2.
La Chanson de Roland
On va voir des épisodes importants pour approfondir dans la lecture
- Un grand succès. Elle est conservée en 7 manuscrits
- Plusieurs versions : XIe s. on va traduire à la main ; XIIIe s. un texte raconte des
histoires de Charlemagne qui aident à la compréhension de la Chanson de Roland ;
version en provençal ; version en anglais
- La tradition de Roland en Espagne est très riche. On raconte les chansons de Roland
en des contes : le 1ère groupe réunit des œuvres fidèles à l’esprit français (comme
Roncesvalles) ; et la 2ème tradition est le contraire, Bernardo del Carpio est un héros
qui lutte contre Charlemagne, ces œuvres ne voient Charlemagne comme un
défenseur de la chrétienté, mais comme un envahisseur
La Chanson de Roland. Date, auteur
- Auteur : Turoldus (son nom apparaît dans le dernier vers de la Chanson de Roland).
C’est un nom anglo-normand du XIe s. et l’œuvre est composé en anglo-normand
(dialecte que les Français parlaient par les Anglais).
- Titre : François Michel donne le titre « Chanson de Roncevaux ». Dans les
manuscrits, les ouvres médiévales n’ont pas de titre. Parfois, le titre apparaît dans le
dernier vers (explicit).
- Date : (1086-1095, Riquer donne la date fin du XIe s.). Pour établir la date d’une
œuvre, il faut chercher des arguments qui apparaissent à l’intérieur de l’œuvre.
o La présence des chameaux (animal exotique) dans la bataille de Zalaca-1086 qui
n’étaient pas connu en France à cette époque
o Absence de références à St Jacques de Compostelle, donc la Chanson de Roland
est composée à l’époque où il y avait une tension entre l’évêque de St Jacques de
Compostelle et Rome (cette tension termine en 1095)
- Le 1èr manuscrit conservés est le manuscrit O (Oxford) qui date du premier tiers du
XIIe s., il y a un décalage temporel entre la composition de la Chanson de Roland et
la date du manuscrit O.
De l’histoire au texte littéraire (1)
Relation entre l’histoire et la littérature.
Fiction littéraire : à l’origine de la Chanson de Roland, il y a des faits historiques, la
bataille de Roncevaux. La Chanson de Roland raconte la défaite de l’arrière-garde de
l’armée franque, commandé par Roland, et les 12 pairs étaient là (les chevaliers les plus
proches de l’empereur Charlemagne). Mais Charlemagne arrive à Roncevaux et
transforme la défaite en victoire. Les adversaires des Francs sont les sarrasins.
Chroniques arabes : L’an 777 (VIIIe)--> texte . Pacte pas respecté car il y a un attaque
des musulmans. Grand victoire contre Charlemagne
De l’histoire au texte littéraire (2)
Chroniqueurs français (historiens)--> texte
Eléments qui coïncident avec la Chanson de Roland :
- lieu de la bataille : Roncevaux
- l’arrière-garde : Charlemagne fait partie de l’avant-garde et il est protégé par
l’arrière-garde
- les chevaliers qui font partie de cette arrière-garde sont tués par les adversaires
- Roland : personnage historique
Les différences :
- les adversaires des francs sont des chrétiens (des Basques) et non pas les musulmans
- il n’y a pas de vengeance de Charlemagne
- c’est une défaite complète : Charlemagne ne transforme pas la défaite en victoire
Pour en finir avec l’histoire : on ne sait pas si sont les Basques ou les Gascons (peu
importe). Ce qui intéresse, c’est que l’histoire raconte une défaite de Charlemagne dans
les montagnes navarraises contre les chrétiens.
De l’histoire au texte littéraire (3)
Nota Emilianense --> texte
Un texte retrouvé en Espagne qui parle des faits de la bataille de Roncevaux. Il y a des
éléments nouveaux :
- Précision topographique (Rozaballes)
- Les adversaires sont les sarrasins et pas les chrétiens
- Charlemagne accompagné de 12 neveux : peut être les 12 pairs et dans la Chanson
Roland est le neveu de Roland
- La liste réunit des personnages des différents cycles
Avant la Chanson de Roland, il y a déjà des chansons sur la bataille de Roncevaux qui
circulent à travers les voies de pèlerinage, ce qi montre une tradition des chansons qui
va de l’histoire à la fiction littéraire et qui change car les chansons de geste insistent sur
l’esprit des croisades (les adversaires sont des musulmans/sarrasins et non pas des
chrétiens), dont c’est une question religieuse.
Pour conclure, la Chanson de Roland est composée à partir d’un épisode historique
transformé en fiction. L’auteur Turoldus utilise des ressources esthétiques pour
expliquer un conflit entre les personnages protagonistes qui expliquent la bataille.
Un univers manichéen
La Chanson de Roland montre un univers manichéen car il y a une opposition entre le
bien, accompli par les francs/chrétiens, et le mal, accompli par les sarrasins/païens. Pour
créer cette atmosphère binaire, les procédés esthétiques que Turoldus, l’auteur de la
Chanson de Roland, utilise sont l’antithèse et la symétrie (parallélisme) car ce sont deux
sociétés symétriques, mais opposées.
2 univers : ceux qui ont le droit (Dieu est avec eux) et ceux qui ont le tort
La Chanson de Roland. Personnages
La plupart de personnages de la Chanson de Roland sont masculins car le thème est la
bataille (lutte entre les francs et les sarrasins), et ce sont les guerriers qui font la guerre.
Il n’y a que deux femmes, Aude (sœur d’Olivier, chrétienne) et Braminonde (épouse du
roi Marsile, sarrasine)
- 112 personnages: Ils sont divisés d’une façon symétrique dans ces deux univers
opposés (56 chrétiens/56 païens) --> symétrie et antithèse
- Portrait du héros épique : le portrait de tous les personnages de la Chanson de Geste
suit un modèle d’homme fort (fortis vir), donc la force est l’une des vertus
principales, aussi le courage et la prouesse (preux).
o Conséquence : les auteurs ignorent la description de la beauté physique. La
beauté d’un personnage est présentée pour montrer son évolution psychologique.
Turoldus compose plusieurs portraits bien définis dont les caractères sont construits à
partir de leurs actions, paroles…
1. Sarrasins : pittoresques et arbitraires.
Ils ont un portrait ambivalent.
D’une part, c’est un portrait négatif car ils sont torts (Dieu n’est pas avec eux). Leurs
noms sont composés à partir du préfixe mal-/mar- (Malduit, Malquiant, Marsile,
Marganices) ou un lieu d’origine inventé par le poète (Valdabruns) pour évoquer les
ténèbres qui sont associées au mal. Donc, les traits qui définissent les sarrasins sont
obscurs et parfois ils sont associés aux animaux. Par contre, la clairette des chrétiens
suggère le bien --> l’univers manichéen
Dans la Chanson de geste et dans la Chanson de Roland, les descriptions sont brèves car
elles ne sont pas importantes. Il n’y a que quelques traits qui évoquent le paysage. Mais
il y a des descriptions plus longues.
D’autre part, il y a des portraits des sarrasins qui échappent à cela, par exemple : le
personnage de Baligant qui est l’égal de Charlemagne mais sur les sarrasins. Sa
description est assez longue et positive car il n’est pas obscur, mais beau. Il est vieux
comme Charlemagne (200 ans) et il lutte contre ce dernier, mais il meurt dans le champ
de bataille. Donc il n’y a pas une seule vision de sarrasins car il y a des exceptions
2. Charlemagne
Il est un roi et un empereur vieux (200 ans) à la barbe blanche (l’hyperbole un autre
procédé dans la Chanson de Roland). La vieillesse exagérée est un trait associé à des
personnages bibliques qui sont les grands pères, donc il représente la sagesse. Même s’il
est vieux, il est très fort car il lutte comme un jeune pour défendre la chrétienté. En plus,
il est un roi juste car, à la fin de la Chanson de Roland, il juge la trahison de Ganelon.
Charlemagne est le seul personnage qui a une relation avec Dieu, donc il réunit la
fonction guerrière, défenseur de la chrétienté, et la fonction sacrée. Cette relation avec le
ciel se manifeste avec la figure de l’ange Saint Gabriel (élément merveilleux chrétien)
qui visite et soutient Charlemagne, mais aussi Roland lorsqu’il est sur le point de
mourir.
Charlemagne demande un miracle qui se produit car Dieu arrête la course du Soleil
(c’est le miracle de Josié), cela montre que Dieu soutient les chrétiens.
Charlemagne connaît le futur à travers les songes (la trahison de Ganelon, le combat
avec Baligant, jugement de Ganelon…), mais il ne peut rien faire pour changer le cours
des événements car il est le parfait roi féodal qui réunit son conseil pour prendre des
décisions, donc il ne peut pas prendre des initiatives personnelles. Cela marque une
différence entre le plan hiératique (ne pas pouvoir agir) de Charlemagne et le plan
héroïque de Roland, Olivier et Turpin.
Fatigue et responsabilité : la fatigue de Charlemagne quand il est envoyé à l’expédition.
-->ajouter d’autres traits que l’on verra après
3. Roland et Olivier (fortitudo/sapientia)
C’est une association littéraire des chansons de geste car Olivier est un personnage
inventé tandis que Roland est un personnage historique. Ils représentent le couple
d’amis qui se complémentent car, même les deux sont forts et preux, Olivier représente
la sagesse tandis que Roland représente la force, donc le trait qui définit Roland est la
fierté qui a comme conséquence la mort de tous ses compagnons de l’arrière-garde.
Ils sont unis par un autre lien qui est Aude, la sœur d’Olivier et la fiancée de Roland.
Mais elle meurt quand elle apprend la mort de Roland (blessure provoquée par lui-
même). Cela montre l’amour parfait et le caractère exceptionnel de Roland.
L’orgueil de Roland apparaît quand il dispute avec son ami Olivier et il se manifeste
l’opposition de leurs caractères. La mort de Roland n’a rien à voir avec celle d’Olivier.
Lien de parenté : Comme Roland est le neveu de Charlemagne, ce lien de parenté les
unit étroitement (Turoldus présent ces liens de parenté au fur et à mesure que l’action
avance). Les sentiments affectifs de Charlemagne se manifestent dans le conseil où il
faut décider si on accepte ou pas le pacte du roi Marsile. Donc, les liens de parenté
interviennent dans l’intrigue et permettent de mieux comprendre le comportement de
certains personnages.
4. Turpin
C’est un personnage historique qui ne participe pas à la bataille de Roncevaux
(transformation de l’histoire à la fiction). Il est un moine guerrier qui fait partie de
l’élite de Charlemagne. Turpin a 2 fonctions, en tant que chevalier (participation active
dans la bataille) et religieux (chargé du salut éternel). Sa mort est aussi spéciale (comme
celle de Roland et d’Olivier).
5. Ganelon
C’est un personnage inventé pour justifier la bataille de Roncevaux. Comme il est le
traître, il est l’incarnation du mal dans l’univers des chrétiens. Mais, il n’est pas traître
dès le début, mais c’est le conflit avec Roland la raison pour laquelle Ganelon trahi le
conseil car son objectif est se venger de Roland.
Il est présenté comme un chevalier beau et sage, il est pacifiste.
Lien de parenté : Ganelon est le beau-père de Roland et le beau-frère de Charlemagne.
On l’apprend au fur et à mesure.
--> on complétera l’analyse des personnages avec l’analyse des scènes
La Chanson de Roland. Temps et espace
Géographie fantaisiste
La description n’est pas importante, donc les lieux ne sont pas toujours décrits. Parfois
il y a des adjectives qui évoquent et d’autres fois des toponymes (noms des lieux) pour
bien localiser l’action.
Les toponymes :
- il y a l’Espagne (sarrasins) et la France (francs). On dit que Saragosse est sur une
montagne (c’est faux), la ville des chansons de geste est fréquemment bâtit sur un
lieu élevée (comme on faisait au Moyen Âge). La topographie de Saragosse peut
expliquer l’échec de Charlemagne, mais on peut l’interpréter aussi comme un
ruisseau (végétation).
- Il y a des toponymes réels et imaginaires. Cordres nom médiévale de Córdoba ou
Cortes (village de la basse Navarre).
- Il y a d’autres toponymes qui accompagnent les noms des personnages (c’est le lieu
d’origine). Les toponymes des chrétiens obéissent à des lieux concrets, mais ceux
des sarrasins représentent le mal et l’Orient (très exotique)
D’autre part, il y a les espaces (cadre de l’action) :
- Le verger (huerto/ jardín), jardin de Marsile et de Charlemagne--> chaque roi réunit
son conseil dans un verger
- Le champ de bataille (Roncevaux), les montagnes hautes et les valles profondes,
description brève où il n’y a que les contrastes entre la hauteur et la profondeur
- Les palais de Marsile et de Charlemagne (espace fermé)
Temps
- Le temps des textes médiévaux a une signification symbolique
- La durée de la Chanson de Roland est 7 jours (une semaine) :
o 1er jour: conseil de Marsile; ambassade de Blancandrin; conseil de Ch.
(exposition des causes qui emmènent la bataille)
o 2e jour: désignation de Ganelon comme ambassadeur; trahison Ganelon
o 3e jour: retour de Ganelon (pas important)
o 4e jour: désignation de Roland comme chef de l’arrière-garde; la défaite de
Roncevaux (le jour le plus important où il se produit le miracle du Soleil pour
que le jour soit plus long)
o 5e jour: la victoire de Charlemagne sur Baligant (vengeance des chrétiens sur les
sarrasins)
o 6e jour: le jugement de Ganelon
o 7e jour: l’annonce de Saint Gabriel (ce jour n’est pas complété et c’est
l’ouverture vers une nouvelle expédition)
- Le nombre 7 apparaît plusieurs fois dans la Chanson de Roland, par exemple : Ch. a
resté 7 ans en Espagne, il a conquis beaucoup de villes, mais pas Saragosse.
o Le nombre a une signification symbolique : 7=3+4 pour l’homme médiéval 4 est
associée à l’homme terrestre (pair, imparfait) tandis que 3 renvoi à l’univers
divine (impair, parfait)
o La signification dans les textes du Moyen Âge : la chiffre 7 signifie un cycle qui
est achevé/finit, mais, comme 7 est formé à partir de 4, ce n’est pas la fin
absolue, donc cette conclusion est provisoire car d’autre cycle nouveau apparaît.
- Presque toujours les couleurs, les objets, les nombres ont une signification en
relation avec les événements
La Chanson de Roland. Structure (on va voir le plus important)
C’est une structure organisée à partir de certains techniques ou procédés de
compositions. Les 4 parties sont organisées à partir des procédés de l’antithèse et la
symétrie.
1ère partie raconte la trahison de Ganelon et les préparatifs de Roncevaux (la bataille).
Cette partie se rapporte à la 4ème partie, la justice, le jugement de Ganelon (il y a une
symétrie, mais antithèse)
2ème partie est la défaite de l’arrière-garde (des 12 pairs, Roland, Oliver) qui se
transforme en la victoire de Charlemagne sur Baligant (symétrie, parallélisme)
La structure de la Chanson de Roland est faite pour transmettre un sens. Cette structure
s’appui sur les procédés de rhétorique de la symétrie et de l’antithèse (procédés savants)
qui évoquent un univers manichéen car il y a 2 univers opposés.
Episode de Baligant
D’un côté, il y a des médiévistes (G. Paris. Menéndez Pidal) qui considèrent que c’est
un épisode ajouté après la composition de la Chanson de Roland. Ils soutiennent les
arguments concernant la stylistique, les techniques de combat (on conclu que les
techniques guerrières de Roncevaux et la bataille contre Baligant ne sont pas les
mêmes) et Baligant (on ne parle pas de lui avant de cet épisode). Ils affirment aussi que
Roland ne meurt ni en vainqueur ni en vaincu. D’autre part, après la mort du
protagoniste, les sarrasins s’enfuient, donc c’est une victoire.
Toutefois, il y a d’autres médiévistes qui soutiennent une théorie contraire. Les
arguments : l’épisode de Baligant est déjà présent dans le premier manuscrit conservé
(manuscrit d’Oxford), donc il y a un décalage temporel petit entre la date de
composition (1090) et la date du manuscrit (1100) ; comme la Chanson de Roland est
composée en respectant le système féodal, la lutte est toujours entre des égaux,
seigneurs qui ont le même rang social (vassal vs seigneur/vassal vs vassal). La présence
de Baligant est nécessaire pour que Charlemagne puisse lutter contre son égal ; on ne
pouvait pas finir la Chanson de Roland sans l’épisode de Baligant car il représente le
triomphe de la chrétienté.
Songes --> il y en a 4
- 1er et 2e songe précèdent la bataille de Roncevaux/ 3e et 4e songe suivent la bataille
- 1er songe évoque la trahison de Ganelon, 2e l’annonce la bataille, le 3e annonce le
combat entre Baligant et Ch., le 4e évoque le jugement (les événements les plus
importants sont suggérés à travers ces songes où les personnages sont des animaux)
- Ces 4 songes encadrent le jour de la bataille, donc les songes soulignent
l’importance de ce jour. Ces songes jouent une fonction structurale, mais aussi une
fonction narrative et lyrique car ils annoncent le futur à Charlemagne (présages),
mais il ne peut pas changer les cours des événements.
La Chanson de Roland a une autre caractéristique : c’est une œuvre narrative (racontée
par un narrateur), mais les épisodes le plus importants sont des scènes, donc les
1e partie
personnages interviennent directement (discours direct) et non à travers un narrateur
-->on va voir quelques scènes
Conseil de Marsile/ Conseil de Charlemagne
- Il y a une symétrie et une antithèse
- Les auteurs médiévaux ne connaissent pas les lois des sarrasins, donc ils transfèrent
le système féodal aux autres
Le conseil de Marsile et de Charlemagne se déroulent dans un verger, un espace en
plein air (encore la symétrie). Ces scènes ont lieu en Espagne où, pour l’homme
médiéval, on fait la vie à l’extérieur. En plus, dans la littérature médiévale, le verger a
une signification symbolique car il représente un petit univers de sarrasins ou des
chrétiens (lieu ouvert, mais fermé)
Mais il y a des différences entre le verger de Marsile et celui de Charlemagne :
Dans le verger de Marsile, la description de ce dernier suggère l’exotisme oriental et la
tristesse de Marsile qui réunit ses varons pour trouver une solution à la présence de
Charlemagne. Blancandrin propose un pacte de paix avec Charlemagne, pour lui, il faut
mieux que les otages meurent à perdre ses privilèges (cela montre sa cruauté).
Charlemagne réunit son conseil dans un verger. La description de l’empereur est
différente car elle suggère la joie et on ne craint pas l’adversaire :
- 1e partie : quand Charlemagne demande si on accepte le pacte de paix ou si on
continue, l’opposition entre Roland et Ganelon se manifeste : Roland, qui est un
chrétien, ne veut pas faire un pacte avec les païens, et son orgueil apparaît car il
énumère ses conquêts. Ensuite, il souligne un précédent où 2 ambassadeurs ont été
tué par les païens, donc il faut se méfier ; Ganelon est pacifiste, donc il veut signer
la paix (il regrette sa famille) et il parle comme un sage. Le duc Naimes appuie cette
position. On accepte le pacte de Marsile et il faut un ambassadeur.
- 2e partie : lors de ce conseil de Charlemagne, Roland désigne Ganelon comme
ambassadeur pour trouver une solution au débat. Mais la réaction de Ganelon
montre qu’il va y a voir des conséquences car il se met en colère.
o Charlemagne n’accepte pas que les 12 pairs et Roland soient l’ambassadeur.
Quand Roland propose à Ganelon comme l’ambassadeur, Ch. l’accepte et
Ganelon se rend comte qu’il est traité d’une manière différente--> trait de
faiblisse de Charlemagne qui a une sympathie à l’égard de certains varons et pas
d’autres
o Légende : l’incitative de Roland est contraire aux lois féodales, Ch. le lui permet
car Roland est le fils incestueux de Charlemagne et de sa sœur. Pour cacher ce
péché, Ch. organise un mariage entre sa sœur et Ganelon.
Désignation de Roland comme chef de l’arrière-garde
Scène symétrique à celle de la désignation de Ganelon, mais il y a une antithèse.
Turoldus utilise un chiasme (renversement de rôles) car c’est Ganelon qui désigne
Roland comme le chef de l’arrière-garde. Mais il y a une différence de caractère car
Roland ne se met pas en colère.
Trahison de Ganelon
Cette trahison a lieu dans le chemin à Saragosse. Blancandrin cherche la compagnie de
Ganelon pour le manipuler. Ganelon lui dit que c’est grâce à Roland que Charlemagne a
conquis les terres, donc ils concluent que, si on tue Roland, la puissance de
Charlemagne disparaîtra. La trahison est faite en ce moment (car Roland a proposé son
nom pour devenir ambassadeur).
2e partie
Dans la 1e partie, la fortune des Francs est de leur partie, mais dans la 2 e partie les
sarrasins l’emportent sur les chrétiens. Ces parties sont séparées par 2 disputes entre
Roland et Olivier (symétriques et antithétiques où le rôle est opposé par un chiasme).
Ces 2 scènes symétriques qui divisent la bataille.
1e dispute Roland-Olivier
Olivier répète à plusieurs reprises de faire sonner l’olifant car il se rend compte de la
supériorité des sarrasins et, comme il est sage, il sait qu’ils ne pourront pas les vaincre
Les 2 scènes sont racontées à partir de laisses similaires qui arrêtent le progrès narratif
et qui intensifient le caractère dramatique de la scène. Les scènes similaires
commencent par des verbes de répétition (pendant le débat il y a une pause narrative car
le temps ne progresse pas). L’auteur veut montrer l’évolution psychologique de Roland.
Point de départ : Olivier veut que Roland sonne l’olifant, mais Roland se refuse car il
est noble de caractère. Il ne déteste pas Ganelon, il l’a proposé comme ambassadeur car
il était la seul solution possible puisque Ch. refusait les propositions antérieures, donc il
croit encore que Ganelon n’est pas capable de trahir Ch. et qu’il est sage.
D’autre argument : une contraposition de caractères car Olivier est sage et vise à éviter
la mort des Français tandis que la fierté de Roland lui rend responsable de la mort des
Français (Olivier dit : la force sans sagesse est folie).
Autre argument : (Roland : je en veux pas qu’on chante mauvaises chansons de geste).
Il ne veut pas que l’on dise qu’il a demandé le secours de Charlemagne car il n’a pas pu
affronter les païens. En plus, il croit que s’il appelle Charlemagne, tout son lignage sera
déshonoré (je en veux pas qu’on chante mauvaises chansons de mes parents)
Dernier argument : (Roland : je ne veux que nulle homme parle mal de moi) il fait une
révérence à Ganelon car c’est lui qui le désigne comme chef de l’arrière-garde. Donc,
Roland refuse de sonner le cor et ils vont lutter jusqu’à la mort.
2e dispute Roland-Olivier: R. sonne l’olifant
La fortune ne favorise plus les Français. Maintenant, Roland se rend compte qu’Olivier
avait raison lorsqu’il lui avait demandé de sonner l’olifant car les sarrasins ont tué
beaucoup des Français et les 12 pairs sont morts.
Roland veut sonner le cor, mais cette fois c’est Olivier qui refuse. Cela s’agit d’un
chiasme car les 2 scènes sont symétriques, mais les rôles sont renversés. L‘auteur de la
Chanson de Roland utilise le même procédé esthétique qu’il avait utilisé dans les scènes
de la désignation de Ganelon et de Roland (le chiasme). Les scènes les plus importantes
sont composées à partir des scènes similaires (caractéristique particulière).
Roland décide de sonner le cor car il veut que Charlemagne enterre les morts et venge
les Français, donc Roland sait qu’ils vont être tués par les sarrasins. Comme Roland
cherche le bien commun, il s’approche à Olivier qui est le chevalier parfait car il défend
le bien collectif sur les intérêts individuels (il vise à éviter la morte des Français dans la
1e dispute).
Mais Olivier refuse la proposition de Roland car ce n’est pas la responsabilité de
Charlemagne, mais celle de Roland qui n’a pas réfléchi sur les conséquences de ses
actes. Encore une fois Olivier montre qu’il ne pense pas à lui, mais à son empereur, il
est le vassal parfait.
(Olivier : tu ne coucheras jamais avec Aude), cela représente la rupture des amis par la
faute de Roland, donc cette dispute n’a pas de solution car les caractères sont très
opposés. Il faut un intermédiaire pour résoudre le problème qui est Turpin, celui-ci veut
que Roland sonne l’olifant pour venger les Français et enterrer les morts.
Mort des héros -->Roland, Olivier et Turpin (véritables protagonistes de la bataille)
On va voir juste la mort de Roland, nous devons le compléter avec la lecture
Aucun sarrasin ne tue Roland (il coupe la main de Marsile), mais c’est lui-même le
responsable de sa mort car, lorsqu’il sonne l’olifant, il le fait de toute sa force que les
tempes du cerveau éclatent. Plusieurs explications : en tant que héros de la chrétienté, il
doit être supérieur aux sarrasins ; comme il est le responsable de la mort des Français,
c’est une façon de punir sa faute
Le récit de la mort de Roland est long qui s’accompagne d’une mise en scène austère :
Le lieu de Roncevaux. L’auteur cherche un décor caractérisé par l’élévation pour
montrer la supériorité en tant que héros français et héros chrétien.
Quand Roland est moribond, il apparaît un sarrasin qui veut prendre son épée, mais
Roland le tue car les sarrasins ne peuvent pas prendre les armes d’un chevalier chrétien
(en relation avec le monde manichéen)
L’auteur compose plusieurs scènes où le protagoniste est l’épée de Roland (toutes les
épées des protagonistes ont un nom et une historie). Roland parle à son épée (Durendal),
il la loue. L’éloge de l’épée montre sa condition féodale car il énumère ses conquêtes à
côte de son épée comme vassal de Ch. (le vassal parfait), donc elle est personnifiée.
Après, il parle des reliques qui sont contenues dans son épée, comme c’est un objet
sacré, l’épée ne peut pas être volée par un sarrasin.
Roland ne pense pas à Aude (sa fiancée), donc l’amour le l’intéresse pas, mais il pense
comme un chevalier français et chrétien. Cela oppose Roland et Ganelon car lorsque
Ganelon est dans une situation de danger au moment de son désignation comme
ambassadeur, il pense à sa famille.
La confession de Roland : il avoue sa faute car il a pense au bien individuel au lieu du
bien collectif. Il demande l’aide de l’ange Saint Gabriel (qui visite Ch. pour lui
annoncer le futur) pour trouver le pardon de Dieu. Il devient un martyre qui gagne le
paradis.
Ganelon
Au moment où Ch. entende l’olifant, il pense que l’arrière-garde est en danger, mais
Ganelon lui dit qu’il se trompe. La 1e réaction de Ch. est de remettre Ganelon au
cuisinier de l’armée-->jugement de Ganelon
Conclusion : à partir des personnages stéréotypés de la littérature gréco-latine, l’auteur
de la Chanson de Roland a composé des personnages individualisés. Leur
caractérisation psychologique dérive des paroles ou des actes des personnages. La
Chanson de Roland est le 1e document écrit en français et c’est le chef-œuvre de la
littérature française et médiévale.