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Intégration Sur Un Segment

Ce chapitre définit l'intégrale d'une fonction en escalier sur un segment, puis étend cette définition aux fonctions continues par morceaux. Il présente ensuite les propriétés de base de l'intégrale, comme la linéarité et la positivité, ainsi que des techniques de calcul comme les primitives, l'intégration par parties et le changement de variable.

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Intégration Sur Un Segment

Ce chapitre définit l'intégrale d'une fonction en escalier sur un segment, puis étend cette définition aux fonctions continues par morceaux. Il présente ensuite les propriétés de base de l'intégrale, comme la linéarité et la positivité, ainsi que des techniques de calcul comme les primitives, l'intégration par parties et le changement de variable.

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Chapitre 22

Intégration sur un segment

Objectifs

– Définir géométriquement l’intégrale d’une fonction en commençant par les fonctions en escalier, puis en éten-
dant cette notion aux fonctions continues par morceaux par une technique d’approximation uniforme.
– Étudier les propriétés de l’intégrale et les différentes techniques de calcul (primitives, intégration par parties et
changement de variable).
– Étudier les inégalités de C AUCHY-S CHWARZ, de M INKOWSKI , de la moyenne. Étudier les sommes de R IEMANN et
les applications.
– Donner les changements de variable usuels.

Sommaire
I) Définition de l’intégrale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1) Cas des fonctions en escalier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
2) Cas des fonctions continues par morceaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
3) Premières propriétés de l’intégrale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
II) Calcul d’une intégrale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1) Primitives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
2) Intégration par parties . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
3) Changement de variable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
III) Propriétés de l’intégration . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1) Inégalités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
2) Sommes de Riemann . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
IV) Recherche de primitives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1) Fonctions usuelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2) Fractions rationnelles en sinus et cosinus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
3) Fractions rationnelles en ch et sh . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
4) Fonctions se ramenant aux types précédents . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
5) Polynômes trigonométriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
V) Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

I) Définition de l’intégrale
1) Cas des fonctions en escalier
Rappels :
– L’ensemble des fonctions en escalier sur I = [a; b] est noté E (I, C), pour les lois usuelles sur les fonc-
tions, c’est une C-algèbre.
– Si f ∈ E ([a; b], C) et si σ = (x i )06i 6n est une subdivision de [a; b], on dit que σ est adaptée à f lorsque
∀ i ∈ [[0..(n − 1)]], f est constante sur ]x i ; x i +1 [.

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Définition de l’intégrale Chapitre 22 : Intégration sur un segment

– Si σ, σ0 sont deux subdivisions de [a; b], on dit que σ0 est plus fine que σ lorsque les points de la
subdivision σ font partie de la subdivision σ0 , ce que l’on note σ ⊂ σ0 , si de plus σ est adaptée à
f ∈ E ([a; b], C), alors σ0 aussi.
– Si σ, σ0 sont deux subdivisions de [a; b], on note σ∪σ0 la subdivision obtenue en réunissant les points
de σ avec ceux de σ0 . Cette nouvelle subdivision est plus fine que les deux précédentes.

. THÉORÈME 22.1
Soit f ∈ E ([a; b], C) et soit σ = (x i )06i 6n une subdivision de [a; b] adaptée à f , alors la quantité :

. ∑
n−1
.
Iσ ( f ) = (x i +1 − x i )c i ,
i =0

où c i désigne la valeur de f sur l’intervalle ]x i , x i +1 [, est indépendante de la subdivision adaptée à f .


. Autrement dit, si σ0 est une autre subdivision adaptée à f , alors Iσ ( f ) = Iσ0 ( f ).

Remarque : Géométriquement, si f ∈ E ([a; b], R) et si σ est une subdivision de [a; b] adaptée à f , alors dans
un repère orthonormé, la quantité Iσ ( f ) représente l’aire algébrique de la portion de plan délimitée par
la courbe de f , l’axe des abscisses, et les droites d’équation : x = a et x = b, c’est une somme d’aires de
rectangles.

.4

.3

.2

.1

.0 .
.−4 .−3 .−2 .−1 .0 .1 .2 .3 .4
.−1

.−2

.−3

F IG . 22.1: Interprétation géométrique

D ÉFINITION 22.1 (intégrale d’une fonction en escalier)


. ∫
Si f ∈ E ([a; b], C), on appelle intégrale de f sur [a; b] le nombre (complexe) noté f et défini par :
[a;b]
. .
∫ ∑
n−1
f = Iσ ( f ) = (x i +1 − x i )c i ,
[a;b] i =0

où σ = (x i )06i 6n est une subdivision adaptée à f .


Remarques :
– L’intégrale de f sur [a; b] ne dépend pas de la valeur de f aux points de la subdivision. Il en découle
que si on modifie la valeur de f en un nombre fini de points, la valeur de∫l’intégrale
∫ reste inchangée.
– Si f , g ∈ E ([a; b], C) et si f et g coïncident sur [a; b] \ {x 1 , . . . , x n }, alors f = g . Il suffit pour
[a;b] [a;b]
s’en convaincre de changer la valeur de f aux points x 1 , . . . , x n pour obtenir la fonction g , d’après une

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Définition de l’intégrale Chapitre 22 : Intégration sur un segment

remarque précédente, l’intégrale de f reste inchangée.

. THÉORÈME 22.2 (Propriétés élémentaires)


Soient f , g ∈ E
∫([a; b], C) : ∫ ∫ ∫ ∫
– linéarité : f +g = f+ g et si λ ∈ C, λf = λ f.
[a;b] [a;b] [a;b] ∫
[a,b] [a;b]

– positivité : si f est à valeurs réelles et si f > 0, alors f > 0. On en déduit que si f et g sont à
. ∫ ∫ . [a;b]

valeurs réelles et si f 6g, alors f 6 g.


∫ ∫ [a;b] [a;b]

– majoration : | f |6 | f |.
[a;b] [a;b] ∫ ∫ ∫
– relation de C HASLES1 : si a < c < b , alors f = f+ f.
. [a;b] [a;c] [c;b]

2) Cas des fonctions continues par morceaux


Rappels :
– L’ensemble des fonctions continues par morceaux sur [a; b] est noté C M ([a; b], C), pour les opérations
usuelles sur les fonctions, c’est une C-algèbre.
– Si f ∈ C M ([a; b], C), alors il existe une suite de fonctions en escalier sur [a; b], (φn ) qui converge uni-
formément vers f sur [a; b], i.e. : lim kφn − f k∞ = 0.
n→+∞

. THÉORÈME 22.3
Soit f ∈ C M ([a; b], C) et soit∫(φn ) une suite de fonctions
. en escalier qui converge uniformément vers
.
f , alors la suite complexe ( φn ) converge vers un complexe `, qui ne dépend pas de la suite (φn )
[a;b]
. choisie.

D ÉFINITION 22.2 (intégrale d’une fonction continue par morceaux)


. ∫
Soit f ∈ C M ([a; b], C), on appelle intégrale de f sur [a; b] le nombre (complexe) noté f et défini
[a;b]
par : ∫ ∫
f = .lim φn ,
. [a;b] n→+∞ [a;b]

où (φn ) est une suite de fonctions en escalier sur [a; b] qui converge uniformément ∫
vers f .
Géométriquement, dans un repère orthonormé, si f est à valeurs réelles, on dit que f représente
[a;b]
l’aire algébrique de la portion de plan délimitée par la courbe de f , l’axe des abscisses, et les droites
d’équation x = a et x = b .

3) Premières propriétés de l’intégrale

. THÉORÈME 22.4 (linéarité de l’intégrale)


Soient f , g ∈ C M ([a; b], C) et soit λ ∈ C, alors : .
.
∫ ∫ ∫ ∫ ∫
(f + g) = f+ g et λ. f = λ. f.
. [a;b] [a;b] [a;b] [a;b] [a;b]

. Cas particulier : Soit f ∈ C ([a; b], C), posons u = Re( f ) et v = Im( f ). La linéarité de l’intégrale permet
M

1 CHASLES M ICHEL (1793 – 1880) : mathématicien français, auteur d’importants travaux en géométrie.

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Définition de l’intégrale Chapitre 22 : Intégration sur un segment

.2

.1

.0 .
.−2 .−1 .0 .1 .2 .3

.−1

F IG . 22.2: Cas d’une fonction continue

∫ ∫ ∫
d’écrire : f = Re( f ) + i Im( f ). On peut donc toujours se ramener à intégrer des fonctions à
[a;b] [a;b] [a;b]
valeurs réelles (mais ce n’est pas toujours la meilleure solution). D’autre part, on a établi :
∫ ∫ ∫ ∫
Re( f )= Re( f ) et Im( f )= Im( f ).
[a;b] [a;b] [a;b] [a;b]

. THÉORÈME 22.5 (positivité)



. . 6
Si f ∈ C M ([a; b], R) est à valeurs positives, alors 0 f . En particulier si f , g ∈ C M ([a; b], R) et si
∫ ∫ [a;b]

f 6 g , alors : f 6 g.
. [a;b] [a;b]

. THÉORÈME 22.6 (majoration en module)


¯∫ ¯ ∫
¯ ¯
¯
. Si f ∈ C M ([a; b], C), alors : ¯ f ¯¯ 6 | f |. .
[a;b] ¯∫
[a;b] ¯
¯ ¯
En particulier si | f | 6 M sur [a; b], alors ¯ ¯ f ¯¯ 6 M(b − a).
. [a;b]

. THÉORÈME 22.7 (relation de Chasles)


. ∫ .∫ ∫
Si f ∈ C M ([a; b], C) et si a < c < b , alors : f = f+ f.
. [a;b] [a;c] [c;b]

. THÉORÈME 22.8 (cas d’une intégrale nulle)


. . ∫
Si f est à valeurs réelles, continue, positive sur [a; b], et si f = 0, alors f est nulle sur [a; b].
. [a;b]

. Le théorème ci-dessus est faux si f n’est pas continue sur [a; b], on peut considérer par exemple la fonction f

 1 si t = a
définie par f (t ) = , cette fonction est positive, non nulle et d’intégrale nulle.

0 sinon

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Calcul d’une intégrale Chapitre 22 : Intégration sur un segment

. THÉORÈME 22.9 (égalité d’intégrales)


. . ∫ ∫
Si f , g ∈ C M ([a; b], C) coïncident sur [a; b] \ {x 1 , . . . , x n }, alors : f = g.
. [a;b] [a;b]

Convention d’écriture : si f est continue par morceaux sur un intervalle [a; b], pour x, y ∈ [a; b], on pose :
 ∫

 f si x < y


∫y 
 [x;y]
f = 0 si x = y .

 ∫
x 


 − f si y < x
[y;x]

Avec cette convention :

. THÉORÈME 22.10
Si f ∈ C M ([a; b],∫
C) alors :∫
y x
. .
– ∀ x, y ∈ [a; b], f =− f.
x∫ ∫y z ∫y
y
– ∀ x, y, z ∈ [a; b], f = f+ f (relation de C HASLES généralisée).
. x x z

II) Calcul d’une intégrale


1) Primitives

D ÉFINITION 22.3
.. .
Soient f , F : I → C deux fonctions définies sur un intervalle I de R, on dit que F est une primitive de f
sur I lorsque F est dérivable sur I et que F0 = f . L’ensemble des primitives de f sur I est noté P I ( f ).

. THÉORÈME 22.11
. .
. Si f : I → C admet une primitive F sur l’intervalle I, alors P I ( f ) = {F + λ / λ ∈ C}.

. Conséquence : Si f : I → C admet une primitive F sur I, alors ∀ y ∈ C, ∀ t ∈ I, f possède une unique primitive
0 0
G sur I qui vérifie G(t 0 ) = y 0 .

. THÉORÈME 22.12 (existence de primitives)


Si f : I → C est continue, alors f admet des primitives sur I. Plus précisément, si t 0 ∈ I et y 0 ∈ C, alors
. la fonction F définie sur I par : . ∫ t
F(t ) = y 0 + f,
t0

. est l’unique primitive de f sur I qui prend la valeur y 0 en t 0 .

. THÉORÈME 22.13 (calcul d’une intégrale)


Si f : I → C est continue sur l’intervalle I et si F désigne une primitive de f sur I, alors :
. .
∫b
∀a, b ∈ I, f = [F]ba = F(b) − F(a).
. a

Cas d’une fonction continue par morceaux : si f : [a; b] → C est continue par morceaux, soit σ = (x i )06i 6n

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Calcul d’une intégrale Chapitre 22 : Intégration sur un segment

une subdivision adaptée à f . Sur chacun des morceaux ]x i ; x i +1 [ la fonction f admet un prolongement
par continuité f i sur le segment
∫ [x i ,∫
x i +1 ], les deux fonctions coïncidant sur le segment [x i , x i +1 ], sauf
∫ peut
x i +1 x i +1 x i +1
être en deux points, on a f = f i , mais f i admet une primitive Fi sur [x i ; x i +1 ], d’où : f =
xi xi xi
Fi (x i +1 ) − Fi (x i ), la relation de C HASLES donne alors :
∫b ∑
n−1
f = Fi (x i +1 ) − Fi (x i ).
a i =0

On peut donc toujours se ramener au cas des fonctions continues et donc à une recherche de primitive.

. THÉORÈME 22.14 (lien entre une fonction et sa dérivée)


. . ∫t
Si f est de classe C 1 sur l’intervalle I, alors : ∀ t , t 0 ∈ I, f (t ) = f (t 0 ) + f 0.
. t0

. THÉORÈME 22.15 (inégalité des accroissements finis généralisée)

. Si f , g : I → C sont de classe C 1 sur l’intervalle I et. si ∀ t ∈ I, | f 0 (t )| 6 g 0 (t ), alors :

. ∀ a, b ∈ I, | f (b) − f (a)| 6 |g (b) − g (a)|.

2) Intégration par parties

. THÉORÈME 22.16
. . ∫b ∫b
1
Soient f , g : I → C deux fonctions de classe C , alors : ∀ a, b ∈ I, f 0 × g = [ f × g ]ba − f × g 0.
. a a

. Quelques cas à connaître :


– Toute fonction de la forme f (t ) = P(t ) × exp(αt ) (où α ∈ C et P ∈ C[X]) peut s’intégrer par parties en
posant u 0 = exp(αt ).

– Toute fonction de la forme f (t ) = P(t ) × ln(Q(t )) (où P ∈ C[X] et Q ∈ R[X]), peut s’intégrer par parties
en posant u 0 = P(t ).

– Toute fonction de la forme f (t ) = P(t ) arctan(Q(t )) (où P, Q sont des polynômes), peut s’intégrer par
parties en posant u 0 = P(t ).
∫x
1
– Calcul d’intégrales par récurrence : soit n > 1, pour x ∈ R, on pose Fn (x) = d t , on a F1 (x) =
0 (1 +∫ t 2 )n
t x 2nt 2
arctan(x). En posant u 0 = 1 et en intégrant par parties, on a Fn (x) = [ ] x
+ d t , en
(1 + t 2 )n 0 0 (1 + t )
2 n+1
t2 1 1 x
écrivant que = − , on obtient : Fn (x) = +2nFn (x)−2nFn+1 (x),
(1 + t 2 )n+1 (1 + t 2 )n (1 + t 2 )n+1 (1 + x 2 )n
d’où finalement :
x 2n − 1
Fn+1 (x) = + Fn (x).
2n(1 + x 2 )n 2n

3) Changement de variable

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Propriétés de l’intégration Chapitre 22 : Intégration sur un segment

. THÉORÈME 22.17

. Soit θ : J → I une fonction de classe C 1 sur l’intervalle


. J, et soit f : I → C une fonction continue sur
∫b ∫θ(b)
l’intervalle I, alors on a : ∀ a, b ∈ J, f ◦ θ × θ0 = f.
. a θ(a)
∫β
. Utilisation pratique : Soit à calculer f (t ) d t où f : I → C est une fonction continue sur l’intervalle I, avec
α
α, β ∈ I. On pose t = θ(u) où θ : J → I est une fonction de classe C 1 sur l’intervalle J, on cherche a, b ∈ J tels que
dt
θ(a) = α et θ(b) = β. On écrit alors : = θ0 (u), d’où (calcul symbolique) d t = θ0 (u)d u, puis on remplace :
∫ ∫ d u
β b
f (t ) d t = f (θ(u))θ0 (u) d u en faisant attention aux bornes de la nouvelle variable. Remarquons que la
α a
formule du changement de variable peut se lire dans l’autre sens.

. THÉORÈME 22.18 (applications)


Soit f : R → C une fonction continue
∫ a
– Si f est impaire alors ∀ a > 0, f = 0.
∫a −a ∫a
. .
– Si f est paire alors ∀ a > 0, f =2 f.
−a 0
– Si f est T -périodique (T > 0) alors :
∫b ∫b+T ∫a+T ∫b+T
∀ a, b ∈ R, f = f et f = f.
. a a+T a b

. Plus généralement si f présente un élément de symétrie ( f (2a − t ) = f (t ) ou 2b − f (t )), alors il faut penser au
changement de variable u = 2a − t surtout si on intègre sur un intervalle de centre a.

. THÉORÈME 22.19
. .
Soit f une fonction continue et T -périodique (T > 0), alors f admet des primitives T -périodiques ssi
. l’intégrale de f sur une période est nulle.

III) Propriétés de l’intégration


1) Inégalités

. THÉORÈME 22.20
Soit f , g deux fonctions continues sur [a; b] et à valeurs réelles, on a les inégalités suivantes :
(∫ )2 (∫ ) (∫ )
. – f ×g 6 f 2 2 . C AUCHY-S CHWARZ ).
g (inégalité de
√[a;b]
∫ √
[a;b]
∫ √∫
[a;b]

– ( f + g )2 6 f 2+ g 2 (inégalité de M INKOWSKI 2 ).
. [a;b] [a;b] [a;b]

2 MINKOWSKI H ERMANN (1864 – 1909) : mathématicien allemand qui a travaillé notamment en physique mathématique en

donnant une interprétation géométrique de la relativité restreinte.

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Propriétés de l’intégration Chapitre 22 : Intégration sur un segment

. THÉORÈME 22.21 (cas d’égalité de Cauchy-Schwarz3 )


Si f , g sont continues et à valeurs réelles, alors :
. .
(∫ )2 (∫ ) (∫ )
2 2
f ×g = f g ⇐⇒ f et g sont colinéaires.
. [a;b] [a;b] [a;b]

. THÉORÈME 22.22 (Inégalité de la moyenne)


Soient f , g : [a; b] → R continues par morceaux, à valeurs réelles, avec g positive. Si f est majorée par
. M ∈ R et minorée par m ∈ R sur [a; b], alors : .
∫ ∫ ∫
m g6 f g 6M g.
. [a;b] [a;b] [a;b]

2) Sommes de Riemann

D ÉFINITION 22.4
.
Soit f : [a; b] → C une fonction continue, soit σ = (x i )06i 6n une subdivision de [a; b], et soit α =
(αi )06i 6n−1 une famille de réels telle que ∀ i ∈ [[0..(n − 1)]], αi ∈ [x i ; x i +1 ]. On appelle somme de Rie-
. .
mann4 de la fonction f associée à la subdivision σ et à la famille α, la quantité :


n−1
Rσ,α ( f ) = (x i +1 − x i ) f (αi ).
i =0

Dans la suite on ne considère que des subdivisions σ à pas constant, c’est à dire des subdivisions telles
b−a b−a b−a
que ∀ i ∈ [[0..(n − 1)]], x i +1 − x i = , pour une telle subdivision, on a x i = a + i , et la quantité
n n n
est appelée pas de la subdivision.

. THÉORÈME 22.23 (limite d’une somme de Riemann)


Soit f : [a; b] → C une fonction continue, pour chaque entier n > 1, on pose pour i ∈ [[0..n]], x n,i =
b−a
. a+i , on a ainsi une subdivision σn = (x.n,i )06i 6n à pas constant, on se donne également
n
une famille de réels αn = (αn,i )06i 6n−1 telle que pour i ∈ [[0..(n − 1)]], αn,i ∈ [x n,i , x n,i +1 ]. On a alors
∫ ∫
b − a n−1

lim Rσn ,αn ( f ) = f , c’est à dire : lim f (αn,i ) = f.
n→+∞ n k=0
. n→+∞ [a;b] [a;b]

Applications :
– Méthode des rectangles pour le calcul approché d’une intégrale (l’estimation de l’erreur fait l’objet du
théorème suivant), pour les réels αn,i on peut prendre :
b−a
– αn,i = a +i : c’est la méthode des rectangles de gauche, on a alors (si f est continue sur [a; b]) :
n

∑ ∫
b − a n−1 b−a
lim f (a + i )= f.
n→+∞ n n [a;b]
i =0

b−a
– αn,i = a + (i + 1) : c’est la méthode des rectangles de droite, on a alors :
n

b−a ∑ n b−a
lim f (a + i )= f.
n→+∞ n n [a;b]
i =1

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Propriétés de l’intégration Chapitre 22 : Intégration sur un segment

.2

.1

.0 .
.−2 .−1 .0 .1 .2 .3

.−1

F IG . 22.3: Méthode des rectangles de gauche

.2

.1

.0 .
.−2 .−1 .0 .1 .2 .3

.−1

F IG . 22.4: Méthode des rectangles de droite

1 b−a
– αn,i = a + (i + ) (milieu de [x n,i ; x n,i +1 ]) : c’est la méthode du point médian, on a alors :
2 n

∑ ∫
b − a n−1 1 b−a
lim f (a + (i + ) )= f.
n→+∞ n 2 n [a;b]
i =0

.2

.1

.0 .
.−2 .−1 .0 .1 .2 .3

.−1

F IG . 22.5: Méthode du point médian

– Étude de certaines suites.

– Calcul de certaines intégrales.

3 SCHWARZ H ERMANN (1846 – 1921) : mathématicien allemand.


4 RIEMANN G EORG F RIEDRICH B ERNHARD (1826 – 1866) : mathématicien allemand dont l’œuvre est colossale.

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Recherche de primitives Chapitre 22 : Intégration sur un segment

. THÉORÈME 22.24 (estimation de l’erreur)


Si f : [a; b] → C k -lipschitzienne, alors avec les notations précédentes :
. .
¯ ∫ ¯
¯ ¯ 2
¯Rσ ,α ( f ) − f ¯ 6 k (b − a) .
¯ n n ¯ n
. [a;b]

IV) Recherche de primitives


Convention
∫x : soit f une fonction continue sur un intervalle I, une primitive de f sur
∫x I est la fonction
F : x 7→ f (t ) d t où a ∈ I est quelconque, ce qui fait que l’on notera simplement F(x) = f (t ) d t .
a

1) Fonctions usuelles
Fonction Primitive
α+1
u0uα u
α+1 si α 6= −1, ln(|u|) sinon
0 u
ue eu
u 0 cos(u) sin(u)
0
u sin(u) − cos(u)
0
u 0 (1 + t an 2 (u)) = u
cos2 (u)
tan(u)
u 0 ch(u) sh(u)
u 0 sh(u) ch(u)
0
u 0 (1 − t h 2 (u)) = u
th(u)
ch2 (u)
0
u tan(u) − ln(| cos(u)|)
u 0 tan(u)2 tan(u) − u
u0
1+u 2
arctan(u)
0
pu arcsin(u)
1−u 2
0
pu argsh(u)
1+u 2
0
pu argch(u)
u 2 −1 √¯
u0
¯
1−u 2
argth(u) = ln( ¯ 1+u ¯
1−u )

2) Fractions rationnelles en sinus et cosinus



a p,q sin(t )p cos(t )q
p,q
Soit f (t ) une fraction rationnelle en sin(t ) et cos(t ) : f (t ) = ∑ .
b p,q sin(t )p cos(t )q
p,q
Pour intégrer ce type de fonction on peut appliquer la règle de B IOCHE :
– Si f (−t )d (−t ) = f (t )d t , alors on peut poser u = cos(t ).
– Si f (π − t )d (π − t ) = f (t )d t , alors on peut poser u = sin(t ).
– Si f (π + t )d (π + t ) = f (t )d t , alors on peut poser u = tan(t ).
2u 1 − u2
– Sinon on peut poser u = tan(t /2). Rappelons que sin(t ) = et cos(t ) = .
1 + u2 1 + u2

Dans tous les cas, on est ramené à une fraction rationnelle en u.

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Exercices Chapitre 22 : Intégration sur un segment

3) Fractions rationnelles en ch et sh
Soit F(X, Y) une fraction rationnelle à deux indéterminées X et Y, la fonction f (t ) = F(ch(t ), sh(t )) est une
fraction rationnelle en ch et sh. Pour intégrer ce type de fonction, on peut appliquer la règle de B IOCHE à la
fonction g (t ) = F(cos(t ), sin(t )), c’est à dire en remplaçant ch(t ) par cos(t ) et sh(t ) par sin(t ) :
– Si g (−t )d (−t ) = g (t )d t , alors on peut poser u = ch(t ).
– Si g (π − t )d (π − t ) = g (t )d t , alors on peut poser u = sh(t ).
– Si g (π + t )d (π + t ) = g (t )d t , alors on peut poser u = th(t ).
– Sinon on peut poser u = exp(t ).

Dans tous les cas, on est ramené à une fraction rationnelle en u.

4) Fonctions se ramenant aux types précédents


p
– Une fraction rationnelle en t et a 2 − t 2 peut s’intégrer en posant t = a sin(u), ce qui donne une
fraction rationnelle en sin(u) et cos(u).
p
– Une fraction rationnelle en t et t 2 − a 2 peut s’intégrer en posant t = ach(u), on obtient alors une
fraction rationnelle en ch(u) et sh(u).
p
– Une fraction rationnelle en t et t 2 + a 2 peut s’intégrer en posant t = ash(u), on obtient alors une
fraction rationnelle en ch(u) et sh(u).
√ √
at + b at + b
– Une fraction rationnelle en t et peut s’intégrer en posant u = , on obtient alors une
ct + d ct + d
fraction rationnelle en u.

5) Polynômes trigonométriques

Il s’agit des sommes finies du type a i , j cos(x)p sin(x)q . Une telle fonction est un cas particulier de
p,q
fraction rationnelle en cos et sin, la règle de B IOCHE peut s’appliquer, mais il y a parfois plus simple, on est
en fait ramené à chercher une primitive de cos(x)p sin(x)q :
( it )p ( it )q
p e + e −i t q e − e −i t
– Linéarisation : on écrit que cos(t ) = et sin(t ) = , puis on développe.
2 2i

– Changement
∫x de variable ∫:xlorsque l’un des exposants est impair, par exemple p = 2k + 1, on a F(x) =
p q
cos(t ) sin(t ) d t = cos(t )2k sin(t )q cos(t ) d t , on pose alors u = sin(t ), d’où d u = cos(t )d t et
∫sin(x)
donc F(x) = (1 − u 2 )k u q d u, c’est un polynôme en u.

V) Exercices
F Exercice 22.1
Calculer la limite éventuelle de la suite (u n ) dans les cas suivants :

1p + · · · + n p ∑n 1 ∑
n−1 1
un = (p ∈ N) u n = n un = n .
k=1 n + k k=0 (n + k)
n p+1 2 2 2

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Exercices Chapitre 22 : Intégration sur un segment

F Exercice 22.2
À l’aide d’une somme de Riemann, calculer pour |x| 6= 1 :
∫2π
ln(x 2 − 2x cos(t ) + 1) d t .
0

F Exercice 22.3
Soit f une fonction continue sur [a; b] et telle que ∀ ∈ [a; b], f (a + b − t ) = f (t ).
∫b ∫ ∫(a+b)/2
a +b b
a) Montrer que : t f (t ) d t = f (t ) d t = (a + b) f (t ) d t .
a 2 a a
∫π ∫π
t sin(t ) t
b) Applications : calculer les intégrales suivantes : d t dt.
0 1 + cos(t ) 0 1 + sin(t )
2
∫π/4
c) En s’inspirant d’une même démarche, calculer ln(1 + tan(t )) d t .
0

F Exercice 22.4
∫1
Pour p, q ∈ N, on pose B(p, q) = t p (1 − t )q d t .
0
a) Montrer que B(p, q) = B(q, p).
q
b) Montrer que pour p > 1, B(p, q) = B(p + 1, q − 1).
p +1
c) En déduire l’expression de B(p, q).

F Exercice 22.5
Soit f une fonction C 2 sur [a; b], on pose pour n > 1 :


b − a n−1 b−a
Mn ( f ) = f (a + (k + 1/2) ).
n k=0 n

a) Montrer que ∀ t , x ∈ [a; b], ∃ c x,t ∈ [a; b] tel que :

(t − x)2 00
f (t ) − f (x) = (t − x) f 0 (x) + f (c x,t ).
2
∫b
M2 (b − a)3
b) En déduire que |Mn ( f ) − f |6 , où M2 = sup | f 00 (t )|.
a 24n 2 t ∈[a;b]

F Exercice 22.6
Étudier les fonctions suivantes :
∫x 2 t
e
a) f : x 7→ dt.
x t
∫3x −t
e
b) g : x 7→ dt.
x t

F Exercice 22.7
∫π/2
Pour n ∈ N, on pose : In = sin(t )n d t .
0
a) Calculer I0 et I1 .
b) Établir une relation de récurrence entre In+2 et In . En déduire l’expression de In en fonction
de n.
c) Étudier le sens de variation de la suite (In ), en déduire que In+1 ∼ In .
d) Montrer que la suite ((n + 1)In In+1 ) est constante, en déduire un équivalent simple de In .

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Exercices Chapitre 22 : Intégration sur un segment

F Exercice 22.8
∫1 ∫π/2
2 n 1
Calculer les intégrales suivantes : (1 − t ) d t dt.
0 0 5 + 2 cos(t )2

F Exercice 22.9
Calculer une primitive des fonctions suivantes :

t2 t
cos(t )4 cos(t )2 sin(t )3 tan(t )7
(t 2 − 1)3 cos(t )2
p
e t t2 1
p t arcsin(t ) tnet p .
t (1 − t 2 )3/2 t t2 −1

F Exercice 22.10
Soit f une fonction continue sur [0; 1].
∫1
a) Montrer que si f est dérivable sur ]0; 1[ et si f (1) = f , alors il existe c ∈]0; 1[ tel que f 0 (c) = 0.
0
∫1
b) Montrer que si f = 1/2, alors f possède au moins un point fixe.
0
∫1
c) Si f est de classe C 2 et si f (0) = f (1) = 0, montrer que f ( f + f 00 ) 6 0 (exprimer f en fonction
0
de f 0 ).
∫1
t
d) Calculer : lim f ( )dt.
n→+∞ 0 n
∫1
e) Montrer que : lim n t n f (t ) d t = f (1).
n→+∞ 0

F Exercice 22.11
∫n
t n ∑
n Ck
Calculer de deux façons (1 − ) d t , en déduire une simplification de : (−1)k n .
0 n k=0 k +1

F Exercice 22.12
Soient f et g deux fonctions continues sur [a; b] telles que f × g > 1. Montrer que :
(∫b ) (∫b )
(b − a) 62
f g .
a a

Quand a-t-on l’égalité ?

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