ÉPIDÉMIOLOGIE DE TERRAIN
▶▶▶7 études de cas IDEA
Sous la direction de
Thierry Ancelle, Pascal Crépey, Brigitte Helynck
2013
PRESSES DE L’ÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES EN SANTÉ PUBLIQUE
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▶ Sommaire ◀
Liste des auteurs ....................................................................................................................... 5
Préambule....................................................................................................................................... 7
Introduction ................................................................................................................................... 9
Études de cas
1. Un invité venu du froid…, Benoît Cottrelle, Corinne Drougard ......... 15
2. Une épidémie de gastro-entérite dans une école à Saint-André-
le-Gaz en 1997, Sylvie Rey, Odile Boutou-Kempf, Rémi Demillac,
Brigitte Helynck .................................................................................................................... 25
3. L’aviso en alerte, Jean-Paul Boutin, Philippe Malfait, Brigitte
Helynck, Thierry Ancelle ................................................................................................ 35
4. Une épidémie de trichinellose en France en 1985, Thierry
Ancelle ......................................................................................................................................... 47
5. Paludisme d’importation. Facteurs de risque de décès parmi les
cas notifiés en France métropolitaine, Thierry Ancelle ........................... 59
6. Dépistage de la toxoplasmose chez la femme enceinte, Thierry
Ancelle ......................................................................................................................................... 69
7. Syndrome respiratoire aigu sévère : une pandémie avant l’heure,
Pascal Crépey, Clélia Gasquet, Alexia Kieffer ................................................ 77
Guide des réponses
1. Un invité venu du froid…............................................................................................... 95
2. Une épidémie de gastro-entérite dans une école à Saint-André-
le-Gaz en 1997 ..................................................................................................................... 107
3. L’aviso en alerte ................................................................................................................... 119
4. Une épidémie de trichinellose en France en 1985 .................................... 129
5. Paludisme d’importation. Facteurs de risque de décès parmi les
cas notifiés en France métropolitaine .................................................................. 145
6. Dépistage de la toxoplasmose chez la femme enceinte ......................... 157
7. Syndrome respiratoire aigu sévère : une pandémie avant l’heure ... 167
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▶ Liste des auteurs ◀
1
Thierry ANCELLE maître de conférences-praticien hospitalier à la faculté de
médecine Paris-Descartes, professeur à l’École des hautes
études en santé publique (EHESP), Paris.
Jean-Paul BOUTIN médecin général inspecteur, professeur agrégé du Val de Grâce,
Direction centrale du Service de santé des armées, Paris.
Odile BOUTOU-KEMPF épidémiologiste, département « santé travail »/cellule interré-
gionale d’épidémiologie (CIRE) de Rhône-Alpes, Lyon, et
Institut de veille sanitaire (InVS), Saint-Maurice.
Benoît COTTRELLE chef du pôle « Veille et sécurité sanitaire », agence régionale
de santé (ARS) de Haute-Normandie, Rouen.
Pascal CRÉPEY enseignant-chercheur, département d’épidémiologie et de
biostatistiques, professeur à l’EHESP, Paris, coordinateur du
cours IDEA.
Rémi DEMILLAC responsable de la CIRE Bretagne, Rennes.
Corinne DROUGARD adjointe au chef du bureau de l’environnement intérieur, milieux
de travail et accidents de la vie courante à la Direction géné-
rale de la santé (DGS), ministère des affaires sociales et de la
santé, Paris.
Clélia GASQUET enseignante-chercheuse, département d’épidémiologie et de
biostatistiques, professeure à l’EHESP, Rennes.
Brigitte HELYNCK responsable du programme de formation scientifique à la
Direction scientifique et de la qualité, InVS, Saint-Maurice,
présidente de l’association pour le développement de l’épidé-
miologie de terrain EPITER, coordinatrice du cours IDEA.
Alexia KIEFFER responsable des projets de recherche internationaux, direction
des relations internationales de l’EHESP, Rennes.
Philippe MALFAIT responsable de la CIRE en régions Provence-Alpes-Côte d’Azur
et Corse, Marseille.
Sylvie REY chargée de mission à la sous-direction « Observation de la
santé et de l’Assurance maladie », Direction de la recherche,
des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES),
ministère des affaires sociales et de la santé, Paris.
1. Figurent ici les titres et fonctions actuels des auteurs. Au début de chaque étude de cas,
nous avons choisi de conserver les titres et fonctions que les auteurs avaient lors de l’investi-
gation ou de la réalisation initiale de l’étude de cas.
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▶ PRÉAMBULE ◀
Le cours international d’épidémiologie appliquée (IDEA1) est né en 1984 sur
les bords du lac d’Annecy. Lors du 6e séminaire Yves Biraud de 1983, intitulé
« L’enseignement de l’épidémiologie pour les pays en voie de développement »,
le constat avait été fait que la France, pourtant dotée de nombreuses formations
académiques, n’était pourvue d’aucune école d’épidémiologie pratique, de ter-
rain, formant des épidémiologistes capables de mettre en œuvre des investiga-
tions et de réagir rapidement à des alertes de santé publique. C’est lors de ce
séminaire qu’émerge l’idée de créer un cours d’épidémiologie appliquée.
S’inspirant du cours de l’Epidemic Intelligence Service (EIS) des Centers for
Disease Control and Prevention (CDC) d’Atlanta, cette initiative du cours IDEA
repose sur la rencontre de trois institutions représentées par des visionnaires
hors du commun : Louis Massé, professeur d’épidémiologie à l’École nationale
de la santé publique (ENSP), qui défend depuis les années 1970 l’introduction
de l’enseignement de l’épidémiologie pour l’aide à la décision de santé publique,
Michael Gregg, directeur adjoint de l’Epidemiology Program Office du CDC, qui
a bâti avec son équipe le transfert de technologie pédagogique, et enfin Charles
Mérieux qui dès le début a appuyé financièrement la mise en place du projet et
l’a ensuite constamment soutenu à travers la Fondation Mérieux et l’Agence de
médecine préventive dont le directeur, Philippe Stoeckel, a assuré l’organisation
du cours tant dans sa logistique que dans la gestion de ses ressources humaines.
Il faut enfin souligner le soutien permanent à cette initiative du professeur Marc
Girard pendant toute la période de ses fonctions en tant que directeur général
de la santé. Aujourd’hui, la coordination pédagogique et l’organisation du cours
reposent sur la collaboration entre l’École des hautes études en santé publique
(EHESP, anciennement ENSP) et l’Institut de veille sanitaire (InVS).
Le cours IDEA a rencontré un succès immédiat grâce à la prise de conscience
de l’importance de l’épidémiologie d’intervention dans la démarche de santé
publique et en raison des besoins de formation dans ce domaine, tant en métro-
pole que dans les pays en voie de développement de la sphère francophone.
1. L’Institut pour le développement de l’épidémiologie appliquée (IDEA) est une association
loi de 1901 créée pour la mise en œuvre du cours d’épidémiologie appliquée. L’appellation
« cours IDEA » est restée, même après la disparition de l’association et la reprise de l’organisa-
tion du cours par l’EHESP et l’InVS.
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Épidémiologie de terrain : 7 études de cas IDEA
Dans les années qui suivirent, d’autres formations sur le modèle du cours IDEA
ont rayonné dans le monde francophone2. Lorsque furent créés le Réseau natio-
nal de santé publique, puis l’InVS et ses cellules régionales, la grande majorité
des experts recrutés étaient des anciens stagiaires du cours IDEA.
Pendant les premières années, le cours était animé par une équipe composée
d’épidémiologistes du CDC et d’encadrants français : anciens stagiaires EIS,
enseignants de l’ENSP, et un nombre croissant de nouveaux facilitateurs sélec-
tionnés parmi les stagiaires des années précédentes. La coordination pédago-
gique était assurée par François Dabis, Jacques Drucker et Alain Moren qui, avec
l’aide de tous ces collaborateurs, ont rassemblé les enseignements du cours
IDEA dans l’ouvrage Épidémiologie d’intervention3 (aujourd’hui malheureuse-
ment épuisé).
Dès le premier cours IDEA, des « anciens » du cours ont créé l’Association
pour le développement de l’épidémiologie de terrain (Epiter) afin de constituer
un réseau de professionnels désireux de partager leurs expériences, de promou-
voir l’épidémiologie d’intervention et de prolonger le cours IDEA par l’organisa-
tion régulière de séminaires pédagogiques utilisant largement la méthode des
études de cas.
Au fil des années, le cours IDEA a évolué : le contenu est resté fidèle à l’esprit
du CDC, mais le panel d’études de cas, initialement toutes américaines, s’est
progressivement « francisé ». Les équipes successives de facilitateurs ont en effet
construit de nouvelles études à partir des expériences acquises lors d’investiga-
tions ou d’études menées dans le cadre de leur exercice professionnel.
L’EHESP et l’InVS, coorganisateurs du cours IDEA, ainsi que l’association
Epiter se sont associés pour rassembler dans cet ouvrage ce matériel pédago-
gique, afin de le mettre à disposition du plus grand nombre et de contribuer ainsi
à la diffusion de la culture de l’épidémiologie d’intervention pour l’aide à la
décision de santé publique.
Les droits d’auteurs issus de cet ouvrage sont intégralement reversés à l’asso-
ciation Epiter.
Le cours IDEA est organisé annuellement.
Le programme et les modalités d’inscription sont disponibles à l’adresse :
www.cours-idea.fr
Une version imprimable des énoncés des études de cas (première partie
de l’ouvrage) est également disponible à cette adresse.
2. Avec le Centre d’épidémiologie d’intervention du Québec (CEPIQ), le Cours international
d’épidémiologie et d’informatique appliquée en Afrique de l’Ouest (IEIAA), le cours d’Épidé-
miologie d’intervention et informatique appliquée pour les pays riverains de la Méditerranée
occidentale (EPIM)…
3. Dabis F., Drucker J., Moren A., Épidémiologie d’intervention, Paris, Arnette, 1992
(épuisé).
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▶ Introduction ◀
Les études de cas présentées ici sont des supports pédagogiques destinés à
la formation pratique de professionnels de santé publique. Elles ont été déve-
loppées dans le cadre du cours IDEA et sont fortement inspirées des méthodes
enseignées au CDC d’Atlanta, consistant à travailler et réfléchir sur des pro-
blèmes de santé publique orientés sur l’action et la prise de décision.
Ces études de cas sont toutes originales et ont été développées à partir
d’études ou d’investigations réalisées en France (hormis une épidémie à exten-
sion internationale). Elles s’appuient toutes sur des faits réels. Les données sont
présentées telles qu’elles ont été recueillies et les actions telles qu’elles ont été
entreprises sur le terrain. Elles peuvent avoir été simplifiées lorsque les situa-
tions étaient trop complexes. Notre ambition n’est donc en aucune manière de
livrer des exemples parfaits ou des corrigés types des actions à entreprendre,
mais de mettre à disposition des retours d’expérience avec des qualités et des
défauts que les étudiants auront à commenter. Le plus souvent, les investiga-
teurs sont les auteurs des études de cas, sinon ils ont largement contribué à leur
développement en fournissant les informations et les données.
La pratique des études de cas
Dans le cadre du cours IDEA, une étude de cas s’effectue au sein d’un groupe
d’étudiants de taille restreinte afin de favoriser au maximum les échanges de
points de vue. Un nombre de 8 à 12 étudiants paraît optimal. Ce groupe est
guidé par deux « facilitateurs » dont le rôle est de favoriser à la fois la discussion
la plus libre et la plus ouverte possible tout en restant dans un cadre pédago-
gique rigoureux. Les facilitateurs se répartissent la tâche en alternant les rôles
de direction des débats ou de simple support technique en fonction de leurs
désirs et de leurs compétences sur le sujet. À la fin de chaque question, et
notamment lorsque les débats ont été un peu longs et animés, il est utile, avant
de passer à la question suivante, de reprendre en une courte synthèse les élé-
ments clés de la réponse.
Chaque étude de cas dure environ trois heures. À la fin, on vérifie que les
objectifs ont été remplis. Au cours IDEA, à l’issue de l’exercice, l’ensemble des
étudiants est réuni en séance plénière pour une courte synthèse d’une vingtaine
de minutes afin de revoir en commun l’ensemble de la problématique.
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Épidémiologie de terrain : 7 études de cas IDEA
Le principe pédagogique fondamental de ces études de cas, qui viennent en
complément des cours magistraux, repose sur l’échange, la discussion et la
confrontation des arguments. Il est très enrichissant de mettre à profit toutes les
expériences du groupe sur le sujet qui est débattu. Le rôle essentiel, et parfois
délicat, des facilitateurs est de valoriser les bonnes idées, de les raccrocher aux
notions vues en cours, de ne pas déprécier les réponses banales ou évidentes,
et enfin de recadrer fermement les discussions stériles, conflictuelles, ou tout
simplement engagées dans de mauvaises directions. La parole doit être donnée
à tous les participants, en freinant avec doigté les enthousiastes trop bavards et
en stimulant les « taiseux » ou les timides par des questions sur leur expérience
personnelle. Il est impératif que le maximum d’étudiants soit impliqué à chaque
question.
Au cours IDEA, les énoncés et les questions sont lues à tour de rôle par les
étudiants. Cette pratique, qui au début peut paraître scolaire à certains, a pour
objectif une appropriation de la situation par les étudiants et facilite la prise de
parole ultérieure. À l’énoncé d’une question, l’ensemble du groupe est invité à
répondre sous forme de discussion ouverte ou de façon plus technique par des
calculs. Lorsqu’une question nécessite une réponse élaborée, notamment des
calculs, les étudiants sont invités à se regrouper par deux ou trois pendant
quelques minutes. Un rapporteur est parfois désigné pour énoncer la réponse
du groupe.
Contenu de l’ouvrage
L’ouvrage s’articule autour de deux parties : la première comprend l’énoncé
des études de cas – la situation est exposée et les questions guident les étu-
diants dans la démarche de résolution du problème ; la seconde, destinée prin-
cipalement aux facilitateurs, constitue le « guide des réponses ».
1. Dans la première partie, chaque étude de cas comprend les éléments
suivants :
– les objectifs pédagogiques de l’étude de cas ;
– un énoncé introductif de la situation ;
– des questions ;
– des développements intermédiaires assurant la progression de la situa-
tion ;
– un épilogue résumant l’épisode étudié ;
– une bibliographie succincte.
2. Le « guide des réponses » comporte :
– un rappel de l’énoncé des questions ;
– une indication de durée de temps à consacrer à la question. Cet indica-
teur, fruit de l’expérience de plusieurs années d’application au cours
IDEA, permet aux facilitateurs de contrôler la progression afin de rester
dans les limites globales de temps imparti à l’ensemble de l’étude de
cas. Si le temps consacré à une question dépasse largement l’indicateur,
il revient aux facilitateurs de récupérer ce temps aux questions suivantes ;
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Introduction
– un objectif assigné à chaque question. Cet objectif permet aux facilita-
teurs de centrer les discussions en évitant les digressions inévitables
dans des domaines aussi riches que l’épidémiologie et la santé publique ;
– une note pédagogique indiquant aux facilitateurs la manière la plus
adéquate de traiter la question ou parfois les pièges où ne pas se laisser
entraîner. Ces notes, également issues de l’expérience des années de
pratique au cours IDEA, ne sont que de simples suggestions et ne consti-
tuent pas un carcan à respecter ;
– des informations complémentaires sont parfois proposées. Il ne s’agit
pas de réponses à exiger des étudiants, mais plutôt d’informations des-
tinées à documenter la connaissance des facilitateurs exposés aux ques-
tions précises de certains étudiants curieux ;
– enfin la réponse proprement dite à la question.
Au cours IDEA, le guide des réponses n’est pas fourni aux étudiants, le but
n’étant pas de repartir avec une réponse type. Les résultats des calculs sont
fournis pendant la séance sur des supports projetés.
Une des grandes raisons du succès de ces études de cas réside dans leur
préparation soigneuse en amont de la séance. Dans les jours précédents, elles
sont révisées par l’équipe complète des facilitateurs jouant le rôle des étudiants
en situation réelle. Les difficultés de chaque question sont analysées par le
groupe et parfois le guide est amendé. Ainsi, au cours des années, le guide des
réponses a évolué au point parfois de diverger sensiblement de la version origi-
nale, les nouveaux venus ayant tendance à vouloir corriger les « bavures » de la
réalité.
Dans ce recueil, nous avons préservé au maximum la réalité brute, considé-
rant que la valeur pédagogique et heuristique de ces études de cas réside autant
dans leurs imperfections que dans leurs qualités.
L’ouvrage comprend sept études de cas, dont quatre sont des investigations
de toxi-infection alimentaire collective (TIAC) :
1. Un invité venu du froid. Investigation d’une TIAC dans un collège de Haute-
Loire en 2005.
2. Une épidémie de gastro-entérite dans une école à Saint-André-le-Gaz en
1997. Investigation d’une TIAC dans une école de l’Isère.
3. L’aviso en alerte. Investigation d’une TIAC chez les militaires à bord d’un
bateau à Brest en 1996.
4. Une épidémie de trichinellose en France en 1985. Investigation d’une
TIAC « historique », la 1re étude de cas française à IDEA.
5. Paludisme d’importation. Facteurs de risque de décès parmi les cas notifiés
en France. Facteur de confusion et effet modificateur en 2005.
6. Dépistage de la toxoplasmose chez la femme enceinte. Étude des perfor-
mances d’un test de dépistage (sensibilité, spécificité, valeurs prédictives)
en 1996.
7. Syndrome respiratoire aigu sévère : une pandémie avant l’heure. Étude de
la pandémie de 2002 due à un pathogène émergent, fortement contagieux
et hautement létal.
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