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Le document analyse la poésie d'Apollinaire telle que présentée dans son recueil Alcools. Il explore comment Apollinaire mêle éléments réels et imaginaires en s'inspirant de sa vie, de la mythologie et de ses voyages. Les thèmes récurrents sont l'amour impossible, la femme inaccessible et le voyage.

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Le document analyse la poésie d'Apollinaire telle que présentée dans son recueil Alcools. Il explore comment Apollinaire mêle éléments réels et imaginaires en s'inspirant de sa vie, de la mythologie et de ses voyages. Les thèmes récurrents sont l'amour impossible, la femme inaccessible et le voyage.

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Premier grand recueil d'apollinaire, Alcools, compilant 15 ans d'écriture poétique rend compte

de tout un pan de l'existence de son auteur, de sa sensibilité et de son époque.


Sa poésie est façonné tout à la fois par son expérience personnelle, ses nombreux voyages,
ses déboires amoureux, le rapport même qi’il entretient avec la poésie et par une culture
livresque gargantuesque : la mythologie, les histoires bibliques, les contes et la littérature
médiéval sont autant de domaine participant de l’imaginaire collectif et dans lequel
Apollinaire puise continuellement son inspiration.
Ces 2 grandes sources d'inspirations ne sont pas pour autant cloisonnés, chez Apollinaire, les
frontières entre le réel et l'imaginaire sont poreuses et sa poésie est marquée par une nette
propension au vagabondage.
Comment Apollinaire fait-il se goupiller les éléments du réel, tout ce qui à trait à la réalité
objective, notamment les faits-bruts de son histoire personnels, avec les éléments qui tiennent
à l’imaginaire, ?
Qu’est ce que l’imaginaire ? Notons d’abord une importante veine mythologique qui est loin
de se borner à la seule mythologie Grec allié à l’imaginaire au sens strict, non collective, à
savoir ce qui est le produit pur de l’esprit et de la subjectivité d’Apollinaire..
Cette osmose entre ces 2 univers est présente dans l’ensemble du recueil mais ressort de
manière particulièrement frappante à travers certaines thèmes forts du recueil.
Celui de l’impossibilité de l’amour en premier lieu, de la souffrance qui l’accable en
conséquence, et celui du voyage, à travers les régions et les villes, qui sont également
l’occasion d’un voyage intérieur pour le poète..

I / Apollinaire face à lui-même


I / La quête de l’amour

Le thème de l'amour impossible avec, en toile de fond, la figure de la femme inaccessible,


sont une constante inspiration à la création poétique d'Apollinaire.
Une inspiration qu'il tire de son propre vécu : son amour à sens unique avec Annie Playden,
qui l'éconduit à plusieurs reprises avant de fuir en Amérique, sera un crève-coeur impitoyable
pour Apollinaire.
Et pour mettre en relief son abattement, et appuyer son malheur, Apollinaire, plutôt que
l’épanchement sentimental, va allier celui-ci à de grands épisodes mythologiques ou religieux.
Aussi la poursuite d'Annie à Londres dans La Chanson du Mal Aimée est assimilée à celle
des Hébreux par Pharaon, mais là où ce dernier finit par s’engloutir dans la mer, le poète lui
s’enlise dans sa douleur.
Une douleur qui trouvent ses racines dans la nature même de la femme. Il convoque la fidélité
et la loyauté qu'observait sa femme et son chien à Ulysse « Lorsqu’il fut de retour enfin/ Dans
sa patrie le sage Ulysse/Son vieux chien de lui se souvient/Près d’un tapis de haute lisse/Sa
femme attendait qu’il revint ». Des qualités qu'il attribue à la femme dans le mythe et
l'imaginaire pour mieux les lui renier dans la réalité car pour Apollinaire, la quête de l’amour
n’est jamais menée qu’en pure perte.
Cette quête impossible va constituer une hantise pour le poête, ses souvenirs vont devenir un
fardeau qui pèse sur une grande partie de son œuvre.

2/ Un passé lancinant : la poésie comme un viatique


C'est de la réalité de ses souvenirs douloureux, provoqué notamment par cet amour contrarié,
qu'il entend faire le deuil dans Le Brasier. Un peu à l’image d’Orphée qui devint poête en
faisant le deuil de sa bien-aimée, et de qui Apollinaire se réclame, il va s’employer à se
débarrasser de ses vieux démons et faire le deuil de ses amours impossibles.
Par le mythe du feu purificateur, qui ici renvoie notamment à Hercule lorsque,, en proie au
supplice de la tunique de Nessus, consumé par le feu, il finit par accéder au statut de demi-
dieu, Apollinaire s’immole symboliquement dans Le Brasier de sorte que "il n'y a plus rien
de commun" entre lui et "ceux qui craignent les brûlures". Il consacre ainsi son statut de
poète, et s’attribuant les pouvoirs que la mythologie leur conférait, il se compare à Amphion,
celui qui déplaçait les pierres et avait fabriqué les remparts de Thèbes grâce à sa seul lyre « Le
fleuve épinglé sur la ville/T’y fixe comme un vêtement/Partant à l’amphion docile/Tu subis
tous les tons charmants/Qui rendent les pierres agiles).
Il évoque enfin un "troupeau de sphinx" qui vivrait dans une sphingerie, s'inspirant
lointainement de la créature fabuleuses. Lesquelles ici semblent posséder la clé de son destin.
Cette vision du poête capable de produire des prodiges par la seul force de son art est un
motif récurrent chez Apollinaire puisqu’on le retrouve également dans des poèmes comme La
Maison des Morts où celui-ci, invitant les morts à une promenade, les ramène à la vie, ou
encore Merlin et la vieille dame où par la magie (l’art poétique) il rallume une passion
ancienne avec son amie « Morgane » rajeunie mais où ces « béatitudes » ne « sont rien qu’un
pur effet de l’Art ». Les pouvoirs qu’Apollinaire prête à la poésie outrepassent donc sans
peine le cadre de la réalité rationnelle.

3/ La femme vénéneuse.

Apollinaire va également avoir recours à l'imaginaire pour brosser un portrait de la femme à


l'origine de ses malheurs, une créature tour à tour fascinante et dangereuse, en tout cas
inaccessible, à l'image de celles que dépeignaient KLIMT. Ainsi Marie Laurencin, mais
surtout Annie, trouvent leur pendant imaginaire dans certains poêmes, quelquefois dans les
hauteurs des montagnes (mai) ou dans les profondeurs de l'eau (Lorelei) mais toujours hors
de portée du poète. On trouve déjà ses différentes facettes dans un des refrains de la
"Chanson du mal aimée", elle est reine, murène, sirène. Balayant par là même toutes ses
caractéristiques : inaccessible, séduisante et dangereuse.
C'est cette première facette que décrit Apollinaire dans "1909", en s'inspirant de la réalité de la
mode de son époque, il dresse le portrait d'une femme parée de toutes les grâces, "si belle que
tu n'aurais pas osé l'aimer" le danger qu'elle représente n'est laissé suggérer que par la couleur
violine de sa "robe ottoman". Couleur qui fait écho au poème "colchiques", plante vénéneuse
(dans le même registre, il parlera aussi de "fausse oronge"). Apollinaire reprend ici le mythe
de la femme-fleur de Ronsard mais l'inverse pour la rendre conforme à sa propre vision, bien
plus noire. On entre enfin définitivement dans le mythe sous la forme de la Lorelei, cette
sirène légendaire qui par la beauté de ses chants distrayait les bateliers qui finissait par
s’emboutir dans un récif pour enfin sombrer.

II/ Apollinaire et le monde


1/ Le voyageur
Autre thème majeur où se mêle à la fois le réel et l'imaginaire, celui du voyage, Apollinaire
ayant beaucoup voyager à travers l'Europe, sa poésie prends souvent racine dans des paysages
qui lui sont familiers : les maisons rouges dans "La Chanson du Mail-Aimée" évoque les
constructions en brique très couru à Londres qui se confondent ici avec l'imaginaire du poète
meurtri"Au tournant d'une ruelle brûlant/De tous les feux de ses façaces/Plaies du brouillard
sanguinolent" la réalité objective se brouille à mesure que les dolences du poête s’accentuent
pour finir, avec le refrain, par quitter l’univers sensible et rejoindre celui des songes avec
« les blancs ruisseaux de Chanaan » terre promise où était censé coulé du lait et du miel et
l'univers des astres "Voie lactée", "Nébuleuses". Laissant ainsi suggèrer que la réalisation de
son amour n'est possible que dans les songes. Le retour à la réalité s'opérant peu à peu avec la
description de Paris, lieu d'errance, en fin de poème.
Evoquant son voyage en Allemagne, Apollinaire laisse encore aller son imagination en nous
décrivant le Rhin souriant, le leviathan qui « gémit » au fond du Rhin, Le Rhin ivre où "les
vignes se mirent" "Tout l'or des nuits tombe en tremblant s'y refléter" : l'or du rhin, ses
ondines, sa Lorelei, Apollinaire effleure tous ses mythes. La personnification du Rêve « Herr
Traum » et du soucis « Frau Sorge » qui s’invite dans le cadre réaliste et quotidien du poème
« Les Femmes » consacre la proximité du fantastique et du réel.
Apollinaire dans la description d’un paysage montagneux de la banlieu luxembourgeoise dans
Les Voyageurs observe les « ombres barbues » avec « leurs lances en avant »..rappelant les
romans de chevalerie.
A cette vision folklorique, s'oppose une vision terre-à-terre bien plus sombre cette fois du
paysage urbain dans Marizbill "Dans la Haute-Rue à Cologne/ Elle allait et venait le
soir/Offerte à tous en tout mignonne/Puis buvait lasse des trottoirs/Très Tard dans les
brasseries borgnes"..
Enfin parfois, le voyage n'est que pure imagination et pure poésie, destiné à conjurer la
fatalité par la création poétique. Il en va ainsi de la poursuite d'Annie en Amérique où les
indications géographiques ne parviennent guère à travestir la dimension fantasmatique de ce
voyage où le climat aride du Texas laisse place a des "jardins de roses" et des routes bordés de
"tilleul"

2/La Modernité

La célébration de la modernité donne lieu chez Apollinaire à quelques échappées oniriques, la


ville et ses monuments sont souvent personnifié « Bergère, Ô Tour Eiffel, le troupeau des
ponts bêle ce matin », « Cavalerie des ponts ». L'ascension de l'avion est mise en parallèle
avec celle du christ, il décrit une nuée improbable d'oiseaux venus de tous les coins du monde
parmi lesquelles le phénix, créature mythologique symbolisant la rédemption, pour
"fraterniser avec la volante machine" dans une espèce d'inauguration oecuménique de la
modernité.
Une impression confirmée quand le poète va retrouver sa ville Auteuil pour dormir parmi ses
"fétiches d'Océanie et de Guinée" marquant une invitation au songe et au dépaysement.
Enfin, dans vendémiaire, hymne à la modernité, apollinaire convoque plusieurs fois des
figures de la mythologie grecque (Ixion, Scylla, L’Hydre) comme ici « Nos cheminées à ciel
ouvert engrossent les nuées, comme fit autrefois l’Ixion mécanique » mêlant par
l’anachronisme « Ixion mécanique » le monde antique et le monde moderne, l’imaginaire et la
réalité.
Le recueil d’Apollinaire est fidèle à son titre : il offre un dérèglement permanant de la
perception de la réalité, laquelle ici tient lieu avant tout de matériau de base à partir de
laquelle travaille le poète, sa pensée, à l’image de sa versification qui se joue des normes, est
désinhibé et ne connaît aucune frontières .Cela se justifie par un but : Apollinaire veut
traverser les siècles « Hommes de l’avenir, souvenez vous de moi » dit-il dans la première
strophe de Vendémiaire. Cette fusion est donc une manière de dépasser sa propre expérience,
et de s’approprier par elle l’Histoire de l’humanité dans laquelle il cherche sa place (cf
Cortège)..
Laissant une importante place aux songes, son oeuvre est également précurseur du
mouvement surréaliste dont il a inventé le nom.

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