Marketing Des Services Financiers
Marketing Des Services Financiers
FINANCIERES
Introduction
Depuis les années 80, le domaine bancaire a connu de profonds bouleversements, sans
doute plus remarquable que ceux de tout autre secteur : dérégulation, concurrence accrue mais
aussi modification des activités et des coûts d’exploitation face à une clientèle plus exigeante,
mieux formée et informée.
Depuis plus de vingt ans, en France, à l’instar des Etats-Unis, les organismes
financiers ont manifesté un engouement nouveau pour les concepts de management et,
notamment, un intérêt accru envers l’aspect marketing de leur gestion. Le marketing
spécifique de la banque a dû sortir de sa réserve pour s’apparenter de plus en plus au
marketing « de droit commun », c’est-à-dire fondé sur une pleine exploitation de tous ses
outils et sur une approche différenciée.
Toute l’évolution tendant vers une « débancarisation » progressive des circuits de
l’argent, avec les progrès du marketing qui l’ont accompagnée, peut être analysée en trois
étapes ou « âges » de la banque française.
Chacune de ses étapes correspond au progrès du marketing des services en trois phases :
marketing « rampant », « fuite en avant » du marketing et marketing « debout » ou adulte.
- Parmi les différents volets du marketing, non encore introduit dans la banque, seule
la politique de communication semble d’une utilisation possible mais d’une utilité encore mal
perçue. Toute politique de produit fondée sur la diversification ou l’innovation est impossible
à concevoir ; la politique de distribution est soumise au Conseil national du crédit (CNC) et
celle de prix est passible de poursuites devant la Commission de contrôle des banques (CCB).
- La banque de cette époque à une clientèle limitée et où la possession d’un compte en
banque empreinte d’une forte connotation sociale. Si la banque tente alors d’utiliser la
communication, c’est essentiellement pour renforcer cette image distante.
Mais une évolution importante s’amorce. La place de la monnaie bancaire s’accroît, la
bancarisation est en marche, sous l’influence de la croissance économique, de la hausse du
niveau de vie, aura un impact important sur l’activité bancaire.
Il semble donc tout à fait légitime que ce soit au milieu des années 60 que la banque
s’intéresse à l’extension du marketing.
- Dans tous les secteurs, la concurrence accrue incite les industriels et les distributeurs
à s’intéresser aux attentes de leur clientèle potentielle.
L’évolution économique et sociale conduit à la bancarisation pour tous et fait entrer le
« service public bancaire » dans l’univers des droits fondamentaux du consommateur et du
citoyen. Au-delà des attentes de la clientèle, apparaissent les exigences du citoyen.
L’urgence d’un effort marketing important apparaît très vite.
- 1984 sera, en matière de cartes bancaires, une année charnière dans l’organisation de
l’offre bancaire jusque-là peu concentrée. Mais le 31 juillet 1984 naissance du groupement
des cartes bancaires dites CB et à la standardisation de l’offre bancaire qui propose un service
exceptionnel et encore inégalé à tout porteur de carte CB : une utilisation possible dans tous
les DAB et auprès de tous les commerçants en France.
L’essor des nouvelles technologies ont incité les banques à manifester leur intérêt pour les
besoins de l’économie, en évolution rapide ; par l’adaptation et l’innovation. Tous les
domaines bancaires ont connu des changements profonds en ce qui concerne tant les services
courants (dépôts, crédits et moyens de paiements) que ceux qui appartiennent aux activités
spécialisées (marchés financiers, ingénierie financière et financement internationaux).
a) De nouvelles offres d’intermédiation bancaire
Les entreprises, principaux emprunteurs, ont recours, grâce aux mesures de déréglementation,
à des financements directs, non bancaires : actions et billets (à partir de 1986).
Dans le même temps (de 1978 à 1989), la clientèle des banques, pour l’activité de crédit, s’est
déplacée : la part des entreprises sous forme de sociétés a diminué au profit des particuliers et
des entrepreneurs individuels. Ces deux dernières catégories, longtemps négligées du fait de
l’encadrement du crédit notamment, peuvent désormais être mieux satisfaites. En revanche,
les plus grandes entreprises optent plus fréquemment pour le financement direct.
- Les principaux établissements bancaires ont dû réviser leurs offres de produits ainsi
que leurs métiers et organisation.
A partir de supports traditionnels tels que les actions et les obligations, les produits nouveaux
se sont multipliés (Fond commun de placement) ainsi que les structures nouvelles
(organismes de placement collectif en valeurs mobilières).
La gestion des moyens de paiement, définie par la loi bancaire de 1984 comme l’une des trois
opérations réservées aux banques et à certains établissements de crédit, comprend :
l’exécution des ordres de paiements de la clientèle
les transferts d’instruments entre établissement
et les tenues de comptes liées à ces opérations.
Dans tout processus de décision du consommateur, on peut distinguer les phases préalables à
l’achat, celle de l’achat proprement dit et les phases post achat.
De nombreux modèles généraux de comportement du consommateur ont été proposés. On
observe cinq phases distinctes dans la décision d’achat :
Recherche d’informations
Décision d’achat
Mais tous les types d’achat n’obéissent pas nécessairement à une logique aussi complexe :
certains achats sont impulsifs ou routiniers, d’autres sont réfléchis.
Par exemple, le choix d’une banque est opéré de façon très différente par : le touriste à la
recherche d’un guichet de change pour ses devises lors d’un séjour à l’étranger, le client qui
veut effectuer un retrait d’espèce dans un DAB et le futur acquéreur d’un logement en quête
de financement.
a) Les phases de préparation à l’achat
La reconnaissance du besoin
Elle est liée à la perception d’un écart entre un état désiré et l’état actuel. Il ne s’agit pas d’un
écart absolu et objectif mais d’un écart perçu, ou la subjectivité tient un rôle important. Si
l’écart perçu est faible, inférieur à un certain seuil, le besoin n’est pas activé. Il faut donc que
l’écart soit significatif aux yeux du consommateur. Il peut naître d’un sentiment de pénurie ou
de désir nouveau.
La recherche d’informations
- La recherche interne : c’est elle qui est d’abord activée, juste après la reconnaissance du
besoin. Cette recherche porte en fait sur la mémoire à long terme dans laquelle le
consommateur tend à répertorier toutes les informations pertinentes pour le sujet traité. Pour
un premier achat, le manque d’expérience limite la possession de connaissances précises.
Pour les achats fréquents, la pertinence des informations détenues dépend de la fréquence
d’achat, donc de l’intervalle entre les achats. De même, la satisfaction procurée par les achats
antérieurs peut influencer la confiance dans les connaissances déjà acquises.
La fidélité à un fournisseur
Elle peut s’expliquer, non seulement par la satisfaction obtenue lors d’expériences
précédentes mais aussi par le faible nombre d’offres disponibles ou encore par l’importance
des coûts de changement de fournisseur.
La limitation du nombre d’offres prises en considération par le consommateur tient à
plusieurs raisons. Tout d’abord, chaque fournisseur ne propose qu’un éventail de possibilités
de prestations, voire une seul. Pour obtenir un choix plus large, l’acheteur devra solliciter
plusieurs fournisseurs. La limitation vient également du petit nombre de concurrents sur un
même marché : une zone géographique définie ne peut accueillir durablement un grand
nombre de fournisseurs du même type de prestation.
Le client-prospecteur
Son comportement est étudié selon ses processus de choix d’un point de vente. Il apparaît
ainsi deux formes de client-prospecteur :
-Le client flux, qui choisit le point de vente en raison de sa proximité ou de sa facilité d’accès.
-Le client trafic, qui choisit le point de vente pour des raisons que la proximité : bouche à
oreille, image de l’enseigne, habitudes familiales, recherche de compétences spécifiques.
Le client-acheteur
Son comportement est analysé pour détecter la perception des produits et des offres
périphériques du point de vente. Il s’agit notamment de détecter, parmi les différents types de
produit, ceux qui font l’objet d’achats spontanés et ceux qui déclenchent un processus de
décision plus complet.
La famille
Dans une dimension plus restreinte, la famille exerce une influence déterminante et la plus
directe sur l’individu. La famille doit être prises en compte pour capter la clientèle des jeunes,
en agissant sur l’influence exercée par leurs parents.
-Les bloqués : l’argent les angoissent, ils réagissent par une conduite d’évitement, par le déni,
la dissimulation, le secret ou la méfiance ;
-Les passifs : ils n’aiment pas penser à l’argent, ils ont peur de mal faire et adoptent une
attitude ambivalente face au conseil et à l’information ;
-les irréalistes : ils ont un rapport quasi fusionnel avec l’argent, pour eux l’argent est avant
tout un dispensateur de satisfactions dont il est difficile d’admettre qu’il comporte des
contraintes, leur endettement dépasse fréquemment leur capacité de financement ;
-les méritants : pour eux, l’argent est surtout une chose qui doit se mériter, se conserver, se
transmettre ; les plaisirs de l’argent se justifient par des besoins rationnels ;
-les bâtisseurs : ils sont bien informés et ont une stratégie et un objectif définis, leur rigidité
est liée à une attitude défensive en vue d’échapper au doute et à l’inquiétude que suscite en
eux toute décision concernant l’argent ;
-les gestionnaires : l’argent est pour eux un moyen d’acquérir des biens utiles ou désirés qui
leur procurent plaisir ou puissance sociale, l’argent est aussi un enjeu ; ils ressentent peu
d’inhibitions ou de tabous ;
-et les joueurs : pour eux, l’argent est un vecteur de plaisirs individuels, ils aiment le défi, les
risques, et selon leur fortune, ils sont joueurs actifs ou joueurs frustrés.
Avec l’approche de la saturation des marchés, les études de marché sont devenues plus
qualitatives et se sont davantage intéressées à l’analyse des clientèles déjà acquises et, de plus
en plus fréquemment multi bancarisées : tant en ce qui concerne les entreprises que les
particuliers.
L’activité principale des banques est la création de produits nouveaux. Cette création est
illimitée, mais parallèlement, placée sous étroite surveillance de l’économie nationale.
Les 3 caractères majeurs qui ont marqué la politique de produit sont étroitement liés à ces
spécificités.
La première observation qui peut être faite sur la nature de cette politique tient à la
multiplication considérable des produits et services proposés par les banques à leur clientèle.
Dans cette innovation technicienne, les produits ont été, dans un premier temps, de plus en
plus sophistiqués. Par cet excès, ils n’ont pas nécessairement contribué à une meilleure
satisfaction du consommateur-client, contraint à un effort important de recherche
d’informations.
La seconde remarque porte sur l’importance du rôle des pouvoirs publics sur la variable
produit considérée comme essentielle dans le marketing mix. Ce rôle se manifeste de la
création à a disparition des produits. Ils sont définis, contrôlés, modifiés dans leurs
caractéristiques par les pouvoirs publics. Ces derniers décident des canaux de distribution
autorisés, et même voire des modes de communication admis, au cours d’une durée de vie
souvent réglementairement définie.
2) La politique de prix
Traditionnellement, le marketing-mix de toute entreprise est présenté dans ses quatre grandes
composantes : produit, prix, distribution et communication. Dans le cas de la banque, ces
quatre variables ont longtemps joué des rôles d’inégale importance. La politique de prix était
considérée comme un outil de peu d’intérêt. Ceci s’explique par les liens entre la politique
monétaire et les tarifs pratiqués pour les produits bancaires. De ce fait, l’opinion a tendance à
ne pas différencier les enseignes par les prix qu’elles pratiquent.
Très fréquemment encore, le public nie ou ignore l’existence d’une réelle concurrence entre
les banques. Cela s’explique surtout par le fait que sur le marché, si l’un des concurrents
procède à une modification de prix, les autres doivent au plus vite, réajuster leurs prix dans le
même sens. Il s’agit d’une activité soumise à une surveillance renforcée des pouvoirs publics,
pour des motifs économiques.
La seconde idée essentielle en matière de politique de prix bancaire est liée à la transparence.
En effet les établissements de crédit sont tenus de porter à la connaissance de leur clientèle et
du publics les conditions générales de banque qu’ils pratiquent pour leurs opérations.
Pour satisfaire à cette obligation, toutes les banques ont édité des brochures et des affiches.
Cette obligation d’information de la clientèle répond à un légitime besoin d’information de la
clientèle, mais également à l’existence de relations un peu confuses entre les trois partenaires
que sont les pouvoirs publics, les consommateurs et les banques.
Toutefois, on peut constater une concurrence des prix encore seulement émergente.
3) La politique de distribution
Dans le secteur bancaire, la variable distribution a été longtemps marquée par l’exclusivité
traditionnelle du circuit que constitue le réseau d’agences de chaque établissement. Cette
exclusivité est cependant remise en cause par les nouvelles formes de distribution et, surtout,
par l’incursion de nouveaux concurrents non-banquiers.
Le choix des canaux de distribution peut procurer un avantage concurrentiel durable car il
constitue le seul élément réel de différenciation des enseignes dans un secteur caractérisé par
la banalisation des produits et par une concurrence des prix seulement émergente.
Les canaux de distribution doivent être conçus comme des moyens d’accroître de la
disponibilité et d’adapter les services afin de satisfaire les clients actuels et de développer leur
utilisation par de nouveaux clients.
4) La politique de communication
Les campagnes de notoriété sont beaucoup moins présentes aujourd’hui qu’il y a 20 ans du
fait que les enseignes estiment qu’elles ont atteint un niveau de notoriété jugé satisfaisant.
Les campagnes informatives sur les produits sont principalement utilisées à l’occasion de
lancements de produits nouveaux. Mais chaque campagne est bénéfique aux enseignes
concurrentes.
L’image de la banque se manifeste particulièrement entre le comportement, positif si l’on juge
par le taux de bancarisation, et l’attitude, reflétée par des opinions négatives.
Cependant, toute communication externe ne peut être efficace que si elle est accompagnée à la
fois d’une bonne communication interne et d’une parfaite cohérence avec les autres action
marketing.
A. La concurrence
Au cours de ces dernières années tous les secteurs d'activité ont été marqué par le
développement d'innovations majeures, parmi lesquelles l'explosion des technologies de
l'information.
Les évolutions les plus importantes spécifiques aux métiers de la banque sont liées à l'impact
de la mondialisation et de la déréglementation des marchés. Elles ont accrue la concurrence
sur le secteur.
La tendance à la mondialisation des économies est déjà ancienne. Mais les mouvements
internationaux de capitaux sont l’une des manifestations les plus spectaculaires de ce
processus. C'est dans ce contexte, et pour ne pas être en décalage avec d'autres pays, que les
Etats ont engagé le mouvement de déréglementation.
b. La déréglementation
Elle a commencé aux Etats Unis. En général, ces changements réglementaires obéissent à
deux logiques imposées par les autorités monétaires :
- un renforcement du système bancaire
- l'amélioration des conditions de fonctionnement des marchés financiers
L'extension de la déréglementation aux autres pays ne s'est imposée que lorsque sont apparus
de nouveaux risques ou de nouveaux besoins sur les marchés locaux. Ainsi progressivement,
la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne se sont engagés sur la voie de la
déréglementation.
En France, la transformation du cadre juridique s'est aussi opérée dans deux directions :
- Tendance générale à la déréglementation et à la
déspécialisation des banques (Lois Debré)
- Volonté marquée par les autorités de régir par des
règles strictes la structure financière et juridique des établissements
Un établissement peut désormais effectuer toutes les opérations. Il n'existe quasiment plus
aucun domaine réservé. N'importe quel établissement peut développer une large palette de
produits financiers à destination de la quasi-totalité des catégories de clientèle. Ceci a amené
les banques à réfléchir à une politique de développement en dehors de leurs pratiques
habituelles.
Mais ce nouvel espace de liberté à conduit les banques à étendre leur champ d'investigation
avec parfois des difficultés à maîtriser certaines activités.
c- Les progrès technologiques
Les changements au sein de notre société ont été très importants surtout sur le secteur
bancaire comme l'achat d'action par les particuliers. Les banques ont donc dû réviser leur
offre de produits ainsi que leur métier et leur organisation : La fonction de placement
progresse
- La fonction de négociation est intégrée par la prise de participation dans les
sociétés de Bourse
- La fonction de couverture de risques se développe
La fonction de gestion des titres évolue du fait de la dématérialisation des titres et de
l'apparition des marchés en continu
Dans le même temps, les structures d'échange ont connu une profonde modernisation comme
la création de différents systèmes de transferts de fonds qui procure au consommateur un
confort de paiement unique au monde. Les banques ont consacré à cette modernisation des
investissements considérables qui aggravent le déficit connu dans la gestion des moyens de
paiement qui existera tant que la facturation des services n'aura été instauré.
L'adaptation des offres bancaires relevant des diverses fonctions s'appuie sur les nouveaux
moyens de traitements et de transmission de l’information mais constitue une réponse aux
menaces nouvelles. Parmi ces risques, il faut noter l'apparition d’une nouvelle concurrence
issue de l'abaissement des frontières.
Au cours des dernières décennies des mutations de la demande ont été observé.
La décennie 70 a été celle de la croissance quantitative. L'environnement s'y prêtait suite aux
trente glorieuses. La croissance était forte. Le champ d'expansion des entreprises était
principalement national, mais l'international commençait à prendre le relais dans beaucoup de
secteurs. Sous l'impulsion des pouvoirs publics, des progrès sont apparus en matière
d'information de la clientèle.
Aujourd'hui, des efforts importants sont faits pour fournir à chaque client les éléments
nécessaires à sa prise de décision. Ce sentiment a été entretenu par la tradition de gratuité de
beaucoup de services qui ont rendu les clients réfractaires à toute idée de tarification.
Concurrence interne
Les facteurs de changement qui viennent d'être décrits ont une influence considérable sur les
forces traditionnelles de la concurrence telles qu'elles sont évoquées dans le schéma de Porter.
Tous les intervenants ont modifié leur comportement et les banquiers sont soumis à une
concurrence accrue venue de l'intérieur du secteur défini et, de plus en plus souvent, de
l'extérieur.
Depuis 1984, tout établissement habilité à recevoir des dépôts et à consentir des crédits est
qualifié de banque.
Avec près de 250 000 guichets permanents, la France est, proportionnellement, l'un des pays
les plus bancarisés du monde. A l'évidence, le développement du nombre de guichets qui a
favorisé cette bancarisation et un renforcement de la concurrence, même si la tendance est
plutôt aujourd'hui à la rationalisation.
Les banques se désengagent des petites communes les moins dynamiques, mais globalement,
la concurrence locale s'accroît. Le renouveau de la concurrence prend également la forme
d’actions plus concertées. Le développement de réseau d'automates, mais surtout,
l’interbancarité des cartes de paiement sont des modes de concurrence qui ont déjoué la
limitation des horaires d'ouverture des guichets.
Cette pression extérieure est directement liée aux effets de la déréglementation et à l'attrait du
secteur tel qu'il a été décrit précédemment. Quatre facteurs concurrentiels sont généralement
avancés : les nouveaux concurrents, les produits de substitution, la pression des clients et celle
des fournisseurs.
Les nouveaux concurrents :
Parmi les nouveaux entrants se trouvent à la fois des banques étrangères et des concurrents
non banquiers.
Depuis 1985, les banques des pays limitrophes au sein de l'Union Européenne sont plus
présentes : Grande-Bretagne, Italie, Allemagne, Espagne. D'autres influences étrangères se
sont accrues : Suisse, Etats-Unis, et Japon.
Parallèlement à cette augmentation du nombre d'enseignes étrangères, une nette croissance de
leur nombre de guichets est apparue. Les parts de marché des banques européennes
progressent beaucoup plus nettement que celles des autres pays.
En revanche, la rentabilité semble plus faible en France que dans d'autres pays et le marché
bancaire français atteint la maturité. Ces freins du marché ont pris le relais des obstacles
réglementaires pour limiter l'implantation des banques étrangères.
Différents types de concurrents ont été attiré par les métiers de la banque : les assureurs, la
grande distribution, voir les directions financières de grandes entreprises. Ils disposent de
ressources considérables, soit sous forme de trésorerie, soit sous forme de capitaux à plus long
terme, ainsi que de fichiers clients importants.
Les assureurs, comme les banques, traitent à la fois avec les entreprises et les particuliers, or
le profil des consommateurs bancaires et de produits d'assurance ne sont pas si différents. De
plus, le risque de crédit et le risque d'assurance sont positivement corrélés. En raison de ces
points communs et de la facilité, technique et réglementaire, d'accès à certains métiers de l'un
et de l'autre, banques et assurances ont multiplié les incursions dans leurs domaines respectifs.
Les compagnies d'assurance ont développé une activité de banque pour répondre aux assauts
du secteur bancaire.
La grande distribution française trouve une partie de sa rentabilité dans le commerce de
l'argent et non dans le commerce tout court. Ils se sentent aptes à supplanter les banques dans
certaines prestations. Le développement des cartes privatives, la création d'un fond commun
de placement par Carrefour pour ses clients en atteste. D'autres distributeurs ont préféré créer
leur propre banque : Accord par Auchan en 1987 par exemple. La concurrence entre banque
et grand commerce, pour les opérations le grand public, s'est manifesté par le développement
de ces cartes privatives destinées à fidéliser la clientèle du point de vente.
En raison des possibilités offertes par les nouveaux produits financiers, les directions
financières des grandes entreprises sont devenues de véritables concurrents. Leurs services
sont suffisamment structurés pour se passer de l'offre bancaire, en matière de montage de
financements, mais aussi des services de conseil que les banques ont largement développé à
l'attention des entreprises.
Le crédit interentreprises a connu une forte croissance ces dernières années. Il est évident que
le crédit client joue un rôle stratégique dans les relations entre clients et fournisseurs.
Dans la matrice SWOT (Strenghts, Weaknesses, Opportunities and threats, soit forces,
faiblesses, opportunités et menaces), les objectifs de l’entreprise sont la position compétitive
occupée à un instant donné et la connaissance de sa part de marché.
Ce diagnostic en termes de points forts/points faibles est à confronter aux opportunités et aux
menaces issues de l’évolution de l’environnement.
Menaces Opportunités
Ces stratégies exigent également d’avoir conscience des nouvelles conditions d’exercice des
activités bancaires et de ses propres atouts.
Les décisions consistent souvent à se recentrer sur les activités dans lesquelles s’expriment
ses points forts. L’expérience démontre en effet que la plupart des activités traditionnelles
d’une banque peuvent être, une source de bénéfices considérables. Un autre choix consiste à
mettre au point des produits spécifiques ou à exploiter des produits existant mais
insuffisamment développés.
Elles peuvent d’abord se situer en amont des stratégies de conquête. C’est alors une phase
d’élaboration, d’accumulation et de mise au point de la capacité à agir pour créer de la valeur
ajoutée. Puis, elles peuvent être constituées d’une phase d’assimilation succédant à une phase
d’expansion. L’accent est mis sur la reconstitution d’un ensemble cohérent après
l’élargissement du champ d’activités. Enfin, la stratégie de consolidation peut intervenir à la
suite d’un revers majeur rendant nécessaire un renouvellement. La priorité consiste à affermir
et à solidifier ses points forts, à enrayer le déclin et à tenter de préserver l’indépendance de
l’établissement.
b) La diversification et la spécialisation
Les facteurs de changement dans l’industrie bancaire ont produit et continuent à produire des
effets conduisant à des stratégies de diversification et spécialisation.
La diversification
La diversification repose sur une modification de la définition du champ stratégique par les
établissements en termes de produits, de clients, de technologie ou de zone géographique.
Dans le secteur bancaire, on constate une tendance à la diversification qui se manifeste à
destination des particuliers (forme de crédit, produits d’assurances) et des entreprises
(proposition d’une large gamme de produits adaptée à leurs attentes).
La spécialisation.
Elle consiste à focaliser l’activité sur un segment de marché qui correspond à un type de
produit, de client, à une technologie ou à une zone géographique donnée.
La spécialisation peut aboutir soit à une domination par les coûts, soit à la différenciation. La
particularité de cette stratégie repose sur la possibilité de servir les clients mieux que ses
concurrents en se concentrant sur un segment. Elle permet à la banque d’être clairement
identifiée par les clients, de mieux mettre en avant son professionnalisme, de montrer un
développement raisonnable et maîtrisé. L’expérience révèle également que la concentration
sur un nombre restreint de segments induit un meilleur suivi et un meilleur contrôle des
risques.
- au niveau de la production
Les banques commerciales ont tiré parti de cette diminution continue des coûts informatiques
pour optimiser le prix de revient du traitement de leurs opérations courantes et des traitements
centralisés en général.
Ex : Le coût unitaire de traitement des chèques a ainsi diminué de moitié au cours de ces vingt
dernières années.
2) L’avantage concurrentiel
Le système d’information et l’image de marque sont deux actifs stratégiques que les
banquiers qualifient souvent de compétences clés pour leur établissement.
Le système d’information
La banque est une industrie de l’information. Tous les établissements tentent de recueillir un
maximum d’informations sur leurs clients : la situation financière, l’utilisation des produits et
services bancaires et même, plus généralement, des informations sur les évènements de leur
vie sur une assez longue période. Une telle source d’informations, actualisée rapidement,
permet un meilleur ciblage des offres et rend possible l’anticipation du comportement et des
besoins de la clientèle, ce qui constituera une compétence distinctive.
L’élaboration de systèmes d’information spécifiques doit permettre l’identification des clients
pour lesquels la fabrication d’une offre individualisée s’impose, et de ceux auxquels une offre
standardisée suffit. Un système complet suppose l’intégration des données relatives aux
risques en fonction de la nature des produits, du mode de vie et du lieu d’habitation ou de
l’activité exercée. La mise en relation de ces différentes données (besoins/risques) permet la
constitution de fichiers clients extrêmement détaillés, pouvant procurer un avantage distinctif
à celui qui les utilise.
Les développements les plus récents en matière de systèmes d’information concernent la
construction de véritables entrepôts de données (data warehouses) et l’exploitation de ces
données par les techniques d’exploration de données (data mining).
L’image institutionnelle
La relation bancaire concerne un produit particulier, l’argent. L’établissement doit donc
donner l’image d’un professionnel sérieux qui sait utiliser les fonds qui lui sont confiés.
L’image se construit à travers une combinaison complexe de plusieurs facteurs : la proximité,
la puissance financière et le professionnalisme.
Ex : Pour les particuliers, la proximité physique joue toujours un grand rôle. Cette proximité
locale n’est plus la seule considérée aujourd’hui. En effet, il est possible de parler de
proximité électronique à travers les réponses en temps réel qui peuvent être données par des
automates connectés à des expertises et à des bases de données accessibles à tout moment.
Pour les professionnels et les entreprises, la proximité la plus importante est la proximité
électronique et professionnelle par la connexion ou la participation à des réseaux
électroniques d’entreprises, rapprochant la banque des préoccupations d’une profession.
La technologie
Amélioration de l’efficacité et de la capacité des systèmes d’information, possibilités
nouvelles de distribution contribuent à une rentabilité et à un niveau de qualité plus élevée.
La technologie est présente, aujourd’hui, à toutes les étapes du processus d’offre.
Plusieurs situations illustrent cette dimension compétitive. Les équipes de commerciaux et les
réseaux ont à leur disposition un matériel adapté aux divers types de clientèle : logiciels de
simulation et de diagnostic destinés à adapter l’offre à la clientèle haut de gamme ; outils de
ciblage pour la proposition d’offres types et de contrats standards à la clientèle grand public.
L’innovation produit
Les possibilités dans le domaine de la banque commerciale sont assez restreintes, d’une part,
du fait de la limitation des créations des produits, et d’autres part, en raison de l’absence de
protection de l’innovation. Il est toutefois envisageable de proposer un nouveau produit ou
service qui permettra à son promoteur de prendre un avantage et d’accroître sa notoriété.
Les banques françaises sont restées mesurées quant à la portée de l’introduction de la monnaie
unique. Par contre, pour les activités de banque d’investissement, l’internationalisation est
depuis longtemps d’actualité.
Les stratégies
- Renforcer son image et avoir la plus forte notoriété sur le marché national : avoir une
position forte sur son marché d’origine avant d’en conquérir de nouveaux.
- Offrir les prix les plus bas : Cette stratégie est classique mais elle va se renforcer en raison
de l’ouverture du marché national.
- Maintenir un niveau élevé d’innovation (adaptation des gammes à l’euro, création de
produits financiers toujours plus rentables…).
Mise en œuvre des stratégies
Les banques françaises ont été naturellement conduites à renforcer leur politique
d’internationalisation en raison de la mondialisation des transactions. Cette politique peut
prendre différents aspects :
La coopérative technique et commerciale : Elle peut prendre la forme d’un développement de
recherches en commun ou bien elle se traduit par la mise en place de prestations particulières
pour le client du partenaire en France et inversement.
La création de filiales communes : Elles sont constituées autour d’une activité ou d’un type de
produit bien précis : crédit immobilier ou crédit-bail.
Les fusions-acquisitions : elles constituent le volet le plus offensif de développement sur un
marché extérieur mais restent relativement rares. Il est nécessaire de posséder des ressources
importantes pour pouvoir procéder aux prises de participations (exemple en France : Société
Générale-Crédit du Nord puis Paribas). Mais cette stratégie a des inconvénients : problèmes
organisationnels, au niveau de la rentabilité et les pouvoirs publics ne sont pas prêts à accepter
les licenciements que supposerait la fusion des grands réseaux.
2) Le défi organisationnel
a) Repenser la chaîne de la valeur
La désagrégation de la chaîne de la valeur : cas de la banque financière
La décision stratégique de se positionner sur l’ensemble des métiers de la banque financière,
ou sur l’un d’entre eux en particulier est prise en fonction des compétences possédées par
l’établissement pour chaque métier.
Il est apparu comme une nécessité d’administrer les frais fixes, de gérer les risques financiers
et techniques à un coût minimal, et enfin de faire preuve d’un plus grand professionnalisme
dans l’exercice de ces métiers qui possèdent ainsi, aujourd’hui leur chaîne de valeur
spécifique.
Cet éclatement des activités financières est visible depuis quelques années. Dans divers
métiers, les établissements n’hésitent pas à céder des entités dont la rentabilité et l’intégration
dans le fonctionnement du groupe ne paraissent pas suffisantes. Ces entités sont alors reprises
par des banques pouvant en abaisser les coûts de gestion par des économies d’échelle.
Les banques concepteurs de produits : il s’agit d’un mode d’organisation centré sur un produit
unique avec peu de variantes. L’avantage concurrentiel proviendra des économies d’échelle.
Les banques distributeurs : Les avantages concurrentiels de ce type d’organisation viendront
des produits conçus par d’autres acteurs et qui seront vendus à une base de clientèle donnée.
Les banques prestataires de services : Il pourra s’agir de banques ou de nouveaux entrants,
qui proposeront des services de back office aux établissements financiers et fourniront des
infrastructures et des réseaux internes de communication interbancaire.
Le client est sans aucun doute le grand gagnant de ces dernières années. Le rapport de
force n’a jamais été autant en sa faveur et il continuera de l’être à moyen terme. Les efforts
d’adaptation portent sur la maîtrise des système d’informations et l’amélioration des
techniques de gestion des bases de données de type datamining pour proposer des
segmentations plus fines et plus pertinentes.
Banks in France address the challenges of heightened competition and market maturity through diversification and internationalization strategies. They engage in technical and commercial cooperatives, establish joint subsidiaries for specific services like mortgage or leasing, and pursue mergers and acquisitions despite potential organizational challenges. Additionally, banks strive to maintain high innovation levels by adapting product lines to market changes like the Euro or creating new financial products, enhancing their competitive edge in a matured market that offers limited growth opportunities .
Consumer phases in the decision-making process affect banking service marketing strategies by necessitating targeted approaches at each stage: need recognition, information search, evaluation of alternatives, purchase decision, and post-purchase evaluation. Banks tailor their marketing efforts to align with these stages by using comparative advertisements and direct marketing to highlight service benefits, providing detailed and relevant information through promotions and personalized communication, and ensuring customer satisfaction through continuous public relations efforts. This alignment helps banks effectively influence consumer decisions and enhance service adoption .
The development of interbank networks and automation, such as the widespread use of ATM networks, has enhanced competition in the French banking sector by bypassing traditional limitations such as banking hours and branch accessibility. The interbancarité of payment cards allows customers to access and manage their accounts across different bank ATMs, reducing geographical limitations and prompting banks to compete more on service quality and pricing. This technological advance challenges banks to innovate and differentiate their offerings in a highly banked market like France .
Individual determinants such as social class and social groups influence consumer behavior significantly in the selection of banking services. For instance, modest social classes may be more inclined to use banking services to meet personal needs, like borrowing for personal expenses, while higher social classes might focus more on investment or business-related banking needs. Furthermore, social groups exercise normative influence, pressuring individuals to conform to group-consumption standards, and informative influence by providing insights for complex purchases .
French banks have adapted their value chain to meet organizational and market challenges by adopting a more flexible approach that allows for specialization and economies of scale. They disaggregate traditional value chains to focus on core competencies, outsource non-essential services, and leverage joint ventures with other financial entities. By creating specialized units that manage specific financial services independently, banks can optimize operational efficiency, reduce costs, and offer tailored services that meet the competitive demands of the market. This reorganization is necessary to navigate the mature and competitive banking environment in France .
Consumers in the banking sector perceive five main types of risks: financial, performance, physical, social, and psychological. These risks affect consumer behavior and loyalty by influencing their decision-making processes and satisfaction levels. Financial risk involves the potential monetary loss, while performance risk concerns the service's adequacy in fulfilling its purpose. Physical risk relates to potential harm from service failures, social risk involves a change in social standing due to the service, and psychological risk impacts self-esteem. High perceived risks can discourage repeat transactions, thereby reducing loyalty, especially if not mitigated by the institution .
Customer segmentation is crucial in the banking industry as it allows banks to structure offers to meet diverse consumer needs effectively. By analyzing customer behavior, needs, and decision-making processes, banks can create differentiated product families targeting specific segments, which enhances their ability to satisfy varied customer demands. This targeted approach leads to better resource allocation, product development, and marketing strategies, ultimately leading to increased customer satisfaction and loyalty. Additionally, segmentation helps banks identify and cater to niche markets, providing a competitive advantage .
Deregulation in the French banking sector has significantly altered the landscape for new entrants, particularly foreign banks, by reducing barriers that previously restricted market access. This openness has enabled foreign entities, such as banks from neighboring EU countries and non-banking financial service providers, to establish a stronger presence in the French market. As a result, the competitive dynamics of the industry have shifted, with these new entrants leveraging their considerable resources and diverse product offerings to capture market share, contributing to increased competition and diversification within the sector .
External competition in the French banking sector stems from deregulation, allowing foreign banks and non-bank financial entities like insurers and large retailers to enter the market. This influx was driven by deregulation after 1985, which reduced barriers for entities such as foreign banks, insurance companies, and large retail corporations to offer banking services. These new competitors leverage existing customer bases and resources, leading to increased pressure on traditional banks. Additionally, innovations like private-label credit cards and new financial products contribute to the competitive landscape by providing alternatives to traditional banking services .
Technological innovation plays a critical role in enhancing the competitive edge of French banks by improving operational efficiency, customer experience, and service delivery. The implementation of digital platforms, advanced ATMs, and comprehensive online banking services facilitates faster transactions and better customer engagement, meeting the high expectations of modern consumers. Innovations like interbancarité, which allows shared ATM networks, exemplify how technology can transcend traditional banking limitations. Additionally, adapting to new financial innovations and providing digitally enhanced banking solutions position banks to better meet consumer needs and stay ahead in a competitive market .