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Descottes Bernard - Miel Et Cicatrisation

Le document décrit une étude sur l'utilisation du miel pour la cicatrisation des plaies. 500 patients avec diverses plaies en chirurgie digestive ont été traités avec du miel, dont 90% ont vu leurs plaies se fermer de façon spectaculaire en quelques jours. L'histoire de l'utilisation du miel en médecine depuis l'Égypte ancienne est également présentée.

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Descottes Bernard - Miel Et Cicatrisation

Le document décrit une étude sur l'utilisation du miel pour la cicatrisation des plaies. 500 patients avec diverses plaies en chirurgie digestive ont été traités avec du miel, dont 90% ont vu leurs plaies se fermer de façon spectaculaire en quelques jours. L'histoire de l'utilisation du miel en médecine depuis l'Égypte ancienne est également présentée.

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_,,_t) ~ ,-r/

~
Par le Pr Descottes .................................................. ........................................................................................... ............. UNAF
~
/~ -

Miel et
cicatrisation
'EsT A L'INITIATIVE du professeur Descottes que
nous avons commencé cette étude en 1984
dans le service de chirurgie digestive, à la
suite d'un article relatif à l'utilisation du miel et du
sucre dans le processus de cicatrisation.
A la fin de l'année 1984, nous avons utilisé,
d'une façon empirique, le miel chez une patiente
d'une vingtaine d'années qui était atteinte d'une
Intervention de l'équipe d'infirmières du grosse pathologie viscérale et qui présentait une
professeur Descottes au colloque de Lyon : perte de substance très importante avec un abcès
de paroi . Grâce à l'utilisation du [Link] nous avons
Martine Mazeau, Nathalie Alifat, pu résorber sa plaie en 8 jours. C'était une utili-
Cl. Durand, sous la direction de sation tout à fait empirique, sans étude .
Gyslaine Pautard (service de chirurgie A la suite de cette première utilisation et grâce
viscérale et transplantation, à la qualité des résultats obtenus, nous nous
CHU Dupuytren de Limoges). sommes mis à utiliser le miel pour faire nos pan-
sements et ensuite nous avons commencé une
étude.
Cette étude repose sur 500 cas de patients qui
étaient porteurs de plaies diverses en chirurgie di-
gestive . Nous avions comme plaies des kystes sa-
crocoxygiens, des emplacements de colostomie,
des plaies accidentelles, parfois des ulcères vari-
queux ou des escarres.
Les résultats, dans leur grande majorité, étaient
satisfaisants et mettaient en évidence le grand
pouvoir cicatrisant du miel. En effet, dans 90 %
des cas, la fermeture des plaies se faisait de façon
spectaculaire en quelques jours . Les patients chez
qui l'on observait pas ou peu d'évolution vers une
cicatrisation rapide étaient souvent des patients
dénutris.
Nous avons travaillé dans un service de soins
intensifs, donc nous avions des patients dénutris
voire cachectiques, le plus souvent alités sous ali-
mentation parentérale, c'est-à-dire par perfusion,
sans aucune alimentation à côté .
Nous avons pris des photos régulièrement, lors
de la réfection de ces pansements et cela nous a
permis de conforter cette affirmation .
Je vais vous faire un bref récapitulatif de l'his- crétions provenant
toire du miel pour vous montrer que nous n'avons de parties vivantes
pas la primeur dans l'utilisation du miel, cela s'est de plantes qui se
fait depuis bien longtemps et c'est en parallèle trouvent sur elles.
avec ce que vous a raconté tout à l'heure M . Elles le butinent, le
Astruc. transforment, le
A travers l'histoire, les abeilles et les hommes combinent avec
ont fait route ensemble depuis très longtemps, de des matières spé-
nombreux millénaires. Des traces de cueillette de cifiques propres,
miel ont été répertoriées sur des peintures ru- l'emmagasinent et
pestres, notamment en Espagne. le laissent mûrir
dans les rayons de
la ruche.
L'histoire du miel suit
L'appauvrisse-
l'histoire de l'homme
ment de ce nectar
Parmi les produits de la ruche, c'est le miel qui en eau et sa Gyslaine Pautard, infirmière
le premier a fait la conquête de l'homme, bien sûr concentration en responsable de l'équipe.
on pouvait s'en servir de nourriture essentielle- sucre qui va de
ment. pair, reposent sur les principes de la trophallaxie,
Les Egyptiens connaissaient parfaitement le qui caractérise tous les insectes sociaux, les
miel. Ils s'en servaient mélangé à de la propolis abeilles comme les fourmis.
pour embaumer les morts pour son effet anti-pu-
tréfiant. Ils l'utilisaient également pour les panse- Qu'est-ce que la trophallaxie ?
ments des blessures, le soin des yeux ou pour
améliorer l'état vasculaire . On retrouve aussi l'uti- C'est ce qui consiste en l'échange de la nour-
lisation du miel dans la civilisation grecque à riture entre les abeilles. Une butineuse arrive à la
l'époque de Périclès, on a retrouvé dans des ruche, le jabot plein de nectar, elle régurgite celui-
fouilles que chaque habitant avait une ou plu- ci qui est absorbé par une abeille restant dans la
sieurs ruches, donc c'était vraiment l'abeille do- ruche, laquelle remplit son propre jabot puis le ré-
mestique. gurgite à son tour sur la langue d'une de ses
Le miel servait en outre à la nourriture des en- sœurs et ainsi de suite .
fants et l'on note aussi qu'Hippocrate l'employait Donc, cette circulation du nectar d'abeille en
dans de nombreuses préparations médicales. abeille concentre peu à peu le nectar en sucre en
On retrouve aussi l'ut'ilisation du miel dans le éliminant l'eau, et au fur et à mesure que le sucre
Coran qui loue ses vertus pour soigner furoncles, devient prépondérant, le nectar devient miel.
ulcères et comme diurétique et comme purgatif.
En Afrique également, le miel a toujours joué Composition du miel
un rôle prépondérant dans l'alimentation et dans
la pharmacopée, où il est employé comme laxa- Il est composé de 75 à 80 % de glucides, de
tif, pour soigner des brûlures, des plaies infectées, 18 à 20 % d'eau, et jusqu'à 5 % de substances
des morsures de serpent, etc. restantes; et ce sont ces substances qui sont aussi
intéressantes pour la cicatrisation.
Donc, à travers l'histoire, le miel a souvent été
le symbole de vie, de soin, de fertilité . Vous y trouvez des protéines, des sels miné-
raux, des oligo-éléments, des vitamines (je ne vous
Aujourd'hui, on peut dire effectivement que,
les énumère pas mais il y a toute sorte de vita-
grâce à des médecines plus douces qui sont de
mines), des acides organiques, des enzymes et di-
plus en plus recherchées, le miel retrouve droit de
verses substances que l'on retrouve comme le pol-
cité.
len, des substances aromatiques et antibiotiques .
Le miel est essentiellement composé de sucres,
Que savons-nous du miel ? beaucoup de sucres simples : fructose et glucose
Le miel est la denrée produite par les abeilles à 70 % , et de 5 à 10 % de sucres composés
mellifiques à partir du nectar des fleurs ou des sé- comme le saccharose, et un nombre important •
: 1

plaies mais sans utiliser au préalable de désinfec-


tant. Il s'est produit alors des exsudats très abon-
dants qui éliminaient le pus et les bacilles des an-
fractuosités de la blessure.
Ensuite, on a retrouvé des études concernant
l'utilisation du miel pour le traitement des brû-
lures, celles de Jang juste avant la guerre retracent
le traitement de cas d'engelures, de petites plaies
et d'ulcères.
Le miel réduit rapidement l'hyperémie, l'œ-
dème des engelures, stimule la formation des tis-
sus de granulation et diminue la douleur locale.
En 1955, un autre professeur, Boulman, a uti-
lisé des pansements au miel sur des plaies ou-
vertes, c'est-à-dire non cicatrisées qui sont pro-
blématiques en général, et il note aussi l'absence
Martine Mazeau (à gauche) et Nathalie Alifat au cours de d'infection et d'irritation sans aucun effet nuisible.
leur exposé.
Donc déjà, on constate que le miel peut être
d'éléments en petite quantité mais dont la qua- utilisé sans douleur véritable et sans aucune
lité semblerait jouer un rôle important dans la crainte .
multitude des propriétés attribuées au miel ; et il Ensuite, dans les années soixante-dix, on a noté
y a encore beaucoup d'études faites à ce propos. que Cavannagh a utilisé le miel pour la cicatrisa-
tion des vulvectomies en chirurgie gynécologique.
Quelles sont les vertus Le miel permet de diminuer également la moi-
reconnues du miel ? tié du temps d'hospitalisation de ces malades. Ça,
nous l'avons également constaté et les plaies de-
Le miel fournit de l'énergie à l'organisme, ça, viennent stériles en trois à six jours et guérissent
c'est bien connu, mais sous quelles formes? Sous rapidement.
toutes les formes . Lors de la digestion, il a des pro-
priétés digestives, antiseptiques, donc cicatrisantes Enfin, une personne importante dans la re-
(celles qui vont nous intéresser tout à l'heure), sé- cherche sur le miel est le professeur White qui au
datives, diurétiques, f~brifuges et apéritives. début du siècle montre que le miel est un produit
parfaitement stérile et que l'on n'y trouve aucune
Etant donné sa richesse en glucide qui fait les forme végétative de bactéries.
3/4 de son poids, le miel fournit de l'énergie à l'or-
ganisme et il doit ses propriétés aux plantes ayant Les propriétés anti-bactériennes du miel tien-
produit les nectars initiaux et chaque variété a nent, bien sûr, en sa concentration en sucre par-
donc des indications thérapeutiques particulières. ticulièrement élevée mais pas seulement à ça .

On peut préciser que notre étude a débuté en En 1934, le professeur Zeiss le premier attire
utilisant des miels toutes fleurs et qu'elle se ter- l'attention sur la possibilité d'une action anti-bac-
mine actuellement par l'utilisation, surtout, du térienne spécifique du miel provoquée par des
miel de thym. substances présentes dans le produit naturel .

A la suite de cette recherche que nous avons Et plus tard, en 1936, Gabert confirme ce ré-
faite, nous avons compulsé différentes publica- sultat par des analyses bactériologiques plus fines
tions et on en a extrait les principales pour vous et il conclut que le miel est antiseptique .
montrer que, déjà, au début du siècle et tout au Enfin, ce sont les professeurs Dold et Ziao, en
long de notre époque, le miel a été utilisé. 1937, qui ont démontré, in-vitro, l'activité anti-
bactérienne des miels et ont nommé inhibine le
Parmi les recherches intéressantes, signalons en
facteur responsable de cette action.
Allemagne celles des professeurs Zeiss et Krunitz
qui ont traité au miel avec succès des milliers de Ils ont prouvé que l'inhibine arrêtait la crois-
sance des bacilles notamment typhiques, paraty-
phiques, des staphylocoques dorés et blancs, du
bacille dysentérique, du pyocyanique, etc.
Avec ses collaborateurs, Dold a trouvé égale-
ment que l'inhibine était thermo et photolabile.
Les auteurs ont démontré enfin que le miel était
dépourvu de cette inhibine, donc il fallait la
rechercher ailleurs .

Quelle est l'origine


de ce facteur antibiotique et
Cl ct:é C H.U. OU.C\JYTREN (L•mogcs).

'( ·- /:,,,.' comment celui-ci s'exerce-t-il ?


J + 26 (3 semaines). ,-·'< Ce n'est qu'en 1962-1963 que le professeur
~ ;,:,,'/~
White a démontré que l'effet inhibiteur était dû
à un dégagement dans le miel de peroxyde d'hy-
drogène qui n'est autre que de l'eau oxygénée qui
est produite lorsque le glucose, sous l'influence
d'une enzyme qui s'appelle la glucosoxydase, se
transforme en acide gluconique.
Ainsi, ce principe antibiotique que l'on appelle
inhibine, mis en évidence par M. Dold il y a
· quelques décennies, est lié à un phénomène tout
à fait ordinaire de réaction biochimique avec la li- •
bération d'un corps antiseptique qui est l'eau oxy- Notre méthode d'application
génée.
Je vous préciserais que dans notre hôpital, le
Mais ce pouvoir antimicrobien a-t-il pour seule
professeur Descottes nous a suggéré cette étude
origine cette réaction banale ? Non, en fait, déjà
mais c'est nous qui l'avons menée . Il nous a lais-
en 1960, Lavis avait extrait un principe actif par-
sées libres de la mener, ce qui est quand même
faitement thermostable, donc ce n'était pas la glu-
assez exceptionnel . En général, dans un service,
cosoxydase.
vous avez une mainmise des médecins et il est
Le principe actif découvert par Lavis peut s'ex- ri]re de laisser des infirmières travailler librement.
traire du miel par l'alcool ou l'éther, après quoi le
produit hétérosoluble soumis à l'extraction par la Bien sûr, nous lui avons soum is tous nos tra-
vapeur d'eau, laisse passer vers 95° une substance vaux, mais nous avons procédé comme nous
très active qu'il a identifiée sous le nom de pyro- l'avons voulu, et ça c'est important.
sambrime : un flavonoïde qui existe dans la pro- Nous avons d'abord fait une étude randomi-
polis également. sée, c'est-à-dire que nous avons élaboré tout un
En un mot, il faut donc distinguer deux prin- classeur avec des fichiers sur des pathologies, sur
cipes actifs antimicrobiens qui ne sont pas de la des examens et nous avons tiré au sort des fiches
même origine . en les comparant avec des méthodes médicales
Vous avez d'abord un principe d'origine ani- qui utilisaient de la biogaze et du débrisant.
male, en effet la glucosoxydase est une enzyme Nous avions donc ces trois produits qui ont été
qui est sécrétée par les glandes hypopharyn- tirés au sort et chaque fois que l'on avait un pan-
giennes de l'abeille, elle est mélangée au nectar sement à faire, on ouvrait une brochure, on tom-
pendant l'élaboration du miel dans le jabot de l'in- bait su r « miel » , donc on utilisait le miel, etc.
secte, et un principe d'origine végétale, qui est C'est une étude randomisée, vous savez comment
partiellement étudié, il reste encore à mieux cela se passe .
connaître ces substances, à les isoler, à les analy-
Le résultat est intéressant, même si nous
ser, donc c'est un domaine de l'apithérapie qui est
n'avons pas exploité tous les cas de nos patients,
encore ouvert. Libre aux chercheurs de nous trou-
car il y en a bien plus qu'un centaine .
ver quelque chose de plus précis à ce sujet.
De cette simp le observation que nous avons L'étude est cependant concluante et a révélé
faite de l'application massive du miel pour traiter que la cicatrisation par le miel était la plus rapide
les plaies, nous avons franchi un pas et nous et en outre il s'est avéré que dans notre étude -
avons réalisé un protocole de soin associé à une c'était dû au hasard - les plaies qui ont été choi-
recherche scientifique que nous avons menée sies pour l'emp loi du miel étaient les plus pro-
nous-m.êmes dans le service et qui nous a permis fondes, et donc le résultat est encore plus élo-
d'apporter des arguments scientifiques indispen- quent.
sables au milieu médical justifiant l'intérêt de l'ap- Cette cicatrisation se faisait de 0, 78 cm 2 par
plication du miel dans le processus de cicatrisa- jour alors que pour la biogaze et le débrisant, elle
tion. représente 0,39 ou 0,42 cm 2 .
Notre étude ensuite a été re-
NOUS VOUS PROPOSONS : mise à un statisticien qui nous a
V MIELS MONOFLORAUX fait tous les tableaux.
EN 20, 40 ET 300 kg Parmi les autres études réali-
V GELÉE ROYALE - POLLEN sées, les différents miels ont été
V PAIN D'ÉPICES - NONNETTES AU MIEL analysés sur le plan biochimique,
V CONFISERIE toxicologique et bactériosta-
tique .
V TOUS PRODUITS AU MIEL
V COCKTAIL DE CIDRE AU MIEL L'unité d'hygiène de l'hôpital
de Limoges a effectué cette
V' SAVONS - COSMÉTIQUES
V' EMBALLAGES VERRE, CARTON,
PLASTIQUE, FANTAISIE
Suite de /'article page 40 •
jl
1

étude avec la participation d'un médecin, chef au Et, sur le plan bactériologique, le miel s'est ré-
bureau d'hygiène . vélé bactériostatique (comme on le savait déjà)
En 1996, elle a utilisé une méthode pour re- mais tout particulièrement sur le staphylococus-
chercher la flore bactérienne dans les miels que aureus, sur l'échelle de Chiacolie et sur les enté-
nous lui proposions. robactéries .
C'est une méthode de comptages par colonies Cette activité anti-bactérienne est apparue va-
qui sont obtenus à 3° suivant la norme iso48-33 riable selon le type de miel utilisé mais à peu de
et sur 50 miels que nous avions mis en culture, 6 çhoses près.
étaient négatifs et la charge bactérienne des 44
Les miels les plus actifs se sont révélés être le
autres était comprise entre 40 et 60 unités for-
miel de thym, de lavande et d'eucalyptus et le
mant colonies .
miel toutes fleurs à prédominance de châtaignier.
Il y a une grande variété, certains miels conte-
naient peu de bactéries, d'autres beaucoup plus, Nous habitons dans le Limousin, il y a beau-
et les germes les plus souvent isolés appartenaient coup de châtaigniers, donc on peut avoir un miel
au genre bacillus. toutes fleurs à base de châtaignier mais nous
n,.avons pas de miel de thym, même s'il y a du ser-
Pour notre étude actuelle, nous avons souhaité
polet sauvage.
arriver à un comptage de colonies très très bas et
actuellement, nous sommes à 10 voire 7 selon les Le miel de thym vient du Sud de la France . Ac-
miels que nous recevons. tuellement, quand nous le recevons, il subit une
Il est souhaitable de garder une charge bacté- analyse bactériologique, ensuite, il est conditionné
rienne la plus basse possible. Il reste donc aux spé- en pot stérile opaque de 75 ml et distribué dans
cialistes d'en déterminer le seuil et il paraît indis- les différents services selon les besoins.
pensable de créer une norme pour l'usage médi- Le pot est ensuite nettoyé, renvoyé à la phar-
cal. macie qui le stérilise et qui le réutilise pour re-stoc-
On a commencé à faire une charte d'exploita- ker le miel.
tion du miel pour extraire le miel de la façon la
Il y a donc une énorme différence entre ce que
plus propre possible .
l'on faisait au début, à la fin des années quatre-
De plus, pour ajouter à cette étude, une jeune vingts, et ce qu'on fait maintenant, en raison de
femme de Limoges, Mlle Guillon, a fait une thèse la pression de certains médecins qui font partie
en pharmacie sur le pouvoir antibactérien des du comité d'éthique et qui ne reconnaissent pas,
miels, ce qui a éclairé pas mal nos recherches. bien sûr, le miel comme un médicament.
Ce n'est effectivement pas un médicament. Il
LA PROPOLIS ? faut donc se protéger d'une certaine façon et
rendre l'étude de plus en plus pointue pour utili-
Un revenu en plus ! ser un miel qui soit le plus « stérile » possible, en
sachant que la stérilité du miel, ça n'existe pas .
RÉCUPÉREZ-LA, Je vais vous présenter dans un premier temps
nous lachetons !
;'(.t{ ·..
notre technique de pansement et dans un
deuxième temps, je vous présenterai quelques cas
concrets.
APICJ. \runE Donc, cette connaissance progressive de l'effet
o·o t...[Link] ''•'.i"
thérapeutique du miel dans la cicatrisation s'est
associée à la mise au point, par l'équipe infirmière
SARL du service, d'une technique de pansement.
La technique de pansement est déterminée par
39110 les résultats de l'examen de la plaie et doit favo-
LA CHAPELLE/FURIEUSE riser les trois stades du processus physiologique
Tél. 03 84 73 81 62 de la cicatrisation.
Fax : 03 84 37 81 99 Les trois stades sont :
• La détersion.
CENTRE
• Le bourgeonnement. HOSPITALIER
UNIVERSITAIRE
DE LIMOGES
• L'épithélialisation . HÔPITAL UNIVfASIT
2. avenue Manin-Luih~'.~~ DUPUYTREN
87041 llMOGEs ceoex ong
Tet 05 ssos 6 1 23
La technique de pansement sera différente Télécopie os 55 05
66 67

Che f de servi~e .
en fonction du stade. p, a. oescorre·s
Adjoint ;
Pr 0 . VALLEIX

Le premier stade est le stade de détersion.


La détersion est un processus physiologique [Link];
OrM. SOOJI

qui s'opère au fond de la plaie. Or Ph , THOGNON


Anurhesis1o .
Or P. PEZE .
Dr F. BOUL ANGE R
Or B. SAROJN ·
Elle consiste en /'élimination de tous les Dr H. BERTRAND

corps étrangers et résidus tissulaires qui em- Je soussigné, M

pêchent le tissu conjonctif de bourgeonner. . re~o~ais avoir reçu une info . .


C1Ururg1e Viscérale et Transplan1a1::'~::~::;: ~crite sur l'étude réalisée dans_le service de
A ce stade-là, la plaie revêt souvent un
, "Le miel et la cicatrisation des plaies"
aspect jaunâtre, blanchâtre avec quelque- J accepte que Je miel soit utilisé lors du tr . .
alternent de mes plaies.
fois quelques plaques de nécrose .
Nous allons renforcer cette détersion
physiologique en associant une détersion
chimique et une détersion mécanique.
Signature

La détersion chimique : nous utilisons


un tensioactif, de la bêtadine Screub et de
l'eau oxygénée en bain de quelques mi-
nutes.
Ensuite, une détersion mécanique avec
une brosse à dents chirurgicale souple.

Nous allons utiliser cette brosse en ::~--1!1!1!11~-~~ll'llill!l~~--~~-.IMl!l!-.J


mouvements circulaires doux pour balayer les pro-
duits de la détersion et stimuler les tissus sous-ja-
cents. Les pansements sont effectués toutes les 48
La plaie est ensuite irriguée au sérum physio- heures.
logique, ce qui nous permet d'évaluer les effets Le dernier stade est le stade d'épithélialisation .
des opérations précédentes. Cela aboutit à la couverture de la plaie.
Une attention toute particulière est accordée Elle se développe de façon concentrique à par-
aux berges de la plaie. tir des berges de la plaie.
Nous appliquons enfin le miel en fine pellicule . C'est pour ça que, tout à l'heure, je vous ai dit
qu'on accordait une attention toute particulière
A ce stade de détersion, les pansements sont au x berges de la plaie puisque la plaie va se re-
faits tous les jours, voire deux fois par jour si la fermer à partir des berges.
plaie est très sale.
A ce stade-là, nous utilisons également uni-
Après ce stade de détersion, la cicatrisation quement du sérum physiologique, séchage avant
parvient au stade de bourgeonnement. application du miel.
A ce stade, elle revêt un aspect rouge et saigne Ensuite, lorsque la plaie est entièrement cica-
facilement au contact. trisée, nous la laissons, bien sûr, à l'air. •
C'est pourquoi, à ce stade-là, nous allons utili- Pr DESCOTTES
ser uniquement du sérum physiologique en irri-
Suite de l'article page 42 avec les réponses aux questions posées par •
gation douce, séchage avant l'application du miel. /'auditoire aux infirmières du service du Pr Descottes
li
;
Réponses aux questions posées
par /'auditoire aux infirmières
du service du Pr Descottes
Quel miel utilisez-vous ? Est-il stéri- t'éries. C'est la raison pour laquelle /'ana-
1 lisé? Subit-il une analyse ? lyse bactériologique est une gàrantie in-
dispensable pour nous: ·
«Au départ, on utilisait le miel comme
ça, selon l'avis et l'accord de M. Descottes, Après analyse, le miel est mis en pots
mais sans avoir fait d'études préalables et stérilisés. (Aprês utilisation,· ces pots .sont
en se référant seulement à la littérature renvoyés à la pharmacie pour re-stérilisa- ,
existante sur le sujet. tian et re-stockage des miels fournis).
Puis, on a établi un protocole. On a fait En outre, et c'est important, le patient
une recherche associée à une étude ran- (ou ses proches)'·signe. une autorisation
domisée. préalable d'app'ffcation de 'miel. (Même
s'il n'y a jamaïs èu auèun· problème jus-
Ensuite, on a décidé, pour chaque uti-
1isation du miel, de le commander chez qu'afr?rs, , çet qCcord signé e.s t préfé-
rable): >> · · . , ·
certains apiculteurs sélectionnés.
A ce propos, nous aimerions faire une
charte de qualité - elle est déjà ébauchée.
Ainsi, nous demandons aux apiculteurs
· 2·Comment est perçue l'utilisation du
. miel pour la cicatrisation des plaies
d'extraire le miel dans les meilleures dans le milieu médical ?
1
conditions d'hygiène (a vec des gants sté-
riles, par exemple). · « Dans le milieu médical, bien sûr, il y a
les "pour" et les "contre"!
Nous avor:is même pen~~ aux ruches-
plastique (une idée de nàtre ·professeur Ici, à l'hôpital de Limoges, la méthode
de bactériologie ...), p.a rce qu'elles se net- est un peu entrée dans les mœurs, mais
toiera]ent p!Us facilement Mai,s je crois tous les services ne l'utilisent pas néan- . ·
qu'il n'y a"pas d'apicultedrs-qui utilisent moins. Depuis qu'il y a le comité
cela... · d'éthique, le chef de service de dermato-
logie, notamment, ne nous suit plus...
Quand ,~· ;f;ieÏ ar; hie, il subit une ana-
l lyse bpçtérlologique, sur une base appe- Un autre exemple : pas plus tard que la
lée UFG (::::Unités f9fmqnt colonies, taux semaine dernière, au Congrès de Dijon,
··moyèh ~· 7 ÜFC): ' un médecin nous a téléphoné pour nous
r ·. , ·<. - "
f Tou.t ceci dans le but de «perfection- demander notre protocole pansement,
etc. Elle travaille dans un service de mé-
.ner », .~n quelque sorte, le produit utilisé.
r .,_:., '
decine interne et voulait utiliser le miel.
Mais on ne stérilise pas le miel. Elle a parlé avec le professeur Descottes,
et était très emballée. Quand elle est ren-
Contrairement aux dires de certains trée, elle en a parlé avec son chef de ser-
1 médecins dans Jeurs études, Je miel n'est vice, qui lui a répondu : « Pourquoi pas ·
pas stérile. Le miel peut contenir certains utiliser aussi des rondelles d'oignons ou ·
dépôts ou imperfections, c'est évident. Et de tomates sur les plaies ? ».
l'apiculteur aussi, selon ses conditions de
travail, peut contribuer à l'apport de bac- C'est un bel exemple de barrière médi-
cale ... Qu'on n'a jamais rencontrée avec Avez-vous traité des plaies
M . Descottes. 6 variqueuses ?
Il y a aussi, bien sûr, la concurrence des « Nous travaillons dans un service de
laboratoires. Vu le coût du miel, on est sé- chirurgie digestive, donc nous n'avons gé-
rieusement concurrentiel. » néralement pas ce genre de plaie à trai-
ter.
· Quel est le taux de réussite de votre Mais cela nous est arrivé avec un pa-·
méthode? tient. Nous avons traité son ulcère Vqri""
« Nous réussissons dans plus de 90 %
queux avec le miel.
des cas. Dans ce cas, il faut se méfier dÙTJoùr- '1
Même si depuis le début des années geonnement, fréquent, selon la profon-
quatre-vingt-dix, les pansements ont évo- deur de la plaie. · ·
lué, grâce aux techniques, et qu'on a Notre expér/encé professio n nelle ne
moins de problèmes de plaies, donc moins porte pas sur ce sujet. Je pense néanmoins
d'occasions de traiter avec le miel, le ré- qu'il existe certainement des choses inté-
sultat obtenu est très bon. ressantes à ce propos [Link] la littérature
Un emplacement de drain qu'on en- médicale ... » ·
lève, traité au miel, est « réglé » en 2 à 3
jours ...
Si certains patients sortent de l'hôpital
avec une plaie non encore cicatrisée, c'est Avez-vous rencontré des cas
/'infirmière à domicile qui prend le relais. ~·~llergie? ·

Dans de très rares cas, nous avons·étê ·«Jamais. Aucune réaction d'intolérance
contraints de suspendre le traitement, · de ·type allergique, locale, eczématisation
pour cause de surinfection. autour de la plaie, ou générale.
En chirurgie digestive, les màlàdes sont Je dois vous dire qu'aujourd'hui,
souvent problématiques sur le plan infec- d'autre part, on réfléchit à l'utilisation de
tieux. Si l'infection généralisée est trop la propolis, comment /'utiliser sur les pan-
importante, et que notre méthode ne sements, sous forme de pommade, par
fonctionne pas, nous avons recours à exemple.
d'autres [Link]~ · ·
Mais,' généralement; .notre méthode est
a
· Notre laborantin déjà fait l'ébauche
d'une étude, à partir d'informations ve-
très concluat;1 te. » nant du Brésil.
. ! "

· Monsieur Descottes s'y intéresse vive -


U;n PëJnS,e.m~nt au miel n'est-H p~s dif- ment, également. .. »
4 ficile .à réaliser "J ..
« Il n'y .a pas de contrainte spéciale
dàns la pratique infirmière des panse-
ments au miel. Ils sont simples, comme Votre méthode est-elle utilisable en
dè~ pansements classiques. » médecine vétérinaire?
« Bien sûr, nous ne travaillons pas,
nous, sur les animaux ! Mais les résultats
·5 Br~ssez-vous les plaies ? devraient être les mêmes ... »
« ,Le brossage est fait avec des brosses NDLR: voir« Apithérapie 1997 », page
très très souples. )) 38, exemple concernant le cheval.

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