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2007 Francais

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Institut ‘National Soliecinicue Félix HOUPHOUET-BOIGNY Concours Commun ESA-ESI-ESMG Session 2007 Epreuve de Francais Durée: 3h Coefficient 2 Le fait divers Vane de la définition rend bien compte d'une prem caractéristique des faits divers Quiils fournissent leurs effets de surprise dans lexcés des passions, les calamités quasi sumaturelles ou les monstres, les faits divers se doiv tout de susciter l'émotion Le journaliste joue ¢ nos nerfs. I inqu Dans la colonne des faits di flotte un parfum étrange, lourd, capit comme s'il émanait d'une moisissure de 1a vie. C'est ce qui nous semblo ent caractériser le genre. Eu filigrane de ces faits inclassables se de cohérence: ils constituent une aberration a l'ordre des chosi apages| fonctionnement soci: des accrocs a la quiétude des moeurs. Fn marge du 14 du norm: se déchainent I'accidentel et I comime les sporadiques. d'une part maudite de la société, dium trop plein de passions qui remue sous les contraintes de loi. La banalité charrie de !'étrange qui fait brutalement irruption dans la vie quotidienne. Bon nombre de lecteurs des faits divers se laissent prendre a une illusion doptique; la nubrique décalquerait soig et pour ainsi dire « objectivement» tous les incid fonetionnement normal de la vie, e serait en-quelque été. Notre thése va A lencontre de cette vision des faits divers. A notre sens ils ne sont au fantasmes, la mise en sci ie. On lira plus loin les conclusions: que l'on peut tirer de ia différence existant entre le risque que génére une vie le (accidents de criminalité, etc.) et les craintes de lation, domestiques, nos comportements qui reviennent en leitr jotiv de multiples sondages. Si ton rien ne va plus. aux risque: porte ces craint nique Union Discipline Travail de fEnseignement Superieur P ee Institut National Polytechnique Félix HOUPHOUET ~BOIGNY Concours Commun ESA-ESI-ESMG Session 2007 Epreuve de Francais Durée: 3h Coefficient 2 Le fait divers Le cog-a-l'ane de ia définition rend bien compte d'une premiére Caractéristique des faits divers : Vinsolite. Quills fournissent leurs effets de surprise dans I'excés des passions, les calamités quasi surnaturelles ou les monstres, les faits divers se doivent avant tout de susciter !’émotion. Le jourmaliste joue avec nos nerfs inquitte, indigne, surprend, amuse, terrific, Souffle sur la braise, énonce les Gnigines. {1 pose des pétards et attend le choc en Fetour, Dans la colonne des faits divers flotte un parfum étrange, lourd, capiteux, comme sil émanait d'une moisissure de la vie. Clest ce qui nous somble encg cohérence: ils constituent une aberration a lordre des chos des der aves du fonctionnement social, des accrocs a la qui Stude des monurs. En marge du régl du normal, se déchainent I'accidentel et lexcessif. Les faits divers apparaissent iein de come les sporadiques d'une part maudite de la société, d'un trop + Passions qui remue sous les contraintes de la loi. La banalité charrie de t'étrange qui fait brutalement irruption dans la vie quotidienne. Bon nombre de lecteurs des faits divers se laissent prendre a une illusion dloptique; Ja mubrique décalquerait soigneusement et pour ainsi dire « objectivement» tous les incidents au fonctionnement normal de la vie, Elle serait une socigié, Notre en quelque sorte une traduction fidéle du danger qui parcou thése va a l'encontre de cette vision des faits divers. A notre sens ils ne sont que fantasmes, la mise en sci é inouie, On lira plus loin les conclusions gue Ton peut tirer de la différence existant entre le risque que génére une vie sociale (accidents de circulation, domestiques, criminalité, etc.) et les craintes de os comportements qui reviennent en leitmotiv de multiples sondages. Si fon rapporte’ces craintes aux risques réels, rien ne va plus. Ys Pis, entre ces deux péles circule un malentendu permanent. On craint une agression dont I'aut 7 serait inconns. Or ily a incomparablement plus de‘ danger d'étre_assassiné par un proche. On éprouve de-Ja peur dans certains : précis) licux (métro, zones sombres de quartiers tré . Or c'est dans sa propre : cuisine qu‘on risque le plus. On redoute l'irruption d'un élément extéricur au : wain-train de la vie quotidienne. C'est dans son propre foyer, de son entourage lime, que naitra le drame. Le portrait-robot de l'agresseur est dessiné; il sera jeune ou immigré eroit- on. Les statistiques sont 1a; il est fiangais et adulte. Une fois encore, on se trompe d'adve: Mieux; Jes personnes qui avouent éprouver les plus fortes ir craintes sont précisément celles qui risquent le moins ct qui n'ont jamais été confrontées a une agression. Plus on est socialement vulnerable, plus on a peur, alors méme qu'on ne risque pas grand-chose, Or ce sont les couches de population socialement plus fragiles qui forment le gros des troupes de lecteurs de faits divers. boucle, soir_la_rampe notre _petit theatre mental. La scéne sere hybrides qui allume: Que progi ssivement investie par nos monstres préférés, étres ou ressembient mais desquels émane, comme collé 4 la peaui, ce parfum d'étranget que fa vie concocte dans ses profondeurs. Nos monstres? Il suffit de feuilleter le faits divers pour les nommer. Cet ouvrier portugais pris d'une folie subite qui s lc sans raison sur un nouveau-né et le jette a terre. Ce robot « fou», s¢ pil retournant contre les techniciens qui le manipulaient et les blessant. Ce Japonai qui découpe et dévore sa tendre amic. Ce branché qui va assassiner des vieitles dames entre deux soirces d'enfer, Aussi terrifiants soient-ils, nos «golem »! nous’ ressemblent. Perchis dinnocence? nous sommes horrifiés mais Eblouis devant les convulsions de pos doubles monstrucux, presque soulagés. Sait-on, par exemple, faire la part de ela fa ibale? On se souvient Vhorreur et ination dans Waffaire du Japonais c que le magazine Photo avait acquis illégalement les clichés de lidentité q 8 1 Bi judiciaire montrant tes restes de la jeune ferame débitée, exposés sur une table, reconstituant vaguement architecture d'un corps. Photo a été saisi le jour méme, sans grand succés dlaifleurs, la quasi-totalité des exemplaires ayant déja été vendus. 2/3 Pis, entre ces deux péles circule un malentendu permanent. On craint une agression dont ‘auteur serait inconnu. Or il: y a incomparablement plus de ‘ te assassin€ par un proche. On éprouve desla peur dans certains : hieux (métro, z s sombres de quartiers trés précis). Or c'est dans sa propre ; cuisine qu'on risque le plus. On redoute l'irruption d'un élément extérieur au : train-train de la vie quotidier Crest dans-son propre foyer, de son entourage intime, que naitra le drame. Le portrait-robot de'l'agres est dessing; il sera jeune ou immigré croit- on. Les statistiques sont 1a; il est fiangais et adulte. Une fois encore, on se trompe d'adversuire, Mieux; les personnes qui avouent éprouver les plus fortes eraintes sont précisément celles qui risquent te moins et qui n'ont jamais &é confrontées & une agression. Plus on est socialement vulnérable, plus on a peur, alors méme qu'on ne risque pas grand-chose. Or ce sont les couches de population. socialement plus fragiles qui forment le gros des froupes de lecteurs de faits divers. La boucle est bouclée. Ce qu'on attend du «fait-diversi em, clest qu'il lume chaque soir la rampe de notre petit thédtre mental, La scéne sera progressivement vestie par nos monstres préférés, étres hybrid S qui nous ressemblent mais desquels émane, comme collé a la peau, ce parfum d' eS7 IT Suit de feuilleter les faits divers pour les nommer. Cet ouvrier portugais pris d'une folie subite qui se précipite sans raison sur un nouveav-né et le Jette 4 terre. Ce robot « foun, se retourant contre les techniciens qui le manipulaient et les blessant. Ce Japonais qui découpe et dévore sa tendre amie. Ce branché qui va assassiner des vieilles dames entre deux soirées d’enfer Aussi terrifiants soient-ils, nos «golem »' nous ressemblent. Perclis diinnocence? nous sommes horrifiés mais éblouis devant les convulsions de nos doubles monstrucux, presque soulagés. Sait-on, par exemple, faire ta part de "horreur et de fa fascination dans l'affaire du Japonais cannibale? On se souvient que le magazine Photo avait acquis illégalement tes clichés de Tidentité di iaire montrant les restes de la_jeune fernme débitée, exposés sur une table, Freconsutuant vaguement l'architecture d'un corps. Photo a été saisi te jour méme, sans grand succes d'ailleurs, la quast-totalité des exemplaires ayant déjA été vendus. 2/3

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