0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
87 vues10 pages

Cours La Stratification SES

Ce document présente les principaux facteurs de structuration de la société française actuelle, notamment la catégorie socioprofessionnelle, le revenu, le genre et la position dans le cycle de vie. Il explique comment ces facteurs créent une hiérarchie et des inégalités au sein de la société.

Transféré par

Ludivine “ludi.i”
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
87 vues10 pages

Cours La Stratification SES

Ce document présente les principaux facteurs de structuration de la société française actuelle, notamment la catégorie socioprofessionnelle, le revenu, le genre et la position dans le cycle de vie. Il explique comment ces facteurs créent une hiérarchie et des inégalités au sein de la société.

Transféré par

Ludivine “ludi.i”
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

SOCIOLOGIE 

CHAP 4 : COMMENT EST STRUCTURÉE 


LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE ACTUELLE ? 
"Les CSP ont une qualité intéressante : elles permettent de
parler de classes sociales sans jamais en prononcer le mot."
Louis Chauvel - Le retour des classes sociales?
"Les groupes sont des galaxies qui grossissent ou réduisent, qui
deviennent brillantes, s'illuminent et illuminent leurs voisines,
ou au contraire s'affaiblissent et même peuvent s'éteindre."
Henri Mendras - La seconde révolution française : 1965-1984

A la fin de ce chapitre, vous devez: 


1. Savoir identifier les multiples facteurs de structuration et de hiérarchisation de l’espace social (catégorie
socioprofessionnelle, revenu, diplôme, composition du ménage, position dans le cycle de vie, sexe, lieu de résidence).
2. Comprendre les principales évolutions de la structure socioprofessionnelle en France depuis la seconde moitié du XXe
siècle (salarisation, tertiarisation, élévation du niveau de qualification, féminisation des emplois).
3. Connaître les théories des classes et de la stratification sociale dans la tradition sociologique (Marx, Weber) ; comprendre
que la pertinence d’une approche en termes de classes sociales pour rendre compte de la société française fait l’objet de débats
théoriques et statistiques : évolution des distances inter- et intra-classes, articulation avec les rapports sociaux de genre,
identifications subjectives à un groupe social, multiplication des facteurs d’individualisation.
 
Dessine-moi la société 

Petit point de départ : 


Stratification sociale et structure sociale, différences et 
inégalités   
Une ​stratification est une hiérarchisation, c'est-à-dire une division d’un corps en
plusieurs groupes n’ayant pas le même statut. La stratification sociale concerne
plus précisément le découpage de la société en groupes sociaux hiérarchisés et
présentant (les groupes sociaux !) chacun une certaine homogénéité au regard de
critères économiques ou sociaux (revenus, culture etc).
On peut également voir le terme de ​“structure sociale”​, qui, dans son sens
restreint, désigne la manière dont la société répartit la population en différents
groupes sociaux. Dans ce cas, il est synonyme de « stratification sociale ». Au
sens large, par contre, il désigne la société en général. Une différence est le fait
que deux choses ou personnes n’aient pas exactement les même caractéristiques.

Une  ​inégalité est une différence qui se traduit en termes d’avantage ou de


désavantage social. Pour qu’il y ait des inégalités sociales, il faut qu’il existe des
ressources socialement valorisées, caractérisées par leur rareté et inégalitairement
réparties entre les individus.
Une ​inégalité est donc une différence socialement valorisée ou dévalorisée. Une
différence individuelle ne peut être utilisée pour décrire les inégalités sociales.
Attention, toute inégalité n’est pas injuste… ce que nous verrons dans un 
chapitre ultérieur 
I. Quels sont les facteurs de la stratification sociale? 
A. Les facteurs à dominante économique: profession, revenu 
Doc 1 : La société vue à travers les catégories socioprofessionnelles 
1/ Rappelez ce que sont les PCS et leur nom et numéro
2/ Quels sont les points communs et les différences entre ouvriers
et employés? Cherchez quelle part ils représentent dans la
population active dans son ensemble.
3/ Pourquoi certaines PCS ne sont pas intégrées à la pyramide?
4/ Pourquoi représente-t-on la société sous forme d’une pyramide?

Source: Louis Chauvel, Le retour des classes sociales ?, Revue de


l’OFCE n°79, 2001

 
 
 
Doc 2 p 160: “Les inégalités entre les PCS” 
Faire les 4Q
+ classez les PCS dans le schéma de l’espace social (doc 4 p 161)

B. Les facteurs individuels: le genre et la position dans le cycle de vie 


1. Le rôle du genre
Doc 2 : Hommes et femmes dans l’espace social 

Sources: Enquete Virage 2015 (INED) / Délégation aux victimes / Direction générale de
la police nationale / Les Décodeurs, LeMode.fr / CSA, Rapport sur la représentation des
femmes, mars 2017

 
1/ Quels sont les domaines de la société où il existe des inégalités H / F ? En défaveur de qui? 
2/ Pensez-vous qu’il existe des domaines qui échappent à ces inégalités H / F ? 

Allez voir la vidéo du doc 3 p 163


 
 
 
 
 
Doc 3: Hommes et femmes dans l’espace public… le “manspreading” … 
1/ Décrivez les attitudes des personnes sur la photo
2/ En quoi ce attitudes traduisent-elles un rapport inégal des hommes
et des femmes dans l’espace public?
3/ Comment pourriez-vous expliquer ces attitudes?
4/ Comment pourriez-vous expliquer ce qui est dénoncé par le
mouvement “metoo” au regard de ce que vous avez expliqué à la Q3
?
5/ Pourquoi peut-on dire que le genre (et le sexe) des individus sont
un facteur hiérarchisant de la société française actuelle?

2. Le rôle du cycle de vie


Doc 2 p 162: “Des inégalités au cours du cycle de vie” 
Faire les 3Q
“Les âges de l’homme” (​fin XIX) représente la vision de l’époque de la
succession des étapes marquant la vie d’un homme.
1/ Sur la gravure des “âges de l’homme”: pourquoi l’artiste a-t'il utilisé une
représentation pyramidale? Quelles sont les étapes clés?
2/ Pensez-vous que cette représentation est encore valable aujourd’hui?

C. Les autres facteurs structurant de la société française: lieu de résidence et composition du ménage 
Doc 4: La composition des ménages en France en 2016 

Le seuil de pauvreté est calculé ici au seuil de 50% du revenu médian (la moitié)
Le seuil de richesse est calculé ici au seuil de 200% du revenu médian (le double)
1/ Rappelez ce qu’est le revenu médian, et ce qu’est un ménage 
2/ Pourquoi la composition d’un ménage contribue-t-il à déterminer son niveau de vie? 
 
Voir également le doc 5 p 163 
Doc 5: Le lieu de résidence 
Les groupes sociaux, inégalement dotés en ressources économiques, culturelles et sociales (diplômes, revenus etc…) se répartissent de façon inégale
entre les quartiers d’une ville. Les espaces urbains eux-mêmes sont inégalitairement pourvus en ressources publiques et privées de toutes sortes
(écoles, transport, équipements culturels et sportifs, sécurité, espaces verts, commerces, etc.). Il en découle une hiérarchie qui différencie les quartiers
d’une ville et de sa banlieue à la fois sur la base du profil socio-économique, [voire ethnique], des populations qui y résident, mais aussi en fonction de
leurs équipements, de leurs infrastructures, et surtout de leur “qualité”. Cette relation est complexe, puisque, en se concentrant dans certains espaces,
les groupes sociaux les plus favorisés y concentrent également une partie de leurs ressources, ce qui rejaillit sur le quartier lui-même. [...] D’un autre
côté, c’est aussi parce que certains espaces sont mieux dotés qu’ils sont attractifs, et donc choisis par les groupes sociaux favorisés. Leur forte
présence contribue à maintenir, voire à accentuer, leur entre-soi, et donc à creuser les inégalités urbaines.
Marco Oberti, Que faire contre les inégalités? 30 experts s’engagent, Louis Maurin et Nina Schmidt (dir), Observatoire des inégalités, 2016
0/ Cherchez la définition de “groupe social”
1/ Illustrez les différences pouvant exister entre les espaces urbains favorisés et défavorisés.
2/ Les différents groupes sociaux se répartissent-ils au hasard dans l'espace social?
3/ Quels effets produit la concentration des population favorisées dans certains quartiers?
4/ Essayez d’adapter cette analyse des quartiers urbains à la situation du bassin genevois. Expliquez ce que vous affirmez

Lire le doc 4 p 163

Synthèse​: pour chacun des facteurs vus dans cette partie, rédigez une courte SA (max 7 lignes) résumant les informations 
principales. 

II. Comment​ la structure socioprofessionnelle française a-t-elle évolué ? 


A. Evolution sectorielle + salarisation 
Allez voir la vidéo du doc 1 p 164
Doc 2 p 164: “L’évolution de la structure des emplois depuis 1954” ​Faire les 4Q

B. Féminisation + hausse des qualifications 


Doc 6: Un peu d’histoire: les femmes ont toujours travaillé 
Travail des femmes: les clichés ont la vie dure 
Les femmes ont toujours travaillé. La plupart du temps, elles ont travaillé gratuitement, ce qui a fait perdurer l’idée reçue selon laquelle elles ne
travaillaient pas. Depuis le début du XIX°siècle, les femmes sont en majorité agricultrices, comme la plupart des hommes, mais elles sont aussi
commerçantes, patronnes d’industrie, domestiques et ouvrières. Sylvie Schweitzer dans “​Les femmes ont toujours travaillé”​, paru en 2002, pointe les
méthodes statistiques qui rendent invisibles le travail féminin. Mariées, elles ne sont pas considérées comme actives. AU XIX° siècle par exemple, les
recensements classent une agricultrice ou une commerçante dans les catégories “​sans profession​” ou “​ménagère​”, parfois on leur attribue le métier de
l’époux. Jusqu’aux années 1980 encore, les catégories de l’INSEE n’enregistre qu’un seul chef d’exploitation, les femmes d’agriculteurs étaient classées
dans la catégories des aides familiales, des forces de travail secondaires et fantomatiques. Et les femmes dirigent des entreprises de longue date aussi,
mais les trouver dans les archives reste un douloureux problème pour les historiennes et les historiens.
Des femmes patronnes bien cachées? 
Le diable est là encore dans les chiffres. Les entreprises sont tenues conjointement par le couple quand elles ne sont pas entièrement dirigées par la
femme mais elles sont déclarées au nom du mari. Lorsqu’elles déclarent leur entreprise elles sont bien souvent veuves ou divorcées.
Anais Ken, Le Journal de l’histoire, “Les Patronnes”, France Culture septembre 2019
→ Quelles sont les deux principales explications du cliché concernant l’absence de travail des femmes? 
 
Doc 3 p 165: “Progression de l’emploi féminin et tertiarisation” 
Faire la Q2
 
Doc 4 p 165: “L’élévation du niveau de qualification”​ Faire les 3Q
→ Dans quel chapitre a-t-on déjà traité de cela?
Synthèse:
Les principales évolutions de la structure socio-professionnelle française

De façon générale, la deuxième moitié du XX°s se caractérise par de très fortes évolutions de la structure socio-professionnelle: ​4 évolutions 
majeures sont notables: l’évolution sectorielle, la salarisation croissante, la hausse des qualifications des travailleurs et des emplois, la 
féminisation de la PA. 
1/ L’évolution sectorielle: 
- déclin du secteur ………………………………………..
- essor (...................) puis déclin du secteur ………………………………………
- essor du secteur …………………………….
2/ La salarisation croissante des actifs​, et donc le déclin des indépendants. C’est une tendance longue du XX°, mais qui est peu à peu atténuée
par l’accroissement de l’auto-entrepreneuriat (même au sein des entreprises) depuis le début du XXI°.
3/ La hausse de la qualification des travailleurs et des emplois 
De façon générale, l’allongement de la durée des études a entraîné:
- une hausse de la qualification des travailleurs
- une hausse de la qualification des emplois eux-même, renforcée par les transformations technologiques.
Cependant, l’emploi non-qualifié ne disparaît pas, il se transforme (services de livraison,etc).
Il y a en fait une polarisation des emplois: d’un côté des emplois très qualifiés, de l’autre côté des emplois très peu qualifiés, précaires.
4/ La féminisation de la PA: 
SI les femmes ont toujours travaillé, elles n’ont été comptabilisées que tardivement, avec le développement du salariat et après évolution de la prise
en compte de leur travail par l’INSEE. La majorité des femmes travaille aujourd’hui, entraînant une féminisation des emplois et de la population active
dans son ensemble. Cependant, cette féminisation est très inégale selon les secteurs d’activité: les femmes sont surreprésentées dans les secteurs
suivants: …………………………………………………………………. et sous-représentées dans les secteurs suivants: ……………………………………

La ​salarisation ​désigne l’augmentation de la part des emplois salariés par rapport aux emplois non-salariés (indépendants)
La ​tertiarisation ​désigne l’augmentation de la part des activités de service au sein de l’économie.

III. Comment étudier la stratification sociale ? 


A. Des approches en termes de classes sociales toujours d’actualité 
1. Les approches traditionnelles: Marx
Regardez la vidéo du doc 2 p 166

Synthèse: L’analyse de Marx: toute l’Histoire n’est que l’histoire de la lutte des classes.
De l’analyse de Marx, très complexe, il est possible de retenir quelques points :
Pour lui, l’histoire est faite d’une succession de “​régimes​”, qui sont tous “morts” par des “révolutions”.
- Tous ces régimes voient s’opposer au départ de nombreuses ​classes sociales​, qui vont progressivement se rapprocher et se réunir en
deux grandes classes : c’est le ​mécanisme de polarisation (ou de bipolarisation) de la société​ (existant dans chaque régime donc).
- Ces deux grandes classes, ont les même caractéristiques dans tous les régimes : ​la classe dominante est celle qui possède les moyens 
de production socialement valorisés, la classe dominée celle qui possède, par opposition, les moyens de production socialement 
non valorisés​. Attention, ces moyens de production socialement valorisés différents dans chaque régime.
- Marx a surtout analysé la  société  capitaliste​. Dans cette société, avant le
processus de bipolarisation, il existe de nombreuses classes. Mais, après ce
processus, seules deux classes coexistent : la classe dominante   : la bourgeoisie
(possédant les moyens de P° socialement valorisés : le K), et la classe dominée   :
le prolétariat​ (qui ne possède que son W, non socialement valorisé).
- La  bourgeoisie exploite le prolétariat​, car elle s’approprie les fruits de son
travail, tout en ne le rémunérant qu’au seuil de subsistance : c’est ce que Marx a
appelé le ​“mécanisme de l’exploitation” par le surprofit​.
- L’exploitation étant de plus en plus forte, le prolétariat, qui n’était qu’une ​classe en 
soi (voir def en dessous), va progressivement prendre conscience son
appartenance à une classe sociale, et va entamer la lutte des classes​, il va donc
devenir ​une classe pour soi 
- Pour Marx, ​aucune évolution n’est possible au sein d’un régime​, il faut donc le
renverser, et en instaurer un autre afin de faire évoluer les choses. Dans le
nouveau régime issu de la lutte des classes, l’ancienne classe dominée deviendra
la dominante.
Pour Marx, le prolétariat est une classe à part, car c’est elle qui par la lutte des classes, va
renverser le système capitaliste et va instaurer un nouveau régime : le socialisme ( se caractérisant par la propriété collective et un état omniprésent)
qui sera chargé de développer au maximum les capacités de P° du pays afin de pouvoir passer au communisme qui est la fin de l’histoire (société
sans état, sans classe, sans propriété privée).
Rappel : définitions : Classes en soi et pour soi chez Marx
Classe en soi​ : groupe d'individus qui possède :
- la même place dans le processus productif
-
Les classes en soi existent toujours dans toutes les sociétés et à toutes les époques.
 
Classe pour soi ​= classe en soi +
- possède une conscience de classe (conscience d'appartenir à un groupe social)
-
Les classes pour soi existent de façon éphémère, à un moment de l’histoire des sociétés (avant un renversement de régime).

2. Les approches traditionnelles: Weber


Doc 3 p 167: “Comment Weber analyse-t-il la stratification sociale?” 

Point connaissances : Comment les sociologues traditionnels définissent-ils les classes sociales ? 
Dans la ​tradition marxienne ​(mi XIX°s), les classes sociales sont des collectifs structurés par une position spécifique dans
le système économique, en fonction de leur possession (ou non) des outils de production socialement valorisés, marquées
par le mécanisme de l'exploitation. Ces classes sont toujours en opposition, parfois en conflit (de façon éphémère et
violente), lorsqu'elles prennent conscience d'elle- même (classe pour soi) et prennent leur destin en main par la lutte des
classes. On parle pour Marx, d'une approche « ​réaliste ​» des classes sociales.
Dans la ​tradition wébérienne (début XX°s), une classe sociale est une somme d'individus semblables partageant un
dynamique probablement similaire sans qu'ils en soient nécessairement conscients. Les classes sociales sont un moyen
de classer les individus en fonction de critères économiques, il existe deux autres modes de classement
(..................................................................................) Les individus pouvant se trouver à des niveaux différents dans ces 3
classements. On parle pour Weber, d'une approche « ​nominaliste​ » des classes sociales.

3. Les approches contemporaines: Bourdieu, Chauvel et Pinçon/Pinçon-Charlot

Synthèse :
Pierre Bourdieu : des classes sociales en fonction des styles de vie
Bourdieu est un
auteur (mi et fin
xx°) qui emprunte
à Marx le
classement des
classes entre
dominants et
dominés, et pour
le fait qu’un
travail de
mobilisation soit
nécessaire pour faire exister une classe sociale. Il
emprunte également à Weber la pluralité des
échelles sociales et la dimension symbolique des
classes sociales. Il considère donc que les
individus sont regroupés en 3 grandes classes, en
fonction de leurs styles de vie, qui dépendent de
leur capitaux économiques, culturels, social,
symbolique) sur une échelle dominant/ dominé,
enfin, les individus n’ont pas forcément de
sentiment d’appartenance à une classe sociale.
Les 3 grandes classes étant:
Doc  7:  Nombre  d’années  pour  qu’un  ouvrier  puisse 
pretendre rattrapper le salaire d’un cadre 

1/ Lisez le chiffre correspondant au nombre d’années pour 1955.


Comment pouvez-vous l'interpréter?
2/ Comment a évolué ce chiffre sur les 60 dernières années?
Qu’en déduisez-vous?
3/ A quoi est-ce du ?
4/ Aujourd’hui (en 2013), quel est ce chiffre? Comment
interprétez-vous?
 

Synthèse:
Louis Chauvel: nouvelle polarisation et retour des classes sociales
Louis Chauvel est un sociologue français (né en 1967), qui s’est fait connaître par sa thèse défendue dans “Le
destin des générations” paru en 2002 où il met en évidence, que plus que les inégalités traditionnelles entre les
classes sociales à un moment donné (analyse intra-générationnelle), il existe des inégalités importantes entre
les générations (​ analyse inter-générationnelle). Il existe des générations plus ou moins favorisées, selon leur
période d’arrivée sur le marché du travail (en particulier). Certaines générations sont davantage soumises au
déclassement que d’autres (voir chapitre 7), et risquent davantage un écart entre leurs attentes (transmises par
les instances de socialisation: la famille, l’école etc…) et la réalité du monde moderne: ce qu’il a nommé la
“dyssocialisation”​ (ou “mauvaise socialisation”): leur socialisation leur transmettant des attentes irréalisables.

Il a également travaillé sur les ​classes sociales en France aujourd’hui​, en se fondant sur un outil inventé à


partir de la toupie de Mendras : le ​“strobiloïde” (voir page précédente et TD mesures inégalités) et en a conclu
que:
- la classe moyenne qui a fortement grandi durant les 30 Glorieuses, est fortement déstabilisée, et
fortement appauvrie (en particulier chez les salariés du public, qui ont fait face à des incertitudes
importantes: privatisation, changement de statut, forte baisse du pouvoir d’achat…)
- la ​classe populaire​, au contraire, est objectivement plus importante depuis 1985 (elle a “grossi”) avec l'appauvrissement d’une partie des
classes moyennes, par le développement du chômage et de la précarité. Néanmoins, si cette classe est objectivement de plus en plus
grande, elle a subit une perte de conscience de ses spécificités, par la diversité des situations existantes.
En reprenant le vocabulaire marxien, on pourrait dire que cette classe est …………………………………. mais pas une………………..
………………………………………… car elle n’a pas de …………………..…………………….
Il parle donc de ​“​nouvelle  polarisation​” (la 1ere polarisation étant celle mise en évidence par Marx et Engels), conséquence directe de
l’accroissement des inégalités.
L’exemple le plus parlant étant l’augmentation des écarts entre cadres et ouvriers:..................................................................................................
…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

Doc 8: La grande bourgeoisie, la dernière des classes sociales?


“S’il existe encore une classe, c’est bien la bourgeoisie, ces familles possédantes qui parviennent à se maintenir au
sommet de la société où elles se trouvent parfois depuis plusieurs générations. La société francaise du début du
XXI° siècle est une société rofondément inégalitaire. [...] Les bourgeois sont riches, mais d’une richesse multiforme,
un alliage fait d’argent, de beaucoup d’argent, mais aussi de culture, de relations sociales et de prestige. Comme les
difficultés sociales se cumulent, les privilèges s’accumulent. [...] Le pouvoir social étant aussi un pouvoir sur l'espace,
la haute société exprime son unité profonde par la recherche systématique de l’entre-soi dans l’habitat et les lieux de
villégiature. [...] Que se passe-t-il à l’abri des regards indiscrets? D’abord, une intense sociabilité. [...] A travers
celle-ci s’accumule et se gère comme une forme de richesse essentielle, le capital social. [...] L’avenir de cette classe
apparaît ainsi prometteur. Elle est à peu près la seule au début du XXI° siècle à exister encore réellement en temps
que classe, c’est-à-dire en ayant conscience de ses limites et de ses intérêts collectifs.
M. Pinçon et M. Pinçon-Charlot, Sociologie de la bourgeoisie, La Découverte, coll “Repères”, 2009
1/Quelles sont les caractéristiques de la bourgeoisie décrite dans ce document?
2/ Pourquoi le capital social est-il une “richesse essentielle”?
3/ D’après Pinçon et Pinçon-Charlot, pourquoi la Bourgeoisie est-elle une classe sociale et “la seule classe
sociale”?

Warren Buffett (3eme fortune mondiale) a déclaré en 2005: “Il y a une guerre des
classes, c’est un fait. Mais c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre
et qui est en train de la gagner”

Expliquez en quoi cette citation illustre la thèse de ​Pinçon et Pinçon-Charlot,

Pour aller plus loin, sous un angle plus humoristique, vous pouvez lire cette
excellent BD, présente au CDI

B. Mais remises en cause par les évolutions économiques et sociales 

1. Mendras et la moyennisation de la société française: les années 1960-1970


Synthèse: La moyennisation est d’abord un constat empirique (réel)
Si le début du XX°s n’a pas été le terrain d’une forte évolution de la structure sociale, l’entre-deux-guerres et
surtout l’après 2eme GM ont vu naître ou se poursuivre un ensemble de 5 grandes tendances économiques et
sociales.
- Un approfondissement de la DT (↑ PI et CPIS)
- La diffusion du PT (↑ formations, qualifications)
- Intervention croissante de l’Etat dans la vie éco et sociales (Etat-providence)
- Mutation structurelles de l’emploi et du M du W (tertiarisation, féminisation, ↑ qualifications, ↓
ouvriers)
- Evolution de la DT et de la gestion de la main d’œuvre : (individualisation, précarisation, perte de la
conscience de classe).
Ces 5 tendances ont entraîné un rapprochement économique et social certain, donnant lieu à ce qui a été
appelé par Henri Mendras la “​moyennisation”​ de la société française.
Cette moyennisation peut se résumer en 3 grands points:
- Tendance générale de la société française (baisse des inégalités écos et sociales et rapprochement des
modes de vie),
- Création d’une vaste classe moyenne,
- Moyennisation culturelle par la diffusion de pratiques auparavant cantonnées aux anciennes classes
moyennes.

Doc X: La théorie de Mendras: une société en “toupie” 


“Si l’on renonce à la vision marxiste et à la vision pyramidale, on peut proposer une “vision cosmographique”.
regardons notre société comme un ciel où les étoiles s’organisent en constellations diverses plus ou moins
amples, plus ou moins cristallisées. [...] Les groupes ouvriers et employés sont très proches les uns des autres,
c’est à peine si les employés du commerce ont un revenu supérieur à celui des employés de l’industrie, bien
que leurs diplômes soient légèrement inférieurs: toutes ces catégories peuvent être regroupées en un ensemble
qu'on appellera constellation populaire. [...] Les cadres, les enseignants et les ingénieurs sont plus dispersés
que les groupes populaires mais assez proches les uns des autres quant au diplôme: ils forment une
constellation centrale. [...] SI on emprunte la forme d’une goutte d’eau ou de la toupie qu’utilisent les analystes
du revenu, on obtient un graphique qui rend compte grossièrement des proportions des différentes
constellations: environ 50% pour la constellation populaire, 25% pour la constellation centrale, 15% pour les
indépendants, 7% pour la pauvreté et 3% pour l’élite. Il n’y a plus de classe moyenne puisque plus personne
n’est pris en sandwich entre une bourgeoisie omniprésente et rusée et un peuple soumis mais sain - plus
personne n’est moyen si tout le monde l’est plus ou moins!”.
Henri Mendras, La seconde Révolution française: 1965-1984

Un excellent livre, qu’il serait intéressant pour vous de feuilleter (il est présent au CDI)
Synthèse:
La constellation de Henri Mendras: la remise en cause du concept de classe sociale
H. Mendras (1927-2003) constate un “émiettement des classes sociales”. il faut donc construire un autre modèle où les groupes sociaux se
répartissent en constellations et non plus en classes sociales. Mendras donne ainsi une image « cosmographique » de la société à la fin des années
80. la structure sociale prend l'allure d'une toupie ou « strobiloïde » (du grec strobilos, toupie), où les groupes sociaux s'organisent en “constellations”
plus ou moins cristallisées:
- la ​constellation populaire​ est formée des ouvriers et des employés, proches par leur niveau de revenus, d'éducation et de conditions de
travail. elle regroupe environ la moitié de la population.
- la ​constellation centrale ​regroupe les cadres supérieurs et les professions intermédiaires. elle représente environ un quart de la
population.
- les ​indépendants​ regroupent les chefs d'entreprise, les artisans et les commerçants, les professions libérales et les agriculteurs
exploitants. Cette constellation est très dispersée dans l'échelle des revenus et des diplômes.
- enfin, l​'élite​ d'un côté et les ​pauvres ​de l'autre forment les deux pointes de la toupie.
Le “modèle de la toupie” n'est pas stable. il peut « prendre du ventre » ou s'allonger en fonction des transformations sociales.

2. Les autres formes de stratification


Répondez aux questions sous les documents suivants:
 
Doc 10: Identification subjective et position objective: 
Le sentiment d’appartenance est en hausse, tandis que le refus des catégorisations sociales recule légèrement. Ainsi, en 1999 1 français sur 10
déclarait ne se sentir appartenir à aucune classe sociale tandis qu'ils ne sont plus que 7,2% en 2009, et 6,7% en 2013 [...] Alors que depuis les années
1980 les français se sentaient toujours plus appartenir à une grande classe moyenne centrale, l’auto-positionnement médian recule. [...] Ces vingt
dernières années, le paradigme dominant dans les discours politiques et savants était celui d’un déclin fort de la classe ouvrière. Certains sociologues
depuis le début des années 2000 ont réfuté cette affirmation [...] Or, les travaux menés jusqu’à présent sur les perceptions des catégories sociales
avaient montré que cett situation objective ne s’accompagnait pas d’une conscience subjective, chez les individus, de leur position réelle: les membres
des classes populaires manifestaient une tendance croissante à se situer dans la classe moyenne. Cette distorsion paraît aujourd’hui s’affaiblir au profit
d’une plus grande polarisation des affiliations de classe.
“La monté du sentiment d’appartenance de classe et de le perception des antagonismes sociaux”, Focus Dynegal, Fevrier 2014
 
Doc 11: Se définir comme bourgeois 
Depuis plus de 30 ans, le couple de sociologues Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon a fait “des plus riches
et des plus puissants de France” son objet d’études quotidien. [...] “Le bois de Boulogne, c’est leur pré carré!” Et
le XVI° leur arrondissement de prédilection [...]. D’emblée, de larges avenus y sont réalisées et les immeubles
haussmannien dotés de double entrée pour le personnel de service… Un arrondissement singulier où les
grandes familles (noblesse et grande bourgeoisie) s’efforcent de réserver leur “entre-soi” en cultivant leur
réseau de relation. [...] Dans un arrondissement qui compte 171 000 habitants, 1 foyer sur 10 est assujetti à
l'impôt de solidarité sur la fortune pour un patrimoine moyen de 4 M€.
Philippe Baverel, “Paris, radiographie du XVI°, un arrondissement as comme les autres”, Le Parisien, 8 fevrier
2018

1/ Comment a évolué le sentiment d’appartenance à la classe moyenne depuis les années 1980?
2/ L’identification subjective d’un individu correspond-il forcément à son identification subjective ?
Expliquez
3/ Comment pouvez-vous expliquer ces écarts ?
4/ Quelles sont les caractéristiques matérielles de la bourgeoisie ?
5/ Montrez que la bourgeoisie a un véritable sentiment d’appartenance.

En Synthèse: répondez à la question suivante: Comment a évolué le sentiment d’appartenance à une classe sociale en France?

 
3. L’identification subjective à une classe sociale
Lire les docs p 168-169
Synthèse: Des critères de différenciation multiples
La ​structure sociale​ peut reposer sur un ou plusieurs critères. Il est possible de n’en retenir qu’un seul ou plusieurs pour faire une analyse:
Les critères biologiques:  
- l’âge​: toute société peut être découpée en tranches d’âge, “générations” ou “cohortes”. On peut ainsi parler de génération du baby-boom,
de générations de la guerre, favorisées, de la crise etc…
- le sexe​: en général seuls deux sexes sont retenus (mais qui sait? un jour peut être?...) homme et femme. Cette distinction peut expliquer
de nombreuses inégalités: droits, obligations, instruction, diplômes, métiers, modes de vie, risques sociaux et sanitaires etc...
Les critères économiques​: ​revenus, patrimoines.
Les critères culturels​: diplômes, capital culturel
Les critères sociaux​: appartenance à un groupe social, nationalité, style de vie, accès aux soins, au logement etc…
Cette liste est non exhaustive. 

Aujourd’hui, ces critères sociaux peuvent entraîner des inégalités plus ou moins fortes.

N’oubliez pas que la stratification sociale ou les inégalités sont également ​dépendants des indicateurs utilisés pour les représenter: elles pourront
ainsi paraître très fortes si la représentation est fine (avec un grand nombre de catégories), ou au contraire très faibles, si la population n’est que
divisée en deux parties (représentation très grossière)... Tout est une affaire de perspective (un peu comme l’histoire de la bouteille à moitié vide ou à
moitié pleine…)

Doc 9 : “L’homme pluriel” de Bernard Lahire  


Bernard Lahire (né en 1963) peut être défini comme un héritier critique de Bourdieu. Il critique une vision excessivement
homogène de la socialisation. L’expérience sociale des individus est plurielle [...].
L’acteur est pluriel parce qu'il a été socialisé dans des contextes variés. Dès lors, il ne dispose pas d'un “système de
dispositions” mais d'un stock de dispositions hétérogènes, qui constituent autant de “répertoires” dans lesquels il peut
puiser en fonction de la situation sociale qu'il est en train de vivre.
La théorie bourdieusienne de l'habitus assure une parfaite congruence entre l'origine sociale d'un individu et ses goûts et
pratiques. Ainsi, dans ​La distinction (​ 1979), à la hiérarchie sociale correspond étroitement une hiérarchie des pratiques
culturelles : “goût légitime” pour les dominants, “goût moyen” pour les catégories intermédiaires, “goût populaire” pour les
milieux modestes. Selon Lahire, les individus, quelle que soit la classe sociale à laquelle ils appartiennent, peuvent avoir
des profils culturels “dissonants”, c'est-à-dire éclectiques, pas nécessairement cohérents en ce qui concerne le degré de
légitimité de leurs goûts et pratiques. On peut être agrégé de philosophie et regarder la “Star Academy”. On peut
également être ouvrier et suivre un programme sur Arte. Lahire considère la vision de Bourdieu comme datée. Celle-ci
correspondrait davantage à la société française de la fin du XIX°e siècle. Depuis, la “ foi “ en la légitimité de la culture
classique a baissé et les frontières entre légitime et illégitime se sont “désacralisées”, du fait notamment de la
concurrence entre les “instances de légitimation” (État, école, médias, etc.).
Céline BÉRAUD et Baptiste COULMONT, Les courants contemporains de la sociologie, PUF, 2007
1/ Qu'est-ce qu'un profil culturel “dissonant”? Donnez un exemple autre que celui du texte. 
2/ Donnez la définition d'un “homme pluriel”. 
3/ En quoi l'existence de ces profils “dissonants” remet-elle en cause la prévisibilité des comportements culturels? 
4/ Quelles seront les conséquences de ces évolutions sur l'analyse de la stratification sociale? 
 
En synthèse: Faire l’autoévaluation de la p 169 
 
 
 

Pour clore ce chapitre, la traditionnelle et simple citation : 


“Rien de ce qui est fini  
n’est jamais complètement achevé  
tant que tout ce qui est commencé  
n’est pas totalement terminé” 
Pierre Dac 

Alors… ce chapitre est fini ou non?


 

Vous aimerez peut-être aussi