Optimisation du portefeuille par VaR
Optimisation du portefeuille par VaR
Mai 2007
Optimisation de portefeuille
selon le critère de la Value at Risk
Guillaume Nolain, Yahia Salhi, Serge Werlé
Table des matières
Introduction 2
1 La Value at Risk 4
1.1 Adoption de la VaR . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.2 Le concept de la VaR . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2.1 Présentation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2.2 Particularités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2.3 Approche Classique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.3 Le problème des distributions non Normales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.4 Les méthodes de calcul . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.4.1 Méthode historique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.4.2 Méthodes paramétriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.4.3 Méthode de Monte Carlo . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.4.4 Méthode de Bootstrap . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
3 Application informatique 15
3.1 Sélection des actifs du portefeuille . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
3.2 Récupération des historiques de cours . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
3.3 Traitement des données . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
3.4 Analyse du portefeuille . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
3.4.1 L’onglet dédié au portefeuille . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
3.4.2 L’onglet consacré aux actifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
3.4.3 L’onglet consacré à la création du portefeuille VaR-efficient . . . . . . . . 23
3.5 Améliorations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
Synthèse 25
A Algorithme de Gauss-Newton 26
2
Introduction
Les techniques de Risk Management sont apparues à partir de la moitié du XXe siècle.
Ces techniques visent à étudier les facteurs qui menacent le patrimoine d’une entreprise afin
d’apporter des solutions stratégiques pour réduire voire éliminer le risque. Différentes classes de
risque ont été dessinées, on citera notamment le risque de crédit, le risque opérationnel et le
risque de marché. Chacun de ces risques est soumis à des directives concernant son évaluation
et les moyens de protection à mettre en œuvre pour s’en prévenir.
Supervisé par la Banque des Règlements Internationaux, le comité de Bâle a élaboré ces di-
rectives. L’accord de Bâle 2 impose aux organismes financiers de mettre en place des modèles
internes pour évaluer leur quantité de fonds propres réglementaire. En France, l’approche interne
doit être agréée par une autorité règlementaire : la commission bancaire. Au sein de ce travail
nous nous intéresserons au risque de marché.
Après une présentation de la Value at Risk, de son utilité pour les investisseurs et des méthodes
actuelles de calcul, nous traiterons la partie théorique qui constitue le cœur de notre travail. Il
s’agit de la création d’un portefeuille d’actifs dit VaR-efficient, c’est-à-dire un portefeuille qui,
pour une VaR limite fixée, maximise le taux de rendement espéré.
Par la suite nous vous proposerons de découvrir une application informatique de ce procédé.
Elle offre la possibilité de constituer soi-même un portefeuille d’actions, puis de l’optimiser selon
le critère de la VaR. Nous avons pris le soin d’implémenter une interface user-friendly qui sollicite
le moins possible l’intervention de l’utilisateur.
Ce travail est totalement en adéquation avec les cours dispensés, la VaR étant un outil
d’évaluation du risque financier très utilisé par les investisseurs aujourd’hui.
Nous tenons à remercier M. François Quittard-Pinon qui nous a guidé tout au long de notre
travail.
3
Chapitre 1
La Value at Risk
– Le second évènement date de 1995 avec la première réunion du comité de Bâle. Adoptée
en 1996, la réforme de Bâle a incité les banques à développer leur propre système interne
de calcul de la VaR afin de déterminer leur nécessité en fonds propres réglementaires. En
effet, en l’absence de modèle interne, le calcul de fonds propres est standardisé et donne des
valeurs beaucoup plus élevées que les valeurs obtenues par le développement de modèles
internes, plus adaptés localement aux entreprises.
Mais la VaR a aussi été adoptée par rapport à sa facilité d’approche et à ses caractéristiques :
elle est synthétique et globale. En effet, elle permet une évaluation simple et compréhensible pour
des néophytes en fournissant un indicateur quantitatif exprimé de façon monétaire. De plus, la
VaR a de nombreux avantages sur les autres méthodes classiques de mesure du risque :
– elle n’est pas assujettie à la distribution des rendements du portefeuille ou des actifs étudiés
contrairement à de nombreux modèles qui se basent sur une distribution Normale de ces
rendements.
4
1.2 Le concept de la VaR
1.2.1 Présentation
Pour expliquer ce qu’est la VaR, commençons par prendre un exemple concret. Considérons
que nous avons investis 10 000 EUR dans notre portefeuille d’actions. Comment avoir une idée
de la perte maximale que le portefeuille peut subir d’ici un mois ?
La réponse la plus logique est que nous pouvons perdre tout notre investissement. Néanmoins,
un évènement de perte totale est vraiment très peu probable. Une réponse plus réaliste serait
par exemple qu’en l’absence d’évènement exceptionnel, il y a 5% de chance de perdre 1 000 EUR.
C’est le type de réponse fournit par la VaR.
1. Selon Calvet [2000], la VaR d’un portefeuille d’actifs financiers correspond au montant de
pertes maximum sur un horizon de temps donné, si l’on exclut un ensemble d’évènements
défavorables ayant une faible probabilité de se produire.
2. Selon Esch, Kieffer et Lopez [1997] ainsi que Jorion [2000], la VaR d’un portefeuille ou
d’un actif, pour une durée T et un niveau de probabilité α, se définit comme le montant de
perte attendu de façon que ce montant, pendant la période [0,T], ne devrait pas être plus
important que la VaR et ceci avec une probabilité de (1 − α).
1.2.2 Particularités
Deux éléments sont communs à toutes ces définitions et il convient de les choisir judicieuse-
ment : l’horizon et le niveau de confiance.
Mais il peut aussi être fixé par des normes réglementaires. Les organismes financiers utilisent une
VaR à 10 jours mais cet horizon peut atteindre plusieurs mois lorsqu’il s’agit d’obligations.
Mais tout comme pour l’horizon, le niveau de confiance peut être déterminé par des normes
réglementaires. Dans la pratique, la VaR est estimée sur la base de niveau de confiance allant de
90 à 99.9% .
Les normes réglementaires imposées par Bâle II exigent que la VaR soit calculée par les
banques en utilisant un niveau de confiance de 99% et un horizon de 2 semaines soit 10 jours
ouvrables.
5
Considérons un portefeuille composé d’une ou plusieurs actions dont on connait les cours
journaliers. On note Wt la valeur de ce portefeuille à la date t. La VaR de ce portefeuille pour
un horizon d’un jour avec une probabilité α correspond à la perte ∆Wt+1 = Wt+1 − Wt observée
pour le portefeuille avec une probabilité (1 − α). Autrement dit, V aRt (α) vérifie l’équation :
En général, on essayera de se ramener à une loi de distribution standard qui pourra être assimilée
à la loi des rendements. Pour cela on réduit et on centre ∆Wt+1 . Ceci nous donne :
(∆Wt+1 − E(∆W )) V aRt (α) + E(∆W )
P − ≤ =α
σ(∆W ) σ(∆W )
En posant zα = V aRtσ(∆W
(α)+E(∆W )
) où zα représente le quantile d’ordre α de la distribution Normale
standard, on exprime alors la VaR de la façon suivante :
La plus part du temps, la loi de distribution des rendements est proche d’une loi Normale.
Les tables statistiques nous donnent quelques valeurs de zα pour différentes valeurs de α :
Voici un exemple représentant le positionnement de zα pour une loi Normale avec α = 95% :
En réalisant ces calculs sur une distribution journalière des rendements, on exprime une VaR
à horizon un jour. Pour passer d’un √ horizon d’un jour à un horizon de X jours, on utilisera la
formule suivante : V aRX = V aR1 × X
6
1.3 Le problème des distributions non Normales
Dans la réalité, la distribution des rendements d’un portefeuille suit rarement l’hypothèse
simplificatrice que les rendements sont normaux. Pour caractériser une loi Normale, seulement
deux paramètres sont utilisés : la moyenne et la variance qui représentent les moments d’ordre un
et deux. Deux autres paramètres ont une grande importance dans la distribution des rendements :
le coefficient de Skewness et le coefficent de Kurtosis.
7
Le problème induit par ces particularités des distributions est que la formule que nous avons
récemment présentée pour calculer la VaR n’est pas exacte car elle n’est pas adaptée à ce type
de distributions. En effet, le zα calculé précédemment n’est pas le même qu’il s’agisse d’une
distribution de loi Normale ou d’une distribution qui s’apparente plus à une loi Log-Normale.
Ceci peut conduire à sous estimer le risque dans le cas où des rendements extrêmes sont
plus probables que pour une distribution normale, c’est le cas des distributions leptokurtiques.
Il convient donc de corriger zα . On appellera wα la valeur corrigée de zα .
– VaR de Cornish Fisher (2000) : On considère que les rendements des actions suivent
une loi Normale dont le quantile zα est corrigé :
1
wα = zα + (zα2 − 1)Sk
6
– VaR de Cornish Fisher améliorée (2001) : Le quantile de la loi Normale est corrigé
de façon plus précise, en prenant en compte le Kurtosis des rendements :
1 1 1
wα = zα + (zα2 − 1)Sk + (zα3 − 3zα )K − (2zα3 − 5zα )Sk 2
6 24 36
8
Approche Variance-Covariance. L’approche Variance-Covariance repose sur l’hypothèse
que les rendements du portefeuille et des facteurs de risque suivent des lois Normales et Multi-
normales, bien que cette hypothèse soit facilement invalidée empiriquement. La formule utilisée
pour calculer cette VaR est la formule que nous avons déjà exprimée auparavant mais avec un
calcul de volatilité plus détaillé.
Dans le cas d’un portefeuille d’actions corrélées entre elles on exprimera la volatilité à partir
de la matrice de covariance des actifs. La formule de calcul de la VaR est la suivante :
1
V aRt (a, α) = −a0 µt + (a0 Ωt a) 2 zα
où
– a représente le poids des actifs dans le portefeuille
– µt représente le vecteur constitué de l’éspérance des rendements des actifs du portefeuille
– Ωt représente la matrice de covariance des actifs du portefeuille
avec λ = 0.94
Maintenant que les bases de la Value at Risk ont été définies, nous allons passer à l’analyse de
la sensibilité d’un portefeuille par rapport à la Value at Risk. Le prochain chapitre porte en effet
sur la manière de constituer un portefeuille VaR-efficient, c’est-à-dire optimal selon le critère de
la VaR. Il s’agit là d’une méthode originale d’allocation d’actifs.
9
Chapitre 2
Analyse de la sensibilité de la
Value at Risk et allocation de
portefeuille
Pt [(Wt+1 (a) − Wt (a)) + V aRt (a, α) < 0] = Pt [−a0 yt+1 > V aRt (a, α)] = α (2.1)
| {z }
a0 (pt+1 −pt )=a0 yt+1
Dans le cas de rendements gaussiens du portefeuille, la VaR est donnée par la formule suivante :
V aRt (a, α) = −a0 µt + (a0 Ωt a)1/2 z1−α (2.2)
10
Définition 3 On dit que ρ est positivement homogène si :
ρ(λX) = λρ(X)
pour tout λ ≥ 0.
Une mesure de risque monétaire convexe positivement homogène est dite cohérente.
∂V aRt (a, α)
= −Et [yt+1 |a0 yt+1 = −V aRt (a, α)] (2.3)
∂a
Preuve
La VaR est définie d’après la formule (1.1) par :
Z "Z #
α= fX,Y (x, y)dx dy
V aRt (a,α)+aj y
Z
∂V aRt (a, α)
0= + y fX,Y (V aRt (a, α) − aj y, y)dy
∂aj
d’où
R
∂V aRt (a, α) yfX,Y (V aRt (a, α) − aj y, y)dy
=− R
∂aj fX,Y (V aRt (a, α) − aj y, y)dy
= −Et [yt+1 |a0 yt+1 = −V aRt (a, α)]
11
2.2.2.2 Convexité
La convexité de la VaR est donnée par la deuxième dérivée partielle par rapport à la compo-
sition du portefeuille.
Lemme
Dans le cas où les rendements du portefeuille suivent une loi Normale les deux premières dérivées
partielles s’écrivent :
∂V aRt (a, α)
= Et [yt+1 |a0 yt+1 = −V aRt (a, α)]
∂a
Ωt a
= −µt + 0 (V aRt (a, α) + a0 µt )
a Ωt a
Ωt a
= −µt + 0 z1−α
(a Ωt a)1/2
Avec :
– Ωt représente la matrice de variance-covariance des rendements des actifs composant le
portefeuille
– µt le vecteur des moyennes des rendements des actifs
– z1−α le percentile du niveau de confiance α
Nous remarquons que ces deux dérivées partielles sont des fonctions affines de la VaR et
dépendent de l’allocation du portefeuille ainsi que du niveau de confiance 1 − α.
Nous signalons ici que la VaR est une mesure de risque monétaire positivement homogène.
En général elle n’est pas convexe (et donc elle n’est pas en général sous-additive) 3 .
3. Pour la démonstration le lecteur peut se référer à l’article de P. Artzner, F. Delbaen, J.M Eber et D. Heath
[99], où l’on démontre que la VaR est cohérente si α < 1/2
12
2.3 Le portefeuille efficient
L’allocation des portefeuilles est basée sur un arbitrage rendement/risque qui fait appel à une
mesure de risque. Le risque est principalement mesuré par le second moment i.e. la volatilité.
La première approche, qui est le point de départ quasi-incontournable en gestion de porte-
feuille, est celle introduite par Markowitz, dite approche moyenne-variance. Elle vise notamment
à minimiser la variance du portefeuille pour rendre le portefeuille plus prévisible et donc moins
risqué. Plusieurs autres méthodes sont envisageables : celles basées sur la théorie de l’utilité
espérée (TUE) ou encore celles se basant sur la CVaR comme mesure de risque...
2.3.1 Définition
Nous considérons une richesse initiale w à répartir à l’instant t en plusieurs titres risqués de
rendement yt = (y1,t , . . . , yn,t ). Le portefeuille étant une combinaison de ces titres risqués, il est
caractérisé par les proportions (ou quantités) d’actifs que détient ou souhaite détenir l’investis-
seur.
Mathématiquement le portefeuille peut être défini par le vecteur a = (a1 , . . . , an ), c’est-à-dire
défini en quantité de richesse initiale (ou en proportion de la richesse initiale).
w = a0 + a0 pt
où a0 représente la quantité de richesse investie dans l’actif sans risque de rendement r.
Wt+1 = a0 (1 + r) + a0 pt+1
= w(1 + r) + a0 [pt+1 − (1 + r)pt ]
= w(1 + r) + a0 yt+1
Mathématiquement on écrit :
maxa Et Wt+1
(2.6)
avec V aRt (a0 , a, α) ≤ V aR0
où V aR0 est une valeur référence du niveau de la VaR 4 .
4. Cette valeur est imposée par les normes Bâle II publiées par la banque centrale des banques centrales. Elle
est fixée généralement entre 1/4 et 1/3 de la richesse initiale.
13
2.3.2 Estimation du portefeuille efficient
Pour résoudre le problème d’allocation du portefeuille, on va faire appel aux méthodes
numériques et plus particulièrement à la méthode des moindres carrés dans le cas non-linéaire.
Avant de commencer cette démarche numérique, il nous semble judicieux de faire les calculs dans
un voisinage proche de la valeur a(p) recherchée.
Cela revient à faire un developpement limité au voisinage de a(p) :
maxa a0 Et yt+1
∂V aR (p)
souslacontrainte V aR(a(p) , α) + (a , α)[a − a(p) ]
∂a
1 ∂ 2 V aR
+ [a − a(p) ]0 (a − a(p) )[a − a(p) ] ≤ V aR0 − w(1 + r)
2 ∂a∂a0 | {z }
Vd
aR0
Pour résoudre ce problème, nous avons fait appel à un algorithme de calcul numérique :
l’algorithme de Gauss-Newton. En effet, cet algorithme permet de résoudre une équation non-
lineaire en se basant sur des procédures itératives (voir annexe A). Ce problème admet alors
comme solution :
∂ 2 V aR (p) ∂V aR (p)
a(p+1) = a(p) − [ 0
(a , α)]−1 (a , α)
∂a∂a ∂a
" #1/2
2(VdaR0 − V aR(a(p) , α)) + Q(a(p) , α) ∂ 2 V aR (p)
+ 2 × [ (a , α)]−1 Eyt+1 .
0
Eyt+1 [ ∂∂a∂a
V aR (p)
0 (a , α)]−1 Eyt+1 ∂a∂a0
avec :
∂V aR (p) ∂ 2 V aR (p) ∂V aR (p)
Q(a(p) , α) = (a , α)[ (a , α)]−1 (a , α)
∂a0 ∂a∂a0 ∂a
présent nous allons vous présenter l’application informatique qui accompagne cette étude.
Nous avons choisi de proposer à l’utilisateur une solution simple et intuitive pour constituer
soi-même son propre portefeuille VaR-efficient, en incluant les informations boursières les plus
récentes.
14
Chapitre 3
Application informatique
Afin de mettre en application la théorie que nous venons de détailler, nous avons créé une
application informatique. Les objectifs étaient les suivants :
Un effort a été fait afin de proposer à l’utilisateur une interface intuitive et une utilisation la
plus simple possible.
Notre choix s’est porté sur une application Excel avec l’outil VBA, afin de garantir la porta-
bilité de notre application.
Le calcul à proprement parler du portefeuille VaR-efficient se fait avec le logiciel R. L’algo-
rithme conduisant à la composition optimale du portefeuille est appelé à partir d’Excel.
Outils requis :
Outre la connexion Internet requise pour pouvoir télécharger les derniers historiques de cours, la
macro Excel appelle le logiciel R pour récupérer les cours et les enregistrer sous format texte.
15
3.1 Sélection des actifs du portefeuille
Nous avons sélectionné 70 actifs sur les marchés français (CAC40) et américain (Dow Jones) 2 .
L’utilisateur sélectionne les actifs de son portefeuille en indiquant le nombre d’actions désirées.
Une macro détecte si la quantité est strictement positive ; dans le cas contraire ou si du texte est
tapé, la valeur est automatiquement remplacée par « 0 ».
Un compteur (en haut à droite), indique le nombre d’actifs choisi ainsi que le nombre total
d’actions détenues dans le portefeuille. Si le compteur indique que le portefeuille est constitué
de plus d’un actif, le bouton « Télécharger les cours » devient accessible.
2. A l’origine, nous voulions rajouter le Footsie 100 ainsi que le Nikkei 225, mais les données disponibles sur
Internet étaient trop pauvres.
16
3.2 Récupération des historiques de cours
Après avoir indiqué la date de création du portefeuille, la macro va appeler R, afin de télécharger
les historiques des cours sélectionnés (et seulement ceux-ci). R passe par le site Internet http ://fi-
nance.yahoo.fr pour récupérer les cours sous forme de tableaux.
En outre, si au moins un actif Américain est sélectionné, R va télécharger l’historique des
taux de change EUR-USD pour la période considérée. Tous les historiques de cours sont ensuite
enregistrés au format texte sur le disque dur de l’utilisateur.
Cette opération peut prendre plusieurs minutes, suivant la profondeur de l’historique et le
nombre d’actifs sélectionnés. Une fois les cours téléchargés, la macro va rentrer dans une impor-
tante opération de traitement de ces données brutes.
17
3. Une autre étape importante est celle du calcul des rendements de chaque actif. Il y a
deux cas où l’on peut avoir de très forts rendements :
– Une erreur dans l’historique des cours
– Une opération sur titres ; exemple : le 18 mai 2006, l’action TOTAL est passée de 217
EUR à 51 EUR à cause d’un « 4 :1 Stock Split » et d’un versement de dividende de 3.48
EUR par action 3 . Le rendement journalier s’est donc effondré à -77% :
Fig. 3.1 – Le stock split du 18 mai 2006 sur l’action TOTAL (yahoo.fr)
Pour corriger cela, nous décidons de réviser l’ensemble des rendements : si un rendement
journalier dépasse 45% en valeur absolue, nous le corrigeons à 0%.
Dans le cas contraire, nous trouverions des valeurs aberrantes pour les skewness et kur-
tosis des rendements, et pour la VaR qui en découle.
4. Remplissage des lacunes ; Nous considérons que les rendements suivent localement une
loi Normale, de moyenne µ et d’écart-type σ où µ est le rendement journalier et σ la
volatilité journalière : Rdt ,→ N (µ, σ)
Ces deux indicateurs sont calculés comme étant les moyennes respectives des 5 dernières
valeurs constatées.
En cas d’introduction en Bourse, nous décidons de ne pas remplir les « lacunes » antérieures
à la date d’introduction.
Tout ceci se fait de manière automatique ; les introductions en Bourse sont détectées s’il
n’y a pas eu de cotation dans les 5 jours qui précèdent. Une fois les lacunes comblées, les
rendements sont recalculés.
5. Calcul de la valorisation du portefeuille ; Naturellement, le portefeuille est évalué à
la date t comme ceci :
i=n
X
V (t) = N (i) ∗ S(i, t) ∗ Change(t)
i=1
Où :
– N(i) est la quantité d’actifs i détenue
– S(i,t) est le cours de l’actif i à la date t
– Change(t) vaut 1 si l’actif est coté sur le CAC40, il vaut le taux de change USD-EUR
s’il est coté sur le Dow Jones.
18
3.4 Analyse du portefeuille
Dans la fenêtre d’analyse de portefeuille apparaissent deux onglets consacrés respectivement
au portefeuille et aux actifs, et un onglet concernant l’optimisation :
Outre des informations telles que la valeur finale du portefeuille et les quatre moments des
rendements (espérance µ, écart-type σ, skewness Sk, kurtosis K), la macro vous propose
de calculer la Value at Risk sous 3 formes :
– VaR de Cornish Fisher (2000) : On considère que les rendements des actions suivent
une loi Normale dont le quantile zq est corrigé :
1
wq = zq + (zq2 − 1)Sk
6
La VaR du portefeuille est alors la somme pondérée des VaR de chaque actif.
– VaR de Cornish Fisher améliorée (2001) : Le quantile de la loi Normale est corrigé
de façon plus précise, en prenant en compte le Kurtosis des rendements :
1 1 1
wq = zq + (zq2 − 1)Sk + (zq3 − 3zq )K − (2zq3 − 5zq )Sk 2
6 24 36
– Par l’estimation classique :
où
i=n
X
E(p) = θ(i)E(i)
i=1
et s X
σ(P ) = θ(i)θ(j)σij
1<i<j<n
19
En choisissant l’horizon de calcul ainsi que le niveau de confiance (généralement 99%),
l’utilisateur peut ainsi comparer les trois valeurs de VaR disponibles.
– d’afficher sous forme graphique la répartition des actifs (en valeur, au dernier jour de
cotation connu).
20
3.4.2 L’onglet consacré aux actifs
Une case permet de sélectionner un actif parmi ceux du portefeuille, afin d’accéder à sa
fiche :
Une partie de la fenêtre récapitule l’ensemble des informations relatives à l’action, telles
que le nombre d’actions détenues ou encore le marché dont elle est issue (CAC40 ou DJ).
La pondération de l’actif (en montant) calculée précédemment est également disponible.
La fiche mentionne également les 4 moments des rendements de l’action (µ, σ, Sk, K) ainsi
que les rendements extrêmes constatés sur la période de détention du portefeuille.
21
(b) le graphe historique de tous les actifs du portefeuille ; il permet de mettre en évidence
les périodes de hausse et de baisse globales des marchés
(c) le graphe Espérance des rendements / Beta pour les actifs du portefeuille ; ce graphe
permet de repérer les actifs les plus rémunérateurs en fonction du risque non diversi-
fiable.
22
3.4.3 L’onglet consacré à la création du portefeuille VaR-efficient
– les pondérations ai de chaque actif (en montant, au dernier jour de cotation connu)
– les rendements RtR−R t−1
t−1
pour chaque actif
– le niveau de confiance α relatif à la Value at Risk
– le benchmark Vd aR0 , qui est le pourcentage de perte maximal supportable
La première étape consiste donc à enregistrer sous plusieurs fichiers chacune de ces données.
Cette opération est très rapide et prend moins de 10 secondes en règle générale.
23
3.5 Améliorations
Plusieurs aspects de notre application informatique restent encore perfectibles. En voici
quelques uns :
24
Synthèse
Nous l’avons vu, la Value at Risk est un indicateur du risque financier à la fois performant
et très synthétique. Elle doit une grande partie de sa popularité aux directives règlementants
les fonds propres des entreprises, permettant à ces-dernières de mesurer de façon simple leur
exposition au risque et les provisionnements nécessaires qui en découlent. Très encadrées par la
législation, ces provisions financières obligatoires sont un moyen efficace de prévenir la faillite
d’un organisme.
En 1994, la banque JP Morgan dévoile sa technique de calcul de la Value at Risk (Risk-
Metrics) et marquera alors le début de l’essor de cet indicateur dans les banques et organismes
financiers soumis à un risque de marché.
Nous avons mis en évidence la simplicité de la Value at Risk, qui n’est fonction que de deux
paramètres soumis à l’appéciation du décideur :
1. le niveau de confiance (généralement imposé à 99%) qui constitue en quelque sorte l’aversion
au risque de perte
2. l’horizon de calcul, la VaR augmentant évidemment avec celui-ci
Il existe alors plusieurs méthodes pour évaluer le montant du patrimoine soumis à une perte
probable : méthode historique, variance-covariance, VaR par Monte Carlo, VaR RiskMetrics ou
encore VaR par bootstrap. L’investisseur est donc libre de préférer telle méthode à une autre,
lui laissant le choix entre justesse de la prévision et souplesse de calcul.
Indicateur du risque par excellence, la Value at Risk n’en est pas moins un outil au cœur
d’une nouvelle méthode d’optimisation de portefeuille. La stratégie la plus couramment utilisée
étant celle initiée par Harry Markowitz dès 1952, qui consiste à définir la variance comme mesure
du risque. En considérant la VaR comme nouvel indicateur du risque, il devient alors possible de
construire un portefeuille dit VaR-efficient, c’est-à-dire qui maximise l’espérance de rendement
pour une VaR maximale fixée.
Ce programme d’optimisation peut apparaı̂tre comme plus satisfaisant pour une entreprise
dont la stratégie serait d’espérer un rendement maximal tout en s’assurant (à un niveau de
confiance donné) de ne pas perdre au-delà d’un montant déterminé à l’avance. En effet, la VaR
apparaı̂t alors parfaitement appropriée à la gestion de portefeuille, la variance présentant l’in-
convénient majeur de na pas pouvoir chiffrer clairement les pertes futures.
Néanmoins, cette nouvelle approche d’optimisation de portefeuille, bien que plus complexe à
mettre en pratique, constitue une avancée importante au vu de la formidable progression de la
Value at Risk ces dix dernières années.
25
Annexe A
Algorithme de Gauss-Newton
L’algorithme de Gauss-Newton est utilisé pour résoudre les problèmes de moindres carrés
non-linéaire, c’est une modification de la méthode de Newton aux dérivées partielles secondes.
m
X
S(p) = (fi (p))2
i=1
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Annexe B
setwd("C:/VaR")
#Lecture des données utilisateur provenant d’Excel
bench=as.double(read.table("benchmark.csv", header=F, sep=",", dec="."))/100
confiance = as.double(read.table("confiance.csv", header=F, sep=",", dec="."))/100
data=read.table("Rdt.csv", header=T, sep=",", dec=".")
a=t(read.table("ponderations.csv", header=T, sep=",", dec="."))
NData=nrow(data)
NAsset=ncol(data)
NSimul=100
mean=matrix(1, NAsset, 1)
for(i in 1:(NAsset)){
mean[i]=mean(data[,i])
}
cov=cov(data)
ptf=matrix(1,NData,1)
sensib=matrix(1,NAsset,1)
convex=matrix(1,NAsset,NAsset)
for(i in 1:NSimul){
ptf=as.matrix(data)%*%a
VaR=-quantile(ptf,1- confiance, na.rm=TRUE)
varp=var(ptf)
Z=qnorm(confiance)
MU=as.matrix(mean)
sensib=-MU+Z*(as.double(varp^-0.5))*(cov%*%a)
convex=Z*(as.double(varp^-0.5)*(cov-(as.double(varp^-1))*(cov%*%a%*%t(a)%*%cov)))
Q=as.double(t(sensib)%*%(solve(convex))%*%sensib)
D=as.double(t(MU)%*%(solve(convex))%*%MU)
a=a-(solve(convex))%*%sensib+(as.double(((2*(bench-VaR)+Q)^0.5)*D^-0.5))*((solve(convex))%*%MU)
}
a<-t(a)
write.table(a,"Resoptim.txt",sep=";",row.names=FALSE,col.names=FALSE)
quit("no")
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Bibliographie
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