Base de l’automatisme
MOUSSA ALI Abdouramane
moussaal@[Link]
GMP - BUT 1A - ISC R 1.08
Présentation du module
Objectif
• Connaître les bases de l’automatisme.
• Modéliser un système combinatoire ou séquentielle.
• Câblage de système automatisé.
• Simuler/réaliser un système automatisé.
Introduction
Définition: système automatique
Un système automatisé ou automatique est un système dans lequel le savoir
faire de l’homme est assuré par une partie du système lui-même.
Entrées Système Sorties
Les composants d’un système automatisé
Un système automatisé de production (SAP) se compose de deux parties qui
coopèrent:
• une partie opérative (processus à commander, actionneurs et capteurs)
• une partie commande (élaboration des ordres pour les actionneurs)
Traitement
Ordres
Actionneurs
des
Capteurs
Compte-
Processus
rendus
informations
à
commander
Pupitre de
commande
Partie commande Partie opérative
Les capteurs
Un capteur réagit à un phénomène. Son rôle consiste à fournir à la PC des
informations sur l’état du système.
Les capteurs peuvent détecter des positions, des pressions, des températures,
des vitesses, des accélérations, des niveaux, des présences, des états,...
Structure d’un capteur
Phénomèe Acquérir les Image
physique informations informationnelle
Exemples de capteurs
Type Illustration Caractéristique/principe
Détecteur de
position Détecteur d’objets au contact.
mécanique
Détecteur de la présence d’objets à courte
Détecteur de
proximité distance.
Interrupteur
Contact électrique/métallique sensible aux
à lame
souple champs magnétiques.
Les actionneurs
Un actionneur est un élément de la PO capable de produire un phénomène
physique (déplacement, dégagement de chaleur, émission de lumière...) à partir
de l’énergie qu’il reçoit.
Structure fonctionnelle
Chaîne d’énergie
Energie Agir
Alimenter Distribuer Convertir Transmettre
d’entrée
La distribution et la conversion sont assurées par un composant appelé
pré-actionneur.
Exemples d’actionneurs
Type Illustration Fonction
Moteur à
courant Transformer l’énergie électrique en énergie
continu mécanique.
Transformer l’énergie fluidique en énergie
Vérin mécanique.
Transformer l’énergie électrique en énergie
Voyant lumineuse.
Résistance
Transformer l’énergie électrique en chaleur.
chauffante
Classification des automatismes
On peut classer les automatismes selon la nature des signaux d’entrée et sortie
Définition: un signal est la représentation mathématique, ou modèle d’un
phénomène physique. Il est représenté par des lettres (A, b, e, X , · · · )
On distingue :
• Signal d’entrée : indépendant du système.
• Signal de sortie : dépendant du système et du signal d’entrée.
e3
S2
Entrées e2 Système Sorties
S1
e1
Dans ce cours, on s’intéressera aux systèmes logiques : les signaux
représentent des grandeurs qui ne peuvent prendre que 2 valeurs (0 ou 1).
Fonctions logiques
L’étude des systèmes logiques repose sur 3 fonctions (ou opérateurs) logiques
de base:
• ET (intersection, produit logique): a.b
• OU (union, somme logique) : a + b
• NON (complémentation): ā.
Caractériser/Modéliser le système logique ci-dessous consiste à exprimer les
fonctions logiques (F1 , F2 ) liant les variables de sortie (S1 , S2 ) et les variables
d’entrée (e1 , e2 , e3 ).
e3
S2 = F2 (e1 , e2 , e3 )
e2 Système
S1 = F1 (e1 , e2 , e3 )
e1
exemple:
F1 (e1 , e2 , e3 ) = (e1 ET e2 ) OU e3 ET (NON e1 ) = e1 .e2 + e3 .ē1 = e1 e2 + e3 ē1
Fonctions logiques
Les fonctions logiques peuvent être représentées par des Tables de vérités
donnant les relations résultats (sorties) - arguments (entrées).
La table de vérité d’une fonction logique possèdant n variables logiques d’entrée
et m variables logiques de sortie est un tableau de m + n colonnes et 2n lignes.
exemple: Une fonction de 2 entrées et 1 sortie (C = f (a, b)) se représente par
une table de 3 colonnes et 4 lignes (représentant les 4 états stables)
a b C
0 0 f (0, 0)
0 1 f (0, 1)
1 0 f (1, 0)
1 1 f (1, 1)
Réalisation des fonctions logiques
Une fonction logique peut être réalisée (câblée), en faisant référence à une
technologie particulière (électrique, pneumatique, ...) à l’aide d’un circuit
composé de plusieurs éléments de base connectés en réseaux.
Schémas à contact Logigramme
a b L a
X &
b
a b
≥1 X
c
0V 24V
L = a.b + a.b X = a.b + c
Réalisation des fonctions logiques
• Schémas à contact : basé sur le principe d’une alimentation en tension
électrique représentée par 2 traits verticaux et par un certain nombre de
lignes horizontales reliant les alimentations aux récepteurs (sorties) à l’aide
des contacts (entrées).
a
valeur logique a
Contact à fermeture ou contact TRAVAIL
a
valeur logique ā
Contact à ouverture ou contact REPOS
Exemple
a b L
X La lampe (recepteur) L s’allume lorsque un
et un seul des contacts a et b est activé:
a b
L = a.b + a.b
0V 24V
Réalisation des fonctions logiques
• Logigramme
Dans les logigrammes ce sont des cellules qui réalisent les fonctions
logiques de base.
Exemple
a
&
b
F (a, b, c) = a · b + c
c ≥1
Fonctions logiques de base
Opérateur Table de vérité Schémas électriques Logigramme
ET (AND) a b C C a &
a b
0 0 0 X C
C =a·b b
= ab 0 1 0
1 0 0
1 1 1
OU (OR) a b C C a ≥1
a
0 0 0 X C
C =a+b b
0 1 1
1 0 1 b
1 1 1
NON (NOT) a B B a 1
a
0 1 X B
B = ā
1 0
Méthodes de simplification algébrique
Propriétés (Algèbre de Boole)
commutativité a+b =b+a a·b =b·a
associativité (a + b) + c = a + (b + c) (a · b) · c = a · (b · c)
distributivité a · (b + c) = a · b + a · c a + (b · c) = (a + b) · (a + c)
éléments neutres a+0=a a·1= a
complémentation a + ā = 1 aā = 0
identité ¯
ā = a
Indempotence a + a + a + ··· + a = a a · a · a···a = a
Thm. d’absorption (1) a + (a · b) = a a · (a + b) = a
Thm. d’absorption (2) a · b̄ + b = a + b (a + b̄) · b = a · b
Thm. d’adjacence (a + b) · (a + b̄) = a a · b + a · b̄ = a
Thm. de De Morgan (a + b) = ā · b̄ a · b = ā + b̄
Méthodes de simplification graphique
Tableau de Karnaugh
Exemple d’une fonction F à trois variables entièrement définie par
Table de vérité
a b c F(a,b,c)
0 0 0 1 Tableau de Karnaugh
❍ bc 00
❍
0 0 1 1 01 11 10
a ❍❍❍
0 1 0 0 0 1 1 1 0
0 1 1 1 1 1 0 1 1
1 0 0 1
1 0 1 0
1 1 0 1
1 1 1 1
Méthodes de simplification graphique
Tableau de Karnaugh
Exemple d’une fonction F à trois variables entièrement définie par
Table de vérité
a b c F(a,b,c) Tableau de Karnaugh
❍❍ bc
0 0 0 1 00 01 11 10
a ❍❍
❍
0 0 1 1 0 1 1 1 0
0 1 0 0 1 1 0 1 1
0 1 1 1
1 0 0 1
1 0 1 0 Equation optimale
1 1 0 1 F (a, b, c) = b̄ c̄ + āc + ab
1 1 1 1
Les méthodes de résolution
Définitions/conventions
• Les systèmes logiques sont caractérisés par des états qui changent selon
les évènements, conditionnant les activités réalisées.
• Les états d’un système sont numérotés par des entiers naturels (0, 1, 2, ...)
• État stable: sorties inchangées si entrées fixes. Il est représenté par un
numéro encerclé n .
• État transitoire : caractérise le passage d’un état stable vers l’état stable
suivant. L’état transitoire associé à n est noté n.
• Le passage de n à m se fait par l’intermédiaire d’un transitoire m :
n → m → m (Huffman)
Les méthodes de résolution
Un système est dit combinatoire si chaque combinaison de ses entrées
correspond à au plus un état stable.
Exemple: Va et vient électrique a b L
1 0 0 0
b Va et
L Tableau des états: 2 0 1 1
a vient
3 1 0 1
4 1 1 0
Un système est séquentiel si au moins une combinaison de ses entrées
correspond à plus d’un état stable.
Exemple: Télérupteur
m L
1 0 0
Télé- 1 1
m
rupteur L Tableau des états: 2
3 0 1
4 1 0
Les méthodes de résolution
Résolution de problèmes logiques
• Problèmes combinatoires : table de vérité/tableau de KARNAUGH →
équations → réalisation
e3
S1 = F1 (e1 , e2 , e3 )
e2 Système
S2 = F2 (e1 , e2 , e3 )
e1
• Problèmes séquentiels : méthode d’HUFFMAN (ou méthode matricielle
simplifiée)
e3
S1 = F1 (e1 , e2 , e3 , x)
e2 Système
S2 = F2 (e1 , e2 , e3 , x)
e1
x X = F3 (e1 , e2 , e3 , x)
Les méthodes de résolution
Méthode d’HUFFMAN
Transformation d’un problème séquentiel en un problème combinatoire par rajout
de variables supplémentaires (entrées et sorties) réalisées à l’aide de relais.
x̄
x
Bobine (mémoire) X Contacts
x̄
Relais (X ) avec 2 contacts repos/travail (x̄ /x)
Le relais est un élément permettant de mémoriser une information.
Si X = 1 (resp. X = 0) alors le signal passe uniquement par les contacts travail
x (resp. repos x̄ ).
Les méthodes de résolution
Méthode d’HUFFMAN
Les étapes de résolution
1. Tableaux des états (à partir du fonctionnement souhaité)
2. Séquence de fonctionnement
3. Matrice primitive des états
4. Matrice étendue des états
5. Matrice contractée des états
6. Ajout de variables d’entrée supplémentaires
7. Équation des sorties (mémoires) associées aux entrées supplémentaires
8. Équation des sorties (réelles) du systèmes
9. Câblage
Les méthodes de résolution
Méthode d’HUFFMAN à travers un exemple
Soit le système marche et arrêt d’un moteur ci-dessous
Les boutons m et a sont mono stables. Ce sont les
a boutons marche et arrê du moteur P.
m P
Fonctionnement du montage
1 état initial a = 0, m = 0, P =0
2 action sur m a = 0, m = 1, P =1
3 m est relaché a = 0, m = 0, P =1
4 action sur a a = 1, m = 0, P =0
5 appui simultanée sur a et m a = 1, m = 1, P =0
Les méthodes de résolution
Méthode d’HUFFMAN à travers un exemple
Soit le système marche et arrêt d’un moteur ci-dessous
Les boutons m et a sont mono stables. Ce sont les
a boutons marche et arrê du moteur P.
m P
Tableau des états Séquence de fonctionnement
m a P
0 0 0 5
1
2 1 0 1
3 0 0 1 1 2 3 4
4 0 1 0
5 1 1 0
→ Problème séquentiel car la combinaison d’entrées (m = 0, a = 0) produit des
valeurs différentes de la sortie.
Les méthodes de résolution
Méthode d’HUFFMAN à travers un exemple
Soit le système marche et arrêt d’un moteur ci-dessous
a
m P
Matrice primitive des états
Entrées rangeés en première ligne selon le code binaire réfléchi et un état stable
par ligne (positionné dans la case correspondant à ses entrées).
❍❍am 00
❍
01 11 10 P
❍
❍
1 0
2 1
3 1
4 0
5 0
Les méthodes de résolution
Méthode d’HUFFMAN à travers un exemple
Soit le système marche et arrêt d’un moteur ci-dessous
a
m P
Matrice étendue des états
n → m → m ⇒ le transitoire m est positionné à l’intersection de la ligne
contenant n et de la colonne contenant m .
❍❍ am
❍❍ 00 01 11 10 P
❍
1 2 4 0 5
5
2
3 2 5 1 5 4
3 2 4 1 2 3 4
1 4 0 1 2 3 4
5 4
2
2 5 4 0 1
Les méthodes de résolution
Méthode d’HUFFMAN à travers un exemple
Soit le système marche et arrêt d’un moteur ci-dessous
a
m P
Matrice contractée ou tableau de fusion
Superposition des lignes ayant les mêmes numéros d’états (stable et/ou
transitoire) à chaque colonne, les cases vides étant des "jokers".
Les états de sortie n’interviennent pas dans les superpositions possibles.
❍❍am 00
❍
01 11 10 Superpositions possibles
❍
❍
1 2 4
3 5 lignes 1-4-5 et lignes 2-3
2
3 2 4 ou
1 5 4 lignes 1-4 et lignes 2-3-5
2 5 4
Les méthodes de résolution
Méthode d’HUFFMAN à travers un exemple
Soit le système marche et arrêt d’un moteur ci-dessous
a
m P
Matrice contractée ou tableau de fusion
Groupement 1-4-5 et 2-3 Groupement 1-4 et 2-3-5
❍❍am 00 ❍❍am 00
❍ ❍
01 11 10 01 11 10
❍
❍ ou
❍
❍
1 2 5 4 1 2 5 4
3 2 5 4 3 2 5 4
Les méthodes de résolution
Méthode d’HUFFMAN à travers un exemple
Soit le système marche et arrêt d’un moteur ci-dessous
a
m P
Matrice contractée ou tableau de fusion
Groupement 1-4-5 et 2-3 Groupement 1-4 et 2-3-5
❍❍ am ❍❍ am
00 01 11 10 00 01 11 10
x ❍❍ x ❍❍
❍ ou ❍
0 1 2 5 4 0 1 2 5 4
1 3 2 5 4 1 3 2 5 4
2 lignes ⇒ l’ajout d’une variable supplémentaire x permet de traduire chaque
étape par une relation en logique combinatoire de a, m et x
On affecte x = 0 (relai au repos) à la ligne contenant l’état le plus probable.
Les méthodes de résolution: Méthode d’HUFFMAN
Nous aurons donc ici 3 variables d’entrée a, m, x et il faudra réaliser les 2
grandeurs de sortie P et X (bobine associée à x).
m P
x X
Les méthodes de résolution: Méthode d’HUFFMAN
A partir de la matrice contractée obtenue, on établit les tableaux de Karnaugh
des sorties.
• Pour la sortie (mémoire) X , on reporte, dans chaque case comportant un
état stable n ou un état transitoire n, la valeur binaire de x associée à la
ligne contenant l’état stable n .
• Pour la sortie (réelle) P, on reporte, dans chaque case comportant un état
stable n ou un état transitoire n, la valeur binaire de la sortie associée à
l’état stable n .
❍❍ am ❍❍ am
00 01 11 10 00 01 11 10
x ❍❍
❍ x ❍❍
❍
0 1 2 5 4 0 1 2 5 4
1 3 2 5 4 1 3 2 5 4
Tableau de Karnaugh de X Tableau de Karnaugh de P
Les méthodes de résolution: Méthode d’HUFFMAN
A partir de la matrice contractée obtenue, on établit les tableaux de Karnaugh
des sorties.
• Pour la sortie (mémoire) X , on reporte, dans chaque case comportant un
état stable n ou un état transitoire n, la valeur binaire de x associée à la
ligne contenant l’état stable n .
• Pour la sortie (réelle) P, on reporte, dans chaque case comportant un état
stable n ou un état transitoire n, la valeur binaire de la sortie associée à
l’état stable n .
❍❍ am ❍❍ am
00 01 11 10 00 01 11 10
x ❍❍
❍ x ❍❍
❍
0 0 1 0 0 0 0 1 0 0
1 1 1 0 0 1 1 1 0 0
Tableau de Karnaugh de X Tableau de Karnaugh de P
Les méthodes de résolution: Méthode d’HUFFMAN
❍ am 00 ❍ am 00
❍ ❍
01 11 10 01 11 10
x ❍❍❍ x ❍❍❍
0 0 1 0 0 0 0 1 0 0
1 1 1 0 0 1 1 1 0 0
Tableau de Karnaugh de P Tableau de Karnaugh de X
On obtient ainsi un problème combinatoire et les méthodes de résolution vues
précédemment permettent d’établir les équations du système, soient
Les méthodes de résolution: Méthode d’HUFFMAN
❍ am 00 ❍ am 00
❍ ❍
01 11 10 01 11 10
x ❍❍❍ x ❍❍❍
0 0 1 0 0 0 0 1 0 0
1 1 1 0 0 1 1 1 0 0
Tableau de Karnaugh de P Tableau de Karnaugh de X
On obtient ainsi un problème combinatoire et les méthodes de résolution vues
précédemment permettent d’établir les équations du système, soient
X = ā · (m + x)
P = ā · (m + x) = x
m
X
a
x
x P
X
0V 24V
Dans X , on a mémorisé l’état <a pas appuyé et m appuyé> ou <a pas appuyé et moteur en
marche>.