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THESE
Marie-Cécile ALVAREZ-HÉRAULT
Ingénieur ENSIEG
le 10 décembre 2009
DIRECTEUR DE THESE
Nouredine HADJSAID
JURY
A ma filleule, Eve
tel- A mon mari, Jérémy
00471172,
version 1 - A mes frères et soeur
7 Apr
A mes parents
2010
« Le bonheur est à votre foyer, ne le cherchez pas dans le jardin des étrangers »
D. Jerrold
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Dédicace
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Remerciements
Remerciements
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Remerciements
tellement de choses à dire sur leur sujet qu’on pourrait justement en faire une thèse ! Mais je
tiens quand même à remercier Raphaël pour sa rapidité et sa concision lors des corrections.
Quel bonheur de pouvoir être en sa compagnie jusqu’à 22h… Quand à Bertrand, je pense que
c’est le meilleur pâtissier du laboratoire et sûrement le meilleur en badminton à en juger par le
volant qu’il m’a offert et qu’il a généreusement baptisé MC… Plus sérieusement, ils ont su
me donner goût à la recherche. Initialement, j’ai effectué un Master 2 Recherche uniquement
pour ne pas me fermer de portes. Mais au fond de moi, il était hors de question de faire une
thèse par la suite et encore moins d’envisager une carrière en tant qu’enseignant-chercheur.
Raphaël et Bertrand m’ont transmis leur passion pour la recherche et je suis convaincue que si
j’avais eu d’autres encadrants, je n’aurai pas eu envie de poursuivre dans le monde de la
recherche. Ils ont été des modèles pour moi et le resteront tout au long de ma vie
professionnelle.
tel-
00471172,
Je tiens à remercier également Monsieur Alain Malot (Schneider Electric) pour m’avoir
version 1 -
7 Apr fait partager sa culture des réseaux qu’il a pu acquérir lors de ses voyages à travers le monde.
2010
Merci également à Monsieur Alain Coiffier (ERDF), Monsieur Guillaume Roupioz (EDF -
R&D) et Monsieur Sébastien Grenard (EDF - R&D) pour leur aide précieuse. Ils m’ont
J’arrive maintenant à un point essentiel : les amis. La thèse m’a permis de rencontrer de
nombreuses personnes merveilleuses dont certaines resteront je pense mes amis à jamais. Je
vais donc faire une petite dédicace pour quelques personnes qui me sont chères. Pour éviter
les jalousies, je vais les citer par ordre alphabétique…
Asma, tu es celle qui m’a accueillie en premier dans ce labo et qui m’a fait me sentir à
l’aise. C’est grâce à toi que j’ai pu rencontrer Jérémie, Feu, Abdel et bien d’autres ! On s’est
jamais tous les moments que nous avons passés ensemble : nos longues discussions à propos
de tout et de rien, nos soirées Disney, nos pauses Questions pour un Champion, mes semaines
célibataire… J’espère que tout cela va continuer !
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Remerciements
Carolina, pour moi incontestablement Miss G2Elab ! ¡Siempre tienes chismecitos que
contarnos! Tu dinamismo y tu sonrisa eran como un rayo de sol al comenzar une semana
lluviosa de intenso trabajo. ¡Te hecho de menos!
Diem, tu m’as fait découvrir le Viêt Nam. Nous avons pu partager notre vision du monde
et nos valeurs. J’ai beaucoup appris avec toi. J’ai hâte de pouvoir venir te voir au Viêt Nam !
Feu, qui pourrait croire que sous les traits de ce petit bout de femme se cache la personne
la plus forte, la plus déterminée et la plus généreuse que je connaisse. Souvent dans mes
réactions un peu gamines, je me disais « pense à ce que Feu ferait à ta place.. ». Nous
partageons beaucoup de choses ensemble et mis à part le physique, je pense sincèrement
qu’on aurait pu être jumelles.
Lina, tu es sûrement la plus folle de ce labo mais c’est ce qui te rend si particulière ! ¡Hay
no Lina…, me imagino tu cara cuando estés leyendo esto! Pero, Lina mía, eres un ejemplo de
tel- optimismo. ¡Aunque la Tierra te cayera encima, seguirías siempre sonriendo! ¡Tengo suerte
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version 1 - de compartir la oficina contigo y Fuego! ¡No dudes de ti! ¡Eres la mejor!
7 Apr Jérémie, j’ai mis trois ans pour trouver comment te faire piquer une crise de nerf : en
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mangeant ton goûter !! Ne t’inquiète pas, je ne le tenterai jamais ! C’est merveilleux de t’avoir
comme ami car on sait que l’on peut toujours compter sur toi. Tu aides les autres sans jamais
les juger et c’est une qualité qui est rare. Reste comme tu es !
Yann, sous tes airs de charmeur se cache quelqu’un d’extrêmement sensible et toujours à
l’écoute. C’est très agréable de discuter avec toi car tu es très ouvert et as plein de rêves dans
la tête. Ne t’inquiète pas Yann, je suis sûre qu’un jour tout le monde aura son panneau solaire
Je remercie également tous les autres doctorants, notamment de l’équipe Syrel pour tous
les bons moments passés dans la salle « Sangate », des courses de chaises jusqu’à
l’hélicoptère télécommandé en passant par les citations célèbres et les trafics de PC. Merci
Petit clin d’œil au D055, le fameux ! De super moments s’y sont déroulés : petits
déjeuners, repas, pausettes et boulot par moment avec Abdel, Sylvain et tous les autres!
Je tiens également à remercier tous les autres membres du G2Elab. C’est vraiment très
agréable de pouvoir travailler avec des gens qui sont toujours de bonne humeur, qui sont
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Remerciements
toujours prêts à rendre service ! Un grand merci à Sylvie et Mireille que j’aurais vraiment fait
tourner en bourrique !
Je voudrais clore ces remerciements par le plus important : ma famille. Je remercie mes
parents parce qu’ils m’ont toujours poussée et motivée. Ils m’ont donné la chance de pouvoir
réaliser mes rêves. Je sais qu’ils donneraient beaucoup pour être à ma place aujourd’hui ! Je
remercie mon frère et ma belle-sœur pour m’avoir fait une aussi jolie filleule. Sa photo a pris
place sur mon bureau et a égayé certaines journées de boulot difficiles. Merci à mon petit
frère pour l’intérêt qu’il a porté à mon travail. Nos discussions m’ont parfois même donné des
idées ! Je remercie également mes beaux-parents pour leur soutien et leur attention depuis
qu’ils m’ont accueillie au sein de leur famille. Merci au petit Antonio pour sa joie de vivre !
tel- Et enfin je remercie mon mari, Jérémy, parce que sans lui je ne serais pas docteur
00471172,
aujourd’hui ! Il m’a apporté tout le soutien dont j’avais besoin. Il est mon autre moitié et c’est
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7 Apr pour cela que je l’ai épousé.
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« Mariage : c'est ainsi que je nomme la volonté de créer à deux l'unique qui est plus que
ceux qui l'ont créé.»
F. Nietzsche
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Tables des matières
Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde ....... 23
II.2. Méthodes actuelles pour raccorder des GED sur le réseau de distribution ....................... 75
II.2.1. Procédure actuelle ERDF ................................................................................................................. 75
II.2.2. Méthode de renforcement ................................................................................................................. 77
II.2.3. Méthode du départ dédié .................................................................................................................. 77
II.2.4. Limites et inconvénients des méthodes actuelles en cas d’insertion massive ................................... 78
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Tables des matières
IV.3. Outil automatique de construction d’un réseau en coupure d’artère ............................. 131
IV.3.1. Algorithme proposé....................................................................................................................... 131
IV.3.2. Exploitation des résultats .............................................................................................................. 142
IV.3.3. Synthèse ........................................................................................................................................ 149
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Tables des matières
tel-
Annexes ................................................................................................................................. 189
00471172,
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7 Apr Annexe 1 : Méthode de calcul des intervalles de confiance .............................................. 191
2010
Annexe 2 : Caractère contradictoire de PL et de L........................................................... 193
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Tables des matières
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Glossaire
Glossaire
SAIDI : System Average Interruption Duration Index. Il s’agit d’un indice de fiabilité qui
SAIFI : System Average Frequency Duration Index. Il s’agit d’un indice de fiabilité qui
END : Energie Non Distribuée en kWh par an. Il s’agit également d’un indice de fiabilité.
tel-
Produit PL : Produit de la puissance totale d’une zone donnée par la longueur totale de cette
00471172,
version 1 - zone. L’équilibrage du produit de PL de plusieurs zones permet d’avoir une puissance coupée
7 Apr
2010 statistiquement identique dans ces zones.
Loadflow : Il s’agit d’un calcul de répartition des charges. Ce calcul permet de connaître
l’état du réseau en régime permanent c'est-à-dire les transits de puissances active et réactive
ainsi que la valeur de la tension (module et phase) en chaque nœud du réseau.
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Glossaire
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Chapitre 0 : Introduction générale
Chapitre 0
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Chapitre 0 : Introduction générale
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Chapitre 0 : Introduction
Chapitre 0
De nos jours, l’énergie électrique est un bien de consommation à part entière devenu
indispensable, non seulement pour la vie quotidienne de chacun mais, également, pour
l’économie des pays. En effet, les moindres pannes électriques ont des conséquences
économiques et sociétales considérables. Par exemple, au nord est des Etats-Unis, la perte
financière due à une panne généralisée a été estimée entre sept et dix milliards de dollars [ICF
2003]. Ainsi la nécessité d’avoir des réseaux électriques fiables et économiques est un enjeu
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Chapitre 0 : Introduction
intégrées au réseau de distribution qui devra, de la même façon que le réseau de transport,
assurer la disponibilité de divers services pour les gestionnaires de réseau. En d’autres termes,
le réseau de distribution doit évoluer vers un réseau flexible et intelligent qui intègre au mieux
les énergies locales et/ou renouvelables. Cette évolution peut être envisagée en développant
des systèmes intelligents, capables de minimiser les impacts engendrés par l’insertion de
Le réseau de distribution n’a pas été conçu, à l’origine, pour accueillir des unités de
tel- production mais pour acheminer, de manière unidirectionnelle, l’électricité qui provient du
00471172,
version 1 - réseau de répartition jusqu’aux consommateurs moyenne et basse tension. L’utilisation de
7 Apr
systèmes intelligents répartis, seuls, ne suffira pas à enrayer tous les problèmes auxquels le
2010
réseau de distribution sera confronté en cas de pénétration importante de productions
décentralisées. Une modification d’architecture des réseaux de distribution semble être un axe
de recherche.
Ainsi, le but de ces travaux est de rechercher des architectures cibles à atteindre à un
horizon de trente années capables d’accueillir une insertion massive de production
décentralisée tout en garantissant les contraintes de qualité, de continuité et d’égalité de
pas nécessaire pour rendre les réseaux plus flexibles et exploiter, aux mieux, les capacités des
futurs réseaux intelligents (Smart Grids). Enfin, le chapitre V proposera une méthodologie de
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Chapitre 0 : Introduction
planification des investissements pour la mutation optimale des réseaux actuels vers les
architectures cibles définies auparavant.
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Chapitre 0 : Introduction
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Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde
Chapitre I
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Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde
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Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde
Chapitre I
Les réseaux électriques se sont développés dès le début du XXème siècle, poussés par la
nécessité d’interconnexion tant à l’échelle nationale qu’internationale. En effet, les premières
se stocke difficilement, il était alors souvent nécessaire de lui faire passer les frontières
politiques. Certaines zones, voire même quelques pays, n’avaient pas de ressources
énergétiques propres et avaient donc besoin d’acheter de l’électricité à leurs voisins
excédentaires. Dans divers cas particuliers, il pouvait être plus intéressant, financièrement, de
consommer de l’électricité d’une centrale plus éloignée que de produire localement.
L’électricité devenant un bien de consommation de plus en plus indispensable, la notion de
continuité de fourniture apparut. Tous les facteurs cités précédemment ont contribué à la
création de réseaux électriques interconnectés à l’échelle nationale et même internationale
23/195
Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde
sécurité du système).
Ces zones synchrones sont devenues aussi complexes et étendues que l’ « Union for the
Coordination of the Transmission of Electricity » (UCTE) qui partage depuis juillet 2009 ces
règles de conduite avec d’autres associations de transporteurs européens, nordiques, anglais,
irlandais et même baltes. Ils forment l’« European Network of Transmission System
tel-
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est nécessaire de définir la structure du réseau électrique ainsi que les différents éléments qui
la composent. La première partie de ce chapitre sera donc consacrée aux définitions générales
nécessaires à la compréhension du fonctionnement des réseaux. Dans une seconde partie,
nous nous focaliserons plus particulièrement sur le réseau de distribution. Et enfin, nous
détaillerons le principe de planification et son rôle majeur dans le développement du réseau de
distribution.
24/195
Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde
Le réseau électrique français est hiérarchisé en trois parties dont les fonctions actuelles
sont très différentes. Tout d’abord, le réseau de transport a pour rôle de transporter l’énergie
en très haute tension depuis les centres de productions jusqu’au premières zones de
tel-
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La Figure I-2 illustre le découpage des différentes parties du réseau électrique français.
Ces trois niveaux de réseau sont délimités grâce à des transformateurs. Ces transformateurs
permettent d’acheminer l’énergie à différents niveaux de tension.
La norme française des réseaux électriques, UTE C 18-510, définit, depuis 1989, les
différents niveaux de tensions. Ils sont indiqués dans la Figure I-3. Nous utiliserons par la
suite ces abréviations. Ainsi le réseau de transport et de répartition se situe au niveau de la
HTB. Le gestionnaire du réseau de transport est responsable, à l’échelle nationale, de
l’équilibre production/consommation et du respect des échanges transfrontaliers. Le réseau de
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Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde
Figure I-3 : Les différents niveaux de tension en France, norme UTE C 18-510
Chute de tension
V = 3U
On peut alors dessiner le triangle de Kapp pour ce schéma monophasé comme présenté
dans la Figure I-5. On approxime généralement la chute de tension entre la source et la charge
à V , partie de la chute de tension réelle colinéaire à Vcharge. Cela se traduit donc par
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Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde
définition, on a :
S = VI (VA)
P = V x I x cos(φ) (W)
P
d’où I × cos( φ) =
V
(I-1)
Q = V x I x sin(φ) (VAr)
Q
d’où I × sin( φ) =
V
S = puissance apparente
P = puissance active de la charge monophasée équivalente
Q = puissance réactive de la charge monophasée équivalente
La chute de tension relative (en %) est donc :
tel-
00471172, ΔV r × L × I × cos( φ) + x × L × I × sin( φ)
version 1 - =
7 Apr VV
2010 ΔV r × L × P + x × L × Q
=
VV2
En triphasé, nous définissons :
U2 = 3V2
Ptri = 3 × V × I × cos(φ) = 3P
Q tri = 3 × V × I × sin(φ) = 3Q
ΔV 3 × r × L × P + 3 × x × L × Q
=
V3V 2
ΔU r × L × Ptri + x × L × Q tri
= (I-2)
UU2
r × L× I x × L× I
Vsource
I r x
ΔV
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Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde
Ainsi on peut voir que plus les conducteurs utilisés sont longs ou impédants, plus il y aura
de chute de tension.
Le courant admissible d’un conducteur est le courant maximal en régime permanent qui
peut circuler dans ce dernier sans dépasser ses contraintes thermiques. Au-delà de ces
températures, l’isolant et/ou le conducteur se détériorent et cela peut causer des incendies.
Ainsi, il est nécessaire de dimensionner correctement les conducteurs utilisés pour alimenter
les charges afin que les courants qui circulent respectent l’intensité admissible.
Pertes
Les pertes électriques sont liées au caractère résistif des conducteurs. Soit un conducteur
triphasé de résistance linéique r (Ω/km) et de longueur L (km) permettant d’alimenter une
tel-
00471172, charge. Les pertes s’expriment par la formule suivante : Pertes= 3 × r × L × I 2 . Or on sait que
version 1 -
7 Apr 3 × R × S ch arg es 2
2010 Sch arg e = 3 × U × I d’où Pertes = . L’expression des pertes est donc :
( 3 × U)
2
R × Sch arg es 2
Pertes= (I-3)
2
U
Ainsi, l’utilisation d’une tension élevée permet de diminuer les pertes. Par ailleurs,
S2 = P 2 + Q 2 d’où
R
Pertes = 222 × (P + Q ) (I-4)
U
Ainsi, on peut également constater que le transport de puissance active et réactive
augmente les pertes.
coupure qui alimentent les charges moyenne tension ou les postes de distribution publique
(HTA/BTA). Tous ces termes vont être explicités dans les sections suivantes.
Les postes source HTB/HTA sont parfois alimentés en antenne mais, le plus souvent, ils
sont alimentés avec un jeu de barre recevant plusieurs arrivées (ou lignes) HTB. Un ou
28/195
Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde
plusieurs transformateurs HTB/HTA sont raccordés sur ces jeux de barre HTB simples ou
multiples. A l’aval de ces transformateurs, des départs moyenne tension partent d’un ou
plusieurs jeux de barres HTA. La Figure I-6 illustre les différents postes source HTB/HTA
usuels. Un départ est la portion du réseau dont l’extrémité amont est un poste source
HTB/HTA et l’extrémité aval un organe de coupure normalement ouvert (si c’est un départ
HTB HTB
NF NF NF
NO
NF NF NF NF
tel-
HTA HTA
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7 Apr NF NF NF NF
2010
HTB
NF NF
NO NF NO NF
NO
NO NF NO NF
NF NF
HTA
NF NF
Arrivées HTB
Départs HTA
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Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde
Les réseaux HTA sont, en France, et depuis les années 1985 [CAR 1991], soit réalisés
avec des câbles souterrains quasiment toujours bouclables mais exploités en radial (réseaux
urbains principalement), soit réalisés avec des lignes aériennes, elles aussi le plus souvent
bouclables (réseaux ruraux). Il reste quelques structures aériennes en antenne sans secours
possible. Avant 1985, les réseaux étaient en grande majorité construits avec des lignes
aériennes. Mais des contraintes liées à l’esthétique, à la fiabilité et à l’encombrement ont
poussé au développement des câbles souterrains. Par ailleurs, des techniques modernes de
pose mécanisée des câbles souterrains ont rendu leur utilisation plus compétitive.
Le long des liaisons HTA, on trouve :
pour les câbles souterrains, des postes de transformation maçonnés HTA/BTA
non bouclables sauf quelques exceptions en réseaux urbains. Parfois, ces réseaux sont très
courts comme, par exemple, dans les zones rurales d’Amérique du Nord où le distributeur
alimente directement en biphasé haute tension de quelques kilovolts des charges dispersées
ponctuelles allant de 10 à 20 voire 30 kW. Les branchements très courts en basse tension
viennent alors directement du transformateur moyenne tension (MV)/basse tension (LV). En
France, les longueurs de ces réseaux basse tension varient mais excèdent rarement deux
kilomètres.
30/195
Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde
Un milieu urbain, quant à lui, est caractérisé par une densité de charge élevée avec des
longueurs de conducteurs faibles. Ainsi, les puissances appelées sont importantes et les
problèmes qui peuvent intervenir sont principalement liés aux courants admissibles dans les
conducteurs [CAR 1991].
L’architecture des réseaux de distribution ainsi que le placement des appareils de coupure
la structure générale des réseaux de distribution ainsi que les modes de distribution associés.
I.2.1. Historique
tel-
00471172, Les premiers systèmes de distribution HTA au début du XXème siècle étaient constitués de
version 1 -
7 Apr réseaux triphasés courts et le plus souvent aériens. Le neutre du réseau était souvent isolé de
2010
la terre. Les défauts non permanents susceptibles de se produire étaient en général auto-
extincteurs (qui disparaissent spontanément en un temps très court, inférieur à 100 ms, sans
provoquer le déclenchement des organes de protection du réseau) car la capacité du réseau
était très faible [GAI 1993].
Puis, le courant de défaut se mit à augmenter en raison de :
- l’augmentation des niveaux de tension,
- l’utilisation de câbles souterrains,
- la diminution des longueurs de réseaux issus d’une même source
- l’interconnexion d’ensembles initialement séparés.
Il constitua alors un danger pour l’homme à cause des élévations locales de potentiel qu’il
31/195
Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde
- en Europe du Sud, le neutre fut raccordé par une impédance pour réduire la valeur du
courant de défaut à une valeur raisonnable,
- pour le reste du monde, l’une de ces tendances précédentes furent adoptées.
Le choix des modes de distribution de l’électricité de par le monde dépend de deux
rencontrées dans le monde ont au moins leur ossature principale en triphasée. Il peut
cependant s’avérer que l’alimentation monophasée soit économiquement intéressante dans le
tel- Il existe deux principaux systèmes de distribution de par le monde : le système nord-
00471172,
version 1 - américain et le système européen. Dans un premier temps, nous allons définir les différentes
7 Apr structures HTA rencontrées en France, puis nous ferons un tour du monde des modes de
2010
distribution puis nous détaillerons quelques structures particulières. Nous verrons dans cette
section que la structure d’un réseau de distribution est à la fois image des contraintes
d’exploitation, du matériel disponible et des pratiques d’exploitation héritées de l’histoire du
pays.
La qualité de service est encore plus importante en milieu urbain notamment à cause de
certaines infrastructures qui ne doivent pas être déconnectées comme par exemple les
hôpitaux. Le réseau est donc très souvent enterré à cause de ces contraintes d’encombrement
et de qualité. La principale différence entre les réseaux aériens et souterrains provient du fait
que si le défaut est moins fréquent en souterrain, il est en revanche plus long à réparer. Par
ailleurs, un nombre plus important de clients peut être affecté.
L’exploitation est généralement en boucle ouverte. Cependant, on trouve une exploitation
maillée à l’est de l’Allemagne (ex RDA). On trouve deux classes de structures : les structures
à une voie d’alimentation ou encore appelées structures radiales ou en antenne (généralement
dans les réseaux aériens) et les structures à deux voies d’alimentation ou en double dérivation
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Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde
tel-
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7 Apr
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Le réseau radial en antenne est doublé à partir du jeu de barre du poste source HTB/HTA.
Ainsi chaque transformateur HTA/BTA est connecté à un câble normal et à un câble de
secours par le biais de dispositifs inverseurs comme le montre la Figure I-8. C’est une
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Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde
tel-
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7 Apr Figure I-9 : Double dérivation multiple
2010
On trouve cette structure à Paris. Chaque poste source HTA/BTA ne dispose que de deux
voies d’alimentation mais ces deux voies sont raccordées alternativement à entre trois et six
câbles partant du poste source HTB/HTA. En cas de défaut, la charge peut être basculée soit
sur un câble secours, soit sur les autres câbles (secours intégré) comme le montre la Figure
I-9.
Dans tous les cas, on a intérêt à mettre un poste de coupure réparti tous les 10 à 15 postes
HTA/BTA de façon à limiter les manœuvres lors de l’élimination du défaut. La Figure I-10
donne un exemple d’un poste de coupure sur deux départs d’une structure en double
Dans le cas de fortes densités de charges ou quand une qualité de service accrue est
demandée, cette structure peut être envisagée.
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Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde
Dans cette architecture, un câble part d’un poste source HTB/HTA, passe successivement
par les postes HTA/BTA à desservir avant de rejoindre soit un autre poste source HTB/HTA,
soit un départ différent du même poste source HTB/HTA, soit un câble secours.
tel-
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7 Apr
2010
Figure I-11 : Coupure d’artère
Au niveau des postes HTA/BTA, des interrupteurs sont placés de part et d’autre des postes
sources. Ils sont tous normalement fermés sauf un qui permet l’exploitation radiale. Ainsi en
cas de défaut sur un tronçon de câble, on peut l’isoler en ouvrant les deux interrupteurs qui
l’encadrent. La fermeture de l’interrupteur normalement ouvert permet la réalimentation du
reste des charges non touchées par ce défaut. Le Tableau I-1 résume les avantages et
inconvénients de la coupure d’artère.
Avantages Inconvénients
Plus économique que la double Automatisation coûteuse et difficile mais qui
dérivation sera amenée à se développer en raison de la
Exploitation manuelle : temps baisse des coûts de transmission et des
d’intervention d’environ 1h systèmes de gestion centralisée.
La coupure d’artère présente plusieurs variantes que nous allons détailler ci-dessous.
Dans le cas du fuseau (Figure I-12), tous les câbles issus d’un même poste convergent
vers un même point appelé point de réflexion (PR sur la figure). Ce point pourrait constituer
35/195
Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde
le lieu privilégié pour la création future d’un poste source HTB/HTA. Lorsqu’il s’agit d’un
point de réflexion, alors il peut être intéressant de mettre un câble de secours. Dans ce cas, la
structure est alors dite à secours spécialisé (un câble secours pour, au maximum six câbles
« travail »). Cette structure est simple et son exploitation facile. Par ailleurs, la qualité de
fourniture est bonne.
tel-
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version 1 - Figure I-12 : Le fuseau
7 Apr
2010 Les réseaux urbains : l’épi
travail partent du poste source et rejoignent un câble de secours qui suit une certaine direction.
Le développement autour d’un même poste est économique et plus souple que le fuseau. En
effet, cette structure tient compte de la réelle répartition des charges. La longueur des câbles
de travail dépend de la répartition des charges alors que pour le fuseau, il faut tirer à chaque
fois un câble depuis le poste source jusqu’au point de réflexion. La longueur des câbles est
bien adaptée à la répartition des charges. On peut pallier une double indisponibilité et enfin ce
réseau peut évoluer vers le fuseau.
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Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde
Cette structure est composée de boucles alimentées directement par les sources HTB/HTA
ou via des postes têtes de boucle reliés aux sources HTB/HTA par des conducteurs de section
importante appelés câbles de structure. Les postes têtes de boucle ont la même structure que
les postes source sauf qu’il n’y a pas de transformateur HTB/HTA. Des liaisons inter-boucles
permettent le report de charge d’une boucle sur l’autre en cas de perte d’un câble de structure.
NO
NO
NO
NO
NO
NO
NO NO
NO
NO NO
tel-
00471172, Postes têtes de boucle
version 1 - Câbles de structure
7 Apr
2010 Figure I-14 : la maille
Cette structure est pratique lorsque le centre de gravité des charges est excentré par
rapport au poste source. Dans ce cas, on alimente un poste nommé poste tête de pétales par un
ou deux départs issus du poste source HTB/HTA. Par ailleurs, la puissance des câbles est
limitée à la puissance maximale divisée par deux pour que ceux-ci puissent tenir en cas de
défaut. Contrairement à la maille, il n’y a plus de liaisons entre les boucles.
NO
NO
NO
La structure maillée est composée de conducteurs intra postes et inter postes. Les
conducteurs intra poste relient deux postes sources HTB/HTA. Les conducteurs inter poste
37/195
Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde
relient des conducteurs intra poste ente eux. Des organes de coupure normalement ouverts
sont répartis dans la structure maillée afin de permettre une exploitation radiale.
NO
NO
NO
NO
NO
NO
réaliser.
tel-
00471172,
version 1 - I.2.6. Système nord-américain (E.U., Canada)
7 Apr
2010 Description
38/195
Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde
Conditions d’utilisation
Cette architecture permet une alimentation en biphasé et monophasé ce qui est intéressant
étant donné que dans ces vastes régions, il y a certaines zones géographiquement importantes
où la densité de population, et donc les puissances à desservir, sont hétérogènes.
Exploitation
Cette architecture induit des courants de défaut très importants (jusqu’à plus de 10 000 A
[GAIN 1993]). Ils sont donc facilement détectables. Plus leurs valeurs sont élevées, plus ils
sont éliminés rapidement grâce à des protections adaptées et/ou à des fusibles.
Le système de mise à la terre utilisé impose un appareillage coordonné constitué de
fusibles (près des transformateurs HTA/BTA ou en tête de petites dérivations), de
sectionneurs automatisés (interrupteurs à coupure automatique dans le creux de tension)
tel-
00471172, ailleurs et de reclosers (disjoncteurs réenclencheurs qui tirent leur énergie de manœuvre du
version 1 -
courant de défaut) le plus souvent. Le réseau principal et les dérivations importantes sont
7 Apr
2010 alimentés en triphasé mais les dérivations les moins importantes sont souvent réalisées en
monophasé (1 phase + neutre) ou biphasé (deux phases).
Le cas du monophasé à un seul conducteur (la terre jouant le rôle de neutre) est parfois
envisagé pour son faible coût mais il existe certains risques. Il s’agit du SWER (Single Wire
Earth Return). Si la terre a une résistivité qui varie en fonction des saisons, elle peut alors être
plus élevée que celle d’un conducteur retour et donc engendrer d’importantes montées en
potentiel. Une solution pour baisser la résistivité du sol serait d’enterrer du cuivre mais cela
revient alors plus cher que de mettre un conducteur retour. Mais en général, distribuer en BTA
monophasé dans les pays du tiers-monde est trop coûteux car il faut alimenter de très faibles
charges dispersées. La résistivité des pays africains est élevée pendant toute la saison sèche.
En Amérique du nord en revanche, le réseau basse tension est très court (départs dédiés
inférieurs à 300 m) et les charges domestiques sont directement reliées aux transformateurs (4
à 6 particuliers par transformateur).
Pour des charges dispersées mais importantes réparties sur le territoire, ce système est le
plus économique. Il est utilisé, par exemple, pour de grosses exploitations agricoles distantes
les unes des autres du fait même de leur taille.
39/195
Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde
protections car ils sont soumis à des courants de court-circuit importants. Le Tableau I-2
résume les avantages et inconvénients du neutre relié directement à la terre.
Avantages Inconvénients
Courants de défaut importants.
Minimisation des Déclenchements fréquents.
surtensions. Contraintes sur les équipements de protection (car
Elimination sélective des courants de court-circuit élevés).
tel- défauts (fusibles). Nécessité de surveiller le conducteur de neutre
00471172,
Economique (possibilité de (notamment une éventuelle rupture de celui-ci qui
version 1 -
7 Apr
dérivations monophasées). entraînerait de forts gradients de potentiels au niveau
2010
des connexions de terre).
Description
des grappes de postes sources HTA/BTA. La Figure I-18 illustre la distribution de type
européenne.
40/195
Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde
industries.
Les architectures sont de type européenne mais permettent en plus une alimentation
biphasée ou monophasée en utilisant deux fils de phases. Cette solution, utilisée pour
alimenter des zones à habitats dispersés, est économiquement plus intéressante qu’une
41/195
Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde
tel-
00471172,
version 1 -
7 Apr
2010
L’avantage d’une telle solution, lorsqu’elle est employée correctement, peut aller jusqu’à
économiser 15 à 25% des coûts du système sud européen classique. En revanche, des taux de
déséquilibres importants peuvent apparaître.
Cette architecture est de type européenne mais elle a la particularité d’avoir des
distributions monophasées à un seul conducteur avec retour par la terre (SWER : Single Wire
Earth Return). La Figure I-19 illustre le système australien. La résistivité du sol est faible et
les distances pour desservir les consommateurs sont énormes donc c’est économiquement
intéressant.
Le Tableau I-3 résume les avantages et inconvénients de chaque régime de neutre non
distribué ainsi que les pays où ils sont utilisés.
42/195
Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde
Régime de
Pays Avantages Inconvénients
neutre
Limitation des intensités
Belgique,
des courants de court-
Neutre relié France, GB,
circuit des défauts phase-
à la terre Irlande, Déclenchement au premier
terre.
par une Japon, Suède défaut
Surtensions modérées.
impédance et Europe du
Courant de défaut peu
sud
élevé donc pas besoin de
neutre
A chaque changement de
Neutre relié Allemagne,
Courant de défaut configuration de réseau il
à la terre Finlande,
tel- monophasé quasi nul faut réadapter la bobine
00471172, par bobines Norvège,
Bonne continuité de Surtensions (mais moins
version 1 -
7 Apr de Petersen Europe du
service élevées que neutre isolé)
2010 nord
Nécessité de personnel de
surveillance
Bonne qualité de service
Allemagne,
Neutre Evite déclenchement en Surveillance attentive
Belgique,
isolé cas de défaut phase-terre Surtensions importantes
Italie, Japon,
Courants de défauts très donc matériels surisolés
Norvège
faibles
Résumé des solutions de desserte rurale à partir d’une ossature HTA existante
Très faible 1 phase (retour par la terre) 1 phase (retour par la terre)
Tableau I-4 : Résumé sur les solutions de dessertes rurales [PER 1984]
43/195
Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde
Dans cette partie, nous donnons quelques exemples d’architectures à travers le monde plus
ou moins différentes de celles citées précédemment. Nous illustrons ainsi le lien étroit entre le
choix d’architectures, le choix d’investissement et les différentes doctrines électriques des
pays.
Réseau parisien
multiple comme illustré sur la Figure I-20. Il se présente sous la forme de trois couronnes de
20 kV.
tel-
00471172,
version 1 -
7 Apr
2010
Réseau 400 kV
Réseau 225 kV
Réseau 20 kV
Transformateurs 400/225 kV
Transformateurs 225/20 kV
Le réseau HTA parisien est constitué de 37 postes sources HTB/HTA et de 800 départs
HTA (5300 km de câbles HTA) desservant 7000 postes HTA/BTA représentant un total de
1563000 compteurs et une consommation annuelle de 14000 GWh (Chiffre de 2001). Le
temps moyen de coupure par client BTA était de 16,1 min en 2001.
44/195
Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde
entre autres) grâce à des capteurs intégrés aux interrupteurs et qui transmet les données au
système informatique des centres de contrôle. Il y a des interconnexions entre postes sources
HTB/HTA. Ainsi, contrairement à la simple coupure d’artère où les postes sources ne sont
utilisés qu’à 50 % pour pallier un éventuel défaut, la coupure d’artère de Tokyo permet
d’augmenter considérablement ce pourcentage en fonction du nombre d’interconnections. La
Figure I-21 illustre le fonctionnement de ce réseau en cas de défaut au poste source PS1 par
exemple. Les charges alimentées par PS1 sont alors alimentées par les autres postes sources.
tel-
00471172,
version 1 -
7 Apr Poste source moyenne tension/basse tension
2010
Organe de coupure normalement ouvert
Défaut à la terre
Dans cette région, 50 % du réseau est souterrain sauf à Stuttgart où l’on atteint 70 %. Le
réseau est exploité à défaut maintenu pendant la recherche de défaut. En général, les
conducteurs sont rebouclés au même jeu de barre. L’architecture utilisée est la coupure
d’artère avec 20 postes sources en urbain et 40 en rural.
45/195
Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde
La Figure I-22 montre quelques structures de postes sources rencontrés dans cette région.
110/30 kV 110/30 kV
NO NO
tel-
00471172,
version 1 -
7 Apr
2010
NO Exploitation bouclée
NO
110/30 kV Organe de coupure normalement ouvert
Organe de coupure normalement fermé
Réseau pseudo-maillé
La Figure I-23 est une architecture pseudo-maillée que l’on trouve principalement en
Chine. On retrouve encore cette structure dans les vieux centres historiques (Madrid, Berlin
entre autres). Ce réseau a été créé par les anglais dans les années 1970 - 1980. A cette époque,
les câbles étaient de mauvaise qualité et donc le taux de défaillance était très élevé. Pour
résoudre ce problème, les Anglais ont introduit de la redondance dans le réseau pour pouvoir
reconfigurer en cas de défaut. Cependant, la conduite de ce type de réseau est très complexe.
Par ailleurs, les câbles ayant été renouvelés et étant maintenant de bonne qualité, les anglais
n’utilisent plus ce type d’architecture. On en rencontre cependant encore en Chine, dans les
46/195
Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde
NO NO NO
NO
NO
NO
NO
Organe de coupure normalement fermé
NO NO NO
NO NO NO
NO NO
NO
Sous-boucle exploitée radiale
NO NO
NO NO NO NO
NO
NO
NO NO
NO NO NO NO
tel- La ville de Shanghai est intéressante car elle est constituée de plusieurs réseaux différents.
00471172,
version 1 - Il s’agit d’une ancienne concession anglaise dont une partie est maillée. Les autorités veulent,
7 Apr maintenant la démailler car c’est une structure très compliquée à exploiter. On trouve ce
2010
réseau maillé dans la zone de Pudong qui est un pôle financier de Shanghai. Outre l’influence
anglaise due à la colonisation, il apparaît l’influence allemande car SIEMENS est bien
implanté.
Vers la fin des années 1990, dans le quartier des affaires de Hong Kong, une défaillance
d’un composant accompagnée d’une défaillance humaine ont provoqué un blackout de
quelques heures. Le système est complexe et mixte et le personnel était mal formé. Ainsi, le
réseau maillé permet une excellente qualité de fourniture mais nécessite du personnel
compétent en raison de sa complexité.
est homogène et la gestion de la production est simplifiée. En 1965, Singapour est devenu
indépendante du Royaume Uni. Il en a résulté une cohabitation du réseau maillé d’origine
avec un réseau en boucle ouverte construit à partir de cette date. Entre 1970 et 1985, sous
l’influence du fabricant SIEMENS, le réseau a été complètement exploité en maillé.
47/195
Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde
66 kV
22 kV
Réseau 22 kV maillé
Réseau 6.6 kV en boucle ouverte
NO
Organe de coupure normalement ouvert
tel- NO
6.6 kV
00471172, Organe de coupure normalement fermé
version 1 -
7 Apr
2010 NO 415 V 6.6 ou 3.3 kV
Hong Kong est un modèle pour les chinois. En effet, une partie importante du réseau est
maillée. En 2006, le SAIDI était de 4 à 5 minutes dans le centre ville des affaires (Central
Business District).
Réseau indonésien
Dans les années 1980-1990, EDF était très présent à Jakarta et on y retrouve une influence
française forte. Ainsi on a les mêmes résultats en matière de coût et de compétence. Le réseau
est en boucle ouverte. Le taux de défauts des composants est important en raison de la
différence entre les normes indonésiennes et françaises. En effet, le schéma directeur est établi
par EDF en lien avec les normes françaises. Ce réseau est bon mais le matériel est choisi en
fonction des normes indonésiennes qui sont différentes des normes françaises d’où une forte
défaillance du réseau.
48/195
Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde
Réseau Malais
transport mal protégé. Le réseau ressemble à Stuttgart avec un maillage éventuel entre les
sous boucles. Le schéma est typiquement anglais avec des protections à fils pilotes. Le
problème est de conserver cette architecture avec des disjoncteurs économiques. En effet,
tel-
00471172, contrairement à Singapour, la Malaisie accorde une importance au coût d’investissement.
version 1 -
7 Apr Le réseau malais a recours au spot-network (E. U.) comme les grandes villes américaines.
2010 La Figure I-25 illustre la structure du spot-network. Le spot-network est constitué d’un poste
source ayant deux transformateurs abaisseurs connectés à deux réseaux amont HT différents.
La partie aval de chaque transformateur est connectée à un bus commun grâce à des
disjoncteurs équipés de relais qui sont réglés de façon à déclencher le disjoncteur sur des flux
de puissance qui remontent vers les transformateurs et de refermer le disjoncteur lors de la
restauration de la bonne tension et de la phase des secondaires des transformateurs. Le bus
commun a un ou plusieurs départs radiaux [IEE 1993].
33/11 kV 33/11 kV
Figure I-25 : Spot-network inventé dans les années 1920 à New York
C’est un réseau spécial qui présente des redondances. On retrouve ce réseau également au
49/195
Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde
américains le préfèrent et pour garantir leur réseau électrique, les planificateurs ont donc
recours au spot-network.
En conclusion, on trouve en Malaisie du maillé et du spot-network pour les entreprises
malaisiennes avec comme envie de « rattraper » Singapour et attirer les investisseurs
(notamment américains). Pour le reste, on trouve de la coupure d’artère (Standard design).
Ce réseau ressemble au réseau en coupure d’artère que l’on rencontre dans les réseaux
urbains français (voir Figure I-11). Néanmoins, toutes les artères principales sont reliées à une
station de commutation. Cette station de commutation permet en fait à chaque départ de
secourir un autre départ à condition qu’ils soient dimensionnés en conséquence. Un câble de
tel- secours permet aussi de reconfigurer le réseau. Dans la coupure d’artère, un départ ne peut
00471172,
être secouru que par un seul autre départ. Les deux inconvénients majeurs de ce type de
version 1 -
7 Apr structure sont d’une part le coût et d’autre part le fait que le câble de secours ne travaille pas.
2010
Il faut donc penser à l’utiliser de temps en temps pour éviter que l’humidité ne dégrade les
isolants. Ce réseau est une variante du réseau pseudo-maillé. On en trouve encore dans
beaucoup de centres historiques, en Espagne et à Djakarta. Dans ces pays, il y a une grande
influence anglaise (avec la notion de sous-station de commutation que l’on peut voir sur la
Figure I-26).
Dubaï constituait une zone à forte croissance économique où Siemens et Schneider
Electric sont présents. On trouve du réseau maillé. Ce réseau est constitué de postes à
disjoncteurs avec une notion de câbles secours. C’est un système en boucle fermée avec des
50/195
Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde
51/195
Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde
Conclusion
Contrairement au cas européen, les réseaux étrangers sont hétérogènes ce qui est parfois la
cause d’incidents car les équipes de conduite ou de maintenance ne sont pas formées à ces
différents modes d’exploitation. Il est très difficile d’entretenir des réseaux avec des
maillées :
- dans des milieux où l’on veut assurer une qualité de service excellente dans le cas
d’intérêts économiques (alimenter une zone économique importante, attirer des
I.3.1. Définitions
La planification permet de choisir une solution technique à un problème posé grâce à des
études technico-économiques. Les problèmes techniques peuvent être des problèmes à court
terme, dans l’année, (raccordement de producteurs, de charges, étude de renforcement) ou à
long terme, dans un horizon de 30 - 40 ans, (construction de réseaux HTA ou encore mise en
place d’un poste source HTB/HTA). Dans le cas de problèmes à court terme, des calculs
Schémas directeurs
52/195
Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde
réseaux existants, d’analyser leur performance et leurs failles de façon à établir des stratégies
de développement à coût minimal. On peut citer deux exemples d’application :
- La décision d’opérations de maintenance sur le réseau. Celles-ci vont dépendre, entre autres,
du type de matériels (lignes aériennes, souterraines, organes de coupure entre autres), de leur
âge, de leur coût, du nombre de clients qui pourraient être affectés par une défaillance du
matériel).
- La prévision des investissements à réaliser sur une période donnée. Les différents choix
possibles peuvent être la construction et/ou le démantèlement de conducteurs, la modification
d’architectures par la création de circuits de secours, entre autres.
Objectifs de la planification
Les objectifs de la planification sont de développer un réseau électrique plus fiable, plus
tel- économique et respectant au mieux l’environnement. Pour cela, les différentes solutions
00471172,
proposées doivent respecter un ensemble de critères que nous allons définir.
version 1 -
7 Apr Indices de fiabilité et produit PL équivalent
2010
Le SAIDI (System Average Interruption Duration Index) est le temps moyen de coupure
par an et par client. Le SAIFI (System Average Frequency Duration Index) est la fréquence
moyenne de coupure par an et par client. Enfin, l’END est l’Energie Non Distribuée par an.
Ces trois indices de fiabilité donnent une image de la qualité du réseau. Plus ces indices sont
petits et plus le réseau sera de bonne qualité. Pour chaque tronçon i délimité par deux organes
de coupure, si un défaut se produit sur le tronçon i, on définit :
Tcou (i) × N cl (i) × N cou (i)
SAIDI(i) = N tot (i) (I-5)
Avec :
- Tcou(i) = Durée de la coupure du tronçon i(min)
- Ncl(i) = Nombre de clients coupés,
- Ncou(i) = Nombre de coupures,
- Ntot(i) = Nombre total de clients,
- Pcou(i) = Puissance coupée.
53/195
Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde
Pour calculer un indice de fiabilité IND total (IND représentant le SAIDI, SAIFI ou
n
END), on aura donc : IND = ∑ (i) où n est le nombre de tronçons du réseau. LesIND
ij=1
formules (I-5), (I-6), et (I-7) sont générales. Le calcul de Tcou, Ncl, Ntot et Pcou dépendent des
organes de coupure utilisés et de leur emplacement ainsi que du mode d’exploitation du
réseau.
Le produit PL pour une zone donnée est le produit de la puissance totale consommée par
les clients de la zone par la longueur totale de la zone qui alimente les clients. En d’autres
termes, si on tente d’équilibrer cet indice, des clients qui consomment peu d’énergie seront
alimentés par une longueur de conducteur plus importante que des clients qui consomment
beaucoup d’énergie. La probabilité de défaut étant proportionnelle à la longueur de
conducteur, on minimise ainsi la puissance coupée lors d’un défaut et donc on améliore la
tel- qualité de service. Par ailleurs, l’équilibrage de ce critère permet d’assurer une équipartition
00471172,
version 1 - des risques de défauts.
7 Apr
Ensemble des critères que doivent respecter les architectures proposées
2010
Le Tableau I-5 résume les différents critères (techniques, de fiabilité et
environnementaux) que doivent vérifier les solutions proposées.
Rural
Tableau I-5 : Critères que doivent valider les solutions proposées [Source ERDF]
54/195
Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde
la Figure I-28. Toutes les artères principales doivent avoir un PL équivalent. De plus, les deux
départs qui forment l’artère principale doivent avoir un PL équivalent. Par ailleurs, les
organes de coupure télécommandés (OMT) de chaque artère doivent être placés en respectant
des zones de PL équivalent. Nous allons détailler les règles de placement des OMT sur une
artère.
tel-
00471172,
version 1 -
7 Apr
2010
Pi = Puissance de la zone i
Li = Longueur de la zone i
55/195
Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde
La Figure I-29 représente une artère principale d’un réseau en coupure d’artère constitué
source tel que les PL des deux zones ainsi formés soient équivalents. Sur chaque départ, deux
autres organes de coupure télécommandés sont placés de sorte que le produit PL des 3 zones
formées de chaque départ soit équivalent. Les postes sources situés entre deux organes de
coupure télécommandés sont équipés d’organes de coupures manuels. La Figure I-29 illustre
donc aussi l’emplacement des différents organes de coupure sur une artère principale [Source
ERDF].
tel-
00471172,
version 1 -
7 Apr
2010
déclenche et tous les clients du départ sont coupés. En quelques minutes, les conducteurs de
réseaux manœuvrent les organes de coupure télécommandés de façon à isoler la partie en
défaut et à réalimenter le plus de clients. Dans le cas de la Figure I-30, les OMT 1 et OMT2
sont ouverts. Ensuite, le poste source PS1 réalimente les charges du côté amont du défaut puis
l’OMT3 normalement ouvert est fermé afin de réalimenter les charges du côté aval du défaut.
L’étape 2 terminée, une équipe part sur le terrain afin de manœuvrer les organes de coupure
manuels des postes HTA/BTA de façon à réalimenter des clients supplémentaires. Ils peuvent
ensuite effectuer la réparation sur le conducteur en défaut. Cette dernière étape de
réalimentation prend entre 40 et 60 min.
56/195
Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde
tel-
00471172,
version 1 -
7 Apr
2010
Figure I-30 : Procédure de localisation et d’isolement d’un défaut
Chaque départ d’un réseau en coupure d’artère est usuellement découpé en 3 zones. Pour
Ni
SAIDI(i) = τ × L i × ( Td + Tm ×
)
N1 + N 2 + N 3
(I-8)
Ni
SAIFI(i) = τ × Li × (
)
N1 + N 2 + N 3
END(i) Li Td Pdepart Tm P i
57/195
Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde
Le SAIDI (respectivement SAIFI et l’END) pour un départ est donc égale à la somme des
SAIDI∑ départ _ j
j=1
SAIDI =
n
n
SAIFI∑ départ _ j
(I-10)
j=1
SAIFI = .
n
n
END∑ départ _ j
tel- END =
j=1
00471172, n
version 1 -
7 Apr Planification long terme et planification moyen terme
2010
ans]. La Figure I-31 résume la démarche à suivre pour mettre en place les schémas directeurs.
des contraintes géographiques (place, passage de lignes HTB, sortie des départs HTA) et de
contraintes économiques.
- La conception de la source, selon la nature du poste, certaines structures sont mieux adaptées
que d’autres. Par exemple, le fuseau est bien adapté si le poste est à simple antenne.
- Les contraintes topologiques, représentent l’ensemble des contraintes liées aux constructions
de l’homme (pont, passage à niveau entre autres) mais aussi les contraintes géographiques
(réserve naturelle),
58/195
Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde
- Les densités de charges (si la charge est dense alors on peut améliorer la qualité générale à
moindre coût). Des structures comme la coupure d’artère, la grille ou la maille sont bien
adaptées à de fortes densités de charges. Par contre, si la densité de charges est faible, des
structures en antenne conviennent plus car sont moins coûteuses.)
tel-
00471172,
version 1 -
7 Apr
2010
des charges à alimenter, les différents coûts (investissement, pertes), le niveau de qualité
souhaitée et enfin, les contraintes environnementales (choix du matériel et zone
d’implantation).
59/195
Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde
D( t )
une entreprise dépense D(t) euros alors aujourd’hui cela revient à
. Le taux
(1 + i) t
d’actualisation français était fixé pendant de longues années à 8 % [DGE 2003].
On définit ainsi le coût actualisé à prendre en compte dans une étude technico-
économique. Soit C(t) pour t = 1, …, n, l’ensemble des coûts d’une entreprise. Alors le coût
On veut connecter un client HTA à un poste source HTB/HTA par une liaison souterraine.
tel-
00471172, Le but est de choisir le câble qui minimise l’investissement et le coût actualisé des pertes sur
version 1 - la durée de vie de l’ouvrage qui est de 40 ans.
7 Apr
2010 Cette charge est modélisée par une courbe de charge comme indiquée sur la Figure I-32.
On peut estimer la consommation du client en considérant qu’il fonctionne à puissance
maximale pendant une durée H. Des valeurs typiques de H sont de 4000 h en urbain et 3200 h
en rural. Ces chiffres reposant sur des historiques donnent un équivalent des pertes correct
[Source ERDF].
L’ensemble des données électriques et économiques est résumé dans le Tableau I-6.
L o n g u e u r d e c â b l e n é c e s s a u r e L ( k m ) 2 C o û t d e s p e r t e s à l a p o i n t e ( k € / k W ) 0 , 1 8 1
60/195
Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde
Les valeurs normalisées des câbles sont données dans le Tableau I-7.
CABLES SOUTERRAIN HTA
Section Résistance RéactanceIntensité maximale Coût
Type (mm²) (ohm/km)(ohm/km)admissible(A) (k€/km)
95 0,3200,1230 12,8
AL 0,2060,1300
AL 150 14,8
240 0,1250,1405 20,1
AL 0,0750,1505
CU 240 30,1
Le câble choisi doit respecter la contrainte de courant admissible à l’horizon choisi (40
ans) avec des hypothèses d’évolution de la charge. Le résultat obtenu garantira la tenue du
tel- conducteur mais ne sera pas forcément l’optimum technico-économique. Un calcul de coût
00471172,
version 1 - actualisé prenant en compte l’investissement initial et les pertes cumulées permettra alors,
7 Apr
2010 dans un second temps de choisir le bon type de conducteur. Le choix final respectera donc les
contraintes techniques et minimisera le coût actualisé des pertes.
Pour dimensionner le conducteur, il faut déterminer la puissance qui sera consommée à
l’horizon choisi. On suppose que les charges évoluent de manière constante de t% par an sur
N années. La puissance consommée à l’année N est :
U = tension (kV)
cos(φ) = facteur de puissance de la charge
On obtient donc :
I max ( N ) Pmax ( N )
U 3 cos( ) (I-14)
5 × 106
exemple, I max ( N) = 3
= 160,37A . Ainsi dans cet exemple tous les types de
20 × 10 × 3 ×0,9
61/195
Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde
câbles conviennent car leur courant maximal admissible est supérieur. Il serait alors logique
de prendre le moins cher c'est-à-dire le 95 mm². Un calcul de coût actualisé permet de vérifier
si cette stratégie est la meilleure à long terme.
Le coût actualisé sur N années du réseau pour différents types de conducteurs permet de
déterminer la section économique du câble à utiliser tout en tenant compte de la section
minimale imposée par la contrainte de courant maximal. Cette méthode de calcul prend en
compte l’investissement initial (coût de la fourniture du conducteur) ainsi que celui des pertes
par effet Joule. L’expression du coût actualisé est donc :
N
C × P(n)Cact = I + ∑nn (I-15)
=0 (1 + i)
C act = coût actualisé en k€
I = investissement à l’année 0 en k€
tel- C = coût d’un kW de pertes à la pointe en k€
00471172,
version 1 - P(n ) = pertes à la pointe à l’année n en kW
7 Apr
2010 i = taux d’actualisation en %
2 S(n ) R × S(n ) 2
P(n) = 3 × R × I(n) avec I(n ) = d’où P(n ) =.
U23×U
Par ailleurs, d’après le paragraphe précédent :
n
R × S(0) 2 × (1 + t ) 2 nRS 0 ² N (1 t )²
Ainsi, P(n ) =
d’où C act I C ∑ 1 i .U2U² n 0
N
(1 + t )²
On pose X =alors X 1 et
X ∑ n est une suite géométrique de raison X. Ainsi
n =0
1+ i
l’expression du coût actualisé est :
RS0 ² 1 - X N 1
C act I C (I-16)
U²1- X
Le coût actualisé Cact est donc calculé pour les 4 types de câbles présentés dans le Tableau I-7
dans le cas où l’on met un seul câble et dans le cas où l’on en met deux ; ceci permet
d’augmenter le courant maximal admissible. Les résultats obtenus sont synthétisés dans le
Tableau I-8.
62/195
Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde
Le calcul de coût actualisé indique qu’à long terme la solution de mettre un câble de section
240 mm² est plus économique que celle de mettre un câble à 95 mm².
I.4. Conclusion
bon fonctionnement du réseau de distribution et donc sur la manière dont il est planifié. Dans
le chapitre II nous allons étudier les impacts de la production décentralisée sur les grandeurs
électriques, sur l’exploitation et sur la planification du réseau de distribution. De façon à
63/195
Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde
tel-
00471172,
version 1 -
7 Apr
2010
64/195
Chapitre II - Problèmes posés par l’insertion massive de GED dans le réseau de distribution et solutions possibles
Chapitre II
tel-
00471172,
version 1 -
7 Apr
2010
65/195
Chapitre II - Problèmes posés par l’insertion massive de GED dans le réseau de distribution et solutions possibles
tel-
00471172,
version 1 -
7 Apr
2010
66/195
Chapitre II - Problèmes posés par l’insertion massive de GED dans le réseau de distribution et solutions possibles
Chapitre II
(nommées GED) sur le réseau de distribution sont liés aux problèmes de capacité technique
d’accueil d’une part et aux problèmes réglementaires qui obligent le distributeur à accepter le
raccordement d’un producteur sur le réseau de distribution d’autre part. En effet, le réseau de
distribution n’a pas été conçu, à la base, pour accepter de la production. Cette problématique
peut remettre largement en cause la façon de planifier et d’exploiter les réseaux de
distribution.
Ce chapitre se divisera en trois parties. La première partie sera consacrée à la mise en
évidence des impacts liés au raccordement de GED dans le réseau de distribution (impacts sur
les grandeurs électriques et sur la planification et l’exploitation du réseau de distribution).
67/195
Chapitre II - Problèmes posés par l’insertion massive de GED dans le réseau de distribution et solutions possibles
de GED. Pour cela, nous chercherons donc à quantifier la part maximale de puissance fournie
par les GED raccordées sur le réseau de distribution aux clients du réseau par rapport à leur
consommation totale. Le reste de la puissance provient du réseau amont c'est-à-dire des autres
centrales de production (nucléaire, hydraulique entre autres). Cette valeur que nous
nommerons taux maximal d’insertion de GED permettra de comparer différentes stratégies
pour améliorer ce taux, dont l’exploitation bouclée des réseaux de distribution.
tel- Les GED (Générateurs d’Energie Dispersés) sont des sources de productions
00471172,
version 1 - intermittentes (éolien, photovoltaïque entre autres) ou non (centrale thermique, groupe diesel
7 Apr entre autres) qui sont connectées au réseau de distribution. Leur puissance installée doit être
2010
inférieure à 12 MW au point de livraison lorsque l’installation est raccordée dans une zone qui
n’est pas interconnectée avec le réseau métropolitain (exemple départements et territoires
d’outre mer, entre autres) et inférieure à 17 MW sinon [ABA-1 2008]. Les parcs de
production, éoliens par exemple, de plus grande puissance sont généralement connectés
directement au réseau de transport ou tronçonnés en lots plus petits [ABA-2 2008].
Dans les années à venir, les préoccupations grandissantes vis-à-vis de la protection de
l’environnement, de l’augmentation de l’indépendance énergétique et du développement
durable visent à augmenter l’insertion de productions décentralisées principalement à base de
sources d’énergies renouvelable. Ces productions devront être connectées au réseau de
distribution qui a été conçu, à la base, pour faire transiter des flux de puissance
unidirectionnels. Malheureusement, suivant les conditions de charge et de production,
l’apparition de ces productions peut engendrer des flux bidirectionnels et peut causer de
68/195
Chapitre II - Problèmes posés par l’insertion massive de GED dans le réseau de distribution et solutions possibles
tension c'est-à-dire que la tension relevée aux nœuds consommateurs est plus faible que la
tension relevée au niveau du poste source. Une tension trop faible provoque le
dysfonctionnement du matériel chez le consommateur et une tension trop forte peut
endommager les équipements du réseau et ceux du consommateur. Ainsi un compromis
technico-économique exige que la tension sur le réseau de distribution doive rester dans les
limites de +/- 5 % de la tension nominale ce qui donne en France l’intervalle [19 ; 21] kV.
Pc = 5 MW Pc = 1 MW
L = 5 km
1 2 3 4 5 6
Pc = 2 MW Pc = 1 MW Pc = 1 MW
Figure II-1 : Réseau d’étude utilisé pour la mise en évidence des impacts de l’insertion de GED
69/195
Chapitre II - Problèmes posés par l’insertion massive de GED dans le réseau de distribution et solutions possibles
injectée étant moins importante au nœud 3, 4, 5, la chute de tension est moins importante. Le
plan de tension avec une GED connectée permet dans ce cas de remonter la tension tout en
restant dans les limites admissibles. Ceci est bénéfique pour le réseau car cela permet de
diminuer les pertes.
1.08
Plan de tension sans GED
Plan de tension avec une GED au noeud 6
1.06
1.04
1.02
0.98
tel-
00471172,
version 1 - 0.96
7 Apr
2010 1 1.5 2 2.5 3 3.5 4 4.5 5 5.5 6
Figure II-2 : Exemple d’effet bénéfique de l’insertion de GED dans le réseau test
En revanche, l’insertion de GED peut provoquer des surtensions comme l’illustre la Figure
II-3. Une GED de 10 MW est connectée au nœud 5. L’export de puissance provoque une
1.08
Plan de tension sans GED
Plan de tension avec une GED au noeud 5
1.06
1.04
1.02
0.98
0.96
70/195
Chapitre II - Problèmes posés par l’insertion massive de GED dans le réseau de distribution et solutions possibles
puissance obtenus sur ce réseau test sans GED. Les flux de puissance sont unidirectionnels et
proviennent du réseau amont, le réseau de transport. Le transformateur HTB/HTA symbolise
la frontière entre le réseau de distribution et le réseau de transport.
5 MW 1 MW
tel-
10,466 MW 8,206 MW 3,038 MW 2,013 MW 1,003 MW
00471172, 1 2 3 4 5 6
version 1 -
7 Apr
2010
2 MW 1 MW 1 MW
Figure II-4 : Transit des puissances dans le réseau test sans GED
On connecte une GED au nœud 5 de puissance 5 MW comme indiquée sur la Figure II-5.
On suppose que cette GED fonctionne à sa puissance maximale. Non seulement elle alimente
la charge connectée au même nœud mais, en plus, elle va exporter de la puissance vers les
autres charges. Les flux de puissance deviennent alors bidirectionnels. La puissance provenant
du réseau de répartition est alors de 5,123 MW. Par ailleurs, dans le cas précédent où la
puissance provenait intégralement du réseau amont, les pertes sur le réseau de distribution
étaient de 465,6 kW. Dans le cas d’une GED connectée au nœud 5, les pertes sont réduites à
122,5 kW. L’introduction de cette GED a donc diminué les pertes sur le réseau d’un facteur
3,8. Au chapitre I, nous avons vu que les pertes peuvent s’exprimer par la formule suivante :
R
Pertes =
222 × (P + Q )
U
Ainsi grâce à la production locale de cette GED, les transits de puissance active ont diminué
et par conséquent les pertes également.
71/195
Chapitre II - Problèmes posés par l’insertion massive de GED dans le réseau de distribution et solutions possibles
5 MW 1 MW
2 MW 1 MW 1 MW
GED
5 MW
Figure II-5 : Transit de puissance dans le réseau test avec une GED connectée au nœud 5
Selon le nombre et la taille des GED connectées au réseau, on peut se trouver dans une
situation d’export d’énergie vers le réseau de transport. La Figure II-6 illustre un exemple de
cas d’export de puissance si on connecte, par exemple, 1 GED au nœud 3 de 5 MW et 1 GED
au nœud 5 de 6 MW.
5 MW 1 MW
tel-
00471172, 0,916 MW 2,918 MW 2,939 MW 3,960 MW 1,002 MW
version 1 - 1 2 3 4 5 6
7 Apr
2010
2 MW 1 MW 1 MW
GED GED
5 MW 6 MW
et donc les courants de court-circuit et la puissance de court-circuit. Ainsi il est possible que le
courant de court-circuit soit modifié [CAI 2002] et puisse provoquer le dysfonctionnement du
matériel de protection (aveuglement ou déclenchement intempestif que nous présenterons
dans la partie II.1.2). Par ailleurs, lors d’un défaut, les producteurs alimentent le courant de
défaut. Celui-ci peut alors dépasser la limite admissible des éléments du réseau (conducteurs
entre autres). L’impact sur le plan de protection sera plus approfondi dans le paragraphe I.I.3.
La connexion de GED sur le réseau de distribution peut également altérer la qualité de l’onde
de tension. Celle-ci est déterminée grâce à un ensemble d’indices.
72/195
Chapitre II - Problèmes posés par l’insertion massive de GED dans le réseau de distribution et solutions possibles
Le « flicker »
Il s’agit de variations rapides de la tension inférieures à 10 % de la tension nominale de
provoque une gêne visuelle car il est responsable du papillotement des ampoules à
incandescence. Le « flicker » peut apparaître en raison de l’intermittence des GED si celles-ci
des matériels. Par ailleurs, elles sont responsables de gênes acoustiques dans les
transformateurs et de vibrations dans les machines tournantes [ERD 2009].
Les déséquilibres du système triphasé
Le déséquilibre du système triphasé est dû à un mauvais équilibrage des phases et peut
provoquer des déséquilibres de tension (diminutions ou élévations). Ces déséquilibres au
niveau de la moyenne tension peuvent apparaître lors du raccordement de GED monophasées
sur le réseau basse tension, au même titre que les charges monophasées classiques.
Dans la partie précédente, les impacts de l’insertion de production décentralisée sur les
grandeurs électriques ont été mis en évidence. Ceux-ci laissent penser que le réseau de
distribution n’a pas été conçu pour accueillir ces productions. Nous allons donc détailler les
impacts possibles de l’insertion de GED sur le plan de protection et sur les calculs technico-
73/195
Chapitre II - Problèmes posés par l’insertion massive de GED dans le réseau de distribution et solutions possibles
La modification des courants de court-circuit due à l’insertion de GED peut conduire à une
modification du réglage des protections voire même à leur changement. Deux principaux
problèmes apparaissent suite à une insertion de GED : le problème d’aveuglement de
de GED, le seuil de la protection P2 est réglé à Iseuil P2 = Idf 1 (courant de défaut provenant du
réseau amont). Si on raccorde une GED, alors la GED va participer au courant de défaut. Le
courant de défaut apporté par le réseau amont, Idf 2, est alors plus faible que Idf 1 est donc
inférieur au seuil de la protection P2 qui ne déclenche pas d’où le terme d’aveuglement.
tel-
00471172,
version 1 - Idf 2
7 Apr Idf 1
2010
P1 P2
P1 P2 Idf GED
Consommateur
défaut apparaît sur un départ adjacent au départ possédant une GED. En effet, la GED
participant au courant de défaut peut faire déclencher la protection P2 si le courant de défaut
apporté par la GED est supérieur au seuil de la protection P2.
74/195
Chapitre II - Problèmes posés par l’insertion massive de GED dans le réseau de distribution et solutions possibles
Idf 1 Idf 2
P1 P2 P1 P2
Idf GED
Consommateur Consommateur
tel- L’introduction de production décentralisée dans le réseau modifie les transits de puissance et
00471172,
version 1 - le plan de tension. Ainsi, c’est un paramètre qui doit être introduit dans les études de
7 Apr
2010 planification. Par exemple, une décision de renforcement de réseau sans GED et avec GED
n’aura pas les mêmes coûts actualisés. Il est en effet possible que selon qu’il y ait une GED ou
non, les parties du réseau à renforcer changent. Les coûts actualisés des pertes, ou encore de
l’énergie non distribuée, peuvent donc être très différents.
II.2. Méthodes actuelles pour raccorder des GED sur le réseau de distribution
à des règles de sécurité et de qualité. Les principales règles actuellement utilisées par ERDF
sont résumées dans le Tableau II-1 [ERD 2009].
Pour respecter ces règles de raccordement et si les études l’imposent, ERDF a recours soit au
renforcement soit à la création d’un départ dédié pour le producteur.
75/195
Chapitre II - Problèmes posés par l’insertion massive de GED dans le réseau de distribution et solutions possibles
Puissance
raccordable en P 17 MW (tarif de rachat)
triphasé
Emission des Les taux de courants harmoniques émis par le site de production ne
harmoniques doivent pas dépasser les limites fixées par l’arrêté du 17 mars 2003.
76/195
Chapitre II - Problèmes posés par l’insertion massive de GED dans le réseau de distribution et solutions possibles
conducteurs du réseau qui sont contraints sont alors renforcés. La Figure II-9 montre un
exemple où les lignes ont cette fois une section de 95 mm². Les paramètres sont alors r = 0,32
Ω/km et x = 0,1 Ω/km. Dans ce cas, les lignes (3-4) et (4-5) sont en surintensité suite à la
connexion d’une GED de 12 MW. Les conducteurs initiaux avaient pour courant maximal
tel-
00471172,
1 2 3 4 5 6
version 1 -
7 Apr
2010
1 MW 1 MW
GED
12 MW
Etant données toutes les autres contraintes de raccordement citées dans le paragraphe
précédent, une étude préalable détermine quels seront les problèmes posés suite au
raccordement d’une GED. Si le problème ne peut pas se résoudre simplement (renforcement)
Raccorder une GED par un départ dédié consiste à connecter la GED directement au
niveau du poste source grâce à un départ relié directement au jeu de barre à la sortie d’un
transformateur HTB/HTA. Ainsi les flux redeviennent unidirectionnels dans les autres départs
du réseau de distribution comme si l’énergie provenait du réseau amont.
77/195
Chapitre II - Problèmes posés par l’insertion massive de GED dans le réseau de distribution et solutions possibles
12 MW
GED
5 MW 1 MW
1 2 3 4 5 6
1 MW 1 MW
tel- sur le réseau. Le départ dédié est un moyen efficace de raccorder une GED si trop de
00471172,
contraintes apparaissent ou si cela devient plus intéressant économiquement que de renforcer.
version 1 -
7 Apr Mais si le développement des GED devient très important, les départs dédiés
2010
systématiques pourraient ne pas être effectués (encombrement du territoire). D’autre part, il
faudra sûrement renforcer une partie importante du réseau ce qui pourrait devenir irréalisable
économiquement. Ainsi les méthodes actuellement employées pour raccorder les GED
pourraient être remises en cause.
De nouvelles solutions doivent donc être envisagées afin de pouvoir introduire une grande
quantité de GED dans le réseau de distribution. De nombreux travaux de recherche se
penchent sur cette question. Certains travaux proposent de repenser le mode d’exploitation
des réseaux de distribution en s’inspirant du réseau de transport qui est exploité en bouclé.
effet, longtemps considérée comme impossible à cause du bouclage du réseau de transport par
le réseau de distribution, des travaux récents montrent la possibilité d’utiliser des limiteurs de
courant [LEP 2007] qui peuvent aussi réduire les courants de boucles, utilisés en D-FACTS
séries [ETX 2003]. De nombreuses publications étudient la possibilité de boucler les réseaux
de distribution pour augmenter le taux de GED ([CEL_1 2005], [CEL_3 2005], [CEL 2004]).
Leurs principales conclusions sur les avantages et inconvénients majeurs d’une exploitation
78/195
Chapitre II - Problèmes posés par l’insertion massive de GED dans le réseau de distribution et solutions possibles
Avantages Inconvénients
Pour déterminer si une architecture donnée favorise l’insertion de GED, il faut pouvoir
évaluer le taux maximal d’insertion de GED. Ce taux correspond à la puissance maximale de
GED que l’on peut installer dans le réseau tout en respectant les contraintes techniques. Le
reste de la puissance est fournie par le réseau de transport. Ce taux est donc exprimé comme
le ratio de la puissance totale maximale de GED installée (Pmax GED) sur la puissance totale
consommée (Pc) dans le réseau considéré. Le taux maximal d’insertion de GED (en %) est
Pmax GED
τmax =× 100 (II-1)
Pc
Hypothèses choisies
Faire des hypothèses sur la puissance et la localisation des GED est trop risqué à cause des
incertitudes trop importantes sur celles-ci. Ainsi, pour évaluer de manière exhaustive ce taux,
il faudrait tester toutes les gammes possibles de GED et tous les emplacements possibles. Les
79/195
Chapitre II - Problèmes posés par l’insertion massive de GED dans le réseau de distribution et solutions possibles
réseaux de distribution ont souvent plusieurs centaines de nœuds par poste source et il est
donc impossible de déterminer le taux maximal d’insertion de GED en un temps acceptable
par cette méthode. Une approche statistique de type Monte Carlo nous a donc semblé adaptée
pour résoudre ce problème. Déjà utilisée pour calculer des indices de sûreté dans les réseaux
électriques, elle permet de mieux modéliser les systèmes complexes par rapport aux méthodes
analytiques malgré un temps de calcul qui reste important [OCN 2008].
Algorithme de type Monte Carlo pour estimer le taux maximal d’insertion de GED dans
un réseau donné
Soit le rectangle défini par Rec : {(x, y) : a ≤x ≤b,0 ≤y ≤h}. La Figure II-11 illustre
l’exemple traité. L’aire du rectangle est ARec = h (b - a) .
P
P
YP
0
a XP b
If
Rec
On tire n points (X,Y) appartenant à l’ensemble Rec selon une loi uniforme sur [a,b] pour
80/195
Chapitre II - Problèmes posés par l’insertion massive de GED dans le réseau de distribution et solutions possibles
n succès
effectués. On définit la probabilité p= comme la probabilité que le point tiré
n
If
appartienne à If. Lorsque n tend vers l’infini on a p=
d’où
A rec
n succès
If =
x Arec. (II-2)
n
En tirant un nombre important de points, on peut arriver à estimer la valeur If avec une
bonne précision.
Application à l’estimation du taux maximal d’insertion de GED
Soit un réseau constitué de n nœuds. On définit les différents paramètres suivants :
- T = {T1, …, Tm} est l’ensemble des nœuds du réseau étudié,
itérations sont effectuées. Pour chaque itération, le nombre, la puissance (comprise entre P min
et Pmax) et l’emplacement des GED sont générés suivant une loi uniforme sur les nœuds
Le respect ou non des contraintes est mis en mémoire sous forme binaire (1 si respectées et 0
sinon).
81/195
Chapitre II - Problèmes posés par l’insertion massive de GED dans le réseau de distribution et solutions possibles
Initialisation
τ = 0%
Iter = 1
τ=τ+1
PGED = τ x P
Iter = Iter + 1
fx∑ ( iv ) =∑ ×i p i =PGED
i =1 i =1
Non
Iter = n?
Oui
tel-
00471172, τ ≤ 100? Non
version 1 -
7 Apr Oui
2010
Fin
Figure II-12 : Algorithme de Monte Carlo pour la détermination du taux maximal d’insertion de GED
A l’issue de la simulation Monte Carlo, pour chaque taux d’insertion de GED testé, on obtient
le nombre de succès c'est-à-dire le nombre de fois où le test d’insertion à respecter les
contraintes de courant et de tension ainsi que le nombre d’échecs. La Figure II-13 donne un
exemple du nombre de succès et d’échecs obtenu pour une simulation Monte Carlo effectuée
tous les τi% d’insertion, pour i variant de 10 en 10. Pour chaque τi%, plusieurs tirages sont
effectués. Les études de fiabilité que nous présenterons par la suite ont permis de conclure que
si l’on prenait le nombre de nœuds comme nombre de tirages alors les résultats étaient
suffisamment fiables pour être exploitables. Nous reviendrons un peu plus tard sur la fiabilité
des résultats obtenus.
82/195
Chapitre II - Problèmes posés par l’insertion massive de GED dans le réseau de distribution et solutions possibles
500
Nombre
400 de
tirages
300
200
100
0
tel- 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
00471172,
version 1 - Taux d'insertion de GED (%)
7 Apr
2010
Figure II-13 : Illustration du résultat obtenu à l’issue d’une simulation Monte Carlo
Sur la Figure II-13, pour un taux d’insertion de 40 % de GED, on obtient 437 succès et 63
échecs pour 500 tirages. Ainsi, la probabilité de succès pour un taux d’insertion de 40 %,
83/195
Chapitre II - Problèmes posés par l’insertion massive de GED dans le réseau de distribution et solutions possibles
[pinf ;psup]. Ainsi, plus [pinf ;psup] sera petit, plus pcal sera proche de pre.
Des statisticiens ont réussi à calculer ces intervalles de confiance pour certaines lois connues
et notamment pour la loi de Bernoulli. Dans le paragraphe suivant, nous allons voir que les
épreuves de Monter Carlo effectuées précédemment sont en réalité une succession d’épreuves
de Bernoulli.
Une loi de Bernoulli de paramètre p consiste à réaliser une expérience ayant deux issues
possibles : le succès avec une probabilité p ou l’échec avec une probabilité 1-p. On peut citer
par exemple le tirage à pile ou face. Il s’agit d’une loi de Bernoulli de paramètre ½ car on a
une répartition de GED f dans Ω. L’issue de ce tirage est soit un succès soit un échec. On
réalise n tirages dans Ω. On a donc réalisé n épreuves de Bernoulli de paramètre p. Soit Xi
n
une épreuve de Bernoulli pour un taux donné. On pose Y = ∑ i . Alors Y suit une loiX
i =1
binomiale de paramètre n et p. Ainsi la probabilité qu’il y a ait k succès sur les n tirages est
Les statisticiens Clopper et Pearson [AGR 2002] ont déterminé des intervalles de confiance
pour p. Soit r le nombre de succès.
n
Soit pinf ∈ ;1], la probabilité que p soit supérieure à pinf est[0 C∑ kn p inf k (1 - p inf ) n -k .
k=r
84/195
Chapitre II - Problèmes posés par l’insertion massive de GED dans le réseau de distribution et solutions possibles
r
Soit psup∈ ;1], la probabilité que p soit inférieure à psup est[0 C∑pkn sup
k (1 - p sup ) n -k .
k =0
D’après Clopper et Pearson, l’unique solution (pinf, psup) vérifiant les équations ci-dessous
donne l’intervalle de confiance le plus précis c'est-à-dire que l’on a un niveau de confiance de
1-α dans le fait que p appartienne à l’intervalle [pinf ;psup].
n
α
C∑ kn p inf k (1 - p inf ) n k
=2
k=r
r
α
=
C∑ kn p sup k (1 - p sup ) n k
2
k =0
A l’issue de l’algorithme, pour chaque taux inséré, on a le nombre de succès obtenu. On peut
donc en déduire l’intervalle de confiance [pinf ;psup] correspondant. La méthode de calcul
utilisée est une méthode par dichotomie dont le principe est expliqué dans l’Annexe 1.
connecté à un réseau amont de puissance de court-circuit de 1590 MVA. Il est muni de trois
transformateurs de, respectivement, 36, 80 et 20 MVA et de 419 postes de distribution
HTA/BT. La consommation totale est de 61 MW. Ce réseau possède plusieurs départs qui
peuvent se secourir. Deux types de secours existent. Les secours dits intra-poste bouclent
deux départs appartenant au même transformateur tandis que les secours dits inter-poste
bouclent deux départs appartenant à des transformateurs différents. La Figure II-14 montre le
réseau étudié.
- Réseau urbain
- 1 poste source HTB/HTA
- 419 postes HTA/BT
- 44 666 clients BT
- 81 clients MT
- Puissance totale consommée = 61 MW
- 4 secours intra-postes
- 3 secours inter-postes
85/195
Chapitre II - Problèmes posés par l’insertion massive de GED dans le réseau de distribution et solutions possibles
Dans les tests d’insertion, la gamme possible de GED sera comprise entre 2,2 kW et 6
MW. En effet, nous partons sur l’hypothèse que les GED supérieures à 6 MW auront un
départ dédié au niveau du poste source et donc ne perturberont pas le réseau de distribution
(voir paragraphe I.2.2).
tel- décrit par l’algorithme de la Figure II-12 sur le réseau urbain de la Figure II-14. La Figure
00471172,
II-15 donne les résultats obtenus pour le scénario de consommation maximale avec celui de
version 1 -
7 Apr consommation minimale en considérant la production de GED maximale. Nous avons fixé a
2010
priori que le taux maximal d’insertion de GED correspond à une probabilité supérieure à 0,97.
On constate que le test à consommation minimale diminue le taux maximal d’insertion de
GED de 8 %. En effet, pour une même puissance de GED produite, dans le cas de la
consommation maximale, il y a plus de puissance consommée que dans le cas de la
consommation minimale. Il y a donc plus de transit de puissance dans les conducteurs car les
GED devront exporter leur énergie plus loin dans le réseau. Par ailleurs, au-delà d’un taux de
20 % de GED, celles-ci produisent plus que ce qui est consommé donc de la puissance est
« refoulée » au niveau du poste source. Ainsi, les éléments du réseau sont plus contraints et
des problèmes de tension peuvent apparaître. Nous pouvons donc conclure que le cas de
consommation minimale et de production maximale est le cas le plus contraignant qui puisse
se produire.
86/195
Chapitre II - Problèmes posés par l’insertion massive de GED dans le réseau de distribution et solutions possibles
0.9
0.8
0.7
0.6
Probabilité
Probabilite
0.5
0.4
0.3
0.2
Consommation maximale
Consommation minimale
0.1
0
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
On a vu, au paragraphe précédent, que la consommation possède un impact sur ces deux
paramètres au même titre que la gamme des GED insérées. La Figure II-16 représente la
probabilité de succès en fonction du taux d’insertion de GED pour 3 gammes différentes. La
gamme numéro 1 concerne les GED de petites tailles c'est-à-dire inférieures à 2 MW, la
gamme numéro 2 concerne les GED comprises entre 2 MW et 4 MW et la gamme numéro 3
concerne les GED comprises entre 2 et 5 MW. On constate effectivement que les GED de
grandes tailles s’insèrent plus difficilement que les GED de petite taille. En effet, plus les
GED seront de petites, plus leurs puissances seront consommées en local et elles n’auront pas
besoin d’exporter leur énergie. Or ce sont les transits de puissance active et réactive qui
87/195
Chapitre II - Problèmes posés par l’insertion massive de GED dans le réseau de distribution et solutions possibles
0.9
0.8
0.7
0.6
Probabilité
Probabilite
0.5
0.4 Gamme[2.2kW;2MW]
Gamme[2MW;4MW]
0.3
Gamme[2MW;5MW]
0.2
0.1
tel- 0
10 20 3040506070 80 90 100
00471172, taux d insertion de 1% en 1%
version 1 - Taux d’insertion de GED (%)
7 Apr
2010 Figure II-16 : Influence de la gamme de GED insérées sur le taux maximal de pénétration de GED
La Figure II-17 présente les intervalles de confiance des résultats obtenus pour le réseau
radial initial en utilisant les propriétés données par les lois binomiales. On peut remarquer que
plus le taux d’insertion de GED augmente, plus les intervalles de confiance sont larges. Cela
est dû au fait que le nombre de cas possibles augmente avec le taux d’insertion de GED. Pour
un taux compris entre 0 et 40 % et pour notre cas d’étude, les intervalles de confiance sont
assez fins ce qui est suffisant car notre but n’est pas de tracer toute la courbe de probabilité de
succès en fonction du taux d’insertion de GED mais de déterminer le taux maximal de celles-
ci garantissant une probabilité de succès donnée (seuil). Donc, dans le cas de ce réseau, le
nombre d’essais est suffisant pour approximer le taux maximal d’insertion de GED. Dans le
cas où l’intervalle de confiance serait trop large, il suffirait de faire des essais supplémentaires
88/195
Chapitre II - Problèmes posés par l’insertion massive de GED dans le réseau de distribution et solutions possibles
0.9
0.8
0.7
Probabilité
de succès
0.6
0.2
0.1
0
tel- 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
00471172, Taux d’insertion de GED
version 1 -
7 Apr Figure II-17 : Intervalles de confiance dans le cas du réseau initial radial
2010
Conclusion sur les paramètres de calcul
Enfin, le paragraphe I.3.4 indique que le nombre de tests effectués pour chaque taux
d’insertion est suffisant pour ce réseau. Si, dans les tests suivants, le taux maximal d’insertion
Le but de cette partie consiste à comparer différentes solutions pour augmenter le taux
d’insertion de GED dans le réseau. Pour cela, trois stratégies sont envisagées : le
89/195
Chapitre II - Problèmes posés par l’insertion massive de GED dans le réseau de distribution et solutions possibles
La première méthode envisagée pour augmenter le taux d’insertion de GED dans le réseau
est la solution actuellement utilisée par ERDF à savoir le renforcement de réseaux. Il s’agit de
repérer les lignes surchargées et de les remplacer par des lignes de section plus importante. Le
réseau étudié est un réseau urbain. Comme nous l’avons vu dans le chapitre I, les réseaux
urbains ont le plus souvent des problèmes de surcharges plutôt que des problèmes de tension.
En effet, la densité de charges est importante et la longueur des conducteurs est faible. Au
cours de l’algorithme de Monte Carlo, les lignes dont les transits de courant ont dépassé le
courant maximal admissible sont fournies pour chaque itération. A l’issue de l’algorithme, ces
lignes sont classées selon le nombre de fois où la contrainte en courant a été violée. Elles sont
alors renforcées en fonction de la quantité de conducteur que l’on s’autorise à rajouter en
postes. En effet, les secours inter postes bouclent des départs dont les régleurs en charge ne
sont pas réglés à la même tension. Il en résulte alors des courants de boucles qui, au lieu
d’améliorer le taux d’insertion de GED, pourraient le réduire. Il existe des solutions
structurelles pour traiter le bouclage inter-poste [LEP 2007] mais nous n’avons pas décidé de
sont le plus souvent contraintes (cf § I.4.1) et à boucler le réseau dans le voisinage de ces
lignes. Le but est de faire passer les flux de puissance par d’autres chemins et ainsi de
90/195
Chapitre II - Problèmes posés par l’insertion massive de GED dans le réseau de distribution et solutions possibles
La Figure II-18 donne les résultats obtenus pour les méthodes 1 et 3 ainsi que pour le cas
radial initial.
0.9
0.8
0.7
0.6
Probabilité
Probabilite
0.5
0.3
tel- Méthode 1 : Renforcement
00471172, 0.2
version 1 - Méthode 3 : Bouclage (intra-postes + lignes
7 Apr 0.1 supplémentaires)
2010
0
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Tableau II-3 : Comparaison des stratégies possibles pour améliorer le taux maximal de GED dans le réseau
On remarque qu’il y a très peu de différence entre le cas radial et le cas bouclé avec les
91/195
Chapitre II - Problèmes posés par l’insertion massive de GED dans le réseau de distribution et solutions possibles
qui est faible devant le nombre de lignes de réseau (418). On peut donc supposer que le
bouclage est ici insuffisant pour noter une réelle amélioration du taux maximal d’insertion de
GED.
Le cas bouclé avec les secours intra-poste et des lignes supplémentaires est en revanche
très intéressant puisque l’investissement est le même qu’avec la méthode de renforcement
92/195
Chapitre II - Problèmes posés par l’insertion massive de GED dans le réseau de distribution et solutions possibles
connectées en coupure d’artère. Les artères principales sont exploitées en radial et les boucles
protection se referme et les interrupteurs se ferment alors automatiquement dans un sens avec
une temporisation de 10 s jusqu’à retomber sur le défaut. La protection déclenche de nouveau
et le dernier interrupteur ouvert est connu. La même procédure s’effectue dans l’autre sens. Le
tel- défaut est alors localisé et la réalimentation des clients en radial est possible jusqu’à temps
00471172,
version 1 - que le défaut soit réparé.
7 Apr NO
2010
NO
NO
Fonctionnement radial
Fonctionnement maillé
NF
Fonctionnement
maillé
93/195
Chapitre II - Problèmes posés par l’insertion massive de GED dans le réseau de distribution et solutions possibles
De façon à garantir une égalité des clients vis-à-vis de la continuité de fourniture, nous
avons défini des zones de produit PL équivalent comme pour la coupure d’artère. La Figure
II-21 illustre les zones de PL équivalent : les départs d’une même artère d’une part et toutes
les boucles d’autre part.
tel-
00471172,
version 1 -
7 Apr
2010
Les boucles fonctionnement en maillé et les artères principales en radial. Ainsi pour
chaque artère, deux types de défaut sont envisagés : un défaut sur une artère principale et un
défaut dans une boucle. Pour calculer un indice de fiabilité IND (représentant le SAIDI,
n
SAIFI ou END), on aura donc : IND = ∑ départ _ j , n = nombrede départsdu réseau avecIND
j=1
Si un défaut se produit sur une artère principale alors, de la même façon que pour la
coupure d’artère, les organes de coupure télécommandés sont manœuvrés en un temps variant
de 3 à 5 min.
94/195
Chapitre II - Problèmes posés par l’insertion massive de GED dans le réseau de distribution et solutions possibles
Si un défaut se produit dans une boucle alors les automatismes présents font que tous les
clients sont réalimentés en un temps qui dépend du temps de l’automatisme et du nombre de
nb _ boucles
tel- nb _ boucles
7 Apr
2010 Avec :
- τ = Taux de défaillance d’un conducteur souterrain,
II.4. Conclusions
puissance, le plan de tension et les courants de court-circuit sont modifiés. Ces modifications
peuvent être bénéfiques pour le réseau mais également préjudiciables (augmentation des
tensions et des courants de court-circuit). De plus, les GED peuvent également modifier le
comportement du système de protection et amener à des situations d’aveuglement ou de
95/195
Chapitre II - Problèmes posés par l’insertion massive de GED dans le réseau de distribution et solutions possibles
en compte le critère lié à l’introduction de GED dans une optique de planification long terme
Les travaux qui suivent vont donc consister à construire ce nouveau réseau et à le
comparer avec le réseau obtenu via la planification traditionnelle en termes de qualité et de
continuité de fourniture, en termes de coût et enfin en termes d’insertion de production
décentralisée grâce à l’algorithme reposant sur la méthode de Monte Carlo. Dans un premier
temps, le chapitre III modélisera le problème de construction d’architecture et présentera
96/195
Chapitre III : Méthodes combinatoires appliquées à la planification
Chapitre III
tel-
00471172,
version 1 -
7 Apr
2010
97/195
Chapitre III : Méthodes combinatoires appliquées à la planification
tel-
00471172,
version 1 -
7 Apr
2010
98/195
Chapitre III : Méthodes combinatoires appliquées à la planification
Chapitre III
Dans le chapitre I, le principe de planification, son rôle et ses objectifs ont été présentés.
Le choix de la section d’un câble pour le raccordement d’un client HTA, le choix entre le
renouvellement et la maintenance d’un ouvrage ou encore la décision de boucler ou non deux
départs sont des exemples d’études du planificateur. Nous avons vu au chapitre II que
l’insertion massive de production décentralisée vient remettre en cause le mode de
planification actuel. C’est pourquoi le but des travaux consiste à trouver de nouvelles
architectures de réseau de distribution afin d’augmenter le taux d’insertion de GED, de
garantir une qualité et une continuité de fourniture ainsi qu’une égalité de traitement des
clients et de minimiser le coût global du réseau. Pour cela, nous allons avoir recours à des
méthodes décisionnelles pour construire le réseau cible respectant les objectifs et contraintes
mentionnés ci-dessus.
99/195
Chapitre III : Méthodes combinatoires appliquées à la planification
Ce chapitre est ainsi divisé en trois parties principales. Dans une première partie, les
différents objectifs et contraintes du problème que l’on souhaite résoudre seront identifiés afin
de pouvoir être formalisés. Ensuite, une analogie avec des problèmes de tournées de véhicules
(par exemple le ramassage d’ordure) permettra de donner les premières pistes de résolution du
problème. Enfin, la dernière partie présentera les outils mathématiques de base retenus qui
serviront dans les algorithmes de résolution présentés dans le chapitre IV.
La Figure III-1 donne une illustration du problème que l’on cherche à résoudre en
Fonction objectif
tel-
00471172,
version 1 - La fonction objectif de l’algorithme doit contenir un critère qui traduit la volonté de créer
7 Apr
2010 des architectures acceptant un maximum de GED. Ensuite, les architectures doivent aussi
garantir une qualité et une continuité de fourniture. Les indices de fiabilité définis au chapitre
I permettent d’évaluer ce paramètre. Il s’agit :
- des zones de produit PL équivalent : pour une zone donnée, produit de la puissance
totale consommée par les clients par la longueur totale de l’artère qui alimente les clients.
Cette grandeur traduit une puissance non desservie au travers d’un taux de défaillance
100/195
Chapitre III : Méthodes combinatoires appliquées à la planification
tel-
00471172,
Figure III-1 : Modélisation du problème
version 1 -
7 Apr Contraintes
2010
des réseaux existants vers ces réseaux cibles doit être réalisée à coût minimal tout en
respectant les budgets fixés (pour la transition et le fonctionnement annuel).
Hypothèses
Deux stratégies se présentent pour mettre en place ces réseaux cibles. On pourrait
construire petit à petit le réseau en déterminant les modifications à faire en fonction des
besoins pour un horizon temporel « court ». On pourrait ainsi par exemple garantir chaque
année des architectures fiables et à moindre coût. En revanche, la cible finale à 30 ans ne
serait pas maîtrisée. Par ailleurs, si une arrivée massive de GED se produisait alors les
investissements nécessaires pour respecter les contraintes techniques du réseau risquerait
d’être très importants. Au final, l’évolution de ce réseau pourrait être très coûteuse.
101/195
Chapitre III : Méthodes combinatoires appliquées à la planification
autres). Ainsi, si l’objectif est d’obtenir des réseaux robustes à l’insertion de production
décentralisée alors une hypothèse cohérente serait d’avoir recours à des architectures bouclées
car c’est un paramètre favorable à l’insertion de GED (voir chapitre II). L’idée est de ne
conserver des réseaux existants que l’emplacement des charges modélisées par les postes
HTA/BT ainsi que les postes sources HTB/HTA. L’algorithme à mettre en place doit donc
trouver et dimensionner l’ensemble des conducteurs, c'est-à-dire la façon de relier les charges
entre elles et avec les postes sources. On obtiendrait alors des réseaux cibles à plus de 30 ans
répondant aux différents objectifs et contraintes. En revanche, la faisabilité de la mutation
d’une partie des réseaux existants (les conducteurs les plus récents) vers ces réseaux cibles
tel- construire un réseau cible répondant aux objectifs puis de trouver la trajectoire optimale pour
00471172,
l’atteindre.
version 1 -
7 Apr
2010 III.1.2. Problèmes posés
Tous les éléments de la fonction objectif ne peuvent pas être pris en compte directement
dans l’algorithme. En effet, les incertitudes face à la quantité de production décentralisée et à
Ensuite, nous ne tiendrons pas compte des contraintes liées au relief et aux routes et
constructions existantes. En effet, ce paramètre n’est pas primordial pour le choix de la
méthode. Pour le prendre en compte, il suffirait de créer une liste de lignes interdites (ou
d’exception) que l’on ne peut pas déconstruire voire même de zones interdites et de les
intégrer à l’algorithme. Les études ont été réalisées sur des données réelles d’implantation de
charges.
Enfin, comme on ne conserve du réseau existant que l’emplacement des postes HTA/BT
qui seront respectées dans un second temps au cours de la phase de recherche de trajectoire
optimale. Un second algorithme pourra permettre, une fois le réseau cible trouvé, de mettre en
place le planning temporel des investissements optimaux de façon à faire évoluer
102/195
Chapitre III : Méthodes combinatoires appliquées à la planification
Principe général
Nous avons mis en évidence, au chapitre II, l’intérêt du bouclage des réseaux de
distribution sur l’augmentation du taux d’insertion de productions décentralisées. Nous avons
proposé à la fin de ce même chapitre une nouvelle architecture pouvant être exploitée
partiellement en bouclé comme solution pour augmenter la capacité d’accueil de GED dans le
réseau de distribution. Pour réaliser cet objectif, nous proposons un algorithme en deux
étapes. La première étape consiste à construire une architecture respectant des critères
économiques et de fiabilité. Cette architecture doit permettre un fonctionnement maillé afin de
tel-
00471172, prendre en compte le critère de capacité d’insertion de GED. Le critère considéré étant le
version 1 -
critère PL qui est un critère simplifié par rapport aux objectifs, il est nécessaire de vérifier que
7 Apr
2010 les objectifs sont bel et bien vérifiés. Ainsi, la seconde étape consiste à vérifier
quantitativement le taux d’insertion maximal de GED ainsi que les indices de fiabilité
(SAIDI, SAIFI, END) et le coût global de l’architecture définis au paragraphe III.2.I. Par
ailleurs, nous nous intéresserons aux réseaux de types urbains et urbains mixtes.
De façon à pouvoir comparer l’architecture mise en place avec une architecture qui serait
déterminée avec les règles de planification usuelles, nous construirons également un réseau en
coupure d’artère (cf Chapitre I) car c’est le réseau typique urbain français et promu comme tel
Nous avons choisi, dans ces travaux, de privilégier l’équité des clients par rapport à la
fourniture d’énergie ce qui se traduit par le critère PL identique pour chaque portion de réseau
délimitée entre deux organes de coupure tout minimisant le plus possible la longueur totale de
conducteurs. Cette méthode permet de définir des zones à haute continuité de fourniture.
D’autres paramètres pourraient aussi être optimisés comme la longueur totale de conducteur
qui possède un impact sur le coût d’investissement et la qualité générale du réseau, les pertes
dans le réseau qui possèdent un impact sur le coût d’exploitation ou encore les critères de
fiabilité (SAIDI, SAIFI, END). Le problème est que ces différents paramètres peuvent être
contradictoires. En effet, l’équilibrage des PL de chaque départ tend à augmenter la longueur
103/195
Chapitre III : Méthodes combinatoires appliquées à la planification
des conducteurs (cf exemple illustratif en Annexe 2). En effet, si on met l’accent sur la
fiabilité alors il faut augmenter la redondance des chemins pour créer des voies de secours en
cas de défaut donc la longueur des conducteurs pour l’ensemble des départs est aussi
pénalisée. On pourrait envisager des fonctions multi-objectif pour trouver un compromis entre
tous ces paramètres. Néanmoins, ceci ne fait pas l’objet des travaux présentés dans ce
mémoire.
Dans le cas de la coupure d’artère comme dans celui des boucles hybrides, le but est donc
de minimiser le critère E défini par la formule (III-1) dans le but d’obtenir des zones de PL
équivalent. Cet équilibrage de produit PL doit être fait tout en minimisant la longueur totale
de conducteur L.
n
(∑PL(i) - PL)²
i =1
(III-1)
tel- n
E= PL × 100
00471172,
version 1 -
7 Apr Avec :
2010
- E = Ecart type des PL par rapport à la moyenne (%),
- n = Nombre de zones
- PL(i) = Produit PL de la zone i ([Link]),
La Figure III-2 résume l’architecture générale de l’algorithme qui sera mise en place dans
le Chapitre IV. L’algorithme développé permettra de construire un réseau en coupure d’artère
104/195
Chapitre III : Méthodes combinatoires appliquées à la planification
tel-
00471172,
version 1 -
7 Apr
2010
Nous avons vu dans la partie précédente que l’outil de construction d’architecture doit
minimiser l’écart type des produits PL par rapport à la moyenne des PL tout en minimisant les
longueurs de conducteur utilisées. Dans cette partie, nous allons identifier la construction des
deux architectures cibles comme des problèmes de tournées. Ensuite, nous passerons en revue
les différentes méthodes existantes pour résoudre ces types de problèmes. Enfin, nous nous
inspirerons de ces méthodes pour mettre en place notre méthodologie de construction
d’architectures.
105/195
Chapitre III : Méthodes combinatoires appliquées à la planification
par des arcs. C’est pourquoi il est nécessaire de fournir quelques définitions préalables dont
Graphe
Un graphe G = (V, E) non orienté est défini par l’ensemble fini V = {V 1, …, Vn} (sommets ou
nœuds) et par l’ensemble fini E = {E1, …, Em} (arêtes). On note |V| =n le nombre de sommets
du graphe et |E| =m le nombre d’arêtes du graphe. Pour 1 ≤ i, j ≤ n, on note Ek = (i-j) la kième
arête du graphe dont les extrémités sont i et j. La Figure III-3 donne un exemple de graphe
composé de 7 nœuds et 7 arêtes dans lequel l’arête Ek est mise en exergue.
i Ek j
tel-
00471172,
version 1 - -i et j sont des sommets du graphe
7 Apr
2010 - Ek = (i-j) est une arête du graphe
Degré
Soit G = (V, E) un graphe non orienté. Soit x un sommet du graphe. On définit le degré de x
comme étant le nombre d’arêtes incidentes à x. Dans l’exemple de la Figure III-4, le degré de
x est de 3.
Chaîne et cycle
Soit G = (V, E) un graphe non orienté. Soit x et y deux sommets du graphe G. On appelle
chaîne de x à y une séquence d’arêtes (e1s, …, emr) telle que :
106/195
Chapitre III : Méthodes combinatoires appliquées à la planification
i j i j
y x y x
Un graphe G = (V, E) est connexe si pour tous sommets (x, y) de X, il existe une chaîne de x
à y. La Figure III-6 montre un exemple de graphe connexe et non connexe.
v v
i j i j
u u
t t
y x yx
Graphe non connexe car il n’y a pas
Graphe connexe de chaîne reliant {i, j, x, y} et {t, u, v}
Arbre
On définit un arbre comme étant un graphe connexe sans cycle. La Figure III-7 donne
l’exemple d’un arbre du graphe connexe de la Figure III-3.
107/195
Chapitre III : Méthodes combinatoires appliquées à la planification
i j
u
t
y x
Arbre
Définition
tel- commerce connu sous le nom de TSP (Travelling Salesman Problem) et au problème de
00471172,
tournée de véhicules connu sous le nom de VRP (Vehicle Routing Problem) [TOT 2001]. Le
version 1 -
7 Apr problème du voyageur de commerce consiste à trouver la tournée de coût minimal passant par
2010
tous les sommets (villes) du graphe. Le coût étant une grandeur associée aux arcs (par
exemple la longueur des arcs). On peut ajouter à ce problème des contraintes de
consommation (chaque nœud a une demande) et de capacité (chaque arc a un transit limité qui
est inférieur à la consommation totale des clients). Il peut donc être nécessaire de faire
plusieurs tournées (en utilisant des arcs différents) pour satisfaire la demande, respecter les
contraintes de flot maximal tout en minimisant la contrainte de coût. Ce problème est le
problème de tournée de véhicules. La Figure III-8 illustre ces deux classes de problèmes.
108/195
Chapitre III : Méthodes combinatoires appliquées à la planification
Pour des problèmes de tournées, il n’existe pas d’algorithme capable de les résoudre
2001] et [SCH 2002]. Il existe donc de nombreuses variantes pour résoudre le problème de
tournée de véhicule. Plusieurs fonctions objectifs sont possibles (minimiser le nombre de
véhicules, minimiser la durée totale des tournées, minimiser la longueur totale des tournées
entre autres). Par ailleurs, on peut ajouter des contraintes liées à la gestion des stocks, par
exemple, ou encore une notion d’incertitude par rapport à la demande.
Tournée de véhicules
Christofides, Mingozzi et Toth [CHR 1979] entre autres) construisent une solution faisable
tout en gardant un œil sur le coût de la solution. Ensuite, les heuristiques à deux étapes
(l’algorithme sweep [GIL 1974], méthode de Fisher et Jaikumar [FIS 1981] entre autres)
décomposent le problème en deux parties. Dans un premier temps, chaque nœud est affecté à
un véhicule puis dans un second temps, les différentes routes sont construites. Des méthodes
d’échange local peuvent être utilisées pour améliorer la solution. Selon les algorithmes
proposés, les méthodes utilisées pour affecter les nœuds aux véhicules et pour construire les
routes sont différentes. Il existe également la méthode inverse qui consiste d’abord à
construire une seule route puis à la segmenter en plusieurs routes ([BEA 1983]). Enfin, les
méthodes d’amélioration essaient d’améliorer n’importe quelle solution possible en faisant
des échanges de nœuds ou d’arêtes (croisement, échange ou réaffectation).
109/195
Chapitre III : Méthodes combinatoires appliquées à la planification
Les métaheuristiques consistent à explorer l’espace des solutions de façon à identifier les
meilleures. Ces méthodes autorisent des solutions moins bonnes voire fausses de façon à
pouvoir éviter de se faire piéger dans un minimum local. Elles combinent des règles
sophistiquées de recherche de voisinage, de mémoire et de recombinaisons de solutions et ont
parfois recours aux méthodes heuristiques expliquées précédemment. Plusieurs
métaheuristiques sont applicables [TOT 2001] : recuit simulé [ROB 1990], recuit déterministe
[DUE 1990], recherche avec tabou [WIL 1989], algorithmes génétiques [HOL 1975], colonies
de fourmis [KAW 1998] et réseaux de neurones [GHA 1991].
Les solutions obtenues sont meilleures qu’avec l’autre classe de méthodes mais le temps
de calcul est beaucoup plus important. Dans la référence [TOT 2001], les algorithmes sont
testés sur plusieurs exemples différents. Les méthodes heuristiques n’excèdent pas plus de
150s de durée de calcul en général tandis que les métaheuristiques prennent fréquemment
tel- plusieurs centaines de secondes voire plusieurs milliers. Par ailleurs, ces méthodes nécessitent
00471172,
version 1 - des réglages fins de nombreux paramètres qui dépendent du problème étudié. Elles sont donc
7 Apr difficilement généralisables.
2010
Voyageur de commerce
connu est celui de Christofides [SCH 2002]. Non seulement, il permet de résoudre le
problème du voyageur de commerce en un temps très bon par rapport à toutes les autres
méthodes existantes mais, en plus, c’est le seul algorithme qui garantisse que la solution
La différence entre notre problème et celui de tournées classiques est que la fonction
objectif est une fonction multicritères non linéaire. Il s’agit, en effet, d’équilibrer le produit
nécessitent des réglages de paramètres très fins. Etant donnée la répartition des charges du
110/195
Chapitre III : Méthodes combinatoires appliquées à la planification
réseau qui peut être vraiment très diverse, cela nécessiterait un réglage dédié à chaque cas. En
revanche, une méthode d’amélioration semble bien adaptée. En partant d’une solution initiale
(si possible favorable à l’un des deux critères), les artères (ou boucles) échangent des points
(des charges) de façon à minimiser les critères E et L. Dans les deux cas, il faudra tracer soit
des boucles soit des artères tout en minimisant la longueur, ce qui correspond à différentes
variantes du problème du voyageur de commerce. La Figure III-9 illustre la méthode
d’amélioration que nous utiliserons dans la construction de la coupure d’artère et des boucles
hybrides. Dans le cas des boucles hybrides, les artères permettant la connexion des boucles
aux postes sources seront construites une fois le produit PL des boucles équilibré. C’est pour
cela que nous n’avons pas représenté ces artères sur la figure.
tel-
00471172,
version 1 -
7 Apr
2010
Soit V={V1,…, Vn} un ensemble de n points d’un plan avec les distances euclidiennes. On
cherche à relier ces points par une boucle de longueur minimale. Pour résoudre le problème
du voyageur de commerce cité dans le paragraphe I.3.2, nous avons choisi l’algorithme de
111/195
Chapitre III : Méthodes combinatoires appliquées à la planification
Christofides [SCH 2002] pour les raisons expliquées dans le paragraphe III.3.3. La Figure
III-10 présente son déroulement. Nous allons détailler les différentes étapes de cet algorithme
en prenant un exemple de 10 points.
Initialisation
G = (V,E)
V = (V1, … Vn) et E = (E1, … Em)
tel-
00471172,
Oui
version 1 - Croisement de lignes?
7 Apr
2010
Décroisement par échange local FIN
Non
FIN
minimale. Pour cela, les algorithmes de Kruskal ou de PRIM permettent de trouver l’arbre de
poids minimum [SAK-1 1984]. La Figure III-11 donne l’arbre de longueur minimale obtenu
pour un exemple de 10 nœuds.
Dans la Figure III-11, les 4 nœuds en rouge sont de degré impair : trois d’entre eux ont
une arête incidente et un autre trois arêtes incidentes. Le but de cette étape est d’obtenir un
graphe connexe dont tous les nœuds soient de degré pair (graphe eulérien). Les nœuds de
112/195
Chapitre III : Méthodes combinatoires appliquées à la planification
degré impair sont alors couplés entre eux. Ainsi leur degré augmente de 1 et devient pair
(Figure III-12).
1 1
5 5
6 6
4 4
7 10 7 10
3 3
8 8
Arbre de longueur minimum
L’arbre de longueur minimum Couplage de longueur minimum
2 2
9 9 Nœuds de degré impair
tel- Etant donné qu’à la fin de l’algorithme nous utiliserons une heuristique d’amélioration
00471172,
version 1 - (détecter des croisements éventuels et les décroiser), on se contentera de chercher un couplage
7 Apr
sous-optimal et regrouper successivement les points les plus proches entre eux.
2010
Etape 3 : recherche du tour eulérien
113/195
Chapitre III : Méthodes combinatoires appliquées à la planification
1 1
5 5
6 6
4 4
7 7
10 10
3 3
8 8
voit que dans un espace euclidien, si le poids affecté aux arêtes est la longueur de celles-ci
tel-
00471172, alors un croisement n’est jamais optimal. La solution obtenue en décroisant est forcément
version 1 -
meilleure mais pas nécessairement optimale. Après le traitement de ces croisements, on
7 Apr
2010 obtient le tour de la Figure III-16.
1
5
6
7
3 4
10 8
2
9 Tournée finale
Dans le cas de la construction de la coupure d’artère, le but est de construire des artères
dont le point de départ et d’arrivée sont connus (ce sont les postes sources). Il ne s’agit donc
plus de tracer un tour mais une trajectoire. Un algorithme de type glouton nommé VC4 dans la
référence [SAK-2 1984] nous a semblé adapté car les tests ont montré qu’il était plus
114/195
Chapitre III : Méthodes combinatoires appliquées à la planification
performant que les autres. Il consiste à partir de l’artère constituée du point de départ et du
point d’arrivée, puis, d’insérer successivement des sommets selon des critères que nous allons
définir. Le principe général de l’algorithme est expliqué dans la Figure III-17.
Initialisation
V = (1, … n), {1, n} sont les deux postes sources
A = {(1-n)}
tel- Oui
00471172,
version 1 - FIN
7 Apr
2010
Figure III-17 : Principe général de l’algorithme VC4
Soit V = {1, …, n} un ensemble de sommets. Les sommets {1, n} sont les deux sommets
représentant les postes sources. On souhaite donc trouver le trajet dont l’extrémité initiale est
1 et l’extrémité finale est n en passant par tous les autres sommets {2, …, n-1}.
Etape 0 : Initialisation
L’artère initiale est celle reliant les deux postes sources c'est-à-dire A = {1, n}.
- Soit Δrs = l(rjsel) + l(jsels) – l(rs). Δrs représente la longueur ajoutée si on introduit le point jsel
115/195
Chapitre III : Méthodes combinatoires appliquées à la planification
2 4
2 - {1, 9} sont les points arrivée et départ
2 4
1 4 9
2,83 2,06 8,25 2-4 2,06
2
3 6 8 3 2,92 1,8 7,65 3-4 1,8
10 5 5,52 2,5 4,53 5-4
6-4
2,5
2,92
1 6 6,58
8,06
2,92
5,32
3,64
2,24 7-9 2,24
7
5 9 8 9,55 5,7 1,12 8-9 1,12
7
Itération 2 : Point 6 sélectionné
Calcul de Δ14 et Δ49
2 4
6
3 6 8
1-4 4,77
4-9 0,06
1
5 9 - X = {1, 4, 6, 9}Γ
7
Artère obtenue à l’itération 2 - XΓ’ = {2, 3, 5, 7, 8}
4
2
6 8
3 - XΓ= {1, 2, 3, 4, 5, 6, 7,8, 9} est l’artère
1 finale obtenue.
5 9
7
Artère finale
116/195
Chapitre III : Méthodes combinatoires appliquées à la planification
III.4. Conclusion
conducteur uniquement, les pertes ou les indices de fiabilité. Les algorithmes pourront alors
être adaptés mais dans les deux cas reposeront sur le principe du voyageur de commerce.
Une fois les architectures construites, il sera alors nécessaire de dimensionner les
conducteurs à mettre en place pour respecter les courants admissibles dans les lignes d’une
part et pour minimiser le coût global actualisé d’autre part. La fiabilité des architectures
tel-
trouvées sera évaluée à l’aide du SAIDI (temps moyen de coupure par an et par client), du
00471172,
version 1 - SAIFI (fréquence moyenne de coupure par an et par client) et de l’END (Energie Non
7 Apr
2010 Distribuée par an). Enfin, la détermination du taux maximal d’insertion de GED détaillée dans
le chapitre II permettra de comparer les boucles hybrides à la coupure d’artère, architecture
qui, suite à de nombreuses années de planification, s’est avérée être la mieux adaptée.
117/195
Chapitre III : Méthodes combinatoires appliquées à la planification
tel-
00471172,
version 1 -
7 Apr
2010
118/195
Chapitre IV : Mise en œuvre et évaluation des solutions proposées : bouclables contre bouclées
Chapitre IV
tel-
00471172,
version 1 -
7 Apr
2010
« Face au monde qui change, il vaut mieux penser le changement que changer le pansement. »
F. Blanche
119/195
Chapitre IV : Mise en œuvre et évaluation des solutions proposées : bouclables contre bouclées
tel-
00471172,
version 1 -
7 Apr
2010
120/195
Chapitre IV : Mise en œuvre et évaluation des solutions proposées : bouclables contre bouclées
Chapitre IV
Le but de cette partie est la méthodologie de création des deux architectures cibles,
coupure d’artère et boucles hybrides, vues au chapitre II, à partir de la connaissance des
ensuite, détaillés sur la base des méthodes présentées au chapitre III. Enfin, la dernière partie
permettra de comparer ces deux architectures de réseau en termes de fiabilité (SAIDI, SAIFI,
END), de taux d’insertion maximal de GED et de coût global de l’architecture (coût des
conducteurs, des organes de coupure, coût des pertes et coût de l’énergie non distribuée). Une
distribution.
121/195
Chapitre IV : Mise en œuvre et évaluation des solutions proposées : bouclables contre bouclées
et HTA/BT (représentant les charges) définis par leurs coordonnées géographiques (X,Y) et
par leurs puissances. Ainsi, la structure des postes sources n’est pas remise en cause dans cette
étude. Nous nous intéressons uniquement à l’architecture du réseau HTA.
La coupure d’artère et les boucles hybrides ont été décrites dans les chapitres précédents
dans le cas de deux postes sources. Dans le cas de plusieurs postes sources, il s’agira de
Figure IV-1 : Exemple de reproduction de motif élémentaire dans le cas de plusieurs postes sources
sources. La Figure IV-2 illustre le réseau test utilisé dans notre étude.
122/195
Chapitre IV : Mise en œuvre et évaluation des solutions proposées : bouclables contre bouclées
IV-3.
123/195
Chapitre IV : Mise en œuvre et évaluation des solutions proposées : bouclables contre bouclées
Ensuite, une seconde étape consiste à déterminer les couples de postes source sur lesquels
les motifs élémentaires seront construits. Ainsi pour un poste source donné, on aura une liste
de postes sources avec lesquels il formera un motif élémentaire.
Enfin, la dernière étape consiste à partitionner les zones de points associés à un même
poste source en un nombre de zones correspondant aux nombres de motifs élémentaires qui
seront construits avec ce poste source. La Figure IV-5 illustre le partitionnement des points
affectés à un poste source.
minimiser la quantité totale de conducteur utilisé. Ce problème peut être modélisé par
l’algorithme de flot de coût minimal dont la résolution est rapide.
124/195
Chapitre IV : Mise en œuvre et évaluation des solutions proposées : bouclables contre bouclées
Dans le chapitre III, des définitions générales de la théorie des graphes ont été exposées. Nous
rappelons néanmoins ici celles dont nous allons nous servir dans cette partie.
Par ailleurs, nous utiliserons les deux termes de la théorie des graphes : « arc » et « arêtes ».
Nous parlerons d’arcs lorsque le graphe est orienté et d’arêtes lorsqu’il ne l’est pas.
Définitions préalables
Le flot
Soit G = (V, E), un graphe orienté où V = {1, 2, …, n} est un ensemble de sommet et E =
{e1, …, em} est un ensemble d’arcs. Pour tout arc er Є E reliant le couple de sommets (i, j) Є
V², on affecte la quantité notée fij Є [0 ; +∞[. fij est un flot si, et seulement si, il vérifie la loi
de conservation de Kirchhoff (loi des nœuds). Sur la Figure IV-6, la loi de conservation du
flot au nœud i s’écrit fhi = fij+fik+fil c'est-à-dire le flot qui arrive au nœud est égal à la somme
tel- des flots qui sortent du nœud i. Par exemple, le courant électrique dans un conducteur est un
00471172,
flot.
version 1 -
7 Apr j
2010
fij
h fhi i
fik
k
fil
On affecte, à chaque arc, une capacité minimale notée cmin et une capacité maximale notée
cmax. Ces valeurs fixent alors le flot minimal (respectivement maximal) qui peut circuler dans
cet arc. Dans le cas du courant électrique, la capacité maximale peut être le courant maximal
admissible en régime permanent. La Figure IV-7 illustre, entre autres, la notion de capacité de
l’arc i-j.
125/195
Chapitre IV : Mise en œuvre et évaluation des solutions proposées : bouclables contre bouclées
On affecte également à chaque arc i-j un coût noté aij par unité de flot comme indiqué sur
la Figure IV-7. Ce coût peut être la longueur de l’arc par exemple. Ainsi la circulation d’un
flot fij dans l’arc i-j coûte aij x fij.
Source et puits
La source (S) et le puits (P) sont deux points particuliers du graphe tels que tous les arcs
incidents à la source sont des arcs sortant et tous les arcs incidents au puits sont des arcs
entrant.
S P
rouge). Les trois sources doivent alimenter tous les consommateurs, c'est-à-dire leur envoyer
un flot. Le coût affecté à un arc reliant 2 nœuds correspond à la longueur de cet arc. Le flot
qui circule dans un arc correspond ici au transit de puissance. Le but étant ici d’affecter les
consommateurs aux différentes sources sans dimensionner les conducteurs, on ne tiendra pas
compte des pertes.
Source Puits
126/195
Chapitre IV : Mise en œuvre et évaluation des solutions proposées : bouclables contre bouclées
L’objectif est de relier les consommateurs aux sources d’énergie en minimisant le coût
total du flot.
Pour cela, on introduit une source (triangle bleu) reliée à chaque source d’énergie par des
arcs orientés vers ces sources d’énergie. Le coût affecté aux arcs est nul et leur capacité
maximale correspond à la puissance maximale que peut fournir chaque source d’énergie.
Ainsi, on est sûr que le flot final proviendra des sources d’énergie et que les puissances
maximales ne seront pas dépassées. Par ailleurs, tous les consommateurs sont reliés à un
nœud puits par un arc orienté vers ce puits. Le coût affecté aux arcs est nul et leur capacité
minimale et maximale correspond à la puissance consommée aux nœuds. Ainsi, on respecte la
importante). Nous avons alors recherché un outil de maillage intelligent qui ne réaliserait pas
la jonction de points trop éloignés (cf. problématique de maillage 2D sous des logiciels de
calculs à éléments finis), ni de croisement d’arcs (graphe planaire). Nous avons utilisé, sous
MATLAB, un mailleur qui repose sur la méthode de maillage de Delaunay [DEL 1979]. Cette
méthode consiste à mailler un semis de points avec des triangles dont les sommets sont les
points du semis. Le maillage doit vérifier cette condition : l’intersection de deux triangles est
soit l’ensemble vide, soit un des points du maillage, soit un arc. La méthode de Delaunay
construit ce maillage de telle sorte que, si l’on considère un triangle T du maillage, aucun
point du semis n’est contenu dans le cercle circonscrit à T. Il réalise donc la synthèse d’un
graphe 2D planaire de manière automatique et vérifie les conditions d’optimalité de Delaunay,
intéressantes d’un point de vue de calculs par éléments finis.
127/195
Chapitre IV : Mise en œuvre et évaluation des solutions proposées : bouclables contre bouclées
Chaque arête créée par le maillage Delaunay est dédoublée pour être orientée et ainsi
considérer les 2 orientations possibles. Les arcs orientés reliant la source aux postes sources
HTB/HTA sont ajoutés à cette liste d’arcs ainsi que les arcs orientés reliant les postes
HTA/BT au puits.
Programme linéaire
tel-
00471172,
version 1 - Le problème de flot de coût minimal peut être modélisé par un programme linéaire. Soit X
7 Apr un vecteur ayant pour dimension le nombre total de lignes initiales possibles que l’on notera
2010
p. X doit répondre au problème suivant :
Min LT X
X
Avec :
- L = Vecteur colonne représentant la longueur des arcs
- A = Matrice incidence du graphe
aij = 1 si le nœud i est le point de départ de la ligne j,
aij = -1 si le nœud j est le point d’arrivée de la ligne i,
aij = 0 sinon.
- bi = 0 pour i = 1, …, p-2
- bp-1 = Ptotale et bp = -Ptotale, p-1 est l’indice du puits et p de la source
Résultats
Dans l’exemple de la Figure IV-11 (b), l’algorithme de flot de coût minimal est appliqué sur
128/195
Chapitre IV : Mise en œuvre et évaluation des solutions proposées : bouclables contre bouclées
Figure IV-11 : Illustration de l’algorithme de flot de coût minimal sur un exemple à 3 postes sources
couples possibles de postes sources, leur classement par ordre croissant et la méthode pour les
choisir sont illustrés dans la Figure IV-12.
(1-2) = 5,47 (2-5) = 3,8
(1-3) = 10,96 (1-5) = 4,16
(1-4) = 9,48 (2-3) = 4,31
(1-5) = 4,16 (4-5) = 4,32
(2-3) = 4,31 (3-4) = 4,96
(2-4) = 5,46 (2-4) = 5,46
(2-5) = 3,8 (1-2) = 5,47
(3-4) = 4,96 (3-5) = 7,69
(3-5) = 7,69 (1-4) = 9,48
(4-5) = 4,32 (1-3) = 10,96
Figure IV-12 : Couplage des postes source sur l’exemple de la Figure IV-4
129/195
Chapitre IV : Mise en œuvre et évaluation des solutions proposées : bouclables contre bouclées
Dans l’exemple du réseau réel de la Figure IV-11, les trois postes sources ont des zones
A la suite de l’étape 2, chaque poste source va partager ses points avec les postes sources
voisins. Dans l’exemple de la Figure IV-13, le poste source 1 doit partager ses points avec
4
la puissance totale que peut fournir le poste source 1. Chaque zone doit donc être partagée
entre deux postes sources.
Un critère angulaire a été utilisé pour effectuer ce partage. L’angle de ces postes sources ainsi
que des nœuds affectés au poste source 1 sont calculés par rapport à l’axe horizontal ayant
tel- pour origine PS1. Ces angles sont ensuite classés par ordre croissant. Le poste source ayant
00471172, l’angle par rapport à l’horizontal d’origine PS1 le plus petit est PS4 (Figure IV-13). Les points
version 1 -
7 Apr de la zone comprise entre PS4 et PS5 sont alors répartis entre ces deux postes en fonction de la
2010
capacité de chacun (Figure IV-13). Puis, on passe à la zone comprise entre PS3 et PS4 et ainsi
de suite.
PPS41× PPS1
PPS4 + PPS5
PS5 PS4
PPS52× PPS1
PS5 PS4 PPS2 + PPS5
PPS51× PPS1 PS1
PPS4 + PPS5
PS1
PPS22× PPS1
v
PPS2 + PPS5
PS2 PS3
v
PS2 PS3
130/195
Chapitre IV : Mise en œuvre et évaluation des solutions proposées : bouclables contre bouclées
tel-
00471172,
version 1 -
7 Apr
2010
Figure IV-14 : Partitionnement final
La Figure IV-14 montre le partitionnement final obtenu. Ce réseau comportera trois motifs
élémentaires dont les points sont représentés par trois couleurs et symboles différents sur la
figure. L’intérêt de ce découpage est que, d’une part, il tient compte de la capacité des postes
sources existants et que, d’autres par, les points sont affectés aux postes sources en
L’architecture en coupure d’artère ainsi que son exploitation sont décrites dans le chapitre
I (§I.2.6 et §I.3.1). C’est le motif élémentaire retenu prioritairement par ERDF pour planifier
ses réseaux de distribution. Pour mémoire, la Figure IV-15 rappelle le schéma de la coupure
d’artère ainsi que les objectifs et contraintes. Chaque artère (ensemble des conducteurs reliant
deux sources) doit avoir un produit PL équivalent et chaque départ (ensemble de conducteurs
reliant une source à un organe de coupure normalement ouvert) également.
131/195
Chapitre IV : Mise en œuvre et évaluation des solutions proposées : bouclables contre bouclées
Le critère permettant de traduire l’équilibrage des produits PL est le critère E dont on rappelle
l’expression dans la formule (IV-2).
∑PL(i) - PL
n
2
i 1
(IV-2)
E n 100
tel- PL
00471172,
version 1 - Avec :
7 Apr
- E = Ecart type des PL par rapport à la moyenne (%),
2010
- n = nombre de zones
- PL(i) = Produit PL de la zone i ([Link]),
n
P∑ L(i)
i =1
- PL = ([Link]).
n
L’algorithme proposé pour construire cette architecture est une méthode heuristique (cf
chapitre III § III.3.3). Dans un premier temps, une solution initiale est mise en place. Cette
solution doit respecter les contraintes de puissance maximale par artère. Par ailleurs, nous
avons aussi considéré que le chevauchement entre artères n’est pas autorisé (graphe planaire).
L’architecture obtenue ne respecte pas les contraintes de produit PL équivalent du fait de son
mode de construction. Une méthode d’amélioration par échange local est alors appliquée dans
un second temps.
Mise en place de la solution initiale
La méthode utilisée pour construire la solution initiale est une méthode géométrique qui
utilise un critère angulaire. Cette méthode nous a semblé a priori la plus logique
géométriquement afin d’obtenir des artères qui ne se chevauchent pas. Avant toute chose, on
sépare la zone à traiter en deux demi-plans délimités par la droite reliant les deux postes
132/195
Chapitre IV : Mise en œuvre et évaluation des solutions proposées : bouclables contre bouclées
source. Dans un premier temps, on construit les artères liant les points situés au dessus de la
droite joignant les deux postes sources. Ensuite, on bâtit les artères du demi-plan inférieur,
voir Figure IV-16. Le Diagramme IV-2 décrit l’algorithme utilisé pour créer les artères de la
partie supérieure. Pour celles de la partie inférieure, l’algorithme utilisé est le même mais au
lieu de considérer les angles maximaux on considère les angles minimaux. Les artères sont
construites petit à petit en partant de l’extérieur et en se rapprochant des postes sources. Nous
allons illustrer chaque étape de l’algorithme avec un exemple simple. Les angles sont définis
dans l’intervalle [0 ; 2π].
Non
Tous les po ints M i sont reliés?
Oui
FIN
Soient deux postes sources Pini et Pfin. Alors Pini est le poste source tel que l’angle
ππ
θ = (Pini O, Pini Pfin ) soit dans l’intervalle [- ;+ ] , le vecteur Pini O étant un vecteur horizontal.
22
Une artère a donc pour point de départ Pinit et pour point d’arrivée Pfin.
π Partie supérieure
+
2
Pfin
Pfin
θ
O Pini
Pini
π
-2
Partie inférieure
133/195
Chapitre IV : Mise en œuvre et évaluation des solutions proposées : bouclables contre bouclées
l’angle θi = (Pini Pfin , Pini Mi ) . On note Minter(1) le point Mi tel que θi soit maximal. On a alors
Ac = {Pinit, Minter(1)}. On calcule alors θ i = (Pini Pfin , M int er (1)M i ) et on note Minter(2) le point
Mi tel que θi soit maximal. On a alors Ac = {Pinit, Minter(1), Minter(2)}. La Figure IV-17 illustre
expliquées. Les artères de la partie supérieure sont représentées sur la Figure IV-18.
θmax
Pfin Pfin
Pini Pini
Figure IV-18 : Illustration de la première artère construite puis de toute la partie supérieure
On effectue ensuite les mêmes étapes pour la partie inférieure mais en sélectionnant cette
fois les angles minimaux comme illustré sur la Figure IV-19. Une fois les artères des deux
parties créées, on les rassemble (Figure IV-19).
134/195
Chapitre IV : Mise en œuvre et évaluation des solutions proposées : bouclables contre bouclées
Pfin
θmin Pfin
Pini
Pini
Les artères ainsi créées représentent le nombre maximal d’artères possibles pour un réseau
donné sans provoquer de croisement. La puissance maximale par artère est limitée à 12 MW.
Il se peut que, dans cette construction initiale, la puissance maximale de certaines artères soit
bien en dessous de cette limite. Ainsi, plusieurs artères successives sont sélectionnées jusqu’à
tel-
00471172, ce que la puissance atteigne 12 MW. Ces artères sont alors supprimées et on ne conserve que
version 1 -
7 Apr les points. L’algorithme du voyageur de commerce permet alors de reconstruire une artère
2010
passant par ces points.
Nous avons illustré la construction de l’architecture initiale sur la partie supérieure du
réseau étude de la Figure IV-2. La partie gauche de la Figure IV-20 illustre les artères
obtenues par construction géométrique. La puissance maximale des artères est alors de 4,5
MW. Nous pouvons alors fusionner ces artères tant que la limite de 12 MW n’est pas atteinte.
L’algorithme d’amélioration qui sera appliquée sur cette structure aura pour but
d’équilibrer le produit PL des artères tout en minimisant la longueur totale du réseau. Pour
135/195
Chapitre IV : Mise en œuvre et évaluation des solutions proposées : bouclables contre bouclées
cela, il va déséquilibrer les artères en puissance : une artère courte aura tendance à être plus
chargée qu’une artère longue. Ainsi, même si les artères initiales ont une puissance inférieure
à 12 MW, il est possible que certaines artères finales dépassent cette puissance limite. De
façon à trouver le réseau qui convient le mieux, plusieurs artères « initiales » seront testées en
faisant varier la puissance maximale par artère construite. La liste des tests effectués est
résumée dans le Tableau IV-1.
Puissance maximale
Nombre Ecart type E Longueur totale
par artère
d’artères (en %) (en km)
(en MW)
12 15 73,74 335,28
10 18 85,28 346,30
tel- 9 20 71,16 365,3
00471172,
version 1 - 8 24 90,95 376,7
7 Apr
2010 7 26 81,48 393,27
6 31 77,62 443,58
Algorithme d’amélioration
L’algorithme d’amélioration du critère équilibrage des produits PL, utilisé pour effectuer
les échanges locaux de charges entre les artères, est décrit dans le Diagramme IV-3.
A partir de la solution initiale générée dans le paragraphe précédent, on calcule le critère E
et l’écart des PL de chaque artère par rapport à la moyenne des PL. Cet écart (EC) est défini
ECi PL(i)
- PLmoy 100, i 1,...,na
(IV-3)
PLmoy
Avec :
- PL(i) = Produit PL de l’artère N°i ([Link]),
136/195
Chapitre IV : Mise en œuvre et évaluation des solutions proposées : bouclables contre bouclées
Non Oui
AS reçoit Écart positif? AS donne
j d min (i) = min(d(Mj (i),AS )), j d min (i) = min(d(M(i) A V )),i = 1,...,n D,j
version 1 -
Valeur j (i,2) = M j (i) Valeur j (i,2) = M(i)
7 Apr
2010
Oui
Intersection?
Non
Non
Ecart type < 1%
Oui
FIN
137/195
Chapitre IV : Mise en œuvre et évaluation des solutions proposées : bouclables contre bouclées
faut prendre soin de biaiser les probabilités afin de privilégier les points les plus proches de
l’artère receveuse. Dans cette optique, deux cas sont envisagés :
- Si AS est une artère receveuse alors, pour chaque artère voisine j et pour chaque point
Mj(i) de l’artère j, on détermine la distance minimale entre le point Mj(i) et l’artère AS
1
j notée d min (i) . On définit alors le matrice Valeurj avec, en première colonne 1
et, en
jd min (i) 2
l’artère j.
- Si AS est une artère donneuse alors pour chaque artère voisine j et pour chaque point
jj M(i) de AS, on détermine la distance minimale entre le point M(i) et l’artère A V
notée d min (i) .
1 Nous justifierons le choix de l’inverse du carré de la distance dans la suite de cette partie.
138/195
Chapitre IV : Mise en œuvre et évaluation des solutions proposées : bouclables contre bouclées
1
On définit alors la matrice Valeurj avec, en première colonne
et, en deuxièmejd min (i) 2
Pour construire la roue biaisée, on définit dans un premier temps la probabilité qu’un point
soit sélectionné par la formule (IV-4) (les différents indices sont définis dans le Diagramme
IV-3) :
Si AS est une artère receveuse, Si AS est une artère donneuse,
j P our i = 1,...,n D et j = 1,...,n V P our i = 1,...,n D et j = 1,...,n V
Valeur j (i) Valeur j (i)
P r oba(i) = P r oba(i) =
sum (Valeur j ) sum (Valeur j ) (IV-4)
1 1
jd min (i) 2 jd min (i) 2
P r oba(i) = P r oba(i) =
tel- 1 1
00471172, sum ( j) sum ( j)
version 1 - d min (i) 2 d min (i) 2
7 Apr
2010
Ainsi, en considérant l’inverse de la distance au carré pour calculer la probabilité, on
insiste sur le fait que l’on privilégie les points les plus proches. En effet, plus un point sera
proche de l’artère qui doit le recevoir, plus il est intéressant de le prendre pour minimiser la
Les résultats sont schématisés sous forme de diagrammes circulaires. Un exemple de roue
biaisée est donné dans la Figure IV-21. On peut alors tirer aléatoirement un chiffre selon une
loi uniforme sur l’intervalle [0,1]. Le chiffre tiré donne le point que l’artère donneuse cédera à
l’artère receveuse. Par exemple, si le chiffre tiré est 0.23 alors le point sélectionné sera le
point numéro 5.
10 0,19
0,21
76
1 0,26
5
3 0,29
0,80
2
0,43
139/195
Chapitre IV : Mise en œuvre et évaluation des solutions proposées : bouclables contre bouclées
On construit ainsi autant de roues biaisées qu’il y a de couples artère donneuse – artère
receveuse.
de commerce décrit au chapitre III est alors appliqué sur les deux artères modifiées (celle qui
a donné et celle a reçu) de façon à garantir une longueur minimale pour chaque artère
reconstruite. On vérifie alors que les artères reconstruites ne se croisent pas. Pour cela, on
tient compte du fait que les artères sont constituées de segments. Un segment correspond à un
conducteur qui relie deux clients ou un poste source et un client. On vérifie alors que chaque
segment d’artère ne croise pas de segments d’autres artères. Si il y a croisement, alors le point
sélectionné est rejeté et un autre point est alors choisi. La Figure IV-22 illustre les cas
d’intersections possibles.
tel-
00471172, Cas d’intersection possibles
version 1 - AD
A D D
7 Apr
A
2010
B B
C C B C
r Є [0, 1] et s Є [0, 1] r = 0 et s Є ]0, 1[ r = 1 et s Є ]0, 1[
DA
D
A
B
C
B
r Є ]0, 1[ et s = 0 C r = 1et s Є ]0, 1[
Soient deux segments [AB] et [CD]. Soient M un point appartenant au segment [AB] et M’ un
point appartenant au segment [CD]. Alors les coordonnées de M et M’ peuvent s’écrire :
X A r ( X B - X A) X C s ( X D - X C)
M et M ' pour r, s ∈[0,1] (IV-6)
YA r (YB -Y A) YC s (YD -Y C)
140/195
Chapitre IV : Mise en œuvre et évaluation des solutions proposées : bouclables contre bouclées
Dans ce cas,
(YA - YC ) × (X B - X A ) - (X A - X C ) × (YB - YA )
s= (YD - YC ) × (X B - X C ) - (YB - YA ) × (X D - X C )
(IV-8)
(YA - YC ) × (X D - X C ) - (X A - X C ) × (YD - YC )
r= (YD - YC ) × (X B - X A ) - (YB - YA ) × (X D - X C )
En cas d’intersection, le point sélectionné précédemment ne peut pas être donné donc il est
mis dans une liste de nœuds interdits. On reprend alors l’étape 3 en supprimant le point
sélectionné. Si l’échange ne provoque pas d’intersections alors les paramètres E et EC sont
recalculés. Tant que EC, l’écart type des produits PL, est supérieur à une certaine valeur
A2 A2 21
13
14
PL = [12.7 14.3 1.7]
22
11
PLmoy = 9.59 28 19
L’étape 2 permet de choisir les artères voisines AV. Dans cet exemple, il s’agit d’une artère
extrémale. Elle ne peut donc recevoir des points que de l’artère numéro 2. Le problème
consiste désormais à savoir quels points de l’artère 2 peuvent être donnés à l’artère 3 ce qui
conduit à l’étape 3. Ici, l’artère sélectionnée n’a qu’une artère voisine. Si elle avait eu deux
artères voisines, il y aurait eu deux roues baisées correspondant chacune à une artère voisine.
Les première et deuxième colonnes du Tableau IV-2 montrent la matrice Valeur1 obtenue. La
troisième colonne montre le calcul du vecteur probabilité et la quatrième colonne, les zones de
141/195
Chapitre IV : Mise en œuvre et évaluation des solutions proposées : bouclables contre bouclées
la roue biaisée associées à chaque point. La Figure IV-24 présente la roue biaisée construite à
partir de la matrice Valeur1 et la Figure IV-25, le point sélectionné en tirant un chiffre selon
celui de la Figure IV-26, à gauche. Après plusieurs itérations, on obtient le réseau de droite,
sur la Figure IV-26.
142/195
Chapitre IV : Mise en œuvre et évaluation des solutions proposées : bouclables contre bouclées
alors de 4,75 MW. Les structures obtenues en utilisant l’algorithme d’amélioration ont un
chapitre I dans la partie I.3. On rappelle que les organes de coupure normalement ouverts
doivent être placés sur chaque artère de façon à créer deux zones de produit PL équivalent.
tel-
00471172,
version 1 -
7 Apr
2010
Figure IV-27 : Exemple du réseau en coupure d’artère obtenu pour 15 artères principales
exemple, le poste source 1 (PS1) doit alimenter toutes les charges (et inversement pour le
défaut N°1). Les conducteurs doivent donc être surdimensionnés pour pouvoir fonctionner en
mode secours.
143/195
Chapitre IV : Mise en œuvre et évaluation des solutions proposées : bouclables contre bouclées
Les conducteurs choisis sont des câbles souterrains choisis parmi les possibilités
suivantes : 95² Alu (pour câble souterrain de section 95 mm² avec conducteur en aluminium),
150² Alu, 240² Alu et 240² Cu (pour câble souterrain de 240 mm² en cuivre).
réseau augmente mais plus la longueur des artères diminue (Figure IV-29 et Figure IV-30).
De plus, si le nombre d’artères augmente alors, la puissance du réseau étant constante, la
puissance de chaque artère va diminuer. Ainsi le produit PL moyen par artère va globalement
diminuer. Par conséquent, même si le réseau a une longueur totale plus grande, les indices de
fiabilité devraient être meilleurs si le nombre d’artères augmente.
45
Longueur maximale d'une artère
40
35
30
Longueur(km)
20
15
Longueur minimale d'une artère
10
5
14 16 18 20222426 28 30 32
Nombre d'artères principales
144/195
Chapitre IV : Mise en œuvre et évaluation des solutions proposées : bouclables contre bouclées
650 260
240
600
Poduit
220PL
moyen par
Longueur artère
totale du 200
([Link])
réseau
550(km)
180
500 160
140
450
120
100
400
tel- 80
00471172,
version 1 - 350 60
15 20253035 15 20253035
7 Apr Nombre d'artères principales Nombre d'artères principales
2010
Figure IV-30 : Longueur totale du réseau et produit PL moyen en fonction du nombre d’artères principales
télécommandés. Le second coût est celui du coût actualisé des pertes sur 30 ans. Le troisième
coût est celui de l’énergie non distribuée actualisée sur 30 ans et le dernier, la somme de tous
les coûts. Le coût actualisé est défini dans le chapitre I, section I.3.2.
La courbe représentant le coût global actualisé du réseau présente un minimum pour 20
artères. En effet, l’augmentation du nombre d’artère diminue l’énergie non distribuée car le
nombre de secours est augmenté mais augmente la longueur totale de conducteurs et donc le
taux de défaillance. Par ailleurs, le coût des pertes diminue également. En effet, étant données
les sections normalisées utilisées, plus il y a d’artères et moins la puissance totale par artère
est grande donc moins le courant est important. Enfin, l’investissement augmente avec le
nombre d’artères. La présence d’un minimum résulte donc du choix discret de la section des
conducteurs.
145/195
Chapitre IV : Mise en œuvre et évaluation des solutions proposées : bouclables contre bouclées
70
60 Coût total
Coûts
50
(Millions
Coût global actualisé
d’euros)
40
30
Investissement
Investissement
20
Coût actualisé de la défaillanceDéfaillance
La Figure IV-32 présente le SAIDI et le SAIFI moyen par départ pour les différentes
structures en coupure d’artère. On constate effectivement que l’augmentation du nombre
d’artères principales permet d’améliorer les indices de fiabilité. En effet, dans le calcul de ces
indices, deux temps ont été considérés : le temps associé aux organes de manœuvre
télécommandés pour isoler le défaut, OMT, (5 min) et celui associé aux organes de manœuvre
manuels pour isoler le défaut (60 min). Le nombre de postes HTA/BT est fixé donc le nombre
d’organes de coupure est fixé. Or, le nombre d’organes de coupure télécommandés a été fixé à
5 par artère, le reste des organes de coupure étant manuels. Ainsi, si le nombre d’artères
augmente, le nombre d’organes de coupure télécommandés augmente aussi et il y a donc
moins d’organes manuels ce qui permet d’améliorer la fiabilité.
146/195
Chapitre IV : Mise en œuvre et évaluation des solutions proposées : bouclables contre bouclées
15 0.2
SAIDI (min)
SAIFI
10 0.1
tel-
00471172,
version 1 - 5 0
15 20 25 303540 45 50 55
7 Apr Nombre d artères
2010
Figure IV-32 : Indices de fiabilité des structures en fonction du nombre d’artères principales
productions décentralisées dans le réseau. Dans le chapitre II, un algorithme reposant sur la
méthode de Monte Carlo a été présenté. Cet algorithme permet d’évaluer le taux maximal
d’insertion de GED c'est-à-dire la quantité maximale d’énergie qui peut être apportée par les
GED tout en respectant les contraintes techniques (profil de tension correct et courants
admissibles dans les conducteurs). Le reste de l’énergie provient alors du réseau de transport.
La Figure IV-33 montre l’évolution de ce taux d’insertion maximal en fonction du nombre
d’artères. On peut constater qu’il diminue avec le nombre d’artères. On a vu au chapitre I que
la contrainte principale dans les réseaux urbains est la contrainte de courant admissible. Ainsi,
un nombre d’artères important conduit à des conducteurs de section moins importante et donc
à un courant admissible plus petit. Or lorsque la proportion de GED augmente, l’excédent de
production doit être exportée et les câbles doivent pouvoir tenir l’export de puissance. Par
ailleurs, les conducteurs sont encore plus surdimensionnés si le nombre d’artères est petit car
la puissance qu’ils doivent faire transiter en mode secours est alors beaucoup plus importante.
147/195
Chapitre IV : Mise en œuvre et évaluation des solutions proposées : bouclables contre bouclées
50
45
Taux d
insertion
40 de
maximal
GEDs (%)
35
30
25
20
15
tel-
00471172,
version 1 - 10
15 20 25 303540 45 50 55
7 Apr Nombre d artères
2010
Figure IV-33 : Taux maximal d’insertion de GED en fonction du nombre d’artères principales
Il est donc nécessaire de faire un compromis entre le coût et la fiabilité qui suivent la même
loi d’évolution et le pourcentage d’insertion de GED souhaité.
Dans tous les cas envisagés, les structures initiales (longueurs minimales) sont meilleures
en termes de fiabilité et de coût. Le SAIDI est meilleur d’environ 2 min. En effet,
l’équilibrage des PL provoque une augmentation de la longueur des conducteurs. Or les coûts
(traits horizontaux rouges). Cependant, elle est nettement plus équilibrée pour chaque départ.
Si on calcule l’écart type de l’énergie non distribuée par rapport à la moyenne, on obtient 11%
148/195
Chapitre IV : Mise en œuvre et évaluation des solutions proposées : bouclables contre bouclées
1100 1100
Energie
1000non Energie
1000non
distribuée distribuée
par départ en par départ en
900 900
kWh/an kWh/an
800 800
700 700
600 600
500 500
400 400
300 300
200 200
tel-
100 100
00471172,
version 1 -
0 2040 0 2040
7 Apr Nombre de départs Nombre de départs
2010
Figure IV-34 : Energie non distribuée par départ en fonction du nombre de départs
Compromis entre PL et L
été rentré explicitement dans la fonction objectif. Ainsi un compromis est à faire entre le
niveau d’équilibre de PL souhaité et la longueur totale de conducteurs. En d’autres termes,
quelle est la structure qui garantit un niveau d’équilibrage suffisant pour une longueur totale
de conducteur la plus petite possible ? Nous avons considéré arbitrairement qu’à partir d’un
écart type de PL par rapport à la moyenne de 10%, la solution obtenue pouvait être considérée
comme acceptable. Ainsi, dès que l’écart type atteint 10%, nous choisirons la structure dont la
IV.3.3. Synthèse
149/195
Chapitre IV : Mise en œuvre et évaluation des solutions proposées : bouclables contre bouclées
taux de GED que l’on peut insérer dans le réseau tout en respectant les contraintes techniques.
Un compromis doit donc être fait entre le coût, la fiabilité et l’insertion de GED souhaitée. Si
le coût et la fiabilité sont meilleurs avec l’augmentation du nombre d’artères, ce n’est pas le
cas pour le taux d’insertion de GED. Le taux est divisé par deux lorsque l’on passe de 18 à 26
artères. En revanche, le coût est 1,2 fois plus grand avec 26 artères et la fiabilité est moins
bonne de 2 min et 20s.
L’architecture des boucles hybrides ainsi que son exploitation sont décrites dans le
tel- chapitre II. Pour mémoire, la Figure IV-35 rappelle le schéma des boucles ainsi que les
00471172,
version 1 - objectifs et contraintes. Les artères principales sont exploitées en radial et les boucles en
7 Apr
2010 maillées. Chaque boucle possède une protection. Ainsi, si un défaut apparaît dans une boucle,
les autres boucles ne seront pas touchées. Par ailleurs, chaque boucle étant reliée à l’artère
principale par des organes de manœuvres télécommandés, si un défaut apparaît sur l’artère
NO
Objectifs
- Equilibrer le produit PL des artères
NO
L’algorithme proposé pour construire cette architecture est une méthode heuristique (cf
chapitre III) comme celui utilisé pour la coupure d’artère car il n’existe pas d’algorithme
capable de trouver la solution optimale en un temps polynomial. Dans un premier temps, une
solution initiale est mise en place. Le but est de construire des boucles qui seront, par la suite,
reliées entre elles par des artères reliant elles-mêmes les postes sources. De façon à limiter la
longueur des conducteurs, un partitionnement en damier incliné selon la direction des deux
postes sources nous a semblé adapté. Par ailleurs, cette solution permet d’éviter, de manière
150/195
Chapitre IV : Mise en œuvre et évaluation des solutions proposées : bouclables contre bouclées
Etape 0 : Données
nc
construire n boucles dans ce réseau. Cela correspond à points par boucle en moyenne. Si
n
nc
n’est pas entier, alors on prendra la valeur arrondie à l’entier le plus proche. On note
n
nc
arr( ) cet entier.
n
151/195
Chapitre IV : Mise en œuvre et évaluation des solutions proposées : bouclables contre bouclées
n n
N i = arr ( ) N m = n - [( m - 1) × arr ( )]
tel-
00471172, m m
version 1 - nc nc
7 Apr Ci = N i × n Cm = n - × (m - 1)
2010 n
Pour construire les lignes du damier, on considère le consommateur P ext du demi plan
inférieur délimité par la droite (PS1 PS2) dont la distance par rapport à la droite (PS1 PS2) est
la plus grande. Cela donne une limite du damier. On considère alors la droite (E) parallèle à
(PS1 PS2) et passant par Pext. On translate alors cette droite vers le haut en mémorisant les
points dépassés. Dès que le nombre de points cumulés est égal à C 1, la ligne numéro 1 du
damier est construite et ainsi de suite.
Pour construire les colonnes d’une ligne donnée, on trace la droite perpendiculaire à (PS 1
PS2). Cette droite est alors translatée et les colonnes sont construites sur le même principe que
nc
la création des lignes. Dans chaque zone créée, il y a arr( ) sauf dans la dernière colonne de
n
la dernière ligne en raison des différents arrondis effectués.
Pour comprendre la méthode de construction du damier, prenons l’exemple simple de la
Figure IV-36 constitué de 31 nœuds consommateurs. On souhaite tracer 5 boucles. Il doit
31
donc y avoir environ arr ( ) = 6 consommateurs par boucle.
5
152/195
Chapitre IV : Mise en œuvre et évaluation des solutions proposées : bouclables contre bouclées
5 boucles ne peuvent être inscrites dans un carré parfait (subdivisé parfaitement) donc le
nombre de lignes du damier est arr( 5 ) = 2 . Le nombre de colonnes de la première ligne sera
55
donc N 1 = arr ( ) = 3 et celui de la deuxième ligne N 2 = 5 - [( 2 - 1) × arr ( )] = 2 . La première
22
ligne du damier aura donc 6 x 3 = 18 points et la deuxième les points restants c'est-à-dire 15.
13 points
7 points
6 points
6 points
6 points
tel-
00471172,
version 1 -
7 Apr 18 points 6 points
2010
Figure IV-36 : Mise en place du damier de la solution initiale sur un exemple simple
Algorithme d’amélioration
L’algorithme d’amélioration utilisé est le même que celui de la coupure d’artère. La seule
différence est que dans le cas de la coupure d’artère on connaissait les artères voisines. Dans
le cas des boucles, il serait trop long de chercher les boucles voisines donc à chaque itération,
on calcule les roues biaisées pour toutes les boucles ce qui de plus permet d’éviter de se faire
piéger dans un minimum local. Une fois le point choisi et inséré dans la boucle receveuse, on
vérifie qu’il n’y a pas d’intersection entre les boucles. Nous allons illustrer l’algorithme
d’amélioration sur l’exemple simple de la Figure IV-36. La Figure IV-37 présente le réseau
153/195
Chapitre IV : Mise en œuvre et évaluation des solutions proposées : bouclables contre bouclées
PL = [10,4 13,2 7,0 5,5 13,8] [Link] PL = [10,7 10,7 10,9 10,8 10,5] [Link]
représentera une boucle dont la puissance sera la puissance totale de la boucle. Les
coordonnées du point représentant une boucle seront celles du point dont la distance à un
poste source est minimale.
154/195
Chapitre IV : Mise en œuvre et évaluation des solutions proposées : bouclables contre bouclées
S5 = 0.86
S3 = 0.92 S5 = 0.86
S4 = 0.76
S3 = 0.92
S4 = 0.76
S1 = 0.87
S1 = 0.87 S2 = 0.70
S2 = 0.70
ZOOM
155/195
Chapitre IV : Mise en œuvre et évaluation des solutions proposées : bouclables contre bouclées
De la même façon que nous avons vu que le nombre d’artères d’un réseau en coupure
d’artères a un impact sur les différents coûts, les indices de fiabilité et le taux d’insertion de
GED, nous allons voir quel est l’impact du nombre de boucles d’une architecture en boucles
puissances appelées. Nous nous sommes fixés des conducteurs normalisés et pour un nombre
de boucles trop faible, il faudrait utiliser des conducteurs de section beaucoup plus
importante. C’est le cas par exemple de la structure à 10 boucles.
Deux structures à 20 boucles et à 33 boucles ont été comparées. La Figure IV-40 montre
tel-
00471172, les différents coûts obtenus. La conclusion est identique à celle pour le réseau en coupure
version 1 -
d’artère. L’investissement initial plus élevé pour une structure à 33 boucles est rentabilisé sur
7 Apr
2010 30 ans et devient plus économique qu’une structure à 20 boucles.
Si on compare ce graphique de coût avec celui obtenu pour la coupure d’artère, on
constate que les coûts d’investissement et des pertes sont du même ordre de grandeur. En
revanche le coût de l’énergie non distribuée est nettement moins important dans le cas des
boucles hybrides. Ceci est lié au fait que cette structure autorise simplement le déploiement de
protections en réseau (au raccordement de chaque boucle) et une reprise de service
automatique par boucle avec des interrupteurs qui se réenclenchent sur défaut, ceci améliore
les indices de fiabilité. Il faut cependant noter que nous n’avons pas pris en compte tous les
coûts réels liés à l’achat du matériel. Les coûts des protections et des automatismes des
boucles a été approximée en utilisant le coût d’un organe de coupure télécommandé.
156/195
Chapitre IV : Mise en œuvre et évaluation des solutions proposées : bouclables contre bouclées
60
Investissement
30
0
0 50 100 150 200 250 300 350 400
tel- Nombre de boucles
00471172,
version 1 -
Figure IV-40 : Différents coûts de la structure en fonction du nombre de boucles
7 Apr
2010
Impact sur la fiabilité
La Figure IV-41 montre le SAIDI et SAIFI obtenus avec les boucles hybrides. Le SAIDI est
divisé par 2 voire par 3 par rapport aux structures en coupure d’artère ou le meilleur SAIDI
15 1
10 0.8
SAIDI (min)
SAIFI
5 0.6
0 0.4
20 40 60 80100 120 140 160
Nombre de boucles
157/195
Chapitre IV : Mise en œuvre et évaluation des solutions proposées : bouclables contre bouclées
boucles sur le réseau. On remarque que celui-ci tend à augmenter avec le nombre de boucles
(même si l’on observe une faible décroissance entre 45 et 100 boucles). Ceci peut s’expliquer
65
Taux60d
insertion
maximal de
GEDs (%)
55
tel-
50
00471172,
version 1 -
7 Apr
2010 45
40
35
0 50 100 150200 250 300 350
Nombre de boucles
IV.4.3. Synthèse
Les résultats obtenus entre la coupure d’artère et les boucles hybrides sur notre réseau de
test tendent à monter que les boucles hybrides permettent d’améliorer les indices de fiabilité
ainsi que le taux maximal d’insertion de GED. La Tableau IV-3 résume les différents résultats
obtenus.
Coupures d'artères Boucles hybrides
SAIDI (min) [12,8 - 6,7][12 - 1,93]
SAIFI [0,17 - 0,08][0,8 - 0,44]
END (kWh) [846 - 111,53][90 - 223]
Taux maximal d'insertion de GEDs (%) [47 - 14][38 - 42]
Coût global (M€) [43,7 - 56,5][39 - 51,4]
Longueur de conducteur (km) [399,6 - 839,2][423 - 585]
Volume de conducteur (m3) [102,8 - 110][85,4 - 98,6]
Tableau IV-3 : Comparaison des résultats obtenus pour la coupure d’artère et les boucles hybrides
158/195
Chapitre IV : Mise en œuvre et évaluation des solutions proposées : bouclables contre bouclées
Le nombre maximal de boucles et d’artères testés dans les deux cas de réseaux est dicté
par la convergence de l’algorithme. En effet, en deçà d’un certain nombre de consommateurs
par boucles ou par artère, l’algorithme n’arrive pas à équilibrer le produit PL. Cela est dû à la
grande différence entre les puissances des charges (de quelques kW à 1 ou 2 MW) et à leur
répartition non homogène dans le réseau. Ainsi, il est même possible qu’il n’existe pas de
solution dans ces cas là. Nous avons donc fait des tests pour le nombre maximal d’artères
possibles obtenus par la construction géométrique initiale (51 artères) et pour le nombre
maximal de boucles possible (3 consommateurs par boucle ce qui correspond à 328 boucles).
En effet, le produit PL n’ayant pas d’incidence sur le taux maximal de production
décentralisée, cela permet de voir si un grand nombre de boucles ou d’artères permet
d’augmenter le taux maximal de GED dans le réseau et quelles architectures sont les plus
favorables.
tel-
00471172, IV.5. Conclusion générale
version 1 -
7 Apr Dans ce chapitre IV, nous avons proposé deux algorithmes de construction de la coupure
2010
d’artère et des boucles hybrides. L’objectif était d’obtenir des réseaux dont le produit PL était
équilibré tout en minimisant la longueur afin de garantir une égalité des clients par rapport à
la continuité de fourniture, doctrine actuellement suivie en France par EDF. Par ailleurs, ces
structures devaient permettre d’augmenter le taux d’insertion de GED dans le réseau et de
garantir une bonne qualité de fourniture. Les réseaux obtenus répondent aux différents
objectifs. Par ailleurs, le nouveau réseau proposé, la structure hybride, semble avoir de
meilleures performances que la coupure d’artère.
Le critère que nous avons privilégié est celui de l’égalité des clients par rapport à la
continuité de fourniture de l’énergie. D’autres paramètres peuvent également être pris en
chapitres III et IV. On peut également envisager des fonctions multi objectif afin de prendre
en compte plusieurs critères à la fois.
Dans tous les cas, les travaux de ce chapitre ont montré qu’il était possible d’augmenter le
taux d’insertion de productions décentralisées en travaillant sur les architectures que ce soient
159/195
Chapitre IV : Mise en œuvre et évaluation des solutions proposées : bouclables contre bouclées
tel-
00471172,
version 1 -
7 Apr
2010
160/195
Chapitre V : Recherche de solutions complémentaires
Chapitre V
tel-
00471172,
version 1 -
7 Apr
2010
161/195
Chapitre V : Recherche de solutions complémentaires
tel-
00471172,
version 1 -
7 Apr
2010
162/195
Chapitre V : Recherche de solutions complémentaires
Chapitre V
Dans le chapitre I, nous avons présenté les principes temporels de la planification à travers
la notion de schémas directeurs. Dans le chapitre IV, nous avons construit des architectures
cibles à atteindre à l’horizon de 30 ans et nous avons estimé leur coût. La phase suivante de la
planification est de définir la succession des travaux années après années pour atteindre la
cible. En effet, ces réseaux cibles peuvent être assez différents des réseaux existants et donc
une mutation directe du réseau serait trop coûteuse et risquée car les résultats obtenus par la
planification long terme sont susceptibles de changer si les données et hypothèses sont
modifiées.
Le but de cette partie est donc de mettre en place un algorithme donnant l’ensemble des
lignes à construire et à déconstruire pour chaque année jusqu’à atteindre la cible tout en
suivant la trajectoire qui minimise le coût d’exploitation du réseau durant toute cette mutation.
Les réseaux cibles sont mis en place à l’horizon de 30 ans. Ces réseaux peuvent être très
différents des réseaux existants. On peut considérer qu’il existe toujours une solution pour
163/195
Chapitre V : Recherche de solutions complémentaires
muter le réseau actuel vers le réseau cible mais cette solution peut ne pas respecter forcément
les contraintes de transitions. Ces contraintes de transition regroupent le respect d’un budget
annuel fixé et le respect des contraintes techniques (plan de tension, courant dans les
conducteurs). Par ailleurs, le coût actualisé total au bout de 30 ans varie selon la solution
adoptée. En effet, ce coût total regroupe les investissements à date donnée, les coûts
d’exploitation et le coût de l’énergie non distribuée annuels. A la fin de la période, les
investissements sont inchangés mais le coût d’exploitation et de l’énergie non distribuée
année pour muter le réseau initial vers le réseau cible en minimisant le coût total tout en
respectant les contraintes de transition et d’exploitation.
13 14 15 16 13 14 15 16
9 10 11 12 9 10 11 12
5 6 7 8 5 6 7 8
1 2 3 4 1 2 3 4
164/195
Chapitre V : Recherche de solutions complémentaires
La liste des lignes à construire et à déconstruire est alors donnée le Tableau V-1.
N° de la N° de la
Extrémité 1 Extrémité 2 Extrémité 1 Extrémité 2
ligne ligne
1 1 2 1 2 7
2 4 8 2 8 12
3 5 1 3 9 6
4 9 13 4 10 14
5 14 15 5 15 11
Avec ces paramètres, il est donc possible de lister toutes les combinaisons possibles et
tel-
00471172, donc de trouver la solution optimale. Avec cette méthode, on trouve 9275 combinaisons
version 1 - possibles. En effet, pour l’année 1, il est possible de construire 0, 1, 2, 3, 4 ou 5 lignes. Pour
7 Apr
2010 chaque solution de construction, il peut y avoir plusieurs possibilités de déconstructions. Ainsi
pour l’année 1, il y a 32 choix possibles de constructions (Le choix de ne rien construire, 5
de construction/déconstruction.
Si on envisage les travaux sur 6 ans au lieu de 5 alors le nombre de combinaisons monte à
24021 possibilités. Sachant que les réseaux électriques réels ont plusieurs centaines de nœuds
et que l’horizon des études de planification est de 30 ans, nous constatons bien que la
combinatoire du problème peut vite exploser et s’avérer rédhibitoire pour une énumération
méthode métaheuristique et notre problème est frappant. En effet, cet algorithme repose sur le
comportement réel des fourmis qui sont capables de trouver une trajectoire optimale en
partant de la fourmilière pour aller vers la source de nourriture. Ce comportement ressemble à
165/195
Chapitre V : Recherche de solutions complémentaires
notre problème qui consiste à chercher une trajectoire pour aller du réseau initial vers le
réseau final.
repose sur le comportement réel des fourmis qui communiquent entre elles par le biais de
substances volatiles appelées phéromones. Lorsque les fourmis partent chercher de la
nourriture, elles déposent des phéromones (qui ont une évaporation donnée) sur le chemin
dans le but d’attirer leurs congénères vers la nourriture. Ainsi, rapidement, toutes les fourmis
empruntent le chemin le plus court, chemin où la quantité de phéromones sera plus grande.
tel-
La Figure V-2 illustre le comportement des fourmis dans l’exemple d’un obstacle à
00471172,
version 1 - contourner. Le schéma 1 montre un obstacle situé entre la fourmilière d’où partent les fourmis
7 Apr
2010 et la nourriture. Dans le schéma 2, une fourmi part de la fourmilière. Elle dépose des
phéromones sur le chemin (schéma 3). Lorsqu’elle arrive devant l’obstacle, il y a 50% de
chance qu’elle le contourne par la gauche et 50% de chance qu’elle le contourne par la droite
(schéma 4). Selon la décision prise, la fourmi va arriver plus ou moins vite jusqu’à la
nourriture (schéma 5). La fourmi qui aura pris le chemin le plus court va déposer des
phéromones au retour aussi (schéma 6). Ainsi, au bout d’un certain temps, le chemin le plus
court aura une quantité plus importante de phéromones que l’autre chemin (schéma 7). Toutes
les fourmis prendront alors le même chemin pour aller chercher la nourriture et ce sera le
chemin le plus court (schéma 8).
166/195
Chapitre V : Recherche de solutions complémentaires
FB
FA FA
tel- FB
00471172,
FA
version 1 -
7 Apr
2010
Fourmilière Fourmilière Fourmilière
Fourmilière Fourmilière
Schéma 7 Schéma 8
Figure V-2 : Illustration du comportement des fourmis dans l’exemple d’un obstacle à contourner
Le premier algorithme des colonies de fourmis nommé « Ant System » (AS) a été conçu
pour résoudre le problème du voyageur de commerce [DRE 2005] décrit dans le chapitre III.
C’est pourquoi nous exposerons son principe à l’aide de cet exemple.
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Chapitre V : Recherche de solutions complémentaires
chaque ville et revenir à son point de départ à la fin. Le coût de la tournée est la longueur
totale.
Les différentes étapes de l’algorithme sont les suivantes :
- Initialisation : le nombre d’itération iter et le nombre de fourmis k sont fixés.
- Construction d’une tournée : Chaque fourmi k construit une tournée. La première ville i
est sélectionnée selon une loi uniforme : il s’agit de la ville de départ. Puis la ville suivante j
k est sélectionnée selon la probabilité pij (iter) définie par la formule (V-1). Deux paramètres α
Avec :
- ηij = matrice visibilité = inverse de la distance entre les villes i et j,
- α = paramètre contrôlant l’importance de l’intensité de la piste de phéromone,
- β = paramètre contrôlant l’importance accordée à la visibilité.
- Lorsque la tournée est construite, chaque fourmi dépose une quantité de phéromones
calculée selon la formule (V-2).
Q
Δkij (iter) = (V-2)
Lk (iter)
Avec :
- Q = paramètre d’intensification,
- Lk = Longueur de la tournée à l’itération iter,
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Chapitre V : Recherche de solutions complémentaires
A la fin de l’itération t, la piste de phéromones est donc mise à jour selon la formule
(V-3).
Mise à jour locale des phéromones
m
(V-3)
pheroij (iter + 1) = (1 - ρ) × pheroij (iter) + ρ × ∑ kij (iter)Δ
k =1
Avec :
- pheroij(t) = matrice phéromone à l’itération t,
- ρ = coefficient d’évaporation,
Il existe de nombreuses variantes de l’algorithme AS. Nous allons en citer quelques unes qui
jour des phéromones sont différentes. Il y a deux lois de sélection des villes. Soit la règle est
la même que pour l’AS en prenant α = 1, soit la ville j est choisie telle que phero (iter) × ηβijij
soit maximale. Pour choisir l’une ou l’autre des méthodes de sélection un paramètre q 0 Є [0 ;
1] est introduit. A chaque itération, un nombre q est tiré aléatoirement selon une loi uniforme.
Si q ≤ q0 alors la ville j est sélectionnée selon le deuxième critère de sélection donc
l’algorithme aura tendance à sélectionner une ville selon les résultats obtenus aux autres
itérations. Si q > q0 alors la ville j est sélectionnée de la même façon que dans l’AS donc
l’algorithme va avoir tendance à sélectionner sur un critère de distance.
La mise à jour des phéromones est effectuée à deux niveaux : local et global. La mise à
jour locale est définie par la formule (V-4). A chaque itération, la quantité de phéromone
diminue afin de pouvoir prendre en compte des pistes non explorées.
Avec :
- pheroij(t) = matrice phéromone à l’itération t
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Chapitre V : Recherche de solutions complémentaires
- ρ = coefficient d’évaporation
Q (V-5)
pheroij (t+1) = (1- ρ) x pheroij(t)+ ρ x
L meilleure( t )
Avec :
- Q = paramètre d’intensification
- Lmeilleure = Coût de la meilleure solution trouvée à l’itération t
Enfin, l’algorithme utilise une liste de candidats. Pour chaque ville, les v plus proches voisins
sont mémorisés (v étant un paramètre réglable). A chaque itération, les villes sont
tel- sélectionnées dans cette liste. Si toutes les villes de la liste ont déjà été sélectionnées alors la
00471172, règle de sélection de l’AS avec α=1 est utilisée.
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7 Apr Enfin une dernière variante appelée « Max-Min Ant System » (MMAS) est également fondée
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sur l’AS. Les principales différences sont :
- Pour une itération donnée, seule la meilleure fourmi met à jour la piste de phéromones,
- Les valeurs des phéromones sont bornées
Enfin, une hybridation entre les colonies de fourmis et des méthodes d’amélioration sont
L’algorithme des colonies de fourmis est très efficace, surtout lorsqu’il est appliqué à des
problèmes d’optimisation combinatoire, ce qui est le cas ici. En effet, chaque fourmi doit
choisir un « chemin » qui est, dans notre cas, le planning d’investissements (ensemble des
lignes à construire et à déconstruire chaque année). Il y a donc autant de chemins que de choix
de constructions.
Prenons comme exemple celui de la Figure V-1 où on doit construire 5 lignes et donc en
déconstruire 5 autres. Pour simplifier le problème, on affecte à chaque ligne à construire une
ligne à déconstruire automatiquement. En effet, le réseau étant exploité en radial, lorsqu’on
construit une ligne, on doit ouvrir une autre ligne. Or, actuellement, ERDF ne laisse pas une
ligne sous tension inutilisée sur le réseau car elle pourrait provoquer des défauts et rentre dans
les calculs de fiabilité du réseau. La matrice phéromone a donc comme nombre de colonnes la
durée de l’étude et comme nombre de lignes le nombre de possibilités (pour l’exemple de 5
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Chapitre V : Recherche de solutions complémentaires
lignes à construire, la matrice phéromone aura 31 lignes correspondant aux différents choix
possibles qui sont listés dans la première colonne du Tableau V-3).
Au départ, une quantité aléatoire de phéromones est déposée. Puis, un certain nombre de
fourmis choisissent un plan d’investissement selon une probabilité dont le calcul dépend de la
quantité de phéromones. On peut rajouter des contraintes sur les lignes à déconstruire. Cela se
traduirait par une probabilité nulle que la ligne 1 soit sélectionnée durant les 3 premières
années.
Le coût de chaque solution est alors calculé. Il comprend le coût de construction, le coût
de déconstruction et le coût d’exploitation. Les solutions qui dépasseraient un budget annuel
fixé par l’utilisateur peuvent être considérées comme impossibles.
Une quantité de phéromones est ensuite mise à jour afin de modifier les probabilités de
choix des différentes solutions. Deux mises à jour de phéromone sont effectuées : une mise à
tel- jour locale (pour que les chemins non explorés aient une chance d’être choisis) et une mise à
00471172,
version 1 - jour globale (la meilleure fourmi dépose des phéromones sur son chemin).
7 Apr Le Tableau V-3 montre un exemple d’évolution des phéromones déposées au cours des
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itérations. La première colonne (Possibilités) donne toutes les combinaisons possibles de
choix de lignes. Les autres colonnes donne la matrice phéromone à l’état initial, à l’itération 1
et à l’itération 5. La matrice phéromones est composée de 5 colonnes représentant les 5
années de l’étude. Durant l’étape d’initialisation, la quantité déposée est aléatoire. Ainsi, par
presque 200 fois plus importante que pour les autres solutions.
Année 1 Année 2 Année 3 Année 4 Année 5
[1-2-3-4] Pas de construction Pas de construction Pas de construction 5
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Chapitre V : Recherche de solutions complémentaires
Au bout d’un certain nombre d’itérations, les fourmis convergent toutes vers un minimum qui
Cet algorithme ne peut pas être utilisé tel quel sur des réseaux avec un grand nombre de
nœuds. En effet, le vecteur utilisé pour coder les phéromones explose combinatoirement. Il est
donc nécessaire d’introduire deux matrices de phéromones. L’une qui gère l’année et l’autre
qui gère le choix des lignes à construire/déconstruire. D’autres types de codages restent à
inventer pour permettre une grande efficacité de création de plans de planification moyen
terme optimaux.
V.3. Conclusion
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Chapitre V : Recherche de solutions complémentaires
métaheuristiques dont la part d’aléatoire et de réglage est très importante. Le risque de ces
algorithmes est que l’on n’a aucun moyen de savoir si on se trouve dans le minimum global et
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Chapitre V : Recherche de solutions complémentaires
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Chapitre VI : Conclusion générale et perspectives
Chapitre VI
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Chapitre VI : Conclusion générale et perspectives
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Chapitre VI : Conclusion générale et perspectives
Chapitre VI
décentralisée sur le réseau de distribution, compte tenu des incertitudes associées, puis de
proposer des solutions pour augmenter la capacité d’accueil de ces productions, via une
modification des architectures et de leur mode d’exploitation.
électriques (modification du plan de tension et des transits de puissances, entre autres) et sur
l’exploitation et la planification du réseau de distribution [ALV 2009]. Ces impacts, qui ne
sont pas toujours bénéfiques, sont actuellement maîtrisés, en France notamment, grâce au
renforcement de réseau ou à la création de départs dédiés. Mais si le taux d’insertion de
production décentralisée devient trop important, les méthodes traditionnelles d’ERDF
pourraient s’avérer insuffisantes. Il est donc nécessaire de changer la façon de planifier les
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Chapitre VI : Conclusion générale et perspectives
décentralisée dans le réseau, de garantir une qualité, une continuité et une égalité de fourniture
en minimisant le coût global du réseau. Ces travaux ont fait l’objet de diverses publications
Dans le chapitre IV, des méthodes d’optimisation combinatoire ont permis de mettre en
place des algorithmes permettant de construire automatiquement les architectures cibles [ALV
2008]. Les performances des boucles hybrides ont pu être constatées par comparaison avec la
tel-
00471172, coupure d’artère, architecture actuellement utilisée en France. Grâce à son mode
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7 Apr d’exploitation mixte radial/bouclée et des protections distribuées dans le réseau, la structure
2010 hybride offre une qualité de fourniture excellente. Par ailleurs, l’équilibrage des produits PL
équivalent au niveau des boucles d’une part et des artères principales d’autre part permet
d’assurer l’équité des clients par rapport à la continuité de fourniture. De plus, les boucles
hybrides tendent à favoriser l’insertion de production décentralisée dans le réseau.
Enfin dans le chapitre V, une méthode a été proposée pour trouver une trajectoire optimale
de façon à muter les réseaux existants vers ce type d’architecture. Cette méthode propose une
programmation des travaux respectant des contraintes liées aux ressources matérielles (prise
en compte de l’âge des conducteurs du réseau) et financières (respect d’un budget donné par
année).
des profils de consommateurs et de GED pourraient être intégrés grâce à des loadflow
probabilistes. Dans ce cas, des méthodes d’amélioration de Monte Carlo ou d’autres
Il serait intéressant de créer un outil multi-objectif qui puisse prendre en compte plusieurs
critères (produit PL, longueur totale, pertes entre autres) en laissant au planificateur le choix
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Chapitre VI : Conclusion générale et perspectives
faible. En effet, les caractéristiques de ces réseaux ainsi que les contraintes auxquelles ils sont
soumis sont très différentes de celles des réseaux urbains ou semi urbains. Ainsi, la recherche
de motifs élémentaires pour les réseaux de type ruraux complèterait parfaitement l’étude.
Enfin, la partie planification moyen terme est à valider avec des architectures initiales et des
cibles réelles. Nous avons pu montrer, comme d’autres auteurs, que les colonies de fourmis
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Chapitre VI : Conclusion générale et perspectives
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Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde
Références
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Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde
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Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde
[ABA-1 2008] P. Abadie, « Journal officiel de la république française, arrêté du 23 avril 2008
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à un réseau public de distribution d’électricité en basse tension ou en moyenne tension d’une
installation de production d’énergie électrique », 25 avril 2008.
[ABA-2 2008] P. Abadie, « Journal officiel de la république française, arrêté du 23 avril 2008
relatif aux prescriptions techniques de conception et de fonctionnement pour le raccordement
à un réseau public de transport d’une installation de production d’énergie électrique », 25 avril
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[ALV 2009] M.-C. Alvarez, Raphaël CAIRE, Sylvain MARTINO, Christophe ANDRIEU,
Bertrand RAISON, « Caractéristiques des réseaux de distribution », Chapitre livre IDEA,
Editions Hermes, à paraître fin 2009.
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[CAN 2000] J.-F. Canard, « Impact de la génération d’énergie dispersée dans les réseaux de
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Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde
[ENA 2007] B. Enacheanu, « Outils d’aide à la conduite pour les opérateurs des réseaux de
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Manchester Centre for Electrical Energy, UMIST, EPSRC/ERCOS reference n°GR/K 80310,
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Chapitre I : Etat des lieux des réseaux de distribution en France et dans le monde
[ROB 1990] Robuste, Francesc & Daganzo, Carlos F. & Souleyrette, Reginald R., 1990.
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Chapitre III : Méthodes combinatoires appliquées à la planification
Annexes
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Chapitre III : Méthodes combinatoires appliquées à la planification
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Chapitre III : Méthodes combinatoires appliquées à la planification
être le plus précis possible, pour tous les cas possibles sur un échantillon de n tests, m étant le
nombre de succès. On cherche alors toutes les solutions pour m allant de 0 à m.
Commençons par pinf :
Notons f la fonction définie telle que :
tel-
00471172, n
2010 On cherche alors pinf compris entre 0 et 1, le plus proche de α/2, tel qu’il soit solution de
l’équation (1). On procède alors par dichotomie comme suit :
On choisit un α et une précision (par exemple α =0,01 et précision = 0,001).
Initialisation : p0 = 0 et p1 = 1
p1 + p 0
p= 2
Calcul de f(p)
α
Non
f ( p) > ?
2
Oui
p0=p0 p0=p
p1=p p1=p1
Non
|f(p)-α|<précision?
pinf = p1
On a donc obtenu pinf. Pour calculer psup, on procède de la même façon en prenant f telle que :
191/195
Chapitre III : Méthodes combinatoires appliquées à la planification
m
f (p) = ∑ k p sup (1 - p sup ) n -kCn k
k =0
On effectue ces opérations pour toutes les valeurs entières de m comprises entre 0 et n.
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00471172,
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Chapitre III : Méthodes combinatoires appliquées à la planification
minimiser la longueur totale conducteurs utilisés. Les résultats ci-dessous montrent que
l’équilibrage des PL tend à l’augmentation des longueurs.
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00471172, 12 13
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14
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11
4 125 6 1314 8
2 3 9
7
- Longueur totale = 20,1689 km
11
- PL = [848,5 ; 847,5] [Link]
1 9
2- Écart type des PL /moyenne 6 0.05%8345=7
10
Méthode 2 : Minimisation de L
1213
1
14
10
11
12 13
2 3 4 6 9
5 714 8
11
2 3 4 5 6 7 8 9
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Chapitre III : Méthodes combinatoires appliquées à la planification
Coût de la défaillance
Le coût de la défaillance comprend le coût de l’énergie non distribuée d’une part et le coût des
coupures d’autre part.
Le coût de l’énergie non distribuée est CEND = 9,2 €/kWh. [Source ERDF].
Le coût des coupures est Ccoup = 0,8 €/kW. [Source ERDF].
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00471172, Le coût total de la défaillance est donc :
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7 Apr H P max
2010 C déf = END× C END + C coup × N × ×P (3)
8760 max
Avec :
- END = Energie totale du réseau non distribuée,
- N = Nombre total de coupures,
- Pmax = Puissance maximale,
- H = Nombre d’heures d’utilisation à la puissance maximale.
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Chapitre III : Méthodes combinatoires appliquées à la planification
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Titre :
Mots clefs :
Résumé :
Title:
Keywords:
Abstract:
Deregulation of electricity and the increasing will of protecting environment will enhance
the development of dispersed generation. Transport networks, already saturated, need to be
enhanced by distribution networks where dispersed generation will be connected. But a
massive introduction of dispersed generation could modify the behaviour of distribution
networks. This thesis shows a better way to integrate those productions: finding new ways
to switch electrical flows. A new architecture with a partially meshed operation is proposed
and validated thanks to technical and economic studies and stochastic tests. This
competitive architecture enables to increase the penetration of distributed generation in the
network ensuring reliability criteria of the distributor.
G2Elab – Laboratoire de Génie Électrique de Grenoble (UMR 5269 Grenoble-INP – UJF – CNRS)
ENSE3 – 961 rue de la Houille Blanche
BP 46 – 38402 Saint Martin d’Hères