Proiect cofinanţat din Fondul Social European prin Programul Operaţional Sectorial Dezvoltarea Resurselor Umane 2007-2013
Investeşte în oameni!
Formarea profesională a cadrelor didactice
din învăţământul preuniversitar
pentru noi oportunităţi de dezvoltare în carieră
LANGUE FRANÇAISE
CONTEMPORAINE.
LA SYNTAXE
Elisabeta NICOLESCU
Program de conversie profesională la nivel postuniversitar
pentru cadrele didactice din învăţământul preuniversitar
Specializarea FRANCEZĂ
Forma de învăţământ ID - semestrul II
2011
© 2011 Acest manual a fost elaborat în cadrul "Proiectului pentru
Învăţământul Rural", proiect co-finanţat de către Banca Mondială,
Guvernul României şi comunităţile locale.
Nici o parte a acestei lucrări nu poate fi reprodusă fără acordul
scris al Ministerului Educaţiei, Cercetării, Tineretului şi Sportului.
ISBN 973-0-04103-2
Table des matières
TABLES DES MATIÈRES
Introduction 1
Listes des abréviations 4
A. Syntaxe de la phrase simple
1. Unités de l'analyse syntaxique. Catégories, rapports, relations 5
Les objectifs de l'unité d'apprentissage 1 5
1.1 L'objet d'étude de la syntaxe. Unités syntaxiques 6
1.1.1 Niveaux d'analyse et disciplines linguistiques 6
1.1.2 Unités syntaxiques hiérarchiques 7
1.2 La phrase – unité de base de la description syntaxique 8
1.2.1 Le concept grammatical de phrase 8
1.2.2 Le «modèle» syntaxique de la phrase 9
1.2.3 Les deux membres de la phrase noyau 10
1.2.4 Formes de surface d'une phrase 14
1.2.5 Phrase simple et phrase complexe 15
1.2.6 Subordination et phrase complexe 15
Test d'autoévaluation 15
1.3. L'expression linguistique des constituants de phrase 18
1.3.1 La notion de groupe syntaxique de mots 18
1.3.2 Fonctions syntaxiques à l'intérieur du groupe verbal 20
1.3.3 Conclusions sur la phrase (minimale et étendue) 20
Les clés du test d'autoévaluation 21
Test de contrôle 1 22
Références bibliographiques 23
2. Constituants obligatoires de la phrase nucléaire: le sujet et la prédication 24
Les objectifs de l'unité d'apprentissage 2 24
2.1 Le sujet et son expression 24
2.1.1 Notions introductives. Types de sujets 24
2.1.2 La réalisation linguistique du sujet 28
2.1.3 La place du sujet dans la phrase 32
Test d'autoévaluation 35
2.2 La prédication verbale 36
2.3 La prédication nominale 37
2.3.1 Termes de base de la prédication nominale 37
2.3.2 Les verbes attributifs 38
2.3.3 La réalisation linguistique de l'Attribut 39
2.3.4 Les valeurs sémantiques de la prédication attributive 40
2.4 L'accord avec le sujet dans la phrase à prédication verbale et nominale 40
Les clés du test d'autoévaluation 42
Test de contrôle 2 43
i
Table des matières
Références bibliographiques 44
3. Structure des constituants de phrase (i): la détermination du nom 45
Les objectifs de l'unité d'apprentissage 3 45
3.1 Le nom et sa détermination 46
3.1.1 La mise en discours du nom 46
3.1.2 La structure du groupe nominal 47
3.2 La réalisation linguistique des déterminants du nom 48
3.2.1 Déterminants du nom d'après leur type syntaxique 48
3.2.2 Déterminants du nom d'après leur sens 48
3.2.3 L'épithète. Le complément du nom. L'apposition 49
Test d'autoévaluation 51
3.3 La proposition relative 52
3.3.1 Définition et formation de la relative 52
3.3.2 Paramètres d'analyse d'une proposition relative 55
3.3.3 Les noms opérateurs d'une proposition conjonctive 65
Les clés du test d'autoévaluation 66
Test de contrôle 3 67
Références bibliographiques 68
4. Structure des constituants de phrase (ii): la syntaxe du verbe;
la syntaxe de l'adjectif et de l'adverbe 69
Les objectifs de l'unité d'apprentissage 4 69
4.1 Structure du GV d'après le type syntaxique du verbe pivot 70
4.2 Constructions intransitives. Sous-classes de verbes intransitifs 70
4.3 Construction transitives simples 73
4.3.1 Types de groupe verbal ayant comme pivot un verbe transitif 73
4.3.2 La double (ou la multiple) valence d'un verbe transitif 73
4.3.3 Construction avec verbes transitifs 74
4.4 Constructions transitives complexes: structures à verbe opérateur 78
4.4.1 Propriétés générales des constructions opératrices 78
4.4.2 Propositions complétives 80
Test d'autoévaluation 82
4.4.3 Sous-classes de verbes opérateurs 83
4.5 Groupe adjectival et groupe adverbial 85
4.5.1 Syntaxe de l'adjectif 86
4.5.2 Syntaxe de l'adverbe 87
Les clés du test d'autoévaluation 88
Test de contrôle 4 89
Références bibliographiques 90
5. Structure des constituants de phrase (iii): la pronominalisation 91
Les objectifs de l'unité d'apprentissage 5 91
5.1 Généralités sur la pronominalisation 92
5.1.1 La fonction substitutive des pronoms 92
5.1.2 Sous-classes de pronoms et leurs catégories grammaticales 93
5.1.3 La personne – catégorie grammaticale et référentielle 94
5.1.4 Le pronom personnel et la pronominalisation 96
5.1.5 La notion de pronom clitique 98
ii
Table des matières
5.2 La pronominalisation des principales positions syntaxiques 98
Test d'autoévaluation 105
5.3 Remarques sur la phrase minimale contenant des clitiques 107
5.3.1 Les pronoms personnels coréférentiels avec le sujet 107
5.3.2 Y et EN, substituts pour des groupes prépositionnels 108
5.3.3 Combinaisons de pronoms clitiques dans la phrase minimale 109
Les clés du test d'autoévaluation 112
Test de contrôle 5 112
Références bibliographiques 114
6. Les constituants facultatifs de la phrase: les circonstants 114
Les objectifs de l'unité d'apprentissage 6 114
6.1. Définition générale des circonstants 116
6.1.1 Réalisation linguistique des circonstants 117
6.1.2 Cumul des déterminations circonstancielles dans la phrase 117
6.1.3 Diversité sémantique des circonstants 118
6.1.4 Propriétés syntaxiques générales des circonstants 121
6.2. Types de circonstants 123
6.2.1 Classification générale 123
6.2.2 Une sous-classe hétérogène: le circonstant de manière 125
Test d'autoévaluation 130
6.2.3 Le circonstant temporel 131
6.2.4 Le circonstant spatial 133
Les clés du test d'autoévaluation 134
Test de contrôle 6 135
Références bibliographiques 136
B. Du modèle de la phrase aux énoncés de surface
7. Tours de phrase. La phrase modalisée 137
Les objectifs de l'unité d'apprentissage 7 137
7.1 La phrase modalisée: son statut énonciatif, logique et modal 138
7.1.1 Actes et modalités de discours 138
7.1.2 Modalités d'énoncé: phrase neutres ou marquées 140
7.1.3 Modalités superposées 143
7.2 Les modalités de phrase ou d'énonciation 145
7.2.1 La phrase assertive 145
7.2.2 La phrase interrogative 145
Test d'autoévaluation 152
7.2.3 La phrase impérative 153
7.2.4 La phrase exclamative 154
7.3 La modalité logique de la phrase : phrase affirmative/ négative 156
Les clés du test d'autoévaluation. 158
Test de contrôle 7 158
Références bibliographiques 159
8. De la phrase simple à la phrase complexe. Structure des énoncés de surface 160
Les objectifs de l'unité d'apprentissage 8 160
iii
Table des matières
8.1. La phrase complexe 161
8.1.1 Rapports syntaxiques dans la phrase complexe 161
8.1.2 Réalisation linguistique de la phrase complexe 163
8.1.3 Classification générale des phrases complexes 165
8.2. La phrase complexe réalisée par enchaînement syntaxique 167
8.2.1 La phrase complexe réalisée par juxtaposition 167
8.2.2 La phrase complexe réalisée par coordination 171
Test d'autoévaluation 174
8.3 La phrase complexe réalisée par enchâssement: la subordination 176
8.3.1 Proposition principale et proposition subordonnée 176
8.3.2 Critères de description des propositions subordonnées 176
8.3.3 Classification des propositions subordonnées 178
8.3.4 Subordonnées construites avec mot subordonnant 179
Les clés du test d'autoévaluation 180
Test de contrôle 8 181
Références bibliographiques 182
C. Syntaxe de la phrase complexe
9. La subordonnée circonstancielle temporelle 183
Les objectifs de l'unité d'apprentissage 9 183
9.1. Définition et valeurs de la phrase temporelle 184
9.2. L'ordre temporel et l'ordre séquentiel dans la phrase temporelle 186
9.3. Paramètres linguistiques dans la phrase temporelle 188
9.3.1. Mots subordonnants, introduisant la proposition temporelle 188
9.3.2. Sens de base et emploi des mots subordonnants temporels 194
Test d'autoévaluation 195
9.4. Principaux types de phrase temporelle: 196
– la phrase marquant le rapport d'antériorité 196
– la phrase marquant les rapports de simultanéité ou de postériorité 198
9.5. La subordonnée temporelle réduite 200
Idées à retenir 203
Les clés du test d'autoévaluation 203
Test de contrôle 9 204
Références bibliographiques 205
10. La subordonnée circonstancielle de cause 206
Les objectifs de l'unité d'apprentissage 10 206
10.1. Définition du rapport logique de cause 207
10.2 L'ordre temporel et l'ordre séquentiel 208
10.3 Réalisation linguistique de la proposition causale 208
10.3.1 Conjonctions et locutions conjonctives introduisant la cause 208
Test d'autoévaluation 216
10.3.2 Choix de la forme verbale (mode, temps) 217
10.3.3 Tours de phrase particuliers marquant la cause 219
10.3.4 La subordonnée circonstancielle de cause réduite 221
Idées à retenir 222
Les clés du test d'autoévaluation 223
Test de contrôle 10 224
iv
Table des matières
Références bibliographiques 225
11. La subordonnée circonstancielle finale 226
Les objectifs de l'unité d'apprentissage 11 226
11.1 Rapport logico-sémantique marqué par la proposition finale 227
11.2 Caractéristiques générales de la phrase à subordonnée finale 229
11.2.1 L'ordre temporel dans la phrase à proposition finale 229
11.2.2 L'ordre séquentiel dans la phrase à proposition finale 229
11.2.3 L'élément régissant une proposition finale 230
11.3 Réalisation linguistique de la proposition finale 234
11.3.1 Principales valeurs discursives 234
11.3.2 Mots subordonnants 234
Test d'autoévaluation 237
11.3.3 Choix du mode personnel dans la proposition finale 238
11.3.4 La subordonnée finale réduite à l'infinitif 239
Idées à retenir 243
Les clés du test d'autoévaluation 243
Test de contrôle 11 244
Références bibliographiques 245
12. La subordonnée circonstancielle consécutive 246
Les objectifs de l'unité d'apprentissage 12 246
12.1 La conséquence: rapport logique et argumentation discursive 247
12.2 Caractéristiques générales de la phrase exprimant une conséquence 248
12.2.1 Cohésion syntaxique et cohérence interprétative 248
12.2.2 L'ordre temporel et l'ordre séquentiel 250
Test d'autoévaluation 253
12.3 Réalisation linguistique de la proposition consécutive 254
12.3.1 Valeurs sémantiques de la proposition consécutive 254
12.3.2 Corrélatifs et mots subordonnants 255
12.3.3 Les tours de phrase exprimant une conséquence 259
12.3.4 La subordonnée consécutive réduite à l'infinitif 262
12.3.5 Choix du mode personnel dans la proposition consécutive 262
Idées à retenir 265
Les clés du test d'autoévaluation 266
Test de contrôle 267
Références bibliographiques 268
13. La subordonnée circonstancielle concessive 269
Les objectifs de l'unité d'apprentissage 13 269
13.1 Caractéristiques générales de la phrase à proposition concessive 270
13.2 Subordonnées concessives à mode personnel 274
13.2.1 La proposition concessive portant sur un fait réel 274
13.2.2 La concession hypothétique 277
13.2.3 L'opposition entre deux faits indépendants 278
13.2.4 Concessives qui portent sur l'identité d'un objet de discours
ou sur son indétermination qualitative/ quantitative 279
13.2.5 Concessives qui montrent l'exception et la restriction 283
v
Table des matières
Test d'autoévaluation 283
13.3. Les subordonnées concessives réduites 285
13.4 Autres formes d'expression de la concession 286
Idées à retenir 288
Les clés du test d'autoévaluation 288
Test de contrôle 13 289
Références bibliographiques 290
14. La subordonnée circonstancielle hypothétique (conditionnelle) 291
Les objectifs de l'unité d'apprentissage 14 291
14.1 Caractéristiques générales de la phrase conditionnelle 292
14.1.1 Rapport logico-sémantique d'hypothèse 292
14.1.2 L'expression de l'hypothèse: formes et valeurs 292
14.1.3 La systématique des types de phrase hypothétique 293
14.2 L'ordre temporel et l'ordre séquentiel dans la phrase conditionnelle 296
14.3 La réalisation linguistique de la phrase hypothétique 297
14.3.1 Moyens d'expression du rapport hypothétique 297
14.3.2 La conditionnelle introduite par la conjonction SI 298
14.3.3 La conditionnelle introduite par d'autres mots que SI 299
Test d'autoévaluation 301
14.3.4 Réalisations particulières de la phrase conditionnelle 308
Idées à retenir 309
Les clés du test d'autoévaluation 310
Test de contrôle 14 310
Références bibliographiques 311
Conclusion sur la phrase complexe 312
Bibliographie sélective 313
vi
Introduction
INTRODUCTION
Le cours de syntaxe française s'adresse aux étudiants de la
deuxième année. Il trouve sa place à côté des autres cours de
langue française, en particulier après le cours de Phonétique et
orthographe françaises et le cours de Morphologie.
Son objectif est de décrire les relations syntaxiques au niveau
de la phrase type et de l'énoncé réalisé.
Le cours comprend 14 unités d'apprentissage. Les six unités de
la première section sont consacrées à la phrase simple et s'occupent
des groupes: nominal, verbal, adjectival, adverbial, ainsi que des
fonctions syntaxiques structurées autour du pivot verbal de la phrase:
sujet, attribut, compléments et circonstants, et de la pronominalisation
de ces constituants.
Dans une section médiane, deux unités d'apprentissage
présentent les tours de phrase et la phrase modalisée, ainsi que la
mise en rapport des phrases dans des structures de coordination ou
de subordination.
La troisième section s'occupe de la phrase complexe, en
présentant dans six unités d'apprentissage les différentes
subordonnées circonstancielles: temporelle, causale, finale,
consécutive, concessive (oppositive), hypothétique (conditionnelle).
Un test d'évaluation est inséré dans chaque unité
d'apprentissage. Les espaces blancs à l'intérieur de ce test sont
réservés à votre intervention écrite. Pour vérifier vos réponses, vous
devez consulter la rubrique Clés du test d'autoévaluation.
Des instructions concernant la transmission des tests de contrôle
(étudiant ↔ tuteur) figurent en tête de chaque test. Vous trouvez ces
tests de contrôle à la fin des unités d'apprentissage.
L'évaluation finale de chaque étudiant au cours de syntaxe
sera concrétisée dans une note, moyenne calculée en prenant en
compte la note obtenue à l'épreuve écrite administrée lors de
l'examen final (qui a un poids de 60% dans la note pour l'évaluation
finale) et la note obtenue au contrôle continu (qui compte pour 40%
dans l'évaluation finale).
Chaque aspect syntaxique est décrit dans un paragraphe
thématique. Les exercices proposés se rapportent à l'une des règles
spécifiques; pour chaque type d'exercice, il faudra identifier avant tout le
problème syntaxique, ensuite se rapporter aux divisions thématiques de
chaque unité d'apprentissage, aux sous-divisions ou aux paragraphes
qui décrivent les règles dont dépend la solution de l'exercice. Parfois, la
solution des exercices est facilitée par la consultation d'un bon
dictionnaire de langue française, car les constructions syntaxiques ont à
la base un matériau lexical qui doit être maîtrisé. En particulier, les
dictionnaires de constructions verbales sont vivement recommandés,
1
Introduction
car ils font un recensement extensif des types de construction dont ce
cours de syntaxe ne présente que les plus importants.
Une unité d'apprentissage se propose avant tout de donner à la
question de grammaire traitée un certain «parcours de
problématisation»: une définition du phénomène syntaxique,
accompagnée d'une description analytique et d'une illustration qui se
veut sinon riche, du moins représentative; une explication des concepts
de grammaire et des critères de reconnaissance dans le texte du
phénomène grammatical étudié. En général, les notions théoriques sont
définies, expliquées et illustrées dans la première partie de l'unité
d'apprentissage, tandis que dans la seconde partie, ces notions devenant
opératoires, servent à décrire les différentes formes de réalisation
linguistique de la catégorie syntaxique qui fait l'objet d'étude de l'unité.
Le parcours explicatif commence donc par fixer les instruments
théoriques de la description syntaxique et continue par une
démarche de type analytique et classificatoire.
Comprendre les notions syntaxiques est tout aussi important
qu'enseigner la grammaire normative de la phrase. Les éléments de
théorie permettent de mémoriser et d'expliquer selon une logique
naturelle les nombreux faits de langue qui, en dehors d'un tel
appareil théorique, ne seraient qu'une immense collection de règles
grammaticales et d'exceptions, difficiles à mémoriser et à appliquer.
Ce cours de syntaxe se propose d'aider les apprenants à
développer leur pensée grammaticale, c'est-à-dire à se former l'habitude
d'une réflexion interprétative sur la langue étrangère et à soumettre au
raisonnement logique le fonctionnement du langage en général.
Pour donner au cours cette dimension formative, les concepts
de syntaxe sont parfois amplement définis, expliqués et illustrés, en
partant des notions de la grammaire traditionnelle (phrase, sujet,
prédication, attribut, complément, circonstant, etc.), redéfinies et
intégrées dans des réseaux terminologiques, conformément aux
théories modernes de la grammaire. La clé intégrative de toutes ces
notions se retrouve dans l'unité d'apprentissage no 1, qui présente la
structure de la phrase simple, ses niveaux et ses constituants, et dans
l'unité d'apprentissage no 8, qui fait une synthèse des moyens de
réalisation de la phrase complexe: juxtaposition, coordination,
subordination.
D'autres unités d’apprentissage contribuent aussi à l'intégration
d'une terminologie syntaxique cohérente: no 2, qui décrit les deux
membres de la phrase simple: le sujet et la prédication; no 5, unité qui
passe en revue toutes les fonctions syntaxiques de la phrase simple,
pour montrer la pronominalisation de ces fonctions; no 6, unité qui
présente l'ensemble des déterminations circonstancielles, constituants
facultatifs articulés à trois niveaux: sous la même prédication de la
phrase simple "étendue"; sous forme de modalisateur adverbial du
contenu de la phrase dans son ensemble; sous forme de subordonnée
circonstancielle, dans la phrase complexe.
Le cours de syntaxe vise aussi à fixer les connaissances sur les
formes linguistiques dans leur dynamique du discours. C'est pourquoi
une attention particulière y est accordée aux transformations d'une
2
Introduction
catégorie syntaxique à l'autre. Les énoncés attestés ne se réalisent
qu'assez rarement sous la forme canonique qui est enseignée dans les
livres de grammaire. Derrière la variété infinie des formes de surface, il
faut reconnaître un «modèle» abstrait, choisi parmi un nombre
relativement limité de structures syntaxiques élémentaires.
Afin d'atteindre cet objectif de systématisation et d'ouverture
vers le sens contextuel, chaque unité thématique propose de
prendre en compte:
– le plan des formes du langage, décrites en termes de
catégories grammaticales et de suites ordonnées de constituants;
– le plan de l'interprétation du discours, qui introduit une
explication visant la construction dynamique du sens contextuel, qui
met en jeu d'une part: les données toujours variables de la situation de
communication et, d'autre part: une donnée strictement délimitée par
les paramètres du sens associé à un type particulier de structure
grammaticale;
– le plan de la pratique des discours, permettant une
confrontation du modèle abstrait de la théorie grammaticale avec le
langage réalisé, attesté dans de courtes citations.
En effet, depuis le modèle grammatical enseigné par les manuels
jusqu'aux manifestations discursives authentiques, un grand nombre de
transformations, permutations, ellipses, substitutions, etc. exigent de la
part de celui qui interprète un énoncé une certaine capacité
d'abstraction qui lui permette de reconnaître le «modèle» grammatical
fondamental sous chaque manifestation du langage en situation.
Comprendre la mécanique de la langue, aussi régulière que les
rouages d'une horloge qui battent systématiquement l'heure, c'est
comprendre la richesse des langues en général et du français en
particulier, avec sa dynamique ininterrompue d'organisme vivant.
Bon travail !
3
Liste des abréviations
LISTE DES ABRÉVIATIONS
Adj : adjectif Préd : prédication
Adv : adverbe PS : passé simple
assert.: statut assertif de la phrase Qu : pronom relatif
ATTR : attribut Qu P : proposition relative
ATTR-O : attribut de l'objet que P : proposition complétive
ATTR-S : attribut du sujet S : sujet
CDT : conditionnel S–V : sujet antéposé (=ordre canonique du
Circ. : circonstant (=complément sujet dans la phrase)
circonstanciel) SBJ : subjonctif
Circ. cause : circonstant de cause TRel : transformation de relativisation
Circ. lieu : circonstant de lieu TPron : transformation de pronominalisation
Circ. manière: circonstant de manière TImpers.: transformation d'impersonnalisation
Circ. temps : circonstant temporel TPass. : transformation de passivation
Dt Adj : déterminant de l'adjectif var. : formes flexionnelles d'un mot (exemple:
Dt Adv: déterminant de l'adverbe lequel et var. = lequel, laquelle, lesquels,
Dt N : déterminant du nom lesquelles)
Dt V : déterminant du verbe V : verbe ou pivot verbal
excl. : statut exclamatif de la phrase VAttr : verbe attributif
fam. : langue familière Vcop : verbe copulatif (=verbe attributif dans
GAdj : groupe adjectival une structure équative)
GAdv : groupe adverbial Vintr : verbe intransitif
GN : groupe nominal Vsup : verbe support
GN0 : groupe nominal Sujet Vtr : verbe transitif
GPrép: groupe prépositionnel V–S : sujet nominal postposé
GV : groupe verbal V – Scl : inversion du sujet clitique
ibid. : (lat.) ibidem "même source vx. : vieux (emploi archaïque ou vieilli)
pour une citation"
IMP : imparfait
impér.: statut impératif de la phrase
impers.: statut impersonnel de la phrase
INF : infinitif Symboles
interr. : statut interrogatif de la phrase = : est identique, est le même
invar. : forme invariable ≠ : est différent, distinct
litt. : langue littéraire + : se combine avec
N : nom
→ : se réalise par
NANT : nominal antécédent
: se réalise par (quand il y a aussi une
nég. : statut négatif de la phrase
transformation)
OD : objet direct
OI : objet indirect ←, ↵,→: est le déterminant de
OPrép: objet prépositionnel ←V →: double valence du V
P : proposition ⊃ : inclut ou implique
P-ant : participe présent : est illustré par
PC : passé composé : s'oppose(nt)
Pd N : prédéterminant du nom Ø : constituant nul
PH : phrase * : expression incorrecte
pop. : langue populaire (a-grammaticale, mal formée)
PP : participe passé
4
Unités de l'analyse syntaxique
Unité d'apprentissage 1
UNITÉS DE L'ANALYSE SYNTAXIQUE: CATÉGORIES, RAPPORTS,
RELATIONS
Sommaire page
Les objectifs de l'unité d'apprentissage 1 5
1.1 L'objet d'étude de la syntaxe. Unités syntaxiques 6
1.1.1 Niveaux d'analyse et disciplines linguistiques 6
1.1.2 Unités syntaxiques hiérarchiques 7
1.2 La phrase – unité de base de la description syntaxique 8
1.2.1 Le concept grammatical de phrase 8
1.2.2 Le «modèle» syntaxique de la phrase 9
1.2.3 Les deux membres de la phrase noyau 10
1.2.4 Formes de surface d'une phrase 14
1.2.5 Phrase simple et phrase complexe 15
1.2.6 Subordination et phrase complexe 15
Test d'autoévaluation 17
1.3. L'expression linguistique des constituants de phrase 18
1.3.1 La notion de groupe syntaxique de mots 18
1.3.2 Fonctions syntaxiques à l'intérieur du groupe verbal 20
1.3.3 Conclusions sur la phrase (minimale et étendue) 20
Les clés du test d'autoévaluation 21
Test de contrôle 1 22
Références bibliographiques 23
Les objectifs de l'unité d'apprentissage 1
Quand vous aurez parcouru ce chapitre et effectué les exercices, vous serez capables de:
• Être capable d'identifier la structure syntaxique élémentaire d'un énoncé de surface.
• Effectuer l'analyse syntaxique de la phrase minimale, pour découvrir ses
constituants obligatoires.
• Distinguer entre la phrase modalisée par un constituant énonciatif, de la phrase non
modalisée (de la phrase noyau).
• Reconnaître le type de la prédication dans une phrase: prédication verbale,
nominale, verbo-nominale.
5
Unités de l'analyse syntaxique
1.1 L'objet d'étude de la syntaxe. Unités syntaxiques
1.1.1 Niveaux d'analyse et disciplines linguistiques
L'unité de base de l'analyse linguistique est l'unité porteuse d'un
message logiquement complet: la phrase ou l'énoncé. À un niveau
supérieur, une phrase ou plusieurs entre lesquelles il y a une
L'unité syntaxique cohésion formelle constituent un texte si une cohérence de
de base : signification s'établit avec la situation de communication. À un niveau
inférieur de la phrase, il y a les constituants de phrase, qui sont des
la phrase (PH)
syntagmes (=séquences cohésives d'expressions) ayant une
ou l'«énoncé type» certaine fonction grammaticale dans la phrase. Les unités se
trouvant à un niveau encore plus bas que celui représenté dans la
phrase par le syntagme ou le groupe de mots fonctionnel sont du
ressort de l'analyse en morphologie, discipline qui décrit les mots en
présentant leurs formes variables dans le discours.
NIVEAUX Unités dans la chaîne verbale :
D'ANALYSE : 1. (–––––(–––(–––(––– (mots) –––) –––) ––––)–––––)
1. lexical
MORPHOLOGIE
2. groupes de mots (syntagmes fonctionnels)
2. syntagmatique SYNTAXE
3. phrastique 3. phrase
4. discursif ou LINGUISTIQUE TEXTUELLE
textuel
4. texte ou discours
PRAGMATIQUE
Située entre la morphologie et la linguistique textuelle, la syntaxe
apparaît comme une discipline de niveau intermédiaire, qui s'occupe
des agencements des expressions à deux niveaux:
– phrastique, l'unité étudiée étant la phrase (PH);
(Son caractère d'unité de base s'établit par l'intégration cohérente des
données informationnelles portées par la phrase avec les structures
cognitives de représentation du monde de référence extralinguistique).
Les macro-unités – syntagmatique, l'unité étudiée étant le syntagme ou le groupe
syntagmatiques, de mots ayant une identité fonctionnelle dans la communication. Il y
qui relient a deux types d'unités syntagmatiques (groupes de mots):
la plan du sens
et le plan formel • macro-unités ou constituants immédiats de la phrase: le groupe
d'une phrase: sujet et la prédication étendue, dans laquelle on retrouve la
prédication minimale (autour d'un verbe lexical) et les déterminations
• sujet, circonstancielles;
• prédication
• les groupes de mots fonctionnels: sujet1, pivot verbal, attribut,
• circonstances
compléments, circonstants; les syntagmes ayant ces fonctions
s'expriment par des groupes de mots organisés autour d'une catégorie
lexicale: groupe nominal, verbal, adjectival, adverbial (voir ci-dessous).
La syntaxe décrit les règles de la combinatoire grammaticale à un
niveau intégratif, celui de la phrase et des macro-groupes
(constituants immédiats), ainsi qu'à un niveau fonctionnel où l'on
1
Le sujet est un macro-groupe quand il est considéré comme l'un des deux membres de la phrase
(s'opposant à l'ensemble de la prédication), mais le sujet est aussi une fonction syntaxique (S) au niveau de
la phrase: [Notre premier professeurS de musique du collège]S portait un costume bleu nuit. Le terme de
sujet s'applique au macro-groupe souligné, mais aussi à la fonction S dans le nom central : professeur.
6
Unités de l'analyse syntaxique
retrouve les constituants de phrase, formés par l'agencement des
mots pour les différentes positions syntaxiques.
Exercice d'entraînement
1. Dans la phrase suivante, soulignez le pivot verbal et identifiez le macro-groupe du
sujet:
Dix à onze mille nouveaux docteurs arrivent sur le marché français chaque année.
[La Recherche, no 341/ 2001]
Groupe du sujet: ………………………………………………………………………………….
Pivot verbal de la prédication: …………………………………………………………...……
2. Divisez la même phrase en quatre constituants fonctionnels, S –V –Circ. lieu–Circ. temps:
……………………………………………………………………………………………………...
3. Faites l'analyse de la phrase suivante, en la divisant en cinq segments qui
correspondent aux constituants: Circ. temps – Circ. cause – S – V – OD.
Depuis le début des années 90, conséquemment à la chute du «Rideau de fer»,
les pays de l'Europe de l'Est connaissent une forte progression de leurs échanges
économiques avec l'Europe occidentale. [W/B, no 71/ 2000]
1.1.2 Unités syntaxiques hiérarchiques
Dans le tableau qui suit, l'objet d'étude de la syntaxe apparaît
précisément distingué de l'objet d'étude de la morphologie et des
différentes approches discursives qui s'occupent des conditions de
production des messages.
Compartiments Niveaux hiérarchiques d'analyse Disciplines
de la langue
analyse du discours
DISCOURS – texte (ou discours) linguistique textuelle
– énoncés réalisés, prélevés dans le discours pragmatique linguistique
– énoncé-type ou phrase, simple ou complexe (symbole: PH)
– constituants de la phrase: pivot verbal + sujet, attribut,
complément, circonstant (symboles: V, S, ATTR, OD, OI, syntaxe
GRAMMAIRE OPrép, Circ) de la phrase simple,
– groupes de mots à fonction syntaxique: (symboles: GV, de la phrase complexe
GN, GAdj, GAdv, GPrép)
LEXIQUE Catégories morpho-lexicales: lexicologie, morphologie
V, N, Adj, Adv
Il y a trois types hiérarchiques d'unités syntaxiques: (i) la phrase, unité de
communication, qui relie le plan énonciatif au plan représentationnel; (ii)
les constituants immédiats d'une phrase: le sujet et la prédication
(d'après certains auteurs, les circonstants aussi), qui sont des syntagmes
à double statut: formel et représentationnel; (iii) les constituants de
phrase strictement fonctionnels: sujet, attribut, complément, circonstant,
réalisés du point de vue linguistique par des groupes de mots ayant au
centre une catégorie lexicale (voir le tableau ci-dessus).
7
Unités de l'analyse syntaxique
1.2 La phrase – unité de base de la description syntaxique
1.2.1 Le concept grammatical de phrase
La phrase, unité de base de la description syntaxique, est une
séquence ordonnée de constituants immédiats, caractérisée par
unité et complétude structurale et fonctionnelle.
La phrase n'existe pas comme objet d'étude préalable à
l'analyse: elle est un objet théorique, construit par les grammairiens,
par suite de l'examen attentif d'un corpus.
Le corpus représente l'ensemble de produits verbaux issus
Corpus d'actes de communication authentiques: textes écrits (littérature,
de phrases attestés
œuvres scientifiques, didactiques etc.), publicité, écrits et
enregistrements journalistiques, conversations entre des sujets
(d'énoncés de
parlant une certaine langue (francophones, par exemple), ou, tout
discours) simplement le savoir linguistique d'un sujet locuteur auprès duquel le
grammairien s'informe pour décrire une règle d'usage ou pour
généraliser sur l'emploi d'une forme linguistique.
La terminologie grammaticale emploie régulièrement deux mots
distincts: phrase et énoncé, l'un pour se rapporter à une unité de
communication telle qu'elle apparaît dans la communication
authentique (énoncé), et l'autre rapporté à la description linguistique
d’une unité de communication (phrase). L'énoncé est une forme
minimale d'expression verbale associée à un usage situationnel
concret, tandis que la phrase (PH) représente le modèle ou la structure
schématique de constituants de cette forme d'expression minimale.
Énoncé = L'énoncé est découpé dans les expressions linguistiques réalisées
produit verbal réalisé (prononcées ou écrites) dans une situation de communication concrète,
dans un acte de par un sujet locuteur empirique; la phrase est une représentation
schématique des éléments formels d'une communication, sous la forme
communication
d'un enchaînement de symboles catégoriels.
«– Oh ! Qu'ils sont amusants, qu'ils sont drôles !» [Maupassant]
« L'affection calme de son père, la camaraderie amicale de son
frère, la tendresse froide de son mari, ne lui paraissait plus
rien, rien! » [ibid.]
Ces énoncés, cités en dehors de leur contexte de discours
Phrase = authentique, ne sont que de simples énoncés «types» ou modèles
unité d'analyse réalisés des phrases. Tout énoncé qui est isolé de son contexte de
communication (quand il est cité, par exemple), devient un simple
syntaxique
énoncé type ou une phrase réalisée dans sa forme d'expression. Le
terme de phrase sert souvent à parler d'un énoncé, mais qui est
présenté et analysé en dehors de son contexte. Dans cette
acception (en faisant abstraction du contexte de production), les
deux termes, phrase et énoncé, sont synonymes.
Dans son acception grammaticale encore plus restreinte, le
mot phrase se rapporte au modèle des constituants d'un énoncé
type. Ce modèle peut être décrit à l'aide de symboles qui
représentent les catégories grammaticales. Exemple: P = S + Préd,
est un modèle descriptif formé de plusieurs symboles: P=
proposition; S = sujet; Préd = prédication.
8
Unités de l'analyse syntaxique
La grammaire moderne fait associer à chaque phrase deux ou
plusieurs types d'analyse grammaticale. Il convient de distinguer tout
d'abord entre le modèle "profond" (le plus abstrait) et sa réalisation
par une phrase de surface. La structure profonde ne donne qu'une
représentation de la phrase en termes de symboles des catégories
grammaticales; la structure de surface est une représentation
Modèle structural linéaire (=enchaînement) de symboles immédiatement remplis par
d'une phrase : des mots du lexique d'une langue. Comparez:
(i) L'affection calme de son père lui était indifférente.
(ii) Elle était indifférente à l'affection calme de son père.
• Structure profonde (iii) Le fait que son père avait pour elle une affection calme lui
• Structures intermédiaires était indifférent.
• Structure de surface
Les phrases (i), (ii) et (iii) ont la même structure profonde, la même
structure lexicale, mais des structures de surface distinctes.
Il est clair que qu'une personne qui parle entre en contact
seulement avec la structure de surface, c'est-à-dire avec
l'enchaînement des unités de langue qui apparaissent dans
l'expression orale ou écrite. La structure profonde est un modèle
théorique, un modèle structural virtuel qui décrit le sens syntaxique de
la phrase.
Une personne qui ne connaît pas bien le français et construit
maladroitement une phrase comme:
(a) *Moi vouloir toi venir ici jour après.
sera tout de même relativement bien comprise par les locuteurs
francophones; cette phrase mal formée réalise dans la
communication la même signification effective que la phrase bien
formée qui lui correspond:
(b) Je voudrais que tu viennes demain ici.
Les deux structures de surface ont le même sens; les deux sont donc
formées à partir d'une seule et unique structure profonde virtuelle:
X veut que [Y venir à tel moment, dans tel lieu]
Phrase
Les grammaires modernes, qui, pour la plupart, sont
bien formée d'inspiration structurale, partent souvent de la structure de surface et
(phrase appliquent une procédure d'analyse en constituants immédiats,
grammaticale) chaque constituant immédiat étant à son tour analysé en unités plus
petites. C'est cette démarche analytique que nous allons appliquer
pour décrire la structure de la phrase.
1.2.2 Le «modèle» syntaxique de la phrase
La grammaire distingue aussi entre la partie structurale de la phrase,
Même noyau appelée phrase noyau, et la phrase modalisée ou enrichie par un
syntaxique constituant énonciatif, c'est-à-dire par les divers marqueurs de
+
surface qui lui confèrent un certain statut énonciatif dans le discours :
différentes
lexicalisations (1) Les enfants jouent dans le jardin.
pour le sujet, l'objet (2) Marie a joué dans le jardin.
direct, le circonstant (3) Nous ne jouons pas avec la poupée.
(4) Ils avaient beaucoup joué quand ils étaient petits.
(5) Comme elle est mignonne quand elle joue !
(6) Ont-elles joué dans le parc ? etc.
9
Unités de l'analyse syntaxique
Toutes ces phrases représentent un seul modèle structural, donc
une seule phrase du point de vue de sa structure de constituants
syntaxiques:
X ←jouer→ (±objet ou jeu) (±lieu) (±temps).
Une seule et même structure profonde peut se lexicaliser
différemment. Dans les phrases citées (1 à 6), le constituant X est
lexicalisé comme: Marie, les enfants, nous, elles etc. L'objet du jeu
La structure de la
phrase noyau est est exprimé ou non; il est indéterminé dans cinq des phrases citées
déterminée et lexicalisé une seule fois par le nom «poupée».
par la sous- Abstraction faite de la lexicalisation différente, les phrases
catégorie citées sous (1) – (6) ont la même structure syntaxique, donc elles
du verbe pivot
représentent la même phrase noyau, quoiqu'elles soient
différemment modalisées (statut énonciatif différent).
Ce sont seulement des tours de phrase avec un statut énonciatif
déterminé qui apparaissent dans la communication authentique. Dans
le discours, les phrases ont obligatoirement un constituant énonciatif.
Dans ce qui suit, on va noter avec des signes (#) les pauses
Le signe [ ± ] dans le discours. La phrase enrichie (=modalisée) est donc notée par
sert à noter le symbole # PH #, tandis que la phrase nucléaire sera notée par le
les marqueurs
du constituant
symbole PH, non accompagné de pauses (dans certaines
énonciatif grammaires on emploie le symbole P):
d'une phrase:
# PH #
1) phrase (tour de phrase = phrase totale, modalisée
assertive
ou non
ou "enrichie" par des marqueurs énonciatifs)
(Sinon, elle est:
interrogative, Constituant énonciatif de la PH PHRASE NOYAU: PH
impérative, [+assert.] [±nég.]
exclamative)
[–assert] [±excl.] [±nég.] S Préd
2) négative ou non [±impér.] [±nég.]
[±interr.] [±nég.]
3) impersonnelle ([±emphase])([±impers.])([±passif])
ou non
4) passive ou non La phrase simple nucléaire (non modalisée: PH ou phrase noyau)
est une structure propositionnelle bi-membre, ayant un membre
5) avec mise en Sujet et une Prédication.
relief (emphase) La phrase simple modalisée (# PH #) présente des marqueurs de
ou non
modalisation (interrogative, exclamative etc.). Ces marqueurs s'ajoutent
à la structure nucléaire de la phrase (ou structure de constituants de
base) et déterminent le statut énonciatif de la phrase ainsi modalisée.
1.2.3 Les deux membres de la phrase noyau
Le Sujet et la Prédication sont les deux constituants immédiats
obligatoires de la phrase; ils donnent naissance à trois types de
positions syntaxiques: Sujet (S), Groupe verbal (GV) et Attribut
(ATTR).
10
Unités de l'analyse syntaxique
PH
La phrase, S Préd
unité syntaxique
organisée autour GN0 GV + (GAdv)
d'un pivot verbal V + ATTR + (GAdv)
Le sujet, le premier constituant immédiat, se réalise par un groupe
nominal primaire (GN0), qui remplit la fonction syntaxique de Sujet
grammatical (voir l'unité d'apprentissage 2, ci-dessous); cette
position grammaticale est occupée par un groupe nominal situé
immédiatement sous le nœud PH (phrase noyau).
L'autre membre de la phrase, la prédication, peut être minimale
ou étendue par un déterminant adverbial (un circonstant). La
prédication minimale est réduite au verbe pivot (V) et aux fonctions
réalisées autour de ce verbe: compléments du verbe et/ou la
fonction d'attribut. Les compléments du verbe (objet direct, indirect
prépositionnel: OD, OI, OPrép), ainsi que l'attribut (ATTR) se
réalisent par des groupes nominaux, tout comme le sujet.
GN0 → sujet (S)
Un homme passe dans la rue.
GN ' → attribut (ATTR)
Fonctions Jean est un homme courageux.
syntaxiques autour GN1 → objet direct (OD)
d'un verbe pivot: Je vois un homme. (Je le vois)
– sujet GN2 → objet indirect (OI)
Nous parlons à un homme dans la rue. (Nous lui parlons)
– attribut
GPrép (=GN3, 4 ….) → objets prépositionnels (OPrép)
– compléments Nous parlons avec un homme dans la rue. Je collabore avec
d'objet un homme merveilleux. Elle est amoureuse de cet homme. Je
compte sur cet homme.
La réalisation d'une fonction syntaxique dépend de la position
hiérarchique dans la phrase: un groupe nominal sujet (GN0) est
autonome dans la phrase; mais un GN attribut n'est qu'une partie de
la prédication; moins autonomes encore sont les GN compléments
(du verbe, de l'adjectif, du nom), qui se rapportent à leur catégorie
dominante, le groupe dans lequel ils jouent leur rôle syntaxique.
De tous les GN constituants d'une phrase, il y a un certain GN
qui occupe une place privilégiée: il est promu en fonction de Sujet de
la phrase. L'analyse d'une phrase doit commencer par l'identification
du GN sujet, qui constitue l'un des deux membres de la phrase (l'un
des constituants immédiats de la phrase).
L'identification de l'autre membre de la phrase, la prédication,
est l'étape suivante d'une analyse grammaticale appliquée à une
phrase simple. Dans la prédication tout entière, on reconnaît le verbe
pivot (V) et, éventuellement, les fonctions dont ce verbe est entouré.
La détermination du type de prédication (verbale, nominale) est
11
Unités de l'analyse syntaxique
Phrase noyau l'étape suivante de l'analyse, qui permet de déterminer aussi, compte
à prédication
tenu de l'expression linguistique de la prédication, le type syntaxique
verbale
de la phrase tout entière.
La prédication minimale (non étendue par des circonstants) se
réalise par:
• GV = une prédication verbale, position syntaxique occupée
par un groupe de mots ayant comme catégorie centrale un verbe (V);
le groupe verbal est formé par un verbe entouré par ses
déterminants obligatoires, dont la nature et la fonction dépendent du
type de verbe: transitif ou intransitif (voir l'unité d'apprentissage 3, ci-
Phrase noyau
à prédication dessous). Le GV est occupé parfois par une construction à verbe
nominale support (locution verbale), par une construction à présentatif ou par
une interjection à fonction prédicative;
• ATTR = une prédication nominale, fonction syntaxique qui se
réalise par divers moyens: par un GN ou par un GAdj (voir l'unité
d'apprentissage 2, ci-dessous), par une proposition tout entière. La
prédication attributive est reliée au sujet à l'aide d'un verbe pivot
attributif (VAttr) (voir l'unité d'apprentissage 4).
Il y a donc deux types fondamentaux prédication:
Prédication verbale (GV) :
Marie travaille.
J'écoute la radio.
Formes de réalisation L'Europe va s'élargir.
de la Les dépenses maladies ralentissent.
prédication : Nous avons lu le journal.
Les fournisseurs d'accès luttent contre le piratage.
Prédication nominale (V + ATTR) :
I. verbale Luc est devenu ingénieur.
Il est prévisible que le temps va s'améliorer.
II. nominale Le progrès moral est possible.
Nous sommes fiers de nos résultats.
Le prix de l'essence me semble assez acceptable.
III. verbo-nominale Jeanne a l'air mécontente.
(prédicat verbal + Les types de phrases, d'après la réalisation linguistique de leur
prédication seconde ) prédication sont:
(I) Phrase noyau binaire → GN0 – GV
Phrase de structure binaire: S + V (prédication verbale) .
Tu as refusé notre projet.
Le film a été apprécié par la critique.
(II) Phrase noyau ternaire → GN0 – V – Attribut
Phrase de structure ternaire à prédication nominale (simple):
S + VAttr + Prédication nominale
Elle est occupée par son mémoire de licence.
Ce garçon me semble insupportable.
Travailler signifie réussir.
Le jeu devint une passion pour lui.
(le verbe seul n'aurait pas pu former la prédication, l'attribut est
donc la seule prédication de la phrase)
(III) Phrase noyau à prédication seconde → GN0 – GV – Attribut
Phrase ternaire à prédication nominale seconde (complexe) :
12
Unités de l'analyse syntaxique
S + V + Prédication nominale
Le directeur sortit en vitupérant contre tout le monde.
Je vous croyais de bonne foi, mes amis.
Depuis une semaine, papa rentre très fatigué.
Les négociateurs sont partis en claquant la porte.
Étapes
de l'analyse (le verbe aurait pu former seul la prédication; l'attribut n'est qu'une
syntaxique : prédication seconde).
–identification du Conclusion sur l'analyse d'une phrase simple :
groupe sujet; La phrase nucléaire est analysable en deux membres (=deux
constituants immédiats): le Sujet et la Prédication, minimale ou
– identification du étendue par des circonstants.
pivot verbal;
– le groupe Sujet (GN0 ou groupe nominal primaire) est en
– identification relation d'interdépendance avec la prédication;
des groupes – la prédication verbale (GV) est formée autour d'un verbe pivot;
fonctionnels – la prédication nominale ou attributive (ATTR) se relie au sujet
autour du pivot par un verbe de liaison (verbe attributif).
verbal:
Il ne faut pas confondre l'Attribut avec les compléments du verbe:
les