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Actes de l'État Civil en Côte d'Ivoire

Ce document décrit les conditions légales requises pour le mariage des mineurs en Côte d'Ivoire, notamment le consentement nécessaire des parents et la procédure pour obtenir une autorisation si les parents sont absents ou décédés.

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Actes de l'État Civil en Côte d'Ivoire

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1440 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D'IVOIRE 27 octobre 1!

)64

CHAPITRE.X PARAGRAPHE II. - Du consentement au mariage

des mineurs.
DES ACTES DE L'ETAT CIVIL

CONCERNANT LES ETRANGERS Art. 5. - Le mineur de moins de vingt-et-un ans ne


peut contracter mariage sans le consentement de celui de
Art. 98. - Tout étranger ayant son domicile en Côte
ses père et mère qui exerce les droits de puissance pater­
d'Ivoire, peut faire recevoir les actes de l'état civil le
nelle.
concernant, par les agents diplomatiques dont il relève,
dans les formes prévues par sa loi nationale. Les nais­ Art. 6. - .Le consentement des père et mère peut être
sances et les décès doivent toutefois être également décla­ donné oralement, lors de la célébration du mariage, ou
rés à l'officier de l'état civil ivoirien dans les formes et être reçu préalablement, par un officier de l'état civil ou
conditions prévues par la loi ivoirienne. un notaire, qui en dresse acte et le notifie, par la voie
administrative, à l'officier de l'état civil compétent pour
Art. 99. - Si l'un des futurs. époux est de nationalité procéder à la célébration.
étrangère et l'autre de nationalité ivoirienne, l'officier de
l'état civil ivoirien est seul compétent pour procéder à la Art. 7. - La circonstance que celui des père ou mère

célébration du mariage. qui consent y est habilité résulte suffisamment de la décla­


ration qu'il en fait devant l'officier de l'état civil ou le
Il doit, dans les huit jours de celui-ci, adresser au
notaire qui reçoit son consentement.
ministère des Affaires étrangères une expédition de l'acte
de mariage destinée à l'agent diplomatique du conjoint
Art. 8. - Si les père et mère sont morts, inconnus ou
étranger.
dans l'impossibilité de manifester leur volonté, s'ils n'ont
pas de résidence connue ou s'ils sont l'un et l'autre déchus
Art. 100. - Toute pièce produite par un étranger en
des droits de la puissance paternelle, l'autorisation est
vue de l'établissement d'un acte de l'état civil, doit obli­
donnée par le tuteur.
gatoirement être accompagnée de sa. traduction dans la
langue officielle ivoirienne, certifiée conforme à l'original
A défaut de tuteur, l'autorisation est demandée par
par le consulat de l'intéressé.
requête au président du tribunal ou de la section de tri­
bunal de la résidence habituelle du mineur.
Art. 101. - La présente loi sera publiée au Journal
officiel de la République de Côte d'Ivoire et exécutée Si le tuteur refuse son consentement, le mineur peut
comme loi de l'Etat. présenter requête en autorisation au magistrat visé à

l'alinéa précédent.
Fait à Abidjan, le 7 octobre 1964.

Ce magistrat statue, dans tous les cas, par ordonnance


Félix HOUPHOUET-BOIGNY.
non motivée, s'il y a lieu après enquête, le ministère public
entendu lorsqu'il est représenté auprès de la juridiction
intéressée.

LOI n» 64-375 du 7 octobre 1964, relative au mariage. Lorsque la requête est fondée sur le refus du tuteur, il

ne peut être statué que celui-ci entendu ou dûment cité


L'ASSEMBLÉE NATIONALE A ADOPTÉ, à comparaître dans les formes usitées en matière de référé.

LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE PROMULGUE LA LOI DONT Qu'elle accorde ou refuse l'autorisation, l'ordonnance
LA TENEUR SUIT visée aux alinéas . p r é c ê d e n t s n'est pas susceptible d'appel.

CHAPITRE PREMIER
PARAGRAPHE III. - Des empêchements au mariaqe.

DES CONDITIONS REQUISES POUR POUVOIR


Art: 9. - La femme ne peut contracter un nouveau
CONTRACTER MARIAGE mariage qu'après trois cents jours révolus depuis la dis­
solution du mariage précédent.
PARAGRAPHE PREMIER. - Des conditions à réuni?'

dans la personne des époux. Néanmoins, le président du tribunal ou le juge de la


section de tribunal dans le ressort duquel le mariage doit
Article premier. - L'homme avant vingt ans révolus,
être célébré peut, par ordonnance sur simple requête, le
la femme avant dix-huit ans révolus, ne peuvent contrac­
ministère public entendu lorsqu'il est représenté auprès
ter mariage. Néanmoins, le Président de la République
de là juridiction intéressée, et à charge d'appel, abréger
peut accorder des dispenses pour des motifs graves.
le délai lorsqu'il résulte avec évidence, des circonstances,
que depuis trois cents jours le précédent mari n'a pas
Art. 2 .- Nul ne peut contracter un nouveau mariage
cohabité avec sa femme.
avant la dissolution du précédent.

Au cas où le mariage est dissous par le divorce ou En toute hypothèse, ce délai prend fin en cas d'accou­

annulé, une nouvelle union ne peut être contractée avant chement.

l'accomplissement des formalités prévues à l'article 14


Art. 10. - En ligne directe, le mariage est prohibé
de la loi sur le divorce et la séparation de corps.
entre tous les ascendants et descendants et les alliés dans
la même ligne.
Art. 3. - Chacun des futurs époux doit consentir per­
sonnellement au mariage.
Art. 11. - En ligne collatérale, le mariage est prohibé
Le consentement n'est pas valable s'il a été extorqué entre frère et sœur.
par la violence ou s'il n'a été donné que par suite d'une
Il est également prohibé entre oncle et nièce, tante et
erreur sur l'identité physique ou civile de la personne.
neveu et entre alliés au degré de beau-frère et belle-sœur,
Art. 4. - L'homme et la femme majeurs consentent lorsque le mariage qui produisait l'alliance a été dissous
seuls à leur mariage. par le divorce.
27 octobre 1964 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D'IVOïRE 1441

Art. 12. - Néanmoins, il est loisible au Président de la 'copie des actes accordant des dispenses dans les
la République de lever, pour des causes graves, les prohi­ cas prévus par la loi.
bitions :
Art. 22. - Lorsque les futurs époux se présentent
- entre alliés en ligne directe lorsque lapersonne qui
devant l'officier de l'état civil, comme il est dit à l'article
a créé l'alliance est décédée ;
précédent, pour y déposer leurs actes de naissance, celui-ci
édictées par l'article 11, alinéa 2. doit leur demander :

1° S'ils ont déjà été mariés et en cas de réponse affir­


CHAPITRE II mative, d'indiquer les causes et date de la dissolution de

la précédente union.
DES OPPOSITIONS AU MARIAGE
Dans ce cas, il peut exiger la présentation soit de l'acte

Art. 1 3 . - Lorsqu'un fait, susceptible de constituer un de décès du précédent conjoint, soit la preuve de l'accom­

empêchement au mariage, est porté à la connaissance de plissement des formalités prévues à l'article 14 de la loi

l'officier de l'état civil compétent pour procéder à la célé­ sur le divorce et la séparation de corps.

bration, il doit surseoir à celle-ci et en aviser, dans les


2° Lorsque l'un d'entre eux ou les deux sont mineurs,
48 heures le procureur de la République, lequel peut soit
quelle est la personne habilitée à consentir au mariage et
lui demander de passer outre, soit former opposition au
si cette personne donnera son consentement lors de la
mariage.
célébration.
Le procureur de la République peut également former
En cas de réponse négative, il doit leur rappeler qu'il
opposition au mariage lorsqu'un empêchement est porté
ne pourra être procédé à celle-ci qu'autant que sera rap­
directement à sa connaissance.
portée, antérieurement, la preuve du consentement ou de

l'autorisation judiciaire.
Art. 14. - Le ministère public notifie son opposition

par voie administrative à l'officier de l'état civil qui en


Art. 23. - L'officier de l'état civil peut, en outre, deman­
dresse acte, et aux futurs époux.
der aux futurs époux de produire toutes les autres pièces

Après une année révolue, l'acte d'opposition cesse de propres à établir que les conditions du mariage sont

produire effet. Il peut être renouvelé. réunies.

Art. 15. - Mainlevée de l'opposition peut être deman­


PARAGRAPHE II. - De la célébration du mariage.
dée par les futurs époux, même mineurs, qui adressent à

cet effet requête au tribunal de première instance ou à la


Art. 24. - Le mariage est célébré publiquement au
section de tribunal dans le ressort duquel le mariage doit
siège de la circonscription ou du centre d'état civil du
être célébré.
domicile ou de la résidence de l'un ou l'autre des époux.
La juridiction saisie statue dans les dix jours. La Cour
La résidence est établie par un mois au moins d'habita­
statue dans le mois de l'appel des futurs époux ou du
tion continue, à la date de la célébration.
ministère public.
Le procureur de la République ou le juge de la section

Art. 16. - Nulle autre opposition ne peut être faite à de tribunal du domicile ou de la résidence de l'un des
un mariage lorsqu'il a été donné mainlevée d'une première futurs époux peut toutefois, s'il y a de justes motifs,
opposition. autoriser la célébration du mariage dans un lieu autre

que ceux mentionnés à l'alinéa premier.


Art. 17. - L'officier de l'état civil saisi de l'opposition
L'autorisation est notifiée administrativement, par le
ne peut procéder à la célébration du mariage tant que la
magistrat qui l'a accordée, à l'officier de l'état civil chargé
mainlevée n'en a pas été prononcée.
de procéder à la célébration, et copie en est remise aux
Celle-ci, lorsque la décision qui la prononce est devenue futurs époux.
définitive, lui est notifiée, par le procureur de la Répu­
Mention de cette autorisation doit être faite dans l'acte
blique, en la forme administrative.
de mariage.

CHAPITRE III Art. 25. - En cas d'empêchement grave, le procureur


de la République peut requérir l'officier de l'état civil de
DES FORMALITES DU MARIAGE se transporter au domicile ou à la résidence de l'une des
parties pour célébrer le mariage.
Art. 18. - Le mariage est obligatoirement célébré par

un officier de l'état civil. Art. 26. - En cas de péril imminent de mort de l'un

des futurs époux, l'officier de l'état -civil peut :


Art. 19. - Seul le mariage célébré par un officier de
1° Se transporter avant toute réquisition ou autorisa­
l'état civil a des effets légaux.
tion du procureur de la République, au domicile ou à la

Art. 20. - Aucun ministre du culte ne peut procéder résidence de l'une des parties pour y célébrer le mariage ;

aux cérémonies religieuses d'un mariage sans qu'il ait


2° Procéder à cette célébration, même dans le cas où
été justifié par la présentation du certificat prévu à l'ar­
la résidence n'est pas établie par un mois d'habitation
ticle 28, de la célébration civile.
continue.

Il doit ensuite, dans les plus brefs délais, faire part au


PARAGRAPHE PREMIER. - Des formalités préliminaires.
procureur de la République de la nécessité de cette célé­

Art. 21. - Dix jours francs au moins avant la date bration.

fixée pour la célébration du mariage, chacun des futurs


Art. 27. - Le jour désigné par les parties, l'officier
époux doit remettre à l'officier de l'état civil compétent
de l'état civil, en présence de deux témoins majeurs,
pour y p r o c é d e r :
parents ou non des parties, fait lecture aux futurs époux

- un extrait de son acte de naissance datant de moins du projet d'acte de mariage, ainsi que des articles 5 1 , 53,

de trois mois ; 58, 59 et 60.


1442 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D'IVOIRE 27 octobre 1964

· II reçoit de chaque partie, l'une après l'autre, la décla­ Art. 36. - L'action en nullité appartient

ration qu'elles veulent se prendre pour mari et femme. 1° En cas de violation des dispositions de l'article 3

Il prononce, au nom de la loi, qu'elles sont unies par le (alinéa 2) à celui des époux dont le consentement a été

mariage et il en dresse acte sur-le-champ. vicié;


• 91it; .

Art. 28. - Il est délivré aux époux un livret de famille 2° En cas de violation des règles relatives au consen­

et un certificat de célébration civile, établis suivant les tement au mariage des mineurs, à ceux dont le consente­

modèles fixés par décret. ment était requis ou à celui des époux qui avait besoin

de ce consentement.

PARAGRAPHE III. - Des mariages contractés à l'étranger.


Art. ·37, - L'action en nullité prévue à l'article 35

Art. 29. - Le mariage contracté en pays étranger entre ci-dessus se prescrit par trente ans.

Ivoiriens ou entre un Ivoirien et un étranger est valable

s'il a été célébré dans les formes usitées dans le pays Art. 38. - L'action en nullité fondée sur le vice du

considéré, à condition que l'Ivoirien n'ait point contrevenu consentement cesse d'être recevable, toutes les fois qu'il

aux dispositions de fond exigées par la loi ivoirienne. y a eu cohabitation continue pendant six mois, depuis que

l'époux a acquis sa pleine liberté ou que l'erreur a été·


Art. 30. - Il en est de même du mariage contracté en par lui reconnue.
pays étranger entre Ivoiriens ou entre un Ivoirien et un
L'action en nullité fondée sur le défaut de consente­
étranger s'il a été célébré par les agents diplomatiques ou
ment est couverte :.
les consuls de Côte d'Ivoire conformément à la loi Ivoi­
i·ienne. 1 ° Toutes les fois que le mariage a été approuvé expres­

sément ou tacitement par ceux dont le consentement était

CHAPITRE IV nécessaire, ou lorsqu'il s'est écoulé une année sans récla­


mation de leur part, depuis qu'ils ont eu connaissance du
DES NULLITES DU MARIAGE
mariage;

PARAGRAPHE PREMIER. - Des nullités absolues. 2° Lorsque l'époux a atteint vingt-deux ans révolus,

sans avoir fait de réclamation.

Art. 31. - Doivent être annulés, les mariages célébrés :

- Au mépris des règles fixées par les articles premier, PARAGRAPHE III. - Des effets des nullités.

2 (alinéa premier), 3 (alinéa premier), 10 et 11 (alinéa


Art. 39. - Lorsque les deux époux ont été mis en
premier) ;
cause, le jugement prononçant la nullité du mariage pos­
- En violation de l'article 11 (alinéa 2 ) , si le tribunal sède l'autorité de la chose jugée à l'égard de tous.
estime que d'après les circonstances de la cause la dis­

pense prévue à l'article 12 n'aurait pas été accordée ; Art. 40. - Le dispositif de la décision prononçant la

nullité est transcrit à la diligence du ministère public sur


- En violation de l'article 24, si cette violation est
les registres de l'état civil du lieu où le mariage a été célé­
grave ou frauduleuse.
bré, et mention en est faite en marge de l'acte de mariage

Art. 32. - L'action en nullité fondée sur les disposi- et des actes de naissance des époux.

tiens de l'article précédent peut être exercée


Si le mariage a été célébré à l'étranger, le dispositif
- par les époux eux-mêmes ;
est transcrit sur les registres de l'état civil de la mairie

- par toute personne qui y a intérêt ; d'Abidjan et mention en est faite en marge des actes de

naissance de chacun des époux.


- par le ministère public.

Toutefois, les personnes qui ont consenti au mariage ne Art. 41. - Le mariage nul produit ses effets, comme
sont pas recevables à en demander la nullité pour viola­ s'il avait été valable, jusqu'au jour où la décision pronon­
tion de l'article premier. çant la nullité est devenue définitive. Il est réputé dissous

En toute hypothèse, le ministère public ne peut agir que à compter de ce jour.

du vivant des époux.


En ce qui concerne les biens, la dissolution remonte,

Art. 33. - Le mariage atteint d'une nullité absolue ne quant à ses effets entre les époux, au jour de la demande,

peut se confirmer ni expressément, ni tacitement, non mais n'est opposable aux tiers que du jour de la trans­

plus que par l'écoulement d'un laps de temps. cription prévue à l'article précédent.

Toutefois, ces dispositions ne s'opposent pas à la vali­


Art. 34. - Nonobstant son caractère absolu, la nullité
dité d'un nouveau mariage contracté avant l'annulation
est couverte :
du précédent.
1° En cas de violation de l'article premier, lorsque
l'époux ou les époux ont atteint l'âge requis, ou lorsque Art. 42. - La décision prononçant la nullité doit éga­
la femme a conçu ; lement statuer sur la · bonne foi de l'un et l'autre des

époux. La bonne foi est présumée.


2° En cas de violation de l'article 24, lorsque les époux

ont la possession d'état continue d'époux et qu'ils repré­


Art. 43. - Si les deux époux sont déclarés de mauvaise
sentent un acte de célébration du mariage devant l'offi­
foi, le mariage est réputé n'avoir jamais existé, tant dans
cier de l'état civil.
les rapports des époux entre eux, que dans leurs rapports

avec les tiers.


PARAGRAPHE II. - Des nullités relatives.
Les enfants issus du mariage ou légitimés conservent la
Art. 35. - Peuvent être annulés les mariages célébrés qualité qui leur avait été conférée par le mariage, mais
au mépris des règles fixées par l'article 3 (alinéa 2) et de les époux ne peuvent se prévaloir de cette qualité à leur
celles relatives au consentement au mariage des mineurs. encontre.
27 octobre 1964 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D'IVOIRE 1443

Art. 44. - Si un seul des époux est déclaré de mauvaise Art. 56. - Les aliments ne sont accordés que dans la
foi, le mariage nul est réputé n'avoir jamais existé à son proportion du besoin de celui qui les réclame et de la
égard. fortune de celui qui les doit.

L'autre époux bénéficie des dispositions �.e l'article 41. Lorsque celui qui fournit ou celui qui reçoit des aliments

Les enfants issus du mariage ou légitimés conservent, est replacé dans un état tel que l'un ne puisse plus en

vis-à-vis de leurs auteurs, la qualité qui leur avait été donner ou que l'autre n'en ait plus besoin, en tout ou

conférée par le mariage mais l'époux de mauvaise foi ne partie, la décharge ou réduction peut être demandée.

peut se prévaloir de cette qualité à leur encontre.


Art. 5'7.' - La femme a l'usage du nom du mari.

CHAPITRE V
Art. 58. - Le mari est le chef de la famille. II exerce
DE LA PREUVE DU MARIAGE cette fonction dans l'intérêt commun du ménage et des
enfants.
Art. 45. - Nul ne peut réclamer le titre d'époux et les
La femme concourt avec le mari à assurer la direction
effets civils du mariage. s'il' ne représente un acte de célé­
morale et matérielle de la famille, à pourvoir à son .entre­
bration, sauf les. exceptions prévues par la loi en cas de
tien, à élever les enfants et à préparer leur établissement.
perte ou de destruction totale ou partielle des registres.

La femme remplace le mari dans sa fonction de chef


Art. 46. - La possession d'état ne peut dispenser les
s'il est hors d'état de manifester sa volonté en raison de
prétendus époux qui l'invoquent respectivement de repré­
son incapacité, de son absence, de son éloignement ou de
senter l'acte de célébration du mariage.
toute autre cause.

Art. 47. - La possession d'état d'époux s'établit par


Art. 59. - L'obligation d'assumer les .charges du
une réunion suffisante de faits qui supposent l'existence
mariage pèse à titre principal sur le mari.
du lien matrimonial.

Les principaux de ces faits sont : II est obligé de fournir à la femme tout ce qui est néces­
saire pour les besoins de la vie, selon ses facultés et son
- que l'homme et la femme portent le même nom ;
état. S'il ne remplit pas cette obligation, il peut y être
- qu'ils se traitent comme mari et épouse ; contraint par justice.

- qu'ils sont reconnus comme tels par la famille et


Toutefois cette obligation est suspendue lorsque la
dans la société.
femme abandonne, sans juste motif, la maison conjugale

Art. 48. - Lorsqu'il y a possession d'état et que l'acte et qu'elle refuse d'y retourner.

de célébration est représenté, nul ne peut se prévaloir des


Art. 60. - Le choix de la résidence de la famille appar­
irrégularités de cet acte.
tient au mari ; la femme est obligée d'habiter avec lui et

Art. 49. - Nul ne peut contester la légitimité d'un il est tenu de la recevoir.

enfant, dont les père et mère sont décédés, toutes les fois
Lorsque la résidence fixée par le mari présente pour
que cette légitimité est prouvée par une possession d'état
la famille des dangers d'ordre physique ou d'ordre moral,
qui n'est point contredite par l'acte de naissance.
la femme peut, par exception, être autorisée à avoir pour
elle et ses enfants une autre résidence fixée par le juge.

CHAPITRE VI
Art. 61. - La femme mariée a la pleine capacité de
DES EFFETS DU MARIAGE
droit. L'exercice de cette capacité n'est limité que par
la loi. ·
SECTION I. - Dispositions générales.
Art. 62. - L'époux qui veut faire un acte, pour lequel
Art. 50. - Le mariage crée la famille légitime.
le concours ou le consentement de l'autre époux est néces­
saire, peut être autorisé par justice à agir sans le concours
Art. 51. - Les époux s'obligent à la communauté de
ou le consentement de celui-ci, s'il est hors d'état de mani­
vie, ils se doivent mutuellement fidélité, secours et assis­
fester sa volonté ou si son refus n'est pas justifié par
tance.
l'intérêt de la famille. 1
Art. 52. - Ils contractent ensemble, par le seul fait du
L'acte passé dans les conditions prévues par l'autori­
mariage, l'obligation de nourrir, entretenir et élever leurs
sation de justice est opposable à l'époux dont le concours
enfants.
ou le consentement fait défaut.

Art. 53. - Ils contribuent aux charges du mariage en


Art. 63. - S'il n'y a pas de séparation de corps entre
proportion de leurs facultés respectives.
eux, chacun des époux peut donner à l'autre mandat de
L'époux qui ne remplit pas cette obligation peut y être
le représenter dans l'exercice des pouvoirs que le régime
contraint par justice.
matrimonial lui attribue.

Art. 54. - L'enfant n'a pas d'action contre ses père et Art. 64. - Si l'un des époux se trouve hors· d'état de
mère pour un établissement par mariage ou autrement. manifester sa volonté, son conjoint peut se faire habiliter
par· justice à le représenter, d'une manière générale ou
Art. 55. - Les enfants doivent des aliments à leurs
pour certains actes particuliers, dans l'exercice des pou­
père et mère ou autres ascendants qui sont dans le besoin.
voirs visés à l'article précédent.
Les gendres et belles-filles doivent également, dans les
mêmes circonstances, des aliments à leurs beau-père et Les conditions et l'étendue de cette représentation sont

belle-mère, mais cette obligation cesse lorsque celui des fixées par le juge.

époux qui produisait l'affinité et les enfants issus de son


A défaut de pouvoir légal, de mandat ou d'habilitation
union avec l'autre époux sont décédés.
par justice, les actes faits par l'un des époux, en repré­
Les obligations résultant de ces dispositions sont réci­ sentation de l'autre, sans pouvoir de celui-ci, ont cepen­
proques. dant effet à son égard s'il a été bien administré.
1444 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D'IVOIRE 27 octobre 1964

Art. 65. - La femme mariée a le pouvoir de représen­ A rt . 76. - D ans le cas prévu à l'alinéa 2 de l' article 6 0

ter le mari pour les besoins du ménage et d'employer pour ou lorsque le mari ne s'acquitte pas, dans les conditions

cet objet les fonds qu'il laisse entre ses mains. Les actes prévues par la loi, des obligations résultant du mariage ,

ainsi accomplis par la femme obligent le �.ri envers les énoncées à la section I du présent chapitre, la femme peut
tiers, à moins qu'il n'ait retiré à la femme le pouvoir de obtenir que lui soient confiées, par justice , pendant le
faire les actes dont il s'agit et que les tiers n'aient eu mariage, l'administration et la disposition des biens par
personnellement connaissance de ce retrait au moment où e l l e acquis, dans l'exercice de son activité professionnelle.
ils ont traité avec elle.

Ar t. 77. :..__ Le mari peut, sans le concour s de la femme,


Art. 66. - En application de l'article précédent, la
vendre, .. aliéne r et h y pothé uer q ses bien s personnels et
femme peut, sur sa seule signature, faire ouvrir, par
es bi
l en s communs, dis p oser entre vi s, à titre f g ratuit , de
représentation de son mari, un compte courant, à charge
ses biens personnels et exercer seul toutes le s actions mobi­
par le dépositaire de notifier cette ouverture au mari. La
lières et p ossessoires qui appartiennent à son con ointj ;

balance de ce compte ne peut être débitrice, qu'en vertu


mais il ne peut, sans le consentement de a femme, vendre,
l

d'un mandat exprès de ce dernier.


aliéne r et h pothéquer les biens per onnels de celle ci,
y s - ni
Si le mari n'a pu être touché par la notification, le
disposer entre vifs, à titre gratuit, des biens de la com­
dépositaire peut exiger que la femme soit habilitée par
munauté.
justice.
Le s le s g f aits pa r lui ne peuven t excéde r sa part dans
Art. 67. - La femme peut exercer une profession sépa­
la communauté.
rée de celle de son mari, à moins que celui-ci ne s'y oppose.

Si l'opposition du mari n'est pas justifiée par l'intérêt


Art. 7 8 . - La femme ne peut, sans le concours du mari,
de la famille, la femme peut être autorisée par justice
vendre, aliéner et h yp othéquer ses biens personnels, ni en
à passer outre.
disposer entre vifs, à titre g ratuit.

SECTION IL - Les effets pécuniaires du mariage.


Art. 7 . 9 - La femme n'o b lige pas le mari par les enga­
Art. 68. - Le mariage a pour effet de créer entre les
gements qu'e le l contracte pour un objet autre que l'inté­
époux une communauté de biens, régie par les disposi­
rêt du ména e ou les besoins de sa p ofession.g r

tions ci-après.

Les engagements pris par elle, dans l'exercice de cet e t

Art. 69. - Les époux ne peuvent déroger ni aux droits


pro ession, f sont sans effet à l'égard du mari, si les tie s r
reconnus au mari comme chef de famille et de la commu­
q u i contractent avec el e ont connaissance l , au moment o ù
nauté, ni aux droits que la femme tient de l'exercice d'une
ils traitent, de l'opposition faite en application de l'ar -
profession commerciale séparée, ni aux dispositions pro­
tic le 67 . ·

hibitives édictées par la loi.

Si la femme est autorisée à p asser outre à l'opposition


Art. 70. - Les biens que les époux possèdent à la date
du mari, les engagements professionnels qu'elle a pris
du mariage, ou qu'ils acquièrent postérieurement au
depui s l'opposition sont v alables.
mariage, par succession ou donation, demeurent leur pro­
priété personnelle.
Art. 8 . 0 - S ous réserve de ce qui est dit à l'article 79 ,
Sont également propres à chacun des époux, les biens
les dettes dont l'un de s époux est tenu peuvent ê tre pour­
acquis à titre onéreux pendant le mariage; lorsque cette
s u ivies sur les biens personnels de cet époux et sur les
acquisition a été faite en échange d'un bien propre, ou
biens communs.
avec des deniers propres ou provenant de l'aliénation d'un
bien propre. Les dettes contractées pa r la femme, pour un ob et autre j

Art. 71. - Sont communs, les salaires et revenus des qu e l'intérêt du ménage ou de sa profession, sans autori­

époux, et tous les biens acquis par eux, à titre onéreux, sation ex p resse ou tacite du mari, ne peuvent être pour­

pendant le mariage. Sont de même communs, les biens suivies que sur les biens par elle acquis dans l'exercice

donnés ou légués conjointement aux deux époux. d e son activité p rofessionnelle, lorsqu'elle en a l'admin s­ i

tration et la disposition.
Art. 72. - Tout bien est présumé commun si l'un des
époux ne justifie pas en avoir la propriété
. exclu i s v e. Lorsque la femme a l'administration et la disposition
des biens visés à l'alinéa précédent, les dettes p erson­
Art. 7 3 . - La qualité de bien propre ne pe ut ê tr e o ppo­ n elles du mari ne peuvent être poursuivies sur c ux-ci. e

sée par les époux à un tiers que si celui ci connaissait ou -

devait c onna tre cette qu lité.


î a

Art. 81 . - Les dettes cont actées


r p ar les époux , agis­
sant ensemb e et de concert, l qu'elles l'aient été dans l'in­
Art . 7 . 4 - Sous réserve de ce qui est dit au x ar iclest 7 5
t rêt
é commun ou dans l'intérêt de l'un d'eux seulement,
et 76 , les biens communs et le s biens person nels des époux
peuvent être poursuivies sur les biens communs, y com­
sont administrés par le mari.
p ris ceux ac q uis par la femme dans l'exercice de son a cti­
Le débiteur des salaires dus à la fe m me , e n r émunéra­
v ité professionnelle, même lorsqu'elle en a l'administra­
ti no d e son activit é professionnelle est tout
· ef oi s v a a l b le­
tion et la disposition, et les biens personnels de ch cun a

m ent libéré p ar la remise qu'il en fait à c l e e l -c i , soi t par


des époux.
tradition manuelle, soit par virement à un com p te b an­
caire ou p ostal ouvert à son nom, si le ma ri n e l u i a pas Elles ne peuvent toute ois être poursuivie f s s u r les biens
si g nifié , p ar exploit d'huissier, qu'il d oit s'en acqui tter personnels de la femme, qu'en cas d'insu ff i sance des biens
entre ses mains.
co mmuns et des biens personne s du mari. l

A rt . 7 . 5 - La emme
f qui exerce u n
e p ro essi n
f o o
c m ­
merciale séparée, possède , pendant le mariag e , p o ur les A rt. 82 . - S ont considérées com m e dettes solidaire s

besoins de son commerce, l'adm nistr i at i n


o et l a di s po si­ des deux époux celles contractées dan s l'intérêt du ména g e.
t on
i d es biens q u'elle a acquis dans l' x e erc i e
c d e cett e p ro- El les sont pour ui s v ies dans l es conditions prévues à l'ar­
f ess io n. ·
ticle précédent.
27 octobre 1964 JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DE COTE D'IVOIRE 1445

Art. 83. - Lorsque le désordre des affaires du mari Art. 95. - Des dommages-intérêts peuvent, nonobstant

compromet les droits de la femme, celle-ci peut obtenir toute stipulation contraire, être accordés à l'un des époux

que lui soient confiées, par justice, l'administration et la en raison d'actes accomplis par son conjoint et qui ont

disposition de ses biens et revenus personnels et des biens affecté les biens communs ou les biens propres de l'un ou

par elle acquis dans l'exercice de son activité profession­ de l'autre époux :

nelle. - lorsque le conjoint qui a accompli ces actes n'avait

pas le droit -�e les accomplir ;


Art. 84. - Extrait de la décision rendue en application

des articles 76 ou 83 est inséré, dans le délai de quinze - lorsque ces actes constituent des actes de mauvaise
jours à compter de la date à laquelle elle est passée en administration ou ont été accomplis en fraude des droits
force de chose jugée, dans un journal d'annonces légales du demandeur.
et mention en est faite en marge de l'acte de mariage, le
Art. 96. - Nulle demande en indemnité, fondée sur
tout à la diligence du ministère public.
l'article précédent, ne peut être faite en raison d'actes qui
En cas d'inaction du ministère public, les mesures de
ont été accomplis plus de trois ans avant la dissolution
publicité prévues à l'alinéa précédent peuvent être requises
du mariage.
directement par les parties, sur présentation du disposi­

tif du jugement ou de l'arrêt et d'un certificat, délivré Art. 97. - Une indemnité est accordée à un époux, s'il
par le greffier, attestant que la décision est passée en établit que les biens propres de son conjoint se sont enri­
force de chose jugée. chis au détriment de ses biens propres ou des biens com­
muns.
Art. 85. - Le jugement qui attribue à la femme l'admi­

nistration et la disposition soit des biens qu'elle a acquis Art. 98. - Sous réserve des dispositions contenues aux
dans l'exercice de son activité professionnelle soit, en articles précédents, les biens communs sont partagés éga­
outre desdits biens, de ses biens et revenus personnels, lement entre les époux.
remonte, quant à ses effets, au jour de la demande.
Les dispositions régissant les successions sont appli­

Art. 86. - Dans les cas prévus aux articles 75, 76 et 8�, cables relativement aux modalités du partage de la com­

ra femme peut se faire ouvrir librement un compte cou­ munauté.

rant en son nom propre.

CHAPITRE VII
Art. 87. - Postérieurement à la date prévue à l'ar­
ticle 85 : DE LA DISSOLUTION DU MARIAGE

- Le mari ne peut plus vendre, aliéner et hypothéquer,


Art. 99. - Le mariage se dissout :
sans le concours de la femme, les biens communs acquis

antérieurement, ni exercer les actions mobilières et pos­ - par la mort de l'un des époux ;
sessoires qui appartiennent à celle-ci. En outre, il ne peut
- par le divorce.
plus exercer le droit d'opposition visé à l'article 67 ;

Art. 100. - La présente loi sera publiée au Journal


- La femme peut, sans le concours du mari, vendre,
officiel de la République de Côte d'Ivoire et exécutée
aliéner. et hypothéquer ses biens personnels et en disposer
comme loi de l'Etat.
entre vifs à titre gratuit.

Art. 88. - Les dettes contractées par l'un des époux, . Fait à Abidjan, le 7 octobre 1964.

postérieurement à la même date, ne peuvent être pour­


Félix HOUPHOUET-BOIGNY.
suivies que sur les biens, revenus et salaires personnels
de cet époux.

Peuvent seules être poursuivies, sur les biens communs

acquis antérieurement, les dettes contractées par chacun LOI n» 64-376 du 7 octobre 1964, relative au divorce et à
d'eux avec le concours de l'autre. · la séparation de corps.

Demeurent applicables pour le surplus les dispositions


L'ASSEMBLÉE NATIONALE A ADOPTÉ,
des articles 81 et 82.
LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE PROMULGUE LA LOI DONT
Art. 89. - Les dispositions des articles 75, 76 et 83
LA TENEUR SUIT
sont sans effet quant à la consistance de la communauté.

Art. 90. - Les créanciers du mari peuvent se pourvoir CHAPITRE PREMIER

contre la décision rendue en application des articles 76


CAUSES
ou 83, prononcée en fraude de leurs droits. Ils peuvent
aussi intervenir dans l'instance.
Article premier. Les juges peuvent prononcer le

Art. 91. - La communauté se dissout par la mort de divorce ou la séparation de corps, à la demande de l'un

l'un des époux, par le divorce et par la séparation de corps. des époux:

1 ° Pour cause d'adultère de l'autre ;


Art. 92. - Lors de la dissolution de la communauté,

chacun des époux reprend en nature les biens qui lui sont 2° Pour excès, sévices ou injures graves de l'un envers
propres, en justifiant qu'il en est le propriétaire. l'autre ; ·

3° Lorsque le conjoint a été condamné pour des faits


Art. 93. - Si l'un des époux établit qu'un de ses biens
personnels a été aliéné et que le prix en est tombé en com­ portant atteinte à l'honneur et à la considération ;

munauté, il prélève, sur les biens communs, la valeur cor-


4° S'il y a eu abandon de famille ou du domicile conju­
respondant à ce prix. ·
gal.

Art. 94. - La femme exerce ses prélèvements avant le Quand ces faits rendent intolérable le maintien du lie n
mari. conjugal ou de la vie commune.

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