ligne un test
composé d’exercices interactifs, intitulé « Je révise ».
Tu y reverras tout ce que tu as appris dans les séances précédentes pour pouvoir réussir ton devoir de fin d’unité !