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Rapport sur les ressources phytogénétiques à Madagascar

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MADAGASCAR:

RAPPORT DE PAYS
POUR LA CONFERENCE TECHNIQUE
INTERNATIONALE DE LA FAO SUR LES
RESSOURCES PHYTOGENETIQUES
(Leipzig,1996)

mars 1995
MADAGASCAR rapport de pays 2

Note d’information de la FAO

Ce rapport de pays a été préparé par les autorités nationales dans le contexte
du processus préparatoire à la Conférence technique internationale sur les
ressources phytogénétiques, Leipzig, (Allemagne), 17-23 juin 1996.

Ce rapport a été rendu disponible par la FAO à la requête de la Conférence


technique internationale et n’engage que la responsabilité des autorités
nationales. Les informations qui y sont contenues n’ont pas fait l’objet de
vérifications de la part de la FAO, et les opinions qui y sont exprimées ne
représentent pas nécessairement les vues et les politiques de la FAO.

Les appellations employées dans cette publication, la présentation des données


et les cartes qui y figurent n’impliquent, de la part de la FAO, aucune prise de
position quant au statut juridique des pays, territoires, villes ou zones, ou de
leurs autorités, ni quant au tracé de leurs frontières ou limites.
MADAGASCAR rapport de pays 3

Table des matières

CHAPITRE 1
APERÇU DE MADAGASCAR ET DE SON SECTEUR AGRICOLE 6
1.1 PRESENTATION GENERALE 6
1.1.1 Le pays 6
1.1.2 Population 6
1.1.3 Aspects physiographiques 7
1.2 LES PRINCIPALES REGIONS AGRO-ECOLOGIQUES 7
1.2.1 Les hautes-terres centrales 7
1.2.2 Les pentes orientales 8
1.2.3 Les deux régions occidentales 9
1.2.4 La petite région du nord 9
1.2.5 L’extrême sud 9
1.3 PRESENTATION DU SECTEUR AGRICOLE 10
1.3.1 Le secteur agricole, une des bases de l'activité économique
du pays 10
1.3.2 La riziculture, première activité agricole 10
1.3.3 Productivité agricole de plus en plus insuffisante 11

CHAPITRE 2
LES RESSOURCES PHYTOGENETIQUES CULTIVEES ET APPARENTEES 12
2.1 ESPECES SPONTANEES APPARENTEES AUX PLANTES CULTIVEES 12
2.1.1 Riz 12
2.1.2 Sorgho 12
2.1.3 Légumineuses 13
2.1.4 Plantes à tubercules 13
2.1.5 Plantes fruitières 13
2.1.6 Légumes à feuilles (ou "brèdes") 14
2.1.7 Plantes à épices 14
2.1.8 Plantes fourragères 14
2.1.9 Plantes à fibres 15
2.1.10 Cultures de rente et industrielles 15
2.2 VARIETES DU TERROIR ET ANCIENS CULTIVARS 16
2.3 PROGRAMMES NATIONAUX DE CONSERVATION 17
2.3.1 Conservation in situ 18
2.3.2 Collection ex situ 18
2.3.3 Installation de stockage 20
2.3.4 Documentation 20
2.3.5 Evaluation et caractérisation 21
2.3.6 Régénération 22
2.4 UTILISATION DES RESSOURCES PHYTOGENETIQUES A L’INTERIEUR
DU PAYS 23
2.4.1 Utilisation des collections de RPG 23
2.4.2 Utilisation des RPG dans les programmes d’amélioration
des cultures 24
MADAGASCAR rapport de pays 4

CHAPITRE 3
LES RESSOURCES PHYTOGENETIQUES FORESTIERES ET AUTRES
ESPECES SPONTANEES 26
3.1 LES ESPECES FORESTIERES 26
3.1.1 Etat des connaissances sur les espèces forestières intéressantes 26
3.1.2 Les données 26
3.2 LES AUTRES ESPECES FORESTIERES OU SPONTANEES 27
3.2.1 Plantes médicinales 27
3.2.2 Les ressources végétales aromatiques de Madagascar 30
3.2.3 Les espèces à fruits comestibles 36
3.2.4 Les plantes oléagineuses endémiques 37
3.3 PROGRAMME NATIONAL DE CONSERVATION 37
3.3.1 Programme(s) national(aux) de conservation des espèces
sylvogénétiques 38
3.3.2 Conservation ex situ 41
3.3.3 Stockage 43
3.3.4 Documentation 43
3.3.5 Evaluation et caractérisation 45
3.3.6 Régénération 47
3.4 UTILISATION DES RPG A L’INTERIEUR DU PAYS 47
3.4.1 Utilisation des collections 47
3.4.2 Programme d'amélioration et de distribution des semences 48
3.4.3 Avantages tirés de l'utilisation des RPG 48
3.4.4 Amélioration de l'utilisation des RPG 48

CHAPITRE 4
OBJECTIFS, POLITIQUES, PROGRAMMES ET LEGISLATION DU PAYS 50
4.1 CADRE GENERAL DE POLITIQUE ECONOMIQUE ET SOCIALE 50
4.1.1 Programme général de politique socio-économique 50
4.1.2 Politique de réformes des structures 53
4.2 LES CONTRAINTES DU SECTEUR AGRICOLE 54
4.2.1 Les contraintes d'ordre socio-économique 54
4.2.2 Les contraintes d'ordre physique 55
4.2.3 Les contraintes d'ordre technique 55
4.2.4 Les contraintes d'ordre structurel 55
4.2.5 Les contraintes d'ordre financier 56
4.3 POLITIQUES SECTORIELLES (AGRICULTURE, FORET, ENVIRONNEMENT) 56
4.3.1 Orientations générales 57
4.3.2 Objectifs globaux 57
4.3.3 Stratégie générale 58
4.4 CONSTATS ET RECOMMANDATIONS DE L'ATELIER NATIONAL 59
4.4.1 Constats 59
4.4.2 Objectifs recommandés 60
4.4.3 Programme(s) national(aux) 61
4.4.4 Législation nationale 61
MADAGASCAR rapport de pays 5

CHAPITRE 5
LA COLLABORATION INTERNATIONALE 64
5.1 INITIATIVES DES NATIONS UNIES 64
5.2 COLLABORATION 65
5.2.1 CNUED 65
5.2.2 Le GCRAI 66
5.2.3 Centres de recherches régionaux 67

CHAPITRE 6
BESOINS ET PERSPECTIVES DU PAYS 69
6.1 PRINCIPES 69
6.2 OBJECTIFS 69
6.3 ACTIONS 70

CHAPITRE 7
PROPOSITIONS POUR UN PLAN D'ACTION MONDIAL 72

ANNEXE 1 73

ANNEXE 2 78

Bibliographie 97

Liste des abréviations 99


MADAGASCAR rapport de pays 6

CHAPITRE 1
Aperçu de Madagascar et de son secteur
agricole

1.1 PRESENTATION GENERALE

1.1.1 Le pays

Madagascar se trouve dans l'hémisphère sud et s'étire entre les latitudes 11°
57' et 25° 37' sur une longueur de 1 600 km. D'une superficie de 592 000
km2, c'est une grande île située dans la partie occidentale de l'Océan Indien à
400 km de la côte sud-est de l'Afrique.

Madagascar est une île vaste et très diversifiée aussi bien du point de vue des
paysages naturels que de la population. Le pays a une vocation agricole car les
ruraux représentent plus de 80% et un potentiel forestier car la végétation
climatique est partout forestière (Annexe 1.1).

Madagascar fait partie des pays en développement et figure parmi les moins
avancés. Le secteur industriel n'est pas développé et les ressources végétales sont
surtout exportées brutes.

1.1.2 Population

Estimée à 11 millions d'habitants en 1989 avec un taux de croissance de 3


pour 1 000, cette population devrait atteindre actuellement 12 millions
d'habitants.

Le pays est globalement peu peuplé avec une densité moyenne de l'ordre de
17,5 habitants au km2. Les plus fortes concentrations se trouvent sur les
Hautes Terres centrales à vocation agricole; les plaines côtières, les vallées
fluviales et les agglomérations urbaines sont moyennement peuplées à raison
de 50 à 100 hab. au km2, tandis que le reste du territoire est presque vide avec
4 à 5 habitants au km2.

Du fait de ses origines diverses (Indo-Malaisie, Afrique, Arabie, Europe, Inde,


etc.), la population représente un véritable mélange de culture, de traditions,
de pratiques socioculturelles; 18 ethnies sont reconnues par la plupart des
ethnologues.
MADAGASCAR rapport de pays 7

1.1.3 Aspects physiographiques

Du point de vue géomorphologique, les 2/3 de l'île sont constitués par un


socle cristallin ancien qui s'élève en une longue dorsale et qui partage
longitudinalement le pays en deux régions distinctes.

Le versant oriental au relief très accidenté est marqué par de grands


escarpements de failles successives jusqu'au fossé océanique et aux côtes
orientales rectilignes.

Le versant occidental accuse par contre des pentes adoucies et s'étale sur une
largeur de 200 km jusqu'au contact de l'ensemble sédimentaire de la côte
ouest; les couches sédimentaires des vastes plaines et des dunes sont pendues de
2° à 10° vers l'ouest.

Dans l'ensemble, la nature de la grande île présente une très grande diversité
de paysages et de climats permettant la pratique de différents types
d'agriculture depuis les productions tropicales jusqu'à celles de climat tempéré.

1.2 LES PRINCIPALES REGIONS AGRO-ECOLOGIQUES

Madagascar se compose de 6 régions homogènes d'après la superposition de


plusieurs cartes thématiques et se subdivise en 23 régions naturelles d'après des
critères socio-agro-économiques.

1.2.1 Les hautes-terres centrales

Elles couvrent presque toute la longueur du pays dans la partie centrale qui
monte entre 900 et 1 800 m d'altitude. Cette région jouit d'un climat tropical
d'altitude avec des moyennes annuelles de 1 500 mm de précipitation et de
16°C de température

Le paysage naturel présente des forêts humides d'altitude actuellement


transformées en une mosaïque de terres cultivées et de formations secondaires
sur des formes de relief très variées:
· succession de "tanety", collines herbeuses peu boisées et creusées
d'innombrables vallons et de "lavaka", ravin d'érosion;
· de nombreux dômes rocheux qui dominent souvent les "tanety ";
MADAGASCAR rapport de pays 8

· des massifs de nature diverse plus récents et plus élevés: le mont granitique
de l'Andringitra (centre-sud, 2 658 m), le mont quartzitique d'Ibity
(centre, 2 252 m), la chaîne volcanique de l'Ankaratra (centre, 2 400 m),
etc.;
· de grands bassins lacustres et volcaniques d'Antsirabe de l'Alaotra et de
l'Itasy;
· d'immenses plateaux ou pénéplaines savanicoles dans tout le moyen-ouest
dont les "tampoketsa" (au nord), les régions de Tsiroanomandidy (au
centre) et celles de Mandoto (au sud).

Ces régions constituent le principal grenier national de produits agricoles


vivriers: différents types de riziculture irriguée (sur grandes plaines, bas-fonds
et terrasses); cultures sèches des collines (riz pluvial, haricot, manioc, maïs,
arachide, taro, etc.); les céréales (blé, avoine, orge, etc.) et les fruitiers
(pommiers, pruniers, pêchers, poiriers, vigne, etc.).

1.2.2 Les pentes orientales

Elles comprennent toute la bande orientale entre 0 et 900 m d'altitude. Le


relief accidenté est caractérisé par de hautes collines d'altitude et de basses
collines côtières, entrecoupées par de grands escarpements (Angavo,
Mandraka).

C'est l'une des régions forestières de Madagascar. Il s'agit de forêts


ombrophiles de basse altitude (au dessous de 800 m). Elles constituent avec les
forêts humides d'altitude une unité de végétation qui est à la fois très riche et
représente un centre régional d'endémisme. La flore contient environ 6 100
espèces de plantes supérieures dont 79% sont endémiques et environ 1 000
genres dont 16% sont endémiques1

Cet ensemble régional bénéficie d'un climat tropical humide avec une
pluviométrie moyenne qui atteint 2 000 mm et qui s'étale sur toute l'année
ainsi qu'une température moyenne annuelle de 26°C et une bonne insolation
autorisant toutes les cultures tropicales.

Les aires de cultures de plantes vivrières sont restreintes aux quelques plaines
côtières. Par contre, la région orientale est le domaine de grandes cultures de
rente et industrielles. Elle fournit les principaux produits végétaux
d'exportation de Madagascar: le café, la vanille, le girofle, la cannelle, l'ylang-
ylang, la banane

1 F. White, 1983.
MADAGASCAR rapport de pays 9

1.2.3 Les deux régions occidentales

La région du nord-ouest et celle du centre-ouest se composent de larges plaines


sédimentaires et de quelques plateaux calcaires plus ou moins étendus: le
Bongolava, le Bemaraha (sud-ouest) et l'Antsalova (ouest). Le climat est du
type tropical sec avec une pluviométrie de 1 500 mm/an, répartie uniquement
pendant la saison de pluie de 4-5 mois. La période sèche et très marquée dure
7 à 8 mois. La température moyenne atteint 30°C et descend à 23°C et même
à 13°C durant la sécheresse de juillet-août.

La végétation dominante est la savane arborée associée à des massifs de forêts


tropicales sèches faisant partie du centre régional d'endémisme de l'ouest de
Madagascar1 .

La vocation essentielle de la région est l'élevage extensif; toutefois il existe un


large potentiel d'irrigation dans les plaines alluviales de la Samangoky et de
Marovoay. Ces dernières sont également les principales zones
d'approvisionnement du pays pour la consommation locale et l'exportation de
riz. C'est aussi la région cotonnière de Madagascar

1.2.4 La petite région du nord

Elle est la plus complexe et la plus élevée avec les grands massifs de
Tsaratanana et du complexe d'Ambre culminant respectivement à 2 876 m et
à 1 444 m d'altitude; ces montagnes sont juxtaposées avec des cuvettes, de
hautes plaines alluviales et des deltas. C'est une autre région avec des forêts
tropicales humides de haute altitude.

La pluviométrie moyenne varie de 1 000 à 3 000 mm et la température


moyenne annuelle est de 26°C; l'ensemble qui est de nature volcanique offre
des espaces tropicales fertiles dont les principales cultures annuelles sont celles
de la canne à sucre, du cacao, des épices et des plantes à huiles essentielles
(ylang-ylang, vanille, vétiver, palmarosa, etc.).

1.2.5 L’extrême sud

Il présente d'une façon générale un paysage de pénéplaine au relief très peu


accidenté et situé entre 150 et 500 m d'altitude. Le climat semi-aride y est
caractérisé par une période de sécheresse longue (9 à 12 mois selon les années)
et aggravée par des conditions édaphiques salines, argilo-sableuses ou calcaires
ainsi que par une pluviométrie faible et mal répartie de 400 à 600 mm/an.
1 idem
MADAGASCAR rapport de pays 10

La végétation y est originale avec des fourrés ligneux caractérisés par des
plantes: épineuses, à latex, aphylles ou/et en forme de bouteille; ces fourrés ou
"bush" ont un taux d'endémicité très élevé (85%), grâce à la famille des
Didiéréacées, aux espèces d'Euphorbes, d'Aloes, de Baobabs et de Pachypodes.

La vocation de la région est aussi l'élevage extensif.

1.3 PRESENTATION DU SECTEUR AGRICOLE

1.3.1 Le secteur agricole, une des bases de l'activité économique du


pays

Ce secteur emploie plus de 70% de la population active, fournit plus de la


moitié des matières premières pour les secteurs secondaires (industrie) et
tertiaires (service), contribue pour 34% du PIB (en 1992) et dégage 80% des
recettes d'exportation.

1.3.2 La riziculture, première activité agricole

Elle représentait environ 33% de la valeur totale de la production agricole en


1989 avant le manioc (311 000 ha) et le café (224 000 ha). Entre 1986 et
1991, les productions végétales n'ont progressé, en volume, que de 2,27% et
celle du riz de 2,6% face à un taux de croissance démographique de 3%. La
production des autres cultures vivrières (Annexe 2.1) a connu une légère
hausse au cours de la dernière décennie (Annexe 1.3). Quant aux cultures
industrielles (Annexe 2.2), la production n'arrive pas à satisfaire la demande
en matière première des unités de transformation: tels sont le cas de l'arachide,
du blé, du soja, la production de canne à sucre est plutôt stationnaire.

D'une manière générale, les rendements sont assez bas (riz-paddy 1,8 t/ha,
café 350 kg/ha, maïs 700-900 kg/ha).

Pour les cultures d'exportation traditionnelle comme le café, le girofle et la


vanille, la chute ou les fortes fluctuations des cours mondiaux, la concurrence
internationale et les faibles rendements n'ont pas favorisé l'expansion de leur
production (Annexe 1.4). On peut également noter une baisse de la qualité
des produits due au manque de soins appropriés aux cultures, résultant de la
faiblesse de trésorerie chez les producteurs pour l'entretien des plants et de la
dégradation de l'environnement socioprofessionnel du secteur.
MADAGASCAR rapport de pays 11

1.3.3 Productivité agricole de plus en plus insuffisante

D'une manière générale, toutes les productions agricoles sont en régression.


Vers 1968, Madagascar avec ses 4 millions d'habitants environ a pu exporter
du riz, mais depuis 1975, cette exportation a considérablement chuté,
l'importation de riz, aliment de base des malgaches, s'avère toujours
incontournable jusqu'à maintenant. Les principales causes de cette
insuffisance alimentaire peuvent être évoquées: de 1975 à 1985, la surface
agricole cultivée reste stationnaire (respectivement 3,4 et 3,6% de la surface
totale) alors que la population a plus que doublé (respectivement 4 et 10
millions d'habitants); l'ensablement des grands aménagements rizicoles dû à
l'érosion cause chaque année une perte en terre de 1 000 à 3 000 ha, le même
phénomène touche les grands barrages hydrauliques et les canaux d'irrigation
et affecte la production à une échelle régionale, le rendement moyen à
l'hectare reste faible et ne dépasse pas 2 tonnes, etc.

Pour les cultures de rente et les cultures industrielles, la démotivation des


producteurs face à l'instabilité des prix de leurs produits ainsi que le manque
d'encadrement technique n'incitent pas des opérations d'extension et de
diversification.
MADAGASCAR rapport de pays 12

CHAPITRE 2
Les ressources phytogénétiques cultivées et
apparentées

Dans les “plantes cultivées” sont incluses les cultures vivrières (riz, maïs,
légumineuses et tubercules vivrières, espèces fruitières et maraîchères) les
cultures de rente (café, vanille, poivre), les cultures industrielles de
transformation (coton, canne à sucre, plantes à fibre) et les cultures
fourragères.

2.1 ESPECES SPONTANEES APPARENTEES AUX PLANTES CULTIVEES

De par sa particularité, la flore malgache recèle une multitude de plantes


spontanées souvent endémiques. Les exemples donnés ci-après sont loin d’être
exhaustifs mais illustrent bien l’importance de cette catégorie de végétaux à
Madagascar.

2.1.1 Riz

Deux espèces de riz sauvages: Oryza longistaminata et O. punctata, poussent à


l’état spontané dans les régions marécageuses de l’est, de l’ouest et du nord.
Ces espèces caractérisées par leur résistance au virus RYMV et à la plupart des
insectes ravageurs du riz n’ont jamais été effectivement étudiées à Madagascar.
Elles ne sont même pas représentées dans les banques de gènes riz malgaches.
Elles servent de fourrages spontanées aux éleveurs, ce qui augmente le risque
de les perdre.

2.1.2 Sorgho

La présence d’une espèce spontanée (S. verticiflorum) est signalée à


Madagascar. Le potentiel génétique de cette plante, menacée de disparition
tout en restant mal connue est occulté par la toxicité de ses graines qui
contiennent de l’acide cyanhydrique.
MADAGASCAR rapport de pays 13

2.1.3 Légumineuses

Deux espèces de Vigna sauvages (V. vexillata et V. angivensis) poussent de


façon spontanée à Madagascar. Peu d’informations sont disponibles à l’heure
actuelle à leur sujet. Leur principale qualité connue consiste en leur résistance
aux insectes nuisibles au stockage. Elles ne sont pas encore représentées en
collection.

2.1.4 Plantes à tubercules

Madagascar recèle d’innombrables plantes à racines et à tubercules


comestibles. La plupart de ces plantes largement consommées en période de
soudure ne sont pour le moment connues que par leurs noms vernaculaires.
Elles appartiennent à plusieurs familles botaniques: Aracées, Discoréacées,
Nymphéacées, Convolvulacées, Aponogetonacées. La connaissance sur leur
valeur nutritive reste fragmentaire et elles n’ont jamais été l’objet ni
d’inventaire ni de collecte rigoureux. Leur préservation demeure ainsi
sérieusement compromise.

2.1.5 Plantes fruitières

De même plusieurs fruits spontanés sont consommés par les malgaches. Ils
constituent des sources non négligeables en apport de vitamines dans les
milieux ruraux. Leur diversité passe des petites baies produites par le "Tapia"
(Uapaca bojeri)1 aux grosses fèves des Baobabs (Adansonia spp.), en passant
par divers intermédiaires comme les espèces de Terminalia, Strychnos,
Physalis, Opuntia. Il est à noter particulièrement l’existence du bananier
sauvage (Musa perrieri), de plusieurs variétés de citronnier dont le “citron à
gros fruit” et d’une autre espèce d’agrume spontané rustique qui sert de porte-
greffe à presque toutes les variétés améliorées introduites. Les fruits sauvages
malgaches restent scientifiquement mal connus et ne sont pas du tout
représentés dans les collections ex situ.

1 arbuste endémique subfossile des pentes occidentales du centre et menacé de


disparition du fait de son utilisation comme bois de chauffe
MADAGASCAR rapport de pays 14

2.1.6 Légumes à feuilles (ou "brèdes")1

Le menu quotidien du malgache consiste généralement en plat de riz que l'on


mange avec le “laoka”, agrément servant à accompagner le riz. Cet agrément
(viande, poisson ou fruit de mer pour les plus nantis) est habituellement
composé de légumes à feuilles lesquelles non plus n’ont fait jusqu’ici l’objet
d’inventaire bien structuré. Parmi ces légumes citons les diverses espèces
d’Amarantacées, de Composées, de Solanacées et de plusieurs autres qui ne
sont connues que par leur nom vernaculaire. Quoiqu’il soit jusqu’à présent
préservé de façon empirique, ce groupe de plantes mérite une collecte et une
évaluation sérieuses.

2.1.7 Plantes à épices

La plupart des plantes à épices malgaches sont également classées dans la


catégorie des plantes aromatiques (cf. 3.2.2). Signalons seulement la vertu
culinaire du “poivrier sauvage”2 que l’on trouve de plus en plus rarement sur
le marché local. Cette espèce complètement résistante à la pourriture du collet
peut servir également de porte-greffe aux variétés améliorées de poivriers.
Plusieurs variétés de piments, de Curcuma, d’Aframomum existent également
de façon spontanée dans diverses régions malgaches. Elles n’ont pas encore été
étudiées systématiquement et méritent ainsi une attention particulière.

2.1.8 Plantes fourragères

L’élevage extensif qui sévit à Madagascar favorise la pérennisation de pâturage


naturel à graminées sauvages comme Hyparrhenia rufa, Heteropogon
contortus, Cenchrus ciliaris. Ces graminées produisent des jeunes repousses
après chaque passage de feux de brousse que les éleveurs provoquent
intentionnellement. Elles ne courent ainsi aucun risque de dérive génétique.
Dans les contrées subdésertiques du sud, plusieurs familles d’arbustes
endémiques servent de fourrage (Euphorbes, etc.). Pourtant, un cactus
spontané et fourrager (Opuntia sp.) qui fournit en même temps des fruits
largement consommés dans ces régions, a presque disparu du fait du ravage
d’un insecte prédateur délibérément introduit du temps de la colonisation.

1 P.J. Patrick, 1969


2 vernaculairement nommé "Tsiferifery"
MADAGASCAR rapport de pays 15

2.1.9 Plantes à fibres

Plusieurs plantes poussant dans les savanes et les végétations secondaires sont
exploitées à Madagascar pour leurs fibres. La plupart d’entre elles sont
menacées de disparition du fait de leur exploitation sauvage: Raphia ruffia;
une Arécacée à multiple usage, meurt quand on en extrait le bourgeon
terminal consommé comme chou-palmiste; le paka (Urena lobata) jadis
exploité par les industriels pour confectionner les sacs de jute, tend à redevenir
sauvage face à la concurrence des matériaux synthétiques. D’autres plantes
spontanées à fibres moins connues comme le sisal sauvage malgache ou le
“panpan” (une Malvacée) servent traditionnellement pour les cordages.
Aucune collection génétique de plantes à fibres n’existe pour le moment à
Madagascar.

2.1.10 Cultures de rente et industrielles

Le cas du poivrier sauvage malgache menacé de disparition a été déjà


mentionné. On rencontre également dans la nature une variété de vanillier
sauvage qui n’est que partiellement étudié. Mais la plus importante des plantes
spontanées apparentées aux plantes de rente qui existe encore dans les forêts
malgaches demeure les Mascarocoffea, caféiers sauvages rassemblant plus d’une
cinquantaine d’espèces botaniques. Ces caféiers sont caractérisés par l’absence
de caféine dans les graines de la grande majorité d’entre eux et par une grande
diversité de forme et d’adaptation écologique. Le recul des forêts constitue une
menace pressante pour ce matériel génétique dont les effectifs rassemblés en
collection ex situ sont loin d’être représentatifs de la diversité naturelle.

En guise de conclusion, la végétation malgache comporte une multitude de


plantes spontanées apparentées à des plantes agricoles commercialement et/ou
socialement importantes. La plupart d’entre elles sont peu ou pas du tout
étudiées et sont menacées de disparition à plus ou moins brève échéance selon
les cas. Les collections quand elles existent sont loin d'être représentatives ou
exhaustives. Les gouvernements successifs, davantage préoccupés par des axes
de priorité qui devraient donner des résultats à courts termes n'accordent que
peu de crédit à ce genre de spéculation. Leur préservation nécessite de ce fait
l’intervention d’aide extérieure substantielle et circonstanciée.
MADAGASCAR rapport de pays 16

2.2 VARIETES DU TERROIR ET ANCIENS CULTIVARS

Une des plus grandes préoccupations des décideurs malgaches a toujours été
l’autosuffisance alimentaire. La voie jugée la plus appropriée pour y parvenir
est l’amélioration des rendements par le biais d’utilisation de techniques
agricoles modernes associées à des variétés améliorées. On assiste ainsi à
l’introduction d’une profusion de variétés éprouvées un peu partout de par le
monde, parallèlement à la vulgarisation d’acquisitions de la recherche locale.
La modernisation de l’agriculture et notamment la diffusion à outrance de
variétés performantes est une des causes majeures de la disparition des
ressources génétiques dans les pays du nord.

A Madagascar, grâce au génie conservateur et créateur des agriculteurs, une


multitude d’anciens cultivars et de variétés de terroir ont pu être conservés.
Ces variétés proviennent généralement de l’acclimatation, suivant les
contraintes socio-biologiques locales, d’espèces anciennement introduites
comme le riz, le maïs, les légumineuses alimentaires, les plantes à tubercule, les
plantes fourragères. Malgré l’effort consenti par les services de vulgarisation
pour promouvoir telle ou telle nouvelle variété, certains paysans malgaches,
sélectionneurs en puissance et gestionnaires avertis, continuent de garder et
d’utiliser en parallèle leurs propres cultivars. Cette manière de procéder est
souvent dictée par le bon sens et le savoir-faire d’un esprit observateur doté
d’une longue expérience; mais parfois elle est tout simplement le fruit de
croyances et de tabous (variétés porte-bonheur, legs ancestraux). En définitif,
l’utilisation simultanée de plusieurs variétés leur accorde un nombre
appréciable de bonus:
· d’abord il leur est possible de comparer à leur manière la variété qu’on leur
propose à celles qu’ils ont l’habitude d’utiliser;
· le maintien d’une certaine diversité leur permet de faire face aux aléas
climatiques et aux proliférations inopinées des parasites, les variétés de
terroir étant généralement rustiques;
· cette façon d’agir autorise également une économie de main d’oeuvre grâce
à l’étalement des calendriers culturaux (période de plantation, d’entretien,
de récolte) qui varient suivant les variétés utilisées, tout en garantissant des
produits à valeurs technologiques et organoleptiques diversifiées.
MADAGASCAR rapport de pays 17

Mais le paysan malgache n’est pas uniquement conservateur, il est également


créateur et fixateur de variétés. A partir de formes fixées vulgarisées il crée sa
propre variété en tenant compte de critères principalement visuels aux dépens
de variables biométriques telles la densité des graines, la teneur en substances
chimiques, les notes technologiques exigées par l’exportation. Il en résulte une
multiplicité des écotypes qu’illustrent bien les résultats des prospections locales
effectuées sur: le riz, plus de 4 000 accessions; les légumineuses, 194 accessions
pour Phaseolus vulgaris et 132 pour Vigna sp. En fait, la politique
d’autosuffisance alimentaire prônée par le gouvernement malgache en
insistant sur le rendement encourage involontairement cette façon d’agir. En
tout cas le génie de nos agriculteurs nous permet de disposer actuellement
encore de plusieurs populations de riz rouge, de riz pluvial, de riz aromatique,
d’écotypes divers de pois bambara, de haricots, de pois du cap et de vigna à
granulométrie, consistance, coloration, goût et comportements physiologiques
particuliers.

Si pour le riz et les légumineuses vivrières, la collecte et le rassemblement de ce


précieux matériel dans des banques de gènes sont presque achevés, il n’en est
pas de même pour le maïs, les plantes fourragères locales, les plantes à épices
(piments, gingembre, curcume) et les plantes à tubercules (taro, patate douce,
igname). La politique actuelle d’exportation à outrance du fait des normes
imposées défavorise évidemment ces variétés de terroir. Si des mesures
adéquates (collecte, conservation) ne sont pas prises assez rapidement, on
assisterait sûrement à leur abandon par les paysans (donc à leur disparition) au
profit de variétés standardisées. D’aucuns pourraient penser qu’il est possible
de les recréer à partir d’autres banques de gènes internationales, cependant il
ne faut pas oublier qu’il a fallu aux agriculteurs des dizaines voire des
centaines d’années de “manipulation génétique” pour les fixer.

Comme les plantes spontanées, les variétés du terroir et les cultivars anciens
sont menacés de disparition à Madagascar par l'application de la politique qui
encourage l’exportation à outrance. Il devient important qu’on se penche
davantage sur leur préservation.

2.3 PROGRAMMES NATIONAUX DE CONSERVATION

Madagascar ne possède pas de programme national proprement dit sur les


RPG, mais plutôt une série d’éléments différents parrainés par plusieurs
départements ministériels et financés par divers bailleurs de fonds.
MADAGASCAR rapport de pays 18

2.3.1 Conservation in situ

Les efforts déployés jusqu’ici sur les RPG sont liés à l’application de la
Convention sur la diversité biologique, dont la ratification par Madagascar
est en cours. La création récente du Ministère chargé de l’environnement,
l’élaboration du Plan d’action sur l’environnement et la mise en place d’autres
programmes tel que le projet d’élaboration d’une “Monographie nationale sur
l’état de la biodiversité”, expriment la volonté de l’Etat malgache à s’engager
pleinement à cette convention.

Plusieurs organismes non gouvernementaux, sociétés et entreprises oeuvrent


sur les écosystèmes naturels: l’Office national sur l’environnement (ONE),
l’Association nationale pour la gestion des aires protégées (ANGAP), le WWF,
l’Association nationale pour l’aménagement de l’environnement (ANAE),
Conservation internationale (CI) Le problème qui se pose est l’inexistence
d’organe officiel de coordination.

Une commission tripartite officieuse (regroupant le Ministère d’Etat du


développement rural et de la réforme foncière (MEADR), le Ministère de la
recherche appliquée au développement rural (MRAD) et le Ministère de
l’enseignement supérieur (MESUP)], dont le chef de file est la Direction des
eaux et forêts (DEF), a été créée pour coordonner les actions relatives à la
conservation de la biodiversité. Elle assure actuellement l’examen et l’étude de
tous les dossiers de recherche relatifs à la faune et à la flore sauvages de
Madagascar jusqu’à la mise en place du Comité d’orientation et de suivi de la
politique de gestion de la biodiversité (COBIO).

Les RPG existant naturellement in situ sont officiellement protégées par des
textes réglementaires nationaux1 , mais pour des raisons diverses (gabégie,
laxisme) dues à l’absence de coordination et à la multiplicité des intervenants,
ces textes ne sont pas appliqués comme il se doit.

2.3.2 Collection ex situ

Madagascar ne dispose pas de banque de gènes véritablement nationale. Les


collections ex situ de plantes cultivées sont entretenues par des organismes
étatiques ou semi-étatiques utilisateurs directs (recherche, sélection,
vulgarisation). Ces organismes utilisent déjà la multiplication in vitro pour le
maintien de leur collection. Le FOFIFA/CENRADERU (Centre national de
la recherche appliquée au développement rural) détient la grande majorité des
collections de base. Sont rassemblés dans ces collections aussi bien des

1 tel le Décret du 25-01-1930 réorganisant le régime forestier ou la Loi 86-017 du


3-11-86 relative à la législation phytosanitaire à Madagascar
MADAGASCAR rapport de pays 19

échantillons uniques d’espèces sauvages (caféiers), que des variétés indigènes


reproduites ailleurs (riz, légumineuses, manioc) étoffées par des introductions.
Le FIFAMANOR (Coopération bilatérale Madagascar-Norvège) conserve des
collections de travail sur quelques plantes vivrières (blé, triticale, pomme de
terre, patate douce) et fourragères (graminées et arbustes). Le Service de la
multiplication des végétaux (SMV) détient également des échantillons de
matériel végétal en cours de diffusion qu’il reproduit pour la production de
semences (riz, maïs, légumineuses vivrières, manioc). D’autres organismes
privés distributeurs de plants (FERT, VALY) et des ONG (Conservation
internationale) ont aussi leurs propres collections mais celles-ci sont
généralement limitées à quelques espèces en cours de diffusion.

Les principales collections de plantes cultivées sont détenues par 5 organismes


répartis dans 13 stations locales et dupliquées dans 7 autres sites. L'ensemble
de ces collections comprend 6 céréales, 4 tubercules, 5 légumineuses, 2 plantes
industrielles, 6 espèces de rente, 11 arbres fruitiers ainsi que des plantes
potagères et fourragères. Le nombre d'accessions varie de 5 pour les arbres
fruitiers à 3 000 pour le Vanillier ou 4 000 pour le riz. (Annexe 2.4)

Le riz qui reste l’aliment de base des malgaches bénéficie de traitement de


faveur par rapport aux autres plantes (prospection et collecte systématiques
dans tous les terroirs de l’île, construction de chambre froide pour la
conservation du germoplasme). Viennent ensuite les légumineuses
alimentaires. Ces deux groupes de plantes ont bénéficié de l’appui de l’IBPGR
pour les opérations de collecte et de caractérisation. Le matériel collecté est
dupliqué dans des centres de recherche internationaux (IRRI, CIAT). Les
collectes effectuées sous l’égide de la FAO (riz, légumineuses, caféiers sauvages)
suivaient des planifications rigoureuses: prélèvement presque systématique chez
les paysans pour le riz, échantillonnage aléatoire dans des marchés et chez les
paysans pour les légumineuses, collecte par ratissage dans les sites naturels pour
les caféiers sauvages.

Pour le riz, la totalité de la variabilité naturelle malgache est représentée en


collection. La collection de légumineuses est également relativement bien
fournie. On ne peut pas en dire autant pour la filière maïs qui pourtant
regorge de variétés de terroir et des autres secteurs (fruitier, potager, canne à
sucre) qui pour le moment ne concernent essentiellement que des variétés
introduites. Le cas des caféiers sauvages mérite une attention particulière: les
collections existantes contiennent certes plus d’une centaine d’accessions mais
certaines populations ne sont représentées que par quelques individus
fortement apparentés voire un génotype.
MADAGASCAR rapport de pays 20

Le principal utilisateur des échantillons en collection demeure le FOFIFA, seul


organisme officiel chargé de la recherche agronomique. Hormis le cas du riz,
seule une faible proportion des germoplasmes est effectivement employée dans
les programmes d’amélioration et de sélection. La priorité tourne en faveur de
l’adaptation des variétés introduites reconnues performantes ailleurs.
L’introgression de caractères d’espèces spontanées est souvent classée hors
priorité du fait de l’échéance nécessaire pour aboutir à des résultats
vulgarisables.

2.3.3 Installation de stockage

Seul le Département de recherche rizicole (DRR) et le FIFAMANOR


disposent d’une chambre froide pour leur germoplasme. Mais des obstacles
indisposent l’utilisation à bon escient de ces installations même si elles ne sont
que partiellement occupées comme dans le cas du DRR: coupures fréquentes
de courant électrique, faute de matériel de maintenance, situation excentrique
de la station de Mahitsy, cloisonnement institutionnel entre chercheurs
(services ou filières, projets et financements tous différents). Pour éviter ce
genre de désagrément, on pourrait envisager l’instauration d’une banque de
gènes nationale pour les plantes cultivées. C'est une banque qui serait distincte
de celle des ressources forestières du fait de leur spécificité respective.

Les autres collections de plantes cultivées sont presque toutes conservées sur
pieds francs sur lesquels on effectue des manipulations génétiques
conservatoires (autofécondation, clonage). Les graines sont généralement
stockées dans des emballages divers à température ambiante ou dans le
meilleur des cas au réfrigérateur.

2.3.4 Documentation

Les échantillons collectés sous l’égide de l’IBPGR sont l’objet de données de


passeport et de caractérisation; les matériels qui ont été utilisés dans les
programmes d’amélioration et de sélection comportent des données qui sont
compilées dans les rapports des chercheurs ou sur des fiches techniques. Des
mémoires de fins d’étude et de thèse sont également disponibles. Ces bases de
données existent généralement sous forme d’archives “manuelles”,
l’informatisation n’étant qu’à ses débuts à Madagascar. La consultation des
archives est libre aux différents usagers. Des échanges d’information régionaux
existent pour les filières affiliées à des réseaux ou à des coopérations bilatérales
(riz, manioc, légumineuse, maïs, coton).
MADAGASCAR rapport de pays 21

Concernant les collections in situ, la documentation est presque inexistante.


C’est la préoccupation majeure de la commission tripartite citée dans le
Chapitre 2.3. L’aboutissement d’un tel effort permettrait de statuer sur l’état
actuel des RPG in situ et partant, d’orienter efficacement les programmes
d’actions à entreprendre.

2.3.5 Evaluation et caractérisation

La caractérisation concerne habituellement, pour le chercheur malgache, les


diverses méthodes appliquées pour décrire les RPG (descriptions botaniques et
morpho-physiologiques, études taxinomiques, biochimiques, moléculaires).
L’évaluation décortique plus profondément le matériel étudié (potentiel de
production, réaction physiologique suivant les emplacements, les maladies et
les ravageurs, aspects nutritionnels, contenu chimique, structuration
génétique).

Le riz, les légumineuses et les caféiers sauvages sont les végétaux qui ont fait
l’objet de caractérisation suivant le contexte RPG.

Les chercheurs nationaux ont partiellement caractérisé les germoplasmes riz et


légumineuses uniquement sur la base de données morphologiques suivant les
descripteurs recommandés par l’IBPGR. Les données de caractérisation ont été
par la suite envoyées à l’IBPGR pour analyse et introduction dans les bases de
données. La description biochimique (isozyme) et l’évaluation de la structure
génétique d’une partie du matériel riz ainsi que l’évaluation du comportement
agronomique et édapho-climatique, la valeur nutritionnelle d'une bonne
partie des échantillons en collection, ont été effectuées par des chercheurs
malgaches, mais souvent au cours de stage à l'étranger. La même chose est
appliquée actuellement aux légumineuses

Pour les caféiers sauvages, la description des taxons pose des problèmes
particuliers du fait de l’extrême diversité des peuplements rassemblés. La
première caractérisation et évaluation de la variabilité génétique, suivant le
contexte RPG, fut effectuée en 19781 . Une évaluation phytochimique fut
ensuite effectuée par un chercheur malgache2 mais toujours dans le cadre
d’une thèse réalisée en France.

1 A. Charrier, 1978. La structure génétique des caféiers spontanés de la région


malgache (Masacarocoffea). Leurs relations avec les caféiers d’origine africaine
(Eucoffea). Mémoires ORSTOM, 87, 223 p.
2 J.J.R. Rakotomalala, 1993. Diversité biochimique des caféiers: Analyse des acides
hydrocinnamiques, bases puriques et diterpènes glycosidiques. Particularités des
caféiers sauvages de la région malgache (Mascarocoffea Chev.). Paris: ORSTOM.
216 p.(Travaux et documents microédités, N° 99)
MADAGASCAR rapport de pays 22

Concernant les autres filières, les caractérisations sont ponctuelles et ne


permettent pas de conclure à une évaluation de la structure et de la diversité
génétique des germoplasmes. Par contre ces collections étant essentiellement
constituées de plantes introduites, l’évaluation à Madagascar de leur
comportement phytosanitaire, de leur potentialité génétique et agronomique
et de leur valeur nutritionnelle ou technologique est nettement plus avancée
(cas du manioc, de la canne à sucre, de la vanille, du coton).

La caractérisation et l’évaluation des RPG sont indispensables pour qu’on


puisse plus tard les utiliser efficacement. On sait que beaucoup de redondances
existent au sein des échantillons gardés en collection à cause des méthodes
d’approche appliquées lors des collectes (noms vernaculaires qui changent
d’une localité à une autre, variations phénotypiques dues au milieu). Ce fait
entraîne une élévation du coup de maintenance qui pourrait être réduit si l’on
arrive à éliminer avec un minimum de risque les gènes redondants. Le concept
de “core collection”1 est une solution à ce problème. Mais son application
nécessite la caractérisation et l’évaluation préalable du germoplasme. Quant à
l’utilisation des RPG en amélioration des plantes et en sélection, il va de soi
qu’il est indispensable de bien connaître la plante avant de pouvoir l’utiliser.
La caractérisation et l’évaluation devraient ainsi être prises comme des
investissements qui dans l’immédiat coûtent cher mais dont les retombées à
moyen et long termes amènent des profits réels.

Il est cependant inconcevable que le rôle des pays en voie de développement


soit limité aux descriptions morphologiques et aux évaluations agronomiques
et que l’application des méthodes modernes de biologie moléculaire et de
biotechnologie soient réservées au pays développés sous prétexte que ces
nouvelles technologies coûtent cher. Les réussites et les capacités des chercheurs
locaux quand ils sont en stage à l’étranger ne sont plus à démontrer.
L’utilisation des compétences locales par leur accès aux technologies modernes
s’avère désormais être un préalable pour qu’il puisse y avoir une collaboration
régionale ou internationale efficiente.

2.3.6 Régénération

La régénération est indispensable quand les graines conservées commencent à


perdre leur pouvoir germinatif. Pour les plantes annuelles, allogames ou
autogames, reproductibles par voie générative, le recours à l’autofécondation
est de mise. L’utilisation de cette technique est grevée par le coût de
l’opération du fait du nombre élevé d’accessions en collection. Les généticiens
et sélectionneurs qui la supervisent sont ainsi obligés, soit de restreindre la
1 Frankel et Brown, 1984.
MADAGASCAR rapport de pays 23

fréquence des régénérations, soit d’opérer sur une échantillon plus réduite.
L’un ou l’autre de ces procédés sont évidemment sources de dérive génétique.
Le FOFIFA et le FIFAMANOR utilisent également les méthodes de culture in
vitro pour certaines espèces de manioc, de pomme de terre et de patate douce.

Pour les plantes pérennes, la régénération est effectuée par rajeunissement


physiologique (recépage, greffage, bouturage de rejets). Ces techniques ne
suffisent pas dans certains cas à éviter la perte de gènes. Pour les caféiers
sauvages par exemple, de nombreux échantillons semblent récalcitrants au
bouturage, alors que beaucoup d’entre eux ont du mal à s’adapter aux
conditions édapho-climatiques du site qui leur sont imposées.

Ces problèmes évoqués pourraient être résolus par la facilitation du transfert


(ou de la mise au point) à Madagascar des techniques de cryoconservation et
des méthodes in vitro.

2.4 UTILISATION DES RESSOURCES PHYTOGENETIQUES A


L’INTERIEUR DU PAYS

2.4.1 Utilisation des collections de RPG

Les ressources génétiques tirées des collections qui sont les plus utilisées dans le
cadre de projets nationaux appartiennent aux groupes des vivriers: le riz, le
maïs et le manioc. Les légumineuses (haricot, vigna, arachide) et la plupart des
plantes industrielles (coton, café, vanille, canne à sucre, poivre) sont
fréquemment sollicitées mais dans un degré moindre. Les principaux usagers
sont en premier lieu les services de recherche qui sont d’ailleurs les détenteurs
des collections. Viennent ensuite les services de vulgarisation nationale, les
ONG et parfois les groupements de paysans. Il est difficile d’avancer un
chiffre exact sur le pourcentage d’échantillons employés, cependant on peut
dire que les actions de recherche et de vulgarisation concernent seulement une
infime partie des accessions existant en collection. La majeure partie est
inutilisée parce que: soit qu’elle reste mal connue, soit que ses avantages
n’offrent pas encore d’intérêt dans le contexte agro-commercial actuel.

La majorité des variétés utilisées dans le cadre d’activités à caractère


commercial proviennent généralement d’échantillons introduits mais qui font
partie depuis plusieurs années des collections nationales. On assiste
actuellement à une reprise des introductions de variétés étrangères
performantes grâce à l’intensification des relations bilatérales avec les Instituts
de Recherche Internationaux (CYMMIT, CIAT, IRRI, IITA, CIP, CIRAD)
MADAGASCAR rapport de pays 24

et grâce à l’appartenance de Madagascar à des réseaux de recherche (CORAF,


EARRNET). Le choix de ces introductions est dicté par la volonté politique
d’arriver rapidement à l’autosuffisance alimentaire au détriment de variétés
qui pourraient apporter leurs caractéristiques particulières sous un label
national. La résurgence des produits biologiques sur le marché, fief des
cultivars rustiques, ouvre de nouveaux créneaux à cette majorité latente qui
démontrera certainement leur importance dans les prochaines années.

2.4.2 Utilisation des RPG dans les programmes d’amélioration


des cultures

L’objectif principal des programmes nationaux de recherche sur les plantes est
avant tout axé sur la politique d’autosuffisance alimentaire. Le but est ainsi de
trouver des variétés performantes adaptées aux besoin locaux (rendement élevé,
rusticité). La stratégie adoptée en première priorité est donc la sélection au
sein des variétés locaux et/ou l’adaptation aux écosystèmes locaux de matériel
génétique importé.

La phase ultime des expérimentations s’effectue dans ce cas généralement en


milieu réel, ce qui facilite le passage direct des produits améliorés de la
recherche vers les usagers (cas des grandes sociétés). Les paysans sont également
impliqués dans cette dernière phase (recherche participative en milieu réel). De
plus, le service de la vulgarisation prend le relais de la recherche pour la
production et la diffusion de semences et travaille en étroite collaboration avec
les chercheurs pour la sensibilisation des usagers (promotion des nouvelles
variétés et des techniques culturales adaptées). Ces opérations inscrites dans le
cadre du “Programme national de vulgarisation agricole” sont d’ailleurs
actuellement supportées par des fonds alloués par la Banque Mondiale. Le
grand problème qui se pose aux petits paysans et qui limite l’utilisation
efficace des produits de la recherche reste le coût exorbitant des intrants et la
difficulté d’accès aux crédits agricoles.

La grande majorité des programmes de sélection de matériel végétal


performant est financée par le gouvernement, mais avec la politique de
désengagement progressif de l’Etat, les centres de recherche ont de plus en plus
recours aux financements extérieurs (coopérations internationales). Dans des
cas bien précis (coton, canne à sucre, vanille) le support financier des activités
est partiellement ou totalement assuré par des caisses de stabilisation ou par
des sociétés privées aux termes de conventions bilatérales.

Les ressources phytogénétiques spontanées apparentées aux plantes cultivées


sont par contre rarement considérées dans les programmes nationaux de
recherche et n’apportent ainsi, du moins pour le moment, aucun avantage
direct palpable au pays.
MADAGASCAR rapport de pays 25

Et pourtant, pour pouvoir prétendre à un avenir prometteur, les pays en voie


de développement comme Madagascar doivent anticiper sur le futur,
parallèlement à leur option pour l’autosuffisance alimentaire. Une des
opportunités qui leur sont offertes consiste en l’exploitation rapide et
rationnelle des RPG. Dans ce contexte, l’introgression chez les variétés
cultivées de caractéristiques des taxons spontanés (résistance aux parasites,
teneur en substances chimiques, tolérance aux stresses divers) est timidement
envisagée à Madagascar mais demeure fréquemment tributaire de
l’insuffisance et de l’inconstance du crédit alloué.

De même, quoique la politique de libéralisation adoptée depuis la Troisième


République encourage la diversification des produits d’exportation, on assiste
actuellement davantage à l’exploitation de plantes introduites suivant les
besoins des importateurs, alors que l’intensification de la recherche sur les
RPG devrait aboutir à des produits spécifiques et diversifiés plus
concurrentiels sur le marché mondial. Ce type de recherche est rarement
approuvé aussi bien par les décideurs nationaux que par les bailleurs de fond
des projets bilatéraux, tout simplement parce que pour aboutir, il nécessite un
soutien financier continu à plus ou moins long terme. Il faut cependant
souligner que de tel comportement entre en contradiction avec les principes
énoncés dans le Chapitre 14 G du Programme “Action 21” de la CNUED et
dans le
Chapitre 15 de la Convention sur la diversité biologique auxquels a adhéré
Madagascar. Il faut également rappeler que les RPG non utilisées courent un
haut risque de déperdition.

En conclusion, bien que les responsables malgaches soient conscients de


l’intérêt à plus ou moins long terme des RPG, la première priorité du pays est
avant tout de lutter contre la pauvreté. De ce fait, les RPG qui n’ont pas
d’impact direct sur la sécurité alimentaire ou sur le marché local et
international (mais qui sont protégées jalousement en tant que patrimoine
national) ne peuvent prétendre à une place prépondérante dans les
programmes nationaux de conservation et d’amélioration génétique. La
solution pour que ces ressources soient mieux employées serait la mise au point
d’une meilleure coordination à l’échelle internationale où l’on tiendrait
compte d’une répartition équitable des tâches (meilleure adéquation des aides
financières internationales, rôles prépondérants du potentiel humain local,
transfert de technologie).
MADAGASCAR rapport de pays 26

CHAPITRE 3
Les ressources phytogénétiques forestières
et autres espèces spontanées

3.1 LES ESPECES FORESTIERES

La richesse et l'endémisme élevé de la flore malgache sont mondialement


connus: 90% d'espèces endémiques pour les forêts orientales humides; taux
d'endémisme élevé observé également au niveau des genres et des familles.

Cependant, les ressources potentielles en flore utile sont peu évaluées.

3.1.1 Etat des connaissances sur les espèces forestières intéressantes

Les bois d'oeuvre sont considérés par les forestiers comme produits principaux,
et les plantes médicinales, les écorces d'arbres, les fruits, les graines, les gommes
et résines, etc., comme des produits accessoires; ces derniers présentent
également beaucoup d'intérêt sur le plan socio-économique.

3.1.2 Les données

a. Les espèces ligneuses

A Madagascar, une vingtaine d'espèces ligneuses sont exploitées sous forme de


bois d'exportation (liste en Annexe 2.5) ou de bois de construction locale. Ces
produits sont classés en bois précieux (bois d'ébène, bois de rose, palissandre)
et en bois secondaires selon leur qualité. Par rapport aux années 1984 et 1985
au cours desquelles 40 000 et 43 000 ha ont été respectivement concédées aux
exploitants forestiers (260 permis délivrés), la superficie actuelle de forêts
naturelles exploitées s'élève à 60 000 ha par an avec octroi annuel de 400
permis et une production annuelle de bois de grumes de 400 000 m 3.

Le problème majeur réside dans le manque de moyens financiers et techniques


pour la mise en application effective des mesures établies en vue d'une
exploitation durable: limitation de la productivité à 2m3 de grumes/ha/an;
reconstitution de la population de l'essence prélevée; évaluation quantitative et
qualitative des espèces dans la parcelle à exploiter, avant la délivrance de
l'autorisation.
MADAGASCAR rapport de pays 27

b. Les plantes d'ornement

Elles comprennent diverses plantes forestières qui sont entièrement prélevées et


transférées dans les jardins: Angraecum sesquipedale, A. superbum, var.
eburneum, Bulbophyllum sp., Jumellea sp. (ce sont des orchidées épiphytes);
Cymbidiella flabellata (orchidée terrestre); Asplenium sp. et Platycerium sp.
(fougères épihytes); Cyathea spp: fougères arborescentes surexploitées par les
paysans qui vendent les rhizomes sous formes de vases ou de fongeons; Pothos
scandens (Araceæ); les Palmiers; les Pachypodium, etc.

c. Les espèces mises en danger

Le nombre de 31 espèces rares et en voie de disparition recensées en 1987


(Annexe 2.6) est certainement dépassé aujourd'hui.

3.2 LES AUTRES ESPECES FORESTIERES OU SPONTANEES

En dehors des forêts naturelles il existe d'autres plantes non cultivées ayant une
importance sociale et économique.

Depuis l'époque coloniale, la flore naturelle malgache s'est progressivement


enrichie par l'introduction volontaire ou fortuite d'espèces exotiques; au
début, celles-ci ont été cultivées à grande échelle dans diverses localités pour
leur importance économique dans les secteurs agricole, industriel et médicinal.
Leurs produits constituent jusqu'à nos jours les principales ressources en
devises dans l'exportation de Madagascar.

Au fil des ans, certaines plantations ont été abandonnées pour des raisons
techniques et commerciales. Néanmoins, les espèces concernées restent et
s'échappent parfois des anciennes cultures et s’accommodent parfaitement avec
les divers habitats de la flore locale autochtone.

3.2.1 Plantes médicinales

a. Généralités

Les plantes potentiellement médicinales comme les plantes aromatiques


(aromathérapie), toxiques (homéopathie) et cosmétiques sont comprises dans
cette partie.
MADAGASCAR rapport de pays 28

Les plantes médicinales sont utilisées dans la pharmacopée et la médecine


traditionnelles ou destinées à l'exportation.

Les plantes les plus exportées sont: Catharantus roseus (Apocynaceæ), Herba
drosera,, nom commercial de Drosera madagascariensis (Droseraceæ) et
Centella asiatica (Apiaceæ).

Mais toutes ces plantes médicinales exploitées proviennent de récolte et de


collecte effectuées dans la nature. La régénération naturelle qui assure la
production n'arrive pas à suivre les prélèvements irrationnels et non contrôlés.
Les plantations et la culture de plantes médicinales commencent à se
pratiquer.

La connaissance génétique sur ces plantes médicinales n'existe pas et le


domaine de la prospection attend encore la recherche.

La flore de Madagascar est connue pour sa richesse(environ 12 000 espèces),


son fort endémisme (85%) et son ancienneté (cf. Chap. 1 et Chap. 3). Ce
réservoir génétique n'a jamais servi ni pour la culture et encore moins pour
l'amélioration végétale à Madagascar. Toutefois, des cultures
technologiquement très avancées (stade de la biotechnologie tissulaire et de
bioréacteur cellulaire) existent dans d'autres pays pour des plantes malgaches
anticancéreuses comme les espèces de Catharanthus.

Les plantes médicinales peuvent être forestières ou spontanées ou des


adventices mais pas encore cultivées à grande échelle. La répartition des
plantes médicinales suit aussi la dualité floristique entre les formations
végétales primaires et celles dégradées ou secondaires.

Parmi les espèces forestières, des endémiques à potentiel économique reconnu


sont exportées; elles appartiennent aux genres Cedrelopsis, Ravensara, Vepris,
Canarium, Uncarina, Hernandia, Moringa, etc. (Annexe 2.7).

Les espèces médicinales spontanées ou subspontanées sont liées plutôt aux


formations végétales dégradées ou constituent des adventices des principales
cultures comme Centella asiatica (Annexe 2.7).

De nombreux projets ont été mis en place par le programme national sur
l'environnement pour un développement durable avec la participation des
organismes internationaux, nationaux (DEF, etc.) et surtout des ONG
(ANAE, ANGAP, ONE, MAB, CI, WWF, etc.). Mais les mesures prises
s'appliquent davantage à la préservation de l'environnement et à la protection
de la forêt plutôt qu'à la gestion des ressources et de leur exploitation.
MADAGASCAR rapport de pays 29

Il n'y a pas de réglementation stricte. Les plantes médicinales sont considérées


comme des produits accessoires des forêts.
Autrefois, la tradition faisait respecter la nature et certaines forêts ou collines
boisées étaient sacrées ou frappées de tabou. Les forêts appartenaient aux
ancêtres défunts et les prélèvements ou travaux que l'on y effectuait ne
dépassait pas le cadre de la famille ou du clan, plus rarement du village ou du
terroir. Les besoins et le mode de vie rendaient encore la cohabitation possible
entre les gens du terroir et la nature environnante.

Actuellement, le besoin de détruire l'emporte sur celui de conserver et


l'exploitation irrationnelle des ressources surtout à usage industriel met en
danger tout le système dans son ensemble et partant, toutes les plantes.
Cependant les cas spécifiques existent et le danger qui menace les plantes varie
selon l'espèce et la situation écologique du pays (Ex.: Swartzia
madagascariensis de l'ouest que l'on ne retrouve plus qu'en Afrique; par contre
le Pygeum africanum a presque disparu en Afrique mais conservé à
Madagascar). Mais jusqu'à présent, la technologie actuelle (images satellite,
informatique) et la documentation existante dans tous les grands centres
mondiaux de l'environnement ne permettent pas encore une évaluation
précise de l'environnement mondial et du recensement ou de l'état de sa
biodiversité. Ceci est également vrai à l'échelle des pays comme Madagascar.

La libéralisation économique actuelle tend simplement vers la multiplication


de sociétés exportatrices de matières premières brutes. La concurrence n'est pas
bénéfique car les prix des plantes médicinales exportées baissent. Les prix
appliqués par les sociétés concurrentes atteignent une différence de 10 à 20 FF
par kilogramme pour une même plante sèche.

Alors que c'est tout l'environnement dans son ensemble qui risque de subir des
dégâts irréversibles. Car l'offre est déjà en difficulté face à la demande
croissante.

b. Données sur les plantes médicinales

Le pays ne possède pas de données exhaustives et fiables concernant


l'environnement et les ressources phytogénétiques. Les données manquantes
sont souvent estimées d'après des résultats partiels.

Les plantes médicinales et la médecine traditionnelle intéressent plus de 60%


de la population.1 pour leur usage traditionnel face à la pénurie ou(et) au coût
élevé des médicaments surtout importés. Elles sont également perçues comme
de nouvelles sources ou de complément d'argent par les agriculteurs.
1 Z.A. Rabesa et al., 1990.
MADAGASCAR rapport de pays 30

Les besoins de la tradition se reflètent sur les marchés locaux mais ils sont plus
difficilement cernables en raison de leur caractère informel par rapport à la
relative rigueur administrative et financière de l'exportation.

La consommation annuelle est estimée à plus de 4 000 tonnes de plantes


fraîches dont près de 150 tonnes par an pour l'usage principalement de 20
plantes par la population vivant à l'étranger.

L'exportation industrielle repose sur 50 espèces dont 33 sont d'origine


forestière. La quantité annuelle est en moyenne inférieure à 700 (30 à 1 300)
tonnes de plantes brutes séchées mais rarement d'extraits bruts1 .

Parmi les plantes médicinales exploitées, figurent environ 35% d'endémiques.

Considérées comme des produits accessoires des forêts, les plantes médicinales
constituent pourtant de véritables ressources aux potentiels financier et
scientifique énormes. Forestières, spontanées ou endémiques, ces espèces sont
utilisées et exploitées pour leurs principes actifs ou comme source de molécules
chimiques. Mais leur exploitation actuelle et les besoins de profit immédiat
apportent peu de bénéfice au pays et ne tiennent pas compte de l'avenir de ces
matières premières qui devraient être mieux étudiées, réglementées et gérées
pour durer.

3.2.2 Les ressources végétales aromatiques de Madagascar

a. Généralités

Les "ressources végétales aromatiques", définies comme les plantes à produits


volatils odoriférants, peuvent revêtir diverses formes selon les procédés
techniques d'extraction: huiles essentielles, concrètes, absolues, oléorésines
d'épices, baumes, etc. Dans l'exposé, les termes "ressources végétales
aromatiques", "plantes ou espèces aromatiques" seront employés
indifféremment.

Dans la flore mondiale, le nombre approximatif des espèces aromatiques


commercialisées jusqu'à présent ne dépasse pas 200 espèces. Pour Madagascar,
on peut distinguer les espèces introduites et celles autochtones.

1 E.A. Rakotobe et al.; 1989.


MADAGASCAR rapport de pays 31

b. Les espèces aromatiques introduites

En considérant particulièrement la flore aromatique introduite, on peut


actuellement distinguer deux sous-groupes (Annexe 2.10):
· les espèces cultivées qui ne peuvent se propager en dehors des zones de
plantation d'une part, et
· des espèces devenues spontanées qui, par contre, se dispersent sans
l'intervention humaine et sont plus ou moins naturalisées, d'autre part.

On recense alors actuellement et de manière non exhaustive 52 plantes


aromatiques potentielles à Madagascar, dont 31 espèces strictement cultivées
et 21 espèces spontanées. (Annexe 2.10)

Ces 52 espèces se répartissent dans 19 familles botaniques dont les plus


représentées à Madagascar en termes de diversité spécifique sont: les
Compositae (7 espèces), les Labiatae (7), les Myrtaceae (6), les Graminae (4),
les Rutaceae (4) et les Zingiberaceae. (4 espèces)

c. Quelques considérations sur l'exploitation

Il n'est fourni ici que les données relatives à l'exportation des huiles essentielles
durant les trois dernières années 1991 à 1993. L’Annexe 2.11 permet
d'analyser l'exploitation des ressources aromatiques, en l’occurrence le marché
des huiles essentielles; le vanillier (Vanilla fragrans) et le cannelier
(Cinnamomum zeylanicum) n'y figurent pas: elles sont traditionnellement
exportées à l'état de matériel végétal brut (gousses et écorce) sans
transformation en huiles essentielles ou autres extraits, faute d'orientation des
industries locales dans ce secteur.

À signaler que seules les plantations d'ylang-ylang (Cananga odorata) et de


giroflier (Eugenia caryophyllata) assurent presque la totalité en quantité et en
valeur des huiles essentielles exportées. La production annuelle des huiles
essentielles des trois espèces: géranium (Pelargonium capitatum), menthe
poivrée (Mentha piperita) et vétiver (Vetiveria zizanoides) sont faibles; elles
varient d'une dizaine à une centaine de kg par an. (Annexe 2.11).

Les huiles essentielles d'autres espèces, telles que le lemon grass (Cymbopogon
citratus), et la citronnelle (Cymbopogon nardus), ne sont produites
qu'irrégulièrement d'une année à l'autre.
MADAGASCAR rapport de pays 32

d. Evaluation des possibilités de diversification et d'amélioration

A ce sujet, quelques problèmes et remarques relatifs au développement éventuel


du potentiel aromatique introduit peuvent être émis.

Concernant les grandes plantations

Parmi les 51 espèces introduites recensées plus haut, celles qui font l'objet de
culture à grande échelle sont représentées par six espèces:

Caféier: Coffea robusta (Rubiaceae)


Canellier: Cinnamomum zeylanicum (Lauraceae)
Giroflier: Eugenia caryophyllata (Myrtaceae)
Poivrier: Piper nigrum (Piperaceae)
Vanillier: Vanilla planifolia (Orchidaceae)
Ylang-Ylang Cananga odorata (Annonaceae)

D'une manière générale, le rendement et la productivité de ces espèces sont


limités par le vieillissement des souches végétales, par l'absence de projets
d'extension sur de nouveaux terrains, par les habitudes culturales.

A cet égard, la culture d'ylang-ylang reste toujours cantonnée dans l'île de


Nosy-Be et dans la région d'Ambanja depuis 1920 à nos jours, alors que dans
la région de Toamasina nous avons observé des pieds isolés de 15-20 m de
haut. “L'espèce Michelia champaca (Magnoliaceae) qui donne une huile
essentielle de haute valeur en parfumerie, voisine de celle d'ylang-ylang,
pourrait être exploitée en grand à Madagascar. Il est cultivé avec succès à la
station d'essai d'Ivoloina mais n'a pas encore été répandue chez les
planteurs”1 . Quelques pieds isolés de cette espèce poussent à Nosy-Be au sein
d'une plantation privée d'ylang-ylang.

On en déduirait qu'il serait possible d'étendre l'aire de culture d'ylang-ylang


sur la côte est et même de la diversifier avec Michelia champaca, considérée
aussi comme un autre type d'ylang-ylang par les industriels parfumeurs.

Il n'est pas rare de constater sur le terrain que les paysans abattent leurs vieux
plants de giroflier pour avoir du bois de chauffe ou défrichent leur plantation
de vanilliers pour les transformer en champ de culture vivrière. Ces
transformations ou conversions seraient probablement dues à la pénurie
alimentaire et aux fluctuations trop aléatoires du marché des produits
aromatiques.

1 selon [Link], 1921.


MADAGASCAR rapport de pays 33

Concernant les petites plantations et les espèces naturalisées

En se référant toujours aux données de l'Annexe 2.10, on dénombre 26


espèces cultivées à l'échelle familiale et 21 autres spontanées.

Toutes ces plantes sont des souches anciennes abandonnées. Néanmoins, les
collectes et les extractions sur ces matériels se poursuivent de façon
irrationnelle et incertaine; ce qui explique le nombre relativement restreint (6
espèces) de plantes dont les huiles essentielles sont exportées (Annexe 2.11); le
reste est globalement désigné par "autres huiles essentielles".

Dans le genre Cymbopogon (Graminae), il y a six espèces très connues dans le


commerce international. Les trois espèces qui existent à Madagascar sont la
citronnelle (C. nardus), le lemon grass (C. citratus) et la palmarosa
(C. martini, var. motia); cette dernière a été cultivée il y a dix ans dans le
nord-ouest et probablement dans d'autres régions.

Les aires de répartition ainsi que les conditions écologiques depuis


l'introduction de toutes ces plantes spontanées sont identifiées dans les anciens
ouvrages scientifiques. Par contre, l'absence d'une collection quelconque ne
permet pas l'identification sur place. Par ailleurs, la difficulté d'obtention de
souches nouvelles et de collecte d'informations fiables sur le débouché éventuel
constitue une entrave au développement de ces plantes aromatiques dans le
secteur commercial.

Les ressources végétales aromatiques introduites constituent un potentiel


scientifique et économique évident. Elles sont aujourd'hui sous-exploitées et
même en nette régression depuis quelques décennies, malgré leur diversité
spécifique.

Tout cela nécessite des mesures urgentes à prendre, à savoir:


· une réévaluation et une identification des espèces et variétés, ainsi que des
répartitions des souches locales encore disponibles;
· la création de banques de semences modernes;
· la mise en place de collections et d'une structure de vulgarisation de
semences;
· l'analyse et la maîtrise des circuits du marché international;
· la promotion des industries locales de transformation et d'application des
produits aromatiques;
· l'encouragement aux producteurs en améliorant leur environnement socio-
économique.
MADAGASCAR rapport de pays 34

e. Les espèces aromatiques autochtones

Aperçu général

L’Annexe 2.9 résume l'état du potentiel aromatique de la flore naturelle de


Madagascar. Il y a en tout 62 espèces répertoriées, réparties dans 26 familles
botaniques. Un début d'inventaire a permis de recenser une trentaine
d'espèces aromatiques (ligneuses et herbacées) dans les savanes malgaches
(Annexe 2.9).Il y a presque autant d'espèces forestières (24) que d'espèces des
savanes (28). Cependant, on note une prédominance de plantes ligneuses (49
sur 62, soit 72%) par rapport aux herbacées.

Intérêts et usages

La quasi totalité de cet élément aromatique de la flore est endémique; ce qui


constitue à la fois un stock génétique unique et une source importante
d'informations scientifiques encore faiblement explorés. En effet, les
différentes propriétés et vertus médicinales qui leur sont attribuées dans la
pharmacopée traditionnelle sont appliquées localement.

En tant que produits aromatiques traditionnels, la population les utilise de


diverses manières: produits de beauté et soins de visage, confection de baumes,
etc. Dans le temps, un certain nombre d'espèces sauvages a attiré l'attention
des distillateurs et leurs huiles essentielles sont assez connues, bien que ne se
trouvant pas encore dans le commerce.

Parmi les Rutaceae, “le Pelea madagascarica, un arbrisseau de l'est et de


Sainte-Marie, comprend deux variétés: tolongoala à feuilles étroites et la
variété “manitra anisette" à feuilles larges. L'essence obtenue avec un
rendement de 5% sur la plante entière, ce qui est considérable, possède l'odeur
de la badiane”1 (Annexe 2.9).

Les fruits secs de Hazomalania voyronii (Hernandiaceae) contiennent jusqu'à


13,8% d'essence concrète, extraite à l'éther éthylique.

De telles données sur d'autres plantes malgaches existent et sont publiées.

1 selon les études de [Link],1921.


MADAGASCAR rapport de pays 35

Dans le cadre du projet PLARM/MAD, il a été effectué des analyses de la


composition des huiles essentielles d'une cinquantaine de plantes de
Madagascar dont une partie sur des espèces endémiques. Cet effort pourrait
être poursuivi, en concomitance avec la confrontation des données anciennes
sus-évoquées et avec l'identification du matériel botanique qui est très dispersé
dans toute l'île.

f. Exploitation et menaces sur les espèces endémiques

Actuellement, seules trois espèces seraient exploitées pour l'obtention et la


commercialisation des huiles essentielles à partir de la flore autochtone. Il
s'agit de Helichrysum gymnocephalum, Helichrysum benthamii (Compositae)
et Ravensara aromatica (Lauraceae).

Les deux premières espèces forment dans les prairies des hautes terres des
populations naturelles suffrutescentes, assez abondantes mais discontinues.
Elles peuvent alimenter des alambics de moyenne capacité par simple récolte.
Ces populations ne sont pas à l'abri des cycles de feux de brousse qui peuvent
limiter leur expansion et changer la composition chimique de leurs huiles
essentielles.

La troisième espèce, Ravensara aromatica, est un arbre de la forêt orientale de


moyenne altitude (800-1 000 m). Ce sont de grands arbres pouvant atteindre
20 m de haut et 0,8 à 1 m de diamètre C'est un élément exceptionnel de la
flore forestière; toutes les parties (écorce, feuilles, fruits, cotylédons) sont
odorantes. L'espèce est fortement convoitée par les industriels locaux et les
exportateurs de plantes. Ce qui aurait impliqué l'abattage d'une cinquantaine
d'arbres par an, du moins à une certaine époque.

Dans le même genre Ravensara, deux autres espèces à feuilles aromatiques sont
abattues, comme la plupart des membres des Lauraceae, pour avoir du bois
d'œuvre, sans avoir conscience de la valeur partiale ainsi perdue.

Un antre genre, Eugenia (Myrtaceae), comportant quatre espèces


aromatiques, subit exactement le même sort. Parmi les espèces menacées par de
telles exploitations sélectives et inconsidérées figurent encore Brochoneura spp.
ou "muscadiers malgaches", Hazomalania voyronii ou "faux camphrier", etc.

D'une manière générale, le phénomène de déforestation aggrave davantage les


risques de pertes en diversité spécifique et en diversité génétique des ressources
autochtones. Le nombre des espèces en voie de disparition augmenterait
considérablement dans moins de 5 ans si aucune mesure de préservation, de
régénération, n'est établie.
MADAGASCAR rapport de pays 36

Pour les espèces non forestières, 15 ont été inventoriées comme plantes
aromatiques qui poussent en grande quantité; elles vivent sur des sols pauvres
arénacés ou calcaires et il est ainsi envisageable de les utiliser pour la
valorisation des terrains stériles.

Madagascar possède à travers ses forêts et savanes tropicales un important


stock génétique de ressources aromatiques (62 espèces). Ce bien naturel est
mal connu et gaspillé; il nécessite de toute urgence une évaluation quantitative
et qualitative; les caractérisations des matériels végétaux et de leurs produits
devraient être accélérées, afin de faire connaître ces plantes, enrichir les
collections et les greniers locaux ou nationaux. Ce qui impliquerait une
grande mobilisation de personnel technique et de fonds, des actions
cohérentes de protection de la nature, d'exploitation rationnelle des espèces,
de régénération ex et in situ, etc.

3.2.3 Les espèces à fruits comestibles

De rares publications1 font état de quelques espèces sauvages à fruits


comestibles. Les espèces suivantes peuvent illustrer l'intérêt de ces plantes:
· Sorindea madagascariensis (Anacardiaceæ),un arbre dioïque fréquent près
des ruisseaux de toutes les régions chaudes de l'île; cauliflore, l'espèce a une
grosse infrutescence (60 cm de long) et de très nombreuses drupes à pulpes
blanches, acidulées et parfumées. Chez d'autres variétés les drupes seraient
plus grosses et plus charnues et ont un parfum particulier;
· Les diverses espèces du genre Landolphia (Apocynaceæ): selon l'auteur, les
fruits sont tous comestibles; peu agréables à manger à cause des
nombreuses graines et du péricarpe ligneux riches en latex, ces fruits sont
plutôt appréciés pour leur excellent parfum.

Comme les deux plantes citées en exemple dans le milieu forestier, cinq autres
espèces aussi intéressantes par l'excellence des saveurs que par l'agréable parfum
de leurs fruits existent également dans les milieux hors forêt. Ces fruits sont
récoltés et vendus sur les marchés locaux. poussant souvent sur des terrains
semi-arides.

L'appui d'un programme de prospection et de domestication de telles espèces à


Madagascar est vivement attendu dans le cadre du plan mondial sur les
ressources phytogénétiques. La multiplication de ces espèces présenterait de
grands intérêts à la fois économique et écologique.

1 comme celle de Perrier de la Bâthie (1925)


MADAGASCAR rapport de pays 37

3.2.4 Les plantes oléagineuses endémiques

Les huiles et graisses végétales sont surtout fournies par les plantes introduites
et cultivées (Arachis hypogea, Elæis guineensis). La société SOAVOANIO
effectue des recherches sur leur collection de cocotiers (Cocos nucifera) et a
déjà obtenu une variété naine fructifère.

Parmi les quelques espèces endémiques exploitées, il y a lieu de signaler les


espèces de Baobab (Adansonia spp.) dont on extrait une huile commercialisée
à partir des graines.

3.3 PROGRAMME NATIONAL DE CONSERVATION

Des menaces pèsent sur les plantes forestières et en particulier médicinales à


cause de la destruction et de la surexploitation des forêts.

Il est prioritaire de réaliser d'urgence la prospection exhaustive de toute la


flore malgache et en particulier des plantes médicinales pour les cultiver in situ
et ex situ.

La conservation des plantes médicinales devraient suivre les "Principes


directeurs" déjà édictés par l'OMS, l'UICN et le WWF1 . Le CNARP essaie
d'agir dans ce sens en faisant appel à l'aide internationale en tant que centre
collaborateur de l'OMS.

Il est difficile de se développer sans détruire. Ceci nécessite donc une


compensation du manque à gagner. Le respect de la nature et des
réglementations en vigueur deviennent difficiles pour les populations locales
que l'on essaie de responsabiliser et d'intégrer dans la gestion des forêts et de
leurs ressources. Mais les gens doivent survivre et essayer de gagner un appoint
pour faire face à la cherté de la vie dans les pays économiquement en retard.

Pour rompre un tel cercle vicieux, il faudrait donc envisager des mesures socio-
économiques établies dans un système national et international qui
compensent le manque à gagner des pauvres et qui visent en même temps la
conservation de l'homme (ressource anthropogénétique) inséparablement de
celle des ressources phytogénétiques.

1 UICN. Principes directeurs pour la conservation des plantes médicinales. -OMS,


l'UICN et le WWF Gland (Suisse), avril 1993, 33p.
MADAGASCAR rapport de pays 38

Toutes les plantes et en particulier les plantes médicinales devraient faire


l'objet d'une convention internationale comme CITES et ne circuler entre les
pays que si elles ont fait l'objet de culture effective.

3.3.1 Programme(s) national(aux) de conservation des espèces


sylvogénétiques

a. Evolution des forêts naturelles

L'épithète "vierges" n'est pas approprié pour les forêts malgaches qui ont
toujours été visitées et exploitées. La plus grande partie de l’île était
initialement couverte de forêts naturelles qui ont été totalement détruites sur
environ 80% du territoire. Un des grands fléaux est la fabrication de charbon
de bois avec toutes les essences de la forêt sans discrimination ainsi que le
risque d'incendie que cela provoque. En 1980, la surface totale des forêts
naturelles a été estimée à 12,5 millions d'hectares et se répartit comme suit:

Forêt Superficie
(millions d’hectares)
forêts naturelles du type oriental (forêt ombrophile) 6,15
forêts naturelles du type occidental forêt tropophile) 2,55
forêts naturelles du type méridional (bush) 2,90
forêts naturelles de transition 0,90
Total 12,50

Le rythme de déforestation se situe entre 150 000 et 300 000 ha par an; par
conséquent, le patrimoine forestier malgache se situerait aujourd'hui entre 8 et
10 millions d'hectares et occupe ainsi 13 à17% de la superficie totale du pays.
Les principaux facteurs de dégradation sont l'agriculture traditionnelle sur
brûlis forestier (système du "tavy"), les feux de pâturage incontrôlés (élevage
extensif de l'ouest), et la pression démographique, etc.

b. Mesures pour la gestion durable des forêts naturelles à


Madagascar

Les aires protégées (A.P)

La préservation des forêts, conservatoires naturels de cette diversité biologique,


est plus ou moins assurée par l'existence des A.P; celles ci sont au nombre de
36 dont 12 réserves naturelles intégrales, 3 parcs nationaux et 21 réserves
spéciales. Les dates des décrets qui les ont instituées se situent pour la plupart
MADAGASCAR rapport de pays 39

avant 1952. La superficie totale de ces A.P est de 1.034.782 ha, soit 1,76% du
territoire malgache et 8,5% de la surface forestière.

Ces aires protégées sont elles représentatives de l'ensemble forestier national?


Un projet d'inventaire est en cours: projet COEFOR (Contribution à l'étude
des forêts classées). Il s'agit des forêts en dehors des A.P, autorisées à être
livrées aux exploitants forestiers et aux besoins des communautés en suivant
certaines règles de la législation y afférente. Leur superficie totale serait de 4
024 634 ha.

Dans le cadre de la suite de cet inventaire, la création de nouvelles réserves


incluant comme critère la préservation des Ressources sylvogénétiques, est
vivement souhaitable; ne serait-ce que pour le cas les caféiers endémiques de
Madagascar (50 espèces environ), qui sont des parents sauvages du Coffea
robusta.

ANGAP Association nationale de gestion des aires protégées

Il s'agit d'un organisme privé, avec participation de l'Etat, chargé de la gestion


des A.P Financé par des bailleurs de fonds (USAID, UICN, PNUD, etc.), il
coordonne les activités des opérateurs privés ayant des programmes de
conservation et de développement intégrés (PCDI); les travaux consistent à
mener des opérations de développement au profit des villages environnant les
A.P (pharmacie villageoise, reboisement, petits ouvrages de génie rurale,
agroforesterie); d'autre part, assister les agents forestiers pour le contrôle et la
protection des forêts. Il existe actuellement 14 PCDI menés par les ONG:
WWF, Conservation internationale (CI), CARE, VITA, STONY BROOK,
etc.

Le programme de conservation in situ rentre dans le cadre des Programmes


sur l'environnement (PE1 et PE2). Ils sont issus du Plan d'action
environnemental et assurés surtout par les ONG et les collectivités locales. Ces
programmes sont entretenus par des fonds internationaux et la gestion des
"dettes nature".

La politique de décentralisation et de la gestion participative des collectivités


locales devraient appuyer la structure de coordination.

Aucune mesure n'accompagne la production de matières premières végétales


avec l'application de la libéralisation économique.

Les clauses de régénération ne sont pas respectées.


MADAGASCAR rapport de pays 40

Il y a lieu de considérer toutes les espèces comme en danger car c'est tout
l'environnement qui risque de basculer à Madagascar.

Les plantes deviennent rares surtout celles exploitées irrationnellement. Il


s'avère nécessaire d'appliquer les mesures de SIEC (pour les exploitants aussi)
et d'intégrer les paysans dans la gestion.

Le niveau de vie des paysans doit être assez élevé et le développement doit se
réaliser par palier ou étapes (réformes, solutions et succédanés qui seront
trouvés) pour éviter les méfaits d'une conversion ou reconversion trop
brusques et irréversibles.

A cause de la grande pauvreté, la préservation semble difficile et les résultats de


la conservation ne sont pas encore tangibles.

Les exploitants subissent des conversions et ne pensent qu'à gagner de l’argent


au détriment de la préservation des espèces.

Conservation in situ

A Madagascar, ce sont les réserves et jardins botaniques qui assurent la


conservation in situ des espèces forestières autochtones (ou indigènes). Les
jardins botaniques sont des parcelles de forêt naturelle réservées à des
observations phénologiques d'espèces autochtones; ils sont au nombre de 22
dans le pays (leur situation est présentée en Annexe 2.12); fermés à toute
exploitation forestière, ces jardins botaniques ne font pas dans l'ensemble
l'objet d'entretien particulier: à part leur rôle dans le suivi phénologique des
espèces, ils servent, comme les stations forestières, de lieux de récréation pour
le public.

Par manque d'agents forestiers permanents et d'équipements informatiques,


ou encore de programme, il n'existe pas de données complètes et actualisées,
ou de données informatisées sur les ressources sylvogénétiques d'intérêt
économique.

Quelques forêts naturelles sont réservées à des stations d'études forestières, où


sont menées des essais de germination, des essais de suivi de la régénération
naturelle, des essais d'enrichissement, pour quelques espèces de valeur
économique. De telles stations d'essais sylvicoles sont réalisées uniquement
dans 4 formations: la forêt de Mahatsara (forêt ombrophile de basse altitude)
où opère le Département de recherches forestières et piscicoles (DRFP Centre
national de recherche FOFIFA); forêt de Tampolo et forêt de Bezaha
Mahafaly, zones d'études pratiques pour les étudiants forestiers de l'Ecole
MADAGASCAR rapport de pays 41

nationale supérieure agronomique (ENSA); et la forêt tropophile de


Marofandilia (sud-ouest).

A l'intérieur des stations, des essais sylvicoles ont été effectués afin d'identifier
les espèces qui peuvent s'adapter à chaque zone écologique. Les espèces
sélectionnées sont conservées dans des parcelles témoins: dans des arboreta ou
dans des périmètres de reboisement.

Toutes les espèces introduites ayant donné des résultats satisfaisants sont
encore retrouvées dans ces stations. Actuellement, elles servent de support
technique pour la recherche et la formation en foresterie, et l'exploitation y est
interdite. Les arboreta n'ont fait l'objet d'aucune intervention sylvicole jusqu'à
ce jour; ce manque d'entretien et de surveillance pourraient entraîner la
disparition de ces ressources.

En ce qui concerne les espèces autochtones, les essais effectués ont montré que
la croissance de ces espèces est très lente et qu'elles s'adaptent difficilement en
dehors de leur milieu réel. C'est ainsi que la proportion des espèces
autochtones utilisées en reboisement est très faible par rapport aux espèces
exotiques (Annexe 2.13 sur les essences mises en terre).

3.3.2 Conservation ex situ

a. Plantes médicinales

En général, il n'y a aucune promotion de la culture et de la conservation des


plantes médicinales. La pauvreté et les problèmes socio-économiques actuels
n'autorisent que les programmes rentables à court terme.

Les collections de plantes médicinales se trouvent dans les différente


institutions sous forme de parcs et jardins plus ou moins spécialisés ou de
quelques exemplaires destinés à la recherche.(CNARP, PBZT, IMRA). Elles
proviennent généralement de récolte in situ

Le CNARP ne dispose actuellement que de 85 espèces acclimatées avec 14


endémiques (Annexe 2.8). Deux espèces font l'objet de recherche de
multiplication et d'amélioration.

Quelques opérateurs économiques en relation avec le CNARP ont commencé


à cultiver quelques plantes médicinales et surtout des plantes aromatiques
(Sociétés COREMA à Marovoay Moramanga; PROIMPEX à Andasibe; la
SIMPEXMA cultive avec succès Catharanthus roseus sur 4 ha depuis 1989)).
Des essais de cultures ont été effectués dans d'autres régions sur d'autres
plantes précises mais sans suite (Catharanthus à Fianarantsoa).
MADAGASCAR rapport de pays 42

Toutes ces activités ex situ ne représentent qu'une quantité négligeable de


l'ensemble des plantes médicinales.(inférieur à 0,5%). L'ensemble des
collections existantes est très pauvre et loin d'être exhaustif.

Ces collections ne sont pas du tout représentatives car elles sont aléatoires et
opportunistes; seules les espèces précises faisant l'objet de recherche isolée ou
en collaboration bénéficient d'une planification de collecte.
Devant la lenteur des résultats de la préservation in situ et, l'absence de
culture, cela urge de conserver ex situ les plantes médicinales les plus exploitées
ainsi que les plantes endémiques.

Il faut prioriser la conservation ex situ car les programmes mis en place pour
la conservation de la biodiversité (PE1) visent le maintien de l'environnement
naturel et non pas l'utilisation des ressources végétales.

Il est primordial de créer une banque de gènes à l'échelle nationale pour les
plantes médicinales incluant les plantes aromatiques, cosmétiques et toxiques
avec tous les moyens nécessaires et suffisants (assistance technique, formation
de personnel, matériel, etc.). Cette création est à mettre en parallèle avec un
programme de collecte des plantes et de leur caractérisation en utilisant les
centres nationaux ou régionaux existants comme le Conservatoire botanique
des Mascarins à la Réunion.

Il faut enrichir et étoffer les parcs et jardins déjà existants avant d'en créer des
nouveaux.

b. Arbres et espèces forestières

Stations forestières et arboretum: Les stations forestières au nombre de 30 à


Madagascar; elles ont été installées durant la période coloniale (vers 1950)
pour lancer des programmes de reboisement, notamment en espèces exotiques
(introduits) à croissance rapide.

Parc botanique et zoologique: Il existe un parc botanique et zoologique dans la


Capitale. C'est une aire de 1 ha au plus où sont maintenues en collections
vivantes quelques espèces des régions arides du sud, de l’ouest et de l'est:
Pachypodium (3 espèces), Alluaudia (3 espèces); Didierea madagascariensis;
deux derniers genres sont des éléments de la famille endémique des Didiéracées
(épineuses du sud); Adansonia madagascariensis, Euphorbia (2 espèces du
sud); une palmeraie, une serre d'orchidées et quelques arbres de la région
orientale.
MADAGASCAR rapport de pays 43

Le parc joue un rôle éducatif pour le public et un centre de documentation


pour la flore malgache.
Quelques collections privées: En matière de ressources sylvicoles, l'existence de
vraies collections génétiques pour les variétés ou espèces améliorées est rare
Seules quelques sociétés d'exploitation ont fait des introductions nouvelles et
ont assuré le maintien en collection de ces espèces sélectionnées en vue de
renouveler leurs productions: le cas des plantations de cocotiers nains (société
SOAVOANIO), des plantations de manguiers (variété Zanzibar et autres),
celle des Palmiers à huile (Elaeis guineensis).

3.3.3 Stockage

La forme actuelle de stockage connu au CNARP demeure au stade de jardin,


de champs d'expérimentation minuscules et de quelques semences renouvelées
chaque année.

Un système bancaire de gènes est à instaurer. Il gérera les banques locales et


nationales en les mettant en relation avec le système international des banques
de ressources phytogénétiques. Le soutien international est nécessaire car la
création de la banque nationale est un programme à long terme.

Il faut utiliser toutes les structures déjà existantes comme le SNGF pour les
essences forestières et les plantes médicinales ainsi que pour toutes les plantes
utiles exploitées.

3.3.4 Documentation

La documentation est primordiale car la connaissance doit précéder et peser


sur l'action ou la prise de décision.

Les documents relatifs aux ressources forestières et médicinales sont éparpillés


au sein des différents organismes ou services concernés: Direction des eaux et
forêts, Service d'élevage; Centres nationaux de recherche (agro-forestière,
environnementale, pharmaceutiques), bibliothèque nationale, bibliothèques
des universités et de l'académie, etc.

Les fonds documentaires disponibles au sein de ces organismes sont répertoriés


et informatisés au sein du Centre d'information scientifique et technologique
(CIDST) qui a été créé par le Ministère chargé de la recherche scientifique et
technologique en 1988. Actuellement, elle est mise à la disposition du public
scientifique soit sous forme de consultation d'ouvrages, soit sous forme de
recherche documentaire.
MADAGASCAR rapport de pays 44

La qualité de la documentation relative aux ressources phytogénétiques dépend


des informations et publications fournies par les différents services techniques:
archives des sélectionneurs, données de caractérisation des échantillons,
résultats des activités de recherches sur les connaissances ethnobotaniques,
biologiques, taxonomiques et sur l'entretien des collections existantes.

a. Sur les espèces forestières et sylvicoles

Il existe au Centre national de recherche sur l'environnement (CNRE), un


autre projet en matière de documentation, s'agissant de la Base de données sur
les ressources environnementales et terrestres (BRET), financé par la Banque
Mondiale; il s'inscrit dans le cadre de la réalisation des Programmes d'action
environnementale, PAE phase I. Les données sont catégorisées en 5 volets
dont la flore et la végétation, avec des subdivisions en thèmes suivants:
écologie, biologie et productions végétales; le dernier thème comporte encore
5 sous-thèmes: agriculture, agrostolgie, phytochimie, ethnobotanique et
foresterie. La base est en phase de finition, et le contenu ainsi que les
modalités de gestion ne sont pas encore publiées.

b. Sur les plantes médicinales

Les données sur la flore de Madagascar et sur l'ethnobotanique existent mais


demeurent partielles. Leur synthèse ou leur compilation nécessite la
contribution des pays ou chercheurs étrangers qui détiennent la plupart des
documents et les données les plus récentes.

La recherche bibliographique et la prospection sur le terrain restent à faire


pour avoir des données exhaustives sur la caractérisation systématique des
plantes médicinales et des connaissances indigènes.

La synthèse des données peut réorienter les priorités et les décisions


concernant la conservation et la recherche sur les plantes en particulier les
médicinales.

La documentation sur les plantes médicinales est souvent incomplète faute de


documents ou faute de recherche effectuée sur les plantes. Une pharmacopée
nationale dans les normes comme le Codex français n'existe pas encore.

Les plantes médicinales identifiées ou non sont toujours accompagnées par des
indications botaniques de récolte et par des herbiers de référence ainsi que par
des documents iconographiques (diapositives ou photographies) et par les
indications de la connaissance traditionnelle. Ces collections permettraient à
MADAGASCAR rapport de pays 45

des spécialistes de la taxonomie de déterminer les plantes. Leur compétence est


surtout requise dans l'identification des plantes non indigènes.

La documentation complète n'existe même pas pour les plantes les plus
connues. Pourtant elle est indispensable pour les plantes médicinales retenues
dans la fabrication de spécialités pharmaceutiques notamment au moment du
dépôt de la demande d'autorisation de mise sur le marché (AMM).

Contrairement aux échanges de matériel, les informations circulent faiblement


et souvent de manière informelle entre les institutions et entre les usagers. Le
CNARP puise aussi sa documentation auprès des autres institutions et fournit
souvent verbalement ou par lettre, parfois par des publications les
informations concernant les plantes médicinales. Les usagers viennent
également consulter directement les collections (herbier, iconothèque) et la
documentation.

Mais tout cela nécessite encore des améliorations dans la coordination et la


technologie vers la création d'un véritable réseau. Car les réseaux
documentaires existants ne sont pas assez spécialisés pour peu qu'ils soient
opérationnels.

Les phases de données informatisées ne sauraient être complètes, compte tenu


des carences en évaluation des ressources sylvogénétiques et spontanées, et
l'inexistence d'une coordination au niveau des activités de divers organismes
qui sont les principales sources des informations.

3.3.5 Evaluation et caractérisation

La flore malgache est une des plus riche du monde mais beaucoup de plantes
et d'espèces endémiques demeurent encore insuffisamment connues.

L'identification taxonomique comme toute recherche requiert la compétence


des spécialistes internationaux de systématique végétale. Les problèmes sont
plus ardus avec la détermination des espèces exotiques et spontanées.

a. Des ressources sylvogénétiques et spontanées

Les activités de recherche sur la distribution naturelle des principales espèces


autochtones (ou indigènes) forestières ont été réalisées surtout par les anciens
MADAGASCAR rapport de pays 46

botanistes1 . Le nombre des espèces traitées par ces auteurs est limité dans le
temps; mais ces travaux restent des références sur les connaissances des espèces
économiques potentielles existant à Madagascar. A part quelques mémoires
d'études et de thèses, une grande lacune évidente des publications sur les
phytoressources est installée depuis 30-40 ans.
Par ailleurs, les études récentes et in situ, des peuplements de ces espèces
principales font défaut, sauf pour les caféiers sauvages et les essences de bois
forestiers lesquels jouissent de la continuité des Recherches effectuées par le
CTFT et l'ORSTOM, reprises par les Centres nationaux des recherches
agricole et forestière. Même constat pour les études de la biologie, de
l'écologie forestière et des connaissances traditionnelles des RPG
(ethnobotanique) forestières; l'inexistence et/ou la faiblesse des recherches en
génétique forestière (sélection, amélioration, conservation et évaluation de la
diversité génétique). Ce qui explique l'absence d'un système national
d'information sur les ressources phytogénétiques.

Le système privatisé de la gestion forestière dominé par les ONG et les


opérateurs des PCDI, n'a pas été jusqu'à présent sensé apporter des
orientations en vue de combler ce vide scientifique sur l'évaluation in situ des
RPG. La tendance est même souvent de négliger ou de minimiser ou d'ignorer
les compétences nationales (centres nationaux de recherches et universités) au
profit des chercheurs expatriés; une franche collaboration et l'application des
résolutions internationales (Agenda 21) sur le principe du renforcement
infrastructurel et technique des Pays détenteurs des RPG devraient être choses
admises à Madagascar.

b. Des plantes médicinales2

La pharmacopée traditionnelle compte environ 2 300 espèces. La flore


médicinale a une valeur potentielle mais 90% des espèces recensées dans les
pharmacopées traditionnelles ne sont pas encore commercialisées comme
source de médicament ou de molécules phytochimiques. Plus de 98% des
études chimiques et pharmacologiques restent à faire concernant les végétaux
supérieurs (excluant les végétaux inférieurs: champignons, les algues, etc.).

L'évaluation et la caractérisation des plantes de Madagascar devraient être une


priorité du pays même si elles ne sont pas rentables à moyen terme. Le système
à établir est celui des appels d'offre internationale dont les clauses et les
responsabilités doivent être stipulées dans chaque contrat qui prévoit une

1 comme H. Perrier de la Bâthie (1924;1931, 1949) R. Decary (1949); P. Choux.


(1923) A. Chevalier (1937; 1938); R. Capuron, Ramisaray, P. Boiteau et Rakoto
Ratsimamanga, etc.
2 Z.A. Rabesa et al., 1990.
MADAGASCAR rapport de pays 47

rentabilisation ultérieure par le biais d'un canal ou d'un réseau international


ou régional ainsi que l'utilisation de la compétence locale.

Un programme international avec la conservation mondiale prévoit de dresser


le bilan de la protection à Madagascar, de mettre en place un réseau de
surveillance écologique et d'établir la cartographie de la biodiversité malgache
en utilisant les compétences nationales et internationales.

L'approche mondiale des RPG et des plantes médicinales devrait partir surtout
de la gravité des problèmes dans chaque pays plutôt que considérer ou
prioriser des problèmes communs qui intéressent le plus grand nombre de
pays. L'approche sera variable et plus souple et dépendra alors du cas et de
l'importance des problèmes à résoudre.

L'évaluation devrait se faire d'abord suivant les grands ensembles écologiques


ou naturels et non pas à partir de la géographie politique ou des aspects
économiques.

3.3.6 Régénération

En ce qui concerne les plantes médicinales, elle est assurée par la régénération
naturelle. Il n'y a pas encore de choix faute de moyens (matériel biologique,
infrastructure, personnel, etc.).

Pour certains cas de régénération in situ, on observe parfois que la vitesse de


croissance des plantes forestières est trop lente ou que le cycle de reproduction
de certaines espèces est trop long.

S'agissant des plantes ex situ, la régénération effectuée au CNARP n'a utilisé


que la technologie disponible et s'est porté sur des premiers essais concernant
2 espèces médicinales. Actuellement, encouragé par les résultats, le CNARP
s'intéresse aux autres plantes potentielles en considérant soit leur endémicité,
soit leur utilité, soit leur rareté.

3.4 UTILISATION DES RPG A L’INTERIEUR DU PAYS

3.4.1 Utilisation des collections

Les principales ressources sylvogénétiques les plus utilisées sont les espèces des
genres Pinus et Eucalyptus dont le reboisement est effectué soit par quelques
MADAGASCAR rapport de pays 48

sociétés, soit par des petits exploitants, soit à l’échelle familiale à des fins
énergétiques et industrielles (Industrie papetière, bois de chauffe et charbons
de bois). Néanmoins, il n'existe pas de collection génétique ni pour ces espèces
ni pour d'autres. En effet, l'existence de vraies collections se situerait à 35 ans
auparavant. Tout ceci semble être témoigné par la diversité de vielles souches
d'arbres subsistant ça et là: Acacia dealbata, Albizzia lebeck (plantes d'ombrage
des caféiers); Delonix regia, Arancaria angustifolia, Cassia leandri;
Cryptomeria japonica, Jacaranda mimosifolia, etc. (arbres ornementaux);
Citrus hystrix (fruitier).
Il n'y a aucun échange de matériel entre les institutions et la collection ne sert
parfois que de matériel pédagogique ou informatif. Les collections ne
s'utilisent que pour les activités de chaque institution

La mise à disposition des collections au grand public ne dépasse pas le cadre de


la visite éducationnelle ou de documentation de recherche. Les échanges avec
les institutions étrangères n'existent pas car elles préfèrent se servir directement
dans la nature.

Les échanges nationaux, régionaux et internationaux devraient être


encouragés entre tous les acteurs et promoteurs de la conservation et sous-
tendus par une législation nationale et internationale reconnues par tout le
monde.

3.4.2 Programme d'amélioration et de distribution des semences

Il faut mettre sur pied un programme visant la production et la vulgarisation


de plantes forestières et médicinales améliorées en impliquant les structures
interministérielles existantes (SNGF et DEF/MEADR, DRFP et CNARP/
MRAD).

3.4.3 Avantages tirés de l'utilisation des RPG

La population se tourne davantage vers les plantes médicinales pour se soigner


à moindre frais.

Le pays fait rentrer directement quelques devises par le commerce extérieur de


ses ressources forestières et médicinales Le montant annuel en monnaie locale
varie de 180 millions à 42 milliards 280 millions avec une moyenne de
3 milliards 460 millions de FMG par an.
MADAGASCAR rapport de pays 49

3.4.4 Amélioration de l'utilisation des RPG

Les travaux et la recherche sur les plantes médicinales ne sont pas encore
arrivés au stade de l'amélioration. Les obstacles sont surtout d'ordre financier
et technologique.

Il faut: promouvoir la culture et la diffusion des connaissances sur les plantes


forestières et médicinales, valoriser leur coût et les normaliser et créer des
industries appropriées dans le pays.
MADAGASCAR rapport de pays 50

CHAPITRE 4
Objectifs, politiques, programmes et
législation du pays

Les engagements internationaux doivent être respectés par les pays signataires
indépendamment des changements de politique ou de dirigeants. La
législation est souvent douteuse ou obsolète par manque de coordination et/ou
de rigueur.

4.1 CADRE GENERAL DE POLITIQUE ECONOMIQUE ET SOCIALE

L'économie socialiste devient une économie libérale. Un tel ajustement n'est


pas totalement maîtrisé.

L’Etat essaie de subventionner les intrants agricoles mais les agriculteurs


abandonnent les plantes peu productives.

La mise en place de nouvelles institutions définies par la Constitution de la


IIIème République s'est accompagnée d'une série de changements par rapport
à la période de transition (octobre 1991-sept 1993).

4.1.1 Programme général de politique socio-économique

Les options économiques fondamentales tournent autour de la lutte contre la


baisse du niveau de vie de la population.

a. Etat du sous secteur de la production agricole

Dans le domaine de l'agriculture, il s'agit de chercher l'expansion de la


production en passant par la diversification qui devrait s'accompagner de
nouvelles méthodes culturales plus intensives. Ce programme tiendra compte
des données climatiques et pédologiques des différentes régions du pays.
MADAGASCAR rapport de pays 51

Comme dans les autres domaines de l’économie, le Gouvernement veillera à ce


que l'agriculture soit libéralisée afin d'éliminer les distorsions structurelles
internes. Dans le secteur secondaire, compte tenu des besoins de financement
extérieur pour les intrants, le programme de développement tourne autour de
l'économie en devises étrangères. Ce qui implique apparemment la stratégie
s'appuyant sur le développement des petites et moyennes entreprises
(PMI/PME) et l'intégration progressive du secteur dit informel. Le cas
particulier de la zone franche industrielle sera suivie de façon à assurer
l'harmonisation et la concurrence régulière dans l'ensemble industriel
malgache.

Dans le secteur tertiaire, le développement du tourisme est devenu une


priorité. La stratégie consiste en l'aménagement des sites touristiques d'abord
combiné à l'amélioration des réseaux de transports et de télécommunication.
Ce programme de développement vise à l'expansion des investissements privés
qui conditionnent un des moteurs destinés à la relance de l’économie après
une longue période de récession et la hausse au cours de la dernière décennie.
Quant au cultures industrielles, la production n'arrive pas à satisfaire la
demande en matières premières des unités de transformation: tels sont le cas
de l'arachide, du blé, du soja., la production de canne à sucre est plutôt
stationnaire.

D'une matière générale les rendements sont assez bas (riz-paddy 1,8 t/ha, café
350 kg/ha, maïs 700-900 kg/ha).

Pour les cultures d'exportation traditionnelle comme le café, le girofle et la


vanille, la chute ou les fortes fluctuations des cours mondiaux, la concurrence
internationale et les faibles rendements n'ont pas favorisé l'expansion de leur
production. L'on peut également noter une baisse de la qualité des produits
due au manque de soin appropriés aux cultures, résultant de la faiblesse de
trésorerie chez les producteurs pour l'entretien des plants et de la dégradation
de l'environnement socio-professionnel du secteur.

Les importations de riz ont baissé de 162 178 tonnes en 1986 à 58 622 en
1992, dons et achats confondus.

Les exportations des produits traditionnels ont baissé en tonnage et en valeur


mais on assiste à un début de diversification des exportations par l'émergence
de produits nouveaux en particulier les fruits et les légumes.
MADAGASCAR rapport de pays 52

b. Etat du sous-secteur élevage (pâturages)

Les ressources en pâturages ont été évaluées à environ 32 millions d'hectares,


avec une capacité de charge moyenne de 0,25 unité de bétail par hectare.
On prévoit que le potentiel de production de l'élevage extensif sur les
pâturages naturels diminuera de 20 à 25% au cours des 10 prochaines années,
au fur et à mesure que les cultures s'étendront dans les bas-fonds au détriment
des pâturages (les bas-fonds servant de pâturages en saison sèche). Le problème
de feux de brousse traditionnellement utilisés pour provoquer la repousse de
l'herbe, s'est récemment aggravé dans de grandes proportions et semble
présenter une menace importante pour les ressources en sols et en pâturages.

c. Le sous-secteur forestier et environnemental

La couverture forestière s'amenuise inexorablement: 200 000 ha de forêts


disparaissent chaque année sous l'action de défrichement effectués de
différente manières et 1 200 000 ha de parcours sont la proie des flammes.

L’approvisionnement en combustibles domestiques (bois et charbon) et bois


d'oeuvre devient de plus en plus difficile et plus coûteux. Si le volume des
grumes et bois débité a été en accroissement en fonction de la demande
extérieure et intérieure, la production de combustibles domestiques a diminué.

Le déboisement a son niveau actuel est le principal facteur de la dégradation


poussée à l'environnement. Il en résulte une baisse de fertilité des sols, la
disparition progressive des terres arables, corrélativement un ensablement et la
divagation d'eau. Le climat semble aussi en être affecté par l'apparition de
sécheresse de plus en plus fréquente. La disparition d'espèces animales et
végétale dont certaines endémiques à Madagascar, qui en découle, constitue
une perte irrémédiable, tant pour le patrimoine national que mondial.

Une grave conséquence de l'extension considérable de la surface cultivée (de


l'ordre de 2,5% par an) mettant en oeuvre des techniques inadaptées à la
croissance démographique et à l'augmentation de la demande urbaine, a été la
croissance alarmante de la dégradation de l'environnement, qui a
essentiellement pris trois formes:
· sur les hautes terres centrales, les cultures de Tanety, utilisant des méthodes
inadaptées ont favorisé l'érosion du sol avec pertes de la couche supérieure
du sol arable (de l'ordre de 100 t/an, et dégâts étendus aux routes, plans
d'eau, et infrastructures d'irrigation (ensablement, brèches);
MADAGASCAR rapport de pays 53

· dans les régions sèches du nord-ouest et au sud-ouest, la pratique des feux


de brousse s'est répandue au-delà de la capacité génératrice des plantes
provoquant de sérieuses réductions de la couverture du sol et des pertes de
fertilité;
· enfin, la destruction de la forêt et des équilibres prend une allure
accablante. Les forêts tropicales sèches le long de la côte-ouest sont en voie
de disparition à un rythme de 2,5% par an, et les forêts tropicales humides
de la côte-est suivent la même destinée à un taux annuel de 1,5% par an.

4.1.2 Politique de réformes des structures

La création d'un Ministère chargé de l'environnement montre la volonté


qu'attache le gouvernement à résoudre et à coordonner les actions sur
l'environnement.

Le CoBio interministériel se met en place mais la création d'un réseau


national responsable des RPG est plus judicieuse. Ce dernier devrait être
impliqué dans l'exécution des programmes mais également dès leur
conception.

Le programme de politique structurelle part des données économiques


fondamentales suivantes:
· un déséquilibre budgétaire de l'Etat;
· un recul du revenu réel par habitant;
· une aggravation du taux de chômage et de problèmes sociaux.

Ces données constituent le problème à résoudre par des mesures et des


réformes structurelles à moyen ou long terme. Ce qui explique la mise en
oeuvre de programmes de stabilisation et d’ajustement amorcés depuis les
années 1980: des accords annuels dans le cadre de la Facilité d'ajustement
structurel (FAS) puis la Facilité d'ajustement structurel renforcée (FASR) du
FMI, et des crédits d'ajustements sectoriels de la Banque Mondiale.

Les mesures les plus importantes adoptées dans le cadre des programmes
d'ajustement structurel ont été principalement:
· la dévaluation du franc malgache et l'adoption d'une politique flexible du
taux de change (1985-1994) et flottement de la monnaie malgache en
1994;
· la libéralisation du système des importation en remplaçant les quotas par
des tarifs;
MADAGASCAR rapport de pays 54

· le relèvement des prix aux producteurs des principaux produits agricoles


puis leur libéralisation (sauf la vanille);
· l'élimination progressive du contrôle des prix;
· la libéralisation des exportations (sauf celle de la vanille), en supprimant les
monopoles d'Etat dans l'exportation agricole;
· la restructuration du système financier favorisant la participation du
secteur privé malgache et des investisseurs étrangers au capital des
institutions financières de Madagascar;
· le désengagement de l'Etat des entreprises publiques;
· l'amélioration de la gestion des secteurs publics et financiers;
· le développement de l'infrastructure dans le secteur agricole;
· la protection de l'environnement.

4.2 LES CONTRAINTES DU SECTEUR AGRICOLE

Doté d'un grand potentiel agricole, Madagascar enregistre beaucoup de


facteurs ayant contribué à la régression de la performance du secteur de
développement rural. Ils se situent à différents niveaux:

4.2.1 Les contraintes d'ordre socio-économique

Interdépendant de l'environnement social et économique du pays, les


contraintes d'ordre socio-économiques sont étroitement corrélés:
· paupérisation manifeste des villes et surtout des campagnes: malnutrition,
précarité de l'emploi, dégradation du pouvoir d'achat;
· incohérence et vicissitudes en matière de politique et d'organisation de la
production et de marchés;
· défaillance dans le soutien à la production: crédit rural mal adapté, coûts
élevés de transports, insécurité des biens et des personnes;
· déficience des infrastructures de base nécessaire au développement de la
production (voies de desserte et de communication, réseaux d'irrigation);
· problème foncier: insécurité foncière, difficulté d'accès des productions à la
propriété ou à une faisance valoir sécurisante.
MADAGASCAR rapport de pays 55

4.2.2 Les contraintes d'ordre physique

Les ressources en eau, comme en terres cultivables ne sont pas pleinement


utilisées. Des contraintes qui freinent le développement et rendent vulnérables
le secteur agricole méritent d'être prise en compte:
· cataclysmes et instabilité climatiques propres à la zone tropicale (cyclone,
sécheresse);
· détérioration de l'environnement, liée à des facteurs internes (pression
démographique, fragilité des sols, pratiques traditionnelles inadaptées);
· dégradation de la fertilité des sols, accentuée par l'érosion, provenant de la
détérioration de l'environnement.

4.2.3 Les contraintes d'ordre technique

L'extension des superficies cultivées caractérisées par l’indisponibilité et


inaccessibilité des facteurs de production modernes et la prédominance des
techniques non performantes ne permettent pas d'avoir une augmentation
satisfaisante des rendements et d'atteindre les productions escomptées.

La détérioration de la santé animale au cours des 25 dernières années est un


des facteurs limitants essentiel du sous-secteur élevage.

Le risque de surexploitation du stock crevettier dû à l'absence d'informations


fiables sur l'état des stocks halieutiques peut conduire généralement à une
mauvaise gestion de l'exploitation.

4.2.4 Les contraintes d'ordre structurel

La structure actuelle est marquée par plusieurs facteurs peu favorables en


particulier l'insuffisance de l'organisation du monde rural, l'absence de
politique clairement définie et l'obsolescence de certains textes juridiques.

L'existence de structures parallèles (recrudescence et prospérité du secteur


informel), intervenant dans le secteur, le manque de coordination et
l'imprécision dans les règles du jeu entre l'Etat et le secteur privé n'ont pas
amélioré l'initiative des opérateurs.

La faiblesse des capacités de l'administration dans le domaine de la diffusion


des informations technico-socio-économiques pour le secteur rural ne fait
qu'aggraver la situation.
MADAGASCAR rapport de pays 56

4.2.5 Les contraintes d'ordre financier

L'insuffisance de crédits disponibles ne permet pas d'entreprendre de grands


investissements et d'entretenir les infrastructures existantes. Cette insuffisance,
justifiée à priori par la faible rentabilité des activités rurales et des débouchés
aléatoires aggrave la chute de performance de l'ensemble de l'agriculture
malgache.

4.3 POLITIQUES SECTORIELLES (AGRICULTURE, FORET,


ENVIRONNEMENT)

Il faut séparer la préservation de l'environnement (biodiversité) et la gestion


des ressources phytogénétiques pour plus de clarté dans les actions à
entreprendre.

Le Gouvernement n'a pas encore de politique concernant les introductions ou


les espèces existantes. Seule la production est visée mais d'une manière non
spécifiée. Il y a lacunes d'informations et de moyens.

Les programmes en cours visent la conservation et non l'amélioration des


ressources.

Les besoins de la formation sont la gestion de la conservation in situ avec la


formation en parallèle de tous les acteurs du circuit des RPG et d'autre part, la
biotechnologie de la conservation ex situ. Avec l'aide étrangère, des
institutions nationales (ENSA, FOFIFA, EESS) peuvent dispensés des cours
viables (ex. ICRO).même à l'échelle régionale.

L'exploitation et l'exportation des plantes médicinales et des huiles essentielles


existent1 .

Le gouvernement incite les agriculteurs à une meilleure production sans


préciser avec quel matériel. Le système de banque de semences n'est
fonctionnel qu'avec les principales cultures seulement. Il n'y a pas de vraie
politique d'échanges.

1 Arrêté Interministériel N° 2915/87 publié dans le JORDM du 07 sept. 1987,


p.2092 sur la rélémentation et la caractérisation de l'exploitation des plantes
médicinales. Arrêté N° 881/AP/4 du 23 avr. 1953 publiant l'Ordonnance
N° 53/220 du 07 mars 1953 paru dans le JORM du 02 mai 1953, p.868 sur la
réglémentation de l'exportation et l'importation des huiles essentielles.
MADAGASCAR rapport de pays 57

Les réglementations en vigueur sont peu respectées par les nationaux et les
étrangers.

Il faut mettre en place le système de surveillance et suivi des RPG tel qu'il est
envisagé dans les approches récentes de la protection de l'environnement suite
à l’accord avec la Convention internationale sur la biodiversité.

La normalisation des produits exportés entraînent la reconsidération et


l'extension des activités commerciales à d'autres cultures vivrières ou
d'exportation ancienne.

4.3.1 Orientations générales

La stratégie de croissance est fondée sur la promotion des productions de


substitution aux importations et d'exportation. Les actions s'organiseront sur
la base de l'intensification et la diversification de ces productions.

En conséquence, les priorités iront aux productions:


· stratégiques pour la sécurité alimentaire du pays;
· contribuant significativement à l'amélioration des revenus des producteurs;
· en mesure de résorber le déficit de la balance de paiement;
· présentant un avantage économique comparatif suffisant pour justifier une
intervention de l'Etat.

4.3.2 Objectifs globaux

La politique pour le développement rural vise les objectifs suivants:


· améliorer les conditions de vie en milieu rural;
· améliorer la productivité agricole;
· promouvoir une politique d'ouverture des marchés;
· valoriser les ressources disponibles;
· protéger l'environnement.

Le développement recherché doit être endogène, participatif et durable. Il


concerne aussi bien l'appareil de production que le groupe social des
producteurs, ceux-ci étant à la fois les premiers "décideurs", les acteurs et les
bénéficiaires du développement.
MADAGASCAR rapport de pays 58

4.3.3 Stratégie générale

La stratégie générale s'articulera sur:


· l'instauration d'un environnement favorable et incitatif sur tous les plans
afin de motiver les agents économiques ruraux et d'optimiser les conditions
d'épargne, d'investissement et de production dans le cadre de la
libéralisation de l'économie;
· une accentuation du recentrage du rôle de l'Etat aux fonctions
d'orientation, de promotion, d'appui, de coordination, de suivi et de
contrôle;
· la responsabilisation et la participation des producteurs dans le cadre de
structures autonomes reconnues (notion de partenariat).

Les axes stratégiques opérationnels reposeront sur 17 points selon le document


de politique pour le développement rural du MEADR; Dans une perspective
d'élaboration d'un programme national sur la gestion de ressources
phytogénétiques, il est judicieux de relever les axes stratégiques opérationnels
suivants:
· la stimulation dans plus de transparence, des processus de désengagement
de l'Etat en tant qu'opérateur direct, pour garantir une plus grande équité
et promouvoir une économie de marché axée sur la performance et le
maintien d'une saine et réelle concurrence;
· l'organisation du Ministère chargé de l'agriculture au développement rural
dans ses missions et prérogatives d'élaboration et d'ajustement de la
politique agricole, du suivi et du contrôle de sa réalisation sur les appuis à
la production;
· l'intégration et la coordination des programmes et des interventions dans
le secteur agricole;
· la valorisation et l'utilisation optimales des ressources humaines des
producteurs et de leur environnement;
· le redéploiement des compétences, décentralisation des pouvoirs de
décision et de gestion et renforcement des structures régionales afin de
libérer les initiatives;
· la gestion rationnelle des ressources naturelles;
· l'enrichissement de la biodiversité par l'introduction d'espèces exotiques;
· l'amendement et l'évolution des cadres institutionnel, juridique financier
et économique propices au développement du secteur agricole, dans son
ensemble;
MADAGASCAR rapport de pays 59

· la politique de production axée sur:


. l'amélioration de la productivité fondée sur la protection de
l'environnement;
. la responsabilisation effective des producteurs;
. la promotion des produits exportables et de substitution;
. l'aide à la spécialisation régionale progressive en fonction des atouts et
des opportunités;
. la sécurisation des paysans producteurs, opérateurs et autres contre tous
les ravageurs, les maladies, les empoisonnements et la pollution de
l'environnement, en adoptant la protection intégrée des cultures et des
denrées stockées comme stratégie de lutte.

4.4 CONSTATS ET RECOMMANDATIONS DE L'ATELIER NATIONAL

Les principaux constats et les recommandations prioritaires de l'atelier


national sur les RPG portent sur l'insuffisance de capacité institutionnelle et
de programme national, ainsi que les actions à mener pour atteindre les
objectifs nationaux prioritaires et l'application d'un système juridique fiable.

4.4.1 Constats

Toutes les activités relatives aux RPG sont conformes au plan de


développement national et s'orientent vers le développement, le renforcement
et la création d'une coopération interministérielle pour l'installation d'un
"réseau" pour la conservation durable des RPG;

En général, on constate:
· un défaut de coordination qui nuit à la documentation et à l'évaluation et
qui n'utilise pas la compétence locale;
· une insuffisance des connaissances, des moyens institutionnels et
technologiques ainsi que de la valorisation des RPG et celle de la
compétence nationale;
· une mauvaise gestion des ressources à tous les niveaux laquelle menace leur
existence.
MADAGASCAR rapport de pays 60

Il existe encore in situ de nombreuses espèces spontanées et des anciens


cultivars pour les plantes vivrières et fourragères ainsi que pour les "brèdes" et
les fruits. Elles risquent de disparaître en l'absence d'une politique de mise en
place d'une banque de gènes.

4.4.2 Objectifs recommandés

1. Création d'une coordination au niveau national assuré par un comité


national permanent pour améliorer le programme sur les RPG,
coordonner les actions, définir les attributions de chaque organisme
concerné, favoriser les échanges de nature diverse entre les institutions
nationales ainsi qu'avec les organismes internationaux;
2. Priorisation d'une politique et d'un programme relevant de la SIEC pour
valoriser l'importance des RPG:
. sensibilisation et conscientisation à tous les niveaux;
. information et vulgarisation (partage des informations entre les
institutions locales; accent sur la nécessité des reboisements, promotion
et vulgarisation des RPG peu connues mais potentielles);
. education et formation (orientation des recherches sur les priorités et
besoins du pays, promotion des recherches fondamentale et appliquée
sur les RPG pour étoffer exhaustivement les données);
. communication et échanges (normalisation des produits).
3. Soutien et volonté politique des décideurs.

4. Application d'une politique de conservation et de gestion des RPG:

. création à court terme de banques locales décentralisées selon les


ressources et les régions qui alimenteront à long terme une banque
nationale de gènes;
. utilisation rationnelle des RPG exploitées en révisant le système et la
politique d'exploitation (application stricte des lois, professionnalisation
du métier d'exploitants et développement de la compétence humaine
locale en matière de conservation et de gestion, mise en place d'une
gestion participative et intégrée);
. augmentation de la production, diversification du système productif,
élargissement de la base génétique des cultures avec du matériel étranger.
MADAGASCAR rapport de pays 61

4.4.3 Programme(s) national(aux)

Madagascar ne possède pas de programme national proprement dit sur les


RPG, mais plutôt une série d'éléments différents parrainés par plusieurs
ministères.

Une commission tripartite regroupant les 3 ministères MEADR, MRAD et


MESUP, dont le chef de file est la Direction des eaux et forêts
(DEF/MEADR), n'est pas officielle mais est opérationnelle. Elle a pour
mission l'étude et l'examen de tous les dossiers de recherche relatifs à la faune
et à la flore sauvages jusqu'à la création et à la mise en place du Comité
d'orientation et de suivi de la politique de gestion sur la biodiversité
(COBIO). Ce comité devrait inclure la commission tripartite.

Des coordinations tout à fait circonstancielles ont toutefois existé en


regroupant les ministères concernés, les ONG, les sociétés et entreprises qui
exploitent également les RPG

Les efforts déployés jusqu'ici sur les RPG sont indirectement liés à
l'application de la Convention sur la biodiversité, dont la ratification pour
Madagascar est en cours par le biais du Plan d'action sur l'environnement
(PAE) ou d'autres programmes tel que le projet d'élaboration d'une
"Monographie nationale sur l'état de la biodiversité".

Lorsque le programme national sera élaboré, la responsabilité de son exécution


devrait revenir au Ministère chargé de l'environnement.

4.4.4 Législation nationale

a. Lois nationales et réglementation en vigueur

Les collections génétiques sont protégées par des textes réglementaires


nationaux en vigueur1 .

Mais l'engagement international qu'est la CITES (Convention internationale


sur le commerce des espèces de flore et de faune menacées d'extinction) est
également pris en compte.

Pour des raisons diverses, ces textes ne sont pas appliqués comme prévu.

1Décret du 25/01/1930 réorganisant le régime forestier. Loi n° 86-017 du


03/11/86 relative à la législation sanitaire à Madagascar.
MADAGASCAR rapport de pays 62

Les mesures actuelles de protection phytosanitaire sont rigoureuses.


Néanmoins, on enregistre des introductions incontrôlées ou en quantité
massive. Ce qui est contraire aux dispositions de la quarantaine. Il est
impératif de respecter et de faire respecter les textes réglementaires en vigueur.

Des lois précitées, il existe un chapitre relatif à l'importation et à l'exportation


des végétaux et des produits végétaux incluant les RPG. Ces lois autorisent le
transfert international de matériel in vitro aussi bien que des semences,
suivant des mesures requises.

Jusqu'ici, il n'y a pas de loi nationale qui limite à proprement parler les
possibilités de culture des ressources génétiques importantes. Seules les lois
phytosanitaires les réglementent.

Les paysans assurent d'eux-mêmes la conservation des variétés locales; ils sont
du reste encouragés par les techniciens. Les variétés du terroir sont vendues en
fonction de la demande.

Une législation semencière est actuellement en cours de ratification au niveau


de l'Assemblée nationale des députés. Elle vise à:
· promouvoir une activité efficace en matière de production et de
commercialisation;
· garantir l'identité des qualités semencières;
· stimuler la production de semences certifiées et encourager leur emploi;
· réglementer le commerce national.

C'est le projet de loi semencière qui prévoit toutes les mesures nécessaires pour
stimuler la production et la commercialisation des variétés améliorées de
semences certifiées.

Il est nécessaire d'élaborer un texte national réglementant:


· le circuit d'utilisation des RPG;
· la décision concernant la possibilité à l'exportation et l'importation des
RPG.

b. Appropriation

Pour le moment, il n'existe pas de lois proprement dites au sujet des droits de
propriété intellectuelle. Des textes sont néanmoins en cours d'élaboration.
MADAGASCAR rapport de pays 63

Cette absence de loi porte réellement préjudice à tout ce qui est de la


préservation des ressources génétiques ainsi qu'aux résultats d'études et de
1
recherches.

Bien qu'il n'y ait pas de lois bien définies, les échanges de RPG se pratiquent
tout aussi bien que les manipulations génétiques.

Jusqu'à présent, les décisions d'exportation relèvent de différents ministères


selon la nature de ces ressources végétales et suivant l'avis des spécialistes. Les
principaux facteurs pris en compte lors de ces prises de décision sont:
· la disponibilité du matériel;
· la crédibilité du demandeur;
· la possibilité de concurrence pour la mise sur le marché des produits;
· les accords ou alliances politiques avec d'autres pays;
· les relations professionnelles ou officielles au niveau technique, etc.

Les missions étrangères de collection entrent dans le cadre de conventions


officielles bilatérales. A cet effet, les missions devraient être accompagnées
obligatoirement sur le terrain par des interlocuteurs nationaux. Au moment
de l'exportation, un agent de contrôle de l'Etat s'assure de la conformité de la
liste des produits autorisés.

1
cf. “Gazette officielle de la propriété industrielle” ou GOPI
MADAGASCAR rapport de pays 64

CHAPITRE 5
La collaboration internationale

5.1 INITIATIVES DES NATIONS UNIES

L'expérience montre que toutes les formes de collaboration ne profitent


qu'aux pays nantis.

Après l'adoption de l’Action 21, le pays a œuvré pour mettre en place de


nouveaux programmes réajustés.

La Convention sur la diversité biologique renforce le rôle de la Commission


de la FAO mais d'une manière assez duplicative. La première ne devrait que
s'occuper de l'environnement in situ et la seconde prendrait en charge la
conservation ex situ et l'amélioration ou la valorisation des RPG.

Un programme international de mise à niveau dans la réalisation des


programmes nationaux de conservation et de valorisation doit être réalisé au
plutôt avec l'aide d'un fonds international dont le pays sera bénéficiaire.

Le fossé économique ne devrait pas exister en matière de conservation d'un


patrimoine supposé mondial.

Les centres de la FAO doivent rendre l'offre et la demande de formation


opérationnelle ou plus efficace surtout que les besoins sont urgents en matière
de biotechnologie.

Le GCRAI devrait être un centre d'évaluation et de système d'alerte


internationale travaillant étroitement en réseau avec les compétences
nationales.

Les centres de la FAO devraient être décentralisées en fonction des orientation


des pays mais le système bancaire des gènes les relieront à la banque mondiale
ou centrale de la FAO.

Il en serait de même pour les centres régionaux.

Les centres devraient répondre à la priorité de chaque pays et région en


donnant de l'importance au contexte écogéographique.
MADAGASCAR rapport de pays 65

Dans le cadre d'un accord bilatéral sur la recherche de plantes anti-cancéreuses


et celles contre le SIDA, les USA admettent le partage des royalties en cas de
succès ainsi que la promesse de former des chercheurs dans leurs laboratoires.

5.2 COLLABORATION

5.2.1 CNUED

Madagascar figure parmi ceux qui ont adopté l’Action 21 depuis juin 1992.
Dans la mise en œuvre du Chapitre 14G (conservation et utilisation durable
des RPG pour la production alimentaire et l'agriculture durable) et le chap. 15
(conservation sur la diversité biologique) il faut noter quelques initiatives
d'approche institutionnelle auprès des structures et organismes nationaux
concernés dans le cadre de la biodiversité et du Plan d'action environnemental
(PAE) mais très peu d'actions ont été mises en œuvre dans le cadre de la
conservation et utilisation des RPG d'une façon formelle à l'échelle nationale
en dehors de l'Atelier national sur les RPG de Mantasoa. Toutefois quelques
actions ponctuelles et sectorielles ont été réalisées au sein de chaque
programme de recherche dépendant des Centres nationaux de recherche sans
formalisation conventionnelle internationale. Le flou du contexte socio-
politique (période transitoire) et les problèmes de communication inter-
constitutionnelle ont freiné la mise en œuvre effective de l’Action 21 du
"Chapitre 14G".

La signature de l'engagement international en faveur des RPG est en bonne


voie. Toutefois il faut souligner:
· la complexité institutionnelle pour coordonner et structurer un
programme national sur les RPG, compte tenu de la diversité sectorielle
des entités gouvernementales intéressées;
· le contexte de libéralisation économique qui ne facilite pas la gestion et le
contrôle de la filière RPG soumise à une exploitation souvent abusive ou
irrationnelle des opérateurs privés.

Face à une telle situation, il y a lieu de clarifier et de préciser les "enjeux" et les
"priorités" pour que cet engagement international puisse se traduire
effectivement en volonté politique et en prise de mesure d'actions concrètes à
réaliser. Les Propositions et recommandations des actes de l'Atelier national
sur les RPG notamment la "Déclaration de Mantasoa" stipulent l'urgence et la
priorité de cette décision. Toujours est-il, qu'il paraît judicieux d'étudier les
MADAGASCAR rapport de pays 66

termes de l'échange entre le nord et le sud dans la faisabilité d'un tel projet
pour ne pas accentuer la dépendance des pays du sud vis-à-vis du nord.
Antérieurement, des formes de collaborations ont été entreprises entre la FAO
et certains organismes de recherche national comme le FOFIFA. Il s'agit
surtout des projets réalisés conjointement avec l'IBPGR/FOFIFA relatifs à des
prospections locales et de mise en collection des RPG (cas des caféiers sauvages
en 1960-70, des légumineuses et du riz dans les années 80).

5.2.2 Le GCRAI

Essentiellement, la contribution des centres des denrées du GCRAI au


programme national des RPG du FOFIFA relève de la fourniture des
ressources génétiques et d'échange de matériel végétal amélioré pour le
développement agricole de Madagascar.

Il s'agit des centres suivants:


· CIAT pour les légumineuses à graine notamment le haricot;
· INIBAP pour la banane plantain;
· ICRAF pour les légumineuses acrustives et essences agroforestières;
· IRRI pour le riz;
· IITA pour le manioc;
· CYMMIT pour le maïs et le blé (avec FIFAMANOR);
· CIP pour la pomme de terre (avec FIFIMANOR);
· IPGRI pour la prospection du riz et des légumineuses.

Cet échange ou fourniture de ressources génétiques se présente sous deux


formes:
· il est régi par une convention institutionnalisée d'accord-partie (cas de
l'INIBAP et de l'ICRAF);
· il est "informel" et se réalise au travers des experts-résidents à Madagascar
(cas de l'IRRI);

Pour le volet formation avec les centres GCRAI, les cycles portent surtout sur
des perfectionnements en matière de techniques d'amélioration végétale,
d'agrotechnie, et de recherche-développement ou d'obtention de diplômes
universitaires que sur des cours relevant de gestion des RPG ou de la
biotechnologie.
MADAGASCAR rapport de pays 67

Dans une large mesure, les centres GCRAI peuvent offrir toute l'aide
nécessaire, toutefois il semblerait que:
· les appuis de GCRAI obéissent à une logique de dépendance ou de charité,
ne valorisant pas les compétences locales en refusant ou en éludant les
volets comme le transfert de technologie (cas de la biotechnologie),
domaine stratégique de la prééminence du nord sur le sud;
· les incohérences des mesures et décisions politico-institutionnelles
nationales sont parfois de nature contradictoire ayant des effets pervers ou
inhibiteurs sur la promotion d'un programme RPG viable et durable
(priorité aux programmes rentables et productifs à court terme,
minimisation des programmes de type recherche "amont" trop long et trop
coûteux n'ayant pas une portée nationale ou n'ayant pas de retombées
"politico-médiatiques" directes, soumission ou passivité vis-à-vis des
"menus" présentés par le GCRAI).

D'une façon générale, il est opportun de revoir et de restructurer la politique


générale des GCRAI dans l'approche de la coopération scientifique nord-sud
pour rompre le cercle vicieux de la dépendance. La mise en œuvre d'un
programme national, régional et mondial sur la conservation et l'utilisation
des RPG est un créneau porteur pour initier cette actualisation voire cette
correction.

Tout ceci doit tenir compte de la complexité et des dysfonctionnements des


pays du sud et de la volonté politique des GCRAI à renforcer: les capacités
institutionnelles, la valorisation des compétences nationales et à initier et à
développer le transfert des connaissances et des technologies au profit des pays
du sud. Cette extraversion du pouvoir, au nom d'une logique d'assistance, ne
peut que nuire au développement du sud qui ne dispose pas encore d'une
cohésion véritable et d'une capacité de négociation pour défendre ses intérêts
et sa logique face à une superstructure en réseau des GCRAI.

C'est ainsi que les questions relatives à la communication, à la dotation en


installations et équipements scientifiques et aux transferts des principales
fonctions préconisés par l'IIRP sont-elles prématurées, donc difficiles à
répondre.

5.2.3 Centres de recherches régionaux

Compte tenu de l'insularité de Madagascar, le pays entretient peu de liens


particuliers avec les Centres de recherche régionaux. Globalement, l'opinion
émise sur le rôle des centres GCRAI s'applique également aux centres
régionaux. A la différence près que les relations institutionnelles avec ces
centres sont mieux gérées, donc mieux contrôlées au travers des conventions
MADAGASCAR rapport de pays 68

bilatérales. Le CIRAD et l'ORSTOM font partie de ces centres régionaux.


D'autres formes de coopération régionale ou sous-régionale sont initiées
récemment sous l'égide de l'OIAC pour le réseau "café" (RECA) en Afrique.
Ce réseau est encore en gestation et se projette de mettre en œuvre un volet
RPG;

Une initiative a permis aussi la mise en place du COCOLAG (Comité de


collaboration agricole) ciblé sur le programme "canne à sucre" mais les
résultats ne sont pas évidents. Le COI (Comité de l'Océan indien) ayant pour
objectif le développement économique sous-régional a réalisé un projet
PLARM (Inventaire et études des plantes aromatiques et médicinales des états
de l'Océan Indien): la deuxième phase de valorisation économique et sociale
des résultats acquis dans la première phase est en cours d'élaboration. Elle
constituera un véritable programme national combinant les actions des centres
nationaux de recherches appliquées (recherches pharmaceutiques, botaniques,
chimiques et médicales) avec des opérateurs privés du secteur des plantes à
huiles essentielles et médicinales. La réussite d'un tel projet devrait être basée
sur un volet culture et conservation des espèces retenues à haut rendement et à
potentiel socio-économique. Ce qui implique la mise sur pied d'un
programme de prospections et de conservation des RPG (un autre programme
national à part entière qui devrait être initié avec l'appui de la FAO).
MADAGASCAR rapport de pays 69

CHAPITRE 6
Besoins et perspectives du pays

6.1 PRINCIPES

Il faut distinguer d'une part, le renforcement des structures et des programmes


existants et d'autre part, la mise en place ou la création de nouvelles structures
ou de nouveau programme pour pérenniser les activités.

Tout mouvement de RPG doit être soumis à des accords ou autorisations


préalables.

6.2 OBJECTIFS

A la lumière du contexte de la préparation de la CPIRP, du cadrage de la


politique économique du pays, des propositions et recommandations de
l'Atelier National sur les RPG et de la "Déclaration de Mantasoa" il est
nécessaire de structurer les besoins et les perspectives du pays pour les RPG
autour des priorités nationales dégagées par la politique sectorielle agricole du
MEADR qui préconise la promotion et le développement des productions:
· stratégies pour la sécurité alimentaire du pays (cultures vivrières);
· contribuant significativement à l'amélioration des revenus des producteurs
(diversification agricole en faveur des RPG porteuses: plantes médicinales,
aromatiques ayant des débouchés économiques locaux);
· en mesure de résorber le déficit de la balance de paiement (Inventaire et
exploitation rationnelle des RPG pouvant générer des ressources en devises
- cas des produits d'exportation non conventionnels);
· présentant un avantage économique comparatif suffisant pour justifier une
intervention de l'Etat (cf les termes de la "Déclaration de Mantasoa" et
des discours officiels axés autour de la nécessité de "préserver - générer -
valoriser" les RPG stratégiques pour l'économie nationale).

Ayant justifié l'importance et l'adéquation du futur programme RPG aux


priorités nationales, on devrait définir:
· des objectifs globaux des RPG (préservation - gestion - valorisation);
MADAGASCAR rapport de pays 70

· la stratégie générale (niveaux organisationnel, fonctionnel, relationnel);


· des plans d'actions spécifiques (niveau sectoriel).

6.3 ACTIONS

Ainsi dans la perspective d'une promotion de développement agricole et rural


durable, il convient en priorité de conserver et d'utiliser rationnellement les
ressources phytogénétiques pour l'alimentation et pour une agriculture viable
selon:
· les principes d'action suivants:
. préservation de la diversité génétique menacée d'extinction;
. élaboration des mesures de conservation et d'utilisation rationnelles des
RPG (ex et in situ);
. renforcement de la capacité des mécanismes nationaux aux fins
d'évaluer, d'étudier, de surveiller et d'utiliser les RPG en vue de
l'augmentation de la production vivrière.
· les objectifs inhérents à ces principes d'action consistent à:
. régénérer et dupliquer toutes les collections ex situ existantes;
. constituer institutionnellement un réseau de coopération pour l'étude
des plantes utiles pour l'augmentation de la production vivrière;
. renforcer les programmes de conservation des RPG et en les intégrant
dans les stratégies pour une agriculture viable;
. prendre des mesures adéquates pour assurer une répartition juste et
équitable des avantages résultant de la recherche-développement en
matière d'hybridation entre les sources et les utilisateurs des ressources
phytogénétiques.

A cet égard, le plan d'action suivant est à mettre en œuvre:


· Activités liées à la gestion:
. Développement et renforcement de la capacité institutionnelle
notamment en termes d'organisation du secteur RPG appartenant à
plusieurs entités institutionnelles (FOFIFA, CNRE, CNARP,
Université, DEF, IMRA, FIFAMANOR) pour coordonner et gérer les
programmes de conservation et d'utilisation des RPG;
MADAGASCAR rapport de pays 71

. Renforcement des activités de recherche en cours sur l'évaluation et


l'utilisation des RPG en vue de la promotion d'une agriculture et d'un
développement rural durables selon l'importance et les opportunités
économiques offerts par les RPG nationales;
. Etablissement d'un programme d'action prioritaire de conservation et
d'utilisation des RPG fondé sur les potentialités de Madagascar;
. Encouragement à la diversification dans les systèmes agricoles
notamment pour la culture de plantes nouvelles ayant une valeur
potentielle comme certaines cultures vivrières et plantes aromatiques et
médicinales;
. Renforcement des capacités nationales d'utilisation des RPG,
d'hybridation et de production de semences, tant par les institutions
spécialisées (les CNR et FIFAMANOR) que par les collectivités agricoles
(groupements de paysans semenciers et opérateurs privés).
MADAGASCAR rapport de pays 72

CHAPITRE 7
Propositions pour un Plan d'action mondial

Il faudrait établir un système de réseau bancaire des ressources phytogénétiques


du globe qui fonctionnerait comme la Banque Mondiale avec des banques
régionales, nationales et locales pour gérer la masse monétaire du globe.

Ce serait un système qui n'est pas gratuit mais dans lequel tous les pays
doivent trouver leurs intérêts. Il doit avoir un consensus de tout le monde
pour le suivi des mouvements de RPG et le contrôle sévère à la rentrée et à la
sortie des pays.

Tout mouvement de RPG doit être soumis à un accord ou une autorisation.


Aucun accord bilatéral ne peut se contracter sans passer par l'organisme
international qui est gestionnaire et garant du pool génétique mondial vu sous
l'angle de patrimoine mondial ou de l'humanité entière.

La recherche doit se soumettre à des clauses spéciales qui stipulent les royalities
en cas de réussite ainsi que la responsabilité du contractant en cas d'utilisation
du matériel par des tierces.

Les pays pauvres ne doivent pas simplement jouer le rôle de gardiens de parc
ou de jardiniers des pays riches qui se sont développés en détruisant et se
développent encore sans compter. L'assistance internationale est nécessaire
pour la mise à niveau urgente de tous les pays en matière d'information et de
biotechnologie.

Chaque pays hôte doit être considéré comme des ayant droits sur ses RPG. Le
pays est l’auteur de ses produits végétaux ou la marque de fabrique de ses
RPG. Le maintien sans conversion des ressources végétales doit être compensé
par un système de subvention.

Le tribunal international de La Haye doit être saisi dans l'établissement du


mécanisme juridique.
MADAGASCAR rapport de pays 73

ANNEXE 1
MADAGASCAR rapport de pays 74
MADAGASCAR rapport de pays 75
MADAGASCAR rapport de pays 76
MADAGASCAR rapport de pays 77
MADAGASCAR rapport de pays 78

ANNEXE 2

Annexe 2.1: Pourcentage de la production des cultures vivrières


Régions Sous-régions Manioc Maïs Pomme Patate
de terre douce
Nord-NE Nord-NE 02 02 00 01
Total 02 02 00 01
Nord-ouest Nord 02 06 00 01
Ouest 02 01 00 01
Total 04 07 00 02
HT-centre Nord 19 47 89 45
Sud 10 03 05 11
Moyen-ouest 08 17 06 01
Total 37 67 100 57

Centre-ouest Nord 01 01 00 01
Sud 02 01 00 01
Total 03 02 00 02
Est Centre-est 08 03 00 04
Sud-est 32 01 00 10
Moyen-est 04 05 00 03
Total 43 10 00 17

Sud-ouest Sud-ouest 02 03 00 03
Sud 09 09 00 18
Total 11 12 00 21
Total 100 100 100 100
MADAGASCAR rapport de pays 79

Annexe 2.2: Pourcentage de la production des cultures industrielles


Régions Sous-régions Girofle Café Canne à Poivre Arachide Vanille
sucre
Nord-NE Nord-NE 1 20 29 48 3 79
Total 1 20 29 48 3 79
Nord-ouest Nord 1 2 8 7 3 0
Ouest 0 0 16 0 13 0
Total 1 2 24 7 16 0

HT-centrale Nord 0 1 4 0 33 0
Sud 0 0 1 0 11 0
Moyen-ouest 0 0 1 0 13 0
Total 0 1 6 0 58 0

Centre-ouest Nord 0 0 1 0 1 0
Sud 0 0 8 0 4 0
Total 0 0 9 0 5 0

Est Centre-est 96 28 14 10 0 21
Sud-est 2 44 11 34 0 0
Moyen-est 0 5 2 1 5 0
Total 98 77 27 45 5 21

Sud-SO Sud-ouest 0 0 1 0 10 0
Sud 0 0 3 0 3 0
Total 0 0 4 0 13 0

Total 100 100 100 100 100 100


MADAGASCAR rapport de pays 80

Annexe 2.3: Récapitulatif des denrées alimentaires de base


Régions Sous-régions Ménage Indice Riz Manioc Maïs Pomme de Patate
(%) d’évolutio (%) (%) (%) terre douce
n riz 82- (%) (%)
92
Nord-NE Nord-NE 08 169 10 02 02 00 01
Total 08 169 10 02 02 00 01
Nord-ouest Nord 05 203 11 02 06 00 01
Ouest 03 185 07 02 01 00 01
Total 08 196 18 04 07 00 02

HT-centre Nord 29 146 22 19 47 89 45


Sud 07 124 08 10 03 05 11
Moyen-ouest 04 171 09 08 17 06 01
Total 40 145 39 37 67 100 57

Centre-ouest Nord 01 147 02 01 01 00 01


Sud 03 97 03 02 01 00 01
Total 04 117 05 03 02 00 02

Est Centre-est 12 63 07 08 03 00 04
Sud-est 12 69 08 32 01 00 10
Moyen-est 06 97 10 04 05 00 03
Total 30 76 25 43 10 00 17

Sud-ouest Sud-ouest 04 124 01 02 03 00 03


Sud 06 139 02 09 09 00 18
Total 10 133 03 11 12 00 21

Total 100 123 100 100 100 100 100


MADAGASCAR rapport de pays 81

Annexe 2.4: Principales collections de plantes cultivées


Espèces ou groupe Organisme Nb Stations Sites de duplication Observations
d’espèces détenteur accessions principales (lieux)*
Céréales
Riz FOFIFA 4 127 CALA Mahitsy (31) variétés de terroir + introductions
Marovoay (22)
Antsirabe (31)

Blé FOFIFA 169 CALA introductions +


FIFAMANOR 2 570 Antsirabe écotypes sélectionnés localement à
Triticale FIFAMANOR 603 Antsirabe partir de descendances hybrides

Avoine FOFIFA 15 CALA introductions


Orge FOFIFA 34 CALA introductions
Maïs FOFIFA 371 CALA Antananarivo (31) introductions + écotypes locaux
Tubercules
Manioc FOFIFA 330 CALA Kianjasoa (33) introductions + écotypes locaux
FIFAMANOR 67 Antsirabe Toliary (61) duplication partielle
Kianjavato (52)
Antananarivo (31)

Pomme de terre FIFAMANOR 181 Antsirabe introductions + quelques écotypes


Patate douce FIFAMANOR 72 Antsirabe locaux
Légumineuses
Arachide FOFIFA 349 CALA Toliary (61) variétés de terroir+ introductions
Haricot FOFIFA 321 CALA
Vigna FOFIFA 135 CALA Kianjasoa (33)
Vouandzou FOFIFA 28 CALA

Soja FOFIFA 272 CALA


Cultures industrielles de transformation
Coton FOFIFA 160 Toliary introductions
Canne à sucre FOFIFA 338 CALA variétés de terroir + introductions
SIRAMA 77 Brickaville
Cultures de rente
Caféier FOFIFA
. canephora 779 Ilaka-Est Kianjavato (52) variétés de terroir
. arabusta 28 Ilaka-Est Kianjavato (52) hybrides
. arabica 329 Sahambavy Ilaka-Est (51) introd.+ écot. locaux
. mascarocoffea 146 Kianjavato Ilaka-Est (51) endémiques

Poivrier FOFIFA 195 Ivoloina Kianjavato (52) dupli partielle


Vanillier FOFIFA 3 000 Antalaha descendances hybrides + 17
écotypes locaux
Fruitiers
Manguier FOFIFA 46 Majunga
Bananier 12 Ivoloina introd. en général.
Grenadille 5 Ivoloina passages fréquents de cyclones
Goyavier 8 Ivoloina tropicaux à Ivoloina
Papayer 5 Ivoloina
Agrumes 25 Ivoloina
MADAGASCAR rapport de pays 82

Espèces ou groupe Organisme Nb Stations Sites de duplication Observations


d’espèces détenteur accessions principales (lieux)*
Agrumes SMV Brickaville Soavina (33), Toliary
Pêcher, Prunier, non disponi- (61)
Kaki, bles Antsirabe
Pommier

Potagères SMV idem Laniera Ambohimahasoa (32)


Analamahitsy Fianarantsoa (32)
Fourrages FOFIFA 20 Kianjasoa Miadana (22) 3 spontanés
- CALA Antananarivo (31)
FIFAMANOR 207 Antsirabe Terroirs + introductions

(*): (51) Numéro de code des régions et sous-régions malgaches (cf. Annexe 1.2)

Annexe 2.5 Liste des espèces ligneuses exploitées pour le bois


Nom vernaculaire ou Nom scientifique Prix du m3
commercial
Bois précieux travaillé
Bois d'ébène - 2 800 $US
Bois de rose - 980 $US
Palissandre Dalbergia spp. 3 000 FF
Bois ordinaire semi-travaillé
Arofy Commiphora sp. 1 600 FF
Hazina - 1 400 FF
Nanto Manilkara louvelii 1 500 FF
Katrafay Cedrelopsis grevei 1 200 FF
Longotra - 1 800 FF
Ramy Canarium madagascariense 1 400 FF
Rotra Eugenia spp. 1 200 FF
Tambitsy - 1 400 FF
Tombonetra - 1 400 FF
Vahotra - 1 500 FF
Volomborona - 1 800 FF
Varongy Ocotea spp. 1 800 FF
Source: MPCA/Direction de la promotion du commerce extérieur (DPCE)
MADAGASCAR rapport de pays 83

Annexe 2.6: Liste des plantes rares et en voie de disparition


Nom scientifique Forme Famille
Adansonia grandidieri A Bombacaceæ
Aloe helenæ A Liliaceæ
Aloe suzannæ A Liliaceæ
Alluaudiopsis A Didiereaceæ
Angræcum leonis H Orchidaceæ
Baudouinia rouxevillei A Leguminosæ
Decariopsis madagascariensis A Arecaceæ
Brachylæna microphylla A Asteraceæ
Cryptocarya louvelii A Lauraceæ
Diospyros microrhombis A Ebenaceæ
Diospyros perrieri A Ebenaceæ
Eulophiella H Orchidaceæ
Euphorbia pachypoides A Euphorbiaceæ
Euphorbia pirahazo A Euphorbiaceæ
Euphorbia quartziticola H Euphorbiaceæ
Grammangis A Orchidaceæ
Hernandia voyronii A Hernandiaceæ
Humbertia madagascariensis A Humbertiaceæ
Isaloa lepida A Scrophulariaceæ
Khaya madagascariensis A Meliaceæ
Lemuropisum edule A Leguminosæ
Pachypodium decaryi A Apocynaceæ
Perriera madagascariensis A Simarubaceæ
Phyllarthron megapterum A Bignoniaceæ
Ravenea A Arecaceæ
Santalina madagascariensis A Rubiaceæ
Takhtajania perrieri A Winteraceæ
Vonitra utilis A Arecaceæ
Vonitra crinata A Arecaceæ
Vonitra thouarsiana A Arecaceæ
Zygosicyos H Cucurbitaceæ
A: Arborescent; H: Herbacé Source: UICN
MADAGASCAR rapport de pays 84

Annexe 2.7:Les principales plantes médicinales exportées peu ou


pas cultivées
Comptage Forme Noms scientifiques Large culture Au jardin
du CNARP
1 Abrus precatorius
2 Acalypha sp.
3 Achyranthes aspera
4 Ageratum sp.
5 Albizia fastigiata
6 Albizia gummifera
7 A1 Aloe vahombe
8 Amaranthus sp.
9 Ananas comosus cult 1
10 Anisophyllea sp.
11 Anthocleista sp.
12 A2 Aphloia theæformis cnarp 1
13 A3 Areca madagascariensis
14 Aristolochia sp.
15 Artabotrys sp.
16 Artemisia annua cult 2
17 Asparagus sp.
18 Athanasia brownii
19 Avicennia marina
20 Azolla pinnata
21 Bidens pilosa cnarp 2
22 Brachylæna cf merana
23 Brachylæna ramiflora
24 Brachylæna sp.
25 Brexia sp.
26 Biophytum sp.
27 Cæsalpinia sepiaria cnarp 3
28 Cajanus indicus cult 3 cnarp 4
29 A4 Calophyllum inophylllum
30 Calophyllum sp
31 Calopyxis sp.
32 A5 Cananga odorata cult 4
33 A6 Canarium madagascariense
34 Capsicum frutescens cult 5
35 Capsicum sp.
36 Carica papaya cult 6 cnarp 5
37 Cassia occidentalis cult 7 cnarp 6
MADAGASCAR rapport de pays 85

Comptage Forme Noms scientifiques Large culture Au jardin


du CNARP
38 Cassytha filiformis
39 Catharanthus lanceus cnarp 7
40 Catharanthus roseus cnarp 8
41 A7 Cedrelopsis grevei
42 H1 Centella asiatica cnarp 9
43 Chassalia ternata
44 Cinamosma fragrans
45 Cinamosma sp.
46 A8 Cinnamomum camphora cnarp 10
47 Cinnamomum sp.
48 A9 Cinnamomum zeylanicum
49 Cinnamosma fragrans
50 A10 Cinnamosma sp.
51 A11 Citrus sp. cult 8
52 Clematis mauritiana
53 Clematis sp.
54 Clidemia hirta cnarp 11
55 Cnestis glabra
56 Cocos nucifera cult 9
57 Commelina sp.
58 Comoranthus sp.
59 Cosmos sp. cult 10
60 Crassocephalum sp.
61 Crinum firmifolium cult 11 cnarp 12
62 Crotalaria retusa
63 Crotalaria spinosa cnarp 13
64 Croton sp.
65 Curcuma longa cult 12
66 Cussonia bojeri
67 Cussonia sp.
68 A12 Cupressus lusitanica cult 13
69 Cyathula cylindrica
70 Cyathula uncinellata
71 H2 Cymbopogon citratus cult 14 cnarp 14
72 Cynanchum sp.
73 Cynara scolymus cult 15
74 Cynodon dactylon cult 16
75 Cyperus madagascariensis
76 Dianella ensifolia
77 Dianella sp.
78 Diodia scandens
MADAGASCAR rapport de pays 86

Comptage Forme Noms scientifiques Large culture Au jardin


du CNARP
79 Diospyros sp.
80 Dracæna reflexa cnarp 15
81 H3 Drosera madagascariensis
82 H4 Drosera ramentacea
83 H5 Drosera sp.
84 Embelia concinna
85 Embelia sp.
86 Emilia citrina
87 Entada sp.
88 Enterospermum sp.
89 Equisetum ramosissimum
90 A13 Eucalyptus citriodora cnarp 16
91 A14 Eucalyptus globulus cult 17
92 Eucalyptus sp.
93 Eugenia emirnensis
94 Eugenia jambolana
95 A15 Eugenia sp. cnarp 17
96 Euphorbia hirta
97 H6 Ficus pyrifolia cnarp 18
98 Ficus sp.
99 Gambea madagascariensis
100 Haronga madagascariensis
101 A16 Hazunta modesta cnarp 19
102 A17 Hedera helix
103 Hedichyum coronarium
104 H7 Helichrysum angustifolium cnarp 20
105 H8 Helichrysum bracteiferum
106 H9 Helichrysum cordifolium cnarp 21
107 Helichrysum faradifani
108 Helichrysum gymnocephalum
109 Helichrysum hypnoides
110 Helichrysum sp
111 Henonia scoparia
112 Hernandia voyronii
113 A18 Hibiscus sp.
114 Homalium sp.
115 Hydrocotyle nummilaroides
116 H10 Hylocereus lemairei
117 Hymenea verrucosa cnarp 22
118 Hyppocrates sp.
119 Ilex mitis
MADAGASCAR rapport de pays 87

Comptage Forme Noms scientifiques Large culture Au jardin


du CNARP
120 Imperata cylindrica cnarp 23
121 Indigofera tinctoria
122 Ipomœa sp. cnarp 24
123 Jatropha curcas
124 A19 Junglans regia cnarp 25
125 Lantana camara
126 A20 Lemna minor cnarp 26
127 Leonotis nepetaefolia
128 Lycopodium cernuum
129 Lygodium lanceolatum cnarp 27
130 Macaranga sp. cnarp 28
131 Malleastrum gracile cnarp 29
132 Mangifera indica cult 18
133 Manihot sp.
134 Manihot utilissima cult 19
135 Medemia nobilis
136 Melaleuca viridiflora
137 A21 Melaleuca quinquinerva cnarp 30
138 A22 Mimosa pudica
139 A23 Mimosa latifolia
140 Mollugo nudicaulis cnarp 31
141 Mollugo sp.
142 Moringa sp.
143 Mystroxylon æthiopicum
144 A24 Neobeguea mahafalensis cnarp 31
145 Neobeguea sp.
146 Noronhia sp.
147 Nuxia capitata
148 Nymphea stellata
149 Ocimum basilicum cult 20
150 Ocimum gratissimum
151 H11 Ocimum sp. cnarp 32
152 Olax glabrifolia
153 Olax sp.
154 Oncostemon sp.
155 Passiflora incarnata cult 21
156 Pauridiantha lyallii cnarp 33
157 H12 Pelargonium sp. cult 22
158 Pentopetia androsaemifolia
159 H13 Pentopetia sp. cnarp 34
160 Persea sp. cult 23
MADAGASCAR rapport de pays 88

Comptage Forme Noms scientifiques Large culture Au jardin


du CNARP
161 Philippia sp.
162 Phyllarthron madagascariense
163 Phyllarthron sp. cnarp 35
164 Phylloxylon ensifolium
165 Phylloxylon sp.
166 Physalis peruviana
167 Piper nigrum cult 24
168 Podocarpus sp.
169 H14 Potamogeton sp.
170 Pothos scandens
171 Psiadia altissima
172 Psiadia sp. cnarp 36
173 Psidium cattleyanum
174 Psychotria sp. cnarp 37
175 Pychnostachys sp.
176 Pycnostachys cœrulea
177 Pygeum africanum
178 Raphia ruffia
179 A25 Ravenala madagascariensis
180 Ravensara aromatica
181 Ravensara sp.
182 A26 Rauvolfia confertiflora
183 Rauvolfia vomitoria cnarp 38
184 A27 Rhus taratana
185 A28 Ricinus sp.
186 Saldinia sp.
187 Salvia coccinea
188 Senecio canalicatus
189 Senecio faujasioides
190 Senecio microdontus
191 Senecio sp.
192 Sida urens
193 Siegesbeckia orientalis cnarp 39
194 Smilax kraussiana
195 H15 Smilax sp.
196 Solanum angivii
197 Solanum nigrum
198 Solanum sp.
199 Spilanthes acmella
200 Strelitzia sp.
201 Strychnos sp.
MADAGASCAR rapport de pays 89

Comptage Forme Noms scientifiques Large culture Au jardin


du CNARP
202 Syzygium aromaticum cult. 25 cnarp 40
203 Tachiadenus sp.
204 Tagetes glandulifera cult 26
205 A29 Tamarindus indica
206 Tephrosia sp.
207 A30 Tetradenia fructicosa
208 Toddalia asiatica cnarp 41
209 Uapaca sp.
210 Uncarina divaricata
211 A31 Uncarina leptocarpa
212 A32 Uncarina stellulifera cnarp 42
213 Urera acuminata
214 Vanilla planifolia
215 Vellozia sp.
216 Vepris sp.
217 A33 Vernonia appendiculata cnarp 43
218 Vetiveria sp.
219 Voacanga thouarsii
220 H16 Voandzeia subterranea cult 27
221 Xerophyta sp.
222 Zea mays cult 28
223 Zingiber offficinale cult 29
Arbres ligneux (A) 33, Herbacés (H) 16 223 espèces dont 29 cultivées et 43
acclimatées au CNARP
MADAGASCAR rapport de pays 90

Annexe 2.8: Les plantes du jardin botanique du CNARP


Comptage Noms scientifiques Propriétés Origine
1 Aframomum angustifolium M A1
2 Agathis M I
3 Albizzia lebbeck M
4 Aloe macroclada M E1
5 Aphloia theæformis M
6 Baseonema acuminata M
7 Bidens pilosa M
8 Cæsalpinia sepiaria M
9 Cajanus indicus M
10 Cannabis sativa M
17 Carica papaya M
11 Cassia lævigata M
12 Cassia mimosoides M
13 Cassia occidentalis M
14 Cassinopsis madagascariensis M E2
15 Catharanthus lanceus M E3
16 Catharanthus roseus M E4
18 Centella asiatica M
19 Cinnamomum camphora M A2
20 Clidemia hirta M
21 Crinum firmifolium E5
22 Crotalaria spinosa M
23 Cymbopogon citratus M A3
24 Dalbergia sp. M
25 Datura suaveolens M
26 Desmodium frutescens M
27 Dioscorea blbifera M
28 Dodonea madagascariensis E6
29 Dracæna reflexa M
30 Elephantopus scaber M
31 Entadopsis sp. M
32 Erigeron naudinii M
33 Eucalyptus citriodora M A4
34 Eugenia jambolana M
35 Euphorbia hirta M
36 Gomphocarpus fruticosus M
37 Haronga madagascariensis M E7
38 Hedychium coronarium M A5
39 Helichrysum bracteiferum M A6
MADAGASCAR rapport de pays 91

Comptage Noms scientifiques Propriétés Origine


40 Hymenæa verrucosa M
41 Ilex mitis M
42 Indigofera tinctoria M
43 Iresine herbstii M I
44 Jatropha curcas M
45 Kalanchoe beharensis M
46 Kalanchoe prolifera M
47 Khaya madagascariensis M E8
48 Lactuca indica M
49 Lantana camara M A7
50 Lycopodium cernuum M
51 Lygodium lanceolatum M
52 Macaranga sp. M
53 Mæsa lanceolata M
54 Marsdenia truncata M
55 Melaleuca viridiflora M A8 I
56 Mimosa latifolia M
57 Mystroxylon æthiopicum M
58 Neodypsis decaryi E9
59 Ocimum gratissimum M A9
60 Passiflora incarnata M
61 Pentopetia androsæmifolia M
62 Phyllarthron madagascariense M E10
63 Physalis peruviana M
64 Plumeria rubra M I
65 Psiadia altissima M
66 Psiadia salviæfolia M
67 Psidium guajava M I
68 Psidium cattleyanum M I
69 Rauvolfia confertiflora M E11
70 Ravenala madagascariensis M E12
71 Rhopalocarpus lucidus M E13
72 Rosmarinus officinalis M A10 I
73 Schinus terebenthifolius M I
74 Sida rhombifolia M
75 Sida urens M
76 Stachytarpheta jamaicensis M
77 Syzygium aromaticum M A11 I
78 Tacca pinnatifida M
79 Terminalia mantaly M E14
80 Tetradenia fruticosus M
81 Toddalia asiatica M
MADAGASCAR rapport de pays 92

Comptage Noms scientifiques Propriétés Origine


82 Triumfetta rhomboidea M
83 Uncarina stellulifera M
84 Urera acuminata M
85 Vernonia appendiculata M E15
85 plantes dont 11 aromatiques(A), 15 endémiques(E) et 74 médicinales (M)

Annexe 2.9: Plantes aromatiques autochtones


Famille Espèces forestières Espèces de savanes Total
Ligneuses Herbacées Ligneuses Herbacées
Acanthaceae 1 1 2
Annonaceae 4 . 4
Apocynaceae 1 2 3
Bignoniaceae 1 1 2
Burseraceae 1 1
Canellaceae 2 2
Compositae 5 5
Cyperaceae 1 1
Euphorbiaceae 1 1
Gentianaceae 1 1
Graminae 2 2
Hernandiaceae 1 1
Lauraceae 4 4
Loganiaceae 2 2
Mimosaceae 1 1
Myristicaceae 2 2
Myrtaceae 4 4 8
Oleaceae 2 2
Ombelliferae 1 1
Orchidaceae 1 1
Papilionaceae 1 1
Polypodiaceae 1 1
Ptaeroxylaceae 1 2 3
Rubiaceae 3 1 4
Rutaceae 5 1 6
Streliziaceae 1 1
Total 29 5 20 8 62
MADAGASCAR rapport de pays 93

Annexe 2.10: Aperçu sur les espèces aromatiques introduites


Famille Espèces cultivées Espèces devenues Total
spontanées
Ligneuses Herbacées Ligneuses Herbacées
Acanthaceae 1 1
Annonaceae 1 1
Compositae 3 4 7
Graminae 4 4
Labiatae 2 5 7
Lauraceae 2 2
Mimosaceae 1 1 2
Moringaceae 1 1
Myristicaceae 1 1
Myrtaceae 4 1 1 6
Ombelliferae 2 1 2
Orchidaceae 1 1
Piperaceae 1 2 3
Renonculeaceae 1 1
Rubiaceae 2 2
Rutaceae 4 4
Solanaceae 2 2
Verbenaceae 1 1
Zingiberaceae 2 2 4
Total 15 16 5 16 52
Source: Analyse bibliographique et résultats de prospections ethnobotaniques du
projet PLARM/MAD
MADAGASCAR rapport de pays 94

Annexe 2.11: Evolution des exportations d'huiles essentielles à


Madagascar de 1991 à 1993
1991 1992 1993
Huile essentielle Poids net Valeur Poids net Valeur Poids net Valeur
(t) (x 1 million (t) (x 1 million (t) (x 1 million
Fmg) Fmg) Fmg)

Lemon grass 0,2 4,4


Ylang-Ylang 8,9 1 188,7 9,5 1 668,3 10,9 1 177,4
Girofle 942,9 4 171,8 994,2 4 350 1 387,2 5 304,1
Géranium 0,0 1,6 0,1 15,3
Menthe poivrée 0,1 16,1 0,0 3,8
Vétiver 0,0 3,3 0,1 16,3
Autres 4,8 573,8 3,4 360,3 26,3 506,6
Total 956,8 5 938,7 1 007,2 6 399,6 1 424,5 7 023,5
Source: Ministère du commerce - Direction des exportations

Annexe 2.12: Situation et description des jardins botaniques


N° Nom Faritany Fivondronamp Superficie Altitude Type de sol Type de forêt
okatonay (ha) (m)
1 Ambatofinan- Fianarantsoa Ambositra 21 1 400 Argile latérique Relique hauts-plateaux
drahana
2 Ambila- Toamasina Brickaville 28 10 Sableux lessivé Forêt côtière de l’est
Lemaitso
3 Ambohitantely Antananarivo Ankazobe 30 1 575 Argile latérique Forêt d’altitude rabougrie
4 Ampijoroa Mahajanga Ambato-Boéni 91 100 Sableux-gréseux Forêt dégradée de l’ouest
cuirasse
5 Andrambovato Fianarantsoa Fianarantsoa 50 800 Argile latérique Forêt ombrophile de l’est
6 Analamazaotra Toamasina Moramanga itinéraire 960 Humus sur argile Forêt 2ème gradin du
et sablo versant est
7 Andranomena Toliara Morondava 13 150 - Forêt tropophile de l’ouest
8 Ankara Antsiranana Ambilobe 80 - Eboulis calcaire Forêt cacicole
9 Antalaha Antsiranana Antalaha - 50 Sable et argile Futaie côtière
latérique
10 Beando Toliara Toliara 28 - Subtracum Transition entre bush à
calcaire euphorbes et forêt à
Hermanus

11 Bekaka Antsiranana Ambanja 15 10 - Forêt basse du Sambirano


12 Maningotra Toliara Taolagnaro - 900 Argile latérique Forêt ombrophile du sud
(Bovia)
13 Bora Mahajanga Antsohihy 50 - - Forêt sèche de l’ouest
14 Nandena Toliara Taolagnaro 60 10 Sable lessivé Forêt basse côtière
15 Manjakatompo Antananarivo Ambatolampy - 1 800 Argile latérique
MADAGASCAR rapport de pays 95

Annexe 2.13: Liste des essences mises en terre


Antananarivo Antsiranana Fianarantsoa Mahajanaga Toamasina Toliara
Acacia dealbata Albizzia lebeck Acacia dealbata Acacia BTK Albizzia lebbeck Acacia BTK
Albizzia lebbeck Anacardium Acacia molissiana Acacia dealbata Anacardium Albizzia lebeck
occidentale occidentale
Arancaria Avocatier marro Afampona Acacia 12 MRV Arancaria Anakaraka
angustifolia (hibiscus) angustifolia
Canarium sp Bazamier Aleurite Acacia holocarisea Badamier Arofy
(Ramy)
Casuarina Eambous Arancaria Anacardium Biota occidentalis Azidaracta indica
cunninchamiana angustifolia occidentale
Cedrala sinensis Bongainvillir Biota occidentalis Anakaraka Calitris calcarata Badamier
Chamascyparis Cassia leandrii Calitris calcarata Azidaracta indica Cassia siamea Calitris calcarata
Cotonaester Cassia siamea Casuarina Badamier Casuarina Cassia siamea
equisetifolia equiseifolia
Cryptomeria Casuarina Cofonaester Beravina Caurela sinensis Casuarina
japonica equisatifolia equisetifolia
Cuprassus Champaca Cupressus Bonarabe Collubrina Cocotier
pyramidalis lulsitanica faralaotra
Delonix ragia Cocotier Delonix regia Bonaramamy Croton (arbuste) Cotonaester
Euc. camaldylensis Coabava Euc. camadulensis Canarium sp. (Ramy) Cupressus Delonix nana
arizonica
Euc. citriccora Croton (arbuste) Euc. citriodora Cassia sianea Delonix regia Delonix regia
Euc. cloaziana Dalbargia Euc. cloeziana Casuarina Duranta Euc. camaldulensis
equisitifolia
Euc. globulus Delonix nana Euc. corymboza Cotonaester Euc. camaldulansis Euc 12 ABL
Euc. grandis Delonix ragia Euc eugénoides Cupressus lusitanica Euc. citriodora Euc. citriodora
Maculata Duranta Euc. retsinifera Delonix nana Euc. 12 ABL Fantsilotra
(boutura)
Euc. robusta Euc. camaldulansis Euc. robusta Delonix regia Euc. grandis Grevillea banksii
Gliticidia spéium Euc. citriodora Euc. saliana Euc. camaldulensis Euc robusta Jacaranda
mimosifolia
Gmélina arborea Euc. saligna Foraba Euc. citriodora Euc. torreliana Haya senegalensis
Grevillea banksii Euc. rorréliana grevellia banksii Euania sp. Glyricidia sepium Kilimbazaha
Grevillea robusta Grevillea banksii Homalium axilare Eugania jamblona Grevillea banksii Mafay
Jacaranda Hibiscus Intsia bijuga Gmélina arborea Hazovola Mangarahara
mimosifolia (Dalbergiasp)
Khaya Homalium axilare Leuceana Grevillea banksii Hazondrano Manguier
madagascariensis leucocephale
Leucaena I. dulcis Jacaranda Romalium axilare Hazombarora Moringa oleifera
leucocephale mimosifolia
Peuplier Intsia bijuga Pinus caribaea Hura capitans Hazinia Pinus kesiya
Pinus kasiya Kapokier (Pamba) Pinus kasiya Haya Intsia bijuga Rakata (orageons)
madagascariensis
Pinus patula Lapaza (palmier) Pinus petula Khaya senegaliensis Longotra Tamarinus indicus
Platane Laurier Terminalia mantali Leucaena Mandrorofo Varo
leucocephale
Pedocarpus sp. Leucaena Inuya Mangarahara Moloanga Vory
lecocephale
Sesbania sesbans Marana (Hazoto) Iroena Manguier Nato Arbres fruitiers
divers
Terminalia mantali Moringa oleifera Arbres fruiters Mokotra Niaouli
divers
MADAGASCAR rapport de pays 96

Antananarivo Antsiranana Fianarantsoa Mahajanaga Toamasina Toliara


Arbres fruitiers Paquira acquatica Moringa oleifera Pinus caribaea
divers
Raphia Pachypodium Pinus Kesiya
Ravinala Parkinsonia Ramy (Canarium
sp.)
Satrana Samania saman Raphia
Satrambe Sohihy Sesbania sesbans
Sakoa Tamarinus indicus Tamarinus indicus
Tamarinus indicus Tectona grandis Terminalia mantali
Terminalia mantalis Terminalia mantali Terminalia superba
Arbres fruitiers Tnuya
Toona ciliata
Varanto
Vintanina
Voapoka
Zahana
Arbres fruitiers
Observations: soit 37 espèces autochtones: 3 espèces de Cypres, 12 espèces
d’Eucalyptus, 5 espèces d’Acacia, 2 espèces de Grevellia, 2 espèces de Cassia, 2 espèces
de Terminalia, 2 espèces de Khaya, 3 espèces de Pinus, 2 espèces de Delonix et 53
autres essences. Arbres fruitiers: orangers, citronniers, crossole, bibassier, pêcher,
caféiers, etc
MADAGASCAR rapport de pays 97

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années d'exportation de plantes médicinales. Archives du Centre national
de recherches pharmaceutiques, (6), p. 27-41.

Rakotomalala, J.J.R. 1993. Diversité biochimique des caféiers: Analyse des


acides hydrocinnamiques, bases puriques et diterpènes glycosidiques.
Particularités des caféiers sauvages de la région malgache (Mascarocoffea
Chev.). Paris: ORSTOM. 216 p. (Travaux et documents microédités; 99.)

Randrianaivo, D. 1995. Zonage agro-écologique. FOFIFA/DRD:


Antananarivo (Madagascar).

UICN. 1987. Priorités en matière de conservation des espèces à Madagascar.

UICN. 1993. Principes directeurs pour la conservation des plantes médicinales.


OMS, l'UICN et le WWF Gland (Suisse), Avril 1993, 33 p.

White, F. 1983. The Vegetation of Africa. UNESCO/AETFAT.


MADAGASCAR rapport de pays 99

Liste des abréviations

AMM Autorisation de mise sur le marché

ANAE Association nationale pour l'aménagement de l'environnement

ANGAP Association nationale pour la gestion des aires protégées

AP Aires protégées

BRET Base de données sur les ressources environnementales et


terrestres

CALA Complexe agronomique du Lac Alaotra

CARE Cooperation for Assistance and Relief Everywhere

CI Conservation internationale

CIAT Centre international d'agriculture tropicale

CIP Centre international de la pomme de terre

CIRAD Centre international de recherche appliquée au développement

CITES Convention internationale sur le commerce des espèces de flore


et de faune menacées d'extinction

CNARP Centre national d'application des recherches pharmaceutiques


(ex-CNRP)

CNRE Centre national de recherche sur l'environnement

CNUED Conférence des Nations Unies sur l'environnement et le


développement

COBIO Comité d'orientation et de suivi de la politique de gestion de la


biodiversité

COCOLAG Comité de collaboration agricole


MADAGASCAR rapport de pays 100

COEFOR Contribution à l’étude des forêts et réserves

CORAF Conférence des responsables africains et français de la recherche


agronomique

COREMA Comptoir de récupération de Madagascar

CPIRP Conférence et programme internationaux concernant les


ressources phytogénétiques

CTFT Centre technique forestier tropical

CIMMYT Centro internacional de mejoramiento de maiz y trigo (Centre


international d'amélioration du maïs et du blé)

DEF Direction des eaux et forêts au MEADR

DPCE Direction de la promotion du commerce extérieur

DRD Département de recherche développement

DRR Département de recherche rizicole

EARRNET East African Root Crops Research Network

EESS Etablissement d'enseignement supérieur des sciences

ENSA Ecole nationale supérieure agronomique

FAO Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et


l’agriculture

FAS Facilité d'ajustement structurel

FASR Facilité d'ajustement structurel renforcée

FERT Formation paysanne et appui aux organisations professionnelles


agricoles

FF Francs français

FIFAMANOR Sigle en malgache de la Coopération bilatérale Madagascar-


Norvège

FMG ou Fmg Francs malgaches


MADAGASCAR rapport de pays 101

FMI Fonds monétaire international

FOFIFA Sigle en malgache pour le Centre national de la recherche


appliquée au développement rural (CENRADERU)

GCRAI Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale

GOPI Gazette officielle de la propriété industrielle

IBPGR International Board for Plant Genetic Resources (Conseil


international des ressources phytogénétiques) actuellement
IPGRI

ICRAF International Council for Research in Agroforestry

ICRO International Cell Research Organization

IITA Institut international d'agriculture tropicale

IMRA Institut malgache de recherche appliquée

INIBAP International Network for the Improvement of Banana and


Plantain

IRRI International Rice Research Institute

JORDM Journal officiel de la République démocratique de Madagascar

JORM Journal officiel de la République de Madagascar

MAB Man And Biosphere

MEADR Ministère d'état du développement rural et de la réforme


foncière

MESUP Ministère de l'enseignement supérieur

MPCA Ministère de la promotion du commerce et de l'artisanat

MRAD Ministère de la recherche appliquée au développement

OIAC Organisation interafricain du café

ONE Office national de l'environnement


MADAGASCAR rapport de pays 102

ONG Organismes non gouvernementaux

ORSTOM Office de recherche scientifique et technique d’outre-mer

PBZT Parc botanique et zoologique de Tsimbazaza

PCDI Programmes de conservation et de développement intégrés

PLARM Etudes et inventaire des plantes aromatiques et médicinales des


états de l'océan Indien

PME Petite et moyenne entreprise

PMI Petite et moyenne industrie

PNUD Programme des Nations Unies pour le développement

PROIMPEX Produits d'importation et d'exportation

RECA Réseau café

RPG Ressources phytogénétiques

RYMV Rice Yellow Mottle Virus

SIEC Sensibilisation, information, education et communication

SIRAMA Siramamy Malagasy

SMV Service de la multiplication des végétaux

SNGF Silo national des graines forestières

UICN Union internationale pour la conservation de la nature

UNESCO United Nations for Education, Science and Culture

USA États-Unis d'Amérique

USAID U.S. Agency for International Development

WWF World Wildlife Fund for Nature

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