PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Notre projet est porteur de vie et d’espérance. Il vise à nous réconcilier avec
notre avenir, car les solutions existent, elles émanent des citoyennes et des
citoyens. Nous ne sommes pas condamnés à l’impuissance, bien au
contraire. Nous devons reprendre le pouvoir, celui d’agir sur le cours des
choses et de nos vies en tant que personne, que Nation, qu’Européen·ne·s,
que citoyen·ne·s du monde.
Ce projet prend sa source dans les enthousiasmes et les énergies partout
à l’œuvre dans notre pays. Il part des colères face aux inégalités, aux
injustices. Il part des révoltes contre l’inaction face à l’urgence écologique
alors que le réchauffement climatique s’accélère et que la biodiversité
s’effondre. Il part des leçons de l’épreuve de la pandémie et de toutes les
vulnérabilités qu’elle a confirmées. Il est possible de relever ensemble le
plus grand défi de l’histoire de l’humanité, celui de nous réconcilier avec la
Terre et l’ensemble du vivant.
Nous portons un projet de profonde transformation écologique au service
de la qualité de la vie, pour vivre autrement, bien et mieux. Nous ouvrons un
chemin de large rassemblement, d’apaisement, ensemble, en faisant le
pari de la démocratie, partout, toujours, là où tant de forces la menacent.
La République écologique s’adresse à toutes et tous, aux précurseuses et
aux précurseurs, aux engagé·e·s, mais aussi à toutes celles et ceux qui
s’interrogent, qui se sentent déstabilisé·e·s dans leur vie quotidienne, et
d’abord les plus fragiles d’entre nous. La République écologique est un
projet d’émancipation individuelle et collective. C’est reprendre le contrôle
de nos vies. C’est préparer, s’emparer de l’avenir.
La République écologique remet l’Etat au service du peuple et non des
lobbys. Elle donne à l’Etat et aux agents publics les moyens d’agir pour
protéger les Françaises et les Français contre les insécurités de tous ordres.
Elle fait de l’Etat une force d’accompagnement des envies, de l’inventivité,
des mobilisations de la société dans les entreprises, les syndicats, les
associations, les territoires, parmi les jeunes et les moins jeunes. La
République écologique, c’est celle qui redonne son sens à la puissance
publique et son éthique à l’Etat : la fiscalité, l’investissement, la loi et les
services publics sont les outils pour agir sur le réel, reprendre notre
souveraineté locale, nationale et européenne.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
La République écologique, c’est une devise d’engagement pour les cinq
prochaines années : Réparer, Protéger, Préparer.
Réparer notre pays, sortir d’un système qui a organisé l’impuissance :
Réparer la nature et le vivant abîmés, exploités, détruits. Réparer le lien
social. Lutter contre les inégalités, la dévalorisation du travail, la pauvreté.
Réparer les services publics. Réparer ce qui a été cassé, méprisé, détricoté
par plusieurs décennies de néolibéralisme et de conformisme
technocratique. En finir avec le “Il n’y a pas d’alternative”, réparer les
dysfonctionnements. Réparer une société divisée. Mettre au cœur l’humain,
les liens humains, pour apaiser la société. Renouveler les pratiques
démocratiques.
Protéger notre planète et nos concitoyen·ne·s contre toutes les insécurités
par un nouveau contrat social. Protéger l’humain et la nature dans un
contexte d’urgence écologique absolue. Protéger les droits et en ouvrir de
nouveaux, pour en finir avec le sexisme, le racisme, les LGBTQIA-phobies.
Protéger les personnes et la justice sociale dans la transition écologique
que nous avons à mener. Retrouver la tranquillité, la sécurité publique, le
respect mutuel dans toutes les villes, les villages et les quartiers de France.
Accompagner les mouvements de vie et d’entraide dans la société.
Préparer l’avenir d’un pays fondé sur le respect du vivant, une République
écologique. A rebours de l’inaction des gouvernements successifs, prendre
résolument le tournant d’un nouveau modèle économique écologique, par
une transition intelligente qui ne laisse personne sur le bord du chemin.
Préparer une économie régulée au service de la planète et de l’humain.
Organiser notre résilience face à un climat qui change. Et restaurer le
temps long en politique.
Pour ce mandat, avec Yannick Jadot, avec une majorité parlementaire
écologiste, nous mènerons ces trois chantiers de front : réparer les dégâts
du passé, lancer sans attendre la transformation écologique et sociale
dont notre pays a besoin dès aujourd’hui, et changer durablement notre
horizon pour reprendre le contrôle de nos vies, pour construire un avenir
désirable et durable en France, en Europe et sur notre unique planète.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Sommaire
Sommaire 4
1. Agir enfin pour le climat 7
Pour le climat et notre souveraineté, choisir les énergies renouvelables
Nous proposerons de nouvelles solutions techniques pour le traitement des
déchets en stoppant le projet CIGEO de Bure. Nous mettrons en place un
accompagnement pour les salariés concernés par la fermeture de ces
centrales vers des reconversions. Le logement : ne plus transiger entre le
bien vivre chez soi et le climat
Des modes de déplacement qui respectent le climat
2. Protéger le vivant et le climat 21
Protéger notre pays, sa beauté et son incroyable biodiversité
Défendre les droits des animaux
Une agriculture et une alimentation respectueuses du climat et du vivant
3. La justice sociale, pour réussir la transition écologique 42
Une économie au service du climat et des citoyens
Face à l’urgence climatique, donner du sens au travail pour toutes et tous
Vivre dignement pour réussir ensemble la transition climatique
4. Rétablir des services publics forts pour réussir la transition
écologique 60
Reconstruire un service public de la santé
Pour un service public de l’éducation juste et accueillant
Préparer la transition climatique avec l’enseignement supérieur et la
recherche
Pouvoir rendre la justice et protéger nos libertés
5. Faire société face au défi climatique 82
Une démocratie forte et vivante, condition indispensable à la transition
climatique
Lutter contre les discriminations
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Atteindre l’égalité entre les femmes et les hommes
Défendre les droits des LGBTQIA+
Associer les territoires dans leur diversité
Assurer le respect des droits des personnes en situation de handicap
La culture, créatrice des imaginaires de demain
6. Construire l'Europe du Climat 105
Vers l’Europe fédérale
Apaiser le monde par la diplomatie climatique
Renforcer la solidarité internationale
Des partenariats rééquilibrés
La politique de défense au temps de l'écologie et de la diplomatie
climatique
Du libre-échange au juste échange
7. Le financement du projet des écologistes 124
8. Comment le projet porté par Yannick Jadot a-t-il été co-
construit ? 130
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1. Agir enfin pour le climat
Le changement climatique : une urgence de sécurité nationale
Il n’est plus temps d’attendre. Nous ne voulons plus subir.
Prenons enfin nos responsabilités. Des femmes et des hommes, en France
et dans le monde entier, subissent déjà les conséquences du changement
climatique. Nous ne voulons pas léguer aux générations futures une terre
inhabitable.
Notre plan est précis, chiffré. Il est fondé sur les connaissances scientifiques
et aligné sur les scénarios produits par les centres de recherche, les ONG et
des agences d’Etat. Nous devons être à l’avant-garde de l’Europe pour le
climat, nous devons être exemplaires.
Notre programme permet de réduire l’empreinte carbone pour ne pas
dépasser le seuil de 1,5°C et respecter l’accord de Paris.
Soyons enfin à la hauteur des enjeux historiques à venir.
Soyons fort·e·s, concret·e·s, efficaces et construisons l’avenir !
Notre projet propose d’en finir avec le déni de l’état d’urgence climatique et
la logique folle dans laquelle il entraine l’humanité, menaçant ses
conditions d’existence. Il est fondé sur les constats scientifiques qui
indiquent que le seuil de 1,5 °C de réchauffement global risque d’être
franchi dès 2027 et appellent à des changements « rapides, profonds, sans
précédents » d’un modèle économique destructeur basé sur les énergies
fossiles. C’est possible.
Notre projet est celui qui réduira l’empreinte carbone de la France de 55 %
d’ici 2030 en vivant mieux et permettra d’atteindre la neutralité carbone
en 2050, et de respecter ainsi l’Accord de Paris. C’est un effort sans
précédent, une mobilisation générale, un nouvel horizon.
La société est prête, comme la Convention Citoyenne sur le Climat l’a
montré.
ANTICIPER
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• Définir un plan pluriannuel de gestion des crises, débattu au
Parlement à échéances régulières.
• Mettre fin à l’imperméabilisation, l’artificialisation et
l’appauvrissement des sols.
• Renforcer les normes liées à la construction pour mieux intégrer
l’adaptation au changement climatique dans la planification, la
conception et la mise en œuvre des bâtiments.
• Mettre en place en zone inondable un diagnostic obligatoire de
vulnérabilité aux inondations pour les ventes ou les locations pour
valoriser les efforts de réduction de vulnérabilité.
• Développer la végétalisation dans le domaine du bâti, en
concertation avec les acteurs locaux, en établissant des seuils
minimums.
• Organiser la relocalisation de certains quartiers ou habitations en
zone de vulnérabilité et anticiper dès maintenant des solutions
d’adaptation pour les populations.
• Mettre en œuvre un plan “canicule” qui aura pour objectif de
minimiser l’exposition en étendant les systèmes d’alerte aux
phénomènes moins intenses.
• Agir sur la vulnérabilité en luttant plus activement contre l’isolement
social en amont (mise à jour annuelle des registres locaux des
personnes vulnérables en cas d’alerte).
• Mettre en place des dispositifs de protections spécifiques dans les
espaces collectifs crèches, entreprises etc
RÉAGIR
• Renforcer les moyens consacrés à la gestion des crises et des risques
environnementaux en France en les portant à 1 Md€ par an (contre
0,5 M€ aujourd’hui) : nous renforcerons les moyens humains et
matériels, en développant de nouveaux outils technologiques
(application d’alerte aux populations).
• Réformer le régime assurantiel de la catastrophe naturelle
notamment en renforçant la participation du secteur public en
complément du régime assurantiel privé.
AGIR ENSEMBLE
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• Développer l’éducation aux risques tout au long de la vie et dès le
plus jeune âge, par une sensibilisation des élèves à l’environnement,
aux risques environnementaux, climatiques, naturels et
technologiques.
• Création d’une journée nationale de prévention des catastrophes
naturelles, comme au Japon, afin de former l’ensemble des
citoyen·ne·s dans le cadre d’exercices annuels obligatoires de
sécurité civile, notamment en matière nucléaire, d’inondation ou de
feux de forêt.
• Création d’une Garde nationale environnementale.
Pour le climat et notre souveraineté, choisir
les énergies renouvelables
Réussir la transition énergétique pour une France autonome repose sur un
triptyque : sobriété, sortie des énergies fossiles et développement des
énergies renouvelables.
La priorité donnée à la politique de sobriété et d’efficacité énergétique
dans tous les secteurs d’activité doit permettre de sortir des énergies
fossiles, réduire la consommation d’énergie tout en assurant de meilleurs
services à l’ensemble de la population.
Nous prendrons le contrôle de notre politique énergétique.
Pour reprendre le contrôle de la politique énergétique, la France portera la
suspension urgente des règles de concurrence sur le marché de
l’électricité pour revenir à des tarifs réglementés, et la remise à plat des
directives européennes sur ce sujet. A l’heure de la flambée du prix des
énergies fossiles, baser le prix de l’électricité sur celui des énergies qui
détruisent le climat est une aberration sociale et climatique.
Nous nationaliserons EDF. L’énergie est un bien commun. EDF sera un outil
puissant mis au service de la transition énergétique. Nous préserverons
dans ce cadre également le statut des coopératives citoyennes d’énergie
renouvelable ainsi que les entreprises locales de l’énergie qui dépendent
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
des collectivités territoriales. Les citoyennes et les citoyens, les collectivités,
l’État décideront démocratiquement de la politique énergétique.
Augmentation à 400 € du chèque énergie pour 6 millions de Françaises
et de Français, avant la mise en place d’une tarification sociale de
l’énergie.
Nous augmenterons à 400€ le chèque énergie pour 6 millions de ménages
modestes pour faire face à la flambée des prix de l’énergie. Il permettra de
payer toute forme d’énergie (pas seulement gaz ou électricité).
Parallèlement nous initierons le chantier de mise en place d’une tarification
progressive de l’énergie, en lien avec les fournisseurs d’accès. Cette
tarification permettra d’avoir accès aux premiers KwH gratuitement
Nous assurerons une électricité 100 % renouvelable.
Nous atteindrons l’objectif de production de 60 TWh par 12 000 éoliennes en
2027 : Nous installerons 3 000 mâts d’éoliennes supplémentaires d’ici à la
fin du quinquennat, en tenant compte des paysages et de la biodiversité et
en veillant à une répartition équitable évitant l’effet de saturation dans
certains territoires.
Un plan de remplacement des éoliennes existantes sera déployé pour
augmenter la puissance des éoliennes déjà en place et limiter le nombre
de nouvelles installations. Nous pourrons compter sur 7 parcs éoliens en
mer qui sont programmés d’ici 2028, et sur le développement de l’éolien
flottant.
Nous accompagnerons les territoires pour remettre les citoyens et les
collectivités territoriales au cœur des projets et donner un cadre
économique et réglementaire stable aux porteurs de projets.
Nous installerons 25 GW en plus de photovoltaïque d’ici 2027 - soit environ
340 km² sur toiture et par ombrières sur parking, grâce à l'extension de
l’obligation de réaliser des dispositifs de production d'énergies
renouvelables aux bâtiments industriels, commerciaux et parking existants.
Comme pour l’éolien, nous favoriserons les projets citoyens et des
collectivités territoriales, nous faciliterons les démarches administratives
des porteurs de projets, et nous anticiperons les besoins régionaux pour le
raccordement.
Nous soutiendrons la production de biométhane, avec un objectif de 32
TWh à l’horizon 2030. Nous développerons la méthanisation de façon
cohérente avec les enjeux de l’agroécologie et en s'appuyant sur une
planification nationale des usages de la biomasse (alimentation, fibres,
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énergie). Les soutiens publics seront modulés en appliquant des bonus
pour le biogaz produit sur des exploitations n'utilisant pas d'engrais de
synthèse ou n'ayant pas recours à des importations d'alimentation
animale.
Nous triplerons, d’ici la fin du mandat, la dotation du fonds chaleur (de
350M€ à 1Md€/an), géré par l’ADEME, pour accélérer le déploiement de la
chaleur renouvelable. Avec 5€/MWh de chaleur renouvelable produite, ce
dispositif est particulièrement efficace pour rattraper le retard actuel.
Nous soutiendrons les projets énergétiques citoyens
Pour 1 € investi dans un projet citoyen de production d’énergie
renouvelable, 2,5 € profitent au territoire grâce à la fiscalité, aux loyers, aux
salaires, aux prestations et aux revenus de l’investissement. Nous
développerons et accélérerons les communaut s d’ nergie citoyenne et
renouvelable sur tout le territoire. Chaque territoire de vie devra lancer un
projet d'énergie renouvelable, impliquant les citoyennes et citoyens de
façon coopérative dans la production d’énergie renouvelable.
Nous visons que 15 % des françaises et des français deviennent
coopérateurs d’un projet d’énergie citoyenne d'ici 2027, en soutenant les
ménages modestes dans la souscriptions de parts.
Nous relancerons la démarche des Territoires à Énergie positive (TEPOS) et
simplifierons les plans climat-énergie territoriaux pour les collectivités afin
qu’ils soient déployés sur tout le territoire. À travers cette démarche nous
réduirons au maximum les besoins d’énergie et inciterons à les satisfaire à
terme par 100% d'énergies renouvelables locales.
Nous sortirons du nucléaire
Nous ne construirons pas de nouvelles centrales, et nous fermerons
progressivement les réacteurs actuellement en fonctionnement, au fur et à
mesure de leur obsolescence et de notre capacité à les remplacer par des
économies d’énergie et de l’électricité renouvelable.
Nous organiserons dès 2022 la transition vers un monde sans carbone et
sans nucléaire. Nous n’ouvrirons pas l’EPR de Flamanville au regard de
l’impossibilité d’avoir des perspectives sur l’achèvement des travaux dans
des délais, coûts et conditions de sécurité raisonnables. Nous fermerons
progressivement les réacteurs actuellement en fonctionnement. Au moins
10 réacteurs nucléaires seront arrêtés d’ici 2035.
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Nous préserverons les savoir-faire et les compétences de la filière et
accompagnerons les salariés concernés par des contrats collectifs de
sécurisation des parcours professionnels, ouvrant un droit à la
reconversion. Nous mettrons fin à la sous-traitance, pour garantir que les
centrales actuellement en fonctionnement soient sûres. Nous
développerons une filière d’excellence dans les métiers du démantèlement.
Nous proposerons de nouvelles solutions
techniques pour le traitement des déchets en
stoppant le projet CIGEO de Bure. Nous mettrons
en place un accompagnement pour les salariés
concernés par la fermeture de ces centrales vers
des reconversions.
Le logement : ne plus transiger entre le bien vivre
chez soi et le climat
3,5 millions de ménages vivent en situation de précarité énergétique, dans
leur logement.
Ils subissent l’explosion des prix de l’énergie.
Des familles vivent dans des logements passoires, d’autres ne se chauffent
pas l’hiver.
Des économies d’énergie massive, c’est bon pour le pouvoir de vivre des
ménages et bon pour l’emploi. L’effort national que nous proposons pour la
rénovation des logements et des bâtiments publics et privés réduira de 17%
les émissions de gaz à effet de serre du secteur résidentiel et tertiaire et
générera 93 000 créations d’emplois qualifiés et non délocalisables dans
les métiers du bâtiment et de la performance énergétique sur la période
2020-2030.
L’isolation des logements permettra en moyenne de réduire de 700 euros
par an la facture des ménages.
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Nous améliorerons l’offre de logement
Nous créerons 700 000 logements sociaux neufs sur le quinquennat, soit un
objectif de 150.000 nouveaux logements chaque année, dont 60 000 très
sociaux.
L’État se substituera automatiquement aux communes carencées en
logements sociaux pour l’obtention des permis de construire et la
construction de logements. Nous favoriserons massivement la création des
offices fonciers locaux pour baisser le coût de la construction par la
dissociation du foncier et du bâti pour tous les logements.
Afin de mettre en œuvre cette mesure, nous financerons le Fonds national
d’aide à la pierre à hauteur de 800 millions d’euros par an, répartis entre
l’État, l’Action logement et les collectivités. Nous renforcerons notre
politique de logement d’abord, en augmentant les crédits d’État pour les
territoires engagés dans la lutte contre le sans-abrisme, en finançant
mieux l’accompagnement vers le logement, en résorbant les bidonvilles et
en priorisant les sans domicile dans les attributions de logement social. À
travers cette action, nous garantirons l’accès à un espace de vie digne et
adapté à toutes les situations familiales tout en créant entre 300.000 et
425.000 emplois.
Nous renforcerons le droit au logement : garantie universelle,
suppression des cautions
Pour rendre le logement accessible à toutes et tous, nous instaurerons une
Garantie Universelle des Loyers qui mettra en place une garantie publique
financée conjointement et à parts égales par les propriétaires et l’État.
Cette garantie sera financée à travers une cotisation de 1 à 2 % du montant
du loyer, les fonds seront perçus par un organisme public et destinés à
indemniser les propriétaires en cas d’impayés.
Nous soutiendrons les dispositifs d’encadrement des loyers, nous élargirons
le nombre de communes classées en zones tendues où le montant du
loyer ne pourra pas excéder de plus de 20 % le montant des loyers médians
et où des dispositifs de régulation particuliers seront mis à disposition des
communes (régulation des locations de meublés touristiques de courte
durée notamment).
Nous régulerons l’accession à la propriété pour toutes et tous
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Dans les territoires touristiques où le poids des résidences secondaires
remet en cause le droit au logement, nous permettrons l’expérimentation
de dispositifs visant à privilégier le logement à l’année. Nous prendrons en
compte l’ensemble des logements des communes concernées pour
calculer les minima de logements sociaux, et non les seules résidences
principales, car le mode de calcul actuel aboutit à minorer les minima de
logements sociaux dans les communes fortement touchées par la
résidence secondaire.
Nous réduirons de moitié la facture énergétique des logements
Nous créerons un vaste service public décentralisé chargé de mettre en
œuvre un plan massif de rénovation des logements et bâtiments de 10
milliards d’euros par an pour atteindre une réduction de 50 % de la
consommation d’énergie.
Nous en finirons avec les passoires thermiques
Les 5 millions de passoires thermiques seront rénovées complètement en
10 ans avec aucun reste à charge pour les ménages les plus modeste.
Nous créerons un droit opposable à la rénovation pour les locataires dont
les propriétaires ne font pas les travaux : les loyers seront alors mis sous
séquestre tant que le propriétaire n’aura pas réalisé les travaux.
Plus personne n’aura froid chez soi l’hiver !
6 millions de ménages français percevront un chèque énergie de 400€. Il
pourra être utilisé pour payer toutes les dépenses énergétiques, et
notamment les dépenses de carburant dans le contexte de hausse du prix
des matières premières.
Nous mettrons en place une tarification sociale de l’énergie permettant aux
plus modestes d’avoir accès aux premiers KWh gratuitement.
Nous créerons un service public décentralisé de la rénovation
énergétique
Nous créerons un service public décentralisé de la rénovation énergétique
qui identifiera et accompagnera les ménages en situation de précarité
énergétique. Les coûts des travaux de rénovation globale seront
préfinancés par les énergéticiens qui pourront se rembourser directement
sur les factures grâce aux économies réalisées.
Au-delà de l’unique question de l’isolation nous ciblerons l’habitat privé
insalubre, en particulier les copropriétés dégradées.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Des modes de déplacement qui respectent le
climat
Les transports sont le premier secteur d’émissions de gaz à effet de serre.
La France est en situation d’échec.
C’est aussi un enjeu social quotidien : le coût de la mobilité est une
vulnérabilité pour 7 millions de personnes, qui dépendent tous les jours de
la voiture pour tout faire. Notre priorité est de réduire la dépendance à
l’automobile. Celle-ci est le produit d’un aménagement du territoire
structuré depuis des décennies par le “tout bagnole”, avec l'extension du
réseau routier, le développement des grands centres commerciaux et des
zones d’activités à l’extérieur des villes.
C’est aussi une souffrance pour les citoyennes et les citoyens qui passent
des heures dans les transports, qui vivent loin de là où ils et elles travaillent,
qui aspirent à ralentir et retrouver du temps libre pour leur vie personnelle.
Nous proposons de changer le logiciel des politiques de mobilité pour
parvenir à une société avec moins de voitures, et des voitures moins
polluantes.
Les transports collectifs et inter-urbains, la pratique du vélo et du
covoiturage seront donc massivement soutenus. La forte croissance du
transport aérien et des croisières maritimes doit être remise en cause : elle
résulte d'une politique d’accès universel à bas prix, qui n’inclut pas son
impact environnemental. Il y a urgence à agir.
Nous mettrons en place un “Ticket Liberté Climat” pour les 16-25 ans
Un des changements majeurs liés à la transition climatique, c’est le
transport. Nous ne pouvons plus nous déplacer sans prendre en
considération notre impact environnemental. Et les écologistes le disent
assez souvent : évitez l’avion. Par contre, ce qu’on veut dire aussi, c’est :
continuez de voyager, de vous ouvrir au monde et de prendre cette
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
respiration nécessaire à la curiosité et à la vie tout court.
Le “Ticket Liberté Climat” ouvert aux 16-25 ans donnera un accès en illimité
à l’ensemble des trains, transports en commun et vélos et voitures en libre-
service du territoire français.
Le coût sera de 100 € / mois (tarif plein) ou 50 € / mois (taux réduit).
50 € / mois si tu es lycéen·ne ou étudiant·e boursier·e sur critères sociaux,
que tu bénéficies du revenu citoyen, ou que tu cherches un boulot avec
une indemnité trop basse, que tu es en service civique ou que tu es en
situation de handicap.
100 € / mois pour les autres étudiant·e·s et personnes demandeuses
d’emploi ou avec un boulot.
Dans les 100 premiers jours du quinquennat, le ministre des transports
réunira l’ensemble des président.es de conseils régionaux et
départementaux et d’agglomérations/métropoles (autorités organisatrices
de transport) pour organiser la mise en place du pass liberté climat. La loi
prévoira sa mise en œuvre début 2023.
Pour le climat, nous mettrons fin à la vente de véhicules thermiques
neufs dès 2030
Les véhicules moins polluants existent et doivent devenir accessibles à
toutes et tous.
Les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre mais aussi
la lutte contre la pollution de l’air, l’exigent. Nous proposons de mettre fin à
la mise sur le marché des véhicules individuels à motorisation thermique,
en particulier essence et Diesel, au plus tard en 2030.
La transition sera accompagnée d’un plan de relocalisation de la
production de véhicules électriques, d’accompagnement des ménages
modestes et d’installation de bornes de recharge partout sur le territoire.
Cela concerne donc les véhicules essences, diesels et véhicules hybrides,
pour que le parc en circulation soit majoritairement électrique ou
fonctionnant avec du biogaz ou de l’hydrogène vert. Nous diviserons par 4
l’impact carbone des véhicules particuliers et utilitaires Le surcoût à l’achat
sera compensé pour les ménages modestes.
Convertir le parc automobile français du thermique vers l’électrique.
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1 million de véhicules bénéficieront d’une transformation des moteurs
thermiques en moteurs électriques (retrofit) pour être convertis en
véhicules plus efficaces et moins polluants. Ce dispositif pourra concerner
des véhicules particuliers, mais aussi professionnels et des flottes des
collectivités.
Nous accélérons la reconversion et l’implantation en France de l’ensemble
de la chaîne de valeur pour la production de véhicules électriques, cela
contribuera à la modification des chaînes de production et constituera un
cap clair donné pour contribuer à la réindustrialisation de la filière
automobile en France. Nous doublerons les aides à la conversion pour
accompagner les ménages modestes dans le remplacement de leur
véhicule par une voiture électrique.
Nous construirons avec les conseils régionaux et les acteurs de la filière des
services automobiles des plans de formation et de reconversion auprès
des garagistes, groupes comme indépendants, pour accompagner
l’évolution des métiers liés au déploiement des véhicules électriques. Nous
mettrons en place un dispositif d’avances auprès des garagistes pour leur
permettre d’obtenir les homologations nécessaires au rétrofitage, afin
d’augmenter le nombre d’acteurs présents sur ce marché.
1 000 euros par an pour les déplacements domicile-travail doux pour le
climat
Nous rendrons obligatoire le forfait mobilités durables et augmenterons
son plafond à 1000 euros par an et par salarié·e, et nous le substituerons
aux indemnités kilométriques vélo et aux indemnités forfaitaires de
covoiturage. Cela obligera les employeurs publics comme privés à
attribuer une indemnité exonérée de cotisations aux salariés jusqu’à 1000
euros privilégiant les modes de transport dits « à mobilité durable » pour
effectuer les trajets entre leur résidence habituelle et leur lieu de travail.
Les modes de transports concernés sont le vélo, avec ou sans assistance
électrique ; le covoiturage en tant que conducteur ou passager ; les
transports publics de personnes (autres que ceux concernés par la prise
en charge obligatoire des frais d’abonnement) ainsi que les autres services
de mobilité partagée.
Nous généraliserons le covoiturage entre le lieu de domicile et le lieu de
travail, et soutiendrons l’autopartage. Nous instaurerons des places
réservées aux covoitureurs et nous soutiendrons la mise en place une voie
spécifique pour les covoiturages sur les autoroutes.
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Nous soutiendrons les initiatives solidaires et celles des collectivités locales
en faveur des services de covoiturage libres et gratuits ainsi que les projets
d’intermodalité. Ces solutions de mobilités seront réparties entre des
plateformes locales de covoiturage à courte distance pour les collectivités
territoriales et une plateforme nationale destinée aux distances moyennes
et longues.
Nous mettrons sur les rails plus de trains du quotidien et de transports de
marchandises
Nous investirons plus de 4 milliards d'euros supplémentaires par an pour
moderniser le réseau ferroviaire, la rénovation des lignes, moderniser le
matériel roulant.
Nous arrêterons les grands projets inutiles (Lyon-Turin, LGV Rhin-Rhône, LGV
Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax-frontière espagnole) pour redéployer
les crédits vers les trains du quotidien.
Nous ouvrirons de nouvelles lignes de trains d’équilibres du territoire (TET)
et investirons sur la régularité et le cadencement de tous les réseaux de
proximité. Nous soutiendrons l’émergence d’acteurs coopératifs qui se
développent sur des lignes trop longtemps abandonnées par les pouvoirs
publics afin de renforcer le maillage de lignes ferroviaires sur tout le
territoire.
Cette modernisation du réseau, couplée avec un effort porté sur les
plateformes logistiques, permettra la relance du fret ferroviaire dont la part
modale (9 % du transport intérieur de marchandises) doit doubler sur le
quinquennat, et non d’ici 2030 comme le prévoit le gouvernement.
Nous lancerons 15 nouvelles lignes de trains de nuit en France, dont 8 en
connexion avec d’autres pays européens.
Intégrer la mobilité dans les règles d’urbanisme
Nous créerons un “score de dépendance automobile” pour chaque bien
immobilier loué ou cédé, sur le modèle du diagnostic de performance
énergétique, pour limiter la dépendance automobile et l’ensemble de ses
nuisances et favoriser la revitalisation des centres bourg dans les territoires
ruraux.
Nous développerons les outils à destination des collectivités en multipliant
et renforçant les mesures d’accompagnement à la mise en œuvre des
Zones à Faibles Émissions sur tout le territoire français. Nous lancerons une
grande campagne nationale de communication sur le déploiement des
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
ZFE et instaurerons un comité national de suivi régulier de leur déploiement
notamment le bilan de leurs impacts économiques, sociaux et
environnementaux.
Nous interdirons les lignes aériennes lorsque le trajet en train dure moins
de 4 heures, le climat l’exige !
Un voyage en train émet 80 fois moins de CO2 que l’avion. Les vols de
moins de 1500 km représentent un quart des émissions du secteur aérien
européen et doivent être remplacés par des trains lorsque cela est
possible. Nous supprimerons les vols intérieurs quand il existe une
alternative en train de moins de 4h, et de moins de 6h pour les lignes
européennes.
Parallèlement, nous interdirons la création ou l’extension d’aéroports, et
lancerons immédiatement un plan de rationalisation et réduction des
aéroports, en accompagnant leurs reconversions vers d’autres activités
impactés via un fonds constitué par les subventions aéroportuaires
désormais supprimées ou inutiles.
Nous fournirons un vélo à chaque jeune
Pour que le vélo représente 15 % des transports au quotidien à horizon 2030
nous abonderons le Fonds vélo à hauteur de 500 millions d’euros par an.
Nous prêterons un vélo à tous les jeunes de 16 à 25 ans qui le souhaitent,
multiplierons les pistes cyclables sécurisées et continues, développerons la
location en libre-service gratuite pour les plus modestes et installerons à
proximité de toutes les gares des places de stationnement.
Cette mesure sera déclinée territoire par territoire avec les collectivités
concernées. Le parc de vélos sera composé soit de vélos d’occasion et
réparés par des personnes en insertion partout sur le territoire, soit
fabriqués par une filière française dont nous soutiendrons le
développement Nous soutiendrons la filière d’économie circulaire de
réparation et de réemploi en collaboration avec le tissu associatif.
Nous augmenterons les aménagements cyclables confortables, sécurisés
et efficaces en fixant un pourcentage du réseau de voirie dédié au vélo
dans les PLU et pour résorber les discontinuités cyclables pour l'interurbain.
Nous veillerons à ce que ces plans prennent en compte les besoins des
différents territoires. Nous mettrons à disposition un pool de vélo en libre
service dans chaque autorité organisatrice de la mobilité (AOM), gratuit
pour les plus précaires. L’État financera 50 % le coût d’installation et mettra
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
en place un service de location de vélos dans les gares opérées par la
SNCF.
Nous taxerons les vols internationaux
Nous proposerons aux pays du G20 la mise en place d’une taxe progressive
sur les vols internationaux qui financera la transition écologique dans les
pays du Sud, en particulier les projets d’adaptation au changement
climatique.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
2. Protéger le vivant et le climat
Protéger notre pays, sa beauté et son incroyable
biodiversité
L’urgence pour le climat et le vivant constitue le plus grand défi de
l’humanité.
À l’accélération du réchauffement climatique s’ajoute l’effondrement à une
vitesse vertigineuse de la biodiversité et d’une surexploitation des
ressources de la planète depuis des décennies.
Nous en subissons aujourd’hui les conséquences : inondations, canicules,
sécheresses, déforestation, destruction des écosystèmes et des espèces,
menaces sur des territoires entiers et pour notre sécurité alimentaire.
Nous sommes des êtres vivants.
Le destin de l’humanité est indissociable de celui du climat et de
l’ensemble de la biodiversité. Relever les défis de l’urgence écologique est
devenu une question de sécurité collective.
Nous proposons une société où la nature et le vivant disposent de droits
constitutionnels assurant leur réparation, leur protection et leur résilience.
Une société d’adaptation face aux conséquences du réchauffement
climatique.
À l’heure actuelle, 75 % du milieu terrestre et 66 % du milieu marin sont
« sévèrement altérés » par les activités humaines.
Nous avons perdu 87 % des zones humides du monde en un siècle et près
d’un million d’espèces sont gravement menacées d’extinction.
La France a une responsabilité particulière.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Elle abrite environ 10 % de la biodiversité mondiale, elle compte plus de 19
000 espèces endémiques, dont 80 % en outre-mer.
Notre programme répond méthodiquement, et avec des moyens
adéquats, à chacune des causes responsables de la disparition de la
biodiversité.
La mission du politique au XXIème siècle est de s’occuper de l’ensemble du
vivant, de le préserver et de le réparer.
Agissons !
Nous préserverons les espaces naturels
Nous renforcerons les aires naturelles protégées, leur financement et leur
gouvernance, pour atteindre 40% d’aires protégées sur le territoire français
terrestre d’ici 2030, réparties sur l’ensemble du territoire. Dans chaque
région, 5% des aires naturelles seront sous protection forte.
Nous offrirons aussi à chaque citoyen·ne un accès à la nature : nous
accompagnerons les villes dans le développement de la végétalisation,
dans la création d’espaces verts et de parcs, en tenant compte du
patrimoine paysager, pour atteindre les 12 m² d'espaces verts de proximité
par habitant·e recommandé par l’OMS.
Nous réformerons l’Office National des forêts pour le réorienter vers ses
missions de protection et de restauration de la nature et nous créerons de
nouveaux emplois forestiers.
Pour favoriser l'adaptation des forêts aux dérèglements climatiques, nous
orienterons la politique forestière vers une sylviculture mélangée à couvert
continu, assurant une plus grande diversité d'essences Nous veillerons à la
régénération naturelle des forêts, en excluant toute plantation en plein
d’une seule essence et veillerons à la reconstitution de la forêt linéaire par
la plantation de haie. Nous encadrerons la récolte de bois en forêt pour
qu’elle n’aille pas au-delà de ce qui a déjà été prélevé l’année précédente,
nous interdirons les coupes rases dans les vieilles forêts et les limiterons à 1
hectare dans les plantations, excepté pour raisons sanitaires. Nous
encadrerons les exportations de bois en dehors de l’UE. Nous protégerons
10 % des forêts françaises en libre évolution avec au moins 2% de surface
protégée dans chaque région en développant les corridors forestiers et les
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
aires protégées forestières. Nous mettrons en place une extension du droit
de préemption public.
Nous renforcerons les aires marines protégées afin que 30% de la zone
économique exclusive française soit effectivement protégée. Le nombre
d’aires qui sont en zone de protection forte sera multiplié par 5, en assurant
l’objectif de 10% sur chaque territoire, façade maritime et bassin ultra-
marin. Nous protégerons ces aires et leurs ressources en excluant toute
activité industrielle ou rejets marins ou terrestres, et en interdisant toute
extraction pour en faire de véritables sanctuaires.
Nous mettrons en œuvre des plans de gestion des aires afin d’améliorer
leur gouvernance et leur surveillance et renforcerons les formations des
préfets et des gardes-côtes sur les questions environnementales. Nous
agirons aussi dans les instances internationales pour atteindre l’objectif
des 30% d’aires marines protégées à l’échelle mondiale, et notamment
dans la zone Antarctique. Nous interdirons l’exploration des fonds marins
dans toute la zone économique exclusive française, sauf à des fins de
recherches scientifiques.
Nous soutiendrons le moratoire de l’Union internationale pour la
conservation de la nature (UICN) visant à interdire toute exploitation des
ressources en métaux rares des fonds marins. Nous lutterons aussi contre
toute pollution des espaces maritimes, particulièrement le déversement de
substances chimiques et de déchets plastiques dans les eaux, en
renforçant les contrôles et les forces de police dédiées. Nous agirons contre
les micro-particules de plastique en développant massivement les filières
textiles en fibres naturelles (lin et chanvre).
Nous protégerons et augmenterons la surface des zones humides, des
tourbières, des mares en interdisant leur artificialisation et en limitant le
drainage agricole. Par ailleurs, nous créerons des aires protégées dédiées
aux zones humides au-delà du parc zone humide programmé par l’actuel
gouvernement.
Nous veillerons au rétablissement de la continuité écologique des cours
d’eau grâce aux passes à poissons et à l’arasement des seuils. Nous
renforcerons les agences de l’eau par la suppression du plafond
budgétaire sur leurs ressources financières. Nous restaurerons les cours
d'eau, les milieux aquatiques et les zones d'expansion des crues afin
d'atteindre les objectifs européens de bon état des masses d'eau et de
prévention des inondations.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Nous stopperons la bétonisation des sols dès 2025
Pour préserver les terres agricoles et les espaces naturels, nous mettrons
fin à l’artificialisation des sols en instaurant la règle de “zéro artificialisation”
et en développant les continuités écologiques (trames verte et bleue,
sanctuarisation des parc nationaux et régionaux).
Cette règle devra être inscrite dans les documents d’urbanisme territoriaux
avant 2025.
Nous créerons un fonds de soutien à la reconversion des friches
industrielles, permettant soit de les réhabiliter pour y installer de nouvelles
activités économiques ou du logement, soit de les renaturer. Cette mission
sera confiée aux établissements publics fonciers, qui couvriront l’ensemble
du territoire national.
Nous instaurerons un moratoire sur l’implantation de nouveaux entrepôts
logistiques destinés aux opérateurs du commerce en ligne et de grands
centres commerciaux pour protéger le commerce de proximité d’une
concurrence déloyale.
Nous voterons une grande loi foncière qui luttera contre la spéculation et
établira le zéro artificialisation comme règle et plus seulement comme
objectif.
Elle renforcera la gouvernance démocratique du foncier en renforçant les
prérogatives des collectivités locales en ce qui concerne les obligations de
transparence et de concertation publique.
Nous mettrons fin à la chasse le week-end et pendant les vacances
scolaires pour partager l’accès à la nature.
Nous interdirons la chasse le weekend et durant les vacances scolaires
pour permettre aux promeneurs un accès libre à la nature car il n’est plus
concevable que les Français·es renoncent à s’y promener à cause de la
chasse. Il s’agit plus globalement de revoir notre rapport à la faune
sauvage et d’encadrer strictement les pratiques qui y portent atteinte.
Nous mettrons aussi fin à la délivrance d’un permis de chasse à vie ; le
permis sera à renouveler tous les cinq ans et nous développerons la
formation continue pour les chasseurs. Nous interdirons l’agrainage, la
chasse à enclos et nous travaillerons au désengrillagement des forêts ,
même pour les enclos antérieurs à 2005.
Nous rendrons publique la gestion de l’eau pour en garantir l’accès à tous
et toutes.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Nous protégerons les citoyens et citoyennes contre le risque d’un manque
d’eau ou d’une hausse du coût de l’eau en transférant la gestion de l’eau à
la compétence exclusive de la collectivité, par une gestion municipale ou
intercommunale en régie.
Arrivée à échéance de chaque contrat de délégation de service public la
gestion de l’eau passera en régie et nous accompagnerons les collectivités
dans le passage vers une gestion exclusive de l’eau.
Nous engagerons les travaux permettant aux populations d’Outre-Mer et
aux plus précaires d’avoir accès à l’eau potable en suppléant les
collectivités locales défaillantes dans la réfection des réseaux d’eau et
d’assainissement. Enfin, nous assurerons l’accès à l’eau pour tou·tes par la
généralisation de la tarification sociale de l’eau, déterminée en fonction
des revenus du ménage et de la composition familiale.
Nous rendrons les premiers mètres cubes d’eau gratuits.
Les zones de captage et en bord de cours d’eau (20 m minimum) devront
être strictement dédiées à une agriculture biologique et protégées de
toutes les pollutions.
La gestion quantitative de l’eau sera également réformée avec une
gouvernance démocratique, une réduction des prélèvements agricoles et
industriels, à même de garantir la préservation de la sécurité
d’approvisionnement en eau potable, le renouvellement de la ressource et
la préservation des milieux aquatiques.
Nous inscrirons la protection du climat dans la Constitution
Nous inscrirons à l’article 1er de la Constitution que la France est une
République écologique, qui garantit la préservation de la biodiversité, lutte
contre le changement climatique, prend en compte la rar faction des
ressources naturelles et impose le respect des limites plan taires.
Nous y inscrirons aussi le principe de non-régression : la protection de
l’environnement ne pourra faire l’objet que d’une amélioration constante.
Toutes les lois et réglementations devront respecter ces nouvelles règles
constitutionnelles. De ce fait, la liberté d’entreprendre ne sera plus un
principe supérieur à la préservation du vivant et des biens communs.
Nous reconnaîtrons le crime d’écocide et mettrons fin à l’impunité des
pollueurs
Nous inscrirons dans le droit pénal la reconnaissance du crime d’écocide,
que nous définirons comme le fait de causer des dommages graves,
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é
é
PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
durables ou étendus à l’environnement de nature à mettre en danger à
long terme l’équilibre des milieux naturels ou susceptible de nuire à l’état
de conservation d’un écosystème. Nous porterons la reconnaissance de
l’écocide au niveau européen ainsi que devant la Cour pénale
internationale, aux côtés des États qui partagent notre ambition d’assurer
la défense des communs planétaires.
Nous créerons un Défenseur des droits de la Nature et une Haute Autorité
des Limites planétaires
Nous créerons un Défenseur des droits de la Nature pour veiller au respect
de l’obligation de préserver la nature, de lutter contre le dérèglement
climatique et atteindre une empreinte écologique neutre dans le cadre du
respect des limites planétaires. Le/La Défenseure des droits de la Nature
sera l’interlocutrice principale des citoyen·ne·s.
Elle pourra être saisie par les citoyen·ne·s dans le cadre de procédures
précontentieuses ou contentieuses - et assurera une médiation envers
l’administration lorsque cela est nécessaire.
Elle veillera au respect de l’article 7 de la charte sur l’environnement qui
garantit l’information et la consultation du public sur tout projet susceptible
de porter atteinte l’environnement.
La Haute Autorité des limites planétaires fournira une analyse sur la qualité
des lois, règlements et programmes nationaux et locaux afin de guider
l'administration dans le respect des équilibres biologiques des
écosystèmes au regard des limites planétaires.
Reconnaître le droit des animaux pour mieux les protéger
Notre première mesure sera l’octroi d’une personnalité juridique à l’animal
et la reconnaissance de ses droits fondamentaux. Nous renforcerons les
sanctions pénales en cas d’abandons et d’actes de cruauté envers les
animaux.
Nous renforcerons la protection des animaux au sein des institutions et des
politiques publiques, par la création d’un ministère de la condition animale
et en intégrant des critères relatifs à la protection des animaux dans la
commande et dans l’octroi d’aides publiques. Nous mettrons aussi fin aux
pratiques les plus cruelles dont les animaux sont victimes.
Nous sortirons progressivement mais résolument de l’élevage industriel en
commençant par l'interdiction de l’élevage en cage et des élevages
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
d'animaux dédiés à la production de fourrure d’ici à 2025. Nous mettrons
aussi fin à l'importation de fourrure.
Nous interdirons les méthodes de chasse barbares telles que la chasse à
courre ou le déterrage. Nous interdirons les transports de plus de 8 heures
d’animaux vivants dans l’Union Européenne ainsi que l’interdiction des
transports d’animaux vivants vers des pays tiers.
Nous arrêterons aussi progressivement l’expérimentation animale en
accompagnant la transition vers une recherche sans animaux.
Et nous refuserons l’exploitation abusive des animaux pour nos loisirs :
interdiction de la corrida, investissement dans la lutte contre le trafic
d’animaux sauvages et interdiction de la vente d'animaux en ligne hors
sites spécialisés
Pour une politique zéro déchets
Notre politique de compostage territorialisée permettra de valoriser 65 %
des bio-déchets à horizon 2025.
En 2019, le traitement des déchets a émis 3 % des émissions nationales de
gaz à effet de serre Nous réduirons nos bio-déchets par la mise en place
d’une stratégie de compostage territorialisée à grande échelle. Nous
investirons en amont dans les centres de compostage et de
méthanisation pour tenir l’objectif de valorisation de 65% des déchets non
dangereux non inertes en 2025. Les collectivités n’atteignant pas le 65% en
2025 seront pénalisées proportionnellement à la hauteur des émissions de
méthane ainsi créées. Nous accompagnerons les collectivités dans la
réduction de leurs bio-déchets par la création d’un fonds de soutien pour
la mise en place d’infrastructures de gestion et une obligation de
séparation des bio-déchets.
Nous réduirons les déchets au sein de l’industrie du textile et du numérique
par l'augmentation significative de l'éco-contribution sur les vêtements et
les produits électriques et électroniques, dont les recettes serviront
notamment au financement d’infrastructures de traitement et de
recyclage.
Au niveau européen, nous inclurons l’industrie textile dans le mécanisme
de la taxe carbone. Nous lutterons aussi contre l’obsolescence des
appareils électroniques en favorisant leur réparation et en interdisant
l’obsolescence logicielle.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Nous étendrons les délais de garanties afin de les doubler de 5 à 10 ans
avec une réinitialisation des délais en cas d’échange pour panne ou de
réparation.
Nous soutiendrons le domaine du réemploi, notamment solidaire, qui en
plus d’encourager la réutilisation et la réparation des ressources, est
fortement créateur d’emplois.
Nous simplifierons l’accès des structures au fonds réemploi notamment en
centralisant les ressources via un fonds unique, et nous quadruplerons les
montants alloués.
Nous soutiendrons la formation et le développement des filières de métiers
liés à la réparation, au réemploi et au recyclage.
Nous sortirons de la société du plastique
Nous mettrons en place des mesures d’accompagnement et de soutien
des entreprises vers une réduction de leurs déchets et nous encourageons
le développement de méthodes alternatives pour réduire progressivement
le plastique dans chaque secteur d’activité, notamment dans des
matériaux compostables à l’échelle individuelle.
Afin de réduire l’utilisation du plastique dans le système de production,nous
taxerons en amont les produits fabriqués à partir de plastique vierge. Nous
reverrons à la hausse l'éco-contribution pour les produits difficilement
recyclables ou valorisables que nous étendrons au-delà de la seule filière
emballage.
Nous renforcerons aussi la part de la Taxe Générale sur les activités
polluantes vers des politiques de prévention, tri et économie circulaire à
destination des collectivités locales.
Nous instaurerons un objectif 50% de vrac alimentaire dans les surfaces de
plus de 400m2 d’ici 2030 et la mise en place obligatoire d’un système
territorialisé de consigne du verre lavable et réutilisable dès 2025.
Nous limiterons la publicité pour consommer autrement
Nous règlementerons la publicité par une “loi Evin pour le climat”. Elle
interdira de façon progressive la publicité sur les produits les plus
climaticides, comme les vols aériens low cost ou les véhicules particuliers
les plus émetteurs : immédiatement pour les gros SUV et les voitures de
sport, puis progressivement pour tous les véhicules émettant davantage
de gaz à effet de serre que le seuil européen fixé aux constructeurs
automobiles.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Nous modifierons la loi pour rendre applicable l’interdiction des produits
ultra-transformés pour tous les publics.
Nous interdirons les écrans numériques publicitaires et les écrans rétro-
éclairés, et organiserons le retrait progressif de ceux qui sont déjà en place.
Contre l’uniformisation des paysages, notamment des territoires
périurbains, et l’invasion publicitaire qui défigure le cadre de vie, nous
inscrirons dans le code de l’environnement des règles plus protectrices
concernant la place de la publicité dans l’espace public.
Nous créerons une autorité réellement indépendante du contrôle de la
publicité, elle sera composée d’un président et de six conseillers nommés
par le Parlement. Ce collège sera renouvelé par tiers tous les deux ans.
Mise en place d’un mécanisme de sanction réellement opérant et dissuasif
des publicités jugées illégales, contrairement à aujourd’hui.
Nous réduirons l’impact environnemental du numérique
Nous instaurerons un budget carbone pour le numérique. La
règlementation prendra en compte les impacts du stockage de données
informatiques sur le climat, l’environnement et l’accès aux ressources
naturelles et énergétiques. Elle rendra obligatoire sur les terminaux
numériques (téléphones, ordinateurs…) l’information l’empreinte
environnementale basées sur l’analyse du cycle de vie.
Des règles d’information des usagers et de sobriété s’appliqueront
également aux logiciels, pour lutter contre l’obsolescence programmée.
Nous soutiendrons la récupération des matériaux, la réparation, le réemploi
et recyclage. Enfin, nous appliquerons les recommandations du Haut
Conseil pour le Climat au sujet de la 5G, en particulier l’obligation de la
maîtrise de l'empreinte carbone pour les opérateurs.
L’IPBES, l’équivalent du GIEC pour la Biodiversité, a identifié cinq causes
majeures de l’érosion de la biodiversité : le changement d’usage des terres
et des mers, l’exploitation directe des écosystèmes et des organismes, le
changement climatique, les pollutions locales, et les espèces
invasives. Notre programme répond méthodiquement, et avec des
moyens adéquats, à chacune de ces pressions :
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Défendre les droits des animaux
Nous proposons une société où la nature et le vivant disposent de droits
constitutionnels assurant leur réparation, leur protection et leur résilience.
Nous créerons un défenseur des droits des animaux
Sa mission sera de faire connaître et rendre effectifs les droits des animaux
et d’établir et de publier le bilan annuel des infractions au bien-être animal
(alertes, plaintes et sanctions effectives).
Nous créerons un ministère délégué à la Condition animale.
Aujourd'hui, le ministère de l'agriculture prend en charge la majorité des
sujets liés au bien-être animal, ce qui provoque des conflits d'intérêts. Il
faut soustraire ce sujet à l'influence des lobbies. Le ministère défendra les
animaux pour leurs intérêts propres. Son rôle sera de mettre en place une
politique en faveur de la condition animale dans tous les secteurs où les
animaux sont présents (économiques, culturels, judiciaires, éducatifs, etc.).
Pour cela, il travaillera étroitement avec les associations de protection
animale et les juristes de la cause animale.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Ses missions seront notamment :
• permettre l'émergence et le développement d’alternatives à
l’exploitation animale, favorisant la création d’emplois et de nouvelles
entreprises ;
• éduquer et sensibiliser à l’éthique animale pour réduire toutes les
violences ;
• accompagner la transition vers une recherche sans utilisation
d’animaux ;
• renforcer les normes pour protéger les animaux, notamment pour les
animaux de compagnie, dans les élevages ou pour le
divertissement ;
• organiser et veiller au renforcement des contrôles pour lutter contre
la maltraitance ;
• favoriser une meilleure cohabitation avec la faune sauvage.
Nous inscrirons dans la Constitution la protection des animaux et en faire
ainsi une valeur fondamentale de notre tat de droit.
Notre première mesure sera l’octroi d’une personnalité juridique à l’animal
et la reconnaissance de ses droits fondamentaux. Nous inscrirons dans
l’article 1er de la constitution de la France est une république écologique,
qui garantit les droits de la nature et du vivant.
Nous mettrons fin à tout élevage en cages au profit de l'élevage avec
accès au plein air d'ici 2025, interdirons la création ou l’établissement de
tout nouvel élevage intensif tout en réduisant d’au moins 50% la
consommation de produits de provenance animale
Nous intégrerons des critères relatifs à la protection des animaux dans la
commande et dans l’octroi d’aides publiques.
Tout comme le respect de l’environnement, le respect des animaux sera
une condition à tout financement public, aux marchés publics, concessions
et autorisations administratives.
L'État a un rôle majeur à jouer dans l’abandon d’un modèle qui exploite les
animaux. Cette clause peut prendre la forme de l’adaptation du bâti aux
conditions de vie des animaux (oiseaux, mammifères et insectes), l’option
quotidienne de repas végétariens dans la restauration collective
(notamment scolaire), une commande publique « 100% produits non testés
sur les animaux », etc.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Nous Interdirons les longs transports au sein de l'UE et les exportations
vers les pays tiers d'animaux vivants
Comme cela a été porté par la députée écologiste Caroline Roose au
Parlement Européen, nous limiterons à 8 heures consécutives le transport
d’animaux vivants au sein de l’UE d’ici 2025 et nous interdirons les
exportations d’animaux vivants par tous transports vers les pays tiers d’ici
2025.
Nous mettrons un terme aux pratiques d'abattage les plus douloureuses.
Comme cela a déjà été annoncé publiquement, nous refuserons les
méthodes d'abattages sans étourdissement et nous mettrons fin à la
dérogation pour les abattages rituels sans étourdissement.
Il faut consulter les organisations et autorités religieuses et cultuelles
concernées pour réfléchir avec elles à des méthodes d'étourdissement qui
soient à la fois fiables et efficaces, engendrent le moins de souffrance et de
dégâts sanitaires possibles pour les animaux, et soient compatibles avec
leurs convictions. De nombreux pays ont déjà mis en place des méthodes
d’étourdissement réversibles pour l’abattage rituel. La France doit pouvoir
avancer en ce sens.
Nous garantirons une pêche durable
Nous réduirons la consommation de poissons.
Nous développerons les techniques de pêche non destructrices pour
adapter les quantités pêchées selon les limites maximales recommandées
par les scientifiques, en particulier celles du Conseil international pour
l’exploration de la mer (CIEM).
Nous développerons des techniques de pêche sélectives (pêche à la ligne,
casiers) : chaque année, entre 5 000 et 10 000 dauphins meurent, capturés
accidentellement. Nous investirons dans la formation à ces « nouveaux »
métiers.
Nous lutterons contre la pêche illégale. La France, qui dispose du second
espace maritime mondial, doit se doter des moyens d’assurer la protection
de son espace marin.
Nous donnerons de la visibilité et nous valoriserons les approches non-
animales afin de mettre un terme à l’utilisation d’animaux.
Le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche contribuera
activement à la visibilité et à la valorisation des méthodes non-animales
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
en leur dédiant notamment une page du site internet du ministère :
présentation des approches les plus développées et leurs applications, leur
potentiel économique, annonce des conférences, congrès et publication
de comptes rendus, mise à l'honneur des projets les plus innovants, etc.
Par ailleurs, le ministère développera une plateforme nationale qui sera à
la fois une ressource dans le domaine des alternatives (base de données)
et un forum d'échanges entre les chercheurs des secteurs public et privé.
Nous garantirons l'indépendance, la compétence et la transparence des
comités d'éthique en expérimentation animale
Nous interdirons la corrida et les combats de coqs via la suppression de
l'alinéa 7 de l'article 521-1 du Code pénal.
Dans l'attente de l'application pleine et entière de cette interdiction,
nous interdirons le spectacle des corridas et combats de coqs aux moins
de 16 ans, dans un souci de protection des enfants qui ne doivent plus être
exposés à de telles situations de violence.
Nous interdirons toutes formes de dressage, des spectacles des animaux
sauvages et des mises en contact direct entre public et animaux
sauvages.
Nous interdirons le dressage et les spectacles des animaux sauvages,
ainsi que d’autres mises en contact directes entre public et animaux
sauvages.
Nous interdire les élevages de fourrure d'ici 2025 et étudierons, avec les
autres pays européens, l'interdiction de la vente de produits contenant
de la fourrure ou des peaux d'animaux sauvages
Pour lutter contre la misère féline, nous travaillerons avec les mairies
pour que le sujet de la stérilisation des chats errants soit pris en
compte dans les politiques publiques et nous prévoirons une enveloppe
dédiée à destination des collectivités territoriales mais on ne peut pas
s’engager sur une obligation sans un travail approfondi avec les élu.es
territoriaux.
Nous mettrons en place un grand plan national pour lutter contre les
abandons et renforcerons les sanctions en cas d’abandon et de
maltraitance des animaux, ça sera l’une des priorités du ministre de la
condition animale.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Nous interdirons la vente d’animaux hors sites spécialisés et encadrerons
strictement les conditions d’élevage et de détention des animaux vendus
en animalerie.
Si les chiens et chats sont interdits à la vente en animalerie à partir de
2024, les rongeurs et oiseaux seront toujours vendus. Il importe de s’assurer
qu’ils ne soient pas détenus dans des cages minuscules, par exemple.
Nous définirons des conditions minimales de bien-être des animaux
domestiques de compagnie et des équidés et les communiquer auprès du
grand public.
https://twitter.com/yjadot/status/1479081212996112388
Nous renforcerons la réglementation de détention d’animaux
sauvages et mettrons en place une liste positive pour encadrer strictement
le commerce et les conditions de détention des nouveaux animaux de
compagnie non domestiques.
Nous interdirons la chasse le weekend et les vacances
scolaires.
Nous mettrons aussi fin à la délivrance d’un permis de chasse à vie ; le
permis sera à renouveler tous les cinq ans et nous développerons la
formation continue pour les chasseurs. Nous interdirons l’agrainage, la
chasse à enclos et nous travaillerons au désengrillagement des forêts,
même pour les enclos antérieurs à 2005.
Nous supprimerons la liste des espèces « nuisibles » et retirerons de la
liste des espèces chassables celles dont les populations sont en déclin ou
menacées.
Nous interdirons les pratiques de chasse et de piégeage cruelles et
barbares à l’encontre des animaux sauvages (chasses traditionnelles,
chasse à courre, la vénerie sous terre, chasse à l’arc, chasse en enclos,
pièges tuants, mutilants et non sélectifs)
Nous reconnaîtrons le crime d’écocide et mettrons fin à l’impunité des
pollueurs
Nous inscrirons dans le droit pénal la reconnaissance du crime d’écocide,
que nous définirons comme le fait de causer des dommages graves,
durables ou étendus à l’environnement de nature à mettre en danger à
long terme l’équilibre des milieux naturels ou susceptible de nuire à l’état
de conservation d’un écosystème. Nous porterons la reconnaissance de
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
l’écocide au niveau européen ainsi que devant la Cour pénale
internationale, aux côtés des États qui partagent notre ambition d’assurer
la défense des communs planétaires.
Retrouvez mon plan d'action sur le site Engagement Animaux : https://
engagement-animaux.fr/2022/02/10/yannick-jadot-revele-son-plan-
daction-pour-les-animaux/
Une agriculture et une alimentation
respectueuses du climat et du vivant
Se nourrir est un besoin vital.
Pourtant, les politiques alimentaires actuelles sont incapables d'y
répondre :
¼ des Français·es restreint son alimentation pour des raisons économiques
et 1 personne sur 7 n’a pas les moyens de manger trois repas par jour.
Dans le même temps, 10 millions de tonnes de produits alimentaires sont
gaspillées chaque année.
Pour permettre l’accès à la nourriture pour les populations les plus
démunies, il est urgent de créer les conditions d’une démocratie
alimentaire qui permette une alimentation choisie, de qualité, en quantité
suffisante et accessible à toute la population quels que soient ses revenus.
Les politiques productivistes de "modernisation" agricole ont vidé les
campagnes, plus d’un million de paysan·ne·s ont disparu en 50 ans. Celles
et ceux qui restent ne sont pas mieux lôti·e·s : 23 % des agriculteurs et
agricultrices vivent sous le seuil de pauvreté. Le modèle agricole actuel fait
disparaître, précarise et intoxique les paysans et les paysannes. Pourtant,
ils et elles sont d’indispensables sentinelles de la terre, au cœur de la
reconstruction écologique de nos sociétés.
Le climat et les écosystèmes dont dépend notre production alimentaire
sont sévèrement impactés par ce modèle agricole. L’agriculture est
responsable de 19 % des émissions françaises de gaz à effet de serre.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
L’agriculture intensive et chimique a une responsabilité majeure dans la
dégradation des écosystèmes. Elle est aussi directement victime du
réchauffement climatique et de la perte de biodiversité, qui menace notre
souveraineté alimentaire.
Le modèle agricole actuel a pu, un temps donné, répondre à des enjeux de
sécurité alimentaire, mais il est resté coincé dans le XXème siècle. Ce
constat n’est pas inéluctable.
L’agriculture et l’alimentation sont au cœur de la construction d’un futur
écologique nécessaire et souhaitable, dont les germes sont déjà là dans
les territoires. Tous les jours des fermes passent au bio, des jeunes
s’installent et prouvent qu’un autre modèle agricole est possible.
Entre le conservatisme agricole écocidaire et la fin des paysan·ne·s que
certain·e·s prophétisent, nous traçons une troisième voie : celle d’un
nouveau contrat social pour l’agriculture.
Nous sortirons de l’élevage industriel
Nous remplacerons l’élevage industriel par un élevage agroécologique en
10 ans. Nous mobiliserons les aides publiques agricoles pour financer la
transition agroécologique des éleveurs et éleveuses.
La Politique Agricole Commune (PAC) notamment doit cesser de financer
l’élevage industriel et progressivement réorienter les choix politiques
budgétaires vers la transition. Nous introduirons un critère de
conditionnalité des aides en lien avec la densité animale. Nous redirigerons
les différentes aides à l’investissement (européennes, nationales et
régionales) vers les investissements de diversification et de
développement des systèmes herbagers et de production de
légumineuses dans les zones favorables.
Nous mettrons en place des mesures agro-environnementales renforcées
dédiées aux systèmes d’élevages agroécologiques. Nous interdirons toute
nouvelle “méga-installations” en élevage ainsi que, progressivement, les
pratiques d’élevage industriels en cage, en box ou sur caillebotis. Nous
développerons la consommation de protéines végétales et de viande
locale et bio – en lien avec l'indispensable re-végétalisation de notre
alimentation – par exemple grâce à la commande publique. Les surfaces
en grandes cultures seront prioritairement dirigées vers l'alimentation
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
humaine. Nous organiserons la fin progressive de la « viande cellulaire »,
qui est issue de procédés biotechnologiques fortement énergivores,
déconnectée des solutions fondées sur la nature, de la relation humain-
animal et de l’élevage paysan.
Nous garantirons une pêche durable
Nous développerons les techniques de pêche non destructrices pour
adapter les quantités pêchées selon les limites maximales recommandées
par les scientifiques, en particulier celles du Conseil international pour
l’exploration de la mer (CIEM).
Nous développerons des techniques de pêche sélectives (pêche à la ligne,
casiers) : chaque année, entre 5 000 et 10 000 dauphins meurent, capturés
accidentellement. Nous investirons dans la formation à ces « nouveaux »
métiers.
Nous lutterons contre la pêche illégale. La France, qui dispose du second
espace maritime mondial, doit se doter des moyens d’assurer la protection
de son espace marin.
Nos eaux territoriales sont insuffisamment protégées des navires de
pêches chinois, qui n'hésitent pas à piller la ressource et contribuent à faire
disparaître les grands prédateurs comme les requins, si nécessaires à
l’écosystème. Nous mettrons un terme à la commercialisation du produit
de la pêche illégale, et de toute pêche menacée au sens de l’UICN, avec
affichage obligatoire et systématique du statut de l’espèce.
Revoir la gouvernance passe aussi par le fait de donner la main aux
pêcheurs localement, par pêcherie, pour décider collectivement de la
meilleure manière de faire perdurer leur activité. Nous accompagnerons
les initiatives.
Nous encouragerons les circuits courts : à l’image des Associations de
maintien de l’agriculture paysanne (AMAP), nous soutiendrons le
développement de structures similaires dans la pêche, afin de recréer le
lien entre les professionnel·le·s de la mer et les habitant·e·s proches des
littoraux. Nous limiterons le développement de l’aquaculture, notamment
en privilégiant les espèces herbivores, en développant l’aquaculture
labellisée “biologique” ou en favorisant les alternatives à l'aquaculture
conventionnelle comme celles qui visent à nourrir les poissons d'élevage
par des larves d'insectes.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
De nombreuses fermes aquacoles se sont développées et leur impact sur
les poissons sauvages et l’état des mers est très préoccupant
(médicaments et produits chimiques contaminant les espèces sauvages,
farines animales à base d’espèces terrestres ou marines indispensables à
la chaîne alimentaire déjà en danger, etc.).
Stop aux pesticides et engrais de synthèse
Nous diviserons par deux l’usage des engrais et des pesticides de synthèse
d’ici 2027 et demanderons la suppression des pesticides en Europe en
2030.
Dès 2022, nous interdirons les néonicotinoïdes, le glyphosate, les fongicides
SDHI et tous les pesticides cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques et
perturbateurs endocriniens notoirement dangereux pour la santé et la
biodiversité. Cette mesure d’urgence, basée sur les alertes scientifiques,
sera prise par voie règlementaire sur le fondement de l’article L253-7 du
code rural.
Sur le quinquennat, nous diviserons au moins par deux l’usage des
pesticides et des engrais de synthèse en France, par la conversion massive
à l’agriculture biologique.
À l’échelle européenne, nous voulons la sortie complète des pesticides en
2030, ainsi que la refonte du processus d’autorisation des substances. Nous
mettrons en place des mesures miroirs et interdirons d’importer des
produits traités avec des molécules interdites en Europe.
Nous appliquerons en France comme en Europe la décision de la Cour de
justice de l’Union Européenne qui dit que les “nouveaux OGM” sont bien des
OGM et que toutes les dispositions d’interdiction d’utilisation et d’obligation
d’étiquetage doivent s’appliquer y compris sur les produits importés. Nous
taxerons fortement la production d’engrais chimiques pour doter la France
d’un plan de sortie des engrais azotés de synthèse et favoriser l’utilisation
des sources d’azote organique (d’origine animale et végétale).
Garantir le droit à une alimentation saine à un prix juste et abordable
pour toutes et tous, partout
Afin de lutter contre la précarité alimentaire, instaurer une véritable
démocratie alimentaire et garantir le droit à l'alimentation, nous
soutiendrons et accompagnerons les dynamiques locales et l'émergence
de territoires d'expérimentation de la sécurité sociale de l'alimentation.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Nous garantirons une information transparente des consommateurs et
consommatrices
Pour une pleine transparence envers les consommateurs et les
consommatrices, pour la promotion d’une alimentation saine, nous
mettrons en place un étiquetage environnemental et nutritionnel des
produits alimentaires, favorisant l’identification des produits s’inscrivant
dans la démarche d’une alimentation saine et durable : pesticides,
biodiversité sauvage et cultivée, bien-être animal, végétalisation
alimentaire…
Nous soutiendrons une méthodologie officielle d’Affichage
Environnemental basée sur le Planet Score ou toute autre méthode
valorisant le modèle agroécologique, afin que les entreprises puissent le
développer.
Nous mangerons 100 % bio et local dans les cantines
À horizon 2027, toute la nourriture servie dans les cantines publiques des
écoles, des administrations, des universités, des hôpitaux ou encore des
prisons sera bio, locale, moins carnée, de meilleure qualité, respectueuse
du bien-être animal et achetée au juste prix aux agriculteurs.
La loi portera un objectif de 100 % dans chaque cantine en 2027, avec un
accompagnement pour l’atteindre. Nous introduirons également dans les
marchés publics des critères de production locale, de qualité
environnementale, de bien-être animal.
Nous assurerons pour chaque produit la juste rémunération des
producteurs et productrices.
Nous créerons les conditions d’une véritable démocratie alimentaire locale,
ouvrant les Projets Alimentaires Territoriaux à la participation des
habitantes et habitants, producteurs et productrices.
Nous soutiendrons la structuration des plateformes, organisations de
producteurs et transformateurs pour des filières biologiques
départementales et régionales.
Nous soutiendrons les collectivités pour le maintien des cuisines en régie
ou pour l’écriture de leurs marchés publics, la formation de leurs cuisiniers
et la planification de long terme avec leurs fournisseurs. Et nous mettrons
en place une prime à l’investissement à la restauration collective à hauteur
de 330 millions par an. Enfin, nous accompagnerons cette transition
agroécologique de l’alimentation dans la restauration collective privée.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
100 000 nouveaux paysans et paysannes pour la transition
agroécologique
Nous encouragerons l’initiative des collectivités territoriales pour
l’Installation et la Transmission des exploitations, notamment par
l’animation et le portage fonciers. Nous inciterons financièrement à la
transmission, avec une prime au cédant pour une installation en système
agroécologique.
Nous créerons un Fonds de Développement des Espaces Tests Agricoles,
associant étroitement les centres de formation agricole, les collectivités
territoriales et les organisations agricoles.
Nous créerons une Dotation Nouvel Installé, en faisant passer l’âge limite à
50 ans avec une modulation en fonction du degré d’engagement du projet
d’entreprise dans la transition agroécologique.
Nous réformerons l'enseignement agricole autour de l'agroécologie dans
l'ensemble des cursus de formation agricole du supérieur (BTS + agro).
Nous adopterons une Loi Foncière, qui permettra de stopper
l’artificialisation des sols, de maîtriser plus efficacement le foncier agricole
et naturel, considéré comme un bien commun.
Cette future Loi foncière renforcera les moyens d’intervention des
Établissements Fonciers Régionaux, qui couvriront l’ensemble du territoire
national, et des Sociétés d'aménagement foncier et d'établissement rural
(SAFER), dont une réforme est indispensable pour mieux réguler le marché
foncier agricole, et renforcera sa gouvernance à la participation citoyenne
et publique.
Un revenu paysan digne
Nous garantirons aux paysannes et paysans de pouvoir vivre dignement
de leur travail. Nous lutterons contre le surendettement et le
surinvestissement en agriculture, en proposant à tous les agriculteurs
concernés par des transitions rapides de leurs modes de production des
reprises partielles ou complètes de leur dette par la CDC afin de libérer leur
capacité d'action et d'investissement, en réorientant les aides à
l’investissement vers les systèmes les plus autonomes.
Nous redonnerons de l’attractivité aux métiers agricoles en augmentant le
service de remplacement. Nous réviserons la loi sur l’assurance récolte qui
livre les agricultrices et agriculteurs aux assurances privés face aux
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
conséquences du changement climatique, afin de rétablir et améliorer un
dispositif public mutualisé des calamités agricoles.
Pour le climat, nous réformerons la Politique agricole commune
Nous financerons la généralisation des pratiques agricoles permettant la
sortie des pesticides en sortant de la logique de substitution pour
rémunérer les agriculteurs et agricultrices qui mettent en place des
pratiques favorables à l’environnement. Ce financement passera
notamment par une révision du plan stratégique national (PSN) dès
septembre 2022 introduisant une conditionnalité renforcée, des
changements dans les éco-régimes et une meilleure valorisation de
l’agriculture biologique.
Nous mettrons fin aux importations et exportations qui nuisent au
Paysan·ne·s des pays du Sud comme du Nord, en mettant en place un
dispositif de remboursement des aides de la politique agricole commune
(PAC) pour les matières premières exportées hors Union Européenne.
Nous construirons une nouvelle PAC avec nos partenaires européens qui
tourne définitivement le dos aux aides à la surface, qui poussent à la
course à l’hectare, à la sur-capitalisation et à la patrimonialisation de
l'agriculture pour passer à une logique d’aides liées au travail humain.
Nous exigerons que les denrées agricoles entrant sur le marché européen,
respectent les standards de production européens. Ainsi, on ne pourra plus
importer un produit ayant été traité avec un pesticide interdit dans l’UE.
Concernant les viandes, les règles européennes de bien-être animal et de
traçabilité devront s’appliquer.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
3. La justice sociale, pour réussir la
transition écologique
Une économie au service du climat et des
citoyens
Notre horizon est celui d’une nouvelle économie, robuste, résiliente,
souveraine, en phase avec les impératifs de la transition climatique.
Cette transition se fera avec l’ensemble des acteurs économiques et
sociaux, dans tous les secteurs et dans toutes les régions.
Anticipée, maîtrisée, accompagnée, elle représente une formidable
opportunité d’innovation, de développement et de création d’emplois.
Notre rapport au travail doit être repensé, pour mieux partager la richesse
au sein des entreprises, redonner du sens au travail et au temps qui y est
consacré, et bien sûr reconnaître la valeur des métiers et fonctions
essentiels.
Notre méthode sera celle du dialogue social.
Notre levier sera la conditionnalité des financements publics aux
entreprises.
Nous lutterons avec force contre l’évasion fiscale et les paradis fiscaux
L’évasion et la fraude fiscale minent le contrat social. À l’heure où nos
services publics souffrent, ces stratégies d’évitement de l’impôt, qui
coûtent entre 80 et 100 milliards d'euros par an au budget de l’État, sont
inacceptables. Maintes fois dénoncées, jamais vraiment combattues, lutter
contre ces pratiques sera l’une de nos priorités.
Nous renforcerons les moyens dans la lutte contre la fraude fiscale par plus
de transparence sur les flux de capitaux et par des taux minimum de
taxation au niveau européen.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Contre les paradis fiscaux, nous proposerons que les relations financières
et commerciales soient coupées avec tous les États et institutions qui ne
respectent pas des conditions élevées de transparence, y compris sur les
trusts, et d’échanges d’informations avec l’Union européenne et ses États
membres en matière fiscale.
Au niveau national, renforcer des moyens de l'administration fiscale ; Au
niveau européen, compléter l’accord international sur la taxation minimale
des multinationales par un registre public des trusts, étendre la liste des
paradis fiscaux qui aujourd'hui ne compte que 13 pays, et où ne figurent
pas nombre de pays impliqués dans les Pandora Papers ; Interdire le prêt
d'actifs financiers à but exclusif ou majoritaire d’évasion fiscale qui conduit
à une fraude massive à la taxe sur les dividendes.
Nous ferons évoluer la taxation transaction financière mise en place en
France en 2012 via deux modifications. D’abord nous augmenterons le taux
de 0,3% à 0,4%. Ensuite nous modifierons l’assiette, pour y intégrer les
opérations intra-journalières, afin de lutter contre les comportements les
plus spéculatifs.
Nous construirons une industrie au service de la transition climatique
Nous proposons un plan majeur de réindustrialisation, créateur de
centaines de milliers d’emplois partout sur les territoires.
• Notre premier enjeu sera de construire une politique industrielle
européenne :
Par l’investissement dans les infrastructures nécessaires à la transition de
nos modes de vie, de production et de consommation, à travers un plan de
25Md€ par an qui sera inscrit dans une loi de programmation pour le
climat ; par la préparation de notre société à la réalité du changement
climatique ; Par un travail de convergence par le haut des règles fiscales,
sociales et environnementales à l’échelle européenne et mondiale ; Par la
mise en œuvre d’une taxonomie exigeante afin d’orienter les fonds privés
vers les industries vertueuses, en dénonçant l’intégration en cours du
nucléaire et du gaz fossile qui ne sont pas des énergies vertes.
• Notre second enjeu sera de soutenir l’innovation dans les filières
d’avenir sur tout le territoire français :
Par le soutien à la recherche et à l’innovation, en recentrant les soutiens
publics sur la transition écologique et la relocalisation industrielle ; Par le
renforcement de la formation initiale des jeunes via la création de places
dans l’enseignement supérieur, le soutien à l’apprentissage, et le
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
renforcement de la formation professionnelle ; Par l’introduction d’une
conditionnalité stricte des aides publiques aux entreprises selon des
critères sociaux et environnementaux ; Par la généralisation d’une politique
d’achats publics responsables au service des entreprises françaises et
européennes, et des petites et moyennes entreprises, davantage que des
grands groupes.
• Notre troisième enjeu sera enfin de sécuriser la transition des
entreprises, des salariés et des territoires dans les bassins d’emploi et
de vie qui seront touchés par les mutations écologiques,
économiques et industrielles :
Par des contrats territoriaux de transition ; Par la création d’outils
d’accompagnement des salariés désireux de reprendre sous une forme
coopérative leur entreprise en cas de cessation d’activité ; Par un droit à la
reconversion pour chaque salarié des métiers affectés par transition
Nous soutiendrons les entreprises dans la transition écologique
Il existe près de 2 000 aides aux entreprises directes ou indirectes
représentant 140 à 150 Milliards d'euros par an en matière d’aide au
développement et maintien de l’emploi, de formation professionnelle, de
soutien à certaines filières, d’aides d’urgence pendant la crise du COVID 19.
Ces aides sont financées par l’État ou les collectivités locales. Seulement 10
% d’entre elles sont ciblées sur les enjeux de “développement durable”. Le
reste est constitué par des aides transversales ou ciblées sur les secteurs
du tourisme, de la culture ou de l’innovation numérique.
Dans le cadre de la crise sanitaire et ses effets économiques, en 2020, plus
de 30 Milliards d'euros ont été dépensés par l’État pour sauver des secteurs
polluants, sans réelles contreparties.
Nous conditionnerons toutes ces aides au respect de critères
environnementaux (trajectoire de réduction de l’empreinte carbone et
respect de la biodiversité), sociaux (maintien de l’emploi et création
d’emplois) et de lutte contre les discriminations au sein de l’entreprise.
Dans un premier temps, cette contrainte concernera les plus grandes
entreprises.
Un « accord de transition juste », assorti d’engagements concrets, devra
être signé pour pouvoir disposer de ces aides, accompagné de plans
retraçant l’engagement concret des entreprises dans la décarbonation de
leurs activités et l’atteinte de critère sociaux : formations de l’ensemble des
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
acteurs de l’entreprise (dirigeants et salariés) aux enjeux du dérèglement
climatique auprès d’organismes agréés ; évolution du bilan carbone de
l’entreprise ; relocalisation d’activités sur le territoire national ; promotion
de l’égalité réelle entre les femmes et les hommes.
Aucune aide ne pourra être attribuée aux entreprises implantées dans des
paradis fiscaux.
Nous créerons un contrat de sécurisation des transitions
professionnelles,
Ce contrat sera signé par l’État, les entreprises, les partenaires sociaux et
les collectivités dans des bassins touchés par une réduction importante
d’activité. Ces contrats prévoiront :
• un droit à la reconversion pour les salariés dont l’emploi est identifié
comme potentiellement impacté par les mutations écologiques,
économiques ou industrielles : l’accès à des formations certifiantes,
avec maintien de la rémunération
• des aides à la diversification des territoires dépendants de l’activité
impactée ;
• des études d’opportunité identifiant les possibilités d’utilisation des
savoir-faire et outillage industriel existants dans les entreprises
affectées par les mutations, dans les filières émergentes, en
particulier celles de la transition écologique.
• des mesures de soutien public à la création et l’installation
d’entreprises, alimentées par un fond public abondé par l’État et les
régions. Ce dernier sera abondé notamment par le produit issu du
rétablissement des impôts de production grâce, notamment, au
produit issu du rétablissement des impôts de production ;
Nous créerons l’ISF climatique
Nous créerons un impôt climatique sur la fortune, qui taxera les
patrimoines supérieurs à 2 M€ et comportera un bonus-malus selon
l’impact des actifs financiers et immobiliers sur le climat, qui rapportera au
moins 15 Mds€.
Cet impôt aura une assiette large puisqu’il intégrera les biens
professionnels. Le seuil d’imposition sera relevé à 2 M€ de patrimoine, afin
de ne toucher que les 1 % des ménages les plus riches.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Le taux d’imposition sera décomposé en deux parties : un taux de base qui
sera progressif, et un bonus-malus de +/- 0,5 % calculé selon l’empreinte
carbone des actifs détenus. Mis en place lors du projet de loi de finances
pour 2023, cet ISF sera précédé d'une mesure de taxation exceptionnelle de
l'épargne COVID en 2022.
Nous baisserons la TVA sur les produits et les services écologiques
Nous proposons une réforme de la TVA, dont le taux sera modulé sur une
base écologique pour les produits alimentaires et pour les transports. Sur le
volet agricole et alimentaire, nous souhaitons favoriser l’essor d’un modèle
écologique et durable.
Nous mettrons en place une TVA à 0 % pour les produits issus de
l’agriculture biologique. À contrario nous relèverons de 5,5 % à 20 % le taux
de TVA pour une liste de produits trop gras, trop sucrés ou ultra
transformés, à l’image de ce qui a déjà été fait pour les confiseries, les
alcools et les produits de luxe. En matière de transport, nous proposons un
taux à 5,5 % sur les transports collectifs peu carbonés (bus, train).
À l’inverse, nous proposerons un taux unique de 20 % pour tous les
transports polluants : la TVA sur les services de transport de passagers
générant des émissions passera de 10% à 20%. C’est bon pour le pouvoir
d’achat et pour la planète.
Nous fonderons un nouveau contrat d’équité inter-générationnelle
L’impôt sur les successions sera payé en fonction de ce que chacun perçoit
tout au long de sa vie, quel que soit son lien de parenté avec les donateurs,
et à partir d’un seuil de 200 000€. Les principales niches fiscales seront
supprimées, en particulier concernant les biens professionnels. Un barème
progressif sera appliqué qui permettra de baisser la fiscalité sur les petites
successions et de l’augmenter pour les plus élevées. Les recettes dégagées
permettront notamment de financer la prise en charge de la dépendance
des personnes âgées.
Nous adopterons une Taxe foncière plus juste
Nous mènerons à son terme la révision des valeurs locatives qui sert de
base au calcul de la taxe foncière. L’obsolescence des bases actuelles, qui
datent du début des années 1970, implique une injustice fiscale importante
au sein des administrés d’une même collectivité locale : les occupants de
logements ayant vu leur valeur se dégrader depuis 50 ans paient un
surplus d’impôts au profit de ceux dont la valeur de leur logement a
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
augmenté depuis 50 ans. La réforme engendrerait + 9 % d’impôts pour les
10 % les plus riches, et - 5,9 % pour les 10 % les plus modestes.
Nous mettrons les entreprises à contribution
Pour mettre fin à la course au moins-disant fiscal, nous exigerons
l’harmonisation de l’impôt sur les sociétés en Europe, en portant à 25 % le
taux minimum de taxation des multinationales. Un bonus-malus
climatique sera introduit dans la fiscalité des entreprises en fonction de la
nature des activités.
Nous reviendrons sur la baisse des impôts de production décidée en loi de
finances pour 2021. Cette mesure d’un coût de 10 Milliards d'euros par an
pour les finances publiques est d’abord un cadeau fait aux plus grandes
entreprises.
Depuis des années, les mesures de réduction du coût du travail pour les
employeurs et d’allègement de la fiscalité s’enchaînent sans effet sur
l’emploi ou les rémunérations. Nous mettrons fin à cette fuite en avant en
travaillant en priorité sur l’harmonisation européenne et internationale des
règles fiscales, sociales et environnementales.
Le produit du rétablissement de ces taxes servira notamment à abonder
des fonds régionaux dédiés aux investissements des entreprises pour la
transition énergétique et à l’économie sociale et solidaire.
Au delà de la croissance, toutes nos réformes seront guidées par des
indicateurs climatiques et sociaux.
La recherche de la croissance du produit intérieur brut (PIB) ne peut plus
être le déterminant des politiques publiques.
Chacune de nos réformes sera évaluée ex-ante et ex-post à l’aune des 10
nouveaux indicateurs de richesse : emploi, inégalités de revenus, réduction
de la pauvreté en conditions de vie, empreinte carbone, artificialisation des
sols, espérance de vie en bonne santé, taux de décrochage scolaire,
satisfaction, endettement et patrimoine public.
Nous réformerons les procédures d’évaluation des lois, avant leur vote
(études d’impact) et après leur mise en œuvre.
Elles seront conduites non plus par le gouvernement lui-même, mais par
un organisme public indépendant, sur le modèle du bureau fédéral du plan
en Belgique.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Cet organisme s’appuiera sur les travaux d’institutions existantes, telles le
nouveau Sénat Économique, Social et Environnemental, le Conseil de la
démocratie citoyenne, le Haut Conseil pour le Climat (HCC) ou le Haut
Conseil de la Santé Publique (HCSP).
Tous ses avis seront publics pour alimenter le débat public autant que le
débat parlementaire.
Nous appliquerons une règle d’or climatique à nos dépenses et décisions
publiques
Il existe à ce jour au moins 18 Md€ de dépenses néfastes pour le climat
dans le budget de l’Etat. Nous les supprimerons à l’échelle du mandat en
concertation avec les secteurs concernés (transports, logement,
agriculture), en utilisant réutilisant la moitié des économies réalisées
(9Md€) pour l’accompagnement de la transition des acteurs économiques
concernés.
Toutefois, pour les dépenses sectorielles (agriculture, presse, transports,
etc) ou territorialisées (notamment outremer), cet horizon pourra être
étendu à 2030 sous réserve qu’un accord de transition et de compensation
soit agréé par les partenaires sociaux, pour les mesures sectorielles, ou
entre les collectivités territoriales et l’État, pour les mesures territoriales.
Lorsque les mesures de compensation prendront la forme d’une dépense
elle-même néfaste, dans le but de sauvegarder le pouvoir d’achat ou la
solvabilité des acteurs économiques, elles devront s’inscrire dans une
logique de transition uniquement le temps de développer les solutions
techniques durables permettant d’y mettre fin.
Ces mesures seront mises en œuvre dès la première année du
quinquennat, dans un échange avec les filières et territoires concernés
pour négocier leurs trajectoires, afin de les inscrire en loi de finances pour
2023.
Nous adopterons un prix socialement juste du carbone
Nous supprimerons toutes les niches fiscales défavorables pour le climat,
en particulier celles qui concernent le transport aérien intérieur et le fret
routier. Nous supprimerons les quotas gratuits, et appliquerons un prix au
carbone importé via le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de
l’Union Européenne, dont la mise en place sera accélérée.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Le produit de la contribution climat énergie intérieure sera intégralement
affecté à des investissements dans la transition énergétique et au soutien
direct aux ménages les plus modestes (chèque énergie). Son niveau ne
sera révisé qu’en cas de baisse significative des prix des énergies fossiles.
Nous mobiliserons l’épargne au service du climat et de la justice sociale
Le Livret développement durable et solidaire financera uniquement des
projets favorables à l’environnement ou solidaires. Nous rendrons plus
transparent l’impact
social et environnemental des placements financiers pour faciliter
l’orientation de son épargne.
Nous réorienterons l’épargne privée vers le financement de la transition
écologique en utilisant les fonds du Livret de Développement Durable et
Solidaire (LDDS) pour en faire un outil 100 % écologique et social. Les labels
existants (GeenFin et ISR) seront élargis et intégrés dans une labellisation
plus large de l’ensemble des actifs financiers, qui aura pour but de
réorienter l’épargne privée.
Nous orienterons les placements des banques en leur imposant un malus
prudentiel dès lors qu’elles financent des énergies fossiles - a contrario un
système de bonus sera mis en place pour celles dont les placements vont
très majoritairement vers des placements “verts”.
Nous adopterons les principes de l’économie sociale et solidaire
L’économie sociale et solidaire (ESS) concilie les impératifs sociaux et
écologiques avec la pérennité économique. Elle donne aux entreprises et à
l'économie leur sens véritable : un moyen au service du bien commun.
C’est une économie à part entière qui porte en elle un dépassement
souhaitable du capitalisme. Selon les chiffres du ministère de l’économie le
secteur de l’ESS représente 10% du PIB et 14% des emplois privés en France.
Notre objectif est de donc de renforcer les dispositifs de soutien à ce
secteur :
• en valorisant les financements vers les secteurs socialement et
écologiquement responsables. Nous faciliterons en particulier les
prises de participation des collectivités locales au capital des
entreprises de l’ESS, et notamment des coopératives ;
• en levant les freins à la création d’entreprises dans l’ESS, en
particulier pour les reprises d’entreprises par les salariés en cas de
cessation d’activité ;
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
• en créant avec les conseils régionaux des contrats de plan pour le
développement de l’ESS et développer les pôle territoraux de
coopération économique (PTCE) ;
• en favorisant l’accès des entreprises de l’ESS aux marchés publics.
Nous utiliserons le levier de la commande publique pour protéger notre
économie et favoriser de nouveaux standards sociaux et
environnementaux
L’accès des entreprises extra-communautaires à la commande publique
sera davantage encadré dans le cadre d’un « Buy European Act » (directive
“acheter européen”) qui sera le pendant des pratiques des États-Unis et de
la Chine. Il sera complété par un « Small Business Act » (directive PME) qui
soutiendra l’activité des petites et moyennes entreprises (PME) souvent
défavorisées par rapport aux grands groupes.
Les marchés publics nationaux à partir du seuil de 90 000 € seront
conditionnés à la production par les entreprises d’une trajectoire carbone
compatible avec le scénario 1,5 degrés, ainsi qu’à l’existence d’une
politique de lutte contre les discriminations, notamment en matière
d’égalité femmes / hommes, au sein de l’entreprise.
Nous intégrerons les enjeux sociaux et environnementaux dans les choix
économiques des entreprises
Nous obligerons les entreprises à mesurer, comprendre, et réduire leurs
impacts sur l’environnement.
La réalisation d’un bilan carbone comprenant les émissions en avant et en
aval de la seule production (dites de “SCOPE 3”) deviendra une obligation
pour les plus grandes d’entre elles, qui sera élargie à toutes les entreprises
avant la fin du quinquennat. Parallèlement nous développerons les outils
d'évaluation de la performance extra-financière, afin que ces derniers
soient évalués et connus par tous les acteurs de l’entreprise (actionnaires,
dirigeants, salariés et pouvoirs publics).
Les petites entreprises qui le souhaitent pourront être accompagnées dans
la réalisation de ces bilans. Ces nouveaux indicateurs sociaux et
environnementaux devront faire l’objet d’une certification à l’identique de
la comptabilité financière traditionnelle.
100 % des décideurs économiques suivront un parcours de formation aux
enjeux de la transition écologique : nous lancerons en partenariat avec les
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
organismes consulaires, et via France Compétences, un plan national de
formation sur le climat, les pollutions et la biodiversité.
Il sera destiné à toutes les branches professionnelles, tant pour les
dirigeants de société, que pour les salariés ou les indépendants.
Nous rendrons l’impôt sur le revenu plus juste
Nous supprimerons le quotient conjugal pour une plus grande justice entre
les femmes et les hommes. L’impôt sur le revenu sera donc payé par
individu et non plus par foyer fiscal.
Il s’agit là d’une mesure de justice sociale importante dans la mesure où
l’avantage procuré par le quotient conjugal est croissant avec le revenu
des couples.
Par ailleurs, nous augmenterons le nombre de tranches pour rendre l’impôt
plus progressif et augmenter les taux pour les plus hauts revenus. Le
rendement de ces deux mesures sera utilisé pour baisser les taux des
premières tranches de l’impôt sur le revenu.
Les niches fiscales sur l’impôt sur le revenu représentent jusqu’à 14 Md€, et
génèrent des gains croissants avec le niveau de revenu. Nous les
remettrons à plat afin de les prioriser en fonction de leur impact social,
économique et environnemental.
Les pensions alimentaires seront sorties du revenu fiscal de référence du
conjoint bénéficiaire jusqu’à un seuil qui sera fixé par le Parlement.
Nous alignerons la fiscalité sur les revenus du travail et celle sur les
revenus du capital en supprimant la « flat tax »
Cette réforme n’a pas eu l’effet positif attendu par ses initiateurs sur
l’investissement : selon le comité d’évaluation des réformes de la fiscalité
cette mesure s’est davantage traduite par une augmentation des
dividendes versés que par une hausse des investissements des entreprises.
Dès lors, il s’agit juste de revenir sur un cadeau fait aux plus riches.
Nous renforcerons sa progressivité par la baisse de la fiscalité sur les
premières tranches et l’ajout de tranches supplémentaires pour les plus
haut revenus. Nous supprimerons la “flat-tax” pour aligner les revenus du
capital sur ceux du travail.
Nous encouragerons la recherche et l’innovation par la réforme du Crédit
Impôt Recherche (CIR).
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Nous réorienterons le soutien à la recherche privée en faisant évoluer le
Crédit impôt recherche (CIR) vers un « CIR vert », destiné à soutenir mieux
les projets de recherche pour décarboner leur processus de production,
relocaliser certaines activités ou préserver la biodiversité : Comme proposé
notamment par la Convention citoyenne pour le climat, l’octroi du CIR sera
réservé à des projets de recherche qui ne portent pas atteinte à
l’environnement.
Les dépenses de R&D relatives à des projets de recherche en faveur de
l’environnement bénéficieront d’un crédit d’impôt dont le taux sera majoré
à 60%. Le plafond des dépenses éligibles (aujourd’hui situé à 100M€) sera
réduit afin d’accroître la distribution de ce crédit d’impôt vers les PME et de
limiter l’effet d’aubaine pour les grands groupes.
Face à l’urgence climatique, donner du sens au
travail pour toutes et tous
Nous voulons redonner du sens au travail et reconnaître pleinement sa
valeur : travailler mieux et travailler toutes et tous, partager plus justement
le pouvoir et la richesse dans l’entreprise avec celles et ceux qui en sont le
moteur, améliorer les conditions du travail pour que chacun·e puisse
profiter de la vie plus longtemps et en meilleure santé, valoriser les métiers
et les fonctions les plus utiles socialement, dans le secteur privé ou dans le
secteur public.
Notre méthode sera celle du dialogue social.
Notre levier sera la conditionnalité des financements publics aux
entreprises avec une exigence de justice sociale et environnementale.
Nous augmenterons le SMIC de 10 % pour garantir un revenu digne du
travail
Nous augmenterons immédiatement le SMIC de 10 % pour atteindre au
moins 1 500 euros net pendant la mandature.
Pour que le SMIC serve réellement de référence, nous légiférerons pour
l’obligation de renégociation de grilles de salaires rebasées sur le SMIC dès
lors que le minima conventionnel se trouve inférieur au SMIC. Nous sortirons
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
les salarié·e·s de la trappe à bas salaires pour redonner du sens concret au
mot progression, promotion et au mot carrière en offrant des perspectives
d’évolution salariale de travailleurs et travailleuses aujourd’hui
condamné·e·s à rester au SMIC.
Dans le secteur privé cela devra passer par une refonte du système de
cotisations patronales qui tire les salaires vers le bas. Nous engagerons
une négociation avec les partenaires sociaux sur ce sujet.
Dans le secteur public, nous procèderons immédiatement à une
revalorisation du point d'indice. Nous revaloriserons le travail dans les
secteurs d’utilité publique et d’intérêt général liés à la santé, au social, au
médico-social et à l’encadrement de la jeunesse, qu’elles soient dans le
public ou dans le privé et qui sont en très grande majorité des femmes,
maintenues au bas de l’échelle salariale.
Nous ouvrirons des conférences nationales par branche pour renégocier
les grilles salariales et sur les conditions de travail, les besoins de formation
et de compétences, l’adéquation des effectifs dans tous les secteurs
concernés.
Nous rendrons le travail soutenable pour tou·te·s
Rendre le travail soutenable pour toutes et tous, c’est permettre à toutes et
tous de vivre plus longtemps en meilleure santé, et réduire la souffrance au
travail. L’enjeu est particulièrement crucial pour celles et ceux qu’on
appelle les personnels de première ligne : les agent·e·s d’entretien, les
caissier·e·s, les ouvrier·e·s de la manutention et du bâtiment, les personnels
de santé et les aides à domicile, les métiers du commerce, et enfin les
emplois de l’hôtellerie-restauration.
Nous rétablirons une instance représentative dédiée à la santé au travail
dans les entreprises dotées d’un CSE. Nous engagerons une négociation
avec les partenaires sociaux en vue de rétablir et consolider le compte
personnel de prévention de la pénibilité (C3P) avec les droits associés
(Droits à la formation payée pour se reconvertir, à un passage à temps
partiel sans perte de salaire, et à un départ anticipé en retraite.)
Nous inscrirons la dépression et le burnout sur la liste des maladies
professionnelles et améliorerons la prise en charge des accidents du
travail. Nous mettrons en œuvre un plan spécifique de prévention pour le
travail de nuit qui se traduira par sa limitation en termes de durée.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Nous rétablirons une médecine du travail au service de la prévention : plus
de visites et de véritables bilans de santé. Nous donnerons la même
indépendance professionnelle aux IPRP (intervenants en prévention des
risques professionnels, ergonomes, infirmières du travail, psychologues du
travail, toxicologues...) que celle des médecins du travail aux côtés
desquels ils interviennent.
Nous sanctuariserons les 5 milliards d’euros d’excédents cumulés de la
branche accident du travail et maladie professionnelle (AT-MP) pour aider
les entreprises à rendre le travail soutenable.
Nous donnerons plus de pouvoirs aux salarié·e·s
Nous renforcerons le droit du travail en concertation avec les partenaires
sociaux. Nous établirons l’obligation d’une représentation des salarié·e·s à
hauteur d’un tiers des membres du conseil d’administration ou de
surveillance dans toutes les entreprises de plus de 500 salariés, de la
moitié pour les entreprises de plus de 2000 salarié·e·s.
Nous instaurerons un droit nouveau des salariés à la délibération sur la
qualité du travail dans tous les types d’organisation.
Un chèque syndical -de l’ordre de 0,5 % de la masse salariale- sera mis en
place pour permettre à chaque salarié.e de financer si il le souhaite un
syndicat de son choix.
Nous abaisserons le seuil pour l’établissement d’un Comité social et
économique (CSE) de plein exercice à 11 salarié·e·s Nous rétablirons la
hiérarchie des normes, et revitaliserons la négociation de branche. Nous
supprimerons le « barème Macron » qui plafonne l’indemnité prud’homale
en cas de licenciement fautif.
Nous refonderons le service public de l’inspection du travail quasiment
démantelé depuis dix ans en garantissant l’autonomie de décision des
agent·e·s, en les dotant de pouvoirs administratifs de sanction et en
remontant les effectifs de 1 500 à 2 500 personnes.
Nous imposerons la transparence sur les écarts de rémunérations
Nous réduirons les écarts de rémunérations en rendant non déductibles les
rémunérations au-delà de 20 SMIC du calcul de l’impôt sur les bénéfices.
Nous mettrons en place un index du partage de la valeur et un index de
l’équité des rémunérations, publics pour chaque entreprise.
Nous sanctionnerons les entreprises qui ne respectent pas l’égalité
femmes-hommes à travail de valeur égale, installerons l’éga-
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
conditionnalité dans l’ensemble des politiques publiques, et reverrons
l’index d’égalité femmes-hommes pour qu’il permette de mettre en
visibilité l’ensemble de ces inégalités.
Nous réduirons le temps de travail tout au long de la vie.
Travailler moins pour vivre mieux et travailler moins à des moments de vie
choisis (congé sabbatique, congé parental, formation, engagement
associatif, volonté de temps partiel).
Nous lancerons une convention citoyenne sur la question des temps de
travail pour préparer une négociation interprofessionnelle sur la réduction
des temps de travail tout au long de la vie avec la mise en place
généralisée de compte épargne temps- à mobiliser en fonction de ses
choix et de ses contraintes, en s’adaptant aux désirs et à la réalité.
Nous lutterons contre la précarité du travail
Nous renforcerons le CDI comme norme, en encadrant les contrats courts
et en responsabilisant les employeurs, avec la mise en œuvre immédiate
du bonus/malus des cotisations assurances chômage en fonction de
l’utilisation des contrats courts.
Nous lutterons contre le travail dissimulé : l’indemnisation doit être de 6
mois de salaire même en cas d’absence de rupture du contrat de travail.
Nous limiterons le recours à la contractualisation dans la fonction publique.
En cas de litige concernant le statut d’une travailleuse ou d’un travailleur
de plateforme, celle ou celui-ci devra être présumé·e salarié·e (et non
indépendant·e). Ce sera à la plateforme de prouver le contraire. Nous
favoriserons le recours aux tiers employeurs en CDI - via notamment les
groupements d’employeurs.
Nous lutterons contre le chômage de longue durée
Dans le cadre du droit à l’emploi inscrit dans notre Constitution, nous
permettrons à tous les territoires volontaires, sans limitation de nombre,
d’expérimenter les territoires zéro chômeur de longue durée (TZCLD).
Nous abrogerons la réforme de l’assurance chômage mise en place par le
gouvernement, injuste et culpabilisante pour les chômeurs et nous
redonnerons des moyens à Pôle emploi pour accompagner enfin vraiment
les personnes les plus éloignées de l’emploi.
Nous créerons un droit à la reconversion pour les métiers en transition
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
La transition écologique implique d’importantes mutations économiques
dans les secteurs des transports, de l’aéronautique, de l’agroalimentaire et
de l’énergie.
Dans les territoires concernés par ces transformations, nous signerons
avec les collectivités locales, les entreprises et les partenaires sociaux un
Contrat de sécurisation des transitions professionnelles qui offrira un droit
à la reconversion des travailleurs.euses. Les pouvoirs publics y financeront
la formation des personnes concernées, l’aide à l’implantation de nouvelles
filières, l’aménagement des infrastructures et la transformation de
l'appareil productif.
Vivre dignement pour réussir ensemble la
transition climatique
Créer les conditions d’une vie digne pour tou·te·s, c’est d’abord offrir
un filet de sécurité contre la grande pauvreté et garantir aux plus
vulnérables d’entre nous qu’ils seront protégés, accompagnés, bien
traités.
C’est aussi donner les moyens à chacun et à tout âge de se projeter
dans l’avenir, de se sentir intégré et partie prenante de la société.
Nous créerons un Revenu citoyen
Pour lutter contre la pauvreté et favoriser l’émancipation de notre jeunesse,
nous instaurerons un revenu citoyen qui sera versé automatiquement à
partir de 18 ans et garantira que personne ne vive avec moins de 918 € (=
seuil de grande pauvreté, 50 % du revenu médian).
Sans contrepartie, ce revenu sera versé à partir de 18 ans à toutes les
personnes détachées fiscalement de leurs parents de façon automatique,
pour lutter contre le non recours Il cumulera un revenu de base
correspondant au RSA relevé de 560€ à 740€ (670€ en déduisant le forfait
logement) et les aides au logement dont le montant moyen versé est
proche de 250€ par mois. Il sera fusionné avec la prime d'activité avec un
taux de dégressivité de 50 %.
Nous garantirons une retraite digne
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Nous ne reporterons pas l’âge légal de départ à la retraite. Nous
permettrons au contraire à toutes celles et ceux qui ont exercé des métiers
pénibles de partir plus tôt à la retraite, par le rétablissement et le
renforcement du compte pénibilité, car rien n’est plus injuste que les
inégalités d’espérance de vie en bonne santé entre les différentes
catégories socio-professionnelles.
Nous ouvrirons des droits à la formation aux personnes retraitées
désireuses de continuer à s’engager bénévolement dans la vie sociale et
associative au service d’actions d’intérêt général.
Nous garantirons qu’aucune personne âgée ne vive en dessous du seuil de
pauvreté.
Nous agirons pour le grand âge et la perte d’autonomie
Aujourd’hui notre pays compte 1,4 million de personnes âgées
dépendantes et 4 millions de proches aidants, et près de la moitié des
Français sont confrontés à la perte d’autonomie d’un proche.
Le manque d’attractivité des métiers du secteur du grand âge, services
d’aide à domicile ou en institution demeure un facteur important des
difficultés chroniques en matière de recrutement. Pour garantir l’accès à un
accompagnement bienveillant, bientraitant et adapté aux besoins des
personnes en perte d’autonomie, nous développerons les droits à la
formation, au répit et à la retraite des proches aidants.
Nous accompagnerons les départements, les communes et
intercommunalités qui créeront des maisons des aidants.
Nous revaloriserons les salaires, les diplômes et les parcours professionnels
liés aux métiers de l’accompagnement à l’autonomie.
Pour les personnels intervenant aux domiciles des personnes âgées, sera
instauré le service à la tournée, le congés en cas de deuil d’un bénéficiaire,
une réunion de travail collectif mensuelle d’une durée d’au moins deux
heures par intervenant.
Nous revaloriserons l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) pour
limiter le reste à charge des personnes âgées précaires, notamment dans
le paiement des aidant·e·s à domicile. Nous inciterons au développement
de la formation sur les thèmes de la bientraitance, du respect de la vie
affective et intime, de la prévention de la perte d’autonomie, de l’hygiène,
de l’alimentation adaptée au grand âge, de la douleur, de l’iatrogénie
médicamenteuse, du droit à mourir dans la dignité.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Nous interdirons les nouvelles installations d’EHPAD à but lucratif.
Nous réformerons l'ensemble du secteur des Établissements
d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes (EHPAD), qu’ils soient
publics, mutualistes, associatifs ou privés à but non lucratif : financement,
gestion et organisation. A l’instar des préconisations formulées par la
défenseure des droits en 2021, nous veillerons à l’application d’un ratio
minimal de 0,8 ETP de personnels par résident et à la revalorisation des
carrières pour les personnels travaillant en EHPAD; qui devront être à taille
humaine et dont les pratiques réelles seront mieux contrôlées.
Nous développerons des lieux de vie intermédiaires entre le domicile et
l’EHPAD en encourageant l’émergence de projets coopératifs d’habitat
partagé portés par des structures de l’économie sociale et solidaire.
Nous garantirons le droit à une fin de vie digne, choisie et apaisée.
Nous défendons une approche de la fin de vie centrée sur le respect des
choix des personnes et l’accompagnement de leur entourage, et fondée
sur un partenariat de soins favorisant une fluidité des parcours adaptée à
chaque situation, notamment pour prévenir et apaiser les souffrances.
Nous doublerons le nombre d’Equipes Mobiles de Soins Palliatifs pouvant
intervenir au domicile et à l’hôpital, et de lits spécialisés sur le territoire en
unité de soins palliatifs (USP) ou lits identifiés de soins palliatifs (LISP).
Nous créerons des maisons de soins palliatifs réparties sur le territoire qui
déploieront une culture palliative et inclusive, avec un accueil des familles,
et seront avant tout des maisons de vie.
Nous modifierons les dispositions légales pour permettre aux personnes
atteintes d’affections graves et incurables d’accéder à une assistance
médicalisée pour une mort rapide et sans douleur, et veillerons au
développement et au respect des directives anticipées.
Nous soutiendrons toutes les familles dès le premier enfant
Pensée dans une logique nataliste, la politique familiale est inéquitable et
ne correspond plus aux enjeux du siècle à venir et au besoin de soutenir les
familles qui n’ont qu’un enfant et des fins de mois difficiles. Nous proposons
une convergence vers une allocation fixe par enfant de 70 euros dès le
premier enfant.
Nous construirons avec les collectivités un service public local de la petite
enfance pour répondre au besoin de 200 000 places d'accueil collectif pour
les 0-3 ans.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Tous les besoins d’accueil en crèche ou au domicile des assistantes
maternelles devront être satisfaits, en ville comme dans les zones rurales.
Nous ferons de la protection de l’enfance une priorité
Nous rendrons obligatoire l’encadrement diplômé d’état dans les lieux
d’hébergement et d’accompagnement des mineur.e.s. Nous élargirons le
droit à la protection de l’enfance aux jeunes majeur.e.s de 18 à 21 ans en
danger.
Nous augmenterons les moyens -500 millions d’euros par an- pour
l’ensemble des services publics d’État indispensables à la protection de
l’enfance : parquets des mineurs et tribunaux pour enfants, brigades de
protection de la famille, création de structures adaptées pour les enfants
les plus fragiles, incluant soutien médical et soins de santé mentale.
Nous renforcerons les contrôles dans les foyers d’accueil pour garantir des
pratiques bientraitantes.
Nous organiserons des assises de la protection de l’enfance dont les
conclusions seront inscrites dans la loi, et qui préciseront notamment le
mode d’organisation et de coordination des services.
Nous garantirons à toutes et tous l’accès au numérique
Comme l’eau ou l'électricité l’accès un une connexion de qualité est
aujourd’hui une nécessité, dans la cadre de la vie citoyenne
(dématérialisation croissante de l’ensemble des services) comme
professionnelle (recours élargi au télétravail et ce à tous les âges de la
vie,enseignement en distanciel).
On a vu pendant le confinement que de nombreuses familles n’ont pas de
matériel nécessaire pour le suivi scolaire. Au travers de dotations à tarifs
très sociaux, nous favoriserons l'équipement numérique pour tous,
s’appuyant sur des filières de reconditionnement locales.
Nous investirons pour le déploiement de la fibre dans tous les territoires.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
4. Rétablir des services publics
forts pour réussir la transition
écologique
Reconstruire un service public de la santé
Les Français·es vieillissent en moins bonne santé que la plupart des
Européen·nes.
Les inégalités d’accès aux soins s’accroissent, notre système de santé est à
bout de souffle.
Cette dégradation se nourrit des dégâts que nous infligeons à notre
environnement et à nos conditions de vie : alimentation industrielle,
contaminations chimiques de nos ressources vivrières, pollutions de toutes
sortes entraînent l’explosion des pathologies chroniques et de l’obésité et
nous fragilisent face aux maladies infectieuses.
Des années de politiques néo-libérales et de technocratisme ont détruit
nos services publics.
L’épidémie de Covid a confirmé la fragilité extrême de notre hôpital public
et les fortes inégalités de santé dans notre pays.
Partout, celles et ceux qui devraient avoir les moyens de prendre soin et de
protéger subissent la pression de la technocratie, la rigueur budgétaire et
le déclassement. A force d’être maltraités et méprisés, ils ont perdu le sens
de la mission pour laquelle ils s’engagent avec tant de conviction.
Investir dans les services publics, c’est construire le socle d’une société
solidaire.
Nous ferons de la santé un bien commun que nous protégerons dans sa
globalité (physique, mentale, sociale, écologique) et son universalité :
tout.e.s les Français·es ont droit à la pleine santé.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Nous ferons de la santé environnementale une priorité
Face à l’explosion de maladies chroniques liées à la pollution de notre
environnement et à une alimentation industrielle, nous renforcerons la
santé environnementale par une politique volontariste de prévention et de
gestion des risques liés aux expositions environnementales qui favorisent
l’apparition des maladies chroniques.
En coordination avec les branches famille et maladie, et en partenariat
avec les parents, nous préserverons les 1000 premiers jours de l’enfant des
pollutions toxiques, de sa conception à ses 2 ans (consultations pré-
conceptionnelles et pré-natales ; protection de la santé du foetus sur le
lieu de travail de la mère, détection des troubles et pathologies d’origine
environnementale dans les PMI).
Nous ferons de la lutte contre la pollution de l’air dès 2022 une priorité
nationale.
Nous accélèrerons la révision, trop longtemps repoussée, des normes
européennes en matière de qualité de l’air pour les aligner sur les seuils de
l’Organisation Mondiale de la Santé, pour élargir les polluants pris en
compte (seuils concernant les pesticides), pour intégrer l’ensemble des
phénomènes amenant à des surexpositions et traduire le droit à un
environnement sain dans l’ensemble des directives et réglementations
concernées. Nous améliorerons la qualité de l’air intérieur en généralisant
les capteurs de CO2 et par un diagnostic technique de qualité de l’air
obligatoire pour les logements.
Nous proposerons un plan de lutte systématique contre les perturbateurs
endocriniens, les substances CMR et les substances toxiques présentes
dans les objets du quotidien.
Nous indemniserons les victimes du chlordécone, des pesticides et des
essais nucléaires.
Nous développerons le « Planet score » pour tous les produits alimentaires,
en intégrant les critères pesticides, climat, biodiversité et bien-être animal.
Nous développerons une approche globale pour lutter contre l’épidémie
d’obésité qui touche 17% de la population française et dont la prévalence a
doublé en 20 ans, en nous attaquant à ses facteurs sociaux et
environnementaux. Maladie chronique à part entière, l’obésité sera
reconnue comme une Affection de Longue Durée (ALD) par la sécurité
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
sociale, ouvrant droit à un véritable parcours de soins qui incluera
notamment des consultations de diététiciens et de psychologues 100%
remboursés.
Nous renforcerons l’information et la sensibilisation : mise en place de
pictogrammes sur les objets du quotidien susceptibles de contenir des
cancérigènes, des mutagènes, des reprotoxiques ou des perturbateurs
endocriniens et mise en place de campagnes de communication
spécifiques à la pathologie qui incluront la lutte contre la grossophobie.
Nous lancerons un Plan d’urgence pour l’hôpital public
Nous sanctuariserons l’hôpital public en le préservant d’une logique
marchande et en lui donnant les moyens de ses missions.
Nous décrèterons une reprise de la dette des hôpitaux publics. Nous
augmenterons le nombre de lits hospitaliers en fonction des besoins réels
de la population. Nous veillerons à l’application de ratios normés du
nombre de patients par catégorie de soignants et par secteur d’activités
hospitalières, avec l’objectif de garantir la sécurité et la qualité des soins et
d’améliorer les conditions de travail.
Nous demanderons aux réservataires (Etat, collectivités et bailleurs) de
réserver des logements sociaux pour les personnels hospitaliers,
notamment en Ile de France, limitant ainsi les trajets trop longs qui
épuisent les personnels avant même l’arrivée sur leur lieu de travail.
Nous embaucherons 100 000 infirmières et infirmiers en 3 ans, et, nous
lancerons un appel à la “réserve” des 180 000 soignant·e·s qui avaient
rejoint spontanément les hôpitaux pendant la pandémie.
L’ensemble des rémunérations des personnels soignants devra être au
moins égal à la moyenne de l’OCDE (soit une augmentation d’environ 10%
du salaire net des infirmier·ère·s.
Nous en finirons avec les déserts médicaux
Une commune sur trois se situe dans un désert médical. La mauvaise
allocation des soins sur le territoire national se traduit en renoncement aux
soins, délais de prise en charge et engorgement des services d’urgence
hospitaliers et elle engendre un surcoût de 1 à 5 Milliards d'euros pour le
système de santé.
Le numérus clausus en hausse n’y remédiera pas s’il n’y a pas de mesures
pour rééquilibrer l’offre de soin territorialement.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Nous proposons le conventionnement sélectif pour limiter les nouvelles
installations dans les zones déjà bien pourvues en médecins : un médecin
ne pourra s’y installer en étant conventionné que lorsqu’un médecin libéral
du territoire cessera son activité.
En complément, nous mettrons en place de façon temporaire et transitoire
une obligation d’effectuer la dernière année d’internat et les deux
premières années d’exercice dans les territoires sous-denses, mesure que
nous accompagnerons en favorisant l’installation des médecins et de leur
famille.
Nous supprimerons réellement le numérus clausus et doublerons les
capacités d’accueil des universités de médecine sur le quinquennat.
Nous favoriserons de nouvelles modalités d’exercice, sous une forme
salariée dans les maisons de santé, prise en charge par l’hôpital du
territoire.
Nous démocratiserons notre système de santé
Notre système de santé est asphyxié par une gestion centralisée et
cloisonnée, imposant à tous les niveaux des indicateurs de rigueur
budgétaire.
Nous réformerons son financement, en le fondant d’une part sur les
besoins populationnels exprimés au niveau du territoire et d’autre part sur
une tarification à l’activité réservée aux seuls actes techniques,
programmables et standardisés, avec une nomenclature commune au
privé et au public.
Les dépenses prévisionnelles de financement prendront en compte la
prévention, la coordination des soins, le temps de travail pour assurer un
parcours de soin efficace autant que le temps d’information et
d’organisation des services et la permanence des soins.
Nous créerons des collectivités de santé à l’échelle de territoires de santé
regroupant 50 000 à 150 000 habitants, qui seront composée de tous les
professionnels de santé, hospitaliers et des cliniques privées/publiques,
médecins de ville, paramédicaux salariés publics/privés et libéraux, des
services et établissements de santé, des professionnels du secteur
médico-social et membres actuels des Communautés Professionnelles
Territoriales de Santé, et d’une représentation renforcée des usagers.
Ces collectivités seront chargées de définir, piloter et mettre en œuvre une
offre de soins accessible et raisonnable à l’échelle du territoire : offre de
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
soin primaire et hospitalière de qualité, prévention, suivi et
accompagnement du parcours de santé, et permanence des soins.
Les actions de prévention intègreront la sensibilisation et le renforcement
des dépistages (cancers, hepatites, VIH). Dans cette nouvelle gouvernance,
les missions des Agences Régionales de Santé seront recentrées sur le
contrôle et l’évaluation.
La gouvernance des hôpitaux intégrera les personnels de toutes catégories
confondues et les usagers. Celles et ceux qui « font » l’hôpital au quotidien
seront pleinement associés aux décisions stratégiques et aux projets de
soins. La direction des soins sera confiée à une personne élue par un
collège représentatif des personnels soignants et des usagers.
Nous encadrerons l’industrie du médicament
Pour garantir à la population l’accès à des produits de santé adaptés et
payés au prix juste, nous renforcerons la transparence sur toute la chaîne
du médicament avec une loi (inspirée directement du décret italien
promulgué en 2020) qui obligera les entreprises pharmaceutiques à
divulguer les informations sur la mise sur le marché, les ventes, les
remboursements et les prix dans d’autres pays, lorsqu’elles font une
demande de remboursement de leurs produits par le système de santé
national ; des informations claires et mises à jour sur le statut des brevets
sur le produit de santé concerné et, dans le cadre d’un accord final dans
les négociations de remboursement des médicaments par le système de
santé national, la divulgation des rapports annuels sur les ventes, les profits
et des dépenses en marketing.
Ces exigences de transparence permettront à la France de disposer
d’informations éclairées pour mieux négocier avec les entreprises
pharmaceutiques, et piloter enfin une stratégie industrielle du
médicament, incluant la possibilité d’accorder des licences obligatoires
pour permettre la fabrication d’un produit de santé sans le consentement
du titulaire du brevet.
C’est à ces conditions que la France pourra restaurer sa souveraineté
sanitaire et mobiliser des chaînes de production alternatives en cas de
besoin. Nous renforcerons l'application de cette loi par le conditionnement
de toute aide publique à ces exigences de transparence : subvention,
allégement fiscal, crédit impôt recherche, prêt, avance remboursable.
Nous prendrons soin de la santé mentale
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Nous reconstruirons un système de soins psychiques préventif et curatif
alliant une véritable psychiatrie de secteur bien-traitante, qui “prend le
temps qu’il faut pour soigner”, autorisant une prise en charge
pluridisciplinaire, décloisonnée, proche des patient·e·s et de leur entourage,
et la construction d'une relation thérapeutique sur le long terme.
Nous augmenterons le nombre de lits psychiatriques (10 000 lits sur le
quinquennat) et encadrerons strictement par la loi les pratiques de
contention et d’isolement. Nous faciliterons les parcours de soin dans une
logique de prévention et de prise en charge rapide en élargissant le
remboursement de la psychologie de ville par la sécurité sociale sans
limitation de temps et sans obligation de référencement par un médecin.
Nous garantirons la présence d’au moins un psychologue dans chaque
Centre Médico-Psychologique et renforcerons le maillage prévention,
détection, prise en charge dans les espaces de vie qui sont autant de
points de contact -entreprise, école et université, associations, lieux
d’accueil de la petite enfance, association, mairie.
Nous doublerons le budget de la recherche en psychiatrie et en santé
mentale afin d’améliorer les traitements, d’investir dans des innovations
thérapeutiques potentielles, de faire bénéficier la psychiatrie des apports
de la génétique et de la médecine personnalisée, et de faire de
l’implication des patients un sujet de recherche en soi tout autant qu’une
modalité de la recherche en les y associant.
Nous nous libérerons du sida
Nous poursuivrons l’objectif des “3x95” pour 2030 (95 % des personnes qui
vivent avec le VIH sont diagnostiquées, 95 % des personnes diagnostiquées
sont sous traitement, 95 % des personnes sous traitement ont une charge
virale indétectable).
Nous ouvrirons les dépistages VIH gratuits dans les labos de ville à tous et
toutes, y compris aux personnes étrangères, sans délais de carence.
Nous assurerons un maillage de dispositifs de réduction des risques tels
que les haltes soins addictions (HSA, ex-SCMR) et maraudes, pour lutter
contre les contaminations des usager·e·s de drogues.
Nous garantirons l’accès aux soins en santé sexuelle et aux traitements sur
tout le territoire. Nous formerons les médecins généralistes “de ville” pour
qu’un plus grand nombre puisse prescrire la PrEP. Enfin, nous soutiendrons
la recherche, notamment sur le vaccin mais aussi l’amélioration des
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
conditions de traitement des personnes vivant avec le VIH (traitements à
longue durée d’action)
Nous mettrons le sport au cœur de notre politique sociale et de santé
publique
Nous consacrerons 1% du budget de l’État soit 3 milliards d’euros à l’horizon
2025 à un grand plan de développement des activités physiques et
sportives, pour tous, à tous les âges de la vie.
Dans le cadre de la prescription d’activité physique adaptée, nous
assurerons la prise en charge financière par l’Assurance-Maladie des
premières consultations médico-sportives.
Nous donnerons accès à un « Pass Sport » de 300 euros élargi aux 18-20
ans qui pourra être dédié à la prise de licences mais aussi à l’achat de
petit matériel sportif, à l’accès à des équipements sportifs et à des
animations sportives hors périodes scolaires.
Nous promouvrons le sport féminin et les parasports.
Nous consacrerons 1% du budget de l’Etat soit 3 milliards d’euros à l’horizon
2025, avec une priorité à la relance du sport amateur affaibli par la
pandémie de Covid.
Nous mettrons en place un nouveau modèle de gouvernance pour les
clubs amateurs, professionnels et les fédérations sportives avec le statut
de SCIC (Sociétés Coopératives d'Intérêt Collectif).
Nous développerons les sports-nature et les sports de plein air respectueux
de l’environnement et élaborerons un cahier des charges pour les Grands
Événements Sportifs Internationaux respectant les droits humains, sociaux,
environnementaux.
Le mois de septembre sera un mois de « fête du sport » rassemblant toutes
les initiatives existantes du mouvement associatif sportif et olympique
(forums associatifs, journées de la forme, « faites du sport », journées et
semaine olympiques…).
Nous légaliserons le cannabis
Comme dans de nombreux pays précurseurs, l’État encadrera la
production et la vente du cannabis en s’appuyant sur des producteurs et
des distributeurs strictement encadrés. Les taxes perçues sur les ventes
permettront de financer les politiques de santé et de prévention des
drogues. La légalisation permettra une diminution de la criminalité et les
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
forces de police et la Justice pourront se concentrer sur des missions
prioritaires. Le médecin de famille deviendra un acteur essentiel de la prise
en charge des addictions et une large information du public sur les effets
des différentes drogues sera menée.
Pour un service public de l’éducation juste et
accueillant
Des années de politiques néo-libérales et de technocratisme ont détruit
nos services publics.
L’épidémie de Covid a confirmé la fragilité extrême de notre hôpital public
et les fortes inégalités de santé dans notre pays. Cette même épidémie a
mis l’ensemble du monde enseignant - maltraité et méprisé - dans la rue.
Mais le malaise est général. Les enseignants sont à bout.
Partout, celles et ceux qui devraient avoir les moyens de prendre soin et de
protéger subissent la pression de la technocratie, la rigueur budgétaire et
le déclassement. A force d’être maltraités et méprisés, ils ont perdu le sens
de la mission pour laquelle ils s’engagent avec tant de conviction.
Investir dans les services publics, c’est construire le socle d’une société
solidaire.
Nous en ferons une priorité.
Nous refonderons notre école par la concertation et le dialogue
Nous organiserons une conférence de consensus avec l’ensemble de la
communauté éducative-enseignant·e·s., familles, associations,
périscolaire, collectivités- pour redessiner les contours d’une école
désirable, une école des communs, de la démocratie en actes, vivante,
ouverte sur l’autre.
Notre ambition est de rompre avec une culture de l’enseignement intensif
et des évaluations anxiogènes pour faire la place aux pédagogies
favorisant l’accrochage scolaire et aux apprentissages par l’expérience
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
(exploration du monde extérieur, activité physique renforcée, projets
culturels et artistiques, savoir-faire pratiques).
Nous reconnaîtrons mieux le métier d’enseignant·e·s
Nous recruterons au moins 65 000 enseignant·e·s qui permettront de
baisser les effectifs en maternelle, d’augmenter le taux de personnels en
remplacement, de mettre en place des pratiques de co-enseignement, et
des temps de concertation et de délibération en équipe. Nous engagerons
un plan de titularisation progressive accompagnée de formation pour les
contractuels enseignants.
Nous revaloriserons les salaires des enseignants afin d’atteindre 20%
d’augmentation sur le quinquennat pour les situer dans la moyenne des
pays de l'OCDE, en concentrant la revalorisation pour les enseignants en
début et en milieu de carrière.
Nous refonderons la formation initiale en mobilisant l’ensemble des
connaissances pédagogiques et scientifiques et les compétences psycho-
sociales indispensables à la gestion de groupe et au travail collaboratif.
Nous rétablirons une entrée progressive dans le métier : par la labellisation
de licences universitaires “enseigner et éduquer”, intégrant des modules de
formations spécifiques aux métiers de l’éducation puis deux années de
formation associant professeurs du primaire et du secondaire. Les stages
renforcés permettront de familiariser les futur-e-s enseignant-e-s avec la
vie de la classe sans leur en donner brutalement la responsabilité.
Nous renforcerons l’accès à la formation continue en combinant des
semaines de formation obligatoire tous les trois ans réalisées par des
intervenants spécialisés (psychologues, pédopsychiatre, orthophoniste)
avec des temps d’échanges et des visites entre pairs permettant l’analyse
de pratiques. La formation aux pratiques pédagogiques actives et
collaboratives en classe comme dans l’équipe éducative sera favorisée.
Nous mettrons fin aux évaluations permanentes, à la mise sous pression,
en valorisant le droit au tâtonnement et à l’erreur, pour les enseignants
comme pour les élèves.
Les relations entre la hiérarchie et les personnels seront redéfinies pour en
finir avec le management descendant à l’origine de nombreuses
souffrances au travail.
Nous mettrons en œuvre une politique de mixité sociale et scolaire
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
En lien avec les politiques de la ville, nous adapterons la sectorisation,
l’affectation et la constitution des classes pour mettre fin aux situations de
ségrégation sociale et réformerons les cartes scolaires dans cette
perspective.
Nous demanderons à l’école privée de prendre sa part dans les efforts de
mixité sociale et scolaire. Tout en préservant le principe d’éducation
prioritaire bénéficiant de moyens supplémentaires, nous en élargirons le
modèle avec un système de dotations progressives aux établissements,
publics et privés, en fonction de critères de mixité.
Nous prendrons soin de chaque élève
Nous renforcerons le taux d’encadrement, le maillage et la formation des
personnels d’éducation et du soin pour répondre aux besoins de tous les
élèves.
Nous recruterons 2000 médecins scolaires, 1000 assistants sociaux et 3000
infirmiers pour assurer une couverture des besoins adaptée.
Nous rétablirons les Réseaux d’Aide spécialisées aux élèves en difficulté
(RASED) dans le 1er degré et renforcerons le co-enseignement dans les
classes.
Nous donnerons du sens à l’école inclusive et garantirons l’accès des
enfants à leurs droits tels que définis par la Maison Départementale Pour
les Personnes Handicapées (MDPH).
Nous reconnaîtrons les 125 000 AESH (Accompagnant d’Elèves en Situation
de Handicap) comme des membres à part entière des équipes éducatives
et pédagogiques en créant un corps statutaire intégré à la fonction
publique et assurant leur stabilité dans les établissements.
Nous instaurerons des binômes enseignant.e-enseignant.e spécialisé.e
dans toutes les formes de déficiences lorsqu’une classe ordinaire
comptera un.e ou des élèves en situation de handicap. Cette méthode a
fait ses preuves depuis des décennies en Italie. Nous renforcerons l’appui et
l’aide aux enseignants non spécialisés qui accueillent dans leur classe des
élèves en situation du handicap, à travers notamment des modules de
formation d’initiative nationale organisés tous les ans dans le cadre de la
formation continue.
Pour le climat, nous ouvrirons l’école sur les savoirs pratiques et son
environnement
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Au collège nous renforcerons le principe d’un socle culturel commun et
d’un cursus par cycle accessible à tou·te·s jusqu’au baccalauréat.
Nous instaurerons pour tous les élèves des espaces d’acquisition des
savoirs pratiques -réparation, cuisine, jardinage, construction…- avec un
minimum de deux heures par semaine.
Nous ouvrirons l’école à des partenariats avec les associations, les réseaux
d’éducation populaire et le tissu industriel et agricole de proximité.
Nous mobiliserons les ressources de l’éducation populaire et garantirons
l’accès à un périscolaire de qualité
Nous renforcerons le statut des intervenant·es du périscolaire assurant une
rémunération et un volume horaire permettant de les stabiliser et de les
inscrire dans un parcours de formation continue et dans la concertation
des équipes éducatives.
Nous soutiendrons et généraliserons les expériences d'éco-centres de
loisirs, de découverte de la nature et du vivant.
Nous veillerons à ce que la pause méridienne soit de deux heures dans les
collèges et les lycées et soutiendrons la coopération avec les associations
d’éducation populaire et les clubs sportifs.
Nous nous appuierons sur les expériences et les propositions de maisons
des lycéens ou des collégiens ou sur les conseils de vie collégienne ou
lycéenne qui fonctionnent.
Nous confierons l’élaboration des programmes à une autorité
indépendante
Les programmes scolaires ne peuvent se construire ni dans l’urgence ni
dans la fièvre du débat politique. Leur élaboration et leur conception
doivent s’inscrire dans le temps long, nécessaire à la sédimentation des
connaissances et à leur adaptation pédagogique et être confiée à un
collège d’experts indépendants du pouvoir en place.
Nous transformerons le conseil supérieur des programmes en une Haute
Autorité préservée des logiques de pouvoir, garantissant la pluralité et
l’indépendance de ses membres.
Nous réécrirons une charte des programmes qui réaffirme un circuit
d’écriture transparent impliquant universitaires, inspection générale,
enseignants, syndicats, associations disciplinaires et représentants de la
société civile.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Nous valoriserons la voie professionnelle indispensable à la transition
Nous renforcerons l’enseignement professionnel sous statut scolaire et
garantirons une offre de filières attractive et adaptée aux enjeux de la
transition. Nous augmenterons les heures d’enseignement général
essentielles pour la formation de la conscience citoyenne.
Nous créerons des filières professionnelles pour tous les métiers et toutes
les branches. Nous développerons des lycées polyvalents regroupant les
voies générales et professionnelles et multiplierons les passerelles entre les
voies.
Nous ferons de l’école un espace d’apprentissage de la vie démocratique
et du vivre-ensemble
Nous créerons des espaces favorisant l’implication des parents dans la vie
de l’école. Nous soutiendrons les pratiques démocratiques à l’école avec
des Maisons des Elèves, qui éveillent les élèves à la pratique de la
démocratie représentative en élisant leurs représentants (référendum,
organisations de réunions publiques, de débats…).
Nous renforcerons l’usage démocratique et sobre de l’outil numérique à
l’école : nous généraliserons l’usage de l’open data (données ouvertes) et
des logiciels libres et publics pour garantir la transparence et la sécurité
des données et donnerons aux enseignants les moyens de former les
élèves à un usage raisonné de l’outil numérique.
Nous ferons de l’école maternelle une véritable école du premier âge où
l’on apprend aux enfants à débattre, à faire preuve d’esprit critique,
notamment par la mise en place d’ateliers philosophiques. Nous inscrirons
dans le code de l’éducation l’enseignement des enjeux climatiques, de la
biodiversité et des limites planétaires, adapté à chaque degré, de la
maternelle à l’université.
L’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle jalonnera l’ensemble
du parcours éducatif.
Nous permettrons à tou·te·s les jeunes de trouver leur voie
Nous mettrons en place un véritable service public d’orientation, en lien
avec les entreprises, les services publics employeurs et les collectivités
pour favoriser une orientation choisie et éclairée. Nous reviendrons sur la
réforme du lycée et du bac en réfléchissant à l’intégration de nouvelles
modalités d’évaluation - travaux collectifs, choix de certaines matières en
fonction de ses préférences.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Au lycée, nous généraliserons l’intégration de temps d’intervention
d’enseignants du supérieur ou d’étudiants pour présenter leurs filières et
leur fonctionnement (portes ouvertes inversées), ainsi que des journées
d’immersion de lycéens dans l’enseignement supérieur.
Nous faciliterons les réorientations et passerelles en première année entre
le secondaire et le supérieur.
Nous favoriserons la pratique physique et sportive dès le plus jeune âge
L’école doit renforcer la pratique physique et sportive dès la maternelle.
Nous assurerons la promotion de l’activité physique et sportive et adaptée
à tous les échelons du système scolaire et universitaire : renforcement de
la formation initiale et continue des professeurs des écoles en APSA
(Activités physiques sportives et adaptées) ; découverte d’une activité
physique ou sportive de pleine nature par trimestre au minimum.
Nous garantirons l’accès à des équipements sportifs structurants intégrant
le réaménagement des cours de récréation afin de partager l’espace de
manière plus inclusive et de favoriser l’accès à la pratique physique
sportive, des plus jeunes aux plus âgés.
Préparer la transition climatique avec
l’enseignement supérieur et la recherche
Les jeunes générations vont faire face à des défis écologiques et sociaux
inédits.
Nous leur permettrons d'affronter le monde de demain dans les meilleures
conditions. Nous bâtirons un enseignement supérieur public qui prenne la
mesure des transformations à venir, ancré sur son territoire et ouvert sur le
monde, acteur de la réduction des inégalités et vecteur de diffusion des
savoirs.
Les universités sont aujourd'hui mises en concurrence permanente pour
leur financement ; pour inverser cette tendance nous réinvestirons
massivement dans les services publics de l'enseignement et de la
recherche en mettant en place une logique de coopération plutôt que de
compétition.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Alors que les obscurantismes gagnent du terrain, nous réaffirmerons la
place de la science et d'une recherche indépendante.
Nous faciliterons l’accès à l’enseignement supérieur en remplaçant
Parcoursup et en augmentant les moyens
Nous remplacerons Parcoursup par un système transparent, qui tient
compte des priorités de choix des élèves et n’introduit pas d’inégalités de
traitement en lien avec le milieu social de l’élève.
Aucun bachelier ne sera laissé sans inscription dans une des filières
souhaitées à la rentrée. Nous augmenterons les places dans le supérieur
pour répondre aux aspirations des jeunes : nous créerons sur le
quinquennat jusqu’à 100 000 places en première année en particulier dans
les formations courtes de l’enseignement supérieur préparant aux métiers
de la transition (BTS et IUT), ainsi que les filières des métiers de la santé et
du social pour garantir un accès libre et effectif à l’enseignement supérieur
avec la création de nouvelles universités et des recrutements
d’enseignants-chercheurs.
Nous équilibrerons la carte de l’enseignement supérieur en ouvrant des
formations hors des grandes métropoles, au plus près des bassins de vie.
Nous sanctuariserons dans la loi le principe constitutionnel de quasi-
gratuité d’accès au service public d’enseignement supérieur, et nous
reviendrons sur la hausse des droits d’inscription pour les étudiants
étrangers. ).
Nous permettrons à tous les étudiants ayant obtenu leur Licence et
souhaitant poursuivre leurs études l’accès à un master.
Nous favoriserons l’accès de l’enseignement supérieur aux personnes en
situation de handicap : accessibilité des locaux et des logements étudiants,
mise en place un service pour les étudiant·e·s en situation de handicap
pour les inscriptions et toutes démarches administratives qui peuvent être
nécessaires durant leurs études.
Nous améliorerons les conditions de l’enseignement supérieur dès le
premier cycle
Pour améliorer l’accompagnement, la réussite et l’orientation des étudiants
et développer les formations de demain, nous ouvrirons entre 8000 et 10
000 postes d’enseignants-chercheurs.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Alors que la dépense par étudiant à l’Université s’effondre depuis 10 ans,
nous augmenterons les moyens et le taux d’encadrement dans les filières
universitaires, ainsi que la prise en compte pour les enseignants du temps
de travail nécessaire aux innovations pédagogiques.
Nous intégrerons progressivement les classes préparatoires aux universités
sous forme de parcours spécifiques et ferons converger l'effort budgétaire
de l’État entre Grandes écoles et universités. En licence, nous
généraliserons une première année « portail » par domaine de formation,
durant laquelle tous les étudiants seront amenés à préciser leur parcours
de formation.
Afin d’accompagner l’équilibre de chacun, un accent particulier sera mis
sur le développement des centres de santé universitaires, l’accès à un
soutien psychologique et aux pratiques sportives.
Un plan de constructions et rénovations de résidences universitaires
rattrapera le retard accumulé au cours du précédent quinquennat pour
l’accès au logement étudiant.
Nous ferons de la recherche un levier de la transition écologique et
sociale
Sans une recherche publique et privée de qualité, pas de vaccins pour
nous protéger d’une pandémie, pas de connaissances scientifiques et
d’inventivité face aux défis du changement climatique et de la
préservation du vivant, pas de construction des filières industrielles de
demain qui permettront la réindustrialisation du pays.
Nous assurerons que la recherche favorise la résolution de nos problèmes
collectifs, environnementaux et sociaux, en favorisant le développement de
projets de recherche participatifs et citoyens en soutenant la diffusion de la
recherche dans la société, en renforçant la capacité de pilotage des
organismes de recherche dont le fonctionnement sera rendu plus ouvert et
démocratique et en systématisant les principes de la science ouverte.
Nous augmenterons le budget de la recherche publique (de 0,76 à 1% du
PIB d’ici 2025). Nous réviserons le mode de financement de la recherche en
prévoyant une dotation de base pour chaque chercheur, et en soutenant
l’emploi public dans la recherche. Nous renforcerons la part des crédits
récurrents délaissée au profit des appels à projet dans la Loi de
programmation de recherche.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Nous mettrons fin aux évaluations purement quantitatives. Nous
renforcerons la reconnaissance du doctorat et développerons ses
débouchés dans le public comme dans le privé. Nous améliorerons les
conditions de travail des jeunes chercheurs en augmentant le nombre de
doctorats financés, en particulier dans les sciences humaines et sociales
aujourd'hui sous-dotées, afin de tendre vers un contrat de travail pour
chaque doctorant. Un plan de résorption de la précarité dans la recherche
publique sera mis en oeuvre afin de stabiliser les personnels contractuels
dans des postes titulaires. Les nouveaux contrats précaires introduits dans
la loi de programmation de la recherche seront supprimés.
L’enseignement supérieur un acteur majeur de la transformation
écologique
Un plan massif pour le patrimoine bâti de l’enseignement supérieur et de la
recherche, souvent vieillissant, sera mis en œuvre, afin d’augmenter
considérablement le rythme des rénovations. Il contribuera à la réduction
de la consommation énergétique, à un plus grand confort des activités
d’enseignement et de recherche, et à une meilleure adaptation des locaux
aux évolutions pédagogiques et à la transformation écologique des
campus.
Dans le respect du principe de la liberté académique, l’enseignement des
enjeux liés à la préservation de l’environnement et de la biodiversité, à la
lutte contre le réchauffement climatique et aux limités planétaires sera
encouragé dans tous les cursus, et pas seulement ceux qui préparent aux
métiers “verts”.
Nous renforcerons les pratiques qui favorisent l’interdisciplinarité, les
apprentissages en mode-projet, la collaboration et le travail collectif. Nous
combinerons les évolutions des formations et le fonctionnement concret
des établissements en établissant un plan de formation aux enjeux socio-
écologiques.
Des personnels supports dédiés à aider les enseignants-chercheurs et les
personnels administratifs à l’intégration de ces enjeux dans les formations,
et dans le fonctionnement des établissements, seront déployés dans tous
les établissements.
Nous renforcerons la dimension européenne de l’enseignement
supérieur et de la recherche
Nous développerons la mobilité européenne des étudiants et des
enseignants-chercheurs, en défendant un renforcement des programmes
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
existants (Erasmus+, délégations, laboratoires de recherche internationaux,
bourses Marie-Curie…) et l’harmonisation par le haut de leurs droits sociaux
et conditions de carrière à l’échelle européenne.
Nous appuierons la création de véritables instituts universitaires européens,
sur le modèle de celui de Florence, notamment en sciences de
l’environnement, avec pour objectif de développer des pôles universitaires
de qualité, indépendants et ouverts sur les différentes sociétés
européennes, implantés dans des pays aujourd’hui éloignés des réseaux
internationaux.
Pouvoir rendre la justice et protéger nos libertés
La population a besoin d’un service public de la police qui protège et d’un
service public de la Justice en capacité de rendre celle-ci.
Les politiques menées jusqu’ici sont, à l’égard de la criminalité organisée
au mieux inefficaces, au pire contre-productives.
En votant des lois « de réaction » au lieu de mettre en œuvre de meilleures
conditions de travail, un meilleur encadrement des forces de l’ordre et de
leur donner de réels moyens d’action, les politiques mises en place par les
gouvernements successifs contribuent à la dispersion des forces
répressives, et à leur épuisement.
Enfin, la question de la proportionnalité en degré et en temps des mesures
prises dans le cadre de l’état d’urgence se pose.
Elles doivent s’adapter à l’État de droit et non l’inverse.
Il est nécessaire de repenser la manière dont notre société, non seulement
assure la sécurité civile des populations dans les situations de crises mais,
également, comment elle se prépare à faire face aux risques majeurs
auxquels nous expose notamment le changement climatique.
Nous donnerons à la justice les moyens d’être rendue en
toute indépendance
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Nous augmenterons le budget annuel de la justice d’au moins un milliard
en cinq ans pour arriver au niveau de nos voisins européens. Cela
permettra de recruter 3000 magistrates et magistrats et 8000 agents des
tribunaux.
Nous réaffirmerons l’indépendance du pouvoir judiciaire, si essentielle à la
séparation des pouvoirs et à notre état de droit.
Nous mettrons fin à toute ingérence du pouvoir politique dans les affaires
judiciaires en garantissant l’indépendance des parquets.
Nous garantirons l’autonomie de la police judiciaire à l’égard du pouvoir
politique en rattachant la direction centrale de la police judiciaire à la
Chancellerie.
Nous mobiliserons prioritairement la réponse pénale sur les violences aux
personnes, la criminalité organisée et la délinquance financière et
apporterons des réponses éducatives, sociales ou médico-sociales
précoces aux comportements qui en relèvent.
Nous garantirons le droit à une justice pénale indépendante
En instituant l’indépendance des procureurs dont le statut doit être aligné
sur celui des magistrat·e·s du siège, afin que la poursuite des infractions
pénales soit préservée de toute immixtion du pouvoir exécutif.
Nous réviserons l’organisation interne des tribunaux en tendant vers la
mise en place d’une direction collégiale. Nous supprimerons la Cour de
Justice de la République au profit des juridictions de droit commun.
Nous réformerons l'École Nationale de la Magistrature (conditions d'âge,
conditions pour présenter aux concours, suppression du classement de
sortie).
Nous installerons l'échevinage dans les tribunaux de commerce, au lieu de
formations uniquement composées de juges consulaires.
Nous garantirons l’accès inconditionnel à la justice
Nous garantirons enfin l’accès inconditionnel à la Justice et notamment à
la justice civile et administrative : en redessinant la carte judiciaire en
concertation avec les professionnels du droit et la société civile ; pour les
litiges du quotidien, nous développerons la culture de la médiation par la
création d'un service public gratuit de la médiation et de la conciliation,
avec des professionnels spécifiquement formés, pour les litiges du
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
quotidien (habitat, famille, voisinage...) et en généralisant l’action de
groupe.
Nous transformerons la politique carcérale
Nous procéderons à une révision générale des peines, en réexaminant
notamment les peines de prison de courte durée au regard des dispositifs
de travaux d’intérêt général et des peines alternatives.
Nous donnerons aux juridictions d’application des peines et aux services
pénitentiaires d’insertion et de probation les moyens pour une politique
d’accompagnement social et psychologique, la meilleure façon de réduire
la criminalité et la récidive, et pour garantir l’effectivité du principe
constitutionnel d’individualisation des peines.
Nous favoriserons les dispositifs comme la justice restaurative qui tendent
à responsabiliser les auteurs d’infractions pénales.
Nous rétablirons la confiance dans notre police en rétablissant une police
nationale de proximité
Nous voulons une police nationale de proximité afin d’assurer un service
public de la sécurité pour toutes et tous et partout.
La formation est la priorité absolue, alors que les réformes de ces dernières
années l’ont réduite. Nous renforcerons la présence sur le terrain, en
réduisant les tâches indues et administratives chronophages. Le travail de
la police et de la gendarmerie sera évalué sur le service rendu aux des
habitantes et habitants, comme au Canada, et non en fonction de la
politique du chiffre et de statistiques de la délinquance. Nous rétablirons
notamment l’Observatoire national de la délinquance et des réponse
pénales (ONDRP).
Nous reverrons les conditions des contrôles d’identité, afin d’éviter les
pratiques discriminatoires de contrôles au faciès : en limitant les cas de
contrôles sur seule initiative des forces de l’ordre et en encadrant
davantage leur contrôle par la mise en place de récépissés ; Plutôt que le
« solutionnisme technologique » coûteux et inefficace, nous rétablirons des
effectifs de terrain pour contribuer à la reconstruction du lien de confiance
entre la police et la population et à la réponse aux besoins de proximité.
Nous porterons une réforme de la formation initiale et continue dans la
police, notamment juridique, pour y intégrer un volet prévention et
médiation, ainsi qu’une sensibilisation au sexisme et à toute forme de
discrimination ;
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Nous garantirons l’indépendance des organes de contrôle en supprimant
l'inspection générale de la police nationale (IGPN) et l’inspection générale
de la gendarmerie nationale (IGGN) pour les fusionner en un organisme
unique indépendant du ministère de l’intérieur rattaché au Défenseur des
droits.
Nous refonderons intégralement la doctrine de maintien de l’ordre afin de
garantir l’exercice du droit constitutionnel de manifester, en appliquant les
principes de non-violence, de désescalade, de légitimité, de nécessité, de
proportionnalité et de précaution.
Nous légaliserons le cannabis
C’est d’une approche de santé publique plutôt que policière dont nous
avons besoin pour gérer efficacement et dignement le sujet des drogues.
Nous intégrerons le cannabis dans le champ d’application de la loi Evin. En
parallèle de la légalisation du cannabis, nous conduirons une politique de
santé publique fondée sur la réduction des risques et dommages,
notamment par une information large du public sur les différentes drogues
et leurs effets.
Nous revaloriserons la prise en charge des addictions et la formation à la
prévention en médecine générale afin de faire du médecin de famille un
acteur essentiel dans la lutte contre l’abus des substances psychoactives.
Nous renforcerons l’aide aux victimes, actrice incontournable d’une
société plus juste
Nous renforcerons la présence d’intervenant·e·s sociaux en commissariats
et gendarmerie (ISCG) qui facilitent la réorientation le plus rapidement
possible des personnes vers les structures les plus adaptées.
Nous augmenterons le soutien financier aux associations d’aide aux
victimes agréées.
Nous développerons les dispositifs favorisant la résilience des victimes tels
que la justice restaurative, au nombre de leurs droits selon notre code
pénal et sur la base de leur consentement à tout moment du processus.
Nous déploierons une justice des mineurs centrée sur l’éducation, le soin,
et une réelle protection de l’enfance
Nous ne dissocierons plus enfance délinquante et enfance en danger à
travers l’élaboration d’un véritable Code de l’enfance fondé sur
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
l’ordonnance de 1945 en lieu et place du Code de Justice Pénale des
Mineurs.
Nous privilégierons les mesures éducatives en Milieu Ouvert et l’ensemble
des mesures alternatives à l’enfermement.
Nous supprimerons les Centres Éducatifs Fermés (CEF) qui en aucun cas ne
peuvent avoir une mission éducative qui demeure impossible sous la
contrainte.
Nous mettrons en place un plan d'urgence pour l’éducation et la
prévention en donnant plus de moyens à la Justice des mineurs, aux Juges
des Enfants, aux services sociaux (PJJ, ASE, Associations habilitées), en
créant au moins 20 000 postes d'éducateurs spécialisés, d’assistants
sociaux, de psychologues.
Nous développerons une police et une chaîne pénale de l’environnement
Nous créerons une police de l’environnement, à l’instar de la gendarmerie
nationale et de la police nationale qui aura vocation à traiter l’ensemble
des polices spéciales relevant du code de l’environnement, du Code rural
et de la pêche maritime, tant d’un point de vue judiciaire qu’administratif
dans son volet contrôle.
Cette Police de l’Environnement, s’appuiera sur une permettra aux autorités
judiciaires et administratives d’avoir un interlocuteur unique et clairement
identifié. Grâce à des effectifs spécifiquement formés. Nous créerons au
sein de chaque parquet un pôle environnement composé à minima de
trois magistrats dans chacun des tribunaux judiciaires, formés et reconnus
pour que leur engagement s’inscrive dans la durée.
Nous favoriserons la réinsertion, réduirons la criminalité et la récidive par
notre politique carcérale
Nous procéderons à une révision générale des peines, en réexaminant
notamment les peines de prison de courte durée au regard des dispositifs
de travaux d’intérêt général et des peines alternatives. Nous donnerons aux
juridictions d’application des peines et aux services pénitentiaires
d’insertion et de probation les moyens pour une politique
d’accompagnement social et psychologique.
Nous lutterons efficacement contre la radicalisation et le terrorisme
Nous porterons un nouveau plan interministériel de prévention et de lutte
contre la radicalisation. Nous poursuivrons le renforcement des moyens
spécialisés des services de renseignement consacrés à la lutte contre le
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
terrorisme. Nous agirons pour épuiser les ressources financières des
réseaux criminels notamment en sanctionnant les réseaux économiques et
industriels ayant des liens financiers avec les réseaux terroristes.
Nous renforcerons la coopération plutôt que la concurrence entre services
de renseignements. Cette coopération sera également consolidée aux
niveaux européen et international, en renforçant les structures existantes
mais également en proposant un « Erasmus pour la police » afin de faire
naître une véritable culture de coopération à l’échelle européenne. Nous
ferons le choix d’une approche pragmatique des courtes peines de prison
pour permettre de ne pas mettre en contact petite délinquance et profils
radicalisés en travaillant particulièrement sur la formation et les projets de
réinsertion.
Nous protégerons les libertés contre le capitalisme de surveillance
Seule une régulation publique forte permettra de lutter contre la
concentration inédite de pouvoir des géants du numériques. Ils ont
construit leur modèle économique sur l'accumulation de quantités
massives de données personnelles qu'elles revendent au plus offrant.
Nous renforcerons les moyens de la CNIL pour suivre et alerter sur les
logiciels et algorithmes qui mettent en danger les libertés et le droit à la vie
privée.
Nous renforcerons les moyens de la lutte contre la cybercriminalité, le
harcèlement et la haine en ligne pour ne pas avoir à faire reposer la
modération ou la suppression de contenus uniquement sur le secteur privé.
Les moyens de la plateforme Pharos doivent être renforcés, nous créerons
notamment une possibilité de pré-plainte en ligne en cas de cyber-
harcèlement. Nous organiserons un débat européen autour de
l’émergence d’un écosystème numérique diversifié, déconcentré et
démocratiquement contrôlé, avec l’instauration de nouvelles normes
européennes anti-trust.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
5. Faire société face au défi
climatique
Une démocratie forte et vivante, condition
indispensable à la transition climatique
Nous voulons redonner vie à la belle promesse héritée de la révolution
française : liberté, égalité, fraternité. Nous sommes déterminés à protéger
et renforcer notre démocratie. Les changements qu’impose la transition
climatique exigent un partage réel des pouvoirs dans une République
écologique décentralisée, laïque et non violente.
L’ensemble des mesures qui visent à redonner du souffle à notre vie
démocratique seront présentées ultérieurement, à la suite d’une réflexion
menée par des citoyennes et des citoyens.
Nous mettrons en place une loi de séparation de l’Etat et des lobbys
Nous mettrons en place une grande loi de séparation des lobby et de l’État
pour instaurer une barrière étanche entre le service de l’intérêt général et
les intérêts privés.
Nous rétablirons l’éthique dans la très haute fonction publique, en mettant
fin aux règles qui autorisent le pantouflage et le rétro-pantoufflage. Tout
départ d’un haut fonctionnaire vers le secteur privé sera définitif.
La définition de la prise illégale d’intérêt sera réformée pour empêcher
qu’anciens ministres, conseillers ministériels, parlementaires, hauts
fonctionnaires, mettent les informations dont ils ont eu connaissance dans
l’exercice de leurs fonctions au service d’acteurs privés.
La législation relative aux représentants d’intérêts sera réformée pour que
la Haute Autorité de la Transparence de la Vie Publique exerce son contrôle
sur toutes les activités de lobbying.
Elle prévoira une obligation de transparence des agendas des élus, des
membres du gouvernement, des directeurs d’administrations centrales et
des membres de cabinets ministériels. La loi imposera également de
rendre publique, en open data, la liste de l’ensemble des personnes et
organisations consultées pour la rédaction d’un rapport parlementaire ou
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
la préparation d’un texte, ainsi que les documents, argumentaires et autres
éléments d’information transmis par ces acteurs.
Le mandat parlementaire sera incompatible avec toute autre activité
rémunérée. L’audition par le Parlement et par les ministères de
représentants d’intérêts qui ne se sont pas inscrits sur le registre de la
HATVP sera prohibée.
Nous garantirons l’indépendance des médias
Nous renforcerons et garantirons la démocratisation de l’information et des
médias. Les règles anti-concentration doivent être totalement réformées
tant elles sont obsolètes.
Nous rééquilibrerons le poids des journalistes pour une gouvernance plus
démocratique des rédactions et sociétés de médias.
Nous conditionnerons les aides à la presse et les conventions
audiovisuelles au respect des critères suivants : gouvernance paritaire
dans les organes de contrôle, seuil minimum de journalistes au sein de la
rédaction, respect du droit social et des conventions collectives, égalité
salariale entre les femmes et les hommes, mise en place de cellules de
signalement des violences sexistes et sexuelles.
Nous réformerons la gouvernance de l’ARCOM (ex-CSA) afin d’en garantir
une meilleure indépendance : nous proposons que chaque chambre
(Assemblée et Sénat) élise ses représentants à la majorité des 3/5ème,
que soient représentés dans l’autorité le défenseur des droits.
Nous faciliterons l’investissement citoyen pérenne dans les médias et nous
favoriserons le mécénat en réhaussant le plafond de la déduction d’impôt
des dons de particuliers aux organes de presse de moins de 50 salariés.
Protéger les libertés face à aux réseaux sociaux
Seule une régulation publique forte permettra de lutter contre la
concentration inédite de pouvoir des géants du numériques. Ils ont
construit leur modèle économique sur l’accumulation de quantités
massives de données personnelles qu’elles revendent au plus offrant. Nous
créerons un organisme pour la transparence et l’éthique des algorithmes
qui aura pour rôle de suivre et d’alerter sur les logiciels et algorithmes qui
mettent en danger les libertés et le droit à la vie privée. Nous renforcerons
les moyens de la lutte contre la cybercriminalité, le harcèlement et la haine
en ligne pour ne pas avoir à faire reposer la modération ou la suppression
de contenus uniquement sur le secteur privé, d’une part, et éviter l’écueil
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
d’une censure algorithmique ou policière qui porterait atteinte de façon
disproportionnée à la liberté d’expression. Nous organiserons un débat
européen autour de l’émergence d’un écosystème numérique diversifié,
déconcentré et démocratiquement contrôlé, avec l’instauration de
nouvelles normes européennes anti-trust.
Lutter contre les discriminations
La France est plurielle et riche de sa diversité.
Mais cette réalité peine à s’imposer. Trop de nos concitoyens font
l’expérience de l’inégalité plus que de l’égalité, de la discrimination plus
que de la fraternité.
Avec le cortège de conséquences délétères et d’obstacles que cela
suppose, des difficultés d’insertion sociale et professionnelle au repli
identitaire.
Nous devons lutter contre les discriminations et le racisme, contre toute
forme de rejet, qu’il soit lié à l’origine ou à la religion, à l’orientation sexuelle,
à l’identité de genre, au handicap, et renouer avec la promesse
républicaine d’égalité.
Les discours ne suffisent plus, nous mettrons la volonté et les moyens de
l’État au service de cet objectif.
Nous lutterons contre le racisme et les discriminations
Nous inscrirons dans les priorités du gouvernement un plan national de
lutte contre le racisme et les discriminations : il constituera une politique
publique globale, à l’instar de la lutte contre les violences faites aux
femmes, et sortira du giron de la politique de la ville.
Nous instaurerons en particulier des mesures coercitives en direction des
employeurs publics et privés : les dotations et aides publiques doivent être
conditionnées à la signature de plans de lutte contre les discriminations,
avec outils de mesure, de contrôle, et mesures disciplinaires.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Contre les discriminations, mieux défendre les droits
Nous mettrons en place un Haut conseil de lutte contre les discriminations,
structure permanente dont seront membres le Défenseur des droits, la
Délégation Interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et
la haine anti-LGBT (DILCRAH), l’Agence nationale de la cohésion des
territoires (ANCT), les grandes associations, et les ministères et grands
établissements publics.
Il aura la charge de produire des discours clairs et cohérents, des outils,
des évaluations régulières et de les rendre publiques, ainsi que de soutenir
la commande publique de recherche sur ce sujet.
Nous renforcerons aussi le rôle du Défenseur des droits, en confirmant son
indépendance et en élargissant son réseau de délégué.es de près de 500 à
700, pour couvrir les territoires.
Une convention sera par ailleurs établie entre le ministère de la justice et le
Défenseur des droits pour systématiser la transmission des dossiers au
parquet concerné.
Nous établirons une autre politique migratoire
Conscients de l’opportunité que représente l’intégration réussie de
nouveaux actifs dans notre société, et attachés à des valeurs de solidarité,
d’humanité et au respect du droit, nous mettrons en place une politique
migratoire humaniste et maîtrisée, que nous sortirons de l’optique
sécuritaire en la confiant à un grand ministère des solidarités.
Dès le début de la mandature, nous respecterons les droits fondamentaux
des migrants en garantissant l’accès à la santé et à des hébergements
dignes.
Nous interdirons immédiatement la rétention des mineurs et ferons de la
rétention administrative un dispositif de dernier recours.
Nous réviserons le dispositif d’accueil et de prise en charge des mineurs
isolés en leur donnant accès aux mesures de protection de l’enfance
jusqu’à décision judiciaire finale et nous réviserons les modalités
d’évaluation de leur minorité en proscrivant notamment les tests osseux.
Nous mettrons fin aux situations de non-droit en régularisant la situation
des personnes que l’administration condamne à la clandestinité et à la
pauvreté alors qu’elles vivent en famille depuis plusieurs années en France,
que leurs enfants vont à l’école ou qu’elles travaillent.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Nous mettrons fin à la campagne de harcèlement judiciaire et policier
contre les migrants et les aidants -associations et bénévoles- : la solidarité
est une valeur et pas un délit.
Nous simplifierons et ouvrirons l’accès au séjour en France : facilitation des
démarches à partir des pays d’origine pour les rendre lisibles et
accessibles et remodelage d’une offre de cartes de séjour transparente et
simplifiée, incluant des titres de séjour favorisant la circulation et les allers-
retours (travailleurs saisonniers) et des titres de séjour humanitaires pour
les personnes en situation de vulnérabilité particulière justifiant leur
maintien en France.
Ces titres de séjour seront donnés sauf cas particuliers pour une durée
minimale de 5 ans et leur examen sera effectué dans un délai de six mois,
au-delà duquel une non réponse par l’administration sera considérée
comme droit au séjour.
Nous mettrons en place un dispositif d’accompagnement dans les
procédures administratives qui entravent aujourd’hui l’accès aux droits
notamment dans un contexte de dématérialisation des services publics et
renforcerons les services des préfectures afin qu’ils puissent traiter les
demandes dans des délais raisonnables et dans l’égalité de traitement.
Nous assurerons l'effectivité du droit d’asile en France : fluidification de
l’entrée dans la procédure en rationalisant le parcours ; droit au travail
pendant l’instruction de la demande d’asile ; suppression de la liste des
pays dits d’origine sûrs en application de l’exigence procédurale d’un
examen individualisé.
Nous généraliserons et simplifierons l'accès à des cours de français dès
l’entrée sur le territoire et renforcerons les dispositifs favorisant l’intégration
sociale et professionnelle des migrant·e·s.
Nous restaurerons une laïcité apaisée
La laïcité garantit à chacune et chacun la liberté de pensée par soi-même.
Elle est un principe d’émancipation qui va bien au-delà de la séparation
des religions et de l’État.
Elle protège la liberté de conscience et de culte. Elle garantit l’égalité de
toutes et tous, indépendamment des croyances, et considère la diversité
comme une richesse.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Nous ferons scrupuleusement respecter la loi de 1905 sur la laïcité. Nous
refuserons et combattrons son instrumentalisation. Il nous faut repousser
les amalgames et les stigmatisations et restaurer une laïcité apaisée.
Nous y veillerons en luttant contre les discriminations racistes et en
rattachant l’administration des cultes au ministère de la justice.
Nous renforcerons les droits des personnes LGBTQIA
Nous ouvrirons vraiment la procréation médicalement assistée à toutes les
femmes en autorisant la méthode de double maternité, le don de
spermatozoïdes amical. Nous l’ouvrirons aux hommes transgenres pour
mettre un terme à la discrimination institutionnelle transphobe qui subsiste
dans notre droit. Nous reconnaîtrons automatiquement la filiation des
enfants nés de GPA à l’étranger pour les deux parents. Nous faciliterons les
parcours de transition pour les personnes transgenres et intersexes en
permettant un parcours de soin et un changement de l’état civil sur simple
demande de manière gratuite. Nous interdirons les interventions non
consenties sur les personnes intersexes. Nous supprimerons la liste des
pays dits “sûrs”, en particulier pour protéger les LGBTQIA.
Nous lutterons contre le contrôle au faciès et les violences policières
Nous généraliserons la pratique d’une remise d’un récépissé lors de tout
contrôle d’identité, tout comme la dotation par patrouille d’une caméra
portative garantissant les bonnes conditions des interventions.
Nous rétablirons le droit à la diffusion d’images, pour garantir notamment
le droit à l’information sur les violences policières, par l’abrogation de
l’article 36 de la loi confortant le respect des principes de la République,
dite loi séparatisme. Nous créerons les conditions d'un débat
démocratique autour de la problématique du maintien de l’ordre dans les
quartiers populaires et des personnes victimes de racisme, par la mise
place d'une conférence citoyenne de consensus.
Atteindre l’égalité entre les femmes et les
hommes
Malgré certaines avancées, le chemin vers l’égalité reste encore long.
La culture du viol et les stéréotypes de genre demeurent encore
omniprésents dans notre société et entrainent inégalités, sexisme,
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
harcèlement, et des violences psychologiques et sexuelles contre les
femmes.
En 2021, 113 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint, les
femmes réalisent encore 77% des tâches ménagères, sont les plus
touchées par la précarité de l’emploi et gagnent en moyenne 16,8 % de
moins que les hommes à équivalent temps plein.
Nous investirons 1 milliard d’euros pour protéger les femmes contre toutes
les formes de violences et nous proposons des mesures concrètes pour
mettre fin à aux inégalités, au sexisme et aux stéréotypes de genre.
Nous rétablirons un ministère des droits des femmes
Nous rétablirons un ministère dédié à la défense des droits des femmes et
à la promotion de l’égalité femmes/hommes afin de permettre la mise en
place de mesures efficaces.
La parité dans les institutions et des représentant·es politiques
exemplaires
Nous écarterons les auteurs et les mis en examen pour des faits de
violences sexistes et sexuelles de la composition du gouvernement, de
leurs équipes et des postes de la haute fonction publique. Nous mettrons
en place des cellules d’alerte, d’écoute et d’accompagnement des
femmes victimes de violences sexistes et sexuelles au sein des
administrations publiques. Nous imposerons la parité réelle à l’assemblée
nationale.
L’égalité salariale entre les femmes et les hommes sera obligatoire
A l’image du modèle islandais, les entreprises de plus de 20 salariés et les
administrations devront prouver qu’à poste et compétences égales,
hommes et femmes touchent le même salaire. L’inspection du travail
vérifiera qu’elles répondent à des critères en fonction d’une série
d’indicateurs et leur délivrera une certification, à renouveler tous les trois
ans.
Les structures qui ne respectent pas l’égalité salariale encourent une
amende de 330 euros par jour, du constat de l’infraction jusqu’à ce que les
obligations en matière d’égalité soient remplies.
Nous mettrons fin à l’impunité des violences sexistes et sexuelles
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Pour mettre fin aux inégalités persistantes et aux violences sexistes et
sexuelles, nous investirons 1 milliards d’euros dans la lutte contre les
violences faites aux femmes, et nous multiplierons par 5 le budget dédié
aux droits des femmes.
Sur le plan judiciaire, nous lancerons un grand plan de formation au
repérage des violences sexistes et sexuelles de l’ensemble des
professionnel.le·s susceptibles d’être en contact avec des femmes victimes
de violences (santé, justice, police, gendarmerie, éducation, préfectures… )
et nous mettrons en place des tribunaux ainsi que des brigades
spécialisées dans les violences de genre.
Nous accorderons le bénéfice de l’aide aux juridictionnelles aux victimes de
violences conjugales et sexuelles dès le dépôt de plainte afin qu’elles
puissent bénéficier d’une assistance et d’un suivi juridique.
Nous améliorerons les conditions du dépôt de plainte par la mise en en
place des lieux d’accueil dédiés pour les victimes de violences au sein des
commissariats et par un élargissement des possibilités de dépôt de plainte
dans les hôpitaux et les espaces médicaux.
Nous nous assurerons d’un financement suffisant aux numéros d’aide aux
victimes, pour garantir que le temps d’écoute des victimes ne soit pas une
variable d’ajustement. Nous faciliterons, pour les juridictions comme pour
les victimes, l’attribution et le déploiement des dispositifs du téléphone
grave danger (TGD) et du bracelet anti-rapprochements (BAR).
Sur l’accueil des femmes victimes, nous triplerons les places
d’hébergement spécialisées à l’accueil des femmes et nous augmenterons
les financements aux associations de terrains.
Nous lutterons contre les violences obstétricales et gynécologiques.
Nous mettrons en œuvre un ensemble de mesures pluridisciplinaires pour
lutter contre les violences obstétricales et gynécologiques remettant les
femmes au centre de leur parcours gynécologique.
Par la prévention et la formation des professionel·le·s de santé sur la bien-
traitance dans les soins, par des campagnes de sensibilisation auprès du
grand public et des soignant.e.s et par des moyens dédiés.
Nous faciliterons les procédures de signalements et nous veillerons à la
stricte application des lois et des sanctions existantes relatives à ce type
de violences et au renforcement des moyens juridiques.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Nous instaurerons un congé parentalité de même durée pour les deux
parents
Nous réformerons le congé parental par la mise en place d’un congé
identique entre les 2 parents de 16 semaines dont 8 obligatoires, à répartir
avant ou après l’accouchement, pour réduire les inégalités dans l’accès au
travail et dans la répartition des tâches du foyer.
Nous constitutionnaliserons le droit à l’IVG
Nous sanctuarisons le droit à l’avortement en l’inscrivant dans la
constitution comme un droit inaliénable. Nous faciliterons la pratique de
l’IVG en permettant qu’elle soit réalisée par des sage-femmes et en
allongeant son délai à 14 semaines. Nous supprimerons la clause de
conscience spécifique à l’IVG et nous permettrons un meilleur accès aux
femmes sur les territoires désertés.
L’éga-conditionnalité et un budget sensible au genre
L’accès aux marchés publics, l’obtention des subventions publiques et celui
des prêts garantis par l’État seront conditionnés au respect de l’égalité
salariale au sein de sa structure. En outre, nous rendrons obligatoire
l'établissement d'un budget sensible au genre dans toutes les collectivités
publiques ainsi qu'au niveau de l’État. La mise en place d’un budget
sensible au genre permettra une application de la dimension genre à tous
les niveaux du processus budgétaire, en restructurant les recettes et les
dépenses dans le but de promouvoir l’égalité des genres dans l’ensemble
des champs de la politique publique.
Pour une éducation non genrée et une culture de l’égalité dès l’enfance
La législation prévoit actuellement 3 séances annuelles d’éducation
sexuelle au collège et au lycée pour les élèves.
Pour lutter contre le sexisme, la culture du viol, les violences sexuelles et les
LGBTQIA-phobies, il est essentiel de mieux éduquer les enfants dès l’école
élémentaire à la vie relationnelle, affective et sexuelle autour de la notion
de consentement et de respect pour développer l’empathie et favoriser le
dialogue.
La question de l’éducation sexuelle doit s’inscrire plus largement dans
l’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle autour de la notion de
consentement et de respect. Elle intègrera aussi un volet sensibilisation et
prévention des Infections sexuellement transmissibles et notamment du
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
VIH. Ce doit être un lieu aussi pour développer l’empathie, le respect de
l’autre, et le développement de leurs compétences psychosociales.
Nous intégrerons l’histoire des luttes LGBTQIA et féministes aux
programmes scolaires et garantirons que les moyens éducatifs servent à
accroître la compréhension des diverses orientations sexuelles et identités
de genre.
Défendre les droits des LGBTQIA+
Depuis le 27 janvier 2014, l'Europe est l’unique continent où l'homosexualité
est entièrement dépénalisée. Pour autant, les discriminations – y compris
institutionnelles – la haine transphobe, lesbophobe, homophobe ou les
violences faites aux personnes LGBTQIA perdurent dans notre pays. Les
solutions existent et sont connues, elles sont défendues par les premières
et les premiers concerné·e·s. Nous les défendrons : les écologistes ont
toujours défendu les droits fondamentaux des minorités !
Nous ouvrirons une procréation médicalement assistée (PMA)
effectivement pour toutes
Nous autoriserons la méthode de la “double maternité” (ROPA) pour
permettre aux femmes lesbiennes de mener à bien leur projet d’enfant.
Nous permettrons le don de spermatozoïdes “amical” en révisant l’alinéa 1
de l’article L214-7 du code de la santé publique, notamment pour favoriser
le don de sperme.
Nous ouvrirons la procréation médicalement assistée aux hommes
transgenres pour mettre fin à cette discrimination institutionnelle
transphobe qui subsiste dans notre droit. Nous pérenniserons les
campagnes visant à valoriser le don de gamètes et les donneur·se·s et
lèverons les freins administratifs aux dons.
Nous reconnaîtrons automatiquement les enfants nés par gestation pour
autrui (GPA) à l’étranger
Dans l’intérêt de l’enfant, nous porterons la reconnaissance automatique
de la filiation des enfants né·e·s de GPA à l’étranger, notamment pour le
second parent aujourd’hui contraint de suivre une procédure d’adoption
administrativement lourde pour être reconnu comme parent.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Nous faciliterons les parcours de transition pour les personnes
transgenres
Nous garantirons la possibilité pour les personnes intersexes et transgenres
de changer la mention du sexe à l’état civil sur simple demande, gratuite et
déjudiciarisée, avec la possibilité dans l’attente de supprimer cette
mention si elles le souhaitent.
Nous garantirons la possibilité de bénéficier d’une prise en charge et d’une
gratuité des soins nécessaires au parcours de transition.
Nous conduirons une politique de formation à destination des agents
publics, notamment dans l’éducation nationale, la police et la justice, afin
de mieux les sensibiliser aux réalités des personnes transgenres ou
intersexes et garantir l’égalité dans les services publics.
Nous garantirons la dignité des personnes transgenres, intersexes et non
binaires en détention et le respect de leurs droits fondamentaux en prison.
Nous interdirons les interventions non consenties sur les personnes
intersexes
L’ensemble des interventions chirurgicales ou par hormonothérapie
devront répondre à une nécessité médicale sous réserve que soit
associées aux choix thérapeutiques les personnes intersexes lorsque leur
degré de maturité le permet, toujours dans l'intérêt supérieur de l'enfant
comme le recommande le Comité consultatif national d'éthique.
Nous supprimerons la liste des pays dits “sûrs”
Afin de garantir l’effectivité du droit d’asile, de l’application du principe de
non-refoulement en passant par l’examen individualisé des demandes, en
particulier pour prendre en compte les vulnérabilités spécifiques de
certaines personnes exilées telles que les LGBTQIA.
Associer les territoires dans leur diversité
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
La pauvreté est une réalité tant dans les espaces ruraux, que les espaces
urbains et les outre-mer.
Parce que la précarité y est dense et historique, les quartiers populaires
sont une priorité. Ce ne sont pas des déserts politiques ou culturels, ils sont
riches d’une histoire de mobilisations.
Une politique d'égalité des droits est nécessaire pour sortir des débats
identitaires qui polarisent la société française.
L’État doit rétablir une égalité entre les territoires, et garantir une juste
affectation de ses ressources entre chacun.
Nous réduirons les inégalités entre les territoires
Les territoires de la République ne sont aujourd'hui pas dotés
équitablement. La relation entre l’État et les collectivités s'est dégradée.
Nous soutiendrons financièrement les collectivités afin qu'elles puissent
agir concrètement, sur le terrain. L’augmentation des moyens alloués aux
territoires les plus affectés par la pauvreté est nécessaire, que ce soit dans
les espaces urbains, ruraux ou les outre-mer.
Une Cour d'équité territoriale sera créée afin de garantir la juste allocation
des ressources, selon les recommandations du rapport Borloo.
La Cour des comptes devra également être garante de la disponibilité de
données comptables publiques territorialisées. Ces dernières n'existent pas
à l'heure actuelle : elles doivent être établies.
Nous mettrons en place un bouclier rural et créerons une agence
nationale de la rénovation rurale
Les inégalités d’espérance de vie entre ruraux et urbains se sont creusées
depuis 30 ans, notamment à cause de l’accès rendu plus difficiles aux
soins hospitaliers. Avec le développement des zones commerciales
périurbaines, la disparition des services du quotidien a renforcé la
contrainte de la voiture individuelle.
Restaurer le bien vivre en milieu rural, c’est bon pour la santé, c’est bon
pour le climat.
Nous garantirons par la loi une égalité d’accès à des services de proximité :
santé, école, administration publique, à moins de 15 minutes. Mais aussi un
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
accès aux commerces de première nécessité, au sport et à la culture, en
soutenant financièrement le développement des épiceries locales, des
tiers lieux, des associations rurales.
Dans le cadre de la lutte contre la précarité énergétique, et de la
revitalisation des cœurs de villes moyennes et de villages, nous
développerons, sur le modèle de l’ANRU, un programme de soutien
financier des collectivités visant en priorité la réhabilitation des territoires
ruraux les plus défavorisés.
Nous œuvrerons pour une démocratie réelle dans les quartiers
populaires
Pour assurer la justice sociale, les quartiers les plus en difficulté doivent être
soutenus, au-delà d'une juste allocation des ressources de l’État et du seul
droit commun. La politique de la Ville sera maintenue, et son budget sera
augmenté.
La politique de la Ville doit donner une place à la démocratie réelle : les
habitant·es des quartiers populaires, qu'ils soient constitués en
associations ou en collectifs informels, doivent être justement représentés
dans toutes les instances d'orientation et de décision, qu'elles soient
locales ou nationales.
Nous remettrons de l'humain au cœur des politiques de renouvellement
urbain
Les agences nationales chargées de la rénovation urbaine des logements
sociaux et des copropriétés dans les quartiers - l'Agence nationale de la
rénovation urbaine (ANRU) et l'Agence nationale pour l'amélioration de
l'habitat (ANAH) -, qui interviennent massivement depuis les années 2000
dans la transformation des quartiers populaires, ne prennent pas
suffisamment en compte les enjeux sociaux et climatiques. Leurs
règlements généraux doivent être modifiés : la réhabilitation sera
privilégiée à la construction et à la démolition, qui est deux fois plus
consommatrice de matériaux.
Nous soutiendrons l'insertion par l'activité économique et la création
d'entreprises dans les quartiers
Les structures d’insertion par l’activité économique (SIAE) sont des acteurs
majeurs de l’économie sociale et solidaire. Elles œuvrent au
développement local des quartiers populaires et permettent aux
personnes qui y sont employées de traverser un sas nécessaire avant de
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
retrouver un emploi durable. Les structures d’insertion par l’activité
économique seront soutenues dans leur fonctionnement, au-delà des
aides aux postes.
Nous renforcerons les moyens des associations d’accompagnement à
l'entreprenariat local et écologique, ce qui permettra aux bénéficiaires
d’accéder à un environnement favorable et au micro-crédit, et nous
soutiendrons le développement des tiers lieux et espaces de coworking
pour accompagner les nouvelles formes de travail : auto-entreprenariat,
télétravail.
Nous garantirons l’autonomie alimentaire en outre-mer
Nous renforcerons l’accompagnement des collectivités ultramarines dans
la dépollution et la mise en place de plans d’alimentation durable. Nous
amplifierons les moyens dédiés à l’information de la population et des
professionnel.les.
Nous formerons davantage les agriculteur.trices et les habitant.es pour
éviter les pesticides dans les plantations, dans la canne à sucre et/ou la
banane, et dans les jardins créoles de proximité. Nous garantirons
l’approvisionnement des régions ultrapériphériques en produits agricoles
essentiels.
Face au système de monoculture et au lobbying du business agricole, nous
accélérerons le développement des filières de diversification végétale et
animale. Contre la vie chère, nous contrôlerons les prix des produits de
première nécessité et des centrales d’achat, et nous amplifierons
l’implantation d’épiceries sociales favorisant des produits sains et locaux.
Nous adapterons les structures institutionnelles aux réalités des outre-
mer
Nous adapterons les structures institutionnelles aux réalités des territoires
d'outre-mer :
• en adaptant les modalités de l’action des autorités de l’État aux
caractéristiques et contraintes particulières des territoires
ultramarins par une loi annuelle d’actualisation du droit outre-mer ;
• par la transmission au Premier ministre et aux assemblées
parlementaires des propositions de modifications législatives ou
réglementaires présentées par les territoires ultramarins ;
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
• en réunissant les articles 73 et 74 de la Constitution et permettant la
définition de statuts spécifiques pour ceux des territoires ultramarins
qui le souhaiteraient.
Pour une reconnaissance des peuples autochtones en Guyane
Depuis 2017, la Commission nationale consultative des droits de l’homme
(CNCDH) invite à une lecture nouvelle de l’article 1er de la Constitution et
recommande à l’État français de reconnaître des droits collectifs relatifs
aux peuples autochtones, “vecteur essentiel d’une protection effective de
leurs droits fondamentaux”. Concernant la restitution des 400 000 hectares
de terres amérindiennes promises en 2017, nous réformerons la loi EROM
pour, en accord avec la collectivité territoriale de Guyane, la création d'un
office foncier respectant la volonté des peuples amérindiens de Guyane.
Nous protégerons les outre-mer contre les écocides
Aux Antilles, 90% de la population est contaminée par le chlordécone, dont
les femmes ouvrières agricoles, grandes oubliées du gouvernement actuel.
Nous renforcerons l'indemnisation des victimes des scandales sanitaires
d’État dans les outre-mer liés aux pesticides.
En Polynésie, 10 000 victimes de cancers liés aux essais nucléaires sont
estimées par le ministère polynésien de la santé.
Nous augmenterons le nombre de postes de surveillance radiologique
mesurant l’impact des retombées sur les îles.
Nous renforcerons l’accès à l’information pour les victimes. Contre les
écocides, nous mettrons fin immédiatement aux projets de la Montagne
d’or et d’Espérance. L’industrie minière aurifère, et particulièrement en
territoire amazonien, compte parmi les secteurs d’activité les plus polluants
au monde en totale contradiction avec les engagements en matière
climatique.
Nous interdirons les projets d’exploitation minière dans les outre-mer, et
chaque projet de construction de centrale énergétique fera l’objet d’une
concertation transparente avec les habitant.es.
Pour une véritable reconnaissance des Français.es de l’étranger
Nous stopperons l'hémorragie budgétaire qui met aujourd’hui à mal la
continuité du service public à l’étranger, nous mettrons fin à la
systématisation des partenariats public-privé et la facturation à l’acte des
services consulaires.
Page 96
PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Nous ferons évoluer l’Assemblée des Français de l’étranger vers un “conseil
régional des Français·es de l’étranger”, muni d’un budget autonome.
Nous mettrons fin à l’augmentation des frais de scolarité liée au
désengagement de l’État et à la dérive vers un système socialement injuste
et discriminant.
Nous établirons des accords bilatéraux entre la France et les pays de
résidence en matière de droits à la retraite, en adoptant le système le plus
favorable aux retraité·e·s, et nous supprimerons le seuil minimum de 15 ans
de cotisation et nous réformerons le mode de calcul du salaire de
référence pour que les français•es ayant travaillé à l’étranger cessent
d’être discriminé•e•s au moment de leur retraite.
Assurer le respect des droits des personnes en
situation de handicap
La politique du handicap est désorganisée.
Une politique écologique et humaniste du handicap se doit de garantir le
respect des droits fondamentaux reconnus par la Convention
Internationale des Droits des Personnes Handicapées (CIDPH).
La vision écologiste du handicap suppose d’une part de transformer
l’environnement, les représentations stigmatisantes en agissant sur les
responsabilités collectives, et d’autre part à leur redonner leurs capacités
d’agir par et pour elles-mêmes, en facilitant les relations d’entraides
collectives.
Nous garantirons l’accessibilité universelle
Malgré les lois de 1975, de 2005 et enfin les agendas d’Accessibilité
programmée, l'accessibilité universelle reste un vœu pieu.
Nous créerons une Agence de l’Accessibilité Universelle pour garantir
l’accessibilité à tous les services publics, aux transports, aux technologies
de l’information et de la communication, généraliser les traductions en
Français Facile à Lire et à Comprendre (FALC), les repères visuels et
sensoriels, renforcer l’égalité réelle à l’accès au numérique.
Page 97
PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
L’agence aura pour missions principales de contrôler le respect des
normes d’accessibilité, de prononcer des injonctions et d’infliger des
sanctions en cas de non-respect, d’informer sur les lieux accessibles.
Nous garantirons le droit au et du travail pour les personnes en situation
de handicap
Le taux de chômage des personnes actives reconnues handicapées
s’établit à 14 %, contre 8 % pour l’ensemble de la population. Cette inégalité
d’accès au travail demeure un frein conséquent à l’émancipation des
personnes en situation de handicap.
Nous ferons réellement respecter la loi sur l'obligation d’emploi des
travailleurs et travailleuses handicapé·e·s (OETH).
Nous renforcerons les contrôles dans les établissements spécialisés (type
Esat – Établissement et service d’aide par le travail) et y appliquerons le
droit du travail, notamment une rémunération digne (SMIC) avec à terme
l’objectif de leur extinction progressive .
Nous déconjugaliserons et revaloriserons l’allocation adulte handicapé
(AAH)
Afin de garantir l’émancipation, le droit à une vie familiale de leur choix
pour les personnes en situation de handicap, tout particulièrement les
femmes : nous instaurerons l’individualisation de l’allocation aux adultes
handicapés (AAH) car nous sommes convaincu·e·s qu’en incapacité de
travailler, la personne en situation de handicap doit se voir reconnaître le
droit d’exister, de disposer de ressources propres pour son indépendance.
Une politique du handicap démocratique
La démocratie participative et représentative est un préalable à la
construction de toute mesure nationale et territoriale pour et avec les
personnes en situation de handicap. Fondé sur les principes de co-
gouvernance, co-évaluation et co-gestion des dispositifs, il importe de
rénover ce principe fondamental avec une plus large participation des
personnes en situation de handicap, tant au niveau national que territorial.
Nous repenserons le Conseil National Consultatif des Personnes
Handicapées (CNCPH) pour lui conférer un plus grand pouvoir de décision.
Ses avis seront conformes avant la procédure des projets de loi qui auront
des conséquences sur la vie des personnes en situation de handicap, des
impacts sur l’organisation institutionnelle du champ du handicap.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Il sera associé à la programmation budgétaire annuelle de l’Etat et de la
Sécurité Sociale, affectée au secteur du handicap.
Plus de restes à charge pour les soins et appareils
Nous mènerons des évaluations sur les restes à charge par Affection de
longue durée (ALD). Nous mettrons en place des protocoles adaptés
d’accompagnement des personnes autour des questions de la prise en
charge de la douleur.
Nous ferons cesser la demande de “choisir” un handicap principal dans les
cas de polyhandicap.
Nous garantirons l’autonomie des personnes en situation de handicap
Nous assurerons à toute personne handicapée qui le souhaite le droit de
rester pleinement autonome et indépendante par des aides à son
domicile. Nous revaloriserons les salaires des aides à domicile en
contrôlant l'application de “l’avenant 43” par les conseils départementaux
et en prenant en compte dans les heures de travail les déplacements des
aides à domicile et en faisant prendre en charge par leurs employeurs
leurs frais de déplacements. Une revalorisation de la Prestation de
Compensation du Handicap (PCH) sur le volet “aide humaine” afin de
couvrir le plus possible les frais liés au maintien à domicile. Nous
entamerons la sortie progressive du système institutionnel qui entraîne une
forme de ségrégation sociale des personnes en situation de handicap.
Une vie familiale, affective et intime
Nous garantirons l’effectivité du droit à l’intimité des personnes en situation
de handicap que ce soit à l'hôpital ou dans les institutions spécialisées en
proposant par exemple des chambres adaptées. Nous ajouterons un volet
à la Prestation de compensation du handicap (PCH) concernant
l’accompagnement à la parentalité des parents en situation de handicap.
La culture, créatrice des imaginaires de demain
La crise sanitaire est venue montrer, s’il en était besoin, l'appétit culturel des
Français.
Être privés des lieux où la culture se partage, où l’art s’exprime, a révélé un
manque évident. La France dispose d’un inestimable patrimoine matériel
et immatériel. Elle est riche des cultures qui font son histoire. Elle attire,
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
forme et fait émerger de nombreux talents. Ce sont de formidables leviers
qui contribuent à sa renommée internationale et plus encore à la cohésion
républicaine, au bien vivre.
Nous renforcerons le soutien au secteur culturel et aborderons une
nouvelle étape de la décentralisation.
La République écologique entend offrir aux artistes et aux professionnels de
la culture des conditions de création et de production dignes et
responsables. Elle mettra à leur disposition des moyens financiers avec le
souci d'aider efficacement à la transition écologique de la filière.
Nous avons collectivement besoin d’un secteur culturel fort et actif pour
réparer les liens qui se sont distendus.
Nous avons besoin de création et d’imaginaires pour comprendre la
complexité des crises qui viennent et préparer le monde de demain.
Nous soutiendrons la culture et la création
Dans le cadre d’un plan de relance, 1 milliard d’euros supplémentaire par
an sera affecté au budget du ministère de la Culture. Nous sanctuariserons
le soutien à la création et aux artistes, en augmentant la part dédiée à la
création à hauteur de 25% du budget global.
Nous franchirons une nouvelle étape de la décentralisation culturelle en
mettant des moyens supplémentaires à destination des territoires, tout en
favorisant la coconstruction des politiques publiques entre l’Etat, les
collectivités territoriales et les acteurs culturels, dont associatifs.
Ce plan permettra aussi de financer la mise en place de l'éga-
conditionnalité dans les aides publiques et les établissements qui
dépendent du ministère de la Culture, l'aide à la transition écologique du
secteur, ainsi que le soutien aux pratiques en amateur et aux artistes-
auteurs.
Nous bâtirons une France unie dans la diversité culturelle
Nous agirons selon trois grands axes : la mixité et la cohésion sociale, la
promotion de la diversité des esthétiques, et la multiculturalité.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Nous avancerons ainsi sur la mise en œuvre des droits culturels en
donnant une place centrale à la diversité, à la participation et à la co-
construction avec les habitant.es en matière de culture, et nous ratifierons
la Convention de Faro sur la valeur du patrimoine culturel pour la société.
Nous voulons nous adresser à tous les publics, quelles que soient les
différences de genre, de sexe, d’origine ou encore de revenus, et que les
acteurs culturels eux-mêmes reflètent cette diversité.
Notre engagement pour le maintien et la promotion de la multiculturalité
se déclinera via des propositions pour une meilleure représentation des
références culturelles. La diversité culturelle, c’est enfin la diversité des
acteurs économiques de la culture.
Nous agirons contre les phénomènes de concentration économique à
l’œuvre, notamment dans les musiques actuelles, afin de garantir la
pluralité des acteurs et des esthétiques comme le rap, l’électro ou le métal.
Nous reconnaîtrons les langues régionales et minoritaires dans leur aire
d’expression, dans l’Hexagone comme en outre-mer
Contre l’uniformisation culturelle, nous défendrons la reconnaissance des
langues régionales, par la ratification de la Charte européenne des
langues régionales et minoritaires dans sa formule plus ambitieuse, et la
co-officialisation des langues régionales et de la langue des signes
française (LSF), pour permettre l’égalité en droit des langues et de leurs
locuteur.ice.s.
Ces langues sont essentielles pour la préservation et la vitalité des
expressions qui participent à la richesse culturelle des territoires de notre
République. L’enseignement bilingue et immersif des langues régionales
sera soutenu et encouragé, en particulier dans les écoles publiques, et le
rôle de service public des réseaux associatifs pleinement reconnu.
Les régions ou collectivités qui le souhaitent pourront devenir co-
responsables de l’enseignement de et dans ces langues.
Nous voulons une reconnaissance des langues ultramarines comme
langue maternelle ou co-maternelle, y compris dans l’éducation nationale.
Nous intensifierons les formations aux métiers de traducteur.trices en
outre-mer et créerons des postes de médiateur.trices linguistiques, une
fonction au croisement de l'interprétariat et de l’accompagnement social
des personnes isolées par des difficultés de maîtrise du français et en
situation de non-recours à leurs droits.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Une réforme de la Constitution sera indispensable pour construire ce
chemin.
Nous soutiendrons les artistes-auteurs
Les artistes, en particulier les artistes-auteur.ices, figurent parmi les acteurs
économiques les plus diplômés et les moins bien rémunérés de notre
société. Comme s’il fallait encore que l’artiste soit pauvre et maudit pour
que l'œuvre soit.
Sortir les artistes-auteur.ices de la précarité est un enjeu essentiel pour la
vitalité et la qualité de la création.
Nous mettrons en place un revenu garanti pour les artistes-auteur.ices qui
ont vocation à vivre de leur création, et dont les métiers ne relèvent pas du
régime de l’intermittence du spectacle.
Ce revenu garanti doit pouvoir sécuriser une carrière vivant un épisode de
fragilité ou soutenir celles encore en devenir.
Pour une écologie de la culture
Le monde de la culture est d’ores et déjà sensible aux enjeux écologiques
et environnementaux.
Le ministère de la Culture s’emparera pleinement de cette question en
adoptant une vision stratégique. Le secteur culturel a besoin d’être
accompagné pour mener à bien cette transition. Nous commencerons par
mettre les moyens nécessaires à un diagnostic indépendant global sur
l’impact environnemental du secteur, base essentielle d’une réflexion à
mener avec tous les acteurs et représentants culturels pour la mise en
place de solutions adaptées, partagées et rendues nécessaires pour les
temps qui viennent.
Nous multiplierons les initiatives de formation.
Nous renforcerons la mise en œuvre d’une rénovation énergétique des
équipements et bâtiments culturels.
Nous lancerons la mission “Culture & Numérique”
Une attention particulière sera portée à la défense du droit d’auteur face
aux nouveaux usages de la culture numérique, afin que la logique de
diffusion de la culture ne soit pas qu’une logique de consommation, mais
bien de défense des créateurs et de leurs droits moraux et patrimoniaux.
Nous serons vigilants à la défense de l’exception culturelle dans le domaine
du cinéma.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
La création de cette mission “Culture & Numérique” permettra également
de relancer le projet d’une “taxe Google” destinée à augmenter la
contribution des grands groupes internet au financement de la création de
contenus en ligne.
Nous réfléchirons avec les artistes et les professionnels de la culture aux
pistes pour mener une politique innovante de sobriété numérique,
permettant à la fois de favoriser le développement de la culture et de la
création s’appuyant sur le numérique, afin d’accompagner les pratiques,
les innovations et la diffusion au plus grand nombre des œuvres et du
patrimoine, et de réduire l’impact environnemental du numérique dans le
champ culturel et créatif.
Nous lancerons un plan national des pratiques culturelles et artistiques
Aujourd’hui plus de 16 millions de citoyens en France ont une pratique
artistique en amateur. Or ces pratiques ne sont pas suffisamment
soutenues, ni accompagnées à hauteur de ce qu’elles devraient l’être par
le ministère de la Culture.
Nous mettrons en œuvre un plan national de soutien aux pratiques
culturelles et artistiques.
Si les politiques récentes ont fait le choix de mettre l’accent sur les enjeux
d’éducation artistique et culturelle, nous privilégierons la valorisation des
pratiques en amateur qui incluent aussi bien les initiatives de l’éducation
populaire que du secteur associatif, partout et pour toutes et tous.
Accompagner les lieux culturels indépendants
Du tiers-lieu à vocation culturelle à la friche artistique, en passant par les
lieux d’expérimentation, les librairies indépendantes, ou les lieux regroupant
plusieurs activités, les lieux de culture indépendants ont pour point
commun d’être tous nés d’initiatives d’artistes ou d’habitants parfois réunis
en collectifs.
Ils inventent de nouveaux modèles économiques et de création. Nous les
soutiendrons, et encouragerons leurs actions et projets tout en préservant
leur indépendance, en particulier créative.
Pour répondre à leur demande et dans la logique d’une politique culturelle
écologique, nous soutiendrons leur émergence et leur maintien par des
aides à la structuration et à la consolidation de l’emploi.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
6. Construire l'Europe du Climat
Si la France est notre maison, l’Europe est notre village.
Pour les écologistes, l’Europe n’est pas qu’un idéal, elle est aussi une
nécessité, une échelle d’action nécessaire pour surmonter les défis de
notre siècle.
Sur son territoire et au-delà, l’Europe doit conduire des politiques
résolument tournées vers une transition juste, une nouvelle donne verte
pour le plus grand bénéfice des citoyen·ne·s européen·ne·s et de leurs
voisin·e·s.
Pour ce faire, la France doit être motrice pour conférer à l’Union une vraie
capacité d’agir face au défi écologique.
Pour permettre à l’Union européenne de jouer pleinement son rôle, il est
nécessaire d’opérer un choc de démocratie et de réformer ses institutions
pour parachever sa construction politique et institutionnelle.
Vers l’Europe fédérale
Trop de décisions nécessaires en matière de fiscalité, de politique
étrangère ou de politique sociale sont bloquées par la nécessité d’obtenir
l’unanimité des États membres. La construction européenne a besoin d’un
nouveau souffle, notre présidence écologiste l’apportera.
Dans l’immédiat, nous proposerons de :
Faire passer certaines décisions de l’unanimité à la majorité qualifiée
Développer la coopération renforcée dès que nécessaire pour éviter les
blocages par une minorité d’États membres, tout en leur permettant de s’y
associer par la suite
Appliquer le principe de non-nocivité pour l'environnement et augmenter
les ressources propres du budget européen notamment grâce à une
nouvelle fiscalité directe et une taxe sur les transactions financières.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
A moyen terme, nous appellerons à la mise en place d’une Convention
constituante pour l’Union européenne destinée à réformer les traités
pour :Renforcer le rôle du Parlement européen et du Procureur européen.
Faciliter la saisine du Tribunal de première instance et de la CJUE par les
citoyen.ne.s et renforcer leurs moyens.
Renforcer le contrôle démocratique des agences engagées dans des
missions de sécurité (Eurojust, Europol, Eurodac et Frontex).
Mettre fin au Pacte de stabilité et de croissance pour construire la
convergence des États sur des critères renouvelés et conformes aux
exigences de transition écologique
Construire l’Europe des peuples
Nous défendrons la mise en place de listes transnationales pour les
élections européennes, en complément des listes nationales. Le/la
Commissaire européen·ne Français·e sera proposé·e parmi les député·e·s
européen·ne·s élu·e·s. Cela permettra aux citoyen·ne·s européen·ne·nes
d’avoir une influence directe, non seulement sur la composition du
Parlement européen mais aussi sur celle de la Commission européenne.
Nous renforcerons la place de l’Europe dans les cursus scolaires,
soutiendrons la mobilité des scolaires, des étudiant-e-s, des jeunes et des
personnes en formation professionnelle via une augmentation des crédits
dédiés à Erasmus+ et aux bourses complémentaires.
Vers l’Europe fédérale
Trop de décisions nécessaires en matière de fiscalité, de politique
étrangère ou de politique sociale sont bloquées par la nécessité d’obtenir
l’unanimité des États membres. Nous demanderons l’activation des
clauses présentes dans les traités européens qui permettent de faire
passer certains domaines de la règle de l’unanimité à celle de la majorité
qualifiée. Là où cela est nécessaire, nous mettrons en place des
coopérations renforcées pour ne pas rester bloqués par une poignée
d'États membres, tout en leur permettant de rejoindre ces projets par la
suite. Nous défendrons la mise en place d’une Convention constituante
pour l’UE, Dans ce cadre, nous défendrons le renforcement du rôle du
Parlement européen : nous porterons le recours généralisé à la procédure
législative ordinaire (dite codécision) sur l’ensemble des politiques et la
création d’un véritable droit d’initiative législative pour le Parlement.
Une justice européenne
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Nous donnerons une existence forte au Judiciaire européen. Nous
demanderons d’élargir la possibilité de saisine par les citoyen·ne·s du
Tribunal de première instance et de la Cour de justice de l’Union
européenne, d’élargir les compétences du Procureur européen. Nous
défendrons l’augmentation des moyens du Tribunal de première instance
et la Cour et de renforcer le contrôle démocratique des organes
"Eurojust" (coordination judiciaire contre le crime organisé),
"Europol" (coordination des polices) et du système "Eurodac" (comparaison
des empreintes digitales des demandeurs d’asile et personnes en situation
irrégulière sur le territoire).
Un budget européen autonome
Une France écologiste devra porter un vrai budget européen pour la
transition écologique et sociale alimenté par des ressources propres qui
contribuent à la justice sociale, en faisant payer celles et ceux qui
échappent aujourd’hui à l’impôt. Le budget de l’UE devra être musclé pour
largement dépasser les 1% du RNB sur le moyen terme. Sur le court terme,
nous travaillerons au lancement d’un grand plan d'investissement public
dans la transition écologique d’au moins 2000 milliards d’euros sur la
décennie, grâce à la réforme en profondeur des règles budgétaires et à la
mobilisation d’un budget européen doté d’un instrument d’investissement
écologique et de solidarité permanent. Le budget européen repose
aujourd’hui à 80 % sur les contributions des Etats membres, une part en
augmentation ces dernières années, ce qui réduit le pouvoir budgétaire du
Parlement européen. Une taxe sur les géants du numérique, un mécanisme
d’ajustement carbone aux frontières, une taxe sur les plastiques, le
renforcement et l’extension du marché carbone européen au maritime une
taxe sur le kérosène pour l’aviation commerciale, une taxe sur les
transactions financières ambitieuse, doivent abonder directement le
budget européen.
Taxer les multinationales
Nous porterons à 25 % le taux minimum de taxation des bénéfices des
multinationales dans toute l’Union européenne, comme le demande la
confédération européenne des syndicats. L’accord obtenu à l’OCDE sur la
taxation des multinationales est un premier pas mais il demeure insuffisant
pour lutter efficacement contre l’optimisation fiscale. Nous pousserons le
projet d’une taxe unitaire sur leurs profits, avec répartition dans les pays où
le bénéfice est effectivement réalisé. En cas de blocage d’un ou plusieurs
États membres, nous proposerons aux États membres qui le souhaitent
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
d’adopter cette règle via le mécanisme de coopération renforcée. Cela
permettra de mettre fin à la course au moins disant fiscal entre États
membres. Nous exigerons l’harmonisation de l’impôt sur les sociétés en
Europe, en commençant par harmoniser son assiette avant de transférer
une partie de ses recettes à l’Union européenne.
Un budget européen pour le climat
Nous défendrons une part plus ambitieuse du budget dédiée au climat :
aujourd’hui les cibles du budget pluriannuel sont de 30 % pour le climat et
10 % pour la biodiversité. Il faut atteindre au moins 50 % pour les deux, et
assurer que le reste du budget respecte le principe de ne pas nuire à
l’environnement. Nous travaillerons avec nos partenaires européens à la
création d’un instrument européen d’investissement écologique et de
solidarité. Il soutiendra et accompagnera tous les État-membres dans les
transformations écologiques à mener pour atteindre nos objectifs
climatiques, mais financera également les infrastructures de la transition
écologique ayant un intérêt stratégique européen. Cet outil sera
complémentaire des marges de manœuvre financières offertes aux État-
membres dans le cadre de la révision du Pacte de Stabilité et de
Croissance.
Pour un traité environnemental européen
Nous proposerons la signature d’un nouveau traité environnemental
européen qui permettra de donner une valeur juridique à la protection de
l’environnement, de la santé et de la biodiversité et au respect des limites
planétaires, supérieure à celle des décisions économiques et du
fonctionnement du marché. Il ancrera au niveau européen le principe de
précaution, reconnaîtra le crime d’écocide et permettra de pénaliser les
atteintes à l’environnement par les firmes transnationales. Nous mettrons
aussi en œuvre la stratégie européenne pour la biodiversité en mettant en
place 30 % d’aires protégées Nous exclurons les investissements verts des
règles budgétaires en vigueur jusqu'alors. Nous ne ratifierons pas les
accords de libre-échange tant qu’une remise à plat complète de la
politique commerciale n’aura pas lieu. La politique commerciale
européenne ne doit plus viser à commercer plus mais doit contribuer à
relocaliser la production et aligner par le haut les normes démocratiques,
sociales, environnementales et climatiques.
Amplifier le green deal européen
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
La France gouvernée par les Écologistes sera un moteur de cette
transformation écologique du continent européen et amplifiera les
réformes du Green Deal dans tous les secteurs. Pour devenir le leader
mondial de la transition écologique, le statu quo n’est plus permis : l’Europe
devra baisser ses émissions de gaz à effet de serre d’au moins 65 % d’ici à
2030. Les permis à polluer gratuits pour les industriels devront être
abandonnés dès 2023. En compensation, un mécanisme d’ajustement
carbone aux frontières sera défendu et mis en place pour protéger
l’industrie européenne du dumping environnemental. Nous mettrons
progressivement fin au système des quotas gratuits de CO2 pour les
entreprises. Le système dérogatoire de permis d’émissions de CO2 pour les
entreprises a été initié avec la distribution de quotas gratuits, selon un
mécanisme qui devait rester provisoire mais qui perdure, affaiblissant de
ce fait la portée incitative du dispositif. Nous mettrons progressivement fin
à ce système afin de donner un prix au carbone dans tous les secteurs de
l’économie. Nous ferons de l’Europe un continent souverain énergétique
grâce au développement des énergies renouvelables. Ces dernières
devront atteindre 50 % du mix énergétique en 2030. Nous porterons l’idée
d’investissements directs de l’Union vers la rénovation énergétique des
logements des plus modestes. Nous organiserons la sortie des pesticides
de synthèses à horizon 2035 pour l’ensemble du continent européen, y
compris les produits importés. Nous ne renouvellerons pas l’autorisation du
glyphosate en 2022, son utilisation sera donc interdite dans toute l’Europe
ainsi que pour tous les produits importés, grâce à la mise en place de
mesures-miroirs aux frontières de l’UE.
Vers une Europe sociale
Nous voulons faire de la lutte contre la pauvreté une des priorités de l’Union
européenne (UE). Nous défendrons notamment une directive ambitieuse
sur les salaires minimums, ainsi qu’une directive sur le revenu minimum
garanti, nous mettrons fin aux stages non-rémunérés. Nous soutiendrons
les initiatives visant à réguler les plateformes et donnerons à leurs
travailleurs et travailleuses l’égalité en droits avec les salariés. Nous
mobiliserons les fonds européens pour qu’ils puissent servir à lutter contre
le mal logement et notamment la précarité énergétique. Nous nous
engagerons à maintenir le fonds européen d’aide aux plus démunis. Nous
porterons une directive sur l’égalité de genre en entreprise qui inclut des
objectifs contraignants en matière d’égalité salariale, de parité dans les
organes de direction des grandes entreprises et des sanctions en cas de
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
non-respect de l’égalité salariale. Nous demandons un Socle européen des
droits sociaux qui soit contraignant et opposable. Nous pousserons l’Union
européenne à se doter d’un cadre constitutionnel qui favorise la lutte
contre la pauvreté et un développement économique inclusif.
Vers une Europe de la santé.
La pandémie de Covid 19 a montré que les enjeux sanitaires ne
connaissaient pas de frontière. L’Union européenne (UE) doit encourager et
aider les États membres à garantir un accès universel aux services de
santé, y compris de santé mentale, notamment en luttant contre les
déserts médicaux. Cette politique européenne doit inclure un volet
important concernant la prévention et la santé environnementale. La
coopération européenne doit enfin s’articuler avec l’Organisation mondiale
de la Santé (OMS)/Europe.
Vers une Europe des droits
Nous demanderons l’activation des procédures prévues à l’article 7 du
traité sur l’Union européenne en cas de violations de l’État de droit, comme
c’est par exemple le cas en Pologne et Hongrie. Nous proposerons d’inscrire
le droit à l’avortement dans la charte des droits fondamentaux de l’UE. La
France veillera à soutenir voire accueillir tout·e citoyen·ne européen·ne qui,
victime de discrimination, n’est pas défendu·e par son État ou encore les
personnes qui n’ont pas encore accès à l’avortement dans leur pays. Afin
d’unifier la protection des droits en Europe et d’harmoniser leur
développement, nous défendrons l’adhésion de l’Union européenne en tant
que telle à la Convention européenne des droits de l’homme. Nous
défendrons enfin l'adoption d’un règlement européen sur l’indépendance
des médias et proposons de renforcer le programme Média de l’Union
européenne.
Vers une Europe humaniste
Nous mettrons un terme à l’externalisation des frontières. Nous mettrons un
terme aux accords migratoires de sous-traitance avec des pays comme la
Turquie et la Libye, maltraitants pour les personnes concernées. Nous
romprons avec le Règlement Dublin III et avec la logique délétère de tri aux
frontières, nous organiserons un mécanisme de relocalisations entre États-
membres en tenant compte des liens effectifs (liens familiaux élargis et
linguistiques) et des aspirations des demandeurs et demandeuses d’asile.
Nous soutiendrons une refonte de l’agence européenne de garde-
frontières et de garde-côtes Frontex. Au lieu de participer à des
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
refoulements aux frontières contraires au droit international de l’asile,
d’opérer dans des pays tiers et de rapatrier des personnes migrantes en
situation irrégulière, ses activités devront être recentrées sur le sauvetage
en mer et les opérations humanitaires. Elles seront contrôlées par le
Parlement européen, en particulier dans le domaine du respect des droits
humains, du droit international et de son devoir de vigilance et d’alerte
concernant les refoulements illégaux de migrants. Nous renégocierons
l’accord migratoire entre la France et le Royaume-Uni, qui – sous couvert
de “rendre impossible la traversée de la Manche” – conduit au naufrage de
nos valeurs et constitue une formidable aubaine pour les passeurs. Nous
renforcerons les actions humanitaires de recherche et d’assistance de
Frontex en mer et soutiendrons les bateaux civils et d’ONG, conformément
au droit maritime international.
Une Europe de la paix
Nous soutiendrons le renforcement de la politique de développement de
l’Union européenne, en doublant son budget et en l’axant vers la lutte
contre le changement climatique (mitigation et adaptation), la protection
des droits fondamentaux, la lutte contre la pauvreté et la promotion de
l’égalité de genre. Dans un contexte mondial de plus en plus trouble, l’Union
européenne doit s’imposer comme un acteur majeur au service d’un
multilatéralisme rénové, de la paix, des droits fondamentaux et de la lutte
contre la pauvreté. Pour ce faire, les écologistes défendent un
renforcement des capacités diplomatiques de l’Union européenne, en
facilitant notamment l’adoption de mesures non militaires comme les
sanctions économiques ciblées, les droits de douanes, le contrôle des flux
de capitaux. Nous souhaitons aussi renforcer la coopération militaire au
niveau européen, avec un nombre plus important de missions extérieures
menées par l’Union européenne.
Doter l’Europe d’une véritable politique extérieure
La politique étrangère et de sécurité commune (PESC) porte des objectifs
ambitieux mais demeure limitée par la difficulté de mettre d’accord les 27
Etats membres de l’Union européenne. Nous défendrons un renforcement
de la diplomatie européenne en augmentant ses moyens et en mettant fin
à la règle de l’unanimité, pour que les décisions ne puissent plus être
bloquées par une poignée d'États membres. Nous soutiendrons un
renforcement du rôle du Parlement européen dans la définition de la ligne
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
diplomatique de l’UE. Toute intervention extérieure au nom de l’UE devra
être soumise à l'aval du Parlement européen.
Apaiser le monde par la diplomatie climatique
Notre vision diplomatique s’articule autour de trois axes : préserver les
ressources de la planète et la paix, renforcer la solidarité, défendre la
démocratie et les droits humains.
Dans un environnement international marqué par de fortes tensions, une
politique de dialogue doit être accompagnée de fermeté et d’influence. La
France confortera son budget de la défense. Sa politique extérieure
s’inscrira dans une Europe de la défense renforcée et un partenariat
transatlantique plus équilibré. Cette approche ne signifie pas un
renoncement aux valeurs. Nous mettrons en place un véritable contrôle
parlementaire sur la politique extérieure et les ventes d’armes.
Le désarmement nucléaire multilatéral sera l’une de nos principales
priorités.Nous réformerons l’aide publique au développement pour préférer
des stratégies de coopération qui mettent les populations au cœur des
dispositifs.
Nous serons à l’avant-garde d’une diplomatie climatique avec les pays les
plus engagés sur la question du réchauffement.
Proposer un Accord de Paris +
Garante de l’Accord de Paris, la France se placera à l'avant-garde de la
diplomatie climatique en réunissant une coalition d’États prêts à prendre
des engagements climatiques contraignants, dite « Accord de Paris + ». Sur
le modèle des coopérations renforcées au sein de l’Union européenne, ces
États coalisés s’engageront à transposer dans leur droit interne les objectifs
climatiques déclarés auprès de la Convention-cadre des Nations unies sur
les changements climatiques. Un premier cercle d’alliés pourra être
constitué de l’UE, de ses États-membres, et d’États dont l’action climatique
est alignée sur les objectifs de l’Accord de Paris.
Adopter un traité de non-prolifération des énergies fossiles
La France proposera à ses partenaires l’adoption d’un Traité de non-
prolifération des énergies fossiles (TNP-EF) pour accélérer la sortie de
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
l’exploitation des énergies carbonées. L’adhésion ouvrira l’accès à une
plateforme plurilatérale de financement de la transition vers les énergies
renouvelables. Nous interdirons dès 2023 l’importation du gaz et pétrole de
schiste ainsi que du pétrole issu des sables bitumineux à l’origine de
catastrophes écologiques par l’instauration d’une certification sur l’origine.
Mettre en place une taxe progressive sur les billets d’avion
La France proposera aux pays du G20 une taxe progressive sur les billets
d’avion sur les vols internationaux afin de limiter le recours au transport par
avion, source croissante d’émissions de gaz à effet de serre. Les ressources
fiscales tirées de ce dispositif contribueront à financer l’adaptation au
changement climatique et la transition énergétique dans les pays du Sud.
Faire du désarmement nucléaire multilatéral une priorité
Nous ferons du désarmement nucléaire multilatéral une priorité du
quinquennat. Au-delà de l’application du Traité de non prolifération
nucléaire (TNP), la France organisera une conférence internationale sur le
désarmement nucléaire en proposant d’élargir le processus P5 (USA,
Russie, France, Royaume-Uni, Chine) à l’Inde, au Pakistan et à Israël.
Réformer les Nations unies
Les agences spécialisées de l’ONU ont un rôle considérable à jouer pour
préserver la sécurité humaine globale. Elles sont néanmoins trop
segmentées et très insuffisamment financées. La France œuvrera à leur
renforcement et augmentera son soutien financier aux agences de l’ONU
dépendantes de contributions volontaires. Nous soutiendrons une réforme
du Conseil de sécurité de l’ONU pour le rendre plus représentatif, légitime et
efficace. Cela implique, notamment, une plus juste représentation des
continents, en particulier de l’Afrique, au sein du Conseil.
Refondre l’Organisation mondiale de la santé
La France proposera une réforme de l’Organisation mondiale de la santé
(OMS) afin de la doter d’un système d’alerte efficace, de pouvoirs
d’enquête contraignants vis-à-vis des États et de moyens financiers
suffisants pour aider les pays les plus pauvres, notamment en cas de
pandémie.
Renforcer l’Organisation internationale du travail
La France proposera de doter l’Organisation internationale du travail (OIT)
de pouvoirs de sanctions à l’égard des Etats qui ne respectent pas ses huit
conventions fondamentales, analogues à ceux dont dispose l’Organisation
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
mondiale du commerce. Elle proposera également de créer dans le cadre
de l’OIT un tribunal international du travail auquel les salariés pourront
avoir recours en cas de manquement à ces conventions fondamentales.
Mettre en place une Organisation mondiale de l’environnement
Pour l’instant, il n’existe dans le système multilatéral aucun équivalent de
l’Organisation mondiale du commerce qui soit en charge de la protection
de l’environnement. Le France proposera d’en créer une et de lui confier la
gestion des différents accords internationaux existants dans ce domaine
en lui octroyant un pouvoir de contrôle et de sanction.
Renforcer la solidarité internationale
Le système dans lequel nous vivons externalise trop souvent les coûts
sociaux et environnementaux de notre mode de vie vers les pays en
développement. Nous lutterons contre les inégalités dues à l’exploitation et
à la dépossession des pays du Sud et protègerons les biens communs.
Nous développerons de nouvelles relations avec les pays les moins
favorisés, en particulier africains, en réformant l’aide publique au
développement pour passer à des stratégies de coopération qui mettent
les populations au cœur des dispositifs.
Cette nouvelle politique de solidarité internationale sera féministe et
respectueuse des droits humains et son budget sera porté à 0,7% du RNB à
la fin du quinquennat.
Passer de “l’aide au développement” à des partenariats solidaires
Les immenses défis à relever afin de respecter les objectifs du
développement durable (ODD) définis par les Nations unies impliquent de
réformer la conception et les orientations de notre “aide au
développement” et de privilégier des partenariats solidaires avec les États,
les collectivités et les populations concernées. Nous nous engagerons en
faveur d’un accès de toutes et tous à la santé, à l’éducation, au travail
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
décent. Nous favoriserons une agriculture locale, respectueuse de
l’environnement et permettant de nourrir correctement les populations.
Nous ferons de l’égalité entre les hommes et les femmes un critère
prioritaire. Nous réformerons l’Agence française de développement et
réorienterons davantage ses actions au profit des dons plutôt que des
prêts, sur la base de critères sociaux, environnementaux et genrés dans la
sélection et le suivi des projets. Nous examinerons les actions financées au
titre de l’aide publique au développement et sortirons de ce champ les
opérations à destination de la France ainsi que celles qui relèvent de la
sécurisation et de l’externalisation des frontières.
Nous augmenterons le budget consacré à la solidarité internationale afin
d’atteindre 1% du Revenu national brut à l’horizon 2030, 0,7% à la fin du
mandat. Dans cet objectif, nous augmenterons la part de la taxe sur les
transactions financières (TTF) affectée à l’aide au développement, et nous
travaillerons à la mise en place d’une TTF européenne pour le
développement.
Cette augmentation sera affectée à l’action humanitaire et aux actions
prioritaires répondant aux objectifs de développement durable,
notamment celles visant à lutter contre le changement climatique, et à
soutenir des projets des sociétés civiles et de la coopération décentralisée.
Pour une solidarité internationale féministe
Les femmes sont surreprésentées parmi les populations les plus pauvres
dans la plupart des régions du monde et sont plus souvent victimes de
violences. Les inégalités hommes-femmes restent considérables à l’échelle
mondiale et les progrès sont trop lents.
Pourtant, la part de l’aide au développement française intégrant l’égalité
de genre se situe aujourd’hui en dessous de la moyenne des pays de
l’OCDE. Pour y remédier, nous développerons dès le début du mandat une
politique de solidarité internationale basée sur une analyse genrée de la
dépense publique et sur des objectifs concrets de promotion de l’égalité
homme- femme.
Engager une initiative européenne pour la santé en Afrique
Alors qu’aujourd’hui elle exerce une « captation des cerveaux »
insupportable vis-à-vis des personnels de santé formés dans les pays du
Sud, la France proposera à ses partenaires européens de mettre au point,
en partenariat avec l’Union africaine, un plan pluriannuel de soutien au
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
développement des systèmes de santé publics de base en Afrique, et une
aide au développement des industries de production de vaccins et de
médicaments sur le territoire africain.
Alléger la dette des pays du Sud
La crise du COVID-19 a beaucoup aggravé l’endettement de nombreux
pays du Sud. La France prendra l’initiative, dans le cadre du G20 et du FMI,
d’un plan d’ampleur d’annulation de la dette COVID des pays pauvres les
plus endettés. Nous veillerons en particulier à ce que la Chine prenne enfin
toute sa part dans ce domaine.
Protéger les migrants climatiques
L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) prévoit 250 millions
de migrants climatiques d’ici 2050. La Convention de Genève qui définit le
statut des réfugiés n’est plus adaptée aux migrations forcées d’aujourd’hui,
aux causes multiples et cumulatives.
Les changements climatiques sont à l’origine de nombreux conflits,
notamment d’accès et d’usage de la terre et de l’eau, qui déstabilisent des
régions et entraînent des violences.
C’est pourquoi nous devrons les prendre en compte lors de l’examen des
demandes d’asile et développer de nouveaux instruments : visas
humanitaires et visas spéciaux pour les déplacés climatiques.
Des partenariats rééquilibrés
En coordination avec nos partenaires européens, nous défendrons nos
intérêts et nos valeurs en cherchant constamment à limiter les tensions en
inscrivant nos relations dans le cadre d’un multilatéralisme rénové
intégrant les contraintes écologiques, les valeurs démocratiques et le
respect des droits sociaux et humains.
Renouer les liens entre les deux rives de la Méditerranée
Des liens historiques, commerciaux et culturels unissent depuis des
millénaires les deux rives de la Méditerranée. Au cours des dernières
décennies cependant, cette mer est devenue une barrière de plus en plus
infranchissable.
Nous inverserons cette tendance en sortant des logiques post-coloniales,
en développant un dialogue, respectueux et coopératif, entre les pays du
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
nord et du sud de la Méditerranée occidentale, sans négliger les questions
difficiles, pour promouvoir la paix, la réduction des inégalités, la transition
écologique et la protection des biens communs.
Nous privilégierons pour cela le format « 5+5 » - Espagne, France, Italie,
Malte, Portugal, Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie et Tunisie -, qui est le plus
adapté aux réalités de la région, et organiserons dans ce cadre un sommet
des chefs d’État et de gouvernement, dès 2023.
Sahel : européaniser nos modes d’action et mettre l’accent sur le
développement
Nous renforcerons la coopération avec nos partenaires africains afin qu’ils
puissent prendre en charge la gestion de la sécurité de leur continent, dont
ils doivent être les premiers garants, en clarifiant les conditions de notre
appui. Parallèlement, une présidence écologiste renforcera
“l’européanisation” de Barkhane et de l’ensemble des outils de notre
coopération militaire, y compris les bases de nos forces prépositionnées,
pour impliquer davantage nos partenaires dans la stabilisation du Sahel.
Cependant il ne sera possible de sortir durablement de la crise actuelle
qu'en replaçant le développement économique et social, la lutte contre la
corruption, le retour de l’État de droit et l’accès aux services de base au
centre des stratégies de stabilisation de la région. La France doit
impérativement faire évoluer son approche, aujourd'hui trop centrée sur le
militaire, pour aider à mieux répondre aux besoins immédiats des
populations par une meilleure coordination de l’aide internationale et la
prise en compte des dynamiques sociales locales.
Stabiliser les relations avec la Russie
La politique agressive de la Russie suscite, à nos portes, des inquiétudes
majeures en Europe. La sécurité des Européens et Européennes, ne peut
être déléguée à d’autres : c’est à nous de nous protéger efficacement des
actions et des menaces de Vladimir Poutine tout en trouvant un modus
vivendi durable avec ce grand voisin.
Il nous faudra prendre en compte à la fois les craintes de la Russie, et le
strict respect de l’indépendance et des aspirations des pays d’Europe
centrale et orientale. Nous réduirons la dépendance de l’Europe aux
exportations de gaz russe et nous nous opposerons au projet Nord Stream
2 qui vise également à contourner l’Ukraine et à affaiblir sa souveraineté.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Tout en s’élevant sans faiblesse face aux ingérences et aux tentatives de
déstabilisation du pouvoir russe, la France proposera à ses partenaires
européens d’œuvrer sans délai à la définition d’un cadre de relations stable
et pérenne avec la Russie permettant de développer à nouveau les
échanges et les coopérations au bénéfice des populations.
Briser le cercle vicieux des relations entre l’Europe et la Turquie
Le double langage des Européens, et notamment des gouvernements
français, vis-à-vis de la Turquie, candidate à l’adhésion à l’Union
européenne depuis… 1987 et la montée des mouvements hostiles à l’islam
en Europe ont en retour nourri la montée de l’intégrisme islamiste en
Turquie et le retour à un nationalisme et un impérialisme agressif. Il faut
d’urgence briser ce cercle vicieux et trouver un modus vivendi avec notre
grand voisin turc.
Tout en s’opposant fermement à toutes les initiatives conflictuelles de la
Turquie en Méditerranée orientale, à Chypre, en Libye ou ailleurs et en
défendant les droits humains en Turquie, la France proposera à ses
partenaires européens d’établir avec la Turquie un partenariat
d’association particulièrement étroite, en approfondissant en particulier
l’Union douanière.
Chine : trouver le juste équilibre
La Chine cherche à étendre son influence au-delà de son étranger proche,
notamment en Afrique, et inquiète donc le reste du monde. Sa puissance
économique est mise au service de ses objectifs géopolitiques et de
l’exportation de son modèle politique.
Elle s’affirme par son entrisme dans les institutions internationales, sa
volonté de consolider son intégrité territoriale et de réunifier la Chine, la
montée en puissance de son armée, le déploiement des “nouvelles routes
de la soie” quitte à accroître l’endettement des pays concernés.
Il conviendra, pour la France et l’Union européenne, de trouver un juste
équilibre entre d’une part la défense sans concession de nos intérêts
(diplomatiques, militaires, commerciaux) et de nos valeurs, et d’autre part
la recherche d’un dialogue permettant de faire avancer les sujets d’intérêt
commun, et notamment la lutte contre le changement climatique.
Nous défendrons un multilatéralisme ancré dans les principes
démocratiques et le respect des droits humains.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
La politique de défense au temps de l'écologie et
de la diplomatie climatique
Face aux nouvelles menaces, il faut repenser nos outils et consolider notre
politique de défense.
Nos principales lignes directrices seront la recherche de la paix et la
protection des droits humains grâce au renforcement de la défense
européenne et à un partenariat transatlantique plus équilibré, ainsi qu’un
véritable contrôle parlementaire sur la politique extérieure et les ventes
d’armes.
Nous maintiendrons les moyens budgétaires de la défense et l’adapterons
aux impératifs de la transition écologique.
Renforcer le contrôle parlementaire sur les exportations d’armes
La France doit améliorer son système de contrôle des exportations
d’armements. Nous créerons une délégation parlementaire bicamérale
dédiée pour contrôler les exportations d’armes vers les pays extra-
européens.
Un débat annuel en séance plénière aura lieu au Parlement, à partir d’un
rapport transparent sur les exportations d’armements de la France. Enfin,
nous proposerons à nos partenaires européens de renforcer les règles
communautaires actuelles, en remplaçant la simple “position commune
sur les exportations d’armes” par un texte juridiquement contraignant.
Cela doit contribuer à donner une place centrale au respect des droits
humains fondamentaux dans les alliances européennes.
Maintenir l’effort budgétaire en le réorientant
Les écologistes constatent la dégradation de la situation sécuritaire
mondiale.
Des États de plus en plus nombreux s’affranchissent du droit international,
parfois en ayant recours à la force. De plus, les domaines de conflictualité
s’étendent dans de nouveaux espaces, que ce soit le numérique, l’exo-
atmosphérique ou le maritime. Si la réponse militaire n’est jamais
suffisante en soi, elle reste plus que jamais nécessaire pour protéger nos
concitoyens et nos intérêts.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
De surcroît, la problématique de la sécurité environnementale devient de
plus en plus prégnante, que ce soit à travers le pillage à grande échelle des
ressources halieutiques mondiales, l’augmentation de la fréquence et de la
violence des évènements climatiques, ou encore les déplacements de
populations engendrés par la montée du niveau des océans.
C’est pourquoi nous maintiendrons la trajectoire budgétaire prévue par la
Loi de programmation militaire en vigueur. En parallèle, nous élaborerons
un nouveau Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale et
préparerons une nouvelle Loi de programmation militaire.
L’objectif sera d’adapter notre stratégie de défense aux défis posés par le
changement climatique et de réduire la dépendance des armées aux
énergies fossiles tout en renforçant la formation et la protection de nos
soldats.
Rééquilibrer le partenariat transatlantique en renforçant l’Europe de la
défense
Le retrait chaotique d’Afghanistan et l’affaire des sous-marins australiens
ont confirmé la nécessité de rééquilibrer le partenariat entre les États-Unis
et l’Europe sur le terrain de la défense. Les récentes menaces russes
soulignent également cette urgence.
Dans le respect de nos alliances, il nous faut renforcer l’autonomie
stratégique européenne et réduire la dépendance des États membres de
l’Union européenne à l’égard des États-Unis dans le domaine de la défense.
La France soutiendra la constitution d’une force européenne commune de
déploiement de 5000 hommes. Elle pèsera également en faveur d’une
harmonisation accrue des équipements des armées européennes
associée à une priorité donnée aux fournisseurs européens.
Nous poursuivrons l’initiative européenne de constituer « un noyau dur »
d’États membres pour renforcer la capacité d’intervention commune, et
contribuerons au renforcement des outils structurels de défense actuels, tel
le Fonds européen de défense (FED), pour assurer leurs succès. Ces
avancées doivent nous rapprocher de l’objectif d’une défense européenne.
Contre la privatisation des guerres, les robots tueurs et la guerre spatiale
La France proposera à ses partenaires internationaux la négociation de
traités pour lutter contre le mercenariat et limiter les activités des sociétés
militaires privées, interdire les usages militaires de l’espace et encadrer
strictement celui de “robots tueurs”.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Du libre-échange au juste échange
La mondialisation insuffisamment régulée a favorisé depuis 40 ans le
dumping social et environnemental et la désindustrialisation de la
France et de l’Europe.
Avec un gouvernement écologiste, la France réorientera le
commerce extérieur pour le mettre au service de la transition
écologique et solidaire.
Nous œuvrerons pour un juste échange, troisième voie entre le libre-
échange et le protectionnisme, synonyme de repli sur soi.
Renégocier les accords commerciaux et d’investissement
La France mettra en place un moratoire sur la signature de tous les
accords de commerce en cours de négociation ou de ratification,
notamment le CETA et l’accord avec le Mercosur. La France ne signera plus
d’accord tant que des clauses sociales et environnementales
contraignantes et contrôlables ne seront pas intégrées dans les différents
accords. Quand un partenaire commercial déviera de la trajectoire de
réduction de gaz à effet de serre sur laquelle il s’est engagée ou ne
respectera pas l’une des huit conventions fondamentales de l’OIT, la France
demandera que l’accord soit suspendu partiellement ou dans sa totalité.
Mettre un terme aux tribunaux d’arbitrage privés
Sur la durée du quinquennat, la France dénoncera tous les accords
bilatéraux et multilatéraux qui ouvrent la possibilité aux investisseurs
étrangers d’attaquer des politiques publiques devant des tribunaux
d’arbitrage privés, à commencer par le traité sur la charte de l’énergie.
Sanctionner les États qui tournent le dos au climat ou aux droits humains
La France demandera que soit mis en place à l’échelle européenne un
régime de sanctions commerciales contre les Etats qui tournent le dos à
leurs engagements climatiques, tout en renforçant celles relatives aux
droits humains.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Il s’agira notamment d’interdire le marché européen aux produits ne
respectant pas les huit conventions fondamentales de l’OIT, en particulier
celles concernant le travail des enfants, le travail forcé et les droits
syndicaux.
Mettre en place un “Buy european act”
Nous demanderons de mettre en place un Buy european act au niveau
européen, pour pouvoir intégrer dans les marchés publics des critères de
production locale comme le fait le reste du monde, contrairement à
l’Europe.
Bloquer les importations de produits qui ne respectent pas les droits
humains
La France portera la mise en place d’une réglementation européenne qui
permette d’interdire l’accès au marché européen de produits fabriqués
tout ou partie dans des zones où il existe du travail forcé ou du travail des
enfants, les Ouïghours en Chine étant un exemple emblématique.
Instaurer un Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières efficace
La France soutiendra l’instauration rapide d’un Mécanisme d’ajustement
carbone aux frontières (MACF) européennes, afin de limiter les fuites de
carbone et les délocalisations vis-à-vis de tous les pays dont les
engagements dans le cadre de l’Accord de Paris ne sont pas en ligne avec
les 1,5 °C ou ne sont pas respectés.
Ce mécanisme devra être combiné à une hausse significative du prix du
carbone sur le marché des quotas européens et à la suppression complète
des quotas gratuits.
Un devoir de vigilance des multinationales exigeant
Nous plaiderons en faveur d’une directive européenne ambitieuse
imposant un devoir de vigilance aux entreprises multinationales en matière
de respect des droits humains, sociaux et environnementaux dans leurs
chaînes d’approvisionnement.
Cette directive devra en particulier prévoir une redevabilité judiciaire des
entreprises et de leurs dirigeants. Au-delà d’une directive européenne,
nous porterons également la conclusion d’un instrument juridique
international contraignant au sujet du respect des droits humains par les
entreprises.
Renforcer la lutte contre les paradis fiscaux
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
La France proposera que les relations financières et commerciales soient
coupées avec tous les États et institutions qui ne respectent pas des
conditions élevées de transparence, y compris sur les trusts, et d’échanges
d’informations avec l’Union européenne et ses États membres en matière
fiscale.
Renforcer la protection des entreprises européennes
En complément d’une vigilance accrue au niveau national, la France
proposera à ses partenaires d’étendre le champ des activités concernées
et de renforcer les mécanismes de contrôle des investissements extra-
européens au sein de l’Union européenne, en particulier dans tous les
services publics de base et les domaines liés à un accès potentiel aux
données des Européens.
Encadrer les importations européennes
Les besoins de l’industrie en matières premières, matériaux ou composants
devront répondre aux principes du commerce équitable avec les pays
producteurs. Toute la chaîne devra être respectueuse de l’humain, du
vivant et du climat. La Commission européenne a présenté une proposition
de règlement pour garantir que les produits importés en Europe
n’aggravent pas la déforestation. Sont concernés le soja, la viande de
bœuf, l’huile de palme, le bois, le cacao et le café, ainsi que certains
produits dérivés comme le cuir, le chocolat et les meubles.
Nous proposerons de renforcer ce projet en prenant en compte la
dégradation d’autres écosystèmes naturels comme la mangrove ou la
savane.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
7. Le financement du projet des
écologistes
Le projet écologiste porte une vision de transformation de la société qui
implique une action résolue de tous les échelons de l’intervention publique,
depuis l’Europe jusqu’aux collectivités locales.
C’est un projet équilibré et budgétairement soutenable. Nos ambitions en
matière de soutien aux services publics, de santé, de protection sociale,
d’accompagnement de la transition et de lutte contre la pauvreté sont
entièrement autofinancées par la réorientation de dépenses existantes et
le recours à une fiscalité juste.
La dette que nous souscrirons, à hauteur prévisionnellement de 22 Mds€,
ne visera qu’à investir sur les infrastructures d’une société décarbonée, elle
sera sortie des modalités de calcul du déficit à l’échelle européenne.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Le différentiel entre les recettes et les dépenses correspond à l'emprunt
contracté. Le montant de ce dernier dépend à la fois des mesures prises en
recettes et en dépenses, mais également du dynamisme des recettes
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
fiscales liées à l'activité économique.
Une fiscalité qui protège les plus démunis et accentue la contribution des
plus riches
Nous utiliserons le levier fiscal pour réparer le modèle social français,
marqué par l’explosion des inégalités. Nous créerons un ISF climatique,
dont les taux seront modulés en fonction d’un bonus/malus qui tiendra
compte de la nature des actifs détenus. L’impôt sur le revenu et la fiscalité
des successions seront rendus plus progressifs pour que chacun contribue
réellement selon ses capacités. La TVA sera modulée pour soutenir les
filières socialement et écologiquement responsables, et sanctionner les
autres. Enfin, les impôts sur la production seront rétablis à leur niveau
d’avant la crise COVID.
Seul l’investissement dans la transition est financé par l’emprunt.
Loin de créer davantage de déficit, notre projet améliore la situation
budgétaire de la France en 2027 par rapport à la trajectoire budgétaire
actuellement prévue par le gouvernement.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Notre projet de justice sociale remet en cause les cadeaux fiscaux aux plus
riches, financés par l’emprunt de tous les Français.
Notre endettement prévisionnel en fin de quinquennat est plus faible que
dans les prévisions actuelles du gouvernement.
Un plan d’investissement pour une transition écologique juste
Nous investirons 25 Md€ par an dans les infrastructures de la transition
écologique afin d’améliorer leur efficacité, de les moderniser et de les
rendre accessibles au plus grand nombre, et dans la préparation de la
société au réchauffement climatique.
Ce plan se concrétisera selon quatre axes :
• Une priorité absolue donnée à la performance énergétique, à travers
les travaux conduits sur des bâtiments publics, la relance de la
construction dans le parc social et les dispositifs massifs
de soutien à la rénovation globale des logements dans le parc
privé ;
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
• La mobilité durable qui repose sur le développement des transports
en commun en milieu urbain et l’investissement dans les
infrastructures ferroviaires et cyclables. Nous soutiendrons
également l’émergence d’une filière française du véhicule
électrique.
• La transition du secteur de l’énergie vers un modèle 100 % ENR. Cette
dernière supposera de développer massivement les infrastructures
de production d’énergie renouvelable, mais également, pour ce
quinquennat, de continuer à faire fonctionner dans des conditions de
sécurité satisfaisantes les centrales nucléaires existantes.
• L’adaptation de notre société à la hausse des températures à
hauteur de 1,5 degrés, dont les conséquences sur nos modes de vie
seront déjà importantes.
Des protections renforcées et un projet d’émancipation des individus
Nous prenons l’engagement de ne laisser aucun citoyen vivre sous le seuil
de grande pauvreté de 918 € par mois. Pour cela nous créons un revenu
citoyen à partir de 18 ans pour tous porté à ce montant. Il est également
porteur d’un projet d’émancipation pour la jeunesse qui ne dépendra plus
financièrement de ses parents.
Nous renforçons les sécurités sociales dans les secteurs du handicap, de la
dépendance, des retraites et du chômage. Nous protègerons mieux les
femmes victimes de violence en dédiant 1Md€ à ce combat. Nous
réformerons notre politique familiale pour mieux l’adapter aux enjeux de
notre temps.
Nous accompagnerons les secteurs économiques touchés par la
transition. De nombreux dispositifs publics viennent encourager des
pratiques incompatibles avec nos objectifs climatiques : ils seront stoppés,
et remplacés par des dispositifs d’accompagnement des secteurs
concernés pour effectuer les changements indispensables de leurs
modèles économiques.
Des services publics renforcés et reconsidérés
L’école, l’université, l’hôpital, la justice… les services publics ont été abîmés
par des années de gestion de la rareté et de déconsidération. La crise
COVID a pourtant montré à quel point ils étaient essentiels, en particulier
pour ceux qui ont le moins.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
Nous créerons des postes dans ces secteurs, améliorerons la formation des
agents et leurs conditions de travail pour offrir un service de qualité à
toutes et tous. Nous procéderons à une revalorisation immédiate du point
d’indice et revaloriserons les carrières, en particulier dans les métiers de
l’école et du soin.
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
8. Comment le projet porté par
Yannick Jadot a-t-il été co-
construit ?
Le projet écologiste en 4 chiffres
• 2 années de co-construction permanente avec la société civile
• Plus de 10 000 contributions au projet
• 9000 heures de remue-méninges
• 400 expert·es
Il paraît que les écologistes avaient un demi-siècle d'avance. Pour la
présidentielle, ça commence en 1974 avec René Dumont (archive INA) !
Depuis, les gouvernements productivistes et anti-climatiques se sont
succédés. Les marches pour le Climat de 2018 ont réveillé la société civile.
Depuis 2020, plus de 10 000 personnes ont contribué à l’élaboration du
projet, 400 expert·es, à travers 3 grandes étapes.
Pendant les journées d’été des écologistes de 2020, plus de 63 ateliers
thématiques ont été organisés pour aborder l’écologie politique en
profondeur, sous tous les angles. Ces ateliers permettent à des acteurs
associatifs, des citoyens et des citoyennes engagés de partager leurs
combats et leurs préoccupations.
Dès avril 2021, des espaces d’expression auprès de la société civile ont été
créés à travers une plateforme participative “Les Écologistes 2022”, créée
pour accueillir plusieurs milliers de contributions.
Validation, priorisation et vote du socle, le projet des écologistes a été
adopté le 16 septembre 2021.
L’une des devises des écologistes, c’est : “Le projet avant la personne”.
Yannick Jadot, gagnant de la primaire des écologistes, a tout de suite
rassemblé les soutiens au projet écologiste au sein d'un conseil politique.
Dès octobre 2021, 14 groupes d'experts et expertes thématiques ont été
constitués, rassemblant les différentes sensibilités du pôle écologiste. 400
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PROGRAMME DES ÉCOLOGISTES
personnes se sont investies dans la campagne avec leur expertise
technique, sur leur métier, leur quotidien. Nous sommes arrivés à un paquet
de 200 mesures prioritaires.
Puis, un groupe de travail “Chiffrage et budgétisation” s’est concentré sur la
faisabilité de nos mesures avec ces 2 questions :
• Quel est le coût de nos mesures ?
• Comment les financer ?
Yannick Jadot a organisé des auditions et des rencontres auprès de
syndicats, d’entreprises et d'associations pour affiner nos mesures.
Les écologistes proposent un projet précis, calculé et cohérent.
Précis, car chaque mot a son importance.
Calculé, car le changement climatique nous demande de la rigueur.
Cohérent, car l’écologie politique, la justice sociale et la démocratie
forment le socle de l'écologie.
Des citoyens et citoyennes, des organisations civiles, des associations, des
ONG : la société civile a été écoutée sur l’ensemble des étapes du projet.
La démocratie de demain doit se construire sur une plus grande
participation des citoyennes et citoyens, non pas une fois tous les 5 ans au
moment du vote, mais tout au long de l’élaboration des réformes, des lois,
etc. Cela commence par le projet : https://nosvoix.jadot2022.fr/
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