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Procédure d'audience en droit administratif

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concernant le dispositif étant d’ailleurs requise sous peine d’irrégularité du

jugement rendu (CE, sect., 13 juin 2013, Communauté d’agglomération du


Pays de Martigues, préc.).
519. D’autre part, les parties ont également la possibilité de répondre
aux conclusions du rapporteur public après l’audience en déposant une
note en délibéré qui peut, le cas échéant, donner lieu à une réouverture
d’instruction (CE, 12 juill. 2002, Leniau, n° 236125, Lebon, p. 278). La
réponse aux conclusions peut aussi désormais intervenir au cours de
l’audience puisque l’ordre de la prise de parole a été inversé en 2011 afin de
permettre aux parties de faire leurs observations après le prononcé des
conclusions du rapporteur public.
Connaissance du sens des conclusions Note en délibéré
Mécanismes
(art. R. 711-3 et R. 712-1 du CJA) (art. R. 731-3 du CJA)

Moment Avant l’audience Après l’audience


Objet Information permettant d’apprécier l’opportunité Production écrite qui vise à répondre aux conclusions
d’assister à l’audience publique et de préparer des du rapporteur public
observations orales

Effets Communication du sens général des conclusions par • Obligation pour le juge d’en prendre connaissance
le rapporteur public dans un délai raisonnable avant
l’audience (communication du dispositif que le • Possibilité dans l’intérêt d’une bonne administration
rapporteur public propose ainsi que les raisons qui de la justice, de rouvrir l’instruction et de soumettre
déterminent ce dispositif) au débat contradictoire les éléments contenus
dans la note en délibéré.
• Obligation de rouvrir l’instruction lorsque la note
contient :
• soit l’exposé d’une circonstance de fait dont la partie
qui l’invoque n’était pas en mesure de faire état avant
la clôture de l’instruction et que le juge ne pourrait
ignorer sans fonder sa décision sur des faits
matériellement inexacts
• soit l’exposé d’une circonstance de droit nouvelle ou
que le juge devrait relever d’office

Section 3. L’audience publique


520. L’article L. 6 du CJA énonce que « les débats ont lieu en audience
publique ». Sans remettre en cause le caractère écrit de la procédure
juridictionnelle administrative, le principe de l’audience publique permet
d’introduire une part d’oralité devant le juge administratif puisque les
parties peuvent y faire des observations et le rapporteur public y prononce
ses conclusions. Le principe de l’audience publique, applicable aux
juridictions de droit commun en vertu de la disposition précitée, l’est
également aux JAS, soit qu’un texte spécial le prévoit (V. par ex. s’agissant
des chambres régionales des comptes : art. R. 245-1 du CJF), soit en
application de l’article 6 §1 de la Conv. EDH (CE, ass., 14 févr. 1996,
Maubleu, n° 132369, Lebon, p. 34).
521. Certains litiges portés devant le juge administratif sont toutefois
tranchés sans audience. C’est le cas notamment des requêtes traitées dans le
cadre de la procédure de tri prévue, pour les TA et les CAA, à
l’article R. 222-1 du CJA et pour le Conseil d’État, à l’article R. 122-12 du
CJA. En effet, lorsque la requête ne relève manifestement pas de la
compétence de la juridiction administrative, ou encore lorsqu’elle est
manifestement irrecevable et que la juridiction n’est pas tenue d’inviter son
auteur à la régulariser, la requête peut être rejetée par voie d’ordonnance
rendue par un magistrat statuant seul sans audience publique. En matière de
référés, les règles relatives à l’audience publique varient d’une procédure à
l’autre. Le référé-suspension et le référé-liberté sont soumis au principe de
l’audience publique (art. R. 522-6 du CJA). Les autres référés, tel que le
référé-provision, n’y sont pas soumis. Toutefois, cela n’interdit pas au juge
des référés de tenir une audience publique s’il l’estime utile pour forger sa
conviction. Il est en effet libre d’apprécier s’il y a lieu de convoquer les
parties et de les entendre (CE, 19 févr. 1965, Souris, n° 65076, Lebon T.,
p. 1017).

§ 1. La convocation à l’audience
522. Lorsque le dossier est en état d’être jugé, il peut être inscrit au rôle
d’une audience. En vertu de l’article R. 711-1 du CJA, le rôle de chaque
audience est arrêté, au sein des TA, par le président du tribunal et
communiqué au rapporteur public. Au sein des CAA, il est préparé par le
rapporteur public et arrêté par le président de la cour.
523. Les parties sont informées que leur affaire est « audiencée » grâce à
un avis d’audience qui leur est notifié en principe sept jours au moins avant
l’audience. Outre la date d’audience, cet avis mentionne aux parties la
possibilité de prendre connaissance du sens des conclusions du rapporteur
public avant l’audience et la possibilité de déposer une note en délibéré
après l’audience, ou, le cas échéant, la dispense de conclusions du
rapporteur public qui a été décidée par le président de la formation de
jugement. En l’absence d’ordonnance de clôture d’instruction, l’avis
d’audience indique que cette clôture interviendra trois jours francs avant
l’audience.
524. Devant le Conseil d’État, le rôle de chaque séance d’audience est
préparé par le rapporteur public et arrêté par le président de la formation de
jugement (art. R. 712-1 du CJA). Un avis d’audience contenant les mêmes
mentions que celles précitées est envoyé aux parties. Le CJA ne fixe pas de
délai pour cette notification lorsque les parties ne sont pas représentées. En
revanche, quand elles sont représentées par un avocat au Conseil d’État et à
la Cour de cassation, celui-ci est averti quatre jours au moins avant
l’audience que l’affaire est inscrite au rôle.
525. Un dossier inscrit au rôle d’une audience peut être renvoyé à une
audience ultérieure et être rayé du rôle auquel il était inscrit. Le président de
la formation de jugement n’est toutefois pas tenu de faire droit à une
demande de renvoi qui lui est présentée par l’une des parties (CE, 19 avr.
1989, Zimbris, n° 80244, Lebon T., p. 860). En revanche, le renvoi s’impose
lorsque l’instruction doit être réouverte pour soumettre au principe du
contradictoire le mémoire tardif d’une partie contenant soit l’exposé d’une
circonstance de fait qu’elle n’était pas en mesure d’invoquer avant la
clôture de l’instruction et que le juge ne pourrait ignorer sans fonder sa
décision sur des faits matériellement inexacts, soit d’une circonstance de
droit nouvelle ou que le juge devrait relever d’office (CE, sect., 27 févr.
2004, Préfet des Pyrénées-orientales c/Abounkhila, n° 252988, Lebon,
p. 93). Il arrive également qu’une affaire enrôlée soit renvoyée à une
audience ultérieure après que la première audience se soit tenue. En effet,
en vertu de l’article R. 731-3 du CJA, « à l’issue de l’audience, toute partie
à l’instance peut adresser au président de la formation de jugement une note
en délibéré ». Si tel est le cas, le juge doit en prendre connaissance avant de
rendre son jugement et apprécier s’il y a lieu de rouvrir l’instruction et de
soumettre la note en délibéré au débat contradictoire. Si tel est le cas, la
discussion écrite entre les parties reprend et l’affaire devra être à nouveau
inscrite à une audience avant que le jugement puisse être rendu. La
réouverture de l’instruction s’impose au juge si la note contient l’exposé
d’une circonstance de fait dont la partie qui l’invoque n’était pas en mesure
d’en faire état avant la clôture de l’instruction et que le juge ne pourrait
ignorer sans fonder sa décision sur des faits matériellement inexacts ou
d’une circonstance de droit nouvelle que le juge devrait relever d’office
(CE, 12 juill. 2002, Leniau, préc.).
§ 2. Le déroulement de l’audience
526. La publicité de l’audience signifie que toute personne peut assister
aux audiences tenues par une juridiction administrative même si, dans la
pratique, les spectateurs sont peu nombreux. Il s’agit d’un principe cardinal
qui permet à chaque citoyen de contrôler la façon dont la justice est rendue.
En vertu de l’article R. 731-2 du CJA, les personnes qui assistent à
l’audience doivent observer une attitude digne et garder le respect dû à la
justice, et n’ont pas le droit de parler sans y avoir été invitées, de donner des
signes d’approbation ou de désapprobation, ou de causer des désordres. Le
président de la formation de jugement qui est chargé du bon ordre au cours
de l’audience peut faire expulser toute personne qui n’obtempère pas à ses
injonctions.
527. À titre exceptionnel, l’audience peut se tenir hors la présence du
public. La décision est prise à titre exceptionnel par le président de la
formation de jugement et doit être justifiée par un motif de sauvegarde de
l’ordre public ou par le respect de l’intimité des personnes ou de secrets
protégés par la loi (art. L. 731-1 du CJA).
528. Le déroulement de l’audience est organisé par le CJA. D’abord,
l’article R. 731-1 du CJA indique que le président de la formation de
jugement est chargé de distribuer la parole et de veiller au bon ordre durant
l’audience. Ensuite, l’article R. 732-1 du CJA fixe l’ordre de la prise de
parole devant les TA et les CAA. La parole est d’abord donnée au
rapporteur qui a instruit le dossier afin qu’il lise son rapport. Ce dernier a
pour objet de présenter la requête et les conclusions qu’elle contient et de
retracer la procédure en énonçant les productions reçues par la juridiction et
échangées entre les parties, ainsi que les éventuels moyens d’ordre public
soulevés par la juridiction. Sauf cas de dispense, le rapporteur public
prononce ensuite ses conclusions afin d’exposer sa vision de l’affaire.
Enfin, les parties et leurs avocats présentent leurs observations orales.
Compte tenu du caractère écrit de la procédure et de la clôture de
l’instruction, les parties n’ont pas vocation à plaider devant le juge
administratif, ni à présenter d’éléments nouveaux lors de l’audience. Leurs
observations visent à mettre en avant les points saillants de leurs écritures
et, éventuellement à réagir aux conclusions du rapporteur public. Tout
moyen nouveau soulevé lors de l’audience ne sera pas examiné par la
formation de jugement (CE, 7 oct. 1991, Tchouli, n° 102875, Lebon, p. 323)
et doit, pour que le juge puisse le cas échéant s’en saisir, être confirmé par
une note en délibéré déposée après l’audience (art. R. 731-3 du CJA). Par
ailleurs, le Conseil d’État a jugé que les règles qui régissent la procédure
administrative contentieuse impliquent qu’à l’audience, le requérant
s’exprime avant le défendeur (CE, 1er déc. 1993, Cne de Saint-Cyprien,
n° 129048, Lebon, p. 333). Si les parties et leurs avocats sont en principe les
seuls habilités à prendre la parole (CE, 16 janv. 2002, Synd. national de la
police en tenue, n° 196637, Lebon T., p. 883), le président de la formation
de jugement peut autoriser une autre personne intéressée au litige à prendre
la parole au cours de l’audience (CE, 24 sept. 2018, Krumeich, n° 408825,
Lebon T., p. 765).
529. Devant le Conseil d’État, la prise de parole est différente. Après
l’exposé de l’affaire par le rapporteur, la parole est d’abord donnée aux
parties pour leurs observations puis au rapporteur public qui prononce ses
conclusions (art. R. 733-1 du CJA). Cependant, le décret n° 2009-14 du
7 janvier 2009 a permis aux avocats au Conseil d’État et à la Cour de
cassation de présenter de brèves observations orales après le prononcé des
conclusions du rapporteur public (art. R. 733-1 du CJA).
530. Une fois que chacun s’est exprimé, le président de la formation de
jugement clôt les débats et met l’affaire en délibéré.
Carte mentale 26. Salle d’audience d’un TA
Titre 3
Le jugement
531. Après l’audience publique, la formation de jugement se réunit pour
discuter et trancher le litige et lui donner une solution. Ce délibéré, auquel
le rapporteur public n’assiste pas devant les TA et les CAA, est soumis au
principe du secret en vertu de l’article L. 8 du CJA.
Chapitre 1
Le prononcé du jugement
532. À l’issue du délibéré lors duquel la décision a été arrêtée par la
formation de jugement, le rapporteur finalise la rédaction du jugement qui
est ensuite relu par le président de la formation de jugement, puis transmis
au greffe pour qu’il soit notifié aux parties.

Section 1. Le contenu du jugement


533. La présentation formelle du jugement est encadrée par des règles
énoncées dans le CJA.
§ 1. Les mentions et visas
534. Tout jugement contient des mentions obligatoires énumérées à
l’article R. 741-2 du CJA. Ainsi, doivent figurer dans les visas et mentions :
• le fait que le jugement a été rendu à l’issue d’une audience publique, sauf
s’il a été décidé de tenir l’audience à huis clos ;
• le nom des parties ;
• l’analyse des conclusions et mémoires ;
• les visas des dispositions législatives ou réglementaires dont la décision
fait application ;
• le fait que le rapporteur et le rapporteur public et, s’il y a lieu, les parties,
leurs mandataires ou défenseurs ainsi que toute personne entendue sur
décision du président ont été entendus ;
• le cas échant, le fait que le rapporteur public a été dispensé de prononcer
des conclusions ;
• le cas échéant, la production d’une note en délibéré ;
• la date de l’audience et la date à laquelle le jugement a été prononcé.

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