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UNIVERSITE DE LIEG C
Cours de constructions du Génie Civi
N° 77
LE BETON PRECONTRAINT
PAR
F. CAMPUS,
Professeur a l'Université de Liege.
(Met samenvatting in ’t Nederlands)
EXTRAIT DES
ANNALES DES TRAVAUX PUBLICS DE BELGIQUE
FEVRIER-AVRIL 1950,
BRUXELLES
IMPRIMERIE G.L G.
61, avenue de la Liberté
1950Le béton précontraint.
F. CAMPUS,
Professeur a l'Université de Liége.
I. — QUELQUES EXPERIENCES.
A. — Essais statiques d'une poutre du type HOYER.
Cette poutre, de 4,95 m de longueur, a une section transversale en té
reproduite 4 la figure 1. Elle est armée de 34 fils d’aciers de 2,5 mm de
diamétre, dont 24 dans le patin et 10 dans l’extrémité de P’ame. L’4me
est percée de trous de 25 mm de diamitre, espacés de 250 mm et dont
Yaxe est distant du bord de
Lame de 100 mm. Cette pou-
tre a été récupérée dans les
débris d’un abri de sous-
marins allemands détruit 4 -* 3
la céte belge; toutes autres
ce same tofile Ader fesmn
caractéristiques d’originesont
inconnues. Elle a été remise fo
au laboratoire pour une in-
vestigation de sa structure
et de ses propriétés mécani-
ques. Lressai a été effectué |
en 1948; on peut présumer
que la poutre avait a cette
époque entre 5 et 7 ans
Wage.
La poutre a été essayée
en divers stades, de maniére re
ener) feels a tacieel ch
a déterminer son comporte- df (AIT e TTP
aes Lyn Wd
ment élastique, sa charge de tyaulololopol ee Tol aplolafn|
fissuration, sa charge de : oa
rupture, ses facteurs élasti- Section transversale de la poutre Hoyer.—4—
ques et, si possible, la précontrainte, a Pépoque de V’essai, Elle a été
fléchie entre deux appuis distants de 4 m, par le moyen de deux
charges égales symétriques, écartées entre elles de 2 m et de 1 m
des appuis. Cette sollicitation a été appliquée dans les deux sens de
flexion :
1) patin tendu, en position appelée « normale >;
2) patin comprimé, en position dite « inversée ».
Les efforts de flexion sont produits par des vérins Amsler a rotules
et dynanométres pendulaires.
La figure 2 indique le dispositif expérimental et la position des
appareils de mesure : trois fleximétres, deux clinométres, des défor-
métres pour relever les tensions dans le béton et des tensométres Huggen-
berger pour mesurer les tensions des fils.
4G.2 Desition ce ks poutre et das instruments ole mesure
i } ao
oN ik
F
E i } 4,95. —
Dispositif d’essai de la poutre Hoyer.
En vue de mesurer ces dernigres tensions, des entailles carrées de
25 X 25 mm et de 20 mm de profondeur ont été creusées dans les faces
inférieure et supérieure de la poutre (fig. 1) pour rendre les fils accessi-
bles. Ces entailles sont espacées de 250 mm sur les deux faces et des
repéres ont été tracés sur les fils.
Les distances entre repéres des entailles successives ont été mesurées
au moyen d’un comparateur de la «Cambridge Instruments C* » a double
microscope, grace A un montage spécial (fig, 3).
Les résultats et conclusions des essais sont les suivants :
1) Les fléches de flexion au milieu sont sensiblement proportionnel-
les aux charges, en position normale comme en position inversée, tant que
la limite de fissuration n’est pas atteinte; elles sont réversibles.oi
2) La limite de fissuration est de 2 tonnes par vérin en position
normale, de 0,8 tonne par vérin en position inversée.
3) Les inclinaisons aux extrémités de la poutre donnent lieu 4
la méme constatation que les fléches, comme en 1) ci-dessus.
4) Il en est de méme pour les déformations mesurées sur le béton
des faces supérieure et inférieure en flexion normale; les autres défor-
mations mesurées sur le béton sont plutét irréguliéres.
5) Les aceroissements de tension dans les fils mesurés sous l’effet
des charges sont trés aberrants, tant par mesure directe au moyen des
Fig. 3. — Comparateur microscope.
tensométres Huggenberger (sur une base de 20 mm) que par les lectures
cumulées au comparateur @ microscopes sur une base de 2000 mm dans la
région 4 moment de flexion constant. Cependant, certaines mesures con-
cordantes indiquent que, en flexion normale, sous une charge de 2,5 tonnes
par vérin (supérieure & la charge de fissuration) Paccroissement de ten-
sion est de 13,5 Kg/mm? environ. Pour la charge de fissuration, cet
accroissement de tension est d’environ 10 Kg/mm?. Les variations de
tensions mesurées sont supérieures de prés d’un tiers a celles qui sont
calculées.—6—
6) On a caleulé le coefficient de raideur EI de la poutre & partir
des fléches et des inclinaisons de flexion relevées, tant en position inverse
que normale. On a trouvé
6,1.10° Kg/em? par les fléches
.
7,1.10° Kg/em? par les inclinaisons moyenne 6,6.10)
7) D’aprés les dimensions de la section, on a
Q = 360 cm’, —_, = 1,666 em? (0,465 % d’armature)
Ea
I = 32.500 em! (pour m =
Eb
= 10).
Pour Eb = 203.000 Kg/em2, on obtient EI = 6,6.10° Kg/em?.
8) Par mesure directe sur les éprouvettes cylindriques extraites de la
poutre aprés T’essai, on a établi que, pour des tensions de compression
allant jusqu’a 200 Kg/em?, Eb = 220.000 Kg/cm®, d’oi El = 7,15.10°
Kg/cm?. La résistance 4 la rupture du béton était de 460 Kg/cm’.
9) On a trouvé comme résistance des fils de précontrainte
230 Kg/mm?; la limite élastique était pratiquement identique. Allonge-
ment de rupture mesuré sur 7,5 fois le diamétre : 5 %; striction de
rupture : 22 %.
10) La détermination de la tension de précontrainte, par différence
de longueur mesurée sur les fils entre Vétat initial de la poutre non
sollicitée et l’état dénudé aprés destruction de la poutre, a donné lieu &
quelques déconvenues. Certains repéres sur les fils ont disparu pendant la
désagrégation du béton, d’autre part, on a constaté qu’en plus des fils
de précontrainte, il y avait des treillis en fil de 2 mm, dont certains
avaient été dénudés par les entailles et éventuellement confondus avec des
fils de précontrainte. Les nappes de fils de précontrainte étaient aussi
enveloppées d’étriers hélicoidaux en fil de 2 mm au pas de 12,5 cm envi-
ron. On a trouvé une tension probable de précontrainte de 35 Kg/mm?
environ dans les fils, correspondant A une compression du béton de
16 Kg/cm? environ dans les sections non déforcées,
11) Les trous existant dans les Ames et les entailles créées dans les
faces supérieures et inférieures de la poutre, constituent des déforcements
et des perturbations qui ont influencé sensiblement toutes les mesures,
surtout celles de tensions.
Dans ces conditions, on peut déduire des déformations observées
pour les charges-limites de fissuration, compte tenu de la valeur de Ebye
mesurée, une résistance probable du béton & la fissuration de Yordre de
55 Kg/em®. Les tensions du béton mesurées sur les faces supérieure et
inférieure en flexion normale sous Jes charges de fissuration sont infé-
rieures d’environ 10 % aux valeurs caleulées.
12) Les fissures, engendrées tant par la flexion normale qu’inversée,
se sont montrées parfaitement élastiques, se fermant lors de la décharge
et réapparaissent lors de nouvelles mises en charge.
Fig. 4. — Aspect de la poutre Hoyer rompue.
13) Une mise en charge 4 outrance a été réalisée en flexion normale.
Le comportement a été régulier jusqu’a 2,5 tonnes par verin, charge
maximum des essais antérieurs. A 3 tonnes, les fissures du patin tendu
se sont généralisées (environ tous les 10 cm). A 3,5 tonnes, le béton
comprimé du bord de l’ame s’est effrité entre les 2 vérins. A 3,7 tonnes,
des fissures obliques d’effort tranchant sont apparues de part et d’autre
des vérins, la fléche augmentant fortement. Entre 3,7 et 4 tonnes, une de
ces fissures d’effort tranchant a produit une rupture franche (fig. 4).
Mais aprés décharge, les fissures de la semelle tendue se sont refermées.
14) On n’a pas constaté de glissement des fils pendant tout Vessai
ni & la rupture; il n’y a pas eu non plus de fils rompus.So
Au total, le comportement de cette poutrelle a été normal, cependant
ses caractéristiques n’étaient guére élevées. La résistance médiocre du
béton 4 un 4ge aussi avancé et surtout la faible valeur de son module
délasticité indiquent une grande déformabilité. Il s’agissait d’:
d’un béton a petits éléments, riche en mortier et ayant eu sans doutes
un retrait élevé. La faible valeur de la tension de précontrainte des fils,
disproportionnée a leur résistance, suggére une forte perte de précon-
trainte par retrait et déformation différée du béton. La relaxation des fils
et leur glissement échappent a toute détermination. II est probable que la
précontrainte aura été appliquée au béton assez jeune, eu égard au
systéme de confection de la poutre, ce qui aura éventuellement permis un
glissement initial des fils, mais c’est 1a pure spéculation. Néanmoins, les
résultats de cette analyse 4 posteriori peuvent étre considérés comme
satisfaisants.
illeurs
B, — Essais statiques d'une poutre type LESAGE.
Cette poutre, de section rectangulaire, a 9,00 m de longueur, 0,54 m
de hauteur et 0,25 m de largeur (Q, = 1350 cm?), elle est armée de 36 fils
Oa
de 5 mm (0, = 7,06 em?, = 0,522 %). La distance des appuis est
Q»
de 8,50 m et la poutre est calculée pour résister a deux charges symétri-
ques de 5 tonnes, distantes entre elles de 4,00 m (max = 11.250 Kgm).
Tension initiale des fils de précontrainte : 85 Kg/mm?.
Effort initial prévu de précontrainte : 61.800 Kg.
Tensions initiales de précontrainte dans Je béton de la section mé-
diane (déforcée pour la mise en tension des cables), calculées pour l’effort
de précontrainte prévu P = 61.800 Kg :
1° & la fibre supérieure : —43,3 Kg/cm? (traction)
2° a Ja fibre inférieure : 156,50 Kg/?
Ces tensions sont en réalité fictives, car la mise en précontrainte a
pour effet l’entrée en action de la sollicitation de poids mort, consécutive
4 la contre-flexion de mise en précontrainte. Dans ces conditions, les
tensions calculées sous l’effet de la précontrainte et du poids mort,
immédiatement aprés la mise en précontrainte, sont :
1%, pour la fibre supérieure : —16,9 Kg/em? (traction)
2° pour la fibre inférieure : 126,65 Kg/em?—9—
Les variations de tension calculées sous l’effet des deux charges nor-
males de 5 tonnes sont de 97,4 Kg/cm? a la fibre supérieure et
—110 Kg/em? & la fibre inférieure (traction). On admet que, sous les
charges de service, la précontrainte est réduite de 15 % (par Veffet du
retrait et celui de la relaxation du béton et des fils). Ainsi, les tensions
totales calculées sous charge de service sont :
— 4 la fibre supérieure : — 0,85 X 43,3 + 26,4 + 97,4 = 87 Kg/cm?
— Ala fibre inférieure : 0,85 X 156,50 — 29,85 — 110 = — 6,85 Kg/
cm? (traction) (1).
Les cables de précontrainte sont disposés ainsi qu’il est indiqué a
la figure 5 ci-jointe et sont composés de deux boucles doubles de 18 spires
de fil de 5 mm. Les extrémités de ces bobines vers les appuis sont adhé-
rentes au béton sur une longueur de 0,80 m. Cette adhérence réduit &
un taux admissible la pression d’ancrage du fond de la boucle sur le
béton.
En dehors de cette région d’ancrage, les fils des spires sont gainés
de papier bitumé, de maniére a ne pas adhérer au béton, ce qui est
nécessaire pour permettre leur mise sous tension aprés bétonnage. Cette
mise en tension est réalisée comme suit.
Les deux boucles doubles ont leurs extrémités intérieures qui se
chevauchent au centre de la poutre. Un évidement du béton, entouré
d'une boite en téle et renforcé par quelques armatures, permet d’introduire
entre les extrémités des deux boucles doubles un coin en acier qui peut
@tre enfoncé par un vél
ce coin produit Pécartement des deux extrémités des boucles et les met
sous tension.
in transversalement & la poutre. L’avancement de
Des essais antérieurs ont été faits au laboratoire pour déterminer
les valeurs des coefficients de frottement des coins en acier et Ja valeur
du rayon de courbure minimum admissible pour les extrémités des
boucles appuyant sur les bords arrondis des deux cales sur lesquelles agit
le coin. Ces facteurs ne seront pas considérés ici.
La poutre a été bétonnée le 29 janvier 1948, au laboratoire, au
moyen d’un béton ordinaire, formé de
800 litres de gravier de riviére 5/20 mm
400 litres de sable de riviére 0/2 mm
400 kg de ciment de haut fourneau 4 haute résistance.
(1) Les valeurs des tensions calculées sont extraites de la note de calcul de
Vauteur de la poutre, M. G. LESAGE, ingénieur civil des constructions A. I. Ig.—10—
Ce béton a offert une résistance a la rupture, sur cube de 16 em de
cété, de 242 Kg/em? a l’age de 36 jours (a l’époque des essais) et son
module de Young, mesuré au méme Age sur prisme de 16 X 16 X 50 cm
4 6té de 230.000 Kg/em? jusqu’a 195 Kg/em?,
Le fil de 5 mm en acier au carbone traité a offert une résistance
de rupture de 170 Kg/mm!, avec un allongement de 4 % sur 400 mm de
longueur et une striction de 36 %.
18° ESSAI de FLEXION
DEFORMEES en FONCTION cle le CHARGE par VERITY
—— charges croisentes | --- charges oecrosantos 4
Elastiques relevées lors du 1** essai de flexion,
La limite de fluage de longue durée n’a pas été déterminée, mais
un fluage appréciable aprés 3 secondes a été relevé pour les tensions
dépassant 100 Kg/mm?.
Une premiére mise en précontrainte a été réalisée le 3 mars 1948,
la poutre étant Agée de 34 jours. L’opération a été faite en deux phases,
avec une interruption méridienne. De nombreux fleximétres et défor-
métres étaient placés sur la poutre, dont les lectures ont été relevées en
fonction de I'effort exereé par le vérin sur Ie coin de mise en tension
des cables de précontrainte. Nous ne croyons pas utile de reproduire ces—-u—
résultats qui ont da étre fortement influences par les frottements des fils
dans leurs gaines. La contrefléche de précontrainte mesurée a été infé-
rieure de moi
plus caractéristique, on a relevé des raccourcissements aussi bien’ a la
partie supérieure qu’A la partie inférieure de la poutre, alors que la
partie supérieure devait étre mise en tension et subir done des allon-
gements.
a celle prévue 4 Ja note de calculs et, anomalie encore
De V’examen des diagrammes relevés, M. LESAGE a conclu A une
force de précontrainte de 59.100 Kg, soit une tension des fils de
83,8 Kg/mm?.
Fig... I ESSAL
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N*% des déformétres |
Déformations longitudinales dans la section médiane (1‘T essai de flexion).
effectué le 4 mars
1948, la poutre étant agée de 36 jours. Les charges ont été élevées jusqu’a
6 tonnes par vé
Dans cet état, un premier essai de flexion a été
La figure 6 reproduit le diagramme des élastiques de flexion rele-
vées. La fléche calculée sous deux charges de 5 tonnes, pour
E = 230.000 Kg/em’, est de 12,18 mm; on a mesuré 11 mm en dépit du
déforcement central.
La figure 7 reproduit les déformations longitudinales proportionnel-
les dans la section médiane.face supérieure
250\ 500 500 | 500 SOO | 250 500 500 =a, afermetre Vv fleninétre a oyu
DI8 D19 D20 x
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D222 223,
— :
D9 D.20
Schémas de la poutre Lesage.Ferce lgrzrzle suc.
ESSAIS cle FLEXION - EMPLACEMENT cles FISSURES.
3 2 1 ° 1
T
Toe
» eso | eso | aso | eso
=
: £200 +
Les chiffres indigquent pour, chague Jrsure ou Cropcon ae eee fa charge Les chiffres places entre parentheses pour fa charge de 6 lonnes
en lonkes @ “Egeelie e5 (fae 2 ont ele repérees (charge par veri) mndiguent hii! sagt da" 1© essat
FIG.8
Fece Islers/e nor/
6 3 Vv 1 oo 1 v 3 4
wan aly \ = W
= { |
CTT eee LC
fe fe I t
Diagramme des fissures,—rp—
On remarque que V’axe neutre est quasi invariable jusqu’A 6 tonnes
et distant de la face supérieure de 285 mm, alors que le calcul donne
253,5 mm. Mais le calcul ne tient pas compte de la présence de. la boite
et des armatures qui renforcent la eavité, non plus que des coins qui y
sont enfoneés. On remarque une perturbation de Ja partie inférieure du
diagramme coté 6 T. C’est qu’en effet sous cette charge pour chaque
vérin, deux petites fissures sont apparues sous la cavité (fig. 8 sur la
pl. p. 8) et qui sont dues apparemment 4 l’effet de cette discontinuité.
La figure 9 reproduit le diagramme des déformations longitudinales
proportionnelles relevées dans la section médiane a Ja face supérieure
(déformétre n° 1). La compression mesurée pour 5 T(E = 230.000) est
environ 100 Kg/em*, alors que la valeur calculée était fixée plus haut
& 97,4 Kg/em?. Les déformétres fixés sur la face supérieure comprimée
de la poutre ont fonctionné normalement et donné des diagrammes
analogues a celui de la figure 9 (1). Ceux fixés sur les faces latérales ont
donné des résultats assez irréguliers, comme pour la poutre Hoyer étudiée
précédemment. Enfin ceux placés a Ja face inférieure ont donné des résul-
tats beaucoup trop faibles (de 25 & 30 %). C’est ce que montre aussi le
diagramme de la figure 7. Cela peut étre da partiellement aux renforce-
ments locaux sous la cavité (pour D 23), a la perturbation due 4 cette
cavité, au frottement des fils dans les gaines serrées par le retrait du
béton, @ une majoration de E due a ce que les fibres inférieures travail-
lent en décharge de compression, enfin aprés fissuration A Paccroissement
de tension dans les fils d’armature.
Aprés décharge (fig. 6), la fléche permanente relevée a été trés
faible. Les deux petites fissures observées se sont entigrement refermées.
Une deuxiéme mise en précontrainte a été effectuée le 10 mars, a
Page de 41 jours. Selon M. LESAGE, leffort de précontrainte aurait été
porté a 85.600 Kg (tension des fils 121 Kg/mm?). L’opération a été
plus réguliére que la premiére. L’accroissement de fléche a été cependant
encore inférieur de prés de moitié a ce qu'indique le calcul. Toutefois,
des allongements ont été cette fois relevés sur la face supérieure, mais
de moindre valeur que les raccourcissements mesurés lors de la premiére
opération.
Le deuxiéme essai de flexion a eu lieu le 11 mars, a Page de 42 jours.
La figure 10 reproduit les diverses élastiques de flexion. On observe une
hystérése marquée 4 la décharge, mais la fléche permanente est faible.
(1) Sauf D 7 et D 8, voisins d'une extrémité de la poutre,—B—
La fléche sous la charge de 5 T par vérins a été légérement inférieure &
celle du premier essai de flexion (10,88 mm).
La figure 11 reproduit Jes déformations proportionnelles dans Ja
section médiane. La fibre neutre reste 4 la méme hauteur que dans le
premier essai de flexion jusqu’au charges de 6 tonnes, puis s’éléve pour
2 a 2 . ° ° . ° ¥
aupa seed couaey wo Buey>
DLélermétre_n*l
N\
N
LZ
Ly
uy
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Dékirmaheos properhonnelies 10-6
ESSAIS de FLEXION .
Dérmations dans le béfon
FIG.9.
Déformations longitudinales dans la section médiane la fibre supérieure (1" et 2" essais de flexion),ih
les charges de 8 et de 10 tonnes, sous I’effet de la fissuration croissante
de la partie inférieure de la poutre. Les fissures se produisant entre les
déformétres, on constate que les dilatations des fibres inférieures cessent
de croitre.
La figure 8 indique la propagation de la fissuration, qui se développe
surtout a partir de 8 tonnes de charge par vérin, si J’on fait abstraction des
petites fissures accidentelles voisines de la cavité. Les fissures observées
lors du premier essai de flexion ne sont réapparues que sous la charge
de 7 tonnes par vérin.
Fig10 _B2™®ESSAT cle FLEXION .
N ceroemiies en FONCTION cle lr CHARGE poor VESeINY
2s
charges croissantes
-- =H cherges cbcrorssantes,
l
|
i
|
I
Fléches en mm.
Elastiques relevées lors du 2"* essai de flexion.
La figure 9 indique une majoration de la déformation proportion-
nelle de Ja fibre supérieure sous la charge de 5 tonnes par vérin en
comparaison du premier essai de flexion, mesurée au déformétre D1—15—
(section médiane). D’autres déformétres (D3) indiquent le méme résul-
tat, difficilement explicable (1). Le déformétre D 23, a la face inférieure,
dans la section médiane, donne exactement le méme résultat qu’au pre-
mier essai.
A la décharge, toutes les fissures étaient entiérement refermées &
partir de la charge de 6 tonnes par vérin.
Au cours des deux essais, il n’y a eu aucune apparence de flexion
dans le sens transversal.
Le 18 mars 1949, om
la poutre, agée de ot
414 jours, a été Yob- |
jet d'une épreuve de 7 2 essar
flexion statique A - 6
outrance. On a me- , xe LGN |
suré les fléches au, “TX |
milieu. Aprés deux |, “K— |
cycles de mise en | 3 ~ 4
charge jusqu’a 6ton- $$ “P< z
nes par vérin, on a { @ =| +
procédéauneépreu. § & = i
ve & outrance. Lafie * =
gure 12 reproduitla __ $ _.|
variation des fléches is zn
mesurées en fone: . 3
tion des charges. } 2
Aprés le deuxigme 5 ™
cycle de charge a § aa
6 tonnes, la fléche
rémanente _n’était \ -
que de 0,87 mm. La , “ s “ ca
fléche sous la char- cg saur ce :
Déformations longitudinales dans la section médiane
ge de 6 tonnes par (2™* essai).
vérin a la fin du
deuxiéme cycle est supérieure d’environ 1 mm celle relevée lors des
essais de flexion antérieurs.
Cette remarque est & rapprocher des observations sur l'apparition
des fissures. La figure 13 montre que les fissures observées sont les mémes
que lors des essais de flexion précédents, mais qu’elles apparaissent sous
(1) Il est a noter que sous l'effet de la deuxiéme pré:
ntrainte,, compte tenu de
action du poids mort, la face supérieure était le si¢ge de ten:
ns de traction élevées.— 16 —
des charges inférieures (les premiéres paraissent sous des charges de
4 tonnes au lieu de 6). Ceci est l’indice d’une diminution notable de
précontfainte pendant un laps de temps d’un an.
Sous la charge de 12 tonnes, les fissures voisines des charges A et B
(fig. 13) se sont ouvertes d’environ 4 mm, dénotant un fluage instantané
notable des fils. feo
Sous la charge de 12,5 tonnes par vérin, la rupture s'est produite au
voisinage de la charge B par éclatement explosif du béton de la zone
comprimée (fig. 13 et 14).
s
: FIG TZ,
$ LC 4
5 10 |||
=
3 —-
5 DIAGRAMME ces FLECHES
py { foj oy 1
i ‘ en FONCTION des CHARGES. |_|
° Fléches # mi-porlée en mm.
ae eg ee
Diagramme des fléches maxima relevées lors de l’essai 4 outrance.
Les fissures se sont ensuite presque complétement refermées. La
poursuite de l’essai a fait apparaitre la fissure longitudinale « @ mettant
& découvert une nappe de fils nullement rouillés. Un quart dheure aprés
la décharge compléte, une longue plaque de béton de la partie centrale
de la face inférieure s’est détachée brusquement (fig. 13 et fig. 15). On
n'a observé aucune rupture de fil.
Deux cubes de béton de 16 cm de cété, confectionnés le méme jour
que la poutre, ont été écrasés le 20 avril 1949 (age : 446 jours) ; leur résis-
tance a la compression a été de 338 a 360 Kg/em?. Le prisme qui a
servi aux essais d’élasticité du 5 mars 1948 a été remis en charge le—w—
27 avril 1949 (age : 453 jours). La valeur de E jusqu’a 150 Kg/em? a été
mesurée égale & 253.000 Kg/em*. La charge de rupture par écrasement
du prisme a été de 315 Kg/cm’.
En dépit de la grande perturbation causée par la cavité centrale dans
la zone tendue et de la faible fissuration prématurée qu’elle a engendrée,
la rupture s’est produite par écrasement du béton comprimé. Bien que
Je béton fut de résistance assez médiocre, le coefficient de sécurité 4 la
rupture a atteint la valeur normale et satisfaisante de 2,5. Le processus
de destruction s'est développé en dehors des zones qui paraissaient les
plus dangereuses, le centre et les abouts; il est vrai qu’elles avaient été
quelque peu renforcées par des armatures passives mais de peu d’impor-
os :
face Sud ees
~ \*
ar
2
rig1s EMPLACEMENT Des
FISSURES |
devon eclale par compression
fm
Fence Nord
Diagramme. des fissures et des ruptures relevées lors de essai & outrance.
tance, notamment quelques étriers aux abouts. L’aspect de la rupture
fait supposer que la disposition générale d’étriers aurait pu relever
quelque peu la charge de rupture ou, du moins, atténuer la destruction
et la rendre moins violente. A défaut de précontrainte transversale,
cette disposition parait recommandable comme dans le béton armé.
Cependant, I’essai n’en montre pas la nécessité absolue au point de vue
d'une résistance ultime suffisante.
La notion du coefficient de sécurité la fissuration est altérée dans
ce cas par les particularités de la poutre. Si on fait abstraction des fissures
précoces provoquées par la cavité centrale, il semble que le coefficient
de sécurité a la fissuration aurait été voisin de Ja valeur normale (1,40 &Fig. 15. — Etat final de la poutre rompue.—19—
1,50). Tl est d’ailleurs @ remarquer que la fissuration, méme prématurée,
est moins dangereuse pour le béton précontraint que pour le béton armé,
puisque les fissures se referment aprés décharge et que la rupture de la
poutre n’est pas engendrée par la fissuration, ni par le fluage ou la
rupture des fils. Or, dans la poutre en question, les fils n’étaient pas
adhérents et ils étaient courbés suivant des courbes de trés faible rayon,
circonstances cependant défavorables. La rupture est survenue par écrase-
ment du béton, dont la résistance était d’ailleurs médiocre et la déforma-
bilité levée. Comme ce béton avait été conservé pendant plus d’un an
dans un local fermé et chauffé & atmosphére assez séche, le retrait aura
été élevé, ainsi que la relaxation, ce qui semble bien confirmé par les
derniéres observations.
C. — Essais de poutres type WETS.
On a réalisé en Belgique un ouvrage, la passerelle de Malheide sur
le canal de Charleroi a Bruxelles, de 44,50 m de portée, qui constitue
un are A trés faible fléche (0,73 m), sous tendu par des tirants nus en
acier spécial traité a trés haute résistance et A haute limite de fluage
(cfr H. SANTILMAN, Annales des Travaux Publics de Belgique, février
et avril 1948). La construction de cet ouvrage a été précédée d’un essai
effectué sur une passerelle expérimentale de 30 m de portée (cfr C. WETS
— Science et Technique — Bruxelles n° 9-10 de 1946 — Procés verbal
n? 9 de 1946 de lA. B. E. M.).
Nous ne nous étendrons pas au sujet de cet ouvrage et de cette expé-
rience, dont il a été rendu compte ailleurs. Nous rapporterons ici les
résultats d’essais faits dans notre laboratoire sur des poutres de ce type,
mais de petites dimensions, limitées par les longueurs des barres d’acier
spécial traité d’un seul tenant que nous avons pu nous procurer en 1947.
Ces poutres ont été confectionnées en aot 1947 et n’ont été essayées
qu’en avril 1949, & l’age d’environ 20 mois; elles ont été précontraintes
au début d’octobre 1947. Elles ont 3,30 m de longueur totale et elles ont
été calculées pour supporter deux charges symétriques de 10 tonnes,
distantes entre elles et des appuis de 1,00 m; la portée est de 3 m. La
section transversale est en U et les poutres sont légérement cambrées,
avec une fléche médiane de 0,10 m environ (fig. 16). L’une est armée de
4 barres (n° 1), Pautre de 6 barres, disposées comme il est indiqué a la
figure 16. Les barres ont 15 mm de diamétre. Leurs extrémités comportent
un renflement exécuté 4 chaud par refoulement et fileté avant traitement
thermique. Le renflement a 2 mm de diamétre; le diamétre du noyau, au= 20 —
fond du filet, est de 18 mm. Le filet et ’écrou sont au pas de 0,0015 a 60°.
L’écrou de blocage a une hauteur de 20 mm, l’ouverture de clef étant de
32 mm.
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Les barres prennent appui aux extrémités sur des plaques d’acier
de 13 mm d’épaisseur. Elles sont mises en tension par un vérin pourvu
d'un manométre et les écrous de blocage sont ensuite serrés sur les plaques,
qui sont appliquées sur les abouts pleins des poutres en béton renforcés
par des armatures.— 2t.—
Le dispositif expérimental est reproduit & la figure 17, La poutre
est renversée par rapport 4 sa position normale. Le poids propre agit
en sens inverse des surcharges appliquées; il est d’environ 300 Kg/m. Ses
effets sont négligeables. Comme origine des mesures de déformation
diverses, on a considéré Ja position de la poutre soulevée sur les vérins
avec une trés légére surcharge (650 Kg par vérin), Pour Pessai de la
poutre I, & 4 barres, on a disposé 12 déformétres suivant la section médiane
(voir figure 16), équipés de comparateurs micrométriques a cadrans,
au 100° ou au 1000° de mm, On a fixé un clinométre & chaque extrémité
Fig. 17. — Dispositif d’essai des poutres I et II.
et on a disposé trois fleximétres, un sous chaque appui et un au milieu.
Trois tensométres Huggenberger ont été fixés, un sur chaque barre
du lit inférieur (supérieur dans la disposition de l’essai).
On a procédé A une série de mises en charge de 1 a 10 tonnes par
vérin, en passant par 2,5 — 5 et 7,5 tonnes, dans le but de relever des
diagrammes d’élasticité. Dans ces premiers essais, les barres. étaient
entiérement libres. La figure 18 (sur la planche) reproduit les diagram-
mes des fléches au milieu, la figure 19 (au verso) ceux des tensions en
certains points et dans la section médiane sous les charges de 10 tonnes— 22 —
(fig. 19). On voit que V’élasticité est parfaite avant fissuration et que la
loi de proportionnalité est quasi rigoureusement respectée, bien que les
barres soient libres, ce qui résulte de la faible valeur des fléches dans
les limites de charge envisagées.
Aprés rupture, on a procédé a la détermination du module de Young,
sur un prisme de béton de 100 X 100 X 350 mm, extrait de l’aile com-
primée de la poutre et orientée suivant son axe. On a mesuré E = 300.000
Kg/em? de 0 a 150 Kg/em?. La résistance & l’écrasement sur des éprou-
vettes cylindriques de 100 cm? de section et de 10 em de hauteur, prélevées
de la méme maniére, a été trouvée égale & 470 et & 307 Kg/em? sur deux
éprouvettes différentes; moyenne 388 Kg/em*. La résistance & Pécrase-
ment du prisme n’a été que de 235 Kg/em’.
La fléche mesurée sous la charge de 10 tonnes par vérin est de
1,55 mm environ (fig, 18); la fléche caleulée pour la valeur précitée de
E est de 1,20 mm environ. Il y a done une sérieuse discordance, Cepen-
dant, la fléche mesurée doit étre corrigée du fait que les fleximétres
d’extrémité se trouvaient & 13 em environ des appuis vers Vextérieur,
Liinclinaison des extrémités sous la charge de 10 tonnes est de
12,67.10—* radians. Caleulés d’aprés la formule relative aux pidces droites,
on trouve 12,5.10—4. Iei la concordance est excellente (1). En faisant la
correction de la fléche mesurée d’aprés cette valeur de V'inclinaison, on
trouve 1,38 mm, qui se rapproche de la valeur calculée.
Ces calculs sont faits en adoptant pour I Ja valeur 268.000 cm‘, sans
tenir compte des armatures, qui sont libres, ni de la légére augmentation
de tension des barres de précontrainte. Dans ces conditions, l’axe. neutre
théorique est & 21,7 em de Varéte comprimée et 4 27,8 cm de Varéte
tendue. D’aprés cela :
10.000.00 X 21,7
3, = ———__—_—— = 8 Kg? au liew de 91 mesuré
268,000
10.000.00 x 27,8
o’) = ———_____— = 035 Kg/em? au liew de 108 mesuré.
268,000
Ces discordances pourraient étre atténuées par une légére modifica-
tion de E, Le diagramme relevé ne correspond ailleurs pas 4 la position
théorique de l’axe neutre, mais situe celui-ci & mi hauteur (fig. 19).
(1) Elle est moins bonne lorsque I’on tient compte de la poussée; le caleul
donne alors env. 12,26.10—4 rad,ro
WN
a
25
wo
arges e2 lees.
Fleches reelles penalant 6 mises 4 charge
seacehis ae service
liga ae le [Link]és non calées 7
(mesures 2a
ws
Ctouges ea Ja777es.
Fleche moyeRne weds 5 Mmises en eporge ae serdice
(barres ro calées)
Fig. 78
25
7 @ 9 OWves
Figbes en ri.
as 7
ws
o
as
Diagramme des fléches maxima de la poutre I.
Fleches en rom.
zsDeformations au béloe aux tials 77
(ous 6 mites en char,
Déformations dat béleyn aax points 71 ef ¥2
(stabslisees, aprés 5 imises ep chargé]
(comptession)
\Aaeges ee torres
719. 79.
LH?
Co Ae
Dejormatons ern Le
7O 20 30 40 50 60 7? oo
° 04 408 ar2 ase azo ang o28
Diagramme des tensions dans la section médiane de la poutre I (sous Veffet de deux forces de 10 tonnes),— 24 —
Quant aux tensions relevées sur les trois barres supérieures a l’aide
des tensométres Huggenberger, elles ne sont pas identiques pour toutes les
barres, mais atteignent des valeurs variant de 3,19 & 3,83 Kg/mm?, ce
qui est supérieure a la valeur caleulée de 2,55 Kg/mm*, d’ailleurs assez
faible en valeur absolue.
Aprés ces premiers cycles de mise en charge, on a calé les barres
par rapport a Vaile comprimée de la poutre au moyen de plusieurs calages
en bois, de maniére 4 empécher tout déplacement relatif de la poutre et
des barres et, dans cet état, on a refait quelques cycles de chargement
entre 1 et 10 tonnes par vérin. On n’a pas constaté de changements par
rapport aux résultats précédents.
EMPLACEMENT des FISSURES.
POUTRE n°]
Fig. 20. — Diagrammes des fissures des poutres I et II.
On a alors procédé & une mise en charge jusqu’a la premiére fissura-
tion. Sous une sollicitation de 17 tonnes par vérin, deux fissures symétri-
ques sont apparues simultanément dans les nervures (fig. 20). Lors de la
décharge, elles sont devenues presque jnvisibles, sous une charge com-
prise entre 9 et 10 tonnes. Lors d’une remise en charge, elles ont été
observées & nouveau vers 9 tonnes, restant cependant trés fines jusqu’a
14 tonnes, puis s’ouvrant progressivement. Le chargement étant poussé— 25 —
outrance, ces fissures se sont propagées et ouvertes largement (de plus
dun centimétre), les fléches croissant rapidement. Puis la rupture s’est
produite. brusquement A 27,850 tonnes, par rupture successive des deux
barres extérieures du groupe de trois barres, Pune s’étant rompue par
le milieu, l'autre vers une extrémité, mais encore assez loin de la partie
filetée. La rupture a été violente; les barres ont été projetées au loin,
bien que des écrans aient été disposés auparavant sur les abouts. Une
décharge immédiate de la poudre a permis d’éviter la rupture des deux
autres barres,
Les deux barres rompues (fig. 21) présentaient des strictions de
26,5 et 24,2 %, en moyenne 25,35 %. Le diamétre était réduit de 15 mm
Fig, 21. — Aspects des cassures des bares de la poutre I.
4 14,75 mm en dehors de la partie strictionnée. Une de ces barres a été
éprouvée a la traction et a donné les résultats suivants :
limite de proportionnalité : 132 Kg/mm?
limite de rupture : 152 Kg/mm?
module de Young : 19.000 Kg/mm?
striction : 36,6 %
allongement de rupture (sur 50 centimétres) : 24 %s
Malgré toute l’attention apportée 4 observation des charges de pre-
miére fissuration et de fissuration ultérieure, il n’est guére permis d’en
tirer une valeur plausible de la résistance 4 I’extension du béton ni de
la valeur de la précontrainte effective lors de I’essai. Selon le projet et
les observations faites lors de la mise en précontrainte, la valeur initiale
de ‘celle-ci devait étre de 4 X. 13,9 = 7 55,6 tonnes, correspondant a une
tension moyenne dans. les barres de 79,5 Kg/cm?. L’excentricité de ‘cet
effort étant de 27,8 — 10,25:= 17,55-cm,-il y correspond théoriquement— 26 —
des tensions de 151 Kg /em? en compression aux fibres extrémes des ner-
vures et — 35,5 Kg/em? en traction aux fibres extrémes de la table, Lors
de la mise en précontrainte, on a relevé des déformations qui, en admet-
tant la valeur E, = 300.000 Kg/em? correspondent 4 une compression
maximum de 137 Kg/em?
La limite de fissuration résultant de la précontrainte seule corres-
pond, d’aprés cela, & une charge par vérin de 14,6 tonnes, & supposer
qu'il n’y ait pas eu de perte de précontrainte, ce qui est improbable. Il
y a cependant apparence quelle a été faible, le béton ayant subi Ia
majeure partie de son retrait avant précontrainte et l'acier n’ayant pas
de relaxation.
On a essayé de déterminer les tensions de précontrainte subsistant
dans les barres avant lessai par observation de leur fréquence fondamen-
tale de vibration transversale. On en a déduit des tensions de 79,5, 66, 70
et 59 Kg/mm®, en admettant une longueur libre des barres de 3,00 m.
Si ces chiffres ne sont pas trés certains, les différences des fréquences
propres (52,8 — 48 — 49,5 et 45,5) indiquent certes des différences
appréciables de tension et attirent l’attention sur la difficulté de la mise
en précontrainte tout-a-fait réguliére et sur V’incertitude dans laquelle
on se trouve au sujet de sa valeur réelle.
On a alors procédé aux essais de la poutre II, armée de 6 barres
identiques a celles de la poutre I (fig. 16). Le dispositif expérimental
était tout-a-fait analogue 4 celui de la poutre I, mais les appareils de
mesures étaient réduits aux trois fleximétres, 4 quatre déformétres sur les
faces spérieures et inférieures et A trois strain-gages Baldwin sur les
trois barres inférieures (supérieures dans la disposition d’expérience).
Les barres ont été calées dés l’origine, comme dans la poutre I.
On a procédé A deux séries de mises en charge de 0 4 10 tonnes par
vérin,
Les fléches mesurées ont été ici de 1,11 mm, ce qui est légérement
inférieur la valeur calculée (voir plus haut). Quant aux tensions mesu-
rées, elles ont été dans cas respectivement de 79 Kg/em? (calcul 84,5) et
de 86,5 (calcul 109), sans tenir compte des barres. La discordance est
grande; elle permet de supposer que la valeur E, qui n’a pas été déter-
minée, était plus grande que 300.000 Kg/em?.
Les premiéres fissures sont devenues visibles a 19 tonnes (fig. 20);
elles se sont produites au milieu de chaque nervure. Elles ont disparu
4 10 tonnes, pour redevenir visibles & partir de 15 tonnes.— 27 —
L’essai étant poussé 4 outrance, les fissures se sont fortement ouvertes,
et on a atteint la charge de 29,5 tonnes par vérin. Elle est restée appli-
quée pendant environ 5 minutes sans rupture et atteignait la limite de
capacité des vérins (30 tonnes). Le lendemain, il a été procédé 4 une
remise en charge et la poutre s'est rompue d’une maniére violente, par
écrasement du béton dans la zone comprimée, sous une charge de 28,5
tonnes par vérin, En méme temps, une des nervures a cédé, ce qui a
provoqué une flexion latérale de la poutre (fig. 22).
Fig. 22, — Aspect de la poutre II aprés rupture.
Cette poutre devait, selon le projet et l’exécution, avoir une précon-
trainte initiale de 6 X 13,2 = 79,2 tonnes, d’ou la tension de J’acier
de 74,5 Kg/em®. L’excentricité de l’effort par rapport 4 la section du
béton étant de 27,6 — 18 = 9,6 em, les tensions initiales théoriques du
béton devaient étre de 149,5 Kg/em? de compression aux fibres extrémes
de Laile et 2,1 Kg/cm® de compression aux fibres extrémes de la table.
La limite de fissuration résultant de la précontrainte seule correspond,
d’aprés cela, 4 une charge par vérin de 13,7 tonnes. Pour cette poutre
aussi, la perte de précontrainte a da étre faible.
Les strain-gages n’ont pas donné des résultats trés assurés. Sous les
charges de 10 tonnes par vérin, ils ont indiqué des augmentations de ten-— 28 —
sion des barres de 1,38 — 2,84 et 1,34 Kg/mm? (1). Lors de la rupture, un
des gages a été arraché; les deux autres sur les barres extrémes du groupe
de trois ont indiqué aprés décharge des tensions de précontrainte des
barres de 52,6 et 86,5 Kg/mm/?, valeurs tout-a-fait sujettes 4 caution. Elles
donnent cependant a penser, 4 l’appui de Ja déviation latérale lors de la
rupture et d’aprés les observations faites lors de la mise en précontrainte,
que celle-ci n’a pas été trés réguliére. Il est a remarquer que, s'il y a eu
des irrégularités, elles n’ont pas altéré le comportement normal de la
poutre et qu’elles ne se sont manifestées que lors de la rupture.
Liintérét de ces essais réside dans le fait d’avoir obtenu les ruptures
statiques par ruine des barres et par ruine du béton sous des charges
peu prés égales et dans l’aspect des fissurations trés localisées dans le cas
des barres nues. Les fils non adhérents de essai B avaient donné aussi des
fissures localisées mais plus nombreuses et les fils adhérents de Vessai A,
une fissuration trés uniformément répartie.
Les deux poutres I et II ont sensiblement le méme coefficient de
sécurité a la rupture (2,785 et 2,95), mais le coefficient de sécurité a la
fissuration de la poutre I est nettement inférieur 4 celui de la poutré II,
surtout aprés la premiére fissuration,
. — Conclusions.
Comme le béton armé, le béton précontraint se révéle aux essais
étre une matiére complexe, un peu moins cependant que le béton armé
avant lapparition des fissures. Dans cet état, le béton précontraint pos-
séde un comportement élastique d’ensemble régulier et qui satisfait con-
venablement aux formules classiques de proportionnalité aux efforts
en ce qui concerne les fléches et les inclinaisons. Cela est surtout le cas
lorsque les fils sont adhérents et en tenant compte de ces fils dans la
détermination des caractéristiques élastiques des tensions. ,
Lorsque les fils ou barres de précontrainte sont nus et libres, le sys-
téme reste élastique, mais les déformations indépendantes du béton et des
tirants de précontrainte peuvent troubler la proportionnalité des déforma-
tions aux efforts qui les produisent. Cet effet est négligeable sous les
faibles déformations correspondant aux charges de service. Lorsque les
fils sont enveloppés dans Je béton mais non adhérents, les frottements des
fils dans leurs gaines produisent aussi quelques perturbations.
(1) Valeur caleulée : 1,61 Kg/mm?,— 29 —
L’observation des effets élastiques de la mise en précontrainte ne
concorde généralement pas avec les théories élémentaires de la résis-
tance des matériaux.
Les mesures de tension sur le béton sont, comme toujours, assez
délicates, Elles sont cependant souvent en bon accord avec les calculs aux
fibres extrémes les plus comprimées, parfois aussi aux fibres les plus
allongées sous effet des charges, tant qu'il n’y a pas de fissuration. Il est
plus malaisé d’obtenir des résultats concordants sur les fibres intermédiai-
res; il faut pour cela procéder @ un nombre suffisant de mises en charge
successives. Cela correspond 4 la propriété trés naturelle d’une construc-
tion hétérogéne de se comporter en bon accord avec les lois élémentaires de
Yélasticité dans l’ensemble, mais de présenter des écarts éventuellement
assez sensibles dans la répartition des tensions. Les variations de tension
des barres de précontrainte sont malaisées 4 mesurer. En cas de barres
adhérentes ou enveloppées, V'accés aux barres exige des dispositions per-
turbatrices. Si Jes barres sont libres, le placement des appareils peut
souffrir quelque difficulté et, en tous cas, les variations 4 mesurer sont
relativement faibles.
Ce qui a plus d’importance, c'est la difficulté de connaitre les efforts
exacts de précontrainte. La mesure indirecte par la compression du béton
est tout-d-fait aléatoire. La mesure initiale de tension des fils par les
manomitres des vérins de mise en précontrainte ou par lallongement des
fils n’est pas tout-a-fait certaine. Elle ne permet d’ailleurs pas de con-
naitre la précontrainte effective aprés un temps quelconque. Dans le cas
des fils enrobés, adhérents ou non, on ne connait pas de méthode de
mesure sans destruction du béton. Si les tirants de précontrainte sont nus
ow accessibles, on peut appliquer aux fils la méthode de déformation
transversale. Si la longueur totale du fil tendu est L et que, entre deux
points fixes distants de 1, on l’écarte d’une distance d de sa position
déquilibre par un effort transversal T, la tension de précontrainte du fil
de section Q est sensiblement
Tl 2E d?
4d Q Li
4 condition que d soit trés petit par rapport 4 1.
La validité de la méthode a été contrélée 4 mon laboratoire par
MM. LOUIS et DEHAN; les essais continuent. Ils ont aussi opéré pour les
fils tendus par Ja formule de la fréquence des cordes vibrantes, en y pro-
duisant des vibrations par un petit électro-aimant, qui sert en méme
temps de récepteur et permet la mesure de la fréquence.— 30 —
Dans le cas de barres en acier spécial d’assez gros diamétre, l'enregis-
trement des vibrations par un vibrographe sensible a pu étre -appliqué
(voir essais C), A condition de tenir compte dans la formule de la rigidité
des barres, mais les résultats sont peu plausibles.
Le concept de la sécurité du béton précontraint est assez différent
de celui des autres matériaux, 4 cause de la trés haute résistance des
aciers et du fait que leur limite élastique est trés voisine de leur limite
de rupture. Non seulement la réaction élastique reste intacte aprés la
fissuration, qui est déja un processus de destruction, mais elle subsiste
méme aprés la rupture dans les cas oii celle-ci provient de l’écrasement
du béton, qui est le plus fréquent en sollicitation statique.
Du fait de la compression initiale du béton résultant de la précon-
trainte et qui subsiste malgré les contractions irréversibles que subit
le béton, celles-ci ne peuvent y engendrer de fissures, ni diminuer sa
capacité de résistance 4 l’extension. La sécurité a la fissuration résulte
donc 4 la fois de cette compression initiale et de la pleine résistance &
Yextension du béton, qui peut tre du méme ordre de grandeur que la
valeur moyenne de la compression initiale limite. I] en résulte la possi-
bilité d’obtenir en sollicitation statique une sécurité 4 la fissuration de
Vordre de 1,3 4 1,9, selon que I’on porte en compte ou non la résistance
4 V’extension du béton. Il y a lieu de-remarquer que si la limite de fissu-
ration, compte tenu de la résistance a l’extension du béton, a été atteinte,
cest-a-dire s'il s’est produit une premiére fissuration, la charge de fissu-
ration ultérieure est réduite et ne provient plus que de la seule précon-
trainte. I] est logique de considérer la sécurité 4 la fissuration en
laissant subsister la marge de sécurité que procure la résistance 4 l’exten-
sion du béton, compte tenu des pertes de précontrainte.
Quant a la sécurité a Ja rupture, elle est normalement supérieure de
50 % ou plus la sécurité & Ja fissuration, mais i] est moins commode et,
somme toute, moins logique de s’y rapporter qu’a la sécurité a la fissu-
ration, qui peut étre éventuellement rapprochée de 1 sous Veffet de la
seule précontrainte effective. D’autre part, la sécurité 4 la rupture des
barres doit étre considérée, car il est possible de provoquer leur rupture
statique. 1
De nombreuses recherches, fondamentales et statistiques, sont encore
nécessaires en ce qui concerne le retrait, la déformabilité et la relaxation
des bétons ainsi qu’en ce qui concerne la relaxation des aciers pour pré-
contrainte. Le but en sera notamment d’étudier l'opportunité de P'emploi
de bétons & haute résistance et 4 faible déformabilité ainsi que d’aciers—31—
a haute limite de fluage. Et il est certes nécessaire de consacrer une
grande attention au contréle des efforts de précontrainte lors de leur pro-
duction, a leur régularité et & leur concordance avec le projet, enfin & la
possibilité de leur contréle ultérieur, ce qui implique des cables nus dis-
posés dans des poutres en caisson accessibles.
Il. — QUELQUES EXPERIENCES ET REALISATIONS.
A, — Essais de poutres tubulaires cylindriques.
En 1946, la Compagnie belge de Chemins de fer et d’Entreprise
reprit la construction du barrage d’Eupen qu'elle avait abandonnée
depuis 1940, en raison de la guerre. La grue & cables qui desservait le
chantier avant les hostilités avait été enlevée par l’armée occupante et
ne pouvait étre récupérée. La Société fit le projet d’établissement d’un
pont de service sur des palées dont les montants seraient constitués de
poutres tubulaires cylindriques en béton précontraint. Ecartés d’axe
en axe de 3,30 m dans les palées, les montants étaient superposés vers
Lamont aux puits d’inspection et de drainage existant dans le massif déja
exécuté du barrage. Ces montants, de 12 m de hauteur, une fois incorporés
dans le béton du couronnement du barrage, qui restait a exécuter sur
cette hauteur, assuraient la continuité des puits d’inspection jusqu’é la
eréte. L’existence des cheminées d’inspection facilitait ’ancrage inférieur
des tirants de précontrainte a des poutrelles métalliques encastrées dans
les parois des puits 4 2 m sous la base des colonnes. Les montants d’aval
prenaient appui sur le béton de la partie ancienne du barrage; des
ancrages y avaient été ménagés pour les cables de précontrainte. Les
palées, écartées entre elles de 7,75 a 8,00 m environ, servaient d’appui au
pont de service qui devait pouvoir supporter une grue de 20 tonnes, deux
trains de 20 tonnes, les entonnoirs et les trompes pour la mise en place du
béton, etc., ainsi que les effets du vent dans une vallée assez exposée
(on a admis 200 kg/m? de pression).
Des palées métalliques auraient été incorporées dans le béton en
pure perte et auraient, a cette époque, exigé des délais inadmissibles.
Le tablier métallique a été récupéré sans perte de valeur; il ne com-
portait que des poutrelles non usinées. Les palées tubulaires en béton,
incorporées dans le corps du barrage, étaient payées en tant que béton
et leur exécution était économique, facile, rapide et pouvait se faire par
les seuls moyens de lentreprise.“ut Q0'F% 9p sareInqni osod ef op yessa,p JnVsodsip np curyg
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Diagrammes des fléches maxima de la poutre tubulaire de 24,00 m.
Chaque montant est formé de la superposition de 12 anneaux en
béton vibré de 1 m de hauteur, 0,80 m de diamétre intérieur et 0,12 m
@épaisseur de paroi (diamétre
extérieur 1,04 m). Les céblés de ~ 2 % 1
précontrainte comportent 24 fils
de 5 mm, tendus 4 85 Kg/mm?,
réalisant un effort longitudinal
axial de 40 tonnes.
Avant de passer a lexécution,
la Société a voulu procéder a des
expériences et 4 fait appel au
concours de notre laboratoire.
Un premier essai a eu lieu
sur le chantier en 1946. Une pou-
tre tubulaire de 24 m de lon-
gueur a été posée sur une plate-
forme 4 rouleaux permettant les
déformations horizontales trans-
versales (fig. 24). La poutre a
été bien calée aux extrémités par
Fig. 26. — Aspect de la poutre tubulaire
de 24,00 m fléchie.des piéces de bois contre un
perré en maconnerie. Entre
le 12° et le 13° anneaux, au
milieu de la poutre, une pla-
que en téle d’acier était in-
terposée et on y attachait
un mouflage de cables ac-
tionné par un treuil. Un
dynamométre annulaire pré-
cis servait 4 la mesure des
efforts. Disposé prés de la
poutre pour les efforts infé-
rieurs & 5.000 Kg, il a été
placé a Vextrémité opposée
du mouflage pour les efforts
supérieurs, afin de le sous-
traire aux effets dune rup-
ture éventuelle. Quatre flexi-
métres ont été disposés,
deux de part et d’autre du
milieu de Ja téle et deux
aux appuis, ainsi que quatre
déformétres sur les 2 géné-
ratrices opposées du plan
méridien horizontal, situés
Fig. 27. — Aspect du béton comprimé au milieu
de la poutre de 24,00 m aprés rupture.
par paires & 0,50 m (milieu de Vanneau) et & 1,00 m (joint entre
deux éléments) de distance de la téle médiane (fig. 23). Les joints
entre les anneaux étaient remplis de mortier et la traction de 40 tonnes
réalisée dans le cable axial. En outre, deux cables supplémentaires de
12 fils de 5 mm recevaient des tractions de 20 tonnes chacun, pour
représenter l’équivalent de I’effet des charges verticales 4 la base des
colonnes. La figure 24 reproduit la section transversale. Tous ces cables
n’étaient solidarisés avec la poutre que dans la section médiane, par le
moyen de la plaque en téle d’acier.
La figure 25 reproduit le diagramme des fléches relevées au cours
de mises en charge successives & 2.500, 5.000, 6.000 et 7.000 kg, avec
décharges intermédiaires.
A partir de 7 tonnes, on n’a plus pu faire croitre V’effort, la fléche
a atteint finalement 356 mm et le béton a cédé au milieu dans la région
comprimée (fig. 26 et 27). Aprés décharge, on a constaté une fléche>
Trevi
+ 41G,28 — SCHEMA Duy
PORTIQUE avec REPERAGE ces
APPARENLS ce MESURE
4 i i Colones en tléments lubalaires en
2a elon arme taut 1m; Bext:,0bm,
aint: agon
Assenblage par précontrainte
Lo Cable coal fers finn
tenctes & a8 hg/mer? sort
an offert telal de $0
Mio m
Prat
Massit phe barrage, afi contra?
Dispositif d’essai d’un portique en place,
permanente de 8 mm; la poutre avait conservé une grande partie de son
elasticité,
Les déformétres avaient été placés avant la mise en tension des
cables, dans le but de tenter de relever le module d’élasticité global
du béton dans les conditions de I’essai. Cependant, les circonstances l’ont
rendu impossible.
La section de la poutre est de 3.470 cm?; la compression initiale
80.000
est done de = 23.06 kg/cm’.
3470— 36 —
Le module de flexion de la poutre est de 72.500 cm‘,
Les tensions calculées pour les charges de 2.500, 4.000, 5.000 et
7.000 kg s’élévent respectivement a 19,85, 31,70, 39,70 et 55,60 kg/em?
dans la section située 4 0,50 m du milieu et & 19, 30,40, 38 et 43,20 kg/em?
pour la section située 4 1 m. En y ajoutant la tension théorique de
précontrainte, on ne peut expliquer la rupture du béton par compression
sous l’effort de 7.000 kg, si I’on ne tient compte du fait que le béton
devait étre largement fissuré dans les joints des anneaux. On remarque
que, pour un effort transversal inférieur 4 3.000 kg, les joints pouvaient
se fissurer. Les déformations spécifiques relevées aux déformétres font
penser que cela s’est produit effectivement pour une charge voisine de
cette valeur, ce qui a augmenté
la compression du béton. En fait,
les lectures aux déformétres ne
peuvent recevoir aucune inter-
=
prétation en accord avec les ten-
sions -théoriques calculées ci-
dessus, ni pour des tensions in-
férieures ni pour des tensions
supérieures a celle de la pré-
contrainte initiale. Les déforma-
tions longitudinales ont d’ail-
leurs été modérées et n’ont pas
dépassé Vordre de grandeur de
20.10~ sous 5.000 Kg de charge.
IL est & noter qu’aprés décharge,
on relevait un raccourcissement
permanent de la zone comprimée
mais que les appareils revenaient
rigoureusement a zéro dans la zone tendue, témoignant ainsi d’une ferme-
(Photo C'* Belge de Ch. de fer et d’Entreprises.)
Fig. 29. — Vue d'un portique.
ture des fissures.
Le diagramme des fléches de la figure 25, qui est, certes, influencé
par la fissuration progressive des joints des anneaux et par le déplace-
ment relatif des cables dans les deux moitiés de la poutre, ne permet
Pie
pas non plus une interprétation de la formule ———— basée sur la
48 EL
loi de Hooke. Si on Vapplique pour la charge P = 5.000 kg, parce
qu'elle correspond encore & une fléche permanente faible et peu variable,
on trouve une valeur de E assez plausible égale & 251.000 kg/em®. Cette,— 37 —
valeur appliquée aux déformations spécifiques longitudinales relevées
pour la charge de 4.000 kg, donne quelques valeurs de tension en assez
bon accord avec les valeurs calculées. Ce comportement correspond au
fait que, aprés la fissuration des joints, la poutre constitue une combi-
naison assez: complexe de béton précontraint et de béton armé, dont
Yarmature est relativement trés faible et trés mal répartie.
(Photo Cl* Belge de Ch. de fer et d’Entreprises.)
Fig. 30. — Yue du pont de service.
Un nouvel essai a été effectué le 13 mai 1947, selon le schéma de
la figure 28, sur un portique en place, dont les détails ressortent & suffi-
sance, de Ia figure, qui indique aussi la nature et emplacement des
appareils de mesure. Les tractions de précontrainte étaient de 40 tonnes
par pilier.— 38 —
(Photo Cle Belge de Ch. de fer et d'Entreprises.)
Fig. 31. — Vue générale du pont de service.
On a relevé de faibles rota-
tions aux pieds des colonnes;
Pencastrement était done quasi
parfait. Les déformations pro-
portionnelles longitudinales me-
surées 4 11,00 m du sommet des
piles correspondant & Pordre de
grandeur des tensions calculées,
en admettant pour E la valeur
de 300.000 kg/cm?, non contré-
lée, mais assez plausible.
Eu égard aux dispositifs
dexpérience des deux essais,
les fléches sont & comparer
pour des charges égales. Cette’
comparaison figure au tableau
suivant :
Fléches en mm.
Au milieu En téte
dans le dans le
Charges premier deuxiéme
(kg) essai essai
2.500 471 4.50
3.000 6.13 5.95
3.500 7.83 _
3.600 _ 7.35
Les fléches sont done légé-
rement plus faibles dans le
deuxiéme essai que dans le pre-
mier, en dépit de la légére im-
perfection d’encastrement. Cette
réduction provient de Vaction
des poutrelles supérieures du
portique.
Les figures 29, 30 et 31
reproduisent des vues caracté-
ristiques de Vouvrage, qui a
donné toute satisfaction.— 39 —
B. — Essais dynamiques de traverses pour voies ferrées.
Nous avons décrit ailleurs (1) des essais d’endurance d’un caractére
particulier effectués sur des traverses en béton précontraint articulées,
essais qui ont servi 4 leur étude et 4 leur mise au point. Ces traverses
sont actuellement fabriquées industriellement sous le nom de traverses
Franki-Bagon. Elles sont en essai en voie principale & la S. N. C. B.
(fig. 32). L’essai imaginé et mis au point pendant la guerre, en accord
avec les ingénieurs de la S. N. C. B., consiste 4 encastrer la traverse &
une extrémité et & imprimer 4 l'autre une déformation de flexion alter-
Fig. 32. — Traverses Franki-Bagon en voie principale (Photo Pieux Franki.)
native d’amplitude déterminée et A un rythme assez rapide. L’effort
correspondant a la déformation imposée est mesuré au préalable par
un essai statique. Cet essai convient particuligrement aux traverses
articulées,
A Vépoque des essais, en 1943-44, une traverse Franki-Bagon a
subi sans désordres 25.10° oscillations de 15 mm d’amplitude totale
(+ 7,5 mm) a la fréquence de 270 cycles par minute.
(1) F. CAMPUS et R. JACQUEMIN. Essais d’endurance sur traverses de voies
ferrées en béton armé ou précontraint. Bulletin du C. E.R. E, S., Ligge, Tome II, 1947.= 40
Cette traverse se compose de deux tasseaux d’appui pour les rails,
maintenus 4 écartement et réunis par une entretoise. Ces éléments sont
en béton armé. Entre lentretoise et Jes tasseaux sont disposées des
plaques minces en matiére plastique moins rigide que le béton. Les
cing piéces sont serrées par une barre de précontrainte en acier spécial
traité,
Batourcls
5
DYNAIIQUES
Wee B85
FE 3S.
DISPOSITIF
D
Varialeur de vilesse
Toe 50025
Ue 250.80
LL oe 185.70
if d'essai de traverses articulées par flexion alternée.— 41 —
La figure 33 reproduit un dispositif d’essai empioyé en 1943; il a
&é modifié au début de 1944 (cfr. op. cit.) suivant le dispositif de Ja
figure 45.
Plus récemment, le Gouvernement britannique (Ministry of Works)
nous a confié, sous les auspices du Dr THOMAS, de la Building Research
Station, & Garston-Watford (Herts), des essais d’endurance de traverses
en béton précontraint. Ces essais ont eu lieu en 1948 et ont été terminés
en janvier 1949, Ils ont été exécutés conformément 4 la note C 28 d’avril
1947 du Department of Scientific and Industrial Research, Building
Research Station, et ils ont été rendus aisément possibles, grace 4 la
mise en service A la fin de 1947 de notre halle expérimentale, que nous
avons décrite dans une communication 4 lA. B. E. M., le 22 mai
1948 (1). Cette halle est somme toute une vaste machine d’essai. Un
batiment léger recouvre une grande dalle en béton armé pourvue de
rainures pour y attacher des dispositifs d’essai. Deux pulsateurs de
grande capacité, trois dynamométres pendulaires avec pompes 4 huile
et des vérins d’une puissance totale actuelle de 280 T (qui sera portée
prochainement 4 500 T) permettent de soumettre 4 des essais statiques
ou dynamiques plusieurs dispositifs simultanément ou un dispositif
unique dont les dimensions peuvent atteindre 20 X 6 X 4 m.
Le dispositif d’essai statique et principalement dynamique des tra-
verses anglaises ressort a suffisance des figures 34, 35 et 36. Deux vérins
pulsants de 50 tonnes sont mis en action par un pulsateur accouplé 4
un dynamométre statique. Chaque vérin a deux rotules haut et bas. La
fréquence de pulsation est 250 cycles par minute.
Le programme des essais comporte, pour les deux extrémités de
chaque traverse :
1) un essai statique sous une charge de 8 tonnes par vérin (qui n’a
donné lieu & aucune fissuration en aucun cas) ;
2) un essai dynamique comportant 1 million de pulsations 4 chaque
extrémité :
entre 2 et 8 tonnes, entre 3 et 23 tonnes,
2etll » Bet 26 »
2et14 » 3 et 29 >»
2et 17 > 4 et 32 >
3et 20 » 4et 35 >»
(1)Cfr. F, CAMPUS, L’équipement de la halle expérimentale (deux pulsateurs)
et le pulsateur a efforts alternés de l'Université de Liége. Science et Technique,
Bruxelles, n° 9, 1948.“yessa,p srisodsiq] — “oeyy-moq] osz2aesy, — “yurexquosgad uoigq uo
sepia sosioaen sap onbyweusp i anbnew ressa,p juisodsip np euayeg — “pe “31y
|Fig. 36, — Vue du dispositif d'essai.— 44 —
Les observations portent sur l’apparition des fissures (charge et
nombre de répétitions), leur longueur, leur ouverture et l’évolution de
ces caractéres. Ensuite les désordres et les ruptures éventuels, les cir-
constances de leur production (charge et nombre de répétitions) et leurs
particularités, Le repérage des fissures a été fait par rapport & un
quadrillage dessiné sur les traverses et les observations ont été faites
sous [action d’une charge statique égale au maximem du cycle dyna-
mique en cours.
Des traverses de deux types différents ont été essayées au nombre
de deux pour chaque essai selon les prescriptions britanniques. Les
traverses des deux types sont rigides; la précontrainte est réalisée au
moyen de fils tendus avant moulage. Dans Pun des types, que nous
désignons par A, la précontrainte est réalisée par adhérence des fils
(d'une maniére analogue au systéme de la poutre Hoyer). Dans T’autre,
que nous désignerons par B, les fils sont disposés en boucles, dont les
extrémités s’appuient eur des cales profilées en demi-cercle, par l’inter-
médiaire desquelles les boucles sont mises sous tension.
Les fils de ces traverses avaient 1/5 de pouce (5,08 mm) de diamétre.
Leur résistance est de 159 4 168 kg/mm, avec un allongement de rupture
de 3,5 % environ (sur 200 mm) et une striction d’environ 40 %.
Lobservation des fissures conformément aux instructions a été
consignée dans des tableaux et des diagrammes qui forment un ensemble
volumineux. I] serait fastidieux d’en faire état. Les fissures s’ouvrent et
se ferment au rythme des efforts pulsants appliqués 4 la piéce; ce phéno-
méne a été filmé.
Les modes de rupture ont été trés divers. Chaque essai de traverse
comporte deux essais de flexion indépendants des deux extrémités, la
partie centrale n’étant pas sollicitée. En aucun cas, les ruptures des
deux extrémités n'ont été simultanées. Aprés la premiére rupture, le
indé-
vérin correspondant était mis hors circuit et l’essai était poursuiy
pendamment sur I’autre extrémité. Les ruptures se sont réparties comme
suit :
a) pour les deux traverses du type A: ,
trois ruptures par glissement des fils, dont deux avec rupture d’effort
tranchant (entre 3 et 20 tonnes et entre 3 et 29 tonnes) et une avec
une rupture mixte de flexion et d’effort tranchant (entre 4 et 35 tonnes) ;
une extrémité non rompue aprés le cycle final (10.000.000 de répé-
titions) ;-- — 45 —
Fig. 37. — Rupture dynamique par glissement des fils
(effort tranchant — type A).
Fig. 38. — Rupture dynamique par glissement des fils
(effort tranchant et moment fléchissant — type A).Fig. 39, — Extrémité de la traverse représentée a la figure 38,
alvéoles des fils qui ont glissé.
Fig. 40, — Rupture dynamique par cassure des fils (moment fléchissant — type B).Fig. 42, — Rupture dynamique par effort tranchant sang cassure de fils (type B).A
b) pour les deux traverses du type B :
deux destructions avec rupture de fils dans une fissure de moment
fléchissant (une rupture de 5 fils entre 4 et 35 tonnes, une rupture de
7 fils entre 3 et 29 tonnes) ;
une rupture par effort tranchant sans fils cassés (entre 3 et
29 tonnes) ;
une extrémité non rompue aprés le cycle final.
Les figures 37 4 42 reproduisent quelques aspects de rupture :
Figure 37: glissement de fil, effort tranchant;
Figure 38: glissement de fil, effort tranchant et moment fléchis-
sant;
Figure 39 : extrémité correspondant a la figure précédente, montrant
les alvéoles des fils qui ont glissé;
Figure 40: destruction par moment fléchissant et rupture de fils
(entre 3 et 26 tonnes) ;
Figure 41 : fils rompus entre 4 et 35 tonnes;
Figure 42 : destruction par effort tranchant sans rupture de fils.
Cet essai est, certes, assez spécial, sévére et d’interprétation com-
pliquée. II est cependant édifiant de noter :
1) que deux extrémités sur huit ont résisté 4 Vépreuve, jusqu’au
cycle final entre 4 et 35 tonnes;
2) que Ja dispersion est grande dans la résistance dynamique, puis-
que une rupture s’est produite entre 3 et 20 tonnes;
3) que dans le cas de Vancrage des fils par adhérence, l'endurance
est limitée par le glissement des fils;
4) que dans le cas d’ancrage par les extrémités, endurance peut
étre limitée par la rupture des fils;
5) que dans aucun des huit essais, la limite d’endurance du béton
comprimé ne parait avoir été atteinte; le cas de la traverse type B,
détruite par effet de moment fléchissant, avec rupture de 7 fils entre
3 et 26, n’étant cependant pas tout a fait franc A ce point de vue.
Il parait, certes, intéressant de multiplier les essais de fatigue sur
les poutres en béton précontraint.
Une traverse de chaque type a été aussi soumise A l’essai de flexion
alternée précédemment décrit, avec une amplitude maximum d’environloo
900
800
700
600
500
400
300
200
VERSE
uv
DOW-/MAC’ (725)
,
- zoniele. )
i |
e T
iS FLEX/BIL/TE pe LA TRAVERSE ENCASTREE
k
S|]
Ee
O- origine Cles axes coorconnes Ogns les conditions
oe /essar Ce Hexion préhiminsire (traverse horr-
. os 2
OO’; postion probable de /origine des axes coordonnés
olgns le cas 0 [esse prehiminaire gurz) ele ehecké
sur kz traverse pkzcée verlicalemen’.
== | L
80 100 120 140 160 180 200 220 240 260 280 300 320 340 360 380
Fléches\au pow A per kagporl bo la secvor dé for. [Link] 1/106 mm,
‘echeslau pom\A per tapport y la sede fen Yrogmm) | | | |
40 60 80 100 120 140 160 180 200 220 240 260 280 300 320 340 360 3860 400 420
Diagramme des fléches statiques maxima de la traverse type II (en porte-tfaux).
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