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Oscillateurs Électroniques

Ce document décrit le fonctionnement des oscillateurs électroniques à relaxation. Il explique comment un amplificateur opérationnel fonctionnant en commutation peut générer un signal oscillant en bouclant sa sortie à travers un intégrateur pur vers son entrée. Le signal de sortie commute périodiquement entre deux niveaux de saturation grâce à la rétroaction positive instable.

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Oscillateurs Électroniques

Ce document décrit le fonctionnement des oscillateurs électroniques à relaxation. Il explique comment un amplificateur opérationnel fonctionnant en commutation peut générer un signal oscillant en bouclant sa sortie à travers un intégrateur pur vers son entrée. Le signal de sortie commute périodiquement entre deux niveaux de saturation grâce à la rétroaction positive instable.

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PSI - Lycée Bellevue Électronique - chap.

VII
Physique Oscillateurs électroniques

Électronique - [Link]
Oscillateurs électroniques

L’instabilité d’un système bouclé n’est pas toujours à éviter. On peut même avoir à y recourir, par
exemple dans les dispositifs du type oscillateurs où l’on cherche, en l’absence de signal d’entrée, à générer
un signal de sortie périodique.
Les oscillateurs constituent des systèmes particulièrement importants car ils permettent une mesure de
la durée de certains phénomènes. On trouve ainsi des oscillateurs dans les GBF afin de générer des signaux
sinusoïdaux, rectangulaires ou triangulaires mais aussi dans les montres (oscillateurs à quartz).
On notera que ce processus de génération de signaux par mise en oscillation d’un système bouclé est
utilisé dans d’autres domaines de la physique, et notamment dans la production d’ondes électromagnétiques
(MASER et LASER).

I Systèmes instables d’ordre 1 : oscillateurs à relaxation


I.1. Instabilité d’un système du premier ordre
Considérons le comparateur à hystérésis de la figure 1. Ce montage est similaire au montage amplifi-
cateur non-inverseur mais les entrées inverseuse et non-inverseuse ont été échangées.
En négligeant les courants de polarisation, la formule du pont diviseur de tension conduit à
R1
VA = Vs
R1 + R2


ε
+

Ve A b
R2 Vs

R1

Figure 1 – L’amplificateur opérationnel ne peut pas fonctionner de façon stable en régime linéaire.
On en déduit
R1
ε = VA − Ve = Vs − Ve
R1 + R2
L’équation différentielle satisfaite par Vs est donc de la forme
! !
1 dVs R1 1 dVs µ0 R1
+ Vs = µ 0 Vs − Ve soit + 1− Vs = −µ0 Ve
ω0 dt R1 + R2 ω0 dt R1 + R2
| {z }
ε

Tristan Brunier Page 1/17 Année 2011-2012


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Physique Oscillateurs électroniques

En l’absence de signal d’entrée, Ve = 0, cette équation devient


!
1 dVs µ0 R1
+ 1− Vs = 0
ω0 dt R1 + R2
soit !
dVs 1 1 µ0 R1
− Vs = 0 avec = − 1 ω0 > 0
dt τ τ R1 + R2
Les solutions sont donc exponentiellement croissantes
Vs (t) = Vs (0) e+t/τ → ±∞
Comme Vs (0) n’est pas rigoureusement nulle (présence de bruit), l’amplificateur opérationnel atteint ra-
pidement un régime saturé, même en l’absence de signal d’entrée.
En notations opérationnelles de Laplace, on peut introduire une fonction de transfert pour le compa-
rateur à hystérésis telle que

V s (p) H0 H0 = −µ0
H(p) = = avec R1 R1
V e (p) 1 − τ p τ = µ0 − 1 ≈ µ0
R1 + R2 R1 + R2
Remarque
On évitera d’utiliser les notations complexes car l’A.O. fonctionne ici en saturation : les signaux
ne sont donc pas sinusoïdaux.

Propriété
Un système du premier ordre est instable si et seulement si
⋆ l’équation différentielle homogène possède des coefficients de signes différents

dVs
Vs − τ =0
dt
⋆ ou, de façon équivalente, le dénominateur de la fonction de transfert est en 1 − τ p.

Remarque
Dans le cas du comparateur à hystérésis, on peut estimer la durée du régime transitoire qui mène
à la saturation. En prenant par exemple R1 = R2 = 1 kΩ , µ0 = 105 et ω0 = 2πf ≈ 60 rad.s−1 ,
on trouve τ ∼ 1 µs. Bien entendu, ce temps n’est caractéristique du régime libre que s’il est
suffisamment grand pour que le slew rate n’intervienne pas.

Remarque
On peut interpréter le comportement du comparateur à hystérésis en terme de schéma-bloc. Sur
R1
la figure 2, µ est la fonction de transfert de l’amplificateur opérationnel et B = est la
R1 + R2
fonction de transfert de la chaîne de retour (rétroaction). Le fait que la rétroaction soit positive
conduit à une instabilité. On retiendra donc la propriété suivante :
lorsqu’il n’existe qu’une seule rétroaction se faisant sur l’entrée non-inverseuse (rétroaction
positive), le système est instable et l’amplificateur opérationnel fonctionne en régime saturé.

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Physique Oscillateurs électroniques

Ve ε
- µ Vs
+
VA
B

Figure 2 – Schéma fonctionnel modélisant le montage comparateur à hystérésis.

I.2. Principe de fonctionnement d’un oscillateur à relaxation


En électronique, les oscillateurs à relaxation utilisent un amplificateur opérationnel fonctionnant en
commutation, c’est-à-dire délivrant un signal valant ±Vsat .
L’étude générale de l’amplificateur opérationnel nous a montré qu’il est assez simple d’obtenir des
signaux créneaux à partir d’un signal d’entrée fixé. Toutefois, un oscillateur doit pouvoir fonctionner à
signal d’entrée nul, son énergie ne provenant que d’une alimentation d’énergie externe.
Une solution pour obtenir un oscillateur à relaxation consiste à intégrer le signal de sortie d’un am-
plificateur opérationnel saturé, à l’aide d’un intégrateur pur. En sortie de l’intégrateur, on obtient donc
un signal variant linéairement avec le temps. Il suffit alors de réinjecter ce signal à l’entrée de l’AO saturé
de sorte qu’au bout d’un certain temps apparaisse une commutation. Ce temps caractéristique est alors
imposé par la constante de temps de l’intégrateur.
Le principe de fonctionnement d’un oscillateur à relaxation est indiqué sur la figure 3.

E(p) = 0 ε(p)
+ AO saturé S(p)
-

R(p)
intégrateur

Figure 3 – Schéma fonctionnel d’un oscillateur à relaxation.

Généralement, l’amplificateur opérationnel saturé est monté en comparateur à hystérésis (voir figure 1).

Propriété
Un oscillateur à relaxation est obtenu en bouclant deux systèmes du premier ordre
dont l’un est instable.

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I.3. Générateur de signaux et multivibrateur astable


Considérons le montage de la figure 4. Le premier amplificateur opérationnel fonctionne en compara-
teur : la tension à sa sortie vaut ±Vsat . Le potentiel à son entrée non-inverseuse vaut
Vs Ve
+
R2 R1 R1 Vs + R2 Ve
V+ = = (absence de courant de polarisation)
1 1 R1 + R2
+
R1 R2
Le basculement du premier AO se produit pour V + = V − = 0 (en l’absence de tension de décalage)
soit pour
R1
Ve = ∓ Vsat
R2
Par ailleurs, la réponse de l’intégrateur est telle que
Z
1
Ve = − Vs dt
RC

R2
C
R1
+
R −
Ve −
Vs +

Figure 4 – Montage astable

Supposons que le premier AO passe en saturation positive à t = 0 Ceci implique qu’à t = 0− ,


V + ≥ V − = 0 pour le premier A.O. . La tension Ve à t = 0− a donc atteint la valeur
R1 R1
Ve (t = 0− ) = − Vs (t = 0− ) = Vsat
R2 R2
Si le deuxième amplificateur fonctionne en régime linéaire, la tension Ve est aussi la tension aux
bornes de C : elle est donc continue
R1
Ve (t = 0+ ) = Ve (t = 0− ) = Vsat
R2

À la sortie de l’intégrateur la tension pour t > 0 est telle que


Z t
1
Ve (t) − Ve (0) = − Vsat dt
RC 0
On en déduit
R1 Vsat
Ve (t) = Vsat − t
R2 RC

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R1
La tension Ve décroît linéairement avec t jusqu’à t = t1 tel que Ve (t1 ) = − Vsat . L’AO passe alors
R2
en saturation négative.
La date t1 vérifie
R1 Vsat R1 R1
Vsat − t1 = − Vsat soit t1 = 2 RC
R2 RC R2 R2

Remarque
On vérifie que le deuxième A.O. reste en fonctionnement linéaire jusqu’à t = t1 , ce qui impose

Ve (t) ≥ −Vsat ∀ t < t1

Comme Ve (t) ≥ Ve (t1 ) ∀ t < t1 , il suffit de vérifier

R1 R1
Ve (t1 ) ≥ −Vsat soit − Vsat ≥ −Vsat ⇒ ≤1
R2 R2

Lorsque le premier AO passe en saturation négative la tension Ve vérifie l’équation


Z t
1 R1 Vsat
Ve (t) − Ve (t1 ) = − (−Vsat ) dt soit Ve (t) = − Vsat + (t − t1 )
RC t1 R2 RC
La tension Ve croît linéairement avec le temps jusqu’à atteindre la valeur
R1 R1
Ve (T ) = Vsat pour T − t1 = 2RC = t1
R2 R2
Pour t = T , la tension Vs bascule à nouveau.

Les signaux sont représentés sur la figure 5. La période des oscillations vaut
R1
T = 2t1 = 2RC
R2
À la sortie du premier AO, la tension est un signal créneau symétrique tandis qu’à la sortie de l’intégrateur
on obtient un signal en triangle.
L’amplitude du signal triangle et la période s’ajustent à l’aide de résistances R2 et R variables.
Remarque
Il est possible de faire l’économie d’un amplificateur opérationnel en utilisant comme intégra-
teur un circuit passe-bas du premier ordre constitué par un circuit RC de constante de temps
τ = RC. Il faut prendre en compte deux paramètres :
⋆ un filtre RC passif n’introduit pas un déphasage de π. Aussi, la rétroaction doit se faire sur
la borne non-inverseuse de l’amplificateur opérationnel.
⋆ l’intégration du signal ne se produit que pour des fréquences supérieures à la fréquence de
coupure fc = 1/(2πτ ), c’est à dire pour

2R2
T ≪ 2πRC ∼ RC soit ≪1
R1
Le montage est représenté sur la figure 6 et les signaux sur la figure 7.

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Figure 5 –

Figure 6 – Multivibrateur astable simplifié.

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Figure 7 – Réponse du multivibrateur astable simplifié. Les arches d’exponentielles sont assimilables à
des droites si la période du signal est petite devant la constante de temps τ = RC.

Remarque
Les oscillateurs à relaxation comme le multivibrateur astable sont utilisés dans les générateurs
de signaux ou dans les systèmes de comptage.

II Systèmes instables d’ordre 2 : oscillateurs quasi-sinusoïdaux


II.1. Principe de fonctionnement d’un oscillateur quasi-sinusoïdal
La mesure du temps qui passe est un problème très complexe qui requiert une base de temps ou une
horloge précise et régulière. Parmi les bases de temps utilisées, on peut citer :
– la durée du jour solaire ;
– la durée d’une année solaire ;
– la durée entre deux battements du balancier d’une horloge ;
– la durée entre deux mouvements d’aiguilles d’une montre ;
– la durée d’une oscillation de l’onde électromagnétique émise lors de la désexcitation d’un atome de
césium 137 (horloge atomique)
– ...
Tous ces étalons reposent sur des phénomènes périodiques. La durée d’un événement est alors mesurée
par comparaison avec la période de ces phénomènes. Afin d’avoir une référence la plus stable possible, il
faut disposer d’oscillations les plus périodiques possibles, c’est-à-dire d’oscillations sinusoïdales.
Un oscillateur harmonique (ou sinusoïdal) est un système régi par une équation différentielle de la
forme
d2 s
+ ω02 s = 0
dt2
Les solutions sont alors purement sinusoïdales

s(t) = S0 cos(ω0 + ϕ)

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où S0 et ϕ sont des constantes qui dépendent des conditions initiales.



Un tel système constitue une horloge dont la durée de référence est la période T = .
ω0
Toutefois, un véritable oscillateur consomme une énergie infinie pour maintenir les oscillations en dépit
des amortissements possibles (frottement pour un pendule oscillant, émission de photon pour une horloge
atomique, . . . ). Un oscillateur ne peut donc fonctionner que dans la mesure où il reçoit de l’énergie.
L’équation différentielle vérifiée par un oscillateur est donc de la forme
d2 s ds
+ 2 (σ − K) ω0 + ω02 s = 0
dt 2 dt
où le facteur d’amortissement σ traduit les phénomènes de dissipation tandis que K est un facteur d’am-
plification permettant de compenser les pertes d’énergie. On cherche alors à réaliser la condition K = σ.

Amplificateur

Quadripôle
(système d’ordre 2)

Figure 8 – Schéma de principe d’un oscillateur quasi-sinusoïdal.

La condition d’oscillation sinusoïdale ne peut pas être réalisée avec une précision infinie. Aussi on parle
d’oscillateur quasi-sinusoïdal.

II.2. Instabilité d’un système d’ordre 2 : naissance des oscillations


Intéressons-nous à la réponse libre d’un système d’ordre 2 régie par l’équation différentielle homogène
d2 s(t) ds(t)
a + b + c s(t) = 0
dt2 dt
Les solutions de cette équation sont de la forme
s(t) = A er1 t + B er2 t
où A et B sont des constantes à déterminer en fonction des conditions initiales et où r1 et r2 sont les
racines de l’équation caractéristique :
a p2 + b p + c = 0
Si les conditions initiales sont non nulles, s(t) diverge si la partie réelle de r1 ou r2 est positive.

Si les racines sont réelles Le système est instable si les racines sont de signes opposés ou toutes les
deux positives. Comme le produit et la somme des racines r1 et r2 sont donnés par
c b
et r1 + r2 = −
r1 r2 =
a a
On en déduit que le système est instable pour c/a < 0 ou −b/a > 0 : c ou b sont donc de signe
opposé à a.

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Si les racines sont complexes Les coefficients a, b et c étant réels, les racines sont nécessairement
complexes conjuguées : les parties réelles de r1 et r2 sont égales. On en déduit que le système est
instable si r1 + r2 = 2Re [r1 ] = −b/a > 0 : c’est-à-dire si b et a sont de signes opposés.

On vient de montrer que le système était instable dès que les coefficients a, b et c étaient de signes
différents.
Propriété
Un système d’ordre 2 est instable si et seulement si
⋆ l’équation différentielle homogène possède des coefficients de signes différents
⋆ ou, de façon équivalente, le polynôme au dénominateur de la fonction de transfert
possède des coefficients de signes différents.

Exemple
:::::::::
Soit un système de fonction de transfert

1
H(p) =
2σ p2
1− p+ 2
ω0 ω0

où ω0 > 0 et σ > 0. D’après ce qui précède, ce système est nécessairement instable.

En guise d’illustration, intéressons-nous à un système d’ordre 2, décrit par l’équation homogène

d2 s ds
+ 2σ ω 0 + ω02 s = 0
dt 2 dt
où ω0 > 0 et étudions la forme de la réponse libre en fonction du signe de σ.
Le discriminant réduit de l’équation caractéristique vaut

∆′ = (σ 2 − 1)ω02

Les solutions sont alors de la forme



−σω0 t
√ 
s(t) = A e
 cos ω0 t 1 − σ 2 + ϕ si |σ < 1| (régime pseudo-périodique)
s(t) = e−σω0 t (At + B) si |σ| = 1 (régime apériodique critique)

 √ 
s(t) = A e−σω0 t ch ω0 t σ 2 − 1 + ϕ si |σ| > 1 (régime apériodique)

où A, B et ϕ sont des constantes d’intégration à déterminer en fonction des conditions initiales.


Ces trois régimes peuvent être stables (σ > 0) ou instables (σ < 0). Le cas σ = 0 correspond à la limite
de la stabilité et décrit un oscillateur harmonique.
La réponse libre est représentée graphiquement sur la figure 9 dans chacun des cas, les conditions
ds
initiales étant fixée par s(0) = S0 et (t = 0) = 0.
dt
Tant que σ > 0, le système est stable et toute valeur initiale de s est atténuée au bout d’un régime
transitoire. En revanche pour σ < 0, même si le signal s(t) est initialement faible (S0 petit), on observe un
signal divergent. Un coefficient d’amortissement σ négatif conduit donc à une amplification exponentielle
de tout signal initial, même infime.

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s
s
σ = −0, 07

σ=2
σ=0
S0
σ=1

t t
0 0

σ = 0.17

σ = −1

Figure 9 – Réponse indicielle d’un filtre passe-bas du second ordre pour différentes valeurs du coefficient
d’amortissement σ = 1, σ = 2 et σ = 0, 17.
Propriété
Des oscillations ne peuvent naître spontanément que dans un système instable.
Les oscillations démarrent alors sur des signaux faibles (bruit) qui sont exponentiel-
lement amplifiés.

Remarque
Pour un système du deuxième ordre, les oscillations spontanées apparaissent si :
⋆ le coefficient d’amortissement est négatif : σ < 0 (conditions d’instabilité) ;
⋆ le régime libre est pseudo-périodique : ∆ < 0 soit |σ < |1 (conditions d’oscillations).

Remarque
En électronique, ce sont les composants actifs (transistor, amplificateur opérationnel) qui ap-
portent l’énergie nécessaire à l’amplification des signaux.

II.3. Oscillations purement sinusoïdales : conditions de Barkhausen


Une fois que des oscillations ont pris naissance dans un système bouclé instable, il s’établit un régime
permanent. L’objectif des oscillateurs quasi-sinusoïdaux est d’obtenir, en régime permanent, un signal ne
présentant qu’une seule fréquence.
En notant A(p) la transmittance de la chaîne directe et B(p) celle de la chaîne de retour, on a
 

S(p) = A(p)ε(p) = A(p)B(p) E(p) −S(p) = −A(p)B(p) S(p) soit [1 + A(p)B(p)] S(p) = 0
| {z }
=0

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E(p) ε(p)
+ A(p) S(p)
-

R(p)
B(p)

Figure 10 – Schéma fonctionnel d’un système bouclé.

Un signal S(p) non nul peut exister à la condition d’avoir


T (p) = A(p)B(p) = −1
Si le régime permanent est caractérisé par des oscillations sinusoïdales à la pulsation ω, on peut utiliser
les notations complexes en posant p = jω de sorte que la condition d’oscillation sinusoïdale devienne
T (jω) = A(jω)B(jω) = −1
Cette condition sur les fonctions de transfert complexes fournit deux conditions réelles, l’une sur le
gain, l’autre sur la phase
|T (ω)| = |A(jω)B(jω)| = 1
arg T (jω) = arg(A) + arg(B) = π
Ce sont les conditions de Barkhausen.
Conditions d’oscillations de Barkhausen
Dans un système bouclé, des oscillations sinusoïdales peuvent naître spontanément
à toute pulsation ω telle que
(
|T (jω)| = 1 condition sur le gain de la FTBO
1 + T (jω) = 0 soit
arg [T (jω)] = π [2π] condition sur le gain de la FTBO

Remarque
Dans le cas d’oscillations purement sinusoïdales à la pulsation ω, les zéros de 1 + T (p) sont de
la forme p = jω : leur partie réelle est nulle !

II.4. Exemple de l’oscillateur à pont de Wien


a) Structure de l’oscillateur
:::::::::::::::::::::::::::::

Considérons le montage de la figure 11. On distingue les deux éléments importants d’un oscillateur
quasi-sinusoïdal :

un amplificateur réalisé ici grâce à un amplificateur opérationnel monté en non-inverseur de gain


s R2
G= =1+ lorsque l’A.O. fonctionne en régime linéaire
e R1

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Figure 11 – Oscillateur à pont de Wien.

un quadripôle du deuxième ordre appelé "pont de Wien".

Déterminons la fonction de transfert du pont de Wien :

e Z R//C
H= = pont diviseur de tension car i+ = 0
s Z R//C + R + Zc
1 1
= ! ! avec YR//C = + jCω
1 1 R
1+ R+ + jCω
jCω R
1
=
1
3 + jRCω +
jRCω

La fonction de transfert de ce filtre est donc de la forme


 1


 A= gain maximal

 3
e A 
1
H= = ! avec Q= facteur de qualité
s ω ω0 
 3
1 + jQ − 

 1
ω0 ω 
 ω0 = pulsation propre
RC

Le pont de Wien est donc un filtre passe-bande d’ordre 2, relativement peu sélectif (Q = 1/3).

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R2
G=1+
R1

E(p) S(p)

Passe-bande
H(p)

Figure 12 – Structure de l’oscillateur à pont de Wien

b) ::::::
Mise :::
en:::::::::::
équation
Utilisons la fonction de transfert H(p) du pont de Wien pour déterminer l’équation différentielle re-
liant e(t) et s(t) :
S(p)
E(p) = H(p)S(p) =
1
3 + RCp +
RCp

0 E(p)
+ G(p) S(p)
-

−E(p)
−H(p)

Figure 13 – Schéma fonctionnel de l’oscillateur à pont de Wien. Le signe "−" dans la boucle de retour
provient du fait que la rétroaction est positive dans le cas de l’oscillateur à pont de Wien.
En multipliant numérateur et dénominateur par RCp dans le second membre, on a
RCp S(p)  
E(p) = soit 3 RCp + (RCp)2 + 1 E(p) = RCp S(p)
3 RCp + (RCp)2 + 1
En utilisant la correspondance
d
p↔
dt
on trouve, en notations réelles
d2 e
2
de ds
(RC) + 3RC + e(t) = RC
dt2 dt dt
Par ailleurs lorsque l’A.O. fonctionne en régime linéaire : s(t) = Ge(t), tandis que lorsqu’il fonctionne
en régime saturé : s(t) = ±Vsat .On en déduit l’équation différentielle vérifiée par e(t) :

 d2 e de

(RC)2 + (3 − G) RC + e(t) = 0 (A.O. en régime linéaire)
dt 2 dt
 d2 e de
(RC)2
 + 3 RC + e(t) = 0 (en régime saturé)
dt 2 dt

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Quand l’amplificateur opérationnel fonctionne en régime linéaire, on obtient bien l’équation d’un os-
cillateur quasi-sinusoïdal : on parle d’oscillateur à pont de Wien. Il faut donc choisir un gain égal à G = 3
pour obtenir des oscillations sinusoïdales.

c) Naissance des oscillations


::::::::::::::::::::::::::::::

Lorsque l’A.O. fonctionne en régime linéaire, le signal e(t) vérifie l’équation

d2 e de
(RC)2 + (3 − G) RC + e(t) = 0
dt 2 dt

Tout signal initial, même infime, est alors exponentiellement amplifié si le coefficient d’amortissement
est négatif, c’est-à-dire si G > 3.

Remarque
Le système est le siège d’oscillations si ∆ = [(3 − G)2 − 4] (RC)2 = (G − 1)(G − 5)(RC)2 < 0,
c’est-à-dire si 1 < G < 5. Pour G > 5 ou G < 1, la réponse est apériodique, ce que l’on
cherche à éviter dans le cas d’un oscillateur quasi-sinusoïdal. L’oscillateur ne présente donc
des oscillations quasi-sinusoïdales spontanées que si 3 < G < 5.

Remarque
D’après le théorème de Cauchy-Lipschitz, e(t) est déterminée de manière unique par ses condi-
de
tions initiales e(t = 0) et (t = 0). Si e et sa dérivée sont nulles à t = 0, la solu-
dt
tion e(t) = 0 ∀t est la seule solution de cette équation. En réalité, l’amplitude initiale des
signaux n’est pas nulle en raison du bruit électronique : les conditions initiales ne peuvent pas
être strictement nulles. Tout signal initial, même infiniment petit, est alors exponentiellement
amplifié ou atténué.

La figure 14 montre alors la naissance d’oscillations dans le cas 3 < G < 5.

Figure 14 – Naissances des oscillations quasi-sinusoïdales.

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d) ::::::::::::::
Oscillations :::::::::::::::::::::
quasi-sinusoïdales
Dans le cas de l’oscillateur à pont de Wien étudié :


 R2

 G = 1 +


 R1
s = Ge = G H s avec 1
 H(jω) = !


 1

 3+j RCω −
 RCω

Les oscillations sinusoïdales à la pulsation ω n’existent que si


G
G H = 1 soit !=1
1
3+j RCω −
RCω

En identifiant les parties réelles et imaginaires, on trouve


 
 1  1

RCω − =0 ω =

RCω soit RC
 G  R2

 =1 G = 1 +
 =3
3 R1

On obtient donc deux conditions : l’une, G = 3, donne une condition sur l’amplification pour que
1
les oscillations sinusoïdales existent, l’autre, ω = , donne la pulsation des oscillations sinusoïdales en
RC
régime sinusoïdal permanent.
Remarque
La condition d’oscillation sinusoïdale G = 3 peut être obtenue qualitativement . Le filtre sélec-
tionne une composante sinusoïdale de pulsation ω0 = 1/RC. Le gain du filtre valant A = 1/3,
cette composante est atténué d’un facteur 3. Afin de compenser cette atténuation, il faut imposer
un gain au moins égal à 3. Toutefois, si le gain dépasse la valeur 3, le signal est filtré/amplifié
à l’infini et finit par diverger.

Remarque
L’amplitude des oscillations n’est pas fixée a priori. C’est la saturation des composants (ici
l’amplificateur opérationnel) qui fixe cette amplitude.

Remarque
Ces conditions sont difficilement réalisables dans la pratique. Souvent, on impose une ampli-
fication supérieure à la valeur critique : les oscillations croissent exponentiellement jusqu’à ce
que l’un des composants du circuit arrive à saturation. Plus l’amplification est importante, plus
les non-linéarités dues à la saturation seront importantes. La figure 15 montre l’évolution d’un
signal d’un oscillateur pour différentes valeurs du gain.

Tristan Brunier Page 15/17 Année 2011-2012


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Physique Oscillateurs électroniques

Figure 15 – Oscillations quasi-sinusoïdales : naissance et entretien. Lorsque l’amplification est trop grande,
on observe des phénomènes non-linéaires (saturation) qui enrichissent de spectre du signal : les oscillations
ne sont plus sinusoïdales (figure du bas).

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Propriété
Dans la pratique, l’amplitude des oscillations en régime permanent est limitée par
la saturation des composants électroniques.
Les oscillations ne sont alors pas strictement sinusoïdales (apparition d’harmo-
niques) : on parle d’oscillations quasi-sinusoïdales.

Remarque
Dans le cas de l’oscillateur à pont de Wien, le signal à la sortie de l’amplificateur opérationnel
possède de nombreuses fréquences du fait de la saturation. Ce signal est ensuite filtré par le pont
de Wien, qui supprime les fréquences hors de sa bande passante. Pour observer des oscillations
les plus sinusoïdales possibles, on visualisera les signaux à la sortie du filtre de Wien.

Remarque
Afin d’obtenir les oscillations les plus sinusoïdales possibles, on peut envisager un asservisse-
ment du gain de l’amplificateur.

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