EMSI
MARRAKECH
Matière : Droit de l’entreprise
Prof : Dr Mohamed BASLAM
Niveau : 3GC
LES MOYENS DE REGLEMENT
LE CHEQUE
Le chèque est un titre de paiement ; ce n’est pas un instrument de crédit, car
il est payable à vue. L’ouverture d’un compte bancaire ou postal représente l’une des
obligations du commerçant. Le paiement par chèque barré, virement ou carte de
paiement ou de crédit est obligatoire dans certains cas :
- Lorsqu’il s’agit de règlements effectués par des commerçants pour des
opérations professionnelles d’un montant de 5 000 DH, sous peine des sanctions en
matière de la TVA et la déductibilité des charges
Dès l’ouverture d’un compte, les banques délivrent un chéquier. Le chèque est
un document normalisé. Tous les chèques comportent les mêmes indications.
I. Notions générales
1. Définitions :
« Le chèque est un titre de paiement par lequel le titulaire d'un compte donne
ordre au banquier de payer à un bénéficiaire un montant déterminé à prélever sur
les fonds ou sur les crédits du titulaire »
« Le chèque est l’écrit qui , sous forme d’un mandat de paiement , permet au
tireur d’effectuer le retrait à son profit d’un tiers de tout ou d’une partie du fond
disponible porté au crédit de son compte chez un banquier ou une personne
assimilée à un banquier. »
« Le chèque est un ordre écrit donné par le titulaire d’un compte - chèque (le
“tireur”) à son établissement bancaire ou postal (le “tiré”) de payer une somme
d’argent à un bénéficiaire déterminé (un tiers ou soi-même). »
Le tireur est également bénéficiaire lorsqu’il libelle un chèque de retrait à son nom.
2. Le chéquier :
a- La délivrance d'un chéquier bancaire :
Un chéquier peut être délivré une fois une personne compte ouvrir un compte
bancaire. Toutefois, la banque est en droit de refuser à tout moment de délivrer un
chéquier si par exemple ce dernier avait un incident de paiement.
b- Contenu du chéquier
Le chéquier, ou bien autrement dit carnet de chèques, se présente sous la forme
d'un carnet comprenant généralement des formules de chèques.
Le chéquier contient généralement, en plus des formules de chèques :
- Au moins un relevé d'identité bancaire (RIB) ;
- Souvent plusieurs feuilles quadrillées pour tenir votre compte ;
- Un bordereau de commande pour le renouvellement du chéquier.
3. Emission du chèque :
Faire un chèque, c'est donner l'ordre à sa banque de payer une certaine somme
à un bénéficiaire. Dans le cas d'un retrait d'espèces, le bénéficiaire peut d'ailleurs
être le détenteur du chèque même.
4. Normes du chèque :
Pour être valable, un chèque doit comporter certaines mentions obligatoires :
- Les unes généralement pré-imprimées (nom et adresse du titulaire, nom de
l’établissement bancaire ou postal, etc.) ;
- Les autres manuscrites (montant en toutes lettres et en chiffres, date, signature)
mais pourrant être aussi tapées à la machine.
Pour être valable, le chèque doit également comporter :
- Le mot " chèque " (qui apparaît dans le texte imprimé) ;
- L'ordre de payer (imprimé lui aussi sur le chèque) et le montant à payer (à
compléter ) ;
- Le nom de la banque qui doit payer ;
- L'indication du lieu où le paiement doit s'effectuer (c'est le rôle de la case
"payable à") ;
- L'indication de la date et du lieu où le chèque est créé (c'est l’émetteur qui l'inscrit);
- L'indication du bénéficiaire : Il n'est pas illégal d'émettre un chèque sans mention
du bénéficiaire, mais c'est extrêmement dangereux car l’émetteur du chèque ne
saura pas quel nom sera finalement porté sur le chèque lorsque celui-ci sera
encaissé. S'il ne s'agit pas de la personne à qui l’émetteur pensait avoir payé, il
pourrait avoir des difficultés à prouver qu’il a bien réglé sa dette.
- L'indication du montant : Sur la formule de chèque, il y’a un emplacement au
centre pour inscrire le montant en lettres et d'un autre en haut à droite pour inscrire
le montant en chiffres. Ce doublement de l'information facilite le traitement
mécanographique et augmente la sécurité. En cas de différence entre le montant en
chiffres et celui en lettre, le chèque est automatiquement rejeté.
la provision : La provision peut être définit comme une créance en argent de tireur
contre le tiré, plus concrètement c’est la somme égale au montant de chèque dont le
tireur dispose chez le tiré qu’il peut utiliser par chèque.
- La signature : pour authentifier l'ordre de payer.
5. Comment remplir un chèque ?
Il y a deux façons pour remplir un chèque :
A la machine :
Il n'est pas interdit de remplir un chèque à la machine à écrire, seule la signature
doit être manuscrite. Il faut veiller toutefois à la qualité de l'encre utilisée pour éviter
tout risque d'erreur ou de fraude. Quelques commerçants utilisent des appareils qui
impriment directement le total de la caisse enregistreuse sur le chèque. Dans ce cas,
la signature est obligatoire, après impression du chèque, en vérifiant bien le montant
indiqué et l'ordre, en n’oubliant surtout pas de remplir le talon.
Manuellement :
En écrivant de façon bien lisible et sans rature, on diminue sensiblement les risques
d'erreurs. En remplissant le chèque, il faut inscrire :
Le montant en chiffres avec une virgule et les centimes, même s'il s'agit d'un
chiffre rond (exemple : 1230,45DHS ou bien 1000,00DHS) et commencez à écrire à
gauche du cadre.
Le montant en lettres, en commençant à gauche de la première ligne réservée à cet
effet. Inscrivez le nombre de dirhams et si besoin le nombre de centimes (vous
pouvez écrire cents) (exemple : mille cent vingt trois dirhams et quarante cinq
centimes ou bien mille dirhams s’il n y avait pas de centimes). Il est toléré que les
centimes soient écrits en chiffres (exemple : cent vingt trois euros et 45 cents). Si le
texte écrit ne va pas jusqu'au bout de la ligne, complétez celle-ci d'un trait horizontal
pour éviter tout risque de falsification.
Le lieu et la date d'émission : ces mentions sont obligatoires. Il est interdit par la loi
d'antidater ou de postdater un chèque, c'est-à-dire de le dater d'un autre jour que
celui de l'émission.
D'ailleurs, il ne faudrait pas croire qu'un chèque daté du mois suivant oblige celui qui
le reçoit à retarder son encaissement. C'est à partir de la date d'émission qu'est
décomptée la durée de validité du chèque.
La signature : elle doit, bien évidemment, correspondre à celle que vous avez
déposée lors de l'ouverture du compte. Prenez garde en signant de ne pas dépasser
sur la piste magnétique car cela pourra être cause de rejet de votre chèque (voir
exemple annexé ).
6. Types de chèque
Il existe plusieurs types de chèque, on cite :
Types Désignation
Chèque barré Qui ne peut être payé qu’à une banque, une caisse d’épargne ou
un centre de chèques postaux. Tracez deux lignes parallèles
obliques sur le recto du chèque. Vous réduisez ainsi le risque en
cas de perte ou de vol, car la personne qui détient le chèque ne
peut que le faire verser sur son compte auprès de sa propre
banque
Chèque certifié Dont le montant est bloqué sur le compte du tireur pendant une
période déterminée.
Chèque de banque Dont le paiement est garanti par le tiré, la provision
correspondante étant bloquée :
• jusqu’au paiement,
• et, au plus tard, jusqu’à la fin du délai de validité du chèque.
Avantages :
• Fournissent une preuve de paiement.
Inconvénients :
• Il est extrêmement difficile d'obtenir un remboursement en
cas de fraude.
Chèque de garantie : un Beaucoup de professionnels demandent aux consommateurs de
faux ami leur remettre un chèque de garantie. C'est un chèque ordinaire
que le professionnel bénéficiaire s'engage à ne pas encaisser
avant un certain délai, sauf si l'émetteur ne respecte pas ses
engagements ou si certains événements se réalisent. Le chèque
n'est alors pas utilisé par les parties comme un instrument de
paiement mais comme une garantie. Un tel chèque n’est pas une
source de garantie valable mais Son bénéficiaire est en droit de
l'encaisser immédiatement, même s'il s'était engagé à ne pas le
faire
II. L'encaissement du chèque et les étapes qui suivent
1. La remise d’un chèque en compte :
Le bénéficiaire d'un chèque ne peut pas, sauf dans le cas particulier où il s'agit d'un
chèque non barré, l'encaisser en espèces ; il le remet à sa banque pour
encaissement.
La procédure de remise de chèque consiste en un bordereau de remise reprenant le
numéro de compte et les caractéristiques du ou des chèques déposés, sera établi et
une copie de ce bordereau sera remis au bénéficiaire.
La banque peut alors inscrire au crédit de compte le montant du chèque, avec une
date de valeur généralement de 48 heures à compter de la date de remise.
Le chèque est ensuite présenté à la banque de l'émetteur pour recouvrement. Bien
entendu, le banque se réserve le droit d'inscrire au débit de compte ce même
montant si le chèque revient impayé parce qu'il est sans provision, frappé
d'opposition, irrégulier ou pour tout autre motif.
Si lorsque le chèque est remis sur le compte, la banque a des doutes quant à la
solvabilité de l'émetteur, elle peut aussi prendre le chèque à l'encaissement, c'est-à-
dire ne créditer le compte qu'après encaissement effectif du chèque, et donc après
son passage dans le circuit interbancaire, ce qui nécessite quelques jours de délai
(48 heures).
La présentation de paiement
Le chèque est un titre payable à vue, il peut être présenté au paiement dès le jour
de son émission. S’il porte une date non-échue il est néanmoins payable dès le jour
de sa présentation.
Le chèque doit être présenté au paiement avant l’expiration d’un certain délai fixé
par la loi dans les conditions suivantes :
Le chèque émis et payable au Maroc doit être présenté au paiement dans le
délai de 20 jours.
Le chèque émis hors de Maroc et payable au Maroc doit être présenté dans le
délai de 60 jours
Les délais évoqués ci-dessus n’ont que peu de conséquence pratique
2. L’acquittement et l’endos d’un chèque :
Acquittement :
La signature portée au dos d'un chèque n'a pas toujours la même justification. Si
elle est apposée au dos du chèque en vue de l'encaisser, il s'agit d'un acquittement.
Endossement :
Si la signature est apposée au dos du chèque a pour but et / ou effet de transmettre
le chèque (à condition que le chèque soit transmissible c'est-à-dire non barré), il
s'agit d'un endos.
L’endossement du chèque produit les mêmes effets qu’en matière de lettre de
change, notamment la responsabilité solidaire des endosseurs, et l’inopposabilité des
exceptions
3. Cas d’un chèque sans provision :
a. Définition d’un chèque sans provision :
Chèque émis sur un compte de dépôt dont le solde disponible ou le découvert
autorisé est insuffisant pour régler le montant du chèque. L’émetteur se voit interdit
d’émettre des chèques jusqu’à ce qu’il régularise sa situation.
L’émission d’un chèque sans provision entraîne des frais bancaires et éventuellement
des pénalités à payer.
La provision doit être disponible dès l’émission du chèque et maintenue jusqu’à sa
présentation.
b. Le rejet et la régularisation d’un chèque sans provision :
Il incombe au porteur victime de l’émission de chèque sans provision de prendre
toutes les mesures nécessaires pour que soit officiellement constaté le défaut de
paiement, et d’intenter des recours pour obtenir le paiement effectif du chèque .
Attestation de non-paiement : Tout établissement bancaire qui refus le paiement
d’un chèque pour défaut de provision, doit remettre porteur à son mandataire un
certificat de refus de paiement. Cette attestation ne fait pas double emploi avec le
protêt, qui demeure le seul avec valable pour sauvegarder les recours cambiaires du
porteur.
Il y a chèque sans provision quand la somme disponible sur le compte de l'émetteur
est insuffisante pour régler le bénéficiaire, voire inexistante. Le banquier peut alors
déclencher la procédure d'interdiction bancaire. C’est-à-dire dans l’impossibilité
d’émettre d’autres chèques ou de régler par carte bancaire, sauf s’il régularise sa
situation de débiteur.
Et afin de régulariser cette situation, il doit :
- Régler le montant du chèque en constituant une provision suffisante et disponible
pour son règlement;
- S’acquitter de l’amende fiscale. Faute de quoi, il pourrait perdre la faculté d’émettre
des chèques sur l’ensemble de ses comptes bancaires pour une durée de dix ans.
L’amende fiscale est de :
5% du montant du cheque faisant l’objet de la première injonction
10% du montant du cheque faisant l’objet de la deuxième injonction
20% du montant du cheque faisant l’objet de la troisième injonction et les
injonctions suivantes
Cette interdiction d’émettre des chèques est enregistrée sur les fichiers du Service
Central des Incidents de Paiement de Bank Al-Maghrib.
Recours pour défaut de paiement : Comme en matière de lettre de charge, le
porteur d’un chèque impayé dispose d’actions cambiaires conte tous les signataires
du titre.
Cette action permet au porteur d’obtenir le paiement du chèque, augmenté des frais
de protêt, ceux des avis et de poursuites le cas échéant. A cette somme s’ajoutent
les intérêts à partir de la présentation dus au taux légal
Prescription des recours : L’action du porteur du chèque contre le tiré se prescrit par
un an à partir de l’expiration du délai de présentation.
c. Combien coûte un chèque sans provision ?
Contre le tiré (la banque) :
Un chèque sans provision entraîne des sanctions pour le tireur ainsi que pour la
banque qui ne déclare pas le client au service centrale du paiement de BANK AL
MAGHREB au plus tard le 5éme jour ouvrable qui suit la date à laquelle le refus de
paiement a eu lieu. La banque est sanctionnée par une amende de 5000 à 50000dhs
Contre le tireur :
Les sanctions prévues pour le tireur d’un chèque sans provision prévues par la loi
sont :
Interdiction de chéquier pendant 10 ans auprès de l’ensemble des banques
marocaines ; Une peine d’emprisonnement de 1 à 5 ans et une amende de 2000 à
10000 dhs sans que cette amende puisse être inférieure à 25 % du montant du
chèque ou de l’insuffisance de provision
4. Cas d’opposition :
Faire opposition, c'est interdire à son banquier de payer un chèque que l'on a
précédemment émis.
Mais cette faculté ne peut être valablement utilisée que dans les cas énumérés par la
loi.
a. Les cas d’oppositions autorisées : Une opposition n'est licite que si elle est
motivée par l'un des 4 événements suivants :
- la perte d'un chèque ou d'un chéquier
- le vol d'un chèque ou d'un chéquier
- l'utilisation frauduleuse d'un chèque ou d'un chéquier
- Le redressement ou liquidation judiciaire du bénéficiaire d'un chèque
En dehors de ces cas toute opposition est irrégulière, et exposerait son auteur
à un emprisonnement de un à cinq ans et d’une amende de 2000 à 10000 dirhams
sans que cette amende puisse être inférieure à 25% du moment du chèque
b. Les formalités à respecter :
Il est préférable de faire opposition dans les plus brefs délais pour éviter des
débits indésirables. L’opposition peut être faire de n’importe quelle façon, mais elle
doit être immédiatement confirmée par écrit quel que soit le support de cet écrit et
appuyer cette opposition par tout document utile ( un double de la déclaration de la
perte ou du vol effectuée auprès du commissariat ou de la gendarmerie et, en cas de
perte, une lettre de désistement du bénéficiaire par laquelle il s'engage à ne pas
encaisser le chèque, s'il le retrouve )
III - LES INFRACTIONS EN MATIERE DE CHEQUES
Les infractions en matière de chèque peuvent être le fait du tireur, du
bénéficiaire, et enfin des tiers .
a - les délits commis par tireur ( manque de provision ou opposition
irrégulière ) ( déjà soulignés ci-dessus )
b - Emission d’un chèque en violation d’une interdiction bancaire ou
d’une interdiction judiciaire.
Nous verrons les deux types d’interdictions ainsi que les sanctions prévues en
cas de non-respect de cette interdiction.
1. L’interdiction bancaire
L’établissement bancaire tiré qui refuse le paiement d’un chèque pour défaut de
provision suffisante droit enjoindre au titulaire du compte de :
Restituer à tous les banquiers dont il est le client les formules en sa
possession et en celles de ses mandataires ;
Ne plus émettre des chèques autres que ceux permettant exclusivement le
retrait de fonds par le tireur auprès du tiré ou ceux qui sont certifiés.
2. l’interdiction judiciaire :
Le tribunal peut être interdire à toute personne ayant fait l’objet d’une
poursuite prévue, d’émettre des chèques autres que ceux qui permettent
exclusivement le retrait de fonds par le tireur auprès du tiré ou ceux qui sont
certifiés. La durée de cette interdiction est un à cinq ans. Elle peut être déclarée
exécutoire par provision.
Parallèlement à cette interdiction, le tribunal enjoint au condamné d’avoir à
restituer à l’établissement bancaire qui les avait délivrées les formules en sa
possession et en celle de ses mandataires.
3. sanction du non-respect de l’interdiction bancaire et juridique
Est passible d’un emprisonnement d’un mois à deux ans et d’une amende de 1.000 à
10.000 dirhams :
Celui qui émit des chèques au mépris d’une interdiction bancaire ou
judiciaire ;
Le mandataire qui, en connaissance de cause, émet des chèques, dont
l’émission est interdite à leurs mandants.
4 - L’émission d’un chèque en violation de certaines dispositions légales.
Deux hypothèses ont été prévues par l’article 307 du code de commerce :
La première concerne l’émission d’un chèque ne portant pas l’indication de
certaines mentions, notamment :
Le lieu d’émission ;
l’adresse de date ;
ou l’indication d’une fausse date.
La deuxième hypothèse concerne l’émission d’un chèque sur une personne autre
qu’un établissement bancaire.
Dans ces deux cas le tireur du chèque est passible d’une amende 6% du montant
du chèque sans que cette amende puisse être inférieur a 100 dirhams .
c - des délits commis par le bénéficiaire
1 - Acceptation d’un chèque sur lequel manquent certaines menions
obligatoires.
Le législateur sanctionne le premier endosseur ou le porteur d’un chèque sans
indication du lieu d’émission ou sans date, ou portant une date postérieure à celle à
laquelle il est endossé ou présenté. Rappelons que cette sanction consiste en le
versement d’une amende de 6% du montant du cheque sans que cette amende
puisse être inférieure à 100 dirhams.
2 - l’acceptation d’un chèque à titre de garantie
Est passible d’un emprisonnement de un à cinq ans et d’une amende de 2.000 à
10.000 dirhams sans que cette amende puisse être inférieur à 25% du montant du
chèque ou de l’insuffisante de provision, celui qui, en connaissance de cause accepte
de recevoir ou d’endosser un chèque à la condition qu’il soit réservé à titre de
garantie.
d - les délits commis par le tiré
La législation a prévu un certain nombre d’infractions qui, lorsqu’elles sont
commises par l’établissement bancaire tiré, engagent sa responsabilité.
[Link] obligations de la banque
Il ressort de la lecture des articles 271,309,312,313,et 317 du code de commerce
que la législateur a mis à la charge de la banque des obligations dont voici
succinctement le contenu.
-L’article 271 fait obligatoirement au tiré de payer chèque même âpres
l’expiration du délai de présentation et même lorsque ce chèque est émis au mépris
d’une interdiction bancaire ou judiciaire.
-l’article 309 obligé le tiré à délivrer au porteur ou à son mandataire un certificat
de paiement.
-l’article 312 fait défense au tiré de délivrer au titulaire du compte et à son
mandataire des formules habituelles de chèque pendant dix ans à compter d’une
incident de paiement pour défaut de provision suffisante, lorsque le titulaire du
compte n’a pas fait usage de la faculté de régularisation prévu.
-l’article 313 fait obligation au tiré d’enjoindre au titulaire du compte émetteur
d’un chèque sans provision d’avoir à restituer les formules de chèques en sa
possession, et de ne plus émettre des chèques pendant 10 ans.
-l’article 317 fait obligation à la banque de se conformer aux termes de
l’interdiction judicaire prononcée à l’encontre du titulaire du compte.
Le non-respect par le banquier de l’ensemble de ces obligations entraine sa
responsabilité pénale, et l’expose aux sanctions prévues à l’article 319 al. 1 du code
de commerce.
3 Responsabilité de la banque
a. Responsabilité pénale
Aux termes de l’article 319 du code de commerce est passible d’une amende de
5.000 à 50.000 dirhams.
1/. Le tiré qui indique une provision inférieur à la provision existante et disponible.
2 /.Le tiré qui contrevient aux dispositions lui faisant obligation de déclarer dans les
mêmes délais réglementaires les incidents de paiement de chèque, ainsi que les
infractions prévus à l’article 318.
b. Responsabilité civile
Indépendamment des sanctions pénales, la violation par le banquier des
dispositions légales évoquées plus haut, entraîne la responsabilité civile de ce dernier
qui peut être recherchée sur la base des règles du droit commun.
e - délits commis par les tiers
Est passible d’un emprisonnement d’un an à cinq ans d’une amende de 2.000 à
10.000 dirhams sans que cette amende puisse être inférieure à 25% du montant du
chèque :
Toute personne qui contrefait ou falsifie un chèque.
Toute personne qui, en connaissance de cause, accepter de recevoir,
d’endosser ou d’avaliser un cheque falsifié ou contrefait.
Toute personne qui, en connaissance de cause, fait usage ou tente de faire
usage d’un chèque contrefait ou falsifié (Art.316 [Link]).