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Types et Mesure de l'Investissement

Ce document décrit les différents types d'investissement classés selon leur affectation et leur objectif, ainsi que les sources de financement et les éléments déterminants de l'investissement.

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Thèmes abordés

  • coût du capital,
  • dépenses de formation,
  • amortissement,
  • taux d'investissement,
  • mesure de l'investissement,
  • ressources externes,
  • subventions,
  • financement interne,
  • risque d'investissement,
  • économie sénégalaise
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Types et Mesure de l'Investissement

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  • économie sénégalaise

Chapitre 5 : l’investissement

L'investissement est l'opération réalisée par l'agent économique décidant d'acquérir des
biens de production (ou biens d'équipement, ou capital technique).

Section 1 : les différents types d’investissement :

Les types d’investissement peuvent être classés selon leur affectation et selon leur
objectif.

I. Classification selon leur affectation :

1. Investissement matériel et investissement immatériel :

a. Investissement matériel :

L’investissement matériel, corporel ou physique est l’acquisition de biens


d’équipements durables par les entreprises (machines, bâtiments etc.), par les
administrations (bâtiments scolaires, routes, hôpitaux etc.) et par les ménages dans le
cas des logements.

L’investissement matériel est assimilé au capital fixe qui constitue un détour de


production (Böhm Beweik). C’est donc la FBCF dans le cadre de la comptabilité
nationale.

b. L’investissement immatériel :

Il regroupe toutes les dépenses autres que l’achat de capital fixe. C’est l’ensemble des
dépenses de publicité, de logiciels, de brevets, de licences, de recherche
développement et de capital humain.

Le capital humain est l’ensemble des moyens mis en œuvre pour rendre beaucoup plus
productif les travailleurs (dépenses de formation).

2. Investissement directement productif et investissement non directement


productif :

a. Investissement directement productif :

C’est un investissement qui permet d’accroître visiblement et quasi immédiat la


production. Il regroupe les investissements matériels de manière générale. Exemple :
acquisition de moyens de production par une entreprise.

mai-10 Cours d’économie générale de M. Fall LTAP Saint Louis Page 1


b. Investissement non directement productif :

Il regroupe les investissements qui accroissent la production grâce à l’amélioration


intensive des facteurs de productions. Ce sont des investissements immatériels.
Exemple : le capital humain.

II. Classification selon leu objectif :

On peut classer les investissements selon leur finalité et leur destination.

1. Investissement de remplacement ou de renouvellement :

Lorsque les entreprises, les administrations et les ménages utilisent leurs équipements,
on constate que ces biens s’usent dans le temps, d’où la nécessité de les remplacer
pour maintenir leur capacité productive. Donc l’investissement de remplacement est
celui qui a pour but de renouveler le capital usé (ou démoder).

2. Investissement de capacité :

L’investissement de capacité consiste à accroître le volume du capital productif pour


répondre à une augmentation de la demande.

3. Investissements de modernisation ou de productivité :

Ces investissements constituent à économiser l’utilisation de facteurs de production


afin de réduire les coûts de production, de produire de plus et plus vite. Ils permettent
aussi d’améliorer la productivité et d’augmenter la compétitivité.

4. Investissements de réhabilitation et d’innovation :

Les investissements de réhabilitation visent à réfectionner les équipements existants,


alors que les investissements d’innovation visent la conception de nouveaux produits.

Section 2 : La mesure de l’investissement :

Pour suivre l’évolution et l’efficacité de l’investissement réalisé dans une économie,


on peut utiliser les indicateurs macroéconomiques suivants :

1. Le taux moyen d’investissement (TMI) ou taux d’investissement:

Il permet de mesurer l’importance de l’investissement dans une économie. Il est égal


au rapport de l’investissement au montant du PIB.
FBCF
TMI= ∗100
PIB

Plus l’investissement est élevé, plus le pays consacre ses ressources à la consolidation
de l’appareil productif.

mai-10 Cours d’économie générale de M. Fall LTAP Saint Louis Page 2


Application :

Soient les informations suivantes concernant l’évolution des agrégats de l’économie


sénégalaise (en milliards de FCFA).

Indicateu 1992 1994 1996 1997


r
FBCF 229,8 244,1 384,6 472,1
PIB 1537,8 2242,9 2453,6 26 39,8
TMI en 14,9 15,3 15,6 17,9
%

Travail à faire :

Calculer le taux moyen d’investissement pour chaque année et interpréter ce lui de


l’année 1994.

Interprétation : 15,3% : en 1994, le PIB du Sénégal était de 2242,9 milliards de


FCFA et la FBCF de 244,1, soit un taux moyen d’investissement de 15,3%. Ce qui
signifie que pour un PIB évalué à 100 milliards de FCFA, les dépenses consacrées à
l’investissement représentent 15,3 milliards de FCFA.

Remarque : Le TMI peut être calculé au sens strict comme au sens large.

2. Le taux marginal d’investissement (TmI) :

L’évolution de l’effort d’investissement peut être mesurée en calculant le taux


marginal d’investissement. Il est mesuré par le rapport entre la variation absolue de la
FBCF et celle du PIB.
∆ FBCF
TmI= ∗100
∆ PIB

Application :

En se référent au tableau précédent, calculer le taux marginal d’investissement pour


les périodes suivantes : 1992-1994 ; 1994-1996 et 1996-1997. Interpréter celui de la
période 1994-1996.

Interprétation : 66,68% : signifie que le PIB augment d’une unité supplémentaire,


cela entrainer une augmentation de l’investissement matériel de 66,68 unité.

mai-10 Cours d’économie générale de M. Fall LTAP Saint Louis Page 3


3. L’efficacité marginale de l’investissement (EmI) ou du capital :

Elle permet de mesurer la variation de la production nécessaire résultant d’une unité


supplémentaire de l’investissement. Il est égal au rapport entre la variation absolue de
la production nécessaire et celle de l’investissement.
∆ PIB 1
EMI = ∗100 oubien EMI =
∆ FBCF TmI

Application :

D’après le tableau précédent, calculer et interpréter l’efficacité marginale de


l’investissement pour la période 1992-1994.

Interprétation : 6,15% : signifie que pour un investissement supplémentaire de 1F


entraine une augmentation du PIB de 6,15F.

4. Le coefficient d’investissement (CI) :

Le coefficient d’investissement mesure l’importance de l’effort d’investissement des


entreprises d’un pays par rapport à l’importance de leur chiffre d’affaires ou de leur
valeur d’ajoutée. Il est donné par le rapport entre l’investissement et le chiffre
d’affaires.
FBCF
CI =
Chiffre d ' affaires

Application :

Une société de transport a réalisé un chiffre d’affaires de 100000000 FCFA au 31


décembre 2008. Pour l’année 2009, elle décide investir dans un projet immobilier pour
une valeur de 75000000FCFA. Calculer et interpréter le coefficient d’investissement
de cette société.

Interprétation : 0,75 : Lorsque le chiffre d’affaires réalisé par cette société est de
100FCFA, les 75 FCFA sont investis.

NB : Le coefficient d’investissement varie d’une branche à une autre. En effet, les


entreprises capitalistiques ont des coefficients d’investissement plus élevés que les
entreprises travaillistiques.

mai-10 Cours d’économie générale de M. Fall LTAP Saint Louis Page 4


Section 3 : les sources de financement :

Pour investir, il faut disposer des moyens permettant son financement. Ainsi financer
devient impossible sans ressources internes ou externes. En effet, ces derniers sont les
deux moyens qu’utilise une entreprise pour acquérir des biens de production durables.
Le financement de l’investissement à l’intérieur d’une entreprise ou d’une nation
repose généralement sur deux types de financement.

1. Le financement interne :

Il consiste à l’utilisation des profits (bénéfices) non distribués aux actionnaires et sont
mis en réserves par les entreprises dans le but d’investir.

L’autofinancement exprime la capacité d’une entreprise à accumuler des ressources


qui, après avoir payé ces salariés et verser ces impôts, dégage un profit qui va à la fois
servir à rémunérer les capitaux engagés (remboursement des dettes) et à réaliser des
investissements.

2. Le financement externe :

On distingue :

a. L’emprunt :

Il est l’opération par laquelle, un agent économique peut se procurer des capitaux
moyennant le payement d’intérêts au moment du remboursement de la dette à la date
convenue (échéance).

L’emprunt peut se présenter sous divers formes : bancaire, obligataire (émission


d’obligation ou de crédit de bail).

Le crédit de bail est un contrat par lequel, un individu loue un matériel avec option de
rachat à terme uniquement (la valeur résiduelle sera versée).

b. Les subventions :

Pour la promotion de l’activité économique, des aides financières sont attribuées par
l’Etat aux promoteurs ou fournisseurs de biens et services. L’octroi d’une subvention a
toujours pour effet de maintenir les prix à un niveau inférieur à celui qu’ils
atteindraient dans le cadre d’une économie de marché pure, même si les objectifs des
gouvernements sont en réalité tout autres.

mai-10 Cours d’économie générale de M. Fall LTAP Saint Louis Page 5


Section 4 : Les éléments déterminants de l’investissement

Le choix d’investissement des entreprises est influencé par un certains nombre de


facteurs que sont :

1. Le taux d’intérêt :

Une entreprise doit souvent emprunter pour investir. Le taux d’intérêt est le coût de
l’argent emprunté. Plus les taux d’intérêt sont faibles, plus l’entreprise sera donc
incitée à investir.

2. Le taux d’inflation :

L’inflation a pour effet de réduire la charge réelle du paiement des intérêts et d’un
remboursement d’un emprunt. Ainsi plus le taux d’inflation est élevé. Plus la charge
réelle de l’emprunt est faible, plus l’investissement par crédit est encouragé.

Exemple : Soit un emprunt de 10 000 000 FCFA remboursable en 4 échéances


annuelles de 3 000 000 FCFA (ininterrompu). La première échéance payable dés
l’octroi du prêt.

Les taux d’inflation annuelle sont les suivants (Année de base = année de l’emprunt)

1ère année ……….10%

2ème année……….15%

3ème année………...5%

4ème année ……….10%

1) Calculer la charge réelle de chaque annuité.


2) Quelle conclusion peut-on en tirer concernant la charge réelle des annuités et
l’inflation.

Solution :

1) En prenant l’année de l’emprunt comme année de base calculons l’IP (indice


des prix).

1ère ou T1 = 100+10%( 100) = 110

T2= 110+15%( 110) = 126,5

T3=126,5+5%( 126,5) = 132,8

mai-10 Cours d’économie générale de M. Fall LTAP Saint Louis Page 6


T4=132,8+10%(132,8) =146

La valeur nominale de la première annuité est égale à 3 000 000 FCFA et sa valeur
3 000 000
réelle est égale à : ∗100=2727272,7 FCFA
110

3 000 000
Valeur réelle 2ème annuité = *100 = 2 371 541 FCFA
12,5
3 000 000
Valeur réelle 3ème annuité = *100 = 2 250 000 FCFA
132,8
3 000 000
Valeur réelle 4ème annuité = *100 = 2 050 000 FCFA
146

2) A la 4ème annuité la valeur nominale versée sera de 3 000 000 FCFA mais
compte tenu de l’inflation, ces 3 000 000 FCFA ont une valeur réelle de
2 050 000f CFA. On remarque que plus le taux d’inflation est important plus la
charge réelle des annuités est faible.

3. Le délai de récupération :

C’est le nombre d’année nécessaire à la récupération du capital investi. Plus ce délai


est long, plus les entreprises sont incitées à ne pas investir.

Exemple : Soit un investissement de 126 000 000f CFA qui procure des profits
annuels de 14 000 000 FCFA. Calculer le délai de récupération de ce capital.

126
Délais de récupération est : =9 ans
14
Il faut 9 ans pour récupérer ce capital

4. Le taux d’actualisation :

Le taux d’actualisation est le taux d’intérêt retenu pour le calcule de l’actualisation. Il


permet de calculer la valeur réelle d’une somme d’argent ou d’un actif disponible plus
tard. Il traduit la préférence des agents économique pour les revenus présents au
détriment des revenus futurs. Son choix dépend de plusieurs facteurs dont le taux
d’intérêt, l’ampleur du risque pris par les préteurs etc.

NB : le taux d’actualisation est différent du taux d’intérêt. Un taux d’actualisation


élevé traduit un certain pessimisme pour l’avenir de la part des investisseurs.

mai-10 Cours d’économie générale de M. Fall LTAP Saint Louis Page 7


Exemple : si le taux d’actualisation est de 10% alors 1000f disponible l’année
prochaine aura la même valeur que :

1 000 1000
= = 826,44Fcfa
(1+10 %)² (1,1)²

5. Le taux de rendement interne (TRI) :

Le TRI est le taux d’actualisation qui égalise la valeur actuelle des flux de gain
attendus à un investissement et la dépense que celui-ci nécessite.
Par exemple pour un investissement de 14 000 000f CFA qui génère un flux de recette
de5 000 000f CFA pendant 3 ans, le TRI est la solution de l’équation suivante.

5 000000 5 000000 5 000000


+ + = 14 000 000f CFA
(1+i) (1+i)² ( 1+i ) 3

1 1 1 14 000 000
+ + =
(1+i) (1+i)² ( 1+ i ) 3 5 000 000

Par tâtonnement on trouve i= 3% TRI =3%


Si le TRI est supérieur au taux d’intérêt de l’emprunt alors l’investissement est
rentable. Par contre si le TRI est inférieur au taux d’intérêt alors l’investissement n’est
pas rentable.
Si le taux d’intérêt est de 4% alors l’investissement n’est pas rentable.

6. La demande : l’effet d’accélérateur :

On appelle effet accélérateur, le principe selon lequel toute augmentation de la


demande se traduit par une augmentation plus que proportionnelle de l’investissement.
L’accélérateur agit sous l’effet de coefficient marginal de capital qui est supérieur à 1.
Soit la variation de la demande finale ∆D, il est possible de calculer l’investissement
induit.

I =β ∆D
β = coefficient marginal de capital β > 1
Production de 20(100 en T1 → 120 en T2).
Par conséquent il faut augmenter la capacité productive (Investissement indirect)

mai-10 Cours d’économie générale de M. Fall LTAP Saint Louis Page 8


100→500
120→ ? ↔ 5*120= 600

Donc il faut une capacité productive de 600. Il y’avait une capacité productive de 500,
donc il faut ajouter 100(investissement induit).
A la période T4, il n’y a pas d’investissement induit parce que la demande de bien de
consommation n’a pas augmenté.
A la période T5 il n’y a pas d’investissement induit par contre il ya un matériel oisif
(inutilisé) de 50 parce que toute la capacité productive n’est pas utilisée du fait que la
demande de bien de consommation a diminué (de 130, elle passe à 120).

NB : le mécanisme d’accélérateur repose sur les conditions suivantes :

– Il y’a absence d’outillage oisif : c’est à dire que fonctionne à 100% de sa


capacité productive(T CP= 100%)
– Amortissement du capital est constant
– Rigidité de la combinaison productive
– Rigidité des prix : lorsqu’il y’a augmentation de la demande, les producteurs ne
répondent pas par augmentation des prix

Application :

Etudiez les fluctuations de l’investissement induites par celles de la demande en


complétant le tableau ci-après

INVESTISSEMENT OUTILLAGE
globale de bien

consommation
Demande
Années

Amortissement Investissement Total


de

Existant

(investissement induit Investissement


utilisé
oisif

de
remplacement)
1 100 50 - 50 500 - 500
2 120 50 100 150 600 - 600
3 130 50 50 50 650 - 650
4 130 50 - 50 650 - 650
5 120 50 - 50 650 50 600
6 100 50 - 50 650 150 500
7 70 50 - 50 650 300 350
8 80 50 - 50 650 250 400
9 120 50 - 50 650 50 600
10 140 50 50 100 700 - 700

mai-10 Cours d’économie générale de M. Fall LTAP Saint Louis Page 9


Il existe une relation fixe entre la demande de consommation et la demande
500
d’investissement qui est égale ici à = 5 cela signifie que pour produire une unité
100
de bien et services il faut un investissement de 5 unités.
A la période T1 la demande de biens de consommation est égale à 100. Pour satisfaire
cette demande, il faut un investissement de 100*5= 500. L’amortissement de matériel
dans les 10 ans est égal à 50.
A la période T2 la demande de bien de consommation a augmenté de

mai-10 Cours d’économie générale de M. Fall LTAP Saint Louis Page 10


Section 4 : les déterminants de l’investissement :

Tout investissement est un parie sur l’avenir. La décision d’investir comporte un


risque qui est lié à l’incertitude de l’évolution de l’activité économique.
Cependant, une entreprise investira seulement si elle estime que l’investissement peut
être rentabilisé et financé avec un risque acceptable. Ainsi, on peut repérer un
ensemble de déterminants qui éclairent le risque de l’incertitude, que supporte les
entreprises au moment de leur décision d’investir.

1) Le coût relatif du capital par rapport au travail :

Encore appelé coût comparé du capital au travail, il permet d’apprécier la cherté du


capital par rapport au travail et sert donc à guider aux chefs d’entreprises dans la
décision d’investir ou d’embaucher.

En effet, lorsque l’entreprise juge les coûts salariaux très élevés par rapport au coût du
capital, elle peut décider de substituer le capital au travail. C'est-à-dire de remplacer
les salariés par des machines : c’est un investissement de productivité.

2) La rentabilité anticipée de l’investissement :

Par rentabilité anticipée de l’investissement, on entend l’aptitude d’un capital à


produire un flux de revenu sur une période donnée. Elle est encore appelée profitabilité
de l’investissement. En effet, si la rentabilité anticipée d’un investissement est nulle ou
négative, l’entrepreneur renoncera à la décision d’investir. Par contre si elle est
positive, l’entrepreneur aura intérêt à investir.

Ainsi, plusieurs indicateurs nous permettent d’apprécier la rentabilité d’un


investissement. Parmi ceux-ci, on peut citer :

a. Le taux d’intérêt réel :

Il est obtenu à partir du taux d’intérêt nominal et du taux d’inflation.

 Le taux d’intérêt nominal : c’est une variable clé de l’investissement, car un


taux d’intérêt élevé décourage les investisseurs du fait des charges financières
qu’il entraine (surtout si l’investissement est financé par emprunt). Par contre,
un taux d’intérêt faible stimule l’investissement. On peut dire que
l’investissement est une fonction décroissante du taux d’intérêt.

 Le taux d’inflation : encore appelé hausse du niveau général des prix, a pour
effet de stimuler l’investissement en allégeant les charges (le remboursement
des prêts) supportés. Il nous permet de corriger le taux d’intérêt nominal.

mai-10 Cours d’économie générale de M. Fall LTAP Saint Louis Page 11


' '
Taux d intérêt réel=taux d intérêt nominal−¿ taux d ' inflation

Application :

Soit un emprunt bancaire de 12000000 effectué au début de l’année N remboursable à


un taux de 12% en N+1. Déterminer la valeur réelle des remboursements dans les cas
suivants :

1) Si le taux d’inflation est de 8% ;

2) Si le taux d’inflation est de 10% ;

3) Si le taux d’inflation est 16%.

Solution :

La valeur réelle des remboursements :

1er cas : Intérêt réel = (12000000*12%) – (12000000*8%)

= 480000

Valeur réelle = 12000000 + 480000

= 12480000

2ème cas : V. A = 12000000 + 12000000(12 – 10)%

V. A = 12240000

3ème cas : V. A = 12000000 + 12000000(12 – 15)%

V. A = 11640000

Remarque : En cas de taux d’intérêt négatif, on rembourse un somme inférieur à


l’emprunt.

b. Le délai de récupération du capital investi (DRCI) :

Il est aussi appelé temps d’amortissement du capital investi. Ce terme est beaucoup
plus utilisé en évaluation de projet. C’est le nombre d’années nécessaire à la
récupération du capital investi. Plus ce délai est long, plus les entreprises sont incitées
à ne pas investir. Il est donné par la formule suivante :

mai-10 Cours d’économie générale de M. Fall LTAP Saint Louis Page 12


I ΣCF
DRCI = avec CFM=
Cach flow N

Avec : I représente la somme investie ;

Cach flow : c’est le bénéfice ;

CFM : c’est le cach flow moyen c’est à dire le bénéfice moyen ;

N : représente le nombre d’années.

c. La valeur actuelle nette (VAN) :

Du fait qu’investir consiste à engager des dépenses aujourd’hui dans le but d’obtenir
de revenus dans le futur, l’entrepreneur doit être en mesure de comparer des sommes
d’aujourd’hui à des sommes futures. L’actualisation permet de tenir compte du coût
d’opportunité du temps. La préférence que l’on a pour le présent est à mesurer par le
taux d’actualisation. Ce dernier permet de déterminer la valeur actuelle nette d’un
projet d’investissement qui est égal à la somme actualisée de la différence entre les
recettes et les dépenses à laquelle on déduit le montant de l’investissement initial.

Le projet d’investissement sera réalisé si la VAN est positive, c'est-à-dire si la somme


des revenus futurs actualisés est supérieure au coût de l’investissement. Par contre si la
VAN est négative, l’entrepreneur n’aura pas intérêt à investir.

VAN =VN (1+i)−n=ΣCF (1+i)−n−I 0

Application:

Un projet d’investissement a coûté 100000 avec 5 cach flow successives de 38000


pour la première année ; 50000, 45000,40000 et 20000. Le taux d’intérêt est de 10%.

Travail à faire :

1) Calculer le DRCI ;
2) Calculer la VAN ;
3) Quelle conclusion faites-vous de ce projet.

Correction :

1) Calcul du DRCI

mai-10 Cours d’économie générale de M. Fall LTAP Saint Louis Page 13


38000+ 50000+45000+ 40000+20000
ΣCFM =
5

ΣCFM =38600

100000
DRCI =
38600

DRCI =2 ans 7 mois

2) Calcul de la VAN

VAN =38000 ( 1,1 )−1+ 50000 ( 1,1 )−2+ 45000 (1,1 )−3+ 40000 ( 1,1 )−4 +20000 ( 1,1 )−5 −100000

VAN =149416−100000

VAN =49416

d. Le taux de profit et l’indice de profitabilité :

Il indique le gain net reçu pour un franc investi. Alors que l’indice mesure l’avantage
relatif, c'est-à-dire l’avantage induit par un franc investi.

Un investissement est dit rentable si son indice est supérieur à un.


−n
Σ CF ( 1+ i )
I P=
I0

T P =I P−1

Application :

Un projet d’investissement a coûté 80000 et rapporte pendant 4 ans successives :


20000, 30000, 36000 et 20000. Le taux d’intérêt est de 12%.

Travail à faire :

1) Calculer les flux nets de liquidité.


2) Calculer le DRCI et interpréter.
3) Calculer la VAN et l’indice de profitabilité.

Correction:

1) Calcul des flux nets :


FN =20000+30000+36000+ 20000

mai-10 Cours d’économie générale de M. Fall LTAP Saint Louis Page 14


FN =106000

106000
CFM =
4

CFM =26500

2) Calcul du DRCI
I
DRCI =
CFM

80000
DRCI =
26500

3) Calcul de la VAN
−1 −2 −3 −4
VAN =20000 ( 1,12 ) + 30000 ( 1,12 ) +36000 ( 1,12 ) +22000 ( 1,12 ) −80000

e. Le taux de rendement interne (TRI) :

Le TRI ou efficacité marginal de l’investissement est par définition le taux


d’actualisation qui s’applique à la somme des profits nets qui rendent la VAN nulle.
Donc on a :

Taux de rendement interne ( TRI )=ΣCF (1+i)−n −I 0 =0

Pour l’entrepreneur la décision d’investir résultera alors de la comparaison entre le


TRI (i) et le taux d’intérêt (t) pratiqué sur le marché des capitaux.

 Si i > t, alors l’investissement peut être financé soit à partir des fonds propres
ou par emprunt.
 Si i < t, alors l’investissement n’est rentable, car le taux de rendement interne
est inférieur au taux appliqué sur le marché.

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