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SPC 1ère Notes

Ce document présente les notions de vecteur vitesse et de variation de vecteur vitesse d'un système. Il définit ces concepts et décrit comment les représenter graphiquement de manière approchée en utilisant différentes méthodes comme la méthode du point d'après ou la méthode centrée.

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SPC 1ère Notes

Ce document présente les notions de vecteur vitesse et de variation de vecteur vitesse d'un système. Il définit ces concepts et décrit comment les représenter graphiquement de manière approchée en utilisant différentes méthodes comme la méthode du point d'après ou la méthode centrée.

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SPC

T2-3 : MOUVEMENTS D’UN SYSTEME


Compétences à acquérir :

• Définir et représenter le vecteur variation de vitesse.


• Savoir utiliser la relation entre la variation du vecteur vitesse et les forces appliquées à un système :
- pour déduire une estimation de la variation de vitesse, les forces étant connues ;
- pour en déduire une estimation des forces appliquées au système, la variation de vitesse étant connue.
• Connaitre l’influence de la masse sur la variation du vecteur vitesse.
• Capacité numérique : utiliser un langage de programmation pour étudier la relation approchée entre la variation du
vecteur vitesse d’un système modélisé par un point matériel entre deux instants voisins et la somme des forces appliquées
sur celui-ci.
• Capacité mathématique : savoir sommer ou soustraire des vecteurs.

I RAPPELS DE SECONDE

 Système

La cinématique est l’étude purement descriptive du mouvement d’un système. La dynamique est l’étude du
mouvement d’un système en fonction des forces qui lui son appliquées.
Le système est l’objet ou un ensemble d’objets reliés entre eux, dont on étudie le mouvement. Pour
simplifier l’étude, on modélise le système par un point, de même masse, et situé au centre de gravité de
l’objet. C’est le modèle du point matériel.
Le modèle du point matériel ne prend en compte ni la géométrie de l’objet, ni ses éventuelles déformations
ou rotations. Il permet toutefois de décrire le déplacement global de cet objet.

 Référentiel d’étude

Le référentiel d’étude est l’objet de référence par rapport auquel


on étudie le mouvement du système (dans la situation ci-contre, on
a deux référentiels différents : le « train » et la « Terre »).
On associe au référentiel un repère d’espace et un repère de temps.
Le repère d’espace doit être constitué de trois axes pour un mouvement à trois dimensions ou deux axes pour
un mouvement à deux dimensions. Dans un repère cartésien à deux dimensions, le système assimilé à un
point matériel M a pour coordonnées M (x ; y).
Un repère de temps est une horloge que tous les observateurs déclenchent en même temps.

 Relativité du mouvement

La description du mouvement dépend du référentiel d’étude choisi.


Exemple : un voyageur lit, assis à bord d’un TGV en marche, et un passager se situe sur le quai. Dans le
référentiel lié au passager situé sur le quai, le lecteur s’éloigne. Dans le référentiel lié au voyageur assis face
au lecteur, le lecteur est immobile. La notion de mouvement est donc relative au choix du référentiel d’étude.
© F.Trouillet & L. Jacquelet T2-3 : Mouvements d’un système page 1/4
II VITESSE ET VARIATION DE LA VITESSE

 Vecteur vitesse d’un point matériel

⃗⃗⃗ d’un point matériel 𝑴 permet de décrire la direction, le sens et la valeur de la vitesse
Le vecteur vitesse 𝒗
en un point, à un instant 𝒕 donné. Il est, en tout point, tangent à la trajectoire, et orienté dans le sens du
mouvement.
En terminale, on définira le vecteur vitesse 𝑣 d’un point 𝑀 à la date 𝑡 comme la dérivée du vecteur position
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑂𝑀
par rapport au temps : 𝑣 = 𝑑𝑡
(la dérivée sera étudiée en spécialité mathématiques de première).

Comme le vecteur vitesse 𝒗⃗⃗⃗ au point 𝑴 est défini comme la dérivée du vecteur déplacement, on ne peut
donc pas le tracer de manière exacte et on va donc l’approcher graphiquement. Pour cela on pourra utiliser
différentes méthodes :

- la méthode dite « du point d’après » (vue en 2nde) qui consiste à calculer la vitesse en tenant compte du
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑀(𝑡)𝑀(𝑡+∆𝑡) ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑀𝑖 𝑀𝑖+1
point qui suit 𝑀. On a alors 𝑣 ≈ , ce qui se traduit graphiquement par le tracé : 𝑣𝑖 ≈ au
∆𝑡 𝑡𝑖+1 −𝑡𝑖
point 𝑀𝑖 (𝑖 indique la position). Cette méthode est davantage en cohérence avec la définition de la dérivée
en mathématiques mais donne une approximation de la vitesse moins précise que la méthode centrée.

- la méthode dite « centrée » qui constite à calculer la vitesse en tenant compte du point d’avant et du
point d’après qui doivent être très proches si l’on veut une bonne approximation du vecteur vitesse.
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑀(𝑡−∆𝑡)𝑀(𝑡+∆𝑡) ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑀𝑖−1 𝑀𝑖+1
On a alors 𝑣 ≈ qui se traduit graphiquement par le tracé de : 𝑣𝑖 ≈ au point 𝑀𝑖 .
2∆𝑡 𝑡𝑖+1 −𝑡𝑖−1

 Exemple de tracé avec la méthode centrée :


⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑀1 𝑀3
Le vecteur vitesse 𝑣2 d'un système au point 𝑀2 peut être approché graphiquement par : 𝑣2 ≈
𝑡3 −𝑡1

Ce vecteur a les caractéristiques suivantes :


• direction : parallèle au segment 𝑀1 𝑀3;
• sens : celui du mouvement ;
𝑀 𝑀
• norme : 𝑣2 = 𝑡 1−𝑡 3 avec :
3 1
- 𝑀1 𝑀3 la distance entre les points 𝑀1 et 𝑀3 en mètre (m),
- 𝑡3 − 𝑡1 la durée séparant les instants 𝑡1 et 𝑡3 en seconde (s),
- 𝑣2 la valeur de la vitesse en mètre par seconde m⋅s-1.

 Attention :
➢ 𝑣 est un vecteur tandis que 𝑣 représente sa norme, qui a pour valeur un nombre réel positif.
➢ Dans le système international d’unités, la vitesse s’exprime en m⋅s-1.
➢ Pour représenter un vecteur vitesse, il faut définir une échelle. Exemple : 1 cm sur le schéma
correspond à 1,5 m⋅s-1 en réalité.
➢ 𝑡1 et 𝑡3 sont des dates (on dit aussi des instants) tandis que Δ𝑡 est une durée. La durée est définie
comme le temps séparant deux dates, par exemple : Δ𝑡 = 𝑡3 − 𝑡1 . La durée séparant deux positions
sur une chronophotographie est souvent notée τ.

© F.Trouillet & L. Jacquelet T2-3 : Mouvements d’un système page 2/4


 Vecteur variation de vitesse

Lors d'un mouvement, le vecteur vitesse instantanée peut varier en direction, en sens et en norme. Le vecteur
variation de vitesse du système n’est alors pas égal au vecteur nul.
- En utilisant la méthode « du point d’après », le vecteur variation de vitesse (∆𝒗⃗ )𝑴𝒊 →𝑴𝒊+𝟏 d’un système
en mouvement entre les positions 𝑴𝒊 et 𝑴𝒊+𝟏 s’approche par : (∆𝒗 ⃗ )𝑴𝒊 →𝑴𝒊+𝟏 = 𝒗
⃗ 𝒊+𝟏 − 𝒗
⃗ 𝒊 . Il est tracé au
point 𝑴𝒊 .
- En utilisant la méthode « centrée », le vecteur variation de vitesse (∆𝒗
⃗ )𝑴𝒊−𝟏→𝑴𝒊+𝟏 d’un système en
mouvement entre les positions 𝑴𝒊−𝟏 et 𝑴𝒊+𝟏 s’approche par : (∆𝒗⃗ )𝑴𝒊−𝟏→𝑴𝒊+𝟏 = 𝒗
⃗ 𝒊+𝟏 − 𝒗
⃗ 𝒊−𝟏. Il est tracé
au point 𝑴𝒊 .

 Exemple de tracé avec la méthode « centrée » :


On veut tracer le vecteur variation de vitesse entre les positions 𝑀3 et 𝑀5 , au point 𝑀4 : Δ𝑣4 = 𝑣5 − 𝑣3 .
• Ce vecteur variation de vitesse s'obtient graphiquement au point 𝑀4 en ajoutant le vecteur 𝑣5 à
l'opposé du vecteur 𝑣3 comme indiqué ci-dessous :

• On peut aussi utiliser les coordonnées des vecteurs vitesses pour déterminer les coordonnées de Δ𝑣4 .
Si on connaît les coordonnées du vecteur 𝑣3 (𝑣𝑣3𝑥 ) et du vecteur 𝑣5 (𝑣𝑣5𝑥 ) alors, les coordonnées du
3𝑦 5𝑦

vecteur Δ𝑣4 sont : Δ𝑣4 (𝑣𝑣5𝑥 −𝑣


−𝑣
3𝑥
).
5𝑦 3𝑦

III FORCES ET MOUVEMENTS

 Somme des forces appliquées à un système

Un système soumis à plusieurs forces se comporte comme s’il ne subissait


qu’une force unique.
Lorsque plusieurs forces s'exercent sur un système, on définit donc le vecteur
résultante des forces noté 𝑭 ⃗ 𝒓é𝒔𝒖𝒍𝒕𝒂𝒏𝒕𝒆 qui est égal à la somme des forces
extérieures qui s'appliquent sur le système. On peut aussi écrire plus
simplement ce vecteur avec la notation ∑ ⃗𝑭.

 Remarques :
• On peut calculer les coordonnées de la résultante des forces en ajoutant les différentes coordonnées
de chacune des forces.
• Lorsque le système subit plusieurs forces dont la somme vectorielle est nulle (∑ 𝐹 = ⃗0) on dit que les
forces subies par le système se compensent.
© F.Trouillet & L. Jacquelet T2-3 : Mouvements d’un système page 3/4
 Effet d’une force sur un mouvement

On modélise le système étudié par un point matériel situé en son centre de gravité.

• En l'absence de force, ou si les forces exercées sur le système se compensent, alors le système est
immobile ou en mouvement rectiligne uniforme.
⃗ alors ∆𝒗
⃗ =𝟎
C'est la première loi de Newton, appelée aussi « principe d'inertie » : Si ∑ 𝑭 ⃗
⃗ =𝟎

• Au contraire, l'action d'une force permet de sortir un objet de son état de repos ou de
mouvement rectiligne uniforme. Par exemple, lors d'un service au tennis, la balle est
lancée verticalement vers le haut ; la force exercée par la raquette sur la balle modifie

sa trajectoire et accélère son mouvement, le vecteur vitesse de la balle varie : ∆𝑣 ≠ 0
Ainsi, une force a pour effet de modifier la trajectoire et/ou la valeur de la vitesse d'un
objet. Un ensemble de forces dont la résultante ∑ ⃗𝑭 est non nulle est responsable de
⃗ du système : Si ∑ ⃗𝑭 ≠ ⃗𝟎 alors ∆𝒗
la variation du vecteur vitesse 𝒗 ⃗ ≠ ⃗𝟎.

 Approche de la 2ème loi de Newton

 Expression approchée de la 2ème loi de Newton :


Dans un référentiel donné, si un système de masse constante est soumis à une ou plusieurs forces
⃗ de ce système pendant une durée très courte 𝚫𝒕 et la
constantes, le vecteur variation de vitesse ∆𝒗
⃗ sont reliés de façon approchée par :
résultante ∑ 𝑭
𝚫𝒕 : durée en s
⃗ =
∑𝑭

∆𝒗
𝒎 𝚫𝒕 avec 𝒎 : masse du système en kg
∑ ⃗𝑭 : vecteur résultante des forces dont la norme est en N
⃗ : vecteur variation de vitesse dont la norme est en m.s-1
∆𝒗

Cette relation n’est valable que dans des référentiels dit « galiléens » ; ce sont des référentiels où le
principe de l’inertie s’applique.
Cette relation permet, lorsque le mouvement du système est connu, d’estimer la somme des forces
appliquée au système à partir de la variation du vecteur vitesse. Elle permet également de déduire la
variation du vecteur vitesse lorsqu’on connaît les forces s’exerçant sur un système et donc de simuler
l’évolution du système.

 Rôle de la masse du système :


La masse du système intervient dans la 2ème loi de Newton. D’après la relation, plus la masse du système
est grande, plus la variation du vecteur vitesse est faible, pour une même somme des forces appliquées.
Par exemple, avec la même force de poussée, il sera plus facile
de mettre en mouvement la petite fille qui a une masse plus
faible que l’adulte : l’effet est plus grand si la masse est plus
petite. On dit que l’adulte davantage d’inertie.

On définit l'inertie comme la tendance d'un corps à conserver sa vitesse. Plus la masse d'un objet est
importante, plus son inertie est grande.

© F.Trouillet & L. Jacquelet T2-3 : Mouvements d’un système page 4/4


T1-1 : LA COMPOSITION CHIMIQUE D’UN SYSTEME
Compétences à acquérir :
• Déterminer une masse molaire à partir de masses molaires atomiques.
• Déterminer une quantité de matière à partir d’une masse.
• Utiliser le volume molaire d’un gaz pour déterminer une quantité de matière.
• Déterminer la quantité de matière de chaque espèce dans un mélange (liquide ou solide) à partir de sa composition.

I MOLE ET MASSE MOLAIRE

 Quantité de matière : rappels de seconde

 Définition d’une mole :

A l’échelle humaine, pour exprimer les quantités d’atomes, de molécules, d’ions …, il est nécessaire de
regrouper les entités identiques par « paquets » faciles à compter car ces quantités sont impossibles à
dénombrer.
Une mole est « un paquet » de NA entités chimiques toutes identiques où NA est la constante
d’Avogadro. La constante d’Avogadro a été définie comme le nombre d’atomes de carbone contenus
dans 12 g de 𝟏𝟐𝟔𝑪. Il y a NA = 6,02 1023 entités dans une mole.

 Quantité de matière :

La quantité de matière d’une espèce chimique, notée n, est le nombre de « paquets » formés à partir
d’un échantillon. Son unité est la mole (symbole : mol).
La quantité de matière n contenue dans un échantillon contenant N entités est :

𝑵
N : le nombre d’entités (sans unité)
𝒏= avec NA : la constante d’Avogadro (en mol-1)
𝑵𝑨
n : la quantité de matière (en mol)
Ce qui donne : 𝑵 = 𝑵𝑨 × 𝒏

 Masse molaire atomique

La masse molaire d’une espèce chimique est la masse d’une mole de cette espèce. On la note M et on
l’exprime en g.mol-1. Les masses molaires atomiques figurent dans la classification périodique des éléments.

 Masse molaire moléculaire

La masse molaire moléculaire s’obtient en additionnant les masses molaires atomiques des atomes de la
molécule.

 Exemple de calcul d’une masse molaire moléculaire :

M (H2O) = M (O) + 2 M (H) = 16 + 2 = 18 g.mol-1.

© Florence Trouillet T1-1 : La composition chimique d’un système page 1/3


II QUANTITE DE MATIERE D’UN SOLIDE OU D’UN LIQUIDE

Aucun appareil ne mesure directement une quantité de matière. Pour déterminer une quantité de matière, on
réalise généralement une pesée pour les solides ou on mesure un volume pour les liquides. Une fois ces mesures
réalisées, on peut calculer les quantités de matière en utilisant les formules ci-dessous

 Quantité de matière et masse d’un corps pur

On considère un échantillon de matière de masse m constitué d’une unique espèce chimique de masse
molaire M. La quantité de matière n de l’espèce chimique dans l’échantillon, est :

𝒎 m : la masse de l’échantillon (en g)


𝒏= avec M : sa masse molaire (en g.mol-1)
𝑴 n : sa quantité de matière (en mol)

𝒎
On a donc : 𝒎 = 𝒏 × 𝑴 et 𝑴 = 𝒏

 Quantité de matière et volume d’un corps pur

 Masse volumique d’un corps : c’est la masse de ce corps par unité de volume.

𝒎 m : la masse de l’échantillon (en g)


𝝆= avec V : son volume (en cm3) ou (en mL)
𝑽  : sa masse volumique (en g.cm-3) ou en (g.mL-1)

Une masse volumique peut s’exprimer en g.cm-3 ou en g.mL-1 => 1 g.cm-3 = 1 g mL-1

 Quantité de matière et volume d’un corps pur :

Dans un échantillon liquide pur, de volume V, constitué d’une unique espèce chimique de masse molaire
M et de masse volumique , la quantité de matière n est :

n : la quantité de matière de l’échantillon (en mol)


𝒎 𝝆×𝑽 M : sa masse molaire (en g.mol-1)
𝒏= = avec V : son volume (en cm3) ou (en mL)
𝑴 𝑴
 : sa masse volumique (en g.cm-3) ou en (g.mL-1)

Attention à l’homogénéité des unités dans la formule ! Comme m doit être en gramme, si V est en mL alors
 doit être exprimée en g.mL-1 pour que le produit  × V soit en g.

 Quantité de matière dans un mélange

Soit un mélange dont on connaît la composition en masse ou en volume. La quantité de matière d’une espèce
chimique d’un mélange se calcule comme si elle était pure.

© Florence Trouillet T1-1 : La composition chimique d’un système page 2/3


 Exemple de calcul :

Le carburant 95-E10 contient 10 % en volume d’éthanol de formule C2H6O dont la masse volumique est
égale à 789 g.L-1. Quelle est la quantité d’éthanol contenue dans 50 mL de ce carburant ?
• Commençons par calculer la masse molaire de l’éthanol : M(C2H6O) = 2×12 + 6×1 + 1×16 = 46 g.mol-1
10
• Calculons le volume d’éthanol contenu dans les 50 mL de carburant : V(C2H6O) = 50 𝑚𝐿 × 100 = 5 mL

• Calculons la quantité de matière en faisant attention à l’homogénéité des unités dans la formule :
𝜌×𝑉 789 𝑔.𝐿−1 × 5.10−3 𝐿
𝑛= 𝑀
= 46 𝑔.𝑚𝑜𝑙−1
= 8,6.10-2 mol (on a converti le volume V en Litre !)

III QUANTITE DE MATIERE D’UN GAZ

 Volume molaire des gaz

 Loi d’Avogadro-Ampère :

Deux volumes égaux de gaz différents, dans les mêmes conditions de température et de pression, contiennent
la même quantité de matière.

 Volume molaire d’un gaz :

Le volume molaire d’un gaz est le volume occupé par une mole de gaz dans des conditions de
température et de pression données. On le note 𝑽𝒎 et on l’exprime en L.mol-1.

D’après la loi d’Avogadro-Ampère, pour une température et une pression donnée, tous les gaz ont le
même volume molaire.

 Quantité de matière d’un gaz

On considère un échantillon de gaz de volume molaire 𝑉𝑚 occupant un volume 𝑉. La quantité de matière n


de l’espèce chimique dans l’échantillon, est :

𝑽 V : le volume de l’échantillon gazeux (en L)


𝒏= avec Vm : son volume molaire (en L.mol-1)
𝑽𝒎 n : sa quantité de matière (en mol)

𝑽
On a donc : 𝑽 = 𝒏 × 𝑽𝒎 et 𝑽𝒎 = 𝒏

© Florence Trouillet T1-1 : La composition chimique d’un système page 3/3


T1-2 : LA COMPOSITION CHIMIQUE D’UNE SOLUTION
Compétences à acquérir :
• Déterminer la quantité de matière d’un soluté à partir de sa concentration en masse ou en quantité de matière et du volume de
solution.
• Expliquer ou prévoir la couleur d’une espèce en solution à partir de son spectre UV-visible.
• Déterminer la concentration d’un soluté à partir de données expérimentales relatives à l’absorbance de solutions de concentrations
connues.
• Proposer et mettre en œuvre un protocole pour réaliser une gamme étalon et déterminer la concentration d’une espèce colorée en
solution par des mesures d’absorbance. Tester les limites d’utilisation du protocole.

I CONCENTRATION EN QUANTITE DE MATIERE

 Concentration en quantité de matière

La concentration en quantité de matière d’une espèce chimique en solution est définie par :

𝒏 n : quantité de matière du soluté introduit (en mol)


𝑪= avec V : volume de la solution (en L)
𝑽 C : concentration en quantité de matière (en mol.L-1)

𝑛
On a donc : 𝑛 = 𝐶 × 𝑉 et 𝑉 = 𝐶

 Relation entre la concentration en quantité de matière et la concentration en masse

La concentration C en quantité de matière d’un soluté en solution est liée à la concentration en masse 𝜸
(définie par 𝜸 =
𝒎
𝑽
) par la relation :
𝜸 𝜸 : concentration en masse du soluté (en g.L-1)
𝑪= = avec 𝑴𝒔𝒐𝒍𝒖𝒕é : masse molaire de soluté (en g.mol-1)
𝑴𝒔𝒐𝒍𝒖𝒕é C : concentration en quantité de matière (en mol.L-1)

𝑚
On a donc 𝐶 =
𝑀𝑠𝑜𝑙𝑢𝑡é × 𝑉 avec V le volume de la solution (en L) et m, la masse de soluté introduit (en g)
et 𝑀𝑠𝑜𝑙𝑢𝑡é la masse molaire de soluté (en g.mol-1).

 Rappel : techniques de préparation de solutions aqueuses de concentrations données

Pour préparer une solution de concentration donnée, on peut procéder par dissolution d’un solide dans l’eau
ou par dilution d’une solution mère.

 Exemple de la préparation par dissolution :

On désire préparer 100 mL d’une solution de chlorure de sodium de concentration en quantité de matière
égale à 0,50 mol.L-1 à partir de cristaux. On rappelle que M(NaCl) = 58,5 g.mol-1.
© Florence Trouillet T1-2 : La composition chimique d’une solution page 1/5
Détermination de la masse de soluté à dissoudre :
𝑚 = 𝐶 × 𝑉 × 𝑀 = 100.10-3 × 0,50 × 58,5 = 2,925 g

Protocole expérimental :

1. Peser avec précision la masse de cristaux calculée précédemment.


2. Introduire le solide dans une fiole jaugée de volume V (ici V = 100 mL) à l’aide d’un entonnoir puis
rincer la coupelle avec de l’eau distillée et verser l’eau du rinçage dans la fiole pour ne pas perdre de
solide.
3. Remplir la fiole à moitié et agiter jusqu’à dissolution complète du solide.
4. Compléter la fiole avec de l’eau distillée jusqu’au trait de jauge puis boucher puis agiter pour
homogénéiser la solution.

 Exemple de la préparation par dilution :

Diluer une solution aqueuse consiste à ajouter de l’eau à une solution de concentration connue (appelée
solution mère) pour en obtenir une moins concentrée (solution fille).

Calcul du volume de solution mère à prélever :

On souhaite préparer un volume V de solution fille de concentration C à partir d’une solution mère de
concentration C0. Quel est le volume V0 de solution mère à prélever ?
Lors de la dilution, la quantité de soluté présent ne change pas (on a juste ajouté de l’eau). Cette
quantité est la même dans le volume V de « solution fille » préparée que dans le volume V0 de « solution
mère » prélevé. On a donc la relation :
n = C0 × V0 = C × V

Protocole expérimental :
𝐶×𝑉
Commencer par calculer le volume V0 à prélever avec la relation précédente : 𝑉0 = .
𝐶0

© Florence Trouillet T1-2 : La composition chimique d’une solution page 2/5


Facteur de dilution :
𝑪𝟎 𝑽
Le facteur de dilution F est défini par : 𝑭 = = . Il est toujours supérieur à 1. C’est une donnée
𝑪 𝑽𝟎
très utile pour trouver rapidement la verrerie à utiliser lors d’une dilution.

Ex : on veut diluer 10 fois (on dit aussi dilution au 1/10e) une solution mère de sorte que la solution fille
soit 10 fois moins concentrée (F vaut alors 10)  il suffit de choisir une fiole de volume 10 fois supérieur
à celui de la pipette utilisée pour prélever la solution fille (par exemple : choisir une pipette de 5 mL et
une fiole jaugée de 50 mL).

II ABSORBANCE D’UNE ESPECE EN SOLUTION

 Absorbance

L'absorbance est une grandeur positive sans unité liée à


l'intensité de la lumière absorbée par une solution, à une
longueur d'onde  donnée.

L’absorbance est mesurée par un instrument appelé


« spectrophotomètre » qui utilise des rayonnements EM de
longueur d’onde comprises entre 100 nm et 800 nm (c’est-à dire
de l’UV au visible).

L’énergie des photons incidents est absorbée par les électrons des atomes de la solution et l’intensité I de la
lumière transmise est inférieure à l’intensité I0 de la lumière incidente. La comparaison de I avec I0 permet de
déterminer l’absorbance A de la solution pour la longueur d’onde envoyée sur la cuve.
Cuve Amplificateur
I0 I
A = 0,53
Cellule Afficheur
Source Monochromateur Echantillon photoélectrique
polychromatique (= filtre)

• Si A = 0 : la solution n’absorbe aucune radiation.


• Si A > 0 : la solution absorbe les radiations correspondant à la longueur
d’onde choisie.

 Spectre d’absorption

Le spectre d’absorption est le graphe correspondant à 𝑨 = 𝒇(𝝀). Il est tracé


par le spectrophotomètre. Il est caractéristique de l’espèce en solution et
permet d’identifier cette espèce.

Ex : spectre d’absorption du colorant Bleu Patenté (voir ci-contre)

© Florence Trouillet T1-2 : La composition chimique d’une solution page 3/5


 Couleur d’une solution

Une solution est colorée si elle contient une espèce chimique qui absorbe des radiations du domaine du
visible (c’est-à-dire des radiations de longueur d’onde comprise entre 400 nm et 800 nm environ).

L'étude du spectre permet de déterminer la couleur de l’espèce chimique en


solution : celle-ci résulte de la synthèse additive des radiations de la lumière
blanche transmises.

- Si l’espèce en solution n'absorbe que dans un seul domaine de longueurs


d'onde (comme pour le bleu de méthylène ci-contre), sa couleur est la couleur
complémentaire de celle correspondant au maximum d’absorbance (longueur
d'onde max pour laquelle A est maximale) : le bleu de méthylène absorbant
dans le rouge, sa couleur est la couleur complémentaire du rouge (l’opposée
dans le cercle chromatique), soit le cyan.

- Si l’espèce chimique absorbe dans plusieurs domaines de longueurs d’onde


comme pour la chlorophylle (a) présentée ci-contre, alors la couleur de la
solution résulte de la superposition des radiations transmises : la chlorophylle
(a) en solution absorbe dans le bleu et dans le rouge ; la couleur résultante et
le vert.

- Si aucune radiation du spectre visible n’est absorbée, alors la solution est


incolore.

 Loi de Beer-Lambert

 Enoncé :

Pour des solutions suffisamment diluées et pour une longueur d’onde donnée, l'absorbance A d'une
espèce colorée en solution est proportionnelle à la concentration C de cette espèce et à l'épaisseur l de
solution traversée. La loi de Beer-Lambert traduit cette proportionnalité :

 : coefficient d’absorption molaire de l’espèce en L.mol-1.cm-1


𝑨𝝀 = 𝛆 × 𝒍 × 𝐂 avec l : épaisseur de solution traversée en cm
C : concentration de la solution en mol.L-1
A : absorbance pour cette longueur d’onde (sans unité)

La loi de Beer-Lambert n’est vérifiée que pour une lumière rigoureusement


monochromatique et pour un domaine de concentrations. Si la solution est
trop concentrée ou trop diluée, la loi n’est plus vérifiée.
La loi de Beer-Lambert correspond au domaine de linéarité de la courbe
𝑨 = 𝒇(𝑪) : dans ce domaine, A est proportionnelle à C.

 Propriété :

La loi de Beer-Lambert est additive : si la solution contient plusieurs espèces


chimiques absorbantes de concentration [𝑋𝑖 ] alors l’absorbance de la solution
est la somme des absorbances de chaque espèce (à condition qu’elles ne
réagissent pas entre elles).
© Florence Trouillet T1-2 : La composition chimique d’une solution page 4/5
III DOSAGE SPECTROPHOTOMETRIQUE PAR ETALONNAGE

 Définition et principe

Doser une espèce chimique en solution c’est déterminer sa concentration.

Le dosage spectrophotométrique par étalonnage consiste à comparer l'absorbance A d'un échantillon à


l'absorbance pour une gamme d'étalons (échelle de teinte) pour déterminer la concentration d’une
solution.

 Méthode (voir TP2)

• Choisir la longueur d'onde de travail = en général, on choisit le maximum d'absorbance de la solution à


doser.
• Réaliser une échelle de teinte à partir d'une solution mère de concentration connue, contenant l'espèce à
doser.
• Pour la longueur d’onde choisie, mesurer l'absorbance de chaque solution fille de la gamme étalon et
tracer la courbe d'étalonnage A = f (C) (fonction linéaire).
• Mesurer l'absorbance Ax de la solution à doser et utiliser la droite d'étalonnage pour déterminer sa
concentration Cx (on pourra opérer graphiquement ou par le calcul).

© Florence Trouillet T1-2 : La composition chimique d’une solution page 5/5


T1-3 : REACTIONS D’OXYDOREDUCTION

Compétences à acquérir :
• À partir de données expérimentales, identifier le transfert d’électrons entre deux réactifs et le modéliser par des demi-équations électroniques
et par une réaction d’oxydo-réduction.
• Établir une équation de la réaction entre un oxydant et un réducteur, les couples oxydant-réducteur étant donnés.
• Mettre en œuvre des transformations modélisées par des réactions d’oxydo-réduction.

I QUELQUES RAPPELS : LA TRANSFORMATION CHIMIQUE

 Transformation chimique

Il y a transformation chimique lorsqu’un système chimique passe d’un état initial à un état final différent par la
nature ou la quantité des espèces chimiques le constituant.

 Réaction chimique, réactifs et produits

Une réaction chimique est le modèle descriptif de la transformation chimique d’un système qui passe d’un état
initial, constitué de réactifs, à un état final contenant de nouvelles espèces, les produits. Lorsque l’on considère
la réaction, on ne tient pas compte des espèces spectatrices (espèces présentes à l’état initial qui ne subissent
aucune transformation) mais seulement des réactifs et des produits.

 Equation chimique

L’équation chimique est l’écriture symbolique de la réaction chimique. Elle doit traduire la conservation des
éléments chimiques et des charges électriques (dans le cas des ions) : on équilibre donc l'équation avec des
coefficients qui s’appellent des nombres stœchiométriques.

II OXYDANTS ET REDUCTEURS

 Couple oxydant/réducteur et demi-équation redox chimique

Une transformation modélisée par une réaction d’oxydoréduction met en jeu un transfert d’électrons entre un
réducteur et un oxydant.
Un oxydant est une espèce chimique susceptible de gagner un ou plusieurs électron(s).
Un réducteur est une espèce chimique susceptible de céder un ou plusieurs électron(s).
Un couple oxydant/réducteur (noté Ox/Red) est formé de l'association d'un oxydant et d'un réducteur qui peuvent
échanger un ou plusieurs électrons selon la demi-équation électronique :
Ox + n e- ⇄ Red (L'oxydant est toujours noté à gauche)
Dans ce cas, on dit que l’oxydant et le réducteur sont des espèces conjuguées.

 Exemples : L’ion cuivre II et le métal cuivre forment un couple oxydant/réducteur noté 𝐶𝑢2+ (𝑎𝑞) / 𝐶𝑢(𝑠) de demi-
équation électronique : 𝐶𝑢2+ (𝑎𝑞) + 2𝑒 − ⇄ 𝐶𝑢(𝑠)

© Florence Trouillet T1-3 : Réaction d’oxydoréduction page 1/3


 Moyen mnémotechnique pour retenir les définitions :
L’oxydAnt gAgne des éléctrons (présence de A) et le rEductEur pErd des éléctrons (présence de E).

 Oxydation et réduction

Le passage de l’oxydant à son réducteur conjugué (→)est une réduction : on dit que l’oxydant est réduit.

Le passage du réducteur à son oxydant conjugué (←)est une oxydation : on dit que le réducteur est oxydé.

 Exemples :

 Règles d’écriture d’une demi-équation rédox

 Généralité :

L'oxydant et le réducteur d'un même couple possèdent toujours un élément en commun. L'oxydant est toujours
du côté des électrons dans la demi-équation.

 Règles d’écriture :

L’écriture d’une demi-équation électronique se fait en plusieurs étapes afin de respecter la conservation des
éléments et des charges électriques.
1. Ecrire le couple oxydant/réducteur.
2. Equilibrer l'élément principal du couple (c’est l’élément commun au réducteur et à l’oxydant).
3. Equilibrer l'élément O en ajoutant des molécules d'eau si nécessaire.
4. Equilibrer l'élément H en ajoutant des ions hydrogène H+(aq) si l'on est en milieu acide.
5. Equilibrer les charges électriques.

 Exemple :

1. Ecrire le couple MnO4-/Mn2+


2. Equilibrer l'élément principal du couple.
MnO4- ⇄ Mn2+ 1 Mn de chaque côté
(Ici, c’est Mn)
3. Equilibrer l'élément O avec de l'eau si
MnO4- ⇄ Mn2+ + 4H2O 4 O de chaque côté
nécessaire.
4. Equilibrer l'élément H avec H+(aq) si l'on
MnO4- + 8H+ ⇄ Mn2+ +4H2O 8 H de chaque côté
est en milieu acide.
5. Equilibrer les charges MnO4- + 8H+ + 5e- ⇄ Mn2+ +4H2O 5 e- car -1+8-5 = +2

© Florence Trouillet T1-3 : Réaction d’oxydoréduction page 2/3


III REACTION D’OXYDOREDUCTION

 Définition

Une réaction d’oxydoréduction est une réaction dont les réactifs sont un oxydant et un réducteur des deux
couples oxydant/réducteur différents. Au cours de cette transformation, des électrons sont transférés entre les
réactifs.
Dans l’équations d’une réaction d’oxydoréduction, les électrons échangés ne doivent pas apparaître.

 Méthode d’écriture de l’équation d’une réaction d’oxydoréduction

L'équation associée à une réaction d'oxydoréduction s'obtient en combinant les 2 demi-équations associées aux
2 couples Ox/Red de façon à égaliser le nombre d'électrons échangés.

 Méthode :
1. Identifier les couples en présences et écrire les demi-équations électroniques pour chacun des deux couples.
2. Ecrire les transformations de chacun des réactifs dans le sens où les transformations ont lieu (c’est-à-dire
avec les réactifs écrits à gauche).
3. Si nécessaire, multiplier les demi-équations par un facteur de sorte que le nombre d'électrons cédés par le
réducteur soit égal au nombre d'électrons captés par l'oxydant.
4. Combiner les deux demi-équations obtenues et vérifier que la conservation des charges et des éléments est
respectée.

 Exemple : équation de la réaction entre Ag+(aq) et Cu(s)

• Couples en présence (en vert : les réactifs) :


Ag+(aq) /Ag(s) et Cu2+(aq) /Cu(s)

• Demi-équations électroniques : Ag+(aq) + e- ⇄ Ag(s)


Cu2+(aq) + 2e- ⇄ Cu(s)

• Ecriture des transformations des réactifs dans le sens où elles se produisent (réactifs placés à gauche) :
Ag+(aq) + 1 e- ⎯→ Ag(s)
Cu(s) ⎯→ Cu (aq) + 2 e
2+ -

• L'équation de la réaction d'oxydoréduction en est la combinaison :


Les électrons ne peuvent exister libres en solution aqueuse.
2 Ag+(aq) + 2 e- ⎯→ 2 Ag(s) (2) Le nombre d'électron(s) cédés au cours de l'oxydation doit
donc être égal au nombre d'électron(s) captés au cours de la
Cu(s) ⎯→ Cu (aq) + 2 e-
2+
réduction.
⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯⎯ Pour équilibrer l'échange d'électrons, nous devons multiplier
2 Ag+(aq) + Cu(s) ⎯→ Cu2+(aq) + 2 Ag(s) les coefficients de la 1ère demi-équation électronique par 2.

Dans cet exemple, le réducteur Cu(s) du couple Cu2+(aq) /Cu(s) a été mis en contact direct avec l’oxydant Ag+(aq) du
couple Ag+(aq) /Ag(s) : on peut observer un transfert spontané d’électrons du réducteur vers l’oxydant (c’est un
transfert direct).
A l’état final (photo de droite), on observe que la solution devient bleue grâce à la présence d’ions cuivre ainsi
qu’un dépôt d’argent solide (paillettes brillantes).

© Florence Trouillet T1-3 : Réaction d’oxydoréduction page 3/3


T1-4 : DECRIRE L’EVOLUTION D’UN SYSTEME CHIMIQUE

Compétences à acquérir :
• Décrire qualitativement l’évolution des quantités de matière des espèces chimiques lors d’une transformation. (Comment évolue les
quantités de matière des réactifs ? Des produits ?)
• Établir le tableau d’avancement d’une transformation chimique à partir de l’équation de la réaction et des quantités de matière initiales des
espèces chimiques.
• Déterminer la composition d’un système à l’état final à partir des quantités de matières initiales pour une transformation totale.
• Déterminer l’avancement final d’une réaction à partir de la description de l’état final et comparer à l’avancement maximal.
• Utiliser un langage de programmation pour déterminer la composition de l’état final d’un système.

I EVOLUTION D’UN SYSTEME CHIMIQUE

 Evolution des quantités de matière au cours d’une transformation chimique

Au cours de la transformation chimique :


• les réactifs sont consommés et leurs quantités de matière diminuent (elles sont maximales dans l’état initial et
minimales dans l’état final) ;
• les produits sont formés et leurs quantités de matière augmentent (elles sont souvent nulles dans l’état initial,
maximales dans l’état final) ;
• les espèces spectatrices ne sont pas affectées par la réaction et leurs quantités de matière sont constantes.

 Avancement d’une réaction chimique

L’avancement d’une réaction chimique est une grandeur notée x et exprimée en mol qui permet de suivre
l’évolution de la composition du système chimique au cours de la transformation.

• A l’état initial : x = 0
• Au cours de la transformation : x augmente.
• A l’état final : l’avancement atteint sa valeur finale xf.

 Avancement final et avancement maximal

Soit une transformation chimique modélisée par l’équation : 𝐴 + 𝐵 → 𝐶 + 𝐷


- Une transformation chimique est dite totale lorsque l’un des réactifs A ou B est totalement consommé à l’état
final : c’est le réactif limitant. L’avancement de la réaction est alors maximal et on le note xmax.
- Dans le cas contraire, il y a coexistence des réactifs et des produits à l’état final : la transformation est dite non
totale. Dans ce cas, il y a coexistence des réactifs et des produits à l’état final et l’avancement final xf est
nécessairement inférieur à l’avancement maximal xmax.
Dans le cas d’une transformation non totale, l’équation est notée : 𝐴 + 𝐵 ⇄ 𝐶 + 𝐷

© Florence Trouillet T1-4 : Evolution d’un système chimique page 1/3


II COMPOSITION DU SYSTEME DANS L’ETAT FINAL

 Tableau d’avancement d’une transformation chimique

Le tableau d’avancement d’une transformation chimique présente l’évolution des quantités de matière au cours
de la transformation, en utilisant la notion d’avancement. On le construit ainsi :

Equation chimique aA + bB ⎯⎯→ cC + dD


Etat Avancement Quantité de matière (en mol)
initial 0 n0(A) n0(B) 0 0
intermédiaire x n0(A) – ax n0(B) – bx 0 + cx 0 + dx
final xf n0(A) – axf n0(B) – bxf cxf dxf

 Composition du système à l’état final pour une transformation totale

Lorsque l’un des réactifs a été entièrement consommé (le réactif limitant), la transformation n’évolue plus et l’état
final est atteint. Dans ce cas, l’avancement prend sa valeur maximale et est noté xmax.
Pour déterminer la valeur de xmax et identifier le réactif limitant, on calcule les valeurs de l’avancement qui
annulent les quantités de matière de chacun des réactifs. La plus petite valeur obtenue correspond à xmax (ce qui
permet d’en déduire le réactif limitant).
Une fois xmax déterminé, on peut déterminer la composition du système à l’état final (en remplissant la dernière
ligne du tableau d’avancement avec les valeurs numériques obtenues par calcul).

 Exemple : On réalise la combustion complète de 2 moles de propane dans 3 moles de dioxygène.

On commence par établir le tableau d’avancement de la transformation :

Equation chimique 1 C3H8 + 5 O2 ⎯⎯→ 3 CO2 + 4 H2O


Etat Avancement Quantité de matière (en mol)
initial 0 2 3 0 0
intermédiaire x 2 – 1x 3 – 5x 3x 4x
final xf = xmax 2 – 1xmax 3 – 5xmax 3xmax 4xmax

Pour calculer l’avancement maximal xmax : on fait deux hypothèses et on calcule xmax pour chacune

• Epuisement de C3H8 : 2- 1 xmax = 0  xmax = 2 mol.


• Epuisement de O2 : 3- 5 xmax = 0  xmax = 0,6 mol (solution retenue car la plus petite)
On détermine ainsi que le réactif limitant est O2 et que l’avancement maximal vaut 0,6 mol.

Composition du système à l’état final : xmax permet de calculer les quantités de matière à l’état final.
n(C3H8) = 2 – 0,6 = 1,4 mol n(O2) = 0 (réactif limitant)
n(CO2) = 3 x 0,6 = 1,8 mol n(H2O) = 4 x 0,6 = 2,4 mol

© Florence Trouillet T1-4 : Evolution d’un système chimique page 2/3


 Cas particulier des mélanges stœchiométriques

Lorsque les réactifs s’épuisent tous en même temps, on dit qu’ils ont réagi dans les proportions stœchiométriques
et que le mélange initial de réactifs est un mélange stœchiométrique.

Soit la réaction d'équation : a A + b B → c C + d D dont le tableau d’avancement est :

Equation chimique aA + bB ⎯⎯→ cC + dD


Etat Avancement Quantité de matière (en mol)
initial 0 n0(A) n0(B) 0 0
intermédiaire x n0(A) – ax n0(B) – bx 0 + cx 0 + dx
final xmax n0(A) – axmax n0(B) – bxmax cxmax dxmax

Dans les proportions stœchiométriques, les deux réactifs sont limitants. On a donc :
n0(A) – axmax = 0 et n0(B) – bxmax = 0

n0 (A) n0 (B)
Ainsi, la relation entre les quantités de matière des deux réactifs introduits est : =
a b

 Etat final pour une transformation non totale

Dans l’état final d’une réaction non totale, le réactif limitant n’est pas consommé entièrement. Le système est
composé des réactifs restants et des produits formés qui coexistent. La connaissance d’une de leurs quantités de
matière finales et des quantités de matière initiales permet de déterminer l’avancement final xf et donc toutes
les quantités de matière finales.

© Florence Trouillet T1-4 : Evolution d’un système chimique page 3/3


T1-5 : TITRAGES COLORIMETRIQUES

Compétences à acquérir :
• Relier qualitativement l’évolution des quantités de matière de réactifs et de produits à l’état final au volume de solution titrante ajoutée.
• Relier l’équivalence au changement de réactif limitant et à l’introduction des réactifs en proportions stœchiométriques.
• Établir la relation entre les quantités de matière de réactifs introduites pour atteindre l’équivalence.
• Expliquer ou prévoir le changement de couleur observé à l’équivalence d’un titrage mettant en jeu une espèce colorée.
• Réaliser un titrage direct avec repérage colorimétrique de l’équivalence pour déterminer la quantité de matière d’une espèce dans un
échantillon.

I DOSAGES PAR TITRAGE

 Dosage et titrage

Un dosage permet de déterminer la quantité de matière ou la concentration d’une espèce en solution.

Un titrage est une technique de dosage mettant en jeu une réaction chimique.

 Principe

Au cours d'un titrage direct, l'espèce chimique à titrer (espèce « A ») réagit avec une quantité connue d'une
espèce chimique (« B ») appelée espèce titrante. La réaction chimique, dite réaction support du titrage, doit être
rapide, observable et quasi-totale.

L’équation de cette réaction est : 𝒂 𝑨 + 𝒃 𝑩 → 𝒄𝑪 + 𝒅𝑫 On l’appelle la réaction support du titrage.

Remarque : contrairement au dosage par étalonnage, le titrage est une technique destructive ; l'échantillon titré est
détruit par la réaction.

 Dispositif de titrage

Le montage permettant de réaliser un titrage est constitué de :

• Une burette qui permet d’introduire progressivement la solution


titrante de concentration connue.
• Un récipient (bécher ou erlenmeyer) dans lequel on a introduit, à la
pipette jaugée, la « prise d’essai » (solution à titrer de concentration
inconnue).
• Un système d’agitation afin d’homogénéiser la solution.

Le suivi du titrage peut être réalisé par colorimétrie (voir TP) mais aussi
par conductimétrie et par pH-métrie (cela sera vu en terminale SPE).

© Florence Trouillet T1-5 : Titrages colorimétriques page 1/2


II DÉTERMINATION DE LA CONCENTRTAION DU RÉACTIF TITRÉ

 Equivalence d’un titrage

Lors d'un titrage, on introduit progressivement une solution contenant l'espèce titrante B (à l’aide d’une burette)
dans une solution de volume VA, contenant l'espèce à titrer A (appelée aussi « réactif titré »).
Les deux espèces réagissent selon la réaction d’équation : a A + b B → c C + d D
Au cours d'une première partie du titrage, l'espèce titrante est entièrement consommée à chaque ajout, et la
quantité de matière de réactif titré diminue.

L'état du système pour lequel les réactifs A et B ont été introduits dans les proportions stœchiométriques et
appelé « équivalence ». Le volume VB de solution titrante alors versé est appelé volume équivalent, il est noté VE.

Ainsi :
• Pour VB < VE, le réactif titrant est limitant (chaque ajout est entièrement consommé).
• Pour VB = VE, le réactif titrant et le réactif titré sont tous deux limitants ; ils ont été introduits en proportions
stœchiométriques et sont totalement consommés (ni l’un ni l’autre ne sont alors présents).
• Pour VB > VE, le réactif titré est limitant et le réactif titrant en excès.

 Titrage colorimétrique

Dans le cas où le réactif titrant, le réactif à titrer ou un produit de la réaction est coloré, on peut suivre l'évolution
de la couleur de la solution. L'équivalence est alors repérée par un changement de couleur de la solution : on parle
alors de titrage colorimétrique.

• Cas où le réactif titré est la seule espèce colorée : avant l’équivalence, la coloration du mélange réactionnel
disparaît progressivement lors de l’ajout de solution titrante. L’équivalence est atteinte lorsque la coloration a
entièrement disparu.
• Cas où le réactif titrant est la seule espèce colorée : avant l’équivalence, l’ajout de la solution titrante colorée
n’apporte pas de couleur au mélange réactionnel car le réactif titrant est consommé immédiatement après ajout
(c’est le réactif en défaut). A la goutte où sa coloration ne disparaît pas, on a atteint l’équivalence (on l’a même
légèrement dépassée d’une goutte). On dit que l’équivalence est atteinte à la persistance de la couleur du
réactif titrant.

 Exploitation de l’équivalence du titrage

Soit la réaction support d'équation : a A + b B → c C + d D où B est le réactif titrant (ajouté à la burette) et A, le


réactif titré.

A l'équivalence, les réactifs sont introduits dans les proportions stœchiométriques et la relation entre les
n0 (A) nE (B)
quantités de matière des deux réactifs introduits est : = avec n0 (A) la quantité de matière de l’espèce
a b
titrée A présente initialement et nE (B) la quantité de matière du réactif titrant B introduit à l’équivalence.

En connaissant le volume équivalent VE, on peut retrouver la concentration en quantité de matière CA de la


solution titrée, sachant que n0(A) = cA.VA et nE(B) = CB.VE.
cA.VA cB .VE
On obtient alors la relation : =
a b

© Florence Trouillet T1-5 : Titrages colorimétriques page 2/2


T1-6 : DE LA STRUCTURE A LA POLARITE D’UNE ENTITE CHIMIQUE

Compétences à acquérir :
• Établir le schéma de Lewis de molécules et d’ions monoatomiques ou polyatomiques.
• Interpréter la géométrie d’une molécule à partir de son schéma de Lewis.
• Déterminer le caractère polaire d’une liaison à partir de la donnée de l’électronégativité des atomes.
• Déterminer le caractère polaire ou apolaire d’une entité moléculaire à partir de sa géométrie et de la polarité de ses liaisons.

I SCHEMA DE LEWIS D’UN ATOME, D’UN ION, D’UNE MOLECULE

 Règle du duet et de l’octet

Lors des transformations chimiques, les atomes évoluent pour obtenir une structure électronique plus stable que
la leur :
• la structure en duet (2 électrons externes) de l’hélium pour les atomes de numéro atomique  4.
• la structure électronique en octet (8 électrons sur la couche externe) du gaz noble le plus proche dans la
classification pour les atomes de numéro atomique > à 4.
Pour satisfaire à cette règle, les atomes ont deux possibilités :
• perdre ou gagner des électrons et se transformer en ions monoatomiques ;
• s’associer à d’autres atomes pour former des liaisons covalentes et constituer des molécules.

 Doublet liant, doublet non liant, schéma de Lewis d’un atome

Dans une molécule, on appelle un « doublet liant » (ou « liaison covalente »), la mise en commun de deux
électrons par 2 atomes, chaque atome apportant un électron à la liaison.
Le nombre de liaisons covalentes formées par un atome (appelée aussi « valence de l’atome ») est égal au nombre
d’électrons manquant sur la couche externe de l’atome pour obéir à la règle du duet et de l’octet.
Les électrons externes de l'atome non engagés dans une liaison se regroupent par 2 en « doublets non liants »
(d.n.l) localisés autour de l'atome. Lorsque la règle de l’octet est respectée, la somme du nombre de d.n.l et du
nombre de doublets liants (valence) est égale à 4 (car 4 doublets d’électrons correspondent à 8 électrons).
Le schéma de Lewis d’un atome permet de représenter la structure électronique externe d’un atome. Pour
l’établir, on représente le noyau de l’atome et ses couches électroniques internes par le symbole de l’élément ;
les électrons de valence la couche externe par des points et les d.n.l par des tirets.

Atome Valence Nombre de d.n.l Schéma de Lewis de l'atome

1H  1s1 1 Aucun (règle du duet) H

6C  1s2 2s22p2 4 0 C

7N  1s22s22p3 3 1 N

8O  1s22s22p4 2 2 O

9F  1s22s22p5 1 3 F

17Cl  1s22s22p63s23p5 1 0 Cl

© Florence Trouillet T1-6 : De la structure à la polarité d’une entité chimique page 1/4
 Schéma de Lewis d’un ion monoatomique

Lorsque l’atome gagne ou perd un ou plusieurs électrons, il donne un ion monotaomique. Pour représenter le
schéma de Lewis de l’ion monoatomique, on applique les mêmes règles que pour les atomes.

 Exemples : schéma de Lewis des ions chlorure et oxyde.

Na perd 1 électron pour devenir l’ion sodium Na+ : Na Na


Cl gagne un électron pour devenir l’ion chlorure Cl- : Cl Cl

 Schéma de Lewis d’une molécule

Le schéma de Lewis d’une molécule est une représentation des atomes et de tous les doublets liants et non liants
de cette molécule. Dans le schéma de Lewis, chaque atome est représenté par le symbole de son élément, et
seuls les électrons externes sont représentés sous formes de tirets qui représentent des doublets d’électrons
(doublets liants entre deux atomes, ou doublets non-liants autour d’un atome).

Dans le schéma de Lewis d’une molécule, chaque atome (sauf H) doit être entouré de 4 doublets (liants ou non-
liants), soit 8 électrons : ceux qui lui sont propres sur sa couche externe, plus ceux apportés par chaque liaison ;
ainsi, la règle de l’octet est respectée.

En pratique, pour déterminer la représentation de Lewis d’une molécule, il faut :


1) déterminer la valence de chaque atome ce qui permet de déduire le nombre de d.n.l ;
2) arranger les atomes de manière à ce que chaque atome soit entouré du nombre de liaisons et de d.n.l trouvé ;
3) vérifier que chaque atome soit entouré de 4 doublets sauf H (1 seul doublet pour H qui suit la règle du duet).

 Exemple : la molécule d’eau H2O

• 1 liaison pour H et pas de doublet non liant ;


• 2 liaisons covalentes pour O et 2 d.n.l ;
La seule possibilité de représentation est celle donnée ci-contre.
On peut vérifier que chaque atome engagé dans la molécule d’eau respecte
bien la règle du duet et de l’octet.

 Schéma de Lewis d’un ion polyatomique

Un atome engagé dans un ion polyatomique porte une charge formelle :

• négative symbolisée par lorsque cet atome perd un doublet liant et gagne un doublet non liant.
(On entoure le signe pour ne pas le confondre avec un doublet non liant.)

• positive symbolisée par lorsque cet atome perd un doublet non liant et gagne un doublet
liant.

© Florence Trouillet T1-6 : De la structure à la polarité d’une entité chimique page 2/4
II GEOMETRIE SPATIALE DES MOLECULES

 Règle de Gillepsie

Les doublets d’électrons externes (liants et non liants) se repoussent mutuellement et se positionnent de façon à
être les plus éloignés possibles les uns des autres (afin de minimiser ces répulsions électriques).
Quand il y a 4 doublets autour de l’atome central, ces doublets adoptent une configuration tétraédrique dans
l’espace pour minimiser les répulsions électriques. L’angle entre les doublets vaut environ 109°.

 Prévoir la géométrie d’une molécule

La géométrie d’une molécule dépend du nombre et de la nature des doublets mis en jeu par les atomes.

 Exemple : le méthane CH4

L’atome de carbone C est situé au centre d’un tétraèdre dont les atomes d’hydrogène H
occupent les sommets. C’est une géométrie tétraédrique. L’angle entre 2 liaisons vaut 109°.

 Exemple : l’ammoniac NH3

Les 3 doublets liants et le doublet non liant autour de N adoptent une configuration
tétraédrique. L’atome de N se retrouve au sommet d’une pyramide : géométrie pyramidale.

III POLARITE DES MOLECULES

 Electronégativité d’un élément

L’électronégativité est une grandeur sans dimension qui traduit la tendance d’un
atome à attirer à lui le doublet d’électrons de la liaison dans laquelle il est engagé.
Cette grandeur est représentée par la lettre grecque  (lire « khi »).

Parmi les différentes échelles d’électronégativité, la plus couramment utilisée est


l’échelle de Pauling.

© Florence Trouillet T1-6 : De la structure à la polarité d’une entité chimique page 3/4
 Sens d’évolution de l’électronégativité dans la classification :

Gaz nobles : ni électronégatifs,


ni électropositifs

• Le fluor est l’élément chimique le plus électronégatif  (F) = 4,0 (avec 2 C.S) ; on trouve ensuite l’élément
oxygène  (O) = 3,5, le chlore  (Cl) = 3,2, l’azote et les autres halogènes.
• Le francium est l’élément le moins électronégatif (on dit qu’il est électropositif) :  (Fr) = 0,7.

 Polarisation d’une liaison

Lorsqu’une liaison de covalence relie un atome A plus électronégatif qu'un atome B (la différence
d’électronégativité étant comprise entre environ 0,3 et 2,0), alors le doublet liant se trouve attiré par l’atome A :
on dit que la liaison covalente A-B est polarisée.
Chaque atome se trouve alors porteur d’une petite charge électrique appelée charge partielle (ce ne sont pas des
charges entières mais des fractions de la charge élémentaire e). Cette charge fictive est négative, notée - pour
l'atome A, et positive notée + pour B. On a - = +.

 Exemple : le chlorure d’hydrogène

(Cl) >> (H) : l’atome Cl attire à lui les électrons de la liaison. Il apparaît une charge - +
partielle négative sur l’atome Cl. Par conséquent il apparaît une charge partielle de même Cl H
valeur mais positive sur l’atome H : la liaison est polarisée.

La liaison covalente polarisée est une situation intermédiaire entre deux cas « limites » :
- la liaison covalente apolaire (non polarisée) qui relie deux atomes identiques ou deux atomes ayant une
différence d’électronégativité faible (inférieure à 0,3) ici, le doublet est équitablement réparti entre les atomes ;
- la liaison ionique qui relie deux atomes ayant une différence d’électronégativité très forte, supérieure à 2,0 ;
dans ce cas, le doublet est totalement capté par l’atome le plus électronégatif et les deux atomes deviennent des
ions, porteurs de charges « entières », multiples de la charge élémentaire e.

 Molécule polaire / apolaire

Une molécule est polaire :


• si elle présente au moins une liaison covalente polarisée,
• et si sa géométrie est telle que le barycentre (centre géométrique) des charges partielles positives ne coïncide
pas avec celui des charges partielles négatives.
Si ces deux conditions ne sont pas réunies, on dit que la molécule est apolaire.

 Exemple : l’eau
Les deux liaisons O − H sont polarisées d'où l'apparition de charges
partielles. Les deux charges + sont équivalentes à une charge 2+ au point
K (barycentre des charges positives). Le barycentre des charges négatives
(O) et le barycentre des charges négatives (K) ne sont pas confondus : l’eau
est donc une molécule polaire ; c’est un dipôle électrique permanent.
© Florence Trouillet T1-6 : De la structure à la polarité d’une entité chimique page 4/4
T1-7 : DE LA STRUCTURE AUX PROPRIETES D’UNE ESPECE CHIMIQUE

Compétences à acquérir :
• Expliquer la cohésion au sein de composés solides ioniques et moléculaires par l’analyse des interactions entre entités.
• Expliquer la capacité de l’eau à dissocier une espèce ionique et à solvater des ions.
• Modéliser, au niveau macroscopique, la dissolution d’un composé ionique dans l’eau par une équation de réaction. Calculer la concentration
des ions dans la solution obtenue.
• Expliquer ou prévoir la solubilité d’une espèce chimique dans un solvant par l’analyse des interactions entre les entités. Comparer la solubilité
d’une espèce solide dans différents solvants (purs ou en mélange).
• Interpréter un protocole d’extraction liquide-liquide à partir des valeurs de solubilités de l’espèce chimique dans les deux solvants. Choisir un
solvant et mettre en œuvre un protocole d’extraction liquide-liquide d’un soluté moléculaire.
• Expliquer le caractère amphiphile et les propriétés lavantes d’un savon à partir de la formule semi-développée de ses entités. Citer des
applications usuelles de tensioactifs. Illustrer les propriétés des savons.

I COHESION DANS UN SOLIDE

 Solides ioniques et moléculaires

Les solides ioniques et les solides moléculaires sont deux catégories de l’état solide.

a) Solide ionique :

Un solide ionique est un empilement régulier de cations et d'anions dans l'espace. Il est électriquement
neutre. Sa formule indique la proportion des ions présents.

Ex : Le cristal de fluorite CaF2 (1 ion calcium Ca2+ pour 2 ions fluorure F-)

b) Solide moléculaire :

C'est un empilement régulier de molécules dans


l'espace.

Ex : glace d’eau (fig. 1), cristal moléculaire de diiode


I2 (fig.2).

 Cohésion des solides ioniques

Dans un cristal ionique, chaque ion s'entoure d'ions de signes opposés. C'est l'interaction électrostatique existant
entre ces ions de charges contraires (modélisée par la loi de Coulomb) qui assure la cohésion du solide ionique.

© Florence Trouillet T1-7 : De la structure aux propriétés d’une espèce chimique page 1/5
 Cohésion des solides moléculaires

Elle est assurée par 2 types d'interactions intermoléculaires :


- les interactions de Van der Waals ;
- les liaisons hydrogène.
Ces interactions sont beaucoup plus faibles que celles qui assurent la cohésion des solides ioniques.

a) Les interactions de Van der Waals

Ce sont des interactions de type électrostatique entre des dipôles électriques permanents ou induits (un
dipôle étant un ensemble de 2 charges opposées séparées d’une distance d).

Interaction entre des dipôles permanents (fig.1) :


La molécule HCl est polaire (dipôle permanent) : l’atome de chlore est le « pôle - » de la molécule et l’atome
d’hydrogène, son « pôle + ». En pointillés sont représentées les interactions de Van der Waals.

Interactions entre des dipôles induits :


La molécule de diiode n’est pas polaire (elle est en effet constituée de 2 atomes identiques). Sous l’action
d’une molécule polaire (comme l’eau), le diiode devient lui-même une molécule polaire (fig.2). Un dipôle
peut également apparaître spontanément au sein de la molécule de diiode (on parle de dipôle instantané.
Dans les deux cas, les dipôles ainsi crées interagissent, ce qui assure la cohésion du cristal de diiode (fig.3).

Les interactions de Van der Waals se manifestent à courte distance et sont faibles. Elles sont également
présentes dans les liquides. Elles sont d'autant + importantes que les molécules sont volumineuses.

b) La liaison hydrogène (appelée aussi « pont hydrogène »)

Une liaison ou « pont » hydrogène est une interaction attractive qui s'établit entre un atome d'H lié par une
liaison covalente à un atome A, et un atome B (A et B pouvant être O, F, N, Cl).

La liaison hydrogène est plus forte que l'interaction de Van der Waals. Elle se manifeste aussi dans les liquides.
Ces interactions intermoléculaires s’ajoutent aux interactions de Van der Waals.
© Florence Trouillet T1-7 : De la structure aux propriétés d’une espèce chimique page 2/5
II DISSOLUTION D’UN SOLIDE IONIQUE DANS UN SOLVANT

 Rôle du solvant

Pour dissoudre des espèces ioniques, il faut choisir un solvant polaire (comme l'eau). La dissolution d'un solide
ionique dans un solvant polaire résulte d'interactions électriques.

 Mode de dissolution d’un solide ionique

Elle peut être décrite par 3 étapes : la dissociation de l'électrolyte, la solvatation et la dispersion.

a) Première étape : la dissociation

L'action électrostatique attractive des molécules d'eau provoque la dissociation du


cristal ionique avec formation d'ions en solution.

b) Deuxième étape : la solvatation

Par attraction électrostatique, les ions passés en solution s'entourent d'un « bouclier
» de molécules d'eau, qui les empêche alors de se rapprocher les uns des autres pour
former des liaisons entre eux. C'est le phénomène de solvatation. On le nomme
également hydratation dans le cas où le solvant est l'eau.

Les ions hydratés sont notés avec le qualificatif (aq). Ainsi Na +(aq) symbolise un ion
sodium entouré de molécules d'eau.

c) Troisième étape : la dispersion

Les ions hydratés se dispersent dans la solution et au bout d'un temps plus ou moins long (considérablement
écourté lorsque l'on agite la solution), la solution est homogène. C'est la dispersion.

 Equation de la dissolution

Le phénomène de dissolution d'un solide ionique dans l'eau est une transformation chimique que l’on peut
modéliser, à l’échelle macroscopique, par une équation : l'équation de la réaction de dissolution.

 Exemple : dissociation du chlorure de baryum


eau
BaCl2 (s) ⎯→ Ba2+ (aq) + 2 Cl-(aq)

Attention à bien respecter la loi de conservation des charges électriques dans l'écriture de l'équation !

 Concentration molaire réelle des ions

La concentration molaire [X] d'un ion en solution est donnée par la relation :
n : quantité de matière de l’ion X (en mol)
𝒏(𝑿)
[𝑿] = avec V : volume de la solution (en L)
𝑽
X] : concentration molaire de l’ion (en mol.L-1)

© Florence Trouillet T1-7 : De la structure aux propriétés d’une espèce chimique page 3/5
Pour calculer ces concentrations, il faut exploiter l'équation chimique de la dissolution du soluté qui a conduit à
la formation des ions X.

 Exemple :
Sur un flacon on lit : « solution de chlorure de cobalt à 0,10 mol.L-1 ». Cette mention signifie que cette solution a
été préparée en dissolvant 0,1 mole de CoCl2 (le soluté) dans 1 litre d’eau ; on dit aussi que c’est la concentration
en soluté apporté notée C. Pour autant, cela ne signifie pas que la solution contient 0,1 mole de CoCl2 par litre
de solution. En effet, il n’existe pas de soluté CoCl2 en solution parce que le chlorure de cobalt est un solide
ionique qui est totalement dissocié, lors de la dissolution, en ions Co2+ et Cl- :
CoCl2 (s) ⎯⎯→ Co2+ (aq) + 2 Cl- (aq)
Les concentrations molaires des espèces réellement présentes en solution (c’est-à-dire les concentrations
molaires en ions Co2+ et Cl- notées [Co2+]et [Cl-] ) sont telles que :
[Co2+ (aq)] = C = 0,1 mol.L-1 et [Cl- (aq)] = 2 C = 0,2 mol.L-1
On retrouve ainsi le fait que la solution est électriquement neutre : [Cl- (aq)] = 2 × [Co2+ (aq)]

III DISSOLUTION D’UN SOLIDE MOLECULAIRE DANS UN SOLVANT

 Solide apolaire

Si le solide est formé de molécules apolaires : un solvant apolaire sera approprié pour réaliser
sa dissolution (ex : dissolution du diiode I2 dans le cyclohexane). Les interactions entre les
molécules du solvant et du soluté sont des interactions de Van der Waals.

 Solide polaire

Si le solide est polaire, un solvant polaire sera approprié.

2 cas possibles :
Dissolution sans formation de liaisons hydrogène (ex : butanone dans l'acétone) : la dissolution s'explique par les
interactions de Van der Waals qui s'établissent entre les molécules polaires du soluté et du solvant.

Interactions de Van der Waals entre les


dipôles permanents

Dissolution avec formation de liaisons (appelées aussi « ponts ») hydrogène (ex : glucose dans l’eau) : la
dissolution s'explique par les interactions de Van der Waals et les nombreuses liaisons hydrogène qui s'établissent
entre les molécules polaires du soluté et du solvant (pas toutes représentées sur le schéma).

Interactions de Van der Waals entre les


dipôles permanents.
Liaisons H

© Florence Trouillet T1-7 : De la structure aux propriétés d’une espèce chimique page 4/5
IV EXTRACTION PAR UN SOLVANT

 Solubilité d’un soluté dans un solvant

La solubilité d'un soluté dans un solvant traduit sa capacité à se dissoudre dans ce solvant.
La solubilité, notée s (exprimée en g·L-1), d'une espèce chimique (solide, liquide ou gaz) correspond à la masse
maximale de cette espèce que l'on peut dissoudre dans un litre de solvant, généralement de l'eau.
La solubilité dépend de la température et de la nature du solvant, car elle est liée aux interactions, au niveau
microscopique entre le soluté (molécule, ion, atome) et le solvant : plus les interactions sont nombreuses et plus
le soluté est soluble dans le solvant.
Une espèce chimique peut être insoluble dans un solvant : dans ce cas, le soluté ne se dissout pas.

 Miscibilité de deux liquides

Lorsqu'un soluté est liquide, il peut être soluble dans un solvant, en toutes proportions. Dans ce cas, on dit que
les deux liquides sont miscibles. Des liquides sont miscibles lorsqu'ils se mélangent l'un avec l'autre pour former
un mélange homogène.

ATTENTION AUX CONFUSIONS POSSIBLES :


• La solubilité correspond à la concentration en g·L-1 (ou en mol·L-1) du soluté dans la solution saturée, c'est-à-dire
une solution dans laquelle la concentration en soluté est maximale.
• Ne pas confondre miscibilité et solubilité : la miscibilité concerne deux liquides qui se mélangent en toute
proportion ; la solubilité concerne un soluté qui se dissout plus ou moins dans un solvant.

 Extraction par un solvant

L'extraction par un solvant (extraction liquide-liquide) est une technique expérimentale qui permet d'extraire une
espèce dissoute dans une solution.

Le choix du solvant extracteur est lié à ses propriétés physiques :


• le soluté doit être plus soluble dans le solvant extracteur que dans le solvant initial où se trouve le soluté au
départ ;
• le solvant extracteur ne doit pas être miscible avec le solvant initial.

Pour réaliser l'extraction par solvant, on utilise une ampoule à décanter.

© Florence Trouillet T1-7 : De la structure aux propriétés d’une espèce chimique page 5/5
T1-8 : STRUCTURE DES MOLECULES ORGANIQUES

Compétences à acquérir :
• Identifier, à partir d’une formule semi-développée, les groupes caractéristiques associés aux familles de composés : alcool, aldéhyde, cétone et
acide carboxylique.
• Justifier le nom associé à la formule semi-développée de molécules simples possédant un seul groupe caractéristique et inversement.
• Exploiter, à partir de valeurs de référence, un spectre d'absorption infrarouge.
• Utiliser des modèles moléculaires ou des logiciels pour visualiser la géométrie de molécules organiques.

I LES ALCANES, DES MOLECULES ORGANIQUES

Une espèce organique est une molécule ou un ion qui contient, a minima, l’élément carbone et l’élément hydrogène
(d’autres éléments peuvent être présents comme l’oxygène, l’azote, le soufre, le phosphore …). Ces composés peuvent
être d’origine naturelle ou produits par synthèse.

 Chaîne carbonée d’une molécule organique

Les molécules organiques possédant plus d’un atome de


carbone présentent un enchaînement d’atomes de carbone. Cet
enchaînement constitue le squelette de la molécule, appelé
chaîne carbonée.
Une chaîne carbonée peut être linéaire (molécule a), ramifiée
molécules b et c) et/ou cyclique (molécule d).

 Une famille d’hydrocarbure : les alcanes

Les hydrocarbures sont des composés organiques uniquement constitués d’atomes de C et H. Les alcanes sont
des hydrocarbures saturés car ils ne possèdent que des liaisons C-C simples. Dans les alcanes, tous les atomes de
C sont tétragonaux (chaque atome de C établit 4 liaisons avec 4 atomes voisins).
On distingue les alcanes à chaîne ouverte (non cyclique) de formule brute CnH2n+2 (n  1) des alcanes cycliques (à
chaîne carbonée fermée de formule brute CnH2n (n  3).

 Nomenclature des alcanes

1. Pour trouver le nom systématique d’un alcane, il faut d’abord repérer la plus longue chaîne carbonée. C’est elle
qui va permettre de déterminer le radical du nom.
Ceci n’est pas à connaître par cœur, le tableau sera fourni !
Ramifications
CH 3 CH 3

H3C CH2 CH CH CH3

Chaîne carbonée principale (5C)

À ce radical s’ajoute le suffixe -ane. Exemple : méthane, éthane, propane, etc.

© Florence Trouillet T1-8 : Structure des molécules organiques page 1/5


2. Il faut ensuite tenir compte des éventuelles ramifications, c’est-à-dire de plus petites chaines carbonées venant se
fixer à la chaîne principale. Elles apparaissent sous forme d’un préfixe indiquant la position de la ramification et le
nombre de carbone.
On commence par identifier ces ramifications greffées sur la chaîne principale appelées
« groupes alkyles » ; le nom d’un groupe alkyle nom dérive de celui de l’alcane linéaire
correspondant (on remplace la terminaison « -ane » par la terminaison « -yle »).

3. On numérote les atomes de la chaîne carbonée de manière à ce que le numéro


de la position du premier atome de C portant une ramification soit le plus petit
possible. Dans l’exemple ci-contre, la numérotation en bleu est correcte, celle en
rouge est fausse.
S’il y a plusieurs ramifications, la chaîne principale est numérotée de telle sorte
que la somme des indices soit la plus petite possible.

4. Enfin, on place le nom de ces ramifications (méthyle, éthyle) devant le nom de la chaîne linéaire, dans l’ordre
alphabétique, en la faisant précéder du numéro du carbone qui la porte. Le e final de ce nom est supprimé.
Le nom est alors constitué ainsi : Indice de position de la ramification + un tiret + nom de la ramification
correspondante (sans le « e » final) + nom de l’alcane (collé)
Si plusieurs ramifications identiques sont présentes, ces numéros sont groupés et on ajoute le préfixe di-, tri- ou
tétra- devant le nom du groupe alkyle.

Remarque n°1 : Lorsque la chaîne est un cycle, on rajoute le préfixe cyclo- : cyclohexane,
cyclopentane, etc.
Remarque n°2 : il arrive que le numéro précédant le groupe alkyle soit inutile car sans
ambigüité. Il doit être alors supprimé.

II AUTRES FAMILLES DE MOLECULES ORGANIQUES

 Groupes caractéristiques

Certaines molécules organiques comportent des groupes d’atomes autres que C et H. Ces groupes d’atomes sont
appelés groupes caractéristiques et définissent la famille à laquelle appartient une molécule donnée. Un groupe
caractéristique confère à une molécule donnée des propriétés particulières

Exemple : éthanol H3C–CH2–OH. Le groupe caractéristique est –OH. Toutes les molécules possédant uniquement ce
groupe caractéristique font partie de la famille des alcools.

Cette année, en plus de la famille des alcanes, nous allons étudier 4 familles de molécules organiques : les alcools,
les aldéhydes, les cétones et les acides carboxyliques.

© Florence Trouillet T1-8 : Structure des molécules organiques page 2/5


 Les alcools

a) Définition :

R – OH
Groupe alkyle Groupe caractéristique : groupe hydroxyle lié à un atome
de carbone tétragonal par une liaison simple

b) Nomenclature :

Le nom s’obtient en ajoutant au nom de l’alcane correspondant (après élision du « e » final), la terminaison « ol »
précédée de l’indice de position du C fonctionnel (C qui porte le groupe –OH). Le sens de numérotation de la
chaîne est choisi pour que l’indice de position du groupe soit minimal (priorité à la fonction alcool !!!).

Nom de l’alcane correspondant + - Indice de position du groupe - + suffixe « ol »

4 3 2 1
H3C CH CH2 CH2 OH 3-méthylbutan-1-ol

H3C Sens de n°

 Aldéhydes, cétones et acides carboxyliques

a) Groupes caractéristiques :

Les aldéhydes, cétones et acides carboxyliques possèdent une double liaison C=O. Ces familles se distinguent
les unes des autres par la nature des autres atomes portés par l’atome de carbone de la double liaison C=O (cet
atome de carbone est appelé carbone fonctionnel).
• Si le groupe carbonyle C=O est placé en bout de chaîne (avec un atome d’hydrogène porté par le carbone
fonctionnel), il définit la famille des aldéhydes.
• Si le groupe carbonyle est placé est en milieu de chaîne, il définit la famille des cétones.
• S’il est lié à un groupe –OH, on a le groupe carboxyle –COOH qui définit la famille des acides carboxyliques.

© Florence Trouillet T1-8 : Structure des molécules organiques page 3/5


b) Nomenclature :

On obtient le nom d’un aldéhyde, d’une cétone ou d’un acide carboxylique en substituant le –e final de l’alcane
ayant la même chaîne carbonée par un des suffixes du tableau suivant. La chaîne est numérotée de sorte que le
carbone fonctionnel ait le plus petit numéro possible. Dans le cas des acides carboxyliques, le nom commence
par le mot « acide ».

Dans le cas des aldéhydes et des acides carboxyliques, le numéro du carbone fonctionnel (qui est toujours le
numéro 1) n’est pas précisé.

c) Synthèse :

III IDENTIFICATION D’UNE ESPECE PAR ANALYSE SPECTROSCOPIQUE INFRAROUGE

 Principe de l’analyse spectroscopique

L’analyse spectroscopique est une technique d’analyse et d’identification non


destructive qui consiste à faire passer des rayonnements EM au travers d’un
échantillon de matière et à analyser la fréquence des ondes absorbées. On obtient
ainsi des informations sur la structure de la matière.
Nous avons étudié en début d’année une technique appelée spectroscopie UV-visible
utilisant des rayonnement EM de longueur d’onde comprise entre 100 nm et 800 nm.
Nous allons étudier une nouvelle technique appelée spectroscopie infrarouge (IR).

© Florence Trouillet T1-8 : Structure des molécules organiques page 4/5


 Spectroscopie IR

a) Principe :

Les molécules organiques absorbent des radiations dans le domaine de l’UV-visible


mais aussi dans l’IR. En effet, les atomes d’une molécule ne sont pas fixes, ils vibrent.
Les liaisons covalentes peuvent en effet être visualisées comme de minuscules ressorts
liant deux atomes. Elles peuvent vibrer en élongation ou en déformation.

Comme pour l’électron en orbite autour d’un atome, l’énergie de vibration de ces
liaisons est quantifiée. Si l’on envoie sur une liaison un photon ayant l’énergie adéquate
(c’est-à-dire l’énergie correspondant à la différence entre deux niveaux d’énergie de
vibration), la liaison pourra l’absorber et vibrer avec une plus grande amplitude. Ces
niveaux d’énergies dépendent du type d’atomes (ou groupe d’atome) liés.
La spectroscopie IR consiste à faire passer des rayonnements infrarouges de longueur d’onde comprise entre
2,5 m et 25 m dans un échantillon de matière et d’analyser le spectre obtenu.

b) Spectre IR :
Le spectre infrarouge d’une molécule est le tracé de la transmittance T (pourcentage du signal transmis, c’est-
à-dire non absorbé par la molécule) en fonction du nombre d’onde σ (cm-1) qui est défini comme l’inverse de
𝟏
la longueur d’onde : 𝝈 = 𝝀.

- Si la transmittance est faible, alors l’absorption est forte : un creux de transmittance correspond à un pic
d’absorbance : les bandes d’absorption pointent vers le bas.
- L’échelle en abscisse est orientée vers la gauche et n’est pas toujours linéaire.

Quand une lumière IR traverse un échantillon de matière, certaines liaisons des molécules présentes absorbent
de l’énergie pour changer de fréquence de vibration et l’on voit apparaître des bandes dans le spectre : un
spectre IR renseigne ainsi sur la nature des liaisons de la molécule et donc sur ses groupes caractéristiques. Un
spectre IR est donc caractéristique d’une molécule.

On distingue deux zones principales dans un spectre IR :

Pour  compris entre 1500 et 4000 cm-1 : il s’agit


d’une zone ne comprenant qu’un nombre limité de
bandes caractérisées chacune par sa position
(repérée par ), sa largeur (fine ou large), son
intensité (faible, moyenne ou forte selon la valeur
minimale de la transmittance). C’est cette partie du
spectre qui sera analysée dans les exercices.
Pour  compris entre 400 et 1500 cm-1 : il s’agit d’une
zone très riche en bandes d’absorption. On l’appelle
« l’empreinte digitale » de la molécule car le spectre
ne peut être exploité que par comparaison avec un
spectre de référence.

Pour déterminer le type de liaison correspondant à une bande, il faut relever la position et l’allure de la
bande et comparer ces données avec celles d’une table (tableau donnant les bandes des principales liaisons
présentes dans les molécules organiques). Ce tableau sera toujours fourni pour la réalisation des exercices.

© Florence Trouillet T1-8 : Structure des molécules organiques page 5/5


T1-9 : SYNTHESE

Compétences à acquérir :
• Identifier, dans un protocole, les étapes de transformation des réactifs, d’isolement, de purification et d’analyse (identification, pureté) du
produit synthétisé. Justifier le nom associé à la formule semi-développée de molécules simples possédant un seul groupe caractéristique et
inversement.
• Justifier, à partir des propriétés physico-chimiques des réactifs et produits, le choix de méthodes d’isolement, de purification ou d’analyse
• Déterminer, à partir d’un protocole et de données expérimentales, le rendement d’une synthèse.
• Schématiser des dispositifs expérimentaux des étapes d’une synthèse et les légender.
• Mettre en œuvre un montage à reflux pour synthétiser une espèce chimique organique. Isoler, purifier et analyser un produit formé.

I LES ETAPES D’UNE SYNTHESE

 La synthèse chimique

La synthèse organique est une succession d'étapes, de manipulations, permettant d'obtenir des molécules
organiques. Le protocole en décrit chronologiquement les étapes à effectuer pour fabriquer puis isoler le produit
souhaité.

Si nécessaire, on peut ajouter une étape de purification.

 Les étapes d’une synthèse

Etape 1 : le prélèvement des réactifs


Avant de prélever les réactifs, il faut rechercher leurs pictogrammes de danger ainsi que leurs consignes de
sécurité associées.
Ensuite, il faut réaliser les prélèvements des réactifs par pesée pour les solides ou les liquides, par mesure de
volume de solution pour les solutés (en respectant les consignes de sécurité identifiées).

Etape 2 : la transformation chimique

C’est lors de cette étape que l’on synthétise le produit recherché. Le choix du montage est déterminé par la
température à laquelle se déroule la synthèse, le besoin d’agitation ou pas, etc.

- Si la réaction nécessite d’être accélérée, si l’on souhaite dissoudre des


réactifs solides et ainsi augmenter le rendement, alors on chauffe le mélange
réactionnel. On utilise un montage de chauffage à reflux (voir ci-contre) qui
évite les pertes de matière (réactifs, produit, solvant) par évaporation (le
ballon est surmonté d’un réfrigérant dans lequel les vapeurs se
condensent et retombent dans le ballon).

- Si la réaction a lieu à froid ou si l’on souhaite éviter une élévation de


température (cas d’une réaction trop exothermique), on régule la
température en plaçant le ballon dans un bain d’eau glacée.
© Florence Trouillet T1-9 : Synthèse page 1/3
Etape 3 : l’isolement du produit synthétisé

C’est lors de cette étape que l’on sépare le produit recherché du milieu réactionnel (réactifs n’ayant pas réagi,
autres produits de la réaction, solvant, etc.). Le choix du montage est déterminé par l’état physique du produit à
isoler (solide ou liquide).

 Cas de l’isolement d’un produit solide :

 Cas de l’isolement d’un produit liquide :


L’extraction liquide-liquide de l’espèce chimique dissoute dans un mélange liquide peut être réalisée à l’aide d’un
solvant extracteur dans une ampoule à décanter. Le solvant doit être non miscible avec le mélange initial
d’espèces chimiques et l’espèce chimique à extraire doit y être plus soluble que dans le mélange initial. On
récupère ensuite la phase contenant l’espèce extraite et qu’on sépare (une fois « lavée ») du solvant par
évaporation.

© Florence Trouillet T1-9 : Synthèse page 2/3


Etape 4 : l’analyse du produit synthétisé

A la fin de la synthèse, il convient de vérifier que le produit obtenu est bien celui attendu et de contrôler sa pureté.
Plusieurs techniques sont souvent employées pour effectuer cette analyse.

- Mesure d’une caractéristique physique (température de fusion, masse volumique, indice de réfraction...)
- Analyse spectroscopique (UV-visible, IR, RMN)
- Chromatographies (sur couche mince, en phase gazeuse...)

Etape éventuelle de purification :

Les techniques précédentes permettent d’obtenir un produit dit « brut » mais ne permettent pas toujours d’en
éliminer toutes les impuretés. On doit alors purifier le produit grâce à une technique appropriée.
- Si l’espèce chimique à purifier est liquide, la distillation fractionnée (voir ci-
contre) permet de séparer l’espèce chimique recherchée et les impuretés à
conditions que leurs températures d'ébullition soient suffisamment
différentes. Le liquide le plus volatil (celui qui a la température d’ébullition
la plus basse) constitue alors le distillat récupéré dans l’erlenmeyer.
- Si l’espèce est solide, une recristallisation permet de la purifier en jouant
sur les différences de solubilités du produit et des impuretés dans un
solvant en fonction de la température.
Cette technique consiste à dissoudre le produit solide obtenu dans un
solvant à chaud, puis à le faire cristalliser de nouveau en le laissant refroidir,
les impuretés restant alors dissoutes dans le solvant.

II RENDEMENT D’UNE SYNTHESE

Le rendement η d’une synthèse est le rapport entre la quantité de matière de produit purifié réellement obtenue (nexp)
et la quantité de matière maximale qui pourrait théoriquement se former (nmax). Il peut être exprimé en pourcentage :
𝒏𝒆𝒙𝒑
η= x 100
𝒏𝒎𝒂𝒙
La valeur du rendement dépend des paramètres expérimentaux de la synthèse. C'est un indicateur de l'efficacité d'une
synthèse.
© Florence Trouillet T1-9 : Synthèse page 3/3
T1-10 : REACTIONS DE COMBUSTION

Compétences à acquérir :
• Citer des exemples de combustibles usuels.
• Écrire l’équation de réaction de combustion complète d’un alcane et d’un alcool.
• Estimer l’énergie molaire de réaction pour une transformation en phase gazeuse à partir de la donnée des énergies des liaisons.
• Mettre en œuvre une expérience pour estimer le pouvoir calorifique d’un combustible.
• Citer des applications usuelles qui mettent en œuvre des combustions et les risques associés.
• Citer des axes d’étude actuels d’applications s’inscrivant dans une perspective de développement durable.

I LES COMBUSTIBLES USUELS

Un combustible est une substance qui peut subir une réaction de combustion, c’est-à-dire qui peut réagir avec le
dioxygène O2 de l’air en dégageant une grande quantité d’énergie.

 Les combustibles fossiles

Les combustibles fossiles sont issus de la biomasse mais ils ont été transformés chimiquement et accumulés au
cours des temps géologiques : charbon, pétrole, gaz « naturel » (principalement le méthane et l’éthane). Ils sont
donc issus de ressources non renouvelables car ils ne se reforment pas rapidement à l’échelle d’une vie humaine.

Charbon : carbone pur (ou presque, il y a également des impuretés dedans car le bois à l’origine du charbon
contenait également d’autres éléments (S, P) en petite quantité).
Carburants : le raffinage du pétrole brut permet d’en extraire différents types de carburants.
- Essence : mélange d’alcanes et d’alcènes (hydrocarbure contenant une double liaison C=C) plus ou moins ramifiés
possédant en moyenne 8 atomes de carbone.
- Kérosène : idem mais en moyenne 10 atomes de carbone.
- Gazole : idem mais en moyenne 12 atomes de carbone.

 Les combustibles naturels

Les combustibles naturels sont issus de la biomasse : bois, éthanol, méthane issu de processus de traitement de la
biomasse (méthanisation), mais aussi « biocarburants » c’est-à-dire des carburants identiques à ceux dérivés du
pétrole, mais obtenu par traitement de la biomasse. Ils sont donc issus de ressources renouvelables car ils se
forment rapidement à l’échelle d’une vie humaine.

 Le dihydrogène

Il n’existe aucune source naturelle de dihydrogène H2. Il est produit :


- soit à partir du pétrole par une transformation chimique.
- soit par électrolyse de l’eau (procédé qui nécessite beaucoup d’énergie).

Ce n’est pas un combustible organique. Il ne produit pas de dioxyde de carbone CO2 lors de sa combustion.
2 H2 + O2 → 2 H2O

© Florence Trouillet T1-10 : Réactions de combustion page 1/4


II REACTIONS DE COMBUSTION

 Définition

Une combustion peut être modélisée par une réaction d’oxydo-réduction au cours de
laquelle :
- un combustible s’oxyde ;
- un comburant (généralement, il s’agit du dioxygène gazeux, le plus souvent extrait
de l’air ambiant), se réduit.

Pour activer une réaction de combustion, il faut apporter une énergie (appelée
« énergie d’activation »).

 Equation de la réaction de combustion

La combustion complète d’un carburant ne contenant que des atomes de C, H et O (hydrocarbure, charbon pur,
alcools) ne produit que du dioxyde de carbone CO2 et de l’eau.

 Exemple de la combustion complète du méthane :


Couples en présence : O2 / H2O ; CO2/CH4
½ équation électronique associée au couple O2 / H2O : O2 + 4 H+ + 4 e– = 2 H2O
½ équation électronique associée au couple CO2 / CH4 : CO2 + 8 H+ + 8 e– = CH4 + 2 H2O
Bilan : O2 + 4 H+ + 4 e– → 2 H2O (×2)
CH4 + 2 H2O → CO2 + 4 H+ + 4 e–
____________________________
CH4 + 2 O2 → CO2 + 2 H2O

Toutes les combustions ne sont pas complètes, loin s’en faut. Lors d’une combustion incomplète, il peut se former
du monoxyde de carbone (CO) qui est un gaz toxique pour la santé. Il peut également rester des traces
d’hydrocarbures non brûlés (odeur caractéristique des gaz d’échappement d’une voiture sans pot catalytique). Il
peut également y avoir des microparticules (principalement de la suie, c’est-à-dire des particules de charbon).
De même, les carburants contiennent des impuretés contenant notamment du soufre S et de l’azote N. Cela conduit
à la formation de SO2, NO, NO2, tous des gaz polluants.
Enfin, lors d’une combustion dans un moteur thermique, le diazote de l’air peut réagir avec le dioxygène pour donner
des oxydes d’azote (N2O, NO, NO2) qui sont tous des gaz polluants également.

 Défis énergétiques et développement durable

Nos sociétés très consommatrices d’énergie reposent principalement sur la combustion de pétrole et de charbon
(transport, chauffage, production d’électricité …). L’utilisation d’énergie renouvelable à l’échelle mondiale reste
encore marginale (12,6 % en 2020, sans compter l’énergie autoconsommée, c’est-à-dire produite par son utilisateur).

Le principal problème des combustions d’énergie fossile est la production de CO2 en quantité très importante. Or
le dioxyde de carbone est un gaz à effet de serre dont la forte quantité libérée dans l’atmosphère renforce l’effet
de serre naturel, provoquant une augmentation de la température moyenne du globe ; il participe donc au
changement climatique actuel.

© Florence Trouillet T1-10 : Réactions de combustion page 2/4


Le taux de dioxyde de carbone CO2 dans l’atmosphère est
actuellement (janvier 2023) d’environ 419,5 ppm (parties
par million) ; c’est-à-dire que sur un million de molécules
prises dans l’atmosphère, 419 sont des molécules de CO2.
Un des enjeux majeurs de l’Humanité à l’heure actuelle est
d’arriver rapidement à un arrêt quasi-complet de
l’utilisation des énergies fossiles, sous peine de voir arriver
des changements drastiques du système climatique et des
écosystèmes.
Pour éviter de puiser dans les ressources fossiles, on
cherche encore des alternatives renouvelables tel :
- les agrocarburants (qui présentent l’inconvénient de mobiliser les terres agricoles utilisées pour produire de la
nourriture et provoque la déforestation) ;
- la valorisation de la biomasse (on brûle les déchets végétaux ou on les transforme en carburant de synthèse) ;
- l’utilisation de microalgues ou de bactéries spécialisées dans la production de matière combustible, avec un
excellent rendement. (Voir articles dans le plan de travail.)

III ASPECT ENERGETIQUE DES REACTIONS DE COMBUSTION

 Energie libérée lors d’une combustion

Une réaction de combustion est toujours exothermique : le système chimique en combustion libère de l’énergie
noté Q et exprimée en Joule. On a donc Q < 0 (c’est la convention du « compte en banque » ; si le compte perd de
l’argent le transfert est compté négativement).

L’énergie transférée Q lors d’une combustion dépend de la quantité de combustible et de la nature du combustible.
- Elle peut être calculée à partir de l’énergie molaire de combustion du combustible (énergie notée Ecomb et
exprimée en J.mol-1) qui est définie comme étant l’énergie libérée par la combustion d’une mole de combustible.
Ainsi, l’énergie libérée par la combustion complète de n mole de combustible est :
Q = n × Ecomb avec n en mol, Ecomb en J.mol-1 (Ecomb < 0 car définie par rapport au système chimique) et Q en J.

- Elle peut être également calculée à partir du pouvoir calorifique combustible (noté PC et exprimé en J.kg-1) qui
est défini comme étant l’énergie libérée par la combustion d’un kilogramme de combustible. Ainsi, l’énergie
libérée par la combustion complète de n mole de combustible est :
Q = - m × PC avec m en kg, PC en J.kg-1 (PC > 0 car définie par rapport au système chauffé) et Q en J.

Ces deux grandeurs sont reliées par la masse molaire M du combustible : Ecomb = - PC × M

 Energie molaire de combustion et énergie de liaison

L’énergie chimique est une forme d’énergie associée aux liaisons intramoléculaires. Pour rompre une liaison entre
2 atomes il faut fournir de l’énergie ; au contraire, la création d’une liaison libère de l’énergie. Ces énergies sont
appelées « Energies de liaison » et exprimée en kJ.mol-1.

 Exemple : l’énergie de la liaison C–C vaut 346 kJ·mol-1. Cela signifie que :
1) pour rompre une mole de liaisons C–C, il faut apporter 346 kJ ;
2) la formation d’une mole de liaisons C–C produit 346 kJ.

© Florence Trouillet T1-10 : Réactions de combustion page 3/4


 Énergie de liaisons de quelques liaisons courantes :

Liaisons Energie de liaison (kJ.mol-1)


C–C 348
C=C 602
C–H 413
C–O 360
C=O 749 (796 pour CO2)
O=O 496
O–H 463

Remarque : une énergie de liaison est généralement donnée en J·mol-1 ou en kJ·mol-1 car l’énergie d’une seule
liaison est très petite. Ainsi, comme toujours en chimie, manipuler des moles et des grandeurs molaires est plus
commode.

Lors d’une combustion, la quantité d'énergie libérée lors de la formation des


liaisons existant dans les produits (2) est supérieure à la quantité d'énergie
nécessaire pour rompre les liaisons existant dans les réactifs (1) comme on peut
le voir sur le diagramme énergétique ci-contre : la combustion libère de l’énergie
chimique.

Les énergies de liaisons permettent d’estimer l’énergie molaire de combustion


Ecomb :

𝑬𝒄𝒐𝒎𝒃 = ∑ 𝑬𝒍𝒊𝒂𝒊𝒔𝒐𝒏𝒔 𝒓𝒐𝒎𝒑𝒖𝒆𝒔 − ∑ 𝑬𝒍𝒊𝒂𝒊𝒔𝒐𝒏𝒔 𝒇𝒐𝒓𝒎é𝒆𝒔

 Exemple : détermination du pouvoir calorifique du propane


L’équation de la combustion est : C3H8 (g) + 5 O2 (g) → 3 CO2 (g) + 2 H2O (g)
On trace le diagramme énergétique modélisant les ruptures et formations des liaisons en identifiant la nature et
le nombre de liaisons rompues ainsi que la nature et le nombre de liaisons formées.

Énergie de dissociation des liaisons : Ed = (2×348) + (8×413) + (5×496) = 6480 kJ.mol-1


Énergie de formation des liaisons : Ef = (6×796) + (8×463) = 8480 kJ·mol-1.
Énergie libérée par la combustion d’une mole de propane : Ecomb = 6480 – 8480 = −2000 kJ·mol-1.
Pouvoir calorifique du propane : PC = 2000 kJ·mol-1

© Florence Trouillet T1-10 : Réactions de combustion page 4/4

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