Oscillateurs Électroniques
Oscillateurs Électroniques
VII
Physique Oscillateurs électroniques
Électronique - [Link]
Oscillateurs électroniques
L’instabilité d’un système bouclé n’est pas toujours à éviter. On peut même avoir à y recourir, par
exemple dans les dispositifs du type oscillateurs où l’on cherche, en l’absence de signal d’entrée, à générer
un signal de sortie périodique.
Les oscillateurs constituent des systèmes particulièrement importants car ils permettent une mesure de
la durée de certains phénomènes. On trouve ainsi des oscillateurs dans les GBF afin de générer des signaux
sinusoïdaux, rectangulaires ou triangulaires mais aussi dans les montres (oscillateurs à quartz).
On notera que ce processus de génération de signaux par mise en oscillation d’un système bouclé est
utilisé dans d’autres domaines de la physique, et notamment dans la production d’ondes électromagnétiques
(MASER et LASER).
−
ε
+
Ve A b
R2 Vs
R1
Figure 1 – L’amplificateur opérationnel ne peut pas fonctionner de façon stable en régime linéaire.
On en déduit
R1
ε = VA − Ve = Vs − Ve
R1 + R2
L’équation différentielle satisfaite par Vs est donc de la forme
! !
1 dVs R1 1 dVs µ0 R1
+ Vs = µ 0 Vs − Ve soit + 1− Vs = −µ0 Ve
ω0 dt R1 + R2 ω0 dt R1 + R2
| {z }
ε
Propriété
Un système du premier ordre est instable si et seulement si
⋆ l’équation différentielle homogène possède des coefficients de signes différents
dVs
Vs − τ =0
dt
⋆ ou, de façon équivalente, le dénominateur de la fonction de transfert est en 1 − τ p.
Remarque
Dans le cas du comparateur à hystérésis, on peut estimer la durée du régime transitoire qui mène
à la saturation. En prenant par exemple R1 = R2 = 1 kΩ , µ0 = 105 et ω0 = 2πf ≈ 60 rad.s−1 ,
on trouve τ ∼ 1 µs. Bien entendu, ce temps n’est caractéristique du régime libre que s’il est
suffisamment grand pour que le slew rate n’intervienne pas.
Remarque
On peut interpréter le comportement du comparateur à hystérésis en terme de schéma-bloc. Sur
R1
la figure 2, µ est la fonction de transfert de l’amplificateur opérationnel et B = est la
R1 + R2
fonction de transfert de la chaîne de retour (rétroaction). Le fait que la rétroaction soit positive
conduit à une instabilité. On retiendra donc la propriété suivante :
lorsqu’il n’existe qu’une seule rétroaction se faisant sur l’entrée non-inverseuse (rétroaction
positive), le système est instable et l’amplificateur opérationnel fonctionne en régime saturé.
Ve ε
- µ Vs
+
VA
B
E(p) = 0 ε(p)
+ AO saturé S(p)
-
R(p)
intégrateur
Généralement, l’amplificateur opérationnel saturé est monté en comparateur à hystérésis (voir figure 1).
Propriété
Un oscillateur à relaxation est obtenu en bouclant deux systèmes du premier ordre
dont l’un est instable.
R2
C
R1
+
R −
Ve −
Vs +
R1
La tension Ve décroît linéairement avec t jusqu’à t = t1 tel que Ve (t1 ) = − Vsat . L’AO passe alors
R2
en saturation négative.
La date t1 vérifie
R1 Vsat R1 R1
Vsat − t1 = − Vsat soit t1 = 2 RC
R2 RC R2 R2
Remarque
On vérifie que le deuxième A.O. reste en fonctionnement linéaire jusqu’à t = t1 , ce qui impose
R1 R1
Ve (t1 ) ≥ −Vsat soit − Vsat ≥ −Vsat ⇒ ≤1
R2 R2
Les signaux sont représentés sur la figure 5. La période des oscillations vaut
R1
T = 2t1 = 2RC
R2
À la sortie du premier AO, la tension est un signal créneau symétrique tandis qu’à la sortie de l’intégrateur
on obtient un signal en triangle.
L’amplitude du signal triangle et la période s’ajustent à l’aide de résistances R2 et R variables.
Remarque
Il est possible de faire l’économie d’un amplificateur opérationnel en utilisant comme intégra-
teur un circuit passe-bas du premier ordre constitué par un circuit RC de constante de temps
τ = RC. Il faut prendre en compte deux paramètres :
⋆ un filtre RC passif n’introduit pas un déphasage de π. Aussi, la rétroaction doit se faire sur
la borne non-inverseuse de l’amplificateur opérationnel.
⋆ l’intégration du signal ne se produit que pour des fréquences supérieures à la fréquence de
coupure fc = 1/(2πτ ), c’est à dire pour
2R2
T ≪ 2πRC ∼ RC soit ≪1
R1
Le montage est représenté sur la figure 6 et les signaux sur la figure 7.
Figure 5 –
Figure 7 – Réponse du multivibrateur astable simplifié. Les arches d’exponentielles sont assimilables à
des droites si la période du signal est petite devant la constante de temps τ = RC.
Remarque
Les oscillateurs à relaxation comme le multivibrateur astable sont utilisés dans les générateurs
de signaux ou dans les systèmes de comptage.
s(t) = S0 cos(ω0 + ϕ)
Amplificateur
Quadripôle
(système d’ordre 2)
La condition d’oscillation sinusoïdale ne peut pas être réalisée avec une précision infinie. Aussi on parle
d’oscillateur quasi-sinusoïdal.
Si les racines sont réelles Le système est instable si les racines sont de signes opposés ou toutes les
deux positives. Comme le produit et la somme des racines r1 et r2 sont donnés par
c b
et r1 + r2 = −
r1 r2 =
a a
On en déduit que le système est instable pour c/a < 0 ou −b/a > 0 : c ou b sont donc de signe
opposé à a.
Si les racines sont complexes Les coefficients a, b et c étant réels, les racines sont nécessairement
complexes conjuguées : les parties réelles de r1 et r2 sont égales. On en déduit que le système est
instable si r1 + r2 = 2Re [r1 ] = −b/a > 0 : c’est-à-dire si b et a sont de signes opposés.
On vient de montrer que le système était instable dès que les coefficients a, b et c étaient de signes
différents.
Propriété
Un système d’ordre 2 est instable si et seulement si
⋆ l’équation différentielle homogène possède des coefficients de signes différents
⋆ ou, de façon équivalente, le polynôme au dénominateur de la fonction de transfert
possède des coefficients de signes différents.
Exemple
:::::::::
Soit un système de fonction de transfert
1
H(p) =
2σ p2
1− p+ 2
ω0 ω0
d2 s ds
+ 2σ ω 0 + ω02 s = 0
dt 2 dt
où ω0 > 0 et étudions la forme de la réponse libre en fonction du signe de σ.
Le discriminant réduit de l’équation caractéristique vaut
∆′ = (σ 2 − 1)ω02
s
s
σ = −0, 07
σ=2
σ=0
S0
σ=1
t t
0 0
σ = 0.17
σ = −1
Figure 9 – Réponse indicielle d’un filtre passe-bas du second ordre pour différentes valeurs du coefficient
d’amortissement σ = 1, σ = 2 et σ = 0, 17.
Propriété
Des oscillations ne peuvent naître spontanément que dans un système instable.
Les oscillations démarrent alors sur des signaux faibles (bruit) qui sont exponentiel-
lement amplifiés.
Remarque
Pour un système du deuxième ordre, les oscillations spontanées apparaissent si :
⋆ le coefficient d’amortissement est négatif : σ < 0 (conditions d’instabilité) ;
⋆ le régime libre est pseudo-périodique : ∆ < 0 soit |σ < |1 (conditions d’oscillations).
Remarque
En électronique, ce sont les composants actifs (transistor, amplificateur opérationnel) qui ap-
portent l’énergie nécessaire à l’amplification des signaux.
S(p) = A(p)ε(p) = A(p)B(p) E(p) −S(p) = −A(p)B(p) S(p) soit [1 + A(p)B(p)] S(p) = 0
| {z }
=0
E(p) ε(p)
+ A(p) S(p)
-
R(p)
B(p)
Remarque
Dans le cas d’oscillations purement sinusoïdales à la pulsation ω, les zéros de 1 + T (p) sont de
la forme p = jω : leur partie réelle est nulle !
Considérons le montage de la figure 11. On distingue les deux éléments importants d’un oscillateur
quasi-sinusoïdal :
e Z R//C
H= = pont diviseur de tension car i+ = 0
s Z R//C + R + Zc
1 1
= ! ! avec YR//C = + jCω
1 1 R
1+ R+ + jCω
jCω R
1
=
1
3 + jRCω +
jRCω
1
A= gain maximal
3
e A
1
H= = ! avec Q= facteur de qualité
s ω ω0
3
1 + jQ −
1
ω0 ω
ω0 = pulsation propre
RC
Le pont de Wien est donc un filtre passe-bande d’ordre 2, relativement peu sélectif (Q = 1/3).
R2
G=1+
R1
E(p) S(p)
Passe-bande
H(p)
b) ::::::
Mise :::
en:::::::::::
équation
Utilisons la fonction de transfert H(p) du pont de Wien pour déterminer l’équation différentielle re-
liant e(t) et s(t) :
S(p)
E(p) = H(p)S(p) =
1
3 + RCp +
RCp
0 E(p)
+ G(p) S(p)
-
−E(p)
−H(p)
Figure 13 – Schéma fonctionnel de l’oscillateur à pont de Wien. Le signe "−" dans la boucle de retour
provient du fait que la rétroaction est positive dans le cas de l’oscillateur à pont de Wien.
En multipliant numérateur et dénominateur par RCp dans le second membre, on a
RCp S(p)
E(p) = soit 3 RCp + (RCp)2 + 1 E(p) = RCp S(p)
3 RCp + (RCp)2 + 1
En utilisant la correspondance
d
p↔
dt
on trouve, en notations réelles
d2 e
2
de ds
(RC) + 3RC + e(t) = RC
dt2 dt dt
Par ailleurs lorsque l’A.O. fonctionne en régime linéaire : s(t) = Ge(t), tandis que lorsqu’il fonctionne
en régime saturé : s(t) = ±Vsat .On en déduit l’équation différentielle vérifiée par e(t) :
d2 e de
(RC)2 + (3 − G) RC + e(t) = 0 (A.O. en régime linéaire)
dt 2 dt
d2 e de
(RC)2
+ 3 RC + e(t) = 0 (en régime saturé)
dt 2 dt
Quand l’amplificateur opérationnel fonctionne en régime linéaire, on obtient bien l’équation d’un os-
cillateur quasi-sinusoïdal : on parle d’oscillateur à pont de Wien. Il faut donc choisir un gain égal à G = 3
pour obtenir des oscillations sinusoïdales.
d2 e de
(RC)2 + (3 − G) RC + e(t) = 0
dt 2 dt
Tout signal initial, même infime, est alors exponentiellement amplifié si le coefficient d’amortissement
est négatif, c’est-à-dire si G > 3.
Remarque
Le système est le siège d’oscillations si ∆ = [(3 − G)2 − 4] (RC)2 = (G − 1)(G − 5)(RC)2 < 0,
c’est-à-dire si 1 < G < 5. Pour G > 5 ou G < 1, la réponse est apériodique, ce que l’on
cherche à éviter dans le cas d’un oscillateur quasi-sinusoïdal. L’oscillateur ne présente donc
des oscillations quasi-sinusoïdales spontanées que si 3 < G < 5.
Remarque
D’après le théorème de Cauchy-Lipschitz, e(t) est déterminée de manière unique par ses condi-
de
tions initiales e(t = 0) et (t = 0). Si e et sa dérivée sont nulles à t = 0, la solu-
dt
tion e(t) = 0 ∀t est la seule solution de cette équation. En réalité, l’amplitude initiale des
signaux n’est pas nulle en raison du bruit électronique : les conditions initiales ne peuvent pas
être strictement nulles. Tout signal initial, même infiniment petit, est alors exponentiellement
amplifié ou atténué.
d) ::::::::::::::
Oscillations :::::::::::::::::::::
quasi-sinusoïdales
Dans le cas de l’oscillateur à pont de Wien étudié :
R2
G = 1 +
R1
s = Ge = G H s avec 1
H(jω) = !
1
3+j RCω −
RCω
On obtient donc deux conditions : l’une, G = 3, donne une condition sur l’amplification pour que
1
les oscillations sinusoïdales existent, l’autre, ω = , donne la pulsation des oscillations sinusoïdales en
RC
régime sinusoïdal permanent.
Remarque
La condition d’oscillation sinusoïdale G = 3 peut être obtenue qualitativement . Le filtre sélec-
tionne une composante sinusoïdale de pulsation ω0 = 1/RC. Le gain du filtre valant A = 1/3,
cette composante est atténué d’un facteur 3. Afin de compenser cette atténuation, il faut imposer
un gain au moins égal à 3. Toutefois, si le gain dépasse la valeur 3, le signal est filtré/amplifié
à l’infini et finit par diverger.
Remarque
L’amplitude des oscillations n’est pas fixée a priori. C’est la saturation des composants (ici
l’amplificateur opérationnel) qui fixe cette amplitude.
Remarque
Ces conditions sont difficilement réalisables dans la pratique. Souvent, on impose une ampli-
fication supérieure à la valeur critique : les oscillations croissent exponentiellement jusqu’à ce
que l’un des composants du circuit arrive à saturation. Plus l’amplification est importante, plus
les non-linéarités dues à la saturation seront importantes. La figure 15 montre l’évolution d’un
signal d’un oscillateur pour différentes valeurs du gain.
Figure 15 – Oscillations quasi-sinusoïdales : naissance et entretien. Lorsque l’amplification est trop grande,
on observe des phénomènes non-linéaires (saturation) qui enrichissent de spectre du signal : les oscillations
ne sont plus sinusoïdales (figure du bas).
Propriété
Dans la pratique, l’amplitude des oscillations en régime permanent est limitée par
la saturation des composants électroniques.
Les oscillations ne sont alors pas strictement sinusoïdales (apparition d’harmo-
niques) : on parle d’oscillations quasi-sinusoïdales.
Remarque
Dans le cas de l’oscillateur à pont de Wien, le signal à la sortie de l’amplificateur opérationnel
possède de nombreuses fréquences du fait de la saturation. Ce signal est ensuite filtré par le pont
de Wien, qui supprime les fréquences hors de sa bande passante. Pour observer des oscillations
les plus sinusoïdales possibles, on visualisera les signaux à la sortie du filtre de Wien.
Remarque
Afin d’obtenir les oscillations les plus sinusoïdales possibles, on peut envisager un asservisse-
ment du gain de l’amplificateur.