Histoire naturelle du cancer
- Transformation cancéreuse d’une cellule
- Expansion clonale de la cellule cancéreuse
- Croissance de la masse tumorale, invasion locale,
envahissement loco-régionale,
- Dissémination à distance : métastase
Histoire naturelle du cancer
Progression tumorale Instabilité génétique des cellules
cancéreuses
Modifications génétiques du clone initial
Hétérogénéité de la tumeur
Comportements des cellules tumorales sont différents
Agressivité, Réponse à la chimiothérapie
Les 4 phases de
l’Histoire Naturelle du Cancer
1. Phase locale
– Limitation au tissu d’origine
– Dysplasie, carcinome in situ
2. Phase loco-régionale
– Infiltration des tissus sains de voisinage, carcinome invasif
– Invasion vasculaire
3. Phase de généralisation
– Essaimage à distance
4. Métastases
– Développement d’une tumeur secondaire à distance
Lésion précancéreuse
Etat pré-cancéreux : état clinique associé à un risque
significativement élevé de survenue de cancer
ex : cancer sur cicatrice de brûlure, sur polypose colique familiale
Population à risque
Lésion pré-cancéreuse : anomalies histopathologiques
Cancer
Lésion précancéreuse
Lésion focale ou diffuse, bénigne, non cancéreuse
mais prédisposant à l’apparition d’un cancer :
- Constamment : maladie génétique (polypose adénomateuse
familiale, xeroderma pigmentosum)
- Souvent : maladie ou lésion acquise (adénome colique,
kératose actinique, rectocolite ulcéro-hemorragique,
papillome vésical…)
- Rarement : lésion à risque (atrophie gastrique, cystite
billarzienne, cirrhose….)
Lésion précancéreuse
(Adénocarcinome colique)
Adénome sporadique Polypose adénomateuse familiale (PAF)
Risque faible Risque fort
Adénocarcinome du colon
Lésion précancéreuse
(Cancer primitif du foie)
Foie normal cirrhose Cancer
• La cirrhose est la conséquence de la majorité des maladies chroniques du foie
• 80% des cancers primitifs du foie se développent à partir d’une cirrhose
• 1-3% des cirrhose évoluent vers un cancer du foie
Histoire Naturelle
du Cancer
1. Cancer : phase locale
– Limitation au tissu d’origine
– Dysplasie, carcinome in situ
2. Cancer : phase loco-régionale :
– Infiltration des tissus sains de
voisinage, carcinome invasif
– Invasion vasculaire
3. Phase de généralisation
– Essaimage à distance
4. Métastases :
– Développement d’une tumeur
secondaire à distance
• Tous les épithéliums reposent sur une membrane basale qui sépare
les cellules épithéliales du tissu conjonctivo-vasculaire sous-jacent :
rôle structural et barrière physiologique
• L’ étape initiale du développement d'un carcinome correspond aux
étapes strictement intra-épithéliales de la carcinogenèse : pas de
franchissement de la lame basale
Dysplasie ou
Néoplasie intra-épithéliale
• Troubles acquis résultant d'anomalies moléculaires qui
altèrent le contrôle de la prolifération cellulaire et sont
responsables d'anomalies de maturation cellulaire
• Lésion d’un revêtement tissulaire présentant des
anomalies histo- et cytologiques qui le rapproche plus ou
moins d’un cancer: désorganisation et atypies
cytonucléaires
• Pas de franchissement de la membrane basale
Dysplasie
(Néoplasie intra-épithéliale)
• Des états dysplasiques peuvent compliquer :
– un état inflammatoire chronique (ex: gastrite chronique
atrophique, endobrachyoesophage lié à un reflux acide, certaines
maladies inflammatoires chroniques intestinales)
– Une infection virale (condylomes à papillomavirus du col utérin)
– Une tumeur bénigne (adénome du colon).
• L'état dysplasique peut être diagnostiqué par l'examen
cytologique (Frottis cervico-vaginal, frottis urinaire..)
– augmentation du rapport nucléo-cytoplasmique,
– anisocytose
– anisocaryose,
Cellule normale Cellule dysplasique
• L'état dysplasique peut être diagnostiqué par l'examen histologique (biopsie)
– désorganisation de l'épithélium,
– troubles de la polarité cellulaire,
– perte de la différenciation cellulaire,
– mitoses en nombre augmenté
Col utérin
Epithélium normal Epithélium dysplasique
Adénome du colon
Glandes dysplasiques
Glandes normales
Dysplasie
(Néoplasie intra-épithéliale)
• Anomalies microscopiques plus ou moins sévères (grades).
• Différentes terminologies sont employées pour qualifier les différents
grades de dysplasie :
– dysplasies légère, modérée et sévère (OMS)
– dysplasies de bas grade et de haut grade.
– néoplasie intra-épithéliale de grade I, II et III
• Plus la dysplasie est marquée, plus le risque de transformation en
cancer est élevé.
• Evolution :
– Dysplasie de bas grade; Régression ou stabilisation
– Dysplasie de haut grade; Régression ou cancérisation
Néoplasie intra-épithéliale : grade III
(carcinome in situ)
• carcinome in situ (CIS) : prolifération de cellules épithéliales
cancéreuses intéressant toute la hauteur de l'épithélium mais qui ne
franchit pas la membrane basale, et donc n'envahit pas le tissu
conjonctif
• Un diagnostic de certitude repose sur l'étude histopathologique de la
totalité de la lésion
C.I.S
Lame basale
Tissu conjonctif
Evolution
• Le diagnostic de carcinome in situ est très important pour
le pronostic
– Aucune métastase ne s'est constituée
– Le traitement peut être local et limité
– La guérison est fréquente après traitement
• un CIS non traité :
– peut demeurer non invasif pendant plusieurs années
– évolue spontanément dans la très grande majorité des
cas vers un carcinome invasif
Histoire Naturelle
du Cancer
• Phase locale :
– Limitation au tissu d’origine
– Dysplasie, carcinome in situ
• Phase loco-régionale :
– Infiltration des tissus sains de
voisinage, carcinome invasif
• Phase de généralisation
– Invasion vasculaire
– Essaimage à distance
• Métastases :
– Développement d’une tumeur
secondaire à distance
Cancer invasif:
du carcinome in situ au cancer invasif
Invasion tumorale
Acquisition de nouvelles propriétés biologiques par les
cellules tumorales :
1. Destruction de la membrane basale
2. Perte des connections intercellulaires
3. Mobilisation des cellules cancéreuses
4. Développement d’une angiogenèse tumorale
5. Développement d’un stroma tumoral
Invasion tumorale
1. DESTRUCTION de la MATRICE EXTRACELLULAIRE
• Matrice extra-cellulaire : Membrane basale + tissu conjonctif
• Protéolyse locale de la MEC : Les cellules tumorales infiltrantes
doivent détruire le tissu conjonctif normal grâce à la production
d’enzymes spécifiques : les métalloprotéases
Invasion tumorale
2. PERTE DES CONTACTS INTERCELLULAIRES ET ACQUISITION D’UNE
MOTILITE CELLULAIRE
• Pour que les cellules tumorales migrent et infiltrent le tissu normal,
elles doivent perdre les contacts intercellulaires et les jonctions
avec le milieu extracellulaire
▪ Perte des jonctions homotypiques (cellule/cellule) :
cadhérine/cathénine
▪ Gain de jonctions hétérotypiques (cellule/MEC) :
intégrines
Jonctions cellulaires
Cadhérine : cellule/cellule Intégrine : Cellule/MEC
Invasion tumorale
1. Destruction de la matrice extracellulaire
péritumorale
2. Perte des interactions cellulaires
3. Angiogenèse tumorale
4. Développement d’un stroma tumoral
Invasion tumorale
3- Angiogenèse
• La croissance tumorale nécessite le
développement d’une vascularisation
propre à la tumeur : angiogenèse à partir
des vaisseaux normaux péritumoraux
• Permet la croissance des cellules
tumorales au delà d’une certaine taille
(apport en oxygène, métabolites)
Angiogenèse : mécanisme
1. Destruction de la membrane basale vasculaire
Cancer
2. Prolifération 3. Maturation des
des cellules vaisseaux
endothéliales
Invasion tumorale
4. DEVELOPPEMENT D’UN STROMA DES CANCERS
• Dès que la tumeur atteint un certain volume, elle
s’accompagne d’un tissu conjonctif propre : le stroma
• Le stroma est le tissu conjonctif nourricier des cellules
tumorales
• Le stroma est un tissu non cancéreux
Cancer = stroma + cellules tumorales
Phase loco-regionale
• La tumeur s'étend progressivement dans l'organe où elle
est née et envahit les différents constituants de proche en
proche
• Dans un organe plein (foie, reins), elle forme une masse
expansive, dans un organe creux comme le tube digestif,
elle envahit les différents plans de la paroi
• Risque +++
– Local, compression
– Obstruction (organe creux)
– Diffusion à distance
Stade d’une tumeur
(staging)
• établi au moment du diagnostic initial : « photographie du degré
d’extension de la tumeur »
• établi par le clinicien, le radiologue, le pathologiste…
• élément très important pour le pronostic et pour le choix des
traitements
• classification TNM :
T = Tumor (taille, infiltration…) ;
N = Nodes (présence ou absence de métastases ganglionnaires) ;
M = Métastases (métastases à distance)
ex : T1N0M0, T3N1M1
Tis
T1
T2
T3
T4
TNM
Histoire Naturelle
du Cancer
• Phase locale :
– Limitation au tissu d’origine
– Dysplasie, carcinome in situ,
carcinome invasif
• Phase loco-régionale :
– Infiltration des tissus sains de
voisinage
• Phase de généralisation
– Invasion vasculaire
– Essaimage à distance
• Métastases :
– Développement d’une tumeur
secondaire à distance
Phase de généralisation / Métastases
1. Pénétration des cellules tumorales dans les
nouveaux vaisseaux
2. Survie des cellules tumorales dans le flot sanguin
3. Arrêt et Extravasation des cellules tumorales dans
l’organe cible
4. Prolifération des cellules cancéreuses à distance du
foyer primitif
5. Croissance autonome et indépendante de la tumeur
primitive
Circuits de dissémination tumorale
• Pénétration des cellules tumorales dans les vaisseaux :
rupture de la lame basale périvasculaire)
• Pénétration dans les néo-vaisseaux (fragiles) et
les vaisseaux de l’hôte
1. Voie sanguine : capillaires, veines
2. Voie lymphatique : vx lymphatiques
(perméabilité +++) , relais ganglionnaires
puis retour dans la circulation veineuse
par le canal thoracique
3. Conduits « naturels »
Espace péridural, séreuses, méninges…..
Devenir des cellules tumorales circulantes
• Destruction de la majorité des cellules
tumorales circulantes :
➢ Contraintes mécaniques, physiques,
chimiques
➢ Contrainte Immunologique :
surveillance immunitaire (Cellules NK,
lymphocytes T cytotoxiques)
• Survie :
➢ agrégation intercellulaire, µthrombose
➢ arrêt dans une lumière vasculaire
➢ croissance intravasculaire
➢ Extravasation
Histoire Naturelle
du Cancer
• Phase locale :
– Limitation au tissu d’origine
– Dysplasie, carcinome in situ,
carcinome invasif
• Phase loco-régionale :
– Infiltration des tissus sains de
voisinage
• Phase de généralisation
– Invasion vasculaire
– Essaimage à distance
• Métastases :
– Développement d’une tumeur
secondaire à distance par invasion
d’un nouveau territoire
Métastases
1. Pénétration des cellules tumorales dans les
nouveaux vaisseaux
2. Survie des cellules tumorales dans le flot sanguin
3. Arrêt et Extravasation des cellules tumorales dans
l’organe cible
4. Prolifération des cellules cancéreuses à distance du
foyer primitif
5. Croissance autonome et indépendante de la tumeur
primitive
Métastases
• Le moment d'apparition des métastases dans l'histoire
naturelle d'un cancer est variable:
– Métastases révélatrices d'une tumeur primitive jusque là
asymptomatique et donc méconnue.
– Contemporaines de la tumeur primitive et découverte lors du
bilan d'extension.
– Survenue au cours de l'évolution d'un cancer traité parfois très
tardivement alors que la tumeur primitive est éradiquée par la
thérapeutique (plus de 10 ans parfois, notamment pour certains
cancers du rein ou du sein).
Métastases
• Potentiel métastatique variable :
– Gliomes et tumeurs cérébrales : jamais de métastases
– Carcinomes cutanés : métastases rares
– Mélanomes, cancer bronchique : métastases fréquentes
• Potentiel métastatique lié à :
– Instabilité génétique et acquisition d’un phéno/génotype métastasiant
(mutation, réarrangement…)
– Baisse de la défense immunitaire antitumorale (immunosupression)
Principaux sites métastatiques
• Ganglions lymphatiques
• Foie
• Poumon
• Os
• Surrénales……
Localisations métastatiques
Deux mécanismes expliquent les localisations
métastatiques :
1. Déterminisme passif (en fonction du flux sanguin et
de facteurs mécaniques)
2. Déterminisme actif. Site métastatique spécifique
pour certaines tumeurs : affinité sélective entre
cellules tumorales et certains tissus
• rôle de la cellule cancéreuse et de l’organe cible
• Interactions chimiokines et récepteurs
Métastases ganglionnaires
• Topographie déterminée par le drainage lymphatique normal de
la région (Sein/Gg axillaire…)
• 1er relai ganglionnaire : Ganglion sentinelle (protocoles
thérapeutiques avec examen extemporané)
• Infiltration des sinus sous-capsulaires puis croissance
métastatique locale
– Diffusion ganglionnaire vers canal thoracique, Ganglion de Troisier (sus-
claviculaire), circulation générale
– Rupture de la capsule, envahissement local périganglionnaire
Métastase ganglionnaire
Métastases ganglionnaires
• L’examen histologique systématique de tous les ganglions d’une
pièce opératoire pour cancer est nécessaire (TNM)
• Cancers lymphophiles : sein, thyroïde, col utérin, mélanome
• Lymphangite carcinomateuse : dissémination généralisée de
cellules tumorales dans les capillaires lymphatiques d'un organe
entier ou de tout l’organisme.
Métastases Hépatiques
• atteinte par la veine porte (cancers gastro-intestinaux et pancréatiques)
Métastases Hépatiques
• Aspect : le plus souvent, hépatomégalie liée à
des nodules tumoraux multiples, blanchâtres, à
centre nécrosé (nodules sous-capsulaires
ombiliqués)
• Parfois, métastase unique simulant une tumeur
hépatique primitive
• A un stade terminal, le foie peut être
entièrement tumoral
Métastases osseuses
• Développées à partir de l'envahissement des capillaires
sanguins de la moelle hématopoïétique
• Tumeurs primitives : sein, poumon , prostate, rein,
thyroïde, neuroblastome
• Aspect : peuvent s’observer dans tout le
squelette, souvent le rachis
• Plusieurs aspects :
- métastase ostéolytique pouvant
entraîner une fracture osseuse spontanée
ou lors d‘un traumatisme minime
- métastase ostéocondensante (prostate)
- ou forme mixte
Autres organes :
- Poumon
- Cerveau
- Surrénale
- Péritoine
- Moelle osseuse
- Rein
- Pancréas….
CONCLUSION
Lésions précancéreuses DEPISTAGE
Invasion locale Signes de
Métastases Malignité
DIAGNOSTIC
Type et sous type histologique
Différenciation………
Grade, Stade : T,N,M
TRAITEMENT
PRONOSTIC