L’ESSAI
Quelques rappels généraux pour commencer :
1. l'épreuve de HLP en terminale dure bien 4 heures (et non plus 2) en tout.
2. L'épreuve de HLP consiste à répondre à deux questions, à partir d'un texte-support :
a. une "question d'interprétation" (le but est alors de repérer / regrouper / analyser /
expliquer les éléments de réponse donnés dans le texte)
b. une question de réflexion donnant lieu à un "essai"
3. L'une des deux questions (ce sera indiqué sur le sujet) est à caractère littéraire, l'autre à
caractère philosophique. Même si elles ne sont pas tout à fait équivalentes, il faut essayer de
leur accorder une place relativement égale dans votre devoir ; pour la simple raison que les deux
parties du devoir (les deux questions) ne seront pas corrigées par le même prof. Chacune des
deux questions est corrigée séparément (l'une par un prof de littérature, l'autre par un prof de
philo, qui ne seront pas vos profs habituels), chacune est notée sur 10, et la somme des deux
constitue la note globale. Si, donc, vous sacrifiez l'une des deux questions, le correcteur qui
n'aura que cette partie à corriger risque de se montrer sévère...
Si déséquilibre il doit y avoir, il devrait plutôt bénéficier (quelle que soit sa nature : littéraire ou
philosophique) à la question de réflexion (l'Essai). Dans la question d'interprétation, il s'agit de
clarifier des éléments qui vous sont donnés dans le texte, et vous pouvez / devez vous référer à
une réponse déjà construite ; dans l'Essai, c'est bien votre réflexion qu'il faut construire, en
mobilisant si possible des idées et des arguments étudiés pendant le cours (que votre correcteur
ne connaît pas, alors qu'il connaîtra rapidement le texte !), en analysant des exemples précis, et
en ayant au départ problématisé la question. Je dirais donc qu'un partage 1,5 pour la question
d'interprétation / 2.5 heure pour l'Essai ne me semblerait pas absurde.
L'Essai :
Rien ne change radicalement entre la question de réflexion (de Première) et l'Essai (de
Terminale), si ce n'est que, cette fois, nous allons construire une introduction et une conclusion.
Mais il s'agit toujours avant tout de construire des paragraphes argumentatifs permettant
d'apporter des éléments de réponse argumentés et illustrés à la question. De la même façon
qu'en Première, le but n'est plus, dans cette partie, de restituer le propos du texte, mais bien de
proposer une réflexion personnelle en rapport avec l'une des questions soulevées par le texte.
1 . L'introduction
a. La problématisation
Nous allons donc, cette fois, faire une introduction. Elle sera plus courte que celle qui vous est
demandée dans une dissertation de philo tronc commun : elle sera concentrée sur l'élément-clé
de toute introduction en philo : la problématisation. Nous laissons donc de côté "l'accroche", ou
"approche du sujet", dans la mesure où, ici, on sait très bien ce qui nous conduit à poser la
question : c'est le texte.
Le but de l'introduction est donc seulement de mettre en lumière le fait que la question posée
pose problème. Et si elle "pose problème", c'est qu'elle n'est pas simple, et qu'elle exige
réflexion ; et si elle exige réflexion, c'est parce qu'apparemment, on peut lui apporter des
réponses... opposées. Un problème, c'est une question pour laquelle, à toute réponse, on peut
opposer au moins une bonne raison de répondre le contraire. Il va donc falloir réfléchir, et
prendre position.
Plutôt, donc, que de "chercher la problématique", le mieux est de problématiser le sujet. Et
pour cela, il y a une démarche imparable, qui consiste à montrer que, de fait :
_ il existe au mois une bonne raison (attention : ce doit être une bonne raison) de
répondre par oui
_ il existe au moins une bonne raison (idem) de répondre par non.
Si vous le montrez, alors vous aurez montré que le sujet "pose problème", qu'il n'a pas de
réponse simple qui satisfasse tout le monde, et qu'il va donc falllir réféchir et prendre
position : vous avez problématisé le sujet. Vous pouvez alors formuler explicitement le
problème, en juxtaposant vos deux réponses contradictoires.
b. L'annonce des parties
Il s'agit davantage de l'annonce de parties que d'une "annonce du plan", comme vous devrez en
faire dans vos dissertations de tronc commun. Un plan, c'est un plan de résolution du problème ;
c'est le chemin que vous allez suivre pour démontrer que votre prise de position face au sujet est
la bonne. Dans l'Essai, vous ne disposez pas de quatre heures, et ce n'est pas une dissertation.
L'annonce des parties doit donc surtout consister à indiquer les grands axes de réponse que
vous allez traiter, comme vous l'avez fait dans la question d'interprétation.
Attention : pour répondre à une question philosophique, il faut toujours procéder à l'analyse des
formules-clé du sujet. Votre réponse devra donc rappeler la définition des concepts-clé,
même si elle a déjà été effectuée dans la question d'interprétation : votre correcteur ne le sait
pas, il ne l'a pas lue. [Da,s notre question d'application, il faudra rappeler en quoi consiste la
"découverte de soi"] Et si le sujet (comme c'est presque toujours le cas) comporte un mot ou une
formule qui n'est pas une notion du programme mais qui est "'angle d'attaque" du sujet, il faut en
clarifier le sens (dans l'exemple : il faut questionner ce que signifie : "rompre avec les autres").
Vous pouvez effectuer ce travail d'analyse du sujet en introduction ; vous pouvez aussi attendre
votre premier paragraphe argumentatif (les autres paragraphes pourront d'ailleurs prolonger
cette analyse, en proposant, par exemple, d'autres interprétations de la formule du sujet). Mais
dans tous les cas cette analyse doit être effectuée, sans attendre la fin du devoir !
2. La construction des paragraphes argumentatifs
Là encore, rien de bien nouveau par rapport à ce que vous faisiez en première. Le but est de
construire votre réponse en la fondant sur des paragraphes argumentatifs, en 3 (ou 4) étapes.
Le nombre de paragraphes n'est pas déterminé, mais :
a. comme votre réponse doit être construite, et qu'un "oui global" ou un "non global"
restera trop général, on peut admettre qu'il faut faire au moins deux paragraphes argumentatifs
b. il ne s'agit pas d'un plan de dissertation : on peut donc se limiter à deux paragraphes,
mais si vos deux paragraphes s'opposent, il est souvent intéressant de construire un paragraphe
qui cherche à surmonter l'opposition, à esquisser une voie de résolution ; ce qui nous conduirait
alors à trois paragraphes argumentatifs.
c. en deux heures, il semble difficile de construire plus de 4 séquences argumentatives.
Les étapes à suivre pour la construction d'un paragraphe argumentatif sont déjà connues :
a. Formulation claire de l'élément de réponse que vous proposez
b. Justification (on donne une ou plusieurs raison permettant de répondre à la
question : "pourquoi ?") ; c'est le lieu de mobilisation du cours
c. Illustration par un ou plusieurs exemples précis (mobilisez le cours et votre culture
personnelle)
d. Retour à la question posée, et (éventuellement) articulation au paragraphe suivant
(objection, demande de précision, etc.)
Attention : dans l'Essai, il ne s'agit plus de présenter la réponse donnée par l'auteur dans son
texte, mais bien de proposer une réflexion personnelle. Le propos de l'auteur peut donc vous
servir de point d'appui, de point de départ, mais il ne peut pas constituer l'essentiel de votre
propos. Vous n'êtes évidemment pas obligé de vous opposer à l'auteur, mais il est souvent
intéressant d'indiquer et d'explorer ce que seraient d'autres prises de position possibles ; de ce
point de vue, il peut être pertinent de rechercher les objections que l'on pourrait opposer à
l'auteur, les problèmes que son propos soulève, etc. : cela vous donnera des arguments
permettant de soutenir des idées différentes.
Attention toutefois à ne pas revenir "en-deçà" du texte : si l'auteur remet en cause une idée
reçue, un préjugé, un lieu commun... évitez de lui opposer ensuite le préjugé en question. Ou
alors défendez-le contre sa critique, réhabilitez-le : il ne s'agira plus alors d'un préjugé, mais
d'une thèse argumentée.
Le but reste bien de construire une réflexion personnelle, et non de prendre position par rapport
au texte ; si vous répondez à la question sans expliquer si, ou ou non, cela s'accorde avec ce
que dit le texte, ce n'est pas grave. Les deux seules choses à éviter pour le choix de vos thèses
sont :
_ de répéter le texte
_ de ne pas répondre à la question.
3. La conclusion
Là encore, un Essai n'est pas une dissertation. La "conclusion" vise donc essentiellement à
récapituler votre cheminement : vous devez rappeler chacune des réponses apportées, en
indiquant l'argument mobilisé (nous avons montré que... parce que...). Si vos deux réponses se
complètent, montrez-le (en essayant de les articuler dans une réponse globale). Si les deux
premières s'opposent, montrez en quoi la troisième cherche à surmonter cette opposition.
L'essentiel est que votre conclusion soit claire, qu'elle corresponde à ce que vous avez montré
auparavant, et qu'elle réponde au sujet. Ce qui indique qu'il est très facile de rédiger une
conclusion quand ce qui la précède est bon... Par ailleurs, la conclusion sera probablement la
dernière chose que votre correcteur lira avant de mettre sa note : soignez l'expression !