MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR,
DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE, DU TRANSFERT
-----------
DE TECHNOLOGIES, DE L’EDUCATION NATIONALE
CHARGE DE LA FORMATION CIVIQUE
--------------
INSPECTION GENERALE DES SERVICES
--------------
INSTITUT DE MANAGEMENT ET DES SCIENCES APPLIQUEES
(IMSA)
SYLLABUS
ANALYSE FINANCIERE I
Sciences de Gestion
Par
M. Orlik Ferraud MAISSA MBERA
INTRODUCTION GENERALE
L’application de l’Analyse Financière comme spécialisation professionnelle et comme
discipline d’enseignement est relativement récente. Les débuts de l’Analyse Financière, se situent
dans l’entre-deux-guerres et sont le fait des banquiers.
Jusqu’à la crise de 1929, l’objectif principal des banques était de s’assurer de la capacité de
l’entreprise emprunteuse à rembourser ses dettes (solvabilité). Les banques se trouvaient
contraintes d’avoir des garanties solides avant d’accorder des crédits aux entreprises
industrielles nouvelles (charbon, textile, construction, mécanique…).
Après la deuxième guerre mondiale, les banques ont constaté qu’il était difficile de jouer des
garanties surtout lorsque le bien donné en garantie était un bien d’exploitation. Donc, la
préoccupation principale des banques était non pas la solvabilité mais la liquidité (aptitude à
rembourser les dettes des entreprises non plus grâce à la vente d’un bien (biens) mais grâce
à leurs liquidités).
L’économiste Américain Benjamin Graham (1894 – 1976) est reconnu mondialement
comme le « père de l’Analyse Financière » à la suite de son ouvrage intitulé « L’investisseur
intelligent » publié en 1949. Egalement auteur de Security Analysis dès 1934 avec David
Dodd.
Tous deux présentent dans leur ouvrage 3 fonctions de l’Analyse Financière :
- Décrire des faits relatifs à une valeur financière ;
- Sélectionner des valeurs en fonction de leurs mérites propres ;
- Critiquer les données financières analysées.
L’Analyse Financière prend véritablement son essor après la seconde guerre mondiale, avant
1945, l’optique du risque bancaire reste privilégiée. Dans une économie où la concurrence est
relativement réduite, les besoins des entreprises sont liés au financement des décalages de trésorerie
et sont fondamentalement ponctuels, l’actif est considéré comme une garantie pour le créancier, est
analysé dans une optique liquidative, on se refuse à prévoir ce qui est inscrit dans le présent (c’est-
à-dire dans le bilan), les concepts de fonds de roulement, de capacité d’autofinancement
appréhendée comme capacité de remboursement et les ratios de liquidité et d’autonomie
financière répondant à ces préoccupations..
Dans les années 1970 caractérisées par des taux d’intérêt réels extrêmement faibles et par une
croissance des entreprises élevée le risque de sous-investissement lie à l’effritement des positions
concurrentielles prime sur le risque lié à l’endettement. La vision d’une entreprise faite de besoins
et de ressources prime sur des concepts statiques d’actifs et de passif, on étudie l’entreprise en terme
de flux et non plus selon une optique liquidative.
Les outils d’analyse tendent donc à mettre en valeur la croissance de l’entreprise : besoin en fonds
de roulement, bilan fonctionnel centré sur le fonds de roulement et tableau des emplois-ressources.
Un nouveau concept se développe : l’excédent de trésorerie d’exploitation.
Dès le début des années 1980, alors que les taux d’intérêt réels deviennent positifs et que le
ralentissement de la croissance fait découvrir le risque conjoncturel, on assiste à la montée du
financement par les marchés de capitaux. L’accent est alors mis sur l’analyse du compte de résultat.
L’excédent brut d’exploitation, le résultat d’exploitation, l’actif économique et la rentabilité
économique font leur apparition. Les concepts de point mort et de levier financier priment.
Analyse Financière 1 par M. Orlik Ferraud MAISSA MBERA
2
Les années 1990 ont mis l’accent sur l’illusion produite par les conventions comptables,
plaçant la valeur actuelle des flux futurs au centre des questions d’analyse financière. Toutes les
décisions financières sont désormais analysées en terme de valeur. Le développement des outils
informatiques de simulation et la montée du rôle des actionnaires convergent d’ailleurs dans cette
direction. Les outils d’analyse correspondant à ces préoccupations sont le flux de trésorerie
disponible, le tableau de flux et le taux de rentabilité exigé par les pourvoyeurs de fonds de
l’entreprise, autrement dit le coût moyen pondéré du capital.
I. Définitions de l’Analyse Financière
L’Analyse Financière consiste, à partir de documents comptables et financiers que par les
informations diverses, à porter un jugement sur une entreprise en vue de prendre des décisions. Les
documents comptables et financiers ne suffisent jamais à faire une analyse financière. Les points
suivants sont à analyser bien que certains n’aient en apparence aucun rapport avec la finance :
- L’environnement économique (crise, inflation…), politique et culturel (évolution du
niveau de vie, pouvoir d’achat…) ;
- Les caractéristiques de l’entreprise : histoire (bloc homogène depuis l’origine ou suite de
fusions, cessions…), structure (direction forte…), typologie (secteur d’activité…) et forme
(juridique) ; ;
- Les politiques sociales (Quels sont les conditions de travail et les horaires ? grèves ou paix
sociale éternelle ? financières (Les capitaux propres sont-ils privilégiés par rapport aux
capitaux empruntés…), commerciales (Quels sont les moyens de publicité, d’enquêtes de
marché ?, la politique commerciale est-elle agressive ou discrète ? Quelle est la politique de
crédits clients, du recouvrement des créances ? ...) et de production (L’entreprise est-elle
décentralisée, centralisée, concentrée géographiquement ou dispersée ? Quelle est l’évolution
de la production ? ....) ;
- La puissance en hommes (Par quel type de dirigeants l’entreprise est-elle gérée ? …) et en
équipements (les matériels sont-ils vite obsolescents, ou éternellement durables ?, Les
matériaux sont-ils lourds ou légers ? ...) ;
- Les produits ou services (la majorité des produits (ou produit unique) est-elle en phase de
naissance, de développement, de vie active, de déclin ? ;
- L’activité, en particulier, le chiffre d’affaires (étudier l’évolution par catégories, par régions
de production et par destinations et de faire des comparaisons avec d’autres éléments de
l’entreprise…) ;
- La trésorerie (la gestion de la trésorerie a une influence directe sur la confiance des clients,
des fournisseurs et du personnel) ;
- La rentabilité et les performances (l’évolution de la rentabilité représente les performances
et la sanction chiffrée de la bonne ou de la mauvaise gestion).
Analyse Financière 1 par M. Orlik Ferraud MAISSA MBERA
3
II. Objectifs de l’Analyse Financière
Cette analyse se fonde sur un certain nombre de critères reconnus comme aptes à juger de la
situation financière d’une entreprise. Cette approche se fait sous trois angles :
- Appréciation de la situation présente d’une entreprise à partir de l’étude de son bilan.
- Analyse du compte de résultat de l’entreprise.
- Analyse dynamique à partir de l’élaboration de divers documents permettant d’anticiper les
besoins de financement futur de l’entreprise (bilans et comptes de résultat prévisionnels et
plan de financement des investissements futurs).
Le but de l’analyse financière est de réaliser une évaluation d’entreprise rapide selon les cas :
- Soit pour évaluer la solvabilité de l’entreprise.
- Soit pour estimer la valeur de l’entreprise dans une optique de cession de participation ou
d’achat ou de vente d’actions en bourse : évaluation d’actions boursières.
III. Etapes de l’Analyse Financière
Les étapes de l’Analyse Financière sont deux :
- La première étape consiste à étudier le secteur économique de l’entreprise, sa place dans le
marché (par rapport à ses concurrents), ses points faibles et ses points forts…
- La deuxième étape consiste à étudier la stratégie de l’entreprise et analyser ses chiffres. De
ce fait l’Analyse Financière se divise en deux parties : diagnostic économique et diagnostic
financier.
o Dans le diagnostic économique, il est important de connaitre le marché de
l’entreprise, sa stratégie et son positionnement…
o Dans le diagnostic financier, il est nécessaire de connaitre les règles et les méthodes
comptables de l’entreprise, les comptes rendus des commissaires aux comptes qui
peuvent contenir des informations importantes.
IV. Utilité de l’Analyse Financière
L’Analyse Financière est une méthode de traitement de l'information qui permet au
comptable, au contrôleur, au gestionnaire... d'établir un jugement sur la santé financière actuelle et
future de l'entreprise dans laquelle il doit travailler.
Afin de parvenir à cela, il faut se poser un certain nombre de questions à savoir :
- La santé financière de l’entreprise est-elle solide ? Dispose-t-elle d’une structure financière
adaptée ? Quel est son endettement ?
- Les perspectives de développement : l’entreprise, est-elle en phase de croissance, de
stabilité ou de déclin ? Le secteur est-il porteur ? Existe-t-il des concurrents sérieux ?
- La gestion et la rentabilité de l’entreprise : sa pérennité est-elle assurée? Présente-t-elle
des risques de dépôt de bilan ? Quelle est sa performance ? Est-elle rentable ? Quels sont ses
moyens de financement actuels ?
- L'entreprise a-t-elle les moyens pour assurer sa pérennité ? Quels sont ses moyens de
financement actuels ? Quelle est la politique de croissance adoptée ? Il faut également
s'intéresser à son environnement extérieur ainsi qu'à son environnement économique.
Analyse Financière 1 par M. Orlik Ferraud MAISSA MBERA
4
V. Outils de l’Analyse Financière
L’étude financière s’appuie sur des informations financières récentes qui se trouvent dans la
comptabilité de l’entreprise.
Il s’agit de « faire parler » les chiffres et de comprendre la réalité qui se cache à travers ceux-ci. Ces
derniers ne sont que le reflet de la situation de l’entreprise.
Après avoir mené une analyse rigoureuse des documents comptables et des informations
complémentaires obtenues auprès de différentes sources (organisations professionnelles,
publications spécialisés, etc.), il est possible de porter un jugement d’ensemble sur une société.
Rappelons que les documents comptables fournissent une base analytique efficace et
rigoureuse mais, ils ne permettent pas d'étudier toutes les forces et faiblesses de l'entreprise.
Cependant, en quoi consiste l‘Analyse Financière d'une entreprise ? Quels sont les éléments
nécessaires à cette analyse ?
Schéma d’ensemble des outils de l’analyse financière :
Analyse Financière
Apprécier la Mesurer l’activité Evaluer la Analyse de la
structure financière et les résultats rentabilité dynamique des flux
Approche Approche Etat de solde Rentabilité Rentabilité Rentabilité Tableau
fonctionnelle financière de gestion d’exploitation économique Financière de flux
Bilan fonctionnel Indicateurs d’activité Taux de rotation de Tableau de
FR/BFR/R De résultats l’actif économique financement
Ratios
Bilan liquidité Seuil de rentabilité Effet de levier Taux de
FR liquidité rotation des Capitaux propres
Ratios
VI. Intérêts de l’Analyse Financière
L'importance de l'entreprise dans les économies contemporaines explique l'intérêt que portent
à sa « santé » financière ses divers partenaires (prêteurs, actionnaires-investisseurs, salariés, clients,
fournisseurs, État...).
L’Analyse Financière d’une entreprise présente des intérêts différents selon les acteurs et
partenaires de l’entreprise.
Elle est indispensable pour :
- Les chefs d’entreprise, qui souhaitent faire le diagnostic de votre société et la présenter à
des financiers ou à d’éventuels repreneurs.
Analyse Financière 1 par M. Orlik Ferraud MAISSA MBERA
5
- Les banquiers qui désirent porter un jugement sur la solidité et la solvabilité de l’entreprise
à qui il prête de l’argent.
- Les salariés et les collaborateurs qui s’interrogent sur la marche de l’entreprise dans
laquelle ils travaillent.
- Les fournisseurs qui veulent être assurés d’être payés
- Les salariés et les collaborateurs qui s’interrogent sur la marche de l’entreprise dans
laquelle ils travaillent.
L’analyse financière consiste à faire un diagnostic d’une entreprise. Celui-ci est un bilan de santé
élaboré par des professionnels en général extérieur de l’entreprise. Il s’agit de constater les points
forts et les points faibles de cette entreprise et de mesurer sa rentabilité et sa performance.
Ce diagnostic s’adresse à :
- Tous les patrons des petites et moyennes entreprises : artisans, commerçants, profession
libérale et patron de petites structures ;
- Tout patron souhaitant prendre une décision : embauche, investissement, développement
de nouveau marché ou d’un nouveau produit, déclaration de cessation de paiement,
redressement judiciaire, liquidation…;
- Tous les patrons en difficultés : trésorerie négative, manque de repères, devis mal calculés,
manque de temps consacré à la gestion….
Diversités des Multiplicités des Multiplicités des
Variétés des approches
utilisateurs Objectifs concepts
Maintien et
Dirigeants d’entreprise Développement
Rentabilité Approche économique
Partage de la valeur
Salariés Croissance équilibrée Approche sociale
ajoutée
Profit et création de Rentabilité des
Actionnaires Approche financière
la valeur capitaux propres
Sécurités des fonds
Apporteurs extérieurs Solvabilité et liquidité Approche patrimoniale
avancés
L’Analyse Financière de l'entreprise est un procédé permettant de «
diagnostiquer » la santé financière de l'entreprise par le biais de plusieurs
facteurs.
L‘Analyse Financière est indispensable à tous ceux qui veulent reprendre ou
créer une Entreprise, le manque de formation économique étant la cause
principale des échecs des créateurs ou repreneurs d'entreprises.
L’Analyse Financière repose sur un ensemble de techniques ayant pour but
d’établir un diagnostic sur la situation financière de l’entreprise. Il s’agit
d’interpréter les comptes de synthèse que sont le bilan et le compte de résultat.
Ces documents construits sur la base de principes comptables ne fournissent
pas toujours une information reflétant la réalité économique. Pour aboutir à
un diagnostic pertinent, le retraitement de certains postes et la réintégration
de certains éléments sont nécessaires.
Analyse Financière 1 par M. Orlik Ferraud MAISSA MBERA
6
L’Analyse Financière doit permettre de porter un jugement sur l’équilibre
financier, sur la rentabilité et sur l’autonomie financière de l’entreprise.
L’interprétation du compte de résultat sera présentée au travers du calcul des
soldes intermédiaires (Etats des Soldes de Gestion) puis de la capacité
d’autofinancement.
L’équilibre financier sera vérifié par la construction d’un bilan fonctionnel et la
solvabilité par un bilan financier. Quelques ratios (de solvabilité, de rentabilité...,
voir ratio financier) nécessaires à l’analyse seront ensuite présentés. Il s’agit de
comparer leur évolution dans le temps et par rapport à ceux d'autres entreprises ayant
une activité similaire.
VII. Démarche de l’analyse Financière
L’Analyse Financière permet de collecter des informations comptables et de les
retraiter de façon à présenter une situation plus correcte de l’entreprise et de son
activité.
Dans l’Analyse Financière, les documents de base sont le Bilan et le Compte de
Produits et de Charges. Ces documents, pour servir l’Analyse Financière, doivent subir
des retraitements et des reclassements de leurs postes.
Il existe six (6) étapes pour une bonne analyse financière :
Première étape : Présentation des objectifs de l’Analyse Financière
Deuxième étape : Lancement et retraitement de l’information financière
Troisième étape : Présentation des outils de l’Analyse Financière
Quatrième étape : Application de l’Analyse et diagnostics financiers
Cinquième étape : Présentation des points forts et des points faibles de
l’entreprise
Sixième étape : Formulation des recommandations.
Analyse Financière 1 par M. Orlik Ferraud MAISSA MBERA
7
CHAPITRE 1 :
LE BANQUIER ET LE BILAN FINANCIER
(Bilan de liquidité – exigibilité)
Le bilan financier est un document permettant de connaître ce qui est possédé par une
entreprise (son actif) et ce qu'elle doit (son passif)
Il reprend les informations fournies par le bilan comptable en les organisant de manière à déterminer
la solvabilité de la société sur le court terme.
Il est obtenu à partir du bilan comptable après répartition des bénéfices.
Les actifs sont classés par ordre de liquidité croissante à la date du bilan.
Les passifs sont classés par ordre d’exigibilité croissante à la date du bilan.
Il s’agit d’apprécier la solvabilité à court terme de l'entreprise, c'est à dire sa capacité à faire face à
ses échéances à court terme.
L’analyse liquidité-exigibilité (le reclassement des éléments se fait de plus d’un an à ceux à
moins d’un an) privilégie l’étude du bilan ; elle est destinée aux banquiers et aux créanciers pour les
informer sur le risque d’insolvabilité et le risque de faillite de l’entreprise.
Les mots importants du bilan financier sont :
Liquidité : aptitude de l’entreprise à transformer plus ou moins rapidement ses actifs en
trésorerie.
Exigibilité : exprime la capacité de l’entreprise à respecter les dates d’échéance de règlement
de ses dettes.
Solvabilité : La solvabilité exprime la capacité à l’entreprise à régler l’ensemble de ses dettes.
Le bilan financier est construit dans le point de vue du prêteur et a pour but :
D’évaluer le patrimoine de l’entreprise
D’apprécier le risque de faillite à court terme
D’évaluer la solvabilité de l’entreprise : Sa capacité à rembourser la totalité des dettes
d’un seul coup en vendant tous les actifs (liquidation).
D’évaluer la liquidité de l’entreprise : C’est-à-dire sa capacité à payer les sommes dues
aux échéances prévues.
Les actifs et les passifs sont évalués à leurs valeurs actuelles
Le bilan financier est un bilan (Valeurs financières). C’est –à-dire que les postes sont
dans lequel évalués à la valeur la plus proche possible de leur valeur de
remboursement, de revente ou de liquidation,
Le bilan comptable est un bilan Les valeurs historiques (ou d’origine) des biens puis on
qui prend en compte pratique le cas échéant un amortissement.
Analyse Financière 1 par M. Orlik Ferraud MAISSA MBERA
8
Section 1 : Construction du bilan financier
1. Tableau de reclassement et de redressent (première méthode)
Certains éléments de l’actif ont une valeur financière (voire renseignements complémentaires)
différente de leur valeur comptable, il est nécessaire de dresser un tableau de reclassement et de
redressement afin de calculer les écarts de réévaluations (la plus-value ou la value latente).
Eléments de Valeur Valeur Différence
l’actif Comptable Financière + value - value
Terrains par
X Y Si Y X Si Y X
exemple
Plus-value nette
(écarts + value nette - value nette
de réévaluation)
Si la valeur réelle est > à la valeur nette comptable, on parle de plus-values latentes
(cachées).
Si la valeur réelle est < à la valeur nette comptable, on parle de moins-values latentes.
Si les plus-values sont > aux moins-values, on parle de plus-values nettes latentes.
Si les plus-values sont < aux moins-values, on parle de moins-values nettes latentes.
Les plus-values nettes latentes sont à ajouter aux capitaux propres du bilan financier. Les moins-
values nettes latentes sont à soustraire des capitaux propres du bilan financier.
2. Retraitements à l’actifs du bilan
L’actif du bilan se compose de l’ensemble des biens possédés par l’entreprise. Le délai de
transformation de l’actif de l’entreprise en monnaie, est plus ou moins long. Il est nécessaire de
procéder à un classement de l’actif par ordre de liquidité croissante, c’est-à-dire du moins liquide
au plus liquide.
2.1. L’actif à plus d’un an
Les immobilisations Les immobilisations Les immobilisations
en non valeurs incorporelles corporelles
L’Actif immobilisé net
Les immobilisations en non valeurs
Il s’agit des frais préliminaires, des frais préliminaires (Frais de constitution..., autres frais de
préliminaires).
Élimination des immobilisations en non-valeurs et leur déduction des capitaux propres. Ils n’ont
pas de valeur de revente. Il s’agit par exemple des frais d’établissement (frais engagés pour la
constitution de la société) ainsi que les frais de recherche et de développement.
Analyse Financière 1 par M. Orlik Ferraud MAISSA MBERA
9
Le bilan financier étant établi dans une perspective liquidative, on n’intègre à l’actif que les actifs
ayant une valeur patrimoniale, c’est-à-dire une valeur de revente. Les actifs fictifs sont donc à
soustraire des capitaux propres, afin de respecter l’équilibre Actif = Passif.
Les immobilisations incorporelles
Il s’agit :
- Des immobilisations en recherche et développement ….
- Autres immobilisations incorporelles
Les immobilisations corporelles
Elles concernent :
- Terrains
- Constructions……
- Autres immobilisations corporelles.
Les immobilisations sont prises en compte pour leur valeur réelle. En conséquence des plus –
values (à ajouter aux capitaux propres) ou des moins-values (à retrancher des capitaux propres)
sont souvent constatés.
Les immobilisations financières
- Prêts immobilisés, ………
Les autres actifs à plus d’un an
- Certaines immobilisations qui doivent être vendues dans l’immédiat (moins d’un an) ne
seront pas classées en actif immobilisé mais en actif circulant en valeurs réalisables.
- Les prêts : Sont des créances à plus d’un an mais si une échéance de remboursement se situe
à moins d’un an, elle sera imputable à l’actif circulant en valeurs réalisables.
- Les stocks : sont pris en compte à leur valeur réelle. Mais une partie peut être rattachée aux
immobilisations (stock-outil). En effet, les entreprises pour éviter toute rupture de stock
gardent en permanence un stock minimum (stock de sécurité). Il convient d’évaluer le stock-
outil, de l’intégrer dans l’Actif à plus d’un an et de le déduire de la rubrique Actif à moins
d’un an (valeurs d’exploitation) du bilan financier.
- Clients douteux à plus d’un an : Les clients peuvent payer soit au comptant, soit à une
échéance fixée au préalable avec le fournisseur. Cette échéance peut être tardive, mais elle
n`excède jamais un an à compter de la date de livraison.
Toutefois, certains clients ne payent pas à la date prévue, créant ainsi des difficultés à
l’entreprise qui se verra alors contrainte une procédure judiciaire. Il s’écoulera souvent de
nombreux mois, voire des années, avant que le paiement n`intervienne, ce qui explique que
certaines créances soient inscrites en actif à plus d’un an.
- Autres créances à plus d’un an : Selon les informations annexes fournies avec le bilan
comptable, il peut exister d’autres créances de l’actif circulant à classer en actifs à + d’un an.
Exemple les charges constatées d’avance.
- Les écarts de conversion – Actif : représentent les pertes de change latentes sur les
diminutions des créances et sur la majoration des dettes libellées en monnaies étrangères
(suite à une évolution défavorable des taux de change pour l’entreprise).
Pour passer au bilan financier, on procède ainsi :
o Leur élimination de l’actif ;
o Leur déduction au même temps des capitaux propres.
Analyse Financière 1 par M. Orlik Ferraud MAISSA MBERA
10
- Autres créances à plus d’un an : Selon les informations complémentaires, il se peut que
certaines créances de l’actif circulant seront à classer en actif immobilisé.
2.2. L’actif à moins d’un an
Les valeurs d’exploitation :
Elles regroupent les clients et les stocks sauf le stock-outil ;
Valeurs réalisables : Elles regroupent :
- Les immobilisations à moins d’un an (part de prêt remboursable à moins d’un an,
immobilisations cédées en cours d’année…) ;
- Avances et acomptes versés sur commande en cours,
- Clients et comptes rattachés (les effets à recevoir).
SAUF clients douteux à plus d`un an
SAUF effets escomptables ou encaissables dans un avenir très proche
- Autres créances à moins d’un an (TVA déductible sur biens et services, charges constatées
d’avance, crédit de TVA…)
- Valeurs Mobilières de placement (difficilement négociables) sauf les VMP cessibles à très
court terme.
Valeurs disponibles ou Trésorerie – Actif
- Banque ;
- Caisse ;
- Compte des Chèques Postaux (CCP) ;
- Valeurs Mobilières de Placement (facilement négociables et vendues dans un avenir
immédiat) ;
- Les effets à recevoir (effets escomptés non échus) c’est-à-dire ceux qui vont être portés à
l’escompte ou qui arrivent à l’échéance très prochainement.
Immobilisations à plus d’un an :
SAUF : Immobilisations cessibles à court terme
SAUF Prêts remboursables à moins d`un an
Valeurs SAUF frais d`établissement
immobilisées Autres actifs à plus d`un an
Stock – Outil (Stock de sécurité
Clients douteux à plus d`un an
Autres créances à plus d`un an
Valeurs d’exploitation :
Clients et Stocks SAUF le stock-outil
Valeurs réalisables :
Immobilisations à moins d’un an (part de prêt remboursable à moins d’un an,
Actif immobilisations cédées en cours d’année…)
Avances et acomptes versés sur commande en cours,
Actif
Clients et comptes rattachés (les effets à recevoir).
circulant
SAUF clients douteux à plus d`un an
SAUF effets escomptables ou encaissables dans un avenir très proche
Autres créances à moins d’un an (TVA déductible sur biens et services, charges constatées
d’avance, crédit de TVA…)
Valeurs Mobilières de placement
(difficilement négociables) sauf les VMP cessibles à très court terme.
Valeurs disponibles :
Trésorerie - Banque, Caisse, CCP
Actif Valeurs Mobilières de Placement cessibles à très court terme.
Effets à recevoir (effets escomptes non échus)
Analyse Financière 1 par M. Orlik Ferraud MAISSA MBERA
11
3. Retraitements au passif du Bilan
3.1. Le passif à plus d’un an
Financement permanent
- Capitaux propres (après répartition du résultat) : Capital social, primes d’émission et
de fusion, réserves…, report à nouveau (après affectation du résultat)
- Résultat de l’exercice (après affectation du résultat)
- Subvention d’investissements
- Provisions réglementées
- Plus ou moins-values latentes (les écarts de réévaluation)
- Écarts de conversion- passif
Moins ACTIF FICTIF (frais de constitution…).
Dettes à plus d’un an
- Emprunts obligataires (SAUF la partie remboursable à moins d`un an) ;
- Emprunts et dettes auprès des établissements de crédit (SAUF la partie remboursable à
moins d`un an et SAUF les découverts bancaires ou concours bancaires).
- Dettes financières diverses (SAUF les intérêts courus non échus).
- Provisions pour risques et charges à plus d’1 an
- Provisions pour dépréciation des comptes clients à plus d’1 an
- Produits constatés d’avance à plus d’1 an.
3.2. Le passif à moins d’un an
Dettes à moins d’un an
- Bénéfice à distribuer : Dividendes
- Provisions pour risques et charges à – d’1 an
- Impôt sur les bénéfices (IS) si à – d’1 an
- Part à moins d’un an des dettes financières
- Part des produits constatés d’avance à moins d’un an
- Effets escomptés non échus
- Intérêts courus non échus
- Avances et acomptes reçus sur commandes en cours
- Dettes fournisseurs et comptes rattaches
- Dettes fiscales et sociales
- Dettes diverses
Trésorerie – Passif
- Découverts et concours bancaires et soldes créditeurs des banques.
Analyse Financière 1 par M. Orlik Ferraud MAISSA MBERA
12
Capitaux permanents :
Capitaux propres (après répartition du résultat) :
Capital social moins le capital souscrit non appelé
Primes d`émission et de fusion
Réserves
Report à nouveau (après affectation du résultat)
Capitaux Résultat de l’exercice (après affectation du résultat)
permanents Subvention d’investissements
Provisions réglementées
Plus ou moins-values latentes (les écarts de réévaluation)
Provisions pour risques et charges non justifiées
Comptes courants bloqués
Écarts de conversion- passif
Moins ACTIF FICTIF
Dettes à plus d’un an :
Emprunts obligataires SAUF la partie remboursable à moins d`un an
Emprunts et dettes auprès des établissements de crédit SAUF la partie remboursable
Passif
Dettes à plus à moins d`un an et SAUF les découverts bancaires ou concours bancaires.
d’un an Dettes financières diverses SAUF les intérêts courus non échus.
Provisions pour risques et charges à plus d’1 an
Provisions pour dépréciation des comptes clients à plus d`1 an
Produits constatés d’avance à plus d`un an
Dettes à moins d’un an :
Bénéfice à distribuer : Dividendes
Provisions pour risques et charges à – d`1 an
Impôt sur les bénéfices (IS) si à – d`I an
Dettes à Part à moins d’un an des dettes financières
moins d’un Part des produits constatés d’avance à moins d’un an
an Effets escomptés non échus
Intérêts courus non échus
Avances et acomptes reçus sur commandes en cours
Dettes fournisseurs et comptes rattaches
Dettes fiscales et sociales
Dettes diverses
Trésorerie - Découverts et concours bancaires et soldes créditeurs des banques
Passif
4. Bilan Financier détaillé et complet
Il se présente comme suit :
Analyse Financière 1 par M. Orlik Ferraud MAISSA MBERA
13
Actif Montant Passif Montant
Valeurs immobilisées : Capitaux permanents :
Immobilisations à plus d’un an : Capitaux propres (après répartition du
SAUF : résultat) :
Immobilisations cessibles à court terme Capital social moins le capital souscrit non
Prêts remboursables à moins d`un an Frais appelé.
d`établissement Primes d`émission et de fusion
Autres actifs à plus d`un an Réserves
Stock de sécurité Report à nouveau (après affectation du
Clients douteux à plus d`un an résultat)
Autres créances à plus d`un an Résultat de l’exercice (après affectation du
résultat)
Subvention d’investissements
Provisions réglementées
Plus ou moins-values latentes (les écarts
de réévaluation)
Provisions pour risques et charges non
justifiées
Comptes courants bloqués
Écarts de conversion- passif
Moins ACTIF FICTIF
Dettes à plus d’un an :
Emprunts obligataires SAUF la partie
remboursable à moins d`un an
Emprunts et dettes auprès des
établissements de crédit SAUF la partie
remboursable à moins d`un an et SAUF les
découverts bancaires ou concours bancaires.
Dettes financières diverses SAUF les
intérêts courus non échus.
Provisions pour risques et charges à plus
d`un an
Produits constatés d’avance à plus d`un
an.
Actif circulant Dettes à moins d’un an :
Valeurs d’exploitation : Bénéfice à distribuer
Stocks SAUF le stock-outil Provisions pour risques et charges à moins
Valeurs réalisables : d`1 an
Immobilisations à moins d’un an Impôt sur les bénéfices (IS) si à moins d`I
Avances et acomptes versés sur an
commande en cours, Part à moins d’un an des dettes financières
Clients et comptes rattachés Part des produits constatés d’avance à
SAUF clients douteux à plus d`un an moins d’un an
SAUF effets escomptables ou encaissables Effets escomptés non échus
dans un avenir très proche Intérêts courus non échus
Autres créances à moins d’un an (TVA, Avances et acomptes reçus sur
charges constatées d’avance…) commandes en cours
Valeurs Mobilières de placement sauf les Dettes fournisseurs et comptes rattaches
VMP cessibles à très court terme. Dettes fiscales et sociales
Valeurs disponibles : Dettes diverses
Banque, Caisse, CCP Découverts et concours bancaires et soldes
Valeurs Mobilières de Placement cessibles créditeurs
à très court terme. des banques
Effets à recevoir (effets escomptes non
échus)
Total Actif Total Passif
Analyse Financière 1 par M. Orlik Ferraud MAISSA MBERA
14
5. Bilan Financier condensé
L’élaboration du bilan financier condensé nécessite le regroupement des « postes » du bilan, afin
d’obtenir différentes masses qui seront exprimées en pourcentage, par rapport au total général du
bilan. Le document obtenu permet d’analyser la structure financière de l’entreprise.
Actif Montant % Passif Montant %
Valeurs immobilisées Capitaux propres
Valeurs d’exploitation Dettes à long terme
Valeurs réalisables Dettes à court terme
Valeurs disponibles ou
Trésorerie Actif Trésorerie Passif
Total Actif Total Passif
6. Tableau de reclassement et de redressement (deuxième méthode)
Actif Passif
Eléments Valeurs Valeurs Valeurs Trésorerie Capitaux Dettes Dettes Trésorerie
Immobilisées d’Exploitation Réalisables Actif propres à à CT Passif
LMT
Totaux
comptables
/ / / / / / / /
Actif fictif (Immo
en non-valeur) - -
Plus-value sur
élément d’Actif +
imm.
Moins-value sur
élément d’Actif -
immobilisé
Stock-outil + -
TVP facilement
cessibles ou - +
négociables
Bénéfice distribué - +
Créance immo. à
– 1 an - +
Créance de l’AC à
+ 1 an + -
Effets de commerce
facilement - +
escomptables
Dettes à LMT à
– 1 An +
Dettes à CT à
+ 1 an + -
Totaux financiers / / / / / / / /
Après avoir dressé un exemple de tableau de reclassement et de redressement (Deuxième
méthode), il faut présenter par la suite le Bilan Financier complet puis le Bilan financier condensé
avec de calculer les différents ratios.
Analyse Financière 1 par M. Orlik Ferraud MAISSA MBERA
15
Section 2 : Diagnostic financier dans l’analyse liquidité – exigibilité
L’analyse liquidité-exigibilité a permis de dégager un ensemble de règles simples,
garantissant une bonne gestion financière. Ces règles se sont accompagnées d’instruments d’analyse
: Les ratios.
1. Les règles de l’analyse financière traditionnelle
1.1.La nécessité du Fonds de Roulement financier.
Il faut que les ressources, qui financent les actifs, restent à la disposition de l’entreprise pendant
une durée au moins égale à celle de l’actif financé. Autrement dit, il faut une marge de sécurité en
raison des risques de décalage entre actifs et dettes à moins d’un an.
Actifs à moins d’un an > dettes à moins d’un an <=> FR Financier > 0.
1.2. L’endettement à long et moyen terme maximum
Une double limite est fixée aux dettes à plus d’un an :
- 1ère limite : Dettes à plus d’un an ≤ Capitaux propres
- 2ème limite : Dettes à plus d’un an ≤ 3 années d’autofinancement.
L’équilibre financier et le Fonds de Roulement Net Général :
- Fonds de Roulement Net Global (ou Général) = capitaux permanents – valeurs
immobilisées
- Besoin en Fonds de Roulement = valeurs d’exploitation + valeurs réalisables – dettes à court
terme.
- Trésorerie nette = Trésorerie-Actif – Trésorerie-Passif ou Disponibilités – Concours et
découverts bancaires ou Fonds de Roulement (FR) – Besoin en Fonds de Roulement (BFR).
o Si BFR FRN trésorerie négative
o Si BFR FRN trésorerie positive
2. Les ratios dans l’analyse financière traditionnelle
Un ratio est un rapport significatif entre deux données chiffrées.
2.1. Les ratios de structure ou de situation
- Ratio de Fonds de Roulement liquidité : Capitaux permanents ÷ Actifs à plus d’un an
- Ratio de liquidité ou de trésorerie :
+ Liquidité générale = Actifs à moins d’un an ÷ Dettes à moins d’un an.
+ Liquidité immédiate = (Réalisables + Disponibles) ÷ Dettes à moins d’un an
- Ratio d’endettement = Dettes totales (ou à moins d’un an) / Passif
2.2. Les ratios de gestion ou de rotation
On calcule un temps d’écoulement (TE), ou taux de rotation (TR) pour chaque poste lié au
cycle d’exploitation : stocks, clients, fournisseurs.
- Stocks de marchandises :
Stock moyen de marchandises
TE (en jours) = x 360
Achats de marchandises + SI – SF
Analyse Financière 1 par M. Orlik Ferraud MAISSA MBERA
16
360
Taux de Rotation =
Temps d’écoulement
Avec : Stock moyen de marchandises = (SI + SF) / 2
- Stocks de produits finis : TE (en jours)
Stock moyen de produits finis
TE (en jours) = x 360
Coût de production des produits finis vendus
360
Taux de Rotation =
TE
- Clients : TE (en jours)
Clients
TE (en jours) = x 360
Ventes TTC
360
Taux de Rotation =
TE
- Fournisseurs : TE (en jours)
Fournisseurs
TE (en jours) = x 360
Achats TTC
360
Taux de Rotation =
TE
Analyse Financière 1 par M. Orlik Ferraud MAISSA MBERA
17
CHAPITRE 2 :
LE GESTIONNAIRE ET LE BILAN FONCTIONNEL
Le bilan fonctionnel est établi à partir du bilan comptable par recomposition en grandes
masses mettant en évidence des éléments stables (emplois et ressources), des éléments circulants
(d’exploitation et hors exploitation) et la trésorerie.
Le Bilan fonctionnel est une photographie de l’entreprise à une date donnée permettant la
mise en évidence du fonctionnement de l’entreprise : ce qu’elle dépense et avec quelles ressources.
C’est un bilan comptable retraité. L’élaboration du bilan fonctionnel se fait à partir du bilan
comptable.
Le bilan fonctionnel est un bilan reprenant les valeurs brutes à l’actif (avant amortissements et
dépréciations) et dressé avant répartition de résultat de l’exercice.
L’objectif est d’être capable d’apprécier l’équilibre financier d’une entreprise, son
indépendance financière et sa rentabilité. Ainsi, un bon commercial doit savoir reconnaître si la
situation financière de ses clients est saine. Un bon gestionnaire doit pouvoir évaluer l’incidence
financière de ses décisions.
Section 1 : Principes d’élaboration du bilan fonctionnel
L’analyse fonctionnelle considère que le bilan recense les ressources et les emplois en
fonction de leur participation aux différents cycles économiques.
Il s’agit d’un bilan dans lequel les éléments de l’actif et du passif sont regroupés selon trois grandes
fonctions permettant d’analyser la vie de l’entreprise :
- Cycle de financement ;
- Cycle d’investissement ;
- Cycle d’exploitation.
Le cycle de financement : Correspond à cette fonction les ressources stables (capitaux
propres, amortissements, dépréciations et provisions, dettes financières stables) placées dans
la partie haute du passif du bilan ;
Le cycle d’investissement : Les éléments correspondants figurent en haut de l’actif du bilan,
dans l’actif immobilisé, et sont exprimés en valeur brute ;
Le cycle d’exploitation : Elle rassemble les postes en bas du bilan (actif circulant à l’actif et
dettes non financières au passif).
Schéma des cycles en bilan fonctionnel
Ressources stables :
Cycle Emplois stables ou actif Cycle de
Capitaux propres
d’investissement immobilisé financement
Dettes de financement
Actif circulant :
Passif circulant :
Actif circulant d’exploitation
Passif circulant d’exploitation
Actif circulant hors
Cycle Passif circulant hors exploitation Cycle
exploitation
d’exploitation d’exploitation
Trésorerie – Passif
Trésorerie – Actif
Concours bancaires
Disponibilités
Banques soldes créditeurs…..
Analyse Financière 1 par M. Orlik Ferraud MAISSA MBERA
18
L’entreprise possède des ressources
Ressources stables Cycle long de financement
Passif circulant Dettes liées au cycle d’exploitation
Ces ressources servent à financer des emplois
Emplois stables Cycle long d’investissement
Actif circulant Biens et créances liées au cycle d’exploitation.
Section 2 : Rôle du Bilan fonctionnel
Le bilan fonctionnel a pour rôle :
D’apprécier la structure fonctionnelle de l’entreprise ;
De déterminer l’équilibre financier, en comparant les différentes masses du bilan classées
par fonction ;
D’évaluer les besoins financiers et les ressources dont dispose l’entreprise et en observant le
degré de couverture des emplois par les ressources et d'évaluer les risques potentiels ;
D'apprécier la rentabilité de l'entreprise en calculant le besoin en fonds de roulement (BFR),
la trésorerie ainsi que le ratio de rotation (clients, fournisseurs, stocks) ;
De mesurer la solidité financière de l'entreprise grâce au calcul du fonds de roulement (FR),
ou encore l'équilibre entre le fonds de roulement, le besoin en fonds de roulement et la
trésorerie.
Section 3 : Construction du Bilan fonctionnel
Le bilan comptable ne permet pas d’opérer cette lecture fonctionnelle. Il est donc nécessaire
de reclasser et retraiter certaines rubriques du bilan comptable pour obtenir le bilan fonctionnel.
L’analyse fonctionnelle procède au classement des emplois et des ressources en trois masses
homogènes.
1. Les retraitements à opérer pour passer du bilan comptable au bilan fonctionnel
Le fonctionnel s’établit sur la base d’un bilan comptable. En effet, il s’agit d’un bilan retraité,
dans lequel les postes du bilan fonctionnel sont classés selon une logique et une optique différentes
de celle du bilan comptable.
1.1.Actif du bilan fonctionnel
Les éléments d’actif sont pris en compte pour leur valeur brute.
L’actif du bilan fonctionnel se compose de trois rubriques :
Actif immobilisé
- Faire figurer les immobilisations pour leur valeur brute ;
- Retirer les actifs fictifs (frais de constitution) dans la mesure où il ne s’agit pas
d’investissements durables ;
Les amortissements et les provisions du total de l’actif, sont considérés comme des ressources
stables, car ils participent au renouvellement des immobilisations. A ce titre, on les incorpore dans
la rubrique Capitaux propres.
Les primes de remboursement des obligations sont donc éliminées de l'actif du bilan
fonctionnel et doivent être retranchées des capitaux propres pour réaliser l’équilibre.
Analyse Financière 1 par M. Orlik Ferraud MAISSA MBERA
19
Les écarts de conversion actif (éléments durables) (Augmentation des dettes de financement
ou d’immobilisation) doivent être corrigés, c’est-à-dire doivent être retranchés de l’actif
immobilisé et des dettes de financement (dettes à long terme).
Actif circulant
L’actif circulant regroupe aussi bien l’actif circulant d’exploitation que l’actif circulant hors
exploitation.
o Actif circulant d’exploitation
- Stocks :
Faire figurer les stocks pour leur valeur brute. Pourquoi les comptabilise – t –on en valeurs brutes ?
Dans le bilan fonctionnel, la notion d’actif (actif circulant) se conçoit au sens strict, elle désigne ce
que l’entreprise possède réellement. Au jour de l’établissement du bilan, il existe des risques de
dépréciation des stocks qui viennent diminuer la valeur de l’actif. Mais le bilan fonctionnel n’intègre
pas les provisions pour dépréciations des stocks car il ne s’agit que de risques, la perte est éventuelle
et approximative. C’est pourquoi le bilan fonctionnel enregistre les valeurs brutes.
- Créances clients :
Créances clients constituent l’exemple type des créances d’exploitation, car l’entreprise existe pour
avoir des clients. Tout comme les stocks, les comptes clients et comptes rattachés sont intégrés pour
leurs valeurs brutes.
o Actif circulant hors exploitation
Il s’agit des éléments des postes de l’actif qui ne relèvent pas des cycles d’investissement, de
financement ou d’exploitation. Ce sont des emplois acycliques instables
- Créances diverses hors exploitation
- Charges constatées d’avance hors d’exploitation
- Valeurs mobilières de placements (V.M.P) :
Les VMP représentent l’exemple type de créances hors exploitation, dans la mesure où l’objet
social de l’entreprise n’est pas la spéculation en bourse. Elles sont inscrites au bilan pour leurs
valeurs brutes. Si les VMP sont conservées dans l’entreprise pendant une période, elles
resteront dans l’actif circulant hors exploitation. Par contre, si elles sont vendues
rapidement, elles seront considérées comme des disponibilités et intégreront la trésorerie –
Actif.
Les écarts de conversion actif (éléments circulants) (Augmentation des dettes) doivent être
retranchés de l’actif circulant et du passif circulant.
Trésorerie – Actif
- Banques ;
- Caisse ;
- CCP ;
- VMP Facilement négociable.
Analyse Financière 1 par M. Orlik Ferraud MAISSA MBERA
20
Faire figurer toutes les immobilisations (corporelles, incorporelles et
financières)
Ajouter la valeur des équipements financés par crédit – bail (voire
retraitement hors bilan)
Valeurs
Retirer les actifs fictifs (frais de constitution)
immobilisées
Ajouter la valeur brute des charges à répartir sur plusieurs exercices
Les primes de remboursement des obligations doivent être retranchées
des capitaux propres
Retrancher les écarts de conversion actif (éléments durables)
Les stocks : Valeurs brutes
Les clients : Valeurs brutes
Effets escomptés non échus : Si l’entreprise n’escompte pas ses effets et
donc, elle en sera toujours en possession.
Actif circulant TVA déductible sur les biens et services, crédit de TVA...sont à intégrer
d’Exploitation dans l’actif circulant d’exploitation.
(Opérations Les charges constatées d’avance (exploitation) : Les charges constatées
courantes de d’avance peuvent être classées soient dans les opérations d’exploitation soient
l’entreprise). dans les opérations hors exploitation. L’annexe du bilan doit en général
mentionnée leur classement exact mais en l’absence des renseignements,
Actif il faut les mettre en exploitation.
Les valeurs mobilières de placement : Elles intègrent l’actif circulant
d’exploitation dans la mesure où l’objectif de l’entreprise est la spéculation en
bourse. Les VMP sont enregistrées au bilan pour leur valeur brute.
Les valeurs mobilières de placement : Elles intègrent l’actif circulant hors
exploitation dans la mesure où l’objectif de l’entreprise n’est pas la
spéculation en bourse. Les VMP sont enregistrées au bilan pour leur valeur
brute.
Actif circulant La TVA déductible sur immobilisations : La TVA déductible
Hors Exploitation immobilisation existe que lors de l’achat d’une immobilisation, opération qui
(Opérations non s’apparente à une activité non courante car les investissements ne s’effectuent
courantes de que ponctuellement.
l’entreprise). Les charges constatées d’avance (hors exploitation) : Les créances sur
cessions d’immobilisations et les créances sur cessions de VMP : En
général, elles sont classées en actif circulant hors exploitation mais il faut lire
l’annexe joint au bilan.
Retrancher les écarts de conversion actif (éléments circulants).
Banque
Caisse
Trésorerie - Actif
CCP
VMP : Facilement négociables.
1.2. Le passif du bilan fonctionnel
Les capitaux propres
- Le capital social
- Le résultat de l’exercice doit s’établir avant l’affectation du résultat.
- Les provisions pour risques et charges : Elles intègrent les capitaux propres car elles
s’assimilent à des réserves. Il s’agit de l’argent mis de côté pour faire face à d’éventuelles
charges.
- Les amortissements et les provisions pour dépréciation d’actif : Comme tous les postes
de l’actif du bilan fonctionnel sont inscrits pour leur valeur brute, les amortissements et les
Analyse Financière 1 par M. Orlik Ferraud MAISSA MBERA
21
provisions n’apparaissent pas à l’actif, ils seront enregistrés au passif dans les capitaux
propres, comme des réserves.
- Idem pour les provisions pour risque et charges
- Les actifs fictifs (frais d’établissement) ne sont inscrits pas à l’actif du bilan fonctionnel, il
est nécessaire de les soustraire du passif du bilan fonctionnel afin de maintenir l’équilibre du
bilan.
Les dettes de financement
- Les emprunts obligataires : Ils sont inscrits au bilan comptable pour leur valeur de
remboursement par contre doivent être enregistrés au bilan fonctionnel pour leur valeur
d’émission. Cela s’explique par : Lors de l’émission de l’emprunt obligataire, l’entreprise
reçoit de l’argent des obligataires et constitue donc une ressource permanente pour elle.
o Emprunt obligataire inscrit au bilan fonctionnel = emprunt obligataire inscrit
au bilan comptable – prime de remboursement des obligations.
o Emprunt obligataire = Valeur de remboursement (VR)
Prime de remboursement = VR – Valeur d’émission (VE)
D’où, VR – (VR – VE) = VE.
- Les emprunts auprès des établissements de crédit :
Emprunts et dettes auprès des établissements de crédit inscrits au bilan fonctionnel
= Emprunts et dettes auprès des établissements de crédit inscrits au bilan comptable
– concours bancaires, soldes créditeurs des banques, découverts bancaires…
- Les dettes financières diverses : Il est important de retrancher des dettes diverses, les intérêts
courus non échus qui sont des dettes à court terme.
Dettes financières diverses inscrites au bilan fonctionnel = Dettes financières diverses
inscrites au bilan comptables – intérêts courus non échus.
- Les écarts de conversion passif (éléments durables) (Augmentation des créances) doivent
être retranchés de l’actif immobilisé et des dettes de financement.
Passif circulant
Le Passif circulant regroupe aussi bien le passif circulant d’exploitation que le passif
circulant hors exploitation.
o Passif circulant d’exploitation
- Les avances et acomptes reçues sur commandes,
- Les fournisseurs et comptes rattachés
- Les dettes fiscales (TVA collectée, dettes fiscales pour paiement des différentes taxes …
(SAUF IS))
- Les dettes sociales
- Les autres dettes d’exploitation
- Les produits constatés d’avance d’exploitation
o Passif circulant hors Exploitation
- Les dettes sur immobilisations
- Les dettes fiscales (IS)
- Les intérêts courus non échus
- Les dettes diverses
- Les produits constatés d’avance hors exploitation
Analyse Financière 1 par M. Orlik Ferraud MAISSA MBERA
22
Rappel :
Les écarts de conversion-Passif (Augmentation des créances) des éléments circulants doivent
être retranchés de l’actif circulant et passif circulant.
Trésorerie – Passif
- Les concours bancaires
- Les découverts bancaires
- Le solde créditeur des banques
- Les effets escomptés non échus.
Les capitaux propres
+Les provisions pour risque et charges
+Les amortissements et les provisions pour dépréciation d’actif
+Amortissements du crédit-bail
Retrancher les écarts de conversion passif (éléments durables)
MOINS les actifs fictifs.
Ressources
permanentes Les dettes de financement
- Les emprunts obligataires
-Les emprunts auprès des établissements de crédit
MOINS les concours bancaires, soldes créditeurs des banques,
découverts bancaires…
Valeur nette (Valeur résiduelle) des équipements financés par
crédit-bail.
Les avances et acomptes reçues sur commandes,
Passif Les fournisseurs et comptes rattachés
Passif Les dettes fiscales (TVA collectée, dettes fiscales pour paiement des
circulant différentes taxes …… (SAUF IS))
d’exploitation Les dettes sociales
Les autres dettes d’exploitation
Les produits constatés d’avance d’exploitation
Les dettes sur immobilisations
Les dettes fiscales (IS)
Passif
Les intérêts courus non échus
circulant hors
Les dettes diverses
Exploitation
Retrancher les écarts de conversion passif (éléments circulants)
les produits constatés d’avance hors exploitation
Les concours bancaires
Trésorerie Les découverts bancaires
Passif Le solde créditeur des banques
Les effets escomptés non échus.
2. Les retraitements des éléments hors bilan
Pour donner une vision économique du bilan, des éléments qui ne sont pas dans le bilan
comptable doivent être également être retraités.
2.1. Les biens financés par le crédit-bail
Le crédit-bail est une location assortie d’une promesse de vente. Le principe du crédit-bail est
simple : l’entreprise ayant besoin d’un bien en formule la demande auprès d’une société de crédit-
bail, qui achète le bien déterminé et le lui loue pendant une période donnée. Le crédit-bail peut
concerner du matériel (crédit-bail mobilier) ou des biens immobiliers (crédit-bail immobilier). A la
fin du contrat de crédit-bail, l’entreprise a la possibilité, soit d’acquérir le bien sur la base d’un prix
Analyse Financière 1 par M. Orlik Ferraud MAISSA MBERA
23
prédéfini dans le contrat (la valeur résiduelle du bien), soit de rendre le bien, soit de continuer à le
louer à un loyer revu à la baisse.
La société de crédit-bail reste le propriétaire du bien pendant toute la durée de la location et jusqu’au
règlement éventuel de la valeur résiduelle du bien.
L’entreprise utilisatrice doit faire assurer le bien et le maintenir dans un état correct pendant toute la
durée du contrat.
Il faut réintégrer le crédit-bail comme si l’entreprise possédait réellement l’actif loué. Il faut
ajouter la valeur du bien à l’actif. En contrepartie, ce nouvel actif doit être ventilé au passif du bilan
en fonction des amortissements qui constatent son vieillissement et en dettes financières pour le reste.
Exemple :
Une entreprise utilise depuis 1 an un matériel industriel financé par un contrat de crédit-bail dont
les dispositions sont les suivantes :
- Coût d’acquisition du matériel : 150 000 FCFA
- Durée de contrat : 5 ans
- Taux = 100 / 5 = 20 %
Réponse
Annuité d’amortissement linéaire du matériel :
150 000 x 20 % = 30 000 FCFA.
Extrait du bilan fonctionnel au 31 / 12 / N
Actif Montant Passif Montant
Actif immobilisé Capitaux propres
Valeur d’origine (VO) 150 000 Amortissements du crédit-bail 30 000
des équipements Dettes financières
financés par crédit-bail Valeur nette (valeur résiduelle) des équipements 120 000
financés par crédit-bail
Au cas où l’entreprise utilise le matériel depuis 2 ans alors l’Annuité d’amortissement linéaire
du matériel = 150 000 x 20 % x 2 ans = 30 000 FCFA x 2 = 60 000 FCFA.f Montant Passif Montant
Extrait du bilan fonctionnel au 31 / 12 / N+1
Actif Montant Passif Montant
Actif immobilisé Capitaux propres
Valeur d’origine (VO) 150 000 Amortissements du crédit-bail 60 000
des équipements Dettes financières
financés par crédit-bail Valeur nette (valeur résiduelle) des équipements 90 000
financés par crédit-bail
Au cas où l’entreprise utilise le matériel depuis 3 ans alors l’Annuité d’amortissement
linéaire du matériel =150 000 x 20 % x 3 ans = 30 000 FCFA x 3 = 90 000 FCFA.
Extrait du bilan fonctionnel au 31 / 12 / N+2
Actif Montant Passif Montant
Actif immobilisé Capitaux propres
Valeur d’origine (VO) 150 000 Amortissements du crédit-bail 90 000
des équipements Dettes financières
financés par crédit-bail Valeur nette (valeur résiduelle) des équipements 60 000
financés par crédit-bail
Analyse Financière 1 par M. Orlik Ferraud MAISSA MBERA
24
1.2. Les effets escomptés non échus
L’escompte d’effets de commerce consiste à céder des créances commerciales à un banquier
avant leur date d’échéance, déduction des intérêts et commissions, en contrepartie du transfert à son
profit de la propriété de la créance. Cette technique permet à l’entreprise de disposer immédiatement
de liquidités pour faire face à ses besoins de trésorerie.
Cette créance représentée par un effet de commerce est soit une lettre de change tirée par le
fournisseur sur son client, soit un billet à ordre souscrit par le client au profit de du fournisseur
Les effets escomptés non échus sont :
- Ajoutés à l’actif circulant dans les créances d’exploitation ;
- Ajoutés aux soldes créditeurs des banques.
Bilan fonctionnel (les retraitements hors bilan)
Actif Montant Passif Montant
Actif immobilisé Capitaux propres
Valeur d’origine (VO) des Amortissements du crédit-bail
équipements financés par crédit-bail Dettes financières
Valeur nette (valeur résiduelle) des
équipements financés par crédit-bail
Actif circulant Passif circulant
Actif circulant d’exploitation Passif circulant d’exploitation
+ Effets escomptés non échus Passif circulant hors exploitation
Actif circulant hors exploitation
Trésorerie-actif Trésorerie- passif
Disponibilités (Dons, concours et découverts
bancaires)
+ Effets escomptés non échus
Total Total
Section 4 : Bilan fonctionnel détaillé et complet
Analyse Financière 1 par M. Orlik Ferraud MAISSA MBERA
25
Actif Montant Passif Montant
Actif stable : Capitaux permanents :
Immobilisations à plus d’un an : Capitaux propres : (Capital social, prime
SAUF : frais d’établissement d’émission et de fusion, Réserves, Report
Charges à répartir sur plusieurs à nouveau, Résultat de l’exercice,
exercices + Valeur d’origine (VO) Subvention d’investissements, Provisions
des équipements financés par réglementées, Provisions pour risques et
crédit-bail charges, Amortissements et provisions
(actifs),
+ Amortissements du bien financé par
crédit-bail
ACTIF FICTIF (frais d’établissement)
Dettes financières (Emprunts
obligataires ; dettes financières diverses,
dettes auprès des établissements de crédit
et destinés à financer des investissements
Dons, découverts et concours bancaires)
– Les intérêts courus non échus
+ valeur nette comptable des
équipements financés par crédit-bail par
crédit-bail
Actif circulant : Passif circulant :
Actif circulant d’exploitation : Passif circulant d’exploitation :
Avances et acomptes versés sur Avances et acomptes reçues sur
commandes, commandes,
Clients et comptes rattachés + Effets Fournisseurs et comptes rattachés
escomptés non échus Dettes fiscales (SAUF IS)
Autres créances d’exploitation Dettes sociales
Charges constatées d’avance Autres dettes d’exploitation
d’exploitation Produits constatés d’avance d’exploitation
Actif circulant hors exploitation : Passif circulant hors exploitation :
Valeurs Mobilières de placement Fournisseurs d’immobilisations
Autres créances hors exploitation Dettes fiscales (IS)
(TVA déductible sur Intérêts courus non échus
immobilisations…) Produits constatés d’avance (hors
Charges constatées d’avance hors exploitation).
d’exploitation Autres dettes hors exploitation
Créances diverses
Trésorerie-actif : Trésorerie-passif :
Banque, Caisse, CCP Découverts et concours bancaires et soldes
+ Valeurs Mobilières de placement créditeurs des banques
facilement négociables + Effets escomptés non échus
Total Total
Section 5 : Bilan fonctionnel condensé
Il se présente comme suit :
Actif Montant Passif Montant
Actif immobilisé Ressources stables
Actif circulant : Passif circulant :
Actif circulant d’exploitation Passif circulant d’exploitation
Actif circulant hors exploitation Passif circulant hors exploitation
Trésorerie actif Trésorerie passif
Total : Total :
Analyse Financière 1 par M. Orlik Ferraud MAISSA MBERA
26
Section 6 : Le diagnostic financier dans l’analyse Fonctionnelle
L’analyse fonctionnelle repose sur une règle de l’équilibre. En procédant à une analyse
comparative des bilans fonctionnels, il est possible de détecter les difficultés et d’y remédier.
Le calcul et l’analyse des grandeurs fondamentales de la structure financière permettent un
diagnostic de l’entreprise mais également de la situation financière des partenaires (clients et
fournisseurs).
1. Les grandeurs fondamentales de la structure financière
Le bilan fonctionnel est un instrument qui permet l’analyse de l’équilibre financier de
l’entreprise. Cette analyse permet de mettre en évidence les notions de Fonds de Roulement Net
Global (Général), de Besoin en Fonds de Roulement et de Trésorerie Nette à partir desquelles la
situation financière de l’entreprise peut être appréciée. L’utilisation de ratios permettra de compléter
cette appréciation et de proposer les solutions en cas de déséquilibre financier.
1.1. Fonds de Roulement Net Global (Général)
Il représente la part des ressources stables qui va permettre de financer les emplois stables.
Concept Calcul Signification
Excédent (ou insuffisance) des
ressources stables par rapport aux
emplois stables.
Fonds de Roulement Un FRNG positif montre que les
Ressources stables – Emplois stables
Net Global (FRNG) emplois stables ont été financés par
des ressources stables. Le FRNG va
permettre le BFR auquel il doit donc
être comparé.
1.2. Besoin en Fonds de Roulement
Besoin en fonds de roulement d’Exploitation (BFRE)
Concept Calcul Signification
Le BFRE correspond au financement
Actif circulant d’exploitation – Passif
Besoin en Fonds de nécessaire à l’exploitation (activité
circulant d’exploitation
Roulement courante de l’entreprise). Il est
Ou
d’Exploitation constitué des stocks, des créances
Stocks + Créances clients – Dettes
(BFRE) client et des financements liés aux
d’exploitation
dettes fournisseur.
Une augmentation du BFRE signifie que :
- Il y a plus de stocks ;
- Délais accordés aux clients est plus longs ;
- Des retards de paiements des clients ;
- Des impayés de la part des clients ;
- Augmentation du Chiffre d’affaires ;
- Une diminution des délais de paiement des fournisseurs.
Une diminution du BFRE peut signifier que :
- Il y a moins de stocks ;
- Diminution des délais accordés aux clients ;
- Diminution du Chiffre d’affaires ;
- Délais de paiement plus longs accordés par les fournisseurs.
Analyse Financière 1 par M. Orlik Ferraud MAISSA MBERA
27
Besoin en Fonds de Roulement Hors Exploitation (BFRHE)
Concept Calcul Signification
Besoin en Fonds de Actif circulant Hors exploitation Le BFRHE prend en compte les
Roulement Hors – moyens mis à la disposition de
Exploitation Passif circulant Hors exploitation l’entreprise sans lien direct avec
(BFRHE) l’exploitation normale
Besoin en Fonds de Roulement = Besoin en Fonds de Roulement d’Exploitation + Besoin en Fonds de
Roulement Hors Exploitation
1.3. Trésorerie Nette
Concept Calcul Signification
- Si le FRNG est supérieur au BFR,
cela signifie qu’il le finance en
totalité. L’excédent se trouve en
Trésorerie Active – Trésorerie Passive trésorerie qui est donc positive.
Trésorerie Nette Ou - Si le FRNG est inférieur au BFR,
FRNG – BFR. cela signifie qu’il ne le finance qu’en
partie et la différence doit donc être
financée par une trésorerie qui est
alors négative.
2. Analyse des difficultés de trésorerie
La trésorerie dépend des niveaux du Fonds de Roulement Net Global et du Besoin en Fonds de
Roulement : Il faut donc suivre l’évolution de ces deux grandeurs et de leurs composantes pour
expliquer la situation de la trésorerie.
2.1. Une trésorerie négative : peut s’exprimer par une insuffisance du FRNG
Causes Explications
Des ressources stables insuffisantes - Fonds propres insuffisants
ou en baisse - Autofinancement insuffisant à cause d’un résultat net
faible ou de pertes, et / ou à cause de la distribution du
résultat aux associés ou des prélèvements réalisés à
l’exploitant.
- Financement par emprunt insuffisant pour les
immobilisations.
Des emplois stables élevés - Programme d’investissement récent (acquisition
d’immobilisations).
2.2. Les causes de déséquilibre de trésorerie liées en BFR
Causes Explications
Evolution trop rapide du Chiffre d’Affaires En cas de forte croissance du Chiffre d’Affaires, les
besoins de financement augmentent de façon
significative, et pourraient provoquer un
déséquilibre de trésorerie si le Fonds de Roulement
n’augmente pas dans les mêmes proportions.
Analyse Financière 1 par M. Orlik Ferraud MAISSA MBERA
28
Stocks importants - Difficultés à vendre ;
- Saisonnalité de l’activité ;
- Mauvaise gestion des stocks.
Créances d’exploitation élevés - Saisonnalité des ventes ;
- Durée de crédit clients accordé trop long ;
- Saisonnalité de l’activité ;
- Mauvaise gestion des recouvrements.
Ressources d’exploitation faibles - Crédit fournisseur mal négocié ;
- Puissance des fournisseurs : négociation difficile.
3. Propositions des solutions face à une trésorerie négative ou faible
Face à une trésorerie négative ou faible, les pistes d’actions possibles sont données par les
grandeurs du bilan fonctionnel.
Réduire le Besoin en Fonds de Roulement Accroitre le Fonds de Roulement
- Réduire les stocks (commander moins et plus - Augmenter la Capacité d’Autofinancement
souvent) (CAF)
- Réduire les créances clients (réduire les délais - Augmenter les capitaux propres
de paiements, relancer les mauvais payeurs) - Augmenter les emprunts
L’augmentation des dettes fournisseurs (accroissement du délai de paiement) est arithmétique
et juste mais n’est pas toujours une bonne solution de gestion :
Les relations des entreprises avec leurs fournisseurs peuvent en souffrir. La réduction des
immobilisations brutes (désinvestissement) est arithmétique et juste mais n’est pas toujours une
bonne solution de gestion : il ne faut désinvestir que les activités ne générant pas de CAF.
4. Les Ratios dans l’analyse fonctionnelle
Il existe de très nombreux ratios mais nous allons présenter les ratios couramment utilisés dans
l’analyse fonctionnelle.
Ratios Calcul
Le ratio de couverture des emplois stables Ressources stables / Emplois stables
Le ratio de couverture des capitaux investis Ressources stables / Emplois stables + BFRE
Dettes financières + Concours bancaires / Ressources
Le ratio de couverture des capitaux investis
propres
Le FRNG en jours de chiffre d’affaires (CA) FRNG / CA HT X 360 Jours
Le poids du BFRE sur le CA BFRE / CA HT X 360 Jours
Stock moyen / Coût annuel des achats (ou de
La durée moyenne du stockage
production) X 360 Jours
Encours moyen des créances clients / C.A TTC X 360
Le délai de crédit clients Jours
Le délai de crédit fournisseurs Encours moyen
Encours moyen des dettes fournisseurs / Achats TTC
Le délai de crédit fournisseurs
X 360 Jours
Analyse Financière 1 par M. Orlik Ferraud MAISSA MBERA
29