Burundi Code Civil
Burundi Code Civil
Code civil
Préliminaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 202
Livre premier Code des personnes et de la famille 203
Livre deuxième Des biens et des différentes
modifications de la propriété . . . . . . . . . . . . . . . . . . 231
Livre troisième Des contrats ou des obligations
conventionnelles. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 265
Préliminaires
Livre premier
Code des personnes et de la famille
– consentement, 255-261/2.
– déclaration d’abandon, 261/3-261/8.
28 avril 1993. – DÉCRET-LOI n° 1/024 — Réforme du – définition, 245.
code des personnes et de la famille. – effets, 261/15-261/19.
– jugement d’adoption, 261/10, 261/13, 261/14.
(B.O.B., 1993, n° 6, p. 213) – placement, 261/8, 261/9.
– procédure, 261/8, 261/14.
Adoption simple :
– administration légale, 261/26.
Modifié par la L. n° 1/004 du 30 avril 1999 portant modification des dispositions du – autorité parentale, 261/26.
Code des personnes et de la famille relatives à la filiation adoptive (B.O.B., 1999, – conditions, 261/20-261/22.
n° 6, p. 399). – droits héréditaires, 261/25.
Note. Le D.-L. n° 1/024 du 28 avril 1993 est venu réformer le code des personnes et – droits successoraux, 261/29.
de la famille qui était jusque là organisé par le D.-L. n° 1/1 du 15 janvier 1980 – famille d’adoption, 261/29.
(B.O.B., 1980, n° 3, p. 88) tel que ce dernier décret-loi avait été lui-même modifié – famille d’origine, 261/25.
par le D.-L. n° 1/9 du 22 juin 1983 (B.O.B., 1982, n° 3-6, p. 66). – effets, 261/23-261/31.
L’objectif majeur poursuivi par la réforme du 28 avril 1993 était de promouvoir les – prohibition au mariage, 261/25.
droits de la personne humaine, notamment en mettant fin aux dispositions jugées – révocation, 261/32-261/34.
anachroniques, qui discriminent la femme, et en renforçant la protection de l’en- Adultère, divorce, 158.
fant, en vue de son développement harmonieux (voir le texte des «attendus» pré- Autorité parentale :
cédant les dispositions de ce décret-loi). – attributs, 288-297.
La L. n° 1/004 du 30 avril 1999 a été incorporée dans le code des personnes et de la – administration légale, 288, 291-294.
famille pour y modifier les dispositions du chapitre 3 du titre VIII relatives à la fi- – droit de garde, 288-290.
liation adoptive, à la suite de l’adhésion du Burundi à la convention sur la protec- – jouissance légale, 228, 295, 297.
tion des enfants et la coopération en matière d’adoption internationale, signée à la – déchéance, 298.
Haye le 29 mai 1993, l’adhésion ayant eu lieu à la faveur du décret-loi n° 1/014 du
– définition, 284.
6 juin 1998. La loi du 30 avril 1999 est originairement constituée de trois titres se
subdivisant en chapitres et en sections. Mais son intégration dans le code des per-
– exercice, 285-287.
sonnes et de la famille a rendu nécessaire l’harmonisation de ses subdivisions avec Capacité :
celles consacrées par le code dans lequel elle s’insère, les titres de la nouvelle loi de- – étrangers, 2.
venant des chapitres, les chapitres des sections et les sections se ramenant à des pa- – époux, 125-127.
ragraphes au sein du code des personnes et de la famille. Conseil de famille :
– annulation du mariage, 152-154.
INDEX ALPHABÉTIQUE – composition, 372, 373.
Absence : – consentement à l’adoption, 257-261/2.
– administrateur des biens, 51-63. – consentement au mariage, 90-92, 146.
– déclaration, 64. – déclaration d’absence et de décès, 85.
– effets, 68, 69. – définition, 371.
– envoi en possession provisoire, 68, 69. – divorce, 162, 194.
– fin de l’absence, 70. – interdiction (avis), 362, 363.
– notion, 68, 70, 71. – recours contre les décisions du-, 380, 381.
– présomption d’-, 51, 52, 64, 65. – résidence séparée, 162.
– procédure de déclaration de l’absence, 64-67. – réunions, 374-379.
– réapparition, 70-74. – tutelle, 301-305.
Acte de l’état civil : Conseil judicaire, 368-370.
– annulation, rectification, 46, 47. Décès :
– autres, 25, 45-47. – actes, 41-43.
– copies, 34, 35. – déclaration de décès de l’absent, 70, 75-80.
– décès, 25, 41-43. Désaveu de paternité :
– dossier de l’acte, 31. – preuve de non paternité :
– établissement, 27, 28. – action, 199-201, 206.
– extraits, 35. – compétence, 206.
– mariage, 25, 119. – délai, 202-205.
– naissance, 25, 37-40. – effets, 211.
– rectification, 46, 47. – procédure, 208, 209.
– témoins, 29, 30. – simple déclaration, 197, 198.
Action d’état : Divorce par consentement mutuel :
– en contestation, 280-283. – amendement du juge, 192.
– en réclamation, 277-279, 282. – conversion de l’action, 188, 191.
Administration légale, (biens du mineur), 312-316. – devoirs du juge, 192-194.
Adoption : – dispositions conventionnelles, 190.
– définition, 245. – mesures provisoires, 192, 193.
– forme, 245. – motifs, 187, 191.
Adoption internationale : – procédure, 187-194.
– agrément des organismes, 261/45-261/51. – requête conjointe, 189, 190.
– autorité centrale, 261/41-261/44. Divorce pour cause déterminée :
– conditions, 261/52, 261/53. – avantages intérieurs, 182.
– conventions internationales, 261/65, 261/66. – causes de divorce, 158, 159.
– effets, 261/63, 261/64. – conciliation des époux, 160, 164.
– principes généraux, 261/35-261/40. – demande reconventionnelle, 165.
– procédure, 261/54-261/60. – effets, 182-186.
– reconnaissance, 261/61, 261/62. – fins de non-recevoir, 180, 181.
Adoption nationale, 245-261/34. – garde des enfants, 175, 184, 185.
Adoption plénière : – mesures provisoires et conservatoires, 172-178.
– âge de l’adoptant, 247-249. – pension alimentaire, 183.
– âge de l’adopté, 252. – procédure, 160, 161, 163-179.
– conditions requises, 246-254. – provisions alimentaires, 174, 177.
TITRE I Article 2
L’état et la capacité de l’étranger, ainsi que ses rapports de fa-
DES ÉTRANGERS mille, sont régis par la loi du pays dont il relève, ou à défaut de na-
tionalité connue, par la loi burundaise.
Article 1
L’étranger qui se trouve régulièrement sur le territoire du Bu- Article 3
rundi y jouit de la plénitude des droits civils. Il est protégé dans sa Les droits sur les biens, tant meubles qu’immeubles, sont régis
personne et dans ses biens au même titre que les Barundi. par la loi du lieu où ces biens se trouvent.
Article 4 Article 14
Les actes de dernière volonté sont régis, quant à leur forme, par L’officier de l’état civil adresse au déclarant les observations né-
la loi du lieu où ils sont faits, et quant à leurs substances et effets, cessaires lorsque le nom ou le prénom choisi paraît de nature à
par la loi nationale du défunt. porter préjudice à l’enfant.
Toutefois, l’étranger faisant un acte de dernière volonté au Bu- Article 15
rundi a la faculté de suivre les formes prévues par sa loi nationale. La mention ou la déclaration du nom complet, tel qu’il résulte de
Article 5 l’acte de naissance, est obligatoire:
a) dans tout document ou toute déclaration destinée à une auto-
La forme des actes entre vifs est régie par la loi du lieu où ils sont rité publique;
faits. Néanmoins, les actes sous seing privé peuvent être passés
dans les formes également admises par les lois nationales de toutes b) dans toute convention, écrite ou orale, formée entre particu-
les parties. liers;
Sauf intention contraire des parties, les conventions sont régies c) dans tous les rapports entre particuliers, susceptibles d’en-
quant à leurs substances, effets et preuves, par la loi du lieu où el- gendrer des obligations.
les sont conclues. Article 16
Article 6 Le mariage ne modifie pas le nom de la femme. Toutefois, celle-
ci peut faire suivre son nom par celui de son mari, mais en les sé-
Les obligations qui naissent d’un fait personnel à celui qui se
parant, suivant le cas, par le mot «épouse» ou «veuve». De même
trouve obligé, sont soumises à la loi du lieu où le fait s’est accom-
elle peut porter le nom de son mari mais en le faisant suivre par le
pli.
sien précédé du mot «née».
Article 7 Article 17
Le mariage est régi: Le nom ne peut être modifié que par décision du Ministre de la
a. quant à la forme, par la loi du lieu où il est célébré; Justice, sur requête de l’intéressé ou de la personne qui exerce sur
lui la tutelle. La décision de changement de nom est transcrite en
b. quant à ses effets sur la personne des époux, en l’absence de marge de l’acte de naissance de l’intéressé.
convention commune, par la loi de la nationalité du mari au mo-
ment de la célébration; Article 18
c. quant à ses effets sur les biens des époux, en l’absence de Toute infraction aux dispositions des articles 15 et 16 est passi-
conventions matrimoniales, par la loi du lieu où ils sont domici- ble d’une peine de servitude pénale maximum de deux mois et
liés; d’une amende de deux mille francs au plus, ou de l’une de ces pei-
nes seulement.
d. quant à ses effets sur la personne de l’enfant, par la loi de la
nationalité du père au moment de la naissance.
Article 8 TITRE III
Le divorce d’étrangers ne peut être prononcé au Burundi qu’en DU DOMICILE ET DE LA RÉSIDENCE
vertu des causes prévues par leur loi nationale, dans la mesure où
elles ne sont pas contraires à l’ordre public burundais. Article 19
Article 9 Le domicile de toute personne est au lieu où elle a son principal
établissement. A défaut de domicile connu au Burundi, la résiden-
Les lois pénales ainsi que les lois de police et de sûreté publique ce en produit les effets.
obligent ceux qui se trouvent sur le territoire du Burundi.
La résidence est au lieu où une personne a sa demeure effective.
Article 10
Article 20
Les lois et jugements des pays étrangers ainsi que les conven- Le changement de domicile s’opère par le fait d’une habitation
tions et dispositions privées ne peuvent avoir d’effets au Burundi réelle dans un autre lieu, joint à l’intention d’y fixer son principal
en ce qu’ils ont de contraire à l’ordre public, l’intérêt social ou la établissement.
morale publique burundais.
Article 21
Le domicile des époux est au lieu où est établi le ménage.
TITRE II Le mineur non émancipé a son domicile chez la personne qui
exerce l’autorité parentale ou tutélaire sur lui.
DU NOM
L’interdit a son domicile chez son tuteur.
Article 11 Article 22
Le nom est la forme obligatoire de la désignation des personnes Les personnes morales ont leur domicile:
physiques. Il peut être accompagné d’un ou plusieurs prénoms. Si a) au siège de leur administration pour les personnes morales de
le nom est accompagné d’un prénom, ce dernier fait partie inté- droit public burundais;
grante du nom.
b) au siège social fixé par leurs statuts pour les personnes mora-
Article 12 les de droit privé fondées conformément à loi burundaise;
Sauf modification ordonnée conformément à l’article 17, le nom c) à leur domicile au Burundi pour les personnes morales étran-
d’une personne est celui que mentionne son acte de naissance ou gères.
celui dont il a ou a eu la possession constante et publique au cours
Article 23
de son enfance et en tous cas jusqu’à l’âge de seize ans.
Toute personne, physique ou morale, peut élire domicile pour
Article 13 l’exécution de tout acte. Le domicile élu produit les mêmes effets
Le nom est donné à l’enfant par la personne qui déclare la nais- que le domicile légal.
sance; le choix du nom est libre. L’élection de domicile ne peut se faire que par écrit.
TITRE IV L’acte est signé par l’officier de l’état civil, les comparants et les
témoins; le cas échéant, mention est faite de la cause qui empêche
DES ACTES DE L’ÉTAT CIVIL les comparants et les témoins de signer.
Article 34
CHAPITRE I Dans les dix premiers jours de chaque mois, l’officier de l’état ci-
DES DISPOSITIONS GÉNÉRALES vil transmet au Ministre ayant l’Intérieur dans ses attributions une
copie intégrale de chacun des actes qu’il a dressés au cours du
mois
Article 24
En cas de perte ou de destruction des actes originaux, le Ministre
Le Ministre ayant l’Intérieur dans ses attributions crée les bu- de l’Intérieur délivre aux intéressés des expéditions des copies
reaux de l’état civil, fixe leur ressort et désigne les officiers et les of- d’actes dont il assure la conservation.
ficiers adjoints de l’état civil.
Article 35
Article 25
L’officier de l’état civil est tenu de délivrer à toute personne qui
Chaque bureau d’état civil tient les quatre registres suivants: justifie d’un intérêt légitime, copies et extraits certifiés conformes
– un registre des actes de naissance; des actes inscrits sur les registres du bureau auquel il est affecté.
– un registre des actes de mariage; L’officier de l’état civil est tenu, sous la même condition, de dé-
livrer des certificats négatifs.
– un registre des actes de décès;
– un registre des actes autres. Article 36
Chaque registre est côté par première et dernière feuilles et pa- Le Ministre ayant l’Intérieur dans ses attributions veille, par
raphé sur chaque feuille par le gouverneur de la province ou son voie d’instruction, à la bonne tenue de l’état civil.
délégué.
Article 26
CHAPITRE II
Les registres anciens sont conservés au bureau de l’état civil,
sous la responsabilité de l’officier de l’état civil. DES ACTES DE NAISSANCE
En cas de suppression d’un bureau de l’état civil, la conservation
Article 37
de ses registres anciens est assurée conformément aux dispositions
arrêtées par le Ministre ayant l’Intérieur dans ses attributions. La déclaration de naissance doit être faite dans les quinze jours
à l’officier de l’état civil dans le ressort duquel la mère a son domi-
Article 27 cile. Cette déclaration s’impose même pour les enfants morts avant
Il est interdit aux officiers de l’état civil de recevoir un acte qui les quinze jours.
les concerne personnellement ou qui concerne leurs conjoint, père, Article 38
mère ou enfants.
L’obligation de déclarer la naissance incombe:
Article 28
a) au père de l’enfant;
Les actes sont inscrits de suite sur les registres et sans aucun
b) à défaut du père, à la mère;
blanc. Il n’y est rien écrit par abréviation et aucune date n’y est
mise en chiffres. c) à défaut du père et de la mère, à toute personne ayant assisté
à l’accouchement.
Les ratures et renvois sont approuvés et signés par l’officier de
l’état civil, les comparants et les témoins. Article 39
Les actes sont numérotés en marge du registre. L’acte de naissance énonce le jour et le lieu où l’enfant est né, son
sexe, le nom, et le cas échéant, les prénoms qui lui ont été donnés,
Article 29 ainsi que s’il s’agit d’un enfant légitime, les noms, prénoms et do-
Tout acte de l’état civil est reçu en présence de deux témoins ma- micile des père et mère.
jeurs.
Article 40
Article 30 L’acte de naissance de l’enfant naturel ne mentionne que la mè-
Les actes de l’état civil énoncent le lieu, le jour, le mois et l’année re, sauf si l’enfant est simultanément reconnu par son père.
où ils sont reçus, les nom et qualité de l’officier devant lequel ils
sont passés, les nom, lieu, date de naissance, profession, domicile
et nationalité des comparants et des témoins, et autant que possi-
CHAPITRE III
ble, de tous ceux qui y sont dénommés; le cas échéant, ils mention-
nent les pièces remises ou présentées par les comparants. DES ACTES DE DÉCÈS
Article 31
Article 41
Les pièces remises par les comparants forment le dossier de l’ac-
te. L’acte de décès est dressé dans les quinze jours sur déclaration
de deux témoins faite à l’officier de l’état civil du lieu du dernier
Les dispositions relatives à la conservation des registres sont domicile du défunt.
également applicables à celle des dossiers des actes.
Article 42
Article 32
L’acte de décès mentionne la date et le lieu du décès, les nom,
Les officiers de l’état civil ne peuvent rien insérer dans les actes prénoms, profession et domicile du défunt ainsi que ses père, mère
qu’ils reçoivent, par note ou énonciation quelconque, que ce qui et conjoint.
doit être déclaré par les comparants.
Article 43
Article 33
L’officier de l’état civil prend les mesures nécessaires pour que
L’acte est dressé sur-le-champ. tout décès survenu dans son ressort soit régulièrement déclaré.
L’officier de l’état civil en donne lecture aux comparants en pré- A cette fin, il peut inviter à faire la déclaration toute personne
sence des témoins. susceptible de connaître le décès.
CHAPITRE IV TITRE V
DES DÉCLARATIONS TARDIVES, DES RECTIFICATIONS DE L’ABSENCE
ET ANNULATIONS DES ACTES DE L’ÉTAT CIVIL, AINSI
QUE DES JUGEMENTS PORTANT MODIFICATION OU CHAPITRE I
DÉCLARATION DE L’ÉTAT DES PERSONNES DE LA PRÉSOMPTION D’ABSENCE
Article 44 Article 51
Lorsqu’une personne a quitté son domicile ou résidence habi-
Aux termes du présent chapitre, l’état des personnes doit s’en- tuelle depuis trois mois sans donner de ses nouvelles, et n’a pas
tendre des liens de filiation et du mariage. constitué de mandataire général, tout intéressé ainsi que le Minis-
tère Public peuvent demander la constatation de la présomption
Article 45 d’absence da disparu et la nomination d’un administrateur chargé
Le gouverneur de province ou son délégué peut ordonner par de la gestion de ses biens.
décision motivée, l’inscription sur les registres de l’état civil des Même avant l’expiration de ce délai, un administrateur peut être
déclarations de naissance ou de décès reçues après l’expiration des désigné s’il y a péril en la demeure.
délais légaux.
Article 52
Article 46 Lorsque le disparu avait constitué un mandataire général, le dé-
lai pour demander la présomption d’absence et la nomination
Le gouverneur de province ou son délégué peut, par décision d’un administrateur est d’un an à compter des dernières nouvelles
motivée, ordonner la rectification ou l’annulation des actes de du disparu.
l’état civil entachés d’erreur, d’irrégularité ou d’omission, lorsque
la rectification ou l’annulation ne modifie pas l’état d’une person- Article 53
ne. Le tribunal compétent nomme l’administrateur parmi les héri-
La décision portant rectification ou annulation est transmise à tiers présomptifs du disparu. A défaut, le tribunal désigne une
l’officier de l’état civil qui a dressé l’acte, aux fins de transcription personne agréée par le conseil de famille et justifiant d’une grande
en marge. honorabilité.
Le mandat d’administrateur est gratuit.
Article 47
Article 54
Toute rectification ou annulation portant ou entraînant modifi- En entrant en fonction, l’administrateur dresse état et inventaire
cation de l’état d’une personne ne peut être ordonnée qu’en vertu des biens immobiliers et mobiliers du disparu.
d’une décision de justice.
L’état et l’inventaire sont dressés en présence d’un délégué du
Il en est de même de toute demande qui a pour objet de déclarer conseil de famille du disparu, contresignés par celui-ci et déposés
l’état d’une personne qui n’avait pas été constaté par un acte de au greffe du tribunal compétent.
l’état civil.
Article 55
Article 48 Chaque fois que la consistance du patrimoine du disparu vient à
se modifier, un état ou un inventaire complémentaire est dressé
Sauf disposition contraire de la loi, le tribunal compétent est ce- conformément au prescrit de l’article précédent.
lui du domicile de la personne dont l’état est en cause.
Article 56
Si cette personne est décédée, la demande est portée devant le
tribunal du domicile de l’un de ses héritiers. L’administrateur remplit son mandat en bon père de famille. Il
est personnellement responsable de sa mauvaise gestion.
Si la demande met en cause l’état de plusieurs personnes, elle est Article 57
portée devant le tribunal du domicile de l’une d’entre elles.
L’administrateur peut accomplir seul tous actes conservatoires
Article 49 et d’administration relatifs aux biens du disparu.
A la diligence du demandeur, ou à défaut, du Ministère Public, Article 58
le dispositif de tout jugement définitif qui modifie ou déclare l’état L’administrateur perçoit les revenus des biens du disparu et les
d’une personne est transcrit sur les registres du bureau de l’état ci- affecte au paiement des dettes de celui-ci et à l’entretien de sa fa-
vil compétent en raison du domicile de la personne concernée. mille.
A défaut de domicile connu, la transcription a lieu sur les regis- Si ces revenus sont insuffisants, le tribunal peut, eu égard aux
tres du bureau de l’état civil compétent en raison du siège ordinai- nécessités, autoriser l’administrateur à aliéner tout ou partie des
re de la juridiction qui a rendu la décision. biens du disparu ou à les grever de charges.
Si ces revenus sont excédentaires, l’administrateur est tenu de le
En outre, le jugement est publié par extrait au Bulletin Officiel
signaler au conseil de famille du disparu qui décide de l’affecta-
du Burundi aux frais du demandeur, et mention en est portée en
tion du surplus.
marge de chacun des actes de l’état civil qui contiennent des énon-
ciations incompatibles. Article 59
Lorsque les intérêts de l’administrateur ou de l’un de ses parents
ou alliés sont en conflit avec ceux du disparu, le cas est soumis à
l’appréciation du tribunal compétent.
CHAPITRE V
Le tribunal peut, soit désigner un administrateur ad hoc aux fins
PÉNALITES de représenter le disparu à l’acte, soit remplir lui-même cet office.
Article 60
Article 50 A la fin de chaque trimestre civil, l’administrateur est tenu de
Les infractions tendant à empêcher la preuve de l’état civil et les rendre compte écrit de sa gestion au conseil de famille du disparu.
fausses déclarations devant les officiers de l’état civil sont définies Le compte écrit, appuyé du procès-verbal contenant les observa-
et réprimées conformément aux dispositions spéciales du code pé- tions du conseil de famille, est déposé au greffe du tribunal où il
nal. est annexé aux états et inventaires des biens du disparu.
Article 82 Article 91
A partir de la réapparition, le conjoint de l’époux déclaré décédé La décision du conseil de famille porte, soit consentement au
perd la faculté de contracter un nouveau mariage. mariage, soit confirmation du refus, soit imposition aux futurs
Toutefois, le mariage qu’il aurait contracté avant la réapparition époux d’un délai de réflexion qui ne peut excéder six mois et au
reste valide. terme duquel le mariage pourra être célébré.
Dans le cas où l’ordre public, l’intérêt social ou la morale publi- Article 92
que l’exige, le tribunal peut, à la requête du Ministère Public, dis- En cas de décès des deux parents ou s’ils sont absents ou inter-
soudre un tel mariage s’il a été contracté moins de cinq ans de la dits, le consentement est donné par le conseil de famille du futur
réapparition de l’époux déclaré décédé. époux.
Article 83 Article 93
La réapparition fait recouvrer à la personne déclarée décédée La validité du mariage ne peut être conditionnée par le verse-
l’autorité parentale sur ses enfants mineurs. ment d’une dot, même dans le cas d’un engagement écrit du futur
époux.
Article 84
La réapparition oblige les héritiers et légataires à restituer les
biens dont ils étaient devenus propriétaires en exécution du juge- Section 3
ment déclarant le décès. Des qualités et conditions requises des étrangers quant au
Toutefois cette obligation ne vise que les biens encore existants fond pour contracter mariage
entre leurs mains au moment de la réapparition.
Article 85 Article 94
Les étrangers ne peuvent contracter mariage au Burundi que
Sauf disposition contraire de la loi, toute demande fondée sur
s’ils remplissent les conditions fixées par leur loi nationale.
une disposition du présent titre est portée devant le tribunal com-
pétent en raison du dernier domicile du disparu, de l’absent ou de Article 95
la personne déclarée décédée. L’existence de ces conditions est établie par la production d’un
Son conseil de famille est toujours entendu. certificat délivré par l’agent diplomatique ou consulaire du pays
dont l’étranger relève et attestant qu’à sa connaissance, il n’existe,
Article 86 d’après la loi nationale de l’étranger, aucun obstacle à la célébra-
Toutes les actions fondées sur la réapparition sont de la compé- tion de son mariage au Burundi.
tence du tribunal qui a constaté la présomption d’absence, déclaré
l’absence ou le décès. Article 96
Le gouverneur de province peut accorder dispense du certificat
prévu à l’article précédent aux apatrides et aux réfugiés.
TITRE VI
DU MARIAGE Section 4
Des empêchements au mariage
CHAPITRE I Article 97
DE LA CONCLUSION DU MARIAGE En ligne directe, le mariage est prohibé entre parents et entre al-
liés à tous les degrés.
Section 1 Article 98
Dispositions générales En ligne collatérale le mariage est prohibé:
Article 87 a) entre parents jusqu’au quatrième degré inclus;
b) entre alliés jusqu’au deuxième degré inclus lorsque le maria-
Le mariage est l’union volontaire de l’homme et de la femme,
ge qui produisait l’alliance a été dissous par le divorce.
conforme à la loi civile.
Article 99
L’existence d’un lien notoire de parenté par le sang suffit à en-
Section 2 traîner l’application des empêchements au mariage prévu aux
Des qualités et conditions requises quant au fond pour deux articles précédents, lors même que la parenté ne serait pas lé-
contracter mariage galement établie.
Article 100
Article 88 Le mariage est également prohibé:
L’homme, avant vingt-et-un ans révolus et la femme avant dix- a) entre l’adoptant, l’adopté et leurs descendants;
huit ans révolus ne peuvent contracter mariage.
b) entre l’adopté et le conjoint de l’adoptant, ainsi qu’entre
Néanmoins, le gouverneur de province peut accorder dispense l’adoptant et le conjoint de l’adopté.
d’âge pour motifs graves.
Article 101
Article 89
Sur requête transmise par le gouverneur de province, le Minis-
Sans préjudice des dispositions de l’alinéa 2 de l’article précé- tre de la Justice peut accorder, pour des motifs graves, dispense
dent, l’homme et la femme qui n’ont pas atteint l’âge de la majorité des empêchements résultant des articles 98 et 100.
ne peuvent contracter mariage sans le consentement de leurs père
Le gouverneur de province peut recueillir par voie d’enquête
et mère.
tous renseignements propres à éclairer la décision du Ministre de
Si le père ou la mère est décédé ou si l’un d’entre eux est absent la Justice et il s’assure, dans le cas prévu au littéra a de l’article 98,
ou interdit, le consentement de l’autre parent suffit. que les requérants ont procédé à toutes vérifications médicales uti-
Article 90 les en vue du mariage.
En cas de refus de l’un des parents, le conseil de famille peut être Article 102
saisi d’une demande en consentement au mariage, introduite par La femme ne peut contracter un nouveau mariage avant l’expi-
l’un des parents ou les futurs époux. ration d’un délai de dix mois à compter de la dissolution ou de
Section 4 CHAPITRE II
Des fins de non-recevoir contre l’action en divorce DU DIVORCE PAR CONSENTEMENT MUTUEL
Article 180 Article 187
L’action en divorce s’éteint par la réconciliation des époux sur-
Le divorce peut être prononcé à la requête conjointe des époux,
venue, soit depuis les faits allégués dans la demande, soit depuis
s’il apparaît des circonstances de la cause que la vie commune est
cette dernière.
devenue insupportable et que le maintien du lien conjugal est de-
La réconciliation résulte notamment de la reprise de la vie com- venu intolérable.
mune ou de tout autre élément attestant la volonté conjointe des
époux de rétablir leur communauté de vie. Article 188
Le demandeur peut néanmoins intenter une nouvelle action Le divorce peut aussi être prononcé si le défendeur à l’action en
pour cause survenue ou découverte depuis la réconciliation et se divorce pour cause déterminée reconnaît le bien fondé de cette de-
prévaloir des anciennes causes à l’appui de sa nouvelle demande. mande et déclare consentir au divorce.
Article 181 Article 189
L’action en divorce s’éteint par le décès des époux survenu La requête conjointe en divorce est présentée oralement ou par
avant que la décision de justice prononçant le divorce ne soit cou- écrit. Dans le cas d’une requête orale, le greffier dresse un procès-
lée en force de chose jugée. verbal qui doit être signé par les deux époux.
Article 190
Section 5 La requête conjointe doit préciser quelles dispositions sont envi-
Des effets du divorce pour cause déterminée sagées pour la garde et l’éducation des enfants mineurs des requé-
rants, pour la résidence séparée et le partage des biens communs
Article 182 ou indivis entre les époux, pour la constitution d’un établissement
ou le versement d’une pension alimentaire au profit de celui des
L’époux contre lequel le divorce a été prononcé perd tous les époux pouvant se trouver dans le besoin du fait du divorce.
avantages que l’autre époux ou les parents de celui-ci lui avaient
faits, soit par contrat de mariage, soit par acte ultérieur. Article 191
L’époux qui a obtenu le divorce conserve les avantages à lui En cas d’acceptation du divorce par le défendeur à l’action en di-
faits, encore qu’ils aient été stipulés réciproques et que la récipro- vorce pour cause déterminée, les dispositions prévues à l’article
cité n’ait pas lieu. précédent doivent être présentées à l’agrément du juge par les
époux.
Article 183
Si l’époux qui a obtenu le divorce n’a pas de ressources suffisan- Article 192
tes pour assurer sa subsistance, le tribunal lui accorde un établisse- Le juge vérifie la sincérité et la pertinence des allégations des
ment sur les biens de l’autre époux ou une pension alimentaire. parties quant aux motifs de leur demande et aux mesures propo-
Le montant de cet établissement est fixé en considération des be- sées dans l’intérêt des enfants et pour la liquidation des intérêts
soins du créancier et de la fortune du débiteur. Lorsque l’établisse- patrimoniaux en cause.
ment est constitué par une propriété foncière, le créancier n’en Il propose tous amendements aux dispositions envisagées pour
aura que l’usufruit. les rendre conformes à l’intérêt des enfants et à l’équité. A défaut
La pension alimentaire est susceptible de révision. Elle ne peut d’accord sur ces amendements, il ajourne les parties à comparaître
excéder un tiers des revenus du débiteur, si le créancier n’a pas la à nouveau dans un délai compris entre deux et six mois. Il prend
garde des enfants. en même temps toutes mesures provisoires conformes â l’intérêt
des enfants, à la sauvegarde des intérêts des époux, et à leur rési-
Le remariage ou tout autre événement venant à modifier les res- dence séparée.
sources du bénéficiaire peut justifier une réduction ou suppression
de l’établissement ou de la pension, Ces mesures provisoires peuvent être modifiées à tout moment
à la requête des intéressés, s’il survient des éléments nouveaux.
Article 184
Le tribunal ordonne dans leur plus grand intérêt que tous ou Article 193
certains des enfants communs mineurs soient confiés à la garde Si les dispositions soumises au juge sont agréées ou si les amen-
soit du père, soit de la mère ou d’une tierce personne. dements que le juge a proposés sont acceptés par les parties, le
Cette décision peut être prise à la demande de l’un des époux, juge donne acte aux parties de leur accord et autorise la mise en
d’un membre de la famille, du Ministère Public, ou même d’office. application immédiate des mesures concernant la garde ou l’édu-
cation des enfants, la résidence séparée, le versement d’une pen-
Elle peut être modifiée à même demande à tout moment, dans sion alimentaire ou la constitution d’un établissement.
l’intérêt des enfants.
En même temps, il ajourne les parties à un délai compris entre
Article 185 trois et six mois,
Quelle que soit la personne à qui les enfants sont confiés, les pè- A la date fixée, les parties comparaissent en personne et, si elles
re et mère conservent le droit de surveiller l’entretien et l’éduca- réitèrent leur requête qui peut contenir des amendements sur les
tion de leurs enfants et doivent y contribuer à la proportion de mesures accessoires, le juge leur donne acte de leur accord et pro-
leurs facultés. nonce le divorce.
Un droit de visite est accordé à l’époux à qui la garde des enfants La même procédure est suivie lorsque les parties comparaissent
n’a pas été confiée. après l’ajournement fixé conformément à l’article 192.
Article 186 Si, à la date fixée pour l’ajournement, les parties ne comparais-
La dissolution du mariage par le divorce ne prive pas les enfants sent pas, l’instance est radiée du rôle.
nés de ce mariage des droits et avantages qui leur étaient assurés
Article 194
par les lois ou les conventions matrimoniales de leurs père et mère;
mais il n’y a ouverture à ces droits et avantages que de la même Les requêtes conjointes en divorce sont présentées au président
manière et dans les mêmes circonstances où ils se seraient ouverts du tribunal compétent ou à son délégué qui doit recueillir l’avis du
s’il n’y avait pas eu divorce. conseil de famille avant toute décision au fond.
DE LA PUBLICITÉ DES DÉCISIONS DE DIVORCE Le mari peut également désavouer l’enfant légitime en prouvant
que la mère a eu des relations adultérines entre les trois centième
et cent quatre-vingtième jours précédant la naissance de l’enfant.
Article 195
Ces relations établies, le mari est admis à proposer les faits de
Les jugements définitifs prononçant le divorce sont, à la diligen-
nature à justifier qu’il n’est pas le père de l’enfant.
ce du greffier, mentionnés en marge de l’acte de naissance de cha-
cun des ex-époux, ainsi qu’en marge de leur acte de mariage. Le Article 201
dispositif de ces jugements est transcrit à même diligence sur les
registres de l’état civil du dernier domicile commun des ex-époux, L’action en désaveu appartient au mari. Nul ne peut, de son vi-
et publié par extrait au Bulletin Officiel du Burundi. vant, l’exercer en son nom.
Article 202
Dans tous les cas où le mari est autorisé à exercer le désaveu, il
TITRE VIII ne peut le faire qu’en intentant l’action dans les quatre-vingt-dix
DE LA FILIATION jours qui suivent celui où il a eu connaissance de l’existence de
l’enfant.
Article 196 Si le mari est décédé avant l’expiration du délai pour intenter
l’action et sans s’être désisté, ou si l’enfant est né après le décès du
L’enfant conçu pendant le mariage est légitime et a pour père le mari, chacun des héritiers peut intenter l’action en désaveu dans
mari de sa mère. les quatre-vingt-dix jours qui suivent celui du décès ou celui où il
Est présumé conçu pendant le mariage, l’enfant né depuis le a eu connaissance de l’existence de l’enfant.
cent quatre-vingtième jour du mariage, ou dans les trois cents
Article 205
jours qui suivent la dissolution du lien conjugal.
Si le mari est décédé après avoir introduit l’action en désaveu et
sans s’être désisté, chacun des héritiers peut reprendre l’instance
Section 2 dans les quatre-vingt-dix jours qui suivent celui où il a eu connais-
sance de l’action intentée par le défunt.
Du désaveu par simple déclaration
Article 206
Article 197
L’action en désaveu est dirigée contre l’enfant. Celui-ci est re-
L’enfant né avant le cent quatre-vingtième jour de la célébration présenté par sa mère ou son tuteur s’il est mineur.
du mariage peut être désavoué par simple déclaration du mari,
sauf toutefois dans chacun des cas suivants: S’il y a conflit d’intérêts entre l’enfant mineur et sa mère ou son
tuteur, le tribunal désigne un tuteur ad hoc.
a) si le mari a eu connaissance de la grossesse de la mère avant le
mariage; Le tribunal compétent est le tribunal de résidence du domicile
de l’enfant s’il est majeur, de sa mère ou de son tuteur s’il est mi-
b) s’il a été déclarant à l’acte de naissance; neur.
c) si, avant ou après la naissance, il s’est reconnu le père de l’en-
fant, soit verbalement, soit par écrit. Article 207
Lorsque le désaveu a été obtenu par défaut, un extrait du juge-
Article 198 ment doit être inséré au Bulletin Officiel du Burundi, sans préjudi-
En cas d’instance en divorce, le mari peut également désavouer ce d’autres mesures de publicité qu’il appartient au tribunal
par simple déclaration: d’ordonner en cas de nécessité.
a) l’enfant né plus de trois cents jours après le jugement autori- Les mesures de publicité sont exécutées à la diligence du minis-
sant la résidence séparée des époux; tère public et aux frais de la partie qui en fait la demande.
b) l’enfant né moins de cent quatre-vingt jours à compter du rejet Article 208
définitif de la demande en divorce ou de la réconciliation des
époux. Lorsque le jugement par défaut a été signifié à personne, le délai
d’opposition est de trente jour à compter de la signification.
Toutefois, l’action prévue au présent article ne sera pas admise
si les époux se sont réunis pendant la période comprise entre les Article 209
trois centième et cent quatre-vingtième jours précédant la naissan-
ce de l’enfant. Lorsque le jugement par défaut a été signifié à domicile inconnu,
le délai d’opposition est porté à six mois à compter du dernier acte
de publicité.
Section 3 Article 210
Du désaveu par preuve de non-paternité A la diligence du greffier, la décision de justice coulée en force
de chose jugée et prononçant le désaveu est publiée par extrait au
Article 199 Bulletin Officiel du Burundi et transcrite en marge de l’acte de
Le mari peut désavouer l’enfant légitime en prouvant que, pen- naissance.
dant la période comprise entre les trois centième et cent quatre-
Article 211
vingtième jours précédent la naissance, il se trouvait dans l’impos-
sibilité physique de cohabiter avec la mère, soit par suite d’éloi- Le désaveu supprime tout lien de filiation entre l’enfant et le
gnement, soit par l’effet de quelque autre cause. mari de sa mère.
représentant prévu à l’article 226, soit encore par mandataire por- que la société ait toujours considéré le défendeur comme le père de
teur de la procuration authentique. l’enfant;
L’officier de l’état civil se fait remettre une copie de l’acte de dé- e) que le défendeur et la mère aient vécu comme mari et femme
cès de l’enfant qui sera reconnu. entre les trois centième et cent quatre-vingtième jours précédant la
Ce document est versé dans le dossier de la reconnaissance. naissance de l’enfant.
L’acte de reconnaissance mentionne tous les descendants légiti- Article 240
mes, naturels et adoptifs de l’enfant décédé, et reçoit le consente- Lors même que l’une des circonstances énumérées à l’article
ment de ceux d’entre eux qui comparaissent. précédent serait dûment établie, le défendeur est reçu à établir, par
Mention de la reconnaissance est portée en marge des actes de toutes voies de droit, qu’il n’est pas le père de l’enfant.
naissance des descendants qui ont consenti. Ces mentions sont fai- Article 241
tes conformément au prescrit de l’article 231.
Si l’action a été introduite après le décès du père prétendu, la dé-
Article 233 cision de justice qui déclare la filiation paternelle de l’enfant n’est
Le consentement à une reconnaissance à titre posthume, donné opposable qu’à ceux des héritiers dûment mis en cause.
par un descendant postérieurement à l’établissement de l’acte de Article 242
reconnaissance, fait l’objet d’un acte spécial de l’état civil.
A la diligence du greffier, la décision de justice définitive qui dé-
A cette occasion, l’officier de l’état civil se fait remettre une copie clare la filiation paternelle d’un enfant naturel est transcrite sur les
de l’acte de reconnaissance. Si celui-ci ne fait pas mention du des- registres de l’état civil et mentionné en marge de l’acte de naissan-
cendant déclarant, l’officier de l’état civil ne peut recevoir le ce de l’enfant.
consentement que s’il résulte de l’acte de naissance du déclarant
qu’il possède effectivement la qualité d’enfant légitime, naturel ou
adoptif de la personne reconnue à titre posthume. Section 6
Mention du consentement est portée en marge de l’acte de nais- Des effets de la filiation naturelle
sance du déclarant et de l’acte de reconnaissance à titre posthume.
Ces mentions sont faites conformément au prescrit de l’article 231 Article 243
La copie de l’acte de reconnaissance et, le cas échéant, celle de Que la filiation paternelle résulte d’une reconnaissance volon-
l’acte de naissance du déclarant, sont versées au dossier du taire ou d’une décision de justice, l’enfant naturel est assimilé à
consentement à la reconnaissance. l’enfant légitime vis-à-vis de chacun de ses auteurs. II possède tous
les droits de l’enfant légitime.
Section 5 Article 244
De l’action en recherche de paternité L’enfant naturel dont la filiation paternelle n’est pas établie est
assimilé à l’enfant légitime, mais vis-à-vis de sa mère si la materni-
Article 234 té n’est pas contestée.
L’enfant naturel peut, après avoir prouvé sa filiation, faire décla-
rer celle-ci par voie de justice.
L’action qui a un tel objet est appelée action en recherche de pa- CHAPITRE III
ternité. DE LA FILIATION ADOPTIVE
Article 235 Note. Portant modification des dispositions du code des personnes et de la famille
L’action en recherche de paternité appartient à l’enfant. L’enfant relatives à la filiation adoptive, la L. du 30 avril 1999 est constituée de trois titres se
subdivisant en chapitres et sections, totalisant 85 articles. Elle abroge tous les 18 ar-
mineur est représenté par sa mère ou son tuteur. ticles qui, dans le code des personnes et de la famille découlant du D.-L. du 28 avril
Article 236 1993, étaient les seuls à réglementer l’adoption dans sa forme simplifiée, laissant
subsister des liens entre l’enfant et sa famille d’origine.
L’action est dirigée contre le père prétendu. Si celui-ci est décé-
Les articles abrogés se répartissaient en deux chapitres distincts. D’une part, les
dé, l’action est dirigée contre ses héritiers. articles 243 à 261 formaient le chapitre 3 consacré à la réglementation de la filiation
Article 237 adoptive sous le tire VIII s’occupant de la filiation. D’autre part, les articles 273
et 274 constituaient le chapitre 3 régissant la preuve de la filiation, à l’intérieur du
L’action doit être intentée au plus tard dans l’année qui suit la titre IX du code des personnes et de la famille du 28 avril 1993.
majorité de l’enfant. La L. du 30 avril 1999 apporte des innovations en matière de filiation adoptive.
Lorsqu’elle est dirigée contre les héritiers du père prétendu, elle Dans son titre I consacré à l’adoption en général, elle réglemente, sur le plan inter-
ne ou national, aussi bien l’adoption simple que l’adoption plénière alors que cette
doit être intentée avant que ceux-ci n’aient été mis en possession
dernière forme n’était pas organisée auparavant. Le titre III innove à son tour en
de leur part héréditaire et au plus tard un an après le décès. instaurant le régime de l’adoption internationale.
Article 238 L’intégration des dispositions de la L. du 30 avril 1999 dans le code des personnes
et de la famille en vigueur a rendu nécessaire, non seulement un ajustement de
L’action est irrecevable si elle vise à établir une filiation dont la pure forme au niveau de certaines subdivisions, mais également une harmonisa-
reconnaissance serait prohibée en application des articles 218 tion dans la numérotation des articles du code qui forment l’assiette des modifica-
et 223. tions.
Article 239 En ce qui concerne les subdivisions, le code des personnes et de la famille du
28 avril 1993 réglemente la filiation dans son titre VIII, subdivisé en trois chapitres
La filiation paternelle ne peut être déclarée par le tribunal que si qui sont consacrés successivement à la filiation légitime (chapitre 1er), à la filiation
l’une au moins des circonstances suivantes est dûment établie: naturelle (chapitre 2) et à la filiation adoptive (chapitre 3). Intervenant pour réfor-
mer une matière logée dans un chapitre considéré comme une des composantes de
a) que la mère ait fait l’objet d’enlèvement, séquestration arbi- la filiation réglementée dans le titre VIII du code des personnes et de la famille, la
traire, détention ou viol de la part du défendeur entre les trois cen- loi du 30 avril 1999 doit forcément être intégrée au rang d’une subdivision à loger
tième et cent quatre-vingtième jours précédant la naissance de dans ce même titre. Cette logique commande de ramener les subdivisions aména-
l’enfant; gées sous forme de titres dans la L. du 30 avril 1999, à l’échelon des chapitres pour
maintenir la cohérence et l’harmonie au niveau des subdivisions du code des per-
b) que la mère ait fait l’objet de séduction accomplie à l’aide de sonnes et de la famille réformé. Les subdivisions en chapitres ou en sections dans
manoeuvres dolosives, abus d’autorité, promesse de mariage ou la même loi doivent être traitées suivant la même logique de subdivisions dérivées,
de fiançailles; pour garder la cohérence du code. De cette façon, les chapitres se ramènent à des
c) qu’un écrit émanant du défendeur contienne aveu non équi- sections, celles-ci devenant des paragraphes.
voque de paternité; S’agissant de la numérotation des articles, l’intégration de la L. du 30 avril 1999 à
l’intérieur du code des personnes et de la famille doit permettre de loger les 85 ar-
d) que le défendeur ait toujours traité l’enfant comme le sien et ticles de la nouvelle loi en lieu et place des 18 articles initialement aménagés par le
ait, en cette qualité, pourvu à son éducation et à son entretien, et code des personnes et de la famille dans sa mouture de 1993. L’insertion des nou-
velles dispositions ne doit pas perturber l’ordonnancement des articles du code qui Article 247 (3)
ne sont pas visés par les modifications intervenues. En intercalant les nouvelles
dispositions, nous avons continué la numérotation sur celle du code de 1993, à par- L’adoption peut être aussi demandée par toute personne âgée
tir de l’article 245, en prenant soin d’indiquer entre parenthèses les numéros d’or- de trente ans au moins. Si l’adoptant est marié et non séparé de
dre des nouvelles dispositions tels que ces numéros figurent dans la L. du 30 avril corps, le consentement de son conjoint est nécessaire à moins que
1999. ce conjoint ne soit dans l’impossibilité de manifester sa volonté.
Cependant, comme les nouvelles dispositions sont largement plus nombreuses
que celles qui ont été abrogées, le numéro du dernier article abrogé a été repris à
Article 248 (4)
plusieurs reprises, mais en l’accompagnant d’un sous-numéro d’ordre pour distin- La condition d’âge prévue à l’article précédent n’est pas exigée
guer les nouvelles dispositions venant en surnombre des anciennes dispositions en cas d’adoption de l’enfant du conjoint.
abrogées. De cette façon, malgré l’opération d’insertion des nouvelles dispositions,
le code garde toute sa cohérence dans sa numérotation, les articles qui n’ont pas été Article 249 (5)
touchés par les modifications gardant leur ancienne numérotation.
Les adoptants doivent avoir au moins quinze ans de plus que les
enfants qu’ils se proposent d’adopter. Toutefois, le tribunal peut,
eu égard aux circonstances, dispenser de cette condition.
Section 1
Des définitions Article 250 (6)
L’adoptant doit réunir les qualités morales et disposer des res-
Article 245 (1) sources matérielles nécessaires pour assumer les obligations qui
découlent de l’adoption.
Au sens de la présente loi, les termes suivants se définissent
comme suit: Article 251 (7)
1. Adoption: Nul ne peut être adopté par plusieurs personnes, si ce n’est par
Le terme adoption s’entend de la création par jugement d’un deux époux.
lien de filiation entre deux personnes qui, sous le rapport du sang, Toutefois, en cas de décès de l’adoptant, une nouvelle adoption
sont généralement étrangères l’une à l’autre. peut être admise.
2. Adoption nationale:
Le terme adoption nationale s’entend de l’adoption d’enfants 2. – Conditions requises en la personne de l’adopté
d’un pays par des citoyens résidant de manière permanente dans
le même pays. Article 252 (8)
3. Adoption plénière: L’adoption n’est permise qu’en faveur des enfants âgés de
moins de quinze ans, accueillis au foyer du ou des adoptants de-
Le terme adoption plénière s’entend d’une adoption provo-
puis au moins six mois.
quant une rupture de lien entre la famille d’origine et l’enfant
adopté, et assimilant ce dernier à un enfant légitime dans la famille Toutefois, si l’enfant a plus de quinze ans et a été accueilli avant
adoptive. d’avoir atteint cet âge par des personnes qui ne remplissaient pas
les conditions légales pour adopter, ou s’il a fait l’objet d’une
4. Adoption simple: adoption simple avant d’avoir atteint cet âge, l’adoption plénière
Le terme adoption simple s’entend d’une d’adoption laissant pourra être demandée, si les conditions en sont remplies, pendant
subsister des liens entre l’enfant et sa famille d’origine. toute la minorité de l’enfant.
5. Pupille: S’il a plus de treize ans, l’adopté doit consentir personnellement
Le terme pupille s’entend d’un enfant placé dans le régime de la à son adoption plénière.
tutelle. Article 253 (9)
Se dit également des enfants placés sous le contrôle des services L’adoption plénière de l’enfant du conjoint n’est permise que
de l’Aide Sociale à l’enfance (pupilles de l’Etat soumis à une tutelle lorsque cet enfant n’a de filiation légalement établie qu’à l’égard
administrative). de ce conjoint.
6. Acte authentique: Article 254 (10)
Le terme acte authentique s’entend d’un écrit établi par un offi- Peuvent être adoptés:
cier public (notaire par exemple) dont les affirmations font foi jus-
1° les enfants pour lesquels les père et mère ou le conseil de fa-
qu’à inscription de faux.
mille ont valablement consenti à l’adoption;
7. Obligation alimentaire:
2° les pupilles de l’Etat;
Le terme obligation alimentaire s’entend d’une obligation mise 3° les enfants déclarés abandonnés dans les conditions prévues
à la charge d’une personne en vue de fournir des secours, princi- par l’article 261/3 (20).
palement en argent, exceptionnellement en nature, à un proche pa-
rent ou allié qui se trouve dans le besoin.
8. Abandon d’enfant: 3. – Du consentement à l’adoption
Le terme abandon d’enfant s’entend des enfants recueillis par
Article 255 (11)
un particulier ou certaines œuvres spécialisées, dont les parents se
sont manifestement désintéressés depuis plus d’un an et peuvent Lorsque la filiation d’un enfant est établie à l’égard de son père
être déclarés abandonnés par le tribunal en vue de l’adoption. et de sa mère, ceux-ci doivent consentir l’un et l’autre à l’adoption.
Si l’un des deux est mort ou dans l’impossibilité de manifester sa
volonté, s’il a perdu ses droits d’autorité parentale, le consente-
Section 2 ment de l’autre suffit.
De l’adoption plénière Article 256 (12)
Paragraphe 1 Lorsque la filiation d’un enfant n’est établie qu’à l’égard d’un de
ses auteurs, celui-ci donne le consentement à l’adoption.
Des conditions requises pour l’adoption plénière
Article 257 (13)
1. – Conditions requises en la personne de l’adoptant Lorsque les père et mère de l’enfant sont décédés, dans l’impos-
sibilité de manifester leur volonté ou s’ils ont perdu leurs droits
Article 246 (2) d’autorité parentale, le consentement est donné par le Conseil de
L’adoption peut être demandée après au moins cinq ans de ma- famille, après avis de la personne qui prend soin de l’enfant.
riage par deux époux non séparés de corps. Il en est de même lorsque la filiation de l’enfant n’est pas établie.
b) être dirigé par des personnes reconnues pour leur intégrité 2° que celles-ci ont donné librement leur consentement dans les
morale et qualifiées pour agir dans le domaine de l’adoption inter- formes légales requises, et que ce consentement a été donné ou
nationale; constaté par écrit;
c) se soumettre à la surveillance des autorités compétentes en ce 3° que les consentements n’ont pas été obtenus moyennant paie-
qui concerne sa composition, son fonctionnement et sa situation fi- ment ou contrepartie d’aucune sorte et qu’ils n’ont pas été retirés;
nancière. 4° que le consentement de la mère, s’il est requis, n’a été donné
Article 261/48 (65) qu’après la naissance de l’enfant;
Toute association d’adoption internationale étrangère doit, d) se sont assurées, eu égard à l’âge et à la maturité de l’enfant:
préalablement à son agrément par les autorités compétentes bu- 1° que celui-ci a été entouré de conseils et dûment informé sur
rundaises, signer une convention de coopération avec le Gouver- les conséquences de l’adoption et de son consentement à l’adop-
nement du Burundi, et se conformer aux dispositions pertinentes tion, si celui-ci est requis;
du cadre général de coopération entre la République du Burundi
2° que les souhaits et avis de l’enfant ont été pris en considéra-
et les organisations non gouvernementales étrangères.
tion;
Article 261/49 (66) 3° que le consentement de l’enfant à l’adoption, lorsqu’il est re-
Toute demande d’agrément introduite par une association quis, a été donné librement, dans les formes légales requises, et
étrangère sera examinée en tenant compte des avis des représenta- que son consentement a été donné ou constaté par écrit;
tions diplomatiques et consulaires burundaises accréditées dans le 4° que ce consentement n’a pas été obtenu moyennant paiement
pays du siège de l’association. ou contrepartie d’aucune sorte.
Article 261/50 (67) Article 261/53 (70)
Pour obtenir et conserver l’agrément, l’organisme d’adoption Les adoptions internationales ne peuvent avoir lieu que si les
doit notamment remplir les conditions suivantes: autorités compétentes de l’Etat d’accueil ont constaté:
1° l’objet social de l’organisme doit consister principalement a) que les futurs parents adoptifs sont qualifiés et aptes à adop-
dans l’activité d’intermédiaire pour l’adoption d’enfants; ter;
2° l’organisme d’adoption doit être composé d’une équipe plu- b) que les futurs parents adoptifs ont été entourés des conseils
ridisciplinaire dont le Ministère ayant l’Action Sociale dans ses at- nécessaires;
tributions détermine la composition;
c) que l’enfant est ou sera autorisé à entrer et à séjourner de fa-
3° les activités de l’organisme doivent comprendre: çon permanente dans cet Etat.
a) l’information des parents d’origine s’ils résident au Burundi
et celle des candidats adoptants quant aux conditions et aux effets
juridiques de l’adoption, à ses implications psychologiques, et Paragraphe 2
quant à la durée et au coût de la procédure d’adoption; Conditions procédurales
b) l’étude médico-psychologique de l’enfant, des parents d’ori-
gine s’ils résident au Burundi, et des candidats adoptants; Article 261/54 (71)
c) la préparation et le suivi des candidats adoptants, de l’enfant Toute demande d’adoption internationale doit être adressée à
et des parents d’origine s’ils résident au Burundi; l’Autorité Centrale du Ministère ayant l’Action Sociale dans ses at-
tributions, accompagnée des documents suivants:
d) la remise périodique d’un rapport circonstancié sur ces diffé-
rentes activités à l’administration compétente. a) les statuts de l’organisme ou de l’association;
Article 261/51 (68) b) l’ordonnance de son agrément;
Lorsqu’il est constaté qu’un organisme d’adoption ne satisfait c) une attestation de la situation familiale de l’enfant ou des en-
plus aux conditions d’agrément, les services compétents peuvent fants à adopter;
le mettre en demeure de se conformer à ces conditions dans un dé- d) une attestation de la prise en charge de l’enfant délivrée par la
lai de huit jours à six mois, selon le cas. S’il n’est pas satisfait à cette famille adoptante;
mise en demeure, les autorités compétentes peuvent retirer l’agré- e) un dossier de la famille adoptante comprenant:
ment par décision motivée, après avis des services de la Protection
Sociale. – des extraits d’actes de mariage, de naissance et du casier judi-
ciaire;
– des attestations de bonnes conduite, vie et mœurs, de compo-
Section 3 sition familiale, de notoriété du conseil de la famille d’accueil;
Conditions de l’adoption Internationale – une fiche familiale;
– une déclaration de revenus;
Paragraphe 1
– un rapport du psychologue de la famille d’accueil;
Conditions générales
– les papiers de voyage de l’enfant à adopter.
Article 261/52 (69) Article 261/55 (72)
Une adoption internationale ne peut avoir lieu que si les autori- Toute personne résidant habituellement à l’extérieur du Burun-
tés burundaises compétentes: di, et désireuse d’adopter un enfant dont la résidence habituelle se
a) ont établi que l’enfant est adoptable; trouve au Burundi, doit s’adresser à l’Autorité Centrale de l’Etat
de sa résidence habituelle.
b) ont constaté, après avoir dûment examiné les possibilités de
placement de l’enfant au Burundi, qu’une adoption internationale Article 261/56 (73)
répond le mieux à l’intérêt supérieur de l’enfant; Si l’Autorité Centrale de l’Etat d’accueil considère que le requé-
c) se sont assurées: rant est qualifié et apte à adopter, elle établit un rapport contenant
1° que les personnes, institutions et autorités dont le consente- des renseignements sur identité, sa capacité légale et son aptitude
ment est requis pour l’adoption ont été entourées de conseils né- à adopter, sa situation personnelle, familiale et médicale, son mi-
cessaires et dûment informées sur les conséquences de leur lieu social, les motifs qui l’animent, son aptitude à assumer une
consentement, en particulier sur le maintien ou la rupture, en rai- adoption internationale, ainsi que sur les enfants qu’il serait apte à
son d’une adoption, des liens de droit entre l’enfant et sa famille prendre en charge.
d’origine; Elle transmet le rapport à l’Autorité Centrale Burundaise.
Si cette personne est décédée, l’action est portée devant le tribu- Article 292
nal du domicile de l’un de ses héritiers.
Le père ou la mère peut accomplir les actes conformes aux inté-
Article 283 rêts et à l’utilisation économique normale des biens personnels de
son enfant.
L’action en contestation d’état est portée devant le tribunal com-
pétent du domicile de la personne dont l’état est contesté. Article 293
Si cette personne est décédée, l’action est portée devant le tribu- Les actes d’aliénation, de même que ceux qui sont de nature à
nal du domicile de l’un de ses héritiers. grever le patrimoine de l’enfant, ne peuvent être accomplis que
moyennant le consentement des père et mère. En cas de dissenti-
ment, l’un et l’autre disposent d’un recours devant le conseil de fa-
mille.
TITRE XI
Article 294
DE L’AUTORITE PARENTALE
L’administration légale prend fin:
a) lorsque s’ouvre la tutelle;
CHAPITRE I
b) à la majorité de l’enfant;
DISPOSITIONS GÉNÉRALES c) lorsque celui-ci est émancipé;
Article 284 d) en cas de déchéance de l’autorité parentale par décision de
justice.
L’autorité parentale est l’ensemble des prérogatives que les père
et mère exercent sur la personne et les biens de l’enfant dans son
intérêt. Section 3
Elle dure jusqu’à sa majorité ou son émancipation. De la jouissance légale
Article 285
Article 295
L’autorité parentale est exercée par le père et la mère de l’enfant.
En cas de dissentiments l’un et l’autre disposent d’un recours de- La jouissance légale confère aux parents le droit de percevoir les
vant le conseil de famille de l’enfant. revenus des biens personnels de leur enfant et d’en disposer.
Article 286 Toutefois, la jouissance légale ne s’étend pas aux revenus pro-
fessionnels que l’enfant tire d’une activité distincte de celle de ses
Lorsque l’un des époux est décédé, absent, interdit ou déchu de parents, ni aux biens acquis par l’enfant grâce à ces revenus
l’autorité parentale, celle-ci sera exercée par l’autre conjoint, et en
cas de besoin, avec l’assistance du conseil de famille. Article 296
L’autorité parentale de l’enfant naturel dont la filiation paternel- a) les dépenses nécessitées par la conservation des biens person-
le n’est pas établie est exercée par la mère. nels de l’enfant, ainsi que les frais résultant de leur gestion;
b) les dépenses résultant de l’éducation et de l’entretien de l’en-
fant.
CHAPITRE II Article 297
DES ATTRIBUTS DE L’AUTORITE PARENTALE La jouissance légale prend fin en même temps que l’administra-
tion légale.
Article 288
L’autorité parentale comprend notamment le droit de garde, Section 4
l’administration légale et la jouissance légale.
De la déchéance de l’autorité parentale
Section 3
De l’administration TITRE XI
Article 291 DE LA TUTELLE DES MINEURS
Le père et la mère représentent leur enfant dans les actes de la
Article 299
vie civile et administrent ses biens personnels, à l’exception de
ceux qu’il a acquis grâce à une activité professionnelle distincte de Charge gratuite, la tutelle est une institution de protection qui
celle de son père ou de sa mère. ne s’exerce que dans l’intérêt du mineur.
CHAPITRE III biens. Toutefois, cette responsabilité n’opère qu’à l’égard de ceux
des héritiers majeurs qui ont mal géré les biens du pupille ou ont
DE LA SURVEILLANCE DE LA TUTELLE PAR LE CONSEIL négligé, alors qu’ils en avaient la faculté, d’accomplir à l’égard de
DE FAMILLE ces biens les actes conservatoires nécessaires.
Article 317
Section 2
Le conseil de famille est investi d’une mission générale de sur-
veillance et de contrôle quant à l’exercice et l’administration de la De la décharge honorable des fonctions du tuteur
tutelle. A cette fin, il est tenu spécialement et au moins une fois
l’an, de réclamer au tuteur un état complet de sa gestion et de pro- Article 324
céder aux vérifications nécessaires. Le conseil de famille peut accorder au tuteur décharge honora-
Article 318 ble de ses fonctions moyennant la réunion des conditions suivan-
tes:
Le tuteur est tenu de fournir au conseil de famille toutes facilités
pour l’accomplissement de sa mission. a) que le tuteur ait demandé d’être déchargé de ses fonctions;
Outre l’état complet périodique de sa gestion, il est tenu notam- b) que le demandeur produise le compte complet de sa gestion;
ment de lui présenter tous les actes, quittances, factures et docu- c) qu’après vérification, le compte complet de la gestion ait été
ments afférents aux opérations accomplies dans le cadre de sa reconnu exact par le conseil de famille;
gestion et de se prêter aux vérifications demandées par le conseil
d) que le conseil de famille ait désigné un nouveau tuteur;
de famille.
e) que le nouveau tuteur ait été mis en possession des biens per-
Article 319 sonnels du pupille.
Lorsque le tuteur se soustrait à la surveillance et au contrôle du
conseil de famille, ou lorsque celui-ci constate que la gestion des
biens personnels du pupille est conduite d’une manière incompa- Section 3
tible avec les intérêts de celui-ci, le conseil de famille est tenu de lui De la destitution du tuteur
adresser, sans retard et par écrit, les remarques nécessaires.
Si le tuteur demeure fautif, le conseil de famille met fin à ses Article 325
fonctions et pourvoit à son remplacement.
Agissant d’office ou à la demande de toute personne intéressée
ou du Ministère Public, le conseil de famille peut destituer de ses
fonctions:
CHAPITRE IV a) le tuteur qui manque à ses obligations de garde, d’entretien
DE LA CESSATION DES FONCTIONS DU TUTEUR ou d’éducation du pupille, ou se livre à des sévices sur la personne
de celui-ci;
Article 320 b) le tuteur qui, soit par dol, négligence, incompétence, compro-
Les causes de cessation des fonctions du tuteur sont: met la consistance du patrimoine du pupille.
a) le décès du tuteur avant la majorité ou l’émancipation du pu- Article 326
pille; Si le tuteur, par sa faute ou négligence, a causé un préjudice à
b) la décharge honorable de ses fonctions par décision du conseil son pupille, le conseil de famille le condamne au payement des
de famille; dommages-intérêts justifiés. Cette décision a force exécutoire. Elle
peut être l’objet d’un recours conformément aux articles 380
c) la destitution de ses fonctions par décision du conseil de fa-
et 381.
mille.
Section 1 CHAPITRE V
Du décès du tuteur DE LA FIN DE LA TUTELLE
Article 321 Article 327
Lorsque le tuteur vient à décéder avant la majorité ou l’émanci- La tutelle prend fin:
pation du pupille, ses héritiers sont tenus d’en informer sans délai
les membres du conseil de famille du mineur qui se réunissent a) par la majorité ou l’émancipation du pupille;
sans retard en vue de la désignation du nouveau tuteur. b) par le décès du pupille;
Cette désignation a lieu conformément à l’article 304 et est noti- c) par la réapparition du parent disparu ou absent;
fiée aux héritiers du défunt.
d) par la mainlevée de la déchéance de l’autorité parentale.
Article 322
Article 328
Dans les trente jours à compter de cette notification, les héritiers
du défunt sont tenus de mettre le nouveau tuteur en possession Dans les deux mois à compter de la majorité ou de l’émancipa-
des biens du pupille et de lui remettre le compte complet de la ges- tion du pupille, le tuteur est tenu de le mettre en possession de ses
tion approuvé par le conseil de famille biens personnels et de lui remettre le compte complet de sa gestion
contresigné par le conseil de famille.
Article 323
Article 329
Les héritiers du tuteur répondent solidairement du préjudice ré-
sultant pour le pupille de la mauvaise gestion du défunt; toutefois, Toutes les actions du pupille devenu majeur ou émancipé contre
cette responsabilité n’opère qu’à due concurrence des biens que son tuteur relativement à des faits de tutelle sont de la compétence
l’héritier recueille dans la succession du défunt et des biens qu’il du tribunal de résidence.
avait antérieurement reçus à titre d’établissement Ces actions se prescrivent par trois ans à compter de la majorité
Les héritiers majeurs du tuteur sont solidairement responsables ou de l’émancipation du pupille.
du préjudice résultant pour le pupille de la mauvaise gestion de Toutefois, les actions fondées sur l’article précédent se prescri-
ses biens personnels depuis le jour du décès du tuteur jusqu’au vent par un an à compter de la majorité ou de l’émancipation du
jour où le nouveau tuteur a été mis en possession de ces mêmes pupille
TITRE XV
TITRE XIV DU CONSEIL DE FAMILLE
DE L’INTERDICTION ET DU CONSEIL JUDICIAIRE
Article 371
CHAPITRE I Le conseil de famille est une institution créée au sein de la fa-
mille pour veiller à la sauvegarde des intérêts de chacun de ses
DE L’INTERDICTION membres dans les cas prévus par la loi.
Dans ses décisions, il doit être guidé par l’esprit d’Ubushinganta-
Article 359 he caractérisé essentiellement par l’abnégation, la probité et l’im-
Le majeur ou le mineur émancipé qui est dans un état habituel partialité
de déficience mentale grave doit être interdit, même lorsque cet
état présente des intervalles lucides.
Article 360 CHAPITRE I
Toute personne intéressée et le Ministère Public peuvent de- DE LA COMPOSITION DU CONSEIL DE FAMILLE
mander l’interdiction
Article 361 Article 372
L’action en interdiction est introduite par requête adressée au Le conseil de famille est présidé par un de ses membres désigné
tribunal compétent et articulant les faits allégués. par ces derniers.
Article 362 Article 373
Le tribunal interroge le défendeur et entend son conseil de fa- Le conseil de famille est composé:
mille. a) des père et mère de l’intéressé;
Article 363 b) de ses frères et sœurs majeurs;
Si le tribunal prononce l’interdiction, il nomme, le conseil de fa- c) d’au moins deux de ses parents choisis soit dans la lignée pa-
mille entendu, un tuteur à l’interdit. ternelle soit dans la lignée maternelle suivant l’ordre de proximité;
Article 364 d) d’au moins deux personnes connues pour leur esprit d’équité.
L’exercice et l’administration de la tutelle de l’interdit sont assu- Les personnes désignées au littéra d sont choisies par les mem-
rés conformément aux dispositions prévues au titre de la tutelle bres du conseil de famille cités aux littéras a, b et c.
des mineurs.
Article 365
L’interdiction porte son effet du jour du jugement. CHAPITRE II
Sont nuls de droit, tous actes passés par l’interdit entre ce jour et DES RÉUNIONS DU CONSEIL DE FAMILLE
celui du jugement accordant mainlevée de l’interdiction.
Article 366 Article 374
Toute personne intéressée peut demander par voie d’action, Le président du conseil de famille est tenu de convoquer sans re-
l’annulation des actes antérieurs au jugement d’interdiction si les tard le conseil de famille chaque fois qu’il en est requis ou même
causes de celle-ci existaient notoirement à l’époque où ces actes ont d’office.
été accomplis. Article 375
Article 367 Les membres du conseil de famille sont convoqués individuelle-
L’interdiction cesse avec les causes qui l’ont provoquée. L’inter- ment à la diligence du président.
dit et les personnes ayant le droit de provoquer l’interdiction peu- L’ordre du jour de la réunion est communiqué en même temps
vent en demander la mainlevée dans les mêmes formes que pour que la convocation.
parvenir à l’interdiction. Le délai entre le jour de la convocation et celui de la réunion ne
L’interdit ne reprend l’exercice de ses droits qu’après le juge- peut dépasser trente jours; il est fixé dans chaque cas par le prési-
ment de mainlevée dent du conseil de famille eu égard aux circonstances.
Livre deuxième
Des biens et des différentes modifications de la propriété
Note. Au sein du code civil burundais, la réglementation du droit des biens fait l’objet du livre II intitulé: «Des biens et des différentes
modifications de la propriété».
Jusqu’à la promulgation du code foncier du 1er septembre 1986, cette réglementation revêtait, quant à sa présentation, un caractère uni-
taire, même si elle résultait d’un accolage de lois promulguées au coup par coup et par bribes de matières différentes. Le livre II était
en effet divisé en cinq titres: deux à caractère général et trois revêtant un caractère particulier.
Les lois à caractère général régissaient, tout à la fois et d’une manière connexe, les aspects juridiques relatifs tant aux biens meubles
qu’aux biens immeubles. Ainsi, le D. du 31 juillet 1912 dont les dispositions formaient le titre 1er du livre II, consacrait les principales
divisions des biens. Il envisageait l’ensemble des biens, les meubles et les immeubles ou encore les biens domaniaux et les biens des
particuliers, indépendamment de leur caractère mobilier ou immobilier.
De même, le D. du 30 juin 1913 organique du droit de propriété posait des règles dont les unes s’appliquaient à la propriété en général,
les autres se rapportaient enfin à la propriété immobilière exclusivement. Toujours dans ce même contexte, le régime de la copropriété
organisé par le D. du 28 mars 1949 (modifiant le D. du 30 juin 1913) prévoyait d’abord des dispositions à caractère général trouvant
application à la fois en matière mobilière et immobilière, ensuite des dispositions propres aux biens immobiliers indivis. Le D. du 25
mars 1954 consacré à la mitoyenneté ne venait lui-même que compléter les règles consacrées à ces biens immobiliers indivis, puisque
la mitoyenneté se rattache essentiellement à la copropriété portant sur des biens immobiliers.
Les trois décrets précités formaient ensemble le titre II du livre II du code civil.
Les titres à caractère particulier étaient exclusivement consacrés à des régimes spéciaux, propres aux biens immeubles. C’est ainsi que
le D. du 6 février 1920 qui constituait le titre III du livre II régissait la matière des livres fonciers (régime de la création et de la transmis-
sion des droits immobiliers). À son tour, le D. du 20 juillet 1920 réglementait, sous les titres IV et V, les droits d’emphytéose et de su-
perficie.
Tel est le schéma auquel obéissait le livre des biens avant l’avènement du code foncier. Il faut toutefois noter que ce livre s’avérait lacu-
naire sous certains aspects. C’est ainsi notamment que certains droits réels énumérés à l’article 1er n’avaient pas été réglementés par le
législateur. Les servitudes, l’usufruit, l’usage et l’habitation en constituent des exemples probants. On peut de même faire le constat de
l’absence d’une réglementation applicable à la matière de la copropriété des immeubles à appartements multiples.
La promulgation de la L. du 1er septembre 1986 a eu pour effet de modifier l’agencement du livre II du code civil.
Cette loi ne s’occupe que des seuls biens à caractère immobilier et la réglementation qu’elle instaure a été érigée en un code foncier
ayant désormais son autonomie propre par rapport à la réglementation des biens meubles. Toutes les dispositions qui, dans l’ancien
livre II du code civil, gouvernaient les biens immobiliers ont été, soit reprises et complétées, soit abrogées par la L. du 1er septembre
1986. De la sorte, l’ancien livre II du code civil a perdu son unité: il n’est plus le siège que des seules règles revêtant un caractère tout à
fait général ou de celles qui sont applicables exclusivement aux biens meubles. Ces règles sont par ailleurs éparpillées çà et là dans les
titres 1er et 2 de l’ancien livre II. La tâche de les regrouper, de les réordonner et de les compléter pour en faire une suite logique formant
le code des biens meubles demeure un travail à faire.
Il serait plus rationnel d’envisager un code unique des biens, en y aménageant peut-être trois parties. La première serait constituée de
dispositions générales, communes aux biens mobiliers et immobiliers; la deuxième regrouperait les règles propres aux biens meubles;
la troisième comprendrait les dispositions spécifiques aux biens immobiliers.
Dans l’état actuel des choses, il est à relever dans une première partie intitulée: dispositions communes aux biens et règles applicables
aux biens mobiliers, les différents textes légaux constituant le support des dispositions applicables aux biens en général ou tout simple-
ment aux biens meubles. Par la suite, il est à préciser les bases légales qui contiennent les dispositions régissant le Code foncier actuel-
lement.
Première partie
Dispositions communes aux biens et règles applicables aux biens mobiliers
Article 11
Tous les autres biens de la Colonie restent dans le commerce, sauf les
31 juillet 1912. – DÉCRET exceptions établies par la loi.
(B.O., p. 799) Article 12
Toutes les choses sans maître appartiennent à la Colonie, sauf le res-
pect des droits coutumiers des indigènes et ce qui sera dit au sujet du
droit d’occupation.
Rendu exécutoire au Burundi par O.R.U. n° 8 du 8 mars 1927 (B.O.R.U., p. 264). Note. Les articles 231, 1°, et 342 du code foncier réaffirment le même principe
en l’appliquant aux biens fonciers vacants et sans maître.
Modifié tour à tour par le D. du 4 janvier 1952 (B.O., p. 368) applicable au Burundi
et qui a été modifié à son tour par la L. n° 1/008 du 1er septembre 1986 portant code S’agissant du droit d’occupation, bien que l’article 12 renvoie à ce qui sera dit,
foncier du Burundi (B.O.B., 1986, n° 7-9, p. 125). ce droit n’a jamais été défini ni au regard du droit de propriété, ni par rapport
aux autres droits réels classiques, ni même au regard du droit coutumier. Et
Article unique pourtant, le code foncier lui-même y renvoie à travers les articles 329, 333
et 356.
Les dispositions qui suivent formeront le titre premier du livre
Article 13
du code civil intitulé: «Des biens et des différentes modifications
de la propriété». L’attribution des épaves terrestres, fluviales et maritimes est réglée
par une législation spéciale.
Note. Tel que modifié à ce jour, le D. du 31 juillet 1912 ne contient plus que 9 arti-
cles qui n’ont pas été abrogés.
CHAPITRE I Rendu exécutoire au Burundi par O.R.U. n° 8 du 8 mars 1927 (B.O.R.U., p. 264).
RAPPORT À LEUR OBJET – le D. du 28 mars 1949 (B.O., p. 628) rendu exécutoire au Burundi par O.R.U.
n° 42/128 du 27 août 1949 (B.O.R.U., p. 468);
Article 1 – le D. du 6 mai 1952 (B.O., p. 1060) rendu exécutoire au Burundi par O.R.U.
n° 42/130 du 17 septembre 1952 (B.O.R.U., p. 455);
Les biens ou droits patrimoniaux sont de trois sortes: les droits de
créance ou d’obligation, les droits réels et les droits intellectuels. – le D. du 25 mars 1954 (B.O., p. 953) rendu exécutoire au Burundi par O.R.U.
n° 11/87 du 14 mai 1954 (B.O.R.U., p. 330);
Les seuls droits réels sont: la propriété, les droits de superficie, l’usu-
fruit, l’usage et l’habitation, le droit d’emphytéose, les servitudes fon- – la L. n° 1/008 du 1er septembre 1986 portant code foncier (B.O.B., 1986, n° 7-9,
cières, le gage, le privilège et l’hypothèque. p. 125).
Les droits d’obligations sont régis par le livre du Code civil intitulé: Article unique
Des contrats et obligations conventionnelles.
Les dispositions qui suivent formeront le titre II du livre du code
Les droits intellectuels sont réglés par une législation spéciale. civil intitulé «Des biens et des différentes modifications de la pro-
Article 2 priété».
Tous les biens sont mobiliers ou immobiliers. Note. Tel que modifié actuellement, le D. du 30 juin 1913 constituant le titre II ne
renferme plus que 12 articles revêtant, soit un caractère général, soit un caractère
Article 3 exclusivement mobilier. Les autres dispositions de ce titre ont été soit intégrées
Sont immobiliers tous les droits réels qui ont pour objet des immeu- dans le code foncier soit abrogées par lui.
bles, ainsi que les droits de créance tendant à acquérir ou à recouvrer
un droit réel sur un immeuble.
Note. Tout en consacrant également le caractère immobilier à tout droit réel
s’exerçant sur un immeuble, l’article 3 du code foncier ne va pas jusqu’à éten-
dre ce même caractère aux droits de créance visés par l’article précédent. TITRE II — DE LA PROPRIETE
Article 4
Sont mobiliers tous les autres droits patrimoniaux et notamment les
actions ou intérêts dans les sociétés, associations ou communautés qui CHAPITRE I
jouissent de la personnalité civile encore que des immeubles appar-
tiennent à l’être moral. DES ATTRIBUTS DE LA PROPRIÉTÉ
Note. Se rapportant aux biens immobliers, les articles 5 à 8 ont été repris par
le Code foncier (voir les articles 4 à 7). Article 14
La propriété est le droit de disposer d’une chose d’une manière ab-
solue et exclusive, sauf les restrictions qui résultent de la loi et des
droits réels appartenant à autrui.
CHAPITRE II
Les restrictions du droit de propriété à raison des rapports de voisi-
DE LA DIVISION DES BIENS DANS LEUR RAPPORT AVEC nage sont établies au titre des charges foncières.
CEUX QUI LES POSSÈDENT Note. L’article 21 du code foncier ne reprend pas la disposition du deuxième
alinéa de cet article bien qu’il reproduise l’alinéa 1er pour la propriété fonciè-
re.
Article 9
Les particuliers ont la libre disposition des biens qui leur appartien- Article 15
nent sous les modifications établies par la loi. Le propriétaire ne peut repousser l’atteinte à son droit, si elle est in-
Les biens qui n’appartiennent pas à des particuliers sont adminis- dispensable pour écarter un danger imminent incomparablement plus
trés et ne peuvent être aliénés que dans les formes et suivant les règles grand que le dommage qui doit en résulter pour lui-même.
qui leur sont particulières. S’il a subi un préjudice, il peut se faire indemniser par la personne
qui en a profité.
Article 10
Les biens de la Colonie qui sont affectés à un usage ou à un service Article 21
public sont hors de commerce, tant qu’ils ne sont pas régulièrement La propriété d’une chose, soit mobilière, soit immobilière, donne
désaffectés. droit sur tout ce qu’elle produit.
Les produits d’une chose continuent d’appartenir, après la sépara- Article 31bis
tion, au propriétaire de la chose, à moins qu’il n’en soit disposé autre- Si une chose appartient à plusieurs personnes pour des parts indivi-
ment par la loi. ses égales ou inégales, chacun des copropriétaires peut user de la chose
Article 22 intégralement, mais en se conformant à sa destination et pourvu qu’il
ne mette pas obstacle à l’usage des autres.
La propriété d’une chose, soit mobilière, soit immobilière, donne Les fruits de la chose se partagent dans la mesure du droit de cha-
droit sur tout ce qui s’y unit et s’y incorpore, soit naturellement, soit cun. Chacun peut faire des actes d’administration courante, tels que
artificiellement. réparations d’entretien et travaux de culture.
Article 28 Les charges sont supportées par chacun proportionnellement à sa
part.
Lorsque des choses mobilières appartenant à des propriétaires diffé-
rents sont réunies ou mélangées de telle sorte qu’il n’est pas possible Article 32
de les séparer sans détérioration notable ou qu’au prix de frais exces- Aucun des copropriétaires ne peut, sans le consentement des autres,
sifs, les intéressés deviennent copropriétaires de l’ensemble en propor- changer la destination de la chose commune, ni la grever de droits
tion de la valeur qu’avaient ses parties au moment de la connexion ou réels au delà de sa part indivise.
du mélange.
Note. Les dispositions des articles 31, 31bis et 32 qui précèdent ont été repri-
Toutefois si, dans la connexion ou le ménage de deux choses, l’une ses par le code foncier à travers ses articles 30 et 31.
ne peut être considérée que comme l’accessoire de l’autre, l’ensemble Article 33
est acquis au propriétaire de la chose principale.
Chacun des copropriétaires peut toujours demander le partage de la
Article 29 chose commune, nonobstant toute convention ou prohibition contrai-
re. Les copropriétaires peuvent cependant convenir de rester dans l’in-
Lorsqu’une personne a travaillé ou transformé une ou plusieurs division pendant un temps déterminé qui ne peut excéder cinq ans; si
choses mobilières appartenant à autrui, la chose nouvelle est acquise à la convention est faite pour un terme plus long ou pour une durée illi-
l’ouvrier, si l’industrie a été plus précieuse que la matière, sinon au mitée, elle est réduite à ce terme.
propriétaire de celle-ci.
Note. La limitation de la clause conventionnelle à une durée qui ne peut ex-
Si l’ouvrier a été de mauvaise foi, le juge peut attribuer la chose nou- céder 5 ans n’a pas été reprise par le code foncier qui, à l’article 32, se limite à
velle au propriétaire de la matière. poser que les copropriétaires peuvent convenir de rester dans l’indivision
pendant un temps déterminé. Par ailleurs, les articles 34, 34bis et 34ter ont été
Article 30 repris par le Code foncier à travers les articles 33 à 36.
Le droit commun concernant les indemnités pour enrichissement Article 35
sans cause et les dommages-intérêts pour acte illicite reste applicable Les règles particulières à la copropriété entre héritiers, entre époux
dans les cas prévus aux deux articles précédents. ou entre associés sont établies aux autres livres du Code civil.
Note. Mis à part les articles 31bis, 32 et 33 ci-dessus, ainsi que les articles 30
à 36 du code foncier applicables à la copropriété immobilière en général, le
code civil burundais ne contient pas actuellement d’autres dispositions parti-
CHAPITRE II culières à la copropriété, entre héritiers ou entre époux, le droit successoral et
les régimes matrimoniaux étant encore régis par la coutume.
DE LA COPROPRIÉTÉ (D. DU 28 MARS 1949) La copropriété entre associés est régie quant à elle, non pas par le code civil,
mais plutôt par les dispositions applicables, soit aux associations sans but lu-
Article 31 cratif, soit aux sociétés commerciales, du moment que les unes et les autres
sont dotées de la personnalité juridique. Par ailleurs, le droit des associés à
Sans préjudice des conventions particulières qui régleraient autre- l’intérieur de ces organisations se ramène essentiellement à des droits de
ment l’usage, la jouissance et l’administration des biens indivis, la co- créance sur ces associations ou sociétés qui demeurent seuls propriétaires du
propriété est réglée par les dispositions ci-après. patrimoine social.
Deuxième partie
Dispositions communes aux biens et règles applicables aux biens immobiliers
– matériaux d’autrui, 25.
Copropriété :
1er septembre 1986. – LOI n° 1/008 portant code fon- – administration des biens, 30-32, 34, 35.
cier du Burundi. – charges, 31, 34.
– partage, 32, 33.
(B.O.B., 1986, n° 7-9, p. 125) – parties communes, 33-35.
Cours d’eau, 108, 109, 215-217, 222, 224, 248.
Crues périodiques, 215, 217.
Détention précaire, 29.
Note. Articulée autour de quatre titres, la loi foncière du 1er septembre 1986 ne de- Domaine privé :
vrait pas faire partie, dans son intégralité, du livre II du code civil consacré aux – de l’État, 231-237.
biens. Seules les deux premiers titres consacrés respectivement aux généralités et à – des communes, 238, 240, 243-246.
la réglementation des droits réels immobiliers font normalement partie intégrante – des établissements publics et des sociétés de droit public, 238,
du code des biens selon la conception classique. Les deux autres titres réglemen- 242-246.
tant le régime des terres domaniales de droit public et de droit privé, les cessions et Domaine public :
concessions des terres, la procédure d’immatriculation des terres appropriées et le
système des livres fonciers qui leur sont applicables, n’ont pas de lien direct avec le
– de l’État, 214-230.
code des biens. Ils se rattachent plutôt à la réglementation économique, à cheval – des communes, 240, 243, 245, 247.
sur le droit public et le droit privé, au même titre que le régime des eaux, des forêts, – des établissements publics et des sociétés de droit public, 238,
des mines et des autres éléments faisant partie du droit de l’environnement. 242, 243, 245, 246.
Etant donné que tous les titres ont été regroupés dans une seule et même loi, il est
Droit éminent de l’État sur le patrimoine foncier national, 2.
difficile d’en scinder les composantes pour loger certaines au sein du code des Droits coutumiers, 257, 329, 330, 334, 356, 357.
biens et les autres ailleurs. C’est la raison pour laquelle la L. du 1er septembre 1986 Eaux :
sera entièrement reproduite dans le livre II du code civil. – du domaine public, 215-217, 230.
La loi portant code foncier du Burundi a été tour à tour amendée par: – écoulement naturel (servitude) des -, 105, 106, 108.
– pluviales, 106.
– le D.-L. n° 1/036 du 19 novembre 1990 portant modification de l’article 149
(B.O.B., 1991, n° 2, p. 27);
– souterraines et de surface, 11.
– usage des -, 106, 107, 109.
– le D.-L. n° 1/41 du 26 novembre 1992 portant institution et organisation du do- Emphytéose :
maine public hydraulique (B.O.B., 1993, n° 2, p. 40).
– définition, 3, 47.
INDEX ALPHABÉTIQUE – droits de l’emphytéote, 47-49, 52, 55.
– durée, 47.
Accession : – obligations de l’emphytéote, 47, 50, 53.
– artificielle, 25-27. – perte partielle du fonds ou privation de récoltes, 51, 52.
– naturelle, 24. – sanction de déchéance, 54.
Animaux, 7, 61, 84, 85. – sort des améliorations à la fin de l’-, 55.
Arbres, 6, 48, 67-71, 117-119, 399. – transmission, 53.
Atterrissements et relais, 215. Enquêtes de vacance, 260-264, 274.
Bâtiment, 3, 6. Expropriation pour cause d’utilité publique :
Biens : – comité des expropriations, 409.
– expropriés, 424, 426, 427. – droits fixes et proportionnels, 429.
– vacants et sans maître, 231. – indemnité, 407, 415-418, 422-424.
Bois, boisements, 48, 67-70, 262. – procédure administrative, 409-418, 430.
Certificat d’enregistrement : – recours judiciaire, 417-424, 427, 430.
– annotations, 20, 338, 344, 349-351. – remise des biens expropriés, 426-429.
– annulation -, 20, 344. Forêts, 231, 262.
– créancier gagiste, 349. Fruits, 6, 24, 31, 38.
– établissement du -, 337-338. Hypothèque :
– force probante, 339. – biens susceptibles d’-, 143.
– remplacement, 352, 353. – constitution d’-, 158-162.
Cessions et concessions de terres domaniales : – créances garanties, 142, 144, 147, 148, 151, 152, 154, 161, 175-
– associations, 323-328. 182, 203.
– autorités compétentes-, 253, 254. – du sauveteur, 147, 148.
– cahier des conditions speciales, 250. – du Trésor public, 147, 149, 188.
– communes, 239, 241, 244-248. – effets généraux, 163-169.
– décision, 265-272. – effets spéciaux, 170-174.
– effets, 275-291. – extinction, 183-187.
– enquete de vacance, 260-264, 272, 274. – inscription, 158, 162, 188-202, 204, 205, 207, 211-213.
– établissements d’utilité publique, 323-328. – montant de la créance garantie, 151, 152, 191.
– obligation de l’État, 275, 276. – obligations au porteur garanties, 203-209.
– obligation du bénéficiaire, 277-288, 291, 294, 325, 326. – purge, 183, 185.
– recours, 318, 319. – radiation, réduction des inscriptions, 197-202, 207, 209-211, 213.
– reprise, 320-322. – rang de l’-, 148, 149, 161, 162, 166, 170, 204.
– résiliation ou résolution du contrat, 288, 292, 294-311, 314. – renouvellement, 195, 205.
– retour au domaine de l’État, 305-311, 325. – transmission des créances hypothécaires, 175-182, 194.
– sanctions, 292-317. – vente par voie parée, 155, 165, 184.
– terres rurales et urbaines, 253, 254, 311, 323. Îles et îlots, 215.
Circonscriptions foncières, 16, 19. Immeubles :
Confiscation des terres, 231, 384-391. – par destination, 4, 7, 163, 167.
Conservateur des titres fonciers : – par incorporation, 4, 6, 143, 163, 167, 334.
– désignation, 16, 17. – par nature, 4, 5, 143.
– compétence, 18, 20. Impôts, 147, 149.
– enregistrement des droits fonciers, 334-338, 356-379. Lacs et plans d’eau, 215, 216, 224.
– enregistrement des mutations, 340-355. Mines, sous-sol, 5, 11.
– registre, 19. Mitoyenneté :
Constructions : – abandon de la -, 38, 43.
– fonds d’autrui, 26-28. – acquisition de la -, 42-46.
– droit d’appui et d’enfoncement, 40, 120. Rives des lacs ou des cours d’eau, 215, 224.
– exhaussement du mur mitoyen, 39, 41, 42. Saisie immobilière, 165, 167, 184, 188, 343.
– obligations et charges, 38. Servitudes :
Mutations immobilières, 335, 340-348. – apparentes et non apparentes, 103, 126, 127, 129.
Occupation illégale des terres, 431. – continues et discontinues, 102, 126, 127.
Opposition au droit de disposer d’un immeuble enregistré, 349-351. – conventionnelles, 104, 121-125.
Partage des biens indivis, 32, 33, 346. – de vues, 102, 122, 123.
Patrimoine foncier national, 2, 8. – destination du père de famille, 118, 128.
Pénalités, 431. – droit, 3, 73.
Plans d’aménagement du territoire : – écoulement des eaux, 105-109, 124.
– autorités compétentes, 401. – légales, 104, 112-120, 335, 337.
– enquête sociale préalable, 396. – naturelles, 104-111.
– plan général ou national, 392, 401, 402. – notion, 100, 101, 268.
– plan local, 392, 401, 404-406. – passage, 125, 131, 134.
– plan régional, 392, 401-403. Sol, 5, 11.
– prescriptions des -, 393, 395, 398, 402-405. Sources d’eau, 106-109.
– principes, 2, 10, 251. Terres :
– restrictions imposées aux droits des particuliers, 275, 284, 397- – appropriées, 8, 329-430.
400. – coutumières, 329-333.
Plantations, plantes, 6, 25-28. – domaniales, 8, 214-328.
Possession : – enregistrées, 329, 334-379.
– de bonne foi, 26, 28. – rurales, 9, 235, 253, 254, 260, 330, 358, 381, 382, 384, 410.
– de mauvaise foi, 27. – urbaines, 9, 235, 253, 254, 260, 384, 410.
Prescription, 29, 86, 115, 118, 126, 137, 139-141, 231, 329. – vacantes et sans maître, 231, 342.
Propriété : Titre d’occupation, 329, 333, 356.
– droit, 3, 21. Usage et habitation, 3, 13, 92-99.
– empiétement, 26-28. Usufruit :
– réquisition et confiscation, 380-391. – droits de l’usufruitier, 57, 60-74.
– substances concessibles, 23. – extinction de l’-, 86-91.
Récoltes, 6, 51, 311. – notion, 57.
Registres fonciers d’enregistrement, 19, 348. – obligations de l’usufruitier, 57, 75-85.
Rétrocession de l’immeuble enregistré, 339, 349. – perte, destruction des biens grevés d’-, 80, 84-86, 90, 91.
Réquisition de terres ou de marais, 382, 383. – usurpation, atteintes aux droits du propriétaire par un tiers, 83.
TITRE I L’article 3 du code foncier n’inclut pas non plus la concession minière sur la liste
des droits réels à caractère foncier. Et pourtant le D.-L. n° 1/138 du 17 juillet 1976
GÉNÉRALITÉS portant code minier et pétrolier de la République du Burundi (B.O.B., 1977, n° 7-
8bis, p. 309) érige la concession minière en un droit immobilier susceptible d’hypo-
thèque (voir notamment l’article 68 alinéa 2).
Article 1
Voir la loi portant code minier et pétrolier sous la rubrique des «Dispositions éco-
Le présent code fixe les règles applicables aux droits reconnus nomiques».
ou pouvant être reconnus sur l’ensemble des terres et des eaux si- Article 4
tuées sur le territoire national, ainsi que tout ce qui s’y unit et s’y
incorpore, soit naturellement, soit artificiellement. Les immeubles le sont soit par nature, soit par incorporation,
soit par destination.
Note. La réglementation des eaux a fait l’objet du D.-L. n° 1/41 du 26 novembre
1992 portant institution et organisation du domaine public hydraulique. Certaines Article 5
de ses dispositions ont modifié ou abrogé les quelques articles que le code foncier
consacrait aux eaux, réduisant ainsi le domaine d’application initial de ce code. Le sol, les mines et les eaux sont immeubles par nature.
Article 2 Article 6
Nonobstant les droits reconnus aux particuliers, l’Etat dispose Sont immeubles par incorporation:
d’un droit éminent de gestion du patrimoine foncier national, qu’il 1° les bâtiments et leurs accessoires nécessaires, tels que les
exerce dans l’intérêt général en vue d’assurer le développement tuyaux servant à la conduite des eaux, de la vapeur ou du gaz et
économique et social et dans les conditions et selon les modalités des fils conducteurs de l’électricité;
définies par la loi. 2° toutes constructions inhérentes au sol;
Des lois particulières relatives à l’aménagement et à l’équipe- 3° les arbres et plantes quelconques, tant qu’ils ne sont pas déta-
ment du territoire, ou à l’investissement immobilier, peuvent no- chés du sol;
tamment organiser des modalités spéciales de gestion pour 4° les fruits et récoltes, tant qu’ils n’ont pas d’existence séparée.
certaines catégories de terres ou pour des zones déterminées.
Note. Au sujet des plans d’aménagement du territoire, voir infra les articles 392 Article 7
à 406. Sont immeubles par destination, les objets mobiliers placés par
Article 3 leur propriétaire dans un immeuble qui lui appartient ou sur le-
quel il exerce un droit réel immobilier qui est de nature à lui per-
Est foncier au sens du présent code, tout droit réel s’exerçant sur mettre d’user ou de jouir de l’immeuble, soit pour les nécessités de
un immeuble bâti ou non bâti, à savoir la propriété, l’emphytéose, l’exploitation dudit immeuble, soit à perpétuelle demeure pour
l’usufruit, l’usage et l’habitation, les servitudes et l’hypothèque. son utilité ou son agrément.
Note. Dans l’énumération qu’il fait des droits réels à caractère foncier, l’article pré- Tels sont:
cédent ne reprend pas le droit de superficie qui résultait du D. du 20 juillet 1920 et
qui était réglementé à travers les articles 76 à 85 de l’ancien livre II du code civil. 1° les animaux attachés à la culture où à l’exploitation agricole,
L’exposé de motifs du code foncier justifie cette omission en faisant valoir que le les instruments et ustensiles aratoires, les animaux, machines, us-
droit de superficie ne constitue guère qu’une variante de l’emphytéose et de l’usu- tensiles et autres objets nécessaires à l’exploitation industrielle ou
fruit et qu’il est tombé en désuétude. commerciale;
La raison avancée n’est pourtant pas convaincante. En effet, même au niveau de sa 2° les objets attachés par un travail de maçonnerie quelconque,
réglementation, le droit de superficie garde une nature bien propre, distincte de
l’emphytéose et surtout de l’usufruit. Par ailleurs, le fait seul qu’un droit réel cesse ceux qui ne peuvent être détachés sans être fracturés ou détériorés,
momentanément d’être mis en application, ne constitue pas un motif suffisant de ou sans briser ou détériorer la partie de l’immeuble à laquelle ils
sa suppression, du moment qu’il reste susceptible d’être appliqué utilement. sont attachés, les glaces, tableaux et autres ornements lorsque l’in-
TITRE II Article 29
Celui qui acquiert un immeuble et en jouit paisiblement pendant
DES DROITS FONCIERS trente ans en acquiert la propriété par prescription.
La détention précaire pour autrui ne peut servir de base à cette
CHAPITRE I prescription.
DE LA PROPRIÉTÉ FONCIÈRE Note. En portant à trente ans la durée de la prescription acquisitive ou de l’usuca-
pion en matière immobilière, l’article 29 abroge ainsi l’article 648 du code burun-
dais des obligations qui fixait ce délai à 15 ans.
Section 1
Par ailleurs comme le D.-L. n° 1/20 du 30 juin 1977 (B.O.B., 1977, n° 10, p. 561) avait
Des attributs de la propriété foncière déjà étendu le système de la prescription acquisitive organisé par le titre XII du
code des obligations aux immeubles régis par le droit coutumier, la solution for-
mulée par l’article 29 du code foncier, en remplacement de l’article 648 du code des
Article 21
obligations, est applicable aux immeubles encore régis par le droit coutumier,
La propriété foncière est le droit de disposer d’un fonds d’une d’autant plus que la loi portant code foncier du Burundi fait référence, dans ses
manière absolue et exclusive, sauf restrictions résultant de la loi et motivations, au D.-L. du 30 juin 1977, infra.
des droits réels appartenant à autrui.
Note. Cette disposition de même que celle de l’article 24 ci-dessous ne font que par-
ticulariser au regard de la propriété foncière, les solutions déjà formulées de façon
Section 2
générale par les articles 14 et 21 du décret précité du 30 juin 1913 réglementant la De la copropriété foncière
propriété en général.
Article 22 Article 30
Sous réserve des dispositions de l’article 11 du présent code, la Sans préjudice des conventions particulières qui régleraient
propriété du sol emporte la propriété du dessous. autrement l’usage, la jouissance et l’administration des biens indi-
vis, la copropriété foncière est réglée par les dispositions ci-après.
Néanmoins, le propriétaire ne peut s’opposer à ce qui se fait à
une telle hauteur ou à une telle profondeur qu’il n’a aucun intérêt Article 31
à l’empêcher.
Si un fonds appartient à plusieurs personnes pour des parts in-
Article 23 divises égales ou inégales, chacun des copropriétaires peut en user
intégralement, mais en se conformant à sa destination et pourvu
Le propriétaire du sol n’a aucun droit sur les eaux ni sur les
qu’il ne mette pas obstacle à son usage par les autres.
substances considérées comme concessibles par les lois particuliè-
res, notamment la législation minière. Les fruits du fonds se partagent dans la mesure du droit de cha-
Note. Voir les notes figurant sous les alinéas 1 et 2 de l’article 11, supra. cun. Chaque co-propriétaire peut faire les actes d’administration
courante, tels que réparations d’entretien et travaux de culture.
Article 24
Les charges sont supportées par chacun proportionnellement à
La propriété d’un fonds donne droit sur tous ses produits; ceux- sa part.
ci continuent d’appartenir, même après séparation, au propriétai-
Aucun des copropriétaires ne peut, sans le consentement des
re du fonds, à moins qu’il n’en soit disposé autrement par loi.
autres, changer la destination du fonds, ni le grever de droits réels
Article 25 au-delà de sa part indivise.
La propriété d’un fonds donne droit sur tout ce qui s’y unit et s’y Article 32
incorpore, soit naturellement, soit artificiellement.
Chacun des copropriétaires peut toujours demander le partage,
La propriétaire du fonds qui fait des constructions, ouvrages ou nonobstant toute convention ou prohibition contraire. Les copro-
plantations avec des matériaux ou des végétaux qui ne lui appar- priétaires peuvent cependant convenir de rester dans l’indivision
tenaient pas, doit en payer la valeur, avec dommages-intérêts s’il y pendant un temps déterminé.
a lieu, mais l’ancien propriétaire des matériaux ou des végétaux Note. Cette disposition ne va pas jusqu’à imposer une durée limite de cinq ans,
n’a pas le droit de les enlever. comme le fait l’article 33 figurant dans la rubrique des dispositions consacrées à la
copropriété en général (voir supra le D. du 28 mars 1949).
Article 26
Les constructions, ouvrages ou plantations réalisés sur un fonds Article 33
appartenant à autrui par un possesseur de bonne foi, avec ses pro- L’article précédent ne s’applique pas aux clôtures mitoyennes,
pres matériaux ou végétaux, appartiennent au propriétaire du ni aux puits, citernes, cours, passages et chemins dépendant de
fonds. plusieurs fonds.
Celui-ci ne peut en exiger la suppression et doit rembourser au Article 34
possesseur la valeur des matériaux ou des végétaux et le prix de la
main-d’œuvre, ainsi que la plus-value qui en est résultée pour le Les immeubles indivis qui sont affectés, à titre d’accessoire et
fonds. pour l’usage commun, à plusieurs fonds distincts appartenant à
des propriétaires différents ne sont pas sujets à partage.
Article 27 Ils ne peuvent être aliénés, grevés de droits réels ou saisis
Si celui qui a fait les travaux est un possesseur de mauvaise foi qu’avec le fonds dont ils sont l’accessoire. Les charges de cette pro-
ou un détenteur précaire, le propriétaire peut, soit exiger la sup- priété et, notamment, les frais d’entretien, de réparation et de ré-
pression des constructions, ouvrages ou plantations aux frais de fection, sont répartis en proportion de la valeur des fonds
leur auteur et des dommages-intérêts, s’il y a lieu, soit rembourser principaux.
la dépense et la plus-value comme il est dit ci-dessus. Il est loisible à chacun des copropriétaires, dans le cas prévu aux
Article 28 alinéas précédents, de modifier à ses frais le fonds commun, pour-
vu qu’il ne change pas la destination et qu’il ne nuise pas aux
Lorsque le propriétaire d’un fonds, en y érigeant une construc- droits de ses consorts.
tion ou un autre ouvrage ou en y mettant des plantations, a empié-
té de bonne foi sur le fonds du voisin, celui-ci ne peut en exiger la Article 35
suppression si le dommage qu’il éprouve est notablement infé- Lorsque les diverses parties d’un immeuble appartiennent à des
rieur à celui que l’auteur de l’empiétement subirait par suite de la propriétaires distincts, les choses affectées à ses diverses parties,
destruction. pour l’usage commun, tels que sol, fondations, gros murs, toits,
En ce cas, le résultat de l’empiétement revient à son auteur, cours, puits, corridors, escaliers, ascenseurs, canalisations et tous
moyennant une indemnité à payer au voisin. autres, sont réputées communes.
Article 73 Article 85
L’usufruitier jouit de l’augmentation survenue par alluvion au Si le troupeau sur lequel un usufruit a été établi périt entière-
fonds dont il a l’usufruit. ment par accident ou par maladie et sans la faute de l’usufruitier,
Il jouit des droits de servitude de passage, et généralement de celui-ci n’est tenu envers le propriétaire que de lui rendre compte
tous les droits dont le propriétaire peut jouir. des restes non périssables ou de leur valeur estimée à la date de la
restitution.
Article 74
Si le troupeau ne périt pas entièrement, l’usufruitier est tenu de
Le propriétaire ne peut, par son fait, ni de quelque manière que reconstituer, au moyen du croît, les têtes de bétail qui ont péri.
ce soit, nuire aux droits de l’usufruitier. De son côté, l’usufruitier
ne peut, à la cessation de l’usufruit, réclamer aucune indemnité
pour les améliorations qu’il prétendrait avoir faites, encore que la Section 4
valeur de la chose en fut augmentée.
De l’extinction de l’usufruit
L’usufruitier ou ses héritiers peuvent cependant enlever les ac-
cessoires, mais à la charge de rétablir les lieux dans leur premier Article 86
état.
L’usufruit s’éteint:
– par la mort de l’usufruitier;
Section 3
– par l’expiration du temps pour lequel il a été accordé;
Des obligations de l’usufruitier – par la consolidation ou la réunion sur la même tête, des quali-
tés d’usufruitier et de propriétaire;
Article 75
– par le non-usage de ce droit pendant trente ans;
L’usufruitier prend les choses dans l’état où elles sont, mais il ne
peut entrer en jouissance qu’après avoir fait dresser, en présence – par la perte totale de la chose sur laquelle l’usufruit est établi.
du propriétaire ou celui-ci ayant été dûment appelé, un inventaire Article 87
des meubles et un état des immeubles sujets à l’usufruit.
L’usufruit peut aussi cesser par l’abus que l’usufruitier fait de sa
Article 76 jouissance, soit en commettant des dégradations sur le fonds, soit
L’usufruitier donne caution de jouir en bon père de famille, s’il en le laissant dépérir faute d’entretien.
n’en est dispensé par l’acte constitutif de l’usufruit; cependant les Les créanciers de l’usufruitier peuvent intervenir dans les
père et mère ayant l’usufruit légal du bien de leurs enfants et vice- contestations, pour la conservation de leurs droits; ils peuvent of-
versa, le vendeur ou le donateur, sous réserve d’usufruit, ne sont frir la réparation des dégradations commises, et des garanties pour
pas tenus de donner caution. l’avenir.
Article 77 Suivant la gravité des circonstances, il peut être mis fin à l’usu-
Le retard de donner caution ne prive pas l’usufruitier des fruits fruit à charge éventuellement pour le propriétaire de payer an-
auxquels il peut avoir droit: ils lui sont dus du moment où l’usu- nuellement à l’usufruitier, ou à ses ayants cause, une somme
fruit a été ouvert. déterminée, jusqu’à l’instant où l’usufruit aurait dû cesser.
Article 78 Article 88
L’usufruitier n’est tenu qu’aux réparations d’entretien. Les gros- L’usufruit accordé jusqu’à ce qu’un tiers ait atteint un âge fixe
ses réparations demeurent à la charge du propriétaire à moins dure jusqu’à cette époque, encore que le tiers soit mort avant l’âge
qu’elles n’aient été occasionnées par le défaut de réparation ou fixé.
d’entretien, depuis l’ouverture de l’usufruit. Article 89
Article 79 La vente du fonds sujet à usufruit n’entraîne aucun changement
Sont notamment réputées grosses réparations, celles des gros quant aux droits de l’usufruitier; il continue de jouir de son usu-
murs, des voûtes, des poutres, des toits, des digues, des murs de fruit s’il n’y a pas formellement renoncé.
soutènement et de clôture. Les créanciers de l’usufruitier peuvent faire annuler la renoncia-
Article 80 tion qu’il aurait faite à leur préjudice.
Ni le propriétaire, ni l’usufruitier, ne sont tenus de rebâtir ce qui Article 90
est tombé de vétusté, ou ce qui a été détruit par cas fortuit. Si une partie seulement du fonds soumis à l’usufruit est détruite,
Article 81 l’usufruit se conserve sur ce qui reste.
L’usufruitier est tenu, pendant sa jouissance, de toutes les char- Article 91
ges périodiques attachées au fonds, qui, selon les usages sont cen- Si l’usufruit n’est établi que sur un bâtiment qui vient à être dé-
sées être inhérentes aux fruits, tels que les impôts. truit par un incendie ou un autre accident, ou à s’écrouler de vétus-
Article 82 té, l’usufruitier n’aura le droit de jouir ni du sol ni des matériaux.
L’usufruitier est tenu des frais de procès qui concernent la jouis- Si l’usufruit était établi sur un domaine dont le bâtiment faisait
sance, ainsi que des condamnations auxquelles ces procès pour- partie, l’usufruitier jouira du sol et des matériaux.
raient donner lieu.
Article 83
CHAPITRE IV
Si pendant la durée de l’usufruit, un tiers commet quelque usur-
pation sur le fonds, ou attente autrement aux droits du propriétai- DE L’USAGE ET DE L’HABITATION
re, l’usufruitier est tenu de le dénoncer à celui-ci; faute de ce, il est
responsable de tout le dommage qui peut en résulter pour le pro- Article 92
priétaire, comme il le serait de dégradations commises par lui-mê-
me. Les droits d’usage et d’habitation s’établissent et se perdent de
la même manière que l’usufruit.
Article 84 A moins qu’il n’en soit disposé autrement dans l’acte constitutif,
Si l’usufruit n’est établi que sur un animal qui vient à périr sans on ne peut en jouir, sans donner préalablement caution, et sans fai-
la faute de l’usufruitier, celui-ci n’est pas tenu d’en rendre un re des inventaires et des états des lieux comme dans le cas de l’usu-
autre, ni d’en payer la valeur. fruit.
Le D.-L. n° 1/41 du 26 novembre 1992 portant institution et organisation du domai- un âtre, une forge, un four ou un fourneau, y adosser une étable,
ne public hydraulique (B.O.B., 1993, n° 2, p. 40), organise lui-même des servitudes ou établir contre ce mur un magasin ou un amas de matières cor-
propres au domaine public hydraulique (articles 37 à 39). Les servitudes relatives
au transport et à la distribution de l’énergie électrique sont régies par le D. du 2 juin
rosives, est obligé de respecter la distance prescrite par les règle-
1928 (B.O., p. 1316), rendu exécutoire au Burundi par O.R.U. n° 43/A.E. du 25 juin ments et usages particuliers y relatifs, ou de faire les ouvrages
1931 (B.O.R.U., p. 128). complémentaires prescrits par les mêmes règlements et usages,
En matière de constructions, l’Ord. n° 127/6 du 15 juin 1913 portant règlement des pour éviter de nuire au voisin.
constructions dans les circonscriptions urbaines (B.A., p. 503), de même que
l’O.R.U. n° 5/T.P. du 26 janvier 1929 relative aux constructions dans les quartiers
agglomérés (B.O.R.U., p. 386), instaurent un certain nombre de servitudes légales. Section 4
Dans le cadre de la réglementation de la voirie publique, le D. du 14 août 1890
(B.O., p. 18) sur les plans de voirie, rendu exécutoire au Burundi par O.R.U., Des servitudes conventionnelles
n° 45/T.P. du 19 juillet 1937 (B.O.R.U., p. 105), institue un certain nombre de servi-
tudes en rapport avec les plans de voirie et les alignements des façades des bâti- Article 121
ments longeant la voie publique.
II est permis aux propriétaires d’établir sur leurs fonds telles ser-
Les servitudes aéronautiques sont régies, quant à elles, par l’O.-L. n° 62/330 du
27 septembre 1952, approuvée par le D. du 16 avril 1953, supra (B.O., 1953, p. 753),
vitudes que bon leur semble. L’usage et l’étendue des servitudes
telle que modifiée à ce jour. ainsi établies se règlent par la convention qui les constituent ou, à
défaut, par les règles ci-après.
Article 113
Article 122
Le marchepied le long des rivières navigables ou flottables, la
construction ou la réparation des routes, des chemins et autres L’un des voisins ne peut, sans le consentement de l’autre, prati-
ouvrages publics sont des servitudes légales. quer dans le mur mitoyen aucune fenêtre ou une quelconque
ouverture de quelque manière que ce soit, même à verre dormant.
Tout ce qui concerne cette espèce de servitude est déterminé par
les lois ou des règlements particuliers. Article 123
La loi assujettit les propriétaires fonciers à différentes obliga- Le propriétaire d’un mur non mitoyen, joignant immédiatement
tions, indépendamment de toute convention. le fonds d’autrui, peut pratiquer dans ce mur des jours à fer maillé
Note. Voir la note sous l’article 112, supra. ou des fenêtres à verre dormant.
Article 114 Article 124
Tout mur servant de séparation entre bâtiments contigus jus- Tout propriétaire doit établir des toits de manière que les eaux
qu’à l’héberge, ou entre cours et jardins, et même entre enclos dans pluviales s’écoulent sur son terrain ou sur la voie publique; il ne
les champs, est présumé mitoyen et grevé de servitude s’il n’y a ti- peut les faire verser sur le fonds de son voisin.
tre et marque du contraire. Article 125
Article 115 Le propriétaire dont le fonds est enclavé et qui n’a aucune issue
Lorsqu’on reconstruit un mur mitoyen ou une maison, les servi- sur la voie publique, peut réclamer un passage sur les fonds de ses
tudes se continuent à l’égard du nouveau mur ou de la nouvelle voisins. Le passage doit être pris du côté où le trajet est le plus
maison, sans toutefois qu’elles puissent être aggravées, et pourvu court, du fonds enclavé à la voie publique.
que la reconstruction se fasse avant la prescription acquisitive.
Article 116 Section 5
Tous fossés entre deux fonds contigus sont présumés mitoyens
et grevés de servitude s’il n’y a titre et marque du contraire.
De l’établissement des servitudes
Article 117 Article 126
Il n’est permis d’avoir des arbres, arbustes et arbrisseaux près de Les servitudes continues et apparentes s’acquièrent par conven-
la limite de la propriété voisine qu’à la distance prescrite par les rè- tion, ou par la prescription trentenaire.
glements particuliers ou par des usages constants et reconnus.
Article 127
Lorsqu’il existe un mur séparatif entre deux fonds contigus, des
arbres, arbustes et arbrisseaux de toute espèce peuvent être plan- Les servitudes continues et non apparentes, ainsi que les servi-
tés en espaliers, de chaque côté, sans que l’on soit tenu d’observer tudes discontinues, apparentes ou non, ne peuvent s’établir que
aucune distance, mais ils ne pourront dépasser la crête du mur. par convention. La possession même immémoriale ne suffit pas
pour les établir.
Si le mur n’est pas mitoyen, le propriétaire seul a le droit d’y ap-
puyer des espaliers. Article 128
Article 118 La destination du père de famille vaut convention à l’égard des
servitudes continues et apparentes.
Le voisin peut exiger que les arbres, arbustes et arbrisseaux,
plantés à une distance moindre que la distance réglementaire, Il y a destination du père de famille, lorsque deux fonds actuel-
soient arrachés ou réduits à la hauteur déterminée dans l’article lement divisés, ont appartenu au même propriétaire, et que c’est
précédent, à moins qu’il n’y ait titre, destination du père de famille par lui qu’a été instituée la servitude.
ou prescription. Article 129
Si les arbres meurent, ou s’ils sont coupés ou arrachés, le voisin Si le propriétaire de deux fonds entre lesquels il existe un signe
ne peut les remplacer qu’en observant les distances réglementai- apparent de servitude dispose de l’un des fonds sans que le contrat
res. contienne aucune disposition relative à la servitude, celle-ci conti-
Article 119 nue d’exister activement ou passivement en faveur du fonds aliéné
ou sur ce dernier.
Celui sur la propriété duquel avancent les branches des arbres,
arbustes et arbrisseaux du voisin peut contraindre celui-ci à les Article 130
couper. Les fruits tombés naturellement de ces branches lui appar- La convention constitutive de la servitude ne peut être rempla-
tiennent. cée que par un titre récognitif de la servitude émanant du proprié-
Si ce sont des racines, ronces ou brindilles qui avancent sur son taire du fonds asservi.
fonds, il a le droit de les couper lui-même à la limite de la ligne sé-
Article 131
parative.
Lorsque on établit une servitude, on est censé accorder tout ce
Article 120 qui est nécessaire pour en user. Ainsi la servitude de puiser de
Celui qui veut aménager près d’un mur séparatif de deux fonds, l’eau à la fontaine d’autrui emporte nécessairement le droit de pas-
un puits, une latrine ou tout autre ouvrage tel qu’une cheminée, sage subséquent.
Section 6 CHAPITRE VI
Des droits du propriétaire du fonds dominant DE L’HYPOTHÈQUE
Article 132 Note. En reprenant le régime hypothécaire issu du D. du 15 mai 1922 (B.O., p. 485)
rendu exécutoire au Burundi par O.R.U. n° 8 du 8 mars 1927 (B.O.R.U., p. 264), le
Le bénéficiaire d’une servitude a le droit de faire tous les ouvra- code foncier a laissé tomber la disposition de l’article 1er qui figurait en tête du
ges nécessaires pour en user et pour la conserver. chapitre I consacré aux dispositions générales, et qui était libellée comme suit:
Ces ouvrages sont à ses frais, et non à ceux du propriétaire du «Tous les biens du débiteur, présents et à venir, sont le gage commun de ses créan-
fonds assujetti, à moins que la convention d’établissement de la ciers et le prix s’en distribue entre eux par contribution, à moins qu’il n’y ait entre
les créanciers des causes légales de préférence».
servitude n’en dispose autrement.
Cette disposition qui suggère implicitement la théorie du patrimoine, met en exer-
Article 133 gue tout à la fois le droit de gage général des créanciers sur l’ensemble des biens
présents et à venir de leur débiteur, la règle du concours entre tous les créanciers
Même dans le cas où le propriétaire du fonds assujetti est chargé chirographaires qui sont placés sur un même pied d’égalité et enfin la situation ex-
par la convention de faire à ses frais les ouvrages nécessaires pour ceptionnellement privilégiée des créanciers bénéficiant des sûretés réelles ou
l’usage ou la conservation de la servitude, il peut toujours s’affran- d’autres causes légales de préférence, lorsque ces créanciers entrent en compétition
chir de cette charge, en abandonnant le fonds assujetti au proprié- avec les créanciers ordinaires.
taire du fonds dominant. Bien que l’article 1 er de l’ancien décret hypothécaire (qui est l’équivalent de
l’article 2093 du code Napoléon) n’ait pas été repris par le code foncier, il serait dif-
Article 134 ficile, sinon erroné, de conclure à son abrogation.
Si le fonds dominant vient à être divisé, la servitude reste due Tout d’abord, aucune disposition du code foncier ne contrarie les principes impli-
pour chaque portion, sans néanmoins que la condition du fonds qués dans l’article précité pour pouvoir conclure à l’abrogation pour incompatibi-
assujetti soit aggravée. lité. D’autre part, ces mêmes principes imprègnent toutes les ramifications du droit
civil formant ensemble le droit à caractère patrimonial, qu’il s’agisse du droit des
Ainsi, s’il s’agit d’un droit de passage, tous les copropriétaires biens, du droit des obligations classiques ou du droit des contrats.
seront obligés de l’exercer par le même endroit.
L’omission de l’article précité relève de l’inattention, et la pertinence de cette dis-
Article 135 position continue à s’imposer, sinon comme une règle de droit effective, du moins
comme un principe général du droit applicable, en vertu de l’ordonnance du
Le propriétaire du fonds débiteur de la servitude ne peut rien 14 mai 1886.
faire qui tende à en diminuer l’usage ou le rendre plus incommo-
de. Il ne peut notamment changer l’état des lieux, ni transporter
l’exercice de la servitude dans un endroit différent de celui où elle Section 1
a été primitivement assignée.
Cependant, si l’affectation primitive est devenue plus onéreuse
Dispositions générales
au propriétaire du fonds assujetti, ou si elle l’empêche d’y faire des
réparations avantageuses, il peut offrir au propriétaire de l’autre Article 142
fonds un endroit aussi commode pour l’exercice de ses droits, et L’hypothèque est un droit réel sur un bien immobilier affecté à
celui-ci ne peut le refuser. l’acquittement d’une obligation. Chaque partie de l’immeuble ré-
Article 136 pond de la totalité de la dette et chaque partie de la créance est ga-
rantie par la totalité de l’immeuble.
De son côté, celui qui a un droit de servitude ne peut en user que
selon la convention, sans pouvoir faire ni dans le fonds servant, ni Article 143
dans le fonds dominant, de changement qui aggrave la condition Sont seuls susceptibles d’hypothèque, les immeubles par nature
du premier. ou par incorporation sur lesquels le constituant a un droit de pro-
priété, d’emphytéose, ou d’usufruit.
Section 7 Note. Cet article omet de mentionner la concession minière qui, aux termes de
l’article 68 alinéa 2 du code minier et pétrolier, constitue un droit immobilier sus-
De l’extinction des servitudes ceptible d’hypothèque (B.O.B., n° 7-8bis, p. 319).
Article 144
Article 137
La servitude cesse lorsque le fonds qui en est grevé se trouve en La créance garantie par une hypothèque peut être actuelle,
tel état qu’on ne peut plus en user. Elle revit lorsque les choses sont conditionnelle ou même éventuelle dans les cas prévus par loi.
rétablies de manière qu’on puisse en user, à moins qu’il ne soit dé- Article 145
jà écoulé un espace de temps suffisant pour faire présumer l’ex-
tinction de la servitude par prescription. Toute indemnité quelconque due au propriétaire à raison de la
perte ou de la détérioration d’un immeuble hypothéqué est subro-
Article 138 gée de plein droit à l’immeuble grevé.
Toute servitude est éteinte lorsque le fonds dominant et le fonds Néanmoins, la validité du paiement fait de bonne foi au proprié-
servant sont réunis sur la tête du même propriétaire. taire après la date du sinistre ou du fait dommageable ne peut être
Article 139 contestée par les créanciers titulaires d’une hypothèque légale non
inscrite.
La servitude est éteinte par le non-usage de ce droit pendant
trente ans. Vaut opposition, toute déclaration, en quelque forme qu’elle soit
faite, par laquelle le créancier intéressé fait connaître l’existence de
Ce délai commence à courir du jour où l’on a cessé d’en jouir, son droit au débiteur de l’indemnité.
lorsqu’il s’agit de servitudes discontinues, ou du jour où il a été fait
un acte contraire à la servitude, lorsqu’il s’agit de servitudes conti- Si, aux termes de la police d’assurance d’un immeuble, l’indem-
nues. nité peut ou doit être affectée à la reconstitution de l’immeuble as-
suré, l’assureur peut payer au propriétaire ou à son mandataire,
Article 140 mais il est tenu de surveiller le remploi et est responsable de son
Si le fonds dominant appartient à plusieurs propriétaires indi- utilité vis-à-vis des créanciers hypothécaires qui peuvent interve-
vis, la jouissance de l’un empêche la prescription à l’égard de tous. nir si leurs droits sont mis en péril.
Article 141 Article 146
Si parmi des copropriétaires indivis il s’en trouve un contre le- Les frais engagés par l’un des créanciers en vue de la réalisation
quel la prescription n’a pu courir, elle ne peut non plus s’exercer à de l’immeuble hypothéqué lui sont remboursés par préférence à
l’égard des autres. tout autre créancier colloqué sur le produit de la vente.
Section 2 Lorsque la créance n’a pas pour objet une somme d’argent, les
parties doivent l’évaluer en prévision de sa transformation en
Des hypothèques légales dommages-intérêts.
Article 147 Article 153
Les hypothèques légales sont celles exprimées ci-après et s’exer- L’indication des parties et de l’immeuble doit être telle qu’il soit
cent dans l’ordre suivant: possible de les identifier.
1° l’hypothèque pour le recouvrement des frais effectués en vue Article 154
de la conservation d’un immeuble qui se trouvait exposé à un dan-
ger imminent de destruction totale ou partielle; La clause portant que la créance hypothécaire est à ordre, est va-
lable, même si la créance est de nature civile.
2° l’hypothèque garantissant les créances de l’Etat du chef des
impôts qui lui sont dus. Article 155
Article 148 Est valable également la clause portant que, à défaut d’exécution
L’hypothèque prévue sous le 1° de l’article précédent garantit le des engagements pris envers lui, le créancier hypothécaire aura le
remboursement des frais qui devaient apparaître comme utiles au droit, s’il est premier inscrit, de faire vendre l’immeuble, dans la
moment où ils ont été faits. forme des ventes volontaires.
Note. C’est la clause dite «de voie parée». La vente par voie parée est réglementée
Elle prime même les hypothèques inscrites antérieurement. par A.R. du 21 novembre 1925 (voir ce régime dans les dispositions complémentai-
Toutefois, elle ne peut être opposée aux tiers acquéreurs de l’im- res au code civil).
meuble ni aux créanciers hypothécaires de bonne foi, dont les
droits sont nés postérieurement à la première intervention du sau- Article 156
veteur que si, antérieurement à la naissance de leur droit, l’hypo- Est nulle, toute clause qui autoriserait le créancier à s’approprier
thèque était inscrite. l’immeuble à défaut de paiement.
Article 149 Article 157
(D.-L. n° 1/036 du 19 novembre 1990). — L’Etat peut faire inscrire Sauf stipulation contraire, tout contrat de vente, d’échange, de
l’hypothèque du Trésor prévu sous le 2° de l’article 147 de la pré- donation ou de partage d’immeuble, est réputé contenir l’accord
sente loi sur les certificats de tous les immeubles du contribuable des parties pour constituer sur l’immeuble une hypothèque en ga-
inscrits au livre d’enregistrement. rantie des obligations résultant du contrat.
L’Etat doit, sous peine de déchéance, faire inscrire l’hypothèque Ce contrat tacite d’hypothèque est soumis, quant à sa validité, à
dès le moment où le rôle a été rendu exécutoire, et au plus tard le toutes les conditions exigées pour les constitutions expresses.
31 décembre de l’année qui suit celle au cours de la laquelle le rôle
a été rendu exécutoire.
Jusqu’à la même date, l’Etat a, sur les immeubles susvisés, une Section 4
hypothèque tacite opposable sans inscription aux créanciers chiro-
graphaires du contribuable. Après cette date, l’hypothèque du De la constitution de l’hypothèque
Trésor est opposable à la condition que l’Etat l’ait fait inscrire ou
ait intenté des poursuites en recouvrement avant qu’ils n’agissent Article 158
en justice. Sous réserve des dispositions des articles 148 et 149, nulle hypo-
L’hypothèque du Trésor prend rang le 1er janvier de l’année thèque n’existe si elle n’est inscrite sur le certificat de l’immeuble
portant le même millésime que celui de l’exercice pour lequel l’im- ou du droit immobilier qu’elle grève.
pôt est dû ou auquel il est rattaché. Article 159
Si l’hypothèque est restreinte à une partie de l’immeuble, elle ne
Section 3 peut être inscrite qu’après l’établissement d’un certificat d’enre-
gistrement dont l’objet est limité à cette partie.
Des hypothèques conventionnelles
Article 160
Article 150 L’hypothèque qui n’a pas été inscrite du vivant du constituant,
En dehors des cas où la loi crée une hypothèque légale en garan- peut l’être pendant quatre mois à partir de la date de l’ouverture
tie d’une dette, l’hypothèque ne peut être établie que par contrat de la succession.
exprès, sauf dans le cas de l’article 157. Toutefois, le créancier est forclos de son droit de prendre ins-
Article 151 cription, dès le moment où l’immeuble a été aliéné par l’héritier ou
Il n’y a contrat d’hypothèque valable que: le légataire au nom duquel la propriété avait été légalement trans-
férée.
1° si celui qui s’engage à la constituer est actuellement proprié-
taire de l’immeuble ou titulaire du droit à grever, ou s’il a un droit Article 161
actuel à le devenir et s’il a capacité d’aliéner; Sauf exception prévue par le présent code, le rang des hypothè-
2° si l’engagement du constituant résulte d’un acte authentique ques se détermine d’après l’ordre des inscriptions faites au certifi-
ou est constaté par un jugement passé en force de chose jugée; cat d’enregistrement.
3° si l’acte constitutif contient l’indication: Il en est ainsi, même de l’hypothèque constituée pour sûreté
a) de la créance pour la sûreté de laquelle l’hypothèque est d’une créance éventuelle ou d’un montant sujet à variation et no-
consentie; nobstant toutes les fluctuations de la créance.
b) de la somme pour laquelle l’hypothèque est consentie; Les créanciers inscrits le même jour exercent concurremment
une hypothèque de même rang, sans distinction entre l’inscription
c) de l’immeuble et du droit immobilier à grever;
du matin et celle du soir, quand même cette différence serait mar-
d) du constituant, du créancier et du débiteur. quée par le Conservateur.
Article 152 Article 162
L’indication de la somme pour laquelle l’hypothèque est Par exception à l’article précédent et à condition qu’elle ait été
consentie doit être faite en monnaie nationale. inscrite dans les trois jours de la mutation de l’immeuble, l’hypo-
Si le montant de la créance est variable, les parties doivent indi- thèque prévue par l’article 157 prime les hypothèques dont l’ac-
quer une somme fixe, représentant le maximum de la garantie im- quéreur a grevé l’immeuble, même si elles sont antérieures dans
mobilière. l’ordre des inscriptions, et est opposable aux tiers acquéreurs.
commercial, sont opposables au porteur d’une lettre de change ou notifie aux créanciers inscrits, l’existence et les conditions du dé-
d’un billet à ordre. pôt et leur transmet, en même temps, la liste des créances hypothé-
caires.
Article 179
Les porteurs d’effets créés ou négociés en vertu d’une ouverture Article 185
de crédit, bénéficient de l’hypothèque jusqu’à concurrence du sol- En cas de vente volontaire, d’échange ou de donation, le conser-
de final du compte. vateur raye d’office les inscriptions hypothécaires:
Le créditeur, nonobstant la négociation des effets, conserve, vis- 1° si, dans l’année du transfert, le nouveau propriétaire consigne
à-vis des tiers, le droit de disposer de l’hypothèque. Toutefois, le le prix ou la valeur de l’immeuble entre les mains du Conservateur
porteur de ces titres peut, par une opposition signifiée au Conser- des titres fonciers, et requiert celui-ci de notifier à tous les créan-
vateur et au créditeur, suspendre les effets des actes de mainlevée ciers inscrits, l’existence du dépôt, en joignant à la notification co-
ou autre, qui porteraient atteinte à son droit. pie de l’acte qui a servi de base au transfert ainsi qu’un extrait du
L’opposition doit contenir élection de domicile dans un chef- certificat d’enregistrement;
lieu d’une circonscription foncière. 2° si, dans les quatre mois de cette notification, aucun des créan-
L’opposition n’aura d’effet que pendant un an si elle n’est pas ciers hypothécaires n’a requis le Conservateur des titres fonciers
renouvelée; il pourra en être donné mainlevée par simple exploit. de mettre l’immeuble aux enchères publiques.
Article 180 Article 186
Toute personne contre laquelle existe une inscription hypothé- Les notifications et oppositions prévues aux deux articles précé-
caire prise pour sûreté d’une créance liquide, et certaine peut, mê- dents sont faites par exploit.
me avant l’échéance de la dette, être assignée par tout cessionnaire Article 187
de cette créance, devant le tribunal compétent à l’effet de déclarer
si la dette existe, et, au cas où elle serait éteinte partiellement, de Si, dans le cas de l’article 185, un créancier requiert la mise de
déclarer la somme dont elle est encore redevable. l’immeuble aux enchères publiques, le Conservateur des titres fon-
ciers arrête, dans le mois, le cahier des charges, fait procéder à la
Le débiteur joint à sa déclaration les pièces justificatives de la li- vente dans les trois mois. Si le prix offert est jugé insuffisant, l’im-
bération totale ou partielle, sous peine d’être déclaré débiteur pur meuble n’est pas adjugé et il est procédé comme si aucun créancier
et simple. n’avait requis la vente; les frais des formalités sont à charge de ce-
Article 181 lui qui les a provoquées.
En cas de décès du créancier hypothécaire, est considéré comme
lui ayant succédé dans ses droits sur la créance, l’héritier ou le lé-
Section 8
gataire au nom duquel le transfert de la créance est opéré par une
inscription portée sur le certificat d’enregistrement. De l’inscription hypothécaire
Si, au jour de l’échéance, le transfert n’est pas opéré, le débiteur
Paragraphe 1
peut se libérer par le dépôt de ce qu’il doit, au Trésor Public, sans
formalité préalable. De l’inscription
En ce cas, le transfert de la créance ne peut être opéré qu’en vertu
d’une ordonnance du Président du Tribunal de Grande Instance Article 188
dans le ressort duquel est situé l’immeuble. Le Conservateur des titres fonciers procède à l’inscription de
L’ordonnance n’est rendue que sous les conditions, après les dé- l’hypothèque:
lais et dans les formes prévus par les dispositions relatives aux 1° sur production d’une déclaration du créancier affirmant
mutations immobilières. l’existence de sa créance;
Article 182 2° sur production, par le fonctionnaire à ce qualifié par la légis-
lation fiscale, d’un extrait certifié conforme du rôle des impôts
Lorsqu’il existe deux ou plusieurs héritiers ou légataires, le Pré-
pour lesquels l’inscription est prise, ou d’une attestation de ce que
sident ordonne que la créance sera transférée au nom de tous in-
l’impôt réclamé est dû;
distinctement, à moins que les parties ne soient d’accord sur le
partage qui doit en être fait. 3° sur production de la minute ou d’une expédition de la
convention qui sert de base à ces inscriptions, à moins que le
Cet accord doit être formulé en sa présence ou être constaté dans
Conservateur ne soit lui-même dépositaire de la minute, et en tout
un acte authentique. L’ordonnance précise la part qui revient à
cas, sur production d’une copie certifiée conforme de cette conven-
chacun des héritiers ou légataires dans la créance primitive.
tion;
4° sur production d’une copie de l’exploit de saisie ou d’une ex-
Section 7 pédition de l’ordonnance du Président du Tribunal de Grande Ins-
De l’extinction de l’hypothèque tance, le cas échéant.
Article 189
Article 183 Pour l’inscription constitutive de l’hypothèque, le créancier in-
L’hypothèque s’éteint par: dique, d’une façon précise au bas de la copie certifiée conforme de
1° l’extinction de l’obligation principale; la convention, les sommes pour lesquelles l’inscription est deman-
dée.
2° la renonciation du créancier à son hypothèque;
L’inscription constitutive de l’hypothèque est de plus subordon-
3° la perte totale de l’immeuble grevé, sauf application de
née à la présentation du certificat d’enregistrement délivré au pro-
l’article 185;
priétaire de l’immeuble grevé.
4° les causes déterminées par l’article 184;
Cette inscription est portée tant sur le certificat délivré au pro-
5° la procédure de purge prévue par l’article 185; priétaire que sur celui conservé au bureau des Titres Fonciers.
6° la péremption de l’inscription hypothécaire. Toute demande d’inscription d’hypothèque est faite par écrit ou
Article 184 actée par le Conservateur, sauf dans le cas prévu par l’article 162
où le Conservateur procède d’office à l’inscription.
En cas de vente d’un immeuble sur saisie, ou en vertu de la clau-
se de voie parée, et en cas d’expropriation pour cause d’utilité pu- Article 190
blique, les créances hypothécaires sont reportées sur le prix. Tout créancier hypothécaire est tenu de faire élection de domici-
Le prix et la valeur des charges sont consignés, dans le mois du le au chef-lieu d’une circonscription foncière, à défaut de quoi tou-
transfert, entre les mains du Conservateur des titres fonciers qui tes les significations et notifications relatives à l’inscription
du délai fixé par l’article 195. A défaut de renouvellement par la Article 211
société, tout obligataire a le droit de renouveler l’inscription, mais Le Conservateur ne procède aux inscriptions ou radiations que
est tenu d’élire un domicile conformément à l’article 190. si les énonciations du folio du livre d’enregistrement qui se rap-
Article 206 porte à l’immeuble n’y font pas obstacle.
Les obligations hypothécaires portent l’indication de l’acte Article 212
constitutif d’hypothèque et mentionnent la date de l’inscription, le Le Conservateur des titres fonciers, chaque fois qu’il entre en
rang de l’hypothèque et la disposition de l’alinéa suivant. possession du certificat d’enregistrement délivré au propriétaire,
La société débitrice d’obligations hypothécaires appelées au ne porte sur ce certificat que les inscriptions qui figurent au livre
remboursement total ou partiel et dont le porteur ne s’est pas pré- d’enregistrement.
senté dans l’année qui suit la date fixée pour le paiement est auto- Il est également tenu, à toute époque, d’attester, sur le certificat
risée à consigner les sommes dues au Trésor Public. d’enregistrement délivré au propriétaire, et à la requête de celui-ci,
Le Président du Tribunal de Grande Instance dans le ressort du- la conformité de ce certificat avec celui figurant au livre d’enregis-
quel se trouve le siège de la société désigne, à la requête de celle-ci, trement.
un représentant des obligataires. Article 213
Article 207 La forme des inscriptions et des radiations et de toute autre
mention ou annotation à porter sur les certificats ainsi que celle
L’inscription est rayée ou réduite du consentement du représen- des extraits, sont réglées par l’ordonnance du Ministre ayant les
tant des obligataires, contre lequel est poursuivie, le cas échéant, la Titres Fonciers dans ses attributions.
demande en radiation ou en réduction.
Note. Bien que cet article renvoie à une ordonnance du ministre ayant les titres fon-
Si la société, après avoir fait inscrire l’hypothèque, renonce à réa- ciers dans ses attributions, cette ordonnance n’a pas encore été mise en place et la
liser l’emprunt, la radiation a lieu en vertu d’une ordonnance du matière continue à être régie par l’A.R. du 15 mai 1922 organisant le régime et les
Président du Tribunal de Grande Instance du siège de la société. formalités de la vente par voie parée, en matière hypothécaire. Voir infra.
de l’article 215, les lits et les eaux des lacs, des rivières ou des autres cours d’eau, et 2° l’occupation du domaine public liée à l’exécution d’un
même des étangs, relevaient du domaine public de l’État, sur base du critère tiré de contrat de concession particulière impliquant par nature une telle
leur navigabilité ou de leur flottabilité. L’article 216 définissait ce critère, en préci-
sant la portée et les implications des caractères navigable et flottable pour un cours
occupation, notamment les concessions de recherche ou d’exploi-
ou un plan d’eau. L’article 231 du Code foncier rangeait, par voie déductive dans tation minière ou pétrolière, d’usage et d’occupation des eaux et
le domaine privé de l’État, les lits et les eaux des rivières ou des autres cours d’eau lits des lacs et des cours d’eau, de pêche, et les contrats de travaux
qui n’étaient ni navigables, ni flottables. Le D.-L. du 26 novembre 1992 a fait rentrer publics;
toutes les eaux sous le régime unique de la domanialité publique. En même temps
qu’il a ramené, dans le domaine public de l’État, les composantes que l’article 231 3° les occupations temporaires régulièrement autorisées par
du Code foncier rangeait jusque-là dans le domaine privé, le décret-loi précité a l’autorité compétente.
rendu caduc et sans objet, le critère de la navigabilité ou de la flottabilité qui était
défini à l’article 216 du même code. Par ailleurs, l’article 6 du décret-loi du Article 223
26 novembre 1992 a confirmé la domanialité publique, par voie d’accession, des Les autorisations d’occupation temporaire du domaine public
îles, îlots, atterrissements ou relais existants ou se formant à l’intérieur des cours
d’eau relevant du domaine public de l’État. Cette domanialité publique était déjà
sont notamment:
établie par la partie finale de l’article 215, 1° du Code foncier. Voir le D.-L. sur le 1° le permis de stationnement, accordé en vue d’une occupation
domaine public hydraulique dans la rubrique des «Dispositions économiques». privative de la voie publique ou de toute autre partie du domaine
– Dans le prolongement des éléments prévus au 2° de la disposition précédente, public;
l’article 6 du D.-L. du 26 novembre 1992 ajoute les atterrissements ou relais qui se
forment sur les berges des cours d’eau.
2° la permission de voirie, accordée à un particulier en vue de
l’accès à la voie publique;
Article 216 3° l’autorisation temporaire d’occupation et extraction accordée
Sont considérés comme navigables, les cours et plans d’eau sus- en vue de faciliter l’exécution d’un travail public;
ceptibles de porter des bateaux, radeaux ou embarcations de toute 4° la concession touristique, accordée pour favoriser le dévelop-
nature pouvant être utilisés pour le transport des personnes ou des pement d’établissements touristiques d’intérêt public.
biens.
Les autorisations susvisées sont toujours temporaires et révoca-
Sont considérés comme flottables les cours et plans d’eau sus- bles à tout moment, moyennant une juste indemnité lorsque le bé-
ceptibles d’être utilisés pour le transport du bois par radeau, train néficiaire subit un préjudice spécial. Elles donnent éventuellement
ou flottaison libre de grumes. lieu à la perception d’une redevance dont le montant est révisable
Note. Cette disposition n’a plus d’intérêt depuis que tous les lacs, rivières ou autres et au paiement des matériaux enlevés.
cours d’eau ont été intégrés sous un régime unique, indépendamment de leur na-
vigabilité ou flottabilité. Voir la note sous l’article 214. Article 224
Nul ne peut planter sur les rives ou bords des cours d’eau, des
Article 217
plans d’eau et des routes, ni y faire des fouilles ou effectuer un tra-
Ne sont pas considérés comme crues périodiques, les inonda- vail quelconque, sans l’autorisation de l’autorité compétente.
tions exceptionnelles des cours d’eau et les cycles pluriannuels de
variation du niveau des lacs, seul leur plus haut niveau ordinaire Article 225
devant être pris en considération. L’utilisation du domaine public, par une personne physique ou
morale régulièrement chargée par l’autorité compétente de la ges-
Article 218 tion d’un service public ou associée à ladite gestion, et qui n’excè-
La formation du domaine public naturel de l’Etat est le résultat de pas ce qui est nécessaire à l’accomplissement de sa mission de
d’un fait de la nature que l’Administration ne fait que constater. service public, n’est pas considérée comme une occupation priva-
tive, ladite personne étant réputée agir en ce cas pour le compte de
La forme de cette constatation ou même l’absence de toute l’Etat.
constatation formelle ne produit aucun effet juridique.
Article 226
Article 219
Par dérogation au principe de l’inaliénabilité du domaine pu-
Le domaine public artificiel de l’Etat comprend les terres et les blic, l’Etat peut céder des terres du domaine aux communes, aux
immeubles bâtis affectés par l’Administration à un usage ou à un établissements publics et aux sociétés de droit public, si ces terres
service public. sont destinées à être incorporées dans leur domaine public.
Article 220 Article 227
Le domaine public naturel ou artificiel de l’Etat est inaliénable, Un fonds du domaine public naturel ou artificiel peut être dé-
imprescriptible et insaisissable. Les terres en faisant partie ne peu- classé ou désaffecté, selon le cas.
vent faire l’objet d’un quelconque acte de disposition, ni être gre-
vées d’aucune charge réelle, à l’exception des servitudes. Article 228
Elles ne peuvent non plus faire l’objet d’une possession utile Le déclassement d’un fonds du domaine public naturel est le ré-
susceptible de faire acquérir des droits fonciers au possesseur, ni sultat de causes naturelles indépendantes du fait de l’homme, que
d’aucune action possessoire des particuliers. l’Administration ne fait que constater.
La forme de cette constatation ou même l’absence de toute
Article 221 constatation formelle est sans incidence sur les effets de ce déclas-
Toutefois, l’inaliénabilité du domaine public ne s’oppose pas à sement.
son utilisation normale et non privative n’excédant pas le droit
Article 229
d’usage pouvant être reconnu à tous en fonction de la nature ou de
l’affectation du fonds. La désaffectation d’une terre du domaine public artificiel inter-
vient lorsque elle cesse d’être affectée à un usage public ou à un
Elle ne fait pas non plus obstacle à certaines utilisations privati- service public par l’autorité compétente.
ves, dans les cas prévus par des dispositions spéciales.
La désaffectation peut être présumée, en l’absence de toute dé-
Note. Voir notamment le titre III du D.-L. précité du 26 novembre 1992 qui règle-
mente l’usage des eaux faisant partie du domaine public hydraulique.
claration formelle de l’Administration, lorsqu’un ensemble de
faits, persévérants et non équivoques, démontre clairement que la
Article 222 terre considérée n’est plus affectée à un usage public ou à un servi-
ce public.
Sont notamment réguliers au sens de l’article précédent:
1° l’exercice non abusif des droits individuels des riverains des Article 230
voies publiques, notamment du droit d’accès et de stationnement, Le déclassement ou la désaffectation des terres ou des eaux du
le tout sous réserve du respect des règlements édictés par les auto- domaine public ne leur fait pas perdre leur domanialité, mais les
rités compétentes; fait entrer dans le domaine privé de l’Etat.
activité au Burundi, avec indication de ses représentants légaux le c) donner la description des lieux et faire l’inventaire de ce qui
cas échéant; s’y trouve, tel que forêt, boisement, cultures, bâtiments, cours
b) une description sommaire du terrain, indiquant notamment d’eau, source, voies de communication;
sa superficie, sa situation géographique par rapport aux princi- d) enregistrer par écrit les oppositions ou les observations for-
paux points de repère connus, tels que routes, cours d’eau, centres mulées.
administratifs ou commerciaux, propriétés voisines enregistrées,
les noms des occupants des fonds limitrophes ou voisins, ainsi Article 263
que, le cas échéant, le numéro du plan cadastral; Au terme de l’enquête de vacance, un rapport y relatif est dressé
c) une attestation du Conservateur des titres fonciers, certifiant par l’Administrateur communal qui y mentionne tous les rensei-
que le terrain n’est pas déjà enregistré au bénéfice d’un tiers ou ne gnements recueillis au cours de l’enquête, en fait la synthèse et
fait pas l’objet d’une requête tendant à l’exercice de droits priva- porte une appréciation sur la demande, après avoir recueilli l’avis
tifs, soit en vertu de la coutume, soit en vertu d’un titre d’occupa- du Conseil communal.
tion. Article 264
Article 258 Au plus tard dans le mois suivant la date de clôture de l’enquête
La demande et les documents à annexer sont produits en deux de vacance, l’Administrateur communal adresse sous inventaire le
exemplaires, le premier étant destiné à l’autorité compétente et le dossier complet de la procédure à l’autorité compétente qui lui en
second à l’Administrateur communal du lieu. accuse réception.
Est également produit en deux exemplaires, tout autre docu- Le double des pièces établies ou reçues au cours de l’enquête de
ment relatif à la demande remis ou transmis ultérieurement. vacance est conservé aux archives de la commune.
Paragraphe 2 Paragraphe 3
L’instruction du dossier La décision
Article 259 Article 265
Dès la remise ou la réception de la demande, l’autorité saisie vé- L’autorité compétente dispose d’un mois, à compter du jour de
rifie sa compétence matérielle et territoriale. S’il apparaît que la de- la réception en retour du dossier, pour prendre décision.
mande est mal dirigée, l’autorité saisie transmet sous inventaire Elle peut toutefois, si elle s’estime insuffisamment informée, or-
l’ensemble du dossier à l’autorité compétente et informe le deman- donner un complément d’enquête ou une expertise, sans que la
deur de cette transmission. durée totale de ces opérations puisse excéder un mois.
Article 260 Article 266
Si le dossier est complet, l’autorité compétente prend sa décision L’autorité compétente accorde la cession ou la concession, lors-
après avis du Conseil communal, s’il s’agit d’une terre urbaine. que la terre demandée fait effectivement partie du domaine privé
S’il s’agit d’une terre rurale, l’autorité compétente remet ou de l’Etat et que le programme de mise en valeur présenté et les
transmet au demandeur un exemplaire de sa demande et transmet moyens dont dispose le requérant sont jugés sérieux.
la copie complète du dossier à l’Administrateur communal du
lieu. Article 267
Dès réception du dossier, l’Administrateur communal: Lorsque l’enquête de vacance fait état de certains droits fonciers
exercés par des tiers sur la terre dont la cession ou la concession est
a) affiche à la commune un exemplaire de la demande; demandée, l’autorité compétente peut soit rejeter la demandé, soit
b) accuse réception du dossier à l’autorité compétente en lui pré- l’accepter, lorsque les droits invoqués par les tiers ne sont pas léga-
cisant la date du premier jour de l’affichage; lement fondés.
c) procède à l’enquête de vacance, comme il est dit à l’article 262, Note. Sur la notion de droits fonciers légalement fondés, voir notamment les
s’il s’agit d’une terre rurale. articles 329 à 333, infra.
a) rejeter totalement les prétentions des tiers; l’intérêt général par application des dispositions relatives aux
b) reconnaître que la terre litigieuse ne fait pas partie du domai- plans d’aménagement du territoire.
ne privé de l’Etat et annuler la décision préalable attaquée; Article 276
c) reconnaître à la fois l’appartenance de ladite terre au domaine La superficie indiquée dans le contrat de cession ou de conces-
privé de l’Etat et l’existence de servitude au profit des tiers sur la sion n’est donnée qu’à titre indicatif, sauf lorsqu’elle est constatée
même terre, et faire application des dispositions du second alinéa dans un certificat d’enregistrement antérieur.
de l’article 268.
Toutefois, le montant du prix, le loyer, la redevance ou toute
Article 271 autre contrepartie due par le cessionnaire ou le concessionnaire est
La décision préalable de l’autorité compétente qui ne fait l’objet révisé en hausse ou en baisse lorsque la différence entre la superfi-
d’aucun recours pendant le délai légal devient définitive et exécu- cie réelle et celle stipulée au contrat est égale ou supérieure à un
toire. dixième de cette dernière.
Lorsque la décision préalable fait l’objet d’un recours judiciaire,
l’autorité compétente ne peut conclure le contrat de cession ou de Paragraphe 2
concession qu’au vu de la décision judiciaire irrévocable l’autori-
sant et conformément à cette dernière. Obligations du cessionnaire ou du concessionnaire
Article 272 Article 277
Le contrat de cession ou de concession mentionne d’une part les Sans préjudice des dispositions prévues au contrat de cession ou
nom, prénoms et qualité de l’autorité compétente, et d’autre part de concession, le cessionnaire ou le concessionnaire est tenu de
les nom, prénoms et domicile du cessionnaire ou du concession- respecter les obligations suivantes:
naire ou, le cas échéant, sa raison sociale et son siège.
1° indiquer les limites de la terre cédée ou concédée;
II indique la date de la demande, de l’ouverture et de la clôture
de l’enquête de vacance et, le cas échéant, le décret d’autorisation 2° occuper ladite terre et la mettre en valeur en cas de cession ou
prévu à l’article 254 ou la décision judiciaire irrévocable statuant lorsque cette obligation résulte de la nature du droit foncier concé-
sur le recours prévu à l’article 270. dé;
Il indique en outre la situation sommaire du terrain et sa super- 3° en maintenir l’affectation prévue au contrat;
ficie. 4° verser dans les délais la contrepartie stipulée au contrat.
II précise la nature du droit foncier cédé ou concédé, la durée
Article 278
éventuelle, le caractère onéreux ou gratuit ainsi que les conditions
financières de la convention. Les obligations de mise en valeur et de maintien de l’affectation
pèsent sur le concessionnaire pendant toute la durée de la conces-
sion.
Paragraphe 4 Le cessionnaire ou le concessionnaire reste en outre soumis aux
Enregistrement et frais dispositions restreignant l’exercice des droits fonciers dans l’inté-
rêt général.
Article 273
Article 279
Les droits fonciers cédés ou concédés doivent être enregistrés se-
lon les conditions et modalités déterminées par le présent code, à Le cessionnaire ou le concessionnaire doit, au plus tard dans les
la diligence et aux frais du cessionnaire ou du concessionnaire. deux mois suivant l’enregistrement de la cession ou de la conces-
sion, indiquer de façon claire et apparente les limites de la terre cé-
L’enregistrement est effectué sur présentation de l’original du dée ou concédée, si elles ne le sont déjà.
contrat de cession ou de concession, dont une copie certifiée est en
outre remise au Conservateur. Les limites ainsi indiquées doivent correspondre à celles figu-
rant sur le procès-verbal d’arpentage et de bornage annexé au
Article 274 contrat de cession ou de concession.
Sont à charge du demandeur, les frais occasionnés par l’instruc- Article 280
tion de sa demande et notamment ceux d’enquête de vacance, les
frais de mesurage et de bornage, les frais d’établissement du Ces opérations sont entreprises et réalisées à la diligence et aux
contrat et les frais d’enregistrement. frais du cessionnaire ou du concessionnaire, le tout conformément
aux dispositions relatives au mesurage et au bornage des terres.
Si le demandeur renonce à sa demande ou si cette dernière est
rejetée, seuls les frais correspondant aux opérations effectivement Article 281
réalisées sont à sa charge. Après mise en demeure restée sans suite pendant un mois,
l’autorité compétente peut, d’office ou à la demande de toute per-
sonne intéressée, procéder ou faire procéder au bornage, aux frais
Section 4 du cessionnaire ou du concessionnaire défaillant.
Effets des cessions et des concessions Article 282
Paragraphe 1 Le cessionnaire ou le concessionnaire doit, au plus tard dans les
Obligations de l’État douze mois suivant l’enregistrement de la cession ou de la conces-
sion, procéder à l’occupation de la terre cédée ou concédée, et en
entreprendre la mise en valeur en cas de cession ou lorsque cette
Article 275
obligation résulte de la nature du droit foncier concédé.
L’Etat est tenu envers le cessionnaire aux obligations relatives
aux conventions en général et aux obligations spéciales prescrites Il est ensuite tenu d’en poursuivre la mise en valeur et l’exploi-
par le présent code et par la convention de cession ou de conces- tation de façon continue.
sion. Note. L’article 381 fixe la notion et les critères de mise en valeur et d’exploitation
continue.
II en est ainsi notamment de l’obligation de délivrance et de
l’obligation de garantie contre l’éviction. Article 283
Toutefois, les terres cédées ou concédées le sont sans garantie Le cessionnaire ou le concessionnaire peut confier l’exécution de
quant à leur valeur agricole, commerciale ou résidentielle. tout ou partie de ses obligations à un tiers.
Il n’y a non plus aucune garantie de l’Etat quant au maintien de Il ne peut toutefois se dégager des obligations qui pèsent sur lui
l’affectation, cette dernière pouvant toujours être modifiée dans ou échapper aux sanctions y afférentes.
Article 299 les ont déjà été versées ou sont immédiatement exigibles dans le
L’administration ne peut toutefois recourir à l’exécution forcée cas contraire.
de sa décision qu’après avoir vainement sommé le cessionnaire ou Article 307
le concessionnaire de l’exécuter, ni prendre des mesures de
contrainte qui ne seraient pas strictement nécessaires à la bonne L’autorité compétente peut en outre exiger la remise complète
exécution de sa décision. de la terre cédée ou concédée en son état initial, notamment par la
suppression de toute installation, construction, plantation ou
Cette sommation ne peut intervenir que quinze jours après le culture s’y trouvant, aux frais du cessionnaire ou du concession-
délai prévu à l’article 305 et doit indiquer qu’à défaut d’exécution naire.
volontaire dans un délai d’un mois au minimum, il sera procédé à
l’exécution forcée de la décision aux frais et risques du cessionnai- L’administration peut se substituer au cessionnaire ou au
re ou du concessionnaire. concessionnaire défaillant, afin de procéder ou de faire procéder à
la remise de la terre en son pristin état.
Article 300
Article 308
Toute décision de l’autorité compétente prononçant la nullité, la
résolution ou la résiliation d’un contrat de cession ou de conces- Lorsque l’administration n’exige pas la remise complète de la
sion est notifiée sans délai au cessionnaire et, le cas échéant, au terre en son état initial, les installations, constructions, plantations
tiers occupant la terre cédée ou concédée, ainsi qu’au Conserva- ou cultures ou autres immeubles par nature ou par incorporation,
teur des titres fonciers. dont l’enlèvement n’est pas de nature à dévaloriser la terre ou en
compromettre la cession ou la concession ultérieure, peuvent être
Cette notification interdit au cessionnaire ou au concessionnaire emportés par le cessionnaire ou le concessionnaire.
d’opérer et au Conservateur d’enregistrer toute mutation d’un
droit foncier quelconque portant sur la terre concernée. Les immeubles par destination et les objets mobiliers peuvent
toujours être emportés par le cessionnaire ou le concessionnaire.
L’interdiction ci-dessus ne cesse que sur production d’une déci-
sion juridictionnelle irrévocable rejetant une demande en nullité, Article 309
en résolution ou en résiliation, ou portant annulation d’une déci- Dans l’hypothèse des deux articles précédents, l’Etat ne doit
sion exécutoire prononçant une telle sanction, ou encore sur pro- aucune indemnité au cessionnaire ou au concessionnaire, ni pour
duction d’une décision de l’autorité compétente rapportant sa la valeur des biens laissés sur le fonds remis, même s’ils lui appor-
décision initiale. tent une plus-value certaine, ni pour la perte de valeur des biens
Article 301 dont l’enlèvement est exigé.
Lorsque l’autorité compétente constate la nullité ou décide la ré- Article 310
solution ou la résiliation du contrat, elle peut en même temps or-
Lorsque la résolution ou la résiliation du contrat n’est pas due à
donner que le cessionnaire ou le concessionnaire lui paiera une
la faute du cessionnaire ou du concessionnaire, le prix de la terre
astreinte par jour de retard dans l’exécution de sa décision.
cédée est remboursé au cessionnaire sur base du tarif en vigueur
Article 302 au jour de la résolution, et la redevance payée par anticipation par
La décision ordonnant l’exécution à peine d’astreinte doit préci- le concessionnaire lui est remboursée proportionnellement à la pé-
ser son taux journalier, qui est de un trois cent soixante cinquième riode comprise entre la date de la résiliation et le terme de la pério-
du prix de cession du terrain cédé ou concédé, calculé selon le tarif de pour laquelle elle a été versée.
en vigueur au jour de la décision. L’Etat est tenu en outre de compenser par une indemnité les ef-
Le délai à partir duquel l’inexécution constatée fera courir l’as- fets du retour de la terre à son domaine privé, notamment la récu-
treinte est d’un mois à compter du jour de la notification de la dé- pération des installations, constructions plantations ou cultures
cision. abandonnées par le cessionnaire ou le concessionnaire. Le mon-
tant ou la formule de l’indemnisation est déterminé par accord
Article 303 amiable des parties ou, à défaut, par jugement, en tenant compte
En cas d’inexécution totale ou partielle, l’autorité compétente de la valeur des impenses effectuées par le cessionnaire ou le
peut procéder sans délai à la liquidation de l’astreinte avec effet concessionnaire et de la plus-value apportée à la terre cédée ou
immédiat. concédée.
Article 304 Article 311
L’astreinte est une sanction comminatoire, indépendante des Quelle que soit la cause de la nullité, de la résolution ou de la ré-
éventuels dommages et intérêts et des sanctions complémentaires siliation, le cessionnaire ou le concessionnaire d’une terre rurale à
prévues par le présent code. vocation agricole couverte de cultures, peut en emporter la récolte
Lorsqu’il est établi que l’inexécution totale ou partielle résulte actuelle ou imminente.
d’un fait de force majeure, l’astreinte peut être rapportée.
Article 305 Paragraphe 2
La nullité, la résolution ou la résiliation d’un contrat de cession Sanctions complémentaires
ou de concession entraîne le retour de la terre cédée dans le domai-
ne privé de l’Etat. Article 312
L’enregistrement du retour de la terre dans le domaine privé de Lorsque, par suite de la défaillance du cessionnaire ou du
l’Etat ne peut être effectué par le Conservateur des titres fonciers concessionnaire, l’administration doit se substituer à ce dernier
que: pour remettre la terre en son pristin état, elle peut exécuter elle-
a) sur production de l’accord des parties ou de la décision juri- même les travaux en régie ou les faire exécuter par un tiers, au be-
dictionnelle, constatant la nullité ou prononçant la résolution ou la soin en les adjugeant aux enchères publiques, aux frais et risques
résiliation du contrat; du défaillant.
b) à l’expiration du délai de recours lorsque la sanction a été pro- En tout état de cause, le cessionnaire ou le concessionnaire dé-
noncée par une décision n’ayant fait l’objet d’aucun recours; faillant est tenu de rembourser à l’administration les frais qu’elle a
c) sur production de la décision juridictionnelle irrévocable reje- ainsi engagés, majorés d’un dixième à titre de pénalité.
tant le recours lorsqu’il a été exercé. Article 313
Article 306 Si les travaux ont été exécutés en régie, leur prix est apprécié par
Lorsque la nullité, la résolution ou la résiliation est constatée ou accord amiable ou, à défaut, par un expert désigné par le tribunal.
prononcée aux torts exclusifs du cessionnaire ou du concession- S’ils ont été exécutés par un tiers, leur prix est réputé être celui
naire, les sommes dues par ce dernier restent acquises à l’Etat si el- payé par l’administration.
en vigueur au moment de la reprise, ainsi que la valeur des privatifs, soit individuellement, soit en association ou en quelque
constructions et plantations. groupement.
La valeur des impenses, des constructions et des plantations Les marais exploités appartiennent à celui qui les a mis en valeur
sera déterminée à l’amiable ou, à défaut, par expert. et non à celui à qui appartient la terre dont ils constituent le pro-
La destination d’un intérêt public sera établie à suffisance de longement.
droit par une attestation du Ministre ayant dans ses attributions Toutes les autres terres appartiennent au domaine de l’Etat.
les activités envisagées.
Article 332
Article 328 Les terres en jachère régulière sont assimilées à des terres effec-
Toute demande de cession ou de concession gratuite de terre in- tivement exploitées.
troduite par une association à caractère scientifique, philanthropi- La jachère s’entend d’une terre exploitée dont la mise en valeur
que, religieux, social ou culturel, ou par un établissement d’utilité est intentionnellement et temporairement suspendue afin de per-
publique doit fournir les indications suivantes: mettre sa régénération naturelle. Sont seules assimilées aux terres
1° la dénomination de l’association ou de l’établissement avec effectivement exploitées, les terres en jachère incluses dans un cy-
indication de l’ordonnance lui accordant la personnalité civile; cle régulier de production par alternance sur la même terre de pé-
2° les nom et prénoms du ou des représentants légaux de l’asso- riodes de cultures et de repos.
ciation, avec indication de l’ordonnance agréant ce ou ces repré- Article 333
sentants légaux, ou,
Sont considérés comme titre d’occupation régulière, les autori-
3° les noms et prénoms des administrateurs de l’établissement sations écrites délivrées par l’autorité compétente et conférant le
d’utilité publique, qualifiés pour introduire la requête et signer le droit de propriété au bénéficiaire.
contrat de cession ou de concession, avec indication de la publica-
Ne sont pas compris dans cette catégorie, les titres qui assortis-
tion de leur nomination au Bulletin Officiel du Burundi;
sent le droit conféré de telles conditions ou restrictions qu’il soit
4° la destination que l’association ou l’établissement requérant précaire, non cessible ou révocable par simple décision de l’admi-
entend donner au terrain ainsi que le programme établi pour en nistration.
réaliser la mise en valeur;
5° s’il s’agit d’un terrain loti, le numéro sous lequel ce terrain fi-
gure au plan cadastral; CHAPITRE II
6° si le terrain n’est pas loti:
DE L’ENREGISTREMENT DES DROITS FONCIERS
a) un plan indiquant la configuration du terrain et les longueurs
des limites et toutes autres dimensions ayant servi au calcul de la Section 1
superficie du terrain, les éléments de repérage du terrain par rap-
port à des accidents du sol, à des constructions ou à des ouvrages Principes généraux
d’un caractère permanent, des cours d’eau, routes ou sentiers tra-
versant, le cas échéant, le terrain demandé; Article 334
b) un croquis donnant la situation du terrain par rapport à des Sous réserve des droits privatifs exercés en vertu de la coutume
points connus et figurant sur les cartes officielles, tels que centres ou d’un titre d’occupation régulière, les droits fonciers ne sont lé-
administratifs et commerciaux. galement établis que par un certificat d’enregistrement délivré par
le Conservateur des titres fonciers.
Sous la même réserve, les droits fonciers exercés sur les immeu-
bles par incorporation ne sont établis que par un certificat d’enre-
TITRE IV
gistrement du titre authentique qui lui sert de base.
DU RÉGIME DES TERRES APPROPRIÉES Article 335
Sous la même réserve qu’à l’article précédent, les mutations im-
CHAPITRE I mobilières, soit entre vits, soit par décès, ne s’opèrent que par un
certificat d’enregistrement délivré au nouvel acquéreur.
GÉNÉRALITÉS
Sous la même réserve, nulle charge ne frappe les droits fonciers
Article 329 si elle n’est inscrite au certificat d’enregistrement, à l’exception des
servitudes légales.
Sont reconnus et protégés par la loi, tous les droits fonciers exer-
cés par toute personne physique ou morale de droit privé sur des Article 336
terres non domaniales, lorsqu’ils sont: Le Conservateur des titres fonciers procède à l’enregistrement
1° soit constatés dans un certificat d’enregistrement à la suite des droits fonciers lorsque cette formalité est rendue obligatoire
d’une cession de terres domaniales, d’une mutation entre vifs ou à par la loi ou lorsque, bien que non requise, elle est demandée par
cause de mort, ou du fait de la rescription acquisitive; une personne qui désire ainsi bénéficier des protections légales qui
2° soit reconnus aux titulaires de droits privatifs exercés en ver- y sont attachées.
tu de la coutume ou d’un titre d’occupation délivré par l’autorité Il ne peut toutefois procéder à l’enregistrement d’un droit fon-
compétente, lors même qu’ils ne seraient pas encore constatés cier sans en avoir vérifié au préalable la juste base légale et l’éten-
dans un certificat d’enregistrement. due.
Les droits ainsi reconnus pourront être constatés dans un certifi- Article 337
cat d’enregistrement sous réserve des droits des tiers et après véri-
Le certificat d’enregistrement est dressé en double; il est daté,
fication de la réalité et de l’étendue des droits du requérant.
scellé et signé du Conservateur. L’un des exemplaires est consigné
Article 330 dans le livre d’enregistrement, l’autre est délivré au titulaire du
droit foncier enregistré.
Sont considérées comme pouvant faire l’objet de droits privatifs
coutumiers, les terres rurales effectivement exploitées. Le certificat d’enregistrement contient:
Article 331 1° l’indication précise du titulaire actuel du droit enregistré;
Sont réputées exploitées, les terres portant des cultures ou des 2° la situation, la description, la superficie et le croquis de l’im-
constructions de toute nature, celles préparées en vue de leur meuble;
culture ou celles dont les cultures viennent d’être récoltées, ainsi 3° les charges réelles, autres que les servitudes légales, dont
que les pâturages sur lesquels les particuliers exercent des droits l’immeuble est grevé.
L’exemplaire délivré au requérant contient, en outre, le numéro conforme aux prescriptions légales. Le cas échéant, à la mention
du folio du livre d’enregistrement sur lequel le certificat est inscrit. des charges qui frappent l’immeuble selon l’ancien certificat de
l’aliénateur, il ajoute celles des nouvelles charges réelles stipulées
Article 338
dans l’acte d’aliénation.
Toute annotation postérieure de charge réelle au certificat d’en-
Le nouveau certificat porte un renvoi au folio de l’ancien certifi-
registrement, doit être datée, scellée et signée par le Conservateur.
cat.
Article 339
Article 346
Le certificat d’enregistrement fait pleine foi des droits fonciers
qui y sont constatés, sauf lorsqu’il y a fraude de la part de l’acqué- Lorsque la mutation est opérée en vertu d’un échange, d’un par-
reur ou que le certificat a été dressé en vertu d’un contrat entaché tage ou d’un autre contrat emportant des prestations immobilières
de nullité ou d’une ordonnance d’investiture obtenue par surprise, réciproques, le Conservateur inscrit dans son livre et délivre aux
auxquels cas il y a lieu à la rétrocession de l’immeuble avec dom- parties autant de nouveaux certificats qu’il y a de nouveaux pro-
mages-intérês éventuellement. priétaires.
Les causes de résolution du contrat ne donnent ouverture qu’à En cas de mutation partielle, le Conservateur remplace le certifi-
des actions personnelles en dommages-intérêts, à moins que la cat de l’aliénateur par autant de nouveaux certificats qu’il y a de
propriété de l’immeuble soit encore intacte sur la tête de l’acqué- nouvelles parcelles.
reur, auquel cas il y a également lieu à la rétrocession de l’immeu- Si l’immeuble est enregistré au nom de plusieurs nouveaux pro-
ble avec dommages-intérêts éventuellement. priétaires indivisément, le Conservateur ne dresse et ne délivre
qu’un seul certificat. Les indivisaires doivent s’entendre sur celui
Article 340
d’entre eux à qui le certificat collectif sera délivré, à la charge de le
Les mutations en vertu de contrats d’aliénation ne peuvent être mettre à la disposition de ses consorts à toute réquisition. S’il y a
opérées que si les contrats sont passés en forme authentique. difficulté sur le choix, il est réglé par le Conservateur.
Le contrat d’aliénation peut être passé devant le Conservateur, Article 347
qui l’authentifie avant l’enregistrement. Le Conservateur n’instru-
mente qu’après s’être fait remettre, le cas échéant, le certificat de Toutefois, lorsque des biens indivis sont affectés, à titre d’acces-
l’aliénateur et s’être assuré de l’identité et de la capacité des soires et pour l’usage commun, soit à des fonds distincts, soit à des
contractants. parties d’immeubles appartenant à des propriétaires différents, les
certificats y relatifs font tous mention de ces biens indivis.
Lorsque le contrat d’aliénation a été passé devant un autre offi-
cier public, l’acte de ce contrat est remis au Conservateur, en minu- Les certificats mentionnent en outre, l’emplacement des murs
te ou en copie certifiée conforme. Le Conservateur s’assure de la séparatifs et des clôtures sur chaque fonds, en spécifiant s’ils s’y
validité de l’acte et en exige la légalisation, s’il échet. trouvent à titre de copropriété ou de charge.
Les mutations en vertu de jugements ne peuvent être opérées Le cas échéant, le Conservateur des titres fonciers procède à
que s’ils sont passés en force de chose jugée. l’inscription des mentions prévues à l’alinéa précédent, au vu d’un
procès-verbal dressé par un géomètre agréé par le Ministre ayant
Article 341 les Titres Fonciers dans ses attributions, signé pour accord par les
Pour les étrangers, à l’exception des apatrides, les mutations par parties intéressées.
décès ne peuvent être opérées qu’en vertu d’une ordonnance du
Président du Tribunal de Grande Instance dans le ressort duquel Article 348
se trouve situé l’immeuble. Le Conservateur retient et inscrit à son livre-journal tous les ac-
La requête de l’héritier ou du légataire doit être publiée dans un tes et pièces qui lui ont été remis aux fins de la mutation qu’il a
ou plusieurs journaux nationaux ou étrangers désignés dans ladite opérée.
ordonnance. Article 349
L’ordonnance d’investiture n’est rendue qu’après examen de Par requête présentée au Conservateur, le titulaire d’un droit ac-
tous actes ou documents propres à justifier le droit du requérant, tuel à devenir propriétaire, le créancier gagiste du certificat d’enre-
et telles mesures d’instruction qu’il appartient à sa vigilance de gistrement, le créancier muni d’un titre exécutoire, le précédent
prescrire. propriétaire ayant un droit de rétrocession dérivant d’une cause
L’ordonnance d’investiture doit être rendue dans les quatre de résolution ou de nullité du contrat par lequel l’immeuble a été
mois à compter du jour où ont paru les journaux dans lesquels la aliéné, le curateur de faillite, peuvent former opposition à l’enre-
requête a été publiée. gistrement ou à l’exercice du droit de disposer de l’immeuble en-
registré.
Article 342
Le requérant doit justifier de la qualité qui lui donne le droit
L’enregistrement des mutations d’immeubles sans maître s’opè-
d’agir en opposition.
re au nom de l’Etat en vertu d’une ordonnance du Président du
Tribunal de Grande Instance du lieu où se trouve situé l’immeu- Le Conservateur fait annotation de l’opposition sur le certificat
ble. d’enregistrement.
Article 343 Article 350
Les conditions préalables aux autres mutations, notamment en Dès l’instant où elle est faite, l’annotation suspend l’enregistre-
cas de saisie immobilière, de faillite, d’expropriation pour cause ment ou paralyse le droit de disposition du propriétaire pendant
d’utilité publique, sont fixées par les dispositions propres à ces six mois. Elle peut être renouvelée pour une période de même du-
matières. rée, en vertu d’une ordonnance du Président du Tribunal de Gran-
de Instance, pour motif grave.
Article 344
Nulle mutation, pour quelque cause que ce soit, ne peut avoir
Sauf les cas où la mutation est ordonnée par justice et ceux pré-
lieu avant l’expiration du délai légal ou judiciaire, à moins qu’il ne
vus par la loi, nulle mutation ne peut être opérée qu’après remise
soit donné mainlevée de l’opposition par l’opposant ou par un ju-
au Conservateur du certificat à remplacer. Dans tous les cas de
gement passé en force de chose jugée
mutation, l’ancien certificat inscrit au livre d’enregistrement est
frappé d’un timbre d’annulation et d’une annotation indiquant, Article 351
dans les formes légales, les motifs de l’annulation ainsi que la date
En cas de mainlevée, l’annotation de l’opposition est frappée
et le numéro du nouveau certificat.
d’un timbre d’annulation et d’une mention datée, scellée et signée,
Article 345 indiquant le motif de l’annulation.
Le Conservateur opère la mutation en inscrivant dans son livre Le Conservateur retient l’acte ou le jugement de mainlevée et
et en délivrant au nouveau titulaire un certificat d’enregistrement l’inscrit à son livre-journal.
Les opposants à la requête initiale peuvent toutefois agir comme 3° les terres rurales réquisitionnées puis remises à leurs proprié-
tiers intervenants, afin de faire préserver les droits qui lui sont re- taires, qui ne sont pas exploitées conformément à l’article précé-
connus dans le certificat d’enregistrement. dent;
Le tribunal saisi du recours procède conformément aux disposi- 4° les terres urbaines non exploitées pendant cinq années consé-
tions de la présente section. cutives.
Article 385
La confiscation est prononcée, sur rapport du Conseil commu-
CHAPITRE III nal et après avis du Gouverneur de Province, par le Ministre de
DES RESTRICTIONS À L’EXERCICE DES DROITS l’Agriculture et de l’Elevage ou par le Ministre ayant l’Urbanisme
dans ses attributions, selon qu’il s’agit d’une terre rurale ou d’une
FONCIERS PAR LES PARTICULIERS terre urbaine. Elle ne peut porter que sur la superficie non mise en
valeur.
Section 1
Article 386
De la réquisition et de la confiscation des terres non mises en
La décision de confiscation ne peut intervenir qu’après une mise
valeur en demeure notifiée au propriétaire de la terre au moins six mois à
l’avance.
Article 380
Lorsque ce dernier ne peut être trouvé, la mise en demeure est
Toute personne privée titulaire d’un droit foncier est tenue d’en notifiée à l’occupant de la terre ou à défaut, affichée à la Commune
faire un usage productif en rapport avec sa nature et avec l’affecta- pendant le délai de six mois prévu à l’alinéa précédent.
tion du fonds sur lequel elle l’exerce.
La mise en demeure précise les faits justifiants la mesure envisa-
L’usage productif de la terre consiste en sa mise en valeur et en gée et la date à partir de laquelle le délaissement du fonds a été
son exploitation continue. constaté.
Article 381 Article 387
La mise en valeur ou l’exploitation continue d’une terre s’appré- Dès réception de la mise en demeure, l’intéressé peut:
cie en fonction des usages locaux et des circonstances particulières
à chaque cas. a) soit accepter la mesure de confiscation envisagée;
b) soit proposer de reprendre immédiatement l’exploitation de
Ne peut être considérée comme mise en valeur:
la terre et de la poursuivre d’une façon continue.
a) toute terre rurale à usage agricole qui n’est pas couverte de
II ne peut toutefois être fait usage de la présente faculté, lorsque
plantations ou de cultures sur au moins la moitié de sa superficie;
la terre a fait antérieurement objet d’une réquisition.
b) toute terre rurale à usage pastoral qui n’est pas effectivement
et régulièrement occupée par du bétail en pâture ou qui n’est pas Article 388
plantée de cultures fourragères sur au moins la moitié de sa super- Toute demande de remise d’une terre réquisitionnée ou toute
ficie. proposition consécutive à une mise en demeure avant confisca-
Le seul fait de borner, murer ou clôturer un terrain n’en consti- tion, doit être formulée par écrit et indiquer les modalités de mise
tue pas une mise en valeur ou une exploitation suffisante au sens en valeur, ainsi que les moyens dont dispose l’intéressé pour re-
de l’article précédent. prendre immédiatement l’exploitation et la poursuivre d’une fa-
çon continue.
Article 382 Elle doit parvenir à l’auteur de la réquisition ou de la mise en de-
La non exploitation continue d’une terre rurale pendant cinq an- meure avant l’expiration du délai d’un an prévu à l’article 383 en
nées consécutives sans motif légitime reconnu, autorise le Gouver- cas de réquisition, dans les trois mois de la mise en demeure, en cas
neur de Province, après consultation du Conseil communal de confiscation.
territorialement compétent, d’en ordonner la réquisition pour une
année renouvelable et de la mettre à la disposition de toute person- Article 389
ne se proposant de l’exploiter directement. L’Administration apprécie la demande ou la proposition en
fonction des conditions locales et des circonstances particulières à
L’Administrateur communal peut à tout moment décider la ré-
chaque cas, et l’accepte si elle lui paraît sérieuse ou la refuse dans
quisition d’un marais approprié, lorsque le propriétaire ne s’est
le cas contraire.
pas conformé au règlement d’exploitation édicté par le Ministre
ayant l’Agriculture dans ses attributions, ou à défaut, par le Gou- Dans ce dernier cas, la décision précise les motifs de fait justi-
verneur de Province. fiant la mesure, mentionne la teneur des avis requis et informe l’in-
téressé de ce qu’il peut la contester devant le tribunal compétent
La réquisition ne peut porter que sur la partie non mise en va-
dans un délai de six mois.
leur et après mise en demeure notifiée au moins six mois à l’avan-
ce. Article 390
Article 383 La réquisition ou la confiscation ne donne droit à aucune indem-
nité de ce chef.
Le propriétaire de la terre réquisitionnée peut en demander la
remise à sa disposition. Article 391
Celle-ci lui est accordée s’il prend par écrit l’engagement de réa- Les droits fonciers exercés sur une terre réquisitionnée ou visée
liser la mise en valeur de la terre dans un délai d’un an ou, lorsque par une mise en demeure avant confiscation, ne peuvent être enre-
cette dernière a déjà été réalisée, d’en poursuivre l’exploitation de gistrés par le Conservateur des titres fonciers pendant toute la du-
façon continue. La décision de remise est prise en la même forme rée de la procédure de réquisition ou de confiscation.
que la réquisition et par la même autorité.
Article 384 Section 2
Toute terre rentrant dans l’une des catégories suivantes peut Des plans d’aménagement du territoire
être confisquée dans l’intérêt général, sauf motif légitime reconnu:
1° les terres rurales non exploitées pendant dix années consécu- Article 392
tives; Afin d’assurer une bonne gestion du patrimoine foncier national
2° les terres rurales réquisitionnées qui, dans les cinq ans sui- et de coordonner les activités économiques en fonction des res-
vant la décision de réquisition, n’ont pas fait l’objet d’une deman- sources naturelles, les autorités compétentes désignées dans la
de de remise; présente section peuvent établir un plan général, des plans régio-
naux, des plans locaux et des plans particuliers d’aménagement lotissement, offrir en vente, aliéner ou acquérir une ou des parcel-
du territoire, et prescrire des règlements d’application y relatifs. les d’un tel lotissement.
Article 393 Article 400
Les plans d’aménagement du territoire peuvent imposer: L’autorité compétente saisie d’une demande d’autorisation
1° des affectations particulières aux terres; conformément à l’article précédent est tenue de statuer dans le
mois de la réception de ladite demande, faute de quoi cette derniè-
2° des modalités particulières de mise en valeur ou d’exploita- re est censée rejetée.
tion;
Toute autorisation accordée en contradiction avec les prescrip-
3° toutes prescriptions de nature à assurer une bonne utilisation tions d’un plan d’aménagement est nulle et non avenue.
des terres.
L’autorisation accordée devient caduque s’il n’en est pas fait
Article 394 usage dans l’année suivant son octroi.
Les prescriptions relatives aux plans d’aménagement du terri- L’autorisation ne dispense pas l’intéressé de se conformer aux
toire s’imposent à toute personne physique ou morale, de droit autres procédures prescrites par les lois et règlements en vigueur.
privé ou de droit public, ainsi qu’à l’administration qui est tenue
Article 401
de les respecter, spécialement lors des cessions ou des concessions
de terres de son domaine privé. Le plan général ou national d’aménagement du territoire est
adopté par décret pris sur proposition du Ministre ayant le Plan
Les restrictions ainsi apportées à l’exercice des droits fonciers ne
dans ses attributions.
donnent lieu à aucune indemnisation, sauf lorsque l’intéressé su-
bit un préjudice grave et spécial, incompatible avec le principe de Les plans régionaux, locaux ou particuliers sont adoptés par dé-
l’égalité de tous devant les charges publiques. cret sur proposition du Ministre de l’Agriculture et de l’Elevage ou
du Ministre ayant l’Urbanisme dans ses attributions selon le cas,
Article 395 après avis des autorités provinciales et communales concernées.
Le plan d’aménagement du territoire est constitué: Article 402
1° du plan proprement dit sur lequel sont représentées graphi- Le plan général d’aménagement du territoire concerne l’ensem-
quement toutes les indications utiles, spécialement l’affectation ble du territoire national et a pour objet la détermination de zones
des diverses zones d’activités, ainsi que les infrastructures physi- réservées notamment à la défense nationale, à l’industrie, à l’urba-
ques y programmées; nisme, à l’agriculture, à l’élevage, aux boisements, aux communi-
2° d’un mémoire explicatif explicitant ou complétantles indica- cations, aux télécommunications, aux transports, au tourisme, aux
tions graphiques susvisées; sites naturels et aux monuments.
3° d’un règlement d’application dudit plan. Les règlements d’application du plan général d’aménagement
abrogent toute prescription contraire relative aux plans régionaux,
Article 396
locaux et particuliers.
Les plans d’aménagement du territoire sont établis après enquê-
te sociale et avis des autorités provinciales et communales concer- Article 403
nées. Le plan régional d’aménagement du territoire concerne une ré-
gion constituant un ensemble géographique ou économique; les li-
Article 397
mites de son aire d’application ne sont pas nécessairement
Afin de ne pas compromettre l’application ultérieure du plan constituées par des limites administratives.
général ou d’un plan régional ou local d’aménagement en cours
Sont figurés sur le plan régional d’aménagement du territoire,
d’élaboration, l’enregistrement des droits fonciers ou des muta-
notamment:
tions de droits fonciers exercés sur les terres situées dans l’aire
d’application dudit plan peut être suspendu ou soumis à certaines a) l’affectation dominante des zones principales de la région;
conditions pendant la durée fixée pour procéder à son élaboration. b) les emplacements approximatifs réservés aux principales af-
Afin de faciliter la réalisation d’un plan d’aménagement adopté, fectations d’intérêt régional, telles que champs d’aviation, ports,
les mêmes dispositions peuvent être prises pendant la durée fixée réservés boisées, infrastructures scolaires, sanitaires, de communi-
pour procéder à sa réalisation. cation ou de télécommunication;
Les mesures prévues par le présent article sont ordonnées par c) le tracé approximatif de voies de communication d’intérêt na-
l’autorité compétente pour adopter le plan dont il s’agit. tional ou régional.
Article 398 Moyennant une mention formelle, le plan régional d’aménage-
ment du territoire peut porter des indications habituellement ré-
La décision de l’autorité compétente précise notamment la du-
servées aux plans locaux.
rée des mesures qu’elle ordonne, les limites des zones concernées,
ainsi que les modalités éventuelles d’autorisation d’enregistre- Article 404
ment des droits fonciers reconnus aux particuliers ou de leur mu- Le plan local d’aménagement du territoire concerne, soit une
tation. sous-zone d’un plan régional en milieu rural, soit une zone urbai-
Article 399 ne éventuellement augmentée d’une zone périphérique dont l’ur-
banisation est envisagée.
Les règlements d’application d’un plan d’aménagement du ter-
ritoire peuvent notamment prévoir que, sous réserve d’autorisa- Le plan particulier d’aménagement concerne une subdivision
tion expresse et écrite de l’autorité compétente, nul ne peut: d’un plan local d’aménagement. Sont figurés sur le plan local ou
particulier, notamment:
1° achever des constructions en cours à ce moment, construire,
reconstruire, démolir, faire des changements aux constructions a) l’affectation générale des diverses zones du territoire à l’habi-
existantes, à l’exception des travaux de conservation et d’entretien; tat, à l’industrie, à l’agriculture ou à tout autre usage;
2° modifier sensiblement le relief du sol; b) les emplacements approximatifs réservés à une affectation dé-
terminée telle que champs d’aviation, jardins publics, squares,
3° déboiser, abattre des arbres vifs à haute tige faisant partie plaines de sport et de jeux, parcs et espaces libres divers, zones
d’un ensemble forestier, routier, horticole ou décoratif, sauf le cas vertes, réserves boisées, établissements culturels, édifices, services
de nécessité urgente ou d’exploitation normale, sans préjudice des publics, monuments, infrastructures scolaires, sanitaires, de com-
prescriptions du Code forestier; munication ou de télécommunication, industries, agriculture et
4° lotir totalement ou partiellement une propriété en vue de la élevage;
construction; c) le réseau existant de la voirie par terre, par rail et par eau, le
5° aussi longtemps que la permission de lotissement en vue de tracé des modifications à y apporter ainsi que celui des nouvelles
la construction n’a pas été délivrée, annoncer publiquement un tel voies à créer;
d) les prescriptions générales ou particulières relatives à l’hygiè- L’Administrateur communal affiche ensuite pendant un mois la
ne, à la sécurité et à l’esthétique, à appliquer à la voirie, aux déclaration provisoire d’utilité publique au Bureau de la Commu-
constructions et aux plantations; ne et la notifie, contre récépissé, à toutes les personnes exposées à
e) en cas de relotissement de fonds, les limites des lots nouveaux l’expropriation.
avec mention, s’il y échet, de ce que ces limites sont susceptibles de Les résultats de l’enquête sont consignés dans un rapport ap-
modifications moyennant une autorisation expresse et écrite. prouvé par le Conseil communal et adressés au Comité provincial
Article 405 des expropriations.
Les plans locaux et particuliers d’aménagement du territoire Article 413
peuvent donner des prévisions quant à l’ordre chronologique de Si les immeubles dont l’expropriation est envisagée sont grevés
réalisation des divers éléments du plan, des indications impli- de droits réels, le propriétaire est tenu d’aviser sans délai les titu-
quant des expropriations, et prévoir que certaines prescriptions laires de ces droits, afin qu’ils puissent pourvoir à la défense de
sont susceptibles de dérogation moyennant une autorisation ex- leurs intérêts, à défaut de quoi le propriétaire est tenu envers eux
presse et écrite. des indemnités qu’ils auraient pu obtenir.
Article 406 Article 414
Les prescriptions des plans locaux et particuliers d’aménage- Le rapport d’enquête doit être adressé au Comité provincial des
ment qui ne sont pas représentées graphiquement sont consignées expropriations dans le mois suivant la clôture de l’enquête.
dans le mémoire explicatif annexé au plan et ont la même force
obligatoire. Ce délai peut être prorogé de trente jours au maximum par déci-
sion de l’autorité compétente prise sur proposition de l’Adminis-
trateur communal.
Section 3 Article 415
De l’expropriation foncière pour cause d’utilité publique Au vu du rapport d’enquête, l’autorité compétente peut ordon-
ner l’expropriation, déterminer en ce cas la forme des indemnités
Article 407 d’expropriation dues aux intéressés, et fixer les délais de déguer-
Le droit de propriété exercé en vertu d’un certificat d’enregistre- pissement.
ment, d’un titre d’occupation ou de la coutume, peut être expro- La décision d’expropriation est notifiée aux personnes intéres-
prié pour cause d’utilité publique au profit de l’Etat ou de toute sées, affichée au bureau de la commune et de l’autorité expro-
personne physique ou morale de droit public ou de droit privé, priante et publiée au Bulletin Officiel du Burundi.
moyennant une juste et préalable indemnité.
A l’exception de l’hypothèque, les autres droits fonciers sont ex- Article 416
propriés conjointement avec l’immeuble qu’ils affectent. En cas d’urgence constatée et dans tous les cas après paiement
La terre objet de l’expropriation peut être comprise dans le do- de l’indemnité d’expropriation, l’autorité compétente peut ordon-
maine public ou privé d’une commune, d’un établissement public ner le déguerpissement préalable de l’exproprié nonobstant tout
ou d’une société de droit public. recours judiciaire.
Article 408 Article 417
Il est institué dans chaque province un Comité des expropria- L’indemnité d’expropriation peut prendre la forme, soit d’une
tions à caractère consultatif, présidé par le Gouverneur de Provin- indemnité pécuniaire, soit d’un échange assorti, le cas échéant,
ce et composé de quatre autres membres désignés par lui. d’une indemnité partielle destinée à la réinstallation de l’expro-
prié.
Article 409
Lorsque l’expropriation est effectuée au profit de l’Etat, d’une
Outre le dépôt éventuel du projet par son promoteur, la procé-
commune, d’un établissement public ou d’une société de droit pu-
dure d’expropriation pour cause d’utilité publique comprend la
blic, la forme de l’indemnisation est laissée à l’appréciation de
déclaration provisoire d’utilité publique, le rapport d’enquête,
l’administration qui la détermine en tenant compte de l’intérêt gé-
l’avis du Comité provincial des expropriations, le décret, l’ordon-
néral et des circonstances particulières à chaque cas.
nance ou la décision d’expropriation.
Toutefois, l’exproprié peut exiger une indemnité pécuniaire, et à
Article 410 défaut d’accord amiable, il se référera au tribunal compétent.
La déclaration provisoire d’utilité publique est effectuée et l’ex- L’indemnité d’expropriation doit, quelle qu’en soit la forme,
propriation ordonnée pour chaque opération: compenser le préjudice subi par l’exproprié.
– par le Gouverneur de Province pour une superficie de terre ru-
Le Ministre de l’Agriculture et de l’Elevage ou le Ministre ayant
rale inférieure ou égale à quatre hectares;
l’Urbanisme dans ses attributions fixe par ordonnance le tarif gé-
– par le Ministre de l’Agriculture et de l’Elevage pour une su- néral des indemnités pour les expropriations effectuées au profit
perficie de terre rurale supérieure à quatre hectares et n’excédant des personnes morales de droit public.
pas cinquante hectares;
Article 418
– par le Ministre ayant l’Urbanisme dans ses attributions pour
une superficie de terre urbaine n’excédant pas dix hectares; Lorsque l’expropriation est ordonnée au profit d’une personne
– par décret pour les terres rurales d’une superficie supérieure à physique ou morale de droit privé, l’indemnité d’expropriation est
cinquante hectares et les terres urbaines d’une superficie supérieu- négociée à l’amiable entre les parties intéressées.
re à dix hectares. A défaut d’entente amiable, le bénéficiaire de l’expropriation
peut saisir la juridiction administrative compétente pour l’appré-
Article 411 ciation de l’indemnité d’expropriation.
La déclaration provisoire d’utilité publique est effectuée d’office
Les personnes expropriées peuvent également saisir la juridic-
ou sur requête; elle indique l’opération envisagée et donne la des-
tion compétente pour contester le bien-fondé de l’expropriation, la
cription de la terre ou du périmètre concerné.
consistance de l’indemnité ou le délai de déguerpissement.
Article 412
Article 419
L’autorité compétente affiche à son bureau et adresse en deux
exemplaires copie de sa déclaration à l’Administrateur communal A l’audience pour laquelle l’assignation a été donnée, le tribunal
concerné, aux fins de recueillir toutes observations utiles des per- entend les parties, nomme d’office trois experts à défaut de leur
sonnes intéressées, quant à l’utilité publique du projet et quant à désignation par les parties.
l’existence, la nature et l’étendue des droits fonciers exercés sur les Il fixe également le délai endéans lequel les experts devront
terres dont l’expropriation est envisagée. avoir déposé leur rapport.
Article 420 Dans les trois mois de la notification ou de la publication, les an-
ciens propriétaires ou leurs ayants droit qui veulent réacquérir les-
Les experts peuvent exiger de toute personne de droit privé ou
dits biens sont tenus de le déclarer sous peine de déchéance.
de l’administration, notamment du Conservateur des titres fon-
ciers, tous renseignements utiles à l’accomplissement de leur mis- Article 427
sion. La remise des biens expropriés peut être, en cas de refus de l’ad-
Ils déposent dans le délai imparti un rapport commun en autant ministration, ordonnée par la juridiction compétente:
d’exemplaires qu’il y a des parties en cause. – soit sur la déclaration de l’administration que les biens ne sont
pas destinés à servir à la réalisation de l’opération d’utilité publi-
Article 421
que antérieurement envisagée et pour laquelle ils avaient été ac-
Dans les huit jours du dépôt dudit rapport, le Président du tri- quis;
bunal convoque les parties à l’audience publique, en respectant les – soit lorsqu’il est prouvé que ces biens sont utilisés par le béné-
délais d’ajournement de droit commun. ficiaire de l’expropriation à une fin autre que celle initialement
Article 422 prévue;
– soit lorsque l’opération d’utilité publique n’est pas entreprise
A l’audience fixée, le tribunal entend les parties et éventuelle-
dans l’année suivant le déguerpissement du dernier des proprié-
ment les experts. Au plus tard dans le mois de cette audience, il
taires ou occupants de la terre expropriée.
statue sur le montant des indemnités et les frais, et si l’exproprié
l’en saisit, sur la durée du délai de déguerpissement. Article 428
Le tribunal ne peut statuer sur le délai de déguerpissement lors- L’exproprié qui obtient la remise de ses biens peut, à son choix,
que l’administration a fait usage des dispositions de l’article 416 restituer le montant de l’indemnité qu’il avait reçue ou rendre la
dans sa décision d’expropriation. terre objet de l’échange.
Le jugement est exécutoire par provision nonobstant tout re- Article 429
cours. Sont exemptées des droits fixes et proportionnels y afférents, les
Article 423 mutations foncières opérées en vertu des dispositions de la pré-
sente section au nom des anciens propriétaires ou de leurs ayants
La mutation résultant de l’expropriation foncière doit, le cas droits.
échéant, être constatée dans un certificat d’enregistrement établi
par le Conservateur des titres fonciers, au vu de la décision de jus- Article 430
tice ou de l’acte constatant l’accord des parties, et après paiement Les formalités administratives et judiciaires prévues par la pré-
de l’indemnité d’expropriation. sente section sont prescrites à peine de nullité.
Article 424
L’indemnité d’expropriation doit être fondée sur la valeur du TITRE V
bien exproprié, appréciée à la date du jugement.
DISPOSITIONS FINALES
Elle doit être acquittée avant l’enregistrement de la mutation et
au plus tard dans les quatre mois suivant l’accord amiable des par- Article 431
ties ou la signification du jugement irrévocable y relatif.
Tout acte d’occupation, d’usage ou de jouissance d’une terre
Passé ce délai, l’exproprié peut demander à l’autorité expro- quelconque sans titre ni droit, commis de mauvaise foi, toute
priante ou à la juridiction compétente, l’annulation de l’expropria- contravention aux prescriptions des plans d’aménagement du ter-
tion, avec dommages-intérêts s’il y a lieu. ritoire, constituent des infractions punissables d’une servitude pé-
Article 425 nale d’un mois à six mois et d’une amende de mille à dix mille
francs ou de l’une de ces deux peines seulement.
Les hypothèques grevant le bien exproprié sont reportées sur le L’administration ou les intéressés, selon le cas, peuvent en outre
prix et il est procédé comme prévu à l’article 184. ordonner ou demander au tribunal compétent la suppression de
Article 426 toute installation, construction, plantation ou cultures y érigées,
aux frais du contrevenant.
Les biens expropriés ne peuvent être utilisés par le bénéficiaire
de l’expropriation qu’à la destination d’utilité publique énoncée Article 432
dans la déclaration provisoire d’utilité publique et dans la décision Toutes dispositions antérieures et contraires à la présente loi
d’expropriation. sont abrogées.
Si les biens expropriés pour cause d’utilité publique ne reçoivent Article 433
pas cette destination, l’administration notifie aux expropriés la fa-
Les Ministres ayant respectivement l’Agriculture, l’Urbanisme,
culté qui leur est offerte de les reprendre et publie à cet effet un
les Titres Fonciers, le Plan et l’Administration du Territoire dans
avis au Bulletin Officiel du Burundi.
leurs attributions, sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de
L’avis indique la situation des biens et les noms des anciens pro- l’application de la présente loi qui entre en vigueur à la date de sa
priétaires. promulgation.
Livre troisième
Des contrats ou des obligations conventionnelles
– consentement, 9.
– effets (tiers), 63.
30 juillet 1888. – DÉCRET – exécution, 33.
(B.O., p. 109) – innomé, 7.
– interprétation, 54.
– objet, 25.
– onéreux, 6.
– synallagmatique, 2.
Note. Ce D., tel que modifié par celui du 10 septembre 1916 (B.O., p. 212), a été ren- – unilatéral, 3.
du exécutoire au Burundi par O.R.U. n° 10 du 8 mars 1927. Crainte révérentielle, 14.
Il a été par la suite modifié tour à tour par: Créances, cession, 352.
– le D. du 16 juin 1947 (B.O., p. 338), rendu exécutoire au Burundi par O.R.U. – prescription, 647.
n° 11/30 du 16 mars 1948 (B.O.R.U., p. 167); Date certaine, 210.
– le D. du 26 août 1959 (B.O., p. 2192), rendu exécutoire au Burundi par O.R.U. Délégation, 167, 168.
n° 111/269 du 15 décembre 1959 (B.O.R.U., p. 1184); Délai de grâce, 142.
– la L. n° 1/008 du 1er septembre 1986 (B.O.B., 1986, n° 7-9, p. 125) portant code fon- Délits, 258.
cier, en ce qui concerne la prescription acquisitive en matière immobilière; Délivrance, 281.
– la L. n° 1/004 du 9 juillet 1996 (B.O.B., 1996, n° 8, p. 372) portant organisation et
Demeure (mise en), 37, 38, 44.
fonctionnement du Notariat ainsi que Statut des Notaires. Dépôt, 482.
– déposant, 510.
– Les modifications intervenues au niveau du décret du 30 juillet 1888 n’ont pas af-
fecté sa structure initiale, constituée de 12 titres totalisant 660 articles.
– dépositaire, 493.
– nécessaire, 512.
INDEX ALPHABÉTIQUE – volontaire, 488.
Acheteur, obligations, 327. Dette, remise, 174.
Acte authentique, 199. Devis et marchés, 434.
– confirmatif, 216. Dol, 9.
– récognitif, 215. – effets, 18.
– sous seing privé, 204. Domestiques, louage d’ouvrage, 427, 428.
Action en nullité, 196. – prescription, 653.
– oblique, 64. – responsabilité, 260.
– paulienne, 65. Dommage, réparation, 258.
– prescription, 196, 647. Dommages et intérêts, 40, 44, 258.
Agréation, 319, 438. Échange, 365.
Anatocisme, 52. Effet des obligations, 33.
Animaux (responsabilité), 261. Enrichissement sans cause, 252.
Architecte, 440. Entreprise (contrat), 434.
Arrhes, 271. Erreur, 9.
Artisan, responsabilité, 260. – effets, 18.
– louage d’ouvrage, 446. Éviction, 303.
Aveu, 230. Faute, 258.
Bâtiment (responsabilité), 262. Force majeure, 46.
Baux à ferme, 374, 417. Gage, 598.
– à loyer, 374, 408. Gardien (responsabilité), 260.
Bonne foi (prescription), 648. Gestion d’affaires, 248.
Bonnes moeurs (condition), 70. Immeubles (vente), 294.
Capacité, 23. Impenses, 387.
Cas fortuit, 46. Imprévision, 34, 54.
Cautionnement, effets, 560. Incendie, 390.
– extinction, 573. Instituteurs, prescription, 652.
– légal et judiciaire, 579. – responsabilité, 260.
– nature, 552. Intérêts composés, 52.
Cession de biens, 132. – judiciaires, 51.
Cession de créances, 352. – prescription, 657.
Clause pénale, 50, 124. Interprétation des conventions, 54.
Commencement de preuve, 223. Lésion, 131bis.
Commettants (responsabilité), 260. Licitation, 350.
Commodat, 448. Livres de commerce, 212.
Compensation, 181. Location-vente, 265.
Condition, 66. Louage, 370.
– casuelle, 67. – de choses, 373.
– effet rétroactif, 77. – de maison, 374, 408.
– impossible, 70, 71. – d’ouvrage, 427.
– mixte, 69. – de services, 428, 429.
– potestative, 68. Loyers (prescription), 657.
– résolutoire, 81. Maîtres, responsabilité, 260.
– suspensive, 79. Mandat, 526.
Confusion, 192. – cessation, 544.
Consentement, 9. – de payer ou de recevoir, 169.
Consignation, 155. – mandant, 539.
Contrats, 1. – mandataire, 532.
Contrat aléatoire, 4. Médecins (prescription), 653.
– action en nullité, 196. Meubles, possession, 659.
– de bienfaisance, 5. Monnaie, 458.
– bonne foi, 33. – valeur du franc, 468.
– cause, 30. Nantissement, 598.
– commutatif, 4. Novation, 163.
TITRE I Article 4
Il est commutatif lorsque chacune des parties s’engage à donner
DES CONTRATS OU DES OBLIGATIONS ou à faire une chose qui est regardée comme l’équivalent de ce
CONVENTIONNELLES EN GÉNÉRAL qu’on lui donne ou de ce qu’on fait pour elle.
Lorsque l’équivalent consiste dans la chance de gain ou de perte
CHAPITRE I pour chacune des parties, d’après un événement incertain, le
contrat est aléatoire.
DISPOSITIONS PRÉLIMINAIRES
Article 5
Article 1 Le contrat de bienfaisance est celui dans lequel l’une des parties
Le contrat est une convention par laquelle une ou plusieurs per- procure à l’autre un avantage purement gratuit.
sonnes s’obligent, envers une ou plusieurs autres, à donner, à faire Article 6
ou à ne pas faire quelque chose.
Le contrat à titre onéreux est celui qui assujettit chacune des par-
Article 2 ties à donner ou à faire quelque chose.
Le contrat est synallagmatique ou bilatéral lorsque les contrac- Article 7
tants s’obligent réciproquement les uns envers les autres.
Les contrats, soit qu’ils aient une dénomination propre, soit
Article 3 qu’ils n’en aient pas, sont soumis à des règles générales qui sont
Il est unilatéral lorsqu’une ou plusieurs personnes sont obligées l’objet du présent titre.
envers une ou plusieurs autres, sans que de la part de ces dernières Les règles particulières à certains contrats sont établies sous les
il y ait d’engagement. titres relatifs à chacun d’eux.
CHAPITRE II Article 19
On ne peut, en général, s’engager ni stipuler en son propre nom
DES CONDITIONS ESSENTIELLES POUR LA VALIDITÉ que pour soi-même.
DES CONVENTIONS
Article 20
Article 8 Néanmoins, on peut se porter fort pour un tiers, en promettant
le fait de celui-ci; sauf l’indemnité contre celui qui s’est porté fort
Quatre conditions sont essentielles pour la validité d’une
ou qui a promis de faire ratifier, si le tiers refuse de tenir l’engage-
convention:
ment.
– le consentement de la partie qui s’oblige;
Article 21
– sa capacité de contracter;
On peut pareillement stipuler au profit d’un tiers lorsque telle
– un objet certain qui forme la matière de l’engagement; est la condition d’une stipulation que l’on fait pour soi-même ou
– une cause licite dans l’obligation. d’une donation que l’on fait à un autre.
Celui qui a fait cette stipulation ne peut plus la révoquer si le
tiers a déclaré vouloir en profiter.
Section 1
Article 22
Du consentement
On est censé avoir stipulé pour soi et pour ses héritiers et ayants
Article 9 cause, à moins que le contraire ne soit exprimé ou ne résulte de la
nature de la convention.
Il n’y a point de consentement valable, si le consentement n’a été
donné que par erreur, ou s’il a été extorqué par violence ou surpris
par dol. Section 2
Article 10 De la capacité des parties contractantes
L’erreur n’est une cause de nullité de la convention que lors-
qu’elle tombe sur la substance même de la chose qui en est l’objet. Article 23
Elle n’est point une cause de nullité, lorsqu’elle ne tombe que Toute personne peut contracter, si elle n’en est pas déclarée inca-
sur la personne avec laquelle on a l’intention de contracter, à pable par la loi.
moins que la considération de cette personne ne soit la cause prin- Article 24
cipale de la convention.
L’état et la capacité des personnes, ainsi que leurs rapports de fa-
Article 11 mille, sont régis par les lois de la nation à laquelle elles appartien-
La violence exercée contre celui qui a contracté l’obligation est nent.
une cause de nullité, encore qu’elle ait été exercée par un tiers
autre que celui au profit duquel la convention a été faite
Section 3
Article 12 De l’objet et de la matière des contrats
Il y a violence lorsqu’elle est de nature à faire impression sur une
personne raisonnable, et qu’elle peut lui inspirer la crainte d’expo- Article 25
ser sa personne ou sa fortune à un mal considérable et présent. Tout contrat a pour objet une chose qu’une partie s’oblige à don-
On a égard en cette matière à l’âge, au sexe et à la condition des ner, ou qu’une partie s’oblige à faire ou à ne pas faire.
personnes.
Article 26
Article 13 Le simple usage ou la simple possession d’une chose peut être,
La violence est une cause de nullité du contrat non seulement comme la chose même, l’objet du contrat.
lorsqu’elle a été exercée sur la partie contractante, mais encore Article 27
lorsqu’elle l’a été sur son époux ou sur son épouse, sur ses descen-
dants ou ses ascendants, Il n’y a que les choses qui sont dans le commerce qui puissent
être l’objet des conventions.
Article 14
Article 28
La seule crainte révérentielle envers le père, la mère, ou autre as-
cendant, sans qu’il y ait eu de violence exercée, ne suffit point pour Il faut que l’obligation ait pour objet une chose au moins déter-
annuler le contrat. minée quant à son espèce.
La quotité de la chose peut être incertaine, pourvu qu’elle puisse
Article 15 être déterminée.
Un contrat ne peut plus être attaqué pour cause de violence si,
depuis que la violence a cessé, ce contrat a été approuvé, soit ex- Article 29
pressément, soit tacitement, soit en laissant passer le temps de la Les choses futures peuvent être l’objet d’une obligation.
restitution fixé par la loi. On ne peut, cependant, renoncer à une succession non ouverte,
Article 16 ni faire aucune stipulation sur une pareille succession, même avec
le consentement de celui de la succession duquel il s’agit.
Le dol est une cause de nullité de la convention lorsque les ma-
noeuvres pratiquées par l’une des parties sont telles qu’il est évi-
dent que, sans ces manœuvres, l’autre partie n’aurait pas Section 4
contracté.
De la cause
Article 17
II ne se présume pas et doit être prouvé. Article 30
L’obligation sans cause, ou sur une fausse cause, ou sur une cau-
Article 18
se illicite, ne peut avoir aucun effet.
La convention contractée par erreur, violence ou dol, n’est point
nulle de plein droit; elle donne seulement lieu à une action en nul- Article 31
lité ou en rescision, de la manière expliquée à la section 7 du La convention n’est pas moins valable, quoique la cause n’en
chapitre V du présent titre. soit pas exprimée.
Section 5 Section 1
Des obligations conditionnelles
De l’interprétation des conventions
Paragraphe 1
Article 54 De la condition en général et de ses diverses espèces
On doit, dans les conventions, rechercher quelle a été la commu- Article 66
ne intention des parties contractantes, plutôt que de s’arrêter au
sens littéral des termes. L’obligation est conditionnelle lorsqu’on la fait dépendre d’un
événement futur et incertain, soit en la suspendant jusqu’à ce que
Article 55 l’événement arrive, soit en la résiliant, selon que l’événement arri-
vera ou n’arrivera pas.
Lorsqu’une clause est susceptible de deux sens, on doit plutôt Article 67
l’entendre dans celui avec lequel elle peut avoir quelque effet, que
dans le sens avec lequel elle n’en pourrait produire aucun. La condition casuelle est celle qui dépend du hasard et qui n’est
nullement au pouvoir du créancier ni du débiteur.
Article 56 Article 68
Les termes susceptibles de deux sens doivent être pris dans le La condition potestative est celle qui fait dépendre l’exécution
sens qui convient le plus à la matière du contrat. de la convention d’un événement qu’il est au pouvoir de l’une ou
de l’autre des parties contractantes de faire arriver ou d’empêcher.
Article 57
Article 69
Ce qui est ambigu s’interprète par ce qui est d’usage dans le La condition mixte est celle qui dépend tout à la fois de la volon-
pays où le contrat est passé. té d’une des parties contractantes et de la volonté d’un tiers.
Article 58 Article 70
Toute condition d’une chose impossible, ou contraire aux bon-
On doit suppléer dans le contrat les clauses qui y sont d’usage, nes moeurs, ou prohibée par la loi, est nulle, et rend nulle la
quoiqu’elles n’y soient pas exprimées. convention qui en dépend.
Article 59 Article 71
La condition de ne pas faire une chose impossible, ne rend pas
Toutes les clauses des conventions s’interprètent les unes par les nulle l’obligation contractée sous cette condition.
autres, en donnant à chacune le sens qui résulte de l’acte entier.
Article 72
Article 60 Toute obligation est nulle lorsqu’elle a été contractée sous une
Dans le doute, la convention s’interprète contre celui qui a stipu- condition potestative de la part de celui qui s’oblige.
lé, et en faveur de celui qui a contracté l’obligation. Article 73
Article 61 Toute condition doit être accomplie de la manière que les parties
ont vraisemblablement voulu et entendu qu’elle le fût.
Quelques généraux que soient les termes dans lesquels une Article 74
convention est conçue, elle ne comprend que les choses sur les-
quelles il parait que les parties se sont proposé de contracter. Lorsqu’une obligation est contractée sous la condition qu’un
événement arrivera dans un temps fixe, cette condition est censée
Article 62 défaillie lorsque le temps est expiré sans que l’événement soit arri-
vé.
Lorsque dans un contrat on a exprimé un cas pour l’explication S’il n’y a point de temps fixe, la condition peut toujours être ac-
de l’obligation, on n’est pas censé avoir voulu par là restreindre complie; et elle n’est censée défaillie que lorsqu’il est devenu cer-
l’étendue que l’engagement reçoit de droit aux cas non exprimés. tain que l’événement n’arrivera pas.
Article 75
Section 6 Lorsqu’une obligation est contractée sous la condition qu’un
événement n’arrivera pas dans un temps fixe, cette condition est
De l’effet des conventions à l’égard des tiers accomplie lorsque ce temps est expiré sans que l’événement soit
arrivé; elle l’est également, si, avant le terme, il est certain que
l’événement n’arrivera pas; et s’il n’y a pas de temps déterminé,
Article 63
elle n’est accomplie que lorsqu’il est certain que l’événement n’ar-
Les conventions n’ont d’effet qu’entre les parties contractantes; rivera pas.
elles ne nuisent point au tiers, et elles ne lui profitent que dans le Article 76
cas prévu par l’article 21.
La condition est réputée accomplie lorsque c’est le débiteur obli-
Article 64 gé sous cette condition qui en a empêché l’accomplissement.
Article 77
Néanmoins, les créanciers peuvent exercer tous les droits et ac-
tions de leur débiteur, à l’exception de ceux qui sont exclusive- La condition accomplie a un effet rétroactif au jour auquel l’en-
ment attachés à la personne. gagement a été contracté. Si le créancier est mort avant l’accom-
plissement de la condition, ses droits passent à son héritier.
Article 65 Article 78
Ils peuvent aussi, en leur nom personnel, attaquer les actes faits Le créancier peut, avant que la condition soit accomplie, exercer
par leur débiteur en fraude de leurs droits. tous les actes conservatoires de son droit.
Paragraphe 2 Section 3
De la condition suspensive Des obligations alternatives
Article 79 Article 87
L’obligation contractée sous une condition suspensive est celle Le débiteur d’une obligation alternative est libéré par la déli-
qui dépend, ou d’un événement futur et incertain, ou d’un événe- vrance de l’une des deux choses qui étaient comprises dans l’obli-
ment actuellement arrivé, mais encore inconnu des parties. gation.
Dans le premier cas, l’obligation ne peut être exécutée qu’après Article 88
l’événement. Dans le second cas, l’obligation a son effet du jour où Le choix appartient au débiteur s’il n’a pas été expressément ac-
elle a été contractée. cordé au créancier.
Article 80 Article 89
Lorsque l’obligation a été contractée sous une condition suspen- Le débiteur peut se libérer en délivrant l’une des deux choses
sive, la chose qui fait la matière de la convention demeure aux ris- promises, mais il ne peut pas forcer le créancier à recevoir une par-
ques du débiteur qui ne s’est obligé de la livrer que dans le cas de tie de l’une et une partie de l’autre.
l’événement de la condition.
Article 90
Si la chose est entièrement périe sans la faute du débiteur, l’obli- L’obligation est pure et simple quoique contractée d’une maniè-
gation est éteinte. re alternative, si l’une des deux choses promises ne pouvait être le
Si la chose s’est détériorée sans la faute du débiteur, le créancier sujet de l’obligation.
a le choix, ou de résoudre l’obligation, ou d’exiger la chose dans
Article 91
l’état où elle se trouve, sans diminution du prix.
L’obligation alternative devient pure et simple, si l’une des cho-
Si la chose s’est détériorée par la faute du débiteur, le créancier a ses promises périt et ne peut plus être livrée, même par la faute du
le droit, ou de résoudre l’obligation, ou d’exiger la chose dans débiteur. Le prix de cette chose ne peut pas être offert à sa place.
l’état où elle se trouve, avec des dommages et intérêts.
Si toutes deux sont péries, et que le débiteur soit en faute à
l’égard de l’une d’elles, il doit payer le prix de celle qui a péri la
Paragraphe 3 dernière.
DE L’EXTINCTION DES OBLIGATIONS Le débiteur ne peut point forcer le créancier à recevoir en partie
le paiement d’une dette, même divisible.
Article 132 Les juges peuvent néanmoins, en considération de la position
Les obligations s’éteignent, par le paiement, par la novation, par du débiteur, et en usant de ce pouvoir avec une grande réserve, ac-
la remise volontaire, par la compensation, par la confusion, par la corder des délais modérés pour le paiement, et surseoir l’exécution
perte de la chose, par la nullité ou la rescision, par l’effet de la des poursuites, toutes choses demeurant en état.
condition résolutoire, qui a été expliquée au chapitre précédent, et Article 143
par la prescription.
Le débiteur d’un corps certain et déterminé est libéré par la re-
mise de la chose en l’état où elle se trouve lors de la livraison, pour-
Section 1 vu que les détériorations qui y sont survenues ne viennent point
de son fait ou de sa faute, ni de celle des personnes dont il est res-
Du paiement ponsable, ou qu’avant ces détériorations il ne fût pas en demeure.
Paragraphe 1 Article 144
Du paiement en général Si la dette est d’une chose qui ne soit déterminée que par son es-
pèce, le débiteur ne sera pas tenu, pour être libéré, de la donner de
Article 133 la meilleure espèce; mais il ne pourra l’offrir de la plus mauvaise.
Tout paiement suppose une dette: ce qui a été payé sans être dû Article 145
est sujet à répétition.
Le paiement doit être exécuté dans le lieu désigné par la conven-
La répétition n’est pas admise à l’égard des obligations naturel- tion. Si le lieu n’y est pas désigné, le paiement lorsqu’il s’agit d’un
les qui ont été volontairement acquittées. corps certain et déterminé, doit être fait dans le lieu où était, au
Article 134 temps de l’obligation, la chose qui en fait l’objet.
Une obligation peut être acquittée par toute personne qui y est Hors ces deux cas, le paiement doit être fait au domicile du dé-
intéressée, telle qu’un coobligé ou une caution. biteur.
L’obligation peut même être acquittée par un tiers qui n’y est Article 146
point intéressé, pourvu que ce tiers agisse au nom et en l’acquit du
débiteur, ou que, s’il agit en son nom propre, il ne soit pas subrogé Les frais du paiement sont à la charge du débiteur.
aux droits du créancier.
Article 135 Paragraphe 2
L’obligation de faire ne peut être acquittée par un tiers contre le Du paiement avec subrogation
gré du créancier, lorsque ce dernier a intérêt qu’elle soit remplie
par le débiteur lui-même. Article 147
Article 136 La subrogation dans les droits du créancier au profit d’une tierce
Pour payer valablement, il faut être propriétaire de la chose don- personne qui le paie, est ou conventionnelle ou légale.
née en paiement et capable de l’aliéner. Article 148
Néanmoins, le paiement d’une somme en argent ou autre chose
Cette subrogation est conventionnelle:
qui se consomme par l’usage, ne peut être répété contre le créan-
cier qui l’a consommée de bonne foi, quoique le paiement en ait été 1° lorsque le créancier, recevant son paiement d’une tierce per-
fait par celui qui n’en était pas propriétaire ou qui n’était pas capa- sonne, la subroge dans ses droits, actions, privilèges ou hypothè-
ble de l’aliéner. ques contre le débiteur: cette subrogation doit être expresse et faite
en même temps que le paiement;
Article 137
2° lorsque le débiteur emprunte une somme à l’effet de payer sa
Le paiement doit être fait au créancier, ou à quelqu’un ayant
dette et de subroger le prêteur dans les droits du créancier. Il faut,
pouvoir de lui, ou qui soit autorisé par la justice ou par la loi à re-
pour que cette subrogation soit valable, que l’acte d’emprunt et la
cevoir pour lui.
quittance soient passés devant notaires; que, dans l’acte d’em-
Le paiement fait à celui qui n’aurait pas pouvoir de recevoir prunt, il soit déclaré que la somme a été empruntée pour faire le
pour le créancier, est valable, si celui-ci le ratifie, ou s’il en a profi- paiement, et que, dans la quittance, il soit déclaré que le paiement
té. a été fait des deniers fournis à cet effet par le nouveau créancier.
Article 138 Cette subrogation s’opère sans le concours de la volonté du créan-
cier.
Le paiement fait de bonne foi à celui qui est en possession de la
créance, est valable encore que le possesseur en soit par la suite Article 149
évincé. La subrogation a lieu de plein droit:
Article 139 1° au profit de celui qui, étant lui-même créancier, paie un autre
Le paiement fait au créancier n’est point valable s’il était incapa- créancier qui lui est préférable à raison de ses privilèges ou hypo-
ble de le recevoir, à moins que le débiteur ne prouve que la chose thèques;
payée a tourné au profit du créancier. 2° au profit de l’acquéreur d’un immeuble, qui emploie le prix
Article 140 de son acquisition au paiement des créanciers auxquels cet hérita-
ge était hypothéqué;
Le paiement fait par le débiteur à son créancier, au préjudice
d’une saisie ou d’une opposition, n’est pas valable à l’égard des 3° au profit de celui qui, étant tenu avec d’autres ou pour
créanciers saisissants ou opposants; ceux-ci peuvent, selon leur d’autres au paiement de la dette, avait intérêt de l’acquitter.
droit, le contraindre à payer de nouveau, sauf, en ce cas seulement, Article 150
son recours contre le créancier.
La subrogation établie par les articles précédents a lieu tant
Article 141 contre les cautions que contre les débiteurs; elle ne peut nuire au
Le créancier ne peut être contraint de recevoir une autre chose créancier lorsqu’il n’a été payé qu’en partie; en ce cas, il peut exer-
que celle qui lui est due, quoique la valeur de la chose offerte soit cer ses droits, pour ce qui lui reste dû, par préférence à celui dont
égale, ou même plus grande. il n’a reçu qu’un paiement partiel.
insolvable, à moins que l’acte n’en contienne une réserve expresse, Section 4
ou que le délégué ne fût déjà en faillite ouverte, ou tombé en dé-
confiture au moment de la délégation. De la compensation
Article 169 Article 181
La simple indication faite par le débiteur, d’une personne qui Lorsque deux personnes se trouvent débitrices l’une envers
doit payer à sa place, n’opère point novation. l’autre, il s’opère entre elles une compensation qui éteint les deux
Il en est de même de la simple indication faite par le créancier, dettes de la manière et dans les cas ci-après exprimés.
d’une personne qui doit recevoir pour lui.
Article 182
Article 170
La compensation s’opère de plein droit par la seule force de la
Les privilèges et hypothèques de l’ancienne créance ne passent loi, même à l’insu des débiteurs; les deux dettes s’éteignent réci-
point à celle qui lui est substituée, à moins que le créancier ne les proquement à l’instant où elles se trouvent exister à la fois, jusqu’à
ait expressément réservés. concurrence de leurs quotités respectives.
Article 171 Article 183
Lorsque la novation s’opère par la substitution d’un nouveau La compensation n’a lieu qu’entre deux dettes qui ont égale-
débiteur, les privilèges et hypothèques primitifs de la créance ne ment pour objet une somme d’argent ou une certaine quantité de
peuvent point passer sur les biens du nouveau débiteur. choses fongibles de la même espèce et qui sont également liquides
Article 172 et exigibles.
Lorsque la novation s’opère entre le créancier et l’un des débi- Article 184
teurs solidaires, les privilèges et hypothèques de l’ancienne créan- Le terme de grâce n’est point un obstacle à la compensation.
ce ne peuvent être réservés que sur les biens de celui qui contracte
la nouvelle dette. Article 185
Article 173 La compensation a lieu, quelles que soient les causes de l’une ou
l’autre des dettes excepté dans le cas:
Par la novation faite entre le créancier et l’un des débiteurs soli-
daires, les codébiteurs sont libérés. 1° de la demande en restitution d’une chose dont le propriétaire
La novation opérée à l’égard du débiteur principal libère les cau- a été injustement dépouillé;
tions. 2° de la demande en restitution d’un dépôt et du prêt à usage;
Néanmoins, si le créancier a exigé, dans le premier cas, l’acces- 3° d’une dette qui a pour cause des aliments déclarés insaisissa-
sion des codébiteurs, ou, dans le second, celle des cautions, l’an- bles.
cienne créance subsiste, si les codébiteurs ou les cautions refusent
d’accéder au nouvel arrangement. Article 186
La caution peut opposer la compensation de ce que le créancier
doit au débiteur principal.
Section 3
Mais le débiteur principal ne peut opposer la compensation de
De la remise de la dette ce que le créancier doit à la caution.
Le débiteur solidaire ne peut pareillement opposer la compensa-
Article 174
tion de ce que le créancier doit à son codébiteur.
La remise volontaire du titre original sous signature privée par
le créancier au débiteur, fait preuve de la libération. Article 187
Article 175 Le débiteur qui a accepté purement et simplement la cession
qu’un créancier a faite de ses droits à un tiers, ne peut plus opposer
La remise volontaire de la minute ou de l’expédition du titre fait au cessionnaire la compensation qu’il eût pu, avant l’acceptation,
présumer la remise de la dette ou le paiement, sans préjudice de la opposer au cédant.
preuve contraire.
A l’égard de la cession qui n’a point été acceptée par le débiteur,
Article 176 mais qui lui a été signifiée, elle n’empêche que la compensation
La remise du titre original sous signature privée, ou de la minute des créances postérieures à cette notification.
du titre, à l’un des débiteurs solidaires, a le même effet au profit Article 188
des codébiteurs.
Lorsque les deux dettes ne sont pas payables au même lieu, on
Article 177 n’en peut opposer la compensation qu’en faisant raison des frais
La remise ou décharge conventionnelle au profit de l’un des co- de la remise.
débiteurs solidaires, libère tous les autres, à moins que le créancier
n’ait expressément réservé ses droits contre ces derniers. Article 189
Dans ce dernier cas, il ne peut plus répéter la dette que déduc- Lorsqu’il y a plusieurs dettes compensables dues par la même
tion faite de la part de celui auquel il a fait la remise. personne, on suit, pour la compensation, les règles établies pour
l’imputation par l’article 154.
Article 178
Article 190
La remise de la chose donnée en nantissement ne suffit point
pour faire présumer la remise de la dette. La compensation n’a pas lieu au préjudice des droits acquis à un
tiers. Ainsi. celui qui, étant débiteur, est devenu créancier depuis
Article 179 la saisie-arrêt faite par un tiers entre ses mains, ne peut, au préju-
La remise ou décharge conventionnelle accordée au débiteur dice du saisissant, opposer la compensation.
principal libère les cautions; celle accordée à la caution ne libère
Article 191
pas le débiteur principal; celle accordée à l’une des cautions ne li-
bère pas les autres. Celui qui a payé une dette qui était de droit, éteinte par la com-
pensation, ne peut plus, en exerçant la créance dont il n’a point op-
Article 180 posé la compensation, se prévaloir, au préjudice des tiers, des
Ce que le créancier a reçu d’une caution pour la décharge de son privilèges ou hypothèques qui y étaient attachés, à moins qu’il
cautionnement doit être imputé sur la dette et tourner à la déchar- n’ait eu une juste cause d’ignorer la créance qui devait compenser
ge du débiteur principal et des autres cautions. sa dette.
Section 5 Section 1
De la confusion De la preuve littérale
Paragraphe 2
Section 7 De l’acte sous seing privé
De l’action en nullité ou en rescision des conventions
Article 204
Article 196 L’acte sous seing privé, reconnu par celui auquel on l’oppose ou
Dans tous les cas où l’action en nullité ou en rescision d’une légalement tenu pour reconnu a, entre ceux qui l’ont souscrit et en-
convention n’est pas limitée à un moindre temps par une loi parti- tre leurs héritiers et ayants cause, la même foi que l’acte authenti-
culière, cette action dure dix ans. que.
Ce temps ne court, dans le cas de violence, que du jour où elle a Article 205
cessé; dans le cas d’erreur ou de dol, du jour où ils ont été décou- Celui auquel on oppose un acte sous seing privé est obligé
verts. d’avouer ou de désavouer formellement son écriture ou sa signa-
ture.
Ses héritiers ou ayants cause peuvent se contenter de déclarer
CHAPITRE VI qu’ils ne connaissent point l’écriture ou la signature de leur auteur.
Néanmoins, le défaut de mention que les originaux ont été faits Article 216
doubles, triples, etc., ne peut être opposé par celui qui a exécuté de
L’acte de confirmation ou ratification d’une obligation contre la-
sa part la convention portée dans l’acte.
quelle la loi admet l’action en nullité ou en rescision, n’est valable
Article 208 que lorsqu’on y trouve la substance de cette obligation, la mention
Le billet ou la promesse sous seing privé par lequel une seule du motif de l’action en rescision et l’intention de réparer le vice sur
partie s’engage envers l’autre à lui payer une somme d’argent ou lequel cette action est fondée.
une chose appréciable, doit être écrit en entier de la main de celui A défaut d’acte de confirmation ou ratification, il suffit que
qui le souscrit; ou du moins il faut qu’outre sa signature, il ait écrit l’obligation soit exécutée volontairement après l’époque à laquelle
de sa main un bon ou un approuvé, portant en toutes lettres la som- l’obligation pouvait être valablement confirmée ou ratifiée.
me ou la quantité de la chose.
La confirmation, ratification ou exécution volontaire dans les
Excepté dans le cas où l’acte émane de marchands, artisans, la- formes et à l’époque déterminées par la loi, emporte la renoncia-
boureurs, vignerons, gens de journée et de service. tion aux moyens et exceptions que l’on pouvait opposer contre cet
Article 209 acte, sans préjudice néanmoins du droit des tiers
Lorsque la somme exprimée au corps de l’acte est différente de
celle exprimée au bon, l’obligation est présumée n’être que de la
Section 2
somme moindre, lors même que l’acte ainsi que le bon sont écrits
en entier de la main de celui qui s’est obligé, à moins qu’il ne soit De la preuve testimoniale
prouvé de quel côté est l’erreur.
Article 210 Article 217
Les actes sous seing privé n’ont de date certaine à l’égard des Il doit être passé acte authentique ou sous signature privée, de
tiers que lorsque l’antidate est devenue impossible. toutes choses excédant la somme ou valeur de deux mille francs,
Il en est ainsi notamment: même pour dépôts volontaires; et il n’est reçu aucune preuve par
témoins contre et outre le contenu aux actes, ni sur ce qui serait al-
1° si celui ou l’un de ceux qui ont souscrit l’acte est mort; l’acte légué avoir été dit avant, lors ou depuis les actes, encore qu’il
alors a date certaine du jour du décès; s’agisse d’une somme ou valeur moindre de deux mille francs.
2° si la substance de l’acte est constatée par des actes authenti- Néanmoins, les engagements commerciaux pourront être
ques; l’acte, en ce cas, a date certaine du jour de ces actes; constatés par la preuve testimoniale dans tous les cas où le tribunal
3° (L. n° 1/004 du 9 juillet 1996, art. 80). — si l’acte a été présenté croira devoir l’admettre.
au notaire pour acquérir date certaine et enregistré par celui-ci; il a Note. Les mots «deux mille» qui sont repris dans les articles 217 à 221 résultent du
date certaine du jour de cet enregistrement. D. du 16 juin 1947 (B.O.B., p. 338).
Article 211 Article 218
Les registres des marchands ne font point, contre les personnes
non marchandes, preuve des fournitures qui y sont portées, sauf La règle ci-dessus s’applique au cas où l’action contient, outre la
ce qui sera dit à l’égard du serment. demande du capital, une demande d’intérêts qui, réunis au capi-
tal, excèdent la somme de deux mille francs.
Article 212
Article 219
Les livres des marchands font preuve contre eux; mais celui qui
en veut tirer avantage ne peut les diviser en ce qu’ils contiennent Celui qui a formé une demande excédant deux mille francs ne
de contraire à sa prétention. peut plus être admis à la preuve testimoniale, même en restrei-
gnant sa demande primitive.
Article 213
Les registres et papiers domestiques ne font point un titre pour Article 220
celui qui les a écrits. Ils font foi contre lui: La preuve testimoniale, sur la demande d’une somme même
1° dans tous les cas où ils énoncent formellement un paiement moindre de deux mille francs, ne peut être admise lorsque cette
reçu; somme est déclarée être le restant ou faire partie d’une créance
2° lorsqu’ils contiennent la mention expresse que la note a été plus forte qui n’est point prouvée par écrit.
faite pour suppléer le défaut de titre en faveur de celui au profit Article 221
duquel ils énoncent une obligation.
Si, dans la même instance, une partie fait plusieurs demandes
Article 214 dont il n’y ait point de titre par écrit, et que, jointes ensemble, elles
L’écriture mise par le créancier à la suite, en marge ou au dos excèdent la somme de deux mille francs, la preuve par témoins
d’un titre qui est toujours resté en sa possession fait foi, quoique n’en peut être admise, encore que la partie allègue que ces créances
non signée ni datée par lui, lorsqu’elle tend à établir la libération proviennent de différentes causes, et qu’elles se soient formées en
du débiteur. différents temps, si ce n’était que ces droits procédassent, par suc-
Il en est de même de l’écriture mise par le créancier au dos, ou en cession, donation ou autrement, de personnes différentes.
marge, ou à la suite du double d’un titre ou d’une quittance, pour- Article 222
vu que ce double soit entre les mains du débiteur.
Toutes les demandes, à quelque titre que ce soit, qui ne seront
pas entièrement justifiées par écrit, seront formées par un même
Paragraphe 3 exploit, après lequel les autres demandes dont il n’y aura point de
preuves par écrit ne seront pas reçues.
Des actes récognitifs et confirmatifs
Article 223
Article 215
Les règles ci-dessous reçoivent exception lorsqu’il existe un
Les actes récognitifs ne dispensent point de la représentation du commencement de preuve par écrit.
titre primordial à moins que sa teneur n’y soit spécialement rela-
tée. On appelle ainsi tout acte par écrit qui est émané de celui contre
lequel la demande est formée, ou de celui qu’il représente, et qui
Ce qu’ils contiennent de plus que le titre primordial, ou ce qui
rend vraisemblable le fait allégué.
s’y trouve de différent, n’a aucun effet.
Note. Bien que le texte du B.O. porte la mention «ci-dessous» il faut lire de toute
Néanmoins, s’il y avait plusieurs reconnaissances conformes, évidence «ci-dessus». L’article 223 ne fait que reproduire l’article 1347 du code ci-
soutenues de la possession, et dont l’une eût trente ans de date, le vil belge ou encore l’équivalent du code civil français. C’est donc par simple erreur
créancier pourrait être dispensé de représenter le titre primordial. matérielle que l’article 223 utilise l’expression ci-dessous.
Le serment déféré au débiteur principal, libère également les mencée et de l’achever jusqu’à ce que le propriétaire soit en état
cautions. d’y pourvoir lui-même; il doit se charger également de toutes les
Celui déféré à l’un des débiteurs solidaire profite aux codébi- dépendances de cette même affaire.
teurs. Il se soumet à toutes les obligations qui résulteraient d’un man-
Et celui déféré à la caution profite au débiteur principal. dat exprès que lui aurait donné le propriétaire.
Dans ces deux derniers cas, le serment du codébiteur solidaire Article 249
ou de la caution ne profite aux autres codébiteurs ou au débiteur Il est obligé de continuer sa gestion, encore que le maître vienne
principal, que lorsqu’il a été déféré sur la dette, et non sur le fait de à mourir avant que l’affaire soit consommée, jusqu’à ce que l’héri-
la solidarité ou du cautionnement. tier ait pu en prendre la direction.
Article 250
Paragraphe 2 Il est tenu d’apporter à la gestion de l’affaire tous les soins d’un
Du serment déféré d’office bon père de famille.
Néanmoins, les circonstances qui l’ont conduit à se charger de
Article 242 l’affaire peuvent autoriser le juge à modérer les dommages et inté-
Le juge peut déférer à l’une des parties le serment, ou pour en rêts qui résulteraient des fautes ou de la négligence du gérant.
faire dépendre la décision de la cause, ou seulement pour détermi- Article 251
ner le montant de la condamnation.
Le maître dont l’affaire a été bien administrée, doit remplir les
Article 243 engagements que le gérant a contractés en son nom, l’indemniser
Le juge ne peut déférer d’office le serment, soit sur la demande, de tous les engagements personnels qu’il a pris, et lui rembourser
soit sur l’exception qui y est opposée, que sous les deux conditions toutes les dépenses utiles ou nécessaires qu’il a faites.
suivantes: il faut: Article 252
1° que la demande ou l’exception ne soit pas pleinement justi- Celui qui reçoit par erreur ou sciemment ce qui ne lui est pas dû,
fiée; s’oblige à le restituer à celui de qui il l’a indûment reçu.
2° qu’elle ne soit pas totalement dénuée de preuves. Article 253
Hors ces deux cas, le juge doit ou adjuger ou rejeter purement et Lorsqu’une personne qui, par erreur, se croyait débitrice, a ac-
simplement la demande. quitté une dette, elle a le droit de répétition contre le créancier.
Article 244 Néanmoins, ce droit cesse dans le cas où le créancier a supprimé
Le serment déféré d’office par le juge à l’une des parties ne peut son titre par suite du paiement, sauf le recours de celui qui a payé
être par elle référé à l’autre. contre le véritable débiteur.
Article 245 Article 254
Le serment sur la valeur de la chose demandée ne peut être dé- S’il y a eu mauvaise foi de la part de celui qui a reçu, il est tenu
féré par le juge au demandeur que lorsqu’il est d’ailleurs impossi- de restituer, tant le capital que les intérêts ou les fruits, du jour du
ble de constater autrement cette valeur. paiement.
Le juge doit même, en ce cas, déterminer la somme jusqu’à Article 255
concurrence de laquelle le demandeur en sera cru sur son serment. Si la chose indûment reçue est un immeuble ou un meuble cor-
porel, celui qui l’a reçue s’oblige à la restituer en nature, si elle exis-
te, ou sa valeur, si elle est périe ou détériorée par sa faute; il est
TITRE II même garant de sa perte par cas fortuit, s’il l’a reçue de mauvaise
foi
DES ENGAGEMENTS QUI SE FORMENT SANS Article 256
CONVENTION Si celui qui a reçu de bonne foi a vendu la chose, il ne doit resti-
tuer que le prix de la vente.
Article 246
Certains engagements se forment sans qu’il intervienne aucune Article 257
convention, ni de la part de celui qui s’oblige, ni de la part de celui Celui auquel la chose est restituée doit tenir compte, même au
envers lequel il est obligé. possesseur de mauvaise foi, de toutes les dépenses nécessaires et
Les uns résultent de l’autorité seule de la loi; les autres naissent utiles qui ont été faites pour la conservation de la chose.
d’un fait personnel à celui qui se trouve obligé.
Les premiers sont les engagements formés involontairement,
tels que ceux entre propriétaires voisins. CHAPITRE II
Les engagements qui naissent d’un fait personnel à celui qui se DES DÉLITS ET DES QUASI-DÉLITS
trouve obligé résultent ou des quasi-contrats, ou des délits ou qua-
si-délits; ils font la matière du présent titre. Article 258
Tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un domma-
ge, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer.
CHAPITRE I Article 259
DES QUASI-CONTRATS Chacun est responsable du dommage qu’il a causé, non seule-
ment par son fait, mais encore par sa négligence ou par son impru-
Article 247 dence.
Les quasi-contrats sont les faits purement volontaires de l’hom- Article 260
me, dont il résulte un engagement quelconque envers un tiers, et
On est responsable non seulement du dommage que l’on cause
quelquefois un engagement réciproque des deux parties.
par son propre fait, mais encore de celui qui est causé par le fait des
Article 248 personnes dont on doit répondre, ou des choses que l’on a sous sa
Lorsque volontairement on gère l’affaire d’autrui, soit que le garde.
propriétaire connaisse la gestion, soit qu’il l’ignore, celui qui gère Le père, et la mère après le décès du mari, sont responsables du
contracte l’engagement tacite de continuer la gestion qu’il a com- dommage causé par leurs enfants habitant avec eux.
Les maîtres et les commettants, du dommage causé par leurs do- Article 269
mestiques et préposés dans les fonctions auxquelles ils les ont em- La vente faite à l’essai est toujours présumée faite sous une
ployés. condition suspensive.
Les instituteurs et les artisans, du dommage causé par leurs élè-
ves et apprentis pendant le temps qu’ils sont sous leur surveillan- Article 270
ce. La promesse de vente vaut vente, lorsqu’il y a consentement ré-
La responsabilité ci-dessus a lieu, à moins que les père et mère, ciproque des deux parties sur la chose et sur le prix.
instituteurs et artisans ne prouvent qu’ils n’ont pu empêcher le fait Article 271
qui donne lieu à cette responsabilité.
Si la promesse de vente a été faite avec des arrhes, chacun des
Article 261 contractants est maître de s’en départir:
Le propriétaire d’un animal, ou celui qui s’en sert, pendant qu’il – celui qui les a données, en les perdant;
est à son usage, est responsable du dommage que l’animal a causé, – et celui qui les a reçues, en restituant le double.
soit que l’animal fût sous sa garde, soit qu’il fût égaré ou échappé.
Article 272
Article 262
Le prix de la vente doit être déterminé et désigné par les parties.
Le propriétaire d’un bâtiment est responsable du dommage cau-
sé par sa ruine lorsqu’elle est arrivée par une suite du défaut d’en- Article 273
tretien ou par le vice de sa construction. Il peut cependant être laissé à l’arbitrage d’un tiers: si le tiers ne
veut ou ne peut faire l’estimation, il n’y a point de vente.
Article 274
TITRE III
Les frais d’actes et autres accessoires à la vente sont à la charge
DE LA VENTE de l’acheteur.
CHAPITRE I
CHAPITRE II
DE LA NATURE ET DE LA FORME DE LA VENTE
DES CHOSES QUI PEUVENT ÊTRE VENDUES
Article 263
La vente est une convention par laquelle l’un s’oblige à livrer Article 275
une chose, et l’autre à la payer. Tout ce qui est dans le commerce peut être vendu, lorsque des
Elle peut être faite par acte authentique ou sous seing privé. lois particulières n’en ont pas prohibé l’aliénation.
1° de délivrer au preneur la chose louée; pour le bailleur, celui-ci peut, suivant les circonstances, faire rési-
2° d’entretenir cette chose en état de servir à l’usage pour lequel lier le bail.
elle a été louée; Article 387
3° d’en faire jouir paisiblement le preneur pendant la durée du S’il a été fait un état des lieux entre le bailleur et le preneur, celui-
bail. ci doit rendre la chose telle qu’il l’a reçue, suivant cet état, excepté
Article 377 ce qui a péri ou a été dégradé par vétusté ou force majeure.
Le bailleur est tenu de délivrer la chose en bon état de répara- Article 388
tions de toute espèce. S’il n’a pas été fait d’état des lieux, le preneur est présumé les
Il doit y faire, pendant la durée du bail, toutes les réparations qui avoir reçus en bon état de réparations locatives, et doit les rendre
peuvent devenir nécessaires, autres que les locatives. tels, sauf la preuve contraire.
Article 378 Article 389
Il est dû garantie au preneur pour tous les vices ou défauts de la Il répond des dégradations ou des pertes qui arrivent pendant sa
chose louée qui en empêchent l’usage, quand même le bailleur ne jouissance, à moins qu’il ne prouve qu’elles ont eu lieu sans sa fau-
les aurait pas connus lors du bail. te.
S’il résulte de ces vices ou défauts quelque perte pour le pre- Article 390
neur, le bailleur est tenu de l’indemniser.
Il répond de l’incendie, à moins qu’il ne prouve: que l’incendie
Article 379 est arrivé par cas fortuit ou force majeure, ou par vice de construc-
Si, pendant la durée du bail, la chose louée est détruite en totalité tion; ou que le feu a été communiqué par une maison voisine.
par cas fortuit, le bail est résilié de plein droit; si elle n’est détruite Article 391
qu’en partie, le preneur peut, d’après les circonstances, demander
ou une diminution du prix, ou la résiliation même du bail. Dans S’il y a plusieurs locataires, tous sont solidairement responsa-
l’un et l’autre cas, il n’y a lieu à aucun dédommagement. bles de l’incendie:
à moins qu’ils ne prouvent que l’incendie a commencé dans l’ha-
Article 380 bitation de l’un d’eux, auquel cas celui-là seul en est tenu;
Le bailleur ne peut, pendant la durée du bail, changer la forme
ou que quelques-uns ne prouvent que l’incendie n’a pu com-
de la chose louée.
mencer chez eux, auquel cas ceux-là n’en sont pas tenus.
Article 381
Article 392
Si, durant le bail, la chose louée a besoin de réparations urgentes
Le preneur est tenu des dégradations et des pertes qui arrivent
et qui ne puissent être différées jusqu’à sa fin, le preneur doit les
par le fait des personnes de sa maison ou de ses sous-locataires.
souffrir, quelque incommodité qu’elles lui causent, et quoiqu’il
soit privé, pendant qu’elles se font, d’une partie de la chose louée. Article 393
Mais si ces réparations durent plus de quarante jours, le prix du Le bail finit de plein droit par l’expiration du temps pour lequel
bail sera diminué à proportion du temps et de la partie de la chose il a été contracté sans qu’il soit nécessaire de donner congé. Si le
louée dont il aura été privé. bail a été fait sans durée fixe, il ne finit que par le congé que l’une
Si les réparations sont de telle nature qu’elles rendent inhabita- des parties donne à l’autre, en observant les délais fixés par l’usage
ble ce qui est nécessaire au logement du preneur et de sa famille, des lieux.
celui-ci pourra faire résilier le bail. Article 394
Article 382 Si, à la fin des baux qui cessent de plein droit, le preneur reste et
Le bailleur n’est pas tenu de garantir le preneur du trouble que est laissé en possession, après l’expiration du terme conventionnel,
des tiers apportent par voies de fait à sa jouissance, sans prétendre légal ou coutumier, il s’opère un nouveau bail par le consentement
d’ailleurs aucun droit sur la chose louée; sauf au preneur à les tacite du preneur et du bailleur.
poursuivre en son nom personnel. Article 395
Article 383 Lorsqu’il y a un congé signifié, le preneur, quoiqu’il ait continué
Si, au contraire, le locataire ou le fermier ont été troublés dans sa jouissance, ne peut invoquer la tacite reconduction.
leur jouissance par suite d’une action concernant la propriété du Article 396
fonds, ils ont droit à une diminution proportionnée sur le prix du
bail à loyer ou à ferme, pourvu que le trouble et l’empêchement Dans le cas des deux articles précédents, la caution donnée pour
aient été dénoncés au propriétaire. le bail ne s’étend pas aux obligations résultant de la prolongation.
Article 384 Article 397
Si ceux qui ont commis les voies de fait prétendent avoir quel- Le contrat de louage se résout par la perte de la chose louée, et
que droit sur la chose louée, ou si le preneur est lui-même cité en par le défaut respectif du bailleur et du preneur de remplir leurs
justice pour se voir condamner au délaissement de la totalité ou de engagements.
partie de cette chose, ou à souffrir l’exercice de quelque servitude,
Article 398
il doit appeler le bailleur en garantie, et doit être mis hors d’instan-
ce, s’il l’exige, en nommant le bailleur pour lequel il possède. Le contrat de louage n’est point résolu par la mort du bailleur, ni
par celle du preneur.
Article 385
Article 399
Le preneur est tenu de deux obligations principales:
Si le bailleur vend la chose louée, l’acquéreur ne peut expulser le
1° d’user de la chose louée en bon père de famille, et suivant la
fermier ou le locataire qui a un bail authentique ou dont la date est
destination qui lui a été donnée par le bail, ou suivant celle présu-
certaine, à moins qu’il ne se soit réservé ce droit par le contrat de
mée d’après les circonstances, à défaut de convention;
bail.
2° de payer le prix du bail aux termes convenus.
Article 400
Note. Voir le contenu de la note figurant sous la section 2, avant l’article 408, infra.
S’il a été convenu, lors du bail, qu’en cas de vente l’acquéreur
Article 386 pourrait expulser le fermier ou locataire, et qu’il n’ait été fait aucu-
Si le preneur emploie la chose louée à un autre usage que celui ne stipulation sur les dommages et intérêts, le bailleur est tenu
auquel elle a été destinée, ou dont il puisse résulter un dommage d’indemniser le fermier ou locataire de la manière suivante.
Article 401 Le deuxième régime concernait les locations dans lesquelles le Gouvernement
prend en charge les loyers, soit pour le logement de ses agents des secteurs public
S’il s’agit d’une maison, appartement ou boutique, le bailleur et parapublic, soit même pour les immeubles servant de bureaux ou abritant des
paie, à titre de dommages et intérêts, au locataire évincé, une som- activités industrielles, commerciales et artisanales des entreprises et services pu-
me égale au prix du loyer, pendant le temps qui, suivant l’usage blics.
des lieux, est accordé entre le congé et la sortie. S’agissant des immeubles à usage d’habitation des agents de l’Etat, les loyers
étaient fixés en tenant compte des quartiers et localités d’emplacement. Pour les
Article 402 maisons sises à Rohero I, Rohero II, Kabondo, Kinindo (appelé alors Kanyosha),
S’il s’agit de biens ruraux, l’indemnité que le bailleur doit payer Mutanga, Quartier Zeimet et Quartier industriel, les loyers étaient fixés à 300 Fbu
au fermier est du tiers du prix du bail pour tout le temps qui reste par mètre carré (article 1). Dans les autres quartiers de la ville de Bujumbura et
dans les autres localités du pays, les loyers étaient fixés à 125 Fbu par mètre carré.
à courir. Au-delà de cette différence de taux, l’ordonnance précisait, en son article 3, qu’en
Article 403 tout état de cause et quel que soit le quartier ou la localité, le loyer global ne pouvait
être supérieur à 60.000 Fbu par mois.
L’indemnité se réglera par experts, s’il s’agit de manufactures, Pour les immeubles à usage de bureau, industriel, commercial ou artisanal, les
usines ou autres établissements qui exigent de grandes avances. loyers par mètre carré demeuraient fixés aux mêmes taux que ceux qui sont indi-
qués ci-dessus, en fonction des quartiers ou localités de leur emplacement. Cepen-
Article 404 dant ces loyers restaient en dehors du plafond précisé pour les immeubles à usage
L’acquéreur qui veut user de la faculté réservée par le bail d’ex- d’habitation (article 4).
pulser le fermier ou locataire en cas de vente, est, en outre, tenu Telle qu’elle était portée par l’Ord. du 10 avril 1981, la réglementation des loyers
d’avertir le locataire au temps d’avance usité dans le lieu pour les subira une légère modification, sous certains aspects, par l’effet de l’O.M.
congés. n° 720/424/86 du 6 décembre 1986 (B.O.B., 1987, n° 12, p. 390). Tout en reconfir-
mant le principe de la liberté de négociation des loyers entre particuliers et person-
Il doit aussi avertir le fermier des biens ruraux au moins un an à nes morales de droit privé, sur base de la loi de l’offre et de la demande (article 4),
l’avance. cette nouvelle ordonnance apporte un changement au niveau des loyers à charge
du Gouvernement. En son article 3, en effet, l’ordonnance unifie les taux des loyers
Article 405 par mètre carré partout dans le pays et les fixe invariablement à 300 Fbu, avec un
Les fermiers ou les locataires ne peuvent être expulsés qu’il ne plafond qui est maintenu à 60.000 Fbu par mois. Même pour les immeubles à usage
de bureau, industriel, commercial ou artisanal, les taux au mètre carré sont eux-
soit payé par le bailleur, ou, à son défaut, par le nouvel acquéreur, mêmes invariablement fixés à 300 Fbu; seulement, ces loyers restent en dehors du
des dommages et intérêts ci-dessus expliqués. plafond fixé pour les immeubles à usage d’habitation.
Article 406 Voir le texte des articles de cette ordonnance dans la partie des «Dispositions com-
plémentaires au code civil», sous la rubrique «Baux à loyers».
Si le bail n’est pas fait par acte authentique, ou n’a point de date
certaine, l’acquéreur n’est tenu d’aucuns dommages et intérêts. Article 408
Article 407 Le locataire qui ne garnit pas la maison de meubles suffisants
L’acquéreur à pacte de rachat ne peut user de la faculté d’expul- peut être expulsé, à moins qu’il ne donne des sûretés capables de
ser le preneur, jusqu’à ce que, par l’expiration du délai fixé pour le répondre du loyer.
réméré, il devienne propriétaire incommutable. Article 409
Le sous-locataire n’est tenu envers le propriétaire que jusqu’à
Section 2 concurrence du prix de sa sous-location dont il peut être débiteur
au moment de la saisie, et sans qu’il puisse opposer des paiements
Des règles particulières aux baux à loyer faits par anticipation.
Note. En rapport avec les loyers à payer dans le cadre de la location d’immeubles, Les paiements faits par le sous-locataire, soit en vertu d’une sti-
la pénurie de logement à Bujumbura et dans certains autres centres urbains du
pays a rendu nécessaire un certain interventionisme des pouvoirs publics dans la
pulation portée en son bail, soit en conséquence de l’usage des
fixation des loyers. lieux, ne sont pas réputés faits par anticipation.
Tout d’abord, dans les années qui ont suivi l’indépendance du pays, les loyers de Article 410
plus en plus élevés qui étaient pratiqués, ont été à la base de l’A.-L. n° 001/28 du
13 avril 1966 (B.O.B., p. 223) qui revêtait essentiellement un caractère temporaire. Les réparations locatives ou de menu entretien dont le locataire
Ce texte déterminait notamment les taux maxima des loyers des immeubles ser- est tenu, s’il n’y a clause contraire, sont celles désignées comme tel-
vant au logement et à usage commercial ou industriel (article 2). En même temps, les par l’usage des lieux.
il prescrivait que tout loyer exprimé en une autre unité monétaire que le franc bu-
rundais était d’office converti en cette dernière monnaie, au taux officiel (article 3). Article 411
Par la suite, toujours pour des raisons liées à la volonté de maîtriser le coût des Aucune des réparations réputées locatives n’est à la charge des
loyers, l’O.M. n° 040/339 du 14 septembre 1967 (B.O.B., 1967, n° 11, p. 414) a créé
une commission chargée d’étudier la réglementation du prix des baux à loyer, et
locataires, quand elles ne sont occasionnées que par vétusté ou for-
d’élaborer une politique d’ensemble du logement à Bujumbura et dans les autres ce majeure.
centres du pays où la pénurie de logement était manifeste.
Article 412
Une O.M. n° 720/139 du 30 juin 1977 portant réglementation des prix locatifs fut
mise en place, mais fut abrogée un mois après par le D.-L. n° 1/25 du 30 juillet 1977 Le bail d’un appartement meublé est censé fait à l’année, quand
(B.O.B., 1977, n° 10bis, p. 652) portant réglementation des contrats de bail. Ce dé- il a été fait à tant par an; au mois quand il a été fait à tant par mois;
cret-loi prescrivait que les prix des loyers des immeubles situés dans les zones ur- au jour s’il a été fait à tant par jour.
baines, devaient être fixés par voie d’ordonnance conjointe du Ministre de
l’Economie et des Finances et du Ministre ayant le logement dans ses attributions. Si rien ne constate que le bail soit fait à tant par an, par mois ou
En application du D.-L. précité, l’O.M. n° 110/155 du même 30 juillet 1977 (B.O.B., par jour, la location est censée faite suivant l’usage des lieux.
1977, n° 10bis, p. 654) fixait les tarifs limites des loyers des immeubles d’habitation
et à caractère commercial ou industriel, dans les zones urbaines de Bujumbura et
Article 413
de l’intérieur du pays. Si le locataire d’une maison ou d’un appartement continue sa
Cette politique de régulation des loyers par les pouvoirs publics ne dura pas long- jouissance après l’expiration du bail, sans opposition de la part du
temps. En effet, le D.-L. n° 1/65 du 16 décembre 1980 (B.O.B., 1981, n° 5, p. 192) bailleur, il sera censé les occuper aux mêmes conditions, pour le
abrogea le D.-L. du 30 juillet 1977 ainsi que l’ordonnance d’application précitée. Ce terme fixé par l’usage des lieux, et ne pourra plus en sortir ni en
nouveau D.-L. établit implicitement le principe de la liberté pour la fixation des
loyers entre parties au contrat.
être expulsé qu’après un congé donné suivant le délai fixé par
l’usage des lieux.
Dans le prolongement de cette nouvelle orientation, l’O.M. n° 720/72 du 10 avril
1981 (B.O.B., 1982, n° 1-2, p. 3) institua deux régimes distincts, en rapport avec les Article 414
loyers des immeubles
En cas de résiliation par la faute du locataire, celui-ci est tenu de
Le premier régime de type libéral était applicable aux locations d’immeubles entre
particuliers ou personnes morales de droit privé. Pour cette catégorie de locations, payer le prix du bail pendant le temps nécessaire à la relocation,
l’article 5 de l’ordonnance précitée établissait le principe de la liberté de négocia- sans préjudice des dommages et intérêts qui ont pu résulter de
tion des loyers, sur base de la loi de l’offre et de la demande. l’abus.
Section 4 crites dans la présente section; ils sont entrepreneurs dans la partie
qu’ils traitent.
Des devis et des marchés
Article 434
Lorsqu’on charge quelqu’un de faire un ouvrage, on peut conve-
TITRE VI
nir qu’il fournira seulement son travail ou son industrie, ou bien DU PRÊT
qu’il fournira aussi la matière.
Article 435 Article 447
Si dans le cas où l’ouvrier fournit la matière, la chose vient à pé- Il y a deux sortes de prêt:
rir, de quelque manière que ce soit, avant d’être livrée, la perte en celui des choses dont on peut user sans les détruire;
est pour l’ouvrier, à moins que le maître ne fût en demeure de re-
cevoir la chose. et celui des choses qui se consomment par l’usage qu’on en fait.
La première espèce s’appelle prêt à usage ou commodat.
Article 436
La deuxième s’appelle prêt de consommation ou simplement
Dans le cas où l’ouvrier fournit seulement son travail ou son in-
prêt.
dustrie, si la chose vient à périr, l’ouvrier n’est tenu que de sa fau-
te.
Article 437
CHAPITRE I
Si, dans le cas de l’article précédent, la chose vient à périr, quoi-
que sans aucune faute de la part de l’ouvrier, avant que l’ouvrage DU PRÊT À USAGE, OU COMMODAT
ait été reçu, et sans que le maître fût en demeure de le vérifier,
l’ouvrier n’a point de salaire à réclamer, à moins que la chose n’ait Section 1
péri par le vice de la matière. De la nature du prêt à usage
Article 438
S’il s’agit d’un ouvrage à plusieurs pièces ou à la mesure, la vé- Article 448
rification peut s’en faire par parties: elle est censée faite pour tou- Le prêt à usage ou commodat est un contrat par lequel l’une des
tes les parties payées, si le maître paie l’ouvrier en proportion de parties livre une chose à l’autre pour s’en servir, à la charge pour le
l’ouvrage fait. preneur de la rendre après s’en être servi.
Article 439 Article 449
Si l’édifice construit à prix fait périt en tout ou en partie par le Ce prêt est essentiellement gratuit.
vice de la construction, même par le vice du sol, les architectes et
entrepreneurs en sont responsables pendant dix ans. Article 450
Le prêteur demeure propriétaire de la chose prêtée.
Article 440
Lorsqu’un architecte ou un entrepreneur s’est chargé de la Article 451
construction à forfait d’un bâtiment, d’après un plan arrêté et Tout ce qui est dans le commerce, et qui ne se consomme pas par
convenu avec le propriétaire du sol, il ne peut demander aucune l’usage, peut être l’objet de cette convention.
augmentation de prix, ni sous le prétexte de l’augmentation de la
main-d’oeuvre ou des matériaux, ni sous celui de changements ou Article 452
d’augmentations faits sur ce plan, si ces changements ou augmen- Les engagements qui se forment par le commodat passent aux
tations n’ont pas été autorisés par écrit, et le prix convenu avec le héritiers de celui qui prête et aux héritiers de celui qui emprunte.
propriétaire.
Mais si l’on n’a prêté qu’en considération de l’emprunteur, et à
Article 441 lui personnellement, alors les héritiers ne peuvent continuer de
Le maître peut résilier, par sa seule volonté, le marché à forfait, jouir de la chose prêtée.
quoique l’ouvrage soit déjà commencé, en dédommageant l’entre-
preneur de toutes ses dépenses, de tous ses travaux et de tout ce
qu’il aurait pu gagner dans cette entreprise. Section 2
Article 442 Des engagements de l’emprunteur
Le contrat de louage d’ouvrage est dissous par la mort de Article 453
l’ouvrier, de l’architecte ou l’entrepreneur.
L’emprunteur est tenu de veiller, en bon père de famille, à la gar-
Article 443 de et à la conservation de la chose prêtée. Il ne peut s’en servir qu’à
Mais le propriétaire est tenu de payer en proportion du prix por- l’usage déterminé par sa nature ou par la convention; le tout à pei-
té par la convention, à leur succession, la valeur des ouvrages faits, ne de dommages-intérêts, s’il y a lieu.
et celle des matériaux préparés, lors seulement que ces travaux ou Article 454
ces matériaux peuvent lui être utiles.
Si l’emprunteur emploie la chose à un autre usage, ou pour un
Article 444 temps plus long qu’il ne le devrait, il sera tenu de la perte arrivée,
L’entrepreneur répond du fait des personnes qu’il emploie. même par cas fortuit.
Article 445 Article 455
Les maçons, charpentiers et autres ouvriers qui ont été employés Si la chose prêtée périt par cas fortuit dont l’emprunteur aurait
à la construction d’un bâtiment ou d’autres ouvrages faits à l’en- pu la garantir en employant la sienne propre, ou si, ne pouvant
treprise n’ont d’action contre celui pour lequel les ouvrages ont été conserver que l’une des deux, il a préféré la sienne, il est tenu de la
faits, que jusqu’à concurrence de ce dont il se trouve débiteur en- perte de l’autre.
vers l’entrepreneur, au moment où leur action est intentée.
Article 456
Article 446 Si la chose a été estimée en la prêtant, la perte qui arrive, même
Les maçons, charpentiers, serruriers et autres ouvriers qui font par cas fortuit, est pour l’emprunteur, s’il n’y a convention contrai-
directement des marchés à prix fait, sont astreints aux règles pres- re.
Article 457 en une quantité d’or, soit en francs avec clause de garantie par référence à l’or, ou
par référence à une monnaie étrangère, le D. du 19 avril 1935, obligatoire au Ruan-
Si la chose se détériore par le seul effet de l’usage pour lequel da-Urundi fixait des règles particulières d’adaptation aux nouvelles conditions
elle a été empruntée, et sans aucune faute de la part de l’emprun- économiques (B.O., 1935, p. 370). L’article 1 de ce décret édictait que lorsqu’il y a
teur, il n’est pas tenu de la détérioration. lieu à évaluation d’une indemnité ou de dommages et intérêts, il n’est pas tenu
compte des modifications à la parité-or du franc que dans la mesure où, au jour de
Article 458 cette évaluation, elles ont affecté le pouvoir effectif d’achat du franc dans le domai-
L’emprunteur ne peut pas retenir la chose par compensation de ne envisagé.
ce que le prêteur lui doit. Article 469
Article 459 La règle portée en l’article précédent n’a pas lieu si le prêt a été
Si, pour user de la chose, l’emprunteur a fait quelque dépense, il fait en lingots.
ne peut pas la répéter. Article 470
Article 460 Si ce sont des lingots ou des denrées qui ont été prêtés, quelle
Si plusieurs ont conjointement emprunté la même chose, ils en que soit l’augmentation ou la diminution de leur prix, le débiteur
sont solidairement responsables envers le prêteur. doit toujours rendre la même quantité et qualité, et ne doit rendre
que cela.
Section 3
Section 2
Des engagements de celui qui prête à usage
Des obligations du prêteur
Article 461
Article 471
Le prêteur ne peut retirer la chose prêtée qu’après le terme
convenu ou, à défaut de convention, qu’après qu’elle a servi à Dans le prêt de consommation, le prêteur est tenu de la respon-
l’usage pour lequel elle a été empruntée. sabilité établie par l’article 464 pour le prêt à usage.
Article 462 Article 472
Néanmoins, si, pendant ce délai, ou avant que le besoin de l’em- Le prêteur ne peut pas redemander les choses prêtées, avant le
prunteur ait cessé, il survient au prêteur un besoin pressant et im- terme convenu.
prévu de sa chose, le juge peut, suivant les circonstances, obliger Article 473
l’emprunteur à la lui rendre.
S’il n’a pas été fixé de terme pour la restitution, le juge peut ac-
Article 463 corder à l’emprunteur un délai suivant les circonstances.
Si, pendant la durée du prêt, l’emprunteur a été obligé, pour la Article 474
conservation de la chose, à quelque dépense extraordinaire, néces-
saire, et tellement urgente qu’il n’ait pu en prévenir le prêteur, ce- S’il a été seulement convenu que l’emprunteur payerait quand il
lui-ci sera tenu de la lui rembourser. le pourrait, ou quand il en aurait les moyens, le juge lui fixera un
terme de paiement suivant les circonstances.
Article 464
Lorsque la chose prêtée a des défauts tels qu’elle puisse causer
du préjudice à celui qui s’en sert, le prêteur est responsable, s’il Section 3
connaissait les défauts et n’en a pas averti l’emprunteur. Des engagements de l’emprunteur
Article 475
CHAPITRE II L’emprunteur est tenu de rendre les choses prêtées, en même
quantité et qualité, et au terme convenu.
DU PRÊT DE CONSOMMATION, OU SIMPLE PRÊT
Article 476
Section 1 S’il est dans l’impossibilité d’y satisfaire, il est tenu d’en payer la
De la nature du prêt de consommation valeur, eu égard au temps et au lieu où la chose devait être rendue
d’après la convention.
Article 465 Si ce temps et ce lieu n’ont pas été réglés, le paiement se fait au
Le prêt de consommation est un contrat par lequel l’une des par- prix du temps et du lieu où l’emprunt a été fait.
ties livre à l’autre une certaine quantité de choses qui se consom- Article 477
ment par l’usage, à la charge par cette dernière de lui en rendre
autant de mêmes espèce et qualité. Si l’emprunteur ne rend pas les choses prêtées, ou leur valeur au
terme convenu, il en doit l’intérêt du jour de la demande en justice.
Article 466
Par l’effet de ce prêt, l’emprunteur devient le propriétaire de la
chose prêtée; et c’est pour lui qu’elle périt, de quelque manière que CHAPITRE III
cette perte arrive.
Article 467
DU PRÊT À INTÉRÊT
On ne peut pas donner, à titre de prêt de consommation, des Article 478
choses qui, quoique de même espèce, diffèrent dans l’individu,
Il est permis de stipuler des intérêts pour simple prêt, soit d’ar-
comme les animaux: alors, c’est un prêt à usage.
gent, soit de denrées ou autres choses mobilières.
Article 468
Article 479
L’obligation qui résulte d’un prêt en argent n’est toujours que de
L’emprunteur qui a payé des intérêts qui n’étaient pas stipulés,
la somme numérique énoncée au contrat.
ne peut ni les répéter ni les imputer sur le capital.
S’il y a eu augmentation ou diminution d’espèces avant l’épo-
que du paiement, le débiteur doit rendre la somme numérique Article 480
prêtée, et ne doit rendre que cette somme, dans les espèces ayant Le taux de l’intérêt conventionnel est déterminé librement par
cours au moment du paiement. les parties contractantes; il se prouve d’après le droit commun.
Note. Pour les contrats de location d’immeuble, d’emphytéose ou de prêt, conclus Note. Voir l’article 131bis supra, en ce qui concerne la limitation liée aux intérêts à
antérieurement au 2 avril 1935 et où les obligations du débiteur sont stipulées soit stipuler.
Article 505 les domestiques et préposés de l’hôtellerie, ou par des étrangers al-
En cas de mort de la personne qui a fait le dépôt, la chose dépo- lant et venant dans l’hôtellerie.
sée ne peut être rendue qu’à son héritier. Article 517
S’il y a plusieurs héritiers, elle doit être rendue à chacun d’eux Ils ne sont pas responsables des vols faits avec force armée ou
pour leur part et portion. autre force majeure.
Si la chose déposée est indivisible, les héritiers doivent s’accor-
der entre eux pour la recevoir.
Article 506 CHAPITRE III
Si le contrat de dépôt désigne le lieu dans lequel la restitution DU SÉQUESTRE
doit être faite, le dépositaire est tenu d’y porter la chose déposée.
S’il y a des frais de transport, ils sont à la charge du déposant. Section 1
Article 507 Des diverses espèces de séquestre
Si le contrat ne désigne point le lieu de la restitution, elle doit
être faite dans le lieu même du dépôt. Article 518
Article 508 Le séquestre est ou conventionnel ou judiciaire.
Le dépôt doit être remis au déposant aussitôt qu’il le réclame,
lors même que le contrat aurait fixé un délai déterminé pour la res-
titution, à moins qu’il n’existe, entre les mains du dépositaire, une
Section 2
saisie-arrêt ou une opposition à la restitution et au déplacement de Du séquestre conventionnel
la chose déposée.
Article 509 Article 519
Toutes les obligations du dépositaire cessent, s’il vient à décou- Le séquestre conventionnel est le dépôt fait par une ou plusieurs
vrir et à prouver qu’il est lui-même propriétaire de la chose dépo- personnes, d’une chose contentieuse, entre les mains d’un tiers,
sée. qui s’oblige de la rendre, après la contestation terminée, à la per-
sonne qui sera jugée devoir l’obtenir.
Article 520
Section 4
Le séquestre peut n’être pas gratuit.
Des obligations de la personne par laquellele dépôt a été
fait Article 521
Lorsqu’il est gratuit, il est soumis aux règles du dépôt propre-
Article 510 ment dit, sauf les différences ci-après énoncées.
La personne qui a fait le dépôt est tenue de rembourser au dépo- Article 522
sitaire les dépenses qu’il a faites pour la conservation de la chose
déposée, et de l’indemniser de toutes les pertes que le dépôt peut Le dépositaire chargé du séquestre ne peut être déchargé, avant
lui avoir occasionnées. la contestation terminée, que du consentement de toutes les par-
ties intéressées, ou pour une cause jugée légitime.
Article 511
Le dépositaire peut retenir le dépôt jusqu’à l’entier paiement de
ce qui lui est dû à raison du dépôt. Section 3
Du séquestre ou dépôt judiciaire
Section 5
Article 523
Du dépôt nécessaire La justice peut ordonner le séquestre:
Article 512 1° des meubles saisis sur un débiteur;
Le dépôt nécessaire est celui qui a été forcé par quelque accident, 2° d’un immeuble ou d’une chose mobilière dont la propriété ou
tel qu’un incendie, une ruine, un pillage, un naufrage ou autre évé- la possession est litigieuse entre deux ou plusieurs personnes;
nement imprévu. 3° des choses qu’un débiteur offre pour sa libération.
Article 513 Article 524
La preuve par témoin peut être reçue pour le dépôt nécessaire, L’établissement d’un gardien judiciaire produit, entre le saisis-
même quand il s’agit d’une valeur au-dessus de deux mille francs. sant et le gardien, des obligations réciproques. Le gardien doit ap-
Note. Les mots «deux mille» résultent du D. du 16 juin 1947. porter pour la conservation des effets saisis les soins d’un bon père
de famille.
Article 514
Il doit les représenter, soit à la décharge du saisissant pour la
Le dépôt nécessaire est d’ailleurs régi par toutes les règles précé-
vente, soit à la partie contre laquelle les exécutions ont été faites, en
demment énoncées.
cas de mainlevée de la saisie. L’obligation du saisissant consiste à
Article 515 payer au gardien le salaire fixé par la loi.
Les aubergistes ou hôteliers sont responsables, comme déposi- Article 525
taires, des effets apportés par le voyageur qui loge chez eux: le dé-
pôt de ces sortes d’effets doit être regardé comme un dépôt Le séquestre judiciaire est donné soit à une personne dont les
nécessaire. parties intéressées sont convenues entre elles, soit à une personne
nommée d’office par le juge.
Article 516 Dans l’un et l’autre cas, celui auquel la chose a été confiée est
Ils sont responsables du vol ou du dommage des effets du voya- soumis à toutes les obligations qu’emporte le séquestre conven-
geur, soit que le vol ait été fait ou que le dommage ait été causé par tionnel.
TITRE VIII Dans tous les cas, le mandant peut agir directement contre la
personne que le mandataire s’est substitué.
DU MANDAT
Article 536
Article 529 Le mandant est tenu d’exécuter les engagements contractés par
le mandataire, conformément au pouvoir qui lui a été donné.
Il est ou spécial et pour une affaire, ou certaines affaires seule-
ment, ou général et pour toutes les affaires du mandant. Il n’est tenu de ce qui a pu être fait au-delà qu’autant qu’il l’a ra-
tifié expressément ou tacitement.
Article 530
Article 540
Le mandat conçu en termes généraux n’embrasse que les actes
d’administration. Le mandant doit rembourser au mandataire les avances et frais
que celui-ci a faits pour l’exécution du mandat, et lui payer ses sa-
S’il s’agit d’aliéner ou hypothéquer ou de quelque autre acte de
laires lorsqu’il en a été promis.
propriété, le mandat doit être exprès.
S’il n’y a aucune faute imputable au mandataire, le mandant ne
Article 531 peut se dispenser de faire ces remboursement et paiement, lors
Le mandataire ne peut rien faire au-delà de ce qui est porté dans même que l’affaire n’aurait pas réussi, ni faire réduire le montant
son mandat: le pouvoir de transiger ne renferme pas celui de com- des frais et avances sous le prétexte qu’ils pouvaient être moin-
promettre. dres.
Article 541
Ce recours a lieu tant pour le principal que pour les intérêts et les Article 576
frais; néanmoins la caution n’a de recours que pour les frais par La caution est déchargée, lorsque la subrogation aux droits, hy-
elle faits depuis qu’elle a dénoncé au débiteur principal les pour- pothèques et privilèges du créancier, ne peut plus, par le fait de ce
suites dirigées contre elle. créancier, s’opérer en faveur de la caution.
Elle a aussi recours pour les dommages et intérêts, s’il y a lieu.
Article 577
Article 568 L’acceptation volontaire que le créancier a faite d’un immeuble
La caution qui a payé la dette est subrogée à tous les droits ou d’un effet quelconque en paiement de la dette principale, dé-
qu’avait le créancier contre le débiteur. charge la caution, encore que le créancier vienne à en être évincé.
Article 569 Article 578
Lorsqu’il y avait plusieurs débiteurs principaux solidaires d’une La simple prorogation de terme accordée par le créancier au dé-
même dette, la caution qui les a tous cautionnés a, contre chacun biteur principal, ne décharge point la caution, qui peut, en ce cas,
d’eux, le recours pour la répétition du total de ce qu’elle a payé. poursuivre le débiteur pour le forcer au paiement.
Article 570
La caution qui a payé une première fois n’a point de recours CHAPITRE IV
contre le débiteur principal qui a payé une seconde fois, lorsqu’elle
ne l’a point averti du paiement par elle fait; sauf son action en ré- DE LA CAUTION LÉGALE ET DE LA CAUTION
pétition contre le créancier. JUDICIAIRE
Lorsque la caution aura payé sans être poursuivie et sans avoir
averti le débiteur principal, elle n’aura point de recours contre lui Article 579
dans le cas où, au moment du paiement, ce débiteur aurait eu des Toutes les fois qu’une personne est obligée, par la loi ou par une
moyens pour faire déclarer la dette éteinte, sauf son action en répé- condamnation, de fournir une caution, la caution offerte doit rem-
tition contre le créancier. plir les conditions prescrites par l’article 558.
Article 571 Article 580
La caution, même avant d’avoir payé, peut agir contre le débi- Celui qui ne peut pas trouver une caution est reçu à donner à sa
teur pour être par lui indemnisée: place un gage en nantissement suffisant.
1° lorsqu’elle est poursuivie en justice pour le paiement; Article 581
2° lorsque le débiteur a fait faillite ou est en déconfiture; La caution judiciaire ne peut point demander la discussion du
3° lorsque le débiteur s’est obligé de. lui rapporter sa décharge débiteur principal.
dans un certain temps;
Article 582
4° lorsque la dette est devenue exigible par l’échéance du terme
Celui qui a simplement cautionné la caution judiciaire ne peut
sous lequel elle avait été contractée;
demander la discussion du débiteur principal et de la caution.
5° au bout de dix années lorsque l’obligation principale n’a
point de terme fixe d’échéance, à moins que l’obligation principale
ne soit pas de nature à pouvoir être éteinte avant un temps déter-
miné. TITRE X
DES TRANSACTIONS
Section 3 Article 583
De l’effet du cautionnement entre les cofidéjusseurs La transaction est un contrat par lequel les parties terminent une
contestation née, ou préviennent une contestation à naître. Ce
Article 572 contrat doit être rédigé par écrit.
Lorsque plusieurs personnes ont cautionné un même débiteur Article 584
pour une même dette, la caution qui a acquitté la dette a recours
contre les autres cautions, chacune pour sa part et portion. Pour transiger, il faut avoir la capacité de disposer des objets
compris dans la transaction.
Mais ce recours n’a lieu que lorsque la caution a payé dans l’un
des cas énoncés en l’article précédent. Article 585
On peut transiger sur l’intérêt civil qui résulte d’un délit.
La transaction n’empêche pas la poursuite du ministère public.
CHAPITRE III Article 586
DE L’EXTINCTION DU CAUTIONNEMENT On peut ajouter à une transaction la stipulation d’une peine
contre celui qui manquera de l’exécuter.
Article 573
Article 587
L’obligation qui résulte du cautionnement s’éteint par les mê-
Les transactions se renferment dans leur objet: la renonciation
mes causes que les autres obligations.
qui y est faite à tous droits, actions et prétentions, ne s’entend que
Article 574 de ce qui est relatif au différend qui y a donné lieu.
La confusion qui s’opère dans la personne du débiteur principal Article 588
et de sa caution, lorsqu’ils deviennent héritiers l’un de l’autre, Les transactions ne règlent que les différends qui s’y trouvent
n’éteint point l’action du créancier contre celui qui s’est rendu cau- compris, soit que les parties aient manifesté leur intention par des
tion de la caution. expressions spéciales ou générales, soit que l’on reconnaisse cette
Article 575 intention par une suite nécessaire de ce qui est exprimé.
La caution peut opposer au créancier toutes les exceptions qui Article 589
appartiennent au débiteur principal, et qui sont inhérentes à la det- Si celui qui avait transigé sur un droit qu’il avait de son chef, ac-
te. quiert ensuite un droit semblable du chef d’une autre personne, il
Mais elle ne peut opposer les exceptions qui sont purement per- n’est point, quant au droit nouvellement acquis, lié par la transac-
sonnelles au débiteur. tion antérieure.
Article 590 vées, il en est saisi par un connaissement ou par une lettre de voi-
La transaction faite par l’un des intéressés ne lie point les autres ture.
intéressés, et ne peut être opposée par eux. Article 604
Article 591 Le créancier gagiste perçoit aux échéances les intérêts, les divi-
Les transactions ont, entre les parties, l’autorité de la chose jugée dendes et les capitaux des valeurs données en gage et les impute
en dernier ressort. sur sa créance.
Elles ne peuvent être attaquées pour cause d’erreur de droit, ni Si le gage consiste en effets de commerce, le créancier gagiste
pour cause de lésion. exerce les droits et est soumis au devoir du porteur.
CHAPITRE II CHAPITRE IV
DE LA POSSESSION DES CAUSES QUI INTERROMPENT OU QUI
Article 622
SUSPENDENT LE COURS DE LA PRESCRIPTION
La possession est la détention ou la jouissance d’une chose ou Section 1
d’un droit que nous tenons ou que nous exerçons par nous-mê-
mes, ou par un autre qui la tient ou qui l’exerce en notre nom. Des causes qui interrompent la prescription
Article 623 Article 636
Pour pouvoir prescrire, il faut une possession continue et non La prescription peut être interrompue ou naturellement ou civi-
interrompue, paisible, publique, non équivoque et à titre de pro- lement.
priétaire.
Article 637
Article 624 Il y a interruption naturelle, lorsque le possesseur est privé, pen-
On est toujours présumé posséder pour soi et à titre de proprié- dant plus d’un an, de la jouissance de la chose soit par l’ancien pro-
taire, s’il n’est prouvé qu’on a commencé à posséder pour un priétaire, soit même par un tiers.
autre.
Article 638
Article 625 Une citation en justice, un commandement ou une saisie, signi-
Quand on a commencé à posséder pour autrui, on est toujours fiés à celui qu’on veut empêcher de prescrire forment l’interrup-
présumé posséder au même titre, s’il n’y a preuve du contraire. tion civile.
Article 639 dérogations initialement prévues par le code civil. De la sorte, la prescription par
quinze ans disparaît et l’intitulé de la section 3 qui en consacrait la réglementation
Si l’assignation est nulle par défaut de forme, si le demandeur se n’a plus d’objet à l’intérieur du chapitre 5.
désiste de sa demande, s’il laisse périmer l’instance, ou si sa de-
Par contre, le champ d’application de la section 2 régissant la prescription trente-
mande est rejetée, l’interruption est regardée comme non avenue. naire s’en trouve élargi: initialement limité à l’article 647, il englobe désormais les
Article 640 articles 648 à 651 modifiés, et qui constituaient précisément la section 3.
celle des domestiques qui se louent à l’année, pour le paiement se prescrivent par cinq ans.
de leur salaire;
Article 658
se prescrivent par un an.
En fait de meubles, la possession vaut titre.
Article 654
La prescription, dans les cas ci-dessus, a lieu, quoiqu’il y ait eu Néanmoins, celui qui a perdu ou auquel il a été volé une chose
continuation de fournitures, livraisons, services et travaux. peut la revendiquer pendant trois ans, à compter de la perte ou du
vol, contre celui dans les mains duquel il la trouve; sauf à celui-ci
Elle ne cesse de courir que lorsqu’il y a eu compte arrêté, cédule son recours contre celui duquel il la tient.
ou obligation, ou citation en justice non périmée.
Article 659
Article 655
Néanmoins, ceux auxquels ces prescriptions seront opposées, Si le possesseur actuel de la chose volée ou perdue l’a achetée
peuvent déférer le serment à ceux qui les opposent, sur la question dans une foire ou dans un marché, ou dans une vente publique, ou
de savoir si la chose a été réellement payée. d’un marchand vendant des choses pareilles, le propriétaire origi-
naire ne peut se la faire rendre qu’en remboursant au possesseur le
Le serment pourra être déféré aux veuves et héritiers pour qu’ils prix qu’elle lui a coûté.
aient à déclarer s’ils ne savent pas que la chose soit due.
Article 656
Les juges sont déchargés des pièces cinq ans après le jugement DISPOSITION GÉNÉRALE
des procès.
Article 657 Article 660
Les arrérages des pensions alimentaires; Les dispositions du présent livre ne sont applicables en matière
les loyers des maisons et le prix de ferme des biens ruraux; de propriétés foncières que pour autant qu’elles ne sont pas
les intérêts des sommes prêtées, et généralement tout ce qui est contraires aux lois particulières sur le régime foncier.
payable par année, ou à des termes périodiquement plus courts; Note. Voir la note figurant sous l’article 264.
Dispositions organiques
– preuve, 63.
Consignation, 79.
9 juillet 1996. – LOI n° 1/004 portant organisation et Déontologie, 37-41.
fonctionnement du notariat ainsi que statut des no- Discipline, 37-41.
Droits fonciers, 83.
taires. Fonctionnement :
(B.O.B., 1986, n° 8, p. 372) – association des notaires, 24, 25.
– substitution des notaires, 26-28.
– suppléance d’un notaire, 29-31.
Intervenants aux actes notariés :
Note. Cette L. a abrogé le D.-L. n° 1/005 du 31 mars 1987 qui avait lui-même modi- – notaires, 71.
fié le D.-L. n° 1/20 du 15 juin 1982 relatif aux actes notariés et portant organisation – parties, 72, 73.
et fonctionnement du notariat. – témoins :
– certificateurs, 76.
INDEX ALPHABÉTIQUE – instrumentaires, 74, 75.
Actes notariés : Notariat :
– administrateur communal : – circonscriptions, 4, 5.
– acte, 69, 70. – comptabilité, 78.
– compétence, 69, 70. – définition du-, 2.
– stage, 69. – inviolabilité, 77.
– brevets, 3, 47. – missions, 3.
– copies (formule exécutoire), 57, 58. – offices notariaux, 6, 7, 8.
– expédition, 3, 47, 57, 58, 62, 66. Ordre des notaires :
– extraits, 3, 47, 61, 62. – bureau, 35, 36.
– force probante, 46. – contrôle, 42.
– grosses, 3, 47, 57, 58, 62, 66. – définition, 34.
– honoraires, 65. – déontologie, 37.
– inscriptions (des actes), 64. – discipline, 38-41.
– minutes, 3, 47, 49, 50, 54, 59, 60. – dispositions transitoires, 82.
– nullités, 21. – surveillance, 42.
– passation des actes, 48-65. Profession notariale :
– répertoire à colonnes, 64. – conditions d’accès, 9-16.
Actes (passés à l’étranger) : – devoirs, 18, 19.
– force exécutoire, 63. – honorariat, 32, 33.
– force probante, 63. – incompatibilités, 23.
– preuve de l’authenticité au Burundi, 63. – interdiction, 20, 22.
Authenticité : – protection du notariat, 77.
– facultative, 68. serment, 17.
– obligatoire, 67. stage, 9-14.
CHAPITRE I Article 4
DES DISPOSITIONS GÉNÉRALES Le territoire national est divisé en autant de circonscriptions no-
tariales qu’il y a de tribunaux de grande instance.
Article 1
Article 5
Il est créé sur l’étendue de la République du Burundi un notariat
et un ordre des notaires. Chaque circonscription est desservie par un office notarial.
Néanmoins, en fonction du volume des affaires, l’ouverture de
Article 2 plusieurs offices peut être effectuée dans un ressort déterminé.
Le notariat est une profession privée, indépendante, exercée de
façon libérale et exclusive par des officiers ministériels portant le Article 6
titre de notaire, sous réserve des dispositions de l’article 69. La création et la suppression d’offices notariaux sont opérées
Article 3 par décret pris sur proposition du Ministre de la Justice, après avis
Institués à vie par décret, les notaires sont chargés de recevoir de l’ordre des notaires.
tous les actes et contrats auxquels les parties doivent ou veulent Article 7
faire conférer le caractère d’authenticité attaché aux actes de
l’autorité publique, et pour en assurer la date, en conserver le dé- Sous réserve des articles 29 à 31 relatifs à la suppléance, chaque
pôt en minute, en délivrer des grosses, brevets, expéditions et ex- notaire exerce son ministère dans le ressort du tribunal de grande
traits. instance où est installé son office.
Article 8 Section 2
Tout office notarial est immatriculé dans un registre tenu par le Des devoirs
Bureau de l’ordre suivant un numéro chronologique déterminé
par la date de nomination du premier notaire titulaire. Article 17
Avant d’entrer en fonction, le notaire doit prêter le serment sui-
vant, en séance solennelle présidée par le Président de la Cour
CHAPITRE II d’Appel du ressort notarial:
DES CONDITIONS D’ACCÈS ET D’EXERCICE DE LA «Je jure de remplir fidèlement et loyalement les fonctions qui me
PROFESSION NOTARIALE sont confiées, avec exactitude et probité».
Daté et signé, le document portant serment est envoyé au Minis-
Section 1 tre de la Justice, accompagné du décret de nomination ainsi que
Du stage et de la nomination des spécimens de signature et de paraphe du notaire. Copie en est
transmise au Président de l’ordre des notaires et au Président du
Article 9 Tribunal de Grande Instance du siège de l’office.
L’admission au stage de notaire s’effectue par voie de concours Article 18
et les candidats admis au stage portent le titre d’aspirant notaire. Le notaire est tenu d’accomplir son ministère chaque fois qu’il
Article 10 en est requis.
Le postulant à la qualité d’aspirant notaire doit réunir les condi- En outre, il doit résider dans sa circonscription, sauf dérogation
tions suivantes: accordée par le Ministre de la Justice, après avis de l’ordre des no-
taires.
être de nationalité burundaise ou ressortissant d’un Etat accor-
dant la réciprocité; Article 19
être titulaire au moins d’une licence en droit; Sous réserve des dérogations définies par la loi, le notaire est
ne pas avoir été révoqué de la fonction publique, de la magistra- tenu au secret professionnel. Il doit notamment s’abstenir de com-
ture, des forces armées ou radiées du barreau; muniquer des renseignements extraits du dossier du client, ou de
publier des documents intéressant les affaires de son office.
être reconnu d’une probité et d’une honorabilité irréprochables;
ne pas avoir été condamné, au cours des cinq dernières années,
à une peine privative de liberté égale ou supérieure à six mois fer- Section 3
mes comme auteur ou complice d’une des infractions prévues et
punies notamment par les articles 177, 211 à 213, 215 à 218, 239
Des interdictions et incompatibilités
à 268 et 300 à 302 du code pénal;
Article 20
jouir de ses droits civiques.
Il est interdit au notaire de recevoir des actes:
Article 11 1° contraires à la loi, à l’ordre public et aux bonnes mœurs;
Une ordonnance du Ministre de la Justice fixe le programme et
2° en dehors de sa circonscription, sauf dérogations prévues aux
l’organisation du concours de recrutement des aspirants notaires.
articles 29 à 31 et 81 de la présente loi;
Le Ministre procède également à la nomination de ces derniers et
détermine le nombre d’offices à pourvoir, après avis consultatif de 3° dans lesquels lui-même, ses parents ou alliés en ligne directe
l’ordre des notaires. à tous les degrés et en ligne collatérale jusqu’au quatrième degré
inclus, auraient quelque intérêt;
Article 12
4° dont la loi attribue la compétence exclusive à d’autres offi-
La formation professionnelle des aspirants notaires comportera ciers publics.
des épreuves théoriques dont la durée et le contenu seront déter-
minés par l’ordre des notaires, après approbation du Ministre de la Article 21
Justice, ainsi qu’un enseignement pratique dans l’étude d’un no- L’acte passé en violation de l’article 20/1° est nul de nullité abso-
taire désigné par l’ordre ou dans tout autre cadre approprié. lue. Celui passé en violation des autres dispositions du même arti-
Article 13 cle ne vaut que comme sous seing privé à l’égard des parties qui
l’ont signé.
Sont dispensés de l’enseignement théorique, les titulaires d’un
diplôme d’études supérieures en notariat, les professeurs de droit, Article 22
ainsi que les magistrats, les avocats et les conseillers juridiques Il est défendu au notaire, soit par lui-même, soit par personne
comptant au moins dix ans d’ancienneté, ainsi que les agents pu- interposée directement ou indirectement, sans que l’énumération
blics ayant exercé la fonction notariale pendant au moins trois ans. ci-après soit limitative:
Hormis la dernière catégorie, les personnes sus-visées accomplis-
sent néanmoins un stage pratique de six mois. 1° de se livrer habituellement à toute spéculation commerciale,
notamment à des opérations de bourse, de banque, d’escompte ou
Article 14 de courtage;
Le stage est sanctionné par un certificat d’aptitude à la profes- 2° de participer à l’administration d’une société commerciale;
sion notariale délivré par le Ministre de la Justice, sur rapport des
responsables de la formation sus-visée. 3° de faire des spéculations relatives à l’acquisition et à la vente
d’immeubles, à la cession de créances, droits successoraux, ac-
Article 15 tions, parts sociales et autres droits incorporels;
Seuls sont nommés notaires, les titulaires du certificat d’aptitu- 4° de prendre intérêt dans toute affaire pour laquelle il prête son
de à la profession notariale ou d’un titre équivalent reconnu par le ministère;
Ministre de la Justice sur avis de l’ordre des notaires. 5° de recevoir ou conserver des fonds à charge d’en servir inté-
Article 16 rêt;
Le bénéficiaire d’un office notarial devra à son prédécesseur ou 6° d’employer, même temporairement, les sommes et valeurs
à ses ayants droit une indemnité dont le montant sera librement dont il est détenteur à un titre quelconque, à un usage auquel elles
déterminé, et, en cas de besoin, par arbitrage de l’ordre des notai- ne seraient pas destinées;
res. 7° de se constituer garant ou caution, à quelque titre que ce soit,
Il sera notamment tenu compte de la clientèle, du droit au bail et des prêts qui auraient été faits par son intermédiaire ou qu’il aurait
des investissements réalisés. été chargé de constater par acte public ou privé;
8° de faire signer des billets ou reconnaissances en laissant le En cas d’association, l’un des notaires associés assume d’office la
nom du créancier en blanc; suppléance du confrère empêché ou décédé.
9° de servir de prête-nom, en aucune circonstance, même pour Article 31
des actes autres que ceux désignés ci-dessus.
Le suppléant assure, sous sa responsabilité, la gestion de l’office
Article 23 dès sa désignation, et les produits de l’étude sont partagés à la
Les fonctions de notaire sont incompatibles avec celles de ma- convenance des parties concernées.
gistrat, d’avocat, d’huissier, de greffier, ainsi qu’avec toute charge
publique rémunérée.
Toutefois, le notaire peut, à titre subsidiaire, dispenser un ensei- CHAPITRE IV
gnement correspondant à sa spécialité.
DE L’HONORARIAT
Le notaire doit faire preuve de neutralité politique et se garder
de toute opinion idéologique ou philosophique dans l’exercice de Article 32
ses fonctions.
Le notaire ayant exercé pendant au moins dix années ininter-
rompues peut être revêtu du titre de notaire honoraire.
CHAPITRE III Article 33
DE L’ASSOCIATION, DE LA SUBSTITUTION ET DE LA L’honorariat est fixé par l’ordre des notaires et homologué par le
Ministre de la Justice.
SUPPLÉANCE
Section 1
CHAPITRE V
De l’association de notaires
DE L’ORGANISATION ET DE L’ADMINISTRATION
Article 24
Les notaires titulaires d’un office peuvent s’associer pour exer- Section 1
cer leur ministère sous la forme de sociétés civiles professionnelles De l’ordre des notaires
ou de moyens régies par le droit commun. Ils prennent alors la
qualité de notaires associés. Article 34
Article 25 L’ensemble des notaires de la République compose l’ordre des
L’association doit être constatée par acte authentique reçu par notaires qui jouit de la personnalité juridique.
un tiers confrère, dont une expédition est déposée au Cabinet du Article 35
Ministre de la Justice, au greffe de la Cour d’Appel du ressort de la
circonscription notariale ainsi qu’au Bureau de l’ordre. Les membres de l’ordre choisissent parmi eux un bureau com-
prenant au moins un président, un vice-président, un secrétaire et
En outre, les statuts de la société doivent être publiés par extrait un trésorier, dont ils déterminent le mandat.
au Bulletin Officiel du Burundi ou dans un journal agréé pour re-
cevoir les annonces légales. Ils établissent un règlement intérieur qui doit être soumis pour
agrément au Ministre de la Justice
Article 36
Section 2
Le bureau constitue l’organe exécutif de l’ordre des notaires. II
De la substitution exerce les attributions suivantes:
Article 26 1° il représente et défend les intérêts de la profession;
Un notaire peut momentanément se substituer à un confrère en 2° il donne son avis sur les demandes d’admission au notariat;
vue de la réception d’un acte ou de la délivrance d’une expédition 3° il organise la formation professionnelle des aspirants notai-
ou d’un extrait, à condition que le notaire substituant soit habilité res;
à instrumenter dans le ressort du notaire substitué.
4° il fait des propositions ou donne son avis en matière de créa-
Article 27 tion, de transfert ou de suppression de charges;
La substitution ne peut avoir lieu en ce qui concerne les actes 5° il prononce ou propose des sanctions disciplinaires;
pour lesquels le notaire substitué aurait commission de justice. 6° il prévient et concilie les différends d’ordre professionnel en-
Par ailleurs, aucun titre exécutoire ne peut être délivré par un tre notaires;
notaire substituant. 7° il examine toutes réclamations de la part des tiers contre les
Article 28 notaires dans l’exercice de leurs fonctions, en vue d’un arrange-
Les actes reçus par substitution doivent figurer au répertoire des ment amiable;
deux notaires. 8° il veille à la tenue des comptabilités des notaires, constate et
fait redresser les irrégularités éventuelles ou propose des sanc-
tions disciplinaires, selon la gravité de la faute;
Section 3 9° il propose pour homologation au Ministre de la Justice le pla-
De la suppléance fond du tarif des émoluments et honoraires;
10° il accorde les certificats de moralité en cas de nomination de
Article 29 notaires honoraires.
La suppléance est la gestion de l’office, pendant une certaine pé-
riode, par un autre notaire, soit que son titulaire est en congé, soit
qu’il est dans l’impossibilité de le gérer pour cause de longue ma- Section 2
ladie, de décès ou de toute autre cause. De la déontologie et de la discipline
Article 30
La nomination du notaire suppléant a lieu par ordonnance mo- Article 37
tivée du Ministre de la Justice sur proposition de l’ordre des notai- Le notaire doit s’imposer, même dans sa vie privée, un compor-
res; la durée de la suppléance est fixée dans le même acte. tement et une attitude irréprochables.
Mesures d’exécution
– la légalisation des signatures;
– les formalités relatives à l’exhumation et au transport des res-
28 septembre 1999. – DÉCRET n° 100/123 portant tes mortels.
création d’Offices notariaux.
(B.O.B., 1999, n° 10, p. 636) Article 4
Toutes dispositions antérieures et contraires au présent décret
sont abrogées.
Article 1 Article 5
Il est créé un Office notarial respectivement à Bujumbura, Gitega Le Ministre de la Justice est chargé de l’exécution du présent dé-
et Ngozi. cret qui entre en vigueur le jour de sa signature.
Article 2
La circonscription de l’Office notarial de Bujumbura couvre le
ressort de la Cour d’Appel de Bujumbura, avec siège en Mairie de 17 septembre 1999. – ORDONNANCE MINISTÉRIEL-
Bujumbura. LE n° 550/540/549 portant modification des tarifs des
droits et taxes appliqués (au Département du Nota-
Article 3 riat et des Titres Fonciers) au Ministère de la Justice.
La circonscription de l’Office notarial de Gitega couvre le ressort (B.O.B., 1999, n° 10, p. 623)
de la Cour d’Appel de Gitega, avec siège au chef-lieu de Gitega.
Article 4
La circonscription de l’Office notarial de Ngozi couvre le ressort Note. Avant l’indépendance, le tarif des frais en matière notarial résultait de
de la Cour d’Appel de Ngozi, avec siège au chef-lieu de Ngozi. l’O.R.U. n° 111/260 du 15 décembre 1958 (B.O.R.U., p. 1119).
Cette ordonnance a été abrogée par l’O.M. n° 550/540/094/90 du 2 mars 1990 por-
tant révision et harmonisation de certains tarifs appliqués au Département du No-
Article 5 tariat et des Titres Fonciers. Le nouveau tarif ainsi fixé fut à son tour modifié par
La nomination des notaires titulaires de ces Offices s’effectuera l’O.M. n° 550/540/549 du 17 septembre 1999 portant révision des tarifs des droits et
conformément aux dispositions pertinentes de la loi n° 1/004 du taxes appliqués au Ministère de la Justice, à travers ses divers services. Nous ne re-
prenons que la seule rubrique des tarifs concernant le Département du Notariat et
9 juillet 1996. des Titres Fonciers.
Note. Voir cette loi ci-avant.
Article 1
Article 6 Les tarifs des droits et taxes appliqués au Ministère de la Justice
Le Ministre de la Justice et Garde des Sceaux est chargé de l’exé- (Département du Notariat et des Titres Fonciers) sont modifiés suivant
cution du présent décret qui entrera en vigueur le 1er janvier 2000. les taux déterminés sur le tableau en annexe.
Note. L’annexe suit ci-après.
Article 2
18 février 1983. – DÉCRET n° 100/19 portant création
d’un Département du Notariat et des Titres Fonciers Toutes les dispositions antérieures à la présente sont abrogées.
au sein du Ministère de la Justice.
Article 3
(B.O.B., 1983, n° 10-12, p. 215)
Les comptables et sous-comptables publics sont chargés de l’ap-
plication de la présente ordonnance qui entre en vigueur à partir
du 1er octobre 1999.
Note. Ce D. abroge le D. n° 100/225 du 28 octobre 1981 portant redistribution des Annexe
attributions du Département des Affaires Foncières et du Cadastre.
1. Acte notarié:
Article 1
a) Original: 7.000 Frs
Il est créé au sein du Ministère de la Justice un Département du
Notariat et des Titres Fonciers. b) Expédition authentique par page: 3.000 Frs
2. Rédaction, refonte ou correction des statuts:
Article 2
a) Sociétés commerciales: 10.000 Frs
Le Département est placé sous l’autorité d’un Directeur et est
subdivisé en autant de services que de besoin. b) Coopératives: 5.000 Frs
Baux à loyers
Baux emphytéotiques
Note. La réglementation du droit réel d’emphytéose est organisée par le livre II du code civil, à travers les articles 47 à 56.
Article 1
Tous les contrats de bail emphytéotique passés entre l’Adminis-
tration et les particuliers avant l’indépendance nationale sont rési-
liés à la date de ce jour.
Article 2
Toutes les dispositions antérieures et contraires au présent dé-
cret-loi sont abrogées.
Article 3
Le Ministre de l’Agriculture et de l’Elevage est chargé de l’exé-
cution du présent décret-loi qui entre en vigueur immédiatement.
Mesures d’exécution
Article 1
Article 1
Les terrains dont l’énumération suit, sont déclarés d’intérêt pu-
Il est crée une commission chargée expertiser les baux emphy-
blic:
téotiques sur toute l’étendue de la République du Burundi.
1. terrains de quinze hectares cinquante-cinq ares (15 ha 55 a) si-
tués à Bujumbura, inscrits au plan de lotissement de la ville sous Article 2
les numéros S.2 et S.4 et faisant l’objet du bail emphytéotique n° La commission est composée comme suit:
B.E. 238; Président: Le Directeur des Affaires Foncières et du Service to-
pographique national;
2. terrain de cinquante hectares (50 ha) situé à Mareka, arrondis-
sement de Makamba, province de Bururi, carte foncière n° 101, Vice-Président: Le Directeur du Département de l’Agronomie;
planche 2, faisant l’objet du bail emphytéotique n° B.E. 50; Membre:
– Le Directeur du Département des Affaires Juridiques et du
3. terrain de six hectares (06 ha) situé à Kayanza, arrondissement Contentieux;
de Kayanza, province de Ngozi, faisant l’objet du bail emphytéoti-
– Le Directeur des Affaires Administratives, Juridiques et Politi-
que n° B.E. 242;
ques du Ministère de l’Intérieur;
4. terrain de vingt-cinq hectares (25 ha) situé à Rurtyazo, arron- – Le Directeur du Département des Impôts;
dissement de Mwaro, province de Muramvya, faisant l’objet du – Le Directeur du Département de l’Urbanisme.
bail emphytéotique n° B.E. 188, carte foncière n° 546, planche 1;
Article 3
5. terrain de vingt-deux hectares trente-six ares (22 ha 36a) situé
à Kayenzi, arrondissement de Muyinga, province de Muyinga, La commission se réunit sur convocation de son président aussi
carte foncière n° 170, planche 3, faisant l’objet du bail emphytéoti- souvent qu’il est nécessaire, pour le règlement des affaires lui
confiées.
que n° B.E. 34;
Article 2 Article 8
Chaque bail emphytéotique fera l’objet d’un dossier séparé et
Afin de fixer l’indemnité à proposer aux différents emphytéotes d’un procès-verbal de constat de mise en valeur, constat qui servi-
dont les baux sont résiliés, le Conservateur des titres fonciers est ra de base à l’expertise. Ce procès-verbal contiendra entre autres
chargé de fixer la valeur des droits d’emphytéose. les renseignements suivants:
1. nom, prénoms, qualité de l’emphytéote;
Article 3 2. date d’octroi et de prise en cours du bail;
3. date d’expiration;
Le Conservateur des titres fonciers est chargé de notifier aux
emphytéotes, par lettre recommandée, le préavis prévu par la lé- 4. superficie concédée;
gislation en la matière. 5. superficie mise en valeur;
Article 10
La présente ordonnance entre en vigueur à la date de sa signature.
Dispositions organiques
Article 1
Le décret-loi n° 1/25 du 30 juillet 1977 relatif à la réglementation
des contrats de bail et l’ordonnance ministérielle n° 110/155 du
même jour, portant sa mesure d’application, sont abrogés.
Article 2
Le Ministre des Travaux Publics, de l’Equipement et du Loge-
ment, ainsi que le Ministre ayant le Commerce dans ses attribu-
tions, sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du
présent décret-loi qui entre en vigueur le jour de sa signature.
Mesures d’exécution
Article 1
Les loyers des immeubles, tant du secteur public que parapu-
blic, à usage d’habitation pour les Agents du Gouvernement, sont
fixés partout dans le pays à 300 Fbu par mètre carré.
Article 2
Sans préjudice des dispositions de l’article 1 ci-dessus, le loyer
maximum à payer par le Gouvernement pour un bail d’un immeu-
ble à usage d’habitation, ne peut être supérieur à 60.000 Fbu par
mois.
Article 3
Les loyers des immeubles à usage de bureau, industriel, com-
mercial et artisanal, sont soumis aux dispositions de l’article 1 ci-
dessus, mais restent en dehors du plafond apporté par l’article 2.
Article 4
La présente ordonnance ne s’applique pas aux baux conclus en-
tre particuliers qui restent soumis à la loi de l’offre et de la deman-
de entre le bailleur et le locataire.
Article 5
Toutes autres dispositions contraires à la présente ordonnance
sont abrogées.
Article 6
La présente ordonnance entre en vigueur le jour de sa signature.
Abolition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 317
Mesures d’exécution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 318
Abolition
Article 4
30 juin 1977. – DÉCRET-LOI n° 1/19 portant abolition Si le shebuja n’use pas du droit de reprise institué par l’article
de l’institution d’«ubugererwa». précédent, il abandonne ses droits au mugererwa sans prétendre à
aucune forme d’indemnité.
(B.O.B., 1977, n° 10, p. 555)
Article 5
Mesures d’exécution
tifs à l’institution de l’ubugererwa ne justifient plus le fonctionnement de la com-
mission de liquidation de l’ubugererwa».
16 octobre 1981. – DÉCRET n° 100/223 portant sup- Article 1
pression de la commission de liquidation de l’ubu- Le décret n° 100/65 du 30 juin 1977 portant composition et fonc-
gererwa. tionnement de la commission de liquidation de l’ubugererwa est
abrogé.
(B.O.B., 1982, n° 7-9, p. 132)
Article 2
Les éventuelles contestations ayant trait à l’ubugererwa seront
soumises aux autorités locales déterminées par le Ministre de l’In-
Note. En application de l’article 5 du D.-L. du 30 juin 1977 portant abolition de
térieur et suivant ses instructions.
l’ubugererwa, une commission a été mise sur pied par le D. n° 100/65 du 30 juin
1977 qui en déterminait la composition et le fonctionnement (B.O.B., 1977, n° 10,
p. 588). Article 3
Le mandat de la commission a duré plus de quatre ans et le D. du 16 octobre 1981 Le Ministre de l’Intérieur est chargé de l’exécution du présent
a mis fin à la commission, le préambule de ce décret précisant que «les litiges rela- décret qui entre en vigueur le jour de sa signature.
Dispositions organiques
Note. Par erreur, le texte de l’article 5 renvoie aux articles 4 et 5, mais c’est de toute
évidence aux articles 3 et 4. Par ailleurs, le modèle de la déclaration dont il est ques-
10 juillet 1970. – DÉCRET-LOI n° 1/48 organisant la tion dans cet article 5 est fixé par l’O.M. n° 110/132 du 16 octobre 1970, reproduite
plus loin.
tutelle des enfants confiés aux orphelinats officiels
et privés. Article 6
(B.O.B., 1970, n° 8, p. 217) La délation de la tutelle est soumise aux conditions suivantes:
1. le pupille ne peut être âgé de moins de quatre ans accomplis;
2. le pupille doit avoir séjourné pendant six mois au moins à l’or-
phelinat, à compter de la date de la déclaration dont question aux
Article 1 articles 3 à 5 du présent décret-loi;
La tutelle des enfants confiés aux orphelinats officiels et privés 3. le tuteur ne peut être âgé de moins de vingt-cinq ans ou de
peut être déférée conformément aux dispositions du présent dé- plus de cinquante-cinq ans;
cret-loi.
4. la différence d’âge entre le tuteur et le pupille doit être de dix
ans au moins;
Article 2
5. les personnes mariées ne peuvent accepter la tutelle d’un pu-
La tutelle déférée conformément aux dispositions du présent pille que moyennant l’autorisation de leur conjoint.
décret-loi produit les mêmes effets que la tutelle coutumière.
Note. L’unification des règles écrites et coutumières par le D.-L. n° 1/1 du Article 7
15 janvier 1980 portant code des personnes et de la famille, et reconfirmée par la
suite par le D.-L. n° 1/024 du 28 avril 1993 portant réforme du code précité, rend
Les actions en délation de la tutelle sont de la compétence des
actuellement la référence à la tutelle coutumière anachronique et sans objet. Quelle tribunaux de province. Le tribunal compétent est celui du lieu de
qu’en soit la variante, la tutelle est organisée par les dispositions des articles 299 l’orphelinat.
à 334, et c’est aux effets résultant de ces dispositions qu’il faut se référer. Note. La L. n° 1/004 du 14 janvier 1987 qui a réformé le code portant organisation
et compétence judiciaires en vigueur au moment du décret-loi organisant la tutelle
des enfants confiés aux orphelinats, a supprimé les tribunaux de province et donné
Article 3
compétence, en son article 9, c, aux tribunaux de résidence, pour connaître, en pre-
Lors de l’entrée d’un enfant dans un orphelinat, la direction de mier ressort, des questions relatives au droit des personnes et de la famille.
l’établissement invite la personne qui exerce la puissance parenta- En réformant à son tour le code de l’organisation et de la compétence judiciaires du
le ou qui assure la garde, de droit ou de fait, à souscrire une décla- 14 janvier 1987, la L. n° 1/08 du 17 mars 2004 (B.O.B., 2005, n° 3quater) reconfirme
ration aux termes de laquelle cette personne reconnaît avoir été en son article 12, d, la compétence des tribunaux de résidence pour connaître, en
premier ressort, des questions relatives au droit des personnes et de la famille, sauf
informée que la tutelle de l’enfant confié à l’orphelinat pourra être
dérogation particulière qui serait expressément réservée par la loi. Or aucune ex-
déférée aux conditions prévues par le présent décret-loi, et que cet- ception ne concerne la tutelle en la matière.
te tutelle produira tous les effets prévus par la coutume nationale.
Note. En ce qui concerne le renvoi à la coutume nationale, voir la note sous Article 8
l’article 2 ci-avant.
Les demandes en délation de tutelle sont établies conjointement
Pour les enfants confiés à un orphelinat avant l’entrée en vi- par la personne qui dirige l’orphelinat et par le tuteur.
gueur du présent décret-loi, la direction de l’établissement pour-
voira, dans le plus bref délai, à l’établissement de la déclaration
Article 9
dont question à l’alinéa précédent.
Le tribunal ne défère la tutelle qu’après avoir constaté qu’aucun
Lorsque la personne qui exerce la puissance parentale sur l’en- des parents de l’enfant n’est disposé à assurer sa tutelle, vérifié
fant ou qui en assure la garde, de droit ou de fait, est illettrée, elle l’existence des conditions mentionnées à l’article 6 du présent dé-
appose 1’empreinte de son pouce droit au bas de la déclaration, la- cret-loi et s’être assuré que la moralité et les revenus du tuteur le
quelle est contresignée par deux témoins majeurs et étrangers à mettent en mesure de pourvoir correctement à l’entretien et à
l’administration de l’orphelinat. l’éducation du pupille.
Article 4 Article 10
La déclaration visée à l’article 3 est établie devant l’administra- Tout jugement déférant la tutelle doit, dans un délai d’un an et à
teur communal du lieu de l’orphelinat. L’administrateur atteste au la diligence du tuteur, être confirmé par le tribunal qui a déféré la
bas de la déclaration que le souscripteur de celle-ci a effectivement tutelle.
reçu les informations mentionnées au premier alinéa de l’article
Si, un an après le prononcé du jugement, le tuteur reste en dé-
précédent.
faut d’en demander la confirmation, le président du tribunal com-
pétent inscrit d’office l’affaire au rôle.
Article 5 Le tribunal ne confirme la tutelle qu’après s’être assuré que le
Le modèle de la déclaration visée aux articles 4 et 5 du présent pupille jouit, auprès du tuteur, de conditions favorables à l’épa-
décret-loi est fixé par ordonnance du Ministre des Affaires socia- nouissement de sa personnalité. A cette occasion, le tribunal est
les. tenu d’entendre le pupille.
Mesures d’exécution
Article 9
7 juin 1973. – ORDONNANCE MINISTÉRIELLE L’entretien des enfants orphelins de mère seulement est égale-
ment à charge de l’orphelinat qui les héberge.
n° 630/83 fixant les conditions d’admission des en-
fants dans les orphelinats publics et privés. Toutefois, le père de l’enfant est tenu de verser à la direction de
l’orphelinat, une contribution aux frais d’entretien d’un montant
(B.O.B., 1973, n° 7, p. 168) de cinquante francs par mois au moins. Au cas où l’intéressé se
trouve dans l’impossibilité de verser cette contribution, la direc-
tion de l’orphelinat peut l’autoriser à la remplacer par une contri-
bution en nature.
Article 1
Les dispositions de la présente ordonnance s’appliquent à tous Article 10
les orphelinats de la République, tant publics que privés. Les contributions en espèces et en nature prévues à l’article pré-
cédent doivent être mensuellement et ponctuellement fournies à
Article 2 l’orphelinat par les débiteurs, sans mise en demeure, ou rappel. La
direction de l’orphelinat est habilitée à provoquer la fourniture des
Ne peuvent être admis dans les orphelinats que les enfants ap- contributions arriérées par toutes voies de droit, tant judiciaires
partenant à l’une des catégories ci-dessous: qu’administratives.
a) les orphelins de père et de mère;
Les autorités judiciaires et administratives et plus particulière-
b) les enfants abandonnés; sont considérés comme tels les en- ment les autorités communales, fourniront aux directions d’orphe-
fants dont le père et la mère ne sont pas connus ou n’ont pas de ré- linat toute l’aide nécessaire pour assurer à celles-ci la due
sidence connue; les enfants abandonnés perdent leur qualité fourniture des contributions auxquelles les pères des enfants ad-
lorsque la résidence de leur père, de leur mère ou de leurs père et mis dans un orphelinat sont tenus, en vertu des dispositions de la
mère vient à être connue. présente ordonnance.
Article 3 Article 11
Les orphelins de père et de mère ainsi que les enfants abandon- Tout départ d’un enfant hébergé dans un orphelinat donne lieu
nés sont admis dans les orphelinats jusqu’à l’âge de dix-huit ans à l’établissement d’un constat de sortie approuvé par deux té-
accomplis. moins.
Le modèle de ce constat est fixé sous l’annexe 1 de la présente or-
Article 4 donnance, en ce qui concerne les enfants qui ont atteint l’âge de
Les orphelins de mère seulement sont admis dans les orpheli- dix-huit ans accomplis, et sous l’annexe 2 en ce qui concerne les en-
nats si, en raison de leur âge, ils réclament des soins que le père est fants plus jeunes.
incapable de leur assurer; leur hébergement prend fin en tout état Note. Pour les annexes 1 et 2 dont il est question ci-avant, voir leurs modèles et
de cause, lorsqu’ils atteignent l’âge de cinq ans accomplis; ils sont contenu dans le B.O.B., 1973, n° 7, p. 169.
alors remis à leur père.
Chaque constat est dressé en quatre exemplaires; le premier
exemplaire est adressé au département de l’Assistance Sociale, le
Article 5 deuxième exemplaire est adressé au procureur de la République
Les orphelins de père seulement, ne peuvent jamais être admis dans le ressort duquel l’orphelinat est établi, le troisième exem-
dans les orphelinats. plaire est remis à la personne qui quitte l’orphelinat ou, si elle n’a
pas atteint l’âge de dix-huit ans, à la personne à qui elle est confiée
lors de la sortie, le quatrième et dernier exemplaire est conservé
Article 6 dans les archives de l’orphelinat.
Lorsque la résidence de la mère d’un enfant abandonné et admis
dans un orphelinat vient à être connue, l’enfant est remis à sa mère Article 12
quel que soit son âge, sauf si la direction de l’orphelinat estime que
la santé physique de l’enfant serait ainsi exposé à un danger grave; La présente ordonnance entre en vigueur le jour de sa publica-
ce cas échéant, l’enfant continue d’être hébergé à l’orphelinat jus- tion par voie d’affichage.
qu’à ce que tout danger ait disparu; en aucun cas, la continuation L’affichage a eu lieu le 18 juillet 1973.
de l’hébergement ne peut se prolonger, lorsque l’enfant a atteint
l’âge de cinq ans accomplis.
Lorsque la résidence du père d’un enfant abandonné et admis
dans un orphelinat vient à être connue la résidence de la mère res- 16 octobre 1970. – ORDONNANCE MINISTÉRIELLE
tant inconnue, l’enfant est remis à son père s’il a atteint l’âge de n° 110/132 portant modèle de la déclaration à établir
cinq ans accomplis; s’il n’a pas atteint cet âge, il reste hébergé à lors de l’entrée d’un enfant dans un orphelinat.
l’orphelinat jusqu’à son cinquième anniversaire.
(B.O.B., p. 355)
Article 7
Les enfants actuellement hébergés dans les orphelinats en
contravention des dispositions des articles 2 à 6 de la présente or- Article 1
donnance seront remis à leur père ou à leur mère dans un délai de
trois mois à compter de la date d’entrée en vigueur de la présente Le modèle de la déclaration visée aux articles 4 et 5 du décret-loi
ordonnance. n° 1/48 du 10 juillet 1970 est celui annexé à la présente ordonnance
ministérielle.
Article 8 Note. En ce qui concerne le renvoi aux articles 4 et 5 du D.-L. n° 1/48 qui a été relevé
plus haut, voir la note figurant sous l’article 5 du D.-L. du 10 juillet que nous avons
L’entretien des enfants orphelins de père et de mère et des en- relevé plus haut. Quant à l’annexe annoncée par l’article 1 ci-dessus, voir le B.O.B.,
fants abandonnés est à charge de l’orphelinat qui les héberge. 1970, p. 356.
État civil
Article 3
29 avril 1980. – ORDONNANCE MINISTÉRIELLE Les officiers de l’état civil ont comme collaborateurs techniques
des agents de l’état civil chargés d’établir les différents actes et les
n° 530/102 — Création des bureaux d’état civil. bulletins statistiques.
Article 4
Modifiée par:
Le gouverneur de province ou son conseiller chargé des affaires
– O.M. n° 530/229 du 22 septembre 1980 portant désignation des officiers d’état ci-
vil et officiers d’état civil adjoints, dans la commune urbaine de Bujumbura (B.O.B.,
administratives et politiques, sont chargés de l’exécution de la pré-
1980, n° 12, p. 404); sente ordonnance, conformément au décret-loi n° 1/1 du 15 janvier
– O.M. n° 530/51 du 12 mars 1981 complétant l’O.M. précitée (B.O.B., 1981, n° 8,
1980.
p. 367); Note. Le D.-L. du 15 janvier 1980 auquel il est fait référence organisait le code des
– O.M. n° 530/327 du 4 novembre 1988 portant désignation des officiers d’état civil personnes et de la famille. Il y était pris appui parce que ce code contenait des dis-
dans la commune urbaine de Bujumbura (B.O.B., 1988, n° 12, p. 266). positions régissant les bureaux et les actes de l’état civil. Le code des personnes et
de la famille résultant du D.-L. du 15 janvier 1980 a été réformé par le D.-L. du
Article 1 24 avril 1993, qui a lui-même consacré plusieurs dispositions à l’organisation des
bureaux et aux actes de l’état civil (voir le titre IV, à partir de l’article 24 du code
Il est créé un bureau de l’état civil au chef-lieu de la commune.
réformé).
Article 2
Article 5
Les administrateurs communaux sont désignés en qualité d’offi-
cier de l’état civil dans la commune de leur ressort. La présente ordonnance entre en vigueur le jour de sa signature.
(O.M. n° 530/229 du 20 septembre 1980, article 1er). — Le commis-
saire et le commissaire-adjoint de Bujumbura sont désignés offi-
ciers de l’état civil.
1er octobre 1968. – ORDONNANCE MINISTÉRIELLE
(O.M. n° 530/51 du 22 mars 1981, article 1er). — En cas d’absence
ou d’empêchement de l’administrateur communal, le commissaire n° 100/151 portant organisation du bureau d’état ci-
d’arrondissement dont relève la commune peut exercer les fonc- vil pour étrangers à Bujumbura.
tions d’officier de l’état civil. (B.O.B., p. 428)
(O.M. n° 530/327 du 4 novembre 1988, article 1er). — Sont dési-
gnés officiers de l’état civil les conseillers du maire.
Note. Les alinéas 2 et 4 de l’article 2 ci-dessus, tel que cet article a été modifié, ne
concerne que la commune de Bujumbura exclusivement. Le préambule de l’ordon- Note. Cette O.M. a été implicitement abrogée par l’O.M. du 29 avril 1980 ci-avant.
nance de 4 novembre 1988 précisait d’ailleurs que cette ordonnance a été prise en Cette dernière a créé un bureau d’état civil au chef-lieu de chaque commune et a
considération «des particularités de la commune urbaine de Bujumbura». soumis ainsi tous les habitants du territoire national à s’adresser à l’état civil ainsi
Par ailleurs, il importe de préciser que les fonctions de commissaire et de commis- organisé, rendant en conséquence inutile l’existence d’un bureau d’état civil initia-
saire-adjoint d’arrondissement ont été implicitement supprimées par le D.-L. lement réservé aux étrangers.
n° 1/29 du 24 septembre 1982 portant délimitation des provinces et des communes
(voir infra Organisation politique et administrative). ...
Hypothèques
Mesures d’exécution
Article 5
La désignation des personnes dont les noms doivent figurer
15 mai 1922. – ARRÊTÉ ROYAL — Inscriptions-For- dans une inscription se fait par la mention de leurs nom, prénoms,
malités. profession ou qualité, domicile ou résidence, et, éventuellement,
(B.O., 1922, p. 513) de leur domicile d’élection.
Article 6
Le conservateur appose la date d’inscription ainsi que sa signa-
Rendu exécutoire au Burundi par O.R.U., n° 9 du 8 mars 1927 (B.O.R.U., p. 265) ture immédiatement à la suite de l’inscription.
Note. Le D. du 15 mai 1922 portant régime hypothécaire a été repris et intégré dans
le code foncier par la L. du 1er septembre 1986 qui a abrogé en conséquence le dé- Article 7
cret précité.
Les rectifications et renvois sont approuvés et signés par le
Actuellement l’article 213 du code foncier qui a repris l’article 74 du décret hypo-
thécaire abrogé, renvoie pour ce qui concerne les formalités des inscriptions, des conservateur.
radiations et de toutes les autres mentions ou annotations hypothécaires, à une or- Aucune rectification par rature ou renvoi ne peut être apportée
donnance du Ministre ayant les titres fonciers dans ses attributions. aux inscriptions après que les formalités ont été clôturées.
L’article 74 de l’ancien décret hypothécaire renvoyait, quant à lui, à l’A.R. du
15 mai 1922 qui régissait la matière des formalités susmentionnées et qui, à ce jour,
Si une erreur est constatée ultérieurement, le conservateur peut
n’a été relayé par aucun autre texte légal. L’ordonnance ministérielle à laquelle ren- la rectifier à la date courante par un article motivé. Dans ce cas,
voie l’article 213 n’a pas encore été instituée pour remplacer l’A.R. du 15 mai 1922 l’article de rectification est mentionné au registre-journal.
sur la même matière, si bien que les dispositions de cet arrêté royal restent d’appli-
cation.
Article 8
Voir la note sous l’article 213 du code civil, livre II, partie relative au code foncier.
Lorsqu’une inscription a quelque rapport avec une inscription
Article 1 antérieure, il est établi une référence, de l’une à l’autre, par l’indi-
cation, dans l’inscription nouvelle, du numéro d’ordre de l’ins-
Toutes les inscriptions auxquelles la constitution, le renouvelle-
cription antérieure et, en marge de l’inscription antérieure, du
ment, la transmission ou l’extinction d’une charge réelle sur un im-
numéro d’ordre de l’inscription nouvelle.
meuble enregistré donnent lieu; toutes les inscriptions dont
l’existence ou l’extinction d’un droit d’obligation relatif à un im-
meuble enregistré doit être l’objet pour être opposable aux tiers; Article 9
toutes les mentions qui se rapportent à ces inscriptions, sont por- Lorsque l’espace réservé aux inscriptions sur le certificat est
tées dans un ordre successif, déterminé par leur date, au verso du complètement rempli, celles-ci sont continuées dans un registre de
certificat d’enregistrement de l’immeuble que ces inscriptions suite, avec les références nécessaires.
concernent.
Il en est de même en cas de concession d’emphytéose et de super- Article 10
ficie sur une terre domaniale non enregistrée; pour toutes les ins- L’extrait du certificat d’enregistrement du bien grevé, à publier
criptions relatives à la transmission du droit d’emphytéose et de au Bulletin officiel en conformité avec l’article 67, alinéa 4, du décret
superficie; à la constitution, au renouvellement ou à l’extinction, du 15 mai 1922 indique, au minimum:
soit d’une hypothèque, soit d’une servitude; à l’existence ou à l’ex-
tinction d’un droit d’obligation dont l’inscription est requise pour 1° la conservation des titres fonciers des registres de laquelle
être opposable aux tiers; ainsi que pour les mentions qui se rappor- l’extrait est délivré;
tent à ces inscriptions. 2° le certificat d’enregistrement sur lequel est inscrit le bien im-
Note. Le droit de superficie n’a pas été repris par le code foncier, comme faisant mobilier grevé de l’hypothèque: par la mention du numéro du re-
partie de la gamme des droits réels à caractère foncier. L’exposé des motifs du code gistre dans lequel ce certificat est inscrit et du folio sur lequel il
foncier semble considérer que ce droit est une variante d’emphytéose, ce qui n’est figure;
pas tout à fait exact, eu égard aux prérogatives classiques contenues dans l’un et
dans l’autre droit réel considéré. 3° la situation, la description et la superficie du bien immobilier
sur le certificat d’enregistrement duquel l’hypothèque est inscrite;
Article 2 4° le droit grevé de l’hypothèque (propriété, droit d’emphytéo-
se, de superficie, etc.);
Les inscriptions et les mentions sont précédées d’un numéro
d’ordre. Elles reproduisent la date de la remise des pièces ainsi que 5° la société ou association propriétaire de l’immeuble ou titulai-
le numéro sous lequel cette remise est constatée au registre-journal re du droit immobilier grevé de l’hypothèque: par la mention de sa
prévu par l’article 46 du décret du 6 février 1920. dénomination sociale et de son siège social et, si le propriétaire de
l’immeuble ou le titulaire du droit immobilier à grever est une per-
Note. Le D. du 6 février 1920 qui formait le titre 3 régissant la transmission de la sonne physique, par ses nom, prénoms, profession et domicile;
propriété immobilière au sein de l’ancien livre II du code civil, a été repris et incor-
poré dans le code foncier du Burundi. Actuellement, le registre-journal dont il est 6° dans le dernier cas prévu in fine du 5° ci-dessus, la date de
question dans l’article 2 ci-dessus, est prévu par l’article 19, 4°, du code foncier. l’acte en vertu duquel le propriétaire de l’immeuble ou le titulaire
du droit immobilier grevé de l’hypothèque, a consenti à grever son
Article 3 bien en garantie des obligations de la société, la désignation de
l’officier public dont cet acte émane, la nature de la convention, ses
Si un même acte donne lieu à l’inscription de différents chefs, éléments principaux, les conditions et le terme prévus;
chaque inscription est effectuée sous un numéro distinct.
7° les hypothèques primant celle inscrite pour sûreté de l’em-
prunt réalisé ou à réaliser: par la mention de la date de leur inscrip-
Article 4 tion et, le cas échéant, de leur renouvellement; par la désignation
Les inscriptions sont écrites lisiblement, au moyen d’une encre précise des créanciers hypothécaires et des sommes pour lesquel-
indélébile, sans abréviation, blanc, lacune, intervalle, surcharge ni les l’inscription a été prise; par l’indication des conditions des obli-
grattage; elles énoncent en toutes lettres les sommes, les quantités gations garanties par ces hypothèques, de l’époque de l’exigibilité
et les dates. des sommes dues à titre de capital, ainsi que du taux des intérêts
stipulés; le cas échéant, l’extrait mentionne l’existence de la clause civil, l’article 56 dont il est question dans l’article 3 ci-dessus, est devenu
à ordre ou de la stipulation de voie parée; l’article 349 au sein du code foncier résultant de la loi du 1er septembre 1986.
Rendu exécutoire au Burundi par O.R.U., n° 9 du 8 mars 1927 (B.O.R.U., p. 265). Article 5
Modifié par l’A.R. du 20 décembre 1955 (B.O., 1956, p. 107) rendu exécutoire par L’ordonnance autorisant la vente est signifiée au débiteur, et, le
l’O.R.U. n° 42/60 du 24 avril 1956 (B.O.R.U., p. 354). cas échéant, au tiers détenteur.
Article 1 Copie, certifiée conforme par le greffier, en est, en outre, en-
voyée, sous pli recommandé ou contre accusé de réception, par le
La vente en vertu de la clause de voie parée doit être précédée créancier poursuivant, au Conservateur des titres fonciers.
d’un commandement signifié au débiteur, de payer la somme due,
dans un délai qui ne peut être inférieur à quinze jours. Dès réception de ce document, le conservateur fait inscription
de l’autorisation sur le certificat d’enregistrement de l’immeuble.
Le commandement énoncera que, faute de paiement, il sera pro-
cédé aux formalités tendant à l’expropriation de l’immeuble dont
l’indication sera donnée dans ce commandement. Article 6
Nonobstant l’autorisation de faire vendre, le débiteur, ou, le cas
A moins que le créancier n’ait déjà élu domicile dans la localité
échéant, le tiers détenteur, s’il n’a pas déjà loué ou affermé l’im-
qui constitue le siège du tribunal de première instance prévu à
meuble, restera, en qualité de séquestre judicaire, en possession de
l’article 4, l’exploit contiendra élection de domicile dans cette loca-
celui-ci, à moins que, sur citation, il n’en soit autrement ordonné
lité.
par le tribunal.
Si l’immeuble a été transmis à un tiers, la vente doit, en outre,
Les fruits perçus et les loyers et fermages échus postérieurement
être précédée d’une sommation, signifiée à ce tiers avec copie du
à la signification de l’ordonnance du juge autorisant la vente, se-
commandement, d’avoir à payer, dans un délai qui ne peut être in-
ront immobilisés pour être distribués aux créanciers avec le prix de
férieur à deux mois depuis le commandement au débiteur et la
l’immeuble.
sommation au tiers détenteur.
Les fruits naturels ou industriels seront vendus de la manière
Le commandement et la sommation sont signifiés à personne ou
déterminée par le juge et dans le délai fixé par lui.
à domicile réel ou élu, et selon le mode prescrit pour les citations.
Le prix des fruits vendus ainsi que les loyers et fermages échus
Note. Actuellement, le tribunal dont il est question à l’alinéa 3 de l’article précé-
dent est dénommé «tribunal de grande instance». seront déposés entre les mains de l’officier public chargé de la ven-
te de l’immeuble.
Article 2
Article 7
Si le commandement contient l’indication prévue par
l’article 1er, alinéa 2, le créancier a la faculté de faire procéder, par Tout créancier y ayant droit, peut saisir les fruits naturels, im-
le Conservateur des titres fonciers, à l’inscription de ce comman- mobilisés en vertu de l’article précédent, ainsi que les autres biens
dement et, le cas échéant, de la sommation, sur le certificat de l’im- immeubles par destination ou par incorporation, lorsqu’ils ont été
meuble. déplacés sans son consentement depuis la signification de l’ordon-
nance du juge, pourvu que l’action en revendication soit exercé
Ce fonctionnaire procède à l’inscription sur la production de la dans le délai de trente jours depuis leur déplacement.
copie de l’exploit.
Il peut, même après ce délai, faire valoir ses droits sur le prix
payé des biens déplacés, comme aussi sur les loyers et les fermages
Article 3 frappés d’immobilisation.
Les baux qui n’ont pas date certaine avant le commandement Toute déclaration, en quelque forme qu’elle soit faite, par la-
ou, le cas échéant, avant la sommation, pourront, suivant les cir- quelle le créancier fait connaître au tiers ses prétentions sur les
constances, être annulés, si les créanciers le demandent. créances visées à l’alinéa précédent, vaut opposition.
Sont nuls les baux conclus depuis l’inscription du commande-
ment ou, le cas échéant, de la sommation. Article 8
Sans préjudice aux effets de l’opposition au droit du propriétai- Dans la quinzaine de la communication qui lui est faite de l’or-
re, prévue par l’article 56 du décret sur la transmission de la proprié- donnance autorisant la vente, le Conservateur des titres fonciers
té immobilière, le Conservateur des titres fonciers, dès le jour où il dresse le cahier des charges de la vente.
doit procéder à l’inscription prévue à l’article 2 du présent arrêté, Celui-ci contient:
refusera toute mutation de l’immeuble ou toute inscription de
droits réels sur cette immeuble. 1° l’énonciation du titre en vertu duquel il est procédé à la vente
et de la date du commandement;
Note. Le code foncier ayant repris l’ancien décret du 6 février 1920 sur la transmis-
sion de la propriété immobilière qui formait le titre 3 de l’ancien livre II du code 2° la désignation précise de l’immeuble;
3° les conditions générales et spéciales de la vente; pas lui-même pris l’initiative de saisir le tribunal de la contesta-
4° la localité, l’endroit, la date et l’heure de l’adjudication; tion, sont assignées pour entendre statuer sur le mérite des obser-
vations, devant le tribunal de première instance dont le juge a
5° la délégation du prix au profit des créanciers. autorisé la vente.
Le cahier des charges ne peut indiquer, comme localité où la Le tribunal prononce sans opposition ni appel.
vente doit avoir lieu, que le siège de la conservation des titres fon- Note. Voir l’observation faite précédemment sous l’article 4, en ce qui concerne le
ciers ou que le siège de l’office notarial dans le ressort desquels tribunal visé dans l’article qui précède.
l’immeuble est situé.
Article 16
Article 9
Nonobstant la disposition formant l’alinéa 3 de l’article 4, dans
Le conservateur effectue le dépôt du cahier des charges dans son le cas où, d’après le cahier des charge ou la décision du tribunal, la
bureau et en transmet un double à l’office notarial dans le ressort vente doit avoir lieu dans une localité qui est le siège d’un office
duquel l’immeuble est situé, à moins que cet office ne soit institué notarial, sans être celui de la conservation des titres fonciers, le
dans la même localité que la conservation des titres fonciers. conservateur, avec l’autorisation du juge, peut déléguer au notaire
de cette localité, la mission de procéder à la vente.
Article 10 Celui-ci pourra subdéléguer ses pouvoirs à une autre personne
Invitation est faite par le Conservateur des titres fonciers à tous résidant dans la même localité.
les créanciers ayant hypothèque sur l’immeuble, aux créanciers
chirographaires qui lui auraient signifié le commandement, au dé- Article 17
biteur et, éventuellement, au tiers détenteur, de prendre commu- Si le créancier laisse écouler plus de huit mois entre le comman-
nication du cahier des charges, soit à la conservation des titres dement ou, le cas échéant, entre la sommation et la vente, il sera
fonciers, soit, le cas échéant, à l’office notarial que l’invitation indi- tenu de signifier de nouveaux exploits.
quera, de formuler éventuellement leurs observations à la conser-
vation des titres fonciers quant aux clauses et conditions insérées
dans le cahier des charges et d’assister à la vente, si bon leur sem- Article 18
ble. La vente a lieu publiquement aux enchères.
Cette invitation est signifiée suivant les règles prescrites pour les S’il n’y a pas eu d’adjudication provisoire et si un créancier ou le
citations. débiteur estime que le prix offert est insuffisant, l’adjudication dé-
La signification aux créanciers se fait au domicile élu par eux et, finitive sera remise à une date ultérieure qui ne pourra être fixée
à défaut de domicile élu, au procureur du Roi près le tribunal dont par l’officier public à plus de quinze jours après la première séance
le juge qui a autorisé la vente, fait partie. d’adjudication.
Note. Il s’agit actuellement du procureur de la République, dans le dernier alinéa L’annonce de la remise, avec indication du jour, en séance publi-
de l’article précédent. que, par l’officier instrumentant, vaudra signification d’invitation
pour toutes les parties visées à l’article 10.
Article 11
Article 19
Les observations doivent être faites ou parvenir au Conserva-
teur des titres fonciers avant l’expiration du délai accordé à la per- Les frais de la poursuite et de la vente qui ne sont pas prévus par
sonne qui, parmi toutes celles auxquelles l’invitation a été les dispositions légales sont taxés par le juge du tribunal qui a
signifiée, bénéficie du plus long délai. autorisé la vente.
Il est calculé à partir du jour de la signification de l’invitation et
suivant les règles prévues pour les citations. Article 20
Si les formalités légales prévues au présent arrêté n’ont pas été
Article 12 observées, celui contre lequel la poursuite en expropriation est
exercée, peut intenter l’action en nullité de la vente.
Les observations sont faites, soit par déclaration au Conserva-
teur des titres fonciers qui en dresse acte dans son cahier des char- L’action en nullité doit, à peine de déchéance, être intentée et
ges et les fait signer par le déclarant, soit par lettre dûment son exercice notifié au Conservateur des titres fonciers dans la hui-
légalisée et envoyée au Conservateur des titres fonciers sous pli taine de l’adjudication ou, si celui auquel cette action appartient
fermé, mais à découvert, recommandé à la poste, avec accusé de n’a pas assisté à la vente, dans la huitaine du jour où l’adjudication
réception, ou remis par un messager ordinaire contre récépissé. lui a été signifiée.
Le conservateur, dès la réception de la lettre, l’annexe au cahier En cas de force majeure, le délai pour l’exercice de l’action pour-
des charges et mentionne sur celui-ci l’existence de la lettre. ra être prolongé par décision du juge. Notification de cette déci-
sion sera faite au Conservateur des titres fonciers par la personne
qui l’aura obtenue.
Article 13
Pour les personnes qui ne seraient pas domiciliées dans la loca- Article 21
lité où la conservation des titres fonciers est constituée, ou qui n’y
auraient pas déjà élu domicile, les observations doivent être ac- La mutation de la propriété ne pourra être opérée qu’après les
compagnées ou suivies d’une élection de domicile dans cette loca- délais accordés pour exercer l’action en nullité et, en cas d’exercice
lité, à défaut de quoi, toutes les significations auxquelles les de celle-ci, qu’après un jugement passé en force de chose jugée, va-
observations peuvent donner lieu seront faites au procureur du lidant la vente.
Roi.
Note. Voir l’observation faite sous l’article 10 ci-avant. Article 22
Si, dans les trois mois de la notification prévue à l’article 48,
Article 14 alinéa 3, du décret du 15 mai 1922 sur les hypothèques, le conser-
vateur a reçu quelque opposition de la part des créanciers, il sur-
S’il y a des observations au cahier des charges, le Conservateur seoit à la radiation et renvoie les parties à se pourvoir devant le
des titres fonciers surseoit à toute opération et renvoie les parties à tribunal de première instance.
se pourvoir devant le tribunal.
Les questions d’ordre seront réglées ainsi qu’il est prévu par
l’article 21 de l’ordonnance du 12 novembre 1886 sur la saisie im-
Article 15 mobilière.
A la requête de la partie la plus diligente, toutes les autres par- Note. Voir, pour le tribunal actuellement compétent, la note sous l’article 4 du pré-
ties invitées, ainsi que le Conservateur des titres fonciers, s’il n’a sent arrêté. Par ailleurs, la saisie immobilière reste toujours régie par l’Ord. du
12 novembre 1886. Voir ce texte dans la partie du code, consacrée aux «Disposi- Les honoraires et débours de l’administrateur sont fixés par tri-
tions diverses». bunal et prélevés sur le produit de la vente.
Article 23. (A.R. du 20 décembre 1955): Note. L’alinéa 2 de l’article qui précède fait référence aux articles 71 et 72 de l’an-
Si le titulaire d’un droit figurant au livre d’enregistrement ne cien livre I du code civil. Ces dispositions régissaient alors les pouvoirs de l’admi-
peut être atteint par un des actes de la procédure, celle-ci se pour- nistrateur désigné par le tribunal, en cas d’absence, pour assurer l’administration
des biens de la personne placée sous le régime de la présomption d’absence. Ac-
suit contre un administrateur des biens à mettre en vente, nommé tuellement et sous l’empire du D.-L. du 28 avril 1993 portant réforme du code des
par le tribunal sur requête du créancier. personnes et de la famille, le régime de la présomption d’absence est organisé par
L’administrateur représente le débiteur dans toutes les phases les articles 51 à 63 formant le chapitre 1 du titre V du code précité.
de la procédure; les articles 71 et 72 du livre du code civil intitulé Par ailleurs le même alinéa 2 de l’article précédent fait référence à la Caisse d’épar-
«Des personnes» lui sont applicables. Il recueille éventuellement le gne du Congo belge et du Ruanda-Urundi qui n’existe plus et qui n’a d’ailleurs pas
solde des biens vendus et le consigne au nom du débiteur ou de ses d’équivalent actuellement au Burundi.
ayants droit [à la Caisse d’épargne du Congo belge et du Ruanda-Urun- L’idée essentielle à retenir est que le solde doit être tenu à la disposition du débi-
di]. teur ou de ses ayants droit.
Nationalité
Dispositions organiques
– juridiction compétente, 34.
– publication (du jugement), 36, 37.
18 juillet 2000. – LOI n° 1/013 portant réforme du – recours, 34.
Code de la nationalité. Double nationalité :
(B.O.B., 2000, n° 8bis, p. 579)
– conditions, 21-25.
– définition, 1.
– effets -, 26-29.
Nationalité :
– définition, 1.
INDEX ALPHABÉTIQUE Naturalisation :
Acquisition : – commission consultative, 8.
– par décision de l’autorité publique, 6-8, 18-20. – compétence, 18.
– par déclaration, 4, 10-12. – définition, 1.
– par option, 4, 5, 13, 14. – effets, 9, 20.
– par présomption légale, 3. – frais, 19.
Attribution : – inscription -, 20.
– enfant légitime, 2. – publication, 20.
– enfant naturel, 2. – requête, 7, 18, 20.
Certificat de nationalité, 46. Perte de la nationalité :
Contentieux de la nationalité :
– action, 44. – déchéance, 33-35.
– autorité de la chose jugée, 45. – renonciation, 30-32.
– compétence, 43. Procédure d’acquisition, 10-20.
– privilège du préalable, 42. Recouvrement de la nationalité :
– procédure, 43. – conditions, 38.
– recours, 43. – frais, 40.
Déchéance (de la nationalité) : – Procédure, 39.
– causes, 33. – publication, 41.
– effets du jugement, 37. Registre-répertoire des actes, 16, 20, 29, 32, 36, 41, 45.
CHAPITRE I a) l’enfant légitime né, même en pays étranger, d’un père ayant
la qualité de burundais au jour de la naissance ou, si le père est dé-
DES DÉFINITIONS cédé avant la naissance de l’enfant, au jour du décès;
b) l’enfant naturel, quelle que soit sa filiation maternelle, qui fait
Article 1 l’objet d’une reconnaissance volontaire, d’une légitimation ou
Aux fins de la présente loi, les termes ci-après ont la signification d’une reconnaissance judiciaire établissant sa filiation avec un pè-
suivante: re burundais;
1. la nationalité est le lien juridique et politique qui rattache un c) l’enfant naturel dont la filiation paternelle n’est pas établie et
individu à la population constitutive d’un état souverain; qui fait l’objet d’une reconnaissance volontaire ou judiciaire éta-
2. la naturalisation est l’acquisition volontaire de la nationalité blissant sa filiation avec une mère burundaise;
burundaise par un étranger qui ne l’a jamais possédée auparavant; d) l’enfant désavoué par son père, pour autant qu’au moment
3. l’option de nationalité est la faculté offerte par le législateur de du désaveu, sa mère possède la nationalité burundaise.
décliner ou de réclamer la nationalité burundaise;
4. la double nationalité est la situation juridique d’un individu Section 2
qui acquiert une seconde nationalité en plus de la nationalité d’ori-
gine. De l’acquisition de la nationalité
Paragraphe 1
CHAPITRE II
De l’acquisition par présomption légale
DES MODES D’ETABLISSEMENT DE LA NATIONALITE Article 3
BURUNDAISE Est burundais par présomption légale:
a) l’enfant né au Burundi de parents légalement inconnus;
Section 1 b) l’enfant trouvé au Burundi, sauf s’il est établi qu’il n’est pas né
De l’attribution de la nationalité sur le sol burundais;
c) l’enfant mineur lorsque son père ou, si la filiation paternelle
Article 2 n’est pas établie, lorsque sa mère acquiert ou recouvre la nationa-
Est burundais de naissance: lité burundaise.
Paragraphe 2 Article 12
De l’acquisition par déclaration Cette déclaration prend effet de plein droit à partir de son enre-
gistrement.
Article 4
Devient burundaise par mariage la femme étrangère qui épouse Paragraphe 2
un burundais ou dont le mari acquiert cette qualité par option.
De la déclaration d’option
Toutefois, l’acquisition de la nationalité burundaise n’est atta-
chée qu’à la célébration d’un mariage valide. Article 13
Article 5 La déclaration d’option est faite devant le Procureur de la Répu-
Peut acquérir la nationalité burundaise par option: blique. Celui-ci en informe, pour enquête, l’Administrateur com-
munal du lieu de résidence du requérant.
a) l’enfant né de parents dont au moins un, par application des
articles 2 et 3, est burundais au moment de l’option; La déclaration est souscrite par la personne qui exerce l’autorité
parentale, si l’enfant est mineur, et par l’intéressé lui-même, s’il est
b) en cas d’adoption plénière, l’enfant adopté par une personne majeur.
de nationalité burundaise, à condition que l’intéressé réside au Bu-
rundi au moment de la déclaration d’option. Article 14
Le Procureur de la République procède sans délai à l’affichage
de la déclaration sur les portes de son office, afin de permettre à
Paragraphe 3 toute personne qui aurait connaissance d’éventuelles objections de
De l’acquisition par décision de l’autorité publique les lui faire connaître.
Article 15
Article 6
Après clôture de l’enquête dont la durée ne peut excéder dix
La nationalité burundaise peut également s’acquérir par la natu- mois à dater du jour de l’affichage, l’Administrateur communal
ralisation. La naturalisation est accordée par le Président de la Ré- transmet au Procureur de la République les résultats de l’enquête.
publique par voie de décret.
Article 16
Article 7
L’agrément de l’option est prononcé par Ordonnance du Minis-
La recevabilité de la requête en naturalisation est soumise aux tre de la Justice et notifié à l’intéressé, au Procureur de la Républi-
conditions suivantes: que ainsi qu’à 1’Administrateur communal.
a) au moment de la demande, l’intéressé doit être âgé de vingt- L’ordonnance d’agrément est portée au registre-répertoire des
et-un ans au moins, ou, s’il s’agit d’un enfant dont la demande est actes modificatifs ou déclaratifs de nationalité.
introduite en même temps que celle de son père ou de sa mère, de
Elle est en outre publiée par extrait au Bulletin Officiel du Bu-
vingt ans au plus;
rundi par les soins du déclarant, et l’option ne sort ses effets qu’à
b) le requérant doit être de bonne conduite, vie et moeurs, et dater de cette publication.
exempt de toute condamnation résultant d’un crime ou d’un délit; Note. Le registre-répertoire des actes modificatifs ou déclaratifs de nationalité visé
c) le requérant doit justifier de son attachement à la nation bu- par l’alinéa 2 de l’article précédent est régi par l’O.M. n° 550/347 du 20 avril 2004
rundaise et de son assimilation aux citoyens burundais; qui en fixe la forme et le contenu (B.O.B., 2004, n° 5, p. 360). Cette ordonnance est
reproduite plus loin, sous cette même rubrique.
d) l’intéressé doit avoir résidé en permanence au Burundi pen-
dant une durée d’au moins dix ans. Ce délai est réduit à cinq ans Article 17
en faveur des étrangers mariés à des burundaises ainsi qu’à des L’option de nationalité donne lieu à la perception d’un droit
étrangers qui ont rendu des services exceptionnels au Burundi. dont le montant est fixé par Ordonnance conjointe du Ministre de
la Justice et du Ministre des Finances.
Article 8
Ledit droit ainsi que les frais de publication sont à charge du dé-
Un décret détermine les modalités pratiques d’application de clarant.
l’article précédent, et crée une commission consultative pour la na-
turalisation.
Note. C’est le D. n° 100/156 du 14 octobre 2003 (B.O.B., 2003, n° 10, p. 687) qui fixe Paragraphe 3
les modalités pratiques dont il est question dans l’article ci-dessus. Ce décret est re-
produit juste après le texte de la présente loi. De la requête en naturalisation
Article 9 Article 18
Les personnes devenues burundaises par naturalisation ne Toute requête en naturalisation doit porter la signature de celui
jouissent des droits d’éligibilité qu’après un délai de dix ans à da- qui la forme. Elle est adressée au Ministre de la Justice, sous le cou-
ter de la publication de l’acte de naturalisation au Bulletin Officiel. vert du Procureur de la République compétent, après enquête me-
née suivant la procédure déterminée aux articles 13 à 15.
Section 3 Après clôture de l’enquête, le Procureur de la République trans-
met le dossier complet au Ministre de la Justice, qui, le cas échéant,
De la procédure propose la naturalisation au Président de la République, après avis
de la commission consultative pour la naturalisation.
Paragraphe 1
Article 19
De la déclaration de la femme étrangère
Outre les frais d’enquête et de publication, l’acquisition de la na-
tionalité par naturalisation donne lieu à la perception d’un droit
Article 10
fixe dont le montant est déterminé par Ordonnance conjointe des
La femme étrangère acquiert par mariage la nationalité de son Ministres ayant les Finances et la Justice dans leurs attributions.
conjoint burundais par simple déclaration.
Article 20
Article 11 L’acte de naturalisation est inscrit au registre -répertoire des ac-
La déclaration est souscrite à tout moment, pendant ou après la tes modificatifs ou déclaratifs de nationalité. En outre, il est publié
célébration du mariage. par extrait au Bulletin Officiel, par les soins du bénéficiaire.
Elle est reçue et enregistrée par l’officier de l’état civil. La naturalisation n’a d’effet qu’à partir de cette publication.
Article 21 Article 33
Tout burundais à qui la loi attribue cette qualité à titre originai- Peut être déchue de la nationalité burundaise:
re, a le droit d’avoir une double nationalité. a) toute personne devenue burundaise par application des
articles 4, 5, ou 6, si elle l’a acquise par dol, fraude, corruption d’un
Article 22 agent public ou par tout autre procédé illégal;
Toute personne, ayant possédé la nationalité burundaise à titre b) toute personne qui s’engage dans une armée étrangère d’un
originaire, et l’ayant perdue pour avoir acquis une nationalité Etat en guerre déclarée contre le Burundi.
étrangère, peut redevenir burundaise à condition d’en faire la de-
mande, et garder sa seconde nationalité. Article 34
Article 23 La déchéance est prononcée par le Tribunal de Grande Instance
du lieu de résidence de l’intéressé, qui rendra son jugement sur ac-
L’enfant adopté peut, à sa majorité, demander de recouvrer la tion intentée par le Ministère Public ou par toute personne intéres-
nationalité burundaise, sans perdre celle de son auteur adoptif. sée.
Article 24 Article 35
Le recouvrement dont il est question doit obéir aux règles de Le jugement, dont le dispositif mentionnera l’identité complète
procédure prévues au Chapitre 5 de la présente loi. de l’intéressé, est susceptible d’opposition, d’appel et de pourvoi
en cassation.
Article 25
Est binational de plein droit, l’enfant mineur lorsque son père Article 36
ou, si la filiation paternelle n’est pas établie, lorsque sa mère ac- Le Procureur de la République fera publier par extrait au Bulle-
quiert une double nationalité. tin Officiel et enregistrer au registre-répertoire des actes modifica-
tifs ou déclaratifs de nationalité, toute décision coulée en force de
Article 26 chose jugée et qui prononce la déchéance.
Le double national ne peut se prévaloir de sa qualité d’étranger
Article 37
au Burundi pour se soustraire à l’exécution de ses obligations civi-
ques. Le jugement produit ses effets le jour du prononcé, s’il est
contradictoire et, s’il est prononcé par défaut, le jour de sa signifi-
Article 27 cation à l’intéressé, ou de sa publication au Bulletin Officiel.
A l’étranger, le citoyen burundais bénéficiant d’une double na-
tionalité a droit à la protection diplomatique et aux services consu-
laires. CHAPITRE V
Article 28 DU RECOUVREMENT DE LA NATIONALITÉ
Pour le règlement d’éventuels conflits de nationalité, le juge sai- BURUNDAISE
si fera application de la loi burundaise.
Article 29 Article 38
La qualité de double national sera obligatoirement mentionnée Peut recouvrer la nationalité burundaise par simple déclaration,
dans le registre-répertoire des actes modificatifs ou déclaratifs de toute personne l’ayant possédée à titre originaire, et l’ayant per-
nationalité. due, par application de l’ancien code de la nationalité, en raison de
l’acquisition volontaire d’une nationalité étrangère.
Il y sera en outre clairement indiqué le nom de l’autre Etat dont
Note. L’ancien D.-L. n° 1/93 du 10 août 1971 qui organisait le code de la nationalité
le double national est ressortissant. burundaise (B.O.B., p. 304) avant son abrogation par la loi actuelle, prévoyait que
la nationalité burundaise ne pouvait pas se cumuler avec une autre nationalité
étrangère, acquise volontairement (articles 1 et 15).
CHAPITRE IV Article 39
DE LA PERTE DE LA NATIONALITÉ BURUNDAISE Le recouvrement résulte d’une déclaration souscrite devant le
Ministre de la Justice.
Section 1 Article 40
De la renonciation Le recouvrement de la nationalité burundaise donne lieu au
paiement d’un droit dont le montant est fixé par Ordonnance
Article 30 conjointe du Ministre de la Justice et du Ministre des Finances,
sauf pour les indigents.
Ceux qui possèdent une nationalité étrangère peuvent, à leur
majorité, renoncer à leur qualité de burundais. Article 41
Article 31 L’acte de recouvrement doit être porté au registre -répertoire
des actes modificatifs ou déclaratifs de nationalité.
La renonciation est adressée au Ministre de la Justice. Les per-
sonnes résidant à l’étranger peuvent adresser au Ministre de la Il ne prend effet qu’après sa publication au Bulletin Officiel.
Justice, sous pli recommandé à la poste, une déclaration de renon-
ciation portant leur signature légalisée et accompagnée des docu-
ments établissant qu’elles se trouvent dans les conditions requises. CHAPITRE VI
Article 32 DU CONTENTIEUX DE LA NATIONALITÉ
La déclaration est actée au registre-repértoire des actes modifi-
catifs ou déclaratifs de nationalité. Article 42
La renonciation, dûment agréée par le Ministre de la Justice, ne L’Administration a le privilège du préalable pour constater
devient effective qu’après sa publication au Bulletin Officiel. qu’une personne ne possède pas la nationalité burundaise.
Article 43 Article 46
Le Tribunal de Grande Instance du lieu de résidence de l’intéres- Le Ministre de la Justice peut délivrer un certificat de nationalité
sé est le seul compétent pour connaître en premier ressort des à tout burundais qui en fait la demande, et dont la nationalité n’est
contestations sur la nationalité. pas contestable.
Tout jugement en la matière est susceptible d’opposition, d’ap-
pel et de cassation. Les exceptions de nationalité sont d’ordre pu-
blic et doivent être soulevées d’office par le juge. CHAPITRE VII
Article 44 DES DISPOSITIONS TRANSITOIRES ET FINALES
Les actions en matière de nationalité sont introduites par voie Article 47
d’assignation.
Par dérogation à l’article 17, les requêtes en état d’avoir une dé-
Lorsqu’elle émane de celui qui conteste la décision prise à son cision définitive à l’entrée en vigueur de la présente loi seront
égard par l’Administration, l’assignation est dirigée contre le Mi- transmises, à cette fin au Président de la République sans autre for-
nistère Public. Lorsqu’elle émane d’un tiers intéressé, l’assignation malité.
est dirigée contre la personne dont la nationalité est contestée, Note. Ce n’est pas en réalité l’article 17 auquel il est dérogé par l’effet de l’article
mais le Ministère Public sera toujours partie jointe. précédent, mais plutôt à l’article 18.
Le Ministère Public a également qualité pour intenter pareille Article 48
action, soit d’office, soit à la demande d’un tiers intéressé.
Toutes dispositions antérieures contraires à la présente loi sont
Article 45 abrogées.
Note. Cette loi réforme principalement et expressément le D.-L. du 10 août 1971
Les décisions judiciaires définitives rendues en matière de natio- portant code de la nationalité, et implicitement pour incompatibilité, l’O.M.
nalité ont, à l’égard de tous, l’autorité de la chose jugée. A la dili- n° 100/167 du 19 novembre 1971 portant mesure d’exécution du décret-loi réformé.
gence du Ministère Public, elles sont signifiées au Ministre de la
Justice pour être enregistrées dans le registre-répertoire des actes Article 49
modificatifs ou déclaratifs de nationalité. La présente loi entre en vigueur le jour de sa promulgation.
Mesures d’exécution
Article 5
La requête en naturalisation est adressée au Ministre de la Justi-
14 octobre 2003. – DÉCRET n° 100/156 portant moda- ce sous couvert du Procureur de la République compétent. Celui-
lités pratiques d’acquisition de la nationalité burun- ci en informe, pour enquête, l’Administrateur communal du lieu
daise par naturalisation. de résidence du requérant.
(B.O.B., 2003, n° 10, p. 687) Article 6
Dès réception de la requête en naturalisation, le Procureur de la
République procède à son affichage par extrait, afin de permettre à
toute personne qui aurait d’éventuelles objections à formuler de
Article 1 les lui faire connaître. L’affichage dure au moins trois mois.
Le présent décret détermine les modalités pratiques d’acquisi-
tion de la nationalité burundaise par naturalisation et crée une Article 7
Commission consultative pour la naturalisation. Dès réception du dossier, l’Administrateur communal procède à
l’affichage, par extrait, de la requête en naturalisation. L’affichage
dure au moins trois mois.
CHAPITRE I Au cours de ses investigations, l’Administrateur communal vé-
rifie notamment si le requérant remplit les conditions exigées par
DES MODALITÉS PRATIQUES D’ACQUISITION DE LA l’article 2 du présent décret.
NATIONALITÉ PAR NATURALISATION Après clôture de l’enquête dont la durée ne peut excéder dix
mois à dater du jour de la réception du dossier, l’Administrateur
Article 2 communal transmet au Procureur de la République, sous pli confi-
La recevabilité de la requête en naturalisation est soumise aux dentiel, les résultats de l’enquête.
conditions suivantes:
Article 8
a) au moment de la demande, l’intéressé doit être âgé de vingt-
et-un ans au moins, ou, s’il s’agit d’un enfant dont la demande est Le Procureur de la République, après s’être assuré que tous les
introduite en même temps que celle de son père ou de sa mère, de éléments requis par la loi et le présent décret ont été réunis, trans-
vingt ans au plus; met le dossier complet accompagné de son rapport au Ministre de
la Justice.
b) le requérant doit être de bonnes conduite, vie et moeurs,
exempt de toute condamnation résultant d’un crime ou d’un délit;
c) le requérant doit justifier de son attachement à la nation bu-
rundaise et de son assimilation aux citoyens burundais;
CHAPITRE II
d) l’intéressé doit avoir résidé en permanence au Burundi pen- DE LA COMMISSION CONSULTATIVE POUR LA
dant une durée d’au moins dix ans. Ce délai est réduit à cinq ans NATURALISATION
en faveur des étrangers mariés à des burundaises ainsi qu’à des
étrangers qui ont rendu des services exceptionnels au Burundi; Article 9
Pour l’application du littéra c) ci-dessus, peuvent notamment II est créé une Commission consultative pour la naturalisation,
être considérés comme des critères de justification de l’attache- ci-après désignée «la Commission».
ment à la nation burundaise et d’assimilation aux citoyens burun-
dais: Article 10
1°) la connaissance de la langue nationale, le Kirundi; La Commission est composée des membres suivants:
2°) le fait d’être domicilié au Burundi et d’y posséder des biens; – un représentant du Ministère de la Justice: Président;
3°) l’exercice d’une activité professionnelle. – un représentant du Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité
Article 3 Publique: Secrétaire;
Toute requête en naturalisation porte la signature de celui qui la – un représentant du Ministère des Relations Extérieures et de la
forme. Elle est établie selon le modèle défini par l’ordonnance du Coopération: Membre;
Ministre de la Justice. – un représentant du Ministère de la Défense Nationale: Mem-
Note. Ce modèle est fixé par l’O.M. n° 550/346 du 20 avril 2004 (B.O.B., n° 5/2004, bre;
p. 357) qui est présentée plus loin. – un représentant de la Police de l’Air, des Frontières et des
Article 4 Etrangers: Membre;
La requête en naturalisation est accompagnée des documents – un représentant de la Documentation Nationale: Membre.
suivants: Les membres de la Commission sont nommés par ordonnance
– un curriculum vitae du requérant; du Ministre de la Justice.
– des extraits d’acte de naissance du requérant et de ses enfants Article 11
mineurs ou, à défaut, tous documents en tenant lieu;
La Commission se réunit chaque fois que de besoin sur convoca-
– un certificat de nationalité du requérant ou tout autre docu- tion de son Président. Elle ne siège valablement que si au moins
ment prouvant sa nationalité; quatre cinquième de ses membres sont présents, et adopte ses dé-
– une attestation délivrée par les services d’immigration établis- cisions à la majorité simple.
sant la durée de séjour au Burundi; le cas échéant, ce document
sera accompagné des pièces établissant que l’intéressé peut bénéfi- Article 12
cier de la réduction du délai prévue par l’article 2, littéra d) du pré- Lors de l’examen des dossiers, la Commission peut requérir le
sent décret; concours de tout service ou de toute personne dont les compéten-
– une attestation de bonne conduite, vie et moeurs et civisme; ces sont jugées à même d’étayer ses avis.
– un extrait du casier judiciaire; Article 13
– tous documents prouvant l’attachement du requérant au Bu- La Commission donne son avis au plus tard dans les deux mois
rundi et son assimilation aux citoyens burundais. qui suivent sa saisine.
CHAPITRE IV
DISPOSITIONS FINALES Article 1
Le registre-répertoire des actes modificatifs ou déclaratifs de na-
Article 18 tionalité est à colonnes. Il est coté et paraphé par l’autorité compé-
tente.
Les dossiers de requêtes en naturalisation qui se trouvent déjà
en instance seront retournés aux intéressés, afin qu’ils se confor-
ment aux dispositions du présent décret. Article 2
Le registre-répertoire mentionne tous les actes reçus par le fonc-
Article 19 tionnaire préposé au registre-répertoire ou déposés entre ses
Toutes dispositions antérieures contraires au présent décret sont mains.
abrogées.
Article 20 Article 3
Le Ministre de la Justice et Garde des Sceaux est chargé de l’exé- Les actes suivants sont enregistrés au registre-répertoire:
cution du présent décret qui entre en vigueur à la date de sa signa- a) la renonciation à la qualité de burundais par ceux qui possè-
ture. dent une nationalité étrangère;
b) l’ordonnance d’agrément d’option;
c) l’acte de recouvrement de nationalité;
20 avril 2004. – ORDONNANCE MINISTÉRIELLE d) l’acte de naturalisation;
n° 550/346 déterminant la forme et le contenu de cer- e) la décision coulée en force de chose jugée, et qui prononce la
tains actes modificatifs ou déclaratifs de nationalité. déchéance de la nationalité;
(B.O.B., 2004, n° 5, p. 357) f) la qualité de double nationalité;
g) les décisions judiciaires définitives, rendues en matière de na-
tionalité.
Article 1 Article 4
La présente ordonnance déterminera la forme et le contenu des Les actes, dont mention à l’article 3, sont enrôlés sans blanc, la-
actes ci-après: cune ni intervalle.
– déclaration de la femme étrangère, en vue de l’acquisition par
mariage de la nationalité de son conjoint burundais; Article 5
– actes de déclaration d’option, en vue d’acquisition de la natio- Chaque inscription au registre-répertoire porte les mentions sui-
nalité burundaise par la personne qui exerce l’autorité parentale, si vantes:
l’enfant est mineur; – le numéro d’ordre;
– actes de déclaration d’option, si l’enfant est devenu majeur; – la date de l’acte;
– acte de déclaration d’option en vue d’adoption plénière; – la nature de l’acte;
– acte de renonciation à la nationalité burundaise; – le nom et prénom de l’intéressé;
– acte de recouvrement de la nationalité burundaise; – la nationalité étrangère et le numéro du passeport:
– agrément d’un acte de renonciation à la nationalité burundai- – le nom de l’époux ou de l’épouse;
se; – la résidence de l’intéressé;
– publication d’un extrait d’un acte de naturalisation. – la date d’enregistrement;
Article 16 Article 21
Avant leur délivrance au représentant diplomatique ou consu- Le Curateur aux successions publie sans délai la délation de tou-
laire ou au Ministre des Affaires Etrangères, les successions aban- te succession abandonnée à l’une des personnes mentionnées à
données supportent les frais d’administration qu’elles ont l’article 17.
occasionnés à l’Etat. Cette publication a lieu sous forme d’avis diffusé et publié
Ces frais d’administration comprennent: conformément au prescrit du deuxième alinéa de l’article 6.
a) les différents droits, taxes et impôts dus à raison l’administra- Ledit avis renseigne l’identité du défunt, le lieu et la date de son
tion de la succession; décès, ainsi que l’identité complète de la personne en faveur de qui
la délation de la succession a eu lieu.
b) l’indemnisation du Trésor à raison du temps consacré par le
Curateur aux successions et, le cas échéant, par d’autres fonction-
naires ou agents, à la conservation et à l’administration de la suc- Article 22
cession; le montant de cette indemnisation est fixé dans chaque cas Tous les mouvements de fonds opérés pour le compte de succes-
par décision motivée du Curateur aux successions; elle ne peut en sions abandonnées en application des dispositions du présent dé-
aucun cas dépasser 7 % de l’actif brut de la succession; cret-loi, ont lieu par l’intermédiaire du comptable titulaire du
c) les frais de gestion de la succession quels qu’ils soient. No- Ministère de la Justice, tant en ce qui concerne la perception des re-
nobstant toute disposition légale contraire, les créances du Trésor cettes que le paiement des dépenses.
résultant du présent article sont privilégiées par rapport à toute Seul le paiement effectué entre les mains de ce fonctionnaire pu-
autre créance. blic libère le débiteur d’une succession.