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Le toucher comme soin en EHPAD

Ce résumé décrit le contexte d'un stage en EHPAD et présente une étude de cas sur une patiente nommée Mme X souffrant de douleurs, d'anxiété et de solitude.

Transféré par

Damien Chalm
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Le toucher comme soin en EHPAD

Ce résumé décrit le contexte d'un stage en EHPAD et présente une étude de cas sur une patiente nommée Mme X souffrant de douleurs, d'anxiété et de solitude.

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INTRODUCTION

A mes débuts dans la formation, du fait de mon jeune âge et de mon manque d’expérience,
il était parfois difficile pour moi de trouver des mots lorsque le patient présentait des craintes,
de la douleur, de la tristesse … Longtemps je me suis posé comme question  : comment vais-je
arrivé un jour à rassurer un patient … Or cela n’est pas inné, on l’acquiert avec l’expérience et
surtout en apprenant à se connaitre et à connaitre l’autre. Ayant fait part des mes
interrogations à des aides soignantes et des infirmières, l’une d’elle me dit une simple phrase
qui pour moi pris sens : «  Il n’y a pas forcement besoin de mots pour soigner les maux … ».

De ce fait pour soutenir le patient dans sa douleur et sa souffrance j’usais du toucher comme
soin .Il s’agissait pour moi d’un réflexe, un moyen de dire que j’étais présent de manière
authentique et empathique. La chaleur que dégage nos mains peut être une source de réconfort
et la pression que nous exerçons témoigne de l’amplitude de notre implication et écoute. Mon
intérêt pour le toucher réside dans un premier temps à un comportement inné mais aussi acquis
par les notions sur le care dont j’ai bénéficiais au cours de la formation. Mais si j’ai choisi le
thème du toucher concernant mon mémoire, c’est qu’à mon sens il s’agit d’un soin qui permet
d’établir une relation de confiance et par conséquent une relation d’aide au patient qui présente
une altération de son état tant sur le plans physiques, psychiques que sociaux.

Or on note , une perception faussée du toucher de la part de certains professionnels de


santé avec « l’utilisation des mots connotés péjorativement pour expliquer la pratique du
toucher (…) des craintes de dérives (…) , des incompréhensions autour de la nature du toucher
… ».De plus , d’autres le définissent comme banal, «  sans grand intérêt » .Pourtant , le
toucher est le sens premier dont fait appel l’infirmier : « 85% des soins infirmiers nécessitent le
recours au toucher pour pouvoir être effectués… Le toucher fait donc partie intégrante du soin
et non ≪quelque chose≫ en plus… »; car on accompagne le patient dans sa santé.

De ce fait, mon travail de recherche s’inscrit dans l’axe «  Soins Infirmiers et Relation avec
l’usager  » avec comme intention de recherche : comprendre ce qu’il se joue dans la relation
soignant soigné induite par le toucher chez la personne âgée douloureuse. Par conséquent, Il
s’articulera autour des notions de prise en charge relationnelle de la personne âgée faisant
appel aux concepts de douleur, relation soignant /soigné et toucher en référence à des contenus
professionnels telles que la revue de soins ou des auteurs du domaine comme Carl Roger ou
bien Marie Françoise Collière.
A. ETAPE I : LA PROBLEMATIQUE

1. CONTEXTE

1.1 Le lieu

En première année d’études en soins infirmiers je fus affecté en EHPAD : établissement


pour personne âgée dépendante. Il s’agit d’une structure médicalisée ayant vocation à accueillir
des personnes âgées. Pour être accueilli en EHPAD, il faut : avoir plus de 60 ans et être
dépendant, c'est-à-dire être en perte d'autonomie.

Cet EHPAD accueille 80 résidents répartis sur 4 étages : les étages 1 et 2 correspondant à
une quasi-totale autonomie physique et psychique des patients : la structure représente leur
maison : chacun à sa chambre avec des effets personnels, on y propose des activités intérieures
et extérieures et l’aménagement de l’espace tant par les couleurs que par le matériel rendait le
lieu chaleureux.

Aux étages 3 et 4 : les patients bénéficiés des mêmes services mais avec un aspect médical
plus important : Au 3eme étage les résidents présentaient des pathologies dites somatiques et
handicapantes : troubles de la mobilité, troubles de la déglutition, troubles cognitifs dus à une
maladie dégénérative débutante .Quant au 4 eme étage , il s’agissait de résidents atteints de
démence lourde et de pathologie psychiatrique : un secteur fermé avec code d’entrée et
verrouillage des portes.

1.2 L’équipe pluridisciplinaire

Cette EHPAD était constituée d’une équipe pluridisciplinaire composée :


 De personnels présents de manière fixe sur l’établissement :
une directrice d’établissement, une cadre de santé, 4 infirmières,1 psychologue , 8 aides
soignantes, 4 Agents de service Hospitalier, 2 chefs cuisiniers et 1 commis de cuisine, 2
secrétaires et une animatrice.
 De personnels libéraux intervenants dans l’établissement plusieurs fois dans la
semaine :
Un médecin généraliste référent, un podologue pédicure, une coiffeuse esthéticienne
 D’étudiants :
2 étudiants infirmiers, 3 étudiants aides soignants, 1 étudiant Aide médicaux psychologique

1.3 L’organisation du travail

Chaque membre de l’équipe avait des tâches à effectuer :


L’infirmière réalisait : Sur deux étages soit 40 patients
 Le matin les hémoglucotests et les injections d’insuline au lever du patient
 La distribution des médicaments au petit déjeuner, le midi et le soir
 Les divers pansements, injections parentérales et autres
Les aides soignantes effectuaient : soit 10 patients chacune
 Les toilettes, aide à la toilette et changes
 L’aide a la prise des repas
 Les lever et les coucher

Les agents de service recevaient les repas et les distribuaient ; ils gèrent l’entretien des
locaux.

2. LA SITUATION INITALE

2.1 La situation

J’étais en 1 ère année d’étude en soins infirmiers, je venais de commencer mon stage en
EHPAD. Je devais prendre en charge Mme X, 80 ans résidente dans l’établissement depuis 5
ans pour perte d’autonomie dans un contexte de cancer du sein métastasé dont les interventions
médicales ne suffisaient plus à freiner l’avancée.(NB : Mme X commençait à présenter aussi
des troubles de la mémoire mais aucun diagnostic précis à ce jour déterminé )

Mme X était atteinte de diabète, chaque matin il fallait donc réaliser un hémoglucotest et si le
cas le nécessitait lui administrer un dose d’insuline par voie sous cutanée. J’avais déjà réalisé
le soin avec un autre patient et connaissait donc l’aspect théorique et pratique du soin. J’ai
donc prévenu la patiente et partit préparer mon matériel. A mon retour dans la chambre, je
m’installe et commence à approcher ma main. A ce moment, je vis le visage de Mme X se
crisper avant même de la toucher, elle émettait des soupirs semblables à ceux éprouvait en cas
de douleur lancinante. A la vue de l’aiguille, Mme X tournait la tête … L’équipe soignante
m’avait prévenu que la patiente était très algique, elle avait une fragilité au niveau cutané et
une hypersensibilité qui la rendait anxieuse avant chaque soin. De plus, elle présentait des
scalps cutanés qui étaient mal vécus par la patiente  : « Regardez mes pauvres bras tout abimés
… » Cependant Mme X était traité par antalgique : un patch Durogésic 75 microgrammes
toutes les 72H pour palier à cela et garantir son bien être ; mais ne pouvait plus marcher du fait
de la douleur trop vive selon ses dires.

Voyant la réaction de la patiente, j’essaye de la rassurer verbalement : «  Ne vous inquiétez


pas , j’ai déjà réalisé ce soin Mme , j’essayerai d’être le plus efficace pour que vous ayez le
moins mal possible » .Elle me rétorqua : «  la personne avant vous m’avez dit ça aussi et j’ai eu
très mal  » .Pour insister sur mes dires , je mis mon matériel de côté , prit d’une main celle de
Mme X et posa l’autre sur la zone où j’allais effectuer le soin .Le visage de la patiente
commençait à se détendre et j’entrepris mon soin .Face à sa réaction je me suis demandé : Le
fait de toucher la patiente la t’il rassuré ?

Avant l’injection, j’exerçais une légère pression rotative sur la peau dans un but de la
rassurer et pour y mettre une certaine forme d’empathie. Ayant au préalable réalisé mon
hémoglucotest, la patiente présentant 2, 56 g de glycémie, je pris le stylo à insuline et régla le
nombre d’unité à injecter comme le souligne le protocole pour cette patiente en lien avec sa
prescription. J’entrepris d’un geste précis le soin en l’espace de quelques secondes tout en
préservant une douceur dans ma technicité .Je sentis une légère tension de la part de la patiente
accompagné d’un petit gémissement au moment d’introduire l’aiguille et exerça de nouveau
ce léger massage à la fin du soin. Toucher la patiente est t’il alors un soin ? A ce moment là, je
lui pris la main, la regarda et lui sourit en lui disant : « Voila, c’est fini Mme X ». Elle me
regarda d’un air amusé, me dit : «  Merci » et me prit la main en souriant.

Outre cette anxiété que j’avais remarqué chez cette patiente, un point retenu mon attention.
Mme X, qui certes était de nature réservée voulait souvent manger seule dans sa chambre, elle
ne désirait pas ou peu participer aux activités et semblait parfois triste alors qu’à d’autre
moment elle pouvait être gaie. Je fis part de mon observation à l’infirmière qui me dit : «  Elle
n’a pas eu une vie facile ».

Après quelques semaines de prise en charge , Mme X m’avait fait part de ses moments de
tristesse du à une solitude mais n’entrait jamais dans les détails..Elle s’était mariée et avait eu
une fille .Cependant après des années de bonheur, les relations avec son époux se dégradèrent,
il devint violent et Mme X fut longtemps battue. Elle décida alors de divorcer. Suite à cette
décision sa fille et son cercle d’amis lui tournèrent le dos. Mme X, se trouva seule, sans contact
avec sa fille, sa santé avec les années se détériorant : un cancer du sein à ce jour généralisé.

Ces informations eurent un impact sur ma prise en charge : une volonté de


« d ’hyperbienveillance » : Par le toucher nous entrons dans l’intimité de l’autre et nous nous
livrons. A la fin du dossier, on pouvait lire dans les problèmes de santé : épisodes dépressifs.
A chaque fois, que Mme X me parlait de sa fille qui ne lui rendait pas visite, j’étais très mal à
l’aise et comme un automatisme je lui prenais la main .Une certaine empathie qui ne se
construisait pas par les mots. Il s’agissait d’accepter sa tristesse en essayant d’être dans une
relation aidante par le toucher. Par ce partage, le toucher ne représente t’il pas un moyen de
communication qui répond aux besoins physiques et psychosociaux de Mme X ? On souligne
un impact par ce mode d’échange mais occupe t’il une place dans la relation au soin ou la
relation soignant/soigné ?

3. ANALYSE

Avant son entrée en institution spécialisée, Mme X présentait plusieurs problèmes de santé :
un cancer du sein à ce jour généralisé et un diabète. Dans un contexte de maladie chronique
soit «  la présence d’un substratum organique, d’une ancienneté de 3 mois à 1 an (…)avec un
retentissement de la maladie sur la vie quotidienne » , elle avait donc déjà eu une prise en
charge médicale (confer le dossier médical de la patiente) telle qu’une mastectomie pour son
cancer, des traitements de chimiothérapie, des antalgiques, les injections d’insuline pour le
diabète et autres. Ces soins nécessaires n’en sont pas moins douloureux. Or, la société
internationale pour l’étude de la douleur définit celle-ci comme « une expérience sensorielle et
émotionnelle désagréable lié à une lésion tissulaire existante ou potentielle ou décrite en
termes d’une telle lésion.» Par conséquent Mme X, a eu malgré une médication spécifique une
expérience de douleur physique du faits des soins invasifs.

Avec l’évolution du cancer, il s’agissait pour le médecin de privilégier la qualité de vie de la


patiente. Mme X fut alors placée en EHPAD dont elle pouvait bénéficier du fait de sa retraite
de la fonction publique. L’évolution de sa maladie engendra alors des conséquences sur les
plans physiques, psychiques et sociaux.

Dans un premier temps, Mme X présentait une douleur chronique, soit une invalidité
physique importante .Est définit comme douleurs chroniques , « les conséquences de la
maladie de longue durée avec une durée d’au moins 3 mois » pour ces dernières .En effet,
l’organisme de Mme X ne réagissait plus au dosage de morphine administré .

Elle avait développé une hyperfragilité et une hypersensibilité cutanée par réaction du
système nerveux sympathique qui provoquait chez elle l’apparition de scalps cutanés
fréquents. Mme X verbalisait sa douleur avec des gémissements et son visage de crainte faisait
apparaitre sa peur de subir un nouveau traumatisme tel que l’effraction cutané représentée par
le stylo à insuline et l’aiguille.

Du fait d’avoir mal constamment, Mme X présentait un sentiment de peur au moment on


l’on pouvait rentrer en contact de manière physique avec son corps. Elle générait du stress à
l’annonce du soin avec un sentiment d’impatience accrue : le regard fuyant, un sentiment de
tension et de pression au moment de préparer la peau pour effectuer le soin.  « La piqure »
représente alors un agent stressant qui faisait apparaitre de l’anxiété soit une « sensation de
malaise psychique caractérisé par la sensation d’un danger imminent réel ou imaginaire.  »
que pouvait représenter la douleur dans son contexte d’hypersensibilité. La patiente se retrouve
dans un sentiment d’inconfort et de crainte qui se caractérise par son hypervigilance, sa
nervosité , le contact visuel difficile et l’intensification d’un sentiment douloureux.

Mme X est donc dans un contexte de douleur physique importante qui fait que toucher son
corps relève d’un enjeu dans la démarche de prendre soin.Or pour prendre soin , il faut qu’il y
est une relation par le biais d’une communication .En outre , selon DEFRESNE C. «  le toucher
est l’un de nos 5 sens , il est associé à l’un des organes les plus importants du corps humain.  .
C’est aussi notre premier mode de communication » 

A noté que Mme X a vécu des évènements marquants dans sa vie ayant pu générer un
syndrome post traumatique favorisant cette anxiété et révélant alors une souffrance
psychologique. En effet, la maltraitance physique dont elle a été victime dans le passé représente
un événement hors du registre de l’expérience humaine habituelle. Mme X présente des réactions
de sursauts, de l’anxiété et de la peur face au soin toujours dans son contexte de douleur .L’aiguille
représente un objet piquant, on pénètre le corps du patient , qui peut être perçu comme une
agression de manière consciente ou inconsciente.

De plus, cet événement n’aura-t-il pas participé à la baisse chronique de l’estime de la


patiente : l’échec de son mariage, une certaine passivité et le regard fuyant peuvent alors marquer
le manque affectif dont souffre la patiente. En effet, placé en institution , d’une certaine manière
coupé de la société , Mme X se retrouve isolée avec de nouveaux repères à acquérir .Tout d’abord ,
son divorce a provoqué une rupture familiale et amicale qui a produit une expérience de solitude.La
patiente n’a pas de soutien de la part de personnes importantes : elle ne reçoit pas de visite en
particuliers de sa fille à laquelle elle était très attachée. De plus, elle a une tendance à s’isoler
en lien avec son diagnostic de syndrome dépressif.

De ce fait, on remarque chez Mme X, une altération de son mode de communication verbal :
elle parle peu que ce soit avec les soignants ou les autres résidents .L’absence de stimuli
émotionnel pourrait en être la cause majoré par son repli sur elle-même. De plus, sa douleur
chronique favorise l’apparition d’une certaine fatigue qui engendrerai alors un déficit de
participation social. Etant dans un sentiment de passivité, elle n’est plus actrice de sa vie mais
spectatrice. Or tout être humain a besoin de relation interhumaine soit « Liens existant entre
des personnes. » Jacques Salomé, complète cette définition en indiquant qu’il s’agit d’ " un
ensemble de gestes, de paroles, d’attitudes, d’actes et de propositions relationnelles tant dans le
domaine du réel, que de l’imaginaire ou du symbolique pour lui permettre de se relier :à sa
maladie ou à ses dysfonctionnements , à son traitement , à son entourage ,à lui-même et à vous-
même ou à l’accompagnant."

A l’observation de ses éléments, je peux dire que le bien être de Mme X est altéré .En effet,
on perçoit une absence d’apaisement sur les plans physiques psychiques et sociaux. Son
anxiété, ses gémissements et cette expression de sensations désagréables caractérisent bien
cela. Elle présente des troubles en terme de relation au soin et de relation à l’autre. En effet ,
dans un contexte de douleur chronique , elle est dans l’hyper vigilance et l’anticipation de la
douleur . Mme X a peur qu’on la touche et se crispe.

Dans une démarche de prendre soin tant sur l’aspect physique que psychologique, j’utilise
le toucher comme outil rassurant. Adapter la pression que j’exerce sur sa peau avec comme
dynamique la douceur du geste technique : précision mais en amont préparation ; fait que je
suis dans l’écoute active. Celle de la douleur physique et la souffrance morale .J’essaye de
palier à son anxiété en portant attention aux messages verbaux (gémissements) et non verbaux
(crispation, peur sur son visage) et donner une signification à cela : la patiente à un rapport
particulier au soin du fait de son parcours en tant que malade et au toucher en tant que femme
battue. Mme X présentait des émotions auxquels je me montrais attentif en surveillant les
messages non verbaux et en manifestant un intérêt pour elle.

Par conséquent, je pris sa main pour tenter de la rassurer ce qui fit apparaitre un début de
sentiment d’amélioration de sécurité physique et psychique. Le fait de faire preuve de calme
dans le geste technique et la manière d’aborder le contact à la peau favorise le climat de. Quant
au positionnement empathique de prendre la main comme récepteur d’émotions, il génère une
relation humaine active dan le partage et la rassurance durant les crises d’anxiété.

En réponse à cela, la patiente me prit la main et me sourit .Elle entra alors dans une
démarche de motivation à améliorer ses relations par la manifestation du respect mutuel et
l’expression que cela représente en terme de partage en subvenant à ses besoins physiques et
psychosociaux.

4. CONSTAT

Mme X par sa pathologie présente une douleur physique et une souffrance morale
importante. Elle a des traitements invasifs quotidiens majorant des pics de douleur. De ce fait,
elle manifeste plus l’appréhension du soin et la douleur qui va s’en suivre que la douleur elle-
même. Cela est d’autant plus marqué par les souvenirs d’expériences douloureuses qu’elle a
vécue. De plus, par sa douleur engendrant une mobilité physique réduite et par ses traits de
personnalité dépressif générant un isolement, on remarque que le soignant est la seule
personne à entrer en contact avec la patiente. Que se soit de manière physique lors d’un soin ou
social par le biais d’une conversation, il est la seule ressource d’interaction social .

Le soignant peut alors représenter un repère, un soutien avec qui la patiente peut interagir.
On remarque que le fait que je sois un homme ne perturbe pas la patiente. La confrontation à
ces maux a génèré chez moi une certaine vigilance dans les précautions de manipulations ou
techniques d’approche physique.

L’attention que je portais à mes gestes a donc apaisé la patiente et la mise en confiance. En
cela, Mme X commence à se livrer de manière subjective avec un faciès souriant après le soin.
Mon toucher bienveillant a donc eu un effet: il a été vecteur de communication en instaurant
une relation soignant/soigné active. Par conséquent, les différents éléments analysés
démontrent le besoin d’être rassurer et que les enjeux de sa prise en charge réside dans la
relation soignant/soigné.

5. CADRE LEGISLATIF

A une époque où le vieillissement de la population accroit d’année en année, les politiques


de santé élaborent des objectifs de services publiques afin d’améliorer la qualité des soins et le
secteur sanitaire et social. En référence à l’arrêté du 31 juillet 2009 relatif au diplôme d’état
d’infirmier, ce dernier doit savoir:

 évaluer une situation clinique et établir un diagnostic dans le domaine infirmier tel que
le chagrin chronique ou l’isolement social chez cette patiente (Compétence 1)
 Communiquer et conduire une relation dans un contexte de soin avec les dynamiques
que représentent cette patiente : difficultés de rapport au soin, rapport à la
communication et son isolement. (Compétence 6)

De plus, une entrée en institution met en relief un problème de santé, hors cela peut
souligner une douleur acquise par la maladie ou potentialisée par des soins
invasifs .L’infirmier doit alors veiller à soulager la douleur du patient et est garant du confort
du patient .

Selon l’article L110-5 de a loi Neuwirth 1995 relative à la douleur «  les établissements de
santé doivent mettre en œuvre les moyens propres à prendre en charge la douleur des patients
(…) toute personne a le droit de recevoir des soins visant à soulager sa douleur »
http://cnrd.fr/Soulager-la-douleur-est-une.html

Ses propos toujours actuels avec notamment la Loi Leonetti du 22 avril 2005 précise que «  
tous les moyens thérapeutiques doivent être mis en œuvre pour soulager la douleur »
http://www.sante.gouv.fr/la-douleur.html

L’objectif principal des politiques de santé publiques est de garantir une qualité des soins
optimale, le professionnel doit alors «  participer à l'évaluation de la qualité de la prise en
charge sanitaire de la population par le système de santé et de contribuer à son développement.
» comme le souligne la Loi Kouchner du 4 mars 2002 article 49 alinéa3 L114-1.
(http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?
cidTexte=JORFTEXT000000227015&categorieLien=id)

Hors le toucher qui est un acte prédominant dans la pratique infirmière ne représente t’il pas
un outil de prise en charge de la douleur et de l’anxiété de nos politiques de santé publiques
dont nous devons tenir compte ?
II. ETAPE II : L’INTENTION DE RECHERCHE

La prise en charge du patient douloureux est un enjeu de nos politiques de santé. De plus, la
dynamique physique n’est pas le seul facteur à prendre en compte ; la prise en charge
psychologique du patient en fait partie intégrante. Dans ma situation, la patiente se retrouve
dans un tableau de douleur et de souffrance avec des carences relationnelles qui l’isole. J’ai
donc essayé de répondre à ces besoins par le toucher, un acte, un outil, un sens … en vue d’un
soin au sens large mais en particulier dans une démarche relationnelle.

Dans le cadre de mon travail de fin d’étude et dans un but de réflexion en science
infirmière ; mon intention de recherche est de comprendre ce qu’il se joue dans la relation
soignant /soigné induite par le toucher chez la personne âgée douloureuse.

Le toucher dans ma situation a eu un effet bénéfique. C’est pourquoi, je cherche à


comprendre ce phénomène dans le contexte de souffrance de la patiente avec son vécu, les
signes qu’elle présente et la dynamique relationnelle instauré par le biais du toucher.
L’infirmier utilise ses mains pour la majorité des actes techniques : prélèvement sanguin,
hémoglucotest, pose de perfusion … etc. Elles servent aussi dans notre raisonnement clinique
car nous pouvons recueillir des informations grâce à elles : repérer une zone de douleur,
observer un cas de déshydratation …etc. Mais les mains et notre peau servent de liaison avec le
patient, un moyen de contact, de communication qui peuvent servir dans la prise en charge de
l’anxiété par exemple : on rassure , on réconforte ; différents points énoncés dans mon cadre
documentaire .

Ce travail de fin d’étude à été élaboré au vue d’une réflexion professionnelle avec le
toucher au cœur de la problématique ; un outil acteur de la relation au patient en souffrance
dont nous n’évaluons pas toujours ce qu’il se joue ; du fait de son usage quotidien inné en tant
qu’Homme et professionnel en tant qu’infirmier.
III. ETAPE III : REFERENCES THEORIQUES ET PROFESSIONNELLES

I .La douleur chez la personne âgée

1. La personne âgée

1.1 Définition

La Haute autorité de Santé définit les personnes âgées comme un groupe de population dont
l’attribut commence à partir de «  60 ans (…) hétérogène en terme de santé, qu’il s’agisse de
pathologies, de déficits fonctionnels ou d’activité sociale ». On distingue deux groupes : les
personnes âgées « exempts de pathologies sévères » et celles dites «  fragiles » avec des
difficultés locomotrices, des pathologies sévères, chroniques ou des troubles psychologiques.

Mme W fait partie de ces personnes âgées dites fragiles allant même jusqu'à la dépendance
qui se caractérise par « le besoin d’aide pour accomplir les actes essentiels de la vie
quotidienne ou le besoin d’une surveillance régulière » selon L’institut National Des
Statistiques et des Etudes Epidémiologiques. En effet, elle bénéficie d’une aide concernant
l’hygiène, l’aide à la mobilisation et l’aide à la prise alimentaire du fait de sa douleur et des
difficultés à se mobiliser.

1.2 Les conséquences du vieillissement

Le vieillissement fait émerger plusieurs conséquences dans la vie de la personne âgée. Il


représente « une période inévitable et naturelle de la vie humaine caractérisée par une baisse
des fonctions physiques, la perte du rôle social(…), des changements dans l'apparence
physique et un acheminement graduel vers une diminution des capacités» (B. R.Mishara, R.G.
Riegel, Le vieillissement, Presses Universitaires de France, Paris, 1984).

a) Physiques

Tout d’abord nous pouvons constater des changements sur le plan physique avec une
atteinte des différents systèmes du corps. « Les personnes âgées de 65 à 79 ans ont une
moyenne de 5 maladies chacune ».
http://www.larousse.fr/encyclopedie/medical/vieillesse/16942
On remarque chez la personne âgée une dégénérescence des organes et des sens qui la mette
en danger. C’est pourquoi on observe des difficultés à marcher , à déglutir , des douleurs
chroniques ... De surcroit, aucun appareil n’est épargné par le vieillissement notamment le
système nerveux. Or celui-ci joue un rôle prépondérant car «  il sert de relation avec le
monde extérieur (…) grâce au système moteur» ; soit une réaction de l’organisme face à un
élément externe. Il «  joue un rôle sur le système sensitif et sensoriel (…) ayant un impact
sur le comportement psychoaffectif et le centre sensitif » .Par conséquent, l’atteinte du
système nerveux a un impact sur les perceptions physiques et psychiques de la personnes
soignée.

b) Psychiques

De plus, on note des modifications de l’aspect émotionnel ; la personne âgée « se sent
inutile, seule, abandonnée » .On remarque aussi un désintérêt du monde extérieur avec une
recrudescence de l’attention portée à sa propre personne dans un souci de recherche de « bien
être et sécurité ». Mme W est isolée, elle a peu d’interactions sociales et se repli sur elle-même
notamment lors de ces épisodes dépressifs.

c) Sociales

La patiente du fait de son histoire personnelle se retrouve isolée .La situation dans laquelle
elle se retrouve lui est imposée , on parle alors de «  vide relationnel » . Docteur Anne
Françoise Allaz et Jacques WROBEL ( aspects psychologiques de la douleur chronique edition
aubin imprimeur 2004 institut upsa p77).Le placement en institution est une rupture sociale car
elle doit faire face à un changement de lieu de vie , de nouvelles personnes et un règlement
intérieur.Tout lui est étranger .

Outre l’atteinte des différents appareils du corps , un organe requiert une attention
particulière : La peau. En effet, il s’agit du signe caractéristique visuel du vieillissement  : «  un
aspect plus pâle (..) un blanchissement capillaire … » .Elle se fragilise est peut etre la source
de traumatisme physique. Elle est la barrière de protection entre l’extérieur et le corps pouvant
représenter une zone de douleur voire même de souffrance .
http://www.aidautonomie.fr/informations-et-conseils/les-dossiers-aidautonomie/personnes-
agees/focus-sur-le-vieillissement/les-effets-du-vieillissement .
2. La douleur

Dans son dossier, j’ai pu souligner les gestes invasifs auxquels elle a du faire face et ceux
auxquels elle doit encore avoir recours : tant d’effractions cutanées qui majorent la douleur
acquise par la maladie en corrélation avec celle apportée par des soins invasifs. D’une maladie
chronique nous penchons alors vers une douleur chronique.

2.1 Définition

La douleur est décrit selon l’IASP association internationale pour l’étude de la douleur
comme une « expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, liée à une lésion tissulaire
existante ou potentielle(…) »Or à partir du moment où la « douleur devient chronique, on parle
de maladie à part entière ». De plus ,on parle de chronicité de la douleur si «  elle durent au
moins 3 mois .
http://www.inserm.fr/thematiques/neurosciences-sciences-cognitives-neurologie-psychiatrie/
dossiers-d-information/la-douleur

2.2 La douleur induite par les soins

Le soignant est confronté de manière constante à la douleur et peut même en être l’auteur
en lien avec les soins qu’ils prodiguent car ces derniers sont «  invasifs , fréquents et/ou
répétitifs ». On parle alors de douleurs induites par les soins caractérisé par «  leur courte
durée (...) causée par un thérapeutique (…) dans des circonstances de survenues prévisibles »
Or quand l’une des missions principales du soignant est de soulager la douleur ; en être le
générateur peut etre contradictoire .Mais le soignant a-t-il toujours conscience des douleurs
induites ? Revue médecine palliative Edition Masson volume 9 N°3 juin 2010 p145

En ce sens, pour le patient , «  la répétition , la mémorisation de l’événement alimentent


l’anxiété ».Pour le soignant comme chez le patient cela peut alors faire ressentir «  des
sentiments d’impuissance , insatisfaction (…) et des réactions d’ordres émotionnels : fuite ,
discours peu rassurant , évitement.

Cependant plusieurs professionnels les décrivent comme «  inévitables » mais on perçoit chez
eux un sentiment de malaise car il peut s’en sentir responsables. La relation soignant soignant
en est elle alors entachée ?
2.3 De la douleur à la souffrance

La douleur ne se résume pas à des sensations : «  a la douleur physique correspond une


souffrance (...) soit une signification affective (…) , une atteinte morale ».Cela se caractérise
chez Madame W par une anxiété à la pratique d’un soin . L’anxiété devient alors «  une
émotion habituelle à la douleur (…)qui gène l’adaptation de l’individu » Docteur Anne
Françoise Allaz et Jacques WROBEL ( aspects psychologiques de la douleur chronique edition
aubin imprimeur 2004 institut upsa p49 .

Cela entraine une hypervigilance en cas de contact avec elle voire même une forme de
crainte du soignant, c’est ce que les Docteur Anne Françoise Allaz et Jacques WROBEL
( aspects psychologiques de la douleur chronique edition aubin imprimeur 2004 institut upsa
p20 ) décrivent comme une réaction de la «  composante comportementale soit les réactions
face a la douleur ».

C’est une réponse à la «  composante affectivo émotionelle » soit le souvenir d’un


traumatisme , un évènement désagréable qui a pu etre insupportable.La patiente est anxieuse
car elle sait qu’elle va avoir mal et ne peut pas fuir l’expérience douloureuse.On note alors un
trouble de la perception de son corps : «  les sujets les plus anxieux et les plus attentifs à leurs
sensations corporelles (…) ont plus de douleurs » .
Docteur Anne Françoise Allaz et Jacques WROBEL ( aspects psychologiques de la douleur
chronique edition aubin imprimeur 2004 institut upsa p49 )

Or la douleur est un facteur de liaison car elle «  permet de maintenir un lien avec le
monde » Docteur Anne Françoise Allaz et Jacques WROBEL ( aspects psychologiques de la
douleur chronique edition aubin imprimeur 2004 institut upsa p 77) ..Le patient a besoin de
rendre réelle sa douleur pour les autres afin qu’il se sente écouté et pris en charge..  La douleur
devient alors un frein à toute activité ou lien social car «  la peur de la douleur est plus
importante que la douleur même ».Par l’écoute dont fait preuve le soignant , la relation qu’ils
établissent ne se base t’elle pas sur la confiance ?

Prendre en charge la douleur

L’efficacité de la prise en charge de la douleur réside dans «  l’enrichissement de l’attention


et du respect » selon Walter Hesbeen en soulignant la singularité de chacun.Le prendre soin du
patient douloureux s’inscrit alors dans la «  dimension relationnelle » soit ce qu’ »il y a autour
de la technicité du geste » car « c’est de la confiance que résulte la diminution » de la douleur
induite par les soins.De plus , MF Collière énonce que la relation de confiance potentialise
alors le pouvoir thérapeutique car l’on crée «  une relation singulière avec la personne »
Revue médecine palliative Edition Masson volume 9 N°3 juin 2010 p146

II. La relation soignant /soigné ou comment comprendre la douleur du patient

Pour aider le patient dans la prise en charge de sa douleur , il faut qu’elle comprenne son
état : selon Maurice Halbwachs «  si je comprends ce qui m’arrive , je souffre moins » .
Comprendre est alors un « mécanisme : ne plus être isolé dans ma sensation ; en faisant rentrer
la douleur par la pensée ma douleur devient un phénomène partagé et donc moins effrayant
(…) et les autres m’aident à la porter » .

Le patient visualise sa douleur et la verbalise , elle n’est plus donc soudaine mais lui et le
professionnel se préparent tous deux à y faire face.Il est donc primordial que le patient exprime
sa douleur et que le professionnel de santé accueille cette plainte avec une écoute active et de
l’empathie car «  la relation est toujours facilité lorsque le thérapeute montre au patient qu’il
croit en sa douleur ». Docteur Anne Françoise Allaz et Jacques WROBEL ( aspects
psychologiques de la douleur chronique edition aubin imprimeur 2004 institut upsa p22).Il faut
savoir être disponible et favoriser un climat de confiance pour une raltion de qualité. Revue de
l’infirmier édition masson volume 61 juin juillet 2012 n°182 page 6

1. Les acteurs de la relation

1.1 Etre soigné

Le soigné : celui qui souffre ; est une personne « soumise à un examen médicale, suivant
un traitement ou subissant une intervention chirurgicale » . Le patient est à la recherche d’un
meilleur état de santé pris en charge par la médecine et donc des soignants qui l’entourent.Il
faut tout de même préciser que le patient n’est pas résumer à son problème de santé : il a un
vécu , des émotions , un entourage … tant d’éléments devant être pris en compte pour sa prise
en charge.Avant d’avoir l’attribut de patient il est avant tout une personne .
http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/patient/58655?q=patient+patiente#58298

1.2 Etre soignant et plus précisément être infirmier

Selon le dictionnaire le petit Larousse , le soignant est «  une personne qui donne des soins
à quelqu’un » . http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/soignant_soignante/73228
Par ailleurs , selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) : « Le terme infirmier doit
être appliqué aux seules personnes qui dans un pays sont appelées à donner les genres de
soins infirmiers qui requièrent au plus haut point du dévouement, les connaissances
techniques, et le sens des responsabilités » http://www.who.int/fr .

En référence à l’arrêté ddu 31 juillet 2009 relatif au diplôme d’état d’infirmier , ce dernier doit
avoir acquis 10 compétences .Cependant 4 compétences requierent mon attention :

« - 1. Evaluer une situation clinique et établir un diagnostic dans le domaine infirmier


- 3. Accompagner une personne dans la réalisation de ses soins quotidiens
- 6. Communiquer et conduire une relation dans un contexte de soins
- 7. Analyser la qualité des soins et améliorer sa pratique professionnelle »

Arrêté du 31 juillet 2009 relatif au diplôme d’Etat Infirmier, Annexe II, Bulletin Officiel Santé
http://www.sante.gouv.fr (Annexe n°2)

En effet, ce sont ces mêmes compétences auxquelles j’ai du faire appel : soit évaluer l’état
de ma patiente dans son contexte de douleur et d’anxiété et élaborer une relation de confiance
par l’intermédiaire du toucher .Le toucher qui est un geste quotidien est à mon sens un acte pas
anodin, c’est en cela que je me questionne pour mettre en relief son influence dans la relation
au soin et au soignant que le patient peut avoir. Je me réfère donc à ma réflexion clinique par
un recueil et une analyse d’informations, j’accompagne la patiente dans ses soins et conduit
une relation dans une démarche de qualité de sa prise en charge.

2. La relation soignant /soigné

2.1 Au sens large

La relation soignant /soigné se définit comme un « Lien existant entre deux personnes de
statut différent, la personne soignée et le professionnel de santé. Cette relation nécessite trois
attitudes : un engagement personnel de l’infirmière, le malade étant accepté sans jugement de
valeur(…) ; une objectivité, pour éviter une déformation de ce qui est vu et entendu ; un
minimum de disponibilité. »POTIER M., Dictionnaire encyclopédique des soins infirmiers,
édition Lamarre, 2002, p.281
Le soignant fait partie du quotidien du soigné et inversement .La relation soignant/soigné doit
etre bénéfique pour les deux, pour une meilleure collaboration , une prise en charge efficace et
le bien être du patient car de cela va émerger le vécu du patient dans l’établissement.

L’efficience de la relation soignant /soigné est un échange qui va permettre au patient de se


confier et au professionnel de prendre en charge les requetes de celui-ci .Il en est dépend de la
confiance que la patient accorde à l’infirmier

2.2 La relation de confiance

La relation de confiance est un partage entre les deux protagonistes.Le patient se laisse
prendre en charge . En structure , il est mis à nu tant sur le plan physique que psychologique ;
le soignant devient alors un repère et est l’interlocuteur majeur du patient isolé et coupé du
monde extérieur.Les soins qui sont pour la plupart quotidien nécessite l’accord du patient soit
une confiance au corps médical , à ses décisions et ses actions. Selon BELLENGER6 « la
confiance interpersonnelle se construit dans un processus où chacun prend progressivementde
petits risques l’un envers l’autre. Elle s’identifie selon trois facteurs :L’engagement d’au moins
une des personnes,Le respect mutuel des personnes en relation et La volonté de s’engager et
négocier ce processus derisque pendant un certain temps. »L. BELLENGER – La confiance en
soi, col. Formation permanente en Sciences Humaines, 19957 op. Cit.

Mais pour qu’il y ai la confiance il faut d’abord un échange et donc un partage ce qui réside
dans l’écoute active .Le soignant doit prendre le temps de recevoir les émotions , attentes ,
plaintes du patients .« La disponibilité »29 est d’ailleurs un autre point abordé par W.
HESBEEN. « Si on a plus de temps pour se comprendre… ça donne une meilleure relation
soignant-soigné(…) ça enrichit cette relation en fait (…) et ça améliore surtout la confiance du
patient envers le soignant. »

A noter que la santé prend effet sous trois aspects interdépendants : l’OMS souligne qu’il
s’agit « d’ un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement
en une absence de maladie ou d'infirmité. »Le soin relationnel fait donc partie des missions de
l’infirmier .http://www.who.int/suggestions/faq/fr/

Dans cette échange, on trouve une « fonction contenante qui consiste à accueillir , à


contenir les émotions et les affects du patients » .Elle est dynamisé par le caractère empathique
et authentique que le soignant doit avoir car «  la relation soignante est une succession
d’attirance , de distance , d’intérêt et de désinterets pour le patient et sa problématique » qui le
conduise à une neutralité mesurée. L’infirmier en psychiatrie les grands principes des soins en
psychiatrie édition masson savoir et pratique infirmière L.Morasz A. perrin niquet JP
Verot C.Barbot 2004

On cherche alors à prendre en charge le patient sur l’aspect physique , psychique et social
en l’aidant à accepter son état de santé en rendant le soin et donc le soignant collaborateur de
son bien être. Par cette relation , je cherche à aider le patient à mieux vivre la maladie , sa
douleur , sa souffrance et son isolement.

2.3 La relation d’aide

On cherche dans cette interaction une relation d’aide, c'est-à-dire l’aptitude du


professionnel de santé à « percevoir une demande d’aide venant du patient et d’analyser la
situation (…) une communication s’établit (..) afin de l’aider à prendre conscience de ses
difficultés et de favoriser leur résolution » soins infirmiers fiches techniques 6 eme édition
MALOINE 2009 AF pauchet traversat ..

Carl Roger parle « des relations dans lesquelles l’un au moins des deux protagonistes
cherche à favoriser chez l’autre la croissance, le développement, la maturité, un meilleur
fonctionnement et une plus grande capacité à affronter la vie »
http://www.lecrips-idf.net/article2423.html c’est ce qu’on appelle le COUNSELING .

De plus le soignant est là pour donner du sens à la prise en charge de la santé du patient. Le
soin doit être rendu plus acceptable. Dans le cas de cette patiente atteinte de maladie chronique
, les données scientifiques n’ont pas d’utilités car elle connait sa maladie .Ce qui pose
problème est sa douleur et son anxiété durant un soin.Par le toucher , on cherche à entrer en
relation avec la patiente et de lui apporter le « soin et le bien être » . De plus ,La technicité du
soin est certes indispensable mais « la prestation infirmière est surtout présence et écoute
authentique. » pour mettre en confiance le
patient.http://www.syndicat-infirmier.com/Relation-soignant-soigne-respecter.html

III. Le toucher au service de la relation soignant/soigné

Ma décision d’étudier le toucher réside dans le fait j’ai vu dans le toucher une manière de
rassurer la patiente et son anxiété précédant les soins mais aussi un moyen d’entrer en relation
avec elle. La fonction tactile fait appel à l’aspect visuel et sensitif du plus grand organe de
notre corps : la peau.

1. La peau

1.1 D’un point de vue anatomique


La peau est le premier organe visible, elle définit notre état et notre identité .Elle « 
recouvre la surface de notre corps sur 2m 2 » et est constituée de 3 couches :

-L’épiderme : où se trouve le siège des terminaisons nerveuses


-Le derme : dont le rôle est d’assurer maintien et élasticité de la peau
-L’hypoderme : par son tissu adipeux , il a un rôle protecteu

1.2 D’un point de vue fonctionnel

Le rôle de la peau réside essentiellement comme agent « protecteur des agressions et


traumatismes extérieurs » et alerte l’organisme par la manifestation d’une douleur.En ce sens ,
la peau possède des « mécanorécepteurs mécaniques , chimiques , thermiques et électriques »
dont « 1 500 000 envoient des messages » en cas d’effractions cutanées par exemple. Ils ont
comme dénomination récepteurs thermoalgiques et corps de Meissner et jouent un rôle dans la
perception de la douleur par :

-  La sensibilité protopathique nociceptive  soit « une sensation douloureuse profonde »


comme peut provoquer sa maladie chronique tel que le cancer avec les douleurs
osseuses et musculaires.
-  La sensibilité thermique et algésique  soit une « douleur superficielle, brèves et
précises » comme peut engendrer un soin invasif tel qu’une injection sous cutanée.

Par ailleurs, la peau permet de ressentir les pressions les effleurements ,elle «  est ce qu’il
y a de plus profond en nous »(Paul Valery).De ce fait , elle provoque des sensation et « 
appartient donc aussi aux organes des sens » soit le toucher.

2. Le Toucher

1.1 Définition

Dans le milieu médical , il s’agit de l’action principale du professionnel de santé et avant ça


de l’ Homme car «  tout être humain utilise naturellement son sens du toucher » revue soins
volume 53 n°727 p 19 juillet aout 2008 .Cependant on distingue deux sens au toucher : « le
sens concret : «  je touche la table » et le sens subjectif : » cela me touche beaucoup » le
toucher dans la relation soignant soigné France bonneton tabaries anne lambert libert
2eme édition actualisé Med line editions 2006 p 11
Ces deux notions sont intimement liées et indissociables dans la relation entre l’infirmier et le
patient .Mais que signifie vraiment toucher la personne soignée ?
Toucher c’est «  mettre sa main , ses doigts au contact de quelque chose , de quelqu’un en
particulier pour apprécier , par les sensations tactiles , son état , sa consistance , sa chaleur ,
etc. » http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/toucher/78627 . Or , quand je touche , j’ai
une intention , un but et cela varie selon la personne et mon rôle auprès d’elle. Par conséquent,
il existe différents toucher.

1.2 Les différentes formes du toucher

Le toucher s’utilise essentiellement durant le soin mais il peut avoir différents enjeux :

 Le toucher technique : « Il caractérise les soins usuels : prise de signes vitaux,


pansements, prélèvements, etc. » .Il s’agit de l’élaboration du soin selon des normes :
hygiène , dextérité , logique ; on traite la pathologie soit le corps. On se réfère à des
données scientifiques et cliniques.

 Le  toucher relationnel  : « C’est le toucher effectué pendant un soin lorsque, en plus de


la technicité, il nous implique par notre toucher et notre attitude dans une relation
avec le patient. Il est important dans la relation soignant-soigné, surtout quand la
situation n’est pas facile car désobligeante ou stressante pour le patient. » C’est
l’aspect psychologique qui est prit en compte : rassurer le patient face à l’anxiété qu’il
génère pendant le soin en lui prenant la main par exemple. On est présent et à l’écoute
du patient.

 Le « toucher déshumanisé/ déshumanisant » : « Désigne tous les gestes utiles,


quotidiens et répétitifs, de plus en plus mécaniques, de moins en moins sentis, où la
relation au malade, comme d’ailleurs celle du patient au soignant, devient
utilitaire ».On met en relief l’automatisation du toucher .C’est un comportement que
l’on peut retrouver lors du soin ; or les gestes techniques constituent un obstacle pour
éviter de s’impliquer dans la relation avec le soigné car il y a une focalisation sur le
corps objet et non sur le corps sujet. De plus, des gestes anodins peuvent être
douloureux comme prendre rapidement le bras du patient pour lui poser le brassard à
tension.

 Le toucher communication : « Comprend les mots, mais aussi le ton, les intonations de
voix, les rires, les soupirs, etc. A travers elle, nous nous adressons aux patients
directement, mais aussi indirectement.C’est ce qui entoure mon discours .Rassurer le
patient avec un impact plus fort en lui prenant la main. Il s’agit de la signification que
renvoie le toucher au patient car il témoigne de la prise en charge adoptée par le
soignant. Quand j’effectue un léger massage sur la peau de Mme W, il s’agit de faire
ressentir mon empathie.

 Le toucher communication non verbale : « En réalité la plus présente dans les


relations interpersonnelles(…) comprend tous les contacts physiques . » .Cela
influence sur la qualité et l’efficacité de la relation par le réconfort physique et moral
que l’on apporte. « Toucher c’est s’engager , s’impliquer dans une relation avec
l’autre .Votre main reflète vos sentiments , de peau à peau , on peut passer de cœur à
cœur » . On entre dans la sphère du patient , prendre la main pendant une discussion ou
au contraire durant un silence.C’est en cela que réside l’aide et la confiance entre le
soignant et le soigné ; par une implication et un partage ; une relation d’égal à égal
pour répondre aux besoins de la patiente.
le toucher dans la relation soignant soigné France bonneton tabaries anne lambert
libert 2eme édition actualisé Med line editions 2006 p75 89 92 et 94
Or quand nous souffrons que souhaitons-nous ? Etre soulagé et être rassuré principalement.
Mme W bénéficie de traitements antalgiques qui ne sont pas efficaces de manière total et
souffre d’un isolement social et est donc dans un manque de soutien et de relationnel lui
permettant de faire face à la douleur. Mais le toucher peut il répondre à ces maux ?

1.3 Les fonctions du toucher

1.3.1 Physiques

Précédemment, nous avons vu que la peau jouait un rôle dans la perception de la douleur. Le
toucher fait appel à 2 systèmes de contrôle de la douleur :

 Le « contrôle segmentaire :   Théorie du Gate Control de Wall et Melzack » : il s’agit


d’exercer de légère pression sur la zone douloureuse pour provoquer une diminution de
cette dernière.
 Le « contrôle suprasegmentaire » : Provoquer « une douleur aigue à un endroit »
différent peut faire baisser la douleur acquise. La douleur n’est ni plus ni moins qu’un
système d’alarme de notre corps qui réagit à un évènement indésirable ; en transferant
la douleur à un endroit de manière aigue , les mécanorécepteurs agiront sur une zone
nouvelle .

De ce fait, utiliser le toucher lors du soin : avant pour préparer la peau au geste invasif et après
comme soulagement , permettrait de diminuer la douleur physique du patient.
1.3.2 Psychiques

N’oublions pas que «  le corps a sa mémoire » , or toucher est un sens qui rappelle
l’enfance et donc le sentiment de sécurité .Il fait référence à «  la relation avec la mère (…) le
contact peau contre peau ».La personne âgée isolée perd un certain nombre de repères
lorsqu’elle est placé en institution ; c’est pourquoi l’attitude du soignant compte afin de former
un cadre , une stabilité , un lien. En effet, par le toucher nous déclenchons des émotions par les
souvenirs que cela nous rappelle et la mise en mémoire du sentiment agréable que cela procure
.
Or Etre touché, c’est dire que l’on existe. Par cette relation , on est amener à «   prendre
conscience des réalités impliquées ».L’infirmier est dans une relation au corps déstabilisante :
des corps nus , blessés , fragilisés avec en face un patient vulnérable , démuni et sensible en
perte de répères .   Le toucher dans la relation soignant soigné France bonneton tabaries
anne lambert libert 2eme édition actualisé Med line editions 2006 p 11 et 23

Anzieu parle du MOI PEAU , soit «  une interface entre le dehors et le dedans ( pulsions
internes et aggressions externes ) qui apporte un sentiment de sécurité » e toucher dans la
relation soignant soigné France bonneton tabaries anne lambert libert 2eme édition
actualisé Med line editions 2006 p31 et du «  handling » c'est-à-dire la manière de manipuler
le patient en apportant un environnent stable ..Il s’agit de maintenir l’équilibre d’un espace
contenant .Le contact est un pilier de l’équilibre de l’être humain car «  le manque de relation
social , la perte de rôle social et les multiples pertes sur le plan personnel contribuent
grandement à des troubles (…) chez la personne âgée » GUIDE DE SOINS IDE AUPRES
DES PA edition beauchemin mary caroll L jane brue 1991

Le toucher a donc des effets bénéfiques sur le moral du patient  car il «  est universel et
nécessaire au développement (…) mental  ( …) , réduit les distances sociales et est perçu de
manière individuelle » revue soins volume 53 n°727 juillet aout 2008 p 19

1.3.3 Sociale

Le toucher acquiert une fonction sociale par la relation qu’il fait émerger .Toutefois , on ne
peut parler de relation sans parler de communication. LIPIANSKI, professeur de psychologie,
dit que « la communication est le passage obligé pour entrer en relation avec autrui».Mais
qu’est ce que communiquer ?

Carl Rogers7 nous énonce les trois dimensions de la communication, un savoir-etre et un


savoir-faire pour le soignant :
- Dimension d’empathie : etre capable de se centrer sur l’autre, de
comprendre ses sentiments, sans toutefois les faire siens
- Dimension de congruence ou authenticite : qu’il n’y ait pas de contradiction
entre les paroles et la pensee entre ce que je dis et ce que je pense, qui
souvent se traduit de facon non verbale
- Dimension de consideration positive avec confiance en l’autre et en ses capacites a se
prendre en charge car ≪ le seul apprentissage qu'influence reellement le
comportement d'un individu est celui qu'il decouvre lui-meme et qu'il s'approprie ≫
(Carl Rogers)7 ≪ Comprendre, c'est perdre un peu de soi pour gagner un peu del'autre,
accueillir l'inconnu pour se degager du connu. ≫

En somme, une main peut rassurer , consoler … Le toucher peut etre sécurisant ou menaçant ,
signifier sa présence et son respect ou l’inverse.Or , « lorsqu’il y a toucher (..) la régression qui
accompagne toute maladie réveille le petit enfant qui sommeil en chaque adulte quelque soit
l’age ». Même à l’occasion d’un soin , la sollicitation corporelle bienveillante invite à la
confiance .Il en dépend de cinq sensations que l’on véhicule : «  le contact , la pression , la
chaleur , le froid , la douleur ».Chacun de ces effets selon la manière dont on en use
engendre un effet bénéfique ou l’inverse sur la relation avec le patient.Par cela on transmet
des émotions , une attitude et on témoigne de nos intentions . « Toucher (…) suscite un
climat de sécurité (…) associé à la présence (…) car il y a une dimension conviviale (…)
par la confiance qu’il instaure. »
ETAPE IV. METHODE DE RECHERCHE ET QUESTION/HYPOTHESE DE
RECHERCHE

Mon travail fait l’objet d’une étude de recherche avec comme orientation l’utilisation de la
méthode clinique. Mon choix pour cette méthode de recherche réside dans ma démarche
d’analyse qualitative face à la pratique soignante. J’observe le vécu du patient en corrélation
avec les soins. Par le recueil de données, la verbalisation du patient, le dossier de soin et mon
observation, j’ai pu explorer son ressenti en lien avec mon comportement et le passif de la
personne .J’ai pris l’individu dans toute sa singularité pour une prise en charge que j’ai mis en
place et qui me questionne. Or je ne cherche pas de réponse à proprement parlé mais à donner
du sens à ce phénomène relationnel auquel j’ai participé par le biais du toucher. Cette méthode
fait appel à la mobilisation du récit du patient que j’ai écouté au vue de son ressenti sur sa santé
tant sur le plan physique que moral et m’a amené à une implication mesurée.

Dans la méthode clinique, nous essayons de décrire le plus précisément possible les
problèmes de santé du patient en tenant compte des éléments passés et présents. Mon intention
de recherche étant de comprendre ce qu’il se joue dans la relation soignant/soigné induite par
le toucher chez la personne âgée douloureuse ; nous sommes alors dans un paradigme
biologique et subjectiviste car on cherche à comprendre un phénomène qui se produit au vue
d’une situation particulière et de la prise en charge qui lui incombe. De ce fait, on fait appel
aux sciences humaines avec un objet d’étude réel dans un but de recherche de sens. Le but est
de travailler avec l’autre et permet de recueillir des informations sur des pratiques , des
comportements , des discours au regard de l’objet de recherche.

Nous sommes donc dans une approche qualitative car la manière dont j’aborde le soin n’est
pas quantifiable tout comme la dynamique de santé psychique du patient .Il en dépend de
l’observation et du recueil de données qui témoigne d’un vécu physique et moral et d’une prise
en charge de la part du professionnel en réponse à des besoins dans un souci d’améliorer la
pratique et d’analyser le phénomène ; ici le toucher dans la relation avec une personne en
souffrance . En définitive, la qualité s’inscrit dans l’observation et l’écoute du patient et de sa
situation vers une démarche de sens d’un projet de santé.

QUESTION DE RECHERCHE

Au regard des différents éléments analysés cheminant mon travail de fin d’étude, ma
question de recherche est la suivante : En quoi le toucher joue t’il un rôle dans la relation de
confiance chez la personne âgée anxieuse ?
CONCLUSION

Mon travail de fin d’étude s’inscrit dans une démarche d’amélioration de la qualité des soins et du
développement de la recherche en soins infirmiers au regard de l’axe « Soins infirmiers et Relation
avec l’usager ».

De mon cadre documentaire, j’ai pu mettre en évidence différentes notions .L’avancée en âge
favorise l’apparition de pathologies, celles-ci devenant chroniques et engendrant une douleur
identique en terme de temporalité. De plus , conséquentes à la pathologie peuvent être induites par
les soins et donc par le professionnel de santé.Cela représente donc un frein à leur relation celui-ci
n’ayant plus la symbolique de celui qui prend soin mais quelqu’un qui fait mal. Or douleur et
souffrance sont indissociables : la première est un élément que le patient ne peut éviter et qui
alimente son anxiété ; la seconde en est la conséquence : l’anxiété elle-même majoré par les
carences relationnelles. C’est pourquoi , instaurer une relation soignant /soigné efficace permet une
meilleure acceptation du soin car le patient a besoin de se sentir écouté et donc exister..Il a besoin
d’une reconnaisance de sa douleur .Or le toucher est un agent de liaison par le contact peau contre
peau qu’il provoque. Ce sens brise les barrières du corps et celles de l’esprit , il s’agit d’un moyen
de répondre à la douleur physique par le système de contrôle cutané qu’il sollicite et la souffrance
morale en instaurant des interactions sociales et en sécurisant le patient par la consonance
maternante faisant émerger d’une relation de confiance.

Par mon manque d’expérience, l’utilisation de ce sens représentait pour moi un moyen d’être à
l’écoute, authentique et empathique dans des situations difficiles . En réponse à ma démarche, la
patiente se montra moins anxieuse face aux soins et un dialogue pu s’instaurer. Par ailleurs, la prise
en charge de ces deux composantes fait partis des enjeux de nos politiques de santé soulignant
l’aspect non négligeable du soin relationnel. En d’autres termes, par mon travail d’analyse, je
cherchais à comprendre ce qu’il se jouait dans la relation soignant /soigné induite par le toucher
chez la personne âgée douloureuse.
Néanmoins, le toucher fait référence à des notions de distances tant sur le schéma corporel que
sur l’aspect psychologique notamment en terme d’émotions. En ce sens, le toucher peut il
représenter un frein à cette relation plus précisément en termes de distance thérapeutique  ?
Comment ne pas franchir la limite entre empathie et compassion ? De plus, le toucher fait référence
à la peau, une partie de nous et donc notre intimité : De ce fait, tous les patients peuvent ils être
touchés et si oui peuvent ils être touché de la même manière ?

BIBLIOGRAPHIE
ABSTRACT
Mme X, 80 ans, atteinte d’un cancer généralisé résidait en établissement pour personne
âgée dépendante.Elle manifestait une douleur chronique acquise par la pathologie mais aussi
majoré par les soins quotidiens : perfusions, pansements, prise des constantes … A chaque
contact, Mme X souffrait tant sur le plan physique que moral. A l’approche d’un soin, elle
craignait qu’on la touche et exprimé un sentiment d’anxiété. Isolée, ce sentiment menaçait la
confiance envers le soignant et par conséquent la relation soignant /soigné. Or toucher est un
acte quotidien dans la profession infirmière, il été donc question pour moi de «  réconcilier »
la patiente avec ce sens en tenant compte de son histoire. La douleur peut entrainer la
souffrance ; cette dernière pouvant avoir des conséquences néfastes sur l’état du patient en cas
de carences relationnelles et donc de soutien. Toucher était donc un moyen de répondre à ces
besoins ; par une prise en charge physiques, psychiques et sociaux. Mon travail de fin d’étude
s’est donc basé sur la méthode clinique comme moyen d’analyse soit la recherche de sens avec
comme intention : comprendre ce qu’il se joue dans la relation soignant/soigné induite par le
toucher chez la personne âgée douloureuse. De ce fait, ma question de recherche est la
suivante : En quoi le toucher joue t’il un rôle dans la relation de confiance de la personne âgée
anxieuse.

MOTS CLES :

Personne âgée – douleur – soins – anxiété – relation soignant/soigné – toucher - souffrance

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