Magazine Porc
Magazine Porc
L’intelligence artificielle
permettra la reconnaissance
faciale des porcs d’ici 5 ans
ALIMENTATION
Démonstration de l’alimentation
multiphase par parité chez
les truies en groupe
SANTÉ
Méthodes d’euthanasie
reconnues, laquelle choisir?
05 26 56
MOT DU PRÉSIDENT ÉVÉNEMENT RESSOURCES HUMAINES
Des mesures doivent être adoptées Le 5e Porc Show… une édition record Embaucher des travailleurs étrangers
rapidement qui donne des ailes pour 2019! temporaires est un privilège à
préserver
Prix de reconnaissance : Les Élevages
Soden inc. grands gagnants 2018 58
06 La relève culinaire au menu des
SANTÉ ET SÉCURITÉ À LA
ÉLEVEURS dégustations FERME
Travailleurs étrangers temporaires : il
DE PORCS DU QUÉBEC 28 faut penser sécurité
Le porc du Québec dans le top 10 des
PORTRAIT
Le harcèlement en milieu de travail :
publicités du Bye Bye Ce que vous avez toujours voulu savoir c’est votre affaire maintenant
sur la production porcine américaine
63
31 RECETTE
RÉGIE D’ÉLEVAGE
Sauté de longe de porc façon fajitas
Une intelligence artificielle pour des en duo avec le rôti de longe de porc à
applications bien réelles l’espagnol
Points de régie non négociables pour
avoir du succès
43
SANTÉ
L’ATP-métrie par bioluminescence, une
technologie pour évaluer la propreté
des remorques de transport des porcs
10 Campagne de sensibilisation du
QUALITÉ MAPAQ sur l’utilisation judicieuse des
PorcSALUBRITÉ ET PorcBIEN-ÊTRE, où antibiotiques
en sommes-nous?
Utilisation judicieuse des
14 antibiotiques : l’EQSP vise une 64
réduction de 20 % d’ici 2020
ENTREPRENEURIAT CDPQ
Ferme F.J. Voyer sous le signe de Méthodes d’euthanasie pour le porc, Projet de construction d’une maternité
l’entreprenariat comment choisir? dédiée à la recherche et à la formation
Le porc du Québec
Soulyvane Nguon, Robert Ouellet, Julie Moreau-
Richard, Nathalie Plourde, Denis Roy, Isabelle
Sauriol et Oriane Wion.
sur Instagram
RÉVISEURE
Julie Laferrière
CONCEPTION GRAPHIQUE
ET RÉALISATION
TCN Studio
Dans la foulée du virage numérique entrepris par les Éleveurs et pour accen-
tuer sa présence sur les médias sociaux, Le porc du Québec a ouvert un IMPRESSION
Imprimerie FL Web
compte sur Instagram. Les utilisateurs de cette plateforme cherchent l’inspi-
ration, il s’agit donc d’un environnement idéal pour permettre à la marque REPRÉSENTANTS
Sylvain Joubert
Le porc du Québec de se distinguer avec ses magnifiques photos de recettes. sjoubert@[Link] / poste 7272
Abonnez-vous au compte @porcduquebec et laissez-vous inspirer!
Marc Mancini
marcmancini@[Link] / poste 7264
Daniel Lamoureux
ads@[Link] / poste 7275
Abonnement : 15,28 $ par année au Canada
Occupation :
Des mesures
doivent être adoptées
rapidement
Les entreprises porcines traversent une Pour être en mesure de saisir ces occa- souhaité par le gouvernement soit plei-
période très difficile. La pression sur les sions d’affaires, des investissements nement ressenti, il faut alléger le proces-
liquidités des éleveurs, causée par la importants devront être faits pour cor- sus administratif du Plan de soutien.
guerre commerciale des États-Unis avec riger le sous-investissement qui prévaut
le Mexique et la Chine, est forte. Selon dans le secteur porcin. Sachant que les Enfin, une compensation de 50 millions
nos estimations, chaque mois de ce infrastructures de production de plu- de dollars est demandée par les Éleveurs
conflit commercial coûte près de 6 mil- sieurs éleveurs sont au-delà de leur pour contrer l’effet de la guerre commer-
lions de dollars aux éleveurs québécois. durée de vie utile, les entreprises ont ciale sur les liquidités des entreprises
C’est pourquoi nous avons demandé besoin d’un signal clair. porcines. Le programme ASRA n’a pas
une intervention spéciale du gouverne- été conçu pour être le seul outil d’inter-
ment dès le mois d’août 2018. vention lors de crises de ce type.
Les prochains mois seront déterminants
Depuis le début de l’année, on observe Nous l’avons déjà dit, pour l’avenir de plusieurs entreprises,
une baisse moyenne du prix du porc de plusieurs éleveurs se ainsi que pour leur relève. Il est primor-
plus de 20 % en comparaison à 2018. retrouvent à la croisée
Pour une entreprise naisseur-finisseur, dial que le nouveau ministre com-
des chemins. La situation prenne bien l’urgence de la situation et
cela se traduit par un manque à gagner en production porcine est
moyen de 38 $/100 kg, auquel s’ajoute adopte rapidement des mesures qui
la réduction de couverture de l’ASRA
urgente et exige des enverront un signal clair pour réduire
(6,73 $/100 kg) découlant de l’entrée en mesures rapides. les risques auxquels sont confrontés
vigueur du nouveau modèle. bon nombre d’éleveurs.
Dès décembre, les Éleveurs ont rencon- Nous souhaitons embarquer dans le
tré le ministre Lamontagne. En janvier, Quatre mesures pour envoyer un train des investissements et de la
modernisation des installations agri-
des représentants des Éleveurs et de signal clair coles, plutôt que de le regarder passer.
l’AQINAC ont échangé avec la direction Premièrement, il faut une formule de
de la FADQ. Les Éleveurs ont aussi pré- prix qui permet un partage équitable Chaque mois qui passe est un mois de
senté leurs demandes au ministère des des revenus générés par les marchés. À plus où nous accumulons du retard face
Finances. En région, des rencontres ont ce sujet, nous sommes toujours en à nos concurrents internationaux et qui
également été tenues et d’autres sont à attente de la décision de la Régie des nous éloigne de notre objectif d’avoir
venir avec les députés et les ministres. marchés agricoles à la suite des un secteur en santé avec une relève
audiences publiques tenues à la fin de enthousiaste.
Des messages constants 2018 et en janvier 2019.
Lors de ces rencontres, nous rappelons
toujours que le secteur porcin québé- Deuxièmement, la couverture ASRA
cois est bien positionné sur les diffé- doit mieux refléter la réalité du secteur.
rents marchés et offre des perspectives Il importe d’annuler la réduction de
fort intéressantes de développement couverture prévue dans le nouveau
économique. Il faut être prêt à réagir modèle et de verser, si nécessaire, des
pour bénéficier d’une éventuelle compensations selon les besoins de
reprise des marchés découlant de la liquidités des entreprises.
peste porcine africaine et d’un éventuel Troisièmement, une amélioration de
accord commercial entre les États-Unis l’accessibilité et une simplification des
et la Chine. C’est dans l’intérêt du Qué- règles d’application du Plan de soutien David Duval
bec entier qui bénéficierait de retom- aux investissements en agriculture sont Président
bées économiques accrues. nécessaires. Pour que l’effet de levier Les Éleveurs de porcs du Québec
Mars 2019 Porc Québec 5
ÉLEVEURS DE PORCS DU QUÉBEC
Le porc du Québec
dans le top 10 du Bye Bye
de la pub 2018
La soirée du 31 décembre 2018, sur ICI Radio-Canada, a battu des records.
Le Bye Bye 2018 a dépassé la barre des 3 millions de téléspectateurs. Conçue
par lg2, la publicité télé du Porc du Québec, spécialement conçue pour l’oc-
casion, faisait superposer des extraits vidéo d’époque sur une chanson
contemporaine, tout aussi entraînante. Très imagé, le message montrait
comment le porc du Québec est un classique qui sait s’adapter au goût du
jour.
Le porc du Québec s’est taillé une place parmi les dix publicités les plus
populaires diffusées dans le cadre du Bye Bye 2018 selon Radio-Canada.
C’est d’ailleurs le cœur à la fête, et transportés par le tempo du message, que
plusieurs internautes ont partagé leurs commentaires, allant même à propo-
ser aux Trois Accords d’en faire une vidéo pour leur récente chanson Corinne.
Les Éleveurs de porcs du Québec sont fiers et heureux d’avoir fait sourire,
fredonner et danser les Québécois.
Lisez le Flash!
Pour suivre les activités des Éleveurs de porcs, vous tenir informé des dossiers traités par
l’organisation ou lire sur des sujets du secteur porcin, abonnez-vous à son infolettre le
Fl@sh. Pour la recevoir à chacune de ses parutions, vous n’avez qu’à transmettre votre
adresse courriel à marchambault@[Link].
La 44e semaine de
l’agriculture s’est terminée
en beauté!
Les Éleveurs de porcs du Québec et des Deux Rives ont
participé à la Semaine de l’agriculture, de l’alimentation et
de la consommation, organisée par les étudiants de la Faculté
des sciences de l’agriculture et de l’alimentation de
l’Université Laval.
En plus du kiosque, près de l’enclos des porcs, les éleveurs avaient un autre kiosque où on offrait une dégustation La visite virtuelle d’une maternité et la présence de
de bouchées de porc avec la collaboration de l’entreprise Porcella. porcs et de porcelets sont toujours fort populaires.
Programmes PorcSALUBRITÉ
et PorcBIEN-ÊTRE :
où en sommes-nous ?
Dans l’édition de décembre du Porc Québec, nous vous adressions un état des lieux des différences
entre les programmes actuels (AQCMD et BEAMC) et les programmes révisés PorcSALUBRITÉ et
PorcBIEN-ÊTRE (PS|PBE). La question que tout le monde se pose depuis : quand devrais-je adhérer
à ces programmes?
Si votre site doit avoir une validation complète en 2019, vous pourrez choisir entre Formation des valideurs
une partielle AQC|BEA ou une complète PS|PBE dès que le système le En février 2019, ce sont 38 valideurs
permettra (mi-2019). Entre-temps, les sites peuvent procéder à une validation qui ont été formés sur les nouvelles
partielle #3. À partir du 1er janvier 2020, toutes les validations complètes devront exigences des programmes et sur
être réalisées avec les nouveaux programmes. Vous serez informé au cours du prin- leurs responsabilités. Les formations
temps 2019 de la date à laquelle les premières validations PS|PBE pourront avoir ont été données par Audrey Cameron,
lieu. En tout temps, à compter de cette date, vous pourrez adhérer à ces directrice des programmes au
programmes, même si votre site doit obtenir une validation partielle. Conseil canadien du porc ainsi que
par Marie-Pier Lachance, coordon-
natrice provinciale aux Éleveurs de
porcs du Québec. Si vous avez des
CALENDRIER DE LANCEMENT AU QUÉBEC questions sur les programmes, n’hé-
sitez pas à les poser à votre valideur.
En continuité au dossier publié en décembre dernier présentant le point de vue d’entreprises qui font élever des porcs à forfait, nous vous
partageons un premier portrait d’un couple d’éleveurs à forfait qui ont su développer leur entreprise pour atteindre leurs objectifs. Nous vous
présentons Francis Voyer et Julie Mailloux, propriétaires de la Ferme F.J. Voyer S.E.N.C, située à Saint-Joachim-de-Shefford en Montérégie.
Francis Voyer
et Julie Mailloux
posent fièrement
avec leurs trois
enfants, Félix, Léa
et Étienne.
Francis Voyer et Julie Mailloux exploitent aujourd’hui un total de 7 600 places d’engraissement pour
le compte d’Agri-Marché. Ils sont propriétaires d’un site de 2 600 places et louent deux autres sites
de 1 700 et 3 300 places respectivement. La production totale atteint environ 18 000 porcs par
année. Ils sont très satisfaits d’avoir atteint une taille suffisante pour tirer un bon revenu et faciliter,
pour l’avenir, le transfert de l’entreprise à leurs enfants aujourd’hui âgés de 9, 11 et 13 ans.
Comment s’y prennent-ils?
Historique de l’entreprise
Les deux propriétaires ont chacun grandi sur une ferme, porcine retrouve une érablière de 6 000 entailles sur une partie de leur
dans le cas de Francis Voyer et laitière pour Julie Mailloux. Par terre. « Pour le moment, on n’a pas de quota, donc on vend
ailleurs, la productrice détient un diplôme d’étude collégiale en nous-mêmes notre sirop provenant des 700 entailles exploitées
gestion d’exploitation agricole, tandis que Francis possède une l’an dernier, mais il y a un potentiel pour grossir », explique
formation en mécanique et en informatique et a, depuis peu, Francis Voyer. De plus, leur formation agricole leur a permis
obtenu un DEP en acériculture. Ceci constitue un plus, car on d’accéder chacun à une prime à l’établissement.
En 2012, ils ont vendu leur bergerie « En entrant dans la salle, on est directement avec les porcs. Ça per-
pour acheter une porcherie. Le profit met de mieux les observer, car, malgré ce qu’on peut en dire, on entre
réalisé leur a permis d’avoir une mise de peu dans les parcs », souligne Francis. L’observation attentive et régu-
fonds. Leur recherche s’est échelonnée lière des animaux est indispensable à l’obtention de bonnes perfor-
sur deux ans. Au cours de cette période, mances. Il en est de même pour les équipements dont la vérification
Francis travaillait comme mécanicien et l’ajustement en sont facilités. Les deux propriétaires font également
tandis que Julie était employée par valoir que d’avoir supprimé les allées a permis de gagner de l’espace,
SIGA informatique. À l’automne 2014, et ainsi d’améliorer les performances. Probablement que certaines
ils ont finalement trouvé un site qui cor- entreprises pourraient souhaiter entrer un nombre plus élevé de
respondait à leurs besoins. Cette fois-ci, porcs, mais ça n’intéresse pas le couple d’éleveurs. « Les porcs que tu
ils ont pu bénéficier de l’appui de la produis en plus, tu les perds en performance. Donc, au bout du
Financière agricole du Québec (FADQ). compte, tu ne fais pas plus d’argent », soutient l’éleveur. Pour l’en-
Ils ont alors pu acquérir un site, dont les semble de leurs bâtiments avec planchers entièrement lattés, l’espace
bâtiments dataient de 1976. « On a tout par porc varie entre 8 et 9 pi2.
refait à neuf, nous-mêmes. On a juste
remis la vieille tôle qui était encore En optant pour le sevrage-abattage, le nombre de rotations est
bonne à l’extérieur, mais en dedans moindre, ce qui offre notamment l’avantage de diminuer les pointes
c’est tout en plastique et en acier inoxi- de travail. En effet, le nombre d’entrées et de sorties des porcs ainsi
dable. L’important pour nous, c’est de que le nombre de lavages sont réduits. Ce dernier élément contribue
réaliser des investissements qui rap- à abaisser le volume de lisier à épandre de même que les coûts y étant
portent », souligne Francis Voyer. Pen- rattachés.
dant deux ans, ils ont travaillé à
mi-temps sur la ferme et à l’extérieur. « Le principal avantage d’avoir recours à des balances trieuses réside
dans l’économie de main-d’œuvre », souligne Francis Voyer. La pesée
À l’automne 2016, ils ont eu l’opportu- et le rassemblement des porcs se faisant automatiquement, le char-
nité de louer le site voisin de 1 700 gement des porcs nécessite une seule personne. En pouvant charger
places d’engraissement et de le rénover seul le camion, l’éleveur conclut qu’il lui reste plus d’argent en compa-
avec l’appui d’un programme adminis- raison au fait d’embaucher un employé pour l’aider ou de faire réaliser
tré par la FADQ. Ils ont ainsi bénéficié cette tâche par le transporteur. Par ailleurs, ce système permet de
d’un prêt de 150 000 $ avec un rabais choisir précisément le poids d’expédition des porcs. Selon la formule
d’intérêt de 20 000 $, étalé sur cinq ans. du calcul de la rémunération prévue au contrat, cela permet d’obtenir
Francis et Julie se sont alors consacrés à un gain important pour l’éleveur.
temps plein à l’élevage des porcs. Puis,
à l’automne 2017, ils se sont fait appro- Le couple reconnait toutefois que ce système n’est pas fait pour tout
cher pour louer un deuxième site, cette le monde. Il faut être prêt à apprendre à travailler avec les nouvelles
fois-ci localisé au Lac Brome. Malgré technologies et d’être en contact direct avec les porcs, et ce, même
l’éloignement, le site offre une bonne lorsqu’ils atteignent une bonne taille.
rentabilité selon le couple.
« Il faut aussi être capable de moderniser Si le coût vient à diminuer suffisam- veurs sont incités à correspondre par
ses bâtiments. Chaque année, on alloue ment, ils pourraient être intéressés courriels, notamment, pour leur com-
environ 5 à 10 % de notre budget aux d’installer des balances pour leurs silos. mande de moulée. Dans leur cas, les
rénovations. » Ils investissent annuelle- Les commandes de moulée pourraient balances trieuses leur permettent d’ac-
ment, pour éviter un investissement alors être complètement automatisées. céder au poids de leurs porcs sur leur
trop important après un certain nombre L’automatisation, c’est vraiment leur cellulaire et de transmettre l’informa-
d’années. De plus, ça leur permet de décision. Agri-Marché n’a pas d’exi- tion à Agri-Marché. Celui-ci est alors en
garder de bonnes performances, voire gence à ce chapitre, mais elle l’apprécie mesure de planifier les horaires de
de les améliorer. et l’encourage. Par exemple, les éle- livraison de porcs à l’abattoir.
Truies en groupe :
Une transition réussie chez
Ferme Ghislain et Alain Santerre
Les truies de Ghislain Santerre ont quitté leurs cages de gestation pour circuler maintenant
librement dans des parcs. Si l’éleveur aujourd’hui est heureux d’avoir foncé dans le projet de
modernisation de ses bâtiments pour se conformer au bien-être animal, il avoue que sans
l’appui du Plan de soutien aux investissements en agriculture, il ne s’y serait probablement pas
aventuré. Témoignage d’un naisseur-finisseur qui a réussi la transition vers des truies en groupe.
À 39 ans, Ghislain Santerre est l’unique der s’il allait se lancer dans la rénova-
propriétaire d’une porcherie à Saint- tion de ses bâtiments ou dans la
Ignace-de-Stanbridge en plus d’être construction d’un nouveau pour y loger
père de trois enfants : Jeanne, 14 ans, ses truies en groupe. Avant d’amorcer
Victor, 10 ans, et Blanche, 4 ans, issus sa réflexion, il avoue s’être interrogé sur
de son union avec Christine Robert, qui la réelle cause de la nouvelle loi en
travaille comme ergothérapeute. matière de bien-être animal. « Mon
premier réflexe a été de me demander
Fort d’un diplôme de l’Institut technolo- si les truies, habituées à une protection
gique agroalimentaire de Saint-Hya- par leur cage, allaient être réellement
cinthe, terminé en 1999, où il avait mieux en groupe, en compétitivité avec
acquis des compétences en productions d’autres truies. J’avais l’impression que
laitière et porcine, Ghislain Santerre nous allions effectuer un retour dans le
s’est lancé en affaires dans la produc- temps par cette pratique », avoue can-
tion porcine en achetant à parts égales didement l’éleveur.
avec son père, Alain, une ferme de
300 truies naisseur-finisseur en 2005. Une fois ce sentiment d’inquiétude ou
« Il s’agissait d’une ferme laitière et por- d’appréhension passé, et surtout
cine qui comptait d’autres actionnaires Ghislain Santerre est devenu l’unique propriétaire de sa devant une réglementation qui ne laisse
et de qui nous avons racheté les parts », ferme en 2005. guère le choix, Ghislain Santerre a sou-
a précisé M. Santerre. Entre sa sortie de pesé ses options, incluant celle de se
l’école jusqu’à ce qu’il devienne pro- consacrer uniquement à l’engraisse-
priétaire, l’éleveur travaillait sur cette En 2013, il devenait l’unique proprié- ment. « Je me suis dit que je pourrais
ferme. taire en acquérant toutes les parts de acheter mes porcelets et les engraisser,
l’entreprises. « Mon père est demeuré mais avant d’en arriver à ce scénario,
En 2010, il se laissait tenter par la pro- comme employé à plein temps », indi- j’ai revu les budgets de l’entreprise et
duction du Porc Coop. « Comme j’étais que Ghislain Santerre. analysé mes forces et mes faiblesses »,
déjà assigné à un abattoir d’Olymel, je mentionne l’éleveur.
me suis dit pourquoi pas aller chercher Transition vers les truies en groupe
une valeur ajoutée par cette entente Avec l’arrivée des nouvelles normes en Avec l’aide de son conseiller, Réjean
pour produire ce type de porc », fait bien-être animal, Ghislain Santerre, Leblanc, agroéconomiste spécialisé en
valoir l’éleveur qui venait d’avoir à peine comme bien des éleveurs, a été analyse financière et du coût de pro-
30 ans. confronté à certains choix afin de déci- duction, il en est venu à la conclusion
nous évite de devoir la chercher. On régulièrement dans les parcs pour que Les premières heures d’intégration des
gagne ainsi beaucoup de temps, tout les truies s’acclimatent à nous. Puis, truies en groupe sont toutefois agi-
en s’assurant que les truies reçoivent pour celles qui n’ont pas trouvé le che- tées. « Il y a des truies qui l’apprennent
leur ration », fait valoir M. Santerre. min vers le système d’alimentation, il à la dure. On assiste parfois à de vio-
faut les faire lever et leur montrer. Je lentes batailles. Il arrive que ça brasse
L’éleveur fonctionne avec neuf pro- dépose un peu de moulée par terre durant les quatre premières heures.
grammes alimentaires qu’il applique près du système. Parfois, j’en cache Une fois qu’elles ont déjà cohabité, les
selon l’âge et l’état de chair de l’ani- dans mes poches pour que la truie me truies toutefois rentrent vite dans les
mal. « Le système nous permet de suive. Il faut être patient », témoigne rangs lors de leur deuxième séjour en
peser chaque fois la ration. On peut l’éleveur. parc », mentionne l’éleveur.
ainsi calibrer les portions en fonction
des moulées et s’assurer de donner le Au moment de commencer l’entraîne- Maux de pattes
même poids d’aliments à chaque ment, lors de la formation des groupes, Depuis la transition complète, réalisée
ration pour la même truie. » Détenant l’objectif, dans les 48 premières heures, en août, Ghislain Santerre a remarqué
une moulange, il achète ses grains et est que les trois quarts des truies se davantage de problèmes de boiterie et
ses ingrédients pour fabriquer ces ali- soient alimentées par elles-mêmes. « de maux de pattes. « Question de réa-
ments à la ferme. Habituellement, dans les 24 premières liser les travaux à coûts réduits, j’ai
heures, la moitié a trouvé le chemin. » conservé les mêmes planchers et les
Au chapitre de l’alimentation en eau, il mêmes lattes. À certains endroits, j’ai
a choisi des suces au mur avec un angle Pour acclimater les truies, Ghislain dû remplir de béton les trous des
de 60 degrés. « C’est ce qui est le Santerre indique qu’il faut marcher anciennes auges, de sorte que le plan-
mieux à mon avis jusqu’ici en atten- tranquillement pour ne pas les brus- cher n’est pas toujours égal. J’ai encore
dant le système adéquat. J’ai essayé un quer et pour ne pas qu’elles se blessent quelques ajustements à faire à ce cha-
système avec des cuves basculantes en précipitant leur mouvement. « Les pitre. Je passe régulièrement ma gratte
avec flotte, mais je trouvais qu’il y avait truies nous apprivoisent rapidement. dans les passages pour éviter qu’ils
trop de perte d’eau. Je n’aimais pas Elles aiment se faire flatter le museau. soient trop glissants. Je vais aussi faire
non plus les bols près du sol, car je Elles aiment autant ça qu’un chien », des essais en mettant peut-être un
craignais que les truies se blessent aux témoigne-t-il. ingrédient asséchant ou peut-être
pattes quand elles se bousculent », dit même de la paille », raconte l’éleveur
Ghislain Santerre. S’il appréhendait que les vieilles truies pour tenter de remédier à la situation.
soient réfractaires au changement, il a
Acclimater les truies été agréablement surpris de voir Il a dû aussi réformer des truies plus
Le principal défi de régie, avec les qu’elles se sont habituées rapidement hâtivement. « Les truies, par exemple,
truies en groupe, c’est de leur montrer à la libre circulation et à l’alimentation qui avaient un problème de posture ou
où se nourrir. « Il faut d’abord marcher automatisée. une faiblesse aux pattes pouvaient s’en
sortir dans les cages, mais en circulation 2 200 porcelets à un autre producteur marges par des contrats sur les marchés
libre, ça devient périlleux pour elles », qui est en tout plein tout vide. « Je vais à terme en utilisant par exemple le Ser-
donne-t-il en exemple. toutefois avoir un meilleur portrait de la vice de gestion du risque du marché des
situation quand j’aurai complété une Éleveurs. Comme éleveur à ton compte,
Bref, s’il n’avait pu compter sur un appui année, soit à la fin de l’été », précise bien sûr, tu vises toujours à améliorer ta
à l’investissement, pas sûr qu’il aurait Ghislain Santerre. productivité, mais comme tu ne peux
fait la transition. Toutefois, aujourd’hui, jamais être certain du prix du porc, et
il est tout de même à l’aise avec sa déci- Gestion des lisiers de la liquidité que tu dégageras, il faut
sion d’avoir réaménagé ses bâtiments. « Ghislain Santerre possède aussi 105 pourvoir compter sur des programmes
Les années sont difficiles à prévoir. Elles hectares, dont 55 en culture qui sont et des outils pour sécuriser tes revenus
ne nous permettent pas de dire avec loués à un autre producteur. Dans le afin de vivre de ta passion et surtout de
certitude que nous sommes prêts à contrat de location, il a été convenu que donner le goût à la relève », lance Ghis-
investir. Il est extrêmement difficile de le locataire accepterait le lisier de la lain Santerre.
trouver la capacité de tout refaire à ferme de M. Santerre. « Tout mes lisiers
neuf », témoigne Ghislain Santerre. y sont valorisés. Nous nous séparons en Rester informé
deux la facture reliée au pompage et à Un éleveur doit aussi être informé.
Performances similaires l’épandage. » « Après mon cours à l’ITA, j’ai pris
Du reste, six mois après avoir réalisé la d’autres cours, notamment en auto-
transition, il a retrouvé sensiblement Autres enjeux gestion du risque pour l’utilisation des
les mêmes performances d’élevage Il n’y a toutefois pas que la productivité, marchés à terme. Il faut sans cesse
qu’il avait lorsque ses truies étaient en à titre d’enjeux, pour qu’un éleveur à poursuivre notre formation. La produc-
cage. Avec des moyennes par truie de son compte tire son épingle du jeu. tion porcine change trop vite pour s’as-
14,4 nés totaux par portée et de 13,4 « Au-delà des gains en efficacité, il faut seoir sur ses lauriers. Faire des essais,
nés vivants, et un taux de mise bas se continuer d’essayer d’obtenir les meil- et constater les résultats pour suivre
situant entre de 86 et 88 %, il vise les 30 leurs coûts pour nos intrants. Il faut l’évolution de la production, c’est ce
porcelets par truies par année. Il pro- bien connaître son coût de production, que j’aime. C’est ça le défi! », a conclu
duit actuellement environ 9 000 porce- gérer le risque, non seulement avec Ghislain Santerre.
lets sevrés par an. Il vend en surplus l’ASRA, mais aussi en sécurisant ses
Le 5e Porc Show…
une édition record qui donne
des ailes pour 2019 !
« Le Porc Show, c’est notre rendez-vous annuel qui permet à
tous les maillons de la chaîne, des producteurs aux détail-
Les comités organisateurs du Porc Show sont lants, en passant par les fournisseurs, les transformateurs et
même la relève culinaire, de s’outiller et de travailler
très fiers des résultats de la 5e édition de cet
ensemble pour amener la filière porcine québécoise encore
événement d’envergure pour la filière porcine. plus loin, a souligné M. Luc Ménard, président du Porc Show
En tout, ce sont 1 100 personnes qui se sont et directeur général de l’entreprise F. Ménard inc. Les défis
inscrites aux activités organisées pour sont nombreux, puisque les tendances technologiques et
l’occasion. Les exposants, les conférenciers et alimentaires sont en constante évolution, mais c’est ensemble
les partenaires sont déjà en mode préparatifs que nous allons les relever! »
pour la prochaine édition, qui se tiendra les
La Tablée des chefs et le Fonds ACPQ
10 et 11 décembre 2019 au Centre des congrès Dans la démarche de dissolution de l’Association du congrès du
de Québec. porc du Québec, il a été convenu qu’un fonds soit créé. En 2018,
Le Porc Show a ainsi souligné le travail remarquable de l’orga-
nisme La Tablée des chefs et lui a remis la somme de 5 000 $
pour l’encourager dans ses projets.
La formule gagnante, que l’organisation a mise en place depuis
les débuts (conférences-exposants-festivités), sera bien conser- Le fonds ACPQ a également permis d’inviter une quinzaine
vée. « Toujours dans un souci d’amélioration, nous prenons le d’étudiants dans le secteur agroalimentaire.
temps de sonder nos participants afin de répondre au mieux à
leurs attentes. Cette année encore, nous désirons poursuivre le
développement d’un programme de conférences de haut niveau
et s’assurer d’une collaboration de l’ensemble des acteurs de la
filière », a souligné Sébastien Lacroix, directeur général adjoint
de l’Association québécoise des industries de nutrition animale
et céréalière, et responsable de l’événement. À cet effet, le
comité conférences se réunira bientôt pour relever une fois de
plus le défi.
Luc Dufresne,
directeur des services
vétérinaires chez
Seabord Foods.
Voilà l’un des énoncés de Luc Dufresne depuis près de 15 ans. Smithfield Food Parmi les huit principaux joueurs, on
lors de sa présentation « Ce que vous possède 340 000 truies et a la capacité retrouve Smithfield Food qui trône
avez toujours voulu savoir sur la pro- de transformer quelque 10 millions de au premier rang avec un cheptel de
duction porcine, mais que vous n’avez porcs annuellement. 950 000 truies, faisant de ce géant le
jamais osé demander » au Porc Show. plus grand producteur et transfor-
Pour donner une vue globale de la pro- mateur de porcs au monde. Il est suivi
Diplômé de la Faculté de médecine duction aux États-Unis, Luc Dufresne a par Triumph (479 000 truies), Seaboard
vétérinaire de l’Université de Montréal, brossé le tableau des trois groupes de Foods (340 000 truies) et Prestige Foods
en 1988, M. Dufresne a occupé plu- production en place : les intégrateurs, (182 000 truies).
sieurs postes, dont celui de directeur les producteurs et les gestionnaires de
des services vétérinaires chez deux des fermes. Du côté des producteurs, qui élèvent
plus imposants producteurs américains, et vendent leurs porcs aux abattoirs, le
Smithfield Food et, depuis 2004, Les intégrateurs sont ceux qui, en plus top 10 détient entre 235 000 truies
Seabord Foods, où il est à l’emploi de la production, possèdent un abattoir. pour le premier, Iowa Select Farms, et
→ Test rapide des populations à risque. Plusieurs compagnies cage de mise bas, cage de saillie. Ils font
d’alimentation encore pression sur les compagnies
→ Programme de biosécurité établi à d’alimentation comme McDonald et
tous les échelons de la production.
commencent à faire Walmart.
pression pour qu’il n’y
→ Système national de traçabilité pour ait aucun antibiotique Utilisation des antibiotiques
valider un programme de régionali- dans l’élevage. Il y a une prise de conscience voulant
sation de la production. qu’il est impératif d’augmenter la
conscientisation et la surveillance en
→ Programme de dépistage pour vali- Bien-être animal matière de l’utilisation des antibio-
der les zones exemptes de maladie. Aux États-Unis, la pression pour une tiques. Aucun antibiotique considéré
gestion des truies gestantes en groupe important chez l’humain ne devrait être
→ Communication proactive avec les est mise sur les grandes entreprises ali- utilisé chez les animaux, sauf pour trai-
marchés d’exportation. mentaires comme McDonald et Wal- ter les animaux malades. Plusieurs
mart par le biais des actionnaires qui compagnies d’alimentation com-
« Les Etats-Unis ne sont pas préparés à n’aiment pas voir leur compagnie visée mencent à faire pression pour qu’il n’y
répondre rapidement à l’introduction par les groupes de défense des animaux ait aucun antibiotique dans l’élevage.
d’une de ces trois maladies, déplore le sur la place publique. Si bien que plu-
vétérinaire. Les producteurs, les vétéri- sieurs entreprises porcines, dont Smith- Poursuites
naires et les laboratoires de diagnostics field, JBS et Hormel ont annoncé Luc Dufresne a aussi brandi le spectre
sont prêts, mais le USDA manque de qu’elles élimineraient les cages de ges- des poursuites au civil contre les entre-
leadership. Aucune approche coordon- tation. Plusieurs chaînes de restaurants prises porcines, pour nuisance ou en
née n’est en place. Le Canada est mieux ont annoncé que tout leur approvision- raison des odeurs ou du bruit, qui
préparé que les États-Unis. » nement proviendrait d’entreprises qui se multiplient aux Etats-Unis. « Smith-
élèvent leurs animaux dans des parcs field a perdu jusqu’ici trois procès pour
Main-d’œuvre pour 2023. « Actuellement, l’offre est des sommes totalisant près de 600 mil-
Avec un chômage inférieur à 4 % et un inférieure à la demande. Les acheteurs lions $. Cela pourrait créer un dangereux
salaire moyen de 14 $ dans les fermes commencent à être nerveux. Plusieurs précédent pour tous les producteurs
et de 16 $ dans les abattoirs, les entre- entreprises porcines hésitent, car il n’y agricoles », croit-il.
prises éprouvent de la difficulté à trou- aucun incitatif pour elles de procéder
ver et retenir les employés. Parmi les aux changements. Les consommateurs Somme toute, les États-Unis forment
solutions envisagées, on cherche à se ou les entreprises alimentaires ne un pays idéal pour la production por-
tourner vers l’automatisation, davan- veulent pas payer plus cher », souligne cine. « Le coût des grains est bas, on y
tage accessible pour l’abattage. L’immi- M. Dufresne. trouve une bonne structure, la techno-
gration est l’autre piste de solution. logie est adéquate et le marché interne
« Plus de la moitié des employés en Après l’abolition des cages, les groupes est important. La production porcine
abattoir n’est pas née aux Etats-Unis », d’activistes ont commencé à présenter continuera d’augmenter et elle sera de
indique Luc Dufresne. la suite de leur programme : castration plus en plus interconnectée », a fait
et taille de la queue, densité animale, valoir Luc Dufresne.
« Ces points de régie ne représentent rien de nouveau, mais L’introduction des cochettes
ils demeurent des points où des lacunes sont observées, Pour M. Vignola, l’attention portée aux cochettes est recon-
ouvrant donc la porte à des occasions d’amélioration », a fait nue comme la base du succès des maternités. « Les éleveurs
valoir l’agronome. qui réussissent sont généralement les meilleurs avec leur
première parité. Un des critères gagnant, c’est d’effectuer la
première saillie au 2e ou 3e oestrus avec un poids vif se situant
entre 135 et 150 kg », souligne le spécialiste.
M. Vignola a sélectionné cinq points de régie :
La régie des cochettes repose sur trois points :
→ L’introduction des cochettes.
1. Identifier les plus fertiles, précoces, avec oestrus forts.
→ L’alimentation en gestation et lactation.
2. Viser un apport constant de cochettes admissibles :
→ Les pertes naissance-sevrage. provoquer tôt la puberté, utiliser des verrats matures et
réformer les cochettes qui ne viennent pas en chaleur
→ La détection des chaleurs et l’insémination. après 30 à 40 jours d’exposition quotidienne.
À tous les jours les cochettes sont en contact direct avec un verrat pour 10-15 minutes.
On note quotidiennement les signes d’oestrus sur une échelle de 3 à 5 points.
Jours 1-28
Dès qu’une cochette démontre le réflexe d’immobilité, elle est pesée ou mesurée avec un ruban
pour estimer le poids et déterminer le moment de la saillie.
Toute cochette n’ayant pas encore exprimé un oestrus est mélangée dans un nouveau parc pour plus
Phase II Jour 13
de stimulation de la puberté.
S’il n’y a pas assez de cochettes pubères pour rencontrer les objectifs de saillie, les cochettes admissibles (non cycliques,
28 jours Jour 23-24
bon poids) seront injectées au PG-600.
Jour 23-28 Après l’injection au PG-600, les cochettes sont exposées directement aux verrats à chaque jour pour stimuler la puberté.
L’alimentation des truies gestantes plus de surveillance en assurant une pré- temps nécessaire. Avec l’augmentation
et allaitantes sence d’au moins 18 h sur 24 h. Une des de la taille des troupeaux, l’adoption de
Selon l’expert, il faut éviter de surali- bonnes pratiques recommandées la régie en bandes et la rareté de la
menter les cochettes et les truies durant consiste à identifier des « spécialistes main-d’œuvre, accorde-t-on le temps
la gestation. Il faut se donner un plan de des premières 24 h » pour assurer l’aide de qualité nécessaire? », lance l’expert
rationnement précis et le respecter. À aux truies, l’assèchement des porcelets, en guise de réflexion.
ce chapitre, il faut, par exemple, ajuster l’assistance à la tétée pour la prise de
le plan selon la densité des aliments, colostrum. « Il est vital de réduire le délai Le confort des porcs
récupérer les pertes d’état de chair tôt de la première tétée », souligne l’agro- Sur ce dernier point, Michel Vignola a
en gestation, calibrer les équipements nome. On préconise aussi un allaitement fait état de l’importance de s’assurer du
et adapter l’alimentation au type de fractionné tôt après la fin de la mise-bas confort de la température des porcs. Il a
génétique, car les objectifs de poids pour aider les plus petits, les plus faibles cité en exemple, le contrôle de la tem-
vifs, gain de poids et gras dorsal varient. et les derniers-nés. L’enrichissement de pérature ambiante en tenant compte
Il faut maximiser la consommation en l’environnement pour calmer les truies des types de plancher et du système de
lactation. Pour s’aider, il faut mesurer est également une pratique indiquée. « ventilation. « On a beaucoup d’équipe-
l’état corporel, le poids vif, car les truies Pour récolter les bénéfices, il faut passer ment, mais les utilise-t-on convenable-
grasses mangent moins en lactation. à l’acte, changer les habitudes de travail ment pour assurer une température
et identifier les vraies priorités. C’est exi- adéquate, tant pour la truie que ses
« Pour les truies logées en groupe, geant, mais les résultats sont à votre por- porcelets entre lesquels il existe une
j’opte pour un système d’alimentation tée », fait valoir M. Vignola. différence de comportement à ce cha-
où l’éleveur peut avoir le contrôle sur pitre », souligne-t-il.
les quantités ingérées par les porcs Détection des chaleurs
pour s’assurer de leur complète ali- et insémination
mentation. Enfin, il faut aussi nourrir Tout passe par une bonne détection des
convenablement entre le sevrage et la chaleurs qui demande de l’observation,
saillie », indique M. Vignola. de l’organisation, de la patience et du
temps. Le verrat demeure irrempla-
Pertes naissance-sevrage çable. Le réflexe à l’homme est plus tar-
Avec les plus grandes portées, les défis dif et de plus courte durée. Il faut
sont plus grands! Les mises bas, plus favoriser un contact nez-à-nez de 30
longues, augmentent les risques de secondes avec le verrat. « Le but est de
morts-nés. Il faut éviter l’embonpoint découvrir le début du réflexe d’immobi-
des truies à la mise-bas et les tempéra- lité pour appliquer un programme de
tures chaudes. Il faut aussi effectuer saillie approprié. Il faut prendre le
Conclusions à tirer : Il est « toujours » possible de « négocier » mais au prix des résultats
techniques et financiers.
Ferme 1 200 truies N-F Porcelet/truie s./an Coût/porc Marge/an
Détection et traitement
des porcs malades :
que font les éleveurs élites ?
Sylvain Messier a partagé les bonnes pratiques de neuf éleveurs pour la détection et le traitement
des porcs malades.
L’objectif de l’équipe, constituée de axés sur la biosécurité, ils observent l’entrée, ils drainent les tuyaux d’eau
vétérinaires, de producteurs et d’un beaucoup leurs animaux, ils se soucient jusqu’à l’arrivée de l’eau fraîche. Pour
agronome, visait à relever les actions et de leur confort et ils ne laissent pas les les aliments, ils vident et nettoient les
les pratiques réalisées par les éleveurs choses anormales traîner. Qu’est-ce silos et s’assurent de débuter avec la
pour identifier les porcs malades de qu’ils font? bonne phase de moulée.
façon à leur prodiguer des soins indivi-
dualisés et adaptés. Neuf éleveurs, à Avant l’entrée des animaux À l’entrée des porcs
forfait ou à leur compte, ont accepté de Il s’affaire à la préparation du bâtiment. Ils gardent des parcs vident comme
partager leurs pratiques. D’abord, le lavage. Avant de procéder parc hôpital. Ils classent les porcs par
au lavage d’une salle, ils vident les grosseurs pour mieux identifier les
Premier constat : les éleveurs insistent lignes des soigneurs. Ils utilisent un décrocheurs et observer notamment
sur le fait que c’est un ensemble de fac- savon. Ils procèdent de plus à une ins- les boiteries. Au besoin, ils ne tardent
teurs de régie, importants à contrôler pection en profondeur, puis passent à la pas pour euthanasier les animaux trop
en priorité, qui permet de limiter le désinfection et au séchage. Ils prennent malades.
nombre de porcs, nécessitant des trai- soin de rincer le désinfectant dans les
tements individuels. trémies et de les assécher, tout comme Dans les premiers jours
pour les bols à eau. Dans les bâtiments, Ils isolent les animaux dominés, les
Deuxième constat : les éleveurs pré- ils s’assurent que rien ne peut blesser blessés et ceux qui ne mangent pas. Ils
sentent des points communs : ils visent les animaux. Ils nettoient aussi les lignes stimulent l’alimentation par de la mou-
à être les meilleurs, il sont fortement d’eau et vérifient le débit. Le matin de lée fraîche en pouponnière et en sau-
poudrant du lait sur la moulée pour les porcelets. En finition, Autres routines
ils ajustent la hauteur du tube en fonction de la consomma-
tion et actionnent le mécanisme des trémies humides. → Réparer immédiatement les bris.
Des tournées d’élevage indispensables → Vider complètement les silos et trémies toutes
Les tournées d’élevage sont essentielles pour eux : deux fois les 4 semaines.
par jour au moins et même jusqu’à cinq fois par jour, la pre-
mière semaine, en pouponnière. Avant d’entrer dans une → Actionner les grattes chaque jour (favorise la réduction
salle, ils vérifient les températures, le fonctionnement du dis- de l’ammoniac).
tributeur de médicaments et mesure la consommation d’eau
et d’aliments. Ils notent toutes leurs observations et essayent → Démarrer les soigneurs entre 4 et 6 fois par jour
d’établir des liens de cause à effet quand survient des pro- pour stimuler la consommation.
blèmes ou des anomalies.
→ Vérifier le niveau de chlore régulièrement et acidifier
En pénétrant dans les salles, ils ont toujours un marqueur et l’eau en début de pouponnière.
un panneau de manutention. Ils observent d’abord la disposi-
tion des porcs couchés, leur activité, l’occupation des trémies → Aménager une cafétéria ou des parcs communicants.
et aux points d’eau (de façon à s’assurer notamment qu’il n’y
ait pas d’attente) et contrôlent la qualité de l’air. « Bref, un bon classement dès le départ, une observation
rigoureuse, de la constance lors des tournées pour voir s’il y a
Lors de ces tournées, ils misent tous sur une routine rigou- des problèmes de régie, l’identification des animaux qui ont
reuse : regarder chaque animal un par un, ajuster les trémies besoin de traitement et l’isolement rapide et systématique-
et vérifier l’accès à l’eau. Ils entrent systématiquement dans ment des animaux malades sont des points clés », a conclu
les parcs, lors des trois premiers jours, pour faire lever les Sylvain Messier.
porcs, les habituer au contact humain, mieux repérer les
malades et pour stimuler la consommation. On peut prendre davantage connaissance des pratiques
des éleveurs en consultant la présentation de Sylvain Mes-
Pour les porcs malades, certains éleveurs isolent tous les sier ou en visionnant la vidéo de la conférence à
porcs nécessitant un traitement dans un parc hôpital, d’autres [Link].
vont isoler les plus affectés et traiter les plus mobiles dans
leur parc. Pour les méningites, ils les détectent la majorité du
temps en après-midi. Ils les isolent entre 24 h et 48 h avec
accès à l’eau et à la moulée. Ils ont toujours le matériel de
traitement à portée de la main.
Démonstration à la ferme
de l’alimentation multiphase
par parité chez les truies
en groupe
D’ici 2022, plusieurs producteurs de porcs devront rénover ou construire de nouveaux bâtiments
afin de loger les truies en groupe. C’est donc l’occasion de songer aux choix d’équipements et de
la technologie à mettre en place afin d’assurer la pérennité de ses installations. Le système
d’alimentation est d’ailleurs un des choix majeurs à réfléchir. À cet effet, avez-vous envisagé
l’option d’un système d’alimentation multiphase pour vos truies en gestation ?
Afin d’alimenter vos réflexions à ce sujet, cet article présente les résultats d’un projet de transfert
technologique ayant mis à l’essai de façon simplifiée et en conditions commerciales, une stratégie
d’alimentation multiphase par parité chez un producteur logeant ses truies en groupe.
Tableau 2. Différence (en dollars par tonne) entre le coût d’alimentation estimé par truie pour une stratégie
simplifiée d’alimentation multiphase par parité, comparé à l’alimentation conventionnelle, selon différentes combi-
naisons de prix de maïs et de tourteau de soja.
Prix du tourteau de soja ($/tonne)
350 400 450 500 550 600 650 700
Xxxxx
40 Porc Québec Mars 2019
Basé sur le prix des aliments en 2017, la
stratégie simplifiée d’alimentation multi-
phase par parité, lorsque comparée à l’ali-
mentation conventionnelle, permettrait
une économie annuelle moyenne de 5,69
$/truie. Plus spécifiquement, l’économie
estimée sur les coûts d’alimentation varie-
rait entre 1,66 $ et 10,06 $/truie selon les
scénarios de prix des ingrédients observés
(2013-2017)1.
Photo 1 : Deux lignes de soigneurs installées dans l’entreprise Hog Tied Farms en Ontario, permettant la distribution de deux aliments différents en
simultanée.
Remerciements
Ces démonstrations ont été réalisées dans le Les résultats d’autres projets réalisés dans le cadre de ce
cadre du projet De l’innovation à l’adoption : démonstra- programme de SIP sont disponibles sur le site internet du
tion, à la ferme, de travaux de recherche sur le porc. Ce CDPQ ([Link]). Visitez la section « Recherche et
projet faisait partie de la Grappe porcine 2 de Swine développement / Transfert technologique » pour en
Innovation Porc, financée par le biais du programme savoir plus.
Agri-innovation d’Agriculture et Agroalimentaire Canada
et des associations provinciales de producteurs. Nous
tenons aussi à remercier les entreprises qui ont participé
à la réalisation de ces démonstrations : Olymel en Sas-
katchewan et Les Entreprises Denis Paquin au Québec.
Tableau 1. Avantages et inconvénients associés à l’utilisation de l’ATP-métrie par bioluminescence pour évaluer
la propreté des remorques
Avantages Inconvénients
35
Un outil rapide et fiable
29,02$
30
Les recherches démontrent que l’ATP-métrie par biolu-
25 minescence est un outil rapide, simple, peu coûteux et
fiable pour évaluer la propreté des remorques. En complé-
20
15,75$
ment, les essais réalisés dans le cadre de ce projet, sur les
15
sites de démonstration du Québec et de la Saskatchewan,
11,32$
ont permis d’identifier plusieurs avantages et inconvé-
10 nients reliés à l’implantation et l’utilisation de cette tech-
5,80$
nologie. Les entreprises qui pensent adopter l’ATP-métrie
5 3,15$
2,26$
par bioluminescence devront se poser certaines questions
0 afin de s’assurer qu’elle répondra à leurs attentes, comme
10 25 50
par exemple : Où cette technologie sera-t-elle implantée
Nombre totat de remorques lavées/semaine dans l’entreprise ? Quel est le résultat escompté, et qu’al-
Coût total par remorque Coût total par remorque lons-nous en faire?
analysée (base annuelle) lavée (base annuelle)
ATP Bioluminescence a Means for Assessing Trailer Cleanliness
1
Figure 4. Analyse économique du coût d’incorporation de l’ATP-métrie par
bioluminescence dans la procédure de lavage des remorques. N.B. Les calculs (Anglais) [Link]
se fondent sur l’hypothèse que 20 % de toutes les remorques lavées sont [Link]
analysées par ATP-métrie.
Campagne de sensibilisation du
MAPAQ sur l’utilisation judicieuse
des antibiotiques
Le ministère de l’Agriculture,
des Pêcheries et de
l’Alimentation (MAPAQ)
lancera, ce printemps, une
campagne de sensibilisation
et d’accompagnement ayant
pour thème « l’utilisation
judicieuse des antibiotiques »
dans le cadre du Programme
intégré de santé animale du
Québec.
La cible est réaliste, flexible et crédible, selon l’EQSP, car elle → Grâce à l’appui du MAPAQ, dans le cadre d’un projet du
repose avant tout sur une approche personnalisée pour lais- Programme intégré de santé animale du Québec (PISAQ),
ser à chaque éleveur, avec son vétérinaire, le soin de trouver les éleveurs auront droit à des visites gratuites de leur vété-
les solutions adaptées à sa réalité. L’EQSP suggère de cibler rinaire pour les aider à trouver des occasions de réduction
premièrement la réduction de l’usage des antibiotiques en des antibiotiques (voir article suivant sur la campagne de
prévention et de n’utiliser les antibiotiques de catégorie 1 sensibilisation du MAPAQ).
qu’en dernier recours (la loi encadre leur utilisation depuis le
25 février 2019). → Une demande de financement pour un projet d’envergure a
été déposée au MAPAQ le 18 octobre. Il vise notamment :
Le respect des périodes de retrait dans le but de garantir l’ab- 1. À répertorier et diffuser les bonnes pratiques, c’est-à-dire à
sence de résidus d’antibiotiques dans la viande de porc est faire ressortir les différentes solutions possibles.
une pratique déjà bien ancrée chez les éleveurs. Il importe 2. À réaliser le monitorage de l’utilisation des antibiotiques au
cependant d’aller plus loin en utilisant toujours plus judicieu- Québec, sur les fermes porcines, pour 2020; cela permettra de
sement les antibiotiques pour contrer l’antibiorésistance, qui valider l’atteinte de la cible.
menace l’efficacité des traitements sur les fermes et dans les 3. À développer un plan de communication pour expliquer nos
hôpitaux. L’utilisation judicieuse des médicaments, c’est pri- actions aux différents publics cibles.
vilégier les antibiotiques des catégories les moins impor-
tantes en médecine humaine, mais c’est aussi réduire leur → L’amélioration de la santé des troupeaux afin de réduire le
utilisation. besoin d’avoir recours aux antibiotiques.
Accompagnement des éleveurs et des vétérinaires Pour toute question, l’EQSP invite les éleveurs à contacter
Pour aider les éleveurs et leurs vétérinaires dans cette Raphaël Bertinotti au 450 679-0540, poste 8760 ou à l’adresse
démarche, l’EQSP travaille sur plusieurs dossiers : rbertinotti@[Link].
Dans les numéros précédents, il a été Nous avons aussi mentionné que la déci- Euthanasie en douceur
indiqué que l’euthanasie n’était pas sion d’euthanasier un animal fragilisé L’euthanasie, par définition de son
seulement une option, mais un devoir1 prend du temps. Pour faciliter votre déci- origine grecque, est une procédure
et « considérant que l’animal est un sion, un cheminement doit être suivi à qui permet de mettre fin à la vie d’un
être doué de sensibilité », vous êtes partir du moment où vous devez interve- animal rapidement et avec douceur.
responsable d’abréger les souffrances nir « lorsqu’un animal est blessé, malade Cela implique que l’animal ne doit
de l’animal selon la Loi B-3.1 - Loi sur le ou souffrant2 ». Ce cheminement prend la pas être mis dans une situation lui
bien-être et la sécurité de l’animal forme d’un arbre de décision, qui a été causant plus de douleur ou d’an-
(chapitre 5)2 et selon le Code de pra- présenté dans le Porc Québec de goisse en le déplaçant ou en le prépa-
tiques pour le soin et la manipulation décembre 20184. Vous pouvez aussi vous rant à l’euthanasie. Il sera donc
des porcs3. reférer à la fiche de renseignements #17 possible d’euthanasier l’animal souf-
du nouveau manuel de l’éleveur PorcSA- frant à l’endroit où il se trouve même
Facile à dire, mais difficile d’application LUBRITÉ/PorcBIEN-ÊTRE de « L’Excellence s’il est dans un parc avec ses
sur le terrain pour plusieurs personnes. du porc canadien »5 (EPC). congénères.
Une bonne utilisation du pistolet percu- Mise en garde pour les armes à feu
teur provoque un arrêt immédiat de la
respiration, l’animal s’effondre au sol,
les yeux sont habituellement ouverts et Il est important de rappeler que l’utilisation d’une arme à feu devrait se faire à
permettent de voir que la pupille est l’extérieur d’un bâtiment et dans un endroit sécuritaire afin d’éviter tout rico-
dilatée. Les mouvements de pattes, dits chet possible qui pourrait vous (ou des personnes présentes) mettre en
cloniques, sont une preuve que l’animal danger.
a perdu le contrôle de ces mouvements.
Électrocution
La fiche « Euthanasie avec un pistolet Il est question ici d’une méthode d’euthanasie par électrocution 110 Volts à la
percuteur » a été remise à tous les pro- ferme et non d’un abattage en abattoir. L’électrocution fait partie des méthodes
ducteurs de porcs du Québec au prin- mécaniques du fait qu’elle crée des lésions importantes dans le cerveau en
temps 2018. Elle a aussi été reprise dans provoquant une dépolarisation massive des neurones dans les deux hémis-
un article du Porc Québec en mars phères cérébraux. Le passage du courant électrique au cœur entraînera quant
2018.6 Elle décrit bien les étapes à suivre à lui une fibrillation cardiaque irréversible.
pour l’utilisation des pistolets
percuteurs.
[Link]
La contention
Pour faciliter l’exécution de l’euthanasie, il est essentiel d’utiliser
une contention à moins que l’animal soit vraiment immobile et
au sol. La méthode de contention dépendra de la méthode d’eu-
thanasie choisie. On ne tient pas un porc avec un lasso de métal
Réflexe pupillaire : la pupille des yeux est dilatée et ne se
ou dans une cage de métal si on fait une électrocution, cepen- referme pas si vous l’exposez à la lumière de votre cellulaire.
dant, le lasso est une contention de choix pour l’utilisation d’un
Nouvelle technologie
génomique pour lutter contre
le virus du SRRP
Or, puisque l’environnement dans lequel nous évoluons est divers microbes, ou si un premier microbe attaque ou affaiblit
plus complexe et diversifié, notamment en termes de compo- les défenses des porcs ouvrant la voie à un second microbe.
sition microbienne, il est attendu que la cause d’une maladie Le choix des stratégies médicales en sera alors modulé.
infectieuse puisse découler de l’interaction de plusieurs
microbes pathogènes. Grâce à l’évolution des technologies De plus, une autre répercussion de ce concept de coïnfection
d’analyse biologique, il a été démontré, depuis plus de 15 concerne directement le diagnostic. Au regard des symp-
ans, que dans les élevages porcins, les infections respiratoires tômes et lésions des porcs, le vétérinaire demande des tests
sont généralement des coïnfections (c’est-à-dire une infec- diagnostiques en ciblant un ou des microbes spécifiques à
tion avec différents microbes) plutôt que des infections par détecter. Cependant, les tests de diagnostic moléculaire sont
un seul microbe. Par exemple, un porc peut avoir des lésions élaborés en fonction des technologies biologiques et infor-
pulmonaires à cause d’un virus et à une bactérie, ou à deux matiques disponibles, de la meilleure rapidité d’obtention du
virus différents. résultat et d’un coût abordable. Et tout comme les microbes
que nous combattons, les technologies et les connaissances
On comprend que cette notion a des répercussions sur les évoluent. Les nouvelles plateformes de séquençage de
méthodes de lutte et prévention des infections. En effet, il génome microbien complet (ou de séquençage à haut débit)
devient important pour les chercheurs de vérifier si les dom- à faible coût commencent à s’implanter en diagnostic vétéri-
mages sont causés simultanément ou en parallèle par les naire et apportent de nouveaux résultats.
Découverte fascinante
Mais il y a une découverte plus fascinante encore. Le séquen-
çage complet a mis en lumière que certains des virus n’étaient
en réalité pas les virus vaccinaux comme précédemment dia-
gnostiqués. Les biologistes savent que le génome des êtres
vivants est modifiable sous certaines conditions. Par exemple,
si deux virus arrivaient à infecter un même animal, ces deux
virus pourraient alors transformer leur génome en rempla-
çant certains gènes avec ceux de l’autre virus.
Source
Dans le cas présent, le virus SRRP possédait un gène d’une
souche vaccinale, mais le reste de son génome était composé Conférence du 12 mars 2018, Café CRIPA, Génome
d’un virus SRRP potentiellement pathogène. Il s’agit alors complet du virus SRRP : surprises dans les échantillons
d’un virus recombinant. Cela veut dire que l’ancien test qui cliniques, C. Lalonde, C. Provost et C.A. Gagnon.
analysait seulement un gène, dans ce cas-ci vaccinal, laissait
croire que le troupeau était vacciné ce qui conduisait le vété- [Link]
rinaire à exclure, peut-être à tort, le virus SRRP comme agent sequencage-adn-low-cost/[Link]
causant les problèmes pulmonaires. Ces virus recombinants
représentent, pour le moment, environs 5,5 % des virus [Link]
séquencés. Donc au total, dans les congélateurs du Service article/2014/08/18/le-sequencage-du-genome-com-
de diagnostic, si on tient compte des coïnfections et des virus ment-ca-marche_4472313_4355770.html
recombinants, la classification dans environ 11 % des cas de
virus SRRP a été amélioré significativement avec la nouvelle
méthode de séquençage du génome entier.
Même si l’agriculture, incluant la production porcine, souffre d’un manque criant de travailleurs locaux,
l’accès à des travailleurs étrangers temporaires pour une entreprise agricole est loin d’être un droit : il
s’agit d’un privilège. Si les gouvernements ne peuvent pas empêcher les employeurs d’embaucher des
travailleurs locaux, ils peuvent facilement interdire l’embauche de travailleurs étrangers. Pour cette
raison, les entrepreneurs ont tout intérêt à être organisés et consciencieux pour avoir recours à leurs
services.
Les deux paliers gouvernementaux sont hautement préoccu- Pénalité financière en cas d’infraction
pés par la question de ces travailleurs. En fait, les entreprises Dès qu’un employeur ne respecte pas les lois et les règle-
qui embauchent des travailleurs étrangers temporaires ments sur tous les points, il s’expose à une pénalité finan-
doivent respecter toutes les lois et les règlements associés à cière. De plus, par le biais du nouveau Règlement sur
leur statut d’employeur. Plusieurs obligations liées à ces lois l’immigration au Québec, entré en vigueur le 2 août, un
et règlements sont des incontournables et font l’objet de employeur déclaré coupable d’une infraction perdra l’accès
vérification régulièrement. Un employeur de tels ouvriers ne aux TET pour quelques années. Donc, si vous avez reçu un
peut se permettre le luxe de se faire prendre en défaut sur constat d’infraction, consultez un avocat en lui indiquant
ces éléments. Il risque de ne plus pouvoir embaucher ces que vous êtes visé par l’article 99 de ce règlement.
travailleurs.
Morale de cette histoire, pour embaucher des travailleurs
Pièges à surveiller étrangers temporaires, il faut être un employeur exem-
Sans être exhaustif, il y a quand même des pièges classiques plaire. Qu’arriverait-il si l’an prochain vous ne pourriez plus
que les employeurs doivent surveiller de près. Les voici : compter sur ces employés sur votre ferme? Il faut prendre
les moyens aujourd’hui afin de ne pas être dans le trouble
→ L’inspection de conformité de Service Canada : respectez demain. Communiquez avec le CEA de votre bureau régio-
ce qui est dans la demande de TET (EIMT) : nombre nal de l’UPA afin de vous faire conseiller. Oui, il pourrait y
d’heures par semaine, salaire, déductions sur la paie, avoir des frais, mais c’est moins cher que de risquer son
tâches, lieux de travail, carte d’assurance maladie, frais entreprise.
de transport, logement, etc. Documentez le tout et
conservez des preuves écrites pour 6 ans.
Travailleurs étrangers
temporaires : il faut penser
santé et sécurité
La Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST) a dorénavant les
logements des travailleurs étrangers temporaires à l’œil. Dans le cadre de l’adoption de la Loi modifiant les
normes du travail et d’autres dispositions législatives, en juin dernier, la ministre du Travail a demandé à la
CNESST de mettre à jour la réglementation québécoise touchant les logements offerts aux travailleurs. Donc,
en plus des normes imposées par les programmes de TET agricoles du gouvernement fédéral, les employeurs
agricoles québécois devront aussi se soumettre aux règles du Québec. L’UPA et FERME seront consultées par
la CNESST lors de l’élaboration du projet de règlement.
La Loi sur la santé et la sécurité du tra- Des conseillers pour vous aider
vail (LSST), le Règlement sur la santé et L’Union a mis sur pied la Mutuelle de Plusieurs conseillers visitent annuelle-
la sécurité du travail (RSST) et le Code prévention de l’UPA pour vous suppor- ment les membres pour les aider à
de sécurité pour les travaux de construc- ter dans vos efforts de prévention. Y mettre en place des mesures adaptées
tion (CSTC) édictent clairement vos obli- adhérer, c’est réaliser des économies aux risques de leur entreprise. C’est
gations en matière de prévention contre sur vos cotisations à la CNESST, obtenir ainsi qu’en 2018, ils ont bénéficié d’un
les chutes. À défaut de vous y confor- une assistance personnalisée pour vous taux CNESST (net des frais de la
mer, vous êtes passibles de sérieuses aider à vous conformer à vos obliga- Mutuelle) de quelque 29 % inférieur au
pénalités, voire de poursuites pénales! tions en matière de santé et sécurité, taux général! Pour en connaître davan-
recevoir de l’aide sur mesure pour éta- tage sur vos obligations en matière de
N’oubliez pas que les risques ne se résu- blir votre programme de prévention et SST ou sur la Mutuelle de prévention de
ment pas à travailler sur un toit ou dans votre plan d’action annuel et voir vos l’UPA, communiquez avec le conseiller
une échelle. Il peut aussi s’agir de voies réclamations en cas d’accident du tra- de votre région que vous pouvez
de circulation obstruées, d’ouvertures vail prises en charge par une équipe découvrir en visitant : [Link].
non protégées, de surfaces glissantes, d’experts. [Link].
On peut aussi voir comme cas d’intimidation, une forme de conflit qui survient
dans un rapport de force entre deux individus, souvent concrétisé par des
paroles, des gestes ou des comportements qui humilient, excluent, abaissent
et qui peuvent faire perdre l’estime de soi. Un employeur ne devrait pas tolérer
une telle attitude qui risque de se transformer en harcèlement.
Ce premier niveau d’intervention, c’est une politique. En avoir une, c’est bien,
l’appliquer c’est indispensable! Faire signer la politique sans assurer la compré-
hension n’est pas une bonne pratique. Assurez-vous d’être compris de tous vos
employés, les moins scolarisés comme ceux qui ne comprennent pas le
français.
Intervenir promptement
Intervenir avec aplomb et se faire aider au besoin constitue un second niveau
d’engagement. Il y a lieu de prévoir le lancement de votre politique par une
session d’information, de la formation, de discussions et d’énoncer les sanc-
tions en cas de non-respect. Ne pas sous-estimer une plainte potentielle. Il y a
lieu de bien documenter chaque cas de harcèlement ou d’incivilité, puisqu’une
situation perçue de prime abord banale pourrait se répéter, voire se retrouver
à la CNESST en raison du fait qu’une plainte peut être déposée au cours des
deux années suivant le premier événement. Le salarié pourrait même avoir
quitté, d’où l’importance de rencontrer des témoins et les personnes impli-
quées rapidement pour disposer de leurs versions des faits.
PORTIONS : 4 À 8
PRÉPARATION : 20 MINUTES
CUISSON : 60 MINUTES
COUPE : LONGE
FAÇON FAJITAS
Réserver le morceau restant de la longe.
3. Hacher les oignons et couper les poivrons en julienne.
4. Dans une poêle chaude, ajouter 30 ml d’huile (2 c. à table)
et faire revenir les oignons et les poivrons pendant 5 minutes.
Projet de construction
d’une maternité dédiée
à la recherche et à la formation
Le projet de construction d’une maternité dédiée à la recherche, au développement et à la formation
d’étudiants en production porcine suscite l’intérêt et l’attention de nombreux acteurs du secteur
porcin. De plus, sa planification nécessite la participation active de plusieurs partenaires. Mais pour
ceux qui le découvre, ou aimeraient en savoir plus, voici quelques informations sur le sujet.
→ 2015 à ce jour : le CDPQ, en collaboration avec plusieurs Ce projet de maternité permettrait de développer une exper-
acteurs de la filière, effectue les démarches de planifica- tise scientifique québécoise et canadienne concernant la ges-
tion et d’élaboration du projet. tion des truies en groupe, leur alimentation et leur bien-être,
avec la mise à l’essai en continu d’équipements spécialisés.
1) Valider l’intérêt collectif au sein de la filière porcine Les aspects relatifs à l’environnement (ex. : gestion des lisiers,
pour la mise en place de cette infrastructure dédiée gaz à effet de serre, etc.) seraient aussi considérés.
à la R-D et la formation.
Voici quelques détails sur le nombre de truies, le type
2) Établir le budget, la localisation et les équipements d’infrastructure et les principaux équipements planifiés
à privilégier. (liste non exhaustive) :
• Des comités de travail ont été formés afin de consulter → Troupeau de 600 truies (régie en bande aux 4 semaines).
divers intervenants et spécialistes de la filière sur les ques-
tions se rapportant aux aspects de biosécurité, ainsi qu’aux → Concept de bâtiment avec système de filtration d’air à
équipements à privilégier pour assurer la réalisation de pro- pression positive (système ayant fait ses preuves partout
jets de recherche répondants aux besoins de l’industrie. dans le monde).
3) Assurer le financement → Volonté d’en faire une ferme vitrine avec l’installation
d’un corridor vitré permettant de voir à l’intérieur sans
• Une demande d’aide financière a été soumise au ministère entrer dans le bâtiment.
LE MUSÉE
DU COCHON
À STUTTGART :
Des porcs dans le ciel UNE VISITE
INSOLITE
Confrontée à la maladie, la Chine fait l’expérience des porcheries Du porte-bonheur en passant par la tirelire
gratte-ciel. Pour une biosécurité et une réduction des coûts appa- jusqu’à la peluche – du kitsch produit en masse
remment jamais atteintes auparavant, a rapporté le site Pig en passant par l’article d’occasion jusqu’aux anti-
Progress. quités rares et aux pièces uniques de valeur : plus
de 41 000 sculptures, graphismes et peintures du
La société Yangxiang a érigé des fermes atteignant jusqu’à monde entier racontent l’histoire du cochon dans
13 étages. L’Empire du Milieu ne manquait pas d’espace pour les 26 pièces à thème. De la zoologie sur le
accueillir ses millions de porcs, mais a opté pour la hauteur pour cochon dans l’art, de l’art décoratif et de la culture
mieux lutter contre les agents pathogènes qui menacent les trou- jusqu’à la mythologie et au symbolisme, ce
peaux et l’économie. musée unique au monde donne une impression
générale du cochon grâce à ses expositions alter-
Selon les experts de la société porcine Yangxiang, dans ces por- nantes. Les espaces thématiques donnent la pos-
cheries en hauteur, les chances que les épidémies se transmettent sibilité de se pencher sur la signification, l’intérêt
par les systèmes de ventilation sont moindres que pour les por- et sur les réalisations artistiques du cochon. Pour
cheries traditionnelles construites au niveau du sol. Non seule- un aperçu, il suffit d’aller à l’adresse suivante :
ment l’air qui entre par le côté des bâtiments est filtré, mais en [Link]-touristdefr/a-le-musee-du-
bout de course, il est évacué par des cheminées qui se trouvent à cochon-art-culturel-et-kitsch.
15 m au-dessus du toit de l’édifice. De plus, chaque étage possède
ses propres entrées d’air, ce qui fait que l’air ne peut circuler sur
les autres étages. Le concept d’étanchéité est tel qu’après le
sevrage, les porcelets ne quitteront le bâtiment qu’en utilisant un Autant d’enfants qu’une truie
ascenseur séparé!
La chapelle des Porcelets, qui a été construite
Dans l’éventualité de l’apparition d’une maladie, seuls les animaux au XVe siècle, en France, est le caveau de la
du même étage sont sujets à la contamination. Le personnel, lui- famille du même nom. La légende raconte
même, ne peut travailler que sur un seul et même étage et doit d’ailleurs, à ce sujet, que la famille doit son
demeurer en quarantaine pendant 48 heures avant de pouvoir nom à la malédiction d’une mendiante qui
revenir sur la ferme. aurait été bousculée par une dame et lui aurait
jeté un sort : elle l’aurait condamné à mettre
Quant au coût d’une porcherie gratte-ciel, il serait près de quatre au monde, en une seule fois, autant d’enfants
fois plus élevé par emplacement d’une truie comparativement à qu’une truie ferait de porcelets. Pour d’autres,
une porcherie conventionnelle, mais la compacité des étages le nom viendrait tout simplement du fait que la
ferait en sorte qu’il ne faudrait pas plus que quatre personnes plu- famille serait originaire de Porcelis, dans la
tôt que dix pour soigner 1 000 truies. région de Castille...
Elle défend ses cochons sur Youtube « Je veux montrer mon travail au quotidien. Plus nous serons
Sophie Simon, éleveuse française, réalise des nombreux à parler en bien de l’élevage sur les réseaux, plus
vidéos sur la profession d’éleveur de porcs. Elle nous aurons un impact positif sur le grand public, mais aussi
incite ses collègues à communiquer sur la toile. « Changeons sur les jeunes qui pourraient être intéressés comme ouvrier
de regard », c’est le nom des vidéos qui circulent sur les ou par une reprise d’une exploitation. Il ne s’agit, en aucun
réseaux sociaux pour promouvoir l’élevage de porcs. À ce cas, de répondre aux attaques incessantes des associations
jour, elle en a tourné quatre. Elle explique l’utilité des anti-élevage, ce serait contre-productif », a fait valoir la
antibiotiques, parle du bien-être animal, de la qualité de la productrice sur le site [Link]/2019/01/elle-
viande, de l’alimentation et de l’élevage de type familial. defend-ses-cochons-sur-youtube, où on peut voir ses vidéos.