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Guide Pratique de Comptabilité

Ce document décrit les procédures d'enregistrement comptable dans une entreprise. Il explique le processus complet de la tenue d'une comptabilité, du journal aux états financiers, ainsi que les différents éléments d'une écriture comptable.

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Chapitre IV 

: PROCEDURES D’ENREGISTREMENT
I- GENERALITES

La tenue d’une comptabilité dans toute entreprise est, en général, un travail quotidien du service comptable.
Ce dernier reçoit les documents, appelés pièces justificatives, sur la base desquels, il va enregistrer tous les
mouvements de valeurs réalisés par l’entreprise.

En outre, la tenue d’une comptabilité passe par des étapes, qui commence par l’enregistrement des
mouvements dans le livre journal jusqu'à l’établissement des états financiers à savoir ; le bilan, l’état de
résultat, l’état des flux de trésorerie et les notes aux états financiers. Tout ce chemin est appelé processus
comptable, qui peut être schématisé de la façon suivante :

Documents Livre journal Grand livre


(pièces justificatives)

Travail quotidien

Balance des comptes Balance des comptes


Avant inventaire Inventaire Après inventaire Etats financiers

Travail périodique
II- LE LIVRE JOURNAL 

1- Inconvénients de l’enregistrement direct des opérations dans les comptes :

L’enregistrement direct des opérations dans les comptes présente les inconvénients suivants :

- Des erreurs qui proviennent de l’oubli de l’une des inscriptions à faire dans les comptes concernant
une même opération,
- En examinant les comptes, il est très difficile sinon impossible de reconstituer l’ordre dans lequel les
opérations se sont succédées,
- Il serait facile d’intercaler, en fraude, des opérations dans les comptes ou simplement de modifier les
dates.

L’enregistrement préalable des opérations dans le journal permet d’éviter ces inconvénients.

2- Définition du livre journal :

Le livre journal est un document sur lequel sont enregistrées toutes les opérations effectuées par l’entreprise.
L’enregistrement doit se faire chronologiquement opération par opération et jour par jour et doit être appuyé
de pièces justificatives.

Chaque enregistrement précise l’origine, le contenu et l’imputation de l’opération ainsi que les références
des pièces justificatives qui l’appuient (article 12 du SCET 1997).

Par ailleurs, l’article 11 du SCET 1997 stipule que le livre journal et le livre d’inventaire sont côtés et
paraphés au greffe du tribunal dans le ressort duquel est situé le siège de l’entreprise. Ces livres sont tenus
sans blanc ni altération d’aucune sorte.

Dans le même ordre d’idée, l’article 8 du code de commerce tunisien dispose que les personnes physiques
ou morales soumises à l’obligation de la tenue d’une comptabilité doivent tenir un livre journal pour
l’enregistrement de leurs opérations et doivent dresser au moins une fois par an un inventaire des éléments
actifs, capitaux propres et passifs de leur entreprise. Ces documents doivent être conservés pendant 10 ans
ainsi que les pièces justificatives qui l’appuient.

3- Les écritures comptables :


L’écriture comptable est l’enregistrement qui se traduit par le débit d’un ou plusieurs compte(s) et le crédit
d’un ou plusieurs autre(s) compte(s). La comptabilité à partie double se base sur la règle fondamentale
suivante :

Toute écriture comptable doit être équilibrée

Une écriture comptable est dite équilibrée lorsque le ou les montants porté(s) au(x) débit(s) d’un ou
plusieurs compte(s) est égal (sont égaux) au(x) montant(s) porté(s) au(x) crédit(s) d’un ou plusieurs autre(s)
compte(s) correspondant(s). Cette idée a été déjà énoncée sous l’égalité fondamentale suivante :

Débit = Crédit

4- Composantes de l’écriture comptable :

Une écriture comptable au journal est formée des éléments suivants :


- Une date,

- Un libellé ou une description sommaire de l’opération avec indication des références de la pièce
comptable créée pour justifier cette opération, en veillant également à ce que dans le classement on
puisse la retrouver facilement en cas de besoin.
La pièce comptable est un document interne portant l’imputation comptable et à laquelle sont jointes
les pièces justificatives.

- Un ou plusieurs comptes débités,

- Un ou plusieurs comptes crédités,

- Les montants correspondants aux comptes débités et crédités sont portés dans des colonnes
distinctes, en vérifiant que les débits correspondent aux crédits, en vertu du principe de la partie
double,

- Les numéros des comptes, dans la pratique, sont portés sur une colonne à part,

- Par convention, l’intitulé du compte débité est inscrit tout à fait à gauche, alors que celui du compte
crédité est inscrit à partir du milieu,

- En bas de chaque page, les totaux (débits et crédits confirmant l’égalité) sont arrêtés et reportés sur la
page suivante. Lorsque les opérations sont terminées, les totaux définitifs sont portés aussi bien en
chiffres qu’en toutes lettres en ajoutant la formule suivante : 
« Arrêté le présent journal à la somme de ………………………...……...………….………»
en bas de la dernière page d’enregistrement.
Il en découle que le journal peut être présenté comme suit :
Journal général de l’entreprise ……………… du 1/1/N au 31/12/N Folio……
N° des Désignation Débits Crédits
comptes Date
……. Compte à débiter ………

……. Compte à créditer ………


Libellé (pièce comptable)
date

date

date

Total à reporter D = C
5- Application :

La société « Chiraz & Cies » est constituée le 05/01/2008 par un apport en numéraire de 50 000 D déposés
dans un compte bancaire, ouvert chez la STB, au nom de la société et par un apport de fonds de commerce
comprenant les éléments suivants :

- Terrains : 40 000 D
- Construction : 135 000 D
- Matériels de transport : 34 000 D
- Marchandises 60 000 D
- Clients : 12 500 D
- Clients – Effets à recevoir : 7 500 D
- Caisse : 9 000 D
- Fournisseurs d’exploitation : 20 000 D
- Fournisseurs d’exploitation – Effets à payer : 12 000 D
- Fonds commercial : 30 000 D
- Frais préliminaires : 4 000 D

Pendant le reste du mois de janvier, l’entreprise a réalisé les opérations suivantes :

- 15/01: Achat de marchandises au comptant : 11 500 D ; F n°13A, CH n°13450.


- 15/01: Vente de marchandises, au comptant, pour 24 000 D. Encaissé 4 000 D en espèces et un
chèque bancaire pour le reste ; F n°1V, Quittance recette n°1, CH n°31245.
- 16/01: Encaissement d’une créance : 6 200 D ; F n°652A, CH n°13001.
- 17/01: Acquisition d’un matériel informatique (Fn°242A): 5 000 D, payé 3 000 D par CH n°13451, le
reste sera réglé dans six mois.
- 17/01: Réparation du camion pour 200 D réglée en espèces ; Quittance dépense n°1, Fn°42R

- 18/01: Payé la prime annuelle du contrat d’assurance du camion : 480 D ; CH n°13452
- 18/01: Vente de marchandises pour 15 000 D (F n°2V). Encaissé le 1/3 en espèces (Quittance recette
n°2), 4 000 D par CH n°22514 et le reste a fait l’objet d’une traite n°1 à 30 jours.
- 20/01: Achat, en espèces, de fournitures de bureau non stockables pour 150 D ; F n°146A, Quittance
dépense n°2.
- 21/01: Règlement d’une traite, venue à l’échéance, d’un fournisseur d’exploitation : 1 500 D, CH
n°13453 (traite n°502).
- 22/01: Achat, en espèces, de timbres fiscaux pour 50 D et de timbres postaux pour 25 D, Quittance
dépense n°3.
- 22/01: Achat de marchandises à crédit : 7 500 D ; F n°233A.
- 24/01: Retour de marchandises, non conformes à la commande, achetées le 22/01 : 1 500 D ; FA
n°15.
- 26/01: Retour de marchandises, comportant des défauts de fabrication, vendues le 18/01 : 2 500 D ;
FA n°01. Un chèque n°13454 a été remis immédiatement au client.
- 28/01: Réglé, en espèces, la facture d’électricité et la facture de téléphone, montants respectifs ; 100
D et 250 D, Quittance dépense n°4.
- 29/01: Un client passe une commande d’achat de marchandises pour 12 000 D accompagnée d’un
chèque libellé pour 3 000 D, à titre d’avance ; CH n°2451.
- 29/01: La société a passé une commande d’achat de marchandises auprès d’un fournisseur pour 10
000 D accompagnée d’une avance, en espèces, de 1 000 D ; Quittance dépense n°5.
- 30/01: Réglé, en espèces, les salaires du mois de janvier, 1 200 D ; Quittance dépense n°6.
- 31/01: L’inventaire physique des marchandises indique un stock final de 55 000 D.

Travail à faire :
1- Présenter le bilan d’ouverture de la société,
2- Enregistrer toutes ces opérations au journal de la société.
Corrigé de l’application : Cas de la société « Chiraz & Cies » :

1- Bilan d’ouverture :

Bilan de l’entreprise « Chiraz & Cies » au 05/01/2008 (en DT)

Actifs Montant Capitaux propres et passifs Montants


s
Actifs non courants : Capitaux propres :

Fonds commercial 30 000 Capital social 350 000


Terrain 40 000 Total des capitaux propres 350 000
Construction 135 000
Matériel de transport 34 000 Passifs :
Frais préliminaires 4 000
Passifs courants :
Total des ANC 243 000
Actifs courants : Fournisseurs d’exploitation 20 000
Fournisseurs d’exploitation –
Stocks de marchandises 60 000 effets à payer 12 000
Clients 12 500
Clients – effets à recevoir 7 500
Banque 50 000
Caisse 9 000 Total des PC 32 000
Total des AC 139 000 Total des passifs 32 000
Total des actifs 382 000 Total des capitaux propres et passifs 382 000
2- Enregistrement des écritures au journal :
Journal général de l’entreprise « Chiraz & Cies » du 15/01/2008 au 31/01/2008 (en DT)
N° des Désignation Débits Crédits
comptes 05/01

214 Fonds commercial 30 000


221 Terrain 40 000
222 Construction 135 000
224 Matériel de transport 34 000
271 Frais préliminaires 4 000
37 Stocks de marchandises 60 000
411 Clients 12 500
413 Clients – EAR 7 500
532 Banque 50 000
54 Caisse 9 000
101 Capital social 350 000
401 Fournisseurs d’exploitation 20 000
403 Fournisseurs d’exploitation – EAP 12 000
PC 1 ; Suivant détails des statuts
dito
607 Achats de marchandises 11 500
532 Banque 11 500
PC 2 ; F n°13A, CH n°13450 dito
532 Banque 20 000
54 Caisse 4 000
707 Ventes de marchandises 24 000
PC 3 ; F n°1V, Quittance recette n°1, 16/01 CH n°31245
532 Banque 6 200
411 Clients 6 200
PC 4 ; F n°652A, CH n°13001 17/01
228 Equipement de bureau 5 000
2 404 Fournisseurs d’immobilisations 2 000
532 Banque 3 000
PC 5 ; F n°242A, CH n° 13451 dito
Entretien et réparations 200
615 Caisse
54 200
PC 6 ; Quittance dépense n°1, Fn°42R
18/01
Primes d’assurances 480
616 Banque 480
532 PC 7 ; CH n°13452
dito
Clients – EAR 6 000
413 Banque 4 000
532 Caisse 5 000
54 Ventes de marchandises 15 000
707 PC 8 ; F n°2V, Quittance recette n°2, CH n°22514, Traite n°1
20/01
Achats non stockés de matières et F. 150
606 54 Caisse 150
PC 9 ; Fn°146A, Quittance dépense n°2
21/01
Fournisseurs d’exploitation – EAP 1 500
403 532 Banque 1 500
PC 10 ; CH n°13453, Traite n°502
22/01
Frais postaux et frais de télécomm. 25
626 Impôts taxes et versements assimi. 50
66 54 Caisse 75
PC 11 ; Quittance dépense n°3 dito
Achats de marchandises 7 500
607 401 Fournisseurs d’exploitation 7 500
PC 12 ; F n°233A
Total à reporter
453 605 453 605

(Suite)Journal général de l’entreprise « Chiraz & Cies » du 15/01/2008 au 31/01/2008 (en DT)
Report 453 605 453 605
24/01
401 Fournisseurs d’exploitation 1 500
607 Achats de marchandises 1 500
PC 13 ; FA n°15
26/01
707 Ventes de marchandises 2 500
532 Banque 2 500
PC 14 ; FA n°01, CH n°13454 28/01
606 Achats non stockés de matières et F. 100
626 Frais postaux et frais de télécomm. 250
54 Caisse 350
PC 15 ; Quittance dépense n°4 29/01
532 Banque 3 000
4191 Clients – avances et acomptes R/C 3 000
PC 16 ; CH n°2451
dito
409 Fournisseurs – avances et Ac. V/C 1 000
1 54 Caisse 1 000
PC 17 ; Quittance dépense n°5
30/01
Charges de personnel 1 200
64 54 Caisse 1 200
PC 18 ; Quittance dépense n°6 31/01
Variations des stocks de Mdises. 60 000
603 Stocks de marchandises
7 37 60 000
PC 19 ; Annulation des stocks initiaux dito
Stocks de marchandises
Variations des stocks de Mdises. 55 000
6037 55 000
37 PC 20 ; Constatation des stocks finaux

Total définitif 578 155 578 155

Remarque :
Dans cette application on a supposé que l’entreprise utilise, pour la comptabilisation de ses stocks, la
méthode de l’inventaire intermittent.
Le principe de cette méthode est le suivant :

- Le Compte « 37 Stocks de marchandises », n’enregistre que le stock de marchandises à l’ouverture


(stock initial) et à la clôture de l’exercice (stock final).
- En cours d’exercice, les entrées et les sorties de marchandises transitent respectivement par les
comptes « 607 Achats de marchandises » et « 707 Ventes de marchandises ». En effet, les achats
de marchandises sont considérés comme « des charges » de l’exercice et les ventes sont considérées
comme « des produits » de l’exercice.
- En fin de période on détermine, obligatoirement de façon extra-comptable, le stock final réel. En
comptabilité et après l’inventaire physique, on annule le stock initial en le créditant et on constate le
stock final (réel) en le débitant en contre partie de ce débit et crédit on fait jouer le compte « 6037
Variations des stocks de marchandises »
Le compte « 6037 Variations des stocks de marchandises » peut avoir donc deux situations :
- Soit un solde débiteur (stock final inférieur au stock initial) : cela veut dire qu’il joue comme une
charge ; l’entreprise a consommé tous les achats de l’exercice et une partie du stock initial.
- Soit un solde créditeur (stock final supérieur au stock initial) : cela veut dire qu’il joue comme un
charge négative (produit) ; l’entreprise n’a pas consommé tous les achats de l’exercice.
6- La pièce justificative :
L’article 8 du code de commerce a lié entre l’enregistrement d’une opération et l’existence d’une pièce
justificative : « Conserver pendant 10 ans tous documents justificatifs des opérations inscrites sur les livres
sus-visés ».

a- Rôle des pièces justificatives :


Le comptable doit être d’une grande rigueur. L’information financière n’a pas seulement un usage interne
(fondement de certaines décisions), mais elle a des rôles juridiques et fiscaux :

- Rôles juridiques : la comptabilité de certaines sociétés est contrôlée par des commissaires aux
comptes. Par ailleurs, une comptabilité bien tenue peut servir comme moyen de preuve en cas de
litige,
- Rôles fiscaux : les bases de l’impôt peuvent être vérifiées par des inspecteurs.
Le recours à des pièces est donc un moyen important utilisé pour justifier la réalité des opérations
comptables.

Pièces justificatives Enregistrements comptables élémentaires

Les pièces justificatives sont, par conséquent, des documents de saisie des faits réalisés et constituent le seul
moyen de justification des chiffres comptables. Ainsi les pièces justificatives sont dénommées « documents
ou supports de base ».
Les caractéristiques des pièces justificatives se résument comme suit :
- Existence (à chaque enregistrement doit correspondre une pièce),
- Etre unique,
- Etre conforme aux procédures. Le comptable doit poser certaines questions :
 Est-ce le bon exemplaire ?
 Est-ce l’original ?
 Est-il visé par le responsable ?
- Etre authentique : preuve de faits réels en accord avec l’objet de l’entreprise.
b- Exemples de pièces justificatives :
- Les pièces externes (créées par des tiers) :
 Emanant des clients : chèques, effets de commerce (traites, billets à ordre) acceptés par les
clients, etc.
 Emanant des fournisseurs : factures, quittances, notes, effets de commerce (traites, billets à
ordre) à accepter, etc.
 Emanant des banques : avis de débit, avis de crédit, extrait de compte, reçus d’espèces ou de
chèques, etc.
 Emanant des organismes fiscaux ou sociaux : avis, quittances, avertissements, etc.

- Les pièces internes (créées par l’entreprise elle-même) :


 Pièces destinées à des tiers :
 Clients : factures envoyées, etc.
 Organismes fiscaux ou sociaux : déclarations, etc. 
 Banques : remises de chèques, remises d’espèces, remises d’effets, ordre de virement, etc.
 Salariés : bulletins de paie, etc.
 Fournisseurs : chèques, effets de commerce (traites, billets à ordre) acceptés par l’entreprise,
etc.
 Pièces à usage interne :
 Inventaire : états des stocks en fin de période, états des immobilisations en fin de période,
etc.
 Pièces de caisse : quittances dépenses, quittances recettes, etc.
 Calcul de certains éléments : amortissement, provision, etc.
 Procès verbal : constatation de la perte de matériels par exemple, etc.

III- LE GRAND LIVRE

1- Définition du grand livre :


Il s’agit de l’ensemble des comptes de l’entreprise. En général, ces comptes sont matériellement représentés
par un « folio » (page du grand livre) ou une fiche (si les comptes sont tenus sur des fiches séparées).

2- Forme du grand livre :


Le grand livre peut revêtir plusieurs formes, il peut être présenté sous forme d’un registre, ou d’un ensemble
de fiches rassemblées dans un classeur ou un fichier et il peut aussi être sous la forme d’un document
informatique si la comptabilité de l’entreprise est informatisée.

3- Utilité du grand livre :


Le grand livre permet de contrôler et de suivre les mouvements de chaque compte de l’entreprise. En effet,
dans la pratique l’entreprise peut réaliser des centaines d’opérations par jour, le fait de les enregistrer au
journal seulement ne permet pas de savoir le solde des comptes, surtout les postes de liquidités (banque,
C.C.P, caisse). Le report au grand livre permet de visualiser le solde de chaque compte et d’agir en
conséquence.

4- Tenue du grand livre :


Les écritures du journal sont portées sur le grand livre et ventilées selon le plan des comptes de l’entreprise
(Article 13 du SCET).
Chaque écriture passée au journal général est reportée selon les comptes intéressés par une inscription qui
mentionne :
- La date,
- Le folio du journal où figure l’écriture reportée,
- Le nom du compte contrepartie ou son numéro,
- Le libellé explicatif,
- La somme.
Le tracé du compte au grand livre peut avoir plusieurs formes dont on cite les plus utilisées :
- Compte à colonnes séparées,
- Compte à colonnes mariées (ou jumelées).
L’arrêt du grand livre permet l’établissement de la balance des [Link] :
- Chaque report dans un compte doit donner lieu à un pointage sur le livre journal,
- Chaque inscription ne doit être portée sur un compte du grand livre avant d’être passée au livre
journal.

5- Application :
Effectuer le report au grand livre de toutes opérations réalisées par la société « Chiraz & Cies » et
déterminer le solde de chaque compte.
IV- LA BALANCE DES COMPTES
Comme toutes les opérations passées au journal général sont systématiquement reportées dans le grand livre,
il s’en suit que le total des sommes inscrites aux débits des différents comptes doit être égal à celui des
sommes inscrites à leurs crédits.
Cette égalité des soldes et égalité du débit et du crédit des comptes et égalité des totaux du grand livre et des
totaux du journal général sont vérifiées dans un document obligatoire appelé « Balance » (Article 16 du
SCET).
1- Définition de la balance :
C’est un tableau qui porte enregistrement des totaux des débits et crédits, des soldes débiteurs et créditeurs
de tous les comptes de l’entreprise sans exception (les comptes soldés doivent être pris en considération dans
la balance).
2- Contenu de la balance :
Ce tableau comporte six colonnes destinées à recevoir respectivement :
- Les numéros des comptes,
- Les titres des comptes (intitulés),
- Le total des débits,
- Le total des crédits,
- Les soldes débiteurs,
- Les soldes créditeurs.
Les comptes sont présentés au niveau de la balance selon l’ordre numérique croissant de leur code. Sur la
dernière ligne de la balance, on inscrit au bas de chaque colonne correspondante :
- Le total des mouvements débits de tous les comptes,
- Le total des mouvements crédits de tous les comptes,
- Le total des soldes de tous les comptes débiteurs,
- Le total des soldes de tous les comptes créditeurs.
Tout en vérifiant les égalités suivantes :
Première vérification :
Total (mouvements débits) Balance = Total (mouvements crédits) Balance
Total (mouvements débits) Grand livre = Total (mouvements crédits Grand livre
Total (mouvements débits) Journal général = Total (mouvements crédits Journal général
Total des soldes débiteurs de la balance = Total des soldes créditeurs de la balance
Deuxième vérification :
Total mouvements Journal général = Total mouvements Grand livre = Total mouvements Balance

Tracé de la balance :
Balance de la société……………… au …/…/…… (Sommes en dinars)
N° des Intitulés des comptes Mouvements Soldes
comptes Débit Crédit Débiteurs Créditeurs

Totaux X X Y Y
3- Rôles de la balance :
Ainsi établie et présentée, la balance des comptes permet :
- De vérifier, à priori, la régularité apparente des enregistrements saisis en comptabilité par :
 La vérification des égalités précitées ;
 La régularité de la nature des soldes des comptes (ainsi, un Compte « Caisse » de nature
obligatoirement nulle ou débitrice, serait t-il erroné s’il présentait un solde créditeur ?).
- De résumer la situation individuelle de chaque compte au titre d’une période,
- D’avoir une vision globale des mouvements à partir d’une lecture directe de la balance,
- De tirer des conclusions rapides.
4- Application :
Reprenons le cas de la société « Chiraz & Cies », pour établir la balance, on doit :
- Additionner sur le grand livre le total des mouvements débits et le total des mouvements crédits de
chaque côté du compte et déterminer le solde,
- Après avoir inscrit sur la balance le numéro du compte et son titre, on reporte pour chaque compte le
total des mouvements débits dans la colonne totaux débit et le total des mouvements crédits dans la
colonne totaux crédit,
- Inscrire le solde du compte dans une colonne solde (dans la colonne du solde débiteur s’il est
débiteur ou dans la colonne du solde créditeur s’il est créditeur),
- Additionner, au niveau de la balance, le total des mouvements débits, le total des mouvements
crédits, le total des soldes débiteurs et le total des soldes créditeurs.

Balance de la société « Chiraz & Cies » au 31/01/2008 (en DT)


N° des Mouvements Soldes
comptes Intitulés des comptes Débit Crédit Débiteur Créditeur
101 Capital social 350 000 350 000
214 Fonds commercial 30 000 30 000
221 Terrain 40 000 40 000
222 Construction 135 000 135 000
224 Matériel de transport 34 000 34 000
2282 Equipement de bureau 5 000 5 000
271 Frais préliminaires 4 000 4 000
37 Stocks de marchandises 115 000 60 000 55 000
401 Fournisseurs d’exploitation 1 500 27 500 26 000
403 Fournisseurs d’exploitation – effets à payer 1 500 12 000 10 500
404 Fournisseurs d’immobilisations 2 000 2 000
4091 Fournisseurs – Av et Ac versés sur commd. 1 000 1 000
411 Clients 12 500 6 200 6 300
413 Clients – effets à recevoir 13 500 13 500
4191 Clients – Av et Ac reçus sur commandes 3 000 3 000
532 Banque 83 200 18 980 64 220
54 Caisse 18 000 2 975 15 025
6037 Variations des stocks de marchandises 60 000 55 000 5 000
606 Achats non stockés de matières et F. liées 250 250
607 Achats de marchandises 19 000 1 500 17 500
615 Entretien et réparations 200 200
616 Primes d’assurances 480 480
626 Frais postaux et frais de télécommunication 275 275
64 Charges de personnel 1 200 1 200
66 Impôts taxes et versements assimilés 50 50
707 Ventes de marchandises 2 500 39 000 36 500
TOTAUX 578 155 578 155 428 000 428 000
Bilan de la société « Chiraz & Cies » au 31/01/2008 (en DT)

Actifs Montants Capitaux propres et passifs Montants


Actifs non courants : Capitaux propres :
Fonds commercial 30 000 Capital social 350 000
Terrains 40 000 Résultat du mois 11 545
Constructions 135 000 Total des capitaux propres 361 545
Matériel de transport 34 000 Passifs :
Equipement de bureau 5 000
Frais préliminaires 4 000
Total des ANC 248 000 Passifs courants :
Actifs courants : Fournisseurs d’exploitation 26 000
Stocks de marchandises 55 000 Fournisseurs d’exploitation- EAP 10 500
Fournisseurs–Av et Ac V/C 1 000 Fournisseurs d’immobilisation 2 000
Clients 6 300 Clients – Av et Ac R/C 3 000
Clients – effets à recevoir 13 500
Banque 64 220
Caisse 15 025 Total des PC 41 500
Total des AC 155 045 Total des passifs 41 500
Total des actifs 403 045 Total des capitaux propres et passifs 403 045

Résultat = Actifs – (Capitaux propres (avant résultat) + Passifs)

Etat de résultat de la société « Chiraz & Cies » au 31/01/2008


(en DT)
Produits :

707 Ventes de marchandises 36 500

Total des produits 36 500


Charges :

6037 Variations des stocks de marchandises (5 000)


606 Achats non stockés de matières et FL. (250)
607 Achats de marchandises (17 500)
615 Entretien et réparations (200)
616 Primes d’assurances (480)
626 Frais postaux et frais de Télécommunication (275)
64 Charges de personnel (1 200)
66 Impôts taxes et versements assimilés (50)

Total des charges (24 955)


Résultat du mois 11 545

Résultat = Produits – Charges

Remarque :
Cet exemple illustre, d’une manière simplifiée, la construction des états financiers (bilan et état de résultat).
Nous verrons plus tard, après l’approfondissement des opérations d’exploitation, d’investissement, de
financement et d’inventaire, la construction normalisée des états financiers.

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