Push-pull
(électronique)
montage électronique
Un push–pull est un montage
électronique cascode amplificateur de
tension qui relie à la sortie deux
composants actifs travaillant en
opposition de phase, relié l'un au plus de
l'alimentation, l'autre au moins[1].
S ortie totem-pole d'un circuit CMOS .
Une sortie push-pull peut se réaliser avec
des composants actifs identiques, tubes
ou transistors, recevant un signal d'entrée
en opposition de phase l'un par rapport à
l'autre. On a utilisé, pour ce déphasage,
des transformateurs ou des circuits
inverseurs-suiveurs. Une sortie totem-
pole est un montage push-pull dans
laquelle les composants actifs sont des
transistors complémentaires, recevant le
même signal en phase.
Le montage push-pull peut s'analyser
comme deux amplificateurs classe B en
parallèle sur la sortie. Un amplificateur
classe B se définit comme un dispositif
qui n'amplifie qu'une des deux
alternances d'un signal électrique.
Comme le push-pull est l'application la
plus fréquente de l'amplification classe B,
les deux termes sont souvent considérés
comme équivalents[2].
Généralités
S ortie totem-pole à transistors bipolaires montés en émetteurs suiveurs. Les diodes décalent la composante
continue sur les bases.
La consommation de puissance
électrique d'un amplificateur électronique
push-pull dépend du signal de sortie. Son
efficacité en puissance est de ce fait
largement supérieure à celle d'un
amplificateur classe A, qui consomme
une puissance importante en
permanence. Pendant les alternances
positives, le composant relié au bus
d'alimentation négative est bloqué, la
puissance consommée est le produit de
l'intensité de sortie par la tension de bus
d'alimentation positive. Pendant les
alternances négatives, c'est l'inverse.
La transition entre les deux donne lieu à
une distorsion très gênante appelée
« distorsion de raccordement », qu'on
réduit en imposant un décalage en
courant continu entre les signaux d'entrée
des composants de sortie. Si ce
décalage est assez important, un faible
courant passe dans le totem de sortie en
l'absence de signal, et on désigne
l'amplificateur comme « classe AB ». Les
métaphores anglaises push-pull
(« pousse-tire ») et totem-pole (« mât
totémique ») s'appliquent aussi bien à la
classe AB qu'à la classe B. Une contre-
réaction réduit toutes les distorsions.
L'amplitude maximale de sortie d'un
amplificateur classe B est l'écart entre
l'alimentation positive et l'alimentation
négative. Deux sorties en opposition de
phase peuvent doubler cette amplitude.
Un amplificateur opérationnel a toujours
une sortie push-pull, afin de se
rapprocher de l'idéal d'une impédance de
sortie nulle. Les sorties totem-pole des
circuits logiques TTL et CMOS sont des
push-pull mais on réserve généralement
ce terme à des amplificateurs
analogiques.
Sortie totem-pole
S ortie totem-pole d'une porte TTL 7400
Une sortie totem-pole est un montage
push-pull dans laquelle les composants
actifs sont des transistors
complémentaires, recevant le même
signal en phase. Le collecteur de l'un et
l'émetteur de l'autre sont reliés ensemble
à la sortie[3]. Réalisé en transistors
bipolaires, ce montage s'analyse en deux
émetteur-suiveurs, l'un pour les parties
positives du signal et bloqué pendant les
parties négatives, l'autre fonctionnant en
sens inverse. L'étage de sortie ne
présente pas de gain en tension, mais un
gain en puissance sur une charge grâce à
sa basse impédance.
S'il s'agit de transistors, le collecteur de
l'un est relié à l'alimentation, tandis que
l'émetteur est relié à la sortie et au
collecteur de l'autre, dont l'émetteur est
relié à la masse. Les circuits CMOS
utilisent un couple de transistors à effet
de champ complémentaires.
Certains auteurs appellent ce montage
cascode à point milieu. Le nom anglais
vient de l'analogie du schéma avec la
représentation d'un mât totémique[4].
Électronique logique
En électronique logique, l'un ou l'autre
des deux semiconducteurs est toujours
bloqué, tandis que l'autre est passant,
assurant ainsi une sortie à basse
impédance tant au niveau haut qu'au
niveau bas. L'impédance de sortie est
basse dans les deux états, permettant un
temps de montée plus faible, alors que la
sortie collecteur ouvert, plus simple,
n'atteint rapidement le niveau pour lequel
le semi-conducteur est bloqué qu'au prix
d'une plus forte consommation
permanente. Le circuit de commande
d'une sortie totem-pole peut permettre le
blocage des deux semiconducteurs de
sortie ; il en résulte une haute impédance,
qui laisse les autres composants reliés à
un bus en affecter l'état haut ou bas. On
parle alors de sortie à trois états.
Push-pull à tubes
Un amplificateur à tubes utilise souvent un transformateur de sortie à prise centrale pour combiner les sorties de
tubes connectés en push–pull.
Le circuit push-pull est un montage
amplificateur historique, attesté dès
1921[5].
Tous les tubes ont la même polarisation.
Un amplificateur push-pull à tubes utilise
donc nécessairement un étage
déphaseur[6].
La construction symétrique des deux
côtés de l'amplificateur signifie que les
harmoniques d'ordre pair sont annulés,
ce qui peut réduire la distorsion[7]. Le
courant continu est annulé dans la sortie,
permettant d'utiliser un plus petit
transformateur de sortie. Cependant,
l'amplificateur push–pull nécessite un
composant de commande qui ajoute de
la complexité et du coût pour le système.
L'utilisation de transformateurs d'entrée
et de sortie à prise centrale est une
technique courante, mais ajoute du poids
et limite les performances. Si les deux
parties de l'amplificateur ne sont pas de
caractéristiques identiques, de la
distorsion peut être introduite car les
deux moitiés du signal d'entrée sont
amplifiées de façon inégale.
Annexes
Bibliographie
Bernard Besserer, « 2. Technologie des
composants », dans Électronique
numérique, 2001 (lire en ligne ([Link]
[Link]/bbessere/en/data/en_cha
[Link]) [archive])
B. Hannequin, Technologie des circuits
numériques, 2001 (lire en ligne ([Link]
[Link]/IMG/pdf/[Link]
f) [archive])
Articles connexes
Amplificateur électronique
Cascode
Classes de fonctionnement d'un
amplificateur électronique
Références
1. Michel Fleutry, Dictionnaire
encyclopédique d'électronique :
anglais-français, Paris, La maison du
dictionnaire, 1991, 1054 p.
(ISBN 2-85608-043-X), p. 692 « Push-
pull ».
2. Tahar Neffati, L'électronique de A à Z,
Paris, Dunod, 2006, p. 24.
3. Fleury 1986, p. 946 « Totem-pole ».
4. Fleury 1986, p. 946 « Totem-pole
arrangement » ;
Paul Horowitz et Winfield Hill
(trad. de l'anglais par Jean-Pierre
Charlier et Jean-Paul Brodier), Traité
de l’électronique analogique et
numérique [« The Art of
Electronics »], vol. 2 : Techniques
numériques et analogiques, Nieppe,
Publitronic, 1997, 538 p.
(ISBN 2-86661-070-9).
5. Edwin H. Colpitts (en) et Otto B.
Blackwell , « Téléphonie et
(en)
télégraphie multiplex au moyen des
courants à haute fréquence, 2 »,
Annales des postes, télégraphes et
téléphones : recueil de documents
français et étrangers concernant les
services techniques et l'exploitation
des postes, télégraphes et
téléphones, Paris, Librairie de
l'enseignement technique,1921,
p. 415-454 (426) (lire en ligne (http
s://[Link]/ark:/12148/bpt6k96
767630/f60) [archive])
6. Commission électrotechnique
internationale, « Tubes
électroniques : caractéristiques et
conditions d'utilisation », dans ISO
60050 Vocabulaire électrotechnique
international, 1987/2018 (lire en
ligne ([Link]
v/[Link]/display?openform&ievref=5
31-18-23) [archive]), p. 531-18-23
« Fonctionnement en push-pull ».
7. Joe Carr, RF Components and
Circuits, Newnes, page 84
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