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Espaces Euclidiens

Ce chapitre traite des espaces euclidiens, en définissant les notions de produit scalaire, d'orthogonalité et de bases orthonormales. Il présente également les endomorphismes orthogonaux, les matrices orthogonales et leurs propriétés.

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Espaces Euclidiens

Ce chapitre traite des espaces euclidiens, en définissant les notions de produit scalaire, d'orthogonalité et de bases orthonormales. Il présente également les endomorphismes orthogonaux, les matrices orthogonales et leurs propriétés.

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Chapitre 24

Espaces euclidiens

Objectifs

– Définir les notions de produit scalaire, d’orthogonalité, de bases orthonormales.


– Définir les notions d’endomorphismes orthogonaux, de matrices orthogonales, étudier leurs propriétés.
– Étudier les endomorphismes orthogonaux en dimension 1, 2 et 3.

Sommaire
I) Produit scalaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1) Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
2) Orthogonalité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
3) Bases orthonormales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
4) Projections orthogonales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
5) Distance d’un vecteur à un s.e.v . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
II) Endomorphismes orthogonaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1) definition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2) Matrices orthogonales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
3) Espace vectoriel euclidien orienté . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
4) Produit mixte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
5) Produit vectoriel en dimension 3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
III) Endomorphismes orthogonaux en dimension 1, 2 et 3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1) En dimension 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
2) Dans le plan . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
3) En dimension 3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
IV) Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

Dans tout le chapitre, E désigne un R-espace vectoriel.

I) Produit scalaire
1) Définitions

D ÉFINITION 24.1
.
Un produit scalaire sur E est une forme bilinéaire sur E, généralement notée (.|.), qui à tout couple de
vecteurs (x, y) associe le réel (x|y), et qui vérifie :
. – ∀ x, y ∈ E, (x|y) = (y|x) (symétrie). .
– ∀ x ∈ E, (x|x) > 0 (positive).
– ∀ x ∈ E, si (x|x) = 0, alors x = 0 (définie).
Lorsque E est muni d’un produit scalaire (.|.), on dit que (E, (.|.)) est un espace euclidien s’il est de
dimension finie, ou un espace pré-hilbertien sinon.

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Produit scalaire Chapitre 24 : Espaces euclidiens

. THÉORÈME 24.1 (Inégalité de Cauchy-Schwarz)


. .
. ∀ x, y ∈ E, (x|y) 6 (x|x)(y|y).
2

. THÉORÈME 24.2 (cas d’égalité)


. .
2
. ∀ x, y ∈ E, (x|y) = (x|x)(y|y) ⇐⇒ (x, y) est liée.

D ÉFINITION 24.2 (norme euclidienne)


.. p .
Soit x ∈ (E, (.|.)), on pose kxk = (x|x), c’est la norme euclidienne de x . Un vecteur de norme égale à 1
est dit unitaire.
. Si x est non nul alors le vecteur 1
kxk x est unitaire.
Propriétés :
– kxk = 0 ⇐⇒ x = 0.
– ∀ λ ∈ R, kλxk = |λ|kxk.
– kx + yk 6 kxk + kyk (inégalité triangulaire).

Relations entre le produit scalaire et la norme :


– kx + yk2 = kxk2 + kyk2 + 2(x|y).
– kx + yk2 + kx − yk2 = 2(kxk2 + kyk2 ) (théorème de la médiane ou identité du parallélogramme).
– 4(x|y) = kx + yk2 − kx − yk2 (identité de polarisation).

Dans la suite, (E, (.|.)) désigne un espace euclidien.

2) Orthogonalité

D ÉFINITION 24.3
.
Soient x, y ∈ E, et soient F, G deux s.e.v de E, on dit que :
– x et y sont orthogonaux lorsque (x|y) = 0.
. .
– F et G sont orthogonaux lorsque ∀ x ∈ F, ∀ y ∈ G, (x|y) = 0.
On appelle orthogonal de A (une partie de E), l’ensemble des vecteurs de E orthogonaux à tous les
vecteurs de A, notation : A⊥ = {x ∈ E / ∀ y ∈ A, (x|y) = 0}. On remarquera que dire que F et G sont
orthogonaux équivaut à F ⊂ G⊥ , ou encore G ⊂ F⊥ .
. Le seul vecteur orthogonal à tous les autres est le vecteur nul, i.e. E⊥ = {0}, car le produit scalaire est défini.

. THÉORÈME 24.3 (de Pythagore)


. .
2 2 2
. Deux vecteurs x et y sont orthogonaux ssi kx + yk = kxk + kyk .

. THÉORÈME 24.4
. .

. Si F est un s.e.v de E, alors F est un s.e.v de E en somme directe avec F.

Propriétés :
– Si F ⊂ G, alors G⊥ ⊂ F⊥ .
– F ⊂ (F⊥ )⊥ .
– (F + G)⊥ = F⊥ ∩ G⊥ .

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Produit scalaire Chapitre 24 : Espaces euclidiens

. THÉORÈME 24.5
. . p , alors dim(F⊥ ) = n − p , on a donc :
Si dim(E) = n et si F est un s.e.v de E de dimension

. E = F ⊕ F⊥ .

Quelques conséquences :
– (F⊥ )⊥ = F.
– (F ∩ G)⊥ = F⊥ + G⊥ .

. THÉORÈME 24.6
. .
. Soit f : E → R une forme linéaire, alors il existe un unique vecteur a ∈ E tel que ∀ x ∈ E, f (x) = (a|x).

3) Bases orthonormales

D ÉFINITION 24.4
.. .
Une famille (x 1 , . . . , x p ) de E est dite orthonormale lorsque ∀ i , j ∈ [[1..p]], (e i |e j ) = δi j . Cette famille
est dite orthogonale lorsque ∀ i , j ∈ [[1..p]], i 6= j =⇒ (e i |e j ) = 0.

. THÉORÈME 24.7
. .
Une famille orthogonale ne contenant pas le vecteur nul est libre. En particulier, une famille ortho-
. normale est libre.

Cas particulier : si dim(E) = n, alors une famille orthonormale de n vecteurs est une base de E, on dit
que l’on a une base orthonormale (b.o.n en abrégé). Par exemple, la base canonique que Rn est une base
orthonormale pour le produit scalaire canonique.

. THÉORÈME 24.8
. . p
∑ ∑
p
Si (e 1 , . . . , e p ) est une famille orthogonale, alors : k e i k2 = ke i k2 .
. k=1 i =1

. THÉORÈME 24.9 (coordonnées dans une b.o.n)


. Soit B = (e , . . . , e ) une b.o.n de E, alors ∀ x, y .∈ E, x = ∑
n
(x|e i )e i , (x|y) =

n
x i y i et kxk2 =

n
x i2 ,
1 n
i =1 i =1 i =1
. avec x i = (x|e i ) et y i = (y|e i ).

. THÉORÈME 24.10
. .
. Il existe toujours des bases orthonormales.

4) Projections orthogonales

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Endomorphismes orthogonaux Chapitre 24 : Espaces euclidiens

D ÉFINITION 24.5
.
. Soit p ∈ L (E) une projection (p ◦ p = p ), on dit que
. p est une projection orthogonale lorsque ker(p) =
ker(p − id)⊥ . Si F est un s.e.v de E, la projection orthogonale sur F, notée p F , est la projection sur F
parallèlement à F⊥ .
. Si F est un s.e.v de E, alors la projection orthogonale sur F⊥ est id − p .
F

. THÉORÈME 24.11
. .

p
Si F est un s.e.v de E, et si (e 1 , . . . , e p ) est une b.o.n de F, alors : ∀ x ∈ E, p F (x) = (x|e i )e i .
. i =1

. THÉORÈME 24.12 (procédé d’orthonormalisation de Schmidt1 )


Soit (e 1 , . . . , e n ) une base de E, alors il existe une unique b.o.n (v 1 , . . . , v n ) de E telle que :
.  .
 Vect[e 1 , . . . , e i ] = Vect[v 1 , . . . , v i ]
∀ i ∈ [[1..n]], .

(e i |v i ) > 0
.

5) Distance d’un vecteur à un s.e.v


Soit F un s.e.v de E et soit x ∈ E, pour tout vecteur y ∈ F, on a kx − yk2 = k(p F (x)− y)+ p F⊥ (x)k2 = kp F (x)−
yk + kp F⊥ (x)k2 , on voit donc que ∀ y ∈ E, kx − yk2 > kp F⊥ (x)k2 , et que cette valeur est un minimum atteint
2

uniquement pour y = p F (x), d’où le théorème :

. THÉORÈME 24.13

. Soit F un s.e.v de E, pour x ∈ E, l’ensemble {kx. − yk / y ∈ F} admet un minimum, celui-ci est at-
teint uniquement pour y = p F (x), et vaut kp F⊥ (x)k. Ce minimum est appelé distance de x à F et noté
. d(x, F) : d(x, F) = min y∈F kx − yk = kp F⊥ (x)k = kx − p F (x)k.

II) Endomorphismes orthogonaux


1) definition

D ÉFINITION 24.6
.
. Une isométrie vectorielle de E (ou endomorphisme . orthogonal de E) est une application f ∈ L (E)
telle que ∀ x ∈ E, k f (x)k = kxk (on dit que f conserve la norme), l’ensemble des endomorphismes
orthogonaux de E est noté O (E).

. THÉORÈME 24.14
. .
Un endomorphisme f de E est une isométrie ssi f conserve le produit scalaire, c’est à dire : ∀ x, y ∈
. E, ( f (x)| f (y)) = (x|y).

1 SCHMIDT Erhard (1876 – 1959) : mathématicien allemand.

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Endomorphismes orthogonaux Chapitre 24 : Espaces euclidiens

. THÉORÈME 24.15
. .
O (E) est un groupe pour la loi ◦, plus précisément c’est un sous-groupe de GL(E), on l’appelle : groupe
. orthogonal de E.

D ÉFINITION 24.7 (symétrie orthogonale)


.
. Soient s ∈ L (E) une symétrie (s 2 = idE ), soit F =. ker(s − id) et G = ker(s + id), alors on sait que s est
la symétrie par rapport à F et parallèlement à G. On dit que s est une symétrie orthogonale lorsque
F = G⊥ , on parle alors de la symétrie orthogonale par rapport à F (notée s F ).

. THÉORÈME 24.16
. .
. Une symétrie orthogonale est une isométrie vectorielle.

. Une projection orthogonale qui n’est pas l’identité, n’est pas une isométrie (elle n’est pas bijective).

D ÉFINITION 24.8 (réflexion)


. .
Une réflexion est une symétrie orthogonale par rapport à un hyperplan.

. THÉORÈME 24.17
. .
. Soit f ∈ L (E), alors f ∈ O (E) ⇐⇒ f transforme une b.o.n en une b.o.n de E.

2) Matrices orthogonales

. THÉORÈME 24.18

. Soit f ∈ L (E), soit B une base orthonornale de E. et soit A = mat( f ) ∈ Mn (R), alors :
B

. f ∈ O (E) ⇐⇒ tA × A = In .

D ÉFINITION 24.9
.. .
Soit A ∈ Mn (R), on dit que A est une matrice orthogonale lorsque tA × A = In , l’ensemble des matrices
orthogonales de taille n est noté O n (R).

. THÉORÈME 24.19 (Caractérisations des matrices orthogonales)


Soit A ∈ Mn (R), les assertions suivantes sont équivalentes :
. .
– A ∈ O n (R).
– A est inversible et A−1 = tA.
. – Les vecteurs colonnes de A forment une b.o.n de Rn .

Conséquences : O n (R) est un groupe multiplicatif, c’est en fait un sous-groupe de (GLn (R), ×), que l’on ap-
pelle groupe orthogonal de type n sur R.

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Endomorphismes orthogonaux Chapitre 24 : Espaces euclidiens

. THÉORÈME 24.20
. .
. Si f ∈ O (E), alors det( f ) = ±1. Si A ∈ O n (R) alors det(A) = ±1.

D ÉFINITION 24.10
.
L’application det : (O (E), ◦) → ({±1}, ×) est un morphisme de groupes. Son noyau est donc un sous-
groupe de O (E) que l’on appelle groupe des rotations et que l’on note SO (E) : groupe spécial ortho-
gonal de E (parfois noté O + (E)). On a donc : .
.
SO (E) = { f ∈ O (E) / det( f ) = 1}.

L’ensemble des matrices orthogonales de déterminant égal à 1 est un sous-groupe de O n (R) que l’on
note SO n (R) : groupe spécial orthogonal de type n sur R.

Composée d’endomorphismes orthogonaux : en raisonnant sur le déterminant, on obtient :


– La composée de deux rotations est une rotation.
– La composée d’une rotation et d’une isométrie négative (det = −1) est une isométrie négative.
– La composée de deux isométries négatives est une rotation.

3) Espace vectoriel euclidien orienté


Soit (E, (.|.)) un espace euclidien orienté.

. THÉORÈME 24.21 (caractérisation des rotations)


. Un endomorphisme f de E est une rotation ssi f . transforme une b.o.n.d en une b.o.n.d (on dit que f
. conserve l’orientation).

. THÉORÈME 24.22

. Soit B une b.o.n.d de E, soit B0 une autre base orthonormale


. de E, alors :
0
– Si B est directe, alors detB0 = detB.
. – Si B0 est indirecte, alors detB0 = − detB.

4) Produit mixte
L’espace vectoriel E est euclidien, orienté et de dimension n.

D ÉFINITION 24.11
.
. Soit B = (e 1 , . . . , e n ) une b.o.n.d de E, soit (x 1 , . . . , x. n ) une famille de vecteurs de E. On appelle produit
mixe des vecteurs x 1 , . . . , x n , le réel noté [x 1 , . . . , x n ] et défini par : [x 1 , . . . , x n ] = detB(x 1 , . . . , x n ). D’après
le théorème précédent, ce nombre ne dépend pas de la b.o.n.d choisie.
. Le produit mixte étant un déterminant, il hérite des propriétés de ce dernier.

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Endomorphismes orthogonaux en dimension 1, 2 et 3 Chapitre 24 : Espaces euclidiens

5) Produit vectoriel en dimension 3


(E, (.|.)) est un espace vectoriel euclidien orienté de dimension 3.

D ÉFINITION 24.12
.
. Soit u, v ∈ E, l’application f : E → R définie par .f (x) = [u, v, x] est une forme linéaire sur E, donc il
existe un unique vecteur a ∈ E tel que ∀ x ∈ E, [u, v, x] = (a|x). Par définition, ce vecteur a est appelé
produit vectoriel de u et v , on le note u ∧ v .
Propriétés du produit vectoriel
– u ∧ v = 0 ssi (u, v) est liée.
– u ∧ v est orthogonal à u et v.
– Si (u, v) est libre, alors (u, v, u ∧ v) est une base directe de E.
– Le produit vectoriel est bilinéaire et antisymétrique.
– ku ∧ vk2 = kuk2 kvk2 − (u|v)2 .
(u|v)
Lorsque (u, v) est libre, alors d’après l’inégalité de Cauchy-Schwarz ∈ [−1; 1], donc il existe un
kukkvk
unique réel θ ∈ [0; π] tel que (u|v) = kukkvk cos(θ), on obtient alors ku ∧ vk = kukkvk sin(θ). Ce réel θ
est appelé mesure de l’angle (u, v), c’est un élément de [0; π].
– Coordonnées de u ∧ v dans une b.o.n.d : soit (i , j , k) une b.o.n.d de E, alors :
¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯
¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯
¯u 2 v2¯ ¯u v1¯ ¯u v1¯
u ∧ v = ¯¯ ¯i −¯ 1 ¯ j +¯ 1 ¯ k.
¯ ¯ ¯ ¯ ¯
¯u 3 v3¯ ¯u 3 v3¯ ¯u 2 v2¯

– Formule du double produit vectoriel : ∀ x, y, z ∈ E, x ∧ (y ∧ z) = (x|z)y − (x|y)z.

III) Endomorphismes orthogonaux en dimension 1, 2 et 3


1) En dimension 1
Si dim(E) = 1 et si f ∈ O (E), alors f est une homothétie de rapport λ ∈ R, mais f conserve la norme donc
∀ x ∈ E, kλxk = kxk, ce qui donne en prenant x 6= 0, |λ| = 1, d’où O (E) = {±idE }.

2) Dans le plan
Soit E un plan euclidien orienté et soit f ∈ O (E), on effectue la classification suivant les invariants de
f : F = ker( f − idE ).
– dim(F) = 2 : alors f = id ∈ SO (E).
– dim(F) = 1 : alors F = Vect[u] est une droite vectorielle (avec u unitaire) stable par f , donc F⊥ est
une droite vectorielle stable par f également et sur laquelle le seul vecteur invariant est 0, donc la
restriction de f à F⊥ est −idF⊥ . Soit v un vecteur unitaire de F⊥ , alors B = (u, v) est une b.o.n de E et
 
1 0
on a mat( f ) =  , donc f est la réflexion d’axe F.
B
0 −1
Soit B0 = (i , j ) une b.o.n.d, il existe un réel θ tel que u = cos(θ/2)i + sin(θ/2) j , on prend alors v =
 
cos(θ) sin(θ)
− sin(θ/2)i + cos(θ/2) j , et la matrice de f dans la base B0 est mat (f ) =  .
B0
sin(θ) − cos(θ)
– dim(F) = 0, seul le vecteur nul est invariant par f , soit B = (i , j ) une b.o.n.d de E, alors mat( f ) =
B
 
cos(θ) − sin(θ)
 , cette matrice est notée R(θ), c’est la matrice d’une rotation. On dit que f est la
sin(θ) cos(θ)
rotation d’angle θ. On remarquera que la matrice de f est la même dans toutes les b.o.n.d de E.

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Endomorphismes orthogonaux en dimension 1, 2 et 3 Chapitre 24 : Espaces euclidiens

En résumé :

→ SO (E) = { f ∈ O (E) / ∃ θ ∈ R, mat( f ) = R(θ)}, où B est une b.o.n.d quelconque de E


B

 
cos(θ) sin(θ)
→ O − (E) = { f ∈ O (E) / ∃ θ ∈ R, mat( f ) =  },
B
sin(θ) − cos(θ)

où B est une b.o.n.d quelconque de E. Ce sont des réflexions d’axe Vect[u]

où u = cos(θ/2)i + sin(θ/2) j .

 
cos(θ) sin(θ)
→ SO 2 (R) = {R(θ) / θ ∈ R} et O 2− (R) = {  / θ ∈ R}
sin(θ) − cos(θ)

.D⊥ →

.x


.x

.x→ .θ
2

− .D
.j

.x→ →

1
.θ2 .j
.

− →

.i .i
.r (→

x)
.−−
x→
.s (→

x)
2

.s : réflexion d’axe D .r : rotation d’angle θ

F IG . 24.1: Réflexion et rotation


 
cos(θ) − sin(θ)
Propriété : L’application R : R → SO 2 (R) définie par R(θ) =   est un morphisme de groupes
sin(θ) cos(θ)
surjectif. En particulier, on a R(0) = I2 et ∀ θ, θ0 ∈ R, R(θ + θ0 ) = R(θ) × R(θ0 ), d’où R(θ)−1 = R(−θ).

. THÉORÈME 24.23
. .
. Le groupe des rotations, (SO (E), ◦), est commutatif.

Composée de deux réflexions : Soit B = (i , j ) une b.o.n.d de E, soit s la réflexion d’axe Vect[u] et s 0 la ré-
flexion d’axe Vect[u 0 ] avec u = cos(θ/2)i + sin(θ/2) j et u 0 = cos(θ0 /2)i + sin(θ0 /2) j . La matrice de s ◦ s 0 dans
   
cos(θ) sin(θ) cos(θ0 ) sin(θ0 )
la base B est la matrice A =  ×  = R(θ − θ0 ), donc s ◦ s 0 est la rotation
0 0
sin(θ) − cos(θ) sin(θ ) − cos(θ )
d’angle θ − θ0 = 2(u 0 , u) (mod 2π). Ce calcul montre en même temps, qu’une rotation peut s’écrire comme
la composée de deux réflexions dont une est arbitraire.

3) En dimension 3
Soit E une espace euclidien orienté de dimension 3, et soit f ∈ O (E), la classification se fait suivant la
dimension de F = ker( f − idE ).

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Endomorphismes orthogonaux en dimension 1, 2 et 3 Chapitre 24 : Espaces euclidiens

– dim(F) = 3 : alors f = idE , c’est une rotation.


– dim(F) = 2, alors F est un plan stable par f , donc F⊥ = Vect[u] (avec u unitaire) est une droite stable
par f sur laquelle le seul vecteur invariant est 0, donc la restriction de f à F⊥ est −idF⊥ , d’où f (u) = −u,
f est donc la réflexion par rapport au plan F, et f ∈ O − (E).
Soit x ∈ E, le projeté orthogonal de x sur F est (u ∧ x) ∧ u et son projeté sur F⊥ est (x|u)u, donc x =
(x|u)u + (u ∧ x) ∧ u, on en déduit :

∀x ∈ E, f (x) = −(x|u)u + (u ∧ x) ∧ u).

C’est l’expression vectorielle de la réflexion par rapport au plan Vect[u]⊥ .


– dim(F) = 1 : alors F = Vect[u] est une droite vectorielle stable par f (avec u unitaire), donc F⊥ est un
plan stable par f sur lequel le seul vecteur invariant est 0, donc la restriction de f à F⊥ est une rotation.
Soit (v, w) une b.o.n.d de F⊥ orienté
 par u, alors B= (u, v, w) est une b.o.n.d de E, et la matrice de f

1 0 0 
 
dans la base B est : mat( f ) = 
 0 cos(θ) − sin(θ)
 . Le déterminant de cette matrice vaut 1, donc f
B  
0 sin(θ) cos(θ)
est une rotation, on dit que f est la rotation d’axe Vect[u] et d’angle θ dans le plan Vect[u]⊥ orienté
par u.

∀x ∈ E, f (x) = (x|u)u + cos(θ)(u ∧ x) ∧ u + sin(θ)u ∧ x.


C’est l’expression vectorielle de la rotation f . On remarquera que tr( f ) = 1 + 2 cos(θ), et si x est un
vecteur unitaire orthogonal à u, alors x ∧ f (x) = sin(θ)u, ce qui permet de déterminer l’angle de la
rotation.
– dim(F) = 0 : alors (on admet que) f 2 est une rotation d’axe Vect[y], soit x = f (y) − y on a x 6= 0 et
f (x) = −x, donc il existe un vecteur unitaire u tel que f (u) = −u, soit D = Vect[u], alors D⊥ est un plan
stable par f sur lequel seul le vecteur nul est invariant, donc la restriction de f à D⊥ est une rotation,
soit (v, w) une b.o.n.d de D⊥ orienté par u, alors B = (u, v, w) est une b.o.n.d de E et :
 
−1 0 0 
 
mat( f ) = 
 0 cos(θ) − sin(θ) ,
B  
0 sin(θ) cos(θ)

le déterminant de cette matrice vaut −1 donc f ∈ O − (E). Soit s la réflexion par rapport au plan D⊥ et r
la rotation d’axe D = Vect[u] et d’angle θ, il est facile de vérifier que f = s ◦ r = r ◦ s. D’autre part, pour
tout vecteur x ∈ E :
f (x) = −(x|u)u + cos(θ)(u ∧ x) ∧ u + sin(θ)u ∧ x.
C’est l’expression vectorielle de f . On remarquera que tr( f ) = −1 + 2 cos(θ), et que si x est un vecteur
unitaire orthogonal à u, alors x ∧ f (x) = sin(θ)u, ce qui permet de déterminer l’angle θ.

En résumé :

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Endomorphismes orthogonaux en dimension 1, 2 et 3 Chapitre 24 : Espaces euclidiens

 
1 0 0 
 
→ SO (E) = { f ∈ O (E) / ∃ B, b.o.n.d, ∃ θ ∈ R, mat( f ) = 0 cos(θ) − sin(θ)

}
B  
0 sin(θ) cos(θ)

(les invariants forment une droite vectorielle si f 6= idE )

→ Si det( f ) = −1, alors soit f est une réflexion (un plan invariant),

soit f est la composée commutative entre une rotation d’axe Vect[u] et une réflexion

par rapport au plan Vect[u]⊥ .

.P⊥ = D



.x = −
x→ −→
1 + x2
.r (→

x ) = r (−
x→ −→
1 ) + x2


.x→
2


.x→
.r (−
x→
1
.P . 1)

.−−
x→
2

.s (→

x )=−
x→ −→
1 − x2

.s ◦ r (→

x ) = r ◦ s(→

x)

F IG . 24.2: réflexion, rotation, composée commutative

. THÉORÈME 24.24
. .
. Toute rotation peut s’écrire comme produit de deux réflexions.

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Exercices Chapitre 24 : Espaces euclidiens

IV) Exercices
F Exercice 24.1
Soit B = (i , j , k) la base canonique de R3 , dans les cas suivants, dire si ϕ est un produit scalaire, et si
c’est le cas, appliquer la méthode de Schmidt à B :

3
a) ϕ(x, y) = (x i2 + y i2 ).
i =1
b) ϕ(x, y) = x 1 y 1 − x 2 y 2 + x 3 y 3 .
c) ϕ(x, y) = (x 1 − 2x 2 )(y 1 − 2y 2 ) + x 2 y 2 + (x 2 + x 3 )(y 2 + y 3 ).

F Exercice 24.2
Soit B = (i , j , k) une b.o.n de E, soient v 1 (1, 1, 2), v 2 (1, 2, −2) et v 3 (5, −4, 0) trois vecteurs de E. Montrer
que B0 = (v 1 , v 2 , v 3 ) est une base de E, et appliquer à B0 la méthode de Schmidt.

F Exercice 24.3
Soit E = Mn (R), on pose pour A, B ∈ E, ϕ(A, B) = tr(tA × B).
a) Montrer que ϕ est un produit scalaire sur E. La base canonique de E est -elle orthonormale ?
Comment s’écrit l’inégalité de Cauchy-Schwarz ? Le cas d’égalité ?
b) Soit D = Vect[In ], pour A ∈ E, calculer la distance de A à D. En déduire une condition nécessaire
et suffisante pour que A ∈ D à l’aide de la trace.

F Exercice 24.4
Soit E un espace euclidien de dimension 5, soit B une b.o.n de E et soient v 1 (1, 0, 0, 1, −2),
v 2 (2, 0, 1, 0, 2) et v 3 (0, 1, 2, 0, 1) trois vecteurs de E. On pose F = Vect[v 1 , v 2 , v 3 ], déterminer une b.o.n
de F⊥ .

F Exercice 24.5
Soit E un espace euclidien et soit f ∈ L (E) tel que ∀ x ∈ E, (x| f (x)) = 0. Montrer que ker( f ) et Im( f )
sont supplémentaires orthogonaux.

F Exercice 24.6
Soit f un endomorphisme d’un espace euclidien E, tel que ∀ x ∈ E, k f (x)k 6 kxk. Montrer que
ker( f − idE ) et Im( f − idE ) ont supplémentaires.
Application : soit p ∈ L (E) une projection, montrer que p est une projection orthogonale ssi ∀ x ∈
E, kp(x)k 6 kxk.

F Exercice 24.7
Soit B = (e 1 , . . . , e p ) une famille libre de p vecteurs dans un espace euclidien E, on suppose que

p
∀ x ∈ E, kxk2 = (x|e i )2 .
i =1
a) Montrer que Vect[e 1 , . . . , e p ]⊥ = {0}, en déduire que B est une base de E.

p
b) Soient x, y ∈ E, montrer que (x|y) = (x|e i )(y|e i ).
i =1

p
c) Soit x ∈ E et soit y = (x|e i )e i . Montrer que kxk2 = kyk2 = (x|y). En déduire que x = y, puis
i =1
que B est orthonormale.

F Exercice 24.8
Soit E un espace euclidien, pour tout s.e.v F de E, on note p F la projection orthogonale sur F.
a) Soient F et G deux s.e.v de E, montrer que p F ◦ p G = 0 ssi F et G sont orthogonaux.
b) Montrer que p F+G = p F + p G ssi F et G sont orthogonaux.
c) Montrer que p F et p G commutent ssi F et F⊥ sont stables par p G , déterminer alors p G ◦ p F .

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Exercices Chapitre 24 : Espaces euclidiens

F Exercice 24.9
Soit B une b.o.n.d d’un plan euclidien E, déterminer la nature de l’endomorphisme de E dont la
matrice dans la base B est :
    p  p 
1 4 −3 1 4 3  1 3 1  1  3 −1 
.
5 3 4 5 3 −4 2 −1 p3 2 −1 −p3

F Exercice 24.10
Soit B une b.o.n.d d’un espace euclidien E de dimension 3, déterminer la nature de l’endomor-
phisme de E dont la matrice dans la base B est :
     
−1 2 2   2 −1 2   2 2 −1 
1 
 2 −1 2  1
2
 1 
   2 −1
−1 2
 2 
3  3  3 
2 2 −1 −1 2 2 2 −1 2
 p   
 −3 1 6  0 1 0 
1
 1 p   
 −3 6
 0 0 1 .
 
4   
p p
− 6 − 6 −2 −1 0 0

F Exercice 24.11
Soit E un espace euclidien de dimension 3, soit B = (i , j , k) une b.o.n.d de E, déterminer la matrice
dans la base B de :
a) p, la projection orthogonale sur le plan P d’équation x + y + z = 0.
b) s, la réflexion par rapport au plan P d’équation 2x + 3y + z = 0.
c) s, le demi-tour d’axe Vect[u] avec u(1, 1, 1).
d) r , la rotation d’axe Vect[u] et d’angle π/2, avec u(0, 1, 1).
e) r , la rotation d’axe Vect[u] qui transforme i en j , avec u = i + j + k.

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