Cours La Stratification SES
Cours La Stratification SES
Doc 2 p 160: “Les inégalités entre les PCS”
Faire les 4Q
+ classez les PCS dans le schéma de l’espace social (doc 4 p 161)
Sources: Enquete Virage 2015 (INED) / Délégation aux victimes / Direction générale de
la police nationale / Les Décodeurs, LeMode.fr / CSA, Rapport sur la représentation des
femmes, mars 2017
1/ Quels sont les domaines de la société où il existe des inégalités H / F ? En défaveur de qui?
2/ Pensez-vous qu’il existe des domaines qui échappent à ces inégalités H / F ?
C. Les autres facteurs structurant de la société française: lieu de résidence et composition du ménage
Doc 4: La composition des ménages en France en 2016
Le seuil de pauvreté est calculé ici au seuil de 50% du revenu médian (la moitié)
Le seuil de richesse est calculé ici au seuil de 200% du revenu médian (le double)
1/ Rappelez ce qu’est le revenu médian, et ce qu’est un ménage
2/ Pourquoi la composition d’un ménage contribue-t-il à déterminer son niveau de vie?
Voir également le doc 5 p 163
Doc 5: Le lieu de résidence
Les groupes sociaux, inégalement dotés en ressources économiques, culturelles et sociales (diplômes, revenus etc…) se répartissent de façon inégale
entre les quartiers d’une ville. Les espaces urbains eux-mêmes sont inégalitairement pourvus en ressources publiques et privées de toutes sortes
(écoles, transport, équipements culturels et sportifs, sécurité, espaces verts, commerces, etc.). Il en découle une hiérarchie qui différencie les quartiers
d’une ville et de sa banlieue à la fois sur la base du profil socio-économique, [voire ethnique], des populations qui y résident, mais aussi en fonction de
leurs équipements, de leurs infrastructures, et surtout de leur “qualité”. Cette relation est complexe, puisque, en se concentrant dans certains espaces,
les groupes sociaux les plus favorisés y concentrent également une partie de leurs ressources, ce qui rejaillit sur le quartier lui-même. [...] D’un autre
côté, c’est aussi parce que certains espaces sont mieux dotés qu’ils sont attractifs, et donc choisis par les groupes sociaux favorisés. Leur forte
présence contribue à maintenir, voire à accentuer, leur entre-soi, et donc à creuser les inégalités urbaines.
Marco Oberti, Que faire contre les inégalités? 30 experts s’engagent, Louis Maurin et Nina Schmidt (dir), Observatoire des inégalités, 2016
0/ Cherchez la définition de “groupe social”
1/ Illustrez les différences pouvant exister entre les espaces urbains favorisés et défavorisés.
2/ Les différents groupes sociaux se répartissent-ils au hasard dans l'espace social?
3/ Quels effets produit la concentration des population favorisées dans certains quartiers?
4/ Essayez d’adapter cette analyse des quartiers urbains à la situation du bassin genevois. Expliquez ce que vous affirmez
Synthèse: pour chacun des facteurs vus dans cette partie, rédigez une courte SA (max 7 lignes) résumant les informations
principales.
De façon générale, la deuxième moitié du XX°s se caractérise par de très fortes évolutions de la structure socio-professionnelle: 4 évolutions
majeures sont notables: l’évolution sectorielle, la salarisation croissante, la hausse des qualifications des travailleurs et des emplois, la
féminisation de la PA.
1/ L’évolution sectorielle:
- déclin du secteur ………………………………………..
- essor (...................) puis déclin du secteur ………………………………………
- essor du secteur …………………………….
2/ La salarisation croissante des actifs, et donc le déclin des indépendants. C’est une tendance longue du XX°, mais qui est peu à peu atténuée
par l’accroissement de l’auto-entrepreneuriat (même au sein des entreprises) depuis le début du XXI°.
3/ La hausse de la qualification des travailleurs et des emplois
De façon générale, l’allongement de la durée des études a entraîné:
- une hausse de la qualification des travailleurs
- une hausse de la qualification des emplois eux-même, renforcée par les transformations technologiques.
Cependant, l’emploi non-qualifié ne disparaît pas, il se transforme (services de livraison,etc).
Il y a en fait une polarisation des emplois: d’un côté des emplois très qualifiés, de l’autre côté des emplois très peu qualifiés, précaires.
4/ La féminisation de la PA:
SI les femmes ont toujours travaillé, elles n’ont été comptabilisées que tardivement, avec le développement du salariat et après évolution de la prise
en compte de leur travail par l’INSEE. La majorité des femmes travaille aujourd’hui, entraînant une féminisation des emplois et de la population active
dans son ensemble. Cependant, cette féminisation est très inégale selon les secteurs d’activité: les femmes sont surreprésentées dans les secteurs
suivants: …………………………………………………………………. et sous-représentées dans les secteurs suivants: ……………………………………
La salarisation désigne l’augmentation de la part des emplois salariés par rapport aux emplois non-salariés (indépendants)
La tertiarisation désigne l’augmentation de la part des activités de service au sein de l’économie.
Synthèse: L’analyse de Marx: toute l’Histoire n’est que l’histoire de la lutte des classes.
De l’analyse de Marx, très complexe, il est possible de retenir quelques points :
Pour lui, l’histoire est faite d’une succession de “régimes”, qui sont tous “morts” par des “révolutions”.
- Tous ces régimes voient s’opposer au départ de nombreuses classes sociales, qui vont progressivement se rapprocher et se réunir en
deux grandes classes : c’est le mécanisme de polarisation (ou de bipolarisation) de la société (existant dans chaque régime donc).
- Ces deux grandes classes, ont les même caractéristiques dans tous les régimes : la classe dominante est celle qui possède les moyens
de production socialement valorisés, la classe dominée celle qui possède, par opposition, les moyens de production socialement
non valorisés. Attention, ces moyens de production socialement valorisés différents dans chaque régime.
- Marx a surtout analysé la société capitaliste. Dans cette société, avant le
processus de bipolarisation, il existe de nombreuses classes. Mais, après ce
processus, seules deux classes coexistent : la classe dominante : la bourgeoisie
(possédant les moyens de P° socialement valorisés : le K), et la classe dominée :
le prolétariat (qui ne possède que son W, non socialement valorisé).
- La bourgeoisie exploite le prolétariat, car elle s’approprie les fruits de son
travail, tout en ne le rémunérant qu’au seuil de subsistance : c’est ce que Marx a
appelé le “mécanisme de l’exploitation” par le surprofit.
- L’exploitation étant de plus en plus forte, le prolétariat, qui n’était qu’une classe en
soi (voir def en dessous), va progressivement prendre conscience son
appartenance à une classe sociale, et va entamer la lutte des classes, il va donc
devenir une classe pour soi
- Pour Marx, aucune évolution n’est possible au sein d’un régime, il faut donc le
renverser, et en instaurer un autre afin de faire évoluer les choses. Dans le
nouveau régime issu de la lutte des classes, l’ancienne classe dominée deviendra
la dominante.
Pour Marx, le prolétariat est une classe à part, car c’est elle qui par la lutte des classes, va
renverser le système capitaliste et va instaurer un nouveau régime : le socialisme ( se caractérisant par la propriété collective et un état omniprésent)
qui sera chargé de développer au maximum les capacités de P° du pays afin de pouvoir passer au communisme qui est la fin de l’histoire (société
sans état, sans classe, sans propriété privée).
Rappel : définitions : Classes en soi et pour soi chez Marx
Classe en soi : groupe d'individus qui possède :
- la même place dans le processus productif
-
Les classes en soi existent toujours dans toutes les sociétés et à toutes les époques.
Classe pour soi = classe en soi +
- possède une conscience de classe (conscience d'appartenir à un groupe social)
-
Les classes pour soi existent de façon éphémère, à un moment de l’histoire des sociétés (avant un renversement de régime).
Point connaissances : Comment les sociologues traditionnels définissent-ils les classes sociales ?
Dans la tradition marxienne (mi XIX°s), les classes sociales sont des collectifs structurés par une position spécifique dans
le système économique, en fonction de leur possession (ou non) des outils de production socialement valorisés, marquées
par le mécanisme de l'exploitation. Ces classes sont toujours en opposition, parfois en conflit (de façon éphémère et
violente), lorsqu'elles prennent conscience d'elle- même (classe pour soi) et prennent leur destin en main par la lutte des
classes. On parle pour Marx, d'une approche « réaliste » des classes sociales.
Dans la tradition wébérienne (début XX°s), une classe sociale est une somme d'individus semblables partageant un
dynamique probablement similaire sans qu'ils en soient nécessairement conscients. Les classes sociales sont un moyen
de classer les individus en fonction de critères économiques, il existe deux autres modes de classement
(..................................................................................) Les individus pouvant se trouver à des niveaux différents dans ces 3
classements. On parle pour Weber, d'une approche « nominaliste » des classes sociales.
Synthèse :
Pierre Bourdieu : des classes sociales en fonction des styles de vie
Bourdieu est un
auteur (mi et fin
xx°) qui emprunte
à Marx le
classement des
classes entre
dominants et
dominés, et pour
le fait qu’un
travail de
mobilisation soit
nécessaire pour faire exister une classe sociale. Il
emprunte également à Weber la pluralité des
échelles sociales et la dimension symbolique des
classes sociales. Il considère donc que les
individus sont regroupés en 3 grandes classes, en
fonction de leurs styles de vie, qui dépendent de
leur capitaux économiques, culturels, social,
symbolique) sur une échelle dominant/ dominé,
enfin, les individus n’ont pas forcément de
sentiment d’appartenance à une classe sociale.
Les 3 grandes classes étant:
Doc 7: Nombre d’années pour qu’un ouvrier puisse
pretendre rattrapper le salaire d’un cadre
Synthèse:
Louis Chauvel: nouvelle polarisation et retour des classes sociales
Louis Chauvel est un sociologue français (né en 1967), qui s’est fait connaître par sa thèse défendue dans “Le
destin des générations” paru en 2002 où il met en évidence, que plus que les inégalités traditionnelles entre les
classes sociales à un moment donné (analyse intra-générationnelle), il existe des inégalités importantes entre
les générations ( analyse inter-générationnelle). Il existe des générations plus ou moins favorisées, selon leur
période d’arrivée sur le marché du travail (en particulier). Certaines générations sont davantage soumises au
déclassement que d’autres (voir chapitre 7), et risquent davantage un écart entre leurs attentes (transmises par
les instances de socialisation: la famille, l’école etc…) et la réalité du monde moderne: ce qu’il a nommé la
“dyssocialisation” (ou “mauvaise socialisation”): leur socialisation leur transmettant des attentes irréalisables.
Warren Buffett (3eme fortune mondiale) a déclaré en 2005: “Il y a une guerre des
classes, c’est un fait. Mais c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre
et qui est en train de la gagner”
Pour aller plus loin, sous un angle plus humoristique, vous pouvez lire cette
excellent BD, présente au CDI
Un excellent livre, qu’il serait intéressant pour vous de feuilleter (il est présent au CDI)
Synthèse:
La constellation de Henri Mendras: la remise en cause du concept de classe sociale
H. Mendras (1927-2003) constate un “émiettement des classes sociales”. il faut donc construire un autre modèle où les groupes sociaux se
répartissent en constellations et non plus en classes sociales. Mendras donne ainsi une image « cosmographique » de la société à la fin des années
80. la structure sociale prend l'allure d'une toupie ou « strobiloïde » (du grec strobilos, toupie), où les groupes sociaux s'organisent en “constellations”
plus ou moins cristallisées:
- la constellation populaire est formée des ouvriers et des employés, proches par leur niveau de revenus, d'éducation et de conditions de
travail. elle regroupe environ la moitié de la population.
- la constellation centrale regroupe les cadres supérieurs et les professions intermédiaires. elle représente environ un quart de la
population.
- les indépendants regroupent les chefs d'entreprise, les artisans et les commerçants, les professions libérales et les agriculteurs
exploitants. Cette constellation est très dispersée dans l'échelle des revenus et des diplômes.
- enfin, l'élite d'un côté et les pauvres de l'autre forment les deux pointes de la toupie.
Le “modèle de la toupie” n'est pas stable. il peut « prendre du ventre » ou s'allonger en fonction des transformations sociales.
1/ Comment a évolué le sentiment d’appartenance à la classe moyenne depuis les années 1980?
2/ L’identification subjective d’un individu correspond-il forcément à son identification subjective ?
Expliquez
3/ Comment pouvez-vous expliquer ces écarts ?
4/ Quelles sont les caractéristiques matérielles de la bourgeoisie ?
5/ Montrez que la bourgeoisie a un véritable sentiment d’appartenance.
En Synthèse: répondez à la question suivante: Comment a évolué le sentiment d’appartenance à une classe sociale en France?
3. L’identification subjective à une classe sociale
Lire les docs p 168-169
Synthèse: Des critères de différenciation multiples
La structure sociale peut reposer sur un ou plusieurs critères. Il est possible de n’en retenir qu’un seul ou plusieurs pour faire une analyse:
Les critères biologiques:
- l’âge: toute société peut être découpée en tranches d’âge, “générations” ou “cohortes”. On peut ainsi parler de génération du baby-boom,
de générations de la guerre, favorisées, de la crise etc…
- le sexe: en général seuls deux sexes sont retenus (mais qui sait? un jour peut être?...) homme et femme. Cette distinction peut expliquer
de nombreuses inégalités: droits, obligations, instruction, diplômes, métiers, modes de vie, risques sociaux et sanitaires etc...
Les critères économiques: revenus, patrimoines.
Les critères culturels: diplômes, capital culturel
Les critères sociaux: appartenance à un groupe social, nationalité, style de vie, accès aux soins, au logement etc…
Cette liste est non exhaustive.
Aujourd’hui, ces critères sociaux peuvent entraîner des inégalités plus ou moins fortes.
N’oubliez pas que la stratification sociale ou les inégalités sont également dépendants des indicateurs utilisés pour les représenter: elles pourront
ainsi paraître très fortes si la représentation est fine (avec un grand nombre de catégories), ou au contraire très faibles, si la population n’est que
divisée en deux parties (représentation très grossière)... Tout est une affaire de perspective (un peu comme l’histoire de la bouteille à moitié vide ou à
moitié pleine…)