Guide des Oiseaux de France
Guide des Oiseaux de France
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LE GUIDE
DES OISEAUX
DE FRANCE
Jérôme Morin
Gérard Guillot
Julien Norwood
Les photos publiées dans ce guide proviennent toutes (sauf photos de couverture
et à une exception près pour les fiches) de l’agence Biosphoto (voir les crédits p. 524).
Les sons des oiseaux proviennent en grande majorité de l’agence Biosphoto
(voir les crédits p. 527).
Les auteurs et les Éditions Belin remercient Yann Rigaud, de l’agence Allnature,
pour ses conseils précieux et l’aide qu’il a apportée à la sélection des photos
lors de la réalisation de la première édition de ce guide.
Le code de la propriété intellectuelle n’autorise que « les copies ou reproductions strictement réservées à l’usage
privé du copiste et non destinées à une utilisation collective » [article L. 122-5] ; il autorise également les courtes
citations effectuées dans un but d’exemple ou d’illustration. En revanche « toute représentation ou reproduction
intégrale ou partielle, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite »
[article L. 122-4]. La loi 95-4 du 3 janvier 1994 a confié au C.F.C. (Centre français de l’exploitation du droit de
copie, 20, rue des Grands Augustins, 75 006 Paris), l’exclusivité de la gestion du droit de reprographie. Toute
photocopie d’œuvres protégées, exécutée sans son accord préalable, constitue une contrefaçon sanctionnée par
les articles 425 et suivants du Code pénal.
Sommaire
Clé d’identification 62
Bibliographie 511
S’alimenter
p. 8 à 61 Lesoiseauxn’ontpasdedents...toutlemondelesait.Enrevanche,ilssont
équipés d’un jabot, qui fait office d’estomac et stocke les aliments, et d’un
gésier, organe formé de muscles puissants qui est capable de broyer des
graines, des coquilles, des os, etc., et fait donc office de « dents ». Certains
oiseaux – surtout les granivores (voir ci-dessous) – avalent même de petits
monde fascinant des oiseaux. Coupe du gésier montrant les graines broyées
par l’action des muscles, ainsi que les petits
cailloux participant au broyage
Aucoursdel’évolution,lesoiseauxontsubidifférentestransformationsleur
▲
Attention
Vous trouverez
laformedubec,p.15):ilspeuventêtrefrugivores,granivores,herbivores
Ilesttrèsdifficiled’identifierune Ramasser une plume d’oiseau
ouencoreomnivores(ilsconsommentalorsdifférentstypesd’aliments).
La plume, c’est l’oiseau plume.Quelquesexemplessont protégé est interdit par la loi !
▲
▲
glande uropygiale
également des
spécialisée,laplumesertd’outilde
contient une huile Alimentationsaisonnièrepourbeaucoupd’oiseaux,lesfruitscharnusànoyau(drupes)et
locomotion,decommunicationet protectrice dont
d’isolantthermique.Composéede l’oiseau (ici, un àpépins(baies)sontd’importantessourcesd’énergie.Ilssontconsommésenétéparles
Guêpier) enduit oisillonsetlesadultes,maisaussienautomnepourconstituerdesréservesenvuedela
kératine,elleestlégère,maisfragile.
ses plumes lors migration,oubienenpleinhiverlorsquelesautressourcesdenourritureontdisparu.
L’oiseaudoitdoncarrangeretnettoyer de sa toilette.
informations
quotidiennementsonplumageafin
2
d’assurersasurvie(lesplumesusées
sontremplacéeslorsdelamue). 16
L’oiseauestrecouvertdedeuxcouches
Si l’Hirondelle rustique
deplumes:lesplumesextérieuressont
permettant d’identifier
porte 1500 plumes, le 1 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15
appeléestectrices,etlesintérieures Cygne tuberculé en pos- Entre 2 et 7 cm de long
duvet. sède plus de 25 000 !
1. Rouge-queue noir. 2. Troglodyte. 3. Grive musicienne. 4. Bécassine des marais. 5. Pluvier doré.
6. Grimpereau des bois. 7. Moineau domestique. 8. Jaseur boréal. 9 et 10. Chardonneret élégant.
11. Verdier d’Europe. 12. Pinson des arbres. 13. Traquet motteux. 14. Mésange bleue. 15. Martin-
principales plumes
moyennes
couvertures
s’AlImeNTeR 27
grandes
couvertures
alula
rémiges tertiaires 19
rémiges secondaires 2 17
rectrices
externes 4
rémiges primaires 12
7
duvet plumes
promenades.
vexille 1 5 6 8 11 15 20
interne
rachis
barbule sous-caudales
barbe Entre 8 et 15 cm de long
1. Loriot d’Europe. 2. Rollier d’Europe. 3. Guêpier d’Europe. 4. Pigeon biset. 5. Grive
musicienne. 6. Merle noir. 7. Martinet noir. 8, 9 et 10. Canard colvert. 11. Bécasse des bois. 12. Pie
Les différentes plumes d’un oiseau et leur anatomie bavarde. 13. Gros-bec casse-noyaux. 14. Faisan de Colchide. 15. Perdrix rouge. 16. Pic épeiche.
(ici, un Moineau ; voir aussi p. 40) 17. Huppe fasciée. 18. Tichodrome échelette. 19 et 20. Pic-vert.
16 plumes 18 plumes
p. 62-63
Clé d’identification
L’identification d’une espèce s’appuie avant
Les oiseaux sont classés selon leur morphologie générale et la forme de leur
tout sur l’aspect général de l’oiseau observé : bec en dix grands groupes (voir p. 4 pour une définition de ces groupes).
Oiseaux aquatiques, à pattes palmées, souvent posés sur l’eau – Canards, oies, cygnes,
grèbes, plongeons et cormorans.
Oiseaux en général à longues pattes, se tenant souvent au bord de l’eau – Hérons, grues,
flamants, cigognes, « limicoles », Glaréole à collier, Œdicnème criard.
.............................................................................................
classification scientifique (° p. 12)... mais ils Oiseaux de rivage, aux pattes palmées, souvent marins – Mouettes, goélands, labbes,
sternes, pétrels, Fou de Bassan, guifettes, Pingouin et Macareux.
...................................................................................................
10 groupes morphologiques (° clé p. 62). Oiseaux prédateurs diurnes ou nocturnes, à bec et pattes crochus – Aigles, milans,
Bondrée apivore, Élanion blanc, buses, faucons, vautours, chouettes, hiboux, etc.
.....................................................................................
(voir ci-contre).
62 IDENTIFIER
4 mode d’emploi
p. 64-463
Les fiches descriptives de ce guide regroupent Onglets
l’ensemble des oiseaux régulièrement observés Les onglets de couleur
permettent de repérer
en France (° p. 64 à 463). Les espèces rarement facilement le groupe auquel
observées, dites occasionnelles ou rares, sont décrites appartient votre oiseau ;
et illustrées dans une seconde partie (° p. 464 à 509). ° p. 62-63
MÂLE FEMELLE
Occasionnel De passage
Photos
L’oiseau est présenté sous
tous les aspects néces- MÂLE NIDIFICATION
saires à l’identification Niche dans un trou d’arbre mort ou au bois
tendre. Jusqu’à 7 œufs couvés 2 semaines.
Pour bien l’identifier… Pour bien l’identifier…
Envol des jeunes, nidicoles, à 3 semaines.
RÉGIME ALIMENTAIRE
Présente tous les caractères Moustache noire partant du bec et Surtout des insectes xylophages capturés
à observer pour reconnaître rejoignant la nuque Calotte noire et joue dans les arbres, ainsi que graines (notam-
blanche Tache rouge sur la nuque (mâle)
l’oiseau, qu’il soit immature Ailes noires barrées de blanc Dessous
ment de conifères), baies et parfois oisillons.
ou adulte ; sauf indication blanc terne Dessous de la queue rouge vif ESPÈCES RESSEMBLANTES
bien délimité Dos noir, longue et grande Le Pic mar (ci-contre) a une calotte rouge non
contraire, la description tache blanche de chaque côté (en vol)
bordée de noir (contrairement au jeune Pic
concerne « tous plumages » ; Jeune Calotte rouge bordée
de noir Dessous de la queue et bas ventre
épeiche), les joues blanches, une moustache
les plumages des mâles, rougeâtres noire réduite qui ne rejoint pas la nuque et
les flancs rayés. Le Pic épeichette (p. 322),
femelles ou jeunes sont dis- plus petit, n’a pas de tache blanche vers la
tingués lorsque nécessaire Où et quand l’observer ? base des ailes. Le Pic à dos blanc (p. 323), plus
▲
(° p. 52)
Préface
6 préface
oiseaux » (je regrette que l’on n’ait pas trouvé une formule française), cette
activité connaît aujourd’hui un essor sans précédent avec des animateurs
nature qui favorisent l’initiation.
Reste que si la découverte des oiseaux doit se développer encore davantage,
elle n’a de sens que si les oiseaux… sont au rendez-vous ! Or, toutes les enquêtes
de terrain révèlent le déclin d’un grand nombre d’espèces. Et tout particu-
lièrement celles qui sont dites « spécialisées », c’est-à-dire ayant notamment
un régime alimentaire très ciblé (insectivore, par exemple ; voir p. 27 et
suivantes). De même, le constat pointe la disparition inquiétante pour les
espèces liées aux territoires des vastes exploitations agricoles. La disparition
des haies ou l’emploi des pesticides en tout genre expliquent notamment ce
déclin.
La Ligue pour la protection des oiseaux se bat, depuis un siècle, pour préser-
ver le peuple des airs. Par bonheur, les victoires remportées (arrêt du bracon-
nage des tourterelles, reconnaissance du préjudice écologique, résilience des
cigognes ou de grands rapaces, etc.) prouvent que son engagement permet
véritablement de donner une chance au vivant qui nous entoure. Mais ses
capacités d’action ne valent qui si elle est représentative. En clair, le nombre
d’adhérents permet de peser auprès des décideurs… Vous l’aurez compris, je
prêche pour que vous rejoigniez les rangs de la LPO, par solidarité, afin que
ce guide permette d’observer le plus longtemps possible, les fragiles, mais
fabuleuses, mécaniques biologiques que sont les oiseaux.
Allain Bougrain-Dubourg
Président de la
Ligue pour la protection des oiseaux
Records battus !
●● La plus grande
envergure : le Vautour
moine mesure 2,95 m
de large lorsqu'il
déploie ses ailes. Le
Gypaëte barbu a une
envergure similaire.
●● Le plus lourd :
le Cygne tuberculé
pèse jusqu'à 13 kg.
Espèces généralistes
▲
Espèces spécialisées
▲
Espèces migratrices
▲
Un peu de classification...
Comme tous les êtres vivants, les oiseaux appartiennent à un ordre, une
famille, un genre et une espèce. Chaque espèce possède en français un nom
vulgaire, ou nom vernaculaire, ainsi qu’un nom scientifique, en latin. Pre-
nons l’exemple de la Bergeronette grise (Moticilla alba).
Ordre : Passériformes
▲
Famille : Motacillidés
▲
Genre : Motacilla
▲
11
La classification moderne
Depuis longtemps, les oiseaux, comme tous les organismes vivants, ont été
classés. Mais la manière de les classer a considéralement changé. Aujourd’hui,
les espèces sont considérées comme le fruit d’une longue généalogie qu’il
s’agit de retracer. La classification est donc phylogénétique : elle reflète les
degrés relatifs de parentés entre espèces.
L a révolution dans les sciences de la classification vint avec Charles Darwin qui, en
1859, publia sa théorie de l’évolution dans son grand œuvre, L’origine des espèces : il
démontra que les espèces varient, que certaines variations sont sélectionnées par
l’environnement et transmises à la descendance. Cette évolution, souvent lente, peut
conduire à la formation de nouvelles espèces.
La classification moderne, dite phylogénétique, ou phylogénie, révèle les caractères
hérités d’un ancêtre commun (seuls utilisés pour classer). C’est ainsi que les oiseaux sont
désormais regroupés auprès des crocodiles : bien que fort différents, ils sont plus proches
entre eux qu’avec n’importe quel autre groupe d’êtres vivants.
ous présentons ci-dessous un arbre qui schématise les relations de parenté, tissées par
N
une évolution commune, entre les différents ordres d’oiseaux de France.
Ansériformes
(canards, oies, cygnes)
Galliformes
(perdrix, faisans, tétras, etc.)
Columbiformes
(pigeons, flamants, grèbes)
Caprimulgiformes
(engoulevents, martinets)
Natatores
(hérons, cigognes, plongeons,
pétrels, fous, cormorans)
Otidiformes
(outardes)
Gruiformes
(grues, râles, foulques, Poule
d’eau, etc.)
Cuculiformes
(coucous)
Charadriiformes
(mouettes, sternes, bécasses,
limicoles, alcidés)
Accipitriformes
(aigles, milans, buses,
chouettes, hiboux, etc.)
Coraciiformes
(pics, martins-pêcheurs,
guêpiers, Rollier, Huppe)
Falconiformes
(faucons)
Psittaciformes
(perruches)
Passereaux
(fauvettes, hirondelles,
corbeaux, mésanges,
Source : La classification
phylogénétique du vivant, merles, bruants, etc.)
tome 2, Éditions Belin 2013.
13
L’anatomie*
L’anatomie externe
▲
(ici, un Moineau)
nuque calotte
œil
petites
couvertures manteau
ou dos bec
moyennes
couvertures
plumes grandes
couvertures joue
rémiges
tertiaires gorge
rémiges
secondaires
rémiges scapulaires
primaires
croupion alula
queue
ventre
sous-caudales flanc
tibia
pattes
Le squelette
▲
cubitus
radius
scapula
(omoplate)
bassin clavicules
(fourchette)
pygostyle
coracoïde
fémur sternum
tibiotarse
tarso-métatarse
Le bec
▲
Merle noir
culmen
Large avec Court à grande
culmen prononcé Crochu ouverture
enveloppe
cornée
Long et recourbé
Les pattes
▲
L es pattes renseignent sur la façon dont les oiseaux se déplacent. Le tibio-tarse (fémur
et tibia) est souvent caché sous les plumes. La « jambe visible » de l’oiseau, ou tarso-
métatarse, et les doigts, ou « phalanges », forment le tarse. Les doigts sont au nombre de
4, rarement 3. Leur forme, disposition, couleur, ainsi que l’absence ou non de palmure,
sont d’importants critères d’identification.
fémur
tibio-tarse
Avec serres
3 doigts palmés
Lobée (grèbes)
15
Les plumes
La plume, c’est l’oiseau
▲
Située sur le
ropre aux oiseaux et hautement
P croupion, la
spécialisée, la plume sert d’outil de glande uropygiale
contient une huile
locomotion, de communication et protectrice dont
d’isolant thermique. Composée de l’oiseau (ici, un
Guêpier) enduit
kératine, elle est légère, mais fragile.
ses plumes lors
L’oiseau doit donc arranger et nettoyer de sa toilette.
quotidiennement son plumage afin
d’assurer sa survie (les plumes usées
sont remplacées lors de la mue).
L’oiseau est recouvert de deux couches
Si l’Hirondelle rustique
de plumes : les plumes extérieures sont porte 1500 plumes, le
appelées tectrices, et les intérieures Cygne tuberculé en pos-
duvet. sède plus de 25 000 !
sus-axillaires
petites couvertures
sus-caudales
moyennes
couvertures
grandes
couvertures
alula
rectrices
centrales
rémiges tertiaires
rémiges secondaires
rectrices
externes
rémiges primaires
duvet plumes
sous-
rachis axillaires
vexille
externe
vexille
interne
rachis
barbule sous-caudales
barbe
Juvénile
1er hiver
Différents plumages 3 e hiver adulte en hiver
du Goéland argenté
17
Attention
I l est très difficile d’identifier une Ramasser une plume d’oiseau
plume. Quelques exemples sont protégé est interdit par la loi !
présentés ci-dessous, classés par taille.
16
1 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15
Entre 2 et 7 cm de long
1. Rouge-queue noir. 2. Troglodyte. 3. Grive musicienne. 4. Bécassine des marais. 5. Pluvier doré.
6. Grimpereau des bois. 7. Moineau domestique. 8. Jaseur boréal. 9 et 10. Chardonneret élégant.
11. Verdier d’Europe. 12. Pinson des arbres. 13. Traquet motteux. 14. Mésange bleue. 15. Martin-
pêcheur. 16. Geai des chênes.
13
9 19
2 17
4
12
7
10 18
16
14
1 5 6 8 11 15 20
Entre 8 et 15 cm de long
1. Loriot d’Europe. 2. Rollier d’Europe. 3. Guêpier d’Europe. 4. Pigeon biset. 5. Grive
musicienne. 6. Merle noir. 7. Martinet noir. 8, 9 et 10. Canard colvert. 11. Bécasse des bois. 12. Pie
bavarde. 13. Gros-bec casse-noyaux. 14. Faisan de Colchide. 15. Perdrix rouge. 16. Pic épeiche.
17. Huppe fasciée. 18. Tichodrome échelette. 19 et 20. Pic-vert.
3 5
4
1
2
9 10 11 12 13 14 15
Entre 16 et 40 cm de long
1. Grue cendrée. 2 et 3. Buse variable. 4. Corneille noire. 5. Pie bavarde. 6 et 7. Faisan de Colchide.
8. Tétras-lyre. 9. Chouette effraie. 10. Chouette hulotte. 11. Épervier d’Europe. 12. Faucon créce-
relle. 13. Pigeon ramier. 14. Goéland argenté. 15. Flamant rose.
19
Voler
Perfectionné chez les oiseaux, le vol requiert beaucoup
d’adaptations physiologiques. Les os des oiseaux sont très
légers, car ils sont creux : ils sont pneumatisés.
Une autre adaptation au vol s’observe au niveau du ster-
num des oiseaux, nommé bréchet : il est élargi afin d’ac-
cueillir les puissants muscles pectoraux qui participent
au battement des ailes.
Os pneumatisé
Tous les oiseaux européens ont la capacité de voler. Certaines espèces volent
peu, ou seulement en cas d’extrême nécessité, par exemple les oiseaux de
la famille des Gallinacés, ou encore les râles ou les grèbes. La plupart de
ces espèces sont pourtant d’excellents voiliers lors de leur migration. La
mue des plumes, leur remplacement, s’effectue de façon décalée afin que
l’oiseau ait toujours suffisamment de plumes pour pouvoir voler. Une ex-
ception, toutefois : le Tadorne de
Belon remplace toutes ses rémiges
d’un seul coup et ne peut donc
plus voler durant sa mue ! Tous les
tadornes de France et de Belgique se
réunissent en septembre sur la mer
de Wadden, au large des côtes d’Alle-
magne et de Belgique, pour effectuer Tadornes de Belon
muant à l’estuaire de L’Escaut,
leur mue à l’abri des prédateurs. en Belgique
Record battu !
▲
●● Le vol direct :
il s’agit pour ainsi dire du vol
« de base », réalisé par la plupart des oiseaux.
Vol battu en direct : l’oiseau vole en ligne droite sans cesser de battre des ailes.
Exemple illustré : Mésange bleue.
Variante : oiseaux planeurs comme le
Martinet et le Fulmar. L’oiseau bat des
ailes, puis plane, puis bat à nouveau
des ailes, etc.
L’oiseau bat des ailes, puis les replie, puis bat à nouveau, etc., tout cela en effectuant un
parcours ondulant. Exemple illustré : Pic-vert.
L’oiseau bat des ailes pour prendre de l’altitude, puis réalise une descente en vol plané.
Exemple illustré : Perdrix rouge.
21
Exemple illustré :
la Cigogne
blanche
●● Le vol surplace : également appelé vol stationnaire ou vol en Saint-Esprit, ce vol est
utilisé par certains oiseaux afin de s’immobiliser au-dessus d’une proie ou bien pour
atteindre un endroit sur lequel ils ne peuvent se poser.
Grimper
Si les pics sont l’exemple le plus poussé d’adaptation au déplacement sur des
surfaces verticales, on retrouve ce comportement chez les grimpereaux, les
sittelles et le Tichodrome échelette.
●● Les pics : leurs
rectrices très rigides
et leurs pattes avec deux doigts oppo-
sés deux par deux (dites zygodactyles,
voir p. 15) leur donnent une bonne
stabilité, posés sur un tronc. Cela per-
met de tambouriner et de marteler.
23
Nager
À la recherche de poissons, crustacés, mollusques ou végétaux, certains
oiseaux dits aquatiques ont aussi investi les eaux douces et salées. Parfois lour-
dauds lorsqu’ils sont à terre, ils présentent diverses adaptations à la nage et se
transforment en véritables fusées lorsqu’ils sont sous l’eau : le Grèpe huppé peut
ainsi nager à 2 m/s, le Cormoran huppé peut plonger jusqu’à 45 m de profon-
deur et rester 1 min 30 s sous l’eau ! Les oiseaux aquatiques utilisent différents
organes pour nager.
Marcher, sauter
La marche est un moyen de locomotion important pour beaucoup d’oiseaux.
Si certains oiseaux aquatiques (grèbes, plongeons, pétrels), ainsi que des
espèces exclusivement aériennes (martinets, hirondelles), marchent avec
beaucoup de difficultés, voire pas du tout, d’autres, comme ceux de la famille
des Gallinacés et les râles, passent la plupart du temps au sol. La Perdrix rouge
peut courir jusqu’à 15 km/h ! Certaines espèces ne se déplacent qu’en mar-
chant, d’autres qu’en sautant, d’autres encore marchent et sautent.
Étourneau sansonnet
Moineau friquet
25
Les empreintes
Les empreintes laissées par les oiseaux sont bien souvent difficiles à identifier.
En voici 14 parmi les plus communes et les plus faciles à reconnaître.
4
1
5 9
5 cm
10 11 12 13 14
1. Cygne tuberculé. 2. Goéland argenté. 3. Canard colvert. 4. Foulque macroule. 5. Héron cendré.
6. Aigrette garzette. 7. Poule d’eau. 8. Cigogne blanche. 9. Faisan de Colchide. 10. Courlis cendré.
11. Pigeon biset. 12. Corneille noire. 13. Merle noir. 14. Moineau domestique.
S’alimenter
Les oiseaux n’ont pas de dents... tout le monde le sait. En revanche, ils sont
équipés d’un jabot, qui fait office d’œsophage et stocke les aliments, et d’un
gésier, organe formé de muscles puissants qui est capable de broyer des
graines, des coquilles, des os, etc., et fait donc office de « dents ». Certains
oiseaux – surtout les granivores (voir ci-dessous) – avalent même de petits
cailloux qui, accumulés dans le gésier, participent au broyage des aliments
jusqu’à leur usure complète.
jabot
gésier
Les frugivores
▲
limentation saisonnière pour beaucoup d’oiseaux, les fruits charnus à noyau (drupes) et
A
à pépins (baies) sont d’importantes sources d’énergie. Ils sont consommés en été par les
oisillons et les adultes, mais aussi en automne pour constituer des réserves en vue de la
migration, ou bien en plein hiver lorsque les autres sources de nourriture ont disparu.
27
Le Gui et l’oiseau...
L e Gui (Viscum album) est une plante qui pousse sur les branches de certains arbres
vivants. Il dépend des oiseaux pour la dissémination de ses drupes et donc de ses
graines. Mais certains oiseaux consomment aussi ses graines...
Après avoir été avalées avec les drupes par une Grive
draine, les graines, enveloppées dans un mucus très
visqueux et collant, sont rejetées avec les fèces. Elles
pendent alors en chapelet et tombent lorsque l’oiseau
est en vol ou qu’il se pose. La
graine, alors collée sur une
nouvelle branche, germe et
s’implante sur ce nouveau
support.
Le Gui, de la graine
à la plantule Grive draine
Les granivores
▲
2
3
Les cinq étapes du décorticage d’un cône d’épicéa par le Bec-croisé des sapins
et le résultat final (à droite) : les écailles portent typiquement
chacune une encoche verticale
29
Les herbivores
▲
ien qu’elles soient pauvres en nutriments, les parties végétatives des plantes sont
B
consommées par beaucoup d’oiseaux. Le Pigeon ramier et le Bouvreuil pivoine se
nourrissent de bourgeons, parfois même de fleurs. Les oiseaux de la famille des
Tétraonidés (tétras, lagopèdes, etc.) ont un intestin grêle plus long que ceux de la famille
des Phasianidés (perdrix et cailles), ce qui leur permet de digérer les longues fibres
végétales qui constituent souvent leur seule nourriture hivernale. La Gélinotte des bois ne
survit en hiver que grâce aux bourgeons de feuillus, et le Grand Tétras ne se nourrit que
d’aiguilles de conifères !
Grand Tétras
Pigeon ramier
Les oiseaux herbivores aquatiques sont nombreux : cygnes, oies, canards ou foulques ont
un régime qui comprend souvent 80 % d’aliments d’origine végétale, récoltés sur les rives,
à la surface de l’eau ou sous l’eau... à chacun sa méthode !
Oie cendrée
Canard souchet
Sarcelle d’hiver
Canard pilet
Fuligule milouin
31
Les insectivores
▲
n tiers des oiseaux de France se nourrit presque exclusivement d’insectes et autres petits
U
animaux terrestres. La plupart des insectes n’étant pas disponibles en hiver, beaucoup
d’oiseaux insectivores doivent changer de régime alimentaire ou migrer.
●● La chasse au sol, dans les branches... : qu’ils soient glanés dans les feuilles ou débus-
qués dans la litière, peu d’arthropodes échappent aux oiseaux.
●● Les plus spécialisés sont de toute évidence les pics, bien connus pour creuser le bois à
la recherche d’insectes qui s’en nourrissent (insectes dits xylophages). Mais marteler le
bois n’est pas une activité de tout repos : les pics exécutent de 5 à 20 coups par seconde,
et leur crâne supporte une énorme pression de 1,2 kg à chaque impact ! Ces exploits
sont rendus possibles grâce à des adaptations tout à fait singulières : l’avant du crâne est
d’une texture « spongieuse » qui absorbe les chocs, et l’espace entre le crâne et le cerveau
est très réduit afin de limiter au mieux les vibrations.
Autre particularité anatomique des pics :
une longue langue qui s’enroule autour
du crâne. Extensible, elle peut atteindre
10 cm de long hors du bec. En outre, son
extrémité en harpon permet à l’oiseau
d’accéder à des proies totalement
inaccessibles pour les autres animaux
insectivores.
33
Les piscivores
▲
●● Comment attraper une proie glissante ? Certains oiseaux pêcheurs ont aussi acquis,
au cours de l’évolution, des dispositifs leur permettant de saisir des proies humides et
souvent visqueuses.
Macareux moine
●● Les différentes techniques de pêche : les oiseaux aquatiques ont aussi développé des
techniques de chasse fort différentes et parfois très élaborées.
Fou de Bassan
35
L es échassiers, les goélands ou encore les canards arpentent les rivages à la recherche de
petits animaux aquatiques tels que vers marins, crustacés, mollusques, etc. Toute une
panoplie d’adaptations permet aux oiseaux d’exploiter chaque zone des littoraux et des
estuaires. En voici quelques exemples. Les oiseaux qui consomment de petits animaux
vivant dans la vase sont qualifiés de limicoles.
●● À chacun son bec : depuis le bec très spécialisé du Courlis cendré à celui, plus généra-
liste, du Goéland, la diversité des becs permet aux espèces de se partager l’exploitation
des milieux.
Rhynchokinésie chez la
Bécassine des marais
●● Les échassiers des lagunes, des estuaires, etc. : flamants, spatules, avocettes et
échasses se nourrissent principalement de minuscules crustacés, insectes et petits
poissons qu’ils capturent à la surface ou à faible profondeur.
Flamant rose
Échasse blanche Avocette élégante Spatule blanche
Tadorne de Belon
Eider à duvet
37
u sommet de la chaîne alimentaire, ces prédateurs aériens sont bien connus et, pour
A
nombre d’entre eux, faciles à observer. Leurs proies sont diverses, depuis les jeunes
bouquetins (pour l’Aigle royal) jusqu’aux larves d’insectes (chez la Bondrée apivore) en
passant par les poissons ou les serpents. Certains consomment des cadavres et sont alors
dits charognards.
●● Les régimes spécialisés : les rapaces les plus spécialisés dans la recherche de leurs
proies sont :
●● Le Circaëte Jean-le-Blanc
(à gauche) se nourrit à 95 % de
reptiles (principalement des
couleuvres).
●● Le Balbuzard pêcheur
et le Faucon crécerelette
(à droite) se nourrissent
d’insectes. La Bondrée rafole des
larves et des adultes d’hyménop-
tères (guêpes, bourdons, etc.)
dont elle déterre les nids.
●● Les tiercelets : chez les éperviers, l’Autour des palombes et le Faucon pèlerin, la
femelle est plus grande que le mâle. Souvent
un tiers plus léger, le mâle est qualifié
de tiercelet. Chez l’Épervier
d’Europe (ci-contre), le
mâle chasse souvent
des petits oiseaux
(mésanges, merles, etc.),
alors que la femelle
peut attraper des
proies aussi grosses
qu’un Pigeon ramier !
Le couple peut ainsi
exploiter au mieux les Mâle Femelle
diverses proies d’un même territoire.
Le Gypaëte barbu avale les os en entier pour en digérer la moelle. S’ils sont trop
volumineux, il peut les lâcher en plein vol pour qu’ils se fracassent sur les rochers.
39
ur les neuf espèces de rapaces nocturnes présentes sur notre territoire, quatre – la
S
Chevêche d’Athéna, la Chevêchette, le Hibou des marais et le Moyen-duc – chassent en
plein jour. Outre une vision et une ouïe particulièrement développées, ces prédateurs
possèdent aussi un plumage remarquablement soyeux, qui rend leur vol silencieux.
●● Repérer les sites fréquentés par les rapaces nocturnes : de mœurs discrètes, les
rapaces nocturnes passent bien souvent inaperçus des observateurs non avertis. Pour
les repérer, apprenez à reconnaître, au sol, les pelotes de réjection (voir ci-contre) qui
indiquent la présence de gîtes, de perchoirs de chasse, etc.
Franges sur le
vexille externe
Chouette hulotte
attrapant un mulot
Barbules
Ces poils réduisent le bruit de frottement de
l’aile sur l’air, ce qui permet à ces oiseaux de
surprendre leurs proies dans le plus grand
silence !
●● Les pelotes de réjection : tous les oiseaux qui se nourrissent de vertébrés, de mol-
lusques ou d’insectes à carapace dure rejettent par la bouche des pelotes de réjection.
Elles contiennent les os, poils,
plumes, écailles, arêtes, coquilles
et autres éléments trop coriaces
pour être digérés. Identifier
l’oiseau qui a produit une pelote
est très difficile, car une même
espèce d’oiseau peut produire des
pelotes de forme, taille et contenu très variables. Chevêche d’Athéna
rejetant une pelote
Un goéland, par exemple, produira des pelotes très
différentes suivant qu’il se nourrit de coquillages ou de poissons. En revanche, certains
oiseaux fabriquent des pelotes caractéristiques, comme le Martin-pêcheur, aux pelotes
exclusivement composées d’arêtes, ou le Guêpier d’Europe, aux pelotes uniquement
constituées de débris d’insectes.
●● Rongeurs
dents à racines (mulots, souris, rats)
●● Oiseaux ●● Insectes
41
Chanter, crier
Qu’il s’agisse de chants de parade, de chant de délimitation de territoire, de
cris d’alarme, de contact ou bien encore de cris liés à des demandes de nourri-
ture, la voix est un mode de communication très important chez les oiseaux.
L e son est produit par un organe particulier, la syrinx, qui se trouve à la jonction entre
la trachée et les bronches. La note est produite par le passage de l’air qui fait vibrer les
membranes tympaniques. Le larynx sert à moduler l’intensité du son.
trachée
larynx
syrinx bronches
membranes
tympaniques
(en bleu)
Dessin montrant la
trachée enroulée de la
Grue cendrée
Étourneau sansonnet
●● Les pics,
bien connus pour creuser le bois selon un
martèlement caractéristique, produisent aussi un
tambourinement bien plus rapide, exécuté sur divers
supports creux tels que branches, poteaux, surfaces
métalliques ou volets de fenêtres... : il sert à indiquer
un territoire à un intrus ou à un partenaire, peut avoir
une fréquence allant jusqu’à 25 coups par seconde et se
percevoir à un kilomètre de distance ! Pic épeiche
43
Les parades
Chorégraphies étudiées, vols acrobatiques, combats ritualisés... les mâles des
oiseaux rivalisent de créativité pour attirer les femelles ! Une fois le couple
formé, des échanges de matériaux du nid ou de proies officialisent l’union.
Les leks
▲
Lek de Tétras-lyre
Grèbes huppés
Mésange charbonnière
adulte
45
Les nids
Simples dépressions dans le sol, soigneusement tressés ou véritables construc-
tions maçonnées, les nids sont aussi variés que leurs propriétaires. Construits
afin d’abriter les œufs et les oisillons des intempéries et des prédateurs,
ils sont adaptés à leur environnement. Pour construire leur nid, certaines
espèces strictement aquatiques (comme les grèbes), pélagiques (pétrels), ou
aériennes (martinets), sont obligées d’aller à terre ou de se poser.
25 % des oiseaux font leur nid au sol. Les œufs sont posés
directement sur le sol nu ou déposés dans des coupes,
souvent bien camouflées, confectionnées avec des brindilles,
des plumes, des mousses ou des lichens, etc.
Troglodyte mignon
Pies bavardes
et leur nid
●● L’Hirondelle de fenêtre
doit ramener jusqu’à 2775
boulettes de boue pour construire son nid ! Il sera
utilisé par le couple chaque année, à moins qu’il ne
soit colonisé par des moineaux ou détruit.
Hirondelles de fenêtre et, à droite,
un Moineau domestique occupant
un nid
Pics noirs
Chouette de Tengmalm et
Pigeon colombin utilisant
d’anciens nids de Pics noirs
47
Les œufs
Les oiseaux ont conservé, de leurs ancêtres les dinosaures, la faculté de se re-
produire en pondant, ou oviparité. Comme le poids du système reproducteur
ovipare est inférieur à celui du système reproducteur vivipare, lequel produit
des individus entièrement formés, il a procuré un avantage aux oiseaux pour
acquérir la capacité à voler. Mais si la coquille qui entoure l'embryon est une
protection efficace, encore faut-il pouvoir en sortir !
Combien d'œufs ?
▲
Un cas unique...
▲
Guillemot de Troïl
et ses œufs
Sortir de l'œuf
▲
3 4
1
5
13 14
11
12
17
15
10 16 18
9
49
L’élevage
Les oiseaux nidicoles et nidifuges
Chez les oiseaux nidicoles, les poussins éclosent nus
et aveugles. Ils sont alors complètement dépendants
de leurs parents pour leur survie. C’est le cas, par
exemple, des passereaux, des rapaces, des pigeons, des
pics, des hérons, etc.
Rouge-gorge
Chez les oiseaux nidifuges, les poussins éclosent
avec du duvet et les yeux ouverts. Ils peuvent aussitôt
marcher et se nourrir par eux-mêmes. Ils restent
toutefois près de leurs parents le temps de leur
éducation. C’est le cas, par exemple, des canards, des
oiseaux de la famille des Phasianidés et des Rallidés,
des limicoles, etc.
Petit gravelot
La couvaison
▲
L’élevage
▲
Les juvéniles
▲
Le parasitisme reproductif
Il existe une centaine d’oiseaux exclusivement parasites dans le monde, mais
seulement deux en France, le Coucou gris et le Coucou-geai. Ce comporte-
ment est occasionnellement observé chez d’autres oiseaux : la Poule d’eau,
par exemple, pond parfois dans le nid de ses congénères.
Rousserolle effarvate
Coucou
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calotte
nuque
œil
petites manteau
couvertures ou dos bec
Jérôme Morin, ornithologue autodidacte, moyennes
plumes couvertures
photographe animalier et écrivain, œuvre grandes joue
depuis de nombreuses années pour la couvertures gorge
rémiges
protection de la nature et la transmission secondaires
de sa passion. En 2000, il crée le site croupion scapulaires
internet web-ornitho.com, afin d’offrir aux visiteurs queue
alula
des informations naturalistes (photos, chants d’oiseaux, ventre
plans de nichoirs, de mangeoires…), site aujourd’hui sous-caudales flanc
visité chaque année par près d’un million de passionnés. tibia
Grand Gravelot
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