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Matrices et Applications Linéaires

Ce document décrit la représentation matricielle des applications linéaires. Il présente la matrice d'une application linéaire dans des bases données, le rang et l'image d'un vecteur, ainsi que les changements de bases et la diagonalisation des matrices.

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DERNIÈRE IMPRESSION LE 18 août 2017 à 13:56

Représentation matricielle des


applications linéaires

Table des matières

1 Matrice d’une application linéaire 2


1.1 Matrice dans les bases canoniquement associées à A . . . . . . . . . 2
1.2 Rang d’une application linéaire. Image d’un vecteur . . . . . . . . . 3
1.3 Matrice de la composée et de la réciproque . . . . . . . . . . . . . . 4
1.4 Exemple . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5

2 Changements de bases, équivalence et similitude 5


2.1 Changement de bases . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
2.2 Matrices équivalentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
2.3 Matrices extraites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
2.4 Matrices semblables et trace d’un endomorphisme . . . . . . . . . . 9

3 Diagonalisation des matrices carrées 10


3.1 Valeurs propres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
3.2 Diagonalisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

PAUL MILAN 1 CPGE - L1 - ALGÈBRE


1. MATRICE D’UNE APPLICATION LINÉAIRE

1 Matrice d’une application linéaire

Définition 1 : E et F deux K-espaces vectoriels de dimensions resp. p et n.

B = (e1 , . . . , e p ) une base de E f ( e1 ) f (e j ) f (e p )


↓ ↓ ↓
B′ = (e1′ , . . . , en′ ) une base de F.
← e1′
 
a11 . . . a1j . . . a1p
Soit f ∈ L ( E, F ) .  .. .. ..
 . . .


On appelle matrice de f dans B et B′ , la
 ai1 . . . aij . . . aip  ← ei′
 
matrice (n, p) de la famille :  . .. .. 
  .. . . 
f ( B) = u(e1 ), . . . , u(e p ) dans B′ .
an1 . . . anj . . . anp ← en′
Elle est notée : MatB,B′ ( f ) ↑
Si E = F et si B = B′ , la matrice est coordonnées de f (e j ) dans B′
notée MatB ( f )

Remarque : Si E est un K-espace vectoriel de dimension n alors : MatB (IdE ) = In

Exemples :  
1 0 2
• f l’endomorphisme de R2 [ X ] de matrice 3 1 4 dans la base canonique.
0 4 5
On a : f (1) = 3X + 1 , f ( X ) = 4X 2 + X , f ( X 2 ) = 5X 2 + 4X + 2

• Soit R2 de base canonique B = (~ı,~). r (~)


~

r : R2 −→ R2 la rotation d’angle θ. θ
r (~ı)

r (~ı) = cos θ~ı + sin θ~ θ



r (~) = − sin θ~ı + cos θ~ donc
 
cos θ − sin θ
MatB,B (r ) =
sin θ cos θ

1.1 Matrice dans les bases canoniquement associées à A

Théorème 1 : Soit A ∈ Mn,p (K ).


Si on note ϕ l’application canoniquement associée à A et B p et Bn , les bases cano-
niques respectives de K p et K n , alors : A = MatB p ,Bn ( ϕ)

Exemple :
 
1 0
Soit ϕ l’application linéaire canoniquement associée à la matrice  1 1.
−1 1

PAUL MILAN 2 CPGE L 1 - ALGÈBRE


1. MATRICE D’UNE APPLICATION LINÉAIRE

Soit les bases B1 = ((0, 1), (1, 0)) et B2 = ((1, 1, 1), (1, 1, 0), (1, 0, 0)).
Déterminer MatB1 ,B2 ( ϕ)
• On détermine les images de (0, 1) et (1, 0) dans la base canonique de R3 :
       
1 0   0 1 0   1
0 1
ϕ ((0, 1)) =  1 1  =  1  et ϕ ((1, 0)) =  1 1  =  1
1 0
−1 1 1 −1 1 −1

• On exprime ces deux vecteurs dans la base B2 :


e e
z }|1 { z }|3 { B2
(0, 1, 1) = (1, 1, 1) − (1, 0, 0) donc (0, 1, 1) −→ (1, 0, −1)
e e
z }|1 { z }|2 { B
2
(1, 1, −1) = − (1, 1, 1) +2 (1, 1, 0) donc (1, 1, −1) −→ (−1, 2, 0)
 
1 −1
• On obtient alors : MatB1 ,B2 ( ϕ) =  0 2
−1 0

1.2 Rang d’une application linéaire. Image d’un vecteur

Théorème 2 : Soient E et F deux K-espaces vectoriels de dim. finies de bases


respectives B et B′ . Si f ∈ L ( E, F ) alors : rg( f ) = rg (MatB,B′ ( f ))

Démonstration :
rg (MatB,B′ ( f )) = rg [MatB′ ( f ( B))] = rg ( f ( B)) = dim Im f = rg( f )

Théorème 3 : Soient E et F deux K-espaces vectoriels de dim. finies de bases


respectives B et B′ , f ∈ L ( E, F ) et x ∈ E.
On a alors : MatB′ ( f ( x )) = MatB,B′ ( f ) × MatB ( x )

Démonstration : Application de la linéarité de f .


• Soit B = (e1 , . . . , e p ) une base E et B′ = (e1′ , . . . , en′ ) une base F.
• Soit X = MatB ( x ) les coordonnées de x dans B.
• Soit A = ( aij ) la matrice de f dans les bases B et B′ : A = MatB,B′ ( f )
! !
p p p n p n n p
linéarité
f (x) = f ∑ xj ej = ∑ x j f (e j ) = ∑ x j ∑ aij ei′ = ∑ ∑ x j aij ei′ = ∑ ∑ x j aij ei′
j =1 j =1 j =1 i =1 j =1 i =1 i =1 j =1
!
p p
Les coordonnées de f ( x ) dans B′ sont ∑ x j a1j , . . . , ∑ x j anj
j =1 j =1
C’est à dire MatB,B′ ( f ) × MatB ( x )

PAUL MILAN 3 CPGE L 1 - ALGÈBRE


1. MATRICE D’UNE APPLICATION LINÉAIRE

Exemple : Déterminer le noyau et l’image en même temps par opérations sur


les colonnes. Soit l’endomorphisme f de matrice dans la base canonique :
 
3 3 6
A = 0 1 2
0 2 4
   
3 3 6 1 0 0
0 1 2 0 1 0
0 2 4 0 0 1
   
3 0 0 1 −1 −2
0 1 2 C2 ← C2 −C1 0 1 0
0 2 4 C3 ← C3 −2C1 0 0 1
   
3 0 0 1 −1 0
0 1 0 0 1 −2
0 2 0 C3 ← C3 −2C2 0 0 1

On a alors : Im f = Vect((3, 0, 0), (0, 1, 2)) et Ker f = Vect((0, −2, 1))

B Si E3 = R2 [ X ], on a Im f = Vect(3 , 2X 2 + X ) et Ker f = Vect( X 2 − 2X ))

1.3 Matrice de la composée et de la réciproque

Théorème 4 : Soit E, F et G trois K-espaces vectoriels de dimensions respec-


tives p, n et m et de bases respectives B, B′ et B′′ . Soit f ∈ L ( E, F ) et g ∈ L ( F, G )
• MatB,B′′ ( g ◦ f ) = MatB′ ,B′′ ( g) × MatB,B′ ( f )
• f isomorphisme de L ( E, F ) ⇔ MatB,B′ ( f −1 ) = [MatB,B′ ( f )]−1

Théorème 5 : Matrice de Vandermonde


 
1 x1 x12 . . . x1n−1
 
1 x2 x22 . . . x n−1 
2
La matrice A =  . .  est inversible si, et seulement si,
 
 .. .. .
.. .
.. 
 
1 xn xn2 . . . xnn−1
les scalaires x1 , . . ., xn sont distincts.

Démonstration : Par double implications :


• Si deux des scalaires x1 ,. . ., xn sont égaux alors la matrice de Vandermonde A
possède deux lignes identiques et donc n’est pas inversible.
• Réciproquement, supposons x1 , . . ., xn distincts et notons l’application linéaire :
(
K n−1 [ X ] −→ K n
ϕ :
P 7−→ ( P( x1 ), . . . , P( xn ))

PAUL MILAN 4 CPGE L 1 - ALGÈBRE


2. CHANGEMENTS DE BASES, ÉQUIVALENCE ET SIMILITUDE

P( x1 ) = · · · = P( xn ) = 0 ⇒ P possède n racines distinctes et d◦ P 6 (n − 1)


⇒ P=0
ϕ est donc injective et comme dim K n−1 [ X ] = dim K n = n, ϕ est bijective donc
ϕ est un isomorphisme de K n−1 [ X ] sur K n .
La matrice de ϕ dans les bases canoniques respectives de K n−1 [ X ] et K n est
alors la matrice de Vandermonde qui est donc inversible.

1.4 Exemple
Soit E un K-espace vectoriel de dimension 3.
Soit f ∈ L ( E) telle que f 2 = 0L ( E) et f 6= 0L ( E)  
0 0 1
Montrer qu’il existe une base B de E telle que : MatB ( f ) = 0 0 0
0 0 0

• Analyse de la matrice :
D’après la matrice que l’on doit obtenir, si l’on appelle B = (e1 , e2 , e3 ) la base
de E considérée. On doit avoir f (e1 ) = f (e2 ) = 0 et f (e3 ) = e1 .
• Synthèse :
f 2 = 0L ( E) ⇒ f (Im f ) = {0} ⇒ Im f ⊂ Ker f ⇔ rg( f ) 6 dim Ker f
D’après le théorème du rang : dim E = rg( f ) + dim Ker f ⇒
dim E 3
dim E 6 2Ker f ⇒ 2Ker f > dim E ⇒ Ker f > ⇒ dim Ker f >
2 2
or f 6= 0L ( E) donc dim Ker f < 3, on en conclut que dim Ker f = 2
Soit e3 ∈ E/Ker f et posons f (e3 ) = e1 .
On a f [ f (e3 )] = 0 = f (e1 ) par hypothèse donc e1 ∈ Ker f .
Complétons par e2 tel que (e1 , e2 ) soit une base de Ker f .
On obtient alors la matrice voulue.

2 Changements de bases, équivalence et similitude


2.1 Changement de bases

Théorème 6 : Soient E 6= {0E } un K-espace vectoriel de dimension finie et B,


B′ et B′′ trois bases de E.

La matrice de passage de B à B′ est la matrice : PBB = MatB ( B′ ) = MatB,B′ (IdE ).

 ′  −1 ′ ′′ ′′
• PBB est inversible et PBB = PBB′ • PBB PBB′ = PBB

• Pour tout x ∈ E de coordonnées X dans B et X ′ dans B′ , on a : X = PBB X ′

PAUL MILAN 5 CPGE L 1 - ALGÈBRE


2. CHANGEMENTS DE BASES, ÉQUIVALENCE ET SIMILITUDE

Exemple :
~
~v
Dans R2 considérons :
θ ~u
• la base canonique Bc = (~ı,~)
θ
• et la base Bθ = (~u, ~v) comme indi-
quée sur la figure. ~ı
 
B cos θ − sin θ
On a : ~u = cos θ~ı + sin θ~ et ~v = − sin θ~ı + cos θ~ donc PBcθ =
sin θ cos θ
     ′  ′ 
x cos θ − sin θ x x cos θ − y′ sin θ
Ainsi : = =
y sin θ cos θ y′ x ′ sin θ + y′ cos θ
 
cos θ sin θ Bθ −1
 
B 2
det( PBcθ )
= cos2 θ
+ sin θ = 1 ⇒ = PBBθc PBc =
− sin θ cos θ
 ′     
x cos θ sin θ x x cos θ + y sin θ
Ainsi : = =
y′ − sin θ cos θ y − x sin θ + y cos θ

Théorème 7 : Soit E et F deux K-espaces vectoriels de dimensions finies.


• B1 et B2 deux bases de E et B1′ et B2′ deux bases de F.
B′
• On pose P = PBB12 et Q = PB′2
1

• f ∈ L ( E, F ), on pose A = MatB1 ,B′ ( f ) et A′ = MatB2 ,B′ ( f )


1 2
′ −1
Alors : A =Q AP

Démonstration : IdE , P
E, B2 E, B1
A′ matrice qui va de ( E, B2 ) dans ( F, B2′ ),
on applique donc P puis A puis Q−1
f , A′ f, A
En effet
f ◦ IdE = IdF ◦ f ⇔ AP = QA′ ⇔ A′ = Q−1 AP F, B2′ F, B1′
IdF , Q

Remarque : Dans un endomorphisme de L ( E) et B1 et B2 deux base de E :


A = MatB1 ( f ), A′ = MatB2 ( f ), P = PBB12 alors A′ = P−1 AP

Théorème 8 : Matrice de rang r. Soit E et F deux K-espace vectoriel de di-


mensions respectives p et n et f ∈ L ( E, F ) de rang r.  
Ir 0
Il existe un couple de base B de E et B′ de F telles que MatB,B′ ( f ) =
0 0

Démonstration :
 
Ir 0
Peut-on trouver B = (ei )16i6 p et B′ = (ei′ )16i6n telles que MatB,B′ ( f ) = ?
0 0

PAUL MILAN 6 CPGE L 1 - ALGÈBRE


2. CHANGEMENTS DE BASES, ÉQUIVALENCE ET SIMILITUDE

• Pour que les p − r colonnes de MatB,B′ ( f ) soient nulles, il faut que er+1 , . . ., e p
soient éléments de Ker f .
D’après le théorème du rang : rg(Ker f ) = p − r, on peut choisir er+1 , . . . , e p
famille libre de Ker f et compléter e1 , . . ., er pour former une base B de E.
• Pour que les colonnes de MatB,B′ ( f ) correspondent à Ir , il suffit de poser
f (e j ) = e′j pour j ∈ [[1, r ]] puis compléter er′ +1 , . . ., en en une base B′ de F.
La famille (e j )16 j6 p par construction engendre un supplémentaire I de Ker f
 
dans E donc f | I est un isomorphisme de I sur Im f et donc f (e j ) = e′j
16 j6r
est une famille libre.
On a bien trouver un couple de bases B de E et B′ de F.

2.2 Matrices équivalentes

Définition 2 : A, B ∈ Mn,p (K ).
• On dit que B est équivalente à A s’il existe deux matrices inversibles
P ∈ GL p (K ) et Q ∈ GLn (K ) telle que : B = Q−1 AP.
• Si, à partir d’opérations élémentaires sur A, on obtient une matrice B alors les
matrices A et B sont équivalentes.
• Deux matrices A et B sont équivalentes si et seulement si A et B représentent
la même application linéaire dans deux couples de bases.

Théorème 9 : Soit la relation R sur Mn,p (K ) définie par « être équivalente à ».


• La relation R est une relation d’équivalence.
• Deux matrices de Mn,p (K ) sont équivalentes si et seulement si elles ont le
même rang.

Démonstration : R relation d’équivalence. Soit A, B, C ∈ Mn,p (K )


• Réflexivité : A = ( In )−1 AI p donc A R A
• Symétrie : A R B ⇒ B = Q−1 AP ⇒ QBP−1 = A ⇒ B R A
• Transitivité :
( (
AR B B = Q−1 AP
⇒ ′−1 ′
⇒ C = Q′−1 ( Q−1 AP) P′ = ( QQ′ )−1 A( PP′ ) ⇒ A R C
BR C C = Q BP

Soit A ∈ Mn,p (K ) de rang r. Notons ϕ l’application canoniquement associée à A.


D’après le théorème précédant, n ′ p
  il existe un couple de bases B de K et B de K
I 0
tels que MatB,B′ ( A) = r = Jr donc A et Jr sont équivalentes.
0 0

Théorème 10 : ∀ A ∈ Mn,p (K ) : rg(tA) = rg( A)

PAUL MILAN 7 CPGE L 1 - ALGÈBRE


2. CHANGEMENTS DE BASES, ÉQUIVALENCE ET SIMILITUDE

2.3 Matrices extraites

Théorème 11 : Soient A ∈ Mn,p (K ), m ∈ [[0, n − 1]] et q ∈ [[0, p − 1]].


• Une matrice extraite ou sous-matrice de A est une matrice B obtenue en sup-
primant m lignes et q colonnes de A. On a alors B ∈ Mn−m,p−q (K ).
• Pour toute matrice B extraite de A, on a : rg( B) 6 rg( A).
• Caractérisation du rang par les matrices carrées extraites.
Le rang de A est la taille maximale des matrices carrées inversibles qu’on peut
extraire de A.

Démonstration :

• Notons B′ la matrice intermédiaire obtenue par suppression de q colonne de A.


On passe ensuite de B′ à B par suppression m lignes.

Le rang d’une matrice est le rang de la famille de ses colonnes :


)
rg( A) > rg( B′ ) et rg( B′ ) = rg(t B′ )
⇒ rg( A) > rg( B)
rg(t B′ ) > rg(t B) et rg(t B) = rg( B)

• Caractérisation du rang de A : on peut reformuler ainsi

rg( A) > r ⇔ Il existe une matrice extraite de A inversible de taille r

Soit rg( A) > r. On peut alors extraire une famille libre de r colonnes de A
formant une matrice B ∈ Mn,r (K ).

De même, on peut extraire de t B une famille libre de r colonnes formant une


matrice C ∈ Mr (K ).

La matrice t C est une matrice carrée extraite de A inversible de taille r.

Réciproquement si on peut extraire une matrice B inversible de taille r alors


rg( A) > rg( B) = r
 
1 4 3 0
2 3 1 0
Exemple : Soit la matrice A = 
5

0 3 1
3 0 0 2
 
3 1 0
Par suppression de la 1re colonne et de la première ligne, on obtient B = 0 3 1
0 0 2
qui est inversible car triangulaire de coefficients diagonaux non nuls.

On a alors rg( A) > 3

PAUL MILAN 8 CPGE L 1 - ALGÈBRE


2. CHANGEMENTS DE BASES, ÉQUIVALENCE ET SIMILITUDE

2.4 Matrices semblables et trace d’un endomorphisme

Définition 3 : Soient A, B ∈ Mn (K ) et E un K-espace vectoriel de dim. n.


On dit que B est semblable à A s’il existe une matrice P ∈ GLn (K ) inversible pour
laquelle : B = P−1 AP.
Si A et B représente le même endomorphisme f ∈ L ( E) dans un couple de base
de E alors A et B sont semblables.

B Si A et B semblables alors A et B équivalentes mais la réciproque est fausse.


En effet des matrices semblables sont carrées et représentent un endomorphisme.
   
0 1 1 0 4 2
Exemple : Soit A = 0 0 0 et B = 0 0 0
0 0 1 0 0 1
Montrons que A et B sont semblable. Il s’agit de déterminer 2 bases telles que A
et B représente le même endomorphisme f de R3 .
Dans R3 , soit b = (e1 , e2 , e3 ) la base canonique et b′ = (e1′ , e2′ , e3′ ) une autre base.
Supposons que f est canoniquement associé à A, on a alors :

f (e1 ) = (0, 0, 0), f ( e2 ) = e1 , f ( e3 ) = e1 + e3


On en déduit alors que : f (4e2 ) = 4e2 et f (2e3 ) = 2e1 + 2e3 .
On pose : e1′ = e1 , e2′ = 4e2 , e3′ = 2e3 , on alors :
f (e1′ ) = (0, 0, 0), f (e2′ ) = e2′ , f (e3′ ) = 2e1′ + e3′
B représente f dans la base b′ . Les matrices A et B sont semblables.

Théorème 12 : Soit la relation R sur Mn (K ) définie par « être semblable à »


• La relation R est une relation d’équivalence.
• Deux matrices semblables de Mn (K ) ont même trace.

Démonstration :
• Pour la relation d’équivalence même démonstration qu’avec les matrices équi-
valentes.
• On rappelle que la trace d’une matrice carrées est la somme des coefficients
diagonaux et que tr( AB) = tr( BA).
   
A et B semblables donc tr( B) = tr P−1 ( AP) = tr ( AP) P−1 = tr( A)

Définition 4 : Soit E un K-espace vectoriel de dim. n et f , g ∈ L ( E).


• La trace de la matrice MatB ( f ) ne dépend pas de la base B de E choisie.
On l’appelle trace de f notée tr( f ).
• ∀λ, µ ∈ K, tr(λ f + µg) = λtr( f ) + µtr( g) et tr( f ◦ g) = tr( g ◦ f )

PAUL MILAN 9 CPGE L 1 - ALGÈBRE


3. DIAGONALISATION DES MATRICES CARRÉES

Exemple : Soit f un endomorphisme de E de rang r.


 
Ir 0
Il existe alors une base B de E telle que MatB ( f ) =
0 0
donc tr( f ) = r = rg( f )

Remarque : Un projecteur p de E étant un endomorphisme, on a tr( p) = rg( p).

3 Diagonalisation des matrices carrées


3.1 Valeurs propres

Définition 5 : Soit A ∈ Mn (K ).
On appelle valeur propre de A tout scalaire λ ∈ K tel que : Ker ( A − λIn ) 6= {0},
i.e. pour lequel il existe un vecteur non nul X ∈ K n tel que : AX = λX.
Ce vecteur X est appelé vecteur propre de A associé à la valeur propre λ.
L’union de l’ensemble Ker ( A − λIn ) de ces valeurs propres et du vecteur nul est
appelé le sous-espace propre de A associée à la valeurs propre λ.

Remarque : Ker ( A − λIn ) 6= {0} ⇔ det( A) = 0


 
−1 3 3
Exemple : Soit A =  3 −1 −3
−3 3 5
 
−(1 + λ) 3 3
On en déduit alors que A − λI3 =  3 −(1 + λ) −3 
−3 3 5−λ
det( A − λI3 ) = 0 ⇔ (1 + λ)2 (5 − λ) + 27 + 27 − 9(1 + λ) − 9(1 + λ) − 9(5 − λ) = 0

(1 + λ)2 (5 − λ) + 54 − 9 − 9λ − 9 − 9λ − 45 + 9λ = 0
(1 + λ )2 (5 − λ ) − 9(1 + λ ) = 0
(1 + λ)[(1 + λ)(5 − λ) − 9] = 0
(1 + λ)(5 − λ + 5λ − λ2 − 9) = 0
(1 + λ)(−λ2 + 4λ − 4) = 0
−(1 + λ)(λ − 2)2 = 0 ⇔ λ = −1 ou λ = 2
A admet donc deux valeurs propres : −1 et 2
    
−3 3 3 x 0
• λ = 2, on a ( A − 2I3 ) X = 0 ⇔  3 −3 −3   y = 0
 
−3 3 3 z 0
Ce système est équivalent à −3x + 3y + 3z = 0 ⇔ x = y + z
L’ensemble des vecteurs propres associé à la valeur propre 2 est le plan d’équa-
tion x = y + z de vecteurs directeurs (1, 1, 0) et (1, 0, 1)

PAUL MILAN 10 CPGE L 1 - ALGÈBRE


3. DIAGONALISATION DES MATRICES CARRÉES

    
0 3 3 x 0
• λ = −1, on a ( A + I3 ) X = 0 ⇔  3 0 −3   y = 0 ⇔
 
−3 3 6 z 0
 
 3y + 3z = 0  3y + 3z = 0 (
  y = −z
3x − 3z = 0 ⇔ 3x − 3z = 0 ⇔
  x=z

−3x + 3y + 6z = 0 
3y + 3z = 0 L3 ← L3 + L2
L’ensemble des vecteurs propres associé à la valeur propre (−1) est la droite
de vecteur directeur (1 , −1, 1)

3.2 Diagonalisation

Théorème 13 : Soit A ∈ Mn (K ).
On dit que A est diagonalisable si K n possède une base constituée de vecteurs
propre de A.
Dans ce cas, si on note ( X1 , . . . , Xn ) une telle base et λ1 ,. . ., λn les valeurs propres
associés, et P la matrice de colonneX1 , . . . , Xn ,  alors :
λ1
A = P
 ...  −1
P
λn

 
−1 3 3
Exemple : Si on reprend A =  3 −1 −3.
−3 3 5
• λ = 2, on a X1 = (1, 1, 0) et X2 = (1, 0, 1) • λ = −1, on a X3 = (1 , −1, 1)
   
1 1 1 2 0 0
On obtient alors : P = 1 0 −1 et D = 0 2 0
0 1 1 0 0 −1
Pour déterminer P−1 , on peut utiliser la méthode Gauss-Jordan
P
z
 }| {  
1 1 1 1 0 0
1 0 −1 0 1 0
0 1 1 0 0 1
   
1 1 1 1 0 0
0 −1 −2 L2 ← L2 − L1  −1 1 0
0 1 1 0 0 1
   
1 0 0 L1 ← L1 − L3 1 0 −1
0 0 −1 L2 ← L2 + L3  −1 1 1
0 1 1 0 0 1
   
1 0 0 1 0 −1
0 1 1 L2 ← − L2 0 0 1
0 0 1 L2 ↔ L3 1 −1 −1

PAUL MILAN 11 CPGE L 1 - ALGÈBRE


3. DIAGONALISATION DES MATRICES CARRÉES

   
1 0 0 1 0 −1
0 1 0 L2 ← L2 − L3  −1 1 2
0 0 1 1 −1 −1
| {z }
P −1

On a : A = PDP−1 , on peut par exemple calculer la puissance k de A :

Ak = ( PDP−1 )k = |PDP−1 × ·{z


· · × PDP−}1 = PD k P−1
k fois

En posant ak = 2k − (−1)k , on obtient alors :


  k  
1 1 1 2 0 0 1 0 −1
A k =  1 0 − 1   0 2k 0   −1 1 2
0 1 1 0 0 (−1) k 1 −1 −1
  
1 1 1 2k 0 − 2k
=  1 0 − 1   − 2k 2k 2 × 2k 
0 1 1 (−1)k −(−1)k −(−1)k
 
(−1)k ak ak
=  ak (−1)k − ak 
− ak ak 2k + a k

PAUL MILAN 12 CPGE L 1 - ALGÈBRE

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