Guide Pratique de Comptabilité
Guide Pratique de Comptabilité
: PROCEDURES D’ENREGISTREMENT
I- GENERALITES
La tenue d’une comptabilité dans toute entreprise est, en général, un travail quotidien du service comptable.
Ce dernier reçoit les documents, appelés pièces justificatives, sur la base desquels, il va enregistrer tous les
mouvements de valeurs réalisés par l’entreprise.
En outre, la tenue d’une comptabilité passe par des étapes, qui commence par l’enregistrement des
mouvements dans le livre journal jusqu'à l’établissement des états financiers à savoir ; le bilan, l’état de
résultat, l’état des flux de trésorerie et les notes aux états financiers. Tout ce chemin est appelé processus
comptable, qui peut être schématisé de la façon suivante :
Travail quotidien
Travail périodique
II- LE LIVRE JOURNAL
L’enregistrement direct des opérations dans les comptes présente les inconvénients suivants :
- Des erreurs qui proviennent de l’oubli de l’une des inscriptions à faire dans les comptes concernant
une même opération,
- En examinant les comptes, il est très difficile sinon impossible de reconstituer l’ordre dans lequel les
opérations se sont succédées,
- Il serait facile d’intercaler, en fraude, des opérations dans les comptes ou simplement de modifier les
dates.
L’enregistrement préalable des opérations dans le journal permet d’éviter ces inconvénients.
Le livre journal est un document sur lequel sont enregistrées toutes les opérations effectuées par l’entreprise.
L’enregistrement doit se faire chronologiquement opération par opération et jour par jour et doit être appuyé
de pièces justificatives.
Chaque enregistrement précise l’origine, le contenu et l’imputation de l’opération ainsi que les références
des pièces justificatives qui l’appuient (article 12 du SCET 1997).
Par ailleurs, l’article 11 du SCET 1997 stipule que le livre journal et le livre d’inventaire sont côtés et
paraphés au greffe du tribunal dans le ressort duquel est situé le siège de l’entreprise. Ces livres sont tenus
sans blanc ni altération d’aucune sorte.
Dans le même ordre d’idée, l’article 8 du code de commerce tunisien dispose que les personnes physiques
ou morales soumises à l’obligation de la tenue d’une comptabilité doivent tenir un livre journal pour
l’enregistrement de leurs opérations et doivent dresser au moins une fois par an un inventaire des éléments
actifs, capitaux propres et passifs de leur entreprise. Ces documents doivent être conservés pendant 10 ans
ainsi que les pièces justificatives qui l’appuient.
Une écriture comptable est dite équilibrée lorsque le ou les montants porté(s) au(x) débit(s) d’un ou
plusieurs compte(s) est égal (sont égaux) au(x) montant(s) porté(s) au(x) crédit(s) d’un ou plusieurs autre(s)
compte(s) correspondant(s). Cette idée a été déjà énoncée sous l’égalité fondamentale suivante :
Débit = Crédit
- Un libellé ou une description sommaire de l’opération avec indication des références de la pièce
comptable créée pour justifier cette opération, en veillant également à ce que dans le classement on
puisse la retrouver facilement en cas de besoin.
La pièce comptable est un document interne portant l’imputation comptable et à laquelle sont jointes
les pièces justificatives.
- Les montants correspondants aux comptes débités et crédités sont portés dans des colonnes
distinctes, en vérifiant que les débits correspondent aux crédits, en vertu du principe de la partie
double,
- Les numéros des comptes, dans la pratique, sont portés sur une colonne à part,
- Par convention, l’intitulé du compte débité est inscrit tout à fait à gauche, alors que celui du compte
crédité est inscrit à partir du milieu,
- En bas de chaque page, les totaux (débits et crédits confirmant l’égalité) sont arrêtés et reportés sur la
page suivante. Lorsque les opérations sont terminées, les totaux définitifs sont portés aussi bien en
chiffres qu’en toutes lettres en ajoutant la formule suivante :
« Arrêté le présent journal à la somme de ………………………...……...………….………»
en bas de la dernière page d’enregistrement.
Il en découle que le journal peut être présenté comme suit :
Journal général de l’entreprise ……………… du 1/1/N au 31/12/N Folio……
N° des Désignation Débits Crédits
comptes Date
……. Compte à débiter ………
date
date
Total à reporter D = C
5- Application :
La société « Chiraz & Cies » est constituée le 05/01/2008 par un apport en numéraire de 50 000 D déposés
dans un compte bancaire, ouvert chez la STB, au nom de la société et par un apport de fonds de commerce
comprenant les éléments suivants :
- Terrains : 40 000 D
- Construction : 135 000 D
- Matériels de transport : 34 000 D
- Marchandises 60 000 D
- Clients : 12 500 D
- Clients – Effets à recevoir : 7 500 D
- Caisse : 9 000 D
- Fournisseurs d’exploitation : 20 000 D
- Fournisseurs d’exploitation – Effets à payer : 12 000 D
- Fonds commercial : 30 000 D
- Frais préliminaires : 4 000 D
- 18/01: Payé la prime annuelle du contrat d’assurance du camion : 480 D ; CH n°13452
- 18/01: Vente de marchandises pour 15 000 D (F n°2V). Encaissé le 1/3 en espèces (Quittance recette
n°2), 4 000 D par CH n°22514 et le reste a fait l’objet d’une traite n°1 à 30 jours.
- 20/01: Achat, en espèces, de fournitures de bureau non stockables pour 150 D ; F n°146A, Quittance
dépense n°2.
- 21/01: Règlement d’une traite, venue à l’échéance, d’un fournisseur d’exploitation : 1 500 D, CH
n°13453 (traite n°502).
- 22/01: Achat, en espèces, de timbres fiscaux pour 50 D et de timbres postaux pour 25 D, Quittance
dépense n°3.
- 22/01: Achat de marchandises à crédit : 7 500 D ; F n°233A.
- 24/01: Retour de marchandises, non conformes à la commande, achetées le 22/01 : 1 500 D ; FA
n°15.
- 26/01: Retour de marchandises, comportant des défauts de fabrication, vendues le 18/01 : 2 500 D ;
FA n°01. Un chèque n°13454 a été remis immédiatement au client.
- 28/01: Réglé, en espèces, la facture d’électricité et la facture de téléphone, montants respectifs ; 100
D et 250 D, Quittance dépense n°4.
- 29/01: Un client passe une commande d’achat de marchandises pour 12 000 D accompagnée d’un
chèque libellé pour 3 000 D, à titre d’avance ; CH n°2451.
- 29/01: La société a passé une commande d’achat de marchandises auprès d’un fournisseur pour 10
000 D accompagnée d’une avance, en espèces, de 1 000 D ; Quittance dépense n°5.
- 30/01: Réglé, en espèces, les salaires du mois de janvier, 1 200 D ; Quittance dépense n°6.
- 31/01: L’inventaire physique des marchandises indique un stock final de 55 000 D.
Travail à faire :
1- Présenter le bilan d’ouverture de la société,
2- Enregistrer toutes ces opérations au journal de la société.
Corrigé de l’application : Cas de la société « Chiraz & Cies » :
1- Bilan d’ouverture :
(Suite)Journal général de l’entreprise « Chiraz & Cies » du 15/01/2008 au 31/01/2008 (en DT)
Report 453 605 453 605
24/01
401 Fournisseurs d’exploitation 1 500
607 Achats de marchandises 1 500
PC 13 ; FA n°15
26/01
707 Ventes de marchandises 2 500
532 Banque 2 500
PC 14 ; FA n°01, CH n°13454 28/01
606 Achats non stockés de matières et F. 100
626 Frais postaux et frais de télécomm. 250
54 Caisse 350
PC 15 ; Quittance dépense n°4 29/01
532 Banque 3 000
4191 Clients – avances et acomptes R/C 3 000
PC 16 ; CH n°2451
dito
409 Fournisseurs – avances et Ac. V/C 1 000
1 54 Caisse 1 000
PC 17 ; Quittance dépense n°5
30/01
Charges de personnel 1 200
64 54 Caisse 1 200
PC 18 ; Quittance dépense n°6 31/01
Variations des stocks de Mdises. 60 000
603 Stocks de marchandises
7 37 60 000
PC 19 ; Annulation des stocks initiaux dito
Stocks de marchandises
Variations des stocks de Mdises. 55 000
6037 55 000
37 PC 20 ; Constatation des stocks finaux
Remarque :
Dans cette application on a supposé que l’entreprise utilise, pour la comptabilisation de ses stocks, la
méthode de l’inventaire intermittent.
Le principe de cette méthode est le suivant :
- Rôles juridiques : la comptabilité de certaines sociétés est contrôlée par des commissaires aux
comptes. Par ailleurs, une comptabilité bien tenue peut servir comme moyen de preuve en cas de
litige,
- Rôles fiscaux : les bases de l’impôt peuvent être vérifiées par des inspecteurs.
Le recours à des pièces est donc un moyen important utilisé pour justifier la réalité des opérations
comptables.
Les pièces justificatives sont, par conséquent, des documents de saisie des faits réalisés et constituent le seul
moyen de justification des chiffres comptables. Ainsi les pièces justificatives sont dénommées « documents
ou supports de base ».
Les caractéristiques des pièces justificatives se résument comme suit :
- Existence (à chaque enregistrement doit correspondre une pièce),
- Etre unique,
- Etre conforme aux procédures. Le comptable doit poser certaines questions :
Est-ce le bon exemplaire ?
Est-ce l’original ?
Est-il visé par le responsable ?
- Etre authentique : preuve de faits réels en accord avec l’objet de l’entreprise.
b- Exemples de pièces justificatives :
- Les pièces externes (créées par des tiers) :
Emanant des clients : chèques, effets de commerce (traites, billets à ordre) acceptés par les
clients, etc.
Emanant des fournisseurs : factures, quittances, notes, effets de commerce (traites, billets à
ordre) à accepter, etc.
Emanant des banques : avis de débit, avis de crédit, extrait de compte, reçus d’espèces ou de
chèques, etc.
Emanant des organismes fiscaux ou sociaux : avis, quittances, avertissements, etc.
5- Application :
Effectuer le report au grand livre de toutes opérations réalisées par la société « Chiraz & Cies » et
déterminer le solde de chaque compte.
IV- LA BALANCE DES COMPTES
Comme toutes les opérations passées au journal général sont systématiquement reportées dans le grand livre,
il s’en suit que le total des sommes inscrites aux débits des différents comptes doit être égal à celui des
sommes inscrites à leurs crédits.
Cette égalité des soldes et égalité du débit et du crédit des comptes et égalité des totaux du grand livre et des
totaux du journal général sont vérifiées dans un document obligatoire appelé « Balance » (Article 16 du
SCET).
1- Définition de la balance :
C’est un tableau qui porte enregistrement des totaux des débits et crédits, des soldes débiteurs et créditeurs
de tous les comptes de l’entreprise sans exception (les comptes soldés doivent être pris en considération dans
la balance).
2- Contenu de la balance :
Ce tableau comporte six colonnes destinées à recevoir respectivement :
- Les numéros des comptes,
- Les titres des comptes (intitulés),
- Le total des débits,
- Le total des crédits,
- Les soldes débiteurs,
- Les soldes créditeurs.
Les comptes sont présentés au niveau de la balance selon l’ordre numérique croissant de leur code. Sur la
dernière ligne de la balance, on inscrit au bas de chaque colonne correspondante :
- Le total des mouvements débits de tous les comptes,
- Le total des mouvements crédits de tous les comptes,
- Le total des soldes de tous les comptes débiteurs,
- Le total des soldes de tous les comptes créditeurs.
Tout en vérifiant les égalités suivantes :
Première vérification :
Total (mouvements débits) Balance = Total (mouvements crédits) Balance
Total (mouvements débits) Grand livre = Total (mouvements crédits Grand livre
Total (mouvements débits) Journal général = Total (mouvements crédits Journal général
Total des soldes débiteurs de la balance = Total des soldes créditeurs de la balance
Deuxième vérification :
Total mouvements Journal général = Total mouvements Grand livre = Total mouvements Balance
Tracé de la balance :
Balance de la société……………… au …/…/…… (Sommes en dinars)
N° des Intitulés des comptes Mouvements Soldes
comptes Débit Crédit Débiteurs Créditeurs
Totaux X X Y Y
3- Rôles de la balance :
Ainsi établie et présentée, la balance des comptes permet :
- De vérifier, à priori, la régularité apparente des enregistrements saisis en comptabilité par :
La vérification des égalités précitées ;
La régularité de la nature des soldes des comptes (ainsi, un Compte « Caisse » de nature
obligatoirement nulle ou débitrice, serait t-il erroné s’il présentait un solde créditeur ?).
- De résumer la situation individuelle de chaque compte au titre d’une période,
- D’avoir une vision globale des mouvements à partir d’une lecture directe de la balance,
- De tirer des conclusions rapides.
4- Application :
Reprenons le cas de la société « Chiraz & Cies », pour établir la balance, on doit :
- Additionner sur le grand livre le total des mouvements débits et le total des mouvements crédits de
chaque côté du compte et déterminer le solde,
- Après avoir inscrit sur la balance le numéro du compte et son titre, on reporte pour chaque compte le
total des mouvements débits dans la colonne totaux débit et le total des mouvements crédits dans la
colonne totaux crédit,
- Inscrire le solde du compte dans une colonne solde (dans la colonne du solde débiteur s’il est
débiteur ou dans la colonne du solde créditeur s’il est créditeur),
- Additionner, au niveau de la balance, le total des mouvements débits, le total des mouvements
crédits, le total des soldes débiteurs et le total des soldes créditeurs.
Remarque :
Cet exemple illustre, d’une manière simplifiée, la construction des états financiers (bilan et état de résultat).
Nous verrons plus tard, après l’approfondissement des opérations d’exploitation, d’investissement, de
financement et d’inventaire, la construction normalisée des états financiers.