UNIVERSITE CHEIKH ANTA DIOP DE DAKAR
FACULTE DES SCIENCES ET ECOLE INTER ETATS DES SCIENCES ET MEDECINE
TECHNIQUES (F.S.T) VETERINAIRES (E.I.S.M.V)
ANNEE 2009 N°30
SUSPENSION DES IMPORTATIONS DE PRODUITS AVICOLES ET
COMPETITIVITE DE LA FILIERE DU POULET DE CHAIR AU SENEGAL
MEMOIRE DE MASTER II EN PRODUCTIONS ANIMALES ET
DEVELOPPEMENT DURABLE
Option : Economie et Politiques d’Elevage
Présenté et soutenu publiquement le 09 Janvier 2010 à 10 heures
A l’Ecole Inter-Etats des Sciences et de Médecine Vétérinaires(EISMV) de Dakar
Par
MONSIEUR OUSMANE LO
Né le 03 Avril 1965 à Koungheul (République du Sénégal)
MEMBRES DE JURY
Président : M. Louis Joseph PANGUI
Professeur à l’EISMV de Dakar
Membres : M. Bhen Sikina TOGUEBAYE
Professeur à la FST (UCAD)
M. Germain Jérôme SAWADOGO
Professeur à l’EISMV de Dakar
M. Cheikh LY
Professeur à l’EISMV de Dakar
M. Assane MOUSSA
Professeur à l’EISMV de Dakar
M. Alioune DIENG
Chargé de recherche à l’ISRA-BAME
Directeurs de recherche : M. Cheikh LY
Professeur à l’EISMV de Dakar
Amadou Abdoulaye FALL
Chef du BAME à l’ISRA
DEDICACES
Je dédie ce modeste travail :
A mon père adoré, feu ADAMA LO ; que le bon DIEU vous accueille dans ses
Paradis célestes.
A ma mère, SAFIETOU SANE ; que le bon DIEU vous donne une longue et
heureuse vie.
Je ne saurais vous exprimer ma gratitude pour les nombreux sacrifices consentis
à mon égard.
A ma femme, NDEYE KHOURY SYLLA, qui n’a cessé de m’apporter son
soutien et son affection durant toute ma formation.
A mon fils, ADAMA LO ; que le bon Dieu te protège et t’oriente sur le bon
chemin ; c'est-à-dire celui de l’islam.
A toute la famille LO de KOUNGHEUL et de THIES.
A toute la famille SYLLA des HLM 6 de feus EL HADJI CHEIKH
MASSAMBA SYLLA ET NDEYE AWA DIA.
A toute ma promotion pour cette année mémorable et riche d’enseignements que
nous avons passée ensemble.
ii
REMERCIEMENTS
Après le Bon Dieu, Clément et Miséricordieux et le Prophète, PSL, mes
remerciements vont :
Aux autorités du Ministère des Affaires Etrangères de la France qui, par le
Service de Coopération et d’Action Culturelle de l’Ambassade de France à
Dakar m’ont octroyé la bourse me permettant d’effectuer la formation dans les
meilleures conditions.
Au Professeur Cheikh LY, enseignant-chercheur à l’Ecole Inter-Etats des
Sciences et Médecine Vétérinaires de Dakar pour avoir bien voulu accepter de
m’encadrer avec autant de désintérêt et de rigueur dans le cadre de ce mémoire.
Au Docteur Amadou Abdoulaye Fall, pour avoir accepté de m’accueillir dans
cette prestigieuse structure de recherche pour préparer ce mémoire.
Au Docteur Djiby Dia, pour l’accueil, l’intégration, l’encadrement et tout
l’accompagnement que vous m’avez apporté dans le cadre de la préparation de
ce mémoire ; soyez en remercié.
Au Docteur Papa Nouhine Dièye, pour son appui et sa disponibilité tout au long
de ce travail de mémoire.
A tous nos Professeurs, pour leurs enseignements de qualité et leur dévouement
indéfectible à la science.
A Monsieur, Cheikh Sadibou Fall, chercheur au BAME pour sa disponibilité,
sa générosité et tout son appui durant la préparation de ce mémoire.
Au Docteurs Gana Pène, Charles B. Dieng, Amadou Gueye, Ibrahima Wade
pour leur parfaite collaboration dans le cadre de mes enquêtes.
Aux techniciens Aziz Ndiaye, Mouleid Fall, Cheikh .M. Ndiaye, Cissé pour
leur collaboration dans le cadre de mes enquêtes.
A tous ceux qui ont contribué de près ou de loin à ma formation, notamment le
personnel enseignant et administratif de l’EISMV et celui du BAME.
iii
HOMMAGES A NOS MAITRES ET JUGES
A notre Maître et Président de jury, Monsieur Louis Joseph PANGUI
Professeur à l’EISMV de Dakar
Vous nous faites un grand honneur en acceptant de présider notre jury de
mémoire. Veuillez accepter nos hommages respectueux.
A notre Maître et juge, Monsieur Bhen Sikina TOGUEBAYE
Professeur à la Faculté des Sciences et Techniques (UCAD) de Dakar
Nous sommes très sensibles à l’honneur que vous nous faites en acceptant de
siéger dans ce jury. Vos énormes qualités d’homme de science suscitent respect
et admiration. Veuillez trouver ici, l’assurance de notre sincère gratitude.
A notre Maître et juge, Monsieur Germain SAWADOGO
Professeur à l’EISMV de Dakar
Votre rigueur et la clarté de votre enseignement nous ont toujours fascinés. C’est
un grand honneur pour nous que vous jugiez notre travail. Trouvez ici
l’expression de notre profonde gratitude.
A notre Maître, juge et directeur de recherche, Monsieur Cheikh LY
Professeur à l’E.I.S.M.V. de Dakar,
Cela a été un réel plaisir pour nous de travailler avec vous ; mais aussi des
moments intensifs d’apprentissage et d’échanges. Nous avons hautement
apprécié vos excellentes qualités humaines, votre disponibilité, votre rigueur et
votre passion pour la recherche. Recevez ici toute notre gratitude et notre grande
considération. Hommages respectueux.
A notre Maître et Juge, Monsieur Assane MOUSSA Professeur à
l’EISMV de Dakar
Votre rigueur, votre humilité et la clarté de vos enseignements nous ont toujours
fascinés. C’est un grand honneur et une chance pour nous que vous jugiez notre
travail. Trouvez ici l’expression de notre profonde gratitude.
iv
A notre Maître et juge, Monsieur Alioune DIENG Chargé de
recherche à l’ISRA-BAME
Vous avez accepté avec spontanéité de juger ce travail au nom du BAME ; c’est
pour moi un honneur et un plaisir de compter sur des personnalités comme vous.
Durant notre stage, vous nous avez donné l’occasion de découvrir outre vos
qualités scientifiques, votre rigueur et votre simplicité.
Recevez l’expression de notre profonde gratitude.
v
RESUME
L’aviculture sénégalaise est une filière de productions animales qui joue un rôle
dans la lutte contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire. Elle constitue une
source de revenus pour les ménages, surtout en milieu rural. La filière poulet de
chair a connu au cours de cette décennie des perturbations liées aux importations
de découpes de poulets venant de l’Union Européenne et du Brésil. Cette
situation a eu des conséquences économiques et sociales pour les éleveurs et
leurs familles.
Depuis 2005, avec l’avènement de la grippe aviaire, le Sénégal est sous embargo
des produits avicoles importés pour des raisons sanitaires. Cette sorte de
protection a favorisé une reprise des activités avicoles, avec une augmentation
de la production de viande de volailles locales.
Ce travail de Master II analyse la compétitivité de la filière poulet de chair en
simulant une levée de la mesure de suspension des importations de produits
avicoles. Il établit aussi les liens entre les niveaux de biosécurité et la
production.
L’analyse des différents intrants dans la production de poulets de chair montre
que les coûts de production sont élevés et que l’aliment y occupe entre 55% et
66% selon les groupes d’éleveurs. Par ailleurs, les prix du kilogramme de
poulets importés sont inférieur aux prix de cession du kilogramme de poulets
locaux ; ce qui montre que les produits avicoles importés ont une meilleure
compétitivité-prix. En terme de commercialisation, la présentation des poulets
locaux doit être articulée à la segmentation du marché et aux revenus des
consommateurs.
Pour des raisons de sécurité alimentaire et de santé publique, les niveaux de
biosécurité dans les élevages locaux méritent d’être renforcés. Dans un contexte
de reprise de suspension des importations suite à l’émergence et à la
réémergence de maladies transfrontalières comme la grippe aviaire, les coûts
financiers de biosécurité ont augmenté avec l’accroissement des effectifs mis en
élevage. Ces coûts oscillent entre 1,8% et 2,5% des charges totales de
production de poulets de chair chez les différents groupes d’éleveurs.
vi
ABSTRACT
In Senegal,the poultry sector plays a role towards poverty reduction and food
security. It is a source of income for the households, especially in rural areas.
During the last decade, the commodity chain of broilers has been disturbed by
the imports of chicken cuttings coming from European Union and Brazil. This
situation had economic and social consequences for the breeders and their
families. With the advent of the avian flu, Senegal is under embargo for the
poultry products imported based on medical reasons since 2005. This kind of
protection supported a rebirth of the poultry sector, with an increase in the
production of local poultry meat. This work of Master II analyzes the
competitiveness of the commodity chain of broilers by simulating a lift of the
suspension of the imports. It establishes also the bonds between the levels of
biosecurity and the production.
The analysis of the various inputs in the production of table fowls shows that the
production costs are raised and that the food occupies there between 55% and
66% according to groups' of stockbreeders. In addition, the prices of
kilogramme of imported chickens are lower than prices of kilogramme of local
chickens; this shows that the imported poultry products have a better
competitiveness-price. In term of marketing, the distribution of local chickens
must be articulated with the market segmentation and the incomes of the
consumers.
For food safety and public health reasons, levels of biosecurity in local
breedings should be reinforced. But, the financial costs of biosecurity increased
with the total number of chickens in breeding. These costs oscillate between
1,8% and 2,5% of the total loads of production of battery chickens depending on
groups of breeders.
vii
SIGLES ET ACRONYMES
AAD : Association des aviculteurs de Dakar
A/H1N1 : Virus de la grippe porcine
ANSD : Agence nationale de la statistique et de la démographie
APE : Accords de partenariat économiques
ASCOPA : Association des commerçants de produits avicoles
AVIDAK : Associations des avicultrices de Dakar
BAME : Bureau d’analyses macro-économiques
CEDEAO : Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest
CMV : Complexe minéraux vitaminés
CNA : Centre national d’aviculture
CONAGA : Comité national de prévention et de lute contre la grippe aviaire
COTAVI : Collectif des techniciens avicoles
DIREL : Direction de l’Elevage
DSRP : Document de stratégie de réduction de la pauvreté
EISMV: Ecole Inter-états des Sciences et Médecine Vétérinaires
ENSA : Ecole Nationale Supérieure Agronomique à Thiès
FAFA : Fédération des acteurs de la filière avicole
FAO : Fonds des Nations-unies pour l’alimentation et la nourriture
FMI : Fonds monétaire international
FNRAA : Fonds national de recherche agricole et agroalimentaire
GCRAI : Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale
GRET : Groupe de recherches et d’échanges technologiques
H5NI : Virus de la grippe aviaire
IAHP : Influenza aviaire hautement pathogène
IRIN : Réseau d'informations régionales intégrées
ISRA: Institut sénégalais de recherches agricoles
MARP : Méthodes accélérées de recherches participatives
MDA : Maison des aviculteurs
OAC : Œufs à couver
OFIVAL : Office national interprofessionnel des viandes, de l'élevage et de
l'aviculture
OMC : Organisation mondiale du commerce
OMS : Organisation mondiale de la santé
ONG : Organisation non gouvernementale
PAC : Poulet prêt à cuire
PDMAS : Programme de développement des marchés agricoles du Sénégal
PIB: Produit intérieur brut
PRODEC : Projet de développement des espèces à cycle court
RIDAF : Réseau international pour le développement de l’aviculture familiale
viii
SPS : Normes sanitaires et phytosanitaires
TEC : Tarif extérieur commun
TDP : Taxe dégressive de protection
TCI : Taxe conjoncturelle aux importations
UCAD : Université Cheikh Anta Diop
UE : Union européenne
UEMOA : Union économique et monétaire ouest- africaine
UNAFA : Union nationale des acteurs de la filière avicole
UNIA : Union nationale des industriels de l’aviculture
USD : US dollar
ix
LISTE DES TABLEAUX
Tableau I:Matrice de corrélations
Tableau II : Compte de résultat par groupe d’éleveurs
Tableau III : Evolution annelle des offres de viandes de poulet de chair
industriel
Tableau IV: Prix aux consommateurs relevés
LISTE DES FIGURES
FIGURE 1 : Evolution de la production de viande de 2000 à 2008
FIGURE 2 : La filière poulet de chair : structure et flux
FIGURE 3 : Localisation des enquêtes
FIGURE 4: Typologie des exploitations
FIGURE 5 : Répartition des charges d’exploitations du groupe I
FIGURE 6 : Répartition des charges d’exploitation du groupe II
FIGURE 7 : Répartition des charges d’exploitations du groupe III
x
Table des matières
INTRODUCTION ................................................................................................................................... 1
PREMIERE PARTIE : PRESENTATION DU CADRE D’ETUDE ET DE LA FILIERE AVICOLE
AU SENEGAL ........................................................................................................................................ 3
CHAPITRE 1. PRESENTATION DE L’ETUDE................................................................................... 3
1.1. PROBLEMATIQUE .................................................................................................................... 3
1.2. OBJECTIF GENERAL ................................................................................................................ 5
1.3. HYPOTHESES ............................................................................................................................ 5
CHAPITRTRE2 : PRESENTATION DE LA FILIERE AVICOLE SENEGALAISE......................... 6
2.1. AVICULTURE TRADITIONNELLE OU FAMILIALE ............................................................ 7
2.2. AVICULTURE SEMI-INDUSTRIELLE OU MODERNE ......................................................... 7
2.2.1. Historique de l’aviculture semi-industrielle .......................................................................... 8
2.2.2. Importance socio-économique............................................................................................... 8
2.2.3. Contraintes sanitaires ............................................................................................................ 9
2.2.4. Les acteurs de la filière avicole semi-industrielle ................................................................. 9
2.2.5. Evolution de la production de la viande de poulet de chair................................................... 9
2.2.7. Intégration de la filière poulet de chair................................................................................ 10
2. 3. HISTORIQUE DE LA SUSPENSION DES IMPORTATIONS .............................................. 13
2.3.1. Risques de pandémie de grippe aviaire ............................................................................... 13
2.3.2. Situation actuelle ................................................................................................................. 13
DEUXIEME PARTIE : CADRE METHODOLOGIQUE ET ANALYSE DES RESULTATS .......... 15
CHAPITRE 1 : MATERIELS ET METHODES .................................................................................. 15
1.1. CARACTERISATION DE LA ZONE D’ETUDE .................................................................... 15
1.1.1. Localisation et caractéristiques physiques........................................................................... 16
1.1.2. Dynamique démographique ................................................................................................ 16
1.2. DEMARCHE GLOBALE .......................................................................................................... 16
1.2.1. Approche filière ................................................................................................................... 16
1.2.2. Analyse de la rentabilité ...................................................................................................... 17
1.3. TECHNIQUES D’INVESTIGATION ...................................................................................... 18
1.3.1. Revue bibliographique et collecte de données statistiques .................................................. 18
1.3.2. Entretiens semi-directifs ...................................................................................................... 18
1.3.3. Enquêtes de terrain .............................................................................................................. 18
xi
1.3.4. Traitement et analyse des données ...................................................................................... 18
CHAPITRE 2 : RESULTATS ET DISCUSSIONS .............................................................................. 19
2.1. TYPOLOGIE DES EXPLOITATIONS ..................................................................................... 19
2.2. ESTIMATION DES COUTS ..................................................................................................... 20
2.2.1. Coûts de production............................................................................................................. 20
2.2. 2. Coûts de biosécurité ........................................................................................................... 22
2.3. RENTABILITE ET COMPETITIVITE DES ELEVAGES ....................................................... 22
2.3.1. Comptes de résultat ............................................................................................................. 22
2.3.2. Analyse de la rentabilité ...................................................................................................... 23
2.3.3. Analyse de la compétitivité ................................................................................................. 24
2.4. RECOMMANDATIONS ........................................................................................................... 26
2.4.1. Au niveau régional .............................................................................................................. 26
2.4.2. Au niveau national............................................................................................................... 27
2.4.3. Au niveau des acteurs .......................................................................................................... 28
CONCLUSION ..................................................................................................................................... 29
BIBLIOGRAPHIE ................................................................................................................................ 30
ANNEXES ............................................................................................................................................ 32
xii
INTRODUCTION
En Afrique, les productions avicoles sont encore dominées par le système
traditionnel, du fait de sa large expansion en milieu rural. Les effectifs sont
estimés à 400 000 000 en Afrique de l’Ouest (OCDE, 2008). Au Sénégal,
l’aviculture est pratiquée dans toutes les régions où, l’effectif des volailles
familiales représente plus de 80% du cheptel total (DIREL, 2006).
Les productions de volaille ont dans l’ensemble suivi une évolution à la hausse,
en particulier la volaille industrielle à la faveur des mesures prises par l’Etat,
visant à protéger la filière, et de la politique d’arrêt des importations de produits
avicoles pour cause de grippe aviaire. Ainsi, l’effectif de la volaille familiale a
augmenté de 0,3 %, tandis que celui de la volaille industrielle a crû de 70% en
passant de 7 500 000 têtes en 2006 à 13 000 000 têtes en 2007.
La production de viande est passée en 2006 de 102 591 tonnes à 98 808 tonnes
en 2007 soit une baisse de 3,7%. Cette situation est liée à la baisse du taux
d’abattage des bovins. Car la production est essentiellement composée de viande
de bovins (63%), d’ovins (20%) et de caprins (12%) (DIREL, 2007).
Dans un tel contexte, l’élevage à cycle court de volaille occupe une place de
choix, compte tenu de son importance socio-économique, d’une part, et d’autre
part, de sa capacité à produire de la viande en quantités importantes et en un
temps assez court. De ce fait l’aviculture qui est une source de produits carnés,
permet également de satisfaire les besoins en protéines animales de la
population qui est en constante augmentation.
Malgré son importance, la filière avicole n’occupe pas encore une place
importante dans la politique du gouvernement en matière d'élevage alors qu’elle
constitue un maillon dynamique de l’économie nationale (GAYE, 2004). En
effet, la filière avicole est confrontée à des contraintes de différentes natures.
Elle ne bénéficie pas d’un secteur « aval » développé avec notamment des
unités d’abattage, de transformation et de conditionnement (emballage,
présentation, qualité, etc.) de poulets de chair.
Le risque de pandémie de grippe aviaire a poussé les autorités à suspendre les
importations de produits avicoles venant de pays infectés. Mais la nature de la
mesure de suspension et le contexte de la mondialisation, exigent de la filière
avicole d’être plus compétitive pour sa survie.
Avant la suspension des importations de produits avicoles, la filière a connu
d’importantes difficultés liées à l’envahissement du marché par les découpes de
poulets qui a eu des conséquences graves sur l’économie de la filière, en
l’occurrence perte d’emplois et de parts de marché,, fermeture d’unités
1
industrielles, etc.). Toutefois, l’aviculture moderne s’est considérablement
développée au cours ces dix dernières années principalement en périphérie des
grands centres urbains à la suite de la suspension des importations de volailles.
La relance de l’aviculture moderne s’explique par l’augmentation de 23% du
nombre de poussins mis en élevage entre 2005 et 2006 (CNA, 2006). Cette
croissance a été favorisée par les opportunités de mise en marché offertes à la
production locale suite à l’interdiction des importations de produits avicoles en
raison de la grippe aviaire.
2
PREMIERE PARTIE : PRESENTATION DU CADRE D’ETUDE ET DE
LA FILIERE AVICOLE AU SENEGAL
CHAPITRE 1. PRESENTATION DE L’ETUDE
1.1. PROBLEMATIQUE
La grippe aviaire a affecté la production mondiale, en dépit d’une progression
de 1,5 % en 2006, à 83,5 millions de tec. (OFIVAL, 2006). Cette dynamique a
été portée en premier lieu par les producteurs des régions épargnées par
l’épizootie, à savoir les Etats-Unis et le Brésil. Les baisses de consommation et
les barrières sanitaires qui ont accompagné la propagation de l’épizootie
d’influenza aviaire ont pesé sur les échanges internationaux de viandes de
volailles en 2006. Avec un volume d’environ 7,45 millions de tonne (9% de la
production mondiale), le marché s’est contracté de 1,6 % par rapport à l’année
2005(GCRAI, 2006). Malgré cette baisse du volume des échanges, la
consommation individuelle mondiale de viandes de volailles est restée presque
constante (12,7 kg/habitant/an en 2005, 12,8 kg/habit/an en 2006).
Sur le plan sanitaire, l’émergence ou la réémergence d’autres pathologies
aviaires constitue un risque sérieux d’apparition de maladies zoonotiques. Ce
risque est favorisé par l’absence de normes dans l’implantation des fermes
avicoles, un environnement souvent polluant lié aux activités avicoles et la
pauvreté.
Au plan économique, l'importation massive de découpes de poulets à des prix
très concurrentiels contribue à désorganiser les filières avicoles locales
naissantes. Selon la FAO en 2008, environ 50% des poussées des importations
de volaille enregistrées dans les pays en développement se produisent en
Afrique, dont 24 % en Afrique occidentale, 11% en Afrique centrale et, 10% en
Afrique australe. Bien que l’Afrique ne représente que 5% du commerce
avicole, l’impact des importations, pourrait être importante car la consommation
augmente de façon spectaculaire depuis 1995 et est passée de 8% à quelque 18%
en 2006.
Malgré tout, la contribution de la filière avicole au PIB de l’Union Economique
et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) reste relativement importante et elle est
estimée à 100 milliards de F CFA en 2000 sans compter son apport sur le plan
social en termes de lutte contre la faim et la pauvreté.
Au Sénégal, l’aviculture sénégalaise est aussi en pleine mutation depuis la fin
des années 80. Elle a connu une rapide croissance incitant les privés
(accouveurs, provendiers, éleveurs) à augmenter considérablement leurs
investissements dans cette filière. Mais, cet essor de la filière avicole a été
brutalement freiné par la hausse des importations de viande congelée. En effet,
3
le Sénégal importait 1150 tonnes de viandes de volaille congelées en 1999
(CNA, 2000). En 2000, les importations ont doublé atteignant 2400 tonnes.
(CNA, 2001). Cette brusque augmentation s’est poursuivie les années suivantes
avec une croissance annuelle des volumes importés entre 50 et 110%
(AMBASSADE DE FRANCE, 2000).
En 2005, avec l’avènement de l’influenza aviaire, le Gouvernement sénégalais a
décidé de suspendre les importations de produits avicoles en provenance des
pays atteints. Cette situation a relancé la filière poulet de chair en favorisant un
redémarrage des élevages (NDIAYE et al, 2006). Ainsi en 2007, la production
de poussins a atteint environ 13 000 000, d’unités soit une augmentation de 35%
comparativement à 2006 (CNA, 2007).
Dans ce contexte de suspension, l’aviculture se trouve confrontée à une série de
défis telles que sa compétitivité, sa durabilité, l’existence d’un minimum de
biosécurité et sa rentabilité pour continuer de rester un des leviers de promotion
socio-économiques. En effet, la compétitivité des filières agricoles est définie
comme la capacité des acteurs de la filière de bâtir une stratégie leur permettant
de conquérir et de maintenir sur le long terme des parts de marché aussi bien sur
le plan national qu’à l’étranger (FRAVAL, 2000).
Pour une meilleure compétitivité de la filière, deux déterminants devront être
maitrisés : le prix et la qualité des poulets de chair commercialisés. Ainsi la
compétitivité donne une appréciation positive d’une politique économique
nationale qui privilégie l’achat à l’extérieur de produits relativement peu chers et
la production nationale de produits fortement valorisés par le marché
international.
De même, le besoin de biosécurité alimentaire et agricole s'est accru avec la
mondialisation de l'économie, le développement rapide des communications, des
transports et du commerce. Au plan international, c'est l'Accord sur l'application
des mesures sanitaires et phytosanitaires ou Accords SPS de l'OMC qui fournit
la couverture la plus complète à cet égard. Le terme «biosécurité» a été
largement utilisé dans le débat sur la lutte contre la grippe aviaire. Il est décrit
soit comme une situation idéale dans laquelle des mesures efficaces sont mises
en œuvre pour prévenir et contrôler la propagation du virus, soit comme
l’approche ou les principes utilisés pour parvenir à cette situation.
La biosécurité dans le secteur avicole est en effet mise en œuvre de manière
progressive et selon un ordre d’importance décroissante ; les risques principaux
sont traités en priorité. Dans le cadre de ce travail la biosécurité est définie
comme l’ensemble des mesures de prophylaxie sanitaire et médicale, des
4
mesures structurelles (pédiluves) et des autres mesures de prévention
(circulation, achat de masque, tenues, bottes).
Le présent travail vise l’analyse des rapports entre activités de production de
poulet de chair, biosécurité et compétitivité dans le contexte de suspension des
importations. Il s’agit de déterminer si la suspension des importations est
indépendante de la compétitivité, d’une part et, d’autre part, d’évaluer les
niveaux de biosécurité des exploitations avicoles.
1.2. OBJECTIF GENERAL
La présente étude vise à établir la compétitivité de la filière du poulet de chair
dans ce contexte de suspension des importations de produits avicoles.
Objectifs spécifiques
Il s’agit de manière plus spécifique de :
faire l’historique de la situation et les conditions d’instauration de la
suspension ;
établir les performances techniques et financières d’un échantillon de
fermes productrices de poulets de chair dans un environnement dominé
par la suspension des importations ;
évaluer les types d’investissements (productivité, biosécurité,
commercialisation, formation, qualité) faits dans la filière depuis la
suspension des importations ;
évaluer le niveau de biosécurité des fermes enquêtées
Calculer la rentabilité des exploitations fermières
simuler les conséquences possibles d’une levée de la suspension sur la
compétitivité de la filière du poulet de chair ; et,
proposer des mesures pour le renforcement de la compétitivité du poulet
de chair.
1.3. HYPOTHESES
Hypothése1
La mesure de suspension des importations de produits avicoles, en particulier de
découpes et de poulets entiers, est une opportunité pour la relance d’une filière
avicole chair compétitive.
Hypothése2
La mesure de suspension affecte négativement les efforts déjà entrepris par les
acteurs pour améliorer leur compétitivité dans le contexte de globalisation.
5
CHAPITRTRE2 : PRESENTATION DE LA FILIERE AVICOLE
SENEGALAISE
Selon la FAO (REVUE DU SECTEUR AVICOLE, 2007), il existe quatre
secteurs de productions avicoles dans le monde en fonction de leur niveau de
biosécurité et de leur niveau d’intégration.
Ces quatre secteurs sont :
Secteur 1: système industriel et intégré avec un haut niveau de biosécurité et des
oiseaux ou produits vendus dans des circuits formels (exemple des fermes qui
sont une partie une intégration de leurs exploitations de poulets de chair avec
des manuels de procédures standards de biosécurité clairement définis et
exécutés).
Ce système intensif commence à se développer. Il regroupe moins d’une dizaine
de producteurs presque tous installés à Dakar. Toutefois, un aviculteur intensif
est installé à Saint-Louis (260 Km au nord de Dakar) et exploite un cheptel de
ponte d’environ 30 000 sujets. Le nombre de ces éleveurs n’a pas beaucoup
varié au cours des cinq dernières années.
Secteur 2: Système commercial d’aviculture avec un niveau modéré à élevé de
biosécurité et des oiseaux ou produits destinés habituellement au marché local
(exemple des fermes avec des oiseaux en permanence élevés en confinement;
empêchant rigoureusement tout contact avec d’autres volailles ou faune
sauvage).
Ce secteur de haute production regroupe l’essentiel des aviculteurs dits du
secteur moderne (Plus de 80% des effectifs avicoles élevés).
Les producteurs de ce groupe se rencontrent surtout dans la zone des Niayes de
Dakar et de Thiès. Le plus souvent, ce type d’élevage est pratiqué par des
salariés ou des privés qui engagent des fermiers pour s’occuper de la gestion de
leurs fermes.
Secteur 3: Système commercial d’aviculture avec un niveau faible à minimal de
biosécurité et des oiseaux ou produits vendus au niveau des marchés de volailles
vivantes (exemple une exploitation de pondeuses en cage avec des oiseaux dans
des logements ouverts; une ferme avec des oiseaux ayant accès au plein air; une
ferme où sont élevés des poulets et des palmipèdes).
Les élevages semi intensifs et ou élevages amateurs de volaille se rencontrent
essentiellement dans les habitations en centre-ville dans les quartiers
périphériques des grandes villes, et autour de quelques autres agglomérations et
communes rurales. Ce type d’élevage est pratiqué également par des salariés et
des entrepreneurs ou exerçant dans le tertiaire qui engagent des fermiers comme
ouvriers agricoles pour s’occuper de la gestion de leurs fermes.
Secteur 4: Élevage villageois et de basse-cour avec un niveau minimal de
biosécurité et des oiseaux ou produits consommés localement.
Ce type d élevage est pratiqué dans tout le pays car ne nécessitant pas d’efforts
et adapté à nos climats chauds.
6
Au Sénégal, l’aviculture comprend une traditionnelle ou familiale et une autre
dite semi-industrielle ou moderne qui toutes se retrouvent dans des quatre
secteurs.
2.1. AVICULTURE TRADITIONNELLE OU FAMILIALE
L’élevage avicole traditionnel est réparti dans tout le territoire. Il est surtout
pratiqué en milieu rural mais aussi en zone périurbaine de Dakar. Cette activité
correspond à l’élevage de la poule commune ou poule domestique appelé Gallus
gallus domesticus de petite taille, très rustique, vigoureuse à la chair bien
appréciée. Cette espèce de volailles s’est parfaitement adaptée aux dures
conditions climatiques et environnementales défavorables de la zone soudano-
sahélienne. Au Sénégal, on trouve selon les régions 5 à 20 poules en moyenne
par exploitation (GUEYE, 1997).
L'aviculture familiale constitue une importante composante de l'économie
agricole et des ménages. Elle contribue également à une génération de revenus
pour les petits producteurs généralement dotés de peu de ressources,
particulièrement les femmes (GUEYE, 2002). Cependant, il n’y a jamais eu de
recensement sur lequel s’appuyer pour voir l’évolution pendant ces cinq
dernières années du cheptel rural. L’effectif est seulement estimé à hauteur de
21 millions (DIREL 2004).
L’aviculture familiale n’a pas toujours bénéficié d’une plus grande attention de
la part des autorités ; mais un début de prise en charge par ces dernières est noté
à travers des campagnes nationales de vaccination des volailles contre la
maladie de Newcastle diligentées par le Projet d’appui à l’élevage (PAPEL).
Cette pathologie est la plus fréquente en milieu rural et est responsable de
beaucoup de mortalités chez la volaille traditionnelle.
2.2. AVICULTURE SEMI-INDUSTRIELLE OU MODERNE
L’aviculture semi-industrielle a débuté dans les années 60 et a connu un essor
considérable à partir des années 80 (OUANTINAM, 2001). Elle est localisée
surtout dans la périphérie des grandes villes comme Dakar, Thiès et Saint-Louis.
Ce type d’aviculture se caractérise par l’élevage des volailles de souches
exotiques. Elle est surtout concentrée dans la zone agro-écologique des Niayes.
La région de Dakar abrite plus de 80% des activités, la région de Thiès environ
15% et la région de Saint-Louis 3% (TRAORE, 2006). Elle enregistre de bonnes
performances comparables, chez certains éleveurs, à celles obtenues dans les
pays développés à climat tempéré: un poids moyen de 1,5 à 2 kg en 45 jours
d’élevage pour les poulets de chair et une ponte annuelle qui varie entre 260 et
280 œufs par poule et par année de ponte (RIDAF, 2006).
La zone des Niayes présente, durant certaines périodes de l’année, des
conditions climatiques favorables presque identiques à celles d’Europe et
7
d’Amérique du Sud d’où proviennent ces souches utilisées. La filière avicole
dite moderne compte actuellement un effectif de 8 millions de sujets composé de
poulets de chair et de poules pondeuses réformées (CNA, 2006).
2.2.1. Historique de l’aviculture semi-industrielle
L’aviculture semi-industrielle a démarré durant les années 60. Pour impulser
cette activité, les autorités de l’époque avaient créé le Centre National
d’Aviculture en 1962 qui ne sera fonctionnel qu’en 1964 avec le décret n° 64 –
405 du 02 juin 1964 portant son organisation et fixant ses attributions. Ce centre
a pour mission de contrôler, coordonner et superviser toutes les activités
avicoles dans le territoire sénégalais.
Il y a eu, par la suite, la mise sur pied d’organisations professionnelles par les
acteurs plus ou moins isolés, qui ont cependant toujours tenté de s’organiser. Le
Groupe des Aviculteurs du Sénégal (GAS) a été créé en 1964. La Coopérative
des Aviculteurs du Sénégal (COPAVIS) prendra le relais du GAS entre 1976 et
1978, pour céder la place à l’Association des Aviculteurs de Cap-Vert (AACV),
entre 1981 et 1987 (TRAORE, 2006). Cette organisation qui prend fin avec la
privation d’une partie du CNA, est certainement celle qui aura battu, pour le
moment, le record de longévité avec six ans d’existence. Ensuite, il y aura la
naissance de l’éphémère Comité Interprofessionnel de l’Aviculture au Sénégal
(CIPAS) (1993–1994), qui a avec la mise en place du Programme de
Développement des Espèces à Cycle Court (PRODEC).
Dans son volet 1, le PRODEC avait favorisé la création d’une nouvelle
association dénommée Maison Des Aviculteurs (MDA) qui va durer de 1994 à
1998. L’implosion de la MDA a donné naissance aux autres organisations
professionnelles : le Collectif des Techniciens de l’Aviculture (COTAVI) en
1998, l’Union Nationale des Industriels de l’Aviculture (UNIA) en 1999,
l’Association des Avicultrices de Dakar (AVIDAK) en 1999, l’Association des
Aviculteurs de Dakar (AAD) en 2000, l’Association des Commerçants de
Produits avicoles (ASCOPA) en 2000, la Fédération des Acteurs de la Filière
Avicole (FAFA) en 2002 et l’Union Nationale des Acteurs de la Filière Avicoles
(UNAFA) en 2004.
2.2.2. Importance socio-économique
Au niveau national, l’aviculture contribue au PIB à hauteur de 30 milliards de
francs CFA (y compris les revenus des services liées à l’activité comme les
abattages, la commercialisation) avec un taux de croissance moyen de son
chiffre d’affaires qui est de 8% de 1994 à 1996 (GAYE, 2004).
Sur le plan socio-économique, l’aviculture sénégalaise générait plus de 10 000
emplois directs et indirects avant l’instauration du tarif extérieur commun
8
(TEC), (FAFA, 2002). La mise en place du TEC a entraîné une suppression de
près de la moitié des emplois, avec la fermeture de plusieurs fermes. Cette
situation semble se rétablir avec la relance de l’activité avicole suite aux
mesures d’arrêt des importations. Il est observé actuellement à une réouverture
d’anciennes fermes, d’une part, et, d’autre part à une prolifération de nouvelles
fermes, comme la zone périurbaine de Thiès. Au niveau de la sous-région,
l’aviculture sénégalaise a un poids économique important dans l’agriculture :
9% pour le poulet et 3,1% pour les œufs de consommation (UEMOA, 2004).
2.2.3. Contraintes sanitaires
Les pathologies dominantes sur les poulets de chair sont, la maladie de
Gumboro, les colibacilloses, les salmonelloses, la maladie de Newcastle et les
coccidioses ; chez les poulettes et les pondeuses ; la maladie de Marek, de
Gumboro, de Newcastle, les colibacilloses et les maladies respiratoires
chroniques sont plus fréquentes.
Il y a une bonne maîtrise des pathologies au niveau de ce type d’aviculture. En
effet, il existe plusieurs cabinets vétérinaires privés installés dans les zones à
haute production pour permettre aux éleveurs de pouvoir s’approvisionner en
vaccins et de bénéficier d’un appui-conseil.
Avec l’intensification et l’augmentation des effectifs, s’instaure un
environnement défavorable influençant négativement sur la rentabilité des
élevages et la qualité des produits. De plus, il a été diagnostiqué l’apparition de
l’encéphalomyélite aviaire ainsi que de la bronchite infectieuse.
2.2.4. Les acteurs de la filière avicole semi-industrielle
Il existe plusieurs acteurs dans la filière qui concourent à sa bonne marche.
Chacun de ces acteurs joue un rôle primordial et assure une fonction spécifique.
Il s’agit des fournisseurs d’intrants (provendiers, accouveurs, vendeurs de
matériels), les producteurs, les abatteurs, les transformateurs, les commerçants
de produits avicoles (bana bana, grossistes, détaillants), les services d’appui-
conseil (CNA, vétérinaires privés) et les organisations professionnelles.
2.2.5. Evolution de la production de la viande de poulet de chair
L’évolution de la production de viande de poulet de chair a connu des périodes
de perturbations surtout de 2000 à 2004 (Figure 1). Cette situation est due à la
fois à des facteurs politique, conjoncturel et structurel.
9
FIGURE 1. Evolution de la production de viande de poulets de chair de 2000 à
2008 (Tec)
Source : CNA ,2008
Sur le plan commercial, la mise en place du TEC au niveau de la zone UEMOA
en 2000 et son application en 2001 a favorisé l’ouverture des marchés. Le
niveau de taxation des produits importés n’était pas assez protecteur, exposant
ainsi l’aviculture sénégalaise à des difficultés de mise en marché. Dans le
contexte de réduction et d’harmonisation des droits de douane dans les pays
membres de l’UEMOA, les taxes à l’importation pour les viandes avicoles sont
passées de 30% en avril 1998 à 25% en 1999 et finalement à 20% en janvier
2000 avec l’avènement du TEC (DUTEURTRE et al, 2005).
Ainsi dans cette période, les importations ont augmenté atteignant 50% et 110%.
Par ailleurs, les contraintes économiques reflétées par une pauvreté croissante,
une baisse généralisée du niveau des revenus et les faibles coûts des
importations provenant de pays de l’Union européenne rendaient encore plus
difficile la survie des producteurs de poulets de chair locaux. La compétitivité
du poulet de chair local a été fortement mise à l’épreuve par les importations
massives de découpes de volailles. Cette situation a occasionné la fermeture et la
faillite de beaucoup d’élevages affectant ainsi la production nationale.
Cependant depuis la suspension en 2005, les productions de poulets de chair ne
cessent d’augmenter atteignant plus de vingt mille tonnes en 2008 (figure1).
2.2.7. Intégration de la filière poulet de chair
Les relations entre les différents acteurs sont de nature informelle et ponctuelle
contrairement à ce qui se passe dans les pays développés où les activités de
production, de transformation, et de commercialisation sont intégrées.
10
Dans le cas de la filière avicole au Sénégal, le modèle d’organisation dominant
est l’intégration horizontale qui consiste pour une entreprise à étendre son
réseau, en acquérant ou développant des activités économiques au même niveau
de la chaine de valeur que ses produits. Ce modèle d’organisation pourrait
limiter la compétitivité de la filière en ce sens un acteur peut assurer plusieurs
fonctions à la fois ; ce qui implique une perte de temps et de moyens (figure 2).
Le but de la concentration horizontale est de répartir les coûts sur une plus
grande quantité de produits. Il peut aussi y avoir un objectif moins avouable qui
est de réduire la concurrence.
11
FIGURE 2 : La filière poulet de chair : structure et flux
APPUI‐CONSEIL PROVENDIERS ACCOUVEURS VENDEURS DE VETERINAIRES
(CNA) (aliment) (poussins) MATERIEL PRIVES
PRODUCTEURS DE POULETS DE CHAIR
ABATTEURS BANABANA GROSSITE
Poulets vifs poulets vifs poulets vifs
DEPLUMEURS
BANABANA
DETAILLANTS
HOTELS SUPERMARCHES/ STATIONS RESTAURATEURS
D’ESSENCE
Poulets abattus(PAC)
Poulets vifs
CONSOMMATEURS FINAUX
Poulets morts déplumés (PAC)
Circuit poulet vif
Circuit PAC 12
2. 3. HISTORIQUE DE LA SUSPENSION DES IMPORTATIONS
2.3.1. Risques de pandémie de grippe aviaire
Depuis 1901, la grippe aviaire est reconnue comme une maladie virale
hautement léthale pour la volaille. En 1955, un type spécifique de virus de la
grippe a été identifié comme agent causal de la peste aviaire. Depuis lors, les
virus de l'influenza aviaire se manifestent par des symptômes très variés chez les
volailles, allant d'une forme bénigne à une maladie parfois mortelle. L'épizootie
qui sévit depuis 2003 et originaire du sud-est asiatique est due au virus H5N1.
Chez les volailles, les dindes sont l’espèce la plus sensible avant les poulets.
Une fois que le virus pénètre dans un élevage de volaille, la maladie se propage
d'elle-même, indépendamment de toute transmission par oiseaux sauvages. Les
matières fécales ainsi que les sécrétions nasales et oculaires des oiseaux
contaminés contiennent une forte concentration de particules infectieuses. Après
son introduction, le virus se propage à l'occasion des déplacements d'oiseaux
infectés, de matériels contaminés, de tablettes d'œufs, de véhicules transportant
des aliments pour animaux et d'équipes d'entretien, pour ne citer que quelques
exemples.
Entre décembre 2003 et 2007, 282 enfants et adultes ont été contaminés par le
virus H5N1 en Asie, au Moyen-Orient et en Afrique. De plus, 169 décès ont été
enregistrés (OMS, 2007).Les victimes de grippe aviaire recensées sont très
souvent des personnes vivant au contact rapproché de volailles élevées à
proximité des lieux d’habitations.
Du fait de la vitesse de propagation du virus, du nombre de décès enregistrés et
des modes d’élevage, les risques de pandémie se précisent et exigent des
autorités politiques et administratives des actions soutenues. À l'instar des autres
maladies animales transfrontières, l'influenza aviaire a eu des effets généralisés
sur les modes de subsistance des petits aviculteurs, les échanges régionaux et
internationaux, la sécurité sanitaire des aliments, la santé publique, les voyages
internationaux et le tourisme. Le défi consiste à maintenir un équilibre entre la
nécessité de protéger les oiseaux (volailles, essentiellement) ,d'une part et d'autre
part, de réduire la désorganisation des moyens d'existence de millions de
personnes intervenant dans la production, la transformation et la vente de la
volaille.
2.3.2. Situation actuelle
Depuis 2003, le virus H5N1 a entraîné la mort ou l’abattage de 150 millions de
volailles, et tué environ 243 personnes dans le monde, (OMS, 2008). Au
13
Sénégal, l’Etat a mobilisé un financement de 500 millions de FCFA pour la
prévention et la lutte contre la grippe aviaire en 2005.
Depuis 2008, l’Union européenne appuie le Sénégal dans la lutte contre la
grippe aviaire dans le cadre du Projet d’appui à la prévention et à la lutte contre
la grippe aviaire (PAPLUGA) qui mène des activités de sensibilisation, de
formation, de renforcement de capacités du dispositif de contrôle des
laboratoires, et la surveillance sont menées. De même, des stocks de vaccins
contre la maladie et de médicaments antiviraux sont pré positionnés pour se
préparer à une éventuelle pénétration du virus sur le territoire national.
14
DEUXIEME PARTIE : CADRE METHODOLOGIQUE ET ANALYSE
DES RESULTATS
CHAPITRE 1 : MATERIELS ET METHODES
1.1. CARACTERISATION DE LA ZONE D’ETUDE
La zone d’étude est localisée dans les départements de Pikine et de Rufisque et
elle est située dans la région géographique des Niayes et avec les mêmes
caractéristiques physique, humaine, climatique qu’elle.
15
FIGURE 3 : Localisation des enquêtes
1.1.1. Localisation et caractéristiques physiques
La zone des Niayes est une région naturelle située au Nord-Ouest du Sénégal.
Elle couvre la frange côtière et son arrière-pays qui s’étend de Dakar à Saint-
Louis sur une longueur de 180km avec une bande côtière de 30km de largeur
(FALL et al, 2001 cité par TOURE et al., 2005). Elle offre un paysage
particulier, caractérisé par des dépressions et des dunes reposant sur une nappe
peu profonde. Cette localisation explique le nombre important de puits au niveau
des exploitations. La position en bordure de mer et les conditions écologiques
particulières en ont fait une zone de forte attraction pour les populations.
1.1.2. Dynamique démographique
La zone se caractérise par une concentration démographique et des disparités
marquées par des densités élevées réduisant ainsi l’espace rural. De plus,
l’intensification croissante de l’agriculture liée aux opportunités offertes par les
marchés urbains engendre une pression forte et continue sur les ressources
naturelles des Niayes en particulier foncières. Les productions avicoles sont
ainsi menacées par la poussée démographique et la pression foncière qui devient
de plus en plus insoutenable.
1.2. DEMARCHE GLOBALE
1.2.1. Approche filière
L’analyse de filière est une analyse de tout un système généré par un produit.
C’est une étude exhaustive de tous ceux qui interviennent dans la filière, de leur
environnement, des actions qui sont menées et des mécanismes qui ont abouti à
de telles actions (TERPEND, 1997).
L’analyse consiste à identifier les agents, les logiques qui les animent, les
fonctions productrices et commerciales, leur poids dans l’ensemble des
échanges, leurs performances en termes de coûts et de revenus et les stratégies
qu’ils développent pour renforcer leurs positions, les mécanismes de
structuration des prix. Cette approche permet également d’identifier et de
caractériser les contraintes au commerce d’un produit, afin de concevoir des
actions pour lever ces contraintes.
En effet, l’analyse en termes de secteurs et/ou branches est insuffisante lorsqu’il
s’agit d’analyser les phénomènes alimentaires qui concernent plusieurs secteurs
fonctionnels. C'est ainsi que cette vision a laissé progressivement place à celle
basée sur la notion de filière qui prend en compte les différentes activités qui la
composent et le besoin de coordination entre elles. La filière n'est plus définie
comme une "branche" d'une économie mais comme un "système". Cette
nouvelle vision a été portée par GOLBERG cité par WADE (2003). Le champ
d’investigation délimité par la filière est donc un cadre privilégié pour l’analyse
16
des phénomènes d’interdépendance et d’intégration qui caractérisent l’appareil
agro-alimentaire, aussi bien au niveau macro qu’au niveau micro-économique.
Au niveau macro-économique, l’approche filière renseigne sur les mécanismes
de la formation de la valeur marchande finale des produits alimentaires, mais
aussi sur le niveau de transformation, les voies d’acheminement de ces biens
vers le consommateur final, l’importance relative des différents secteurs,
l’évolution des structures de production, etc. (PADILLA, 2001).
Au niveau micro-économique, l’approche filière a été utilisée lors de la
constitution d’un espace privilégié pour l’analyse stratégique. Tous les acteurs
d’une filière doivent avoir une bonne connaissance de leur environnement, pour
concevoir et mettre en œuvre des stratégies opérationnelles efficaces. Au niveau
de la recherche, l’approche est devenue une voie privilégiée pour étudier les
comportements et les politiques des différents agents économiques grâce à une
vision intégrée et à une démarche cohérente. C’est ainsi que, l’approche filière,
en s’appuyant sur l’analyse des systèmes, permet des progrès importants en
matière d’analyse et de formulation des stratégies dans le domaine agro-
alimentaire.
1.2.2. Analyse de la rentabilité
La rentabilité des entreprises mesure la capacité à maintenir une activité
productive créatrice de richesses compte tenu des imperfections du marché
concurrentiel et des politiques de protection ou d'incitation. Cette mesure est
principalement fondée sur les comptes de résultat des entreprises. La rentabilité
doit être envisagée suivant les niveaux d’observation en rentabilité
d’exploitation, rentabilité économique et rentabilité financière (KEISER, 2004).
La rentabilité d’exploitation permet d’apprécier l’importance des produits et des
charges concourant à la formation du résultat. La rentabilité économique mesure
les résultats dégagés par les capitaux engagés pour assurer une activité. Enfin, la
rentabilité financière mesure la capacité de l’entreprise de rémunérer les
capitaux propres risqués par des associés.
Pour analyser la rentabilité et la compétitivité des exploitations enquêtées dans
la zone d’étude afin d’établir leur compétitivité dans le contexte de l’arrêt des
importations, un éleveur représentatif de chaque groupe selon la typologie
obtenue est pris comme exemple type. Sur cette base, des comptes de résultat
types ont établis ainsi que les ratios nécessaires à l’analyse.
17
1.3. TECHNIQUES D’INVESTIGATION
1.3.1. Revue bibliographique et collecte de données statistiques
L’accent a été mis sur les thématiques liées à la biosécurité, aux conditions de
mise en marché, à la gestion des exploitations et à l’économie de la filière du
poulet de chair. Les recherches ont été effectuées au niveau des centres de
documentation des instituts de recherche (ISRA-BAME), des écoles de
formation agricoles et vétérinaires (EISMV, ENSA), de l’administration
publique (CNA, DIREL, ANSD), des universités (UCAD) et aussi sur internet.
1.3.2. Entretiens semi-directifs
Les entretiens semi-directifs ont reposé sur une liste de questions ouvertes qui
ont servi de guide et ont permis de recueillir des informations de type qualitatif
(voir annexe 3). Ils ont été appliqués à différentes catégories d’acteurs à savoir
les producteurs, les provendiers, les chercheurs, les accouveurs, les agents de
l’administration chargés de l’encadrement, les commerçants, les responsables
d’organisation, etc.
1.3.3. Enquêtes de terrain
Les enquêtes d’exploitation se sont déroulées du 03 au 22 Août 2009 dans la
zone périurbaine de Dakar plus précisément dans les départements de Rufisque
et de Pikine (Figure 3) où il existe la plus grande concentration de fermes
avicoles, de dépôts d’aliments, d’abattoirs ou tueries.
Concernant les commerçants, les enquêtes et entretiens ont été effectués dans les
grands marchés de volailles comme les marchés de Tilène, de Thiaroye, de
Castor, de Cambérène, et de Sandaga où est écoulé l’essentiel des productions
avicoles (poulets de chair, œufs de consommation, poulets du pays).
Les producteurs de chair enquêtés sont au nombre de 94 et les commerçants de
produits avicoles au nombre total de 20 dans les différents marchés ciblés.
1.3.4. Traitement et analyse des données
Les données d’enquêtes recueillies sur des fiches ont ensuite été saisies sur
tableur avec EXCEL. L’analyse descriptive a porté sur les variables clés
suivantes : l’effectif de la bande, la biosécurité, les intrants, les recettes, la
mortalité. Le logiciel statistique SPSS a permis d’effectuer la typologie des
producteurs de poulets de chair grâce à une analyse factorielle et en s’appuyant
sur la méthode des nuées dynamiques. En plus des statistiques descriptives, les
corrélations entre variables ont été établies et analysées.
.
Enfin, en fonction des groupes de producteurs, les coûts de production, les
différents ratios et les comptes de résultat par classe obtenue ont été calculés et,
les niveaux de rentabilité et de compétitivité de la filière poulet de chair évalués.
18
Les coûts de la biosécurité ont été également estimés en fonction de la typologie
des exploitations.
CHAPITRE 2 : RESULTATS ET DISCUSSIONS
2.1. TYPOLOGIE DES EXPLOITATIONS
L’analyse de la classification par nuées dynamiques a permis de classer les
éleveurs de poulets de chair de l’échantillon enquêté. Les éleveurs sont ainsi
répartis en trois groupes ou classes selon la taille de l’effectif de la bande. Le
groupe I représente 79%, le groupe II 19% et le groupe III 2% (Figure 4).
FIGURE 4 : Typologie des exploitations
Le groupe I concerne 74 observations sur les 94 et représente 79% des effectifs
de l’échantillon ; il est composé d’éleveurs ayant des bandes de 200 à 750 sujets
avec une moyenne de 420 sujets par bande.
Le groupe II est constitué de 18 observations et représente 19% de l’échantillon
enquêté avec des effectifs allant de 1 000 à 2 000 sujets par bande, soit une
moyenne de 1280 par bande. Le groupe III représente 2% de l’échantillon. Il
comporte deux observations avec des effectifs de 3000 sujets par bande.
De fortes corrélations sont également notées entre certaines variables comme le
montrent les coefficients obtenus avec 0,988 entre la taille de l’effectif et les
recettes obtenues, 0,851 entre la biosécurité et les recettes et 0,836 entre la
biosécurité et l’effectif des bandes (Tableau I).
19
Tableau I : Matrice de corrélation
VARIABLES EFFECTIF INTRANTS BIOSECURITE RECETTES MORTALITE
EFFECTIF 1,000 0,921 0,836 0,988 0,759
INTRANTS 0,921 1,000 0,812 0,906 0,776
BIOSECURITE 0,836 0,812 1,000 0,851 0,592
RECETTES 0,988 0,906 0,851 1,000 0,691
MORTALITE 0,759 0,776 0,592 0,691 1,000
NB : La corrélation est significative avec un niveau de 0.01 (bilatéral).
2.2. ESTIMATION DES COUTS
2.2.1. Coûts de production
Les coûts de production ont été calculés pour chaque éleveur représentatif d’un
groupe donné. Ensuite une répartition des différentes charges a été effectuée en
prenant en compte les couts liés à la biosécurité, l’achat d’aliment, l’achat de
poussins, l’amortissement du matériel et les autres charges.
Globalement pour les trois groupes, le poste aliment représente plus de 50% et il
est en moyenne de 62% (Figure 5). Ensuite les poussins représentent en
moyenne 24% suivis des charges liées aux amortissements et à l’investissement,
à la biosécurité et les autres charges de production (Figure 6) Dans les trois
groupes, les charges liées à la biosécurité sont en moyenne de 2,5% (Figure 7).
Ce taux est légèrement supérieur aux résultats de 2% obtenus par DIAGNE
(2007).
Le coût de production d’un poulet est de 1 897 FCFA pour le groupe I ,1 770 F
CFA pour le groupe II et 1 727 F CFA pour le groupe III.
20
FIGURE 5 : Répartition des charges d’exploitations chez le groupe I
FIGURE 6 : Répartition des charges d’exploitations chez le groupe II
FIGURE 7 : Répartition des charges d’exploitations chez le groupe III
21
2.2. 2. Coûts de biosécurité
L’analyse entre les effectifs et la biosécurité dans les élevages visités montrent
qu’il existe une forte corrélation entre ces deux variables discriminatoires. Mais
les calculs effectués sur les coûts de production ne montrent pas une relation
directe entre l’augmentation des effectifs et l’augmentation des couts de
biosécurité en pourcentage.
Les coûts moyens de la biosécurité sont représentés par les couts de prophylaxie
sanitaire, médical ainsi que les coûts des investissements consentis en matière de
biosécurité (achat de bottes, de masques, tenues, pédiluves, etc.).
Pour l’échantillon, la biosécurité entraine des coûts qui s’élèvent à 31 000 F
CFA sur un effectif moyen de 630 sujets avec un écart-type de 24 000 F CFA.
L’interprétation est que la dispersion entre les différents coûts de biosécurité sur
les 94 observations est faible. Plus de 68% des éleveurs enquêtés ont des coûts
de biosécurité qui avoisinent 31 000 F CFA (voir annexe 2).
2.3. RENTABILITE ET COMPETITIVITE DES ELEVAGES
2.3.1. Comptes de résultat
Les comptes de résultat ont été établis sur la base de cas –types d’informations
collectées auprès d’éleveurs représentatifs de chaque groupe. Le compte de
résultat a été élaboré en considérant une année comme cycle d’exploitation.
Ainsi, nous avons tenons compte du nombre de rotation dans l’année et de
l’ensemble des charges décaissées pour la mise en place des bandes. Pour
chaque producteur, nous avons ressorti toutes les charges décaissées et les
produits encaissés durant l’année. A partir de là, nous avons procédé au calcul
de quelques soldes significatifs de gestion pour voir le niveau de rentabilité des
fermes.
Les charges sont constituées par les couts fixes (amortissement des bâtiments,
l’amortissement du matériel, le loyer) et les couts variables (achat de poussins,
achat d’aliment, main d’œuvre, couts de biosécurité, eau, électricité, litière).
22
Tableau II : Comptes de résultat par groupe d’éleveurs (FCFA)
Rubrique Groupe I Groupe II Groupe III
Produits
1. poulets sur pied 10886400 35700000 37296000
2. poulets abattus 1440000 2500000 22200000
3. poulets au kg 2040000 22644000
4. sacs vides 36000 90000 216000
5. Total produits 12362400 40330000 82356000
Charges
6. poussins 2400000 7600000 14760000
7. aliment pré démarrage 1036800
8. aliment démarrage 1033200 4140000 6936000
9. aliment croissance 1382400 6900000 13872000
10. aliment finition 3300000 11040000 19872000
11. copeaux 180000 1000000 720000
12. recharge gaz 748800 104000 156000
13. sachets d'emballage 27000 266400
14. biosécurité 356400 565000 1176000
15. charges personnel 240000 480000 2160000
16. eau 24000 120000 240000
17.électricité 90000 240000
18. transport 200000 240000
19. dotations aux amortissements 332000 905667 505667
20. Total charges 11076800 33306667 62476067
21. Marge brute 4324800 8954000 24597600
22. Valeur ajoutée 1857600 8744000 22785600
23. EBE (22-15) 1617600 8264000 20625600
24. Résultat d’exploitation (5-20) 1285600 7023333 19879933
25. Capacité d’autofinancement (24+19) 1617600 7929000 20385600
2.3.2. Analyse de la rentabilité
Concernant le groupe I, le taux de marge est égal à la marge brute sur le chiffre
d’affaires et il est de 35%. Ainsi, sur le plan commercial, le producteur du
groupe I est efficace et permet d’espérer un bon résultat. Sur le plan de la
rentabilité financière, le rapport entre le résultat net et les capitaux propres est de
12% ; ce taux est rentable, car supérieur au taux d’emprunt des entreprises
généralement inférieur à 10% dans le domaine agricole. Par conséquent, le
producteur du groupe I a une activité qui est financièrement rentable par rapport
au marché financier même, s’il n’a pas contracté de prêt. Sur le plan
économique, l’activité est rentable et les investissements sont représentés par les
coûts de location des bâtiments.
23
Le compte de résultat du groupe II montre que le taux de marge calculé est de
27%.Ce qui veut dire que sur le plan commercial ce producteur est moins
efficace que le producteur du groupe I ; ce qui ne permet pas d’espérer un bon
résultat. Concernant sa rentabilité financière, le ratio résultats nets sur capitaux
propres et en supposant que le financement de ses activités est sur fonds propres,
est égal à 21%. Ce taux obtenu est largement supérieur au taux d’emprunt
pratiqué par les institutions de financement dans le domaine agricole. De ce fait,
l’activité est rentable financièrement.
La rentabilité économique, définit comme le rapport entre le résultat
d’exploitation et le total des actifs est de 175% donc rentable. Un tel niveau de
rentabilité peut être expliqué par la faiblesse des investissements en
immobilisations consentis par le producteur.
Par rapport au groupe III, le calcul de taux de marge brute est de 30%, supérieur
au taux obtenu par le groupe II mais inférieur au taux du groupe I. Ainsi, sur le
plan commercial, le producteur du groupe III a une meilleure efficacité que le
groupe II mais moindre que le groupe I ; son efficacité est moyennement bonne.
Il faut par conséquent prendre des mesures pour renforcer son niveau
d’efficacité.
Sur le plan de la rentabilité financière, le producteur du groupe III a un rapport
résultats d’exploitation sur capitaux propres égal à 32%, donc supérieur aux taux
obtenus par les groupes II et I. Son taux de rentabilité financière est très
appréciable pour ce groupe, avec des taux trois fois plus élevés que ceux
pratiqués par les institutions de financement d’activités agricoles. Le taux
rentabilité économique, qui est égal à 199% peut s’expliquer par
l’amortissement total des immobilisations.
2.3.3. Analyse de la compétitivité
L’analyse de la compétitivité des poulets de chair est faite sur la base des prix de
marchés actuels et des prix de marchés sous les importations de découpes de
volailles.
Il est constaté que la quantité de poulets de chair consommée par habitant depuis
l’arrêt des importations augmente sans atteindre le niveau connu sous les
importations en 2005 ; c’est-à-dire 2,40 kg de viande de poulet de chair par
habitant.
24
Tableau III : Evolution annuelle des offres en viande de poulet de chair
industriel
Année Production Importations Offre global Part Kg/habitant
(tonne) (tonne) importations
locale
(tonne)
2000 7 604 3 141 10 745 29,23% 0,89
2001 7 822 5 324 13 146 40,49% 1,09
2002 6 993 9 960 16 953 58,75% 1,412
2003 5 982 14 924 20 906 71,38% 1,74
2004 7 267 17 613 24 880 70,79% 2,07
2005 9 203 19 692 28 895 68,15% 2,40
2006 11 299 0 11 299 0% 0,94
2007 16 366 0 16 366 0% 1,363
2008 20 450 0 20 450 0% 1,70
D’autre part, l’offre global est également plus faible avec la suspension des
importations ; ce qui montre qu’il existe potentiellement des parts de marché à
conquérir donc, des marges de progression de la production locale de poulets de
chair.
En comparant les coûts de production du poulet de chair en 2005 qui étaient de
1375F CFA (SEN-INGENIERIE CONSULT, 2006) et qui sont passés à plus de
1700 F CFA en 2009, soit une augmentation de 20%. Parallèlement, les prix de
marché ont augmenté actuellement sur les différents produits des poulets de
chair.
Tableau IV : Prix relevés aux consommateurs (FCFA)
Produits Poulets sur pied Poulets abattus Kg de poulet
Prix unitaire 2 500 2 750 1 500
25
2.4. RECOMMANDATIONS
La filière poulet de chair industrielle, à la lumière des investigations sur sa
compétitivité, montre que des efforts restent à faire malgré ses potentialités pour
la rendre plus compétitive.
Le calcul et l’analyse des coûts de production montrent des coûts élevés qui
nécessitent que des stratégies et des mesures soient initiées de manière urgente
pour maitriser ces coûts et mettre sur le marché des produits moins chers.
Du point de vue de la biosécurité, beaucoup d’efforts sont attendus compte tenu
de la faible part, de celle-ci dans les charges d’exploitation ; ce qui est
disproportionnel à la taille des effectifs mis en élevage. En effet, le niveau de
biosécurité doit accroitre avec l’augmentation des effectifs de volailles surtout
dans un contexte de surveillance passive et active de la grippe aviaire pour un
meilleur accès aux marchés (FAO, 2008).
Dans un souci de maitrise des couts de production, de la biosécurité et de
l’amélioration de la qualité des produits mis sur le marché un certain nombre de
mesures sont nécessaires à tous les niveaux.
2.4.1. Au niveau régional
Compte tenu de la place des intrants en particulier de l’aliment dans les charges
de productions et de la situation parfois excédentaire en maïs de certains pays de
la région ouest-africaine ; il serait nécessaire de diversifier les sources
d’approvisionnement en intrants par une approche régionale au sein de
l’UEMOA et de la CEDEAO.
Ainsi les zones de fortes productions de céréales telles que le maïs peuvent
approvisionner celles qui en sont demandeuses.
Sur le plan fiscal, la mise en place du TEC depuis 2001 n’a pas été un
mécanisme assez protecteur des filières avicoles de l’Afrique de l’ouest et a
beaucoup favorisé les poussées d’importations de poulets et de découpes.
Cette situation de menaces de disparition des filières avicoles exige une nouvelle
grille de taxation des produits avicoles avec l’institutionnalisation d’une
cinquième bande dans les niveaux de droits de douane de l’UEMOA où les
produits avicoles vont être taxés à 50% car le taux du TEC actuel est considéré
comme très bas.
Dans le cadre des Accords de Partenariat Economique (APE) entre la région
Afrique de l’Ouest et l’Union Européenne qui prévoient une libre échange entre
les deux régions et une réciprocité, des négociations sont en cours afin
d’identifier des produits qui feront l’objet d’un traitement spécial et différentié.
Compte tenu du role socio-économique des produits avicoles, il parait pertinent
d’inscrire ces produits en particulier le poulet de chair sur la liste des produits
sensibles qui bénéficieront d’une certaine protection après l’entrée en vigueur
des accords.
26
Dans le but d’accompagner et de renforcer la compétitivité de la filière poulet de
chair à l’image de l’initiative dénommée « offensive régionale pour la
production agricole et contre la faim »est lancée en 2008 par la CEDEAO et qui
vise entre autres objectifs la structuration des filières et la régulation des
marchés.
Il semble pour la promotion de la filière avicole en particulier poulet de chair de
mettre un fonds spécial dans ce sens avec des objectifs spécifiques qui
concourent à améliorer la compétitivité de celle-ci.
2.4.2. Au niveau national
Les différentes politiques de développement de l’élevage se sont effectuées dans
une approche globalisante qui ne permettait pas de prendre en considération les
spécificités des filières de productions animales. La faiblesse des budgets
alloués et l’instabilité institutionnelle qui constituaient des obstacles objectifs à
l’efficacité de telles mesures.
C’est pourquoi, il est aujourd’hui important de mettre en place une politique de
développement de l’aviculture basée sur une approche filière et reposant sur un
diagnostic approfondi. Une telle politique basée sur des objectifs majeurs
clairement identifiés donne une vision de développement de la filière avicole au
Sénégal.
Le faible niveau de prise en compte de la biosécurité dans la filière avicole
surtout en production recommande davantage de sensibiliser et informer les
acteurs sur la biosécurité et sur les risques liés à un non respect de ses normes.
Car la rentabilité, la sécurité et la durabilité des activités avicoles semblent
étroitement liées au respect des règles d’hygiène et de biosécurité.
La répartition des charges d’exploitations dans la production du poulet de chair
pour les trois catégories d’éleveurs montre que le maïs représente l’intrant le
plus important.
De plus le maïs est totalement importé ; ce qui, sur le plan économique, est une
perte de devises pour notre pays.
Des études ont été effectuées sur la possibilité de substitution du maïs par le
sorgho. En effet, ce dernier présente une caractéristique énergétique intéressante
à même de satisfaire les besoins théoriques de la volaille. Mais, son utilisation
est ralentie par son taux d’incorporation limité par la présence du tanin d’une
part, et d’autre part la fluctuation du prix (SANDERS et al. 2006).
C’est pour ces raisons évoquées ci-dessus qu’il est urgent d’appuyer la
recherche-développement pour trouver des solutions alternatives à céréales telles
que le maïs.
L’organisation de la filière avicole en particulier la distribution constitue un des
maillons faibles pour sa promotion.
27
Cette situation est due à la forme d’intégration horizontale de la filière qui ne
permet pas de voir plus de visibilité et de maitrise sur les circuits de distribution
des produits avicoles.
Pour relever un tel défi, les différents acteurs doivent être impliqués par les
autorités nationales dans l’organisation de la filière surtout des circuits de
distribution.
La forme de présentation des poulets de chair dans le marché constitue un
obstacle de taille du point de vue de l’accessibilité et des prix. Elle limite
également la disponibilité du produit dans certains circuits de commercialisation
tels que les grandes surfaces (supermarchés) et chez certains grands
consommateurs comme les universités, les hôpitaux, l’armée, les hôtels, etc.
Il est constaté également que si les populations ont accordé un intérêt croissant
aux importations ; c’est moins par préférence ou qualité sanitaire ou
organoleptique, mais par l’adaptation de ces produits qui sont adaptés à presque
tous les revenus.
Donc il semble que l’amélioration de la qualité commerciale des produits
avicoles est une préoccupation à laquelle tous les acteurs de la filière doivent
réfléchir pour y apporter des remèdes. Il s’agit pour cela de mettre en place des
unités de transformation, de conservation et de stockage pour garantir la
disponibilité du produit sur les marchés national et régional (PDMAS).
2.4.3. Au niveau des acteurs
La privatisation et la libéralisation des services d’appui à l’élevage précocement
a eu pour conséquence la non préparation des éleveurs et de leurs organisations
à la prise en charge correcte de certaines missions qui leur sont rétrocédées.
Dés lors un certain nombre des défaillances sont relevées sur toutes les filières
d’élevage.
Ainsi les éleveurs de volailles en particulier de poulets de chair ont besoin d’un
minimum d’accompagnement comme le renforcement de leurs capacités
techniques, de gestion et managériales par des séminaires de formation, des
voyages d’études, des participations à des salons.
Pour des soucis de marketing et de promotion des qualités spécificités des
poulets de chair produits localement, il est nécessaire d’accompagner les acteurs
vers la labellisation.
Cette plus-value est un avantage compétitif dans ce contexte de libre échange et
permet au poulet de chair de gagner d’autres parts de marché.
Enfin de se concerter, d’échanger, il est pertinent de mettre en place un cadre
unitaire de concertation qui sera un véritable observatoire de la filière et ainsi
anticiper sur toutes les questions.
C’est seulement avec un tel niveau d’organisation que les acteurs peuvent être
en réseaux, initier des actions de lobbying et faire aboutir leurs préoccupations.
28
Ce cadre sera l’interlocuteur privilégié des différentes autorités et permettra
d’harmoniser les interventions de tous les partenaires qui travaillent dans la
filière avicole.
Dans ce contexte de grippe aviaire et de risques de pandémie il est recommandé
de poursuivre la sensibilisation et la formation des différents acteurs sur les
notions de biosécurité et de santé publique.
CONCLUSION
L’aviculture sénégalaise industrielle et semi-industrielle regorge d’énormes
potentialités et elle est en pleine expansion depuis 2005. Cependant, elle a connu
depuis les années soixante plusieurs mutations liées au contexte politique
national, régional et international.
Les mutations observées sont dues globalement à trois événements historiques à
savoir la privatisation de nos économies sous les injonctions des institutions de
Brettons Word (Banque mondiale, FMI), l’application du TEC en 2001
entrainant l’ouverture des frontières et enfin, la mesure de suspension des
importations de produits avicoles pour raison de grippe aviaire. Toutes ces
raisons et l’absence d’une véritable politique de filière font que l’aviculture
sénégalaise a du mal, à s’organiser, à se professionnaliser et à être compétitive
afin de contribuer au développement socio-économique de notre pays.
Les différents obstacles à une bonne compétitivité de la filière poulet de chair
doivent être identifiés avec la participation de tous, (État, aviculteurs,
chercheurs, bailleurs, consommateurs, partenaires) afin de trouver des solutions
efficaces et acceptées.
Du point de vue de la biosécurité, beaucoup d’efforts sont attendus compte tenu
de sa faible part, dans les charges d’exploitations. En effet, la question de la
prise en compte de la biosécurité connait un regain d’intérêt et d’attention dans
les domaines agricoles et agroalimentaires.
Enfin, dans la mise en œuvre des mesures proposées, demande des
investigations plus poussées.
Il s’agira d’évaluer leurs coûts, analyser la faisabilité sociale, politique,
économique de telles mesures.
Afin de respecter les engagements pris par le Sénégal aux niveaux international,
régional et sous-régional, il est nécessaire de vérifier leur conformité.
29
BIBLIOGRAPHIE
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septembre ,2003. 87p
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final GRET. 146p
31
ANNEXES
Annexe 1 : Statistiques descriptives des variables
Variables Moyenne Ecart - type N analyses N manquantes
Effectif bande 638,83 528,50 94 0
Intrants 857828,72 589301,44 94 0
Biosécurité 31536,70 24012,18 94 0
Mortalité 28,17 38,81 94 0
Recettes 1366806 1201418 94 0
annuelles
Annexe 2 : Coûts de biosécurité selon le groupe d’éleveurs
ELEVEURS MOYENNE ECART-TYPE
Groupe I 22500 7800
Groupe II 60000 27500
Groupe III 120000 47000
Source : Nos enquêtes
Annexe 3 : Guide d’entretien
1. Rappelez-moi un peu le contexte avant la suspension des importations ?
2. Comment appréciez-vous la mesure de suspension des importations de
produits avicoles ?
3. Quelles sont les retombées d’une telle mesure sur votre exploitation ?
4. Qu’est ce que vous faites pour ne pas être surpris de la levée de la mesure de
suspension ?
5. Quelles sont vos suggestions pour promouvoir durablement la filière avicole ?
32
Annexe 4 : Questionnaire d’enquête producteurs de poulet de chair
Date Producteur n° :
Nom du fermier Adresse
Pratiquez-vous l’aviculture avant l’arrêt des importations?
Si non pourquoi la pratiquez-vous maintenant ?
Si oui en quelle année vous avez démarrez ?
I. Caractéristiques de la ferme
[Link] de spéculation
Chair Ponte Mixte
2.Bâtiments et infrastructures
2.1 En quelle année le bâtiment est construit ?
2.2 Etes vous le propriétaire du bâtiment ?
2.3 Quel est le coût du bâtiment……………………………………
2.4 Si vous louez vous payez comment par mois ?…………………
Avant l’arrêt des importations à combien revenez la location ?
2.5 Quelle source d’eau vous permet d’abreuver vos volailles ?
Robinet puits autre
2.6 quel est le montant de votre facture d’eau mensuelle………………………………. (CFA)
Avant l’arrêt des importations à combien s’élevait votre facture d’eau ?
[Link]ériels d’élevage
3.1 Quels sont les prix et quantités des matériels avicoles ?
Matériels Types quantités Prix unitaire Date d’acquisition
Mangeoires
Abreuvoirs
Mélangeurs
Radiant
Lampe à gaz
Balance
futs
Seaux et bassines
Petit matériel
Autres
3.2 Combien de recharge de gaz utilisez-vous par bande ?
33
Avant arrêt après arrêt
3.3 Quel est le coût de l’électricité (mensuel) ?
Avant arrêt après arrêt
II. Approvisionnement
1. Aliments
1.1 Quelle quantité d’aliment achetez-vous par bande?
Période Type d’aliment Quantité (sacs) Prix (F CFA)
Avant Démarrage
arrêt Croissance
Finition
Après Démarrage
arrêt Croissance
Finition
2. Poussins
2.1 Quel est le prix d’achat d’un poussin ?
Avant l’arrêt après l’arrêt
2.2 Quels sont les coûts liés à l’approvisionnement en poussins ?
Avant l’arrêt après l’arrêt
2.3 Quel est le nombre de poussins mis en élevage par bande?
Avant l’arrêt après l’arrêt
2.4Quel est le nombre de bandes mis en élevage par an ?
Avant l’arrêt après l’arrêt
3. Prophylaxie
3.1 Quels sont les vaccins que vous utilisez ?
Avant arrêt après arrêt
3.2 A combien les vaccins sont-ils achetés ?
Avant l’arrêt après l’arrêt
3.3 Quels sont les autres médicaments utilisez durant la conduite d’une bande ?
Avant arrêt après arrêt
Antibiotiques anticoccidiens déparasitant autres
3.4 Combien dépensez-vous en médicaments ?
Avant l’arrêt après l’arrêt
3.5 Nombre de poulets morts par bande ?
Avant arrêt après arrêt
4. Litière
4.1Si vous utilisez le copeau de bois quel est le nombre de sacs que vous utilisez par bande ?
Avant arrêt après arrêt
4.2 Quel est le prix d’un sac de copeaux ?
Avant l’arrêt après l’arrêt
4.3 Quel est le cout de transport des sacs de copeaux ?
Avant l’arrêt après l’arrêt
34
5. Main d’œuvre (L)
5.1 Combien d’employés avez-vous ?
Avant arrêt après arrêt
5.2 Type de main d’œuvre ?
Permanente temporaire familiale
5.3 Modalités de paiement de la main d’œuvre ?
Mode de Mensuelle Par bande Par intervention Autres
rémunération
Montant avant
arrêt
Montant après
arrêt
6. Commercialisation des produits avicoles
6.1 Si abattus, quels sont les coûts liés à l’abattage ?
période Abattage transport déplumage Mise en autres
sachets
Avant
arrêt
Après
arrêt
6.2 Age et poids des poulets de chair vendus sur pied ?
Période Age (jours) Poids vif (kilogramme)
Avant arrêt
Après arrêt
6.3 Age et poids des poulets à l’abattage ?
Période Age (jours) Poids (kilogramme)
Avant arrêt
Après arrêt
6.4 Quel est le poids moyen des poulets tués et vidés ?
Avant arrêt après arrêt
Moins 1Kg entre 1 et 1,5Kg entre 1,5 et 2Kg 2Kg et plus
6.5 Qui sont vos principaux clients ?
Avant arrêt après arrêt
6.6 Quelle est la quantité des produits vendus à vos clients par bande ?
Période Clients Sur pied Tué et vidés Prix de vente
Avant arrêt Bana bana
Restaurateurs
35
Consommateurs
finaux
Grandes surfaces
Hôtels
Après arrêt Bana bana
Restaurateurs
Consommateurs
finaux
Grandes surfaces
Hôtels
6.7 Quels sont les modes de paiements ?
Avant arrêt après arrêt
Comptant crédit autre
7. Autres produits d’exploitation
7.1 Litière
A combien vendez vous un sac de litière à la fin de la bande ?
Avant arrêt après arrêt
Combien de sacs vous récupérer par bande ?
7.2 Sacs vides
Quel est le nombre de sacs d’aliments vides commercialisables par bande ?
A quel prix, vendez vous un sac vide ?
Avant arrêt après arrêt
8. Biosécurité
Formation
8.1 Quel type de formation as-tu subi ?
Avant arrêt après arrêt
8.2 as-tu assisté à des séminaires sur la biosécurité ou l’hygiène ?
Avant arrêt après arrêt
Infrastructures
8.3 Quelle place accordez-vous à la biosécurité dans l’exploitation ?
Avant arrêt après arrêt
8.4 Quel type d’investissement avez-vous réservé à la biosécurité ?
Avant arrêt après arrêt
8.5Combien ont couté ces investissements ?
Avant arrêt après arrêt
Circulation et mobilité
8.6 Quelles sont les instructions prises pour contrôler la circulation des personnes et des
biens ?
Avant arrêt après arrêt
8.7 Combien ces mesures ont couté ?
Avant arrêt après arrêt
Vide sanitaire et gestion des déchets
36
8.8 Comment les cadavres de poulets sont-ils traités ?
Avant arrêt après arrêt
Enfouissement incinération jetés hors de l’exploitation autres
8.9 Est-ce que vous respectez les vides sanitaires ?
Avant arrêt après arrêt
8.10 Combien de jours durent le vide sanitaire ?
Avant arrêt après arrêt
8.11 Quels sont les produits que vous utilisez pour la désinfection ?
Avant arrêt après arrêt
8.12 Combien coutent le vide sanitaire et la désinfection ?
Avant arrêt après arrêt
8.13 Autres mesures prises pour améliorer la biosécurité ?
Avant arrêt après arrêt
37
Annexe 5 : Questionnaire d’enquête commerçants de produits avicoles
Date : N°FICHE :
Prénoms et Nom :
Marché :
Adresse :
Tel :
1. Types de produits avicoles commercialisés
Avant arrêt après arrêt
2. Approvisionnement
Où achetez-vous vos poulets ?
Avant arrêt après arrêt
Quel est la périodicité de votre approvisionnement?
Avant arrêt après arrêt
Combien de poulets vendez –vous par période ?
Avant arrêt après arrêt
A combien achetez-vous un poulet de chair ?
Avant arrêt après arrêt
Combien vous coûte le transport des poulets de la ferme jusqu’au marché ?
Avant arrêt après arrêt
3. Commercialisation
Poulets vivants
A combien vendez-vous un poulet de chair sur pied ?
Avant arrêt après arrêt
Quel est le nombre de poulets commercialisés par période ?
Avant arrêt après arrêt
A quelle occasion vendez-vous plus de poulets ?
Période Korité Tamkharit Magal Noel Pacque Fin Gamou Autre
d’année
Avant
arrêt
Après
arret
Poulets tués et vidés
A combien vendez-vous un poulet de chair tué et vidé ?
Avant arrêt après arrêt
Quel est le nombre de poulets vendus par période ?
Avant arrêt après arrêt
A quelle occasion vendez-vous plus de poulets ?
Période Korité Tamkharit Magal Noel Pacque Fin Gamou Autre
d’année
Avant
arrêt
Après
arrêt
Combien coute le déplumage d’un poulet ?
Avant arrêt après arrêt
Quelles sont les autres charges liées à la vente de poulets tués et vidés ?
38
Avant arrêt après arrêt
Comment vendez-vous ?
Avant arrêt après arrêt
Au Comptant A crédit autre modalité
Si vous vendez à crédit quelle la périodicité du recouvrement ?
Avant arrêt après arrêt
Qui sont vos clients ?
Avant arrêt après arrêt
4. Biosécurité
Quels sont les investissements consentis dans l’hygiène?
Avant arrêt après arrêt
Combien ces investissements ont coûté ?
Avant arrêt après arrêt
Comment les volailles sont logées ?
Avant arrêt après arrêt
Regroupées par provenance par espèces mélangées autres
Existent-ils des contacts avec les volailles des autres commerçants ?
Avant arrêt après arrêt
Avez-vous reçu une formation en biosécurité ou hygiène ?
Avant arrêt après arrêt
Avec quelle institution ou partenaire ?
Combien vous a coûté la formation ?
Avant arrêt après arrêt
5. Stockage et conservation
Depuis quand êtes-vous installé dans ce magasin ?
Avant arrêt après arrêt
Etes-vous propriétaire ?
Si oui quel est le coût du magasin ?
Etes- vous locataires ?
Si oui quel est le montant de la location ?
Avant arrêt après arrêt
Est – ce que vous avez un prêt ?
Avant arrêt après arrêt
En cas de mévente combien coûte la conservation des poulets morts par jour ?
Avant arrêt après arrêt
Quels sont les coûts d’entretien de votre cheptel ?
Avant arrêt après arrêt
6. Taxes et impôts
Quelles sont les taxes que vous payez ?
Avant arrêt après arrêt
Taxe Montant (F Mensuelle Annuelle Journalière Autre
CFA)
Municipale
Patente
TVA
Impôts sur le
revenu
Autre
39
7. Gardiennage et sécurité
Qui assure le gardiennage ?
Avant arrêt après arrêt
Un parent mon fils un gardien
Si oui combien vous le payez ?
Avant arrêt après arrêt
Avez-vous souscrit à une police d’assurance ?
Avant arrêt après arrêt
Si oui quel est le coût annuel ?
40