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Intégration et mesures en mathématiques

Ce document présente un problème de mathématiques sur l'intégration et la transformation de Fourier. Il contient plusieurs parties démontrant des résultats préliminaires nécessaires à la démonstration d'un résultat sur la mesure de polyèdres obtenus comme sections d'un cube par un hyperplan.

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Intégration et mesures en mathématiques

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Agrégation interne de

Mathématiques
(et CAERPA)

Session 2002

Deuxième épreuve écrite


– 2 –

Introduction

On désigne par R le corps des nombres réels et par C le corps des nombres complexes.

Soit f une fonction définie sur R , à valeurs réelles


Z you complexes, continue par morceaux sur tout
segment de R . Pour x et y ∈ R , on pose F(x, y) = f(t) dt .
x
On rappelle que, si Zla fonction f est réelle et positive, elle est intégrable sur R si la fonction F
+∞

est bornée. L’intégrale f(t) dt est alors égale à la borne supérieure de l’ensemble des nombres
−∞
F(x, y) , pour x et y parcourant R . C’est aussi la limite de F(x, y) lorsque x → −∞ et y → ∞ .
Si la fonction f estZ à+∞valeurs réelles ou complexes, elle est intégrable sur R si la fonction |f| est
intégrable. L’intégrale f(t) dt est aussi égale à la limite de F(x, y) lorsque x → −∞ et y → ∞ .
−∞

Si E est une partie de Rn , on appelle fonction indicatrice ou fonction caractéristique de E , et on


note 1E , la fonction définie sur Rn par 1E (x) = 1 pour x ∈ E , 1E (x) = 0 sinon.

L’objet de ce problème est la démonstration d’un résultat sur la mesure des polyèdres obtenus
comme sections d’un cube par un hyperplan (partie V). La démonstration nécessite des résultats
préliminaires
Z +∞ d’analyse qui sont établis dans les parties I et II, ainsi qu’une majoration de l’intégrale

sin t b
Jb = dt pour b > 2 . Cette majoration est partiellement établie dans les parties III et IV.
−∞ t
Les cinq parties s’enchaı̂nent logiquement. Chaque question peut être traitée en admettant les
résultats établis dans les questions antérieures.

I . Transformation de Fourier

1) Soit f une fonction définie sur R , à valeurs réelles, continue par morceaux sur tout segment de R .
On suppose que la fonction f est intégrable sur R .
a) Démontrer que, pour tout y ∈ R , la fonction x 7→ f(x) e−ixy est intégrable sur R .
b) On définit une nouvelle fonction, notée fb , en posant, pour tout y ∈ R :
Z +∞
b
f (y) = f(x) e−ixy dx.
−∞

Démontrer que la fonction fb est bornée et continue.

2) a) Soient a et b deux nombres réels tels que a < b . Calculer fb(y) lorsque f est la fonction 1[a,b]
indicatrice de l’intervalle [a, b] de R .
b) En déduire que, si A est un nombre réel > 0 , et si χA désigne la fonction indicatrice de
l’intervalle [−A, A] de R , on a
2 sin Ay
bA (y) =
χ pour y ∈ R, y 6= 0,
y
bA (0) = 2 A.
χ

Tournez la page S.V.P.


– 3 –

II . Convolution

1) Soit A un nombre réel > 0 , et soient f et g deux fonctions définies sur R , à valeurs réelles, nulles
hors de l’intervalle [−A, A] et continues sur cet intervalle. On définit une nouvelle fonction, notée f ∗ g ,
en posant, pour tout x ∈ R :
Z +∞

(f ∗ g)(x) = f(y) g(x − y) dy.


−∞

a) Vérifier que l’intégrale définissant f ∗ g a un sens, et que la fonction f ∗ g est nulle hors de
l’intervalle [−2A, 2A] .
b) Démontrer que la fonction f ∗ g est continue.

2) Démontrer l’égalité
χA ∗ χA = 2 A ∆2A

où χA désigne la fonction indicatrice de l’intervalle [−A, A] de R , et ∆2A la fonction définie par

|x|
∆2A (x) = 1 − si − 2 A 6 x 6 2 A, ∆2A(x) = 0 si |x| > 2 A.
2A

3) Soient X et Y deux variables aléatoires définies sur un même espace probabilisé Ω . On suppose
que les distributions de X et Y admettent des densités, notées f et g respectivement, qui sont des
fonctions à support borné, continues par morceaux.
Démontrer que, si les variables aléatoires X et Y sont indépendantes, la distribution de la variable
X + Y admet pour densité la fonction f ∗ g .

4) Soient f et g deux fonctions comme dans (II.1). Démontrer l’égalité

(fd
∗ g) = fb b
g.

5) Dans la suite du problème, on utilisera le résultat suivant que l’on admettra :


Théorème de réciprocité de Fourier. — Soit f une fonction continue sur R , à support borné, à valeurs
réelles. On suppose de plus que la fonction fb est intégrable sur R . Alors, pour tout x ∈ R , on a
Z +∞
1
f(x) = fb(y) eixy dy.
2π −∞

III . Calculs d’intégrales


sin t b

1) Soit b un nombre réel > 1 . On pose fb (t) = pour t réel 6= 0 , et fb (0) = 1 .
t
Démontrer que la fonction fb est intégrable sur R .
Z +∞
Dans la suite, on note Jb la valeur de l’intégrale Jb = fb (t) dt .
−∞

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– 4 –

2) Rappelons que l’on a noté ∆1 la fonction définie par

∆1 (x) = 1 − |x| pour − 1 6 x 6 1, ∆1 (x) = 0 pour |x| > 1.

a) En utilisant (I.2.b), (II.2) et (II.4), démontrer que l’on a


 
b 1 (y) = f y .
∆ 2
2

b) En utilisant le théorème de réciprocité de Fourier (II.5), calculer la valeur de l’intégrale J2 .

3) a) En utilisant la définition donnée dans (II.1) de la loi ∗ , calculer la valeur de (∆1 ∗ ∆1 )(0) .
b) En déduire la valeur de J4 .

IV . Majoration de l’intégrale Jb pour b > 4

Rappelons que, si b est un nombre réel > 1 , on a défini sur R une fonction fb en posant
sin t b

fb (t) = pour t réel 6= 0 , et fb (0) = 1 , et que l’on a noté Jb la valeur de l’intégrale
t
Z +∞
Jb = fb (t) dt.
−∞

Cette partie du problème est consacrée à une démonstration de la majoration


r
2
Jb < π pour b > 4.
b

Cette majoration sera utilisée dans la dernière partie.

1) a) En utilisant un développement en série entière, démontrer que l’on a

sin t t2 t4
6 1− + pour 0 < t2 6 72.
t 6 120

b) Démontrer de même que l’on a

2
/6 t2 t4 t6
e−t > 1− + − pour t2 6 30.
6 72 1296

c) En déduire que l’on a

sin t 2 36
0 6 6 e−t /6 pour 0 < t2 6 ·
t 5

2) Dans cette question, on suppose b > 4 . On pose c = 6/ 5 . On rappelle la valeur de l’intégrale
Z +∞
2 √
e−x dx = π.
−∞

a) Démontrer que l’on a


Z +∞ Z +∞ Z +∞
2
/6 dt
fb (t) dt 6 e−bt dt + 2 ·
−∞ −∞ c tb

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– 5 –

b) Calculer, en fonction de b , la valeur des intégrales


Z +∞ Z +∞
2 dt
e−bt /6 dt et ·
−∞ c tb
3√
c) Démontrer que l’on a x − 1 > x pour x > 4 .
2
d) Déduire de ce qui précède la majoration
r !
π 6 4
Jb 6 √ +
b π 3πc3
puis la majoration r
2
Jb < π ·
b
p
Commentaire : Dans la dernière partie de ce problème, on admettra que l’inégalité Jb < π 2/b est
valable pour tout b > 2 .

V . Sections hyperplanes du cube

Dans cette partie, on pourra utiliser le résultat suivant : Soit n un entier > 2 , soient g1 , g2 , . . . , gn
des fonctions positives sur R , continues par morceaux sur tout segment de R , et soient p1 , p2 , . . . , pn
1 1 1
des nombres réels > 0 tels que + + ···+ = 1 . On a alors l’inégalité, dite de Hölder,
p1 p2 pn
Z +∞  Yn  Yn  Z +∞  p1
gi (t)pi dt
i
gi (t) dt 6 .
−∞
i=1 i=1 −∞

On désigne par n un entier > 2 . On note (~ǫ1 , . . . , ~ǫn) la base canonique de Rn et k~xk la norme
euclidienne d’un vecteur ~x de Rn .
On suppose donné un vecteur unitaire ~a = (a1 , . . . , an ) de Rn . On désigne par H l’hyperplan
orthogonal à ~a . Pour tout nombre réel r , on note Hr l’hyperplan affine H + r~a .
Le volume n -dimensionnel v(A) d’une partie compacte A de Rn est donné par l’intégrale n -uple
Z (n)
v(A) = 1A (x1, . . . , xn) dx1 . . . dxn ,

où 1A désigne la fonction indicatrice de l’ensemble A .


Soit (~e1 , . . . , ~en−1 ) une base orthonormale de l’hyperplan H . Le volume (n − 1) -dimensionnel
σHr (B) d’une partie compacte B de Hr est donné par l’intégrale (n − 1) -uple
Z (n−1)
σHr (B) = 1eB (y1 , . . . , yn−1) dy1 . . . dyn−1 ,

où e des points (y1 , . . . , yn−1 ) de Rn−1 tels que


1eB désigne la fonction indicatrice de l’ensemble B
r~a + y1~e1 + . . . + yn−1~en−1 appartienne à B .
On admettra que, si A est une partie compacte de Rn , on a
Z +∞
v(A) = σHr (A ∩ Hr ) dr.
−∞

On note C le cube [− 12 , 21 ]n , d’arête 1 , centré à l’origine.

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– 6 –

1) Dans cette question, on suppose 1 > a1 > 1/ 2 . On note T le projecteur orthogonal de Rn dont
l’image est l’hyperplan K = {0} × Rn−1 , et S le projecteur orthogonal de Rn d’image H .
a) Démontrer les égalités

S(~ǫ1 ) = (1 − a1 2 , −a1 a2 , . . . , −a1 an ), T(S(~ǫ1 )) = (0, −a1 a2 , . . . , −a1 an ).


kS(~ǫ1 )k
b) Démontrer que l’on a σH (C ∩ H) = σK (T(C ∩ H)) ·
kT(S(~ǫ1 ))k

c) En déduire l’inégalité σH (C ∩ H) 6 2.

2) Dans cette question, on suppose que l’on a 0 < ai 6 1/ 2 pour i = 1, . . . , n .
On considère le cube C , muni de la mesure v , comme un espace probabilisé. Pour tout point
~x = (x1 , . . . , xn ) appartenant au cube C , et tout entier i , où 1 6 i 6 n , on pose Xi (~x) = xi . On
définit ainsi des variables aléatoires indépendantes X1 , . . . , Xn sur C , ayant toutes pour densité la
fonction indicatrice χ1/2 de l’intervalle [− 21 , 12 ] de R .
a) Soient α et β deux nombres réels tels que α 6 β , et soit C(α, β) le polyèdre constitué des
points du cube C compris entre les hyperplans affines Hα et Hβ .
Démontrer que la fonction f , définie par

f(r) = σHr (C ∩ Hr ) pour tout nombre réel r,

est la densité de la variable aléatoire R = a1 X1 + . . . + an Xn .


b) Pour i = 1, . . . , n , on note fi la densité de la variable aléatoire ai Xi . Démontrer que l’on a
2 sin(ai y/2)
fbi (y) = ·
ai y
En déduire que l’on a
Z +∞
Y
n 
1 2 sin(ai y/2)
f(0) = dy.
2π −∞
i=1
ai y
n
X 1
c) Pour i = 1, . . . , n , on pose pi = (1/ai )2 . Remarquer que l’on a pi > 2 et = 1 . En
pi
i=1
appliquant l’inégalité de Hölder, démontrer l’inégalité
Yn  Z +∞  p1
1 i
|f(0)| 6 fpi (t) dt .
π ai −∞
i=1
p
d) En admettant que l’on a Jb < π 2/b pour tout b > 2 , démontrer l’inégalité

|f(0)| 6 2.

e) Démontrer que l’égalité ne peut avoir lieu que pour n = 2 et p1 = p2 = 2.

3) Déduire des questions 1) et 2) que la mesure σH (C ∩ H) de la section du cube C par un hyperplan H



est majorée par 2 , et que cette borne n’est atteinte que par les hyperplans orthogonaux aux vecteurs
~ǫi ± ~ǫj , où i 6= j .

———————

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