Cours d’Electrocinétique 2
S3 - Années Préparatoires Intégrées
Professeur N. El Barbri (Département Génie Electrique)
ANNEE UNIVERSITAIRE : 2020/2021
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Plan du cours
Chapitre I : Courant alternatif sinusoïdal
I. Généralités et définitions
II. Le courant alternatif dans l’approximation des régimes
quasi-stationnaires (A.R.Q.S.) ou des régimes lentement
variables
Chapitre II : Etude Des Circuits En Régime Quasi-Stationnaire
I. Circuits R-L-C en régime sinusoïdal permanent
II. Etude de la résonance électrique- résonance série
III. Circuit R-L-C parallèle –antirésonance
Chapitre III : Puissance En Courant Sinusoïdal
I. Puissance en régime sinusoïdal
II. Adaptation d'impédance
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Chapitre I : Courant alternatif sinusoïdal
I. Généralités et définitions
1) Courant périodique :
C’est un courant variable dont l’intensité est une fonction périodique du temps.
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i (t ) f (t ) f (t nT ) et T
N
Avec n entier ; T : période (seconde) ; N : fréquence (Hertz) Hz = s-1.
i(t)
I Courant - continue
T
2) Courant alternatif :
T
C’est un courant périodique tel que : i (t ) f (t ) f (t ).
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i(t) i(t)
T t 3T/2 t
T/2
T/2 3T/2 T
Exemples des courants alternatifs.
3) Mécanisme de production d’une tension alternative
Rappel : Loi de Faraday ‘’Lorsqu’on fait varier, par un procédé quelconque, le flux
d’induction magnétique qui traverse un circuit conducteur fermé, ce circuit est le siège d’un
d
courant induit. A ce courant induit correspondant une f.é.m. induite donnée par e .’’
dt
e
Si R est la résistance du conducteur → i .
R
Il y a différentes possibilités :
Circuit ( ) mobile Circuit ( ) fixe Circuit ( ) mobile
B uniforme B variable B variable
( S ) B dS
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Dans notre exemple, on considère une bobine (N spires identiques) en mouvement de rotation
dans un champ d’induction B uniforme.
A B
B
(t )
n
(Δ)
= vitesse de rotation angulaire (= cte.)
(n, B) (t )
d (t )
(t) t
dt
B / Bobine N B / spire N ( S ) [Link] N ( S ) B cos( )dS
NB cos( ) ( S ) dS
NBS cos( )
B / Bobine NBS cos(t ) M cos(t )
varie avec le temps → f.é.m. d’induction aux bornes A et B de la bobine.
d
e M sin(t ) u (t )
dt
On pose :
U max M
u (t ) U max sin(t )
Si on connecte les bornes A et B à un circuit fermé, il y a circulation d’un courant électrique
d’induction i(t) également sinusoïdal.
En général i(t) et u(t) ne sont pas en phase : 1 2
u (t ) U max sin(t 1)
i (t ) I max sin(t 2 )
On peut également faire un choix de l’origine des phases par exemple : φ1 = 0 et φ2 = φ
Où φ = φ2 - φ1 : déphasage entre i(t) et u(t).
u (t ) U max sin(t )
i (t ) I max sin(t )
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Le courant électrique le plus répandu est le courant sinusoïdal. La plupart des courants
industriels sont sinusoïdaux.
Remarque : tout signal périodique peut être décomposé en une série de signaux sinusoïdaux.
4) Théorème de Fourier :
Soit un signal s(t) physiquement réalisable et périodique de période T. A toute date t où le
signal est continu, il est développable, de façon unique, en série de Fourier :
A0
s (t ) An cos(nt ) Bn sin( nt ) .
2 n 1
Les coefficients de la série de Fourier sont donnés par les formules :
t 0 T t 0 T
2 2
An
T s(t ) cos(nt )dt
t0
et Bn
T s(t ) sin(nt )dt
t0
Où t0 est une date arbitraire.
Ainsi, un signal s(t) périodique peut s’analyser comme la somme :
A0
D’un signal constant : s 0 ;
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D’un nombre infini de signaux sinusoïdaux : s n (t ) An cos(nt ) Bn sin( nt ) (n 1)
respectivement de pulsations ω, 2ω,…nω, appelés harmoniques et constituant
l’ondulation sond(t) du signal : s (t ) s 0 s ond (t ) s 0 s n (t ) .
n 1
T
1
T 0
Avec : s 0 s (t )dt
L’harmonique de rang n (n 1) est le signal : s n (t ) An cos(nt ) Bn sin( nt ) .
L’harmonique de rang 1, de même période que le signal s(t), est le fondamental :
s1 (t ) A1 cos(t ) B1 sin(t ) .
Autre forme du développement en série de Fourier :
L’harmonique de range n (n 1) : s n (t ) An cos(nt ) Bn sin( nt ) .
Peut s’écrire : s n (t ) C n cos(nt n ) .
Bn
et tan n
2 2
Avec : C n An Bn .
An
Où Cn est l’amplitude de l’harmonique de rang n et n sa phase à l’origine des temps.
Le développement en série de Fourier d’un signal périodique s(t) peut être mis sous la forme :
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s (t ) C 0 C n cos(nt n ) ,
n 1
Avec :
A0
C0 : amplitude de la composante continue ;
2
2 2
Cn An Bn : amplitude de l’harmonique de rang n ;
Bn
n phase à l’origine des temps telle que tan n
An
Remarques :
- Lorsque la fonction périodique s(t) est paire, son développement en série de Fourier est aussi
A0
pair, ce qui entraîne Bn = 0 quel que soit n, d’où : s (t ) An cos(nt )
2 n 1
- Lorsque la fonction périodique s(t) est impaire, son développement en série de Fourier est
aussi impair, ce qui entraîne An = 0 quel que soit n, d’où : s (t ) Bn sin( nt )
n 1
5) Courant alternatif sinusoïdal
C’est un courant pour lequel le terme constant I0 est nul et les amplitudes des harmoniques
fondamental, soit : i (t ) I max cos(t ) .
i(t) : intensité instantanée ;
Imax : amplitude ;
: pulsation ;
φ : phase à l’origine ;
( t + φ) : phase à l’instant t.
2
2N 2f
T
i(t) = f(t)
+Imax
T/2 T t
T/4
-Imax
6) Grandeurs efficaces de i(t) et u(t) :
6
Notée Ieff ou Ie ; Ueff ou Ue.
Valeur moyenne d’une fonction sinusoïdale (au cours d’une période T).
i (t ) I max sin(t )
t1 = 0, t2 = T.
u (t ) U max sin(t )
T
cos(t )
T
1 I
I moy i (t ) i (t ) I max sin(t )dt max 0
T 0 T 0
i (t ) T 0
Fonction sinusoïdale.
u (t ) T 0
Remarque : i (t ) 2 i 2 (t )
Grandeurs efficaces :
I eff i 2 (t )
U eff u 2 (t )
T
1
i ( t ) I sin 2 ( t ) dt
2 2
max
T 0
1 cos( 2t ) cos( 2t )
2 T 2 T 2
I max I max I max
T 0
dt dt
2 2 0
2 2
I max
I eff
2
U max
Ueff
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II. Le courant alternatif dans l’approximation des régimes quasi-stationnaires
(A.R.Q.S.) ou des régimes lentement variables
1) Approximation des régimes quasi-stationnaires (A.R.Q.S.)
En régime variable, le potentiel électrique V ( M , t ) , le champ électrique E ( M , t ) , le vecteur
densité de courant j ( M , t ) , etc., sont des grandeurs qui se propagent.
De ce fait, il n’est plus possible de parler, par exemple, de l’intensité i(t) dans un conducteur,
même quand ce dernier ne présente aucune bifurcation.
Cependant, pour un conducteur dont les dimensions sont de l’ordre de L, les temps de
L
propagation des signaux V ( M , t ) , E ( M , t ) , j ( M , t ) , etc., sont voisins de t , où c est leur
c
vitesse commune de propagation (c ≈ 3.108 m.s-1).
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Si les temps intervenant dans l’étude de ce conducteur (période des signaux, temps
d’acquisition des mesures, etc.) sont grands devant t , les phénomènes de propagation ne se
manifestent pas et il sera pertinent de les négliger.
Un régime variable pour lequel les phénomènes de propagation peuvent être négligés est un
régime quasi stationnaire (ou quasi permanent).
Dans cette approximation des états quasi stationnaires (A.R.Q.S.), les circuits électriques sont
décrits comme des ensembles de nœuds, de branches et de composants dont respectivement
les potentiels, les courants et les tensions aux bornes sont définis, à tout instant, par des
relations algébriques ou par des équations différentielles.
Les grandeurs i(t) et u(t) sont caractérisé par une fréquence N = 1/T.
On se limite aux cas des fréquences très faible (période T >>).
Avantages d’avoir N faible (T grande).
La période T est très grande par rapport au temps de propagation du champs électrique le long
du circuit → les phénomènes de propagation sont négligeables.
A chaque instant l’intensité du courant est la même en chaque point d’un circuit. Le courant
électrique se propage presque instantanément → le régime quasi-stationnaire.
→ toutes les lois de l’électrocinétique restent valable pour les grandeurs instantanées u(t) et
i(t).
Pour les fréquences industrielles : N entre 50 et 60 Hz.
2) Courants entretenus dans les circuits R-L-C
2.1 Composants de bases : Condensateurs et selfs
Dans la partie précédente (électrocinétique 1) vous avez étudié le comportement statique de
circuits ne comprenant que des sources et des résistances. Nous introduisons ici deux
éléments dont les caractéristiques courant-tension font intervenir des relations différentielles
ou intégrales.
a) Condensateur
Un condensateur est un dipôle qui emmagasine une charge électrique q proportionnelle à la
tension qui lui est appliquée : q(t ) Cu (t ) C V A (t ) VB (t )
La charge q étant portée par l'armature A.
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Le coefficient de proportionnalité C est appelé capacité du condensateur. L'unité est le Farad
noté F. D'autre part la variation par unité de temps de la charge q est égale à l'intensité du
dq (t ) du (t )
courant traversant le condensateur : i (t ) C .
dt dt
La charge et donc la tension d'un condensateur ne peuvent pas varier de manière infiniment
rapide. La charge et la tension d'un condensateur sont donc toujours des fonctions continues
par rapport au temps. Cette caractéristique est utile pour la détermination de conditions
initiales.
Associations de condensateurs
Considérons l'association de n condensateurs de capacités Ck = 1, n en série :
Chacun de ces condensateurs est traversé par la même intensité i. Nous pouvons écrire pour
chaque condensateur une relation entre cette intensité et la tension à ses bornes :
du k
i Ck k [1, n]
dt
Où uk représente la tension aux bornes du k-ième condensateur. Par définition le condensateur
n
du
équivalent à la série est tel que : i C avec u u k
dt k 1
Ce qui nous donne :
n
du n
du n
i
u uk k
k 1 dt k 1 dt k 1 C k
Donc :
n n
du 1 1 1
iC Ci
dt k 1 C k C k 1 C k
Pour une association de condensateurs en série, l'inverse de la capacité équivalente est égal à
la somme des inverses des capacités.
Considérons maintenant l'association de n condensateurs de capacités Ck = 1, n en parallèle :
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Chaque condensateur est soumis à la même d.d.p. u et est traversé par un courant ik:
du
ik C k
dt
L'intensité du courant total devant traverser le condensateur équivalent est égale à la somme
n n n
du du
de ces courants donc : i C ik C k C Ck
dt k 1 k 1 dt k 1
Pour une association de condensateurs en parallèle, la capacité équivalente est égale à la
somme des capacités.
Auto-inductance ou self
Dans une bobine ou auto-inductance le flux instantané est proportionnel au courant parcourant
celle-ci : L.i . Le coefficient L est appelé coefficient d'auto-induction du circuit. Il
s'exprime en Henry (H). Lorsque le courant varie, il apparaît dans la self une f.c.é.m. (qui
d (t ) di (t )
s'oppose à la variation du courant) : e(t ) L
dt dt
La figure suivante montre le symbole que nous utilisons pour une self et sa modélisation en
convention récepteur :
di (t )
A cette modélisation correspond l'équation : u (t ) V A (t ) V B (t ) L
dt
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L'intensité traversant une bobine ne peut pas varier de manière infiniment rapide. L'intensité
dans une bobine est donc une fonction continue du temps. Cette caractéristique est utile pour
la détermination de conditions initiales.
Associations de bobines
Considérons l'association de n bobines en série :
Chaque self est traversée par le même courant et est soumise à une tension uk :
di (t )
u k (t ) Lk
dt
La tension aux bornes de l'ensemble est égale à la somme des tensions partielles, donc :
di (t )
u (t ) L
dt
n
di (t ) n n
u (t ) u k (t ) kL L Lk
k 1 dt k 1 k 1
Pour une association de bobines en série l'inductance équivalente est égale à la somme des
inductances.
Considérons l'association de n bobines en parallèle (figure ci-dessous). Chaque self est
dik (t )
soumise à la même tension u et est traversée par un courant ik, tel que : u (t ) Lk
dt
L'intensité totale est égale à la somme des intensités partielles donc :
n
di (t ) u (t ) n
di (t ) n
u (t ) 1 n
1
i (t ) ik (t ) k
k 1 dt L k 1 dt k 1 Lk L k 1 Lk
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2.2 Exemples des circuits R-L-C
Soit le circuit suivant :
L M C N R
VA - VM
i(t)
e
A B
u(t)=UmaxCos(wt)
Le sens du courant est arbitraire
dq (t )
La charge q(t) de l’armature M du condensateur est telle que : i (t )
dt
u (t ) V A VB (V A VM ) (VM V N ) (V N VB )
aux bornes aux bornes du aux bornes de
de Bobine condensateur la résistance
dq (t )
V N V B Ri (t ) R (Loi d’ohm)
dt
q (t ) 1
VM V N i (t )dt
C C
d d di (t ) d 2q
VA VM e ( ) L L 2 (Loi de Lentz : V A VB e)
dt dt dt dt
d 2q dq q
L 2
R U max cos(t )
dt dt C
Equation fondamentale du circuit pour la charge q. C’est une équation différentielle de 2nd
ordre. Donc elle admet deux solutions :
q1(t) : solution générale de l’équation différentielle sans 2nd membre.
q2(t) : solution particulier de l’équation différentielle avec second membre.
q(t) = q1(t) + q2(t) solution générale.
* Recherche de q1(t) :
d 2q dq q
L 2
R 0
dt dt C
1
Lx 2 Rx 0 (polynôme caractéristique)
C
12
L
R2 4
C
R R
x1 ; x2
2L 2L
Trois cas se présentent suivant le signe de :
L L
1er cas : R 2 4 0, R1 2
C C
L’amortissement est important régime apériodique.
L L
2ième cas : R 2 4 0 R2 2
C C
R
A2 B2 t
t
q1 (t ) e 2L
Régime apériodique critique.
L L
3ième cas : R 2 4 0 R3 2
C C
R
A3 cos(t ) B3 sin(t )
. t
q1 (t ) e 2L
1 R2
Avec :
L2 C 2 4 L2
Régime oscillatoire amorti.
0
0
0
Recherche de q2(t) :
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On choisit q 2 q m sin(t )
Pour déterminer q m et on doit remplacer q2(t) dans l’équation différentielle.
q(t ) q1 (t ) q m sin(t )
Lorsque t , q1 (t ) 0
q1(t) correspond au régime transitoire ; q2(t) se maintient avec le temps. q2(t) correspond au
régime permanent ou régime forcé.
Puisqu’on s’intéresse au régime permanent on prend :
q(t ) q 2 (t ) q m sin(t )
dq
Le courant i(t) correspondant est i (t ) q m cos(t ) I max cos(t ) .
dt
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