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Droit Civil Des Obligations Lutumba-1

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Vo VHSNUY IC LLISUTAINA UNIVERSITE DE KINSHASA FACULTE DE DROIT B.P. 203 KINSHASA XI DEPARTEMENT DE B2ted7 PRIVE ET JUDICLAIRE DROIT CIVIL DES OBLIGATIONS MANUEL PEDAGOGICUE Notes destinées aux é1udiants de deuxiéme gradual Droit PAR . & LUTUMBA wa LUTUMBA PINDI MBENSA KIFU GLISYAAINN VOVHSNIM I DEPARTEMENT DE Bbitehd? PHAVE E UNIVERSITE DE KINSHASA FACULTE DE DROIT B.P. 203 KINSHASA XI JUDICLUIRE DROIT CIVIL DES OBLIGATIONS Notes destinées aux éludiants de deuxiéme gradual Droit MANUEL PEDAGOGIQUE LUTUMBA wa LUTUMBA PAR 2o4154 PINDI MBENSA KIFU Obugations 2010-2011 INTRODUCTION 1, OBJET DU COURS Le droit civil des obligations est une branche du droit privé qui a pour objet la « théorie générale des relations entre créanciers et débiteurs » Le terme « obligations » désigne, au sens juridique, ce lien de droit qui unit le debiteur a son créancier. L‘obligation est donc, a la fois, la dette du débiteur et le droit de créance du créancier ou l'engagement (obligation) ou contrainte qui de la personne ou des biens du débiteur. C'est une réaliteé a deux faces (débitum) qui consiste en la satisfaction due au créancier. Les rapports concernés sont des rapports p ersonnels, c'est-a-dire que seul, en principe, le créancier peut réclamer |'exécution de la dette et ne peut lexiger que de son débiteur. Le contenu de cette théorie’ est la réponse a plusieurs questions, notamment » Comment naissent les obligations ? ou encore, comment devient-on créancier ou débiteur? Les réponses 4 ses questions sont étudiées dans la 1°° partie de ce cours (la partie la plus substantielle) consacrée aux deux principales sources des obligations, 4 savoir, le contrat et le L(y compris te quasi-contrat et le quasi-délit). Il importe de souligner que ces deux principales sources ne sont pas les seules, lés obligations peuvent également étre légales ou judiciaires > A quoi s'engage précisément le débiteur ? A quoi le créancier peut-il contraindre le débiteur s'il ne s'exécute pas volontairement ? On peut répondre a ces questions en se référant aux sources des obligations concemées (particuliérement au contrat), mais d'autres régles ont une portée plus générale et ne sont étudiées que dans le cadre d'un régime rs LUTUMBA WA LUTUMBA & PINDI MAENSA KIFU Gibet général a toutes les obligations, quelles que soient leurs sources. C’est la 2°" partie de ce cours, qui traite également de la transmission et des modes d'extinction des obligations ‘ objet étant ainsi précisé i] convient dés a présent de s'interroger sur les objectifs poursuivis par cet enseignement. 2. PRINCIPAUX OBJECTIFS DU COURS. Le droit civil des obligations vise principalement trois objectifs, & savoir : 2.1. Initier au droit des obligations en soi Ce cours est une branche fondamentale du droit. En effet, cette discipline regit une part importante de la circulation des richesses et constitue’ une des principales armatures juridiques du fonctionnement de l'économie. Une excellente connaissance de cette branche s'impose donc a tout juriste en formation. 2.2. Mettre en évidence les valeurs sociales qu'il traduit Ce droit refléte mieux la mentalité du peuple qu'il régit. L'organisation des rapports créanciers-débiteurs, la détermination du contenu et des conditions de diverses responsabilités ; l'aménagement des techniques contractuelles sont autant de themes oti le régime juridique traduit du Législateur quill convient d'expliciter: idéaux de morale et de justice, les soucis de sécurité juridique et de cohérence interne; la consécration des régles sociologiquement acceptées par la majorité, la mise en place d'instruments favorables au bon fonctionnement de "économie en vue d'améliorer le climat des affaires. 2.3. Stimuler la réflexion critique Cette r ion critique porte aussi bien sur les choix des valeurs considérées comme prioritaires par le législateur dans |'élaboration de la régle de droit que sur l’aptitude de ladite régle a satisfaire aux voeux du législateur. Le recours au droit comparé enrichit cette réflexion critique dans la mesure ou il peut aboutir a T'introduction des acquis profitables la ot Tl'impératif du développement ne s'oppose pas 3. METHODES Le cours de droit civil des obligations reste essentiellement un cours Magistral sans pour autant se réduire a lin monologue: L’étudiant y participera activement parle jeu des questions-réponses réciproques qui peuvent étre posées au début du cours (questions a déposer sur la table du Professeur avant le début de la legon) ou pendant les heures programmées par le .Professeur et ses collaborateurs, Assistants et Chefs de-travaux. Tenant compte de la mentalité juridique du peuple Congolais De méme, ce cours exige que |'étudiant dispose d'un support pédagogique minimum : Code civil, syllabus et ouvrages de base sur le droit civil : il doit également réguliérement lire les références doctrinales et jurisprudentielles qui lui sont fournies, notamment dans le syllabus Enfin, "organisation des travaux pratiques par les Assistants et Chefs de Travaux, sous la supervision du Professeur, est une partie intégrante dé ltenseignement. Les travaux pratiques sont donc obligatoires et cotés pour 20% soit 5 points sur la céte totale de 20 points. L'examen est, en principe écrit mais * l'épreuve orale n'est pas exclue et sera cété pour 80% soit 15 points sur 20. 4, PLAN DU COURS Le cours du droit civil des obligations s'articule sur deux grandes parties, précédées d’un titre préliminaire. Une bréve introduction définit l'objet du cours, ses principaux objectifs, les méthodes de travail et le plan dans ces grandes lignes. =” ' ~ a. Le titre préliminaire nous permettra de situer le droit des obligations en droit civil; de définir la notion de lobligation (au sens juridiq essentiellement mais avec quelques considérations sur les obligation naturelles)’; d'expliquer le caractére patrimonial de |'obligation, & donner les principales classifications des obligations; de rappel limportance et les origines du droit congolais des obligations et d'e apprécier l'évolution ; b. La premiére partie portera sur les quatre sources usuelles ma regroupées, pour le besoin de méthode et de commodité, en tro: points, a savoir: les contrats (Titre 1) ; les délits et quasi-délits (Titre If et les quasi-contrats (Titre Ill) ; c. La deuxiéme partie sera consacrée aux régles générales applicabk aux obligations indépendamment de leurs sources particuliéres. Ce régles portent sur la transmission des obligations (Titre |); les diver modes d'extinction (Titre II); les modalites des obligations et le obligations complexes (Titre Ill) ; la preuve des obligations (Titre IV) les garanties générales du droit de créance (Titre V). 5. PROGRAMME DU COURS ET BIBLIOGRAPHIE L2 programme officiel prévoit ncn seulement I'enseignement du droit écr des obligations mais aussi celui du droit coutumier dans ce domaine. En eff malgré le travail louable abattu par la commission de Réforme et d'Unification droit civil congolais, créée en 1971, I'unification du droit des obligations n'est pe encore chose acquise. Dans plusieurs domaines du droit des obligations, le dualisme juridiq existe encore et des régles parfois contradictoires s'appliquent sur les méi questions. Compte tenu du temps qui nous est imparti pour cet enseigneme (90 heures pour la théorie et 30 heures pour les travaux pratiques), no aborderons le droit coutumier, sur certaines questions, dans le cadre du dr comparé. Nous allons, concrétement, voir comment soutenir ou combattre tel régle de droit coutumier dans le .droit unifié projeté. A cet effet, le concours 5 tout étudiant est souhaité pour contribuer tant soit peu a cette grandiose ceuvre de législation Concernant la bibliographie, I'étudiant doit savoir que fa doctrine et la jurisprudence sont abondantes et variées dans le domaine du droit des * obligations (voir bibliographie sur cette question). Cependant, il lira en priorité les auteurs nationaux ainsi que ceux qui ont écrit sur le droit national, notamment les auteurs belges et particuligrement ceux de I'époque coloniale. La bibliographie que nous donnons ci-dessous tient compte de ces critéres. 6 TITRE PRELIMINAIRE CHAPITRE PREMIER : PLACE DES OBLIGATIONS EN DROIT CIVIL Les droits subjectifs sont classés en droits patrimoniaux ou pécuniaires et extra-patrimoniaux ou moraux. Les premiers sont évaluables en argent tandis que les autres ne le sont pas. Les obligations ou droits de créance sont classés parmi les droits patrimoniaux ou pécuniaires, c'est-a-dire évaluables en argent. Les autres droits patrimoniaux sont tes droits réels (voir droit civil des Biens) et les droits intellectuels (voir droit civil des biens et droit commercial). SECTION 1. NOTIONS DE L'OBLIGATION Parmi les plusieurs sens du mot « obligation », nous retiendrons les sens juridique qui nous intéresse dans le cadre de ce cours, néanmoins nous donnerons quelques précisions sur les autres sens, notamment le sens général et le sens commercial. §1. Au sens général Ce mot peut désigner tout ce que la loi ou méme la morale commande a un individu de faire, sans que I'individu concerné n’en soit nécessairement tenu a regard d'une personne déterminée, qui serait son creéancier. A titre exemples: « tout congolais adulte a l'obligation de payer les impéts », « tout propriétaire d'immeuble a obligation de respecter les raglements d'hygiéne qu de voirie » « tout citoyen a l'obligation de respecter le bien d'autrui », etc. . §2. En droit commercial Ce mot obligation signifie le titre négociable (nominatif ou au porteur) qui ct 7 représente la part de créance qu'a son titulaire dans un emprunt fait sous cette forme par une société commerciale (ex. : ORGAMAN) ou par une collectvite publique (ex. : Etat), Dans la pratique nationale, l'obligation désigne |'acte notarié constatant un prét garanti par une hypothéque. §3. Au sens du droit civil U'obligation ou droit de créance, est un lien de droit entre deux personnes en vertu duquel l'une d'elles, le créancier, peut exiger de l'autre, le débiteur, une certaine prestation . Lobligation au sens civil est donc un droit personne! car il porte sur les personnes. Par opposition au droit réel qui, lui, porte sur une chose (res). Ce lien de droit est donc reconnu par l'autorité publique ou !'Etat, il existe donc aux yeux du droit et on 'appelle « obligation juridique » Exemple : Dans un contrat de vente, l'acheteur a l'obligation de payer le prix et le vendeur, celle de livrer la chose vendue. Dans un contrat de bail, le locataire a l'obligation de payer le loyer et bailleur celle de mettre la chose louée a sa disposition; de méme, 4 la suite d'une faute ayant *causé dommage a quelqu'un, l'auteur de cette faute a |'obligation de réparer le préjudice ainsi causé, etc. : Cette obligation ainsi engendrée est un devoir juridique qu'il faut distinguer d'un devoir moral ou obligation morale ; celle-ci n'est pas un lien de droit mais un simple devoir moral trés général qui pése sur la conscience de I'individu. II peut s'agir d'un devoir mondain ou religieux sans existence sur le plan de droit, et par conséquent, dépourvu de tous les effets que le droit attache aux obligations juridiques Ainsi, par exemple, sont des obligations morales, celles d'un chrétien de respecter les dix commandements de Dieu ou celle daller 4 la messe de paques; 8 dans le méme ordre d'idées, sont obligations mondaines, celle d'assister au moins une fois le mois a la réunion du cercle culturel ou du club sportif, ete. Comme on le voit bien, le critére de distinction entre obligations juridiques et obligations morales se situe ‘au niveau de la sanction. Les premiéres sont reconnues par l’autorité publique et sanctionnées devant les Tribunaux de I'Etat tandis que les secondes ne les sont pas; elles sont considérées comme des obligations imposant un devoir moral, mondain ou de bienveillance et non un devoir juridique. Ces obligations morales trouvent leur sanction en dehors du droit, c'est-a-dire dans le for intérieur de individu ou dans l'au-dela (selon les croyances spirituelles de l'obligé). Le critére « sanction » sert aussi pour classifier les différentes obligations juridiques les unes sont dites obligations juridiques parfaites ou civiles et les autres sont obligations juridiques imparfaites ou naturelles. > Une obligation juridique parfaite ou civile est celle qui est actuellement . jonnée ou sanctionnable. La sanction étant la conséquence que le droit attache en faveur du créancier_d'une obligation civile en cas d'inexécution de celle-ci par le débiteur. Concrétement, la sanction apparait soit comme le pouvoir de contrainte qu'exerce le créancier par ilintermédiaire des juridictions étatiques; en vue d'obtenir de son débiteur récalcitrant |'exécution forcée (en nature ou par équivalent) de son obligation; soit comme une faculté pour le créancier de se retirer du lien de droit qui le liait au débiteur défaillant en demandant au juge la résolution dudit lien (voir en matiére des contrats synallagmatiques) avec ou sans payement des dommages et intéréts; selon le cas, » Une obligation juridique imparfaite ou naturelle est celle qui est dépourvue’ de sanction actuellement. Elle tire son origine du droit romain et visait notamment les obligations des esclaves. Elle est introduite en droit Congolais par le biais du code Napoléon. Le code congolais sans définir la notion de l'obligation naturelle, ne fait que lappliquer (art. 133 al. 2, liv. Ill). (Pour plus de développements, voir 9 notamment, Prof. KALONGO MBIKAY, Droit civil des obligations, Vol.1. CRAF. Kinshasa 2010, Titre Préliminaire): SECTION 2. CARACTERE PATRIMONIAL DE L'OBLIGATION Comme nous I'avons souligné au début de ce chapitre préliminaire, L’obligation est un droit patrimonial; un élément du patrimoine (élément actif pour le créancier et élément passif pour le débiteur) et il est évaluable en argent car il a pour but de permettre la satisfaction des besoins économiques du créancier au moyen dela prestation que doit fournir le débiteur. Et si le débiteur refuse de s'exécuter le créancier peut lui contraindre par les voies de droit en recourant a la justice. Le juge saisi forcera le débiteur a s'exécuter en nature si cela est encore possible ou a payer par équivalent sur ses biens car té patrimoine répond des dettes. (Voir en sens, l'art. 245 de la loi n073/021 du 20 juillet 1973 portant régime général des biens, régime foncier et immobilier et regime des siretés telle que modifiée 4 ce jour qui stipule: « tous les biens du débiteur, présents et a venir, sont le gage commun de ses creanciers et le prix s'en distribue entre eux par contribution, a moins qu'il n'y ait entre les créanciers des causes légales de préférence » Ex: 4 200 Si B a 500 dans son patrimoine, il ne se posera aucun probléme. Mais s‘il A Wo > n'a que 400, il faut alors procéder au —— B400 partage proportionnel Nota Bene : Si la recherche de la satisfaction des besoins économiques est le ° critére principal du caractére p3trimonial, il n'est pas aussi vrai que toute obligation impliquant une certaine satisfaction des besoins économiques est un droit patrimonial Exemple: les droits de la personnalité (droit de !'autorité paternelle, droit a I'honneur, a la vie, a la liberté...) sont en dehors du droit des 10 obligations et font partie du droit de la famille, méme si l'obligation alimentaire a un caractére pécuniaire ou que la déchéance de la puissance paternelle fasse perdre a son titulaire le droit. de jouissance et dispense [enfant de son obligation alimentaire, ou enfin, que la violation de I'honneur ou de I'intégrité physique ouvre une créance des dommages et intéréts en faveur de la victime.., I n'y a donc pas de cloison nette .qui sépare le domaine de "obligation de celui des droits de la personnalité. SECTION 4. PRINCIPALES CLASSIFICATIONS DES OBLIGATIONS Les obligations se classent principalement soit d'aprés leur objet, soit d’aprés leurs sources. §1. Classification des obligations d'aprés leur objet On se référe, ici, a la nature de diverses prestations auxquelles peut donner naissance une obligation. A cet égard la doctrine distingue > L'obligation de donner quelque chose, faire quelque chose (prestation positive) ; > Lobligation de ne pas faire quelque chose (prestation négative) 1.1, Obligations de donner (art 35 du CCC liv. Ill) a. Notion et contenu L'obligation de donner quelque chose est le lien de droit par lequel le débiteur s'engage a transférer au créancier la propriété d'une chose ou a constituer a son profit un droit réel sur cette chose. Aux termes de l'article 35 du CCC Liv Ill, cette obligation est complexe u dans son contenu et comporte trois obligations spécifiques pour le débiteur, a savoir: » Lobligation de transférer la" propriété de la chose (ou de constituer sur elle un droit réel) ; > Lobligation de livrer matériellement cette chose; » Llobligation de la conserver jusqu'a la livraison b. Explications b.1, Le transfert de propriété et le transfert de risques (arl. 37) La question fondamentale qui se pose est celle de savoir 4 quel moment réalise ce transfert de propriété? La réponse différe selon qu'on est en matiére mobiliére ou immobiliére. En effet, en matiére mobiliére, la propriété est transférée dés la naissance de l'obligation, c'est-a-dire, dés l'accord des volontés (en principe). C'est ce que © stipule Varticle 37 alinéa 1: « (obligation de livrer la chose est parfaite par le seul consentement des parties contractives ». Par contre, en matiére immobiliére, la propriété est transférée par '6tablissem it du certificat d'enregistrement (voir art. 219 et SS de la loi du 20 juillet 1973 précitée), Le méme article 37, dans son alinéa 2, rend le créancier (propriétaire) et met la choge a ses risques dés l'instant ot elle a dd -6tre livrée, encore que la tradition n‘en est point été faite a moins que le débiteur ne soit en demeure de la livrer auquel cas, la chose reste aux- risques de ce dernier. Dans ce texte, "te mot «livrer » vise opération juridique du transfert de propriété tandis que le mot « tradition» vise l'opération matérielle. Comme on le voit, selon l'article 37 précité, le principe est que le moment du transfert des risques est celui du transfert de propriété, suivant I'adage « Res périt domino ». C'est-a-dire que la chose périt aux risques du propfiétaire. Une 2 seule exception, c'est le cas de mise en demeure. Si le débiteur n'a pas encore livré matériellement la chose et qu’il est mis en demeure de le faire, les risques lui incomberaient si la chose qu'il détient encore au moment de la mise en demeure venait périr ou a se détériorer. Dans ce cas, le principe applicable sera Res Perit Debitori (la chose peérit aux risques du débiteur). : Mettre quelqu'un en demeure, c'est l'obliger 4 remplir son engagement, exécuter son obligation Le débiteur est constitué en demeure soit par une sommation, ou par un acte équivalent, soit par l'effet de la convention, lorsqu’elle porte que, sans qu'il soit besoin d'acte et par la seule échéance du terme, le débiteur sera en ydemeure ». b.2. Obligation de fivrer la chose C'est la livraison matérielle de la chose et de sa mise a la disposition du créancier. Le code parle de «tradition » (qui vient du mot latin « Tra-here » et qui signifie « livrer » sur cette question, voir nos développements sur le paiement, comme mode d'extinction des obligations et sur la vente (contrats usuels). b.3. Obligation de conserver la chose jusqu'a la livraison (art. 36 CCC LIV. Ill) Lorsque la chose n'est pas effectivement livrée au moment de l'accord des volontés ou de la formation du contrat, le débiteur doit conserver la chose en bon pére de famille jusqu'au moment oU la livraison effective (la tradition) interviendra. En cas du non c conservation de la chose en bon pére de famille, le débiteur sera civilement responsable. Le but de cette obligation est d'éviter la négligence etles < tles abi abus de la part du débiteur. La faute dont répondrait le débiteur serait, ici, la culpa Levis in abstracto, c'est-a-dire celle que ne peut commettre un homme diligent, placée dans les 13 mémes situations ou circonstances concrétes et objectives. Cette faute peut étre appréciée par rapport a d'autres degrés de faute le droit ancien a en théorie prévu ces gradations de faute (Voir BEUDIANT, droit civil francais). En partant de la plus lourde a la plus légére, il s'agissait de : >" Dol ou faute intentionnelle: ou la culpa late acquiparatur dolo. On assimile 4 cette faute, la négligence grossiére ‘ou faute lourde. Cette faute engagerait toujours la responsabilité du débiteur ; > Faute légére appréciée par comparaison avec le type abstrait du bon pére de famille. C'est la culpa levis in abstracto. Le débiteur était responsable si le contrat était conclu pour Iutilité de deux parties ; > Faute légére appréciée par comparaison avec la conduite du débiteur dans ses propres affaires. C'est la culpa levis in concrecto. Le débiteur n'en répondait pas si le contrat était conclu dans I'intérét du créancier . car, estimait-on, on ne pouvait demander au débiteur d’étre plus diligent que pour ses propres affaires ; > Faute la plus légére ou la culpa levissima. Le débiteur n'en était pas tenu si le contrat avait été conclu dans son intérét a lui; dans quel cas, il devait s'en prendre a lui-méme : 1.2. Obligations de faire et de ne pas faire (art.40-43 du CCC LIV Ill) a. Notion et contenu L'obligation de faire est le lien de droit par lequel le débiteur s' exécuter pour le créancier, une prestation positive, & accomplir un fait. ‘engage a + Lobligation d'un magon qui s'engage a construire, pour son patron, un mur de cléture; est une obligation de faire quelque chose ; > obligation de ne pas faire, est_le lien de droit par lequel le débiteur ry promet une prestation négative, promet de s'‘abstenir de tel ou. tel comportement. L'obligation pour le voisin de ne pas vendre la méme marque de boisson que son autre voisin est une obligation de ne pas faire quelque chose; b. Contenu > Les articles 40 a 43 du code civil congolais livre Ill, consacrés a ces Obligations ne précisent pas leur contenu exact. C'est la doctrine qui a dégagé certaines catégories des obligations de faire, ‘telles les obligations de résultat et tes obligations de moyens, puis les obligations de sécurité. La jurisprudence a, quant a elle, déduit de la volonté des parties l'obligation accessoire de renseignement. 4. Obligations de résultat et obligations de moyens + Obligations de résultat : Le débiteur s'engage a procurer au créancier, son fait, un certain résultat qu'il garantit. Par exemple, |'obligation pour un entrepreneur de fournir un ouvrage précis, comme livrer la maison « clé sur porte » le 30 décembre 2010. + Obligations de moyen : le débiteur s'engage a mettre en ceuvre certains moyens pour obtenir un résultat mais sans garantir celui-ci. {| promet donc de fournir un comportement prudent, une attitude diligente en vue d'un fait précis mais qu'il ne garantit pas. Par exemple, dans un contrat médical, le médecin s'engage a guérir le malade, mais il ne peut garantir la guérison. Il ne pourra que fournir les moyens d'un bon pére de famille; sa responsabilité sera par.rapport a la nature des moyens mis en ceuvre et non pas par rapport au résultat escompte. C'est diailleurs, sur le plan de la preuve, qu'apparait lintérét de la distinction entre obligations de résultat et obligations de moyens. En cas d'iinexecution d'une obligation de moyens, le créancier doit prouver que les 15 moyens fournis par le débiteur n'ont pas été ceux d'un homme diligent, plac dans les mémes situations concrétes et objectives, bref ceux d'un bon pére ¢ famille. La présomption de faute du débiteur est, ici, renversable. Le créancir peut prouver que le débiteur n'a pas fourni des moyens adéquats en l'espéce : obtenir la condamnation du débiteur. Par contre, lorsqu'il y a inexécution d'une obligation de résultat, il suffit ¢ créancier de prouver que le résultat promis n'a pas été atteint, dans ce cas, | faute du débiteur est présumée de facon irréfragable. Le débiteur ne peut s dégager qu'en démontrant I'existence d'une cause exonératoire (faute. de | victime; faute exclusive du tiers; force majeure ou cas fortuit). Nota Bene : En observant I'évolution de la théorie classique de la responsabilité on peut soutenir avec Mr. Joseph FROSSARD que la responsabilité objective» lige aux obligations de résultat es devenue, sinon le droit commun, du moins le type courant. Grace : la distinction entre obligations de résultat et obligations de moyens la notion de faute est encore de mise (voir J. FROSSARD, « ki distinction des obligations de moyens et des obligations de résultat Paris, L.G.DD.J). 2. Obligations de sécurité et obligations de renseigner a. Obligations de sécurité Elles sont d'origine jurisprudentielle. En effet dans le silence des parties les_tribunaux ont admis que, dans certains contrats, l'obligation de fair comportait une obligation accessoire, lobligation de sécurité. Ainsi, par exemple le transporteur garantira la sécurité au transporte; clest-a-dire, lui garant d'arriver sain et sauf au lieu de destination; le banquier doit garantir son clier que l'argent sera gardé en toute sécurité, etc. 16 b.2. Obligation de renseigner Cette obligation est également déduite par les tribunaux de volonté des parties. Par exemple, le garagiste a l'obligation de renseigner le client des réparations éventuelles a effectuer, notamment des réparations que le client ne pouvait prévoir ou n'a pas prévues, . §2. Classification des obligations d'aprés leurs sources © L'obligation peut avoir pour source Ja Jgi (ex.: obligation d'un pére d'assurer la pension élémentaire a son fils), mais aussi l'acte juridique auquel la loi s'attache pour considérer l'obligation née (Julliot de la Morandiére, Précis de droit civil ; 3°"° Edition, Dalloz, 1964, n°258). I s'agit du contrat, du delit et du quasi-délit et enfin du quasi-contrat. Ces trois sources feront l'objet de notre premiére partie. A ce niveau, nous nous limiterons aux simples définitions de ces notions (@ >» Le contrat est l'accord des volontes entre le créancier et le débiteur en vue de faire naitre l'obligation (art. 1° CCCLIII) ; @ » Le délit ou le quasi-délit est tout fait illicite, toute faute (délit) ou rqute imprudence et négligence (quasi-délit) qui cause un dommage_a autrui et qui demande une réparation (art.258 CCCLIII et ss) ; @ ” be quasi-contrat est tout fait licite qui, a instar d'un contrat, mais sans quill y ait accord des volontés, engendre les obligations. C'est le cas notamment de la gestion d'affaires (art. 248 du CCC liv. Ill): de "enrichissement sans cause (art. 252 du CCC liv. Ill) et du payement de l'indu (art-253 du méme code) Nota Bene : Cette classification fait aujourd'hui l'objet de critique de la part de la doctrine moderne. En effet, la doctrine moderne fait remarquer, d'abord, que la classification traditionnelle ne prend pas en compte 7 plusieurs faits et actes juridiques qui, de nos jours, sont aussi sources d'obligations. Par exemple, le quasi-contrat englobe beaucoup d'opérations qu! devraient en principe en étre détachées. La doctrine moderne estime mieux que ces différentes hypothéses devraient tre regroupées dans une source appelée « Enrichissement sans cause» (Voir Travaux Pratiques). A Ensuite, aujourd'hui le contrat_n'est plus la source fondamentale d'obligations, beaucoup d'autres opérations d'échanges qui ne sont pas de contrats sont de plus en plus des sources importantes d'obligations. C'est le cas des_opérations d'adhésion, des opérations li¢es au plan impératif, des contrats administratifs, etc. Enfin, on rencontre, aujourd'hui de nombreux cas d'indemnisation qui ne sont pas les délits ni des quasi-délits civils. La notion du délit classique a subi de séveres critiques (voir KALONGO MBIKAYI, responsabilité des risques en droit zairois, Kinshasa, PVC, 1977). . civile et socialisation Bref, nous respecterons cette classification pour des raisons principalement pédagogiques SECTION 4. DROIT CONGOLAIS DES OBLIGATIONS §1. Importance du droit des obligations Le droit des obligations revét partout, et donc au Congo, une importance considérable tant sur le plan pratique que sur le plan théorique. . . > Sur le plan théorique d'abord, intérét de la théorie générale des obligations est certain; son aspect technique lui confére aussi un caractére scientifique accentué. En effet, suivant cette théorie, les principes de base sont échafaudés suivant une logique et une symeétrie rigoureuses. C'est pour cette raison, entre autres, que ce . droit a pu facilement faire l'objet d'une codification internationale sur 18 plus d'un point, notamment sur la vente internationale et le projet du code franco-Italien Par ailleurs, comme nous I'avons dit ci-dessus concernant les principaux objectifs du droit civil des obligations (Voir Introduction 2), celui-ci est fortement imprégné des idées philosophiques, morales, sociales, économiques et politiques ; ce droit refléte donc l’évolution générale des idées et des civilisations. , Sur le plan pratique, la théorie générale des obligations s'avére utile la_vie juridique _quotidienne_de tous les citoyens. Cgs derniers concluent chaque jour des contrats et engagent leur responsabilité; leurs rapports d'obligation sont régis par fa théorie générale des abligations. En plus, outre quelle constitue la base du droit des affaires et_du_droit économique, la théorie générale fournit aux autres branches du droit | les principes moteurs de solution, Par exemple: En droit civil des personnes, on connait J'obligation alimentaire, les obligations entre époux ou entre parents ou encore obligations du tuteur envers son protégé, etc. ; En droit civil des biens, il y a les obligations de bon voisinage, les obligations du nu-propriétaire; le principe du transfert de propriété et des risques s'applique dans le transfert des droits réels mobiliers et immobiliers, etc. * Le droit commercial, avec tovtcs sets branches, droit des sociétés, droit maritime, droit des assurances.., est dans une large mesure, une branche du droit des obligations ; . Le droit public interne'(droit constitutionnel, droit administratif, ...) et le droit international privé sont aussi régis par des principes du droit des obligations (contrats administratifs, responsabilité des Etats, les conflits de lois...) 19, §2. Origines du droit congolais des obligations (Voir A. SOHIER, droit civil du Congo Belge, T.I, Biles, Larcier, 1956) Suite a la colonisation de notre pays par la Belgique, le droit congolais des obligations, comme le droit civil privé, a ¢ fortement influencé par le droit civil belge, lui méme produit du droit Napoléon (Code Napoléon de 1804), il existe une table de concordance entre le Code civil ‘belge et le code civil Congolais et le code civil frangais pour certaines dispositions. (Voir Travaux Pratiques). Ainsi, les origines du droit congolais et des obligations en particulier, remontent a l'epoque de I'Etat Indépendant du Congo et de l'acte de Berlin de février 1885, elles sont liées a 'évolution politique du pays. a” «** En effet, l'une des dispositions imposées au Roi Léopold Il par les co- signataires de l'acte de Berlin, pour la reconnaissance du futur territoire congolais en Etat Indépendant et Souverain -Etat indépendant du Congo était diinstaurer de facon trés urgente et trés précise, une organisation suffisante sur le territoire (cet aspect nous intéresse particuliérement). Ces conditions imposées par la Conférence de Berlin tendaient d'une part, @ assurer au mieux, la sécurité des habitants spécialement les étrangers et, d'autre part, a normaliser les rapports sociaux en vue de faciliter le * développement du commerce Le Roi Léopold || qui tenait a son territoire était bien obligé de remplir ces conditions; mais la tache était difficile. En effet, il se trouvait devant un Etat sans lois écrites (car les lois coutumiéres existaient) et devait légiférer pour une population complexe, composée des autochtones et des commercants étrangers. Mais, pressé par le temps d'une part et, d'autre part, ne disposant que de la législation de son pays, la Belgique, il décida de reprendre celle-ci en 20 promulguant par Décret du 30 juillet 1888, le livre des obligations intitulé: « Des contrats ou des obligations conventionnelies» (+/- 660 articles). Ce livre garde de nombreuses similitudes avec le droit belge qui lui-méme était identique au code frangais de 1804 (Code Napoléon). C'est ainsi que. le Code Civil Congolais, livre III reproduit entiérement le livre Ill du code civil belge a l'exception des testaments, des successions, des donations et des régimes matrimoniaux. Ces derniéres matiéres sont régies par l'ordonnance de |'administrateur général du 14 mai 1986 qui stipule en son article 1% que: « quand la matiére n'est pas prévue par un décret, un arrét ou une ordonnance déja promulguée, les contestations qui sont de la compétence des tribunaux du Congo, seront jugées d'aprés les coutumes locales, les principes généraux du droit et I'équité. Cette ordonnance concerne toutes les matiéres qui ne sont pas prevues par l'ensemble du droit civil. Elle est encore en vigueur quoique sa portée ait été modifi¢e, notamment en ce qui concerne la notion de « principes généraux du droit (voir KALONGO MBIKAYI, «le juge’ congolais et l'interprétation des principes généraux du droit national, Revue Zairois de droit, n° spécial, 1971, pp 31.41) §3. Evolution du droit congolais des obligations Les origines du droit congolais des obligations devraient bien étre situées pour comprendre son évolution jusqu’a l'état actuel. Cette évolution est liée comme on I'a vu, a celle dé tout le droit civil congolais. Aprés \'indépendance en 1960, jusqu'en 1973, le code civil congolais navait pas subi de modification. En effet, c'est seulement en 1973 que la loi n°073/021 portant régime des siretés telle que modifiée a ce jour, vint pour la premiére fois modifier ce code particuliérement en son livre I! ; tandis qu'en 1987, la promulgation du code de la famille consacrera la modification du livre 1 du méme code. 2 Il importe de souligner que les travaux de réforme ont été menés par une «Commission de Réforme et d'Unification du Droit Civil » créée le 12 juin 1971, parle Parlement de !'époque (Conseil Législatif) et devenue « Commission Permanente du droit congolais» depuis 1976. Toutefois, il y a lieu d'indiquer que le caractére technique accentué des regles des obligations d'une part, et leur codification au niveau international pour certaines d'entre elles du moins, d'autre part rendra difficile une modification importante de ce code. Le souhait est de voir le Législateur congolais introduire dans notre code les acquis profitables du droit comparé et de se conformer a la mentalité de notre peuple la ou Impératif du développement ne s’y oppose pas (en ce sens Prof. KALONGO MBIKAYI, Président honoraire de cette commission). C'est ici l'occasion de rappeler que la République Démocratique du Congo a par la loi n° 10/002 du 11 février 2010, autorise son adhésion au traité du 17 octobre 1993 relatif 2 harmonisation du droit des affaires en Afrique, OHADA en sigle. Ce traité qui regroupe 17 pays Africains a déja légiféré sur le droit de arbitrage, le droit commercial, le droit des sociétés commerciales et du G.1.E, le droit des s, les procédures simplifices de recouvrement et voies d'exécution, les_procédures collectives, apurement du passif, !'organisation et harmonisation des comptabilités des entreprises, et enfin, le contrat de transport des marchandises. Voir commission OHADA est mise sur pied pour préparer les instruments d'adhésion. La question qui se pose est celle de savoir si l'adhésion massive au traité OHADA va résoudre |'équation juridique Congolaise. Nous sommes Iavis qu'il faut introduire dans notre droit les acquits profitables du droit OHADA tout en se conformant a la mentalité de notre peuple et ceux exigences de développement. 2B Mais, il faut également noter que le droit moderne a apporté a ce principe lib€ral et individualiste, des restrictions importantes c'est le cas des testaments et contrats collectifs. C'est la conséquence de la socialisation du droit dont le “résultat est la pénétration du droit public dans le droit privé. §2. Principe de I'autonomie de la volonté ou de Ia liberté contractuelle” 2.1, Principe Le principe de l'autonomie de la volonté procéde d'une théorie de philosophie juridique, suivant laquelle la volonté.humaine est a elle-méme sa propre loi se crée sa propre obligation. Ce principe se trouve chez nous, affirmé dans tarticle@3)alinéa prem Code civil suivant lequel: «Les conventions légalement formées tiennent heu de loi & ceux qui les ont faites ». Ce principe, qui domine toute I- . jlementation des contrats dans le code comporte deux conséquences essentielles : >» Les particuliers peuvent faire tous les contrats qu'ils veulent et en régler librement les effets. lls peuvent en déterminer le contenu et les variétés quills désirent : c'est la liberté contractuelle > Les contractants sont liés par leurs stipulations; comme par la loi. Ainsi, le débiteur ne peut se dédire de son obligation. De plus, pour qu'une convention puisse étre révoquée, il faut le consentement de toutes les parties (Art. 33 alinéa 2). 2.2. Limitations au principe Ace propos, l'on distingue: » Limitations classiques; » Limitations modernes. *JULLIOT de la MARANDIERE, Précis de droit civil, Ll, éd, Dalloz, Paris, 1964, n'275, 24 a. Limitations classiques a.1, Lois impératives La plupart des dispositions du code sont supplétives, a savoir que, les parties peuvent y déroger. Mais, d'autres dispositions sont impératives, c'est-a- oivent étre respectées a peine de nullité du contrat. Ces lois visent la protection méme des parties (exemple: les dispositions relatives aux conditions de validité. des contrats: consentement, capacité des patties, etc.). a.2. ordre public et les bonnes moeurs Les contrats contraires, a l'ordre public et aux bonnes moeurs sont également de nullité absolue (Cfr. Art. 29 et 32 du code civil Congolais). Ex : Veste libre 4 explosifs ou de stupéfiants interdites par la loi @ Par «ordre public » on entend un ensemble de valeurs considérées comme essentielles au développement et a I'épanouissement des citoyens d'une communauté donnée. I! s'‘agit d'une notion variable dans le temps dans I'espace (de pays @ pays, d'époque a époque) et méme d'une branche de droit 4 une autre. Les bonnes moeurs évoquent I'idée de moralité. II s'agit de l'ensemble des valeurs morales considérées comme essentielles au développement et a l'épanouissement des Citoyens d'une communauté donnée. Comme J'ordre public, cette notion est ainsi variabie dans le temps et dans |'espace. On I'inclut généralement dans I'ordre public. b. Limitations modemes. Ces limitations sont la conséquence du progrés des idées sociales qui subordonnent I'individu et ses intéréts a !'Etat et aux intéréts collectifs®. Cf JULLIOT, Op Cit, n°275,R. SAVATIER, Les metamorphoses du Droit civil d'aujourd"hui, ep.ct, re série, n°16 24 1’ éclatement de la nation traditionnelle de contrat” 25 » Ala suite du phénoméne de socialisation du droit, la volonté particuliére nest plus souveraine dans la conclusion de nombreux contrats et les artigles 33 et 63 n'ont plus qu'une portée limitée ; > La stabilité des contrats n'est plus considérée comme un dogme absolu. L'on voit de nombreux cas dans lesquels la loi, directement ou par Vintermédiaire du juge, porte, au nom des nécessités sociales, atteinte aux effets des contrats antérieurement conclu. (Exemple: c'est le cas dans les contrats administratifs. Voir théorie de l'imprévision) ; > En ,evanche, on tend 4 admettre qu'un contrat puisse avoir effet a légard des tiers. C’est le cas lorsque les nécessités sociales l'exigent (Exemple: contrats collectifs, comme des conventions collectives de travail). SECTION 2.:CLASSIFICATION DES CONTRATS* §1 Contrats nommés et contrats innommés Les contrats sont d'une variété trés grande. Le code civil a réglementé certains d'entre eux, dont les types sont connus depuis des siécles; il s'agit 1a des contrats dits_« nommés ». Ils sont ainsi appelés parce que le code les a réglementés en leur donnant une dénomination propre. C'est le cas de la vente, du louage, de l'entreprise, du prét, de la transaction, du mandat, du dépét, etc. Mais, la complexité des rapports a donné naissance a d'autres types de Contrat non prévus par le code. || s'agit des contrats dits «innomés. Ces derniers contrats sont ceux que le législateur n'a pas assujettis & une réglementation propre. Les parties sont néanmoins libres de les conclure, en vertu du principe de l'autonomie de la volonté. La pratique finit cependant toujours par leur conférer une dénomination. Exemple: contrat d'édition, de-représentation de spectacles (représentation théatrale), et Likelemba, etc,, le contrat d'assurance, le contrat de transport 26 Lintérét de cette distinction générale des contrats en contrats nommés et innommés est manifeste: > A défaut de stipulation contraire des parties les contrats nommés sont régis principalement _par leurs régles propres et subsidiairement, par les regles générales des obligations ; > Tandis que les contrats innommés sont uniquement régis par les régles générales des obligations (Cfr. Article 7 du code civil congolais). Ceci dit venons-en a présent a la classification proprement dite des contrats. §2. Classification ancienne des contrats (celle du- code) La classification des contrats établie par le code s'est faite tantdt d'aprés leur contenu et leurs effets, tant6t d’aprés leur mode de formation. 2.1. Contrats synallagmatiques et contrats unilatéraux On prendra en considération ic le contenu du contrat. a. Contrats synallagmatiques Suivant l'article 2 du code civil congolais, « le contrat est synallagmatique ou unilatéral, lorsque les contractants s'obligent réciproquement les uns envers certaine prestation. Exemples: vente, louage des choses, _(Elcraant cle vnaet} b. Corttrats unilatéraux « Le contrat est unilatéral dit l'article 3 du livre Ill du code. civil congolais, lorsqu'une ou plusieurs personnes sont tenues envers une ou plusieurs autres * KALONGO MBIKAV, Op Cit, pD 2s » Ala suite du phénoméne de socialisation du droit, la volonté particuli@re n'est plus souveraine dans la conclusion de nombreux contrats et les articles 33 et 63 n'ont plus qu'une portée limitée ; > La stabilité des contrats n'est plus considérée comme un dogme absolu. L’on voit de nombreux cas dans Jesquels a loi, directement ou par lintermédiaire du juge, porte, au nom des nécessités sociales, atteinte aux effets des contrats antérieurement conclu. (Exemple: c'est le cas dans les contrats administratifs. Voir théorie de l'imprévision) ; » En revanche, on tend a admettre qu'un contrat puisse avoir effet a l'égard des tiers C'est le cas lorsque les nécessités sociales |'exigent (Exemple: contrats collectifs, comme des conventions collectives de travail). SECTION 2: CLASSIFICATION DES CONTRATS* §1 Contrats nommés et contrats innommés Les contrats sont d'une variété trés grande. Le code civil a réglementé certains d'entre eux, dont les types sont connus depuis des siécies; il s'agit {4 des contrats dits « nommés ». Ils sont ainsi appelés parce que le code les a réglementés en leur donnant une dénomination propre. C'est le cas de la vente, du louage, de l'entreprise, du prét, de la transaction, du mandat, du dépdt, etc.. Mais, la complexité des rapports a donné naissance a d'autres types de Contrat non prévus par le code. II s'agit des contrats dits «innomés. Ces demiers contrats sont ceux que le législateur n'a pas assujettis 4 une réglementation propre. Les parties sont néanmoins libres de les conclure, en vertu du principe de l'autonomie de la volonté. La pratique finit cependant toujours par leur conférer une dénomination. Exemple: contrat d’édition, de-représentation de spectacles (représentation théatrale), et Likelemba, etc., le contrat d'assurance. ie contrat de transport 2B Mais, il faut également noter que le droit moderne a apporté a ce principe liberal et individualiste, des restrictions importantes c'est le cas des testaments et contrats collectifs. C'est la conséquence de la socialisation du droit dont le “résultat est la pénétration du droit public dans le droit privé §2. Principe de I'autonomie de la volonté ou de la liberté contractuelle” 2.1. Principe Le principe de l'autonomie de la volonté procéde d'une théorie de philosophie juridique, suivant laquelle la volonté_humaine est a elle-méme sa propre loi se crée sa propre obligation. Ce principe se trouve chez nous, affirmé dans Varticle3)alinéa prem’ Code civil suivant lequel: «Les conventions légalement formées tiennent leu de loi @ ceux qui les ont faites ». Ce principe, qui domine toute Ir. ylementation des contrats dans le code comporte deux conséquences essentielles : > Les particuliers peuvent faire tous les contrats qu'ils veulent et en régler librement les effets. Ils peuvent en déterminer le contenu et les variétés quills désirent : c'est la liberté contractuelle > Les contractants sont liés par leurs stipulations; comme par la loi. Ainsi, le débiteur ne peut se dédire de son obligation. De plus, pour qu'une convention puisse étre révoquée, il faut le consentement de toutes les parties (Art. 33 alinéa 2). 2.2. Limitations au principe Ace propos, l'on distingue: > Limitations classiques; > Limitations modernes. *JULLIOY de la MARANDIERE, Précis de droit civil, LI, é4, Dalloz, Paris, 1964, n°275, 27 sans que de la part de ces dernieres il y ait d'engagement. Ici, les obligations ne sont pas réciproques, une seule partie s‘oblige "'égard_de I utre qui reste sans engagement. Exemples: la donation, le prét, le depot A |l faut souligner avec force la nette différence qui existe entre un contrat unilatéral et un acte unilateral. Un acte unilatéral est 'ceuvre d'une seule volonté. C'est la manifestation de volonté d'une seule personne. Exemple: le testament: dans cet acte, le testeur agit de sa seule et unique initiative. Tandis qu'un contrat unilatéral est I'ceuvre d'au moins deux parties avec cette caractéristique que l'obligation qui nait n'est 4 charge qu ‘une seule partie, Ainsi, dans la donation, seul le donateur est obligé, alors que son obligation est née de l'accord entre lui-méme et le donataire (qui devait accepter loffre). Liintérét de cette distinction est grand a plusieurs égards: > En matiére de preuve, les régles sont différentes selon qu'on se trouve devant un contrat synallagmatique (art. 207) ou un contrat unilatéral (art. 208). L’écrit sous seing privé est en’ effet soumis a des régles différentes selon qu'on se trouve devant un contrat synallagmatique ou unilatéral ; > Dans les contrats synallagmatiques, les obligations naissant_a la charge de chacune des parties, se servent réciproquement de cause. Si lune des parties n'exécute pas ses obligations, l'autre partie peut refuser d'exécuter les siennes en vertu du principe de « "exceptio non adimpleti contractus » que nous étudierons plus tard ; > Contrats synallagmatiques imparfaits, il s’agit des contrats qui, au 28 départ_sont unilatéraux, mais qui dans la suite deviennent synallagmatiques parce qu'une obligation est née a charge du créancier. Exemple : dépét. Dans le cas du dépot par exemple, on sait qu'au départ, le dépét est_un contrat unilatéral. Mais, si au cours du contrat, le dépositaire a fait des dépenses pour assurer la conservation de la chose en dépét, il peut en exiger te temboursement au déposant, alors qu'a l'origine le contrat ne fait naitre lobligation qu’a charge du dépositaire, a savoir |'obligation de restituer le dépat, c'est-a-dire la chose livrée en dépét. Notons que les auteurs classiques admettent en général qu'ils demeurent unilatéraux : la nouvelle obligation pour eux, n’étant seulement que subsidiaire et éventuelle, elle n'est pas la cause de I'obligation principale vue lors de 1a formation du contrat. Cependant, cette conception est aujourd'hui contestée. Et, cest ainsi que l'appellation contrats synallagmatiques imparfaits est plus généralement regue, car l'on prend en considération plus l'exécution du contrat que sa formation. 2.2. Contrat a titre onéreux et contrats 4 titre gratuit Suivant l'article 6 du code civil congolais, le contrat a titre onéreux est celui qui _assujettit chacune des parties 4 donner ou 4 faire quelque chose. Qu'est-ce alors un contrat a titre onéreux? A Disons d’abord que la distinction des contrats a titre onéreux et contrats a titre gratuit se rattache au but poursuivi par les contractants. Dans les contrats a titre tre onéreux, celui qui qui s‘oblige J Je fait on vue digbtenir de | son contractant_un avantage correspondant a 1 celui i quii uit ‘proc re. ‘Gest “done, « donnant donnant ».. ll s'engage a 3 fournir une prestation parce qu'il espére en contrepartie un avantage donné. 29 Ainsi, dans un prét a intérét qui est un contrat unilatéral a titre onéreux, le + préteur agit en vue de retirer un intérét de son argent; 'emprunteur s'engage en vue de jouir de la somme qui lui a été remise. Le mot « engagement » ne signifie pas ici qu'il y a obligations réciproques. II vise plutét le but de I'engagement. De méme dahs une vente, le vendeur escompte bénéficier du prix de la chose, tandis que l'acquéreur, lui, escompte exercer tous les droits de propriété sur la chose & acquérir. C'est tout différent des contrats a titre gratuit appelés aussi contrats de bienfaisance, dans lesquels la personne qui s'oblige ne s'attend en retour a aucun avantage. Dans ces contrats, l'une des parties procure a l'autre, un avantage purement gratuit. Son comportement est caractérisé par intention libé ale, 'animy Ss Cette partie qui agit sans escompter un avantage peut le faire soit dans le dessein d'enrichir le patrimoine de l'autre partie, c'est le contrat a titre gratuit proprement dit. (Exemple: donation entre vifs), soit encore en vue non pas denrichir le, patrinfoine de l'autre partie, mais de lui rendre simplement service. (Exemples: prét d'argent sans intérét; dépét_non salarié, commodat; contrat d'hébergement qui est un contrat par lequel une personne en | loge une autre a rovisoire sans | Tui faire re payer de loyer® ‘C'est le contrat dif cggintéresse, « Intéréts de cette distinction La classification des contrats en contrats a titre onéreux et contrat a titre gratuit n'offre pas un grand intérét. Il y a lieu de signaler que: Les contrats de bienfaisance sont généralement présumés faits « intuitu_personae », c'est-a-dire les contrats de bienfaisance sont généralement présumés faits en considération de la personne a laquelle on veut rendre service ; KALONGO MBIKAYT, Les baus, examen de la jurisprudence, R.Z.D. 1975 30 > On peut observer par ailleurs que la responsabilité du débiteur est en général appréciée de fagon moins sévére que celle de droit commun dans le contrat a titre gratuit. Exemple, le donateur, a'la différence du vendeur, ne doit pas garantir. Ici, la faute n'est pas la culpa levis abstracto, mais la culpa in concreto (voir art. 493, 494, 2°, dépét et art. 533, mandat) : 2.3. Contrats commutatifs et contrats aléatoires ll s'agit ici d'une subdivision des contrats a titre onéreux dans lequel 'avantage consiste dans la chance de gain ou de perte d'aprés un événement incertain. Par exemple: la vente dont le prix est une rente viagére; le jeu; la pari et le contrat d'assurance. Le seul intérét de cette distinction réside dans le fait que les contrats réellement aléatoires ne sont pas susceptibles de sanction pour cause de Iésion. 2.4. Contrats consensuels, solennels et réels Cette distinction n'est pas exprimée par le code, mais elle est traditionnelle. Elle se fonde sur le mode de formation des contrats. a. Contrats consensuels Le contrat consensuel est celui qui se forme uniquement par l'accord des parties, sans qu'aucune forme spéciale ne soit exigée. C'est la régle générale contenue dans larticle 33 du code civil congolais livre II! b. Contrats solennels Le contrat solennel est celui pour la validité duquel la loi exige que le consentement soit donné en certaines formes consistant souvent en Ja rédaction d'un acte notarié. Exemples: contrat d'hypotheque; Vente immobiliére; le contrat du mariage (droit civil des personnes). . Ainsi, ce qui distingue réellement les contrats solennels des contrats consensuels, c'est ce que dans les contrats consensuels, le consentement des parties a une efficacité juridique quelle que soit la forme dans laquelle i| est .manifesté, tandis que, dans les contrats solennels, le droit positif exige que le consentement soit manifeste dans une forme déterminée, en l'absence de laquelle il n'a pas d'efficacité juridique. c, Contrats réels Quant au contrat réel, c'est celui qui, outre le consentement, requiert pour sa formation la remise d'une chose (RES). Exemples: le prét et le dépat (art 448, 465 et 482 du code civil congolais liv.II!). 2. 5. Demiére catégorie traditionnelle des contrats, mais non exprimée par le code: les contrats 4 exécution instantanée et les contrats successifs Un contrat est dit a exécution instantanée ou contrat instantané, lorsqu'il donne naissance a des obligations susceptibles d'étre exécutées en une seule prestation. Ici, les contractants se lient pour une certaine durée déterminée. Exemple: La vente d'un objet, I'échange, le mandat portant sur une seule opération par contre, un_ contrat est dit successif, lorsqu’il_ il comporte |'exécution d’obligation répétée, s'échelonnant dans le temps. Ici les contractants se lient pour une certaine durée, déterminée au indéterminée. Ex : le louage, le contrat de travail, la société, l'assurance.* \l est intéressant de noter cette distinction, car l'on verra par exemple que les effets de la résolution pour inexécution des obligations subissent une restriction notable lorsqu'on est en présence d'un contrat 4 exécution successive. 32 SECTION 3. CLASSIFICATIONS MODERNES DES CONTRATS. Cette distinction se fonde sur le mode de formation du contrat. §1. Contrats de libre discussion Ces contrats désignent les contrats ow les parties discutent librement de toutes les clauses du contrat; mais cette liberté de discussion est inexistante dans certains contrats. II s'agit des contrats d'adhésion ou par adhésion, §2. Contrats d'adhésion L'expression « contrat d'adhésion » a été utilisée par SALEILLES® pour désigner, faute de mieux, « les contrats dans lesquels il y a une prédominance exclusive d'une seule volonté, agissant comme _unilatérale, qui dicte sa loi, non plus a un individu mais a une collectivité déterminée et qui s'engage déja par avanee unilatéralement, sauf adhésion de ceux qui voudraient accepter la loi du contrat, et s'emparer de cet engagement crée sur soi-méme » Bien que cette expression soit contestée par une partie de la doctrine ’ a cause de son imprécision et de la difficulté de définition, il n'en reste pas moins vrai qu'elle est entrée dans le vocabulaire juridique. Et, la majorité de la doctrine® admet la réalité du contrat d'adhésion. Parmi les définitions proposées par la doctrine, nous retiendrons les deux définitions suivantes : >» « Le contrat d'adhésion est un contrat dont le contenu a été fixé, totalement ou partiellement, de facon abstraite et générale avant la période contractuelle »° ; SAILEILLES, De la déctaration de volonté, Contribution a étude de M'acte juridique dans le droit civil Allemande, Pris, 1929, art133,0°89,p229 et ss \Voyez BARTIN, sur AUBRY et RAU, Droit civil FRangait, TV, 6 éd, Paris, 1942,$341, p.419 : note Bbis : BOULANGER, Encycloppédie Dalloz, Droit civil, V® contrats et eon * Voyez notamment CARBONIER, Droit civil, Tome 1V, 1972. é4, Tamme IN 9122, 136 BERLIOZ. le contrat d adhesion, Paris. 19 “BERLIOZ, Op.Cit, code. loc PLANIOL. et ripent traité de droit civil 2°" n°41, De page, Op Cit, tome I, $50, 1964,p.536. 33 Le contrat d'adhésion est un contrat dont les conditions ont été déterminées a f'avance et unilatéralement par la partie économiquement forte et qui les propose a l'autre, sans possibilité pour cette dermiére de les discuter et, a fortiori, de les faire modifier »"”. ll résulte de ces definitions qu'il existe une variété des contrats d'adhésion Ainsi en est-il des contrats de transport, de bail et d'assurance. Le contrat de transport conclu avec une comipagnie de chemin de fer ou de navigation aérienne ou maritime contient des clauses rédigées a l'avance par l'une des parties économiquement forte (ici la compagnie) et qui les propose a l'autre partie (ici le client) qui ne fait qu'adhérer a ces clauses préétablies. Mais, il arrive parfois que les clauses du contrat ne soient I'ceuvre d'aucune des deux parties. II s'agit dans ce cas de contrat type ou standard. §3. Contrats types ou standards A Le contrat-type est « une simple formule établie par un organisme . professionnel ou par l'administration, dgstinée a servir_ de _modéle le_pour des futures contrats que des sujets de droit concluront éventuellement nt plus ta tard ». ee gue ces suyers Ce cromeonaums il s'agit d'un contrat rédigé impérativement soit par |'Etat, soit par les organismes professionnels (contrat d'assurance en ce qui concerne les : conditions générales, statut des fonctionnaires). Exemple: Un_employeur et un ouvrier se voient appliquer un statut préétabli par l'Etat, par exemple en matiére de sécurité sociale. Uaccord des deux parties n'est plus alors que la condition d'application & ces deux particuliers d'un statut obligatoire pour eux. D'ou |'appellation « d'acte — condition » attribuée parfois a ces contrats. Voir en ce sens : PINDI MBENSA, KIFU, Réglement juridique des clauses abusives dans les conditions générales de ‘vente en droit congolais. Etude de droit compar. These de doctorat, KU.L, 1979 34 §4. Conditions générales d'affaires" 4.1. Notion et variétés D'une maniére générale, I'expression « conditions générales » vise .les clauses rédigées avant la conclusion des contrats individuels dans lesquels elles sont destinées, en principe a s'intégrer. La nouvelle loi allemande sur la réglementation juridique des conditions générales de contrat donne la définition suivante: « les conditions générales sont toutes les conditions qui sont formulées pour une multitude des contrats et qui sont imposées par l'une des parties au contrat, l'utilisateur, a l'autre partie au contrat lors de la conclusion du contrat ». « Il n'importe pas que des dispositions forment une partie séparée au contrat ou bien qu'elles_soient incorporées dans le texte du contrat, quelle étendue elles ont ni dans quelle forme d’écriture elles sont rédigées, ni quelle forme est donnée au contrat ». Il n'y a pas de conditions générales si les conditions du contrat sont négociées en détail par les parties au contrat» (Art. 4 ll existe plusieurs variétés des conditions générales. Lorsqu'on envisage celles-ci selon le mode d’élaboration, on peut distinguer > Les_conditions générales élaborées par l'une des parties a la transaction; Les conditions générales élaborées par un groupe de parties qui sont dans la méme situation (vendeurs, employeurs, transporteurs, expéditeur; bailleurs, etc..) ; une des parties ou encore par une organisation représentant des parties a une transaction et agissant de concert soit avec des organisations représentant l'autre partie, soit avec un organisme public \ oye PINDI MBENSA KIFU, Op.Cit, pp 67 et ss 35 représentant les intéréts de ceux qui ont besoin de protection, soit avec les deux ; *& Les conditions générales élaborées par une_organisation_qui_ne teprésente aucune des parties. 4.2. Distinction d'avec les contrats d'adhésion et les contrats types a. Conditions générales et contrats d'adhésion Les conditions générales ressemblent a des contrats d'adhésion ou sont des variétés des contrats d'adhésion lorsqu'elles sont imposées par l'une des parties « en position de force sur le marché », soit le vendeur lui-méme, soit une organisation dont il fait partie. Dans ce cas le document contractuel revét généralement la forme d'un bon de commande, d'une facture ou d'un contrat complet que |'acheteur doit signer pour accord Il importe cependant d'observer que malgré cette ressemblance, l'idée de contrat d'adhésion ne peut caractériser les conditions générales. En effét, les conditions générales peuvent étre librement discutées par le co-contractant, surtout quant il s'agit des marchés importants alors qug le contrat d'adhésion ne peut, en principe, tre discuté par l'adhérant. Remarquons toutefois qu'il n'est pas toujours facile, dans la pratique, diopérer une distinction rigoureuse entre les conditions générales et contrats d'adhésion. . b. Conditions générales et contrats types Les conditions générales doivent étre distinguées des contrats types, c'est- a-dire, modéle de contrat pré-imprimés, préts a servir selon les besoins pour 36 éviter a élaborer a chaque fois un nouveau document. Dans les modéles de contrat, il est admis que l'utilisation des clauses spécifiques donne matiére a négociation, et tres souvent, il, existe des clauses différentes, adaptées a des situations différentes. Par contre, les clauses contenues dans les conditions générales élaborées par l'une des parties av contrat ou par un groupe de parties (entente) ne sont pas, en principe négociables. Cette distinction n'est cependant pas toujours rigoureuse. Il nous reste a examiner une derniére catégorie moderne, celle qui distingue les contrats en contrats individuels et contrats collectifs. 4.3. Contrats individuels et contrats collectifs Cette catégorie met en relief les effets du contrat. > Dans la conception classique, les ntrats sont en principe individuels. lls ne font naitre d'obligation qu’a 'égard des personnes méme qui y sont intervenue v Mais, le droit moderne ¢onnait de plus en plus a cété de ces contrats individuels, des contrats collectifs. Ces contrats sont conclus par deux ou plusieurs individus mais ils lient une collectivité, ou les membres d'un groupe plus ou moins important des personnes qui n'y ont pas participé. Exemple, le contrat collectif de travail ou convention collective de travail”? En-matiére d’assurance, la SONAS peut signer un contrat avec l'ONATRA. Ce contrat ainsi signé, s'appliqucra également aux futurs travailleurs de | 'ONATRA. Voir Développement dans le droit du travail 37 CHAPITRE TROISIEME : CONDITIONS DE FORMATION ET DE VALIDITE DES CONTRATS SECTION 1. CONSENTEMENT Avant d'étudier les différents vices qui peuvent’ affecter le consentement tels que réglementé par les articles 9 a 18.du CCC livre Ill, examinons d'abord le consentement en |ui-méme. §1. Le consentement en lui-méme 1.1. De qui doit émaner le consentement Le_consentement doit émaner_de toutes les parties au contrat. Chacune des parties doit pouvoir manifester sa volonté de contribuer a la naissance du contrat et d'en accepter les effets Le consentement réside donc dans l'accord ou le concours d'au moins deux volontés; celle du débiteur qui s'oblige et celle du créancier, envers lequel il sloblige. Mais, il n'est pas exigé que seule la partie au contrat y intervienne de facon exclusivement personnelle. En effet, la_représentation est admise en matiére contractuelle Une personne peut, en effet, passer un contrat par l'intermédiaire d'un représentant, c'est-a-dire d'une personne qui contracte au nom du représenté, en_vertu du pouvoir qu'elle tient soit de la loi, soit d'un accord avec le représenté (mandat). S'il est possible d'étre représenté dans un contrat, peut-il étre possible aussi de passer un contrat avec soi-méme? 1g contrat avec _soi-méme est possible. Mais i! n'est pas licite dans toutes les hypothéses. 38 En effet, il faut supposer que lindividu qui contracte avec lui-méme, agit er des qualités différ éts juridiquement distinets. Cependan: la loi interdit généralement de tels contrats lorsqu'il est présumé que l'individu qu prétend agir ainsi ne défendra pas de fagon égale, les deux groupes d'intéréts. mais qu'il sacrifiera un groupe a l'autre. L'on distingue deux hypothéses suivant qu'il a eu ou non-représentation. Représentation Dans cette hypothése, l'individu représente une seule partie ou méme les deux parties. Exemple >» Mandataire chargé de vendre qui voudrait acquérir le bien du mandat; > Tuteur d'un mineur qui voudrait acquérir le bien du mineur; > Si deux sociétés veulent contracter et que le méme gérant consente au nom de deux sociétés. On dit alors, Que ce gérant a contacté avec Non représentation C'est le cas lorsqu'une méme personne est titulaire de deux patrimoines ou du moins deux masses de biens distincts et entend établir'une relation juridique entre elles. Exemple : Cas d'un héritier qui accepte une succession sous bénéfice d'inventaire et que, en sa double qualité de bénéficiaire (héritier) et administrateur (inventaire), il met en vente. C’est un cas rare. Validité'd'un contrat avec soi-méme En général, la loi interdit ces cont u_du moins le soumet a certains . A 39 contréles et ce, malgré les avantages de rapidité et de simplicité qu'ils présentent. En effet, il peut étre dangereux de laisser une seule personne apprécier deux groupes d'intéréts lorsque l'un des groupes la touche plus personnellement. La prudence de la loi_a aussi pour but de protéger les personnes absentes : le mineur et le mandant Mais, en dépit de prohibitions ou réglementations particuliéres du contrat avec soi-méme; dés que celui-ci repond aux conditions de validité et quill s'analyse comme un contrat et non comme un acte unilatéral, il doit étre considéré comme valable, en principe, en vertu de la liberté des conventions. 1.2, Portée et nécessité du consentement Le contrat implique nécessairement la volonté des deux parties. Pour quill y ait contrat, il faut que les deux parties ‘manifestent clairement et librement leur intention et leur volonté de se lier. Leur volonté d'accepter tout le contenu de leur contrat. Et il faut que tout au cours du contrat, l'accord des deux parties se maintienne. La prolongation comme la fin du contrat doit de méme constamment étre acceptée dés l'accord de deux parties. \ly a lieu de noter que, si le principe de la libre discussion des clauses du contrat explique la nécessité du consentement dans la majorité des contrats, il est des exceptions ou la libre discussion est restreinte. C'est notamment le cas connu des contrats d'adhésion; des contrats types et de certaines atteintes a la liberté méme de contracter telles que: > Les avant-contrats ou promesses de contracter: cette promesse de contracter peut-étre soit une simple offre (acte unilatéral); soit une promesse unilatérale (contrat unilatéral) ‘soit, enfin une promesse bilatérale (contrat bilatéral) ; > Les promesses de ne pas contracter (contrat d’exclusivite) ; 40 > Les interdictions légales du refus de contracter : Dans certains pays, la loi interdit 4 un membre d'une profession (ex. notaire. pharmacien) de refuser de passer un contrat avec un client. La lo punit parfois aussi un commergant de refuser de satisfaire dans la mesure de ses disponibilités aux demandes de ses clients ; ® Les contrats imposés : prolongation du bail par la loi ou le contrat d'assurance obligatoire. 1.3, Forme du consentement Aprés une longue période de formalisme. L'on peut dire que la matiére des contrats est dominée aujourd'hui par(le principe du consensualismey C'est dite qu’en ragle générale le contrat nait, sauf lorsquil est solennel ou réel, dés quill y a accord des volontés, dés qu'il a consensus. D'ot ce fameux adage combien éloquent «solus consensus obligat ». Le seul consentement_des parties est suffisant pour faire naitre une obligation. Pour les contrats consensuels, le consentement peut prendre n'importe _ quelle forme: un geste, une parole, un écrit. Mais I'écrit n'est nullement exigé. Ceci est extrémement important dans nos sociétés africaines ol les analphabétes sont encore nombreux. I] nous appartient de déterminer de lege ferenda les différentes formes de consentement. Il est vrai que le seul consentement suffit pour qu'il y ait contrat sans exigence de quelque forme particuliére. |] faut tout au moins que ce consentement soit exprimé. Et, ‘a cet égard, il_convient_de discuter deux éléments dans le consentement D'une part, un_élément interne: la connaissance des éléments du contrat envisage et l'intention, la volonté de réaliser; et d'autre part, un_ élément externe: la manifestation extérieure de I'intention de contacter, l'expression de la volonté.

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