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L'autobiographie

Ce document présente une séquence pédagogique sur l'autobiographie. Il contient 6 séances abordant des thèmes comme l'autoportrait, le pacte autobiographique, et l'écriture d'un récit de vie. Différentes activités sont proposées comme l'analyse d'images, la lecture d'œuvres littéraires, et la rédaction par les élèves de leur propre autoportrait.

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L'autobiographie

Ce document présente une séquence pédagogique sur l'autobiographie. Il contient 6 séances abordant des thèmes comme l'autoportrait, le pacte autobiographique, et l'écriture d'un récit de vie. Différentes activités sont proposées comme l'analyse d'images, la lecture d'œuvres littéraires, et la rédaction par les élèves de leur propre autoportrait.

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Séquence n°3:

Qui suis-je?
Se raconter se présenter
6 séances
Problématique :
Pourquoi se met-on à raconter sa vie?

CORPUS - Franck A., Journal


- De gaulle C., Mémoires de guerre
- Cohen A., Le Livre de ma mère
- Sartre J.P, Les Mots
- Rousseau J.J, Les Confessions
- Semprin G., L’écriture ou la vie
DIRE Présenter son autoportrait
ÉCRIRE Écrire un autoportrait illustré de photos, d’images, de dessins
Écrire un « je me souviens » à la manière de Perec
LIRE Un Secret, Philippe Grimbert
OUTILS DE
Vocabulaire : Le vocabulaire des sentiments
LANGUE Grammaire :
1. Discours : énoncé et énonciation ; la modalisation
2. les marques de l’énonciation
3. Les fonctions par rapport au nom
HISTOIRE DES Étude de deux planches de la bande dessinée: Spiegelman, Maus
ARTS et
HISTOIRE
LITTÉRAIRE


Séance 1 L’autoportrait
Objectifs Faire connaissance avec le genre autobiographique à travers un
autoportrait

Support « Le petit monde de Karin Viard », autoportrait photographique


Activités Histoire d’un mot: RÉMINISCENCE

Analyse de l’image

Création d’un autoportrait

A) Ouverture : approche de l’autoportrait par le jeu et le


montage.
1)De quoi cette image est-elle composée?
plan rapproché ou moyen de l’actrice, série de photos en gros plan
qui composent un cadre.
2)A quoi servent les textes?
Sans les textes, aucune explication n’est possible si on ne connaît
pas la personne.
3)Faites la liste de tous les objets présentés et précisez le lien qu’ils
ont avec l’actrice: ce qu’ils racontent sur elle.
-une lampe : cadeau sentimental = lien affectif à son petit ami
-un éléphant en carton et boîte d’œufs : cadeau typique des enfants à
la maternelle = lien affectif à sa fille.
-Des dictionnaires = lien intellectuel aux mots (actrice et sens des
mots)
-Des tissus : souvenir de l’enfance = lien affectif à la grand-mère
-Une figurine : objet acheté sur une brocante = lien avec le passé,
l’ancien.
4)A votre avis, ce montage relève-t-il de l’autobiographie?
Cet autoportrait photographique, composé d’une image de l’actrice et
de petites photos d’objets fétiches + textes relève bien de l’autobiographie. Ces objets, placés autour
d’une photo récente de l’actrice, appartiennent tous à un passé plus ou moins lointain, que ce soit
l’enfance, les moments de cadeaux (Noël, fête des mères…). Les dictionnaires sont les seuls à être un
objet éternel dans le quotidien de l’actrice. Mais l'autoportrait se distingue avant tout de l'autobiographie
par le fait qu'il ne présente pas de récit suivi. Autrement dit, il ne figure pas une succession d'événements
significatifs, il ne reconstruit pas linéairement une existence: il est fondamentalement non narratif. À
l'ordre chronologique (ou même dialectique) des faits remémorés et racontés dans l'autobiographie, il
substitue un ordre associatif et, pourrait-on dire, thématique.

B) Réaliser son autoportrait.

Sur une feuille de dessin format A4, à la manière de Karin Viard, présentez-vous à l’aide de photos,
dessins et textes. Tout ce que vous collez sur la feuille doit représenter quelque chose de bien précis
pour vous dans ta vie. Organisez votre présentation de façon à ce que la feuille soit complètement
remplie et soit ainsi la plus proche possible de votre état d’esprit. Expliquez par une phrase simple ce
que chaque élément raconte sur vous.
Vous serez noté sur la recherche, l’originalité de la présentation et l’écriture des textes.

Histoire d’un mot: réminiscence


nom féminin qui vient du latin classique reminisci = se souvenir: Retour à la conscience claire de
souvenirs non accompagnés de reconnaissance, souvenir vague ou incomplet, difficile à localiser.

Phrase n°1:L'autobiographie est d'abord un genre littéraire, mais on la retrouve aussi dans d'autres
formes artistiques ! Ainsi, on peut parler d'autobiographie au cinéma, ou encore dans la bande dessinée.
Même l'autoportrait, en peinture, peut être considéré comme une forme autobiographique.

Séance 2 Le pacte
Objectifs Comprendre les différences fondamentales entre l’autobiographie et la
fiction
Support Le Pacte autobiographique, Philippe Lejeune
Essais, Michel de Montaigne
Les Confessions, Préambule, Jean-Jacques Rousseau
Activités Histoire d’un mot: PRÉAMBULE

Études des textes à l’aide de questionnaires

À RETENIR: L’autobiographie et le pacte

RÉÉCRITURE: Extrait 2 du début à « m’avoir lu »: « je » par


« nous »
A) Définition
Le pacte autobiographique s'oppose au pacte de fiction. Quelqu'un qui vous propose un roman (même
s'il est inspiré de sa vie) ne vous demande pas de croire pour de bon à ce qu'il raconte : mais
simplement de jouer à y croire.
L'autobiographe, lui, vous promet que ce que qu'il va vous dire est vrai, ou, du moins, est ce qu'il croit
vrai. Il se comporte comme un historien ou un journaliste, avec la différence que le sujet sur lequel il
promet de donner une information vraie, c'est lui-même.
Si vous, lecteur, vous jugez que l'autobiographe cache ou altère une partie de la vérité, vous pourrez
penser qu'il ment. En revanche il est impossible de dire qu'un romancier ment : cela n'a aucun sens,
puisqu'il ne s'est pas engagé à vous dire la vérité. Vous pouvez juger ce qu'il raconte vraisemblable ou
invraisemblable, cohérent ou incohérent, bon ou mauvais, etc., mais cela échappe à la distinction du vrai
et du faux.
Conséquence : un texte autobiographique peut être légitimement vérifié par une enquête (même si,
dans la pratique, c'est très difficile !). Un texte autobiographique engage la responsabilité juridique de son
auteur, qui peut être poursuivi par exemple pour diffamation, ou pour atteinte à la vie privée d'autrui. Il est
comme un acte de la vie réelle, même si par ailleurs il peut avoir les charmes d'une oeuvre d'art parce
qu'il est bien écrit et bien composé.
Comment se prend cet engagement de dire la vérité sur soi ? A quoi le lecteur le reconnaît-il ?
Parfois au titre : Mémoires, Souvenirs, Histoire de ma vie... Parfois au sous-titre ("autobiographie",
"récit", "souvenirs", "journal"), et parfois simplement à l'absence de mention "roman".
Parfois il y a une préface de l'auteur, ou une déclaration en page 4 de couverture.
Enfin très souvent le pacte autobiographique entraîne l'identité de nom entre l'auteur dont le nom est
sur la couverture, et le narrateur-personnage qui raconte son histoire dans le texte.
Philippe Lejeune, Le Pacte autobiographique

1) Pour quelle raison le pacte autobiographique s’oppose-t-il au pacte de fiction?


Quelqu'un qui vous propose un roman (même s'il est inspiré de sa vie) ne vous demande pas de croire
pour de bon à ce qu'il raconte : mais simplement de jouer à y croire.
L'autobiographe, lui, vous promet que ce que qu'il va vous dire est vrai, ou, du moins, est ce qu'il croit
vrai.
2) Commet l’auteur se comporte-t-il avec ce qu’il souhaite raconter?
Il se comporte comme un historien ou un journaliste, avec la différence que le sujet sur lequel il promet
de donner une information vraie, c'est lui-même.
3) Quelles conséquences ce pacte autobiographique a-t-il sur le texte?

un texte autobiographique peut être légitimement vérifié par une enquête (même si, dans la pratique,
c'est très difficile !). Un texte autobiographique engage la responsabilité juridique de son auteur, qui peut
être poursuivi par exemple pour diffamation, ou pour atteinte à la vie privée d'autrui.
4) Comment l’auteur contracte-t-il ce pacte avec le lecteur?
Parfois au titre : Mémoires, Souvenirs, Histoire de ma vie... Parfois au sous-titre ("autobiographie", "récit",
"souvenirs", "journal"), et parfois simplement à l'absence de mention "roman".
Parfois il y a une préface de l'auteur, ou une déclaration en page 4 de couverture.
Enfin très souvent le pacte autobiographique entraîne l'identité de nom entre l'auteur dont le nom est
sur la couverture, et le narrateur-personnage qui raconte son histoire dans le texte.

B) Le pacte en oeuvre

Extrait 1
Au Lecteur
C'est ici un livre de bonne foi, lecteur. Il t'avertit, dés l'entrée, que je ne m'y suis proposé aucune fin,
que domestique et privée. Je n'y ai eu nulle considération de ton service, ni de ma gloire. Mes forces ne
sont pas capables d'un tel dessein. Je l'ai voué à la commodité particulière de mes parents et amis : à ce
que m'ayant perdu (ce qu'ils ont à faire bientôt) ils y puissent retrouver aucuns traits de mes conditions et
humeurs, et que par ce moyen ils nourrissent, plus altiére et plus vive, la connaissance qu'ils ont eue de
moi. Si c'eût été pour rechercher la faveur du monde, je me fusse mieux paré et me présenterais en une
marche étudiée. Je veux qu'on m'y voie en ma façon simple, naturelle et ordinaire, sans contention et
artifice : car c'est moi que je peins.
Michel de Montaigne, Essais, 1580

Extrait 2
Préambule
Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. Je veux
montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature ; et cet homme ce sera moi.
Moi seul. Je sens mon cœur et je connais les hommes. Je ne suis fait comme aucun de ceux que j'ai vus
; j'ose croire n'être fait comme aucun de ceux qui existent. Si je ne vaux pas mieux, au moins je suis
autre. Si la nature a bien ou mal fait de briser le moule dans lequel elle m'a jeté, c'est ce dont on ne peut
juger qu'après m'avoir lu.
Que la trompette du Jugement dernier sonne quand elle voudra, je viendrai, ce livre à la main, me
présenter devant le souverain juge. Je dirai hautement : " Voilà ce que j'ai fait, ce que j'ai pensé, ce que
je fus. J'ai dit le bien et le mal avec la même franchise. Je n'ai rien tu de mauvais, rien ajouté de bon, et
s'il m'est arrivé d'employer quelque ornement indifférent, ce n'a jamais été que pour remplir un vide
occasionné par mon défaut de mémoire ; j'ai pu supposer vrai ce que je savais avoir pu l'être, jamais ce
que je savais être faux. Je me suis montré tel que je fus ; méprisable et vil quand je l'ai été, bon,
généreux, sublime, quand je l'ai été.
Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions, Préambule, 1782
1) A votre avis, où se situent ces extraits au sein des deux oeuvres? Justifiez votre réponse.
1. Ces passages correspondent au début des ouvrages dont ils sont extraits. Ainsi Montaigne écrit : « C’est ici un
livre de bonne foi, lecteur. Il t’avertit, dès l’entrée... » (l. 1) et Rousseau : « Je forme une entreprise qui n’eut jamais
d’exemple... » (l. 1). Ce sont des adresses au lecteur dans lesquelles les auteurs souhaitent faire part de leurs
intentions. Il est d’ailleurs précisé dans le paratexte que l’extrait des Confessions de Rousseau est tiré du
Préambule de l’œuvre.
2) Quels pronoms personnels dominent dans les deux textes.
C’est la première personne du singulier qui domine dans chacun de ces deux extraits : « je » ; « me... ».
3) De quoi vont parler les deux ouvrages?
Les deux auteurs, Montaigne comme Rousseau, indiquent qu’ils seront les sujets principaux de leurs
ouvrages. « Je veux qu’on m’y voie en ma façon simple, naturelle et ordinaire, sans contention et
artifice : car c’est moi que je peins », écrit Montaigne. Rousseau précise : « Je veux montrer à mes
semblables un homme dans toute la vérité de la nature ; et cet homme, ce sera moi ».
4) Quelles sont les intentions des auteurs en écrivant ces textes?
Montaigne prétend qu’il n’a qu’un but privé, « je ne m’y suis proposé aucune autre fin que domestique et
privée » et qu’il écrit essentiellement pour ses « parents et amis ». Rousseau cherche à se justifier
(« juge », « jugement », « vérité... ») devant les hommes « mes semblables » et devant Dieu « devant le
souverain juge ».

5) A quoi chaque auteur s’engage-t-il? Citez les textes.


Montaigne comme Rousseau ont pour intention de convaincre leurs lecteurs de la « bonne foi » de leur «
entreprise » qui vise, avant tout, à se montrer « dans toute la vérité », de « façon simple, naturelle et [...]
sans artifice ». Ils s’engagent donc tous deux à faire preuve d’honnêteté et de transparence dans leur
récit.

À retenir: L’autobiographie I
Etymologiquement, l’autobiographie (auto: soi-même/ bio: vie/graphie: écriture) est le récit que fait un
auteur de sa propre vie.Tout ce qui est raconté est présenté comme vrai. L’auteur s’efforce d’être sincère.
Mais les années qui ont passé entre le moment où les événements ont eu lieu et le moment où l’auteur
les raconte font que les souvenirs peuvent être déformés ou incomplets.De plus, tout n’est pas raconté :
l’auteur fait une sélection parmi ses souvenirs. Cette sélection a un sens par rapport à l’image qu’il veut
donner de lui-même, à son projet autobiographique.

À retenir: L’autobiographie I
……………………………….., l’autobiographie (auto: soi-même/ bio: vie/graphie: écriture) est le récit que
fait un auteur de sa propre vie.Tout ce qui est ……………………………… est présenté comme
………………………………. L’auteur s’efforce d’être ………………………………. Mais les années qui ont
passé entre le moment où les ……………………………… ont eu lieu et le moment où l’auteur les raconte
font que les souvenirs peuvent être ……………………………… ou incomplets.Tout n’est pas raconté :
l’auteur fait une ……………………………… parmi ses ………………………………. Cette
……………………………… a un sens par rapport à l’image qu’il veut donner de lui-même, à son projet
……………………………….

Histoire d’un mot: autobiographie : nom féminin qui vient du grec « autos » ( soi-même ), « bios »( vie), et
« graphè » (écriture ). Une autobiographie est donc le récit par soi-même de son existence.

Réécriture: Récrivez le deuxième paragraphe de l’extrait 2 en remplaçant la première personne du


singulier par la deuxième personne du pluriel (je: vous), et en mettant les verbes à l’imparfait. Faites tous
les changements nécessaires.

Phrase n°2: Le pacte autobiographique est l'engagement que prend un auteur de raconter directement
sa vie ou une partie, ou un aspect de sa vie dans un esprit de vérité.

Séance 3 Un genre polymorphe


Objectifs Découvrir les différentes formes de l’autobiographie + Leçon sur la
situation d’énonciation
Support Journal, A.Frank ;
Mémoires de guerre, C.De Gaulle
Maus, Spiegelman
Activités Questionnaire

Leçon sur la situation d’énonciation

Mot de la séance : emblématique

Phrase 3
Extrait n° 1
Je ranime la flamme. Depuis le 14 juin 1940, nul n’avait pu le faire qu’en présence de l’envahisseur. Puis, je
quitte la voûte et le terre-plein ? Les assistants s’écartent. Devant moi, les Champs-Elysées ! Ah ! c’est la mer !
Une foule immense est massée de part et d’autre de la chaussée. Peut-être deux millions d’âmes. Les toits
aussi sont noirs de monde. A toutes les fenêtres s’entassent des groupes compacts, pêle-mêle avec des
drapeaux. Si loin que porte ma vue, ce n’est qu’une houle vivante, dans le soleil, sous le tricolore. […] Vous les
enfants, si pâles ! qui trépignez et criez de joie ; vous, les femmes, portant tant de chagrins, qui me jetez vivats
et sourires ; vous, les hommes, inondés d’une fierté longtemps oubliée, qui me criez votre merci ; vous, les
vielles gens, qui me faites l’honneur de vos larmes, ah ! comme vous vous ressemblez ! Et moi, au centre de


ce déchaînement, je me sens remplir une fonction qui dépasse de très haut ma personne, servir d’instrument
au destin.
Charles de Gaulle (1890-1970), Mémoires de guerre, tome 2

Extrait 2
Le Journal d'Anne Frank est le livre composé du journal intime tenu par Anne Frank, jeune fille juive
allemande de treize ans exilée aux Pays-Bas, lorsqu'elle se cache à Amsterdam, pendant deux ans,
avec sa famille et quatre amis, au cours de l'occupation des Pays-Bas par l'Allemagne nazie.
Amsterdam, Mercredi 13 janvier 1943
Chère kitty,

Ce matin, on m’a tout le temps dérangée, je n’ai rien pu achever convenablement.


La terreur règne sur la ville. Nuit et jour, transports incessants de ces pauvres gens, munis uniquement
d’un sac au dos et d’un peu d’argent. Ces derniers biens leur sont enlevés en route, dit-on. On sépare les
familles en groupant hommes, femmes et enfants.
Les enfants rentrant de l’école ne retrouvent plus leurs parents. Des femmes, rentrant du marché, trouvent
leurs portes sous scellés, leurs familles disparues.
Les chrétiens hollandais sont également touchés, leurs fils étant envoyés obligatoirement en Allemagne.
Tout le monde a peur.
Des centaines d’avions survolent la Hollande pour bombarder et mettre en ruine les villes allemandes ; et
chaque heure, des centaines d’hommes tombent en Russie et en Afrique du Nord. Personne n’est à l’abri, le
globe entier est en guerre, et bien que les Alliés gagnent du terrain, on n’en voit pas encore la fin.
Et nous, oui, nous sommes bien, mieux de beaucoup que des millions d’autres, cela va sans dire. Nous
sommes encore en sécurité, et nous mangeons soi-disant notre argent. Nous sommes tellement égoïstes que
nous nous permettons de parler de « l’après-guerre », en nous réjouissant de la perspective de vêtements
neufs et de souliers neufs, tandis que nous devrions économiser chaque sous pour sauver les gens en
détresse après la guerre, ou du moins tout ce qui reste à sauver.
On voit les enfants d’ici circuler en petite blouse d’été, sabots aux pieds, sans manteau, ni béret, ni bas, et
personne ne leur vient en aide. Ils n’ont rien dans le ventre et, grignotant une carotte, ils abandonnent
l’appartement froid pour sortir dans le froid, et pour arriver dans une classe plus froide encore. Oui, la Hollande
est tombée si bas qu'une foule d'enfants arrête les passants dans la rue pour leur demander un morceau de
pain. Je pourrais continuer pendant des heures à te parler de la misère amenée par la guerre, mais cela me
décourage de plus en plus. Il ne nous reste qu’à tenir, et à attendre la fin de ces malheurs. Juifs aussi bien que
chrétiens attendent. Le monde entier attend, et beaucoup attendent la mort.
Anne.

Extrait 3
Art Spiegelman est un auteur de Bandes dessinées et un illustrateur américain. De parents juifs polonais
survivants d’Auschwitz et émigrés aux États- Unis après la Seconde Guerre mondiale, il devient une
figure emblématique de la BD des années 1960-1970. Son roman graphique Maus le rend célèbre.
A) Des traits communs
1. Identifiez auteur, narrateur et personnage pour chacun des extraits.
2. Quelle période historique évoquent-ils?

A) Extrait 1
1. Quel est l’événement raconté ?
2. Comment l’auteur se désigne-t-il ?
3. Quel est le temps utilisé et la valeur de celui-ci ? Quel effet produit-il ?
4. A quoi la foule est-elle comparée ? Relevez un mot qui appartient au champ lexical correspondant. Quel est
l’effet produit par cette comparaison dans le texte ?
Cet extrait raconte l’arrivée de de Gaulle à Paris au moment de la libération. L’auteur se désigne par le pronom
« Je ». Il utilise le présent de narration qui permet de «  réactualiser » l’événement raconté , de le rendre plus
vivant. La foule qui l’acclame est comparée métaphoriquement à une mer : « Ah ! c’est la mer », « Une houle
vivante ». Cette figure de style forme un contraste avec la figure du narrateur qui apparaît alors seul, en héros, au
milieu de ce déchaînement de joie.











Ce texte est extrait de mémoires. Les mémoires sont un récit autobiographique écrit par une personne qui a
marqué l’histoire et qui y raconte sa vie publique et décrit l’époque.

B) Extrait 2
1. Qui était Anne Frank ? Quel âge avait- elle ? Dans quelle situation se trouvait –elle ?
2. Qui est Kitty ?
3. Quel sentiment domine dans ce passage ? Justifiez votre réponse.
4. Retrouvez les deux phrases qui ont la même signification et qui résument le tableau que fait Anne Frank de la
vie des hollandais.
Anne Frank est une jeune fille allemande qui, à l’âge de 13 ans, fut contrainte de se cacher avec ses parents pour
échapper aux mesures anti-juives pendant la deuxième guerre mondiale. Elle a confié à son journal, surnommé
Kitty, toutes ses pensées et les événements vécus. Dans cet extrait, Elle apparaît très découragée : « cela me
décourage de plus en plus », « et beaucoup attendent la mort ». Mais elle relate surtout la dégradation de la vie
des hollandais : « la terreur règne sur la ville », « Tout le monde a peur ».
Ce texte est extrait d’un journal. Le lecteur, au fil des jours, y découvre non seulement les événements vécus mais
aussi les sentiments, la personnalité de l’auteur.

C) Extrait 3
1. Quels sont les deux niveaux de narration ? Essayez de situer l’époque, le lieu et les personnages pour chacun
de ces deux niveaux.
2. Que remarquez-vous sur la représentation des personnages ?
3. Pourquoi l’auteur a-t-il choisi le noir et blanc ?
La première narration est constituée de la conversation entre le père et le fils. Dans ce cas, le père est l’émetteur
et le fils le récepteur. On la retrouve dans les vignettes de gauche et dans tous les encadrés ou récitatifs. Le
deuxième niveau de narration consiste en les paroles échangées par le père et ses amis lorsqu’ilsarrivent à
Auschwitz. La première narration se passe donc à New york aujourd’hui car le père raconte à son fils ce qu’il a
vécu. La deuxième narration se passe en Pologne au moment de la guerre.
Dans cette bande dessinée, spiegelman a choisi de représenter les juifs en souris et les nazis en chat. Ainsi les
nazis apparaissent comme des prédateurs. Le refus du noir et blanc permet de renforcer le tragique de l’histoire.
Maus est un témoignage, un récit autobiographique portant sur une partie de la vie du père de Spiegelman.

E) Une situation d’énonciation particulière


1) Dans l’extrait 2, relevez, en dehors du corps de la lettre (pas dans le paratexte), les éléments qui permettent de
savoir qui écrit, à qui, où et quand.

Qui?: Destinateur ( énonciateur)= Ann


A qui?: Destinataire ( récepteur) = Kitty
Où?: Lieu :Amsterdam
Quand?: Moment:Mercredi 13 janvier 1943
2) En répondant à la question 1, vous avez établi la situation d’énonciation de la lettre. A présent, relevez les mots
soulignés dans le corps de la lettre et précisez à quels éléments de la situation d’énonciation (ceux que vous
avez repérés dans la réponse précédente) ils renvoient.
Ann : « m’ », « je », « me »
Kitty: « te »
Amsterdam: « ici »
Mercredi 13 janvier 1943: « ce matin »

p.426 exercices 1,2,3,4 P.427ˋˋ

Fiche Brevet : La situation d’énonciation


I. Dé nitions:
1) L’ nonciation est l’action d’ mettre un nonc .
2) L’ nonc est le texte oral ou crit produit au cours d’une situation d’ nonciation. On produit un
nonc chaque fois que l’on s’adresse quelqu’un.
3) La situation d’ nonciation est la situation au cours de laquelle est produit un nonc .
Analyser la situation d’énonciation d’un nonc , c’est retrouver la situation d’ nonciation dans laquelle il
a eu lieu.

II. Les éléments de la situation d’énonciation


Pour restituer un nonc , il faut se demander :
- qui parle? C’est- -dire : qui produit l’ nonc .? On parle de l’ nonciateur.
- qui l’ nonciateur parle? C’est- -dire: qui s’adresse l’ nonciateur? On parle du r cepteur.
- quel moment a lieu l’ nonciation?
- Dans quel lieu prend place l’ nonc ?

III. Les types d’énoncé


On trouve deux types d’ nonc .
• On dit qu’un nonc est ancr dans la situation lorsqu’on conna t la situation d’ nonciation.
On est en mesure de d terminer l’ nonciateur, le r cepteur, le moment et le lieu gr ce la pr sence
d’indices dans le texte.
On trouve des indices concernant la personne qui met et re oit l’ nonc . Les pronoms utilis s (je, tu,
nous, vous, ...) permettent de les rep rer.
On trouve galement des indices de lieu et de temps qui vont permettre d’ancrer l’ nonc dans une
situation particuli re. Des indices tels que « ici », « maintenant », « aujourd’hui », ...
En n, un nonc ancr dans une situation n cessite l’utilisation de temps particuliers tels que le pass ,
le pr sent ou encore le futur.

Ex: « Demain nous travaillerons ici pour r viser et nous r ussirons »


On trouve des indices de l’ nonciateur et du r cepteur dans le pronom « nous ». Deux personnes sont
donc concern es par l’ nonc .
De m me on trouve des indices de temps qui ancrent l’ nonc dans le moment pr sent et futur avec
« demain » ainsi que des indices de lieu avec le mot « ici ».

• On trouve galement des nonc s qui ne sont pas ancr s dans la situation. Cela signi e qu’ils ne
d pendent pas d’une situation d’ nonciation particuli re. On n’a pas besoin de la situation pour
comprendre l’ nonc .
Il n’y a pas de pr sence d’ nonciateur ou de r cepteur.
Ce genre d’ nonc se pr sente le plus souvent sous la forme de r cit la 3 me personne.
Ex: « Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, les alli s ont d barqu en Normandie. ». On n’a pas d’indice
de l’ nonciateur ou de l’ metteur. Le message ne s’adresse pas quelqu'un en particulier. De m me, les
indices de temps n’ancrent pas l’ nonc dans un moment particulier. Ils situent le moment dans l’histoire,
d’une fa on g n rale.






fi


fi



























































































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1. Énoncés « ancrés » : phrases 1, 3, 4 et 5.
Énoncé « coupé » : phrase 2.

2. Énoncés ancrés dans la situation d’énonciation : phrases 2 (« aujourd’hui » fait référence au moment
de l’écriture), 3 (« ce récit ») et 5 (« ici » + présent d’énonciation).

3. 1. Il s’agit d’un écrivain à sa table de travail (« écrire quelques pages par dizaines... »), dont l’activité
reste un peu honteuse (« comme un péché ou une boisson clandestine »). On devine, d’après le titre de
l’ouvrage, que son projet est autobiographique et que de son inspiration dépendra l’ampleur de l’écrit
(« selon que ce cœur de moi qui est mon destin décidera »).
2. L’écrivain est seul dans son royaume, protégé des « salauds » et des « gens du dehors ». Au moment où
il écrit (« en ce moment »), la paix qu’il ressent est « fausse » (l’écriture se veut délivrance).
3. L’écriture a lieu tout au long de la nuit (« dans mes nuits et mes aubes ») ; elle fait de l’écrivain un être
plus lucide que celui qu’il est dans ses « mœurs diurnes », où il dit « à chacun que chacun est
charmant » : la nuit, il « n’en pense pas moins ».
4. Il s’agit d’un préambule.

4. 1. Depuis hier, il pleut. 2. Après-demain, nous prendrons la route. 3. Nos voisins sont aimables. 4.
Aujourd’hui, c’est la fête du village. 5. Il est temps de partir maintenant. 6. Ceci m’est tout à fait égal. 7.
Flûte, il pleut, nous allons être trempés ! 8. Nous nous sommes revus le mois dernier.

À retenir: Les genres proches de l’autobiographie


Des récits, dont les caractéristiques sont proches de celles de l’autobiographie, entrent dans la catégorie
du genre autobiographique. Nous pouvons parler de sous-genres du récit autobiographique.
LES MEMOIRES: le mémorialiste ne centre pas son récit sur sa vie intime, mais sur des événements
historiques dont il a été témoin. ( Mémoires de guerre de Charles de Gaule)
L’AUTOPORTRAIT: l’auteur analyse sa personnalité, mais sans raconter l’histoire de sa vie (Les Essais
de Montaigne).
LE JOURNAL INTIME: Le diariste y raconte les faits au jour le jour. Il exprime ses réactions et ses
sentiments, analyse les événements personnels ou historiques auxquels il est confronté. (Le Journal
d’Anne Frank).

À retenir: Les genres proches de l’autobiographie


Des récits, dont les ………………………………. sont proches de celles de l’autobiographie, entrent dans
la catégorie du genre autobiographique. Nous pouvons parler de ………………………………. du récit
autobiographique.
LES MEMOIRES: le ………………………………. ne centre pas son récit sur sa vie
………………………………., mais sur des événements ………………………………. dont il a été témoin. (
Mémoires de guerre de Charles de Gaule)
L’AUTOPORTRAIT: l’auteur analyse sa ………………………………., mais sans raconter
………………………………. de sa vie (Les Essais de Montaigne).
LE JOURNAL INTIME: Le ………………………………. y raconte les faits au jour le jour. Il exprime ses
réactions et ses sentiments, analyse les événements ………………………………. ou
………………………………. auxquels il est confronté. (Le Journal d’Anne Frank).

Histoire d’un mot: emblématique : adjectif construit à partir du nom « emblème: du grec emblêma, -atos,
ornement en relief. il s’applique à tout objet (ou notion) qui, dès qu’il est évoquée, renvoie à une autre
réalité plus large.

Réécriture: Récrivez l’avant dernier paragraphe de l’extrait 2 en remplaçant la première personne du


pluriel par la deuxième personne du singulier, et en conjuguant les verbes conjugués à l’imparfait. Faites
tous les changements nécessaires.




Phrase n°3: L’autobiographie est écrite à la première personne. Le je y représente à la fois celui qui écrit
et celui dont II s’agit. De nombreuses formes de récit de vie adoptent également ce principe: les
Mémoires, les journaux intimes, les correspondances.

Évaluation sur la situation d’énonciation

Exercice 1: Pour chaque phrase, indiquez si les indices de lieu en gras renvoient ou non à la situation
d'énonciation ancrée./5
1. On a l'air de bien s'amuser ici.
2. Vous prendrez la prochaine rue à gauche.
3. Des hauteurs d'Istanbul, la vue sur l'entrée du Bosphore est splendide.
4. Regarde là-bas, n'est-ce pas ta sœur qui court ?
5. L'homme se gara rue Lepic.
6. Il y a un mois, la tempête a souf é si fort qu'elle a endommagé tous les commerces et les habitations.
7. Le jour où les magasins réouvraient leur porte, tous les habitants de la ville se précipitèrent pour se
réaprovisionner. Le lendemain, la foule n'avait pas diminué.
8.Le 24 juillet 2011, une tempête dévaste la petite ville de Bastinre.
9.Demain, nous viendrons t'aider à poser de nouvelles fenêtres dans la cuisine.
10.Ils arrivèrent ce matin-là, équipés de boites à outils.

Exercice 2: Dans le texte suivant, l'énoncé est-il coupé ou ancré dans la situation d'énonciation ?
Justifiez votre réponse par des éléments précis./4
À quatre heures, le vendredi 25 novembre 1957, Amédée sortit de chez lui pour aller chercher une
baguette de pain. La boulangerie habituelle étant fermée, il dut faire un détour et contourner le kiosque à
journaux pour entrer dans une autre boulangerie. Il acheta nalement vingt-et-un croissants, s'assit à une
terrasse de café qui se trouvait près de là et les mangea un à un.

Exercice 3: Réécrivez ces phrases de façon à ce qu'elles soient coupées de la situation d'énonciation.
Pensez à changer le temps des verbes, et inventez si besoin !/6
1. Votre bébé a perdu son doudou là-bas !
2. Ce matin, mon père est parti très tôt au travail.
3. Hier, Romane m'a dit qu'on se retrouvait ici.
4. Qu'est-ce qu'on mange ce midi ?
5. Je te rejoindrai à l'angle de ta rue.
6. On va chez toi, tout à l'heure ?

Exercice 4: Réécrivez ces phrases de façon à ce qu'elles soient ancrées dans la situation d'énonciation.
Pensez à changer le temps des verbes !/5
1. Philomène arriva le lendemain.
2. Les deux hommes se retournèrent et regardèrent derrière eux.
3. Il partit au mois de novembre pour Istanbul.
4. Ils avaient vu un  lm au cinéma de leur quartier le mois précédent.
5. Les enfants restèrent chez leurs grands-parents durant les vacances d'été 2016.
fi

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Séance 4 Pourquoi écrire sur soi?
Objectifs Découvrir les raisons qui poussent se raconter+ les registres

Support Albert Cohen, Le Livre de ma mère

Activités Questionnaire

A retenir: les registres

Mot de la séance: maintenant

Phrase 4
Albert Cohen ( 1895-1981) est un écrivain suisse d’expression française. Son chef-d’œuvre est le
roman Belle du seigneur (1968).

Tandis qu’un chien hurle dans la nuit, un pauvre chien, mon frère, qui se lamente et dit mon mal, je
me souviens insatiablement. C’est moi, bébé, et elle me poudre avec du talc, puis elle me fourre, pour
rire, dans une hutte faite de trois oreillers et la jeune mère et son bébé rient beaucoup. Elle est morte.
Maintenant, c’est moi à dix ans, je suis malade, et elle me veille toute la nuit, à la lumière de la veilleuse
surmontée d’une petite théière où l’infusion reste au chaud, lumière de la veilleuse, lumière de Maman
qui somnole auprès de moi, les pieds sur la chaufferette, et moi je gémis pour qu’elle m’embrasse.
Maintenant, c’est quelques jours plus tard, je suis convalescent et elle m’a apporté un fouet de réglisse
que je lui ai demandé d’aller m’acheter et comme elle a vite couru, docile, toujours prête. Elle est auprès
de mon lit, et elle coud tout en respirant sagement, sentencieusement. Moi, je suis parfaitement heureux.
Je fais claquer le fouet de réglisse et puis je mange à minuscules coups de dents un Petit-Beurre en
commençant par les dentelures qui sont plus brunes et c’est meilleur, et puis je joue avec son alliance
qu’elle m’a prêtée et que je fais tourner sur une assiette. Bons sourires de Maman rassurante,
indulgences de Maman. Elle est morte. Maintenant, je suis guéri et elle m’a fait, avec des restants de
pâtes à gâteau, des petits bonshommes qu’elle fera frire pour moi. Elle est morte. Maintenant, c’est la
foire. Elle me donne deux sous, je les mets dans le ventre de l’ours en carton et, chic, un chou à la
crème sort du ventre ! « Maman, regarde-moi le manger, c’est meilleur quand tu me regardes. » Elle est
morte.
Albert Cohen, Le Livre de ma mère, Editions Gallimard, 1954
A) La ronde des souvenirs
1) Quel événement de la vie d’Albert Cohen est à l’origine de ce texte ?
Le Livre de ma mère est un mausolée élevé par Albert Cohen à sa mère décédée.
2) 2) À quel moment de la journée Albert Cohen écrit-il ? Relevez les passages qui se réfèrent au
moment de l’écriture.
Albert Cohen écrit la nuit : ‘Tandis qu’un chien hurle dans la nuit […] je me souviens insatiablement. »
Saul ce passage et la scansion de « Elle est morte » renvoient au moment de l’écriture.
3) 3) Quel mot répété signale le surgissement d’un nouveau souvenir ? Dans quel ordre sont-ils
évoqués ?
Le «  maintenant » est plus ambigu ; ce mot signale le surgissement d’un nouveau souvenir comme une
projection sur un écran intime mais, en écrivant ce souvenir, Albert Cohen le fait revivre, ce que souligne
l’emploi du présent de narration. Les souvenirs sont narrés dans l’ordre chronologique : l’enfant Albert
est d’abord « un bébé » puis il a dix ans.
4) 4) Ces souvenirs surgissent-ils d’eux-mêmes ou sont-ils convoqués ? Relevez un verbe et un
adverbe qui justifient votre réponse.
Les souvenirs sont convoqués comme l’indique « je me souviens insatiablement ». L’ adverbe « 
maintenant » accompagne chaque souvenir.

B) Un Chant d’amour
1) Faites un relevé des souvenirs évoqués. Quels sentiments font-ils revivre ? Quelle phrase clôt
chaque évocation ? A quelle réalité et à quel sentiment ramène-t-elle le narrateur ? Quelle
comparaison vous l’indique ?
Les souvenirs évoqués restituent la complicité et la tendresse entre une mère et son enfant que rien ne
vient séparer, ni le père, ni l’école. Ces souvenirs (promenade, toilette, maladie, convalescence)
restituent un climat de bonheur, de joie, de chaleur, un sentiment de protection :

- « la jeune mère et son bébé rient beaucoup »


- « lumière de maman qui somnole auprès de moi »
- « Moi, je suis parfaitement heureux »
- « Bons sourires de Maman rassurante »
Chaque moment de bonheur se clôt sur un cruel rappel à la réalité : « Elle est morte » et au chagrin qui
le tourmente comme un chien qui hurle à la mort : « un pauvre chien, mon frère, qui se lamente et dit
son mal. »
2) 2) Pourquoi Albert Cohen écrit-il cette autobiographie ?
Cette autobiographie est un peu décalée : bien sûr l’auteur, le narrateur et un des personnage principaux
constituent une seule entité mais l’autobiographie est centrée sur la mère aimée et perdue. L’écriture
permet à l’auteur à la fois de « faire son deuil » mais aussi de témoigner de son amour de ls pour cette
mère souvent tyrannisée et de lutter contre l’oubli.

C) Comment traduire la peine?


1) Que signifie l’adverbe « insatiablement » ? Quel registre ou tonalité (comique, lyrique, tragique..)
donne-t-il à tout le passage ?
Cet adverbe signi e «  sans être jamais apaisé, sans obtenir de satisfaction ». Il donne au passage une
tonalité pathétique : l’écriture est vaine pour apaiser la douleur, elle ne peut pas ressusciter l’être aimé.

Fiche brevet
Les registres
Définition : ensemble de procédés dʼécriture dont un auteur se sert pour produire certains effets sur son
lecteur.
Le registre lyrique se caractérise par l’expression des sentiments personnels. On le reconnaît à l’emploi
de:
- un champ lexical des émotions, des sentiments
- des Interjections, points de suspension, exclamation

Le registre pathétique se caractérise par la volonté dʼattendrir le lecteur, de lui faire ressentir une forte
émotion proche de la tristesse. On le reconnaît à l’emploi de:
- un champ lexical de la pitié et de la souffrance
- vocabulaire de lʼaffectivité
- exclamation et effets dʼamplification

Le registre épique se caractérise par la mise en relief des caractères surhumains, actions héroïques.
On le reconnaît à l’emploi de:
- noms au pluriel
- emploi de termes collectifs (peuple, nation, armée…)
- superlatifs (le plus, très…)
- Adverbes dʼintensité
- Comparaisons, hyperboles, anaphores et accumulations.

Le registre tragique se caractérise par la présenceforte du destin et un enchaînement inéluctable


dʼactions qui conduisent à la mort ou à la destruction. On le reconnaît à l’emploi de:
- champ lexical de la mort, de la souffrance
- exclamation…

Le registre comique est associé au rire : « est dit comique ce qui déclenche le rire ». On le reconnaît à
l’emploi de:
- effets de surprise, de décalage
- quiproquo, malentendu

Le registre ironique : On exprime par raillerie le contraire de ce que lʼon veut dire. Par exemple, vous
rentrez tout tachés et votre mère dit « cʼest du joli ! ». On le reconnaît à l’emploi de:
- antithèses
- oxymores
- antiphrases

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fi

Le registre polémique : Prendre parti assez durement en interpellant vivement son interlocuteur. On le
reconnaît à l’emploi d’ exclamations, interjections, apostrophe

Le registre fantastique se caractérise par le surgissement dans la réalité de phénomènes irrationnels.


Dʼoù atténuation de la frontière entre le réel et lʼirréel, entre la vie et la mort ….
contient des éléments surnaturels dans un univers banal. On le reconnaît à l’emploi de
• lexique de la peur
• une ponctuation expressive
• l’emploie des images visuelles ou sonores créant le doute et la peur

Le registre réaliste a pour but de produire de créer un effet de réel. On le reconnaît à l’emploi de:
• Thèmes : activités quotidiennes, événements familiaux, le corps, les milieux sociaux, détail vrai, objets
banals, échec, vie simple.
• vocabulaire technique et parfois en relation avec la catégorie sociale des personnages donc pouvant
être familier.

Le registre merveilleux est caractéristique du genre du conte de fées. Il met en scène un cadre spatio-
temporel surnaturel et coupé de la réalité du lecteur.
On reconnaît un registre merveilleux à :
• Un champ lexical du surnaturel.
• Des figures par analogie comme la métaphore ou la comparaison.
• Un lexique connoté
• De nombreux superlatifs.

exercices 1,2,3 p. 423


M
2. – L’extrait A est réaliste. Le premier indice est l’auteur, Zola, célèbre pour être l’un des théoriciens et
des représentants du courant naturaliste. De plus, on remarquera la description précise des manteaux ,
dont on nous apprend le nom : « manteau », « rotonde » (abréviation de « manteau à rotonde »),
« paletot », « sorties de bal », mais également les matières dont ils sont constitués. L’auteur pousse sa
description jusqu’à nous donner le prix de ces manteaux. – L’extrait B appartient au registre fantastique,
comme le titre Le Pied de momie peut nous le laisser supposer. On remarque également la présence de
modalisateurs : « parut », « semblaient ». De plus, la phrase « Au lieu d’être immobile comme il convient
à un pied embaumé depuis quatre mille ans, il s’agitait [...] » indique clairement l’irruption du surnaturel
dans un cadre réaliste (un salon avec des « boiseries » et une cheminée dont « la bûche enfouie sous la
cendre » craquait).
3. a. Les deux registres utilisés par l’auteur sont le registre réaliste et le registre merveilleux. b. On
identifie le registre réaliste par l’explication précise du processus qui a permis la libé- ration de la fée : les
ingénieurs ont fait un projet puis des ouvriers l’ont mis à exécution. On peut également repérer du
vocabulaire concernant le travail de la gestion de l’eau : « ravitaillement », « captèrent »,
« canalisation ». Cependant, certains indices appartiennent au registre merveilleux. Ainsi, la fée est un
personnage qui appartient aux contes. De plus, on se trouve dans un temps indéfini (« Un jour »,
« Quelques semaines plus tard ») et les personnages sont peu décrits : « des ingénieurs », « les ouvriers
», « la fée ».

A retenir: Le rapport au passé dans l’autobiographie


L’autobiographie est souvent une façon d’analyser son évolution personnelle, en décrivant sa vie
passée. L’auteur se libère de ses émotions d’autant plus s’il s’agit de souvenirs douloureux, et les
partage avec les lecteurs. Parfois, il s’agit de relater son point de vue ou les expériences vécues :
informer ou de dénoncer des faits, qu’ils soient positifs ou négatifs, dans le but d’en tirer un
enseignement.

A retenir: Le rapport au passé dans l’autobiographie


L’autobiographie est souvent une façon d’……………………………… son évolution
………………………………, en décrivant sa vie ………………………………. L’auteur se
……………………………… de ses ……………………………… d’autant plus s’il s’agit de souvenirs

………………………………, et les partage avec les ………………………………. Parfois, il s’agit de


relater son point de vue ou les ……………………………… vécues : informer ou de
……………………………… des faits, qu’ils soient positifs ou négatifs, dans le but d’en tirer un
……………………………….

Histoire d’un mot: maintenant :adv. de temps. Part. présent de maintenir, pris adverbialement : en
tenant en main,«pendant que l'on tient quelque chose dans la main», d'où «rapidité du geste ou
possibilité» puis «promptitude temporelle».Ces développements sém. ont aboutit à la notion
d’«aussitôt»

Réécriture: Récrivez les deux premiers paragraphes en remplaçant « un chien » par «  des chiens » et la
première personne du singulier par la deuxième personne du singulier. Faites tous les changements
nécessaires.

Phrase n°4: Certaines autobiographies, comme Le Livre de ma mère d’Albert Cohen, ne sont pas
centrées seulement sur l’auteur-narrateur ; elles évoquent d’autres personnes que l’autobiographie fait
revivre.

Séance 5 Ecrire sur soi pour comprendre ce que l’on est devenu
Objectifs Découvrir les raisons qui poussent à se raconter + La
modélisation
Support Jean-paul Sartre, Les Mots p.26 du manuel

Activités Questionnaire

Leçon sur la modélisation

Mot de la séance: sanctuaire

Phrase 5
Répondre aux questions au bas de la p.27 sauf les numéros: 6,10 et 12
Faire l’exercice d’écriture situé après les questions p.27

A) Deux sortes de livres


1. Les livres du grand-père sont dans un bureau, ceux de la grand-mère sont dans sa chambre. La
grand-mère n’a pas de bibliothèque : elle n’a jamais plus de deux livres à la fois, les emprunte à un
cabinet de lecture et les laisse « couchés » (lignes 26 à 28).
2.

Les livres du grand-père Les livres de la grand-mère


– Ce sont des « pierres levées » (ligne 5). – Ils – Ils sont « couchés » (ligne 26).
sont « [serrés] comme des briques » (ligne 5) – L’auteur n’en a « jamais vu plus de deux à la
dans une bibliothèque. fois » (lignes 27-28).
– Ils ont des « feuilles blêmes et moisies » (ligne – Ils sont « vifs, blancs, presque neufs » (lignes
24). 30-31).
– Il ne semblent pas sérieux : « Ces colifichets
3. L’auteur utilise une métaphore filée, comparant les livres à des « pierres levées » (ligne 5) puis à
des « menhirs » (ligne 7) et à « des monuments trapus » (ligne 9). Il utilise également plusieurs
comparaisons : « comme des briques » (ligne 5), « comme un soulier » (ligne 21) et « comme des
huîtres » (lignes 22-23).

4. Les livres de la grand-mère évoquent « des confiseries du Nouvel An » (lignes 28-29). Ils ne
semblent pas aussi sérieux que les livres du grand-père. Les uns évoquent le travail et la pros-
périté tandis que les autres sont réduits à des objets décoratifs et amusants. Dans les deux cas, les
livres sont l’occasion de rituels conservant pour l’enfant une part de mystère.

B) Deux lecteurs, deux manières de lire


5. Les tirets permettent d’introduire un commentaire du narrateur adulte. Ce signe de ponctua- tion
peut être remplacé par des parenthèses.
7. Le grand-père semble lire pour son travail ; ses lectures nourrissent ses réflexions, tel un avocat
préparant une plaidoirie.
8. Cet imparfait a une valeur d’habitude : la grand-mère du narrateur répète les mêmes actions
chaque semaine, respectant scrupuleusement l’ordre et le mystère entourant ces actions.
9. C’est un plaisir qui peut être rapproché de la gourmandise : la grand-mère dévore chaque
semaine deux livres qui sont comparés à des confiseries. L’auteur sent que cette lecture est un
plaisir mais il ne sait pas pourquoi : c’est aussi mystérieux pour lui que le sourire de la Joconde.

C) Jean-Paul et les livres


11. Dans la première phrase, l’auteur utilise une comparaison. Il joue également sur le sens de
l’expression « au milieu ». Dès le début du texte, il annonce l’importance des livres dans sa vie et
indique que ces objets ont été présents dès sa plus tendre enfance.
13. Le champ lexical de la religion est : « révérais » (ligne 5), « sanctuaire » (ligne 9), « cérémo-
nies » (ligne 13), « officiant » (ligne 16), « mystifié » (lignes 34-35), « messe » (ligne 41), « silence










sacré » (ligne 42). Cela montre que la lecture occupe un rôle très important et très noble au sein de
la famille.

Ecriture

Exemple de texte rédigé


Selon moi, la lecture doit être avant tout une source d’amusement. Comme le cinéma ou la
télévision, la lecture permet de s’évader. Mais, contrairement aux deux loisirs cités précédem-
ment, en plus de l’évasion, la lecture stimule l’imagination. Ainsi, même si le lecteur n’apprend rien
d’utile, il développe des capacités qui peuvent être réutilisées lors d’une réflexion liée au travail. Par
exemple, une personne habituée à lire régulièrement sera plus à l’aise pour imaginer un scénario
lors d’un travail d’expression écrite et pourra plus facilement se concentrer sur l’aspect formel du
travail.
De plus, une fois que lire est devenu un loisir, il est possible d’entamer des lectures plus longues
qui permettent de suivre l’histoire d’un personnage et ses aventures sur plusieurs années. Avoir
l’habitude de lire c’est aussi explorer plusieurs genres et ainsi déterminer des préférences. Ainsi un
lecteur peut faire des choix en fonction de ses goûts, de ses attentes, combinant ses aptitudes de
lecture et ses exigences.
Enfin, habitué à lire, il aura envie de découvrir les auteurs les plus emblématiques du genre
littéraire qui l’intéresse. Ainsi, un fan de récit de vie découvrira le genre autobiographique et sera
curieux de découvrir la vie de personnalités à travers leurs œuvres, dont certaines appartiennent au
patrimoine culturel.
L’essentiel est d’avoir le goût de la lecture et de l’entretenir car, ensuite, tout est possible : on peut
lire avec plaisir des articles ou des romans qui vont enrichir la culture du lecteur tout en le
distrayant.

D) Comment exprimer ses certitudes, ses doutes et son jugement?


Relevez dans la première phrase du texte un expression indiquant que Jean-paul Sartre est certain de ce
qu’il avance.
Jean-paul Sartre emploie la locution adverbiale: « Sans doute » pour indiquer qu’il est certain de
finir sa vie au milieu des livres.
Leçon sur La modalisation p.432

Fiche brevet:La modalisation


Définition: Modaliser un énoncé, c’est exprimer un jugement (positif ou négatif) ou un sentiment sur son
contenu : l’énonciateur peut nuancer son énoncé en le présentant comme vrai, faux, douteux, incertain,
possible...

Les modalisateurs : ce sont les différents procédés permettant de nuancer un énoncé.


Un modalisateur peut être :
• un groupe nominal (une espèce de, une sorte de...)
Ex: Ce livre est une sorte de roman policier.
• un adjectif évaluatif (possible, douteux, certain...)
Ex: Il est certain qu’il fera beau demain.
• un adverbe (peut-être, sans doute, certainement...)
Ex: Il sera probablement là.
• un verbe de jugement (penser, juger, croire, estimer...)
Ex: Je crois que la fuite a été colmatée.
• certains verbes d’état (sembler, paraître...)
Ex: Il semble fatigué.
• un verbe exprimant une obligation, une possibilité (devoir, pouvoir, falloir...)
Ex: Il n’est pas là : il doit avoir un empêchement.
• une expression (selon moi, à mon avis, aux dires de...) ou une proposition incise (semble-t-il...)
Ex: Aux dires des journalistes, il sera réélu.
• Certains temps verbaux (le conditionnel, le futur antérieur)
Ex: Il n’est pas là : il serait malade.
lExercices 1,2,3 p.433

1. Phrases indiquant une certitude : 2, 5, 6, 8 et 9.


Phrases comportant une notion de doute : 1, 3, 4, 7 et 10.
2. 1. Je ne pense pas être capable de bêcher le jardin seule.
2. J’ai dû oublier mon sécateur q u e l q u e p a r t .
3 . Je croyais lui avoir dit devenir tondre la pelouse .
4 . J ’aurais peut-être dû faire appel à un professionnel. (+ la conjugaison du verbe au
conditionnel passé)
5. Cet arbre peut pousser assez vite.
6. D’après mon voisin, l’hiver s’annoncerait rigoureux. (+ la conjugaison du verbe au conditionnel
présent)
7. Il paraît qu’Adèle a la main verte.
8. Franck aura probablement ratissé les feuilles.
3. 1. Il a pu, heureusement, changer de métier. (jugement positif)
2. Pour cela, il a courageusement étudié tous les soirs. (jugement positif )
3. Je trouve déplorable que l’on ne tolère pas que les gens changent. (jugement négatif )
4. Pascal est un homme intelligent mais hélas, il n’est pas encore un très bon vendeur en phar-
macie. (jugement négatif)

À retenir : Une énonciation particulière


Dire « je » crée une situation particulière dans le récit autobiographique. Le narrateur le plus âgé et le
personnage sont bien la même personne, à deux moments différents de sa vie : moment du souvenir et
moment de l’écriture. Il y a donc deux situations d’énonciation qui se côtoient.
• le moi ici et maintenant : c’est l’énoncé qu’on dit « ancré dans la situation d’énonciation » ( emploi du
présent, passé composé, imparfait et futur )
• le moi, personnage du passé dont je raconte les faits marquants antérieurs. On dit alors que l’énoncé
est « coupé de l’énonciation » ( Utilisation du passé simple, imparfait )
Le point de vue adopté est toujours interne, donc subjectif : c’est celui de l’auteur qui raconte ses
souvenirs.

À retenir : Une énonciation particulière


Dire « je » crée une ………………………. particulière dans le récit autobiographique. Le
……………………… le plus âgé et le personnage sont bien la même personne, à deux moments
différents de sa vie : moment du ……………………… et moment de l’………………………. Il y a donc
deux situations d’……………………… qui se côtoient.
• le moi ici et maintenant : c’est l’……………………… qu’on dit « ancré dans la situation d’énonciation »
( emploi du présent, passé composé, imparfait et futur )
• le moi, personnage du passé dont je raconte les faits marquants antérieurs. On dit alors que
l’……………………… est « ……………………… de l’énonciation » ( Utilisation du passé simple, imparfait
)
Le point de vue adopté est toujours ………………………, donc subjectif : c’est celui de
l’……………………… qui raconte ses souvenirs.

Histoire d’un mot: sanctuaire : nom masculin: un sanctuaire (de sanctus, « sacré ») est
généralement un édifice ou lieu rendu (par « consécration ») ou devenu sacré, par son
association au Divin ou Transcendant.

Phrase n°5:Dans son autobiographie, publiée en 1964 sous le titre Les mots, J-P Sartre retrace
ses souvenirs d’enfance et son parcours au « milieu des livres » qui ont conditionné sans nul
doute sa vocation d’homme de lettres.



Séance 6 Ecrire sur soi pour témoigner


Objectifs Découvrir les raisons qui poussent un écrivain à se raconter+ les
temps du récit
Support Jorge Semprun , L’Ecriture ou la vie

Activités Questionnaire

Fiche brevet sur les temps du récit


À la fin de sa vie, Jorge Semprun entreprend de raconter ce qu'il a vécu en camp de concentration. Il ose
enfin rédiger une autobiographie pour restituer sa rencontre avec le « Mal radical ». Dans ce passage,
quelques mois après sa libération, il rend visite à un vieil ami, Pierre-Aimé Touchard.

Pat eut la délicatesse de répondre à mes questions avec patience, sans m'en poser aucune. Sans
doute avait-il senti que je n'étais pas encore en état de répondre. […]
Nous en étions là, lorsqu'une jeune fille entra dans la pièce où je parlais avec Pat. Je la reconnaissais,
c'était sa belle-fille, Jeanine.
Elle me vit, elle se figea sur place. Comme si elle avait vu un revenant, aurait-on dit dans un roman de
gare. Mais elle voyait vraiment un revenant. Et que la vie est comme un roman de gare, souvent.
- Tu vois, Jeanine, a dit Pierre-Aimé Touchard, tu vois qu'on en revient ?
J'en revenais, en effet. J'étais un revenant, ça me convenait.
La jeune fille, alors, se mit à pleurer silencieusement, les deux mains croisées sur son visage.
- J'ai rencontré Yann, dits-je. Cet hiver, au début de l'hiver. Nous avons passé quelque temps ensemble
à Buchenwald !
Yann Dessau était le fiancé de Jeanine. Il n'était pas encore revenu. Ce n'était pas encore un revenant.
[…]
Alors, sans l'avoir prémédité, sans l'avoir pour ainsi dire décidé – si décision il y avait, de ma part, c'était
plutôt celle de me taire -, je commençai à parler. Peut-être parce que personne ne me demandait rien, ne
me posait de questions, n'exigeait de comptes. Peut-être parce que Yann Dessau ne reviendrait pas et
qu'il fallait parler en son nom, au nom de son silence, de tous les silences : milliers de cris étouffés. Peut-
être parce que les revenants doivent parler à la place des disparus, parfois, les rescapés à la place des
naufragés. […]
Je parlai pour la première et dernière fois, du moins pour ce qui est des seize années suivantes. Du
moins avec une telle précision dans le détail. Je parlai jusqu'à l'aube, jusqu'à ce que ma voix devienne
rauque et se brise, jusqu'à en perdre la voix. Je racontai le désespoir dans ses grandes lignes, la mort
dans son moindre détour.
Ce ne fut pas inutile, apparemment.
Yann Dessau revint finalement de Neuengamme. Sans doute faut-il parfois parler au nom des
naufragés. Parler en leur nom, dans leur silence, pour leur rendre la parole.
Jorge Semprun, L’Ecriture ou la vie, 1994

A) La difficulté à raconter son histoire personnelle


1)Chez qui le narrateur se trouve-t-il?
Le narrateur se trouve chez son ami Pat. Yann Dessau est le fianc de la belle-fille de Pat, Jeanine.
2) Pourquoi Jeanine se met-elle à pleurer quand elle voit le narrateur?
La jeune fille d couvre le narrateur marqu physiquement par sa d portation. Elle pense ce qui a pu
advenir son fianc .
3) Qu’est-ce qu’un « revenant » habituellement? Expliquez le nouveau sens que Jorge Semprun donne à
ce mot.
Un revenant est quelqu’un qui revient de la mort. Semprun emploie le mot pour d signer les survivants
aux camps de concentration.
4) Le narrateur veut-il raconter son histoire? Citez le texte pour justifier votre réponse.
Non, le narrateur ne veut pas raconter son exp rience: si d cision il y avait, de ma part, c’ tait plut t
celle de me taire.
5) Quelle attitude de ses interlocuteurs permet à l’auteur de leur parler?













C’est parce que personne ne lui pose de questions que le narrateur se sent capable de raconter ce qu’il
a v cu.
B) Témoigner pour les autres
1) D’après vous que sont les silences: milliers de cris étouffés , évoqués par l’auteur?
Ces silences ce sont les morts de millions d’ tres humains, extermin s dans le secret.
2) Combien de temps dure le récit du narrateur à ses amis?
Le r cit se d roule sur une nuit enti re.
3)Montrez comment les termes employés traduisent cette durée.
Syntaxe: suite de propositions subordonn es. Mots employ s : r p tition de « jusqu’ » et de « voix ».
4) Comment l’auteur justifie-t-il son besoin soudain de parler?
Le souvenir peut faire revivre les morts, dans les m moires.
On ne peut pas revenir sur les v nements, le t moignage, dans ce sens est inutile. Mais on peut
emp cher les atrocit s de recommencer, le t moignage trouve l une utilit .

Histoire d’un mot: « INDICIBLE » vient du grec phantasma qui signifie « fantôme, hallucination visuelle »
Le mot « fantasme », ayant signifié d'abord « fantôme », s'est introduit avec le sens d' « illusion » au
xive siècle; il est devenu un terme médical, avec le sens d'« image hallucinatoire » (1832). Puis son
emploi s'est restreint au sens de « production de l'imaginaire qui permet au moi d'échapper à la réalité »

Phrase n°6: L’Ecriture ou la vie de Jorge Semprun est une autobiographie qui apporte un
t moignage sur l’exp rience traumatisante des camps de concentration. Il mêle un récit
autobiographique sur la vie après sa sortie d'un camp de concentration, et une réflexion sur la
difficulté de raconter directement l'expérience de la déportation.






















Les valeurs des temps du récit


Imparfait
L’imparfait de second plan : il exprime des actions secondaires par rapport au actions de premier plan,
au passé simple.
Exemple : Lorsque l’orage éclata, le train arrivait en gare.
L’imparfait de description : il permet de décrire (un lieu, un personnage...) dans un récit au passé.
Exemple : Ses longs cheveux blonds caressaient ses épaules nues.
L’imparfait duratif : il exprime une action qui dure.
Exemple : Il n’aimait pas qu’on lui effleure la main; cela l’irritait.
L’imparfait d’habitude : dans un texte au passé, il exprime une action qui se répète dans le temps.
Exemple : Tous les matins, il allait au collège en vélo.

Passé simple
Dans un récit au passé, il exprime des actions de premier plan, qui font progresser l’histoire.
Exemple : Quand l’orage éclata, les campeurs coururent se réfugier dans une grotte.

Plus-que-parfait
Dans un texte au passé, il exprime des actions antérieures (qui se sont passées avant).
Exemple : Ce jour-là, il était malade. Il avait trop mangé la veille.

Conditionnel présent
Dans un texte au passé, il exprime les actions qui se sont passées dans l’avenir.
Exemple: Il déclara qu’il viendrait avec nous à Pâques.

Tableau d’évaluation de l’autoportrait

Photos/dessins Textes explicatifs Soin de la présentation Originalité de la Orthographe /syntaxe


présentation
4 5 4 4 3

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